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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 1 I ÉVASION

#4 ÉTÉ 2019 G R AT U I T

LE MAGAZINE SOURCE DE HAUTEUR

e r è s I En n o i s r e v n e é t é L' e l a n i g ori

Détente

VIENNE EN GYROPODE

Évasion Découverte L’ISÈRE, TERRE DE TOURNAGES 1

SORTIE DANS LES ALPAGES EN OISANS

LE PROGRAMME DU FESTIVAL BERLIOZ (17AOÛT1er SEPTEMBRE 2019)


AGAAZZI N I NEE ##0014 I I ÉVASION MON ISÈRE EN QUELQUES MOTS AALLPPEESS I SI S( (HH) )EERREE MMAG

Dans chaque numéro, la rédaction d’Alpes is(h)ere invite un amoureux de ce territoire à nous raconter son Isère. Cet été, nous avons donné la parole à Antoine Choplin, écrivain et poète marcheur inspiré par la pente de Belledonne et par la rivière qui a donné son nom au département.

L'Isère, à contre-courant Il éveille sans doute la curiosité, ce vagabond en marche douce près du pont de ANTOINE CHOPLIN

Brignoud, entre la rivière et la route embouteillée de ce mardi matin. Lui n’ose qu’à peine lever les yeux vers les conducteurs circulant au ralenti en sens inverse. Comme si sa liberté d’arpenteur l’embarrassait un peu, éprouvée comme une crânerie légère avec laquelle il ne voudrait pas donner l’impression de fanfaronner. C’est qu’il a décidé d’accomplir ce parcours modeste et singulier : remonter la rivière Isère à pied, depuis la confluence avec le Rhône jusqu’à la source. A contre-courant. Dans le sens des explorateurs, si l’on veut. Cette envie de parcourir autrement ses espaces familiers, de soumettre l’abord de son paysage quotidien à un rythme différent, l’habite depuis longtemps. Pour ce qui est de la vallée du Grésivaudan par exemple, il craignait que sa rectitude austère ne suscite en lui ennui et lassitude. Il n’en est rien. Il aime au contraire la lenteur des dévoilements, les progressions imperceptibles. Il goûte cette avancée de funambule entre Chartreuse et Belledonne, sur le fil des époques géologiques. Il détaille chaque sommet, chaque combe. Il sourit à l’humilité de sa trajectoire de maintenant, qui a renoncé à l’appel des hauteurs et des points remarquables pour s’en remettre aux nécessités de la rivière. Tout à l’heure, il apercevra son village, celui dans lequel il a choisi de vivre. Il marquera peut-être le pas, à peine. Il aura plaisir à deviner sa maison, au loin. Il poursuivra sa route, aimanté par la source, distante encore d’une dizaine de jours de marche. Au soir, ajoutant son ombre interminable à celle des arbres bordant le chemin de halage, il interrogera ses motifs, une fois encore. Il voudra, avec le secours de la poésie, mettre des mots sur cet attachement qu’il porte à ces montagnes, à la litanie des versants, à la dentelure des crêtes. A l’heure des incendies crépusculaires, il cherchera à déchiffrer à nouveau la syntaxe des paysages d’ici et à éprouver combien elle noue, avec son travail d’écrivain, une complicité féconde.

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En

ISÈRE FAITES LE PLEIN

d’

expériences ÉVAS ION

Le Magazine 56 PAGES POUR S’INSPIRER, RESPIRER, SAVOURER…

NATU RE

8  Un week-end en refuge dans le massif de Belledonne

12 Virée électrique autour du lac de Paladru 14 Une nuit sur le mont Aiguille 16 La glisse… sur des roulettes, dans le Vercors

26 S’initier à la spéléo dans le Vercors 32 Courir autour de Grenoble

18 A la rencontre de mademoiselle cistude à l’étang de Lemps

20 Sept animaux aquatiques 22 Balade et cueillette gustative dans le Valbonnais

MADE IN ISÈRE

24 Sept plantes comestibles SAVE URS

48 Les tissages Ferrari 49 Montfollet, maître-verrier 51 Wood & More : la passion du bois 52 Glénat : l’art de la BD

DÉ CO UV ERTE

28 Sortie dans les alpages au plateau d’Emparis

36 Dans les pas de Jongkind 41 Silence on tourne !

45 Dans la cuisine des maîtres restaurateurs 46 Produits d’Isère : le whisky du Trièves

DÉ TE NT E

34 U ne journée en famille à Walibi 38 Visiter Vienne en gyropode

Photo de Une : Le lac du Monteynard, décor mémorable des films Buffet Froid et Les Rivières pourpres /©Adobe Stock ONT PARTICIPÉ À L’ÉLABORATION DE CE MAGAZINE Directeur de publication : Vincent Delaitre / Directeur de la rédaction : Hervé Bodeau / Coordination : Véronique Granger et Sophie Battaglia / Rédaction : Annick Berlioz, Véronique Granger / Cette publication a été réalisée par Isère tourisme avec le Département de l’Isère et les Offices de tourisme isérois / Création de la maquette : Matt Design & Communication / Mise en page : Richard Andrieux, Stéphane Dugne et Christophe Juvanon / Photo de couverture : AdobeStock / Photographes : C. Ayesta, M. Battaglia, J-M. Blache, E. Breteau, J. Chemin, P. Crochet, J-S. Faure, A. Gelin, B. Girardeau, T. Hytte, Images et rêves, P. Jayet, B. Nicollet, D. Palanque, F. Pattou, F. Pinto, N. Robin, Urope, O. Zanardi / Chargée de la diffusion : Hélène Cougouille / Coordination-impression : BLG Toul / Tirage : 655 000 exemplaires / Dépôt légal : ISSN 2608-9211

info@isere-tourisme.com - WWW.ALPES-ISERE.COM

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I GRAND ANGLE

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#AlpesIsHere

© A. Gelin

Mystérieuse et spectaculaire, la Chartreuse inspire les promeneurs et les cinéastes comme François Truffaut (Tirez sur le pianiste, La sirène du Mississipi), Olivier Dahan (La vie promise) ou Jean-Pierre Denis (La petite Chartreuse)… chartreuse-tourisme.com

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#AlpesIsHere Ses sept tours en poivrière, coiffées de tuiles écailles vernissées, surgissent comme d’un décor de conte de fées aux alentours du lac de Paladru, entre deux vallons boisés. Entièrement brûlé à la Révolution, puis reconstruit en 1860 par Viollet-le-Duc, le château de Pupetières est un joyau du patrimoine de l’Isère. Propriété d’Aymar et Isabelle de Virieu, il a inspiré des poètes comme Lamartine et Anna de Noailles, le peintre Jongkind ou encore, plus récemment, le cinéaste Pascal Thomas. Le château et les jardins s’ouvrent régulièrement au public, notamment de mi-juillet à mi-août et pour les journées du patrimoine. pupetieres.jimdo.com.

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© Pierre Jayet


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FAMILLE

Le lac Blanc, sous le grand pic de Belledonne, l’un des nombreux lacs qui constellent la chaîne de Belledonne.

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Un refuge pour s'évader en famille DANS BELLEDONNE

VÉ RONIQUE GR ANGE R

© J.S. Faure

Marine et Arnold, qui habitent le massif de Chartreuse, ont emmené leur petite tribu – Romane, 7 ans, Martin, 10 ans et Clément, 12 ans – dans le massif de Belledonne, en face, pour passer une nuit au refuge Jean Collet. L’aventure sauvage à deux pas de chez soi !

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FAMILLE

© J.S. Faure

© J.S. Faure

© Images et rêves

Un instant magique dans les derniers rayons du soleil

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éconnecter, loin du bruit et du stress, sans écran, pour le simple bonheur de se retrouver tous ensemble en famille. C’est l’objectif de Marine et Arnold pour ce week-end dans le massif de Belledonne. Tout proche et cependant bien différent de l’ambiance de la Chartreuse où ils résident toute l’année. « On se déplace souvent pour le travail. Dormir en refuge, c’est un moyen de s’évader sans faire encore des kilomètres », explique Martine. Du parking du Pré du Mollard, les panneaux jaunes prédisent deux heures trente de montée et 700 mètres de dénivelé. Pas de quoi effrayer Romane, Martin et Clément, déjà rodés à la montagne. Le sentier, bien tracé, démarre en sous-bois, à l’ombre des feuillus puis des sapins, dans un suave parfum de résine. Puis après des cascades en fond de vallon, le paysage s’ouvre et se dépouille de ses 10

> Après l’effort, tout le monde arrive à temps pour assister au coucher de soleil sur la Chartreuse : du grand spectacle !

derniers végétaux jusqu’à devenir minéral. À chaque belvédère, les enfants s’extasient sur la vue sur la Chartreuse en face : le jeu consiste à repérer leurs spots familiers autour de Chamechaude ! Encore un effort, le cœur battant dans la tête, et la petite troupe deux heures plus tard voit déjà se profiler le refuge Jean Collet, perché sur un promontoire. Même pas fatiguée ! Le temps de faire une pause, vu qu’il est à peine quinze heures, la famille décide donc de repartir le jour-même au lac Blanc, situé à une heure de marche (2 161 m). La pente est plus sévère et la plus jeune tire un peu la langue sur la fin. Mais le lac, qui se révèle d’un bleu transparent, valait bien cette petite suée. Au retour, tout le monde arrive à temps pour assister au coucher du soleil sur le panorama. Le chalet commence à être bien animé avec l’arrivée des derniers estivants. Certains comme Claude et Gilles ont entrepris la traver-


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R ?

© J.S. Faure

OÙ SÉJOURNE

Chantal Pouchot-Bravoz, gardienne de refuge Entourée de chamois et de sommets, Chantal passe la saison estivale à 2 000 mètres d’altitude. Diplômée de l’Université de Toulouse, elle exerce le métier de gardienne de refuge depuis dix ans dans le massif de Belledonne, en alternance avec son travail de saisonnière à la station des 7 Laux. Du réveil, qui sonne à l’aube jusqu’à la nuit noire, elle accueille, oriente, cuisine et entretient le refuge pour les randonneurs de passage. En juin prochain, associée avec sa fille Pauline, elle prendra ses quartiers au refuge Jean Collet. « J’aime cette vie en plein air et l’ambiance conviviale. On voit passer des gens aux profils très variés. » En cas de mauvais temps, s’il n’y a pas de réservation, Chantal descend à pied s’approvisionner en produits frais et locaux. « J’habite à Theys, juste en-dessous. C’est une chance de garder un refuge si près de chez soi ! »

04 76 08 39 23 www.refugejeancollet.com

sée de Belledonne sur onze jours. Autour de la grande tablée et des marmites fumantes de diots à la tomate et de polenta, les conversations vont bon train. À la fin du repas, Romane, Martin et Clément, qui ont sympathisé avec Chantal la gardienne, ont encore assez d’énergie pour l’aider à débarrasser et à faire la vaisselle : ici, ce n’est pas une corvée ! La soirée se termine par une partie de cartes avec Claude, Gilles et d’autres convives, avant de se réchauffer tous en famille dans le dortoir. Au petit jour, réveillés par le sifflement des marmottes et l’odeur de pain grillé, ils rêvent déjà de leur prochaine balade… Et si c’était tout simple, le bonheur ?

Pratique LE GR® 738 : LA TRAVERSÉE DE BELLEDONNE Sauvage et pastoral, de l’Isère à la Savoie, le massif de Belledonne offre une ambiance de haute montagne, avec ses hauts pics cristallins tutoyant les 3 000 mètres et ses cirques constellés de lacs. Ce nouveau GR (sentier de grande randonnée), impulsé par la Fédération des Alpages de l’Isère, permet de le traverser en onze étapes ou dix boucles à la journée. De la vallée de la Romanche et des stations de Chamrousse à la vallée du Haut Bréda, aux portes de Maurienne, ce sont 130 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé positif et des paysages variés entre forêt, alpages, lacs, patrimoine industriel et hameaux typiques…

www.hautetraverseedebelledonne.com

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Petite virée à vélo électrique A U L A C D E PA L A D R U

Perle émeraude sertie d’un écrin de verdure, le lac de Paladru offre de nombreuses possibilités de balades à la découverte d’un riche patrimoine. Le vélo à assistance électrique permet d’en profiter pleinement.

© A. Gelin

ANNICK BE RL IOZ

«

Avec Robert, on adore le vélo. On aime aussi admirer le paysage sans se fatiguer », explique Brigitte, 63 ans. L’été dernier, ce couple de Lyonnais a fait le tour du lac de Paladru avec un vélo à assistance électrique (VAE) sur un circuit de 25 kilomètres jalonné de richesses archéologiques, naturelles et patrimoniales. Au départ de l’office de tourisme de Charavines, le parcours commence sagement par une voie verte sécurisée sur la rive est du lac. Quelques coups de pédales plus tard, on devine les vestiges archéologiques de l’habitat des chevaliers de l’an mil, une communauté d’agriculteurs, éleveurs et artisans qui vivaient ici entre 1 008 et 1 030 après. J.-C. « On avait entendu parler de ce site 12

dans le film d’Alain Resnais, On connaît la chanson », se réjouit Robert. Sans forcer, Brigitte et Robert arrivent très vite au chemin des Marais, où se trouve un espace naturel sensible qui abrite 875 espèces animales et végétales : foulques, poules d’eau, libellules, orchis sauvages, arbres têtards… Après les marais, l’itinéraire emprunte une route campagnarde avec une superbe vue sur le lac, dont le bleu turquoise rappelle le lagon. Après une pause à la chapelle des Trois Croix – lieu de prière des seigneurs de Paladru au XVIe siècle –, le parcours se poursuit sans difficulté. A l’horizon, se dressent les sommets de Chartreuse, du Vercors et de la chaîne des Alpes.


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© DR

OÙ SÉJOURNE

Aux Coquelicots À CHIRENS

Ici, on arrive en visiteurs et on repart amis. À Chirens, à 5 kilomètres de Voiron et à 16 kilomètres de Paladru, Denise et Bernard vous accueillent dans une authentique ferme du XIXe siècle qu’ils ont transformée en chambre d’hôtes pouvant héberger six personnes dans deux chambres coquettement aménagées. Les repas sont partagés avec les propriétaires et concoctés à base de produits locaux, des légumes de leur jardin et des fruits du verger. Durant votre séjour, vous pourrez vous rafraîchir dans une piscine naturelle et écologique dont l’eau est filtrée par les plantes dans le plus grand respect de l’environnement.

> La grange Dimière, ancienne propriété des Chartreux, est un point de départ pour de nombreuses randonnées.

© A. Gelin

06 31 90 14 65 – www.aux-coquelicots.fr

Un court passage dans la forêt, puis Brigitte et Robert s’arrêtent au village du Pin pour prendre un café. Par une petite route à travers champs, ils rejoignent ensuite la grange Dîmière. Cette ancienne dépendance de la chartreuse de la Sylve Bénite, fondée en 1116, est dotée d’une charpente magistrale de dix-huit mètres de hauteur. Aujourd’hui, elle accueille de superbes expositions de sculptures céramiques contemporaines. Le retour à Charavines s’effectue par un large chemin, bordé de bâtisses en pisé. Pour finir

en beauté, Brigitte et Robert s’offrent une petite pause rafraîchissante au bar de la plage des Dauphins avant d’aller piquer une tête dans le lac. Toutes les infos : www.paysvoironnais.info

OÙ LOUER UN VAE ?

Naturavélo à Charavines propose location de vélos, des stages de découverte du VAE, et des sorties encadrées.

04 76 35 64 98 www.naturavelo.com

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DÉCOUVERTE DUO ÉVASION

Une nuit sur le... … mont Aiguille DANS LE TRIÈVES

Dormir la tête dans les étoiles, sur le toit du mont Aiguille, après une balade aérienne de deux heures dans la falaise : ce rêve devient accessible avec un guide de haute montagne. PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

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C

e n’est pas le plus haut sommet du Trièves. Émergeant à chaque virage, tel une sentinelle, le mont Aiguille (2 087 mètres) est pourtant le plus emblématique… « C’est un mythe pour les alpinistes du monde entier », rappelle Baptiste Jay Allemand, guide de haute montagne grenoblois. Ce mont réputé longtemps « inaccessible » entre dans la légende en juin 1492, alors que Christophe Colomb se prépare à découvrir l’Amérique. Le capitaine Antoine de Ville, sur invitation du roi de France Charles VIII, sera le tout premier à gravir le sommet, avec des échelles de cordes et des pitons. L’exploit est attesté par un procès-verbal, conservé dans les registres de la cour d’appel de Grenoble. Il faudra pourtant encore quatre siècles, en 1834, pour que des paysans des villages en contrebas rééditent l’ascension via la voie dite normale (celle de 1492 ayant disparu).

C’EST UNE MONTÉE FLUIDE, UNE BALADE AÉRIENNE DANS LA FALAISE Aujourd’hui, rendez-vous a été pris à quatorze heures au pied du mont avec Odile et Nicolas, au hameau de la Richardière. Pour ce couple de jeunes lyonnais, ce sera un baptême. L’objectif est de passer la nuit sur la prairie sommitale pour une soirée au plus près des étoiles, à l’abri d’une grande tente ouverte. Harnais, mousquetons, casque, duvet : Baptiste prête volontiers l’équipement. Après une marche d’approche de deux heures, l’ascension peut démarrer, un pas devant l’autre. Deux heures plus tard, survolé par quelques vautours, le petit groupe se retrouve sur la vaste prairie inondée de soleil : quel contraste avec la paroi austère ! Là, il n’y a plus qu’à planter la tente et à profiter des variations de la lumière sur les sommets environnants jusqu’au coucher du soleil. Le lendemain matin, après un bon café, on repart fin prêt pour une redescente par la voie dite des tubulaires. Le rappel final sur cinquante mètres en fil d’araignée apporte juste ce qu’il faut de frissons. Odile et Nicolas, de retour en bas, n’ont d’ailleurs plus qu’une envie : regrimper !

Contact : Baptiste Jay Allemand 06 50 19 06 38 www.le-mont-aiguille.com

©D.R.

Cette histoire, Baptiste Jay Allemand ne se lasse pas de la raconter à tous ceux qu’il emmène chaque semaine dans les pas de ces pionniers. Le mont Aiguille, il en connaît chaque aspérité ou presque. Mais la magie est toujours là intacte : « C’est une montée fluide, une balade aérienne dans la falaise, comme un cheminement. Il n’y a pas besoin d’être un grimpeur chevronné, à condition bien sûr d’être

accompagné d’un guide. Et en même temps, c’est une vraie course complète en montagne. »

PROLONGER

UR SON SÉJO

Au Gai Soleil du Mont Aiguille À CHICHILI ANNE

© O. Zanardi

©D.R.

Un hôtel-restaurant traditionnel et familial avec jardin et spa idéalement situé, au pied du mont Aiguille. On peut aussi faire une pause-goûter sur la terrasse.

04 76 34 41 71 www.hotelgaisoleil.com Pour aller plus loin : www.trieves-vercors.fr

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I ÉVASION ENTRE

DÉCOUVERTE AMIS

) e m m o c ( r e s s i l G ! s e tt e l u o r s e d sur DANS LE VERCORS

Éprises de glisse nordique et de grands espaces, Coline et Mélissa les Iséroises ont convaincu leur bande de copains parisiens de s’initier avec elles aux joies du ski-roues, lors d’un week-end de retrouvailles sur le plateau du Vercors. PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

À

la lisière du golf de Corrençon-en-Vercors et de la réserve sauvage des Hauts Plateaux, surgissant de la forêt, deux silhouettes fuselées, buste en avant et bâtons de ski à l’arrière, filent à vive allure sur la pente goudronnée. « T’as vu, c’est Marie Dorin et Robin Duvillard ! », s’exclame Coline. La jeune grenobloise, férue de ski nordique et de roller, est venue repérer la piste de ski-roues où viennent régulièrement s’entraîner ses athlètes favoris. Sur cinq kilomètres et demi, dans un cadre de rêve à mille mètres d’altitude, les élites de l’équipe de France de biathlon comme les jeunes espoirs du ski de fond disposent ici d’un outil unique en France pour préparer l’hiver durant la saison d’été. « C’est l’une des plus belles pistes de skiroues au monde », assure Stéphane Bouthiaux, entraîneur. Pour l’heure, Coline, Mélissa et leur bande de copains parisiens vont commencer sur une piste verte, sur du plat. Avec la création de ce domaine sécurisé de skiroues (quatorze kilomètres de boucles cumulées), cette

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© Thomas HytTe

© UROPE

PAR ANNICK BE RL IOZ

discipline importée de Scandinavie, longtemps réservée à l’entraînement de l’équipe de France, peut s’ouvrir au grand public depuis quelques années. « Sur route, c’était trop dangereux », explique Céline Zanella, monitrice et directrice de l’École de ski français (ESF), qui propose des cours individuels ou en groupes constitués pour tous niveaux, avec location du matériel. Le ski-roues se décline en version « skating » ou « classique » : elle conseille

On retrouve toutes les sensations et les gestes du ski de fond »


ÉVASION I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

R?

© Thomas HytTe

OÙ SÉJOURNE

le château des Girards ENTRE LANS-EN-VERCORS ET VILLARD-DE-L AN S

Cet ancien domaine de chasse des seigneurs de Sassenage, restauré récemment avec goût, offre un cadre de rêve pour des retrouvailles à quinze ou vingt, avec piscine couverte et jacuzzi. Mélissa and co ont loué l’annexe (huit couchages), tout aussi luxueuse. La décoration est ultra raffinée et l’équipement, au top !

La piste de ski-roues du Vercors permet de s’initier en toute sécurité dans un cadre de rêve.

04 76 94 08 85 - www.grand-gite-vercors.com

cette dernière pour débuter, car on tient plus facilement l’équilibre. Les chaussures, les fixations et les bâtons sont les mêmes que pour le ski nordique. Pour les adeptes, c’est un bon moyen de prolonger les plaisirs de la glisse à la belle saison. « On retrouve toutes les sensations et les gestes du ski de fond », confirme Mélissa, très vite à l’aise sur ses planches à roulettes. Le revêtement spécial absorbant le bruit du roulement, elle gagne rapidement de la vitesse. « Il faut quand même faire attention en descente car on n’a pas de freins ! », prévient toutefois Coline. La monitrice leur a montré la technique pour ralentir, proche du chasse-neige : « On écarte les skis pour que la gomme touche le goudron. » À mi-parcours, un vaste pas de tir avec boucle de pénalités permet aussi de s’entraîner au biathlon. L’ESF propose aussi des initiations en ski-roues. Les amis se promettent d’essayer une prochaine fois. Car ils reviendront, c’est certain !

IQUE ?

MUS OÙ DÎNER EN

Le Hiboubox À VILLARD-DE-LAN S

Toutes les infos : École de ski nordique de Villard-Corrençon : 06 82 63 60 07 skiroue.vercors.fr Pour aller plus loin : www.villarddelans.com

Voici un resto-club de jazz et lieu d’exposition convivial, au cœur du bourg, pour déguster une bonne pizza italienne en se régalant les oreilles. Véritable découvreur de talents, Frédéric Leclercq programme toute l’année des musiciens de jazz, blues, salsa ou chanson française connus ou pas… mais tous excellents. Une adresse rare ! 04 56 00 09 56 - www.hiboubox.fr 17


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© Denis Palanque

DÉCOUVERTE TRIBU

À la rencontre de mademoiselle cistude S U R L’ I S L E C R É M I E U

Royaume de la tortue cistude et de nombreuses espèces protégées, l’étang de Lemps est un havre de nature classé « espace naturel sensible » qui s’étend sur 23 hectares, à quelques encablures du fleuve Rhône, entre Optevoz et Saint-Baudille-de-la-Tour. Ségolène, Bruno et leurs trois enfants y ont passé une journée de rêve. PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

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NATURE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

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au Canada », d’où on peut l’épier sans être vus. « Regarde, là, il y en a une qui prend son bain de soleil », s’exclame Louisie.

n dimanche en famille au bord de l’eau, en pleine nature, loin du bruit de la ville, à écouter le chant des oiseaux et le frissonnement du vent dans les feuillages. C’est le programme de cette journée de printemps où les heures s’allongent dans d’infinies variations de lumières. L’objectif était d’arriver sur le site avec la rosée encore fraîche, pour surprendre un maximum d’espèces sauvages. Comme d’habitude, la benjamine, Paola, deux ans et demi, était prête la première. À neuf heures tapante, la petite famille, venue des coteaux du Lyonnais, dépliait la poussette canne sur parking, munie d’un bon pique-nique, de carnets de croquis, d’un filet à papillons et de l’indispensable paire de jumelles.

Après cette séquence d’observation, la balade reprend sur le chemin boisé peuplé de charmes et d’arbres têtards qui fait le tour de l’étang. Certains évoquent l’arbre chantant de Pocahontas de Walt Disney avec leurs troncs énormes aux formes fantastiques ! Les enfants s’étonnent aussi de ces énormes touffes herbeuses formant comme des îlots surélevés au milieu de l’eau : « Ce sont des carex, des plantes de marais pour certaines centenaires, dont les tiges et les racines se sont entrelacées. », précise Benjamin Balme. Le petit peuple des marais n’a pas fini de fasciner… Et face à ce paysage mordoré, on comprend aussi que le coin ait inspiré de célèbres peintres impressionnistes au XIXe siècle, comme Corot ou Daubigny.

À l’orée du site, une mare pédagogique et des panneaux illustrés invitent déjà à faire connaissance avec les principaux hôtes des lieux et leurs biotopes. Grenouilles agiles, grèbes huppés, libellules… La vie grouille dans ces eaux faussement calmes ! Les naturalistes ont répertorié pas moins de 2 000 espèces animales et végétales – dont certaines rares et protégées, comme l’orchis des marais, la naïade marine, le martin pêcheur… Et bien sûr la tortue cistude, vedette du site. Reconnaissable à son long cou noir à pois jaunes, elle a trouvé ici des conditions idéales, entre coteaux bien secs pour la ponte et milieu aquatique. Une dune spécialement aménagée (unique en Europe !) permet aux femelles de couver à l’abri des prédateurs. « L’étang de Lemps et plus largement l’Isle Crémieu accueille sans doute la dernière population naturelle d’Auvergne Rhône-Alpes, soit une centaine d’individus dans l’étang », confirme Benjamin Balme, gestionnaire du site au Département de l’Isère, qui coordonne les actions de préservation indispensables au maintien et à la valorisation de cette biodiversité. Impatients de voir la tortue en vrai, Arsène et Louisie, six et huit ans, ont déjà rejoint l’observatoire de bois, style « ma cabane IN ? DANS LE CO

L’auberge de larina

04 74 83 11 28 www.auberge-de-larina.fr

©F. Pattou

Au centre d’un village de pierre typique, cette ancienne ferme rénovée au charme préservé abrite un petit musée de la lauze – une pierre plate traditionnelle qui recouvre encore de nombreux bâtiments dans la région. Côté table, le chef Miguel Luis vous régalera avec une cuisine de saison à partir de produits frais et locaux.

© Frédéric Pinto

© D.R.

À ANNOIS IN -CHATEL AN S

© Urope

OÙ DÉJEUNER

Toutes les infos : www.biodiversite.isere.fr Pour aller plus loin : www.tousauxbalcons.com

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I NATURE

NATURE

x u a m i n Sept a s e u q i t a aqu GS ET RIVIÈRES SONT CES, NOS MARES, ÉTAN PÈ ES ES US RE MB NO DE VIE. VITAUX POUR DE SITÉ QUI FOISONNENT DES OASIS DE BIODIVER Y L E B AG O U S S E E C / D E S S I N FA N N PA R A R N A U D C A L L

Loutre : la joueuse TAILLE : 1 à 1,25 m POIDS : 5 à 10 kg LONGÉVITÉ : 5 ans HABITAT : Rivières, lacs et étangs. SIGNES PARTICULIERS :

Son pelage est un véritable imperméable grâce à une densité de 35 à 50 000 poils par cm2 ! Ses moustaches (les vibrisses) lui permettent de détecter les poissons et batraciens qui composent la majorité de son alimentation. POUR L’OBSERVER :

Martin-pêcheur : le bolide TAILLE : 16 cm de long, 24 à 26 cm d’envergure POIDS : 40 à 45 g. LONGÉVITÉ : 15 ans. HABITAT : Rivières, lacs et étangs. SIGNES PARTICULIERS :

Sa présence est un indicateur d’une eau de bonne qualité. Et son bec est bien pratique pour pêcher des petits poissons et des insectes. POUR L’OBSERVER :

Il vole jusqu’à 45 km/h et prévient de son passage par un court cri strident. L’idéal est de pratiquer le canoë : vous pourrez le voir, en pleine pêche ! 20

Elle vit la nuit, mais elle laisse ses empreintes dans le sable au pied des ponts et le long des berges sableuses. Autre indice pour la repérer, l’épreinte, un petit amas d’écailles de poissons à l’odeur caractéristique. De retour en Isère depuis les années 2000, elle a été observée sur la Romanche à hauteur de Bourg-d’Oisans en 2017.


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Gerris : le patineur

Couleuvre à collier :

TAILLE : 10 à 15 mm.

la nageuse

LONGÉVITÉ : 2 mois au printemps et pour la deuxième

génération d’été, jusqu’au printemps suivant. HABITAT : Mares

TAILLE : 70 à 120 cm. HABITAT : Près des cours et plans d’eau. SIGNES PARTICULIERS :

SIGNES PARTICULIERS :

Grâce à son faible poids, le gerris prend appui sur ses deux paires de longues pattes munies de poils hydrofuges pour patiner. Ce prédateur carnassier injecte des sucs digestifs dans les insectes morts ou vivants qu’il aspire tout crus !

Elle est inoffensive pour l’humain ! Très rapide sur terre et sur l’eau, en revanche, elle capture et mange vivants grenouilles, poissons ou campagnols. Capable de rester en apnée plus de 30 minutes, elle peut vivre jusqu’à 25 ans.

POUR L’OBSERVER :

POUR L’OBSERVER :

Utilisez une boîte à loupe pour profiter de l’intense vie aquatique qui règne dans et sur les mares.

La libellule : le dragon volant

La couleuvre est l’un des serpents les plus communs, que l’on observe en Isère jusqu’à 1900 m d’altitude. Rappelons aussi que les serpents sont des espèces protégées. Si vous voulez l’éviter, il vous suffit de taper du pied : les serpents sont craintifs et sensibles à la vibration.

TAILLE : 31 à 84 mm. HABITAT : Dans l’eau calme au stade de larve. Puis dans les airs, à

l’imago le dernier stade après une extraordinaire métamorphose ! SIGNES PARTICULIERS :

L’Isère compte 77 espèces différentes de libellules : c’est le département le plus riche de France. La libellule peut voler sur place et faire des pointes à 36 km/h – contre maximum 22 km/h pour un frelon ! POUR L’OBSERVER :

Elle aime à se reposer souvent sur le même perchoir : donc on peut l’observer avec des jumelles. Mais pour être identifiées, certaines espèces nécessitent d’être attrapées avec un filet à papillon.

Tortue cistude : l’aquatique TAILLE : 20 cm. HABITAT : Dans les étangs une grande partie de l’année, et sur un sol

sableux pour pondre ses œufs. SIGNES PARTICULIERS :

Rainette : l’arboricole TAILLE : 5 cm. HABITAT : Les boisements de feuillus et pour

la reproduction, les étangs et mares. SIGNES PARTICULIERS :

C’est une grenouille arboricole, qui se déplace sur les branches et les feuilles grâce aux ventouses de ses pattes. Le mâle peut répéter son chant jusqu’à 30 000 fois par nuit ! POUR L’OBSERVER :

Très discrète et mimétique, elle signale sa présence la nuit par son chant grave et caractéristique.

Elle a les pattes palmées, une queue en guise de gouvernail et elle est carnassière. Entre le trentième et le quarantième jour d’incubation, si la température est supérieure à 29°C, ce sont des femelles qui naîtront. En dessous de 28 °C, ce sont des mâles. POUR L’OBSERVER :

Aux heures chaudes, on peut la voir prendre ses bains de soleil à l’observatoire de l’étang de Lemps à Optevoz. (voir p. 18)

Découvrir, c’est déjà agir Animations gratuites sur les petites bêtes aquatiques, les libellules et papillons sur les ENS (espaces naturels sensibles) : www.biodiversite.isere.fr

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I NATURE ENTRE

AMIS

Balade et cueillette gustative D A N S L E VA L B O N N A I S

L’été dernier, Sylviane et Béatrice ont passé trois jours à Valjouffrey, au cœur d’une vallée secrète et authentique du Parc national des Ecrins. Martine les a accueillis dans sa chambre d’hôtes Les Epilobes et a partagé avec elles, ses connaissances sur les multiples vertus des plantes de montagne. 22

© Parc national des Ecrins - C. Ayesta

PAR ANNICK BE RL IOZ


©D.R.

«I

04 76 30 14 96 www.lesepilobes.fr Pour aller plus loin : www.matheysine-tourisme.com

s u o t é d r a g a e Ici, la natur s e b r e h s e l t e s ses droit . n io g é l t n o s s e g sauva

LE CARRÉ MAGIQUE DE VALBONNAIS Au cœur de Valbonnais, se trouve un carré magique, gravé dans un bloc de pierre, enchâssé autrefois dans la façade d’une maison donnant sur la place du marché. ROTAS, OPERA, TENET, AREPO, SATOR : les cinq mots à consonance latine, se lisent de gauche à droite, de droite à gauche, de haut en bas et de bas en haut. Ces 25 lettres sont celles des mots « Pater Noster ». Daté de la fin XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, son origine remonterait à l’alliance de deux familles nobles, l’une de Rochemaure en Ardèche et de la famille Alleman, l’une des plus importantes du Dauphiné, qui se targuait d’avoir le tombeau de ses ancêtres à Valbonnais. C’est sans doute à la suite de ce mariage que ce carré magique ardéchois a été importé à Valbonnais. On le retrouve également sur une porte de la rue Jean-Jacques Rousseau, dans le vieux Grenoble, à Rochemaure en Ardèche, mais aussi à Pompéi et en Syrie, sur le site archéologique de Doura-Europos.

© Parc national des Ecrins B. Nicollet

l y a encore un an, nous ignorions que tous ces végétaux étaient comestibles et pouvaient soulager nos douleurs », se réjouissent Sylviane et Béatrice. Durant l’été 2018, cette deux jeunes retraitées grenobloises de 62 et 65 ans se sont rendues dans la vallée sauvage et secrète de Valjouffrey, pour suivre un stage de découverte des plantes de montagnes. Au hameau dit Le Désert, dans un cadre majestueux qui ressemble au bout du monde, Martine et Gérard ont transformé une maison familiale construite en 1804 en chambres d’hôtes où l’on apprend à cuisiner ce qui pousse dans les prés et à concocter des tisanes, huiles de massage et eaux florales apaisantes pour la peau. Ici, la nature a gardé tous ses droits et les herbes sauvages sont légion. Martine, herbaliste certifiée par l’École lyonnaise de plantes médicinales, accompagne ses hôtes autour du village pour leur faire découvrir ces trésors et l’art de les transformer. L’aventure commence de bon matin après le petit déjeuner. Sylviane raconte : « On part avec des sacs en papier, une loupe et une paire de ciseaux. Tout au long du chemin, Martine nous donne des explications. Prenez par exemple l’achillée millefeuille ou sourcil de Vénus. Savez-vous que ses feuilles découpées sont capables d’arrêter un saignement, mais aussi qu’elles se marient fort bien avec la tortilla ou les moules marinières ? Et le plantain, auriez-vous eu l’idée de le frotter sur votre peau pour soulager les piqûres d’insectes ? On peut aussi poêler ses feuilles pour agrémenter des pommes de terre sautées. » Au retour, on se retrouve sur la terrasse pour trier la cueillette dont une partie servira au déjeuner. « Durant notre séjour, nous avons dégusté un gratin d’épinards sauvages et une tarte aux pousses d’épilobe, plante emblématique du gîte qui pousse naturellement dans les zones humides et donc en Oisans. J’ai donné la recette à ma fille pour qu’elle fasse goûter ces plats à mes petits enfants », poursuit Béatrice. L’après-midi se passe au rez-de-jardin où Martine a aménagé un laboratoire pour fabriquer des baumes naturels à partir de macérations solaires que les clients peuvent ramener chez eux, en souvenir du parc national des Écrins.

À VISITER

La Maison du parc À ENTR AIG UES

Créé en 1973, le parc national des Écrins s’étend sur 160 600 hectares sur les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes. La Maison du parc est un lieu d’accueil et de préparation à la découverte de cet espace protégé et de ses patrimoines. Vous y trouverez de nombreux ouvrages, des cartes, des expositions et des animations (ateliers créatifs, sorties accompagnées…).

04 76 30 20 61 www.ecrins-parcnational.fr 23


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I NATURE

NATURE

, s e g a v u a s s r u e l f Sept e tt e i s s a ' l à é r p u d ES LES QUALITÉS NS. DÉCOUVREZ TOUT EO NG MA US NO E QU . NOUS SOMMES CE NOS FLEURS SAUVAGES S OU MÉDICINALES DE VE ITI TR NU S, IVE AT ST GU Y L E B AG O U S S E E C / D E S S I N FA N N PA R A R N A U D C A L L

Ortie : la méconnue

Plantain lancéolé : le secouriste TAILLE : 20-40 cm.

TAILLE : Jusqu’à 1,50 m. HABITAT : Bords des chemins et jardins.

HABITAT : Pelouses, prés, bords de

FLORAISON : Avril à septembre.

chemins.

SIGNES PARTICULIERS : Elle pique mais plus de 120 espèces d’insectes se nourrissent ou se réfugient dans ses feuilles. Utilisée comme engrais, insecticide ou comme colorant alimentaire, c’est aussi l’un des végétaux les plus riches en protéines : jusqu’à 40 % de son poids ! COMMENT LA DÉGUSTER : Toute l’année, sous forme de soupe, à partir de jeunes pousses ou de feuilles sèches avec des pommes de terre, en coulis mixée avec des oignons ou même en gelée !

FLORAISON : Mai à août. SIGNES PARTICULIERS : Une centaine

de chenilles se nourrissent des plantains, dont l’écaille du plantain ou la mélitée. Les chardonnerets, les verdiers ou moineaux apprécient leurs graines nutritives. Le plantain est connu pour ses vertus médicinales (toux), mais surtout pour calmer les piqûres de moustiques, de guêpes ou d’orties : frotter avec deux ou trois feuilles jusqu’à en extraire le suc. COMMENT LE DÉGUSTER : Les jeunes feuilles se mangent en salade ou cuites dans une omelette.

Ronce : la nourrissante TAILLE : 0,5 à 2,5 m. HABITAT : Falaises calcaires, lapiaz, éboulis jusqu’à 2 500 m d’altitude. FLORAISON : Mai à septembre. SIGNES PARTICULIERS : Ses feuilles nourrissent de nombreuses chenilles mais aussi des chevreuils en hiver. Ses mûres sont appréciées par d’autres mammifères comme le ravissant muscardin ou par les oiseaux - le passage dans leur intestin favorise la dispersion et la germination. La ronce est aussi une plante médicinale, riche en tanins astringents. On l’utilise en gargarismes (maux de gorge) ou en tisane. COMMENT LA DÉGUSTER : Les fruits, riches en vitamine C, s’apprécient en tartes, gelées ou confitures. Les bourgeons et pétales de fleurs agrémenteront une salade de légumes ou de fruits. 24


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I NATURE

Vulnéraire : la Chartreuse

Menthe : l’aquatique

TAILLE : 10 à 30 cm. HABITAT : Falaises calcaires, lapiaz, éboulis jusqu’à 2 500 m d’altitude. FLORAISON : Juin à août.

TAILLE : 15 à 60 cm.

SIGNES PARTICULIERS :

SIGNES PARTICULIERS : La menthe, connue pour parfumer le thé, a aussi des vertus médicinales. Elle donne une huile essentielle ayant une propriété antibactérienne importante (en particulier la menthe aquatique). Ses fleurs sont aussi très mellifères , attirant de nombreux papillons et coléoptères. Pour la reconnaître, il suffit de froisser les feuilles entre ses doigts et de humer ! COMMENT LA DÉGUSTER : Pour un bon sirop, récolter 50 g de feuilles et fleurs, faire bouillir dans un litre d’eau, laisser infuser une nuit, filtrer et faire bouillir avec un kilo de sucre pendant 30 minutes.

HABITAT : Bords de rivières ou de mares. FLORAISON : Juin à septembre.

Historiquement, les vulnéraires étaient des élixirs fabriqués par les moines pour soigner les malades et les blessés. Ce millepertuis a en effet des vertus toniques et antispasmodiques. Sa cueillette est réglementée à environ 100 brins (pas plus que peut contenir la main) par jour et par personne. Un suivi a été mis en place depuis 2017 par le parc naturel régional de Chartreuse. COMMENT LA DÉGUSTER : Mettre quarante brins à macérer dans un litre d’eau-de-vie et à consommer après deux ou trois ans de vieillissement comme un médicament : avec modération !

Pissenlit : le radieux TAILLE : 5 à 40 cm. HABITAT : Prairies et pâtures. FLORAISON : Mars à octobre. SIGNES PARTICULIERS : Il existe plusieurs centaines d’espèces de pissenlits en France. Les feuilles sont riches en vitamine C. Le pissenlit officinal est connu pour ses propriétés diurétiques et dépuratives - d’où son nom ! COMMENT LE DÉGUSTER : Délicieux en vin : mettre 200 g de fleurs dans quatre litres d’eau bouillante. Laisser macérer pendant 24 heures. Ajouter deux kilos de sucre, 400 g de raisins secs, quatre oranges et quatre citrons coupés. Laisser fermenter pendant trois semaines en remuant souvent. Filtrer et mettre en bouteille, attendre deux ou trois jours pour boucher et mettre au frais.

Conseils de cueillette Ne

cueillez les plantes que dans des endroits sains (éviter les bords de routes). En cas de doute, abstenez-vous ! Évitez d’arracher les racines. Et ne prélevez jamais plus que le contenu de votre main

Thym serpolet : l’aromate TAILLE : 10 cm. HABITAT : Prairies (jusqu’à 3 000 m d’altitude). FLORAISON : Juin à septembre. SIGNES PARTICULIERS : Le thym serpolet est une plante

nourricière dite « hôte » de plusieurs papillons dont l’azuré du serpolet. Le serpolet est antiseptique. COMMENT LE DÉGUSTER : Les chefs remplacent souvent le thym par du serpolet, moins fort et plus subtil. Il accompagne les plats et salades, et se déguste aussi en tisane.

En savoir + Découvrez les plantes sauvages comestibles sur les ENS (espaces naturels sensibles) : Vieille Morte à Bourg-d’Oisans, le 16 juin : 04 76 11 39 73 Tourbière du Peuil à Claix, le 23 juin : 04 76 42 41 41 Autres sorties sur les plantes sur www.biodiversite.isere.fr

un site à consulter Je cuisine le pissenlit, l’ortie, l’églantine… laventureaucoindubois.org 25


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I ÉVASION ENTRE

DÉCOUVERTE AMIS

Quelques heures sous terre à la grotte du Gournier DANS LE VERCORS FACILE D’ACCÈS, LA GROTTE DU GOURNIER EST L’ENDROIT IDÉAL POUR S’INITIER À LA SPÉLÉOLOGIE. L’ÉTÉ DERNIER, ETIENNE ET SARAH ONT TENTÉ L’EXPÉRIENCE AVEC UN COUPLE D’AMIS.

© P. Crochet

PAR ANNICK BE RL IOZ

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ÉVASION I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

R?

OÙ SÉJOURNE

Les hauts de Choranche À CHOR ANCHE

«C

e qui nous a surpris, c’est l’entrée par le lac souterrain en canoë pneumatique. C’était magique et envoûtant ! », se réjouit Sarah, 37 ans, après une séance d’initiation à la spéléologie dans la grotte de Gournier, avec son mari et un couple d’amis marseillais. Située à deux pas de la grotte de Choranche, dans le massif du Vercors, cette cavité, qui s’ouvre à 572 mètres d’altitude au pied de la falaise du plateau de Presles, abrite selon de nombreux spéléologues la plus belle rivière souterraine des Alpes. Elle est très facile d’accès à condition d’être en bonne forme physique, un tantinet à l’aise avec les milieux confinés et bien sûr, convenablement équipé. Régulièrement, des guides expérimentés de Vercors Aventure accompagnent des petits groupes de quatre à six personnes de 7 à 77 ans dans les tréfonds de la caverne. Ils fournissent tout le matériel nécessaire à l’expédition : combinaison, casque avec éclairage et baudrier. « Il faut parfois ramper et gravir de petits obstacles, mais le jeu en vaut la chandelle tellement c’est fascinant. Le plus difficile est psychologique ! », plaisante Etienne.

Cinquante mètres après la traversée du lac, commence une épreuve un peu plus délicate, avec un tronçon d’escalade nécessitant d’être encordé. Là, on se regarde et on se fait un clin d’œIl pour s’encourager. Les quatre amis ne sont pas au bout de leurs surprises : ils doivent encore progresser à l’horizontale à l’aide d’une main courante sur 30 à 40 mètres dans d’étroits conduits. « On était un peu impressionnés mais ravis de devoir se dépasser », témoignent-il, unanimes. Les spéléos amateurs remontent ensuite la galerie pour rejoindre une rivière. « On avait de l’eau jusqu’à la taille ! C’est comme si le temps s’était arrêté », ajoute Sarah. À l’arrivée, dans la salle des fontaines, les aventuriers ont eu droit à un spectacle saisissant avec les stalactites et les stalagmites... La journée s’est achevée par un dernier saut dans le lac d’entrée… avant de rejoindre la lumière et la chaleur de l’été. Plus d’infos : www.vercors-aventure.com Toutes les infos : tourisme.saintmarcellin-vercors-isere.fr

À proximité de la grotte du Gournier, Gilles Dacier·Falque, amoureux du pays, a restauré un hameau provençal du XVIIIe siècle qu’il a transformé en six gîtes de charme (pour deux à 27 personnes). Tous offrent une vue imprenable sur les falaises du Vercors et la spectaculaire cascade de Moulin Marquis. Après une journée de spéléologie, vous pourrez profiter du Spa, avec hammam et salle de massage. 06 78 15 01 00 www.gitedecharme-vercors.com Pour aller plus loin : tourisme.saintmarcellin-vercors-isere.fr

À DÉGUSTER

Les vins du domaine de Mayoussier À Auberives-en-Royans, sur les contreforts du Vercors, Antoine Depierre a créé un domaine viticole de trois hectares autour d’une propriété familiale. Il a fait le choix d’entretenir ses parcelles de viognier, syrah, sauvignon blanc et roussane à la main et avec la force des chevaux de trait, sans pesticide ni désherbant. Il propose une gamme de vins rouges et blancs, sous l’appellation IGP Isère (indication géographique protégée). 10 route du Bel, Auberives-en-Royans www.domaine.mayoussier.com 27


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉCOUVERTE ENTRE

AMIS

De juin à octobre, les troupeaux venus du sud profitent des excellents pâturages du plateau d’Emparis avec la vue sur la Meije.

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DÉCOUVERTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

e é n r u o j Une e g a p l a ' sur l EN OISANS

PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

© agneraunomade.com

Chaque semaine en été, des animateurs de la Maison des Alpages, à Besse-en-Oisans, emmènent les randonneurs à la rencontre des bergers de la vallée du Ferrand.

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉCOUVERTE ENTRE

©Oisans Tourisme

AMIS

A

vec ses allures de steppe mongole et son panorama majestueux sur la Meije et les glaciers des Écrins, le plateau d’Emparis est un paradis pour les randonneurs. Pour la dizaine de bergers qui viennent ici en estive, c’est aussi un cadre de travail exceptionnel, à 2 000 mètres d’altitude ! Depuis le Moyen Âge, ce territoire grandiose et sauvage est en effet réputé être l’un des meilleurs « restaurants » pastoraux des Alpes. De mai à octobre, près de 20 000 brebis, vaches et même quelques chèvres se délectent de cette fine pelouse, qui ondule sur 2 900 hectares et trois cent mètres de dénivelé. « Un biotope unique » assure Sarah, qui fait transhumer à chaque saison son troupeau de la Provence sur l’alpage de Mizoën. Avec son mari Nicolas et leur fils de trois ans, ces bergers nomades veillent sur 1 500 brebis de trois éleveurs différents.

Pique-niquer sur l’alpage avec les bergers Ce matin, Éliane, Louis, Suzanne et Patrick, deux couples d’amis retraités crollois, sont partis pique-niquer sur l’un des alpages du plateau d’Emparis pour découvrir la réalité de ce métier

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ancestral teinté de folklore. Rendez-vous était pris à la Maison des Alpages de Besse-en-Oisans, qui propose chaque jeudi des sorties en groupe sur réservation. Aujourd’hui, une rencontre est programmée avec Thomas Roche, qui garde 300 vaches sur l’alpage de la Quarlie. « C’est le plus proche du village de Besse et le plus accessible, à seulement quatre cent mètres de dénivelé », précise Benjamin Thibaut, responsable de la Maison des Alpages. Si une piste pastorale permet d’y accéder en 4x4, le petit groupe a choisi de monter à pied. Guidés par Maxime, accompagnateur en montagne, ils ont cheminé à travers les prairies piquées de trolles, de narcisses et autres fleurs multicolores, tout en découvrant au fil de la balade les différentes zones de pâture, les points de recoupement, les zones de tri… Deux heures plus tard, la petite équipée se retrouve au chalet de Thomas, qui les attend avec l’apéritif. Cet enfant du pays, qui a repris la suite de son grand-père, les accueille avec ses deux chiens border collies : « Ce sont mes auxiliaires pour la conduite du troupeau. J’ai aussi des patous mais en limite d’alpage, pour les protéger du loup ! », précise-t-il. Entre la surveillance et les soins vétérinaires, le groupe réalise vite que le travail laisse peu de temps pour jouer de la musique ! Et par


DÉCOUVERTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

?

©D.R.

©Oisans Tourisme

NER OÙ SÉJOUR

mauvais temps ? « On fait pareil, y compris le dimanche ! », sourit Thomas. Qui ne se plaint surtout pas de son choix de vie.

L ’hôtel Panoramique À MI ZOËN

Au retour à Besse-en-Oisans, Maxime propose encore à ceux qui le souhaitent un petit tour dans les ruelles labyrinthiques de ce village classé et préservé de 150 habitants. Les maisons de pierre aux toits de tôle ondulée, blotties les unes contre les autres en carapace, rappellent que le climat est rude dans ces montagnes, en hiver. Pour l’heure, avec toutes ces fleurs, c’est un jardin de délices !

Isabelle et Marc, les propriétaires de ce chalet hôtel-restaurant familial, vous accueilleront chaleureusement. Avec ses géraniums aux fenêtres et sa vue panoramique sur les Écrins, cet établissement, membre des Logis, est au cœur d’un village typique de la vallée du Ferrand (à dix minutes de Besse en voiture).

04 76 80 06 25 www.hotel-panoramique.com

À VISITER

La Maison des Alpages À BESSE-EN-OI SANS

©D.R.

Pour mieux connaître l’histoire du village de Besse-en-Oisans et toutes les légendes du pays, une visite s’impose à la Maison départementale des Alpages, qui vient de revoir totalement sa scénographie.

04 76 80 19 08 www.maisondesalpages-besse-com

ER ? OÙ DÉJEUN

Le Sarret

À BESSE-EN-OI S AN S

Crozets, farcis, patiche, Merçon... Cette auberge typique au cœur du village de Besse vous fera déguster les spécialités bessates. Elle propose aussi le gîte.

04 76 80 06 22 www.gite-le-sarret.com/

Toutes les infos : www.oisans.com

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I ÉVASION ENTRE

AMIS

Petites foulées au-dessus de la ville À GRENOBLE

Dans la métropole grenobloise, quinze itinéraires de trail balisés sur cinq secteurs permettent de s’évader sur les hauteurs. Mariek et ses amis ont testé l’un des trois parcours de la Bastille. Avec en prime, de superbes panoramas ! PAR ANNICK BE RL IOZ

est connu, Grenoble est la métropole la plus plate de France. C’est aussi l’une des seules villes de France où la montagne est à deux pas, où l’on peut aller courir ou marcher en pleine nature sans prendre sa voiture. Sur les contreforts des massifs de la Chartreuse, du Vercors et de Belledonne, de nombreux sentiers ont été balisés pour les amateurs de trail débutants ou aguerris. Il y a un mois, Mariek et ses deux amis ont fait le trail de la Bastille, sur la rive droite de l’Isère. Le départ s’effectue dans le quartier historique de Saint-Laurent, sous les fortifications de la Bastille. Celles-ci furent reconstruites au début du XIXe siècle par le général Haxo pour protéger le Dauphiné d’une éventuelle attaque par le Duché de Savoie. Trois itinéraires sont proposés : un facile de 4,5 km, un autre plus long de 10 km et un encore plus difficile de 17 km. Aujourd’hui, Mariek et ses amis ont décidé d’aller jusqu’au mont Rachais, un parcours de 10 kilomètres et de 700 mètres de dénivelé. Ils sont partis de bon matin, pour éviter la chaleur. «Au début, c’est un peu raide mais pas trop sévère, si on a un peu d’entraînement », témoigne Mariek. En quelques foulées, le groupe se retrouve au pied de la forteresse, desservie par de grands escaliers. Là, plus question de courir : on prend son souffle, on marche et on évite de s’arrêter en route pour garder le tempo. Au bout de quelques minutes, un superbe panorama s’ouvre. L’agglomération s’étend à perte de vue, dominée par les sommets environnants. À la Bastille, une petite pause s’impose au point d’eau. Direction le mont Jalla (635 m) où un mémorial a été érigé en hommage aux troupes de montagne qui se sont battues pour la nation.

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De là, on aperçoit au loin le Grand Veymont, l’Obiou, le massif des Écrins et par temps clair, le mont Blanc. Puis, le chemin se transforme en un sentier qui se faufile en sous-bois. Très vite, on se retrouve en pleine nature, malgré la ville toute proche. Les plus sportifs peuvent continuer jusqu’au mont Rachais (1 046 m). Le retour se fait par une descente en lacets jusqu’à la rive de l’Isère. Arrivés dans la rue Saint-Laurent, les amis peuvent flâner dans ce quartier où se mêlent artisans, ateliers d’artistes et cafés populaires.

Toutes les infos : www.alpes-isere.com www.lametro.fr/trail

? E DES FORCES OÙ REPRENDR

Le Café des Alpes À CORENC

À 10 km de Grenoble, en direction du Sappeyen-Chartreuse, le Café des Alpes propose un menu montagnard (salade, charcuterie, gratin dauphinois, tarte aux myrtilles et fromage blanc) avec une vue panoramique et une superbe terrasse sur Grenoble et la chaîne de Belledonne. 04 76 88 01 01 www.le-cafe-des-alpes.fr

© T. Hytte

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ÉVASION I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

R ?

© D.R.

OÙ SÉJOURNE

Le gîte d’étape du Néron À FONTAINE

Il y a cinq ans, Christophe Delachaux a construit cette maison d’hôte ronde faite de chanvre et de bois au pied du Vercors, en bordure du Drac, à deux pas de Grenoble. Cet homme au parcours atypique a eu plusieurs vies. Après un CAP de menuisier, il a travaillé en usine avant d’intégrer l’école du théâtre national de Strasbourg puis la compagnie de danse Émile Dubois, dirigée par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta. Grand amateur de randonnée, il a créé un lieu tout en douceur où règne la convivialité. 06 61 18 52 63 www.gitedetapefontainegrenoble.com

ÉE

LA SOIR PROLONGER

Salles de spectacle, cafés-concert, festivals… La vie nocturne et culturelle grenobloise est particulièrement riche et bouillonnante. Toutes les infos : www.grenoble-tourisme.com

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© DR

A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉTENTE

Un week-end approuvé par les enfants et les parents A U PA R C WA L I B I Julien est féru de parcs d’attractions. L’été dernier, il a emmené sa petite famille à Walibi, aux Avenières, sur le terrain de jeux de son enfance, où il a éprouvé ses premières grandes sensations. Ici, la fête bat son plein ! PAR ANNICK BE RL IOZ

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RIR À DÉCOUV R ALENTOU

Timber - l’une des attractions “phares” de Walibi.

L

orsqu’ils sont arrivés à Walibi, Julien, son épouse Mathilde et leurs deux enfants, Lilly, 7 ans et Laure, 14 ans, n’en croyaient pas leurs yeux. Ils ont découvert un univers fantastique, avec 32 attractions et spectacles à portée de main. « Dans les années 1990, je venais ici au moins une fois par an avec mes parents. Mon meilleur souvenir, c’est le Boomrang aujourd’hui nommé EqWalizer. J’ai été propulsé à 38 mètres de haut à 100 km/h, avec à six reprises, la tête en bas. J’avais adoré cette sensation et je voulais faire vivre cette expérience à mes gamins », se remémore Julien, 43 ans. Outre cette attraction emblématique, Walibi propose aujourd’hui beaucoup de nouvelles réjouissances. Parmi les préférées des visiteurs, Timber, dans l’espace Explorer Adventure. « Lilly a été hyper impressionnée par cette montagne russe en bois. Ça va très vite. Pas de looping, mais une incroyable descente avec plein de virages serrés qui donnent l’impression d’avoir le corps en apesanteur », s’étonne encore la maman. Autre star, l’attraction Hurricane, dans la zone Festival City, qui offre une ascension à 49 mètres de haut en chaises volantes. « Même pas peur ! Avec ma sœur, on y est remontés deux fois ! », se réjouit Laure. Les parents sont revenus ravis de cette escapade. « Le parc est à taille humaine et les trois quarts des animations sont accessibles en famille. Il y aussi deux spectacles envoûtants et de nombreux espaces de restauration, sans compter la zone aquatique avec ses piscines et toboggans », témoignent-ils. C’est promis, ils reviendront cet été avec leurs enfants. L’occasion de découvrir Mystic, une attraction unique en France, cadeau que Walibi offre à ses visiteurs pour ses 40 ans : une montée de 31 mètres à la verticale, à 90 degrés avec le ciel face à soi. Un voyage sensationnel à une heure de Lyon et de Grenoble.

Le Domaine des fauves

© B. Girardeau

DÉTENTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

AU X ABRETS-EN-DAUPHINÉ

Quelle quantité de viande un lion mange-t-il quotidiennement ? Pourquoi certains tigres sont-ils blancs ? Quel est le nom du cri de la chouette hulule ? Pour le savoir, arrêtez-vous dans ce petit zoo à taille humaine où vous pourrez rencontrer des prédateurs des cinq continents : lions, tigres, guépards, loups, hyènes… Pour vous guider, des animations sont organisées par les soigneurs tout au long de la journée. Vous pourrez aussi assister à un spectacle pédagogique sur les oiseaux carnassiers.

04 76 55 28 88 domainedesfauves.com

? EN FAMILLE OÙ DORMIR

Camping détente et clapotis À MONTF ERR AT

Pour prolonger le plaisir en famille, séjournez dans le chalet des Chevaliers de l’An Mil au bord du lac de Paladru : une jolie cabane en bois tout équipée avec un toit de toile et une grande terrasse.

04 76 55 33 94 www.detente-et-clapotis.fr

www.walibi.fr

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉCOUVERTE

DÉCOUVERTE ÉVASION

À travers les paysages du peintre Jongkind À L A C Ô T E - S A I N T- A N D R É Pendant près de vingt ans, le peintre paysagiste hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891) a vécu en Dauphiné et arpenté la vallée de la Bourbre et les plaines de la Bièvre, son carton sous le bras. Partez sur ses traces et découvrez les paysages et les lieux qui l’ont inspiré. PAR : ANNICK BE RL IOZ

La route de Penol, aquarelle de 1883 (Collection particulière) 36


DÉCOUVERTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

OÙ SÉJOURNER ?

urant l’été 1873, Johan Barthold Jongkind alors âgé de 54 ans arrive de Paris en gare de Châbons. Invité par le fils de son amie, Joséphine Fesser, l’artiste hollandais séjourne dans une maisonnette surplombant le château de Pupetières. Séduit par la région et par sa lumière, il y reviendra ensuite tous les étés avec son carnet de croquis, avant de s’installer en 1878 à La Côte-Saint-André. C’est là qu’il sera enterré, en 1891. Plus d’un siècle plus tard, Agnès et Guy sont partis sur les traces de cet artiste paysagiste, dans la vallée de la Bourbre et la plaine de Bièvre. « Devant ces paysages inondés de soleil, on se met facilement à la place de Johan Barthold Jongkind lorsqu’il peignait », expliquent-ils. Ce précurseur des impressionnistes n’a eu de cesse d’arpenter le territoire avec son pliant sur l’épaule. Souvent escorté d’un animal, perdrix ou mouton, il participe volontiers aux fêtes de villages où il aime se lier avec les habitants - qu’il se plaît ensuite à représenter. Il a ainsi peint des centaines de vues, principalement des aquarelles, aux alentours de Châbons et de

La Côte-Saint-André. La campagne étant restée presque intacte, il est facile d’imaginer le panorama qui s’offrait à ses yeux : la chapelle de Milin au-dessus de la vallée de la Bourbre, le train circulant sur la ligne Lyon-Grenoble, le clocher de l’église de La Côte-Saint-André, ou encore le cimetière de Balbins et sa petite chapelle Saint-Michel… Pour nous faire découvrir ce peintre, l’association Dans les pas de Jongkind en Dauphiné a mis en place un circuit en 14 étapes passant par Châbons, Blandin, Virieu, La Côte-Saint-André et Balbins, à réaliser seul ou accompagné. Des lutrins reproduisent des tableaux avec des citations et des éléments biographiques sur les sites qui l’ont inspiré. L’occasion de découvrir un riche patrimoine architectural, dont les châteaux de Virieu et de Pupetières, mais aussi les belles bâtisses en pisé. En savoir plus : www.jongkind.fr jongking@free.fr ; 06 70 71 41 78 Toutes les infos : tourisme-bievrevalloire.com

A u-dessus de parady À G ILLONAY

©D.R.

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Delphine et Patrick Boullier vous accueillent dans une adorable maison dauphinoise du XVIIIe siècle qui a gardé tout son charme d’antan. La bâtisse est située sur le haut d’une colline, avec une vue époustouflante sur la plaine de la Bièvre et les massifs montagneux. Une table d’hôte est prévue le soir. www.adparady.fr 04 74 79 33 39

Le château de Virieu, aquarelle (1877) À NE PAS MANQUER

Jongkind au Musée Hébert À LA TRONCHE

Pour le bicentenaire de la naissance de Jongkind, le musée Hébert expose une cinquantaine d’huiles et d’aquarelles recouvrant toute la carrière de l’artiste dont deux prêts du musée de Dordrecht en Hollande et la très belle « Vue de Paris, La Scène, L’Estacade », du musée d’Angers. ©D.R.

Du 15 juin au 23 septembre 2019. www.musees.isere.fr/musee/musee-hebert

Les Étés de Marnans À M ARNANS

© P. Jayet

Chaque été, des concerts et des expositions sont organisés dans l’église romane de Saint-Pierrede-Marnans, joyau architectural du XIe siècle. Cette année, le Festival accueillera les Petits chanteurs à la croix de Bois, le célèbre chœur de garçons créé en 1907. Du 5 juillet au 20 août. Plus d’infos : tourisme-bievrevalloire.com

Le château de Virieu aujourd’hui 37


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉTENTE

TRIBU

2 000 ans d'histoire

...en gyropode Margot, 70 ans habitante de Givors, a convaincu sa fille Céline, 50 ans et sa petite fille Pauline, 20 ans, de visiter la ville de Vienne et ses trésors de façon insolite et ludique, en gyropode. Sensations et fous rires garantis !

© J.S. Faure

PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

B

ien sûr, on a une petite appréhension en montant sur ce drôle d’engin électrique avec ses deux grosses roues et son guidon qui tourne à 360 degrés. Sourire olympien et voix suave, François Nemoz se fait rassurant : « Pour avancer, on avance le buste. Pour freiner, on le recule et on appuie sur ses talons. Surtout, tenez-vous droites et regardez devant vous ! La machine s’occupe de votre équilibre. » Dix minutes plus tard, munies d’un casque et d’une oreillette, Pauline, Céline et Margot

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s’élancent en file indienne derrière leur guide pour une balade à travers deux mille ans d’histoire, de l’Antiquité au temps des cathédrales puis à l’ère de l’industrie textile, sur les rives de la Gère. Incroyable, comme ces drôles de montures pourtant imposantes se faufilent en silence et sans frémir entre les piétons, souvent amusés ! Les pavés des ruelles médiévales et les petites butées des trottoirs ne sont pas un problème. « Nos gyropodes sont très maniables et sécurisés », certifie François entre deux anecdotes sur l’histoire de la ville.


© MobilboardCondrieu

DÉTENTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

© J.S. Faure

© J.S. Faure

OÙ SE RESTAU RER ?

Patrimoine, glisse et gourmandises Durant les trois semaines du festival Jazz à Vienne en juillet, les gyropodes évoluent ainsi de scène en scène musicale dans une ambiance festive, parmi la foule. Des circuits gourmands sont aussi proposés dans les fameux vignobles de Seyssuel, sur la colline, avec dégustation à la clé. Pour l’heure, Pauline, Céline et Margot grimpent par une route escarpée sur la colline du Pipet. Là-haut, le panorama sur le théâtre antique, le Rhône et la quarantaine de monuments historiques se déploie en majesté : « Wouaw ! » La redescente est presque euphorique. Mère, fille et petite-fille, maintenant rodées aux commandes, n’ont plus qu’à se laisser glisser… « Attention, pas trop vite quand même », tempère François en invitant à tourner à gauche. Le temple d’Auguste et Livie avec ses seize colonnes corinthiennes fait toujours son effet

Le Simone’s café À VIENNE

De la vaisselle de grand-mère, une décoration de bric et de broc, une cuisine créative tout en fraîcheur et saveurs, des petits concerts… Installée juste derrière l’église de Saint-Andréle-Bas, sur une placette tranquille du centre médiéval, Karine alias Simone vous régale comme à la maison, dans la bonne humeur. 06 64 48 84 18 www.lesimonescafe.com

quand il surgit au milieu des terrasses de café ! La visite se poursuit sans fatigue, entre vieilles pierres et fresques contemporaines... Une petite douceur est pourtant bienvenue : François propose une halte surprise à la chocolaterie Panel, une institution à Vienne depuis quatre générations. Aussi fondant que craquant, son « galet du Rhône » au chocolat est un délice, à l’image de ces deux heures... Le patrimoine viennois a décidément de multiples facettes.

www.gyropodescondrieu.fr Pour aller plus loin : www.vienne-condrieu.com

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Mathilde Seignier dans Une Hirondelle a fait le printemps (2003), tourné dans le Vercors.

Silence on tourne ! Des montagnes majestueuses, des châteaux de conte de fées, des villages médiévaux, des lacs et des étangs mystérieux… Terre d’aventures, l’Isère avec ses multiples paysages est un décor rêvé pour les cinéastes. PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R

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© Nord Ouest Production

EN ISÈRE


DÉCOUVERTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

« Le

Vercors est le plus beau plateau de cinéma »

©Origami Films et Bee Films

CHRISTIAN CARION

Le Voyage de Fanny (2018)

C

orps, Pont-en-Royans, Saint-Antoine l’Abbaye, Notre-Dame de La Salette… Autant de décors uniques pour le dernier film d’Anne Fontaine, Blanche comme neige. Cette transposition du célèbre conte, sortie en avril sur les écrans, a été tournée entièrement en Isère - avec Lou de Laâge dans le rôle titre, aux côtés d’Isabelle Huppert et de Vincent Macaigne, Benoît Poolevorde ou Charles Berling…

sateurs l’ont sollicitée pour des repérages, dont 30 pour des longs-métrages de cinéma - sans parler des séries, des films pour la télévision ou des publicités ! Depuis 1991, date de création de cet organisme, 64 films ont été tournés en Isère. Un investissement qui en vaut la chandelle : la magie du cinéma opère souvent des années après le tournage... Au Sappey-en-Chartreuse, à l’Hôtel des skieurs, André Jail a encore des étoiles plein les yeux

« Grenoble et les Alpes font partie des destinations clés pour les tournages », confirme Aurélie Malfroy-Camine, responsable de l’accueil des productions à la Commission du film Rhône-Alpes. L’an dernier, pas moins de 120 réali-

Blanche comme neige (2019)

©E. Jacobson-Roques

Fin 2018, les cinéphiles isérois avaient déjà pu repérer les nombreux plans montrant Grenoble et sa région dans Le Grand Bain, la comédie aquatique de Gilles Lellouche. L’acteur et cinéaste, qui réalisait ici son premier long métrage, a découvert entre autres surprises le campus universitaire : « L’architecture est incroyable, avec cet amphithéâtre sorti tout droit d’un décor de Star Wars ! »

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I DÉCOUVERTE

©Dauphiné Libéré

©D.R.

©D.R.

François Truffaut, Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo et Ursula Andress à l’hôtel des Skieurs au Sappey-en-Chartreuse lors du tournage de La Sirène du Mississipi (1968).

Tournage de Buffet froid (1979).

© Dauphiné Libéré, droits de reproduction interdits

en évoquant ce mois de janvier 1968 (avant les JO de Grenoble !) où il accueillit toute l’équipe de La Sirène du Mississipi de François Truffaut, avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo. Le réalisateur, qui était déjà venu en Chartreuse dix ans plus tôt pour tourner des scènes de Tirez sur le pianiste avec Charles Aznavour, avait fêté ses quarante ans à l’hôtel. Amoureux de la région, Truffaut avait encore choisi l’Isère pour La Femme d’à côté, en 1981, avec Fanny Ardant et Gérard Depardieu. Au tennis-club de Corenc, on en parle encore !

sieurs scènes des Rivières Pourpres, adaptées du livre de Jean-Christophe Grangé. Des scènes nocturnes prennent aussi pour cadre le pont de Brion et le lac de Monteynard. Le site (grandiose !) avait déjà été immortalisé par Bertrand Blier en 1979 dans Buffet froid dans une scène d’anthologie où l’on voit Gérard Depardieu, Bernard Blier et Carole Bouquet sur une barque rouge. En Nord-Isère, à Châbons, le château néo-gothique de Pupetières a accueilli quant à lui deux tournages de Pascal Thomas, avec Catherine Frot et André Dussolier : Mon Petit doigt m’a dit (2005) et Le Crime est notre affaire (2008).

Depuis 1991, 64 films ont été tournés en Isère.

Parmi les décors mémorables, citons encore le château de Vizille où Jean Cocteau tourna L’Aigle à deux têtes (1947), avec Jean Marais et Edwige Feuillère. Plus récemment, en 2000, Matthieu Kassovitz a rendu célèbre l’impressionnante maison Keller, dressée sur son promontoire au-dessus des eaux tumultueuses de la Romanche. C’est ici qu’ont été tournées plu-

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La ville de Grenoble, cernée par ses trois massifs de montagne, se prête aussi à merveille à la dramaturgie. Lucas Belvaux y cadre trois polars bien noirs à la suite en 2002 : Un couple épatant, Cavale et Après la vie. Arnaud Desplechin y campe Rois et Reine, avec Matthieu Amalric et Emmanuelle Devos en 2004. La Petite Char-


DÉCOUVERTE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

treuse, adaptée par Jean-Pierre Denis du roman du Grenoblois Pierre Péju en 2005, s’évade sur les hauteurs environnantes, en Chartreuse et à Chamrousse. Mais depuis quelques années, le décor le plus prisé est sans doute le Vercors : « C’est le plus beau plateau de cinéma », affirmait encore Christian Carion sur France Bleu Isère lors du tournage de Mon Garçon , à l’automne 2016 : un thriller haletant, tourné en six jours, mettant en scène Guillaume Canet et Mélanie Laurent. Seize ans avant, il y avait déjà tourné Une hirondelle a fait le printemps, avec Michel Serrault et Mathilde Seignier en éleveurs de chèvres. Les paysages grandioses sont encore mis à l’honneur dans Le Voyage de Fanny, de Lola Doillon (2018) : conduits par Fanny, treize ans, neuf en-

fants traversent les Alpes à pied pour se réfugier en Suisse, durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire vraie et forte, à l’image d’un territoire à haut potentiel cinématographique ! plus d’infos : www.auvergnerhonealpes-cinema.fr

er n r u jo é s u o r e g n Ma ma é in c e d r o c é d n dans u ER ? OÙ DÉJEUN

La Cuisine des tontons À G RENOBLE

Projection immédiate dans le décor des Tontons flingueurs dans ce petit resto super convivial et décoré de photos du film et d’aphorismes hauts en couleurs. Vedette de la carte : le tartare, classique selon Jean Gabin ou à la mode Blier, Ventura ou Blanche…

9 rue Bayard 04 76 25 25 00 www.lacuisinedestontons.fr

NER OÙ SÉJOUR

?

L’hôtel-restaurant des Skieurs AU SAPPEY-EN-CHARTREU SE

©J-M. Gullino / Nord-Ouest Films

Ce chaleureux chalet montagnard avec piscine et vue vous accueille au pied de Chamechaude. Dès l’entrée, on est dans l’ambiance avec les photos de Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo et François Truffaut, qui séjournèrent ici en 1968. La troisième génération de la famille Jail (Christophe et Raphaël) perpétue un service et une qualité culinaire sans faille.

04 76 88 82 76 www.lesskieurs.com

Tournage de Mon garçon dans le Vercors (2017) 43


VEN

28 JUIN

« Up Above my Head » Camille, Sandra Nkaké et Raphaël Lemonnier feat. Raphaël Imbert Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas

Michelle David & The Gospel Sessions Jazz Mix

The Gritness Acoustronics

DIM

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JUILLET CARAÏBES

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JUILLET CUBA

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29 JUIN

Chilly Gonzales presented in PianoVision GoGo Penguin Chassol Jazz Mix 30/70 + special guest Allysha Joy

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JUILLET BLUES

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Ben Harper & The Innocent Criminals Zac Harmon Club de Minuit

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Club de Minuit MER

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JUILLET FLAMENCO

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JUILLET NEW GENERATION

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JUILLET HIP-HOP

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JUILLET

Marquis Hill

Chick Corea « The Spanish Heart Band » Juan Carmona septet Club de Minuit

Projeto Coisa Fina

Snarky Puppy Kokoroko Jazz Mix

Jazz Mix

  Neue Grafik Ensemble 

Charlie Winston Ibeyi + special guest Erik Truffaz

16 JOURS / 250 CONCERTS / 1 000 ARTISTES PROGRAMME COMPLET SUR JAZZAVIENNE.COM

CLUB J ZZ ENTREPRISES

Talents Adami Jazz

John Zorn « Bagatelles Marathon » avec Marc Ribot, John Medeski, Julian Lage, Dave Douglas… Club de Minuit

JEU

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JUILLET

VEN

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JUILLET AFRIQUE

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JUILLET ALL NIGHT JAZZ

Avec le soutien de la Spedidam

Fleuves

Parov Stelar Yom & The Wonder Rabbis Jazz Mix

Makaya McCraven

Manu Dibango « Safari Symphonique » avec l’Orchestre national de Lyon + special guests Flavia Coelho & Manou Gallo Fatoumata Diawara Jazz Mix

SAM

Jazz Mix   Alfredo Rodriguez   Pedrito Martinez Duo

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JUILLET

Fazer

Hocus Pocus Tom Misch

Diana Krall Paul Jarret & Jim Black Club de Minuit Naïssam Jalal « Quest of the Invisible »

Melvin Taylor

  Bobby McFerrin & Gimme 5  « Circlesongs » José James « Lean On Me »

Chucho Valdés « Jazz Batá 2 » & « Tribute to Roy Hargrove » feat. Terence Blanchard Omar Sosa & Yilian Cañizares feat. Gustavo Ovalles Club de Minuit   Omri Mor trio « It’s About Time »

JUILLET

Théâtre Antique Club de Minuit Jazz Mix

Kassav – 40 ans Calypso Rose MizikOpéyi – Créole Big Band + special guest Alain Jean-Marie

Butcher Brown

Thomas Dutronc & Les Esprits Manouches + special guests Sophie Alour Artiste Génération Spedidam Malo Mazurié & Pierre Baldy-Moulinier Neneh Cherry Bonga Anomalie Live   Papatef   Obradović-Tixier Duo Lauréat RéZZo FOCAL Jazz à Vienne 2018


SAVEURS I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

Un savoir-faire récompensé

SAVEURS

Créé en 2007, le titre de maître restaurateur est la seule reconnaissance officielle de l’Etat qui récompense la cuisine maison et les restaurateurs de métier.

de l 'Isere

DES FEMMES ET DES HOMMES DE GOÛT

La centaine de maîtres restaurateurs isérois revendique un mariage réussi entre tradition et qualité, en privilégiant une cuisine à base de produits frais et locaux. Rencontre avec deux d’entre eux.

Christine Jeantet 38 ANS

CHEFFE D U RE S TAUR ANT ORÉADE À SAINT-PIERRE-DE-CHARTREU SE

Christine aime voyager et surprendre ses clients, avec une cuisine imaginative et des saveurs venues d’ailleurs qu’elle intègre dans des spécialités bien de chez nous. Chez elle, le taboulé est composé sans semoule, à base de chou-fleur et de carottes, avec un zeste de citron vert et des graines de grenades et de pistaches pour le croustillant. La tartiflette est revisitée avec un moelleux de pomme de terre et de la crème chantilly au reblochon et lardons. Les diots sont accompagnés d’une sauce aigre douce et de gingembre. Elle aime aussi utiliser les herbes de la montagne, comme l’ail des ours, l’oxalys et la pimprenelle, qui rajoutent une touche de fraîcheur à ses plats. Ses desserts sont peu sucrés et tout aussi étonnants. Parmi les plus appréciés, le tiramisu aux fruits de saison et spéculos, la glace au sapin ou encore

les cubes de bananes et de pain d’épices arrosés d’un caramel de morilles. Très attachée à son territoire, la cheffe se fournit auprès des producteurs de Saint-Pierre-de-Chartreuse et des environs, notamment en viande, pain, fromages, jus de pommes, sirops et légumes, sans oublier la liqueur de Chartreuse, grande star de la région.

Oréade Le Bourg route de Perquelin 38380 Saint-Pierre-de-Chartreuse

Jean-Claude Marlhins 6 0 ANS

CHEF D U RE S TAUR AN T L’ALOUETTE À BONNEFAMILLE .

Aménagé dans un vieux bistrot du XVIIIe siècle tout en pisé, ce restaurant en dit long sur la personnalité de ce chef talentueux, qui propose une cuisine hors des sentiers battus. Ici, pas de carte toute faite ni de spécialité définie. Jean-Claude Marlhins aime sortir des codes en proposant des produits du marché, qu’il travaille selon l’inspiration du jour. Quelques constantes figurent toutefois sur sa carte tel le pigeonneau des terres froides, servi façon bécasse sur une petite brioche toastée. Ou encore, en dessert, le kiwi bio sur sa brioche façon pain perdu. Côté cave, il propose l’une des plus belles cartes de vins de la région avec 800 bouteilles et 450 références, dont une gamme complète de Côtes-Rôties. Ce restaurant, installé en pleine campagne près de la voie romaine qui reliait Grenoble à Lyon, offre aussi un cadre

privilégié pour la détente avec sa terrasse et son parc aux arbres séculaires avec piscine. Depuis 2011, un espace d’expositions et de concerts a été créé, liant ainsi art et gastronomie.

L’Alouette 475 Route de Crémieu 38090 Bonnefamille

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I SAVEURS

SAVEURS

y k s i h w n U e r è s I ' l e d t û o g u a VI S I T E D U D OM AINE D E S H AU T E S G L ACE S Si l’Isère est réputé de longue date pour ses liqueurs, le whisky reste une tradition anglo-saxonne. Frédéric Revol, paysan-distillateur, a pourtant fait le pari de produire un whisky de terroir dans le Trièves, à partir de ses propres céréales.

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ominé par l’Obiou, plus haut sommet du Dévoluy, le Domaine des Hautes Glaces s’étend sur cinquante hectares à 900 mètres d’altitude, dans un majestueux cirque de montagnes. Pénétrant dans l’altière place forte du XVIe siècle, on est saisi par les parfums d’orge et de seigle, avant de découvrir l’univers captivant de la distillerie avec ses alambics à col de cygne et sa mystérieuse alchimie. C’est dans ce paysage unique, en 2008, que Frédéric Revol, ingénieur agronome ardéchois, a décidé de se lancer dans la production d’un whisky 100 % isérois. « Nous avons été 46

parmi les premiers au monde à élaborer un whisky à partir de nos propres céréales, locales cultivées en bio. On fait tout de bout en bout, y compris le maltage des céréales », explique le fondateur du Domaine des Hautes Glaces. Si le whisky est une tradition anglo-saxonne, ce passionné s’est appuyé sur des savoir-faire bien de chez nous pour créer un vrai whisky à la française : « Nous avons la tradition de la culture de la vigne. Le processus du maltage a été inventé près d’ici à Lyon, au XIXe siècle. Pour concevoir les alambics, je me suis inspiré de la distillerie cha-

© E. Breteau

© E. Breteau

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PAR VÉ RONIQUE GR ANGE R


SAVEURS I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

Authentique TERRE D’AGRIC ULTURE

Riche de sa tradition agricole et de ses savoir-faire ancestraux, l’Isère ne se limite pas à la noix de Grenoble ou à la liqueur de Chartreuse ! Entre montagne et plaine, des centaines d’agriculteurs et d’artisans amoureux de leur terroir cultivent le goût de l’authenticité et de la qualité avec des produits uniques. La marque, Is(h)ere, lancée il y a un an, permet de mieux les valoriser. Parmi les 300 premiers produits estampillés* figure le whisky du Domaine des Hautes Glaces, distillé dans le Trièves. * Liste des producteurs, produits agréés et points de vente sur www.ishere.fr

rentaise. Et le vieillissement se fait dans des fûts de chêne français issus de nos vignobles ou de nos tonnelleries. » Six ans plus tard, le domaine produisait sa première cuvée de single malt : un élixir doré aux notes florales, qui respire l’air de la montagne. Une réussite ! Depuis, d’autres flacons se sont ajoutés, bruts de fût cask ou single rye à base de seigle. Entrée en 2017 dans le giron du groupe Rémi Cointreau, la petite entreprise (six salariés) se prépare maintenant à emménager dans une nouvelle distillerie plus vaste à trois kilomètres de là, au col

de Cornillon, dans un ancien prieuré. L’objectif est de tripler sa production en associant de nouveaux cultivateurs bio, toujours dans le respect de la terre, de l’air et du temps. Visites guidées, vente et dégustations au Domaine des Hautes Glaces, col d’Acarias, Saint-Jean d’Hérans www.hautesglaces.com 09 50 29 92 77 * L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.


A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I MADE IN ISÈRE

des matériaux composites innovants À L A TO U R - D U - PI N Créée en 1973 à La Tour-du-Pin, l’entreprise Ferrari conçoit des matériaux et textiles composites qui se déclinent dans le mobilier, l’habitat ou le bâtiment. Une success-story familiale qui a acquis une renommée dans 80 pays. uel est le point commun entre la couverture du stade olympique des JO 2012 de Londres, les pavillons de l’exposition universelle 2015 de Milan, les dernières œuvres d’Anish Kapoor ou encore, la façade, d’un bâtiment du FBI aux États-Unis ? Toutes ces réalisations sont signées par Serge Ferrari ! À l’origine spécialisée dans la fabrication de bâches pour camions et de toiles enduites, la PME familiale s’impose dans les années 1980 dans de nouveaux marchés comme la protection solaire, l’isolation acoustique des lieux publics, mais aussi la réalisation de structures modulaires, de toitures et de façades bioclimatiques. Sa marque de fabrique : la technologie Précontraint, qui permet de fabriquer des matériaux d’une stabilité et d’une pérennité jamais vues auparavant. Autre particularité : une maîtrise totale de la chaîne de production des matériaux, de la fabrication du fil au recyclage. La matière sort des usines sous forme de rouleaux, de bobines ou de plaques prédécoupées. Elle est ensuite intégrée ou transformée au moyen d’opérations spécifiques par ses clients.

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Reconnu au niveau mondial, le groupe a vu sa taille multipliée par trois ces vingt dernières années. Présente dans 80 pays, l’entreprise emploie aujourd’hui 430 personnes dans son siège social basé en Isère, à Saint-Jean-de-Soudain et dispose de neuf filiales à l’étranger. Elle dispose aussi d’un showroom en plein cœur de Paris pour promouvoir ses dernières innovations…toujours tournées vers le futur ! www.sergeferrari.com

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FERRARI


MADE IN ISÈRE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

Dans le secret des

maîtres-verriers grenoblois

Deux ateliers de maîtres-verriers, les vitraux Bessac et l’atelier Montfollet, perpétuent un savoir-faire remontant au VIIIe siècle à Grenoble. Rencontre avec Anne Brugirard, de l’Atelier Montfollet.

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e temps semble s’arrêter quand on pénètre dans le royaume de Anne Brugirard. Ouvert en 1943 par le maître-verrier Paul Montfollet, l’atelier d’abord repris par sa fille Françoise, en 1991, est resté dans son jus avec ses piles de feuilles de verre coloré, sa longue table lumineuse, ses outils ancestraux… Entrée comme simple stagiaire, diplômée de l’École Nationale des Arts Appliqués et de Métiers d’Art, maître-artisan et architecte, Anne a pris la succession en 1999. Depuis, elle continue d’effectuer les gestes transmis par Paul, perpétuant un savoir-faire quasi immuable depuis 1 200 ans. Son entreprise a d’ailleurs obtenu le label d’État Entreprise du patrimoine vivant en 2008. « J’aime cette idée que mes vitraux me succèderont, que d’autres les restaureront un jour : j’utilise essentiellement du verre soufflé à la bouche. À la différence des émaux sur verre, ils peuvent durer mille ans ou plus », explique-t-elle.

sont très endommagés, il faut faire beaucoup de recherches pour arriver à recomposer les parties disparues. » Tout l’art consiste ensuite à traduire ce dessin en vitrail, à l’aide de calques et de calibres de papier pour la découpe du verre. Peints à la grisaille

>>

Tout commence par un dessin au 10e, qui sera ensuite agrandi à l’échelle 1. Qu’il s’agisse d’une création pure ou de restaurer d’anciens vitraux, Anne, artiste dans l’âme, doit d’abord s’imprégner de l’atmosphère des lieux et de leur histoire, souvent chargée de spiritualité. « Parfois, quand les vitraux

© D.R.

Un travail d ’orfèvre

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A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I MADE IN ISÈRE

Jacques de Compostelle, avec son vitrail à l’effigie de la Bienheureuse Béatrix d’Ornacieux, créé dans le style de l’époque ;

(oxydes métalliques avec un fondant de verre cuit au four et inaltérable), gravés ou colorés au jaune d’argent selon les effets désirés, ceux-ci sont sertis dans le plomb soudé à l’étain. Après ce travail d’orfèvre, il faut encore manier la perceuse et le burin pour poser le vitrail sur l’édifice, perchée sur dans une nacelle ou un échafaudage, souvent à plusieurs mètres de hauteur. La lumière et le temps pourront ensuite faire leur œuvre…

• Les vitraux de la chapelle de la Posterle à Pellafol et de l’église de Corps, au pied de l’Obiou ; • L’église de Saint-Ondras avec ses 8 baies en vitrail contemporain ;

Des vitraux à voir en Isère

• L’église de Revel-Tourdan, avec son bel ensemble de vitraux contemporains sur le thème de SaintJean-Baptiste…

Anne Brugirard, qui travaille dans la France entière, a signé de très nombreux vitraux en Isère. Petite sélection (sites publics) :

D’autres vitraux

• La petite église Notre-Dame des Vignes (IXesiècle), aux Côtes de Sassenage, avec son bel ensemble de vitraux contemporains et sa mosaïque ;

• Les vitraux de l’église-musée d’art sacré Arcabas à Saint-Hugues de Chartreuse (réalisés par Paul Montfollet d’après les dessins d’Arcabas) ;

• L’abbaye cistercienne de Chambarand à Roybon, avec 8 baies en création contemporaine ;

• Les vitraux de l’église Notre-Dame des Neiges à l’Alpe d’Huez (réalisés par Françoise Montfollet en partie avec Arcabas, puis par Christophe Berthier).

• L’église Saint-Julien-de-l’Herms, près de La Côte Saint-André, dont les vitraux anciens ont été reconstitués et complétés à l’identique. • L’église d’Ornacieux (XIXe), sur le chemin de Saint-

© D.R.

www.atelier-montfollet.com

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Photos © J. Chemin

MADE IN ISÈRE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

Wood and more L A PA S S I O N D U B O I S

Dans son atelier à Theys, en plein cœur du massif de Belledonne, Pascal Bonino crée des meubles et des objets décoratifs en bois massif provenant majoritairement des forêts de la région.

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our Pascal Bonino, la nature est une source inépuisable d’inspiration. Installé loin des bruits de la ville, à 900 mètres d’altitude, il crée des pièces uniques, dont l’esthétique renvoie littéralement aux courbes de la montagne. Sa clientèle est essentiellement composée d’esthètes et d’amateurs de belles choses. En 2009, cet ancien dirigeant d’entreprise a tout quitté pour sa passion du bois. À 58 ans, il se définit comme un « eb’artiste designer, créateur de beauté et d’harmonie. » Bibliothèques, tables, luminaires, jeux, arts de la table… Toutes ses créations sont réalisées sur mesure en étroite complicité avec ses clients. « Je me rends à leur domicile pour m’impré-

gner de leur univers et comprendre leurs besoins. Au fil de nos rencontres, je réalise plusieurs esquisses à la main, car la main porte en elle toute la sensibilité de l’âme. Je m’attarde aussi beaucoup sur la fonctionnalité de l’objet. En phase de réalisation, je les invite à venir à l’atelier pour choisir les essences ou tout simplement sentir l’odeur du bois. » Pascal réalise en moyenne une douzaine de pièces par an, privilégiant la singularité et la qualité à la standardisation. Le bois est souvent travaillé de manière à en exalter l’aspect brut ou naturel - chêne, noyer, frêne, érable et bois précieux parfois. Chaque création est le fruit d’un rêve… www.wood-more.com 51


©F. Pattou

©J. M. Blache

A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4 I MADE IN ISÈRE

Le couvent Sainte-Cécile et ses vitraux signés Joost Swark

Jacques Glénat dans son cabinet Rembrandt aménagé pour montrer sa collection de gravure.

Glénat 5 0 A N S D E PA S S I O N

L’éditeur grenoblois depuis cinquante ans n’a eu de cesse d’élever la BD au rang des beaux arts. Grand collectionneur, il vient d’ouvrir son « cabinet Rembrandt » au Couvent Sainte-Cécile.

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n éditant son premier fanzine de Schtroumpf en noir et blanc dans sa chambre de lycéen, en 1969, Jacques Glénat ne s’imaginait pas devenir un jour le premier éditeur français de bandes dessinées. Cinquante ans et 12 000 publications plus tard, le bédéphile et collectionneur (à qui l’on doit l’introduction des premiers mangas japonais en France !) est également numéro un européen pour l’édition de livres de montagne – une autre de ses nombreuses passions ! Parmi les rares éditeurs tricolores restés indépendants, il a su aussi garder une dimension familiale. Et si ses deux filles Marion et Charlotte sont prêtes à prendre la relève, le capitaine n’entend pas lâcher totalement le gouvernail : « J’ai des projets pour les cinquante ans à venir ! » Très ouvert sur l’international, l’éditeur de Titeuf (traduit en trente langues), de Mafalda et de Dragon Ball a publié 8 000 auteurs dont un quart d’étrangers. Tandis que ses équipes parisiennes 52

ont intégré un site flambant neuf tout en transparence signé Wilmotte, il a aussi fait le choix de rester ancré en Isère, dans les Alpes. L’ancien couvent Sainte-Cécile, où il s’est installé depuis 2009, abrite le siège social des éditions avec 80 collaborateurs. Ce bâtiment historique, superbement restauré, sert aussi d’écrin aux collections d’art du Fonds Glénat. Déjà connu pour ses expositions mettant en regard art et bande dessinée, ce lieu est en passe de devenir l’un des lieux culturels les plus courus de l’Isère avec l’ouverture du « cabinet Rembrandt » : un ensemble exceptionnel de 72 gravures (exposées par roulement) qui fait de Grenoble le lieu où l’on peut voir le plus grand nombre d’œuvres du maître hollandais, hors Paris ! Des tablettes numériques permettent de détailler les scènes toujours saisissantes de vivacité, qui font de ce dessinateur hors-pair « un précurseur de la BD. » www.couventsaintececile.com


5 IDÉES EN ISÈRE I A L P E S I S ( H ) E R E M AG A Z I N E # 0 4

Étonnez-vous ! 5 I D É E S P O U R S E FA I R E P L A I S I R E N I S È R E

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https://stage.laquais-stage-depilotage.com/

3/S’évader dans les arbres

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Réveillez l’enfant qui sommeille en vous et partez grimper dans les arbres au bout de leurs branches pour écouter le chant des oiseaux ! Grégoire, accompagnateur de montagne, vous conduit entre ciel et terre en vous racontant des histoires sur la nature et la forêt. Des hamacs et des sièges suspendus permettent de savourer ce moment de pur bonheur : accessible à tout âge, en famille ou entre amis. Grégoire Bel : 06 83 14 98 97 – www.montagnarbres.com

www.ycgc.org

4/Jouer au cow-boy

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Ph oto s©

… Ou encore une Lamborghini, une Porsche Carrera, une Aston Martin ou une Formule Renault : les plus belles sportives du monde, soit plus de cinquante véhicules de rêve vous attendent au circuit du Laquais, à Champier, pour un stage de pilotage haut en sensations. D’une longueur de 2,4 à 3 kilomètres sur 10 à 15 mètres de large, cette arène unique en Rhône-Alpes est la seule homologuée « 1ère catégorie + de 200 km/h » par la Fédération française de sport automobile (FFSA).

Ce sport très en vogue nous vient de Polynésie. Idéal pour travailler son équilibre et gainer son corps de façon ludique ! Le lac de Paladru avec ses superbes eaux turquoise offre un cadre idéal pour s’initier – avec les grosses vagues en moins. Une demi-heure suffit pour commencer à se sentir à l’aise sur sa planche.

D. R.

1/ Piloter une Ferrari…

2/ S’initier au stand-up paddle

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Retrouvez votre âme d’enfant dans ce gîte à la ferme où vous pourrez bivouaquer dans un vrai chariot du farwest, au milieu des chèvres et des moutons ! Située près de Vienne à Assieu, la petite ferme des Vitoz propose aussi des repas excellents, à base de produits locaux. www.gite-lapetiteferme-vitoz.fr

5/S’offrir une cure de beauté aux thermes d’Allevard

Une bonne idée : associer santé et bienêtre ! Les thermes d’Allevard vous proposent un nouveau Spa intégrant sauna, jacuzzi, hammam et espace de relaxation, le tout dans un décor élégant et épuré. Pour en profiter, rien de tel qu’une cure en court séjour. www.thermes-allevard.com

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Carte touristique Á voir, Á découvrir, Á oser…

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EN TRAIN : 3 gares TGV • Grenoble • Valence TGV Rhône-Alpes Sud • Lyon Saint-Exupéry TGV Tél. 3635* www.oui.sncf

EN AVION :

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• Aéroport Grenoble Alpes Isère Tél. 04 76 65 48 48 www.grenoble-airport.com

Quatre aéroports dont deux internationaux rendent l’Isère accessible depuis le monde entier.

Tél. 0820 08 8 38* - www.transisere.fr Tél. 0820 08 38 38* - www.transaltitude.fr Infos trafic, itinéraires, horaires bus, covoiturage, auto-partage :

www.itinisere.fr *N° accessible uniquement depuis la France

• Aéroport de Lyon Saint-Exupéry Tél. 0826 800 826* - depuis l’étranger +33 426 007 007 - www.lyonaeroports.com • Aéroport de Genève Cointrin Tél. +41 22 717 71 11 - wwwgva.ch • Aéroport de Chambéry Savoie Mont-Blanc Tél. 04 79 54 49 54 www.chambery-airport.com

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