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Tournée générale de dessins

Portrait des Vals du Dauphiné


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Tournée générale de dessins

Portrait des Vals du Dauphiné


Édito Au fil des saisons, paysage  paysages, événement original porté par le Département de l'Isère, propose de faire un pas de côté, de nous surprendre, de mettre de l’artistique là où on ne l’attend pas, de prendre le temps de regarder autrement nos paysages. La résidence confiée à ben.bert, artiste isérois, en est une belle illustration. La commande était simple : carte blanche pour croquer les paysages, les habitants, les lieux de vie familiers, les rues… Avec pour seules obligations : couvrir toutes les communes et proposer de nouvelles images. Le Département de l’Isère est heureux de vous offrir le recueil de ces croquis, un beau témoignage des Vals du Dauphiné, un des treize territoires de notre département qui a régulièrement inspiré les peintres dont le célèbre Jongkind, Dessins, textes et mise en page : ben.bert

également fêté à l’occasion de cette saison 03 de paysage  paysages. À travers ces dessins, découvrez les Vals du Dauphiné comme vous ne les avez jamais vus. Immiscez –vous dans le regard de l’artiste et laissez –vous guider sur les chemins de ce territoire attachant. Jean –Pierre Barbier, Président du Département de l’Isère

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Moisson de croquis Les Vals du Dauphiné, un territoire à égale distance de Grenoble, Lyon et Chambéry où s’égrènent vallons, marais, bois, vaches mais aussi villes, bourgs et villages, anciennes et modernes fabriques et jolis châteaux. 6

Un mois, c’est court pour parcourir et s’imprégner de tant de paysages et découvrir trente¯six communes mais l’illustrateur ben.bert a relevé le défi ! Bravant les conditions météorologiques instables du printemps, il a exploré le territoire à bord de son camion aménagé et, au fil des routes et chemins, s’est laissé porter par son intuition, ses émotions et bien vite par la richesse des rencontres avec les habitants.

Une résidence itinérante : c’est ainsi que s’est traduite sa troisième participation à paysage  paysages en tant que membre de la communauté des Urban Sketchers, véritables "dessinateurs¯croqueurs" du quotidien. De ce périple inédit est né ce recueil. Bon voyage avec ben.bert ! L’équipe paysage   paysages

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Vroum, en avant !


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On y est, une vieille bâtisse en pisé sur le haut d’une colline pour le premier bivouac en camion. Un coucher de soleil glacial, en bordure de forêt. Même les moutons ont la voix qui tremble ! M’enfin, c’est beau.


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Des vaches punks très sympas au final, au milieu des dunes en herbes. Ici et là, des petits étangs avec des hérons. Des collines, des collines et vraiment, beaucoup de fermes ou de bâtisses en terre. La campagne entre les villages est hyper bien faite et sacrément entretenue !


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Juste avant le crépuscule, l’entrée de la route vers Blandin. Une commune pas comme les autres qui a choisi de s’étendre perpendiculairement à la colline. Une ambiance impressioniste en plein dans les pas du peintre Johan Barthold Jongkind.


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Pendant ce temps –là, au Grand Café, il pleut, il pleut. Sur la place Antonin Dubost, il se passe beaucoup moins de choses que dans le Dauphiné Libéré posé sur la table, c'est pourtant le dehors qui captive ce monsieur.


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Au bar place Antonin Dubost, vers 16 h 30. Deux anciens, plus raisonnables que moi qui vient de commander un «green chaud».


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L’entrée des artistes à Notre –Dame de l’Assomption. Une superbe salle des fêtes catholique bâtie sur une butte dominant tout le centre bourg, avec ses toits à tuiles vernissées contrastant avec le clocher néo – gothique… Un bien bel édifice à l’intérieur duquel s’exposent deux triptyques remarquables.


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Ah ! Un parking, des pots d’échappements, des voitures qui tournent, qui manœuvrent. La ville. Enfin, on est sur une urbanité assez soft.


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Les autochtones ont leurs favoris quand il s’agit de clochers.


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Sur la route. Au final, si on roule en seconde (allez, en troisième !) sur les lignes droites, on trouve des sujets à tout va. En arrivant à la Bâtie –Montgascon, la première ferme est déjà remarquable.


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L’ arrière –grand –père de Gérard fabriquait des tuiles en terre cuite de différents modèles pour toute la région et ce, jusqu’aux années 30. Ce bâtiment situé juste en dessous de la nationale, constitué de deux hangars très bas et d’un gros four carré bien biscornus, marque l’entrée du village de Doissin.


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Madeleine, qui tient une chronique rando dans le journal, connait toutes les balades sur le bout des chaussures. Aujourd’hui, du typique insolite ! L’ancienne tuilerie de Doissin, que Bernard a toute rénovée pour en faire un musée labellisé Patrimoine en Isère et visite au cimetière abandonné sur la route de Torchefelon.


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Le château de Virieu, de type médiéval, c’est –à –dire très vieux, est établi sur les hauteurs de la commune de Val –de –Virieu, dans un écrin de verdure, d’arbres majestueux et d’herbe. On trouve bon nombre de petits coins bucoliques aux alentours, comme ce petit étang mignon ou cette ferme perchée sur une colline poilue.


Ah, voilà une vue typique ! Depuis les hauteurs de Cessieu, on peut voir très très loin. Derrière une succession à l’infini de collines on devine, par temps clair, des montagnes bien plus hautes, serait –ce la Chartreuse ? Ou pourquoi pas, le Mont –Blanc ?

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Rochetoirin. 7 h 20. Chaque matin, c’est le soleil qui revient... On aurait pu en écrire des chansons tant il est facile de profiter de ces points de vue inspirants que nous offre ce territoire vallonné. Mille fois hélas, le dessin est en deçà de la réalité.


Un lieu que les écoliers de tout le département connaissent bien. Éveil musical, ateliers de création d’instruments de musique et le fameux spectacle "jazz de légumes" joué à guichet fermé ! Les adultes peuvent aussi profiter de concerts le soir. Un endroit surprenant et atypique.

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Les Vals du Dauphiné, c’est aussi un florilège d’anciennes usines et fabriques de toutes tailles et de toutes sortes. Textile, papier, meubles, tabac, jambon, tout y passe. Beau patrimoine d’architecture industrielle. Ici, aux Abrets, on peut profiter de cette façade Art déco sur l’usine d’ustensiles en aluminium par exemple.


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À l’ usine Reltex, un savoir faire unique au monde, on fabrique, artisanalement, des semelles en lait d’hévéa pour des grandes marques de chaussures internationales. Toutes les étapes de production se font à la main.


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Maintes fois rafistolée suite à des jets de pierres, la foudre et le vent qui l’ont mise à terre. Elle a des grosses cicatrices visibles, preuve de sa vie mouvementée (comme la chanteuse !). Installée là, en haut des vignes, comme désherbant divin en 1903, elle en a vu des vertes et des pas mûres. Dans les années 80, on y a mis un gros coup de neuf et notamment une belle couche de peinture dorée métalisée pour voiture. Ça ne bouge plus, elle est superbe !


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À un moment donné, on peut se demander si le pâtissier n'a pas remplacé l'architecte tellement l'église de Chassignieu ressemble à une tranche de vacherin, avec ses rayures !


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Isabel est dessinatrice animalière. Le groupe d’enfants qu’elle encadre a passé deux séances en atelier pour comprendre les proportions des félins. Dernier jour, dessin sur le terrain !


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Les enfants sont formidables, on peut leur demander n'importe quoi : répéter huit fois un chant africain, scander une sorte de rap québécois, assis, debout, on fait l'éléphant, on danse du hip –hop accompagné par Stracho qui joue uniquement de la mandoline… C'est formidable.


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Pont de Beauvoisin c’est le Dauphiné, Le Pont de Beauvoisin, c’est la Savoie. Pour s’y retrouver, c’est facile, le clocher de Pont sonne l’heure une minute avant celui de Le Pont.


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La fameuse, l’incroyable gare de Saint –André. Sur la ligne Grenoble –Lyon, on n’y échappe pas : "Nous arrivons en gare de Saint –André – le –Gaz". Tout le monde l’a entendu, personne n’est descendu. Un moment solennel que de dessiner le bâtiment des voyageurs depuis la Voie B.


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Choisir le point de vue, l’effet de contre –plongée, l’image à sensation, c’est parfois un vrai casse –tête... Et pourquoi ne pas profiter de ce qu’on peut voir depuis les bancs publics ? Peut –être que les urbanistes ont choisi ce cadrage ? En tout cas, c’est ce que voient les gens qui s’assoient ici. Dommage, l’enseigne Café Poulet est hors champ.


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Le magasin Soluccio, dépannages en tous genres, internet et électroménager, que du high –tech, devant l’église de Virieu. L’audace d’affirmer un service et une devanture résolument modernes dans un environnement traditionnel.


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L’ ancienne papeterie en bord de route, à Saint –Victor –de –Cessieu. Très très beau mariage de couleurs entre la briquette vieillie et les portes rouillées en métal vert de gris.


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Romagnieu, le lac, les loisirs. La pêche de la carpe semble être une institution ici, les pratiquants déposent une demi –tonne de matériel sophistiqué au bord de l’eau. Lancer de boulettes colorées, lancer de hameçon, attente, une touche, on attend, une touche ! On se lève du siège, pim ! On ferre le poisson et c’est parti pour une lutte de quinze minutes pour ramener la bête ! Le plus étonnant c’est que les ados en survêt’ en sortent autant que les vieux pécheurs au look de trappeurs. Résultat : deux carpes sorties et relâchées en deux heures. Match nul.


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Une croix chelou à Chélieu. Un exemple parmi d’autres de calvaire en fonte coulée d’inspiration rocaille, illustrant une scène religieuse et couronnant une stelle en calcaire. Plus simplement nommée ici la croix du virage devant la ferme.


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Ce recueil se présente comme le carnet de bord d’une traversée, avec ses escales parfois furtives. On pourrait l’apparenter à un album constitué de photos polaroïd, prises sur place et qui sortent directement, sans filtre. Car tous ces dessins ont été réalisés "in situ" et sans préparation. Des instantanés qui rendent compte d’un lieu, à un moment. Pour insister sur sa courte temporalité, le projet devrait s’appeler "vues dauphinoises printanières durant le mois d’avril" mais ça aurait fait un titre un peu pompeux ! Les rencontres poussent à fureter, à monter plus haut dans le village, à participer au concours de belote, voire à s’aventurer dans un bois, autant de pistes à explorer pour plus tard. Cette expérience montre que le dessin à la main a toute sa légitimité pour exprimer la diversité des paysages, la vie active et les décors intemporels du Dauphiné. Ah non mince, c’est l’inverse : les Vals du Dauphiné, un territoire vraiment intéressant pour dessiner ! ben.bert

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Index des communes croquées 10 30

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3 Biol • p. 4 Blandin • p.

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2 Belmont • p.

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1 Aoste • p. 13

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5 Cessieu • p.

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14 La Chapelle de La Tour ¯ ¯ ¯ p. 15 La Tour du Pin ¯ ¯

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16 Le Passage • p.

6 Chassignieu • p.

17 Les Abrets en Dauphiné p..

7 Chélieu • p.

18 Montagnieu • p.

8 Chimilin • p.

19 Montrevel • p.

9 Doissin • p.

20 Pont de Beauvoisin • p. ¯ ¯

10 Dolomieu • p. 11 Faverges de La Tour ¯ ¯ ¯

p.

12 Granieu • p. 13 La Bâtie¯Montgascon • p.

21 Pressins • p.

25 Saint André le Gaz • p. ¯ ¯ ¯

26 Saint Clair de La Tour ¯ ¯ ¯ ¯ p.

27 Saint¯Didier¯de¯La¯Tour • p.

28 Sainte Blandine • p. ¯

29 Saint Jean d’Avelanne • p. ¯ ¯

30 Saint Jean de Soudain • p. ¯ ¯ ¯

31 Saint Martin de Vaulserre ¯ ¯ ¯

p.

32 Saint Ondras • p. ¯

33 Saint Victor de Cessieu • p. ¯ ¯ ¯

22 Rochetoirin • p.

34 Torchefelon • p.

23 Romagnieu • p.

35 Val de Virieu • p.2 ¯ ¯

24 Saint Albin de Vaulserre ¯ ¯ ¯

p.

p.

36 Valencogne • p.

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Biographie

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ben.bert est un illustrateur freelance basé à Grenoble. Son coup de crayon s’exprime sur bien des supports : affiches, communication institutionnelle, journaux municipaux, magazines, presse spécialisée, roman jeunesse, évènementiel… L’illustration de commande est un domaine dans lequel il navigue depuis une quinzaine d’années. C’est son métier. Ce travail, il l’effectue dans la joie, mais il est devenu essentiellement numérique (tablette graphique). Dessinateur dans l’âme, ben.bert ne se déplace pourtant jamais sans ses crayons et ses carnets dans lesquels il consigne son quotidien. Concerts, attentes, moments de détente ou d’action, tout est noté sous forme de scénettes aquarellées ou de portraits de comptoir. Observer, dessiner,

partager son environnement : cette pratique est celle de la communauté internationale des "urban sketchers" (littéralement "dessinateurs urbains") dont il fait partie. La règle ? Œuvrer "in situ" sur le motif avec la technique de son choix, représenter ce que l’on voit et partager le résultat sur les réseaux. À cette démarche, ben.bert a ajouté la contrainte d’utiliser un matériel simple, le stylo à bille noir pour le dessin, un trait vif et tranchant sur lequel il appose puissamment de l’aquarelle. Pas de crayon, pas de gomme, tout est jeté à l’instinct afin de capturer l’instant. Sa patte d’artiste, facilement identifiable, s’adapte à tous les événements pour produire des reportages dessinés teintés d’humour et d’ambiances hautes en couleurs. Retrouvez son travail sur Facebook & Instagram.

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Remerciements

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ben.bert remercie le Département de l'Isère pour cette belle aventure et, sur les Vals du Dauphiné, l’ensemble des communes et des personnes rencontrées pour l’accueil réservé durant son séjour. Et plus particulièrement Victoria Martinez Saïz et Samy Fouché de l’association Esperluette à Virieu, Chantal Pinaud, le collège des Abrets et son fameux prof d’EPS, Stracho Temelkosky, la MJC des Abrets, la médiathèque et l’école primaire de Faverges, la famille Chareyron, Claire Delgado –Boge, Elise Leguay pour le bain et le reste, Madeleine Lagache de Corbelin pour la balade, Gérard Bertrand de Doissin, la bande du musée de la Galoche, l’usine Reltex pour la visite, Nicole Blachon et Robert Delsaux pour l’hébergement chaleureux et toutes leurs infos précieuses, la médiathèque de La Tour¯du¯Pin,

la brasserie Le Grand Café, Manu, chambre d’hôte côté jardin à Pont – de – Beauvoisin, pour son accueil sensationnel mais pas pour ses conseils en pizzerias, Valérie Hérin, de la Maison du Département pour son accompagnement. Sur Grenoble, ben.bert remercie toute l’équipe du projet paysage  paysages de la direction de la Culture et du Patrimoine du Département de l’Isère, sans qui cette expérience n’aurait pas existé, Aymeric Perroy, Ghislaine Girard, Hélène Piguet, Laurie Gonnet, Sabrina Menu, Farida Boudjema, "Pierre Terrail" et tout particulièrement Marie –Pierre Mirabé. Merci à Mathilde Donnat pour avoir rendu possible mon exil, au Bureau Le Zoo pour leur soutien indéfectible, à Améziane Mouret pour les encouragements et le gros gros gros gros coup de main sur la mise en forme du présent ouvrage.

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Achevé d’imprimer en mai 2019 à Bourgoin –Jallieu sur les presses de l’imprimerie Cusin pour le Département de l'Isère


À l’occasion de la saison 03 de paysage  paysages, le Département de l’Isère a invité le dessinateur ben.bert à passer un mois en résidence dans les Vals du Dauphiné. À bord de son camion¯atelier de dessin, il a sillonné les routes de villes en villages pour croquer le territoire et ses habitants. Entre carnet de voyage et portrait du territoire, cet ouvrage est le fruit de son immersion.

SOURCE DE HAUTEUR

Tournée générale de dessins | Portraits des Vals du Dauphiné | ben.bert | juin 2019  

Carnet de dessins issu de la résidence de l'artiste isérois ben.bert dans les Vals du Dauphiné dans le cadre de la saison 3 de PAYSAGE>PAYSA...

Tournée générale de dessins | Portraits des Vals du Dauphiné | ben.bert | juin 2019  

Carnet de dessins issu de la résidence de l'artiste isérois ben.bert dans les Vals du Dauphiné dans le cadre de la saison 3 de PAYSAGE>PAYSA...

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