13 questions pour le futur - 40e anniversaire de IONIS Education Group

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13 QUESTIONS POUR LE FUTUR

CAPITALISME

Mondialisation, capitalisme, croissance... Pourra-t-on s’en passer ? Au moment des gilets jaunes, Emmanuel Macron dénonçait un « capitalisme devenu fou ». Face à la crise sanitaire, c’est contre une mondialisation « malheureuse » qu’il fallait se battre pour sauver les entreprises, quoi qu’il en coûtât. Dans une perspective climatique, ce sont les flux et la surproduction que les écologistes fustigent. Question sociale, sanitaire, environnementale… L’économie capitaliste, mondialisée et financiarisée, semble avoir atteint ses limites dans tous les domaines. Voici cinq pistes pour rebooter le capitalisme.

Texte Bastien Marchand et Pierrick Rousset-Rouvière

Accélérer Face au péril climatique, une des solutions est d’abord… d’accélérer. C’est la proposition surprenante d’Alex Williams et Nick Srnicek, deux universitaires britanniques auteurs en 2013 du Manifeste accélérationniste. Pour ces deux héritiers revendiqués de Marx, le capitalisme est solidement installé, et les tendances des circuits courts, des mouvements d’occupation et des Zad ne sont que de maigres lots de consolation. Selon eux, si nous voulons vraiment dépasser le capitalisme, il convient d’adopter une tout autre stratégie : le battre sur son propre terrain. Pour Williams et Srnicek, le capitalisme contient en effet les germes de sa propre destruction et il suffirait d’en exacerber les tensions pour le renverser. Un exemple ? Le progrès technologique, aujourd’hui mal exploité par le système capitaliste, qui pourrait devenir un vrai levier pour changer d’approche. « Les facteurs d’accélération du néolibéralisme n’ont pas conduit à moins de travail, ni de stress [...], nous vivons une époque où les développements concernent essentiellement des améliorations marginales de techno-gadgets consuméristes », estiment les deux auteurs. Accélérer, ce n’est donc pas miser sur la folie

néolibérale de Trump, ni consommer ou gaspiller à tout-va. Il s’agit en revanche de considérer l’infrastructure actuellement existante « non pas comme les tréteaux capitalistes d’une scène à abattre, mais plutôt comme un tremplin sur lequel s’élancer vers une société post-capitaliste  ».

Rediriger Que faire des stations de ski si la neige disparaît des pentes alpines ? Vers quoi réorienter les éleveurs de vaches si la société devient massivement végétarienne ? Que feront les entreprises du BTP en cas d’objectif de zéro artificialisation nette ? Ce sont à ces questions de « redirection écologique » que trois chercheurs d’Origens Medialab tentent de répondre. Leur constat : nous héritons d’un certain nombre d’items capitalistes (infrastructurels, affectifs, organisationnels, financiers, etc.), devenus obsolètes à l’aune de l’anthropocène. Tout ne pourra pas être maintenu, les limites écologiques nous obligent à renoncer, à nous désinvestir et à faire décroître certaines activités. Rendue encore plus prégnante avec la crise sanitaire, la question du futur d’Air France est par exemple iconique. « Il ne s’agit plus de


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