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SUR NOTRE SITE WEB, DÉCOUVREZ COMMENT VOTRE PROTHÈSE DENTAIRE POURRAIT ÊTRE USINÉE…

n°931ccmars 2011 - 11

www.industrie-technologies.com

InDUSTrIAlISer le SUr-MeSUre

ccpagE 24

PORTRAIT ccpagE 72

GUIDE D’ACHAT ccpagE 52

L’orfèvre des systèmes complexes

12 calculateurs embarqués pour châssis industriels

Jean-Claude Baudet, directeur R & D d’Alten.

Notre sélection de 1 000 à 10 000 euros.


www.industrie-technologies.com

EdiTO

Produire autrement

J.C. BERTINI POUR IT

C’est peut-être la planche de salut de l’industrie en France: la production sur mesure. Du ferroviaire à l’automobile, du médical à la machine-outil, de l’habillement aux mobilier, les entreprises jouent de plus en plus cette carte pour continuer à fabriquer dans l’Hexagone. Le défi industriel est énorme. Car il faut éviter de tomber dans l’artisanat et faire exploser les coûts. Tout l’art de fabriquer du sur-mesure est de le traiter de la façon la plus automatisée possible. Modulariser l’architecture du produit, ccrIDHA lOUKIl standardiser les composants, repousser la personnalisation rédacteur en chef rloukil@industrie-technologies.com en fin de fabrication… À chacun de trouver la bonne recette. Du configurateur qui permet au client de spécifier son produit, aux automates programmables qui pilotent la production, en passant par les logiciels ERP qui gèrent les approvisionnements ou la logistique, les outils Les technologies existent. Ils ne demandent qu’à être bien paramédu sur-mesure trés pour adapter l’appareil industriel au surexistent. mesure. Sans parler des technologies de prototypage rapide qui peuvent être utilisées aussi pour Il faut savoir la fabrication de petites séries. se les approprier. Passer de produits standard à du sur-mesure n’est pas une transition facile. Il ne suffit pas de s’équiper des bonnes technologies et de s’approprier les outils dans ce sens. Il faut aussi revoir l’organisation de l’usine, remettre en cause les méthodes de travail et développer la polyvalence des opérateurs. Objectif : être le plus flexible possible. Dans un contexte d’hyperconcurrence, la démarche vaut le coup d’être tentée. Ne serait-ce que pour éviter demain le terrible dilemme : délocaliser la production ou fermer. cm

MARS 2011ccN°931

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www.industrie-technologies.com

sOmmaiRE

TENdaNCEs

EN COUVERTURE PRODUCTION

COMPOSITES

La boîte à outil de la personnalisation

L’industrie se réinvente pour la fibre de carbone

cc paGe 26

cc paGe 10

INFOGRAPHIE

L’usine aux mille recettes de cuisine

ENTRETIEN

Mario Molina, Prix Nobel de chimie, conseiller des présidents Obama et Calderón

cc paGe 32

ORGANISATION

La chasse aux temps morts

« Les exigences environnementales ouvrent des perspectives à l’industrie »

cc paGe 34

cc paGe 12

POUR ALLER PLUS LOIN

LE KIOSQUE cc paGe 14

L’enquête continue sur Internet

CONCEPTION

cc paGe 38

Autodesk aborde la mécanique des fluides cc paGe 15

MESURE

Une peau caméléon pour les ponts

cc paGe 16

LE BAROMÈTRE cc paGe 18

ÉLECTRONIQUE

Le bouton à mémoire à l’assaut de l’industrie cc paGe 19

L’AGENDA cc paGe 20

QUALITÉ

Le graphène compte ses couches

cc paGe 22

ENVIRONNEMENT

Biogaz et engrais verts cc paGe 23

Industrialiser le sur-mesure La priorité des usines va désormais à la flexibilité de l’outil industriel. Une évolution nécessaire pour répondre à la demande croissante de produits sur mesure, tant de la part du grand public que des professionnels. Cette tendance impose une mutation en profondeur des moyens de production pour traiter les commandes spécifiques à l’échelle industrielle. ccpagE 24

la phOTO-TECh Le groupe Mercedes-Benz célèbre avec une œuvre d’art les 125 ans du dépôt de brevet de la première voiture à essence de Karl Benz. cc paGe 40

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N°931ccMARS 2011


sOmmaiRE

ExpéRiENCEs

pROdUiTs GUIDE D’ACHAT

12 calculateurs embarqués pour châssis industriels cc paGe 52

FICHE PRODUIT

Choisir un calculateur embarqué pour châssis industriels

paRCOURs LES 3 DIMENSIONS DE

Jean-Claude Baudet Directeur R&D d’Alten cc paGe 72

FICHE MÉTIER

Responsable des achats industriels cc paGe 75

cc paGe 56

ENQUÊTE

Comment gérer la fin de vie des composites ? cc paGe 44

ORGANISATION

Facom bichonne son outil de production cc paGe 46

FICHE MÉTODE

Kaizen : petites améliorations, gros gains

cc paGe 49

NOUVEAUTÉS

Notre sélection de produits classés en 8 secteurs de référence

CAMPUS

Ces étudiants qui s’offrent deux titres d’ingénieurs cc paGe 78

Électronique cc paGe 59

Mesure cc paGe 60

Matériel informatique cc paGe 62

Logiciels cc paGe 63

Électrotechnique cc paGe 64

Télécoms cc paGe 65

Équipement général cc paGe 66

Équipement de production cc paGe 68

iNTElligENCEs DÉBAT

Quel âge pour la retraite des centrales nuclaires ? cc paGe 80

PAROLES D’AUTEUR

L’explosion silencieuse des nanotechnologies

Etienne Klein, directeur au Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au CEA de Saclay. cc paGe 84

L’ÉNIGME

Le train et les inconnues

En couverture . La ligne de production de vérins de Festo s’adapte aux besoins spécifiques de ses clients.

CRÉDITS PHOTOS COUVERTURE : FESTO. SOMMAIRE : BMW ; SIDEL ; P. GUITET ; T. GOGNY ; RÉA ; SIPA ; D.R..

cc paGe 85

CE NUMÉRO COMPORTE : - UN ENCART ABONNEMENT BROCHÉ DE 4 PAGES ENTRE LES PAGES 4 ET 85

MISE À NU

LE CASQUE DE F 1 : PROTECTION POUR TÊTE BRÛLÉE cc paGe 86

MARS 2011ccN°931

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Immeuble Antony Parc II 10, place du général de Gaulle BP 20156 92186 Antony Cedex Tél. : 01-77-92-92-92 Fax Rédaction : 01-77-92-98-51 Fax Publicité : 01-77-92-98-50

www.industrie-technologies.com

iNdEx

Une publication de Pour joindre vos correspondants, composez 01-77-92, suivi des quatre chiffres entre parenthèses indiqués après chaque nom.

Président Directeur général Christophe Czajka Directeur général délégué Paul Boursier réDAcTIOn Directeur des rédactions Laurent Guez (9423) Rédacteur en chef Ridha Loukil (9480) Rédactrice en chef Editing Anne Debray (9251) Assistante de la rédaction Marielle Flèche (9425) Rédacteurs en chef adjoints charles foucault (9443) (Production, mécanique, organisation industrielle) Jean-françois Prevéraud (9458) (Bureaux d’études, design, CAO, lettre Web) Secrétaire générale de la rédaction christine Bradu (9496) Rédacteurs ludovic féry (9482) (Biotechnologies, matériaux, chimie et qualité) clément cygler (9481) (Énergie, environnement, électrotechnique et sécurité) didier ragu (9435) (Nouveaux produits) OnT cOllAbOré À ce nUMérO Pierrick Arlot, Thomas Blosseville, Clément Cygler, Ludovic Fery, Geneviève Hermann, Ana Lutzky, Florence Martinache, Muriel de Véricourt et Eric Bruckner (SR). réAlISATIOn Secrétariat de rédaction Nicole Torras (9493), première secrétaire de rédaction Directeur artistique Gérard Quévrin (9494) Service Photo Bernard Vidal (9490) Conception graphique Rampazzo & Associés cOMMercIAl Directrice commerciale du pôle Industrie Béatrice Allègre (9362) Directeur adjoint de la publicité Éric Talley (9578) Chef de publicité Flora Morel (9361) Régions Thierry Borde, directeur (04-72-84-27-54) Est Clarisse Michel (03-88-84-36-06) Italie Jean-Pierre Bruel ([031]751-494) Allemagne/Suisse/Autriche Axelle Chrismann (9259) Benelux (Bruxelles) Anne Stuckens ([02]647-67-34) Grande-Bretagne François Krébel ([01-483]72-02-14 et 72-03-26) Etats-Unis Lawler Communications, Larry Lawler ([001]914-698-66-55) Espace Industrie - Contact Industrie - Service publicité Nathalie Chasles (9374) La direction se réserve le droit de refuser toute insertion sans avoir à justifier de sa décision. Web eT DATA Directeur commercial Antoine Valle (9513) MArKeTIng Responsable du service Jean-Baptiste Alline (9781) Responsable marketing Damien Delhomme (9786) cOnFérenceS-eVéneMenTS Directrice Anne-Carole Barbarin (9290) ADMInISTrATIOn-geSTIOn Directeur administratif et financier Stéphane Deplus (9402) Responsable juridique Mireille Monnier (9744) Directeur des affaires sociales Frédéric Sibille (9444) Directeur fabrication et achats Fabienne Couderc (9314) DIFFUSIOn-AbOnneMenTS-eDITIOnS Directrice de la diffusion et de la promotion Bénédicte Hartog (9406) Directrice des abonnements Patricia Rosso (9788) Directrice des éditions Annie Zaratti (9774) Responsable de la promotion Isabelle de Goüyon Matignon (9811) Service Clients (9292) TArIFS AbOnneMenTS France (tva 2,10 %) 1 an, 11 numéros + accès Web : 105 euros ttc Etudiants/Demandeurs d’emploi 55 euros TTC (sur justificatif) Etranger nous consulter Règlement à l’ordre d’Industrie et Technologies Pour l’UE, préciser le numéro de TVA intracommunautaire Librairie (vente des numéros déjà parus et des annuaires) 4288 Annuaires (TVA 5,5 % incluse) « L’Atlas des usines » : 95 euros TTC Numéro de commission paritaire : 0612T81775. Numéro ISSN : 1633-7107. Dépôt légal : à parution. Impression : Imprimerie de Compiègne, 60205 Compiègne. Industrie et Technologies est édité par Groupe Industrie Services Info (principal actionnaire : GISI Communications), SA au capital de 1 057 080 euros. RCS Nanterre 309.395.820. 10, place du général de Gaulle 92160 Antony. Toute reproduction, représentation, traduction ou adaptation, qu’elle soit intégrale ou partielle, quels qu’en soient le procédé, le support ou le média, est strictement interdite sans l’autorisation de l’éditeur, sauf dans les cas prévus par l’article L.122-5 du code de la propriété intellectuelle. Seules sont autorisées les reproductions réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées. (loi du 11 mars 1957, art. 40 et 41, et code pénal, art. 425). Copyright Groupe Industrie Services Info. Tous droits réservés Directeur de la publication Christophe Czajka

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N°931ccMARS 2011

Les entreprises et les établissements cités 4D Concept . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 cca Acciona Infraestructuras . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Adlink . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Advantech. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 AgroParisTech. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Airbus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 AIST . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Akaeno. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Alfa Romeo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Alten . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 Apple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Areva . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, 80 Artic. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49, 52 Arts et Métiers ParisTech . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34, 78

ccd Delphi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 cce EADS Astrium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 École de management de Strasbourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 École des mines de Douai. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 École navale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 École Polytechnique . . . . . . . . . 78 Ecrin Systems . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 EDF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, 80 EKF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52, 57 Emerson Network Power52 Ensae . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Ensta. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Interface Concept . . . . . . . . . . . . . 52 IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). . . . 80 ccK Kontron. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Krontime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 ccl Labadis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Lesia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 LPC2E. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 LSDH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

ccr Renault . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, 75 Renishaw . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Rockwell Automation . . . . . . 26 ccs SAP. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Segula Technologies . . . . . . . . 72 Serrano Environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Sescoi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26, 38 SGL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Sidel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Siemens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Siemens PLM Software. . . . 26

ccm MacSema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Skema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 SLPV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Société des ingénieurs de l’automobile . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Assystem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

ESRF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Audi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Maserati . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Massachussetts Institute of Technology . . . . . . . . . . . . . . 14, 16

ESSEC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

Matra Défense. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

SolidWorks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

Autodesk. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Autorité de sûreté nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

Estp

Mecaprotection . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Men Mikro Elektronic SA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

STMicroelectronics . . . . . . . . . . . . 20

Mercedes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Sylob . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

ccB Biomiscanthus France Holding . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Blue Ridge Numerics . . . . . . . . 15 BMW. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10, 26 Boeing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Bourns College of Engineering . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 Brötje-Automation. . . . . . . . . . . . 10 ccc Cap Gemini Sogeti . . . . . . . . . . . . . 72 Cdefi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 CEA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 20, 80, 84 CEA-Leti . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Cegid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Centre de formation de la plasturgie(CFP). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Centre technique des industries mécaniques (Cetim) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26, 34

ESC Lille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

.........................................

78

Evian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 ccF

Mercedes-Benz

Festo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 FIA (Fédération internationale de l’automobile) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Mines de Nantes . . . . . . . . . . . . . . . . 80

Taglan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

Missler Software. . . . . . . . . 26, 32

Techform. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

Motorola. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Thales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

Moventeam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

TIL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Movitecnic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

Titanox Industrie . . . . . . . . . . . . . . . 19

Fiat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Française de Mécanique 34 Freescale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

G-Scop. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Gamesa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 GE Intelligent Platforms . 52 Greenpeace France . . . . . . . . . . . 80

HEC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 Husqvarna . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 cci

Innobat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Cognex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Cutting Dynamics . . . . . . . . . . . . . . 10

Minatec. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

........

75

IFP School. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 INP Grenoble. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Institut de chimie et de technologie nucléaire polonais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 Institut Fraunhofer . . . 20, 26 Institut pour la production intégrée d’Hanovre . . . . . . . . . . 16 Instn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Intel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

cct

Total Systems . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Toyota . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, 34, 44

Nasa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

TSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

NeoMore. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Nexter Systems . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 Nippon Basics . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Observatoire de Paris

.....

22

ccp Panasonic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Citroën . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 ClearStream Environmental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

Colisée Patrimoine . . . . . . . . . . . . 72

40

cco

ccH

ICN business school

..................

ccn

ccG

IBM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 22, 52

CNRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 80

Supélec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Facom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

Ceram business school . . 75 Chelyabinsk Pipe Rolling Plant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

Cnisf . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Subatec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

PlasticsEurope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Polaroid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Pôle écoconception . . . . . . . . . . 44 Poly-Shape . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Princeton University . . . . . . . . . 16

ccu Union internationale des télécommunications . . 8 Université de Nice Sophia Antipolis . . . . . . . 75 Université de Stuttgart . . . 20 ccW Westinghouse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 WWF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 ccX X-ES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 ccZ ZF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26


www.industrie-technologies.com Percez les secrets

de l’ordinateur Watson.

le blOc-nOTeS De lA réDAcTIOn Long. Trop long, ce périple en vélo.

En plus de la fatigue et des courbatures, la soif me tiraille. J’ai envie d’abandonner. Seule solution pour me réhydrater, cette marre dont la couleur de l’eau effraie même la faune ambiante. Heureusement, le Cycloclean, mon fidèle destrier, est là pour m’aider. Conçu au Japon, ce vélo original a la capacité de rendre l’eau potable ! Une fois à l’arrêt, je glisse un tuyau directement dans la marre et pédale pour pomper. Le liquide passe à travers trois filtres fixés sur la roue arrière. Un coup de pompe ? Une minute d’effort Quelques tours de pédale et hop ! me permet de purifier de l’eau pure ! près de cinq litres d’eau. Malgré un intérêt évident pour les pays sans eau courante, le Cycloclean, lancé en 2005, n’a pas eu le succès escompté. En cause son prix de 5 000 euros ! En déménageant cette année sa fabrication au Bangladesh chez un partenaire local, le fabricant Nippon Basics espère diminuer ce coût. Une deuxième bonne idée ? cm

LES RÉSEAUX AU BORD AlerTe DE L’ASPHYXIE L’Union internationale des télécommunications tire la sonnette d’alarme: les réseaux de communication sont au bord de la saturation. En cause la généralisation des téléphones mobiles, le développement d’Internet et l’explosion des smartphones. Pour éviter l’asphyxie, les opérateurs télécoms sont invités à accélérer d’urgence le déploiement de la fibre optique et du haut débit mobile.

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N°931ccMARS 2011

POST-ScrIPTUM

Voilà qui aurait comblé Chateaubriand : l’auteur, enterré à Saint-Malo, aurait réellement pu publier ses mémoires d’outre-tombe. Le service Web 2day4ever propose en effet d’envoyer vos messages aux dates que vous définissez, dans les 99 ans à venir. Si vous optez pour le forfait premium, le site postera même votre mot de la fin le jour de votre mort. En programmant l’envoi des pages au compte-gouttes, les auteurs modernes laisseront le lecteur en haleine même avec leurs œuvres posthumes. cm

Envoyez vos dernières e-volontés via Internet.

éléMenTAIre Le champion du célèbre jeu américain Jeopardy ! s’appelle Watson. C’est un robot nommé

ainsi en hommage au fondateur d’IBM, son constructeur. Il l’a emporté sur les deux meilleurs joueurs humains de ce jeu où il faut trouver la question à partir de la réponse. Par sa capacité à parler, comprendre la parole et saisir les jeux de mots, il rappelle curieusement l’ordinateur HAL du film «2001: l’odyssée de l’espace ». IBM l’envisage déjà comme conseiller médical. Le million de dollars Son intelligence ne l’a pas empêché de placer gagné par Watson ira à des œuvres la ville canadienne Toronto aux États-Unis. caritatives. La machine doit réviser sa géo, pardi! cm

JeU De MAInS Fini de jouer à cache-cache avec votre télécommande !

La Viera DMP-HV200 de Panasonic est un modèle de téléviseur qui se contrôle par les gestes. Grâce aux deux capteurs intégrés dans le cadre, vous changez de chaîne ou modulez le volume sonore d’un simple mouvement de la main. Petit point négatif, la commande gestuelle doit s’effectuer à moins de dix centimètres de l’écran. Il va falloir se lever mais cela laisse la liberté de se gratter sans zapper. cm

AFP ; SIPA ; D.R.

MAIllOT bleU


lA PenSée DU MOIS Le progrès technologique n’abolit pas les obstacles ; il en change simplement la nature. Les portes de la perception (1954) Aldous Huxley

WEB c www.industrie-technologies.com

START-UP Metrodoloris rend la douleur visible

La start-up lilloise a développé une technologie qui mesure la douleur ressentie par le patient en analysant la variation du rythme cardiaque. Avec cette information en temps réel, le chirurgien adapte ses gestes. L’appareil, baptisé PhysioDoloris, équipe déjà une quarantaine de centres hospitaliers en Europe.

élecTrISAnT La peinture remplace l’interrupteur.

Qui n’a jamais rechigné à se lever de son lit parce qu’il a oublié d’éteindre la lumière ? L’innovation de l’entreprise française SLPV vous demande juste d’être près du mur. Baptisée Peinture On/Off, elle transforme toute surface recouverte de la sous-couche en écran tactile géant. Où que vous touchiez la cloison peinte, un dispositif électronique installé à la place de l’interrupteur répond à votre doigt et déclenche l’appareil qu’il commande : lampe, stores, ventilateur... Une prise fonctionnant sur le même principe est en développement. Pratique, mais pensez à prévenir vos amis en soirée ! cm

www.industrie-technologies.com rubrique santé

« Il faut que la peinture serve à autre chose qu’à la peinture. » disait Matisse. C’est chose faite !

MIrOIr

Affiche ce que tu vois.

Non, ce n’est pas le nouveau slogan Lacoste mais le principe des dernières lunettes griffées Polaroid et baptisées GL20. Les verres sont des écrans qui retransmettent les images capturées par l’appareil photo intégré dans la monture. Présenté au CES de Las Vegas, cet accessoire de mode a rendu l’ambassadrice de la marque, Lady Gaga, gaga. cm

PLATE-FORME Caractériser les matériaux

Le CEA, le CNRS, l’ILL (Institut Laue – Langevin) et l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) vont créer la Plate-forme technologique-Grenoble (PT-G). Par le biais de cette structure, les scientifiques mettront leurs savoir-faire et leurs moyens techniques, dans le domaine de la caractérisation des matériaux, à disposition des industriels.

www.industrie-technologies.com rubrique matériaux

VIDÉO Dans les coulisses du design

L’Automover 305 de Husqvarna est une tondeuse électrique sans fil robotisée destinée aux jardins de moins de 500 m². Elle se repère dans le jardin grâce à un câble posé en périphérie et des capteurs pour détecter les obstacles. Ed Martin, le designer qui a participé au développement de cet engin, explique en vidéo sa démarche de conception. www.industrie-technologies.com rubrique conception

CHAQUE SEMAINE suivez l’actualité de l’innovation sur www.industrie-technologies.com avec nos deux newsletters:

l’Hebdo de la Techno le mardi et la Lettre de la Conception et du Design le jeudi.

MARS 2011ccN°931

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TENdaNCEs

Retrouvez toutes les innovations récompensées au JEC.

L’industrie se réinvente pour la fibre de carbone

éduire le poids du véhicule électrique sans sacrifier la sécurité est un défi pour l’industrie automobile… que la fibre de carbone est en passe de relever. Le matériau s’avère aussi résistant que l’acier et l’aluminium, tout en étant 30 % plus léger. La nouvelle Audi A6 Hybrid présentée au dernier salon automobile de Genève l’associe à l’acier et à l’aluminium dans sa carrosserie. BMW va plus loin sur son premier véhicule 100 % électrique qui sera exposé fin mars au JEC Composites Show de Paris. L’i3, c’est son nom, dispose d’un habitacle intégralement construit en plastique renforcé en fibres de carbone (PRFC). L’allègement conséquent qui en découle a per-

R

mis de réduire la taille de la batterie sans perte d’autonomie. cc L’injection

de la résine sous haute pression se fait in situ

BMW construit les habitacles en PRFC sur son site de Landshut. SGL, son partenaire industriel, lui fournit les rouleaux de fibre de carbone pure. Souple comme un tissu, la toile composite est déroulée et découpée en pièces de la taille des éléments de l’habitacle. Ces ébauches sont ensuite passées dans des moules chauffés dans lesquels elles acquièrent leur structure tridimensionnelle finale. Les différentes pièces de l’habitacle sont alors assemblées. Vient ensuite l’étape d’injection de la résine sous haute pression (RTM) qui donne sa rigidité

L’i3, prototype de la voiture 100 % électrique de BMW.

à l’ensemble. Pour réduire ses cycles de production, BMW a préféré cette technique à la pultrusion, qui consiste à imprégner la fibre de carbone avant de lui donner la forme désirée. Mais le constructeur a dû pour cela investir dans des gigantesques presses dédiées à l’injection de la résine. L’automobile ne fait pas exception. Dans les autres secteurs, l’exploitation de la fibre de carbone passe aussi à la vitesse supérieure. D’ici 2019, les constructeurs aéronautiques auront à fournir environ 26000 avions de ligne et de transport de marchandises, soit en moyenne deux avions assemblés chaque semaine contre un aujourd’hui. À l’instar de BMW, Boeing et Airbus s’intéressent aux propriétés du PRFC. Pour l’instant, la compétitivité du matériau reste limitée car il est impossible de produire les angles et les courbes du

D.R.

Après les écuries de formules 1, les voitures en matériaux composites s’apprêtent à intégrer le garage de Monsieur tout le monde. Alors que BMW joue la rupture avec son véhicule électrique « 100 % carbone », les fabricants d’avions et d’éoliennes se lancent aussi dans la course à l’automatisation de leurs procédés d’intégration du composite.

cc LES COMPOSITES ENVAHISSENT NOTRE QUOTIDIEN le revêtement pour fenêtres

INNOBAT La société française Innobat développe un biocomposite renforcé en fibres de lin pour les encadrements de fenêtres.

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N°931ccMARS 2011

le pont pour piétons

ACCIONA INFRAESTRUCTURAS Les premiers ponts conçus entièrement en plastique renforcé en fibres de carbone (PRFC) s’implantent en Espagne.

les sièges d’avions

CUTTING DYNAMICS Le fabricant américain Cutting Dynamics peut produire 400 000 dossiers de sièges en PRFC par an pour l’industrie aéronautique.


MARQUEUR DE MATURITÉ IT

RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

TENdaNCEs

Grâce à cet indicateur, repérez le stade de développement des innovations que nous avons sélectionnées.

UN HABITACLE 100 % CARBONE

D.R.

c Disponible à l’horizon 2013, la première voiture 100 % électrique de BMW intègre une batterie lithium-ion d’un poids de 250 kilogrammes. Elle est supportée par le châssis en aluminium sur lequel repose l’habitacle passager en plastique renforcé en fibres de carbone (PRFC). Une première. Jusqu’ici, le constructeur automobile limitait son intégration à certaines pièces comme le toit et le support de pare-chocs de ses modèles M3 et M6.

fuselage autrement qu’à la main. BrötjeAutomation pourrait rapidement changer la donne: l’entreprise allemande est la première à avoir robotisé la fabrication de pièces de fuselage en PRFC. Son procédé a déjà retenu l’attention d’Airbus qui compte l’employer pour la construction de l’A30X

les éoliennes

GAMESA L’espagnol Gamesa a construit une ligne entièrement automatisée pour la fabrication des pales d’éoliennes en fibres composites.

et de l’A350-1000. Des aménes étapes sont encore faites nagements intérieurs à base à la main : applications de tonnes de fibres de fibres de carbone pourfilms et d’adhésifs, sablage, de carbone ont été raient aussi participer à l’alpeinture… mais pour comconsommées en 2010. légement des avions. L’amébien de temps? Gamesa, l’un ricain Cutting Dynamics des leaders mondiaux du 350 000 fabrique, à partir du compomarché implanté en Espale seront en 2020 site, des dossiers et des armagne, met la touche finale à SOURCE : JEC tures pour sièges par une une ligne de fabrication des technique de moulage à grande vitesse à pales entièrement automatisée. 300 °C. Pratiquement, la fibre est impréLe JEC en sera la preuve : les industriels gnée de polysulfure de phénylène, une rivalisent d’inventivité pour proposer résine thermoplastique haute perfor- des outils de production plus rapides et mance. Chauffé, le matériau devient mode- performants pour que la fibre de carbone lable en structures géométriques aussi soit intégrée facilement aux produits. complexes que les armatures creuses des Mais le composite n’a pas la fibre écolo. fauteuils d’avion. Le pas suivant se prépare : les biocomposites, baptisés ainsi parce qu’ils intègrent cc Bientôt une ligne de fabrication des ressources renouvelables (comme le des pales automatisée lin ou le chanvre), aiguisent aussi les Les fabricants d’éoliennes sont confrontés créativités. Ils seront bientôt, à leur aux mêmes enjeux d’augmentation de la tour, suffisamment matures pour s’introdemande. Ils s’attendent à tripler leur pro- duire dans les lignes de production de duction de pales dans la prochaine décen- masse. cm nie. Plusieurs constructeurs font déjà appel à la fibre de carbone pour construire des ccludovic FerY pales de grande envergure. Là aussi, certai- lfery@industrie-technologies.com

43 000

MARS 2011ccN°931

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TENdaNCEs

Mario Molina évoque l’impact sociétal du changement climatique, en vidéo.

Mario Molina, Prix Nobel de chimie,

conseiller des présidents Obama et Calderón

La tempête médiatique autour du trou dans la couche d’ozone, c’était lui. Lorsque Mario Molina, prix Nobel de chimie d’origine mexicaine, a compris le rôle néfaste pour la couche d’ozone des CFC, largement utilisés dans l’industrie du froid et les aérosols, il est sorti de son laboratoire pour alerter politiques et grand public. Aujourd’hui conseiller des présidents américain et mexicain, il cherche à obtenir des engagements concrets dans la lutte contre le changement climatique. Donnez-vous le même type de conseils à Barack Obama et à Felipe Calderón ? Mario Molina : Je plaide dans les

deux cas pour que pays développés et pays en développement travaillent ensemble. On ne résoudra pas le problème sans l’implication de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou du Mexique, vers lesquels il faut organiser le transfert de ressources, de technologies et de bonnes pratiques.

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S’adresser aux chefs d’État est-il pertinent? Le problème n’est-il pas plutôt entre les mains des industriels? M. M.: Si bien sûr, mais si l’on

veut que quelque chose change rapidement, les chefs d’État sont la meilleure cible. L’industrie est pleine d’inertie. Par chance, beaucoup d’industriels sont déjà conscients du problème. Les acteurs économiques ont besoin d’une situation bien définie, qui leur permette de faire des plans. D’où l’importance de la réglementation.

Vos relations avec l’industrie n’ont pas toujours été sereines… M. M.: Lorsque mes travaux ont

soulevé le problème de la destruction de la couche d’ozone par les CFC, je me suis d’abord retrouvé en conflit avec les industriels. Par la suite, nous nous sommes rendu compte que nous pouvions travailler ensemble à un accord mondial, le protocole de Montréal, qui a conduit à adopter des alternatives industrielles. Depuis je travaille auprès des entreprises

cc ses 3 dates

1973 Il consacre son post-doctorat à l’étude du rôle environnemental des chlorofluorocarbures (CFC). Ses travaux mettront en évidence le rôle de ces gaz dans la dégradation de la couche d’ozone. 1995 Il reçoit le prix Nobel de chimie avec Paul Crutzen et Sherwood Rowland. 2008 Il rejoint l’équipe du président Obama.

pour promouvoir l’idée qu’il est possible de continuer à faire du profit en étant responsable. Mon implication actuelle passe aussi par un effort pour obtenir davantage de fonds pour des projets risqués. Pour promouvoir la capture du carbone, son stockage, ou le développement de l’énergie solaire, il faut un soutien étatique sous forme de garanties pour les crédits et des réglementations adaptées. D. R.

Les exigences environnementales ouvrent des perspectives à l’industrie


TENdaNCEs

Le CO2 : pas seul en compte c Pour affiner les scenarii d’évolution du climat, la chimie atmosphérique, domaine de spécialité de Mario Molina, fait figure de passage obligé. «Le rôle que jouent les particules présentes dans l’atmosphère du fait des activités humaines reste en effet l’une des grandes incertitudes dans les modèles», explique le scientifique. Passer au crible les propriétés chimiques de ces particules permet d’éclairer leur devenir et leur impact. Une approche qui rompt avec la seule focalisation sur le dioxyde de carbone (CO2) pour prêter attention à l’impact positif ou négatif d’autres molécules, comme le méthane, les hydrofluorocarbures, la vapeur d’eau ou encore les sulfates.

Dans l’énergie beaucoup de technologies propres semblent très jeunes. N’est-ce pas une partie du problème? M. M.: S’il y a des réglementa-

tions et un accord sur le prix des émissions, alors ces technologies s’avéreront rentables, même à leur prix actuel. C’est la raison pour laquelle il faut envoyer les bons signaux économiques et politiques au marché. Les experts s’accordent à dire que le coût de la transition peut être raisonnable, même si certains vont perdre de l’argent alors que d’autres en gagneront. Cela ouvre de véritables perspectives à l’industrie. Que vous inspirent ceux qu’on appelle les climato-sceptiques ? M. M.: Il y a une grande naïveté

dans le fait de vouloir remettre en question toute la science du climat à partir de controverses sur des points très précis. Nos connaissances ne ressemblent pas à un château de cartes mais plutôt à un puzzle avec des pièces manquantes, mais une vue d’ensemble très bien reconnue. Le fait que le changement climatique est un problème urgent, qui fait partie de la probléma-

tique plus large de la limitation des ressources, fait consensus. Les sceptiques ne sont qu’une toute petite minorité. À part la défense d’intérêts catégoriels ou le manque d’honnêteté, le scepticisme peut aussi reposer sur l’ignorance. C’est à la rigueur excusable, tant que ces personnes ne se mêlent pas de politique. Si au contraire vous voulez que votre jugement soit pris en compte, il est de votre responsabilité d’être correctement informé. Reste que la communauté scientifique a échoué à répondre de façon convaincante aux attaques des climato-sceptiques. Nous devons nous interroger sur la façon de présenter les résultats, surtout quand nous parlons de probabilités. S’il existe un risque de 25% que des désastres surviennent, ce n’est pas le plus probable, mais on ne va pas jouer à la roulette russe! Si vous savez qu’un avion a 25% de chances de s’écraser, évidemment, vous ne prendrez pas le risque de monter dedans… Il n’y a donc pas de raison de prendre ce risque pour la planète. cm ccpropos recueillis par muriel de véricourt redaction@industrie-technologies.com

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TENdaNCEs

LE KIOSQUE Q Presse Imprime-moi un Stradivarius !

L’hebdomadaire The Economist imagine un futur radieux pour l’impression 3 D. Des pièces aussi exceptionnelles que le Stradivarius pourraient à terme être reproduites à bas coût grâce à cette technologie, selon le journal britannique. L’imprimante 3D, désormais au prix de l’imprimante laser à ses débuts, donnerait lieu à une véritable révolution industrielle. Grâce à elle, chacun a le potentiel de devenir son propre fabricant. Une véritable remise en cause de l’omnipotence des usines de production de masse. La fin des délocalisations de la main d’œuvre à l’étranger! Même les déchets seraient considérablement réduits, la technologie étant additive et non soustractive comme l’usinage. Seul bémol : le modèle économique reste encore largement à inventer, rappelle l’hebdomadaire. cm c cRÉFÉRENCES : The Economist, 12 février 2011, « Print me a Stradivarius » c cVoir aussi notre dossier sur la production sur-mesure page 24.

Vidéo Télénanos sur Dailymotion

Nanomed TV est la première chaîne entièrement dédiée aux nanotechnologies appliquées à la santé humaine. Fruit d’une collaboration entre l’association européenne Nanomedicine European Technology Platform et l’entreprise franco-américaine Nanobiotix, elle a pour objectif de recueillir à travers des conférences et des interviews tous les points de vue existants sur le sujet : médecins, chercheurs, industriels et autorités sanitaires. Nanomed TV profite profite d’événements importants, comme la journée mondiale contre le cancer, pour interroger les meilleurs spécialistes. Quels bénéfices peut-on attendre des nanotechnologies dans les thérapies actuelles ? Quels risques potentiels présentent-elles pour la santé humaine ? Les séquences, toujours courtes (de cinq à trente minutes), ont vocation à rendre plus visible le champ de la nanomédecine. Et de désamorcer en même temps certaines craintes répandues à propos des nanotechnologies en général. cm

Presse Les robots poubelles de l’espace

Ils s’appellent HTV2 et EDDE et ce sont les premiers éboueurs pour débris spatiaux! Longe de onze kilomètres en aluminium, filet à déchets ou laser destructeur… Les agences spatiales envisagent aujourd’hui tous les moyens possibles pour débarrasser l’orbite terrestre des satellites hors service et autres déchets. Au-delà de la pollution, les dégâts causés par les débris coupants doivent être pris en compte: pour les maîtriser, l’agence spatiale japonaise propose d’employer une pince recouverte de longs cils en polymères. cm cRÉFÉRENCES : c c Scientist, New Scientist 12 février 2011, « Clearing the heavens, one piece at a time »

c cRÉFÉRENCES : www.dailymotion.com/ nanomedTV

BONUS c

Entrez dans la salle blanche d’un laboratoire du CNRS qui fabrique des semi-conducteurs www.industrie-technologies.com

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La flute imprimée par un chercheur du MIT Media Lab vous enchantera.

Environnement Un bioplastique en roseau L’herbe à éléphant prend le relais du pétrole. Après avoir fait parler

d’elle en tant que source d’énergie propre, cette plante de la famille des roseaux, appelée Miscanthus Giganteus, entre désormais dans la composition d’un bioplastique de seconde génération. 100 % végétal, le Biomiscanthus présente l’avantage d’être biodégradable, compostable, et surtout issu d’un produit non alimentaire. En outre, à la différence des bioplastiques classiques, ce matériau peut être intégré sans aucun problème dans les filières traditionnelles de recyclage. Lancée courant mars par Biomiscanthus France Holding, la commercialisation de ce plastique se fera sous forme de granulés, transformables par l’industrie plasturgique en biens à usage unique. cm

Réalisations de différentes pièces en Biomiscanthus.

cc EN BREF

Sécurité Une panic room façon Ikea

C’est aussi simple à monter qu’un meuble Liatorp d’Ikea mais c’est blindé. Constitué de parois multicouches en acier au manganèse, le Bunkerkit de Mecaprotection est avant tout destiné aux banques et aux commerces. Deux personnes équipées d’une simple clé de 13 suffisent pour construire en quelques minutes cette panic room qui répond aux dernières normes européennes en matière de sécurité. Braqueurs, accrochez-vous : 9mm, 357 magnum, calibre 12, Kalachnikov, fusil d’assaut… tous se sont essayés à le faire trembler, en vain. cm

D.R.

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Conception Autodesk aborde la mécanique des fluides Autodesk va acquérir Blue Ridge Numerics pour 39millions de dollars. Cet éditeur spécialisé en mécani-

que des fluides est connu pour son outil de pré-dimensionnement CFDesign. Autodesk ne cache pas sa volonté de disposer d’une offre complète dans le domaine porteur du DigiSimulation des écoulements tal Prototyping. Ainsi, il a bâti dans un échangeur thermique autour de son logiciel de conception mécanique 3D, Inventor, tout un écosystème en faisant avec CFDesign. notamment l’acquisition en 2008 de Moldflow pour la plasturgie, puis d’Algor pour le calcul des structures. Il offrira ainsi aux utilisateurs d’Inventor un outil de simulation d’écoulements de fluides et de transferts de chaleur, à la fois performant, simple à utiliser et économique. Autodesk fait d’une pierre deux coups car il sera aussi utilisable dans le domaine architectural, autour de Revit, pour la simulation aéraulique et thermique. cm

Solaire Les cellules microscopiques s’organisent Encore un concurrent au silicium cristallin pour capter les photons. Des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology ont développé une méthode simple pour faire pousser des microfils de silicium de façon organisée. Le procédé utilise du cuivre comme catalyseur. Chauffé, ce dernier fusionne avec une galette de silicium (wafer). En refroidissant, le métal forme de fines gouttelettes à la surface du wafer. Les dépôts forment la base des microfilaments qui s’allongent par précipitation d’un gaz enrichi en silicium. Leur taille, qui peut atteindre 20 micromètres, est contrôlée grâce à la température tandis que l’espacement entre chaque fil varie selon la texture du wafer. Des cellules solaires avec des microfils de silicium ont déjà vu le jour, mais jamais avec un tel niveau d’organisation. Le procédé des ingénieurs s’applique aussi à des surfaces souples, ce qui n’était pas le cas avec les prototypes précédents. cm Hier

Aujourd’hui

cc EN BREF L’image jusqu’ici monochrome se pare de couleurs.

Sécurité La caméra infrarouge voit en couleur

D.R.

Une révolution dans la vision nocturne. Des chercheurs de l’AIST, au Japon, ont développé une caméra infrarouge capable de fournir dans l’obscurité des images en couleur conformes à la réalité. Ils ont réussi cet exploit en combinant un photodétecteur à haute sensibilité et un moteur de traitement d’images grande vitesse. Jusqu’ici, les caméras infrarouges se cantonnaient à des images monochromes. cm RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

MARS 2011ccN°931

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Consultez le baromètre Ernst & Young de l’attractivité de la France en 2010.

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LE BAROMÈTRE INNOVATION

LE SAVOIR-FAIRE FRANÇAIS RECONNU

le savoir-faire

Électricité Mini-empreinte carbone en France

DANS QUEL DOMAINE L’INNOVATION VA-T-ELLE LE PLUS S’EXPRIMER DANS LES ANNÉES les produits À VENIR EN FRANCE ? (pourcentage de réponses) les services liés aux produits

les modes de communication

30 %

29 %

le marketing

21 %

19 %

18 %

Forte de son parc nucléaire, qui représente plus de 80 % de sa production d’électricité, EDF affiche une empreinte carbone de seulement 45 g équivalents CO2 par kilowattheure produit. Mais, compte tenu de ses importations d’électricité, l’empreinte du kilowattheure fourni monte à 75 g équivalents CO2. Elle reste malgré tout inférieure à l’impact environnemental de l’électricité produite en France, tous producteurs confondus. cm

le mode de management et d’organisation la chaîne l’ingénierie logistique financière

18 %

11 %

11 %

SOURCE : BAROMÈTRE ERNST & YOUNG DE L’ATTRACTIVITÉ DE LA FRANCE EN 2010

Les investisseurs internationaux perçoivent la France comme une terre de savoir-faire. C’est dans ce domaine que 30 % d’entre eux pensent que l’innovation va s’exprimer le plus dans les années à venir. Par contre, pour 43 % d’entre eux, le système français d’éducation et de formation dans les nouvelles technologies est à améliorer pour favoriser l’esprit d’innovation et d’entreprise. cm Semiconducteurs Les dix industriels les plus voraces

Selon Gartner, les dix premiers acheteurs de semiconducteurs dans le monde ont absorbé l’équivalent de 104,3 milliards de dollars en 2010, soit plus du tiers du marché mondial (300,3 milliards de dollars). HP reste le plus gros consommateur, suivi par Samsung Electronics. Fort du succès de l’iPhone, Apple prend la troisième place de Nokia qui rétrograde à la quatrième. cm

Rang

CLASSEMENT DES DIX PLUS GROS CONSOMMATEURS DE SEMICONDUCTEURS Entreprise

En milliards de dollars

1

hP

2

samsung electronics

15,3

3

apple

12,4

4

nokia

11,7

5

dell

10,4

6

sony

9,3 8,5

17

7

toshiba

8

lg electronics

9

Panasonic

6,7

lenovo

5,7

10

7

SOURCE : GARTNER

18

N°931ccMARS 2011

L’IMPACT CARBONE DU KILOWATTHEURE (KWH) ÉLECTRIQUE 45 g équivalent CO2 pour le kWh produit par EDF

87 g équivalent CO2 pour le kWh produit en France tous producteurs confondus

Téléphonie mobile La redistribution des cartes

Selon IDC, le marché mondial des téléphones mobiles a flirté avec le milliard et demi d’unités en 2010. Nokia et Samsung conservent respectivement la première et la deuxième place. Mais le classement est chamboulé avec la sortie de Sony Ericsson et Motorola du top cinq, remplacés par ZTE et Apple. L’arrivée du constructeur chinois à la quatrième place est la grande surprise. cm LE TOP CINQ DES FABRICANTS DE TÉLÉPHONES MOBILES (en millions d’unités) 453

439,4

Nokia

Autres

Samsung 280,2

Total : 1388,6

ZTE 51,8

SOURCE : EDF

le cHIFFre

100%

C’est la croissance des ventes de robots industriels dans le monde en 2010, pour un total de 120 000 unités écoulées. Les prévisions tablent sur une augmentation de 10 % du marché en 2011.

LG 116,7

488 g équivalent CO2 pour le kWh produit en Europe tous producteurs confondus

Apple 47,5 SOURCE : IDC

SOURCE : IFR (FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE ROBOTIQUE)


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Les détails techniques de la mémoire collable sur une pièce.

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Électronique Le bouton à mémoire à l’assaut de l’industrie Sans batterie ni antenne, le bouton mémoire CMB restitue ses données par simple contact avec un cordon spécifique.

D.R.

Voici une alternative à la RFID : le bouton à mémoire CMB (contact memory button). Utilisé depuis 20 ans par les militaires

outre-Atlantique, il débarque maintenant dans l’industrie. En France, il est proposé par la société Titanox Industrie. Ni antenne, ni batterie. Ce dispositif d’identification électronique ne renferme que de la mémoire réinscriptible Eeprom. Développé par la société américaine MacSema, il se présente sous la forme d’un bouton à coller sur la pièce à tracer. Il se lit par simple contact à l’aide d’un cordon spécifique relié au micro-ordinateur, PDA, etc. En se passant des ondes, il offre davantage de sécurité que la RFID pour la traçabilité de produits sensibles (pièces d’avion, déchets nucléaires…). De plus, la mémoire est encapsulée dans

cc EN BREF

un boîtier hermétique en alliage résistant à toutes sortes d’agressions mécaniques, chimiques, électromagnétiques, UV… Il tient aussi bien dans les profondeurs des océans que dans l’espace. Dernier atout : une capacité de mémoire pouvant atteindre 4 Go. Le tout, sans pénaliser la vitesse de lecture. cm

MARQUEUR DE MATURITÉ IT

RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

Photovoltaïque Pour une pose simple et rapide

Le dispositif Sees_I_Bat de Serrano Environnement est un système tout en un qui permet une intégration de panneaux solaires en toiture sans montage au préalable d’une structure d’accueil des modules. Outre une parfaite étanchéité, ce système assure également une ventilation naturelle, indispensable pour rafraîchir l’installation et ainsi augmenter la performance de production. cm


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LE RENDEZ-VOUS

L’industrie fait son show à Lyon

29 | 03

Salon L’élite des matériaux composites

La plus grande exposition internationale consacrée aux matériaux composites pose ses valises à Paris. Des conférences et des forums feront le point sur les innovations les plus marquantes de l’année écoulée dans les domaines de l’aéronautique, de l’automobile, de la construction, de l’énergie, du recyclage ou encore des biomatériaux. Quatorze sociétés y seront récompensées pour avoir développé une solution prometteuse et performante dans l’un de ces secteurs. cm

Le centre de tournage-fraisage intégré NTX2000 de haute précision, dernier né de Mori Seiki.

Début avril, tous les professionnels de l’industrie ont rendez-vous à Lyon pour découvrir les 800 exposants, répartis en dix filières techniques. Plusieurs temps forts rythmeront les

quatre journées du salon : des conférences, les trophées de l’innovation et l’animation Industrie 2020 qui mettra en lumière les développements technologiques à suivre dans le secteur industriel (production, contrôle, automatisation). À cette occasion, les visiteurs pourront découvrir la maquette animée d’une « usine propre ». Nouveauté de l’édition 2011, un « centre d’expertise technique » répondra à toutes les interrogations que les visiteurs auront déposées sur le site Internet d’Industrie Lyon avant l’ouverture du salon. cm

cc Du 29 au 31 mars 2011 Paris-Expo, Porte de Versailles http://www.jeccomposites.com

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Foire La France à l’honneur à Hanovre

Comme à chaque printemps, la grande messe mondiale de l’industrie se tient à Hanovre, en Allemagne. Cette année, la France, invitée officielle, mettra l’accent sur l’efficacité énergétique et la mobilité durable. Deux secteurs qui s’inscrivent dans le thème retenu par les organisateurs pour cette édition 2011 : «l’innovation au service de la croissance durable». Les quatre jours ne seront pas de trop pour les visiteurs soucieux de ne rien louper des treize salons thématiques différents que regroupe cette immense foire. cm cc Du 4 au 8 avril 2011 Centre d’exposition de Hanovre (Allemagne) http://www.hannovermesse.de/

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ccDu 5 au 8 avril 2011 Eurexpo Lyon http://www.industrie-expo.com/

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Colloque De la chimie dans le nucléaire

À l’occasion de l’année internationale de la chimie, le CEA et Areva organisent une conférence à propos des recherches en chimie appliquées au nucléaire. Des spécialistes français et étrangers, notamment le directeur de l’Institut

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Rencontre Automobile et électronique sous un même toit

La Société des ingénieurs de l’automobile (SIA) fait se rencontrer la recherche institutionnelle (université de Stuttgart, Institut Fraunhofer, etc.) et la R&D privée (Renault, Toyota, STMicroelectronics, Delphi, etc.) sur le thème du véhicule électrique du futur. Les conférences techniques étalées sur deux jours traiteront des développements électroniques à intégrer aux véhicules électriques pour optimiser la gestion de l’énergie, la recharge et la communication avec le conducteur. cm cc Du 6 au 7 avril 2011 « La Ferme du Manet » à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) http://www.sia.fr/evenement_ detail_ape_welcome_1057.htm

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Appel à projets Technologies de l’e-santé

de chimie et de technologie nucléaire polonais et des représentants d’EDF et d’Areva, parleront des travaux actuels (chimie en amont du cycle, gestion des déchets) ainsi que des enjeux de la chimie pour le nucléaire du futur. cm

Dans le cadre du soutien au développement des «nouveaux usages numériques» et des investissements d’avenir, le gouvernement lance un appel à projets portant sur la prévention, la sécurité, la rééducation et le suivi à distance des personnes dans leurs lieux de vie. Capteurs, solutions de domotique, objets et dispositifs médicaux communicants font partie des technologies ciblées et seront les bienvenus. cm

cc Le 5 avril 2011 Palais des congrès « Le Corum » à Montpellier (Hérault) http://nuclearchemistry2011.com/

cc Délai : 29 avril 2011 http://www.industrie.gouv.fr (rubrique « appel à projets en cours »)

D.R. D.R.

L’AGENDA


dmg – technologies for tomorrow

± 120°

± 120°

ø 840 mm Hauteur 500 mm

monoBLOCK

®

NOUVELLE GÉNÉRATION – elle redéfinit

le fraisage en 5 axes avec table birotative. ________

Usinage simultané en 5 axes, fraisage à grande vitesse dyna-

mique, usinage intensif avec un couple puissant ou fabrication productive de pièces en 3 à 5 axes, la DMU 65 monoBLOCK® est une solution sans Industrie Lyon 2011 du 5 au 8 avril Hall 8, stand J132

compromis en termes de productivité, précision et performance dans tous les domaines d'utilisation. La DMU 65 monoBLOCK® constitue UNE SEULE MACHINE pour tous les métiers.

HIGHLIGHTS DMU 65 monoBLOCK® _ Grande aire d’usinage pour des pièces jusqu'à ø 840 mm de diamètre, 500 mm de hauteur et 1.000 kg maxi sur table birotative, ainsi que pour des pièces de 1.000 × 840 × 560 mm maxi et jusqu'à 1.800 kg sur table fixe _ Revêtement en acier inoxydable de l'aire d'usinage, préservant la valeur de la machine dans le temps _ Chargement par grue par le haut, jusqu'au-dessus du milieu de la table, en standard _ Ouverture de la porte et accessibilité : _ Ouverture de la porte 1.430 mm _ Chargement des outils par l'avant, en temps masqué _ Accessibilité absolue par l'avant, même en cas d'automatisation _ Faible encombrement au sol : 7,5 m² Toute l’actualité de DMG est sur : www.dmg.com DMG France, Siège social : Parc d’Activités de Courtaboeuf, 4 avenue du Parana BP 60, F-91942 Courtaboeuf Cedex, Tél. : +33 (0) 1 / 69 18 60 00, Fax : +33 (0) 1 / 69 28 75 50 Agence de Lyon : ZI de Chesnes Le Loup, 13 rue du Morellon F-38070 Saint Quentin Fallavier Tél. : +33 (0) 4 / 74 94 53 82, Fax : +33 (0) 4 / 74 94 51 52 Agence de Haute Savoie : Espace Scionzier, 520 avenue des Lacs F-74950 Scionzier Tél. : +33 (0) 4 / 50 96 41 62, Fax : +33 (0) 4 / 50 96 41 30 Si votre téléphone mobile dispose d’un logiciel de lecture des codes QR, vous accédez directement à notre site Internet.


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TENdaNCEs

Qualité Le graphène compte ses couches Ultrarésistant, hyperconducteur, insensible à la chaleur... les formidables propriétés du graphène pour-

raient être à l’origine de nombreuses applications : transistors haute-fréquence, LED organiques, capteurs… mais encore faut-il pouvoir contrôler l’épaisseur de ce composé. Par définition, le graphène est une feuille d’une seule couche d’atomes de carbone. Ce n’est néanmoins pas toujours le cas, même avec les méthodes de fabrication les plus avancées comme le dépôt chimique en phase vapeur (CVD). Le logiciel distingue par Pour s’assurer de son épaisseur, un différentes couleurs le nombre outil développé par des chercheurs de couches de graphène. du Bourns College of Engineering s’avère redoutablement efficace. Il combine la spectroscopie Raman à un algorithme qui analyse les cristaux de graphène et leur attribue des couleurs spécifiques suivant le nombre de couches compté. Le logiciel des ingénieurs californiens vise les industriels qui élaborent des transistors à partir de galettes de graphène (wafer), comme IBM : « grâce à cet algorithme, notre technique demanderait seulement quelques minutes d’analyse par wafer, précise Alexander Balandin, l’un des chercheurs derrière ce logiciel. Il faudrait plusieurs jours d’analyse visuelle pour parvenir au même résultat. » Le procédé pourrait aussi s’appliquer à d’autres matériaux dont la structure intime doit être finement contrôlée. cm

cc EN BREF

Espace Sondes tricolores au cœur du soleil

RECHERCHE

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DÉVELOPPEMENT

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Sur cette maquette, les panneaux solaires de la sonde Solar Probe Plus sont repliés à l’approche du soleil.

PRODUCTION

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La Nasa a choisi des instruments du laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique de l’Observatoire de Paris (Lesia) et du laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace d’Orléans (LPC2E) pour équiper la sonde solaire Solar Probe Plus qui sera lancée en 2018. Leurs missions : mesurer et expliquer les variations de températures dans les différentes régions du soleil. cm


TENdaNCEs

Environnement Biogaz et engrais verts La méthanisation s’invite dans nos champs.

Enoferti, le procédé développé par Akaeno, permet de fabriquer des engrais minéraux verts à partir des ultimes résidus de méthanisation (digestats). Une solution qui améliore la rentabilité des unités de production de méthane puisqu’elle supprime les coûts associés à l’élimination de ces résidus. Par ailleurs, les engrais minéraux produits répondent parfaitement aux besoins des sols agricoles, et représentent donc une alternative aux engrais chimiques traditionnels. D’ici la fin 2011, Akaeno intègrera ce procédé de valorisation à tous les projets d’unités de biométhanisation qu’elle développe en France. cm

cc EN BREF

Mesure Une plate-forme pour tester vos systèmes sans fil

La chambre anéchoïde du CEA-Leti.

Le CEA-Leti se dote d’une chambre anéchoïde présentée comme unique en France par sa taille, ses caractéristiques techniques et son accessibilité. Située sur le campus Minatec, à Grenoble, cette plate-forme de 20 m de long sur 12 m de haut et 12 m de large est ouverte aux industriels pour le test de systèmes de communication sans fil. cm

Médical Les crises d’asthme sous contrôle

cEA ; D.R.

Une bonne nouvelle pour les asthmatiques. Grâce au capteur développé par Siemens, ils ont le moyen de contrôler eux-mêmes leur maladie. Utilisé de la même manière qu’un alcotest, le capteur prédit, des heures à l’avance, la survenue d’une crise. Une augmentation du taux de monoxyde d’azote dans l’haleine est le signe annonciateur qu’il détecte. cm RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

En mesurant le taux de monoxyde d’azote l’appareil de Siemens anticipe les crises d’athme.

PRODUCTION

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PRODUCTION

La boîte à outils de la personnalisation ccpaGe 26

INFOGRAPHIE

L’usine aux mille recettes de cuisine ccpaGe 32

ORGANISATION

La chasse aux temps morts ccpaGe 34

POUR ALLER PLUS LOIN

L’enquête continue sur Internet

ccpaGe 38


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EN COUVERTURE

Industrialiser le sur-mesure L’image de l’usine débitant à longueur d’année des produits identiques prend de l’âge. La priorité va désormais à la flexibilité de l’outil industriel. Une évolution nécessaire pour répondre à la demande croissante de produits sur mesure, tant de la part du grand public que des professionnels. Cette tendance impose une mutation en profondeur des moyens de production pour traiter les commandes spécifiques à l’échelle industrielle. Le prototypage rapide figure parmi les outils de fabrication adaptés à ce besoin. Tout comme l’impression 3D, une technologie apte à construire un objet aussi facilement que l’on imprime un document. Preuve de sa maturité, The Economist vient de lui consacrer sa une (voir kiosque page 14). Moins radicales, des solutions logicielles, matérielles et organisationnelles émergent pour assouplir les unités de production traditionnelles. Reste aux industriels à les mettre en musique pour élargir leurs gammes à l’infini. cm La technologie Bottle Switch de Sidel permet à un opérateur de changer en moins d’une minute et sans outil un moule sur une souffleuse de bouteilles en plastique.

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PRÉMICES 5 à 10% des utilisateurs se servent des configurateurs techniques désormais intégrés aux logiciels CAO. (source : SolidWorks)

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L’utilisation d’un configurateur technique pour concevoir des produits sur mesure, en vidéo.

Production La boîte à outils de la personnalisation Le sur-mesure a le vent en poupe. Des bouteilles aux vérins, des voitures aux avions, l’argument de la personnalisation séduit. Que le motif soit marketing ou qu’il s’agisse de la réponse à un réel besoin technique, la tendance est là. Elle représente un défi pour les usines, habituées à fabriquer massivement des produits standard. Entre la production à la chaîne et le travail à façon de l’artisan local, un compromis s’��tablit. Des outils autorisent désormais les lignes de fabrication à accéder aux désirs les plus fous des clients.

DEVIS Des outils, comme Cetim TechniQuote, estiment le coût d’un produit sur mesure dès la phase de conception.

U

n costume, taillé sur mesure, tombe parfaitement. La coupe, le tissu, les poches, les boutons… tout a été fait selon la volonté de celui qui le porte. La classe. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour tous les produits ? Déjà, Citroën propose à l’acheteur de la DS 3 de personnaliser sa voiture, comme le faisaient déjà – après les marques de prestige sur des modèles haut de gamme – BMW sur la Mini, Alfa Romeo sur la Mito et Fiat sur la 500. Avec

MyEvian, il est possible d’inscrire, via un site Web, un message personnel sur des bouteilles d’eau. Du sur-mesure qui intervient dans les deux cas en toute fin de production, à partir d’ajouts d’éléments standard ou d’étapes de finition, peu ou pas automatisées. Le prix s’en ressent : la bouteille de 75 centilitres d’Evian sérigraphiée coûte 4,5 euros. « Nous sommes en cours de réflexion pour automatiser ce process, indique Jérôme Blain, responsable de MyEvian. Les briques technologi-

ques existent mais les assembler dans une machine reste un défi. » Le sur-mesure serait-il compatible avec la production à la chaîne ? Les industriels se penchent avec intérêt sur le sujet, et pas seulement pour la fabrication de produits grand public mais aussi pour le BtoB. Les outils sont là, des configurateurs en ligne générant les fichiers CAO jusqu’aux systèmes polyvalents de contrôle de la qualité. cc

Configurateur souple

L’ordinateur du bureau d’études est le lieu de la genèse de tout produit sur mesure, grâce aux capacités paramétriques des outils de CAO. Les cotes deviennent des variables modifiables à souhait, qui pilotent la mise à jour du modèle 3 D d’une pièce ou d’un assemblage. La liaison d’un tel logiciel paramétrique avec un simple tableur Excel facilite la création des familles de pièces. La conception peut également passer par un configurateur

VOUs aVEZ diT sUR-mEsURE ? FABRIQUÉ SUR MESURE. Une expression aguicheuse utilisée par les industriels pour appâter le client. Toutefois, rares sont les usines aussi malléables qu’un ébéniste ou un tailleur. Si certaines bouleversent réellement leur outil de production pour s’adapter aux demandes spécifiques, d’autres ne font qu’habiller leurs produits standard d’éléments qu’elles ont en stock.

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VRai

VRai Bouteille Grâce à des systèmes de moules modulaires, les conditionneurs passent d’une forme de bouteille à une autre en quelques minutes.

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Fenêtre Les menuiseries industrielles dotent leurs produits standard de pièces périphériques (alèses et impostes) recoupables pour les adapter facilement à la maçonnerie, sans toucher aux pièces principales.

Prothèse Les fabricants de prothèses et d’implants dentaires taillent directement sur mesure les dents dans la masse ou ajustent des ébauches standard.

Voiture Les constructeurs automobiles proposent, entre les versions de base, les niveaux d’équipement et les différentes options, plusieurs milliers de variantes potentielles du même modèle… composées d’éléments standard déjà fabriqués.

D.R.

faUx


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FESTO

Ligne de production de vérins de Festo organisée pour répondre aux besoins spécifiques des clients. Ils peuvent, depuis le Web, paramétrer un actionneur à la longueur désirée.

technique qui, régi par un ensemble de règles, dirige l’élaboration des pièces au cas par cas, en jouant sur les valeurs des différents paramètres. « On intègre ainsi du savoir-faire de l’entreprise dans le logiciel, mais l’important est de fixer les limites des variations autorisées pour garder une conception cohérente », explique Jean-Yves Ferré, responsable technique de SolidWorks. Le configurateur accélère l’automatisation des tâches répétitives, tout en évitant les erreurs et en réduisant les coûts. Mais la définition des produits à la demande impose une gestion rigoureuse : la création d’une pièce doit générer une nouvelle référence, en respect des règles d’indexation de l’entreprise ; sa modification doit entraîner une évolution d’indice. « Des conditions sine qua non à un bon dialogue avec les outils de FAO, de GPAO et d’ERP de l’entreprise », souligne Mirko Baecker, directeur marketing digital manufacturing de Siemens PLM Software. Car, après conception, encore faut-il être capable de fabriquer sur mesure. C’est là qu’interviennent les outils d’usinage numérique. « À partir des modèles 3 D, on génère les gammes d’usinage et d’assemblage. Le code qui pilotera les outils de production est créé, optimisé, puis validé dans le contexte de l’usine », pour-

suit Mirko Baecker. Des opérations qui présentent leur lot de difficultés d’après Christian Arber, PDG de Missler Software : « Il faut gérer beaucoup de détails, l’imbrication des pièces, l’optimisation de la matière, etc. Nous y travaillons avec des clients, mais quelques années de travail sont encore nécessaires ». L’expert humain reste pour le moment incontournable dans ce type de fabrication. Une réalité que confirme Catherine Marko, PDG de Sescoi France, dont la solution logicielle WorkNC Dental assure l’usinage automatique des prothèses dentaires sur mesure, à partir de la numérisation de la « mise en bouche » faite par le prothésiste : « Tout peut se faire automatiquement : fignoler le modèle, allouer la matière (nature et forme), imbriquer les pièces et créer les parcours d’outils. Mais l’expérience montre que le prothésiste veut pouvoir intervenir à chacune de ces étapes, pour obtenir une qualité parfaite. Le sur-mesure induit toujours une notion d’artisanat ! » cc

ERP conciliant

Une fois passé à la moulinette de la CFAO, le produit spécifique doit trouver sa place dans les processus de l’entreprise au travers des outils d’ERP. À partir de la nomenclature de configuration du produit, les progiciels de gestion intégrée

sont capables de trier ce qui est standard et ce qui est spécifique. Le standard sera traité dans le flot habituel, tandis que le spécifique sera traité « à l’affaire ». « Au niveau de l’ERP, tout l’art du sur-mesure réside dans la capacité à conjuguer harmonieusement ces deux types de traitement pour garder une vision globale, à la fois technique, commerciale et l’ExpERT hUmaiN financière », expli- REsTE pOUR que Florence Piton, lE mOmENT iNCONTOURNablE directrice marketing daNs CE TYpE de Sylob. Une ges- dE fabRiCaTiON. tion financière qui concerne même les tâches de conception. « C’est indispensable pour certains acteurs, comme les fabricants de machines spéciales qui travaillent essentiellement sur mesure. Il faut aussi pouvoir intégrer en mode collaboratif tous les fournisseurs qui vont intervenir sur le projet », complète Jean Perguet, responsable du marché industries discrètes de SAP. Certains éditeurs préfèrent proposer une solution globale d’ERP qui répond à la majorité des besoins, avec des possibilités d’extension par des modules provenant de développeurs spécialisés. « On ne sera jamais expert de tous les problèmes industriels, c’est pourquoi nous préférons faire appel à des spécialistes, MARS 2011ccN°931

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La fabrication des micromiroirs du Fraunhofer expliquée en vidéo.

Des miroirs à votre image

Les clients de l’institut Fraunhofer peuvent, à partir d’un site Web, définir les caractéristiques précises des micromiroirs dont ils ont besoin.

comme Techform pour le configurateur commercial », concède Franck Chekki, directeur de la division industrie manufacturière de Cegid. « Notre solution ainsi complétée autorise par exemple Poncin Yachts à configurer avec ses clients les bateaux qu’il propose, en liaison avec le logiciel Catia pour la partie étude », ajoute Gaëlle Garcin, la directrice marketing. cc

Automates modulaires

Interfaces entre le système d’information de l’entreprise et ses machines, les automates programmables doivent transmettre des ordres en perpétuel changement dès qu’il s’agit de production sur mesure. « La volatilité des demandes clients aujourd’hui implique des architectures modulaires qui offrent la possibilité d’ajouter des variateurs, des périphériques d’entrées/sorties déportés, etc. », constate Jérôme Poncharal, responsable du marketing architecture intégrée pour Rockwell Automation. Si le matériel est plus flexible, la programmation doit l’être aussi. Une avancée qui passe paradoxalement par la standardisation. Il ne s’agit plus de coder chaque opération sur de multiples boîtiers. L’automate, désormais multitâche, propose une bibliothèque de fonctions élémentaires respectant des standards de programmation. Selon les processus à réaliser, ces fonctions sont appelées ou non, par le programme conçu par l’intégrateur. Paramétrables, les pro-

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la lecture des codes-barres dans les douchettes laser des caisses de supermarché ou pour la projection des systèmes de vision tête-haute, des micromiroirs guident les rayons lasers. Pour fabriquer sur mesure ces composants gravés comme des puces dans le silicium, l’institut de microsystèmes photoniques du Fraunhofer a développé une usine totalement automatisée. Elle est guidée par les choix (diamètre, degrés de liberté, fréquence et amplitude de l’oscillation, déformation dynamique) que le client entre sur une interface Web (www.micro-mirrors.com). Pour éviter de redéfinir à chaque fois la centaine d’étapes nécessaires à la fabrication de ces Mems, l’installation baptisée VarioS n’intègre les spécificités du client que dans le dernier tiers du process. Les démonstrateurs sont livrés au client neuf semaines après la commande, un temps négligeable par rapport aux mois que peut prendre traditionnellement un tel développement.

grammes peuvent gérer la fabrication tèmes pour souffleuse : Modulomold n’en de produits différents se succédant sur modifie que la partie centrale grâce à des un même îlot de machines, en fonction inserts interchangeables, tandis que Bottle des instructions venant de la supervi- Switch permet de basculer d’un moule sion, voire directement à un autre rapidement de l’ERP. Le contrôleur daNs l’agROet sans outil. Les liens commande, par exem- alimENTaiRE, entre les machines parple, le remplissage d’une C’EsT lE maRKETiNg ticipent aussi à la flexiQUi impOsE cuve, sa chauffe et son lE sUR-mEsURE. bilité globale. « Les diffémélange selon la nature rents appareils de notre du liquide entrant… usine sont connectés à condition que la cuve l’autorise. « Si ensemble, explique Christophe Vasseneix, la mécanique est flexible, alors l’auto- directeur industriel de LSDH, copacker mate suivra », résume Jérôme Matzuzzi, pour les géants de la distribution. Nous directeur de Movitecnic, spécialiste de sommes ainsi capables de fabriquer à la l’automatisation. commande, sous réserve de la disponibilité des matières premières. » L’entreprise cc Actionneurs polyvalents gère en permanence mille références et Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait un taux de renouvellement annuel de l’ivresse. Voilà un adage passé de mode. 20 %. « Dans une cuve, nous changeons Dans les supermarchés, un même produit de produit une à trois fois par jour, après n’a de cesse de changer d’aspect, pour les nettoyage automatique systématique », fêtes ou des opérations promotionnelles. ajoute-t-il. La banalisation de la mécatronique et de Là où le marketing impose le sur-mesure la motorisation brushless a favorisé l’ap- dans l’agroalimentaire, les besoins techparition de machines capables de s’ac- niques dictent leurs lois dans la mécanicommoder de produits variant, notam- que. Les usines Festo, en Allemagne, se ment dans le conditionnement. Elles sont sont organisées pour pouvoir répondre dotées d’axes de réglages qui modifient aux besoins spécifiques en vérins et disla distance entre les actionneurs en fonc- tributeurs pneumatiques. Depuis le Web, tion, par exemple, de la taille du produit le client peut paramétrer son actionneur qui se présente. Les moules aussi gagnent à la longueur désirée ou construire son en souplesse. Pour passer de la production électrovanne. « Pour les vérins, les parad’un type de bouteilles à un autre en un mètres entrés sont transforclin d’œil, Sidel a sorti en 2010 deux sys- més en ordre de coupe de

FRAUNHOFER

c Pour


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tiges et de cylindres pour les centres de sciage. La tige est ensuite filetée ou taraudée selon les vœux du client avant de rejoindre le cylindre et les autres composants, standard, du vérin », détaille Delfim da Silva, responsable qualité de Festo France. Les électrovannes, elles, sont composées d’un assemblage d’éléments standard (1030 combinaisons possibles) convoyés automatiquement vers un opérateur. « Pour les demandes encore plus spécifiques, nous disposons d’un parc de machines dédiées. La discussion autour d’un cahier des charges devient alors incontournable », convient Frédéric Reichert, responsable de produits. Là, c’est le royaume des centres d’usinage cinq axes. Les commandes numériques qui les dirigent reçoivent directement les parcours outils depuis le logiciel de CFAO qui a servi à concevoir le produit. Nous y voilà : 0 % standard, 100 % personnalisé. « L’usinage robotisé est également une des pistes menant au sur-mesure industriel », affirme Gérard Oury, responsable commercial du pôle procédés performants et innovants du Centre technique des industries mécaniques (Cetim). Mais le paroxysme du sur-mesure sera vraisemblablement atteint avec l’explosion annoncée des technologies de fabrication additives, par frittage de poudres ou empilement de couches. Initialement utilisées par les bureaux d’études, ces technologies dites de prototypage rapide abordent désormais la fabrication de pièces fonctionnelles. Poly-Shape est une pionnière sur ce créneau. La société francilienne fabrique aussi bien des prothèses à partir de radios de patients que des pièces complexes, pour l’aéronautique et la F 1. cc

Capteurs malléables

C’est bien beau de ne pas sortir deux fois la même pièce d’une ligne de production, encore faut-il que le contrôle qualité suive. « Les systèmes de vision apportent la flexibilité nécessaire à une production sur mesure », affirme Olivier Ferraille responsable des ventes sur l’Europe du Sud de Cognex. Capables de lire le fichier CAO de l’objet qui passe sous leur lentille, ils décèlent les anomalies de dimensions ou d’aspect. Un codage vectoriel (l’image est défi-

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Des bolides de Maserati aux bonbons chocolatés M & M’s, configurez en ligne à tout va.

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ClearStream Environmental utilise le configurateur TactonWorks pour marier éléments standard et sur mesure dans ses stations de retraitement.

nie par des lignes et non par des pixels) des fichiers CAO autorise un contrôle quels que soient le sens et l’ordre d’arrivée des produits. Une distance de lecture variable n’induit pas d’erreur non plus. Toutefois, les palpeurs n’ont pas dit leur dernier mot. Plus adaptés que la vision dans les environnements diffici-

les des centres d’usinage, ils s’interfacent eux aussi avec les programmes de CAO. Renishaw annonce même un système de contrôle par contact passant d’une pièce à une autre en quelques secondes avec une précision de 0,1 micron. Basé sur une architecture parallèle, ce système de jaugeage ne prend pas la place de l’outil dans

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le centre d’usinage mais s’installe à côté de la ligne de production. Les tags RFID sont aussi une solution pour éviter les erreurs dont peut être source toute tentative de personnalisation. Depuis début 2009, l’usine de boîtes de vitesses de ZF, à Sarrebruck, utilise cette technologie. Le lecteur RFID présent sur chaque poste de la ligne détecte unetransmission dès qu’elle arrive et donne les instructions ad hoc à l’opérateur. Plusieurs modèles peuvent ainsi être fabriqués sur une même ligne. S’il ne s’agit pas encore de sur-mesure à proprement dit, chaque tag est unique. La personnalisation va ainsi au-delà de l’usine puisqu’en cas de problème toutes les données relatives à la fabrication de la boîte de vitesses concernée restent consultables. cm cccHarles Foucault et Jean-FranÇois preveraud redaction@industrie-technologies.com


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Jouez avec Le processus notre infographiede la conception interactive. à la fabrication d’une cuisine

avec Top Solid en vidéo.

l’UsiNE aUx millE RECETTEs dE CUisiNE

cccHarles Foucault cfoucault@industrie-technologies.com

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Temps écoulé entre le premier clic et l’expédition 15 jours, c’est la faisabilité technique. 6 semaines, c’est la réalité tenant compte de l’optimisation de l’utilisation de l’outil de production.

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Partout en Europe, des laboratoires cherchent à améliorer les outils du sur-mesure à la chaîne.

Organisation La chasse aux temps morts Maîtriser les délais, voilà le challenge auquel sont confrontés les industriels pour produire du sur-mesure sans faire exploser les coûts. Une organisation adaptée de la production repose sur une chasse aux temps morts et une optimisation des flux physiques au sein des ateliers. Sans oublier l’implication de tout le personnel.

MÉTHODES 5 S, SMED, VSM, Kanban : certains outils du Lean manufacturing favorisent l’optimisation des fabrications sur mesure.

L

e client est roi. Il veut son produit dans les plus brefs délais et à moindre coût. Même lorsque celui-ci est personnalisé à sa demande, voire fabriqué sur mesure après réception de la commande. Pour les industriels spécialisés dans les fabrications en série, la difficulté consiste à introduire des variantes sur leurs lignes de production sans trop réduire leur cadence, au risque sinon de voir leur coût de revient exploser. Les fabricants de « moutons à cinq pattes » habitués à se focaliser sur le respect des exigences techniques du cahier des charges ont quant à eux du mal

à livrer en temps et en heure, d’autant que les délais sont de plus en plus serrés. Pour y arriver, il leur faut réduire au maximum les temps morts en restructurant tout ou partie de leurs productions. cc 30 %de

chiffre d’affaires en plus sur une année

De nombreuses solutions existent. Toutes passent par une analyse des flux en remontant du client aux fournisseurs. En mesurant le temps d’écoulement des pièces, les niveaux des stocks et leurs valeurs, la méthode VSM (Value Stream Mapping) du Lean manufacturing aide à cette ana-

lyse. Mais comme le souligne François Boissier, directeur général de Labadis, « beaucoup d’entreprises se sont focalisées sur leur process de fabrication, surtout les PME. Peu d’entre elles ont cherché à optimiser leurs flux physiques car les produits sortent quoi qu’il arrive. Il y a chez elles beaucoup de richesses de productivité non exploitées ». Celles qui ont franchi le pas ne le regrettent pas. Une des entreprises suivies par le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) dans le cadre d’actions collectives a vu son chiffre d’affaires croître de 30% sur une seule année parce qu’elle a pu enfin honorer ses commandes dans les temps. «Après avoir analysé les demandes clients, les familles de produits, les volumes de production et les temps d’utilisation des machines, nous avons entièrement revu le mode opératoire et avons regroupé les machines outils en îlots. Chaque îlot est dédié à un type de produit. Il lui est affecté un opérateur polyvalent qui prend en charge tout ou partie de la fabrication de chaque commande client. Les méthodes du Lean Manufacturing ne sont venues qu’après », indique Gabriel Peru, chargé d’affaire à la délégation régionale Île-de-France du Cetim.

les déplacements et les manutentions

Sur le site de Senlis (Oise) du Cetim, les ingénieurs travaillent à améliorer la flexibilité grâce à des machines-outils autonomes et organisées en îlots.

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Pensée à l’origine pour réduire les temps de changements de série sur les lignes à haute cadence de Toyota, la méthode SMED (Single Minute Exchange of Die) a permis d’optimiser les changements d’outillages sur chaque îlot. Conçu pour éliminer ce qui est inutile et définir une place pour chaque chose, le 5 S a amené au pied de chaque opérateur les bons outils et les bonnes pièces au moment où il en a besoin et sans qu’il perde de temps à se déplacer. Chez TSM, une PME de 60 personnes spécialisée dans les trai-

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cc Limiter


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La société de conseil Labadis a redessiné les zones de travail pour optimiser les flux dans l’usine du fabricant de nacelles élévatrices sur mesure Haulotte.

tements de surface de pièces industrielles neuves, l’organisation des pièces et des machines a été adaptée en vue de limiter les déplacements et les manutentions au profit des actions à valeur ajoutée demandées par le client. Résultat : la fabrication est passée d’un flux d’une vingtaine d’opérations à treize, avec à la clé un meilleur temps d’utilisation des équipements et des délais de livraison réduits. Faire en sorte qu’un seul opérateur aille le plus loin possible dans la fabrication du produit pour diminuer les ruptures de charges et améliorer le temps d’utilisation de ses machines, tout en faisant la chasse aux déplacements inutiles, tel est le fil conducteur à suivre. « En réduisant les ruptures de charges, on diminue de fait les stocks intermédiaires et on gagne en flexibilité », ajoute « EN RédUisaNT François Boissier qui prône lEs RUpTUREs l’utilisation de contenants ne dE ChaRgE, ON gagNE faisant pas plus de 400 mm EN flExibiliTé » de large, soit la longueur d’un bras, pour approvisionner chaque poste de travail au strict nécessaire. Pour lui, voir des machines de production entourées de nombreuses pièces stockées sur palettes est le signe d’un manque de flexibilité. Dès lors que les opérations à valeur ajoutée ont été rapprochées entre elles, il conseille d’affecter une personne aux opérations d’approvisionnement des pièces sur chaque îlot. Cette personne utilise la méthode des fiches Kanban (terme japonais signifiant étiquette). La liste de besoins de chaque opérateur se remplit au fur et à mesure de sa consommation MARS 2011ccN°931

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de pièces grâce au prélèvement des fiches produits affectées physiquement à chaque conteneur. Le réapprovisionneur n’a plus qu’à récupérer cette liste. Avec la méthode Kanban, c’est l’aval (le client) qui commande l’amont (le fournisseur). Idéal dans le cadre de fabrications réalisées sur mesure en fonction des besoins du client. cc Délais

de livraisons courts, différenciation retardée

Mais produire sur mesure ne revient pas toujours à tout fabriquer sur mesure. La commande peut faire l’objet d’une différenciation retardée comme c’est le cas par exemple avec les faisceaux électriques appelés à équiper différents modèles de véhicules ou avec les cuisines industrielles prêtes à monter. « Dès lors que le délai entre la prise de commande et la livraison est inférieur au temps nécessaire à

l’ENjEU : miNimisER lE déCalagE ENTRE la pROdUCTiON ET la dEmaNdE dEs CONsOmmaTEURs.

la fabrication du produit, il faut obligatoirement produire en amont des bases standard à stocker et définir un point de découplage dans le mode opératoire à partir duquel les opérateurs travailleront sur mesure. Plus les délais sont courts, plus ce point se trouvera en aval du processus de production », explique Yannick Frein, directeur du laboratoire G-Scop (Sciences pour la conception, l’optimisation et la production) de l’INP Grenoble. Son équipe étudie les méthodes d’organisation qui optimisent la production en masse d’une grande diversité de produits, lancée en fonction des commandes clients. Elle élabore des algorithmes d’optimisation qui servent à lisser la charge afin de l’équilibrer sur l’ensemble des postes de travail de manière à ne pas être obligé d’augmen-

ter les stocks intermédiaires alors que les clients exigent toujours davantage de personnalisation. Les laboratoires de recherche d’Arts et Métiers ParisTech de Lille et de l’École des mines de Douai travaillent de leur côté sur le projet « Usine agile », dans le cadre du pôle de compétitivité I-Trans. L’objectif est de trouver de nouvelles manières de renforcer la flexibilité des lignes d’assemblages notamment dans le secteur de l’automobile. « La Française de Mécanique monte plusieurs variantes d’un même moteur sur une même ligne. Nous étudions comment réduire les temps de changement de série de manière à limiter leurs arrêts machines », prend comme exemple Olivier Gibaru, enseignant-chercheur en mathématiques appliquées aux Arts et Métiers ParisTech de Lille et responsable de la plateforme Usine agile abritée dans les locaux de


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ccTHIerrY gArbI directeur général de MoventeaM, société de conseil industriel

« l’organisation dépend des délais et des volumes » « Identifier l’équilibre entre les délais de livraison attendus par le client et ceux nécessaires à la fabrication de son produit est un préalable à toute organisation de sa production. D’autant plus quand les produits sont fabriqués sur la base d’un cahier des charges spécifique. Il s’agit ensuite d’identifier les volumes à produire et avec quelle répétitivité pour décider d’une production continue, discontinue ou par projet. Adaptée aux petites et moyennes séries, l’organisation par îlot offre l’avantage de regrouper sur une même zone l’approvisionnement des matières premières et le déchargement des produits finis. Pour des produits conçus sur mesure, l’utilisation en amont des outils de planification et d’ordonnancement (PERT et GANTT) ne doit pas être négligée. »

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l’école. Aujourd’hui, les constructeurs d’automobiles et leurs équipementiers sont contraints de fabriquer par séries. Ils tendent à les réduire de plus en plus mais une partie de leur production continue de partir en stock, car la taille des séries ne correspond jamais totalement aux carnets de commandes des concessionnaires. Réduire, voire supprimer ce décalage entre la production et la demande des consommateurs finaux, tel est l’enjeu de ce projet de longue haleine. Mais comme tient à le rappeler Olivier Gibaru, tout ne repose pas sur les méthodes et les solutions techniques : « Accroître la flexibilité des lignes de montage ne peut se faire sans l’adhésion des hommes et des femmes impliquées sur le terrain. L’implication de tous les acteurs est essentielle pour que tous les problèmes remontent et soient pris en compte à l’instant même où ils apparaissent. » cm ccGeneviève Hermann redaction@industrie-technologies.com

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www.industrie-technologies.com

Le sur-mesure à la chaîne Notre enquête continue sur Internet

Qu’il s’agisse de fabriquer des robots, des t-shirts ou des implants médicaux, les solutions pour que le produit final corresponde strictement aux vœux du client sont là. Vous pourrez le constater en lisant les articles complémentaires à ce dossier sur la production sur mesure, disponibles sur notre site Web. Rendez-vous donc sur www.industrie-technologies.com (rubrique «IT, l’enquête continue»).

La pince baptisée FinGripper de Festo est une véritable mise en abyme du sur-mesure : l’interface qui la reliera à

une machine ou un robot est définie en CAO avec le client. Le préhenseur est ensuite fabriqué, en polyamide, par frittage de poudre sur une machine EOS. De ce procédé fabrication additive, naît une pince aux doigts souples, adaptée au déplacement de produits fragiles. Total Systems l’a adoptée pour manipuler ses bulbes de tulipe tandis que Fluidodinamica l’a adapté à un poste de tri d’œufs en chocolat surprise. cm

REALMECA : LE CHAMPION DU SUR-MESURE Le fabricant de machines lorrain est l’un des derniers capables de se mesurer aux géants allemands ou italiens. Son secret: des installations qui traitent une application de A à Z, clés en main mais surtout adaptées à chaque cas.

I&T, mars 2007, N°887

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Article Modernisation de l’étoffe

Dans le textile, le sur-mesure intervient bien avant la prise en main du tissu par le tailleur. Pour l’étape d’enno-

blissement, l’entreprise TIL (teintures et impressions de Lyon) a investi dans des machines d’impression jet d’encre pour compléter son parc déjà pourvu de deux machines à rouleaux. Bien que plus coûteuse et moins rapide, l’impression jet d’encre présente l’avantage d’ennoblir de toutes petites quantités de tissu avec une variété de motifs qui n’a de limite que l’imagination des créateurs. cm

LES SYSTÈMES DE VISION ADOPTENT LE SUR-MESURE Finies les boîtes noires pénibles à intégrer, les systèmes de vision deviennent user friendly, leurs interfaces se simplifient. Pris en compte dès la conception du dispositif de contrôle, ils se plient aux besoins spécifiques.

I&T, février 2009, N°908

Vidéo Réplique de dents Pour des prothèses dentaires en parfaite correspondance avec leur emplacement, Sescoi a développé un logiciel

de CFAO dédié : WorkNC Dental. Le fichier CAO est directement généré à partir des radios du patient puis traduit en parcours outil pour le centre d’usinage trois ou cinq axes à commande numérique. Afin d’être accessible aux prothésistes, l’interface du programme a été spécialement conçue pour que des néophytes de l’usinage puissent s’en servir. cm

IMPRESSION 3D - LA PRODUCTION DEVIENT INSTANTANÉE Un an avant The Economist, I&T avait enquêté sur l’émergence de l’impression 3D. La technologie, sans outillage car basée sur l’addition de matière, a vocation à bouleverser les modes de production.

I&T, mars 2010, n°920

D.R.

Vidéo Délicate pince


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phOTO-TECh

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phOTO-TECh

La voiture comme œuvre d’art

SIPA

Le groupe Mercedes-Benz célèbre avec une œuvre d’art les 125 ans du dépôt de brevet de la première voiture à essence de Karl Benz. Aesthetics 125 combine intérieur et extérieur stylisés d’un véhicule en une sculpture aux formes évocatrices. Les stylistes qui l’ont conçue sur ordinateur et réalisée en prototypage rapide, entendent montrer comment l’informatique aide les designers et les ingénieurs à passer de l’idée au produit. Tout un art !

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phOTO-TECh

Ariane dévoile sa mécanique L’étage principal cryogénique de la fusée Ariane 5 (en assemblage sur le site d’EADS Astrium des Mureaux, près de Paris) offre au lanceur européen son principal carburant : un réservoir de 220 tonnes d’ergol, rempli juste avant le décollage.

Déchets cherchent lieux sûrs

REUTERS ;

Avec 840 mètres de profondeur et 6,5 kilomètres de longueur, cette mine, située au nord de l’Allemagne, pourrait servir de lieu de stockage pour des déchets nucléaires. Afin d’évaluer le potentiel de ce site, des employés effectuent des essais de forage.

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phOTO-TECh

Bienvenu dans la « métallurgie propre »

AbAcA

Les ouvriers russes de la Chelyabinsk Pipe Rolling Plant meulent les soudures de tubes roulés de grand diamètre dans des gerbes d’étincelles. Ce site mène un projet de « métallurgie propre » qui combine des technologies de production novatrices, peu agressives vis-à-vis de l’environnement, avec de hauts standards de qualité de fabrication.

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ExpéRiENCEs

Le point sur le recyclage des matériaux composites.

ENQUÊTE

Comment gérer la fin de vie des composites ?

De plus en plus performants, les composites se positionnent en alternative crédible à d’autres matériaux pour un nombre croissant d’applications. Ce qui pose la question de leur devenir en fin de vie, car séparer leurs composants s’avère malaisé et les filières de recyclage n’existent pas toujours. Conseils de quatre experts pour une substitution réussie des métaux par des composites. ccmuriel de véricourt redaction@industrie-technologies.com

« Attention à ne pas déplacer le problème » Attention à bien prendre en compte toute la durée de vie d’un produit et… à faire preuve de bon sens ! ccSAMUel Un écueil courant est celui de la substitution MAYer d’une pollution par une autre. Par exemple, directeur du PÔle si un métal requiert un traitement de surface écoconcePtion très polluant, la substitution par un composite peut-être une bonne idée. À condition toutefois

vérifier qu’il existe une solution de prise de vérifier fin de vie ou que en charge du matériau en fin sa production ne génère pas une pollution supérieure. En plus de l’expert chargé de l’arbitrage technique dans le choix des matériaux, il est donc conseillé de s’entourer d’un expert environnemental qui évitera de tels transferts.

« Intégrez les contraintes du recycleur »

D.R.

Lorsque l’on réfléchit à une substitution par un composite, il faut solliciter un retour ccnIZAr d’expériences des filières de recyclage. HAOUeS Il s’agit d’abord de vérifier qu’une filière existe docteur ingénieur pour la matière que l’on s’apprête à utiliser. écoconcePtion Beaucoup d’efforts sont faits actuellement et recYclage en R&D sur le sujet et des filières pilotes émergent. Il convient de vérifier leur pérennité. Il faut ensuite intégrer les contraintes du recycleur et celles de l’utilisateur final de pièces recyclées. Un exemple : les inserts métalliques peuvent compliquer le broyage. Avant de concevoir la pièce, mieux vaut donc vérifier si la filière envisagée accepte les inserts. Si le recyclage

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n’est pas encore possible, je conseille de chercher à évaluer la probabilité de création d’une filière, en identifiant les gisements de matière qui seront disponibles d’ici à la fin de vie du produit. Enfin, pour éviter aux industriels d’avoir à refaire le même travail, je suggère de créer un outil de capitalisation de connaissances en formalisant les décisions prises lors d’un projet afin que les développeurs de produits puissent s’appuyer sur les connaissances acquises dans leur choix de matière. On peut même se baser sur des outils existants dans d’autres secteurs d’activité plus mûrs, comme les tables de compatibilité entre matériaux polymères.


ExpéRiENCEs

cc cDOMInIQUe DOMInIQUe APPerT ingénieur Plasturgiste, centre de forMation de la Plasturgie (cfP)

Chez Toyota, les rebuts de pièces de carrosserie en composites sont stockés puis broyés en vue d’un recyclage.

« évaluez l’impact relatif de la recyclabilité » La substitution ne doit pas se résumer au remplacement d’une matière par une autre. Il faut revoir toute la conception du produit et sa mise en œuvre pour optimiser ses performances. Il s’agit en fait de concevoir un nouveau produit en ne gardant, du produit existant, que le cahier des charges. Se tourner vers un bureau d’études spécialisé permet d’être accompagné dans cette démarche, au cours de laquelle la fin de vie fait partie des questions à se poser. Mais elle représente en général moins de 1 % de l’impact environnemental global du matériau. Il faut donc opter pour une analyse portant sur l’ensemble du cycle de vie. Alors que dans l’emballage, par exemple, la fin de vie est très importante, c’est moins vrai pour certaines pièces techniques ou à longue durée de vie. Ainsi, l’impact environnemental de pièces conçues pour alléger significativement un véhicule, donc de consommer moins de carburant pendant toute sa durée de vie, est surtout lié à l’utilisation, même si le recyclage n’est pas aisé.

P. GUITTET ; D.R.

« Apprenez à connaître les filières » Dans tous les cas de figure, la valorisation énergétique est envisageable, même si elle ccMIcHel n’est pas considérée comme du recyclage lOUbrY en Europe et est payante en France. directeur euroPe Outre la biodégradabilité, il existe d’autres pistes, de l’ouest plus ou moins embryonnaires en fonction cheZ PlasticseuroPe des matériaux et des secteurs, qui sont en train d’être étudiées par la filière composite. C’est le cas du broyage en vue d’une réutilisation comme charge dans une matrice polymère, pour refaire de nouveaux composites.

Mais l’utilisation de ces pièces est limitée par des problèmes de résistance et d’aspect. On peut aussi s’orienter vers la fabrication de combustibles solides de récupération utilisés dans les cimenteries. Le minéral vient alors alimenter en matière première la production de ciment, ce qui distingue cette voie de la valorisation énergétique. Enfin, on peut utiliser les pièces en fin de vie en emplacement d’adjuvants dans la fabrication du béton.

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ExpéRiENCEs

ORgaNisaTiON

Au fin fond du Jura, une usine d’irréductibles résiste encore et toujours à la délocalisation. Leur potion magique est la qualité irréprochable des tournevis qu’ils fabriquent, produits qui sont garantis à vie. Dans une politique d’amélioration sans relâche de l’outil de production réside l’assurance de la satisfaction de telles exigences.

CONNAISSEURS 91% des acheteurs d’outils Facom sont des professionnels (industrie, automobile).

olls Royce des bri-

R coleurs amateurs

et professionnels, les tournevis Facom sortent tous de l’usine d’Arbois, dans le Jura. Cette image d’un produit de qualité, François Martinet, le directeur du site, en a conscience. Sa principale préoccupation est même de l’entretenir. Tout est fait pour optimiser en permanence l’outil de production. « Audelà des investissements ponctuels associés aux lance-

ments de nouveaux produits, 500 000 à 1 000 000 d’euros par an sont dédiés à l’amélioration continue », explique-t-il. cc Une

organisation huilée

En septembre, lorsque le budget de l’année suivante est construit, François Martinet réunit autour d’une table les chefs d’ateliers, le responsable R&D, la personne en charge de la qualité, la sécurité et l’environnement et Fabrice Brocard,

qui dirige le service travaux neufs. Cette assemblée pluridisciplinaire réfléchit et décide des postes à repenser. Fabrice Brocard étudie ensuite ce qu’impliquent techniquement ces améliorations. Il en estime les coûts et les met en relation avec les gains potentiels. « Il faut que le perfectionnement soit rentable en moins de deux ans », indique François Martinet. À la mi-janvier, les projets sont validés et le planning fixé. Les mêmes acteurs se retrouvent ensuite, toutes les trois semaines, pour une revue des projets retenus. cc Une

mécanique flexible

Le service “travaux neufs” porte une vingtaine de ces projets

ccperceuse inséreuse

ccclipseuse

Durée du projet : décembre 2009 à février 2010. Coût : 20 000 euros. Gain : Possibilité de faire un tournevis résistant aux chocs.

Le nouveau tournevis Protwist shock accepte sans sourciller les coups de marteau souvent donnés sur le manche par les utilisateurs peu enclins à utiliser l’outil uniquement pour visser et dévisser. Cette résistance est permise par un insert métallique dans le manchon. L’atelier travaux neuf a donc développé une machine constituée de deux vérins côte à côte: celui de droite perce le manchon du tournevis tandis que celui de gauche introduit l’insert. Le tout est dirigé par une pédale actionnée par un opérateur.

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par an. Certains sont réalisés entièrement dans l’atelier attenant à l’usine qu’occupent les quatre membres qui le composent. Pour le reste, tout ou partie est confié à des prestataires externes. L’une ou l’autre des solutions est choisie en fonction de la charge de travail du service, des délais à tenir et de la complexité technique du projet (besoin d’un bureau d’étude spécialisé). En 2010 l’atelier a réalisé en interne trois projets complets et cinq modifications de machines. « On ne réinvente pas la poudre, on se concentre sur ce qui n’existe pas ailleurs », souligne le responsable. Dans tous les cas, le service garde l’œil sur la totalité du processus, de l’idée à la mise en place. « Je passe

D. R.

Facom bichonne son outil de production

Deux actions en même temps. Tandis qu’à droite un foret perce le manchon, un vérin, à gauche, enchâsse l’insert métallique.

En 2009, le taux d’absentéisme a atteint 2,4% pour les opérateurs chargés de clipser les tournevis dans les coques plastiques glissées ensuite dans des coffrets, en bout de chaîne. En cause, les fameux troubles musculo-squelettiques (TMS) dus à la difficulté qu’ils avaient à accéder aux bacs contenant les différentes références de produits et au clipsage lui-même. La machine développée, en partie à l’extérieur, place désormais toujours sous la main d’un premier opérateur le bon tournevis. Le clipsage est réalisé par des vérins avant qu’un second opérateur mette le tout en coffret. Durée du projet : juillet à novembre 2010. Coût : 60 000 euros. Gain : 30 % de productivité et moins de TMS.


ExpéRiENCEs

L’atelier de Géo-Trouvetou

D. R.

c Une ou deux machines en cours de développement occupent en permanence le centre de l’atelier de 120 m2 du service “travaux neufs”, accolé à l’usine Facom d’Arbois. Autour, l’espace est bien rempli: deux fraiseuses, un tour et un poste à souder; les plans de travail et les outils… bien rangés. Au fond, une petite salle, aux parois de Placoplatre, contient l’ordinateur sur lequel tourne SolidWorks, ainsi que la console de programmation pour automates. Fabrice Brocard, le chef du service, partage cet espace avec les trois membres de son équipe. Il a pris possession des lieux il y a vingt ans, à la sortie d’un BTS productique. Le service travaux neufs venait d’être créé, délestant la maintenance des tâches d’amélioration de l’outil de production. L’atelier “travaux Après avoir réussi avec brio à créer neufs” dirigé l’atelier de fabrication des clés Allen par Fabrice Brocard. (jusqu’alors sous-traitées), il se voit proposer le poste de responsable des travaux neufs, dès 1993. Depuis, il maîtrise chaque projet, de la conception à la mise en route. «J’anime, je fais de la veille, je m’occupe des relations avec les fournisseurs… Mais je mets encore les mains dans le cambouis», assure-t-il. Et on le croit. Il aime ça. Ça se voit.

beaucoup de temps chez les fabricants de machine quand elles sont faites à l’extérieur » indique Fabrice Brocard. Et, une fois qu’elles sont installées sur la ligne, il discute,

observe, réfléchit… Il y a peutêtre encore un petit quelque chose à améliorer. cm cccHarles Foucault cfoucault@industrie-technologies.com

La machine réalisée sur-mesure amène les tournevis à l’opérateur et les clipse dans les coffrets.

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Kaizen: petites améliorations, gros gains

FAURECIA

Les 3 clés du progrès continu 1. Analyse

2. Implication

3. Rigueur

Le Kaizen encourage les employés à effectuer des analyses pour identifier et éliminer les gaspillages. Les petites améliorations obtenues représentent d’importants gains de productivité sur le long terme.

Tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise sont impliqués, des employés au PDG ou aux actionnaires extérieurs.

Avant de procéder à des améliorations, il convient d’identifier les facteurs ayant une incidence sur la production. Un grand soin sera apporté à la détermination des causes des divers problèmes avant d’entreprendre la formalisation de solutions.

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méTiER

OUTil

ENViRONNEmENT

Dans le Kaizen ou amélioration continue, l’activité d’amélioration se joue au jour le jour dans le but d’obtenir non seulement des gains de productivité mais également une élimination des travaux difficiles et un meilleur environnement de travail.

méThOdE

fiChE méThOdE

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Kaizen : petites améliorations, gros gains c La philosophie de management « continuous improvement » ou « progrès continu » combinée avec d’autres outils pour mieux gérer la qualité comme les cercles de qualité ou la gestion de la qualité totale (TQM) constitue le Kaizen, mot japonais pour « amélioration ». c L’approche Kaizen encourage les employés à proposer des idées susceptibles d’améliorer les tâches, les process ou les produits qu’ils réalisent puis les implique dans la mise en place de leurs idées. Cette démarche n’a pas seulement pour but d’éliminer les gaspillages, elle facilite également l’évolution personnelle des opérateurs. Chaque amélioration s’additionne ensuite aux autres pour constituer une amélioration globale importante.

cOMMenT le MeTTre en ŒUVre ? c Pour améliorer n’importe quelle activité, il est d’abord nécessaire d’établir des procédures opératoires standard qui seront employées pour définir les pratiques opérationnelles et de management. Une fois ces standards mis en place, ils serviront à identifier les zones possibles d’améliorations. c Dans le domaine de la production, les responsables cherchent à éviter l’accroissement des coûts, l’allongement des temps de fabrication ou une dégradation de la qualité. Les deux grands domaines où il est possible d’apporter des améliorations significatives sont les process et les modes opératoires où l’on rencontre généralement des difficultés (faible performance, défauts, personnel mal formé, méthodes obsolètes, gaspillages de l’énergie…). c D’après les expériences passées, différentes stratégies obtiennent des améliorations. Les plus connues sont les 20 points définis par Iwao Kobayashi pour améliorer le poste de travail, les méthodologies de production au plus juste, également dénommées lean manufacturing et la détermination de l’efficacité globale des équipements (taux de rendement global ou TRG).

l’AVIS De l’eXPerT

ccJOrDI POrTellA CO-FONDATEUR DE KRONTIME

« La philosophie Kaizen ne s’improvise pas. Il faut planifier, gérer les améliorations et assurer la pérennité de la démarche dans l’entreprise. Nous avons développé un logiciel qui permet de suivre tous les chantiers d’amélioration des tâches. Sur un tableau, les responsables retrouvent toutes les tâches, les améliorations à réaliser, la progression par rapport aux objectifs fixés, les délais…»

leS PIègeS À éVITer Ne pas mobiliser toute l’entreprise autour du projet. La réussite de la mise en place de la démarche Kaizen nécessite l’engagement et l’adhésion de tout le personnel. On citera l’appui de la direction générale, la mise en place d’un service dédié à la promotion du Kaizen dans l’entreprise, le choix des meilleurs éléments pour gérer ce process, l’éducation et la formation du personnel. Se fixer des objectifs trop ambitieux. Privilégiez les améliorations par étapes qui demandent moins d’investissement et se focalisent sur des améliorations liées aux produits et aux process. Les démarches « big bang » telles que le ré-engineering ou la reconception de produits prennent beaucoup de temps, peuvent avoir un impact sur la performance opérationnelle et entraînent des risques importants. L’approche actuelle est de mettre en place le Kaizen Blitz, c’est-à-dire d’implémenter le Kaizen sur un problème bien spécifique et sur une période de temps très courte.

D.R.

A QUOI ÇA SerT ?

méTiER

OUTil

ENViRONNEmENT

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fiChE méThOdE

ccFicHe coordonnée par ridHa louKil rloukil@industrie-technologies.com

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pROdUiTs

GUIDE D’ACHAT La séLection de produits de La rédaction

12 calculateurs embarqués pour châssis industriels Enfichables dans des châssis industriels, les calculateurs embarqués constituent le cerveau de nombreux équipements utilisés dans les usines, les réseaux télécoms, les avions et autres moyens de transports. L’hégémonie d’Intel au cœur de ces systèmes a entraîné une certaine uniformisation de l’offre sur ce secteur. dès lors, les fournisseurs essayent de se démarquer via les services associés qu’ils proposent, en marge de leur catalogue.

proGression Après deux années de tassement, le marché est reparti à la hausse avec une progression de près de 7 % en 2010 (source VDC).

u’y a-t-il de commun entre une antenne relais de téléphonie mobile, un système de signalisation ferroviaire ou un automate programmable installé sur une chaîne de production ? A priori pas grand-chose. Et pourtant... Le cœur de ce matériel bat toujours au rythme d’un calculateur embarqué, tout comme celui des équipements électroniques en châssis industriels utilisés par les milieux du médical, de la défense ou de l’aéronautique. À l’instar d’une carte-mère d’ordinateur, le calculateur fournit l’intelligence et la puissance de calcul nécessaires à la bonne

Q

exécution de l’application à laquelle il est dédié. Parallèlement, ce centre névralgique gère les communications avec les autres sous-ensembles du système au travers d’un «fond de panier», carte spécifique où sont enfichés côte à côte le (ou les) calculateur embarqué et les divers périphériques de l’équipement (cartes d’acquisition de signaux, cartes d’entrées/sorties analogiques ou numériques, cartes de commutation ou de communication, etc.). Obéissant à des standards de bus informatiques comme le VME (le plus ancien, toujours très présent sur les marchés militaire et aéronautique), le CompactPCI (le plus

au cœur des systèmes électroniques c on ne sait pas bien qui ils sont, et pourtant ils se nichent derrière la moindre application. Les calculateurs embarqués en châssis industriels se trouvent quasi systématiquement au cœur de tout système électronique aux multiples interfaces d’entrées/ sorties.

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Surtout lorsqu’il faut associer performances, déterminisme et tolérance aux pannes avec longévité et résistance à des contraintes environnementales sévères. Équipements de pilotage et de surveillance de chaînes de production, imageurs médicaux, stations de

base et contrôleurs de stations de base pour réseaux mobiles, commutateurs télécoms, calculateurs de vol d’avions ou de drones, instrumentation pour laboratoires de recherche, radars, sonars… les calculateurs embarqués sont véritablement partout!

généraliste et le plus répandu) ou l’ATCA (le plus récent, plutôt dédié aux télécoms), le calculateur embarqué est devenu un produit presque banal. Une denrée «sur étagère» qu’équipementiers et intégrateurs peuvent se procurer auprès de fournisseurs aguerris aux contraintes du secteur. Mais cette banalisation ne va pas sans effets collatéraux. «Il est désormais difficile pour les fabricants de se différencier par les caractéristiques purement matérielles de leurs produits», constate Elie Gasnier, directeur marketing d’Ecrin Systems, intégrateur et distributeur de calculateurs Emerson Network Power, GE Intelligent Platforms (GE-IP) ou Adlink. cc De

fortes contraintes

De fait, un système électronique en châssis industriel n’acquiert jamais sa spécificité par son calculateur embarqué, mais plutôt par la façon dont ledit système se connecte et interagit avec son environnement. Dans la pratique, la sélection du calculateur n’interviendra qu’en dernière instance. Ses caractéristiques dépendront du type et du nombre de cartes périphériques à gérer, ainsi que des flux de données à véhiculer sur le fond de panier. L’héritage logiciel (la récupération de programmes anciens et des applications existantes), les dimensions physiques du calculateur, le poids ou le coût global du système seront aussi des cri-


lE plUs séCURisé

pROdUiTs

lE mOiNs CONsOmmaTEUR lE plUs éVOlUTif

ccA602 Men Mikro elektronic

Au format VME 6U* 64bits, le calculateur embarqué A602 de Men Mikro Elektronik cible les marchés où la sécurité des biens et des personnes (ferroviaire, avionique, etc.) est un impératif. développé selon les recommandations de la norme aéronautique dO 254, le produit répond aux exigences stipulées par les niveaux les plus élevés de criticité (dAL-A, SIL 4). Pour atteindre de tels objectifs, le calculateur affiche une triple redondance au niveau des composants. Il dispose ainsi de trois processeurs PowerPC 750 cadencés chacun à 700MHz, associés à trois blocs mémoire de 512Mo chacun, et trois alimentations séparées. Horloge et mémoire Flash sont également dupliquées. Le système reste opérationnel même en cas de panne de l’un des composants redondants. ccFicHe tecHniQue

emplacements pour cartes mezzanines 1 site PMC standard, 1 site PMC pour PMC AFdX Gamme de températures supportées : – 40 à + 50 °C systèmes d’exploitation VxWorks, PikeOS prix : environ 10 000 euros

d.R.

*1U (unité de mesure d’un rack de serveur informatique) = 44,45 millimètres.

tères pris en compte. Sans oublier que la puissance de calcul développée résultera d’un compromis qui intègre les contraintes de consommation et de dissipation thermique, données incontournables de l’électronique embarquée. Dans un châssis hermétiquement clos par exemple, là où le passage d’un flux d’air forcé n’est pas envisageable, un calculateur refroidi par conduction

ccAcr301 ge intelligent PlatforMs

Au format CompactPCI 3U*, le calculateur ACR301 répond aux besoins des équipements électroniques qui doivent à la fois consommer peu et dissiper un minimum d’énergie tout en affichant des performances de haut niveau. des contraintes que l’on rencontre typiquement dans des véhicules à usage militaire. Basée sur le dernier-né des processeurs Atom d’Intel (la famille E6xx), la carte affiche probablement le meilleur rapport performances/watt de sa catégorie, pour une consommation inférieure à 10W. Proposé avec quatre versions du processeur (0,6GHz, 1GHz, 1,3GHz, 1,6GHz), l’ACR301 est disponible sous cinq niveaux de durcissement différents pour un fonctionnement dans les environnements les plus sévères, tant dans le domaine industriel que dans le secteur de la défense et de l’aérospatial. Originalité du produit: le support du bus CAN. ccFicHe tecHniQue

emplacement pour carte mezzanine: 1 site PMC Gamme de températures supportées de 0 à + 55 °C en standard, extensible de – 40 à + 85 °C systèmes d’exploitation VxWorks, Linux, Windows

ccMIc-5603 advantech

Basé sur la deuxième génération de processeurs Intel Core 32nm lancée par Intel en janvier 2011, ce calculateur pour châssis MicroTCA dédié aux applications télécoms est particulièrement original. Il est doté d’un emplacement qui permet de faire évoluer aisément la carte de base et de l’étoffer de fonctionnalités additionnelles via l’ajout d’un module supplémentaire (processeur réseau, unité de calcul graphique ou vectoriel, interface graphique, etc.). Selon Advantech, inventeur de ce concept, il est possible d’ajouter des ports d’entrées/sorties en face avant, des interfaces internes ou des fonctions de coprocesseur pour délester le processeur principal de certaines fonctions (le chiffrage par exemple). ccFicHe tecHniQue

emplacement pour carte mezzanine 1 site AMM (AMC Mezzanine Module) Gamme de températures supportées de 0° à + 50 °C systèmes d’exploitation VxWorks, Linux, Windows Server prix : non communiqué

prix : à partir de 2 500 euros *1U (unité de mesure d’un rack de serveur informatique) = 44,45 millimètres.

(adjonction d’une pièce métallique pour augmenter la surface de contact avec l’extérieur) s’imposera. cc Un

basculement sur les architectures Intel

Intel n’est pas étranger à la quasi-uniformisation de l’offre en calculateurs embarqués. « On constate une migration

générale vers l’architecture x86 et particulièrement vers le processeur multicœur Core i7 », note Nicolas Stenko, responsable commercial de NeoMore, qui distribue les produits X-ES et EKF. Ce circuit équipe une gamme toujours plus large de calculateurs CompactPCI, disponibles tant chez les grands généralistes comme Advantech,

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53


www.industrie-technologies.com www.industrie-technologies.com

pROdUiTs

GUIDE D’ACHAT

9 caLcuLateurs eMBarQués pour cHÂssis industrieLs

eMerSOn neTWOrK POWer

Men MIKrO eleKTrOnIc

cOncUrrenT TecHnOlOgIeS

eKF

ADlInK

KOnTrOn

I

standard d’architecture c VME64

standard d’architecture c CompactPCI/ CompactPCI PlusIO

standard d’architecture c CompactPCI

standard d’architecture c CompactPCI/ CompactPCI PlusIO

standard d’architecture

standard d’architecture c CompactPCI

s

c CompactPCI

dimensions c 6U* x 160 mm

dimensions c 3U* x 160 mm

dimensions c 3U* x 160 mm

dimensions c 3U* x 160 mm

dimensions c 3U* x 160 mm

d

c 6U* x 160 mm

Marchés c Automatismes, médical, défense et aérospatial, industriel, ferroviaire

Marchés c Industriel, transports

Marchés c Industriel, télécoms, défense et aérospatial

Marchés c Industriel, défense et aérospatial

Marchés c Industriel, transports, défense et aérospatial

Marchés c Industriel, transports, instrumentation, médical, défense

M

processeur c Freescale P2010 monocoeur ou P2020 bicœur, cadencés à 800 MHz ou 1,2 GHz

processeur c Intel Core2 duo SP9300, cadencé à 2,26 GHz

processeur c Intel Core i7 Single/dual Core à 2,53, 2 ou 1,33 GHz

processeur c Intel Core i7 Single/dual Core, cadencé de 1,06 à 2,66 GHz

processeur

processeur c Intel Core i7-610E 2,53 GHz ou Intel Core i7-620LE LV 2 GHz

p

c Intel Core i7 dual/Single

interfaces principales en face avant c 1xGigabit Ethernet, 1xUSB 2.0 ; Port Sata sur la carte pour disque dur optionnel en fond de panier c VME 64 bits 2eSST, 1xGigabit Ethernet

interfaces principales en face avant c VGA, 2xUSB 2.0, 2xGigabit Ethernet ; CompactFlash et microSd sur la carte en fond de panier c 4xSata, 4xUSB, 2xGigabit Ethernet, 4xPCI Express x1

interfaces principales en face avant c 3xSata300 sur la carte en fond de panier c CompactPCI, 2xGigabit Ethernet, 2xUSB, 2xSata150

interfaces principales en face avant c 2xUSB 2.0, 2xGigabit Ethernet, displayPort en fond de panier c CompactPCI, 4xPCI Express, 4xSata, 4xUSB, 4xGigabit Ethernet

interfaces principales en face avant c 2xGigabit Ethernet, jusqu’à 3 USB 2.0 en fond de panier c CompactPCI, 2xGigabit Ethernet, 4xUSB, 2xdVI

interfaces principales en face avant c 1xVGA, 2xUSB 2.0, 2xGigabit Ethernet en fond de panier c CompactPCI ; 6xUSB 2.0, 2xGigabit Ethernet et 5xSata

i e

sites pour cartes additionnelles c Site PMC/XMC

sites pour cartes additionnelles c Site pour carte-fille avec signaux Sata, SdVO, Hd Audio, USB, etc.

sites pour cartes additionnelles c Site XMC dans les versions durcies

sites pour cartes additionnelles c Connectique pour cartes-filles propriétaires avec signaux PCIe, Sata, Audio, SdVO, USB, LPC

sites pour cartes additionnelles c deux sites PMC (dont un remplaçable par disque dur Sata 2,5 pouces), un site XMC PCI Expressx8

sites pour cartes additionnelles c Site pour mezzanine porteuse d’un disque dur 2,5 pouces Hdd ou Sdd

s a

Gamme de température c de 0 à +55 °C, extensible – 40 à +71 °C

Gamme de température c de 0 à + 60 °C, en option : – 40 à + 85 °C

Gamme de température c de 0 à 55 °C en option : – 25 à + 70 °C ou – 40 à + 85 °C

Gamme de température c de 0 à + 70 °C Gamme de température étendue en option

Gamme de température

Gamme de température c de 0 à +60 °C deux autres versions durcies en option

G

c de 0 à + 60 °C

systèmes d’exploitation standard c Linux, QNX, VxWorks

systèmes d’exploitation standard c Windows, Linux, VxWorks, QNX

systèmes d’exploitation standard c Linux, Windows, QNX, Solaris, VxWorks

systèmes d’exploitation standard c Windows, Linux

systèmes d’exploitation standard c Windows

systèmes d’exploitation standard c Windows, Linux, VxWorks

s d

À partir de 1 000 euros

de 1 300 à 2 000 euros

À partir de 1 500 euros

À partir de 1930 euros

Àpartir de 2 500 euros

Les pLus

caractéristiQues tecHniQues

MvMe 2 500

Prix. Rapport performances/ consommation. www. emersonnetworkpower/ EmbeddedComputing

f19P

Compatible avec le standard CompactPCI Plus IO.

www.men.de

tP702/38x

Support de nombreux OS populaires.

www.gocct.com

*1U (unité de mesure d’un rack de serveur informatique) = 44,45 millimètres.

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N°931ccMARS 2011

Pc1-groove

(unitaire)

Large éventail de cartes d’extension propriétaires.

www.ekf.de

cPci-6510

dimensions

Core, cadencé jusqu’à 2,53 GHz

en option : – 25 à + 70 °C ou – 40 à + 85 °C

cP-3002

(estimation car non communiqué)

Àpartir de 2 500 euros

Nombreuses possibilités d’extension via les mezzanines.

Intégration possible d’un composant sécurisé TPM (Trusted Platform Module).

www.adlinktech.com

fr.kontron.com

i

c

c

c

c

c

e

c

c

c

c

D

P f p


0,

e

d

s

é

InTerFAce cOncePT ic-de6-vMeb

eXTreMeengIneerIng

cUrTISS-WrIgHT cOnTrOlS

standard d’architecture c VME64x

standard d’architecture c CompactPCI

standard d’architecture c VPX

dimensions c 6U* x 160 mm

dimensions

c 3U* x 160 mm

dimensions c 6U* x 160mm

XPedite-5430

Marchés c Industrie, défense et aérospatial

c défense et aérospatial,

Marchés

processeur c Un ou deux PowerPC MPC8640 Single ou dual Core 1 GHz

c Freescale PowerPC P4080

télécoms

processeur (huit cœurs e500), cadencé à 1,5 GHz

vPX6-187

Marchés c défense et aérospatial, applications durcies processeur c Freescale QorIQ P4080 cadencé jusqu’à 1,5 GHz

interfaces principales en face avant c 1xGigabit Ethernet, 1xUSB en fond de panier c VME64x, 2xGigabit Ethernet compatibles Vita 31.1, 4xGigabit Ethernet, 2xUSB, E/S Open FPGA

interfaces principales en face avant c (en option) 1xUSB, 2xGigabit Ethernet en fond de panier c CompactPCI, 2xGigabit Ethernet, 2xUSB

interfaces principales en face avant c 1xGigabit Ethernet, 1xUSB (dans les versions refroidies par convection seulement) en fond de panier c 3xGigabit Ethernet, USB, jusqu’à 4 Serial RapidIOx4, et 2xPCIExpress

sites pour cartes additionnelles c deux sites PMC/XMC

sites pour cartes additionnelles c Site PrPMC/XMC (4xPCI Express et 4xSerial RapidIO sur XMC)

sites pour cartes additionnelles c Un site XMC (XMC I/O), un site PMC/XMC (PCI/PCIe)

Gamme de température

Gamme de température c de 0 à + 50 °C en option : – 40 à + 85 °C

c de – 40 à +70 °C

en option : – 40 à + 85 °C

Gamme de température c de – 40 à + 71 °C en option : – 40 à + 85 °C

systèmes d’exploitation standard c Linux, VxWorks, LynxOS

systèmes d’exploitation standard c Linux, VxWorks, QNX, Integrity

systèmes d’exploitation standard c VxWorks, Wind River Linux, Integrity

À partir de 7 000 euros

À partir de 10 000 euros

D e 5 000 à 10 000 euros suivant configuration et durcissement

Présence d’une plateforme FPGA ouverte pour personnalisations.

www.interface concept.com

Pionnier dans l’utilisation du PowerPC à huit cœurs P4080. www.xes-inc.com

Associe le processeur QorIQ octocœur et le récent standard à hautes performances VPX. www.cwcembedded.com

MARS 2011ccN°931

d.R.

e

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www.industrie-technologies.com

pROdUiTs

GUIDE D’ACHAT

12 caLcuLateurs eMBarQués pour cHÂssis industrieLs

cc Les

qualités du fournisseur

Omniprésent, Intel l’est également sur les calculateurs pour châssis MicroTCA, un standard émergent, encore en cours d’évaluation. Et c’est encore l’architecture x86, la famille de processeurs multicœurs Xeon en l’occurrence, que l’on retrouve généralement sur les calculateurs/serveurs pour châssis télécoms ATCA. Même le monde VME, historiquement lié au PowerPC, cède aux sirènes d’Intel. Certes, quelques spécialistes du VME ancrés sur le marché militaire et aéronautique ont fait évoluer leur catalogue vers le processeur multicœur QorIQ, dernier en date de la famille PowerPC. Nonobstant, depuis 2010, le marché a vu l’émergence d’une offre de calculateurs Core i7 compatibles VME et VPX, sa récente évolution vers les très hautes performances recherchées par la défense et l’aérospatial. « Quand les applications peuvent se le permettre, en particulier quand il n’existe pas d’héritage logiciel ou de contraintes d’entrées/ sorties spécifiques, le couple Linux-Intel est privilégié, tant en VME qu’en CompactPCI », assure Vincent Chuffart, responsable marketing de Kontron France. « Si l’intégrateur ou l’équipementier n’a pas de choix logiciel arrêté, l’architecture Intel s’impose… car elle n’impose rien », renchérit Jean-Philippe Barbin, directeur d’Artic, intégrateur et distributeur des produits CCT. Les fabricants de calculateurs embarqués ne s’y trompent pas. Début 2011, lors du lancement de la génération de processeurs Core i7 Sandy

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N°931ccMARS 2011

ccelIe gASnIer directeur Marketing et coMMercial cheZ ecrin sYsteMs

« Attention à la fiabilité dans les délais de livraison » «dans le domaine des calculateurs embarqués, Intel dicte maintenant sa loi. Avec l’Atom E6xx, l’américain propose même, pour la première fois, un circuit qui tient en standard la gamme de température de –40°C à +85°C. Le coût du processeur peut en pratique représenter de 15 à 25% d’une unité centrale. dès lors, les fonctionnalités des produits proposés par les fournisseurs sont quasi-identiques, même si certains maîtrisent mieux les techniques de durcissement. Le calculateur embarqué est devenu un produit de commodité et son choix n’intervient plus qu’en toute fin de phase de développement. Ce qui peut faire la différence, c’est, au-delà des prix et des services proposés, la réactivité du fournisseur, sa capacité non seulement à tenir les délais de livraison mais à les fiabiliser, car les calculateurs sont généralement fabriqués à la demande.»

Bridge, pratiquement tous ont annoncé des produits basés sur ce composant ! Dans ces conditions d’uniformisation technologique, les critères de choix d’un calculateur embarqué apparaissent donc plus liés aux qualités d’un fournisseur qu’aux seules caractéristiques du produit. «Au-delà du prix, la richesse du catalogue du fabricant, sa capacité à assurer différents niveaux de durcissement pour ses calculateurs et à personnaliser l’offre, l’assurance de la pérennité des produits, sont des critères différenciateurs», note Michel Goujet. «La politique de support, et notamment celle liée à la gestion de l’obsolescence des composants, doit aussi être dûment évaluée, surtout pour les équipements dont la durée de vie peut atteindre dix, voire quinze ans », insiste Vincent Chuffart. Certains fournisseurs tentent quand même de se singulariser. Tel est le cas d’Interface Concept, seul français positionné sur le créneau. «Sans la puissance de feu des grands généralistes, nous ne pouvons nous aligner sur leurs prix et nous devons nous démarquer», explique Pierre Ansquer, responsable avantvente du constructeur breton. Aussi la société propose-t-elle des calculateurs personnalisables grâce à la présence sur la carte d’un composant programmable (FPGA). cc Le

recours à l’intégration

Autre tendance du secteur: la disponibilité de plus en plus fréquente de châssis prééquipés en calculateurs, alimentations, systèmes de refroidissement, éléments de gestion et même systèmes d’exploitation et logiciels de base. Un moyen d’épargner aux clients des travaux d’intégration parfois complexes et souvent chronophages. Dans le même ordre d’idée, les fournisseurs tendent aussi, inexorablement, à étoffer leurs propres services d’intégration. «Les frontières entre fabricants et intégrateurs ont tendance à s’estomper», constate ainsi JeanPhilippe Barbin. À charge pour les utilisateurs de faire jouer la concurrence. cm ccpierricK arlot redaction@industrie-technologies.com

d.R.

Emerson Network Power, GE-IP ou Kontron, que chez les fabricants de moindre envergure. « Intel a raflé 90 % du marché CompactPCI et la présence du PowerPC y est maintenant anecdotique », souligne Michel Goujet, directeur de Men Mikro Elektronic SA. Développé par IBM, Apple et Motorola et commercialisé par Freescale sur les marchés de l’embarqué, le PowerPC a vu sa cote sévèrement chuter, miné par la montée en puissance de son concurrent.


fiChE OUTil

méThOdE

Choisir un calculateur embarqué pour châssis industriels

Avec de faibles dimensions (172x132x208mm) le châssis CRB Blueline de EKF accueille 4 emplacements CompactPCI.

SOn rÔle c Être un chef d’orchestre Équipé d’un (ou plusieurs) processeur généraliste, il gère les communications avec les autres sous-ensembles actifs de l’équipement : cartes d’acquisition de signaux, cartes d’entrées/sorties, cartes réseaux, etc.

c Accepter les standards Enfiché sur le fond de panier d’un châssis industriel, il obéit à des standards mécaniques et électriques historiques, comme VME et CompactPCI, ou plus récents, comme ATCA, VPX ou MicroTCA.

D.R.

c Devenir le centre névralgique À l’instar d’une carte-mère d’ordinateur, le calculateur embarqué au cœur d’un équipement électronique fournit l’intelligence et la puissance de calcul nécessaires à la bonne exécution de l’application.

méTiER

OUTil

ENViRONNEmENT

L’usage de calculateurs embarqués pour châssis industriels s’impose dans les équipements électroniques qui exigent d’importantes puissances de traitement ou qui comportent de multiples interfaces de communication avec leur environnement. L’industrie, la défense, l’aéronautique et les télécoms en sont les plus gros consommateurs.

MARS 2011ccN°931

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fiChE OUTil

méThOdE

Choisir un calculateur embarqué pour châssis industriels cOMMenT FAIre SOn cHOIX ?

c Soigner les cartes «métier». Surtout bien dimensionner les interfaces d’entrées/ sorties de l’équipement, car elles constituent la réelle valeur ajoutée du système. Les caractéristiques techniques du calculateur embarqué en découleront automatiquement. c Faire ou faire faire. En fonction des ressources disponibles en interne, il pourra être judicieux de confier l’intégration du système au fabricant du calculateur embarqué (s’il en a les compétences) ou à un intégrateur spécialisé.

c La pérennité. C’est un souci permanent sur les secteurs où les équipements peuvent afficher des durées de vie de cinq, dix voire quinze ans, et exiger à intervalles réguliers le remplacement des calculateurs embarqués. c La consommation et la dissipation thermique. Deux caractéristiques à regarder de près, surtout lorsque le calculateur est installé dans des endroits confinés, très difficiles ou impossibles à ventiler. Il faut souvent trouver un compromis judicieux entre performances, consommation et coût. c Le refroidissement et le durcissement. Plus ou moins sévères, les contraintes environnementales (températures, vibrations, chocs) imposent un certain type de refroidissement (air forcé, convection, conduction) et exigent un niveau de durcissement adapté. c Le support. Vérifier la réactivité des équipes de support et privilégier éventuellement les fournisseurs facilitant les contacts directs avec les concepteurs.

l’AVIS De l’eXPerT

éTAT DU MArcHé Un marché reparti à la hausse

ccJeAn-PHIlIPPe bArbIn DIRECTEUR D’ARTIC, INTÉGRATEUR DE SYSTÈMES INFORMATIQUES TEMPS RÉEL

«lors de l’élaboration du cahier des charges d’un système embarqué, l’équipementier ou l’intégrateur doit se focaliser sur sa compétence métier: la personnalisation et le calibrage des cartes d’interfaces d’entrées/ sorties. le calculateur embarqué sera choisi en fonction de ces besoins préalablement établis et de la puissance de calcul nécessaire, compte tenu de la consommation maximale envisageable et des contraintes de dissipation thermique.»

c Mature, le marché a souffert en 2008 et 2009, crise économique oblige. Estimé à plus d’1,4 milliard de dollars en 2009, le secteur a néanmoins retrouvé le chemin de la croissance. Le cabinet VDC table sur une progression moyenne annuelle de près de 7 % d’ici à 2014, année où le marché pourrait dépasser pour la première fois la barre des deux milliards de dollars. Au niveau mondial, les équipements pour infrastructures télécoms constituent le principal débouché pour les fournisseurs de calculateurs embarqués enfichables dans des châssis industriels. En 2009, ils ont drainé, à eux seuls, 44 % des ventes, devant la défense et l’aérospatial (33 %), l’industrie (11 %), l’instrumentation (5 %), le médical (3 %), les transports (2 %), la sécurité (1 %) et la production et distribution d’énergie (1 %). Dans l’Hexagone, les secteurs de la défense, de l’aérospatial, du ferroviaire et l’industrie en sont les plus gros consommateurs.

D.R.

méTiER

OUTil

ENViRONNEmENT

c Analyser le besoin. «L’application nécessitet-elle une architecture multicarte avec un (ou plusieurs) calculateur embarqué ou peut-elle se satisfaire d’un ordinateur monocarte?» C’est la question initiale à se poser lors de la conception de l’équipement. Tout est affaire de puissance de calcul à développer et de besoins en interfaces d’entrées/sorties.

leS POInTS À SUrVeIller

ccpierricK arlot redaction@industrie-technologies.com

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N°931ccMARS 2011


pROdUiTs

Notre sélection de produits classés en 8 secteurs de référence ÉLECTRONIQUE cc paGe 59 MESURE cc paGe 60

ccÉLECTRONIQUE cc CompoSantS Contrôleur abaisseur synchrone à double phase

MATÉRIEL INFORMATIQUE ccpaGe 62 LOGICIELS cc paGe 63 ÉLECTROTECHNIQUE cc paGe 64 TÉLÉCOMS cc paGe 65 ÉQUIPEMENT GÉNÉRAL cc paGe 66 ÉQUIPEMENT DE PRODUCTION cc paGe 68

Sous un boîtier compact LLP 32 broches se cache un contrôleur abaisseur synchrone, double phase, deux canaux, qui permet de réduire l’encombrement des applications. En mode courant émulé, le LM5119 élimine le bus intermédiaire et le deuxième étage de conversion en divisant par 2 son espace. Il assure la régulation de tensions d’une simple sortie ou double à forte intensité à partir de tension d’entrée allant jusqu’à 65V. La technologie de commande ECM autorise un contrôle précis des temps d’utilisation minimaux utile dans la régulation des tensions CC avec une excellente réponse transitoire. En cas de forte intensité requise en sortie, les deux sorties peuvent être reliées en parallèle pour alimenter des charges jusqu’à 40 A. La fréquence opérationnelle est programmable par l’utilisateur entre 50 et 750 kHz avec possibilité de synchroniser avec un signal d’horloge externe. Le mode DEM propose un fonctionnement avec courant d’inductance discontinu dans des conditions minimales pour un meilleur rendement. fournisseur National Semiconductor France

Vous trouverez en page 68 un lexique des unités utilisées dans cette rubrique.

Vous PouVez adresser Vos iNformatioNs de presse concernant de nouveaux produits par e-mail (en joignant une photo) : produitsnouveaux@ industrie-technologies.com

microcontrôleur 8 bit à mémoire fram intégrée

Ce microcontrôleur 8 bit à puce unique avec mémoire Fram intégrée se caractérise par une excellente protection des opérations d’écriture haute vitesse contre les pannes de courant. Il élimine les interconnexions entre puces et optimise la vitesse de transaction et les performances. Polyvalent, Il convient à des applications de mesure, d’électronique grand public ou médicales.

Le MB95R203A intègre 8 Ko de mémoire FRAM. Il fonctionne avec des alimentations en courant allant de 1,8 à 3,6V. Il dispose d’un jeu de fonctions de minuteries et de communication. Il intègre des convertisseurs haute précision A/D, des ports UART, I2C et 16 I/O. Il est livré en conditionnement SOP 20 broches. fournisseur Fujitsu Semiconductor Europe

Commutateurs de charge intégrés 2,8 à 36 V

Remplaçant les solutions qui utilisent un Mosfet et un circuit de protection extérieurs, ces commutateurs de charge intégrés offrent un gain d’espace important et une protection totale. Le Mosfet à canal N et vitesse contrôlée plafonne le courant d’appel. Les protections incluent une limitation de courant et un blocage en cas de sous-tension. Les commutateurs AccuPower FPF2700, 2701 et 2702 sont destinée aux applications de contrôle de moteur, d’alimentation portable et informatiques. Ils supportent une tension d’entrée comprise entre 2,8 et 36 V et présentent une résistance passante moyenne de 90 m. Les protections incluent la limitation de courant (SOA), le verrouillage de sous-tension et une protection thermique. fournisseur Fairchild Semiconductor

Convertisseur à haut rendement

Ce convertisseur et abaisseur DC/DC 75 mA accepte des tensions d’entrée de 2 à 15V. Il ne consomme que 11 µA de courant de repos. Il affiche un rendement de 96%. Il convient aux applications de récupération d’énergie et aux appareils fonctionnant sur

batterie. Il offre une plage de tension souple : 2 à 15V en entrée et 1,2 à 5,5V en sortie. Le TPS62120 démarre en douceur à partir de sources d’énergie très faibles (hystérésis UVLO, 2,5V tension montante et 1,85V tension descendante). Il est disponible en boîtier SOT-23 8 broches de 3x3 mm. Toutes les informations sur les solutions d’alimentation et de récupération d’énergie sont visibles sur le site www. ti.com. fournisseur Texas Instruments

cc SouS-SyStèmeS

Contrôleurs faible bruit pour sLed et Ld

Ces contrôleurs stables et à faible bruit sont conçus pour des applications R&D ou OEM. Ils peuvent supporter une exploitation dans des environnements avec interférences électromagnétiques (EMI). Ils ont une plage de fonctionnement en température allant de -20°C à +65°C. Ils acceptent d’être placés dans un boîtier métallique évitant l’externisation du bruit HF. La série EBD5x00 se base sur une conception multicouche de cartes électroniques permettant l’intégration d’un régulateur de température (TEC) avec un contrôleur de courant, linéaire et à faible bruit. La structure de conception favorise la dissipation thermique. fournisseur AMS Technologies

MARS 2011ccN°931

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www.industrie-technologies.com Retrouvez ces produits

dans l’Expo Permanente.

pROdUiTs

cc MESURE

et traItement Mini-enregistreur de température

Idéal pour assurer le suivi de la température des réfrigérateurs et chambres froides, cet appareil compact dispose d’un capteur à thermistance interne et d’une mémoire de 16 000 mesures. Il couvre la gamme de – 30 à + 70 °C avec une résolution de 0,1 °C. Protégé IP65, il est alimenté par deux piles CR2032 avec une autonomie de 500 jours. Le 174T est conforme à EN 12 830. Il fournit les données sur un port USB et les conserve même lorsque la pile est déchargée. Le logiciel fournit permet de le programmer vie un PC sous Windows 7, XP, ou Vista, la cadence des mesures est ajustable entre 1 min et 24 heures. fournisseur Testo

Caméras thermiques

Spécialement conçues pour la maintenance industrielle, ces caméras de thermographie infrarouge sont légères et robustes (IP54) et alimentées par une batterie Li-ion avec une autonomie de plusieurs heures. Elles fonctionnent à la fréquence image de 50/60Hz et disposent d’un écran LCD de 2,5pouces. L’image infrarouge s’affiche avec 6 palettes de fausses couleurs, l’image réelle (dans le visible) pouvant se superposer avec 4options pour faciliter la localisation des défauts. La série IC comprend 7 modèles avec capteur de 160 x 120 ou de 384 x 288 points et diverses pla-

ges de température calibrée de –20 à +1 500°C. Tous sont équipés d’un viseur laser, d’une caméra numérique avec flash pour l’image visible et d’un appareil photo avec une lampe spéciale pour les zones sombres. La série EC inclut trois modèles compacts et légers donnant des images radiométriques intégrales e résolution 160x120 sur une plage de –20 et +250°C. La liaison se fait par port USB 2.0 ou via une carte mini SD (et BlueTooth pour la série EC). fournisseur TKL France

Oscilloscopes temps réel à très large bande

Complétant la gamme d’oscilloscope temps réel Infinium série 90000 X, dix nouveaux modèles sont proposés avec des bandes passantes analogiques réelles de 16 à 32GHz. Leurs planchers de bruit et de mesure de gigue les plus bas de l’industrie

leur confèrent une précision accrue. Ces appareils seront très appréciés des ingénieurs de la physique des hautes énergie et des communications rapides. Pour obtenir des performances réelles à 32 GHz, contrairement aux concurrents qui utilisent l’amplification et l’entrelacement des convertisseurs analogique/numérique limités à 16GHz, le constructeur a mis en œuvre des circuits intégrés propriétaires en phosphure d’Indium (InP) et des boîtiers sur mesure en nitrure d’aluminium incluant 5puces InP. Il en résulte le plancher de bruit le plus bas du marché (2mV sur le calibre 50 mV/division à 32 GHz), le plancher de mesure de gigue le plus bas du marché pour un oscilloscope (environ 180femtosecondes) et la plus grande profondeur de mémoire du marché (2 milliards de points). fournisseur Agilent Technologies

D.R.

cc InstrumentatIon


pROdUiTs

cc Capteurs

Codeurs magnétiques incrémentaux

Utilisant une puce unique, ces codeurs magnétiques incrémentaux sont disponibles avec des résolutions de 32, 64, 128, 256, 512 et 1 024 impulsions par tour et trois canaux. Le canal index fournit une impulsion par tour pour gérer l’initialisation et fournir un positionnement précis et répétitif. Avec un diamètre de 22 mm, ils peuvent s’intégrer dans des moteurs. Les codeurs de la série IE3 sont disponibles sur demande avec des résolutions de 1 à 127lignes. La version IE3-L fournit des signaux complémentaires pour les longues distances. fournisseur Faulhaber France

cc InstrumentatIon et traItement Acquisition de données PXI Express

Avec un encombrement réduit et de nouvelles caractéristiques logicielles pour la synchronisation, ces modules d’acquisition PXI Express sont les premiers à intégrer le conditionnement de signal pour les jauges de contrainte, les capteurs en pont, les thermocouples et les entrées analogiques haute tension. Les 250 Mo/s dédiés à chaque module dans le châssis accroissent le nombre de voies sans compromettre la fréquence d’échantillonnage ni la vitesse de transfert des données. Le module d’entrées simultanées 24 bit PXIe-4330 garantit une précision de 0,02 % à 25 Kéch/s. Avec sa conception quotientométrique, le convertisseur référence la tension d’excitation et élimine l’influence de l’instabilité de cette tension. Le logiciel

pilote assure une s y n c h ro n i s a t i o n étroite entre modules et châssis avec des différences de temps de propagation entre voies de l’ordre de 5 ppb. Les huit voies du module permettent de construire des systèmes à 136 voies dans un seul châssis et des milliers de voies avec plusieurs châssis. Le module pour thermocouples PXIe-43543 fournit une précision de 0,3 °C sur 32 voies. Le module d’entrées haute tension dispose de huit voies acceptant jusqu’à 300 V (16 bit, 250 Kéch/s) avec un isolement de catégoie II.

fournisseur National Instrument cdescription

cc points Forts

Références NI PXIe-4330 Caractéristiques

Module de mesure par pont disposant de 8 voies acceptant 24 bit et 25 Kéch/s.

Tension d’excitation sélectionnable par voie. Compléments intégrés programmables quart-de-pont, demi-pont et pont complet ; étalonnage par shunt par voie.

Novateur, flexible, efficace : Pöppelmann K-TECH∏ – Votre partenaire pour le développement de pièces techniques en plastique injecté.

Boîtier de commande avec couvercle et passe fils avec joints PUR moussés In situ

Plaque support pour modules de circuit électronique

Passe-fils Injection bi-matière

Ensemble de guidage pour réglage de la colonne de direction

Bride de fixation avec inserts surmoulés

Plaque support avec papier adhésif et languette

PLASTIQUES PÖPPELMANN FRANCE S.A.S. · 3 rue Robert Schuman · B.P. 87 · 68172 RIXHEIM CEDEX · Tél. 03 89 63 33 10 Fax 03 89 65 03 16 · KTECH-FR@poeppelmann.com · www.poeppelmann.com


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cc MATÉRIEL INFORMATIQUE

Disques durs USB 3.0

Ces disques durs (de format 2,5 pouces) de bureau ou mobiles exploitent la connectique USB 3.0 pour offrir un taux de transfert allant jusqu’à 4,8 Gbit/s pour transférer facilement des fichiers volumineux. C’est dix fois plus rapide que le taux de transfert de l’USB 2.0. Ils sont couplés à un logiciel d’économie d’énergie et sont livrés avec des progiciels de gravure et de sauvegarde. La gamme Store’n’Go est dispo­ nible en deux couleurs : argent (500 Go) et noir (1 To). Elle est compatible USB 2.0. Elle fonc­ tionne sous les environnements Windows 2000/XP/Vista/7, Mac OS X 10.1 et Linux (kernel 2.6.31) ou supérieur. La garantie est de deux ans. fournisseur Verbatim France

Disque SSD basé sur contrôleur SandForce

Avec son contrôleur mémoire haut de gamme, ce disque SSD affiche des taux excellents de transfert de 285 Mo/s en lecture et de 275 Mo/s en écriture. Capa­ ble de supporter nativement la commande Trim et intégrant des technologies de gestion mémoire, il permet de multiplier par vingt l’endurance et la fiabilité du dis­ que par rapport aux controleurs SSD traditionnels. Le disque Inferno est intégré dans un boîtier en aluminium extrêmement résistant aux chocs. Il affiche un MTBF supé­ rieur à 1,5 million d’heures. Il est garanti 5 ans et est livré en stan­ dard avec un adaptateur permet­ tant de le fixer dans un emplace­ ment 3,5 pouces. fournisseur Patriot Memory

cc autoMatisMes

et contrÔLe Commutateur pour infrastructure Ethernet de système d’automatisme

Ces commutateurs Ethernet industriels assurent l’adaptation de la typologie du réseau suivant l’agencement de l’installation. Ils supportent les architectures en étoile, en arborescence et en anneau. Ils réussissent à augmen­ ter la disponibilité du réseau et de son extension. Ils intègrent des ports à fibres optiques pour relier de grandes distances supérieures à 30km. Les PSSnet S existent en deux gammes séparées : SLL pour les réseaux de petites tailles et SHL pour les grands réseaux avec en plus des fonctions adminis­ trables. fournisseur Pilz France Electronic

L’objet key to key (K2K) se présente sous la forme d’une clé USB disposant de deux espaces: un espace de stockage (fonction USB classique) et un espace de transfert qui constitue l’innovation et où sont déposés les fichiers choisis au préalable comme « à transférer » (un seul sens de transfert possible). Dotée d’un connecteur femelle en plus du connecteur mâle classique, la K2K accueille la clé USB classique du destinataire et d’une seule commande lui transmet le contenu pré-stocké (documentation commerciale, fiche technique, coordonnées)… Les commerciaux sur un salon, en visite en clientèle peuvent ainsi transmettre avec leur K2K, cartes de visites, documentations, tarifs, fiches techniques… à leurs interlocuteurs sans aucun document papier. Véritable support de communication, cette clé sait aussi faire du marketing viral via un fichier fantôme invisible dans la zone de transfert, automatiquement copié sur la clé du receveur qui devient alors vecteur de la communication de son offreur. La K2K peut être personnalisée pour chaque entreprise grâce à un fond d’écran contenant logo, coordonnées… et visible à chaque utilisation. Dans la même lignée, citons l’arrivée de la K-Box dans les salons professionnels invitant chaque visiteur à se servir en documentation par simple introduction de sa clé USB. fournisseur Cinterion Wireless Modules

cc description

Références K2K Transferet USB

sans ordinateur

gérer les transferts de fichiers de façon simple et rapide. Il repère les fichiers à tranférer et exécute l’échange de façon autonome.

N°931ccMARS 2011

Cette interface homme machine équipe les nouvelles générations de tablettes et de PC industriels de Beijer Electronics. Elle opère comme une plate­forme ouverte pour exprimer des commandes grâce à la combinaison d’un gra­ phisme sophistiqué et de fonc­ tionnalités d’ergonomie. Elle se situe à mi­chemin entre les pan­ neaux de commande propriétai­ res et les solutions de supervision Scada, nettement plus onéreuses. Tous les modèles de la gamme sont conformes aux normes industrieles internationales. Elle se destine aux secteurs de l’agroalimentaire, de la pharma­ cie, de la machine­outil, de la pétrochimie ou des applications marines. L’iX est disponible en version développeur et exécuta­

cc pÉripHÉriques Échange de documents entre clés USB sans ordinateur

Caractéristiques Solution pour

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Solution IHM pour tablettes et PC

cc points Forts

Un seul sens de transfert possible Pas de risque de piratage Une mémoire fractionnée permet de gérer soi-même les fichiers à stocker ou à transférer. Petit, maniable et léger.

ble dans des versions pour 250, 2 000 ou 4 000 étiquettes exter­ nes, ainsi que dans une version mise à niveau indépendante du nombre d’étiquettes. fournisseur Beijer Electronics AB

cc bureautique

Progiciel polyvalent d’administration d’impression

Cette solution logicielle est désormais disponible sur les pres­ ses numériques et les systèmes d’impression numérique couleur en continu. Elle réduit jusqu’à 60 % les temps de programma­ tion et accélère de 400 % les temps de production d’applica­ tions telles que les relevés de comptes ou les factures. Un rap­ port complet sur l’environnement d’exploitation intégrant l’implé­ mentation du processus de tra­ vail est envoyé à chaque utilisa­ teur. fournisseur Xerox

cc ordinateurs Stockage pour infrastructures intelligentes

Ce système de stockage à 6 Gbit/s apporte des performances et une évolutivité de milieu de gamme. Il offre jusqu’à 4000Mo/s et 40000 E/S par seconde en lec­ ture soutenue de données. La mise en œuvre se base sur un rende­ ment énergétique économe grâce à la faible dissipation de chaleur et des disques SAS 2,5 pouces de for­ mat et de consommation réduits. Le System Storage DS3500 Express opère sous un logiciel d’ad­ ministration du stockage simple et intuitif qui laisse des fonctions dynamiques de contrôle. fournisseur Compagnie IBM France

D.R.

cc pÉripHÉriques


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cc LOGICIELS cc LogicieLs

d’appLication Logiciel de régulation de température

température, les capteurs utili­ sés et le nombre de zones de températures. Aucune program­ mation supplémentaire n’est requise. Le système de visualisa­ tion intégré est doté de fonc­ tionnalités comme les courbes de tendances, les enregistreurs de données et la gestion multi­ niveaux. fournisseur B&R Automation

Conçu pour des systèmes de températures multivoies com­ portant jusqu’à 32 boucles de régulation indépendantes, cette solution offre des possibilités d’autotuning pour le réglage automatique des paramètres de régulation et dispose d’une inter­ face utilisateur intuitive. La régulation de température est gérée par des blocs de fonc­ tions sélectionnés dans Automa­ tion Studio, tandis que l’utili­ sateur définit la plage de

Logiciel de calculs de perte de charge

Développé par un fabricant de pompes, ce logiciel se propose d’aider en ligne toute personne souhaitant calculer les pertes de charge de son installation en vue de connaître le dimension­ nement d’une pompe devant être intégrée au circuit. Il est disponible en plusieurs langues : français, anglais, allemand, ita­ lien, espagnol et néerlandais. À partir de la vaste bibliothè­

que fournie, l’opérateur choisit le liquide concerné et la tempé­ rature d’étude. Il obtient alors les valeurs caractéristiques du liquide (viscosité, densité, ten­ sion de vapeur). Il compose ensuite son propre circuit à par­ tir des éléments (vanne, clapet, filtre, coude…) de la boîte à outils intégrée. En quelques clics, il obtient les résultats (compati­ bles Excel) concernant la hau­ teur manométrique totale de l’installation, l’ensemble des per­ tes de charges et le NPSH (Net Positive Suction Head). fournisseur Sterling Fluid Systems

cc LogicieLs de bureautique Solution e-learning pour Windows & Mac OS

Désormais compatible avec Mac OS en plus de Windows, cette solution logicielle permet aux enseignants et formateurs d’ex­ primer leur créativité au travers d’outils e­learning dynamiques dont les propriétés multimédias et interactives motivent les étu­ diants et professionnels. Articulé autour du nouveau logiciel Adobe Captivate 5, e­lear­ ning Suite 2 réunit les logiciels d’Adobe: Flash Professional, Dreamweaver, Photoshop, Acro­ bat, Presenter et Soundbooth. Adobe Captivate est une solution de création rapide de démonstra­ tion de logiciels, de simulations d’applications et de scénarios à embranchements. fournisseur Adobe Systems France


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cc ÉLECTROTECHNIQUE

et aPPareILLaGes Connecteur IP 67 bas profil pour éclairage SSL

Ce connecteur destiné à des applications d’éclairage à semiconducteurs (SSL) est conçu pour répondre aux besoins des connecteurs étanches bas profil pour les éclairages à LED fonctionnant dans des conditions difficiles. Il assure une protection IP 67 pour s’adapter à des applications en intérieur comme en extérieur (éclairage de rues ou de tunnels). Le SlimSeal SSL offre des configurations fils à fils et carte à fils résistants aux UV, des embases

à montage CMS et traversantes, un verrouillage intégral positif et des joints d’étanchéité préassemblés. Conforme RoHS polarisé, il est disponible en 2, 3 ou 4 contacts et accepte les fils multibrins AWG 18 à 24. Les boîtiers sont fabriqués en thermoplastique haute température homologué UL 94 VO. Les caractéristiques électriques permettent de passer 5 A sous une tension maxi de 250 VAC/250 VDC et une tenue de tension de 1500 Vac. fournisseur Tyco Electronics

cc énerGIe Onduleurs solaires

Ces onduleurs solaires haute performance de 100 à 500 kW sont conçus pour délivrer une énergie maximum, depuis les modules solaires jusqu’au réseau, durant toute leur durée de vie. Optimisés pour la réalisation de centrales solaires de plusieurs

mégawatts, ils répondent aux besoins des centrales photovoltaïques ou des bâtiments industriels et commerciaux. Ces systèmes intègrent des composants de variateurs dont les performances ont fait leurs preuves dans des applications exigeantes et des environnements difficiles. Équipés de protections électriques et mécaniques complètes, ils assurent, grâce à la maintenance préventive d’ABB, une durée de vie d’au moins vingt ans. En option : surveillance à distance, raccordements au bus de terrain, armoire de connexion DC intégrées... fournisseur ABB Produits Automation

Régulation de puissance

Ces régulateurs de puissance communicants et leurs services associés couvrent toutes les demandes de charges de 25 à 2 900 A, qu’elles soient résistives ou inductives, sur réseaux mono ou triphasés de 230 à 660 V, avec coupures 2 ou 3 phases. Ils sont utilisés dans les process de chauffe-eau électriques pour les fours de verrerie, la sidérurgie, l’agroalimentaire etc. Les Thyritop 20, 30 et 40 disposent de nombreuses fonctions : régulations I², U² et P², limitations I, U et P, trois sorties « recopie mesure », synchronisation dynamique, détection et rupture de charge, diagnostic. Ils sont compatibles avec les réseaux Modbus et Profibus pour la programmation et la supervision à distance. fournisseur Chauvin Arnoux Pyro-Contrôle

D.R.

cc COMPOsants


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cc TÉLÉCOMS cc Internet

Passerelle Hotspot 802.11n

Particulièrement appréciée des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, cette solution Hotspot est désormais compatible 802.11n afin d’offrir 5 fois de plus de bande passante que sa version 802.11b/g et un débit jusqu’à 300 Mbit. Elle supporte jusqu’à 1000 utilisateurs connectés simultanément, limite extensible avec une licence « pay-as-you-grow ». S’appuyant sur la technologie Mimo, la passerelle N-4100 est dotée de 3 antennes en réception/transmission. Facile à configurer et à paramétrer, elle est livrée avec l’imprimante de tickets SP-300E qui génère en un clic un reçu avec le numéro de compte, le mot de passe et les horaires d’accès Internet. Jusqu’à 10 imprimantes peuvent être reliées à la N-4100. fournisseur ZyXEL

Modem cellulaire compact

Issu de la technologie Wavecom Fastrack, ce petit modem assure un fonctionnement fiable dans des environnements difficiles. Il se branche sur n’importe quel appareil et offre une connectivité immédiate pour les réseaux GSM/GPRS. Doté d’un boîtier compact et solide, il est équipé d’interfaces USB ou RS232 standard facilitant son intégration à bon nombre d’utilisations M2M. Programmable et facile à utiliser, le modem AirLink GL6100 GSM/ GPRS quadri-bande dispose d’une connectivité IP complète, depuis les blocs TCP/IP de base jusqu’aux services de connectivité Internet avancés. Il est muni d’une carte SIM intégrée. Ses secteurs d’utilisation sont entre autres, la télématique, la gestion des flottes, le tracking GSM, les alarmes… fournisseur Sierra Wireless France

cc réseaux

cc réseaux

Gestion des ressources virtuelles de data center

Avec l’expansion des serveurs virtuels, la gestion d’un parc informatique doit tenir compte des ressources virtuelles en plus des ressources physiques traditionnelles. Pour répondre à ce besoin, la solution Avocent Virtual Advanced Console Server 6000 (ACS v6 000) effectue l’administration à distance des serveurs virtuels grâce à un nouvel outil de gestion sécurisée des ressources virtuelles de Datacenter. Ce dernier se présente sous la forme d’une appliance virtuelle accessible à distance. Toutes les fonctionnalités de la solution de gestion traditionnelle ACS v6000 sont intégrées à cette appliance virtuelle afin d’assurer avec fiabilité la connectivité et la gestion de machines virtuelles fonctionnant sous Windows EMS, Unix, Linux ou Solaris. Les ressources informatiques virtuelles sont gérées comme leurs homologues physiques. Avec la solution ACS v6000, l’administrateur gère toutes les ressources physiques et virtuelles de l’entreprise depuis une console unique de gestion. fournisseur Emerson Network Power

cc description

Références ACS v6000 Caractéristiques Solution pour

la gestion sécurisée et à distance des infrastructures virtuelles de data center cc points Forts

L’ACS v6000 permet de gérer ces ressources virtuelles de la même manière que leurs homologues physiques.

Produits RF et micro-ondes

Parmi ces solutions sans fil, on trouve des connecteurs de câbles type N, DIN 7/16, EIA, des connecteurs montés sur panneaux type N, DIN 7/16, des protections contre la foudre, des câbles survolteurs, des adaptateurs série et des appareils à micro-ondes. Pour une flexibilité maximale, les produits RF se déclinent en différentes tailles et modèles. Destinés aux secteurs de l’armement, de l’automobile, du médical, de l’instrumentation, des télécoms et du sans-fil, ces produits associent les techniques de conception innovantes, l’expertise technologique et des procédés de fabrication, aux solutions d’interconnexion du fabricant. fournisseur Molex France

Boîtier de sécurité unifié

Le boîtier ProSecure UTM intègre la technologie Scream Scanning qui analyse le flux de données à la volée dès son entrée dans le réseau, réduisant ainsi le temps de latence. L’UTM50 gère des débits d’antivirus de 45 Mbit/s, des débits pare-feu SPI de 950 Mbit/s et des débits VPN de 200 Mbit/s. Il supporte jusqu’à 50 tunnels VPN et 25 tunnels SSL simultanés. Avec 2 ports WAN Gigabit et de 6 ports LAN Gigabit, il supporte jusqu’à 40 000 sessions Web simultanées. Conçu pour assurer la sécurité réseau des entreprises, particuliers et fournisseurs d’accès, ce boîtier supporte jusqu’à 50 utilisateurs simultanés et associe les fonctions de pare-feu, VPN IPSec et SSL, antivirus, antispam et filtrage d’URL. Il se déploie rapidement sans aucune reconfiguration du réseau. fournisseur Netgear

Boîtier de sécurité unifié

MARS 2011ccN°931

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pROdUiTs

EXPOSITION – CONFÉRENCES – ATELIERS cc ÉQUIPEMENT GÉNÉRAL cc Équipement Armoire de traitement de l’air

SOLUTIONS INFORMATIQUES TEMPS RÉEL ET SYSTÈMES EMBARQUÉS

13ème edition

SOLUTIONS D’AFFICHAGE ET DE VISUALISATION ÉLECTRONIQUES

fournisseur Unitair Constructeur

cc SÉcuritÉ

Lampe intelligente de casque

6ème edition

fournisseur Chatard

S O L U T I O N S M TO M

2ème édition

SOLUTIONS EN CONCEPTION ET TEST ÉLECTRONIQUES

29, 30, 31 mars 2011 Paris - Porte de Versailles Pavillon 8

Ces vêtements en polyester nid d’abeilles, aux couleurs fluorescentes, garantissent la haute visibilité des personnels travaillant. Ils sont conformes aux normes EN 340 (sur les vêtements de protection) et EN 471 classe 2.2. Ils sont personnalisables au logo de l’entreprise. La gamme Clim + se décline en polos et t-shirts à col en V en maille Climtex+, douce et respirante, avec des emmanchures en maille ajourée élastique qui assurent une ventilation discrète. Le porteur reste sec même par temps chaud. La coupe confortable et la discontinuité des bandes rétro réfléchissantes Reflex R+, en textile léger rendent le vêtement fluide, sans effet de cintrage.

Compacte et résistante (certifiée IP67), cette lampe n’utilise pas de câble entre la batterie en Li-ion et le module d’éclairage à LED, rendant la liberté de mouvement à son utilisateur, sans risque d’accrochage. Légère, elle ne pèse que 185 g pour des dimensions de 100 x 60 x 67 mm. Elle affiche une autonomie de 12 à 17 heures en fonctionnement. La SDX WL dispose d’abord d’un système de sélection automatique de l’intensité et de l’orientation du faisceau lumineux selon la luminosité ambiante et surtout, avec la technologie sans fil, de l’identification géographique des opérateurs l’utilisant. Le témoin de charge se formalise par un clignotement intermittent. Le temps de charge est de 12 heures maximum. fournisseur Sodex Protection

Caméras thermiques pour la sécurité professionnelle

Ces caméras à imagerie thermique ont des portées de détection, de jour comme de nuit, de 360 à 1 260 mètres selon le modèle. L’opérateur a le choix d’afficher différents modes correspondant à un spectre de température avec le moyen d’ajuster automatiquement à la partie la plus froide ou la plus chaude de l’image. Les images produites peuvent être générées sans source de lumière. Les SCB-905x assurent des images nettes avec un différentiel de température minimum de seulement 0,08°C. Elles sont intégrées à un boîtier IP66 et ne pèsent que 2 kg. Le paramétrage des images s’effectue à l’affichage du menu à l’écran. Elles sont sous garantie totale de 3 ans et bénéficie d’une assistance technique gratuite. fournisseur Samsung Electronics France

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N°931ccMARS 2011

D.R.

19ème Edition

Cette armoire autonome assure une décontamination et un contrôle optimum de l’air en fonction du risque. La capacité de traitement de l’air peut atteindre 23 000 m3/h. Le débit d’air est maintenu constant, indépendamment du colmatage des filtres. Les pressions statiques sont de l’ordre de 50 à 1 000 Pa afin de combattre les pertes de charges inhérent à la machine. L’armoire Steribloc existe en onze versions d’appareils avec des filtrages de l’air à trois étages adaptés à la classe d’empoussièrement requise. La régulation de la température est précisée par les conditions extérieures.

Vêtement fluides haute visibilité


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Évent de secours à clapet lesté

Dans les containers de stockage de liquides inflammables, ces clapets articulés et lestés peuvent être mis en lieu et place des trous d’homme afin de protéger un bac pris dans un feu de cuvette. Ils sont certifiés Atex et disponibles en diverses matières de construction (aluminium, acier, Inox ou alliages spéciaux) et différents types de connexions du DN250 au DN900. Après ouverture sous l’effet d’une surpression, l’évent se referme lorsque la pression repasse sous la valeur de tarage. Ces valeurs sont adaptables à la résistance en pression des bacs à protéger (5 ou 25 mb suivant le code de construction Codres 91). fournisseur Alsatec

Textiles en maille technique

Ces vêtements en textiles techniques ont une coupe étudiée pour superposer les vêtements en préservant le confort et la liberté de mouvement. Ils optmisent l’effet thermorégulateur et le transfert rapide de l’humidité. Ils sont adaptés aux variations de températures extérieures. Stop’R de la gamme Newind est un pull tricoté qui est entièrement doublé d’une membrane technique coupe vent, imperméable et avec un échange respiratoire garanti. fournisseur Concept

Protection d’angles sans perçage

Ces protections d’angle sans perçage sont conçues pour les poteaux porteurs dont la structure ne doit pas être modifiée. Le bouclier en EPDM, composé de deux parois de 15 x 30 cm reliées par une charnière, se fixe autour du poteau à l’aide de deux sangles. Il peut en être installés plusieurs pour protéger tous les angles d’un poteau carré, rectangulaire ou hexagonal. Ces boucliers, disponibles en jaune et noir, s’installent à la hauteur souhaitée et se maintiennent en place à l’aide d’un système de serrage irréversible des sangles en nylon. Avec leurs charnières, ils peuvent s’installer sur des angles allant de 60 à 180 ° ce qui leur permet de s’adapter à la majorité des poteaux porteurs ainsi qu’aux IPN métalliques. fournisseur Wattelez - L’élastomère industriel

Surveillance centralisée des machines sans fil

Cette solution de surveillance à distance des machines sans fil est composée d’une unité maître et de 3 colonnes lumineuses équipées d’un module esclave pour contrôler jusqu’à 50 machines. L’unité se connecte sur un PC par le port USB. La distance de réception du signal est de 300mètres sans obstacle. Le système WIN est équipé d’un logiciel de recherche d’erreurs, d’analyse de la productivité des machines. fournisseur Werma


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cc ÉQUIPEMENT DE PRODUCTION

A.................................................................... ampère A/m ............................ ampère par mètre Bq .......................................................... becquerel °C.................................................. degré Celsius C ................................................................. coulomb cd ................................................................ candela cd/m2 ...................... cd par mètre carré F............................................................................ farad h .......................................................................... heure H.......................................................................... henry Hz......................................................................... hertz J ..............................................................................joule K .......................................................................... kelvin kg .................................................... kilogramme lm .................................................................... lumen lx ................................................................................. lux m....................................................................... mètre m2.................................................... mètre carré m3..................................................... mètre cube m/s............................ mètre par seconde m/s2 ................................m/s par seconde min ..............................................................minute mol .................................................................... mole N ................................................................... newton Pa ..................................................................... pascal Pl.............................................................. poiseuille rad .................................................................. radian s ................................................................... seconde T ............................................... tesla V ................................................. volt VA ..................................................... voltampère W........................................................................... watt Wb ...................................................................weber Ω ............................................................................ ohm Autres abréviations Å.............................................................. angström atm............................................... atmosphère bar ........................................................................... bar dB .................................................................. décibel dpi ....................................... point par pouce g ..................................................................gramme G.......................................................................... gauss cal .................................................................. calorie ch ...............................................cheval vapeur c/s ................................. cycle par seconde eV ....................................................électronvolt Go ........................................................ giga-octet gr ........................................................................ grade Kbit .......... kilobit (1 Kbit=1 024 bits) km/h......................kilomètre par heure Ko ........................................................... kilo-octet kWh......................................... kilowattheure l ..................................................................................litre Mo ................................................... méga-octet Mx ............................................................. maxwell Po ........................................................................ poise t ...........................................................................tonne tr ..............................................................................tour tr/min ............................. tour par minute

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N°931ccMARS 2010

cc MACHINES

Pistolets de dépose rapide d’adhésif thermofusible

Avec 100 millions de cycles, les pistolets de dépose d’adhésif MiniBlue II atteignent une longévité record. Leurs performances se rapprochent de celles des pistolets électriques : 8 000 cycles/min maximum; temps de dépose minimum de 2 ms ; viscosité optimale de l’adhésif de 500 à 1500coups. La température de service est de 204 °C maximum. Large de seulement 16 mm, ces modules s’intègrent facilement dans les machines d’emballage les plus compactes. Leur longévité résulte de l’utilisation d’un joint d’étanchéité qui supprime les frictions, ainsi que d’électrovannes Saturn SP avec dopeur intégré. fournisseur Nordson France

cc OUTILS-OUTILLAGES

Soudage pour construction mécanique lourde

Les systèmes de soudage TransSteel 3500 et 5000 Yard sont destinés aux chantiers navals, aux plates-formes offshore ou à la construction d’éoliennes. Ces appareils autorisent l’assemblage MIG/MAG d’aciers CrNi fortement alliés avec des fils pleins ou fourrés. Disponibles en 350 ou 500 A, ils disposent d’une torche interchangeable et d’un dévidoir mobile qui est doté d’un dispositif de chargement automatique du fil. L’engagement du fil est parfait. Les TransSteel Yard fonctionnent dans des conditions tout aussi bien tropicales que polaires, en atmosphère saturée d’humidité, salée ou chargée de sable. fournisseur Fronius

D.R.

LES UNITÉS DE MESURE SYSTÈME INTERNATIONAL


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ESPACE INDUSTRIE

RÉSERVATION D’ESPACE - SERVICE PUBLICITÉ Tél. : 01 77 92 93 74 - Fax : 01 77 92 98 58 E-mail : nchasles@infopro.fr

Simple. Sûr. Efficace.

EASYSAFE u ea Nouv

Changement de lame sans accessoires

Ressort en plastique pour un guidage optimal du produit à couper vers le tranchant

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Tranchant protégé en permanence : ✔ Pas de risque de blessure pour l’utilisateur ✔ Pas de risque de détérioration du produit déballé

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en toute sécurité du film des palettes, des liens et des bandes adhésives

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paRCOURs

3dimENsiONsDE

LES

Jean-Claude Baudet DIRECTEUR R & D D’ALTEN

ontinuité. Tel est le mot qui résume le parcours de JeanClaude Baudet. En prenant en 2010 la direction de la R & D d’Alten tout juste créée, il ne fait que prolonger une expérience de plus de vingt ans dans l’ingénierie. Pas de défi particulier à relever. Ni de capacité à prouver. L’homme maîtrise son sujet à la perfection. Cela ne l’empêche pas de prendre très au sérieux sa mission : insuffler une dynamique interne d’innovation pour qu’Alten propose toujours la crème de la technologie à ses clients. Bien dans son corps comme dans sa tête, ce Gadzarts qui adore le bricolage depuis son plus jeune âge ne montre aucune gêne à dérouler son parcours. Au contraire, l’air posé et calme, il prend plaisir à le faire avec un sens aigu des détails. Ses lunettes teintées renforcent son côté sérieux, ce qui ne le rend pas moins volubile en anecdotes. Morceau choisi : en mission d’intérim à Matra Défense, on lui demande de développer le plan de montage pour l’usinage d’une pièce d’obus sur une presse d’emboutissage. Il découvre sur la machine des défauts d’ergonomie et de qualité dont personne jusqu’ici n’avait soupçonné l’existence. Il décide alors d’en concevoir une nouvelle. Ni plus ni moins. Adepte des mains dans le cambouis, Jean-Claude Baudet sait aussi prendre de la hauteur pour enfiler le costume de

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tourné vers le cocooning que vers les activités d’extérieur. L’occasion de profiter d’une vie de famille à laquelle il est particulièrement attaché. Communicatif, ouvert aux autres, il ne considère pas la différence comme un obstacle mais comme une source d’enrichissement. « Nous sommes aussi difmanager. De Thales à Segula Technolo- férents que l’eau l’est du fer. Tout nous gies, en passant par Cap Gemini Sogeti, oppose. Par exemple, j’aime le sport 4D Concept ou Nexter Systems, il a mais pas lui. Pourtant nous sommes de cultivé la même passion bons amis depuis trente pour la technologie et ON dEViNE ans », atteste Bruno Perez, UN iNgéNiEUR l’ingénierie. Quand il se COmblé, ancien camarade au colretourne sur sa carrière, TaNT sUR lE plaN lège militaire du Mans, le bilan est plus que posi- pERsONNEl QUE actuellement directeur tif : beaucoup de satisfac- pROfEssiONNEl. de Colisée Patrimoine. tions, très peu de regrets. Ses amis apprécient sa À l’écouter, on devine un ingénieur simplicité, sa droiture et sa fidélité. « C’est comblé tant sur le plan personnel que quelqu’un en qui vous pouvez avoir une professionnel. confiance totale. Si je devais partir au front et me confier à quelqu’un, c’est vers l’hOmmE lui que je me tournerais », témoigne Vincc Bon vivant cent Dubar. Né en 1963 à Vichy, Jean-Claude Baudet affiche avec fierté ses racines auvergna- l’iNgéNiEUR tes. Le physique trapu, le visage rond et cc Orfèvre des systèmes barbu, il donne l’image d’un homme épacomplexes noui. « C’est un bon vivant, passionné par Dès 10 ans, Jean-Claude Baudet se découla cuisine japonaise. Il adore préparer des vre une vocation de soldat. Les armes et bons plats pour ses invités et lui-même », l’univers militaire le fascinent. Contre confirme Vincent Dubar, son ancien l’avis de ses parents, il entre à 13 ans à patron chez Thales puis Nexter Systems, l’école militaire préparatoire technique aujourd’hui responsable de l’exploitation du Mans. C’est la grande désillusion ! du laser Mégajoule au CEA à Bordeaux. Encadrement trop rigide, discipline trop Privé de sport à cause d’un problème de stricte… De cette contrariété, il tire une santé, Jean-Claude Baudet se reporte sur leçon humaine. Il restera à l’école mais des plaisirs simples. « En bon Auvergnat, changera son fusil d’épaule en passant je préfère me retrouver avec des amis le concours des Arts & Métiers. « J’étais autour d’un bon saucisson plutôt que attiré par la culture technique générale d’aller courir dans la forêt », plaisante- de cette école d’ingénieurs », il. Ce père de trois garçons est davantage se remémore-t-il aujourd’hui.

T. GOGNY POUR INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES

La technologie est sa passion. L’ingénierie sa vocation. En prenant la toute nouvelle direction de la R & D d’Alten, Jean-Claude Baudet apporte une expérience de plus de vingt ans dans ce métier. Sa mission ? Développer une démarche proactive d’innovation en anticipant l’évolution technologique. À l’aise avec la technique, il préfère l’aborder dans le cadre de systèmes complexes. Portrait d’un ingénieur qui a trouvé sa voie dès ses premiers pas.


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cc ses 3 dates clés

1977 Il entre à l’école militaire préparatoire technique du Mans. 1988 Il obtient son diplôme d’ingénieur des Arts & Métiers. 1989 Il rejoint Thales, première étape importante de sa carrière.

CONFÉRENCE c

Jean-Claude Baudet introduit une table ronde sur le thème de l’ingénierie en obligation de résultat, à l’occasion des rencontres de l’ingénierie 2010 www.industrie-technologies.fr

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www.industrie-technologies.com

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BOUSSOLE Un gadget qui l’aide à ne pas perdre le Nord ni le sens de l’humour.

Mon expérience m’a beaucoup enrichi et a conforté mes compétences dans le management de la technologie.

TABLEAUX Deux toiles de Philippe Le Squeren, un ingénieur et un peintre qui tient une galerie virtuelle (www.galerie73.fr). Des œuvres qui stimulent sa créativité et l’inspirent dans son travail d’innovation.

MONTRE RADO CERIX EN CÉRAMIQUE Elle symbolise pour lui la perfection d’une solution, un objet qui est à la fois design et high-tech tout en restant simple et fonctionnel.

Un choix cohérent avec son goût pour le attiré par l’approche système. » Paradoxal pour quelqu’un qui aime profondément bricolage et son sens du concret. Maître dans l’art de transformer un la technique et fait avancer la science. Il concept purement théorique en quelque pousse même sa vocation d’ingénieriste chose qui marche effectivement, tout en jusqu’à essayer d’appliquer les méthodes respectant les délais et les limites du bud- d’ingénierie à la gestion de la douleur à get, il surprend dès ses débuts ses supé- l’hôpital. rieurs hiérarchiques par son approche technique novatrice et son souci tout par- lE maNagER ticulier des détails, de la précision, de la cc Proche du terrain perfection. « Il ne se contente jamais de la C’est en jouant de la trompette dans la facilité, affirme Bruno Perez. Sa rigueur le troupe du collège militaire du Mans que pousse à aller au-delà des solutions com- le jeune engagé découvre sa vocation de munes pour trouver celle qui s’avérera la manager. « Je me suis rendu compte que je plus pertinente, sans jamais tomber dans me comportais, non pas comme un siml’usine à gaz. La recherche permanente ple musicien, mais comme un chef d’orde l’excellence relève chez lui de la mys- chestre », se souvient-il. Dès sa première tique. » « C’est un véritable orfèvre des étape professionnelle, en tant que responsable des études logistisystèmes, renchérit Vinques de tous les projets cent Dubar. Il sait présen- « la REChERChE de défense antiaérienne ter ses travaux comme de pERmaNENTE dE l’ExCEllENCE de Thales, il est à la tête l’horlogerie fine. Avec le RElÈVE ChEZ lUi d’une équipe de 40 perdéfaut de devenir parfois dE la mYsTiQUE » sonnes. Chez Nexter Sysésotérique. » tems, il dirige un départeDe Thales à Segula Technologies, l’ingénieur exerce différentes ment de 70 salariés et dispose d’un budget responsabilités et côtoie de multiples de 22 millions pour remplir sa mission de technologies. Mais il a toujours refusé de gestion de la documentation technique s’enfermer dans une spécialité. « Je n’ai et de la formation des clients. En devejamais été tenté par la conception d’une nant directeur des offres en France de carte électronique, le développement d’un Segula Technologies, il coiffe un effectif logiciel informatique ou la création d’une de 2 000 personnes. Chez Alten, prestapièce mécanique, explique-t-il. D’ailleurs, taire de service en R & D, il n’a plus direcje déteste l’électronique. J’ai toujours été tement de personnel sous ses ordres mais

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son expérience des relations humaines est essentielle. Son rôle relève de l’animation, de la veille et de l’appui technologique aux équipes internes. Sa grande expertise technique lui assure naturellement légitimité et leadership. Son style de management, jugé positivement paternaliste, procure à ses collègues le sentiment d’être protégés. « Il ne lâche jamais un collaborateur qui commet une erreur », rapporte Bruno Perez. En contrepartie, il est aussi exigeant envers ses subordonnés qu’envers luimême et leur demande une implication à toute épreuve. « Il était plus “esclavagiste” pour lui-même que pour ses équipes, modère Vincent Dubar. Il savait déléguer mais aussi reprendre du travail à sa charge. » Humain, pédagogue et patient, il sait captiver l’attention des autres, motiver ses équipes et éviter l’autoritarisme à tout prix. Il s’implique directement dans la recherche de solutions, et quand il en trouve une, il n’hésite pas à la partager avec les autres. Autant de qualités qui lui seront utiles dans son nouveau poste et dans sa mission qui consiste à redynamiser l’innovation française en favorisant les transferts de technologie vers les grands industriels, clients d’Alten. cm ccridHa louKil rloukil@industrie-technologies.com

T. GOGNY POUR INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES

ccses 3 oBJets FéticHes


fiChE méTiER

SA MISSIOn c C’est trivial : l’acheteur… achète pour l’entreprise le matériel dont elle a besoin. Depuis les trombones de bureau et boulons d’atelier jusqu’aux pièces maîtresses pour le cœur de l’activité de sa société.

ENViRONNEmENT

Acheteur, une profession en pleine évolution, surtout en Europe. Avec la multiplication des emplettes en pays « low cost », les grandes entreprises ont de plus en plus besoin de professionnels rompus aux ficelles du métier.

méThOdE

Responsable des achats industriels

c Sa recette : une vision à long terme et les pieds sur terre pour fonctionner au quotidien. Une défaillance dans l’approvisionnement, et c’est toute la production qui peut être paralysée. c À long terme, il prospecte et identifie de nouveaux fournisseurs. Il observe sur place comment se déroule la fabrication du produit à acquérir : outre le prix et la qualité, la confection doit respecter un cahier des charges environnemental et humain.

OUTil

cc FrAnÇOIS VOUTerS 24 ANS, DIPLÔMÉ D’UN MASTER SPÉCIALISÉ DE L’ESSEC EN GESTION DES ACHATS INTERNATIONAUX, ACHETEUR PROJET BOÎTES DE VITESSES CHEZ RENAULT

c À moyen terme, il passe des commandes et négocie des volumes, ainsi que les très sensibles conditions et délais de paiement. La trésorerie de l’entreprise qui l’emploie en dépend. c À court terme, il anticipe la livraison des marchandises grâce à son tableau prévisionnel.

le cOnSeIl DU PrO

«on doit obtenir le meilleur de nos fournisseurs. la première qualité est d’être à l’écoute. cela permet de garder un œil sur les contraintes de chacun: en interne, les services financier, technique et logistique, et en externe, le fournisseur. c’est une fonction montante. on ne fait pas seulement de l’approvisionnement et de la gestion des coûts mais aussi de la stratégie, car les sociétés sont de plus en plus externalisées.»

Le salaire d’un responsable des achats débutant tourne autour de 35000 euros bruts par an. Après 5ans d’expérience, le salaire peut grimper de 20 à 30%, et venir flirter avec les 45000euros. Ensuite, tout dépend des responsabilités : un acheteur peut devenir un manager encadrant une équipe en charge des achats, son salaire augmentera alors en conséquence.

méTiER

BRUNO LEVY POUR INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES

eT le SAlAIre DAnS TOUT ÇA ?

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fiChE méTiER

méThOdE

Responsable des achats industriels QUelleS cOMPéTenceS ?

ENViRONNEmENT

c Le sens du négoce. L’achat industriel est un métier de relations. C’est l’art d’être proche mais pas trop, instiller une « pression positive » est essentiel. Doser son pouvoir sur les fournisseurs est une source de longévité à ce poste : les insomnies pour avoir pris à la gorge un sous-traitant sont malheureusement courantes.

OUTil

c Une faculté d’écoute des besoins de l’entreprise. Plutôt que d’acheter un parapluie, il faut acheter « quelque chose qui sert à se protéger de la pluie ». Un état d’esprit indispensable pour dégotter le meilleur produit remplissant la fonction recherchée.

c De l’éthique. Les pots-de-vin, c’est à la fonction achats qu’ils arrivent. Accepter les restos mais refuser les cadeaux s’apprend au fil du job, tout comme la fermeté.

c Le candidat dont les entreprises sont friandes est doté d’un profil technique, ingénieur par exemple, complété par un master professionnel spécialisé en achats industriels.

L’école Skema propose des mastères spécialisés dans la logistique et les achats.

c Beaucoup d’écoles se sont positionnées sur ce créneau. HEC y consacre une formation spécifique. Les masters des écoles de commerce de Lyon ou Bordeaux management school sont également prisés. À Lille, le Ceram business school et l’ESC Lille ont fusionné et ont récemment ouvert des mastères spécialisés dans les fonctions de supply chain et d’achat. L’École de management de Strasbourg propose un master «achats internationaux», tout comme l’université de Nice Sophia Antipolis ou encore L’ICN business school (ex Institut de commerce de Nancy) qui a lancé, à la rentrée 2010, un master «Management stratégique et opérationnel des achats» très pointu.

OÙ eXercer SeS TAlenTS ? c Dans la fonction achat, la crise n’est pas passée par là et l’on embauche à tout va. Toutes les grandes entreprises ont un service achat. «En logistique, une fonction proche, on proposait dix postes pour un diplômé, en France, en 2009 », selon Renato Guimaraes, responsable du master achats de l’ICN business school. c L’automobile et l’aéronautique sont les secteurs rois pour l’acheteur, tout comme la téléphonie, le ferroviaire ou l’industrie pharmaceutique. Mais d’autres débouchés existent. c Si vous avez une formation financière et la fibre, vous pouvez occuper un poste d’achat de produits très spéculatifs tels les matières premières (l’or, d’autres minerais ou des produits agricoles), pour un grand groupe industriel. À vous d’avoir le flair de sentir le moment d’acheter alors que les cours ne sont pas forcément favorables. c Les juristes de droit des affaires pourront se consacrer à un type d’achats particulier: celui de brevets technologiques. Dans les contrats liés à la propriété intellectuelle, les clauses sont à examiner à la loupe.

eT APrèS ? c Avoir fait ses classes au service achats d’un grand groupe industriel est très formateur. Une entreprise garde souvent ses bons acheteurs. Plusieurs reconversions sont possibles: travailler à l’organisation de toute la supply chain de l’entreprise ou devenir ingénieur de production, pour les férus de technique et ceux qui se seront passionnés pour le produit… Il n’est pas étonnant non plus de voir un acheteur passer du côté de la vente, et gérer le marketing de long terme. c Au niveau senior, en restant dans la fonction achat, développer ses capacités managériales et encadrer une équipe est une autre voie. En savoir plus ? www.achats-industriels. com/ C’est le portail des acheteurs de l’industrie: catalogue de produits, annuaire de sous-traitants, répertoire des formations, fiches pratiques pour mieux choisir son matériel, mise en lien avec des experts et vidéos… Ce site donne un bon aperçu des commandes que passent au quotidien les acheteurs.

D.R.

méTiER

c Une fibre polyglotte. À l’heure des achats globalisés au Maghreb, au Brésil ou en Chine, être trilingue est une compétence appréciée. Même si les coups de fil sont plus courants que les voyages au bout du monde.

QUelleS FOrMATIOnS ?

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ccana lutZKY redaction@industrie-technologies.com


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paRCOURs

CAMPUS Compléter un diplôme d’ingénieur français par un second, étranger, est une pratique connue. Obtenir deux titres d’ingénieurs en France l’est moins. Pourtant autant d’étudiants font le choix du double diplôme franco-français que de l’international. Une stratégie qui se révèle autant un atout à l’embauche qu’un moyen de donner une nouvelle orientation à son projet professionnel.

DOUBLE DIPLÔME 26 % des ingénieurs français possèdent un diplôme en complément de leur cursus d’ingénieur.

ath sup, math spé, les concours puis trois ans d’école, le tout à quarante heures de cours hebdomadaires. Le chemin est éprouvant avant l’obtention d’un diplôme d’ingénieur. Malgré tout, 7,1% des ingénieurs de l’Hexagone décident d’en avoir deux, dans deux écoles françaises différentes, d’après les résultats de l’étude annuelle du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF) publiée en juin 2010. Une situation moins connue et pourtant plus répandue que le double diplôme obtenu à l’étranger (6,6%). Plusieurs voies existent pour la conquête d’un tel sésame. Les plus faciles à emprunter sont celles offertes par les accords entre établissements diplômant. Les écoles du pôle ParisTech, par exemple, ont des partenariats de ce type, notamment entre elles. Ainsi, Arts et métiers ParisTech donne à ses étudiants la possibilité d’ac-

m

quérir des double diplômes avec Supélec, l’École navale, l’Institut national des sciences et techniques du nucléaire (INSTN), l’ESTP (travaux publics); des accords avec AgroParisTech et l’IFP School sont en phase de signature. Le nombre de places par école varie de cinq à quinze par an. C’est peu relativement aux 1 050 étudiants que comprend chaque promotion. cc Pour

valoriser sa candidature à l’embauche

Une sélection s’impose : un jury examine les dossiers déposés. Il regarde la motivation de l’étudiant, mais surtout son classement dans la promotion. AgroParisTech, au contraire, s’intéresse davantage à la motivation et à la cohérence du projet professionnel de l’étudiant qu’à ses résultats. Pouvoir inscrire deux titres d’ingénieur sur le CV est attrayant : « Ça m’a aidé à

Le cas de l’X c X-Ponts,

X-Mines… qu’est-ce que ça veut dire au juste ? À l’École polytechnique, les étudiants ont la possibilité de faire leur quatrième année dans l’une des 16 écoles partenaires de l’établissement,

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dites « d’application ». Parmi elles, Mines ParisTech, Ponts et Chaussée, Centrale Paris, l’Ensta ou encore l’IFP School. La durée de cette spécialisation est en général de 18 mois. Environ 150 étudiants (sur

chaque promotion de 500) empruntent cette voie. L’échange n’est pas réciproque : Polytechnique ouvre uniquement ses portes à un ou deux étudiants des Arts et métiers en fin de cursus chaque année.

valoriser ma candidature à l’embauche, à la fois pour la double expertise et pour la capacité d’adaptation que cela démontre », explique Benoît Liégey, titulaire d’un double diplôme Chimie ParisTechAgroParisTech. Le revers de la médaille est l’allongement de la scolarité. « L’idée est séduisante mais pas forcément facile à mettre en œuvre», analyse Anne Rameau, directrice des études du cursus agronome à AgroParisTech. Opter pour le double diplôme ajoute au minimum un an au cursus, mais le jeu peut en valoir la chandelle. L’expertise qu’apporte une année supplémentaire à l’ESTP permet à la plupart des étudiants concernés d’être recrutés directement au forum organisé chaque année par les Arts et Métiers, lieu de rencontres entre étudiants et industriels. Le plus souvent, le double diplôme d’ingénieur est ainsi l’occasion d’acquérir des compétences dans un domaine particulier. En l’absence d’accords préétablis entre établissements, une initiative personnelle de l’étudiant suffit. Des diplômes de spécialisation reconnus par la Commission des titres d’ingénieur existent pour répondre à ses attentes. «Peu d’établissements peuvent délivrer ce titre. Le plus reconnu est sans doute celui de l’IFP School», précise

Mines ParisTech propose dix-huit mois de spécialisation aux polytechniciens.

D. R.

Ces étudiants qui s’offrent deux titres d’ingénieurs


paRCOURs

cc Hélène ScHernberg actuaire dans un caBinet de conseil

« On n’est pas coincé dans son école » Entrée à AgroParisTech en 2006, j’ai enchaîné avec deux années à l’Ensae, à partir de 2008. Je m’y suis spécialisée en actuariat, les mathématiques des assurances. Depuis six mois, je travaille dans un cabinet de conseil. Une mauvaise orientation au départ est à l’origine de ce revirement. Ce n’est qu’une fois en prépa bio que je me suis rendu compte que je préférais les maths, et de loin. Les partenariats entre écoles débouchant sur un double diplôme autorisent ces erreurs de jeunesse et offrent l’opportunité de redresser la barre. Dans le monde de l’assurance mon passage par l’agro intrigue. Lors de mes entretiens d’embauche, les personnes que je rencontrais cherchaient toujours à comprendre. Toutes ont commenté l’originalité de ce parcours qui avait suscité leur intérêt.

D. R.

Jacques Gelas, délégué aux affaires internationales de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi). Cette école, dont les domaines d’excellence sont l’énergie et la motorisation, recrute 350 ingénieurs diplômés en provenance d’une cinquantaine d’autres écoles françaises par an. La formation qu’elle assure dure 16 mois. « On fait la médiation entre les candidats et les entreprises, on sait quels sont les profils recherchés et on favorise la rencontre », explique Jean-Luc Karnik, directeur de l’IFP School. Là aussi, la stratégie s’avère payante puisque 99 % des étudiants sont placés dès l’obtention du diplôme. cm ccFlorence martinacHe redaction@industrie-technologies.com

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iNTElligENCEs

L’avenir de la filière nucléaire française.

ccl’enJeu

Les 58 réacteurs français en service sont répartis sur 19 centrales nucléaires. La consommation électrique française a atteint 513,3 TWh en 2010. Et la production 550,3 TWh, dont 74 % sont issus de l’atome. Chez EDF, la division ingénierie nucléaire gère la maintenance exceptionnelle et les modifications de conception des réacteurs. Elle emploie 4 000 personnes et prévoit 400 embauches par an de 2010 à 2012. Le nucléaire représente 60 % des investissements publics en R&D consacrés à l’énergie. Un réacteur EPR est aujourd’hui en construction en France, dans la Manche. Raccordement au réseau prévu en 2012. Sources : EDF, RTE, Greenpeace, AIEA

DÉBAT

Quel âge pour la retraite des centrales nuclaires ?

Trentenaires et bientôt proches de leur fin de vie théorique. Les plus anciens réacteurs nucléaires doivent-ils être prolongés ? Le peuvent-ils seulement ? Le principal intérêt est économique. Mais la technologie suivra-t-elle ? Dans les centrales nucléaires françaises, industriels et chercheurs scrutent le vieillissement des matériels, tandis que les exigences de sûreté sont toujours plus élevées. Derrière cette prolongation, c’est le contour de la filière nucléaire dans l’Hexagone qui est à redessiner.

AÎNÉE La plus ancienne centrale française a 34 ans. Il s’agit de Fessenheim.

ravailler plus pour gagner plus ? Une alsacienne de 34 ans relance le débat sur l’âge de la retraite. Fessenheim – c’est son nom – est la plus ancienne centrale nucléaire française, hors installations expérimentales. En théorie, la trentenaire a été conçue pour 40 ans. Mais EDF, qui l’exploite, veut la prolonger jusqu’à 60 ans. Dans la foulée, la question se posera pour l’ensemble des 58 réacteurs tricolores. « Aux États-Unis, la moitié des réacteurs ont déjà obtenu leur autorisation. La décision est également prise en Belgique, en Hollande, en Suisse, au Canada, au Japon », argue Alain Keramsi, directeur du programme “durée de fonctionnement des centrales” chez EDF. La rentabilité est l’argument majeur. L’enjeu est double : exploiter des installations amorties et lisser le renouvellement du parc. Prolonger un réacteur coûte en effet moins cher que d’en construire un neuf. « Mais ne le rend pas pour autant rentable », dénonce Jean-Marie Brom, directeur de recherche CNRS dans la phy-

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sique des hautes énergies. Au début du programme nucléaire français, le retour sur investissement était calculé pour une durée de trente ans. Suite aux investissements réalisés depuis, il a été prolongé d’une décennie. Avant l’arrêt définitif des réacteurs, le compte à rebours est lancé.

cc

VISIbIlITé À DIX AnS

À quel âge est-il prévu d’arrêter les centrales nucléaires françaises? Officiellement… aucun. Certes, pour dimensionner les équipements, les ingénieurs ont basé leurs calculs sur une hypothèse de quarante ans. Mais légalement, la mise en service d’un réacteur fait l’objet d’un décret. Sans référence à aucune durée de vie. En contrepartie, une visite de contrôle décennale est imposée. Elle dure quatre à six mois. « Nous vérifions si le comportement de l’installation est conforme aux prévisions. Si c’est le cas, nous accordons l’autorisation d’exploiter pour dix années supplémentaires », résume Guillaume Wack, directeur des centrales à l’Autorité de sûreté nucléaire. Exemple, avec la cuve du réacteur. Elle contient des « éprouvettes ». Des lingots composés du même matériau que la cuve. Placés plus près du combustible, ils sont davantage sollicités. Tous les dix ans, une partie est prélevée et soumise à des

contraintes mécaniques pour prédire le futur comportement de la cuve. À l’horizon d’une dizaine d’années. Les centrales les plus anciennes ont passé la visite décennale des trente ans. Mais la prochaine pourrait s’avérer plus délicate. « Les dossiers techniques prennent pour hypothèse quarante ans de fonctionnement. Pour aller au-delà, l’exploitant doit en redéposer », insiste Guillaume Wack. Une analyse fine des risques et des incertitudes s’impose. « Elle suppose de développer de nouveaux outils de prédiction», juge Bernd Grambow, directeur du laboratoire Subatec des Mines de Nantes. Depuis les années 1960, la modélisation (notamment en mécanique des matériaux) et les puissances de calcul se sont en effet améliorées. « Autrefois, le comportement macroscopique prévalait. Désormais, les calculs sont poussés au niveau atomique», confirme Christophe Béhar, directeur du pôle nucléaire au CEA. Des progrès scientifiques bienvenus pour lever les derniers doutes.

cc

DeS IncOnnUeS TecHnOlOgIQUeS SUbSISTenT

Dans l’histoire atomique, l’un des plus célèbres retours d’expérience est la centrale américaine Davis Besse. Une visite de contrôle décela une anomalie : le cou-


iNTElligENCEs

Un parc français vieillissant c 1977

Année de raccordement de la première centrale nucléaire au réseau.

c 26

ans Age moyen des réacteurs

c Sur

les 58 réacteurs industriels, 21 auront dépassé les trente ans, soit 1/3.

RÉA

La centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace (ici en construction) est dotée de deux réacteurs à eau sous pression de 900 MW chacun, raccordés au réseau électrique en 1977.

vercle de la cuve ne tenait plus que par trois centimètres d’épaisseur, contre quinze à l’origine. Cette découverte servit de leçon à tous les réacteurs de technologie Westinghouse, notamment utilisée en France (EDF assure avoir changé tous ses couvercles). Ce type de retour d’expérience – après incidents ou visites de contrôle – a jusqu’ici permis de renforcer la sûreté des réacteurs en exploitation. Et de franchir les visites décennales successives. « Le grand atout d’EDF est la standardisation de son parc. Tous ses réacteurs sont de conception voisine à eau pressurisée », note Bertrand Castanet, ancien responsa-

ble du planning stratégique d’Areva. Quand EDF détecte une anomalie, il peut mettre à niveau tous ses réacteurs. Pour allonger la durée de vie des centrales, la maintenance traditionnelle ne suffira pas. Obstacle numéro un, le vieillissement. « La prolongation ne peut se faire qu’en changeant certains appareils, comme le générateur de vapeur », évoque Martine Griffon, vice-présidente exécutive d’Assystem. Quant à la cuve et à l’enceinte de confinement, ces composants sont critiques car irremplaçables. « Un flux de neutrons envoyé sur un métal réduit sa résistance mécanique. Les gaz générés, hydrogène

et hélium, le fragilisent aussi », précise Christophe Béhar. Quel impact auront ces phénomènes sur la tenue des matériaux passés les quarante ans ? L’incertitude demeure aussi sur le comportement du béton. Se fissurera-t-il ? L’acier qui le renforce va-t-il se corroder ? « Il faut également anticiper le devenir des câbles de puissance et de contrôle commande », signale Martial Jorel, directeur de la sûreté des réacteurs à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). « Ils passent à travers des parois coupe-feu et ne sont pas toujours simples à changer. » Entre autres inconnues… Ces questions sont d’autant plus cruciales que les exigences de sûreté augmentent avec le temps. « Les premiers réacteurs, encore en service, ne résistent pas à la chute d’un avion. L’EPR, au contraire, possède une double coque en béton pour s’en protéger. Il existe donc un double standard de sécurité », regrette Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France. Comment amener les anciennes centrales, pour les prolonger, aux standards actuels de sûreté ? Jusqu’en 1979, par exemple, la fusion du cœur, jugée peu probable, n’était pas intégrée aux critères. Puis vint l’accident de Three Mile Island aux États-Unis. Le cœur du réacteur a fondu. Depuis, ce MARS 2011ccN°931

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iNTElligENCEs

risque est pris en compte dès la conception des réacteurs. L’EPR possède ainsi un système de récupération du cœur fondu. Pas les centrales que l’on veut prolonger. Faut-il leur imposer un équivalent ?

ccJeAn-MArIe brOM directeur de recherche au cnrs

« On est aux limites de la physique »

cc

l’AVenIr IncerTAIn De l’ATOMe

Au final, les modalités découleront d’un compromis technico-économique. À un détail près: comment inscrire l’éventuelle prolongation des centrales dans le futur mix énergétique ? Pour les uns, comme Philippe Clergue, directeur “base installée France” d’Areva, « cette prolongation permettrait une montée en puissance progressive du nouveau parc nucléaire. » Dans ce cas, « sauf à prendre des risques considérables sur la durée de vie moyenne des réacteurs en service, il est indispensable que de nouveaux réacteurs entrent en fonctionnement… dès 2020 », écrivaient en 2003 dans un rapport les députés Christian Bataille et Claude Birraux. Mais pour construire quels réacteurs ? Plus sûr, l’EPR est aussi plus cher. Or la France ne réalisera pas d’économies d’échelle par une fabrication en série comme par le passé (ses 58 réacteurs étaient sortis de terre en seulement vingt ans, de 1977 à 1998). Quant à la génération suivante de réacteurs, dite à neutrons rapides, des ruptures technologiques restent incontournables. Leur faisabilité industrielle, à coût compétitif et à niveau de sûreté suffisant, est loin d’être garantie. Pourtant, avant de prolonger ses centrales, la France devra décider de son futur mix énergétique. Quelle alternative existet-il à la prolongation des centrales en service ? Le renouvelable, selon les ONG écologistes. Pour le WWF, sa part dans le réseau peut atteindre 95 % en 2050. Greenpeace vient aussi de publier sa feuille de route: un réseau électrique européen alimenté à 68 % par le renouvelable

«Non, il ne faut pas prolonger les centrales. Les motivations sont avant tout commerciales, pour maintenir l’image de la filière nucléaire à l’étranger. Et politiques: dans un pays centralisé comme la France, l’atome concentre les clés de l’énergie en quelques unités et reporte toujours les problèmes à plus tard. Au lancement du programme nucléaire, nous avions de l’uranium en France. Il signifiait indépendance énergétique. À l’époque, la société croyait qu’avec la science, tout était possible: l’Homme venait de marcher sur la Lune, le Concorde volait… Elle pensait que la technologie, un jour ou l’autre, résoudrait tous les problèmes posés par le nucléaire. Démantèlement, déchets radioactifs… Désormais, cette logique n’est plus valable. On sait que la physique a des lois qu’on ne peut outrepasser. »

en 2030 et à 99,5 % en 2050. À condition, notamment, d’arrêter 90 % des centrales nucléaires et à charbon dans les vingt ans. Donc de ne pas les prolonger. Utopique? L’option renouvelable suppose des innovations, notamment dans l’efficacité énergétique, le stockage de l’énergie et le pilotage du réseau. « Mais il suffirait

LES DÉFIS DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE DU FUTUR Les priorités des chercheurs pour mettre au point les réacteurs de quatrième génération, à neutrons rapides.

I&T hors-série sur l’énergie, juin 2010

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ccgUIllAUMe WAcK directeur des centrales nucléaires À l’asn

« Prolonger les centrales ? C’est un choix de société à faire. Au gouvernement de décider de l’arrêt définitif d’un réacteur avec ses conséquences sur la fourniture d’électricité du pays. Des générations plus sûres existent, comme l’EPR, mais elles sont plus chères. Entre la sûreté et le prix de l’électricité, un arbitrage sera nécessaire. Comment approcher les performances des nouveaux réacteurs ? Comment fiabiliser les approvisionnements en pièces de rechange ? Certains matériels datant des années 1970 réclament des compétences spécifiques. Comment les pérenniser ? Il faudrait fixer une date butoir pour savoir que demander à l’exploitant. Nos exigences atteignent parfois les limites de la R & D. »

de réattribuer les fonds. Aujourd’hui, entre 12 et 15% du budget de la recherche civile publique est consacrée au nucléaire», note Jean-Marie Brom. Entre le nucléaire et le renouvelable, faudra-t-il choisir ? cm cctHomas Blosseville redaction@industrie-technologies.com

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LA BOMBE À RETARDEMENT La gestion des déchets radioactifs bute encore sur de nombreux verrous technologiques.

I&T n°915, octobre 2009

« Il faut arbitrer entre sûreté et coût »

COMMENT DÉMANTELER LES CENTRALES NUCLÉAIRES Le nucléaire doit montrer sa capacité à démanteler ses centrales. Découvrez les chantiers pilotes.

I&T n°806, juillet 1999


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iNTElligENCEs

Découvrez les mesures de précaution du CEA pour la manipulation des nanomatériaux.

PAROLES D’AUTEUR Physique L’explosion silencieuse des nanotechnologies

uelques mois après s’être intéressé à l’infiniment grand avec son ouvrage sur l’origine de l’univers, Étienne Klein revient avec le monde infiniment petit des nanotechnologies dont les retentissements sont visibles aussi bien dans la communauté cc Évaluer les changements scientifique que dans la société. Fédérainduits par les nanos trices de nombreuses disciplines, instituIl n’empêche. Les principes physiques tions et industries, les nanos cristallisent inédits qui régissent l’échelle nanoméaussi dans l’opinion bon nombre d’in- trique rendent les objets de cette dimenquiétudes plus ou moins fondées : robots sion très intéressants. Ils sont à l’origine espions invisibles à l’œil nu, estom- d’applications dans des domaines aussi pement de la frontière variés que l’énergie, la entre naturel et artifi- « lEs NaNOsCiENCEs santé ou l’informatique. REgROUpENT ciel, homme cyborg ou dEs spéCialisTEs Après avoir énuméré augmenté… À tel point d’UNiVERs quelques exemples, qu’une organisation difféRENTs .» existants ou hypothétinon gouvernementale ques, Étienne Klein canadienne a même réfléchit à la façon renommé les nanotechnologies « small dont les nanotechnologies peuvent être bang », estimant qu’il pourrait très bien mises en débat dans la société. Sans s’agir d’une « réplique technologique » désamorcer totalement les inquiétudes du big bang. du grand public, le physicien propose Physicien des particules, Étienne Klein d’instaurer un observatoire afin « d’évaapporte sa contribution de scientifique luer continûment les changements éclairé et « non partisan » au débat. induits dans nos modes de vie et nos En premier lieu, il s’attache à délimiter valeurs par les nanotechnologies à le secteur des nanotechnologies qui mesure qu’ils se feront. » De par leur ne dispose pas d’une définition claire. capacité à « transformer le naturel », « Alors que l’astronomie ou la physique ces dernières présentent le risque de des particules sont des domaines de rendre les technologies encore plus la connaissance très bien définis, les imperméables à la connaissance des nanosciences regroupent des spécialistes citoyens. Une piste intéressante pour d’univers différents », explique l’auteur. ne pas reproduire l’échec du débat Les appellations trompeuses sont égale- public français entrepris fin 2009 sur ment de la partie, à l’instar du terme le sujet. cm « nanoparticule » qui désigne en réalité des objets un milliard de fois plus ccludovic FerY gros que les particules authentiques, lfery@industrie-technologies.com

Q

cceTIenne KleIn directeur au laBoratoire de recherche sur les sciences de la MatiÈre au cea de saclaY ccle livre

LE SMALL BANG DES NANOTECHNOLOGIES Éditions Odile Jacob, 150 pages, 17 euros ccet aussi

Comment fonctionnent les nanomachines ? de Louis Laurent, Bulles de science, 2010 Ce livre retrace l’histoire du monde nano depuis ses débuts en 1959, quand le prix Nobel de physique Richard Feynman estima possible de construire des objets de la taille des atomes. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage toutes les clés pour comprendre les lois en vigueur à l’échelle du nanomètre, et dans le même temps le mode de fonctionnement des nanomachines. Microprocesseurs, assemblages moléculaires, méthodes de fabrication… Louis Laurent donne assez d’exemples pour réaliser que le nanomonde est bien réel.

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Spécialiste de la question du temps, Étienne Klein a écrit de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique sur les grandes interrogations de la physique fondamentale et l’origine de l’univers. C’est dans le cadre d’une réflexion sur les rapports entre sciences et société, et pour le compte du Conseil d’analyse de la société dirigé par Luc Ferry, qu’il s’est intéressé au sujet des nanotechnologies. Il dirige actuellement le Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au CEA de Saclay.

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tels que l’électron ou le quark. Étienne Klein rappelle qu’une des intentions du label « nano » était de séduire les politiques et les investisseurs, au départ aux États-Unis. En témoigne la flambée du préfixe « nano » dans les publications scientifiques depuis deux décennies, alors que l’angström, lui, unité dix fois inférieure au nanomètre, a quasiment disparu.

D.R.T. GOGNY ; D.R.

Étienne Klein livre sa vision de physicien et de philosophe des sciences sur les nanotechnologies. Leur essor semble imparable pour développer aussi bien des nouveaux matériaux que des thérapies innovantes. Mais, selon l’auteur, leur croissance doit aussi être soigneusement encadrée pour répondre aux craintes du grand public.


lEs jEUx

ccl’éNigmE

Le train et les inconnues proposée par cc pierre BerloQuin

Un train traverse une gare sans s’arrêter. Il met 5 secondes à passer devant un voyageur immobile qui attend un autre train. Il met 20 secondes à traverser entièrement la gare, qui fait 450 mètres de long. On demande la vitesse du train et sa longueur. Aujourd’hui, devant un tel problème et avec l’enseignement donné dans les collèges et les lycées, notre premier

réflexe est de faire de l’algèbre : affecter des inconnues à la vitesse du train ou à sa longueur et poser des équations. Mais cette méthode algébrique, qui n’a commencé à se répandre en Europe qu’à la fin du seizième siècle alors que les mathématiciens arabes la connaissaient depuis longtemps, n’est pas indispensable.

Il est possible d’atteindre le résultat en raisonnant directement sans les x et les y. Comment ?

LA RÉPONSE DE CETTE ÉNIGME SE TROUVE sur notre site Internet www.industrie-technologies.com (en tapant dans le champ de recherche le titre de l’énigme)

ccphOTO-QUiZZ Que représentent ces photos étonnantes ?

1

A. Un revêtement absorbeur d’ondes électromagnétiques B. Motifs réguliers gravés sur une plaque de silicium C. Des nanotubes de carbone pour un système de propulsion ionique

3 A. Une feuille de graphène avec différents arrangements d’atomes B. L’analyse d’une image de satellite d’observation C. L’image fractale d’un champ analysée sur ordinateur

SOLUTION : 1-B, 2-C, 3-A

RÉA ; D.R.

A. Une tuyère de la fusée Ariane B. Un empilage de pneus C. L’obturateur optique d’un appareil photo

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ce casque a sauvé la vie du pilote Felipe Massa lors de son accident en juillet 2009.

misE À NU

Concentré de très haute technologie, ce casque de F 1 est ce qui se fait de mieux en matière de protection de la tête d’un individu. Pièce unique ayant demandé 3 000 heures de développement, il résiste à des impacts à 500 km/h, à 900 °C pendant 45 secondes, et isole le pilote du bruit du moteur.

LE CASQUE DE F1: PROTECTION POUR TÊTE BRÛLÉE ccFicHe tecHniQue

Référence : Schuberth RF 1.8 utilisé par Michael Schumacher depuis son retour chez Mercedes GP Poids : de l’ordre de 1 350 g Fabrication : 12 étapes Nombre de pièces : 80 Prix : non communiqué mais supérieur à 4 000 euros (un pilote en utilise de 8 à 12 par saison)

DESIGN SOLIDE La coque extérieure a une épaisseur de cinq millimètres. Elle est réalisée en seize couches de matériaux composites (contre trois pour un casque de moto ordinaire) à base de fibres de carbone Toray 1000. Son aérodynamique s’accorde à celle de la voiture.

TÊTE FROIDE Les ouïes et canaux de ventilation distribuent sept litres d’air par seconde dans le casque.

ROUGE IMPASSIBLE La peinture ignifuge résiste à une flamme de 900 °C placée à cinq centimètres pendant 45 secondes. La température dans le casque ne dépasse alors pas 70 °C.

VISION SALVATRICE La visière est en polycarbonate de quatre millimètres d’épaisseur. Blindée, elle résiste à l’impact d’un projectile en acier trempé de cinq grammes à 410 m/s.

MASSE INFIME La fixation de la jugulaire est en titane, pour gagner cinq grammes par rapport à une pièce en acier, tout comme le bouton d’ouverture et les charnières de la visière.

LIENS INÉBRANLABLES Les sangles du système de soutien tête et cou (système Hans, pour Head And Neck Support) et la jugulaire sont réalisées en tissu ignifuge à base de Kevlar. Elles résistent, comme leurs ancrages, à un effort de 15 kN.

Suivant les normes de la FIA (Fédération internationale de l’automobile), le casque doit résister à une chute de 5 m sur différents types d’enclumes. Lors de l’impact à 9,5 m/s, il doit garder son intégrité et les capteurs placés dans une fausse tête ne doivent pas enregistrer une décélération supérieure à 300 G. Une pointe conique à 60° de 4 kg, lâchée de 3 m, ne doit pas perforer la coque externe. Le casque résiste à un écrasement dynamique de 500 J (10 kg lâchés de 5,1 m, impact à 10 m/s) en transmettant à la tête un effort inférieur à 10 kN.

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D.R.

MAINTIEN CONFORTABLE La coque interne, en Nomex et Kevlar, est positionnée dans la coque externe par cinq pièces en mousse de polystyrène. À l’intérieur, cinq autres sont mises en forme autour de la tête scannée du pilote avec une précision de l’ordre du millimètre.



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