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N°925ccSEPTEMBRE 2010 - 11

www.industrie-technologies.com

AVEC NOTRE INFOGRAPHIE ANIMÉE, DÉCOUVREZ LA FABRICATION D’ÉTIQUETTES RFID PAR IMPRESSION

ÉLECTRONIQUE POUR EN FINIR AVEC LA LOI DE MOORE ccPAGE 26

PORTRAIT ccPAGE 70

GUIDE D’ACHAT ccPAGE 52

L’astronaute qui veut démocratiser l’apesanteur

Huit logiciels de contrôle de fabrication

Jean-François Clervoy, président directeur général de Novespace

Notre sélection de 8 000 à 200 000 euros


1 société sur 4 est victime d’espionnage industriel en France*

Et si vous sécurisiez vos résultats ?

*Sources 2006 : Dossier La France Pillée de L’Expansion. Chiffres révélés par les Renseignements généraux.

Vous connaissez les risques, nous avons les solutions Une activité exercée en toute sécurité est une activité profitable et pérenne. Indissociable du niveau de performance de votre entreprise, la sécurité de vos sites, collaborateurs et clients doit être considérée comme une composante indispensable à votre chaîne de valeur. Leader français de la sécurité privée, Securitas assure la sécurité des biens et des personnes dans les secteurs de la distribution, l’industrie et le tertiaire grâce à la compétence de ses agents de sécurité, rigoureusement formés à L’Ecole Securitas.

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EDITO

Vers une autre électronique

J.C. BERTINI POUR IT

L’électronique nous a habitués aux révolutions annoncées. Depuis plus de 30 ans, les puces doublent de densité tous les deux ans, moyennant une réduction récurrente des traits de gravure. C’est la fameuse « loi de Moore », du nom de Gordon Moore, l’un des patrons historiques du géant mondial des microprocesseurs, Intel. Cette prédiction touche à sa fin. La miniaturisation, qui a permis de mettre toujours plus de transistors dans la même surface de silicium (le nombre réuni dans un microprocesseur est passé de 2 300 en 1971 à environ 1 milliard aujourd’hui), s’approche des limites physiques. La course à la performance est-elle pour autant sur le point de s’arrêter ? Pas du tout. ccRIDHA LOUKIL Notre dossier (page 26) montre qu’une autre électroniRÉDACTEUR EN CHEF rloukil@industrie-technologies.com que est en train d’émerger. De la construction de puces en 3D à la fabrication de circuits par impression jet d’encre, les voies de progression – en dehors de la L’électronique, miniaturisation – sont nombreuses. Les pistes, actuellement au stade de la recherche, se révèmoteur lent prometteuses. de l’innovation Ce développement, auquel participent notamdans l’industrie. ment, dans l’Hexagone, le CEA-Leti et de nombreuses start-up, est vital pour l’ensemble de l’industrie. Car l’électronique fournit leur intelligence à un nombre incroyable de produits, allant des systèmes d’armement au jouet, en passant par la télévision, le téléphone, la voiture, les automates ou la machine-outil. Son évolution constitue ainsi un puissant moteur d’innovation dans une multitude de secteurs. Que les industriels se rassurent donc. L’électronique n’a pas encore fini de progresser. Avec ou sans la loi de Moore, l’électronique vous réserve encore de bonnes surprises. cm

SEPTEMBRE 2010ccN°925

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SOMMAIRE

TENDANCES

EN COUVERTURE ALTERNATIVES

TRANSGREEN

Combiner des fonctions sans miniaturiser

L’électricité défie les profondeurs cc PAGE 10

cc PAGE 28

INSTRUMENTATION

INFOGRAPHIE

L’oscilloscope monte en vitesse

Quand l’électronique fait forte impression

cc PAGE 11

cc PAGE 32

SPATIAL

COMPOSANTS

Le bouclier thermique dopé par des arêtes

Les puces colonisent la troisième dimension

cc PAGE 12

TRANSPORT

cc PAGE 34

Le ferry propulsé aux électrons

EXPÉRIENCES

cc PAGE 14

Ces start-up qui s’affranchissent de la miniaturisation

MESURE

Pour cartographier le champ magnétique terrestre

cc PAGE 36

cc PAGE 15

POUR ALLER PLUS LOIN

KIOSQUE

L’enquête continue sur Internet

cc PAGE 16

MESURE

Un nez artificiel pour décrypter davantage d’informations cc PAGE 17

BAROMÈTRE cc PAGE 18

BIOTECHNOLOGIES

Un milieu artificiel pour cultiver des cellules souches cc PAGE 20

MÉDICAL

Le laser dans le rôle de pacemaker cc PAGE 21

cc PAGE 38

L’électronique au-delà de la loi de Moore

Gordon Moore, cofondateur d’Intel, a prédit en 1975 que le nombre de transistors sur une puce doublerait tous les deux ans. Depuis, cette prédiction s’est vérifi ée, et popularisée en tant que « loi de Moore ». Aujourd’hui, vérifiée, la miniaturisation touche ses limites. C’est pourquoi l’industrie cherche d’autres solutions pour rendre les puces plus performantes. Industrie et Technologies vous invite à explorer les voies de progression de l’électronique hors la loi de Moore. ccPAGE 26

SÉCURITÉ

Un détecteur de fumée made in France cc PAGE 22

ÉLECTRONIQUE

L’ordinateur à la vitesse de la lumière cc PAGE 24

AGENDA cc PAGE 25

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N°925ccSEPTEMBRE 2010

LA PHOTO-TECH Réalisées par la société allemande PME ces roues à aubes sont stockées avant d’être placées sur des pompes centrifuges destinées aux stations de pompage d’eau. cc PAGE 40


SOMMAIRE

EXPÉRIENCES

PRODUITS GUIDE D’ACHAT

Huit logiciels de Manufacturing execution system

cc PAGE 52

PARCOURS LES 3 DIMENSIONS DE

Jean-François Clervoy Président directeur général de Novespace cc PAGE 70

FICHE OUTIL

Choisir un logiciel MES

cc PAGE 57

NOUVEAUTES

Notre sélection de produits classés en 9 secteurs de référence Composants mécaniques

FICHE MÉTIER

Le Cil : il protège vos données personnelles

cc PAGE 73

CAMPUS

Voiture électrique

Les écoles d’ingénieurs accélèrent cc PAGE 76

cc PAGE 59

ENQUÊTE

Produits chimiques : passez à l’étiquetage universel cc PAGE 44

CAS D’ENTREPRISE

Energie

Arkema se couvre de photovoltaïque cc PAGE 48

FICHE MÉTHODE

Takt time pour booster les cadences de production cc PAGE 49

Mesure cc PAGE 60

INTELLIGENCES

Électrotechnique cc PAGE 61

Équipement de production cc PAGE 62

Matériel informatique cc PAGE 63

DÉBAT

L’indépendance des experts est-elle garantie ? cc PAGE 78

PAROLES D’AUTEUR

Logiciels

Paléo-technologie Science des innovations disparues

cc PAGE 64

Équipement général cc PAGE 65

Bâtiments travaux-publics cc PAGE 66

Nicola Nosengo, chargé de communication pour l’Agence spatiale italienne cc PAGE 80

Chimie-matériaux cc PAGE 66

RENCONTRE

« Le laser n’a pas épuisé son potentiel d’application » CE NUMÉRO COMPORTE UN ENCART ABONNEMENT BROCHÉ DE 4 PAGES ENTRE LES PAGES 2 ET 87

CRÉDITS PHOTOS COUVERTURE ET SOMMAIRE : GETTY; AFP ; ABACA ; T. GOGNY ; J.L. BERTINI ; D.R.

Christian Chardonnet, directeur du laboratoire Charles Fabry à l’Institut d’optique

cc PAGE 82

L’ÉNIGME

Les triangles de Pythagore

cc PAGE 85

MISE À NU

TROTTINETTE ÉLECTRIQUE : TOUT EST DANS LA ROUE cc PAGE 86 SEPTEMBRE 2010ccN°925

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Immeuble Antony Parc II 10, place du général de Gaulle BP 20156 92186 Antony Cedex Tél. : 01-77-92-92-92 Fax Rédaction : 01-77-92-98-51 Fax Publicité : 01-77-92-98-50

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INDEX

Une publication de Pour joindre vos correspondants, composez 01-77-92, suivi des quatre chiffres entre parenthèses indiqués après chaque nom.

Président Directeur général Christophe Czajka Directeur général délégué Paul Boursier RÉDACTION Directeur des rédactions Laurent Guez (9423) Rédacteur en chef Ridha Loukil (9480) Secrétaire générale de la rédaction Christine Bradu (9496) Rédactrice en chef Editing Anne Debray (9251) Assistante de la rédaction Marielle Flèche (9425) Rédacteur en chef adjoint Jean-François Prevéraud (9458) (Bureaux d’études, design, CAO, lettre Web) Rédacteurs Muriel de Véricourt (9482) (Matériaux, biotechnologies) Thomas Blosseville (9481) (Énergie, environnement) Charles Foucault (9443) (Technologies de la production) Didier Ragu (9435) (Nouveaux produits) ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Antoine cappelle, Ana Lutzky et Anne-Katell Mousset RÉALISATION Secrétariat de rédaction Nicole Torras (9493), première secrétaire de rédaction Directeur artistique Gérard Quévrin (9494) Service Photo Bernard Vidal (9490) Conception graphique Rampazzo & Associés COMMERCIAL Directeur des forces commerciales et marketing Pierre-Dominique Lucas (9403) Directrice commerciale du pôle Industrie Béatrice Allègre (9362) Directeur adjoint de la publicité Éric Talley (9578) Régions Thierry Borde, directeur (04-72-84-27-54) Est Clarisse Michel (03-88-84-36-06) Italie Jean-Pierre Bruel ([031]751-494) Allemagne/Suisse/Autriche Axelle Chrismann (9259) Benelux (Bruxelles) Anne Stuckens ([02]647-67-34) Grande-Bretagne François Krébel ([01-483]72-02-14 et 72-03-26) Etats-Unis Lawler Communications, Larry Lawler ([001]914-698-66-55) Espace Industrie - Contact Industrie - Service publicité Nathalie Chasles (9374) La direction se réserve le droit de refuser toute insertion sans avoir à justifier de sa décision. MARKETING Responsable du service Jean-Baptiste Alline (9781) Responsable marketing Damien Delhomme (9786) ANNONCES CLASSÉES Directeur général Pierre-Dominique Lucas (9403) Assistante Catherine Bénézit (9412) CONFÉRENCES-EVÉNEMENTS Directrice Anne-Carole Barbarin (9290) ADMINISTRATION-GESTION Directeur administratif et financier Stéphane Deplus (9402) Responsable juridique Mireille Monnier (9744) Directeur des affaires sociales Frédéric Sibille (9444) Directeur fabrication et achats Benoit Carlier (9314) TECHNIQUE-PRODUCTION Informatique Philippe Bobo (01-46-99-24-37) Services généraux Jean-Louis Tulotta (responsable) (9416) DIFFUSION-ABONNEMENTS-EDITIONS Directrice de la diffusion et de la promotion Bénédicte Hartog (9406) Directrice des abonnements Patricia Rosso (9788) Directrice des éditions Annie Zaratti (9774) Responsable de la promotion Isabelle de Goüyon Matignon (9811) Service Clients (9292) TARIFS ABONNEMENTS France (TVA 2,10 %) 1 an, 11 numéros + accès Web : 105 euros TTC Etudiants/Demandeurs d’emploi 55 euros TTC (sur justificatif) Etranger nous consulter Règlement à l’ordre d’Industrie et Technologies Pour l’UE, préciser le numéro de TVA intracommunautaire Librairie (vente des numéros déjà parus et des annuaires) 4288 Annuaires (TVA 5,5 % incluse) « L’Atlas des usines » : 95 euros TTC Numéro de commission paritaire : 0612T81775. Numéro ISSN : 1633-7107. Dépôt légal : à parution. Impression : Imprimerie de Compiègne, 60205 Compiègne. Industrie et Technologies est édité par Groupe Industrie Services Info (principal actionnaire : GISI Communications), SA au capital de 1 057 080 euros. RCS Nanterre 309.395.820. 10, place du général de Gaulle 92160 Antony. Toute reproduction, représentation, traduction ou adaptation, qu’elle soit intégrale ou partielle, quels qu’en soient le procédé, le support ou le média, est strictement interdite sans l’autorisation de l’éditeur, sauf dans les cas prévus par l’article L.122-5 du code de la propriété intellectuelle. Seules sont autorisées les reproductions réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées. (loi du 11 mars 1957, art. 40 et 41, et code pénal, art. 425). Copyright Groupe Industrie Services Info. Tous droits réservés Directeur de la publication Christophe Czajka

Les entreprises et les établissements cités

3D Plus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Isep . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

ccD DGA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

ccA Agence européenne des produits chimiques (Echa) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Agence spatiale italienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 Air France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Airbus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Alchimer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 Alstom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Amplitude Technologies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 Areva . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Arkema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Association américaine de chimie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Association française des correspondants à la protection des données à caractère personnel (Afcdp) . . . . . . . . . . . . . . 73

DGAC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Direct Energy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Docea . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

EDF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Electricfil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 ENS Cachan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Ensam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Enseeiht . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Ensem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Ensta. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 ESA. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 ESPCI ParisTech . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 Ez-Wheel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

N°925ccSEPTEMBRE 2010

Roche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Kovio . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Finsécur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 FirstEnergy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Freescale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Laboratoire Charles Fabry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 Leroy-Somer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 Lexagone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 Luxtera. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Genci . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

ccM Matsushita . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

Sony . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 23

Max Planck Institute . . . . . . . . 40

SPC Consultant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Mayday . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

STMicroelectronics . . . . 28, 34

Micron Technology . . . . . . . . . . . . 16 Mines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76

Thales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Movea. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

The Economist Intelligence Unit . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Moventeam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 ccN Nasa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40, 70 Neoen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Université de Stanford (États-Unis). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

Nexans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Honeywe

22

Novartis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Horiba Jobin Yvon. . . . . . . . . . . . . . 82

Novespace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

ccI

Case Western Reserve University . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

IBM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11, 18

CEA-Léti. . . . . . . . . . . . . . . . . . 15, 28, 34

Indesit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Cetim . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Inria . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Cilex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

Inria . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

Cnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15, 70

Inrs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

Cnil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

Inserm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

CNIM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

Institut d’optique . . . . . . . . . . . . . . 82

CNRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Institut de Technologie de Zurich . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Courbon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Institut Fraunhofer . . . . . . 8, 15 Institut spatial allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Intel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16, 24 INVS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

ccU United Technologies. . . . . . . . . 22

Baumer Vendôme . . . . . . . . . . . . . 49

..........................

Toshiba . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 Transgreen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Nanosolar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

ccH

ccT Tektronix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

MIT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 19, 20

Harvard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Conservatoire national des Arts et Métiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

Siemens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 Société américaine de chimie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

Haut conseil en santé publique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Comundi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

Schneider Electric. . . . . . . . . . . . . . 57 Shiken. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Maréchal Electric . . . . . . . . . . . . . . . 14

Ballard Power Systems. . . . 12

Carsat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

ccS Saft . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Siemens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

Moventeam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

ccG

Atos Origin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

ccC

Rockwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Metarom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

ccF

Isa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

6

Ragonot. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 ccK

RTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Garef . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

Brother Industrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

ccR R3 logic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34, 36

ccL

ccE

Astrium Satellites . . . . . . . . . . . . . . 70

ccB

Issol. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Nüdling Betonelemente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Urban Factory. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 ccW Wispry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

ccO Ordinal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 Oseo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18, 24 Osram Opto Semiconductors

Université de Yale (États-Unis). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

................

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Osys. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Ponts ParisTech . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Pratt & Whitney Rocketdyne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Productivix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Prysmian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10


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Découvrez en images l’hélicoptère « habile »

LE BLOC-NOTES DE LA RÉDACTION

Mais déjà la grisaille se mêle au train-train quotidien et votre enjouement devient morosité. Pour vous faire tenir jusqu’aux prochaines vacances la société d’accessoires pour notebook Urban Factory propose la souris-cadre photo numérique avec, sur le dessus, un écran de 2,5 cm de côté. Comment ça, vous n’y voyez rien ? Évidemment, si vous avez toujours la main dessus ! cm Souriez ! Vous aurez les meilleures photos de vos vacances à portée de main.

CARTON FACEBOOK FRANCHIT ROUGE LA LIGNE ROUGE Le célèbre réseau social, qui revendique 500 millions d’inscrits dans le monde, est tristement connu pour sa politique laxiste en matière de protection des données personnelles. Et il le prouve en lançant « Places » aux États-Unis. Avec ce service, votre géolocalisation n’a plus de secret pour vos « amis ». De quoi repousser encore les limites de la vie privée.

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PANACÉE.

Ça ressemble à du sucre en poudre, mais c’est de l’eau. Une poudre

constituée à 95 % d’eau pourrait devenir un matériau en or. Appelée eau sèche, elle permettrait, selon l’Association américaine Cette poudre d’eau de chimie, de stocker des gaz est une vraie pépite pour les chercheurs américains. à effet de serre comme le CO2 et le méthane. Comme catalyseur, elle donnerait aussi un coup de fouet aux réactions chimiques dans la pharmacie, l’agroalimentaire et les cosmétiques. À quand la ruée vers l’eau ? cm

AGILE. Et si les drones ne se contentaient plus d’ob-

server mais, étaient capables de récupérer ou de déposer des objets ? Les chercheurs de l’Université

de Yale (États-Unis) ont franchi le pas. Spécialisés dans la recherche sur les « mains » robotisées, Aaron Dollar et son équipe ont installé une de leur pince entre les patins d’un hélicoptère téléguidable. Un véritable défi technique puisqu’en plus de gérer la prise de l’objet cible par les quatre doigts articulés, il a également fallu travailler sur l’équilibre de l’hélicoptère. L’engin volant doit se placer au-dessus de la cible et doit maintenir cette position stable pour parfaitement agripper l’objet visé. Le risque ? Au moment de la remontée que la charge le déstabilise et conduise… au crash. Un défi relevé par cet hélicoptère capable de porter des charges d’environ 1 kg et 12 cm de largeur. cm

QUENOTTE.

Un sourire éblouissant ! Le dentrifrice gardera une dent contre l’énergie solaire.

La brosse à dents divorce du dentifrice.

Le japonais Shiken a conçu une version solaire. Pour se brosser les dents, plus besoin de dentifrice. L’appareil contient des matériaux semiconducteurs et des cellules photovoltaïques. Exposée à la lumière, la brosse génère des électrons qui vont détacher la plaque dentaire. Et qu’on se le dise : à bonne lumière, dents saines ! cm

D.R.

SOURIS YEAH ! Revigoré, la peau hâlée, c’est avec entrain que vous reprenez le travail après des congés aussi salvateurs que mérités.


LA PENSÉE DU MOIS Une expérience scientifique est une expérience qui contredit l’expérience commune. Gaston Bachelard (1884-1962), physicien et philosophe

GIGAPIXEL. Quelques mois après

AFP ; D.R.

un panorama de Paris à 26 gigapixels puis Dubaï à 45 gigapixels, c’est désormais Budapest qui détient le titre de la plus grande photo au monde avec 70 gigapixels. Le cliché

offre un panorama à 360 degrés de la capitale hongroise. Imprimé, il mesure 15 m de long. Le fichier informatique correspondant pèse quelque 200 Go. Son obtention a demandé deux jours de prises de vue La Perle du Danube a détrôné notre Ville lumière. automatiques avec deux appareils Sony Mais Paname ne pâlira pas devant cette avalanche de pixels. à 25 megapixels et autant de traitement informatique. cm

ORIGAMI.

Un avion en papier ? Un bateau ?

Les deux, et sans les mains ! Les chercheurs d’Harvard et du MIT ne rigolent pas quand ils se défient dans l’art du pliage. Résultat : une fine feuille en matériau composite recouverte de 25 actionneurs électroniques capable de se plier automatiquement selon un algorithme préprogrammé en réponse à une stimulation électrique. Les chercheurs envisagent de nombreuses applications de leur feuille intelligente, la matière programmable pourrait mener à des produits multitâches. À quand le couteau suisse de 3 grammes ? cm

Les cocottes en papier de nos récrés ont-elles inspiré les chercheurs ?

ÉCOLO. La ville de Fulda en Allemagne a un problème : des concentrations en oxyde d’azote dans l’air souvent supérieures à la normale. Elle a donc décidé d’installer des

pavés qui diminuent la concentration de ce polluant surtout dû au trafic automobile. Développées par la société allemande Nüdling Betonelemente, l’efficacité de ces dalles vient d’être confirmée par l’Institut Fraunhofer. En fait, elles sont recouvertes de nanoparticules d’oxyde de titane. Ce matériau, en présence de la lumière du soleil, accélère la réaction de conversion d’oxyde d’azote en nitrate, sans danger pour l’environnement. Reste à savoir si pour éliminer l’oxyde d’azote la meilleure solution réside dans la diffusion de nanoparticules, dont on a encore du mal à confirmer la totale innocuité. cm

VIBRANT.

Il se présente exactement comme une pile cylindrique au format AA.

Mais pas d’électrochimie. Le générateur, développé par le japonais Brother Industrie, fournit le courant par vibration. Il suffit de le secouer pour qu’il se recharge. L’énergie, produite par induction électromagnétique, est stockée dans un condensateur. Application visée: la télécommande. Plus besoin ainsi de changer les piles. cm

Secouez-moi ! Secouez-moi ! Ce refrain tombe pile … pour ce générateur.

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TENDANCES

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DÉVELOPPEMENT

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Grâce à cet indicateur, repérez le stade de développement des innovations que nous avons sélectionnées.

Transgreen L’électricité défie les profondeurs Le gouvernement a lancé cet été un projet titanesque. Le consortium Transgreen vise à déployer un réseau de câbles électriques à travers la mer Méditerranée. Encore à l’étude, ce projet pourrait, à terme, raccorder l’Europe à l’Afrique du Nord, voire ensuite au Moyen-Orient. Précurseur d’un réseau électrique transcontinental, Transgreen devra d’abord prouver sa faisabilité. Et repousser les limites technologiques.

FONDS ABYSSAUX

Les câbles électriques pourraient plonger à des profondeurs inégalées, au-delà de 1 500 mètres.

a fée électricité plonge dans le grand bain. Du moins dans les plans du consortium Transgreen, mené par EdF. Constitué cet été par le gouvernement, il réunit treize partenaires, dont Areva, Alstom ou encore Prysmian. Son projet : raccorder les réseaux électriques européen et nord-africain en passant au fond de la Méditerranée. Le consortium s’est accordé trois ans pour fixer une feuille de route. Zoom sur les défis technologiques qu’il devra surmonter.

L

Le Plan solaire méditerranéen, lancé fin 2008, prévoit d’installer 20 GW de capacité de production d’énergie renouvelable, d’ici dix ans, dans les pays au sud et à l’est de la Méditerranée. L’investissement global est, pour l’instant, estimé entre 40 et 50 milliards d’euros. Pour contribuer à rentabiliser des centrales solaires installées au Sahara, le quart de cette puissance serait exportée vers l’Europe. C’est cette électricité qui doit traverser la Méditerranée grâce au projet Transgreen. Mais, outre les défis technologiques, il faudra palier l’hétérogénéité des conditions réglementaires et tarifaires entre les pays concernés.

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cc Les

stations de conversion devront être synchronisées

De l’Afrique du Nord vers l’Espagne, la Sicile ou la Sardaigne… Pour franchir la Méditerranée, les itinéraires idoines ne sont pas encore identifiés. Seule certitude, la liaison sera à courant continu pour réduire les pertes en ligne. L’idéal serait même d’installer les stations de conversion, pour se raccorder aux réseaux de distribution, au plus près des lieux de consommation. « Jusqu’à présent, seules des liaisons point à point avaient été réalisées en courant continu. Pour la première fois, ce sera maillé, avec plusieurs points de départ et d’arrivée », signale Pierre Marlard, spécialiste du sujet chez Atos Origin. Pour équilibrer le réseau, toutes les stations de conversion devront être synchronisées. Mais, avec le traditionnel courant alternatif, cette synchro-

nisation repose sur la fréquence. « En courant continu, celle-ci est nulle. Il faudra donc développer un nouveau procédé », ajoute André Merlin, président du conseil de surveillance de RTE. Les coûts d’investissement départageront les technologies candidates. « En général, les pertes d’énergie sont réduites en baissant le courant. Ce qui oblige, à puissance égale, à augmenter la tension. Mais jusqu’à combien ? », s’interroge Pierre Kayoun, vice-président de Nexans. Le fabricant de câbles assure pouvoir immerger une liaison à courant continu à une tension de 500 kV. Certains voient plus grand, comme Siemens : « en grimpant à 800 kV, l’investissement dans les

AFP

L’ÉNERGIE DU DÉSERT


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Interview d’André Merlin, patron de RTE, au sujet de Transgreen.

UN PROJET PHARAONIQUE À l’horizon 2020, le projet Transgreen prévoit la transmission à travers la Méditerranée de 5 GW électrique. Il réunit treize partenaires dont EdF, Areva et Alstom. INVESTISSEMENT CONSÉQUENT

Le budget nécessaire est pour l’instant estimé à, au moins, 8 milliards d’euros.

TRÈS HAUTE TENSION

Pour réduire les pertes en ligne, la liaison sera réalisée entre 400 et 800 kV.

TENDANCES

Électronique La LED rouge 30 % plus efficace La LED rouge d’Osram trouvera ses applications dans les terminaux portables.

Avec un flux lumineux de 119 lm/W à 350 mA, la LED rouge développée par Osram Opto Semiconductors atteint un record d’efficacité. Réalisée en couches

minces de phosphure d’indium-gallium-aluminium, elle serait 30 % plus efficace que la génération précédente et réduirait les pertes sous forme de chaleur de 50 %. Des progrès bienvenus dans des applications comme les picoprojecteurs intégrés dans des terminaux portables. cm

Instrumentation L’oscilloscope monte en vitesse L’enjeu de Transgreen est étudier la faisabilité d’un réseau à courant continu haute tension sous la Méditerranée.

infrastructures de transport serait réduit de 25 % », assure François Gerin, son directeur adjoint France. Mais plus la tension sera élevée, plus la facture pour convertir la basse en très haute tension sera salée. Entre les deux, un compromis reste à trouver.

câbles seront enveloppés dans des gaines de protection

D.R.

cc Les

Côté câble, les supraconducteurs, dont le matériau à très basse température perd toute résistance, ont été écartés. « Pour refroidir les câbles, la chaleur des pays africains imposerait la présence d’usines de production d’hélium ou d’azote liquide tout le long du réseau », justifie François

Gerin. Sans oublier les systèmes à installer tous les dix kilomètres au fond de la Méditerranée. « L’autre technologie candidate est le câble à masse imprégnée », propose Pierre Kayoun. Elle consiste à entourer le câble de rubans de papier préalablement trempés dans l’huile, qui servirait d’isolant. Et, autour, de superposer une gaine métallique, sûrement en plomb, une en acier pour résister à la pression mécanique, et une en plastique pour protéger de l’abrasion. Ainsi vêtue, la fée électricité n’a plus qu’à se jeter à l’eau. cm ccTHOMAS BLOSSEVILLE tblosseville@industrie-technologies.com

Tektronix boostera ses oscilloscopes en utilisant comme semiconducteur, le silicium-germanium.

Tektronix se prépare à introduire en 2011 des oscilloscopes capables de travailler à des vitesses d’acquisition de l’ordre de 30 GHz. Moteur

de cette innovation? L’utilisation d’une puce en silicium-germanium deux fois plus performante que la génération actuelle. Fournie par IBM, cette technologie utilise comme semiconducteur le silcium-germanium, une alternative économique et performante à l’arséniure de gallium, traditionnellement utilisée dans ce type d’application. cm

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TENDANCES

Les étapes de développement du bouclier thermique en vidéo.

Spatial Le bouclier thermique dopé par des arêtes

cc EN BREF

Énergie Pile à combustible taille XXL

Après trois ans de développement, la fuséepilote développée par l’Institut spatial allemand (DLR) a été rendue publique. Le projet, baptisé She-

Équipée de 160 capteurs, cette fusée de 2 m de haut sera envoyée à 200 km d’altitude et ramenée sur terre.

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fex II entend créer des engins spatiaux capables de décoller et… d’atterrir de façon flexible et économique. Principale difficulté : le revêtement extérieur doit résister lors du retour sur terre aux quelque 2 000 °C résultant de la traversée de l’atmosphère. Sur ce modèle de 2 mètres de haut, qui préfigure peut-être le futur des véhicules spatiaux européens, les chercheurs ont innové en remplaçant les tuiles de céramiques arrondies par des matériaux aux arêtes et bords aiguisés. Après des essais en soufflerie, l’engin subira des tests grandeur nature en Australie début 2011. Bardée de 160 détecteurs de pression, température… la fusée sera envoyée à 200 kilomètres d’altitude et ramenée sur terre. cm

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

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Le canadien Ballard Power Systems s’apprête à fournir une pile à combustible géante à l’électricien américain FirstEnergy. L’appareil sera basé sur la technologie à membrane d’échange de protons. Il aura une capacité de 1 MW, suffisant selon le constructeur pour alimenter 500 foyers. Cette pile à combustible sera mise à l’essai pendant cinq ans dans l’Ohio. cm


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Découvrez les technologies pour gerer l’énergie à bord du ferry électrique.

Transport Le ferry propulsé aux électrons Le ferry du Vieux-Port de Marseille, immortalisé par Marcel Pagnol, a un successeur : un catamaran de 15 tonnes, naviguant à 7,5 km/h, et entièrement électrique. BATTERIES Dans chacun des deux flotteurs, une tonne de batteries nickel-cadmium d’une capacité de 135 Ah est disposée dans un caisson étanche et ventilé.

PHOTOVOLTAÏQUE Les 24 panneaux Issol, en silicium polycristallin ou monocristallin, fournissent en été 40 % des besoins énergétiques.

ASSERVISSEMENT Une carte électronique Mayday, des potentiomètres et un vérin avec limiteur de débit ajuste la position des hélices à celle de la barre.

PROPULSION Deux moteurs sans balais Ragonot de 15 kW chacun à vitesse variable entraîne chacun une hélice orientable à 360°. L’une à l’avant, l’autre à l’arrière.

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PRISE À quai, la prise Maréchal est équipée d’un système de reconnaissance de branchement. En cours de charge, le bateau ne peut pas démarrer.

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Télécoms Le téléphone s’adapte aux malentendants

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Des chercheurs de l’Institut Fraunhofer, en Allemagne, ont mis au point un logiciel qui résout les difficultés qu’ont les malentendants à téléphoner. Intégré au

téléphone, il ajuste le volume sonore des différentes fréquences. Ainsi, la voix de l’interlocuteur peut être entendue plus clairement, tandis que les bruits de fond sont atténués. La solution développée se base sur des algorithmes, déjà utilisés dans des systèmes de prothèses auditives, servant à compenser le défaut d’audition spécifique à chaque malentendant. Pour s’adapter à toutes les conversations téléphoniques, ces algorithmes sont ajustables par l’utilisateur grâce à une interface représentant graphiquement le signal sonore. cm MARQUEUR DE MATURITÉ IT

Mesure Pour cartographier le champ magnétique terrestre Des magnétomètres, mis au point par le CEA-Leti et le Cnes, vont être mis en orbite dans le cadre du projet Swarm, visant à cartographier avec précision le champ magnétique terrestre.

Ils exploitent le principe de résonance magnétique : les électrons d’un atome soumis à un champ magnétique changent d’état d’énergie. Les capteurs utilisent le pompage laser pour amplifier cet effet d’un facteur un million. Ces magnétomètres extrêmement sensibles ont déjà fait leurs preuves lors de l’expédition Generali Arctic Cet instrument Observer. cm garantit une précision élevée de la mesure du champ magnétique terrestre.

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Une vidéo vous explique la technologie et les bénéfices attendus de la mémoire Flash à 25 nm.

LE KIOSQUE Q

Énergie Un pilote pour le solaire à concentration

Presse La physique quantique à portée de main

Les scientifiques savent désormais utiliser les propriétés quantiques de la matière, et construire des « machines quantiques ». Cet article présente notamment un oscillateur d’aluminium, d’une taille de 50 microns. Tout comme une particule élémentaire, il peut se trouver simultanément dans deux états différents : à la fois osciller, et ne pas osciller. Grâce à ce dispositif, il est possible de mesurer des échanges de paquets d’énergie, des « quanta ». Les chercheurs espèrent ainsi approfondir leurs connaissances du monde quantique, voire découvrir de nouveaux phénomènes, non prédits par la théorie actuelle. cm

CNIM a inauguré un pilote de module solaire à concentration en technologie Fresnel. Des miroirs concentrent les rayons solaires sur un tube pour produire de la vapeur, qui fournira de l’électricité grâce à une turbine. Installé à la Seyne-sur-mer (Var), le pilote de 50 x20 mètres possédera 720 m2 de miroirs et produira de la vapeur à 100 bars. À terme, cette technologie est destinée aux pays à fort ensoleillement direct, au MoyenOrient, en Afrique du Nord et subsaharienne. cm

c cRÉFÉRENCES : New Scientist du 26 juin 2010, « Rise of the quantum machines »

Presse Les menaces de la cyber-guerre

Vidéo Le prochain Dreamliner de Boeing se dévoile

Les études de conception de l’avion Boeing 787-9, deuxième de la série Dreamliner de l’avionneur américain, sont achevées. Boeing présente en vidéo ce nouvel appareil, version allongée du 787-7. Le plan détaillé du 787-9 est donc prêt et la production peut commencer. Première livraison prévue en 2013 pour cet avion qui pourra accueillir jusqu’à 290 passagers, soit 16 % de plus que son grand frère. cm

« La souris et le clavier sont-ils de nouvelles armes ? », s’interroge The Economist. Aujourd’hui, de plus en plus de systèmes informatiques importants sont reliés à Internet. Serait-il possible d’en profiter pour détraquer le système financier d’un pays ? Quant aux composants électroniques, fabriqués dans le monde entier, pourraient-ils être infectés pour nuire aux équipements high-tech d’une armée ? Ces menaces sont prises au sérieux par de nombreux gouvernements, qui se préparent à d’éventuelles « cyber-guerres ». L’article fait le point sur les menaces existantes, des spammeurs à l’espionnage d’ d’État. cm c cRÉFÉRENCES : The Economist du 3 juillet 2010, « War in the fifth fifth domain ».

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Cette puce est gravée en 25 nm. Cette mémoire de 64 Gbit enregistre les données sur trois niveaux.

Une capacité de 64 Gbit sur une puce de 131 mm 2. Telle est la per-

formance annoncée conjointement par Intel et Micron Technology pour leur mémoire Flash de 8 Go, présentée comme la plus compacte du marché. Gravée en 25 nm, elle est en tout cas 20 % plus petite que la mémoire actuelle de 64 Gbit des deux marques réalisée avec la même finesse de gravure. Sa particularité : elle enregistre les données sur trois niveaux à raison de 3 bit par cellule. La puce est disponible en échantillons. Sa production de masse devrait intervenir à la fin de l’année. cm

c cRÉFÉRENCES : http://tinyurl.com/2986vc8

BONUS c

Électronique La mémoire Flash la plus petite du marché

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TENDANCES

Mesure Un nez artificiel pour décrypter davantage d’informations

cc EN BREF

Énergie Des panneaux solaires autonettoyants

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Le nez artificiel développé par une équipe de l’université de Stanford possède des capteurs d’un nouveau genre, à base d’ADN et de composés fluorescents, capables de décrypter plus d’informations. En

fait, les chercheurs ont remplacé les quatre bases de la molécule d’ADN par des composés fluorescents, ne gardant de la molécule que la structure en double brin. Le capteur, constitué de plusieurs de ces molécules, change de couleur en fonction des composés détectés. La fabrication des capteurs se fait suivant les techniques existantes de synthèse d’ADN et la lecture sous microscope à fluorescence. Ce système de changement de couleur apporte plus d’information que les nez actuels souvent sensibles à une seule molécule. cm

La Société américaine de chimie a présenté un procédé pour rendre autonettoyants les panneaux solaires. L’objectif : accroître leur efficacité. Cette propriété repose sur un traitement de surface issu des applications spatiales : le dépôt, sur le verre, d’un matériau transparent et sensible à l’électricité. Des capteurs relèvent la quantité de poussières. Au-delà d’un certain seuil, l’application d’une charge électrique suffit à les faire s’envoler. cm

Le capteur, constitué de plusieurs molécules d’ADN, change de couleur en fonction des composés détectés.

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Yoel Fink explique en vidéo ses recherches sur les fibres multifonctionnelles.

LE BAROMÈTRE CONCOURS

LA CRÉATION D’ENTREPRISES INNOVANTES

RÉPARTITION SECTORIELLE DES LAURÉATS DE 2010

Sciences du vivant et biotechnologies Informatique 36,8 % 29,9 %

Électronique et télécoms Chimie et matériaux Mécanique et travail des métaux

17,2 %

Génie des procédés 6,3 %

5,7 %

4% SOURCE : ministère de la Recherche

La 12e édition du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a distingué 174 lauréats: 101 dans la catégorie « en émergence » et 73 dans la catégorie « création développement ». Ils se partageront une enveloppe d’aide de 23 millions d’euros. Depuis sa mise en place en 1999, ce concours a distingué près de 2400 lauréats et soutenu la création de près de 1200 entreprises à fort contenu technologique. cm

Partenariat La recherche publique séduit les entreprises

« Avez-vous déjà collaboré avec la recherche publique ? ». À cette question, posée à la communauté Oséo Excellence, 47 % des membres répondent oui. Parmi les organismes publics de recherche les plus cités figurent l’Inria, le Cetim et l’Inserm. Les dirigeants d’entreprises voient dans les pôles de compétitivités une passerelle naturelle entre eux et les labos publics. cm UNE COOPÉRATION SOUS DIFFÉRENTES FORMES

28 % 25 % 18 % 17 %

ont déjà confié des travaux de recherche ou d’expertise à un laboratoire ont déjà participé à un projet collaboratif (pôle de compétitivité, ANR, PCRD) ont déjà employé un docteur à temps plein ou partiel ont déjà exploité un brevet ou une technologie

SOURCE : Oséo

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Cloud computing Les entreprises européennes franchissent le pas

Le cloud computing, qui réduit l’informatique à un service en ligne aussi simple à consommer que l’eau ou l’électricité, fait peur ? Pas vraiment. Selon l’enquête réalisée par Brocade auprès de 200 chefs d’entreprises en Europe, 60 % des entreprises européennes envisagent de migrer vers ce modèle d’ici deux ans. Les PME semblent cependant à la traîne, puisqu’elles ne sont que 42 % à penser le faire. cm LES TROIS PRINCIPALES MOTIVATIONS DE LA MIGRATION VERS LE CLOUD COMPUTING (pourcentage de réponses) Réduction des coûts

30 %

Amélioration de la performance de l’entreprise

21 %

Amélioration de l’agilité de l’entreprise

16 % SOURCE : Brocade

Numérique La France peut mieux faire

Quelle est la place de la France dans l’économie numérique ? Dans le classement « Digital Economy Rankings », dévoilé par IBM et The Economist Intelligence Unit, elle se situe 20e sur les 70 pays étudiés, en recul de cinq places par rapport à 2009. Si notre pays a progressé dans l’adoption des technologies numériques, l’étude pointe de grandes faiblesses notamment en matières de carte d’identité électronique, de connectivité à très haut débit et de régime d’imposition. La France est loin derrière les pays scandinaves qui occupent le peloton de tête du classement. cm

LE TOP 10 DES PAYS LES PLUS AVANCÉS DANS LE NUMÉRIQUE

Rang

Pays

Score

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Suède Danemark États-Unis Finlande Pays-Bas Norvège Hong Kong Singapour Australie Nouvelle-Zélande

8,49 8,41 8,41 8,36 8,36 8,24 8,22 8,22 8,21 8,07

20

France

7,67

(Le score résulte de l’appréciation de 100 critères quantitatifs et qualitatifs) SOURCE : The Economist Intelligence Unit

LE CHIFFRE

242

MILLIONS

C’est le nombre de téléviseurs qui devraient être vendus cette année dans le monde, selon le cabinet DisplaySearch. Les postes à écran LCD s’accaparent la part du lion avec 188 millions d’unités, contre 16 millions pour ceux à écran plasma. SOURCE : DisplaySearch


Électronique Le nanotube de carbone rend le transistor plus précis Un transistor sans hystérésis, c’est désormais possible. Cette propriété indésirable peut modifier le seuil

de tension du composant et perturber son fonctionnement. Elle peut être causée par des charges piégées dans des défauts du matériau. Des chercheurs de l’Institut de Technologie de Zurich ont fabriqué un transistor constitué de deux pointes de silicium, reliées par un nanotube de carbone dont les extrémités sont métallisées. La pureté du tube et la précision de l’assemblage ont éliminé l’hystérésis. cm

Matériaux Des fibres textiles intelligentes Cette fibre pourrait être utilisée dans la confection de vêtements capables de surveiller les fonctions vitales du porteur.

Les fibres textiles sont trop passives : voilà le constat d’une équipe de chercheurs du MIT. Pour y remé-

MIT

dier, ils ont inventé une fibre capable d’interagir avec son environnement, en détectant et produisant du son. Elle pourrait être utilisée dans la confection de vêtements « intelligents » capables de surveiller les fonctions vitales du porteur ou de servir de microphone, de capteur de pression sanguine dans le cerveau, voire de sonars en forme de filets. Au contraire des fibres optiques, fabriquées à partir d’un matériau unique, celles-ci contiennent un cœur fait d’un plastique conducteur piézoélectrique. Ce matériau, chauffé, reste suffisamment visqueux pour ne pas se mélanger au revêtement de polymère isolant lors de la fabrication. Les chercheurs ont ainsi fabriqué des dizaines de mètres de cette fibre, d’un diamètre de quelques dixièmes de millimètres. cm RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

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TENDANCES

Biotechnologies Un milieu artificiel pour cultiver des cellules souches Les cellules souches porteuses d’espoirs en thérapie? Oui, à condition

de pouvoir les produire en énorme quantité. C’est pour cette raison que les ingénieurs chimistes du Massachussetts Institute of Technology (MIT) se sont penchés sur le problème et ont élaboré un matériau capable de relever ce défi. Après avoir testé 500 polymères aux différentes propriétés physiques de surface (rugosité ou affinité à l’eau), ils ont mis Le MIT a développé un matériau qui permet au point un matériau contenant un taux la culture de cellules élevé d’acrylates et recouvert d’une pro- en grande quantité. téine (la vitronectine) améliorant la fixation des cellules sur le support. Résultat : la surface permet aux cellules de croître pendant trois mois et pour la première fois pour un matériau de synthèse de former des colonies de cellules identiques. cm

cc EN BREF

Électroménager Le lave-linge communique sans fil

Un lave-linge « intelligent » qui adapte en temps réel son cycle de lavage en fonction des coûts de l’électricité ! Telle est la démonstration réalisée par le fabricant italien d’électroménager Indesit en partenariat avec le fournisseur américain de puces Freescale. Le prototype reçoit les modifications de tarifs d’électricité via une liaison radio au protocole ZigBee. cm

Cette machine à laver tient compte des tarifs d’électricité grâce à une liaison ZigBee.

Informatique La densité des disques durs pourrait quadrupler

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DÉVELOPPEMENT

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Toshiba a démontré la possibilité d’atteindre une densité de stockage de 2,5 Tbit par pouce carré, quatre fois celle des disques durs actuels. Ce résultat est obtenu sur un disque à structure en motifs où les bits sont représentés par des points réguliers de 17 nm. Les points sont créés par photogravure comme pour les puces électroniques. cm


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Prenez le pouls du cœur de caille battant au rythme du laser.

TENDANCES

Médical Le laser dans le rôle de pacemaker

cc EN BREF

Cellules souches Correctif

M. JENKINS

Des chercheurs de la Case Western Reserve University à Cleveland ont réussi à contrôler les battements de cœur d’embryons de caille in vivo à l’aide d’une diode laser, placée à 500µ m de ceux-ci. Une impul-

sion lumineuse d’une milliseconde et d’une longueur d’onde de 1 875 nm était envoyée, toutes les 0,3 puis 0,5 seconde, sur une surface de 0,03 mm2 du tube cardiaque afférent. À un millimètre de l’embryon, un système de vélocimétrie laser Dopler a mesuré que le pouls de l’oiseau, âgé selon les tentatives de 53 à 59 heures, s’accélérait pour se mettre en phase avec la fréquence du laser. L’invention pourrait être un outil efficace dans la compréhension des systèmes électrophysiologiques régissant les

Une fibre optique livre des implusions sur le cœur de cet embryon de caille et une sonde laser enregistre son rythme cardiaque.

mécanismes cardiaques chez les embryons, compréhension jusqu’alors bloquée par la nature invasive des méthodes d’étude employées. Un stimulateur cardiaque à laser devient même imaginable, éludant la difficulté actuelle du contact entre les électrodes et le cœur. cm

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DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

Une erreur s’est glissée dans le numéro d’IT de juin, dans l’article sur les cellules-souches. Le professeur Philippe Hénon, de l’équipe de CellProthera, pense que l’utilisation thérapeutique des cellules souches induites pluripotentes – IPS est impossible. Selon lui, les promesses thérapeutiques résident dans un autre type de cellules souches, qu’il qualifie de « embryonnaires-like ».


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TENDANCES

Sécurité Un détecteur de fumée made in France Qui dit électronique grand public dit fabrication en Asie. Finsécur démontre le contraire. Fondée

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Ce détecteur met en œuvre l’ESPCI ParisTech. Cette technologie est protégée par une technologie 100 brevets. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi baisser française protégée les coûts. Le produit a été entièrement reconçu pour en par 100 brevets.

simplifier la fabrication. Le nombre de composants a été ramené de 100 à 20. Le coût de revient a été divisé par 3. Le produit est vendu aujourd’hui dans la grande distribution aux alentours de 20 euros. L’optimisation de la conception se poursuit avec l’objectif de tomber à terme à seulement 10 composants. cm

RECHERCHE

DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION

D.R.

en 2001, cette société se présente comme le seul fabricant de détecteurs de fumée en France. Sur un marché dominé par des géants comme Siemens, Honeywell, Matsushita ou United Technologies, elle espère trouver une place tout en continuant à fabriquer ses produits dans l’Hexagone. Pour rester compétitive, elle mise sur l’originalité de sa technologie et sa capacité à innover en conception. Cantonné jusqu’ici aux professionnels, le marché est en train de s’ouvrir aux particuliers. D’ici 2015, tous les logements devraient être équipés d’un détecteur de fumées. À la clé, un marché de 30 millions de pièces. Mais le produit doit être adapté aux contraintes du grand public tant en conditions d’installation qu’en prix. Finsécur se targue de disposer d’une technologie originale issue des recherches menées sur les gaz ionisants à


TENDANCES

Téléphonie Les données et le courant ne tiennent qu’à un fil

cc EN BREF

Mesure Le capteur de position intègre le traitement

Avec un temps de réponse de 2 ms, le capteur est adapté aux moteurs électriques, qui atteignent les 20 000 tr/min.

D.R.

Electricfil vient de dévoiler L’Empos, un capteur de position permettant d’ajuster l’alimentation électrique du moteur et d’améliorer ainsi son rendement. Doté d’une bobine sérigraphiée sur circuit imprimé, il est léger et peu volumineux. Dans sa prochaine version, prévue pour 2011, il pourra effectuer lui-même le calcul de position, et transmettre directement l’information par un signal numérique. cm

MARQUEUR DE MATURITÉ IT

RECHERCHE

Des vidéos, des photos, de la musique, de la voix, des informations système, de l’énergie… tout cela doit circuler dans nos téléphones portables. L’augmentation

du nombre de fonctionnalités proposées sur les mobiles implique une multiplication du nombre de câbles reliant le circuit électronique à l’écran. Une situation qui pose problème pour la conception de téléphones présentant des parties mobiles (clapet à charnière ou rotatif), l’amas de fils devenant difficilement pliable et les connecteurs à leurs extrémités augmentant de volume. Pour enrayer ce phénomène, les ingénieurs R & D de Sony, au Japon, ont présenté un montage constitué de deux circuits numériques et deux circuits analogiques reliés par un unique câble de cuivre capable de transmettre à la fois l’énergie et les données, jusqu’à 940 Mbit/s. Les designers, ainsi soulagés, vont pouvoir se lâcher. cm DÉVELOPPEMENT

PRODUCTION


TENDANCES

Informatique Le calcul intensif plus accessible aux PME Encourager et faciliter l’accès des PME au calcul intensif. Tel est l’objet de l’initiative HPC-PME.

Lancée conjointement par Genci, l’Inria et Oseo en partenariat avec quatre pôles de compétitivité (Aerospace Valley, Axelera, Minalogic et Systematic), elle a pour but d’accompagner les PME dans leur première approche du calcul à haute performance et les aider ainsi à innover plus vite. Genci apporte son infrastructure de calcul, l’Inria son expertise scientifique et technique, et Oseo son soutien financier à l’innovation. cm

Électronique L’ordinateur à la vitesse de la lumière Intel a mis au point une puce d’ordinateur utilisant la lumière pour transmettre les données.

Les liaisons optiques, utilisées aujourd’hui dans les télécoms, vont-elles remplacer les liaisons électriques internes des ordinateurs ? En tout cas, Intel

RECHERCHE

24

DÉVELOPPEMENT

N°925ccSEPTEMBRE 2010

PRODUCTION

D.R.

explore cette possibilité. Ses chercheurs ont mis au point une puce photonique capable de servir de transmetteur optique entre, par exemple, le processeur et la mémoire. Intégrant quatre lasers, elle offre un débit de transfert de données de 50 Gbit/s, susceptible de monter à terme à 1 Tbit/s selon Intel. Les liaisons électriques sous forme de pistes et fils en cuivre utilisé aujourd’hui se limitent à 2 Gbit/s. Outre la dégradation du signal, elles sont synonymes de pertes d’énergie et posent des contraintes de distance. Le prototype photonique d’Intel est réalisé en silicium, une alternative économique aux semi-conducteurs exotiques traditionnels. cm


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L’AGENDA

LE RENDEZ-VOUS

Le Mondial de l’automobile est le théâtre de nombreuses avant-premières. Le salon est placé sous le signe de l’environnement avec des véhicules de dernière génération à émission réduites de CO2, des véhicules hybrides et des véhicules électriques. Un espace est dédié aux technologies vertes qui préfigurent l’écomobilité de demain. Il est complété par un centre d’essais de voitures électriques et un centre d’initiation à l’écoconduite. cm

Organisée par l’Association des constructeurs italiens de machines-outils, robots et automatismes, la biennale de la machine-outil en est à sa vingt-septième édition. Ce salon présente les innovations les plus récentes dans le domaine des machines de production, plus particulièrement dans le travail des métaux: usinage, soudure, finition de surface, assemblage ou moulage. Cette année, le programme de conférences met en avant les opportunités professionnelles pour les jeunes de ce secteur. cm

Miniaturiser reste l’un des enjeux de nombreux secteurs industriels. Cela implique une amélioration continue en matière de précision des technologies de production et des instruments de mesure. Micronora, le salon international des microtechniques et de la précision l’a compris. La dix-huitième édition de cet événement biennal regroupera, les professionnels de la minutie. TPE, PME et grandsgroupes se croiseront dans les allées. Une constante dans le vocabulaire sera de mise : micropièces, micro-usinage, micromoulage, microactionneur, micromécanique, microélectronique… Devenues incontournables, les nanotechnologies ne seront pas oubliées. L’intérêt majeur de ce salon est sa transversalité. Un sous-traitant spécialiste des microengrenages pour l’horlogerie peut intéresser un donneur d’ordres du médical, de l’aéronautique ou des télécommunications. La raison d’être de Micronora est de les faire se rencontrer. S’exclameront-ils: « Comme le monde est petit! »? cm

05 | 10

Salon 100 % biotechnologies

D.R.

05 | 10

Salon Les innovations dans le travail des métaux

La Venture de Baty réalise des mesures 3D sans contact.

ccDu 2 au 17 octobre 2010 à Paris Expo-Porte de Versailles www.mondial-automobile.com

ccDu 5 au 7 octobre 2010 à Hanovre, Allemagne http://www.biotechnica.de

28 | 09

Les microtechniques associent précision et miniaturisation

02 | 10

Salon L’automobile à l’heure écolo

Les entreprises des biotechnologies – de la startup au géant du secteur – se donnent rendez-vous en octobre à Hanovre pour Biotechnica 2010. Le salon entend toucher à tous les champs d’applications des technologies du vivant : médecine, pharmaceutique, alimentation… Également au programme un cycle de conférences autour de la médecine régénératrice, du diagnostic moléculaire et de la bioinformatique. cm

TENDANCES

cc Du 5 au 9 octobre à Milan www.bimu-sfortec.com/

14 | 10

Appel à projets Grappes d’entreprises

ccDu 28 septembre au 1er octobre à Besançon www.micronora.com

05 | 10

Rencontres 100 innovations à saisir

La deuxième édition de GIF10 – Grenoble Innovation Fair – rassemblera pendant deux jours start-up, labos de recherche et groupes industriels autour du concept de l’innovation partagée. Objectif : stimuler les collaborations et les

transferts de technologie. La démonstration de plus de 100 innovations constitue l’un des temps forts de l’avènement. Issues de l’arc alpin, elles se situent dans tous les domaines : électronique, informatique, biotechs, matériaux, énergie, transports, santé, etc. cm cc5 et 6 octobre 2010 à Alpexpo, Grenoble www.grenoble-innovation-fair .com

Le gouvernement lance le deuxième appel à projets « grappes d’entreprises ». Le premier appel à projet, lancé en octobre 2009, s’est terminé par la sélection de 42 grappes d’entreprise sur 112 dossiers déposés. Ce dispositif, doté d’un budget de 20 millions d’euros sur deux ans, vise à soutenir des initiatives exemplaires de réseaux d’entreprises, en complémentarité avec les pôles de compétitivité et les pôles d’excellence rurale. Il finance des actions de mutualisation ou collective dans différents domaines: gestion de l’emploi, développement international, équipement, projet d’innovation… cm ccDate limite : 14 octobre 2010 www.datar.gouv.fr/grappes

SEPTEMBRE 2010ccN°925

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alternatives

Combiner des fonctions sans miniaturiser

ccPAGE 28

infographie

Quand l’électronique fait forte impression ccPAGE 32

composants

Les puces colonisent la troisième dimension

ccPAGE 34

expériences

Ces start-up qui s’affranchissent de la miniaturisation ccPAGE 36

pour aller plus loin

L’enquête continue sur Internet ccPAGE 38


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EN COUVERTURE

L’électronique au-delà de la loi de Moore , C’EST QUOI ?

LA LOI DE MOORE

La densité grés des circuits inté devrait doubler s tous les deux an , président et

, par Gordon Moore énoncée en 1975 Cette hypothèse acte. el, s’est révèlée ex it, encore aujourd’hui, cofondateur d’Int rég i qu ore Mo la loi de Elle est devenue ue. niq tro lec l’é de l’évolution

RENTABILITÉ En 2014, la miniaturisation atteindra sa limite de rentabilité. C’est le résultat d’une étude publiée en 2009 par le cabinet iSuppli.

GETTY

Année après année, les industriels sont parvenus à graver toujours plus de transistors sur une même galette de silicium (ci-contre inspection optique d’un wafer).

En 1965, Gordon Moore, cofondateur d’Intel, prédisait pour la décennie à venir que le nombre de transistors sur une puce, pour un coût minimal, doublerait tous les ans. Dix ans plus tard, il corrigeait son estimation, en évoquant un doublement tous les deux ans. Depuis, cette prédiction s’est vérifiée, et popularisée en tant que « loi de Moore ». Mais aujourd’hui, l’industrie électronique approche de ses limites : miniaturiser les transistors devient de plus en plus coûteux. C’est pourquoi les chercheurs se penchent sur d’autres solutions pour rendre les puces électroniques plus performantes. Des solutions basées sur de nouvelles technologies, optiques ou mécaniques, de nouvelles architectures de circuits en trois dimensions, ou des procédés de fabrication différents, comme la fabrication par impression en lieu et place de la photogravure. Industrie et Technologies vous invite à explorer les voies de progression de l’électronique hors la loi de Moore. cm

SEPTEMBRE 2010ccN°925

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Démonstration en vidéo d’un accéléromètre Mems de STMicroelectronics.

Combiner des fonctions sans miniaturiser

D

epuis ses débuts, l’électronique vant, les chercheurs veulent améliorer les ne cesse de rétrécir. Pour des circuits sans passer par des transistors puces de surface identique, le toujours plus petits. La puissance de nombre de transistors croît à cha- calcul n’est plus systématiquement au que nouvelle génération. La loi centre des préoccupations, il faut faire de Moore, qui régit depuis 30 ans cette autrement. C’est ce que l’on appelle le évolution, n’a pas encore été prise en « more than Moore » (plus que Moore). défaut. Cependant, son hégémonie tou- Pour y parvenir, il faut diversifier les che à sa fin : l’époque de la miniaturi- fonctions des composants existants en sation facile est derrière nous. Petit à intégrant de nouveaux éléments aux petit, la finesse de gravure, aujourd’hui à puces actuelles. Dans la course à la miniaturisation, les l’échelle nanométrique, s’approche des limites physiques des matériaux. Les circuits analogiques sont restés à la traîne, procédés à mettre en œuvre pour parve- car plus compliqués à perfectionner que nir à miniaturiser deviennent toujours les circuits numériques. En raison de ce plus complexes et coûteux. « Aujourd’hui, décalage, il est devenu de plus en plus il faut changer d’équipement toutes les difficile de les intégrer sur des circuits numériques. L’enjeu deux générations de transistors », estime « MORE THAN MOORE » pour l’analogique est donc de rattraper ce Yves Dodo, responsable OU COMMENT AMÉLIORER retard. Pas seulement en développement de LES CIRCUITS SANS réduisant la taille des projet interconnexions PASSER PAR composants, comme on 3D chez STMicro- DES TRANSISTORS electronics. De plus, TOUJOURS PLUS PETITS. a pu le faire pour le numérique, mais en leur les nouveaux circuits donnant de nouvelles pâtissent de leur taille : leurs performances électriques sont propriétés. L’analogique a également un moindres, et les constructeurs doivent se rôle capital dans l’intégration des Mems tourner vers des matériaux autres que le (Microsystèmes électromécaniques) dans silicium. Dans le domaine de la transmis- les circuits. Ces systèmes ouvrent la porte sion de données, la voie de l’optronique à de nouveaux outils. Des fonctionnalités ouvre de nouvelles perspectives : amélio- toujours mieux intégrées, qui seront rer les performances des circuits de sili- incontournables dans les appareils de demain, en particuliers les téléphones cium. D’autres pistes sont également explo- mobiles. Tour d’horizon de ces différentes rées. Ce qui est certain, c’est que doréna- solutions.

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N°925ccSEPTEMBRE 2010

cc

L’OPTRONIQUE MARIE L’OPTIQUE ET L’ÉLECTRONIQUE

L’optronique associe la lumière à l’électronique. Elle donne accès à des outils variés utilisés pour des applications médicales comme spatiales.

c L’intégration optronique consiste à réaliser des fonctions optiques sur les circuits électroniques en silicium. L’un des objectifs est de remplacer les traditionnelles interconnexions électriques par des liaisons optiques qui augmentent la portée et la vitesse de transmission des signaux. À l’échelle d’une puce, il s’agit de l’équivalent d’une fibre optique par rapport à un câble électrique classique. « La tendance pour la transmission de données dans les microprocesseurs est d’obtenir une bande passante plus élevée », explique Laurent Fulbert, responsable du programme photonique au CEALéti. Cela a pour effet de diminuer la consommation électrique et de réduire l’encombrement : sur une même surface, on transmet d’autant plus d’informations que la bande passante est large. La transmission des données sous forme optique offre cela. L’information circule via un guide d’onde sur silicium, à plusieurs terabits par seconde. La perte de données est réduite, ainsi que le temps de

CEA / LETI

La loi de Moore approchant ses limites, la recherche en électronique porte aujourd’hui sur l’extension des fonctions, plutôt que sur le développement de la puissance de calcul. Dans cette quête de la polyvalence, les puces électroniques explorent des technologies jusqu’alors peu exploitées et qui s’intégraient mal sur des circuits en silicium. Coup de projecteur sur cette génération de composants qui progressent sans passer par la miniaturisation.

TAILLE. Le silicium, le matériau de base des composants électroniques, est organisé en mailles de 0,5 nanomètre.


90

EN COUVERTURE

nm

Utilisée pour les circuits analogiques actuels et certains circuits numériques

45

nm

Présente dans les circuits numériques les plus courants

32nm

Commence à être utilisée pour les circuits les plus avancés

20 nm

CEA / LETI ; D.R.

La prochaine étape

LA FINESSE DE GRAVURE S’APPROCHE DES LIMITES PHYSIQUES c Il est possible aujourd’hui de graver sur silicium des motifs d’une dizaine de nanomètres (nm). La distance entre deux atomes de silicium – la maille du cristal – est de 0,5 nm.

18 nm

latence d’un bout à l’autre de miniaturisation de la gravure de la puce. De plus, les pistes d’interconnexion peuFinesse à partir de laquelle vent être proches sans se la production ne serait plus rentable parasiter entre elles, au contraire des pis- est déjà utilisé dans tes traditionnelles, qui conduisent l’infor- le cadre d’analyses mation sous forme électrique. Cette tech- biologiques basées nique est utilisée dans des systèmes à sur l’absorption de la lumière. À l’avenir, ques ont été moins perfectionnés. Car dans haute performance, comme des supercal- le développement des détecteurs optiques ce domaine, les limites physiques sont culateurs, mais elle reste coûteuse, et intégrés aux puces électroniques devrait atteintes plus rapidement : en miniaturidonc moins intéressante pour la trans- favoriser l’émergence de méthodes et d’ap- sant, les courants de fuite et la perte de mission de signaux sur de si courtes dis- pareils de mesure et de détection, à l’usage gain deviennent vite trop importants. tances. simplifié. Alors qu’aujourd’hui les composants Cette technologie nécessite l’intégration numériques peuvent avoir une finesse de de lasers sur les puces en silicium. La cc gravure de 45 nanomètres, les pistes des démarche n’est pas neuve : on savait déjà L’ANALOGIQUE EN QUÊTE circuits analogiques n’ont qu’une finesse fabriquer des lasers miniaturisés puis les DE FLEXIBILITÉ de 90 nm. ajouter à un composant électronique fini. Afin de contourner ce problème, la prinMais « depuis un ou deux ans, nous cipale stratégie a donc été d’utiliser le savons réaliser des lasers intégrés sur silimoins possible les composants analogicium capables de concurrencer ces comques. Seulement, le numérique n’est pas posants hybrides », précise Laurent Fulomnipotent. Aux interfaces avec l’extébert. Aujourd’hui, les éléments optiques rieur, pour les mesures et l’acquisition de sont intégrés aux composants au moment données, l’électronique ne peut être de leur fabrication. Une technique moins qu’analogique. Les filtres numériques ont coûteuse, qui autorise une utilisation aussi leurs limites : leur consommation plus large. trop importante dans les hautes fréquenAu-delà du laser et de la transmission de ces les rend moins intéressants que les données, l’optronique a ses fonctions profiltres analogiques. La recherche dans Les composants radio-fréquences, sont des circuits intégrés analogiques. pres. « Nous disposons aujourd’hui d’une ce domaine consiste donc à utiliser les Leur perfectionnement est un enjeu boîte à outils qui nous permet d’appliquer technologies actuelles de la micromajeur dans le domaine du sans fil. sur silicium toutes les fonctions optiques électronique, comme les couches minces, classiques »: moduler, séparer, combiner les pour exploiter la marge de progression longueurs d’ondes. Les photodétecteurs et c Tandis que les transistors numériques de l’analogique. Ceci dans le but d’obtenir photodiodes ouvrent de nombreuses pos- ont bénéficié pendant des années de tou- des composants plus petits, moins chers sibilités d’applications: ce type de capteurs tes les attentions, les composants analogi- et subissant moins de pertes. SEPTEMBRE 2010ccN°925

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ccBENEDETTO VIGNA, DIRECTEUR DE LA DIVISION MEMS DE STMICROELECTRONICS

« Les Mems ont de l’avenir dans la santé » Les différentes propriétés des Mems peuvent avoir des applications dans le domaine de la santé, qui devraient se développer ces prochaines années. Cela commence aujourd’hui avec les capteurs de mouvement. Les premières applications sont d’ordre ludique: des appareils, portés à la ceinture ou dans la poche, permettent aux utilisateurs d’obtenir des informations sur leur activité physique, et d’avoir un suivi régulier. Mais ces capteurs peuvent aussi détecter les chutes: une application utile pour les personnes âgées, qui peut être couplée à un service de télésurveillance. Des capteurs de pression sanguine miniaturisés pourront être fabriqués à des prix abordables. STMicroelectronics développe même un « laboratoire sur puce », capable de mener des analyses complexes sur l’ADN.

L’analogique ne se contentera pas de suivre la voie de la miniaturisation. Les chercheurs travaillent sur le développement de nouvelles fonctionnalités. Par exemple l’utilisation du filtrage pour élaborer des résonateurs. « Un des enjeux est de rendre les composants plus adaptables », explique François Perruchot, responsable programme composants radiofréquences au CEA-Léti. Alors que les fonctions numériques sont reprogrammables, l’analogique est moins flexible, ce qui implique parfois la multiplication des composants. « Pour un téléphone à quatre bandes de fréquences, il faut aujourd’hui utiliser quatre filtres

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N°925ccSEPTEMBRE 2010

IBM explique en vidéo « l’effet avalanche » utilisé sur un détecteur photonique.

analogiques, précise François Perruchot. Nous devons réinventer ces systèmes ». Les solutions actuellement étudiées sont l’utilisation de matériaux dont la propriété dépend de la tension de polarisation, ou l’élaboration de commutateurs, comme des capacités binaires, qui rendraient les circuits programmables. Équipés de ces systèmes, les téléphones pourraient gérer de nouveaux standards en utilisant moins de composants. cc

LES MEMS ASSOCIENT MÉCANIQUE ET ÉLECTRONIQUE

Un accéléromètre MEMS est composé d’une partie mobile, sensible au mouvement, qui interagit avec un circuit électronique classique.

c Une autre contribution importante de l’analogique au « more than Moore » réside dans les Mems (Microsystèmes électromécaniques). Comme leur nom l’indique, ils servent d’interface entre le circuit électronique et son environnement mécanique. Il s’agît d’assurer la transduction d’une donnée physique, comme un mouvement, mesurée par un capteur en un courant électrique. Généralement, cette fonction est intégrée : on travaille à l’échelle du système, et pas du composant élémentaire. Les Mems se présentent comme des composants hybrides, d’une nature différente des habituels composants électroniques. Leur usage n’a pas pour but d’améliorer la puissance de calcul ou la transmission des données. En passant par de nouveaux designs et de nouvelles fonctionnalités, ils rendent les circuits plus polyvalents, avec un champ d’application extrêmement large. L’offre se développe, les capteurs sont de plus en plus variés :

accéléromètres, gyroscopes, capteurs de pression, microphones... Le marché s’étend. Venus de l’armée, les Mems trouvent aujourd’hui des applications dans les téléphones portables, l’automobile ou les jeux vidéo, mais également dans le matériel médical. Une tendance qui s’accentue avec la baisse des prix, induite par l’augmentation de la production. « Nous n’avons plus besoin de créer systématiquement des machines, comme il y a cinq ou dix ans », déclare Benedetto Vigna, directeur de la division Mems chez STMicroelectronics. La clé de l’intégration de ces systèmes est le développement de la mécanique sur silicium. La technique existe depuis une vingtaine d’années : elle était utilisée notamment pour fabriquer les accéléromètres utilisés dans les airbags de voitures. Elle s’est étendue aux autres types de capteurs, auparavant trop gros et trop chers pour être largement utilisés en électronique. « Aujourd’hui, nous essayons de rendre ces dispositifs plus sensibles, ou de réduire leur taille sans perdre en performance », explique Bruno Mourey, directeur adjoint du département intégration hétérogène sur silicium au CEA-Léti. Cependant, au contraire des transistors, ces systèmes laissent peu de marge à la miniaturisation. Les systèmes actuels peuvent mesurer de 2 à 7 millimètres. Améliorer l’intégration en revanche aide à obtenir des Mems plus polyvalents et à moindre coût. La recherche dans cette direction porte sur la fabrication simultanée de la partie mécanique du système et du composant électronique associé, destiné à analyser la grandeur physique mesurée. Les nouvelles générations de Mems intègrent plusieurs capteurs différents, comme un accéléromètre et un gyroscope. Bien qu’étant tout à fait hors du cadre de la loi de Moore, ceci se traduit au niveau de l’application par plus de fonctions sur moins d’espace. C’est précisément l’essence même de la règle « more than Moore ». cm ccANTOINE CAPPELLE acappelle@industrie-technologies.com

CEA / LETI ; D.R.

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QUAND L’ÉLECTRONIQUE FAIT FORTE IMPRESSION

cc CHARLES FOUCAULT cfoucault@industrie-technologies.com

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N°925ccSEPTEMBRE 2010


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SEPTEMBRE 2010ccN째925

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Découvrez les ambitions du Japon à travers le projet « Dream chip », traitant des puces 3D.

Les puces colonisent la troisième dimension Comment continuer à augmenter la puissance de calcul d’une puce quand la miniaturisation des transistors atteint un seuil critique ? En fabriquant des puces en trois dimensions. La loi de Moore considère l’augmentation de la puissance de calcul par unité de surface. Avec les puces 3D, ce raisonnement pourrait devenir obsolète. En superposant mémoires et processeurs, les circuits gagneront en efficacité. Mais les procédés de fabrication et les outils de conception, encore jeunes, devront faire leurs preuves.

D

epuis les débuts de l’informatique, les transistors se sont multipliés sur la surface des puces, améliorant en permanence les capacités de calcul de ces composants. Aujourd’hui, pour continuer à augmenter ces performances, c’est la troisième dimension qui est mise à profit, avec l’empilement de puces. En plus d’économiser de la surface, cette technique offre l’avantage d’optimiser les interconnexions, en réduisant leur longueur, améliorant ainsi les performances électriques. « Les clients veulent des applications de plus en plus complètes, qui impliquent de

gérer de plus en plus de données, comme la vidéo haute définition », constate Denis Dutoit, chercheur au département d’architectures, conception et logiciels embarqués au CEA-Leti. À l’avenir, les puces devront donc disposer d’une bande passante plus importante qu’actuellement. « Les puces 3D sont la seule solution », continue le chercheur. Première application de cette technique: l’empilement d’une mémoire sur un processeur. Il existe déjà des empilements de puces, reliées entre elles dans un même boîtier par des connexions filaires de l’ordre du millimètre. Les puces 3D, elles, sont véritable-

ment conçues comme des systèmes en trois dimensions dans lesquels les interconnexions sont plus denses et ne mesurent plus que quelques micromètres. Les quelques milliers de connexions entre la mémoire et le processeur, au lieu de quelques centaines, impliquent un flux de données plus important. De cette façon, la mémoire est moins contrainte, et sa consommation est réduite. cc L’empilement

est délicat et ne se fait que sur une seule puce

Dans une puce 3D, les deux parties sont connectées face à face, par des piliers de cuivre. D’un diamètre de 20 à 40 µm, ils sont présents sur chacune des deux puces. Lors de l’empilement, les piliers de chaque face ne coïncident pas tout à fait. Pour établir les bonnes connexions, on interpose donc une couche de redistribution. Un autre type de connexion est possible : par des trous à travers le silicium.

CEA / LETI

AVANTAGE Le comportement thermique des puces 3D est encore mal connu. Mais même si la chaleur ralentit la vitesse de calcul, ces composants resteraient avantageux.

DEUx pUCEs l’UNE sUR l’aUTRE DaNs lE mêmE COmpOsaNT

DEUX MODES D’INTERCONNEXION PAR DES PILIERS DE CUIVRE Ces points sont présents sur chacune des deux couches. Une fois les deux couches superposées face à face, ils sont reliés pour établir le contact électrique.

PAR DES TROUS CONDUCTEURS Ils établissent un contact en traversant le silicium d’une puce. Ils doivent être tapissés d’isolant avant d’être remplis d’un métal conducteur.

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N°925ccSeptembre 2010

LA COUCHE DE REDISTRIBUTION Lors de la superposition, les points de contact entre la puce et son support ne sont pas alignés avec suffisamment de précision. Cette couche permet d’établir les bonnes connexions.

PUCE 1

PUCE 2

SUPPORT

Une puce 3D est formée par l’empilement de deux puces. L’interconnexion est établie par des contacts directs entre deux couches superposées. On obtient ainsi une plus grande densité de connexion, dont la longueur est réduite. Plus d’informations peuvent circuler entre les deux puces. L’encombrement est divisé par deux par rapport à l’assemblage traditionnel mettant côte à côte les deux éléments.


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3 questions à Olivier Faynot

On les appelle les TSV (through silicon via). Actuellement, cette technique sert principalement à connecter la puce du sommet au boîtier, en traversant la puce inférieure. Le procédé est complexe : le trou percé doit être tapissé d’un oxyde, pour l’isoler du silicium. La difficulté est d’obtenir une couche régulière. La connexion doit ensuite être établie en remplissant le trou par un cylindre conducteur. Les recherches sont encore menées pour perfectionner ces procédés. La manipulation des puces 3D est délicate. Pour être empilées puis connectées via des TSV, les puces doivent être plus fines que pour l’intégration dans un circuit habituel. Les plaques doivent avoir une épaisseur d’environ 50 µm, au lieu de 725 µm. Ainsi affinées, les puces sont fragilisées. De plus, elles peuvent prendre une forme concave ou convexe, qui réclame davantage de précision au moment de l’empilement. L’empilement ne peut se faire que sur une seule puce. Il n’est pas encore possible de travailler au niveau des wafers, ces plaques sur lesquelles sont fabriquées les puces en grand nombre. Au-delà des difficultés techniques, superposer deux wafers reviendrait à additionner le nombre de puces défectueuses des deux wafers: une méthode dont le rendement serait beaucoup trop faible. Il est en revanche possible d’intégrer une puce seule sur un wafer. Mais quand la puce supérieure est plus grosse que celle du dessous, il faut les superposer une à une.

technologies sont viables, il reste à établir leur rentabilité

D.R.

cc Les

L’application industrielle de cette méthode, plus longue, pose question: « Plus le procédé est rapide, moins il est précis. Il faut évaluer les coûts et trouver le juste milieu », explique Yves Dodo, responsable développement de projet interconnexion 3D chez STMicroelectronics. Pour lui, les technologies sont viables, il reste à établir si elles seront rentables. Au CEA-Leti, à Grenoble, des lignes pilotes fonctionnent avec une cadence suffisante pour fabriquer des démonstrateurs. Une ligne sera inaugurée en janvier prochain, et viendra compléter la palette de techniques déjà exploitables. D’autres en revanche ne cachent par leur scepticisme: pour Christian Val, PDG de 3D Plus, le procédé des TSV ne sera jamais

Les puces 3D monolithiques sont l’objectif ultime des recherches

Que sont les puces 3D monolithiques ?

O. F. : Ce sont des puces réalisées, non pas par superposition

de deux puces fabriquées séparément, mais comme un composant unique. La seconde couche est fabriquée directement par-dessus la première. Elle est déposée, puis les transistors y sont gravés selon les marques du niveau inférieur. La précision de ce procédé est de moins d’une dizaine de nanomètres, alors qu’elle est de l’ordre du micron pour un empilement. Ce procédé est encore à l’état de recherche. Quels sont les avantages de cette technique ?

O. F. : Grâce à la précision obtenue, les deux couches ne néces-

ccOlivier Faynot, chef du laboratoire intégration des dispositifs innovants, au Leti.

sitent pas d’être connectées par des TSV (through silicon via). Ces trous à travers une puce ont un diamètre de plusieurs microns. À l’échelle du circuit, c’est très gros. Ici, les points de contacts sont de petits trous: environ 30 nanomètres de diamètre, alors

qu’un transistor en fait 20. Les connexions entre les deux couches sont donc plus directes: de l’ordre de quelques centaines de nanomètres, au lieu de quelques microns. Cela offre l’avantage de minimiser les pertes électriques dans le circuit. Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la fabrication ?

O. F. : Pour fabriquer la seconde couche, il faut la chauffer. Cela induit une baisse de performance

de la couche inférieure. Pour y remédier, nous essayons d’élaborer des procédés de fabrication permettant de chauffer moins. Cela est possible en utilisant des matériaux « dopés », qui pourront être activés à plus basse température. Il existe deux techniques: le dopant peut être incorporé dans le matériau avant le dépôt de la couche, ou après. Nous pourrons définir la plus efficace quand nous aurons fabriqué suffisamment de puces.

économiquement viable, en raison de l’impossibilité d’empiler des wafers. L’entreprise contourne ce problème en fabriquant des puces 3D par empilement de wafers reconstitués à partir de puces fonctionnelles. Les différentes couches sont connectées par des sillons métallisés. Selon le PDG, « les TSV sont une mode ». Ce n’est pas l’avis de STMicroelectronics, qui devrait sortir mi-2011 ses premières puces 3D mémoire sur processeur. Les empilements de deux processeurs sont encore dans les laboratoires de recherche. Quant aux empilements de mémoires, ils sont en cours d’élaboration. « Les premiers produits pourraient sortir en 2013 », précise Yves Dodo. Mais le développement industriel des puces 3D est encore confronté au manque de logiciels de conception adaptés. Les outils actuels sont basés sur des logiciels

améliorés de conception de puces traditionnelles. Les différents aspects de la conception, les études thermiques, électriques, les boîtiers, ne sont pas traités simultanément. La nécessité aujourd’hui est d’intégrer ces problématiques en un outil unique, capable de prendre en compte les spécificités des puces 3D. Dans ce but, le CEA-Leti s’est associé à l’entreprise R3 Logic: les chercheurs fournissent aux programmeurs des modèles et données, comme le fonctionnement thermique des TSV, et font part de leurs contraintes et difficultés. L’ascension des puces 3D ne fait que commencer. Si elles gardent l’équilibre, elles finiront, dans quelques années, par coloniser PC portables et autres produits électroniques nomades. cm cc antoine cappelle

acappelle@industrie-technologies.com

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EN COUVERTURE

Entrez chez Nanosolar, et découvrez en vidéo l’impression des cellules photovoltaïques.

Ces start-up qui s’affranchissent de la miniaturisation De nombreuses jeunes entreprises ont investi le terrain de l’électronique « more than Moore ». Les technologies qu’elles développent ne s’appuient pas sur la miniaturisation des circuits électroniques, mais exploitent les nouvelles fonctionnalités des Mems, de l’optronique, ou de l’impression par jet d’encre. Coup de projecteur sur huit start-up innovantes qui surfent sur cette nouvelle vague de l’électronique. ccANTOINE CAPPELLE acappelle@industrie-technologies.com

DES PUCES OPTIQUES À LARGE BANDE PASSANTE Luxtera

Basé à Carlsbad (États-Unis) Existe depuis 2001 c Spécialisée dans l’optique sur silicium, Luxtera sait fabriquer des systèmes optiques complexes, capables d’un traitement du signal sophistiqué. Les puces de Luxtera ont une bande passante plus large que les composants habituels, et peuvent transmettre de plus grandes quantités d’informations. http://www.luxtera.com

DES PUCES POUR CAPTER LES MOUVEMENTS DU CORPS Movea

Basé à Grenoble (Isère) Existe depuis 2007 c Fournit des puces intégrant des capteurs de mouvement à l’industrie électronique. Basés sur des gyroscopes, accéléromètres ou magnétomètres, ces capteurs sont capables de mesurer avec précision les mouvements du corps. Ils sont utilisés dans des interfaces destinées au sport et au divertissement.

http://www.movea.com

DES LOGICIELS POUR CONCEVOIR DES PUCES 3D R3 Logic

Basé à Bedford (États-Unis) Existe depuis 2000 c La conception de puces 3D nécessite des logiciels très spécifiques, encore rares. R3 Logic développe ces outils, qui prennent en compte les contraintes telles que la disposition des trous à travers les puces, leur alignement et le raccordement des connexions. La société travaille avec le CEA-Léti pour améliorer son logiciel. D.R.

http://www.r3logic.com


EN COUVERTURE

LOGICIEL POUR L’ANALYSE THERMIQUE DES PUCES 3D Docea

Basé à Moirans (Isère) Existe depuis 2006 c Cette entreprise propose des logiciels de conception spécialisés dans l’analyse thermique des circuits imprimés. Dans ce domaine, les puces 3D présentent des contraintes spécifiques. En partenariat avec le CEA-Léti, Docea développe une plate-forme de modélisation adaptée à ces nouveaux composants.

http://www.doceapower.com

LES CONNEXIONS DES PUCES 3D PLUS ÉCONOMIQUES Alchimer

Basé à Massy (Essonne) Existe depuis 2001 c Met au point des procédés et formulations chimiques pour le traitement des trous à travers le silicium (TSV), servant à établir les connexions dans les puces 3D. Avec ces techniques, le dépôt de la couche isolante sur les parois du trou, puis sa métallisation, sont réalisables à moindre coût.

http://www.alchimer.com

UN PROCÉDÉ D’IMPRESSION DE CIRCUITS À FAIBLE COÛT Kovio

Basé à Milpitas (États-Unis) Existe depuis 2001 c Imprime des circuits grâce à des encres faites à partir de silice, utilisant une poudre de nanoparticules comme solvant. Ce procédé entraîne un faible coût de fabrication, sans passer par de gros volumes de fabrication. Grâce à la flexibilité de cet outil, les produits peuvent être développés facilement et rapidement. Les circuits produits sont utilisés notamment dans des étiquettes RFID. http://www.kovio.com/

DES CIRCUITS ANALOGIQUES ADAPTABLES Wispry

Basé à Irvine (États-Unis) Existe depuis 2002 c Les capacités numériques que fabrique Wispry rendent adaptables les propriétés de composants analogiques, tels que les filtres ou les antennes. Leur utilisation dans un circuit réduit ainsi le nombre de composants radiofréquences nécessaires, en les rendant plus polyvalents. http://www.wispry.com

DES CELLULES SOLAIRES PRODUITES PAR IMPRESSION Nanosolar

Basé à Zug (Suisse) Existe depuis 2002 c Produit des cellules photovoltaiques par impression, utilisant de l’encre à base de nanoparticules. Ces cellules transportent le courant avec un minimum de pertes, et peuvent être assemblées en panneaux solaires. Avec ce procédé, une ligne de production peut fabriquer un panneau solaire toutes les dix secondes.

D.R.

http://www.nanosolar.com/


EN COUVERTURE

www.industrie-technologies.com

L’électronique au-delà de la loi de Moore Notre enquête continue sur Internet De l’optronique aux puces 3D, en passant les Mems, les circuits analogiques adaptables ou les circuits réalisés par impression, l’électronique « More than Moore » se développe tous azimuts pour booster les performances autrement que par la miniaturisation. Industrie et Technologies a dressé un panorama des technologies actuellement en développement. Pour aller plus loin : www.industrie-technologies.com (rubrique « IT, l’enquête continue »).

Vidéo Dix lasers intégrés dans une puce

Vidéo La fabrication des Mems étape par étape

Transmettre de l’information sous forme optique nécessite de transformer un signal électrique en signal lumineux. Il

Les microsystèmes électromécaniques (Mems) sont fabriqués avec les mêmes procédés que les circuits intégrés électroniques. Ils comprennent une partie

LES ÉCRANS À MEMS DOMPTENT LA LUMIÈRE Les Mems peuvent être utilisés pour l’affichage électronique en réfléchissant de façon adéquate la lumière ambiante. L’article détaille les avantages de ces écrans, destinés aux applications mobiles.

I&T, mai 2009, n°911

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Infographie animée Comment l’étiquette RFID est imprimée L’impression à jet d’encre ne sert pas qu’à imprimer des documents et des images sur du papier. Elle s’annonce

aussi comme une alternative prometteuse à la photolithographie pour la fabrication de certains circuits électroniques souples. Découvrez, dans notre infographie animée, le déroulement détaillé de ce procédé pour la réalisation d’étiquettes RFID destinées à l’identification de paquets de biscuits. cm

ÉLECTRONIQUE IMPRIMÉE C’EST PARTI ! Les circuits électroniques peuvent être imprimés sur des supports comme le plastique ou le papier. I&T passe en revue les procédés existants et leurs applications, qui dépassent celles des traditionnels circuits sur silicium.

I&T, novembre 2008, n°905

mobile, sensible à un paramètre physique, comme le mouvement. Intégré au silicium d’une puce, ces éléments interagissent avec la partie électrique du circuit, lui apportant de nouvelles informations. De la matière première à l’intégration des Mems, cette vidéo retrace les étapes de la fabrication de ces composants dans le laboratoire Lincoln du MIT. cm

LES CIRCUITS ÉLECTRONIQUES CHASSENT LES GASPIS Les circuits analogiques rattrapent leur retard en adoptant à leur tour le silicium sur isolant comme substrat pour leur fabrication. À la clé une réduction de la consommation électrique.

I&T, octobre 2005, n°871

D. R.

est possible d’effectuer cette conversion sur une simple puce. Découvrez le fonctionnement de la puce photonique Infinera. Elle intègre dix diodes lasers, émettant chacune à une longueur d’onde différente. Les signaux passent par des modulateurs qui y encodent les données, puis par des moniteurs et des atténuateurs qui mesurent et ajustent leur puissance. Les dix signaux sont enfin réunis dans une unique fibre, qui transporte ainsi 100 Gbit/s. cm


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PHOTO-TECH

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PHOTO-TECH

Pompes à la demande

abaca

Fondée en 1888, la société allemande PME a fait des pompes centrifuges à la demande sa spécialité. Destinées aux stations de pompage d’eau, ces machines utilisent des roues à aubes réalisées en fonderie. Sur la photo, un stock de roue à aubes déjà usinées prêtes à l’assemblage.

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PHOTO-TECH

Atterrissage spatial en douceur

naSa

Séance de test final du Common Extensible Cryogenic Engine développé par la Nasa et Pratt & Whitney Rocketdyne. Ce moteur est alimenté par un mélange d’oxygène liquide et d’hydrogène liquide refroidi à moins de zéro degré. Il offre une poussée nominale de 15 000 livres.

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Regardez la vidéo du moteur de la Nasa en fonctionnement.


PHOTO-TECH

Le mouvement change la perception L’équipe du professeur Heinrich Bülthoff du Max Planck Institute for Biological Cybernetics à Tubingen (Allemagne) utilise des moyens de réalité virtuelle haut de gamme, dont ce poste de pilotage au bout d’un bras de robot. Ils analysent ainsi comment les signaux visuels et vestibulaires contribuent à la vitesse perçue et à l’amplitude des déplacements du corps par rapport à l’environnement.

Superparticule en chute libre

Max planck

Cette puce pourrait servir à mesurer un champ gravitationnel de façon extrêmement précise. Des physiciens de l’Institut Max Planck d’optique quantique, en Allemagne, l’ont utilisée pour générer un condensé de Bose-Einstein en moins d’une seconde, au lieu d’une minute avec les appareils habituels. Les particules, dans ce condensé, se comportent comme une seule « superparticule » : le but des chercheurs est d’étudier son comportement en chute libre.

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EXPÉRIENCES

Retrouvez l’état d’avancement du système international SGH.

ENQUÊTE

Produits chimiques : passez à l’étiquetage universel Le 1er décembre plus question de passer à côté, le règlement CLP de classification et d’étiquetage des produits chimiques deviendra obligatoire pour les substances. Vocabulaire, symboles, indications de sécurité… bref, tout change ! Comment se dépêtrer avec ce nouveau règlement. Démarche à suivre.

TONNAGE L’industrie française consomme 4,8 millions de tonnes de produits chimiques de type CMR (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques) par an.

P

Le même étiquetage pour tout le monde c Le

règlement CLP (Classification, labelling and packaging) est la déclinaison européenne du système international SGH (Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques), né de la volonté de créer une signalétique unique à l’échelle mondiale. Le but ? Faciliter le commerce et éviter les erreurs pour les utilisateurs de produits importés.

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signalétique et la classifica- aux utilisateurs, ils sont aussi tion ne correspondraient pas impliqués « les opérateurs doiau règlement CLP pour « Clas- vent rapidement être formés à sification, labelling and packa- ce nouvel étiquetage », alerte ging » des substances et la spécialiste de l’INRS. Alors mélanges. Autre date à rete- qu’est ce qui va changer et nir : juin 2015. « Le règlement comment s’y préparer ? s’appliquera alors également pour les mélanges de produits Sur l’étiquette… chimiques, comme les détertout change ! gents », explique Annabel Au premier coup d’œil, la difMaison. Même si le règlement férence la plus voyante est l’apest officiellement entré en parition de neuf pictogrammes vigueur le 20 janvier 2009, la qui remplacent les anciens mise en application effective symboles orange. En forme de peut se faire jusqu’au 1er dé- losange, fond blanc entouré de cembre 2010 pour rouge, ces pictoles industriels « IL FAUT QU’À grammes, pensés TOUT MOMENT, concernés. C’est-à- LES pour être plus visiOPÉRATEURS dire les importa- COMPRENNENT bles et clairs, sont teurs et les fabri- À QUEL DANGER désignés chacun cants « qui après ILS S’EXPOSENT ». par un code de la Annabel Maison, INRS la charge due à forme SGH0x. Reach, doivent Changements les encore investir plus frappants ? dans un projet d’envergure. À Un pictogramme spécialement eux de vérifier la nouvelle destiné aux gaz sous pression, classification de leurs pro- deux autres pour les produits duits, d’actualiser les étiquet- fortement et faiblement empoites et les fiches de données de sonnants et la disparition du sécurité et de signaler toutes symbole de la croix de Saintces nouveautés à l’agence André. chimique européenne ! », préEn dessous, des phrases de cise Annabel Maison. Quant sécurité et des mentions de

1

D.R.

our l’instant il y a très peu de nouvelles étiquettes sur le marché, constate Annabel Maison, ingénieur au pôle risque chimique de l’Institut national de recherche et sécurité (INRS) et spécialisée dans l’expertise et le conseil technique. « Les industriels attendent la date butoir ! », ajoute-t-elle. Et elle approche : le 1er décembre, plus question de mettre sur le marché ou d’importer des substances chimiques dont la


EXPÉRIENCES

9 pictos qui changent tout cExplosifs

cComburants/ Peuvent provoquer un incendie ou une explosion en présence de produit inflammable

cCorrosifs, pour les métaux et/ou la peau, les yeux…

cGaz sous pression cCancérigènes, mutagènes, repro-toxiques, allergènes…

cEmpoisonnants à forte dose/ irritants pour la peau/ provoque somnolences ou vertiges.

c Principale modification modification

entraînée par l’arrivée du règlement CLP : neuf nouveaux pictogrammes et autant de dangers à reconnaître ! Changements de formes, de couleurs ; les pictogrammes issus du règlement CLP s’alignent sur ceux utilisés au niveau mondial.

ccPRATIQUE

cInflammables

cEmpoisonnants, même à faible dose cEffets néfastes sur les organismes du milieu aquatique

L’INVS (Institut de veille sanitaire) a d’ailleurs lancé une campagne d’information pour sensibiliser le plus rapidement possible les usagers. Accompagnés de conseils de sécurité et de mentions de danger, ils devraient permettre au manipulateur de déterminer au premier coup d’œil à quel danger il s’expose.

prudence font leur apparition. Sur chaque étiquette, un simple mot DANGER ou ATTENTION, avertit rapidement l’opérateur du genre de produit qu’il s’apprête à manipuler. La première s’applique évidemment aux produits les plus… dangereux ! Également présents sur l’étiquette une phrase et un code alphanumérique « H » indiquant la nature du danger. De « liquides et vapeurs très inflammables » à « peut provoquer une allergie cutanée », bien que leurs rôles soient les mêmes que les phrases « R » du système préexistant leurs libellés sont un peu différents. Toujours sur l’étiquette – et bien entendu sur les fiches de données de sécurité – les conseils de prudence qui ont les mêmes rôles que les phrases « S » actuellement présentes. Dans le règlement CLP, elles sont codifiées par un « P » suivi de trois chiffres. On pourra ainsi trouver : « Stocker dans un endroit bien ventilé. Maintenir le récipient fermé de manière étanche », « ne pas respirer les vapeurs » ou « garder sous clés ». Enfin des informations supplémentaires, libellées EUH suivies de trois chiffres, peuvent aussi s’ajouter aux recommandations de sécurité. Que ce soit sur les dangers, comme « l’exposition répétée peut provoquer dessèchements et gerçures de la peau » ou encore des éléments d’étiquetages additionnels tels que « contient des isocyanates. Peut produire une réaction allergique ». Tous ces changements seront bien entendu ajoutés à la fiche de données de sécurité avec les mentions habituelles comme le nom et l’adresse du fabricant. L’étiquette change donc du tout au tout ! Au cœur du nou-

ADOPTEZ LE BON VOCABULAIRE ! cMentions d’avertissement : DANGER et ATTENTION font leur apparition sur les étiquettes. Le mot danger est associé aux produits les plus dangereux. Des conseils de prudence et de nouvelles indications renseigneront sur les dangers et indiqueront comment bien stocker, manipuler et éliminer les produits chimiques. cMélange : remplace l’actuel terme préparation. cClasses de dangers : oubliez les catégories, on parle maintenant de classes de dangers. Exemple : « liquide inflammable », « cancérogénicité » … Et les classes sont elles-mêmes divisées en… catégories de dangers ! Une subdivision qui doit permettre de comparer les degrés de dangerosité.

veau règlement : des pictogrammes plus voyants et des messages de dangers plus rapidesà comprendre. Des transformations qui devraient permettre, à terme, de mieux protéger les salariés. En effet, Selon une étude de l’INRS datant de 2005 près d’un salarié sur sept est exposé, à des degrés divers, à des produits de types CMR (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques). Les principaux secteurs concernés étant, sans surprise, pharmaceutiques et chimiques.

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Le coup de vis de la classification

Et le changement ne s’arrête pas au design des étiquettes, la classification aussi subie une métamorphose. Tout d’abord au niveau du vocabulaire, les anciennes « catégories de dangers » deviennent des « classes de dangers », toujours subdivisées selon leur nature (physique, santé ou environnement). Les

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EXPÉRIENCES

PENDANT PLUSIEURS ANNÉES DEUX SYSTÈMES DE SIGNALÉTIQUE VONT COEXISTER.

ANNABEL MAISON INGÉNIEUR AU PÔLE RISQUE CHIMIQUE DE L’INRS

regard de la précédente directive ne l’étaient pas. « Le règlement entraîne une classification plus sévère des produits chimiques. Du coup cela a un impact sur beaucoup d’autres choses », prévient Annabel Maison. En clair, le changement des règles de classifications, touche déjà les règles de déclarations en installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ou Seveso 2 et influence aussi les règles de stockage. « Aux industriels d’être vigilants face au changement de réglementation », explique l’experte. Et dès 2015, « le nouvel étiquetage s’appliquera

aux mélanges », rappelle Annabel Maison. Lessives ou produits d’entretien grand public seront ainsi concernés. « Ce sera là surtout une affaire de communication, souligne l’ingénieur. En effet des produits classés actuellement irritants – arborant une croix de Saint-André – pourront maintenant être corrosifs et avoir le pictogramme adéquat, plus inquiétant pour le consommateur ! ».

3

Les opérateurs vont devoir jongler

Le changement interviendra donc dès décembre pour les substances, c’est-à-dire les pro-

Un inventaire européen des substances chimiques c Autre nouveauté : la notification des substances mises sur le marché à l’Agence européenne des produits chimiques (Echa). À partir du 1er décembre, toutes substances fabriquées ou importées sur le territoire européen et rentrant dans le règlement Reach ou considérées comme dangereuses devront être

notifiées dans un délai d’un mois à l’Echa. L’Europe pourra ainsi créer une base de données consultable de toutes les substances chimiques en circulations sur son territoire, et de leurs dangers. Une façon également d’harmoniser l’étiquetage de sécurité des produits car actuellement chaque fabricant, ou importateur,

décide seul. Il peut alors arriver que pour un même produit des consignes différentes soient appliquées. Avec la création de la base de données européennes, les fabricants devront se mettre d’accord pour harmoniser leur signalétique.

duits chimiques « purs » mais seulement en juin 2015 pour les mélanges. « Pendant plusieurs années les systèmes vont devoir coexister, explique Annabel Maison. Les opérateurs vont travailler avec deux signalétiques différentes. » Un problème, car si l’ancien système est connu de tous, le nouveau n’a pas encore fait son apparition et il ne reste alors que peu de temps pour se familiariser avec lui. « Il faut donc rapidement former le personnel au système CLP et faire des rappels au cours des cinq prochaines années sur l’ancien, affirme Annabel Maison. Pour qu’à tout moment, les opérateurs soient capables de comprendre à quel danger ils s’exposent ». Un véritable défi pour les utilisateurs qui devront connaître les dangers associés aux neuf nouveaux pictogrammes et comprendre les mentions de sécurité associées, tout en gardant à l’esprit l’ancien système ! Les pictogrammes ressemblant aux symboles déjà connus ne représentent pas forcément les mêmes dangers… et d’autres catégories de dangers n’ont pas de pictogrammes associés. Pour faciliter cet apprentissage, « les Carsat (Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail, ex-Cram) peuvent aider les industriels à sensibiliser leur personnel, indique Annabel Maison. De même, de nombreuses fédérations professionnelles proposent à leurs adhérents des formations sur le sujet. » L’INRS a également mis à disposition des documents d’information, notamment via le site www.9pictos.com. cm ccANNE-KATELL MOUSSET akmousset@industrie-technologies.com

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D.R.

seize classes de dangers physiques, dix classes d’atteinte à la santé et les deux de dangers environnementaux sont ellesmêmes fractionnées en « catégories » afin d’affiner le classement et de permettre une meilleure appréhension des risques. Les règles définissant l’appartenance d’un produit chimique à une classe – et à une catégorie – évoluent et se durcissent. Conséquence directe : certaines substances changent de catégories ! Exemple pour les liquides inflammables, dans l’ancien système aucune annotation n’était ajoutée pour les produits ayant un point d’éclair supérieur à 50 °C. Dans le nouveau règlement, cette limite passe à 60 °C ! Et certains produits qui n’étaient jusque-là pas considérés comme inflammables, le deviennent. Autre illustration, la baisse des seuils pour les produits pouvant entraîner des lésions oculaires, on trouvera, en effet, classés comme « irritants oculaires » des substances qui au


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EXPÉRIENCES

Visitez en vidéo l’usine d’Arkema de Serquigny.

CAS D’ENTREPRISE Arkema se couvre de photovoltaïque ÉNERGIE

ccARKEMA

Neoen exploitera la toiture solaire de l’usine d’Arkema à Serquigny dans l’Eure en revendant l’électricité produite.

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Groupe chimiste français Crée en 2004 par réorganisation de la branche chimie de Total 13800 personnes dans le monde Chiffre d’affaires 4,4 milliards d’euros en 2009 Usine de Serquigny (Eure) compte 400 employés Elle fabrique des polymères techniques, polyamides principalement

N°925ccSEPTEMBRE 2010

ccLE PROBLÈME

UN TOIT VIEILLISSANT

Arkema n’a pas eu le choix. Dans son usine de Serquigny (Eure), un toit vieillissant devait être restauré. D’abord parce qu’il contenait de l’amiante. Ensuite parce que le bâtiment, jusqu’à présent dédié au stockage, allait changer d’usage. Pour abriter des travaux de maintenance, la réglementation imposait une mise aux normes, notamment des ouvertures translucides. « Nous devions de toute façon démonter le toit et le désamianter. Nous avons eu l’idée, en plus, d’installer des panneaux photovoltaïques », raconte Sylvain Nisseron, res-

ponsable du bureau d’études du site. À une condition : s’assurer de l’étanchéité et de la durée de vie du toit. Le chimiste a vite réalisé que son projet nécessitait les compétences techniques d’un expert. « Le photovoltaïque n’est pas notre métier », admet Sylvain Nisseron. Et le délai avant retour sur investissement – une dizaine d’années – était trop long : « sur nos fonds propres, nous ne pouvions pas dépasser deux à trois ans… »

ils sont séparés de l’isolation du toit par une couche de textile microporeux. Elle laisse passer l’air, mais pas l’eau. Si Neoen a choisi les équipements, Arkema a préféré coordonner lui-même le chantier, « car nous connaissions le site », justifie Sylvain Nisseron. Un sous-traitant de Neoen a fourni les panneaux et a formé les employés du couvreur, qui ont installé à la fois le toit et les panneaux. ccLE RÉSULTAT

ccLA SOLUTION

UNE ÉCONOMIE DE 150 000 EUROS

Arkema a confié le choix des équipements au spécialiste Neoen, une filiale de Direct Energy. Câbles, panneaux photovoltaïques, onduleurs… Pendant 21 ans, c’est Neoen qui sera propriétaire des équipements situés au-dessus de la charpente d’Arkema. Pourquoi 21 ans ? « Le tarif de rachat de l’électricité est garanti pendant 20 ans. Une année supplémentaire a été ajoutée pour inclure la durée du chantier », précise Hugues Defréville, responsable énergie solaire de Neoen. Pour les panneaux photovoltaïques, le silicium cristallin a été privilégié aux couches minces. « Plus mature, il offre davantage de garanties en termes de rendement et de recyclage », justifie Hugues Defréville. Pour assurer l’étanchéité du toit, un liant en plastique a été placé entre les panneaux, qui se recouvrent partiellement. Quant aux lattages en bois soutenant les panneaux,

Neoen exploitera la toiture solaire pendant 21 ans en revendant lui-même l’électricité produite. Pour Arkema, l’opération est doublement gagnante. Non seulement Neoen a pris en charge l’achat des panneaux et leur pose, pour un coût total d’un million d’euros. En cas de problème d’étanchéité, le prestataire sera même responsable des réparations. Mais surtout, pour Arkema, le coût de restauration de son toit a été réduit de 27 %. Avec ou sans photovoltaïque, le bâtiment aurait de toute façon dû être remis aux normes. Le chimiste avait budgété 550000 euros (sans photovoltaïque). Finalement, les panneaux solaires occuperont 1 320 mètres carrés, autant de surface en moins à couvrir. Pour Arkema, c’est une économie de 150 000 euros. cm

UN BAIL DE 21 ANS

ccTHOMAS BLOSSEVILLE tblosseville@industrie-technologies.com D..R.

Profitant de la restauration d’un bâtiment, Arkema a installé des panneaux photovoltaïques sur le toit de son usine. Pour mener son projet à terme, le chimiste est passé par un spécialiste de l’énergie avec un impératif technique : garantir l’étanchéité et la durée de vie de sa toiture.


Takt time pour booster les cadences de production

ENVIRONNEMENT

Derrière ce nom barbare, se cache une méthode pour équilibrer les lignes de production sans laisser de place à l’improvisation: de l’observation, du bon sens et un peu de maths!

MÉTHODE

FICHE MÉTHODE

D. R.

Une formule mathématique pour satisfaire les clients Le takt time est la vitesse idéale à laquelle on doit produire pour livrer ses clients. Par extension, c’est devenu une méthode d’amélioration de cadence de ligne en réduisant l’encours de production.

C’est l’unité de temps qu’il faut pour une pièce à livrer au client. Il s’obtient en divisant le temps de production par le nombre de pièces à livrer sur une période donnée.

À noter que cela est valable si la demande est constante dans la période considérée et que le temps de production est égal au temps d’ouverture moins les arrêts programmés.

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MÉTIER

OUTIL

Baumer Vendôme applique le Takt time dans ses ateliers. Elle a calculé au plus juste la capacité machine et le nombre d’opérateurs nécessaires.

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Takt time pour booster les cadences À QUOI ÇA SERT ? c Le takt time est un objectif de vitesse à laquelle on doit produire pour livrer les clients, pour faire en sorte que les organisations soient capables de s’adapter aux fluctuations de la demande du client, sans perdre en efficacité. c C’est devenu par extension une méthode d’amélioration de cadence pour les ateliers de production. Elle permet de réduire le nombre de pièces en cours de montage, le nombre de personnel pour faire la même tâche, leur stress et la pénibilité du travail, et la place nécessaire pour faire ce travail et surtout le temps nécessaire à la fabrication d’une commande particulière d’un client. c Elle peut s’appliquer à de petites séries comme à de plus grosses. « takt » en allemand veut dire cadence, rythme. Le takt time est donc le temps qui séparerait idéalement la sortie de deux pièces : c’est l’objectif attendu.

COMMENT LE METTRE EN ŒUVRE ?

L’AVIS DE L’EXPERT

c La mise en œuvre passe d’abord par la « mise en ligne ». C’est-à-dire là où vous avez des îlots de machines similaires, vous les rassemblez et alignez en ligne ou en U dans l’ordre des opérations pour faire un produit ou une gamme de produits similaires. c Une fois cette mise en ligne réalisée, dressez par poste/machines la liste des opérations réalisées réellement, en comptant les moindres détails qui consomment du temps. Actuellement le temps par poste le plus long est le temps de cycle instantané : c’est le temps du goulet d’étranglement. c Le takt time est le reflet d’une consommation idéale par les clients. C’est l’outil principal du lissage des commandes des clients en production. À partir du plan de production mensuel, on fixe un « tempo » de production qui correspond au temps de production journalier que l’on divise par la demande client. c Faites la somme de tous ces temps par pièce, hors temps de réglage. On en déduit le nombre d’opérateurs nécessaires sur la ligne en divisant la somme des temps par le takt time. c Arrangez et répartissez différemment les opérations par poste: le temps de cycle se rapproche du takt time.

LES POINTS À SURVEILLER Définition des familles à suivre : les familles de produits à suivre dans les ateliers selon cette méthode doivent être bien identifiées : en effet, le comportement est différent pour ces produits par rapport à l’habitude.

ccWILLIAM PIEDFORT CONSULTANT ET PATRON DE PRODUCTIVIX

Le takt time complète le Kaizen par une gestion plus fine de chaque ligne de production. La priorité doit changer et passer de la productivité au takt time. C’est un vrai contrat entre l’administration des ventes et la production, un outil de lissage entre plusieurs ateliers et qui oblige à une anticipation de la charge, et un outil de communication fédérateur. Vos fournisseurs doivent aussi et surtout connaître vos takt time !

Revue hebdomadaire du takt time de chaque famille : une revue de production du takt time obtenu est nécessaire chaque semaine afin d’ajuster le takt time au nouvel objectif du PIC de la famille de produits. Notion de contrat : la cadence objective est une sorte de contrat moral passé avec les opérateurs, un objectif en fin de compte. Pas de visuel « stock mini/maxi » Si un stock tampon est créé et qu’il n’a ni limite supérieure, ni inférieure, c’est le cas idéal pour y retrouver de nombreux encours ou des ruptures. La détermination du mini et du maxi est précise et le fait de dépasser ces bornes permet d’identifier d’autres dysfonctionnements. Pas de pilotage du takt time sur les autres cellules ni sur les fournisseurs. Le takt time est intéressant quand il est appliqué sur toute la ligne de production du/des produits, donc sur toutes les cellules de la production en amont ou en aval, ainsi que chez les fournisseurs pour éviter les stocks trop courts.

ccFICHE COORDONNÉE PAR RIDHA LOUKIL rloukil@industrie-technologies.com

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N°925ccSEPTEMBRE 2010

D. R.

MÉTIER

OUTIL

ENVIRONNEMENT

MÉTHODE

FICHE MÉTHODE


www.industrie-technologies.com

ProDUITS

« Téléchargez le détail de la norme S95 de l’ISA. »

GUIDE D’ACHAT La séLection de produits de La rédaction

Huit logiciels de Manufacturing execution system norMe s95 Élaborée par l’Isa*, elle définit le périmètre des fonctions des MES, une terminologie commune, et des standards.

Suivre une production en temps réel, la piloter, assurer la traçabilité des produits et optimiser la productivité : telles sont les promesses des logiciels MES (Manufacturing execution system). Polyvalents, ces outils *Instrumentation systems and automation s’adaptent aussi aux particularités de chaque usine. Leur mise en œuvre est un projet de grande envergure. Autant bien se préparer avant de s’y lancer.

e concept de Manufacturing execution system (MES) remonte aux années 1990. Si l’outil s’est bien répandu ces dernières années, son utilité reste parfois un peu floue pour les industriels. Le suivi de production est bien sûr un impératif ancien : ce que les MES y ont apporté, c’est la mise en relation des différents outils de supervision et de gestion. D’un ensemble de solutions hétérogènes, parfois redondantes, le MES a fait une plate-forme simple et polyvalente, utile à tout type de production. Mesurer, analyser, contrôler, avoir une vue d’ensemble de sa production sans multiplier les interfaces et les canaux d’échanges d’informations : voilà l’enjeu des MES. De l’agroalimentaire à l’électronique, de l’automobile à la pharmacie, tous les secteurs de l’industrie peuvent y trouver des solutions sur mesure. Basés sur des progiciels standard, les MES s’adaptent aux spécificités de chaque usine, à ses process particuliers, ses normes et ses contraintes. Leur champ d’application est vaste : de la gestion du personnel à l’étiquetage des produits, en passant par le contrôle de qualité ou la détection des pannes. La force du MES est d’assurer ces fonctions en temps réel. Il permet d’agir immédiatement sur les paramètres de la

L

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N°925ccSEPTEMBRE 2010

production si une erreur est détectée dans la chaîne, de repérer rapidement une panne ou un écart par rapport à une norme. Il peut interagir avec des machines-outils, ou réduire les erreurs humaines en informant les opérateurs avec précision.

dans l’installation d’un MES. « Aujourd’hui, il y a une véritable reconnaissance du périmètre et du concept MES », estime Daniel Louis-André, directeur général de SPC Consultant, qui guide les entreprises dans leurs projets de déploiement de MES. Depuis 10 ans, les industriels ont consacré beaucoup de cc Globaliser les données temps et d’argent à l’installation de logiciels d’enterprise ressource planning dans une même base Connecté à des machines ou des bancs (ERP). Ces projets arrivés à terme, ils peud’essais, le MES recueille les données de vent désormais considérer les bénéfices façon automatique. Mais le système peut du MES. « Les ERP ont fini par montrer convenir à des productions peu automa- leurs limites : ils ne dialoguent pas avec tisées, et permettre aux opérateurs de sai- les automates, ne font pas de surveillance sir eux-mêmes les données utiles. Les en temps réel, mais fonctionnent à données centralisées par le système n’ont l’échelle d’une journée. » plus à être saisies plusieurs fois, ou échanMême si certaines fonctions de l’ERP gées par l’intermédiaire rejoignent celles du de papiers ou de BaSéS SUr MES, comme la gestion DeS ProGIcIeLS fichiers informatiques, STanDarD, LeS meS des stocks ou des restype tableurs. Archi- S’aDaPTenT À cHaQUe sources humaines, les vées, les données gérées USIne, À SeS ProceSS deux sont complémenpar les MES assurent la ParTIcULIerS, taires. La plupart des SeS normeS traçabilité totale des eT SeS conTraInTeS. MES peuvent facilement produits. Conditions être interfacés pour de fabrication, comme échanger des informala température, généalogie ou opérateurs tions avec l’ERP, lui apportant ainsi une l’ayant pris en charge : il est possible de valeur ajoutée. se plier à toutes les exigences. Mais même sans MES, les usines dispoMais la polyvalence de cet outil est une sent souvent d’outils de suivi de producdes raisons pour lesquelles certaines tion. Souvent développés pour un usage industries hésitent encore à se lancer précis, sans une approche globale à


ProDUITS Le PLUS SImPLe

Le PLUS SPécIaLISé Le PLUS PoLyvaLenT

ccQuartis Prima Web 2.0 osys

ccPharmacim Courbon

Cette solution est étudiée pour les PME de 20 à 50 salariés, qui n’ont besoin que de fonctions basiques du MES. Quartis Prima leur permet d’établir un suivi de la productivité en temps réel afin d’optimiser les machines. Il s’adresse essentiellement à des industries travaillant à la commande, plutôt qu’à des industries de process continus. Ce MES a la particularité de pouvoir être installé en quelques jours. Osys propose également des terminaux spécifiques, afin de simplifier les interfaces avec le logiciel. Si les besoins changent, Quartis peut évoluer vers les solutions plus complètes proposées par Osys.

Ce système est spécialement développé pour l’industrie pharmaceutique. Ce secteur doit se plier à des réglementations particulièrement strictes, en termes de traçabilité et généalogie des produits, ou de stérilisation des équipements. Les MES à destination de ces industries doivent donc assurer des fonctions plus nombreuses que les MES généralistes. Pharmacim répond à ces besoins spécifiques, et est conforme aux bonnes pratiques dictées pas la FDA et la norme GAMP 5.

ccFonctions principales

D.R.

suivi de production supervision des opérateurs et ordres de fabrication prix : à partir de 5 000 euros

l’échelle de l’usine. « Ces systèmes, développés de façon hétéroclite, ont eux aussi montré leurs limites », constate Daniel Louis-André. Car souvent, les solutions utilisées sont redondantes. Les informations utilisées par les uns pour l’amélioration des performances peuvent servir à d’autres pour la traçabilité : seule l’analyse de ces données est différente. « L’intérêt d’un MES est de globaliser les données de production dans une même base, et de les mettre à disposition des diffé-

ccFactorytalk Productioncentre roCkwell

Générique, ce MES peut convenir à tout type d’industrie. Il offre des fonctions standard qui assurent le suivi et le pilotage de production et la traçabilité des produits. Si la configuration de ces fonctions ne suffit pas, il est possible de programmer des fonctions plus personnalisées. Il existe également trois « couches métiers » supplémentaires qui peuvent s’ajouter au logiciel de base. Plus spécialisées, elles s’adressent aux industries de l’automobile, pharmaceutique et agroalimentaire. ccFonctions principales

suivi et pilotage de production optimisation des process traçabilité et généalogie des produits prix : à partir de 30 000 euros pour une dizaine de postes

rents utilisateurs de différentes façons, selon leur métier et leurs besoins », explique Martine Guérouard, consultante pour Moventeam. Pour être à la hauteur de ces enjeux, le MES doit être adapté au mieux à l’usine. Pour cela, il faut dans un premier temps évaluer ses besoins. Cela nécessite de réunir en une équipe de projet les différents utilisateurs potentiels, afin d’élaborer un cahier des charges commun. Une démarche parfois difficile à mener en interne.

ccFonctions principales

pilotage, suivi et ordonnancement de la production traçabilité Gestion des équipements prix : à partir de 10 000 euros

Un consultant peut alors aider l’entreprise à structurer ses besoins. Connaissant le marché et les produits existants, il pourra faciliter le choix d’une solution. Un service pour lequel il faut compter 5 à 10 % du prix du projet. Le logiciel constitue la base d’un projet MES. Plusieurs critères vont permettre de choisir celui qui conviendra le mieux à chaque projet. La nature des procédés de production est déterminante : selon qu’il s’agit d’as-

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www.industrie-technologies.com

ProDUITS

GUIDE D’ACHAT 8 LoGicieLs de ManuFacturinG eXecution sYsteM

osys

Les pLus

caractéristiQues tecHniQues

Quartis optima web 2.0

Qubes

courbon ProDuCIM

emerson syncade

elan soFtWare (siemens)

ordinal

aPris aPr

secteurs industriels

secteurs industriels c Tous

cT

XFP Mes

secteurs industriels c Process continus et semi-continus (Agroalimentaire, cosmétiques, automobile…)

secteurs industriels c Tous

secteurs industriels c Manufacturier, Agroalimentaire

secteurs industriels c Industries de process (chimie, pharmaceutique, cosmétique…)

Fonctions principales c Suivi de production c Supervision des opérateurs et machines c Contrôle qualité c Traçabilité c Ordonnancement

Fonctions principales Quinzaine de modules indépendants c Suivi de production c Pilotage c Traçabilité c Contrôle et alerte

Fonctions principales Logiciel intégré avec les modules fonctionnels : c Suivi c Traçabilité c qualité c Pilotage c Ordonnancement

Fonctions principales 10 modules indépendants c Gestion des matières premières c Gestion des équipements c Suivi des recettes c Guidage des opérateurs c Ordonnancement

intégration c Osys ou intégrateurs partenaires

intégration c Intégrateurs agréés

intégration c Courbon uniquement

intégration c Collaboration avec intégrateurs

programmation c Java

programmation c Delphi Pas accessible au client

programmation c nc

programmation c Visual basic, .net

c Java, C, C++

interface utilisateurs c Fournit des terminaux

interface utilisateurs c Navigateurs Web

interface utilisateurs c Interfaces tactiles

interface utilisateurs c Navigateurs Web

c Navigateurs Web

À partir de 4 000 €

À partir de 20 000 € pour un package d’une dizaine de licences.

À partir de 8 000 €

à partir de 50 000 € pour une solution sur cahier des charges prête à l’emploi

Logiciel aux fonctions standard, pas de programmation par le client

Conforme à la norme Afnor TRS, processus agroalimentaires intégrés

http ://www. creative-it.net/

http://www.courbon.fr/

Possibilité de modéliser de nouvelles fonctions grâce à l’outil Quartis Tools.

http://www.osys.fr/

54

creatiVe it

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Dispose d’une bibliothèque de règles de gestion des équipements, des matières et du personnel conçue pour l’industrie pharmaceutique. http://www. emersonprocess.fr/ syncade

c Tous

Coox

Fonctions principales Modules indépendants c Suivi et pilotage de production c Analyses et Reporting c Planification et ordonnancement c Centrale de pesée

Fonctions principales Modules indépendants c Supervision c Exécution des fabrications c Traçabilité et généalogie des produits c Contrôle de la qualité – analyse de performance

intégration

intégration c Par intégrateurs partenaires

c Par partenaires

programmation

interface utilisateurs

Flexnet

sec

Fonc Solutio c Suivi c Qual c Main cL stock

intégr

cC

a des

programmation c Java

c Visua

progra

interface utilisateurs c Navigateurs Web

c Na

interfa

À partir de 30 000€ pour un module de pesée

À partir de 5 000 €

Possibilité d’y intégrer la solution XFP MES, spécialisée pour l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

La fonctionnalité MESbox Silo, dédiée spécifiquement aux céréaliers, adapte les fonctions du MES à la gestion des silos.

Prévu des multis

http://www. elansoftware.com/

http://www.ordinal.fr/

http://w

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ProDUITS

aPriso Flexnet

pales

sembler des objets électroménagers ou de préparer un médicament, la nature des contraintes est très différente. Les installations préexistantes viennent s’ajouter à l’équation : la production est-elle très automatisée ? Le MES devra-t-il la piloter, et dans quelle mesure ? Enfin, le périmètre fonctionnel définira les tâches que l’on souhaite attribuer au système. Les développeurs proposent des solutions adaptées à ces différents cas de figure. Certains progiciels sont généralistes, avec des fonctions standards, qui peuvent être installées séparément, selon les besoins. Il suffit alors de paramétrer ces fonctions pour l’usine concernée. D’autres ont pour vocation d’être plus personnalisés, et permettent la programmation de nouvelles fonctions. Des solutions qui conviennent plus particulièrement aux productions très automatisées.

Ge

Proficy

secteurs industriels c Tous

secteurs industriels c Alimentaires, Pharmacie, Énergie, Automobile

Fonctions principales Solution modulaire c Suivi de production c Qualité c Maintenance c Logistique (réception, stockage, expédition)

Fonctions principales Gamme de progiciels indépendants c Suivi de production c Pilotage c Gestion de la maintenance

cc La

réussite du projet repose sur l’évaluation des besoins

ualité –

avec les équipes des intégrateurs

programmation

c Visual studio, .net

teurs

dapte

interface utilisateurs

programmation c Visual basic, .net

c Navigateurs Web

interface utilisateurs c Application opérationnelle depuis un serveur Web

20 à 200 000 € par site

À partir de 20 000 € pour une solution de suivi de production

Prévu pour des déploiements multisites.

silos.

r/

intégration c Par GE ou intégrateurs partenaires

http://www.apriso.com/

Avec le module workflow, les utilisateurs peuvent établir des suites d’opérations à accomplir de façon très visuelle.

http://www.ge-ip.com/ D.R.

intégration

c Collaboration

Pendant la mise en place du projet, il est capital de travailler avec les utilisateurs. Le logiciel peut parfois être utilisé aussi bien par des contrôleurs de gestion que des commerciaux. Les interfaces doivent donc être adaptées au mieux à la tâche de chacun. Si le MES est imposé aux utilisateurs, et que l’ergonomie ne leur convient pas, alors l’outil sera mal utilisé. Sophie Roussel, directrice industrielle chez Metarom, en témoigne : « Le MES que nous avons installé imposait des contraintes aux agents de production, en les obligeant par exemple à badger en prenant leur poste. S’ils n’étaient pas convaincus par l’outil et son utilité, et si la prise en main ne leur convenait pas, le système n’aurait pas pu fonctionner. » Outre une prise en main laborieuse, les principales causes d’échecs des projets MES viennent d’une mauvaise évaluation des besoins à la base : instruments de l’usine mal adaptés au pilotage, périmètre fonctionnel mal défini… Ces erreurs en amont peuvent entraîner des surcoûts importants, qui mènent parfois à l’abandon du projet. Car l’installation d’un MES est un projet de grande envergure. Si les prix des logiciels démarrent à 5 000 euros, ils peuvent

ccsoPhie roussel, DIreCTrICe InDusTrIelle MeTAroM FrAnCe

« L’outil nous apporte un gain de productivité de 25 % » « Metarom produit des colorants, du caramel et des arômes. Nos productions font parfois appel à plusieurs ateliers, dont les process sont différents. Nous avions besoin d’un système permettant de gérer les machines et la main-d’œuvre, et de suivre l’avancement des recettes en temps réel. Nous avons commencé par établir notre propre cahier des charges, en fonction de notre matériel existant, de ses qualités et de ses défauts. Pour choisir le logiciel et l’intégrateur, nous avons beaucoup échangé avec les techniciens afin de sentir l’adaptabilité à notre entreprise. Nous voulions un outil très souple avec une mise en œuvre rapide. Nous avons également pris contact avec les utilisateurs, afin de s’assurer que l’outil leur conviendrait. Le projet a été une réussite: l’outil nous a apporté une maîtrise des temps de productions réels, alors que nous n’avions auparavant que des données de planification très vagues, et un gain de productivité de 25 %. »

grimper jusqu’à plus de 100 000 euros. Cela représente environ 40 % du coût total d’un projet, auquel il faut ajouter le coût de l’intégration. « Le coût peut varier de 1 à 10 selon les fonctionnalités mises en place », estime Martine Guérouard. Mais les paramètres sont tellement nombreux que le montant ne peut s’évaluer qu’au cas par cas. cm ccantoine cappelle redaction@industrie-technologies.com

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FICHE OUTIL

MÉTHODE

Choisir un logiciel MES

ENVIRONNEMENT

Les MES (Manufacturing execution systems) s’imposent de plus en plus dans l’industrie. Ils permettent notamment de suivre et piloter en temps réel la production, de garantir la traçabilité des produits ou leur conformité à certaines normes. Polyvalents, ils s’adaptent précisément aux besoins de chaque usine, à condition de bien cerner son utilisation.

D.R.

À QUOI ÇA SERT ? c Suivre une production en temps réel. Le système recueille des informations directement auprès des machines, ou par l’intermédiaire des opérateurs de production. Il est utilisé pour surveiller le déroulement de la production, ou connaître par exemple en temps réel la quantité de matières premières consommées.

c Piloter la production. Le système sert à contrôler les machines, afin d’ajuster des paramètres ou d’optimiser la répartition de la production. Il est également possible de guider les utilisateurs et de réduire les erreurs humaines.

c Assurer la traçabilité des produits. Depuis la réception des matières premières jusqu’à l’expédition des produits finis, le MES peut retracer précisément toutes les étapes de fabrication d’un produit, et mémoriser des paramètres tels que la température lors d’une opération, ou les opérateurs qui ont participé à la confection.

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MÉTIER

OUTIL

La plate-forme Coox d’Ordinal couvre tous les aspects du MES et de la supervision.

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FICHE OUTIL

MÉTHODE

Choisir un logiciel MES LES QUESTIONS À SE POSER

c Quelles interfaces avec les autres systèmes présents dans l’atelier ? Il faut prendre en compte les tâches déjà couvertes par un ERP (gestion des stocks, planification de la production…), ou par des logiciels de maintenance, et définir les échanges de données à mettre en place avec le MES. c Combien de sites doivent être équipés ? Il faut envisager la mise au point d’un outil commun, sous la forme d’une solution de base qui sera déclinée sur les différents sites.

c Les éditeurs sont souvent des petites entreprises. Chaque industriel trouvera parmi les différents fournisseurs des offres répondant à ses besoins, d’autant que les MES sont des systèmes qui s’adaptent au cas par cas. Certains fournisseurs proposent des solutions généralistes, d’autres sont plus spécialisés, en particulier pour l’industrie pharmaceutique, qui a des contraintes très précises. c Le marché évolue, il n’est pas encore arrivé à maturité. Certains grands groupes ont racheté des éditeurs afin de se doter d’une offre MES. C’est le cas de Siemens, avec Elan Software, ou plus récemment de Schneider Electric, avec Citect, dont l’offre en MES n’est pas encore dévoilée. c Certains éditeurs gèrent l’intégration. Parfois exclusivement : il n’est pas possible de faire installer le système par un autre intégrateur. D’autres laissent le choix. Enfin certains n’intègrent pas, mais travaillent avec des intégrateurs partenaires.

L’AVIS DE L’EXPERT

ccMARTINE GUÉROUARD CONSULTANTE CHEZ MOVENTEAM

Le prix d’un projet MES peut varier d’un facteur 10, selon les fonctionnalités à installer. Souvent, il faut mettre à jour son matériel. Pour assurer le suivi de performance, il est nécessaire de connaître les quantités fabriquées et rebutées, éventuellement les causes d’arrêt de la machine… Si le moyen n’est pas automatisé, il faut, soit proposer un système de saisie manuelle qui dépendra de l’opérateur, soit venir collecter des informations sur la machine en ajoutant un appareil supplémentaire.

LES POINTS À SURVEILLER c Avoir un projet clair. Si la solution est mal adaptée à l’usine, ou si les fonctions nécessaires sont mal définies, le projet risque de dépasser le coût prévu. Faire appel à un consultant peut aider à établir un cahier des charges précis. c Les machines sont-elles adaptées ? Peuvent-elles fournir les informations nécessaires, peuvent-elles être pilotées par le MES ? Cela peut dépendre des protocoles utilisés et de la vétusté des installations. Il faut généralement prendre contact avec les fournisseurs des différentes machines pour demander la mise à disposition de l’information voulue. c L’avis des utilisateurs. L’installation d’un MES peut simplifier le travail des opérateurs, comme il peut le compliquer si les interfaces ne leur sont pas adaptées. Il est donc important de les consulter pour que les interfaces leur conviennent au mieux et soient correctement utilisées.

D.R.

MÉTIER

OUTIL

ENVIRONNEMENT

c Quel est le périmètre fonctionnel ? Les logiciels proposent généralement de nombreuses fonctions qui peuvent être installées indépendamment les unes des autres. Le choix des fonctions a une grande influence sur le prix du projet, il est donc important de définir précisément celles qui répondent aux besoins de l’usine.

LES PRINCIPAUX FOURNISSEURS

ccANTOINE CAPPELLE redaction@industrie-technologies.com

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notre sélection de produits classés en 9 secteurs de référence

composants mécaniques cc PAGE 59

cc Composants méCaniques cc Hydraulique Vannes à boisseau sphérique de moyenne pression

Grâce à un système de compression directe, cette vanne à boisseau sphérique de type tourillon garantit l’étanchéité d’applications allant jusqu’à 1034 bar. Avec des joints de siège en PEEK renforcé et une tige étanche, les fuites au niveau de l’enveloppe sont évitées. La durée de vie de la vanne en est augmentée même dans des conditions extrêmes. Avec un orifice de 9,52 mm (0,375 po), la 8FKB permet des raccordements de type raccord contrôlable pour des tubes moyenne pression 0,5 po ou filetage NPT femelle 0,5 po. Elle garde ses caractéristiques nominales de pression sur sa plage de fonctionnement (–17 à 121 °C). Elle peut être actionnée au moyen d’un faible courant. Fournisseur swagelok

tête à membrane double effet

En doublant le débit, cette tête à membrane double effet réduit le nombre de mécanisme avec un gain de place de 30 %. La maintenance est plus facile. Elle offre la possibilité de personnaliser une pompe, de bénéficier de surveillance de membrane standard et de travailler à sec avec la garantie d’un rendement volumétrique élevé et d’une précision de charge.

D.R.

Fournisseur axFlow

cc Mécanique module linéaire pour fin de lignes

Ce système de guidage représente une solution précise, facile à monter et particulièrement adaptée au marché de l’agroalimentaire et de l’emballage pour les fins de lignes. Compact en aluminium lisse, il est doté d’entraînements par courroie crantée et de guidages à billes. Sans rainure, il devient facile de le nettoyer pour conserver l’hygiène. Le MKR 20-80 dispose d’un servomoteur AC. La protection est assurée par une bande en acier résistant à la corrosion. Ce module de vérins linéaires est surtout équipé d’un plateau avec taraudages et d’une lubrification centralisée.

en plus pour une taille donnée. Ils peuvent être associés à des motorisations à haute efficacité énergétique ou à des moteurs synchrones à aimants permanents. Pour des applications de manutention ou de convoyage, les Orthobloc 300 dispose d’une fonction «antidévireur» intégré qui offre une alternative avantageuse au frein mécanique. La série se décline entre 4600 Nm et 14500 Nm avec des rapports élargis de 4,9 à 157. Fournisseur leroy-somer

Vis pour assemblage avec perçage intelligent

Fournisseur bosch rexroth sas

Fournisseur baldor

motoréducteur à économie d’énergie

Ces motoréducteurs à engrenages hélicoïdaux délivrent un rendement mécanique de 95 % tout en améliorant de 20 % le rendement de la cinématique. Ils se caractérisent par 30 % de couple

électrotechnique cc PAGE 61 équipement de production cc PAGE 62 matériel inFormatique ccPAGE 63 logiciels cc PAGE 64 équipement général ccPAGE 65

réducteur hélicoïdal à renvoi d’angle

Ce réducteur de vitesse transmet le couple à angle droit et intègre une bride pour moteur 2 ou 4 pôles. Il peut compter sur les 12 rapports de réduction et 3 tailles de châssis pour réaliser des applications avec des rapports compris entre 18 :1 et 75 :1 pour des projets de classe 2 d’une puissance de 1,5 à 55 kW avec des rendements proches de 95 %. Conforme à la norme AGMA 6010, le Dodge affiche une durée de vie de 5 000 heures pour les roulements et améliore la fiabilité significativement avec des rouleaux coniques et un pignon d’entrée monté sur 2 paliers annulant les contraintes de porte-à-faux. Des joints en caoutchouc synthétique sont montés de série pour une protection supplémentaire.

mesure cc PAGE 60

Ces vis supportent des forces d’arrachement et de précontrainte beaucoup plus élevées que les vis perceuses standard. Avec le fluoperçage, les vis Flowform ne demandent pas de préparation des composants comme l’alésage ou le poinçonnage. L’échauffement de la tôle est obtenu en combinant la force axiale à une vitesse de rotation élevée de la vis. Avec leur forme en triangle, elles créent une douille de filetage métrique qui pourra accueillir une vis métrique en cas de réparation. Elles permettent de faire l’économie d’éléments de sécurisation supplémentaires. Elles revendiquent une grande facilité de démontage, d’accessibilité et de positionnement. Le vissage à répétition est autorisé et aucun copeau n’est généré. Fournisseur arnold technique France

bâtiments et travaux publics cc PAGE 66 chimie-matériaux cc PAGE 66

Vous trouverez en page 67, un lexique des unités utilisées dans cette rubrique.

Vous PouVez adresser Vos informations de presse concernant de nouveaux produits par e-mail (en joignant une photo) : produitsnouveaux@ industrie-technologies.com

SEPTEMBRE 2010ccN°925

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www.industrie-technologies.com

Retrouvez ces produits sur l’Expo permanente.

Produits

cc MeSure

Compteur d’exemplaires

Exploitant la reconnaissance des bords, pratiquement indépendante de la couleur, ce compteur dénombre les exemplaires d’un flux de journaux ou de magazines, mats ou brillants, disposés en nappe. Sur certaines versions, un logiciel de diagnostic (ScaDiag) permet l’enregistrement et la mémorisation des données en cours de process. Le Scatec-10 compte les exemplaires d’une épaisseur minimale de 0,1 mm à raison de 3 millions d’exemplaires par heure. Il dispose d’un panneau de configuration à affichage de texte et d’un logiciel spécifique d’analyse et de paramétrage. Le Scatec-15 possède une interface CAN. Un détecteur reflex intégré exploite les interstices dans la nappe. Compact, le Scatec-2 a une distance de détection atteignant 120 cm. Il compte les objets de 0,2 mm d’épaisseur minimale au rythme de 60 000 par heure. Fournisseur Baumer SAS

cc instrUmentation et traitement Mesure d’humidité de grains

Affichant la teneur totale en humidité et la température en degrés Celsius ou Fahrenheit sans préparation préalable des échantillons, ces trois Humitest s’utilisent dans la production, la transformation ou le transport de céréales, d’oléagineux ou de graines ou de gousses. L’étalonnage est réalisé par la méthode de déshydratation en étuve selon DIN 10350 : 1967 09. L’Humitest spécial grains 300 plus effectue et enregistre les mesures d’humidité et de température sur un échantillon de 300 ml, accompagnées du

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numéro de lot correspondant et les transfère sur PC. Il dispose de l’étalonnage pour une vingtaine types de grains prédéfinis et dix étalonnages personnalisables. L’Humitest spécial grains 300 réalise la mesure sur 300 g et dispose de 14 étalonnages. L’Humitest spécial grains 100 petit et robuste, ne pèse que 300 g. Fournisseur Domosystem

Transmetteur de point de rosée sous pression

Utilisant un capteur étanche à la condensation avec la technologie sol-gel, ce transmetteur calcule de point de rosée sous pression. Pesant seulement 500 g, protégé IP65, il possède un afficheur LCD à 2 lignes avec menu multilingue. Il fonctionne entre – 40 et + 70 °C à la pression maximale de 50 bar. Le transmetteur de point de rosée 6781 contrôle les sécheurs à absorption, sécheurs à granulats et à air comprimé à usage médical. Le logiciel P2A contrôle le paramétrage, l’ajustement et l’analyse du 6781. Fournisseur Testo

Mesure d’humidité dans les gaz

Destiné à un usage sur site, cet appareil portable (1 600 g) et robuste mesure l’humidité à partir du point de rosée. Il affiche le point de rosée, l’humidité relative en pourcentage, la teneur en humidité en ppm, la température ambiante, la pression dans la chambre de mesure et une courbe de tendance des valeurs calculées. L’analyseur portable “Hydrobaby” comporte un capteur céramique à oxyde métallique avec une plage de mesure de –100 à +20°C et une précision de 2°C. Il intègre une mémoire circulaire de 4 000 mesures pour les tendances. Fournisseur Witt France

N°925ccSEPTEMBRE 2010

Simulation de débitmètres et codeurs incrémentaux

Générant des signaux rectangulaires en quadrature entre 0,1 Hz et 250 kHz, ce générateur d’impulsions portable permet la simulation de débitmètres et codeurs incrémentaux. La quadrature des sorties est inversable à volonté, simulant le changement de sens de l’écoulement ou de la rotation. Des sorties différentielles sont disponibles en option. Le générateur Testbox TB2 se programme de deux manières : soit en entrant directement la fréquence, soit en choisissant dans un menu le type de débitmètre à simuler (taille, facteur d’interpolation, unité de débit). Une fonction de balayage permet de parcourir une plage de fréquence avec inversion de sens et/ ou passage par zéro. Les signaux ont une amplitude de 10 à 28 V. Fournisseur Suco VSE France

Enregistreur de données climatiques

Destiné à la surveillance des produits thermosensibles (denrées alimentaires, produits pharmaceutiques...), cet enregistreur se paramètre et se consulte à partir de son écran tactile. Conforme à la norme EN 12830 et disponible en version à 1 ou 2 voies, il mémorise jusqu’à 40000 mesures (température, hygrométrie, contacts secs). L’enregistreur SPY ToucH’ peut accueillir une sonde d’hygrométrie, de température ou un contact de porte ou un bouton poussoir. Une clé USB connectée sur l’appareil suffit pour récupérer les données enregistrées à concurrence de 40000 mesures. En plus des sondes analogiques, le fabricant propose une sonde numérique interchangeable d’un appareil à l’autre sans calibration. Fournisseur JRI

D.R.

cc CapteUrs


Produits

cc électrotechnique cc énergie Source de puissance et analyseur combinés

Destiné à l’étude de l’alimentation des systèmes électroniques, l’APS-1102 combine une source d’énergie alternative et continue de 1 kVA et un analyseur puissant avec un grand écran LCD. La source alternative couvre les plages 0-135 V/750 VA et 0-250 V/1 kVA, avec une fréquence variable de 1 à 550 Hz précise à 100 ppm. La source continue couvre de – 190 à +190 V/750 W et –380 à +380 V/1 kW. Des crêtes de 40 A et 20 A sont admissibles. Les formes d’onde sont sinusoïdale, triangulaire ou arbitraire, l’appareil peut superposer alternatif et continu et jouer le rôle d’amplificateur pour une source externe. L’analyseur mesure les tensions, courants, puissances, fréquences, facteurs de puissance, facteurs de crêtes et harmoniques de courant. Les appels de courant à la mise sous tension sont également mesurés. Il peut mémoriser 30 jeux de réglages. Fournisseur Stantronic

Solution de régulation intégrée multiboucle

système global, une journalisation des données intégrées, le support d’un capteur de secours et la technologie TRU-TUNE+ pour un contrôle adaptatif plus strict. Fournisseur Watlow France

cc Composants Onduleurs pour l’énergie photovoltaïque

Dans une installation photovoltaïque, l’onduleur, permettant de coupler l’énergie fournie par les cellules au réseau, est la pièce maîtresse. Ces armoires intègrent matériel et logiciel. Celui-ci recherche en permanence la puissance de sortie maximale. La plage de tension va de 425 à 900 V (1000 V en option), la puissance de 30 à 1 190 kW. L’armoire électrique RPS450 avec son logiciel MPPT fournit un rendement supérieur à 95 % dans la gamme de 30 à 170 kW (avec transfo intégré) et supérieur à 98 % dans la gamme de 280 à 1190 kW. Le RPS450 s’interface facilement en RS-485 classique ou Modbus et est compatible avec la majorité des protocoles de communication industriels en temps réel. Fournisseur Bonfiglioli Transmissions

cc entraînements Variateur de vitesse

Le régulateur EZ-zone RM intègre toutes les fonctionnalités de boucle de régulation dans un boîtier unique monté sur rail DIN. Il peut combiner les fonctions de régulation de température/de processus PID et boucles de limitation de sur/sous-température, ainsi que bon nombre d’autres fonctions de régulation optionnelles. Il convient aux secteurs de la fabrication de semi-conducteurs, de modules photovoltaïques, d’emballages, de la transformation des matières plastiques et à toute application nécessitant une régulation multiboucle. L’EZ-zone RM se configure pour 1 à 16 modules contrôlant 1 à 64 boucles. Il offre des fonctionnalités de surveillance du courant du

Adapté à de nombreuses applications, ce variateur de vitesse couvre la gamme de puissance de 0,75 à 250 kW avec des tensions d’entrées de 400/480 V AC, en versions IP00, IP21, IP54 et IP66. Son architecture modulaire permet de le personnaliser en fonction des besoins. Les options de sécurité sont adaptées à la nouvelle Directive Machine applicable en 2011. Le variateur Allen-Bradley PowerFlex 753 peut être configuré pour fournir les données d’exploitation des machines : usure des ventilateurs, cycles des relais, heures de fonctionnement des moteurs, etc. Il dispose d’interfaces avec les protocoles industriels standards. L’intégration du logiciel DeviceLogix répond aux exigences des applications autonomes. Fournisseur Rockwell Automation

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PRODUITS

cc MACHINES

Tête porte-outil d’usinage très légère et peu encombrante

minée. De plus, l’utilisation d’un démarreur progressif réduit le courant d’appel et augmente la durée de vie du moteur. La maintenance simplifiée limite l’entretien et réduit les périodes d’arrêt des appareils. Fournisseur Ingersoll-Rand

NUMcut est une tête porte-outil intégrée, à balayage horizontal et vertical, destinée à la remise à niveau d’applications de découpe sophistiquée au plasma, au laser et au jet d’eau. Elle améliore les performances des machines grâce aux applicatifs 3D dotés d’interpolations multiaxes très précises. Le porte-outil repose sur 2 cardans montés sur un étrier statique très rigide, transformant les déplacements de moteurs linéaires en rotations horizontales de 360° avec un angle de rotation vertical de 47° ce qui rend les éléments mobiles peu encombrants et légers. La tête NUMcut ne pèse que 30 kg, ce qui entraîne des économies importantes au niveau des variateurs, des moteurs et de la consommation d’énergie de la machine. Seul l’outil se déplace, ce qui améliore les caractéristiques cinématiques de la tête porte-outil et, par ailleurs, supprime les chemins de câbles des moteurs, des encodeurs…, et par conséquent fiabilise l’ensemble. Elle est proposée en solution clés en main pour la commande 2,5D ou 3D. Fournisseur Num

Sécheurs d’air à dessiccatif économes en énergie

Les 25 modèles de cette gamme de sécheurs d’air à dessiccatif se partagent suivant 2 catégories : les sécheurs sans chaleur et ceux à chauffage externe soufflé. Ces derniers sont équipés d’un système de gestion de l’énergie EMS (Energy management system) dont le rôle est de réduire la consommation d’air en contrôlant la performance du sécheur en période creuse. Pour le sécheur à chauffage soufflé, le système s’arrête dès que la régénération du dessiccatif est ter-

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Usinage de haute précision à grande vitesse

L’Ultrasonic 10 est une machine d’usinage de grande précision ultra rapide destinée aux prothésistes dentaires, à l’horlogerie, à l’orfèvrerie et à la micromécanique. Compacte (800 x 1 800 mm pour 2 m2 au sol), elle offre des courses de 120 x 120 x 200 mm. Avec sa table circulaire pivotante motorisée et l’actionneur flexible HSK, elle combine UGV et usinage à ultrasons. Ainsi, grâce à sa broche haute fréquence refroidie à l’eau, l’Ultrasonic 10 élargit le spectre des matières usinées qui va des matériaux doux ou trempés jusqu’aux métaux durs, céramiques, verre, corindon, etc. Fournisseur DMG France

Mini-tour à commande numérique

Destiné au prototypage et aux petites séries, le mini-tour à CN Charly4T usine des matériaux et métaux tendres. Particulièrement simple d’utilisation et de mise en œuvre, par programmation graphique et automatique, il effectue les principales opérations de tournage. Cette machine accepte des pièces de diamètre 100 sur 250 mm de long. Elle est équipée d’un moteur de 400 ou 750 W suivant les modèles pour un couple nominal de 1,3 ou 2,4 N/m. Sa résolution est de 0,006 mm alors que sa répétabilité est de ± 0,05 mm. Fournisseur Charlyrobot

Le VTC 315 DS est un centre de tournage et de rectification vertical pour vilebrequin qui utilise un processus innovant, la rectification synchronisée et soutenue. Deux meules CBN montées sur des broches de 30 kW travaillent en synchronisation face à face jusqu’à 150 m/s. D’un encombrement réduit à 20 m², avec des meules de rectification de 540 mm de diamètre, le VTC 315 DS accepte des pièces jusqu’à 30 kg et 650 mm de long. Le diamètre maximum de passage du vilebrequin est de 200 mm. Les forces tangentielles sont compensées par une lunette de support pilotée par CN qui s’appuie contre la pièce à usiner. Ceci permet un serrage très rigide de la pièce évitant toute dérive. Des avances de travail extrêmement élevées sont ainsi possibles. De plus, l’utilisation de 2 meules réduit les temps de travail, ce qui selon le constructeur devrait réduire les temps de 70 %. Deux broches de dressage intégrées avec capteur acoustique et des vitesses de rotation de 15 000 tr/ min assurent le dressage simultané des meules, réduisant le temps de préparation. Fournisseur Nodier Emag Industrie

cc DESCRIPTION

Références VTC 315 DS Caractéristiques Centre de

tournage et de rectification vertical pour vilebrequin. cc POINTS FORTS

Deux meules en utilisation sur le même palier. Pas de fléchissement de la pièce. Suppression de la mesure In-Process. Pas de séquence de lunettes avec avance réduite. Rectification concentrique des manetons avec serrage excentré du vilebrequin.

cc OUTILS-OUTILLAGE

Cisaille à tôle électroportative

Venant à bout de tôles métalliques de 1,3 mm d’épaisseur en acier à 400 N/mm², la cisaille électroportative GSC 10,8 V-Li Professional coupe jusqu’à 60 m dans de même acier en 0,75 mm d’épaisseur avec une seule charge de batterie. Dans ce matériau sa capacité est de : 1,3 mm-400 N/mm² ; 0,8 mm-600 N/mm² ; 0,6 mm800 N/mm². Dans l’aluminium elle est de 250 N/mm². Compacte et légère (1,4 kg) cette cisaille permet un travail confortable. La GSC 10,8 V-Li Professional effectue aussi bien des coupes droites extrêmement longues que des courbes de petit rayon. Elle est dotée d’un écart de coupe réglable et d’un couteau réversible à 4 bords de coupe. Ses batteries sans effet de mémoire, d’une capacité de 1,3 Ah, sont chargées à 75 % dès la moitié du temps de charge. Fournisseur Robert Bosch SAS

Mandrin de précision puissant et stable

Le mandrin Hydro-Grip Heavy Duty (HD) est doté d’une puissance et d’une stabilité très élevées. Avec des tolérances de l’ordre du micron, il existe dans des diamètres d’alésage de 6 à 32 mm. Les outils à queue cylindrique sont serrés avec une force symétrique qui réduit le faux-rond et autorise la transmission de couples élevés. Les performances se maintiennent au fil d’un grand nombre de serrages. Chaque mandrin est équilibré à g 2,5 et supporte des grandes vitesses de rotation. Le montage et le changement des outils sont aisés grâce à un système de serrage hydraulique et àune clé dynamométrique spécifique. Fournisseur Sandvik Coromant

D. R. D.R.

cc ÉQUIPEMENT DE PRODUCTION

cc MACHINES Centre de tournage et de rectification vertical pour vilebrequin


Produits

cc Matériel inforMatique cc AutomAtismes

et contrôle Passerelle intelligente pour raccordement

Cette passerelle intelligente assure le raccordement des réseaux SAE J1939 aux automates programmables de Siemens pour des fonctions de commande ou contrôle. Les données sont échangées en parallèle selon la configuration définie par l’utilisateur. Elle propose surtout un outil de configuration sous Windows permettant à l’utilisateur de cartographier les données J1939 sous des tableaux E/S de modules disponibles sur le réseau Profibus-DP. Fournisseur HMS Industrial Networks

cc PériPhériques

Disque de sauvegarde amovible de grande taille

Ce système de stockage amovible sur disque fournit une solution de sauvegarde fiable et éprouvée pour le marché des PME. Il accepte les nouvelles cartouches portables dont la capacité maximale offerte est de 640 Go. Il conjugue les avantages de la bande avec la technologie du disque dur. Le taux de transfert natif est de 45 Mo par seconde. Le RDX QuikStor propose à ses clients des capacités additionnelles de cartouches allant de 80 Go jusqu’à 500 Go. La compatibilité ascendante est assurée sur des futures cartouches qui pourront fonctionner sur le système existant. Fournisseur Tandberg

cc PériPhériques Onduleur à faible rendement énergétique

Un onduleur, oui, mais qui contribue à eviter le gaspillage d’énergie. Le Back-UPS Pro Green 550 VA dispose de trois prises alimentées par une batterie avec régulateur automatique de tension. Équipé du logiciel maison PowerChute, il permet de couper l’alimentation des ordinateurs fonctionnant en mode veille ou veille prolongée et isole automatiquement le transformateur lorsque cela est nécessaire, économisant encore davantage de courant. Il représente une protection sûre contre les surtensions présentes dans les lignes téléphoniques ou réseau qui se traduisent par la perte de données. Il est livré avec un logiciel de surveillance doté de fonctions pratiques, comme des alarmes sonores, des voyants LED, des disjoncteurs et des batteries remplaçables. Fournisseur APC

cc description

Références

Back-UPS Pro Green 550 VA

Caractéristiques Équipé de trois

prises alimentées par la batterie, cet onduleur coupe l’alimentation des ordinateurs connectés.

cc points forts

Le Back-UPS Pro Green 550 VA est doté de la technologie lineinteractive, qui contribue à éviter le gaspillage d’énergie.


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Produits

cc logiCielS

Cette boîte à outils intègre l’environnement de modélisation physique MapleSim à la plate-forme en temps réel Labview. Les utilisateurs de Labview peuvent développer et optimiser rapidement des modèles de systèmes d’ingénierie complexes au sein de l’environnement intuitif de modélisation visuelle de MapleSim. Le produit MapleSim Labview Connector complète la boîte à outils « MapleSim Simulink Connector », qui apporte une connectivité avancée avec Simulink et Real-Time Workshop. Ensembles, ces outils permettent de connecter MapleSim à toutes les plates-formes temps réel courantes, et offrent aux ingénieurs tous les instruments nécessaires pour faire face aux problématiques de conception de plus en plus complexes. Fournisseur Maplesoft

Systèmes de vision « sur mesure »

la norme FDA 21 CFR Partie 11, FlexXpect-Labelling pour le contrôle de flacon à 360° et FlexXpect-Glue Bead pour le contrôle de cordons automatique. Fournisseur Omron Electronics

Cette suite logicielle bénéficie des fonctionnalités avancées requises pour la mise en œuvre simple et rapide des systèmes de vision « sur mesure » répondant aux exigences industrielles les plus sophistiquées. Son principal atout est son interface à la fois conviviale et performante. Il est basés sur la plate-forme de vision Xpectia. Cette dernière combine le contrôle en couleurs réelles et la haute résolution avec une interface utilisateur intuitive. Les progiciels FlexXpect sont déjà disponibles dans plusieurs versions : FlexXpect-Pharma, conforme à

Limiter les vibrations d’usinage

viennent. Grâce à sa méthode structurée et à sa bibliothèque de solutions intégrées, ChatterMaster s’attaque à tous les problèmes de vibrations d’usinage, dans tous les domaines (aéronautique, automobile, spatial, pièce unitaire, ...), pour tous les matériaux et tous les processus (fraisage, tournage, perçage, rectification). Utilisable par tous les acteurs de l’usinage, il fournit à l’usineur rapidement et dans son langage naturel un diagnostic complet. Moins d’une demi-journée suffit pour avoir une solution optimisée. Fournisseur Vibraction

Ce logiciel sert à diagnostiquer et à éliminer les problèmes de vibration d’outil, de machine ou de pièce qui détériorent la qualité des pièces fabriquées et auxquels l’usineur est confronté depuis toujours. Ce phénomène de vibrations est complexe, car tous les paramètres du système usinant inter-

D.R.

Modélisation et simulation

! s e t a d s o v z e Rés er v

17 et 18 novembre 2010 ROUEN-Parc Expo

Toutes les ressources pour les acteurs des secteurs d’avenir R&D / Investissement / Formation / Immobilier /

Partenaires Presse

Organisé par ADEAR Rouen développement Tél. : 02 32 81 20 30 - www.rouen-developpement.com

Partenaires financiers

Partenaires Gold


Produits

cc équipeMent général

sécurité Générateur de brouillard opacifiant

cc

Ces générateurs de brouillard opacifiant conformes à la norme européenne EN50131-8 sont la seule parade contre les cambrioleurs entre l’alarme et l’arrivée des forces de sécurité. En veille ou reliés à une centrale d’alarme ou à un bouton panique, ils génèrent instantanément un brouillard à base de produits naturels biodégradables, à une vitesse de 28 m3/s, pour une capacité totale de 1600 m3. Fournisseur Bandit

Gestion des accès grande capacité

Ce système de gestion des accès permet de créer des organigrammes complexes en mixant sans restriction sur un seul d’entre eux des cylindres mécaniques et élec tromécaniques. La construction mécanique du cylindre, alliée aux possibilités accrues de la clé, permet une capacité presque sans limite des organigrammes. Cette associativité assouplit l’utilisation et l’optimise les coûts. Le KESO 4000S Omega offre 130 positions différentes des lignes de perçage avec 3 positions d’alignement des lignes de piston et 5 paires de barrettes actives pouvant être disposées sur 13 positions. Il permet de mixer des formes et des positions de pistons pour renforcer la sécurité. La stabilité et la durée de vie de la clé sont augmentées par le décalage des lignes de piston principales. Un double brevet (valable jusqu’en 2023) garantit que la technologie Omega atteste d’une sécurité active anticopie par module mécanique Omega inclus dans la clé. Associé à un piston interactif,

ce module détecte la présence d’une « fausse » clé dès son introduction et refuse l’ouverture. D’autre part, une nouvelle protection anticopie illicite est garantie du fait que le talon de la clé et le rotor du cylindre sont brevetés et attestent ainsi de formes de taille spécifiques et complémentaires à l’introduction de la clé. Fournisseur Keso AG

Gants de protection chimique haute technologie

Conçus pour faciliter la préhension lors de la saisie de pièces huileuses, ces gants de protection sont recommandés pour des applications de manutention légères dans des environnements présentant des risques chimiques. Les gants AlphaTec 58-270, dont l’enduction est invulnérable aux huiles, sont protégés par un fin film en nitrile double épaisseur. Ils intègrent l’Ansell Grip Technology qui évacue activement les huiles et autres lubrifiants de la surface de pression par des canaux microscopiques aménagés dans le revêtement du gant. Fournisseur Ansell Healthcare Europe

Système de contrôle d’accès intelligent

Ce système s’installe sur toutes les portes d’un bâtiment et peut en gérer jusqu’à 65000 et autant d’utilisateurs. Dès que l’un d’eux présente son badge devant le validateur intégré au système, un processus de lecture /écriture met à jour ses droits d’accès et collecte l’information transmise sur celui-ci par les béquilles ou les cylindres, des dispositifs électroniques non câblés et autonomes. PegaSys peut comporter jusqu’à 4 contrôleurs en ligne, chacun capable de contrôler 4validateurs. Fournisseur Ingersoll-Rand

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Produits

cc CONSTRUCTION

Pompe à chaleur sans appoint électrique

Idéale pour les opérations de rénovation, l’Altherma Haute Température 80 °C est capable d’atteindre la température de 80 °C sans apport électrique extérieur. Elle couvre 100 % des applications usuelles en France, en assurant un maintien de 100 % de la puissance calorifique et de la température de sortie d’eau, et ce jusqu’à -10 °C en extérieur. Le module extérieur, dis-

ponible en trois modèles, de 11 à 16 kW en monophasé ou triphasé, fonctionne entre - 20 et + 35 °C. Grâce à l’action combinée de deux compresseurs et d’une pompe de circulation d’eau le COP est élevé (4 pour une température extérieure de +7 °C et une température de sortie d’eau de 35 °C). La partie hydraulique, qui occupe des dimensions au sol de 600 x 700 mm, a été conçue pour être positionnée en lieu et place d’une chaudière intérieure à énergie fossile. Pour l’ECS, le ballon est proposé en version 200 ou 260 l. Sa technologie Inverter permet au système d’adapter sa puissance, à tout moment, en fonction des besoins des pièces à chauffer. Pour gagner de la place, le ballon peut être placé au-dessus du module électrique. Fournisseur Daikin

cc CONSTRUCTION

Solution RFID individuelle antivol sur un chantier Cette solution à base de puce RFID garantit une surveillance fiable et efficace des équipements et matériels sur les chantiers pour lutter contre la recrudescence des vols. Le dispositif repose sur un dialogue permanent entre une Base (Borne autonome de surveillance électronique) autonome, géolocalisée par GPS et géoprotégée via GPRS, qui assure le relai entre les étiquettes électroniques placées sur les équipements d’un chantier et la plate-forme de gestion des alarmes Securitas Alert Services. La fréquence utilisée est dans la bande libre (UHF 868 MHz). LaBorne RFID dispose sur chaque matériel identifié, des fonctions de détection et d’alerte de malveillance basées sur un constat de disparition, de mouvement et/ou d’agression du système. Deux types d’étiquettes sont disponibles : les identifiants destinés aux équipements ne devant pas sortir d’une zone et les détecteurs de mouvement apposés sur les matériels en phase de stockage. Un accès Web permet l’initialisation, la configuration et le suivi de la solution. En cas d’alarme ou d’absence de réponse lors des interrogations par GPRS, LaBorne déclenche les procédures adaptées suivant le niveau de service choisi par l’utilisateur : automatique (SMS ou e-mail), semi-automatique ou traitement par opérateur. Fournisseur Lagassé Technologies cc DESCRIPTION

Référence L@borne Caractéristiques Solution RFID

individuelle antivol sur chantiers qui garantit une protection 24 heures/24.

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cc POINTS FORTS

Solution individuelle permettant d’organiser la sécurisation de son chantier indépendamment des autres. Le site reste accessible aux autres entreprises.

cc chimie-matériaux

Système de ventilation centralisé

Ce système de ventilation centralisé d’un débit d’air maximum de 420 m3/h et d’une puissance de 195 W est équipé d’un bypass automatique pour la ventilation d’été et d’une protection hors gel pour la ventilation d’hiver. Il dispose d’un récupérateur de chaleur performant. Pendant les périodes froides, le transfert de chaleur entre les flux d’air entrant et sortant atteint 92 %. Les deux flux séparés et passent chacun dans un filtre F5. Le Vort Prometeo HR 400 est équipé de deux moteurs brushless à commande électronique montés sur silent bloc et d’un échangeur en polyéthylène du type contre-courant. Silencieux, il est doté d’un piège à sons (50 cm) placé sur le conduit d’insufflation en sortie. Ses fonctions sont contrôlées par la télécommande radio (en modes manuels, automatiques ou été). L’unité centrale (935 x 840 x 502 mm) peut être installée à l’horizontale ou à la verticale. Un caisson de régulation assure les débits d’extraction obligatoires pour cuisine, salles-de-bains, WC. Fournisseur Vortice France

Claustra modulaire

Cette claustra permet grâce à sa modularité d’assurer une protection solaire ou visuelle. En pose fixe, il assure les fonctions de séparation de balcon ou de brise-vue; en pose coulissante, il exploite de façon optimale la luminosité naturelle et la chaleur en fonction de la position du soleil. Il contribue à réaliser des économies d’énergie en limitant l’usage de la climatisation l’été. Fiable et d’une grande longévité, le Coulisséo est composé d’un cadre dans lequel sont fixées de nombreuses lames. Leur nombre et leur espacement déterminent le pourcentage d’occultation et sont définis sur mesure en fonction des impératifs techniques. L’ensemble coulisse à l’aide d’un rail et de chariots de qualité. Fournisseur Autogyre

cc ÉQUIPEMENTS DE LABORATOIRES Spectrophotomètre de précision pour échantillons

Avec le VS450, la mesure de la qualité des couleurs d’échantillons se réalise facilement et sans contact depuis une distance d’environ 38 mm. Il évite donc la contamination par les échantillons de test. Ce spectrophotomètre est particulièrement apprécié dans la production de cosmétiques, de peintures ou de produits chimiques. La cohérence des données est conservée, même avec la répétitivité de mesures. La zone de l’échantillon est éclairée sous 6 ou 12 mm de diamètre afin de cibler la mesure souhaitée, sans la nécessité de ré-étalonner l’instrument. Avec une optique et des capteurs sophistiqués, il offre aussi le contrôle de la brillance. Le logiciel de formulation intégré accélère le processus de calibration de couleur sur des échantillons ayant pu sécher préalablement. Fournisseur X-Rite Méditerranée

Titreur standard compact et ergonomique

Ce titreur bénéficie d’une interface optimisée pour donner un accès direct à toutes les tâches quotidiennes. Quatre touches de raccourcis simplifient le démarrage immédiat des opérations. Une fonction de reconnaissance des capteurs et des burettes est intégrée. Il devient rapidement un poste compact de titrage automatique capable de traiter une série de 9 échantillons. Le G20 peut compter sur son gestionnaire de solvant qui évite le contact avec les produits chimiques toxiques. La fiabilité des résultats est assurée par le test du capteur conforme aux BLP. Fournisseur Mettler Toledo

D.R.

cc BÂtimeNt et traVaux-PuBLicS


Produits

Analyseur séquentiel d’entrée de gamme

Ce modèle d’entrée de gamme d’analyse séquentielle fonctionne en mode automatique et continu. Il peut atteindre une cadence de 100 tests par heure. Il s’utilise dans le dosage en œnologie en détectant les paramètres suivants : acidité totale, glucose, fructose et saccharose, fer et cuivre, pH, azote assimilable, ammoniaque et éthanol. Le Smartchem 100 est une solution robotisée qui dilue, mélange, mesure et rince. La température d’incubation est maintenue à 37 °C et l’aiguille de prélèvement est nettoyée à chaque contact avec un liquide. Le logiciel embarqué opère de la préparation jusqu’à l’archivage et l’exploitation des données. Fournisseur AMS-France

Accessoire de purification d’eau

Ce dispositif permet de fournir une eau ultrapure avec un taux extrêmement faible de contamination élémentaire aux laboratoires qui pratiquent l’analyse de traces ou d’ultratraces. Équipée d’une pédale de commande pour la distribution de l’eau, il convient parfaitement à une utilisation dans une salle propre de classe 100. Le Q-POD fournit des volumes d’eau jusqu’à 1,5 litre par minute, évitant le stockage, ainsi que les risques qui y sont associés. Les chercheurs travaillant avec des appareils analytiques d’IC, ICPMS et GFAAS l’utiliseront principalement dans les dilutions d’échantillons et le rinçage des récipients en plastique. Fournisseur Millipore

Les unités de mesure système internationaL A.................................................................... ampère A/m ............................ ampère par mètre Bq .......................................................... becquerel °C.................................................. degré Celsius C ................................................................. coulomb cd ................................................................ candela cd/m2 ...................... cd par mètre carré F............................................................................ farad h .......................................................................... heure H.......................................................................... henry Hz......................................................................... hertz J ..............................................................................joule K .......................................................................... kelvin kg .................................................... kilogramme lm .................................................................... lumen lx ................................................................................. lux m....................................................................... mètre m2.................................................... mètre carré m3..................................................... mètre cube m/s............................ mètre par seconde m/s2 ................................m/s par seconde min ..............................................................minute mol .................................................................... mole N ................................................................... newton Pa ..................................................................... pascal Pl.............................................................. poiseuille rad .................................................................. radian s ................................................................... seconde T ............................................... tesla V ................................................. volt VA ..................................................... voltampère W........................................................................... watt Wb ...................................................................weber Ω ............................................................................ ohm autres abréviations Å.............................................................. angström atm............................................... atmosphère bar ........................................................................... bar dB .................................................................. décibel dpi ....................................... point par pouce g ..................................................................gramme G.......................................................................... gauss cal .................................................................. calorie ch ...............................................cheval vapeur c/s ................................. cycle par seconde eV ....................................................électronvolt Go ........................................................ giga-octet gr ........................................................................ grade Kbit .......... kilobit (1 Kbit=1 024 bits) km/h......................kilomètre par heure Ko ........................................................... kilo-octet kWh......................................... kilowattheure l ..................................................................................litre Mo ................................................... méga-octet Mx ............................................................. maxwell Po ........................................................................ poise t ...........................................................................tonne tr ..............................................................................tour tr/min ............................. tour par minute

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3DIMENSIONSDE

LES

Jean-François Clervoy PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL DE NOVESPACE

u premier étage d’un vieil immeuble, en plein cœur de Paris, se trouve le bureau d’un sage curieux comme un enfant. La pièce est grande et lumineuse. En moins de deux minutes, Jean-François Clervoy m’a dit bonjour, qu’il n’a pas beaucoup de temps, qu’il doit finir un e-mail et passer un coup de fil important. Je me retrouve assis à une table ronde, un verre d’eau, un café et les trois objets de la page suivante devant moi. Lui est à son bureau, à ma gauche, l’e-mail est déjà envoyé, il est au téléphone et me fait signe qu’il arrive en souriant. C’est étrange, je n’ai aucunement l’impression d’avoir été bousculé. Finalement je ne sortirai de ce bureau que deux heures plus tard, ravi d’avoir pu partager cette matinée avec un grand monsieur, forgé d’un alliage d’intelligence et d’enthousiasme.

A

L’HOMME cc

Un assoiffé de savoir

Le besoin de comprendre, au-delà de celui d’apprendre, semble le fil conducteur de sa vie incroyablement remplie. Dès l’âge de sept ans, le petit Jean-François s’émerveille devant sa 404 Peugeot téléguidée. Quand d’autres choisissent l’école buissonnière, lui et son frère jumeau préfèrent

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donner la parole à Billy Bob qui, comme vous allez le constater, est né pour jouer ». Une fois devant le micro, le Français a dévoilé les jeux qu’il avait créés en apesanteur. En particulier les fléchettes de l’espace : un astronaute lâche son rouleau de scotch en le perturbant le moins possible, le second doit lancer en ligne droite son crayon pour qu’il passe à travers. Pas si simple en l’absence de gravité. « Jean-Franpasser au laboratoire de leur oncle profes- çois est le contraire du type blasé, raconte seur de sciences naturelles. « J’ai toujours Jean-Yves Heloret qui était avec lui à Polyété fasciné par ce que l’homme est capable technique et à Supaero. Tout ce qui est de faire », résume-t-il quand il évoque les nouveau l’attire, surtout les choses dangedémontages et remontareuses. Mais il les fait touges incessants des appa- IL SE RETROUVE jours de façon raisonnée. » PDG D’UNE reils domestiques de ses ENTREPRISE Être astronaute lui a perparents. Assez vite il se NÉE DE SON PROJET mis de combler son goût passionne pour l’électro- DE THÈSE 23 ANS pour les risques maîtrisés, nique. À 16 ans, il rejoint PLUS TÔT. mais pas seulement. le Groupe amateur de réa« Quand on regarde de làlisation et d’études de fusée (Garef), un haut, on se rend compte que la Terre est club à la pointe de la technique. « J’étu- finie et que l’océan est le système de supdiais des documents même pas enseignés port de vie de la planète, qu’il régule tout », dans les écoles d’électronique à l’époque, rapporte l’astronaute. Une fois le pied posé sur les ampli-op par exemple », se sou- au sol, il s’est impliqué dans des actions de vient-il. Se creuser les méninges jusqu’à la protection de l’environnement telles que satisfaction finale de trouver la solution à Te mana o te moana et le parc de loisirs sur un problème est le moteur de Jean-Fran- l’exploration de la terre, Eana, en Normançois Clervoy. Il possède une collection de die. plus de cent casse-têtes qu’il continue d’alimenter pour mettre à l’épreuve son esprit. L’INGÉNIEUR D’après lui « un casse-tête doit se faire en cc Un précurseur une ou deux minutes, sinon le cerveau des vols paraboliques s’engage dans un cul-de-sac et le casse-tête Très bon élève depuis toujours, il choisit a gagné. Il faut sortir de l’intuition. Sou- « la voie royale » après sa terminale C : vent je le pose, l’observe et trouve la solu- math sup – math spé. « Je ne me suis pas tion sans le manipuler. » dit, “je veux être ingénieur”, analyse-t-il Dans l’espace, ses inventives facéties lui aujourd’hui. Mais rétrospectivement ont valu de se faire chambrer. L’un de ses c’était logique. » L’espace n’est encore collègues astronautes américains l’a pré- qu’un centre d’intérêt parmi senté ainsi lors d’une conférence : « Je vais d’autres pour cet insatiable

T. GOGNY POUR INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES

Diplômé de Polytechnique, de Supaero et du brevet d’ingénieur navigant d’essai, Jean-François Clervoy n’a eu de cesse de vouloir apprendre et progresser. Intégré au Cnes dès sa sortie de l’X, il a d’abord été ingénieur en automatisme avant de devenir astronaute français puis européen. En 1985, il fut à l’origine des premiers vols paraboliques effectués en Europe. Après 15 ans dédiés à l’Agence spatiale européenne (ESA), l’astronaute est revenu à ses premières amours : le voilà PDG de Novespace, la société qui fait voler l’A300 Zero-G. Cet avion permet à ses passagers d’expérimenter l’apesanteur.


PARCOURS

cc SES 3 DATES

1983 Sortie de Supaero, deux ans après l’obtention du diplôme de Polytechnique 1994 Premier vol dans l’espace d’une série de trois missions en navette spatiale 2006 PDG de Novespace, tout en restant membre du corps actif des astronautes européens de l’ESA

VIDÉO c Montez à bord de l’A300 Zero-G avec Jean-François Clervoy et vivez avec lui les sensations de l’apesanteur au cours d’un vol parabolique. www.industrie-technologies.com

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PARCOURS

LA NAVETTE DE TINTIN Fan de BD, il a pris la fusée de Tintin avec lui dans l’espace comme un emblème de l’imaginaire et de l’inventivité de l’homme.

J’admire la faculté qu’a l’homme à dire : “en fait c’est possible !”

LA BREITLING AEROSPACE Il avait repéré l’ergonomie, la sobriété, la légèreté de cette montre bien avant son nom « Aerospace ». Sa femme la lui a offerte. Elle n’a pas quitté son poignet lors de ses missions.

curieux. À l’époque son obsession est d’intégrer Polytechnique. Ce n’est qu’une fois le sésame pour la prestigieuse école obtenu qu’il s’oriente vers le spatial. À la sortie, il intègre le corps des ingénieurs de l’armement de la DGA et entre à Supaero pour compléter sa formation. D’ores et déjà un poste d’ingénieur dans le contrôle des systèmes automatisés l’attend au Cnes. Une fois diplômé, Jean-François Clervoy travaille sur la sonde Vega, le satellite Spot et la liaison optique inter-satellite Star. « Il fallait viser au microradian près, en étant en avance de 70 microradians sur le satellite cible », se rappelle-t-il. Pour lui tout cela est un grand jeu d’exercice mental : « Il faut visualiser l’objet dans l’espace alors qu’on le conçoit et le fabrique depuis la Terre, c’est très stimulant. » Parallèlement il obtient le brevet d’ingénieur navigant d’essai à l’École du personnel navigant d’essais et de réception. Sa thèse de fin d’études traite des vols paraboliques, une technique permettant de créer jusqu’à 22 secondes consécutives d’apesanteur dans un avion. C’est lui qui baptise Zero-G la Caravelle qui sera la première à réaliser ces vols paraboliques en Europe. Déjà astronaute français depuis 1985, son intégration au corps des astronautes européens l’entraîne vers d’autres cieux : il part travailler avec la Nasa. Le Cnes confie le Zero-G à Novespace, une filiale jusque-là en charge de transfert de technologies.

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LE RUBIK’S CUBE En remerciement à celui qui l’a inventé et pour symboliser la capacité de l’homme à résoudre des problèmes, le joueur invétéré a aussi emporté ce casse-tête dans les airs.

Durant ses trois missions dans l’espace, Jean-François Clervoy utilise ses compétences d’ingénierie, notamment dans la prise en charge de bras télémanipulateurs. Idem après son retour sur Terre, lorsqu’il contribue à la conception de l’ATV (un cargo spatial automatisé), entre 2001 et 2008. « Du fait de ses expériences de vol habité et de ses compétences techniques, il était très respecté des Américains et des Russes lors des discussions sur ce projet », rapporte Jean-Yves Heloret, devenu adjoint du directeur technique d’Astrium Satellites et directeur du programme ATV.

LE MANAGER

cc Adepte

des structures pyramidales

Quel nouveau défi pouvait encore s’offrir à l’astronaute? Un jour d’avril 2006, le téléphone sonne. Au bout du fil, le PDG de Novespace lui dit qu’il part et lui propose sa place. Jean-François Clervoy accepte. L’ESA le libère à 70 % et il s’installe sur un siège qu’il n’avait pas encore essayé : celui de dirigeant d’entreprise. Et quelle entreprise ! Celle née de son projet de thèse, 23 ans plus tôt. Entre son bureau parisien et l’A300 Zero-G à Bordeaux-Mérignac, il est désormais à la tête d’une équipe de neuf salariés. « Trois de plus qu’à mon arrivée » déclare-t-il, satisfait. Avoir vécu au sein d’un équipage, en espace confiné, à

des centaines de kilomètres du plancher des vaches, prépare à la gestion d’équipe, c’est certain. Son management, qui relève « avant tout du bon sens », est basé sur la communication. « Il est très à l’écoute des gens, je ne l’ai jamais vu rejeter une idée », confirme Jean-Yves Heloret. Niveau organisation, le « jeune » PDG a mis en place une structure pyramidale. « Cela responsabilise les gens », justifie-t-il. Concernant un autre aspect important de sa fonction, il s’exclame : « J’ai découvert un monde hallucinant ! » Celui de la finance. Il a appris à jongler entre deux impératifs qui lui étaient inconnus, faire des bénéfices et négocier avec les fournisseurs. Son nouveau projet : ouvrir les vols paraboliques au grand public de manière non lucrative. Les discussions avec l’aviation civile et le Cnes sont lancées. « Il y a de nombreux points techniques à régler, avoue-t-il. Mais j’essaie toujours d’arriver aux réunions avec des solutions à proposer aux problèmes qui se posent. J’incite d’ailleurs mes collègues à faire pareil quand ils viennent me voir. » Réussira-t-il à nous faire goûter à l’apesanteur ? Il espère voir le premier vol décoller avant la fin de l’année. En sortant de son bureau, je n’ai pu m’empêcher de lever les yeux au ciel. J’avais l’étrange sensation de ne déjà plus toucher le sol. cm ccCHARLES FOUCAULT cfoucault@industrie-technologies.com

C. FOUCAULT

ccSES 3 OBJETS FÉTICHES


FICHE MÉTIER

SA MISSION c C’est un démineur : il fait tout… pour ne pas avoir à dénoncer son employeur auprès de la Cnil. Ainsi, il œuvre pour que l’entreprise soit irréprochable en cas de contrôle, et lui évite au passage de lourdes condamnations assorties d’amendes de plusieurs milliers d’euros.

ENVIRONNEMENT

Le correspondant informatique et liberté (Cil) est le gardien, au sein de l’entreprise, de la loi informatique et libertés, qui protège tout citoyen contre une utilisation abusive de ses données personnelles. Sa fonction n’existe que depuis 2004 et c’est l’un des rares métiers à pouvoir se targuer d’avoir été défini par décret.

MÉTHODE

Le Cil : il protège vos données personnelles

c Concrètement, il fait l’inventaire des données personnelles manipulées par son employeur dans un registre, puis vérifie que ces dernières sont conformes à la loi. Les données doivent être accessibles et modifiables par le citoyen concerné.

OUTIL

c C’est un paratonnerre : il avertit, mais ne va pas en prison à la place du patron. Il analyse, mais n’agit pas à la place du directeur informatique ou juridique. Son employeur le rémunère, mais ne peut pas lui donner d’instruction ni le licencier sans justification auprès de la Cnil. c Enfin, c’est un haut-parleur : il distille au sein de l’entreprise une culture “informatique et libertés”, et instaure les bons réflexes chez les opérationnels.

cc AURÉLIE GOYER CIL AU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS

B. LEVY

LE CONSEIL DU PRO

«Notre objectif est de défendre les libertés des personnes. Humainement, c’est un beau métier, qui a du sens. Il faut être à l’écoute des autres : il ne s’agit pas d’empêcher les gens de travailler. La principale difficulté pour moi est de manquer de temps, de budget et d’équipe pour mener ma mission: ma fonction est relativement solitaire.»

c Pour l’instant, le métier compte peu de Cil à 100 % : il s’agit souvent de reconversions de postes de direction passés Cil. Dès lors, les salaires sont plutôt élevés : le Cil des notaires a par exemple dévoilé sont net mensuel à 4 500 euros. Un débutant intégrant une équipe sous les ordres d’un Cil chevronné gagnera quant à lui le salaire d’un jeune ingénieur, soit environ 30 000 euros bruts annuels.

MÉTIER

ET LE SALAIRE DANS TOUT ÇÀ ?

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FICHE MÉTIER

MÉTHODE

Le Cil: il protège vos données personnelles

ENVIRONNEMENT

QUELLES COMPÉTENCES ? c Une grande indépendance et de la maturité, pour résister à la pression. Avoir l’expérience de l’entreprise, où coexistent l’organigramme sur le papier, et les jeux de pouvoirs sur le terrain.

c Une seule formation diplômante existe en France à l’heure actuelle : l’Isep, pionner dans le domaine depuis 2005, propose un mastère professionnel à 13 000 euros l’année. Il forme des experts.

c Souplesse et tact : le Cil ne doit pas être vu comme un « père la pudeur », ou un empêcheur de tourner en rond : il doit être vu comme un facilitateur. Face à un directeur marketing qui prépare une géniale opération d’e-mailing, mieux vaut évoquer ensemble l’objectif et les contraintes, plutôt que de qualifier l’opérationnel de « serial spammeur ».

c Des formations courtes qualifiantes existent également. L’Isep propose des « kits de survie » de 3 jours. Comundi, le cabinet Cilex, ou Lexagone à Lille proposent aussi des petits formats.

c De la curiosité, pour actualiser ses connaissances. Le métier évolue constamment, et une veille assidue est nécessaire : il faut parfois attendre des jurisprudences, réfléchir au sein d’associations professionnelles pour redéfinir son rôle. c Être habité par la mission, pour être crédible. Il s’agit d’un métier de conviction, sans pour autant verser dans le militantisme.

c Enfin, la Cnil dispense non pas des formations, mais des ateliers de sensibilisation pour les Cil désignés. c La formation longue de l’Isep est émaillée de cas concrets. Que faire si la direction équipe son personnel d’ordinateurs à reconnaissance biométrique ? Comment exercer son droit d’accès et de modification sur ses données ? Mais encore, lancer une campagne de CV anonymes lors d’un recrutement, gérer les réseaux sociaux dans l’entreprise, ou faire face à un contrôle de la Cnil.

OÙ EXERCER SES TALENTS ? c Les débouchés sont florissants, car pour ce métier qui émerge, les professionnels sont encore rares. On compte ainsi 1 800 Cil désignés en France, pour dix fois plus de « faux Cil » (non déclarés à la Cnil mais en charge des problématiques informatiques et libertés). Et une loi pourrait bien obliger toute entreprise de plus de 50 salariés impliqués dans le traitement de données à avoir son Cil. c Assurances, mutuelles, caisses de retraite, acteurs du marketing, banques... partout où la gestion de données menace les libertés du citoyen, un Cil peut être recruté. c Du poste à mi-temps en sus d’une fonction d’origine (responsable qualité, informaticien, archiviste, contrôleur de gestion, juriste) dans une petite entreprise, à la véritable équipe de Cil chevronnés à plein temps dans un grand groupe, en passant par le cabinet de consultants, les possibilités sont vastes.

ET APRÈS ? c Une carrière de Cil peut se poursuivre dans les milieux de l’intelligence économique, de la gestion des risques, ou de la déontologie. c Ainsi, un ancien Cil peut évoluer vers un rôle de bras droit du patron, qui lui permettra d’identifier les opportunités d’innovations. Les risques de sécurité menaçant le système informatique ou informationnel de l’entreprise, l’avertissant d’une tempête en cas de risque sous-jacent de phagocytage par un concurrent… et préparant la gestion de crise en anticipant de possibles remous.

En savoir plus ? c Le site de l’Association française des correspondants à la protection des données à caractère personnel : www.afcdp.net c Le site de la Cnil : www.cnil.fr

D.R.

MÉTIER

OUTIL

QUELLES FORMATIONS ?

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ccANA LUTZKI rédaction@industrie-technologies.com


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PARCOURS

Comment Renault se crée un réseau d’experts technologiques.

CAMPUS Voiture électrique Les écoles d’ingénieurs accélèrent

es voitures électriques envahiront-elles un jour les routes? Les écoles d’ingénieurs, en tout cas, s’y préparent. Plusieurs d’entre elles lancent, en cette rentrée 2010, de nouvelles options de spécialisation. L’objectif : former les ingénieurs qui concevront et fabriqueront demain les véhicules électriques. Pas de nouveaux métiers en perspective. Mais une évolution des compétences chez les constructeurs, leurs sous-traitants, voire dans le réseau de distribution d’énergie. « Il manquait une formation alliant la mécanique à l’électrique », diagnostique Mohamed Gabsi, directeur du département électronique, électrotechnique et automatique à l’ENS Cachan. Avec trois autres établissements (Centrale Paris, Supélec, l’IFP School), son école lance cette année un master « véhicule et trans-

L

L’Ensem ouvre cette année une option dédiée à la gestion de l’énergie embarquée.

port durable », spécialité « électrification et propulsion automobile ». Pour en profiter, les étudiants devront disposer d’un niveau bac+4 en mécanique, en électrique ou en physique. « Nous formerons des spécialistes du véhicule hybride. Du stop

Les nouveaux experts de Renault c Depuis janvier, Renault déploie un réseau d’experts, internes et externes, autour de 91 axes jugés stratégiques. Batteries, motorisation, hybridation… Une dizaine d’axes sont directement liés au véhicule électrique. Parmi les objectifs: définir

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les compétences sur lesquelles le constructeur doit investir. Les experts leaders seront notamment chargés de développer, avec les écoles, des modules de formation orientés véhicule électrique. Renault est ainsi partenaire du mastère

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spécialisé « ingénierie des véhicules électriques » piloté par l’Ensam. « Il s’agit d’un axe stratégique pour lequel les compétences sont nouvelles », justifie François Pistre, responsable compétences et expertises stratégiques du constructeur.

and start au tout électrique », précise Mohamed Gabsi. Autres écoles, même ambition. Avec l’Ensta, Mines et Ponts ParisTech, l’Ensam inaugure ce mois-ci le mastère spécialisé « ingénierie des véhicules électriques ». Il est ouvert aux diplômés des écoles d’ingénieurs françaises (bac+5). Les pré-requis? « Des connaissances soit en mécanique des milieux continus déformables et en résistance des matériaux. Soit en contrôle commande, en électronique de puissance, asservissements… », détaille Philippe Degobert, responsable des mastères à l’Ensam. Dans tous les cas, l’objectif sera de former des ingénieurs pluridisciplinaires. « Mécanique, thermique, électronique de puissance… Même s’ils disposeront d’une dominante technique, nos diplômés pourront dialoguer avec des spécialistes d’autres disciplines », assure Mohamed Gabsi, de l’ENS Cachan. cc Des

programmes adaptés à l’automobile

À condition de maîtriser les enjeux propres aux véhicules électriques. Les écoles l’ont compris. Un exemple : le mastère piloté par l’Ensam est articulé autour de deux spécialisations. La première porte sur la conception des véhicules électriques (maîtrise du poids des batteries, systèmes de propulsion…) et la seconde sur la gestion de l’énergie (hybridation, recharge, récupération d’énergie au freinage…). Face à l’essor attendu des véhicules à batteries, les formations traditionnelles en génie électrique mettent en avant leurs modules sur les systèmes embarqués. Même s’ils ne ciblent pas spécifiquement l’automobile. Ces écoles, comme l’Enseeiht ou l’Ensem, font valoir leur approche système. « Nous formons des ingénieurs généralistes dans les machines électriques, le stockage de l’énergie, le contrôle commande… », rap-

D. R.

Tous les constructeurs sont d’accord, la voiture de demain sera, au moins en partie, électrique. Anticipant cette évolution, plusieurs écoles d’ingénieurs étoffent leurs programmes pour former dès la rentrée les futurs spécialistes. De l’hybride au 100 % électrique, les profils ciblés sont pluridisciplinaires, mais très orientés gestion de l’énergie.


PARCOURS

ccPatrick alliot responsable des applications électroniques chez segula

Pénurie d’électrotechniciens « Pour développer un véhicule électrique, il ne suffit plus d’électrifier un modèle existant. Désormais il faut concevoir des architectures automobiles dédiées. Pour cela, nous puisons dans nos compétences internes. Nos besoins en électronique de puissance sont en croissance permanente et nous peinons à les satisfaire. Notre profil idéal? Des ingénieurs en électrotechnique avec un an de spécialisation dans l’automobile. Des écoles proposent certes des modules. Mais ils restent peu attractifs aux yeux des étudiants. Ou alors ces formations ne sont pas assez orientées automobile. Sur le plan théorique, l’électrotechnique est la même dans tous les secteurs. Mais dans la mise en œuvre, l’automobile a des exigences propres en termes de coût, de fiabilité et de contraintes environnementales. »

pelle Jean-François Rouchon, directeur du département génie électrique et automatisme de l’Enseeiht. Elles ne pourront toutefois éviter d’adapter leur programme à l’automobile. En cette rentrée 2010, l’Ensem ouvre ainsi une nouvelle option de dernière année, sur les systèmes autonomes et technologies embarquées. Cette spécialisation approfondira la maîtrise des équipements clés dans la gestion de l’énergie, le contrôle des actionneurs… Pour 2011, l’école nancéenne prévoit aussi la mise en place d’une plate-forme de travaux pratiques autour du châssis instrumenté d’un véhicule réel (électrique ou hybride). Les étudiants auront à choisir entre différentes technologies de moteurs, d’alternateurs, de batteries… Et à définir les lois de commande pour la gestion globale du véhicule, en grandeur réelle. De quoi susciter des vocations ? cm ccThomas Blosseville tblosseville@industrie-technologies.com

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INTELLIGENCES

ccL’ENJEU

DÉBAT

L’indépendance des experts est-elle garantie ? Le comité de lutte contre la grippe A a-t-il été piloté par les laboratoires pharmaceutiques ? Les experts judiciaires de l’accident du vol Rio-Paris ont été accusés de vouloir protéger Air France. Ces derniers temps, l’indépendance de l’expertise scientifique est au cœur de nombreux sujets d’actualité. Mais qui sont ces experts ? Comment sont-ils choisis ? Sont-ils assez contrôlés ? Explications.

L

e travail de l’expert public? Donner son avis, « en toute indépendance, qu’il travaille pour la justice ou pour une agence au service de l’État », explique Lionel Benaiche, co-auteur en 2004 d’un rapport sur l’expertise en santé publique commandé par le garde des Sceaux, Dominique Perben. Pourtant, de récentes affaires ont sévèrement remis en cause dans l’opinion publique le rôle de ces spécialistes. Grippe A ou accident d’avion, les experts jouent un rôle essentiel, mais leur indépendance est-elle garantie? Revenons sur les points qui font débat.

cc

DES EXPERTS PAS SI NOMBREUX

Dernier exemple en date : le comité de lutte contre la grippe. Composés de professionnels de la santé, ce groupe de douze experts a été fortement sollicité l’an dernier pour préparer la campagne contre la pandémie grippale (43 avis rendus d’avril 2009 à janvier 2010). Mais une fois la crise passée, on regarde en arrière. Ces experts auraient-ils eu une vision trop alarmiste ? Rapidement, leurs liens avec l’industrie pharmaceutique sont pointés du doigt. La plupart d’entre eux indiquent dans leurs déclaration d’intérêt des contrats rémunérés avec les fabricants de vaccins. Un

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« mélange des genres » à l’origine d’une de l’avionneur Air France, la question du polémique qui laisse perplexes les experts conflit d’intérêt se pose rapidement. concernés : « Les liens entre l’industrie et les experts sont inévitables ! On ne peut cc tout simplement pas être expert dans un DES GARDE-FOUS SUFFISANTS ? domaine et ne pas entretenir de rapports Et pourtant, afin d’éviter ce genre de proavec les principaux acteurs du secteur ! », blème il existe un document: la déclaration prône Fabrice Carrat, membre du comité publique d’intérêts qui doit être mise à jour de lutte contre la grippe et du haut conseil théoriquement chaque année. L’expert en santé publique. « doit remplir autant de déclarations que Principale raison : les experts sont rares d’organismes dans lesquels il intervient », et ils s’arrachent ! « dans le domaine de la explique Fabrice Carrat. Cependant, pertoxicologie par exemple, la France man- sonne ne centralise ces données. Un casseque d’experts », illustre Marie-Christine tête administratif, donc, pour nombre d’enBlandin, sénatrice vert du Nord-Pas-de- tre eux : « Mal remplir une déclaration Calais et membre de la Commission d’en- d’intérêts ça n’est pas forcément une quête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gesccL’AVIS DE tion par le gouvernement de la grippe A. LE PROBLÈME Même problème dans le DES EXPERTS milieu de l’aviation où « ça EST LIÉ À LA tourne en rond ! », explique COMPLEXITÉ Odile Saugues, député PS du DES FORMULAIRES Puy-de-Dôme, sensible aux À REMPLIR. J’ATTENDS problèmes de sécurité LA DÉCLARATION aérienne. « Les spécialistes UNIQUE ! français de l’aviation, et donc les experts, font le tour au cours de leur carrière entre Air FABRICE CARRAT France, la DGAC et Airbus. » MEMBRE DU COMITÉ DE LUTTE CONTRE LA GRIPPE ET DU Résultat: quand il s’agit d’exHAUT CONSEIL EN SANTÉ PUBLIQUE pertiser l’accident d’un Airbus

D.R.

L’expertise publique a été mise en cause dernièrement dans différentes affaires. En France une norme Afnor (NF X 50-110) en régit les règles, mais elle n’est pas encore appliquée partout. D’autres organismes y associent des chartes d’expertise. Mais derrière ces textes, les moyens mis en œuvre sont-ils suffisants ? Deux propositions de loi déposées récemment voudraient augmenter les contrôles et les moyens afin de garantir l’indépendance de l’expertise.

Retrouvez en vidéo les auditions de la commission parlementaire «Les firmes pharmaceutiques et la gestion de la grippe A»


INTELLIGENCES

L’EXPERT L’idéal et la réalité LA DÉCLARATION D’INTÉRÊT cRemplie une fois par an, elle énumère consciencieusement les différentes activités de l’expert.

cDifficile à remplir. Les commissions d’enquête au sujet de la grippe A ont soulevé des oublis et des erreurs.

LES CONFLITS D’INTÉRÊTS cL’expert déclare cLes liens des conflits d’intérêts peuvent être de type financier : plus troubles : rémunération directe, histoires personnelles, contrats... conflits... LES CONTRÔLES : cSi un expert déclare un conflit d’intérêt, il ne participe pas à l’expertise.

cDifficile à respecter à la lettre vu le petit nombre d’experts dans certains domaines.

volonté de cacher mais ce n’est juste pas la priorité de nombreux experts… », justifie Fabrice Carrat. Les liens peuvent en effet être multiples: un membre de sa famille proche travaillant dans une société privée du domaine, un voyage payé par un groupe pharmaceutique pour assister à un congrès, ou alors des contrats de recherche. « Les choses sont parfois très subtiles, c’est pour ça qu’il faut aider et informer pour éviter les problèmes », analyse Lionel Benaiche. ccL’AVIS DE

GETTY ; D.R.

IL FAUT DONNER PLUS DE MOYENS À L’EXPERTISE. JE SOUHAITE LA CRÉATION D’UN ORGANE QUI SANCTIONNE LES COMPORTEMENTS À RISQUES. ODILE SAUGUES DÉPUTÉ PS DU PUY-DE-DÔME

Une fois les déclarations d’intérêts remplies, elles sont prises en compte au moment des votes: « En tant que membre du Haut Conseil de la santé publique et expert à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), je ne vote jamais si un industriel est impliqué dans un dossier », explique Fabrice Carrat. En effet dans sa déclaration publique l’expert énumère des conflits d’intérêts (comportant des rémunérations personnelles) avec Roche au sujet de l’antiviraux Tamiflu ou encore avec Novartis pour des travaux sur un vaccin avec adjuvant contre la grippe. Question: dans le cadre du comité de lutte contre la grippe A, a-t-il pris part aux délibérations concernant les achats de vaccins? « Dans le cadre de la grippe A, il ne s’agissait pas d’un vote, mais d’une discussion, d’un consensus entre tous les experts auquel j’ai pris part, explique-t-il. « Dans cette commission, il manquait de diversité de profil, explique Marie-Christine Blandin. Ils sont tous des spécialistes des épidémies –où la culture entre privé et publique est commune– depuis leurs études. Alors même si la députée n’accuse pas les chercheurs

d’avoir sciemment favorisé les intérêts des laboratoires pharmaceutiques, elle note « une fébrilité scientifique autour de la grippe A. Depuis le Sras, le H5N1, ils étaient tous dans les starting-blocks. Pour eux, c’était tellement sûr qu’une pandémie devait arriver, qu’ils ont sauté sur l’occasion. Les experts ont été pris dans une spirale, peut-être à leur corps défendant. »

cc

AUGMENTER LES CONTRÔLES ?

Pour Fabrice Carrat, il n’y a pas besoin de plus de contrôle. « De toute façon, les comités d’experts sont des collectifs. S’il y a une branche pourrie dans un groupe, ça m’étonnerait qu’elle arrive à influencer tout le monde. Au sein d’un comité de spécialistes d’un domaine, ce n’est pas possible de cacher un conflit d’intérêt aux autres membres! ». Un autre son de cloche résonne du côté des élus. Deux propositions de loi viennent d’être déposées. Leur but? Augmenter les contrôles des déclarations d’intérêts et diversifier les profils des experts en santé publique et en aéronautique. Dans le domaine de l’aviation, c’est la députée Odile Saugues, qui a déposé dernièrement une proposition de loi visant à réformer la DGAC, notamment en « incluant des experts étrangers », explique-t-elle. Dans le domaine de la santé, c’est la sénatrice MarieChristine Blandin qui souhaite « une instance spécifique de garantie de l’expertise. Les déclarations d’intérêts sont à géométrie variable, certains organismes sont vigilants, mais d’autres n’assurent aucun suivi! Les chercheurs ont tout à y gagner s’ils n’ont rien à se reprocher! Et ces contrôles permettront de répondre aux demandes de citoyens en quête de vérité et d’évacuer ce qui sème le trouble », conclut-elle. cm ccANNE-KATELL MOUSSET akmousset@industrie-technologies.com

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INTELLIGENCES

PAROLES D’AUTEUR

Paléo-technologie Science des innovations disparues

Quand avez-vous envoyé un fax pour la dernière fois? Généralisée dans les années 70, cette technologie est devenue obsolète vingt ans plus tard. C’est désormais un technosaure. En racontant l’histoire du fax et de ses comparses oubliés, Nicola Nosengo veut montrer que « la réalité technologique n’est pas un processus linéaire et efficient ». Il rappelle à notre bon souvenir ces objets qui encombrent nos greniers.

sur un réseau de tubes pneumatiques pour l’envoi de documents. Devant les coûts de déploiement et d’entretien, les capitales ont fini par abandonner ce système qui a survécu à Paris jusqu’en echnophiles, voici votre pro- 1984 ! chain livre de chevets. Nicola Avez-vous vu le film Photo obsession Nosengo démonte l’histoire, avec Robin Williams ? Il y incarne un trop séquentielle dans nos esprits, des employé de laboratoire photo qui technologies passées : l’iPod a tué le CD conserve un double de toutes les photos qui avait lui-même assassiné le vinyle, que font développer la famille Yorkin et pour le plus grand plaisir (ou pas) des les affiche chez lui. C’était en 2002. La clamélomanes. La cassette vidéo VHS a noyé que ! Les enfants de 8 ans aujourd’hui ne le format Betamax avant d’être supplan- savent pas ce qu’est une pellicule phototée par le DVD chez les cinéphiles… Sans graphique. Dans ses tentatives d’explicaprétention et avec tions, l’auteur se livre à la humour, l’auteur démon- L’AUTEUR psychologie : la pellicule tre qu’une technologie ne DÉCORTIQUE a été beaucoup moins devient pas dominante LA VIE défendue que le vinyle uniquement parce qu’elle DES TECHNOLOGIES car elle n’était pas un VAINCUES est meilleure qu’une QU’IL APPELLE support final, capable de autre mais que de nom- TECHNOSAURES. « susciter un attachebreux facteurs entrent en ment sentimental. » Mais jeux. Pour illustrer sa le CD a tout de même thèse, il décortique bien plus la vie des exterminé le vinyle parce que « les adotechnologies vaincues, qu’il appelle tech- lescents qui avaient acheté les disques de nosaures, que celles des vainqueurs. La Pink Floyd étaient devenus des adultes méthode est élémentaire mais efficace : en pleine carrière, prêts à dépenser beautrois idées, trois parties. coup d’argent pour acquérir des copies Finalement, le message essentiel de remastérisées et les faire écouter à leurs Nicola Nosengo est relégué au deuxième enfants. » Bien plus que la quatrième et dernière plan. Il disparaît presque, dissout par le plaisir pris à (re)découvrir des objets partie, très théorique, voire universitaire, oubliés et à plonger dans les souvenirs sur les analogies envisageables entre les dans lesquels nous entraînent les multi- évolutions biologiques et technologiques, ples anecdotes à leurs sujets. Comment c’est l’odyssée des espèces technologiques ne pas sourire à la lecture des mots de qui est passionnante en elle-même. De Charles Emory Smith, directeur des Pos- Thomas Edison à Bill Gates, de Denis tes américaines, lorsqu’à la fin du XIXe siè- Papin à George Martin, de Léonard de cle il écrit : « Il ne serait pas surprenant Vinci à Stanley Kubrick, les protagonistes d’assister au développement de la poste ne manquent pas, nul besoin d’aller pneumatique dont le réseau pourrait des- déranger Darwin pour cela. cm servir chaque maison ». Pourtant, le directeur n’était pas timbré. À partir de 1850, ccCHARLES FOUCAULT les plus grandes villes du monde ont parié CFOUCAULT@INDUSTRIE-TECHNOLOGIES.COM

ccNICOLA NOSENGO CHARGÉ DE COMMUNICATION POUR L’AGENCE SPATIALE ITALIENNE

ccLE LIVRE

L’EXTINCTION DES TECHNOSAURES Histoire de technologies oubliées Éditions Belin 263 pages ; 19,50 euros ccET AUSSI

THE CELLPHONE The history and technology of the gadget that changed the world Les anglophones qui voudront aller plus loin dans l’évolutions des technologies commanderont ce livre de Guy Klemens. Après plus de 15 ans passés à travailler sur les communications sans fil, le docteur en ingénierie électrique reprend l’histoire du téléphone portable des années 40 à nos jours. Très technique sur les aspects fondamentaux de cette technologie, l’auteur n’oublie pas d’en évoquer tous les impacts au cours des âges.

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Né à Gênes en 1973, Nicola Nosengo a étudié la communication à l’université de Sienne puis le journalisme scientifique à la Sissa, à Trieste. Après avoir longtemps collaboré avec L’Espresso, La Stampa, Le Scienze et Nature pour lesquels il écrivait des articles sur la technologie, la médecine et les neurosciences, il a rejoint l’Agence spatiale italienne. Après une première version de L’extinction des technosaures, sortie en Italie en 2003, le passionné de technologies l’a remis à jour en 2008, ce qui lui a permis d’être traduit en français en 2010.

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D.R.D.R.

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ccses 3 Dates

1984 Il entre au CNRS comme attaché de recherche au laboratoire de physique des lasers Université Paris 13 1998 Il devient directeur du Laboratoire de physique des lasers 2010 Il est nommé directeur du laboratoire Charles Fabry de l’Institut d’optique ccLaboratoire CharLes Fabry

Unité mixte du CNRS dont l’université Paris Sud est également partenaire, les recherches du laboratoire Charles Fabry couvrent de multiples facettes de l’optique fondamentale et appliquée. Le laser est au cœur de ses activités.


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Revivez en vidéo l’histoire du laser.

INTELLIGENCES

ccCHRISTIAN CHARDONNET DIRECTEUR DU LABORATOIRE CHARLES FABRY À L’INSTITUT D’OPTIQUE

Le laser n’a pas épuisé son potentiel d’application À 50 ans, le laser n’a pas pris une ride. Il est même encore en pleine croissance. Christian Chardonnet, qui lui a déjà consacré 25 ans de sa vie, l’affirme avec enthousiasme. Le marché mondial du laser a atteint 7 milliards d’euros en 2009. Il est amené à se multiplier avec l’arrivée à maturité de tous les travaux en cours autour de la lumière contrôlée, sur la consommation d’énergie ou sur les applications grand public. Paroles d’un expert en la matière. Le laser est cinquantenaire, est-ce le début de sa fin de carrière ? Christian Chardonnet : Absolument pas !

Ses inventeurs n’en avaient pas conscience mais le laser à un nombre d’applications inimaginable. Simplement parce qu’un laser c’est de la lumière contrôlée et que la lumière régit l’interaction entre les constituants de la matière.

J.C. BERTINI POUR INDUSTRIE ET TECHNOLOGIES

C’est-à-dire ? C. C. : Sous l’action de la lumière, les élec-

trons en orbite autour d’un atome changent de configuration. Contrôler la lumière c’est donc être capable de modifier l’état de la matière. La lumière peut prendre des tas de propriétés, en fonction de sa longueur d’onde et de son intensité. Le soleil ou une lampe donnent une lumière contenant de multiples longueurs d’ondes. Un laser, lui, n’en a qu’une concentrée dans un faisceau extrêmement bien dirigé, sur quelques millimètres carrés. En le maîtrisant, l’homme a acquis la capacité de modeler, d’observer, d’étudier la matière très finement. Alors il serait plutôt un quinqua adolescent ? C. C. : C’est certain, il a encore de beaux

jours devant lui ! Tout d’abord parce que

les applications qui existent sont vouées à perdurer. On le retrouve partout, il mesure la vitesse, détecte les particules, fait voyager les données d’Internet et permet d’atteindre des milliers de degrés très facilement. Il est utile en médecine : en dentisterie, en ophtalmologie, en dermatologie. Avec des lasers impulsionnels, on est capable de faire des photos (comme avec un stroboscope ndlr) pour observer des réactions chimiques ou le mouvement des électrons dans les atomes. La roue est vieille et pourtant elle sert encore. Il en sera de même pour le laser. La roue est certes toujours utilisée mais elle n’évolue plus. Va-t-on également arriver à un palier dans l’innovation sur les lasers ? C. C. : Je ne pense pas. Même si les princi-

pales nouveautés seront la découverte d’autres utilisations possibles des technologies existantes, les sources laser et les moyens de conduire cette lumière vont encore évoluer. Pour l’instant, les données Internet circulent dans les fibres optiques, passent par un transformateur situé dans la rue et finissent leur chemin sur un fil de cuivre jusqu’à votre appartement. La prochaine grande innovation sera la fibre optique chez les particuliers.

Elle multipliera le débit Internet par dix. Les Japonais ont commencé mais la technologie n’est pas encore prête. Les dispositifs domestiques chauffent et consomment trop d’énergie. Diminuer la consommation d’énergie des lasers est le principal défi des années à venir ? C. C. : Le principal mais pas le seul. Pour

l’instant le trafic Internet mondial consomme plus d’énergie que le trafic aérien. Il faut que nous diminuions cela. Mais nous avons beaucoup d’autres défis à relever : développer les sources laser les plus variées possibles pour étendre le spectre accessible par la lumière laser et aller encore plus loin dans l’interaction avec la matière. La recherche en protonthérapie pour le traitement des cancers est aussi très importante et devrait être mature d’ici une dizaine d’années. Elle existe déjà mais nécessite d’énormes installations, très chères. Il s’agit d’accélérer les protons avec des lasers très intenses et de cibler les cellules cancéreuses avec ce flux. C’est bien plus efficace que les rayons X utilisés actuellement. Le faisceau de protons pénètre la matière avec exactement la bonne énergie pour être absorbée par la tumeur et la détruire. Avec un laser, on peut aussi ralentir des particules (électrons, atomes), et ainsi les manipuler. Comme elles sont très sensibles au champ terrestre, elles permettent de détecter des déplacements infimes. La défense et la navigation sont très intéressées par cette avancée. SEPTEMBRE 2010ccN°925

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INTELLIGENCES La cryptographie quantique, qui utilise les propriétés du laser pour coder les messages, s’annonce plus performante que celle utilisant la physique classique.

lasers, dans l’industrie automobile notamment. Elles sont même utilisées en confection, pour couper les tissus. Mais ce sont les diodes lasers qui sont les plus répandues sur la planète. Beaucoup plus petites et moins puissantes, elles se nichent dans tous les lecteurs CD et DVD ainsi que dans les fibres optiques, pour la transmission d’Internet. Cela va-t-il changer ? C. C. : Phénomène mondial et de masse,

c On en entend parler.

On imagine ça entre le Da Vinci Code et la communication satellitaire. On se dit que c’est beaucoup trop compliqué. Ça l’est. La cryptographie quantique est l’un des sujets de recherche du laboratoire Charles Fabry. Cette méthode de communication brouille l’information

en s’appuyant sur les lois de la physique quantique qui garantissent l’inviolabilité du cryptage (contrairement à celles de la physique classique). Grâce à la propriété de cohérence du laser qui porte le message, celui-ci ne se propage pas point par point. Il est visible en plusieurs

À chaque nouvel usage découvert se pose le même challenge : parvenir à une solution simple, sur étagère. C’est finalement dans le transfert de technologies que nous avons le plus de progrès à faire. Justement, quel rôle doit jouer l’industrie dans ces avancées ? C. C. : De nombreux industriels s’intéres-

sent à la structure des matériaux. Ils utilisent déjà les lasers pour couper, souder mais aussi pour le traitement de surface. Ils doivent continuer à soutenir nos projets de recherche amont pour bénéficier de nos résultats et ainsi rester compétitifs. D’un autre côté, ils jouent un rôle très important dans le développement des

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endroits simultanément. S’il est intercepté, le système est perturbé. Tout espion qui tente d’accéder aux données est immédiatement repéré et la communication stoppée. Les enjeux sont importants aux vues de l’étendue des marchés potentiels. Les secteurs militaire et bancaire sont en ligne… de mire.

optiques que nous utilisons pour nos expérimentations. Nous ne disposons pas des outils nécessaires à la fabrication de miroirs striés capables d’accepter des puissances lasers parfois énormes. Idem pour les sources lasers, souvent très spécifiques. Nous avons des contrats avec des entreprises comme Horiba Jobin Yvon, Thales, Amplitude technologies. D’ailleurs, via le dispositif Cifre, ces sociétés payent parfois un doctorant qui vient chez nous travailler sur un projet avant de le recruter. Quels domaines industriels utilisent le plus les lasers et pour quoi faire ? C. C. : Les robots de découpe et de soudage

accaparent une grande partie des sources

À quoi ressemblera cette interview dans cinquante ans ? C. C. : Les lasers seront partout. C’est une

question d’imagination. On peut faire confiance à l’ingéniosité humaine pour trouver des applications encore plus précises et massives. Les idées qui jaillissent dans les labos aujourd’hui auront trouvé des utilités et seront devenues des technologies fiables, comme l’ordinateur quantique ou la fusion inertielle (alternative à l’énergie nucléaire utilisant le laser). Il y a aussi beaucoup d’idées que nous n’avons pas encore imaginées. Je pense surtout à des produits utilisables par des non-spécialistes. C’est difficile, il faut passer de mécanismes très complexes à des choses très simples à utiliser. De la même manière qu’un chirurgien peut désormais opérer grâce à un laser sans avoir une thèse d’optique, le laser sera demain un outil commun pour tout un chacun. cm ccProPos reCUeiLLis Par CharLes FoUCaULt cfoucault@industrie-technologies.com

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Les liaisons non-dangereuses

Internet va rester le principal consommateur de sources laser. Surtout avec l’arrivée de la fibre optique chez les particuliers. Ensuite, j’imagine une multiplication importante dans le domaine médical. Pour les traitements mais aussi pour le diagnostic : le laser est un moyen non invasif d’étudier le corps humain grâce à l’analyse de la lumière diffusée par les tissus. Là aussi de gros développements restent à faire, pas optiques mais informatiques. Les sources lasers, nous les avons, le travail est au niveau du traitement du signal récupéré, qui peut être très complexe.


LES JEUX

ccL’ÉNIGME

Les triangles de Pythagore proposée par cc PIERRE BERLOQUIN

Les trois carrés justaposés dans la figure mettent en scène les angles de trois triangles rectangles. Le premier de ces triangles est isocèle, avec deux côtés égaux. Dans le second triangle un côté est le double de l’autre. Dans le troisième triangle, un côté est le triple de l’autre.

À l’œil, il semble bien que l’angle du premier triangle est la somme des angles marqués des deux autres triangles et cette intuition est vraie. Il y a de nombreuses manières de le démontrer, certaines plus complexes que d’autres. Il se trouve qu’une des démonstrations possibles est extrêmement simple. Elle est tellement pratique et évidente qu’elle pourrait se passer d’une explication car elle saute littéralement aux yeux. Quelle est cette démonstration simplissime ? La solution dans le prochain numéro

ccPHOTO-QUIZZ Que représentent ces photos étonnantes ?

1 A. Des implants capillaires B. Une simulation d’un puits de pétrole C. Un champ de géothermie

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A. Un robot d’inspection de lignes électriques B. Un drone solaire C. Une sonde d’inspection médicale

A. Une simulation d’un champignon nucléaire B. Le dégagement radioactif d’un fut de déchets nucléaires C. Une boule de plasma flottant dans l’air

SOLUTION : 1-B ; 2-A ; 3-C IBM ; C. WURDEN ; D.R.

RÉPONSE de l’énigme du n° 924, « La carte perdue » cLa somme étant de 45 au départ, et la somme des cartes restantes devant être divisible par 3 pour pouvoir faire 3 groupes de sommes égales, la carte ôtée est nécessairement divisible par trois. Elle ne peut être que 3, 6 ou 9. Par contre, la carte une fois ôtée, le reste doit être divisible par 4.

Or 3 et 6 laissent des sommes de 42 et 39, non divisible par 4, alors que 9 laisse 36, parfaitement divisible par 4. Il reste à tâtonner pour vérifier que les groupes peuvent effectivement être formés. On y parvient avec : 7 + 5 ; 6 + 4 + 2 ; 8 + 3 + 1 et 8 + 1 ; 7 + 2 ; 6 + 3 ; 5 + 4

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MISE À NU

Trois collègues discutent. Soudain, une idée : « Et si on réinventait la roue »

Où sont les câbles ? Et les encombrantes batteries ? Avec la roue qui roule toute seule, la jeune société ez-Wheel intègre dans le moyeu tous les composants nécessaires à la motricité de la trottinette électrique. Dissection de cette invention à partir du prototype présenté en juillet 2010.

TROTTINETTE ÉLECTRIQUE : TOUT EST DANS LA ROUE

LIGAMENT Le dimensionnement était le défi posé par la conception de la transmission. Seuls deux pignons en acier multiplient la vitesse du moteur par cinq et entraînent dans leur rotation l’axe de la roue et tous les composants qu’elle contient. ccFICHE TECHNIQUE

CERVEAU Pour faire tourner le moteur, le dispositif électronique génère un champ magnétique tournant. Il reçoit les ordres de démarrage, freinage et accélération depuis le guidon grâce à un protocole propriétaire de communication sans fil basé sur la technologie radio ZigBee. Il surveille aussi l’état de charge des batteries.

Prototype de ez-Wheel Vitesse maximale 10 km/h Autonomie 20 km Puissance du moteur 300 W Couple maximal de la roue 70 Nm Tension 24 V Diamètre de la roue 40 cm Largeur de la roue 12 cm Prix 500 à 1 000 euros (pour la roue)

CŒUR 20 accumulateurs de 1,2 volt chacun remplissent tout l’espace disponible autour de la roue, dans des compartiments totalement étanches pour éluder l’influence de la position et du mouvement. D’une durée de vie supérieure à cinq ans, ces batteries nickelhydrure métallique, fabriquées par Saft, se rechargent en branchant la trottinette sur une prise murale.

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CARCASSE Réalisé par injection de plastique renforcé, le carter maintient et solidarise l’ensemble des composants de la roue dans une enveloppe capable de résister à tout ce qui peut se passer dans la vie du système.

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MUSCLE Le moteur sans balais de Leroy-Somer offre un rendement de 80 à 90 %. Basé sur une technologie déjà utilisée en robotique, il mesure 9 cm de diamètre pour 9,5 cm de long. Il a été reconçu pour s’intégrer au mieux dans la roue.


Pour plus dâ&#x20AC;&#x2122;informations : 04 74 73 42 33 ou info@idice.fr


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