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Associations mode d'emploi n°230

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ASSOCIATIONS

ACTIVITÉS

Comment vont les associations culturelles employeuses ? En France, sur 350 000 associations culturelles, plus de 40 000 exercent la fonction d’employeur. En dix ans, leur nombre a augmenté de 33 %.

O

pale, centre de ressources sur la culture et l’économie solidaire, a publié les résultats de la deuxième édition de son enquête décennale sur les associations culturelles employeuses. Recueillies en 2019, ces données constituent un repère indispensable sur leur situation avant la crise sanitaire du Covid19, qui les a si durement frappées. L’originalité de cette enquête est de montrer qu’il n’existe pas un seul modèle, monolithique et normatif, de faire association, mais bien une pluralité de manières et de formes, modelées par l’histoire, les usages,

LES ASSOCIATIONS EMPLOYEUSES EN CHIFFRES - 265 000 salariés (130 000 ETP). - 7 milliards d’euros cumulés de budget, avec un budget médian d’environ 80 000 euros. - 30 % sont sans salarié permanent. - 80 % ont moins de 5 salariés permanents. - 50 000 travailleurs indépendants (10 000 ETP). - 50 millions d’heures bénévoles (30 000 ETP). - Plus la taille et le budget augmentent, moins il y a de femmes en CDI.

l’environnement socio-économique et les politiques publiques.

Le spectacle vivant arrive en tête En 2008, il y avait seulement 30 000 associations culturelles employeuses. Il y a donc eu une progression de 33 % en une décennie. 63 % d’entre elles relèvent du spectacle vivant : 22 % de la musique, 14 % du théâtre, 12 % sont pluridisciplinaires, 10 % d’autres arts (arts de la rue, du cirque, marionnettes, théâtre d’objets) et 4 % de la danse. Les 37 % hors spectacle vivant se retrouvent dans l’audiovisuel et le multimédia (9 %), l’éducation populaire (7 %), les arts plastiques et visuels (5 %), le patrimoine (5 %), le livre et la presse (4 %). Toutes ces associations forment un tissu dense couvrant tout le champ culturel, ainsi que l’ensemble des territoires. Plus d’un tiers d’entre elles œuvrent en milieu rural ou périurbain, battant en brèche l’idée répandue d’un désert culturel passées les frontières des villes. Les trois quarts d’entre elles remplissent une fonction éducative (éducation artistique et culturelle, médiation, enseignement, formation…) et témoignent d’une préoccupation forte pour le jeune public. Neuf associations sur dix sont engagées dans des pratiques de coopération et de mutualisation.

Seulement un tiers de CDI Ces structures fonctionnent avec des instances dirigeantes variées, parfois expérimentales, et grâce à un noyau dur constitué d’administrateurs bénévoles et d’employés : 54 % de bénévoles, 41 % de salariés et 5 % de travailleurs indépendants. Elles se professionnalisent. Des indices tels que la progression de l’adhé-

sion aux réseaux et organisations professionnels ou la généralisation de l’application de conventions collectives le démontrent. L’enquête dévoile dans le même temps une organisation du travail fortement différenciée selon les domaines et fonctions culturels. Elle confirme aussi une précarité de l’emploi dans ce secteur : un tiers seulement de CDI. À l’heure où celui-ci subit durablement l’impact de la crise sanitaire, cette étude nous rappelle le rôle de bouclier protecteur joué par l’intermittence, qui est à consolider et défendre.

Redistribution inégalitaire des subventions C’est un modèle économique hybride qui se dégage, composé pour moitié de recettes d’activité, pour un tiers de subventions publiques et pour 17 % de dons, cotisations, mécénat, recettes diverses. L’origine des subventions publiques se répartit comme suit : 71 % des collectivités territoriales, 16 % du ministère de la Culture, 5 % d’autres ministères et 8 % de l’Europe et d’autres financements publics. L’enquête rend compte également d’une redistribution inégalitaire des subventions publiques, corrélée aux niveaux de budget, aux domaines et aux fonctions des associations. De même, la montée en puissance des logiques de financement au projet pèsent sur le fonctionnement de ces structures et la stabilité de leurs compétences professionnelles. Cécile Offroy, Luc de Larminat, Opale

En savoir plus s.42l.fr/OiD4d3rR

22 Associations mode d’emploi n° 230 - Juin-juillet 2021 •AME230.indb 22

10/06/2021 09:15


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