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Supplément au nº 253 d’AMC, sept. 2016

Hors-série réalisé avec l’aimable soutien de  :

Chartier Dalix

Portrait d’agence — Chartier Dalix

Depuis sa création en 2008 par Frédéric Chartier et Pascale Dalix, l’agence Chartier Dalix a livré une douzaine de bâtiments. Remarquée lors de plusieurs concours internationaux, elle a été récompensée par de nombreux prix, dont celui de la Première Œuvre du Moniteur en 2009 et le prix européen des jeunes architectes « 40 under 40 » en 2012. Le foyer de la porte des Lilas (Paris 20e) a été nominé pour le prix de l’Équerre d’argent et le Mies van der Rohe Award en 2014. Récemment lauréate du concours international « Réinventer Paris » sur le site de Ternes-Villiers, l’agence est en charge de projets publics importants, tels la gare de La Courneuve du Grand Paris Express et la transformation de la caserne Lourcine (Paris 13e), ainsi que de bâtiments privés, notamment plusieurs opérations tertiaires et deux hôtels. Trois chantiers sont actuellement en cours : une opération de bureaux dans la ZAC Paris-Batignolles, une plate-forme logistique (Paris 19e) et la restructuration du pôle design Renault à Guyancourt. La pluralité des programmes sur lesquels l’agence travaille en simultané et la diversité des réponses qui y sont apportées constituent un ensemble de réflexions qui reflètent l’évolution des conditions de vie contemporaines. Pour cette jeune équipe, l’architecture est envisagée comme un système construit combinant l’accueil du vivant et la poésie.

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Parcours

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Groupe scolaire, gymnase et centre de loisirs, Fresnes.

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Édito Ils sont passés notamment chez Perrault et Herzog & de Meuron sans s’y éterniser. Le temps d’emmagasiner un savoir-faire et une exigence qui, une fois leur agence créée, leur vaudra le prix de la Première Œuvre en 2009 pour un boulodrome à la façade diaphane, dans la périphérie de Meaux. Couple pressé, Frédéric Chartier et Pascale Dalix ne sont pas du genre à s’endormir sur des lauriers précoces. Avec l’assurance et l’absence de complexes de ceux qui ont laissé les vieilles doctrines au placard, ils cherchent toujours à dépasser les conditions triviales de la commande. Ils enchaînent les concours, les programmes, les maîtrises d’ouvrage avec un enthousiasme et une soif d’apprendre, d’expérimenter, de chercher – et de trouver – jamais rassasiée. C’est probablement cette curiosité attentive à capter les demandes non formulées, les besoins sous-jacents, les usages potentiels – ainsi que l’air du temps, condition nécessaire de la réussite – qui frappe le plus ceux qui les rencontrent. Dans cet (auto)portrait d’agence, ils ont pris la plume pour faire le point sur ce qui, depuis huit ans, fonde leur pratique. Avec le même entrain et la même efficacité dont ils font preuve pour la conception d’un bâtiment. Gilles Davoine Rédacteur en chef

Portrait d’agence AMC, supplément édité et diffusé par la revue AMC Le Moniteur architecture, septembre 2016.

Coordination  : Marie-Lou Lizé Président-directeur de la publication  : Christophe Czajka

Rédacteur en chef  : Gilles Davoine Directrice commerciale & marketing  : Laurence Delaval Directrice de publicité  : Stéphanie Nadreau

Société éditrice  : Groupe Moniteur SAS 10, place du Généralde-Gaulle, BP 20  156, 92  186 Antony Cedex. RCS Nanterre B 403080823

Portrait d’agence AMC

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Rédaction  : Chartier Dalix, Romane de Phodis Secrétariat de rédaction  : Raphaëlle Roux Direction artistique  : Building Paris Typographie  : Portrait Text Regular Papiers  : Freelife Vellum Extra White 260  g, Arcoprint Milk 100  g, Fedrigoni papers

Photogravure  : Printmodel, Paris Impression  : Imprimerie Corlet Photo de couverture  : Myr Muratet L’équipe Chartier Dalix  : Pascale Dalix, Frédéric Chartier, Sophie Deramond, Mathieu Terme, Sébastien Chevance,

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Mickaël Hassani, Tomoko Karakawa, Manon Dolbakian, Javier Lorenzo-Garvin, Nicolas Jentellet, Guillaume Ros, Romain Granoux, Christophe Duschesne, Nicolas Maes, Chloé Raillard, François Justet, Minhee Kang, Rim Alaoui, Roxane Monthiers,

Melaine David, Frédéric Danne, Filippo Pasini, Maïlys Bouché, Arnaud Thomas, Xin Luo, Aurélie Moreau, Florence Houis, Élodie Leneveu, Églantine Bui, Johann Evin et Émilie Méaud, pour qui nous aurons toujours une chaleureuse pensée.

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On comprend mieux la vision de l’architecture selon Chartier Dalix quand on a la possibilité de les rencontrer dans leur nid. C’est au fond d’une petite cour, dans un quartier tranquille du 11e arrondissement de Paris  : des enfants, un skate parc, une belle librairie pas loin, des passages pavés envahis de végétation, un resto à l’angle avec une vigne vendangée une fois l’an en grande pompe. On passe le porche… Le décor est planté  : on est accueilli par un jardin qui, même s’il est modeste, n’en procure pas moins la sensation qu’une certaine bienveillance s’affiche ici comme antérieure à toute réflexion. Le visiteur est choyé  : café, verre d’eau, on se soucie du confort minimum. En période d’été, les réunions se passent volontiers dehors  : on en ressort avec des feuilles dans les cheveux… Passé la double porte en métal, l’agence se déploie en partie sous une verrière autour d’une grande table au design discret. Là aussi, des plantes d’intérieur d’ordinaire peu enclines à la démesure ont envahi une partie des murs et, stoppées par le plafond, ont entamé une progression horizontale exubérante  : le visiteur songeur ne peut manquer de se poser la question de leur déménagement tant elles semblent avoir décidé de leur implantation définitive en épousant le moindre relief du local… Autour de la grande table centrale (on s’en sert pour les réunions et les déjeuners, qui se font la plupart du temps tous ensemble), les postes de travail groupés par quatre sont disposés de manière plus ou moins rayonnante jusqu’au fond du local, qui demeure libre de tout cloisonnement. Un coin kitchenette avec un petit meuble-bar en béton fait office d’espace de discussions autour d’un café. L’ambiance est studieuse mais pas silencieuse. On entend des conversations sur des sujets techniques, un groupe rit autour d’un ordinateur  : l’atmosphère est décontractée mais non relâchée. On sent qu’une charrette récente a eu lieu  : des reliefs de carton encombrent encore un coin, des images sont affichées, versions différentes d’un même projet agrémentées de grands traits de crayon gras correctif. Frédéric Chartier et Pascale Dalix sont présents, s’assoient près des chefs de projet, discutent et échangent sur les questions en cours, et n’ont pas l’air d’être beaucoup plus âgés que leurs plus jeunes salariés. Ils ont à peine passé le cap des quarante ans mais ont déjà à leur actif une quinzaine de bâtiments réalisés ou en chantier, dont certains très largement plébiscités. Ce sont des écoles, des bureaux, des logements, et bientôt la réhabilitation d’une caserne, une gare, un centre de design automobile, des entrepôts… Tout est digne d’intérêt et matière à réflexion. Le parcours de Frédéric est ponctué d’une collaboration chez Herzog & de Meuron, celui de Pascale d’un master en urbanisme. Après avoir vécu quelques temps à Bâle, ils choisissent de monter leur agence en 2008 et se retrouvent rapidement récompensés par le prix de la Première Œuvre. La suite s’enchaîne de manière assez fulgurante pour aboutir aujourd’hui à une équipe d’environ trente personnes, qui ne fait que croître depuis bientôt dix ans.

… et le regard tombe sur une grande jardinière dont les lignes s’infléchissent pour constituer d’un côté un banc, de l’autre un passage le long d’un mur recouvert de vigne. Ce bac géant rempli de bambous, d’une glycine, d’un camélia, d’un cytise, entre autres, est aussi dominé par un érable planté là il y a quelques années et qui se défend plutôt bien si l’on en juge par son faîtage, son feuillage abondant et l’ombre verte qu’il procure. Dans trois grands pots remplis de terre fraîche, des pousses de théier sont en cours de test hors sol, premiers essais avant celui grandeur nature qu’il est prévu de réaliser sur le toit de l’immeuble-pont à la porte des Ternes.

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Photos de la double-page © Chartier Dalix

Frédéric et Pascale nous présentent l’équipe  : Sophie Deramond, chef d’agence et amie de longue date, les a rejoints très tôt après avoir fini une thèse en littérature, suivie de près par Mathieu Terme, Mickaël Hassani, Sébastien Chevance, Florence Houis puis Tomoko Karakawa  : ce petit noyau a constitué rapidement le cœur de l’agence, autour duquel gravite désormais un deuxième cercle fixe d’une douzaine de jeunes gens d’horizons variés qui participent largement à l’atmosphère studieuse et décontractée. La simplicité des relations au sein de cette équipe frappe en effet d’emblée le visiteur  : on sent bien ici que les heures de travail sont longues et intenses, que des débats se jouent autour de choix architecturaux importants, mais que les rapports sont également sans manières et que l’amitié ou la franche camaraderie ne sont pas feintes. Les dossiers accumulés sur les murs, les tables, les tas d’échantillons et les monceaux de revues, la grande bibliothèque, les strates de maquettes  : il règne ici un désordre signifiant. Tout rappelle qu’on est en permanence dans un processus de réflexion qui se nourrit d’univers de toutes sortes, que les projets sédimentent entre eux à force de se croiser, et l’on en vient presque à regretter que le futur local où tout le monde devrait déménager d’ici quelques mois soit bien plus grand… Gageons que nos architectes sauront utiliser cet espace à bon escient et que la nouvelle agence révélera d’autres surprises  : on évoque des collaborations possibles, des échanges interdisciplinaires... Portrait d’agence AMC

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En attendant, la visite permet déjà de comprendre que si Chartier Dalix est une agence qui bénéficie d’une très bonne réputation auprès des jeunes diplômés et des étudiants en recherche d’expérience, c’est non seulement parce qu’on y pratique une architecture innovante et expressive, mais aussi parce qu’elle inscrit son travail dans une philosophie élargie de la qualité de vie. Romane de Phodis

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Depuis 2008, à travers un travail collectif de l’agence et grâce à de nombreuses collaborations, nous cherchons à insuffler une utilité et une expressivité singulière à chacun de nos projets. Récemment, un travail sur le rapprochement entre nature et architecture nous a permis d’envisager le bâtiment comme un écosystème qui accueille le vivant, mettant ainsi en valeur sa faculté à porter son propre paysage. C’est en considérant la lisière – cet entre-deux – comme le lieu d’un renouveau collectif que, malgré une pratique de plus en plus normée, nous cherchons à initier des parcours, à engendrer une certaine permissivité d’usage dans chacune de nos réalisations. C’est dans cet esprit que nous nous réapproprions les mots de Lina Bo Bardi pour qui «  l’Architecture se situe quelque part entre le service collectif et la poésie  ». ©    Takuji Shimmura

Écosystème L’univers du bâti s’est très souvent vu opposé à celui du végétal. Au cours des différentes périodes de densification des villes, la composition des espaces verts, leur symbolique, mais aussi leurs rôles ont largement évolué. Du tableau naturaliste au jardin romantique, la plupart des conceptions urbaines des espaces verts ont en commun la distinction claire de deux mondes  : la pierre d’un côté, le vivant de l’autre. Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes – ce chiffre pourrait atteindre les deux tiers d’ici 2050. La densification des zones urbaines et leurs extensions périphériques modifient fortement les paysages et les modes de vie. Les espaces végétalisés sont pensés comme des éléments incontournables de l’urbain, maintenant une présence forte de la nature dans un milieu construit par l’homme. Ils permettent ainsi aux villes denses de conserver une qualité de vie. Pensée comme un vaste milieu vivant, la ville contemporaine pourrait ainsi proposer une fusion de ses composants classiquement séparés que sont le végétal et le bâti. Les superpositions et l’interaction de ces deux éléments peuvent être génératrices de nouvelles intensités urbaines, où le construit est à la fois abri pour l’homme et support d’un monde vivant, dès la conception. Outre l’intérêt environnemental, ce rapprochement nous stimule en tant que système car il permet de créer des milieux favorisant les échanges sociaux autour de la nature et de la biodiversité. C’est aussi pour nous un nouvel outil de fabrication du projet qui fait évoluer la conception des éléments architecturaux fondateurs, tels que la toiture ou la façade qui, par leur fonction supplémentaire, deviennent générateurs d’une nouvelle expressivité.

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Plus que tout autre équipement, une école est l’occasion de repenser la synergie entre les notions de poésie, d’éducation et de nature en utilisant des modes plastiques et spatiaux qui favorisent l’interaction entre le milieu naturel et un programme destiné à l’enfance. Située dans une ZAC dense à Boulogne-Billancourt sur les anciens terrains Renault, l’école des Sciences et de la Biodiversité traduit ces enjeux très spécifiques. Tout d’abord, l’accent est mis sur la fluidité des liaisons à la fois entre pleins et vides et entre différents niveaux topographiques. Les cours de récréation croisées proposent des espaces extérieurs qui se répondent et permettent des points de vue variés. Le rythme et la qualité des vues, les communications entre espaces intérieurs et extérieurs constituent un environnement fertile pour les jeunes usagers  : l’école est à la fois maison, ville et paysage. Depuis la cour haute, un chemin souple et confortable permet de grimper jusqu’à la toiture végétalisée, conçue pour accueillir une réserve naturelle à 12 mètres du sol. Les accès y sont restreints afin de préserver un équilibre écologique nécessaire à l’évolution de la biodiversité. 6

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sur le devenir de ces lieux urbains délaissés. Ici, le mur se transforme en un support vivant qui accompagne le riverain tout au long de son cheminement vers le cœur d’îlot. Des escaliers donnent accès à des passerelles et terrasses plantées qui s’accrochent à ce mur pignon comme autant d’«  étagères  » végétales. Le jardin ainsi créé est un paysage suspendu et accessible à plusieurs étages au-dessus du sol. Le mur pignon est habillé par une structure qui accueille la biodiversité à travers une série de terrasses plantées et un réseau tridimensionnel, démultipliant les surfaces colonisables par le vivant. S’appuyant sur le principe des continuités écologiques à l’échelle territoriale, le projet est envisagé comme une expérimentation, qui pourrait se décliner en paradigme sur une multitude de sites. À l’image d’une fractale, sa mise en place implique une réflexion à différentes échelles  : celles de l’habitant, de l’îlot, de la ville… Pour appuyer une démarche prospective, nous avons proposé, lors de ce concours, la mise en place d’un nouvel outil réglementaire permettant à la Ville de mesurer la densité de biodiversité présente sur une parcelle. À l’image du coefficient d’occupation des sols (COS) aujourd’hui disparu, on établirait, par un calcul simple, un rapport entre la surface végétalisée et la surface de la parcelle. Le rapport serait de 1 lorsque la parcelle est totalement végétalisée (au sol) et diminuerait lorsque la surface bâtie augmente. En revanche, sur une parcelle densément construite, ce coefficient pourrait augmenter à nouveau, le calcul prenant en compte tous les types de surfaces «  végétalisables  » (murs, toitures, terrasses…). Ce dispositif permettrait d’intégrer les espaces délaissés à une réflexion globale d’innovation sur la végétalisation du bâti. Associé à un plan local d’urbanisme, le coefficient d’occupation de la biodiversité (ou COB) s’adapterait en fonction des quartiers carencés en espaces verts. Un rééquilibrage naturel pourrait alors se mettre en place, modifiant le paysage de la ville mais aussi notre regard sur cette nouvelle densité.

©    C hartier Dalix

Des blocs de béton préfabriqués forment une croûte épaisse et accidentée sur l’ensemble du bâtiment, qui augmente la probabilité d’un développement spontané. Les aspérités favorisent l’accroche de la végétation  ; des creux et des replis sont plus spécifiquement destinés aux animaux. À travers sa fonction de support, l’édifice offre une enveloppe évolutive et vivante, avec l’incertitude d’une nature qui ne s’installe pas forcément là où on l’attend… Le temps devient ici une composante à part entière de l’architecture, détaché des contraintes de calendrier et de livraisons. Dans ce projet, la biodiversité est traitée comme un programme en soi, au même titre que l’école. Tel un écosystème, l’équipement devient le milieu dans lequel fusionnent ces deux mondes. La volonté d’aboutir à un ensemble homogène a conduit à travailler la continuité entre le végétal et l’humain en créant un organisme expérimental qui évolue aussi en un outil pédagogique.

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Conçu à l’occasion de la consultation «  Réinventer Paris  », l’aménagement de la parcelle du 183, rue Ordener est un projet manifeste qui teste les limites de la proximité entre l’homme et la nature en milieu urbain. Alors que Paris possède un patrimoine écologique très riche, on constate une certaine irrégularité dans sa répartition géographique. Le 18e arrondissement fait partie des six arrondissements les moins végétalisés, les mêmes qui accueillent également la plus importante densité de population de la capitale. De plus, cet arrondissement présente un grand nombre d’espaces verts ne totalisant que 3  % de son territoire. Un effet de «  persillage  » caractérise ainsi ce quartier, dans lequel la végétation se retrouve morcelée, comme compressée par le bâti. Sur cette étroite parcelle, le projet prévoit la construction d’une vingtaine de logements et d’une crèche. Un mur pignon haut de 28 mètres borde le site. Son inconstructibilité constitue une forte contrainte dans l’aménagement. Pourtant cette surface est en réalité une opportunité, permettant une réflexion

COB = 0,  2 (Paris en 2016)

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COB = 0,  5 (Paris en 2025)

État habité courant

État habité de demain

COB = (surface végétalisée – surface construite) / surface parcelle = 0,2

COB = (surfaces, terrasses, voiries végétalisées – surfaces construites) / surface parcelle = 1

COB = 1 (Paris en 2050)

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©    Takuji Shimmura

©    C hartier Dalix

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L’immeuble de bureaux conçu dans le quartier des Batignolles, à Paris 17e, se base sur une réflexion topographique à l’échelle de la ville  : positionné à l’aplomb du vide créé par le faisceau des voies de la gare Saint-Lazare, il participe à l’effet de coupe géologique de cette partie de la ville. À cet endroit, Paris présente un paysage accidenté, un relief, des profondeurs et de vastes espaces vides. Cette géographie urbaine, sorte d’accident morphologique de l’anthropocène, inspire les variations volumétriques du bâtiment. Constitué d’un plan «  en ruban  », il offre aux rails, à la rue et au parc une façade ouverte en réponse à ce contexte de grand paysage. Ainsi, à la manière du ruban de Möbius, les espaces extérieurs et intérieurs s’entremêlent sur toutes les faces du bâtiment, offrant une fluidité d’usage et une continuité visuelle depuis les extérieurs, du rez-de-chaussée jusqu’à la toiture. ©    C amille Gharbi

À une autre échelle, toujours dans le cadre de la consultation «  Réinventer Paris  », le projet de couverture du périphérique accueillant un îlot mixte porte des Ternes est conçu comme un îlot dynamique qui invite à des modes de cohabitation inédits. Il est à la fois un sol nouvellement créé (franchissement du périphérique), une expérience botanique (agriculture urbaine) et un projet pédagogico-social (rapprochement de plusieurs populations autour d’activités). L’opération raccorde deux rives, Paris et Neuilly, en couvrant le périphérique avec un «  paysage-pont  ». Cet ouvrage, autonome dans sa structure, accueille des bâtiments de logements et de bureaux en structure légère, modifiables dans le temps. Un tel choix permet d’accompagner le renouvellement naturel de la ville selon l’évolution des besoins, des programmes, des usages. Les toitures plantées, reliées par trois passerelles, accueillent des potagers et un champ de thé qui donnera naissance au premier grand cru parisien transformé et vendu sur place. L’école horticole située au rez-de-chaussée propose des formations à tous les riverains, notamment aux habitants de l’îlot qui aménagent et entretiennent eux-mêmes leur terrasse plantée. Paysage habité À travers notre volonté d’imaginer la ville comme un vaste milieu vivant, nous concevons des projets qui cherchent une relation harmonieuse avec le contexte et le paysage urbain. Appréhender un projet d’architecture comme faisant partie d’un paysage, c’est se placer vis-à-vis d’un lieu, dans une perception beaucoup plus large, à l’opposé d’un bâtiment conçu comme un objet solitaire. Dans cette perspective, et surtout à partir d’une certaine échelle, un bâtiment peut s’envisager comme une géographie, c’est un paysage habité… Cette conception induit un point de vue et une position  : le bâtiment s’installe dans la ville comme une partie d’un tout. Il est pensé depuis le point de vue des usagers et des riverains dans une perspective à la fois proche et lointaine. Il fait partie d’un ensemble complexe qui intègre différents éléments du territoire  : son échelle, sa formation, son histoire. Il est partie intégrante d’une sédimentation en cours.

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Situés face à l’équipement culturel du Centquatre et enserrés entre le jardin d’Éole et les voies de la gare de l’Est, le pôle logistique de la société Tafanel est conçu comme un paysage artificiel composé d’une grande nappe plissée formant une succession de sheds aux directions changeantes. Côté rue, une façade frontale et linéaire sur 450 mètres de longueur se pose en vis-à-vis du bâti existant. Elle se compose de verre armé auquel se superpose une peau d’aluminium anodisé. Cette stratification, dont un mur aveugle préexistant, support d’art urbain,

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©    Takuji Shimmura

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constitue la première couche, devient un miroir changeant qui reflète la ville et les évolutions de la lumière. Côté voies SNCF, le rythme de la toiture est cadencé par les plis qui redescendent en façade, multipliant l’effet d’accélération  / décélération et offrant une vision cinétique aux voyageurs. Par sa présence géographique, le bâtiment-paysage est aussi celui qui propose une relation à son environnement de l’ordre du rayonnement  : il est généré par le contexte et influe réciproquement sur lui, dans un mouvement d’interaction. Le bâtiment-paysage porte son environnement immédiat et le transforme.

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Le collège de la Paix à Issy-les-Moulineaux est conçu dans une logique cherchant à donner une fonction d’usage à sa propre géographie. La cour de récréation est installée selon une diagonale programmatique reliant les espaces communs (restauration, préau, hall). Cette colonne vertébrale coupe le plan en anneau, faisant apparaître une série d’espaces extérieurs supplémentaires qui sont offerts aux collégiens. Une très grande fluidité des parcours s’instaure, permettant de cheminer librement de la cour de récréation jusque sur le toit, en passant par le CDI, le théâtre, la salle d’arts plastiques, etc. L’équipement devient un lieu d’expérimentation spatiale dans une topographie tantôt végétale, tantôt minérale.

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Surface d’échange

Le collège Moulins à Lille occupe une parcelle d’angle longeant le boulevard d’Alsace et la rue d’Arras, face au métro aérien. Cette situation appelle une réflexion sur la perception de l’équipement depuis les différentes échelles de l’espace urbain. Une première approche correspond à l’échelle du bâtiment perçu au loin – ses masses, ses toitures –, dans une vision plutôt furtive. Vue du métro aérien, ou des bâtiments alentour, la partie supérieure de l’ensemble est traitée comme un développement continu, jouant avec la topographie de ses masses. Les éléments du programme sont clairement identifiables  : le collège, la salle de sports, l’internat, la salle d’orchestre. Cette géographie est unifiée par une peau souple, en zinc prépatiné, qui épouse les formes de chaque volume tout en créant un signal urbain emblématique, pour l’équipement comme pour le quartier. Une deuxième approche, plus locale, est celle du rapport entre le quartier et l’équipement  : elle se réfère au point de vue du piéton, dont les regards se portent sur le rez-de-chaussée et sur les accès aux différents programmes. Ce premier niveau, poreux, est traité de la manière la plus transparente possible, offrant une profondeur de champ qui permet d’appréhender l’ensemble de la parcelle depuis la rue.

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À la manière de petites «  géographies  », certains édifices entretiennent avec le monde extérieur une relation très forte dont l’expression est révélée par leur matérialité. Leur enveloppe, envisagée comme une surface d’échange, confère au projet sa cohérence et son identité. La façade n’est alors plus considérée comme un tableau en deux dimensions mais comme une peau épousant les dynamiques et les complexités d’un bâtiment. Ces effets émanent de l’intérieur (les usages) comme du site (le rapport à un environnement), et le matériau mis en œuvre doit pouvoir témoigner de ces relations. Son utilisation sur l’ensemble des faces d’un édifice est une solution qui nous semble souvent pertinente car elle produit une homogénéité physique, presque charnelle avec la volumétrie. Le bâtiment s’adresse ainsi à l’ensemble de son environnement, toutes ses orientations étant considérées comme principales (il n’y a pas d’avant, pas d’arrière). Cette continuité géographique est fondatrice de l’identité du projet. Nous travaillons peu de matériaux différents sur chaque projet, car cela permet d’en accentuer les intensités. Qu’il s’agisse de brique, de béton, de métal ou de verre, chaque matière est considérée comme signifiante et ses propriétés sont explorées dans tout leur éventail d’expressions. La brique des Lilas est tectonique, elle raconte l’émergence d’un relief urbain en relation avec l’environnement du périphérique, de la proche banlieue, des HBM.

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Dans le groupe scolaire réalisé à Fresnes, l’ensemble des espaces extérieurs et des façades en rez-de-chaussée est enveloppé d’une paroi ajourée comme une dentelle animée de figures fugaces. Cette fine membrane de béton fibré délimite l’équipement et l’espace public, dans un rapport presque dématérialisé. Les vides et les pleins révèlent les cours, mais projettent également leurs ombres à travers les panneaux de verre de la salle de sports. Cette paroi est à la fois ce qui enclot et préserve, et ce qui rend possible l’interface entre intérieur et extérieur. Ni clôture ni façade, elle exprime la relation du bâtiment à son environnement, en proposant des porosités ludiques entre la rue et les espaces de récréation.

©    Takuji Shimmura

Le métal à Ivry est décliné sous toutes ses variantes, du brise-soleil vertical au métal déployé horizontal des auvents en passant par la mantille de la résidence étudiante. Le zinc choisi pour l’équipement de Moulins, à Lille, est utilisé pour sa polyvalence et sa texture  : couvrant murs, toitures et débords, il s’ajuste à tous les espaces et scande les volumes par des pliages qui soulignent les diagonales, reliant un programme à l’autre. Le rythme irrégulier des joints debout souligne, par un effet de contraste graphique, le velouté des reflets de zinc aux tons brun chaud, dont la teinte fait écho aux briques rouges du quartier lillois. Muni de cette peau sensible, le bâtiment s’organise sous la forme d’un ruban continu, disposé autour d’une cour centrale.

Lisières L’intensité d’appropriation d’un lieu repose sur sa qualité architecturale, mais aussi sur la diversité des échanges qui s’y déroulent, nourrissant des pratiques spatiales complexes et évolutives. Le programme qui définit les objectifs fonctionnels du maître d’ouvrage est pour nous le point de départ d’un processus d’amplification. Les projets qui accueillent une diversité programmatique au sein d’un même bâtiment facilitent la création de synergies inédites qui permettent d’inventer le récit de chaque lieu, d’imaginer le quotidien de chaque utilisateur, d’éveiller le désir de chaque habitant. À travers ce processus d’assimilation puis de restitution augmentée, nous cherchons ce qui est invisible, ce qui apparaît parfois sans jamais être nommé, et tentons de créer des situations architecturales et sociales plus riches.

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©    D avid Foessel

La surface d’échange prend une nouvelle ampleur quand son épaisseur augmente. L’«  écorce  » du projet de Boulogne, que forme le mur habité, est constituée de blocs de béton préfabriqués. Empilés en quinconce, ils fractionnent le mur en milliers d’arêtes, de brèches, de surplombs, d’anfractuosités… Cette disposition multiplie les orientations et les situations, favorisant la colonisation par les différentes espèces attendues sur le site. Les blocs ont deux textures différentes. La face visible est d’aspect lisse, poli, elle réfléchit la lumière. Les autres faces sont sablées et font apparaître les granulats irréguliers du béton, fabriquant ainsi une paroi de concrétions, rugueuse et accidentée. Démultipliant les surfaces d’échange avec le milieu extérieur, des cannelures en faces supérieure et latérales canalisent l’eau et offrent un terrain favorable au développement de la végétation, tout en évitant au maximum le ruissellement sur la face visible. ©    D avid Foessel

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L’opération livrée en 2015 porte des Lilas, à Paris 20e accueille un foyer de travailleurs migrants et un foyer de jeunes travailleurs. Ces différentes fonctionnalités, présentées bien distinctement, n’ont a priori pas vocation à s’assembler. Pourtant, chacun des deux foyers contient des espaces communs  : médiathèque, salle de sports, cuisine collective… Notre volonté de repenser le lien entre le lieu et les habitants nous a conduits à regrouper tous les espaces communs sur un seul niveau, en belvédère sur la porte des Lilas. Ce troisième étage constitue une plate-forme de connexion qui met à disposition des services et des espaces communs. Cette mutualisation croise les utilisations et favorise les rencontres  ; elle permet l’émergence d’un espace social, d’un lieu public au sein même du bâtiment. Les habitants deviennent citoyens d’un petit monde irrigué par le flux des circulations verticales,

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©    D avid Foessel

parmi lesquelles les escaliers (largement dimensionnés et éclairés naturellement) remplissent une fonction sociale importante. Nous avons donc cherché à favoriser les interactions entre une prescription institutionnelle et une utilisation alternative du lieu. Ici, le troisième étage est un «  entre-deux  » qui se situe entre l’espace privatif (la chambre) et l’espace public (la rue). Il relève à la fois du collectif et du particulier. Cet espace nous intéresse particulièrement car il constitue une zone d’interface entre plusieurs programmes, à la manière d’un écotone écologique. Dans cette zone de transition se mélangent et s’équilibrent les caractéristiques de deux milieux à la fois unis et séparés, donnant souvent naissance à de nouvelles richesses. Trouver l’écotone de chaque projet, c’est situer l’espace à la fois physique, psychique et institutionnel qui accueille et favorise la diversité, sorte de lisière permettant l’échange et restituant aux habitants une liberté d’usage de leur bâtiment.

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©    L uc Boegly

©    Takuji Shimmura

Cette zone d’interface est présente à différentes échelles architecturales, mais aussi à différents degrés d’intimité, allant du collectif au domestique. La réalisation de cinquante-cinq appartements en accession sociale à Arcueil propose de pallier les contraintes très normées du logement social en offrant un espace en plus. Une loggia d’angle se trouve à l’intersection de la cuisine et du séjour. Ouverte, elle définit un entre-deux, amplifiant la surface totale des pièces de vie. Cet espace à la fois intérieur et extérieur établit également un rapport plus intime entre l’habitant et son quartier.

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Le projet de l’école Rosalind-Franklin à Ivry-sur-Seine est conçu comme un système qui interagit avec ses utilisateurs grâce à l’émergence d’un programme «  en plus  ». L’équipement, qui ne compte que trois niveaux, s’étend très horizontalement sur son terrain d’assiette. La quantité de programmes implantés au rez-de-chaussée en fait un bâtiment très consommateur d’espace au sol, générant de grandes surfaces de toiture dépourvues de fonction à l’origine. Nous avons choisi de valoriser dans son intégralité cette étendue orpheline. Les volumes de l’école s’organisent en différentes strates qui se suivent ou se superposent comme un paysage de rizières. Reliés entre eux par un système de câbles pour la végétation grimpante et recouverts de 35 centimètres de terre, les 2 500 mètres carrés de toiture se transforment en un paysage de plateaux. Cet espace est à la disposition des élèves et des expérimentations pédagogiques  : il est accessible, protégé. Il résulte d’une interprétation prospective du programme de l’école et de ses contingences de site, et devient partie intégrante du projet. Grâce à cette démarche, nous souhaitons créer des permissivités qui redonnent de la souplesse dans l’utilisation des bâtiments et stimulent leur appropriation par les utilisateurs. Ainsi, nous tentons d’offrir une autonomie d’usage autorisant chacun à retrouver une liberté dans ses propres parcours. Mettre en œuvre un lieu évolutif et adaptable est porteur d’une urbanité à l’intérieur même de l’édifice, et offre un potentiel en termes de lien social  : c’est le point d’entrée des possibles. Portrait d’agence AMC

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Dans un foyer d’accueil pour personnes handicapées, nous nous sommes particulièrement intéressés aux circulations, espace fondamental pour ces habitants dont le moindre déplacement peut constituer une activité journalière. Afin d’éviter le traditionnel couloir sombre desservant des chambres de part et d’autre, le plan propose un parcours à travers le bâtiment. Si les chambres s’ouvrent sur un parc dans un rapport radial très individuel au paysage, les circulations communes, largement éclairées, sont organisées autour d’un patio. Elles définissent ainsi un espace extérieur en plus, lieu de socialisation au cœur du projet, partagé par tous. Ces circulations, comme des lisières, relient ainsi les mondes extérieur et intérieur par des connexions visuelles et physiques, se dilatant par endroits pour former des espaces de vie traversants entre patio et parc.

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©    C hartier Dalix

Projets présentés 01. Groupe scolaire de 18 classes, gymnase type C, homologué type régional, et centre de loisirs, ZAC Seguin, BoulogneBillancourt. 6 766 m² de surface globale. Certification HQE sur le groupe scolaire avec 8 cibles TP et 2 cibles P, démarche HQE pour le gymnase. Maîtrise d’ouvrage  : SAEM Val de Seine. Livré en juillet 2014. Chefs de projet  : Mickaël Hassani (concours), Sophie Deramond (développement  /  chantier). 02. «  Réinventer Paris  », passage Ordener, Paris 18e. 2 307 m² de surface globale. 23 logements sociaux, une crèche de 40 berceaux. Maîtrise d’ouvrage  : RIVP. Appel à projets 2015. Chef de projet  : Sophie Deramond.

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Le bâtiment d’enseignements mutualisés à Saclay (BEM) vise à rassembler plusieurs écoles scientifiques (Polytechnique, AgroParisTech, les Mines…) au sein d’un même équipement. Il est l’occasion de repenser l’espace comme un générateur de lien, renforçant la collaboration entre les différentes disciplines. Le bâtiment accueille des salles de classe traditionnelles du côté de l’école existante, prolongées par des espaces ouverts lorsqu’on se rapproche de la façade donnant sur le parc. Passant du formel à l’informel, les circulations se dilatent, créant des lieux d’échange librement aménageables. Telles les alvéoles d’une ruche, de larges trémies en quinconce engendrent des vues sur les niveaux inférieurs et supérieurs, offrant une lisibilité totale du volume intérieur. Ce système tridimensionnel permet de varier les possibilités d’occupation en créant de nouveaux espaces pédagogiques. Un jeu d’escaliers jumeaux offre à l’intérieur une multitude de situations (gradins, petits amphithéâtres…) et, à l’extérieur, une série de belvédères sur le parc, intensifiant la relation avec l’environnement. Ces escaliers cheminent verticalement sur toute la façade, matérialisant l’ascension libre du parc jusqu’à la toiture aménagée. La façade devient support de mobilité.

03. La ville multi-strate, bureaux, logements en accession, logements sociaux, jardins de thé, école d’horticulture, comptoir de thé, commerces, Ternes-Villiers, Paris 17e. 20 000 m² de surface globale dont 11 000 m² de bureaux, 4 200 m² de logements en accession, 1 800 m² de logements sociaux, 13 300 m² de jardin de thé. Architecte mandataire  : Jacques Ferrier. Maîtrise d’ouvrage  : BNP Paribas Real Estate, NBIM Investisseur. Lauréats janvier 2016. Chef de projet  : Mickaël Hassani. 04. Ensemble de bureaux et commerces, ZAC Clichy-Batignolles, Paris 17e. 23 050 m² de bureaux, 1 150 m² de commerces. Certification HQE, RT 2012 –10  % BREEAM, Plan Climat Paris. Architecte associé  : Brenac & Gonzales. Maîtrise d’ouvrage  : Emerige Promoteur, BNP Paribas, Cardif Investisseur. Livraison en mai 2017. Chef de projet  : Tomoko Karakawa. 05. Pôle logistique et bureaux Tafanel, Paris 19e. 4 925 m² d’entrepôts et ateliers, 1 130 m² de bureaux, 610 m² de vestiaires. Maîtrise d’ouvrage  : entreprise Tafanel. Livraison en octobre 2016. Chef de projet  : Mickaël Hassani.

L’élaboration d’un projet, quelle que soit son échelle, est pour nous souvent envisagée comme une combinaison de systèmes qui reflète l’évolution des conditions de vie contemporaines telles que nous les comprenons. Par là même, nous essayons de répondre aux besoins affirmés, mais aussi aux nécessités silencieuses. En travaillant la relation entre l’utilisateur et son espace, notamment par la mise en place d’une diversité de parcours, nous souhaitons rendre une certaine liberté d’usage aux bâtiments que nous concevons. Cette démarche ouvre souvent la possibilité de revisiter, de décloisonner certains éléments fondamentaux de l’architecture qui peuvent se voir attribuer d’autres fonctions. Quand le toit de l’école de Boulogne devient une forêt ou que la façade du bâtiment d’enseignement mutualisé de Saclay accueille un parcours vertical, leur géométrie traduit cette nouvelle fonction, qui présage tout un champ d’évolution de la physionomie des bâtiments. Chartier Dalix

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06. Collège de 500 élèves, internat de 100 lits, complexe handisport avec salle de type C et pôle culturel, Lille. 13 853 m² de surface globale. Certifié par Certivea, 3 cibles TP et 6 cibles P. Complexe sportif  : démarche HQE. Architecte associé  : Avant Propos. Maîtrise d’ouvrage  : CG du Nord, Ville de Lille. Livré en septembre 2015. Chef de projet  : Sébastien Chevance.

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07. Collège, espaces sportifs de plein air et logements de fonction, Issy-lesMoulineaux. 6 408 m² de surface globale. Démarche HQE, RT 2012. Maîtrise d’ouvrage  : Département des Hautsde-Seine. Concours 2015. Chef de projet  : Sébastien Chevance. 08. Groupe scolaire de 20 classes, gymnase, centre de loisirs, ZAC de la Cerisaie, Fresnes. 4 274 m² de surface globale. Designer cotraitant  : Studio Joran Briand. Démarche HQE, réf BBC, 5 cibles TP, 4 cibles P. Maîtrise d’ouvrage  : SEMAF, Ville de Fresnes. Livré en août 2013. Chefs de projet  : Sophie Deramond (concours), Sébastien Chevance (développement  /  chantier). 09. Foyer de jeunes travailleurs et de migrants de 230 studios, équipements communs, crèche de 66 berceaux, Paris 20e. 9 300 m² de surface globale. Architecte associé  : Avenier Cornejo. Maîtrise d’ouvrage  : RIVP. Livré en octobre 2013. Chef de projet  : Mathieu Terme. 10. Groupe scolaire de 18 classes, gymnase, centre de loisirs, résidence de 131 logements pour chercheurs et étudiants, Ivry-sur-Seine. 8 650 m² de surface globale. Démarche environnementale et RT 2012. Maîtrise d’ouvrage  : SADEV 94 et Ville d’Ivry-sur-Seine. Livré en juillet 2015. Chef de projet  : Mickaël Hassani. 11. 53 logements en accession sociale, commerces, parking, Arcueil. 3 900 m² de surface globale dont 300  m² de commerces, 75 places de parking. Certification H&E, label BBC (qualitel)  : 50 kWh  /  m²/  an en énergie primaire. Maîtrise d’ouvrage  : Groupe Valophis, Expansiel Promotion. Livré en août 2013. Chef de projet  : Mickaël Hassani. 12. Foyer d’accueil médicalisé de 36 lits, Harbonnières. 2 820 m² de surface globale. Démarche environnementale volontaire. Maîtrise d’ouvrage  : Société immobilière Picarde. Livré en avril 2012. Chef de projet  : Sophie Deramond. 13. Bâtiment d’enseignements mutualisés, amphithéâtre, espaces de travail collaboratifs, restauration, salles de réunions, d’enseignement, de conférences, d’informatique et de réceptions, Paris-Saclay, Palaiseau. 9 000 m² de surface globale. Certification HQE. Architecte associé  : BVAU. Maîtrise d’ouvrage  : EPAURIF. Concours 2015. Chef de projet  : Mickaël Hassani.

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Logements en accession sociale, Arcueil.

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Logements en accession sociale, Arcueil. Champ  /  contrechamp sur les loggias, disposées aléatoirement dans le bâtiment, qui constituent un espace appropriable par chaque habitant et font varier la physionomie de la façade.

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Foyer d’accueil médicalisé, Harbonnières. Champ  /  contrechamp  : vues depuis le clocher et depuis le parc.

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©    Myr Muratet

École des Sciences et de la Biodiversité et gymnase, Boulogne-Billancourt. Doubles pages précédentes  : un sentier relie les cours de récréation à la toiture plantée. Détail d’un bloc de béton aux cannelures colonisées par la faune et la flore. L’îlot forestier se développe sur toute la toiture, à 12 mètres du sol.

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École des Sciences et de la Biodiversité et gymnase, Boulogne-Billancourt.

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La densité du macro-lot fait ressortir l’école comme un élément urbain hybride support de son propre paysage.

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©    Myr Muratet

École des Sciences et de la Biodiversité et gymnase, Boulogne-Billancourt. L’imbrication des blocs en quinconce multiplie les potentialités d’accueil des différentes espèces. Le toit de l’école accueille des ateliers pédagogiques tout au long de l’année.

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Entretien avec Aurélien Huguet, écologue La rencontre avec Aurélien s’est faite à l’occasion du projet de groupe scolaire à Boulogne. À l’époque, Biodiversita, le bureau d’études en écologie appliquée qu’il a fondé avec Florent Yvert, établit le programme d’une toiture plantée et d’un mur habité. À partir de ces prescriptions, nous avons développé le mur de blocs béton et sa géométrie très particulière. Au travers de nombreux échanges, nous avons affiné ensemble les conditions d’accueil pour la faune et la flore sur la toiture et sur le mur habité.

©    Myr Muratet

Extrait de l’inventaire floristique mené par Audrey Muratet en juin 2016.

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Verbascum nigrum

Verbascum densiflorum

Picris hieracioides

Lysimachia vulgaris

Erigeron bonarien

Daucus carota

Rumex obtusifolius

Hedera helix

Fallopia aubertii

Parthenocissus inserta

Malva moschata

Vicia cracca

Epilobium hirsutum

Origanum vulgare

Medicago sativa

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©    G uillaume Guerin

CD Dans les réflexions que l’on mène à l’agence, sur la peau des bâtiments et leur fonctionnement, on aime bien le terme «  surface d’échange  ». Le mur de Boulogne est conçu comme une surface d’échange, entre le haut et le bas, et dans sa profondeur, dans sa participation à la fabrication d’un milieu… AH Oui, on pourrait comparer ça aux micro-villosités dans l’intestin  : on augmente considérablement les surfaces d’échange possibles. Si on parle de milieu, ce qui fonctionne bien avec votre mur de blocs, c’est qu’il permet  : de multiplier les conditions géométriques (chaos, corniches, accidents) et les possibilités de colonisation (grâce au développement des blocs sur la totalité de la façade qui permet à la surface utile de s’accumuler), de varier les expositions des blocs – et donc des nichoirs – sur une même façade, de proposer des surfaces rugueuses pour accrocher la matière qui viendrait du toit, d’envisager une mise en réseau de ces surfaces pour le chemin de l’eau (les rainurages ou cannelures), de fabriquer un gradient de profondeur, des milieux tampons (grâce aux zones superposées et enfouies) pour élargir encore le champ des possibles. On réunit les conditions de colonisation d’une végétation typique des vieux murs. Pour qu’elle s’installe, il va falloir attendre que des micro-sols se forment (cela peut prendre cinq, dix, vingt ans). La constitution de micro-sols typiques de la végétalisation des vieux murs vient avec le temps. Il s’agit d’une accumulation de terre, de poussières, de micro-particules apportées par le vent, par les oiseaux  ; c’est cette «  matrice  » de base qui permet la colonisation. Ce qui va s’installer à terme sera un milieu vivant spécifiquement adapté à ces conditions extrêmes. CD En travaillant ensemble, on a réfléchi sur la profondeur et la superposition des éléments pour favoriser une biodiversité cryptique. AH Cryptique, ça veut dire qui n’est pas visible, qui est caché, c’est tout ce qu’on ne voit pas à l’œil nu mais qui va rendre possible la suite. Le fait d’avoir travaillé en épaisseur et pas uniquement en surface permettra le développement de micro-milieux différents de ceux de la surface de la paroi. Différents d’une part au niveau des épaisseurs de ces micro-sols qui s’accumulent dans le temps (il y a beaucoup plus de types de sols possibles entre les blocs que dans les anfractuosités à l’air libre, avec potentiellement des espèces différentes qui peuvent s’y installer), et d’autre part parce que cela fabrique des milieux tampons moins sujets au stress et aux conditions atmosphériques. Le fait qu’ils soient plus profonds crée des conditions plus stables que dans les milieux en superficie, un peu comme on différencie des sols profonds et des sols superficiels, mais à une échelle beaucoup plus fine, celle du micro-sol et du micro-milieu. C’est sûrement dans ces milieux-là qu’on aura les premières colonisations spontanées importantes.

bloc par bloc pour envisager toutes les situations possibles, on a multiplié les propositions d’orientation, d’exposition, varié les altimétries selon les espèces, mais aussi défini les positions et volumes de loges ainsi que la taille et la disposition des sorties en fonction des espèces cibles. Cette mésange charbonnière occupe un nichoir qui lui était destiné. Ce système permet aussi d’offrir des surplombs et des corniches qui sont parfaits pour les hirondelles. On pourra peut-être observer des pipistrelles ou des oreillards qui chassent dans le parc du Trapèze ou le long de la Seine, et qui passent par ici… Au départ, ce que j’avais demandé c’était que soient prévues des fissures, des entailles dans le matériau de façade, et vous avez proposé un système qui introduisait la notion d’interstice dans sa composition et sa construction même, l’assemblage de blocs permettait de généraliser le principe de fissure et surtout de les prévoir bien plus nombreuses, diversement orientées.

CD Aujourd’hui, on s’aperçoit que le pari qu’on a fait sur le mur habité est sur le point d’être gagné au niveau de l’occupation de la faune  : on a observé ensemble l’autre jour une mésange sortir d’un bloc sur la façade sud au-dessus de l’entrée du gymnase…

CD Tu évoques le travail bloc par bloc que l’on a fait mais au final, on a quand même travaillé avec un préfabricateur qui a réussi à intégrer la réalisation des blocs dans un schéma et un rythme de fabrication industriels…

AH C’est un bon signe  ! Elle va montrer la voie aux autres  ! Quand on a réfléchi à l’implantation des nichoirs, on a travaillé Portrait d’agence AMC

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©    D R

caractéristique de nos régions. L’ourlet forestier, c’est le passage entre la forêt et la prairie. Il se compose souvent des fruticées de recolonisation forestière. Un des enjeux était de proposer des lisières, ces fameux écotones, c’est-à-dire les endroits de transition entre différents milieux, qui sont bien souvent les plus riches, là où vont se passer la plupart des échanges… C’est ça que l’on a reproduit sur le toit  : une lisière entre un espace prairial et un espace boisé. C’est l’association de ces trois strates qui crée la lisière, ce mouvement ascendant de la végétation rase vers la végétation boisée avec un gradient. CD À la livraison du bâtiment, on a tous été assez surpris par la densité autour. Est-ce que cela peut être un problème pour la colonisation  ? Est-ce que c’est compatible selon toi d’avoir un milieu «  sauvage  » avec des immeubles tout autour à une distance de 6 mètres  ? AH Le positionnement sur le bâtiment s’est fait à la main, mais vous avez réussi à faire en sorte que cela soit réalisable en termes de coûts et de temps de chantier. C’est d’autant plus intéressant que cela devient une réponse possible. On va voir comment cela évolue dans le temps mais si ça marche, cela devient un modèle exportable. CD Est-ce que tu penses que pour ce type d’expérimentation, ce type de paroi à coloniser, le béton est un matériau qui a du sens  ? AH Je pense que c’est bien pour tout ce qui est interstices, pour tout ce qui est flore, à terme, pour le vieux mur. Le béton a cette faculté de vieillir tout en restant stable dans ses propriétés. Il s’érode juste en surface, comme la pierre, ce qui permet, après une longue maturation, d’accueillir la végétation… Qu’elles soient animales ou végétales, on a visé des espèces adaptées aux parois, qui vont s’installer dans des anfractuosités rocheuses. CD Le processus de colonisation commence par des algues, des mousses, des traînées vertes… On en est à un stade où les blocs verdissent, se salissent, notamment au nord et à l’ouest. Pour le public, ce qui est problématique, c’est d’accepter qu’un bâtiment vieillisse, se micro-dégrade, qu’il apparaisse sale, non entretenu… AH C’est très bien, c’est l’état premier  ! Il faut accompagner le public en expliquant que ce n’est pas une dégradation mais une maturation. C’est la peau du bâtiment qui va mûrir, arriver à maturité par cette transformation qui s’accompagne d’une colonisation par le vivant.

AH C’est possible de voir un milieu se développer dans cette densité… Ce qui peut faciliter les choses, dans ce genre de situation, c’est d’avoir un maximum de milieux en réseau. Quand on parle de continuité écologique, on parle de deux types de continuité. Il y a la continuité physique, qui est quasiment impossible à maintenir dans une ville dense. C’est celle qu’on essaie de préserver dans le périurbain par le biais des trames vertes et bleues, par la sanctuarisation de certaines parcelles stratégiques qui contribuent à préserver une continuité dans le tissu, par la création des passages à faune, des ponts verts au-dessus des autoroutes… Mais dans notre cas, on parle de «  pas japonais  » entre les milieux de la Seine, le parc du Trapèze, et plus loin Clamart, Meudon, Viroflay… L’idée, c’est d’avoir une halte possible à cet endroit-là. C’est une oasis dans un désert. On a un site qui est urbain,

CD Si le mur nécessite du temps, la toiture, elle, est devenue en très peu de temps le boisement que l’on avait espéré. Avec plus d’1 mètre de terre, on a aujourd’hui une véritable forêt en hauteur… Les épaisseurs moindres sur l’ourlet et la prairie (50 centimètres) permettent de maintenir l’équilibre souhaité, la stratification. Il semble qu’une telle composition hors sol n’ait pas vraiment d’équivalent dans les constructions existantes. AH Cette composition-là, on ne l’a jusqu’ici testée qu’en pleine terre. Mais c’est une composition tout à fait Chartier Dalix

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qui est quasiment stérile, et d’un seul coup il y a un endroit qui, à terme, devient accueillant. Évidemment, c’est moins facile de le coloniser mais une fois qu’il l’est, c’est d’autant plus précieux.

Dans tous les cas, la tolérance des usagers est une question importante à se poser à chaque fois qu’on parle de biodiversité  : jusqu’où sommes-nous capables d’accepter ce côtoiement  ? Il y a là aussi une question de culture et d’éducation.

CD Pour toi, la densité urbaine n’est donc pas un obstacle à la présence de biodiversité  ?

CD Aujourd’hui, la tendance est à la végétalisation de l’architecture et de la ville. La nature colonise les toits, les façades… Tous les appels à projet évoquent l’implantation de la biodiversité. Qu’est-ce qui est à l’œuvre derrière toutes ces convergences d’intérêts vers la biodiversité en ville  ?

AH Entendons-nous bien  : cela dépend des espèces. Pour les espèces à déplacement terrestre, c’est un obstacle. Pour tout ce qui vole, cela n’empêchera pas la colonisation. La question va se poser plutôt sur la hauteur que l’on rend accessible. On sait que toutes les espèces près du sol (coléoptères, papillons…) peuvent coloniser plus ou moins directement jusqu’au quatrième niveau. Après, plus on monte, plus c’est compliqué. Un bourdon ne peut pas aller butiner sur le toit d’une tour… À Boulogne, le bâtiment est une colline  ; il y a une communication possible entre les niveaux grâce à ces rampes que vous avez imaginées, qui viennent chercher les parties basses, et aussi grâce au mur. Si l’on arrive à rétablir une connexion, à créer un chemin vert, une continuité entre le sol et la hauteur, alors on peut envisager beaucoup de choses. Ce n’est pas tant la densité que l’altimétrie et les solutions de continuité qui sont les vraies questions à se poser quand on cherche à recréer un milieu colonisable.

AH Au fond, l’intérêt de la biodiversité en ville se joue sur deux plans  : l’un pour la biodiversité, l’autre pour le citadin. La nature ordinaire disparaît dans la ville aujourd’hui alors qu’elle était présente dans la ville d’hier. Il y avait des friches et des petites parcelles agricoles partout autour de Paris il y a quelques décennies. Aujourd’hui, nous sommes séparés des premiers «  petits coins de nature  » par les zones industrielles, les échangeurs routiers, les plaines agricoles stériles… Or, nous avons tous envie de pouvoir observer un oiseau, de le montrer à nos enfants autrement qu’à la télé et de se l’approprier  : «  c’est mon papillon  », «  c’est mon rouge-gorge  » (celui que je vois tous les jours)… Le fait de pouvoir observer la nature depuis chez soi et dans les lieux familiers génère aussi des vocations : à terme, on aime et on protège ce qu’on connaît. Pour un petit citadin, c’est l’occasion de voir le vivant évoluer, les saisons se succéder.

CD La disparition des espèces est corrélée depuis trente ou quarante ans avec un mode de construction qui est hostile à l’implantation de la biodiversité. Quelles seraient selon toi les données à respecter pour retrouver des conditions d’accueil favorables?

CD

AH Le fait de travailler en ville permet de ne plus considérer le milieu urbain comme un milieu stérile mais de faire en sorte de recréer des trames, des continuités. Il y a souvent plus d’espèces indigènes en ville que dans une grande plaine d’agriculture intensive sans haie  : il existe des déserts biologiques végétaux. À l’inverse, on a plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux dans Paris intra-muros parce qu’il y a des vieux parcs, le Père-Lachaise, les Buttes-Chaumont, toute une biodiversité «  urbaine  » qui est présente aussi sur les bâtiments… Des études suisses ont permis d’inventorier trois cents espèces de coléoptères sur les toits végétalisés des immeubles. C’est là qu’on construit et c’est là qu’on vit, c’est là que se font les projets, donc prenons les moyens là où ils sont, et participons au maintien de la nature ordinaire avant qu’elle ne disparaisse. En une quarantaine d’années, j’ai pu assister à une dégradation, un appauvrissement et une banalisation de la biodiversité commune. Cela est dû autant aux politiques publiques d’aménagement qu’aux comportements individuels. Par manque de culture, par manque d’intérêt… Aujourd’hui le regard a changé, on est passé de l’époque où l’on cherchait à se protéger de la nature à celle où l’on veut protéger la nature. Et il y a de nombreuses choses à faire  : la question des échelles de temps et de résilience n’est pas celle de problèmes globaux comme le réchauffement climatique. Les petits gestes de chacun peuvent se traduire très rapidement par des résultats concrets… Dès le printemps prochain, les enfants de Boulogne verront des mésanges charbonnières nicher dans les murs de leur école.

©    Myr Muratet

AH Sachant que chaque projet nécessite une réflexion liée à son contexte, sa morphologie et son programme, les quelques données qu’on peut réunir sont celles-ci  : tenir compte de la hauteur, choisir des espèces indigènes (pour favoriser la survivance de la nature ordinaire par rapport aux espèces exotiques), travailler la composition des sols (pas de terre végétale en vrac), définir un mode de gestion et associer les gestionnaires dès la conception, réfléchir à la peau du bâtiment afin d’obtenir des épaisseurs, des accidents, et en privilégiant des matériaux «  accueillants  ». Avec du bois on peut travailler sur des nichoirs, avec le béton on peut envisager une végétalisation. En revanche, le métal et le verre offrent beaucoup moins de possibilités de colonisation.

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Ça c’est pour le citadin… Et pour la biodiversité?

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École Rosalind-Franklin, gymnase et résidence étudiante, Ivry-sur-Seine. Double page précédente  : une prairie mésophile en toiture prolonge la façade vitrée des classes. Tous les logements possèdent un espace extérieur privatif. Une résille métallique perforée et coulissante donne de l’intimité au lieu et transforme la peau en dentelle.

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École Rosalind-Franklin, gymnase et résidence étudiante, Ivry-sur-Seine. Les auvents en métal déployé sont le support de plantes grimpantes qui joueront à terme le rôle d’occultant solaire. Les différentes activités qu’accueille la serre (pépinière, heure du conte…) redonnent une souplesse dans l’utilisation de l’équipement.

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Collège Moulins, complexe handisport, salle d’orchestre et internat, Lille. Le collège crée des cadrages sur le quartier existant, faisant dialoguer deux histoires urbaines  : la brique du xixe siècle et le zinc prépatiné rouge. Les ouvertures dans la salle de spectacle et la salle de sports sont ménagées par les plis de la toiture.

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©    Myr Muratet

Périphérique intérieur par Aurélien Bellanger, écrivain

L’anomalie s’est produite au début de l’été 2016. J’étais allé courir, ce jour là, dans la direction des Mercuriales, les Twin Towers de l’Est parisien, qui sont exactement dans l’axe de ma rue. Je les ai perdues assez vite, les grandes perspectives étant intenables à Paris. Plus j’avançais vers l’est, plus les obstacles se multipliaient même devant moi  : le canal Saint-Martin, l’hôpital Saint-Louis, la montée de Belleville et la place des Fêtes, rassurante comme une vue axonométrique d’une utopie corbuséenne, mais un peu excentrée par rapport à l’axe que j’essayais de définir. J’étais, en pivotant d’un quart de tour et en exagérant un peu – mais souffrant moi aussi de la chaleur et des premiers symptômes d’un épuisement possible – dans la situation d’un géomètre à la recherche du méridien de Paris dans la jungle africaine. J’ai fini par retrouver les deux tours, qui sont apparues soudain en face de moi derrière le filet métallique d’un terrain de sports, au-dessus d’une pelouse recouverte d’un nombre anormal de pâquerettes. J’ai continué à avancer vers elles. Les immeubles avaient rétréci et je descendais peu à peu dans un paysage que je ne connaissais pas, comme si j’avais atteint déjà l’autre versant de la colline qui domine l’est de Paris. Les constructions s’accordaient mal entre elles, tout était un peu disparate  ; le ciel pendait, au-dessus des parcelles vides et des friches industrielles, beaucoup plus bas qu’à Paris. Chartier Dalix

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J’étais passé en banlieue sans m’en apercevoir. C’était la première fois que je franchissais le périphérique de façon inconsciente. Cela avait dû être au moment où j’avais traversé le parc. Le périphérique, comme rite de passage et comme emblème de la ville moderne, était ici désactivé. Je l’avais franchi des dizaines et des dizaines de fois, avec des succès inégaux, par la route, par des passerelles piétonnes, par les souterrains de la porte Maillot, entre les pavillons du parc des expositions de la porte de Versailles ou par les sentes que creuse, sur le talus qui le borde, le peuple de chasseurs-cueilleurs qui vit dans la proximité immédiate du monstre rugissant  ; j’avais un peu couru sur ces chemins minés par les enjoliveurs craquants et les bouteilles vides, dans cette frange dégradée du monde industriel livrée aux grivèleries de ce peuple fantôme, mais même là, dans la ville réduite à une jungle compacte, presque entièrement dissoute, comme une canette rouillée, et ramenée à la forme coupante d’une hyperbole aux limites inconnues, j’avais toujours fini par déboucher devant l’obstacle inépuisable, et je n’avais jamais manqué de le saluer, comme on peut se signer à l’entrée d’une église, ou invoquer, face à la mer ou à l’orée d’une forêt, la protection d’une ancienne légende. Faire disparaître le périphérique  : la chose a tenu longtemps du Graal urbanistique, comme si le périphérique ne pouvait 42

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une frustrante asymptote, plongeait sans fin jusque dans le cœur de la métropole – Paris épandu partout alentour comme une substance liquide, fluorescente et ubiquiste, qui remontait des murs antibruit du périphérique jusqu’aux grands panneaux bleus de ses portes mobiles. C’est peut-être ici, moins sur les bords de la ville, depuis longtemps dissous dans le grésillement végétal du monde pavillonnaire, que sur ces crêtes, bruyantes et dangereuses, que se joue l’architecture du xxi  e siècle. La ville est devenue son propre terrain vague, un lot de parcelles à construire – mais de parcelles viabilisées à l’extrême. Les écosystèmes humains, enchevêtrés et pris dans des rapports de codépendance de plus en plus serrés, ont atteint une densité presque minérale – celle du calcaire primitif, de la pierre de Paris d’où ont été jadis extrapolés les premières formes de la ville, et dont il appartient, aujourd’hui, aux architectes d’effectuer la taille, en y réimplantant les vides susceptibles de laisser passer, à travers son bruit blanc, des signaux esthétiques audibles. ©    Myr Muratet

exister que sur un mode binaire, on  /  off, et que Paris, après un demi-siècle de services rendus, devait en être soudain débarrassé. C’est à peu près toujours ainsi que Paris a grandi – éclos –  : par annexion de ses enceintes successives. Mais le périphérique n’est pas, jusque dans son nom et ses modalités d’usage – c’est un boulevard urbain et la règle de priorité, sur ses voies d’accélération, n’est pas celle d’une autoroute –, un nouveau mur d’enceinte. C’est une rue de Paris. Une rue de Paris, à la sinuosité tout juste un peu plus marquée que les autres. Une rue de Paris avec la ville des deux côtés. J’aurais dû avoir alors la nostalgie du périphérique. L’enceinte, comme toutes celles qui l’avaient précédée, était tombée à son tour. Le filet métallique d’un terrain de sports et la pelouse anormalement fleurie avaient été, sans même que je m’en aperçoive, les tombeaux un peu mesquins de sa monumentalité défunte. J’aurais dû rêver d’un enterrement plus solennel, et du réemploi, à usage funéraire, des techniques éprouvées de l’imagerie romantique, de sa transformation progressive en ruine orgueilleuse, comme celles qui figurent dans les fonds de tableaux de Poussin. La Modernité fait après tout figure, en ce début de troisième millénaire, d’âge d’or un peu ancien, à moitié héroïque, à moitié ridicule  : c’est une Antiquité nouvelle, pleine de monuments grandioses et incompréhensibles. On pourrait ainsi conserver les sections les plus monumentales du périphérique, les échangeurs aériens de la porte de Bagnolet au pied des Mercuriales ou celui de La Chapelle au nord, comme deux grandes structures arachnéennes que le siècle de la vitesse aurait laissées au cœur de la métropole – deux sculptures insensées et sublimes qu’on apprendra à aimer, comme on a fini par préférer aux rosaces et aux portails sculptés de Notre-Dame les éléments architectoniques que ses architectes avaient préféré rejeter en périphérie. Mon expérience passée du périphérique plaide en partie pour quelque chose de ce genre, d’un peu cérémonieux, mais de fidèle au sentiment qu’il m’avait toujours inspiré. Je me souviens de l’impression terrible que me faisaient, enfant, les quatre anges de cuivre, verdâtres et dégoulinants, qui signalaient l’arrivée sur le dangereux anneau. Je me souviens du passage sous les arcades en porte-à-faux du parc des Princes. Je me souviens de la baleine de Bercy et, au loin, de la majestueuse enseigne rotative de la tour Pleyel. J’ai dû tourner ainsi plusieurs centaines de fois. J’ignorais le plus souvent où nous étions, et si nous roulions avec Paris à notre droite ou à notre gauche. La ville s’ouvrait en deux comme une fermeture éclair – un rift automobile. J’avais alors souvent frôlé ici la révélation religieuse. Mais cela tenait sans doute moins au périphérique même – un mélange d’urgence vitale et de danger permanent, la couleur bleue des secours et l’orangé charnel des lampes à sodium – qu’à sa fonction, justement, de révélateur. Je faisais toujours le même rêve, enfant, au retour de ces voyages à travers la métropole  : j’étais dans un paysage naturel grandiose, peut-être le Grand Canyon, mais il servait de hall d’exposition au salon de la civilisation humaine – il était entièrement rempli d’objets manufacturés. C’était, si l’on veut, le monde de Wall-E, mais sans aucun sentiment de ravage. Le périphérique agissait alors, je crois, moins comme une frontière que comme un générateur de ville. C’était la grande perspective qui manquait à Paris et qui, au lieu de décrire 43

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©    Myr Muratet

Foyer de jeunes travailleurs et de migrants et crèche, Paris 20e. Le foyer, coiffé de deux éoliennes urbaines, accueille au 3e étage des espaces collectifs dédiés aux habitants.

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©    D avid Foessel

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©    Myr Muratet

Foyer de jeunes travailleurs et de migrants et crèche, Paris 20e. L’escalier lumineux relie les étages des chambres au niveau commun. Vue du hall d’entrée ; le portail intérieur en serrurerie reprend le motif extérieur de la brique.

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©    Takuji Shimmura

Ensemble de bureaux et commerces, ZAC Clichy-Batignolles, Paris 17e (chantier en cours). Le projet borde les voies ferrées parisiennes et dialogue avec le grand paysage.

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©    Takuji Shimmura

Pôle logistique et bureaux Tafanel, Paris 19e (chantier en cours). La façade est un miroir changeant qui reflète la ville.

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Demain la poésie logera la vie Nous vivons l’heure où des transformations profondes, dans des domaines différents, s’accomplissent, et qui ne manquent pas d’avoir des conséquences décisives pour l’architecture contemporaine. Nous lançons cet appel aux architectes pour les prévenir de ne pas se perdre entre la science de l’ingénieur et l’invention du sculpteur, en se rendant ainsi superflus, mais de faire face aux nouvelles conditions, les yeux ouverts. Actuellement, l’esthétique, à la suite d’une période d’expérimentation dans toutes les directions, est parvenue à rompre avec une limitation de la forme, qui résulta des transformations de la figuration à l’abstrait, dans un passé récent. […] La science technique, dans la même période d’après-guerre, s’est développée d’une telle façon, que les méthodes de construction n’opposent pratiquement aucun obstacle à la réalisation de formes très libres, dans une conception inédite de l’espace. On n’a qu’à citer la précontrainte en béton, aussi bien qu’en acier, les voiles minces en béton armé, les métaux inoxydables et leur soudage, pour se faire une idée des moyens qui seraient actuellement au service d’une imagination libre et audacieuse. […] L’architecture contemporaine, grâce à la coïncidence heureuse de ces deux conditions d’ordre esthétique et technique, […] pourra devenir un véritable art de construction. Un art dont l’expression plastique dépendra de l’organisation et l’assemblage de ses éléments, […] un art des plus complets, qui sera à la fois lyrique par ses moyens, et social par sa nature même. C’est dans la poésie que sera logée la vie. Constant Nieuwenhuys 19 août 1956, Paris

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Foyer d’accueil médicalisé, Harbonnières.

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Foyer de jeunes travailleurs et de migrants et crèche, Paris 20e.

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Bâtiment d’enseignements mutualisés, Paris-Saclay.

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École Rosalind-Franklin, gymnase et résidence étudiante, Ivry-sur-Seine.

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Parcours

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Parcours

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Collège Moulins, complexe handisport, salle d’orchestre et internat, Lille.

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PĂ´le logistique et bureaux Tafanel, Paris 19e.

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Parcours

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Parcours

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Groupe scolaire, gymnase et centre de loisirs, Fresnes.

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Supplément au nº 253 d’AMC, sept. 2016

Hors-série réalisé avec l’aimable soutien de  :

Chartier Dalix

Portrait d’agence — Chartier Dalix

Depuis sa création en 2008 par Frédéric Chartier et Pascale Dalix, l’agence Chartier Dalix a livré une douzaine de bâtiments. Remarquée lors de plusieurs concours internationaux, elle a été récompensée par de nombreux prix, dont celui de la Première Œuvre du Moniteur en 2009 et le prix européen des jeunes architectes « 40 under 40 » en 2012. Le foyer de la porte des Lilas (Paris 20e) a été nominé pour le prix de l’Équerre d’argent et le Mies van der Rohe Award en 2014. Récemment lauréate du concours international « Réinventer Paris » sur le site de Ternes-Villiers, l’agence est en charge de projets publics importants, tels la gare de La Courneuve du Grand Paris Express et la transformation de la caserne Lourcine (Paris 13e), ainsi que de bâtiments privés, notamment plusieurs opérations tertiaires et deux hôtels. Trois chantiers sont actuellement en cours : une opération de bureaux dans la ZAC Paris-Batignolles, une plate-forme logistique (Paris 19e) et la restructuration du pôle design Renault à Guyancourt. La pluralité des programmes sur lesquels l’agence travaille en simultané et la diversité des réponses qui y sont apportées constituent un ensemble de réflexions qui reflètent l’évolution des conditions de vie contemporaines. Pour cette jeune équipe, l’architecture est envisagée comme un système construit combinant l’accueil du vivant et la poésie.

Portrait d’agence

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AMC Portrait d'agence - Chartier Dalix sept 2016  
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