25 ans INEOS: A l'avant-garde de la chimie depuis 1998

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ANS À l’avant-garde de la chimie depuis 1998

INEOS, une start-up de 25 ans

Rendre possible ce qui semble impossible: telle est la mission d’INEOS depuis un quart de siècle. En 1998, nous avons posé le pied à Zwijndrecht, dans un secteur d’activité déjà bien développé, en acquérant une entreprise chimique dont le chiffre d’affaires s’élevait à 400 millions de dollars.

Aujourd’hui, nous sommes un conglomérat industriel actif dans la chimie, l’automobile, le sport, la mode et l’hygiène, avec un chiffre d’affaires de 65 milliards de dollars. La clé de notre succès? Elle réside en partie dans l’ouverture au changement de nos collaborateurs, qui ne se contentent jamais d’un “non” ou d’un “c’est impossible”.

de rester unis tout

Chez INEOS, nous entreprenons avec passion et engagement. Nous sommes ambitieux et nous mettons les gens au défi de lâcher les freins et de découvrir leur véritable potentiel. C’est cette philosophie qui nous a réunis voici 25 ans. Et c’est le liant qui nous a permis de rester unis tout au long de notre croissance et de notre diversification.

Le 5 mai 1998, personne n’aurait pu prédire où nous en sommes aujourd’hui.

Depuis notre création, nous avons adopté des mesures audacieuses. L’acquisition d’Innovene en 2005, une entreprise qui réalisait à l’époque un chiffre d’affaires trois fois supérieur au nôtre. Ou encore notre “pipeline virtuel” entre les États-Unis et l’Europe, afin d’acheminer le gaz sur notre continent: de la construction de terminaux à la transformation de navires pour le transport du gaz, l’exploit a été finalisé en deux ans seulement.

Pensons également à l’investissement de plusieurs milliards de dollars dans Project ONE, grâce auquel nous construisons à Anvers un craqueur ultramoderne dont l’empreinte CO2 est de loin la plus faible de tous les craqueurs européens. En tant qu’entreprise privée, nous sommes en mesure de réaliser des investissements aussi ambitieux – et peut-être même audacieux – sans être influencés par les caprices du marché boursier.

Chez INEOS, nous évitons le corporate talk et la fixation d’objectifs vagues. Pas de discours

alambiqués, mais des mots clairs: il nous suffit de montrer ce que nous faisons et avons fait.

Pas à pas, nous grandissons et nous nous adaptons au monde et aux opportunités qui nous entourent. Tout d’abord, en plaçant l’accent sur la durabilité –nous développons des polymères à la recyclabilité accrue et travaillons sur la technologie de l’hydrogène et la capture du CO2. Ensuite, en prêtant attention aux évolutions démographiques. Outre nos opérations existantes aux États-Unis et en Europe, nous prenons pied sur les marchés asiatiques en croissance, notamment.

Au sein d’INEOS, la culture d’entreprise s’apparente beaucoup à celle d’une “start-up de 25 ans”. Notre entreprise est gérée comme un ensemble de sociétés distinctes, chaque unité commerciale étant considérée comme une entité à part entière. Notre hiérarchie est extrêmement plate, sans siège central pour l’ensemble du groupe. Ainsi, la distance entre le premier étage et le sommet est très courte, ce qui permet de prendre des décisions rapidement.

Cette approche implique que nos employés se voient confier de vastes responsabilités et qu’ils restent impliqués dans l’aventure passionnante que nous vivons ensemble. En observant notre parcours durant ce quart de siècle écoulé, nous ne pouvons qu’être immensément fiers de ce que nous avons accompli avec INEOS. Nous avons rendu possible ce qui semblait impossible, et nous sommes déterminés à poursuivre sur cette voie. Avec persévérance et dévouement. Et une bonne dose d’humour.

Cap sur les 25 prochaines années!

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© DOC

Réalisation:

Content Republic, +32 2 423 47 14

É.R.:

Nathalie Meert

Nieuwe Weg 1, 2070 Zwijndrecht

Date de publication: Septembre 2023

Sommaire

Project ONE fixe les nouvelles normes en matière de durabilité 4

Dimitri et Sari transmettent aux élèves leur passion de la chimie 8

“L’empreinte carbone et la circularité comptent autant pour nos clients que le prix et la qualité” 10

“Nous avons besoin du secteur chimique pour réaliser le Green Deal” 14

La brasserie De Halve Maan honore la tradition grâce au plastique 18

La chimie, proche de vous au quotidien 20 “Nous voulons nous attaquer au problème des émissions de CO2 à la source” 22

Le stockage du CO2 dans les champs pétrolifères vides ouvre de nouveaux horizons 26

“Les secteurs chimique et énergétique se rencontrent dans la production d’hydrogène” 30

“Pour maintenir l’activité en Belgique, nous devons garantir une énergie abordable” 34

“La durabilité exige de l’ambition et le sens des réalités” 36

Six jours à travers le désert namibien: une aventure unique dans une vie 38

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Project ONE

fixe les nouvelles normes en matière de durabilité

Dans le port d’Anvers, INEOS construit Project ONE. Le groupe chimique a investi 4 milliards d’euros dans ce nouveau craqueur d’éthane. Cet investissement n’est pas seulement le plus important du secteur depuis 25 ans: il symbolise la confiance dans l’avenir de la pétrochimie européenne.

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“Voici 20 ans, 27% des investissements mondiaux étaient réalisés dans l’industrie pétrochimique européenne. Aujourd’hui, ce chiffre est retombé à 12%. De nombreux investissements se sont déplacés vers d’autres régions, en particulier en Chine.” John McNally, CEO de Project ONE, ne mâche pas ses mots: “Si nous voulons assurer l’avenir de la pétrochimie, nous devons investir. Et lorsque nous investissons, nous devons faire appel aux nouvelles technologies.”

Avec cet investissement de près de 4 milliards d’euros, INEOS prouve qu’elle croit en l’avenir de la pétrochimie en Europe et souhaite rétablir l’équilibre avec les États-Unis et l’Asie, où

beaucoup de craqueurs ont été construits ces dernières années.

“La construction du dernier craqueur d’éthane en Europe remonte à plus de 20 ans”, indique Ralf Gesthuisen, Process Technology Manager chez INEOS. “Contrairement aux autres craqueurs, nous avons tenu compte de notre ambition de devenir neutres en carbone. Dans la nouvelle installation, la majeure partie des besoins de chaleur seront comblés grâce à l’hydrogène, que nous utiliserons comme carburant. Cet hydrogène est en outre un sous-produit du processus de craquage. Ceci, combiné à la formidable efficacité énergétique du nouveau craqueur, se traduira par une empreinte

carbone plus de deux fois inférieure à celle du second meilleur craqueur d’Europe.”

Anvers, situation idéale

La décision quant au lieu d’implantation de ce méga-investissement n’a pas été prise à la légère. “Nos matières premières arrivent par bateau. C’est pourquoi nous avons besoin d’un port en eau profonde. Ensuite, pourquoi Anvers? Parce que nous avons accès aux réseaux de pipelines qui traversent le nord-ouest de l’Europe. Ils sont essentiels pour l’acheminement de nos produits vers nos clients.”

Performance du craquage à la vapeur, en tonne de CO2 par tonne de produit (HVC)

Valeur de référence (2021-2025) déterminée par les 10% d’usines les plus performantes

En déployant les dernières technologies et en choisissant l’éthane comme matière première, le craqueur d’éthane d’INEOS a l’empreinte carbone la plus faible de tous les craqueurs à vapeur d’Europe, et de loin. Project ONE produira de l’éthylène avec une empreinte carbone de seulement 0,29 tonne d’équivalent CO2 par tonne de produit fini. Soit moins de la moitié des 10% d’usines les plus performantes ou de la référence actuelle (0,69 tonne de CO2 par tonne de produit).

“Voici 20 ans, 27% des investissements mondiaux étaient réalisés dans l’industrie pétrochimique européenne. Aujourd’hui, ce chiffre est retombé à 12%. De nombreux investissements se sont déplacés vers d’autres régions, en particulier en Chine.”
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1,20 1,40 1,60 1,00 0,80 0,60 0,40 0,20 Intensité des émissions de gaz à effet de serre 0,00 0510152025303540
↖ PROJECT ONE - CRAQUEUR D’ÉTHANE Source: “Update of benchmark values for the years 2021 – 2025 of phase 4 of the EU ETS”, publiée par la Commission européenne le 12 octobre 2021.
© Studio Dann 5
Craqueurs à vapeur de référence en Europe

Une deuxième raison est historique: la Belgique est le berceau d’INEOS. “Nous sommes très présents en Belgique”, souligne John McNally. “En outre, nous savons comment faire des affaires ici, et nos relations avec la communauté portuaire sont excellentes. Après avoir mis au point notre plan financier, nous savions que nous avions pris la bonne décision.”

Project ONE produit essentiellement de l’éthylène et du propylène, les matières premières de base de l’industrie pétrochimique. “Vous les retrouvez dans toutes les applications possibles et imaginables”, poursuit Ralf Gesthuisen. “Ce sont les pierres angulaires de nombreuses applications durables et indispensables, comme les matériaux légers pour les voitures, les lubrifiants pour les éoliennes, les désinfectants et les conduites d’eau et de gaz en matière synthétique.”

“Avec Project ONE, nous pourrons produire plus de 1,5 million de tonnes d’éthylène et de propylène par an”, reprend Ralf Gesthuisen. “Ce faisant, nous émettrons, par tonne de high-value chemicals, moins de la moitié de CO2 que la moyenne des 10% des meilleurs vapocraqueurs d’Europe. Nous pouvons dire qu’en matière de durabilité, nous avons placé la barre nettement plus haut que les autres acteurs du secteur chimique.”

Business plan solide

Le financement d’un projet de cette envergure est souvent complexe. “Le modèle d’exploitation de ce craqueur d’éthane est en revanche assez simple”, avance John McNally. “Nous savons que l’usine générera des profits dès le premier jour de sa mise en service en 2026. L’éthylène est une matière première dont les besoins augmentent avec le PIB, c’est-à-

dire entre 3 et 4% par an. Et la demande pour nos produits devrait encore s’accroître dans le cadre de la transition énergétique. L’éthylène intervient notamment dans les couvertures de panneaux solaires et les résines des composants pour éoliennes. Nous y voyons un potentiel majeur en termes de valeur, tant au niveau des ventes que dans son utilisation par l’industrie pétrochimique elle-même.” C’est aussi l’avis des 21 institutions financières qui ont participé au financement: “Nous avons obtenu 3,5 milliards d’euros auprès de ces banques, ce qui n’aurait pas été possible sans un business plan solide.”

Une part importante de l’investissement profitera directement à Anvers et au reste de la Flandre. “Nous venons d’annoncer la signature d’un contrat avec des sociétés de génie civil locales, d’une valeur de 100 millions d’euros, pour les travaux de la phase2”, déclare Ralf Gesthuisen. “La pose des conduites souterraines, la mise en place des installations électriques et la construction de routes asphaltées devraient débuter rapidement.”

La nouvelle installation sera également créatrice d’emplois. “Nous avons besoin de 450 collaborateurs hautement qualifiés que nous cherchons dans la région. En outre, nos activités créent de nombreux emplois indirects. Nous constatons que, pour un emploi dans l’entreprise, nos usines sont en moyenne à l’origine de la création de cinq emplois indirects au niveau local. Avec 450 collaborateurs, nous devrions donc atteindre rapidement 2.500 emplois indirects.”

Conditions strictes

John McNally qualifie la procédure d’autorisation d’“extrêmement laborieuse”. “La demande a été préparée durant deux ans par des experts reconnus

en matière d’incidence sur l’environnement et de sécurité, des ingénieurs et des architectes expérimentés. L’étude d’incidence du projet compte plus de 1.000 pages et a reçu des avis favorables de tous les organismes consultatifs compétents. Une évaluation appropriée a été réalisée. Sur cette base, nous avons obtenu un permis exécutoire qui a été annulé par la cour d’appel cet été, soit un an plus tard. L’insécurité juridique pour les investissements en Flandre est inacceptable! L’Europe perd ainsi ses chances d’innover et fait fuir les investisseurs vers des régions où les conditions sont beaucoup moins strictes. C’est une situation regrettable à la fois pour la prospérité locale et pour le climat. Cependant, la persévérance est dans l’ADN d’INEOS, et nous travaillons sur une solution.”

Il faut absolument investir dans les nouvelles technologies, estime-t-il. “Et nous devons sans cesse les remettre en question. Comment améliorer les choses? Pouvons-nous agir différemment? Mais si vous ne construisez rien, vous n’obtiendrez rien et vous vous retrouverez avec des usines vieilles de 50 ans dont les émissions seront les mêmes qu’il y a 50 ans.”

Ce nouveau craqueur sera-t-il le seul construit par INEOS, ou l’entreprise a-t-elle d’autres projets? “Il ne faut jamais dire ‘jamais’”, répond John McNally en souriant. “Je n’étais pas enthousiaste lorsque Jim Ratcliffe a insisté pour baptiser ce projet ‘Project ONE’. Je ne trouvais pas cela très sexy… Ceci dit, si on l’appelle ainsi, cela implique qu’il pourrait y avoir un ‘Project TWO’. Mais commençons par ce premier craqueur!” L’exploitation devrait débuter en 2026, quatre ans après le début des travaux.

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“Contrairement aux autres craqueurs, nous avons tenu compte dès la conception de Project ONE de notre ambition de devenir neutres en carbone.”
Ralf Gesthuisen, Process Technology Manager chez INEOS
© Studio Dann

Avec un budget de 4 milliards d’euros, Project ONE est l’un des plus gros investissements d’INEOS. Pour Flanders Investment & Trade (FIT), il s’agit même de l’investissement le plus important jamais soutenu par l’agence.

Flanders Investment & Trade a décerné à Project ONE l’Exceptional Investment of the Year Trophy en 2020. “Parce qu’il démontre qu’il est encore possible d’investir dans des projets industriels de grande envergure en Flandre”, déclare Joy Donné, CEO de FIT. “Ce projet donne le ton pour les investissements futurs en termes d’émissions et de normes environnementales. Le craqueur d’éthane d’INEOS compte parmi les investissements les plus efficaces de ce type au niveau mondial et répond aux normes et réglementations européennes les plus strictes.”

“INEOS vise la neutralité carbone du craqueur dans les 10 ans suivant sa mise en service, prévue pour 2026. Par son ambition, ce projet avant-gardiste place la barre très haut pour tous les autres craqueurs en Europe. Une condition essentielle à cette neutralité climatique est la disponibilité d’une quantité suffisante d’hydrogène respectueux du climat et économiquement intéressant. Nous n’y sommes pas encore, mais avec Project ONE, INEOS crée une demande sur le marché pour de l’hydrogène durable et soutient la transition énergétique.”

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Un investissement exceptionnel dans le secteur chimique européen

Dimitri et Sari transmettent aux élèves leur passion de la chimie

Depuis deux ans, le secteur chimique mise sur l’enseignement en alternance: certains employés du secteur combinent leur emploi à une activité d’enseignant à temps partiel dans le secondaire.

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Ils peuvent ainsi partager leur précieuse expérience pratique, intéresser davantage de jeunes aux professions scientifiques et techniques, et contribuer à combler le manque d’enseignants. Dimitri Lenaerts et Sari Walscharts, employés d’INEOS, expliquent les raisons qui les motivent à enseigner.

Production Engineer chez INEOS Oxide à Zwijndrecht, Dimitri Lenaerts est actif dans le secteur chimique depuis 10 ans. Pour lui, cette mission d’enseignant est une excellente occasion de transmettre son expérience aux jeunes. “Tous les mercredis, je me tiens devant une classe et j’enseigne l’automatisation des laboratoires. Lorsque j’étais étudiant, il m’arrivait de m’interroger sur l’utilité de certaines matières. Aujourd’hui, j’ai les réponses. Et j’aime partager ces connaissances avec mes étudiants.”

Sari Walscharts travaille quant à elle comme ingénieure process chez INEOS Inovyn à Zandvliet. Influenceuse dans le domaine des STEM, elle souhaite encourager les jeunes à s’intéresser à l’ingénierie et aux sciences. “Je veux leur montrer, grâce à mes cours et à mes expériences interactives, que la chimie, loin d’être une matière obscure, trouve des applications partout au quotidien.”

Variété et apprentissage

Le contact avec les élèves est la principale raison pour laquelle Dimitri Lenaerts aime tant enseigner. “C’est une agréable diversification par rapport à mon travail. Et puis, l’enseignement, c’est un défi. Il faut connaître un sujet sur le bout des doigts avant de pouvoir l’enseigner! Au travail, je m’efforce surtout d’agir le plus efficacement possible, sans commettre d’erreur. En classe, il faut oser renverser

la situation et laisser les élèves commettre leurs propres erreurs. Car c’est souvent en se trompant qu’on apprend le mieux.”

Sari Walscharts est certes une influenceuse STEM, mais elle ne se considère pas comme un modèle. Elle est toutefois convaincue que sa position de femme active dans le secteur a un poids devant la classe. “En fin de cours, je suis heureuse quand les filles me confient envisager une formation technique. Faire en sorte que le plus grand nombre s’intéresse à la chimie, voilà notre mission.”

Contenu du travail

C’est sur le contenu même de la fonction qu’on leur pose le plus de questions. “Opérateur en chimie, c’est un intitulé très vague qui recouvre diverses activités en fonction de l’entreprise”, avance Dimitri Lenaerts. “La quasi-totalité de mes étudiants ont au moins un parent qui travaille dans la chimie. Ils savent généralement que les conditions d’emploi sont intéressantes, mais je leur conseille toujours de ne pas choisir ce secteur d’abord pour cette raison. Je leur donne avant tout des conseils concrets qui leur procureront une longueur d’avance sur le marché de l’emploi. De cette manière, je peux motiver les étudiants… ce qui permet ensuite de recevoir des candidats qualifiés.”

Les écoles sont elles aussi très enthousiastes à l’égard de cette initiative. “Il y a trop peu d’enseignants: quelques heures par semaine, nous contribuons à combler ce manque”, déclare Dimitri Lenaerts. “Je suis très fan de cette possibilité offerte à des professionnels d’enseigner dans les écoles”, conclut Sari Walscharts. “C’est la meilleure façon de donner aux jeunes une idée concrète des métiers qu’ils peuvent envisager.”

“Au travail, je m’efforce surtout d’agir le plus efficacement possible, sans commettre d’erreur. En classe, il faut oser renverser la situation et laisser les élèves commettre leurs propres erreurs.”

Dimitri Lenaerts, Production Engineer chez INEOS Oxide

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“Je veux montrer que la chimie, loin d’être une matière obscure, trouve des applications partout au quotidien.”
Sari Walscharts, Ingénieure Process chez INEOS Inovyn
© Christophe Ketels © Christophe Ketels

Pour un géant de la chimie comme INEOS, la recherche et le développement revêtent une importance capitale. À plus forte raison dans un monde où la durabilité est une priorité pour les consommateurs, la société et les législateurs.

“La Belgique joue un rôle majeur pour INEOS en matière de R&D”, souligne Serge Bettonville, R&D Director chez INEOS Olefins & Polymers. “Nous ne travaillons pas seulement pour nos antennes belges à Neder-Over-Heembeek: notre expertise est appréciée par l’ensemble du groupe.”

“Le fait qu’INEOS soit si fortement engagée dans la R&D en Belgique est lié à l’histoire de nos sites, mais aussi à l’expertise de nos employés, à un marché du travail recelant des profils hautement qualifiés et aux excellents chercheurs et universités avec lesquels nous collaborons”, ajoute Dirk Dompas, Research, Technology & Engineering Manager chez INEOS Inovyn, producteur de PVC, à Jemeppe-sur-Sambre.

Les agendas des deux chercheurs sont fortement impactés par l’évolution rapide de la législation. “Les consommateurs en constatent les effets tous les jours”, avance Serge Bettonville. “Il suffit de penser aux bouchons attachés aux bouteilles, conséquence de la nouvelle directive de l’UE sur les plastiques à usage unique.”

“À la demande d’un client, nous avons développé une mousse PVC spéciale utilisée dans les pales des éoliennes.”

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“L’empreinte carbone et la circularité comptent autant pour nos clients que le prix et la qualité”
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Dirk Dompas, Research, Technology & Engineering Manager chez INEOS Inovyn

Le recyclage innovant donne une seconde vie aux déchets

Longtemps, les produits à base de polystyrène – emballages d’aliments, gobelets, blocs de construction de type Lego et pièces automobiles – se sont retrouvés à la décharge ou à l’usine d’incinération à la fin de leur cycle de vie. Pour résoudre ce problème, des recherches de plusieurs années ont été menées afin de trouver des modes de recyclage alternatifs. En tant que Head of Global R&D Laboratories chez INEOS Styrolution, Michiel Verswyvel est étroitement impliqué dans des projets centrés sur des solutions de recyclage avancées.

“Une des nouvelles techniques de recyclage est la dépolymérisation”, indique-t-il sur le site de Zandvliet au port d’Anvers. “Une partie des déchets qui se retrouvent dans le sac bleu comprennent environ 90% de matières plastiques. Ces déchets sont déchiquetés, lavés et fondus à haute température pour former une huile de styrène de couleur brunâtre. Une fois purifiée, celle-ci devient du styrène qui intervient dans la fabrication de nouveaux produits.”

“Ce plastique recyclé présente les mêmes qualités que le plastique neuf et peut être utilisé dans des applications exigeant un niveau de pureté élevé, comme des emballages alimentaires, des jouets et des applications dans le domaine médical. De plus, ce plastique peut à nouveau être recyclé à la fin de son cycle de vie. On réduit ainsi nettement la consommation d’hydrocarbures, tout en diminuant de moitié les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux produits fabriqués à partir de matières premières fossiles.”

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Olefins & Polymers

“La législation sur les matériaux d’emballage n’est pas la seule à avoir une incidence”, complète Dirk Dompas. “La quête de la neutralité carbone et le souhait de développer une activité dans le domaine de l’hydrogène, ainsi que l’objectif de recycler entièrement tous les déchets de PVC, ont des conséquences non négligeables.” Aujourd’hui en Europe, le PVC est l’un des polymères les plus recyclés grâce aux initiatives de VinylPlus soutenues par INEOS Inovyn, qui s’est notamment engagée dans un programme de développement de technologies de recyclage avancé dans son centre R&D de Jemeppe-sur-Sambre.

Bien que le défi soit de taille, la combinaison de réglementation et de business donne lieu à une activité R&D passionnante. “Nous ne pouvons plus séparer les motivations sociales et industrielles qui animent notre R&D”, note Serge Bettonville. “Aujourd’hui, nos clients prêtent autant d’attention à l’empreinte carbone et à la circularité d’un produit qu’à sa qualité et à son prix.”

Transporter l’énergie verte

La recherche et le développement de ces produits et solutions durables sont très variés. Ainsi, INEOS

Olefins & Polymers travaille dur pour développer les conduites en polyéthylène, dont l’importance pourrait s’avérer décisive dans la transition énergétique.

“Ces conduites sont par exemple utilisées pour acheminer le gaz et l’eau potable en toute sécurité dans nos maisons”, détaille Serge Bettonville.

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“Grâce à nos conduites en polyéthylène, le gaz et l’eau potable sont acheminés en toute sécurité vers nos maisons.”
Serge Bettonville, R&D Director chez INEOS

“Nous les avons perfectionnées pour transporter l’électricité verte et renouvelable des parcs éoliens offshore vers le continent.” Lorsque les câbles à haute tension sont enfouis sous terre, ils ont besoin de gaines de protection. Celles-ci doivent résister à des températures de 60 à 70 °C, avec des pics plus élevés encore.

“Nous avons récemment prouvé que les conduites en polyéthylène peuvent également transporter en toute sécurité l’hydrogène, le carburant de l’avenir. C’est un élément crucial car l’hydrogène vert peut désormais être intégré progressivement dans les réseaux de distribution existants afin d’alimenter notre secteur sans avoir à reconstruire totalement le réseau de distribution.”

INEOS s’est par ailleurs engagée dans l’approche Design For Recycling en concevant des structures d’emballage simplifiées et faciles à recycler. “Au fil du temps, la complexité des emballages s’est accrue de manière à assurer une protection adéquate”, éclaire Serge Bettonville. “Cela a mené à la conception d’une structure multicouche composée de plusieurs matériaux, difficile à recycler et par conséquent jetée en décharge ou incinérée. Dans notre centre R&D de Bruxelles, nous développons des films aisés à recycler, sans compromis sur la durée de conservation des

aliments ni sur les réglementations en termes de sécurité alimentaire.”

Décarbonation

L’industrie chimique est une grande consommatrice d’énergie. Là aussi, il y a beaucoup à gagner, notamment en matière de décarbonation. Avec le projet Electra, INEOS développe une nouvelle technologie pour électrifier le craquage thermique du dichloroéthane, l’un des produits intermédiaires d’Inovyn, sur son site de Rafnes en Norvège. “Si le projet aboutit, il réduira les émissions de CO2 du site de 16.000 tonnes par an, et la technologie pourra être appliquée sur d’autres sites”, déclare Dirk Dompas.

Pour améliorer encore son efficacité énergétique, INEOS Inovyn veut convertir le processus de concentration de la saumure, sur le site de Tavaux, en vapeur produite par de l’électricité au lieu du gaz. “Cette mesure permettra de réduire la consommation d’énergie primaire de plus de 200 gigawattheures et les émissions de CO2 de plus de 60.000 tonnes par an.” D’autres projets sont en cours d’élaboration afin de réduire les émissions de carbone de 33% d’ici à 2030 et de les éliminer complètement à l’horizon 2050.

Applications durables

En tant que fabricant de matières plastiques, INEOS innove constamment afin de trouver de nouvelles applications durables pour le PVC. Ce dernier intervient actuellement dans de nombreux produits, depuis les tuyaux classiques et les profilés de fenêtres jusqu’aux applications médicales en passant par les voitures, les revêtements de sol, les toitures et les câbles.

“À la demande d’un client, nous avons mis au point une résine PVC spéciale sous forme de mousse pour être utilisée dans les pales des éoliennes”, illustre Dirk Dompas. “Ces pales sont de plus en plus longues, jusqu’à 100 mètres. Dans le même temps, elles doivent être légères et solides. Cette mousse remplit parfaitement son rôle.”

INEOS a en outre conçu un film PVC qui protège les tours d’acier des éoliennes contre la corrosion. Les éoliennes sont exposées à des conditions météorologiques défavorables, en particulier dans les parcs éoliens en mer. Le fait de recouvrir les tours d’un film en PVC accroît leur durée de vie. “De plus, elles nécessitent moins d’entretien, une tâche coûteuse et complexe en mer.”

Le matériel médical se transforme en revêtement mural

Des revêtements muraux conçus à partir de produits médicaux recyclés: la boucle est bouclée pour la réutilisation du PVC dans le monde médical.

La résine de PVC produite par INEOS Inovyn à Jemeppe-sur-Sambre sert entre autres à fabriquer des produits médicaux tels que des masques, des tubes et des poches à usages multiples, dont des poches de dialyse et pour perfusion intraveineuse. Ces produits sont aujourd’hui collectés dans 14 hôpitaux belges afin d’être

traités et réutilisés pour la production de revêtements muraux en vinyle. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre du projet VinylPlus Med qui a été lancé en Belgique en 2022 et qui rassemble hôpitaux, gestionnaires de déchets, recycleurs et industriels (producteurs et transformateurs) du PVC.

Le PVC est, en effet, un matériau facilement recyclable dans diverses applications comme les revêtements muraux.“Il est hygiénique et indéformable, résistant aux produits chimiques et capable de supporter les

chocs, par exemple ceux d’un lit: idéal dans un environnement hospitalier!”, souligne Jean-Pol Verlaine, chargé du service d’assistance technique à la clientèle chez INEOS Inovyn.

Et d’ajouter: “De cette manière, des déchets médicaux qui sont en général incinérés dans les hôpitaux se voient offrir une seconde vie. Le tri et le recyclage des déchets plastiques peuvent réduire de manière significative l’impact environnemental et les coûts des déchets dans les hôpitaux.”

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© Studio Dann © Studio Dann

La chimie joue un rôle de premier plan dans l’évolution de notre société vers un modèle plus durable. Hélas, les conditions de cette évolution ne sont pas idéales, déplorent Ann Wurman et Hans Casier, respectivement directrice pour la Flandre et président de la fédération sectorielle essenscia. “Si nous n’y prenons garde, nous aurons un Green Deal sur le papier mais pas la force de frappe nécessaire pour réaliser ses ambitions.”

“Nous avons besoin du secteur chimique pour réaliser le Green Deal”
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Le secteur chimique est ancré dans notre pays depuis plus de 150 ans. Avec les sciences de la vie, les entreprises chimiques fournissent un emploi sur cinq dans l’industrie manufacturière. En 2021, leur chiffre d’affaires a atteint un niveau record de près de 74 milliards d’euros. Le secteur investit aussi traditionnellement beaucoup dans l’innovation et le développement. Pourtant, cette valeur ajoutée ne semble se répercuter que faiblement sur son image.

“L’image du secteur auprès du grand public pourrait certainement être améliorée”, acquiesce Hans Casier, CEO d’INEOS Phenol et d’INEOS Nitriles. “On ne s’en rend pas forcément compte en tant que consommateur, mais 95% des produits que nous achetons et des matériaux que nous utilisons sont directement liés à la chimie. Le secteur fournit des éléments essentiels et des composants de base nécessaires à d’autres industries pour fabriquer leurs produits.”

Ann Wurman: “Contrairement à des clichés trop répandus, la chimie n’est pas le problème mais une partie de la solution. Les produits issus de la chimie sont indispensables à la transition vers un avenir durable. Pensez aux matériaux d’isolation pour la construction, à l’allègement des moyens de transport, à l’allongement de la durée de vie des batteries, au recyclage des produits pour l’économie circulaire… Nous sommes au début de toutes ces chaînes de valeur, ce qui nous rend paradoxalement moins visibles.”

4,5%

La chimie et les sciences de la vie forment un poids lourd économique qui représente 4,5% du PIB de la Belgique.

5,8

Une industrie à forte intensité énergétique comme la chimie peut-elle continuer à jouer ce rôle, alors même que l’incidence des coûts de l’énergie, entre autres, s’est largement accrue?

Hans Casier: “Les entreprises européennes paient leur énergie nettement plus cher que leurs concurrents dans le reste du monde. Pour les entreprises belges, il faut aussi épingler le handicap du coût de la main-d’œuvre dû à l’indexation automatique des salaires. Dans ce contexte, notre industrie doit rivaliser avec des programmes de soutien économique à grande échelle dans d’autres États membres et sur d’autres continents. Il est urgent de mettre en place des règles du jeu équitables afin d’éviter toute distorsion de la concurrence entre les pays.”

Ann Wurman: “Hans fait référence à l’Inflation Reduction Act américain qui, en plus de sa dimension protectionniste, encourage les investissements et récompense le risque entrepreneurial. L’approche européenne – perceptible également aux niveaux flamand et fédéral–repose en revanche sur un carcan étroit fait de nombreuses règles et restrictions, et comportant des coûts supplémentaires. Ce n’est absolument pas souhaitable à une époque où les entreprises sont confrontées à des investissements gigantesques et à des défis technologiques majeurs.”

1.071

milliards d’euros

Le secteur reste engagé dans la recherche et le développement, avec des investissements s’élevant à 5,8 milliards d’euros en 2022.

En 2022, 1.071 demandes de brevets ont été déposées, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par le secteur, représentant une part de 41% de l’ensemble des demandes belges.

pas souhaitable à une époque où les entreprises sont confrontées à des investissements gigantesques et à des défis technologiques majeurs.”

Ann Wurman, Directrice Flandre chez essenscia

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“L’approche européenne n’est
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Studio Dann

Hans Casier: “Sans négliger le fait que nous disposons nous-mêmes de peu de ressources énergétiques en Europe, ce qui implique d’investir dans des infrastructures pour acheminer l’énergie jusqu’à nous. L’Europe manie trop le bâton et pas assez – voire pas du tout –la carotte. Elle souffre par ailleurs de ‘réglementite aiguë’ et n’est pas neutre sur le plan technologique dans sa quête et sa transition vers la neutralité carbone. À l’inverse, les États-Unis font preuve d’un énorme dynamisme et d’un soutien ciblé, quelle que soit la solution choisie, qu’il s’agisse d’énergie renouvelable ou de CCS (captage et stockage du carbone, NDLR). Par conséquent, les États-Unis bénéficient d’investissements considérables dans les parcs solaires et éoliens, la production d’hydrogène et d’ammoniac et le CCS. L’Europe risque de faire fuir son industrie.”

De quoi le secteur a-t-il besoin pour assurer son avenir?

Hans Casier: “D’un cadre clair où les choix technologiques ne seraient pas posés à l’avance et les projets ne seraient pas détaillés. Le secteur doit pouvoir décider lui-même de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Surtout, le soutien doit être identique dans tous les pays, et la bureaucratie allégée.”

Ann Wurman: “C’est pourquoi essenscia préconise une politique d’octroi de licences plus efficace afin de faciliter la mise en place de l’infrastructure industrielle et logistique qui nous fait si cruellement défaut. Ensuite, nous devons nous assurer de continuer à attirer des talents bien formés. Enfin, nous avons besoin d’un soutien continu à

l’innovation pour que les nouvelles technologies continuent à irriguer le marché.”

En plus d’innover, la chimie joue un rôle social majeur. Pouvez-vous nous donner quelques chiffres à ce sujet?

Hans Casier: “Le plus grand pôle pétrochimique d’Europe se trouve en Flandre. Nous fournissons 65.000 emplois directs et plus de 210.000 indirects. L’emploi dans le secteur augmente chaque année, avec pas moins de 1.900 postes supplémentaires en 2022. Cela se traduit par une contribution de 2,6 milliards d’euros à notre sécurité sociale. Aucun secteur ne fournit une contribution supérieure. Et le secteur chimique et pharmaceutique est un champion de l’exportation, puisqu’il s’adjuge pas moins de 37% du total des exportations belges.”

Ann Wurman: “En termes d’investissements, les chiffres sont éloquents. Un tiers de l’ensemble des investissements industriels consentis en Belgique proviennent du secteur pétrochimique, essentiellement de l’étranger. Selon Flanders Investment & Trade, les entreprises étrangères ont annoncé des investissements record de 5,26 milliards d’euros en Flandre en 2022. Le secteur chimique et pharmaceutique représente près de la moitié de ce montant. Au cours des trois dernières années, le secteur chimique et pharmaceutique en Flandre a attiré 115 projets d’investissement étrangers, pour plus de 2.000 nouveaux emplois.”

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“Le CO2 est une molécule chimique: nous sommes dès lors les mieux placés pour apporter une solution au problème du CO2!”
Hans Casier, Président d’essenscia et CEO d’INEOS Phenol et d’INEOS Nitriles
© Studio Dann

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Le secteur est le champion de l’exportation en Belgique, représentant plus d’un tiers des exportations totales.

100.000

Depuis 2012, le secteur a créé 11.600 emplois, soit une croissance de 11%. Aujourd’hui, l’industrie compte 100.000 employés.

50%

À long terme, le secteur continuera de croître, la balance commerciale sectorielle ayant augmenté de plus de 50% en 10 ans.

Davantage d’investissements, d’activités et de production, cela signifie souvent un plus grand impact sur l’environnement. Pensez-vous que le secteur de la chimie puisse passer au “net zéro” d’ici à 2050?

Hans Casier: “Nous sommes convaincus que le secteur est important pour la prospérité de notre pays et pour la transition vers une économie durable. Cette transition bat son plein. Les entreprises investissent massivement pour gagner en efficacité sur le plan énergétique et devenir plus respectueuses du climat. En tant qu’ingénieur, je crois aux solutions technologiques. Après tout, le CO2 est une molécule chimique: nous sommes les mieux placés pour apporter une solution au problème du CO2! La question, bien sûr, est de savoir si ces solutions sont réalisables dans la pratique, et abordables.”

Ann Wurman: “Moi aussi, je suis optimiste. Nous nous devons de viser la neutralité climatique. Et c’est précisément ce que nous faisons. Depuis 1990, la production totale du secteur chimique a plus que triplé, alors que la consommation d’énergie a progressé de 40% seulement. En d’autres termes, l’efficacité énergétique s’est considérablement améliorée. Les émissions de CO2 ont diminué de moitié depuis 1995, malgré la croissance de nos activités.”

Hans Casier: “La Flandre est et restera mondialement connue comme une région leader dans le domaine de la chimie et de la pharmacie, à la fois pour l’innovation, la production et la logistique. Mais nous devons passer à la vitesse supérieure pour demeurer attractifs en tant que région d’investissement.”

Ann Wurman: “L’avenir industriel de notre pays dépendra des décisions d’investissement des prochaines années. Or, ces décisions sont fréquemment prises non pas en Belgique, mais à l’étranger, au siège d’autant d’entreprises qui réfléchissent soigneusement à leur stratégie d’investissement. D’où la nécessité de renforcer notre compétitivité internationale et d’élaborer une politique industrielle inscrite dans une vision de long terme.”

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La brasserie De Halve Maan honore la tradition grâce au plastique

La brasserie De Halve Maan est une référence pour les amateurs de bière. Depuis plus de cinq siècles, le brassage est quasiment ininterrompu sur ce site du centre historique de Bruges. Et la solution plastique d’INEOS permet aux brasseurs de perpétuer la tradition de manière durable.

La direction de De Halve Maan considère qu’il est crucial de continuer à brasser ses bières dans la brasserie historique. Pour préserver ce patrimoine tout en continuant de se développer, elle a dû trouver une solution durable afin de réduire le nombre de navettes des camions-citernes entre la brasserie du centre-ville et l’usine d’embouteillage située dans la zone industrielle Waggelwater. Dès lors, la direction a opté pour l’aménagement d’un pipeline souterrain en vue d’acheminer la bière de la brasserie à l’usine d’embouteillage. C’est là que la solution plastique d’INEOS entre en jeu: le polyéthylène de haute densité (PEHD), adapté aux pipelines.

Une véritable prouesse technique

La construction du biéroduc souterrain, une première mondiale couverte par de nombreux médias étrangers, était également une véritable prouesse technique. Le pipeline s’étend sur plus de 3 kilomètres sur le domaine public, sous plusieurs cours d’eau, les canaux et remparts historiques de la ville et le parking souterrain ‘t Zand.

D’autres défis techniques sont par ailleurs venus s’ajouter aux spécificités de la trajectoire. Ainsi, plusieurs systèmes de contrôle ont dû être mis en place pour garantir la qualité de la bière à

tout moment. Toutes les opérations doivent évidemment se dérouler dans un environnement parfaitement stérile, conformément aux normes alimentaires strictes.

Hygiène alimentaire impeccable et prévention des fuites

Le polyéthylène d’INEOS a permis de relever ces défis. “Le polyéthylène de haute densité (PEHD) convient parfaitement aux usages alimentaires car il n’est pas sensible à la formation de bactéries”, explique Gaëlle Pannier, d’INEOS Olefins & Polymers Europe. “La qualité développée pour

l’application du biéroduc satisfait aux exigences les plus strictes applicables à l’eau potable. Nous organisons régulièrement des tests en laboratoire au cours desquels un panel teste le polyéthylène pour déterminer son éventuelle influence sur le goût et l’odeur. Nous vérifions ainsi toute altération de la composition du matériau.”

Le fabricant allemand de conduites Egeplast utilise cette matière première pour produire une canalisation dont la durée de vie est d’au moins

“La qualité que nous avons développée pour l’application du biéroduc satisfait aux exigences les plus strictes applicables à l’eau potable.”

Gaëlle Pannier, Technical Service & Development chez INEOS Olefins & Polymers Europe

“Notre pipeline, symbole de nos efforts constants d’innovation, permet une réduction importante du trafic. Un atout non négligeable pour une ville dont le cœur historique est classé par l’UNESCO.”

50 ans. “Les propriétés intrinsèques du polyéthylène nous permettent de fabriquer des tuyaux d’une longueur maximale, nécessitant peu de soudures et réduisant considérablement le risque de fuites”, poursuit Gaëlle Pannier.

Possibilités de croissance assurées

En termes de fiabilité et de facilité d’entretien, la canalisation en PEHD offre d’excellents résultats: diminution considérable du trafic routier, du bruit et des embouteillages – à la grande satisfaction de la brasserie et de l’administration communale de Bruges.

De Halve Maan peut continuer à brasser chaque litre de sa bière sur son site historique dans le centre-ville et l’acheminer jusqu’à l’usine d’embouteillage via le pipeline souterrain. Une manière pour la brasserie de continuer à se développer tout en restant un lieu emblématique, qui accueille chaque année plus de 100.000 visiteurs belges et étrangers.

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Directeur général de la brasserie De Halve Maan
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La chimie, proche de vous au quotidien

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Les panneaux solaires sont constitués de fines tranches de silicium, plus connues sous le nom de “wafers”. Pour couper avec précision les plaques de silicium, on utilise un fil de sciage, ainsi qu’un liquide de coupe. Ce fluide, qui comprend du diéthylène glycol (DEG), joue un rôle crucial dans l’efficacité et la précision de la coupe. Il peut ainsi assurer la lubrification et dissiper les déchets de coupe et la chaleur de frottement. 10

Vous choisissez des profilés de fenêtre pour leur aspect, mais vous voulez aussi qu’ils soient robustes et durables. Avec les profilés en PVC, vous serez tranquille durant des années. En outre, ils sont légers, ont une excellente valeur d’isolation et sont faciles à recycler.

Les tuyaux en plastique qui acheminent l’eau potable dans votre maison sont fabriqués en PEHD (polyéthylène haute densité). Contrairement aux tuyaux en métal ou en béton, les tuyaux en PEHD sont bon marché et faciles à installer, ils fuient rarement et durent jusqu’à 100 ans.

Les produits INEOS se retrouvent partout, y compris dans les produits qui vous facilitent la vie au quotidien. De la sellerie de votre voiture au boîtier de votre ordinateur portable, en passant par votre conduite d’eau. 7

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INEOS Oligomers fournit aux fabricants d’huiles synthétiques des huiles de base de haute qualité qui améliorent l’efficacité des voitures

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L’acétone et le phénol sont présents dans les phares des voitures, mais aussi dans vos lunettes de soleil. Ensemble, ils forment le polycarbonate, un plastique cristallin qui est jusqu’à 250 fois plus solide que le verre en raison de sa grande résistance aux chocs.

Il y a de fortes chances que le boîtier de votre ordinateur portable contienne de l’ABS, un plastique à base de styrène. Ce matériau rend votre laptop plus robuste, le protège des substances corrosives et possède des propriétés mécaniques qui permettent aux designers de lui donner plus facilement un look sympathique.

Lorsque vous vous offrez une boisson gazeuse, vous voulez profiter de son goût à 100% et certainement pas sentir le goût du bouchon de la bouteille. Les bouchons de bouteille en polyoléfines (une matière plastique) garantissent que votre boisson conserve ses propriétés organoleptiques – vous goûtez ce que vous devez goûter! INEOS développe en outre des bouchons qui, conformément à la réglementation européenne, restent attachés à la bouteille lorsque vous les dévissez. 11

Le caoutchouc EPDM que vous – ou le professionnel de votre choix – utilisez pour isoler votre toit contient de l’éthylidène norbornène (ENB), un produit hydrofuge. On trouve également ce produit dans les ballons de foot et les caoutchoucs des portières de voiture.

Les revêtements de meubles contiennent du PTA, de l’acide téréphtalique purifié, sous forme de polyester. Ce tissu durable permet aux meubles d’être utilisables durant des années et offre une sensation de douceur et de confort. Ajoutez à cela sa facilité d’entretien et sa résistance aux taches, et vous obtenez un tissu idéal pour la maison.

Votre réfrigérateur contient souvent du polystyrène. Il conserve la fraîcheur de l’intérieur et évite que la chaleur n’y pénètre. On trouve également ce matériau isolant dans les gobelets pour le café et les boîtes à emporter des restaurants. Le long de la porte de votre réfrigérateur, l’ABS, un plastique à base d’acrylonitrile, de butadiène et de styrène, constitue une barrière étanche avec l’air extérieur; les parois intérieures et les étagères de votre réfrigérateur sont fréquemment fabriquées dans ce plastique facile à nettoyer.

La Polestar 3 sera le premier modèle dont la sellerie en cuir synthétique est fabriquée en bio-PVC, une innovation d’INEOS BIOVYN. Ce PVC permet de réduire l’empreinte carbone de 70% par rapport au PVC conventionnel.

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C’est à la professeure Greet Van Eetvelde qu’a été confiée l’élaboration de la feuille de route de la stratégie climatique, énergétique et d’innovation du groupe chimique INEOS, avec la neutralité carbone en ligne de mire. Elle ne cache pas que le défi d’atteindre le “net zéro” d’ici à 2050 est immense – le dernier rapport de durabilité d’INEOS parle d’investissements de plusieurs milliards d’euros. “C’est propre aux industries très énergivores. Il n’y a pas de solution-miracle. Il faudra combiner les nouvelles technologies, des solutions novatrices et les occasions qui se présenteront.”

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“Nous voulons nous attaquer au problème des émissions de CO2 à la source”

La conception d’une feuille de route climatique pour INEOS n’est pas une mince affaire, souligne Greet Van Eetvelde. “L’entreprise peut être comparée à une fédération de plus de 30 divisions réparties sur 200 sites dans près de 30 pays. Chaque division décide en toute autonomie de la façon dont elle compte atteindre les objectifs climatiques pour 2030 et 2050, et à quel rythme. Cette culture bottom-up est très forte au sein d’INEOS. Toutefois, le groupe a fixé un objectif commun à toutes les divisions: d’ici à 2030, tous les sites devront avoir réduit de 33% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2019, et atteindre le ‘net zéro’ à l’horizon 2050.”

“Pour réduire nos émissions de CO2, nous ne nous attaquons pas uniquement aux émissions liées à nos processus de production: nous investissons pour éviter les émissions produites à la source du processus”, reprend Greet Van Eetvelde. INEOS souhaite réduire ces émissions directes (scope 1) en améliorant ses processus et en recourant à des technologies à faible intensité carbone.

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“L’énergie peut être décarbonée, contrairement à la chimie. C’est la différence entre le carbone comme carburant et le carbone en tant que matériau de base pour la fabrication de produits à grande valeur ajoutée.”
Greet Van Eetvelde, Global Head of Climate, Energy & Innovation chez INEOS
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Qui est Greet Van Eetvelde?

La professeure Greet Van Eetvelde est ingénieure de formation, titulaire d’un doctorat en chimie et associée depuis 25 ans à la faculté d’ingénierie et d’architecture de l’université de Gand. Outre son rôle chez INEOS, elle gère, depuis son domicile en Suisse, le groupe de recherche Energy & Cluster Management de son alma mater. Ses recherches se concentrent sur la symbiose industrielle, un scénario gagnant-gagnant pour les entreprises qui collaborent afin de créer de la valeur ajoutée, par exemple en utilisant des déchets comme matières premières ou en partageant des infrastructures. Greet Van Eetvelde est également professeure invitée à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

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“Nous améliorons constamment l’efficacité énergétique de nos installations, et nous investissons dans l’électrification de nos équipements périphériques, comme les chaudières et les compresseurs. Project ONE, le craqueur d’éthylène en construction à Anvers, en est un bon exemple. Ce craqueur n’émettra qu’un tiers de CO2 par rapport à la moyenne européenne. C’est le résultat d’un choix technologique axé sur le futur, d’une efficacité énergétique maximale obtenue grâce à la réutilisation de la chaleur produite par les fours et le refroidissement des matières premières– l’éthylène refroidi –, mais surtout de la réutilisation de l’hydrogène – sous-produit du processus de craquage –, qui est un carburant pauvre en carbone.”

Le carbone comme matériau de base

Greet Van Eetvelde apporte ici une nuance qui a son importance: si l’énergie peut être décarbonée, ce n’est pas le cas de la chimie elle-même.

“Le carbone est un matériau de base pour le secteur chimique, qui fabrique des produits à grande valeur ajoutée pour la société. On peut comparer cela au chauffage d’une maison, où les matériaux fossiles ne peuvent être que brûlés, ce qui rejette du CO2 dans l’atmosphère. C’est la différence entre le carbone comme carburant et le carbone en tant que matériau de base pour la fabrication de produits chimiques. En outre, on trouve aussi une ‘chaîne courte’ dans l’industrie chimique: les entreprises s’organisent en clusters qui s’échangent des flux résiduels et des matières premières de façon efficace.”

Même si l’objectif principal est de réduire les émissions à la source, à court terme le captage du CO2 jouera un rôle considérable dans la politique climatique d’INEOS. “Cela fait longtemps que

nous captons le CO2 là où c’est possible, pour le réutiliser ensuite. Nous appliquons cette technique notamment en Allemagne, en France et à Anvers. Nous utilisons et vendons le CO2 sous forme de gaz, nous le développons en tant que matériau de base pour le méthanol, et nous le minéralisons. Début mars, nous avons lancé le projet Greensand au large de la côte danoise. C’est là, dans les profondeurs de la mer du Nord, que nous stockons pour la première fois du CO2 issu de l’usine anversoise INEOS Oxide.”

Recyclage des flux résiduels

INEOS voit également un avenir pour l’hydrogène, à la fois comme carburant et matière première. Il ne doit pas nécessairement s’agir d’hydrogène vert, estime néanmoins Greet Van Eetvelde. “Les processus chimiques comme le craquage et la déshydrogénation libèrent de l’hydrogène, qui devient un sous-produit de grande valeur. Nous réutilisons cet hydrogène dans nos usines ou le fournissons à d’autres entreprises. Ces deux pistes contribuent à une économie pauvre en carbone et circulaire, c’est-à-dire durable.”

Sur le plan des émissions de scope 2 (émissions indirectes de CO2 provenant de l’achat d’énergie), INEOS a franchi le pas vers les énergies propres. Par exemple, l’entreprise a abandonné le gaz et le pétrole au profit de carburants pauvres en carbone comme l’hydrogène, le biogaz, la biovapeur et le biométhane. “Nous achetons par ailleurs de l’électricité verte. Ces dernières années, nous avons conclu trois Power Purchase Agreements (PPA) en Belgique avec les entreprises énergétiques Engie, Eneco et l’allemande RWE. Il s’agit à chaque fois de contrats portant sur l’achat d’électricité produite par des éoliennes offshore pendant une durée de 10 ans.”

Pour fonctionner de la manière la plus durable possible, INEOS pratique l’économie circulaire. “Nous montrons qu’il est possible de récupérer un maximum de matériaux pour les transformer en nouveaux produits exploitables. Nous collaborons avec des partenaires tout au long de la chaîne de valeur. En Flandre, nous sommes ainsi très avancés dans la collecte d’emballages en polystyrène via le sac bleu. Je pense aux pots de yaourt, aux barquettes de beurre et de champignons, etc. Grâce à une technique sophistiquée, la dépolymérisation, nous recyclons ces déchets pour en faire du polystyrène de la même qualité que son équivalent neuf, mais avec une empreinte carbone plus faible et moins de matières premières fossiles.”

Nous avons besoin de plus de recherche

Pour devenir climatiquement neutre, il faut se montrer très novateur, estime Greet Van Eetvelde. À ses yeux, cela représente également un défi majeur pour l’Europe. “Si la Flandre a adopté une stratégie fantastique en matière de recherche, les moyens mis à disposition par les pouvoirs publics ne correspondent pas toujours à ce dont l’industrie a réellement besoin. Prenez la captation du CO2. Un énorme travail de recherche reste nécessaire pour développer des systèmes efficients pleinement utilisables sur les sites industriels. Les installations actuelles sont souvent trop grandes pour être intégrées dans des sites industriels existants, et leur infrastructure est inadéquate pour capter les émissions au vu des nombreux points d’émissions des sites. Seule une percée technologique d’envergure pourrait apporter une solution, ce qui exige une collaboration plus intense entre l’industrie et les universités.”

33%

D’ici à 2030, tous les sites devront avoir réduit de 33% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2019.

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“C’est grâce à des pionniers comme INEOS que l’Europe mène la course vers des émissions nettes nulles. La première chaîne de valeur complète de captage et de stockage du carbone en Europe. Vous montrez que c’est possible.”

JAAR
Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne

Le CO2 capturé par INEOS Oxide à Zwijndrecht pour le projet-pilote a été refroidi et transporté sous forme liquide dans des conteneurs depuis l’usine jusqu’au quai. L’Aurora Storm a transporté ces conteneurs de la Belgique au Danemark.

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Le stockage du CO2 dans les champs pétrolifères vides ouvre de nouveaux horizons

Début mars, les premiers volumes de CO2 provenant d’INEOS Oxide à Zwijndrecht ont été stockés dans un champ pétrolifère vide au large du Danemark. Une première mondiale dont INEOS n’est pas peu fière. Son objectif est de capturer et de stocker un, voire un million et demi de tonnes de CO2 d’ici à 2025. Ce chiffre pourrait atteindre entre 4 et 8 millions de tonnes d’ici à 2030. Ce faisant, le groupe chimique ne souhaite pas seulement réduire sa propre empreinte carbone: “Nous exploitons un nouveau marché”, déclare Mads Weng Gade, Chief Commercial Officer d’INEOS Energy. Le CCS, ou captage et stockage permanent du CO2, est reconnu comme une solution nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques européens.

“Les experts s’attendent à ce que l’écart de prix entre le stockage de CO2 et l’achat de droits d’émission disparaisse d’ici à 2030. Le marché du stockage connaîtra alors une croissance rapide.”

INEOS Oxide à Zwijndrecht produit de l’oxyde d’éthylène. Ce processus libère du CO2, qui est capturé et purifié. Dans le cadre du projet Greensand, le CO2 liquide est stocké dans des conteneurs ISO et transporté par camion jusqu’au quai, à 10 km de là.

Les conteneurs de CO2 sont chargés sur le navire pour le voyage vers le réservoir de pétrole épuisé de Nini West, au large des côtes danoises. L’Aurora Storm a été modifié pour pouvoir transporter en toute sécurité ces conteneurs de CO2 liquide. À terme, un autre type de navire spécialisé – le transporteur de CO2 – sera utilisé pour les gros volumes.

Le CO2 est pompé du navire vers la plateforme de forage à 200 bars et 5 °C, puis injecté dans les champs pétrolifères vides à 1.800 mètres de profondeur. Pour ce faire, les opérateurs inverseront le processus de forage du pétrole.

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Le projet Greensand teste pour la première fois en conditions réelles le stockage de CO2 dans un gisement de pétrole vide. “C’était fascinant de voir le CO2 liquide s’écouler dans le réservoir vide”, commente Mads Weng Gade. “Nos tests en laboratoire nous avaient rassurés sur la faisabilité du projet, mais on ne sait jamais comment le dioxyde de carbone se comporte dans la réalité. Heureusement, tout s’est déroulé comme prévu. Nos ingénieurs connaissent très bien les propriétés du réservoir de grès.”

Le champ pétrolifère, situé à 1.800 mètres sous le fond de la mer du Nord danoise, a été exploité par INEOS Energy pendant plus de 20 ans. “Aujourd’hui, ce champ est vide, plus aucun pétrole ne remonte à la surface”, souligne Mads Weng Gade. “Le grès de ce réservoir contient de la glauconite, qui donne au sable un aspect vert, d’où le nom du projet, Greensand.”

Le projet Greensand vise également à mettre en lumière la chaîne de valeur du captage, du transport et du stockage industriel du CO2. “À présent que le test a été concluant, nous devons passer à l’échelle supérieure afin que le projet devienne économiquement viable.”

Actuellement, le stockage du CO2 coûte plus cher que l’achat de quotas ETS (quotas d’émission de CO2). Les experts estiment que cette différence de prix disparaîtra vers 2030. “Comme pour l’énergie

éolienne et solaire, le marché se développera alors à un rythme accéléré”, prévoit Mads Weng Gade. “En attendant, nous avons besoin de subventions suffisantes et de cadres réglementaires adéquats. Ainsi, un accord bilatéral entre la Belgique et le Danemark a été nécessaire pour permettre le transport du CO2 par voie maritime.”

L’origine du CO2 est une autre dimension importante pour la faisabilité économique. “À Anvers, nous exploitons une usine d’oxyde d’éthylène”, avance Johan Loots, Business Manager chez INEOS Oxide. “Ce processus libère un flux de CO2 concentré. Les processus avec un flux de CO2 plus dilué impliquent une étape et donc des coûts supplémentaires pour concentrer ce dioxyde de carbone.”

INEOS ne se contente pas d’envisager la capture du CO2 dans le cadre de ses propres activités: le groupe exploite aussi le potentiel commercial des nouvelles technologies. “L’Europe considère le stockage industriel du carbone comme un élément essentiel pour atteindre ses objectifs climatiques d’ici à 2050”, note Mads Weng Gade. “En 2023, l’Europe souhaite stocker 50 millions de tonnes de CO2, et à l’horizon 2050, elle devra en stocker 300 millions. Le potentiel de marché est dès lors immense. Nous avons été les premiers à nous lancer sur ce marché, ce qui présente souvent un avantage et nous donne une occasion supplémentaire de le développer.”

INEOS Oxide, pionnier dans le stockage du CO2

Du fait de la disponibilité en CO2 pur et de haute qualité, le site d’oxyde d’éthylène d’INEOS à Zwijndrecht s’imposait comme le candidat idéal pour le projet-pilote Greensand.

La production d’oxyde d’éthylène libère du CO2 concentré en tant que sous-produit. Ce CO2 est capturé depuis plusieurs décennies et, depuis 2010, il est également exploité dans le cadre d’un contrat de collaboration avec deux partenaires industriels. Le CO2 est ainsi utilisé pour produire des boissons gazeuses, de la glace carbonique et des cultures en serre, entre autres.

Le projet-pilote devait démontrer que le stockage permanent du CO2 est possible et sûr. La première injection officielle de CO2 d’Anvers au Danemark a été réalisée avec succès en mars 2023.

“INEOS Oxide s’engage à réduire son impact en matière de dioxyde de carbone depuis plus d’une décennie en capturant les émissions de CO2”, déclare Roel De Vil, directeur du site d’INEOS Oxide à Zwijndrecht. “Grâce à notre expertise solide en matière de capture, de purification et de liquéfaction du CO2, nous étions idéalement placés pour fournir le dioxyde de carbone pour ce projet-pilote. Avec le projet Greensand, INEOS a pu ouvrir la voie au transport transfrontalier du CO2 et à son élimination permanente en mer du Nord, dans un champ pétrolifère épuisé au Danemark. En jouant un rôle de pionniers en termes de stockage du carbone, nous contribuerons dans une importante mesure à la réalisation des objectifs climatiques flamands et, plus largement, européens.”

D’ici à 2030, le projet Greensand vise à stocker jusqu’à 8 millions de tonnes de CO2 par an dans cette zone. Extrêmement stable du point de vue géologique, celle-ci constitue un site de stockage permanent sûr pour le CO2. Des capteurs effectuent des mesures sismiques pour étudier le comportement du CO2 dans le sous-sol.

“La production d’oxyde d’éthylènecontrairement à d’autres procédéslibère du CO2 pur et économise sur les coûts de concentration.”
Johan Loots, Business Manager chez INEOS Oxide
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© Christophe Ketels

INEOS va investir 2 milliards d’euros dans la production d’hydrogène sans émission de carbone au cours des prochaines années. Si le géant de la chimie croit fermement au potentiel de ce carburant vert, il sait aussi que l’analyse de rentabilité n’est pas terminée. “L’hydrogène entièrement vert, produit à grande échelle, n’est pas encore à l’ordre du jour. L’industrie a besoin de temps et de réglementations adaptées pour pouvoir exploiter d’autres types d’hydrogène dans l’intervalle.”

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“Les secteurs chimique et énergétique se rencontrent dans la production d’hydrogène”
© Sutdio Dann

INEOS produit aujourd’hui plus de 500.000 tonnes d’hydrogène par an, principalement en tant que sous-produit de processus chimiques. “Nous sommes à la fois un producteur et un utilisateur important d’hydrogène”, précise Dirk Dupon, Senior Business Development Manager chez INEOS Hydrogen. “Nous nous attendons à ce que cette consommation augmente avec le temps. Tout comme l’électrification, l’hydrogène est un outil précieux pour réduire notre empreinte carbone. Il semblait donc logique d’investir davantage dans l’hydrogène et la production d’hydrogène, et de créer une nouvelle activité.”

L’hydrogène produit de manière durable est essentiel pour la transition vers une économie à faible émission de carbone. L’hydrogène semble être la solution, en particulier dans les secteurs difficiles à électrifier. Or, INEOS dispose déjà du savoir-faire indispensable pour produire de grandes quantités d’hydrogène vert. “Celui-ci est produit par électrolyse, où H2O (l’eau) est décomposé en hydrogène et en oxygène”, éclaire Wouter Bleukx, Business Director chez INEOS Hydrogen. “INEOS Inovyn est le plus grand opérateur d’électrolyse en Europe.”

Nous n’en sommes qu’au tout début du chemin, prévient-il cependant. “Produire de l’hydrogène coûte actuellement très cher. L’hydrogène vert abordable n’est pas encore une réalité! Il faudra d’abord être en mesure de le produire à moindres frais. Cet objectif exige à son tour de remplir trois conditions: des énergies

renouvelables suffisantes et abordables, des mesures de soutien aux technologies qui améliorent la production d’hydrogène, et des économies d’échelle pour rendre l’hydrogène moins cher. Par conséquent, il faut également encourager la demande d’hydrogène du côté des consommateurs. INEOS a la conviction, le savoir-faire et l’infrastructure nécessaires pour y parvenir.”

Le projet Power to Methanol Antwerp est le premier projet belge de production d’hydrogène dans le port d’Anvers. Sous l’impulsion d’INEOS Inovyn et de six partenaires, une nouvelle technologie sera développée et testée à l’échelle industrielle. “Cette installation doit capturer le CO2 émis par les processus industriels et le réutiliser comme matière première en combinaison avec de l’hydrogène obtenu de manière durable pour produire du méthanol vert”, reprend Wouter Bleukx. Ce méthanol pourra servir à produire d’autres molécules chimiques ou comme carburant vert pour la navigation, entre autres.

Au Royaume-Uni, INEOS Inovyn prévoit d’améliorer la production d’hydrogène existante sur le site de Runcorn afin de fournir de l’hydrogène de la qualité d’une pile à combustible aux secteurs de la mobilité et de l’énergie. En Allemagne, une installation de production d’électrolyse à grande échelle doit être mise en place pour produire de l’hydrogène vert sur le site d’INEOS à Cologne. Cet hydrogène servira à produire de l’ammoniac vert et ouvrira la voie au développement d’e-fuels (carburants synthétiques à base d’hydrogène et de CO2) par le biais d’applications power-to-methanol à l’échelle industrielle.

Les couleurs de l’hydrogène

L’hydrogène peut être vert, mais aussi noir, gris, jaune, rose, bleu ou turquoise. La source d’énergie utilisée pour produire l’hydrogène et les émissions de CO2 associées en déterminent la couleur. L’hydrogène noir est produit à partir de charbon. La variante grise a le gaz naturel comme source d’énergie. En règle générale, l’hydrogène bleu est associé à la capture des émissions de CO2.

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“Pour développer l’hydrogène en tant que vecteur énergétique, les secteurs de la chimie et de l’énergie ont besoin de l’expertise de tous.”
© Studio Dann
Dirk Dupon, Senior Business Development Manager chez INEOS Hydrogen

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INEOS produit aujourd’hui plus de 500.000 tonnes d’hydrogène par an, principalement comme sous-produit de processus chimiques.

Le port d’Anvers-Bruges joue ici un rôle majeur. “Nous le considérons comme un hub pour les importations d’hydrogène en Europe”, confie Wouter Bleukx. “Et nous soutenons les projets du gouvernement et des sociétés d’infrastructure qui souhaitent construire un réseau de pipelines en Belgique afin d’acheminer l’hydrogène vers les entreprises.”

“Les sociétés du secteur de l’énergie sont un autre maillon crucial de cette chaîne”, complète Dirk Dupon. “Nous avons longtemps entretenu avec elles une relation de client à fournisseurs. Pour le développement de l’hydrogène en tant que vecteur énergétique, l’expertise de chacun est essentielle. L’hydrogène est un bon exemple de point de rencontre entre les secteurs de l’énergie et de la chimie. L’hydrogène vert est, en fin de compte, le produit d’un processus chimique qui utilise de l’énergie verte.”

Réglementation

INEOS ambitionne de devenir un acteur majeur sur le marché de l’hydrogène. Wouter Bleukx et Dirk Dupon préfèrent toutefois ne pas avancer de chiffres concrets. “Nous croyons fermement en cette technologie et, avec un investissement prévu de 2 milliards d’euros, il est clair qu’INEOS y croit aussi… mais il faut bien sûr qu’elle soit économiquement viable”, indique le premier.

Selon le tandem, c’est précisément l’un des principaux défis qui s’imposent à l’Europe. “Aujourd’hui, nous nous perdons dans des discussions sur la couleur de l’hydrogène, alors que les États-Unis encouragent pleinement leurs entreprises à développer l’économie verte”, déplore Wouter Bleukx. “Ils ont un programme de financement

clair pour la production d’hydrogène avec l’empreinte carbone la plus faible possible, même s’il n’est pas d’emblée complètement vert. L’Europe doit elle aussi accepter que l’hydrogène ne sera pas vert à 100% dans l’immédiat. Les objectifs de long terme ne doivent pas être confondus avec les solutions de court terme! Cette transition prend du temps, un temps que nous devons accorder à notre industrie. Des réglementations sont nécessaires pour permettre à d’autres couleurs d’hydrogène de s’imposer dans les années à venir.”

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“L’hydrogène ne sera pas complètement vert dans l’immédiat. L’objectif de long terme ne doit pas être confondu avec les solutions de court terme.”
© Sutdio Dann

Les activités d’INEOS dans le domaine de l’hydrogène sont en grande partie organisées depuis la Belgique. Et ce n’est pas un hasard. “La Belgique ne pourra pas accueillir une grande installation de production d’hydrogène vert, faute d’énergie solaire et éolienne suffisante, mais nous bénéficions d’une économie de la connaissance bien développée qui nous permet de disposer des profils adéquats pour développer ces projets centrés sur l’hydrogène”, note Wouter Bleukx. “Cette expertise peut faire de nous des précurseurs. Nous pouvons jeter les bases de projets et de concepts liés à l’hydrogène qui seront ensuite déployés dans le monde entier.”

INEOS est l’une des huit entreprises qui feront partie du nouveau Belgian Hydrogen Council au cours des deux prochaines années. Ce Conseil belge de l’hydrogène a pour mission de renforcer la position de la Belgique en Europe et dans le monde en tant que région pionnière pour l’hydrogène propre. Au sein du conseil, Wouter Bleukx représente l’industrie chimique, secteur important pour l’utilisation de l’hydrogène.

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Le rôle crucial de l’expertise belge
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Cet automne, INEOS Inovyn démarrera à Jemeppe-sur-Sambre la construction du plus grand parc solaire de Wallonie: HELIOS. Ce projet sera installé sur un terrain jouxtant le site de Jemeppe-surSambre. Il sera construit en partenariat avec un acteur du secteur de l’électricité belge et alimentera exclusivement le site d’INEOS Inovyn. Avec ce projet, l’entreprise chimique fait un pas de plus vers la neutralité carbone.

En 2021, INEOS Inovyn a annoncé son intention de décarboner l’ensemble de ses activités industrielles. En Belgique comme dans le reste de l’Europe, INEOS entend réduire les émissions de CO₂ de 33% d’ici à 2030 et souhaite être complètement neutre en carbone à l’horizon 2050. Le parc solaire HELIOS qui sera prochainement construit à Jemeppe-sur-Sambre s’inscrit dans cette démarche.

Avec 90.000 panneaux solaires répartis sur 30 hectares, le projet HELIOS constituera le plus vaste parc solaire de Wallonie. Il produira annuellement plus de 57.000 MWh, soit l’équivalent de la consommation d’environ 16.000 familles. Grâce à cette production d’énergie renouvelable et à son utilisation sur le site même de Jemeppe, le nouveau parc permettra de

Avec 90.000 panneaux solaires répartis sur 30 hectares, le projet HELIOS constituera le plus vaste parc solaire de Wallonie.

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“Pour maintenir l’activité en Belgique, nous devons garantir une énergie abordable”
“Grâce à ce nouveau parc, l’énergie solaire couvrira jusqu’à 10% de nos besoins.”
Julien De Meersman, Manager Énergie et Services Publics chez INEOS Inovyn
© C.
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réduire l’empreinte carbone d’INEOS Inovyn de 14.000 tonnes de CO2 par an et de proposer, sur le marché, des produits bénéficiant de performances bas carbone pour le développement d’une économie durable.

Le plan de décarbonation va également au-delà de l’utilisation de sources d’énergie renouvelables: “Nous électrifions nos processus là où c’est possible, nous remplaçons les anciens équipements par des alternatives beaucoup plus efficaces sur le plan énergétique, nous menons des recherches sur le stockage du CO₂ et nous essayons de réduire notre consommation d’énergie en augmentant notre efficacité énergétique”, illustre Philippe Taranti, directeur du site de Jemeppe. “La meilleure énergie est celle que nous ne consommons pas!”

En s’appuyant sur son leadership en Europe dans le domaine de l’électrolyse, INEOS Inovyn s’est par ailleurs engagée dans un ambitieux plan d’investissements pour la production d’hydrogène à bas carbone. Les premières unités sont en développement dans plusieurs pays européens.

Connexion au réseau haute tension

“Bien que notre site de Jemeppe-sur-Sambre soit autosuffisant en termes d’énergie, il reste connecté au réseau haute tension belge”, précise Philippe Taranti. “Ces dernières années, nous avons travaillé sur la flexibilité de notre production, en collaboration avec Elia. Nous contribuons ainsi à l’équilibre du réseau haute tension pendant les périodes de pointe, lorsque la demande en électricité est élevée.”

“Grâce à ce nouveau parc, l’énergie solaire couvrira environ 10% des besoins du site”, prolonge Julien De Meersman, Manager Énergie chez INEOS Inovyn. “Le site est un grand consommateur de vapeur et d’électricité. Sa particularité est qu’il comble la quasi-totalité de ses besoins énergétiques de manière autonome, grâce à son unité de cogénération. L’idée est de remplacer en partie le combustible de celle-ci – du gaz – par de l’énergie renouvelable.”

Économiser l’énergie

L’enjeu est de taille, car la part de l’énergie dans les coûts de production d’INEOS Inovyn a considérablement

Philippe Taranti, Directeur du site de Jemeppe et Regional Operation Manager Belgium & Germany chez INEOS Inovyn

augmenté ces dernières années. “En 2018, l’énergie représentait environ 20% des coûts de production de notre site, contre 40% aujourd’hui”, chiffre Philippe Taranti. “Sans surprise, les économies d’énergie figurent en tête de nos priorités.”

INEOS Inovyn dispose d’une position de leader dans le domaine des chlorovinyls, utilisés dans le secteur de la construction et de l’automobile, mais également pour la construction d’éoliennes et dans le secteur de la santé.

“Si nous voulons conserver cette expertise et l’activité industrielle associée en Europe et plus particulièrement en Belgique, il est essentiel de garder des coûts énergétiques compétitifs”, déclare Julien De Meersman.

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“En 2018, l’énergie représentait environ 20% des coûts de production sur notre site, contre 40% aujourd’hui.”
© DOC
© C. Ketels

Qui est Peggy Gerits?

• A débuté chez INEOS Oxide en 1999 en tant qu’acheteuse de matières premières et de matériaux d’emballage.

• Est ensuite devenue Supply Chain & Logistic Manager et Senior Manager.

• A basculé chez INEOS Phenol au poste de Business Development Manager en 2015.

• Est devenue en 2020 Global Sustainability Manager d’INEOS Phenol.

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© Studio Dann

Son diplôme d’ingénieure chimiste en poche, Peggy Gerits a commencé à travailler en 1999 – aux débuts d’INEOS – en tant qu’acheteuse à l’usine d’oxyde de Zwijndrecht. De là, elle a gravi les échelons jusqu’à devenir Global Sustainability Manager chez INEOS Phenol. Comment concilie-t-elle aujourd’hui les trois P: People, Planet et Prosperity?

“J’étais sûre de mon choix, mais je savais que ce ne serait pas simple”, confie-t-elle à propos du changement de carrière qu’elle a opéré voici trois ans pour devenir responsable du développement durable. “Le cadre législatif relatif au développement durable n’est pas toujours clair et évolue constamment. En outre, les sites de production européens ne fonctionnent pas de la même manière que leurs cousins américains. Ici, la durabilité est un sujet nettement plus sensible.”

À ses yeux, INEOS doit faire partie de la solution. “La pénurie de matières premières, le changement climatique… Nous sommes confrontés à ces réalités tous les jours. Particulier, entreprise, industrie: chacun doit prendre ses responsabilités.”

Casse-tête géant

Producteur de matières premières de base, INEOS Phenol est au début de la chaîne de valeur. “Nos produits ne représentent souvent qu’une petite partie du chemin qui mène au produit fini pour le consommateur. Cela fait de la durabilité un puzzle géant pour nous.”

L’une des pièces de ce puzzle est INVIRIDIS, “un bioproduit qu’INEOS Phenol utilise pour réduire l’empreinte carbone du phénol et de l’acétone qu’elle produit. L’acétone et le phénol sont des composants essentiels pour les phares de voiture, l’isolation, les casques de vélo et les adhésifs, entre autres. Avec notre ligne bio, nous proposons aux

fabricants une alternative plus respectueuse du climat et plus durable.”

Cette logique fonctionne dans les deux sens: si INEOS Phenol investit dans une offre plus durable, l’entreprise attend la même chose de ses fournisseurs. “Deux tiers des émissions sont liées aux matières premières que nous consommons. En tant que responsable du développement durable, j’incite nos fournisseurs à passer au vert.”

Des matériaux plus légers

La durabilité ne se limite pas à la réduction des émissions de CO2 et à l’offre de produits durables. “L’ensemble de l’entreprise doit suivre le mouvement: ventes, achats, opérations, ressources humaines, etc. Désormais, le public se demande de plus en plus si les valeurs d’une entreprise sont compatibles avec les siennes.”

Dans ce contexte, la rentabilité est tout aussi cruciale. Pour Gerits, la combinaison PeoplePlanet-Prosperity constitue le plus grand défi. “Il faut de l’ambition dans ce métier, mais aussi une bonne dose de réalisme. Le secteur chimique existe depuis plusieurs centaines d’années. Nous ne pouvons espérer qu’il change complètement en cinq ans. Le secteur est un partenaire important dans la transition vers une plus grande durabilité. Par exemple, la demande de matériaux plus légers ne fait qu’augmenter. Si la chimie ne suit pas, ces objectifs seront nettement plus difficiles à atteindre.”

produits ne représentent souvent qu’une petite partie du chemin parcouru jusqu’au produit fini.”

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“La durabilité exige de l’ambition et le sens des réalités”
“Nos
© Studio Dann
Peggy
Gerits,
Global Sustainability
Manager
chez INEOS Phenol

Chaque année, un groupe de jeunes diplômés d’INEOS se rend en Afrique australe, sous la houlette de cadres supérieurs, pour vivre l’aventure de leur vie. Pendant six jours, ils arpentent le désert namibien en courant, en grimpant ou à vélo.

Pour l’entreprise, ce défi symbolise la marge de manœuvre et la responsabilité qu’elle octroie aux collaborateurs afin de les motiver à se surpasser. Que ce soit dans le désert ou au travail.

Jaro Beuckeleers, actuellement Account Manager chez INEOS Olefins & Polymers Europe, a rejoint le programme destiné aux jeunes diplômés voilà environ quatre ans et a tout de suite été conquis par le challenge namibien. “J’ai toujours fait beaucoup de sport, jusqu’à ce que j’aie

l’opportunité de travailler pour INEOS à l’étranger. Quand j’ai entendu parler du challenge, je n’ai pas hésité une seule seconde.”

Après neuf mois d’entraînement intensif, Jaro est parti à l’aventure fin mai. “Cette expérience physique unique est le point d’orgue d’un long parcours. Avant de partir en Namibie, il faut avoir réussi plusieurs objectifs d’ordre physique: courir un marathon et faire du VTT à Lanzarote, faire une randonnée VTT en Allemagne suivie d’une marche et d’un marathon à Barcelone.”

Bien que l’entreprise prévoie un programme d’entraînement complet, l’Account Manager a aussi fait appel aux services d’un entraîneur particulier. En plus de planifier trois à quatre sorties par semaine en course à pied, il a dû veiller à beaucoup d’autres aspects. “J’ai fait très attention à mon alimentation, et j’ai arrêté ou presque de consommer de l’alcool. J’envisage d’ailleurs de continuer d’appliquer cette hygiène de vie après cette épreuve, mais peut-être avec un peu moins de rigueur.”

Six jours à travers le désert namibien: une aventure unique dans une vie
“C’est une aventure qu’on ne tente qu’une fois dans sa vie. C’est difficile de mettre des mots sur ces souvenirs.”
Jaro Beuckeleers, Account Manager chez INEOS Olefins & Polymers Europe
© Christophe Ketels

Deux semaines plus tard, Jaro est de retour au bureau avec une nouvelle expérience à son actif. “C’est une aventure qu’on ne tente qu’une fois dans sa vie”, affirme-t-il d’une mine réjouie. “C’est difficile de mettre des mots sur ces souvenirs. La convivialité du groupe, l’aspect hautement physique de l’épreuve, la splendeur de la nature et la majesté de l’environnement ont fait de cette aventure une expérience que l’on ne vit qu’une fois dans une existence.”

Pendant six jours, le groupe de collègues provenant des quatre coins du monde a progressé dans le désert. Grâce à une bonne préparation et à des conditions météorologiques favorables (un vent d’est frais), Jaro a parfaitement géré l’aspect physique.

La partie la plus pénible du voyage? “L’ascension du Brandberg, le plus haut sommet de Namibie. Nous avons dû grimper 2.000 mètres escarpés avec un sac de 15 kg sur le dos. Là, j’en ai bavé. Mais au bout du compte, quelle récompense que d’assister à cet époustouflant lever de soleil dans cet endroit isolé! C’est un sentiment indescriptible.”

Le IN NAM Challenge

Les jeunes diplômés travaillant chez INEOS ont la possibilité de participer à l’aventure de leur vie. Pendant neuf mois, ils s’entraînent pour accomplir durant six jours une expédition de 340 kilomètres à travers le désert, à vélo, en courant et en marchant dans des conditions arides. Le périple se compose grosso modo de 42 kilomètres de marche, de 84 kilomètres de course et de 212 kilomètres à vélo. Quinze collaborateurs belges ont participé à l’édition 2023.

Son meilleur moment? “Sans hésiter, le marathon. Je m’étais tellement entraîné, je voulais absolument y arriver. Courir tout seul dans ce paysage m’a donné le sentiment d’être invincible.”

La dynamique du groupe a aussi contribué à rendre l’aventure inoubliable. “On s’est raconté des histoires en permanence, c’est une chose à laquelle on n’est plus habitué à l’ère des réseaux sociaux. Nous avons vraiment vécu ensemble une aventure inoubliable. Qui restera toujours ‘notre

histoire’, celle que nous avons écrite ensemble là-bas.”

Et maintenant, c’est le retour à la routine ou le cafard tant redouté? “Je vais encore y aller mollo pendant quelques jours avec le traitement de mes e-mails”, répond Jaro en riant. “Cela fait partie du jeu. Je m’estime heureux d’avoir eu cette chance. Maintenant, je me reconcentre pleinement sur mes défis professionnels.”

Cette expérience inoubliable force les participants à lâcher prise et leur permet de découvrir ce qu’ils ont dans les tripes. Les enseignements que Jaro a tirés de cette aventure le suivront tout au long de sa carrière. “Le voyage en Namibie n’était pas un point final, mais un point culminant. À présent, je regarde surtout devant moi et m’interroge sur ce que je souhaite encore faire dans l’avenir. Peutêtre que nous nous refixerons un nouvel objectif ensemble. J’encourage aussi les générations suivantes à tenter cette aventure.”

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La chimie d’INEOS libère le potentiel humain
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