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No 3 printemps-été Spring-Summer 2013

cartier.com

Le magazine du Beau-Rivage Palace et de la banque Landolt & Cie SA

No 3 > printemps - été 2013

SEDUCTION

Ballon Bleu de Cartier

Nouvelle collection 33 mm, mouvement automatique

Le magazine du Beau-Rivage Palace et de la banque Landolt & Cie SA

PIERRE-YVES ROCHON

Shanghai

glam

Les nouvelles

chambres du Beau-Rivage Palace

Economy

As

good

as gold


Deux patrimoines essentiels nous ont été confiés. L’un, que nous partageons tous, nous rend responsable de l’équilibre de notre planète. L’autre est celui que vous nous avez précieusement confié.

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générations suivantes. Ancrée à l’EPFL, et créée à l’initiative de Pierre Landolt, Président du Conseil d’Administration de Landolt & Cie SA, la Chaire Landolt & Cie «Stratégies innovatrices pour un futur durable» a pour but de favoriser la formation et l’émergence de nouvelles approches. Et ainsi peut-être faire naître et progresser, dans une vision stratégique modifiée, une nouvelle façon de penser et d’agir qui favorise un sens collectif solidaire.

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edito

Hôtellerie de luxe et esprit d’entreprise Luxury hospitality and the spirit of enterprise

L’état d’esprit des équipes dirigeantes du Beau-Rivage Palace et de l’Hôtel d’Angleterre & Résidence démontre une attitude proactive, une anticipation de l’attente de la clientèle et une vision résolument tournée vers l’avenir. Au moment où nombreux sont ceux qui hésitent à procéder à des investissements en vue d’une conjoncture morose, voire préoccupante, son directeur général, M. Dussart, a su déterminer que le moment était précisément opportun d’aller de l’avant. Face à la concurrence grandissante et qui va s’intensifier, le Beau-Rivage Palace a entrepris de procéder à la réfection d’une série de chambres dans le bâtiment Palace. Pour cela, l’hôtel a fait appel à Pierre-Yves Rochon, l’un des plus grands spécialistes en la matière. Une autre manifestation de l’esprit d’entreprise qui caractérise le Beau-Rivage Palace est concrétisée par le développement de sa propre clientèle en provenance d’Extrême-Orient, en particulier les hôtes chinois. Il s’agit là d’une initiative que les équipes poursuivent avec intelligence, qui avait été lancée par Mme Irmgard Müller, la regrettée directrice du Beau-Rivage Palace. En réalité, tous les secteurs de l’économie requièrent aujourd’hui de l’imagination et de l’esprit d’entreprise. Il en va de même pour le secteur bancaire secoué par les nouvelles règles imposées au secteur financier. Au cœur de ces mutations la banque Landolt & Cie SA a su porter haut les valeurs fondamentales de compétence et d’intégrité et conserver la confiance de ses clients par un service hors pair et une maîtrise des risques.

The outlook of the managerial teams of the Beau-Rivage Palace and the Hôtel d’Angleterre & Résidence is characterised by a proactive attitude, the ability to anticipate clients’ expectations and a forward-looking vision. At a time when many are reluctant to invest due to the gloomy and, indeed, worrying climate, its General Manager, Mr Dussart judged that it was precisely the right time to move forward. Faced with increasing competition which looks set to grow, the Beau-Rivage Palace made the decision to carry out renovation work on a series of bedrooms in the Palace building. For this project, the hotel has called on the services of Pierre-Yves Rochon, one of the most renowned specialists in the field. Another demonstration of the spirit of enterprise which characterises the Beau-Rivage Palace is the growth in guests from the Far East, especially China. Initiated by Mrs Irmgard Müller, the late manager of the Beau-Rivage Palace, this is an initiative which the teams are sensibly pursuing. In reality, every sector of the economy requires imagination and a spirit of enterprise today. The same is true for the banking sector, hit by the new rules imposed on the financial sector. Faced with these changes, the bank Landolt & Cie SA has upheld the fundamental values of competence and integrity and maintained the trust of its clients with its superior service and risk management.

François Carrard Chairman of the Board of Directors of The Beau-Rivage Palace

François Carrard Président du conseil d’administration du Beau-Rivage Palace

REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

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SOMMAIRE CONTENTS No 3 printemps-été Spring-Summer 2013

5 EDITORIAL 10 NEWS 18 HAUTE HORLOGERIE

Osons la couleur ! A daring new trend for color !

20 LE SPÉCIALISTE

Pierre-Yves Rochon Les nouvelles chambres du Beau-Rivage Palace

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24 ECONOMY

L’Europe, un ensemble homogène ou hétérogène ? As good as gold

28 CULTURE

Une collection particulière A special collection

32 ÉVÉNEMENT

Dimanches littéraires et gourmands Sunday breakfast with a literary twist

34 SEDUCTION

34

Shanghai glam

39 WELCOME

Un défi relevé Rising to the challenge

42 WORLD

Jonathan Ledgard De Nairobi à l’EPFL  From Nairobi to the EPFL

18 REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

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SOMMAIRE CONTENTS

52 46 NATURE

56

Valperca ou la perche des montagnes Valperca or mountain perch

46

50 ENVIRONNEMENT

Gestion de l’eau Water management

52 VISITE GUIDÉE

Dans les coulisses de l’Accademia Behind the scenes at the Accademia

56 FLAVORS

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Un barman est là pour faire son show A barman is there to put on a show

58 FASHION

For him : l’invitation à la détente For her : exotisme estival 100% Swiss Made

64 SENSE OF WONDER

Michel Parmigiani L’art de la restauration The art of restoration

68 ÉVASION

Badrutt’s Palace Hotel Une expérience à part A unique experience

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70 AGENDA

This summer special events

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71 RENCONTRE

Mathieu Jaton A five star festival

Découvrez votre magazine sur iPad Read Regards magazine on your iPad

REGARDS No3 – Printemps-Éte 2013 ÉDITEUR  Beau-Rivage Palace, Lausanne, Landolt & Cie SA RESPONSABLE D’ÉDITION Leila Klouche, leila.klouche@inedit.ch DESIGN ET MISE EN PAGE Yvan Fantoli, www.unigraf.com PRODUCTION Inédit Publications SA, Avenue Dapples 7, Case postale 900, CH-1001 Lausanne, T +41 21 695 95 95, info@inedit.ch, www.inedit.ch PUBLICITÉ Quentin Riva quentin.riva@inedit.ch, T +41 21 695 95 25 TRADUCTION Tradoc SA, Lutry, www.tradoc.ch IMPRESSION PCL Presses Centrales SA Copyright by Inédit Publications SA

REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

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NEWS

Grandes Tables du Monde Les

En octobre dernier, le Beau-Rivage Palace a eu l’honneur d’accueillir le Congrès annuel des Grandes Tables du Monde qui se tenait pour la première fois en Suisse. Cette association, dont le but est de fédérer et défendre la grande gastronomie et l’art de vivre, regroupe 158 restaurants d’exception, dans 22 pays et sur 4 continents. Plus de 100 chefs parmi les plus réputés ont fait le déplacement à Lausanne et ont assisté à un dîner de gala réalisé par les chefs Anne-Sophie Pic et Denis Martin.

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Alain Ducasse et Louis-Philippe Bovard

In October, the Beau-Rivage Palace had the honour of hosting the Annual Conference of Les Grandes Tables du Monde, which was held in Switzerland for the first time. This association, that aims to bring together and promote great gastronomy and fine living, comprises 158 elegant restaurants in 22 countries on 4 continents. More than 100 of the most renowned chefs made the trip to Lausanne and attended the gala dinner prepared by Chefs Anne-Sophie Pic and Denis Martin. www.lesgrandestablesdumonde.com

Paysages

intérieurs

La Fondation Edouard et Maurice Sandoz avec la collaboration du Musée d’art de Pully présente l’œuvre du peintre Stéphane Belzère. Lauréat du prix FEMS 2011, Stéphane Belzère s’est appuyé sur le thème imposé « Terre, Air, Mer » pour développer une réflexion autour de la notion de paysage intérieur. Ses peintures de très grand format représentent ou suggèrent des paysages réels ou imaginaires, et rappellent irrésistiblement les représentations classiques de Hodler ou de Vallotton.

The Edouard and Maurice Sandoz Foundation, in association with the Pully Art Museum, is exhibiting the work of painter Stéphane Belzère. The 2011 winner of the FEMS prize, Stéphane Belzère has used the set theme of « Earth, Air, Sea » to reflect on the notion of internal landscape. His large format paintings represent or suggest landscapes real or imaginary, that irresistibly recall the classical works of Hodler or Vallotton. May 23 to August 4, Musée d’art de Pully www.musees.vd.ch/ musee-de-pully

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REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

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Exquises

découvertes Les soirées millésimes se poursuivent au restaurant Anne-Sophie Pic du Beau-Rivage Palace. Un menu surprise est créé par la chef étoilée en accord avec des vins d’un domaine choisi. Cet été, deux soirées sont au programme. La première en juin avec le Domaine Faiveley en Bourgogne, et la seconde en septembre, avec les prestigieux Bordeaux du château Cos d’Estournel. De grands crus délicats en lien avec la saison accompagnent six plats envoûtants pour une soirée découverte exquise, en présence d’AnneSophie Pic. The vintage evenings continue at Anne-Sophie Pic’s restaurant at the Beau-Rivage Palace. A surprise menu is crafted by the Michelin-starred chef around wines from a chosen estate. This summer’s programme features two evenings : the first in June with the Domaine Faiveley in Burgundy, and the second in September, with the prestigious Bordeaux wines of the château Cos d’Estournel. Delicate seasonal Great Growth accompany six entrancing courses for an exquisite evening of discovery in the presence of AnneSophie Pic. June 5, Domaine Faiveley September 4, Château Cos d’Estournel www.pic-beaurivagepalace.ch


NEWS

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Summer wellness Deux nouveaux soins sont à la carte du spa CINQ MONDES du Beau-Rivage Palace. Pour un visage au teint éclatant et un bien-être profond durant l’été. Le nouveau Soin-Massage du Visage Régénérant Rituel Fleurs et Fruits de Bali est inspiré des rituels de beauté balinais. Grâce aux bienfaits des actifs naturels de fleurs tropicales et des acides naturels de fruits (AHAs), la peau est purifiée, le grain lissé et le teint rendu sublime. Le Rituel Royal Abhyanga Intense est un soin aux délicates notes de vanille et de cardamome inspiré de la tradition ayurvédique indienne millénaire. Réalisées à l’aide du bol Kansu, les manœuvres profondes et précises de la praticienne procurent un moment de délassement intense et un état de bien-être profond.

Two new treatments are available at the Beau-Rivage Palace’s CINQ MONDES spa. For a glowing complexion and profound well-being during the summer. The new Flowers and Fruits of Bali Ritual Regenerating Facial Massage Treatment is inspired by Balinese beauty rituals. Thanks to the natural benefits of the active ingredients found in tropical flowers and natural fruit acids (AHAs), the skin is left refined and smooth with a radiant complexion. The Royal Abhyanga Intense Ritual is a treatment featuring delicate notes of vanilla and cardamom, inspired by the ancient Indian Ayurvedic tradition. Carried out using a Kansu bowl, the therapist’s deep and precise actions generate intense relaxation and a state of profound well-being. www.spacinqmondes-brp.ch

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REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

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NEWS

Le bal des Premières On ne peut pas la louper. Elle est partout. La montre Première de Chanel revient sur le devant de la scène horlogère, rajeunie, transformée ! En 1987 la maison Chanel faisait ses premiers pas dans l'univers de l'horlogerie et créait une montre exclusivement féminine. Reprenant la forme du bouchon du flacon du parfum N°5 et les proportions géométriques de la place Vendôme, son boîtier octogonal se présente comme un concentré historique des valeurs de la maison. Aujourd’hui, l'icône est revisitée, son profil s'affine, sa silhouette s'allonge, et avec ses 14 références, la belle Première est plus polyvalente que jamais ! You can’t miss it. It’s everywhere. The Première watch by Chanel is back at the front of the watchmaking scene, only rejuvenated and transformed ! In 1987, the Chanel fashion house took its first steps in the world of watchmaking, and created an exclusively feminine watch. Evoking the shape of the stopper of the bottle of Chanel No. 5 and the geometric proportions of the Place Vendôme, its octagonal case looks like a historic distillation of the values of the brand. Today, the icon has been revisited. With a refined profile, longer silhouette and 14 models, the stunning Première will go with anything !

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Brunch

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on the Lake

Ink on paper

Des œuvres de l’artiste chinois Li Jin sont à découvrir à la galerie Dubner Moderne. Internationalement reconnu, Li Jin fusionne le passé et le présent dans des saynètes pleines de dérision avec une technique traditionnelle innovante. Située au cœur de Lausanne, la galerie Dubner Moderne se consacre à l’art contemporain. Ses expositions présentent autant de talents émergents que d’artistes de renommée internationale. The works of Chinese artist Li Jin are on display at the Dubner Moderne gallery. Internationally renowned, Li Jin merges past and present in mocking sketches with an innovative traditional technique. Located in central Lausanne, the Dubner Moderne gallery is devoted to contemporary art. Its exhibitions feature both emerging talents and internationally renowned artists. www.dubnermoderne.ch

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REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013

Cette année l’hôtel Palafitte propose un nouveau rendez-vous gourmand sur les rives du lac de Neuchâtel et lance des brunchs dominicaux. Le chef y présente un buffet savoureux mêlant traditions du terroir et grands classiques ; ainsi qu’un séduisant assortiment de douceurs. Dans ce décor unique de lac et de ciel, les hôtes sont accueillis avec une coupe de champagne pendant que les enfants s’amusent dans un espace qui leur est spécialement dédié. This year, the Palafitte Hotel is offering a new gastronomic option on the shores of Lake Neuchâtel, with the launch of its Sunday brunches. The chef lays on a tasty buffet combining traditional local dishes and the great classics, as well as an appealing selection of sweets. Guests are welcomed to this unique open air lakeside setting with a glass of champagne, while children can have fun in a space of their own. CHF 70.- par personne, enfants dès 6 ans CHF 35.Réservation : +41 32 723 02 02 > reservation@palafitte.ch www.palafitte.ch


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d NEWS

Disturbing

likenesses

Du 16 avril au 29 septembre, la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris présente les œuvres saisissantes de l’artiste australien Ron Mueck. Ses figures humaines réalistes à l’excès déjà présentées en 2005 ont été augmentées de quelques « individus » inédits. La précision des gestes saisis, l’exactitude de la chair, la souplesse perçue de la peau donnent à ces sculptures une dimension troublante d’humanité.

From April 16 to September 29, the Cartier Foundation for Contemporary Art in Paris is exhibiting the striking works of Australian artist Ron Mueck. His excessively realistic human figures previously exhibited in 2005 have seen the addition of a few new « individuals » of the skin give these sculptures a disturbing human dimension. fondation.cartier.com

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Parmigiani

Parmigiani Fleurier est sponsor principal du Montreux Jazz Festival. Sa loge VIP de plus de 90 m2 en plein cœur de l’événement est le lieu de rendez-vous privilégié des amateurs de jazz et des musiciens. Côté scène, la tradition souhaitée par Claude Nobs d’offrir le meilleur du savoir-faire suisse à ses invités se concrétise à chaque édition par la remise à quelques artistes de montres collectors Parmigiani Kalpa Grande et XL inspirées de l’affiche du festival. Cette année, le cadran de ces garde-temps exclusifs reprend les joyeuses silhouettes enfantines de l’artiste Oscar Oiwa et le dos du modèle est estampillé du logo du Montreux Jazz Festival 2013.

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collectors Parmigiani Fleurier is the main sponsor of the Montreux Jazz Festival. Its VIP box measuring over 90 m2 right in the middle of the event is the place to be for jazz lovers and musicians. Stage side, the annual tradition started by Claude Nobs of offering his guests the best of Swiss know-how takes the form of presenting a few artists with Parmigiani Kalpa Grande and XL collectors’ watches inspired by the festival poster. This year, the faces of these exclusive timepieces feature artist Oscar Oiwa’s joyful childlike silhouettes, and the back of the model is stamped with the logo of the Montreux Jazz Festival 2013. www.parmigiani.ch

La CGN en vogue Pour ses 140 ans, la Compagnie Générale de Navigation sur le lac Léman s’est offert une nouvelle identité visuelle. La marque présente une toute nouvelle maquette pour son magazine « A toute vapeur » et une mise en lumière de ses quatre activités principales : CGN Mobilité pour les transports publics, CGN Technique pour ses activités de maintenance, CGN Exclusive pour des événements privés sur le lac et CGN Horizons pour les croisières touristiques. Le Beau-Rivage Palace propose en association avec la CGN des croisières gourmandes sur le bateau Belle Époque le « Montreux» au départ du port d’Ouchy. To mark its 140th anniversary, the Lake Geneva General Navigation Company has had a makeover. The brand is unveiling a brand new layout for its magazine « A toute vapeur » [Full Steam Ahead], with the spotlight on its four main activities : CGN Mobilité for public transport, CGN Technique for its maintenance activities, CGN Exclusive for private events on the lake and CGN Horizons for tourist cruises. In association with the CGN, the Beau-Rivage Palace is offering gastronomic cruises departing from Ouchy Port on board the Edwardian vessel the « Montreux». www.cgn.ch

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REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013


HORLOGERS • JOAILLIERS LAUSANNE

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NEWS

A Unique

Competition

Organisé par l’Association des Multicoques de Compétition (AMC), le VULCAIN TROPHY est un circuit de régates sur multicoques Décision 35 (D35). Les équipes engagées comptent parmi les meilleures de la régate lémanique, ainsi que des skippers et navigateurs de renommée internationale. Cette combinaison entre un ancrage local et haut niveau mondial confère au Vulcain Trophy un caractère unique au monde. Cette année, la grande finale du Vulcain Trophy, qui marque la fin de la saison et couronne le vainqueur du classement général, se déroulera du 27 au 29 septembre lors du Grand Prix Beau-Rivage Palace. Organised by the Association of Competition Multihulls (AMC), the VULCAIN TROPHY is a regatta circuit featuring Decision 35 (D35) multihulls. The teams entered include some of the best in the Geneva regatta, as well as internationally renowned skippers and navigators. This combination of local interest and high global standing makes the Vulcain Trophy unique in the world. This year, the grand final of the Vulcain Trophy, which marks the end of the season and crowns the winner of the general classification, will take place from September 27 to 29 during the Beau-Rivage Palace Grand Prix.

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www.vulcaintrophy.com

Palme d’or !

Anne-Sophie Pic a accompli un fabuleux exploit ce printemps : cuisiner pour 650 personnalités du cinéma lors du dîner d’ouverture du Festival de Cannes. De très grandes stars étaient à table, parmi lesquelles Nicole Kidman, Leonardo Di Caprio et Steven Spielberg. D’inspiration végétale, le menu tout en fraîcheur s’est décliné en un petit pois et caviar « aussi magnifique que Gatsby », puis en un loup de ligne cuisiné à la rhubarbe, céleri et pomme verte. And the winner is… Anne-Sophie Pic pulled off a fantastic feat this spring when she cooked for 650 film personalities at the opening dinner of the Cannes Film Festival. Big stars, including Nicole Kidman, Leonardo Di Caprio and Steven Spielberg, were there. The fresh, plant-inspired menu featured peas and caviar « as great as Gatsby », followed by line-caught sea bass cooked with rhubarb, celery and green apple. And the winner is…

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Nstatus New

Dès 2013 et afin de mieux relever les défis à venir, les Associés de la banque Landolt & Cie ont donné naissance à une nouvelle structure, Landolt et Cie SA, dont ils seront actionnaires majoritaires. L’abandon du statut de commandite et la transformation en société anonyme permettra l’élargissement du capital en vue d’orienter la banque vers une stratégie innovatrice et un business model adapté à un monde économique en pleine évolution. As of 2013, in order to be in the best position to meet the challenges ahead, the partners of thwe bank Landolt & Cie have created a new structure, Landolt et Cie SA, in which they will be majority shareholders. Giving up partnership status and becoming a limited company will widen the capital in order to steer the bank towards an innovative strategy and a business model tailored to a fast-changing economy. www.landoltetcie.ch


O

NEWS

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Noblesse

Imposant édifice qui domine le lac Léman, le Château de Prangins renoue avec son passé et met en valeur son patrimoine historique. Construit au début du Siècle des Lumières par un richissime financier d’origine suisse, ce château est le signe d’une ascension sociale réussie. Les anciennes salles de réception ont retrouvé leur lustre d’autrefois et forment le décor d’une exposition mettant en scène l’existence quotidienne d’une famille noble du Pays de Vaud à la fin du XVIIIe siècle. Des visites guidées et des animations pour enfants invitent le public à un voyage fascinant dans le passé.

La cuisine du

soleil

Du 28 juin au 7 juillet le Café BeauRivage accueille un couple de cuisiniers libanais, Madeleine et Hussein, pour une quinzaine sous le signe du soleil. From June 28 to July 7, the Café BeauRivage will be welcoming a couple of Lebanese chefs, Madeleine and Hussein, for a sunny fortnight. www.brp.ch

oblige !

The Château de Prangins, an imposing building overlooking Lake Geneva, is returning to its past and celebrating its historic heritage. Built at the start of the Age of Enlightenment by an extremely wealthy Swiss financier, this château is the embodiment of upward social mobility. The old reception rooms have been restored to their former splendour and form the setting for an exhibition depicting the daily lives of a noble family living in the Vaud region at the end of the 18th century. Guided tours and children’s activities take visitors on a fascinating journey into the past. « Noblesse oblige ! La vie de château au XVIIIe siècle », Château de Prangins www.museenational.ch/prangins

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Les manufactures de haute horlogerie mettent le cap sur la couleur. Bleu, violet, orange, jaune… ou quand les tonalités les plus folles s’invitent à nos poignets. Tour d’horizon de quelques-unes des montres les plus colorées de l’année 2013. Oserez-vous la couleur cet été ? Texte Julie Mégevand / WtheJournal.com

Osons la coule A daring new trend for color !

Malin Chez Baume & Mercier, c’est au niveau du bracelet que la couleur s’affiche. Et sans complexe. Le cuir agneau orange de cette Linea est ici tressé à la main. Existe également avec bracelet blanc ou beige, interchangeable facilement et sans outil.

Manufacturers of fine timepieces are dipping into a world of color. From blue to purple, orange and yellow… some vibrant shades are set to adorn our wrists. We take a look at some of the most colorful watches of 2013. Will you dare to wear color this season ? Text Julie Mégevand / WtheJournal.com

Baume & Mercier has decided to focus color on the bracelet. Doing so with assured confidence. The orange lamb skin on this Linea model is plaited by hand. It is also available with a white or beige bracelet, easily interchangeable with no tool required.

Goaal ! ! Suite à son rapprochement de la Confederação Brasileira de Futebol (CBF), Parmigiani Fleurier lance ce modèle Pershing chronographe 005 CBF. Incontournable en vue de Rio 2014 ! Further to its partnership with the Confederação Brasileira de Futebol (CBF), Parmigiani Fleurier is launching this Pershing 005 CBF chronograph model. A must-have for Rio 2014 !

Artistique Art Piece 1, dernière création de la maison Greubel Forsey réalisée en collaboration avec l’artiste britannique Willard Wigan. Logée dans le boîtier de cette montre bleu océan, une micro-sculpture représentant un navire. Art Piece 1, the latest creation by Greubel Forsey, produced in collaboration with the British artist Willard Wigan. Encased in the ocean blue case is a micro-sculpture representing a ship.

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Elégant Equipée du calibre Co-Axial 8520, visible à travers le fond saphir, cette Ladymatic d’Omega est proposée sur bracelet cuir satiné ou bracelet acier. Le modèle existe également avec cadran bleu clair, bleu nuit ou rose clair. Featuring the Co-Axial caliber 8520, visible through the sapphire base, Omega’s Ladymatic is available with a satin-finish leather strap or steel bracelet. It is also available with a light blue, dark blue or light pink face.

Sportif Les ponts de ce modèle Tourbillon RM 59-01 Yohan Blake figurent une griffe géante symbolisant la « Bête », surnom de Yohan Blake, le jeune sprinter jamaïcain multimédaillé, ambassadeur de Richard Mille.

ur !

The bridges in this Tourbillon RM 59-01 Yohan Blake model are reminiscent of a giant claw, designed to symbolize the « Beast », the nickname of Yohan Blake, the young multi-medal winning Jamaican sprinter and ambassador of Richard Mille.

Poétique Jaeger-LeCoultre dote sa nouvelle collection féminine Rendez-vous d’un modèle affichant la voûte céleste ainsi qu’un calendrier zodiacal. Une seconde couronne permet de déplacer l’étoile filante à l’heure du prochain rendez-vous… Jaeger-LeCoultre’s new Rendez-vous collection for women features a model depicting the constellations and the signs of the Zodiac. A second crown allows you to move the shooting star to the time of an auspicious date...

Gourmand Chez de Grisogono, la dernière-née est un plaisir gourmand. Sugar ! Avec cette création, disponible en plusieurs teintes, l’horloger-joaillier met les papilles en émoi, les gemmes en éveil et le glamour sens dessus dessous.

Vintage Look résolument vintage avec des tons orangés pour cette réédition de La Nautical Seventies Limited Edition. Vulcain fut la première marque à proposer une montre de plongée avec alarme-réveil audible sous l’eau.

The latest arrival at Grisogono is a sweet treat. Sugar ! With this creation, available in several shades, the watchmaker-jeweler is tantalizing the taste buds, scintillating gems and turning glamor upside down.

A decidedly vintage look featuring orange shades for this re-release of the Nautical Seventies Limited Edition. Vulcain was the first brand to launch a diver’s watch equipped with an alarm that is audible under water.

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Le spécialiste

Pierre-Yves Rochon

Un hôtel de luxe est un théâtre merveilleux

Pierre-Yves Rochon est le décorateur d’intérieur de quelques-uns des plus beaux hôtels du monde. Tel un metteur en scène, il raconte des histoires aux décors sublimes et maîtrise l’adaptation contemporaine d’œuvres classiques. Son interprétation d’une série de chambres du Beau-Rivage Palace en atteste. Pierre-Yves Rochon is the interior designer behind some of the world’s finest hotels. Like a director, he tells stories with exquisite interiors and is the master of adapting classical works for a contemporary audience. His interpretation of a series of rooms at the Beau-Rivage Palace is testimony of this. Texte Leila Klouche / Photos Fabrice Rambert

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REGARDS PRINTEMPS - ÉTÉ 2013


RenCONTRE

« Mon travail commence toujours par une histoire »

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Le spécialiste

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ne voix calme et posée, des mots qui cherchent l’adéquation et le souci de la chronologie, Pierre-Yves Rochon semble à l’image de son travail : rigoureux, honnête et réfléchi. Pour parler de son attachement aux décors d’hôtels d’exception, il remonte à ses débuts, en 1980, lorsqu’il transforme le Château des Crayères à Reims en Relais & Château. Cette première expérience fut si gratifiante et si complète dans l’étendue de ses défis créatifs qu’elle imprimera à la carrière du jeune décorateur une passion pour l’hôtellerie jamais atténuée. « Avant de faire les Beaux-Arts, j’aurais voulu être metteur en scène. Et là, je découvrais qu’un hôtel de luxe, avec ses espaces publics, ses restaurants, les suites, les chambres, les ballrooms, était un théâtre merveilleux. » Comment on entre dans l’hôtel, comment on y est accueilli, comment on y circule, d’où vient la lumière, comment caractériser les différents espaces, autant de questions qui passionnent Pierre-Yves Rochon : « Un hôtel est un lieu social très fort. On s’y retrouve, on s’y marie, c’est un lieu de vie dont l’aménagement des espaces est déterminant. Je mets en scène des histoires que les gens s’approprient. » Depuis le Château des Crayères, le challenge est le même : créer un décor luxueux et chaleureux pour des espaces très fonctionnels tout en y insufflant de la vie et du confort. Pierre-Yves Rochon développe et affirme un style très personnel. Le goût des matières raffinées et de beaux objets ; le talent de transformer des lieux de caractère tout en préservant leur âme, comme le Georges V à Paris ou un palazzo Renaissance à Florence : « Mon travail commence toujours par une histoire. Celle que l’on me raconte à propos du lieu et celle que je rêve à son sujet. » Le rêve et la réalité doivent coïncider. Pour cela tout compte, l’architecture du bâtiment, la vue depuis la fenêtre, l’environnement à proximité de l’hôtel, aucun signe distinctif n’est laissé de côté. Le cadre naturel si particulier du Beau-Rivage Palace a beaucoup influencé le décorateur pour la transformation des nouvelles chambres. Il crée des jeux de transparences pour faire entrer le paysage dans la chambre, il amène de la clarté et se sert des tons pastel de la Riviera lémanique pour apporter de la douceur. Pour lui, le lac est une star qu’un hôte devrait voir en tous points de sa chambre. Et même depuis la salle de bain ! Pierre-Yves Rochon attache beaucoup d’importance à cet espace qui est devenu un point de modernité important : « Lors d’un séjour professionnel, une personne aura peu l’occasion de profiter de sa chambre, à part pour y dormir, par contre, elle passera du temps dans la salle de bain. C’est un lieu qui doit être confortable, lumineux et qui ne devrait pas être en rupture avec le paysage. » Faire évoluer le Beau-Rivage Palace avec son temps sans trahir son histoire et ses valeurs est une tâche

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délicate dont Pierre-Yves Rochon mesure la responsabilité : « Greffer une histoire contemporaine sur une histoire classique doit se faire en douceur, il ne faut pas se laisser influencer par les modes. Le luxe ne devrait pas vieillir ! »

Yves Rochon creates and presents a style which is highly personal to him. He has a taste for sophisticated materials and beautiful objects, with a talent for transforming places with character at the same time as preserving their essence, like the Georges V in

Pierre-Yves Rochon

A luxury hotel is a theatrical masterpiece

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ith a calm and steady voice, keen to get the words and timing just right, Pierre-Yves Rochon is thorough, honest and well-considered, just like his work. To talk about his affection for the interiors of luxury hotels, he thinks back to his roots in 1980, when he transformed the Château des Crayères in Reims into Relais & Château. This first experience was so rewarding and so comprehensive in terms of the scope of its creative challenges that it gave the young interior designer a passion for the hotel business that has never diminished throughout his career. « Before I went to art school, I wanted to be a director. However, I discovered there that a luxury hotel, with its public spaces, restaurants, suites, bedrooms and ballrooms, was a theatrical masterpiece. » The way you enter the hotel, the way you are welcomed, the way you move around the space, the direction the light comes from and the way the various spaces are characterised are all matters about which Pierre-Yves Rochon is passionate. « A hotel is a very strong social place. People meet there, people get married there, it’s a living space where the spatial layout is key. I stage stories which people make their own. » Since the Château des Crayères, the challenge has always been the same, namely to create a luxurious and welcoming interior for highly functional spaces, at the same time as injecting life and comfort. Pierre-

Paris or a Renaissance palazzo in Florence. « My work always starts with a story : the story people tell me about the place and the story I dream about coming to life. » The dream and the reality have to come together. To achieve this, everything matters. From the architecture of the building to the view from the window and the surrounding area, nothing is overlooked. The highly individual natural setting of the Beau-Rivage Palace had a strong influence on the interior designer when he was transforming the new bedrooms. He created plays of transparencies to bring the landscape into the room. He provided clarity and used the pastel tones of the Lake Geneva Riviera for softness. As far as he is concerned, the lake is the star attraction which guests should see from every angle of their room. Even from the bathroom ! Pierre-Yves Rochon attaches considerable importance to this room, which has become a key modern space. « Guests on business trips won’t have much opportunity to enjoy their room, apart from sleeping in it. However, they will spend time in the bathroom. It’s a space which has to be comfortable and light, and which has to be in keeping with the landscape. » Enabling the Beau-Rivage Palace to move with the times without betraying its history and values is a tricky task which Pierre-Yves Rochon takes seriously. « Giving a contemporary twist to a classic story requires a gentle touch. You shouldn’t be swayed by fashion, because luxury should never go out of date ! »

Depuis ses bureaux de Paris, Chicago et Shanghai, la société Pierre-Yves Rochon, Inc. crée des solutions de design d’intérieurs pour des hôtels du monde entier. Parmi les plus illustres : George V, Paris, Four Seasons, Florence, The Savoy, Londres, The Peninsula Shanghai, Hôtel Hermitage, Monte-Carlo, Hotel Sacher, Vienne. From its offices in Paris, Chicago and Shanghai, Pierre-Yves Rochon, Inc. creates interior design solutions for hotels all over the world. Among the most renowned are : George V, Paris, Four Seasons, Florence, The Savoy, London, The Peninsula Shanghai, Hôtel Hermitage, Monte-Carlo, Hotel Sacher, Vienna.


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« I stage stories which people make their own »

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ECONOMY

L’Europe, un ensemble h Is Europe a homogeneous or heterogeneous entity ? L’Europe est de plus en plus hétérogène, nous explique Christian Zanella, CEO de la banque Landolt & Cie SA, car ses pays membres se spécialisent. Cela empêche le développement d’une croissance durable. Par Thierry Vial

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hristian Zanella, qu’entendez-vous précisément par hétérogénéité ? Il s’agit de fortes différences au niveau des structures productives des pays de la zone euro. A la création de l’Europe, mais je dirais de manière plus ciblée à la création de l’euro, il y avait déjà une montée en puissance de l’hétérogénéité qui débutait par une approche de spécialisation des pays dans des productions complètement différentes. L’Allemagne par exemple a une industrie forte avec un solde de commerce extérieur positif. Par opposition à l’Espagne qui a basé son développement sur le secteur du tourisme et de la construction, avec comme résultante de grands déficits extérieurs.

ont été un moyen de soutenir artificiellement et de manière temporaire les problèmes structurels mentionnés au niveau de la spécialisation des pays. Les autorités politiques n’ont-elles rien vu ? Personne n’est devin. Je crois par contre qu’elles ont voulu adopter la méthode Caué. Les politiciens ont tenu au concept d’un euro qui rendrait les pays de plus en plus semblables. S’il est vrai que l’euro a permis d’enlever les risques de change et coûts de change entre les pays, ainsi qu’une baisse des taux d’intérêt au départ, il n’en est plus de même aujourd’hui. Le spread de taux en est un bel exemple ! Ce qui signifie aujourd’hui une absence de fédéralisme et, n’ayons pas peur des mots, le chacun pour soi, un protectionnisme larvé et un rejet des fautes sur d’autres pays. La Suisse en est un bon exemple.

«Le monde politique doit être au service du pays et non de son électorat» Selon votre explication, la crise a sa source dans l’économie réelle ? En fait, elle provient de l’incapacité des pays à avoir une croissance durable due à cette spécialisation. L’Espagne est l’un des exemples qui démontrent que ce pays, à l’arrivée de l’euro, a profité d’une baisse des taux mais avec comme conséquence une forte réduction de l’épargne et surtout un endettement très élevé pour financer des pans énormes dans le secteur de l’immobilier et à des prix artificiels. La résultante étant un déficit extérieur important pour le pays avec, à terme, un chômage très élevé et aussi une baisse des recettes fiscales. Ainsi, les dettes auraient permis de « cacher » ces problèmes ? Oui, mais je préfère le terme « soutenir ». Les dettes

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S’agit-il au final d’une responsabilité collective ? Dans un certain sens, on pourrait attribuer la responsabilité aux gouvernements, aux institutions à Bruxelles, à certaines banques, à des investisseurs et à la BCE peut-être aussi. On pourrait donc, lister pour chacun des éléments de responsabilité. Personnellement, je souhaiterais voir émerger une plus grande moralité des politiciens. Ces derniers, soyons clair, ont une part de responsabilité dans le déclenchement de cette situation économique. Rappelons-le encore, la crise est au départ, une crise de la balance des paiements. Le monde politique doit être au service du pays et non de son électorat. Nous devons trouver, dans tous les pays, une approche de sanctions, des mesures à prendre contre ces derniers, tout comme dans l’économie privée.

Europe is increasingly heterogeneous, explains Christian Zanella, CEO of bank Landolt & Cie SA, because its Member States are specialised, preventing the development of sustainable growth. By Thierry Vial

C

hristian Zanella, what do you mean exactly by heterogeneity ? There are significant differences in the production structures of the Eurozone countries. When Europe was created or, to be more specific, at the time when the Euro was created, there was already a rise in heterogeneity, starting with an approach whereby countries specialised in totally different production structures. Germany, for example, has a strong industrial base with a positive foreign trade balance. In contrast,


omogène ou hétérogène ?

Spain’s development is based on the tourism and construction sectors, resulting in massive foreign trade deficits. According to your explanation, the current crisis is rooted in the actual economy ? As a matter of fact, it comes from countries’ inability to have sustainable growth due to this specialisation. Spain is a prime example. The country benefited from a drop in rates when the Euro came in. However, the consequence of this was a significant reduction in savings and, especially, very high debts to finance vast swathes of the real estate sector at artificial prices, the result being a significant foreign trade deficit for the country, leading to extremely high unemployment as well as a fall in tax revenues.

porarily supporting the structural problems mentioned regarding countries’ specialisation. The political authorities saw nothing ? Nobody guessed. On the other hand, I think they wanted to adopt the EUAC method. The politicians clung to the concept of a Euro which would make countries increasingly similar. While it is true that

Does it ultimately come down to collective responsibility ? In some sense, you could put the blame on the actual governments, on the institutions in Brussels, on some banks, on investors and perhaps on the ECB too. You could therefore list what each entity is to blame for. Personally, I would like to see the emergence of

«Politics should serve the country and not its electorate»

So debts have « masked » these problems ? Yes, but I prefer to use the term « supported ». Debts have been a way of artificially and tem-

the Euro has eradicated foreign exchange risks and foreign exchange costs between countries, as well as brought about an initial reduction in interest rates, this is no longer the case today. The rates spread is a good example of this ! All of which today means an absence of federalism and, let’s call a spade a spade, everyone for himself, latent protectionism and passing the blame onto other countries. Switzerland is a good example of this.

greater morality among politicians. Let’s be quite clear about this, they are partly to blame for the triggering of this economic situation. We should also bear in mind that the crisis was originally a balance of payments crisis. Politics should serve the country and not its electorate. In all countries, we must find an approach to sanction and take measures against them, in the same way as in the private economy.

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ECONOMY

gold

As good as

Synonyme de puissance depuis des millénaires, l’or devrait attirer les investisseurs, estime la banque Landolt & Cie SA. Après une chute de près de 30% depuis les sommets atteints en 2011, c’est le bon moment pour acquérir des lingots. Texte Daniel Eskenazi

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achat d’or physique est en voie de démocratisation. Une entreprise allemande commercialise des distributeurs révolutionnaires. En Suisse, la première machine installée récemment à Mendrisio (Tessin) permet à tout un chacun d’acquérir des lingots d’or « à l’emporter ». Un développement inattendu pour un métal précieux dont l’acquisition a toujours été très formalisée. Si les Egyptiens ont utilisé de l’or pour les parures de pharaons, les rois lydiens, environ sept siècles avant Jésus-Christ, sont les premiers à produire une monnaie contenant de l’or. Ce sont les Perses, les Grecs puis les Romains qui l’ont ensuite abondamment utilisé dans le commerce. Un système monétaire international Mais au XIXe siècle, l’or prend une nouvelle dimension. L’introduction de l’étalon-or universel permet à chaque monnaie de trouver sa contrepartie en or. En 1944, il symbolise la création du premier système monétaire international, lors de la signature des Accords de Bretton Woods. A l’époque, la puissance des Etats-Unis est telle que seul le billet vert est considéré « as good as gold ». Mais, alors que le dollar est devenu la monnaie mondiale de référence, les Etats-Unis ne cessent de le dévaluer. Il ne peut dès

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lors plus remplir complètement son rôle de pivot. Le système de Bretton Woods disparaît en 1971. Mais l’or ne perd pas son attrait, bien au contraire. Durant les décennies suivantes, les banques centrales des pays occidentaux en achètent en grande quantité. Aujourd’hui, depuis quelques années déjà, les Chinois et les Russes s’y mettent aussi. Il est un symbole de richesse et de puissance pour les économies émergentes. Les investisseurs ne peuvent que se réjouir. Leur fortune placée en or en 2000 les rend quatre fois plus riches en 2013. Est-ce encore le bon moment pour acheter de l’or ? Selon Jean-Jacques Sunier, collaborateur au sein de l’équipe développement-projet de la Banque Landolt&Cie SA, l’or est une assurance-risque contre les crises : « Il permet d’obtenir des emprunts rapidement. Sa valeur ne peut être contestée comme celle des obligations. L’or physique est favorisé par rapport à des fonds de placement, des ETF ou des dérivés. Certes, avec ces produits financiers, on peut gagner davantage d’argent, mais les risques de perte sont aussi plus élevés. D’autre part, l’or pourrait faire office de réserve,  à hauteur d’un certain pourcentage, dans un nouveau système monétaire mondial qui devra vraisemblablement être une fois

ou l’autre modifié. Le monde ne peut se permettre une telle croissance monétaire  décorrélée de l’économie réelle. » L’or se caractérise toutefois par de grandes fluctuations de cours. Depuis le sommet, de 1921 dollars pour une once, atteint le 6 septembre 2011, le métal jaune a perdu près de 30% de sa valeur. « C’est justement le bon moment pour acheter de l’or. Il y a peu de chance que son cours passe au-dessous des 1000 dollars, car les coûts d’extraction de l’or restent élevés. Par ailleurs, la quantité extraite, près de 3000 tonnes par année, varie peu », estime Jean-Jacques Sunier. Pour appuyer son propos, le banquier met en avant le Gold Oil Ratio – le nombre de barils de brut que l’on peut acheter avec une once d’or : « Aujourd’hui, le prix de l’once pourrait aisément correspondre à 20 à 30 fois celui du baril. Une once d’or entre 2000 et 3000 dollars est tout à fait imaginable. On pourrait atteindre le premier seuil au second semestre 2014. Il faudra toutefois encore attendre quelques années avant de voir l’once d’or à 3000 dollars. » Diversifier ses placements L’or, il est vrai, a de puissants alliés : les banques centrales. Comme elles ne cessent de dévaluer leur monnaie en imprimant de l’argent, elles soutiennent ainsi le cours de l’or. Contrairement aux liquidités


qui abondent sur les marchés, l’or, lui, reste rare. En outre, l’Asie, moteur de la croissance mondiale, connaît un ralentissement qui devrait durer jusqu’en 2014. « Se tourner vers l’or plutôt que vers les actions permet dans le contexte actuel de diversifier ses placements. Les investisseurs pourraient suivre une allocation analogue à celle des banques centrales. Malgré des ventes massives durant la dernière décennie, elles détiennent encore 13% de leurs réserves en or », explique le banquier. Dans un monde où les Bourses sont chahutées et les finances de certains grands Etats de plus en plus précaires, l’or reste probablement le placement le plus sûr. Il reste en toutes circonstances le moyen de paiement ultime et incontestable.

Synonymous with power since ancient times, gold should attract investors, according to the bank Landolt & Cie SA. With values having fallen by around 30% since the giddy heights of 2011, now is the time to buy ingots. Text Daniel Eskenazi

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uying physical gold is becoming increasingly popular. A German company sells revolutionary dispensers. In Switzerland, the first machine recently installed in Mendrisio (Tessin) means that anyone can buy « takeaway » gold ingots, which is an unexpected development for a precious metal which has always been subject to formal buying arrangements. The Egyptian pharaohs used gold in their finery, but the Lydian kings were actually the first to produce a coin containing gold back in the seventh century BC. The Persians, Greeks and Romans subsequently made abundant use of it in commerce.

An international monetary system However, gold took on a new dimension in the nineteenth century. The introduction of the universal gold standard enabled every currency to find its gold counterpart. In 1944, it symbolised the establishment of the first international monetary system when the Bretton Woods Agreement was signed. At the time, the United States was so powerful that the greenback by itself was considered « as good as gold ». However, once the dollar had become the world’s benchmark currency, the United States constantly devalued it, meaning that it could no longer fully

fulfil its pivotal role. The Bretton Woods system disappeared in 1971, but gold didn’t lose its attractiveness, on the contrary. In the decades that followed, the central banks of Western countries bought it up in large quantities. For some years now, the Chinese and Russians have been doing likewise. For emerging economies, it’s a symbol of wealth and power, and investors have been rubbing their hands with glee because of it. Those who invested their wealth in gold in 2000 will have seen its value quadruple by 2013. Is now still a good time to buy gold ? According to Jean-Jacques Sunier, project development team member for the bank Landolt & Cie SA, gold is risk insurance against crises. « It enables you to get loans quickly. Its value cannot be disputed in the same way as that of bonds. Physical gold is favoured over investment funds, ETFs and derivatives. Certainly, you can earn more money with these financial products, but the risk of losses is also higher. Furthermore, gold could serve as a reserve, up to a certain percentage, in a new global monetary system, given that the monetary system will, in all likelihood, have to be changed at one time or another. The world cannot afford such monetary growth uncorrelated with the real economy. » However, gold is known for its wide price fluctuations. Since the peak of 1921 dollars per ounce achieved on 6 September 2011, the yellow metal has lost around 30% of its value. « It’s precisely the right time to buy gold. There is little chance of the price falling below 1,000 dollars because the extraction costs are still high. Furthermore, the quantity extracted is fairly stable at around 3000 tonnes per annum, » explains Jean-Jacques Sunier. To support his comments, the banker mentions the Gold Oil Ratio, which represents the number of barrels of crude oil you can buy for an ounce of gold. « Today, the price per ounce could

easily be 20 to 30 times the barrel price. An ounce of gold for between 2000 and 3000 dollars is totally conceivable. We might hit the first threshold in the second half of 2014. However, we’ll have to wait a few years yet before we see an ounce of gold priced at 3000 dollars. » Diversify your investments It is true that gold has powerful allies in the shape of the central banks. They bolster the price of gold by continuing to devalue their currencies by printing money. Contrary to liquid assets, which are abundant on the markets, gold itself is rare. Furthermore, Asia, which drives the global economy, is experiencing a

An ounce of gold for between 2000 and 3000 dollars is totally conceivable slowdown set to last until 2014. « In the current climate, turning to gold rather than shares allows you to diversify your investments. Investors could adopt an allocation similar to that of the central banks. Despite massive sales in the past decade, they still hold 13% of their reserves in gold, » the banker explains. In a world where stock exchanges are in turmoil and the finances of some large States are increasingly precarious, gold is probably still the safest investment. Whatever the circumstance, it is still the ultimate and indisputable payment method.

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CULTURE Maurice Sandoz s’installa au Château de Burier en 1938 et y passa régulièrement la belle saison, jusqu’en 1958, année de son décès. C’est à l’architecte lausannois Jack Cornaz qu’il confia le soin de réaménager la belle demeure dans le respect de ce qu’elle avait été autrefois. Il n’est pas interdit de penser que Jack Cornaz ait également guidé son client et ami dans le choix de certaines des œuvres ornant les murs de Burier. Maurice Sandoz moved into the Château de Burier in 1938 and regularly spent the summer months there until his death in 1958. He entrusted the Lausanne-based architect Jack Cornaz with the task of renovating this beautiful residence while retaining its original spirit. We might even imagine that Jack Cornaz also guided his client and friend in the selection of some of the works adorning the walls in Burier.

Jeux de regards

Une collection particulière Maurice Yves Sandoz est un écrivain, compositeur et mécène. Le plaisir évident qu’avait cet auteur à susciter par ses écrits l’étonnement, voire le frisson de son lecteur, fait écho à celui, plus dandy, de surprendre ses hôtes par le décor de sa demeure. Son salon de Burier, merveilleusement conservé, en est une preuve. Visite.Texte Jacques-Michel Pittiez / Photos Vanina Moreillon

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ans conteste, le regard et le goût de Maurice Sandoz épris de culture avec une prédilection certaine pour le classicisme et l’antiquité s’expriment par le choix – non seulement des tableaux ornant les murs de sa demeure lémanique, mais également par celui des objets et bibelots qu’il a pris soin de disséminer sur les tables, les consoles, les bureaux marquetés ou le manteau des cheminées. Il est, en effet, une manière subtile de saisir l’invité et de le tenir sous le charme lorsqu’on désire l’atta-

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cher à soi : le décor. A celui, grandiose, que forme le panorama du lac Léman et des montagnes de Savoie qui nous coupe le souffle depuis la terrasse du Château de Burier, répond celui des salons qui nous y accueillent. A quelques pas du regard terrible de l’ange déchu de Füssli qui nous foudroie dans le hall, non loin des yeux timidement baissés de la « Jeunesse » de marbre noir agenouillée près de l’entrée, et du portrait en pied du maître de céans en habit de cérémonie, queue-de-pie, gants et haut-de-forme gris perle veillant debout près du grand escalier,

toute une série de visages silencieux nous attendent déjà, dans le salon aux boiseries blanches du rez-de-chaussée dont la double porte vient de s’ouvrir. En y pénétrant, le visiteur pressé ou inattentif notera bien quelques tableaux qu’il assimilera à des portraits de famille, mais qu’il nous soit donné de prendre place – ne serait-ce qu’un instant – dans l’une des bergères tendues de soie blanche, et de regarder simplement ce qui nous entoure, avant d’interroger ces portraits sur les murs… Le spectateur ne pourra manquer d’être frappé, d’abord par l’expression de ces visages d’un autre temps. Il cherchera ensuite à comprendre d’où peut venir ce sentiment d’une présence habitée, un peu comme si ces personnages à jamais figés se faisaient les témoins silencieux de notre intrusion. Car on se sent bientôt comme intimidé en surprenant la conversation muette de cette noble assemblée. Les tableaux nous content une histoire, comme l’aurait voulu celui qui les a choisis et assemblés ainsi, dans ce salon aux boiseries blanches liserées d’or. Après nous avoir intimidés, voilà qu’ils nous prennent au piège de leur enchantement, ce qui n’aurait pas manqué de ravir Maurice Sandoz luimême. Il est des lieux d’enchantement dit-on, de quiétude et d’oubli… Burier est l’un de ces havres, précieux, intemporels que les générations d’aujourd’hui s’attachent à préserver en les gardant vivants, dans la mémoire de ceux qui les leur ont transmis.


Trois jeunes filles, dont deux en robe de mous-

Portrait de femme avec instrument de musique, Caspar Netscher (1639-1684).

seline ; la dernière, une enfant encore, en habit de velours, assise sur les genoux de son aînée suit des yeux et du doigt le vol d’un oiseau. La plus âgée regarde rêveusement au loin, sa cadette nous fixe presque dubitative, comme si elle s’interrogeait sur la réalité même de notre présence, tandis que la plus jeune voue toute son attention à l’oiseau sur le point, dirait-on, de sortir de la toile.

Three young girls, two wearing muslin dresses and the last, still a child, dressed in a velvet suit and sitting on the elder child’s knees, is following the flight of a bird with her eyes and pointing finger. The oldest stares dreamily into the distance, while the younger child studies her almost skeptically, as if she was asking her whether or not our presence was real. The youngest is devoting her entire attention to the bird, almost appearing to emerge from the canvas.

Sculpture en marbre (1913) d’Edouard Marcel Sandoz, frère aîné de Maurice Yves Sandoz.

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CULTURE

Une mèche rebelle sur le front que l’on devine haut et large, les pommettes rosissantes à peine teintées de bleu, le nez droit comme une barre de mesure, c’est un portrait supposé de Chopin. L’illustre Polonais regarde ses trois voisines.

A stubborn lock of hair on a forehead that we guess to be high and wide, pinkish cheekbones with the barest hint of blue, a nose as straight as a measuring bar, a portrait thought to be of Chopin. The famous Polish composer contemplates his three neighbors.

Exchanging glances

An intimate collection Maurice Yves Sandoz was an author, composer and patron. The writer’s obvious pleasure in surprising his readers, even causing the odd shiver on occasion, is clearly reflected in the striking decor of his stylish residence. His beautifully preserved living room in Burier is a perfect example. We pay a visit. Text Jacques-Michel Pittiez / Photos Vanina Moreillon

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he vision and style of Maurice Sandoz, a great lover of culture with a distinct taste for classicism and antiquity, are evident in his interior design choices – from the paintings covering the walls of his Lake Geneva residence to the objects and ornaments carefully arranged on tables, console tables, inlaid desks and mantelpieces.

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The decor subtly captures and charms the guest, giving invitation to linger. The spectacular panorama of Lake Geneva and the breathtaking Savoie mountains viewed from the decking of Burier Castle set the scene for the splendor of the rooms inside. Just a few steps from the striking and fearsome stare of Füssli’s fallen angle in the hall, not far from the timidly lowered eyes of the black marble « Jeunesse » sculpture kneeling near the entrance and the full-length portrait of the master of the house in formal attire - with gloves, pearl-gray top hat and tails, keeping watch close to the great staircase - a whole series of silent faces awaits us in the white-paneled ground floor living room, through the double doors which have just opened. On entering the room, even a hurried or distracted visitor cannot fail to observe a series of paintings, seemingly family portraits. However, we will take time – even if only a moment – to sit in one of the fine white silk armchairs and simply survey our surroundings, before taking a closer look at these portraits on the walls.

The first thing to strike the observer is undoubtedly the expressions on these faces from a bygone age. Next, we try to understand the sensation of a presence inhabiting these walls, almost as if these people, forever frozen in time, were silent witnesses to our intrusion. Stumbling upon the silent conversation of this noble gathering feels like rather an intimidating experience. The paintings tell a story, reflecting the intention of the person who chose them and arranged them in this way, in this living room with its white giltedged panels. After intimidating us, they captivate us with their charm, an effect that would surely have delighted Maurice Sandoz himself. We say there are enchanted places, tranquil settings in which you can forget the outside world...Burier is one such haven, one of these precious and timeless places that today’s generations are endeavoring to keep alive, in memory of those who gave them to us.


Un jeune Italien de la Renaissance peint à la manière de Bronzino, col blanc, habit noir et belle figure lumineuse. Son regard brûlant nous invite à nous retourner, en toisant au passage, sur la même paroi, ce personnage impérieux, presque biblique, dont le visage paraît surgir de l’ombre et nous faire signe de le suivre dans sa marche.

A young Italian from the Renaissance era, painted in the style of Bronzino, with a white collar, black suit and beautiful radiant face. His burning stare invites us to turn around, as we do so, encountering the glance of an imperious, almost biblical, figure on the same wall, whose face appears to loom out of the shadows, beckoning us to follow.

Une dame, dans un décor de nature romantique. Vêtue d’une superbe robe bleue, l’épaule droite drapée dans un manteau, elle est assise près d’un mur. Elle porte des sandales et l’un de ses pieds apparaît pâle comme le sont ses bras nus, son buste gansé de dentelles, son cou noblement dégagé et l’ovale de son visage. A son côté, un lévrier regardant sa maîtresse, mais la dame, elle, semble scruter quelque chose, au-delà du plan de la toile.

A lady in a natural and romantic setting. She is wearing a beautiful blue dress, a coat draped over her right shoulder, and sitting close to a wall. She is wearing sandals, and one of her feet appears pale, as do her bare arms, her chest braided in lace, and her elegantly long neck and the outline of her face. Beside her, a greyhound looks at his mistress, while the lady herself appears to be examining something beyond the canvas.

Ecole française, ca. 1700, portrait d’un des généraux de Louis XIV.

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événement

En partenariat avec la manifestation Le livre sur les quais, le Beau-Rivage Palace organise cette année des Petits-déjeuners littéraires. Un buffet bien garni, des lecteurs passionnés et un débat entre un journaliste et un écrivain sont les ingrédients de ces dimanches pas comme les autres. Texte Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

Dimanches littéraires et gour Sunday breakfast with a literary twist

In partnership with the literary event « Le livre sur les quais », this year the Beau-Rivage Palace is organizing a series of breakfast meetings for book lovers. A hearty buffet, a gathering of avid readers and a debate between a journalist and a writer are the key ingredients of these Sunday mornings with a difference. Text Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

C’

est dans la magnifique salle Sandoz du Beau-Rivage Palace que se tient l’événement. Son volume sublime, ses lustres et ses fresques composent un décor grandiose pour un petit-déjeuner. Ce n’est ni un bal, ni un mariage, pourtant le rendezvous est empreint d’une irrésistible intensité. Rencontrer un écrivain dans un cadre romanesque, c’est comme lire Belle du Seigneur au Beau-Rivage Palace : magique. A la moitié d’un pancake particulièrement moelleux et à la saveur délicieusement délictueuse, les conversations de la grande salle se muent soudain en un chuchotement intrigué : oui c’est bien lui, David Foenkinos est là, plus beau que sur la quatrième de couverture de son dernier roman Je vais mieux . Bientôt rejoint par Darius Rochebin, présentateur vedette du téléjournal suisse romand, il s’installe sur l’estrade et regarde l’assemblée venue nombreuse pour le rencontrer. Il est heureux, le public aussi.

Trois questions à David Foenkinos : Etre publié à 27 ans par une prestigieuse maison d’édition comme Gallimard, c’était un rêve ? Le vrai rêve c’est de dormir ici au Beau-Rivage Palace, bien plus que d’être publié chez Gallimard ! (rires). J’écris pour moi, parce que c’est une nécessité, mais je suis heureux que mes romans aient trouvé un si vaste public. Pourquoi ces références récurrentes à la Suisse dans vos romans ? J’aime la Suisse, j’y viens souvent. J’aime cette mythologie suisse qui s’est construite au travers de

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ses écrivains ou de ceux qui y ont écrit : Robert Walser ou Fritz Zorn, Milan Kundera ou Albert Cohen dont je suis un immense admirateur. Mais j’aime aussi les Suissesses… Auriez-vous envie d’écrire dans une chambre du Beau-Rivage Palace comme Albert Cohen, paraît-il ? C’est un lieu d’une grande beauté et d’une grande volupté qui se prête très bien à l’écriture, mais je ne suis pas attaché à un décor pour écrire. J’écris volontiers dans le train, par exemple. Par contre j’aimerais beaucoup que l’on dise : « David Foenkinos a séjourné au Beau-Rivage Palace ! »…

T

he venue for the event is the magnificent Sandoz hall in the Beau-Rivage Palace - a spectacular setting for a breakfast gathering, with its beautiful shapes, chandeliers and frescos. It may not be a ball or a wedding, but there is still an irresistible feeling of intensity about the gathering. Meeting a writer in this romantic setting is a little like reading the tale of « Belle du Seigneur » in the BeauRivage Palace : a magical experience. Halfway through a particularly soft and wickedly indulgent pancake, a ripple of intrigued whispers spreads around the great hall. Yes, it really is David Foenkinos, looking even more handsome than on the inside cover of his latest novel « Je vais mieux ». Joined by Darius Rochebin, the celebrity presenter of the Swiss-French television news, he takes his seat on the podium and surveys the large gathering assembled in his honor. A happy moment for both author and audience.


mands Darius Rochebin est l’animateur de ces rencontres littéraires

La cuisinière d’Himmler Franz-Olivier Giesbert était l’invité du Petit-déjeuner littéraire du mois de mai. Il est venu présenter son dernier roman, La cuisinière d’Himmler. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d’une centenaire scandaleuse qui a un credo : « Si l’Enfer, c’est l’Histoire, le Paradis, c’est la vie. » Rose, une cuisinière qui n’a jamais eu peur de rien, est un personnage loufoque et truculent qui a survécu au XXe siècle sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Elle a tout subi : le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais chaque fois elle ressuscite pour repartir de l’avant. Franz-Olivier Giesbert will be the guest at the literary breakfast in May. In conversation with Darius Rochebin, he will be talking about his latest novel, La Cuisinière d’Himmler. This wry and picaresque book recounts the extraordinary adventures of an outrageous centenarian whose motto is : « If Hell is history, then Heaven is life. » Rose, a cook who was never afraid of anything, is a zany and exuberant character who lived through the 20th century without losing any of her sensuality or zest for life. She survived many trials : the Armenian Genocide, the horrors of Nazism, the frenzies of Maoism. Picking herself up each time and moving on. Prochain rendez-vous en novembre. Réservations : +41 21 613 33 40, groups@brp.ch / Tarifs : CHF 50.- par personne

Three questions for David Foenkinos : Did it feel like a dream come true, having a book published by a prestigious publishing house like Gallimard at the age of 27 ? The real dream is staying here at the Beau-Rivage Palace, even more so than having my book published by Gallimard ! [laughs]. I write for myself, because it’s something I need to, but I’m happy that my books have found such a wide audience. Why do you make these repeated references to Switzerland in your novels ? I love Switzerland, I come here a lot. I like the Swiss mythology that has come into being through its writers and people who have written here : such as Robert Walser or Fritz Zorn, Milan Kundera or Albert Cohen who I admire greatly. But I like Swiss women too… Would you like to write in one of the bedrooms of the Beau-Rivage Palace, like Albert Cohen perhaps ? It’s a very beautiful and very luxurious setting, and it would be ideal for writing, but I don’t need any particular environment to write. I’m quite happy to write on a train, for instance. However, I would like it a lot if people said : « David Foenkinos stayed at the BeauRivage Palace ! »…

Le livre sur les quais à Morges, du 6 au 8 septembre Depuis quatre ans, cette manifestation littéraire donne l’occasion à un public nombreux (plus de 40 000 visiteurs l’an dernier) de rencontrer ses auteurs préférés, d’échanger quelques mots avec eux en toute simplicité, autour d’une nouvelle parution. Romanciers, historiens, essayistes, philosophes et auteurs pour la jeunesse participent à des débats thématiques dans une ambiance très conviviale. Après Jean d’Ormesson et Nancy Huston, la présidence d’honneur de cette édition 2013, a été confiée à Tatiana de Rosnay qui vient présenter son dernier roman, À l’encre russe, et se prêtera à des séances de dédicaces. « Le livre sur les quais » event in Morges from September 6 to 8 For the last four years, this literary event has been giving a wide audience (attracting more than 40,000 visitors last year) an opportunity to meet their favorite authors and discuss their latest novels in an informal setting. Novelists, historians, essayists, philosophers and writers of books for young people take part in themed debates in a very relaxed atmosphere. Following in the footsteps of Jean d’Ormesson and Nancy Huston, the 2013 event will be chaired by Tatiana de Rosnay, who will also be holding a signing session for her latest novel, À l’encre russe . www.lelivresurlesquais.ch

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SEDUCTION XXXXXXX

Shanghai

glam

La visite de Madame Zheng en Suisse n’est pas passée inaperçue. Accompagnée de photographes, cameramen, agent de communication et assistants, cette belle entrepreneuse et son associé Monsieur Song ont passé une journée au Beau-Rivage Palace pour y capter une certaine idée du bien-être. Mrs Zheng’s visit to Switzerland didn’t pass unnoticed. Flanked by photographers, cameramen, a communications officer and assistants, this beautiful entrepreneur and her associate, Mr Song, spent a day at the Beau-Rivage Palace to capture an envid sense of well-being. Réalisation Leila Klouche / Photos Alban Kakulya

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XXXXXXX Jacqueline Zheng a créé Longer, des instituts de beauté et spas partout en Chine spécialisés dans l’esthétique médicale. Convaincue que la beauté d’un visage est intimement liée à la santé du corps et à sa jeunesse, Madame Zheng accompagne sa clientèle dans sa quête de longévité et de bien-être. Forte de sa réputation, elle souhaite partager dans un guide ses lieux préférés de détente, de luxe et de santé. Elle a choisi trois pays dans le monde qui incarnent le mieux son style de vie. Les Maldives pour ses plages paradisiaques, la France pour le glamour et la mode et la Suisse pour son avance dans les domaines de la santé et du bien-être. Le Beau-Rivage Palace en fait partie.

Madame Zheng s’est associée à Song Ce pour la conception de son guide. Directeur artistique médiatisé à Shanghai, Monsieur Song est maquilleur et consultant pour des magazines de mode. Sur ce projet, il dirige l’équipe média et choisit lui-même les tenues de Madame Zheng.

Jacqueline Zheng is the founder of the Longer beauty institutes and spas across China, which specialise in medical aesthetics. Convinced that facial beauty is closely connected to bodily health and youth, Mrs Zheng helps her clients in their quest for longevity and well-being. Due to her high-profile reputation, she wants to share her favourite haunts when it comes to relaxation, luxury and health in a guidebook. She has chosen three countries throughout the world which best embody her lifestyle : the Maldives for their heavenly beaches, France for glamour and fashion and Switzerland for its edge in the fields of health and well-being. The guidebook will feature the Beau-Rivage Palace.

Mrs Zheng has joined forces with Song Ce to design her guidebook. A high profile artistic director based in Shanghai, Mr Song is a make-up artist and consultant for fashion magazines. He is directing the media team on this particular project, and has personally chosen Mrs Zheng’s outfits.

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La visite au Beau-Rivage Palace a commencé dans les cuisines d’AnneSophie Pic où Guillaume Reineix a confectionné sous des yeux fascinés l’exquise tarte fine aux légumes. Their visit to the Beau-Rivage Palace started in Anne-Sophie Pic’s kitchens, where they watched with fascination as Guillaume Reineix produced an exquisite fine vegetable tart before their very eyes.

glam

XXXXXXX

Shanghai Madame Zheng aime beaucoup la gastronomie française qu’elle a découverte à Shanghai et à laquelle elle souhaite également initier ses clients. Mrs Zheng is very fond of French cuisine, which she discovered in Shanghai, and which she also wants to introduce her clients to.

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SEDUCTION

Pour leur communication, Jacqueline Zheng et Song Ce utilisent toute une panoplie de supports médiatiques. Les téléphones portables, bien sûr, connectés aux différents réseaux sociaux et des appareils photo numériques pour l’image et la vidéo. Un journaliste de la télévision suisse était également présent pour un reportage sur cette visite de marque.

La lumière est si belle en ce printemps naissant. Les paysages suisses sont parmi ceux que Madame Zheng préfère. A terme, elle souhaiterait, pourquoi pas, s’y installer durablement. The burgeoning spring light is quite stunning. The Swiss landscape is a particular favourite of Mrs Zheng. In the future, she might like to come here to live long term.

When it comes to communication, Jacqueline Zheng and Song Ce use a whole array of media devices, including mobile phones, of course, connected to various social networks, and digital cameras for images and video. A journalist from Swiss TV was also there to report on this important visit.


SEDUCTION

Une médecine esthétique sans chirurgie, c’est la méthode que prônent les instituts et spas Longer. Madame Zheng y recourt d’ailleurs régulièrement, c’est pourquoi elle se présente comme étant la meilleure ambassadrice de sa marque. Sur son portable, une photo d’elle il y a quatre ans. Elle est fière de son nouveau visage qui convient mieux selon elle à sa carrière et à son domaine d’activité. Non-surgical aesthetic medicine is the method advocated by the Longer institutes and spas. Incidentally, Mrs Zheng is a regular visitor to them, which is why she is her brand’s best ambassador. She has a photo of herself from four years ago on her mobile phone. She is proud of her new face which, in her opinion, is better suited to her career and her business sector.

Pressée par un agenda chargé, Madame Zheng prendra tout de même le temps d’un soin du visage au spa CINQ MONDES. Prendre soin de soi est une priorité, c’est là l’essentiel de son message. Despite her busy schedule, Mrs Zheng is nevertheless planning to take time out for a facial at the CINQ MONDES spa. Taking care of yourself is a priority, and that’s her core message.

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WELCOME

(Bienvenue!)

Un défi relevé Le Beau-Rivage Palace entretient des relations privilégiées avec la Chine. Avant même que la Suisse ne figure parmi les destinations touristiques chinoises, l’hôtel lausannois accueillait déjà de nombreuses délégations officielles. Mais aujourd’hui, ce sont près d’un million de Chinois qui visitent la Suisse chaque année. Face à ce développement, le Beau-Rivage Palace a mis en place une philosophie d’accueil spécifique. Texte Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

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est Madame Müller, ancienne directrice au Beau-Rivage Palace et sinophile émérite, qui a su par sa vision avant-gardiste préparer l’hôtel à l’accueil d’une clientèle particulière. En 2001 elle entreprenait son premier voyage en Chine et apprenait le mandarin. Elle aimait la culture chinoise et maîtrisait les codes que les Chinois associent au rang de l’âge et de la hiérarchie. C’est même elle qui accueillit personnellement le président Hu Jintao en 2003 avec un compliment de bienvenue en chinois. Depuis quelques années, le nombre des visiteurs chinois est en augmentation. Le Beau-Rivage Palace, toujours soucieux du bien-être et du plaisir de ses hôtes, a entrepris d’adapter certains de ses services à l’intention de sa clientèle chinoise. Thierry Dal Magro, responsable du développement commercial au Beau-Rivage Palace, nous présente les éléments principaux de ces mises en place : Une compréhension affinée «  Nous avons constaté que l’anglais ne suffisait pas aux échanges avec la clientèle chinoise. Si nous voulons développer des rapports personnels et comprendre au mieux les besoins de nos hôtes, il est impératif de pouvoir s’exprimer dans leur langue. Une collaboratrice chinoise est désormais en charge des relations clients et de l’amélioration de l’accueil des hôtes chinois. Nous avons également réalisé un livret d’accueil en chinois avec l’ensemble des services proposés à l’hôtel, des informations pratiques telles que l’utilisation d’Internet ou les principaux numéros de téléphone utiles, ou encore des recommandations d’activités à Lausanne et d’excursions dans la région. De plus, les menus des différents restaurants de l’hôtel ont été traduits en chinois. »

«Le confort d’un séjour doit beaucoup à l’accessibilité à des plats familiers»

Manger comme à la maison « Le confort d’un séjour aussi loin de chez soi doit beaucoup à l’accessibilité à des plats familiers.

Le corps et l’esprit en ont besoin pour se reposer, entre deux nouvelles expériences culinaires suisses. C’est pourquoi nous mettons à la disposition de notre clientèle un petit-déjeuner typiquement chinois, élaboré par un cuisinier chinois.Des banquets peuvent également être réalisés pour les groupes. Dans les chambres, nous avons ajouté, en plus des fruits et des gourmandises habituelles, quelques mets typiques de Chine. Une bouilloire est également présente en chambres car les clients chinois affectionnent les boissons chaudes. »

c’est aussi parce qu’elle en appréciait profondément la culture, qu’elle a beaucoup étudiée et découverte au contact de la communauté chinoise. Savoir comment se comporter ou comment faire plaisir à quelqu’un découle directement de la connaissance de ses codes culturels. Au Beau-Rivage Palace, il est important que les collaborateurs aient une bonne connaissance des clients afin de pouvoir les servir au mieux et d’anticiper leurs attentes. C’est pourquoi nous avons développé des formations interculturelles à l’intention du personnel de l’hôtel avec l’aide d’une consultante chinoise. Naturellement il y a encore beaucoup à faire, et nous apprenons également énormément auprès de nos clients. »

Le respect naît de la compréhension « Si Madame Müller aimait tellement la Chine,

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WELCOME

Rising to the challenge The Beau-Rivage Palace has a special relationship with China. Even before Switzerland was on the map for Chinese tourists, the Lausanne hotel was already welcoming a large number of official delegations. Nowadays, around a million Chinese people visit Switzerland every year. Given this growth, the Beau-Rivage Palace has adopted a specific hospitality philosophy. Text Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

Internet and important telephone numbers, as well as recommended activities in Lausanne and excursions in the region. What’s more, the menus of the hotel’s various restaurants have been translated into Chinese. » A taste of home « The comfort of staying somewhere so far from home is largely down to the accessibility of familiar dishes. Mind and body require this in order to rest between two new Swiss culinary experiences. That’s why we provide our clients with a typically Chinese breakfast, developed by a Chinese chef. Banquets can also be prepared for groups. As well as the usual fruit and snacks in the rooms, we now provide traditional chinese treats, which people appreciate. A kettle is also provided in the rooms, because Chinese guests are partial to hot beverages. We provide Chinese tea, of course, but some people simply like to drink hot water. »

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he forward-thinking vision of Mrs Müller, the former manager of the BeauRivage Palace and a highly skilled sinophile, readied the hotel to welcome this special category of guests. In 2001, she undertook her first trip to China and learned Mandarin. She had a deep affection for Chinese culture, and learned how to address Chinese people according to age and hierarchy. In 2003, she greeted President Hu Jintao personally in Chinese. The number of Chinese visitors has risen over the past few years. The Beau-Rivage Palace, ever keen to ensure the well-being and enjoyment of its guests, has tailored some of its services to its Chinese guests. Thierry Dal Magro, business devel-

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Respect comes from understanding « One of the reasons why Mrs Müller liked China so much was because she had a deep fondness for the culture, which she had studied extensively and learned about from the Chinese community. Knowing how to behave or make someone happy comes from knowing their cultural codes. It is important opment manager at the BeauRivage Palace, explains the main elements that have been put in place :

«We provide our clients with a typically Chinese breakfast»

Improved understanding « We found that it was not sufficient to speak English to our Chinese guests. If we want to develop personal relationships and best understand our guests’ needs, then it is essential to be able to speak their language. A Chinese employee is now in charge of customer relations and improving hospitality for our Chinese guests. We have also produced a welcome leaflet in Chinese, outlining the full range of services the hotel offers, practical information such as the use of the

for Beau-Rivage Palace employees to have a good understanding of our clients so that they can provide them with the best service and anticipate their expectations. That’s why we have developed intercultural training for hotel staff with the help of a Chinese consultant. There is still a long way to go, of course, and we also learn a great deal from our guests. »


VOTRE ÉVÉNEMENT PRIVÉ SUR MESURE La réussite d’un événement repose sur le choix d’un lieu d’exception. Le lac Léman offre un cadre unique, une atmosphère féerique variant selon les saisons et les moments de la journée, une parenthèse originale qui suspend le quotidien et promet de partager de belles expériences. CGN-Exclusive vous offre la possibilité de louer l’un de nos bateaux. Votre croisière dans un décor contemporain, souligné par une ambiance très tendance ? Votre croisière « Belle Époque » dans une ambiance intime et élégante qui joue du temps passé ? La variété de styles des espaces de réception de nos bateaux sont adaptés à tous types d’événements. Demandez gratuitement une offre personnalisée. CGN-Exclusive se fera un plaisir de vous répondre et de vous accompagner tout au long de la préparation de votre événement.

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WORLD

Il est des vies qui en cachent d’autres. Jonathan Ledgard, invité de la chaire Landolt & Cie « Stratégies innovatrices pour un futur durable » à l’EPFL, n’est pas seulement un penseur du développement en Afrique. Reporter de guerre, journaliste politique, chercheur, Jonathan Ledgard est aussi l’auteur d’une œuvre littéraire subtile et complexe.Texte Jérôme Galichet / Photos Vanina Moreillon

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l a rencontré des chefs d’Al Qaïda en Somalie, traqué Ben Laden au Proche-Orient, suivi les débuts de George W. Bush au Texas et couvert la plupart des conflits qui ont émaillé le continent africain ces dix dernières années. De son activité de correspondant étranger pour le très réputé journal britannique The Economist, Jonathan Ledgard a gardé le goût du mot juste ainsi que la faculté de réfléchir aux problèmes mais surtout aux solutions. Amoureux de l’Afrique Jonathan Ledgard veut promouvoir des solutions intelligentes pour le développement du continent africain. « Si l’Afrique échoue, c’est toute l’humanité qui échouera », prédit ce spécialiste du risque

pour mettre en place des initiatives innovantes sur ce continent. Il cite l’utilisation des algorithmes pour prédire l’évolution des épidémies de malaria sur la base des précipitations et des variations de température. Ou encore le croisement des données issues des téléphones portables pour mieux comprendre les mouvements de populations et les promesses de l’éducation digitale pour la diffusion des connaissances. « On pense souvent que parce qu’il y a de la pauvreté, l’Afrique est condamnée à des technologies médiocres. Mais dans de nombreux domaines, le continent est en avance en termes d’innovation. C’est le cas notamment pour la téléphonie mobile. » Ce soir-là, dans les salons raffinés de l’hôtel

Jamais loin de l’océan Jonathan Ledgard est capable de vous expliquer sur un coin de table pourquoi la disparition des requins dans l’océan Indien menace l’équilibre océanographique de la planète. Ses yeux d’un bleu profond s’animent dès que l’on parle des grandes étendues marines. Né en 1968 dans les îles Shetland, Jonathan Ledgard est fasciné par la nature et surtout l’océan, au point de s’engager il y a quelques années au sein d’un programme de recherche de l’institut océanographique Woods Hole, le plus important centre au monde dans les domaines des sciences et de l’ingénierie marines. « Etudier l’océan, c’est se pencher sur l’origine de la vie et des espèces. L’Afrique est aussi le lieu des origines pour l’homme. J’aime cette idée

De Nairobi à l’EPFL 

Itinéraire d’un penseur dans les économies émergentes. Avec l’EPFL, il a donc développé un laboratoire d’idée réunissant des personnalités de tous horizons pour réfléchir au futur de l’Afrique. « Je suis venu ici pour bâtir des projets. La Suisse possède des ressources humaines, créatives et industrielles exceptionnelles. C’est un pays où l’on peut passer à l’action », dit-il. Un chiffre résume à lui tout seul le défi. « En 1950, il y avait deux Européens pour un Africain. En 2100, il y aura trois Africains pour un Européen. Pas besoin d’être économiste pour comprendre les enjeux colossaux qu’une telle inversion soulève pour l’Afrique mais aussi pour toute la planète », explique-t-il calmement. La haute technologie au service du développement L’ambition de son laboratoire à l’EPFL ? Devenir l’un des centres mondiaux de pointe en matière de technologies appliquées au contexte africain. Son objectif : se servir des techniques les plus avancées en matière de modélisation de l’information

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Beau-Rivage, Jonathan Ledgard commande un thé avec un nuage de lait. « Je suis resté trop britannique ! », plaisante-t-il. L’homme a pourtant voyagé à peu près partout dans le monde. Mais c’est en Afrique qu’il se sent chez lui. « J’aime la nature, j’aime les gens et j’espère finir mes jours quelque part dans la brousse africaine. Ce territoire vit un moment crucial de son histoire, c’est ce qui le rend si passionnant aujourd’hui. Je suis convaincu que l’Afrique peut apporter un surplus d’intelligence au monde entier. »

d’aller aux racines des problèmes et de l’histoire pour comprendre l’avenir. » Changer le monde L’océan, c’est justement l’un des thèmes de son dernier livre intitulé Submergence. Car Jonathan Ledgard possède une seconde vie de romancier. Dans la poche de sa veste, il y a toujours deux carnets de notes : celui du journaliste et celui de l’écrivain. Entre ces deux plumes, le correspondant de The Economist n’hésite pas. « Les journalistes peuvent influencer le moment, la littérature peut

Des valeurs communes La chaire Stratégies innovatrices pour un futur durable de l’EPFL a été fondée et est financée par la banque Landolt & Cie SA dont le siège est à Lausanne. Landolt & Cie est un établissement reconnu pour ses standards éthiques élevés et l’attention particulière qu’il porte à la transmission du patrimoine de ses clients aux générations futures. La création de la chaire résulte d'une convergence de ses valeurs avec celles de l’EPFL : « La transmission d’information, la formation, les rencontres et le réseautage sont extrêmement importants pour développer des techniques et des processus nouveaux et progresser de manière durable », explique Jean-Daniel Balet, membre du comité exécutif de la banque Landolt & Cie SA.


From Nairobi to the EPFL 

Journey of an extraordinary theorist Some lives are multi-faceted. Jonathan Ledgard, visiting Chair Landolt & Cie « Innovative strategies for a sustainable future »at the EPFL. Jonathan is not just a theorist on the subject of development in Africa. War reporter, political journalist and researcher, he has also written a subtle and complex work of literature.Text Jérôme Galichet / Photos Vanina Moreillon

hors norme JONATHAN LEDGARD EN 4 DATES 1968 Naissance dans l’archipel des îles Shetland en Ecosse : « L’océan Atlantique a profondément ancré en moi le sens de l’espace et un certain romantisme. »

1989  Premier grand reportage en Roumanie au moment de la chute de Ceausescu : « Mon baptême du feu comme correspondant de guerre. »

2002 Reportage en Afghanistan : « Je suis assis sur le sol d’une mosquée dans un village au cœur d’une vallée enneigée. Un mollah m’assure que juste derrière moi se trouve un djinn (un démon). Je comprends alors que la vie contient toujours une part de magie. »

2004 Correspondant en Afrique pour The Economist : « Ma femme et moi découvrons les rues de Nairobi pour la première fois. Nous sommes subjugués, nous resterons longtemps dans cette région. »

changer le monde », explique celui qui se considère volontiers comme un romantique dans ce domaine. Acclamé par la critique, son premier roman, Giraffe, a été un succès. « J’écris pour que les gens se rendent compte que le monde est bien plus grand, bien plus fou et bien plus intéressant que ce qu’ils imaginent. » Les romans comme les articles de Jonathan Ledgard articulent brillamment la question des choix individuels et des enjeux collectifs, et posent finalement la question de l’engagement de chacun dans la grande aventure humaine.

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e has met Al Qaida leaders in Somalia, tracked Bin Laden in the Middle East, followed George W. Bush’s early career in Texas and covered most of the conflicts Africa has seen over the past ten years. As foreign correspondent for the highly regarded British newspaper The Economist, Jonathan Ledgard likes to find just the right word and has the ability to reflect on problems as well as, more importantly, solutions. In love with Africa Jonathan Ledgard wants to promote intelligent development solutions for the African continent. « If Africa fails, humanity as a whole will fail, » is the prediction of this emerging economies risk specialist. Consequently, he has developed a think tank with the EPFL, bringing together people from every background to reflect on the future for Africa. « I came here to build projects. Switzerland has amazing human, creative and industrial resources. It’s a country where things get done, » he adds. One statistic sums up the immense challenge by itself. « In 1950, there were two Europeans to every African. In 2100, there will be three Africans to every European. You don’t need to be an economist to understand the colossal challenges such a reversal holds in store for Africa, as well as for the entire planet, » he calmly explains.

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WORLD

yet feels most at home in Africa. « I love nature, I love people, and I hope to end my days somewhere in the African bush. This land is at a crucial point in its history, which is what makes it so exciting today. I am convinced that Africa can enhance global intelligence. » Never far from the ocean Jonathan Ledgard can explain on the back of an envelope why the disappearance of sharks in the Indian Ocean is threatening the planet’s oceanographic bal-

influence the moment, whereas literature can change the world. » His critically acclaimed first novel, Giraffe, was a bestseller. « I write so that people realise that the world is much bigger, crazier and more interesting than they imagine. » Jonathan Ledgard’s novels and articles alike brilliantly set out the issue of individual choices and collective challenges, and ultimately question each individual’s commitment to the great human adventure.

« If Africa fails, humanity as a whole will fail » High technology helping the cause of development The aim of his think tank at the EPFL is to become one of the leading centres in the world in the area of technologies applied to the African context. Its objective is to make use of cutting edge information modelling techniques to put innovative initiatives in place for this continent. He talks about using algorithms to predict malaria epidemic trends based on rainfall and temperature variations, and cross-checking mobile phone data to gain a better understanding of population movements and the promise of digital education for disseminating knowledge. « We often think that because there is so much poverty, Africa is doomed to have mediocre technologies. However, in a number of fields the continent is advanced when it comes to innovation. This is the case for mobile telephony in particular. » That evening in the sophisticated surroundings of the Hôtel Beau Rivage, Jonathan Ledgard orders tea with just a drop of milk. « I’m just too British ! » jokes the man who has travelled practically all over the world,

ance. His electric blue eyes light up as soon as the conversation turns to the marine environment. Born in 1968 in the Shetland Islands, Jonathan Ledgard is fascinated by nature and especially the ocean, so much so that several years ago he got involved in a research programme carried out by the Woods Hole Oceanographic Institution, the world’s leading marine science and engineering centre. « Studying the ocean is like exploring the origins of life and species. Africa is also where humans originated. I like the idea of going to the roots of problems and history in order to understand the future. » Changing the world In fact, the ocean is one of the themes of his latest novel entitled Submergence, for Jonathan Ledgard has a second career as a novelist. He always keeps two notebooks in his jacket pocket, one for his work as a journalist and the other for his work as an author. The correspondent for The Economist has no intention of choosing between the two. A self-proclaimed romantic in this field, he explains that « journalists can

4 KEY DATES IN THE LIFE OF JONATHAN LEDGARD 1968 Born in the Shetland archipelago in Scotland : « The Atlantic Ocean gave me a deep-rooted sense of space and a certain romanticism. » 1989  First major reporting in Romania at the time of the overthrow of Ceausescu : « My baptism of fire as a war correspondent. » 2002 Reporting in Afghanistan : « I am sitting on the floor of a mosque in a village nestled in a snow-covered valley. A mullah assures me that there’s a jinn (demon) just behind me. I understand at that instant that life always contains a spark of magic. » 2004 African correspondent for The Economist : « My wife and I are discovering the streets of Nairobi for the first time. We are captivated, and will stay in this region for a very long time. »

Shared values The Chair « Innovative strategies for a Sustainable Future » at the EPFL was founded and is financed by bank Landolt & Cie SA, domiciled in Lausanne. The bank Landolt & Cie SA is renowned for its high ethical standards and the special attention the bank pays to safekeeping clients’ assets for future generations. The creation of this Chair resulted in a convergence of values between the EPFL and Landolt & Cie : « Information transfer, training, meetings and exchange are extremely important for the development of new techniques and procedures and the ensuring of sustainability » explains Jean-Daniel Balet, member of the Executive Commitee of the bank.

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Bibliography Submergence, Coffee House Press, 2013 (English) Giraffe, Jonathan Cape publishers, 2006 (English) Girafe, Editions Héloïse d’Ormesson, 2006 (anglais)


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la perche des montagnes Considérés par de nombreux Suisses comme un plat national, les filets de perche consommés en terres helvétiques sont issus à 90% de l’importation. Une situation que tente de renverser la jeune entreprise Valperca, qui élève des percidés dans l’eau pure issue du massif du Lötschberg.Texte Patricia Michaud / Photos Vanina Moreillon

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NATURE

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orés au beurre et garnis d’une fricassée de tomates, olives et câpres, les filets sont joliment arrangés dans l’assiette. Cette manière d’apprêter la perche, baptisée «  alla Vincentina », est l’une des trois proposées toute l’année sur la carte du Rarnerhof, un restaurant sis au cœur du village hautvalaisan de Rarogne. La chair des grands filets est tendre, goûteuse. « Il y a vingt ans, si on m’avait dit qu’un jour je servirais des perches locales dans un restaurant valaisan, j’aurais bien rigolé », lance le patron de l’établissement. On a beau scruter à la ronde : pas trace d’un lac. Et pourtant, chaque jour, quelque 300 kg de filets de perche « du lac »

le projet doit être abandonné quelques années plus tard en raison de difficultés techniques et politiques. Rapidement, une autre solution se dessine pour François et Pierre Landolt, les instigateurs et parrains de l’aventure. Suite au percement du tunnel du Lötschberg, de l’eau de source est évacuée du massif montagneux. Une eau pure, dont la température s’élève naturellement à 19 degrés. « Pour croître de façon optimale, les perches ont besoin d’une eau à 21 degrés. Nous avons sauté sur cette occasion unique ! » raconte David Morard, l’administrateur de Valperca. Soutenue par la commune de Rarogne, propriétaire de cet « or transparent », l’entreprise installe une conduite d’un kilomètre pour récupérer l’eau du Lötschberg. Cette

L’attrait du « 100 % suisse » En 2012, 76 tonnes de filets Valperca ont atterri au rayon poissonnerie des principaux distributeurs du pays, ainsi que sur les tables des restaurants. Cette année, les 30 employés de Valperca et Percitech en produiront environ 100 tonnes. « D’ici à 2016, nous devrions atteindre les 150 tonnes annuelles, soit 5 à 10% du marché helvétique », anticipe l’administrateur de la société. Une expansion rapide qui ne constitue en aucun cas une menace pour les pêcheurs des lacs suisses, précise David Morard. « Alors que le filet de perche est quasiment un plat national, près de 90% de sa consommation est issue de l’importation. Il y a de la place pour Valperca et pour les pêcheurs ! »

Selon David Morard, administrateur de Valperca, la production devrait atteindre les 150 tonnes annuelles d'ici à 2016.

(Perca fluviatilis) quittent la commune nichée à la sortie du tunnel ferroviaire de base du Lötschberg. A quelques centaines de mètres du Rarnerhof, près de l’ancien aérodrome militaire, deux halles rutilantes affichent fièrement leur enseigne « Valperca Premium Eglifilets ». Inauguré il y a trois ans, ce complexe est le premier élevage de perches en circuit fermé de Suisse. Dans l’un des deux bâtiments, 34 bassins de tailles variables hébergent les poissons aux différents stades de leur croissance. La seconde halle est dédiée au filetage et à l’emballage des percidés dont les filets sont ensuite récupérés par les camions réfrigérés des grossistes et des grandes surfaces. Une eau naturellement chaude Les origines de Valperca remontent à 1994, lorsqu’un biologiste de l’écloserie de perches Percitech, située à Chavornay (VD), met au point une technique révolutionnaire : la ponte décalée qui permet de produire des œufs toute l’année. Une première ferme d’élevage voit le jour sur le lac de Neuchâtel mais

dernière, qui arrive sur le site de l’élevage à un débit constant de 160 l/s, n’a plus qu’à être légèrement chauffée, additionnée d’oxygène puis répartie dans les bassins. Chaque semaine, des alevins de 5 grammes, élevés chez Percitech, arrivent par camion sur le site valaisan. Commence alors une épopée de 5 à 7 mois qui

A l’ère de la traçabilité des aliments et du « manger local », l’origine 100% rouge à croix blanche des filets Valperca a de quoi séduire. Certaines grandes tables de la région, dont le Café Beau-Rivage, les servent d’ailleurs toute l’année. « L’un des buts de notre projet est de sauver le patrimoine helvétique. Alors qu’il n’y a presque plus de poissons dans nos

« L’un des buts de notre projet est de sauver le patrimoine helvétique » verra les perchettes passer d’un bassin à l’autre, jusqu’à ce qu’elles atteignent leur poids idéal de 135 grammes. Depuis les bassins, les poissons sont transportés dans le bâtiment-atelier, où ils sont filetés puis parés à la main par des ouvrières emmitouflées jusqu’aux oreilles. « La température de la pièce n’excède pas 6 degrés, afin que les filets de perche gardent toute leur fraîcheur. Ensuite, ils sont mis sur glace et livrés », explique David Morard.

lacs, nous proposons des perches élevées en Suisse sans médicaments et de façon durable », note l’administrateur. Il ajoute que Valperca ne produit presque pas de déchets. En effet, les restes de poisson sont vendus à l’industrie de l’alimentation pour chats et les résidus captés dans l’eau à la sortie des bassins sont utilisés comme engrais par des agriculteurs.

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Valperca or mountain perch Considered a national dish by many Swiss people, 90% of the perch fillets consumed in Switzerland are imported, a situation that the new company Valperca, which farms perch in pure water from the Lötschberg mountain range, is trying to redress. Text Patricia Michaud / Photos Vanina Moreillon

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ried in butter until golden brown and served appealingly with a fricassee of tomatoes, olives and capers, this method of preparing perch fillets, referred to as « alla Vincentina », is one of the three available all year round on the menu of the Rarnerhof, a restaurant nestled in the Haut-Valais village of Rarogne. The flesh from the large fillets is tender and tasty. « If someone had told me twenty years ago that one day I would be serving local perch in a Valais restaurant, I would have laughed, » chuckles the restaurant’s owner. There isn’t a trace of a lake for miles around, yet around 300 kg of « lake » perch (perca fluviatilis) fillets leave the municipality situated close to the exit of the railway tunnel at the base of the Lötschberg every day. A few hundred metres from the Rarnerhof, close to the former military airfield, two gleaming sheds proudly display the sign « Valperca Premium Eglifilets ». Opened three years ago, this complex is Switzerland’s first closed circuit perch farm. In one of the two buildings, 34 tanks of varying sizes contain fish at different stages of growth. The second shed is given over to filleting and packaging the perch. The fillets are subsequently collected by the refrigerated lorries of wholesalers and supermarkets. Naturally warm water The origins of Valperca date back to 1994, when a biologist from the Percitech perch hatchery in Chavornay (VD) developed a revolutionary technique known as staggered laying, which enables egg production all year round. A first farm was set up on Lake Neuchâtel, but the project had to be abandoned a few years later for technical and political reasons. Another solution soon presented itself to François and Pierre Landolt, the instigators and sponsors of the venture. Since the drilling of the Lötschberg tunnel, spring water has

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been drained from the mountain range. The natural temperature of this pure water is 19 degrees. « Perch require water at a temperature of 21 degrees for optimal growth. We jumped at this unique opportunity ! » recalls David Morard, manager of Valperca. Supported by the municipality of Rarogne, which owns this « transparent gold », the company installed a kilometre-long conduit to collect the water from the Lötschberg. This water arrives at the farm site at a constant flow of 160 litres per second, and simply has to be heated slightly and oxygen added before being distributed between the tanks. Every week, 5 gram fry reared at Percitech arrive at the Valais site by lorry. This is the start of a 5-7 month journey which sees the young perch move from one tank to the next until they reach their ideal weight of 135 grams. From the tanks, the fish are transported to the workshop building, where they are filleted then hand-dressed by workers wrapped up warmly from head to foot. « To keep the perch fillets fresh, the room temperature is no more than 6 degrees. They are then put on ice and delivered, » continues David Morard. The appeal of « 100% Swiss » In 2012, 76 tonnes of Valperca fillets landed on the fish counters of the country’s main supermarkets and on restaurant menus. This year, Valperca and Percitech’s 30 employees will produce around 100

« One of the aims of our project is to safeguard Switzerland’s heritage »

Perches & Chips at the Café BeauRivage.

tonnes. « By 2016, we should achieve 150 tonnes per year, which is 5 to 10% of the Swiss market, » predicts the company’s manager. However, David Morard explains that this rapid expansion is in no way a threat to Switzerland’s lake fishermen. « Although perch fillet is practically a national dish, around 90% of what we consume is imported. There is plenty of room for Valperca and for the fishermen ! » At a time when food traceability and eating locally sourced food are considered more important than ever, the fact that Valperca filets are 100% Swiss is very appealing. Some of the region’s best restaurants, including Lausanne’s Café Beau-Rivage, serve it all year round. « One of the aims of our project is to safeguard Switzerland’s heritage. Even though there are practically no fish in our lakes anymore, we can offer perch farmed sustainably in Switzerland without the use of drugs, » explains the manager. He adds that Valperca produces practically no waste. In actual fact, the fish scraps are sold to the cat food industry and the residues collected from the tank outlet water are used by farmers as fertiliser.


CLInIC LemanIC Lifting facial par ultrasons La Clinic Lémanic à Lausanne, premier centre en Suisse à s’être doté d’outils permettant à ses médecins de pratiquer l’ulthérapie sur ses patients, nous expose les caractéristiques de cette dernière technique non invasive, dont tout le monde parle. L’ulthérapie, en quoi cela consiste-t-il? Il s’agit d’un traitement à l’ultrason qui conduit au rajeunissement des couches profondes de la peau. Cette technique permet de visualiser puis de traiter avec le même appareil les zones concernées. Un applicateur est ainsi placé sur la peau, permettant d’observer sur un écran – comme lors d’une échographie – ce qui se passe en dessous. On se sert ensuite de l’applicateur pour diffuser là où cela est nécessaire de la chaleur sous l’épiderme afin de produire un raffermissement sans endommager la surface. Stimulée par cette énergie, la peau va ainsi produire du nouveau collagène, ce qui va conduire à la resserrer naturellement. Travaillant davantage en profondeur que toutes les autres techniques existantes à ce jour, cette méthode conduit à une régénération des tissus en restaurant, en quelque sorte, la mémoire de la peau. A qui ce traitement s’adresse-t-il? Il est destiné à des patients dont la peau est relâchée au niveau des joues, du contour des yeux, de la queue des sourcils, particulièrement aussi en cas de double menton ou perte de définition de l’ovale du visage. L’ulthérapie tend à améliorer nettement et naturellement des relâchements moyens et peut être aussi utilisée comme traitement antiâge préventif. Comment se déroule une séance d’ulthérapie? L’énergie insufflée sous la peau par l’ultrason occasionne une production de chaleur. La peau rosit et le patient peut ressentir une sensation de picotements pendant le traitement, qui dure en moyenne une heure. Dès la fin de la séance, on découvre à nouveau les contours de son visage redessinés, les traits se retendent. Ce traitement ne nécessite aucune éviction socioprofessionnelle. Une médication durant ou après l’intervention n’est en outre pas nécessaire.

Qu’en est-il des résultats? On constate un rajeunissement de l’apparence des patients qui ont eu recours à l’ulthérapie: la peau du visage est retendue, les pommettes et l’arcade sourcilière rehaussées, le regard devient plus ouvert, l’ovale du visage redessiné, le double menton nettement atténué. Les patients retrouvent de la sorte une tonicité qu’ils croyaient ne plus pouvoir obtenir si facilement en si peu de temps et selon un processus qui ne doit rien à des substances étrangères ou à une intervention chirurgicale. L’ulthérapie, c’est l’assurance de réactiver progressivement et naturellement un rayonnement enfoui sous les couches profondes de sa peau. La Clinic Lémanic, lauréate 2012 Remarquable récompense honorifique internationale pour la Clinic Lémanic qui s’est vue décerner la distinction IIPP, à l’Unesco à Paris, pour le mérite au développement des technologies en médecine et en esthétique. Ce prix récompense l’innovation dans les prestations fournies ainsi que la précellence des résultats aux patients.

Breaking the facelift sound barrier Clinic Lémanic in Lausanne, Switzerland’s premier centre, where doctors can now treat patients using Ultherapy explains the new non-invasive technique everyone is talking about. So, what is ultherapy? It is an ultrasound treatment that rejuvenates the deeper layers of the skin. Using this technique, the affected areas are first displayed on screen then treated with the same equipment. an applicator is placed on the skin so that what is going on underneath can be seen on a screen, like an ultrasound scan. The applicator is then used to diffuse heat where it is needed below the epidermis to firm the skin without damaging its surface. Stimulated by the ultrasound energy, skin starts to produce new collagen, causing it to

tighten naturally. By working more deeply than any of the other existing techniques, this method regenerates skin tissue by, so to speak, restoring the skin’s memory. Who is the treatment for? It is for patients whose skin has loosened in the area of the cheeks, eye contour or outer brow, or where there is a double chin or loss of definition of the outline of the face. Ultherapy noticeably and naturally corrects slackness and can also be used as a preventive anti-aging treatment. What happens during an Ultherapy session? The ultrasound energy introduced beneath the skin produces heat. The skin reddens and the patient may feel a tingling sensation during treatment, which on average lasts for an hour. Right after the session, patients already find the contours of their face redefined and their features tightened. Treatment does not require any change in the patient’s social or professional life nor is any medication required during and after the intervention. Tell us about the results. Patients who have used Ultherapy look younger – the skin is tauter, the cheekbones and brow arch are lifted, the eyes are more open, the oval of the face is redrawn and any double chin noticeably reduced. Patients experience tissue toning they did not believe could be achieved so painlessly and in so short a time using a process that requires neither foreign substances nor surgical operations. Ultherapy gradually and naturally reactivates the radiance buried beneath the skin’s deeper layers. Clinic Lémanic, 2012 award winner an important international recognition at Unesco in Paris was achieved by the Dr Veronique emmenegger and Clinic Lémanic with the award of IIPP distinction for merit in the Development of medical and aesthetic Technologies. This prize recognises the innovative nature of the services provided and the outstanding results for patients.

Information w w w. c l i n i c l e m a n i c . c h info@cliniclemanic.ch Te l. + 41 21 3 21 2 0 8 2


Environnement

Gestion de l’eau 

Un enjeu

entre économie et écologie Alors que les changements climatiques font planer des menaces sur l’approvisionnement en eau de la planète, la Suisse est l’un des pays européens qui exploitent le plus intensivement leur potentiel hydroélectrique. Menés par le professeur Paolo Perona, des chercheurs de l’EPFL tentent de limiter les dégâts. Texte Patricia Michaud / Photo Vanina Moreillon

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a Terre est la seule planète qui a suffisamment de soleil et d’eau pour héberger la vie. Nous devrions utiliser ses ressources avec parcimonie ! » Dans son bureau niché sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), le professeur Paolo Perona s’anime. « Ça va peut-être vous paraître un peu cliché. Mais je crois que ce qui m’a donné envie de me lancer dans le génie hydraulique et l’éco-morphodynamique fluviale, c’est la volonté de laisser à mes enfants un monde où la nature peut encore être qualifiée de nature. » Depuis 2010, cet Italien formé au Politecnico de Turin planche en compagnie d’une petite équipe d’étudiants et de doctorants sur la gestion durable des ressources en eau. Baptisé AHEAD, le groupe de recherche lausannois est soutenu par le Fonds national suisse pour une durée de quatre ans. Dans ce cadre, les chercheurs étudient la dynamique des rivières et de la végétation riveraine, les mécanismes de déracinement de la végétation ou encore les stratégies d’allocation de l’eau. Lorsque la Thur – une rivière prenant sa source dans le massif du Säntis et se jetant dans le Rhin – a fait l’objet de travaux visant à lui rendre son tracé naturel, le professeur et ses collègues se sont rendus sur place afin d’observer les conséquences de cette restauration : déplacement des sédiments, évolution morphologique, degré de progression de la rivière, pression sur la végétation, etc. « Ce monitoring est toujours en cours. »

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Société post-Fukushima L’an dernier, mandatés par la Chaire Landolt & Cie « Stratégies innovatrices pour un futur durable », Paolo Perona et deux de ses compères ont réalisé une étude qui colle parfaitement avec les préoccupations de la société post-Fukushima. Suite à la catastrophe japonaise, la Suisse a décidé de sortir graduellement du nucléaire et se trouve à la recherche d’alternatives pour répondre aux besoins en énergie. « L’eau devrait jouer un rôle central dans cette stratégie. Or, actuellement déjà, 57% de la production de courant dans le pays provient de ses 1000 installations électriques. La pression sur les rivières va donc encore s’accentuer. Et avec elle, les risques pour la biodiversité des zones riveraines. » En effet, l’exploitation intensive des cours d’eau provoque des impacts en cascade sur l’environnement : en uniformisant les débits, elle perturbe notamment le déplacement des sédiments et la dispersion des graines, avec de possibles effets à long terme sur la faune et la flore. Conjuguée avec les effets potentiels des changements climatiques, la multiplication des installations hydroélectriques pourrait avoir de

tristes conséquences sur la biodiversité. Partant d’un scénario communément utilisé en Suisse – à savoir une hausse de la température moyenne d’environ 2,8 degrés d’ici à la fin du siècle – « les climatologues estiment qu’après une phase d’augmentation due à la fonte des glaciers, les débits des cours d’eau baisseront ».

Un modèle réaliste Dans leur étude baptisée « Débits environnementaux dans un climat en changement : gestion durable et aspects scientifiques », les chercheurs du groupe AHEAD proposent un modèle d’infrastructure hydraulique susceptible de satisfaire à la fois les écologistes, les biologistes et les managers. Un modèle capable de générer suffisamment d’électricité pour être rentable, tout en ménageant l’écosystème. « Même s’il n’en est qu’au stade de la théorie, notre modèle est réaliste », note Paolo Perona qui précise qu’il est en cours d’analyse avec le soutien des autorités fédérales et cantonales. Le chercheur encourage vivement la Suisse à examiner de près toutes les options en matière de répartition des débits avant d’octroyer des concessions à long terme pour de nouvelles centrales hydroéUn engagement durable lectriques : « A l’ère des débats La Chaire Stratégies innovatrices pour un futur durable résulte d’une autour des changements cliconvergence de valeurs entre l’EPFL et la banque Landolt & Cie SA. matiques, ces considérations La banque soutient, entre autres, le Verbier GPS depuis ses débuts of- prennent encore plus d’imporfrant ainsi l’expertise de ses chercheurs. « En tant que banquiers res- tance ! » ponsables, notre philosophie et la raison d’être de cette chaire sont de transmettre un patrimoine sain aux générations futures. » explique Jean-Daniel Balet membre du comité exécutif de Landolt & Cie SA.


Water management

A balancing act between economy and ecology In the context of the last Verbier Green Pioneering Summit, held last December, the Landolt & Cie Chair « Innovative Strategies for as Sustainable Future » has invited Paolo Perona and his research group at the EPFL to present a study on sustainable management of water in the mountains. Text Patricia Michaud / Photo Vanina Moreillon

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arth is the only planet which has sufficient sunlight and water to host life. We should use its resources sparingly ! » In his office on the campus of Lausanne’s Federal Polytechnic School (EPFL), Professor Paolo Perona speaks with passion. « It might seem a bit clichéd to you, but I think what made me want to work in hydraulic engineering and fluvial ecomorphodynamics is the desire to leave my children a world where nature can still be referred to as nature. » Since 2010, this Italian who studied at Turin Polytechnic has been working on sustainable water resource management along with a small team of undergraduates and Ph.D. students. Known as AHEAD, the Lausanne research group is being supported by the Swiss National Science Foundation for 4 years. In this framework, the researchers are studying the dynamics of rivers and riparian vegetation, vegetation uprooting mechanisms and also water allocation strategies. When the Thur (a river which rises in the Säntis mountains and flows into the Rhine) was the focus of works to restore its natural course, the professor and his colleagues went on site to observe the consequences of this restoration, including sediment movement, morphological evolution, degree of progression of the river and pressure on vegetation. « This monitoring is still on-going and involves all Swiss leading Universities and research institutions ».

Post-Fukushima society Last year, tasked by the Landolt&Cie chair (innovative strategies for a sustainable future), Paolo Perona and two of his fellow researchers carried out a study which reflects the concerns of the post-Fukushima society perfectly. Following the Japanese disaster, Switzerland decided to withdraw gradually from nuclear energy, and is currently looking into alternatives to meet its energy requirements. « Water is set to play a central role in this strategy. Already, 57% of the country’s electricity production comes from its 1,000 electricity installations. Pressure on the rivers is therefore set to grow, and so too are the risks for the biodiversity of riparian zones. » In fact, the intensive exploitation of water courses is causing ripple effects for the environment. By standardising flows, it is disrupting sediment movement and seed dispersal in particular, with possible long-term effects on fauna and flora. Combined with the potential impacts of climate changes, greater numbers of hydroelectric installations could have detrimental consequences in terms of biodiversity. To take a scenario commonly used in Switzerland (i.e. an average temperature rise of approximately 2.8 degrees by the end of the century), « climatologists estimate that, following a rising phase due to the glaciers melting, river flows will fall. »

The researchers from the AHEAD group are proposing a hydraulic infrastructure model likely to satisfy ecologists, biologists and managers alike.

A sustainable commitment The Chair Landolt & Cie « Innovative Strategies for a Sustainable Future » came into being as the result of a convergence of values between the EPFL and the Swiss private bankers Landolt & Cie SA. The bank supports the Verbier GPS since the very beginning, by providing expert input from its researchers : « Our philosophy, and the guiding principle of this Chair, is to ensure that we pass on a healthy legacy to future generations. » explained Jean-Daniel Balet, a member of Landolt & Cie’s Executive Committee.

A realistic model In their study entitled « Environmental flows in a changing climate  : sustainable management and scientific aspects », the researchers from the AHEAD group are proposing a hydraulic infrastructure model likely to satisfy ecologists, biologists and managers alike. This model is capable of generating sufficient electricity to be profitable, at the same time as preserving the ecosystem. « Even though it is only at the theoretical stage, our model is realistic, » observes Paolo Perona, before going on to explain that it is currently being analysed with the support of the federal and cantonal authorities. The researcher urges Switzerland to examine closely all of the options relating to distribution of flows before granting long-term licences for new hydroelectric power stations. « At a time when climate change is high on the agenda, these considerations are more important than ever ! »

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Visite guidée Sa belle situation sur les quais, au pied de l’hôtel Angleterre & Résidence, son ambiance feutrée et chaleureuse et son excellente carte italienne font de l’Accademia une table très appréciée de la région. Depuis 2002, c’est une clientèle fidèle qui revient jusqu’à trois fois par semaine dans ce restaurant qui ne désemplit pas. Côté cuisine, loin des clichés des brigades bruyantes et brimées, le plaisir et l’harmonie semblent les secrets du succès. Visite. Texte Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

Angleterre & Résidence

Dans les coulisses de Chacun à son poste, les sept cuisinières et cuisiniers présents ce matin-là s’affairent avec calme et concentration à leurs tâches respectives. Le plaisir de ces moments de mise en place et de préparation avant le stress du service est palpable. Ici, « une cuisine harmonieuse » n’est pas un oxymoron. On dit qu’il est très dur de travailler en cuisine, ça l’est certainement, mais quand il y a du plaisir et qu’il est partagé, l’effort devient beau. A les regarder on pourrait croire que c’est pour eux-mêmes qu’ils se donnent tant de peine.

With everyone at their station, the seven cooks on duty that morning busy themselves with their respective tasks in a display of calm and concentration. The joy of this phase of setting up and preparation ahead of the bustle of service is palpable, yet harmonious cooking is no oxymoron here. They say that a kitchen is a tough place to work in. That is certainly true, but when there’s joy and that joy is shared, the effort is worth it. Just watching them, you’d think that they were giving themselves so much trouble for their own benefit.

Autre charme de cette cuisine conviviale, les gestes effectués avec application pour chaque préparation. Ici, le chef Yves Guillas écaille un magnifique bar de ligne. Le geste est maîtrisé, il est tout à la fois vif et doux. Là, c’est Maria qui élabore une purée de pommes de terre à la truffe pour accompagner la caille. Une à une les pommes de terres brûlantes sont pelées à la main, il faut ensuite les écraser au presse-purée, à la force du biceps – toujours une à une – puis patiemment passer cette masse au tamis d’un geste appuyé. C’est ainsi que l’on obtient la meilleure mousseline, avec du temps et beaucoup d’efforts. Another charming aspect of this friendly kitchen is the diligent actions that go into every stage of the preparation. In front of us, chef Yves Guillas scales a magnificent sea bass with a skilled action that is both quick and gentle. Over there, Maria is making mashed potatoes with truffles to serve with the quail. She peels the red-hot potatoes by hand one by one, before using all her strength to crush them in the potato ricer, again one by one, then patiently forcing everything through a sieve. That’s how you get the finest mash - with time and a lot of effort.

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Une bonne odeur de légumes nous mène droit au gril. Des aubergines, courgettes et poivrons rouges et jaunes sont soigneusement grillés des deux côtés pour le buffet d’antipasti.


La carte de l’Accademia est classique, mais beaucoup d’originalité et de créativité sont données dans les assaisonnements, les accompagnements et les détails. Les sauces, les garnitures et les types de cuissons changent en fonction des saisons. Dans la plus pure tradition, ce sont les produits qui sont les vrais arguments de cette cuisine italienne revisitée avec brio. De l’origan de l’Etna, de l’huile d’olive provenant directement du producteur, des fromages frais typiques comme la burrata, sans parler des poissons et des viandes sélectionnés avec soin pour leur qualité et leur goût.

l’Accademia

Le bar de ligne grillé en vierge d’olive taggiasche et asperge verte.

The menu of the Accademia is classic, but a lot of originality and creativity go into the dressings, accompaniments and details. The sauces, garnishes and cooking methods vary with the seasons. In the purest tradition, the produce is the real star of this Italian cuisine revisited with panache, featuring oregano from Etna, olive oil straight from the producer, classic soft cheeses such as burrata, not to mention the fresh fish and meat carefully selected for taste and quality.

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Visite guidée

Behind the scenes at the Accademia Its stunning quayside position at the foot of the Hotel Angleterre & Residence, its warm, cosy atmosphere and its excellent Italian menu all make the Accademia a popular local dining destination. In the kitchen, far from the clichés of noise and barked orders, pleasure and harmony seem to be the secrets of its success. Text Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

Un nouveau plat de pâtes est présent à la carte chaque jour. La pasta fresca est « maison », fabriquée en pâtisserie. On y fait toutes sortes de pâtes, tagliatelle, taglierini, ravioli. Aujourd’hui : « Ravioles épinards et ricotta au beurre de sauge. » C’est un plat d’une simplicité extrême, mais on y trouve toute l’Italie. Des gestes traditionnels, la pâte à la farine de blé dur travaillée à la main, la farce placée à la poche à douille, puis le coup de main pour recouvrir le tout et former les ravioles à l’emporte-pièce. C’est le sous-chef qui est en charge des pâtes et risotti ce matin. En regardant faire, on se rappelle combien la préparation d’un plat est aussi belle que le plat est bon. A new pasta dish makes its menu debut every day. The fresh pasta is « home-made » in the pastry section. They make all sorts of pasta there, including tagliatelle, taglierini and ravioli. Today’s dish is « spinach and ricotta ravioli with sage butter ». It’s an extremely simple dish, but you find it all over Italy. Made traditionally, the durum wheat pasta is worked by hand, a piping bag is used to position the filling, then a precise hand action is used to seal everything and form ravioli using a cutter. The sous-chef is in charge of the pasta and risotto dishes this morning. Watching him work, you are reminded that the preparation of a dish can be as satisfying to watch as it is to eat.

Nicola at the service.

Qui parle de cuisine italienne n’oublie jamais les dolci. Les desserts à l’Accademia sont de fabuleuses gourmandises d’une fraîcheur et d’une douceur exquises. Le pâtissier, ne dépareille pas du reste de l’équipe. Calme et souriant, il exécute des gestes complexes avec une tranquillité confondante. Il revisite les classiques de la pâtisserie italienne tout en veillant aux attentes d’une clientèle internationale. Pour un banquet de mariage cet après-midi, il confectionne des profiteroles poire-chocolat.

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Profiteroles à la mousse au chocolat et sorbet poire, une œuvre d’art tout simplement !

On the subject of Italian cuisine, who could forget the dolci ? The Accademia’s desserts are fabulous treats which are exquisitely fresh and sweet. The pastry chef, is a chip off the same block as the rest of the team. Calm and smiling, he executes complex actions with astounding tranquillity. He revisits Italian patisserie classics at the same time as satisfying the expectations of international clients. He is making pear and chocolate profiteroles for a wedding banquet this afternoon.


La mention d’excellence qui dÊvoile des vins de prestige www.premiersgrandscrus.ch


FLAVORS

Un barman est là pour faire son

show Barman au BAR du Beau-Rivage Palace ouvert depuis un an, Nicolas Michel a remporté en février dernier l'un des prix les plus prestigieux dans son domaine, le Swiss Bacardi Legacy. Rencontre avec un passionné de la création de cocktails qui envisage son art comme un one-man-show. Par Sylvie Ulmann / Photos Vanina Moreillon

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orsqu'il prépare un cocktail, Nicolas Michel semble avoir huit bras et ses gestes précis rappellent ceux d'un jongleur. Touche finale, il déploie un éventail de feuilles de menthe,pour la note colorée et une écorce d'agrume choisie dans une teinte différente de la boisson pour marquer un contraste. Il l'enroule autour de son doigt avant de la déposer en équilibre sur les glaçons. Au bout de la paille, un délice qui nous emmène au soleil (recette en encadré)... Nicolas Michel, racontez-nous comment vous avez séduit le jury du Bacardi Legacy ? Parmi douze candidats retenus, seuls six sont arrivés en finale. Tout s'est joué au niveau du marketing. Nous avions trois mois pour préparer un plan visant à commercialiser notre création. Je me suis arrangé pour obtenir un bon retour média – j'ai même fait deux émissions télé – et bien sûr le jury a eu un coup de cœur pour mon cocktail, le Golden Prestige. Que contenait le Golden Prestige ? Du Bacardi, bien sûr, et des fruits de la Passion pour le côté exotique, cubain qui évoque les origines de ce rhum. J'y ai ajouté des pistils de safran, pour une

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touche de noblesse en hommage à la famille de Bacardi qui a su garder cette boisson au sommet malgré les tempêtes. Les jurés ont été très touchés par cette dimension historique. Puis vient la fleur d'oranger, qui apporte une note orientale. La base est un mélange jus de citron vert et sucre. Je me suis inspiré d'un classique, le Daiquiri. Qu'est-ce qui vous a séduit dans l’univers du cocktail ? Le côté créatif du métier. J'aime beaucoup me plonger dans des livres et y retrouver des cocktails créés il y a deux cents ans et les reproduire ou m'en inspirer pour imaginer des versions revisitées. J'ai commencé ma carrière par une école hôtelière, mais j'ai très vite compris que je n'étais pas fait pour la cuisine, qui me plaisait uniquement pour la partie créative. Vous-même, avez-vous un alcool préféré ? J'adore le whisky, avec une petite préférence pour les single malts, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier un bon bourbon. Je le déguste sec, mais il passe très bien en cocktail. Et au niveau des ingrédients, qu'aimez-vous utiliser ? Je me tourne volontiers vers des saveurs inédites. J'ai utilisé du piment rouge, je viens de faire quelques expériences avec du thé vert Matcha en poudre, et je vais essayer une émulsion à la coriandre. Mais mon ingrédient fétiche reste le citron vert, pour son incomparable petit goût d'amande. J'en mets partout ! Et puis il y a aussi les clients qui vous demandent de leur concocter une boisson à base d'un ingrédient qu'ils apprécient ? Ah oui, au début c'est difficile, mais à la longue, on connaît les éléments qui se marient bien et ceux qui ne vont pas du tout ensemble.

Mais le rapport avec le client ne s'arrête pas là ? Non, surtout avec ceux qui s'installent au comptoir. Si c'est une personne seule, j'essaie toujours d'engager la discussion. Un barman ne doit pas être timide : le bar, c'est sa scène, à lui de faire son show ! Et que vous raconte-t-on ? Beaucoup de clients racontent leur vie, qu'ils viennent régulièrement ou qu’ils soient juste de passage. Mais même ceux qui ne viennent qu'une fois doivent vivre une expérience dont ils se souviennent. L'univers du bar est-il un monde à part ? Même si c’est plutôt commun d'aller boire un verre après le travail, les clients se tournent davantage vers les cocktails, il y a plus de gens au comptoir. Et c'est cela que j'aime : le contact avec les clients.

Rich Mix : la recette sans alcool de Nicolas Michel 3 cl de purée de mangue 5 cl de jus de pommes 3 cl de jus d’ananas 2 cl de jus de citron 1,5 cl de sucre liquide Mixer, servir avec des glaçons.


February saw Nicolas Michel, the barman at the Beau-Rivage Palace BAR which opened a year ago, win one of the most prestigious prizes in his field, the Swiss Bacardi Legacy. We chat to a man who is passionate about creating cocktails, and who sees his art as a one man show. Text Sylvie Ulmann / Photos Vanina Moreillon

A barman is there to put on a show Rich Mix : Nicolas Michel’s alcohol-free recipe 30 ml mango purée 50 ml apple juice 30 ml pineapple juice 20 ml lemon juice 15 ml sugar syrup Mix and serve with ice cubes.

W

hen he makes a cocktail, Nicolas Michel seems to have eight arms, and his accurate movements bring to mind those of a juggler. As a final touch, he fans out mint leaves for colour and a piece of citrus peel in a shade which contrasts with the colour of the drink. He coils it around his finger before balancing it on top of ice cubes. A delicious treat awaits at the end of the straw, and we are transported to a tropical paradise (see boxed text for recipe). So Nicolas, tell us how you impressed the Bacardi Legacy judges. Of the twelve applicants chosen, only six made it to the final. It all came down to marketing. We had three months to prepare a marketing plan for our creation. I managed to get good media coverage – I even did two TV broadcasts – and of course the judges fell in love with my cocktail, the Golden Prestige. What goes into the Golden Prestige ? Bacardi of course, and passion fruit for the exotic, Cuban side, which brings to mind the origins of this rum. To this, I add threads of saffron for a hint of nobility as a homage to the Bacardi family, who have weathered the storms to keep this drink on top. The judges appreciated this historical touch. Then comes the orange flower, which provides an oriental note. The base is a blend of lime juice and sugar. I took my inspiration from the Daiquiri, which is a classic.

powder and I’m going to try a coriander-based emulsion. However, my « go to » ingredient is still lime, because of its unique hint of almond. I use it in everything ! What about when customers ask you to concoct a drink using an ingredient they like ? Well that was difficult at the start, but over time you get to know which ingredients work well together and which don’t go well together at all. What drew you to the world of cocktails ? The creative side of the job. I have a penchant for leafing through books and rediscovering cocktails which were created two hundred years ago so that I can reproduce them or use them as my inspiration to come up with a new take. I started out in catering college, but I soon realised that I wasn’t cut out for cooking, which I only liked because of its creative aspect. What’s your favourite alcohol ? I love whisky, especially single malts, which doesn’t mean to say that I don’t appreciate a good bourbon. I drink it neat, but it works very well in cocktails. …and what do you like using in terms of ingredients ? I go for novel flavours. I’ve used chilli before, I’ve recently been experimenting with Matcha green tea

…but the relationship with the customer doesn’t stop there ? No, especially the ones who sit at the bar. If someone is on their own, I always try to strike up a conversation. A barman can’t be shy. The bar is his stage, and he is there to put on a show ! What do people tell you ? A lot of customers tell me their life stories, whether they are regulars or just passing through. Even those who come only once have to have an experience to remember. Is the bar a world of its own ? It’s always been quite common to go for drinks after work, but customers are now opting more for cocktails. There are more people at the bar, and that contact with customers is what I like.

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FOR HIM Ronde et acide, l’harmonie des sens révélée par ce cocktail de caractère accompagnera à la perfection votre cigare préféré et vous rafraichira pendant les chaleurs de saison pour un moment de détente inoubliable.

Fortuné Lac, cachaça, Grand Marnier et agrumes

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1

Par Aleksandra Popovic

l’invitation à la détente Feast your senses with this strong cocktail that will totally match up with your favorite cigar and freshen you up during the seasonal heat for a delightful and unforgettable breather.

4 1. Jeu de cartes Playing cards set Louis Vuitton, Boutique Louis Vuitton, Lausanne.

3

2. Etui à cigare fabriqué main Hand-crafted cigar cases. Davidoff, Boutique Davidoff, Genève. 3. Des couleurs acidulées Vibrant colors Hermès, Boutique Hermès, Lausanne. 5

4. Un kumquat pour des mocassins A kumquat for mocassins Bally, Boutique Bally, Lausanne. 5. Un maillot de bain aux motifs exotiques A swimsuit mafe of exotic patterns. Etro, Boutique Drake Store, Lausanne. 6. Bracelet « Love » en or gris White gold « Love » bracelet. Cartier, Boutique Cartier, Lausanne.

6 7

7. Espadrilles « Eusebio » « Eusebio » Hermès, Boutique Hermès, Lausanne. 8. Aeropad One Aeropad One Dock Speaker Jarre Technologies, www.jarre.com. 9

9. Cuir exotique pour protection digitale Exotic leather digital case. Burberry, Boutique Burberry, Genève. 8

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FOR HER

Lago Tiki, Tequila et fruits exotiques

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L’instant d’un été, les saveurs explosent d’exotisme et vous transportent aux antipodes pour un voyage spirituel et coloré, dont seuls les dieux hawaïens détiennent la clé. This summertime, exotic flavors go wild and take you poles apart for a colorful and spiritual journey, of which only the Hawaian gods hold the key. Par Aleksandra Popovic

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Exotisme estival 1. Rien de tel qu’un vrai panama pour se protéger du soleil There’s nothing like a real Panama hat to protect yourself from the sun. Sensi Studio, Boutique Charivari, Lausanne.

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2. Faites honneur au lei hawaïen en lisant KENZO Honor the hawaïan flower necklace while reading KENZO Edition Rizzoli New York, Bon Génie-Grieder, Lausanne. 3. Une tenue au motif floral A floral printed outfit Etro, Boutique Drake Store, Lausanne

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4. Un coffret de bijoux citronné A lemon yellow jewelry trunk Pinel & Pinel, www.pineletpinel.com. 5. Sac Monceau BB d’un orange passionné Passionate orange Monceau BB bag Louis Vuitton, Boutique Louis Vuitton, Lausanne. 6. Un maillot de bain aux couleurs tropicales A swimsuit made of tropical colors Eres, Boutique Eres, Genève. 7. La crème hydratante idéale en climat chaud et humide The ideal hydrating cream for exotic climate Aesop, Boutique Aesop, Genève.

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8. Un sac à main inspiré de la jupe traditionnelle hawaïenne A clutch inspired by the traditional hawaiian skirt Kotur, Bon Génie-Grieder, Lausanne. 9. Transportez vos affaires dans un cabas de couleur acidulée Carry your stuff in a acid green maxi tote Sensi Studio, Boutique Charivari, Lausanne.

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LUXURY

La Suisse s’ouvre à l’Extrême-Orient en enrichissant son quotidien d’objets d’inspiration asiatique. Switzerland opens up to the far East and embellishes its daily life with some asian inspiration items. Par Aleksandra Popovic

SWISS

« Phoenix Secret Watch ». Collection Dragon & Phoenix Piaget, Boutique Piaget, Genève

e d ma Foulard en crêpe de chine Crepe de chine Scarf En Soie, Boutique En Soie, Zurich

Une balade sur la Muraille de Chine chaussé de ces bottes de randonnée A hike on the Great Wall wearing these hiking boots Bally, Boutique Bally, Lausanne Armoire de cuisine « Chine » « China » Kitchen Cabinet Pfister, Magasin Pfister, Etoy

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Collier « Jill and Chinese Fish ». « Jill and Chinese Fish » Necklace. Maria Xuan, Boutique Zazazou, Genève www.maria-xuan.ch

Montre Serpent « Luminor Sealand » Snake Watch « Luminor Sealand » Panerai, Boutique A L’Emeraude, Lausanne

Stylo plume édition spéciale « Année du Serpent ». Edition limitée « Year of the Snake » Pen. Limited Edition Caran d’Ache, Kramer Krieg, Lausanne


Diffuseur de parfum « Jasmine » « Jasmin » Pomander Stadler Form, www.rondrouge.ch

Statue « Buddha » « Buddha » Statue Pfister, Magasin Pfister, Etoy

Table de Ping-Pong, pouvant également servir de table à manger Ping Pong table that can also be used as a dining table Gubler, www.gubler.ch

Briquet en laque de Chine Lighter made of Chinese laquer Davidoff, Boutique Davidoff, Genève

Un soupçon de tradition indonésienne avec cette parure « Balina » A relish of Indonesian tradition with this « Balina » necklace Irma Wy, irmawy.tumblr.com (contact : iyasandikusuma@gmail.com)

Sac à dos Backpack Julian Zigerli, www.julianzigerli.com

Pochette ornée d’une pièce de néphrite Clutch adorned with a piece of nephrite Maria Xuan, Boutique Zazazou, Genève www.maria-xuan.ch

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L’art de la restauration

Un fil rouge en plein désastre économique, dans un endroit reculé comme le Val-de-Travers où plus une seule entreprise ne subsistait... Un peu plus tard, en 1980, Ephrem Jobin2 me présentait à madame Nicole Landolt3 pour reprendre la maintenance de la collection Maurice Yves Sandoz. Aujourd’hui, ce sont quasiment cinq cents ans d’histoire horlogère qui sont passés entre mes mains.

Fasciné par le patrimoine horloger ancien, Michel Parmigiani n’a pas cessé d’en explorer les trésors depuis les débuts de sa carrière. Il fait de la restauration l’âme de la marque Parmigiani Fleurier. Source intarissable de connaissance et puissant moteur d’innovation, cet art crée un lien merveilleux entre l’histoire horlogère et son futur. Entretien. Texte Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

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M

ichel Parmigiani, peu de gens connaissent l’importance de votre travail de restaurateur, comment est née cette passion ? J’ai découvert le patrimoine de l’horlogerie ancienne pendant mes études à La Chaux-de-Fonds. Ça a suscité en moi un intérêt et une curiosité inépuisables. En 1975, j’ai décidé de me mettre à mon compte pour faire de la restauration, tout en créant des pièces uniques ou des séries très limitées.

Vous n’aviez alors jamais fait de restauration, comment avez-vous pu démarrer ? A mes débuts, j’ai eu la chance de rencontrer le Dr Eugen Gschwind, un grand collectionneur bâlois qui a reconnu mon travail et m’a confié de très belles pièces Renaissance. Il m’a aussi introduit auprès de ses amis collectionneurs1. Je me suis mis à mon compte à un moment où il ne fallait surtout pas être horloger. On l’a oublié, mais dans les années 1970, être horloger c’était le dernier des métiers, une activité dégradante, presque. Je crois que c’est ce qui a touché ces collectionneurs : un horloger qui se lance,

Comment se fait-il que vous n’ayez jamais délaissé la restauration au profit de la création ? Ce sont les deux faces d’une même passion. La création a toujours animé mon esprit, je n’aurais pas pu faire de la restauration sans pouvoir exprimer mes propres idées en parallèle. Mais le patrimoine de l’horlogerie ancienne est un univers fabuleux qui vous fait découvrir de la technicité et des savoir-faire disparus, c’est aussi un puissant stimulateur d’innovation. Il m’a permis de côtoyer ce « merveilleux » si cher à Maurice Yves Sandoz qui savait le reconnaître et le collectionner de par le monde. La restauration vous mène aussi à la rencontre d’autres cultures. Dans les années 1980, j’ai restauré une pièce Renaissance destinée à l’Empire ottoman qui indiquait un calendrier musulman simple (qui manque de précision). C’est ce qui m’a donné envie de relever le défi et de réaliser en 2010 un calendrier perpétuel hégirien d’un cycle de 30 ans avec sa lune de précision. Quels secrets vous ont révélé ces trésors ? J’ai découvert des bases immuables que l’on retrouve dans la nature, dans l’art, dans l’architecture et dans des techniques anciennes. Il s’agit d’un fil rouge de proportionnalités et d’harmonies que j’ai découvert, entre autres, dans l’horlogerie de la Renaissance jusqu’aux années 1920-1930. L’utilisation du nombre d’or et ses subdivisions dans la quête du beau m’a fasciné et j’ai décidé que si un jour je pouvais créer, je ferais la même chose, je serais dans la même trace. Aujourd’hui, pour moi, c’est fondamental. D’ailleurs, créer, c’est aussi très intéressant de ce point de vue. On croit que tout a été fait, mais il y a toujours de la place. C’est étonnant ! Y a-t-il une pièce que vous rêveriez de restaurer ? Le chronomètre H4 de John Harrison, conservé à


Sense of Wonder

entre histoire et création

The link between history and the creative process Encore récemment, j’ai découvert qu’une paire de montres en forme de cœur, destinées à la Chine, datant du XIXe siècle, s’inscrivaient ensemble dans un rectangle égyptien. J’admire la collaboration des artisans sur des pièces comme celles-là : les savoir-faire conjugués de l’orfèvre et de l’horloger.

Just recently, I discovered that a pair of heartshaped watches intended for China, dating back to the 19th century, were placed together in an Egyptian rectangle. I admire how craftsmen worked together on pieces such as these, bringing together the know-how of the goldsmith and the watchmaker.

Greenwich. Au cours du XVIIIe siècle, cet artisan ébéniste a repensé le chronomètre de marine de manière totalement différente. J’aimerais comprendre comment il a fait pour tailler ses levées d’échappement en diamant. Il y a une technicité, un raffinement dans la terminaison de cette pièce que j’admire beaucoup. Il a réussi à coiffer tout le monde avec une façon personnelle de voir les choses et d’appréhender le problème. C’est fabuleux ! Du fait de cette vaste expérience en restauration, votre expertise doit être précieuse pour l’évaluation de certaines pièces ? Oui, il m’arrive de repérer des pièces importantes. Par exemple, à la suite de notre restauration du Régulateur Robin, on m’a appelé dans un musée de Malte pour évaluer des pièces d’horlogerie retrouvées dans un carton. J’y ai fait une découverte extraordinaire. Une pièce de Robin dite « révolutionnaire » : 10 heures, 100 minutes, 100 secondes. Elle n’avait jamais été répertoriée ni retouchée. Quand je l’ai restaurée, je devais être le seul après Robin à l’ouvrir !

Fascinated by our antique horology heritage, Michel Parmigiani has explored its treasures since the very early days of his career, and has made restoration the heart and soul of the Parmigiani Fleurier brand. An inexhaustible source of knowledge and a powerful driver of innovation, this art forms a wonderful link between the history and future of watchmaking. In conversation with Michel Parmigiani. Text Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

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ot many people know about the extent of your restoration work. How did this passion come about ? I learned about our antique horology heritage while I was studying at Chaux-de-Fonds. It awoke in me an insatiable interest and curiosity. In 1975, I decided to set up my own business doing restoration work, at the same time as creating one-off pieces or extremely limited series.

Comment passez-vous de la restauration à la création ? La restauration, c’est très intéressant, mais on ne peut pas créer. C’est frustrant ! On est réduit à respecter l’original et son éthique. C’est pourquoi l’envie de créer a toujours animé mon esprit. Si je n’avais pas été horloger, j’aurais été architecte. 1. Un patrimoine exceptionnel, aujourd’hui visible à la Haus Zum Kirschgarten, du Musée historique de la ville de Bâle. 2. Célèbre horloger et premier conservateur du musée du Château des Monts au Locle. 3. Fille d’Edouard Marcel Sandoz et nièce de Maurice Yves Sandoz.

Up to that point you had never done any restoration work, so how did you get started ? In the early days, I had the good fortune to meet Dr Eugen Gschwind, a great collector from Basel, who recognised my work and entrusted me with some very fine Renaissance pieces. He also introduced me to some of his fellow collectors1. I set up my own business at a time when being a watchmaker was the worst career choice you could make ! People have forgotten now, but in the 1970s watchmaking was a very lowly profession. In fact, it was almost seen as degrading. I think that that’s what struck a chord with these collectors. Here was a watchmaker starting out right in the middle

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other things, running through watchmaking from the Renaissance right up to the 1920s and 1930s. The use of the golden mean and its subdivisions in the quest for beauty fascinated me, and I decided that if I could design one day, I would do the same thing, and I would follow in the same footsteps. Today, it’s fundamental for me. Incidentally, the creative process is always very interesting from this point of view. You think that everything has already been done, but there’s always room for more. It’s amazing ! Is there a piece you dream of being able to restore ? John Harrison’s H4 chronometer, which is on display in Greenwich. In the 18th century, this cabinetmaker redesigned the marine chronometer in a totally different way. I’d love to understand how he managed to make his escapement pallets out of diamond. There is a technical quality and a sophistication in the finish of this piece which I admire greatly. He managed to pip everyone to the post with his own way of seeing things and approaching the problem. It’s just fabulous !

La finesse et la délicatesse de certaines pièces m’inspirent de l’admiration. Je les aime pour la beauté du travail qu’elles représentent. On a un devoir de modestie, vis-à-vis de ces artisans qui réalisaient des merveilles de beauté et de technicité, sans aucun de nos moyens technologiques.

I am filled with admiration at the finesse and delicacy of some pieces. I love them for the beauty of the work they represent. You can but be humbled by these craftsmen, who produced such beautiful and technical wonders without the benefit of the technological resources we have today.

Given your vast restoration experience, your expertise must be valuable when it comes to assessing certain pieces ? Yes, I sometimes discover important pieces. For example, after we restored the Robin Regulator, I was brought in by a museum in Malta to assess some timepieces discovered in a box. I made an extraordinary discovery : a so-called « revolutionary » piece by Robin : 10 hours, 100 minutes, 100 seconds. It had never been catalogued or altered. When I restored it, I must have been the first person to open it since Robin !

of an economic crisis in an out-of-the-way location like the Val-de-Travers where not a single business had survived… Later on, in 1980, Ephrem Jobin2 introduced me to Mrs Nicole Landolt3 with a view to taking over the maintenance of the Maurice Yves Sandoz collection. Today, almost five hundred years of watchmaking history have passed through my hands. How comes you have never given up restoration in favour of the creative process ? They are two sides of the same passion. The

« If I hadn’t been a watchmaker, I would have been an architect » creative process has always inspired me, and I wouldn’t have been able to do restoration work without being able to express my own ideas at the same time. Antique horology is a fabulous universe which brings you into contact with forgotten techniques and know-how, but it also acts as a powerful stimulus for innovation. It has enabled me to work with this « wonder » held so dear by Maurice Yves Sandoz, who had the ability to recognise it and collect it all over the world. Restoration also brings you into contact with other cultures. In the 1980s, I restored a Renaissance piece, intended for

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the Ottoman Empire, which had a simple Muslim calendar (which lacks accuracy). That’s what made me want to take up the challenge and, in 2010, produce a 30 year cycle herigian perpetual calendar with a high-precision moon-phase display. What secrets have these treasures revealed to you ? I’ve discovered unchanging foundations that you see in nature, art, architecture and old techniques. There’s a common thread in terms of proportions and harmonies and I have discovered it, among

How do you go from restoration to creating something new ? Restoration is very interesting, but you can’t create something new, so it’s frustrating ! You are reduced to respecting the original and its ethics. That’s why I have always been inspired to create. If I hadn’t been a watchmaker, I would have been an architect. 1. An extraordinary heritage on display today at the Haus Zum Kirschgarten, which is part of the Basel Historical Museum. 2. Famous watchmaker and first curator of the Château des Monts Museum in Locle. 3. The daughter of Edouard Marcel Sandoz and the niece of Maurice Yves Sandoz.


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Le Rêve à l’état pur!

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ÉVASION

Cette «Madone Sixtine» de Raphaël est une réplique exacte de l'originale conservée à Dresde.

Situé au cœur de l’une des stations touristiques de montagne les plus luxueuses de Suisse, le Badrutt’s Palace Hotel attire les grands noms de ce monde depuis plus d’un siècle. Le secret de son succès ne réside pourtant pas seulement dans ses loisirs exaltants, son confort raffiné et son service haut de gamme, non, l’âme de cet hôtel unique est ailleurs. Texte Leila Klouche

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aint-Moritz est un village en or. L’air y est pur, le soleil généreux et salutaire et tous les divertissements sont à la portée de vos idées les plus folles. Mais ce n’est pourtant pas ce qui vous séduira le plus dans ce palace si singulier. Le Badrutt’s Palace est un peu plus qu’un hôtel de luxe dans un décor de rêve, c’est un univers où tout peut arriver. Peut-être que, comme une certaine Alice, vous ne seriez pas surpris d’y croiser un lapin en redingote rouge, mais quand vous le verrez sortir de sa poche une montre gousset, vous sauriez qu’ici rien n’est tout à fait normal. En effet, le Pays des merveilles n’a rien à envier à la réalité du Badrutt’s Palace, et les enfants le savent mieux que leurs parents. Il est arrivé qu’un éléphant déambule tranquillement entre les canapés du lobby afin de souhaiter joyeux anniversaire à une épouse comblée. Un soir, le restaurant s’est donné des airs vénitiens avec 20 cm d’eau au sol et des gondoles voguant entre les tables. Comme le dit le directeur Hans Wiedemann, « ici, nous disons non à nos clients simplement un peu plus tard qu’ailleurs ». L’atmosphère si particulière de ce palace hors norme est nourrie par le charme de son histoire. Au Badrutt’s Palace, chaque seconde, dès votre arrivée sur le tar-

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Badrutt’s Palace Hotel, Saint-Moritz

Une expérience A unique experience

revinrent avec leurs amis et l’hôtel put dès lors ouvrir durant les deux saisons. Orienté autour du loisir et de la détente, le Badrutt’s Palace s’est construit comme un luxueux cocon douillet. Son architecture dédalesque donne la sensation L’histoire du Badrutt’s Palace est intimement liée à d’un petit village, avec ses différents restaurants et celle de la famille Badrutt investie dans l’hôtelle- cafés, ses boutiques et même son ski shop. Le lobby, aussi impressionnant qu’une nef de cathédrale par son volume et ses nombreuses œuvres d’art, fait office de place de village. Les clients s’y rencontrent et y créent des liens au fil de leur séjour. Au deuxième sous-sol, le spa a autant de caractère que le reste de l’hôtel. Creusé dans la pierre laissée apparente, il a entièrement été réalisé à partir de matières premières locales. Sa piscine au fameux rocher fait le bonheur des enfants – et celui de leurs enfants d’ailleurs – depuis plus de 40 ans. Si la neige et le soleil ne font jamais Gregory Peck riding the famous Cresta Run, c.1950. défaut à Saint-Moritz en hiver, la saison estivale a toujours ses arguments et rie de luxe de père en fils depuis 1843. La légende attire une population nombreuse. Le lac, libéré de sa raconte que c’est Johannes Badrutt dépité de devoir couche de glace, y tient une place de choix, offrant un fermer son hôtel durant la froide saison qui inventa paysage et des activités comparables aux meilleures sur un pari en 1860, le tourisme d’hiver. Un été, il dit stations balnéaires. Quelle que soit la saison, l’expéà des clients anglais qu’il faisait parfois si beau à rience Badrutt's est une sorte de bulle radieuse qui Saint- Moritz en janvier que l’on pouvait s’y prome- vous entraîne au-dessus de la réalité, loin du stress ner en bras de chemise. Il les invita à revenir pour et des obligations, dans un monde fait de douceur les Fêtes et que si alors ils n’étaient pas contents, et de magie. leur séjour serait gratuit. Les Anglais qui acceptèrent furent enchantés de leurs vacances hivernales. Ils www.badruttspalace.com mac de l’aérodrome de Saint-Moritz, puis chaque recoin de cette colossale bâtisse, sont chargés de multiples couches d’histoire, tour à tour grandioses, rocambolesques, illustres mais jamais anodines.


Badrutt who, vexed at having to close his hotel during the cold season, invented winter tourism when a gamble he made in 1860 paid off. One summer, he told some English guests that the weather was sometimes so fine in St Moritz in January that you could go for a walk in just your shirt sleeves. He invited them back for the Christmas festivities and told them that if they weren’t happy, their stay would be free of charge. The English guests who took up the bet were so enchanted with their winter holiday that they returned with their friends, and the hotel was consequently able to open for the two seasons.

à part Nestled in one of Switzerland’s most luxurious mountain resorts, Badrutt’s Palace Hotel has been attracting famous faces for more than a century. However, the secret of its success lies not just in its exhilarating recreational activities, sophisticated comfort and high-end service, for the soul of this unique hotel is to be found elsewhere. Text Leila Klouche

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t Moritz is a wonderful village. The air there is pure, the sun generous and beneficial, and the entertainments on offer are only limited by your imagination. However, that’s not what will appeal to you the most about this unique sumptuous hotel. Badrutt’s Palace is rather more than a luxury hotel in a dream setting. It’s a world where anything can happen. Perhaps, like a certain Alice, you won’t be surprised to come across a rabbit dressed in a red waistcoat, but when you see it take a fob watch out of its pocket, you will know that nothing here is quite what it seems. Indeed, Wonderland has nothing on Badrutt’s Palace, and children know this better than their parents. One

Rita Hayworth and Hans Badrutt, c.1945.

time, an elephant strolled happily among the sofas in the lobby to wish an overjoyed couple happy anniversary. One evening, the restaurant was transformed into Venice, with 20 cm of water on the floor and gondolas drifting between the tables. As the manager, Hans Wiedemann, points out, « we simply wait a bit longer here before saying no to our guests than they do elsewhere ! »

Focusing on leisure and relaxation, Badrutt’s Palace is built like a luxurious snug cocoon. Its maze-like architecture gives the impression of a small village, with its various restaurants and cafés, boutiques and even a ski shop. The lobby, which is as impressive as a cathedral nave on account of its scale and numerous works of art, serves as a village square where guests meet up and build bonds during their stay. The spa located in the lower basement is just as characterful as the rest of the hotel. Chiselled out of exposed stone, it is made entirely out of local raw materials. Its swimming pool with its famous rock has been delighting children (and their children !) for the past 40 years and more.

Wonderland has nothing on Badrutt’s Palace The unique atmosphere of this extraordinary luxury hotel comes from the charm of its history. Every second at Badrutt’s Palace, from when you arrive on the tarmac of St Moritz aerodrome, and every nook of this colossal edifice is filled with multiple layers of history, ranging from grandiose to incredible to illustrious, but never trivial. The history of Badrutt’s Palace is closely intertwined with that of the Badrutt family, which has been in the luxury hotel business down the generations since 1843. Legend has it that it was Johannes

While snow and sun are regular features of St Moritz in the winter, the summer season has much to offer and attracts numerous guests. Freed from its layer of ice, the lake has pride of place, offering a setting and activities to rival the best seaside resorts. Whatever the season, the Badrutt’s experience is a sort of radiant bubble which floats you above reality, away from stress and obligations, into a world of comfort and magic. www.badruttspalace.com

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AGENDA

This Summer Special Events

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©GregoryBatardon

August 30 – September 15 Zermatt Festival Un festival alpin au décor fabuleux pour les artistes du monde classique. Le coup d’envoi de cette édition sera donné par le pianiste et chef d’orchestre Christian Zacharias. An alpine festival in a fabulous setting for classical artists. This year’s event will be launched by pianist and conductor Christian Zacharias. www.zermattfestival.com

October 3-4-6 « Monsieur Chasse » de Feydeau - Théâtre du Jorat Un divertissement flamboyant maîtrisé par des comédiens d’une tonicité ébouriffante. Qui va à la chasse perd sa place, dit le dicton. Mais aussi sa femme. Enfin, peut-être. Et puis zut. Chut ! ©Marc Vanappelghem

July 5-20 Montreux Jazz Festival Prince, Leonard Cohen, George Benson, Joe Cocker, Diana Krall, Sting, Rodriguez, Paolo Conte, Marcus Miller et bien d’autres encore composent une programmation toujours aussi prestigieuse. Prince, Leonard Cohen, George Benson, Joe Cocker, Diana Krall, Sting, Rodriguez, Paolo Conte, Marcus Miller and many others feature in a line-up which is as prestigious as ever. www.montreuxjazz.com

August 20 – September 1st St Prex Classics 2013 Quatre premières mondiales pour un dynamique festival : Svetlana Zakharova et Vadim Repin ; Anne Sofie von Otter et le Pepe Lienhard Band ; Nathalie Stutzmann et Renaud Capuçon ou encore le concert de Nigel Kennedy et Richard Galliano. A dynamic festival with no fewer than four world premières, namely Svetlana Zakharova and Vadim Repin, Anne Sofie von Otter and the Pepe Lienhard Band, Nathalie Stutzmann and Renaud Capuçon, and finally the concert by Nigel Kennedy and Richard Galliano. www.stprexclassics.com ©Marc Kronig

June 27-28 La Nuit des images - Musée de l’Elysée A deux pas du Beau-Rivage Palace, l’image est en fête. Que l’on célèbre l’anniversaire de René Burri, découvre le Cuba d’Andres Serrano ou rencontre Anouk Aimée, on ne manque pas les expositions de Laure Albin Guillot et de Christian Lutz. The image is being celebrated just a stone’s throw from the Beau-Rivage Palace. People celebrating René Burri’s birthday, discovering Andres Serrano’s Cuba or meeting Anouk Aimée are also taking in exhibitions by Laure Albin Guillot and Christian Lutz. www.elysee.ch

September 12-14 Lausanne International Horse Show Pour sa seconde édition, le Lausanne International Horse Show accueille à nouveau sur les bords du Léman une étape du prestigieux circuit international du Longines Global Champions Tour. Now in its second year, the Lausanne International Horse Show by the shores of Lake Geneva is once again playing host to an event on the prestigious international Longines Global Champions Tour. www.lausannehorseshow.com

©Yann Orhan

©Hendrik Kerstens

June 19 – October 6 Coup de sac - mudac Focus sur le sac en plastique. Cet objet du quotidien, devenu le symbole de la société de consommation, apparaît dans de nombreux travaux d'artistes. Mais l’immense production graphique dont il est l’objet depuis des décennies en a aussi fait un objet mythique. Zoom in on the plastic bag. This everyday object, which has become the symbol of the consumer society, features in numerous works of art. However, the many graphic treatments it has received over the decades have also given it mythical status. www.mudac.ch

Flamboyant entertainment courtesy of some outrageously zany comedians. On your feet, lose your seat, as the saying goes. And your wife. Well, maybe. Oops, we’ve said too much ! www.theatredujorat.ch


RENCONTRE

Mathieu Jaton

« Le Montreux Jazz Festival se gère comme un cinq-étoiles » Depuis la disparition de son légendaire créateur en janvier dernier, le Montreux Jazz Festival a un nouveau directeur. Mathieu Jaton, ancien secrétaire général et bras droit de Claude Nobs depuis plusieurs années, se retrouve aux commandes de l’un des festivals de musique les plus prestigieux du monde. Rencontre à quelques semaines de sa première édition en solo. Par Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

C

omment se passe la préparation de cette édition sans Claude Nobs ? Ça faisait un moment que Claude s’était retiré de la partie opérationnelle, donc à ce niveau -à, ça ne change pas tellement. Par contre, avec Claude, on échangeait énormément. On partageait nos inquiétudes et nos envies, et ça me manque. Au niveau de la programmation, Claude était un incroyable générateur d’idées. Même à quelques jours de la conférence de presse, il était capable de surgir à l’improviste et de tout faire changer. Aujourd’hui, c’est plus tranquille. (Rires) L’esprit du Montreux Jazz Festival va-t-il se transformer, ou pensez-vous pouvoir le conserver ? L’ADN du festival est entretenu par les anciens de l’équipe. Certains d’entre nous sont là depuis 20-25 ans. On fera certainement les choses différemment, personne ne pourra remplacer Claude, mais ce sera toujours dans l’esprit du Montreux Jazz Festival. Avec une passion inaltérable pour la musique. Je précise, aimer la musique avant d’aimer le showbiz ! Et puis avec la conviction que rien n’est impossible. Claude avait cette candeur, cette insouciance qui lui faisait entreprendre des choses invraisemblables. Il ne s’est jamais mis de barrière. Et enfin, avec ce même plaisir de faire plaisir. C’est ça l’événementiel, il faut penser au public avant soi. On ne doit pas être motivé par son égo ni par des questions commerciales. Le Montreux Jazz Festival a la chance d’avoir une fondation qui le soutient et qui l’accompagne dans son évolution en défendant ces valeurs. Ça nous permet de prendre des risques, comme cette année. C’est précieux. Vous annoncez de grands changements cette année ? Oui, nous avons restructuré l’offre musicale en articulant trois salles payantes. Le Montreux Jazz Café

nouvelle segmentation, les zones de noctambulisme devraient disparaître au profit de lieux spécifiquement dédiés à la fête et gratuits, comme la Rock Cave, le Bar El Mundo, le Studio ou les Aftershows du Montreux Jazz Lab et du Montreux Jazz Club. J’espère que le public appréciera. Et cette programmation 2013 alors, comment est-elle ? Elle est magique ! Au Stravinski, on a Léonard Cohen qui vient pour deux soirées exceptionnelles, il y a aussi Sting, Diana Krall, Joe Cocker et Prince bien sûr ! Au Montreux Jazz Lab, on se réjouit de voir Cat Power ou de la venue de Sixto Rodriguez en exclusivité suisse. En jazz, il y a des perles comme Charles Lloyd, David Sanborn, Avishai Cohen Quartet, George Benson. Toutes les grands noms du jazz sont là. Et la relève aussi, Jonathan Batiste, Grace Kelly ou encore le Vijay Iyer Trio… et le Miles Davis Hall n’existeront plus sous ces termes. A la place, nous avons le Montreux Jazz Lab qui est une salle contemporaine de découverte et le Montreux Jazz Club, un club de jazz intimiste version Blue Note à la new-yorkaise. Et comme d’habitude une pléiade de grosses pointures à l’Auditorium Stravinski. On prend de gros risques. Au lieu d’aller chercher plus de capacité, on redonne au public plus de proximité avec l’artiste, sans les artifices de production. La structure d’accueil va-t-elle changer également ? Radicalement ! On a changé le concept des quais de Montreux en favorisant l’accès à l’offre artistique et musicale. Ainsi, le public arrivera au Montreux Jazz Festival d’abord et ne sera pas entravé par un alignement de stands de nourriture et de boisson. Vous bousculez des habitudes bien établies ! C’est un risque que nous prenons. Grâce à cette

Chaque été, des festivals de plus en plus nombreux et de plus en plus importants se disputent les artistes, comment gérez-vous votre programmation ? Le marché est tendu, c’est le moins qu’on puisse dire ! Quand vous savez qu’un festival comme Coachella en Californie booke les Foo Fighters pour deux millions de dollars, ça vous donne un aperçu de nos soucis. Mais nous ne nous battons pas sur la quantité. Ce qui pousse un artiste ou son agent à faire le choix de Montreux, c’est la qualité de la salle, la qualité de l’enregistrement vidéo et puis c’est aussi une marque de reconnaissance. Un festival comme Montreux se gère comme un cinq-étoile, avec une qualité de service exceptionnelle. Ce prestige fait qu’un jour ou l’autre, chaque artiste a envie de passer par Montreux ! Montreux Jazz Festival, du 5 au 20 juillet www.montreuxjazzfestival.com

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RENCONTRE

Mathieu Jaton

« The Montreux Jazz Festival is managed like a five star hotel » Will the hospitality structure be changing too ? Radically ! We have changed the concept of the banks of Montreux by prioritising access to the artistic and musical aspect. So the public will arrive at the Montreux Jazz Festival and not be hampered by rows of concession stands.

Following the loss of its legendary founder in January, the Montreux Jazz Festival has a new director. Mathieu Jaton, the former general secretary and Claude Nobs’ righthand man for some years, is now at the helm of one of the world’s most prestigious music festivals. We chat to him a few weeks before he flies solo for the first time.

You’re really shaking things up ! We’re taking a risk. Thanks to this new segmentation, the nightlife zones are set to disappear in favour of free venues specifically dedicated to partying, such as the Rock Cave, the Bar El Mundo, the Studio and the Montreux Jazz Lab and Montreux Jazz Club after shows. I hope people like it.

By Leila Klouche / Photos Vanina Moreillon

H

ow are the preparations going for this year’s event without Claude Nobs ? Claude hadn’t been involved in the operational side for some time, so in that respect things haven’t changed much. However, Claude and I used to talk all the time. We’d share our concerns and hopes, and that’s what I miss. When it comes to the programme, Claude was an ideas powerhouse. Even a few days ahead of the press conference, he might unexpectedly change everything. Things are a lot calmer today (he laughs). Is the spirit of the Montreux Jazz Festival set to change or can you hold onto it ? The festival’s DNA is maintained by the older team members. Some of us have been here for 20-25 years ! We’ll certainly do things differently - nobody can replace Claude - but always in keeping with the spirit of the Montreux Jazz Festival ! With an unfailing passion for music or, in other words, putting music before showbiz ! With the conviction that nothing is impossible. Claude had this frankness and recklessness that made him take on incredible things. The sky

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was the limit. Finally, with taking pleasure in giving pleasure. That’s what events are all about. You have to put the audience first. You shouldn’t be motivated by your ego or commercial matters. The Montreux Jazz Festival is lucky enough to have a foundation which backs it and supports it in its development by upholding these values. This enables us to take risks, like this year. It’s invaluable. Are you announcing any major changes this year ? Yes, we’ve restructured the musical offering by having three fee-charging venues. The Montreux Jazz Café and the Miles Davis Hall will no longer exist as such. Instead, we have the Montreux Jazz Lab, which is a contemporary discovery venue, the Montreux Jazz Club, an intimate New York-style Blue Note jazz club, and the usual host of big names at the Stravinski Auditorium. We’re taking big risks. Instead of looking for more capacity, we are giving the public closer proximity with the artist, without production artifices.

So what does the 2013 programme look like ? Magical ! At the Stravinski, we have Leonard Cohen, who’s coming for two amazing nights, as well as Sting, Diana Krall, Joe Cocker and Prince of course ! At the Montreux Jazz Lab, we are delighted to have Cat Power, and Sixto Rodriguez is coming for a Swiss exclusive. In terms of jazz, we have such gems as Charles Lloyd, David Sanborn, Avishai Cohen Quartet and George Benson. All the big names in jazz will be there, as well as emerging artists like Jonathan Batiste, Grace Kelly and even the Vijay Iyer Trio. Every summer, more and more increasingly larger festivals fight over artists. How do you manage your line-up ? The market is fraught to say the least ! When a festival like Coachella in California books the Foo Fighters for $2 million, it gives you an idea of the headache facing us. However, we don’t compete on quantity. What prompts an artist or their agent to choose Montreux is the quality of the venue, the quality of the video recording, and also the fact that it’s a mark of recognition. A festival like Montreux is managed like a five star hotel, with exceptional quality service. This prestige means that every artist wants to perform at Montreux at some point in their career ! Montreux Jazz Festival from July 5 to 20 www.montreuxjazzfestival.com


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