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ABITIBI-TÉMISCAMINGUE - MAI 2009 copie zéro

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gratuit

Je rêve d’un journal qui participera au développement de ma région, d’un média qui sera à la fois un outil de rétention des jeunes et un moteur de notre fierté régionale.

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Winä Jacob

Rédactrice en chef

Plaisirs capiteux Une mémoire à suivre… Michèle O. : Une princesse en «Converse» Un créateur dans l’île Guitar Heroes

LE JOURNAL CULTUREL DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

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L’INDICE BOHÉMIEN - COPIE ZÉRO - MAI 2009


sommaire

éditorial

Avez-vous besoin d’un Indice?

L’Indice bohémien est un indice qui permet de mesurer la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. RÉDACTION ET PRODUCTION Journalistes : Geneviève Aubry, Jonathan Barette, Patrick Beaulne, Geneviève Béland, Francesca Benedict, Marie-Pier Bouchard, Guillaume Fournier, Chantale Girard, Julie Goulet, Martin Guindon, Marc Jacob, Winä Jacob, Jean-Jacques Lachapelle, Sandy Lachapelle,Valérie Lemay, Margot Lemire, Sylvain Marcotte, Paul-Antoine Martel, Christian Matte, Karine Murphy, Mélanie Nadeau, Olivier Naud, Sophie Ouellet, Madeleine Perron, Pierre Routhier, Dominic Ruel, Richard Vaillancourt. Réviseurs-correcteurs: Gene­ viève Béland, Camille Cullen, Geneviève Gauthier, Lucette Jacob, Paul-Antoine Martel, Karine Murphy, Micheline Plante. Rédactrice en chef Winä Jacob PUBLICITÉ Ventes : Maurice Duclos GRAPHISME Mise en page : Karine Lacombe Publicités : Staifany Gonthier COORDINATION Maurice Duclos L’Indice bohémien est publié 10 fois l’an. Il est distribué gratui­ tement par La Coopérative du journal culturel de l’Abitibi­Témiscamingue. Fondé en novembre 2006 membres du conseil d’administration : winä jacob, ariane gendron, karine lacombe, mario tardif, renaud martel, madeleine perron. 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda, Québec J9X 1C1 téléphone : 819 763-2677 télécopieur : 819 764-6375 indicebohemien@gmail.com

> Winä Jacob Il y a cinq ans, j’écrivais à l’occasion des articles pour un journal culturel en Gaspésie. Quand j’ai finalement quitté mer et montagnes, j’ai lancé à la blague à mes amis du ­Graffici que je retournais chez moi, en Abitibi-­Témiscamingue, pour mettre sur pied un tel périodique. Comme dans tout bon projet, les grands esprits se rencontrent : j’étais loin d’être la seule à avoir eu cette idée. En effet, sensiblement au même moment, des artistes de la région, via la Table de la jeune relève artistique, émettaient un constat similaire : il leur fallait un journal qui parlerait d’eux! Afin d’accéder à la professionnalisation et ainsi avoir accès aux programmes de soutien à la pratique, un artiste de la relève doit soumettre entre autres un dossier étoffé, rempli de coupures de presse et de critiques afin de démonter ce dont il est capable et ce que la communauté en pense. Pas toujours évident d’avoir une telle couverture sans devoir s’expatrier hors des frontières de la région 08! C’est pourquoi en 2004, la Table de la jeune relève a mandaté le Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue (CCAT) afin de vérifier si un tel projet était viable en région.

La Genèse du projet

Le CCAT a donc mis sur pied, à l’automne 2004, un comité provisoire qui allait se pencher sur la ­faisabilité d’une telle aventure. Pendant près de deux ans, nous nous sommes rencontrés à raison d’une fois par mois pour créer, imager et surtout rêver ce journal. Nous en sommes rapidement venus à la conclusion qu’il nous fallait créer un mensuel qui couvrirait l’actualité culturelle de TOUTE la région, afin de permettre aux gens de La Sarre de découvrir ce qui se fait à Temiscaming, d’inciter les Amossois à aller festivaliser à Rouyn-Noranda, et de mettre en lumière ce qui se tramait à Senneterre. Bref, il s’agissait de faire de cette région un seul et même

lieu de création et de diffusion, de favoriser les rapprochements entre les artistes et les divers publics d’ici, mais aussi et surtout parler de culture, de notre culture. Une étude de faisabilité est venue confirmer qu’il y avait ici un marché pour ce genre de publication. Puis, une incorporation sous le modèle coopératif a suivi, ce qui a mené au recrutement des membres et à l’élection d’un premier conseil d’administration en règle. Il ne restait qu’à financer ce beau rêve et à mettre sur pied un journal digne de ce nom! S’en est donc suivie la rédaction d’un plan d’affaires et des rencontres avec les bailleurs de fonds. L’idée de base était de boucler le ­financement afin d’assurer une stabilité – voire une pérennité – au journal. Malheureusement, les choses ne vont pas toujours comme prévu, et nous n’avons, à ce jour, toujours pas reçu un seul sou. Tant pis! On l’a tellement rêvé ce journal que nous avons décidé de sortir cette copie zéro afin de l’utiliser comme outil de promotion de cette idée, ma foi, pas si saugrenue que ça! Grâce au travail dévoué d’une cinquantaine de bénévoles, dont une trentaine seulement pour cette édition historique, L’Indice bohémien est devenu réalité. Merci à vous!

L’importance d’un tel journal pour la région

La région voit sa scène culturelle bouillonner depuis quelques années et cette effervescence se veut un moteur du développement de notre milieu. Il vaut toujours mieux vivre dans un monde qui a sa culture à cœur, surtout que la culture, ça rapporte! Du moins, c’est ce qu’un universitaire américain a réussi à prouver avec une théorie qu’il a baptisée : l’indice bohémien! Ce concept que l’on doit au chercheur Richard Florida mesure la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. Plus un milieu est développé culturellement, plus il est riche!

Et comme nous voulons, nous aussi, notre part du gâteau, pourquoi se priverait-on d’un tel dynamisme? Pourquoi ne placerions-nous pas notre créativité sur un pied d’égalité avec les richesses naturelles qui nous caractérisent et ont fait de nous ce que nous sommes? Quoi de mieux placé qu’un journal culturel pour mettre tout ça en lumière… Je rêve d’un journal qui participera au développement de ma région, d’un média qui sera à la fois un outil de rétention des jeunes et un moteur de notre fierté régionale. C’est en parlant de nous que nous allons croire en nous, vivre et nous enraciner ici, en Abitibi-Témiscamingue. Et nous n’avons rien à envier au reste du monde, comme le prouve le contenu des pages suivantes. Bonne lecture, et longue vie à ce beau projet journalistique!

Événements Festival de contes et légendes....................................... 5 Salon du livre................................ 9 Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue........13 Théâtre............................................ 6 Patrimoine...................................... 7 Littérature...................................... 9 Arts visuels................................... 11 Politique....................................... 14 Métiers d’arts............................... 15 Médiatique................................... 16 Musique........................................ 17 Chroniques Humeur........................................... 4 Patrimoine et histoire................... 8 Les dernières découvertes des DJ............................................19 en couverture : détail de l’oeuvre de Martine savard, sahbogama, acrylique sur bois, 15 x 15 cm, présentée dans le cadre de l’exposition Les 5 plaisirs capiteux, à amos.

Appui fort convoité

« Bonne nouvelle que la naissance de L’Indice bohémien. C’est à Montréal que j’ai appris que Rouyn-Noranda était, en Amérique du Nord, une plaque tournante importante pour la musique métal! Aussi, je cons­ tate depuis plusieurs années l’absence de plus en plus prononcée de couverture médiatique régionale pour les événements artistiques, même pour ceux qui attirent de grosses foules. Les journalistes ordinaires ne travaillent pratiquement plus le soir et les fins de semaine. Je m’abonne. Longue vie à L’Indice bohémien! » -Richard Desjardins

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humeur

> DOMINIC RUEL Il n’y pas de recette magique, de truc pour devenir un auteur à succès. Mais certains ont du flair et savent écrire des histoires qui deviennent rapidement très populaires. L’exploit est encore plus grand quand on vise une clientèle adolescente, reconnue pour fuir les bouquins comme la peste noire. Tout comme moi, vous êtes probablement surpris et dépassés par le phénomène Twilight. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 35 millions de livres vendus dans le monde, surtout à des adolescents, sans parler des 300 millions de dollars en recette pour le film tiré du premier tome de la série. Je n’ai pas lu, ni vu Twilight. Je n’ai pas le goût, même si je reste étonné et curieux face à cette folie adolescente entourant l’histoire d’amour d’un vampire et d’une jeune fille, mélange à l’eau de rose de Dracula, Roméo et Juliette et La Belle et la Bête. Je ne comprends pas certes l’engouement pour ce genre d’histoire, un peu cucul. Certains me diront que je n’ai plus quinze ans. Ils auront raison. D’autres que je ne suis pas un romantique, que je ne crois plus en l’amour éternel. Je dirai que j’ai bien hâte de voir le vampire changer des couches et donner des biberons à trois heures du matin, on verra s’il est aussi romantique avec sa belle! Malgré tout, je me console : nos jeunes peuvent lire et, surtout, veulent lire, si on leur présente des histoires qui les captivent. La preuve : il y avait pénurie de romans Twilight, cet hiver, dans certaines villes de la ­région… On avait connu des phénomènes semblables précédemment. D’abord Harry Potter, puis Amos Daragon. Les ados s’arrachaient les livres, les dévoraient en quelques soirées. Brian Perro devenait un demi-dieu dans les salons du livre. Oh! attendez, j’en entends déjà dire que ces historiettes, ces aventures de héros pré-pubères aux pouvoirs magiques, ce n’est pas de la littérature, avec le grand L. « À cet âge, nous lisions Maria Chapdelaine! ». « Bob Morane ! Ça, c’était de la littérature jeunesse! ». « Les jeunes ne lisent plus les classiques, les grandes œuvres. Désolant! » Bravo! Et aujourd’hui, que lisez-vous ? Ou, du moins, lisez-vous ? Et surtout : que reste-t-il de toutes ces lectures? Pas grand-chose, mes amis, du moins quand on regarde lucidement la situation. Portrait sommaire. En 2007, 30% seulement des Québécois étaient abonnés à une bibliothèque publique, avec une moyenne de 6,5 livres empruntés annuellement. Une catastrophe. Une autre donnée inquiétante : 41% des ménages affirment avoir acheté des livres, pour une moyenne de 170$ par famille. Il faut conclure que l’on passe plus de temps au Canadian Tire ou dans un «gym» que dans une bibliothèque et que l’on dépense plus en gadgets et gugusses électroniques qu’en livres. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ces chiffres me troublent. Les choses doivent changer et la solution passe par les enfants et les adolescents. Ça nous ramène donc à Twilight. Qu’ils lisent, les jeunes ! Qu’ils lisent ce qui leur plaît. Twilight, Harry Potter? Oui. Le Survenant, Tintin au Tibet, Le Guide de l’auto, Les aventures de Caillou, Sentier Chasse et Pêche? Qu’importe! Le plaisir doit être ici le seul critère. L’école se chargera bien de leur faire lire quelques classiques d’ici et d’ailleurs. Envahissons les bibliothèques avec eux le samedi. Offrons-leur des livres en cadeau. Visitons le Salon du livre de la région. Faisons le tour des librairies et bouquineries. Racontons des histoires aux plus petits, lisons avec les plus grands le soir. C’est ainsi que les jeunes voudront lire, qu’ils en comprendront toute l’importance. Lire par utilité, lire par plaisir, lire pour mieux comprendre le monde. Surtout, lire qui restera toujours un acte d’amour. C’est l’essentiel. Amour des mots, amour d’une langue, amour du livre. Mais aussi amour pour son plus vieux qui apprend enfin à lire seul, amour des enfants collés sur nous pendant l’histoire du soir … Voilà. 650 mots pour vous convaincre d’aller au Salon du livre à la fin du mois. C’est assez?

photo : france gaudreault

QU’ILS LISENT!

Conte à contre-courant

> MÉLANIE NADEAU Bien de l’eau a coulé sous le pont couvert de la Calamité de La Sarre depuis que Guillaume Beaulieu a décidé de passer de « passion conteur » à « métier conteur ». Il gagne maintenant sa croûte en tant que chevaucheur d’orignal et menteur de premier rang. Et les rangs d’Abitibi-Témiscamingue, il les connaît. Le rang 4 et 5 de Ste-Gertrude, entre autres, qui affrontait des gens originaires de Shawinigan d’un côté et de Montréal de l’autre, il n’y a pas si longtemps. En l’écoutant nous conter des histoires, on ne peut faire autrement que de tendre l’oreille par curiosité, lui qui est passé d’agent de dévelop­ pement rural salarié à artiste de dévelop­pement rural enflammé! Mission ruralité ! En effet, en ce monde où le style de vie urbain est valorisé et semble ­priorisé par la majorité, voilà qu’il y a bel et bien 53 % de la population de l’Abitibi-Témiscamingue qui choisit la ruralité. « Chaque village a une personnalité collective propre », raconte Guillaume. « Il y a même eu un temps où chaque rang avait sa propre personnalité ». À l’été 2007, il a pris son ÉLAN et a parcouru la région, lui permettant d’écrire des contes à la fois surprenants, souvent drôles, parfois touchants. Que ce soit l’histoire peu commune du Camp Spirit Lake à La ferme ou encore le dépanneur ­Boutin à St-Marc-de Figuery, les éCONTEurs seront ravis par ces réalités fabu­ leuses, ces fables réalistes. Animé d’une envie de défendre et de promouvoir la vie rurale, ce fondateur du cercle des conteurs de l’Abitibi-­Témiscamingue se veut un fier défenseur de notre mémoire collective. Par contre, avoir autant d’ardeur a un prix.

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Être son propre boss « Comme employeur, y’a pas pire bourreau que soi-même », dit-il. « Lors­que ton bureau est à côté de ton lit, c’est facile de te lever le ­matin, t’installer à ton bureau et refermer la lumière le soir pour te coucher aussitôt ». Il ajoute même « jamais je n’aurais accepté d’un patron les conditions de travail que je me suis imposé à moimême ». Mais n’est-ce pas là le côté obscur des passionnés ? La charge de travail nécessaire à la réalisation de ce coffret de cinq CD comprenant 98 contes sur 98 villes et villages de la région est facilement concevable. D’autant plus, quand vous décidez d’y ajouter une ambiance sonore et un livret comprenant 2 à 3 photos par conte. Doiton ajouter que ce coffret n’est pas le seul projet sur sa table de chevet ? À l’heure où le développement du sentiment d’appartenance à notre région est un enjeu de son dévelop­ pement, vivement le coffret de ­Guillaume Beaulieu, le travail des conteurs et conteuses d’ici, qui nous jasent et nous prouvent qu’il y a de quoi se compter chanceux de vivre ici. www.guillaumeconteur.com


Histoires, récits et autres menteries

événement

6e Festival de contes et légendes

> RICHARD VAILLANCOURT Il était une fois en Abitibi-Témiscamingue, un festival qui allait bientôt entamer sa sixième aventure. Depuis les débuts modestes d’une première édition, couronné de succès avec la participation de Fred Pellerin, le Festival de contes et légendes en Abitibi-Témiscamingue ne cesse de prendre de l’ampleur. C’est vendredi, le 17 avril à la Cité de l’Or, qu’a eu lieu le lancement officiel de la programmation 2009, qui se déroulera du 9 au 17 mai. Bien des surprises pour cette année, mais sans oublier les rendez-vous habituels. « On peut se vanter d’être l’un des plus original et novateur festival de ce genre au Québec », déclare avec fierté la responsable du projet, Mme Nicole Garceau. L’an passé, plus de 2800 personnes ont assisté aux différentes représentations du festival. Depuis sa création, une attention particulière est mise à l’ouverture sur les autres cultures et sur le monde. Français, Belges, Néerlandais se sont succédés sur les planches de notre région, au plus grand bonheur des citoyens. Grâce à la passion des organisateurs et une collaboration constante avec les autres festivals de contes au Québec, l’événement est riche de rencontres uniques. Cette année ne fait pas exception; parmi les participants de cette programmation, le conteur amérindien, Robert Seven-Crows Bourdon, accompagné de l’herboriste, Joan Pawné Parent, nous feront l’honneur d’une soirée

Des gens de paroles : À l’avant, Mélanie Roberge et Nicole Garceau, directrice artistique. À l’arrière, Sylvie D.Villeneuve, vice-présidente, Réginald Grenier, Geneviève Béland, Mélanie Jones, coordonnatrice et Sylviane Mailhot. Absents : André Bernard, président, François Chabot et Sylvie Dontigny

de magie et de spiritualité. Conteurs de renommée internationale, Dan Yashinsky, Alberto Garcia Sanchez et Jacques Gilabert nous interpréteront tour à tour des fables du monde.

Parole moderne

Le festival traite le conte sous des angles variés, pour y rejoindre un vaste public, même pour le moins traditionnel. La soirée Ciné conté, c’est la rencontre du conte et du court-métrage. Un texte, d’auteur anonyme, est alors remis à un réa­ lisateur qui doit s’en inspirer pour produire huit minutes d’images. Ces images serviront de décor à la lecture publique de sept productions originales qui seront présentées au Cinéma Capitol de Val-d’Or, le jeudi 14 mai. Une autre soirée digne de mention, la fusion du conte, de la musique techno et du slam, organisée par l’Association étudiante du cégep de Val-d’Or. Des contes urbains sous un rythme moderne. Ivy, l’un des participants de ce spectacle, donnera des ateliers de formation à la maison des jeunes l’Energiteck de Val-d’Or, en après-midi. De plus, le jeune public ne sera pas oublié durant les festivités, puisque des artistes iront dans les différentes écoles de la région, pour y faire des prestations devant les étudiants. À l’auberge Harricana se déroulera le traditionnel souper conté, où nous aurons la possibilité d’entendre Jacques Gilabert nous raconter l’histoire de l’absinthe, la controversée. Une dégustation suivra. Encore une fois, le festival organise la Nuit du conte. Entièrement à l’intérieur cette année, on invite les gens à apporter tout le nécessaire pour une soirée confortable, en compagnie de conteurs et d’improvisateurs qui nous entraîneront dans un hybride imaginaire. Le surréaliste Concours

de la meilleure menterie est un ­autre incontournable du festival. Le principe est simple : racontez une histoire sous la forme d’un récit ­authentique, d’une durée de huit minutes et cou­ rez la chance d’être cru. Le gagnant représentera la ­région à la finale ­nationale. De plus, le 17 mai à 10h, Le petit soldat de plombs sera raconté par Mélanie Roberge, accompagnée de la chorale Les Chante­ relles de la Société d’art lyrique. Un volet formation est toujours présent dans la programmation. Cette fois, la formation vise les conteurs, mais aussi les gens de théâtre. L’atelier de M. Alberto Garcia Sanchez portera sur le conte et le jeu.

Le festival sur la route

Cette année marque le début d’une collaboration plus étroite entre les différentes municipalités. Les subventions accordées permettent d’aug­menter le nombre de représentations dans la région; incluant maintenant les villes de Val-d’Or, VilleMarie, Cadillac, Palmarolle, ­Malartic, Matagami et Rouyn-Noranda le festival prend de l’expansion. À la question : qu’est-ce que le conte?, Mme Garceau répond : « Le conte, c’est la vie ». Le conte c’est la transmission de la culture étalée sur plusieurs siècles, l’origine de la ­mémoire ­collective. Vous êtes invités à le ­redécouvrir du 9 au 17 mai.

www.fclat.org

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théâtre

Bilan de l’improvisation en région

Improvisation comparée

> KARINE MURPHY La saison d’improvisation est maintenant terminée pour les différentes ligues de la région. L’heure est au bilan; tour d’horizon de chacune des ligues des grandes villes abitibiennes. Amos – La LIBABA Pour leur 6e année d’activités s’étant terminée à la mi-mars, la Ligue d’improvisation « Bigre » pour adulte du Billard l’Adhoc a fracassé son record d’assistance avec une ­moyenne de 90 spectateurs par match. Près d’une vingtaine de joueurs divisés en trois équipes se sont disputé la Coupe du Génie, finalement remportée par l’équipe Hyundai Amos. Aux joueurs, ayant déjà participé dans les années passées, se sont additionnées de bonnes recrues; le tout donnant place à un spectacle couru en ville. La formation conti­ nue offerte pendant toute la saison aux joueurs a permis d’augmenter la qualité de jeu, le tout dans un désir d’uniformité de la ligue, par des équipes toutes compétitives, rendant le jeu serré et les résultats imprévisibles. Le porte-parole de la ligue et directeur du projet aux Productions du Raccourci, Bruno Turcotte, souligne l’apport de chaque joueur à la LIBABA. « Chacun s’implique dans le fonctionnement et participe à son organisation, ce qui contribue à son succès tout en montrant à quel point la ligue leur tient à cœur ».

On sait déjà que certains vétérans ne seront pas de retour l’an prochain. Il ne s’agit pas là d’une nouvelle décevante puisque ceux-ci quittent pour se consacrer à leur carrière artistique. La ligue aura alors été pour eux une école et un tremplin vers de nouveaux défis! Aucune inquiétude non plus pour la relève, de nouveaux joueurs prendront le relais. Un camp d’entraînement est déjà planifié, avant le début de la saison, pour permettre à ceux-ci de commencer l’année avec une certaine expérience. Même des joueurs d’âge scolaire, dans les écoles secondaires, attendent avec impatience le moment où ils pourront se joindre aux « grands »… La bonne santé de la ligue se reflète par les nombreuses deman­ des de participation du groupe ou des individus qui la composent, pour l’animation et l’organisation de certains événements. L’avenir s’annonce rose pour la LIBABA : du « happening » que les soirées d’impro étaient au départ, elles ont évolué vers une activité sociale prisée, un spectacle culturel, de théâtre improvisé qui a son public fidèle.

Rouyn-Noranda – la SIR-N À Rouyn-Noranda, la 7e saison s’est amorcée sous le signe du virage vert. L’utilisation du papier recyclé pour les bulletins, affiches et programmes, l’emploi de bouteilles d’eau réutili­ sables et l’achat de chandails dans une perspective d’utilisation sur trois ans plutôt qu’une seule sont autant d’actions qui visent l’éco res­ ponsabilité de la ligue. Quatre équipes se sont affrontées tout au long de cette saison de 25 parties, ce qui en fait la plus longue en région. La parité des équipes en ce qui concerne le calibre a fait en sorte de créer un jeu excitant, des matchs serrés et une belle compétition, qui s’est solvé par la victoire de Klaxon Communication. La volonté de la ligue de favoriser le jeu collectif plutôt que l’individualisme n’y est sûrement pas étranger non plus. Le seul bémol à cette année chanceuse consiste en une baisse d’environ 15% de l’assistance comparativement à l’année dernière. Si une telle diminution est une première depuis les débuts de la ligue, elle ne semble pas causée par un phénomène précis et les organisateurs n’y ont pas trouvé de raison particulière. La moyenne de 110 à 115 spectateurs par match n’en reste pas moins satisfaisante, et la SIR-N compte toujours sur ses nombreux fidèles! De l’avis de Maurice Duclos, orga­ nisateur et porte-parole de la ligue, « l’impro est en bonne santé à RouynNoranda » et la SIR-N est prête pour

la prochaine saison. La pérennité de la ligue étant déjà assurée pour les prochaines années, notamment par des partenariats établis pour 3 ans, il y a maintenant place à de nouveaux défis à relever. L’un d’entre eux consistera en l’incorporation de l’organisme, dans le but d’en faire une entité légale et d’avoir la possibilité d’aller chercher des subventions. Également, un des objectifs importants pour l’avenir sera la poursuite du travail amorcé pour faire le lien avec la relève, par la réalisation d’ateliers et des matchs spéciaux avec les jeunes d’âge scolaire. L’engouement observé chez les élèves du secondaire démontre bien la place d’envergure occupée par l’improvisation à Rouyn-­Noranda et laisse prévoir que la tradition du jeudi soir va se perpétuer encore longtemps… Val-d’Or – la LIV Saison réussie pour la Ligue d’improvisation de Val-d’Or, malgré (ou grâce à?) de nombreuses nouveautés cette année. D’abord, la ligue a déménagé ses pénates au Bar Dundee. Si ce nouveau domicile a permis de gagner de l’espace et un nouveau public, il a aussi nécessité des ajustements, que ce soit au niveau physique pour la scène, ou au niveau de la participation des joueurs; trois habitués de moins de 18 ans étant alors écartés du jeu. Les équipes s’en sont trouvées chamboulées, également pendant la saison avec le départ de quelques joueurs. Un autre changement notable : la prise en charge de la ligue par le

Conseil territorial jeunesse d’AbitibiEst (CTJ). Malgré un bon travail des précédents organisateurs, le CTJ a amené un souffle nouveau en permettant une visibilité accrue. La LIV, par la voix de son porte-parole ­André Simard, se dit très satisfaite de cette nouvelle relation. La ligue a pu conserver le même noyau de joueurs que l’année précédente, en grande partie. Aux vétérans appréciés comme PaulAntoine Martel, Richard Vaillancourt et Christian Gilbert, se sont ajoutées quelques recrues remarquées, notamment Derrick Frenette, réci­ piendaire du trophée Coup de cœur du public. En résumé, le bilan 2008-2009 de la Ligue d’improvisation de Val-d’Or est bien positif. Bien que ce soit une organisation qui se cherche encore, il semble qu’un souffle nouveau se soit installé cette année. Une ­moyenne d’assistance satisfaisante (environ 60 spectateurs par match) démontrant sa popularité, un groupe de joueurs déjà intéressants auquel se greffent des espoirs surprenants, un niveau de jeu qui s’accroît de plus en plus… C’est à suivre en 2009-2010 ! Au fait, la ligue est en recrutement : rendez-vous aux intéressés pour le camp d’entraînement, en septembre prochain! En conclusion, on peut observer que l’improvisation en Abitibi a connu une bonne année et que le meilleur est à venir. Tout est bien qui finit bien! Oups! Punition à la joueuse Murphy pour cliché…

Coup de théâtre photo : archives tandem

Programmation estivale

Informations recueillies par Julie Goulet et Paul-Antoine Martel

Les 7 jours de Simon Labrosse

De Carole Fréchette – Mise en scène de Pascal Gélina avec Pascal Binette, Luc Drolet et Stéphanie Lavoie Une production de Sédiment actif À l’Espace Noranda, du mercredi au samedi, 20h – jusqu’au 9 mai. Infos : 819-797-8376 sedimentactif@gmail.com Sans emploi, Simon tente de réintégrer la vie active à sa manière bien à lui, que ce soit en devenant cascadeur émotif, finisseur de phrases ou flatteur d’égo. Il est tant bien que mal épaulé dans sa démarche par ses amis, le sombre Léo et la naïve Nathalie. Il présente au public le fruit de ses recherches dans le cadre d’un spectacle présentant une semaine de son existence en montagnes russes.

L’homosexualité n’a pas de frontière Projet d’intervention théâtrale « Playback »

Au Cabaret de la dernière chance de Rouyn-Noranda – 17 mai, 14h. Organisé par la Coalition d’aide aux lesbiennes, gais, bisexuels-les de l’Abitibi-Témiscamingue (LGBAT) Un service de transport est offert à partir de chaque MRC – contactez la coalition pour plus de détails www.coalitionat.qc.ca. Dans le cadre de la journée internationale contre l’homophobie, la Coalition d’aide aux lesbiennes, gais, bisexuels-les de l’Abitibi­Témiscamingue organise cet événement d’intervention théâtrale de type « Playback ». On y traitera du thème de cette année : « L’homosexualité n’a pas de frontières ». L’acceptation de la différence sexuelle varie d’une culture à l’autre ; pourtant, chacune gagnerait à s’ouvrir et à respecter les caractéristiques de tous.

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Bascule sur la route de l’Ouest

Un texte d’Anne Théberge, d’après l’œuvre de Jocelyne Saucier – Une mise en scène de Lise Pichette avec Alexandre Castonguay, Rachel Lortie et ­Sébastien Vivand. Les Productions du Petit Théâtre du Vieux Noranda Au Petit Théâtre du Vieux Noranda, le 9 mai à 15h ; le 5 juin (heure à préciser); le 6 juin à 10h et à 15h. www.bascule.info Bascule n’est encore qu’un enfant quand il quitte mère et village, conformément à la tradition, afin de prendre la route de l’Ouest. En chemin, il rencontrera une flopée de personnages qui lui ouvriront le cœur et l’esprit et qui rythmeront le chemin de sa vie.

Songe d’une nuit d’été

De William Shakespeare – Mise en scène de Pascal Gélina avec Maxime Viau, Mélanie Nadeau, Stéphane Gélinas, et 15 autres comédiens et comédiennes… Une production de la troupe Brin d’folie Au Petit Théâtre du Vieux Noranda, du 2 au 18 juillet, du jeudi au samedi, 20h. www.brindfolie.ca Dans une forêt aux allures enchantées, une galerie de personnages allant du duc d’Athènes à la reine des Amazones en passant par des fées et un raccomodeur de soufflets, va de chassé-croisé amoureux en quiproquos divers.

Une maison face au nord

De Jean-Rock Gaudreault – Une mise en scène de Jacinthe Potvin avec Louisette Dussault, Guy Mignault, Marcelo Arroyo… Une coproduction du Théâtre du Tandem, du Théâtre La Rubrique (Saguenay) et du Théâtre français de Toronto À l’Agora des Arts de Rouyn­Noranda, du 28 juillet au 8 août, du mardi au samedi ; au Théâtre du Rift de Ville-Marie, du 11 au 22 août, du mardi au samedi. www.theatretandem.com Un couple de Chicoutimi tou­ chant au bout de sa vie active est amené à dresser son bilan : lui est placé devant la décomposition de son rêve de pays et de ce qu’il croyait pouvoir léguer à ses enfants, alors qu’elle réalise qu’elle n’aura jamais de petitsenfants.


photo : archives cité de l’or

> SYLVAIN MARCOTTE La Société d’histoire du Témiscamingue (SHT) fête ses 60 ans cette année. Si pour certains c’est l’âge de la retraite, l’organisme entend bien demeurer actif encore longtemps. Le travail de toutes les personnes qui ont œuvré à son épanouissement depuis sa fondation mérite notre reconnaissance. Si nous pouvons aujourd’hui nous raconter notre histoire, c’est grâce à ceux et celles qui veillent à en conserver les traces.

patrimoine

Une mémoire à suivre…

Sauvées de la démolition, puis de l’oubli, ces fresques, à mi-chemin entre le cartoon et le guide de sensibilisation, sont exposées cet été à la Cité de l’Or, dans le cadre du 75e anniversaire de Bourlamaque.

Quand l’histoire s’expose!

photo : archives sht

> JONATHAN BARRETTE Dans le cadre du 75e anniversaire de la création du Village minier de Bourlamaque, fondé en 1934, la Corporation du Village minier de Bourlamaque et la Cité de l’Or proposent deux expositions temporaires, cet été, offertes gratuitement au public régional et aux touristes.

Pour célébrer ses 60 ans, la Société d’histoire du Témiscamingue s’offre en cadeau par le biais d’une exposition de photographies à la salle Augustin-Chénier, jusqu’au 24 mai.

Petit retour en arrière Le 15 mars 1949, la Société d’histoire du Témiscamingue déposait sa demande d’incorporation. La conservation de la Maison Frère-Moffet figurait déjà parmi leurs objectifs. Les Pères Oblats confient donc la responsabilité de la maison à l’organisme. Grâce à cette initiative, la Maison Frère-­Moffet occupe toujours une place importante dans le décor témiscamien. Dès 1952, la SHT cherche également à faire reconnaître le Vieux-Fort comme site historique. Ce projet a franchi de nombreux obstacles avant d’atteindre son état actuel. À force d’acharnement, de démarches auprès des gouvernements, de travail à l’amélioration du site, Fort-Témiscamingue-Obadjiwan nous permet aujourd’hui de revivre l’époque de la traite des fourrures. La conservation du patrimoine est souvent un travail de longue haleine et c’est à nous tous d’y veiller.

La première exposition, qui aura lieu sur les murs de la Maison historique du Village minier, au 123, avenue Perreault, présente des photographies inédites du village et de la mine Lamaque. L’inauguration de cette exposition aura lieu au prin­ temps 2009, possiblement lors de la journée porte ouverte, le 2 mai, et sera en ­vigueur jusqu’à l’automne de la même année. Profitez-en en même temps pour redécouvrir le mode de vie des familles d’antan grâce à l’exposition d’objets et d’artefacts présente dans cette ­petite maison de bois rond!

La seconde aura lieu dans le ­vestiaire-sécherie de l’ancienne mine Lamaque. Vous y verrez des fresques peintes traitant de la vie quotidienne des mineurs de la mine voisine, la Sigma. Ces œuvres auraient été ouvragées par un mineur inconnu, probablement un immigrant, durant les années 1950. Ce travailleur, exerçant son talent sous terre, dans la lunchroom, aurait été remarqué par les patrons de la mine, qui lui auraient demandé de s’exécuter sur les murs des bâtiments de surface où circulaient les mineurs. En 1999, les fresques ont été sauvées et ­récupérées lors de

la démolition d’une passerelle et du chevalement de la mine Sigma par la minière McWatters, puis entreposées à la Cité de l’Or. Celle-ci présentera ces fresques dans ses locaux pour la saison estivale seulement, du 24 juin au 7 septembre. Faites vite ! Finalement, la Cité de l’Or travaille aussi à la création d’une exposition permanente dans la salle des ­casiers. Cette exposition regroupera photographies, images, vidéos, ­objets et quelques présentations multimédia dès la saison 2010. On y relatera l’histoire de la mine Lamaque, de sa découverte au 21e siècle. « On va y mettre la totale ! Les casiers vont devenir l’unité de base du design de cette exposition », promet Marc-Antoine Jetté, agent de développement à la Cité de l’Or. www.citedelor.com

Au fil des ans, c’est une étonnante collection d’archives qui s’est retrouvée au sous-sol du Palais de justice de Ville-Marie. Des milliers de photographies, documents, enregistrements sonores et visuels, artefacts nous permettent aujourd’hui de connaître une partie de notre passé. Au fil du temps, de nombreux projets de recherche et la publication de livres viendront assurer une mémoire à notre jeune région. 60 ans, ça se fête ! Pour souligner le 60e anniversaire de la Société d’histoire du Témiscamingue, une exposition se tiendra à la Salle Augustin-Chénier du 17 avril au 24 mai 2009. Cette exposition sera composée principalement de photographies de différentes périodes. La colonisation, l’architecture, les transports, la culture tout comme la vie quotidienne seront autant de sujets traités. Une partie de la collection d’artefacts viendra s’ajouter aux éléments présentés. Afin de rendre accessible l’histoire de la région à toute la population, la publication d’un livre vient souligner le 60e anniversaire de la SHT. Intitulé Il était une fois… Le Témiscamingue, ce livre comprend environ 300 pages illustrées de 125 photographies. L’équipe de la SHT y a réuni des articles couvrant la période du début de la colonisation jusqu’aux années 1980. Le récit d’une centaine d’années d’événements divers qui touchent le développement de notre coin de pays. Ces articles proviennent du journal La Frontière, du journal de l’organisme La Minerve, de chroniques radiophoniques, des jeudis de l’histoire organisés par la SHT depuis plusieurs années. Le lancement du livre se déroulera le 20 juin à la Maison Frère-Moffet lors de l’ouverture de la saison touristique. Le 60e anniversaire de la Société d’histoire du Témiscamingue est une belle occasion pour tous de découvrir le chemin parcouru par les générations pour créer le visage actuel de notre région. L’histoire d’un territoire et de sa population ne s’arrête jamais, elle est toujours en mouvement, le dernier mot ne peut donc être que : À suivre… LE JOURNAL CULTUREL DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

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VILLES ET VILLAGES D’ART ET DE PATRIMOINE > SOPHIE OUELLET

Afin de faire la promotion du patrimoine régional, L’indice Bohémien a choisi de s’associer aux agents VVAP (Villes et Villages d’art et de patrimoine) de la région en leur offrant une chronique dans nos ­pages. Nous débutons cette collaboration, dans ce premier numéro, avec un texte de l’agente de La Sarre.

photo : cyclopes

Dans le souci de mettre en valeur son image culturelainsi que son histoire, la Ville La Sarre, avec l’aide d’un appui financier du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, a mis sur pied un inventaire regroupant les bâtiments de ville ayant une valeur symbolique, architecturale et historique.

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Les fameuses granges doubles du Témiscamingue sont en voie d’extinction; la démarche patrimoniale témiscamienne devrait permettre d’en savoir plus sur leurs constructeurs et leurs utilisateurs.

Conjuguer le patrimoine au présent

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La Ville de La Sarre possède maintenant son inventaire du patri-

moine bâti, outil qui devrait mener à la protection et à la mise en Pour ce faire, la Ville a demanvaleur de ces bijoux architecturaux. dé à la Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre de lancer un appel d’offre afin de trouver une firme pouvant réaliser ce mandat. La firme Devamco, qui a aussi dressé l’inventaire de la ville de Rouyn-Noranda, a été retenue. L’architecte Manon Sarthou s’est chargée de répertorier les bâtiments ayant un style et une architecture intéressants et de les classer par fiche regroupant la date de construction de la bâtisse, son intérêt patrimonial, les caractéristiques du site et de l’environnement, l’état physique de la bâtisse, l’évaluation patrimoniale ainsi que ses recommandations. Chacune des données a été vérifiée par un comité restreint composé de différents membres de la Société d’histoire, de l’urbaniste de la Ville et de l’agente de développement culturel.

En décembre 2008, la Ville recevait son inventaire complété. Celui-ci regroupe et explique, à l’aide de textes et de photos, les principaux styles architecturaux présents à La Sarre ainsi qu’une carte localisant les différents bâtiments retenus. Fait intéressant : plusieurs granges lasarroises possèdent des qualités architecturales grâce à la grande variété de styles de toits (toit à la Mansart, toit interrompu, toit asymétrique, toit en carène, etc.). Le 8 avril dernier, les propriétaires des maisons faisant partie de l’inventaire ont été convoqués afin de remettre à chacun une copie de sa fiche individuelle ainsi que leur expliquer les différentes suites possibles. Pour l’instant, aucune mesure n’a été mise sur pied afin de protéger les bâtiments de grande valeur. La Ville se penchera sur cette question dans un avenir rapproché. Suite à cette réunion, une conférence de presse a eu lieu le 20 avril en matinée pour lancer officiellement l’inventaire du patrimoine bâti de la Ville de La Sarre. Pour ceux qui désirent le consulter, des copies sont dis­ ponibles à la Bibliothèque municipale Richelieu de La Sarre ainsi qu’à la Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre. La Ville travaille présentement à réaliser un circuit regroupant quelques bâtiments d’importance historique. Ce circuit pourra se faire à pied à travers les rues de La Sarre. Une brochure servira à localiser les bâtiments retenus qui seront identifiés à l’aide d’une plaque pour les touristes et les gens d’ici.

> Sandy Lachapelle Pour la Commission culturelle du Témiscamingue, se doter d’un inventaire patrimonial ne consiste pas à dresser une liste du patrimoine bâti, mais bien faire des enjeux du patrimoine un lieu d’échange collectif. Portrait d’une démarche aventurière qui s’étalera sur plusieurs années. On en discute depuis longtemps – l’action a été identifiée comme prio­ ritaire dans le Plan stratégique du Témiscamingue 2005-2009 - et les ressources ont été longues à trouver. Mais voilà que le projet se concrétise, notamment grâce à l’embauche d’une nouvelle agente de développement culturel par la MRC de Témiscamingue. Si les mois ont passé, la démarche, elle, s’est peaufinée. Le dépôt du Livre vert et la préparation d’un projet de loi sur la gestion du patrimoine ont confirmé la pertinence de cette dernière et mis en lumière son sens innovateur. L’inventaire réalisé répertoriera le patrimoine naturel (environnement, paysage), le patrimoine immatériel et humain (le vécu, les personnages, les contes, les légendes) et bien sûr le paysage bâti. Une démarche ambitieuse qui sera déployée sur plusieurs années et qui mettra à contribution tout le milieu : « On aurait pu donner un mandat d’inventaire classique à une firme et compléter le tout en 6 mois. Mais nous trouvons plus structurant d’impliquer le monde municipal et les citoyens dans l’identification de ce qu’ils considèrent comme leur patrimoine local. De cette façon, nous nous assurerons que cet inventaire contribuera à augmenter leur fierté et le développement de créneaux d’excellence par municipalité », souligne Réal Couture, président de la Commission culturelle du Témiscamingue. Tout un défi, ne serait-ce que de trouver les experts pouvant s’intéresser à la fois aux volets environnemental qu’humain du patrimoine ! Actuellement, l’équipe a reçu quelques propo­sitions de scénarios de différents consultants. Le choix sera ar-

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photo : culture-AT.org

patrimoine et histoire

L’INDICE BOHÉMIEN - COPIE ZÉRO - MAI 2009

rêté d’ici l’été : « Ensuite, les experts choisis auront pour mandat de réaliser l’inventaire pour 2 municipalités «cobayes » et surtout de le faire en préparant des outils clairs et facilement réutilisables par les agents de développement locaux. Les autres municipalités et la Commission culturelle seront donc ainsi autonomes dans la réalisation des inventaires suivants », précise la nouvelle agente de développement culturel de la MRCT, Mme Véronic Beaulé.

Monuments en voie d’extinction

Parmi les richesses patrimoniales en danger et pour lesquelles l’urgence d’agir risque quand même d’intervenir dans le processus, notons la disparition lente et dangereuse des fameuses « granges doubles », apparemment typiques au paysage agricole témiscamien. Les installations de l’ancienne base navale Opémican doivent également attirer l’attention d’ici la création du futur parc national prévu pour 2012. Et que dire du patrimoine humain qui est outrageusement gaspillé à chaque fois qu’un de nos « anciens » s’éteint, emportant avec lui une vie de témoignages sur le développement du territoire. L’apport des communautés autochtones devra aussi porter une attention particulière. Un des objectifs est de faire réaliser à tous les intervenants du dévelop­ pement que d’investir dans le patrimoine, c’est miser sur l’identité du territoire tout autant que le développement économique. Ce qui peut paraître anodin à nos yeux aujourd’hui soulèvera les passions un jour. L’Abitibi-Témiscamingue est une jeune région, mais après tout, Québec n’a pas toujours eu 400 ans, non ?


>FRANCESCA BENEDICT Desjardins, Louise Le fils du Che Montréal : Boréal (2008), 172p. «[…] il n’y avait peut-être pas de secret du tout, un doute à peine.» (p.129) Fille de la région, Louise Desjardins a longtemps vécu à Rouyn-Noranda. Elle côtoie la littérature depuis longtemps; surtout connue pour son œuvre poétique (et même comme enseignante au Cégep), elle œuvre aussi comme romancière, nouvelliste, biographe et traductrice. Dans son 4e roman et son plus récent titre, elle présente, par les yeux d’un adolescent qui se réfugie dans son ordinateur lorsque la vie pèse un peu trop lourd, l’héritage de l’époque où le Québec s’est ouvert au monde. L’enfant, symbole traditionnel de l’innocence et de l’avenir, devient malgré lui porteur des grands idéaux des années 70 et 80 qui soustendent la vie de cette famille. Cette histoire cerne donc un certain milieu politique: celui des militants qui cherchaient à changer le monde et qui s’étaient fait d’ «el Che», lui qui avait conçu «el hombre nuevo», une figure de proue.

En commençant le récit par le point de vue de l’enfant, lors de l’absence de la mère, l’auteure donne à cet adolescent l’espace nécessaire pour réfléchir, pour s’exprimer. Au fil des pages, elle va retracer l’origine de cet enfant qui cherche à retrouver son père absent. Il réussira et sera confronté à une société qui accorde plus d’importance au bien-être de ses adultes qu’à celui de ses enfants. Le regard lucide de l’auteure lève le voile sur les petits compromis du quotidien. En ce sens, elle livre un constat d’échec: l’idéal de liberté a mené au silence. Et c’est dans ce silence que les personnages doivent se débattre.

33e Salon du livre régional

Amos à livres ouverts

événement

Critique littéraire

> CHRISTIAN MATTE C’est sous le thème À livre ouvert sur l’Esker que se tiendra le prochain Salon du livre à Amos, du 21 au 24 mai.

Les personnages prennent l’avant-scène en alternance et nous livrent en même temps que leur regard sur leur entourage, leur regard sur la vie. Avec cette légèreté de la plume typique de l’auteure, les personnages sont décrits par petits coups de pinceaux, et parfois par petits coups de couteaux. Ce livre devrait être difficile à lire autant pour l’image dure des parents du Me generation que pour les limi­ tes auxquelles se heurtent les idéaux, que parce qu’il met en scène le courage et la force de l’enfant face à des grands-parents dépassés et à une mère déconnectée préoccupée d’abord et avant tout par son petit moi. Ce serait oublier que Louise Desjardins est avant tout poète. Un livre à lire absolument.

L’auteure d’origine amossoise Sylvie Brien, dont les écrits sont publiés entre autres chez Gallimard Jeunesse, est la présidente d’honneur du 33e Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue.

Si un tel événement rassembleur attire de nombreux amateurs de lecture, son organisation demande beaucoup de travail et l’appui de bénévoles. « En tout et partout, pour nos sept comités qui travaillent sur tous les aspects de l’organisation, on parle de plus de 250 bénévoles qui gravitent autour de l’événement », mentionne le président d’honneur de l’événement, M. Jocelyn Lapierre. « Ce qui est génial, c’est que tout ce travail est grandement supporté par la Ville d’Amos, poursuit-il, et ce, tant en moyens financiers qu’en biens fournis. »

a un noyau de bénévoles qui ont déjà participé à des salons du livre antérieurs qui sont toujours de la partie, des gens comme Marcel Baulne, Charles Duguay et Sylvie Brien par exemple. Appuyés par le travail d’un homme expérimenté comme Bernard Blais, ces personnes et leurs comités font preuve de beaucoup de créativité! »

Programmation

Mandaté à l’automne pour occuper la présidence d’honneur de l’événement, M. Lapierre a eu la piqûre dès sa visite au Salon du livre de Montréal. « Nous avons été accueillis à bras ouverts là-bas, tant par les auteurs que les maisons d’éditions, qui eux-mêmes vantent la qualité de notre accueil en AbitibiTémiscamingue. »

Au moment de rédiger cet article, la programmation officielle du 33e Salon du livre à Amos n’était toujours pas dévoilée. Cependant, des auteurs connus comme Bryan Perro, Josée Lavigueur, Richard Desjardins, Arlette Cousture, Antonine Maillet et Sophie Thibault ont été confirmés. « Je peux assurer une chose, affirme M. Lapierre en conclusion, c’est que ce sera le plus gros Salon du livre qu’Amos aura connu, en terme de présence d’auteurs et de maisons d’éditions. Les gens seront très heureux de la programmation qui sera dévoilée. »

Par la suite, c’est l’équipe en place pour organiser l’événement qui a charmé le président d’honneur. « Il y

Pour plus de détails, vous pouvez consulter le : www.slat.qc.ca

LE JOURNAL CULTUREL DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

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Annie Boulanger illustre les Chroniques d’une mère indigne 2

> winä jacob La publication, en mars dernier, du deuxième tome des irrévérencieuses Chroniques d’une mère indigne, de Caroline Allard, a entraîné l’illustratrice rouynorandienne Annie Boulanger dans une belle aventure professionnelle. Il y a deux ans, Caroline Allard était invitée au Salon du livre de l’AbitibiTémiscamingue, qui se tenait à Rouyn-Noranda cette année-là, afin d’y présenter son premier recueil. Les organisateurs, voulant rendre sa présentation plus dynamique, avaient eu l’idée d’inviter deux illustrateurs d’ici, dont Mme Boulanger, à faire des dessins en direct lors d’une lecture publique de la première mouture des Chroniques d’une mère indigne. «À la suite de cette journée, on est resté en contact en s’écrivant de temps en temps. Je lui ai envoyé

un courriel quand elle a gagné [le Grand Prix littéraire Archambault, en 2008], elle m’en a envoyé un quand mon fils est né », explique Annie Boulanger. Puis dans le temps des Fêtes, l’an dernier, seulement deux mois avant la publication de son deuxième livre, l’auteure a un flash : ajouter des illustrations rigolotes à ses textes. Les images d’Annie lui sont tout de suite revenues en tête. Elle a donc envoyé sa table des matières à la dessinatrice en lui demandant de choisir un

texte par chapitre qu’elle illustrerait. « C’était un petit contrat, mais c’était drôle à faire! » relate-t-elle.

Le phénomène Mère indigne

Depuis le printemps 2006, Caroline Allard publie régulièrement ses chroniques rigolotes sur son blogue (sorte de carnet virtuel regroupant des billets plus ou moins longs sur divers sujets). Son humour et son sens de l’autodérision ont vite fait de son site un des plus populaire de la blogosphère québécoise. Constatant l’intérêt porté à ces textes, les édi-

illustration : annie boulanger

littérature

photo : guillaume travert

L’indignité en images

tions du Septentrion ont proposé à la blogueuse de publier ses articles, dans un premier livre paru en 2007, puis un second arrivé sur les rayons en mars dernier. Flairant la bonne affaire, RadioCanada présente depuis quelques semaines des capsules web adaptées des Chroniques…, lancées à grand renfort de publicité. Ces très courts épisodes nous montrent une mère qui dit tout haut ce que plusieurs pensent en silence.

Des retombées pour Annie

Le buzz entourant les livres et blogues de Caroline Allard rejaillit désormais sur l’illustratrice d’ici. « Je me disais que c’était un méga coup de publicité, mais j’ai jamais pensé que ce serait à ce point-là, surtout après le passage de Caroline à Tout le monde en parle! » Depuis, l’éditeur a ajouté sur son site Internet un lien vers la page web de Mme Boulanger. « Il y a plein d’échos, j’ai des appels pour faire des contrats », explique la jeune artiste de Rouyn-Noranda. Parmi ces engagements, notons l’illustration de romans jeunesse historiques en préparation aux Éditions du Septentrion et d’un petit livre aux éditions Z’ailées de Ville-Marie.

Travailler les imperfections

Les écrits forts imagés firent jaillir des idées de dessins chez Mme Boulanger… tout en étant une source d’inspiration potentielle lorsque les problèmes de l’enfance surviendront avec son fils, d’ici quelques années. « Les textes de Caroline nous aident à nous déculpabiliser par rapport à ce qu’on vise et ce que la société nous demande, analyse Annie Boulanger. Pourtant, on fait ce qu’on peut! Caroline Allard désamorce avec humour, elle relativise puisque la perfection, ça sert à rien. Stresser pour viser la perfection, c’est s’en éloigner». Il y a pourtant un monde entre ce qu’elle retire de la philosophie de Mère indigne et sa façon d’aborder les illustrations. Comme Caroline Allard se targue d’une étiquette de mère imparfaite, les dessins devaient avoir une allure de croquis instantané fait d’un seul jet. « J’ai de la misère à ne pas faire dans le détail, j’aimerais ça faire un peu plus brouillon, mais mon talent est dans la finition, dans le détail. Il va falloir que je travaille là-dessus! ». L’illustratrice a donc fait des dessins plus finis en premier lieu, pour par la suite y ajouter des lignes afin de rendre le tout un peu plus cartoonesque.

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L’INDICE BOHÉMIEN - COPIE ZÉRO - MAI 2009

Mine de rien

Malgré le succès récent, Annie Boulanger ne pensait pas faire carrière avec ses œuvres. Même si elle a toujours dessiner, elle l’a longtemps nié : « petite, j’étais la fille qui dessinait bien, mais c’était évident pour tout le monde sauf pour moi ». C’est au départ l’amour des mots qui l’amène à s’inscrire s’inscrire au Cégep en Arts et lettres, où elle se découvre une nouvelle passion : le cinéma. Suivent alors des études multidisciplinaires en création visuelle et un emploi dans un centre photo qui lui fait découvrir d’autres aspects du monde de l’image. Malgré tout, c’est suite à un retour au pays, après quelques voyages qu’elle reprend crayons et pinceaux. Finalement, c’est lors de son congé de maternité qu’elle décide de si mettre sérieusement. Depuis, elle se penche sur le côté « affaire » du travail autonome, approfondit ses recherches en ce qui a trait à la promotion de ses services et découvre comment calculer la valeur de ce qu’elle fait. « Il me reste à apprendre à me vendre. J’ai créée un site web pour profiter de la vague Mère indigne. J’en suis à l’étape d’écrire des courriers de présentation et de m’inscrire au répertoire des illustrateurs pour me faire connaître ». Sans être tout à fait entrepreneure, ni vraiment vendeuse, elle découvre peu à peu, surtout depuis quelques semaines, que le bouche à oreille est la plus forte des promotion. Et c’est ici, dans son Abitibi natale, qu’elle veut vivre cette belle aventure, puisque « c’est sain, en tout cas ça l’est encore et ce que je fais c’est tangible, c’est du papier et des ­crayons, mais c’est aussi virtuel [avec des clients un peu partout sur la planète] ». Tout ça en demeurant une mère aimante, attentionnée, mais aussi bien indigne. Caroline Allard, et possiblement Annie Boulanger, sera au Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue, à Amos, du 21 au 24 mai prochain. De plus, les deux femmes nous préparent une belle activité en collaboration avec la librairie scolaire de RouynNoranda.

www.annieboulanger.com www.mereindigne.com


arts visuels

Cinq expositions aux cinq coins de la région

Plaisirs capiteux

> GENEVIÈVE AUBRY « Les 5 plaisirs capiteux propulse les activités de la vie dans le monde des plaisirs où il est possible de rêver, au sein des satisfactions qui donnent le goût du lendemain, parmi les joies de vivre l’enrichissement par de nouvelles expériences et dans l’ajout d’un peu de délinquance quotidienne » (Rock Lamothe, commissaire du projet). Cette exposition de groupe réunit en un grand thème les cinq centres d’exposition de la région et 30 artis­ tes professionnels et de la relève. Elle se décline à travers cinq sousthèmes : le désir, l’enchantement, la passion, la fougue et le désordre, associés à chaque lieu de diffusion. Andréane Boulanger, Carol Kruger, Martine Savard, Armande Ouellet, Véronique Doucet et Donald Trépa­ nier présenteront leur vision de la fougue au Centre d’exposition d’Amos. Pour leur part, Gaétane Godbout, Luc Boyer, Céline Brochu, Jocelyne Caron, Françoise Côté ainsi qu’Ariane Ouellet exposeront leur enchantement au Centre d’art ­Rotary de La Sarre. La passion de Carole Wagner, Karine Hébert, ­Arnold Zage­ris, Anita Petitclerc, Brigitte Toutant et Martine Dupuis prendra vie au Centre d’exposition de Rouyn-­Noranda. Du côté de la salle d’exposition de Val-d’Or, c’est

Chantale Girard, Valéry Hamelin, Joanne Poitras, Anne Théberge, Chantal Vallières et Josie Mongrain qui ont été inspirées par le désir. Finalement, c’est à la Salle Augustin-Chénier de Ville-Marie que Geneviève et Matthieu, Michèle Pedneault, Carole-Yvonne Richard, Colette Jacques, Virginia Pésémapéo Bordeleau et Jacques Baril exposeront leur désordre. La thématique prend sa source dans les interdits de plus en plus présents aujourd’hui avec la rectitude politique, la montée de la droite et les figures conservatrices qui nous talon­nent de messages rigides et doctrinaires. Les cinq plaisirs capiteux constitue un revers aux interdits, représentés à merveille par les sept péchés capitaux. Devant les contradictions et l’intolérance véhiculées par cette société, les artistes répliquent en disant : « allons-y franchement avec les plaisirs! »

oeuvre de valéry hamelin, Pincée par l’inconnue, soupir, techniques mixtes, 2008, 3’x3’ exposée au centre d’exposition de val-d’or, du 29 mai au 30 août 2009

Les plaisirs aident à contourner et à questionner les normes sociales qui sont externes à la condition humaine. Ils contribuent à nous faire prendre conscience que nous avons tous l’aptitude à construire notre vie. Il faut pour cela choisir nos propres

règles, transgresser des interdits, douter, prendre des risques. Une exposition à voir, pour se laisser enivrer du parfum des artistes de la région. www.5plaisirs.ca

LE JOURNAL CULTUREL DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

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arts visuels

photo : lana greben

La beauté à perpétuité La justice fait place à la création au Palais des arts Harricana

> MARGOT LEMIRE Quand je suis arrivée à Amos en 1974, le Palais de justice était encore le lieu de la cour, des jurys, des acquittements et des condamnations, tel qu’il avait été construit en 1922. De face, un large escalier, un portail imposant. Derrière : la prison. Cette masse de briques nous regarde de haut. Sa symétrie nous parle des lois qui y seront appliquées scrupuleusement. En général, on entre dans les palais de justice à pas feutrés, en silence. On chuchote. Impressionnée. Ou on fait un détour… Quand j’ai osé y mettre les pieds pour la première fois, il était devenu le Palais des arts Harricana et Musée d’histoire de l’Abitibi. En entrant, c’est toute l’histoire de l’Abitibi qui vient à ma rencontre, tranquillement. L’histoire des bâtisseuses et des bâtisseurs de ce pays innommé. Encore innommé à l’intérieur de moi. C’est un soir de vernissage. Sur les murs, partout, de grandes toiles de Virginia Pésémapéo-Bordeleau. Plus loin, des oeuvres de Luc Lafrenière, une autre salle dite d’exposition permanente regroupe des œuvres d’artistes d’ici. Des photographies, des petits mots, des gens, chaleureux, absorbés, en train de boire les couleurs et les émotions exprimées par les artistes.

détail de l’oeuvre de stéphanie turgeon-girard

Combien de mains se sont appuyées aux chambranles des portes de bois

précieux? Combien de sentences ont résonné entre ses murs? Je m’extasie du mélange de l’histoire, du patrimoine, de l’art. Une émotion forte secoue mes racines. Que s’est-il passé entre ces époques pour que je sois ravie, charmée par tant de beauté? Des heures et des heures de travail. Voire de nombreuses années. D’ardeur. De rêves. Depuis si longtemps…

La renaissance du palais

Le 23 décembre 2005 est née la Corporation de la galerie d’art et du musée historique de l’Abitibi, connue sous l’appellation Palais des arts Harricana et Musée d’histoire de l’Abitibi. Sous la direction de Mme Lana Greben, de nombreux béné­ voles se mettent à l’ouvrage. Depuis cette date, malgré le manque de ressources financières et malgré que les

si j’aurai ta peau d’andré michel est l’une des 35 expositions à avoir eu lieu au palais des arts harricana.

activités reposent ­presque entièrement sur le bénévolat, l’organisme réussit le tour de force de présenter plus de trois cents ­artistes en arts visuels, dans le cadre de trentecinq expositions ayant nécessité l’organisation d’une trentaine de vernissages. L’ancien Palais de justice a également servi à la supervision de formation d’étudiants en arts visuels, à deux lancements de livres, à la présentation de cinq spectacles, à des sessions d’informations par divers organismes de la ville. Sans compter le montage et l’organisation de l’exposition médicale, celle du Camp-école Chicobi, celle du Port d’Amos.

Savoureusement vectorisable dans l’irréversibilité chromatique Exposition des finissants en Arts plastiques du Cégep > CHANTALE GIRARD À chaque printemps, le Centre d’exposition de Rouyn-Noranda reçoit une exposition collective réunissant les étudiants finissants du programme d’arts plastiques du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Cette année ne fait pas exception et c’est du 15 au 24 mai que leurs œuvres y seront exposées.

Il y a des fidèles qui ne manquent aucun des vernissages qui en marquent l’ouverture. D’abord parce qu’il s’agit souvent d’un véritable événement; certaines cohortes se déguisent, d’autres mettent littéralement en scène la chose. On s’y amuse très souvent et on s’y amusera encore le 15 mai prochain dès 19h. Aussi parce qu’il y a des chasseurs d’aubaines. Oui, des aubaines. Des œuvres vraiment intéressantes pour pas cher. Il y en a qui ont entièrement habillé leurs murs avec des œuvres d’étudiants, mais il faut arriver tôt, très tôt même. Là n’est pas l’essentiel. Cette exposition constitue une vitrine sur l’imaginaire des jeunes, pas toujours rose, pas toujours tel qu’on se l’imagine, mais terriblement sincère. C’est l’occasion de connaître leurs préoccupations, leurs intérêts aussi. C’est également pour Myriam Tanguay, Carol-Ann Gaulin, Stéphanie Dupré-Guilbert, Andrée-Ann Dyell, ­Gabrielle Brais-Harvey, Stéphanie Cloutier, Audrey Kim Cimon, Émilie Babineau, Rebecca Pouliot, Dan Blouin, Stéphanie Turgeon Girard, Shawnee-Katrina Blais-Leduc et Marie-Lee Lacombe un premier contact avec le public, le vrai, pas celui du chum qui vient voir ce que tu traficotes dans ton atelier de sculpture. C’est une rencontre avec le visiteur moyen, celui qui ne connaît pas nécessairement grand chose à l’art ,mais qui sera touché par ton œuvre. Pour ces jeunes, c’est une première mise au public de leur travail artistique, une première prise de risque – exposer est toujours une prise de risque – nécessaire dans une formation artistique. La création n’est pas tout; il faut livrer l’œuvre au spectateur, la voir évoluer dans l’espace-temps de l’exposition. Ce sont les premiers papillons dans l’estomac de leur carrière. Comme spectateur, nous assistons en réalité à un bal de débutants; pour la première fois ces finissants s’affichent comme artistes. Ils ne finissent pas, ils débutent. Voilà l’intérêt de cette exposition qui, même récurrente, recèle un plaisir sans cesse renouvelé. Venez voir les débuts de ces finissants.

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L’INDICE BOHÉMIEN - COPIE ZÉRO - MAI 2009

Tout le monde sait que le Palais présente une collection permanente inédite d’une douzaine d’œuvres de Jean-Paul Riopelle. L’été dernier, on a pu admirer une exposition des œuvres du célèbre peintre, l’une des plus importantes après Paris, St-Petersburg, Montréal et Québec. Riopelle fréquentait l’Abitibi avec bonheur. Nous le fréquentons avec le même bonheur. Lana Greben raconte : « Avec les artistes, les membres du conseil d’administration et les bénévoles, le Palais, c’est comme notre maison ». C’est en dire long sur la convivialité, l’accueil chaleureux, la solidarité essentielle à l’organisation des rêves. Une autre histoire me touche. Celle de Lana elle-même. Partie de son

Ukraine il y a cinq ans, pour suivre son amoureux amossois, après des études combinées en droit et en arts plastiques… voilà qu’elle se passionne pour l’intégration des arts dans un ancien Palais de justice et pour l’histoire de ce pays qu’elle découvre. Comme une vraie pionnière abitibienne. Comme nos mères et nos grands-mères. Il reste à reluquer la programmation des expositions futures, les événements en cours, et aller goûter ce cocktail génial d’histoire, d’art, de patrimoine, de beauté, de grandeur… bref, de découvrir qui nous sommes vraiment. Pour consultation, voir!


photo : michel décarie

Roger Pellerin : récipiendaire du Prix du public aux Prix d’excellence en arts et culture 2009 de l’Abitibi-Témiscamingue

Un créateur dans l’île

> JEAN-JACQUES LACHAPELLE Originaire de l’Abitibi, Roger Pellerin entre à l’école des Beaux-Arts de Montréal dans les années ’60. Durant cette décennie, il sera l’illustrateur unique de l’Infonie, un groupe multidisciplinaire reconnu pour ses happe­ nings undergrounds. Aujourd’hui, l’artiste vit et travaille à l’île Népawa. C’est là que je l’ai rencontré.

Guitar Heroes

> PAUL-ANTOINE MARTEL Sans faire de bruit autre que celui du bois qui fait résonner le pincement des cordes, le Festival des guitares du monde de l’Abitibi-Témiscamingue se taille une place enviable sur le circuit des événements régionaux et des rassemblements de mélomanes. La cinquième édition, qui se tiendra du 23 au 31 mai, devrait continuer à nourrir la ferveur des amateurs de ­musique tous azimuts. Au moment d’aller sous presse, à la mi-avril, c’est à pas moins de 24  spectacles que l’on conviait les amateurs de guitares en tout genre. On passera ainsi du jazz au blues, on plongera dans la musique cubaine, on swingnera avec les manouches et on rockera ferme. Tout ça en neuf jours, dans le triangle formé par le Centre des congrès, l’Agora des arts et le Petit théâtre du Vieux-Noranda, tous situés à un jet de pierre l’un de l’autre.

des spectacles gratuits sont prévus aux cinq coins de la région (incluant Malartic cette année), on présente une exposition de peintures et de photos, on offre des prestations en pleine rue au centre-ville de RouynNoranda et on envahit pacifiquement les rues de Noranda pour donner plus d’ampleur à cette fête de la musique. Décidément, la capitale du cuivre – et une bonne partie de l’Abitibi-Témiscamingue – se chan­ gera en capitale des cordes.

Roger Pellerin habite presque tout au bout de l’île. La maison rose et haute de Pellerin est là, mignonne à souhait, dans la blancheur éclatante d’une neige qui n’en finit plus d’allonger l’hiver jusqu’en avril. On l’imagine tout aussi jolie à la faveur des verts de l’été, dans cette île entourée de la vastitude du lac Abitibi. Un beau chien jaune, chaleureux comité d’accueil, vient à ma rencontre. La porte s’ouvre sur un Roger Pellerin souriant. C’est à l’étage du haut que Pellerin tient son atelier de gravure. L’espace n’est pas immense, mais bien utilisé. La série monochrome des 27 gravures relatant l’histoire de l’île Népawa est épinglée tout le long d’un mur. Le soin du détail étonne. Chacune des estampes réalisées à partir d’une matrice de linoléum se compose d’une quantité innombrable de traits. La matrice, on l’imagine alors hachurée; chaque blanc étant le résultat d’un trait de couteau à angle dans le linoléum. Une semaine, me dira-t-il, il faut une semaine pour réaliser chaque estampe. Roger Pellerin est un maître incontestable de la gravure sur linoléum; matériau qui lui permet des lignes fluides et allant dans tous les sens. C’est par la réalisation de la miniature que son travail, déjà complexe, s’est affiné. Alors que le travail était plus impulsif et spontané, il s’est ordonné. Au fil du temps, il en est devenu à être calculé comme du papier musique. Armé d’une lunette grossissante, assis à la table où un miroir permet de bien peser le résultat une fois imprimé, le graveur monte son image patiemment en partant du bas. Et le temps fait désormais partie de l’élaboration de l’œuvre, interrompant régulièrement le travail pour prendre du recul et surtout éviter une tendinite ! Mais ce temps de pause n’est pas un temps chômé ! C’est qu’au sous-sol loge un autre atelier. Car l’artiste ne se limite pas à la gravure. Sculptures, bas-reliefs, mosaïques de porcelaine cassée, coffrets de bois pour les séries d’estampes et tout récemment, émaux sur cuivre sont autant de cordes à son arc d’alchimiste. Dans ce second atelier, la cohérence de l’œuvre de Pellerin devient palpable. On retrouve cet humour mi-espiègle, mi-corrosif, d’une œuvre toujours moins naïve métaphoriquement. Roger Pellerin fait partie de cette génération d’artistes qui répertorie le territoire. Il est question de la faune, de la flore, des us et coutumes, d’histoire. Et lorsqu’il aborde les relations humaines d’aujourd’hui, c’est comme s’il plaçait un miroir grossissant. L’évidence des airs de grandeur que l’on aime à se donner ne dépasse pas l’immensité des choses tranquilles d’une île appelée création.

événement

photo : suzie tousignant

Dans la quiétude de son atelier ou l’inspirante nature de son île, Roger Pellerin édifie patiemment une œuvre minutieuse, cohérente, vitale.

Le 5e Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue

Jaillis des cendres des Gypsy Kings, Chico & the Gypsies présenteront l’un des spectacles les plus attendus de cette 5e édition.

Cette année encore, l’éclectisme est au rendez-vous. Aux figures populaires que sont Lynda Lemay, les Lost Fingers (présents à chaque édition depuis les tout débuts) et Chico & the Gypsies (excroissance des bien connus Gypsy Kings) s’harmonisent les Alex Cuba (musique d’inspiration cubaine), Larry Carlton (récipiendaire de trois trophées Grammy), Rik Emmett (ancien du groupe canadien Triumph) et le légendaire bluesman John Hammond. Et c’est sans compter toutes les découvertes auxquelles le Festival nous a habitués au fil des ans.

Tenir la note

Quand on lui demande ce qui le rend le plus fier de cette cuvée 2009, le coordonnateur de l’événement, Alain Vézina, s’exclame : « d’être toujours là malgré la crise économique! La récession frappe de plein fouet, et malgré tout, les commanditaires sont là et on ajoute une journée à notre programmation. » En fait, on dirait même que le Festival n’a que faire des tribulations de l’économie : en plus des spectacles en salle (pour lesquels les tarifs vont de 7 à 87 $),

Une partie du succès du Festival s’explique par la richesse de sa programmation. Mais comment un marché somme toute minuscule comme celui de Rouyn-Noranda peut-il ­attirer autant de grands noms de la ­musique? « L’accueil que l’on ­offre et le public incroyable sur lequel on peut compter font en sorte que les musiciens acceptent un cachet de 30 à 40 % moindre que ce qu’ils touchent dans d’autres marchés, s’émerveille M. Vézina. Les artistes repartent d’ici avec le sentiment d’avoir conquis une foule généreuse. » À cela, il faut ajouter que la réputation du Festival s’établit solidement et que le mot commence à se passer qu’un événement sympathique se déroule chaque année au nord du 48e parallèle. Et il n’y a pas que les artistes qui sont charmés par l’ambiance qui enveloppe la ville et les choix des programmateurs. « Le Festival des guitares du monde est l’événement qui attire le plus de touristes, soutient Alain Vézina, et ce, sans qu’on dépense des fortunes en publicité. Des gens d’ici, mais aussi de l’Ontario et des États-Unis, sont prêts à payer

plusieurs centaines de dollars pour vivre un trip de musique dans une ambiance stimulante. » Le nombre de ces touristes culturels devrait augmenter au fil des années à venir : un journaliste du New-Yorker relatera à ses lecteurs son expérience chez nous, un documentaire en anglais sera tourné pendant cette cinquième édition, quelques spectacles seront enregistrés en vue d’être publiés et trois spectacles feront l’objet d’une captation pour Espace musique, la chaîne musicale de Radio-Canada. Déjà, la vente de passeports offrant l’accès à tous les spectacles est passée de 30 à 200 en cinq ans.

Les cordes vibrent, la région aussi

Les retombées pour la région sont considérables, et pas seulement économiques. Cette année seulement, plus de 70 artistes originaires de la région se produiront sur scène, dont la cinquantaine de l’Orchestre symphonique régional, le virtuose Rémi Boucher et les Témiscamiens de La Baie du Sauvage. De plus, grâce aux spectacles présentés à Rouyn-Noranda, La Sarre, Amos, Vald’Or, Ville-Marie et Malartic, des gens de partout ont accès à des spectacles de qualité. Les musiciens amateurs trouvent aussi leur compte grâce au spectacle de la Relève dont les fruits sont mûrs : certains participants aux premières éditions reviennent cette année comme artistes établis. Enfin, le Festival remplit un rôle quasi pédagogique auprès du public d’ici. Alain Vézina explique : « Dès le début, un de nos objectifs essentiels était de développer le goût et la curiosité des gens d’ici pour la musique. » La popu­ larité croissante du Festival permet de croire que ce pari a été remporté par l’équipe du FGMAT. Que réserve l’avenir à cette fête de la musique? « Notre plus grand défi est la stabilisation, affirme le coordonnateur. Notre programmation pour la 6e édition est complète à 80 %, et le format de l’édition 2011 ressemblera beaucoup à celui de 2010. » Ainsi, la visibilité du festival est en hausse et le bouche à oreille fait son œuvre; ajoutons à cela la confiance croissante des gens de la région pour les découvertes qu’on leur propose et l’avenir s’annonce fort mélodieux pour le FGMAT. De la confiance en l’avenir et beaucoup de musique : n’est-ce pas ce que l’on peut souhaiter de mieux en pleine période de crise économique? www.fgmat.com

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politique

Renouvellement de la politique culturelle municipale

Val-d’Or se met au diapason

> MADELEINE PERRON Le 20 avril 2009, la Ville de Val-d’Or a adopté sa nouvelle politique cultu­ relle. Ce document servira de cadre de référence en vue des futures interventions pour le développement des arts et de la culture sur le territoire de la Ville de Val-d’Or.

Déjà en 1997, une telle politique avait été adoptée par le conseil muni­ cipal. Le plan d’action découlant de celle-ci a permis le soutien à la réa­ lisation de projets concrets. On n’a qu’à penser à la relocalisation des œuvres réalisées dans le cadre du 2e Symposium en arts visuels dans le parc Démarrais, à l’émergence de nombreux événements dont le Festival de contes et légendes, l’événement danse Angle mort et le Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi-Témiscamingue ou encore à la rénovation du Théâtre Télébec. Après plus d’une dizaine d’années d’existence et à la suite d’importants changements géographiques sur le territoire de la Ville de Val-d’Or avec la fusion des municipalités de Val-Senneville, Vassan, Louvicourt, Dubuisson et Sullivan, une actua­ lisation des orientations pour le développement artistique et culturel devenait nécessaire. La nouvelle mouture de la politique culturelle de la Ville de Val-d’Or rédi­ gée par Paul-Antoine Martel est le fruit de nombreuses entrevues avec le milieu des arts et de la culture ainsi que des commentaires émis lors des deux consultations publiques organisées en décembre 2008 et mars 2009. Ce sont plus d’une centaine de personnes qui ont été consultées pour la rédaction de ce document. Les orientations de

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cette politique s’articulent autour de 4 axes soit la concertation et la planification, le soutien à la création et à la diffusion, la promotion et le développement de publics ainsi que la préservation et la mise en valeur de la mémoire collective. Évidemment, ce sont les actions découlant de cette politique qui ­viendront préciser concrètement les projets pouvant être soutenus ou ­réalisés. Pour Robert Migué, directeur du Service culturel de Val-d’Or, une des priorités sera la mise en place d’outils ou de plates-formes favorisant la création artistique. Il devient important que la Ville de Vald’Or devienne un terreau fertile pour la réalisation de productions de chez nous, diffusées sur le territoire, mais aussi ailleurs. D’autre part, M. Migué a voulu s’assurer que dans la rédaction de la politique culturelle il y ait possibilité d’intégrer des actions pour la revitalisation des milieux ruraux. D’ici 2010, un plan d’action triennal sera défini par la Commission de développement culturel, qui devra être entériné par le conseil municipal. Par la suite, des démar­ ches ­seront entreprises avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour l’élaboration d’une entente de dévelop­pement culturel définissant les objectifs d’intervention pour les trois prochaines années. www.ville.valdor.qc.ca


photo : valérie lemay

LES BIJOUX DE MALOU ET LES TERRINES DE CATHERINE

métiers d’arts

La Garette : sortir des sentiers battus

> VALÉRIE LEMAY Propriétaires d’un atelier d’art à Amos, Catherine Dubé et Malou Thibodeau sont deux Amossoises moqueuses, vives et ambitieuses. Lorsqu’on entre à l’atelier-boutique La Garette, des couleurs froides prédominent, mais rapidement, une chaleur se dégage des lieux par le sourire de ces deux plaisantes entrepreneures. Leur formation n’était pas encore complétée que les deux jeunes femmes parlaient déjà de revenir vivre dans leur région. Catherine a fait ses études en arts plastiques et en technique des métiers d’art en céramique. Malou fabrique des bijoux de porcelaine montés sur argent sterling. En choisissant d’effectuer un voyage exploratoire en Europe, elles ont testé par le fait même leur amitié afin de voir si elles pouvaient partir en affaires ensemble. Catherine explique : « Cela s’est très bien passé. En plus d’être sur la même longueur d’onde, nous avons eu l’aide de plusieurs personnes et organismes. Nous n’aurions jamais réussi cela à l’extérieur de la région. » Les charmantes artistes sont unanimes : « Nous avons toujours eu le goût de revenir vivre ici. Quand on y pense, on ne pouvait pas décider de déserter ce territoire, celui défriché et construit par nos ancêtres. Ce n’est pas vrai qu’on allait quitter après seulement deux générations. Tout est à faire ici et on est tellement bien. »

La Garette

Pourquoi La Garette? Amusées, les deux amies s’interrogent sur leur réponse. Catherine explique qu’elle s’est fait raconter par certains membres de sa famille qu’une garette est une machine forestière qui permet de débusquer le bois afin de l’apporter en bordure du chemin. « Une garette, ça permet de sortir des sentiers battus et c’est également appelée parfois une guidoune par les gars de métier. On trouvait cela tellement amusant que deux gui­dounes uti­ lisent le terme garette en clin d’œil à notre histoire régionale et au labeur de nos prédécesseurs. En plus, La Garette, ça sonne comme une belle boutique sophistiquée, n’est-ce pas? » Indubitablement, les produits de La Garette sont raffinés, recherchés et variés. On y trouve des objets utilitaires tels que huiliers, pots à ail, plateaux de service, saladiers, beurriers bretons, vases et théières. N’oublions pas non plus les jolis bijoux de Malou.

Elles cons­tatent, à leur plus grande surprise, que les clients de la région n’ont rien de différent des Montréa­ lais branchés : « Nous avons réalisé rapidement que le style éclaté et recherché était très en demande ici en région. Nous croyions que nous devions assagir et adoucir notre style pétillant, mais finalement, nous avions peut-être mal évalué le goût des Témiscabitibiens. » Elles peuvent donc produire en toute quiétude, à la hauteur de leur imagination et de leur ambition.

Le phénomène “clabord”

À l’ère du combat pour convaincre les citoyens d’acheter localement, Catherine sent que nous vivons de grandes transformations au niveau de la consommation. Elle croit que la population réalise bien la portée de ses gestes. Elle considère que nous nous éloignons de l’époque du Made in China. L’idée des articles jetables, éphémères et transitoires est peutêtre derrière nous. Pourtant, elle s’interroge sur le fait qu’on trouve l’Europe charmante de par son ar-

chitecture, son histoire, son patrimoine… « Ici, on se bâtit des patrimoines en clabord parce qu’on n’a pas dans l’idée de léguer nos maisons à nos petits-enfants. Je trouve qu’on est resté dans l’idée du temporaire; on pense économiser avec les trucs qui ne dureront pas, pensant de toute façon qu’on va se tanner. » La jeune femme semble sereine et ne croit pas que ses ­clients vont se lasser des matériaux nobles, bien pensés et durables. Catherine renchérit sur les nouveaux modes de consommation et croit que La Garette ne passera pas à côté de la pensée verte : « Quant à mon métier, je suis contente de mon choix : la céramique, si on la fait bien, c’est un objet durable qui vivra plus longtemps que nous, c’est ma part pour le patrimoine. » Les deux jeunes entrepreneures cultivent un beau rêve : celui de pouvoir utiliser le sol de la région pour élaborer une pâte d’argile. Catherine considère que cela serait leur apport à l’environnement, car actuellement, elles doivent aller chercher

leur matière à Montréal. Parions que l’utilisation du sol argileux de la région donnera une valeur ajoutée à leurs belles pièces artisanales.

Les bons ratés

Pour les budgets plus restreints, sachez que la section « Les bons ratés » constitue un excellent rapport qualité-prix. Cette section de l’atelier regorge de belles pièces légèrement défectueuses. L’œil d’un néophyte ne pourra faire la différence entre les pièces réussies et ces pauvres morceaux jugés non adéquats pour orner les tablettes de la boutique. Mettre les pieds à La Garette est non seulement une expérience artistique et un plaisir pour les yeux : c’est également la rencontre de deux jeunes femmes simples et déterminées qui ne cesseront de vous revenir en tête lorsque vous admi­ rerez vos pièces de porcelaine et de céramique achetées à La Garette. La Garette : 241, 1re Avenue Est, Amos

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mediatique

Radio Boréale : en ondes pour la rentrée

> MARIE-PIERRE BOUCHARD Donald Perron, président de Radio Boréale, la future radio communautaire de la MRC d’Abitibi, confirme que la programmation amorcera sa mise en ondes en septembre 2009. Après avoir acquis un permis de diffusion du CRTC et convenu d’une entente avec Télébec pour l’obtention d’un espace où ériger une performante antenne de 9500 watts, voilà que le projet reçoit des appuis financiers très encourageants. M. Perron est particulièrement fier d’annoncer que chacune des municipalités de la MRC Abitibi a accordé une subvention équivalente à 2,50$ par habitant. Si l’enthousiasme général était jusque-là palpable, il est désormais calculable, et l’implantation de CHOW-FM est concrètement sur les rails. Il aura fallu six ans pour en arriver là. La mise sur pied de cet organisme à but non lucratif a nécessité de nombreuses étapes: plan d’affaires, étude de marché, sondages auprès des milieux d’affaires et des résidents, formation de différents comités, élaboration d’une programmation qui correspond aux besoins des gens d’ici, campagnes de financement. «On a pris le temps qu’il fallait afin que chaque étape soit réalisée adéquatement», explique Donald Perron. «Toutes les exigences requi­ ses afin d’obtenir l’appui financier du gouvernement ont été remplies.» D’ailleurs, le 7 avril dernier, Radio Boréale a remporté un prix dans la catégorie «Économie Sociale», dans le cadre de la 11e édition du Concours québécois en entrepreneu­ riat, secteur d’Amos-région.

Puisque la structuration va bon train et que l’échéancier arrivera à terme dans quelques mois, on peut maintenant se demander à quoi ressemblera la programmation de Radio Boréale. «Les gens veulent de l’information qui les concerne. C’est correct d’être ouvert sur le monde, mais il ne faut pas négliger ce qui se passe chez soi. La vie communautaire, c’est comme un jardin : plus on le cultive, plus on s’aperçoit que ce qui pousse dedans est intéressant.» Donald Perron ajoute que beaucoup de gens se disent nostalgiques de l’époque de la radio amossoise CHAD et des effets bénéfiques que cette station locale avait sur l’ensemble de la communauté : un fort sentiment d’appartenance, de même qu’un dynamisme rayonnant sur l’ensemble des secteurs sociaux et économiques de la région.

Lancement d’album

Loch Témiscamingue À compter de septembre, Radio Boréale diffusera ses émissions de 6h à 18h heures sur les ondes du 105,3 FM. Il sera également possible de l’écouter en direct via Internet. Les premiers mois, deux animateurs rémunérés se parta­ geront les ondes. «On commence modestement, mais le personnel et les heures de diffusion augmente­ ront progressivement.» En plus de l’information régionale, une place importante sera accordée à la ­culture d’ici, volet dont Philippe ­Laferrière est le responsable. ­Donald Perron souhaite aller chercher le plus vaste auditoire possible. Il dit notamment vouloir rejoindre les ­jeunes, à qui il entend faire une place de choix au sein de l’équipe, ce qui donnera une couleur actuelle à la programmation. www.radioboreale.com

Secondaire en spectacle

6 NUMÉROS REPRÉSENTERONT L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE > Winä Jacob La septième finale régionale de Secondaire en spectacle a couronné six grands gagnants parmi les 31 numéros présentés. Les troupes de danse Révolution de la polyvalente Le Carrefour de Val-d’Or, Percu-Tant de la Cité étudiante Polyno de La Sarre, la jeune chanteuse Maude Desrochers, de l’école secondaire le Transit de Val-d’Or, le trio de guitaristes classiques Tryptuk de l’École D’Iberville de Rouyn-Noranda, le numéro de théâtre humoristique absurde aussi de l’école D’Iberville et Quatre GRC sur glace et un jeans et la pièce instrumentale Code Morse de la polyvalente de la Forêt d’Amos représenteront l’Abitibi-Témiscamingue, et ce, à l’occasion du Rendez-vous panquébécois (RVPQ) de Secondaire en spectacle qui se tiendra du 28 au 31 mai en Montérégie et qui rassemblera près d’un millier de jeunes artistes de toutes les régions du Québec. « Depuis quelques années, le calibre des numéros présentés à Secondaire en spectacle connaît une forte croissance! Les jeunes prennent le concours très au sérieux et mettent le paquet dans la préparation de leur prestation. » dénote le coordonnateur régional du programme à Loisir et Sport Abitibi-Témiscamingue, Francis Murphy.

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> Marc Jacob Le 27 mars dernier avait lieu, au Théâtre du Rift de Ville-Marie, un lancement d’album fort attendu par beaucoup de monde en région. C’est ­effectivement au terme de quelques années d’attente que le groupe témiscamien La baie du Sauvage nous a proposé à cette occasion son premier disque intitulé Le monstre du lac, et ce devant plus de 200 personnes. C’est peut-être là un premier effort sur disque pour La baie du Sauvage, mais il serait erroné de croire qu’ils sont des «p’tits nouveaux» dans le paysage musical régional. La naissance du groupe, tel qu’on le connaît aujourd’hui, remonte au milieu des années 90. C’est à cette époque que Martin Bernard (voix et guitare) et Jean-Marc Lupien (guitare électrique) unissent leurs ­ta­lents pour fonder les bases du groupe. Plusieurs personnes graviteront à tour de rôle autour du duo pour finalement en arriver à l’alignement actuel. Les autres membres du groupe sont Laurent Lessard (harmonica), Steve Beauséjour (batterie) et Marc Lafrance (basse). Au quintette, s’ajoute une pléiade de collaborateurs, autant sur l’album que lors des spectacles. Car des spectacles, il y en a eu, souvent en première partie de groupes en visite pour un festival, souvent lors de fêtes populaires : au Témiscamingue, un peu tout le monde connaît, reconnaît et apprécie l’esprit festif et l’honnêteté de La Baie du Sauvage. Le monstre du lac, c’est presque une anthologie. Certaines chansons datent du début des années 90 (L’homme, Rien qu’une), alors que d’autres n’ont été complétées que récemment (Le monstre du lac, Rivière du monde). La chose qui frappe le plus, à la première écoute, c’est la richesse de chaque composition : beaucoup d’arrangements, beaucoup de détails dans chaque instrument, beaucoup de travail dans les voix. Il devient vite évident que chaque pièce a eu droit à son lot d’attention au cours des années. Une autre source d’étonnement réside dans la qualité de la production : Le monstre du lac n’a rien à envier aux gros canons de l’industrie. Ceux qui ne connaissent pas La Baie du Sauvage découvriront non sans plaisir la plume de Martin Bernard, auteur de l’ensemble des textes de l’album. Remplies d’humanité et d’« humaineries », les paroles nous racontent des histoires simples, mais qui nous entraînent un peu plus loin que le premier degré de réflexion. Et c’est aussi là que se trouve le talent de Martin Bernard : prendre le quotidien, l’ordinaire et le commun pour nous en parler de manière simple, mais avec une finesse, une intelligence et une capacité d’évocation qui transporte le thème choisi vers une vision plus large, vers un sentiment plus vrai. La musique juste et riche vient appuyer chaque propos et, en fin de compte, c’est de la chanson solide que nous propose La Baie du Sauvage. Le monstre du lac mérite d’être vu et entendu. Profitez-en, maintenant que vous savez qu’il existe! www.myspace.com/labaiedusauvage

Quand les mouffettes rencontrent le crocodile! > WINÄ JACOB GrimSkunk, ce groupe québécois mythique «rockement» parlant, fera une unique apparition en sol régional après plusieurs années d’absence... Le retour des voix tonitruantes et des cheveux longs fera revivre des souvenirs heureux aux nombreux fans de musique rock de la région, le 22 mai, à 21h, au tout aussi mythique bar le Dundee, à Val-d’Or. La première partie du spectacle sera assurée par le groupe métal Les Ékorchés. Trash assuré!


Critique musicale musique

> GUILLAUME FOURNIER

Michèle O. Michèle O. Publik (2009)

photo : patricia lopraino

Michèle O. nous arrive avec un premier mini-album à saveur country folk qui ne peut nous laisser indifférents. Elle a un son qui sort de la masse, autant vocalement que musicalement. On entend clairement l’influence de la musique country dans ses chansons. Toutefois, elle personnifie sa musique en y ajoutant une petite touche personnelle, permettant ainsi à tout le monde, même aux «anti-country», d’apprécier son œuvre. C’est une musique qui est entraînante et qui a du caractère. Elle a également une voix que l’on n’entend pas souvent, qui sort de l’ordinaire, avec des sonorités qui nous rappellent Mara Tremblay ou encore Chantal ­Archambault. Une voix à la fois douce et puissante qui nous fait voyager à travers ses chansons dans son univers. Elle nous fait une belle démonstration de son talent vocal dans ses chansons, en particulier dans le refrain de Si ça fait mal un peu. Ce sont sa musique et sa remarquable voix qui font que ce mini-album est très intéressant. Et que dire de ses textes qui lui ont valu une bourse au FRIMAT en 2007? Elle réussit à nous combler avec des paroles qui sont tout simplement géniales. Bref, ce mini-album, qui comprend quatre chansons, sera un très beau tremplin pour cette artiste qui a un très bel avenir devant elle! Chapeau, Michèle O.!

Michèle O. : Une princesse en «Converse»

photo : marlène gélineau-payette

> GENEVIÈVE BÉLAND Michèle O., c’est d’abord et avant tout Michèle Ouellette, cette auteure­compositeure-interprète d’origine valdo­rienne à la voix tantôt douce et candide, tantôt rock et maligne.

Quand l’amour fait M.A.L. Lancement de disque

> WINÄ JACOB C’est le 14 mai que, l’artiste multidisciplinaire valdorien, Marc-Antoine Larche lance finalement son EP-L’amour fait M.A.L. à la salle le Gymnase de Montréal. Ce secret encore trop bien gardé de la chanson québécoise dépeint l’amour avec une plume ironique, parfois sanglante au son d’une pop électronique. Ce EP (mini-album) présente sept pièces dont le premier extrait, la pièce-titre L’amour fait mal, est diffusé depuis mars 2009 sur les ondes des radios montréalaises. Cet ancien récipiendaire du Prix du public et du jury lors du premier FRIMAT en 2005, a heureusement pu compter sur le soutien financier du Cirque du Soleil pour la réalisation de ce mini-album. Afin de créer cet opus, MarcAntoine Larche s’est associé à de nombreux talents dont celui de la poète Catherine Lalonde qui a signé certains des textes. Se sont joints à eux, ­Gabriel Vignola avec ses arrangements électroniques ainsi qu’Amélie Fortin qui a su donner une touche classique à l’ensemble tout en consérant un aspect très «sixties» au produit. Un album touchant enveloppé dans des emballages parfois contradictoires. À découvrir sur CD ou sur son «Myspace » : www.myspace.com/malarche.

La musique de Michèle O. est l’héritière d’influences multiples, tout spécialement celles du grand qua­ tuor britannique The Beatles. Ainsi, ses textes puissants de ­métaphores sont installés sur une musique aux sonorités très folk, assez pop-rock, quelque peu country et qui rappellent même le rockabilly des années 50 par moments. En gros, ça te donne le goût de taper du pied. D’ailleurs, il serait possible de continuer à énumérer d’autres genres et sous-genres, mais il n’y a rien qui remplace une bonne écoute: www. myspace.com/omichele. Retraçons maintenant un peu le parcours de cette artiste fort mélodique à travers les quatre titres de son EP (mini-album) lancé en mars dernier à Montréal, puis à Val-d’Or.

Assise dans ma tête

Même si elle a réussi à développer un son qui lui est propre, Michèle Ouellette a abordé la musique comme plus de la moitié des musiciens de son époque soit en gratouillant solitairement des chansons (généralement des reprises de Nirvana) dans un sous-sol; lieu mythique d’adolescents en recherche identitaire.

Si ça fait mal un peu

C’est en 1997, alors qu’elles sont au secondaire que Michèle Ouellette et son amie Karolyn Labrèche fondent le groupe rock Kill January. Les cassettes se copient à une vitesse folle et la popularité du groupe grimpe en flèche. Kill January s’exporte à Montréal et est promu à une belle carrière. Toutefois, pour différentes raisons qui ont su désillusionner Michèle de l’industrie de la musique, la formation s’éteint en 2000.

Ma belle tempête

L’après Kill January, qui avait laissé un goût d’amertume à Michèle, l’a gar­dée loin du monde de la musique quelques années jusqu’à ce qu’Alek Bérubé vienne la chercher pour participer à son projet The Electric Voodoo Clan. Cette nouvelle collaboration réveille son goût d’explorer et de développer ses propres pièces. Rapidement, les deux projets menés simultanément de front prennent de l’ampleur et Michèle est prise dans une «belle tempête»; elle choisit alors de se concentrer sur son projet personnel.

L’étage

Et nous y voilà. Michèle O. à son ascension, à sa conquête à sa façon de la scène musicale québécoise. Elle fait son petit bout de chemin et partout où elle passe, elle laisse sa trace. Notons, entre autres, un prix pour les meilleurs textes au FRIMAT 2007 et une participation au prestigieux concours Ma Place des Arts tout dernièrement. Et elle fait doucement son petit bonhomme de chemin! Elle y va ainsi parce c’est l’orientation qu’elle et sa gérante ont décidé de privilégier : une ascension contrôlée qui permet de tout goûter et surtout, de durer. Ce n’est pas sans rappeler ce proverbe de Mencius : «Ceux qui s’avancent trop précipitamment ­reculeront encore plus vite.». Une leçon de sagesse remarquable, hein? Vous avez sans doute maintenant compris le titre. À moins d’ignorer ce que sont des «Converses», ces onéreux souliers en toile, indubitables références hard-rock et punk qui ont probablement une «fanpage» sur Facebook.

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musique photo : olivier barrette

photo : michel pinault ©

Malgré son tout relatif succès, Chantal Archambault garde la tête froide : « On ne fait pas ça pour gagner notre vie, c’est un loisir, un pur plaisir. »

Chantal Archambault

Le plaisir de chanter > PIERRE ROUTHIER Avec une invitation à participer aux dernières Francouvertes, en mars der­ nier, au Lion d’Or, à Montréal, l’auteure-compositeure-interprète valdorienne, Chantal Archambault, a déjà réussi à faire sa marque sur la scène musicale québécoise. Forte d’expériences aussi emballantes que remarquées, et ce, en quelques mois seulement, elle passe d’artiste de la relève à artiste « émergée », en moins de temps qu’il en faut pour dire «FRIMAT». Mais ses bonheurs ne s’arrêtent pas là... « Je ne suis pas très à l’aise avec les formules du genre concours », avouet-elle d’entrée de jeu. C’est ce qui arrive quand on joue pour son plaisir et celui des autres. Il faut donc oublier d’éventuelles participations aux différents festivals de Granby, PetiteVallée et compagnie. « On respecte le rythme que l’on s’est donné. Nous n’avons rien à faire de pression supplémentaire », explique Chantal ­Archambault, avec une voix rieuse. Malgré cette réserve, celle qui par­ tage la scène avec Olivier Barrette et David Nauss - aussi Dylan Perron, à l’occasion - a non moins suscité des critiques dithyrambiques lors de la dernière édition du FRIMAT (Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi et Témiscamingue), tenue dans la région valdorienne en août 2008. Chantal Archambault et ses comparses en sont repartis avec le Prix du public et celui des Meilleurs textes. Rien de moins.

Sans fioritures

La principale intéressée et « coup de coeur » du jury de sélection des Francouvertes 2009 - le concours de l’alternative musicale francophone garde la tête froide: « On ne fait pas ça pour gagner notre vie, c’est un loisir, un pur plaisir. Ça nous permet avant tout de rencontrer des gens de toute la région, de visiter des endroits extraordinaires. Il n’y a rien de mieux pour la créativité ».

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Cette façon simple d’aborder son avenir d’artiste se retrouve au premier plan dans le rendu des chansons qui composent le matériel original de Chantal Archambault. « J’accorde une grande importance à la qualité de la langue. J’aime cependant jouer sur la phonétique des mots pour leur donner une couleur régionale. Notre langue, c’est notre principale richesse. Il me semble primordial d’en élargir l’usage et de la conserver », explique celle qui réussit à créer des images fortes en deux, trois tournures de phrases. Simple, efficace et de toute beauté, comme dirait l’autre.

Mais encore

La présence sur le Web d’une « carte de visite » : http://www.myspace. com/achantal n’est pas étrangère à la soudaine et non moins évidente popularité de Chantal Archambault. C’est d’ailleurs cette vitrine qui lui a permis d’être remarquée pour les Francouvertes. On y retrouve incidemment le calendrier des prochains spectacles en région pour les semaines à venir. « Nous avons la liberté de dire oui à ce qui nous intéresse vraiment pour la suite des choses. Nous espérons réaliser un nouvel album à l’automne prochain et continuer de profiter de notre chance », confie-t-elle.

L’INDICE BOHÉMIEN - COPIE ZÉRO - MAI 2009

La douce peau neuve de ma Maîtresse > Winä Jacob La nature revêt ses couleurs printanières afin de nous charmer, tout comme le fera très prochainement le Bistro la Maîtresse de La Sarre. Quelque 6 mois après l’incendie qui a ravagé les lieux, l’établissement a fait peau neuve dans un tout nouvel immeuble afin d’accueillir les amateurs de houblon et de spectacles musicaux dans son antre, et ce, dès le mois de mai. Depuis près de onze ans, c’est au Bistro la Maîtresse que les jeunes et moins jeunes de La Sarre se donnent rendez-vous afin de se rencontrer et festoyer. L’endroit, bien connu pour sa programmation diversifiée, son ambiance chaleureuse et son cachet, a dû se relocaliser le plus rapidement possible après le sinistre afin de répondre à la demande.

La Maîtresse en cavale

Heureusement, un ancien bar de danseuses non loin était disponible, ce qui a permis d’accueillir les spectacles déjà planifiés. « On voulait se dépêcher et déménager avant la période des fêtes pour donner une place aux jeunes qui reviennent », mentionne le propriétaire de l’endroit, Gaël Huot. Ce toit temporaire aura permis de poursuivre la programmation, notamment en célébrant en beauté les soirées de concerts du deuxième Festival des langues sales. Par contre, le mois de délais entre l’incendie et la relocalisation aura tout de même entraîné quelques annulations de spectacles, dont ceux de Beast

et de Cœur de Pirate, « mais on est en train de refaire des contacts [avec ces groupes]», assure le proprio. Malgré la bonne volonté du personnel et l’apport de quelques éléments visuels, l’adoption de cette Maîtresse de remplacement aura tout de même eu un impact sur l’achalandage. En effet, M. Huot a pu dénoter une certaine baisse de clientèle : « On s’est fait dire que c’est pas nous, que ça n’a pas notre cachet. Il y en a qui ne se sentait pas à leur place ».

Le Phénix d’Abitibi-Ouest

Repartir en neuf va permettre à cette Maîtresse nouveau genre de palier à certains problèmes. Si le nouveau bistro gardera sa griffe avec ses couleurs chaudes et une abondance de bois dans son décor, la reconstruction permettra de compter sur une plus grande salle à aire ouverte. « On espère ainsi pouvoir éventuellement baisser le prix des billets », lance le propriétaire. Autre changement, le deuxième étage deviendra une salle de réception pouvant accueillir 150 personnes. Si Gaël Huot promet une ouverture officielle en juin avec un spectacle haut en couleurs, les débuts dans cette nouvelle bâtisse se veulent fort chargés, et ce, dès ce mois-ci, avec la venue de Sens, Charlie Pop et la sortie lasarroise du Festival des guitares du monde. Tout un renouveau! www.bistrolamaitresse.com

NAïVE SIGNE SON PREMIER CONTRAT DE DISQUE Après avoir remporté les honneurs lors du dernier FRIMAT et après une participation remarquée à l’Omnium du Rock, où la formation a d’ailleurs terminé 2e, le groupe Naïve aspire aux plus hautes sphères musicales en signant son premier contrat de disque avec la maison Kay Productions. C’est suite à sa performance endiablée que les producteurs de l’événement, Kay Productions, ont offert un contrat au groupe quelques jours après la finale. Cette signature coïncide avec le succès de leur activité de financement « Parrainez une chanson Naïve ». Le groupe a innové en créant une première au Québec : ils ont sollicité leurs fans à investir dans le projet en parrainant une des chansons de l’album. Tous les parrains nécessaires au financement du projet ont été recrutés en moins d’un mois. L’enregistrement du premier album, qui est réalisé par Stéphane Dussault (membre et co-réalisateur des Respec­ tables) et masterisé par Nick Blagona (Deep Purple, Tom Jones, etc.), a débuté le 27 avril dernier au Studio Piccolo.


les dernières découvertes des DJ

Marie-Pierre Arthur - Marie-Pierre Arthur Bonsound Records (2009) > PAT BEAULNE Co-pilote musicale de mes promenades en voiture depuis déjà un mois, cette charmante petite dame sait y faire en mélodie qui reste en tête. La douceur de ses compositions, parfois très radiophonique disons-le, laisse une grande place à la réalisation aérienne de Louis-Jean Cormier du groupe Karkwa. Celui-ci enveloppe chaque pièce d’un filtre simili-vaporeux, tout en parvenant à bien mettre en avant-plan le joli timbre de voix de Mlle Arthur, qui, on l’a dit, ressemble un brin à celui d’Ariane (lire : Ariane Moffat). Et puis! Après tout, l’important c’est qu’on aime. Et on aime. Plaisir en sus, la demoiselle en question se permet même de nous offrir une reprise bien sentie de la chanson Qui sait de Daniel Lavoie. Débouchez le rosée, c’est officiel… Ça sent le printemps! 3.5/5

U2 - No line on the horizon Mercury (2009) > PAT BEAULNE Les attentes étaient grandes. Pour plusieurs, le retour de U2 signi­ fiait enfin le retour à la sonorité des premiers albums du groupe, qui en avait rien de moins que des incontournables. Nul doute que de ce côté, le mandat a été atteint avec brio. Dès la première pièce, on y retrouve le son distinct de la basse d’Adam Clayton, du traditionnel «gratouillage» minimaliste de The Edge et des montées vocales de Bono, qui caractérisaient si bien son côté revendicateur de l’époque de l’album War. Hormis le premier extrait radio Get on your boots qui, selon-moi, goûte encore un peu trop la sauce aigre-douce à la Zooropa, la majorité des pièces rythmées restent quand même assez sobres. Ce qui n’est pas peu dire venant d’un groupe qui nous avait habitués depuis quelques années à des compositions souvent noyées par un «trop plein» d’informations sonores. Difficile de ne pas craquer à l’écoute de la merveilleuse pièce Moment of surrender qui nous fait redécouvrir l’excellente plume de Bono. Frissons assurés. Ajoutez à cela la touche magique de Daniel Lanoie à la réalisation, qui nous livre rien de moins que de petits bijoux tout en douceur et en profondeur comme lui seul sait le faire. Et voilà pour le retour de U2. Vachement réussi ! 4/5

Avec pas de casque - Dans la nature jusqu’au cou Grosse Boîte (2008) > OLIVIER NAUD Avec pas de casque, à priori, le simple nom du groupe semble mala­ droit, comme prononcé par un enfant qui ne maîtrise pas encore tout à fait sa langue maternelle. En écoutant l’album, on se rend compte que notre intuition était juste. Les chansons y sont comme des comptines naïves aux paroles à la fois sensibles et absurdes, sur un fond de country-western tantôt très simpliste, tantôt décousu. Le chanteur fausse. C’est enregistré tout croche. En d’autres termes, c’est excellent! On se laisse vite emporter par les mélodies lâches mais accrocheuses, par la cloche à vache qui a l’air d’être jouée par le voisin ou encore par la grande poésie à cinq cents qui finit étrangement par nous toucher. Les comparatifs avec Mara Tremblay sont ­inévitables, et bien que rien n’y soit inventé, Dans la nature jusqu’au cou reste un album qui vaut la peine d’être écouté sur la route qui sépare l’Abitibi du Témiscamingue. Les chansons à télécharger (légalement, évidemment) : L’amour passe à travers le linge et Si on change les équipes, ce n’est plus une revanche. 4/5

Peter Bjorn and John - Living Thing Columbia (2009) > OLIVIER NAUD Mettons tout de suite quelque chose au clair. Peter Bjorn and John sont trois : Peter, Bjorn et John. Il faut dire, aussi, les attentes étaient hautes suite à l’excellent Writer’s Block, paru en 2006, qui comptait entres autres Young Folks, pas la meilleure, mais qu’on a tous sifflée avec joie. Cette fois-ci, le trio délaisse son côté folk-rock pour se tourner vers un son plus électroniqueannées-80-avec-n’importe-quoi-qui-sonne-cheap-ou-riche-mais-bon-ensemble. Autrement dit, on a l’impression que le groupe a écouté pas mal de MIA ou de MGMT ces derniers temps, un bon mélange des genres. On a aussi poussé davantage le côté expérimental, mais heureusement on s’y retrouve en entendant l’excellente voix du chanteur noyée dans le reverb, comme si elle sortait tout droit des années 60. En somme, même si les mélodies sont moins accrocheuses que sur le précédent, Living Thing reste un bon album si vous aimez déjà PBJ, mais je conseille tout de même Writer’s Block comme porte d’entrée aux néophytes. Les chansons à télécharger (toujours légalement) : It don’t move me et l’excellente Blue Period Picasso. 4/5

OBSEK - Démo Indépendant (2009) > PSYKO Pour vous dire à quel point ce groupe a évolué depuis ses débuts sous le nom de Traumatic Landscape, je manquerais de mots. Ce groupe d’Évain, qui a connu quand même de nombreuses moutures, semble avoir enfin trouvé sa voie. Obsek allie les forces du hardcore mélodique et du death métal de belle façon. Bon, c’est loin d’être original de nos jours, mais ils le font très bien. Et ils sont déterminés à pousser ça le plus loin possible comme en témoigne l’emballage de ce démo de deux chansons. La conception graphique est professionnelle et la production, signée Yannick St-Amand et Obsek, peut rivaliser avec ce qui se fait de mieux dans le genre. La voix de Simon Turcotte est particulièrement versatile, alternant les cris (hardcore) et le chant guttural (death). J’affectionne surtout There’s no Peace Without War qui est plus brutale dans une facture vraiment deathcore. Mais la plus mélodique Tears from Despair n’est pas dépourvue d’intérêt. Il est clair qu’ Obsek n’a pas fini son exploration musicale, mais il a certes trouvé des bonnes pistes à approfondir. Il lui reste maintenant à s’individualiser davantage dans une scène déjà bondée de bons petits groupes de deathcore mélodique. 3/5

DECREPITY - The decaying of evolution Cryogenic Records (2008) > MARTIN GUINDON Decrepity a bien changé depuis son démo de deux chansons de 2005. Autrefois des émules de Dying Fetus (c’est encore présent dans le chant partagé par Martin Durette et Maxime Couture), ces Valdoriens s’inspirent maintenant du deathcore technique de Despised Icon et Beneath the Massacre. Un death lourd, abrutissant et mélodique par moment, mais assorti de breakdowns bien douloureux empruntés au hardcore. Le ton est donné dès la pièce initiale, The Decaying of Evolution. La musique est typiquement death métal, quand soudain, on nous casse les dents avec un breakdown qui donne le goût de cueillir des carottes. Ça continue comme ça sur six chansons, pour un total d’à peine 25 minutes. Et c’est bien suffisant. Je ne suis pas un partisan du remplissage. La production, signée Yannick St-Amand (Augury, Neuraxis, Despised Icon), est organique et rend justice à la musique du groupe. Toutefois, le groupe a du mal à s’affranchir de ses influences. L’effort est louable et permettra à Decrepity de poursuivre sa croisade, mais il lui faudra se trouver une personnalité musicale beaucoup plus forte s’il veut s’attaquer à d’autres marchés déjà inondés par des groupes du genre. 3/5

Dumas – Nord et Rouge La Tribu (2009) > DJ PLANCTON Dumas est jeune, il est talentueux, les filles l’aiment, il a tout plein de guitares, sa compagnie de disques lui fait infiniment confiance… Bref, je le hais. Dans un registre plus sérieux, il est important de souligner quelle sera l’année 2009 pour Dumas le Prolifique : une retraite dans un studio, quatre albums (à tirage unique de 10 000 exemplaires chacun), et un «best of» de tout cela en décembre. Nord et Rouge sont les deux premiers volets d’une épopée que peu d’artistes pourraient entreprendre, ni même se voir accorder dans l’industrie musicale québécoise. En les écoutant, une seule chose nous apparaît : Dumas est en voyage, sans destination précise, mais il est en mouvement et c’est là l’essentiel de l’exercice! Nord et Rouge sont des mots définis et distincts, mais pourtant Dumas erre dans toutes les directions. Autant nous pourrions dire qu’il fait n’importe quoi, autant il réussit, à chaque chanson, à amalgamer des sonorités et des mélodies différentes pour en faire des oeuvres qui, dans certains cas, ne passeront pas à l’histoire (lire : «à la radio»), mais qui ont le mérite d’être authentiques et inspirées. Mentionnons les efforts plus marqués de Transsibériens express, Passer à l’ouest, Combat ordinaire, Le son de vos voix et Rien n’est perdu qui illustrent l’étendue du talent de compositeur et d’arrangeur de Dumas. Il est évidemment trop tôt pour juger de l’ensemble du projet, mais il n’en demeure pas moins que les deux premiers chapitres livrent la mar­chandise et donnent le ton pour la suite! «Nord» : 4/5 «Rouge» : 4/5

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