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JOURNAL CULTUREL DE L’ABITIBI-TÉMIS C AMINGUE - DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 - VOL 12 - NO 04

GRATUIT

CHRISTEL BERGERON

Nourrir le feu + Spécial achat local et métiers d’art

08

FÉLIX B. DESFOSSÉS RACONTE LE RAP QUÉBÉCOIS

09

DES NOUVELLES DE JUSTIN ST-PIERRE

18

VIVRE EN DESSOUS, UN THÉÂTRE DE RÉCIT

19

L A LUTHERIE SELON L AURIER L AC ASSE

23

UN FABL AB À L A S ARRE


L’indice bohémien est un indice qui permet de mesurer la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. 150, avenue du Lac, Rouyn-Noranda (Québec) J9X 4N5

DISTRIBUTION

Téléphone : 819 763-2677 - Télécopieur : 819 764-6375 indicebohemien.org

L’Indice bohémien poursuit sa distribution en respectant les mesures de santé et de sécurité. Pour devenir un lieu de distribution, contactez Valérie

CHRONIQUES

ISSN 1920-6488 L’Indice bohémien

Martinez à direction@indicebohemien.org.

Publié 10 fois l’an et distribué gratui­ tement par la Coopérative de

Merci à l’ensemble de nos collaboratrices et collaborateurs bénévoles pour

solidarité du journal culturel de l’Abitibi-­ Témiscamingue, fondée en

leur soutien et leur engagement.

L’anachronique 6

novembre 2006, L’Indice bohémien est un journal socioculturel régional et

CULTURAT 21

indépendant qui a pour mission d’informer les gens sur la vie culturelle et

Environnement 14

les enjeux sociaux et politiques de l’Abitibi-Témiscamingue.

Histoire 10

Voici nos collaborateurs bénévoles pour ce numéro : MRC D’ABITIBI

Ma région, j’en mange

13

CONSEIL D’ADMINISTRATION

Jocelyne Bilodeau, Stéphanie Brousseau, Jocelyne Cossette, Paul Gagné,

Médias et société

12

Marie-France Beaudry, présidente | Ville de Rouyn-Noranda

Gaston Lacroix, Jocelyne Lemay-Baulne et Sylvie Tremblay.

Tête chercheuse

6

Anne-Laure Bourdaleix-Manin, vice-présidente | MRC de La Vallée-de-l’Or Marie-Déelle Séguin-Carrier, trésorière | Ville de Rouyn-Noranda

MRC D’ABITIBI-OUEST

Pascal Lemercier, secrétaire | Ville de Rouyn-Noranda

Colette Langlois, Raphaël Morand, Sophie Ouellet et Mario Tremblay.

Lyne Garneau | Ville de Rouyn-Noranda

SOMMAIRE

Joanie Harnois | MRC de Témiscamingue

VILLE DE ROUYN-NORANDA Gilles Beaulieu, Anne-Marie Lemieux, Valérie Martinez, Suzanne Ménard,

Achat local et métiers d’art

19 à 29

DIRECTION GÉNÉRALE ET VENTES PUBLICITAIRES

À la une

5

Valérie Martinez

Arts visuels

11

direction@indicebohemien.org

MRC DE TÉMISCAMINGUE

819 763-2677

Émilie B. Côté, Véronic Beaulé, Carole Marcoux et Lise Millette.

Diffusion 7

Annette St-Onge et Denis Trudel.

Hommage 15 Médiation culturelle

13

RÉDACTION ET COMMUNICATIONS

MRC DE LA VALLÉE-DE-L’OR

Musique

8 et 9

Gabrielle Izaguirré-Falardeau, coordonnatrice

Nicole Garceau, Rachelle Gilbert, Caroline Leblanc, Renaud Martel,

redaction@indicebohemien.org

Brigitte Richard, Sophie Richard-Ferderber et Ginette Vézina.

Théâtre 18

819 277-8738 Ariane Ouellet, éditorialiste

CONCEPTION GRAPHIQUE

Lise Millette, collaboratrice à la une

Feu follet

RÉDACTION DES ARTICLES ET DES CHRONIQUES

CORRECTION

Lydia Blouin, Pascale Charlebois, Joannie Cotten, Louis-Eric Gagnon,

Geneviève Blais

Chantale Girard, Gabrielle Izaguirré-Falardeau, Hélène Jager, Alexis Lapierre, Philippe Marquis, Lise Millette, Yves Moreau, Ariane Ouellet,

IMPRESSION

Michèle Paquette, Mathieu Proulx, Carmen Rousseau, Dominic Ruel,

Imprimeries Transcontinental

Valéry Saint-Germain, Marie-Ève Thibault Gourde et Louis-Paul Willis

TYPOGRAPHIE COORDINATION RÉGIONALE

Carouge et Migration par André SImard

Valérie Castonguay | MRC d’Abitibi Louise Magny | MRC d’Abitibi Danaë Ouellet | MRC d’Abitibi Sophie Ouellet | MRC d’Abitibi-Ouest Alex Turpin-Kirouac | Ville de Rouyn-Noranda Véronic Beaulé | MRC de Témiscamingue Geneviève Béland | MRC de la Vallée-de-l’Or

EN COUVERTURE Incantation est l’une des oeuvres de Christel Bergeron qui a su s’imposer à l’extérieur de l’Abitibi-Témiscamingue.

Certifié PEFC

Photo : Jean Caron

Ce produit est issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées

PEFC/01-31-106

2 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

www.pefc.org


– ÉDITORIAL –

RÉFLEXION POUR SE RÉCHAUFFER L’HIVER ARIANE OUELLET

Novembre commence à peine et déjà résonnent dans les magasins les sempiternels airs de Noël insipides. Pourtant, rien autour n’évoque quelque sentiment féérique. Ça sent le désinfectant à l’entrée et le sapin de plastique des manufactures chinoises. Ça sent l’obligation d’être heureux et d’acheter des cadeaux. Un peu plus et on va vendre des masques avec le sourire de Bing Crosby imprimé dessus. Je n’ai rien contre le bonheur ni contre les cadeaux. J’aime Noël. J’aime cuisiner la recette de tourtière de ma grand-mère dont je suis dépositaire officielle. Avec les enfants, j’aime remplir la table de pain d’épices à décorer de glaçage trop sucré et de petites boules argentées qui cassent les plombages. J’aime le sapin dans le salon, et choisir minutieusement quelle décoration kitsch y sera accrochée, ramenant à la mémoire ce que chaque objet évoque, même les boules de papier mâché défraichi qui datent du CPE. Ça court dans la famille, comme on dirait, cette frénésie. Pourtant, ça me rentre de travers dans la gorge, ce Noël étalé deux mois d’avance et surtout, je plains celles et ceux qui travaillent dans les commerces de détail et qui ont à endurer la musique sirupeuse programmée par les diffuseurs officiels du bonheur en boite de conserve.

À

grand que soi. Se sentir lié, utile, ancré. À une époque au Québec, on ne manquait pas la messe de minuit. Aujourd’hui, à part les séries éliminatoires, les rituels significatifs font défaut.

Ces rituels sont pourtant bénéfiques pour les humains. Ils rythment le passage des saisons et des grandes étapes de la vie. Ils servent à souligner l’importance d’accueillir les transitions, qu’elles soient dans le paysage extérieur ou intérieur de nos êtres. Ils servent aussi à se recueillir, à écouter ce qui se passe en dedans, loin du bruit du monde. Il m’apparaît dommage que les séances de magasinage soient dorénavant le moment que l’on choisisse pour penser à ce qui ferait plaisir à nos proches, comme une époque au Québec, si l’acte d’acheter devenait en soi une caution morale remplaçant on ne manquait pas l’acte de prendre soin de ceux qu’on aime. En tout cas, ce n’est pas sur Amazon qu’on prend soin de quelqu’un. la messe de minuit.

Aujourd’hui, à part les séries éliminatoires, les rituels significatifs font défaut.

Il existe une réelle pression commerciale face aux fêtes. Les magazines de cuisine à la caisse du supermarché, les infolettres de grandes chaînes de vêtements pour préparer notre look festif… Je suis certaine qu’à l’arrivée de décembre, je ne suis pas la seule à être saisie d’angoisse à l’idée de ne pas y arriver. Bien que je sois plutôt ambivalente face à ce que représente cette orgie de surconsommation, j’ai le désir de créer pour mes enfants des ancrages symboliques dans le temps, et je succombe au rituel collectif du temps des fêtes, comme bien des parents. Ce n’est pas facile d’inventer de nouvelles références face à des traditions comme Noël. Elle est tenace, cette vision de la dinde dorée et fumante au milieu d’un amoncèlement d’aspic de concombre vert fluo de Jehane Benoît et de céleri au Cheez Whiz, tout le monde sur son 36 étincelant de paillettes. Facile d’être déçue de la réalité, surtout que je préfère les sushis au ragoût de boulettes.

Paradoxalement, les turbulentes réunions de famille sont peu propices à l’écoute et aux confidences. On se voit, on partage un repas, un verre ou deux, et on repart chacun de son côté en ne sachant que très peu de la vie de tout un chacun. Je ne suis pas douée pour le small talk, j’avoue. Le superficiel m’agace. J’ai souvent quitté une fête en me disant que j’avais vu tout le monde et personne en même temps.

Pour remédier à ça, j’ai tenté une expérience au Noël dernier : j’ai joué à « Jeannette veut savoir ». J’ai la chance d’avoir un genre de famille italienne, tissée serrée. Oncles, tantes, beaufrère et cousins alors réunis, j’ai demandé un petit tour de table où chacun aurait la gentillesse de raconter un résumé de son actualité de l’année 2019 : les bons coups, les défis, les deuils, les changements, les réalisations, les projets. Chacun a pris la parole à tour de rôle, les autres écoutaient. Je pensais que ça prendrait 20 minutes, on y a mis 3 heures. Les hommes, surtout, ont ouvert leur cœur comme rarement. Je suis encore émue quand j’y pense, presque un an plus tard. Je vous conseille d’essayer ça à la maison. Le Noël 2020 de bien des familles risque d’être différent, comme toute l’année qui vient de s’écouler. Une année éprouvante qui a demandé à tout le monde beaucoup de résilience et d’adaptation. Le moment serait peut-être bien choisi pour réinventer les rituels entourant cette célébration. Acheter moins, faire de l’art postal, apprendre des chansons, cuisiner local, illuminer les ruelles, amener des galettes aux voisins, partager plus. Parce qu’au moment de l’année où la lumière du soleil nous fait le plus défaut, il est essentiel, pour passer l’hiver, de se réchauffer à autre chose.

Qu’il soit ou non habité d’un sentiment religieux ou spirituel, l’être humain a besoin de carburer à autre chose qu’à l’ordinaire routine auto-boulot-dodo. Il a besoin de nourrir son âme de beauté, de sens, de sensations, de sentiment d’appartenir à quelque chose. Pour cela, l’homo sapiens a adopté peu à peu une multitude de comportements, d’habitudes, de codes servant à donner un sens à la vie qui s’écoule. Ça s’appelle la culture. Les cultures. Chacune a ses codes et ses références, permettant d’avoir un monde intérieur qui résonne à quelque chose de plus

Admission 1 MARS automne 2021 DATE LIMITE : ER

uqat.ca

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 3


PRIX D’EXCELLENCE - 2019

RÉSEAU BIBLIO ATNQ

BIBLIO D’OR

BIBLIO D’OR

BIBLIO D’ARGENT

BIBLIO D’ARGENT

BIBLIO BRONZE

BIBLIO BRONZE

La Corne (municipale)

Normétal (municipale-scolaire)

Nédélec (municipale-scolaire)

Montbeillard (municipale)

Dupuy (municipale)

BIBLIO DE L’ANNÉE

Barraute

Béarn (municipale-scolaire)

PRIX SPÉCIAL

Puvirnituq Concrétisation du projet de Bibliothèque municipale-scolaire

Fier de nos 71 bibliothèques affiliées!

4 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


– À LA UNE –

CHRISTEL BERGERON : NOURRIR LE FEU LISE MILLETTE 

Chaque semaine, Christel Bergeron conduit l’autobus du circuit numéro deux pour le Centre de services scolaire de la Baie-James et celui du Lac-Abitibi. Son masque de tissu, derrière son volant, cèdera sa place au masque à souder une fois revenue chez elle, dans son atelier nommé Les feux du paradis. Cet âtre de création a vu naître des œuvres, certaines plus grandes que nature, qui occupent désormais des places de choix dans le paysage régional. Dans son petit refuge de Val-Paradis, loin des foules, Christel Bergeron ne cherche pas la popularité à tout prix. Elle sait jouer avec les torches et les flammes, mais si une source de chaleur la rebute, c’est bien celle des feux des projecteurs. « Longtemps, ce que je voulais, c’était exposer. Quand c’est arrivé, j’ai été frappée par le côté très public de tout ça. On rencontre énormément de gens, on devient le centre d’attention. Je suis quelqu’un de très sociable, mais tout cet intérêt m’a un peu déstabilisée. J’ai compris que ce que je voulais ce n’était pas d’être vue, moi, mais que mes œuvres soient vues », nuance Christel Bergeron.  Trois coureurs métalliques, surmontés sur une sphère d’acier, trônent désormais à Sainte-Germaine-Boulé. La sculpture signée Christel Bergeron a été installée en juillet 2020, et inaugurée officiellement en octobre, dans un sobre bain de foule pandémique. « Je sens que je laisse une touche de moi dans mon petit coin de pays », confie-t-elle.  Le travail de Christel Bergeron a toutefois dépassé les frontières régionales. Précédemment, deux de ses pièces emblématiques, La Gardienne et Incantation (en page couverture), ont aussi été exposées à l’extérieur de la région, la première à la Galerie Linart de Cantley et la seconde, à l’espace Pierre-Debain de Gatineau. Ces grandes dames de fer sont pour elle une grande source de satisfaction et de fierté. « De rendre quelque chose d’aussi gros, ça me donne un ‘‘oumph’’. Partir de rien et aboutir là comme résultat, c’est quelque chose qui me donne le goût de continuer », résume-t-elle. 

Christel Bergeron n’a pas l’intention de quitter son milieu ni son mode de vie ni son oasis. « Je souhaite que mon travail demeure avant tout artisanal. Je ne veux pas que ça devienne trop gros  », assure-t-elle tout en précisant qu’elle est reconnaissante de la visibilité dont elle a pu bénéficier jusqu’ici. Il faut dire que le chemin parcouru est considérable depuis la sortie de son cours en soudure en 2011 au Centre de formation professionnelle de La Sarre. « Chaque fois que je vois une de mes œuvres quelque part, je me dis que j’ai réussi, mais je ne me fixe pas d’objectifs. Je demeure très terre à terre. » LE PRIX DES MÉTAUX : UN FREIN CRÉATIF Les demandes, les appels de proposition, l’inspiration : rien ne manque. Une dure réalité freine toutefois les élans de l’artistesoudeuse. La pandémie de COVID-19 a eu un impact direct sur le prix des métaux. Le prix de sa matière de base, le métal, a connu une hausse marquée. « Les prix des matériaux ont explosé. C’est un peu ce qui me limite en ce moment dans mes projets. Le prix du fer, du fil à souder, du gaz : tout a augmenté. Je ne peux pas refiler ces coûts-là et doubler mes prix », explique-t-elle. En attendant un retour, sinon à la normalité, du moins à une meilleure accessibilité, Christel Bergeron poursuit sa routine, mais parions que les crayons, les papiers, les croquis et peut-être aussi quelques moulures de plâtres pour de futurs projets continueront d’émerger et de se multiplier.

L’ascension rapide vers la notoriété fait en sorte que les demandes fusent d’un peu partout. « Oh oui, j’ai des demandes, dont certaines viennent de l’extérieur de la région, mais je choisis aussi ce que j’accepte et ce que je m’engage à faire. »

JEAN CARON

JEAN CARON

LE CHEMIN DE LA RECONNAISSANCE

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 5


– L’ANACHRONIQUE –

– TÊTE CHERCHEUSE –

MON AMI

ANNUS HORRIBILIS

PHILIPPE MARQUIS

DOMINIC RUEL

Les derniers mois ont été vécus de manière si intense que j’en ai oublié ta nature. J’avais perdu jusqu’à ton souvenir alors que tu es de ma vie depuis le tout début. Je ne t’inventerai pas de prétexte autre que celui de cette crise, celle qu’on préfère souvent taire. Elle engendre une tension constante, difficile à exprimer. Elle m’éloigne de mes amours, de mes semblables, des élèves qui peuplent normalement mes journées de semaine, du matin au soir. Mon corps doit s’isoler des autres, les tenir à distance pour leur bien et le mien. Des écrans nous séparent de nos contours les plus humains, alors que le monde s’affiche en deux dimensions sur des surfaces planes. Les deuils, les naissances, les fêtes se tiennent désormais en privé. Te tendre la main, te serrer dans mes bras, cogner à ta porte sans m’annoncer ou t’inviter chez moi devient sujet à controverse… Nos esprits, égarés, s’accrochent à tout ce qui permet de sortir de cette réalité. Mon humanité cherche ses repères et s’ennuie de nous. Que dire de plus sinon que, depuis neuf mois, je comprends mieux les peuples menacés par la dictature, par de possibles typhons, sécheresses ou crises alimentaires? Le poids d’une menace pèse sur le quotidien. Tu vas dire que j’exagère et je te donne raison, mais les mots me manquent pour illustrer cette crainte qui empêche, pour notre propre salut, de se coller à nos semblables. Mais je reste conscient qu’il pourrait y avoir pire… Je ne t’écris pas pour me plaindre. Malgré tout ce que je viens d’évoquer, ma plume trace un immense sourire sur cette page, blanche comme la banquise. Cette couleur, pleine de toutes les autres, annonce ta venue. Tu te ramènes, doucement, et je te sens revenir avec surprise. Je t’avais oublié… me le pardonneras-tu? Oui, bien évidemment, car tu n’as cure de nos états d’âme. Voilà que tu m’éveilles en fouettant mes sens. Avec toi, qui prends tout le paysage, je me sens à la fois plus fragile et plus vivant. Tu es unique. Aussi unique que tous les flocons le sont dans une tempête. Je te sens enfin de retour avec ton imprévisibilité et ton incontournable présence. Avec toi, il n’y a pas une journée pareille à une autre, la terre semble en constant mouvement. Toute la vie est enfouie sous ton froid. Avec toi, le jour, aussi court soit-il, garde lumière et ombre en équilibre. Jamais une semaine comme une autre en ta compagnie; parfois un redoux alors qu’hier, on annulait le transport scolaire. Ton temps est celui où toute chaleur prend toute sa valeur. Qu’importe que le soleil s’éloigne, tant que nous pouvons regarder au loin en ta compagnie. Qu’importe les grands gels, les cris de la glace des lacs lors des nuits de février si je peux me serrer contre toi. Qu’importe les vents mauvais, les peurs annoncées par milliers et les délires boursiers si nous pouvons partager ton temps, qui fait de nous ce que nous sommes. Sois sûr que si tu n’existais pas, je ne pourrais t’inventer.

Annus horribilis. C’est du latin. L’expression ne vient pas de la lointaine Antiquité où des Romains, désespérés face aux catastrophes, l’auraient scandé à tout va. Non, elle vient de la bouche de la reine d’Angleterre en 1992, qui fêtait ses quarante ans de règne : « 1992 is not a year on which I shall look back with undiluted pleasure […] it has turned out to be an annus horribilis. » [1992 n’est pas une année que je me remémorerai avec plaisir, elle restera comme une annus horribilis.] Vous permettrez que je l’emprunte. Année horrible. Depuis mars, une inquiétude sourde, une anxiété rampante, une incompréhension tenace, des relents de fin du monde par moment ou d’une cassure profonde tout au moins. Devant l’inconnu, devant l’irréel, on cherche des réponses. On clique sur des articles aux titres à sensation (c’est voulu comme ça!), on écoute des médecins qui ne s’entendent pas, on trouve des sites pas toujours fréquentables. On fouille chez Nostradamus à la recherche d’une prédiction, un vers circule sur Internet : « Il y aura une année jumelle (2020) d’où surgira une reine (Corona) qui viendra de l’Orient (Chine) et qui étendra une plaie (Virus). » On avale de travers. Mais c’est un faux. On tourne les pages de la Bible, les dernières bien sûr, celles du livre de l’Apocalypse : quand ça ira mal, la fin du monde sera proche. Année horrible, virus, confinement, récession, crise économique, chômage, faillites, dépressions. Il n’y a plus de Club Optimiste qui vaille! L’idée de santé s’est réduite à ne pas avoir la Covid. Rien sur les autres maladies, rien surtout sur la santé mentale, celle des gens qui perdent leur travail ou leur commerce pendant que Bezos engrange les milliards, celle de ceux que les confinements et les barrières sociales ont fragilisés. Il aura fallu le meurtre épouvantable de deux personnes, à Québec, par un samouraï au long sabre pour sortir d’une poche 100 millions de dollars. Année horrible pour notre vie en société. Rassemblements interdits ou limités, fêtes, festivals, salons, concerts, spectacles et 5 à 7 sur les réseaux sociaux, à travers des caméras qui jamais ne pourront permettre le vrai contact, les mêmes sensations, la vraie contemplation. On joue le jeu un temps, on se fait sûrement des accroires. Les casaniers sont aux anges et donnent parfois des leçons. Année horrible pour des milliers de jeunes, privés d’école pendant des mois et encore obligés d’apprendre à distance. Année horrible pour la motivation scolaire, souvent nourrie par les relations sociales et les sports. Année horrible, finalement, pour la pensée et l’intelligence. Le manichéisme structure nos débats. Les passions sont exacerbées. Il y a deux camps : « Dans lequel êtes-vous? » Épidémie, confinement, mesures sanitaires, école ou pas, gyms ouverts ou pas, Halloween, le vaccin, Trump au passage, il devient de plus en plus dur de réfléchir pour nuancer. Rationaliser devient suspect. 2021 ne s’annonce guère mieux, même si on espère tous le contraire.

Bienvenue à toi, l’hiver!

6 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


– DIFFUSION –

2020 CHEZ LES DIFFUSEURS : BILAN D’UNE ANNÉE MOUVEMENTÉE GABRIELLE IZAGUIRRÉ-FALARDEAU

L’année 2020 a apporté son lot d’imprévus et d’adaptation pour le milieu culturel. En AbitibiTémiscamingue et ailleurs, les diffuseurs culturels ont redoublé d’ardeur et de créativité pour poursuivre leurs activités, malgré la pandémie de COVID-19. L’Indice bohémien s’est entretenu avec les directions de trois salles de spectacles pour dresser un bilan de cette année inhabituelle. Si les salles sont rouvertes depuis quelques mois, le défi demeure imposant. « On est toujours en adaptation, réaction, modification, réflexion, tout le temps », affirme Amélie Cordeau, directrice générale du Rift de Ville-Marie. Au début de l’été, elle a entièrement réorganisé sa programmation d’automne, presque tous les spectacles prévus ayant été annulés ou reportés. Même chose du côté de Mathieu Larochelle, chef de service du Théâtre des Eskers, à Amos. La situation a cependant permis de mettre de l’avant les artistes régionaux et d’offrir des productions plus nichées, faisant découvrir de nouvelles avenues au public. S’il s’efforce d’offrir l’accueil le plus chaleureux possible, Mathieu admet que l’ambiance n’est pas la même et que l’expérience client est grandement affectée. Le théâtre est loin de remplir sa fonction d’espace de socialisation, pourtant majeure. Au Rift, malgré les efforts déployés pour rester présents auprès de la population, Amélie reconnaît que la fermeture prolongée au printemps et la diminution de la fréquentation des salles ont affaibli le lien avec le public et entraîné d’importantes pertes financières. Elle rappelle qu’en faisant vivre la culture au Témiscamingue, le Rift agit comme un acteur essentiel d’attraction et de rétention de la population, il est donc primordial qu’il reste en santé. Elle et les membres de son équipe redoubleront d’efforts pour demeurer très actifs dans les prochains mois.

Pour parvenir à concrétiser le projet, M. Beauchamp a demandé une majoration de la subvention offerte par le gouvernement provincial, qu’il a obtenue. La même démarche est en cours auprès du gouvernement fédéral, mais la réponse tarde à arriver. Malgré tout, M. Beauchamp reste confiant. Selon lui, l’absence de réponse de la part du fédéral n’est pas représentative d’un manque de volonté pour soutenir le projet, mais seulement de contraintes financières qui devraient se résorber en 2021. De plus, le soutien de la population s’est fait ressentir alors que 700 personnes ont signé une pétition en appui à l’Agora des Arts et que 75 organismes ont signé des lettres de soutien. PLACE À 2021 Alors qu’Amélie, Réal et Mathieu planchent sur leur programmation de 2021, les défis demeurent importants. Par exemple, avec les jauges réduites, il est difficile de faire venir des artistes d’envergure, ceux-ci préférant attendre de se produire dans des salles pleines. Malgré tout, chacun prévoit une offre complète. Au Rift, Amélie souligne le retour de la Biennale Internationale d’Art Miniature, alors qu’à l’Agora des Arts, Réal perçoit un intérêt des milieux scolaires pour assister à des spectacles jeunesse. Mathieu attend impatiemment l’automne 2021, espérant que les jauges lui permettront alors la mise en place d’une programmation aussi festive qu’il l’imagine. D’ici là, Amélie invite la population régionale à profiter de l’accès aux salles de spectacles qui représentent des lieux très sécuritaires dans les circonstances.

Faire de la télé, ça te tente? CHEVALIERS MORALES ARCHITECTES

Aperçu des rénovations prévues à l’Agora des Arts.

LE CAS PARTICULIER DE L’AGORA DES ARTS À l’Agora des Arts de Rouyn-Noranda, aucune programmation officielle n’a été présentée cet automne. Bien que le lieu puisse recevoir des productions, Réal Beauchamp, directeur général et artistique, souligne que très peu de produits culturels circulent présentement. Il s’inquiète par ailleurs pour la survie financière des compagnies de création qu’il accueille habituellement entre ses murs, si la pandémie vient à s’éterniser.

« Ça me tente parce que c'est un outil de développement régional à potentiel extraordinaire qui offre une vitrine sans cesse renouvelée sur ce que nous sommes. »

Guillaume Beaulieu

Les braises de l’histoire

Pour l’institution qui se consacre principalement à la création et à la diffusion de théâtre de niche et pour les jeunes, la pandémie a eu un effet inattendu. Alors qu’on s’apprêtait à lancer de grandes rénovations attendues depuis plusieurs années, le coût des travaux s’est avéré beaucoup plus élevé que prévu en raison des conditions sanitaires à respecter sur les chantiers et du coût accru des matériaux. Il s’agit d’un enjeu de taille puisque les travaux sont urgents et essentiels à la survie de l’établissement : « La bâtisse a 90 ans. On opère dans des conditions très minimalistes […] Présentement, la salle est fonctionnelle, mais pour la survie de l’organisme, il faut que ça devienne une véritable salle. » L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 7


– MUSIQUE –

LES PIONNIERS DU RAP QUÉBÉCOIS, D’APRÈS FÉLIX B. DESFOSSÉS MATHIEU PROULX

Après avoir épaté les mélomanes en 2014 avec l’ouvrage L’évolution du métal québécois : No Speed Limit (1964-1989), l’auteur et journaliste Félix B. Desfossés s’apprête à lancer un deuxième ouvrage de référence, cette fois sur l’histoire de la musique hip-hop au Québec. Les raisons qui ont poussé Félix à s’intéresser à la musique de la rue remontent à plusieurs années, en 2012, alors qu’il était journaliste chez feu Bandeapart.fm. QUI SONT LES VRAIS PIONNIERS DU RAP QUEB? « J’ai eu à faire quelques recherches sur les débuts du hip-hop et tout ce que je trouvais, c’était des artistes comme Lucien Francoeur, RBO », lance-t-il au début de l’entretien. Pour lui, il était pourtant évident que de « vrais artistes de rap » existaient. De fil en aiguille, il finit par découvrir l’artiste et DJ montréalais Flight, qui lui fait connaître des précurseurs du rap au Québec, comme Blondie B, de son vrai nom Ludmila Zelkine. FEMMES ET RACISME AU CŒUR DE L’ŒUVRE Blondie B fait partie de la première cohorte de rappeurs au Québec, autour des années 1978 à 1984, période sur laquelle se concentre le bouquin. « C’est évident que la montée fulgurante de la popularité du hip-hop dans les dernières années a motivé la sortie du livre, avoue le journaliste. Par contre, mon objectif est d’abord de rendre hommage aux pionniers. » II s’agit d’un geste important pour lui, d’autant plus que ces pionniers sont souvent issus de communautés anglophones, souvent afro-américaines, dont on a moins entendu parler, bien que leur impact sur la culture québécoise soit réel. Le livre porte donc beaucoup sur la place des femmes en musique, ainsi que celle des communautés ethniques, et sur le racisme qu’elles ont pu vivre. « Pour moi, il était important que cette histoire soit écrite quelque part », complète l’auteur rouynorandien.

Seulement 32,4 %

des personnes élues au palier municipal en 2017 étaient des femmes. Ces femmes représentaient : 18,9 % des maires et des mairesses 34,5 % des conseillers et des conseillères

Je connais ma ville et j’ai de bonnes idées.

Dans un communiqué, Flight raconte ce que pouvait être la vie en tant qu’artiste noir à l’époque. « Quand je dis que le hip-hop n’était pas une culture de clubs à cette époque, c’est parce qu’on n’était pas les bienvenus dans les bars, […] Alors, ce qu’on a fait spécifiquement à Montréal, c’est qu’on a loué des centres communautaires. […] On amenait nos propres systèmes de son, on amenait nos propres éclairages. Un DJ jouait, le MC faisait son affaire, on faisait la promotion de nos propres partys. Parce que si tu n’es pas autorisé à faire quelque chose, tu dois le faire par toi-même. »

Je suis à l’écoute de mes concitoyens et concitoyennes.

LA RÉGION AU CŒUR DU PROCESSUS

Je veux apporter ma contribution à ma communauté.

Quand on parle de hip-hop en Abitibi-Témiscamingue, on ne peut passer sous silence Disques 7ième Ciel, la maison de disques de Steve Jolin, alias Anodajay, dont font partie Alaclair Ensemble, Fouki, Koriass et Souldia, entre autres. Il n’en sera toutefois pas question dans ce premier bouquin. Félix affirme tout de même que le succès de 7ième Ciel l’a inspiré pour mener à terme ce projet. D’autres Abitibiens l’ont inspiré dans son travail, comme l’animateur Marc-André Anzueto, de l’émission Ghetto Érudit, portant sur la musique hip-hop et diffusée sur les ondes de CISM. Ce dernier signe d’ailleurs la préface du livre. Les racines du hip-hop au Québec, publié aux Éditions du Quartz, sera disponible en librairie dès le 1er décembre. 8 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

Je sais rassembler les gens et atteindre des compromis. J’ai un bon esprit d’analyse.

jemepresente.gouv.qc.ca 1 844 844-8466


– MUSIQUE –

– M U S I Q U E –

DES NOUVELLES DE JUSTIN ST-PIERRE :

L’EXPLORATION

AU BOUT DU BAR DU BOUT DU MONDE

MUSICALE D’ELLIOT P

VALÉRY SAINT-GERMAIN

HÉLÈNE JAGER

LÉA DEBORDE

COURTOISIE

La musique pour Elliot Paquette, alias Elliot P, c’est comme le café du matin pour d’autres : quotidien, nécessaire, vital. Elevé dans une famille de musiciens, sa passion prend de l’ampleur lorsqu’il découvre le plaisir de jouer en groupe avec des amis au secondaire, à Ville-Marie, avec qui il remporte la finale régionale du concours Secondaire en spectacle. Il décide alors de poursuivre cette carrière.

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis le bar Le Rafiot de Val-d’Or, dont Justin St-Pierre était propriétaire et où ont défilé des centaines de musiciens. Depuis, le guitariste a roulé sa bosse sur différents continents puis, suivant son cœur, s’est posé dans le sud de la France avec sa muse, en 2017. Là-bas, il amuse à sa guise ses doigts sur sa guitare. Confiné et heureux dans un petit village entouré de vignobles où existe le Bord du Monde, un petit bistro qui lui rappelle le Rafiot et qu’il surnomme le « Bout du bar du bout du monde », il se sent en terrain connu. Dans les dernières années, pendant une tournée qui l’a mené en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, il a su créer des amitiés et des contacts, notamment avec Sotos Bakas avec qui, en mars dernier, il devait enregistrer son album. Bakas est un ingénieur de son qui fait vibrer la musique sur une île aux abords d’Athènes. Confinement oblige, l’aventure n’a pu se réaliser. Mais Justin, homme plein de ressources, même si le temps s’est suspendu, a mélangé ses nouvelles musiques, est retourné dans son répertoire et a, je crois bien, remis ses pendules à l’heure. Tellement qu’il a mis à jour des chansons où il nous offre sa voix, celle qui lui donne tant de doute et d’effroi. Comprenez, chanter est chaque fois un combat pour lui, mais certainement une délivrance aussi, ce genre de petites victoires quotidiennes. Certes, son nouvel album n’est pas tangible

entre nos mains, mais ses doigts, sa guitare et son instinct continuent de vibrer. Dans son village du sud de la France nommé Salvagnac, il prend le temps de vivre et de comprendre le parcours qu’il a accompli, d’être en accord avec ses propres valeurs et de devenir artisan de son propre bonheur. Justin avait déjà pour lui l’apprentissage de la lutherie à Montréal et la technique de ses doigts sur la guitare, mais il voulait mieux connaître cet instrument qu’il maîtrise avec brio. Le but à la base de ce voyage en France était de se perfectionner avec les meilleurs. Il faut comprendre que le jeu de guitare en France, depuis Django Reinhardt, est devenu très populaire. Tous cherchent à faire le meilleur fingerstyle. Comme dans tous les domaines, il y a ceux qui essaient d’impressionner et ceux qui veulent habiter l’espace. Justin a bien compris l’ampleur de cet espace créé par ses cordes de guitare, et que l’émotion parvient à remplir. À Salvagnac, il existe un homme qui prend soin de son cœur, de ses dix doigts, de la femme qu’il aime et de cette petite voix intérieure qu’il nous offre à chacune de ses prestations… De la joie, du bonheur, même parfois des pleurs, mais toujours des émotions, c’est sans doute ce qui attend les spectateurs qui assisteront à sa tournée dans la région, du 1er au 10 décembre.

Pour son premier microalbum (EP), Who’s Gonna Lead the Way, projet entamé à l’automne 2019, Elliot s’est d’abord laissé guider par les accords de sa guitare. Vient ensuite la phase de structuration de la chanson, fruit de nombreuses heures de « pratique, pratique, pratique » comme il l’évoque lui-même. Les mots se posent ensuite sur la musique, inspirés par celle-ci. Au moment de l’enregistrement, les idées d’arrangements avec les autres instruments prennent naturellement forme. À l’écoute de Who’s Gonna Lead the Way, je m’étonne de la variété des instruments dont Elliot joue, puisque c’est en solo qu’il a composé, écrit, interprété, mixé et produit cette œuvre exploratoire qu’il s’était donnée en défi lors des traditionnelles résolutions de début d’année. Les styles et les sujets varient d’un titre à l’autre. Elliot touche autant aux rythmes reggae qu’au slam, et on trouve pêle-mêle dans ses chansons des thèmes engagés autant que d’autres plus intimes et personnels. Parfois revendicateur, parfois intime et intérieur, Who’s Gonna Lead the Way se présente comme une réflexion livrée à l’auditeur : un tressage de vie quotidienne et d’ironie. Mais avant tout, ce sont des notes tendues vers le public pour permettre d’établir un lien avec les paroles, la musique et les idées de ce talentueux artiste très plaisant à écouter. Who’s Gonna Lead the Way sera disponible dès le 15 décembre en version numérique sur toutes les plateformes, et en CD sur demande via le site Web d’Elliot P. L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 9


– HISTOIRE –

L’APPORT EXCEPTIONNEL DES SŒURS DE L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE À LA CULTURE AMOSSOISE CARMEN ROUSSEAU, SOCIÉTÉ D’HISTOIRE D’AMOS

À la fin de cette année, les dernières sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (SASV) auront quitté définitivement la région en laissant leur résidence amossoise. En 1906, des religieuses de cette communauté s’installent à SaintBruno-de-Guigues. Dix ans plus tard, en septembre 1916, quatre autres religieuses s’établissent à Amos. Elles répondent à l’appel du curé Dudemaine qui cherche une communauté d’enseignantes pour prendre en charge une école dans sa jeune paroisse. En effet, un édifice dont la construction vient tout juste de s’achever ouvre ses portes en octobre avec 155 enfants inscrits. Éducatrices, mais aussi musiciennes, les religieuses d’Amos apportent un piano, installé dès le 21 octobre 1916. D’autres instruments s’ajoutent au cours des années : la flûte à bec, l’orgue, la guitare classique, le violon et bien d’autres. Des cours de chant sont aussi offerts. C’est ainsi que commence, dans les années 1910-1920, une longue tradition qui a contribué à former plusieurs générations de musiciens. Cette première école est la proie des flammes en décembre 1918 et un nouveau couvent est construit en 1921. Ce sera l’école Sainte-Thérèse, démolie en 1962. En 1940, l’ouverture de l’École normale vient combler un besoin criant en ce qui a trait à la formation d’enseignantes. Des jeunes filles de toute la région fréquenteront cette institution à laquelle sont rattachés le Pensionnat Sainte-Marie et l’École ménagère. Toutes les élèves peuvent bénéficier de cours de dessin et de chant. Des cours privés seront aussi offerts.

10 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

L’héritage culturel laissé par ces femmes est important. La musique a été la matière la plus choyée. Des générations d’élèves ont développé leur talent et certains ont formé à leur tour des musiciens et des enseignants de premier ordre. Pour rendre hommage au travail de ces religieuses, la Commission des arts et de la culture de la Ville d’Amos a créé en 1988 un prix qui porte le nom de l’une d’elles. Il s’agit du Prix reconnaissance Thérèse-Pagé, remis chaque année à une personne ayant œuvré dans le milieu culturel de la MRC d’Abitibi. À côté de la musique, on retrouve, dès 1941, un studio de dessin dirigé par sœur Judith Proulx. Artiste reconnue, sœur Gertrude Crête prend la relève dans les années 1950 et jusqu’en 1975. À ses débuts, elle est responsable de tout l’enseignement des arts, du primaire au cours classique. Dans les années 1970, une autre artiste professionnelle de talent, sœur Marguerite Dupré, est appréciée du grand public pour ses émaux sur cuivre et ses peintures. Elle donne aussi des cours de vitrail. Une autre enseignante, Thérèse Gaulin, se consacre à la photographie et à l’aquarelle. Les SASV ont prodigué leurs connaissances avec rigueur et dévouement. Leurs élèves, devenus professionnels ou amateurs passionnés, ont transmis à leur tour ce savoir avec enthousiasme.


– ARTS VISUELS –

RENCONTRES : LE MATÉRIEL ET L’IMMATÉRIEL CHANTALE GIRARD

Jusqu’au 10 janvier 2021, le Centre d’exposition d’Amos présente Rencontres, l’exposition de l’artiste abitibienne Gaétane Godbout. Occupant la grande salle, l’artiste propose sa toute nouvelle production. Depuis le début de sa carrière, Gaétane Godbout travaille sur la notion de rencontre. Non seulement l’art est pour elle un médium de rencontre, mais celle-ci constitue l’épine dorsale de toute sa production. Au fil du temps, Gaétane a intégré des objets dans ses œuvres, explorant autant l’installation que l’art transactionnel. Ce qu’elle nous propose maintenant à Amos est strictement de la peinture. Elle a abandonné l’encaustique et travaille maintenant l’acrylique, mais avec un résultat assez proche de ses œuvres à la cire d’abeille. Gaétane Godbout privilégie l’abstraction. Pour elle, le pigment, la ligne, la tache et l’empreinte sont des éléments suffisamment expressifs pour nourrir son propos. Il s’agit toujours de rencontres des éléments plastiques, d’échange, de contamination. Dans cette exposition, elle a fait appel à un élément matériel, des nappes, comme point de départ. Pourquoi les nappes? À cause des rencontres de l’on fait lors des repas. Lieu d’échange, à la fois de nourriture et d’anecdotes, la nappe est un point de jonction entre les personnes. Gaétane aime recevoir et chacune des nappes est porteuse d’histoire, de soirées entre amis ou en famille. Cette qualité a poussé l’artiste à les utiliser, à aller en chercher les motifs afin de matérialiser la rencontre.

Gaétane Godbout explore depuis le début de sa carrière le point de jonction entre les choses : la terre et le ciel, l’artiste et le spectateur et, dans ce cas-ci, le matériel et l’immatériel. Ce n’est pas la nappe qui compte, mais ce qu’elle porte. Le motif devient polymorphe et se transforme au gré du travail pictural, apparaissant, disparaissant sous le pigment, juxtaposé à d’autres couleurs, à d’autres motifs. Elle a choisi les nappes également « pour aller chercher d’autres motifs, d’aller ailleurs que dans mes motifs intuitifs ». La rencontre est partout dans l’œuvre, dans le travail de création ainsi que dans le travail du spectateur. Il ne faut pas non plus oublier l’évocation du paysage chez Gaétane Godbout. Elle arrive à obtenir une certaine figuration grâce à une abstraction fine et dense : les traits, les taches et les couleurs s’agencent, s’interpénètrent et ainsi naissent des lignes d’horizon improbables. Le lien que l’artiste entretient avec le paysage abitibien est partout perceptible et reste pour elle le lieu de rencontre ultime. Cette production donne une exposition aérienne et délicate, les œuvres proposant en grande partie des univers organiques dans lesquels le spectateur ne pourra faire autrement que de se perdre avec délice. La salle est épurée et donne aux œuvres l’espace nécessaire pour respirer. Gaétane Godbout prend sa retraite en janvier prochain. Elle a formé plusieurs générations d’artistes, autant au secondaire, au cégep et à l’université. Elle compte maintenant se consacrer complètement à son travail artistique. Souhaitons-lui bonne chance.

Que cette période des Fêtes vous permette de profiter du bon temps en famille et dans notre région magnifique.

Douce rencontre 2 (2020) acrylique sur bois, 60 x 40 pouces. Photo : Gaétane Godbout


– MÉDIAS ET SOCIÉTÉ –

LE FANTASME, ENTRE FASCISME ET TRUMPISME LOUIS-PAUL WILLIS

MICROBRASSERIE NOUVELLE BOUTIQUE 217 Route 101, Nédélec

Alors qu’au moment d’écrire ces lignes Trump n’a toujours pas concédé la victoire, et ce, malgré des résultats de plus en plus évidents, ses sorties répétées permettent au trumpisme de maintenir sa place dans le tissu social américain, et au-delà! Au cours des derniers jours, plusieurs commentateurs ont comparé le trumpisme au fascisme. Pourquoi faire un tel parallèle? Peut-on faire un tel parallèle? LE FANTASME Je me permets un détour théorique pour bien cerner les principaux terrains d’action du fascisme. Car pour bien comprendre le fascisme, il faut comprendre la mécanique du fantasme et son champ d’action dans la culture et les discours sociaux. Le fantasme est une construction imaginaire qui permet de pallier une insatisfaction liée au désir. À travers le fantasme, on s’imagine accomplir un désir donné, alors que foncièrement, dans la théorie psychanalytique, on définit le désir comme impossible à satisfaire. On construit donc des fantasmes afin de s’imaginer des satisfactions autrement impossibles. La psychanalyse permet de penser des phénomènes sociaux à travers le prisme du fantasme. LE FASCISME En tant que système politique autoritaire, le fascisme a un besoin particulièrement fort de rassembler la population autour de fantasmes. Sur le plan social et politique, le fantasme est le résultat d’un désir impossible pour un « avant » qui n’a jamais existé, un moment où il n’existait aucune forme d’antagonisme social. Pour expliquer les antagonismes sociaux actuels (lutte entre les classes sociales, pauvreté, chômage, violence, etc.), on construit l’image d’un agent externe venu bouleverser la paix sociale et l’harmonie (qui n’ont, dans les faits, jamais existé). Cet agent externe est généralement une incarnation de la figure de l’Autre, par exemple une minorité ethnique ou religieuse. LE TRUMPISME Dès son arrivée sur la scène politique, certains ont fait des liens entre Trump et un fascisme contemporain à la sauce américaine. D’autres ont lancé une mise en garde contre une telle comparaison, criant au point Godwin. Pourtant, les signes étaient déjà là au début. D’emblée, Trump s’est fait élire sur une idée fantasmatique : son slogan – Make America Great Again [Rendre sa grandeur à l’Amérique] – renvoie à un « avant » où l’Amérique aurait été grandiose. Sa politique entière a été fondée sur la menace d’un Autre (sur la scène internationale, par exemple : les Mexicains, les musulmans, les réfugiés, etc.). Ce genre de construction fantasmatique guidant une politique permet déjà de tisser des liens évidents avec le fascisme.

TÉLÉCHARGEZ LA NOUVELLE APPLICATION MOBILE

L’autre lien important avec le fascisme réside dans son autoritarisme et son goût prononcé pour les « faits alternatifs ». Ça fait des mois qu’il pave la voie vers son discours sur une soi-disant fraude électorale, alors que cela ne tient à aucun fait démontrable. Mais la fraude est devenue en elle-même un fantasme qui permet à la base de consolider sa défaite autour d’une trame narrative qui lui est réconfortante. Au lieu d’accepter le refus du trumpisme par une majorité d’électeurs, le fantasme d’une fraude électorale permet d’entretenir l’idée qu’une entité précise est responsable des antagonismes sociaux. Pour ceux qui en douteraient, le fascisme demeure malheureusement très présent aujourd’hui… La version intégrale de cette chronique est disponible au indicebohemien.org

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12 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


– MÉDIATION CULTURELLE –

– MA RÉGION, J’EN MANGE –

PARTAGE ENTRE AUTOCHTONES

FARCE POUR DINDE DE NOËL

ET ALLOCHTONES AU CPE

YVES MOREAU, HÔTEL LE FORESTEL (VAL-D’OR)

TAKINAGAN DE LAC-SIMON

INGRÉDIENTS

MICHÈLE PAQUETTE

ANNY DUBÉ

Anny Dubé, coordonnatrice du projet, rapporte que le programme de Colette Fortin, qui travaille depuis 14 ans à Lac-Simon, tient compte des cinq sphères du développement des enfants : motricité globale, motricité fine, langage, domaine cognitif et domaine affectif. La stimulation des cinq sphères se fait par le chant, la danse, la manipulation d’instruments de musique et l’apprentissage de la théorie musicale. Par exemple, les enfants apprenaient le rythme de la croche au moment d’interviewer Mme  Fortin. Son programme s’adresse aux enfants de 18 à 30 mois et a lieu les mardis et jeudis. Catherine Lessard enseigne la danse depuis 30 ans et a déjà offert des ateliers à LacSimon. Elle utilise dans son enseignement les contes, les chansons, les danses, les bricolages et le théâtre. Son programme s’adresse aux enfants de 30 à 48  mois et a lieu les lundis et mercredis.

Porc haché du Québec Cubes de pain Lacroix Œufs de la Ferme Richard Persil frais haché Pomme verte en dés Bouillon de poulet Gras de canard ou beurre Gros oignon haché Branches de céleri en dés Gousses d’ail des Jardins de la Colonie hachées finement Brandy de pomme ou Calvados Thym, sauge, marjolaine et sarriette (¼ c. à thé par épice) Sel et poivre

COURTOISIE

C’est par des ateliers artistiques que Catherine Lessard, professeure au Centre de musique et de danse de Val-d’Or (CMDVD), Colette Fortin, professeure pour Music for Young Children [Musique pour Jeunes Enfants] et sa fille Fanie Chassé ont choisi de rencontrer, depuis le mois de septembre, les enfants et les éducatrices du CPE de Lac-Simon. Anne-Laure Bourdaleix, directrice du CMDVD, résume le projet ainsi : « Il est important de créer des ponts entre les communautés et en voici un qui met les arts comme langage universel au cœur d’activités ludiques et pertinentes pour le développement de l’enfant. »

454 g (1 lb) 500 ml (2 t.) 2 125 ml (1/2 t.) 250 ml (1 t.) 125 ml (1/2 t.) 125 ml (1/2 t.) 1 3 2 60 ml (1/4 t.) Au goût Au goût

MÉTHODE Dans un poêlon, faire suer les oignons, le céleri et l’ail dans le gras de canard environ 10 minutes.

Anny Dubé mentionne que les enfants de Lac-Simon sont exposés au français, à l’anglais et à l’anicinabe. Dans leurs activités, les animatrices allochtones intègrent des mots anicinabek que leur apprennent les éducatrices autochtones. C’est « un partage de connaissances, dit Mme Bourdaleix. Elles transmettent leur histoire, leur culture, leur vocabulaire. De leur côté, les éducatrices reçoivent une sorte d’autoformation pour laquelle elles montrent une grande ouverture ». Le projet, après un départ timide, a été très bien accueilli par la communauté de Lac-Simon et a bénéficié de fonds d’un budget pour la stimulation du langage chez les enfants.

Déglacer au brandy et laisser réduire de moitié. Laisser tiédir.

Pour Colette Fortin, la musique est un langage universel. Aussitôt qu’elle commence à jouer, les enfants s’assoient et écoutent. « C’est la meilleure méthode d’apprentissage que je connaisse », évoque-t-elle. Pour l’éducatrice Margaret Jackson, la musique aide à favoriser le développement de l’enfant et à le rendre patient. L’aide-orthophoniste Annabelle Wabanonik rapporte que des parents mentionnent que des enfants reviennent avec des tempos et des airs qu’ils ont appris à la garderie. Selon Jacqueline Thusky, éducatrice, les ateliers l’aident à aider les enfants. Isabelle Babin, directrice du CPE pourrait résumer ainsi l’expérience : « Les enfants avaient de la difficulté au début et maintenant, je suis contente. » Les ateliers se poursuivront tout au long de l’année scolaire.

CONSEILS

Dans un cul de poule, déposer le porc haché, les cubes de pain, les œufs, le persil et la pomme verte. Ajouter le bouillon de poulet, les oignons, le céleri et l’ail. Bien mélanger. Assaisonner avec les épices au goût, puis saler et poivrer.

Cuire un peu de farce dans un poêlon pour rectifier l’assaisonnement, car une farce est bonne quand elle est bien relevée. Ajouter des canneberges séchées pour un goût sucré.

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 13


– ENVIRONNEMENT –

25 E AUTOMNE POUR LE CREAT! ROGER MICHAUD

En 1991, quelques citoyens bénévoles, motivés par le désir de changer les choses, décident de joindre leurs efforts pour fonder le Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT). Son incorporation a lieu en 1995, l’organisme se joignant alors à un réseau de 16 conseils régionaux du Québec. À ce jour, le CREAT a publié une centaine de communiqués, rédigé plus de 60 mémoires, avis ou commentaires sur différents projets, participé à plusieurs consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et mené à terme une trentaine de projets. Retour sur 25 années mouvementées à veiller et à contribuer à la protection de l’environnement dans la région.

Un mémoire a également été rédigé dans le cadre de la consultation publique du projet minier Authier par Sayona Québec Inc, à l’été 2018.

de nouvelles porcheries au Québec. Dans ce contexte, le CREAT tient le Colloque sur les enjeux de l’élevage porcin en Abitibi-Témiscamingue à Amos, auquel plus d’une centaine de personnes assistent.

L’ART AU SERVICE DE L’ENVIRONNEMENT En 1995, le CREAT pilote une campagne de sensibilisation pour la restauration du site de résidus miniers abandonnés Aldermac, lancée par Véronique Doucet, artiste multidisciplinaire. Grâce à la participation citoyenne, plus de 3000 cartes postales sont signées et acheminées à différents ministères concernés. En juin 2006, le gouvernement du Québec annonçait la restauration du site. 

En 2008, le CREAT présente le Forum régional sur les lacs de l’Abitibi-Témiscamingue à La Sarre, une première au Québec. Ce forum permet de sensibiliser la population à l’importance de protéger les lacs, de promouvoir une gestion participative des lacs et de fournir des outils concrets aux municipalités et aux associations de riverains pour protéger les lacs. DES PROJETS PORTEURS

DES DOSSIERS CHAUDS En 2004, le CREAT est le requérant du processus de médiation du BAPE pour l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique (LET) de la MRC de la Vallée-del’Or. Le CREAT obtient que les rejets des eaux de lixiviation du lieu d’enfouissement sanitaire répondent aux nouvelles normes et puissent être traités au nouveau LET. Dans la dernière décennie, le CREAT a multiplié les rencontres avec diverses instances gouvernementales et les communiqués concernant le dossier de l’arsenic et l’assainissement de l’air à Rouyn-Noranda. Récemment, le CREAT s’est opposé aux projets Gazoduq et GNL Québec.

À l’été 2010, la Société du loisir ornithologique de l’Abitibi (SLOA) et Xstrata Cuivre fonderie Horne unissent leurs forces afin de réaliser un projet permettant d’améliorer les connaissances sur la nidification du grèbe jougris dans la région de Rouyn-Noranda et d’inventorier d’autres espèces aviaires. De ce projet découlent les panneaux d’interprétation sur les berges du lac Osisko, la publication d’un livre et la présentation d’une exposition d’œuvres artistiques sur le grèbe jougris. DES ÉVÉNEMENTS ACHALANDÉS En 2002, les citoyens font pression sur le gouvernement pour implanter un moratoire de deux ans sur l’ouverture

Envie de contribuer à la protec�on de l’environnement? Devenez membre !

14 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

En 2008, le CREAT amorce le Projet de renaturalisation des berges de la MRC de Témiscamingue afin de prévenir la dégradation des lacs et des cours d’eau de ce territoire. Depuis, ce mandat a été repris par l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue. Lors de la 2e édition du Défi climat, 2 554 participants s’engagent à poser des gestes concrets pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 2 702 tonnes de CO2 par année, soit l’équivalent de 655  voitures parcourant 20  000  km/année. Cette année, la campagne de sensibilisation la Chasse aux déchets sauvages a eu lieu pour une sixième fois. Les citoyens se sont surpassés pour réduire leur empreinte environnementale dans la nature. Le CREAT souhaite un engagement encore plus important dans les années à venir.  Que réservent les 25  prochaines années au CREAT? Chose certaine, la concertation des citoyens et acteurs sera cruciale pour le maintien de la protection de l’environnement en Abitibi-Témiscamingue.


– HOMMAGE –

MICHAËL BÉDARD : LA PASSION EN HÉRITAGE LOUIS-ERIC GAGNON

Bruno : J’ai connu Michaël au secondaire, en improvisation théâtrale. Il était très investi dans ses personnages. Parfois taquin, il aimait jouer des tours et tendre des pièges à ses compatriotes de scène. Il était très conscient de l’écriture qui se faisait. Mathieu : Dans Lalibaba, c’est lui qui a fait comprendre aux joueurs l’importance d’être proches et de faire des activités sociales. Plus on se connaît, plus on se fait confiance. Le show devient meilleur. Il n’avait pas toujours confiance en lui, mais il savait se dépasser. Il a relevé le niveau de jeu. Bruno : Il voulait jouer, il voulait être sur scène. Il ne demandait pas la permission pour tester des limites et pouvait les transgresser par moment. C’est un gros challenger. Ça pouvait passer pour de l’arrogance, mais c’est ça la compétition. Il était all-in.

ELYE CARRIER

Kate : Dans toute sa nonchalance, il était super impliqué, passionné et fougueux. Il ne laissait personne de glace. Tu l’aimais d’amour ou tu le haïssais (rires).

Le 13 octobre dernier, le temps a été suspendu. Irréel, voire surréel. Les communautés amossoise et artistique abitibienne perdaient précipitamment Michaël Bédard, 29 ans, dans un accident automobile. Le comédien, improvisateur et auteur ne laissait personne indifférent et était apprécié de ses pairs. Rencontre avec trois personnes qui ont cheminé avec lui dans ses passions : Bruno Turcotte, directeur général des Productions du Raccourci, Kate Dessureault, coordonnatrice de la Maison des jeunes d’Amos, où il était animateur, et Mathieu Proulx, directeur artistique de Lalibaba, ligue d’improvisation de la MRC d’Abitibi. Kate  : La Maison des jeunes représentait facilement la moitié de son existence. Dès le début de l’adolescence, il s’y retrouvait comme si c’était sa propre maison. Il s’y est donné corps et âme, bénévolement.

Mathieu : C’est un épais (rires). Il est con, il ne se met pas de barrières ni de limites. Ses personnages étaient assumés, colorés et drôles. Le nombre de décrochages que j’ai eus à cause de son jeu… Kate  : Michaël était une personne hyper charismatique. C’était un être humain qui amenait un être humain à la confidence. Peu importe le milieu, toutes les sortes de jeunes se retrouvaient dans Michaël […] Lorsque la maison des jeunes est passée au feu, Michaël a été l’instigateur de la photo qui a passé sur les médias sociaux où tous les jeunes sont main dans la main devant les vestiges de la MDJ qui a brûlé. Bruno : Il était coordonnateur de la première saison d’Amos vous raconte son histoire. C’est un gars qui tenait le phare et un coéquipier qui amenait des solutions. Mathieu : Il a légué le plaisir de jouer. Il disait souvent : « C’est toujours bien de la crisse d’impro.  » Des fois, on devient émotif, on a l’impression de ne pas avoir tout donné. On est en joggings devant un public, on n’a pas à se prendre au sérieux. Si on s’amuse, le public s’amuse. Notre mission est accomplie.

INVITATION

aux artistes professionnels et aux commissaires en arts visuels et métiers d’art qui désirent présenter un projet d’exposition en Abitibi-Témiscamingue. Le dépôt d’un seul dossier est nécessaire alors que l’ACEAT s’assure de faire le suivi auprès des 4 centres d’exposition d’Amos, La Sarre, Val-d’Or, Ville-Marie et du musée d’art de Rouyn-Noranda. Votre dossier doit comprendre les documents suivants : • Vos coordonnées (adresse postale, téléphone et courriel); • Description détaillée du projet d’exposition (1 page); • Démarche artistique (1 page); • Curriculum vitae (3 pages max.); • Visuel du projet d’exposition et liste descriptive des œuvres en JPG (10 à 20 images max.); • Dossier de presse numérisé (facultatif-articles majeurs seulement); • Liste de vos besoins techniques spéciaux (s’il y a lieu). Date limite : 31 janvier 2021 Faites parvenir votre dossier par WETRANSFER à exposition@amos.quebec en 1 seul fichier identifié : ACEAT2021 - [VOTRE NOM] Pour info : Marianne Trudel au 819 732-6070, poste 402 ou par courriel exposition@amos.quebec

Depuis 1980, l’ACEAT constitue un réseau de diffusion professionnel qui regroupe 4 centres d’exposition reconnus de l’Abitibi-Témiscamingue et un musée d’art.

Michaël a laissé derrière lui une profonde implication dans son milieu et beaucoup de bons souvenirs pour son entourage. Au revoir, cher ami. L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 15


Soyez là pour vous comme vous l’êtes pour vos proches Vous êtes là quand les gens que vous aimez vivent un mauvais moment. Ne vous oubliez pas. Des solutions existent pour aller mieux. Il est possible que la situation actuelle suscite des émotions difficiles ou de la détresse. Il est normal de vivre un certain déséquilibre dans différentes sphères de sa vie. La gestion de ses pensées, de ses émotions, de ses comportements et de ses relations avec les autres peut devenir plus ardue. La plupart des gens arriveront à s’adapter à la situation, mais il demeure important que vous restiez à l’écoute de vos besoins. N’hésitez pas à prendre les moyens nécessaires pour vous aider.

Prenez soin de vous • Misez sur vos forces personnelles

et ayez confiance en vos capacités.

• Rappelez-vous les stratégies

gagnantes que vous avez utilisées par le passé pour traverser une période difficile. Il n’y a pas de recette unique, chaque personne doit trouver ce qui lui fait du bien.

• Accordez-vous de petits plaisirs

(écouter de la musique, prendre un bain chaud, lire, pratiquer une activité physique, etc.).

• Si c’est accessible, allez dans la

nature et respirez profondément et lentement.

• Apprenez à déléguer et à accepter l’aide des autres.

• Demandez de l’aide quand vous

vous sentez dépassé par les évènements. Ce n’est pas un signe de faiblesse, c’est vous montrer assez fort pour prendre les moyens de vous aider.

• Contribuez à l’entraide et à la

solidarité tout en respectant vos limites personnelles et les consignes de santé publique. Le fait d’aider les autres peut contribuer à votre mieux-être et au leur.

• Prenez le temps de réfléchir à ce qui

a un sens ou de la valeur à vos yeux. Pensez aux choses importantes dans votre vie auxquelles vous pouvez vous accrocher quand vous traversez une période difficile.

• Limitez les facteurs qui vous causent du stress.

• Bien qu’il soit important de vous

informer adéquatement, limitez le temps passé à chercher de l’information au sujet de la COVID-19 et de ses conséquences, car une surexposition peut contribuer à faire augmenter les réactions de stress, d’anxiété ou de déprime.

Outil numérique Aller mieux à ma façon Aller mieux à ma façon est un outil numérique d’autogestion de la santé émotionnelle. Si vous vivez des difficultés liées au stress, à l’anxiété ou à la détresse, cet outil peut contribuer à votre mieux-être puisqu’il permet de mettre en place des actions concrètes et adaptées à votre situation. Pour en savoir plus, consultez Québec.ca/allermieux

16 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


Aide et ressources

Laissez vos émotions s’exprimer • Gardez en tête que toutes les

émotions sont normales, qu’elles ont une fonction et qu’il faut se permettre de les vivre sans jugement.

• Verbalisez ce que vous vivez. Vous vous sentez seul? Vous avez des préoccupations?

• Donnez-vous la permission d’exprimer vos émotions à une personne de confiance ou de les exprimer par le moyen de l’écriture, en appelant une ligne d’écoute téléphonique ou autrement. • Ne vous attendez pas nécessairement

à ce que votre entourage soit capable de lire en vous. Exprimez vos besoins.

• Faites de la place à vos émotions et aussi à celles de vos proches.

• Prenez le temps de bien manger. • Couchez-vous à une heure qui vous

Le prolongement de cette situation inhabituelle pourrait intensifier vos réactions émotionnelles. Vous pourriez par exemple ressentir une plus grande fatigue ou des peurs envahissantes, ou encore avoir de la difficulté à accomplir vos tâches quotidiennes. Portez attention à ces signes et communiquez dès que possible avec les ressources vous permettant d’obtenir de l’aide. Cela pourrait vous aider à gérer vos émotions ou à développer de nouvelles stratégies.

• Pratiquez des activités physiques

• Info-Social 811

• Réduisez votre consommation de

• Regroupement des services

• Buvez beaucoup d’eau. • Diminuez ou cessez votre

• Tel-Aide

Adoptez de saines habitudes de vie • Tentez de maintenir une certaine

routine en ce qui concerne les repas, le repos, le sommeil et les autres activités de la vie quotidienne.

permet de dormir suffisamment.

régulièrement, tout en respectant les consignes de santé publique. stimulants : café, thé, boissons gazeuses ou énergisantes, chocolat, etc.

consommation d’alcool, de drogues, de tabac ou votre pratique des jeux de hasard et d’argent.

Service de consultation téléphonique psychosociale 24/7 d’intervention de crise du Québec Offre des services 24/7 pour la population en détresse : centredecrise.ca/listecentres Centre d’écoute offrant des services 24/7 aux gens qui souffrent de solitude, de stress, de détresse ou qui ont besoin de se confier : 514 935-1101

• Écoute Entraide

Organisme communautaire qui soutient les personnes aux prises avec de la souffrance émotionnelle : 514 278-2130 ou 1 855 EN LIGNE (365-4463)

Utilisez judicieusement les médias sociaux

• Service d’intervention téléphonique

Service de consultation téléphonique 24/7 en prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553)

• Ne partagez pas n’importe quoi sur

les réseaux sociaux. Les mauvaises informations peuvent avoir des effets néfastes et nuire aux efforts de tous.

• Utilisez les réseaux sociaux pour

Québec.ca/allermieux Info-Social 811

diffuser des actions positives.

• Regardez des vidéos qui vous feront sourire.

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 17


– THÉÂTRE –

VIVRE EN DESSOUS : DIALOGUES

Cette année, nos souhaits sont simples, mais sincères.

DU TERRITOIRE LOUIS-ERIC GAGNON

MARYSE BOYCE

Faire discuter deux femmes. L’une autochtone, l’autre allochtone. C’est le travail qui sera accompli dans Vivre en dessous, un théâtre de récit qui effectuera une résidence de création à la Salle Félix-Leclerc de Val-d’Or du 24 au 29 janvier 2021. Ce projet multidisciplinaire mettra à contribution plusieurs intervenants. Tina Mapachee, originaire de Pikogan et demeurant à Val-d’Or, discutera avec l’artiste et comédienne amossoise Valérie Côté. L’aspect visuel sera assuré par le cinéaste originaire de Kitcisakik Kevin Papatie, assisté par la vidéaste Sarah Gélineau Paradis. Le professeur de l’École d’études autochtones Sébastien Brodeur-Girard et la militante et intervenante sociale Julie Côté participent aussi au projet. Marie-Hélène Massy Emond sera responsable de l’aspect sonore.

Santé, santé et santé pour tous! Profitez des magnifiques paysages de notre région pour prendre l’air et vous changer les idées. Que 2021 soit plus douce.

Valérie Côté et Marie-Hélène Massy Emond

Mme Massy Emond travaille avec la comédienne Valérie Côté depuis une dizaine d’années sur des projets qui rejoignent toujours la prise de parole. En 2018, elles ont présenté Inven(taire) à vif. « C’était une pièce qui souhaitait donner la parole aux citoyens de l’Abitibi sur leur rapport au territoire. Il y avait une place aux participants anicinabek. Valérie et moi abordions nos réflexions sur le fait d’être dans un territoire où la rencontre entre autochtones et allochtones est une chose de complexe. On sait qu’il y a un schisme et cette chose nous a toujours habitées. On a un désir de rencontre et un souhait de compréhension et de dialogue », met en contexte l’artiste et musicienne. Ce spectacle avait été vu par Stéphanie Poitras, coordonnatrice à la programmation culturelle à la Ville de Val-d’Or, sensible à ces enjeux. Elle a invité l’équipe à créer un projet de théâtre de récit. Le théâtre de récit ne met pas en scène des acteurs ni des histoires, mais plutôt un ou des narrateurs-acteurs qui racontent l’histoire sous forme narrative. C’est une forme de théâtre qui passe par la parole et l’entrevue. Chaque participant écrit son propre texte. Le travail se fait sur scène et pousse à réfléchir sur un thème pour le peaufiner, le réfléchir au fil des jours. « Cette résidence servira à pousser la réflexion de l’utilisation des technologies de la vidéo dans le contexte des arts vivants. Le cœur de cette résidence qui aura lieu en janvier sera d’évoluer avec les techniciens de la salle qui ont les outils de projections. Ce sera de l’exploration technique et artistique afin de développer un langage commun. On est dans un rapport d’émulation où tout le monde va apprendre les uns des autres », précise Mme Massy Emond.

JOYEUSES FÊTES ET BONNE ANNÉE! Photo Mathieu Dupuis

Vivre en dessous est une rencontre entre deux femmes s’identifiant au même bout de pays, mais qui ne se sont jamais côtoyées et qui n’ont pas le même rapport avec l’Abitibi. Est-ce que leur territoire est le même? La résidence lancera ensuite un travail de douze semaines où Valérie et Tina se rencontreront hebdomadairement. L’objectif est de présenter le fruit du travail de l’équipe d’ici deux ans. 18 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

LA LUTHERIE SELON LAURIER LACASSE HÉLÈNE JAGER

Laurier Lacasse est un homme-orchestre. Depuis sa retraite au printemps, cet ancien travailleur de la scierie de Béarn a finalement embrassé sa passion de toujours : la lutherie. Il a en effet fondé l’atelier Laurier Lacasse Luthier (LLLuthier), basé à Ville-Marie. La musique a toujours été présente dans la vie de Laurier, depuis sa première guitare offerte par sa mère quand il était enfant et qu’il a transformée en guitare électrique, en passant par la gamme d’instruments qu’il a fabriqués au fil de ses trente années d’expérience. Il s’est aussi produit comme musicien avec ses proches et en public, au Rift par exemple, avec son groupe Belle Lurette. Dès l’âge de 18 ans, Laurier commence à travailler le bois en forme d’instrument. Habile de ses mains depuis toujours et se rêvant inventeur, il a appris la lutherie à force de patience et d’amour pour le travail du bois devenant instrument. Il fabriquera d’abord une basse, son instrument de prédilection. Suivront violon, alto, dulcimer à percussion, harpe, mandole, violoncelle et contrebasse. Chaque fabrication est motivée par la demande d’un ami, l’opportunité d’un don de bois ou l’envie de jouer d’un nouvel instrument. Au fil des ans, Laurier s’est laissé guider par des livres sur la fabrication d’instruments, délaissant rapidement son premier manuel en anglais pour se fier à des ouvrages plus pédagogiques, à sa propre expertise du travail de ce matériau noble et surtout, à son amour pour ce travail.

SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

Les buches de merisier doivent parfois sécher pendant cinq ans avant de devenir des guitares sous les doigts de Laurier. Avec le temps, il a appris que rien ne sert d’accélérer les étapes dans le processus de fabrication d’un instrument, passant jusqu’à 500 heures sur une contrebasse qu’il a voulu s’offrir après en avoir essayé une. Le principal défi de la lutherie pour Laurier Lacasse, c’est la conception. Ensuite, il suffit de suivre les étapes : choisir le bois chez des importateurs spécialisés, fabriquer les moules, donner leur forme, sculpter et coller les pièces l’une après l’autre. Lorsqu’on lui confie une réparation, Laurier se satisfait d’atteindre un confort de jeu et une sonorité optimale pour que l’instrument soit le plus près possible de son état neuf. Ses objectifs pour cette seconde carrière professionnelle? Offrir ses compétences aux musiciens de la région et continuer de prendre plaisir à donner ou redonner vie aux instruments.

JEAN-FRANÇOIS GIRARD

ISABELLE FORTIN-RONDEAU

UNE RÈGLE D’OR : LA PATIENCE

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 19


Soyez là pour vous comme vous l’êtes pour vos proches C’est possible que la situation actuelle suscite des émotions difficiles ou de la détresse. Vous êtes là quand les gens que vous aimez vivent un mauvais moment. Ne vous oubliez pas. Des solutions existent pour aller mieux.

Québec.ca/allermieux Info-Social 811

20 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– CULTURAT –

LE BONHEUR D’ACHETER LOCAL

CET HIVER AU MA 6 NOV 2020 ― 10 JAN 2021

PASCALE CHARLEBOIS

Selon le World Happiness Report 2020, publié par le Sustainable Development Solutions Network, une initiative de l’ONU, le lien de confiance entre un individu et les commerçants locaux constitue un élément important du bien-être lié à l’environnement social. L’achat local contribuerait donc à notre bonheur! Malgré la popularité grandissante de l’achat local au Québec, la pandémie de COVID-19 a prouvé l’urgence de le rendre plus accessible et d’assurer une plus grande autonomie de la province pour la protéger des crises économiques et pour assurer une consommation plus sécuritaire, qui réduit le risque de contamination en diminuant le nombre de frontières traversées. La santé constituait déjà, en 2014, un motif important pour la consommation responsable. Selon une enquête de l’Observatoire de la consommation responsable de l’Université du Québec à Montréal menée en 2014, les principales motivations quant à la consommation responsable sont les bénéfices pour l’environnement, suivis de très près par ceux qui ont trait à la société et à la santé. Les Québécois consomment des produits locaux pour profiter de leur qualité et de leur fraîcheur, attributs qu’ils associent à une bonne santé, mais surtout pour encourager les producteurs d’ici1.

Non seulement il a ces avantages, mais l’achat local contribue également à l’identité régionale. En plus de répondre aux besoins des citoyennes et citoyens et de participer à leur bonheur grâce à la proximité qui se développe entre eux et les commerçants, les entreprises locales font la couleur et la réputation d’une ville. Ils pèsent dans la balance pour le choix d’une destination, que ce soit en prévision de vacances ou pour commencer une nouvelle vie. Ainsi, si l’achat local parvient à s’intégrer dans notre quotidien, nos artisans et commerçants formeront une industrie déjà forte, avant même l’arrivée des touristes. Cela augmentera notre capacité d’attraction, grâce à la fierté et au sentiment d’appartenance des gens d’ici. Le principe est simple : quand on est fier de sa maison, on a envie d’y inviter le plus de personnes possible! Et en passant, de leur faire goûter notre dernière confiture maison…

ABITIBI 360 — LA SUITE SERGE bordeleau

Une production Nadagam films

11 DEC 2020 ― 7 MAR 2021

INFLUENTES AVANT-GARDES ESPAGNOLES LUIS SAENZ DE LA CALZADA

À DÉCOUVRIR À LA BOUTIQUE DU MA ET SUR MABOUTIQUE.ORG

1 BioClips, Actualité bioalimentaire, Vol. 23, no 33, 24 novembre 2015. Rédaction : Stéphanie Keable, de la Direction des études et des perspectives économiques, MAPAQ

Vous avez un projet Culturat?

UNE BELLE SÉLECTION D’IDÉES DE CADEAUX POUR LES FÊTES

Contactez-nous à info@culturat.org Musée d’art de Rouyn-Noranda 201, avenue Dallaire museema.org

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 21


ENCOURAGER Pour un temps limité… LES ARTISTES ET ARTISANS D’ICI procurez-vous des boules en verre soufflé TROUVER de l’artiste Annie Cantin LE PRODUIT ORIGINAL ENTRE AUTRES... FAIRE PLAISIR OU SE FAIRE PLAISIR…

ET BIEN PLUS! Le textile - Nicole Quévillon Les bijoux - Scaro, Gribouille, Frivole… Les sacs avec sérigraphie Cynthia Dinan Mitchell (pour un temps limité) L’art de la table - Atelier Johanne Ric’art Les œuvres uniques Renée Carrier et Guylaine Magny… Les arts décoratifs - Françoise Côté Les peluches - Johanne St-Pierre Le bois - Jean-Marc Bélanger Les cuirs - NOC Design Les poupées - Marita Kockemann

À LA BOUTIQUE DU CENTRE D’EXPOSITION D’AMOS Mardi- Mercredi : 13 h à 17 h 30 Jeudi –Vendredi : 13 h à 17 h 30 et 18 h 30 à 20 h 30 Samedi : 10 h à 12 h - 13 h à 17 h Dimanche : 13 h à 17 h

Quand ACHAT LOCAL rime avec ORIGINAL ! 29 OCTOBRE 2020 2929 OCTOBRE 2020 OCTOBRE 2020 AU 17 JANVIER 2021 AU AU1717JANVIER JANVIER2021 2021 QUAND BOUCAR DIOUF QUAND BOUCAR DIOUF QUAND BOUCAR DIOUF S’INTÈGRE AU BOIS... S’INTÈGRE AU BOIS... S’INTÈGRE AU BOIS... MARIE-ANNICK VIATOUR && & MARIE-ANNICK VIATOUR MARIE-ANNICK VIATOUR GAÉTAN BERTHIAUME GAÉTAN BERTHIAUME GAÉTAN BERTHIAUME

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BOUTIQU UEE B

195, RUE PRINCIPALE LA SARRE 195, RUE PRINCIPALE LA 195, LA SARRE SARRE

Consultez régulièrement notre page Consultez régulièrement notre page Ville de La Sarre Consultez régulièrement notre page Ville de de La La Sarre Sarre Ville

22 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

maison.de.la.culture.lasarre maison.de.la.culture.lasarre maison.de.la.culture.lasarre

28JANVIER JANVIER 28 28 JANVIER AU AU777MARS MARS2021 2021 AU MARS 2021 INTERLOCUTION INTERLOCUTION INTERLOCUTION ANNIE ANNIECANTIN CANTIN ANNIE CANTIN


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

LE FABLAB DE LA SHOP : UN NOUVEL

RÉINVENTER LE MARCHÉ

ESPACE DE CRÉATION À LA SARRE

GABRIELLE IZAGUIRRÉ-FALARDEAU

ALEXIS LAPIERRE

Les dernières années ont été favorables à l’émergence d’espaces de travail partagé (coworking). L’origine de ces espaces de travail collaboratif vient de plusieurs horizons. Depuis longtemps, des ateliers d’artiste ont adhéré au principe de mise commun des ressources et de l’espace pour favoriser la créativité. Dans les années 1990, des espaces de programmation et de piratage (hacking) ont vu le jour afin de permettre le réseautage et le partage de connaissances. Plus récemment, avec l’émergence des jeunes pousses (startups), ces entreprises de petite échelle regroupant souvent un nombre limité de travailleurs et de ressources, le travail collaboratif a gagné en popularité partout sur la planète. Le FABLAB de La Shop, à La Sarre, semble s’inscrire dans cette lignée en offrant un espace collaboratif de travail et de création ouvert au public. C’est en 2015 que le Carrefour jeunesse-emploi d’Abitibi-Ouest (CJEAO) décide de mettre sur pied La Shop dans les locaux de l’ancien restaurant Chez Lucie. L’endroit servait alors d’espace de travail collectif et avait comme principale vocation d’être un incubateur d’entreprises en AbitibiOuest. C’est à l’été 2020 que La Shop se métamorphose pour devenir un FABLAB (contraction de laboratoire de fabrication). Le CJEAO a donc décidé de doter l’endroit d’outils de création divers : espace pour la menuiserie, découpe à contrôle numérique de bois, espace de couture, impression 3D, gravure laser, poterie, table de travail partagé, découpe de vinyle, et plusieurs autres. Stéphanie Dupré-Guilbert, chargée de projet en entrepreneuriat au CJEAO, souligne qu’un accent est mis sur la création d’un lieu confortable où tous et toutes se sentiront bienvenus : « Avant, les bibliothèques étaient les tiers lieux par excellence, des endroits de socialisation en dehors du travail et de la maison. Le FABLAB cherche à devenir lui aussi un tiers lieu à La Sarre, un endroit où les gens se sentiront à l’aise, où ils auront envie d’échanger et de créer. » Pour rallier le nouveau FABLAB à l’un des mandats du CJEAO, l’équipe a mis sur pied le projet Lucie 2.0. Il s’agit d’un programme de préparation vers l’emploi. « C’est un programme qui permet aux jeunes sans-emploi d’acquérir des aptitudes professionnelles dans le but de retourner sur le marché du travail éventuellement », souligne Stéphanie. Deux candidats ont déjà intégré le projet et l’équipe du CJEAO aimerait en recevoir jusqu’à sept. Il s’agit également pour eux d’une opportunité d’acquérir des connaissances pratiques en travaillant avec les outils technologiques et la machinerie dont l’endroit est doté. Stéphanie a hâte que la population investisse l’endroit. L’espace sera éventuellement ouvert de jour comme de soir, et des formations pourraient également y être données. Le FABLAB est actuellement ouvert au public sous réservation. Davantage de renseignements sont disponibles sur le site Web de La Shop.

Isabelle Fortin-Rondeau, de Rouyn-Noranda, est propriétaire de l’entreprise Le Jardin des mésanges, qui se consacre à la confection d’objets et d’accessoires en laine feutrée et en bois. Elle souligne que les marchés de Noël représentent parfois jusqu’à 50 % des revenus annuels des artisans de la région. Si les sites Web transactionnels sont une solution de remplacement, elle rappelle que le marché demeure une occasion privilégiée de rencontre avec le client. Avec d’autres artisanes, elle a donc organisé un mini-marché qui se déroulera chez elle les 27, 28 et 29 novembre, dans le respect des règles de la santé publique. Christel Groux, copropriétaire de la Boucherie des Praz, a aussi organisé, dans sa boutique du centre-ville de Rouyn-Noranda, un marché de remplacement. Sensible à la réalité des artisans, en comptant une parmi son personnel, elle a choisi de les aider à sa façon. Chaque jour ouvrable jusqu’au 19 décembre, la boutique accueillera un artisan qui pourra vendre ses produits, et celui-ci retiendra la totalité des profits.

JOHANNE RICARD

STÉPHANIE DUPRÉ-GUILBERT

En raison de la pandémie de COVID-19, certains marchés de Noël sont annulés dans la région cette année. C’est le cas, entre autres, à Rouyn-Noranda et Amos. Malgré tout, plusieurs initiatives ont émergé pour permettre aux artisans de mettre leurs produits en valeur.

D’autres actions visent aussi à faciliter l’achat en ligne. Le site Web Goûtez AT a remis en ligne les boutiques des marchés estivaux de la région jusqu’au 29 novembre. Il est possible d’y commander les produits de plus d’une trentaine de producteurs agroalimentaires et de les récupérer au point de chute désigné le 5 décembre. Du côté du Conseil de la culture de l’AbitibiTémiscamingue (CCAT), on a créé un répertoire des boutiques en ligne des artisans de la région. Accessible par une section spéciale du site Web de l’organisme, Le marché culturel des fêtes catégorise les boutiques par type de création et par MRC. L’objectif de cette plateforme, en accord avec l’un des mandats du CCAT, est de promouvoir le travail des créateurs et de faciliter l’accès à celui-ci. Pour procéder à un achat, l’utilisateur sera redirigé vers le site Web du créateur. Restez à l’affut, il existe peut-être près de chez vous une initiative originale pour soutenir nos artisans! L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 23


Un livre en cadeau

12,95$ Fausses nouvelles 8 ans et plus M. Trudel, S.A. Vachon

17,95$ Voyage 12 ans et plus Mélissa Lafrenière

12,95$ Anxiété chez les enfants 7 ans et plus Éric Péladeau

Auteures de la région

12,95$ 8 ans et plus Nadia Bellehumeur

12,95$ 9 ans et plus Amy Lachapelle

Cette année pour Noël, offrez l’art et la culture d’ici en cadeau. VISITEZ NOTRE MARCHÉ VIRTUEL! CULTURE.CCAT.QC.CA/ LE-MARCHE-CULTUREL-DES-FETES

Procurez-vous nos livres en librairie ou au

www.zailees.com 24 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

LES FRIPERIES OU L’ART DE S’HABILLER POUR PAS CHER LYDIA BLOUIN

Qui a dit qu’élégance doit rimer avec gros prix? Les friperies gagneraient à être mieux connues avec leurs vêtements abordables de seconde main. L’Indice bohémien s’est entretenu avec trois d’entre elles : la Maison St-André, La Petite Boutique et la friperie Quatre-vingt-dix, afin de mieux connaître le fonctionnement, les motivations et l’impact environnemental de ces commerces.

LA FAST FASHION OU L’ART DE SURCONSOMMER

comme des vidéos et des articles sur le lien entre la surconsommation et l’écologie. En effet, l’entreprise a une vocation environnementale : « L’industrie du textile, c’est le deuxième plus grand pollueur au monde. » Le phénomène appelé fast fashion, pousse les gens à acheter un maximum de vêtements et à s’en départir même s’ils sont encore en bon état. Il est apparu dans les années 1990, d’où le nom de la boutique. « Quatre-vingtdix, c’est vraiment ma voie sur le fast fashion, c’est mon combat. Je pense que si tout le monde avait un combat pour l’environnement, la planète se porterait mieux  », conclut Marina.

QUAND AIDER RIME AVEC PORTER La Maison St-André Abitibi-Ouest, de La Sarre, soutient les plus démunis depuis plusieurs années en offrant de l’aide à domicile et de l’aide alimentaire. En 2019, après que le Centre familial ait annoncé sa fermeture, l’organisme a pris le relais et a déménagé ses locaux pour accueillir une friperie. « Avec notre gamme de services, on peut aider les gens à faible revenu, mais la friperie vient aider tout le monde : ceux qui sont écoresponsables, ils aiment venir, faire des échanges… » explique la directrice Karine Francoeur.

COURTOISIE

COURTOISIE

COURTOISIE

UNE FRIPERIE QUI A DE L’HISTOIRE

Ouverte en février dernier avec quatre employés, la friperie a fermé ses portes peu de temps après à cause du coronavirus, mais a heureusement pu reprendre du service en mai, même si les dons en argent demeurent bienvenus. L’organisme reçoit en moyenne huit sacs par jours et évite de jeter des vêtements en envoyant les plus abîmés à Certex, en passant par la Ressourcerie Bernard-Hamel. Il fabrique également des « guenilles  » à partir de tissus en coton. Propriétaire de son immeuble, la Maison St-André envisage de transformer ses logements locatifs en logements transitoires pour les sans-abris.

Marina Fontaine s’est aussi lancée dans cette aventure en juin dernier, mais sur Internet. Elle a choisi de créer son site Web en raison de la pandémie. « Ça faisait longtemps que j’y pensais. Moi, en fait, mon métier de base, c’est photographe. Je me spécialise dans les mariages. J’ai perdu mes contrats à 90 %. C’est un peu Quatre-vingt-dix qui a compensé », indique-t-elle. Ce métier, d’ailleurs, lui sert bien : installée dans sa demeure, elle photographie les vêtements qu’elle rend accessibles sur son site Web de manière récurrente. À chaque mise à jour, environ 80 % de la marchandise est vendue. Elle compte aussi ajouter du contenu informatif

Une autre friperie qui lutte pour protéger l’environnement est La Petite Boutique à Amos. Comptoir familial à l’origine et devenu un OBNL autonome financièrement en mars 2001, elle fêtera ses 20 ans l’an prochain. Ses 15 employés peuvent être fiers de participer au Plan de gestion de matières résiduelles de la MRC d’Abitibi. En effet, en vendant des vêtements et tissus usagés, mais également d’autres articles comme des jouets, des jeux ou des meubles, l’OBNL permet de détourner environ 287 tonnes métriques de l’enfouissement chaque année, soit 82 % des 350 tonnes qu’elle reçoit annuellement. Quand un article arrive, explique Francine Maltais, directrice générale, il est pesé, puis envoyé dans l’une des deux salles de tri, où la sélection est faite rigoureusement. Ceux qui ne sont pas mis en boutique sont envoyés à l’aide internationale ou recyclés en chiffons vendus sur place. Mme Maltais conclut : « Je remercie la population qui, depuis bientôt 20 ans, est fidèle à La Petite Boutique. Les dons reçus en bon état et propres sont toujours très appréciés. » Chaque MRC de la région compte au moins une friperie sur son territoire, il suffit de trouver la vôtre! L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 25


26 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

OLE JOE HATS : LA FABULEUSE HISTOIRE D’UN CHAPELIER MARIE-ÈVE THIBEAULT GOURDE

Ole Joe Hats, c’est d’abord l’histoire d’un projet, d’une passion. C’est également une expérience fabuleuse qui a commencé il y a moins d’un an. LE PARCOURS

Joé est originaire de Ville-Marie et habite actuellement Malartic. Lorsqu’il parcourt la région, il s’arrête le long du chemin pour remettre les commandes à ses clients ou prendre des mesures pour de futures créations. Ces arrêts sont des moments privilégiés qui permettent au chapelier de développer une relation particulière avec ses acheteurs. Pour l’instant, il ne tient pas de stocks et confectionne les chapeaux à la demande. Toutes ses créations sont personnalisées pour le client, ce qui donne au chapeau une essence qui lui est propre. Chacun a un nom, une histoire et une empreinte unique, comme une œuvre d’art. Pour mettre en valeur les chapeaux, Joé et son amoureuse Vicky Neveu, talentueuse photographe, ont conçu des photos donnant l’impression que chaque pièce est un bijou dans un élégant écrin de douceur et de luxe. Simples et épurées, les photos ne présentent que le chapeau dans son plus simple appareil.

VICKY NEVEU

Il s’appelle Joé Poitras. En Abitibi-Témiscamingue, on le connaît dans le milieu du spectacle en tant que musicien, mais depuis peu, il confectionne des chapeaux. Ole Joe Hats est un projet qui lui est venu en tête en octobre 2019. Joé n’avait ni expérience ni formation dans le domaine de la chapellerie, mais cet univers le fascinait. Également, depuis le début de sa vie d’adulte, Joé s’intéressait à l’entrepreneuriat. C’est en combinant ces deux éléments qu’est né le projet Ole Joe Hats.

LE MÉTIER DE CHAPELIER Joé est autodidacte. C’est que le milieu chapelier est discret et il est difficile d’en percer les secrets : il y a une sorte de chasse gardée des techniques de fabrication. Il a donc scruté des livres et des vidéos sur le Web pour se former. C’est un travail ardu, mais Joé est patient et attentif. Il lui a fallu environ cinq essais pour créer un premier chapeau à la hauteur de ses attentes. Il faut plusieurs heures pour sculpter un moule de bois servant à mouler le chapeau. Les couvre-chefs sont tous faits sur mesure, façonnés selon la tête du client dont Joé a pris les mesures au préalable. Créer un chapeau peut prendre entre 5 et 15 heures. Avec l’aide de ses acolytes, Joé a confectionné des outils de travail : tête de moulage, machine à vapeur, évacuateur de vapeur, etc. À chaque problème, sa solution. Il fabrique ses chapeaux avec du feutre, puis les moule et les flambe pour créer des tracés particuliers, comme des cicatrices. Il s’approvisionne chez un fournisseur particulier qui reçoit des peaux tannées de toutes sortes provenant de la région. LES PROJETS À VENIR Pour l’instant, Joé suit la vague. Les projets viennent d’eux-mêmes et il est maintenant en mesure de vivre de sa passion. Une collaboration se dessine actuellement avec une agence de communication en lien avec les évènements et spectacles. On peut découvrir les créations de Joé sur la page Facebook et le site Web d’Ole Joe Hats.

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 27


TRIENNALE

2021 EN MÉTIERS D’ART

CENTRE D’ART - VILLE DE LA SARRE LIEU DE DIFFUSION SPÉCIALISÉ EN MÉTIERS D’ART

APPEL DE DOSSIER Le Centre d’art de La Sarre se spécialise dans la diffusion des métiers d’art actuels de recherche et de création. Il priorise les artistes dont la création d’œuvres et de projets favorise l’exploration et l’évolution de la démarche artistique et de la discipline.

DESCRIPTION DU PROJET

Le Centre d'art de La Sarre organise la troisième édition de la Triennale en métiers d'art intitulée ÉLOGE DU FIL qui met de l'avant les différentes approches qui célèbrent la fibre et ses relations insoupçonnées avec toutes les disciplines des métiers d'art.

NOUVEAUTÉ POUR LA TRIENNALE 2021 Thématique : LA FIBRE TEXTILE

Recherche, création et exploration: intégration innovante de la fibre textile ou de ses représentations dans des œuvres d'expression, peu importe la famille des métiers d'art. ÉLOGE DU FIL, est l'occasion de faire un lien entre le savoir-faire artisanal et les expressions artistiques qui s'en inspirent. La Triennale invite les artistes à promouvoir leurs créations issues de leur pratique, recherche et exploration qui misent sur l'intégration de la fibre textile, qu'elle soit matière ou représentation. Vous pouvez présenter Cette exposition vise à faire un maximum de 5 œuvres, et rayonner le talent d’artistes un maximum de 3 œuvres en métiers d’art qui pourront être retenues pour ont célébré la l’exposition. fibre.

1.

La Triennale présente les dernières créations d'artistes provenant de trois régions du Québec: l'Abitibi-Témiscamingue, l'Outaouais et la région de la Capitale-Nationale. Ce collectif sera présenté du 19 juin au 31 août 2021 au Centre d’art de La Sarre, du 11 septembre au 17 octobre 2021 à l’Espace Pierre-Debain, la galerie en métiers d’art de la Ville de Gatineau et du 4 au 28 novembre 2021 au Centre Materia à Québec.

UNE EXPOSITION...

TROIS LIEUX DE DIFFUSION SPÉCIALISÉS EN MÉTIERS D’ART

ÉLOGE DU FIL est une exposition qui fait connaître et apprécier les métiers d'art en mettant de l'avant différentes approches de l'art textile issues du travail de création d'artistes et artisan.e.s professionnel.le.s. L'exposition mise sur l'intégration innovante de la fibre textile ou de ses représentations dans les œuvres présentées. L'événement qui a pour objectifs de favoriser les échanges avec le public et de faire rayonner les métiers d'art, souhaite également permettre aux artistes de chaque région d'élargir leur réseau professionnel. Grâce à l'initiative de la Triennale, le Centre d'art de La Sarre ouvre une fenêtre particulière aux artistes innovateurs et les fait rayonner dans un contexte de diffusion de qualité et dans les règles de l'art.

LES PARTENAIRES

Partenariat avec l’Espace Pierre-Debain, la galerie en métiers d’art de la Ville de Gatineau. Partenariat avec le Centre Materia de Québec, unique centre d'artiste autogéré au Canada et lieu de diffusion axé sur la diffusion et la promotion de la recherche en métiers d'art contemporain.

VILLE DE LA SARRE

28 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

2.

Le jury qui procédera à l’évaluation des œuvres est composé d’artisans ayant obtenu Conditions de participation une reconnaissance L’exposition est ouverte aux artistes professionnels établis ou de la professionnelle en métiers d’art relève en métiers d’art et possédant une expertise à titre L’artiste doit répondre à au moins trois des quatre critères suivants : d’évaluateur au Conseil des métiers d’art du Québec. [ ] Il se déclare artiste professionnel. [ ] Il crée des œuvres pour son propre compte. [ ] Ses œuvres sont exposées, produites ou publiées, représentées en public ou mises en marché par un diffuseur. [ ] Il a reçu de ses pairs des témoignages de reconnaissance comme professionnel, par une mention d’honneur, une récompense, un prix, une bourse, une nomination à un jury, la sélection à un salon ou tout autre moyen de même nature.

Critères de sélection

• Intégration de la thématique dans les oeuvres

• Qualité artistique et générale des œuvres • Maîtrise technique • Originalité des oeuvres dans leur ensembre

3.

Conditions d’admissibilité

• L’artiste réside actuellement en Abitibi-Témiscamingue ou dans le

Pour être considérée, toute demande d’admission doit contenir l’ensemble des documents requis.

Le dossier de candidature doit être posté au plus tard le 8 mars 2021 À l’attention de : Véronique Trudel Responsable du Centre d’art 201, rue Principale, La Sarre (Qc) J9Z 1Y3

secteur VVB (Villebois, Val-Paradis, Beaucanton), en Outaouais, ou dans la région de la Capitale-Nationale. • Sa pratique en métiers d’art s’inscrit dans l’une des onze grandes familles: le bois | la céramique | les cuir, peaux et fourrures | les matériaux décoratifs | les matériaux organiques | les matériaux plastiques, ciments, bétons, plâtre | les métaux | le papier | la pierre | les textiles | le verre. • Les techniques de fabrication des oeuvres doivent faire appel à l’une ou l’autre des techniques de métiers d’art et témoigner de la maîtrise de ces techniques, qu’elles soient simples ou complexes. • Pour être reconnu comme oeuvre de métiers d’art, l’oeuvre doit faire état de l’intervention de l’artiste ou de l’atelier dans la transformation de la matière, et la fabrication doit être sous le contrôle de l’artiste ou de l’atelier qui signe l’œuvre. • L’oeuvre ou produit peut être réalisé pour répondre à l’une ou l’autre, ou à plusieurs des fonctions suivantes : utilitaire, décorative ou d’expression. • L’œuvre doit être déjà réalisée et disponible (aucune maquette ou croquis ne sera accepté). Il doit s’agir d’une œuvre inédite et récente (qui n’a jamais été exposée dans un lieu de diffusion ou dans une boutique, incluant les boutiques en ligne).

FORMULAIRE D’INSCRIPTION www.ville.lasarre.qc.ca dans l’onglet Triennale en métiers d’art 2021 | Appel de dossiers. Pour toute question, communiquez avec Véronique Trudel au 819-333-2282 # 284 ou à vtrudel@ville.lasarre.qc.ca WWW.VILLE.LASARRE.QC.CA Consultez régulièrement notre page Ville de La Sarre


SPÉCIAL ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART

– ACHAT LOCAL ET MÉTIERS D’ART –

LES BIJOUX VILAINES FEMMES : AXÉS SUR LA FÉMINITÉ JOANNIE COTTEN

Les bijoux Vilaines femmes, créés par Julie Lavoie, ne sont pas que des accessoires de mode, chacun représente et encourage la féminité. La créatrice, originaire de l’Abitibi-Ouest, vit à Rouyn-Noranda depuis maintenant 25 ans.

« Pour moi, la féminité brille d’amour, de compassion, de sagesse, de création, de transformation, de douceur et de plaisir. En incarnant cette féminité, je souhaite inspirer les autres. C’est pourquoi je crée mes boucles d’oreille dans un état de belle et grande vulnérabilité. J’ignore encore la forme, les textures, les couleurs qu’auront mes prochaines créations, mais ici et maintenant, je crée des bijoux uniques

dont je suis fière, guidée par mon intuition », dit-elle, décrivant son rapport avec la féminité. Elle ajoute : « Vilaines femmes, c’est l’essence d’une douce révolution féminine. S’accueillir, s’honorer en tant que femme d’abord, avant tous les rôles et les responsabilités qui viennent avec le genre. Ne pas avoir peur de plonger dans l’authenticité, de célébrer sa féminité et de laisser son true self s’exprimer. » L’artiste utilise l’argile de polymère pour son fini naturel, puis le laiton pour son aspect brut, trouvant que cela représente bien la sensibilité et la force des femmes. Son plus grand souhait est que les femmes qui portent ses boucles d’oreille se les approprient, qu’elles s’en servent pour mettre en valeur leur force, tout comme leur sensibilité. Les bijoux de Julie Lavoie sont en vente sur la page Facebook et sur le site Web de Vilaines femmes, ainsi qu’à la boutique Elena – Art de vivre.

AU CENTRE D’EXPOSITION D’AMOS… JUSQU’AU 3 JANVIER

JUSQU’AU 10 JANVIER

Annie Cantin

Gaétane Godbout

INSTALLATION/VERRE

PEINTURE

INTERLOCUTION

RENCONTRES

DÈS LE 15 JANVIER 2021

COLORER, COLORIER, COULEURER

LA COULEUR ÉCRITE Renée Carrier

Centre d’exposition Raymond Lasnier – Culture Trois-Rivières

PEINTURE

CULTURE TROIS-RIVIÈRES, 2019. OEUVRE DE CINÉTIC

RENÉ RIOUX

EXPOSITION JEUNESSE

NOUVEL HORAIRE - ENTRÉE LIBRE Mardi- Mercredi : 13 h à 17 h 30 Jeudi –Vendredi : 13 h à 17 h 30 - 18 h 30 à 20 h 30 Samedi : 10 h à 12 h - 13 h à 17 h Dimanche : 13 h à 17 h

La designer dit avoir commencé à créer des boucles d’oreille dans un moment où elle avait soif de voir les femmes se réapproprier leur pouvoir. « Pas dans la volonté d’enlever quelque chose à l’autre, mais plutôt dans cette quête du “revenir à soi”. Être présente pour soi d’abord. S’asseoir et prendre le temps qu’il faut pour entrer dans son corps et l’habiter, descendre au niveau du cœur. Y trouver là toutes les réponses, sans l’ombre d’un doute », exprime-t-elle.

ANNICK FLUET

Julie travaille à temps plein comme designer graphique au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, un métier qu’elle adore, et est maman de deux enfants de neuf et sept ans. Interrogée sur ce qui l’a décidée à se lancer dans la joaillerie, elle répond : « J’aime le beau, le design, la couleur… donc un mélange de tout ça. »

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 29


30 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN


CALENDRIER CULTUREL CONSEIL DE LA CULTURE DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

HUMOUR

EXPOSITIONS

CINÉMA

Sans masque – Michel Barrette 2, 3 et 4 déc., Théâtre Télébec (VO)

Abitibi 360 : La suite – Serge Bordeleau Jusqu’au 10 janv. 2021 MA Musée d’art (RN)

Je m’appelle humain 28 nov. au 2 déc., Le Rift (Ville-Marie)

Laurent Paquin et ses amis! 8 déc., Le Rift (Ville-Marie) 9 et 10 déc., Théâtre Télébec (VO) 11 déc., Théâtre des Eskers (Amos) 12 déc., Théâtre du cuivre (RN) 13 déc., Salle de spectacles Desjardins (La Sarre) Dérapage contrôlé – Humour spontané 11 déc., La Cabane (VO) Jo Cormier/Maude Landry 16 et 17 déc., Théâtre Télébec (VO) Semi-croquant – Alexandre Barrette 21 janv., Salle Dottori (Témiscaming)

Site de rencontre avec l’art Jusqu’au 21 févr. 2022 MA Musée d’art (RN) Le monde des poupées de porcelaine Jusqu’au 18 déc. Société d’histoire et de patrimoine de la région de La Sarre (La Sarre) Distance Between Us Jusqu’au 13 déc., Écart (RN) 100 $ le pied carré (minimum) Jusqu’au 13 déc., Écart (RN)

DANSE

Interlocution – Annie Cantin Jusqu’au 3 janv., Centre d’exposition d’Amos

Spectacle de Noël 2020 Studio Rythme et Danse 19 déc., Théâtre du cuivre (RN)

Rencontres – Gaétane Godbout Jusqu’au 10 janv. Centre d’exposition d’Amos

JEUNE PUBLIC

Vente d’œuvres miniatures à 50 $ 2e édition! Hybride – Karine Berthiaume Je ne suis pas un corps je suis libre! – Sophie Lessard Jusqu’au 17 janv., Galerie du Rift (Ville-Marie)

Cours de dessin – Gabrielle Leduc-Lebœuf 6 à 8 ans : 14 sept. au 21 déc. 9 à 12 ans : 15 sept. au 22 déc. MA Musée d’art (RN) L’heure du conte – Le petit sapin de Noël 5 déc., Bibliothèque municipale d’Amos Tout petit conte 13 déc., Bibliothèque municipale de Val-d’Or Heure du conte 3 à 6 ans 22 nov. au 6 déc. Bibliothèque municipale de Val-d’Or L’heure biblio-jeux 0-3 ans : 20 sept. au 13 déc. 3-6 ans : 27 sept. au 6 déc. Bibliothèque municipale d’Amos

MUSIQUE Origine – Justin St-Pierre 1er déc., Théâtre Télébec (VO) 4 déc., Théâtre des Eskers (Amos) 5 déc., Théâtre du cuivre (RN) 10 déc., Le Rift (Ville-Marie) L’amour et le chaos – Alfa Rococo 16 déc., Salle de spectacles Desjardins (La Sarre) 17 déc., Théâtre du cuivre (RN) 18 déc., Le Rift (Ville-Marie)

Andalousie – Récit de voyage 2 déc., Cinéma Amos Laisse-le partir 4 au 9 déc., Le Rift (Ville-Marie) Quitter l’Afghanistan – Pavel Lounguine 6 et 7 déc., Théâtre du cuivre (RN) Brumes d’Islande – Hlynur Palmason 13 et 14 déc., Théâtre du cuivre (RN) La part du diable – Cinéma ONF 17 déc., Bibliothèque municipale d’Amos Suisse aventurier voyageur 6 janv., Cinéma Amos L’autre Mexique aventurier voyageur 27 janv., Cinéma Amos DIVERS Les profs en concert! Centre de musique et de danse de Val-d’Or 6 déc., Théâtre Télébec (VO) Macarons de Noël 12 déc., Bibliothèque municipale d’Amos Clinique sans rendez-vous 15 sept. au 15 déc., Bibliothèque – MédiaLab (Amos) Les mercredis Tricot-thé 16 sept. au 16 déc., Bibliothèque municipale d’Amos Mercredis numériques Cybercriminalité et désinformation 16 déc., Bibliothèque – MédiaLab (Amos) Génies sages et moins sages 23 nov. au 18 déc., Bibliothèque municipale d’Amos

Pour qu’il soit fait mention de votre événement dans la prochaine édition de L’Indice bohémien, vous devez l’inscrire vous-même, avant le 20 de chaque mois, à partir du site Web du CCAT au ccat.qc.ca/soumettre-evenement.php. L’Indice bohémien n’est pas responsable des erreurs ou des omissions d’inscription.

L’INDICE BOHÉMIEN DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 31


La pandémie de COVID-19 est sérieuse. Continuez de pratiquer toutes les mesures de santé publique : Suivez les consignes locales sur les rassemblements. Pratiquez la distanciation physique. Lavez vos mains. Portez un masque. Restez à la maison si vous avez des symptômes, même légers. Téléchargez l’appli Alerte COVID.

Protégeons-nous les uns les autres. Apprenez-en plus au Canada.ca/le-coronavirus ou au 1 833 784-4397.

32 DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 L’INDICE BOHÉMIEN

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DÉCEMBRE 2020 - JANVIER 2021 // L'INDICE BOHÉMIEN // VOL.12 - NO. 04  

Journal culturel de l'Abitibi-Témiscamingue

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