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FÉVRIER 2014 /// VOL 5 - NO 5

j ard in

commu nautE

Pierre Labrèche,

facteur de contes amitié

VIE HUMAINE CRÉATIVE AUDACIEUSE

// Spécial homme

Justin St-Pierre et Trente Doigts - 04 Martin Héroux et La coopérative du cochon - 04 Bruno Crépeault, Rockwell et cie - 05 Trio de compositeurs pour l’OSR - 07 La recette de Guy Trépanier - 19 L’abbé Proulx vu par Martin Blais - 13

ADMISSION SESSION AUTOMNE 2014 DÈS MAINTENANT! Tous les détails sur uqat.ca

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Date limite (temps complet) : 1 er mars


Mot de la rédaction

// EN COUVERTURE j ard in

commu nautE

Le périlleux pouvoir de la parole // Ariane Ouellet

amitié

VIE

PHOTO: CHRISTIAN LEDUC Pierre Labrèche a la racine vagabonde. Il est à la fois le voisin et le voyageur, de canot et de grandes voilures. Comme le dirait si bien Julos Beaucarne, « il n’a pas le temps d’attacher un arbre à son service mais toutes les forêts sont à lui ». Dédié plus que jamais à son métier de conteur, il sème à touT vent sa parole tendre et son humour. Encore une fois, notre complice Christian Leduc s’est prêté au jeu du portrait, croquant en toute simplicité notre conteur dans une image à son image.

// SOMMAIRE 3-7 spécial homme 7-8 Littérature 10 Muséologie 14 Danse 17 Théâtre 20-21 Musique Chroniques 05 Bédé 07 Humeur 09 Les livres de Roxanne 12 Arts et techno 13 Vue sur le nord 15 Culture autochtone 19 Ma région j’en mange 23 Poste d’écoute

Un soir d’hiver alors que nous roulons très lentement sur une route 117 glacée, j’écoute une émission intelligente sur les ondes de la radio publique. Un écrivain y est invité pour parler de son nouveau roman. L’animateur, bien renseigné, le confronte soudain avec des questions compromettantes sur ses activités paralittéraires politiques très à droite. L’auteur répond, argumente, l’animateur le relance. Je suis mal à l’aise. Mais pourquoi ce malaise? Je réalise que mon sentiment a peut-être quelque chose de culturel. J’émets l’hypothèse suivante : nous ne sommes pas habitués, ici au Québec, aux débats intellectuels. Les divergences d’opinion sont souvent lissées et couvertes de bons sentiments, mais on ne veut pas confronter son prochain avec nos idées différentes. Plutôt se taire. Ou gueuler, griffer, cracher, comme s’il n’y avait pas d’équilibre possible et que le fait de penser différemment du voisin engendrait nécessairement de l’animosité. On n’a qu’à circuler sur les médias sociaux pour constater le niveau de la plupart des arguments pour ou contre la charte pour se rendre compte de notre difficulté à prendre la parole de façon constructive. Encore dans plusieurs pays, des gens sont emprisonnés, voire même torturés ou exécutés en raison de leurs opinions politiques ou de leur orientation sexuelle. Je nous considère donc comme chanceux d’être libres, ici, de pouvoir nous exprimer librement en toute sécurité. Où je veux en venir sur ce terrain glissant? Je trouve que la liberté de parole est un outil précieux, puissant. Précieux d’une part parce qu’il n’est pas encore donné à tous, mais aussi parce qu’il permet un espace d’échange. Puissant parce qu’il permet de nous affirmer. Mais s’affirmer comment, et pourquoi? Là est la question qu’on devrait se poser. L’espace public est saturé de prises de positions agressives et stériles. Peut-être est-ce un nouveau genre de débat que permet l’anonymat et le décalage des multiples écrans? Ou est-ce plutôt l’envers de la médaille de la liberté d’expression? Être libre ne devrait pas signifier que nous devrions dire n’importe quoi, n’importe comment.

En faisant le portrait de Pierre Labrèche, je me dis qu’on a là un bel exemple d’une parole qui sert à construire. Construire des ponts entre les voisins qui se connaissent peu, entre les générations qui se méprennent parfois les unes aux sujets des autres. C’est que l’art de la parole est aussi celui qui permet une meilleure compréhension de l’autre, à condition qu’au bout de la parole, il y ait une oreille pour écouter. Alors je souhaite (tiens, voici mes vœux pour 2014) que chaque citoyen prenne conscience de la portée de ses mots, que chacun trouve écho à sa voix comme il trouve sa place dans la communauté. Je souhaite à chacun la capacité d’écouter et d’entendre l’autre, avec ses horizons nouveaux et multicolores, et d’en faire une source d’émerveillement, de questionnement, de réflexion. Parce qu’une parole multiple permet une démocratie en santé. Sur ma rue vit Eugene, un anglophone. Il y a aussi Mohammed et Fatoumata, à quatre portes de l’autre côté. Et Maude, Daniel, France, Stéphane. Quel Dieu prient-ils, s’il en prient un? Aucune idée. Pour qui votent-ils? Aucune idée. Ils sont des voisins que j’aime parce qu’ils contribuent à enrichir mon univers par leur unicité. Quel besoin devrais-je avoir qu’ils soient en tous points pareils à moi? Même mes enfants ne le sont pas!

Mot de la rédaction sur notre Spécial homme Ce n’est pas une surprise, le mois de mars est souvent consacré à rendre hommage aux femmes. Comme nous n’avons pas au programme de mois des hommes, L’Indice bohémien a souhaité, de façon ludique, vous présenter son spécial homme à la sauce culturelle. Vous trouverez donc dans cette édition des portraits d’artistes mâles qui pimentent la vie culturelle de l’Abitibi-Témiscamingue de leurs talents  : musicien, conteur, comédien, compositeur, concepteur de jeu. Même les chroniques Ma région j’en mange et Poste d’écoute sont au diapason! Puisque les gars sont souvent moins présents que les filles dans notre univers culturel, c’est peut-être une façon de leur dire, à nos hommes, qu’on les aime. Bonne lecture! \\

// DATES À RETENIR IMPORTANTES Mars Date limite pour soumettre des idées de sujets d’articles Date limite pour réserver votre espace publicitaire Date de sortie

2 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014

Avril

Mai

13 février 2014

13 mars 2014

31 janvier 2014

7 Mars 2014

4 avril 2014

25 février 2014

1er avril 2014

29 avril 2014

L’Indice bohémien est un indice qui permet de mesurer la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. ................................................................. Journalistes-collaborateurs Fednel Alexandre, Roxanne Archambault, Marie-France Beaudry, Martin Blais, Guillaume Beaulieu, Annie Boulanger/ Les Couzz, Anne-Laure Bourdaleix, Andrée-Anne Brunet, Jenny Corriveau, Yvon H. Couture, Bruno Crépeault/ Les Couzz, Félix B. Desfossés, Stéphanie Déziel, Maurice Duclos, Daniel Dumont, Suzie Éthier, Claudia Fortin, Geneviève Gariépy, Netta Gorman, Margot Lemire, Evelyne Papillon, Michèle Paquette, Geneviève Pelletier, Cathy Pomerleau, Ulysse Rivard-Desharnais, Dominique Roy, Dominic Ruel, Guy Trépanier et Martin Villemure ................................................................. COLLABORATRICES DE SECTEUR Véronic Beaulé (Témiscamingue), Marie-Pier Dupuis (Val-d’Or), Suzie Éthier (Rouyn-Noranda), Marie-Ève de la Chevrotière (Abitibi-Ouest) et Sylvie Tremblay (Abitibi) ................................................................. correcteurs Gabrielle Demers, Suzanne Dugré, Claude Laverdière, Geneviève Luneau , Suzanne Ménard, Evelyne Papillon, Tommy Pilon, Yves Prévost et Marta Saenz de la Calzada ................................................................. CORRECTRICE D’ÉPREUVE Karine Murphy .................................................................. rédaction et communications Ariane Ouellet redaction@indicebohemien.org 819 277-8738 .................................................................. Graphisme Staifany Gonthier graphisme@indicebohemien.org ................................................................. direction et ventes publicitaires Maryse Labonté coordination@indicebohemien.org publicite@indicebohemien.org ................................................................. L’Indice bohémien est publié 10 fois l’an et distribué gratui­tement par La Coopérative du journal culturel de l’Abitibi-­Témiscamingue fondée en novembre 2006. ................................................................. conseil d’administration Stéphane Audy, Astrid Barrette-Tessier, Marie-France Beaudry, Guillaume Beaulieu, Marie José Denis, Jessica Gagnon, Geneviève Gariépy, Nicole Tremblay et Martin Villemure ................................................................. L’Indice bohémien 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda (Québec) J9X 4N5 Téléphone : 819 763-2677 Télécopieur : 819 764-6375 indicebohemien.org ................................................................. ISSN 1920-6488 L’Indice bohémien


Pierre Labrèche, le facteur de contes // Ariane Ouellet

Il est discrètement partout. Depuis 30 ans, il parcourt les rues, fait du porte-àporte et recense avec tendresse les petits bouts d’histoires de monsieur Chose et de madame Unetelle pour les transformer à sa guise en moments poétiques. De facteur à conteur, pour lui, il n’y a qu’un pas. Car c’est dans cette géographie humaine qu’il puise matière à conter. Il plaît à se présenter comme un géographe du quotidien et sociologue du jour le jour, ou l’inverse. Pour sa petite histoire à lui, Pierre Labrèche, dit Pierro, naît en France de parents abitibiens et voyageurs qui lui transmettent leur amour de la vie. Il grandit à Amos, fait des études en géographie à Montréal, poursuivant son chemin pendant quelques années à Vancouver pour revenir ensuite en Abitibi, et finalement y bâtir maison. Au bout de sa route, c’est à La Motte qu’il choisit de mettre pied à terre. Mais Pierre Labrèche est loin d’être un facteur ordinaire. Il dessine depuis toujours, il chante par-ci, raconte par-là. C’est au Show de La Motte qu’il s’initie à la scène, en présentant pour la première fois au public ce qu’il appelle ses chansons « géopoétiques ». En quelle année? On ne s’en souvient plus. Assez longtemps pour s’être attaché à la chose, au monde autour et au lieu. Il ne se doute pas à l’époque que ce village allait devenir le sien. Entretemps, il chante dans une chorale et participe à l’organisation des spectacles. Il s’investit aussi dans les folles Nuits de la poésie à Rouyn-Noranda en compagnie d’autres amoureux des mots comme lui. « Je m’implique par désir de faire partie de mon milieu. Mon père est un Abitibien qui a toujours dit que si on veut qu’il se passe quelque chose ici, il faut le faire. Alors c’est ce que je fais. Aujourd’hui, on a une offre culturelle immense et on peut être seulement spectateur, mais autrefois, si on voulait voir des spectacles ici, les gens devaient s’impliquer bénévolement à gauche et à droite pour le faire. C’est dans cet esprit-là que je continue. » Sa passion pour la géographie sociale l’amène à se poser des questions sur l’endroit d’où il vient, l’endroit où il vit, puis à écrire des textes et à les mettre en musique, tout simplement, à la façon d’un artisan. La création a le dessus, nourrie par un métier qui permet la rencontre. « Le conte est une façon de conjuguer toutes les choses que je faisais : de la pseudo musique, pseudo poésie. Et, en mettant tout ça ensemble, ça m’apparaissait comme une bonne façon de les faire circuler.  » Avec son acolyte Claude Boutet, il fonde d’ailleurs l’organisme Contes Confits. « On a plein de projets qui s’en viennent. L’idée est de faire circuler la parole contée, de la partager, de la faire vivre. »

Le conte lui est apparu, comme pour bien d’autres au Québec, au tournant des années 2000. «  Quand le Festival de contes et légendes a commencé ici, il y a une dizaine d’années, ça a ouvert une porte. Des conteurs de partout ont commencé à venir en Abitibi, des gens de très grand talent. À partir de là, je me suis régalé d’entendre et de voir des spectacles. Et à un moment donné, je me suis mis à participer. » Le Festival, c’est l’occasion pour Pierre de faire le plein de rencontres fabuleuses qui le mèneront à son tour à exercer son métier de conteur dans les vieux pays, où les amis se multiplient. Après un spectacle à Sherbrooke au printemps prochain, il retournera présenter ses contes en France cet été. Malgré ses multiples engagements, son village n’est pas en reste. Le centre communautaire, qui a pris vie dans l’église au cœur du village, bénéficie aussi du temps et de l’énergie de l’infatigable organisateur de spectacle que Pierre Labrèche est devenu au fil des saisons. Depuis 2009, il anime avec brio le Show de La Motte. En février, il est à la barre d’un spectacle mettant à l’honneur les chansons de Georges Brassens, avec une bande de joyeux lurons qui ont pris pour l’occasion le nom de Copains d’abord : Lionel Laliberté, Paul Beau, Aurore Turcotte, Ginette Plourde, Michel Lord, Paul et Danaë Ouellet, et d’autres encore. Dans le cadre du centenaire de la ville d’Amos, Pierre apparaît dans une série de capsules vidéo historiques relatant certains hauts faits de la ville depuis ses débuts. Eh oui, le conteur est discrètement partout, semant autour de lui un univers poétique et tendre tout à son image. Comme un gardien tient le phare, Pierre Labrèche tient parole. \\

ARIANE OUELLET

Christian Leduc

Artiste à la une

L’INDICE BOHÉMIEN // FÉVRIER 2014 3


À la une Martin Héroux, comédien // Guillaume Beaulieu Entre Mirabel et Ville-Marie… parce que la vie est un sandwich! Pour un descendant de boulanger de trois générations, il ne saurait en être autrement! Comédien bien connu du public québécois, Martin Héroux a l’image toute tracée en tête! Il en salive même, et pour cause : sur le plateau d’argent que lui présentait le soleil à son premier jour, il a posé sa première tranche de vie en tant que livreur de pain de l’entreprise familiale à Ville-Marie. « On ajoute des tranches à chaque étape de notre existence. C’est juste qu’avec le temps, il faut avoir une grand’yeule pour prendre encore une bonne mordée! » de raconter Martin Héroux.

Mais où est donc Justin St-Pierre?

Trente doigts en tournée abitibienne // Geneviève Gariépy Assis à la table d’un café montréalais, les instrumentistes Justin St-Pierre et JJ Coolidge présentent le projet pétillant de la formation musicale Trente doigts qui sera en tournée abitibienne du 29 janvier au 1er février. Ce trio de musiciens chevronnés, dont fait aussi partie Érik Mongrain, offre un spectacle enivrant de guitare acoustique contemporaine.

Après avoir plongé dans l’incroyable monde de l’improvisation, il est naturellement passé du côté du théâtre avec l’ancienne troupe du Théâtre de la Cric, toujours au Témiscamingue. Yvette Duquette et Réal Couture font partie des gens qui l’on éveillé à ce niveau par des sketchs au proverbial show-son-art de la polyvalente Marcel-Raymond de Lorrainville. Porté par ses ambitions et par les automobilistes qui l’ont pris sur le pouce pour aller voir des spectacles à Rouyn-Noranda, il a bifurqué vers Montréal pour étudier le théâtre. Il faut croire qu’il était bien inspiré puisqu’il fêtait l’an dernier ses 25 ans de carrière! Lorsqu’on lui demande le personnage le plus étrange qu’il a dû incarner, c’est en AbitibiTémiscamingue que ça se passe. Le Théâtre du Tandem, qui était naissant à l’époque, lui avait fait incarner un joueur de dés complètement déjanté. Cela surpassant même le rôle d’un comptable motard qu’il enregistrera sous peu pour une série web à venir. Ironiquement, dès l’école, on le destinait à un casting de père de famille. Après avoir passé par une gamme impressionnante de rôles, il recommence actuellement à jouer le paternel, puisque l’âge l’y conduit. Il sait que la vie de tournée n’est pas facile pour un réel père de famille comme lui et il se plaît à rappeler qu’il vit sur le même horaire que les curés, pendant que le reste du monde est en congé.

«  Nous sommes un groupe de fingerstyle, notre jeu de guitares permet une formule complètement différente. Nous présentons quelque chose d’éclaté qui en même temps est très abordable, au niveau de la mélodie et de l’exécution », présente le musicien d’expérience JJ Coolidge. « Nous souhaitons conquérir le Québec et faire découvrir notre style musical », renchérit Justin St-Pierre. Les deux complices expliquent que le son du groupe est puissant, puisque leurs guitares sont toutes accordées différemment et que le trio parvient à conjuguer trois techniques distinctes. En spectacle aux quatre coins de l’Abitibi, l’on pourra entendre des prestations solos, des morceaux instrumentaux et chantés et la réunion de trente doigts qui fabriquent un son unique. Le groupe s’est formé en 2012, suite à la participation des trois musiciens au Canadian Guitar Festival mettant en l’honneur le fingerstyle. Peu de temps après, le trio a signé un contrat avec l’agence Spectour pour une première virée régionale. C’est le talent du Valdorien d’origine Justin St-Pierre qui leur a ouvert cette porte. «  C’est une belle visibilité, nous sommes contents de la confiance que Spectour nous accorde », explique-t-il. Justin St-Pierre planche sur un troisième album. Il s’inspire de l’univers de son nouvel environnement urbain pour composer. On pourra y entendre la sonorité de la route 117 qui l’a transporté vers d’autres défis. « Dans ma nouvelle pièce qui s’intitule L’île, j’entends le parc de La Vérendrye et j’entends la personne qui arrive ici à Montréal  », image le guitariste. Il reviendra assurément présenter ses récentes compositions en région, puisqu’il se dit très attaché à son premier public. Les deux autres membres du groupe Trente doigts sont également en écriture d’albums solos. \\

Dates de spectacle Mercredi 29 janvier, Salle Félix-Leclerc, Val-d’Or Jeudi 30 janvier, Théâtre du cuivre, Rouyn-Noranda Vendredi 31 janvier, Théâtre des Eskers, Amos Samedi 01 février, Théâtre de Poche, La Sarre

Il arrive en tournée dans la région du 25 au 28 février avec la pièce La coopérative du cochon, une pièce saluée par la critique, notamment pour l’audace de sa mise en scène. Dans un décor dépouillé, les comédiens ont le loisir de montrer leur savoir-faire. Avec une humanité et un humour propres au pays en forme de botte, cette adaptation québécoise raconte la drôle de guerre de 1939-1945 vue par l’angle bavard de ce qu’en retiennent les enfants d’un vétéran de guerre italien. Martin Héroux a joyeusement mis la main à la pâte dans cette production où il tient plusieurs rôles. Une fois que le sandwich étagé de sa vie sera fait de toutes sortes de pains différents, il espère couvrir ce dernier du même pain que la toute première tranche… pour qu’il puisse vivre pleinement ce « chez-nous » qui l’a vu naître : le Témiscamingue! \\

L’amour se présente…

4 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014

Par ailleurs, il constate qu’il est plus évident de vieillir pour les comédiens au Québec que pour les comédiennes. C’est qu’après 40 ans, on engage encore les hommes pour jouer des rôles dans leur propre groupe d’âge, mais on préfèrera engager une femme plus jeune qu’on maquillera pour jouer un rôle de femme d’âge mûr.


À la une

À la une 3e tournée Mi-figue, mi-raisin

TRIO DE COMPOSITEURS POUR ORCHESTRE // Daniel Dumont Pour une troisième année, cinq villes de la région seront l’hôte en février prochain du projet de l’Orchestre symphonique régional (OSR) Mi figue, mi-raisin, mettant en scène la relève musicale régionale en interprétation et composition. L’objectif d’explorer de multiples formes d’expression artistique explique pourquoi les spectacles se tiendront dans des lieux normalement destinés aux arts visuels.

Bruno Crépeault, auteur, chanteur et concepteur de jeu

courtoisie

Du funambule à Rockwell

// Cathy Pomerleau En octobre dernier, après quatre longues années de création et de peaufinage, Bruno Crépeault a enfin pu tenir entre ses mains le jeu de société Rockwell qu’il a lui-même conçu. Cet évènement s’est tenu en Allemagne, lors de la plus grande foire du jeu et du jouet au monde. « J’y ai découvert mon jeu, dans sa boîte, prêt à être vendu et joué par la foule », mentionne M. Crépeault. En fait, la création de M. Crépeault a été remarquée grâce à sa participation à un concours de création ludique à Parthenay en France, où il a remporté le premier prix. Cela l’a conduit à rencontrer un agent, puis finalement Sit Down!, un éditeur belge avec lequel il a signé en 2011. Le jeu, qui portait le nom de Gaïa en référence à l’esprit de la Terre à ses débuts, est alors devenu Rockwell. « Un très bon choix, judicieux et efficace. Outre l’évidence des mots ROCK (roche) et WELL (puits), l’échelle Rockwell sert à mesurer la dureté d’un matériau. Fascinant! » précise M. Crépeault.

Ce projet original de l’OSR a la particularité de mettre des musiciens de la relève à l’avantscène. Il a aussi le mérite peu commun de permettre à des interprètes de la région d’explorer des œuvres nouvelles commandées par Jacques Marchand à de jeunes compositeurs de l’Abitibi-Témiscamingue. Dans un premier temps, l’OSR a invité sous les projecteurs les violonistes Catherine Beaudry de Val-d’Or et Emmie Grégoire-Salmon de Rouyn-Noranda ainsi que les guitaristes Samuel Martel et Maxime Desaulniers de La Sarre pour interpréter des pièces de répertoire classique. L’original et l’inédit seront ensuite mis à l’honneur. En effet, l’un des compositeurs invités, Charles Thouin, de Gallichan, accompagné du guitariste Vincent Rivest, interprétera sa propre pièce pour duo de guitares. Par la suite, Dominique Bérubé livrera une composition pour violoncelle seul, une œuvre originale de Maxime CarbonneauLeclerc, originaire de la région et qui poursuit actuellement des études en musique à Québec. Finalement, c’est sous la virtuosité d’Isabelle Fortin, Dominique Bérubé et Denis Lamontagne que le public prendra connaissance d’une pièce pour violon, violoncelle et cor composée pour l’occasion par Maxime Fortin d’Amos.

Le jeu de société Rockwell a pour objectif ultime de forer au plus profond de la croûte terrestre. Pour ce faire, la société Rockwell, acteur important de l’industrie minière internationale, a racheté quatre compagnies minières qui sont mises en compétition à travers ce projet d’envergure, qui est l’atteinte du centre de la Terre. Bruno Crépeault travaille présentement à l’élaboration d’autres jeux de société qui exigeront eux aussi des années de rodage. « C’est difficile de trouver du temps pour jouer et des joueurs pour le faire. Le résultat ne sera jamais que de moi. Il est aussi le résultat du travail de la  Testing Team qui embarque à fond dans le projet. » Notons que Bruno Crépeault est un artiste aux multiples talents. En plus de concevoir des jeux, il a été deux fois récipiendaire du Prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue (2005 et 2006) pour l’écriture d’un roman et de deux nouvelles. Rappelons-nous également sa participation à l’émission Un air de famille à Radio-Canada en 2012 et la sortie de l’album La Maudite Famille à l’automne 2013, sur lequel il mêle à nouveau sa voix à celles de membres de sa famille. Si tout va comme prévu, Rockwell devrait être en vente dans nos boutiques vers la mi-février. \\

Charles THOUIN, MAXIME FORTIN ET MAXIME CARBONNEAU-LECLERc

Comme nous l’expliquait Charles Thouin, «  c’est très stimulant d’être placé dans un contexte de création musicale et, surtout, d’avoir l’opportunité d’interpréter soi-même son œuvre devant public ». Une première représentation se tiendra à l’Écart.. . lieu d’art actuel à Rouyn-Noranda le 7 février, et la tournée se terminera au Centre d’exposition d’Amos le 16 février. Dans l’intervalle, des représentations auront lieu à La Sarre, Val-d’Or et Ville-Marie et comme d’habitude, l’entrée sera libre. \\

> osrat.ca

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Staifany Gonthier

À la une

À l’aube d’une saga internationale?

Attention, Mafia Casino débarque aux États-Unis! // LA RÉDACTION Après un an sur le marché québécois, Mafia Casino, conçu par Éric Raymond et Simon Duquette, respectivement originaires de Rouyn-Noranda et de Val-d’Or, a fait ses preuves. Plus de 2000 copies du jeu ont été vendues au Québec et, dès le début 2014, la version anglaise fera son entrée aux États-Unis par le biais des catalogues d’Alliance et de ACD, les deux plus gros distributeurs américains dans le domaine du jeu de société qui représentent, entre autres, DC Comics et Marvel. Mafia Casino est un jeu de cartes où vous devez devenir le plus riche en construisant votre propre complexe hôtel-casino-restaurant et en y attirant des visiteurs, tout en évitant les embûches que pourraient vous poser vos adversaires. Il s’agit d’un jeu facile à apprendre et rapide à jouer, qui s’adresse autant aux débutants qu’aux initiés du monde du jeu. Une version électronique pour tablettes et téléphones intelligents est en plein développement par une firme montréalaise et devrait être accessible au public à l’été 2014. Des conversations avec nos voisins européens sont en branle. Bref, tout va pour le mieux pour ce petit bijou d’ingéniosité abitibienne. \\

> boitedejeux.com

6 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014


Humeur J’ai rencontré Virginia

// Dominic Ruel

// Fednel Alexandre

On peut déplorer les emplois perdus, c’est normal. Des emplois de qualité, avec de bonnes conditions. Mais la réalité rattrape les facteurs et Postes Canada. La réalité ? Un milliard d’envois en moins depuis dix ans. Moins de travail donc, pour les facteurs, et au final, des facteurs en trop. On peut critiquer la décision jusqu’à l’an prochain. Ce serait alors jouer à l’autruche, ou, comme Pilate, se laver les mains : nous sommes tous responsables. Nous envoyons des centaines de courriels, dix fois plus de textos. Nous faisons nos transactions en ligne et recevons nos factures électroniquement. Nous envoyons nos documents, nos travaux, nos devoirs par Internet et, aux anniversaires, des cartes virtuelles, qui font de la musique. Normal : c’est plus rapide (c’est l’époque), plus simple (toujours l’époque!) et plus efficace. De toute façon, le courrier est condamné depuis l’invention du téléphone. Le fax a accéléré la mise à mort et Internet a cloué le cercueil. Nous irons donc chercher notre courrier en auto, dans de grosses boîtes grises et rouges. Purolator s’occupera des colis (achetés en ligne, bien sûr…) et on se contentera du Publi-Sac. Et j’ai encore un petit camelot pour L’Écho abitibien. Malheureusement, l’État, même lui, n’a pas à financer des emplois qui, lentement, deviennent, pardonnez-moi le mot choisi, inutiles. Malheureusement aussi, mais ça reste émotif, peut-être nostalgique, on perd encore ce que j’appelle un «  contact humain ». Le facteur, on pouvait le croiser, le saluer, jaser un peu pendant les vacances. Dans les médias, on a même parlé de la venue rassurante du facteur, surtout pour les personnes seules, souvent âgées. Mais nous sommes aux temps où l’on remplace l’humain, aux temps des machines, du visage face à l’écran. On le voit à la banque, à l’épicerie, au cinéma, dans les stations-service : guichets automatiques, caisses sans caissier, bornes distributrices, paiements à la pompe. Tout, on dirait, pour ne pas voir personne. On glisse une carte, on pitonne, on choisit, on repart. Nous sommes de plus en plus « seuls, ensemble », comme chantait Daniel Bélanger. Les amis sont maintenant sur Facebook à travers, encore! un écran. Pour terminer, je profite de cette première chronique de 2014 pour vous souhaiter une bonne année. Merci de lire L’Indice Bohémien, produit chaque fois grâce aux énergies, au cœur et à l’huile de bras de dizaines de personnes. Une machine, un écran, trois pitons ne pourraient vous donner ce que vous lisez chaque mois. \\

présente

Virginia Pésémapéo Bordeleau est peintre, poète, romancière. Elle est avant tout une femme d’une grande intelligence, d’une admirable générosité et d’une exquise compagnie  : elle sait rire. Je la rencontre pour faire un papier sur elle à la suite de sa participation au Salon du livre de Tahiti en novembre dernier, où elle était invitée d’honneur. À la fin de notre discussion, je revisite le questionnaire de Proust avec elle. J’ai préparé dix questions. À la neuvième, elle doit me dire en quoi elle souhaiterait se réincarner. « Un nègre », décodent mes oreilles. « Pour écrire vos livres? » m’enquiers-je. Le rire de Virginia. De bon cœur. Limpide. Contagieux. Mon rire amusé. En fait, mes oreilles m’ont trompé : Virginia voudrait se réincarner en « un aigle ». L’écriture de Virginia Pésémapéo est aussi limpide que son rire. Elle se caractérise par une tentative d’affirmation identitaire qui se décline sur plusieurs tons, dont l’occupation du territoire et la question de l’altérité. C’est une écriture joyeuse, qui réinvente les conditions d’une communion possible entre l’homme et la nature, qui réhabilite l’homme dans son humanité malgré la douleur de l’existence. C’est une écriture simple, dépouillée de fioritures. Le titre de son unique recueil de poèmes, De rouge et de blanc, souligne d’emblée et sans équivoque ce projet. L’auteure y explore des thèmes tels le choc de la rencontre de l’autre, le métissage, la douleur de la perte du territoire, mais c’est toujours pour mieux se définir : « Je suis de promiscuité, de trois enfants par lit. Je suis de fierté farouche, de confort et d’indifférence. […] Je suis riche de différences, Marquée au fer du paradoxe. Je suis de blanche et de rouge lignée. »

ARIANE OUELLET

Le facteur humain

Ainsi donc, Postes Canada va interrompre, d’ici 2020, la distribution du courrier aux portes. Ce serait plus rentable. La décision a été annoncée à la mi-décembre, à quelques jours de Noël, alors que, et c’est là le paradoxe amusant, des milliers d’enfants venaient d’envoyer des tonnes de lettres au père Noël, écrites sur du papier, glissées dans des enveloppes, avec le timbre au bon endroit. Beaucoup de travail pour les facteurs, pourtant.

ET

Littérature

Cette même préoccupation se retrouve dans l’œuvre romanesque de Virginia Pésémapéo Bordeleau. L’ourse bleue se construit autour d’un voyage dans le temps, dans l’espace et dans le rêve, où le travail de mémoire sert à restituer à l’héroïne la mesure de son moi. Quant à son dernier roman, L’amant du lac, c’est un hymne à l’érotique solaire, au mouvement sensuel du corps amoureux, qui permet aux personnages de se réapproprier leur identité première, c’est-à-dire leur humanité. Faciles à lire, ces textes sont marqués par le truchement d’une langue douce et paisible où les mots algonquins se vident de leur sens dans la syntaxe française. De plus, l’oral se mêle à l’écrit, offrant ainsi un bel exercice d’ouverture et de métissage au lecteur. La description des paysages, la luxuriance de la nature, l’érotisation de chaque élément dans L’amant du lac en font un objet d’art d’une fort belle facture. Présentée comme une «  auteure amérindienne du Québec  », Mme Pésémapéo Bordeleau déplore le fait que les auteurs amérindiens aient été absents des corpus littéraires québécois jusqu’au début des années 70. Au cours de notre discussion, elle évoque allègrement son enfance dans la réserve, sa scolarisation en français, la perte du territoire des autochtones, leur mode de vie, son expérience au contact des autres peuples, etc. Pour elle, c’est toujours une opportunité unique de découvrir l’autre et de s’enrichir. Une belle discussion à continuer à bâtons rompus à travers son œuvre… Le dernier roman de Virginia Pésémapéo Bordeleau, L’amant du lac, est paru chez Mémoire d’encrier en 2013. \\

Aida Jeudi 23 janvier & dimanche 2 février

La fille de Far West Jeudi 24 avril & dimanche 4 mai

Balanchine-Millepied: Jeudi 16 & dimanche 26 octobre

Asie 9 avril, 19 h et 10 avril, 13 h 30

Les Puritains Jeudi 23 février & dimanche 4 mars

Tristan et Iseult Jeudi 12 & dimanche 22 juin

Californie 19 février, 19 h et 20 février, 13 h 30

Grèce 7 mai, 19 h et 8 mai, 13 h 30

La belle au bois dormant Jeudi 20 & dimanche 30 mars

La Traviata Jeudi 18 & dimanche 28 septembre

Italie 19 mars, 19 h et 20 mars, 13 h 30

Information : 819-874-3207

Pour 2014, nous souhaitons que le livre soit un fidèle compagnon qui vous ouvre les portes du rêve, de l’évasion et bien plus! Les membres du conseil d’administration de la Corporation régionale

38 e éd ition d 22 au u 25 ma i 2014 à Amo s

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Littérature Concours Le Témiscamingue se découvre en poèmes

Le Témiscamingue, nu comme un vers // Dominique Roy C’est par le biais de la poésie que le Témiscamingue a choisi de se mettre à nu. En effet, c’est au début décembre, quand la neige a neigé, que le concours Le Témiscamingue se découvre en poèmes a été lancé. Sous la présidence d’honneur de Sonia Cotten, le comité organisateur recherchait des poèmes valorisant les beautés, les richesses et les particularités de la région pour faire rayonner ce beau comté.

L’implication de CKVM-FM permettra aux 31 gagnants d’entendre leurs poèmes lus en ondes du 1er au 31 mars prochain. Leurs écrits poétiques seront également publiés sous forme de recueil. Enfin, ceux-ci seront ensuite illustrés sous forme de courts métrages. Les vidéastes et les cinéastes amateurs et professionnels intéressés à prendre part à cette dernière étape du concours sont d’ailleurs invités à communiquer avec le comité organisateur. Les courts-métrages doivent être réalisés d’ici le début du mois de mars. \\

Le début de l’aventure

Pour connaître les détails du concours et les gagnants :

C’est l’an dernier, à l’école Notre-Dame-de-Liesse de St-Eugène-de-Guigues, que l’aventure a pris son envol. Pendant tout le mois de mars 2013, les élèves du primaire ont plongé tête première dans la musicalité des vers grâce à un projet de classe chapeauté par une enseignante, Isabelle Semegen, initiative qui lui a d’ailleurs permis de se mériter le Prix d’innovation en enseignement de la poésie dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

> poesie.cslt.nordtic.net

Le projet qui prend de l’envergure Voulant mettre à profit la maîtrise en éducation (didactique du français) qu’elle fait présentement, Mme Semegen a décidé d’étendre ses idées innovatrices sur un plus vaste territoire. Plusieurs partenaires régionaux se sont joints à elle dont, entre autres, la Commission scolaire du Lac-Témiscamingue et la station de radio CKVM-FM de Ville-Marie.

Le Témiscamingue se découvre en poèmes En tout, ce sont 31 poèmes qui seront prochainement sélectionnés parmi ceux qui ont été reçus. Les participants avaient jusqu’au 22 janvier pour faire parvenir leurs œuvres. «  Le concours ne s’adressait pas uniquement aux Témiscamiens. Les gens d’ailleurs pouvaient également y participer, pourvu que le thème soit respecté  », a mentionné Isabelle Semegen, initiatrice du concept et présidente du comité organisateur. Ce projet qui se veut rassembleur a permis à tous de vanter les mérites du Témiscamingue. Le concours était ouvert sous quatre catégories bien distinctes : les poètes amateurs et professionnels de tous âges, les compositions de groupe, les élèves du primaire et du secondaire ainsi que les aînés âgés de 55 ans et plus. Pour les deux dernières catégories mentionnées, en plus de pouvoir faire partie de la sélection, les poèmes pourront être soumis à un autre concours, toujours en lien avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières. De plus, tous les élèves participants, gagnants ou non, verront leurs poèmes affichés lors de la prochaine édition qui se tiendra, à Trois-Rivières bien sûr, du 3 au 12 octobre 2014.

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Roman de Cathy Pomerleau aux Éditions Z’Ailées

Prendre les adolescents par le coeur //Geneviève Pelletier

Plus que l’ombre de moi-même, c’est le titre du nouveau roman de Cathy Pomerleau dont le lancement a eu lieu en décembre dernier. Cette deuxième contribution de l’auteure à la collection Z’ados des Éditions Z’ailées raconte le parcours d’une adolescente qui doit apprendre à faire la paix avec son passé à la suite d’une tentative de suicide. Un récit qui parle d’épreuves, mais surtout d’espoir, de courage et de cheminement de vie. « Bien que le roman soit sur les tablettes depuis peu, la réception est bonne », se réjouit l’auteure, qui travaille aussi auprès des jeunes. « Il y a quelques semaines, une lectrice est venue me voir en me disant que mon livre lui avait fait du bien, qu’elle s’était reconnue dans l’histoire et que ça l’avait touchée. Comme auteure, c’est très gratifiant d’entendre ça! » Si Cathy Pomerleau n’avait pas initialement prévu emprunter la voie de l’écriture, c’est finalement une passion qu’elle se découvre dans cet univers où elle souhaite évoluer… à notre plus grand bonheur! > zailees.com


Les livres de Roxanne Quelques minutes après minuit, par Patrick Ness (une idée originale de Siobhan Dowd) Le roman dont je vais vous parler est très spécial, puisqu’il raconte à la fois l’histoire du personnage et celle de Siobhan Dowd, la personne qui a imaginé l’histoire. En effet, celle-ci a écrit un début d’histoire et elle avait déjà les personnages et toutes les péripéties en tête, mais, malheureusement, son cancer l’a emportée trop vite, tout comme la mère de Conor, le personnage principal de Quelques minutes après minuit. Patrick Ness a donc repris l’œuvre de Siobhan Dowd pour l’achever et, finalement, la publier. L’histoire raconte la vie de Conor, un garçon de treize ans dont le père est parti de la maison il y a longtemps et dont la mère est atteinte d’un cancer fulgurant. Toutes les nuits, il fait le même cauchemar effrayant avec des pleurs et des cris. Un jour, à 00 h 07, l’if devant sa cour se transforme en étrange monstre fait de branches et de feuilles. Peu à peu, il se rend compte que ce n’est pas sa mère que le monstre était venu aider. C’est lui. Patrick Ness est un auteur anglais qui a écrit six livres jusqu’à maintenant, dont la trilogie Le Chaos en marche. Avec ses livres, il a remporté plusieurs prix, dont deux pour Quelques minutes après minuit (le Galaxy National Book Award et le RedHouse Book Award). Il a vraiment bien réussi à reprendre l’idée de Siobhan Dowd et à amener son idée jusqu’au bout. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour les illustrations de Jim Kay, en noir et blanc et faites avec différentes matières et de l’encre. Elles sont un peu mystérieuses et parfaites pour ce genre d’histoire. Souvent, l’illustrateur fait des petits dessins sur les pages où il y a aussi du texte; parfois, les deux pages complètes sont recouvertes de plus grandes illustrations. Je vous conseille vraiment de lire Quelques minutes après minuit, une histoire touchante.

NESS, Patrick. Quelques minutes après minuit, éditions Gallimard Jeunesse, 2011, 214 pages.

Jour du drapeau 21 janvier 2014 Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place du Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’Assemblée nationale. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de drapeau officiel du Québec. C’est pour souligner cette cérémonie que le 21 janvier a été décrété le jour du Drapeau. Le drapeau représente l’un des plus puissants moyens de communication d’une nation. De tout temps et dans toutes les civilisations, il a été un élément d’identification permettant de reconnaître les siens, d’attirer l’attention, d’identifier une juridiction. Les gens sont sensibles et intéressés à tout ce qui touche leur drapeau, et c’est aussi vrai pour les Québécois. À titre d’emblème national, le drapeau du Québec doit être déployé de façon officielle par une institution publique ou un établissement relevant de l’Administration gouvernementale afin de marquer son appartenance à cette dernière. 2014 marque le 66e anniversaire du fleurdelisé. Source : http://www.justice.gouv.qc.ca/

Le drapeau officiel et différents articles promotionnels sont en vente à la Société nationale des Québécoises et des Québécois en Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec (SNQAT-NQ) 127 B, 8e Rue, Rouyn-Noranda (Québec) J9X 1S7 819-764-4556 Chantal Tremblay, Directrice générale ctremblay@snqat-nq.com

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Muséologie

Version intégrale au > indicebohemien.org

Les institutions muséales de l’Abitibi-Témiscamingue : une richesse à (re)considérer // Anne-Laure Bourdaleix-Manin, Ph.D, Muséologue et historienne de l’art Lorsqu’il est question d’institutions muséales, on pense très logiquement au terme « musée ». Cependant, il existe plusieurs types d’institutions muséales dont les appellations et les mandats diffèrent. En Abitibi-Témiscamingue, il existe des musées, soit des lieux qui conservent, collectionnent, étudient et diffusent, tel que le Musée Minéralogique de l’AbitibiTémiscamingue à Malartic; des centres d’exposition dont la mission principale est de diffuser tant au niveau des arts visuels que d’autres disciplines (histoire, sciences, anthropologie), dont cinq sont regroupés sous forme d’association (ACÉAT); et des lieux d’interprétation, qui mettent en valeur un territoire/ patrimoine souvent in situ tel que la Maison du Frère-Moffet. L’apport considérable de ces institutions, qui sont au nombre de 22 actuellement en région, est à rappeler, car il est bien souvent sous-estimé. Des milliers d’élèves les fréquentent chaque année pour un coût dérisoire.

Les institutions muséales de la région sont aux prises avec des problématiques récurrentes depuis une décennie, soit un sous-financement et une non-indexation des subventions gouvernementales, une difficulté notoire à recruter du personnel qualifié, des dépenses croissantes reliées à l’éloignement (transport d’œuvres, d’expositions, déplacement d’artistes ou de spécialistes). Toutefois, ces éléments ne les empêchent pas de fonctionner et de démontrer un grand dynamisme, mais au prix d’efforts et de concessions élevés. Treize ans après l’établissement d’une nouvelle politique muséale au Québec et le peu d’impacts concrets des bonnes intentions de cette dernière, un groupe de travail a été mandaté par le gouvernement pour solliciter des mémoires auprès des institutions muséales québécoises et passer en audience des représentants pour chacune des régions. Cette vaste consultation provinciale a abouti à un rapport très étoffé sur la situation préoccupante des institutions muséales au Québec et de nombreuses recommandations ont été émises.

Celles-ci font particulièrement état d’une volonté de développer et consolider les liens entre les institutions muséales et différents partenaires majeurs, soit les municipalités, la CRÉ, le Conseil de la Culture, les commissions scolaires, l’université, l’Association touristique, les chambres de commerce, pour n’en citer que quelquesuns. Une population cultivée, éduquée est la base d’une société saine et démocratique. Le rôle des institutions muséales dans l’éducation, la diffusion et le transfert de connaissance dans un cadre plaisant, ludique et différent contribue au développement humain et économique d’un territoire.

Vois-tu, petite, le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose.  Georges Henri Rivière

Directement de Duhamel-Ouest au Témiscamingue : Amélie Roberge

« Je vais changer les choses à ma portée » Jeune traductrice agréée qui travaille au Témiscamingue, femme inspirée et inspirante de 30 ans revenue dans son milieu natal depuis 2010, Amélie Roberge ne chôme pas quand vient le temps de s’impliquer. Ayant quitté son Témis pour des études à Rouyn-Noranda (2000 à 2002) et par la suite pour Ottawa (2002 à 2010), la jeune femme est de retour pour changer les choses… et se faire de nouveaux contacts. En 3 ans à peine, elle s’est rapidement aperçue qu’il n’y avait qu’une jambe cassée qui lui permette de prendre une pause et de faire le point sur sa vie de femme-engagée-impliquéebénévole. Remontons quelque peu le fil de la brève histoire. Voulant sortir de son sous-sol (là où elle travaille trop selon elle), Amélie s’engage dans une forme de multiplication d’implications dans divers groupes et organisations du milieu témiscamien.

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D’abord, le projet TRAPPE l’attrape au passage pour qu’elle s’implique dans cette nouvelle organisation à caractère culturel. La Trappe (Témiscamingue à la Rencontre d’Artistes Pas Pires Émergents) est un projet dont l’objectif premier est de faciliter la venue d’artistes émergents au Témiscamingue et de créer des occasions de rassemblement pour la population au cours des saisons froides. L’association est l’œuvre de huit jeunes Témiscamiens dynamiques qui ont choisi de joindre leurs efforts pour contribuer à l’effervescence culturelle de leur collectivité. La suite n’est qu’une histoire qui se propage de bouche à oreille comme une traînée de poudre et mène Amélie sur le comité organisateur du projet Place aux jeunes (PAJ), sur le conseil d’administration de la SDT (Société de développement du Témiscamingue) et dernièrement sur le conseil municipal de Duhamel-Ouest (elle est seulement la 2e femme en 100 ans à y siéger). Amélie s’implique bénévolement à d’autres occasions aussi, pour offrir ses services professionnels de traductrice ou de porte-parole. Elle le fait surtout au sein d’organisations dans lesquelles elle souhaite participer aux décisions qui seront prises pour le développement de son Témiscamingue. // Mo Duclos

> fjat.qc.ca


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Arts et technologies Baliser l’art en ligne // Marie-France Beaudry Littérature, vidéo, photographie ou art pictural, Internet regorge d’œuvres de toutes sortes. Pour plusieurs, une inquiétude demeure toutefois : qu’advient-il des droits d’auteurs une fois l’œuvre propulsée sur le Web? Depuis quelques années déjà, les artistes les plus numériquement érudits reconnaissent l’existence des licences Creative Commons (CC). Par contre, leur enjeu principal ne réside pas dans leur application technique, mais plutôt dans la philosophie de partage qui s’y rattache. D’emblée, adhérer à cette philosophie, c’est accepter une plus grande diffusion des contenus culturels et patrimoniaux, tout en se dotant d’un cadre juridique qui assure une certaine protection. C’est une manière d’établir les règles du jeu, même si le terrain est vaste. Organisme à but non lucratif, Creative Commons a été fondé en 2001 par Lawrence Lessig, un juriste américain, qui voulait mettre de l’avant de nouvelles normes sur le droit d’auteur qui ne porteraient pas atteinte à la dynamique de partage en ligne. Cet organisme présente des licences officielles qui régissent les utilisations que l’on peut faire d’une œuvre. Ainsi, l’auteur peut imposer que son nom soit diffusé en même temps que l’œuvre (BY); restreindre la diffusion commerciale (NC pour « non commercial »); permettre ou non l’échantillonnage (ND pour «  no derivative works  »); obliger une rediffusion intégrale de l’œuvre (SA pour « share alike »). Pour en savoir davantage, contribuer à la campagne de financement annuelle ou acquérir une licence, rendez-vous sur le site Internet officiel. \\

> creativecommons.org

Volet création du Festival Art’Danse de Val-d’Or Ceux qui souhaitent s’inscrire au concours de création de danse ont jusqu’au 15 février pour le faire sur le site Web de l’événement. Les participants devront s’inspirer d’images proposées par des photographes de la région. Surveillez bientôt au indicebohemien.org un article de Netta Gorman au sujet du festival… vous aurez le goût de danser ! > artdanse.ca

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Vues sur le nord

Le prêtre à la caméra

// Martin Blais

Le parcours d’un homme de Dieu qui se voulait moderne, l’abbé Proulx, a récemment été documenté dans Dans la caméra de l’abbé Proulx, La société agricole et rurale de Duplessis, un mémoire écrit par Marc-André Robert. Cette parution nous fait voir qu’au-delà de la parole de Dieu que l’Église tenait à parsemer, quelques individus pouvaient parler en termes plus libres de modernité. À l’abbé Proulx, d’abord, nous devons un exploit notable : la réalisation du premier long métrage parlant au Québec : En pays neuf : un documentaire sur l’Abitibi (1937). Il figure aujourd’hui à l’horaire de tous les programmes d’enseignement du cinéma au Québec, par devoir de mémoire plus que pour insuffler la passion du documentaire, on s’entend. Le ton du narrateur fatigue, il beurre épais sur la beauté de la terre, se moque des Indiens, etc. Pour le jeune que j’étais, avide de nouvelles façons de s’exprimer par le cinéma, assis dans la classe de Martin Guérin devant En pays neuf, quel ennui ridicule, quelle impertinente drôlerie! Un curé s’est pris pour un artiste, et quoi encore? Soit, avec plus d’une cinquantaine de documentaires à son portfolio et plusieurs mentions aux Canadian Film Awards (devenus les prix Génie), l’abbé Proulx a un c.v. à rendre gêné Pierre Perreault. Maurice Proulx est ordonné prêtre en 1928 avant de s’inscrire à l’École d’agriculture de Sainte-Anne-de-Lapocatière. Il poursuit ses études à l’Université de Cornell, où il vit son éveil cinématographique. Il se met alors à consommer le septième art de façon boulimique, assistant aux quatre représentations par semaine qu’offrent les deux théâtres de la ville d’Ithaca. Proulx convainc ses anciens supérieurs de l’École de l’agriculture de lui envoyer 400 dollars pour l’achat d’un Kodak K 16 mm, une caméra amateur. S’ensuit le tournage d’En pays neuf à Rochebeaucourt, qui dure trois ans, suivant les pas des premiers colons en Abitibi. La sortie du film lui vaut l’amitié du ministre de la Colonisation, sous les libéraux. Quand Maurice Duplessis obtient le pouvoir en 1939, bien que l’abbé Proulx soit « un maudit rouge », il devient le cinéaste le plus occupé du Québec, les projets s’enchaînant à vive allure jusqu’à sa retraite. Son cinéma reste essentiellement propagandiste, il se fait également le porte-voix des ambitions de Duplessis en matière d’agriculture. À travers ses documentaires, l’abbé Proulx concilie finalement sa passion pour le travail des cultivateurs, son admiration pour ceux-ci et sa foi en le Tout-Puissant. Mais contrairement aux discours rétrogrades que l’on associe à l’Église, il se veut le porte-parole de la modernité dans un univers rural. Cette modernité doit toutefois s’exprimer en continuité avec les traditions et les valeurs chrétiennes. Ses films, conservés à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, représentent toutefois des images précieuses d’une époque en plein bouleversement et des premiers pas du cinéma documentaire. Et cela est finalement très pertinent, même pour le plus cynique des étudiants en cinéma, comme il le confia à André Blanchard : « C’est difficile pour toi de comprendre ce que c’était la vie des colons et même des cultivateurs il y a cinquante ans […], mais c’est difficile aussi pour toi de te figurer ce que c’était de faire du cinéma avant d’apprendre c’est quoi un scénario. » Dans la caméra de l’abbé Proulx est paru aux éditions du Septentrion. \\

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Danse La troupe de danse Cas Public présente Symphonie dramatique

Du hip hop pour Roméo et Juliette, pourquoi pas? // Netta Gorman Le 21 février prochain, au Théâtre du Rift de Ville-Marie, sera présentée Symphonie dramatique, une création de danse contemporaine de la troupe Cas Public inspirée de l’histoire de Roméo et Juliette. Pierre Lecours et Hélène Blackburn, co-chorégraphes de la troupe de danse montréalaise, sont issus d’une formation de ballet classique qui leur a légué une base solide tant sur le plan créatif que physique. Huit danseurs nous présentent un mélange inspiré de plusieurs genres – hip hop, breakdance, classique et contemporain. Chacun danse à tour de rôle à la fois Roméo et Juliette; en effet, le spectacle va au-delà de l’histoire d’amour tragique tout en s’en inspirant, comme moteur pour la création. Ils y puisent des thèmes universels tels la guerre, la non-acceptation et la mort. Comme trame de fond, une musique elle aussi inspirée de différentes versions de l’histoire originale et transformée par le talentueux Martin Tétreault. Après des spectacles en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, voilà le retour en Abitibi-Témiscamingue de la troupe Cas Public pour une seule représentation cet hiver. \\

> lerift.ca

Lancement du projet Génération ENV’R par le CREAT Par Edith Boccangello, chargée de projets, CREAT

À qui s’AdREssE LE PRojET ? Les jeunes âgés de 12 à 25 ans de la région de l’Abitibi-Témiscamingue seront appelés à participer au projet Génération ENV’R. Ils seront les maîtres d’œuvre de la mise sur pied d’un projet d’action qui prendra en compte une problématique environnementale portant sur la saine gestion des matières résiduelles. Leur initiative sera chapeautée par un chargé de projets du Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT). Celui-ci guidera les jeunes, les membres professionnels issus des écoles, des universités, des cégeps et des maisons de jeunes qui participeront au projet. Les possibilités de projets d’action seront variées telles que la réalisation d’une campagne de sensibilisation sur le gaspillage alimentaire, la confection d’îlots de tri et de bacs de recyclage, ou encore l’implantation d’une plateforme de compostage. De plus, d’autres idées de projets peuvent aussi être soumises par les jeunes qui ont peut-être déjà ciblé des problématiques au sein de leurs établissements.

ATELiER PRéPARAToiRE dAns LE CAdRE dE LA sEmAinE quéBéCoisE dE RéduCTion dEs déChETs Lors de la Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD), 246 jeunes des écoles secondaires et primaires de la région ont participé à un atelier préparatoire offert par le CREAT en vue d’introduire le projet Génération ENV’R. L’atelier se déroulait autour de la projection de sections thématiques du film-documentaire « LA pouBELLE PROVINCE » de Denis Blaquière. Afin de recueillir à chaud les réactions des étudiants, une période d’échanges sous forme de débat était prévue en fin de projection. Par la suite, les étudiants devaient cibler des actions réalisables pour leur établissement, dont l’amélioration du tri du bac de recyclage ou l’organisation d’un dîner par semaine « la boîte à lunch verte zéro déchet ». Pour tester les connaissances acquises précédemment et évaluer l’intervention du CREAT, les étudiants ont participé au Quiz du recyclage comportant des questions thématiques — tri, recyclage, compostage, matériel électronique, etc. Le personnel du CREAT souhaite joindre dix établissements de la région, dont au moins un par MRC. Génération ENV’R est financé principalement par la société d’État RECYC-QUÉBEC et par le Forum Jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (FJAT). Le CREAT est également soutenu par des institutions scolaires de la région. Pour assurer la pérennité du projet dans chacun des établissements, une équipe-école sera formée pour un suivi du projet les années suivantes. Pour toute information, veuillez communiquer avec :

Edith Boccangello, Chargée de projets, Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) 819-762-5770 edithboccangello@creat08.ca Photos : Activités de sensibilisation lors de la SQRD à l’école le Tremplin, Malartic

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Culture autochtone Onabatongas - L’argent du lac Témiscamingue

2000 ans d’exploitation minière au lac Témiscamingue 2e partie 17 janvier au 6 avril 2014 Le Musée du Bas St-Laurent Les arts visuels dans les années 70 au Québec

// Yvon H. Couture Le premier chroniqueur européen à mentionner l’existence de mines d’argent en amont de la rivière des Outaouais est Jacques Cartier, qui en fut informé par ses guides amérindiens lors de son voyage à Hochelaga, en 1535. Voici, de sa plume, le récit de ce qui s’est passé le 3 octobre de cette année-là : « Après que nous fûmes sortis de la ville, nous fûmes conduits par plusieurs hommes et femmes de ceux-ci sur la montagne devant dite qui est par nous nommée mont Royal, distante d’un quart de lieue. Et étant sur ladite montagne, nous eûmes vue et connaissance de plus de trente lieues à l’environ de celle-ci, où il y a vers le nord une rangée de montagnes qui sont gisantes est et ouest, et autant vers le sud. Entre ces montagnes est la terre la plus belle qu’il soit possible de voir, labourable, unie et plane. (…) Et, en outre, ils nous montraient que le long des montagnes étant vers le nord il y a une grande rivière qui descend de l’occident comme ledit fleuve. Nous estimons que c’est la rivière qui passe par le royaume et province de Saguenay (la rivière des Outaouais). Et sans que nous leur fissions aucune demande et signe, ils prirent la chaîne du sifflet du capitaine, qui est d’argent, et un manche de poignard, qui était de laiton jaune comme or, qui était au côté de l’un de nos mariniers, et montraient que cela venait d’amont le fleuve, et qu’il y avait des Agojudas, qui est à dire mauvaises gens, qui étaient armés jusque sur les doigts, nous montrant la façon de leurs armures, qui sont de cordes et bois lacés et tissus ensemble : nous donnant à entendre que lesdits Agojudas menaient la guerre continuelle les uns aux autres. Mais, par défaut de langue, nous ne pûmes avoir connaissance combien il y avait jusqu’audit pays. Le capitaine leur montra du cuivre rouge, qu’ils appellent caquedaze, leur montrant vers ledit lieu, et demandant par signes s’il venait de là. Ils commencèrent à secouer la tête, disant que non, et montrant qu’il venait du Saguenay, qui est à l’opposé du précédent. » Les guerriers portant armures que craignaient les habitants du village d’Hochelaga étaient les Wendats de la Baie Georgienne, qui seront décrits plus tard par Champlain. Ils étaient les alliés des Algonquins établis dans le bassin hydrographique de la rivière des Outaouais, alliance qui leur permettait d’attaquer les villages iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent, en passant par la rivière Mattawa. La rivière des Outaouais est connue des Algonquins sous le nom de «  KitciSipi  »; ce qui signifie «  Grande Rivière  ». La confédération des Wendats réunissait alors plusieurs nations iroquoiennes de l’Ontario en une formidable force économique et militaire. Ils pouvaient se rendre aussi loin que le golfe du Mexique et la Mer du Nord pour échanger leurs produits. Le fameux Royaume du Saguenay où l’on trouvait du cuivre natif en abondance était situé au sud du lac Supérieur, et l’on y accédait par la Baie de Saginaw. C’est donc de là que vient le Le pays des Témiscamingues et mot « Saguenay » qui appartient aux lanl’Anse à la Mine. gues algonquiennes et non iroquoiennes. (Carte de Bellin datée de 1755) Comme l’ont spécifié les trois guides amérindiens de Cartier, ce n’était pas dans cette région que se trouvait l’argent dont ils parlaient, mais en un endroit situé dans une direction opposée, où l’on pouvait se rendre en remontant la grande rivière qui coulait du nord. Ils ont même spécifié que ce métal se présentait sous une belle couleur jaune semblable à celle de l’or (ou du laiton, un alliage probablement inconnu des Amérindiens de l’époque). Nous y reviendrons plus loin… \\ Vous pourrez lire la suite de cet article au www.indicebohemien.org

Prix Affaires et Arts 2014

Des lauréats physiothérapeutes et collectionneurs d’art! // Martin Villemure C’est dans le cadre d’un 5 à 7 au Balthazar Café, qui a réuni une cinquantaine de personnes le mercredi 15 janvier dernier, que la Clinique de physiothérapie de Val-d’Or s’est mérité le prix Affaires et Arts 2014, décerné par la Chambre de commerce et la Ville de Val-d’Or, en collaboration avec le ministère de la Culture et des Communications. C’est pour leur passion et leur implication pour les arts que les propriétaires, Michel Girard et Karine Roberge, ont reçu le prix qui vise à reconnaître une entreprise qui contribue à promouvoir la culture locale et à stimuler l’expression artistique. En plus des mesures prises par leur entreprise – notamment une politique interne stipulant que toutes les œuvres achetées et exposées dans leur clinique doivent provenir d’artistes régionaux – ils y contribuent eux-mêmes à titre de musiciens et de bénévoles dans divers événements et organismes culturels. «  Les arts et les affaires ont des liens étroits puisque tous les deux stimulent, visent le dépassement de soi et le fait de vouloir offrir la qualité maximale  », souligne M. Girard, qui souhaite que d’autres entreprises voient l’importance des liens entre culture et entrepreneuriat. Selon Marie-Pier Dupuis, animatrice culturelle à la Ville de Val-d’Or,  la remise du prix sous forme de 5 à 7 aide aussi à former ces liens : « On a créé une occasion de rencontre avec cet événement. Il y a un certain engouement au niveau des artistes qui composaient environ la moitié de l’assistance et qui ont eu des échanges avec les entrepreneurs. » \\

Les différents courants de l'art québécois sur une période allant de 1968 à 1982 représentés par la peinture, sculpture, tapisserie, estampe et photographie.

Vendredi 21 février 19 h 30 Cas public - Danse Symphonie dramatique

Revisite avec mordant le mythique couple de Roméo et Juliette. Les 8 danseurs évoqueront la séduction , le désir, le déchainement des passions dans une poésie teintée d'impétuosité et d'énergie contagieuse.

Jeudi 27 février 2014 20 h La Coopérative du cochon Théâtre

Poignante oeuvre avec passages festifs et ludique, les 5 comédiens nous feront vivent des récits que se surperposent à travers une Rome blessée pendant la fin de la 2e guerre mondiale.

Dallas buyers club (v.f) Vend. 14 février, 20 h Merc. 19 février, 20 h

Galerie du Rift 42, rue Ste-Anne, 819-622-1362 Salle de spectacle et cinéma 32, rue Ste-Anne, 819-629-3111 Ville-Marie - www.lerift.ca L’INDICE BOHÉMIEN // FÉVRIER 2014 15


16 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014


Théâtre Théâtre d’intervention Vivre sa vie

Du théâtre pour ouvrir les esprits // Geneviève Pelletier C’est en ce début d’année 2014 que commence la tournée régionale de Vivre sa Vie, un théâtre d’intervention sur le thème de la diversité sexuelle et des identités de genre. Présenté par la Coalition d’aide aux lesbiennes, gais et bisexuels-les de l’Abitibi-Témiscamingue, en collaboration avec les Productions Côté-Vivand, le spectacle se produira à Val-d’Or le 16 janvier et passera par Amos, RouynNoranda et Ville-Marie avant de terminer la tournée à La Sarre le 6 février. Les représentations sont gratuites, ouvertes à tous, et d’autres dates pourraient également s’ajouter en cours de route.

Un jeu hors de l’ordinaire Sous l’animation de Valérie Côté, agente de projet pour la coalition, les comédiens Marie-Hélène Massy Emond, Louise Magnan, Pascale Charlebois, Sébastien Morand et Étienne Jacques se donnent la réplique. C’est donc à partir d’histoires racontées par les spectateurs que les artistes

s’animent sur une scène ornée de gros cubes et de costumes, avec en trame sonore les improvisations musicales de Dany Twist. « Avec le théâtre d’intervention, on est directement dans l’émotion, et c’est une émotion pure car elle n’est pas pensée par un auteur qui se met dans la peau de quelqu’un d’autre  », témoigne Pascale Charlebois, comédienne pour le spectacle. Elle souligne d’ailleurs l’importance de la préparation, même si au final, ils improvisent. «  La préparation de groupe est très importante. Elle nous permet de réfléchir à nos propres perceptions, elle nous enseigne le bon vocabulaire. Ça nous fait réfléchir et grandir. » Défi de taille pour ces comédiens qui doivent jouer à partir de faits vécus, avec toute la délicatesse nécessaire et avec les émotions qui surviennent en cours de route!

Une thématique pour tous Valérie Côté invite chaleureusement les gens à assister à une représentation près de chez eux. «  Pas besoin d’être homosexuel ou transgenre pour assister au spectacle. Les sujets abordés touchent la société dans laquelle on vit et le spectacle est dynamique, coloré, c’est comme une grande fête à chaque fois. Il suffit d’avoir envie de passer un bon moment! » conclut-elle. \\

> coalitionat.qc.ca

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Le Festival des langues sales a sept ans!

Des langues sales, mais pas que… // Fednel Alexandre La 7e édition du Festival des langues sales se tiendra cette année à La Sarre, du 27 février au 1er mars. Ce rendez-vous annuel est en train de se transformer en une véritable tradition bien enracinée dans la région. En effet, grâce à sa programmation caractérisée par une grande diversité artistique, il connaît un succès qui ne se dément pas depuis six ans et attire un public en constante augmentation. Dévoilée ce 14 janvier, la programmation de cette année se veut comme toujours éclectique. Elle comprend des spectacles relevant de différentes disciplines artistiques telles que la musique, l’improvisation, l’humour et le théâtre. Mais le festival fait peau neuve cette année avec l’ajout d’un spectacle grand public, selon Mme Valérie Larochelle, coordonnatrice du festival. Conçu par la Compagnie la barbotte, ce spectacle de cirque, Entre deux eaux, se déroulera au Théâtre de poche le samedi 1er mars avec Andy Giroux, originaire de La Sarre. Par ailleurs, la fin de semaine sera remplie de spectacles que les festivaliers ne devraient pas manquer. Tout d’abord, la soirée d’improvisation avec la Sale ligue d’improvisation (SLI) au bistro La Maîtresse sera un moment très attendu cette année. Ensuite, la soirée de la relève de l’humour offrira une occasion unique aux participants de découvrir des humoristes en herbe. Cette soirée, organisée et animée par le porte-parole du festival, Derrick Frenette, mettra en vedette des talents tels que Virginie Fortin, Les Pic-Bois et Fred Dubé. Elle sera présentée dans le même format que l’an dernier. Pour terminer, il ne faudra absolument pas rater le concours régional de bitchage de village. Le succès du Festival des langues sales repose avant tout sur le dynamisme et la créativité du comité organisateur, qui a à cœur d’offrir une gamme de spectacles divers et variés à chaque édition. C’est un festival fondé sur un concept original : les artistes évoluent dans une agréable proximité avec le public, ce qui lui confère un cachet intimiste. Aussi

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le public demeure-t-il fidèle depuis sept ans. D’ailleurs, les organisateurs s’attendent à recevoir plus d’un millier de participants cette année. Les festivaliers viennent de toute la région, mais aussi de Montréal et de Québec. La popularité du concours de bitchage n’est pas étrangère à cette affluence. Le principe consiste pour les participants à défendre, non sans un certain chauvinisme bon enfant, les couleurs de leur village dans ce qui pourrait s’apparenter à une joute oratoire teintée de bonhomie, de rigolade et des expressions du savoureux parler de chez nous. Depuis l’an dernier, ce concours a lieu à la Salle Desjardins afin de permettre à un plus large public d’y participer. \\

Bienveillance en tournée régionale La pièce de théâtre Bienveillance, de la dramaturge Fanny Britt, sera de passage au Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda le 23 février et au Théâtre des Eskers d’Amos le lundi 24 février. Rappelons que Fanny Britt, qui est originaire d’Amos, s’est mérité le Prix du Gouverneur général pour cette pièce en novembre dernier.


Découvrez le parc national d’ Aiguebelle au mois de l’amour !

Ma région j’en mange! Biscottes au caviar et tomates farcies aux saucisses // Guy Trépanier, directeur général DE LA SOCIÉTÉ DE DÉVELOPPEMENT DU TÉMISCAMINGUE

biscottes au caviar Ingrédients - Biscotte ou craquelin pas trop salé - Crème sûre - Échalote française hachée finement - Caviar de corégone de la Poissonnerie Témis Mettre sur une biscotte environ 5 à 10 ml (2 c. thé) de crème sûre, ajouter une pincée d’échalotes hachées et une touche de caviar de corégone, au goût. C’est tout simple et délicieux!

cyclopes

Guy Trépanier tient à souligner l’implication de sa tendre moitié dans l’élaboration de cette recette. Il convient donc de donner tout le crédit nécessaire à Mme Danielle Labrie!

Tomates farcies aux saucisses Une recette d’été pour se souvenir des saveurs de l’été dernier ou pour ne pas oublier de « partir » les plans de tomates le 19 mars, le jour de la fête de St-Joseph, comme le voulait la tradition d’une autre époque.

Photos : Mathieu Dupuis, Hugo Lacroix • Sépaq

Ingrédients - 4 grosses tomates locales à farcir (provenant de votre jardin, de L’Éden Rouge, de votre panier de légume hebdomadaire ou de votre marché public) - 4 saucisses de votre choix, faites par votre boucherie locale ; mes préférées sont les merguez, mais pour le savoir il m’a fallu essayer toutes celles qui sont faites en Abitibi-Témiscamingue, à vous d’en faire autant - 1/4 à 1/3 de tasse de riz cuit

Le 15 février 2014, ne manquez pas l’activité spéciale « Bons baisers d’Aiguebelle » : une façon toute spéciale de célébrer la St-Valentin. Après un rallye en raquettes dans les collines Abijévis, réfugié dans la chaleur du foyer, découvrez les rituels amoureux parfois inusités de la faune du parc.

Préparation

Camp rustique

Préchauffez le four à 350° F.

nuitée à partir de

Lavez les tomates, coupez un chapeau aux 2/3 de leur hauteur et récupérez la chair à l’aide d’une petite cuillère. Salez l’intérieur des tomates, retournez-les sur un linge propre et laissez-les dégorger.

Taxes et tarification d’accès en sus

Faites cuire le riz dans une grande casserole d’eau bouillante salée. Égouttez-le et réservez.

67 $

Animation en 3 temps, pendant le repas (pâtés et fromages) : 1. Ils s’envoient en l’air : les oiseaux 2. Ils vivent d’amour et d’eau fraîche : les poissons et les amphibiens 3. Ils sont tous à poil ! : les mammifères Réservation obligatoire (maximum 45 personnes) • Tarif : 15 $/adulte • Autorisation d’accès en sus.

Retirez la gaine des saucisses. Mélangez la chair de saucisse et le riz cuit. Disposez les tomates bien serrées dans un plat. Remplissez-les généreusement du mélange saucisse-riz, reposez les chapeaux sur le dessus, mettez un peu d’eau au fond du plat, au 1 /4 de la hauteur des tomates, et enfournez 40 min. Sortez les tomates du four et laissez-les tiédir avant de servir sur un lit de riz ou accompagné d’une salade verte.

À venir le 8 mars 2014 : Découvrez Aiguebelle la nuit avec l’activité « Chouette ! Un clair de lune » Imaginez une randonnée au clair de lune… Une séance d’animation sur les chouettes et les hiboux autour d’un feu de camp tout en sirotant un chouette-café ! • Tarif : 10 $/adulte • 5 $/enfant • Autorisation d’accès en sus

Riz d’accompagnement  : passez la chair de tomate au mélangeur pour obtenir un mélange de morceaux de grosseur moyenne. Allongez avec de l’eau, salez et faites-y cuire le riz qui servira de lit à la tomate farcie. \\

1 819 637-7322 • www.parcsquebec.com/aiguebelle

L’INDICE BOHÉMIEN // FÉVRIER 2014 19


Prix Essor pour des écoles de Rouyn-Noranda L’école primaire Saint-Bernard d’Évain, pour son projet Les émissions jeunesse d’autrefois des années 70 et 80, et l’école secondaire La Source, pour son projet Une école à mon image, sont les deux écoles gagnantes des Prix de reconnaissance Essor 2012-2013 pour l’AbitibiTémiscamingue. Rappelons que les Prix de reconnaissance Essor soulignent chaque année le travail et la passion des pédagogues et des responsables scolaires qui assistent les jeunes dans leur découverte des disciplines artistiques et dans la réalisation de projets novateurs et imaginatifs, en étroite collaboration avec les ressources culturelles du milieu. Chaque école gagnante d’un prix régional devient également finaliste pour l’un des prix nationaux qui seront remis en février prochain.

Musique Les concerts du Conservatoire // La rédaction Comme vous le savez sans doute, le Conservatoire de musique de Val-d’Or offre désormais une série de concerts variés. Voici donc quelques suggestions de découvertes musicales que vous pourrez y faire dans les prochaines semaines : Vendredi 31 janvier, 12h  : Midi-musique, une heure de détente musicale à l’heure du dîner, pour laquelle il est préférable de réserver une place. L’entrée est libre. Dimanche 2 février : dans la série « Les profs en vedette », c’est au tour du pianiste Hugues Cloutier de célébrer son anniversaire en offrant au public un concert de piano de son cru. Gâteaux et breuvages sont les bienvenus! Le coût du billet est de 15 $. Dans la série « Les prouesses du vendredi », deux concerts sont au programme, soit les vendredis 7 février pour entendre de la flûte et 14 février où la guitare est à l’honneur. Ces représentations ont lieu à 19 h et l’entrée est libre. Enfin, le 21 février à 19 h, les élèves du Conservatoire ont l’occasion de performer devant le public dans le cadre de la série « Même instrument, même passion : violons et violoncelles », où on aura la chance d’entendre des ensembles à cordes. L’entrée est libre. \\

> conservatoire.gouv.qc.ca/reseau/conservatoire-de-musique/ val-d-or/accueil-225/

Q:

DANS LE BAC OU PAS ?

R:

NON. DANS LE BAC, ON DÉPOSE SEULEMENT DES CONTENANTS, DES EMBALLAGES ET DES IMPRIMÉS.

Vos lampes fluocompactes peuvent être récupérées dans des points de dépôt facilement accessibles. Pour connaître celui le plus près de chez vous, rendez-vous au recycfluo.ca Pour tout savoir sur la récupération, visitez

RECREER.CA

Le placement publicitaire de la présente campagne sʼinscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l’environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative. Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.

20 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014


ARIANE OUELLET

Musique

Les amoureux de Brassens ont rendez-vous à La Motte // La rédaction Quoi de mieux que d’entendre Les amoureux des bancs publics par Les Copains d’abord pendant ce spectacle-bénéfice pour la salle Héritage à La Motte? Tout est organisé pour séduire le public, y compris un verre de porto à l’entrée, soulignant la St-Valentin… L’idée de ce spectacle pousse depuis longtemps dans la tête de Danaë Ouellet. Normal, quand on s’est endormie si souvent dans les bras de son papa au son d’une chanson de Brassens. Se sont joints à elle Lionel Laliberté, Pierre Labrèche et Ginette Plourde, Armande et Paul Ouellet, que nous retrouverons sur la scène, ainsi que Paul Beau, le génial accordéoniste.  « Ahhhh! le plaisir de se retrouver en gang pour chanter, pour être ensemble, partager notre amour de Brassens… voilà notre motivation », diront-ils chacun à leur manière. Joint au téléphone, Paul Ouellet dit avoir entendu Brassens la première fois à 14 ans, à la même époque où Félix Leclerc jouait et chantait dans le film La drave tourné en Abitibi. « Brassens est un immense poète, un écrivain, un philosophe, un orfèvre de la chanson. Il suffit de redécouvrir les mots de La complainte des filles de joie ou de Chanson pour l’Auvergnat, pour ne citer que ces deux titres. Brassens serait-il slammeur avant l’heure ? On croit souvent que les chansons de Brassens sont simples à jouer et à chanter. « Essayez voir! » disent Lionel et Paul. Elles sont complexes, savantes. Elles disent, avec la contrainte des rythmiques et des mots simples, des vérités profondes qui n’avaient pas été nommées encore. Lionel admire le franc-parler de Brassens, son audace. Il se donne l’autorité de dénoncer, ce qui n’est pas acceptable à une époque pas si lointaine. Pierre Labrèche, lui, admire l’intégrité, la sincérité du chansonnier, son souci de raconter la vie quotidienne des gens ordinaires.

À l'affiche : 26 et 27 janvier 28 janvier

2 et 3 février 9 et 10 février 16 et 17 février 23 et 24 février

Elle s'en va Retour à Hochelaga

Présentation spéciale en collaboration avec Télé-Québec à l'auditorium du Conservatoire de musique de Val-d'Or - Entrée libre. Le réalisateur Robert Cornellier sera sur place.

Seul en mer Être Llewyn Davis Marius Fanny

Voilà, un spectacle pour revivre Brassens à La Motte, avec au rendez-vous la tendresse et l’irrévérence du poète. Les billets seront en vente à l’entrée à 15 $ (y compris le porto) et au magasin chez Flo à La Motte. Pour réservation 819-732-8795. \\

L’INDICE BOHÉMIEN // FÉVRIER 2014 21


Poste d’écoute Slingshot Brothers // This is it…

Dead Obies //

Navet Confit //

Bonsound

La Meute

// Ulysse Rivard-Desharnais

// Claudia Fortin

Composé de cinq MC et d’un faiseur de beats, Dead Obies s’impose sur la scène hip hop québécoise depuis le lancement de son premier album Montréal $ud en novembre dernier.

Ils ne sont pas six pieds sous terre, mais bien au sommet de l’underground musical. Navet Confit met plus d’un légume à sa sauce avec une sortie d’album triple. C’est un beau mélange de saveurs auditives audacieuses et de mélodies décousues. En effet, c’est après un petit arrêt créatif depuis son dernier opus, LP3 Papier vampire en 2003, que Navet Confit nous revient en force avec ces trois albums bien différents les uns des autres.

Montréal $ud

LP4, LP5 et LP6

// Jenny Corriveau I’m ok! I’m alright! I’m the beast and you know I’m riiiight! Première écoute et je me surprends à faire du air cow-bell? Bon signe! Le premier bébé des Slingshot Brothers promet. Dès la pièce d’intro, This is it… nous transporte dans un univers musical qui se voit très planant. D’un pacing érigé de main de maître et d’une qualité musicale digne des plus grands, on se retrouve rapidement envoûté par le groove indie rock vintage, tantôt aux teintes plus rock, plus blues ou plus folk du duo. Inspiré des Black Keys et Alice and Chain de ce monde, les Brothers nous servent un rock accessible, qui ne tombe toutefois pas dans la facilité « trop » populaire. Tout y est : le talent, la passion, l’expérience, la qualité, les riffs solides et accrocheurs, tout! This is it… plaira sans aucun doute à un très large public. Un duo d’ici qui se fera assurément voir ailleurs! \\ 4.5 / 5

Copperfield //

Monuments Blind Eye / GBS records

Le groupe propose le mariage d’une musique électronique très riche, dense, sombre et de textes puissants et profonds. Ses chansons sont une chronique de la jeunesse désabusée du 21e siècle, une critique acerbe du mode de vie banlieusard d’où les membres sont eux-mêmes issus. Au cœur de leur musique se pose un langage métissé, un créole montréalais où l’on passe du français à l’anglais sans complexe et ça fonctionne admirablement bien. La musique, d’une grande qualité, plaît à la première écoute mais se laisse découvrir petit à petit. Ce premier opus est d’une maturité étonnante venant de jeunes hommes d’à peine vingt ans. \\ 4 / 5

> deadobies.bandcamp.com

Caféïne //

New Love

// Félix B. Desfossés // Evelyne Papillon Le terme Rouyn-Noranda Hardcore, qui définissait jadis une scène musicale, trouve un nouveau sens propre chez Copperfield. Ce hardcore évoque en musique tout aussi bien la morsure du froid, la puissance des éléments nordiques et la domination industrielle que l’immensité contemplative du territoire dans toute son austérité. Si quelques touches de punk rock ne venaient pas ponctuer Monuments, balancées par des textures deathcore probablement héritées de Valet et du travail de Yannick St-Amand à la console, on pourrait se demander si le hardcore de Copperfield se démarque de celui de ses contemporains. Mais la question s’efface à la lecture des textes de David Lavictoire, ancrés dans une Abitibi à la fois mythique et réaliste, celle des pionniers, des travailleurs acharnés, de ces hommes qui sont venus mourir à coups de pioches pour quelques métaux précieux. À ce sacrifice, cette abnégation, ce romantisme régional, Copperfield répond avec des gangs vocals rassembleurs, enragés, épiques. \\ 4 / 5

22 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014

Le ratio de chansons anglophones étonne. Le rock de Caféïne prend des allures de The Cure et Joy Division par moments. Le thème central  : l’amour vu sous un jour sombre, destructeur – « Une histoire d’horreur au bulletin de six heures / Je brûle tes lettres d’amour » (Lettre d’amour), « I can’t believe I almost died for you, my dear » (Love Disease). On retiendra les énergiques I Love You et Electric, ainsi que No Love, dont le début a des allures de Tainted Love de Soft Cell. Caféïne garde la même voix intéressante capable d’aller dans les aigus. Par contre, le passage à l’anglais a simplifié les textes, et ne plaira pas à tous. C’est en spectacle que New Love se prend le mieux, car Caféïne est une véritable bête de scène, d’une énergie communicative. 3,5 / 5

Pile pour le temps des fêtes, le LP4  : La vérité sur Noël nous décore les oreilles de sons et de rythmes aléatoires avec, ici et là, des paroles représentant l’essence de la fête du Christ, mais sans plus. Oubliez les traditions et les chansons mélodieuses connues. Ici, c’est du vrai Noël moderne. Le LP5 : Thérapie, quant à lui, mise sur la différence. La pochette à elle seule évoque au premier coup d’œil l’idée de l’originalité : un humain dans un hamburger; une création de l’artiste Gabrielle Laïla-Tittley. Ceux qui ne sont pas familiers avec Navet Confit auront peut-être plus de difficulté à s’adapter à cette musique plus expérimentale. Le LP6, avec son long titre superflu, est un ramassis, un album pêle-mêle qui saura, à sa façon, combler le mélomane en vous. C’est d’ailleurs le seul des 3 albums que vous pouvez télécharger gratuitement sur la page Bandcamp du groupe. Il vous permettra de bien capter l’essence du groupe avec sa diversité de sons et de paroles insensées. Si vous recherchez quelque chose qui sort de l’ordinaire, je vous conseille ces 3 albums. Il est également possible de se procurer une sélection des meilleurs titres regroupés en un seul album, Bestove. \\ 3.5 / 5


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CALENDRIER CULTUREL FÉVRIER 2014 Gracieuseté du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue

CINÉMA Seul en mer 2 et 3 février 2014 Cinéma Capitol Val-d’Or Gare du nord - Claire Simon 2 et 3 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

Trames sonores - Brigitte Toutant Construire l’espace - Francis Boivin After Faceb00k : Abitibi-Témiscamingue Charles-Antoine Blais-Métivier et Serge-Olivier Rondeau 24 janvier au 23 février 2014 L’Écart .. . lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda)

Être Llewyn Davis 9 et 10 février 2014 Cinéma Capitol Val-d’Or

Tracés d’autres maisons Suzanne Lafrance 30 janvier au 2 mars 2014 Centre d’art Rotary (La Sarre)

L’autre maison Mathieu Roy 14 et 19 février 2014 Le Rift (Ville-Marie)

Les mains du monde Noëlline Marcoux et Lise Guénette 6 février au 7 mars 2014 Centre d’art Rotary (La Sarre)

Soirée « Amène ta cassette » Les Racamés Samedi 15 février 2014 Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda

inTERREdépendant - Michel Gauthier 31 janvier au 9 mars 2014 Centre d’exposition de Rouyn-Noranda

La pirogue - Moussa Touré 16 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) Le passé - Asghar Farhadi 17 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) Marius 16 et 17 février 2014306 U BLEU : Pantone Cinéma Capitol Val-d’Or Fanny 23 et 24 février 2014 Cinéma Capitol Val-d’Or Marius et Fanny - Daniel Auteuil 24 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

DANSE Cas public - Symphonie Dramatique 21 février, Le Rift (Ville-Marie)

EXPOSITION Haz’Art 5 décembre 2013 au 31 janvier 2014 Salle du conseil municipal (La Sarre) Vernissage de Christian Champoux et de Mélanie Hallé 1er février 2014 Galerie-Boutique Fusion d’Arts (Val-d’Or)

Mes amours, mes amis - Paul Daraîche 5 février 2014 Commission des loisirs de La Sarre 6 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

Vivre sa vie, théâtre d’intervention / Productions Côté-Vivand 5 février, Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue (Rouyn-Noranda) 6 février, Théâtre de Poche (La Sarre)

Rusalka - Dvorak 8 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

Bienveillance Fanny Britt / Théâtre Petit à Petit 23 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 24 février, Théâtre des Eskers (Amos)

Grand Central - Rebecca Zlotowski 9 et 10 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) La tournée du bonheur 11 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 12 février 2014, Théâtre Télébec et Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) 13 février, Théâtre des Eskers (Amos)

Histoires fantastiques, mythes et légendes de chez nous - Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke 24 janvier au 9 mars 2014 Centre d’exposition de Val-d’Or

Mi-figue, mi-raisin Orchestre symphonique régionale 8 février 2014 Centre d’art Rotary (La Sarre) 14 février 2014 Centre d’exposition de Val-d’Or 15 février, Galerie Le Rift (Ville-Marie)

Passion-Nature Gaétane Cloutier Falardeau 24 janvier au 21 mars 2014 La Galerie Notre-Dame (Lorrainville)

Les amoureux des bancs publics par les copains d’abord - La Pariole 15 février, Salle Héritage Centre communautaire (La Motte)

Pixels fossiles423 - Miss GRIS : Pantone U Pixels 7 février au 30 mars 2014 Centre d’exposition d’Amos

La St-Valentin au Petit Théâtre Les Guerres D’l’Amour 15 février 2014 Le Petit Théâtre du Vieux Noranda (Rouyn-Noranda)

Rétrospective - Roger Pelerin 15 décembre 2013 au 31 mars 2014 Vieux-Palais (Amos) Engramme - Nadia Aït Saïd 14 février au 6 avril 2014 Centre d’exposition d’Amos

MUSIQUE Trente doigts 29 janvier, Théâtre Télébec et Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) 30 janvier, Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 31 janvier, Théâtre des Eskers (Amos) Récital des élèves en chant populaire de Yvon Martel 1er février, Théâtre Télébec et Salle FélixLeclerc (Val-d’Or)

Orchestre de chambre i Musici de Montréal 22 février, Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 23 février 2014 Théâtre Télébec (Val-d’Or) Fantaisies à la clé - Tina Chong, piano / Jeunesses Musicales du Canada 16 février 2014 Théâtre Télébec et Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) 25 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda) 27 février 2014 Théâtre des Eskers (Amos)

THéâTRE S’embrasent - Bluff Théâtre de création 29 et 30 janvier 2014 Agora des Arts (Rouyn-Noranda)

La Coopérative du Cochon Théâtre de l’Opsis 25 février 2014 Théâtre des Eskers (Amos) 26 février 2014 Théâtre Télébec et Salle Félix-Leclerc (Val-d’Or) 27 février 2014 Le Rift (Ville-Marie) 28 février 2014 Théâtre du cuivre (Rouyn-Noranda)

PATRIMOINE ET HISTOIRE Un bout d’histoire... avec les soeurs de l’Assomption 14 mai 2013 au 10 mars 2014 Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre Interprètes de monument historique École du Rang II d’Authier 3 septembre 2013 au 23 juin 2014 École du Rang II d’Authier

IMPROVISATION Ligue d’improvisation de Val-d’Or 6 et 20 février 2014 Atrium (Val-d’Or) La soirée de l’improvisation de Rouyn-Noranda 10 octobre 2013 au 11 avril 2014 Scène Évolu-son (Rouyn-Noranda) Soirée d’improvisation de Lalibaba 19 octobre 2013 au 19 avril 2014 Billard l’Ad hoc (Amos)

AUTRE Atelier d’initiation à l’art mobile Miss Pixels 6 février, Centre d’exposition d’Amos Mini-conférence : L’art et la photographie mobile - Miss Pixels 7 février, Centre d’exposition d’Amos

Pour qu’il soit fait mention de votre activité dans ce calendrier, vous devez l’inscrire vous-même, avant le 20 de chaque mois, dans le calendrier qui est accessible sur le site Web du CCAT, au ccat.qc.ca. L’Indice bohémien n’est pas responsable des erreurs ou des omissions d’inscription. L’INDICE BOHÉMIEN // FÉVRIER 2014 23


S

ALLUMEU S I O R

D’ÉTINCELLES C H O I S I S L’ E N S E I G N E M E N T * * * Enseigner, c ’est aussi transmettre ses passions, voir grandir ses étudiants et leur donner le goût d’apprendre. Allume des étincelles et fais la différence dans la vie d’un élève! * * *

BACCALAURÉATS EN ÉDUCATION DE L’UQAT * Éducation préscolaire et enseignement primaire * Enseignement de l’anglais langue seconde * Enseignement secondaire (profils arts plastiques, français, mathématiques et univers social)

HUMAINE CRÉATIVE AUDACIEUSE

* Enseignement professionnel

ALEXANDRA TREMBLAY, ÉTUDIANTE AU BACCALAURÉAT EN ÉDUCATION PRÉSCOLAIRE ET ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

24 L’INDICE BOHÉMIEn // FÉVRIER 2014

uqat.ca

uqat.ca/education


FÉVRIER 2014 // L'INDICE BOHÉMIEN // VOL. 05 - NO. 005