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JUILLET-AOUT 2017 VOL 8 - NO 10

UN ÉTÉ SOUS LES ÉTOILES

06 KINAWIT :

VISITE CHEZ LES ANICINABES

08 FEMMES

AUX CHAMPS : AGRICULTRICES INSPIRANTES

09 CÉLINE DALLAIRE : L’ART À L’ÉPOQUE DU NUMÉRIQUE

12 PARCOURS CONTÉ :

LA SARRE DANS LA TÊTE DE GUILLAUME BEAULIEU

28 GEORGE SAND

VIENT S’ÉTABLIR EN ABITIBI CET ÉTÉ

AVEC LA FORMATION À DISTANCE DE L’UQAT,

JE PEUX RÉALISER MES ÉTUDES SELON MON HORAIRE ET PEU IMPORTE OÙ JE ME SITUE! uqat.ca/distance


ÉDITORIAL L’Indice bohémien est un indice qui permet de mesurer la qualité de vie, la tolérance et la créativité culturelle d’une ville et d’une région. ___________________________________

L’INDICE, TOUJOURS AVEC VOUS! Encore une fois, il faut reconnaitre l’exploit d’avoir pu publier dix éditions de L’Indice bohémien cette année. Avec toujours cette qualité dans la forme et le fond : une présentation digne des plus grandes publications et des articles qui n’ont rien à envier aux journaux et magazines de partout ailleurs.

NATHALIE TOULOUSE

DOMINIC RUEL PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION EST CONSTITUÉ DE MARIE-FRANCE BEAUDRY, DE JULIE MAILLOUX, DE DOMINIC RUEL, PRÉSIDENT, DE FEDNEL ALEXANDRE ET DE VÉRONIQUE GAGNÉ, SECRÉTAIRE.

L’Indice, c’est avant tout le travail constant de toute une équipe d’administrateurs, de rédacteurs, de journalistes, de correcteurs, d’une graphiste et de distributeurs qui travaillent avec cœur à produire le meilleur journal qui soit. Des passionnés de culture, d’arts, de livres, des amoureux de la région. Je tiens à remercier personnellement ces dizaines de bénévoles qui permettent chaque mois de livrer un Indice de grande qualité, lu par des milliers de personnes.  

Malgré tout, le dynamisme, la passion et la compétence de toute notre équipe me permettent d’être confiant et de croire que L’indice continuera d’être un outil de développement régional et de réflexion sociale pendant encore bien des années.

___________________________________ COLLABORATRICES DE SECTEUR Véronic Beaulé (Témiscamingue) Geneviève Béland (Val-d’Or) Madeleine Perron (Rouyn-Noranda) Sophie Ouellet (Abitibi-Ouest) Véronique Filion (Abitibi) ___________________________________ CORRECTRICE D’ÉPREUVES Milène Poirier ___________________________________

NATHALIE TOULOUSE

Depuis plus de huit ans, L’Indice bohémien vous est offert gratuitement, un peu partout sur le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue, afin de vous faire profiter de toute la richesse de la culture régionale. Cette gratuité, par contre, ne va pas sans défis de taille. Il faudra réfléchir à des façons d’assurer la pérennité du journal à long terme.

JOURNALISTES-COLLABORATEURS ET CHRONIQUEURS Jérôme Adam, Bianca Bédard, Vicky Bergeron, Marc-André Côté, Gabriel David Hurtubise, Michel Desfossés, Maurice Duclos, Jacques Duhaime, Netta Gorman, Charles Girouard, Jonathan Hope, Rose Jutras, Virgil Laferté, Shanie-Victoria Langevin, Isabelle Leblanc, Anny-Pier Lévesque, Philippe Marquis, Michèle Paquette, Hélène Roy, Dominic Ruel, Émilise Lessard-Therrien, Jenny Thibault, Louis-Paul Willis et Koralie Yergeau

RÉDACTION ET COMMUNICATIONS Lise Millette redaction@indicebohemien.org 819 277-8738 ___________________________________ VALÉRIE MARTINEZ, COORDONNATRICE, ET LISE MILLETTE, RÉDACTRICE EN CHEF

GRAPHISME Staifany Gonthier graphisme@indicebohemien.org ___________________________________

Cependant, L’Indice a besoin de vous. De vos talents, de vos idées, de vos énergies! Le conseil d’administration recherche de ces gens qui ont à cœur l’avenir du journal. C’est peut-être le seul prérequis. Plongez donc dans cette belle aventure qu’est L’Indice depuis près de neuf ans!

DIRECTION ET VENTES PUBLICITAIRES Valérie Martinez coordination@indicebohemien.org 819 763-2677 ___________________________________

LA RÉALISATION DE CE JOURNAL REPOSE SUR PLUS DE 100 BÉNÉVOLES CHAQUE ANNÉE.

EN COUVERTURE

UNE PHOTO DE JEAN CARON POUR LES JEUDIS SOUS LES ÉTOILES EN JUILLET ET EN AOUT À LA SARRE. VOIR NOTRE TEXTE EN PAGE 3.

2 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

ARIANE OUELLET

L’INDICE BOHÉMIEN EST IMPRIMÉ À 9000 EXEMPLAIRES ET DISTRIBUÉ DANS LES 5 MRC DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE.

PASCALE DOIRON, COMPTABLE, MILÈNE POIRIER,CORRECTRICE D’ÉPREUVES ET STAIFANY GONTHIER, GRAPHISTE

CONSEIL D’ADMINISTRATION Dominic Ruel, président Véronique Gagné, secrétaire Julie Mailloux, Fednel Alexandre et Marie-France Beaudry ___________________________________ L’INDICE BOHÉMIEN 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda (Québec) J9X 4N5 Téléphone : 819 763-2677 Télécopieur : 819 764-6375 indicebohemien.org ___________________________________

SOMMAIRE

TYPOGRAPHIE Harfang : André Simard, DGA ___________________________________

CHRONIQUES ANACHRONIQUE 4 TÊTE CHERCHEUSE 5 MÉDIAS ET SOCIÉTÉ 10 CHRONIQUE CULTURAT 15 RÉGION INTELLIGENCE 21 PANACHE DE LAINE 22 PAGE DES BÉNÉVOLES 24

L’Indice bohémien est publié 10 fois l’an et distribué gratui­tement par la Coopérative du journal culturel de l’Abitibi-­Témiscamingue, fondée en novembre 2006. ___________________________________

MUSIQUE. 3, 27, 29 THÉÂTRE 28 LITTÉRATURE 5, 10, 13, 14, 16, 17, 18, 19 ENVIRONNEMENT. 4, 23, 26 ARTS VISUELS. 8 9 PREMIÈRES NATIONS 6 HISTOIRE 7 SOCIÉTÉ 11,12

ISSN 1920-6488 L’Indice bohémien


À LA UNE

LES JEUDIS SOUS LES ÉTOILES LISE MILLETTE

Fort fiers d’une recette gagnante qui a déjà fait ses preuves, Les Jeudis sous les étoiles du parc Ernest-Lalonde sont de retour cette année dans une formule légèrement différente et entièrement consacrée aux artistes de l’Abitibi-Ouest. Le concept des Jeudis sous les étoiles en est à sa cinquième année. Auparavant, les artistes déposaient une soumission et cinq étaient retenus, mais une idée de François Grenier a débouché sur un vent de nouveauté. « On voulait des soirées différentes… En fait, au départ, j’avais proposé un évènement pour le 100e anniversaire de La Sarre, et la formule a évolué pour devenir une série de spectacles », explique-t-il. À la base, François Grenier est donc le concepteur qui agit comme coordonnateur du projet, mais il est musicien avant tout, tient-il à souligner, reconnaissant que « c’est toute une organisation que d’enligner une vingtaine de musiciens »! Et pour cause! L’idée était de reconnaitre les artistes de l’Abitibi-Ouest et de faire connaitre leurs œuvres et les talents d’ici. «  En fait, j’ai voulu sortir de ma gang d’amis musiciens pour adapter, si on veut, le concept de l’émission Pour un soir seulement de Radio-Canada, mais avec des artistes locaux. Nous avons donc jumelé des auteurs-compositeurs-interprètes à des artistes pour qu’ils se réapproprient leurs chansons. On pourrait donc très bien entendre une version rock d’une toune acoustique à l’origine, par exemple », a-t-il résumé.

PHOTOS : JEAN CARON

La première des Jeudis sous les étoiles aura lieu le 13 juillet et ce premier rendez-vous, porté par quatre artistes invités, donnera le ton. Pour cette première soirée, les pièces des groupes Anonyme, Lubik, Sébastien Greffard, Gilles Parent, Hybride, Jean Racine et Dany Aubé seront reprises. La semaine suivante, le 20 juillet, de jeunes étoiles prendront la scène du parc Ernest-Lalonde d’assaut. Le CACIM, un organisme dont la mission consiste à stimuler les talents artistiques et le rayonnement culturel en Abitibi-Ouest, sera responsable du spectacle de la relève, où les talents de jeunes du secondaire seront révélés. Les semaines suivantes seront des soirées hommage et reflèteront tout le cœur du concept de François Grenier. Le 27 juillet, les textes de Jean Caron seront repris; le 3 aout, ce sera au tour de ceux de Sébastien Greffard et pour la finale, le 10 aout, c’est l’œuvre de Jean Racine qui sera à l’honneur. « Et pour prolonger un peu tout ça, nous avons fait des entrevues avec nos trois “hommagés”. On a tourné ça dans des lieux de La Sarre, l’aréna, le Théâtre de poche », ajoute François Grenier. En 2017, ce seront donc cinq tableaux différents qui seront offerts, avec le fil conducteur des créateurs de l’Abitibi-Ouest, et pour s’assurer d’une forme de continuité, tous ces jeudis seront animés par le duo formé de François Grenier et de Francis Greffard. « Nous serons là pour fournir contrebasse et percussions… et comme nous sommes qui nous sommes… il faut s’attendre à une animation plutôt humoristique », prévient François Cormier. Les Jeudis sous les étoiles sont présentés en plein air, à compter de 19 h. L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 3


L’ANACHRONIQUE

POUR LÉTÉ EN CE PAYS

PHILIPPE MARQUIS

HISTOIRE ET DEUIL DU CARIBOU JONATHAN HOPE

Je ne prie pas souvent. Voici pourtant une invocation, un genre d’appel pour le beau temps d’en dedans. Celui qui bronze les intérieurs. Il regarde au-delà de la pluie ou des nuages. Sa vision se rive au ciel bleu, dégagé de préjugés. Je nous invite à y plonger en toute confiance. Les appareils sont fermés; les moteurs éteints. La symphonie des insectes, oiseaux et feuilles berce le présent. Le moment apparait plus beau, plus tranquille et plus réel que le recueillement dans un temple. Puis… Gouter aux teintes du silence, toutes celles qui vibrent dans nos yeux. Celles qui s’écrivent à même la page blanche de l’hiver effacé. Vert, rouge, jaune, mauve et autres coloris dansent sur les papilles qui contemplent la brunante. L’existence emprunte toutes les nuances. Traverser les champs de vision où nous cueillerons des rêves, plus qu’il n’en faut pour passer l’automne et le froid. Le ciel et la terre, dans une liaison passionnée et mystérieuse, nourrissent les pas suivants. Déguster les teintes des échanges secrets… S’élancer dans sa nature comme on saute dans le foin lousse en haut de la grange. Ou, plutôt, « comme on sautait dans le foin lousse de la grange ». Mais ce n’est pas grave, le temps ne compte plus. Hier, aujourd’hui et demain ont été, sont et seront animés par notre souffle. Et cela n’empêchera pas les corps de rougir au soleil. Sauter tête première dans la lumière muette des étangs, lacs et rivières. Cesser de respirer un moment et entendre l’eau absorber les rayons. Épier le soleil ondulant au-dessus de la surface, puis émerger et inspirer la vie un grand coup. Sortir de l’eau, caresser l’instant présent pour marcher à contrecourant des idées toutes tracées. Accueillir ces destins qui remontent leur cours. Avancer dans le grand vent, celui qui veille sans cesse. Entendre le feu crépiter en nous. Le nourrir de tout ce qui veut vivre et y faire sécher les larmes… L’entendre encore plus fort, plus chaud plus lumineux quand nous… Quand nous sommes, tous ensemble. Belle braise vivante. Rêver sur ta terre sous ton ciel. T’aimer tout entier, mon pays éclairé.

GAÉTAN LARIVIÈRE, ARCHITECTE DU PETIT ET DU GRAND LA RÉDACTION

CET ÉTÉ, À LA GALERIE VISION VASSAN, L’ARTISTE GAÉTAN LARIVIÈRE EXPOSE SES MODÈLES RÉDUITS ET SES CRÉATIONS, AU CONTRAIRE, SURDIMENSIONNÉES. D’UN BOUT À L’AUTRE DU SPECTRE, C’EST UN HOMMAGE À LA PRÉCISION ET À LA CONCENTRATION QUI S’OFFRE AUX VISITEURS QUI S’ARRÊTERONT SUR LA ROUTE 111 POUR DÉCOUVRIR MONUMENTS, VÉHICULES ET AUTRES OBJETS QUI ONT ÉTÉ RÉALISÉS PAR CET ARCHITECTE DES OBJETS. L’ARTISTE DE VASSAN N’EN EST PAS À SES PREMIÈRES RÉALISATIONS. SA PATIENCE S’ÉTAIT ÉGALEMENT FROTTÉE AU DÉFI DE RÉALISER UNE REPRODUCTION DU TAJ MAHAL EN PETITES ALLUMETTES DE BOIS.

4 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

L’affaire de la harde de caribous de Val-d’Or fait les manchettes au Québec, y compris dans les pages de ce journal. La harde fragile ne compte plus aux yeux du gouvernement, qui cherche activement à la supprimer. Avec une simplicité désarmante, le ministre Blanchette proposait de trainer les bêtes au zoo. Le ministre semble avoir fait volteface dans ce dossier. Or, les caribous sont encore menacés. Le dernier scénario en date consiste simplement à attendre la mort de la harde : on passe de l’apparence de conservation à l’indifférence déclarée. De toute manière, les bêtes sont une entrave au bien commun – formule au référent ambigu. Le premier ministre Couillard a clairement dit, avec raffinement et sagesse, qu’il n’allait pas sacrifier « une seule job dans la forêt pour les caribous ». Le gouvernement veut se décharger de ses responsabilités en matière de protection écologique afin d’intensifier, encore et toujours plus, l’exploitation de la nature. Tant pis pour les espèces en péril, le bulldozer du progrès et de la dévastation écologique a le droit de passage. L’histoire m’a frappé parce qu’elle montre le peu d’empathie que nous avons pour le  plus-qu’humain, la myriade de créatures et de communautés, de phénomènes et d’éléments avec lesquels nous collaborons pour faire et habiter la Terre : animaux, fongus, lichens, plantes et protistes; écosystèmes et relations symbiotiques; aurores boréales, eaux, nuages et pierres; collines vallonnées, marais herbacés, lacs gelés. Ce manque d’empathie, si flagrant dans le plan de gestion du caribou des libéraux, s’explique sans doute par le fait que notre vie collective est encore trop souvent réglée sur un nationalisme racial. L’humain administrera tout dans son intérêt – ou dans l’intérêt de quelques privilégiés. Tout ce qui souffre et meurt comptera comme du dommage collatéral de l’inarrêtable grandeur technocapitaliste de l’Homme. Ne pas avoir d’empathie pour les autres tient de notre refus de coexister avec les autres, voire d’imaginer cette coexistence. C’est pourquoi tant de nos histoires portent sur les vicissitudes humaines, comme si le plus-qu’humain ne pouvait faire l’objet de récits. Mais que nous révèle la stratigraphie sédimentaire, sinon une longue saga géologique? Que nous enseigne la biologie évolutive, sinon le dialogue entre des formes organiques, un dialogue construit sur le flot continu de générations d’espèces? Les humains ont des récits aujourd’hui parce que le monde vivant s’écrit et se lit des récits depuis une éternité.

L’histoire du caribou des bois s’écrit et se lit depuis des milliers d’années, au travers d’innombrables opérations d’épissage génétique. Elle s’est inscrite dans et avec la forêt boréale, les pistes, les points d’eau, les aires de repos. Elle s’est écrite dans et avec les lacs, les vents, les autres espèces que confrontent et que côtoient ces cervidés. Les responsables gouvernementaux, armés de toutes leurs lumières, ont-ils même considéré l’histoire de la harde avant de la biffer, condamnant d’un trait ses membres à croupir dans un zoo? Pourquoi ne pas vivre auprès de cette entité fragilisée, revenir et raconter son histoire dans le but de nous rapprocher, de nous ressentir et de nous comprendre? Le gouvernement a-t-il envisagé une situation réellement accueillante à l’égard des caribous? Permettez-moi d’en douter. Comme une personne sur son lit de mort sait et sent que sa vie se dissipe, cette harde doit bien se savoir en détresse. Elle doit bien se rendre compte que sa vie, autotélique et symbiotique, implose. Lesdites solutions du ministre – enfermer les survivants et survivantes comme pour les punir d’être toujours en vie, les laisser crever – sont aussi niaiseuses que cruelles. Accepterons-nous de reconnaitre la peine et la souffrance de ces bêtes sur le seuil de la mort? D’en faire le deuil? De faire une introspection collective sur le rôle de quelques humains arrogants, avares et orgueilleux? Dans Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat, Joséphine Bacon réagit à la dévastation écologique et, par extension, à son impact sur le caribou de la Côte-Nord : Je demande pardon aux Maîtres des animaux J’ai omis de me lever Quand on saccageait Ton corps On salissait tes veines Bacon crée et exprime sa relation avec le monde vivant. Ce travail de la langue transforme les gens qui s’en servent. Ce qui est exigé ici, c’est de reconnaitre la versatilité de la signification, au-delà des œillères étroites de la rationalité. Dans le risque linguistique qui est pris, il y a une autre manière de vivre le monde et de vivre notre engagement auprès de nos semblables. Accepteronsnous d’accueillir ces histoires? De forcer le langage sur des sentiers inhabituels et de se laisser surprendre par ce que cela occasionnera en nous, l’hospitalité à l’égard du plus-qu’humain? Cet article est adapté d’un texte à paraitre dans The Goose. A Journal of Arts, Environment and Culture in Canada.


LITTÉRATURE

TÊTE CHERCHEUSE

MODÈRE SELON MANON

TROIS LECTURES D’ÉTÉ

NETTA GORMAN

DOMINIC RUEL

« Modère est née d’une rupture »

Rien de léger, ce n’est pas de la chick-litt, avec la fille en voyage avec des amies qui trompe son chum. C’est plus fort que du Musso. Mais ça peut bien se lire cet été, un verre en main, dans une chaise longue.

Ainsi commence le récit de Manon Gervais Dessureault, la tignasse ébène et le regard vif me transportant dans son univers où l’on croirait que l’artiste est le fruit de la plume de Modère. Le personnage de Modère a émergé de l’imagination peu banale de Manon la mère au foyer de trois enfants, fatiguée, sollicitée et toute pleine d’humour. Après s’être retirée de la vie artistique pendant plusieurs années afin de fonder une famille, Manon, bilingue, a transformé le mot mother en « Modère », aussi dans le sens de « modère...slaque la poulie ». Modère, c’est la liberté de prendre le temps d’être avec ses enfants, c’est une soupape à la suite de l’éclatement de la famille, c’est l’occasion de voyager loin même en pleine ville de Rouyn, jusqu’à la mer... oui, oui, la Mer-doch… Modère s’inspire de la vie de Manon, de la vie tout court, de sa folie et de ses couleurs. « Tu sais, Modère, c’est devenu un peu comme un chum... On a du plaisir ensemble, on est bien, mais parfois, sa présence me dérange aussi »,me confie celle dont la main et le iPad donnent vie en quelques secondes au personnage. Bien qu’elle n’ait vu le jour qu’il y a 5 ans, Modère, dynamique, vieillit. Elle s’exprime librement, elle s’intéresse à la politique comme aux évènements culturels, elle s’approche des gens et s’en inspire. Tout comme sa créatrice, elle fait fi des ambitions financières, s’enrichissant plutôt de jeux linguistiques, de tournures créatives et de personnifications originales. Autodidacte, Manon s’est inspirée d’influences artistiques plutôt qu’académiques. Tout en bavardant au téléphone, sa mère qui gribouillait de façon instinctive lui a montré que l’on crée de belles choses lorsqu’on laisse parler le cœur sans réfléchir outre mesure. « Mes projets sont comme des poussières lumineuses », de dire celle qui dessine, qui joue, qui improvise, qui open-mic, qui s’informe et qui s’inspire. Elle se fait approcher pour une panoplie de projets artistiques, de l’Agora des Arts au Salon du livre en passant par la figuration dans Ma Noranda (« Ça, c’était comme marcher dans un poème »). Être mère à temps plein avec des défis quotidiens, dont un enfant en cheminement particulier, demande des solutions hors norme. Modère donne ainsi carte blanche à Manon qui dessine la liberté et l’inspiration, s’offrant ainsi un équilibre entre la créatrice et sa création.

DÉCADENCE Commençons par le plus costaud. J’ai terminé plus tôt ce printemps un essai passionnant du philosophe Michel Onfray. Son sujet : l’histoire et le devenir de la civilisation judéo-chrétienne, la nôtre, l’Occident. Le titre : Décadence. Ça en dit long déjà. La thèse : comme la Mésopotamie, comme Rome, après des phases d’élan et d’apogée, la civilisation occidentale est en régression et vouée à disparaitre. Onfray offre un livre passionnant, très érudit. Voici une démarche fascinante et une tonne d’informations sur l’histoire de l’Église, des Lumières, de la Révolution française et des aventures communistes et fascistes, de l’islamisme des dernières années. Depuis 2000 ans, des évènements marquants, des tendances lourdes ont forgé l’Occident, mais aussi ouvert des brèches dans ce socle judéo-chrétien. Onfray n’est pas optimiste ni même pessimiste. Il se dit tragique : il constate, c’est tout, sans état d’âme.

QUAND SORT LA RECLUSE Cet été, il vous faut lire Fred Vargas, l’inventrice du rompol, style policier rempli de finesse, de poésie et d’humour. Les titres abondent, mais elle vient de publier la dernière enquête de Jean-Baptiste Adamsberg, son héros fétiche, toujours aussi erratique, toujours commissaire de la Brigade criminelle : Quand sort la recluse. Du solide. La brigade et son appareillage hétéroclite – Danglard, Veyrenc, Retancourt… – se retrouve aux prises avec une hécatombe de personnes âgées qui aurait été tuées par une araignée, la recluse. Mystère. Parce que la bestiole reste généralement très peureuse et peu venimeuse. Mais Adamsberg, avec ses intuitions curieuses et ses bulles de gaz qui s’entrechoquent dans sa tête, voudra prouver que ce sont des meurtres bien réels. S’ensuivra un récit palpitant, déroutant, par moments glaçant. Et toujours avec cette intelligence et cet humour dans l’écrit et les dialogues. Ça se lit d’une traite!

LE PLONGEUR Pour finir, un roman québécois, gagnant du Prix des libraires. Le premier de Stéphane Larue, Le plongeur. Nous voilà l’univers des restos de Montréal et de leurs cuisines. Ça nous change de Ricardo. Plus trash. La cuisine perd de sa poésie. On suit les quelques semaines de ce jeune homme cégépien qui est embauché par un restaurant de Montréal à la plonge, juste avant les Fêtes de fin d’année. Ce sont les tables pleines, les files d’attente, c’est la vaisselle qui s’accumule. Mais ce plongeur voit sa vie prendre le champ. Il joue aux machines, il perd ses paies et s’enfonce dans le mensonge. Un roman aux relents un peu glauques, aux dialogues crus et d’où surgit quand même la lumière. On y croit.

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L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 5


PREMIÈRES NATIONS

VISITER KINAWIT ET SE DONNER L’OCCASION DE DÉCOUVRIR LA RICHESSE CULTURELLE DES ANICINABES HÉLÈNE ROY

Le feu sacré crépite. Un des hommes, probablement Martin, veille à ce qu’il brule jusqu’à la tombée de la nuit; il sera allumé de nouveau demain matin à l’ouverture du site, comme le veut la tradition anicinabe (le peuple algonquin). Devant, des membres de la communauté et des touristes discutent et dégustent tranquillement de l’ours qui a braisé tout l’après-midi dans la cuisine traditionnelle extérieure. Lorsqu’on regarde un peu vers la droite à l’horizon, au bout du quai, il y a quelques gros nuages bien gonflés qui laissent le soleil les traverser. Avec eux, des couleurs que tout Abitibien pourrait vous décrire : riches, rosées, annonciatrices d’une belle journée ensoleillée pour demain.

QU’EST-CE QU’UN SITE CULTUREL ET TOURISTIQUE AUTOCHTONE? C’est un peu tout ce que je vous ai raconté jusqu’ici. D’une façon plus précise, sachez que Kinawit a pour mandat de « viser la découverte, la préservation et la valorisation culturelle et identitaire, le tout en offrant une expérience touristique unique et authentique issue des savoirs traditionnels et contemporains des Premiers Peuples, favorisant la rencontre, le partage, l’expression et la transmission intergénérationnelle ».

Sur ces images d’une nature accueillante et même réconfortante, la journée se termine. Après avoir marché en forêt, fait un minitambour avec de la peau d’orignal avec Alexis et appris comment faire une décoction de thé du Labrador, la nuit sera bienfaisante et le confort des cabines, le bienvenu. Les enfants sont dans un des tipis; les parents sont heureux. Fin. Un conte de fées moderne pour tout amateur de nature et d’aventure? Non, bien sûr… l’histoire est bien réelle pourtant. Elle se déroule les soirs d’été sur les berges du lac Lemoine, à 12 km du centre-ville de Val-d’Or. Là-bas, le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or vient d’y inaugurer officiellement le site culturel et touristique Kinawit. Le nom Kinawit a été choisi par les ainés lors d’une cérémonie et signifie le « Nous inclusif » en langue algonquine.

6 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

Nous serons ouverts tout l’été, du mercredi au dimanche à compter du 21 juin (Journée nationale des Autochtones) et jusqu’au 3 septembre inclusivement. Sur place, en plus de pouvoir y être hébergé en tipi ou en cabine, vous aurez le choix entre prendre part à la visite guidée gratuite, marcher dans les sentiers pédestres, joindre l’utile à l’agréable en suivant un guide-animateur qui vous enseignera quelques-uns des secrets des remèdes algonquins concoctés à partir de plantes médicinales poussant librement dans nos forêts et ensuite, fabriquer votre propre minitambour avec un artisan. Vous pourrez également y manger sur une des tables de piquenique et profiter du beau temps, tout simplement. Votre aventure à Kinawit, nous vous aiderons à la préparer. Appelez-nous, du lundi au dimanche entre 9 h et 17 h au 819 825-6856. Nous sommes situés au 255, chemin des Scouts à Val-d’Or. Visitez notre site Internet pour tous les détails : kinawit.ca. Nous vous souhaitons d’y vivre de belles aventures! Bon été!


HISTOIRE ET PATRIMOINE

VISITE PARMI LES TRÉSORS CACHÉS DE L’HISTOIRE LISE MILLETTE

Des plans, des esquisses, des photos : plus d’un million de photos de l’AbitibiTémiscamingue du temps où il n’y avait que bien peu de choses. Une carte datée de 1907 sur laquelle figurent les seules villes existantes  : Ville-Marie, Guigues et Notre-Dame-du-Nord. « C’était à l’époque des premiers géologues venus cartographier la région. L’intérêt venait de l’Ontario. Il y avait des mines d’or en activité à Cobalt et l’hypothèse voulait que les sols du Québec étaient peut-être similaires », raconte Sébastien Tessier, archiviste et coordonnateur à la BAnQ de Rouyn-Noranda. Dans l’édifice situé rue du Terminus sont abritées des pièces d’anthologie et les mémoires du passé. Nul besoin d’un laissez-passer  : l’endroit est accessible et ouvert aux visiteurs qui voudraient effectuer un voyage dans le temps.

PHOTOS : NATHALIE TOULOUSE

«  Beaucoup de municipalités nous ont contactés, des chercheurs, des comités paroissiaux, des journalistes aussi et plusieurs comités pour les fêtes, qu’il s’agisse des 100es comme celui de La Reine ou des 75es, mais je dirais que la plus grande partie de notre clientèle, ce sont des gens curieux ou passionnés de généalogie  », explique l’archiviste.

En raison des abonnements à plusieurs sites de généalogie que l’on peut consulter gratuitement sur place, de registres et de banques de données, trouver la piste de ses aïeux n’est pas une tâche ardue. « Il est possible de remonter jusqu’à l’époque de la Nouvelle-France, donc au-delà de l’Abitibi. Évidemment, on ne fait pas la recherche pour les gens, mais nous sommes là pour aider. Et c’est nettement plus facile qu’il y a une dizaine d’années », assure celui qui venait de terminer une visite avec un jeune garçon qui a voulu ce jour-là prolonger sa sortie scolaire de la veille.

D’ANCIENS PROCÈS, D’ANCIENNES AMOURS Outre la généalogie, des documents anciens sont aussi accessibles, dont plusieurs documents des palais de justice, des rapports de coroner, des procès. On y trouve des

copies des registres fonciers afin de découvrir à qui appartenait une terre et aussi d’anciennes démarches de citoyenneté pour les immigrants qui ont pris racine au fil des années ou par vagues migratoires. « On trouve aussi des documents comme le Guide du colon, des rapports de missionnaires et même une copie du rapport du père Paradis, rédigé vers 1885. Il y parle de ses rencontres avec les autochtones et ses aquarelles des paysages ou de cette une jeune Amérindienne nommée Princesse de l’Abitibi, une autre du mont Kanasuta, du Fort-Témiscamingue », dit-il, emballé. Les archives de la BAnQ sont si considérables que de l’avis de M. Tessier, si chacune des boites était placée bout à bout, « on en aurait pour un kilomètre de documents textuels et un million de photos ». Ces photos proviennent d’un peu partout, mais le Fonds Joseph Hermann Bolduc en contient un très grand nombre. Arrivé en 1938, cet homme avait fait l’acquisition d’autres photographies, dont les plus anciennes remontaient à 1934. Lui-même adepte de la chambre noire et de clichés, il a croqué des quantités de portraits et de scènes de la vie quotidienne jusqu’en 1978. « Ça donne un beau portrait de ce qu’était la ville », résume M. Tessier. L’édifice BAnQ ne fait pas relâche pour l’été. Les heures habituelles en semaine demeurent et le public est convié, jeunes et plus âgés, puisque comme le dit l’archiviste, chacun peut y trouver son compte. « J’aime faire deviner, par exemple, ce que représentent certaines photographies. Et puis, les jeunes réalisent vite les notions et ça les situe sur la ligne du temps », conclut M. Tessier.

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ARTS VISUELS

GALERIE

Exposition

Du 17 juin au 10 sept. 2017

ENTRÉE GRATUITE

Mercredi au vendredi | 10h à 20h Samedi au mardi | 10h à 17h

À LA CROISÉE DES CHEMINS D’AGRICULTRICES DE LA RÉGION! ÉMILISE LESSARD-THERRIEN

L’agriculture est probablement un des plus vieux métiers du monde. De notre mémoire d’humanoïde, nos ancêtres pas si lointains ont aussi pratiqué ce métier. Mais qu’en est-il de cette vie de campagne plus précisément? Généralement, ce sont nos grands-pères et nos oncles qu’on imagine en salopette et en chemise à carreaux fourchant le foin, soignant les bêtes et guidant le cheval derrière les charrues. Or, si les futures générations auront ce patrimoine bien plus lointain, certains auront peut-être dorénavant le réflexe d’imaginer des grands-mères et des tantes au volant des tracteurs, voyageant des trayeuses à retrait automatique sur rail ou encore en pleine séance d’entrainement de chevaux.

BÊTES À POILS

SCULPTURES TEXTILES ET OEUVRES NUMÉRIQUES FONTAINE LERICHE / TROIS-RIVIÈRES

À genoux, les mains dans la terre avec ses deux plus vieilles, elle regarde son bébé, le regard pétillant, qui découvre un monde à sa portée. Originaire de la grande ville, elle a fait l’acquisition de son lopin de terre il y a moins de 5 ans. Depuis, le couple a trimé dur pour aménager les jardins, ériger les serres, construire le kiosque de vente, bâtir une clientèle, le tout avec une grossesse en chemin et l’arrivée du petit Elliot. Pour Mme Gélinas, la vie à la ferme est la meilleure façon de combiner son travail et sa vie de famille et, surtout, un beau patrimoine à laisser à ses enfants. Dans les capsules d’Osez les filles, vous découvrirez une femme ingénieuse, travaillante et ô combien inspirante pour toutes les jeunes mamans qui expérimentent leur propre aventure agricole. Peut-être même que ce visionnement vous donnera le gout de faire une petite halte à leur kiosque bordant la route 101 entre Rouyn-Noranda et Ville-Marie. Un peu plus au Nord, à Saint-Félix-de-Dalquier, Sylvie Pomerleau, de la ferme Chalpagas, élève depuis quelques années des alpagas. Originaires d’Amérique du Sud, ces animaux ont tout pour séduire  : de grands yeux noirs bordés de cils immenses, des petites pattes cousinées qui n’abiment pas les terrains, une excellente habitude d’aller faire leurs besoins toujours au même endroit et, surtout, une fibre d’une douceur remarquable et d’une densité à rendre jaloux bien des moutons.

FOIRE ARTISTIQUE MULTIDISCIPLINAIRE

14 ARTISTES DE L’ABITIBI, DU TÉMISCAMINGUE, DE L’ONTARIO ET DES PREMIÈRES NATIONS

THÉÂTRE

Fier de célébrer ses 70 ans PRÉSENTE

LA PROGRAMMATION AUTOMNE 2017

Les temps changent et c’est pour lui donner un petit coup de pouce que le Centre Frère-Moffet de Ville-Marie s’est donné comme mandat de réaliser des capsules vidéos faisant la promotion de ces femmes impliquées en agriculture, un métier que l’on qualifie de traditionnellement masculin. En tout, 11 femmes se sont prêtées à l’exercice. Elles ont ouvert les portes de leur exploitation agricole et leur cœur pour raconter leurs défis, leurs craintes et leur passion du métier. Les enjeux du travail physique, de la conciliation ferme/famille, de la relève, du démarrage d’entreprise, de la transformation : voilà des thématiques qui les touchent, qui les rejoignent et qu’elles partagent.

DEUX DÉCOUVERTES QUI MÉRITENT UNE HALTE CET ÉTÉ! CINÉMA

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DIM 23 JUIL. 13H30 | JEU 27 JUIL. 19H30

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LERIFT.CA 8 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

Au Témiscamingue, Nancy Gélinas est copropriétaire d’une ferme maraichère avec son conjoint, la ferme Gélijean de Nédélec. Mère de 3 enfants, deux jumelles de 9 ans et un petit garçon d’un an et demi, elle joue à la fois son rôle de fermière et de maman à même la serre.

PHOTOS : FRÉDÉRIC PATOINE

Mme Pomerleau compte un cheptel de près d’une vingtaine de spécimens qu’elle élève pour la fibre qu’elle transforme sur place. Dans sa boutique aménagée à même l’étable, avec l’aide de quelques tricoteuses de la paroisse, elle confectionne bas, pantoufles, chapeaux et savons feutrés en prenant soin de garder la fibre la plus naturelle possible. Ce qui veut dire qu’elle peut même savoir si ce morceau est fait avec la fibre de Charlotte, d’Heidi ou bien de Magma. Voilà une entreprise agricole bien spéciale qui se distingue par son élevage marginal et aussi par son processus de transformation dont l’ensemble est assuré par une femme ô combien audacieuse et créative! Peut-être est-ce la nostalgie qui parle, mais ces femmes ainsi que les 9 autres qui figurent dans les capsules vidéos sont quelques exemples de toutes celles qui cultivent un bout de notre histoire parce que chaque région du monde a commencé par une petite aventure agricole et elles contribuent grandement à maintenir ce patrimoine culturel vivant. C’est peut-être bien pour cette raison qu’on retrouve le mot « culture » dans « agriculture ». Vous pouvez visionner les capsules vidéos sur la page Facebook du projet Osez les filles ou encore sur l’écran du cinéma du Rift, où elles seront diffusées en bandes-annonces au courant de l’été.


ARTS VISUELS

ART NUMÉRIQUE INTERACTIF AU CENTRE D’EXPOSITION D’AMOS

PARKAS DE POILS AU FORT-TÉMISCAMINGUE

MICHÈLE PAQUETTE

LISE MILLETTE

Céline J. Dallaire récidive avec son exposition Face à l’image : allégorie au Centre d’exposition d’Amos jusqu’au 30 juillet. Si vous n’avez pas eu la chance de la voir ou plutôt d’y participer au Centre d’exposition de Val-d’Or en décembre et janvier derniers, voilà l’occasion.

Oursons, castors, cerfs, petites bêtes velues qui peuplent les forêts de la grande région de l’Abitibi-Témiscamingue, et quelques humains, seront à l’honneur au Fort-Témiscamingue alors que l’artiste-illustrateur Michel Villeneuve présentera tout l’été son exposition Parkas de poils.

L’exposition comprend une grande fresque, un miroir truqué, des œuvres numériques et des hologrammes miniatures. Le spectateur-acteur est invité à interagir avec les œuvres.

Du 1er juillet au 4 septembre, 25 de ses œuvres qui ont été minutieusement réalisées au crayon, principalement au pousse-mine, seront présentées. Plusieurs ont été créées à partir des photos de Luc Farrell, photographe animalier de Rouyn-Noranda, complice de Michel Villeneuve depuis quelques années déjà.

LA FRESQUE La fresque, nous dit l’artiste, représente l’évolution de l’humanité selon sa vision personnelle en partant de l’ère grecque, du christianisme vers le futur. Elle montre également les liens entre la technologie et la religion. La fresque est gigantesque et comme nous le montre la photo qui accompagne cet article, un être humain est bien petit à côté d’elle. « Le public est invité à jouer un rôle actif, explique Mme Dallaire, un rôle de spectateur-acteur en utilisant la technologie de fine pointe, tels son téléphone intelligent ou sa caméra, pour se faire prendre en photo et créer de nouvelles images. Je mets à sa disposition des objets lumineux qui peuvent être agités comme s’il peignait sur la fresque alors que quelqu’un d’autre le photographie. Le mouvement gestuel des objets lumineux crée des effets de voiles colorés qui s’ajoutent aux rythmes et aux couleurs de la fresque. Par ces interventions, le spectateur devient image. » Par la suite, il peut poursuivre son expérience en soumettant sa photo à Mme Dallaire, qui crée alors une nouvelle œuvre telle celle représentée dans la deuxième photo qui accompagne ce texte. L’artiste invite également les participants à partager les résultats avec leurs contacts et les internautes sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux.

LE MIROIR ACRYLIQUE Il s’agit d’un miroir truqué. D’un côté, il représente le David, une image iconique, qui fut considéré par les Grecs anciens comme la perfection chez l’être humain et de l’autre, un miroir amincissant. Car, comme le dit Mme Dallaire, à peu près tout le monde aimerait se voir plus mince. Donc, en se voyant dans le miroir, il y aura chez le spectateur une réflexion liée à l’image du David.

LES ŒUVRES NUMÉRIQUES En nombre multiple, les petites œuvres numériques contiennent pour l’artiste une histoire non révélée. Il y est question de réaliser ses rêves et de faire des pas pour les réaliser. On verra également des colonnes carrées servant à rappeler l’ère grecque qui sont disposées face à la fresque.

L’artiste a été approché par le Fort-Témiscamingue pour cette exposition. Il s’agit d’une deuxième présence pour lui à cet endroit, après y avoir exposé Manteaux de plumes en 2015. « C’est vraiment un regard sur la région. Ce sont tous des animaux d’ici, des paysages aussi comme le lac Témiscamingue », explique M. Villeneuve.

L’ÉTERNITÉ, LE JOUR D’APRÈS

Martin Beauregard

9 JUIN – 17 SEPTEMBRE

Un petit temps d’arrêt s’impose au Fort-Témiscamingue, qui sera par ailleurs accessible gratuitement durant toute la saison dans le cadre du 150e anniversaire du Canada. Michel Villeneuve travaille au graphite depuis les années 1990. S’il souhaite faire un retour à la couleur dans un proche avenir, il reconnait que le noir et blanc comporte plusieurs avantages. « D’abord, ce sont des pièces qui se distinguent puisqu’une majorité travaille en couleur, et puis le noir et blanc fait en sorte que les gens voient les illustrations dans leurs propres couleurs à eux », résume-t-il.

CHASSEURS

Musée du Bas-St-Laurent 30 JUIN - 10 SEPTEMBRE IMAGE : CLAUDE TOUSIGNANT

Les illustrations de l’artiste comportent de nombreux détails et une multitude de teintes, mais rien n’est estompé afin de ne pas rendre le dessin trop gris. « Ça nécessite davantage de minutie. C’est la pression de la main qui va donner le ton  », résume l’ancien graphiste au ministère de la Forêt pour le gouvernement du Québec, aujourd’hui retraité.

SCULPTURES DE LA COLLECTION

MA, musée d’art

30 JUIN 2017 – 10 MARS 2018

La précision est peut-être devenue pour lui une seconde nature, alors qu’il travaillait à la cartographie avant l’arrivée du numérique. « C’était la belle époque. Tout était manuel et les cartes étaient dessinées », raconte-t-il.

LES HOLOGRAMMES MINIATURES

Une fois terminée, chaque œuvre est encadrée avec soins et si le graphite est plutôt stable, Michel Villeneuve dessine sur du carton sans acide afin de ne pas voir ses dessins s’altérer avec le temps.

Voilà une autre expérience qui enthousiasmera vos enfants autant que vous-même. L’expérience se fait avec un téléphone intelligent. L’artiste vous invite à y compléter votre visite qui a commencé avec les Grecs anciens pour se terminer avec la technologie d’aujourd’hui et les multiples possibilités du téléphone cellulaire.

Parkas de poils ne signe pas la fin des projets pour Michel Villeneuve, qui devrait lancer N’importe quoi 2 à la Fontaine des Arts de Rouyn-Noranda cet automne. Cette autre exposition doit mettre en scène des pièces de ses diverses collections dont Tous humains, qui délaisse les animaux pour le portrait.

AUTOUR DU FEU

Joanne Poitras

30 JUIN - 14 OCTOBRE

MUSEEMA.ORG #notre MA

L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 9


MÉDIAS ET SOCIÉTÉ

MAKE NOSTALGIA GREAT AGAIN! LOUIS-PAUL WILLIS

En ce début de repos estival, pourquoi ne pas discuter de séries télévisées? De plus en plus cinématiques, les séries télévisées américaines contemporaines s’aventurent régulièrement dans l’exploration de thématiques critiques variées qui mettent de l’avant des réflexions sociales et politiques audacieuses. Ces réflexions peuvent porter par exemple sur notre rapport aux tabous (Six Feet Under), sur l’évolution des rapports entre les genres (Mad Men) ou sur l’importance de ce qui se cache sous les apparences sociales (Twin Peaks et Riverdale). L’adaptation télévisuelle récente du roman The Man in the High Castle de Philip K. Dick s’inscrit de toute évidence dans le sillon d’une télévision qui veut provoquer et amener son spectateur à questionner le contexte sociopolitique actuel. Puisant au cœur des inquiétudes croissantes face à l’autoritarisme et à la montée de la droite dans les sociétés occidentales post-2001, la série propose une réappropriation importante et une réflexion marquée de contemporanéité face à l’ouvrage adapté. Selon le professeur Dion Dennis, le manichéisme au centre de la série fait écho aux montées sporadiques de racisme et de xénophobie qui ponctuent l’histoire de l’américanité, une situation qui n’est bien entendu pas étrangère au contexte

actuel. Comme il le présente, la série d’Amazon demeure une des expressions les plus évocatrices de ce zeitgeist. Dès les premiers épisodes de la première saison, on peut constater des phénomènes frappants qui traduisent l’adaptation surprenante des Américains à l’autoritarisme auquel ils sont désormais soumis. Dennis le note, comparant la série avec le contexte américain actuel : « Pour les Américains, il y a un choc de la reconnaissance, à la fois au vu de l’instauration soudaine d’un état totalitaire, et du rôle humain dans la facilitation, la résistance et la transformation d’un tel état. La résonnance contemporaine frappante de The Man in the High Castle provient du manichéisme politique de la décennie en cours; le succès de Trump ainsi que de ses alliés de la droite alternative, dans leur volonté de refaçonner la société américaine, trouve un écho dans l’Amérique dystopique de la série. » La rhétorique de cette aile politique se résume à la perfection dans le slogan de la campagne de Trump, qui est en soi particulièrement fantasmatique. Dans le fameux Make America Great Again, il y a l’idée d’un avant, un moment fantasmatique qui se construit nécessairement en rétrospective. Il y a conséquemment quelque chose de nostalgique dans cette démarche. La télévision américaine joue régulièrement avec ce sentiment de nostalgie  : plusieurs émissions populaires fonctionnent sur la représentation d’un passé qui se prête aisément à l’exercice de l’idéalisation. Le propre de cette nostalgie fantasmatique repose dans l’absence de l’objet du désir. Dans les mots de Susan Stewart, « le point focal du désir nostalgique est en fait l’absence même qui génère la mécanique du désir ». The Man in the High Castle, bien entendu, se joue de cette démarche nostalgique puisque le propre de l’émission, c’est que le passé représenté n’a effectivement pas eu lieu. La force de l’adaptation télévisuelle de ce roman repose dans la représentation de ce passé absent selon les modes typiques de l’idéalisation nostalgique. Cette nostalgie repose à son tour sur un certain romantisme. Comme le précise Cassie Carter, « l’Amérique de Man in the High Castle se trouve colonisée sans le savoir par les notions romantiques qu’elle entretient à son sujet, reproduisant aveuglément ses propres attitudes colonialistes et pillant sa propre histoire et sa propre culture ». Par exemple, dans le roman comme dans la série, on retrouve sur la côte ouest un important marché d’artéfacts contrefaits qui livre un discours intéressant sur l’historicité et sur la nostalgie. Pour les Japonais, « les objets historiques américains sont l’emblème des vérités accumulées de l’Amérique; ils narrent le récit que l’Amérique se raconte d’elle-même ». Mais comme Carter le précise bien, « quand l’Amérique raconte son histoire, elle est romantique et courageuse; elle n’a jamais de sang sur les mains ». C’est dans cette veine que l’univers dystopique de la série The Man in the High Castle, tout comme le roman dont il est l’adaptation, nous plonge dans un certain envers du fantasme de l’américanité. Au sujet du roman, Carter dira que « dans les faits, l’Amérique nippone et l’Amérique nazie ne diffèrent pas tant de l’Amérique que nous connaissons. Le roman nous demande de considérer les réalités troublantes qui se terrent sous les visions glorieuses que nous entretenons de l’Amérique. Le message de Dick est clair : nous il importe de faire face aux aspects impérialistes et fascistes qui sous-tendent l’américanité. » Proposant une mise en scène qui permet au spectateur de questionner la dimension fantasmatique de cette américanité, l’adaptation télévisuelle de The Man in the High Castle poursuit à plusieurs égards la mise en garde effectuée par Philip K. Dick, tout en profitant pleinement du déploiement imaginaire que permet le médium télévisuel contemporain. Il en ressort un rapport au fantasme de l’américanité que je n’ai pu qu’effleurer ici, mais qui s’inscrit résolument dans l’air du temps…

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GARDER LES « IMPLIQUÉS » MOTIVÉS : L’IMPORTANCE DE L’ACCUEIL ET DE L’ACCOMPAGNEMENT DES RECRUES SHANIE LANGEVIN

On oublie souvent à quel point il est difficile d’entrer dans une nouvelle gang. Être un nouvel arrivant, se sentir seul et dépaysé, à nu devant un groupe qui te demande : -- Et toi, la recrue, dans quoi veux-tu t’impliquer en tant qu’administrateur pour les douze prochains mois de ton premier mandat? --

Euh…

Il est certain que, lorsqu’on est un professionnel ou un bénévole aguerri, on connait nos forces et nos faiblesses (manque de temps, par exemple) et c’est facile de dire : -- Moi, je veux mettre à jour le site Web. Je suis designer Web, j’vais faire ça à temps perdu de chez moi! Ou encore : -- Comme j’ai travaillé longtemps pour les festivals X, Y, Z, je peux très facilement nous organiser un lac-à-l’épaule vraiment hot pour notre planification stratégique. Je connais telle personne du milieu qui sera prête à nous coacher pour pas cher.

Généralement, les groupes axés sur la participation citoyenne ont une raison d’être, un mandat clair (en théorie). On doit donc être certain que l’organisation sait pourquoi elle existe et qu’elle transmette cette mission aux administrateurs, aux bénévoles et autres personnes impliquées. Lorsqu’un nouvel individu veut s’impliquer, qu’il est intéressé par la raison d’être de l’organisation, qu’il se sent impliqué par rapport à la mission, comment s’assure-t-on qu’il y reste? Il n’y a aucune garantie. Un millier de facteurs peuvent faire en sorte que notre nouvel administrateur parte et que les mêmes personnes restent, année après année. Cependant, on peut augmenter les chances en misant sur une intégration réussie des nouveaux.

CINQ PISTES D’ACTIONS VERS UNE INTÉGRATION POSITIVE 1. Toute personne qui fait partie d’un groupe qui se rencontre régulièrement pendant une période prolongée va se rendre compte que les relations entre les membres vont évoluer avec le temps.

Lac-à-l’épaule? Planification stratégique? Leadeurship? Pérennité? -- Pour vrai, je n’ai pas de préférence (lire ici : j’ai aucune idée de ce que je fais là, c’est mon ami qui m’a dit que ce serait cool de m’impliquer, mais pour vrai, j’me demande ce que je peux apporter, je n’ai pas d’expérience et tout le monde semble savoir où s’enligner). Après quelques mois, réception d’une lettre de démission.

2. Premièrement, il faut essayer de se mettre à la place de l’autre, de se souvenir de notre premier conseil d’administration ou du temps où le fonctionnement du Code Morin était un mystère. L’empathie permet de mieux déceler les besoins de l’autre. 3. Pour faciliter l’intégration, il est recommandé de faire une activité brise-glace avant les premières rencontres comme une séance de brainstorming en sous-groupes ou une activité ludique de quelques minutes. Il existe une multitude d’exemples d’activités qui permettent d’apprendre à se connaitre, de rigoler et d’être plus détendu.

Ce qui m’amène à parler du fameux « toujours les mêmes » (TLM) ou comment une mauvaise intégration des nouveaux administrateurs, bénévoles et même employés peut engendrer des départs fréquents et finir par faire entrer une organisation dans le cercle vicieux du TLM.

4. Ensuite, il est important de savoir qu’une nouvelle recrue n’aura pas nécessairement envie de donner son point de vue dès la première rencontre. Il faut trouver un équilibre.

Voici des pistes de réflexion sur l’intégration des nouveaux dans un processus de participation citoyenne fondées sur des ouvrages de référence et sur mon expérience d’administratrice et de membre actif de différents conseils d’administration, sur mes années de bénévolat et mes emplois comme responsable des bénévoles.

5. Lorsqu’on commence à s’impliquer, on est rarement familier avec le jargon de l’organisme. Afin d’éviter des malentendus, il faut s’assurer d’utiliser un langage simple, sans acronymes. Il faut éviter de tenir pour acquis que la personne comprend tout ce qui se passe, car la gêne empêche souvent de poser des questions.

LA PARTICIPATION CITOYENNE Les gens qui s’impliquent veulent habituellement faire une différence. Pour avoir été responsable des bénévoles pour un groupe environnemental, je peux dire que c’est très rare que les gens trient les poubelles de festivals par pure bonté de cœur. La plupart du temps, le noyau central de ces bénévoles est formé de gens conscientisés par la cause qui pensent que chaque petit geste compte. Il faut donc approcher des gens qui s’intéressent à la mission de l’organisme ou prospecter de futurs bénévoles et faire naitre l’intérêt en eux. Une personne touchée par la problématique que l’organisme tente de régler sera plus à même de se sentir interpelée par les actions de celui-ci. Jusque-là, c’est simple! Ça se corse lorsqu’on ajoute un peu de psychologie des groupes.

L’INTÉGRATION D’UN INDIVIDU À UN GROUPE Ce n’est pas parce qu’on essaie d’améliorer notre communauté qu’on arrête d’être un humain. Nous sommes des animaux sociaux aimant travailler en équipe, à condition d’avoir un certain sentiment d’appartenance pour le groupe et que celui-ci soit fonctionnel. Sans ce lien unissant les membres entre eux, l’implication la plus noble peut devenir une expérience très stressante. De plus, un groupe de travail présentant de nombreux conflits sera très peu attrayant, tant pour les gens déjà impliqués que pour les recrues potentielles.

Finalement, à la fin des premières rencontres, il peut être rassurant pour la personne qu’on aille la voir pour savoir comment elle a vécu la rencontre. C’est une bonne occasion pour revenir en groupe et faire un tour de table. Dans ce tour de table, on pourra investiguer quels ont été les points forts et les points moins compris ou moins aimés. Cela renforce le sentiment d’appartenance de tous les membres. Il n’y a pas de recette miracle. Cependant, malgré le manque de temps et de ressources, il est crucial de mettre en branle un processus d’intégration des nouveaux.

Références ANDRÉ, P. avec la collaboration de P. MARTIN et G. LANMAFANKPOTIN. «  Participation citoyenne  », [En ligne] dans Le dictionnaire encyclopédique de l’administration publique, [dictionnaire.enap.ca]. LAVOIE, J. et J. PANET-RAYMOND. La pratique de l’action communautaire, Québec, Les Presses de l’Université du Québec, 2011. MOYSE STEINBERG, D. Le travail de groupe : un modèle axé sur l’aide mutuelle. Pour aider les personnes à s’entraider, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2012. TURCOTTE, D. et J. LINDSAY. L’intervention sociale auprès des groupes, Montréal, Les éditions Chenelière, 2008.

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CONTE

PARCOURS CONTÉ : VISITE GUIDÉE DANS L’IMAGINAIRE DE GUILLAUME BEAULIEU LISE MILLETTE

En individuel ou en entreprise Skype/téléphone ou en personne

Dépoussiérer l’histoire et plonger dans un récit à la fois touchant, avec un soupçon de romantisme et peut-être même un moment de recueillement : c’est le pari du conteur Guillaume Beaulieu, qui propose sa relecture de La Sarre, qui célèbre ses 100 ans cette année.

819 815-3113 / abitibi-temiscamingue@outlook.com

À temps pour les festivités du centenaire, le Parcours conté tiendra en tout 15 représentations qui amèneront les spectateurs dans une expérience immersive. Le conteur promet de faire découvrir la ville, ses lieux phares, ses secrets et ses attraits contemporains. Pour réaliser son parcours, Guillaume Beaulieu n’a pas qu’inventé : il s’est documenté. « J’ai pris le temps de m’abreuver aux histoires des gens, de m’imprégner, et aussi d’y greffer mes propres histoires puisque je suis, moi aussi, un gars de La Sarre. »

Centre d'exposition de Val-d'Or e

600, 7 Rue Val-d'Or (Québec) J9P 3P3

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LES 7 GRANDS-PÈRES ET RÉTROSPECTIVE DE FRANK POLSON

En cumulant les informations, les récits et en puisant dans ses propres souvenirs, c’est l’aboutissement d’un long travail qui est livré. « Je travaille sur ce projet depuis deux ans », précise le fondateur et guide des Circuits GENTOURS en Abitibi-Ouest. Guillaume Beaulieu a fait des études en science politique et en anthropologie à l’Université Laval de Québec, mais ses racines abitibiennes sont bien enfouies. Ses histoires de l’Abitibi-Témiscamingue ont été portées jusqu’au Sénégal, bien loin du roc du Bouclier canadien. Il fait désormais partie des figures d’ici et, d’une certaine manière, des « légendes », une situation qui le fait un peu sourire. « Pour écrire mes textes, je puise dans les livres. Et aujourd’hui, je suis dans le livre d’histoire de La Sarre. J’avoue que ça fait drôle de me retrouver là. » Le Parcours conté se déploie sous forme de sketch ou de légende avec la complicité de Jasmin Bouchard, qui fait dans l’improvisation. Le tour s’amorce au Bureau d’information touristique et de là, les spectateurs embarquent dans une aventure d’environ une heure trente qui migre en six points d’arrêt différents. « On navigue dans les premières rues et je traverse l’histoire jusqu’à la période contemporaine. C’est vraiment une manière de revisiter La Sarre avec des éléments de fierté pour une ville plutôt habituée à une sorte de modestie », explique Guillaume Beaulieu, chez qui l’on devine l’enthousiasme de raconter.

L’ORIGNAL, 2016

Jusqu’au 27 août 2017 Résidence de l’artiste du 10 au 13 août 2017. Bienvenue à tous Remerciements aux Amies et Amis du Centre ainsi qu’aux subventionneurs suivants :

Ce Parcours conté, qui intègre des segments historiques dans une ambiance de conte et de légendes, est une manière aussi de porter un regard sur une ville que Guillaume Beaulieu connait bien. « Pour moi, cela représente une suite dans mon propre parcours. Je me souviens, il y a 17 ans, quand j’avais lancé les circuits GENTOURS en 2000… Je me retrouve aujourd’hui à faire un retour sur La Sarre, mais avec un regard un peu différent. Et à 37 ans, peut-être que je pourrais aussi me retrouver au 125e », laisse-t-il planer. Souhait? Suite annoncée? Seul le temps le dira.

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12 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017


CONTE

HISTOIRES DE CONTEURS JACK DUHAIME

« André Lemelin, pour moi, c’est d’abord un créateur, dit la conteuse autochtone Joséphine Bacon. Dans sa tête, il a toujours quelque chose qui nait, de nouvelles images pour le bonheur des gens qui l’écoutent. Il a donné naissance à bien des festivals et une fois qu’ils étaient montés et bien en santé, il partait pour créer autre chose ailleurs. C’est un nomade du conte! »

CamyAnne Garceau Bédard, 20 ans, est la nièce de Nicole Garceau, la présidente du Festival régional de contes et légendes. CamyAnne est montée sur la scène de la grande salle du festival avec une enviable prestance. Elle a invité le public à taper deux fois des mains lors des moments forts de son histoire puisée dans le livre 1001 contes de la nature à la bibliothèque : « Comme c’est un conte qui parle de la forêt, je l’ai pratiqué deux fois en parlant seule en pleine forêt. Je pense qu’en général, le conte n’est pas assez populaire. Les gens vont dans des festivals où il y a de la grosse musique, mais le conte, c’est pas assez connu. Câline! C’est tellement beau, le conte! »

JDUHAIME

« Il y a eu comme une coupure entre les pratiques amateurs traditionnelles et les pratiques professionnelles scéniques, explique André Lemelin. Là, le créneau traditionnel est assez pris, puis le créneau professionnel est assez plafonné, dans le sens où on n’a pas une masse critique pour déborder. Ça fait qu’on tourne en rond. Beaucoup de conteurs décrochent parce qu’ils n’arrivent pas à être professionnels. Pas parce qu’ils ne sont pas bons. Parce qu’on n’a pas les structures, les salles et les réseaux, pis après 3 ou 4 ans à frapper un mur, tu tombes amateur ou tu t’arrêtes! » Un second conteur se présente : « André Bernard, conteur cycliste. J’invente des contes autour du vélo ou je les approfondis en pédalant.  » Sauf que ce samedi-là, André Bernard ne parle pas de vélo, mais de minerais. C’est l’activité Contes de mines au marché public Agnico Eagle. Comme technicien minier, André Bernard démontre sa maitrise du vocabulaire en narrant au public du festival les aventures d’un mineur polonais, d’autant moins loquace qu’il a coutume de cacher des pépites d’or sous sa langue...

« Le jeudi, après avoir fait l’épicerie, j’allais prendre une bière au Rafiot, un bar de Val-d’Or, dit André Bernard. À ce moment, on y organisait des soirées de contes. Ça a duré quelques années. Le premier texte que j’ai conté était de Richard Desjardins : Le gout de l’or. Un texte vraiment bien structuré que j’ai récité de façon intégrale. » Conte à lire avec un fort accent espagnol : « Capitan, écoutez-moi! J’ai maitrisé la Terre de Feu, l’enfer de glace! J’allais heureux en transformant mes volontés en or massif… Jamais je n’aurais cru périr par le mouvement du vide… »

JDUHAIME

Dans le cadre du Festival de contes et légendes en Abitibi-Témiscamingue, Lemelin a donné un méga show à la bibliothèque municipale. Un public préscolaire chauffé à blanc l’a vu et écouté avec attention pendant une heure entière. Lemelin, parfois en équilibre sur une grosse boite, se défend contre un géant (aussi fait de boites de carton), puis fait disparaitre la méchante professeure/sorcière et devient un héros dans son école primaire, tout ça avec l’aide de son fidèle ami Optimus, le chat qui parle.

Claude Boutet, lui, est un professeur d’informatique au collégial qui appuie le festival pour une 14e saison : « J’ai d’abord été organisateur d’évènements, ensuite j’ai conté. C’est demeuré un loisir, pas une profession! » D’abord au bénéfice des cégépiens, puis du grand public. Claude apprend le violon sur un vieil instrument de bois auquel il manque une volute (un bidule en bois). Il dit vouloir s’en inspirer pour orienter l’intrigue de son prochain conte qui s’intitulera Le mystère de la volute fantôme du rang Sept…

Puis, Claude Boutet s’exclame : «  Marta est bien belle! », en se référant à la professeure retraitée Marta Saenz de la Calzada. « Je lui dis toujours qu’elle est belle. C’est une dame très intense… Marta est une femme d’Espagne, on entend ça dans ses contes. » Martha a gagné un concours narratif à Cuba. Avec le même conte, elle s’est classée deuxième au Concours de la grande menterie de Val-d’Or. Le format de 8 minutes du concours est le seul responsable de cette contreperformance. Marta a trop tardé au début pour camper son histoire, ce qui l’a obligée à larguer en peu de mots le punch final de ce conte qui raconte son propre combat contre la solitude à Rouyn-Noranda avec toute l’humilité et l’émotion d’une dame qui sera toujours la plus belle. «  Je viens du théâtre, dit Marta, mais c’était devenu compliqué. Je suis passée de jeune première avec un accent à vieille femme avec un accent. Nicole Garceau m’a invitée (à Val-d’Or) à venir conter un conte. Ça me permet de maintenir le contact avec le public. » Pierro Labrèche, conteur abitibien à temps plein (surtout depuis qu’il a pris sa retraite de Postes Canada) a quant à lui chanté, en s’accompagnant à la guitare et à l’harmonica, pour quelques chanceux s’étant inscrits à une visite contée de la mine Bourlamaque. « Mon père était le dernier d’une famille de dix enfants. Mon père faisait assoir toute la famille dans l’escalier, pis lui, en bas, il s’installait et leur racontait des faits de guerre. Mon père n’est jamais allé à la guerre de sa vie! Il avait dans le dos deux grandes cicatrices, car il avait été opéré de pleurésie étant jeune. Il leur racontait qu’il avait été attaqué par l’ennemi. C’est ce genre d’histoire là que mon père racontait. Pis en plus, il aimait chanter. Mal… mais il aimait chanter! Mon inspiration peut venir de là. »

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Après avoir grandi à Senneterre, puis s’être exilé pour devenir peu à peu une légende dans le petit monde québécois des conteurs, André Lemelin est de retour dans la région pour une série de spectacles.

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LITTÉRATURE

LA LÉGENDE DU PONT SUSPENDU S’EXPOSE TOUT L’ÉTÉ COLLECTIF D’AUTEURS

Depuis 2015, la Ville de Rouyn-Noranda réalise une œuvre participative. Cette année, la troisième édition coïncidait avec le Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue. L’auteure Sonia Cotten a pris la direction de ce projet hautement créatif qui a rassemblé autour d’une même table auteurs aguerris et écrivains amateurs. Pendant quelques jours, du 25 au 28 mai, cinq ateliers d’écriture ont été offerts à des citoyens-auteurs qui ont donné naissance à La légende du pont suspendu et à une œuvre visuelle de l’artiste Valéry Hamelin qui, aux pinceaux, créait – tout en inspirant les auteurs – sa version toute personnelle de cette légende. Le texte sera imprimé à 500 exemplaires qui s’envoleront sans doute au cours de l’été alors que les visiteurs du parc d’Aiguebelle repartiront avec leur petit bout de légende. La légende est une œuvre écrite par Tommy Allen, Alice Aubin, Amélie Bélanger, Aline Blanchette, Jérémie Bouchard, Raphael Bouchard, Pauline Clermont, Jenny Corriveau, Thierry et Mérédith DeNoncourt, Marie-Hélène Desgagné-Dupras, Manon Faber, Gilles Gendron, Sylvain Janneteau, Clara Lambert, Anne-Marie Lemieux, Coralie Lemieux, William Tousignant et Anne-Marie Trépanier, avec la collaboration des auteurs Virginie Blanchette-Doucet, Guillaume Beaulieu, Bruce Gervais, Nicolas Lauzon et Cathy Pomerleau. En voici le premier chapitre :

LISE MILLETTE

Cet été, une œuvre collective à laquelle plusieurs membres du public ont collaboré sera exposée tout l’été au parc national d’Aiguebelle.

Au final, la paix avait couté au Patriarche son corps et sa quiétude. Avant de s’endormir à jamais, quelques humains qui l’auraient aperçu racontèrent qu’il erra pendant toute une saison, tantôt râlant, tantôt bourrassant, renversant bouleaux et épinettes, la nuit comme le jour. Les humains, eux-mêmes peu nombreux, ne s’accordaient pas sur son existence. Sur le territoire que nous foulons aujourd’hui, on ne comptait alors qu’un seul lac et seulement une petite communauté d’humains, installés tout autour. Des chasseurs, des cueilleurs, des êtres humains occupés à lutter pour la paix de leur estomac, de se battre pour la chaleur, à offrir leurs exploits en échange d’une descendance. Des enfants humains, aux yeux, aux oreilles, aux cœurs ouverts. Ouverts aux bruits du vent, du tonnerre et de l’eau, des animaux fuyants, chassant, hurlant, volant, chantant. Des ours, des belettes, des ratons. Des panaches, des ailes, des nageoires, des sabots, des museaux, des pattes… des grosses pattes, et par-dessus tout, soir et matin, le beau chant des huards.

CHAPITRE 1 C’est connu, hommes et géants, il y a 3 milliards d’années, se sont croisés. Les Stoneys aux États-Unis, les Atlantes, les géants des pays nordiques, tout juste avant que les derniers ne se changent en pierres.

Chaque soir, les enfants sortaient en cachette de leur maison pour entendre les huards chanter. Ils les applaudissaient tant et si bien que les huards leur faisaient des chants uniquement pour eux, et ils développèrent une amitié qui n’a pas besoin d’un langage commun pour qu’elle soit ressentie et partagée.

Sur le territoire que nous foulons ici, il y en avait. Ils étaient 5, ou peut-être 6, un petit clan dirigé par le Patriarche, barbu au corps couvert de cicatrices, mais pas aussi effrayant que ses cris de colère!

(À suivre) La suite vous attend au parc d’Aiguebelle!

Mais le patriarche était surtout triste, les géants, d’habitude, sont pacifiques. Ils avaient été obligés de se battre entre eux. Ceux qui n’acceptaient pas la fin imminente de leur sort et souhaitaient conquête, et donc combat, contre ceux qui voulaient vivre en paix leur crépuscule.

Ce projet tripartite a été rendu possible avec le concours de la Ville de Rouyn-Noranda, du ministère de la Culture et du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue.

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CULTURAT

DANS LES YEUX DE DOMINIC LAPOINTE VIRGIL LAFERTÉ

La démarche CULTURAT est bien connue en Abitibi-Témiscamingue. Depuis plusieurs années, les actions et réalisations sur le territoire sont immenses et il est difficile de ne pas les remarquer ou de ne pas s’y intéresser. Cette démarche, qui est initiée par et pour les gens d’ici, touche plusieurs citoyens au cœur de notre région, mais qu’en est-il d’un point de vue extérieur, lorsque la démarche sort de nos frontières? Nous avons demandé à Dominic Lapointe, titulaire d’un doctorat en développement régional de l’Université du Québec à Rimouski et enseignant au Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG-UQÀM, de nous partager sa vision de notre région, de notre développement et de CULTURAT. « L’Abitibi-Témiscamingue évoque pour moi deux éléments, nous confie-t-il. Premièrement, de grands espaces forestiers avec des lacs et des rivières, une nature imposante. Deuxièmement, un pays neuf récemment ouvert où tout est possible. » Et qui dit « pays neuf » dit grandes possibilités de développement.

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Ce développement, nous l’avons fait, et le faisons encore, de bien des manières, mais davantage autour des arts et de la culture dans le cas qui nous concerne. Bien que CULTURAT soit chapeautée par Tourisme Abitibi-Témiscamingue, la démarche s’est articulée davantage autour du citoyen et de sa qualité de vie que du visiteur, bien que celui-ci bénéficie aussi des actions entreprises. « Dès ma thèse, je m’intéressais à la question du tourisme comme stratégie de développement pour des communautés en situation de précarité économique. Mon rapport au tourisme est toutefois relativement critique, car s’il peut être un fabuleux moyen pour développer l’économie, mettre en valeur les modes d’habitation d’un territoire, principalement à travers sa culture et son environnement, il peut aussi devenir une source majeure d’impacts pour les communautés locales. » Mais qu’en est-il de CULTURAT? Pouvons-nous parvenir à un développement bénéfique et durable pour la population? Dominic Lapointe fournit une partie de la réponse : « La démarche représente une manifestation concrète de la vision du développement local  tel que je le présente dans mes travaux académiques, soit un développement qui est fait en premier pour les citoyens, leur qualité de vie et leurs aspirations, plutôt que basé sur les désirs des touristes. Dans cette perspective, l’investissement, tout en augmentant l’attractivité, contribue rapidement aux populations locales qui, en retour, ne se sentiront pas flouées si les touristes tardent à venir ou si les flux touristiques restent inégaux d’une année à l’autre. »

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Pouvons-nous conclure que nous détenons un modèle exportable? « De l’extérieur, CULTURAT m’apparait une initiative qui a le potentiel de faire école, répond Dominic, mais qui ne reste malheureusement pas assez connue à l’extérieur de la région. »

Vous avez une histoire pour capter l’attention et captiver les gens?

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Tous les samedis de l’été 1er juillet au 30 septembre 9 h 30 à 13 h 30 À la Place de la Citoyenneté et de la Coopération (en face de l’hôtel de ville)

1er juillet : Ouverture officielle et distribution de petits arbres 8 juillet : Présentation du Parc d’Aiguebelle 15 juillet : Dégustation offerte par Mme Christine Moore 11 au 20 août : Semaine Québécoise des Marchés Publics 26 août : Présentation du Parc d’Aiguebelle

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CRITIQUE LITTÉRAIRE

PAR ANNY-PIER LÉVESQUE, ROSE JUTRAS, CHARLES GIROUARD, KORALIE YERGEAU ET JÉRÔME ADAM

Stéphanie Boulay, artiste reconnue pour son duo musical avec sa sœur, préfère se voir tout d’abord écrivaine plutôt que chanteuse.

GENEVIEVE BELAND

À l’abri des hommes et des choses, son premier roman, est l’une de ces œuvres que l’on peut qualifier de différentes. Une différence qui se caractérise par un style d’écriture marginal, un récit original et une très grande sensibilité. Le récit étant raconté à travers les yeux d’une jeune fille dite limitée, ou « pas vite vite », le passage forcé de l’enfance vers la vie adulte est exploré dans une candide mentalité. Mais limitée, l’est-elle vraiment? Certes, sur le plan intellectuel, il va sans dire qu’elle est loin d’être une première de classe. Par contre, cette adolescente ne cesse d’impressionner par sa façon percutante de voir la vie et par son immense empathie. Elle développe, par son étroite relation avec la nature, un côté humaniste que peu de gens peuvent se vanter d’avoir. Toute cette simplicité de pensée qui est à la fois très logique et décalée vient en rajouter à la beauté de ce roman. Le style d’écriture est tout aussi coloré que le personnage. Grâce aux nombreuses métaphores, au vocabulaire familier et autres figures stylistiques, on est transporté, dès les premières pages, dans l’imaginaire de la jeune fille. C’est un univers particulier auquel le lecteur doit s’adapter. Le registre de langue, qui confronte toutes les règles, est certainement ce qui donne au roman tout son charme.

Malgré l’innocence du personnage, les thèmes abordés par Stéphanie Boulay ne sont pas toujours roses. La dépression, l’alcoolisme, la solitude et le mal de vivre sont présents dans le quotidien de la jeune fille et de sa tutrice, Titi. On pourrait penser qu’il est risqué de parler de tels sujets, mais la façon naïve dont la fillette est accoutumée à ces situations rend le lecteur d’autant plus à l’aise. Même les aspects de la vie qui ne peuvent que sembler beaux, comme la famille et l’amitié, sont assombris par les épreuves difficiles auxquelles les deux personnages font face. L’adolescente vit le rejet et l’amour, ressent la confiance, puis la trahison et voit son corps changer sans que personne ne lui explique « puisqu’elle ne peut pas comprendre ». Au final, c’est la singularité du roman de Stéphanie Boulay qui fait en sorte que les lecteurs qui cherchent à y comprendre quelque chose le feront naturellement. Avec une œuvre dont le langage est simple et spontané, mais dont le message vise un public possédant une certaine maturité, il faut être prêt à se sentir rapproché de ses émotions. Il faut reconnaitre que, subtilement, Stéphanie Boulay est maitre dans l’art de nous faire comprendre qu’une personne est beaucoup plus qu’une maladie ou qu’un trait de caractère.

Coin de lecture… jeunesse

LE PETIT ROMAN SUR MICHEL PAGEAU VICKY BERGERON

L’auteure Stéphanie Déziel, originaire de l’Abitibi, présente dans un court livre de 88 pages un peu du vécu de Michel Pageau, fondateur du Refuge Pageau d’Amos. Dans le petit roman Michel, la corneille, l’outarde et le loup, le jeune lecteur apprend comment l’ancien trappeur décédé en 2016 a su tisser un lien bien particulier avec les animaux. L’Indice bohémien a demandé à une jeune lectrice, Vicky, d’en faire la critique. Comment pourrais-tu résumer cette histoire?

LAURENT BERGERON

À L’ABRI DES HOMMES ET DES CHOSES

LITTÉRATURE

J’aurais aimé discuter avec lui et lui demander comment il a fait pour s’occuper de tous ces animaux et quelles sont les bases du métier. J’avoue que j’aimerais bien aussi prendre soin de ces bêtes comme lui. Est-ce que tu conseillerais ce livre? Pourquoi?

Le roman raconte une partie de la vie de Michel Pageau, mais aussi de certaines rencontres comme celle avec Pénélope la corneille, Gudule l’outarde et Tché tché le loup.

Bien sûr que je le conseillerais! D’abord, à tous les jeunes enfants qui aiment les animaux et la nature, mais aussi à tous les enseignants de français qui cherchent de bonnes histoires à faire lire à leurs élèves.

Parmi tous les animaux présentés, lequel as-tu préféré?

Comment as-tu trouvé la lecture de ce livre?

Ils avaient tous quelque chose d’intéressant, mais j’ai préféré le loup, parce que c’est un de mes animaux favoris et aussi parce que j’ai vraiment aimé son histoire telle que racontée par l’auteure.

J’ai trouvé le livre très facile à lire et passionnant. J’ai adoré les images et la façon dont l’histoire est racontée.

Que retiens-tu de ce livre? Ce que je retiens… c’est que nous, les hommes, pouvons aider les animaux sauvages, mais à certaines conditions : quand ils sont en détresse, qu’ils sont blessés ou affamés ou lorsqu’ils peuvent cause des dommages importants. Ce dernier point est d’ailleurs la raison qui a amené Michel Pageau à recueillir les loups. Ce livre n’est pas qu’une histoire et Michel Pageau n’est pas qu’un personnage, qu’aurais-tu aimé lui demander?

CONCOURS L’Indice bohémien vous offre la chance de découvrir vous aussi l’histoire de Michel Pageau par Stéphanie Déziel. Pour ce faire, écrivez-nous à l’adresse suivante en prenant soin de nous indiquer vos coordonnées. Concours Livre sur Michel Pageau a/s de L’Indice bohémien 150, avenue du Lac Rouyn-Noranda (Québec) J9X 4N5 Tirage le 22 aout!

L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 17


LITTÉRATURE

UN TROISIÈME PREMIER PRIX LITTÉRAIRE POUR BRUNO CRÉPEAULT LISE MILLETTE

« Je ne me considère pas comme un écrivain, je dirais plus un écriveux que d’autres choses… ou un créateur, mais ça pourrait sembler un peu prétentieux », hésite Bruno Crépeault, en toute simplicité. Retraité d’Air Canada depuis deux ans, Bruno Crépeault a laissé les aéroplanes pour la production vidéo et travaille maintenant chez Adama Production à Val-d’Or. C’est d’ailleurs à quelques minutes de son départ pour un projet de tournage qu’il a pris un moment pour répondre à L’Indice bohémien sur son tour du chapeau aux Prix littéraires de l’Abitibi-Témiscamingue. En 2017, le concours avait demandé aux auteurs de livrer les textes de cinq chansons inédites dont l’une devait être intitulée Pétrole. Les textes devaient avoir au moins trois couplets et un refrain. « Il y en avait une que j’avais écrite pour ma blonde, pour ses 30 ans, une autre composée pour ma mère. Celle dont je suis le plus content est Pétrole et dire qu’au départ, pub trop indice_prom été copie.pdf 1 17-06-12 11:58 je ne savais quoi écrire. C’est dire comment un thème peut vous surprendre », raconte M. Crépeault.

ARTS

C

M

J

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15 juin au 10 septembre 2017

programmation été 2017 15 juin au 10 septembre

Bruno Crépeault refuse toutefois de prétendre avoir une formule ou une recette qui fait flèche de tout bois.

Roger Pelerin

« Tout dépend de l’idée. Il faut trouver où ça se place le mieux et comment bien servir cette idée. Il faut être lucide, avoir du discernement et un peu de talent. Mais ça ne fonctionne pas toujours. J’avais soumis en poésie et ça n’a pas marché. »

Centre d’interprétation de la foresterie

15 juin au 10 septembre 2017

CJ

Faire chantier

CMJ

Salle du conseil municipal

LA Galerie des artistes d’ici Salle du conseil municipal

LAS’ART - EXPOSITION D’ORIFLAMMES 5e Avenue et rue Principale

LES MAIRES, DE 1917 À AUJOURD’HUI Hall d’entrée - Salle du conseil municipal

Salle du conseil municipal 201, rue Principale, La Sarre (Québec) J9Z 1Y3 Heures d’ouverture Lundi au vendredi : 9 h à 12 h / 13 h à 16 h

Crédits photos : Jean Caron

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ET LA SUITE? Bruno Crépeault reste mystérieux sur ses projets. Il faudra néanmoins surveiller ce créateur et ses projets en hibernation.

Exposition de la collection des œuvres de Jean-Paul Hubert

N

Centre d’art Rotary de La Sarre 195, rue Principale, La Sarre (Québec) J9Z 1Y3 Heures d’ouverture Mardi au vendredi : 13 h à 16 h 30 / 19 h à 21 h Samedi et dimanche : 13 h à 17 h

« Ma mère a été un peu triste parce qu’elle a dû attendre sept ans avant de pouvoir le lire! En fait, je pourrais sans doute écrire plus, mais je ne me force pas à produire. Le projet sur lequel je travaille, je l’avais en tête depuis 11 ans. Des fois, je laisse reposer, jusqu’à ce que je ressente l’envie de le voir, de le toucher », résume-t-il.

Preuve qu’une idée peut prendre diverses formes, Bruno Crépeault a aussi imaginé un jeu de société, Rockwell, dans lequel chaque joueur est propriétaire d’une compagnie minière junior dont l’objectif est de séduire la grande entreprise Rockwell. Pour ce faire, il faut user de ruses et d’alliances pour atteindre le premier, à grands coups de forage, le centre de la Terre.

Centre d’art Rotary

MJ

Ce roman s’est retrouvé finaliste au Grand Prix littéraire Archambault en 2012, plusieurs années après son couronnement abitibien.

En 2006, Bruno Crépeault avait tenté sa chance en présentant des nouvelles littéraires. Là encore, il s’est illustré et a décroché le premier prix.

Regard sur la colonisation

Eddyenne RODRIGUE

« Après avoir reçu le prix, Denis Cloutier, des Éditions du Quartz, qui l’avait lu, se demandait “Mais pourquoi il ne sort pas ça?” S’il n’était pas venu cogner à ma porte, peut-être que je ne l’aurais jamais publié », reconnait-il.

UNE IMAGINATION QUI BOUILLONNE

15 juin au 1er septembre 2017

Hommage à notre histoire

Les deux premières chansons reposaient tranquillement dans un tiroir. Cet état de dormance s’avère la marque de commerce de cet auteur primé, pour que d’autres voient le potentiel de ses créations avant lui. C’est un peu l’histoire derrière son livre La mémoire du funambule, qui avait remporté le premier prix en 2005 et qu’il avait soumis sous le titre original de La peur de vivre.

Centre d’interprétation de la foresterie 600, rue Principale, La Sarre (Québec) J9Z 2A1 Heures d’ouverture Lundi au vendredi : 9 h à 18 h

La culture c’est dans ma nature ! Renseignements sur nos activités : www.ville.lasarre.qc.ca Ville de La Sarre-Centre d'art Rotary

Quant à ses chansons primées au Salon du livre, elles pourraient bien connaitre une suite. Trop tôt pour déterminer ce qu’elle sera. Sans doute faudra-t-il patienter un peu. Dans l’attente, voici un extrait du texte de sa chanson Pétrole : T’es aussi belle qu’une fière chandelle Figée dans cire de mes désirs Oui! bel amour Carburant de nos grands moments T’es mon pétrole Moitié-nectar, mi-vitriol T’es mon pétrole, mon doux alcool J’veux toute apprendre à ton école…


LITTÉRATURE

DES ÉCRIVAINS EN HERBE PRENNENT PART À UN CAMP D’ÉCRITURE JOSÉE LACROIX

Du 10 au 21 juillet, une dizaine d’enfants de 7 à 12 ans se réuniront au Centre Libellule pour créer des histoires et d’autres textes variés (poésie, chanson, texte informatif, etc.) dans le cadre d’un camp d’été en écriture créative. L’activité sera animée par Marie-Pier Béchard, jeune enseignante enthousiaste, fraichement diplômée de l’UQAT au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, fascinée par le potentiel créatif des enfants.  Mme  Béchard guidera les jeunes auteurs en les invitant à exprimer les idées qu’ils portent en eux et en leur proposant différents thèmes pour les encourager à aller plus loin. Les enfants auront également la chance de rencontrer des professionnels du milieu du livre et d’en apprendre davantage sur les différents métiers associés à l’écriture, à l’illustration, à l’édition et à la diffusion d’œuvres variées. Le but est aussi de les encourager à perfectionner leurs meilleurs textes pour les rendre dignes d’une première publication.  En 2016, les jeunes ont su démontrer leur créativité. Nous publions ici le texte de la jeune Béatrice Luneau.

Palacia vit dans l’eau. Grâce à ses mains et à ses pieds palmés, elle peut se déplacer très rapidement. À Coquilletown, il y a des endroits qu’il faut éviter. Par exemple, le Gouffre. Ce trou est creusé dans une roche pointue près de la plantation de coquillages. Les Palmains ont tous très peur du Gouffre. Palacia n’y est jamais allée, mais on raconte que des explorateurs intrigués y sont entrés et n’en sont jamais ressortis. Ce matin-là, Palacia se réveilla comme tous les autres matins. Elle alla prendre son petit déjeuner composé de coquillages roses grillés avec des algues en compote. Ensuite, elle se brossa les dents et mit sa belle robe verte faite d’algues. Puis, elle alla s’assoir devant la télévision. Palacia prit la télécommande et mit le poste du téléjournal. On y voyait un Palmain habillé en veston et à la moustache crépue qui parlait de la disparition de tous les coquillages qui poussaient dans la plantation de Coquilletown. Avec cette nouvelle, les habitants se mirent à paniquer. Qu’allaient-ils manger? C’était la panique totale dans la petite ville de Coquilletown. Palacia était bien intriguée par cette étrange disparition. Elle alla faire un tour à la plantation. Elle voulait savoir comment les coquillages étaient disparus. Elle s’assit un instant pour réfléchir à la situation en regardant les petits tas de sable. Après une heure de réflexion, elle décida d’appeler son amie Alguia, qui la rejoint cinq minutes plus tard. Alguia adorait jouer la détective et l’aida avec enthousiasme. Elles commencèrent par observer chaque plant. Quand tout à coup, Alguia lança un cri. Palacia alla à sa rescousse et donna un petit coup sur le crabe qui agaçait son amie. Alguia avait une peur bleue des crabes. « Et si c’était un crabe qui avait mangé tous les coquillages? » Palacia partagea son idée avec son amie, qui courut au magasin le plus proche pour acheter un piège à crabe. Elles l’installèrent en dessous d’un tas de sable. Quelques jours plus tard, elles revinrent, mais le piège était vide. Palacia se dit alors que le crabe n’était pas le coupable. Découragées, elles s’assirent sur un rocher. Tout d’un coup, elles se sentirent aspirées par un courant d’eau terriblement fort, puis soulevées du sol. Elles virevoltèrent vers le Gouffre et atterrirent brusquement au sol. Il n’y avait plus de courant et le Gouffre n’était plus qu’à un mètre. --

C’est le Gouffre! C’est le Gouffre qui a aspiré les coquillages, s’écria Palacia.

--

Mais pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt? dit Alguia.

-- Je cours le dire aux habitants pour qu’on puisse trouver une solution, répondit Palacia. Elles s’élancèrent dans une nage folle jusqu’à la ville où Palacia mit ses mains en portevoix afin de tout le monde l’entende. -- Écoutez-moi, nous avons trouvé le coupable du vol de coquillages. Il aspire tout ce qu’il y a autour de lui. Il faut le boucher. Aidez-moi à trouver des bouts de bois. Allez, dépêchez-vous. Des « D’accord » et des « Oui » fusèrent de partout. Les Palmains nagèrent à une vitesse hallucinante pour trouver du bois. Palacia et Alguia firent le tour de la ville. Elles allèrent au Aqua-Mart, au supermarché Nage-Vite, à la mairie et au Radiocoquillage pour avertir les gens. La population s’est réunie autour du Gouffe et boucha l’ouverture.

UNE NOUVELLE SURPRENANTE CHEZ LES PALMAINS Palacia habitait dans une ville nommée Coquilletown. Un habitat constitué d’algues, de sable et de coquillages. Palacia est une Palmaine, une humaine palmée. Elle a de longs cheveux verts composés d’algues, un petit nez pointu, de grands yeux bleus et des joues toutes roses.

Fière de sa réussite, Palacia retourna chez elle pour se reposer. Pendant que la population de Coquilletown faisait la fête, elle rêvait à tous les mystères qu’elle pourrait résoudre à l’avenir. Pendant ce temps, les coquillages se remirent à pousser lentement.

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PAR ÉMILIE ALAIN, OLI BOUTIQUE GOURMANDE Obtenir un emploi est une chose, le conserver en est une autre! C’est lorsque les conseillers en emploi du Carrefour Jeunesse Emploi d’Abitibi-Ouest ont constaté que certains jeunes qu’ils avaient aidés à dénicher un emploi requéraient de nouveau leurs services qu’ils en ont fait le constat. C’est donc de l’idée de former les jeunes au marché du travail qu’est né le projet Vroom en 2014.

Au départ constitué d’une shop de réparation de vélos et de fabrication de longboards, le projet Vroom s’est lentement développé une niche dans les produits écologiques. Si le projet de départ visait à former les jeunes pour les aider à intégrer le marché du travail, la mission de Vroom est aujourd’hui élargie à l’éducation à la consommation responsable et au développement de l’entrepreneuriat. C’est la vision de tous les acteurs du projet, autant les membres du conseil d’administration, les travailleurs, les participants et les partenaires qui a permis au projet de prendre son envol. Et si le projet a fait face aux mêmes difficultés que toute entreprise depuis sa création : financement, gestion des stocks, gestion de la trésorerie, croissance, c’est au niveau de la gestion des ressources humaines qu’on y constate d’abord la vocation sociale.

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En effet, la gestion des ressources humaines dans une entreprise d’économie sociale demande une grande créativité! Mais c’est aussi ce qui en fait la force. Les participants du projet Vroom vivent généralement des difficultés financières, personnelles ou scolaires et le projet leur offre l’opportunité de se réaliser personnellement. Les participants deviennent rapidement impliqués et c’est leur implication qui a permis à Vroom de passer d’une petite shop de réparation de vélos à une belle boutique. Les participants sont invités à s’intéresser à toutes les sphères de la gestion d’une entreprise et certains se découvrent même des passions pour l’entrepreneuriat. En tant qu’entreprise à vocation sociale, le projet Vroom mise sur l’implication de son personnel dans son développement pour assurer non seulement sa survie, mais sa croissance. Vroom ne se contente plus aujourd’hui de former les jeunes au marché du travail, mais vise aussi à les éduquer en tant que consommateurs. C’est pourquoi le projet bâtit sa niche dans les produits écologiques et offre aussi une vitrine aux producteurs régionaux.

SUR L’ENTREPRISE AUTEURE... Oli Boutique Gourmande se distingue par son vaste choix de produits alimentaires haut de gamme tels que plusieurs variétés d’huiles, des vinaigres, des accompagnements de viandes et fromages, des olives, des sauces fortes et du thé. Et que dire des différentes variétés de chocolats fins et de leur nouveauté les « bubble tea »! Elle offre également des accessoires de cuisine, de bar et de décoration. La qualité des produits offerts en fait d’excellentes idées cadeaux! Au cours des derniers mois, de belles gammes de produits suivant une tendance écologique se sont ajoutées. On y retrouve donc des sacs réutilisables, des sacs de rangement en papier lavable, des couvercles de pots pour remplacer la pellicule plastique, des sacs à collation style « baggies » réutilisables, de la vaisselle pour bébé en bambou, des bavettes en silicone et des accessoires pour pots Mason. Les propriétaires sont très ouverts aux propositions et ont à cœur de satisfaire leur clientèle en leur offrant une expérience de magasinage personnalisée. Oli Boutique Gourmande 57, 5e Avenue Est, La Sarre, (Québec) J9Z 1L1 819 333-4214

Développement économique Canada pour les régions du Québec appuie financièrement la SADC


RÉGION INTELLIGENTE

RÉGIONS ET CONCURRENCE

Oups, l’aviez-vous vu venir, celle-là, les babyboumeurs qui s’exilent? Pas moi, du moins jusqu’à récemment. Un autre chantier nous attend, dirait-on.

MICHEL DESFOSSÉS

Chaque été, les régions du Québec ou des provinces maritimes rivalisent dans l’espace média pour attirer un maximum de touristes. Tellement qu’on pourrait penser que l’attractivité des territoires régionaux est essentiellement une affaire de concurrence. En fait, l’attraction est une démarche qui touche plus d’un enjeu et forcément plus d’un public potentiel. Musique, maestro Félix B. Desfossés! Mettez en chanson cette chronique qui abordera la course inexorable des régions pour monter en première position.

Après avoir connu plusieurs mégas succès disco lors de la deuxième moitié des années 70, Boule Noire a commis un 45 tours en 1981 sous son vrai nom : Georges Thurston. Il y propose une tournée des villes du Québec sur un beat disco funk!  Embarquez!

Faut-il donc une recette miracle pour devenir les kings de la grande ou de la petite séduction? Une région est, par défaut, une marque. Comme pour toutes les marques, on se doit de la standardiser ou, au moins, de la rendre la plus cohérente possible, et ce, pour tous les publics interpelés. Il n’y a pas de place dans l’espace public pour se présenter avec un trouble de la personnalité multiple. Et qui sont les publics usuellement sollicités par les régions? Les touristes, évidemment. D’autres? Oh que oui! Étudiants, travailleurs, investisseurs, jeunes originaires. La liste est imposante! Régulièrement, l’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue (OAT) nous permet, statistiques à l’appui, de voir les résultats de nos efforts pour dévier les courants migratoires interrégionaux vers nous. Comme bien des régions, nous nous battons bec et ongles pour ramener les jeunes originaires de la région au bercail. Mais si l’on découvre d’ailleurs que ces jeunes ne reviennent pas et fondent une famille dans une autre région, eh bien, on voit de plus en plus de parents, devenus grands-parents, rejoindre leur progéniture afin de se rapprocher du levain naissant.

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L’OAT constate que la région est en équilibre précaire au plan démographique. Bon, il y a pire. Résistons à l’alarmisme! Alors, comment recruter, garder, attirer? Ma suggestion : il est inutile de surexposer ce que nous croyons avoir à vendre. Il faut d’abord trouver des gens qui n’ont pas ce que nous avons et qui, surtout, souhaitent y avoir accès. Ceci n’est pas de la tautologie de ma part. Voyez plutôt cette petite fable : Au jeu de la comparaison entre les régions, il y aura toujours quelqu’un qui mettra un pot de miel de plus que vous dans son panier de produits régionaux. À ce jeu-là, Yogi l’ours se paiera votre tête et se donnera un tour de rein à soulever la boite à piquenique de la région la plus fine. Que faire alors?

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Et puis, il y a aussi les travailleurs spécialisés dont nous avons furieusement besoin. Là-dessus, nous sommes prévenus depuis quelques années : le taux de remplacement de la main-d’œuvre indiqué en 2014 par l’Institut de la statistique du Québec baissera sous la barre des 80 % chez nous à l’horizon de 2021. 20 jobs sur 100 qui ne trouveraient pas preneurs ni par le comblement naturel (les gens d’ici) et ni même par des apports extérieurs. Ça donne à réfléchir.

Faire preuve d’intelligence territoriale (IT). C’est le réalisme propulsé par la connaissance de soi-même et du territoire. Les régions qui mesurent autant leur taux de créativité, la qualité de leur gouvernance que la qualité de leurs paysages réussiront à développer une image publique juste, cohérente. Construire sa notoriété en organisant toutes les variables acquises dans une démarche IT. Prendre conscience que la notoriété est en fluctuation constante. Il faut le dire, l’image de marque d’une ville ou d’un territoire ne stagne pas : celle-ci monte ou sinon, elle descend. Bête de même. Que ceux qui pensent que l’on est rendu pas pires pantoute sur le plan de l’image en Abitibi-Témiscamingue se réveillent : rien n’est acquis. Et c’est sans compter les crises. Bruxelles a subi très difficilement l’impact des attentats de Paris, parce que certains des terroristes venaient du quartier bruxellois de Molenbeek. Trouver ce que les publics recherchent par une veille stratégique constante. Sur l’écran radar, les échos bougent constamment. Il suffit parfois d’une situation économique inattendue dans un pays pour que tout à coup se libère une cohorte de travailleurs désireuse de combler nos emplois. Bon, profitez de votre été. La météo sera de notre côté, je le sens! 

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PANACHE DE LAINE

LES TEMPS IMMÉMORIAUX GABRIEL DAVID HURTUBISE

FRANÇOIS GENDRON DÉPUTÉ D’ABITIBI-OUEST VICE-PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE EST UN TERREAU FERTILE EN ÉVÉNEMENTS CULTURELS DE TOUTES SORTES.

Des gens seraient arrivés dans le coin il y a très longtemps, vraiment. Personne ne s’en souvient. C’était bien avant l’émergence de l’écriture, l’invention de la roue ou la naissance de Carey Price. Ces individus avaient une histoire, un avis sur la météo, des inquiétudes, des amours, des peines. Ils se seraient divisés et subdivisés en petits groupes, croit-on. Certains ont su perfectionner à outrance des armes pour abattre de gros animaux marins avec presque rien, pendant que d’autres arpentaient rivières et forêts à la conquête du territoire, toujours plus loin. Si bien qu’un jour, on fit une trouvaille de la plus haute importance : l’Autre. Comme perdu dans l’immensité du territoire et du temps, chacun a dû se redécouvrir. Parce que cela semble évident, mais nul besoin d’avoir un nom distinct lorsque l’on est seul. L’Autre nous offre l’occasion de nous définir  : !Kung (Kalahari), Yanomami (Amazonie) et Anishinabeg (A-T) sont autant de noms que s’octroient les peuples pour se désigner eux-mêmes.

IL Y EN A POUR TOUS LES GOÛTS ET TOUS LES ÂGES. DE POW WOW EN FESTIVAL, DE SALON EN EXPOSITION,

Ces mots signifient les « premiers » ou les « vrais » hommes, voire « les humains » point, autant de manières de revendiquer son humanité par rapport à une frontière. On se trouve en même temps qu’on trouve l’Autre qui est moins humain, ou pas du tout. C’est précisément à l’aide d’un tel jeu de proximité et de distance qu’il est possible de distinguer le Nous, ceux qui savent vivre correctement, de ceux qui ne le savent pas assez, les Autres (selon l’anthropologue Sylvie Vincent).

TOURISTES D’ICI ET D’AILLEURS, LAISSEZ-VOUS PRENDRE DANS CE TOURBILLON FESTIF ET SOYEZ LES COMPLICES DE NOTRE ÉTÉ.

Parfois la frontière est mince, car on se reconnait beaucoup dans l’Autre, jusqu’à s’y mêler. C’est ce qui est arrivé jadis avec les gens venus d’ailleurs, les Blancs. On avait entendu parler d’eux, puis on avait commercé, prié leur Dieu, fait la guerre et son contraire. Surtout son contraire, au sud. Cependant, certains hommes politiques ont vite fait de craindre l’« ensauvagement » des Canadiens français. On avait trop fait la paix… c’était dangereux d’attraper le « recul » de la civilisation.

PARTOUT RÈGNE UNE AMBIANCE EMPREINTE DE CRÉATIVITÉ QUI MET LE CŒUR EN FÊTE.

ON VOUS ATTEND!

LE MONDE SELON MODÈRE

Pour prévenir cela, des murs immenses ont été érigés entre les peuples. Les choses ont alors rapidement dégénéré. Soudainement, le territoire était la Nation du Québec et du Canada. On a trouvé une petite place pour nos Autres à Nous, dans un coin, pour qu’ils soient tranquilles. Ils sont rapidement entrés dans la masse de tous nos Autres, tellement qu’on a longtemps eu un ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration responsable des Affaires indiennes à Ottawa, c’est pour dire! Aussi, certains font mine de les oublier. Dans les livres d’histoire, on raconte qu’ils ont disparu, ces « chasseurscueilleurs », faute d’avoir compris que la tradition change avec le temps, le contexte et les rencontres. On se raconte cela, car on s’ennuie de la nature vaincue, Nous, les « acheteurs-cuiseurs ». Après, on aime aussi l’Autre en Ange ou en Démon, pour mieux l’opposer à Soi. Lorsque notre société nous dégoute, il est pratique d’avoir un écologistemystique inné à portée de la main. À l’opposé, on se félicite tantôt d’avoir la science pour nous dire ce qui est « vrai », d’avoir un mur solide contre les croyances barbares. Dans tous les cas, l’Autre est gardé à la limite de cette humanité qui est la nôtre. Le portrait est un cliché, un extrême, ce qu’on nomme un stéréotype. Manière de le déshumaniser. Sa culture est réduite à un terme minimal, son histoire appartient à un passé révolu, les mots qu’il déglutit sont en voie de disparition. On oublie que l’Autre est un être capable du meilleur comme du pire, ni bon sauvage ni brute toxicomane. Un être humain complexe, comme vous et moi, oui. Comble de l’absurde, on lui demande maintenant de nous prouver qu’il est l’enfant des gens de ce territoire. Dis-nous que tu es authentique pour être reconnu comme tel, dans nos mots, selon nos lois conformes à ce qui est Bon, Vrai et Juste. Pourtant, c’est précisément ce qu’il faut cesser de faire : imposer notre système de valeurs à tout prix. L’avenir réside dans la prise de parole de l’Autre, puis d’un dialogue. Il n’y a pas de question autochtone à résoudre, il y a seulement des réponses à écouter. Notre peuple a pour devise Je me souviens à l’honneur de ceux qu’on a fait taire. Il est grand temps d’entendre les murmures des oubliés.

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LE DD EN MILIEU MUNICIPAL MAURICE DUCLOS

En cette année d’élections municipales, voici le dernier d’une série de 4 articles pour mieux comprendre le développement durable en milieu municipal. Ville de Gatineau, Municipalité régionale de comté de La Matapédia, Ville de Longueuil et Ville de Magog. Qu’ont en commun ces quelques villes et MRC? Ce sont des villes et MRC de développement durable. Des villes qui ont adopté et mis en place des politiques, des plans de développement ou des plans d’action qui intègrent les principes du développement durable dans leurs activités municipales. Ce sont là quelques exemples, mais au Québec, il ne semble pas y avoir de dénombrement officiel des municipalités durables. L’approche The Natural Step a été maitresse pour la Ville de Gatineau au moment de la révision de son schéma d’aménagement et de développement sur un horizon de plus de 40 ans. Ce schéma vise ainsi à définir les orientations de développement territorial pour les prochaines décennies de façon à en faire une ville durable, accueillante, entreprenante et inclusive.

L’APPROCHE ÉCOTERRITOIRE HABITÉ FUT L’INSPIRATION Pour les dirigeants de la MRC de La Matapédia, l’inspiration est venue de l’approche « écoterritoire habité », alors que pour la Ville de Longueuil, en 2012, une démarche de planification stratégique de développement durable sous la responsabilité du Bureau de l’environnement et du développement durable a été amorcée. Un travail d’arrimage entre les divers plans et politiques a commencé, à l’étape du portrait et du diagnostic, par l’identification de plus de 30 documents de planification qui sont affectés par une ou plusieurs dispositions de la démarche.

INDICEBOHEMIEN.ORG

AU CENTRE D’EXPOSITION D’AMOS... JUSQU’AU 27 AOUT

En 2013, la Ville de Magog a adopté une politique d’évènements écoresponsables. Cette politique définit des principes de base à intégrer ainsi que des actions à réaliser pour réduire les impacts environnementaux, prendre en compte les impacts sociaux et assurer des retombées économiques locales lors de la tenue d’évènements sur le territoire.

UNE RÉTROSPECTIVE SUR LES 50 ANS DE CARRIÈRE ARTISTIQUE DE LOUISA NICOL.

SHAWINIGAN, PREMIÈRE VILLE QUÉBÉCOISE CERTIFIÉE ISO 37 120 

JUSQU’AU 30 JUILLET

En mars 2016, Shawinigan est la première ville québécoise à obtenir le niveau platine de la certification ISO 37 120. « La certification ISO  37 120 est avant tout un exercice de transparence, indique la directrice du Service de l’aménagement et de l’environnement à la Ville de Shawinigan, Jeanne Charbonneau. En adhérant à la certification ISO, la ville de Shawinigan rend accessible une foule de données aux citoyens pour qu’ils voient eux-mêmes l’évolution de leur ville à travers les années. C’est un outil qu’ils peuvent utiliser pour évaluer la performance de la gouvernance municipale et d’autres instances à travers le temps : est-ce qu’au fil des années, la ville s’est améliorée quant au nombre de pistes cyclables sur son territoire? Quant à la quantité de GES produits? Quant au nombre de diplômés? Ce sont tous des indicateurs qui sont mesurés et chiffrés. » En mai de la même année, ce fut au tour de la ville de Saint-Augustin-de-Desmaures (près de Québec, sur la rive nord du fleuve) d’être certifiée ISO 37120.

DU 4 AU 27 AOÛT

ICI, EN RÉGION? Pour l’instant, aucune ville en Abitibi ni au Témiscamingue n’a obtenu la certification ISO 37120. Du fait, seules Malartic et Taschereau ainsi que la MRC d’Abitibi-Ouest, à ma connaissance, ont mis en place un plan ou un processus de développement municipal durable. Il y a encore beaucoup de travail en milieu municipal pour faire du développement plus durable, plus social, plus citoyen et plus écologique. Beaucoup de pain sur la planche…

PHOTO : ŒUVRE DE ANNE-MARIE JUTRAS

222, 1re Avenue Est | 819 732-6070 | exposition@ville.amos.qc.ca Horaire estival : du mardi au vendredi de 13 h 30 à 17 h et de 19 h à 21 h Samedi et dimanche de 13 h à 17 h

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MICHÈLE PAQUETTE, RÉDACTRICE

GINETTE VÉZINA, CAMELOT

J’ai pris connaissance de la possibilité d’écrire pour le journal lorsque je me suis présentée à une réunion d’information de L’Indice bohémien dont j’avais vu l’annonce dans le journal local. J’avais toujours rêvé d’écrire et c’est avec plaisir que j’ai saisi cette opportunité.

Je suis devenue camelot pour L’Indice bohémien à la suite d’une demande faite par Marguerite Larochelle lors d’un déjeuner des Flyés.

Environ un an plus tard, j’ai suivi une formation d’une journée en journalisme écrit présentée par L’Indice bohémien et donnée par l’AMECQ (Association des médias écrits communautaires du Québec). J’y ai appris les notions de base de la rédaction d’un article. J’aime toutes les étapes : la recherche, les interviews et la rédaction proprement dite. Pour moi, un journal tel L’Indice bohémien se doit d’être un témoin en même temps qu’un précurseur. Comme il dessert un grand territoire, il a, selon moi, un rôle de rassembleur entre les communautés. C’est un journal culturel très varié, tant par les sujets qu’il aborde que par les gens qu’il touche.

Pour moi, c’est un journal important pour la promotion de notre vécu culturel. Plusieurs personnes s’impliquent bénévolement afin de transmettre leur passion pour la culture, pour mettre en valeur notre richesse culturelle et la faire connaitre. Il est donc important pour moi de l’appuyer dans la mesure de mes moyens et de mes disponibilités. Le journal contient une mine d’informations, mais ce que je lis en premier, c’est la chronique de Dominic Ruel. Toujours pertinent, il amène un questionnement. Je ne peux que souhaiter longue vie à L’Indice bohémien. Poursuivez votre engagement social et culturel.  

L’INDICE BOHÉMIEN EXISTE GRÂCE À SES BÉNÉVOLES. NOUS TENONS À LES REMERCIER ET NOUS VOUS LES PRÉSENTERONS CHAQUE MOIS.

VÉRONIC BEAULÉ, DISTRIBUTRIC ET COLLABORATRICE DE SECTEUR

ÉMILISE LESSARD-THERRIEN, RÉDACTRICE

Avant même la première édition du journal, puisque je travaille au développement culturel du Témiscamingue, on m’a contactée pour que je valide la liste des points de distribution du journal pour mon territoire. C’est de cette façon que j’ai connu le projet et depuis, je n’ai jamais cessé de collaborer avec le journal. Je m’occupe de la distribution des journaux au Témiscamingue et je fais partie du comité des sujets pour mon territoire.

C’était en 2011, j’achevais ma dernière année de cégep à Sainte-Thérèse et j’avais intensément le blues de la région. J’avais cumulé une certaine expérience dans le journal étudiant de l’époque et bien que je sentais la marche plutôt haute, je me suis proposée pour écrire dans L’Indice. Mon premier article portait sur la création de Vert Forêt, alors que des municipalités du secteur est lançaient cette initiative. Moi qui en avais marre de la banlieue brune et qui rêvais de retrouver mon Témis, j’étais aux anges de m’impliquer dans ce journal en rédigeant, pour commencer, sur la forêt et ses trésors qui me manquaient tant!

Faire connaitre l’offre culturelle, nos artistes, les projets culturels qui émergent du territoire, participer à cette effervescence du milieu culturel, c’est ce qui me motive tous les jours dans mon travail et c’est ce que je retrouve avec L’Indice bohémien. Pour moi, L’Indice est un moyen parmi tant d’autres pour rejoindre le citoyen, lui faire connaitre, apprécier le milieu culturel, faire en sorte qu’il s’implique, participe à des activités culturelles, voit des spectacles, des films, etc. J’apprécie énormément la variété des sujets et l’angle sous lequel sont couverts certains articles. Je suis une personne très visuelle, alors souvent, la photo de la page couverte m’interpelle beaucoup; j’en garde parfois certaines que je trouve sublimes! Mes souhaits pour le journal : qu’il soit reconnu à sa juste valeur et ainsi considéré comme tous les autres moyens de s’informer, que sa notoriété grandisse et fasse ainsi grandir celle de notre milieu culturel.  L’Indice bohémien est un concentré culturel qui parle de nous!

24 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

FRÉDÉRIC PATOINE

YVES GRAFTEAUX

GENEVIÈVE LAGROIS

LE COEUR DE L’INDICE

En consultant les archives du journal pour les bienfaits de ce petit mot, j’ai compté près d’une quarantaine d’articles que j’ai rédigés depuis 2011. Je pense donc que L’Indice me tient profondément à cœur! Dès sa création, j’ai trouvé l’initiative formidable et c’est encore le cas aujourd’hui! Je le trouve beau, plein de couleurs, plein d’histoires trippantes, même ses publicités sont agréables à regarder! C’est donc fort motivant pour moi d’y collaborer, d’autant plus que les recrues témiscamiennes à la rédaction se font de plus en plus rares... Ainsi, c’est un peu mon devoir de citoyenne d’apporter mon petit grain de sel pour que le Témis continue d’y être représenté! Ce qui est beau aussi avec L’Indice, c’est qu’on a beaucoup de liberté pour aborder les sujets un peu comme on en a envie et ce genre liberté, aujourd’hui, c’est un atout précieux! :-)


MA RÉGION, J’EN MANGE!

SOUPE-REPAS DE DORÉ DE L’ABITIBITÉMISCAMINGUE CHEF MARC ANDRÉ CÔTÉ RESTAURANT AMADEUS

Pour 4 personnes

INGRÉDIENTS POUR LA SOUPE 1 400 g (12 oz) 1/2 + 1/2 12 4 125 g (1/2 tasse) 1 10

Doré entier de 2 à 3 lb Vermicelles de riz ou nouilles aux œufs Courgette verte et jaune moyennes coupées en lanières Pois mangetout Petites carottes orange à tige, coupées en fines lanières Champignons coupés en fines lanières Beurre et d’huile d’olive Ognon vert haché Feuilles d’épinards frais ciselées

INGRÉDIENTS POUR LE FUMET DE POISSON Arêtes de doré 30 g (2 c. à soupe) Beurre doux 1 Mirepoix (1 carotte moyenne, ½ ognon, 2 branches de cèleri) 3 l. (12 tasses) Eau froide 1 Bouquet garni (2 branches de thym frais, 1 feuille de laurier, 4 branches de persil frais)

PRÉPARATION - - - - - - -

Fileter le doré et réserver les arêtes pour le fumet, mettre les deux filets et les bajoues au frais. Cuire les vermicelles de riz dans le fumet de doré et ajouter les bajoues. Rectifier l’assaisonnement. Réserver. Faire suer les légumes dans l’huile d’olive. Saler et poivrer. Déglacer avec une tasse de fumet de poisson et laisser cuire de 3 à 4 minutes. Réserver. Saler et poivrer les deux filets. Dans un poêlon, faire fondre du beurre et de l’huile et bien colorer les filets de chaque côté. Réserver.

PRÉPARATION POUR LE FUMET DE POISSON - - - - - -

Laver les arêtes du doré et les couper en gros morceaux. Réserver. Couper les ingrédients de la mirepoix en gros morceaux et, dans une casserole, les faire suer dans le beurre 4 à 5 minutes à feu doux. Ajouter les arêtes et faire suer à nouveau 4 à 5 minutes. Mouiller avec l’eau et ajouter le bouquet garni. Amener à ébullition et réduire le feu afin de laisser le fumet frémir de 30 à 45 minutes. Écumer fréquemment. Passer au chinois pour en extraire le fumet. Réserver.

PRÉSENTATION - - - - -

Dans des bols de service, dresser les vermicelles, ajouter les légumes et déposer des morceaux de filet de doré. Ajouter une quantité suffisante de fumet. Garnir de feuilles d’épinards et d’ognon vert haché. Servir chaud.

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ENVIRONNEMENT 16e édition

POURQUOI CONSOMMER DES PRODUITS FRAIS LOCAUX?

18-19-20

AOÛT / AUGUST 2017 VILLE-MARIE, QC

BIANCA BÉDARD, CHARGÉE DE PROJETS

Saviez-vous que le Québec produit des légumes à longueur d’année? Sur le territoire québécois, on dénombre plus d’un millier de producteurs maraichers, dont une vingtaine en Abitibi-Témiscamingue, selon l’UPA. Même en saison hivernale, privilégiez les légumes racines, navets, cèleris, betteraves, carottes, patates, ail, ognons et autres plantes potagères provenant de la belle province. Recherchez le sceau Aliments du Québec sur plus de 16 500 produits différents lorsque vous faites vos emplettes alimentaires. Les producteurs de la région fabriquent, cultivent et offrent des produits remarquables. Vous pouvez cueillir des pommes et des pommettes sur une ile, déguster des bières brassées en région, consommer du miel, du fromage et des viandes d’ici, cueillir des petits fruits, des champignons ou encore du thé du Labrador dans nos forêts abitibiennes, voire du chaga. Ce n’est que quelques exemples pour vous démontrer que la région regorge de trésors. Mais pourquoi consommer local?

L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE DE NOS ALIMENTS De façon générale, les aliments qui se retrouvent dans les assiettes des Québécois parcourent en moyenne 2500 km. En ce qui concerne les produits frais, tels que les fruits et légumes, la distance augmente entre 3500 km et 5000 km. En favorisant l’achat de produits cultivés à proximité et de saison, il est possible de réduire les impacts environnementaux liés au transport des aliments, notamment les émissions de gaz à effet de serre. De plus, opter pour les épiceries de proximité et s’y rendre en transport actif lorsque c’est possible diminue davantage notre empreinte écologique. Enfin, l’achat d’aliments dans les marchés publics permet notamment de réduire considérablement le suremballage des aliments, réduisant ainsi les déchets créés par la consommation.

L’ÉCONOMIE LOCALE Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) affirme que si 30 $ supplémentaires étaient investis annuellement par chaque consommateur, 1 milliard $ supplémentaires seraient injectés dans l’économie locale en cinq ans. De plus, pour chaque 1 % supplémentaire consommé au Québec, c’est 1800 emplois directs et indirects créés. C’est majeur! En région, on estime les profits annuels à 123 millions  $ pour les 582 fermes en exploitation. Ainsi, en plus d’être agréable et surprenant, consommer local favorise l’économie locale. Cet été, profitez des marchés publics de la région et participez à la Foire gourmande, un incontournable  Les produits alimentaires locaux sont tellement plus savoureux. Ils sont plus gouteux parce qu’ils sont plus frais et plus nutritifs, car ils ont muri plus longtemps avant d’être récoltés. En prime, vous avez la chance bien souvent de faire la connaissance des producteurs/propriétaires et de créer de beaux liens.

Plus gourmande que jamais... Les producteurs et agrotransformateurs!

Les rendez-vous gourmands

$

Plus de 40 exposants agroalimentaires

Bières et saucisses

Le pavillon de l’Ontario

Samedi 19 août / 18h à 21h

mettant en vedette producteurs et chefs du Nord-Est ontarien

La Boutique gourmande Le Resto gourmand Le Bistro SAQ

Accès gratuit

à tous les spectacles

Vendredi 18 août / 19h à 21h

BBQ géant

Cours de cuisine

Voir horaire sur le site web

Le village des

artisans

Le Village des artisans

Venez découvrir les créations de nos artistes et artisans de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien

Scène Loto-Québec Stef Paquette / vendredi 21h

Les Chiens de ruelle / samedi 21h

Sally Folk / vendredi 22h30

Les Colocs / samedi 22h30

Boomerang / vendredi 00h30

Rusted / samedi 00h30

En choisissant des produits régionaux, vous permettez aux artisans locaux et à l’économie locale de prospérer, tout en ayant des produits de qualité, respectueux de l’environnement.

Envie de contribuer à la protection de l'environnement? Devenez membre!

Scène du lac

Mainstream / Blitz Présence algonquine Belle Lurette Global Village Zone 13 / Les Fous de Vassan

26 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

Pour informations

819-622-0199 foiregourmande.ca

Dimanche 20 août / 13h30

Les Petites Tounes


MUSIQUE Le FME en images

15 ANS RÉSUMÉS EN CINQ PHOTOS

LE FME SOUFFLERA SES 15 CHANDELLES

JENNY THIBAULT

LA RÉDACTION

CHRISTIAN LEDUC

Depuis 15 ans, le petit noyau composé de Sandy Boutin, de Jenny Thibault et de Pierre Thibault concocte la programmation du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, le FME, qui revient cette année du 31 aout au 3 septembre.

FME

2011

31 aout au 3 septembre

Performance de Patrick Watson à la Fonderie Horne. Ce fut l’un des premiers « show secrets » organisés et devenus une véritable marque de commerce du FME.

Ces idéateurs ont, une fois de plus, réuni de nombreux artistes qui sont à la fois des trouvailles, des complices du FME ou, comme le dit Jenny Thibault, une photo de la mouvance musicale. « Nous sommes un peu comme un Polaroid de ce qui se fait au Québec au cours de l’année et on va chercher nos coups de cœur  », résume-t-elle, pas peu fière de l’édition qui s’annonce, forte d’une toute nouvelle collaboration avec le Pow-wow de Pikogan, qui a eu lieu en juin dernier.

2012

MATIEU DUPUIS

Performance du Mix des Chefs sur la 7e Rue. Ce concert combine musique électronique et gastronomie. Des bouchées tombaient littéralement du ciel pour les spectateurs présents!

2013

CHRISTIAN LEDUC

CHRISTIAN LEDUC

Le lien, entre l’émergence et les Premières Nations, il se fera sentir dès le spectacle d’ouverture avec le groupe A Tribe Called Red, qui lancera les festivités le jeudi 31 aout sur la 7e Rue à Rouyn-Noranda.

Jean-Pierre Ferland en concert pour le 10e anniversaire du FME. Une  scène sur l’eau avait été aménagée sur le lac Kiwanis! 

2013

« Nous sommes vraiment très contents de les compter parmi nous. Ce sera vraiment un incontournable pour donner le ton au FME. Ils partageront également la scène avec La Bronze et Pierre Kwenders », de préciser Mme Thibault. Puis, le vendredi 1er septembre, avec le concours de Patrimoine Canada et du Fonds Canada  150, les berges du lac Osisko seront le théâtre d’un spectacle réalisé en collaboration avec le Pow-wow. À l’autre bout, pour boucler la boucle, Richard Desjardins, qui était présent lors de la 1re édition du festival, et qui avait même accepté de tenir un spectacle supplémentaire sans rien demander de plus, sera présent dans un grand évènement gratuit à l’amphithéâtre naturel du lac Kiwanis, le 3 septembre. Pour cette soirée, presque tous les artistes de l’album hommage à Desjardins, lancé ce printemps sous la bannière de 117 Records, seront sur la scène extérieure, avec la complicité de Steve Jolin. « Tous ces artistes sont des ambassadeurs – je dirais naturels – du FME », affirme Jenny Thibault. Entre ces deux grands évènements, le FME a prévu un alignement de petits rendez-vous, de spectacles dits « secrets » qui ont pour bout de surprendre et d’étonner, presque à l’improviste pour créer des manifestations musicales « spontanées ».

Autre moment magique du FME : le concert d’ouverture avec Misteur Valaire. Le FME, c’est aussi des artistes qui viennent de l’extérieur de la région comme Andy Shauf, de la Saskatchewan, qui transportera dans ses valises ses airs folks ou encore Emily Wells, qui fera un arrêt à Rouyn-Noranda dans le cadre de sa tournée au Québec.

MATT BARNES

Parmi les autres invités, Philippe B et le matériel de son plus récent album, La nuit vidéo, de même que le Saskatchewanais Patrick Watson, qui aime beaucoup le FME, et Pierre Lapointe, qui marque un retour sur la scène du festival des années après son premier passage alors qu’il été encore peu connu.

2017

Le trio A Tribe Called Red, un groupe d’artistes des Premières Nations, se voit confier l’inauguration du festival sur la 7e Rue le jeudi 31 aout. Ils partageront la scène avec Pierre Kwenders et La Bronze.

Pour rendre le FME possible, l’équipe réunit une véritable ruche de bénévoles, d’amis et de collaborateurs, dont Ian Campbell, Steve Jolin et Félix B. Desfossés, qui s’investissent pour l’évènement. « Nous sommes vraiment une gang de passionnés et le FME a connu une croissance exponentielle parce qu’on ne s’est jamais pris de salaire et que tout a toujours été réinvesti dans la programmation », résume Jenny Thibault. La vente des billets individuels débutera le 11 juillet. L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 27


MUSIQUE

PLUME ET PANTALON EN REPRISE CET ÉTÉ AU CENTRE MUSICAL EN SOL MINEUR

pianiste qui ne cesse de vanter les mérites de sa sœur Céline, pianiste également tout en menant de front une carrière d’enseignement de la philosophie.

ISABELLE LEBLANC

« C’est un bijou digne d’un travail d’orfèvre que nous offrent les musiciennes prodiges que sont les sœurs Céline et Jacynthe Riverin », rapporte La Presse dès la création en 2016 de Plume et pantalon, dont le sous-titre résume bien la pièce : George Sand se livre en spectacle. C’est que la pianiste et créatrice Jacynthe Riverin, originaire de Rouyn-Noranda et établie à Montréal, a réuni son amour de la musique et celui du théâtre dans une adaptation originale, théâtrale et musicale de la volumineuse Histoire de ma vie de George Sand, née Aurore Dupin (1804-1876). Cette écrivaine hors norme, qui portait le pantalon et fumait le cigare, côtoya les plus grands esprits du 19e siècle : Balzac, Musset, Liszt, Flaubert... Sand fut notamment la compagne du célèbre pianiste Frédéric Chopin (1810-1849), dont l’âme est incarnée au piano par Céline Riverin, philosophe et pianiste. Jacynthe, quant à elle, devient comédienne de salon pour l’occasion et y incarne George Sand, qui vit toujours en 2017, sous la forme d’un fantôme, bien sûr. « J’adore le théâtre depuis toujours et j’ai eu la chance de voir beaucoup de spectacles très différents un peu partout. On pourrait dire que j’ai voulu créer le spectacle de mes rêves, celui que j’ai toujours rêvé de voir et que je n’ai jamais vu », raconte celle qui signe aussi le texte et la mise en scène. « Mais avant tout, je voulais vivre et faire vivre aux gens une expérience spéciale, un moment qu’on n’oubliera pas. Et jusqu’à date, ça se passe exactement comme ça. Chaque soir est unique, chaque public est unique et mon énergie aussi. Il faut dire aussi qu’il y a de l’improvisation, des scènes différentes, des musiques qui peuvent changer aussi d’un soir à l’autre et j’adore ça, c’est vraiment vivant », confie la

28 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

« On s’entend à merveille, on est au même diapason! J’ai vraiment de la chance de travailler avec elle. Nous sommes vraiment différentes, mais tout à fait complémentaires. » Amours, famille, liberté, musique, inspiration, éducation, conformisme aux normes sociales, enjeux féministes : la pièce aborde la vie foisonnante d’Aurore Dupin et raconte comment elle devint George Sand. La deuxième partie est consacrée quasi exclusivement à sa vie amoureuse complexe avec le pudique et mystérieux Chopin, compositeur de génie. Inspirée par la soif de liberté de l’écrivaine, la mise en scène festive et raffinée des sœurs Riverin multiplie les clins d’œil aux théâtres d’ombre, d’objet, de marionnettes, le tout baigné de musique classique et jazz. Le fabuleux Salon Vert du Centre musical En sol mineur redeviendra pour l’occasion un somptueux théâtre de poche où se raconteront petits et grands drames humains dans une atmosphère intimiste, ludique, poétique et décontractée. Le Centre musical En sol mineur est l’endroit idéal pour apprécier ce spectacle, puisqu’il en a inspiré la création. En effet, Plume et pantalon est conçu comme un théâtre de salon artisanal, à l’image de George Sand elle-même qui avait dédié une pièce à cet effet dans son château de Nohant, en France. Les spectateurs y sont donc conviés en très petit nombre afin de permettre une expérience intimiste saisissante, d’où l’importance de réserver tôt! Cet unique moment théâtral et musical se déploie en deux parties et débute au coucher du soleil, vers 20 h 30. À ne pas manquer les 1, 2, 3, 4, 8 et 9 aout 2017. Pour réservation : 819 764-9439


MUSIQUE

LISE MILLETTE

« Ah, la vie d’artiste… » Cette petite phrase que l’on utilise parfois pour décrire ce qui étonne, ce qui sort de l’ordinaire, ce qu’il y a de beau ou de bon. Mais la vraie vie d’artiste est parfois déroutante et parvient même à surprendre les artistes eux-mêmes. C’est un peu ce qu’ont livré Laurence Jalbert et Paul Daraîche lors de leur dernière visite en Abitibi, une région avec qui leur a donné des souvenirs marquants.

31 AOÛT - 3 SEPT. 2017

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15e ÉDITION

En début de carrière, Paul Daraîche s’est retrouvé en Abitibi-Ouest pour chanter… et au détour, il a plutôt fait le train, alors que Laurence Jalbert a expliqué comment sa chanson Encore et encore est étroitement liée à Val-d’Or et qu’elle conserve toujours avec elle un rappel de ce lien bien particulier. Les deux chanteurs bien connus du public ont présenté leurs livres La rédemption et À la vie, à la mer. C’est dans ces deux livres que leurs anecdotes régionales sont racontées.

A TRIBE CALLED RED ANDY SHAUF D E S J A R D I N S , O N L’ A I M E - T U ! PHILIPPE B PIERRE KWENDERS LA BRONZE CANAILLES GEOFFROY EMILY WELLS LUDOVIC ALARIE SARAH TOUSSAINT-LÉVEILLÉ PAUL JACOBS FUUDGE AFRIKANA SOUL SISTER ATSUKO CHIBA SUNWATCHERS ET PLUSIEURS AUTRES!

BILLETS INDIVIDUELS EN VENTE D È S L E 1 1 J U I L L E T >>> F M E A T . O R G

DARAÎCHE, GUITARISTE À L’ÉTABLE Pour Paul Daraîche, c’était dans les années 1960. Il était alors tout jeune guitariste et avait été recruté par un groupe nommé Les loups blancs. Sans trop hésiter, il s’était joint à eux et avait quitté Montréal pour La Reine. Avant d’arriver à destination, le petit groupe avait fait un arrêt au restaurant La Chaumière. « Le propriétaire a vite vu qu’on était pas de la place », a raconté Paul Daraîche. Le propriétaire en question, JeanClaude Hamel, leur a proposé d’animer des soirées à son restaurant. « Mais on a dit non parce que nous étions attendus à La Reine, où on devait être hébergés. » L’hébergement les attendait, mais l’arrangement comportait un petit imprévu. « Le lendemain matin, on devait tous faire le train », lance-t-il, et à son sourire, on devine que le lever matinal avait dû être difficile pour les jeunes musiciens. « Alors on est vite retourné à La Sarre et on a accepté l’offre de Jean-Claude Hamel », a-t-il résumé.

LAURENCE TOUCHÉE PAR UN DRAME À VAL-D’OR Au début des années 1990, Laurence Jalbert amorce une tournée avec à peine 11 chansons en main. « C’est trop peu pour une tournée, il fallait écrire du matériel pour compléter », confie-t-elle. La chanteuse avait une cassette avec une série de morceaux incomplets, dont une ébauche, loin d’être terminée, qui comprenait le refrain « encore et encore ». Bien qu’il y avait plusieurs autres chansons plus avancées, c’est celle-là que les musiciens ont décidé de travailler. Au grand désarroi de Laurence Jalbert, qui la jugeait trop peu développée. Puis elle arriva à Val-d’Or alors que se déroulait le procès pour Sandra Gaudet, une adolescente de 14 ans qui avait été sauvagement agressée avant que son corps ne soit laissé dans un banc de neige. « C’était partout. Tout le monde ne parlait que de ça… et moi j’étais là pour livrer un spectacle », a-t-elle raconté, décontenancée, cherchant un sens à sa présence avec cet évènement dramatique en arrière-plan.

JOCELIN ROY

DES SOUVENIRS ABITIBIENS POUR LAURENCE JALBERT ET PAUL DARAÎCHE

IMA, PAUL DARAÎCHE, LISE MILLETTE, LAURENCE JALBERT ET JEAN BEAULNE, SALON DU LIVRE DE L’A-T 2017

Avec l’accord des parents, elle a décidé de compléter sa chanson et de la dédier, ce soir-là, à la mémoire de la jeune Sandra. La chanson a abondamment retenti, mais toujours ébranlée par cette agression, Laurence Jalbert a gardé contact avec la famille et demandé des nouvelles du procès. « Les parents m’ont envoyé des découpures de presse et dans l’enveloppe, il y avait aussi une photocopie de la première page du journal intime de leur fille. Elle avait donné un titre à son journal et ce titre était Encore et encore. Je n’en revenais pas », a expliqué la chanteuse qui dit croire à une forme de synchronisme parfois, comme si les hasards n’en étaient pas toujours. Encore aujourd’hui, Laurence Jalbert conserve avec elle la photo de la jeune Sandra. Deux personnes avaient été arrêtées et condamnées pour ce crime sordide, mais en 2006, l’un des deux hommes a été acquitté et l’autre a été libéré. Le meurtre de l’adolescente n’a pas encore été élucidé. L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 29


POSTE D’ÉCOUTE

RANCŒUR… MAIS SANS RANCUNE Autre arrivage musical régional, Rancœur a lancé un minialbum de quatre titres à la fin avril. De l’aveu du groupe lui-même, l’ensemble a été enregistré à temps perdu en début d’année. Le groupe punk rock de Rouyn-Noranda réunit cinq membres et sur cet EP, ils livrent un peu leurs réflexions et leurs rêves à l’étape du tiers de leur vie. Sur les quatre chansons présentées, la plus intéressante reste « Villes sœurs ». Les harmonies sont particulièrement bien travaillées et la guitare se détache avantageusement de l’ensemble, ce qui en fait une pièce riche dans sa progression et sa livraison. Sans lendemain, t’as commencé de rien, un beau matin, le soleil s’est levé au loin. J’te lègue mes enfants, s’ils le veulent bien, Un beau matin, à la fin  (Extrait de la pièce « Villes sœurs »)

Le groupe sera en juillet au Rot Fest en juillet, à Osisko en lumière en aout ainsi qu’au Cabaret de la dernière chance le 24 aout. RANCOEUR.BANDCAMP.COM

30 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017


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CALENDRIER CULTUREL JUILLET-AOUT 2017 Gracieuseté du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue

CINÉMA Voisin (1952) et Un homme et son péché (1949) 7 juillet, 19 h Maison Dumulon, R-N

Modèles réduits et modèles géants Gaétan Larivière Galerie d’art Vision Vassan Jusqu’au 31 aout

Il était une chaise (1957) et La petite Aurore, l’enfant martyre (1952) 11 aout, 19 h Maison Dumulon, R-N

Signé Louisa Nicol Centre d’exposition d’Amos Jusqu’au 27 aout

Pirates des Caraïbes 30 juin, 19 h 30 1er juillet, 19 h 30 2 juillet, 13 h 30 5 juillet, 19 h 30 6 juillet, 19 h 30 Le Rift, VM

EXPOSITIONS L’éternité et le jour d’après Martin Beauregard Musée d’art, R-N Jusqu’au 30 septembre Regards d’artistes sur l’histoire Vieux-Palais d’Amos BLEU : Pantone 306 U Jusqu’au 10 septembre

Les sept grands-pères Frank Polson Centre d’exposition de Val-d’Or Jusqu’au 27 aout Les lieux de cœur Sonia Robertson Centre d’exposition de Val-d’Or Jusqu’au 27 aout Parkas de poils Michel Villeneuve Fort-Témiscamingue, VM Jusqu’au 4 septembre Télévisionnaire Edouard Dufresne Vieux-Palais d’Amos Jusqu’au 1er mai 2018

LES GRISFESTIVALS : Pantone 423 U

Aquarelles - Joan Zageris La Fontaine des Arts, RN Jusqu’au 15 juillet

Festival d’humour de l’Abitibi-Témiscamingue 4 au 9 juillet, VD

Hommage à notre histoire Eddyenne Rodrigue Centre d’art Rotary, LS Jusqu’au 10 septembre

Festival H2O 13 au 16 juillet, Amos

Foire artistique - Collectif Galerie du Rift, VM Jusqu’au 10 septembre Bêtes à poils Fontaine Leriche Galerie du Rift, VM Jusqu’au 10 septembre Face à l’image : allégorie Céline J. Dallaire Centre d’exposition d’Amos Jusqu’au 30 juillet Bestiaire de Mibo Micheline Plante Centre d’exposition d’Amos Jusqu’au 30 juillet

FRIMAT 17 au 22 juillet, VD Rodéo du camion 3 au 6 aout, Notre-Dame-du-Nord La Fée - 5e édition 17 au 20 aout, Amos Foire gourmande de l’AbitibiTémiscamingue 18 au 20 aout, VM

MUSIQUE Rot Fest III avec Abitabyss 7 juillet 17 h au 8 juillet midi Rivière-Héva

Men Without Hats 8 juillet, 21 h Scène évolu-son, RN Pianos publics 14 juillet, chansons françaises à l’honneur 4 août, Chorale En sol mineur Place de la Citoyenneté, RN 12 août, 13 h et 15 h Glass bar laitier, rue Gamble Ouest, R-N 23 août, 19 h, Agora des arts, R-N Arseniq33 + invités 25 août, 21 h Scène Évolu-son R-N Sous l’écorce Christian Paquette Jusqu’au 8 Septembre 11, Rue T.E. Drapers à Angliers

J’Reviens chez nous Troupe À Cœur ouvert 1er juillet, 14 h 30 26 juillet, 19 h 30 27 juillet, 19 h 30 28 juillet, 19 h 30 29 juillet, 15 h Cité Étudiante Polyno, LS

DIVERS 100e de La Sarre 28 juin au 2 juillet 100e de Macamic 14 au 23 juillet 100e de La Reine 27 au 30 juillet 75e de Normétal 4 au 6 aout

CONTE Parcours conté avec Guillaume Beaulieu 8 juillet, 10 h, 13 h et 15 h 30 9 juillet, 10 h et 13 h Bureau d’information touristique de La Sarre Entre l’âme et l’écorce Les raconteux-conteux 28 juillet, 19 h Maison Dumulon, RN

THÉÂTRE Ma Noranda 19, 20, 21, 26, 27 et 28 juillet, 20 h 30 Petit Théâtre du Vieux Noranda Amos vous raconte son histoire 11 juillet, 19 h 17 - 19 juillet, 19 h 23 juillet, 13 h 30 24 - 26 juillet, 19 h 30 juillet, 13 h 30 31 juillet, 19 h 1er aout, 19 h 2 aout, 19 h

Pour qu’il soit fait mention de votre activité dans ce calendrier, vous devez l’inscrire vous-même, avant le 20 de chaque mois, dans le calendrier qui est accessible sur le site Web du CCAT, au ccat.qc.ca. L’Indice bohémien n’est pas responsable des erreurs ou des omissions d’inscription. L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017 31


Le MERCREDI 19 Soirée TVC91

Émile Bilodeau & louis-Philippe Gingras 20 h Salle Félix-Leclerc

Le JEUDI 20 Soirée Ville de Val-d’Or1

Francis Faubert 17 h Bar à poutine Caravane & Lubik 20 h Salle Félix-Leclerc Fin de soirée2

Mordicus 23 h au Prospecteur

Le VENDREDI 21 Soirée Desjardins1

Du 19 au 22 juillet 2017 Val-d’Or Relève musicale, blousons de cuir, pantalons troués et gel dans les cheveux sont très tendance cet été à Val-d’Or!

Saturn’s assembly, Van tassel, Shawn wine and the winos & Fred Fortin 17 h Salle Félix-Leclerc Fin de soirée2

Vulvets 23 h 59 au Prospecteur

Le SAMEDI 22

Pique-nique Agnico Eagle, ouvert à tous. Vertige 12 h 15 Place Agnico Eagle Soirée Hydro-Québec1

Guillaume Rivard, les génies Bouchard, Marjolaine Morasse & les Sœurs Boulay 19 h Salle Félix-Leclerc Fin de soirée2

La Bronze 23 h 59 au Prospecteur

frimat.qc.ca

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Billets en vente actuellement Billets disponibles à la porte lors de la fin de soirée

Dessin illustration : Tatouage Le Wendigo

Programmation complète, billetterie et écoute en ligne

32 L’INDICE BOHÉMIEn JUILLET-AOUT 2017

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JUILLET-AOUT 2017 // L'INDICE BOHÉMIEN // VOL. 08 - NO.10  

Journal culturel de l'Abitibi-Témiscamingue

JUILLET-AOUT 2017 // L'INDICE BOHÉMIEN // VOL. 08 - NO.10  

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