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Tous les enfants ont droit à un enseignement de base de qualité. IDAY existe parce que trop d’enfants et de jeunes africains en sont privés.

www.iday.org

Porte-voix pour l’éducation en Afrique


« Le nombre croissant de jeunes illettrés en Afrique représente une bombe à retardement socio-économique pour chacun d’entre nous ! » Professeur Paul Collier - Université d’Oxford


Un des principaux défis de l’humanité depuis 40 ans est de fournir une éducation de base de qualité à tous les jeunes Africains. Dans 50 ans, l’Afrique sera le plus grand réservoir de jeunes au monde. Malgré les aides abondantes et les appels à la générosité, le défi n’est pas relevé. Les actions engagées n’ont pas d’impact durable et les demandes d’aide suscitent une certaine lassitude de la part du grand public. Au vu de ces résultats décevants, les experts reconnaissent que cet état de fait n’est plus admissible et que des changements radicaux dans la façon de concevoir l’aide au développement sont nécessaires. La solution aux défis africains doit venir de l’Afrique elle‐même. Les sociétés civiles africaines sont à même de percevoir les besoins et problèmes locaux et de concevoir des solutions. Notre intervention en Afrique ne doit tenir qu’en un accompagnement, celui-ci aidant au dialogue constructif entre les sociétés civiles et leurs gouvernements pour le respect des droits fondamentaux des populations. Un soutien financier ne couvre alors que les frais engendrés par cette activité et par les projets qui démontrent la validité des plaidoyers. Cette approche assure un développement durable et global en Afrique. Depuis 2006, le réseau IDAY développe un concept d’aide à l’Afrique basé sur la capacité des organisations de la société civile africaine à répondre à ce défi. IDAY investit dans le succès de l’Afrique, et non dans sa misère : ce n’est qu’à ce prix et avec votre aide que les Africains réussiront à créer un avenir meilleur pour leur jeunesse.

Adamou Fehou Membre du Conseil d’Administration

Jean-Jacques Schul Président-fondateur d’IDAY-International

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IDAY-INTERNATIONAL

Le réseau IDAY se bat pour le droit de tous les jeunes africains à une éducation de base de qualité en encourageant un dialogue constructif entre la société civile africaine et ses gouvernements.

PRINCIPES D’ACTION mise en réseau plaidoyer appropriation

LE RÉSEAU 250 organisations membres • 18 coalitions en Afrique • 8 coalitions en Europe Coordonnées par IDAY-International aisbl (siège en Belgique) 150 000 enfants et jeunes vulnérables (0-24 ans) touchés à travers l’Afrique (recensement 2011)

MEMBRES AFRICAINS (COALITIONS) ASSEMBLEE GENÉRALE

MEMBRES EUROPÉENS (COALITIONS)

COMITÉ D’HONNEUR

CONSEIL D’ADMINISTRATION

COMITÉ DE DIRECTION

PARTENAIRES (NIDOE, FAWE, ANPPCAN,GCE)

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COORDINATION & SECRETARIAT

SPONSORS

IDAY met en réseau des organisations de la société civile africaine actives dans l’éducation. Ces organisations sont regroupées en coalitions nationales. IDAY encourage ces coalitions à s’engager pour un plaidoyer efficace avec un impact durable. La croissance économique indispensable au développement de l’Afrique suppose une synergie entre société civile et gouvernement. Les thèmes abordés viennent de la société civile locale. C’est elle qui estime ce qui est nécessaire pour réaliser l’éducation pour tous en Afrique. Ceci s’appelle «appropriation».

PRIORITÉS : LES ENFANTS ET LES JEUNES VULNÉRABLES • Orphelins • Enfants soldats • Enfants domestiques • Enfants accusés de sorcellerie • Mineurs en prison • Enfants handicapés • Enfants nomades • Enfants dans la rue • Filles mariées avant de terminer leurs études

• Enfants portefaix • Enfants victimes du trafic d’êtres humains • Enfants des minorités ethniques • Enfants vivant en zone rurale • Enfants vivant dans des zones de conflit / post-conflit • Enfants chefs de famille


IDAY-INTERNATIONAL

OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT (OMD) OMD 2 Réaliser l’éducation primaire universelle pour 2015 • Accès à l’éducation primaire • Achèvement de l’éducation primaire • Alphabétisation des femmes et hommes âgés de 15 à 24 ans OMD 3 Promouvoir l’égalité sexuelle et renforcer le pouvoir d’action des femmes Éliminer la disparité sexuelle dans l’éducation primaire et secondaire, de préférence pour 2005 (non encore réalisé).

LE CADRE DE DAKAR, L’ÉDUCATION POUR TOUS En 2000, 181 États réunis à Dakar ont adopté six objectifs devant être réalisés d’ici 2015 : • Développer l’éducation pour la petite enfance • Encourager l’éducation gratuite et obligatoire pour tous • Encourager la formation académique et professionnelle pour les jeunes et adultes • Augmenter de 50% l’alphabétisation des adultes • Réaliser la parité des genres d’ici 2015 • Améliorer la qualité de l’éducation

MISSION D’IDAY

POURQUOI L’ÉDUCATION ? L’éducation est la clé pour : • Augmenter la participation de chacun dans les processus sociaux et démocratiques • Améliorer les opportunités professionnelles afin de combattre la pauvreté et contribuer au progrès économique • Améliorer la santé

80 millions

d’enfants et jeunes en Afrique sont privés de leur droit fondamental à l’éducation DE BEAUX SUCCÈS ET PERSPECTIVES • Système d’autonomie communautaire pour la réintégration scolaire et familiale d’orphelins et enfants vulnérables (Togo) • Mobilisation des communautés contre la traite des enfants (Togo) • Légalisation et formation professionnelle des travailleurs domestiques (Burundi, Rwanda, etc.) • Éducation des filles dans les campagnes par l’amélioration de l’hygiène féminine (Ouganda) • Lutter contre le paludisme avec le thé d’Artemisia annua, projet réalisé dans des écoles (Kenya, Rwanda, Sénégal) • Initiation d’une campagne régionale pour l’éducation des mineurs en prison

PERSPECTIVES D’ACTION

Promouvoir des politiques et pratiques permettant d’atteindre les 6 objectifs du Cadre de Dakar 2015, notamment l’initiation préscolaire, un cycle d’enseignement primaire complet et l’alphabétisation des jeunes.

CAUSES DE L’ANALPHABÉTISME EN AFRIQUE pauvreté : 45% - habitat rural : 33% - genre : 11%

• Renforcer les capacités de plaidoyer des coalitions membres d’IDAY • Lancer des programmes régionaux ou panafricains en faveur de certaines catégories d’enfants et jeunes particulièrement vulnérables • Améliorer la communication d’IDAY et sa visibilité dans les médias

Source : Pôle de Dakar (UNESCO)

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LE PLAIDOYER, UNE STRATÉGIE POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Les campagnes de plaidoyer et de défense des droits humains menées dans une perspective globale sont plus efficaces, équitables et durables que les projets individuels de fourniture de services (construction d’écoles, etc).* «Agir localement, penser globalement »

LE PLAIDOYER, ACTIVITÉ PRINCIPALE D’IDAY

NOS ACTIVITÉS DE PLAIDOYER

Notre modus operandi :

Le réseau mène ses campagnes de plaidoyer et de sensibilisation en Afrique et en Europe :

• amélioration de l’efficacité de l’aide • mise en place des prérequis au développement socio-économique Nous encourageons les gouvernements nationaux à assumer leurs responsabilités. À cette fin, nous estimons indispensable qu’ils dialoguent avec les organisations de la société civile (OSC) locale. C’est la seule manière de parvenir à une appropriation démocratique des processus de développement. Le plaidoyer est efficace uniquement s’il est global, s’il représente tous les intérêts et s’il est initié localement. Il aura alors un impact durable.

• Campagnes de sensibilisation (locales, nationales, internationales) • Programmes de plaidoyers nationaux et régionaux pour des catégories spécifiques d’enfants vulnérables (travailleurs domestiques, mineurs en prison, orphelins, etc.) • Mise en oeuvre de programmes éducatifs comme support au plaidoyer (Bourse à Projets) • Conférences et séminaires • Enquêtes • Documentaires vidéo • Publication de rapports et prise de position

Notre approche est ascendante : ce sont les OSC locales, rassemblées en coalitions, qui élaborent et mettent en oeuvre la stratégie de plaidoyer du réseau. Par le dialogue et le plaidoyer, les OSC locales aident leurs gouvernements à : • comprendre les besoins réels en matière de droits fondamentaux de la population • développer des stratégies durables et équitables • obtenir que les fonds publics parviennent à la population

Nos partenaires de plaidoyer

5 * Source : Campagne Mondiale pour l’Éducation, Droits à l’éducation : guide pour praticiens et activistes, 2007, p8.

Le réseau IDAY est actif tant au niveau national que transnational Entre autres événements, les membres d’IDAY commémorent la Journée Internationale de l’Enfant Africain (16 juin) et participent à la Campagne Mondiale pour l’Éducation


LE PLAIDOYER, UNE STRATÉGIE POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

LE DÉVELOPPEMENT EST UN PROCESSUS ENDOGÈNE Les nations se développent elles-mêmes, elles ne peuvent pas être développées de l’extérieur. Il faut donc encourager les efforts des Africains à trouver eux-mêmes les solutions à leurs problèmes. L’interférence directe des acteurs étrangers peut

INTÉRÊT

GOUVERNEMENT

services adaptés

ralentir le processus de développement. Les OSC locales connaissent leurs problèmes mieux que quiconque. Leurs solutions sont mieux adaptées au contexte socio-culturel. et elles sont aussi moins chères.

AIDE PUBLIQUE

AIDE FINANCIÈRE

CONFIANCE

→ SOCIÉTÉ CIVILE

→ →

→ DIALOGUE

DÉVELOPPEMENT

taxes

→ INTÉRÊT

PRESTATION DE SERVICE

AIDE NONGOUVERNEMENTALE & PRIVÉE

PERSPECTIVES D’ACTION • Rassembler davantage d’OSC africaines (et européennes) pour mener un plaidoyer collectif en faveur de l’éducation de base pour tous en Afrique

• Encourager la collaboration régionale entre les coalitions nationales dans le cadre de programmes de soutien à l’éducation de certaines catégories d’enfants et jeunes vulnérables

• Valoriser le rôle essentiel de la société civile africaine pour un dialogue constructif et démocratique avec les autorités locales

• Accompagner les coalitions nationales IDAY afin qu’elles deviennent autonomes

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L’ÉDUCATION DE QUALITÉ PASSE PAR UNE BONNE SANTÉ

Quelques maladies sont à l’origine du taux élevé d’absentéisme dans les écoles africaines et donc de la faible qualité de l’enseignement. Il est donc essentiel d’affronter les problèmes majeurs de santé.

LE CAS DU PALUDISME En Afrique la lutte contre le paludisme reste une des principales causes de décès. Il cause des pertes économiques estimées à 8 milliards $/an et affecte la qualité de l’éducation de trois façons : • Les crises répétées altèrent définitivement les capacités cognitives des enfants • Il augmente l’absentéisme scolaire des élèves comme des professeurs • Il grève les budgets de santé qui, de ce fait, ne sont pas disponibles pour renforcer l’éducation Traiter le paludisme... Moustiquaire, médication pharmaceutique, diagnostic rapide, vaccination performante (recherche en cours) sont des approches relativement efficaces mais coûteuses. Sans financement international, elles restent inaccessibles à la majorité de la population africaine. ...avec l’Artemisia annua Depuis 2000 ans, les Chinois utilisent avec succès une plante locale, l’Artemisia annua, pour combattre le paludisme. Le traitement requiert la consommation de 3 tasses de thé d’Artemisia annua par jour pendant 7 jours. Le taux d’efficacité dépasse les 90%. Ce thé est une multithérapie naturelle car il contient nombre de composants chimiques actifs en synergie.

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Le thé d’Artemisia annua n’a pas d’effets secondaires et jusqu’à présent, aucune résistance n’a été observée. Des recherches menées dans des universités européennes, latino-américaines et africaines en confirment l’efficacité. Celle-ci a également été observée empiriquement. Des recherches en cours démontrent que la plante permet de purifier l’eau, et donc de lutter contre la dysenterie. Un document de la RDC daté de 2003 indique que l’Artemisia annua est aussi efficace contre la bilharziose, et d’autres parasitoses. Certaines expériences en Ouganda et au Kenya confirment les résultats de ces recherches. Rendre le traitement accessible aux écoles La plante est cultivée en Europe et en Afrique principalement pour la vente à l’industrie pharmaceutique. Le réseau IDAY s’est associé à une organisation luxembourgeoise spécialisée (Ifbv) pour accompagner la diffusion de l’Artemisia annua et son utilisation parmi la population africaine. Des cultures sont actuellement en développement en RDC, Gambie, Bénin, Sénégal, Burundi, Rwanda, Zambie, Togo, etc.


L’ÉDUCATION DE QUALITÉ PASSE PAR UNE BONNE SANTÉ

CHAQUE MINUTE un enfant africain meurt du paludisme

TÉMOIGNAGE - L’INITIATIVE PILOTE DU KENYA IDAY-Kenya a décidé en 2010 de promouvoir la plante dans la région de Kisumu, fort affectée par le paludisme. Sous la coordination du Dr. Tobias Arudo (Université de Kenyatta à Nairobi), 1200 élèves de deux écoles secondaires se sont portés volontaires pour participer au programme. Après une 1ère tentative infructueuse (faute d’eau), la culture a pris. Le traitement curatif du paludisme avec l’Artemisia annua s’est avéré très efficace depuis le début. Depuis juin 2010, élèves et professeurs prennent aussi le thé préventivement. Amélioration des résultats scolaires L’absentéisme scolaire lié au paludisme est devenu quasi nul et les frais de santé ont été réduits de 90%. L’amélioration des performances scolaires a été vertigineuse. À la fin de l’année scolaire 2010, l’une des écoles pilotes a connu un taux d’admission de 100% de ses élèves candidats à l’université.

la reproduction. Des Clubs IDAY de jeunes (46 Clubs fin 2011) diffusent la culture et les techniques de traitement à base du thé dans d’autres écoles à travers le Kenya. Expansion Depuis 2011, ce programme touche 80 écoles et établissements spécialisés, soit environ 40 000 élèves, dans 8 districts du Kenya. 5 prisons ont adopté la culture de la plante (environ 2 000 personnes). Partager et construire des partenariats Constatant la réussite au Kenya, les membres d’IDAY au Sénégal, Guinée, Burkina Faso, Bénin, Togo, RDC, Burundi, Rwanda et Ouganda ont initié en 2011 des projets pilotes avec l’Artemisia annua.

Des jeunes volontaires et motivés

Bien que certains pays (Burkina Faso, Togo, Sénégal) rencontrent des difficultés liées à l’arrosage, d’autres (Burundi, Rwanda, Ouganda) ont réussi à cultiver des surfaces appréciables.

Les volontaires responsables ont découvert la reproduction par bouturage de la plante, ce qui simplifie

L’implication des gouvernements dans chaque pays est activement recherchée.

PERSPECTIVES D’ACTION • Contribuer à réduire significativement l’absentéisme dans les écoles et l’impact du paludisme sur l’éducation • Accompagner la diffusion de la culture et de l’utilisation de l’Artemisia annua dans les communautés africaines pour un accès général au traitement contre le paludisme • Favoriser les échanges de bonnes pratiques entre organisations africaines et d’autres continents • Contribuer à faire (re)connaître les bienfaits médicaux de l’Artemisia annua

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L’ÉDUCATION FACE AU TRAVAIL DES ENFANTS, L’EXEMPLE DES TRAVAILLEURS DOMESTIQUES

Plusieurs textes internationaux et nationaux condamnent ou réglementent le travail des enfants eu égard à ses effets négatifs sur le développement de l’enfant et sur la perspective de l’universalisation de leur accès à l’école.

LE CAS DES TRAVAILLEURS DOMESTIQUES En Afrique, le phénomène d’enfants et jeunes employés comme domestiques est très répandu. Généralement, le travail domestique est une conséquence de la pauvreté et de la croissance démographique dans les régions rurales. Cet exode rural est aussi encouragé par le rêve d’une vie meilleure en ville Beaucoup de parents se trouvent dans l’impossibilité de nourrir et d’élever tous leurs enfants. Cet état de fait alimente l’émigration rurale. Une fois en ville, quelques-uns sont pris en charge par des familles ou employeurs pas toujours bien intentionnés. Ils les voient comme une opportunité d’exploitation gratuite dans des tâches ménagères. Peu de ces enfants réussissent à terminer l’éducation de base. Souvent ils amènent les enfants de leurs employeurs à l’école mais n’y entrent pas. Certaines mères utilisent même Combien sont-ils ?* leurs propres Burundi 300 000 filles comme Uganda 700 000 domestiques, Rwanda 800 000 entravant ainsi Kenya 1 000 000 leur scolarisation. RDC Pas d’information L’Organisation Internationale *Estimations de 2010 du Travail (OIT) considère le travail domestique comme « particulièrement pénible » pour les enfants, tout en admettant que c’est une pratique essentielle pour la survie de certains d’entre eux. Par conséquent, l’OIT a fixé à 14 ans l’âge

minimum du travail Les conditions du travail domestique. des enfants domestiques En juin 2011, les membres de l’OIT • Régime de travail ont adopté une intense (6h-23h) convention pour 7 jours/7, 365 jours/an protéger le droit des • Pas de congés, pas domestiques à des d’assurances sociales conditions de travail • Salaire aléatoire ou décentes. inexistant En dépit du fait que • Exclusion des la plupart des pays programmes éducatifs ont signé les accords • Aucun droit internationaux qui • Abus sexuels et autres interdisent le travail (particulièrement les des enfants, on filles) trouve de nombreux jeunes de moins de 14 ans comme domestiques. Dans la plupart des pays africains, le travail domestique n’est pas reconnu comme une profession à part entière. Ceci ouvre ainsi la voie à toute une série d’abus.

«Les travailleurs invisibles» Documentaire d’IDAY réalisé par Edouard Valette (production : Mundis) au sujet de la condition des domestiques en Afrique de l’est

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et au Congo (en vente au prix de 15€)


L’ÉDUCATION FACE AU TRAVAIL DES ENFANTS, L’EXEMPLE DES TRAVAILLEURS DOMESTIQUES

L’EXPÉRIENCE DU BURUNDI Indignée par la façon dont les jeunes travailleurs domestiques étaient traités dans son pays, Madame Goreth Kanyange a initié en 2002 un centre de formation à Bujumbura. Le programme proposé comprend des cours d’alphabétisation des cours de cuisine, de puériculture, d’hygiène, etc. Le programme des cours a été adapté aux horaires de travail des domestiques : 2 heures par jour, 3 fois par semaine. Après 4 ans de formation, les travailleurs reçoivent un diplôme officiel qui leur donne accès à un emploi avec contrat écrit. Grâce à cette démarche, les salaires moyens des domestiques ont été multipliés jusqu’à 10 fois.

Les domestiques qui, auparavant, ne pouvaient pas suivre les cours parce qu’ils devaient garder les enfants de leurs employeurs ont maintenant la chance de les suivre grâce à la création d’une école maternelle dans le centre où les petits enfants apprennent l’alphabet en deux langues. Les étudiants payent un quart de leur salaire pour recevoir les cours. La formation complète coûte 280€ par élève. Le plus important, c’est que Mme Kanyange rend les domestiques fiers de leur métier et leur donne dignité et confiance en eux. Légaliser la profession de domestique En 1972, au Burundi, les travailleurs domestiques ont été exclus de la loi du travail. En 2011, IDAY-Burundi a soumis au gouvernement burundais une proposition pour faire reconnaître la profession de domestique. Actuellement, avec le soutien de 5 ministres, cette loi est en cours d’examen pour approbation d’ici 2013. IDAY soutient les centres d’alphabétisation et de formation professionnelle pour travailleurs domestiques au Burundi, Rwanda et en RDC.

LE PROGRAMME RÉGIONAL D’IDAY Les membres IDAY d’Afrique de l’Est réunis à Nairobi en juillet 2010 ont décidé d’initier un programme de légalisation et formation professionnelle pour les domestiques de la région. Ce programme comprend :

PERSPECTIVES D’ACTION • Enquêtes sur la situation socioéconomique des domestiques dans 6 pays d’Afrique de l’Est

• La production d’un documentaire vidéo sur la condition des jeunes domestiques (français et anglais) « Les travailleurs invisibles»

• Reproduire le modèle du centre de formation burundais dans plusieurs autres pays d’Afrique et le faire intégrer dans les programmes nationaux d’éducation.

• Des enquêtes pour déterminer le nombre de domestiques, leurs attentes en matière de formation et les demandes de compétences de la part des employeurs

• Obtenir la légalisation du statut des travailleurs domestiques dans les pays où IDAY est présent

• Une conférence régionale en novembre 2010 à Bujumbura

Pays impliqués dans le programme : RDC, Burundi, Rwanda, Ouganda, Kenya et Zambie. IDAY recherche des financements supplémentaires pour poursuivre ce programme lancé fin 2010.

• Sensibiliser les jeunes à leurs droits

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L’ÉDUCATION FACE À L’EXCLUSION, L’EXEMPLE DES MINEURS EN PRISON

La marginalisation d’enfants est encore monnaie courante en Afrique. Mineurs en prison, enfants handicapés, enfants accusés de sorcellerie, orphelins,... La majorité subit l’exclusion sociale et perd son droit fondamental à l’éducation de base.

LE CAS DES MINEURS EN PRISON Bien que ce soit proscrit par le droit international, en Afrique, beaucoup d’enfants de moins de 12 ans se retrouvent en prison. Les mineurs privés de liberté sont généralement aussi privés de leurs droits fondamentaux, dont l’éducation ; ils représentent une catégorie extrêmement vulnérable. Ils sont souvent négligés par les acteurs nationaux et internationaux. Le manque de statistiques fiables est un obstacle majeur

à l’amélioration de cette situation. Pourtant, le droit de tous les enfants à l’éducation est inscrit dans la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant. De plus, le Comité sur les Droits de l’Enfant encourage les gouvernements à prendre toutes les mesures pour prévenir la discrimination des enfants en conflit avec la loi face à l’éducation. Tenant compte du fait que l’analphabétisme et le manque d’opportunités d’éducation sont des facteurs importants de délinquance, l’éducation doit devenir partie intégrante de la politique de détention. De plus, donner à ces jeunes accès à l’information et à l’éducation, c’est faciliter leur réintégration sociale après la détention.

LA STRATÉGIE D’IDAY ET DEI-BELGIQUE Préoccupés de la situation des mineurs en prison en Afrique, IDAY International et Défense des Enfants International (DEI)-Belgique ont initié une stratégie pour mettre en évidence leur droit à l’éducation. Les objectifs sont : • Mettre en évidence la problématique de la violation du droit de ces enfants à l’éducation (plaidoyer auprès des services nationaux, des donateurs et de la communauté internationale) • Promouvoir une meilleure coordination entre les acteurs (soutenir l’engagement des organisations de la société civile africaine et leurs efforts pour

dialoguer avec leurs gouvernements, améliorer le partenariat entre les acteurs européens et africains) • Examiner les solutions alternatives pour promouvoir l’éducation de base de qualité pour les mineurs privés de liberté. En particulier, promouvoir les principes de justice restauratrice • Rassembler régulièrement les organisations de la société civile africaine engagées dans la protection des droits des mineurs en prisons pour examiner les meilleures pratiques et renforcer leur dialogue avec leurs gouvernements DEI-Belgique

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L’ÉDUCATION FACE À L’EXCLUSION, L’EXEMPLE DES MINEURS EN PRISON

CAMPAGNE RÉGIONALE POUR FAIRE RESPECTER LE DROIT À L’ÉDUCATION DES MINEURS EN PRISON

ACTIVITÉS DÉJÀ RÉALISÉES 1. Atelier sur l’éducation des mineurs privés de liberté (Bruxelles, 18-19 janvier 2011) L’objectif était de coordonner la politique des ONG européennes dans de secteur. 2. Forum des Organisations de la Société Civile Africaine sur l’Éducation de Mineurs en Prison (Kampala, 9 novembre 2011)

Attentes • Priver un mineur de sa liberté est interdit par le droit international. Une telle mesure ne peut être envisagée qu’exceptionnellement, en dernier recours et pour le moins longtemps possible

Le forum a rassemblé des organisations africaines actives dans le secteur pour décider d’une stratégie collective. Il comprenait aussi des sessions de formation sur la justice restauratrice et la communication non-violente.

• L’État doit exercer ses obligations en assurant à chaque enfant son droit à la santé, la sécurité, l’éducation

3. Recensement des acteurs et des programmes éducatifs pour mineurs en prison en Afrique (en cours)

• Les gouvernements africains doivent reconnaitre l’existence injustifiée de mineurs en prison et les violations de leurs droits, et oeuvrer avec la société civile pour y mettre fin le plus rapidement possible • Des programmes éducatifs adaptés pour les mineurs en prison doivent être intégrés dans les programmes nationaux d’éducation

PERSPECTIVES D’ACTION • Faire un état des lieux des mineurs en prison et des initiatives en leur faveur en Afrique

• L’offre éducative doit être de qualité et équivalente au système général d’enseignement. Elle comprend au moins le diplôme de base et valorise, autant que faire se peut, les compétences et acquis informels. Elle doit être pédagogiquement active et aider au développement de la citoyenneté et de compétences professionnelles

• Créer un guide pour stimuler la diffusion de programmes éducatifs pour les mineurs en prison dans les pays africains

• Mobiliser les familles pour la prise en charge et la réinsertion de leurs enfants

• Encourager le plaidoyer des organisations de la société civile africaine auprès de leurs gouvernements par rapport à cette cause

• La société civile, les organisations de la coopération bilatérale et multilatérale doivent intégrer cette problématique dans leurs programmes réguliers

• Sensibiliser et mobiliser les communautés pour améliorer la perception sociale actuelle des mineurs en prisons

• Un plan régional d’action doit être mis en place en collaboration avec les autorités locales compétentes et avec l’appui des bailleurs de fonds

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LA BOURSE À PROJETS

Le principe est d’encourager les investissements directs dans des projets initiés par les organisations de la société civile (OSC) africaine, en lien avec leur plaidoyer, afin d’encourager le développement local durable.

QU’EST-CE QUE LA BOURSE À PROJETS ? Les gouvernements sont les premiers responsables d’assurer une éducation de base de qualité pour leur population. Mais il reste des lacunes dans les systèmes éducatifs que les organisations africaines cherchent à aider à identifier et combler.

Une fois leur efficacité et durabilité confirmées, un plaidoyer pourra être mené pour que ces projets soient diffusés et mis en œuvre au niveau national – ou ailleurs en Afrique.

Habituellement, les gouvernements sont plus réceptifs aux organisations internationales car elles apportent des sommes importantes d’argent pour financer leurs projets.

Ceci est fondamental pour atteindre l’éducation pour tous sur tout le continent !

Pourtant, les organisations africaines offrent trois avantages majeurs :

Autonomie Financière

• Elles connaissent mieux que quiconque les vrais problèmes

Une commission de 3 à 10% des fonds obtenus est affectée au plaidoyer des coalitions IDAY.

• Leurs propositions sont mieux intégrées dans le milieu socioculturel local

Cette commission est aussi la contrepartie de la responsabilité collective assumée par ces coalitions dans la bonne mise en oeuvre des projets et de l’affectation des fonds reçus.

• Leurs solutions sont beaucoup moins chères que celles inspirées et contrôlées par l’aide étrangère Ainsi, le réseau IDAY est convaincu que les initiatives africaines sont plus équitables et soutenables car seules applicables à grande échelle malgré des moyens financiers locaux limités. En plus, elles donnent la conviction aux africains qu’ils peuvent résoudre leurs problèmes euxmêmes. Lier service et plaidoyer À travers des projets concrets d’éducation gérés localement, les associations membres d’IDAY confèrent légitimité et crédibilité à leurs demandes et

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recommandations.

Les bureaux locaux d’ IDAY devraient ainsi devenir financièrement autonomes après 3 ou 4 ans, au fur et à mesure que croît l’ampleur de leurs interventions pour atteindre l’éducation pour tous. Des projets plus importants nécessitent l’accès aux fonds publics locaux ou à l’aide internationale publique. Critères 1. Les promoteurs doivent être engagés dans des actions de plaidoyer et être membres d’IDAY


LA BOURSE À PROJETS

2. Les projets doivent être approuvés par la coalition nationale IDAY 3. Les projets doivent être soutenus ou au moins approuvés par l’autorité gouvernementale locale 4. Ils doivent être réplicables à grande échelle 5. Ils doivent être suffisamment bon marché afin que leur généralisation soit finançable par les gouvernements locaux 6. Ils doivent avoir la capacité de devenir autonomes financièrement 7. Les questions traitées par le projet doivent être relayées dans le plaidoyer de la coalition

IDAY a initié la Bourse à Projets pour trouver des sponsors pour les projets d’investissement proposés par les organisations de la société civile africaine (OSC) membres du réseau. En effet, les membres d’IDAY ont besoin d’assistance financière pour promouvoir leurs projets auprès de leur gouvernement dans le cadre de leur plaidoyer.

Exemples (www.iday.org - bourse à projets) • Togo - Fonds Enfants Soleil (FES), phase II (projet no 10) Adoption et scolarisation dans leur propre village d’orphelins dans 11 villages au sud du Togo. Prise en charge collective d’une partie du coût des écoles locales. 600 orphelins scolarisés pour en moyenne 70€/enfant/an. • Ouganda - Education des filles (projet no 5) Donner à 20 000 filles accès à un enseignement continu en améliorant les conditions d’hygiène féminine. Pour cela les enseignants sont formés à corriger la perception négative de la période de menstruation et à développer la production locale de serviettes hygiéniques à bas prix. • Ouganda - Collecte de l’eau de pluie & les jardins des écoles (projet no 3, 16 & 21) Équiper les écoles privées de réservoirs d’eau de pluie et de jardins pour garantir l’accès à l’eau potable et aux compléments alimentaires riches en vitamines, et protéger les enfants contre le paludisme. Chaque école impliquée dans le projet réserve 10% de la surface de son jardin à la production des semences et plantules pour une distribution gratuite à au moins 5 autres écoles.

PERSPECTIVES D’ACTION IDAY International cherche du personnel pour : • Administrer la Bourse à Projets • Former les coalitions IDAY à sélectionner et soumettre des projets conformes aux critères • Augmenter la communication et la visibilité de la Bourse à Projets afin d’affirmer la valeur des projets publiés et renforcer la base des donateurs Indicateurs 21 projets publiés dont 13 qui ont reçu un financement pour un total de 235.000€ (2011).

• Augmenter le montant des fonds obtenus pour les projets

Plus d’infos ? info@iday.org

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LE COMITÉ D’HONNEUR IDAY Dr Codou Diaw (Directrice exécutive FAWE), Hauwa Ibrahim (Prix Sakharov 2005), Baaba Maal (Ambassadeur PNUD - Sénégal), Luisa Morgantini (Vice-Présidente du Parlement européen 2007/2009), Denis Mukwege (Prix Roi Baudouin 2011 et Directeur de l’hôpital de Panzi), Mampe Ntsedi (Nelson Mandela Children Center), Ousmane Sy (Prix Roi Baudouin 2005 et Fondateur de CEPIA)

IDAY-Afrique

Bénin

Burkina-Faso

Burundi

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R. D. Congo Gabon Ghana Guinée Côte d’Ivoire Kenya Mauritanie

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www.iday.org IDAY-International aisbl 19, rue des Jambes - 1420 Braine-l’Alleud - Belgique Contacts : T. +32 (0)2 385 44 13 - F. +32 (0)2 385 44 12 - info@iday.org IBAN - BE 93 5230 8026 6767 - BIC - TRIOBEBB (TRIODOS)


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