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NEWS

LETTER automne 2013

EFFICIENCE DE L'AIDE POUR L'ÉDUCATION,

le temps du changement ?

SOMMAIRE p1 Photo à la une p1 Le mot du Président © IDAY-International aisbl

p2 Bref p3-4 Efficience de l'aide p5 Entrevue p5 Bourse à projets Porte-voix pour l’éducation en Afrique

p7 Votre engagement


Photo à la Une

Reconnaissance officielle d'IDAY-Kenya et d'IDAY-Ouganda par leur gouvernement - 2013

Trop d’organisations bénéficiaires de l’aide au développement craignent d’en dénoncer les effets néfastes. Pourtant, près de 80% de l'aide destinée à renforcer les économies des pays récipiendaires ne remplit pas sa mission car elle est interceptée par des intermédiaires étrangers. Contrairement aux prescriptions fondamentales sur son efficience, l’aide continue d'être octroyée à des pays dont les gouvernants ne cherchent pas fondamentalement le développement de leur population. Les changements apportés à la suite de conférences internationales ne provoquent pas de réelles améliorations; c'est le cas de la concentration sectorielle et géographique croissante de cette aide qui la rend de moins en moins accessible aux organisations de la société civile locale. Selon le Professeur Paul Collier, de la London School of Economics, il est du devoir de tous les citoyens des pays donateurs et des organisations qui bénéficient de l’aide, de dénoncer ces inefficiences qui, tôt ou tard, se répercuteront sur nos propres sociétés. IDAY-International aisbl - 19, rue des Jambes - 1420 Braine-l’Alleud - Belgique Editeur Responsable : J-J. Schul - Rédactrice en chef/graphiste : D. Devillers Contacts : T. +32 (0)2 385 44 13 - F. +32 (0)2 385 44 12 - info@iday.org Compte bancaire : IBAN - BE 93 5230 8026 6767 - BIC - TRIOBEBB (TRIODOS)

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Jean-Jacques Schul Président-fondateur d’IDAY-International


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En juin dernier, à l'occasion de la Journée internationale de l'enfant africain, les coalitions IDAY d'Afrique et d'Europe se sont mobilisées. Elles ont organisé des rencontres, des projections et des visites de terrain ; elles ont défilé pour la cause et distribué des flyers, des t-shirts et des plants d’Artemisia annua contre le paludisme ; elles ont fait la une de médias ; elles ont fait appel au sport et à l’art pour faire passer leur message avec le soutien de nombreuses personnalités. Leur message ? Tous les

enfants et jeunes en Afrique ont droit à une éducation de base de qualité !

Bref. spécial Journée internationale de l'enfant africain 2013

IDAY-International Surmonter les

obstacles à l'éducation de qualité pour tous

IDAY-France L’éducation des enfants dans les zones de conflit et post-conflit

IDAY-Mauritanie La violence contre les enfants en milieu scolaire

IDAY-Sénégal L'accès et le maintien des filles à l'école

IDAY-Kenya Éliminer les

barrières à l'éducation de base de qualité liées au travail domestique pour les enfants et les jeunes

IDAY-Nigéria Agenda post 2015, leçons et aspirations au Nigéria

IDAY-Bénin Lutte contre le paludisme en milieu

scolaire par la promotion de l’Artemisia annua et amélioration de la scolarisation des filles

IDAY-Ghana, IDAY-Burkina Faso, IDAYTogo, IDAY-Cameroun, IDAY-Tanzanie, IDAY-Ouganda, IDAY-RDC/Kivu, IDAY-RDC/ Kinshasa ont choisi de prendre part à l'action collective

en adoptant le thème proposé par l'Union africaine Eliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants : notre responsabilité collective

IDAY-Rwanda

Avancement de l’intégration sociale, élimination du travail des enfants et des pratiques sociales et culturelles nuisibles

IDAY-Burundi Non au travail domestique des enfants !

IDAY-Gabon Lutter contre les inégalités scolaires liées au revenu et à la situation sociale

Résultats ? Outre la grande sensibilisation des participants aux causes défendues, des actes concrets ont été posés. Pour ne citer que quelques exemples, au Bénin, 4 centres d’accueil d’enfants en difficulté, 50 jeunes et plusieurs écoles se mobilisent désormais pour lancer la culture de l'Artemisia annua contre le paludisme dans les écoles. Entre-temps, l’autorité régionale va relayer la proposition au niveau national. À Kinshasa, à la suite de leur action où ils ont identifié les programmes à promouvoir pour les enfants accusés de sorcellerie, plusieurs ambassades ont manifesté leur intérêt à participer. Au Kivu, le Député provincial s'est engagé à transmettre à son Assemblée les propositions émises sur les mesures de protection

à prendre en faveur des enfants vulnérables et exploités économiquement. Au Rwanda, communautés et autorités de la province de Bugesera se sont formellement engagées à renforcer le suivi des enfants forcés à travailler aux dépens de leur éducation. En Tanzanie, ce sont tous les participants qui se sont engagés à accentuer la sensibilisation des communautés sur les droits des enfants et leur protection. Les actions de plaidoyer menées dans toute l'Afrique subsaharienne par le réseau IDAY le 16 juin ne font que renforcer le travail quotidien des coalitions qui luttent main dans la main pour que l'éducation soit un droit respecté, pour tous.

Plus d’infos ? info@iday.org

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Sortie des capitaux et inadaptation des politiques commerciales, l'implication sur l’efficence de l’aide au développement

D’après l’Unesco, la pauvreté est la première cause des défections scolaires. Si l’éducation est une condition nécessaire pour une croissance économique, cette dernière est tout aussi indispensable pour réaliser l'éducation de qualité. Il convient donc d’examiner les obstacles à une croissance économique accélérée et juste en Afrique comme condition de la réalisation de l’éducation pour tous. Encore aujourd'hui, l’augmentation des volumes de l'aide étrangère est présentée comme la condition de la croissance économique en Afrique.

L’Afrique est suffisamment riche pour pourvoir aux besoins essentiels de sa population. Ces ressources ne sont pas correctement utilisées et affectées. Pourtant, en juin dernier, lors de la conférence d’IDAY-International présidée par Alhaji Muhammad Mumuni, Secrétaire Général du

Groupe des États ACP, les conclusions données par Jesse Griffiths, Directeur d’Eurodad, et soutenues par Charles Goerens, membre de la Commission du Développement du Parlement européen, soulignaient le caractère essentiel des ressources internes par rapport à l’aide étrangère. Devant de nombreux ambassadeurs, Jesse Griffiths affirmait que l’Afrique était suffisamment riche pour pourvoir aux besoins essentiels de sa population. Ces ressources ne sont toutefois pas correctement utilisées et affectées. Les sorties de capitaux dans les pays

Overcoming the main obstacles to quality basic education for all in Africa On the occasion of the Day of the African Child

Source : EURODAD

en voie de développement dépassent les entrées. La fuite des capitaux y représente un réel problème. Elle est due non seulement à la corruption, mais surtout à l'évitement fiscal et la fraude fiscale. Il faut donc insister pour que les entreprises soient plus transparentes, qu’elles rendent compte de leur politique de transfert, des prix d'exportation, de leurs profits et des impôts payés dans chaque pays afin de vérifier qu’elles s’acquittent bien de leurs obligations.

Trop de dirigeants et entreprises, locaux comme étrangers, profitent de la faiblesse des régimes fiscaux peu développés des pays pauvres pour les contourner et entretenir une évasion fiscale massive. Ce processus est souvent soutenu, directement ou indirectement, par l'aide étrangère. Mr. Ben Dickinson, Président du département des taxes et du développement de l’OCDE, rappelait un

Raising voices for education in Africa

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point fondamental :

L’imposition est un lien fondamental entre l’état et la société. Elle est à la base du contrat social et de la constitution d’états efficaces. Elle est à long terme un remède contre la dépendance à l’aide extérieure. La fuite de capitaux en Afrique dépasse les entrées d’argent. Les chiffres précis sont inconnus mais il est fort probable que ces sorties dépassent les montants de l’aide étrangère. C'est pourquoi, selon M. Dickson, une des formes d'aide les plus efficaces est celle qui vise à renforcer les régimes fiscaux nationaux. L'échange d’informations entre administrations fiscales est aussi indispensable.

commerce fructueuses, il faut qu'elles soient pleinement intégrées dans les politiques nationales de développement afin qu'elles soient correctement appropriées. La politique de commerce doit en effet être du ressort des acteurs locaux et adaptée aux situations locales, ce que les accords de commerce actuels ne permettent en général pas. Le commerce ne mènera à la croissance économique et l'épanouissement social des pays exportateurs que si la majorité des recettes restent dans ces pays et sont converties en capital humain par un système fiscal efficace qui renforce les services sociaux. Sans cela, il contribue à exacerber les inégalités des revenus et aggrave la pauvreté.

Marc Maes, chargé du suivi des politiques commerciales pour la plateforme belge 11.11.11, établissait quant à lui une relation entre développement et commerce, plus précisément un lien entre libéralisation des échanges et développement.

Il en va de même avec l'entreprenariat. L'enrichissement personnel qui le motive a comme conséquence certaines inégalités dans la distribution des revenus. Toutefois, il existe des modèles d'entreprenariat qui maximisent l'équité de cette distribution. Le commerce équitable, par exemple, centre son action sur la personne plutôt que le profit.

La contribution de la libéralisation du commerce en matière de développement et de diminution de la pauvreté est incertaine. Pour rendre les politiques de

Lors d'un panel modéré par Fiona Hall, membre de la Commission du Développement du Parlement européen, Hilary Jeune, Responsable du service plaidoyer pour Fair Trade,

soulignait que le modèle de commerce équitable promu par l'organisation Fair Trade est un partenariat commercial basé sur la transparence et le respect de tous les producteurs. Il vise à garantir des moyens de subsistance durables par la fixation de prix d’achat minimums et l’octroi de primes. Il faut néanmoins sensibiliser non seulement l'Europe, mais aussi les pays du Sud à ces principes de commerce équitable en créant des marques qui répondent à ces critères. Bon nombre d'autres facteurs peuvent influencer l'efficience de l'aide et, par là, la réalisation de l'éducation de qualité pour tous en Afrique. Les modalités actuelles d'octroi de l'aide étrangère sont manifestement inadaptées et contreproductives. Voilà pourquoi IDAY ne se contente pas de plaider auprès des gouvernements pour qu'ils prennent leurs responsabilités et assurent le respect des droits fondamentaux et, de là, le bien-être de leur population. IDAY prône une approche holistique et une révision radicale des fondements et pratiques de l'aide au développement, pour que celle-ci contribue réellement à ses objectifs.

Retrouvez le compte-rendu de la conférence sur www.iday.org

Plus d’infos ? info@iday.org

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Entrevue.

L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT VISION PLURIELLE D’UNE JOURNALISTE BERCÉE EN AFRIQUE, FORMÉE EN BELGIQUE ET AUJOURD’HUI MEMBRE DE LA DIASPORA AFRICAINE

DURANT MA JEUNESSE EN AFRIQUE, MA PERCEPTION DE L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT ÉTAIT... ...quasi nulle pour ne pas dire inexistante. J'ai découvert le "concept" de "l'aide au développement" en Occident. Pendant mon adolescence, j'ai, par contre, bénéficié de l'"Aide aux Réfugiés"... 1996, deux ans à peine après le génocide rwandais, la guerre bat son plein au Kivu (RDC), la tension est perceptible dans l'ex-Zaïre. Ma famille et moi-même devons fuir. Nous passons par les camps de réfugiés et qui dit camps dit aide aux réfugiés. Le HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) nous livre des packs de biscuits à diluer dans de l'eau pour en faire de la bouillie riche en vitamines... Mais comment fait-on sans eau courante ? Il y a tellement d'incohérence quand on parle d'aide. Je pense qu'il faudrait revoir le concept et ce qu’il renferme. L'anecdote illustre le travail qu'il reste à accomplir sur le terrain en matière d'aide, qu'il s'agisse de réfugiés ou de développement.

L'aide doit correspondre aux attentes des populations qui la reçoivent et non pas à des cahiers des charges.

WENDY BASHI est journaliste au CIRTEF-TV5 Afrique où elle présente les émissions « Reflets Sud » et « Afrique Plurielle » et travaille à la production et programmation de la chaîne. Wendy Bashi participe également à de nombreux événements sur l’Afrique, en tant qu'organisatrice, modératrice ou simple observatrice.

Des initiatives locales pour un changement durable Des projets d’éducation innovants, low cost et qui ont un réel impact pour les populations bénéficiaires ? Ne cherchez pas plus loin. La Bourse à projets est une mine d’initiatives et de solutions imaginées par les membres d’IDAY pour contribuer au développement de l’Afrique.

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Les projets du réseau se fondent sur 2 principes, le premier étant qu’ils émanent de la société civile locale. Ce principe d’appropriation est essentiel pour que le continent puisse effectivement se développer. Qui peut en effet prétendre connaître les réalités locales si ce n’est les populations locales elles-mêmes ? L’autre caractéristique est le plaidoyer, tant auprès du public que des gouvernements. Il est central pour permettre au projet de s’inscrire dans la durée et responsabiliser les

gouvernements locaux. Prenons un exemple de projet à la mode : la construction d’écoles. Le donateur est tenté de financer ce genre de projet car il pense au résultat immédiat : des bâtiments pour accueillir des enfants. Mais qu’en est-il du résultat sur le long terme et à l'échelle globale ? Construire des écoles est une nécessité, mais si les parents n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, cette initiative n’améliore pas l’accès à l’éducation. De plus, le donateur se substitue au


DEPUIS QUE JE VIS EN BELGIQUE ET QUE JE CÔTOIE LA DIASPORA AFRICAINE, J’ESTIME QU’ELLE DOIT/NE DOIT PAS* CONTRIBUER AU DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE CAR... ...étant moi-même membre de la diaspora, je me sens concernée par ce qui se passe sur le continent dont je suis originaire, mais la contribution doit être nuancée. À l’heure actuelle, bien des projets sont pilotés par des membres de la diaspora. Il suffit de se pencher sur les chiffres des transferts d’argent des migrants pour se rendre compte que les diasporas investissent à grands coûts dans leurs pays d’origine. À partir du moment où des sommes faramineuses sont injectées dans les PIB des pays africains, les États ne se sentent plus concernés ou alors très peu. De plus en plus démissionnaires, ils n'éprouvent plus le besoin ou l’urgence de s’impliquer dans le bien-être de leurs populations.

EN TANT QUE JOURNALISTE QUI A UNE VUE CRITIQUE DU CONTINENT AFRICAIN ET DE SON DÉVELOPPEMENT, JE PEUX DIRE QUE L’AIDE ÉTRANGÈRE SOUTIENT/NE SOUTIENT PAS* LE DÉVELOPPEMENT DU CONTINENT...

Aide des diasporas oui, mais avec une plus grande présence et responsabilité des États.

...même s’il est temps de revoir de fond en comble la notion. Les rapports Nord/Sud, puisque c’est de cela dont il est question, ont fluctué au fil des décennies. Aujourd’hui, sur le terrain, il y a de plus en plus d’experts d’origine Africaine mais pas assez. Qui mieux que celui qui reçoit sait ce dont il a besoin ? Souvent les projets sont établis à Bruxelles et, quelques semaines plus tard, mis en place dans un pays du Sud sans que la population ait été consultée.

Bien que plusieurs critiques aient été émises à ce propos et que la situation semble s���améliorer, il y a encore du pain sur la planche ! *biffer la mention inutile

gouvernement et le déresponsabilise. Qui par exemple construira les autres écoles ? Pour générer un changement durable, il est nécessaire d’impliquer les Autorités politiques et les convaincre de travailler en partenariat avec la société civile. L’éducation, droit inaliénable, est leur responsabilité. C’est pourquoi les membres d’IDAY prennent soin de toujours inclure les autorités dans la mise en œuvre de leurs projets. Il y a quelques années, IDAY-Burundi

a lancé un projet de légalisation et de formation professionnelle des jeunes travailleurs domestiques, très nombreux en Afrique. L’initiative s’est répandue dans d’autres pays : en Ouganda, au Rwanda, en RDC et au Kenya, où société civile et autorités politiques collaborent pour améliorer le sort de millions de travailleurs domestiques ! La Bourse à projets met donc en lumière des initiatives locales qui visent un changement durable en impliquant les autorités dans la mise en œuvre du projet.

Bourse à

projets. Soutenez nos projets ! Rendez-vous sur www.iday.org ou contactez-nous directement via info@iday.org.

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engagement Votre

Si vous souhaitez apporter une aide régulière et éviter les paiements manuels, nous vous invitons à remettre le formulaire d’ordre permanent ci-après à votre organisme bancaire ou à le remplir via votre PC banking. Je soussigné(e) Nom _______________________________________________________________________________________________________ Rue __________________________________________________________________ n°____ boîte _________________________ Code postal, localité ______________________ Ville °________________________________________________________________ pays ________________________________________________________________________________________________________ verse chaque mois la somme de __________________________________________________________€ prélevée sur le compte IBAN ________________________________________________________________________________________________________ BIC ________________________________________________________________________________________________________ Au profit de l’aisbl IDAY-International Rue des Jambes 19 1420 Braine l’Alleud Belgique

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Localité et date : __________________________________________________________

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Date du 1er transfert : _____/______/________

J’ACCEPTE ET AUTORISE L’EXECUTION DE CET ORDRE PERMANENT - JE ME RÉSERVE LE DROIT D’ANNULER OU DE MODIFIER CET ORDRE À TOUT MOMENT

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Newsletter automne 2013