MAI 2014
© hepia
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LA NEWSLETTER DE LA HAUTE ÉCOLE DU PAYSAGE D’INGÉNIERIE ET D’ARCHITECTURE DE GENÈVE
À LA UNE
hepia s’emballe et s’enracine !
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Etapes du projet
« Racine », perspective jour, le projet des étudiant-e-s d’hepia sur le site Chauderon 9 à Lausanne.
De juin à octobre 2014, deux expositions d’installations éphémères Lausanne jardins et Genève, villes et champs feront de la région lémanique un haut lieu de l’expression paysagère contemporaine et celui d’une vaste réflexion sur l’urbanisation. hepia se devait d’y participer concrètement pour contribuer au débat sur la ville de demain qui est au cœur de ses préoccupations. A Lausanne, hepia s’installe place Chauderon sur la terrasse couverte de l’administration communale. Les étudiant-e-s ont vu l’écorce d’un arbre sur le pilier qui soutient l’édifice. Des centaines de lames de bois verticales poussent dans le béton, simulent des racines, transforment le bâtiment en plante : quelle place pour l’arbre et la nature en ville ? A Genève, hepia investit un champ de 6ha du projet « la ville aux champs » et construit en briques de paille : • Un Pavillon mystérieux et surprenant : comment habiter un champ ?
• Une Salle de jeux, à disposition des enfants et un immense divan : la ville pour tout le monde ? • Un Salon, de grands et hauts meubles pour se poser et discuter : refaire la ville ? • Une Course des villes et des champs pour se mesurer à un tracteur, à un mouton qui charge ou à un livreur de roesti : quelle mobilité pour demain ? • Des Sentinelles pour s’élever au-dessus du champ : changer de point de vue sur la ville ? • Un Etendage pour présenter les 9 filières de l’école : la formation au cœur de la cité ? En participant à ces deux expositions, hepia confirme son rôle majeur dans la formation des professionnel-le-s de l’aménagement et de la construction et permet à ses étudiant-e-s de se confronter à la réalité professionnelle de haut niveau. Laurent Salin Chargé de cours HES
• juin 2013 : atelier d’une semaine avec 30 étudiant-e-s des filières architecture du paysage, architecture et agronomie. Elaboration de six propositions d’intervention sur chaque site. Les commissaires retiennent deux projets. • septembre 2013 à janvier 2014 : module à choix « paysages éphémères » 25 étudiant-e-s développent les deux projets jusqu’à l’élaboration des dossiers d’exécution. • octobre 2013 : organisation par les étudiante-s d’une exposition et de deux conférences autour de ces manifestations. • juin 2014 : en collaboration avec le cfpne construction des projets « Racine » à Lausanne et « hepia s’emballe » à Genève. Corps enseignant : C. A. Presset, S. Cally, A. Etienne, N. Guillaumont, M. Meyer Etudiant-e-s Lausanne jardins : P-E Durand, J. Musy, T. Gazel, C. Vernet, A. Billet, E. Achino, G. Drag, N. Villalobos Etudiant-e-s Genève, villes et champs : A. Verhille, C. Andres, T. Stucheli, M. Cornil, S. Klay, X. Drezet, L. Cataldo Corcelli, A. Boireau, C. Garçon, J. Rambaud, V. Lambert, Y. Bourakoff, J. Bouard, N. Delucinge, A. Gajisin www.lausannejardins.ch www.geneve-villesetchamps.ch
A VOUS LA PAROLE
Visions croisées pour un jardin
Cône de vue 1
Cône de vue 3
L’Institut agricole de l’Etat de Fribourg à Grangeneuve (Posieux) remplit depuis sa création, il y a 125 ans, la mission de former des professionnel-le-s qui sont actifs-ves de la production agricole à la transformation des produits, en particulier ceux laitiers. Au fil des ans, Grangeneuve a développé son offre en accueillant entre autres, les forestiers bûcherons et les formations horticoles. A l’occasion du projet de déménagement d’Agroscope de Liebefeld à Posieux et de la nécessité de doter le Centre de formation des métiers de la terre et de la nature (CFTN) d’un nouvel outil pédagogique, la direction a souhaité disposer d’une vision externe sur ce que pourrait devenir le site de Grangeneuve. Philippe Curdy, architecte paysagiste HES et chargé d’enseignement à l’Institut, a contacté Vincent Desprez, responsable de la filière Architecture du paysage à hepia afin de lui demander de développer une vision cohérente pour l’ensemble du site. Intégrer les étudiante-s de cette filière s’est rapidement ajouté à la démarche. Ils/elles ont été « immergé-e-s » durant 3 jours sur le site et ont ensuite livré, dans le cadre de leurs travaux de semestre, des projections de futurs aménagements. Autant de regards et d’idées différents qui ont été ensuite condensés et synthétisés sous forme d’un masterplan. Celui-ci a servi de fil rouge dans l’étude de l’implantation d’Agroscope et dans la réa-
© hepia et IAEF
Cône de vue 2
Potentiels des cônes de vue.
lisation du jardin pédagogique du CFTN. L’approche développée a sensibilisé la direction à la qualité de son site et à l’importance de préserver les cônes de vue existants (voir illustrations). En effet, Grangeneuve s’inscrit, dans un contexte historique et territorial, comme un grand village et s’organise en hameaux distincts comportant chacun son identité thématique (hameau de la pédagogie, de la production, de l’expérimentation, etc.). L’implémentation du hameau de la pédagogie est en cours avec l’installation de son outil exceptionnel, le jardin pédagogique. Décliné en 4 thèmes (jardin technique, jardin des vivaces, jardin des graminées et aquatique, et jardin sec et alpin), il répond aux compétences décrites dans les cursus des formations horticoles et
agricoles. Il est né des réflexions menées conjointement entre hepia, le corps enseignant de Grangeneuve ainsi qu’une entreprise mandatée pour la conduite des travaux. L’attention extérieure posée par nos collègues genevois sur Grangeneuve a été très positive. Elle a engendré une réelle stimulation dans la maison, révélé des forces oubliées et nous a projetés dans une vision renforçant le pôle métiers de la terre et de la nature de l’Institut. Un grand merci à hepia pour la réalisation de ce mandat de recherche appliquée au bénéfice de nos deux institutions ! Alexandre Horner Directeur CFTN Institut agricole de l’Etat de Fribourg
Parcours d’audace Sergent dans l’armée, Spécialiste électromagnétique, Garde du corps, Graphiste, Thermographe, Associée, Cheffe d’entreprise, Etudiante… Future Ingénieure HES ? Ce ne sont pas les énumérations des épisodes d’une série B, juste ce que vous pourriez lire en parcourant mon CV.
Mon arrivée en terre helvète fut tout aussi audacieuse. Ni pied-à-terre, ni salaire, juste les poches assez remplies pour tenir quelques mois avec pour seule compagnie une valise et la tête pleine d’envies, dont une directrice : construire. C’est sur ce chemin que j’ai croisé celui de Jean-Marc, créateur d’entreprises, passionné
© Elise Hautecoeur
par les sciences et préoccupé par la réalité écologique de notre monde moderne, « Quel patrimoine sommes-nous en train de léguer ? » Vaste terrain d’intérêts communs sur lequel a germé l’idée d’une entreprise au bénéfice du développement durable, plus spécifiquement dans les économies d’énergies des bâtiments. Et s’en sont suivis des mois de prospections, de débats, de désaccords à accorder, d’idées à fusionner, à concrétiser, à faire couler des litres de café. Coup dur à la genèse de la société où un choix sensible s’est imposé suite à son décès : abandonner ce que nous avions commencé pour la sécurité du porte-monnaie ou persister avec tous les risques et sacrifices que cela impliquait… Manuel du chef d’entreprise volume un, chapitre un : Business plan, étude de marché, services à développer, compétences techniques à acquérir et plusieurs paquets d’aspirine à faire mousser. Un temps infini passé en ermite, à accumuler toutes sortes d’informations, finalement récompensé par la signature des premiers devis. Aussi, la contrepartie a-t-elle été que mon esprit ressemblait de plus en plus à un disque
Elise Hautecoeur, étudiante en Technique des bâtiments
dur aux blocs de données éparpillés en tous sens à vous mettre la logique à contresens. Et comme d’une pierre après l’autre je m’étais prise de passion pour le monde du bâtiment… Ce fut à cet instant que je pris la décision de suivre un cursus de qualité pour consolider et compléter mes connaissances tout en étant à la pointe en matière d’énergie, de construction et d’environnement.
C’est donc après plusieurs semaines de recherches et de recommandations que j’ai choisi hepia afin d’y suivre la formation d’ingénieure HES en Technique des bâtiments. Filière en parfaite adéquation avec mes objectifs : optimiser dans sa conception et sa planification la partie énergétique d’un bâtiment, de l’isolation à la domotique en passant par de nombreux systèmes, dont ceux à énergies renouvelables. Le tout en tenant compte des bilans écologiques et économiques. Une fois mon dossier accepté, fallait-il encore passer l’examen d’entrée HES. Et je peux vous dire qu’après 10 ans sans caresser le moindre polynôme* du regard : ça pique. Pas de miracle sur ce point : deux mois à refaire le programme de mathématiques du cycle obligatoire à la maturité, agrémenté de cours d’anglais réguliers. Pour qu’un beau jour de juin, tout de blanc enveloppé il est arrivé, m’annonçant que j’étais définitivement acceptée : quel joli courrier ! Au fait, j’ai toujours rêvé d’être pilote… Elise Hautecoeur Etudiante 1ère année, filière Technique des bâtiments * Fonction mathématique
EUREKA
La simulation numérique : comment lever le voile
© hepia
Les champs magnétiques nous freinent. Voilà donc une étrange affirmation. Comment ces lignes imperceptibles qui se propagent dans l’espace, invisibles et intouchables peuventelles exercer ce pouvoir ? Pour le savoir et lever le voile, il faut apprendre à voir l’invisible, à toucher l’intouchable. C’est faisable grâce à la réalité virtuelle qui peut nous révéler ce qui ne pourrait l’être autrement. A l’aide de
Frein magnétique : lignes et intensité du champ magnétique.
l’informatique, il est possible d’explorer les lois de la nature en résolvant des équations mathématiques complexes. Cette science s’appelle la simulation numérique. Les champs magnétiques proviennent de la résolution des équations de Maxwell*. Une fois ces équations résolues par ordinateur, nous pouvons connaître leur intensité en tout lieu de l’espace, les voir danser comme de fines lignes qui se referment en ondulant. Mais que se passe-t-il lorsque ces lignes rencontrent le chemin d’un certain type de fluide rempli de milliers de petites particules métalliques, appelé fluide magnéto-rhéologique ? Elles croisent le fer, me direz-vous. Oui, c’est exactement cela. Ces petites particules qui étaient dans un état libre et désordonné au sein du fluide, se trouvent soudain sous l’emprise du champ magnétique. Ce dernier les oblige à entrer dans la danse et à s’aligner les unes derrière les autres. On observe alors que ce fluide, qui jusque là pouvait s’écouler
tel de l’eau, ressemble désormais à du miel. Il est devenu très visqueux. Imaginons dès lors qu’un fluide magnétorhéologique remplisse l’interstice entre deux cylindres concentriques. En l’absence de champ magnétique, le cylindre interne peut tourner en glissant à l’intérieur du cylindre externe fixe. Le fluide qui les sépare n’oppose aucune résistance. Sous l’apparition d’un champ magnétique, il devient plus visqueux, ralentissant le cylindre interne. Le champ magnétique, par son action, a provoqué un freinage. Le voile est levé, voilà comment les champs magnétiques peuvent freiner. Ce processus, utilisé dans l’industrie automobile, a été étudié à hepia, comme tant d’autres, grâce à la simulation numérique qui contribue à percer les mystères de ce qui est invisible à nos yeux. Roland Rozsnyo Chargé d’enseignement HES * Equations qui régissent les phénomènes électromagnétiques
FLASH SUR :
Les équipes d’hepia de biotechnologie et de microtechnique dans leurs nouveaux laboratoires du Campus Biotech,
© hepia - photo: C. Catusse
© hepia - photo: C. Catusse
Campus Biotech hepia rejoint le temple de la santé de demain
sis dans les bâtiments ex-Serono.
Lors de sa dernière visite chez le médecin, qui d’entre vous n’a pas rêvé de se voir prescrire un traitement totalement personnalisé, en quantité comme en durée ? Notre projet « lab on chip » va dans ce sens : en faisant croître vos cellules sur une lamelle de micro-fluidique, il devient possible d’évaluer les effets d’un médicament en intégrant les modifications du principe actif après leur passage dans vos différents organes. Destiné à devenir un nouveau pôle d’excellence dans les domaines de la biotechnologie, Campus Biotech est centré sur la science pure et sa transposition dans des produits qui auront un impact direct sur la société et sur le monde*. Résultat d’une volonté des Fondations Bertarelli et Wyss, il associe l’EPFL et l’Université de Genève afin de créer les conditions
nécessaires à une recherche qui se veut à la pointe, ambitieuse et risquée. Plusieurs plateformes pluridisciplinaires seront au service de programmes dynamiques et évolutifs. hepia se devait d’être partie prenante à cette belle aventure. En effet, outre les aspects biologiques fondamentaux, ce type de recherche nécessite de sérieuses compétences technologiques en électronique, en fluidique comme en micromécanique. hepia, au travers de sa recherche appliquée fortement orientée vers l’efficience industrielle, dispose de tous les atouts pour contribuer significativement au succès de ces projets novateurs au service de la santé de demain. La délocalisation d’une partie de nos équipes sur le site du Campus Biotech constitue à la fois une magnifique opportunité
de s’intégrer dans un contexte aussi stimulant et un défi à relever pour démontrer notre capacité à satisfaire des exigences technologiques forcément complexes. Après le CISA (Centre Interfacultaire en Sciences Affectives), hepia est la première institution à avoir déjà investi les superbes locaux du Campus Biotech sis dans les bâtiments ex-Serono. Parfaitement équipés, ils ont accueilli nos équipes de biotechnologie (Prof. Luc Stoppini) et de microtechnique à vocation medtec (Prof. Philippe Passeraub).
SPÉCIAL PORTES OUVERTES hepia
hepia EN BREF
A VENIR
L’édition 2014 des Portes Ouvertes hepia a été un grand cru. De plus, elle a été agrémentée d’un concours où les participant-e-s pouvaient remporter l’un des 3 IPad Air mis en jeu. Les heureux gagnants sont : Lucas Blanc, Matteo Bracey (futurs étudiants Microtechniques et Agronomie) et Pierre Dyas (étudiant Agronomie).
De juin à octobre 2014 hepia s’investit dans deux manifestations faisant la part belle à la nature en ville : Genève, villes et champs où l’école collabore avec le Canton et des communes genevoises et métamorphose tout un site dans la césure verte de Bernex. Lausanne Jardins où hepia s’implante avec le projet « Racine » sur l’esplanade Chauderon.
La Nuit de la Science aura lieu du 5 au 6 juillet 2014 à La Perle du Lac sur le thème Tout ce qui brille. hepia y sera présente avec l’ensemble de ses filières pour proposer des découvertes étonnantes grâce à des animations ludiques et attractives. Venez nombreuses et nombreux !
Rue de la Prairie 4 CH-1202 Genève
Tél. +41 (0)22 546 24 00 Fax +41 (0)22 546 24 10
François de Mestral Professeur HES et responsable département TIN * Pour plus d’information voir : www.campusbiotech.ch
hepia@hesge.ch www.hesge.ch/hepia