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LA NEWSLETTER DE LA HAUTE ÉCOLE DU PAYSAGE D’INGÉNIERIE ET D’ARCHITECTURE DE GENÈVE
© Antoine Robert-Grandpierre
JUIN 2017
À LA UNE
Pavillon Sicli : une association et un centre dédiés à la Ville ASSOCIATION PAVILLON SICLI Création de l’association : 8 février 2017 Inauguration du Pavillon Sicli : 16 mai 2017 Membres fondateurs : Maison de l’Architecture (MA) Yves Leuzinger (HEPIA), Jean-Pierre Greff (HEAD), Antoine Robert-Grandpierre (MA), Barbara Tirone (MA), Patrice Bezos (FAI), Pierre-Yves Tapponnier (FMB), Serge Sarafin (FAI), Frédéric Wüest (HEPIA).
A quoi ressemblera Genève en 2035 ? Autrement dit demain ? L’agglomération genevoise et sa région connaissent un développement et une mutation constants; des projets ambitieux émergent qui auront un impact important sur sa structure, son organisation, sa vie. Genève possède une constellation d’acteurs (associations, bureaux, écoles, personnes) dont les compétences et les connaissances liées à la construction de la ville ne demandent qu’à être fédérées pour être porteuses d’avenir. Trois associations professionnelles et deux écoles HES (voir encadré) ont uni leur volonté, leur énergie et leur vision pour constituer, avec le soutien du Canton, une association et un centre dédiés à la création de la ville dans un lieu historique et emblématique : le Pavillon Sicli. L’association a pour objectif principal de faire rayonner des domaines aussi divers qu’interconnectés comme l’architecture,
l’architecture du paysage, la construction, l’urbanisme, la gestion du territoire, l’ingénierie et le design. Cela grâce aux activités du centre qui programme des ateliers, des conférences, des expositions, des débats autour des enjeux de la ville. Le centre et son écrin, le Pavillon Sicli, deviendront ainsi une plate-forme incontournable pour le brassage d’idées innovantes, la rencontre entre société civile, autorités communales et cantonales, professionnels et chercheurs, ainsi que la participation et la sensibilisation du public aux grands projets urbains genevois. L’association et le centre Sicli deviennent une pierre à l’édifice d’un pôle de compétences sur la Ville que la HES-SO Genève a à cœur de mettre en place et auxquels HEPIA et la HEAD sont fières d’être parties prenantes. Yves Leuzinger
Directeur HEPIA Président Association Pavillon Sicli
Fédération des associations d’architectes et d’ingénieurs de Genève (FAI) Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB) Haute école d’art et de design de Genève (HEAD) Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (HEPIA) Buts de l’association : • Faire rayonner les activités du centre autour de la fabrique de la ville par la programmation de conférences, débats, expositions, ateliers et autres événements. • Jouer un rôle prépondérant dans la sensibilisation du public aux enjeux urbanistiques et territoriaux et dans la médiation entre la société civile et les collectivités publiques. • Faire naître des collaborations spécifiques entre le centre et ses fondateurs d’une part et leurs partenaires d’autre part dans des dimensions multiples.
À VOUS LA PAROLE
© hepia / Biomobile
© hepia / Biomobile
Biobike - en route vers le futur !
Silke Pan sur la piste du vélodrome, aux commandes du Biobike.
Michel Perraudin et Silke Pan, une collaboration active.
Le voici ! Sorti du moule, du four et de son secret ! Le Biobike s’est révélé au monde cycliste le lundi 24 avril 2017 au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle à l’occasion du repas de soutien et présentation des équipes du Tour de Romandie. Un design révolutionnaire, une technologie high-tech, des matériaux du futur ! Voilà les quelques mots pour définir ce handbike, le vélo à propulsion à bras, version compétition. Il a attiré les regards de beaucoup de techniciens du vélo et la critique est unanime : belle bête ! La philosophie du projet initial se retrouve sous les yeux du curieux : biosourcé, avant-gardiste, conçu pour le monde du paracyclisme et non pas bricolé avec des pièces de vélo rapportées et adaptées sur 3 tubes d’aluminium en travers. C’est un véritable travail de laboratoire, de recherches, de calculs, de projections 3D sur ordinateurs, un travail de titan !
l’amener à devenir un produit majeur, acquérir une reconnaissance dans le monde du paracyclisme et briller le plus souvent possible sur des podiums internationaux. La compétition est rude, mais ma mission est belle ! Merci à Tous ! Merci !
Michel Perraudin, Eric Vittecoq et toute l’équipe reçoivent ici mon profond remerciement pour la sortie, la naissance de Biobike. Maintenant, il doit encore grandir, s’affiner, maigrir un peu, faire ses preuves, montrer et démontrer que la réalité dépasse la théorie. 2017 sera son année de naissance, Biobike est jeune, notre volonté est désormais de
Silke Pan
Athlète paracyclisme handbike
École au Sénégal : toute la richesse d’un projet
© hepia / Maman Faye
Je suis fière d’être la pilote d’essai de ce bijou. Fière que l’on ait consacré pareil temps aux diverses causes que l’on retrouve sur ce bike : une approche respectueuse de l’environnement; centré sur le sport handicap, un parent pauvre mais si vivant et important pour de nombreuses personnes dont moi; technologie de pointe, de l’électronique au Bluetooth, bio-mécanique. Bref, notre monde actuel ! L’objet est sorti de son cocon. Chrysalide cachée pendant plus de 2 ans dans le laboratoire Biomobile, il a vu le jour et désormais va pouvoir déployer ses ailes, pardon ses roues sur les routes suisses et je l’espère bientôt sur des parcours de compétitions handbike. Son cadre « Furcula », le nom de l’os si particulier de la cage thoracique des oiseaux se distinguera dans tout peloton sportif. La première particularité fondamentale qui attirera le regard de tout athlète aligné sur une ligne de départ. Une ligne fine mais une rigidité de
cadre donnée par cette forme nouvelle dans ce sport.
Les ouvriers sénégalais œuvrent sur le chantier.
Par un bel après-midi de juin, le soleil nous enveloppe de sa chaleur, nous marchons dans des rues de terre battue, dans un village où nous n’avons jamais mis les pieds. Nous croisons des enfants qui jouent et aussi quelques vaches sauvages, puis d’un coup, nous nous arrêtons devant un bâtiment que nous avons dessiné à 5000 km d’ici, au sein d’HEPIA à Genève. Tout commence au 2ème semestre de Master en Architecture. Nous recevons une demande pour dessiner le projet d’une école au Sénégal
et résoudre des problèmes de structure. Après avoir pris connaissance du projet et de la situation géographique, nous décidons de proposer un nouveau concept à l’ONG World Wide Watch, et grâce à son accord, c’est le début d’une aventure. Le Sénégal fait quatre fois la taille de la Suisse et le double d’habitants. Les constructions des villages sont souvent en briques de ciment et terre. Les structures métalliques ou la paille sont utilisées pour les toitures. Les températures atteignent 40°C et les pluies de mousson délavent le sol régulièrement. C’est le moment de donner vie à nos idées, mêlées de l’empreinte de nos découvertes, pour concevoir et dessiner plus concrètement ce projet. Avec l’aide de Alan Rohr Reis (Ingénieur civil) et Nicolas Rossier (Architecte), tous deux enseignants à HEPIA, nous développons les différents détails, en étant confrontés à des questions structurelles et de mise en œuvre. Les éléments de toiture, de 10 m de long, devront être transportés en voiture et pouvoir être portés à bras d’homme. La disponibilité des matériaux de construction
© hepia / Thomas Hofmann
Eva Guidi et Ines Hofmann devant l’école, fruit de leur travail.
et l’importance du savoir-faire local deviennent des facteurs déterminants. C’est enfin en juin 2014, que nous finalisons le projet comprenant les plans, coupes, élévations et données. Il consiste en deux salles de classe, deux appartements pour les professeurs et un bloc sanitaire. Le dossier partira pour le Sénégal et guidera les ouvriers dans sa réalisation. C’est une première phase
qui s’achève, mais quelques mois plus tard nous recevons des photos du chantier et une invitation pour l’inauguration sur place. Nous arrivons à Dakar sur un continent inconnu. Puis c’est en bus, en car, en bateau, en charrette et en moto, que nous arrivons enfin à M’Bam, où nous sommes chaleureusement accueillies par deux familles. Nous sommes alors dans un autre monde et nous vivons au
rythme local. La journée, nous restons sous le manguier, où il fait frais, nous mangeons ses fruits en discutant avec nos hôtes et les habitants. Nous remontons l’eau du puits pour prendre notre douche et attendons la fraîcheur de la soirée. Et puis, c’est le jour de l’inauguration. On danse, on chante, on mange avec les habitants du village. Le ministre sénégalais de l’éducation est présent, ainsi que Fabio Luchesi, président de l’ONG World Wilde Watch. C’est un moment de joie et de fierté d’avoir contribué à la construction de cette école. Elle est le reflet de notre travail, mais aussi de la culture et du savoir-faire des ouvriers. Pour conclure, nous souhaitons dire que nous sommes reconnaissantes d’avoir eu la possibilité de participer à ce projet pendant nos études. Nous aimerions que cette expérience inoubliable motive les professeurs et les étudiants à continuer de proposer et de participer à des projets comme celui-ci. Eva Guidi et Ines Hofmann Etudiantes Master en Architecture 2014-2016
EURÊKA
Nous qui voulons le ciel donc d’importance primordiale, surtout dans les systèmes de propulsion, qui utilisent des ergols* très agressifs empêchant l’utilisation de plastique et de gomme. Les phénomènes se manifestant dans de telles situations sont peu intuitifs, et nécessitent souvent un certain
© team ARES II
L’homme a sans cesse montré un fort besoin de découvrir et de comprendre l’existant qui l’entoure. Difficile de dire quel est celui qu’il satisfait en trouvant des réponses à sa curiosité. La découverte de l’univers environnant n’est pas une nécessité vitale, pourtant elle est présente dans toutes les époques et cultures. Dans cette optique, l’espace a toujours été un grand défi à notre curiosité : d’immenses océans noirs nous séparant d’îles de matières inconnues. Un groupe d’étudiants d’HEPIA passionnés par la recherche spatiale a décidé de proposer une expérience scientifique dans le cadre du projet REXUS (Rocket Experiment for University Students) en collaboration avec d’autres camarades de la HEIA-FR. L’équipe HES, se présentant sous le nom « ARES II », a été sélectionnée et lancera son expérience scientifique depuis le centre spatial d’ESRANGE, en Suède, au mois de mars 2018. L’expérience proposée vise à comprendre le comportement des liquides lorsqu’ils sont mis en condition d’absence de poids et à en rendre publics les résultats. Dans les missions spatiales, en effet, beaucoup de procédés requièrent l’utilisation de liquides. La capacité de positionner un liquide dans un conteneur est
Modélisation de la conception mécanique du module ARES II.
niveau d’abstraction. C’est pour cette raison que dans le passé cette science était regardée par les non experts un peu comme de la magie noire, à laquelle faire peu confiance ! C’est avec la publication des données expérimentales, la divulgation de l’information et les calculs à l’ordinateur que cette science a pu être mieux
comprise et admise par le reste du monde de l’ingénierie et elle est couramment employée dans les missions spatiales. Si le défi de faire accepter aux ingénieurs les résultats de cette science est aujourd’hui gagné, le coût exorbitant des campagnes de vols amène à ce que les données expérimentales sont peu ou pas publiées par les entités qui en ont la propriété. Dans ce sens, le but d’ARES II est d’augmenter la quantité d’informations publiques disponibles dans ce domaine. Certes l’aventure que nos étudiants ont entreprise ne vise pas la découverte de nouveaux mondes au-delà de notre système solaire. Pourtant elle célèbre la course à l’exploration de notre univers, l’envie humaine d’aller au-delà de ses propres limites, de construire un monde nouveau et de poser une nouvelle pierre à la connaissance de l’inconnu. Roberto Putzu
Professeur HES Leader scientifique du projet
* substance employée, seule ou en association, utilisée comme combustible
FLASH SUR :
Montage et ajustements du pont suspendu.
Le décor : une île de 3 km2, sans route, accessible que par bateaux, 400 habitants, un village et une école fondée par l’association genevoise pour l’école Primaire de Sakatia (A.P.E.P.S.). Entre les deux, une rivière que l’on peut passer à gué 10 mois par an et qui sort de ses gonds en période de pluie. Pour la sécurité des enfants, l’idée de construire un pont loin de tout fait son chemin. 13 scouts suisses et autant de Malgaches se sont donnés comme défi de le réaliser. Fallait-il encore le concevoir, raison pour laquelle la filière Génie civil d’HEPIA a mis ses connaissances à disposition.
© Mimine Magnin
© Mimine Magnin
La passerelle du savoir Île de Sakatia - Nosy Be - Madagascar
Après 15 jours de travail l’ouvrage est prêt à être inauguré, plus qu’à finaliser les aménagements extérieurs.
Pour ce faire, les enseignants spécialisés de la filière ont joué le jeu en mettant leurs compétences au profit de ce projet. Dès la conception, l’utilisation des ressources locales a été le maître mot. La solution finale, un pont suspendu, variante validée par Toni Ruttimann, l’homme aux 700 ponts. En détail : une largeur de passage de 80 cm pour éviter que les zébus ne l’empruntent, des fondations dessinées pour minimiser les m3 de béton et profiter du poids de la terre de remblayage, les mâts et pièces principales en bois dur local, un principe de montage simple et tous les éléments composant l’ouvrage transportables à dos d’homme.
laquelle un civiliste (Frédéric Monney, ing. civil EPFL - Bsh GC-2011 HEPIA) a pris l’avion afin de superviser sur place la partie technique de la conception finale et du montage, en collaboration avec M. Rasamy, architecte malgache. Nous avons tous appris que construire simple c’est possible, mais ce n’est pas si simple. À refaire absolument ! Un projet irréalisable sans Jakob AG, DHL, T ingénierie SA, les apprentis de l’École du Métal Sàrl de Bulle et HEPIA. Pierre-André Dupraz
Professeur HES Responsable de la filière Génie civil
Les choix : un pont est un ouvrage technique qui nécessite des détails parfois compliqués. Tout a donc commencé par la simplification à l’extrême de ce qui est complexe, tout en garantissant la sécurité.
Le chantier : il ne suffit pas de concevoir, il faut réaliser et entre ce qui est planifié et ce que l’on peut espérer trouver sur place, il peut y avoir une large différence, raison pour
À HEPIA
TOUJOURS À HEPIA
À DÉCOUVRIR
HEPIA accueillera le 14 septembre 2017 la 4ème édition du forum Smart City Day. Elle sera plus particulièrement consacrée au thème de l’insertion du citoyen dans la digitalisation de la ville afin qu’il en soit partie prenante. De 8h30 à 18h30, conférences, tables rondes et ateliers en débattront. Plus de détails sur : www.smartcityday.ch
HEPIA hébergera l’exposition itinérante « Paysages du XXIème siècle, que fabriquonsnous aujourd’hui ? » du 10 octobre au 10 novembre 2017, en parallèle du colloque « Débattre du paysage » qui se déroulera du 25 au 27 octobre. Organisé par Unige, il aura aussi lieu à HEPIA et abordera les enjeux didactiques autour des questions liées au paysage.
bibApp est une application pour smartphones téléchargeable depuis Apple Store ou Google Play qui permet à tout un chacun de s’informer en continu sur les nouvelles acquisitions de la bibliothèque d’HEPIA. Cette application, développée par des étudiants de la filière Technologies de l’information, est désormais disponible !
Pour des raisons éditoriales, l’usage du masculin pour toute désignation de personne, de statut ou de fonction vise indifféremment un homme ou une femme. Rue de la Prairie 4 CH-1202 Genève
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