perdre l’équilibre sans jamais tomber
Travail de fin d’étude
Henrion Louise Création d’intérieur bac 3 2023-2024
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perdre l’équilibre sans jamais tomber
Travail de fin d’étude
Henrion Louise Création d’intérieur bac 3 2023-2024
01 un musée c’est quoi ? a. regard sociologique
03 le daily bûl
05 un concepts ?
02 le surréalisme
a. histoire de ne pas rire
b. Imagine ! 100 years...
c. Water
04
Analyse de la demande
a. visite de site
06 bibliographie
Les musées sont des lieux emblématiques où l’on se cultive, où l’on découvre des œuvres de différentes époques, où les discussions s’animent autour de ces trésors culturels. Ils représentent des sanctuaires où les œuvres d’art vivent en harmonie, invitant les visiteurs à plonger dans l’histoire et à apprécier la diversité de l’expression humaine à travers les âges.
Cependant, les musées tels que nous les connaissons aujourd’hui ont évolué à partir de pratiques beaucoup plus anciennes. Depuis la nuit des temps, l’être humain a été un créateur, explorant l’art dans toutes ses formes, de la peinture à la sculpture en passant par la gravure et le dessin. Les civilisations anciennes ont également laissé derrière elles des traces de leur créativité, que ce soit à travers des objets rituels, des artefacts de la vie quotidienne ou des manifestations artistiques dédiées aux divinités.
Ce besoin d’exploration et de fascination pour l’art s’est matérialisé dans les premiers cabinets de curiosités. Ces espaces, apparus à la Renaissance vers le 16ème siècle, étaient des recueils d’objets rares et précieux, allant des artefacts exotiques aux curiosités scientifiques en passant par les œuvres d’art. Ces cabinets étaient souvent le fruit d’héritages, de voyages lointains ou d’échanges entre collectionneurs, et ils reflétaient le goût et la curiosité de leurs propriétaires, généralement issus de la haute société.
Cependant, c’est au cours de la Révolution française en 1789 que l’accès à l’art a été véritablement démocratisé. Les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité ont conduit les députés révolutionnaires à décider que les collections d’art privées devaient être accessibles à tous. Cette décision historique, motivée par le rejet des privilèges de la noblesse et de la classe dirigeante, a marqué un tournant majeur dans l’histoire de l’art et de la culture en France.
Dès lors, l’ouverture des collections privées au public a permis à chaque citoyen, indépendamment de son statut social, de bénéficier de la richesse culturelle de la nation. Les musées sont devenus des symboles de cette volonté de démocratisation de la culture, offrant un espace où chacun peut s’enrichir intellectuellement et émotionnellement en découvrant les trésors artistiques du passé.
Ainsi, les musées sont aujourd’hui le reflet de cette évolution historique, accueillant des œuvres provenant de collections royales, ecclésiastiques ou de collectionneurs privés. Ils incarnent également les valeurs fondamentales de la République française, en promouvant l’accès universel à la culture et à l’art, contribuant ainsi à l’épanouissement intellectuel et à la cohésion sociale de la société.
Le Cabinet de curiosités par Domenico Remps (1690) - FlorenceLes musées fonctionnent grâce aux dons et à certains de leurs achats. Au fil du temps, différents types de musées ont vu le jour. Notamment, on retrouve des musées consacrés aux sciences, à l’archéologie, aux beaux-arts et à l’art contemporain.
Dans les musées des beaux-arts, on trouve des œuvres très anciennes qui parcourent et illustrent le temps à travers différentes techniques artistiques. Au fil des années, des œuvres plus contemporaines se mêlent aux plus anciennes lors d’expositions permanentes ou temporaires. Tout n’est pas exposé en même temps ; une partie se situe dans les réserves afin que les œuvres puissent bénéficier d’une rotation entre elles, ralentissant ainsi leur vieillissement.
Les fonctions principales d’un musée sont la conservation, l’inventorisation, la valorisation et la préservation. En effet, le musée s’engage à ne pas dénaturer l’œuvre et à faire en sorte de la protéger au maximum afin qu’elle perdure dans le temps. Grâce aux musées, on peut découvrir de nouvelles choses, de nouvelles techniques artistiques. On peut également apprendre sur une culture, un style, une époque.
Le musée est un endroit où l’on apprend, où l’on voit l’œuvre de ses propres yeux, où on l’analyse, on l’admire, où on se questionne. Il peut y avoir des échanges autour d’une œuvre ou du silence ; on y ressent des émotions, on s’en inspire.
Après avoir effectué des recherches muséales sur l’aspect historique dans sa globalité, un autre point de vue s’est avéré tout aussi important à prendre en compte en tant qu’architecte d’intérieur : le point de vue sociologique.
Pierre Bourdieu est un sociologue français parmi les plus importants du 20e siècle. Son œuvre sociologique la plus connue est “La Distinction”, classée parmi les dix travaux les plus importants dans le domaine de la sociologie. En 1972, lors d’un entretien, Pierre Bourdieu analyse le musée en tant que lieu sociologique. D’un point de vue sociétal, tout le monde a le droit d’aller au musée. Il observe que ce n’est pas le cas et se questionne sur qui peut voir les œuvres. Ces personnes savent-elles voir les œuvres d’art ?
Les personnes qui vont au musée savent généralement voir une œuvre et la comprendre car depuis le début de leur enseignement, on les apprend à voir les œuvres. On apprend à les regarder, les analyser, à les comprendre mais aussi à mieux comprendre l’artiste et son
époque. Les gens qui ne vont pas au musée de leur plein gré s’éliminent de ce savoir, et ce de manière totalement indépendante.
L’art de voir une œuvre n’est pas inné, c’est une compétence acquise au fur et à mesure d’un enseignement, d’une pratique et d’une curiosité.
Le musée a été rendu accessible à tous afin de ne pas créer d’inégalité et de différence de savoir entre les classes sociales. Cependant, les personnes qui fréquentent les musées se distinguent de celles qui n’y vont pas. Il semble que l’accès au musée soit perçu comme un privilège réservé à un certain groupe d’individus ou à une classe sociale spécifique. Par conséquent, ceux qui ne fréquentent pas les musées ne reçoivent pas la même éducation artistique et ne bénéficient pas d’une éducation distinguée.
Comme mentionné au début de mes recherches, l’art a toujours existé sous différentes formes depuis la Préhistoire. Au départ, l’art avait une fonction utilitaire, servant aux rituels ou à la sculpture. Au fil des siècles et jusqu’à nos jours, l’art est devenu esthétique et contemplatif.
Lorsqu’on se trouve dans un musée, on sait implicitement que chaque œuvre a de l’importance et une certaine valeur. On sait ce qu’on est censé voir et dire face à une œuvre. On la regarde à travers un filtre particulier, plutôt qu’avec un regard neutre. L’appréciation de l’art n’est pas naturelle ; on sait ce qu’il faut dire et ne pas dire. Par exemple, on n’emploiera pas le terme «moche» pour décrire une œuvre, mais on dira qu’elle n’est pas à notre goût, ou ne correspond pas à notre style. Utiliser les mauvais mots peut nous faire passer pour des novices, dépourvus de compétences pour comprendre une œuvre et le message qu’elle véhicule.
Après avoir compris ce qu’était un musée d’un point de vue historique et sociologique, je me suis intéressée à un autre sujet tout aussi important pour poser les bases de ce projet : le surréalisme. Mes recherches théoriques et mes deux visites d’expositions sur le surréalisme m’ont aidée à bien comprendre l’impact que ce courant artistique a eut sur d’autres mouvements et groupes de penseurs. Le surréalisme est un mouvement artistique apparu dans la première moitié du 20e siècle, découlant du mouvement dada. Le dadaïsme met en avant sa volonté de souligner l’irrationalité des êtres humains et l’absurdité du monde.
En 1910, André Breton, pionnier du mouvement surréaliste, quitte le mouvement dada (1916-1923). Il est traumatisé par la Première Guerre mondiale et estime que cette pensée rationnelle excessive, mêlée aux valeurs bourgeoises, a contribué à créer ce conflit mondial. Après la guerre, émerge la montée des mouvements pacifistes, qui vont inspirer le mouvement surréaliste grâce à leurs messages de paix et d’amour.
À cette même époque, Freud présente ses théories psychanalytiques, notamment ses analyses sur les rêves et sur l’inconscient. On accède à la pensée sans passer par le filtre de la morale et de la raison, ce qui inspire grandement les surréalistes à libérer leur imagination.
Cette exploration de l’imagination se fait notamment par le biais de l’écriture automatique : écrire rapidement sans se relire, dans un état hypnotique, sans passer par la raison et la morale. Un exemple qui pourrait illustrer cette écriture serait «Les Champs magnétiques» d’André Breton et Philippe Soupault, paru en 1920.
En 1924, il y a cent ans, André Breton écrit le manifeste du surréalisme, qui marque ce mouvement dans l’histoire. Le surréalisme conserve néanmoins des idées fortes du mouvement dada, telles que la liberté, la provocation et le scandale.
Il s’immisce également dans la politique et s’engage au service de la révolution communiste. Comme le disait Arthur Rimbaud : « L’art est un moyen de changer la vie », et Karl Marx affirmait : « L’art est un moyen de transformer le monde »
L’art a donc une fonction, et les valeurs anti-bourgeoises, anti-nationalistes et révolutionnaires font écho au surréalisme.
Lors de cette exposition, j’ai pu approfondir mes recherches sur le surréalisme belge, comprenant son commencement et ses idées fondamentales, comme expliqué précédemment.
L’année 2024 marque les cent ans de la naissance du Manifeste du surréalisme d’André Breton. En Belgique, au même moment, apparaissent les premières manifestations d’une activité surréaliste qui s’étendra sur près de soixante années.
Le surréalisme belge se caractérise par l’utilisation de la dérision et de l’humour comme armes. Le titre de l’exposition, «Histoire de ne pas rire», qui est également le titre d’un ouvrage regroupant les écrits théoriques de Paul Nougé, y fait référence. Nougé apparaît comme la figure centrale du groupe surréaliste de Bruxelles. Ses mots nous guident à travers une histoire qui s’étend sur plus de trois générations.
Dans cette exposition, j’ai également analysé le lieu d’un point de vue scénographique. Nous sommes invités à déambuler autour d’éléments scénographiques, élaborant notre trajectoire de manière intuitive.
La façon d’exposer était un choix délibéré : les murs porteurs du musée étaient dédiés uniquement aux textes poétiques de Paul Nougé. La scénographie centrale est conçue et construite comme un kit de construction composé de panneaux de bois.
Après cette exposition, dans une perspective écologique et de conscience environnementale, les panneaux seront récupérés afin d’être intégrés dans un ou plusieurs projets de construction en région bruxelloise.
Une manière d’exposer qui est à la fois peu habituelle mais qui fait également réfléchir sur l’impact environnementale que peut avoir l’homme.
Lors de cette exposition, j’ai pu comprendre le surréalisme de manière plus globale, notamment sur le plan international. En effet, lors de ma précédente exposition, le surréalisme se limitait principalement à la Belgique, avec quelques références à la France et à l’Allemagne.
Ici, on explore le surréalisme à travers toute l’Europe, en découvrant les thèmes du rêve, du labyrinthe, de la métamorphose, de l’inconnu et du subconscient. On découvre les œuvres des plus grands artistes tels que Max Ernst, Giorgio de Chirico, Salvador Dalí, Joan Miró, Jane Graverol, Dorothea Tanning, Man Ray, Leonor Fini, et bien d’autres.
Dans cette exposition, j’ai également analysé le lieu d’un point de vue scénographique. Nous sommes conduits à travers une circulation sinueuse, non linéaire, ce qui parfois rendait difficile de savoir si nous avions déjà vu cette partie de l’exposition.
Je pense que l’objectif de cette scénographie était de désorienter le spectateur et de lui faire perdre ses repères. Pour moi, cela n’était pas entièrement réussi car on perdait le fil de l’exposition ainsi que sa fluidité.
La manière d’exposer était classique, avec des œuvres accrochées à des cloisons et certains socles inclinés pour une meilleure visibilité des personnes à mobilité réduite et des enfants en bas âge.
L’ambiance et la scénographie d’une exposition ou d’un musée sont très importantes. De nombreux musées ne procurent pas de sensations intenses au visiteur. Je trouve que c’est un aspect crucial dans ce type de projet.
Récemment, j’ai visité une exposition à la Villa Empain intitulée «WATER». Cette exposition m’a procuré beaucoup de sensations et de sentiments profonds.
En effet, grâce à son architecture spectaculaire, la Villa offre un intérieur impressionnant. L’exposition temporaire s’intégrait parfaitement à cette architecture figée. Chaque œuvre était soigneusement sélectionnée et positionnée
La balade était fluide, et les œuvres interagissaient harmonieusement dans les pièces. On aurait dit qu’un seul artiste avait créé toutes ces œuvres alors que c’était totalement le contraire. Il est important de susciter des émotions dans un lieu artistique, de bouleverser les opinions et d’échanger sur ses ressentis.
Avant l’apparition du Daily-Bûl et de sa pensée, quelques groupes de surréalistes belges connus avaient déjà influencé et contribué au développement des idées fondamentales du Daily-Bûl.
Le groupe Correspondance, créé en 1924 par Paul Nougé et d’autres surréalistes, formait un petit noyau de membres à Bruxelles. Le but de ce groupe était d’étudier les mécanismes de la pensée.
Contrairement aux surréalistes français de Paris, qui prônaient l’automatisme et les méthodes méthodiques d’étude, les surréalistes de Bruxelles s’opposaient à l’automatisme et privilégiaient l’exploration de l’inconscient.
En 1932, une grève générale éclate lors de la Grande Dépression. Plus de 100 000 travailleurs du Borinage, du Centre et de Liège se mettent en grève, suite à la crise américaine.
Dans les années 1920, juste après la guerre, la Belgique se reconstruit et les entreprises de charbonnage sont prospères. Cependant, en 1929, la crise aux États-Unis impacte l’Europe et la Belgique, qui avait un bon pouvoir économique avec ses mines à charbon. De nombreuses entreprises sont contraintes de fermer leurs portes, touchant dix pour cent des travailleurs. L’Allemagne empire la situation en fournissant du charbon à un meilleur prix que la Belgique. C’est là que le chômage partiel entre en vigueur et que les révoltes et manifestations augmentent.
Toujours dans cette période de révolte, le groupe Rupture naît à La Louvière en 1934, mené par Achille Chavée. Ce groupe, régional et éloigné de Bruxelles, était plus proche intellectuellement de Paris que de Bruxelles en termes de pensée surréaliste. Pol Bury devient membre du groupe Rupture juste avant sa dissolution en 1938.
En 1950, Pol Bury, libraire, rencontre André Baltazar. La librairie de Pol Bury devient un lieu d’apprentissage, de discussion, de réflexion et d’imagination pour les surréalistes. Ils décident de perpétuer cet esprit dans un autre lieu, plus calme, à la campagne. Ils choisissent une vieille maison, une petite ruine située à Montbliart.
Durant les week-ends, les membres pratiquaient plusieurs activités comme l’écriture et la littérature, accompagnées de dérision. Ce lieu visité chaque week-end et pendant les vacances devait avoir un nom. Ils créent l’Académie de Montbliart, opposée aux académies traditionnelles. Une fois l’académie établie, il est important d’avoir une pensée, l’élément fondamental et le fil rouge du lieu et des activités.
La pensée Bûl / boule voit le jour. La boule est une forme que Pol Bury affectionne particulièrement, synonyme de bulle et de légèreté.
Toute pensée s’illustre par une revue, l’apparition du Daily-Bûl en 1957.
Cette revue, rien qu’à son nom, crée un jeu de mots avec le mot «daily» qui signifie quotidien en anglais mais qui, prononcé en français, fait référence au « délit ».
De 1965 à 1979, en plus de la revue Daily-Bûl, il y aura les pockettes volantes. Ces pockettes volantes sont des livrets de poche petits et faciles à mettre dans sa poche. Ils sont colorés et se collectionnent au fur et à mesure des nouvelles éditions. Le terme «pockettes volantes» est un mot wallon qui fait référence à la maladie infantile, la scarlatine. En effet, à l’époque, les enfants attrapaient souvent cette maladie. Elle produisait des boutons, des petites bulles qui gonflaient et, au fur et à mesure, se vidaient, s’éclataient et s’envolaient... Ces pockettes seront les premiers livres d’art de poche.
Le premier logo du Daily-Bûl était un cube avec une boule. En 1976, la fondation Maeght organise une exposition du DailyBûl. Pour représenter cette exposition collective, ils décident de reprendre un dessin de Marcel Havrenne de 1957.
Le Daily-Bûl est un centre d’archives créé en 2009 avec pour mission de conserver, d’inventorier, de préserver et de valoriser les archives. Au fil des années, il transmet la pensée Bûl, illustrant le surréalisme belge venant tout droit du borinage avec une touche de dérision qui lui est propre, ce qui en fait son identité distinctive.
Actuellement situé dans une maison de maître au 14 rue de la Loi, en plein cœur de La Louvière, le centre envisage de déménager ses locaux, ceux-ci devenant un peu trop exigus pour la quantité d’œuvres à exposer et à conserver. Après une recherche attentive, le Château Gilson, situé à quelques pas au 11 rue de Bouvy, s’est révélé correspondre parfaitement aux attentes des membres du Daily-Bûl.
Le Château Gilson, érigé en 1912, est une construction classique, sobre en décorations surchargées, s’insérant harmonieusement dans le cadre verdoyant du parc. Son nom rend hommage à Augustin Gilson (1848-1921), qui fut bourgmestre de La Louvière de 1891 à 1895. Grand industriel (propriétaire des Usines F-Gilson et des Ateliers du Thiriau), il fut également un des promoteurs de la société La Prévoyance, favorisant la construction de logements ouvriers.
Juste en face de la façade principale du bâtiment, on peut admirer une sculpture de Pol Bury, qui exprime sa relation étroite avec l’art cinétique. Ce choix ne doit rien au hasard, car ce lieu résonne profondément avec les idéaux et les pensées du Daily-Bûl, c’est pourquoi le centre a décidé de s’y implanter.
Étant donné que le nouvel espace du centre s’étend sur 320 m² et est composé de quatre étages, comprenant les caves, le rez-de-chaussée, le premier étage et les combles, cela offre la possibilité d’agrandir les différentes fonctions et d’ajouter des éléments pour rendre la visite des visiteurs plus agréable et améliorer les conditions de travail des employés.
Les différents espaces fonctionnels pourront ainsi être repensés et réaménagés pour optimiser l’utilisation de l’espace disponible. Des zones d’exposition pour les archives et les œuvres pourront être agrandies, permettant une présentation plus immersive et enrichissante pour les visiteurs. De plus, des espaces de détente ou de travail pour les employés pourront être aménagés, favorisant ainsi un environnement de travail confortable et productif.
L’ajout de fonctionnalités telles que l’espace cafétariat, la salle de réunion, la reconstitution du bureau d’André Baltazar pourrait également être envisagé pour enrichir l’expérience des visiteurs et répondre aux besoins des employés.
Le chateau Gilson offre un nouvel espace avec de nombreuses possibilités d’amélioration et d’expansion, permettant ainsi de créer un environnement plus accueillant et dynamique pour les visiteurs et les employés.
Lors de ma visite sur le nouveau site, j’ai pu observer les différentes caractéristiques du bâtiment et analyser sa structure en détail. Cette visite m’a permis de saisir les avantages et les inconvénients du lieu, ce qui m’a aidé à commencer à réfléchir à l’élaboration de mon concept.
En comparant les observations avec le cahier des charges que nous avons reçu, j’ai constaté que le bâtiment ne répondait pas aux normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. De plus, j’ai remarqué un apport en lumière considérablement plus important par rapport à l’ancien bâtiment où était situé le centre.
Comme mentionné précédemment, un excès de lumière peut être néfaste pour la préservation des œuvres, constituant ainsi une contrainte importante à prendre en considération dans la conception du nouvel espace. Cela nécessitera probablement des ajustements au niveau
de l’éclairage pour garantir la protection adéquate des archives et des œuvres exposées tout en maintenant une atmosphère accueillante pour les visiteurs.
Lorsqu’on entame un projet, après l’avoir visité, analysé et compris sa structure, il est essentiel de définir un concept, une ligne directrice qui guidera la réalisation du projet et lui donnera vie, en créant des expériences sensorielles pour les utilisateurs du lieu.
Après avoir effectué toutes mes recherches et compris les exigences du projet, j’ai pris le temps de réexaminer ce qu’est réellement le Daily-Bûl, afin d’incorporer leur philosophie dans ma vision de l’architecture d’intérieur.
Cela implique de comprendre non seulement les aspects pratiques et fonctionnels du projet, mais aussi l’essence même de l’institution et ses valeurs. En intégrant cette compréhension profonde du Daily-Bûl dans mon approche de conception, je m’assure que le nouvel espace reflète fidèlement son identité et offre une expérience cohérente et enrichissante pour ses visiteurs.
Au tout début, mon intérêt s’est porté sur les architectures non conventionnelles, celles qui remettent en question les idées préconçues et proposent une approche novatrice de l’architecture. Le Daily-Bûl, en effet, va à contre-courant et se distingue des conventions habituelles.
J’ai entrepris de répertorier plusieurs bâtiments qui incarnent cette approche singulière de l’architecture. Cependant, j’ai remarqué que bon nombre de ces exemples se démarquaient davantage par leur forme architecturale que par leur aménagement intérieur. Poursuivant mes recherches, une phrase a capté mon attention, résonnant profondément avec le projet et m’inspirant grandement :
« Le Daily-Bûl se lit, se vit, une façon de perdre l’équilibre sans jamais tomber », ou encore « Quand nous voulions paraître profonds, il nous arrivait de dire que la pensée Bul n’était pas un vertige mais plutôt une façon de perdre l’équilibre.». C’est aussi une façon d’en dire assez pour ne pas en dire trop. (André Balthazar, Mai 1995 – Bologne).
Cette idée de perdre l’équilibre tout en maintenant une conscience, de déambuler dans un espace où, malgré le déséquilibre, on sait où l’on va, a éveillé en moi de nombreuses idées et réflexions.
L’objectif est donc de créer un lieu où l’équilibre est constamment remis en question, mais où l’on ne tombe jamais ; un lieu où le déséquilibre est constant, surprenant et marquant.
Cette approche est devenue ma ligne directrice pour le projet, et la traduction de cette notion en architecture d’intérieur est devenue mon défi. Comment matérialiser l’idée d’un espace déséquilibrant, un espace émotionnellement chargé, mémorable et distinctif ? C’est la question centrale qui a guidé la conception de ce projet.
Pour ce faire, j’ai recherché un élément qui pourrait illustrer de manière schématique cette idée de déséquilibre. J’ai donc choisi de reprendre l’ancien logo du Daily-Bul : un cube, forme géométrique simple et universelle, traversé par un trou cylindrique. Ce logo peut être interprété comme une manifestation de l’interaction entre la forme et le vide, un thème récurrent dans l’art contemporain. Cette configuration crée une dynamique visuelle et conceptuelle, qui symbolise peut-être l’idée de pénétrer au-delà des apparences et de remettre en question les normes établies.
Le contraste entre les côtés angulaires du cube et les courbes du cylindre souligne subtilement le déséquilibre dans mon espace. Mon projet illustre ainsi des pièces où les courbes et les angles dialoguent ensemble, créant une harmonie dans l’espace. Les espaces sont liés par des éléments communs, comme l’aspect carré et symétrique, avec quelque chose qui vient casser cette verticalité et cette géométrie.
Cependant, tous les espaces ne sont pas déséquilibrants pour éviter de surcharger émotionnellement les utilisateurs. Le déséquilibre est introduit de manière subtile car l’objectif est de «tomber sans jamais perdre l’équilibre». Si toutes mes pièces présentaient ce déséquilibre, il serait trop grand et imposant, ce qui n’est pas le but.
Le déséquilibre ne se fait pas uniquement par la forme, il se crée également de manière inattendue et subtile. La disposition des pièces par rapport au château Gilson joue un rôle sur cet aspect inattendu.
L’entrée principale est décentrée par rapport à l’emplacement du bâtiment. De base, l’entrée est centrée et ornée d’un grand escalier. Pour détourner le regard du visiteur et le pousser à explorer ce qui se passe sur le côté du bâtiment, j’ai positionné l’entrée vers la gauche.
Quand on entre par cette porte, au lieu d’être accueilli directement dans l’espace d’accueil, on est plongé dans la réinterprétation du bureau d’André Balthazar. Son bureau, rempli de livres et d’œuvres importantes, est réinventé par une immense bibliothèque qui prend tout l’espace et qui est en déséquilibre, de par son matériau peu commun, le carton, et sa disposition empilée de manière aléatoire, qui fait croire qu’elle est en déséquilibre total.
Pour ajouter ce côté infini, ce monde dans lequel on pénètre, le sol est poli afin de refléter le plafond en miroir juste au-dessus. Cette pièce marque un coup pour le visiteur afin qu’il y ait une nette séparation entre l’extérieur, l’espace ordinaire, et l’intérieur, l’espace extraordinaire.
Une fois passé par ce bureau ainsi que l’espace d’accueil et de vente, on arrive dans une pièce centrale. La circulation principale se fait par cette pièce centrale qui abrite les sanitaires, un lieu où l’on ne reste pas très longtemps et où l’on est généralement pressé d’aller, renforçant ainsi leur rôle central dans la circulation. Le restaurant est situé dans l’ancien grand salon du château. En déplaçant la cuisine, traditionnellement reléguée à des espaces moins nobles comme la cave, dans un lieu ouvert et spectaculaire, je souhaite mettre en valeur l’art culinaire.
La cuisine n’est plus quelque chose d’insalubre qu’on doit cacher, mais quelque chose qui rassemble et permet de faire des rencontres. Elle continue avec son espace terrasse qui donne également sur le jardin, prolongeant l’espace de partage lorsqu’il fait beau et permettant à cet espace ouvert d’être en contact avec l’extérieur.
Certaines pièces ont des parois transparentes, comme par exemple la salle pédagogique, permettant de voir ce qui s’y passe, créant un spectacle continu où les acteurs changent chaque jour. L’espace d’exposition est neutre, permettant à chaque exposition de modeler le lieu. La salle de visionnage est également présente dans l’espace d’exposition au premier étage. Le visionnage de supports vidéo se fait sur le plafond. Ainsi, le spectateur se couche ou lève la tête pour visionner la courte vidéo.
Étant donné que la pièce est complètement plongée dans le noir, celle-ci devient un espace sacré où, instantanément, tout le monde se tait et profite du film. On plonge dans le noir absolu, dans un autre monde.
L’espace de travail réinvente les conventions, avec une cuisine qui fait également office de salle de réunion, rappelant comment André Balthazar et ses amis se réunissaient à Montbliart. Cet espace ouvert favorise le dialogue entre collègues et facilite l’échange d’informations.
De plus, il n’y a pas de hiérarchisation dans le groupe des employés, tout le monde collabore et travaille ensemble.
Ces espaces fusionnent et dialoguent, chaque espace faisant partie intégrante de l’édifice du château, et chaque utilisateur contribuant à la vie du projet.
N’est-ce pas là l’essence même du Daily-Bul ?
A) Amélie Vioux - Bac de français, 2021, Le surréalisme - 10 minutes pour le Bac français !, vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=dUgH-BOiAwA&ab_ channel=Am%C3%A9lieVioux-Bacdefran%C3%A7ais
B) Artesquieu, 2022, Pierre Bourdieu – Entretient (Le musée : Un lieu sociologique), vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=CFX_6Jn2iic&ab_channel=Artesquieu
C)
Centre Daily-Bul & Co, 2023, Le Daily-Bul : sur les talons d’Achille, vidéo Youtube ; https://www.youtube.com/watch?v=aCvaPxGHMCU&ab_channel=CentreDaily-Bul%26Co
D) Centre Daily-Bul & Co, 2022, L’instant Bury – jeunesse et surréalisme, vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=73V-iUrf9jE&ab_channel=CentreDaily-Bul%26Co
E)
Musée Fabre, 2022, Qu’est-ce qu’un musée ? Partie 1 : depuis quand les musées existent-ils ?, vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=9BZcdOdLrTE&ab_ channel=Mus%C3%A9eFabre
F) Musée Fabre, 2022, Qu’est-ce qu’un musée ? Partie 2 : que trouve-t-on dans un musée ?, vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=x7RFLW8wsuw&list=PLum sj0C0l8ZKruo1tAkKgolvc0-O5Rku5&index=2&ab_channel=Mus%C3%A9eFabre
G) Musée Fabre, 2022, Qu’est-ce qu’un musée ? Partie 3 : Un musée, à quoi ça sert ?, vidéo YouTube ; https://www.youtube.com/watch?v=WKnnCylHelM&list=PLumsj0C0l8ZKr uo1tAkKgolvc0-O5Rku5&index=3&ab_channel=Mus%C3%A9eFabre
H) Wikipédia, (s. d.), Grève générale de 1932 en Belgique, Récupéré de https:// fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_1932_en_Belgique
I) Wikipédia, (s. d.), Musée, Récupéré de https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e
J) Wikipédia, (s. d.), Pierre Bourdieu. Récupéré de https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_ Bourdieu
K) Wikipédia, (s. d.), Surréalisme, Récupéré de https://fr.wikipedia.org/wiki/ Surr%C3%A9alisme
L) Centre Daily-Bul & Co, (s. d.), Daily-Bul & Co, Récupéré de https://www.dailybulandco. be/pensebul.html