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Sommaire Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Admirer la Tour Eiffel qui scintille depuis l’esplanade du Trocadéro. . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Découvrir l’amour universel sur le mur des « je t’aime » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. Boire aux fontaines Wallace. . . . . . . . . . . . . . . 4. Faire du shopping érotique à Pigalle . . . . . . . . 5. Se sentir entre ciel et terre à l’observatoire de la Sorbonne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. Voir un homme qui traverse les murs à Montmartre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7. Respirer l’esprit du Paris d’antan chez Chartier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8. Parier aux courses à Longchamp . . . . . . . . . . . 9. Goûter un cocktail d’oxygène . . . . . . . . . . . . . . 10. S’asseoir dans le jardin du Palais-Royal. . . . . 11. Manger la meilleure baguette parisienne . . . . 12. Faire naviguer un petit bateau dans le bassin du jardin des Tuileries . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13. Voir un spectacle inscrit au Guinness au Théâtre de la Huchette. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14. Déclarer sa flamme sur le pont Saint-Louis . . 15. Acheter des produits frais et savoureux au marché d’Aligre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16. Se sentir sur un plateau de cinéma à la Cité Universitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17. Découvrir un bout de Rome dans le 5e arrondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18. Aller à la plage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19. Goûter les meilleurs cocktails du monde au bar Hemingway du Ritz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20. Redécouvrir l’art de feuilleter chez les bouquinistes de la Seine . . . . . . . . . . . . . . . . . 21. Faire un pique-nique sur le pont des Arts . . . . 5

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22. Voir comment le Panthéon peut effacer une illustre opposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23. Bruncher dans le Marais . . . . . . . . . . . . . . . . 24. Guincher sur la piste du Balajo . . . . . . . . . . . 25. Contempler les jongleurs sur l’esplanade de Beaubourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26. Survoler le ciel de Paris sur le Ballon Air du parc Citroën . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27. Faire du shopping chic entre les immeubles haussmanniens des Champs-Élysées . . . . . . . . 28. Faire des ricochets dans le canal Saint- Martin . 29. Se faire tirer les cartes par maître Jodorowsky . 30. Boire un coup dans un « trou » . . . . . . . . . . . 31. Vivre une expérience proustienne à la Madeleine 32. Passer une nuit dans un hôtel conceptuel . . . . 33. Se promener dans le quartier Saint-Paul de jour et… de nuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34. Trouver un trésor au Marché aux Puces de Saint-Ouen. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35. Regarder un film à la Pagode . . . . . . . . . . . . . 36. Découvrir la poésie au cours d’un voyage en métro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37. Fêter Noël toute l’année au marché aux fleurs de l’Île de la Cité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38. Être troublé par d’étranges fumeurs à la Comédie-Française. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39. Courir au Forum des Halles. . . . . . . . . . . . . . 40. Être hébergé à la Shakespeare and Company. . 41. Découvrir les saveurs du monde au marché des Enfants Rouges. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42. Perdre la tête sur la place de l’Hôtel-de-Ville . . 43. Voir un Paris à « records ». . . . . . . . . . . . . . . 44. Faire une demande en mariage au Tire-Bouchon . 45. Boire un thé à la mosquée . . . . . . . . . . . . . . . 46. Trouver un logement à l’Église Américaine. . . 47. S’éclater dans un ex-hangar de la Seine . . . . . 48. Admirer la façade agreste du musée du quai Branly . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49. Boire un chocolat chaud à la Charlotte de l’Isle. . 6

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Sommaire

50. Rendre hommage aux illustres inconnus du Père-Lachaise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51. Vivre un bel happy hour à Oberkampf . . . . . . 52. Se donner rendez-vous sur la place Saint-Michel . 53. Déjeuner chez votre grand-mère aux Halles . . 54. Faire un cours de gym suédoise au parc Montsouris. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55. Passer une nuit au musée . . . . . . . . . . . . . . . 56. Braver le sort au Cercle Clichy Montmartre . . 57. Réfléchir devant Le Penseur de Rodin . . . . . . . 58. S’enivrer d’un swing diabolique au Caveau de la Huchette. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59. Regarder un film à la Villette . . . . . . . . . . . . . 60. Visiter le Belleville multiculturel de Monsieur Malaussène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61. S’asseoir aux meilleures terrasses parisiennes . 62. S’asseoir à une terrasse comme un Parisien . . 63. Suivre les mariées au parc des Buttes-Chaumont . 64. Respirer l’esprit bohème aux Frigos . . . . . . . . 65. Décompresser après une journée de boulot dans un after work branché. . . . . . . . . . . . . . . 66. Faire « flotter » son esprit parmi Les Nymphéas de Monet à l’Orangerie . . . . . . . . . . 67. Parcourir l’histoire de France lors de la pause-café . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68. S’élever au-dessus des toits de la ville . . . . . . . 69. Prendre un petit-déjeuner parisien chez Tiffany 70. Retrouver la chanson française au Lapin Agile . 71. Visiter le Palais Garnier grâce aux rats de l’Opéra 72. Prendre une pause déjeuner au Moyen Âge . . . 73. Passer une journée au Japon . . . . . . . . . . . . . 74. Se balader sur la Promenade plantée . . . . . . . 75. S’abriter de la pluie dans les passages couverts . 76. Trouver le bonheur de la vie à la campagne à la Mouzaïa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77. Flâner la tête dans les nuages. . . . . . . . . . . . . 78. Jouer à la pétanque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79. Se promener à Saint-Germain-des-Prés entre sacré et profane, culture et plaisirs . . . . . . . . . 7

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80. Préparer un dîner à Lafayette Gourmet.. . . . . 81. Se faire tresser les cheveux à Château d’Eau . . 82. Prendre l’apéro dans une galerie d’art . . . . . . 83. Faire le tour de la ville en bus . . . . . . . . . . . . 84. Comprendre « l’espace vide » aux Bouffes-duNord . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85. Briser la glace avec des inconnus au Ice Bar de l’Hôtel Kube . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86. Voir l’univers qui tourne au Musée des arts et métiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87. Suivre les traces du Da Vinci Code à Saint-Sulpice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88. Entrer (plus ou moins) clandestinement dans les catacombes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89. Rendre visite à Nicolas Flamel à la tour Saint-Jacques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90. Dénicher une « série limitée » dans un concept store. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91. Manger un filet à la Hemingway à la Closerie des Lilas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92. Apprécier la culture théâtrale à la Cartoucherie . 93. Se protéger du vent à la Bibliothèque Nationale de France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94. Tenter l’expériencer d’un dîner en aveugle . . . 95. Découvrir un petit univers privé au-delà d’une grille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96. S’initier à la danse en plein air aux petits amphis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97. Se promener dans le 13e arrondissement en suivant les aphorismes de Miss Tic . . . . . . . . . 98. Vivre un songe d’une nuit d’été au bois de Boulogne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99. Parcourir la route des moulins rue Lepic . . . . 100. Naviguer sur la Seine . . . . . . . . . . . . . . . . . 101. Voir la fin de Paris . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253

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Introduction

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l y a dix ans, j’ai fait un voyage. Destination : Paris. À présent, il me suffit d’ouvrir la fenêtre de mon appartement montmartrois tous les matins pour m’apercevoir que mon voyage n’est pas encore fini. Parisienne d’adoption, je vis Paris comme un voyage permanent. Cette ville est une dame sophistiquée qui sait jouer de ses charmes pour faire tomber à ses pieds les visiteurs novices autant que les Parisiens euxmêmes. De Montparnasse à Barbès, de Belleville à la Butte-aux-Cailles, que de faces cachées et de paysages inattendus. Paris métropole, Paris village, Paris multiethnique, Paris ville mythique, Paris et ses cent et une facettes. Que ce soit juste pour quelques jours de vacances ou pour beaucoup plus longtemps, la Ville Lumière vaut bien le détour. Trop souvent on rentre d’un voyage avec l’amère sensation d’avoir raté quelque chose. Et pourtant on a visité tel ou tel endroit, on a vu et photographié tous les monuments les plus représentatifs, en respectant à la lettre ce que le protocole du bon touriste nous invitait à faire. Et alors pourquoi nos photos ne sont-elles qu’une pâle copie des communes cartes postales et pourquoi a-t-on l’impression d’avoir lu une encyclopédie plutôt que d’avoir réellement vécu quelque chose d’inoubliable ? Et même lorsque l’on est chez soi, dans la ville que l’on dit parfaitement connaître, a-t-on réellement conscience de tous les fragments d’histoire qui nous entourent ? Connaît-on vraiment la spécificité de chacun de ses quartiers, l’éventail des divertissements nocturnes, la richesse de l’offre culturelle ? Plus simplement, sommes-nous réellement allés dans tous ces endroits dont les noms nous sont familiers et qu’on se plaît à citer à nos amis ? Dans une époque frénétique comme la nôtre, être un 9


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bon touriste ou simplement un bon citadin paraît impossible et lire un guide touristique de A à Z se révèle une entreprise titanesque. C’est pourquoi 101 choses à faire à Paris au moins une fois dans sa vie n’est pas juste un guide touristique. Il ne s’agit pas seulement de livrer des bons plans : les lieux à visiter, les meilleurs restaurants pour dîner ou les boîtes branchées où se divertir. Il s’agit aussi de raconter ces petits instants de vie où l’histoire d’un lieu se mêle aux expériences personnelles et où les anecdotes du passé font écho aux visages, aux odeurs et aux émotions d’aujourd’hui. Cent et une nouvelles indépendantes qui esquissent le roman d’une ville. Un livre écrit pour le touriste qui veut pénétrer la réalité de la Ville Lumière, mais aussi pour le Parisien qui s’amusera à découvrir le nombre de choses incontournables qu’il a ratées jusqu’à présent. Danser un tango au clair de lune sur la Seine, faire ses courses dans un supermarché érotique, boire le meilleur cocktail du monde, voir Paris à ses pieds depuis l’observatoire de la Sorbonne… On parle de ces « petites folies » que chacun devrait s’accorder au moins une fois dans sa vie. Conçu à partir d’une expérience personnelle et nourri des suggestions et des souvenirs des personnes rencontrées en cours de route, ce livre ne parle pas de la façon de visiter Paris, mais de la manière de la vivre pleinement. Je remercie tous ceux qui m’ont ouvert leur porte, qui ont pris le temps de me raconter leur histoire et qui m’ont accompagnée à la découverte des secrets de leur ville chérie. C’est aussi grâce à eux que je continue chaque jour mon voyage parisien. Il est d’ailleurs temps pour vous de commencer le vôtre… 10


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69. Prendre un petit-déjeuner parisien chez Tiffany

A

udrey Hepburn, superbe dans sa robe noire avec son diadème sur les cheveux, se promène par les rues d’une grande ville au petit matin. Les douces notes de Moon River l’accompagnent pendant qu’elle flâne paisiblement d’une vitrine à l’autre sous l’enseigne majestueuse de Tiffany and Co. On connaît tous le film en question et on sait bien que c’était par les rues de New York qu’Audrey Hepburn se promenait et que c’était auprès de la célèbre maison de joaillerie de la Fifth Avenue que la protagoniste de Diamants sur canapé retrouvait la paix dans les mauvais jours. Et si par hasard Holly Golightly avait habité à Paris ? Devant quelles vitrines se serait-elle abandonnée à la rêverie ? Quels auraient été ses petits plaisirs ? Il n’y a aucun doute : son taxi se serait arrêté sur la place Vendôme, le paradis de la haute joaillerie parisienne. Plus d’une vingtaine, parmi les meilleurs joailliers du monde, Bulgari, Cartier, Repossi, Mauboussin, Buccellati, Van Cleef & Arpels et la liste est encore longue, ont pris domicile sur la place et dans ses alentours (pour les puristes cinématographiques Tiffany and Co. est au 6, rue de la Paix). Une luxueuse migration qui voit le jour en 1893. Si dès la fin du XIXe siècle, les boutiques de joaillerie quittèrent le quartier du Palais Royal en faveur de la rue de la Paix, c’est dans le sillage de Frédéric Boucheron qu’elles commencèrent à envahir la place Vendôme, jusqu’au der172


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Prendre un petit-déjeuner parisien chez Tiffany

nier en date, De Beers, en 2008. Aujourd’hui derrière les façades des grands hôtels particuliers qui ont hébergé Frédéric Chopin, la comtesse de Castiglione et le banquier Law, se niche l’un des coins les plus riches au monde. Mais n’oublions pas que notre héroïne avait son rendez-vous fixe devant les vitrines de Tiffany à l’heure du petit déjeuner. Cela ne pouvait mieux tomber : le meilleur salon de thé de Paris est juste à quelque pas. Depuis 1903 Angelina a sa place sous les arcades de la rue de Rivoli où elle est annoncée par une grande inscription sur le pavé. La maison fondée par l’autrichien Antoine Rumpelmeyer est une institution de la gourmandise de luxe qui depuis plus d’un siècle séduit ses visiteurs avec son délicieux chocolat chaud africain et son exquis mont-blanc. Ici le temps s’est comme arrêté. Dans l’élégant salon de style Belle Époque, les serveurs en costume de salle, avec leurs plateaux chargés de pots signés « Angelina », se faufilent parmi les petites tables rondes en distribuant sourires et gourmandises. Malheureusement chaque lieu mythique court le risque de se reposer sur ses lauriers et c’est justement ce qui était arrivé au fameux salon jusqu’au moment où une équipe passionnée avec à sa tête Florence Heim, la directrice, et Sébastien Bauer, le chef pâtissier, ne reprenne les rênes du lieu en le projetant dans le futur. Aujourd’hui, Angelina a rajeuni. M. Bauer, que le Figaroscope place parmi les jeunes talents français majeurs, faisait des « torches à marron » quand il était petit et aujourd’hui, à l’âge de 31 ans prépare de savoureux monts-blancs sous l’une des plus grandes enseignes de la pâtisserie de luxe. On est sûr que Holly Golightly, assise à une table d’Angelina, comme jadis Coco Chanel, devant une tasse de chocolat onctueux et un pot de crème chantilly, aurait bien apprécié à sa façon cet « art de vivre à la française ». Angelina 226, rue de Rivoli (1er arr.) M° : Tuileries Tél. : 01 42 60 82 00

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70. Retrouver la chanson française au Lapin Agile

« J’

ai vu les vignes en fleur, j’ai vu des assassins et des poètes, j’ai écouté les premières notes de Brassens, les disputes entre Braque et Dorgelès, j’ai vu un âne peindre un tableau, j’ai vu ce tableau laisser la foule d’impressionnistes la bouche ouverte, j’ai soutenu Utrillo pendant ses nuits arrosées, j’ai vu Picasso payer un repas avec un Arlequin, j’ai inspiré Apollinaire, j’ai vu Aristide Bruant nous sauver de la démolition, j’ai entendu un coup de feu, j’ai vu Père Frédé perdre un enfant, j’ai assisté aux débats les plus acharnés, mais aussi les plus riches d’idées révolutionnaires, j’ai vu des jeunes musiciens rêver l’Olympia, j’ai vu quelqu’un y réussir, […] ce soir j’ai vu des étudiants étrangers chanter par cœur des vieux refrains français, ce soir j’ai vu un couple s’approcher timidement dans la pénombre, ce soir j’ai vu que les temps changent mais que la magie reste… » Tellement d’histoires entre les quatre murs d’une maisonnette de Noël accrochée au bout de la rue des Saules. Le Lapin Agile, une institution de la chanson française (élu arrêt fixe du petit train de Montmartre) n’est qu’une petite maison rose avec sa palissade verte en bois située devant la dernière portion de vignes de la pente douce. Construit en 1795, le Lapin Agile a été une auberge, puis un « cabaret » dans le style du bas Montmartre (Le Cabaret des Assassins) et finalement un lieu 174


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Retrouver la chanson franรงaise au Lapin Agile

Le Lapin Agile accueille les amoureux de la chanson franรงaise.

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de rencontre, ou mieux une deuxième maison, pour poètes, chanteurs et peintres, se réunissant autour de la guitare de père Frédé. Au début du XXe siècle, le lapin habillé d’une redingote et sautant d’une casserole, œuvre du caricaturiste André Gill (d’où le Lapin à Gilles et ensuite Lapin Agile), devient l’enseigne de l’avantgarde artistique de l’époque, dont Picasso, Braque Toulouse-Lautrec… Aujourd’hui, sous la direction d’Yves Mathieu, le Lapin Agile poursuit sa mission : conserver et promouvoir le patrimoine musical français, tout en restant un tremplin pour de nouveaux talents. Chaque soir, les spectateurs font partie intégrante du spectacle qui se joue devant leurs yeux. Pas de microphone, pas de plateau, pas de CD. Une table en bois sur laquelle sont assis les chanteurs dialoguant à coups de refrains et de boutades pour récréer cette atmosphère de fête improvisée qui régnait jadis pendant les nuits du Lapin. Sirotant leurs cerises à l’eau-de-vie, les spectateurs reprennent en chœur un répertoire qui va de la chanson populaire aux grands classiques, lorsqu’un accordéon sort et qu’une dame à la voix saisissante entonne quelques refrains d’Édith Piaf, en vous coupant le souffle. D’un coup, la lumière tamisée, les chuchotements discrets et la sensation d’être perdu quelque part dans les hauteurs de Montmartre, créent ce que M. Mathieu définit comme une « atmosphère aphrodisiaque ». Les veillées peuvent durer longtemps, au moins jusqu’au moment où vous déciderez de revenir à la réalité. Vous sortirez par les rues de Montmartre pour descendre ces escaliers de la butte « si durs aux miséreux »… Le Lapin Agile 22, rue des Saules (18e arr.) M° : Lamarck – Caulaincourt Tél. : 01 46 06 85 87 Veillée tous les soirs (sauf lundi) à partir de 21 h Entrée + consommation : 24 euros ; 17 euros pour les étudiants (sauf le week-end)

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101 choses à faire à Paris au moins une fois dans sa vie  

Tout le meilleur du Paris d’aujourd’hui dans ce guide insolite et sympathique qui vous donnera l’occasion de « (re)découvrir » et de « vivre...

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