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LE CROCODILE A 80 ANS. ET ÇA NE SE VOIT PAS ! Lacoste félicite Richard Gasquet qui débute l’année des 80 ans du crocodile avec une victoire au Qatar et un 8e titre sur le circuit ATP.

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« Il y a beaucoup de grands entraîneurs qui n’ont pas gagné de Grand Chelem. L’essentiel n’est pas là. Ce que je retiens de cette quinzaine, moi, c’est le courage de ma joueuse, son envie, son opiniâtreté. Dans le sport, il se passe toujours des choses imprévues. Là, on a été servis ! Mais on a su s’adapter et c’est une vraie satisfaction. » Sam Sumyk, entraîneur de Victoria Azarenka, coach français le plus titré en Grand Chelem

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« A l’époque, Federer, personne ne le connaissait. J’avais été le voir s’entraîner, j’avais vu qu’il avait un super jeu. Il avait battu Carlos Moya, numéro un mondial, avant de perdre en quarts. Un peu après sa défaite, Roger m’a appelé de l’aéroport : « Je voudrais te remercier, c’était ma première victoire sur un top 50. L’an prochain, même si je suis numéro un mondial, je reviens gratos ! »   A l’époque, il était 300ème, tout jeune... » Les mémoires de Jean-François Caujolle pour les 20 ans de l’Open 13

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« C’est le chemin pour atteindre un objectif qui est structurant. Et, surtout, le partage des émotions durant toute la compétition, l’adrénaline, la montée en puissance. Ce qu’on a vécu nous lie pour l’éternité, c’est évident. Il faut le préserver sans commettre de fautes par la suite. Même si, oui, c’est évident, nous allons devoir défendre notre titre. Et, cette fois, on sera attendu. Ca va forcément changer la donne ! » Charles-Antoine Brézac, dans notre dossier spécial « Capitaine, mon Capitaine »

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« J’ai reçu plusieurs témoignages qui me disaient : « Ton documentaire m’a donné du courage. Moi aussi, j’ai une blessure, je vais essayer de positiver et de m’en sortir ! » Alors, forcément, j’ai l’impression que ça n’a pas été inutile ! (Sourire) » Paul-Henri Mathieu, notre invité guest-star

Diffusion : 40 000 exemplaires dans 800 points en France • Liste des points disponibles sur www.welovetennis.fr • GrandChelem, le magazine gratuit 100% tennis • Fondateur et Directeur de la Rédaction : Laurent Trupiano (laurent.trupiano@grandchelem.fr) • Création artistique et mise en page : Séverine Hébrard (SBDesign –Studio Graphique. www.sbdesign.pro) • Conseiller Editorial : Rémi Capber (remi.capber@grandchelem.fr) • Rédacteurs : Gwendoline Cordeliers, Pauline Dahlem, Kevin Murgue, Audrey Riou, Loic Revol, Simon Alves, Clemence Froger • Site internet : http://www.welovetennnis.fr • Responsable E-Commerce : Audrey Riou (audrey.riou@ grandchelem.fr) • GrandChelem est édité par la société Convergence Media, 8 rue Joseph Cugnot, 38300 Bourgoin-Jallieu - Rédaction : 04 27 44 26 30 • Publicité : 06 60 26 37 76 • Régie : Offensive Communication (Frédéric Sebbane • Crédits photos : Sport Vision, Chryslène Caillaud

Les Bretons sont des gens durs et forts ; Aucun peuple sous les cieux n’est aussi ardent ; Complainte triste ou chant plaisant s’éclosent en eux. Oh ! Combien tu es belle, ma patrie ! O Bretagne, mon pays, que j’aime mon pays Tant que la mer sera comme un mur autour d’elle. Sois libre, mon pays !  La solidité, la force, la liberté et l’appel de l’océan. Ces mots, que clame son hymne officieux, le Breton les porte gravés en lui. Sam Sumyk est un Breton, un vrai, un pur. Il a tapé ses premières balles de son revers une main sur les courts de Quiberon, dans le vent, près des vagues. Des années de baroudage plus tard, le voilà deux fois titré en Grand Chelem auprès de la joueuse qu’il coache, Victoria Azarenka, qu’il a aussi menée à la première place mondiale. Mais Sam demeure le même. Du vent, une planche de surf, un petit verre de Pessac-Léognan et une bonne discussion… C’est tout ce qu’il lui faut. Sérénité. Tranquillité. Avec, liée au corps d’un de ces nœuds marins, la volonté viscérale d’évoluer et progresser, les pieds ancrés dans la lande et le nez dans les embruns. Se confronter à l’immuable de forces supérieures dans la vie et l’irrépressible changement des âmes. C’est ainsi que Sam a construit son succès, hors des circuits traditionnels, classiques ou bien pensants. Et en toute discrétion. C’est aussi dans une discrétion ferme et résolue que le TC Quimperlé a bâti son aventure. Petit club, David a terrassé Goliath et ses grosses mécaniques du Championnat de France. Portés par une espèce de souffle plutôt impalpable, mais complètement grisant, les joueurs, de Bretagne ou d’ailleurs, ont épousé une cause, celle de la victoire, celle de Philippe Huon et de ses dirigeants. Car le souffle, dans une équipe, c’est aussi le Capitaine qui l’engendre. C’est lui qui hisse les voiles et dirige le navire. Sam est un Capitaine et un Breton dans l’âme. Philippe est un Capitaine et un Breton dans l’âme. Souhaitons qu’Arnaud Clément ou Amélie Mauresmo ait, également, en eux… un peu de Breizh Spirit !

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Sam Sumyk

« J’ai vraiment le sentiment d’être un privilégié » Dès son retour à Los Angeles, nous avons contacté Sam pour faire le point sur le deuxième sacre en Grand Chelem de sa championne, Victoria Azarenka. Un sacre acquis dans une certaine douleur, que Monsieur Sumyk débriefe tranquillement, avant d’aller tâter la vague californienne sur sa planche de surf… Interview plaisir, bonheur et sérénité. Alors, Sam, ça doit te faire plaisir, tout ça… Evidemment, c’est une grande joie, beaucoup plus intense que la saison passée. Vika a vécu trois semaines difficiles. A l’entraînement, elle ne sentait pas la balle, physiquement, elle était juste… J’ai dû trouver les mots chaque jour pour la tenir à flots. Sincèrement, on revient de l’enfer. Tu veux parler de la polémique ? Non, ce n’est pas la peine. On en a déjà trop dit. Ce qui m’importe, c’est ce qu’on est parvenus à accomplir, tous ensemble, avec Vika. Elle a fait preuve de très grandes ressources et d’un sacré courage. Franchement, elle m’a encore étonné ! On te sent beaucoup plus ému que l’an dernier... C’est vraiment le cas. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être un privilégié. Bientôt, tu seras peut-être le coach tricolore le plus titré de l’histoire... Si tu le dis (rires) ! Plus sérieusement, il y a beaucoup de grands entraîneurs qui n’ont pas gagné de Grand Chelem. L’essentiel n’est pas là. Ce que je retiens de cette quinzaine, moi, c’est le courage de ma joueuse, son envie, son opiniâ-

Vika, une victoire dans la douleur !

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éfendre son titre est toujours un challenge périlleux, d’autant plus quand une blessure vous fait souffrir et qu’une polémique vous tombe sur le coin de la tête. Voilà comment Victoria Azarenka a abordé sa finale face à Na Li – une Chinoise portée par un public australien acquis à sa cause. On ne reviendra pas sur la fameuse sortie de la Biélorusse à 5-4 dans la deuxième manche en demi-finale, face à Sloane Stephens ; ce serait remettre de l’huile sur le feu. En revanche, on s’étonnera de l’attitude de ce public aussie, toujours présenté comme sportif et qui, le jour de sa fête nationale, nous a joué une partition plutôt… partisane. « Je m’attendais à pire », dédramatise la numéro un mondiale, trophée en main, comme pour minimiser l’incident. Sam Sumyk, son entraîneur, se montre, lui, plus véhément, parlant de lynchage médiatique, notamment de la part de la presse US et australienne. Bref, Vika s’est un peu battue contre la terre entière ce samedi 26 janvier, lors d’une finale interrompue trois fois. Pour le traditionnel feu d’artifice, certes, mais aussi pour deux chutes de Na Li. Difficile de garder son calme et son rythme, de ne pas perdre les pédales : « Tout le monde sait que je suis une joueuse émotive », confirme la Biélorusse en conférence de presse. Emotive, certes, mais battante, car Vika voulait ce titre plus que tout, comme pour confirmer son statut et se maintenir au sommet de la hiérarchie mondiale. Pari tenu. Elle revient des antipodes avec un deuxième sacre en Grand Chelem, tout en conservant sa place de numéro un. « Cette édition aura été riche et, au final, cette expérience va me servir, c’est une certitude », affirme encore la protégée de notre Breton national. Sur le plan mental, comme sur le plan tennistique, on sait que Vika a encore une belle marge de manœuvre. Autant vous dire que le public australien n’a pas fini de voir son visage radieux les samedis de fin de tournoi...

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treté. Dans le sport, il se passe toujours des choses imprévues. Là, on a été servis ! Mais on a su s’adapter et c’est une vraie satisfaction. Tu as été surpris par le tournoi féminin ? Non, pas vraiment. Par exemple, tout le monde connaît le talent de Sloane Stephens. Je pense qu’elle a les moyens de s’installer dans le top 20, puis le top 10. En revanche, Jamie Hampton m’a étonné. Quelle qualité de frappe ! Je pense qu’elle a de l’avenir. Côté masculin ? Djokovic et Murray sont en train d’amener le tennis dans une dimension physique qu’il n’a jamais connue. C’est le constat que je fais et c’est vrai que, pour les autres, il va falloir cravacher… Comme beaucoup, tu penses que Roger Federer est désormais derrière ? Pas du tout. Roger, c’est Roger. C’est le début de saison et il a démontré qu’il pouvait encore très bien jouer. Il faudra voir comment il gère les temps forts en 2013, mais il demeure plus que dangereux. L’idée de son déclin ne m’intéresse pas, ce n’est pas du tout d’actualité.

Il y a une personne à qui tu veux faire passer un message ? Un remerciement ? Oui, à Henri Leconte ! Il m’a formidablement soutenu. J’ai beaucoup échangé avec lui. Dans l’intimité, il s’est vraiment montré utile et force de proposition. L’expérience d’un grand champion est toujours incroyablement précieuse. Un dernier mot… On nous a dit que RedFoo était dingue de tennis… (Rires) Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ! GrandChelem n’est pas un magazine people, non (sourire) ? En fait, c’est la vérité. Ce mec est un barjot de tennis, il regarde tout à la télévision, il se balade même quelques fois dans la rue avec une raquette, pour faire des gestes à blanc. J’ai rarement rencontré un gars aussi passionné ! D’ailleurs, il va plus loin, puisqu’il soutient une espoir et organise un Challenger aux Etats-Unis. Dernière question : ça te fait quoi de faire la Une de GrandChelem ? Je vais l’afficher dans ma chambre (rires) ! Non, c’est chouette, surtout avec le titre « Breizh Spirit »… Ca me va bien !

Entretien réalisé par Laurent Trupiano


L’aventure, le voyage

ou l’histoire d’une vie...

Sam Sumyk est parti un jour de Lorient, avec son baluchon et une folie envie. Celle de découvrir le monde. Son monde. Depuis, sa route a croisé des championnes. L’une d’entre elles, en particulier : Victoria Azarenka. Avec celle-ci, le voilà couronné d’un deuxième sacre en Grand Chelem. Un détail pour cet explorateur toujours prêt à quitter la terre ferme et chasser l’horizon. Portrait. Laurent Trupiano

I

l y a un an, jour pour jour, Sam sablait le champagne : sa joueuse venait de remporter son premier tournoi du Grand Chelem, devenant, du même coup, numéro un mondiale. Et Sam, au bout du fil, m’expliquait : « Le truc vraiment agréable, c'est que plus personne ne va nous emmerder. Notamment les médias, avec leurs fameuses questions toutes faites : « Quand est-ce que vous allez remporter un titre majeur ? » « Quand est-ce que vous allez devenir numéro un ? » Maintenant, c’est bon, c’est fait, on a réglé tout ça en une seule rencontre ! » Et quelle rencontre ! Vika avait dominé sans suspense une Maria Sharapova asphyxiée par sa vitesse et par son rythme. En 2013, tout a été différent. Point de promenade de santé, point de balade en mer, plutôt un vrai calvaire : « Vika a été blessée au pied toute la semaine. Si vous ajoutez à ce problème l’hostilité du public, mais aussi l'acharnement des médias après l’incident de sa demi-finale face à Stephens, vous comprenez facilement pourquoi ce titre nous est particulier. » Sam, on le sait, ne mâche pas ses mots. C'est bien pour ça qu'on l'aime. Dans l'univers impitoyable des coaches et du tennis, il est et restera à tout jamais un personnage à part. Mieux, un exemple. Si d'autres lèchent avec délectation les caméras de leur regard, lui préfère le calme d'un entraînement matinal. Il ne fuit pas les sollicitations, mais leur privilégie toujours le contact des siens. Un jour, il m'avait demandé de lui organiser une rencontre avec Georges Deniau. Il en était revenu ravi, comme un enfant qui avait partagé les secrets de la préparation d'un champion avec un vieux sage. Car permettre à son poulain de donner le meilleur de lui-même dans toutes les circonstances, c'est l’obsession de Sam, son « job », comme il le dit. Quand je le croise, l'an dernier, à Roland Garros, c'est lui qui porte le carton de balles. Quand je lui demande gentiment un accès au Player's Lounge au tout début de l'aventure de GrandChelem, en 2006 – on ne se connaît pas encore –, il se met en quatre et m’obtient le fameux sésame. Sam est un marsouin, un Capitaine, un homme de la mer, qui a grandi dans le vent et sa Bretagne sauvage. Un Capitaine, c'est quelqu'un qui sait s'entourer et recruter les tout meilleurs marins pour mener son vaisseau à bon port. Le jour où il choisit d'intégrer Amélie Mauresmo, un certain nombre de personnes, moi compris, lui expliquent qu'il prend un risque. Il sourit et me glisse à l'oreille : « Laurent, ce n'est rien, ça. Ce que pensent les autres, ça ne me touche pas. En quelques jours, Amélie nous a déjà beaucoup apportés. Arrêtons d'imaginer des choses et de les interpréter de façon négative. Je sais ce que je fais. » Maintenir le cap, les pieds fermes et ancrés à la poupe, les mains tenant la barre. Ne jamais déroger à certains principes. Et garder la tête froide à l’approche d’une tempête, mais aussi quand la mer est trop bleue. « Je dois

bien avouer que beaucoup plus de monde me serre la main qu’avant. Mais ce n'est pas pour ça que je fais ce métier. Et, à vrai dire, c'est quoi, ce métier ? » Difficile de lui répondre, tant, quelques fois, on sent le Sam très loin, perdu dans ses pensées. La vie est une aventure. La sienne a commencé lorsqu’il a décidé de larguer les amarres et de prendre le large. « Je voulais découvrir les grands pays de tennis. La Suède, les Etats-Unis, l'Australie. » Le voilà, maintenant, un citoyen du monde, chevillé à sa terre et à son port d’attache, dans son style, le sien, toujours le même. Ses proches acquiescent. « Il a beau être l’entraîneur de la numéro un mondiale, Sam reste fidèle à lui-même. Il n’a pas changé. Je dirais même qu'il ne changera jamais », nous confie l’un de ses amis. Boussole en main, l’œil sur les étoiles ou scrutant l’horizon, Sumyk reste discret, concentré sur sa route. Ce sont les clefs du succès. De son succès. Et lorsque, dernièrement, il m'explique qu'il aimerait pouvoir se poser une petite demi-heure avec Roger Federer, loin des caméras, tranquille, juste pour causer de la petite balle jaune, je me dis qu'il vit dans un monde bien différent du nôtre. Qu’il est fait d’un bois hors-du-commun, étonnant, noble et solide. Et, surtout, que je ne parviendrai pas à exaucer son vœu. La promesse de l'aube, celle qui nous pousse à boucler nos valises, à laisser de côté tant nos clics que nos clacs, nous a tous, un jour, pris à la gorge et serré les tripes. Alors, il y a ceux qui, malgré cette envie, rationnalisent, réfrènent et reposent leur sac. Ils sont fous, se disentils. Et ceux qui hissent les voiles, le compa à la main, et s’en vont chevaucher les flots au souffle d’une liberté qu’ils désirent et chérissent sans savoir où elle va les mener. Le marin est un homme solitaire. Et la mer, un jour amoureuse et lui offrant l’oubli dans sa viride étreinte, peut très vite se transformer en une garce chienne et, surtout, meurtrière. C'est sûrement ce pied et cette conscience attachés au pont de son navire qui empêchent Sam de se laisser griser, qui l’empêchent d'en faire trop, qui l’empêchent d'en dire trop. Le mot juste : voilà pourquoi il est l’un des meilleurs coaches du moment. Tout pour sa championne, l’océan, le vaisseau, ses voiles ou sa figure de proue ; l’équipage vient après. « On n’est rien, on prépare, on écoute. La victoire est avant tout la sienne. » Se détacher, prendre du recul et défier sereinement les vagues qui se présentent. Car le péché mignon de Sam, c'est le surf : « Glisser et apprivoiser, faire corps avec la mer. Que veux-tu de mieux ? » Rien, si ce n'est, prochainement, un troisième titre du Grand Chelem, juste pour être seul sur le podium – ce serait notre plaisir à nous, plus que le sien, c’est vrai. Et nous permettre encore de crier comme aujourd'hui : « Breizh Spirit ! »

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DJOKOVIC S’EST MIS EN QUATRE POUR ENTRER DANS L’HISTOIRE… Vainqueur d’Andy Murray en finale de l’Open d’Australie,  Novak Djokovic a remporté son sixième titre du Grand Chelem à Melbourne, le quatrième en Australie et le troisième d’affilée. Retour sur ce formidable succès du numéro un mondial… en quatre moments forts. Pauline Dahlem

Le jour où Djokovic a failli (tout) perdre Une finale avant l’heure : voilà comment définir ce match du quatrième tour de l’Open d’Australie, remporté en 5h02 par Novak Djokovic, face à Stanislas Wawrinka. Ou comment passer de la tranquillité de trois premiers tours totalement maîtrisés à la panique d’une rencontre où vous encaissez coups sur coups face à un adversaire dans la forme de sa vie. Voilà ce qu’a vécu le Serbe, ce dimanche 20 janvier, dans l’ambiance électrique d’une Rod Laver Arena survoltée. Attaqué de toutes parts, bousculé jusque dans ses propres points forts, Djokovic se retrouve rapidement mené 6-1 5-2 par un Wawrinka absolument ébouriffant. Passé au bord de la correctionnelle, le Serbe fait le dos rond et parvient, tant bien que mal, à reprendre l’avantage, presque contre le cours du jeu, en menant deux sets à un. Mais un tel match ne pouvait pas se finir ainsi. Et c’est au cinquième set que les deux hommes se départagent. Un cinquième acte exceptionnel, au suspense intenable : le genre de moments qui vous scotchent devant votre poste. Au terme de ce formidable combat, c’est finalement Djoko le guerrier qui décroche sa place en quarts de finale. « C’est l’un des matches les plus fous que j’ai joués dans ma carrière », raconte-t-il, épuisé. « Mon adversaire méritait clairement de gagner et je suis déçu qu’il y ait un perdant ce soir. Même mené, je me suis battu, j’ai tout donné et je suis fou de joie d’être encore en vie dans ce tournoi. » Encore en vie, certes, mais sérieusement amoché tout de même, non ? « Oui, j’ai joué cinq heures, mais j’ai déjà vécu ce type de situations par le passé. Je sais que je peux récupérer. Je suis certain que j’ai cela en moi. » Sa nette victoire sur Tomas Berdych le surlendemain lui donnera raison. Et Djokovic démolit Ferrer Une demi-finale de Grand Chelem, la tête de série numéro un face à la tête de série numéro quatre : il y avait de quoi s’attendre à une grosse bataille. Erreur ! Le pauvre David Ferrer, réduit au rôle de faire-

valoir, a vécu un triste moment de solitude sous les projecteurs de la Rod Laver Arena. Massacré, étrillé, saccagé, décimé, bousillé… Choisissez le mot qui vous convient le mieux. En tout juste 1h29, l’Espagnol s’est fait renvoyer aux vestiaires, fessé par un Djokovic au sommet de sa forme. 6-2 6-2 6-1. Un score d’une sévérité rare pour une demi-finale de Grand Chelem. Une explication, David ? « Je ne sais pas quoi dire. Je n’ai pas eu la moindre occasion ce soir. Rien. Tout ce que je peux constater, c’est que Novak a été plus fort que moi, à chaque instant du match. Je n’avais jamais perdu sur un tel score contre lui. C’est peut-être le meilleur Djokovic que j’ai jamais affronté. » Vous confirmez, Novak ? « C’est clair que jouer et gagner une demi-finale d’une telle manière, contre un grand compétiteur, qui est numéro quatre mondial et que je respecte beaucoup, c’est vraiment incroyable. Je me sentais extrêmement bien sur le terrain. J’ai été poussé à la limite lors de mon quatrième tour contre Wawrinka. Je m’en suis sorti. J’ai récupéré et je suis, désormais, en super forme pour dimanche. » C’est sûr que décrocher son ticket pour la finale en moins d’1h30, alors que Federer et Murray s’étripent pendant cinq sets et quatre heures de l’autre côté du tableau, constitue un avantage indéniable. Pas vrai, Novak ? Le break qui aurait pu tout changer Chaque match de tennis a ses instants-clefs. Des moments capitaux qui peuvent faire basculer le cours d’une rencontre d’un côté comme de l’autre. La force du champion est de savoir les identifier et, surtout, les gérer de la meilleure des manières. C’est sans doute à cette force-là que Novak Djokovic doit sa victoire dans cet Open d’Australie 2013. Nous sommes au beau milieu de la finale. Mal à l’aise, le Serbe a perdu la première manche au tie-break contre un Andy Murray dominateur. Pis, le double tenant du titre se retrouve mené 0-40 sur son engagement dès l’entame du deuxième set. L’état d’urgence est décrété. Soudain remobilisé, Djokovic sauve à l’arra-

chée ces trois balles de KO et évite d’extrême justesse un break qui lui aurait peut-être été fatal. Le Serbe ne le sait pas encore, mais en a déjà le pressentiment : le plus dur vient d’être fait. Face à un adversaire frustré d’avoir laissé filer des occasions, le numéro un mondial reprend les commandes. Il égalise, d’abord, à une manche partout, puis déroule, ou presque, dans la seconde partie du match. Les bras levés, le regard vers le ciel, Novak célèbre sa troisième victoire d’affilée à Melbourne. Et sait d’où il revient. « Il y a eu des moments importants dans cette rencontre. Le principal d’entre eux était sûrement le deuxième jeu du second set. J’étais mené 0-40 sur mon service, les choses n’allaient vraiment pas dans mon sens. Et puis, j’ai réussi à éviter le break. Après ça, je me suis senti beaucoup plus serein et confiant que je ne l’avais été jusque-là. » Qui sait… Si Murray avait réalisé ce break, Djokovic aurait peut-être définitivement plongé. Marquer l’histoire : un nouvel objectif Vainqueur de son troisième Open d’Australie d’affilée, Novak Djokovic est devenu le premier joueur de l’histoire à réaliser un tel triplé à Melbourne. Âgé de 26 ans, il compte déjà six titres du Grand Chelem, ce qui le place à égalité avec des légendes comme Edberg et Becker. Et le rapproche doucement de Mats

Federer peut-il encore gagner ?

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’est la question qui mérite d’être posée. Dans cet Open d’Australie 2013, le Suisse a encore prouvé qu’il restait bien au-dessus de la masse des poursuivants situés au-delà de la huitième place mondiale. Et pour cause ! On lui promettait une première semaine australienne de tous les dangers, mais le numéro deux mondial s’en est tiré sans aucun dommage. Davydenko, Raonic et Tomic, sensés avoir les armes pour déboulonner le Suisse, s’y sont tous cassés les dents – et en trois sets, à chaque fois ! Mais, parvenu en seconde partie de tournoi, Roger Federer a touché ses limites du moment. Poussé au cinquième set par un Jo-Wilfried Tsonga sans complexes, l’ex-numéro un a manqué d’essence à l’heure d’affronter Andy Murray en demi-finale. A la hauteur du Britannique pendant quatre manches, Federer, 31 ans, a malheureusement plongé physiquement au début du cinquième. La difficulté pour récupérer et enchaîner : voilà ce que constitue vraiment le poids des années pour le Suisse. Un handicap désormais clairement identifié qu’il sera délicat de gommer, surtout face aux jeunes clients que sont Djokovic, Murray ou Nadal. « L’avenir, c’est eux », confirme Guy Forget. « Roger Federer est toujours de ce niveau-là. Mais on sait bien qu’à un moment donné, lorsque le match va s’éterniser, il y aura une baisse de tension côté suisse et c’est deux ou trois points capitaux qui finiront par lui échapper. C’est comme ça qu’on perd un set. Le décor est planté et je crois qu’on risque de retrouver très souvent aux avants postes, cette saison, Novak Djokovic et Andy Murray. » En clair, si Roger Federer veut encore gagner un Grand Chelem, il lui faudra absolument éviter les matches au long cours, que ce soit face à des joueurs comme Tsonga, Berdych ou Del Potro. Et, même, contre les tout meilleurs, Djokovic et Murray. Pas simple…

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Wilander, John McEnroe – sept titres –, Jimmy Connors, Ivan Lendl et Andre Agassi – huit. Au fur-et-à mesure que son palmarès s’étoffe, l’actuel numéro un mondial apparaît de plus en plus désireux de marquer l’histoire de son sport. « Voir tous les noms des vainqueurs de ces 50 dernières années sur la Coupe et en faire partie, c’est juste incroyable. Chaque victoire en Grand Chelem est très spéciale, mais celle-ci a une saveur particulière parce que c’est ma troisième consécutive à Melbourne. Il y a un aspect historique qui la rend encore plus extraordinaire. Je suis conscient que c’est une grande prouesse que j’ai réalisée là et j’en suis très heureux. » Avide d’inscrire encore un peu plus son nom dans la légende de ce sport, Novak Djokovic a désormais les yeux tournés vers Roland Garros, l’unique tournoi du Grand Chelem qui manque à son palmarès. « Je vais tout faire pour l’emporter à Paris. J’ai perdu en finale, l’an passé, contre Nadal, qui reste l’ultime joueur à battre sur terre battue. Mais je crois que si je continue à jouer ainsi, sans me blesser, j’aurai une chance d’y parvenir. » Une chance de réaliser ce fameux Grand Chelem en carrière, une consécration si rarement atteinte depuis le début de l’ère Open. Alors, Novak Djokovic égalera-t-il Rafael Nadal, Roger Federer, Andre Agassi et Rod Laver dès juin prochain ? Ca n’a rien d’impossible.


DES FRENCHIES A MELBOURNE… Textes de Rémi Capber, Pauline Dahlem et Laurent Trupiano

Tsonga, un cap de franchi

Jo-Wilfried Tsonga s’est donné deux ans pour gagner un Grand Chelem. Deux ans pour combler l’écart qui l’empêche encore de battre les Djokovic, Federer ou Murray dans les matches qui comptent vraiment. Alors, cet hiver, le numéro un tricolore a mis les bouchées doubles à l’entraînement, sous la houlette de son nouveau coach Roger Rasheed. Objectif ? Arriver fin prêt en Australie, pour déjà, s’imposer comme l’un des prétendants crédibles à la victoire finale. Chantiers principaux : le physique – Jo a perdu 4 kg lors de sa préparation –, le retour de service et le revers. Si Tsonga n’a pas réellement l’occasion de montrer ses progrès lors de ses quatre premiers matches à Melbourne, il en va autrement à l’heure d’affronter Roger Federer en quart de finale. « J’ai hâte de voir si ce que j’ai fait cet hiver vaut quelque chose ou pas », lâche le Français, quelques heures avant le match. Après ses 3h20 de combat face au Suisse, le numéro sept mondial tient sa réponse. Et elle est positive. « J’ai peut-être perdu ce match, mais pour d’autres raisons que d’habitude. Cette fois, j’ai pu relancer les services adverses, j’ai été solide de bout en bout. J’ai la sensation de jouer un tennis beaucoup plus contrôlé qu’auparavant. Tout ça me donne l’impression d’avoir passé un petit cap. Je n’ai qu’une hâte : disputer le prochain tournoi majeur pour essayer à nouveau. » Bonne nouvelle Jo : le prochain Grand Chelem, c’est Roland Garros !

Gasquet, du mieux, mais…

Arrivé à Melbourne en grande forme, Richard Gasquet s’était fixé un objectif à la fois raisonnable et ambitieux : atteindre les quarts de finale de l’Open d’Australie. Confiant, suite à son titre acquis à Doha, début janvier, affûté physiquement, fin prêt tennistiquement, le Français montre beaucoup d’autorité lors de ses deux premiers matches. Bousculé par Ivan Dodig au troisième tour, le 10ème mondial fait preuve de belles ressources mentales pour revenir dans une rencontre mal embarquée. « J’étais mené 6-4, 3-1, balle de 4-1 », raconte-t-il. « Je me suis vu dehors. Mais je me suis beaucoup battu, je n’ai pas lâché et j’ai fini par gagner. C’est l’essentiel ! » Ce Gasquet accrocheur, batailleur et volontaire semble décidé à passer enfin le cap des huitièmes de finale. Mais alors qu’on le sent capable de claquer une grosse perf’ en Grand Chelem, l’élève de Riccardo Piatti passe à côté de son rendez-vous. S’inclinant en quatre sets face à Jo-Wilfried Tsonga sans avoir jamais pu développer son jeu, ni montrer ses qualités, Gasquet quitte Melbourne avec un sentiment de déjà vu et, surtout, un vrai goût d’inachevé. « Jo a été plus fort que moi sur ce match. C’est décevant de perdre mais je ne vais pas me suicider non plus. Ce cap des huitièmes est difficile à passer. » Un obstacle difficile, mais loin d’être infranchissable. A Gasquet de le prouver, dès Roland Garros.

Mladenovic, petit à petit…

« Je suis super fière. » Et nous aussi. Si elle a échoué dès le deuxième tour de l’Open d’Australie, Kristina Mladenovic peut être satisfaite de l’aventure vécue. Car la jeune espoir tricolore a montré toutes ses qualités et une maturité étonnante pour se sortir d’un premier tour extrêmement délicat… Opposée à Timea Babos, un beau morceau, 79ème joueuse mondiale, elle remporte une victoire très forte en émotions, 6-3 4-6 11-9. La protégée de Thierry Ascione a mené 5-2 dans le set décisif, avant de voir rongé son avantage. Mais elle a su faire parler la poudre de son énorme service et de son gros coup droit, pour s’offrir un tout premier succès dans le Grand Chelem australien. Son troisième dans un tournoi majeur. Une bonne habitude à prendre dès le plus jeune âge, n’est-ce pas ? Malheureusement, au tour suivant, elle ne peut rien faire face à la future demi-finaliste de l’épreuve, Sloane Stephens. Une défaite 6-4 6-3, dans des conditions de chaleur intenables, contre une joueuse qu’elle connaît parfaitement et qui la laisse frustrée, insatisfaite de son niveau de jeu. Mais une défaite honorable : si son adversaire est de la même année, 1993, elle boxe déjà dans la catégorie supérieure, forte d’un huitième de finale à Roland Garros et d’une place dans le top 20 suite à son résultat australien. Mladenovic, elle, doit faire son bonhomme de chemin. Petit à petit. Sans se presser. 87ème mondiale, elle fait son trou parmi l’élite. Ne lui reste plus qu’à enchaîner les matches au haut niveau, à être toujours plus constante au service et à réduire le nombre d’erreurs. Si le physique suit, pas de raisons qu’elle n’arrive pas, bientôt, à maturité. Avec, dans l’idée, un premier pas en avant… du côté de la Porte d’Auteuil ?

Chardy, la révélation

« J’avais l’impression de ne pas vraiment jouer ma chance à fond. Alors je me suis dit : oublie toutes les douleurs, relâche-toi, frappe fort en coup droit et va chercher ta victoire. À partir de là, j’ai commencé à jouer des coups droits beaucoup plus longs et puissants, je me suis libéré petit à petit et j’ai réussi à faire basculer le match. » Voilà, en quelques mots, comment Jérémy Chardy résume non pas son exploit au troisième tour face à Del Potro, mais sa qualification en quart de finale après avoir sorti Andreas Seppi, 5-7 6-3 6-2 6-2. Car le plus dur, pour le Pâlois, était de confirmer la performance ahurissante qu’il avait accompli face à l’Argentin. S’appuyant sur son coup droit fulgurant et une première balle de mammouth, Jérémy a asphyxié ses adversaires, tout en présentant une nouvelle arme à son jeu : un revers slicé précis et très tactique. Face à Andy Murray, fatigué par son épopée australienne, Jérémy a cédé sans se chercher d’excuses : « Il était tout simplement trop fort. Ce genre de duels est difficile à accepter, car vous avez l’impression que rien ne peut faire vaciller votre adversaire. » 25ème joueur mondial à l’issue du tournoi, son tout meilleur classement, Jérémy Chardy vit ces performances comme une petite renaissance : « Je pense que j’ai joué le meilleur tennis de ma carrière », explique celui qui, maintenant, peut viser haut, très haut… C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Bartoli, le blues aussie

Marion Bartoli souffre, chaque année, à Melbourne. Ses chiffres le montrent. En 12 participations au tournoi australien, elle n’est parvenue qu’une seule fois à gagner plus de deux matches : en 2009, lorsqu’elle s’était hissée jusqu’en quarts de finale. Ce bilan douloureux, cette année ne risque pas de l’adoucir. Marion semblait pourtant bien partie : solide face à Anabel Medina Garrigues, puis autoritaire contre Vesna Dolonc, elle voit se présenter Ekaterina Makarova avec sérénité. Seule ombre au tableau : les commentaires assassins de Pauline Parmentier et Alizé Cornet sur sa possible participation à la Fed Cup. Alizé parle de « lui rabattre son caquet » ; pourtant, à l’heure de jouer une qualification en huitièmes de finale, Marion est bien la dernière Française en lice. Mais Makarova est une vraie coupeuse de tête. En 2012, c’est Serena Williams en personne qu’elle avait mouchée sur sa route pour les quarts de finale. Comme sa glorieuse aînée, la Ponote est victime de la foudre russe. Une défaite 6-7(4) 6-3 6-4 qui laisse beaucoup de regrets, au vu des efforts fournis dans le premier set. « Je n’ai pas bien joué du tout », analyse Bartoli, sans concessions. « J’ai essayé de me battre avec les moyens du bord. Mais je n’ai pas réussi à prendre ma chance. Et puis, le match m’a échappé. Contre une fille moins bien classée que moi, ce n’est pas acceptable. Et c’est très frustrant. » Ne reste qu’une chose à faire : travailler, toujours travailler.

Monfils revient à la vie

Comment rester insensible au parcours de la Monf’ ? C’est impossible. Virevoltant face à Alexandr Dolgopolov, il fait taire, au cours de ces cinq manches, l’ensemble des journalistes, fans et critiques qui le croyaient perdu pour le tennis. Sliderman a une nouvelle fois déjoué tous les pronostics en rendant l’une de ces copies dont il a le secret. Mieux, au tour suivant, il nous a emmenés, comme d’habitude, dans la quatrième dimension, lorsqu’il a servi pour le gain de la rencontre face à Yen-Hsun Lu : un enchaînement d’aces et de doubles fautes… avant de s’imposer sur sa sixième balle de match. « A la fin, à chaque fois que je passais un ace, je me disais qu’une double faute allait suivre. J’avais l’impression que c’était inévitable. » Inévitables, les 4h44 de match face à Gilles Simon auraient pu ne pas l’être, si la Monf’ s’était montré un peu plus offensif et employé à rompre le rythme quasi-soporifique de son ami Gilou. En témoigne cet échange de 71 coups entre les deux hommes, conclu, évidemment… par une faute de Gaël. Au final, ce dernier sort frustré, une fois de plus, alors que son adversaire, lessivé et crampé, offre au tour suivant, face à Andy Murray, une résistance inexistante. On aurait bien aimé voir Monfils contre l’Ecossais, car c’est avant tout pour ce genre de duels que le Français défie la logique d’un sport qu’il aime par dessus tout, quoi qu’on puisse dire...

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Le buzz de l’open d’australie Marcel ou Damart Thermolactyl ? Roger Federer avant, pendant et après l’enfilage du tricot de peau… ou comment une icône mondiale revient à des basiques de la mode. On est certain que quelques fans vont rapidement se rendre chez leurs spécialistes pour imiter leur idole.

Dimitrov, RedFoo, Fognini… Les bellâtres de la quinzaine ! Fabio était connu pour son goût prononcé pour les grandes brunes, le voilà maintenant officiellement avec Hantuchova. Néanmoins, ce n’est pas une, mais un trio de blondes qui a fait parler dans les travées de Melbourne, puisque la rumeur court que Maria aurait flashé sur Dimtrov, tandis que RedFoo des LMFAO semble dingo de Victoria Azarenka… Mais qui ne le serait pas ?

Duo jusqu’au bout… mais sans pilosité Cinq sets acharnés et une belle amitié, mais aussi une compétition en double qui s’achève trop vite. Visiblement, les deux compères, Benneteau et Roger-Vasselin, ont la même technique d’entraînement : torse nu, au soleil. Les kangourous en sautillent encore.

Supporters crazy pour la vie ! L’Australie est un pays de sportifs et, dans les tribunes, ça envoie du lourd. Inventif, rouge vif et un gros kiffe – ou plutôt sniff – pour ce supporter australien qui croyait en Tomic, rendu par Roger Federer… beaucoup moins tonique.

Trio pour une rencontre… so sexy… Marion contre le reste du monde. Mais lequel ? Alors qu’elle a été rappelée pour renforcer l’équipe de France de Fed Cup, la voilà qui prend une volée de bois vert de ses futures partenaires – Cornet et Parmentier. Ca promet, nous, on adore.

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PETITS POTINS

Road to

RogeR

la suite !

Ou comment le livre « Roger, mon amour » est devenu un véritable succès...

Six temps forts pour comprendre le phénomène qui a fait du livre « Roger, mon amour » le best seller des livres de sport fin 2012. Classé à son lancement, par la Fnac, à la troisième place des ventes sport, juste derrière les autobiographies de Raymond Domenech et de Kilian Jornet, « Roger, mon amour » est déjà une référence pour les amoureux d’un des plus grands sportifs de tous les temps. Disponible depuis mi-décembre dans tout le réseau de la Suisse romande, il a aussi conquis le pays de Guillaume Tell. Résumé de l'épopée ! Sortie du livre : c’est parti ! C’est le 12 novembre, exactement, que les premiers exemplaires de «  Roger, mon amour  » ont été envoyés. Un dispositif logistique très spécial avait été mis en place pour que chaque client soit livré en moins de 48h. Il faut dire que la pré-réservation sur www.kdotennis.com avait mieux fonctionné que pour les livres « Le Monde de Rafael Nadal » et « Grand Chelem, mon amour ». La première personne à l’avoir eu entre les mains fut, logiquement, la première fan à l’avoir réservé : Juliette Murbach, de Poissy, qui avait posé son option le 24 mai dernier. Depuis, vous avez été plus de 4000 à partir à la découverte de cet ouvrage.

Masters de Londres : ça s’emballe… Frédéric Viard, journaliste et commentateur à Canal+, est un amoureux du tennis. Et, quand il cite notre livre à l’antenne pendant le Masters de Londres, c’est notre boutique qui s’anime ! Inutile de vous dire qu’à la suite du parcours de Roger Federer dans le tournoi des Maîtres, « Roger, mon amour » grimpe dans les hit-parades des librairies. De notre côté, on voit notre stock fondre comme neige au soleil…

Décathlon Tour : au contact des lecteurs Pour permettre aux lecteurs de rencontrer les auteurs du livre, nous avions signé un partenariat avec le réseau Décathlon. Quatre magasins nous ont chaleureusement accueillis – Montpellier, Paris-Wagram, Lyon-Porte des Alpes et Lyon-Part-Dieu. L’équipe décerne d’ailleurs la médaille d’or au staff de Montpellier pour la mise en avant plus qu’impeccable de l’ouvrage et la qualité de l’espace tennis. Mention spéciale aussi pour Lyon-Part-Dieu, où les auteurs, dans leur fief, en ont profité pour inviter leurs amis et leurs proches.

Première réimpression : le « made in France », ça paie ! Prévoir la quantité d’exemplaires à imprimer pour la sortie d’un livre, c’est un savant calcul… Combien trouveront preneurs  ? Alors, quand nos premiers 1200 « Roger, mon amour » ont été épuisés, on a vite filé à Tours, début décembre – le 15 exactement –, chez notre imprimeur pour remettre la sauce. Avec un exploit industriel à la clef : réimprimer en moins de neuf jours un ouvrage relié de qualité. Au final, le choix du « made in France » s’avère gagnant et payant, comme quoi il n’y a pas de fatalité ! A ce moment-là, on ne sait pas que les rotatives devront à nouveau se mettre en marche début janvier.

Suisse Connection : « Roger, mon amour » arrive chez lui Grand Café des Négociants, à Lyon, le vendredi 14 décembre : le plus grand distributeur de livres en Suisse romande débarque. Il a eu vent de l’ouvrage ; il veut le voir, le sentir, le palper. Dix minutes plus tard, on signe le contrat. Trois jours après, « Roger, mon amour » est partout en terre helvète et, notamment, chez Payot, à Genève. « Vous auriez dû m’en parler avant ! » explique notre interlocuteur. Tout juste sorti du plus célèbre café lyonnais, le téléphone sonne… C’est la Fnac suisse ! Même question. Et même résultat. Journée bien remplie et belle satisfaction de savoir que notre livre débarque enfin chez lui.

Une version anglaise : pourquoi pas ? Aujourd’hui, c’est l’heure du bilan. Un bilan plus que positif de cette aventure qui a débuté en janvier 2012. On se projette même vers l’avenir et une possible version numérique… Voire une traduction dans la langue de Shakespeare ! Le débat est lancé du côté des auteurs : comment parvenir à être aussi précis, sentimental et littéraire en anglais que nous l’avons été dans la langue de Molière ?

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le livre « ROGER, MON AMOUR »

le best seller de l’année toujours en VENTE SUR

Merci à nos distributeurs et rendez-vous l’année prochaine pour le tome 3 de la collection welovetennis

KDOTENNIS.COM

• Time Sport 33, rue Olliffe 14800 Deauville • Avantage Djé 14, rue Auxonne 21000 Dijon • Tennis Box 44, avenue de Gameville 31650 Saint-Orens de Gameville • Espace Tennis Bretagne 55, avenue André Bonnin 35135 Chantepie • Service Gagnant 46, rue de Carnel 56100 Lorient • Balle de match 17, avenue Leclerc de Hauteclocque 57000 Metz

Tennis Warehouse 60 rue des Charmilles 67400 Illkirch France •

• Karanta 5, rue de la nuée bleue 67000 Strasbourg • Perf Tennis 96, rue Vendôme 69006 Lyon

• Cap Tennis 28, quai Victor Augagneur 69003 Lyon • Espace Tennis Tassin 110, avenue de la République 69160 Tassin La Demi Lune • Tennisphère 35, rue Maréchal Leclerc 69390 Charly • Sport System Paris 151-155, rue de Bagnolet 75020 Paris

• Tie Break Le Havre 41, rue Louis Brindeau 76600 Le Havre • Sport System Boulogne 39, avenue Edouard Vaillant 92100 Boulogne • Sport System Le Raincy 80, avenue de la Résistance 93340 Le Raincy • Sport System Gentilly 24-26, avenue Paul Vaillant Couturier 94250 Gentilly

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Aubagne Besançon • Béziers • Caen / Mondeville • Campus-Villeneuve d’Ascq • Croissy Beaubourg • Dunkerque / Grande-Synthe • Geispolsheim / La Vigie • Lyon - Bron St Exupery • Lyon Part-Dieu • Nancy / Houdemont • Odysseum Montpellier • Paris Wagram • Pau / Lescar • Sequedin / Englos • Vitrolles • •

Référencés dans les réseaux

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petits potins Textes de Rémi Capber et Pauline Dahlem

Allez, Radek, montre-nous

tes fesses !

Que faire quand on est désespéré ? Quand la vie semble s’acharner ? Quand les issues paraissent bouchées et toutes les portes closes ? Quand on ne croit plus ni en soi, ni en sa bonne étoile ? Radek Stepanek a trouvé la réponse. Non, il ne vous a pas dégotté le numéro d’un medium-marabout-désenvouteur, ni l’adresse d’un exorciste aux yeux caves et à la bouche incantatoire. Non. Radek, lui, a sa réponse : il montre ses fesses. Une manière de dire : tu peux faire ce que tu veux, ça ne m’atteint pas plus… qu’un vent. Ou : peut-être suis-je humilié, mais voilà où je me carre ta soi-disante domination. Voire : regarde ici si j’y suis. Comment ça ? Ce ne serait qu’un moyen de détourner l’attention ? De déconcentrer l’adversaire ? Sacré Radek ! Point de remise en question ontologique, juste une bonne barre de rire. Opposé à Novak Djokovic au troisième tour de l’Open d’Australie, le Tchèque n’est pas loin d’être mené deux sets à zéro. Monté au filet, Radek rate une volée qu’il place mi-court, au centre. Et s’apprête à se faire miner par un Serbe lancé à pleine vitesse… Désabusé, il se tourne et montre son derrière à son adversaire – non, Mesdames, sans baisser son short, rassurez-vous. Une chance que la petite balle jaune ne se soit pas coincée entre ses deux fessiers ! Toujours est-il que l’astuce du facétieux Stepa’ ne fonctionne pas… Et que Djoko remporte une victoire facile, 6-4 6-3 7-5. La prochaine fois, ‘faudra aller jusqu’au bout de l’idée. Et faire comme un certain Marat Safin sur les courts de Roland…

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Ana-phrodite et les feux… de l’amour

C

e n’est plus le jeu de l’amour et du hasard. C’est tout le hasard du jeu de l’amour. Sur la planète tennis, les couples se font et se défont comme… fond la neige à l’approche du printemps et de ses hormonales sirènes. Seules résistent Caroline Wozniacki et son golfeur de boy ou encore Serena et ses inclinations hellènes. Ana Ivanovic, elle, ne tarde jamais à répondre aux appels claironnants d’Amour, son arc, ses flèches et ses fesses rebondies. Après avoir filé idylle enchanteresse et bonheur parfait aux côtés d’Adam Scott – un golfeur, encore ! mais qu’ont-ils de plus que le commun des mortels ? une canne en acier ? – durant trois ans coupés de ruptures ponctuelles, notre Ana-phrodite a définitivement tourné ses charmes vers un nouvel éphèbe. Célibataire quelques semaines seulement, elle a rapidement arrêté le choix de son nouveau bellâtre : un dénommé Mark Stillitano. Ce Britannique habite à Monaco, joue au tennis – un peu –, au golf – un peu – et au polo – un peu. Mais est riche – très, très riche. Mark est un ami proche de Novak Djokovic, qu’il suit souvent sur le circuit. A croire qu’Ivanovic, inquiète de ne plus retrouver les sommets de la hiérarchie tennistique, applique les conseils cyniques et avisés de vieilles filles désabusées : se trouver un bonhomme bourré aux as, apte à supporter son train de vie de fashion-midinette. Si c’est le cas, elle a tiré le gros lot. Stillitano sème des dollars sur son chemin, mais possède, également, quelques arguments physiques…

Djoko l’infirmier ! Que fait un numéro un mondial dans les minutes qui suivent sa qualification pour la finale d’un Grand Chelem ? Il analyse son match avec son coach, s’efforce de bien récupérer et remplit ses obligations avec la presse, me direz-vous. Faux ! Novak Djokovic, lui, a sa propre manière de décompresser : le spectacle ! Alors qu’Henri Leconte et Guy Forget disputent leur match d’exhibition face à Pat Cash et Goran Ivanisevic, le Serbe fait une entrée très remarquée sur la Rod Laver Arena. Tout de blanc vêtu, une croix rouge de fortune scotchée sur le torse, Djoko le clown s’approche de notre Riton national, qui ne se fait évidemment pas prier pour jouer le jeu. S’afférant autour de son soi-disant malade, Novak emploie des remèdes douteux, comme l’application de glaçons sur le ventre d’un patient complètement hilare. Enfin, arrivé en conférence de presse pour évoquer son succès sur David Ferrer, le Serbe s’excuse : « Pardon, je suis en retard, je soignais Leconte. » Et alors, comment va le malade ? « Le diagnostic que nous avons fait avec mon assistant est le suivant : cet homme est complètement fou ! Il a besoin d’un traitement de très longue durée. » Humour, bien sûr !

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Federer-Murray

je te déteste… moi aussi !

C

omment faire croire que l’on se respecte, voire que l’on s’apprécie, alors qu’en réalité, on ne peut pas se supporter ? Demandez à Roger Federer et Andy Murray ! Grands spécialistes en la matière, les deux rivaux ont encore montré à quel point ils s’adoraient lors de leur demi-finale du dernier Open d’Australie. Sur un point capital, l’Ecossais, roublard, fait mine de s’arrêter de jouer pour demander la vidéo, mais continue finalement l’échange. Déconcentré, le Suisse commet la faute. Fou de rage, Federer ne peut retenir un violent coup de gueule à l’encontre de son adversaire : « F**KING STOP ! »Traduisez par : « Tu abuses de t’être arrêté comme ça, enf**ré ! » Pas décontenancé le moins du monde, Murray soutient le regard du Suisse et agite son index, rageur. Difficile de penser, après un tel incident, que leurs relations sont au beau fixe… C’est pourtant ce qu’ils se sont acharnés à répéter. « Ce n’était rien, franchement », glisse Federer. « On s’est juste regardés une fois pendant le match. Je ne lui en veux pas et j’espère que lui non plus ! » Murray confirme, mais laisse tout de même entendre que la gueulante de son adversaire n’était pas très aimable. « C’est le genre de choses que se disent les joueurs de foot ou de basket presque quotidiennement. Je ne vous répéterai pas ce qu’il m’a dit, ça ne présente pas d’intérêt. Je ne lui en veux pas. » Allez, Andy, va nous faire croire que vous partez au ski ensemble en février, on marchera sans problème !


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Rendez-vous février - mars 2013 ATP

4 au 10 février

• Montpellier (ATP 250) • Zagreb (ATP 250) • Vina del Mar (ATP 250)

11 au 17 février

• Rotterdam (ATP 500) • San Jose (ATP250) • Sao Paulo (ATP 250)

18 au 24 février

• Memphis (ATP 500) • Marseille (ATP 250) • Buenos Aires (ATP 250)

25 février au 3 mars

• Dubai (ATP 500) • Acapulco (ATP 500) • Delray Beach (ATP 250)

7 au 17 mars

• Indian Wells (Masters 1000)

20 au 31 mars

• Miami (Masters 1000) WTA

28 janvier au 3 février • Pattaya (International) • Paris (Premier)

11 au 17 février • Doha (Premier)

18 au 24 février

• Memphis (International) • Dubai (Premier) • Bogota (International)

25 février au 3 mars

• Florianopolis (International) • Kuala Lumpur (International) • Acapulco (International)

6 au 17 mars

• Indian Wells (Premier)

petits potins

L’OPEN GDF-SUEZ DE BRON,

UN TREMPLIN POUR LE TRES HAUT NIVEAU

Le Président de la Ligue du Lyonnais, Jean Wallach, fait le point sur le deuxième Open GDF-SUEZ de Bron. Ce tournoi ITF 10 000$ approche à grands pas. Il proposera son lot de nouveautés et d’espoirs du tennis féminin au public de l’agglomération lyonnaise du 25 février au 3 mars 2013. Entretien réalisé par Pauline Dahlem

Comment s’est passée la préparation de ce tournoi et quels sont les objectifs pour cette deuxième édition ? Les objectifs sont globalement identiques à ceux de l’an passé, à quelques différences près. Le premier, c’est de faciliter l’accès au haut niveau pour les jeunes espoirs féminins françaises et, surtout, lyonnaises. Ce tournoi s’inscrit dans un circuit de trois étapes d’épreuves 10 000$ – Mâcon, Bron et Dijon. Ca permet aux joueuses de participer à ces trois tournois pour essayer de gagner des matches et des points à moindre frais, sans parcourir de grandes distances. Concernant la préparation, nous avons eu plus de temps : pour la première édition, nous avions accepté l’organisation au pied levé, en août, pour un événement qui avait lieu en mars. Le bilan avait été positif, que ce soit sur le plan sportif ou de l’animation. Plus de 4000 personnes étaient venues durant la semaine pour assister aux matches. Les dirigeants de clubs en avaient profité pour échanger entre eux. De notre côté, c’était l’occasion d’un premier test depuis la disparition du GPTL. Sur le plan financier, néanmoins, ca avait été plus dur, parce que nous étions en déficit, à cause des forts investissements que nous avions dus faire, comme la réfection du parking. En 2013, le bilan financier sera toujours négatif, mais on se rapproche de l’équilibre. La tenante du titre, Maryna Zanevska, va-t-elle revenir ? On ne le saura que le 31 janvier. Je sais qu’elle sera dans les parages à cette période, puisqu’elle est inscrite au tournoi ITF de Grenoble qui se joue à peu près à la même époque. On aimerait bien qu’elle revienne, elle avait été adorable. Mais c’est une fille qui a beaucoup progressé depuis l’an passé. Elle a gagné 200 places environ. Ce n’est pas sûr qu’elle rejoue une épreuve qui n’est dotée que de 10 000$. Il faut en tout cas retenir son nom… Il n’est pas impossible qu’elle intègre un jour le top 100 ! Quelles seront les joueuses françaises et, surtout, lyonnaises à suivre ? Jessica Ginier, Alixe Collombon et Mathilde Armitano seront normalement présentes. Caroline Garcia ne jouera certainement pas, puisqu’elle fait partie du top 150, un niveau supérieur à ce type de tournois. Caroline a tellement d’ambition qu’elle joue plutôt des ITF 50 000$ ou 100 000$. A ce propos, on a hésité à passer à un statut de 15 000$, une catégorie de tournois légèrement supérieure, où le nombre de points attribués est plus intéressant. On a finalement renoncé, mais, si on parvient à l’équilibre financier l’an prochain, c’est un sujet qui sera remis sur la table.

Vous savez, pour une épreuve comme la nôtre, le plateau est presque secondaire. Ici, on vient surtout voir l’avenir du tennis féminin, de futures grandes qui jouent déjà à un très, très haut niveau. Vous savez déjà à qui vous allez décerner les wildcards ? A priori, il n’y aura pas d’invitées prestigieuses… même si on ne sait jamais ! On verra dans les semaines qui viennent. Mais je peux d’oreset-déjà vous dire que quelques unes des meilleures jeunes espoirs lyonnaises bénéficieront d’une invitation. Il y aura des nouveautés pour cette deuxième édition ? On va procéder à des agrandissements. La tribune sera ainsi plus grande, tout comme le village. On veut également agrandir les parties privatisées, qu’on pourrait appeler « espaces VIP », pour permettre à plus de gens de venir. Deux soirées avec les dirigeants de clubs seront également organisées. Encore une fois, les maîtres mots de cet événement sont l’échange, le partage et la convivialité. Combien de spectateurs attendez-vous ? On espère atteindre les 5000 spectateurs, soit 25% d’augmentation par rapport à l’an passé. Le mercredi, les enfants des écoles de tennis seront accueillis et, le jeudi, ce sont les femmes dirigeantes de club qui seront à l’honneur. D’autre part, je tiens à préciser que l’accès au tournoi est absolument gratuit. On souhaite donner aux gens l’occasion de découvrir le tennis de haut niveau. Le meilleur moyen de leur offrir cet accès, c’est la gratuité. Enfin, on travaillera encore une fois avec l’UNICEF, qui disposera d’un stand pour promouvoir et vendre ses produits.

19 au 31 mars • Miami (Premier) Coupe Davis

1er au 3 février

• Canada - Espagne (Premier tour) • Italie - Croatie (Premier tour) • Belgique - Serbie (Premier tour) • Etats - Unis-Brésil (Premier tour) • France - Israël (Premier tour) • Argentine - Allemagne (Premier tour) • Kazakhstan - Autriche (Premier tour) • Suisse - République-Tchèque (Premier tour) Fed Cup

9 au 10 février

• République-Tchèque - Australie (quarts de finale) • Italie - Etats-Unis (quarts de finale) • Russie - Japon (quarts de finale) • Serbie - Slovaquie (quarts de finale) • France - Allemagne ( Groupe II)

Lundi 28 janvier 2013, à 10h30

5444 FANS

La communauté Facebook de Welovetennis augmente, augmente et augmente toujours plus ! Lundi 28 janvier, notre compteur indiquait 5444 fans. Aidez-nous maintenant à atteindre les 10 000 d’ici Roland Garros ! Une manière de clamer votre amour du tennis ou, tout simplement, de ne rien rater de l’actu de la petite balle jaune… et de ses à-côtés ! Pour vivre les coulisses du circuit au quotidien, c’est sur la page Welovetennis que ça se passe. On vous attend nombreux !

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Rodolphe Gilbert

inaugure sa première TennisBOX ! Récemment entré dans le Team TennisBOX, Rodolphe Gilbert a inauguré sa première séance au Tennis Club de la Châtaigneraie en compagnie de Stéphane, déjà adepte du concept. Ce joueur amateur, qui avait précédemment profité d’une TennisBOX avec Thierry Ascione, s’est montré très heureux de pouvoir partager ce moment de tennis avec l’ex-61ème mondial. Une expérience qui reste, à ce jour, « son plus grand souvenir tennistique».

« Humainement et tennistiquement, Rodolphe est quelqu’un qui sait mettre les gens très à l’aise. On prend un plaisir inestimable à jouer avec lui pendant ces deux heures. Pour un joueur de son âge, ses qualités physiques, techniques et tactiques m’ont impressionné. Cela m’a permis de mieux comprendre le message qu’il souhaite passer : on peut prendre du plaisir et être un bon joueur de tennis à tout âge. Ses conseils ont été à la fois simples et pertinents. Il a su installer un climat de confiance et être très proche de moi. Personnellement, c’est le meilleur rendez-vous tennistique de ma vie ! »

Stéphane Duvail, client TennisBOX

« Si Stéphane m’a avoué sortir vraiment éprouvé de cette séance, c’est aussi parce que je ne me suis pas ménagé pendant ces deux heures. (Rires) Au cours de cette TennisBOX, on a fait beaucoup d’échanges, on a énormément couru. Je voulais que Stéphane s’aperçoive qu’on peut améliorer son jeu à n’importe quel âge. C’est pour cela que j’ai fait une séance d’entraînement très complète qui ressemble à ce qui se fait au hautniveau. Evidemment, on s’est aussi bien amusé. Il ne faut pas perdre de vue que le tennis est avant tout un jeu et, ce, quel que soit le niveau. J’insiste vraiment là-dessus : on peut progresser à tout âge, notamment sur le plan technique. Et la TennisBOX, ça permet cela : se confronter au haut-niveau et découvrir qu’on a encore une grande marge de progression. »

Rodolphe Gilbert, ex-61ème mondial et ancien joueur de Coupe Davis

Découvrez le concept TennisBOX sur www.kdotennis.com Toutes les TennisBOX sont sur

Le TEAM TennisBOX TENNISBOX PLAYER

Thierry Ascione Meilleur classement : 81ème 1 sélection en Coupe Davis, en 2004 Victoires marquantes : Félix Mantilla, David Ferrer, Marin Cilic et Rafael Nadal Point fort : un coup droit surpuissant, l’un des plus rapides lorsqu’il était sur le circuit

Rodolphe Gilbert Meilleur classement : 61ème 1 sélection en Coupe Davis, en 1993 Victoires marquantes : Karel Novacek, Guy Forget, Boris Becker et Pete Sampras Point fort : un physique et une technique irréprochables

TENNISBOX coach

Julien Boutter

Lionel Roux

Meilleur classement : 46ème 1 titre ATP, à Casablanca Victoires marquantes : Alex Corretja, Mark Philippoussis, Marat Safin, Nikolay Davydenko et Roger Federer Point fort : un pur attaquant, spécialiste du service-volée

Expérience : coach de Michael Llodra, puis entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis depuis 2009 Méthode : un coaching basé sur la qualité d’écoute. Très proche de ses joueurs, Lionel sait créer un climat de confiance, qui lui permet de faire passer les messages plus facilement.

Frédéric Fontang Expérience : coach de Jérémy Chardy, qu’il amène du   classement 15/5 à la   place de 31ème mondial,   puis de Caroline Garcia Méthode : un coaching très technique. Frédéric ayant lui-même évolué au plus hautniveau (ex-59ème mondial), il est très exigeant.

Ronan Lafaix Expérience : coach de Stéphane   Robert, qu’il amène du classement -30 à la place de 61ème mondial, puis de Franck Aumonier, ViceChampion de France de golf professionnel, et Armel Tripon, navigateur Méthode : un coaching basé sur le mental et la méthode qu’il a créée : « Soyez P.R.O. et Osez ». P comme « posé », R comme « respirer », O comme « observer »

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GRANDCHELEM FRANCE

Babolat réinvente

les conventions moniteurs ! C’est une petite révolution qu’a insufflée, cette année, Babolat, en réunissant durant cinq jours et cinq sessions l’ensemble de ses enseignants sous contrat, à Roland Garros. En proposant un contenu très dense à ses professeurs, la marque lyonnaise s’impose comme un acteur du tennis à part entière et pas uniquement comme simple équipementier.

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’emblée, David Gire, Directeur Commercial, nous avait annoncé la couleur : « On a voulu changer de la traditionnelle remise du matériel, auparavant gérée localement. On a longtemps réfléchi à ce qu’on voulait mettre en place, où, quand et comment. Puis, naturellement, on a choisi Roland Garros compte tenu de notre partenariat avec la Fédération Française. C’est parce que nous sommes le fournisseur officiel du tournoi que nous avons pu bénéficier du site de Roland Garros. A partir de là, il fallait aussi s’inscrire dans une logique sportive. C’est pour ça qu’on a choisi un format innovant et dynamique avec l’intervention de deux spécialistes de renom, Ronan Lafaix, pour la partie mentale, et Xavier Moreau, pour la préparation physique. » L’initiative peut paraître audacieuse, d’autant qu’il n’est jamais facile de changer des habitudes inscrites depuis des années dans le calendrier tennistique. Le breveté d’état reste un pilier de l’activité tennis en France. Sur le plan ludique, par le biais de la gestion des écoles de tennis, et dans le secteur de la compétition, en tant qu’entraîneur. Nombreux sont les professeurs à la recherche de nouvelles méthodes d’enseignement ou, tout simplement, d’échanges avec leurs collègues. Les marques l’ont bien compris, puisqu’elles en font des prescripteurs écoutés et reconnus. De vrais ambassadeurs. Cette convention était donc un temps fort pour faire passer des messages. Un programme construit autour d’ateliers attendait les participants : une session de tests des nouveaux produits ; une visite guidée des coulisses du stade ; une formation avec Ronan Lafaix du jeudi au samedi ; une autre avec Xavier Moreau, lundi et mardi. « La remise des contrats et produits à nos enseignants, c’est un temps très fort de notre année. Se retrouver ici avec tout le team France de Babolat auprès d’eux, c’est important : au final, ce sont eux qui sont au contact de nos clients tout au long de la saison. Etablir de la proximité, être à leur écoute, c’est un choix qu’on a fait depuis longtemps. Et puis, nous voulions aussi leur apporter du contenu, mettre en place un dialogue et partager des expériences. C’est pour ça qu’on a fait intervenir des consultants de renom », précise Anthony Bas, responsable de la promotion et des partenariats. Bref, Babolat a transformé une simple journée de remise de matériel en véritable convention. Ca paraissait logique. Encore fallait-il prendre le risque. Mais le risque, c’est un peu la marque de fabrique de Babolat, équipementier de Rafael Nadal : « Pas le risque, mais l’innovation », réplique, tout sourire, David Gire, avant de préciser : « Réunir 700 coaches à Paris était un véritable challenge, il est réussi ! »

L’œil de Ronan

L’œil de Xavier

Ronan Lafaix, ex-coach de Stéphane Robert et auteur de la méthode Soyons Pro, est intervenu lors de la convention. Il a abordé deux de ses thèmes de prédilection : l'émotion et la concentration. Débrief rapide avec un chercheur qui ne manque pas d'idées.

Xavier Moreau, entraîneur physique de l’équipe de France de Fed Cup, côtoie constamment le haut-niveau. Dans une présentation très efficace, il a insisté sur l’importance de préparer physiquement ses joueurs dès le plus jeune âge.

Quand l'équipe de Babolat t'a expliqué ce projet, qu'est-ce que tu en as pensé ? Je trouve ça plutôt géant qu'une marque s'implique au-delà de son rôle d'équipementier ! Je suis connu pour une approche de l'enseignement très particulière, pouvant paraître déroutante. Quand on m'a expliqué que j'allais intervenir auprès de 600 professeurs, j'ai été ravi. C'est à la fois une forme de reconnaissance de mon travail, mais aussi une opportunité formidable.

Une marque qui demande à former ses moniteurs, c’est assez audacieux, non ? C’est clair, mais les enjeux sont tellement importants que les canaux de diffusion importent peu. Babolat a toujours voulu améliorer la performance grâce à ses produits. Je trouve donc assez logique que la marque veuille amener ses ambassadeurs à faire leur cette idée de performance. Ca complète ou ça rajoute une strate à ce qui est en place dans les réseaux traditionnels, ce n’est pas du tout antinomique, bien au contraire.

Comment ça s'est passé ? Je fonctionne de manière très participative avec les risques que ça comporte. Mais ça a été un vrai succès ! Il y a une attente et une envie de changer des choses. Comme j'avais un timing très serré, j'ai centré mon intervention sur la concentration et, surtout, l'émotion. Ces deux sujets sont au centre de la problématique de l'enseignement. A mon goût, ils ne sont pas assez mis en avant. Les réactions dans mon public ont confirmé tout ça !

Votre intervention était centrée sur la préparation physique. Vous avez pu passer des messages ? Oui, au vu des retours qu’on m’a faits. Mon objectif principal, c’était d’expliquer le constat suivant : pour qu’un joueur s’investisse physiquement, il faut lui donner du sens. J’ai aussi démontré qu’il ne faut pas isoler le physique du reste, même si l’entraîneur de tennis doit garder la main en tant que maître d’œuvre.

Tu le dis, il y a une attente à propos de ces problématiques ? De plus en plus, je pense. J'ai aussi essayé de faire passer un message assez fort pour leur expliquer qu'ils ont une vraie responsabilité. Et cette responsabilité, elle n'existe pas uniquement avec les joueurs qu’ils pensent voir devenir de bons compétiteurs. Non, elle doit être présente à tous les niveaux. Le tennis peut être un formidable outil pour former des jeunes à affronter la vie, de façon générale. Parce qu’au final, la concentration et la gestion des émotions sont deux critères plutôt important dans une existence.

Babolat travaille au développement d’une raquette intelligente. Vous pensez que ça va permettre d’améliorer ses performances ? Pour moi, c’est l’avenir. Le but de chercheurs, comme nous, c’est de pouvoir progresser en s’appuyant sur des données concrètes. Dans le tennis, il y a beaucoup de on-dit, dont on ne peut réellement vérifier l’efficacité. Avoir des éléments précis sur sa qualité d’une frappe, par exemple, c’est un vrai plus. Cette raquette intelligente, j’y crois. Ce n’est pas une révolution, mais c’est un outil supplémentaire dans le dispositif d’un champion ou d’un entraîneur.

Tu es même allé jusqu'à faire un petit atelier ? Même sur un mini-court en moquette, avec des balles molles, à Roland Garros, on peut très vite donner un aperçu de ma méthode. C'était le but de cet atelier : mettre en pratique la théorie expliquée par un exercice simple. En 2014, tu repars pour un tour… J'aimerais bien ! C'est essentiel de rester au contact et de partager. Ca me permet aussi de faire connaître ma méthode au plus grand nombre. Certains me voient comme un petit révolutionnaire, je pense plutôt que j'ai cherché à innover et trouver de nouvelles solutions. Ce qui existait ne me convenait pas en termes d'efficacité. Je le répète, au tennis plus qu'ailleurs, je sais à quel point les émotions perturbent la technique et le physique.

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Le physique a pris une part très importante au haut niveau. Comment le traduire tous les jours dans les clubs ? En adaptant des exercices sur la base de ceux que j’ai présentés. Ca a, d’ailleurs, constitué la nature des échanges suite à nos conférences. Chaque moniteur est confronté à beaucoup de situations complexes, avec des groupes parfois très hétérogènes. Je connais toute cette problématique. Mais il y a toujours des solutions. La préparation physique a vraiment évolué grâce à des outils de mesure tout à fait performants. Si ça sert déjà pour le plus haut niveau, il faut aussi comprendre qu’on doit éduquer le joueur dès ses débuts.

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Ce qu’ils en ont pensé Trois BE ont joué le jeu d’un premier bilan après ce vendredi 18 janvier plutôt chargé…

Arnaud Breistroff / BE à l’ASLM Cannes

« Nous rassembler ici, à Roland Garros, c’est une riche idée, même si, pour ma part, je connais bien les lieux (rires). Ca fait quatre ans que je suis chez Babolat et le point le plus important dans la relation d’un BE avec sa marque, c’est la proximité et la capacité de cette dernière à répondre aux demandes. C’est un détail, mais, l’an dernier, certains de mes confrères avaient soumis l’idée d’avoir un kit pour l’hiver – bonnet, gants, écharpe. Et bien, tout à l’heure, quand j’ai récupéré mon matériel, le kit était là. Ca peut paraître anodin, mais, pour moi, cette écoute et cette réactivité sont importantes. Et la convention, c’est pareil : une superbe idée qui nous permet de mieux nous connaître et de partager nos expériences. »

Sandrine Savary / BE au TC de l’Amirauté

« Ca fait plus de 15 ans que je suis une « Babolat ». Si, au début, j’étais un peu surprise par leur textile femme (rires), je trouve que les choses ont vraiment évolué. Cette convention confirme que c’est une marque qui s’occupe de nous, qu’on est au cœur de ses préoccupations. Le lien que nous avons ensemble va au-delà du simple aspect commercial. Jamais je n’ai été déçue et, à chaque fois que je sollicite mon référent chez eux, je trouve toujours une oreille attentive. Venir à Roland Garros, cette année, pour la remise des contrats, c’est vraiment la cerise sur le gâteau. Je ne sais pas si ce sera le cas chaque année, mais j’ai vraiment apprécié cette journée. »

Jacques Curé / BE au TC Clairvaux les Lacs

« Je viens du bout de la France… Plus sérieusement, du Jura (rires) ! Me retrouver ici avec mes collègues, ça me fait chaud au cœur. C’est beaucoup plus convivial et enrichissant qu’avant, lorsque la remise était organisée localement. D’ailleurs, pour que le voyage soit plus sympa, on avait organisé du covoiturage avec la Bourgogne. Pour dire la vérité, au départ, je n’étais pas très proche de Babolat. Voire plutôt réfractaire ! Mais, comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et ça fait maintenant neuf ans que je suis fidèle à la marque. Je ne le regrette pas, on est vraiment choyés. Cette journée peut paraît symbolique, mais elle compte. On a pu rencontrer tout le staff Babolat, participer à des ateliers très instructifs. Sincèrement, les kilomètres parcourus pour venir dans l’un des temples du tennis international en valaient la peine ! »

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GRANDCHELEM FRANCE Entretien réalisé par Pauline Dahlem

LES MEMOIRES DE

Jean-François Caujolle L'Open 13 fête ses 20 ans ! Le doyen des tournois français du circuit ATP méritait bien un hommage de GrandChelem. Nous sommes allés rencontrer celui qui est à l'origine de ce succès, le Directeur du tournoi, Jean-François Caujolle. Et avons passé en revue les vainqueurs de l'épreuve et les anecdotes qui les accompagnent. Attention, document... Quel est le vainqueur le plus surprenant de l’Open 13 ? Il y en a eu plusieurs. Déjà, Gilles Simon en 2007. Il bat Novak Djokovic sur sa route, tout de même. Mais je retiens surtout Marc Rosset lors de la première édition. Cette année-là, Ivan Lendl dominait vraiment le circuit. Je m’attendais donc à ce que le Tchèque gagne, j’étais même certain de ce scénario. Et Rosset s’est imposé. C’était un vainqueur sympa, humainement intéressant, grand enfant, un peu capricieux, mais apprécié. J’ai d’ailleurs toujours de très bons rapports avec lui. Avec les années, j’ai compris que la tête de série numéro un, grandissime favorite, l’emportait rarement. Penser que tout est joué d’avance, c’est un peu le pays des bisounours ! Le second vainqueur le plus inattendu, c’est Dominik Hrbaty, en 2004. Cette année-là, le tableau était vraiment très fort avec Ferrero, numéro un mondial, Guillermo Coria, Marat Safin, Arnaud Clément… Et la finale opposait Hrbaty à Robin Söderling, qui n’était pas du tout connu à l’époque. Je me rappelle avoir déclaré, un peu dans ma barbe : « Il faudrait jouer cette finale à huis clos », tellement l’affiche manquait de charisme ! (Rires) Les joueurs ne l’avaient pas entendu, je vous rassure… Au final, le niveau de jeu avait été top, mais le vainqueur, Hrbaty, restait un joueur peu charismatique et plutôt triste.

au palmarès. Je me souviens d’une autre anecdote, justement. L’année où Nadal est venu à Marseille. J’apprends qu’il affronte Rochus au premier tour. Or, il y a deux frères Rochus et l’un, Olivier, est un peu plus fort que l’autre. Je dis à mes amis : « C’est bon, c’est un premier tour tranquille, il affronte Christophe Rochus. » Et puis, le match se joue et Nadal se retrouve mené 5-4 au troisième set. Il est au service, 30-40, balle de match contre lui. J’étais en tribune en train de me décomposer (rires). Mes amis me disent : « Dis donc, il joue super bien, ce Rochus ! » Effectivement, c’était Olivier, le plus talentueux des deux frères. Moi, je leur réponds : « Tu ne te rends pas compte… On bosse toute l’année pour ça et, là, je suis sur le point de perdre Nadal dès le premier tour ! » C’est alors que Rafa réussit son premier ace du match. Il égalise à 5-5, breake dans la foulée et, à 6-5, 40-30, il réussit son deuxième ace… et l’emporte. Ouf ! J’aurais dû tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de dire que c’était un premier tour tranquille. Une bonne leçon! (Rires) Sinon, pour en revenir à la question, j’aurais beaucoup aimé voir Goran Ivanisevic gagner le tournoi. Il avait un super jeu, c’était un personnage qui dégageait quelque chose. Il était comme habité. J’aurais aimé aussi que Safin s’impose. Un gars très sympa, avec qui j’ai eu de bonnes relations.

Vous vous souvenez d’un vainqueur qui a été porté par le public ? Oui, clairement. C’est Arnaud Clément. Il s’impose en 2006 à l’issue d’une formidable épopée. Il est wildcard. Au premier tour, il bat Gasquet, top 20, puis Verdasco et Santoro, 7-6 au troisième, Nadal en demi-finale et, enfin, Ancic. C’était fort ! Je me souviens justement d’une anecdote sur sa victoire contre Nadal. Dans ce match-là, il est mené 6-2 2-1. Et, tout à coup, l’Espagnol se fait piquer par un insecte. Une guêpe, quelque chose comme ça. Il perd les quatre ou cinq jeux suivants et le set, 6-2. Le match bascule alors complètement et Arnaud s’impose. Il est allé la chercher, sa victoire. C’était un beau moment.

Quel est le vainqueur dont vous êtes le plus fier ? Il y a eu beaucoup de beaux vainqueurs... J’ai été très heureux, par exemple, des victoires d’Yevgeny Kafelnikov, Jo-Wilfried Tsonga, Andy Murray, Juan Martin Del Potro… Mais si je devais en retenir deux, je garderais Boris Becker, en 1995, et Roger Federer, en 2003. Becker dégageait quelque chose d’exceptionnel. Cette année-là, il n’avait pas joué en Australie et revenait à la compétition ici, à Marseille. Les deux chaines hertziennes allemandes étaient venues pour couvrir l’événement. C’était le retour de Becker. A l’époque, il était vénéré comme un Dieu en Allemagne. En plus, il venait de se séparer de sa femme, il y avait beaucoup de buzz autour de lui. Je me souviens d’un moment très fort en finale, contre Radomir Vasek. Becker mène 5-4 au troisième set, Vasek est au service. Balle de match pour

Quel est le joueur que vous auriez aimé voir gagner ? Bien sûr, on aimerait avoir Djokovic ou Nadal

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BB. Première balle, Becker réussit un retour bloqué gagnant. Il lève les bras, hurle et se précipite vers le filet. Mais l’arbitre annonce un peu tard la première balle de service faute. Becker s’énerve et l’insulte. On le sent bougon, tendu. Puis, deuxième service. Et, là, le même retour gagnant. Cette fois, il hurle de joie, car la tension était absolument incroyable. Sinon, comme je le dis, il y a aussi Federer, qui gagne en 2003. Je suis très fier de le compter parmi nos vainqueurs, parce que c’est vraiment la référence du tennis. Vous avez une anecdote sur Roger Federer, justement ? Il a souvent joué à Marseille, il y est venu six fois au total (NDLR : dont deux retraits sur blessure). Je me rappelle très bien de sa toute première participation. A l’époque, le tournoi était détenu par IMG. Il y avait donc une répartition particulière des wildcards. Kafelnikov avait demandé une invitation. Il était top 5, on lui avait évidemment donnée. Il en restait donc deux. Je pensais les offrir à Clément et Grosjean, qui étaient jeunes, de la région et commençaient à jouer plutôt bien. L’année d’avant, j’en avais déjà donné une à Grosjean. Clément, qui n’en avait pas reçu, n’avait rien dit et avait joué les qualifs. Là, nous sommes le vendredi soir, 17h. Patrick Proisy m’appelle et me dit : « Ecoute, on a un espoir suisse, là, il est champion du monde juniors, il a un bel avenir, il joue super bien. Il faut l’inviter. » On décide de donner l’invitation à ce jeune Federer. Il ne m’en reste plus qu’une. Il faut que je choisisse entre Clément et Grosjean. Je vais les voir qui s’entraînent sur le court du Palais. J’annonce à Grosjean que j’ai choisi Clément pour la wildcard, de manière à alterner par rapport à l’année précédente. Sébastien le prend très mal. Il fait la gueule, quitte Marseille sans même jouer les qualifs. Peu de temps après, il abandonne même IMG. Sébastien est un garçon adorable, mais qui a un gros tempérament. C’est quelqu’un de très rancunier. Ce duo Clément-Grosjean a d’ailleurs marqué l’histoire du tournoi. Arnaud y a toujours été très attaché. Je me rappelle qu’à ses débuts, en interview, alors qu’il débarquait sur le circuit et ne pensait pas être top 10 un jour, il faisait d’un titre à l’Open 13 son

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objectif principal... Bon, à mon avis, s’il avait pu choisir, il aurait quand même préféré gagner l’Open d’Australie… (Rires) Arnaud a été d’une fidélité exceptionnelle avec nous. C’est, pour moi, le personnage emblématique de nos 20 premières années. Euh… (Rires) Jean-François, ma question portait sur Roger Federer… Je m’emporte ! (Rires) Okay, j’y reviens. Donc le jeune Roger Federer débarque à Marseille. Il tire Carlos Moya, numéro un mondial, au premier tour. Je suis dans le village pendant que le match se déroule. Je ne regarde pas le score. A un moment donné, on m’aborde : « Eh, regarde, le petite jeune vient de battre Moya ! » Merde ! (Rires) C’était franchement inattendu. Federer, personne ne le connaissait à l’époque. J’avais été le voir s’entraîner, j’avais vu qu’il avait un super jeu. Ensuite, il est allé jusqu’en quarts, où il perd contre Clément. Un peu après sa défaite, Roger m’a appelé de l’aéroport : « Je voudrais te remercier, c’était ma première victoire sur un top 50. L’an prochain, même si je suis numéro un mondial, je reviens gratos ! » A l’époque, il était 300ème mondial, tout jeune. Mais il pensait déjà à l’éventualité d’être numéro un mondial un an plus tard ! Ce n’est pas à Marseille que Federer a gagné son premier tournoi, mais il y a fait son premier grand résultat. Un coup de gueule sur ces 20 années ? Oui, sur une erreur d’arbitrage… C’était l’année où Lendl était venu. Il n’était pas très facile comme joueur. Je me souviens qu’il voulait ses pâtes, ses pizzas et ses minestrones à des heures très précises. On avait aussi eu des problèmes d’organisation avec lui parce qu’il avait demandé, dès le premier jour, une voiture à 5h30 du matin pour aller s’entraîner au Palais des Sports à 6h00. A cette heure-là, c’est désert… Le palais n’est même pas allumé ! Ca avait posé quelques soucis. Au deuxième tour, Lendl affronte l’Italien Pozzi, un joueur honnête, mais qui n’avait rien d’extraordinaire. A 5-4 au troisième set, 15-30, Lendl monte au filet et se prend un passing qui sort de 40 cm. Le juge de ligne l’annonce bon. L’arbitre de chaise ne corrige pas. Il dit qu’il a été gêné par Lendl et n’a pas pu voir la balle. Je suis devenu


L’édition la plus rocambolesque « C’est l’année de la venue de Marcelo Rios. Il n’a participé qu’une fois au tournoi, mais son passage a vraiment marqué ! Déjà, il y a les circonstances : il arrive de Coupe Davis, après un match au Chili. Il débarque à Marseille le mardi soir. Tous ses bagages ont été perdus. Il n’a plus que ses raquettes qu’il avait gardées en bagage à main. Il faut donc lui trouver, pour le mercredi, des vêtements de son sponsor. Pas simple. De notre côté, on avait aussi eu des péripéties avec l’un de nos partenaires locaux qui avait été arrêté au village par la police pour recel de parfum. Voir débarquer les flics, ça nous avait fait un peu bizarre ! Pour en revenir à Rios, il passe ses deux premiers tours sans faire de bruit. Ca allait, sauf qu’il n’était pas sympathique. Un gars très fermé. En quarts de finale, il bat Larssen, contre qui il avait toujours du mal. Il est super content. Problème : il se fait voler son sac dans les vestiaires. Un mec avait dû réussir à s’y introduire. Quelques heures après, on retrouve le sac dans une poubelle, près du stade. Il y avait encore les raquettes, mais les papiers et l’argent – quelques centaines de dollars – avaient disparu. Il gagne quand même sa demi-finale et le voilà qualifié pour la finale. Nous sommes le samedi après-midi. Je croise un journaliste de La Provence qui avait déjà relaté l’ensemble de ces péripéties dans son quotidien. Il me dit, amusé : « C’est bon, là, vous avez une belle finale, qu’est-ce qui peut encore se passer ? » Je lui réponds, en riant : « Pas grand-chose ! Ou alors le scénario catastrophe, un coup de vent qui nous force à fermer le village demain et un abandon en finale ! » Je riais, hein… Or, le dimanche, qu’est-il arrivé ? Tempête. Village fermé. Et abandon de Rios en finale. J’étais vraiment chat noir ! Juste avant la finale, je me souviens qu’une dame se présente avec sa petite fille de sept ou huit ans. Elle avait retrouvé les papiers de Rios dans une poubelle. Je l’emmène avec moi près du joueur, car sa fille avait très envie d’un autographe. Rios prends les papiers, refuse l’autographe et demande : « Où sont les 200$ ? » Il avait refusé de signer à cette gamine… Je n’en revenais pas ! On a finalement trouvé un arrangement en faisant signer un autre joueur pour remercier cette dame. Après la finale, lors de la remise des prix, Rios a pris le micro pour le traditionnel discours. Il a commencé son speech par la phrase suivante, le regard noir : « Je sais que le voleur est dans les tribunes ! » Marc Maury, très professionnel, avait traduit par « Je vous remercie beaucoup de votre soutien cette semaine ! » (Rires) Comme Rios parlait espagnol, les gens n’avaient pas compris. Heureusement ! Je me souviens également d’une année particulière, où l’on avait un plateau absolument exceptionnel avec Tsonga, Monfils, Del Potro, Murray et Söderling. Le vendredi soir, avant le tournoi, je regarde l’émission quotidienne sur L’Equipe TV. On demande au journaliste-tennis Benoît Maylin pourquoi le plateau est si beau à Marseille, car les ATP 250 sont normalement des « tournois de plage ». Maylin répond : « Oui, mais dans les plages, il y a Saint Tropez, qui est la plus belle plage du monde. Marseille, c’est Saint Trop’ ! » A ce moment-là, il est 22h. Une heure après, je reçois un appel d’Argentine. C’est l’agent de Del Potro qui m’explique que Juan Martin est blessé, qu’il ne peut pas jouer. Ce n’était pas un forfait injustifié, puisque, derrière, Del Potro a été arrêté six mois. J’étais déçu, forcément, mais, finalement, c’était un mal pour un bien, car j’économisais sa garantie et, cette année-là, on était un peu tendu niveau budget. Mais bon… 10 minutes après, je reçois un coup de fil de l’agent de Murray. Je décroche : « Ne me dis pas qu’Andy est forfait ? » Réponse de son agent : « Comment tu sais ? Effectivement, Andy ne viendra pas, il est fatigué. Je suis désolé. » En 1h10, j’avais fait une belle économie. Mais de Saint Trop ‘, on était devenus Cavalaire ! (Rires) C’était quand même décevant. Malgré tout, le tableau se tenait. On a eu une finale très inattendue, avec Llodra contre Benneteau. Lors de la remise des prix, Mika prend le micro et me dit, blagueur : « Tu vois, Jean-François, Llodra qui gagne, ça te fait quand même un beau vainqueur ! » C’était un beau vainqueur, effectivement, mais pas forcément celui que j’attendais, vu le plateau au départ. »

fou dans les tribunes. Je l’ai insulté, un peu fort, d’ailleurs ! (Rires) Ca fait 15-40 et Lendl perd sur sa deuxième balle de match. Mauvais souvenir. Est-il arrivé qu’un joueur vous rende sa garantie ? Oui, Richard Gasquet l’a fait en 2006. Il avait perdu au premier tour contre Arnaud Clément, alors qu’il menait d’un set et un break. C’était vraiment un match qu’il ne devait pas perdre. A l’époque, il était top 20 et il avait touché une garantie pour venir. A l’issue de la rencontre, Eric Deblicker, son entraîneur, est venu me voir. Il me dit : « Richard voudrait te dire quelque chose. » Et Richard, vexé par sa défaite, vexé d’avoir perdu contre « le vieux », me dit : « Je ne veux pas l’argent. » C’était très spontané. Si son agent avait été à côté, il lui aurait peutêtre dit : « Richard, réfléchis deux secondes ! »

(Rires) C’est le seul à avoir fait ça. Il y a des joueurs à qui vous avez donné une garantie et qui, eux, n’ont pas été corrects ? Certains, oui. Mais, dans l’ensemble, il n’y a pas eu beaucoup d’histoires. Je citerais quand même Guillermo Coria. Je l’avais fait venir en 2005, quand il était dans le top 5. Il avait fait un match minable au premier tour, où il avait perdu contre Sébastien de Chaunac. Mais c’était un mauvais choix de ma part, car l’indoor n’était vraiment pas sa surface favorite. Le vainqueur le moins sexy ? Robin Söderling ? Söderling n’est, certes, pas le plus souriant, ce n’est pas un playboy. Mais, l’année où il gagne, il est quatrième joueur mondial et remporte Rotterdam dans la foulée. Il jouait vraiment le

feu. Quand il est en forme, sa qualité de frappe est juste exceptionnelle. Non, le vainqueur le plus triste et le moins sexy, c’est vraiment Dominik Hrbaty, en 2004. Ce gars-là, même à Bratislava, devant son public, il n’aurait pas fait vibrer les foules ! (Rires) Qu’est-ce qu’il faut vous souhaiter pour les 20 prochaines années ? Pour moi, personnellement, d’être encore en vie ! (Rires) Pour le tournoi… C’est très difficile de se projeter. J’espère qu’on sera autant dynamique, qu’on aura continué à progresser et gagné en maturité, car elle n’est pas totale, aujourd’hui. Le tournoi est, certes, en forme. Le problème, c’est que la visibilité au niveau des sponsors et de l’ATP ne va pas au-delà de trois ans. A ce moment-là, où en sera le tennis français ? Je reste quand même dépendant de la forme du tennis national. Si Gasquet,

Tsonga, Simon et Monfils vont bien, je vais bien. Vous savez, c’est le duo Clément-Grosjean qui a fait exploser le tournoi dans les années 2000. Après, c’est vrai aussi que l’Open 13 a une vraie force. Sportivement parlant, ces cinq dernières années, on a toujours été premier ou deuxième des 40 tournois ATP 250 du calendrier. Cette année encore, on aura cinq joueurs du top 10. Un seul tournoi ATP 500 fait mieux, c’est Dubaï. Mais je suis conscient que si on a cinq joueurs du top 10, c’est aussi parce qu’il y a deux Français dedans… Il faut savoir que la moyenne de présence de membres du top 10 dans les ATP 250 est de 0,95 et de 2,81 dans les ATP 500. On est donc largement au-dessus. Et c’est très bien.

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nis.fr http ://www.weloveten

petits potins

Un gagnant pour une bonne cause

Noël chez Troisgros,

A l’occasion de la journée « Jo et ses amis », à Rouen, le 14 novembre, GrandChelem et Babolat avaient décidé de frapper un grand coup. 1000 magazines ont été été distribués avec, en cadeau, le nouveau cordage de la marque lyonnaise, le RPM DUAL. Mais, comme si ça ne suffisait pas, nous avions mis une contremarque un peu spéciale à l’intérieur... Ce bon a permis au jeune Sébastien d’avoir l’honneur de faire le toss du match entre Tsonga et Gasquet.

Michel Troigros est un amoureux de la

c’est mieux que Roland Garros ! petite balle jaune. Nous l’avions déjà interviewé pour notre page Guest Star du numéro six de GrandChelem. A l’époque, il nous avait concocté un plat virtuel symbolisant parfaitement Roger Federer : « J’avais choisi du turbot, car c’est le plus noble des poissons d’eau de mer », nous a expliqué cet artiste des casseroles, lors d’un moment passé dans sa maison mondialement renommée, à Roanne, après un repas au Central plutôt réussi. Nous étions accompagnés de Cédric Mourier, arbitre international et régional de l’étape, grand amateur de gastronomie tricolore. « Moi qui voyage beaucoup, je peux vous dire que Roanne est connue internationalement grâce à la famille Troigros. C’est une vraie fierté pour moi et, d’ailleurs, il ne se passe pas un trimestre sans que je ne vienne déguster la dariole au chocolat (rires). » Bref, toute l’équipe de GrandChelem a passé un moment fabuleux pour fêter une année 2012 déjà historique !

Alain Thiébot : « Nous aussi, on a 20 ans ! » Un Flash-Code et un partenariat exclusif pour Tecnifibre La marque tricolore Tecnifibre va vivre une année 2013 plutôt intense. En effet, elle vient de signer un partenariat de cinq ans avec l’ATP, devenant ainsi raquette, cordage, bagagerie et accessoires officiels de l’ATP. Mais ce n’est pas tout, puisqu’à travers son programme « On the road to the ATP World Tour », Tecnifibre offre à tous une web-série de vidéos dans laquelle Janko Tipsarevic donne des conseils à des futurs champions du Team Next, les espoirs de la marque. Parmi eux, le Français Grégoire Barrere. L’idée : permettre à tous de comprendre quelles sont les clefs du succès. Enfin, pour fêter ça, Tecnifibre a choisi d’innover avec un Flash-Code sur le bout de sa raquette siglée ATP… On n’arrête plus le progrès !

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Alain Thiébot, Directeur du tournoi Challenger de La Manche-Cherbourg (50 000$), le plus ancien du circuit tricolore, nous a livré ses impressions et, surtout, les recettes qui permettent de durer. Une épreuve à suivre du 23 février au 3 mars 2013 ! Jean-François Caujolle, patron de l’Open 13 qui fête ses 20 ans, nous a expliqué qu’il fallait toujours garder une ligne de conduite bien précise pour durer. C’est votre cas... Tout à fait ! Ne jamais s’emballer et maîtriser son budget, c’est la clef. Pour les garanties, par exemple, on n’est jamais tombés dans une spirale de dépense outrancière, car, autrement, on ne s’en sort plus. On trouve toujours d’autres façons d’attirer des champions. Il faut être malin et connaître leurs envies, c’est tout. Cherbourg n’est pas très bien plac�� géographiquement, c’est un inconvénient ? Il faut surtout le transformer en avantage. Et on y est parvenus. On est vraiment soutenus par l’ensemble des institutions, la Mairie, le Conseil Général, le Conseil Régional… On sent que cet événement est intégré dans le calendrier, qu’il fait partie des meubles. C’est une belle satisfaction, d’autant que, tout en étant de vrais pros de l’organisation, c’est une association qui gère cet événement.

Vous vous appuyez sur un pool de bénévoles ? Evidemment ! Mais, avec le temps, on est devenu plus précis. On connaît la mécanique et les erreurs à ne pas commettre. D’ailleurs, beaucoup de clubs viennent en visite chez nous pour nous demander des conseils. C’est une forme de reconnaissance. L’expérience constitue un gros atout dans l’événementiel. Parmi tous les vainqueurs, lesquels vous ont marqué ? Josselin Ouanna a fait un beau vainqueur. Je me souviens aussi de Lionel Roux, à qui j’avais donné une wildcard. En 20 ans, c’est amusant de voir comme de grands champions sont venus faire leurs armes chez nous : il y a eu Rafael Nadal, déjà très discret, mais aussi Davydenko ou David Ferrer... Vous avez eu envie de monter en gamme ? C’est parfois la lubie des organisateurs… Pas du tout, on est à notre place et une augmentation du prize-money ne changerait pas grand chose.

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Notre dotation est bonne. Notre salle et notre public toujours nombreux sont en adéquation avec l’économie de notre environnement. On ne veut pas se faire plus gros que le bœuf, ni se prendre pour ce que l’on n’est pas. Un Challenger reste un Challenger avec ses particularités et, quoi qu’on fasse, un ATP 250, c’est une autre dimension. Vous fêtez vos 20 ans, mais ça n’a pas empêché un drame terrible de vous frapper. Votre compagne décédée a toujours été à vos côtés depuis le début de cette aventure… Pour être sincère, on s’est posé la question de ne pas faire l’édition cette année. Ce qu’on a vécu, je ne le souhaite à personne (NDLR : son épouse est décédée d’un foudroyant cancer du pancréas). Puis, on s’est dit qu’il fallait plutôt lui rendre hommage. Cette édition, c’est la sienne. C’est terrible, vraiment, mais, au final, nous occuper de l’organisation, c’est aussi tenter de passer au mieux cette épreuve.


La montée en puissance du Master’U BNP Paribas Pour la septième édition du Master’U BNP Paribas, huit nations se sont retrouvées, en décembre dernier, au Country Club d’Aix en Provence pour se disputer le titre de Champion du Monde universitaire. Avec deux simples dames, deux simples messieurs, un double dames, un double messieurs et un double mixte, cette compétition est un subtil mélange inspiré de la Fed Cup et de la Coupe Davis. Et ce sont les Etats-Unis qui en battant l’Allemagne en finale remportent pour la troisième fois le trophée. L’équipe de France a échoué au pied du podium et laisse la médaille de bronze aux Russes.

Cérémonie d'ouverture du 7e Master'U BNP Paribas dans la superbe salle des Etats Généraux d'Aix-en-Provence

Quelle nation ajoutera son nom sur le trophée 2012 ?

Tous les participants du Master’U BNP Paribas 2012 réunis pour la photo-souvenir

Tirage au sort par Pascal Maria, juge-arbitre et Sébastien de Chaunac parrain de l’édition 2012

L’équipe de France lors de la cérémonie d’ouverture

Malgré toute la détermination de Nathalie Piquion, la France termine 4e et pour la première fois, ne grimpe pas sur le podium du tournoi.

Jarmere Jenkins fût l’un des grands artisans du succès américain.

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GRANDCHELEM FRANCE

Amiens donne sa chance aux espoirs ! A l'occasion de la 15ème édition de son tournoi ITF 10 000$, organisé du 4 au 10 mars 2013, nous sommes allés à la rencontre du staff de l'Amiens AC Tennis. Interviews croisées de son Président, Clément le Léap, et de Nicolas de Colnet, Directeur du tournoi. Entretien réalisé par Simon Alves En province, il n’y a pas beaucoup de structures du niveau de l’Amiens AC Tennis. On peut dire que vous êtes un club qui compte dans le paysage du tennis tricolore... Nicolas de Colnet : En effet, nous avons fêté notre centenaire il y a maintenant huit ans. C’est vrai qu’on n’est pas beaucoup, en France, à pouvoir se targuer d’une aussi longue histoire (rires) ! Aujourd’hui, on compte près de 1000 membres. On est une vraie place-forte du tennis picard. Clément le Léap : Avec 19 courts, dont 14 en terre battue et 11 couverts, un club-house, un restaurant géré par le club, trois enseignants et de nombreux éducateurs, le AC Amiens propose l’ensemble des services modernes qu’attend un amoureux de la petite balle jaune. Sans avoir le titre de plus grand club du nord de la France, je pense qu’on n’est pas vraiment loin de la plus haute marche du podium.

Portrait Chinois « Si vous étiez… » Un joueur ? NdC : Je ne vais pas être original… Je vais dire Federer ! ClL : Moi, la victoire de 1983 m'a marqué. Donc je vais dire Noah ! Un coup ? NdC : Le smash ! C'est le coup le plus intéressant. Un coup décisif, un coup qui doit faire mal, un coup gagnant. ClL : Le coup droit pour une question de sensations personnelles. Une balle de match ? NdC : C'est personnel, mais c'était un match long et difficile que j'ai terminé sur un coup droit gagnant… et avec des crampes au point de ne plus pouvoir quitter le court. ClL : Une balle qui termine sur la bande du filet, à la tombée de la nuit… Un match ? NdC : La victoire d’Ivan Lendl sur John McEnroe, en 1984, à Roland Garros. Un retournement de situation incroyable. ClL : La victoire de Rafael Nadal sur Roger Federer, en 2008, à Wimbledon. Un accessoire ? NdC : Une bouteille d'eau, sans additifs ! ClL : Un bandeau dans les cheveux. Sans ça, je ne peux pas jouer !

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Un club, c’est forcément une politique sportive. Comment vous positionnez-vous ? NdC : La plus belle aventure en compétition, on la doit à Julie Coin. A l’époque, on évoluait en Nationale 1A. Depuis, on a un peu régressé, mais on maintient nos deux équipes premières en Nationale 3. Notre politique, c’est celle d’un club formateur qui veut intégrer ses espoirs dans les équipes fanion. Par le passé, on avait cherché des talents à l’extérieur. Aujourd’hui, on a décidé de miser sur notre vivier. ClL : Notre vivier, c’est l’école de tennis avec 450 jeunes. De plus, on pense qu’il faut faire un peu bouger les lignes de l’enseignement. On a, par exemple, intégré l’idée de cours de sophrologie. La préparation physique est aussi au cœur de nos préoccupations avec deux coaches qui nous accompagnent. Enfin, on fait appel à des intervenants extérieurs. Ronan Lafaix, un coach confirmé, a proposé une formation à nos enseignants, ça a été très apprécié. Alors que tout semble fonctionner à merveille, pourquoi se rajouter du travail et de la pression en organisant un 10 000$ féminin ? Ca peut sembler périlleux… NdC : Un club doit aussi prendre des risques. Il y a 15 ans, on voulait offrir à la région un tournoi d’envergure pour les espoirs du nord et de toute la France. C’était l’époque des Mauresmo, Cocheteux et Coin. Et pourquoi pas un Future masculin ? ClL : Peut-être parce qu’on a, au sein du club, une enseignante qui a été plusieurs fois Championne du Monde par équipes. Et puis, il y a aussi beaucoup de valeurs dans le tennis féminin qui ressemblent à l’identité de notre club. NdC : Pour dire la vérité, c’est la 15ème édition

de l’Open d’Amiens sous cette forme, mais, à l’origine, elle faisait suite à un tournoi masculin. La date est imposée par la Fédération Française et il n’y avait pas de place pour un 10 000$ masculin. A l’époque, on avait trouvé que le tennis féminin bénéficiait d’atouts certains. Aujourd’hui, on le maintient, parce qu’on estime que c’est un tennis qui se porte bien et qui apporte beaucoup de choses positives. Quel va être le niveau global du plateau, cette année ? NdC : Si je regarde les statistiques depuis dix ans, on a toujours le même niveau de jeu. Les têtes de série se situent entre le top 200 et le top 400 du classement mondial. On a eu la chance, une année, d’avoir une joueuse du top 100. De toute façon, il y a toujours un beau bataillon de filles étrangères : une quinzaine de nationalités sont représentées. Ca crée de l’animation dans le club, ça lui donne des couleurs internationales. Vous avez rencontré des difficultés particulières dans l’organisation ? NdC : En termes de logistique et d’organisation, on n’a pas eu de soucis, on est vraiment rodés. On est même sollicités tous les ans pour monter d’un cran en termes de dotation. Mais, aujourd’hui, il faut être raisonnable. Trouver des partenaires reste compliqué. Les nôtres, en majorité des collectivités, nous sont fidèles, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse doubler leur aide pour passer à 25 000$. En même temps, il n’y aurait rien de pire que de faire machine arrière. Alors si, demain, on se rend compte qu’on peut trouver de quoi passer à 25 000$, on le fera ! ClL : Il y a eu un changement important au

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comité directeur et nous sommes encore en phase de consolidation sur les acquis club. On se reposera la question d’ici un ou deux ans. Comme le dit Nicolas, il faut compter, en parallèle, sur un partenaire fort. Ca pourrait être GDF-Suez, qui est un vrai soutien pour le tennis féminin… ClL : Pour l’instant, ce n’est pas le cas, mais on y travaille. Nous serions ravis de pouvoir bosser avec eux. Amiens-Métropole est notre principal sponsor. C’est en grande partie grâce à eux que nous pouvons organiser un tournoi de cette envergure et, plus globalement, grâce aux collectivités locales. Malgré tout, vous cherchez à innover ou à vous démarquer d’une façon ou d’une autre ? NdC : Nous avons un cahier des charges très précis. Innover, aujourd’hui, c’est très compliqué. Notre tournoi est relativement classique. On organise des après-midis où les jeunes rencontrent les joueuses. On a une soirée avec les partenaires et les sponsors le vendredi. Nous allons essayer également d’organiser une exhibition avec deux ou trois jeunes du club le jour de la finale. ClL : Cette année, on ajoutera aussi des animations avec des dégustations de produits locaux, le soir. Et puis, nous avons réalisé un petit lipdub avec l’ensemble du club, pour mettre en avant notre état d’esprit, notre dynamisme et notre passion du tennis.


GRANDCHELEM FRANCE

ORANGE OPEN DE GUADELOUPE

Une troisième édition, celle de la confirmation ! Après deux années à parfaire son organisation, l'Open de Guadeloupe, qui se déroulera du 25 au 31 mars 2013, s'est inscrit durablement dans le calendrier international. Revue d'effectif avant le grand départ. « On peut toujours se plaindre de quelque chose. Notre date, par exemple, puisque certains joueurs seront en tournée depuis huit semaines. Comme le fait qu'on soit situé pendant le tournoi de Miami. Mais, au final, ça ne sert à rien. Il faut continuer à rendre notre épreuve qualitative et à présenter un plateau attractif », explique Christian Forbin, le Directeur. Et ce plateau, c'est la responsabilité de Karine Molinari : « Le bouche à oreille a été très bon, les joueurs savent que le cadre est idyllique, qu'on peut les recevoir de façon optimale. Après, ma mission est aussi de répondre à l'attente des spectateurs et l'on sait que la présence de Français est indispensable. C'est la clef de notre succès. » Si Michael Llodra s'est engagé à venir, Paul-Henri Mathieu et Benoit Paire ont, eux, posé une option en fonction de leurs performances à Miami. « On a l'avantage de pouvoir avoir trois joueurs du top 50, mais, ça, on le saura à la dernière minute. L'an dernier, on avait fait un bon coup avec James Blake, qui avait besoin de points et de jouer des matches. Accueillir une petite légende, ça avait été un vrai plus », continue Christian Forbin. On l'a compris : l'Open de Guadeloupe occupe une place un peu à part parmi les Challengers. Et se situe clairement à la frontière des ATP 250.

« L’an dernier, on avait fait un bon coup avec James Blake » « Comme on est très proches des joueurs, on a décidé de mettre en place beaucoup plus d'activités que l'an dernier, en-dehors de leurs matches. On veut qu'ils puissent profiter de la région et de ses attraits. S’ils sont nombreux à venir avec leurs compagnes, on aimerait aussi en accueillir avec toute leur famille. Pour ça, on est vraiment dans un cadre idyllique, qui permet la détente, tout en gardant en tête la compétition de haut niveau. » En termes d'organisation, l'équipe a choisi de rester sur une formule qui gagne avec des matches en soirée et une programmation qui donne la chance aux joueurs du cru. « On a des wildcards pour les qualifications à donner aux joueurs locaux et Gianni Mina, qui était l'ambassadeur de la première édition, sera là également », insiste Karine Molinari. Tout est désormais bien huilé. Et c'est l'expérience des deux éditions précédentes qui pèsent : « Il est évident que, sur un événement de cette dimension, il faut toujours s'attendre à des imprévus. Il faut simplement être capable de les anticiper. C'est la clef. Après, on est forts du soutien de nos partenaires titres, comme la BNP ou Orange, qui soutiennent toujours nos efforts. Je tiens aussi à préciser que la Fédération Française a toujours été à notre écoute. Bref, on se sent soutenus dans notre démarche et, quand on a un petit coup de mou, ça nous booste ! » analyse encore Christian Forbin. A moins de deux mois des hostilités, le staff est donc déjà dans les starting-blocks.

Goffin y pense souvent C'est à l'Open de Guadeloupe que la carrière de David Goffin a pris son envol, l’année dernière, avec le premier titre du Belge en 100 000$. Par la suite, il a explosé lors du tournoi de Roland Garros : « David me parle souvent de la Guadeloupe. Ca a été un moment très particulier pour lui. S’il peut venir pour la troisième édition, il le fera. L'an dernier, c'était assez fort, car il était peu connu. Et puis, Olivier Rochus, qui était le tenant du titre, éliminé en demi-finale, était resté au bord du court pour le soutenir, en bon compatriote. C’est drôle, ce tournoi a un vrai accent belge ! » explique Karine Molinari, qui est aussi l'agent de Goffin. « Cette année, il y aura encore une petite colonie du plat pays, puisque Steve Darcis a confirmé sa venue et qu’Olivier sera encore présent. On est très fiers de pouvoir accueillir nos voisins à chaque édition », commente Christian Forbin, le Directeur du tournoi.

Clément   et la dengue,   le mystère

P

armi les anecdotes que Karine Molinari a vécues depuis le début de cette aventure, « il y a forcément les parties de pétanques » (voir ci-contre), nous raconte-t-elle, mais aussi la dengue de la Clé. Elle s’en rappelle avec un sourire : « En fait, Arnaud était vraiment très fatigué. Il était persuadé d’avoir la dengue ! Au début, on a quand même pris ça au sérieux. Depuis, c’est devenu un running-gag ! »

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ASICS • Sac d’entraînement : 30€ • Polo Femme Break : 35€ • Veste M’s Court : 60€

BABOLAT • Chaussure Propulse 4 Homme : 130€ • Chaussure Propulse 4 Femme : 115€ • Raquette AéroPro Drive : 225€ (non cordée)

TECNIFIBRE • Raquette T.Fight 325 : 199€ • Cordage RazorCode 1.25 : 16€ • Thermobag Pro ATP 10R : 99€

shopping

HEAD • Speed MP 16/19 : 209.95€ • Djokovic BackPack  54.95€, • Veste Mahoney Court : 64.95€

PRINCE • Raquette Rebel : 199.99 € • Raquette Warrior 100 : 199.99 € • Chaussures Rebel 2 : 119.99 €

WILSON • Raquette Steam 100 : 150€ • Thermobag Tour Steam : 85€ • Cordage Luxilon 4G : 24,95€

ARTENGO • Raquette TR 820 Flaxfiber :79.95€ • RaquetteTR 930 Flaxfiber : 99.95€ • Sac TL 900 : 59,95€

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Dunlop • Dunlop Biomimetic M5.0 : 200€ • Apex 250 : 80€ • Tube de Dunlop Fort All Court : 7.90€


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CAPITAINE, MON CAPITAINE... Plutôt Haddock, Fracasse, Flam ou Crochet ? « La tension monte et étend ses ramures dans chacun de ses muscles, fourmillements attendus que l’esprit rendra moteurs ou destructeurs. Et, avec elle, une forme d’adrénaline à la fois familière, à la fois étrangère. Beaucoup moins saillante que lorsqu’il pénétrait sur les courts la raquette à la main, concentré, tout entier tourné vers son match à venir. Et pourtant bien prégnante : aujourd’hui, son nouveau rôle lui donne une vision différente de ce moment particulier. Il voit et sent ce qui se passe autour de lui. Il prend le temps de regarder tribunes et banderoles, supporters rassemblés, visages connus, ici ou là. Et se dirige vers le banc de l’équipe de France. Capitaine, Arnaud vit sa première rencontre. » Telles auront peut-être été les pensées d’Arnaud Clément, à l’heure d’étrenner son costume de meneur d’hommes, de chef de file, de Capitaine, face à Israël, début février. Ou pas – car le garçon est plutôt détendu. Amélie Mauresmo aura, certainement, vécu un moment similaire à Limoges, face à l’Allemagne. Tout deux, anciens joueur et joueuse de haut niveau, se retrouvent propulsés à la tête des équipes nationales. Des sensations nouvelles, un recul probablement salutaires… et une frustration à gérer : celle du banc et de l’influence relative, de l’émotion vécue par correspondance, avec l’autre et non plus pour eux-mêmes. Ils sont désormais Capitaines. Et, pour l’occasion, GrandChelem a choisi de se pencher sur ce rôle terriblement important dans l’équilibre d’une équipe. Ce rôle qui permet au tennis de passer d’un sport individuel à toute sa dimension collective. Pour en comprendre les tenants et les aboutissants, nous en avons rencontrés des acteurs : Philippe Huon, Capitaine du TC Quimperlé, Champion de France 2012 ; Charles-Antoine Brézac, joueur du même club sous la férule du mentor sus-nommé ; Patrice Hagelauer, Directeur Technique National, au cœur de la nomination de Clément et Mauresmo ; ainsi que six Capitaines des clubs ayant lutté, cette année, pour le titre. « Sans le pinceau, la main du peintre n’est rien. Mais, sans la main, le pinceau n’a pas plus d’existence que son tableau n’ayant pas existé. » Rémi Capber

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Entretien réalisé par Laurent Trupiano

Philippe Huon « Je suis un

Capitaine formateur » Il est, pour nous, le Capitaine de l’année 2012. Philippe Huon a réalisé un véritable exploit : emmener le TC Quimperlé au titre de Champion de France, en battant les plus gros clubs nationaux. Passion et formation sont les maîtres mots de ce Capitaine pas comme les autres. Pour GrandChelem, il dévoile quelques recettes d’une réussite collective de grande ampleur. Quand cette aventure a-t-elle débuté ? Tout a commencé il y a plus de 15 ans… Je suis venu au TC Quimperlé, car le discours de Philippe Brézac, le Président de l’époque (NDLR : également le papa de Charles-Antoine Brézac), m’avait séduit. Il y avait un groupe de jeunes joueurs qui ne demandait qu’à se perfectionner. On me donnait un diamant brut que je devais tailler et polir. Au début, l’objectif, c’était de constituer une équipe capable de mon-

ter en Championnat de France, au mieux en Nationale 1B. Puis, les succès nous ont poussés plus loin dans la démarche. En parallèle, les joueurs du club ont continué à progresser. Mais il fallait faire évoluer le projet, car, à ce niveau, il était nécessaire de faire appel à des joueurs extérieurs pour être compétitifs. C’est pour ça qu’on a mis en place une commission spéciale. Nous ne voulions pas que l’équipe première coûte un centime au club.

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Plus que le Capitaine, on peut dire que vous êtes le formateur de cette équipe… J’ai toujours gardé, en moi, une âme de formateur et, ce, même si j’ai toujours suivi et coaché des équipes. Je suis un Capitaine formateur, j’ai envie de dire. Vous savez, c’est très compliqué de créer un esprit de groupe dans un sport aussi individuel que le tennis. En revanche, quand l’ossature de votre équipe est la même depuis plusieurs


années, c’est plus simple. C’est ce qui s’est passé au TC Quimperlé. On ne récupère jamais nos joueurs à la dernière minute, la veille d’une rencontre (rires) ! Au contraire, je considère que la période de préparation où l’on est tous ensemble est primordiale. Ca sert à intégrer les nouveaux arrivants. Et ça me permet aussi de faire passer des messages sur l’idée de confiance en soi, par exemple, et de confiance dans le groupe. Dans votre position, on imagine que vous vous êtes servi de l’image de David contre Goliath, du petit qui défie les gros ? Evidemment, j’en ai joué et c’est bien normal. D’abord, parce que c’est une réalité. Mais aussi parce que ça parle aux joueurs. Ca crée une vraie ambition. Mon rôle, ça a été de créer un climat propice aux échanges et à la discussion. Un bon Capitaine, c’est donc quelqu’un qui sait écouter ? Fort heureusement ! C’est même une des bases de mon métier. Je n’ai jamais cherché à imposer des choses. Ces joueurs sont des professionnels, ils ont, certes, besoin de conseils, mais leur expérience est aussi très forte. Il faut ainsi savoir rester à sa place, tout en essayant de les orienter, d’être proche d’eux. Comment ça se traduit sur le banc ? Avec les joueurs du cru, je suis plus directif, car je les connais trop bien. J’essaie d’être le plus juste possible, néanmoins, de poser ma voix. Et, je le répète, de leur donner de la confiance. C’est le mot clef : la confiance. Avec Mathieu Rodrigues (443ème mondial), par exemple, on a réussi à mettre en place une qualité de dialogue qui s’est avérée décisive et a permis de faire basculer des rencontres, cette saison. Vous savez, le joueur de tennis est seul sur le court.

Mais il ressent souvent un réel besoin de parler, quelle que soit la physionomie du match. Le moment sur le banc, c’est celui du dialogue. Il est extrêmement précieux. Et le public dans tout ça ? Un Capitaine doit savoir le maîtriser ? Maîtriser, je ne sais pas, mais faire appel à lui quand il sent que ça peut améliorer la situation, c’est certain. Et je ne me suis pas gêné pour le faire. Quelques fois, sur le banc, notre énergie n’est pas suffisante. Le public est alors un allié pour faire bouger les choses. Et, à Quimperlé, de ce coté-là, on est gâtés ! Notre identité, notre envie et, surtout, nos racines bretonnes peuvent faire la différence ! (Rires) C’est alors plus facile d’être Capitaine dans un club où la vie est forte et animée, avec un public en appui et un véritable impact à l’échelle de la ville… Ca, c’est sûr ! Quand mes joueurs rentrent sur un court, ils ont une vraie responsabilité vis-à-vis de beaucoup de monde. Il n’y a qu’à voir comment nous avons été accueillis à notre retour avec le trophée... C’était complètement dingue. Oui, le Capitaine doit jouer là-dessus. Si, en Coupe Davis, le joueur défend le drapeau tricolore, à Quimperlé, il défend nos valeurs, celles du club où il a grandi ou celles du club qui l’a accueilli. Maintenant, avec les joueurs étrangers, on a une gestion particulière. C’est-à-dire ? On travaille nous-mêmes, on ne fait pas appel à des agents. On veut vraiment que le joueur épouse notre état d’esprit. D’ailleurs, de mon côté, ma mission ne s’arrête pas aux matches par équipes. J’essaie d’entretenir un suivi avec eux au cours de la saison. C’est important. Il faut que le joueur comprenne qu’il y a un

vrai lien entre lui et son Capitaine dans les moments forts, comme dans les moments plus difficiles. Il y a un gros travail en amont ? Tableau noir, vidéos, etc. En général, on a suffisamment d’informations sur nos adversaires. Mais je m’attache quand même à mettre des plans d’action en place, sans que ce soit figé. Là encore, c’est un dialogue avec le joueur. Mais l’erreur serait aussi de trop se focaliser sur l’adversaire. Le plus important, c’est avant tout de s’installer dans la partie. Un bon Capitaine, c’est celui qui met son joueur dans les meilleures conditions physiques, mentales et tactiques. Pour le reste, il y a la vérité du terrain et, là, il s’agit d’analyser, de chercher ce qui peut clocher ou d’accompagner la réussite. Ce n’est pas parce que tout marche bien qu’il ne faut pas le dire. Positiver est aussi une arme efficace ! Vous prenez des notes ? Non, ce n’est pas mon style, je fonctionne plutôt dans l’instant, au ressenti. C’est, je crois, une de mes qualités (rires). On a beaucoup parlé du rôle du Capitaine, mais on a oublié l’essentiel… Très bêtement, le Capitaine, c’est avant tout celui qui compose l’équipe… Ah ! On y vient ! Je croyais qu’on allait faire l’impasse (rires). Oui, le Capitaine fait des choix. S’il peut, quand même, se faire conseiller, au final, il est le seul à décider et, surtout, à en prendre la responsabilité.

c’est différent. C’est une alchimie plutôt étrange. Face au TC Paris, en finale, j’étais vraiment face à un vrai dilemme. En poule, alors qu’on menait trois à un, nos deux paires avaient été laminées. Là, en finale, rebelote, on mène trois à un… Je sais qu’on est à une victoire du titre. J’ai décidé de changer. Et ça a fonctionné ! Qu’est-ce que vous répondez si je vous dis que GrandChelem a décidé de vous élire Capitaine de l’année 2012 ? Je répondrais que… c’est un honneur ! (Rires) Plus sérieusement, cette épopée, c’est avant tout une aventure humaine. Après le titre, j’ai reçu des messages de la terre entière. Sam Sumyk m’a appelé du Qatar, Ronan Lafaix m’a félicité… Vraiment, j’ai senti que ça faisait plaisir à beaucoup de monde. Pour résumer tout ça, je retiendrais une phrase de Charles-Antoine Brézac, lors de son petit discours à Quimperlé pour notre cérémonie – elle résume tout. « Si on a réussi à toucher le Graal, c’est parce qu’on avait envie de donner du plaisir et qu’en donnant du plaisir, on en prenait aussi beaucoup. » Tout est dit. Être un bon Capitaine avec une équipe de cette qualité, avec de telles valeurs, ça devient presque naturel. J’en ai la chair de poule en y repensant... Quelle aventure ! Vraiment, je suis fier de tout ce qu’on a accompli. Ca confirme que, dans le sport, quels que soient vos moyens, vous pouvez faire bouger les lignes, bousculer des montagnes et une hiérarchie établie. C’est réconfortant. C’est pour ça que je continue à enseigner avec une telle rage et une telle passion !

Ca a été dur cette saison ? Oui, notamment pour la composition des doubles. Pour les simples, on peut se fier au classement ou à l’état de forme. Le double,

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CAPITAINE, MON CAPITAINE... Entretien réalisé par Laurent Trupiano

Charles-Antoine Brézac « Un bon Capitaine est aussi un meneur d’hommes »

Artisan de la victoire du TC Quimperlé au Championnat de France Interclubs, Charles-Antoine Brézac a fêté dignement la fin de sa carrière sur le circuit international. Ce Breton de pure souche explique comment, avec son Capitaine de toujours, Philippe Huon, son équipe est parvenue à créer une énorme surprise et soulever ce trophée tant convoité. Maintenant que l’aventure est derrière toi, qu’est-ce que tu en penses ? Que ça a été fantastique et inattendu ! Mais, en même temps, plus la saison avançait, plus il y avait des signes qui nous laissaient penser que l’exploit était possible. Le point de départ, c’est ce premier match de poule remporté. Bien démarrer dans un Championnat aussi long, c’est crucial. On a aussi bénéficié d’un calendrier favorable : par exemple, lorsqu’on a affronté le TC Strasbourg sans Paul-Henri Mathieu. Tous ces événements, nous les avons interprétés positivement. Notre dossier est centré sur le job du Capitaine. Quel rôle a joué le vôtre dans la réussite du TC Quimperlé ? C’est très particulier chez nous et encore plus avec moi. Philippe Huon me connaît depuis bien longtemps ! (Rires) En plus de sa capacité à être toujours pertinent sur le banc, il joue aussi un rôle de chef d’équipe. En Bretagne, on a un fonctionnement spécial (rires) et on sait ce que la solidarité veut dire. Un bon Capitaine, c’est déjà un meneur d’hommes. C’est-à-dire ? Au TC Quimperlé, on est une véritable équipe. Tous les étrangers qui jouent avec nous sont totalement intégrés. En général, on fait une mise au vert chez mes parents avant de débuter le Championnat. Pendant ce temps de préparation, on apprend à se connaître, on partage des moments forts et de complicité, on s’entraîne… En quelques mots, on crée un climat propice. C’est l’une des clés de notre réussite. Dans cette période, notre Capitaine joue un rôle fondamental. Il prend énormément d’informations. Sans être un psy, il analyse des comportements pour, par la suite, être pertinent et cohérent dans ses conseils et comprendre ce qui peut clocher au cours d’une rencontre. Tu as un exemple en tête ? Oui, un très simple : Roberto Bautista-Agut est

Et c’est ici que tout a commencé...

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un fils unique qui a toujours été habitué à tout avoir, à ce que tout soit centré sur lui. Le Capitaine nous l’a expliqué, afin que nous ne soyons pas surpris si, de temps en temps, Roberto tirait la couverture à lui. L’idée, c’était que ça ne nous perturbe pas et qu’on conserve la même dynamique de groupe. Le Capitaine, c’est aussi celui qui tempère, en somme… Quand il s’agit de gérer un groupe, c’est évident. Le Capitaine a deux rôles distincts : celui sur le court et celui en-dehors. Sur le banc, sa principale qualité, c’est sa capacité à s’adapter, à ne pas vouloir imposer ses idées à tout prix, à être à l’écoute, à canaliser et motiver. Pour ma part, je sais que je suis difficile à coacher, car j’ai tendance à rester dans mes schémas de jeu. Philippe trouve souvent les mots pour me convaincre. Il y a un moment où une rencontre a basculé grâce à lui ? Je m’en souviens d’un, oui. C’était face à Bondy. J’étais breaké au troisième set et je ne trouvais pas la clef. Je cherchais constamment à faire mal sur ma première balle en prenant beaucoup de risques. Ca m’obligeait à dépenser énormément d’énergie. Lors du changement de côté, Philippe m’a fait comprendre que c’était inutile, que mon adversaire était un mauvais relanceur de toutes façons et qu’il fallait en profiter pour me mettre en position favorable sur mon second coup de raquette sans prendre de risques. Personnellement, je n’avais pas perçu ça. Idem pour la faiblesse de mon adversaire sur certaines séquences en revers. Il a su poser des mots là-dessus. Et me rassurer pour que j’accepte de changer de tactique et d’attitude. Sans ça, je ne serais pas parvenu à l’emporter. Avoir la capacité de prendre du recul alors qu’on est dans le combat, c’est rare. Le Capitaine sert à ça. C’est pour ça que les matches par équipe sont des moments très particuliers dans la carrière d’un joueur.

Charles-Antoine fait ses premières perfs.

Parlons-en de ta carrière ! Pourquoi avoir décidé de stopper la tienne sur le circuit principal ? Tout simplement parce que je ne me voyais pas repartir sur le circuit Future. Je ne voulais pas me dégoûter. Je respecte trop ce sport. Il m’a trop donné pour que je prenne le risque de m’interroger, un jour, sur un court lointain dans un tournoi au fin fond de l’Europe : « Mais que fais-tu là ? » Tu as des regrets ? J’avais choisi, au départ, de privilégier mes études, avant de me lancer. J’ai été victime de quelques blessures – j’ai toujours eu un physique fragile et ça m’a joué des tours. Très vite, en jouant sur le circuit principal, j’ai su que ça me serait très difficile d’aller plus haut… Ca veut dire que tu ne joues plus ? Si, j’ai juste décidé d’arrêter le circuit professionnel. En revanche, je ne quitte pas les courts de tennis. Je m’entraîne toujours et je trouve même que, dernièrement, j’ai été encore solide, voire très solide sur le circuit CNGT. Je vais me cantonner au niveau national. L’idée, c’est de maintenir mon classement en Promotion, participer aux plus grands tournois de cette catégorie et aux challengers de ma région, comme à Quimper et Rennes. Pour revenir au rôle du Capitaine, je crois que tu as vécu une expérience plutôt négative aux Etats-Unis… En fait, j’avais décidé de partir aux USA pour mon cursus, tout en continuant à jouer au tennis de haut niveau. Je suis allé à l’Université de Duke, car un ami y avait trouvé son bonheur. Pour moi, ça a été tout le contraire. Un cauchemar, un désastre ! Je me souviens de mon Capitaine, il était ingérable, pas à l’écoute et dictatorial. En gros, il avait toutes les qualités du mauvais Capitaine. Très vite, j’ai compris que je n’avais rien à faire aux Etats-Unis. Après six mois, je suis rentré dans ma Bretagne (rires) !

L’équipe du TC Quimperlé au complet lors du tirage au sort de la phase finale à Marcq-en-Baroeul.

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Un dernier mot sur le TC Quimperlé. L’aventure, elle est quand même totalement dingue… Un peu, oui ! Il faut savoir que le projet a commencé il y a bien longtemps, quand j’étais tout petit. C’est comme un rêve qui se réalise. Lors de la balle de match dans le double décisif, je suis tombé à terre. Pendant un certain temps, j’étais ailleurs et je ne sais même pas où, car, pour dire la vérité, c’était un vrai trou noir. En revanche, je me souviens de notre retour à Quimperlé, de la fête qui a suivi, des photos dans la ville, des messages de félicitations… Le plus dur commence, non ? Défendre le titre… Je ne sais pas. Tu sais, c’est le chemin pour atteindre un objectif qui est structurant. Et, surtout, le partage des émotions durant toute la compétition, l’adrénaline, la montée en puissance. Ce qu’on a vécu nous lie pour l’éternité, c’est évident. Il faut le préserver sans commettre de fautes par la suite. Même si, oui, c’est évident, nous allons devoir défendre notre titre. Et, cette fois, on sera attendu. Ca va forcément changer la donne !

Quimperlé à la folie ! Pour la première fois de son histoire, le TC Quimperlé est devenu Champion de France de première division en dominant, en finale, le TC Paris, 4-2. Un authentique exploit pour le petit poucet breton qui compte « seulement » 210 licenciés et tout juste promu dans l’élite, cette saison. Philippe Huon, Capitaine du club, a conduit sa troupe, l’emblématique Charles-Antoine Brézac, Roberto Bautista-Agut, Mathieu Rodrigues, Maxime Authom et Grega Zemlja, au sommet de la hiérarchie française. Une surprise ? Pas tant que ça, car le club du Président Alexis Ferreiro n’a pas perdu le moindre match dans la compétition. Des irréductibles bretons !

Charles-Antoine entouré de sa maman, son père, et ses deux frères.


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CAPITAINE, MON CAPITAINE...

Capitaines paroles de

Le premier d’entre eux… Arnaud Clément Capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis • Première saison et premier match face à Israël, le 1er février 2013 • 35 ans « C’est ma première fois sur le banc, face à Israël, mais je ne suis pas stressé. Au contraire, je me sens plutôt serein. La concentration est un peu différente, la tension est quand même plus importante, mais je ne suis pas tellement inquiet. Le trac va peutêtre venir petit à petit. Je connais bien mes joueurs pour les avoir côtoyés en tant que joueur. Franchement, c’est un véritable avantage et je n’y vois absolument aucun inconvénient. Certes, il y a des choix à faire et ce n’est jamais facile d’annoncer à quelqu’un qu’il n’est pas sélectionné. Mais on pense tous à l’équipe et à la performance possible. C’est tout ce qui compte et on est orientés vers cet objectif. Avec, en tête : gagner la Coupe Davis. Par ailleurs, comme je les connais, je sais déjà en partie comment adapter mon discours aux uns et aux autres. C’est l’un des éléments importants du rôle du Capitaine : savoir s’adresser à ses joueurs et employer les bons mots. L’idée, c’est de les mettre dans le meilleur état de confiance, afin qu’ils pratiquent leur meilleur tennis. Pour ce faire, j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec leurs entraîneurs et leurs staffs. J’ai essayé de glaner un maximum d’éléments. J’ai aussi discuté avec Amélie (Mauresmo). Guy (Forget) était vraiment très fort dans le dialogue. Avec moi, il a toujours été une source de confiance et de réconfort. Sur la chaise, il était simplement exceptionnel. En fait, je savais qu’il me connaissait, moi et mon jeu, et que je pouvais le suivre les yeux fermés lorsqu’il s’adressait à moi. Je n’ai pas d’idoles, dans ce métier de Capitaine, mais si je dois avoir un mentor, c’est Guy. » Propos recueillis par Rémi Capber

Interclubs, l’historique Les Championnats de France par équipes de première division sont une compétition historique du territoire national. Ils existent ainsi depuis 1939. Le Racing Club de France, devenu ensuite le Lagardère Paris Racing, est le club le plus titré, aussi bien chez les hommes (40) que chez les femmes (37). Certains des meilleurs joueurs français et des étrangers du top 100 participent régulièrement à la compétition : Michaël Llodra, Benoit Paire, Jérémy Chardy - tous trois vainqueurs en 2012 avec Bordeaux Primrose -, Gilles Simon ou encore Paul-Henri Mathieu. Le format a trouvé sa place et son public : une phase de poule en deux semaines, puis les phases finales sur deux jours, à Marcqen-Baroeul, dans le nord.

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CAPITAINE, MON CAPITAINE... Entretiens réalisés par Loïc Revol

Nicolas Tourte Grenoble Tennis • Capitaine et joueur de l’équipe 1 masculine • En poste depuis cinq saisons • 33 ans Sa première fois « Je me souviens, on était en N1B (en 2008). On m’avait demandé d’être Capitaine et joueur. Ce n’était vraiment pas évident pour moi. Je n’étais pas encore entraîneur et je doutais de ma capacité à apporter quelque chose à des joueurs professionnels. Ce n’était pas simple, mais avec l’état d’esprit des garçons, tout s’est bien passé ! On a terminé Champions de France et on est montés en première division. Au cours de cette première année en tant que Capitaine, je me souviens n’avoir pas été bon sur le terrain lors des phases finales, au Touquet. Heureusement, mes coéquipiers avaient été présents… Être sur tous les fronts n’avait pas été aisé, mais, finalement, j’ai peut-être été meilleur sur la chaise ce jour-là ! » Son rôle de Capitaine « Le Capitaine est, à la fois, un guide et un meneur d’hommes. Il doit réussir à souder les joueurs entre eux, à créer un bon esprit, ce qui est essentiel à la performance. Le bon Capitaine, c’est celui qui arrive à lier des personnalités différentes en vue d’un même objectif. Mon leader type, c’est Georges Deniau, qui a été mon entraîneur pendant très longtemps. Il arrive à transmettre sa passion, à sublimer les garçons. Ensuite, il faut être un passionné de tennis. Ca fait 27 ans que je joue. Je le montre à mes joueurs, je suis le premier à les encourager, à faire preuve d’un bon état d’esprit. Je suis toujours là pour les soutenir, je ne vais pas les accabler, je suis toujours positif et derrière eux. Après, je pense que je dois plus m’affirmer dans mes choix. Ce n’est pas simple, car je suis Capitaine et joueur en même temps. Je me dis : « Est-ce que je me sélectionne ou pas ? » Je dois être plus sûr de mes choix et prendre du temps pour parler avec tous les joueurs, faire le point ensemble. » Sa gestion du groupe « C’est parfois un peu délicat, car on a des joueurs qui viennent de tournois ATP. On les a deux ou trois jours, donc il faut faire vite. On essaie de trouver des combinaisons de double, je tiens des discours sur l’état d’esprit, je cherche à motiver mes joueurs. Je leur montre que je suis derrière eux, comme je le disais. Que l’on perde ou que l’on gagne, on le fait tous ensemble ! »

Frédéric Heitz ASPTT Metz • Capitaine des équipes 1 masculine et féminine • En poste depuis sept saisons • 37 ans Sa première fois « Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est que je fais tout en anglais depuis mes débuts ! On n’a quasiment que des étrangers et des étrangères, chez les hommes et les femmes. Je n’ai pas de souvenirs de mes premiers matches, je dois dire… Les filles sont beaucoup plus émotionnelles. Il faut les mettre en confiance. Beaucoup de choses se passent la veille. Il faut installer une routine : nous, la veille, on mangeait au restau. Les garçons, eux, sont plus relaxes. L’approche est différente, le jeu aussi. Pour moi, c’était un peu un baptême. Comme c’était ma première fois, cette année, en première division, je n’avais jamais coaché de joueurs aussi bien classés. C’était un peu bizarre de se retrouver là. Parfois, je découvrais même les joueurs le jour du match… Un peu rock’n’roll, mais, ensuite, ça se passe bien ! » Son rôle de Capitaine « Il faut optimiser la performance. Je ne parle pas de technique, attention. Il faut chercher à garder ses joueurs émotionnellement équilibrés sur les points importants. On doit vraiment les préserver au maximum. Les aider à conserver la capacité d’être performants dans les moments clefs. Faire en sorte qu’ils soient sur un fil conducteur, avec un degré de concentration optimal. Enfin, transmettre des solutions et des schémas de jeu. Tout ça ne tend que vers une chose : amener le joueur à être performant. » Sa gestion du groupe « Ca se passe très bien avec les filles. On les met en confiance dès leur arrivée. Comme je le disais, on va au restaurant la veille pour permettre au groupe de se souder un peu. Cette année, on a joué le Championnat avec quatre filles, ça a permis de créer des liens et c’est plus facile à gérer. On les voit plus souvent. Alors que ce n’est pas facile de connaître quelqu’un qui débarque la veille… Mais c’est dur aussi des les avoir pour les quatre matches, car elles jouent sur le circuit et ont un calendrier… De la même manière, certains garçons disputent encore des Challengers à cette période de l’année. Parfois, deux jours avant la rencontre, on ne sait toujours pas s’ils vont jouer avec nous ou pas… »

Jean-Baptiste Perlant Bordeaux Villa-Primrose • Capitaine de l’équipe 1 masculine • En poste depuis cinq saisons • 37 ans

Jean-Roch Herbert TC Strasbourg • Capitaine de l’équipe 1 masculine • En poste depuis une saison • 56 ans

Sa première fois « Je suis devenu Capitaine adjoint en 2004 ou 2005. C’était un peu dans la logique des choses. J’étais l’un des leaders de l’équipe aux côtés de Xavier Lemoine, Capitaine et Directeur du club. J’ai ensuite repris les commandes, c’était dans la continuité. Evidemment, une première fois, c’est beaucoup de stress ! Heureusement, je connaissais bien les rouages et le fonctionnement du club, mais aussi les joueurs. Ca permet d’être à l’aise aussi bien à l’extérieur qu’à domicile, ainsi que dans l’organisation et le coaching. L’année où je prends le capitanat, Mathieu Montcourt venait d’arriver au club. Je me souviens bien, le coaching était particulier avec lui, car il vivait les choses à fond !  Il fallait le tempérer, tout en faisant en sort qu’il conserve son énergie et sa motivation. C’est un profil de joueur tellement agréable à gérer ! »

Sa première fois « Je tire mon expérience de mon rôle de coach sur le circuit avec mon fils (NDLR : Pierre-Hugues Herbert, 261ème mondial). Cette saison, pour une première année, je suis content. Sur 14 matches, on en gagne 11. Autrefois, j’avais déjà été Capitaine à des niveaux plus modestes. Le fait  d’avoir été coach m’a aidé à gérer les émotions qu’un joueur peut ressentir sur le court. Pour ma première saison, je m’en suis beaucoup servi. »

Son rôle de Capitaine « Le Capitaine doit être capable de bien organiser et gérer son équipe. Il doit amener du calme et de la sérénité à ses joueurs. Il faut également les connaître pour les rassurer quand c’est nécessaire. C’est un exercice particulier… Ce sont des joueurs qu’on doit coacher à un moment donné. Certains reviennent ou sont en vacances, d’autres en reprise ou en fin de saison... On doit s’adapter avec chaque joueur et essayer de les motiver au maximum pour qu’ils apportent le plus possible au club. » Sa gestion du groupe « Il faut se focaliser sur l’état de forme en vue du jour J et sur des points précis. Je ne modifie pas le jeu des garçons, je ne suis pas là pour ça, je ne veux pas perturber leurs repères. Mais j’essaie d’être présent sur des points tactiques, les points importants, et les motiver. Pour le reste, ça dépend des joueurs. Par exemple, Laurent Rochette partage beaucoup ses émotions. J’essaie d’être sur la même longueur d’onde, de lui montrer les miennes, de vivre le match comme lui. C’était pareil avec Mathieu Montcourt… D’autres ont besoin de calme et d’être rassurés. »

Ségolène Berger SCT Levallois • Capitaine de l’équipe 1 féminine • En poste depuis une saison • 34 ans Sa première fois « Je ne me souviens plus exactement de mon premier match en tant que Capitaine, mais de mon état d’esprit, oui ! C’était beaucoup plus stressant que le rôle de joueuse. Ca m’a vraiment frappée ! Quand on est sur le terrain, on peut changer les choses. Quand on est sur le banc, on essaie de faire passer un message, de trouver les bons mots au bon moment… alors qu’on a aussi envie d’être sur le terrain ! Moi, j’ai eu la chance de travailler avec beaucoup de joueuses que j’entraîne à l’année. Ce sont des filles que j’apprécie beaucoup, c’est plus facile de les coacher ! » Son rôle de Capitaine « En un mot : l’écoute. Il doit y avoir un échange avec la joueuse. Ca dépend du caractère de la personne, évidemment. Doit-on lui parler ou non ? Je regardais le comportement de Guy Forget avec ses joueurs en Coupe Davis et ce qu’il leur disait. Je crois qu’il faut avoir un discours positif et faire passer un message aux moments décisifs. » Sa gestion du groupe « La semaine qui précède la compétition, on essaie de se réunir toutes ensemble, afin de créer un esprit de groupe. La moitié de l’équipe s’entraîne au club, ça aide. Pour être soudées, il faut fonctionner en équipe. Alors on fait des jeux, des sports collectifs… Il y a deux ans, quand on a gagné le titre, on n’était pas les plus fortes. Mais on avait trouvé un formidable esprit de groupe. On était toutes copines, on rigolait toutes ensemble ! »

Son rôle de Capitaine « Il faut beaucoup positiver avec les joueurs. C’est une aide fondamentale, car, parfois, ils se mettent beaucoup de pression. Ensuite, c’est aussi l’œil qui voit et peut aider le joueur. Et puis, il faut créer une dynamique de groupe. Il faut faire en sorte que les garçons s’entendent bien, qu’il n’y ait pas de tensions entre eux, qu’ils soient tout simplement contents d’être ensemble. Si vous y parvenez, votre rôle en est d’autant plus facilité. D’autant que ce n’est pas facile de construire une équipe avec des joueurs qui ne se connaissent pas. Pas facile de créer une osmose. On s’en est bien sortis, car on a réalisé quatre montées en trois ans (NDLR : en 2011, avec la création de la N1A, ils ont disputé deux championnats durant la même année calendaire). » Sa gestion du groupe « Le Capitaine a un rôle important. Il faut mettre en avant et en valeur les joueurs afin qu’ils soient en confiance. Le but, c’est de trouver une alchimie rapidement. On a la chance d’avoir deux jeunes du cru, deux Alsaciens, Pierre-Hugues (Herbert) et Albano Olivetti. On a construit autour d’eux. Enfin, lors d’un match, il faut se servir du public. C’est un paramètre important. »

Jonathan Chaouat Sarcelles • Capitaine de l’équipe 1 masculine • En poste depuis six saisons • 30 ans Sa première fois « Ce n’est pas vraiment de ma première fois dont je me rappelle, mais plutôt de mon premier déplacement. C’était lors de ma première saison en tant que Capitaine. On se déplaçait à Joué-lès-Tours. On venait de descendre de National 1B… L’ambiance était ultra-compliquée. Très hostile. On devait jouer sur terre battue, c’était finalement des courts ultra-rapides… Ca ressemblait à un traquenard ! Finalement, on s’en sort au super tie-break du double décisif… Ce premier déplacement a vraiment marqué les esprits, car on a senti que c’était le début de notre aventure. » Son rôle de Capitaine « Pour moi, le Capitaine doit être là pour servir les joueurs. Leur faciliter la vie. Tout planifier en-dehors. On doit s’occuper de l’extra-sportif. Le but, c’est qu’eux, les joueurs, puissent ne penser qu’au jeu. Je n’ai pas été un très grand joueur de tennis, je ne suis pas là pour leur donner des conseils ou les diriger sur le plan technique. Mais, sur le terrain, eux doivent tout donner, car, en-dehors, je ferai tout pour eux. Je pense que c’est la raison pour laquelle on fonctionne bien. Et puis, je parle trois langues également, dont l’Israëlien. On a le numéro deux de ce pays, Amir Weintraub. Ca aide… Les joueurs n’ont pas la pression. On est une bande de copains avant tout, il y a une véritable osmose dans notre équipe. Pour le reste, il faut être crédible. Cette saison, pour notre montée dans l’élite, j’ai décidé de faire venir mon meilleur ami, Gérald Brémond, qui est un vrai entraîneur. Il fallait monter en gamme et bénéficier du savoir-faire d’un professionnel. » Sa gestion du groupe « En première division, c’est un vrai métier ! Le premier soir, on était tous réunis chez moi. On a préparé à manger pour se faire un bon repas. Ca permet de fidéliser, de faire comprendre aux joueurs qu’on est une famille. Ensuite, c’est au quotidien que ça se passe. Il faut bien préparer les entraînements et la récupération. Être derrière eux. Ce ne sont pas des mercenaires, ils ont pris le temps de jouer avec les jeunes du club pendant des heures, comme Jérémy Chardy. Des supers souvenirs ! »

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CAPITAINE, MON CAPITAINE... Entretien réalisé par Laurent Trupiano

Patrice Hagelauer

« Le Capitaine joue un

rôle fondamental »  Pour évoquer le rôle du Capitaine, il paraissait assez logique d’aller à la rencontre du Directeur Technique National. En effet, Patrice Hagelauer, entraîneur de l’équipe de France pendant  20 ans, a côtoyé les plus grands. Il est, en outre, au cœur du calendrier qui a désigné Arnaud Clément comme nouveau  Capitaine. Entretien. de personnalités et il faut savoir trouver les mots pour chacun, tout en créant un esprit de groupe. Jo, Gilles, Richard, Gaël ont tous connu des chemins différents et, à mon sens, Guy a su trouver les mots pour chacun. Il était formidablement respecté. Pour moi, il n’y pas eu de soucis de générations, bien au contraire. Avec Arnaud, c’est une nouvelle période qui s’annonce. Et je suis sûr qu’il va rapidement imprimer son style à cette équipe de France ! Comment s’est passée la désignation des Capitaines, Amélie Mauresmo en Fed Cup et Arnaud Clément en Coupe Davis ? Pour les filles, ça a été plutôt facile ! Il n’y avait qu’une seule candidature et elle semblait plutôt légitime, voire évidente (rires)... Chez les garçons, on a voulu prendre notre temps, recevoir tous les prétendants. L’objectif, c’était de vérifier qu’ils respectaient toutes les valeurs de la Fédération. Et c’était vraiment le cas. L’autre point important, c’était qu’ils soient crédibles et qu’ils puissent insuffler un sentiment de confiance chez les joueurs. Pendant ces discussions, Arnaud Di Pasquale est allé à la rencontre des membres de l’équipe de France en leur expliquant notre démarche et en fixant un moment pour qu’ils se prononcent sur l’ensemble des candidats. Ca s’est fait comment ? Tout simplement par une conférence téléphonique. Nous avons rapidement ressenti qu’il y avait un consensus autour de la candidature d’Arnaud Clément, un vrai mouvement en sa faveur. Vous parliez d’être crédible et d’avoir un parcours de joueur. Avec Arnaud Clément, vous avez été servis ! C’est évident et c’est une vraie chance de profiter de candidats de cette qualité. La carrière d’Arnaud est exemplaire en termes de générosité et de résultats, sur le plan individuel ou en équipe de France. En plus, il a connu la victoire et c’est déterminant, puisque nos équipes de France sont engagées pour viser la gagne et non faire de la figuration. La gagne, on l’atteint comment ? Quel est le rôle du Capitaine ? Chaque Capitaine possède ses propres formules et ses manières de fonctionner. J’en ai connus

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plusieurs et ce que j’en retire, c’est qu’il faut avant tout être soi-même. Arnaud va devoir faire du Arnaud, c’est pour ça qu’il a été désigné. Il ne s’agit pas de copier ses prédécesseurs, même s’il peut s’en inspirer. L’expérience d’Arnaud et sa formidable générosité vont permettre de mettre en place un autre mode de fonctionnement que celui de Guy Forget. Et c’est tout à fait logique ! Logique, voire primordial et déterminant. Arnaud part quand même un peu dans l’inconnu… Il faut bien commencer ! Vous savez c’est un peu comme au cours d’une carrière de joueur, on emmagasine des informations, on gère des situations… On apprend le métier, en somme ! Vous avez mis en place une structure d’accompagnement ou une formation s’appuyant sur les compétences du CNE pour l’aider dans ses premiers pas ? Les portes sont ouvertes et Arnaud est ici chez lui. Il n’y a pas de formation pour être Capitaine (rires). En revanche, il a beaucoup échangé avec Guy, avec les joueurs, avec toutes les personnes qui pouvaient lui permettre de collecter des informations. Il ne faut pas oublier qu’il a été joueur et qu’il a connu presque toutes les situations possibles, les ambiances hostiles comme les moments de grande joie. Tout ça va l’aider à appréhender son nouveau job. Amélie a eu la même démarche. Elle a beaucoup consulté, en allant même chercher des infos dans d’autres disciplines. On a souvent parlé de problèmes générationnels entre Guy et les joueurs. C’était une vue de l’esprit ? Comment ça se gère ? On a dit beaucoup de choses là-dessus, mais, moi, je n’ai pas eu cette impression. Une équipe, on le sait tous, c’est un ensemble

Une question bête, mais il faut bien la poser (rires) : le Capitaine est vraiment libre dans le choix de sa sélection ? Il propose son équipe à la Fédération. Et c’est le Président avec le bureau fédéral de la FFT qui la valident. C’est une des règles du fonctionnement fédéral, mais aucune pression n’est exercée sur le Capitaine car il est le mieux placé pour former l’équipe la plus performante. Vous avez le souvenir d’une sélection non acceptée par le bureau fédéral ? Non, jamais ! En revanche, il pourrait être demandé au Capitaine de justifier ses choix. Mais dans les faits, cela ne se produit jamais. Vous pensez qu’un Capitaine peut, à lui tout seul, faire basculer une rencontre ? C’est évident ! Je dirais même qu’il est là pour ça. C’est la personne qui est sur la chaise qui vit le match avec le joueur, tout en pouvant prendre du recul. C’est une place tout à fait privilégiée qui lui permet de jouer un rôle fondamental. Quelques fois, il suffit d’un mot, d’une attitude, d’un élément technique ou tactique... Il peut créer un électrochoc, pousser un joueur ou le maintenir dans un état d’euphorie. Il doit savoir vivre à l’unisson avec le joueur qui est sur le terrain. C’est un poste où il faut avoir un sens psychologique très pointu. Vous avez une anecdote qui illustrerait le rôle fondamental du Capitaine ? Oui, tout à fait ! Dans le double, lors de la finale face à la Serbie, à Belgrade. Llodra et Clément étaient menés d’un set et un break. Ils n’étaient pas vraiment dans le coup. Au changement de côté, à 2-1 contre les Français, Guy Forget est monté dans les tours. Je n’étais pas tout près, mais j’ai quand même tout compris. J’avoue que c’était plutôt fort et intense ! Et ça a eu des effets immédiats...

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Par le passé, il y avait une grosse interruption après le troisième set avec un retour aux vestiaires. Vous regrettez cette période ? Le Capitaine pouvait alors jouer un rôle encore plus important ! J’ai connu les deux périodes. Et je pense que non. Aujourd’hui, le Capitaine a largement assez de temps pour intervenir. Même s’il le fait sur le banc, dans l’ambiance de la salle, il peut tout à fait créer une forme d’intimité avec ses joueurs. Sincèrement, je ne suis pas nostalgique de l’ancienne formule. On vous sent porté par les valeurs des épreuves par équipes… C’est logique ! (Sourire) Notre sport, à l’origine individuel, passe lors des compétitions comme la Coupe Davis et la Fed Cup dans une autre dimension. On le sait tous, dans un match en équipe, ce n’est pas la somme des individualités qui crée la différence, mais plutôt l’esprit d’équipe, la solidarité, la notion de partage. C’est pour ça qu’il faut protéger ces épreuves. Les cadences des calendriers internationaux sont vraiment élevées, il faut le reconnaître. De ce fait, je préconise par exemple, que les deux équipes ayant été finalistes soient exemptées pour l’année suivante. Il y a un Capitaine étranger qui vous a marqué, en-dehors de ceux que vous avez côtoyés? Neale Fraser, sans aucun doute. Pour moi, c’est un exemple de longévité, de performance et de classe. Arthur Ashe a lui aussi donné une belle image, il n’était pas mal non plus, mais il a eu plus de mal à s’imposer au sein de son équipe. Il faut dire qu’avec John McEnroe, la tâche était ardue... (Rires) Et Tarpischev ? Même s’il a eu des résultats plutôt remarquables, ce n’est pas, pour moi,un Capitaine au sens pur du terme. D’ailleurs et je vais être radical, il n’y a pas de notion de groupe ou d’équipe avec les Russes. En général, ils se font un repas commun et c’est tout. Chacun fait son match de son côté. On est bien loin de la notion de Capitaine telle que je l’entends !


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FEVRIER/MARS 2013

Conception/impression : Ville de Limoges

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CAPITAINE, MON CAPITAINE...

Jim Courier, un capitaine au naturel

L'équipe américaine de Coupe Davis a surpris son monde, en 2012, avec ses victoires sur la France et la Suisse. L'homme qui relève avec volonté la période de transition vécue par le tennis US, c'est lui : Jim Courier. Un homme tant attachant qu'hors du commun. Un vrai Capitaine. Portrait.

«Le

destin de chaque homme est façonné par les choix qu’il fait. » Contraint de trancher entre le baseball et le tennis à l’adolescence, Jim Courier opta pour la petite balle jaune, car, dit-il, « il n’y avait pas de classement individuel pour les joueurs de baseball ». Cela vous place l’ambition du garçon qui, très vite, rejoint l’usine à champions Bollettieri où il côtoie ses rivaux de demain. S’il n’est pas aussi talentueux qu’Agassi ou Sampras, ce jeune rouquin aux yeux clairs développe rapidement un jeu basé sur l’effort physique, la solidité mentale et la puissance de frappe. Son revers à deux mains, dont le geste lui vient du baseball, son coup droit, « l’un des meilleurs du jeu » selon Sampras, comme son service deviennent des coups d’une régularité étourdissante. Puissant, agressif, le jeune rookie réalise son premier coup d’éclat à Roland Garros, en 1989, en sortant Agassi au troisième tour. C’est au cours de l’année suivante qu’il opère sa véritable métamorphose : dur au mal, Courier fait le choix d’axer l’essentiel de son travail sur une préparation physique d’une intensité exceptionnelle. Bosseur, rigoureux, le jeune joueur de 20 ans devient un véritable athlète capable d’imposer sa puissance et son endurance des heures durant. Les résultats tombent très rapidement. En 1991, il s’offre, à 21 ans, son premier titre du Grand Chelem à Roland Garros en dominant Agassi, en finale. L’année suivante, il récidive face à son compatriote en quarts de l’US Open et, ce, juste après avoir doublé la mise Porte d’Auteuil. Ecœuré, Dédé avoue à demi-mots qu’il a trouvé plus fort que lui. « Physiquement, Jim est meilleur que moi. Il est plus costaud, travaille plus dur et a plus de force. Mentalement, c’est également très solide. Maintenant, est-ce qu’il est le meilleur joueur du monde ? Je ne sais pas. » Courier s’est en effet emparé de la première place mondiale depuis quelques mois, coiffant les anciens Becker et Edberg, comme les prometteurs Agassi et Sampras. Un statut plus ou moins contesté dans le milieu. Au premier rang de ses détracteurs, le kid de Las Vegas, qui ne supporte pas d’être battu à son propre jeu : le combat de fond de court. « Jim joue l’un des meilleurs tennis du circuit, mais je me demande si c’est le plus fort. Lorsqu’il affronte Sampras, par exemple, je mets plutôt une pièce sur Pete. Après, sur la durée, il mérite certainement sa place. Il est numéro un et on lui doit cette reconnaissance. » Malgré ces critiques, Jim Courier garde son calme et un flegme so... british.. Et c’est presque dans un certain anonymat qu’il arrête sa carrière en 2000 avec un palmarès plus que présentable (NDRL : quatre titres du Grand Chelem, deux Coupe Davis, 23 titres ATP). C’est le début de sa reconversion et, notam-

ment, dans l’exercice d’intervieweur. Un exercice qu’il maitrise à la perfection surtout quand il s’agit de mettre à l’aise les plus grands champions du circuit. Il faut dire qu’il reste avant tout un expert du jeu. C’est donc logiquement que l’USTA, la fédération américaine, fait appel à lui, en 2011, pour prendre la succession de Patrick McEnroe à la tête de l’équipe des EtatsUnis de Coupe Davis. Un défi de taille, puisque les USA vivent une période de transition, entre les anciennes gloires sur le départ que sont Roddick, Fish ou Blake, les suivants, comme Isner ou Querrey, et la relève incarnée par Ryan Harrison. « C’est justement parce qu’on

voulu m’habiller. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est simplement moi. » « Simplement moi. » Ou comment définir le style Courier en deux mots. Excellent mentalement tout au long de sa carrière, le « Captain » inculque à ses troupes cette mentalité de winner. C’est en vainqueurs que les Américains vont défier la Suisse, puis la France, sur leurs terres. Et c’est en vainqueurs qu’ils repartent, réalisant deux exploits consécutifs, sans donner l’impression de surjouer. Mais quelle est la recette de ce coach pourtant inexpérimenté ? « Il n’y a rien de magique là-dedans », explique-t-il au soir de son succès face aux hommes de

« J’essaie simplement d’apporter à chaque joueur ce dont il a besoin » est dans une telle période que c’est intéressant », explique Courier. « J’ai toujours eu envie d’être Capitaine. J’ai immédiatement accepté ce poste lorsqu’on me l’a proposé. » Rapidement, Jim impose son propre style. Le look, d’abord. Abandonnant le traditionnel survêtement, l’Américain adopte la costard attitude, à la manière des entraîneurs de NBA. « Le costume cravate est le vêtement dans lequel je me sens le plus à l’aise. Je ne vais pas taper la moindre balle pendant les rencontres, alors pourquoi pas ? J’aime le look des coaches de basket. Et j’ai pensé que c’était une bonne idée de les imiter. C’est comme cela que j’ai

Guy Forget. « J’essaie simplement d’apporter à chaque joueur ce dont il a besoin. Mon rôle est de maximiser leur potentiel, de les préparer au mieux à chaque rencontre. On parle également avec leurs entraîneurs personnels très régulièrement. Ce sont eux qui dirigent le bateau toute l’année et, moi, je viens seulement en remplacement quelques jours par an. » Simplement lui. Jim Courier crée une parfaite alchimie avec son joueur numéro un, John Isner. Et lui permet de jouer son meilleur tennis face à Roger Federer et Jo-Wilfried Tsonga. Jusqu’à les battre. Une aide que le géant US reconnaît volontiers. « Avant, je ne jouais pas

The Vache Espagnole En 1992, vainqueur de Sergi Bruguera en finale de Roland Garros, Jim, s’exprimant dans la langue de Molière, déclenche l’hilarité générale en commençant son discours par le désormais culte : « Je suis désolé, je parle toujours le français comme une vache espagnole ». Il récidive même, l’année suivante, battu par le même Bruguera : « L’an dernier j’avais parlé comme une vache espagnole. Cette année, j’ai perdu contre une vache espagnole. Non, ce n’est pas drôle, pardon ! (Rires) »

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bien en Coupe Davis, mais depuis qu’il est là, c’est différent. Désormais, je me sens bien, je n’ai plus le trac. Jim m’aide vraiment à jouer les rencontres comme il faut. Il est très calme, très relaxe sur la chaise. Il ne s’excite jamais, ne se fâche pas non plus. Parfois, il peut être très sérieux et me dire : « Maintenant, tu fais ça, ça et ça. » Et, parfois, il peut être plus cool. Il est sur la chaise exactement comme il est dans la vie. » Tout aussi posé avec les journalistes qu’avec ses joueurs, Courier essaie d’expliquer au mieux son nouveau style. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il fait les choses comme il les sent, avec naturel, classe et élégance. « Mon comportement est adapté à mon objectif : être le meilleur Capitaine possible. Pour mes joueurs, je me dois d’être calme pour leur donner de bons conseils. Il ne s’agit pas forcément d’une attitude stéréotypée que chaque Capitaine doit adopter. C’est juste le style qui me va le mieux et qui convient à mes joueurs. » Le naturel, toujours le naturel. Cette authenticité, qui revient comme une rengaine, a rythmé, rythme et rythmera l’essentiel de la carrière de l’Américain. Si « le destin d’un homme est façonné par les choix qu’il fait », « on ne chemine jamais qu’entraîné par la force de son naturel ». Le choix du jeune Jim paraît cohérent. Couronné de succès. Et surtout naturel. Tout simplement. Pauline Dahlem


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monsieur

Paul-Henri

Mathieu Nous avons rencontré Paul-Henri Mathieu juste avant qu’il ne s’envole pour l’Australie, au Tennis Club de Lyon, lors d’un clinic pour son équipementier Wilson. Confidences d’un champion revenu de l’Enfer, dont l’objectif principal tient en trois mots : prendre du plaisir.

Tu as encore de l’appréhension quand tu pénètres sur un court de tennis ? C’est vrai qu’on garde toujours une forme de peur quand on a subi une blessure de ce genre, avec une grosse opération. Ca fait partie de nous. La peur, elle est là, elle reste toujours enfouie, c’est quelque chose qu’il faut accepter et gérer.

jouer sur le Central après autant de temps. Et puis, le match s’est un peu emballé, c’était contre Isner, le cinquième set a commencé… Les gens se sont forcément remémorés la rencontre face à Nicolas (NDLR : Isner-Mahut, à Wimbledon 2010). Il y a eu tout un engouement autour de cette cinquième manche, c’était un moment assez sympa !

Tu as un but précis en tête quand on te parle de 2013 ? Le premier, c’est de pouvoir jouer toute l’année. L’an passé, j’ai voulu alléger mon programme ; je vais essayer de jouer un peu plus de tournois cette saison. Mais attention, sans en jouer autant qu’auparavant. En termes de classement, je voudrais rentrer dans les 50 premiers. Ensuite, évidemment me rapprocher des 30, parce que je pense que c’est vraiment jouable. Aller plus haut, ça, on ne sait pas… On verra selon les événements.

Contre Marcel Granollers, c’était aussi très fort. Le court numéro un était bondé, on ne pouvait pas avancer sur la place des Mousquetaires devant l’écran géant… Comme je le dis, pour moi, c’est LE moment fort de ma saison 2012. Je perds deux sets à zéro, j’arrive à revenir à deux manches partout… Tout le public est derrière moi, j’entends les gens qui crient sur la place des Mousquetaires, avec un petit décalage lié à l’écran géant… C’était franchement dingue ! J’ai des amis qui m’ont envoyé des photos de la place pour me montrer à quel point elle était bondée. Tout le monde regardait le match !

Tu gardes une image forte de ces 12 derniers mois ? Nous, on pense forcément à ta victoire sur John Isner, à Roland Garros… Non, moi, ce qui m’a plus marqué, c’est quand j’ai perdu contre Marcel Granollers (NDLR : au troisième tour de Roland Garros). Sur le court numéro un, les gens m’avaient fait une haie d’honneur pour rentrer au vestiaire. Pour moi, c’était un vrai moment fort, très beau. J’ai regardé un ancien numéro de GrandChelem et je suis retombé sur une interview que tu avais faite en 2007 (NDLR : GrandChelem numéro 11). Tu y déclarais : « Je me suis souvent fait avoir parce que j’étais trop gentil. » Aujourd’hui, c’est quelque chose que tu penses encore ? Non, je pense que c’était un peu sorti du contexte… Enfin… Je ne me souviens plus trop, pour être honnête ! J’ai toujours été quelqu’un de sensible. Après, à voir pour qui, comment et pourquoi ! (Rires) Tu le sais, on a beaucoup parlé du reportage réalisé par Canal+ sur l’histoire de ta blessure, de ton opération à ta rééducation (NDLR : Intérieur sport, « Renaissance »). Tu l’as vu ? Qu’est-ce que tu en as pensé ? Le reportage a retracé tout ce que j’ai vécu. Mais c’est vrai que ce n’était qu’un bout extrêmement condensé. Une vingtaine de minutes, alors qu’il y avait 65 heures d’images. Je trouve que ça donne quand même une idée de ce que j’ai pu vivre, même si, pour moi, c’est à des années-lumière de ce que j’ai vécu. Ca donne une première impression, quoi. Je pense que ça a permis d’humaniser les sportifs de haut niveau, de montrer aussi l’envers du décor. Parfois, on m’arrête dans la rue pour me parler de ce documentaire, avant de me parler de mes résultats ! Je tenais à partager cette expérience, c’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont poussé à accepter la présence des caméras. Au final, ça a touché les gens, car c’est une belle leçon de courage. Ca peut servir d’exemple à d’autres sportifs ? Je l’espère ! J’ai reçu plusieurs témoignages qui me disaient : « Ton documentaire m’a donné du courage. Moi aussi, j’ai une blessure, je vais essayer de positiver et de m’en sortir ! » Alors, forcément, j’ai l’impression que ça n’a pas été inutile ! (Sourire) Je suis obligé de revenir à ce fameux match contre Isner, à Roland… On a senti tellement d’émotions ! C’est vrai, c’était un super match ! J’étais déjà content de pouvoir

Une journée Wilson réussie

Ta blessure t’a fait passer par des moments très durs. Elle t’a permis de prendre un peu de recul, d’adopter un nouvel état d’esprit ? Forcément, on voit les choses un peu différemment après une telle expérience. Au début de ma blessure, je ne pensais pas que c’était aussi grave. Je pensais rejouer quelques semaines après. Puis, on m’annonce que je dois subir cette opération et que ça sera un peu plus long que prévu… Quand on passe par ce genre d’épreuves, on relativise beaucoup plus la défaite. C’est ça, la vraie différence. Aujourd’hui, c’est vraiment le plaisir qui prime ? Tu as tout compris ! (Rires) Même si l’on est, avant tout, des compétiteurs et que le plaisir est plus fort quand il est synonyme de victoires… Le dernier tournoi que tu disputes avant ta blessure, c’est Bâle, en 2010. Cette année, tu y obtiens un de tes meilleurs résultats avec une demi-finale face à Roger Federer. C’est un beau symbole ? Oui, je dois dire que j’appréhendais un peu de retourner là-bas… Très gentiment, le Directeur du tournoi m’a attribué une wildcard. Ca faisait bizarre de revenir sur les lieux de mon dernier tournoi, là où j’ai dû arrêter… Mais je m’en suis plutôt bien sorti et c’est une belle revanche, je pense ! Tu es désormais trentenaire : comment tu vois la suite de ta carrière ? Je pense que, le plus important, c’est d’être frais psychologiquement. Je n’ai pas joué pendant un an, j’ai été blessé plusieurs fois dans ma carrière… Il faut que l’envie soit toujours là. Et, moi, j’ai toujours envie ! J’ai été arrêté plusieurs fois ; là, je suis reparti pour trois ou quatre ans. Quand je vois des joueurs comme Tommy Haas faire des retours et revenir dans le top 20, ça me donne du courage, parce que je pense que tout est encore faisable. Lui aussi, il a été blessé plusieurs fois. Pourtant, aujourd’hui, il est frais mentalement et c’est le plus important ! Entretien réalisé par Loïc Revol et Kevin Murgue

Le Tennis Club de Lyon a renouvelé son contrat avec Wilson. Pour fêter ce partenariat, Paul-Henri Mathieu est venu animer un clinic avec l’ensemble de l’école de tennis. Une séance de dédicaces a également été organisée. Cette fête du tennis made in Wilson a logiquement rencontré un franc succès. Paul-Henri Mathieu, lui, a démontré une nouvelle fois qu’il était un champion accessible, souriant et amoureux de la petite balle jaune.

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