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INTERVIEW / ON THE ROAD / PORTRAIT / MATOS / SHOPPING / FOOD / HIGH TECH

05 le supplément tennis and style

GUEST STAR RENCONTRE AVEC ELINA SVITOLINA

ENQUÊTE LES VOILES DE ST TROPEZ, L’ART DE RECEVOIR

LIMOGES L’INEXPLORÉE PORTRAIT BORIS BECKER, DANS UN MAGASIN DE PORCELAINE


PA RTE N A I R E O F F I CI E L D ES R ÉGAT ES « LES VO I LES D E SA I N T-T R O P EZ » Boutiques Les Voiles de Saint-Tropez : Saint-Tropez • Ramatuelle • Port Grimaud • Sainte-Maxime

R E T R O U V E Z L’ E N S E M B L E DE LA COLLECTION SUR LES-VOILES-DE-SAINT-TROPEZ.FR


INTERVIEW / ON THE ROAD / PORTRAIT / MATOS / SHOPPING / FOOD / HIGH TECH

05

AU SOMMAIRE

le supplément tennis and style

GUEST STAR RENCONTRE AVEC ELINA SVITOLINA

ENQUÊTE LES VOILES DE ST TROPEZ, L’ART DE RECEVOIR

LIMOGES L’INEXPLORÉE

AUTOMNE 2015

PORTRAIT BORIS BECKER, ÉLÉPHANT DE PORCELAINE

ClubHouse est le supplément du magazine gratuit GrandChelem, une production The Tennis Factory. Il est édité deux fois par an, en novembre et en mai. ClubHouse est diffusé à 20 000 exemplaires dans plus de 300 points (clubs, ligues, lieux de vie tennis, académies).

4-5

• Plein Cadre

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• My coach avec Benoit Foucher

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• La chronique de Clément Gielly

8-9

• Pour faire court

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• La question qui tue Le tennis, se prête-t-il à une cérémonie de remise de trophées  ?

10-13

• Guest Star Elina Svitolina

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• L’objet culte La Babolat Pure Aéro

14-15

• DécryptageLes Voiles de St Tropez

26-29

• One Break in... Limoges

16-17

• Hot Spot : La filature Arpin

30

• Hall of fameBoris Becker

L’EDITO

La création artistique et la mise en page sont signées par Séverine Béchet, Studio SBDESIGN (www.sbdesign.pro). Les photos ont été réalisées par Charlotte Blaise, Chryslène Caillaud, Gianni Ciacca Les textes ont été écrits par

BOARDING TIME

I

Clément Gielly clement.gielly@grandchelem.fr Loïc Revol loic.revol@grandchelem.fr

l n’y a pas plus beau que le spectacle d’une gare, théâtre des émotions, des séparations, des adieux et des baisers

volés. Théâtre, aussi, de la patience, des

et Laurent Trupiano laurent.trupiano@grandchelem.fr

retards, des attentes qui n’en finissent plus et, enfin, du départ comme une délivrance.

Conseiller EditorialRemi Capber

Oui, partir, c’est le choix de la liberté, celui de l’inconnu, du paysage en format cinéma, de la rencontre inattendue. Celui du temps qui

ClubHouse est commercialisé par la régie Convergence Media, 3 Impasse Dubois, 69004 Lyon (04 27 44 26 30 – 06 60 26 37 76). => Pour nous faire part de vos réactions et suggestions, un mail clubhouse@grandchelem.fr

passe paisiblement, car, si la grande vitesse est devenue, hélas, la référence, elle n’est, fort heureusement, pas encore arrivée du côté de Limoges. Cela en fait une destination à part et un peu préservée, une terre inexplorée qui mérite des éloges, mieux, des louanges. Cela l’isole peut-être d’un modernisme toujours plus connecté, où seul l’instant présent compte. Alors, profitons-en, car, à Limoges, demeure un charme unique, d’un autre âge, avec, comme étendard, la gare « bénédictine », dont la beauté reste éternelle.•

Toutes les pièces reproduites dans ce numéro sont sous copyright préalable des créateurs et des éditeurs par les dispositions contractuelles. Aucun élément ne peut être reproduit sans l’obtention de l’autorisation de l’éditeur.

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LAURENT TRUPIANO • FONDATEUR


PLEIN CADRE Statue grecque pour star divine 4

par Chryslène Caillaud


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LA CHRONIQUE LIBRE

Retrouvez à chaque numéro la chronique de Clément Gielly. Un thème... mais pas de tennis. Quartier libre !

AU FIL

DU TEMPS…

L

a porcelaine. Étrange paradoxe que celui de cet art, dont Limoges se veut éminente spécialiste. En apparence très solide, certaines pièces pouvant traverser les décennies sans être altérées, elle est pourtant fragile au possible, se brisant en une fraction de seconde. Dans notre belle et riche langue française, une expression souvent reprise raconte cette fragilité. Oui, « la vie ne tient qu’à un fil  ». Ce proverbe tire ses origines non des berges de la Vienne, mais de la mythologie grecque  ; non d’un atelier de céramique, mais d’un rouet, d’une machine à filer. Celle des Moires – ou des Parques romaines. Les Moires, ces trois divinités conçues pour mettre en avant un destin implacable, auquel personne ne peut échapper. Un trio mystique dans lequel chaque individualité a sa propre fonction  Clotho tisse le fil de la vie, Lachésis le déroule et, au final, c’est la dénommée Atropos qui se charge de le… couper. Selon les croyances antiques, l’Homme est ainsi spectateur de sa vie, se retrouvant confronté à un problème majeur  : il ne sait et ne saura jamais de quelle longueur est sa bobine de fil. Voilà qui engendre forcément des interrogations profondes, jusqu’à en devenir un sujet anxiogène chez certains. Sans grande surprise, la mort est d’ailleurs traitée depuis des millénaires sous toutes les formes artistiques possibles. Mais, si certains s’en inspirent, exorcisant leurs peurs les plus intérieures, d’autres se sont fait une raison. « Puisque la mort est inévitable, oublions-la  », écrivait Stendhal. Une philosophie s’apparentant au «  carpe diem   » d’Horace, mettant en avant une façon d’être et de penser libératrice. La clef pourrait-elle être sous notre nez depuis le début  ? Et si se libérer de ce carcan sombre nous permettait d’avancer  ?

Dans l’Antiquité, les Grecs avaient raison sur ce point : la vie est comparable à cette bobine qu’une tierce entité fabrique et déroule pour vous, avant qu’elle ne vienne y mettre un terme, un ultime coup de ciseau. Stendhal, lui aussi, utilisait un raisonnement juste et implacable, arguant que la mort était tout simplement inéluctable. Comme un long chemin qui nous mènera tous, tôt ou tard, dans un cul-de-sac. A nous d’apprendre à vivre avec cette idée et, pour certains, de dompter leurs propres démons. •

À ÉCOUTER • « Sonate pour piano n°14 », composée par Ludwig Van Beethoven, 1801-1802 • « Aleph », composée par Gesaffelstein, 2013

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À LIRE • « L’Épopée de Gilgamesh », écrivain inconnu, XVIIIème-XVIIème siècle avant J-C • « Oberman », écrit par Étienne Pivert de Senancour, 1804 À CONTEMPLER • « L’Île des Morts », version conservée à Leipzig et peinte par Arnold Böcklin, 1886 • « Les Moires », tableau peint par Goya, 1820-1823


POUR FAIRE COURT TEXTES DE CLÉMENT GIELLY ET LAURENT TRUPIANO

PAIRE, LES YEUX REVOLVER !

En plus d’une fin d’été plus que réussie sur les courts, Benoît Paire affiche son bonheur loin des tournois ATP. L’Avignonnais a profité d’un peu de repos pour publier un cliché sur Instagram, sur lequel on le voit très complice avec la chanteuse Shym, les yeux dans les yeux… Avec une vie personnelle et professionnelle bien remplie, Paire ne risque pas de s’ennuyer !

LE XV DE FRANCE « PERSONA NON GRATA » À WIMBLEDON Le début de l’automne étant marqué par la Coupe du Monde de rugby, certaines équipes ont eu le plaisir de faire quelques visites privilégiées. Cela devait être le cas du XV de France, qui avait prévu de découvrir le mythique All England Club, antre de Wimbledon. « Avait prévu », car le déplacement a été annulé à la dernière minute par les Anglais… C’est Jeanne d’Arc qui doit fulminer  !

CAUCHEMAR À PÉKIN

SHARAPOVA,

ATOUT CHARME DE LA FASHION WEEK

DJOKOVIC/ NADAL WELCOME TO BANGKOK  ! Icône glamour du tennis par excellence, Maria Sharapova ne pouvait pas manquer la Fashion Week de Paris. C’est tout naturellement qu’elle s’est rendue au défilé Stella McCartney, en compagnie de la créatrice… mais pas seulement  ! La belle plante a fait crépiter les flashs des photographes aux côtés du pilote de F1 Lewis Hamilton. Le Britannique étant connu pour être un véritable bourreau des cœurs, il n’en fallait pas plus pour que la rumeur s’emballe. Même s’il ne se serait rien passé entre les deux, force est de constater qu’ils feraient un très beau couple de champions… si l’on omet la différence de taille  ! •

SERENA

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brûle pour Pirelli

Au rayon des curiosités liées à la tournée asiatique, on vous présente cet étrange canapé. Conçue pour accueillir les joueurs et les joueuses disputant le tournoi de Pékin, cette œuvre a dû filer quelques cauchemars aux sportifs présents… Ce n’est pas le cas de John Isner qui, visiblement, semble apprécier. Difficile d’intégrer cette étrange création dans un salon !

Pour l’édition 2016 de son calendrier, Pirelli a tranché, s’aiguillant davantage vers une ambiance plus feutrée. Et, parmi les personnalités retenues pour faire partie de ce grand classique annuel, une certaine Serena Williams s’est pliée aux exigences de la photographe Annie Leibovitz. En grande habituée des photoshoots, la numéro un mondiale ne s’est pas fait prier pour prendre la pose, ici en grand écart… En souplesse, sur le court ou en-dehors, Queen Serena fait toujours mouche ! •

Qui dit match d’exhibition dit visites protocolaires. Partis à Bangkok au début du mois d’octobre, Novak Djokovic et Rafael Nadal n’ont pas échappé aux traditionnelles découvertes culturelles. En ressort ce cliché splendide au dress-code… plutôt traditionnel ! De la soie, des couleurs vives, un col mao, un éventail… Djoko semble très à son aise, à l’inverse d’un Rafa, lui, un peu gêné… Une photo souvenir qu’ils ne sont pas prêts d’oublier  ! •

ZOOM SUR…

Flying Federer, ou la beauté du temps suspendu… Arrêt sur images.


POUR FAIRE COURT

BREAKING INTERVIEW À LA BARRE… AVEC CHARLES-ANTOINE

UN MONT RUSHMORE À L’ITALIENNE Alors que l’US Open présentait une finale 100% italienne dans le tableau féminin, les journalistes transalpins se sont enflammés. De quoi raviver la flamme de la passion dans la rédaction de la Gazzetta Dello Sport qui, dans son édito, propose la construction d’un Mont Rushmore à l’Italienne. Le principe ? Remplacer les visages des présidents américains par ceux de Flavia Pennetta et Roberta Vinci… Une initiative qui fait sourire de notre côté des Alpes, mais qui met en avant le regain d’attention de nos voisins pour le tennis féminin.

ÇA CLASHE AUTOUR DE MURRAY ! Quand on équipe un top player, on s’attend forcément à trouver une concurrence féroce. C’est le cas d’Under Armour, qui gère toute la partie textile d’Andy Murray. Mais l’Écossais devrait également être chaussé par la firme américaine. Toutefois, cette dernière n’en est encore qu’au stade des prototypes. Et voilà donc un Muzzard vêtu d’une tenue Under Armour intégralement blanche ou noire, avec des… Adidas Barricade aux pieds  ! Et, comble de l’horreur pour les Américains, les souliers de Murray sont bleu vif… Voilà qui permet à la marque aux trois bandes de prouver qu’elle continue de peser lourd sur les courts, même si elle n’a plus de contrat avec l’un de ses ex-joueurs fétiches  !

BERCY CHANGE DE PEAU Ne l’appelez plus POPB ! L’arène de Bercy, antre du dernier Masters 1000 de l’année, a désormais dévoilé sa version 2.0. Avec autant de places que le célèbre Madison Square Garden de New-York, Bercy s’est donné les moyens de ses ambitions. Plus grande donc, plus luxueuse, la salle omnisports a un nouveau nom  : l’AccorHotels Arena. C’est à la faveur d’un juteux contrat de naming avec le groupe hôtelier que Bercy change d’identité. Sa valeur  ? 41,5 millions d’euros sur dix ans… Rentable, non  ?

QUAND WAWRINKA RÉGALE LES JOURNALISTES SUISSES Stan Wawrinka est de ceux qui savent gérer les conférences de presse et jouer avec les journalistes. La preuve lors du dernier US Open où, un soir d’après-match, il a distribué des porte-clefs originaux à tous les journalistes suisses… Des répliques de son mythique short de Roland Garros ! Celui-ci avait fait le buzz lors du titre du Vaudois Porte d’Auteuil, son équipementier Yonex se retrouvant très vite à court de stock. Afin de consoler la presse de son pays d’origine, Stan The Man a joué les Pères Noël… Un geste aussi amusant que sympathique  !

BRÉZAC

Après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle fin 2013, Charles-Antoine Brézac a repris ses études. Diplômé du CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat), le Breton du TC Quimperlé s’est naturellement dirigé vers le droit du sport. Eugenie Bouchard qui porte plainte contre l’USTA suite à sa chute à l’US Open et à sa commotion cérébrale… Intéressant de plaider pour la Canadienne ? Complètement  ! C’est une affaire qui serait très marrante à gérer, surtout avec une joueuse que je considère comme une future grande. Après… comment la défendre  ? C’est une sacrée question (rire)  ! J’aimerais connaître sa version. Les joueurs signent toujours des documents qui dégagent l’organisateur de l’événement de sa responsabilité sur de nombreux sujets. Sa plainte m’a surpris. Sa chute fait partie des aléas qu’on ne maîtrise pas toujours. Je ne suis pas sûr qu’elle ait gain de cause. Sa démarche me paraît un peu vouée à l’échec. Autre joueur… Nick Kyrgios  ! Est-il défendable aujourd’hui  ? N’importe qui est défendable, même le plus gros salaud  ! Il est défendable, mais est-ce que, moi, je le défendrais, c’est une autre question (rire). Personnellement, je le ferais en jouant la carte de la jeunesse, de l’insouciance, de la folie. On peut faire un parallèle avec Djokovic, quand il imitait les autres joueurs, se moquait

un peu d’eux. Ce que fait Kyrgios donne du grain à moudre au tennis mondial, tout en faisant parler de la nouvelle génération. Mais, pour son bien, il faudrait qu’il prenne une grosse sanction afin qu’il comprenne que ce genre d’attitude le dessert. Quelle peine, alors, pour les excités de ce genre ? La vraie sanction, celle qui pourrait les marquer, serait une interdiction de tournois. La sanction financière n’a pas d’intérêt. Ils gagnent beaucoup d’argent et ont des sponsors. Lui, comme d’autres, peuvent faire des exhibitions pour renflouer les caisses. Ne pas disputer des tournois est plus préjudiciable pour leur carrière. Quand on entend les propos de Kyrgios, on se demande si les histoires de tromperies/coucheries sont si fréquentes sur le circuit… Non. J’ai trouvé qu’il y avait une certaine confraternité entre les joueurs, au sujet des petites-amies. On ne touche pas à celle de l’autre joueur. Un joueur de tennis, par son statut, peut plaire à beaucoup de filles. Pas besoin de draguer la copine du collègue. •

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NEWS


GUEST STAR

ELINA SVITOLINA « LE TENNIS EST LA MEILLEURE CHOSE QU’IL ME SOIT ARRIVÉ DANS MA VIE »

Révélée aux yeux du grand public en atteignant les quarts de finale à Roland Garros, en 2015, là où elle avait remporté le titre junior en 2010, Elina Svitolina incarne la nouvelle génération du tennis féminin. L’Ukrainienne mêle talent et charme. Seulement âgée de 21 ans, elle n’a pas fini de faire parler d’elle. Entretien découverte. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LOÏC REVOL/ PHOTOS GIANNI CIACCIA

Elina, c’était il y a quelques années déjà, mais tu te souviens de ton titre chez les juniors, à Roland Garros, en 2010 ? Bien sûr, c’était une semaine fantastique  ! Au début du tournoi, je n’aurais jamais imaginé m’imposer, car c’était seulement mon deuxième Grand Chelem. Et puis, match après match, j’ai pris confiance. Ça a été magique et, surtout, j’ai énormément appris de cette expérience. Concrètement, qu’est-ce que ça t’a apporté   ? D’abord, beaucoup de confiance. Je l’ai vécu comme un signe positif  : oui, j’étais capable de réaliser de belles choses et tout le travail abattu commençait à porter ses fruits. Même si je savais qu’il me restait un boulot énorme pour franchir le cap entre le circuit junior et le monde pro, j’avais désormais la sensation d’être dans la bonne direction. Une sensation qui s’est, aujourd’hui, transformée en confirmation… On a fait un gros travail d’équipe depuis cinq ans. Pas seulement au niveau du tennis, mais aussi dans la technique, la condition physique ou le mental. J’ai beaucoup changé. J’ai essayé de trouver ma routine avant et après un match, pendant un Grand Chelem… Il y a eu des hauts et des bas, mais c’est normal. Les périodes difficiles te poussent à t’entraîner encore plus dur. Je pense que j’évolue dans la bonne voie.

Je ne savais pas que la Belgique était si appréciée en Ukraine (rires) ! (Rires) Il faut dire que ce sont deux joueuses exceptionnelles. Mais j’adorais voir jouer Steffi Graf également. J’ai essayé de m’inspirer de chacune. Personne ne réunit toutes les qualités. Chacune a son petit truc, sa propre spécificité. Il faut juste apprendre quelque chose de nouveau tous les jours.

On me dit que je joue un peu comme Kim Clijsters »

Tu parles de routine, mais c’est quoi, pour toi ? Je suis assez calme, donc j’aime rester avec mon équipe, discuter avec elle. Le but, c’est de trouver un moyen de se sentir bien, à l’aise. Si je me sens bien en-dehors du court, je me sentirai bien sur le court, pendant le match. C’est la chose la plus importante. Je fais toujours la même chose et cela m’aide.

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Tu avais un modèle dans ta jeunesse ? Non, pas vraiment. J’ai pris tout un tas de petites choses chez plusieurs joueuses, comme Justine Henin ou Kim Clijsters. Kim, j’aimais bien son style de jeu. D’ailleurs, des personnes me disent que je joue un peu comme elle.

Comme tu l’as rappelé, il y a un gros fossé entre les juniors et le monde pro. Comment as-tu vécu cette transition ? Difficilement (rires)  ! J’y suis allée étape par étape. Selon mon classement, on décidait de faire tel ou tel tournoi. J’ai commencé par les ITF, puis les WTA, puis les plus gros tournois. On ne voulait pas brûler les étapes. Tout est dans la confiance et chaque tournoi t’en apporte, c’est ce qui m’a conduite à mon niveau actuel.

C’est étonnant de t’entendre parler de Steffi ; tu étais très jeune quand elle était encore en activité… Oui, mais j’ai vu énormément de ses matchs à la télé, car, en Ukraine, nous avons une chaîne de tennis qui diffuse de vieilles rencontres. C’est intéressant de voir comment le jeu a changé avec les générations.

Désormais, c’est toi qui deviens un modèle pour de plus jeunes joueuses. Tu sens que ton image a changé, notamment dans ton pays ? C’est vrai que je reçois énormément de soutien d’Ukraine. On a la chance d’avoir de bons joueurs, avec Dolgopolov et Stakhovsky chez les hommes. C’est bien pour notre pays, car cela n’a pas toujours été facile… De plus en plus de clubs voient le jour. Le tennis est vraiment devenu plus populaire, alors qu’il était un sport mineur à mes débuts. Le principal problème, c’est l’argent, car nous avons beaucoup de jeunes qui veulent jouer, mais qui n’ont pas les moyens de pratiquer ce sport. Tu évoques tes débuts… Tu peux nous raconter  ? J’ai commencé à l’âge de quatre ans dans ma ville natale, à Odessa. Mon frère (NDLR   : Yulian Svitolin), qui a neuf ans de plus que moi, a été joueur professionnel. J’étais tout le temps fourrée au bord des courts. Par la suite, on m’a beaucoup comparée à lui et cela m’a permis de développer mon esprit de compétition. J’ai voyagé avec mon frère, on a énormément de souvenirs ensemble… Ça a été une expérience géniale, un véritable privilège, j’en suis consciente. Je dois apprécier. Le tennis est la meilleure chose qu’il me soit arrivé.


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GUEST STAR

Une expérience qui a duré quelques années… Il m’a entraînée jusqu’à mes 12 ans. Ensuite, j’ai eu un contrat avec un coach, un préparateur physique, un kiné… Quand as-tu quitté l’Ukraine ? Lorsque j’ai gagné Roland Garros junior, en 2010, j’ai été invitée à intégrer l’académie de Justine Henin, en Belgique. J’y suis restée deux ans. Une expérience incroyable. J’ai côtoyé de belles personnes, les infrastructures étaient parfaites et adaptées pour les jeunes joueurs… Le programme « fitness » m’a permis de progresser physiquement. Ce fut une étape importante.

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Tu as pu discuter avec Justine ? Oui, c’est une fille vraiment adorable. Elle nous transmet son expérience, ses conseils au bord du court. J’ai vu aussi que tu t’entraînais souvent à la Mouratoglou Academy… Effectivement, l’académie me sert de camp de base. Quand

je suis vers Nice, je vais m’y entraîner. Je pense que vous l’avez constaté, les infrastructures sont géniales. Je peux y aller avec mon staff et mon sparring.

Il y a la guerre en Ukraine, les gens sont plus concernés par la politique que par le sport »

Il faut croire que tu aimes la France (rires) ! Oui, surtout Nice  ! J’adore le cadre de vie, la ville est magnifique. Elle est coincée entre la mer et les montagnes. Et puis, le climat est très bon toute l’année. Mais j’imagine que tu gardes une relation particulière avec ton pays d’origine… Je ne rentre pas souvent, je n’ai pas toujours le temps. Sans doute trois ou quatre fois par an. Je reviens à Odessa, c’est plutôt sympa, car c’est au bord de la mer (sourire). Je vais voir ma famille. Ce n’est pas régulier, mais c’est toujours agréable, parce que les gens me reconnaissent un peu plus, me prêtent plus d’attention. Les Ukrainiens suivent le tennis, maintenant. J’en suis fière.


GUEST STAR

Tu parais très calme et posée pour ton âge… Je ne le suis pas quand je rentre sur le court (rires)  ! J’ai horreur de la défaite, je suis une compétitrice invétérée. Mais c’est vrai qu’en-dehors du court, je suis assez calme et discrète. Ou plutôt relaxe, en fait. Qu’est-ce que tu aimes faire à côté du tennis  ? J’adore le sport, le foot, le basket… Je supporte l’Ukraine, bien évidemment, mais je n’ai pas de club favori. J’apprécie juste le fait de regarder des matchs. J’aime lire, aussi. On voyage beaucoup, on passe notre vie dans les avions… ça me laisse du temps pour lire (rires).

Et si tu n’avais pas été une joueuse de tennis… J’aurais quand même travaillé dans le sport. J’apprécie trop la compétition pour faire autre chose. Même si j’avoue que j’aime beaucoup les séances photos (sourire). C’est vrai ? Oui, je fais pas mal de shootings pour mon équipementier (NDLR  : Ellesse), mais aussi pour d’autres marques avec lesquelles j’ai des contrats. C’est plutôt pas mal, je dois dire. J’ai quand même un peu de temps et ces shootings me permettent de décompresser, de me changer les idées. On se donne tellement à 200% pour le tennis que ça fait du bien, parfois, de faire quelque chose de différent. Ça ne me dérange pas, ça ne me perturbe pas, donc ce n’est que du plaisir   ! Tu envisages une carrière de modèle après le tennis (rires)  ? Peut-être (sourire)… On verra, mais cela restera certainement dans le sport  !

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N’est-ce pas difficile de gérer l’attente et la pression autour de toi, dans ton pays ? Tu n’as que 21 ans… Ce n’est pas si dur et, comme je le disais, le tennis n’est pas le sport numéro un. J’aimerais, d’ailleurs, qu’il y ait plus de fans. En Grande-Bretagne, en France, quand vous êtes numéro un, tout le monde vous reconnaît. Mais cela me donne envie de progresser, d’atteindre un classement encore plus élevé… Cela dit, vous savez, il y a la guerre en Ukraine et les gens sont plus concernés par les sujets politiques que par le sport, en ce moment. Il me faudrait probablement faire plus d’extra-sportif pour être reconnue.


ENQUÊTE

ROBE DI KAPPA,

OU COMMENT FAIRE D’UN ÉVÉNEMENT UNE VÉRITABLE MARQUE

L’offre des événements sportifs est pléthorique et ne cesse de s’étoffer année après année. Une tendance qui permet de dégager une hiérarchie en valorisant ceux qui s’inscrivent dans une véritable logique stratégique. Les Voiles de Saint-Tropez en font indéniablement partie et Sport Finance, qui en est partenaire via sa marque Kappa, confirme qu’on peut transformer un événement en marque, tout en l’exploitant aussi dans sa stratégie client. Décryptage.

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elancées réellement en 2008 après leur création en 1981, les Voiles de SaintTropez sont, aujourd’hui, devenues un événement incontournable. Mieux, la société Sport Finance, partenaire via sa marque Kappa, a réussi à les transformer en une marque de référence dans le secteur du sportswear. Le fameux tee-shirt des Voiles est aujourd’hui mondialement connu et ce succès permet d’être toujours plus ambitieux. « On ne peut pas résumer la marque Les Voiles de Saint-Tropez au polo. On est allés beaucoup plus loin et notre objectif est que chaque collection soit un véritable événement. Lorsqu’on est arrivés après Gaastra, toute notre équipe s’est appliquée à faire des Voiles de Saint-Tropez une marque avec ses valeurs et son identité  », explique François-Xavier Chupin, le président directeur général de Sport Finance. Difficile de le contredire quand on découvre les produits qui seront dans le magasin officiel en 2016  : «  C’est plus audacieux, plus moderne, même si on garde les basiques que nos clients attendent toujours avec impatience. On confirme que la marque Les Voiles de Saint-Tropez possède son univers, son territoire, avec ses spécificités, sa clientèle. Peu d’événements peuvent être exploités de cette façon. Une particularité liée à plusieurs critères qui sont propres à ce rassemblement unique de voiliers venus du monde entier.  » Et le PDG de Sport Finance ne se trompe pas : ce spectacle ne ressemble à rien que l’on connaisse.

Certes, un paddock de Formule 1, cela a du chien, tout comme les loges de Roland Garros. Mais on ne peut rester insensible au spectacle des Voiles de Saint-Tropez, surtout dans l’écrin de la petite cité azuréenne. « Il est évident que, si vous organisiez les Voiles ailleurs, l’événement n’aurait pas le même charme, ni le même impact. Tout est réuni, le décor, l’histoire, les couleurs et, bien sûr, la baie qui reste un endroit mythique. Notre job, cela a été de profiter de ces conditions d’exception, de proposer un accompagnement et d’en faire un succès commercial. On manage aussi l’événement pour notre relation client, ce qui est un bel atout, car nos clients sont très sollicités par nos concurrents. Nous devons donc les sensibiliser à nos valeurs, nos produits, nos projets. Avec les Voiles de Saint-Tropez, on possède un petit bijou qui leur propose des instants privilégiés.  » Il faut reconnaître qu’un week-end aux Voiles en tant qu’invité ne manque pas de rythme. Accueil personnalisé, voiture avec chauffeur, dîner dans un restaurant typique, zodiac à fleur de coque des plus beaux voiliers, fiesta sur la plage… Sport Finance ne recule devant rien, tout en gardant une agréable convivialité  : «  La recette, c’est de rester simple, proche, disponible, même si l’on est à Saint-Tropez. Depuis qu’on a fait des Voiles de Saint-Tropez un temps fort des relations clients, on n’a jamais été déçus. L’ensemble de mes collaborateurs considère, à juste titre, que c’est un moment-clef de notre année, qui crée un lien différent avec les clients. On passe du temps en-dehors du lieu de travail, on peut échanger dans de belles conditions… et, finalement, mieux se connaître  !  » Tout simplement. •


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HOT SPOT

ARPIN,

L’ART DE PRENDRE LE TEMPS Filature née en 1817 au cœur de la Savoie, tout près de Bourg-Saint-Maurice, Arpin perpétue un savoir-faire ancestral. Dernier bastion d’une tradition savoyarde séculaire, Arpin s’est transformé en une marque prestigieuse sans perdre son identité, ni ses valeurs. Alors que l’hiver arrive, ClubHouse s’est payé le luxe d’une visite de ce lieu, magique à plus d’un titre.

L

a magie de l’homme, de temps en temps, c’est aussi l’idée d’exploiter son environnement pour le transformer, voire le rendre plus esthétique. Dans la filature Arpin, tout commence par le bien le plus précieux la laine du mouton. « Elle vient de toutes les Alpes. Soit ce sont des éleveurs de la région qui viennent à nous – mais ils ne sont plus assez nombreux –, soit on s’approvisionne par des circuits plus traditionnels. Mais notre volonté est de rester made in France »   , explique Jean-Jacques Wroblewski, le directeur de la marque. Une fois la laine arrivée, commence un parcours qui n’a rien à voir avec celui du combattant, car ce sont des machines classées qui font leur ouvrage avec la même conscience professionnelle depuis plus d’un siècle. Lavage, tri… La laine est bichonnée et les mains de l’homme prennent souvent le relais pour parfaire le travail  : « Nous sommes les seuls à fonctionner encore de cette façon »   , explique l’un des derniers descendants de la famille Arpin, travaillant à la filature.

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En cet endroit, tout respire la minutie, le respect du produit, et l’un des métiers à tisser, qui fonctionne avec des cartons perforés comme un orgue de barbarie, nous rappelle que le progrès n’est pas toujours synonyme d’efficacité. Jadis, Arpin habillait les villageois, mais aussi les guides de haute-montagne, les explorateurs qui bravaient les tempêtes et le froid. « Arpin a une histoire unique. Quand on a décidé de développer son univers, notamment en lançant une ligne de vêtements de froid urbains, on a tout de suite pensé à rendre hommage à Paul-Emile Victor. C’était logique, cohérent, infaillible. Il avait porté nos couleurs à chacune de ses expéditions  », commente Jean-Jacques Wroblewski. Car, après avoir écrit ses lettres de noblesse dans la décoration avec des plaids ultra-doux et chauds, Arpin se diversifie et compte bien conquérir d’autres territoires. «  On ne fait pas du marketing, on invente. Tout est concentré ici, le savoir-faire, la créativité, le respect. Arpin, c’est un art de vivre. Et, quand j’ai fait visiter ce lieu à ma force de vente, je n’ai pas eu à faire grand-chose pour la motiver  »,

continue Jean-Jacques Wroblewski avec un sourire de conquérant. Difficile de le contredire, tant tout est rassemblé dans la filature pour un voyage d’un autre temps ou, plutôt, dans le temps. Alors, quand le clou du spectacle arrive, c’est-à-dire la montée au grenier, là où la laine sèche, on se laisse porter par l’idée. On est loin, au sommet d’un glacier, dans les nuages, nulle part et partout à la fois… C’est ça, la magie d’Arpin : prendre son temps, laisser faire les choses. Chariots de bobines, gestes ancestraux, cliquetis des outils… la filature est un spectacle vivant, un instant précieux, qui nous rappelle qu’il fut un temps où le produit était plus fort que la machine, où l’artisan était plus fort que l’usine, où, et il faut bien le dire, l’Asie n’avait pas pris la tête de ce monde du textile. «  On ne fait pas de la résistance, on n’a pas un discours militant, on a juste la volonté de perpétuer un savoir-faire et, donc, de proposer des produits uniques à nos clients  », conclut Jean-Jacques Wroblewski. Voilà un programme plutôt simple, qui méritait d’être valorisé à l’heure d’une mondialisation effrénée. Je partais de Séez des images plein les yeux et avec, au fond de ma poche, un bout tout doux de cette laine des moutons des Alpes qui, à jamais, devrait continuer à animer la vallée. • ARPIN, UN RÉSEAU DE MAGASINS QUI SE DENSIFIE Objets de décoration, lignes de vêtements, bagagerie et accessoires… La maison Arpin continue son développement en toute tranquillité. Aujourd’hui, il existe quatre boutiques en France, toutes façonnées dans l’esprit cosy de la marque. Force du détail, matériaux nobles   : les produits Arpin ne peuvent laisser indifférent. A noter aussi la mise en place d’un e-store sur le site www.arpin1978.com. Enfin, la marque est également distribuée dans des magasins indépendants. On signalera, à Paris, une vraie référence   : le réseau SportCenter, qui a décidé de jouer la carte Arpin dès le lancement de la ligne dite de «  froid urbain  », avec une sélection pointue des produits qui vont séduire la clientèle parisienne. Il faut dire que le réseau SportCenter a toujours senti les futures tendances d’un marché en perpétuel mouvement.


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L’objet culte BY

LA PURE AERO ”On n’adore que son dieu...” Oui mon capitaine, mais certains vouent un culte à des objets mythiques. Pour ce numéro cinq de ClubHouse, la nominée est... la raquette Pure Aéro de Babolat.

Christian Singer, DIRECTEUR DE TENNIS WAREHOUSE EUROPE Pourquoi la Pure Aero est-elle une raquette culte ? La Babolat Pure Aero a subi de nouvelles évolutions depuis sa première édition. Cette nouvelle version est plus aérodynamique et possède un meilleur « swingweight  ». Si la légendaire AeroPro Drive a gagné beaucoup de titres, la Pure Aero va prendre le même chemin, c’est sûr. Avec son design, que je trouve très réussi, nous avons une raquette qui a su évoluer sans perdre ses qualités originelles, tout en offrant encore davantage de confort. Nous avons, d’ailleurs, reçu beaucoup de retours positifs de la part de nos clients.

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Quelle est l’influence de cette raquette sur le marché ? Inutile de dire que la Pure Aero en est l’un des produits phare. C’est un best-seller.  La combinaison de vitesse et de précision en fait une raquette dangereuse dans les mains des joueurs agressifs en fond de court.  D’ailleurs, on attendait avec impatience ce nouveau modèle, tant les enjeux commerciaux sont importants. Force est de constater que nos clients la plébiscitent chaque jour sur notre plate-forme. Nous recevions déjà des demandes à son sujet avant qu’elle ne sorte. Aujourd’hui, même si le lancement est encore tout frais puisqu’il date de septembre dernier, on sait déjà que la nouvelle Pure Aero est un gros succès commercial. Pour conclure, quelle est la force d’un produit culte  ? De savoir évoluer avec son temps. En ce sens, la Pure Aero est une belle réussite. Le produit doit également aider le joueur à conquérir des titres, car, bien sûr, un joueur qui représente et joue avec une raquette spéciale donne de la plus-value et de la visibilité au produit. Avec le temps, je me dis qu’on aurait peut-être dû garder un modèle de chaque version. Si cela avait été le cas, on aurait déjà un beau musée à Tennis Warehouse Europe (rires).  ! •


MY COACH

COMMENT GÉRER NOTRE PEUR DE GAGNER… AVEC BENOIT FOUCHER ON A TOUS ÉTÉ DANS CETTE POSITION INCONFORTABLE, OÙ LE BRAS SE MET À TREMBLER, OÙ LA GORGE SE SERRE. CE MOMENT OÙ L’ON NE PARVIENT PLUS À ÊTRE PERFORMANT ALORS QU’IL NE RESTE QU’UN POINT À MARQUER. ON A TOUS CONNU CETTE FAMEUSE PEUR DE GAGNER.

LE MATCH

Troisième set. 5-3. 40-15. Je sers. Si je gagne ce point, ça y est, j’atteins mon objectif. Je pense déjà à ce que je vais raconter à mon coach, le débrief de la stratégie appliquée, le déroulement de la rencontre. Je vois mes parents sourire. J’entends les compliments de mes amis. Tout cela passe dans ma tête, alors que j’ai encore un point à gagner. Mon cœur s’est accéléré. Mes épaules se sont contractées. J’ai l’impression d’avoir moins de force. Et un conflit s’est installé à l’intérieur de moi. «A llez, Benoit, vas-y et c’est tout  ! » me dis-je avec un réel sentiment d’impatience. Donc… je fonce. Service-volée. La balle revient dans ma raquette et, là, je rate mon coup alors que le court est totalement ouvert. Comment ai-je pu manquer l’impossible   ? Pourquoi   ? Est-ce que je suis nul   ? Une minute plus tôt, j’étais en pleine confiance. Et puis, le doute s’est installé. Je lutte. Et c’est avec moi-même que la vraie bataille est maintenant engagée.

BENOIT

Foucher

Ancien joueur professionnel classé -30 et 700ème à l’ATP, Benoit Foucher enseigne à HongKong depuis 2007, où il a lancé son Peak Performance Coaching. Son ambition est de former de jeunes athlètes qui ont le projet fou de devenir des champions. Auteur du livre et créateur du concept « Ta réelle victoire  », il amène ses élèves à intégrer réflexion, méditation et fitness dans leur apprentissage, afin qu’ils développent tout leur potentiel. En ce moment, Benoit Foucher termine la rédaction de deux ouvrages, «  Flow Tennis  » et «  Lone Wolf  », à paraître en 2016. www.benoitfoucher.com

COMPRÉHENSION

Peur de gagner, les amis ? Bonne nouvelle, cela arrive à tous. Re-bonne nouvelle, il y a des solutions  ! Comme vous pouvez le constater dans l’histoire ci-dessus, plusieurs obstacles sont à surmonter  : • Revenir au moment présent, le seul moment où nous avons accès à notre plein potentiel. • Retrouver une clarté d’esprit sur ce que nous avons à faire, une action concrète sur laquelle nous pouvons placer notre attention. • Réintégrer un état corporel qui nous ramène à la performance.

ACTIVATION

• Tu te sens impatient avant le prochain point ?

Feu rouge… • N’accepte pas de jouer avant que ta confiance ne soit rétablie. L’opération suicide, ce n’est pas pour tout de suite ! • Inspire. Expire. Inspire. Expire. Utilise la respiration pour retrouver ton calme. • Accepte tes émotions et tes pensées au lieu de les pousser au loin. Souviens-toi de l’adage  «   Tout ce à quoi je résiste persiste.  » Donc si la peur est là, reconnais-la en te disant  «  Okay, j’ai peur.  » Puis passe à l’étape suivante. • Concentre-toi sur tes forces. Souviens-toi de la façon dont tu es arrivé à cette fameuse balle de match. Comment menais-tu le point  ? quel a été ton style de jeu   ? Restons simple et, comme disait Sampras en son temps  : « I  ’m just doing my job.  » A ce stade-là, la confiance devrait se réinstaller progressivement.

Feu orange… • Place ton attention dans tes sens. Par exemple, monte tes épaules et relâche-les. Détends tes yeux, retrouve une vision panoramique. Ou écoute le son de la balle que tu fais rebondir. Tout cela t’aide à revenir totalement au moment présent. • Reprends conscience de ta posture, celle du champion.

Feu vert ! • Tu es prêt. Balance le bras et engage-toi totalement dans le prochain point. Tu es à nouveau dans l’état idéal.


LA QUESTION QUI TUE

LE TENNIS SE PRÊTE-T-IL À UNE CÉRÉMONIE

PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENT TRUPIANO

DE REMISE DE TROPHÉES ?

Le vendredi 4 décembre, au Chalet des Îles, à Boulogne, Pro Elle, le syndicat du tennis féminin, remettra les premiers trophées du tennis féminin au cours d’un repas de gala. L’objectif de cette cérémonie : récompenser tous les acteurs, pas seulement les championnes de haut-niveau. Une bonne occasion de s’interroger  : pourquoi le tennis ne semble-t-il pas friand de ces soirées festives  ?

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Le tennis féminin vit une période difficile. Il fallait trouver un levier, une idée. Ces trophées, c’est une façon de donner un coup de projecteur sur le rôle de Pro Elle, mais ce sera surtout l’occasion de récompenser tous ceux qui défendent les valeurs du tennis féminin jour après jour, dans les clubs, sur l’ensemble du territoire. Et puis, on veut saluer des initiatives originales, des enseignants, des joueuses qui se sont reconverties avec brio… » Karla Mraz, pierre angulaire de cet événement, est convaincue de sa légitimité. Il faut dire qu’avec son équipe et le bureau de Pro Elle, sous la présidence de Camille Pin, elle s’est battue pour monter cette opération. Et le pari était loin d’être gagné, car, avec son système de classement individuel et à l’inverse d’autres disciplines, le tennis ne semble pas accorder d’importance à ces temps forts où l’on récompense les meilleurs. «  Dans les sports collectifs, ces événements ont une vraie cohérence  », explique un spécialiste du marketing sportif. «  D’ailleurs, cela se confirme avec les trophées UNFP du football, qui ont vraiment pris de l’ampleur. En ce qui concerne les sports individuels, je suis nettement plus sceptique, même s’il est de bon ton de faire parler de soi. Disons que le classement final décide généralement de la hiérarchie individuelle. Évidemment, on peut toujours envisager de récompenser une attitude, un geste…

Reste que le Ballon d’Or est célèbre, parce qu’il est censé récompenser le meilleur joueur de la planète. » Son constat paraît d’autant plus justifié que la Fédération Française de Tennis, qui a très longtemps organisé la soirée des champions chaque fin d’année, à Roland Garros, a renoncé depuis un moment à cet événement, invoquant des questions budgétaires. Pis, il semble bien difficile, aujourd’hui, de s’assurer la présence de célébrités, le calendrier tennistique ne s’arrêtant jamais. «  Avec l’IPTL, tout a changé et, même début décembre, il est ardu de faire venir certaines championnes  », continue Karla Mraz. «  C’est un vrai casse-tête. Même si nos trophées ne sont pas simplement consacrés au haut-niveau, il est toujours de bon aloi d’avoir des joueuses très connues dans l’assistance.  » Forcément, entre une garantie en Inde et un trophée honorifique, le choix paraît vite fait. Cela n’empêche pas Camille Pin, présidente de Pro Elle, de garder toute sa motivation  : «  Il ne faut pas se lamenter, nos trophées ont été instaurés pour faire parler du tennis féminin et démontrer qu’on peut être créatif en sortant des sentiers battus et des tournois ou des compétitions classiques.  » Ce n’est pas nous qui contredirons Camille   : GrandChelem, ClubHouse et Welovetennis.fr sont très impliqués dans cette grande première, qui méritait un soutien sans failles. •


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ONE BREAK IN

TEXTES ET PHOTOS

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LAURENT TRUPIANO

LIMOGES, L’INEXPLORÉE…


ONE BREAK IN

Il y a des villes discrètes qui restent des friches, des lieux méconnus, des destinations souffrant trop d’une image passéiste, des villes qui se révèlent pourtant de permanentes invitations à la surprise et à la découverte lorsqu’on décide de partir à leur rencontre. Limoges, la verte, en fait partie, c’est une certitude.

P

artir vers l’inconnu, se laisser glisser et, surtout, combattre les clichés. Ceux qui vous collent à la peau et qui, les années passant, continuent à peser lourd quand, sourire aux lèvres, vous annoncez votre destination. Car les préjugés sont tenaces et le mystère remplace souvent la curiosité. Pourtant, la surprise est totale, l’accueil chaleureux, l’histoire généreuse. Limoges, c’est tout cela, avec cette teinte poivrée de province, qui vous laisse penser que la capitale du Limousin a vécu… et, comme dirait l’autre, qui vivra verra. Ce que j’ai vu, c’est d’abord une majesté tout en rondeur, une grande dame, un mirage, un départ, une arrivée et l’envie impatiente de pénétrer ce dôme pour sentir l’ivresse du périple, le besoin d’espace. La gare des Bénédictins, ce n’est rien de plus, rien de moins. Un seul bloc et un campanile. La gare des Bénédictins, c’est comme une cathédrale, celle du voyage, de l’aller-retour, des adieux, des au revoir. La gare des Bénédictins, ce fut aussi le décor naturel de la publicité du numéro 5 de Chanel, avec Audrey Toutou dans le rôle principal, rien que ça. Perchée là, au milieu de la France, cette gare, citée comme l’une des plus belles du monde, nous renvoie au véritable chemin de fer, au tortillard, à l’idée de prendre son temps, de découvrir, d’apprendre. A elle seule, cette Bénédictine donne donc le ton, celui de l’esthétique, du calme ; celui d’une région qui préfère l’authenticité aux paillettes, celui d’une ville plantée aux pieds du Massif central, celui de la nature, bref, du bien-être. Du plaisir également, surtout quand, happé par la rue Jean-Jaurès, je pénètre chez le chocolatier Buissière, une maison fondée en 1854, royaume des papilles, de la spécialité locale, un marron déguisé – une fierté, encore une. Accueilli comme à la maison, je m’empresse de plonger dans cet univers gustatif. Les échanges sont chaleureux  ; qu’un étranger puisse venir ici pour vanter le terroir limousin entraîne des sourires presque gênés. Discrétion en ces lieux, point d’exubérance, mais plutôt l’amour du travail bien fait, de l’orfèvrerie chocolatée – et la praline comme sacerdoce.

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Ce que j’ai vu, c’est d’abord une majesté tout en rondeur, une grande dame, un mirage, un départ, une arrivée et l’envie impatiente de pénétrer ce dôme pour sentir l’ivresse du périple, le besoin d’espace. »

Je tourne à gauche et me voilà enfoui dans un tunnel qui me mène à la cour du Temple, une cour carrée, un instant de silence, une clairière au milieu d’un centre-ville où les rues commerçantes ont logiquement pris le pas sur l’histoire. Et encore… car, à chaque coin de rue, en levant la tête, on trouve un détail, une inscription qui nous rappelle que Limoges a toujours été un carrefour, que la cité mondialement connue pour sa fameuse porcelaine a dû se réinventer pour rester attractive. Et pour cause, l’histoire pèse de tout son poids, si l’on s’attache aux faits, aux révoltes ouvrières du début du XXème siècle, à la création de la CGT en 1894 et à l’expansion d’une ville devenue un épicentre industriel.


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La porcelaine, évoquée ici en quelques lignes, ne semble plus tellement suffisante, tant l’image s’avère réductrice, presque cassante, alors que Limoges reste pleine de fragilité. La cité demeure en mutation, comme le confirme le quartier de la cathédrale Saint-Etienne. Rénové, embelli, il charme par son calme monacal ; et le musée des beaux-arts, installé dans l’ancien palais épiscopal, bordé d’un parc raffiné, est maintenant une invitation au repos, au piquenique à l’anglaise – et à ses pieds coule la Vienne. On est loin du brouhaha du centre et des Halles, monument historique dans le plus pur style Eiffel  : «  Ce bâtiment est une petite merveille  », nous confie un commerçant du cru, fier de son pays, mais aussi de son équipe de rugby et, bien sûr, du fameux CSP. Car, ici, le basket du Limoges Cercle Saint-Pierre est une religion. Utile, alors, de rappeler que c’est la bande à Richard Dacoury, capitaine de l’époque, qui fut la première équipe bleu-blanc-

Si le basket reste un passeport incroyable pour faire parler de la ville au-delà de ses frontières, les papilles en sont un autre, encore plus universel. »

rouge à rafler une coupe d’Europe, l’actuelle Euroligue, un petit mois avant les minots de l’Olympique de Marseille. Tremblement de terre, séisme, Limoges est redevenue l’espace d’une semaine une capitale continentale, le petit Poucet terrassant les plus grands clubs, le Real Madrid et, surtout, le Bennetton Trevise d’un certain Toni Kukoc, future star en NBA chez les Chicago Bulls. Un Toni qui se fit chiper la balle de match par le meneur local, Frédéric Forte, pour le plus grand bonheur de la région, du pays, mais aussi de tous les fans du sport tricolore, traumatisés par les échecs historiques lorsqu’il s’agit de franchir la dernière marche. Par la suite, le CSP Limoges aura bien du mal à assumer ce nouveau statut et l’épopée faillit tourner à la catastrophe. Dépôt de bilan, relégation… le Palais des sports de Beaublanc n’était plus en fusion. Prise de conscience, solidarité et élan populaire : c’est l’enfant du pays, le héros d’Athènes, Frédéric Forte, justement, qui décida de reprendre le flambeau, de mettre de l’ordre dans la maison verte. Et le


ONE BREAK IN

Carnet d’adresses Pour une déco grande classe • Le Bel Esprit, 1 place St Aurelien, 87000 Limoges Pour un steak tartare limousin sur le pouce  • La Bibliothèque, 7 rue Turgot, 87000 Limoges Pour revenir avec un souvenir du CSP  • La boutique du CSP, 7 rue Ferrrerie, 87000 Limoges Pour une gourmandise unique  • Chocolaterie Buissière, 27 Rue Jean Jaurès, 87000 Limoges

Si le basket reste un passeport incroyable pour faire parler de la ville au-delà de ses frontières, les papilles en sont un autre, encore plus universel. Dans cette cour, celle du goût, Limoges la carnassière reste une logique référence. On comprend cette identité lorsqu’on prend la peine de flâner dans le quartier de la Boucherie où, jadis, les artisans venaient découper leurs bêtes. D’ailleurs, on peut encore apercevoir sur les devantures de certains bâtiments des crochets où étaient attachés les quartiers de la fameuse limousine. Mais le plus sublime des instants est encore à venir : découvrir la chapelle SaintAurélien, plantée, là, au milieu de nulle part, sous le nez d’immeubles contemporains. On se croirait presque à New-York, où la cathédrale Saint-Patrick trône au milieu des buildings. Pénétrer au sein de la chapelle Saint-Aurélien, c’est, évidemment, se retrouver dans un autre monde, un moment incroyable bercé d’odeurs, d’encens, un lieu éternel où reposent les reliques du patron de la confrérie des bouchers. Alors voir, en face, un magasin portant le nom de Bel Esprit est un réel mirage cosmique. Dans cette boutique de décoration

et un quartier qui, hier, était le royaume des couteaux, voilà qu’un passionné de finesse a décidé de se faire le réceptacle d’objets d’un autre temps, comme la collection des Cires Trudon, une véritable institution. Et, parce qu’il faut bien y passer, que ce voyage ne peut se finir sans un mot de tennis, on s’offrira une petite visite au Limoges Tennis Garden et son club-house typiquement british. Une façon de rappeler que Limoges accueille, depuis deux ans, un tournoi féminin inscrit au calendrier prestigieux de la WTA. Et qu’un enfant du pays, un certain Jean-Charles de Castelbajac, s’était essayé à la petite balle jaune, son crayon en main, pour dessiner des tenues de la marque le coq sportif, cassant les codes avec le talent qu’on lui connaît. Terre de tennis, oui, terre de sport, forcément, terre de contrastes, mais, surtout, terre inexplorée : Limoges mérite plus qu’un détour. Limoges mérite un voyage, une excursion, une immersion.

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pari est réussi, comme le confirment l’ouverture récente, en ville, d’une deuxième boutique consacrée aux Verts et les deux derniers titres de champion de France, glanés grâce à un public hors-norme, un peu comme celui du ballon rond de l’autre côté de la montagne, plus loin, dans le Forez.


PORTRAIT

BORIS BECKER,

L’ÉLÉPHANT DANS UN MAGASIN DE PORCELAINE UN JOUEUR D’EXCEPTION. UN PERSONNAGE. MAIS UN HOMME, SURTOUT, ET SON ÉNERGIE MÂLE, SES DÉBORDEMENTS ET SES COUPS DE FOLIE. BORIS BECKER EST TOUT CELA À LA FOIS, ET BEAUCOUP PLUS ENCORE. L’INSOUCIANCE ET LA VOLONTÉ DE BOUSCULER SANS CESSE L’ORDRE ÉTABLI, LA FUREUR D’ÊTRE, SES FÊLURES ET UNE SOIF GARGANTUESQUE, DE CES SOIFS D’IRRÉSISTIBLE POCHARD, QUI VOUS FONT ENGLOUTIR UNE PINTE CUL-SEC, PUIS ROTER EN RIANT POUR EMMERDER LES VIEILLES ET LEURS REGARDS BOURGEOIS. POUR EMMERDER LES CONVENTIONS, TOUT SIMPLEMENT.

C Le 5 décembre 1988

New-York, Madison Square Garden. Masters masculin, finale Becker-Lendl. La bataille fait rage sur un court sans couloirs, spécialement taillé pour les matchs de simple. Cinquième set, tie-break. 6-5 pour Boum-Boum. Ce dernier sert, donnant ainsi le coup d’envoi d’un point de légende. Échangeant principalement de délicieux slices de revers, les deux gladiateurs se rendent gifles sur gifles dans l’arène new-yorkaise. Puis, après 36 coups de raquette, Becker prend un risque. Il décroise en revers, la balle accrochant alors la bande du filet… avant de retomber de l’autre côté. Boris peut lever les bras au ciel : il vient de remporter une bataille titanesque contre Lendl, soulevant le premier de ses trois Masters.

Becker… en cinq chiffres

• 2 • Le nombre de coups de raquette qu’il lui fallait pour s’adjuger un point. D’où son surnom : Boum-Boum. • 4 •Comme le nombre de tournois du Grand Chelem remportés par Novak Djokovic depuis que Becker l’a pris sous son aile. Sur huit. • 5  • Le nombre d’aces réussis, d’affilée, lors d’une rencontre de la Hopman Cup, en 1995. Andreï Medvedev s’en souvient encore.

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• 11 • Le nombre de saisons séparant le premier et le dernier titre de Boum-Boum en Grand Chelem. La preuve d’une belle longévité. • 17 • C’est à cet âge-là que Boris Becker remporte son premier tournoi du Grand Chelem, à Wimbledon. Il devient, en cette année 1985, le plus jeune vainqueur de l’histoire des Majeurs. Michael Chang battra ce record quatre ans plus tard.

omble du bonheur, étonnant paradoxe, c’est dans l’antre de la tradition tennistique, du protocole et de l’académisme, à Wimbledon, oui, que ce rouquin pubère et germanique signe son premier exploit. 17 ans, seulement, un âge où l’on prépare habituellement son baccalauréat, où l’on rêve sa réussite future, ses conquêtes féminines… Boris, lui, ne rêve déjà plus ; il concrétise et bouffe la réussite à pleines dents. Ce succès surprise, lourd à porter, le propulse rapidement au rang d’icône outre-Rhin où, avec Steffi Graf, le tennis est une religion. Heureusement, Ion Tiriac veille au grain et accompagne le jeune séducteur lors des soirées arrosées. Au début, cela suffit, mais, plus tard, quand l’adolescent devient un homme, un vrai, les moustaches du Roumain ne lui font plus peur. Alcool, femmes et pilules en pagaille… La comparaison avec Mick Jagger tient debout, car, plus le temps et les succès passent, plus Boris Becker semble complexe, seul, chahuté, tourmenté. Puis, un beau jour de 1993, vient Barbara. Comme ébloui par cet amour nouveau, Becker se stabilise enfin. Et envoie un message à son peuple, faisant front contre les critiques pointant du doigt ce couple mixte. À la Une d’un magazine people de référence, les deux tourtereaux proposent une mise en scène à la Benetton et, en un seul cliché, explosent les codes conservateurs de cette nouvelle Allemagne tout juste débarrassée de son mur de la honte. Provocation  ? Conviction  ? Boris Becker est le roi des paradoxes. Le plus connu reste sa manière de tousser avant chaque échange décisif, comme pour lâcher une pression trop importante, mais aussi donner un signe de nervosité à son adversaire du jour. A l’époque, quand Boris a la gorge irritée, c’est tout le pays qui s’agite. Car chacun de ses faits et gestes est scruté, analysé. « C   ’était insupportable, invivable  », se lamente, plus tard, l’homme aux yeux bleu acier. Inutile d’évoquer cette sombre soirée de fin de carrière où, dans les toilettes d’un bar, il s’échappe avec une jeune fille dont il ne connaît

TEXTE CLÉMENT GIELLY

pas le nom. « J ’ai fait ce que je devais faire  », explique l’intéressé, lors même qu’il apprend par pli recommandé, quelques mois après cette escapade, qu’il est une nouvelle fois papa. «  Avec le recul, je ne regrette rien. Aujourd’hui, c’est ma fille et je m’en occupe comme je peux. Je suis fier de tout cela.  » Ne jamais reculer, c’est un peu la devise de ce boxeur du fond du court, de ce puncheur au service de pachyderme. Boris Becker a marqué le début d’une nouvelle ère, celle du tennis en trois frappes, de la puissance, de la lourdeur. Bref, celle de l’éléphant. Et la porcelaine, dans tout cela  ? Il faut la chercher dans les lignes et les trajectoires de ce tacticien hors pair. Bourrin, Becker  ? Vous plaisantez… Plutôt un poète mal aimé, un extra-sensible dans un monde de brutes. A tel point qu’envahi par l’émotion lors de sa finale victorieuse face à Ivan Lendl en 1991, le Boris, devenu à cet instant numéro un mondial, décide de déserter le stade afin de se recueillir calmement. « J  ’étais seul avec moi-même. Je venais d’accomplir un rêve, mon rêve. Le reste importait peu.  »

ÉGOÏSTE, FORCÉMENT. UN PEU FOU, ÉGALEMENT. Sa carrière sportive terminée, c’est le fisc allemand qui essaya de le plumer, avant que Novak Djokovic, à la surprise générale, ne lui demande de revenir à ses premières amours. Boiteux, rongé, peu prolixe, Boris Becker a d’abord été raillé avant que le Serbe n’enchaîne les titres avec une aisance presque insoutenable. Aujourd’hui bien calé dans la player’s box, Boris lâche quelques sourires. On le sent presque calme, apaisé, prêt à rallier, enfin, le fameux cimetière, celui de ces champions devenus des coachs, des mentors. Logique, tant le garçon a du talent. •


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