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LE M AGA ZINE CULTUREL GENEVOIS info@gooutmag.ch www.gooutmag.ch


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ÉDITO Pour reprendre le plus illustre (et regretté) muezzin du magazine, à savoir Vincent Magnenat : d’une manière évidente, certaines réalités commencent à filer à des vitesses que l’on ne s’attendait pas à rencontrer quelques dizaines d’années auparavant. On a entendu de la presse prospecto-futuriste que le temps s’accélérait. Qu’est-ce que c’est que comme ce WTF à la crème sans lactose que cette histoire ?! Un autre input sur ce sympathique pure-player cristalesque nous disait très récemment que les perceptions s’accélèrent et leur dissociation avec. Autrement dit, le bordel qu’on mettait une itération à comprendre devient trop différent trop vite, et donc à la prochaine itération les champs ont tellement différé que tout devient plus bizarre, de moins en moins familier. Vous nous suivez ? Non ? Nous non plus, mais une chose est sûre : Go Out! fête ses 6 ans ! Age tendre dans une accélération métaphysique toujours plus rude, il illustre parfaitement l’état d’esprit de l’équipe à ce jour. Celui d’éternels mioches célébrant bruyamment l’implosion d’événements culturels que connait aujourd’hui Genève : les festivals s’enchaînent avec une ferveur épileptique et couvrent toutes les disciplines artistiques confondues, les lives fusent à l’image des expos et des perfos de théâtre et de danse. Dépassés par la supernova, ne sachant plus quoi couvrir en priorité et frisant le surmenage, Go Out ! voit progressivement Genève se hisser au rang de capitale culturelle à l’échelle européenne. Que rêver de mieux comme gâteau d’anniversaire ! Pour marquer le coup, la clique créative de l’agence Workshop se joint à la partie pour célébrer le papier face au raz-de-marée digital qui a contaminé l’ensemble de la presse. A travers une cover concoctée par leurs soins pour l’occasion, Workshop se joint à nous pour tirer la sonnette d’alarme sur un secteur fragilisé tout en présentant ses meilleures pensées au journal local « Les Nouvelles » qui vient de disparaitre. De son côté, Go Out ! remercie chaleureusement ses soutiens et ses partenaires grâce à qui il continue encore de scander en boucle et à tue-tête «sortez, découvrez et ne rentrez plus jamais ! » Bonne lecture

Mina Sidi Ali & Mabrouk Hosni Ibn Aleya

Go Out! magazine

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N°60 8

40.

IMAGE DU MOIS

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75.

VINS

HOTSPOTS

HORLOGERIE

DÉCOUVERTE

82.

AUTOMOBILE

52.

LIVE

ARTISANAT

55. 57.

72.

80.

51.

COUPS DE CŒUR, COUPS DE GRIFFE

13n59

CINÉMA

BIEN-ÊTRE

HISTOIRE

45. 46.

71.

EN FAMILLE

43.

HIGHLIGHTS

CULTURE

DANSE

39.

FESTIVAL

MADE IN GENEVA

RDV PRIS

85n 97

STAY COOL

61n83

EXPO, CLASSIQUE, THÉÂTRE, DANSE, CINÉMA, LIVE, AILLEURS

15. 21. 30.

FOCUS

ART/EXPO CLASSIQUE

33.

THÉÂTRE

37.

LIVRES

62. 64.

SPORT

Crédits photos : À gauche : The Third Murder Au centre : ©On Training À droite : Luxe, calme de Mathieu Bertholet ©Mathilda Olmi

LIVRES DU MOIS 67.

68.

BEAUTÉ

COSMÉTIQUES

EN COUVERTURE

IMPRESSUM

THE WORKSHOP

Editeur Association Go Out !

Duca, Anne Fatout, Pierre-Emmanuel Fehr,

Présidente Renate Cornu

François Graz, Olivier Müller, Soraya Nefil,

Vice-présidente Eve Lozeron-Gentile

Mathieu Roux, Fanny Scuderi, Yessine Sidi Ali,

Trésorière Mayla Chevrolet

Ameidie Terumalai, The Line, Alexis Valticos,

Rédacteurs Quentin Arnoux, Eleonora Del

Directrice de la publication

Lucia Von Gunten

Mina Sidi Ali • mina@gooutmag.ch

Stagiaire Mélissa N'Dila

Vice-directeur de la publication

Coordination de production

Mabrouk Hosni Ibn Aleya •

Musumeci S.p.A., Quart (AO)

mabrouk@gooutmag.ch

Go Out! magazine

Secrétaire générale de la rédaction

CONTACTS

Nyata Riad

info@gooutmag.ch

Graphiste Martin Besson

www.gooutmag.ch

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IMAGE DU MOIS

SAMUEL ZELLER Botanical Date de sortie : 26 avril Précommande : www.samuelzeller.ch Avril 2018

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HIGHLIGHTS AVE AV V

Pour sa 23ème édition le jeudi 3 mai prochain, l’association Art en Vieille Ville propose comme d’ordinaire un parcours arty unique à travers ses diverses galeries. Amateur des mouvements dadaïste et surréaliste, Go Out ! a déjà booké son rendez-vous à la Galerie Shifferli pour aller découvrir l’exposition intitulée « Dessins et photographies surréalistes » et succomber devant le montage de Max Ernst offert à Paul Eluard et intitulé : « Santa conversazione ». Jeudi 3 mai 2018 Portes ouvertes samedi 5 mai Visite gratuite mais inscription obligatoire info@avv.ch ou 079 359 82 44

Santa conversazione, 1921. 22,5 X 13,5 cm Signé en bas à droite: Max Ernst et dédicacé à Benjamin  Péret

PACE PARTOUT

La fameuse galerie d’art internationale Pace vient d’inaugurer son tout nouvel espace en Suisse après avoir participé à Art Genève début février. Présente déjà à New York, Londres, Pékin, Palo Alto et Séoul, elle investit un espace de 333 m2, sur les quais des Bergues. Pour bien démarrer, elle inaugure les lieux avec une exposition de grande envergure mettant en exergue les oeuvres de Sol LeWitt, Louise Nevelson et Adam Pendleton. L’exposition explore les affinités conceptuelles entre ces artistes multidisciplinaires, à travers leurs époques respectives et différents matériaux. De quoi régaler les amateurs d’art jusqu’au 4 mai ! Galerie Pace Quai des Bergues 15-17 1201 Genève www.pacegallery.com

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Sol LeWitt, Progessive Structure, 1997, painted wood ©Pace


HERMÈS

coups de c�ur d'hermès

FÉLIN ÉRUDIT

Alexis c'est le meilleur matou à avoir près de soi pour explorer les nombreux et sinueux chemins de traverse que j'emprunte au quotidien. Expert ès patrimoine, il ne connaît que des histoires que le commun des mortels genevois ne soupçonnerait même pas. Jovial et passionné, je m'en suis fait mon allié. Quand j’ai appris qu’il était médiateur à l'Ariana, le musée suisse de la céramique et du verre, je me suis dit que j’irai bientôt lui rendre visite. Les chats et les vases Ming ça fait un, n’est-ce pas ?

MELI- CHAT

Minois de chat des tropiques, Melissa vient de se greffer à ma petite cour sise 16 rue du Diorama. Originaire de la RDC (République Démocratique des Chats) elle est coquette, discrète et fait preuve d’une grande agilité dans l’exercice périlleux de flatter mon pelage en me caressant la tête. Vive d’esprit et amoureuse de la langue française, je l’ai prise sous ma patte pour lui enseigner l’art délicat de miauler des articles entre deux catwalks. Un futur léopard prend forme, gare !

Avril 2018

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MISHIMA

coups de griffe de mishima

DÉCÈS D ’UN CINÉM A

Je viens d’apprendre que le Conseil d’État a entièrement invalidé l’initiative visant à sauver le cinéma du Plaza. Nom d’une litière mal curée ! Un bijou marqué de la patte de l’architecte Marc-Joseph Saugey où mes aïeux aimaient ronronner avec leur bol de pop corn aromatisé à l’herbe à chat va donc faire place à un parking et un circuit pour caddies. Rien que d’y songer me fait vomir des poils, pouah !

PL ACE À L A DANSE

Chat épicurien par excellence, j’aime miauler à tue-tête tard le soir pour faire sursauter mes maîtres, renverser ma litière pour les voir ensuite nettoyer et même tapisser leurs manteaux de poils cinq minutes avant qu’ils ne filent besogner. Parmi ces petits délices de la vie, un me fait particulier ronronner les pattes à l’air : le flop du référendum contre le Pavillon de la Danse. Tellement jouissif que j’ai esquissé un cha-cha-cha chorégraphié avec Hermès. Une performance tellement bien exécutée que L’ADC a souhaité nous programmer. Si seulement on n’était pas surbooké par toutes nos siestes...

Go Out! magazine

Pavillon de la Danse

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INDÉPENDANT DEPUIS 200 ANS, MIRABAUD CONÇOIT LA DIFFÉRENCE COMME UNE RICHESSE. C’EST POURQUOI NOS SERVICES EN WEALTH MANAGEMENT, ASSET MANAGEMENT ET BROKERAGE S’ADAPTENT À LA RÉALITÉ DE CHACUN. ENSEMBLE, PARTAGEONS DE NOUVELLES PERSPECTIVES.

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# CULTURE

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King Arthur HENRI PURCELL

or The British Worthy.

NOUVELLE PRODUCTION

26.04 > 9.05.2018 À L'OPÉRA DES NATIONS DIRECTION MUSICALE LEONARDO GARCÍA ALARCÓN | MISE EN SCÈNE MARCIAL DI FONZO BO

SCÉNOGRAPHIE CATHERINE RANKL | COSTUMES PIERRE CANITROT | LUMIÈRES YVES BERNARD | KING ARTHUR SIMON GUELAT | OSMOND THOMAS SCIMECA | OSWALD BENJAMIN JUNGUERS | CONON STEPHANE COMBY | AURELIUS / PHILIDELL SILVAIN DUFOUR | EMMELINE LAURE AUBERT MATHILDE / GRIMBALDT / GUILLAMART PAUL LAURENT | ALBANACT SEBASTIEN GAUTIER | AVEC ED LYON, BERNARDA BOBRO, FRANÇOIS-NICOLAS GESLOT, CHLOÉ CHAVANON, IULIA ELENA PREDA, MI-YOUNG KIM, NAUZET VALERÓN, PHILLIP CASPERD

CHŒUR DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE | CAPPELLA MEDITERRANEA WWW.GENEVEOPERA.CH | T +41 22 322 5050

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FOCUS

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ANS !

S’il y a bien une chose que l’on traîne dans sa gibecière après 6 années passées à écumer les lieux culturels de la ville, c’est bien les histoires. Pour marquer le coup, la team Go Out! vous confie à tour de rôle, ses ragots, anecdotes et coup de cœur tirés des plus souterraines salles de concerts aux plus prestigieux musées. Récits éclatés.

mina mabrouk Lieu culturel préféré : Cave 12 Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Un soir durant lequel on se faisait les dents sur un énième bouclage, deux illustres OVNIS de l’électro-shaabi, du nom de PRAED, débarquent à la Cave 12. Qu’à cela ne tienne, j’envoie valser mon laptop, agrippe le bras de Mina et manque de le lui arracher en l’y trainant manu militari. La salle était quasi vide, le son délicieusement saturé et la boîte à rythme, au bord de l’implosion. Dans ce raz-de-marée sonique, le chanteur scandait des paroles dans un arabe saccadé, cathartique, quasi hypnotique. Entrainés, on s’est retrouvé sans même s’en rendre compte à exécuter une danse de Saint Guy façon balle de flipper. Un combo. Go Out! magazine

Lieu culturel préféré : Le Walden

Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Autant vous dire d’emblée qu’il m’a été âpre de trancher parmi les mille et un joyaux culturels dont Genève fourmille ! J’ai finalement opté pour le Walden. Bien que ce ne soit pas un lieu où je me rende fréquemment, c’est dans cet antre de la culture alternative que mes yeux captivés se sont posés pour la première fois en 2014 sur celui qui deviendra mon duo, ma vitamine C, mon génie, ma poésie, mon atome d’élégance et d’intelligence, ma tempête des sens – aussi déroutant et audacieux que généreux – Mabrouk.

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FOCUS

fabien Lieu culturel préféré : Le Grand Théâtre de Genève Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? L’impressionnante visite du chantier du Grand Théâtre que j’ai eu la chance d’effectuer en 2017, où j’ai vu d’incroyables artisans œuvrer pour rendre toute sa splendeur à l’un des plus beaux édifices de Suisse romande.

©Louise Comte

yessine

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Lieu culturel préféré : Les Voiles

Lieu culturel préféré : La Gravière

Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Un soir je devais juste passé une petite heure représenter le magazine aux Voiles pour un événement qui se déroulait à 18h30 car le lendemain j'avais un avion à prendre à 9h. Résultat final : Je suis rentré à 6h du matin et j'ai eu mon vol juste à temps ! L'ambiance des Voiles peut se révéler dangereuse si vous avez des impératifs le lendemain...

Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Creuset des rencontres incroyablement enrichissantes et marquantes, plaisirs sonores et interactions magiques font de ce lieu un endroit précieux à mes yeux....

françois Lieu culturel préféré : L’Undertown Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Un lieu où petitesse ne rime pas avec faiblesse, comme en témoigne chaque concert dantesque que j’ai passé là-bas, non sans une certaine ivresse. Avril 2018

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FOCUS

anne Lieu culturel préféré : La salle Pittoëff, qui change d'ambiance au gré des événements Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? S'installer dans les vieilles bagnoles et regarder des vieilles séries dans la cour pour une des éditons du Giff, qui était le "Tous écrans" à l'époque. Génial !

Ameidie Lieu culturel préféré : TCAG Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Un moment marquant ou plutôt une pièce marquante pour moi, c’est sans aucun doute « La grenouille avait raison » de James Thierrée au TCAG. Je ne m’attendais pas à voir une œuvre d’art aussi poétique et ingénue cachant autant de complexités acrobatiques et techniques. La petite larme à l’œil à la fin du spectacle a résumé mon émoi devant tant de génie artistique.

quentin Lieu culturel préféré : La fondation Bodmer Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Leur exposition sur les routes de la traduction, car la diversité et la richesse que peut prendre une traduction épouse parfaitement la diversité de leur collection permanente.

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FOCUS

alexis Lieu culturel préféré : Le Grütli Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? J'aime tout particulièrement les cycles de cinéma italien et aussi les petites pièces de théâtre jouées entre midi et deux avec un repas en prime. Un bon moyen de briser le train-train...

pierrem Lieu culturel préféré : Le Théâtre des Amis de Carouge Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Les premières de Raoul Pastor qui se terminaient avec un buffet orgiaque dans d'épaisses volutes serpentines...

nyata Lieu culturel préféré : Le Muséum d’histoire naturelle Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Où récemment, alors que je visitais l’exposition consacrée aux fourmis avec deux de mes amis également biologistes, on s’est fait moucher par un enfant de 10 ans bien plus calé que nous en entomologie…

Avril 2018

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FOCUS

lucia Lieu culturel préféré : La street Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? J'adore les installations lumineuses Neon Parallax sur les immeubles bordant la plaine de Plainpalais, une plaine qui n'a jamais et ne sera peut-être jamais aussi resplendissante qu'une fois la nuit tombée.

martin Lieu culturel préféré : Les Bains des Pâquis Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Les Aubes musicales. Sous les feux du jour naissant, les habitant.e.s de tout horizon se rassemblent pour la passion de la musique. Une osmose rare de nos jours, mais révélatrice de la nature cosmopolite de la cité genevoise.

fanny Lieu culturel préféré : Le Spoutnik Un événement ou une anecdote sur ce lieu ? Autoproclamé à juste titre « le plus beau cinéma du monde », c’est le plus chaleureux des cinés. Des sièges qui tressaillent de plaisir quand on s'y assoit et une programmation éclectique, qui n'a pas peur d'aller chercher des pépites cinématographiques sensibles, révolutionnaires, loufoques, moches, extraordinaires, enragées. Un des meilleurs moments : une séance psychotronique avec la visualisation d'un film d'horreur états-uniens des années 70, de série Z, à minuit. Mauvais et hilarant, toutes les personnes de la salle riaient joyeusement ensemble ! Go Out! magazine

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VENDREDI 4 MAI 2018 20H

SALLE DU LIGNON

IOLANTHE OPÉRA DE PIOTR ILITCH TCHAÏKOVSKI THÉÂTRE ORCHESTRE BIENNE SOLEURE

DIMANCHE 6 MAI 2018 16H

© Konstantin Nazlamov

OPÉRA

Culture et communication • 022 306 07 80 www.vernier.ch/billetterie


ART/EXPO

EXIL EXHIBÉ

Après avoir sensibilisé le public à la problématique entourant la disparition des abeilles, l’association les Berges de Vessy, dont l’éponyme site d’installation appartient aux SIG, vise désormais et jusqu’à fin octobre à faire prendre conscience de certains enjeux relatifs aux migrations humaines et aux situations d’urgence qui en découlent. Déployée en un triptyque d’expositions complémentaires, Urgence humanitaire, se déplacer et vivre évoque tant les difficultés logistiques que les souffrances humaines, rapprochées de nos réalités qui en sont pourtant si distantes via des scénographies intelligentes, adaptées à ces thématiques délicates. Par NYATA NATALIE RIAD

A l’étage supérieur, Destination Croix-Rouge, une exposition itinérante préalablement passée par le Musée Suisse des Transports de Lucerne, convie le visiteur à un aperçu des activités de la Croix-Rouge suisse à l’étranger, notamment en termes de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, d’autant que celles-ci influent le plus fortement les populations déjà pauvres. Sur un mode ludique, l’exposition permet de sélectionner par des bornes interactives une destination parmi six pays où la Croix-Rouge suisse travaille: Ethiopie, Ghana, Haïti, Honduras, Népal ou Philippines. Se déclenche alors un itinéraire qui dévoile les particularités de chaque pays en matière de mobilité, communication ou culture, dont la prise en compte est indispensable dans le cadre du travail humanitaire. Une machine à voyager dans le temps, avec Henry Dunant à l’animation, transporte aussi le visiteur, mais cette fois à travers les siècles et les moments déterminants qui ont marqué et risquent de marquer le monde.

©Rafaela Aly

A la base de la pyramide des besoins élaborées par Maslow se situe la nécessité d’être abrité, au même titre que manger par exemple. L’exil, qui se définit en premier lieu par la destruction ou l’obligation de quitter son habitat, pose évidemment la question des défis liés à l’hébergement des populations qui y sont contraintes. Par le biais de son programme de recherche, la Fondation Braillard Architectes invite, avec le volet Architectures d’urgence, à mieux comprendre quatre aspects ayant trait à la problématique du logement. En guise d’introduction, un corridor à ciel ouvert déroule sur ses façades des images d’archive qui reviennent sur des déplacements majeurs de réfugiés et les causes qui les ont initiés. L’immersion se poursuit avec des images issues d’une recherche effectuée par la Cité de l’architecture et du patrimoine et présentées sur des bâches et du bois, matériaux typiques dans la réalisation d’abris improvisés, révélant les dures conditions d’accueil dans divers camps à travers le monde. Un film portant sur la gestion de la crise migratoire en zone urbaine, réalisé par l’Hepia sur la base de recherches menées par l’institution est également à découvrir, tout comme les relevés de terrain issus de la « jungle » de Calais peu avant son démantèlement.

Go Out! magazine

Enfin, la série de photographies de Vanna Karamaounas intitulée Exo Mattresses se penche sur la question de l’exode – qu’elle envisage comme une « force oubliée propre à l’Homme pour construire ou se reconstruire  »  – par l’entremise d’un objet singulier : le matelas. Synonyme, un temps du moins, d’un passé stable, les matelas ou ce qu’il en reste, photographiés sans les personnes auxquels ils appartiennent ou ont appartenu, sont ici cependant les témoins bouleversants d’autant de peur et de lassitude, de périples usants mais aussi de courage et de rêves qui poussent les humains sur les routes de l’exil. Urgence humanitaire, se déplacer et vivre Jusqu’au 31 octobre 2018 49, route de Vessy - 1234 Vessy lesbergesdevessy.ch

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ART/EXPO

SOUS LES PAVÉS, LES SITUATIONNISTES !

Ralph Rumney, sans titre, 1959 ©Annik Wetter–MAMCO, Genève

S’insurger contre l’ordre des choses, entre autre grâce aux arts. Le projet de l’Internationale situationniste (IS), naît dans les années 50 alors qu’en France le développement d’une société du spectacle, ainsi définie par l’écrivain et cinéaste Guy Debord, explose. Actuellement en vue au MAMCO, « Die Welt als Labyrinth » (Le monde comme labyrinthe) retrace l’histoire de l’IS – son avènement, ses figures centrales, ses pôles, ses fondements, ses codes ainsi que ses provocations – qui ira presque malgré elle jusqu’à nourrir les ardeurs des milieux estudiantins français pour se cristalliser dans le réveil populaire de Mai 68. Une exposition aussi dense qu’intéressante dédiée à un phénomène artistique initialement peu regardé avant d’être rétrospectivement qualifié de dernière avant-garde du 20e siècle, dont l’esthétique plurielle, sinon l’idéologie en rupture avec une gauche devenue trop lisse, captive. Par LUCIA VON GUNTEN

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ART/EXPO

SOULÈVEMENT ARTISTIQUE

Communément appelés les situationnistes, qui sont ses membres fondateurs ? Sept artistes et intellectuels français et étrangers, animés d’une conscience politique et porteurs d’un regard critique sur le monde qui les entoure. Du point de vue artistique, cette rébellion se manifeste par un détachement des courants en vogue que sont le Surréalisme et le Bauhaus ou encore le Lettrisme et même CoBrA, ainsi que le désir d’évolution au sein de petites fractions artistiques aux noms évocateurs: le Laboratoire expérimental d’A lba, le Bauhaus Imaginiste, l’Internationale Lettriste (IL) ou encore le Comité psychogéographique de Londres. Bien que rejetés, les mouvements dominants de l’époque marquent durablement l’esthétique situationniste en devenir, avec en premier lieu le Lettrisme fondé à Paris en 1945 par Isidore Isou. Les conventions de l’écriture, de la musique et de l’image sont mises à mal jusqu’à s’en prendre au cinéma avec la création de films d’avantgarde signés notamment Gil Joseph Wolman et Guy Debord, lequel, entouré de ses complices, fonde en Italie à l’été 1957 l’Internationale Situationniste.

Michèle Bernstein, Guy Debord, J.V. Martin, Président français Charles de Gaulle sur une cible de tir, 1963 ©Annik Wetter–MAMCO, Genève

CONSCIENCE RÉVOLUTIONNAIRE

Loin des procédures et des préoccupations stylistiques, les situationnistes partagent surtout la volonté commune de provoquer. Une provocation qui perçoit l’art comme un outil de dénonciation du fonctionnement systématisé d’une société d’après-guerre progressivement sclérosée. Avec en première ligne l’institutionnalisation et la marchandisation du milieu de l’art, à l’image des rouleaux de toile de peinture industrielle (1957) vendus au mètre par le peintre italien Giuseppe Pinot-Gallizio. L’art ne reste cependant qu’un moyen d’expression pour ce groupe à l’organisation politique balbutiante, qui à travers ses méthodes cherche, outre la dénonciation, à mettre en place un contexte – composé de situations – où philosophie et action puissent se rencontrer dans le triomphe.

Giuseppe Pinot Gallizio, sans titre, 1957 ©Annik Wetter–MAMCO, Genève

collage, ainsi que la peinture sur peintures d’Asger Jorn ont un air de déjà-vu lassant. Plus séduisante est l’attention portée sur les motifs du labyrinthe et de l’urbanisme, en particulier chez le peintre anglais et fondateur du Comité psychogéographique de Londres Ralph Romney qui, dans ses majestueuses réalisations à la feuille d’or, rappelle l’importance de la dérive, vecteur de liberté et de renouveau, véritable fer de lance d’un mouvement artistique aux accents politiques prophétiques.

LA DÉRIVE À TOUT PRIX

Répartis sur plusieurs pays, les situationnistes tiennent à conserver la dimension internationale qui a vu la création de leur organisation. Pour autant, ils restent fidèles à leurs caractéristiques maîtresses - la dissidence et le rejet. Minoritaires et exclusifs, ils persistent jusqu’à l’auto-dissolution du groupe en 1972, trouvant toujours le moyen de souligner leur singularité et d’échapper aux travers d’une structure établie, quitte à exclure leurs propres membres. En art, ces préoccupations trouvent écho dans des procédés de déformation plus ou moins réussis. Le recours répété des SPUR - section allemande de l’IS, aux procédés du Go Out! magazine

Die Welt als Labyrinth Jusqu’au 6 juin 2018 Musée d’art moderne et contemporain 10, rue des Vieux-Grenadiers - 1205 Genève mamco.ch

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JEAN MOHR

DESSINS ITALIENS DEUNE LAÉCOLE RENAISSANCE COLLECTION DE L’ACADÉMIE BUISSONNIÈRE DES BEAUX-ARTS DE DÜSSELDORF

PHOTOGRAPHIES

cabinet d’arts graphiques MAISON TAVEL, GENÈVE du musée d’art et d’histoire 28 MARS2017 – 15- JUILLET 2018 29 septembre 7 janvier 2018 Un musée Ville de Genève www.mah-geneve.ch


ART/EXPO

SERIAL COLLECTOR

Lionel Aeschlimann devant l'œuvre de Royden Rabinowitch, 5th Lesson of Emmanuel Feuermann, acier huilé 160x160x80cm, coll. MAMCO, don Max Wandeler ©David Wagnières - Mirabeaud

Il y a déjà belle lurette que l’univers de la finance et celui des arts ont uni leur destin. Mais depuis quelques années, le couple séculaire vit un vif retour de flamme. A Genève, Mirabaud cultive de solides accointances avec le monde de l’art contemporain. Sous la houlette de Lionel Aeschlimann, associé et CEO du groupe bancaire et financier, l’entreprise bicentenaire a développé une remarquable collection d’art constituée avec passion et reflète une pluridisciplinarité du monde, une ouverture d’esprit sans distinction de medium. Mirabaud ne se repose pas sur son passé et pense à aujourd’hui et demain. Comme le souligne avec sagacité son curateur, Lionel Aeschlimann ; « Les artistes ont souvent 10, 15 ans d’avance sur nous et notre vision du monde ». Ce gentleman érudit égraine les références arty aussi habilement et rapidement que Basquiat ses coups de pinceaux ! Avec beaucoup de discernement, il tisse un passionnant réseau narratif sur la nécessité de l’art contemporain dans la cité. Intarissable, on l’écouterait des heures durant. Entretien avec un collectionneur d’art visionnaire aussi passionné que passionnant. Par MINA SIDI ALI

Go Out! magazine

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ART/EXPO

Comment décririez-vous votre rapport à l’art contemporain ? Je suis collectionneur d’art même si je l’ai longtemps nié. Mais à partir du moment où on n’a plus de place sur ses murs, on doit bien se rendre à l’évidence (rires) ! Le terme collectionner évoque des éléments auxquels on ne s’associe pas vraiment, comme mettre des choses dans du formol. Non ! Quand on achète c’est pour avoir un dialogue avec les artistes, c’est pour montrer, pour vivre avec. Il n’y a rien de poussiéreux, l’idée de collection, ce n’est pas de mettre sur des étagères ses œuvres d’art mais c’est au contraire de vivre et d’entretenir un dialogue avec. Pour la Banque Mirabaud, vous endossez une nouvelle fonction, celle de curateur. Comment la collection s’est-elle constituée ? Oui, c’est effectivement un travail de curateur mais il est vrai que je ne suis pas formé à cet exercice. Au début ce n’était pas évident et on a vite réalisé avec enchantement qu’au sein de Mirabaud, beaucoup d’employés s’intéressent à l’art contemporain. On a une association avec les employés avec laquelle on organise diverses activités et en ce qui concerne celles dédiées aux expositions, la capacité d’étonnement est très présente. C’est une aventure magnifique. Cette collection me tient à cœur, pour Genève, pour les artistes, pour la Suisse en général et pour l’art. On a besoin d’art. La liberté se restreint de plus en plus dans le monde. Ainsi, nous avons besoin d’artistes qui conservent et développent ces espaces d’émotions. Leur univers est l’un des derniers remparts à la liberté complète.

Ann Veronica Janssens Magic Mirror Pink #2, 2013-2016 120 x 120 x 1,8 cm Film dichroïque, verre de sécurité, verre flotté

plus fortement en soutenant des artistes, l’effervescent Quartier des Bains, le pôle muséal qu’est le MAMCO et la Foire internationale d'art contemporain (FIAC) à Paris dont nous sommes partenaires. Nous souhaitions conserver l’idée qu’au fond l’art contemporain est un cluster, un microcosme doté d’artistes – c’est par eux que tout naît – de galeristes à soutenir car ils font la promotion de ces derniers et souvent les produisent. Tout est interdépendant, tout le monde doit collaborer main dans la main. Il faut également que les politiques s’investissent davantage pour cette création artistique et pour en faire profiter la population. Car l’art contemporain est un art populaire, il est loin d’être élitiste ! Il y a un amalgame à ce sujet, ce qui est fort dommage. Il faut souligner que la plupart des artistes sont des révolutionnaires, des contestataires, critiques de la société et sont parfois même très politiquement engagés. On doit faire plus pour l’art contemporain à Genève. Et comme entreprise bicentenaire, je trouve que Mirabaud a une responsabilité sociale. On est là pour nous occuper de nos clients, faire du profit, créer

La Banque Mirabaud s’implique depuis longtemps dans ce projet de promotion artistique. Elle ne se limite pas à acquérir des œuvres d’art mais soutient diverses institutions… Les associés de la banque se sont impliqués depuis longtemps dans l’univers de l’art contemporain. Ainsi, il y a bientôt trente ans, l’un des membres de la banque a été l’un des six membres fondateurs du Musée d'art moderne et contemporain (MAMCO). Cela représentait un engagement fort à l’époque. Depuis, pas grand chose n’avait été mis en place afin de poursuivre ce soutien. Ainsi, il y a environ six ans, nous avons décidé de nous investir

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ART/EXPO

José María Sicilia LA LOCURA DEL VER (VERDE), 2017 Technique mixte sur bois 200 x 200 cm

de l’emploi, mais on doit également être présent pour la cité. S’engager dans l’art, soutenir les artistes sont des responsabilités d’entrepreneurs. Ces derniers suscitent en nous la réflexion et nous font sortir de notre zone de confort. Cela fait également réfléchir nos collaborateurs, cela permet d’entamer des débats et des dialogues avec nos clients. Tout cela est très enrichissant et stimulant !

nous sommes partis sur l’idée de les habiller de trois pièces par artiste. Ainsi, à Zurich on a entre autres une salle avec les œuvres de Cornelia Parker, l’une avec celles de Marina Abramović, puis une autre avec celles de Roman Signer et les corridors sont investis par les créations de Stéphane Kropf.

Comment distinguez-vous votre collection d’art personnelle et celle de la banque ? Comment s’opèrent vos choix pour Mirabaud ? Dans une collection personnelle, on peut tout faire car l’on engage que soi. Dans une collection d’entreprise, on a davantage de responsabilité, à l’égard de ses associés, de ses collaborateurs et des ses clients. Il est donc essentiel de pouvoir s’adosser à des spécialistes du marché de l’art qui pourront confirmer nos choix, nous aiguiller, car ils ont la connaissance du marché. La collection de la banque est aujourd’hui dotée de 300 œuvres d’artistes établis et des talents émergents. Nous avons des salons pour nos clients dans plusieurs villes dans le monde et Go Out! magazine

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MENUHIN COMPETITION

12 – 22 AVRIL 2018 GENÈVE

VENDREDI 20 AVRIL 19h30 Victoria Hall

SAMEDI 21 AVRIL 19h30 Victoria Hall

DIMANCHE 22 AVRIL 17h Victoria Hall

L’ORCHESTRE DE CHAMBRE DE GENÈVE

ROYAL PHILHARMONIC ORCHESTRA

ROYAL PHILHARMONIC ORCHESTRA

CINQ FINALISTES JUNIORS violon

JULIAN RACHLIN direction

JULIAN RACHLIN direction & violon*

FINALES JUNIOR

FINALES SENIOR

GALA DE CLÔTURE

Vivaldi Les Quatre Saisons, Op. 8 No 1-4

QUATRE FINALISTES SENIORS violon

Jaehyuck Choi Self in Mind nouvelle commande, première mondiale

Bruch Concerto pour violon en sol mineur Op. 26

LAURÉAT SENIOR violon***

Mendelssohn Concerto pour violon en mi mineur, Op. 64

SOYOUNG YOON violon^

Mozart Concerto pour violon No 5 en la majeur KV. 219 Prokofiev Concerto pour violon en sol mineur, Op. 63 Saint-Saëns Concerto pour violon No 3 en si mineur, Op. 61

LAURÉAT JUNIOR violon** MAXIM VENGEROV violon^ ILYA GRINGOLTS violon^ Mozart Ouverture : Les Noces de Figaro Vivaldi Concerto des Quatre Saisons** Mouvement Concerto à déterminer*** Kreisler Liebesleid & Schön Rosmarin des Trois vieilles danses viennoises* Vivaldi Concerto pour quatre violons en Si mineur, RV 580*^

menuhincompetition.org

Tchaikovsky Romeo & Juliette Ouverture fantaisie


ART/EXPO

JEUX DE REGARDS Idéalement située, la nouvelle exposition présentée à la Villa du Parc, est le fruit d’une collaboration entre un groupe d’étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art Annecy Alpes (ESAAA), le Fonds cantonal d’art contemporain de Genève (FCAC) et le Centre d’Art. Le temps d’une exposition, les étudiants deviennent de jeunes commissaires. Et pour le FCAC, c’est l’occasion d’exposer des œuvres provenant de leur riche collection. On court découvrir l’exposition et soutenir ce projet pédagogique ! Par ELEONORA DEL DUCA

figures internationales, dont Candida Höfer, Louise Lawler et Dan Walsh. Le visiteur, ou l’habitant temporaire, est invité à déambuler entre les pièces, la véranda et le balcon de la demeure bourgeoise qui abrite le Centre d’Art d’Annemasse. Au détour d’éléments scénographiques, eux aussi pensés par les étudiants dans un souci de geste plastique, le public découvre les quelques vingt-cinq œuvres sélectionnées par les commissaires en herbes et qui se laissent découvrir dans un cadre domestique. Mais ce qui importe vraiment avec Idéalement située ne sont pas les signatures des artistes, qui passent peut-être même au second plan. L’attention et la réflexion des commissaires est dirigée vers l’espace d’exposition ainsi que vers le dialogue entre les objets d’art. Un fil rouge relie alors les œuvres : l’idée de la perspective, du regard vers l’intérieur du tableau, de la mise en abyme. Mais les œuvres pourraient aussi ouvrir des brèches, des portes et des fenêtres interdites vers une autre dimension, au-delà des murs de la Villa du Parc. L’exposition porte bien son nom. Les œuvres sont idéalement situées, elles offrent des surfaces de projection mais elles deviennent aussi et surtout des espaces donnant accès à un ailleurs.

Thomas Huber, Angle II, 2002 ©Serge Frühauf

D’un côté, des étudiants en art qui enfilent les habits de commissaire d’exposition et de l’autre, un Fonds cantonal qui dépoussière des œuvres que trop rarement exposées. Avant de mettre sur pied Idéalement située à la Villa du Parc, les étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art à Annecy ont eu carte blanche pour décortiquer la collection du FCAC et choisir des œuvres. L’exposition, visible jusqu’au 2 juin, est ainsi un coup gagnant pour tous les participants : les étudiants mettent un premier pied dans le milieu professionnel alors que le FCAC dépoussière des œuvres que trop rarement exposées. Idéalement située devient aussi l’occasion d’explorer les nouvelles synergies possibles entre étudiants et spécialistes du milieu de l’art.

Idéalement située Jusqu’au 2 juin 2018 Villa du parc, Centre d’art contemporain 12, Rue de Genève - 74100 Annemasse www.villaduparc.org

Dans la Villa du Parc, le travail d’artistes suisses tels que Stéphane Dafflon, Sylvie Fleury, Guillaume Pilet ou Marta Riniker-Radich se mêle aux productions de

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CLASSIQUE

SI MENUHIN ENTENDAIT ÇA

©Menuhin Competition

Ils sont jeunes et en ont sous la pédale. Ils donneront le meilleur d'eux-mêmes pour éblouir le jury et un vaste public lors du concours Menuhin qui aura lieu du 12 au 22 avril, à Genève pour la première fois depuis sa création en 1983. Réputé pour son excellence, il est bien plus qu'une compétition internationale de violon, sinon un véritable festival ouvert sur le monde, avec des concerts, des masterclasses, des projections, des rencontres avec le public et des projets spéciaux. Parmi plus de 300 candidats de moins de 22 ans venus du monde entier, 44 jeunes prodiges ont été retenus pour participer à cette édition. Ils se produiront dans des pièces de bravoure et des chefs-d’œuvre du répertoire classique, accompagnés des meilleurs orchestres. La moyenne d'âge générale est de 15 ans. En avant pour un bain de jouvence en musique sur fond de suspense. Par ANNE FATOUT

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CLASSIQUE

YEHUDI, SORS DE CE CORPS!

A l'âge où Pokemon et autres joyeusetés digitales occupent la plupart des têtes blondes, le plus jeune des génies en herbe manie l'archet comme un dieu. A 7 ans, il concourt dans la catégorie Junior avec les moins de 16 ans. Point de colonies de petits singes savants pourtant, sinon une belle brochette d'artistes à la maturité étonnante. Quant aux virtuoses les « plus vieux » (entre 16 et 22 ans), ils seront départagés en catégorie Senior.

Pamela Frank, présidente du jury ©Nicolas Lieber

Nous sommes déjà dans la cour des grands et il est loin, très loin, le crincrin des concerts amateurs devant des parents à l’œil larmoyant d'amour. Ici, la progéniture a une maîtrise instrumentale éblouissante et sa capacité d’interprétation coupera le souffle à l'auditeur qui n'aurait pas été touché par la grâce de l'émotion, au point d'en oublier la dimension compétitive. LE VIOLON ROI

Ilya Gringolts, membre du jury ©Tomasz Trzebiatowski

En dix jours, l'événement explore le répertoire violonistique de fond en comble, avec foison d'œuvres d’anthologie, de la musique de chambre aux pièces de virtuosité en passant par les grands concertos. Des masterclasses seront données par plusieurs membres du jury les 19 et 20 avril, offrant l'opportunité d'apprécier leur approche pédagogique et artistique. Quelques projections gratuites s'ajoutent au programme, avec notamment quatre films sur Yehudi Menuhin, une projection avec Seiji Ozawa et un film en collaboration avec le FIFDH. Un séminaire sur la prévention des blessures liées au métier de musicien et plusieurs conférences seront données à l'école internationale. Notons aussi une touche tzigane avec l'original Roby Lakatos, en concert avec son ensemble à l'A lhambra le 19 avril.

BELLE MENTALITÉ

La violoniste américaine Pamela Frank, présidente du jury, se dit honorée et ravie de « participer à cette aventure artistique et humaine basée sur le plaisir pur et simple de la pratique musicale ». Le pianiste Itamar Golan, lui aussi invité, ajoute : « (...) Les jeunes générations doivent se mettre à la recherche de la perfection et de la beauté. N’est-ce pas ce pour quoi Menuhin s’est battu ? Le pacifisme poétique de l’âme humaine ». Que le meilleur gagne. Alea jacta est !

Concours Menuhin Du 12 au 22 avril

Côté compétition, les éliminatoires ont lieu au Centre des arts de l’École Internationale puis au Conservatoire de musique de Genève. Puis RDV au Victoria Hall pour les demi-finales et finales, en compagnie de l'Orchestre de Suisse Romande, de l'Orchestre de Chambre de Genève et du Royal Philharmonic Orchestra. Lors du gala de clôture le 22 avril, les finalistes juniors et seniors seront accompagnés par ce dernier, sous la direction de Julian Rachlin (également au violon) et en compagnie des membres du jury Maxim Vengerov, Soyoung Yoon et Ilya Gringolts.

Go Out! magazine

Divers lieux de Genève 022 525 64 21 www.menuhincompetition.org

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Avec le soutien de la Ville de Genève et de la République et canton de Genève et du canton de Vaud Grands mécènes : Association genevoise des Amis de l’OSR, Association vaudoise des Amis de l’OSR, Loterie Romande, Fondation Leenaards, Fondation Francis & Marie-France Minkoff, Mme Aline Foriel-Destezet, Fondation de bienfaisance du groupe Pictet Partenaire de prestige : Credit Suisse — Partenaire de saison : SIG — Partenaire de diffusion : Radio Télévision Suisse Partenaire institutionnel : JTI


THÉÂTRE

AUTOPSIE ANTEMORTEM Epuré, le dispositif brille par sa simplicité : une scène tapissée de noir est délimitée d’une paroi en plexiglas à travers laquelle se tiennent trois actrices. En contrebas se dresse une cage transparente, plus éclairée, d’où retentissent des BPM de house de supermarché. A l’intérieur gît un éphèbe esquissant silencieusement une rave solitaire. Plus haut, trois créatures, tantôt humaines, tantôt animales, cherchent à appréhender les raisons du suicide de l’adolescent. Pendant que, plus bas, son esprit se tortille en totale déconnexion. C’est dans ce décor que se dévoile « Change l’Etat d’agrégation de ton chagrin ou qui nettoie les traces de tristesses », la dernière pièce de la saison DRÜÜÜ, mis en scène par Anna Van Brée. Fruit de la plume acérée de la zurichoise Katja Brunner, la jeune écrivaine suisse part d’une situation de deuil pour finalement autopsier la logique des constructions sociales. Un brillant dépeçage cathartique qui, opéré avec le tranchant du cynisme, n’épargne ni la famille, ni les genres, ni même la langue. A découvrir du 23 avril au 13 mai. Par MABROUK HOSNI IBN ALEYA

Clôturant la saison 2017-28 du Poche, le 7ème cargo s’amarre dans une nuée de larmes avec la pièce « Change l’Etat d’agrégation de ton chagrin ou qui nettoie les traces de tristesses ». Un titre, 23 syllabes et autant de surins avec lesquels l’écrivaine Katja Brunner triture le sens de la vie à travers la confusion, le deuil et l’incompréhension causés par le suicide d’un adolescent. Point de départ de la pièce, la nature tragique et incompréhensible de l’événement déclenche un échange vitaminé entre différents êtres protéiformes (larves, renards et humains). Défilent alors les questions et les tentatives de réponses. Elles portent d’abord sur l’instigateur de l’acte puis sur la figure de la mère pondeuse, du rôle qui lui est attribué dans la société et de sa trop « logique » culpabilité. Se dresse alors une table de dissection à mesure que les questions débordent. Les sujets défilent à l’image d’un oignon qu’on épluche pour finalement échouer sur celui-ci : « Faut-il au final mieux pleurer les gens à leur naissance et non à leur mort ?  » A la gravité du point d’interrogation, Katja Brunner dresse un parallèle avec l’acte insouciant de la conception. Un acte qui se conclut par « un corps paternel déchargé et détendu » et « le ventre intérieur de la mère fortement stimulé […] qui choisit de ne pas se masturber ».

sentiments, ni la clairvoyance, ni même les mots à travers lesquels elle se construit et prend sens. Pendant ce temps, dans la cage transparente dressée en contrebas de la scène, le defunt adolescent en question continue à errer immobile dans sa captivité. Profonde, exigeante et mesurée, la plume de Katja Brunner lui a valut sans surprise de se voir primée, à seulement 23 ans, du Mülheimer Dramatikerpreis, le plus prestigieux prix de l’écriture dramatique germanophone. Normal, Diogène recommanderait certainement de découvrir sa pièce un casque vissé sur la tête*.

Cyniques et cathartiques, jouant sur les divers champs de la rationalité, les répliques fusent et mettent à nu les contradictions des normes et de la morale. De l’éducation aux émotions en passant par la perception des genres, tout y passe. La notion de libre-arbitre en ressort dans un état de désintégration avancé, rongée par des constructions sociales et un conditionnement qui n’épargne ni les

Rue du Cheval-Blanc 7 | 1204 Genève

Cargo 7 Change l’Etat d’agrégation de ton chagrin ou qui nettoie les traces de tristesses Poche/GVE

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www. poche---gve.ch | +41 22 310 37 59

*Quand on demandait à Diogène Laërce « que faire, quand on a reçu une gifle ? » Il rétorquait « Prendre un casque ». Tiré de « Les vies des plus illustres philosophes de l'antiquité » Editions Lefèvre.

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THÉÂTRE

MALADIE CHARNELLE

La maladie de la mort ©Stephen Cummiskey

De la littérature au théâtre ou au cinéma, il n’y a qu’un pas. Un pas franchi par bon nombre d’écrivains s’essayant à une autre forme d’expression ou lorsque des metteurs en scène ou des réalisateurs se hasardent à l’adaptation. En adaptant une œuvre littéraire majeure il existe toujours le risque de ne pas être à la hauteur pour un public attaché à l’œuvre originale. Cependant, proposer son adaptation c’est offrir aux yeux de tous sa propre lecture. Katie Mitchell, artiste anglaise émérite, propose sa première mise en scène de théâtre en français avec sa reprise du roman de Marguerite Duras, La maladie de la mort. C’est sur la scène du Théâtre du Forum de Meyrin que la célèbre metteure en scène présentera un mélange des genres pour rendre vie à la relation érotique, sans amour, entre cet homme et cette femme. Par AMEIDIE TERUMALAI

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THÉÂTRE

Katie Mitchell ©Jan Versweyveld

assister au TFM à plusieurs niveaux de lecture. Il y aura la narratrice à écouter et voir seule dans sa boîte puis, le couple se faisant face sur la scène principale. Finalement comme pour conclure tout cela, les caméras filmeront cet homme et les regards qu’il pose sur cette femme. De manière à donner au spectateur le moyen d’accéder à son intériorité à lui et d’être apte à comprendre la symbiose qui règne entre les deux amants démunis de sentiments. Cette pièce filmée en direct promet de vous guider à travers la voix d’Irène Jacob vous immergeant dans les méandres de cette union entre Laetitia Dosch et Nick Fletcher, comédiens dont le manque d’harmonie de leurs personnages prouvent leur alchimie époustouflante sur scène. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un spectacle à ne pas rater.

LA RECETTE DE DURAS

Le roman de Duras aborde la relation entre un homme et une femme qu’il paie pour qu’elle passe ses nuits avec lui. Alors qu’il est en quête de passion et d’amour, les motifs de sa visiteuse sont moins clairs. Ce qui les relie c’est l’aspect charnel, en laissant de côté le sentimental par incapacité de son protagoniste. Il observe les moindres mouvements de cette énigmatique inconnue, pourtant c’est elle qui réussit à poser un diagnostic : l’homme est atteint de « la maladie de la mort ». De nombreux critiques ont cherché à assimiler ce rapport univoque à la propre vie de son auteur, en abordant la relation qu’a entretenue Marguerite Duras avec le jeune écrivain Yann Andréa. Passant peut-être à côté du propos de l’œuvre, à savoir : l’incapacité d’un homme, pouvant représenter n’importe qui, à aimer autrui.

Théâtre du Forum de Meyrin​

A LA SAUCE « MITCHELL »

Katie Mitchell est désormais une valeur sûre de la scène contemporaine européenne. Ses œuvres scéniques modernes ont été applaudies par le public allemand, anglais et français. Ce qui marque son travail, et cette adaptation de Duras, c’est l’envie de repousser les barrières de la mise en scène au sens classique. En effet, vous pourrez Go Out! magazine

Le vendredi 20 avril à 20h30 et le samedi 21 avril à 19h​ Place des Cinq-Continents 1, 1217 Meyrin​ 022 989 34 34​ www.forum-meyrin.ch

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Une nouvelle œuvre d’art dans l’espace public

Programmation en marge de l’inauguration : www.reverberes.ch

Melik Ohanian

Les Réverbères de la Mémoire

Inauguration

Vendredi 13 avril 2018 à 18h, Parc Trembley côté rue de Moillebeau

En présence de l’artiste

Les Réverbères de la Mémoire est une œuvre de l’artiste français Melik Ohanian, lauréat d’un concours international en 2010. L’intervention artistique fait suite à une motion municipale pour l’édification d’un monument à la mémoire commune des Genevois et des Arméniens. La réalisation de cette œuvre emblématique est une contribution à la lutte pour la mémoire des génocides et des crimes contre l’humanité dans un esprit d’ouverture et de dialogue. Don de la Communauté arménienne de Genève. Ville de Genève, Fonds d’art contemporain (FMAC), 2018


LIVRES

IVRE DE LIVRES Après la Tunisie en 2016, le Québec en 2017, c’est au tour du Valais d’être l’hôte d’honneur de la 32ème éditon du Salon du Livre et de la Presse. Avec 1000 auteurs, 3000 animations et activités ainsi qu’une affluence de près de 100'000 visiteurs, l’événement continue avec succès de brandir, contre vents et pixels, le papier comme premier support de littérature. Plongée abyssale. Par THE LINE

Maurice Bandaman, ainsi que les dirigeants d’associations professionnelles telles l’International Publishers Association et l’Alliance Internationale des éditeurs indépendants, cette journée réunira un panel de professionnels et de personnalités officielles afin d’échanger sur les grandes problématiques bouleversant l’univers et la chaîne du livre sur le continent africain. Le Québec quant à lui, revient avec une grande plateforme: le stand Québec Édition, une sélection de livres et une série de rencards littéraires finement agencé.

©Salon du livre/Pierre Albouy DU VALAIS À NEW YORK

Avec ses 500m2 de plaines culturelles et de montagnes d’animations, 5 pôles se dressent pour honorer le Valais: une scène dédiée aux rencontres avec les auteurs et acteurs culturels dont Alain Bagnoud, Amélie Gyger, Rolf Hermann, Wilfried Meichtry, Jérôme Meizoz, Virgile Pitteloud, Abigail Seran, Céline Zufferey, Slobodan Despot et Bernard Crettaz ; une librairie proposant des ouvrages liés au Valais sur laquelle des séances de dédicaces seront organisées et un espace pour les enfants leur permettant de comprendre le tournage du film « Ma vie de Courgette » de Claude Barras. Tradition oblige, le sacro-saint gosier ne sera pas en reste puisqu’un shop culturel proposant produits du terroir et objets détonants se pointera cul sec avec un espace baptisé « Bouche à oreille ». Il conjuguera dégustations de vins à l’animation littéraire et théâtrale. Au pavillon NewYork, une plongée abyssale dans un pur dépaysement se profile avec une scénographie agencée Greenwich Village signé Happy City Lab et une scène qui verra défiler des auteurs comme Douglas Kennedy ou Marc Levy. Côté perfos : honneur à la street culture, aux djs et aux graffeurs.

JUSQU’À PALEXPO

Comme à l’accoutumée, une myriade d’activités, ateliers et animations agencées avec une ferveur épileptique défileront ces cinq jours en présence de la fine fleur des acteurs du livre, éditeurs et libraires en présence d’écrivains tels que, Jöel Dicker, Alexandre Jardin, Hélène Cooper, Douglas Kennedy, Pierre Assouline, Vincent Perez, Laure Mi Hyun Croset, Marc Levy et Frédéric Beigbeder. Enfin les friands de visuels ne seront pas en reste avec l’expo portant sur les 150 ans du Courrier et les 100 ans d’existence de la maison d’édition de la famille Slatkine pour ne citer qu’eux. Plus solennel, diverses cérémonies se profileront avec la remise du Prix du Public du Salon du Livre en partenariat avec Caran d’Ache, le Prix Ahmadou Kourouma 2017 pour la Salon Africain, le Prix Zoom Bd 2018, le Prix du Public de la RTS et RTS Ados 2018, le Prix littéraire SPG 2018, les Prix Enfantaisies, Chronos 2018 et celui du Photographe Voyageur 2018. Enfin, dernière info de taille, l'arrivée du légendaire duo du rap français, la Rumeur, qui présentera, le 28 avril à 14h, sa dernière œuvre littéraire : Il y a toujours un lendemain (Éditions de l’Observatoire). Le Salon du livre

EN PASSANT PAR LE MONDE

Le 25 avril, place au continent africain avec les Assises du livre en Afrique qui abordera les enjeux de l’édition dans le continent. En compagnie du Ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire,

Du 25 au 29 avril Palexpo Route François-Peyrot 30, 1218 Le Grand-Saconnex www.salondulivre.ch

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Mairie de Plan-les-Ouates* - rte des Chevaliers www.plan-les-ouates.ch/contes * Informations: t + 41 (0)22 884 64 60 du lundi au vendredi Billetterie:


DANSE

STEP BY STEP DEPUIS 1988 À nul autre pareil, Steps fête ses 30 ans cette année. Avec 1'200 représentations en quinze éditions, le Festival international de danse contemporaine du Pour-cent culturel Migros n'a pas pris une ride. En se réinventant chaque année, il rend accessible l'univers de la danse contemporaine à un large public. Des créations suisses aux performances de haut vol de compagnies prestigieuses, 83 représentations seront données du 12 avril au 5 mai dans 31 villes de Suisse. Par ANNE FATOUT

PETITS BONDS ET PAS DE GÉANTS : DES COLLABORATIONS PRODUCTIVES

En plus des spectacles, le festival propose des ateliers destinés aux professionnels du monde de la danse et aux écoliers, ainsi que des colloques et des représentations scolaires. D'ailleurs, depuis 2004, plus de 25'000 écolier-e-s ont participé au programme de médiation, et en 2018, les ateliers sont implémentés pour la première fois au Tessin. Ces activités proposées en marge du festival sont conçues par le Pour-cent culturel Migros en étroite collaboration avec de nombreux partenaires aux quatre coins de la Suisse. Pour cette édition, le festival s’est donné pour objectif de sensibiliser le public aux besoins des personnes en situation de handicap, en collaboration avec le service Culture inclusive de Pro Infirmis. En ce sens, le spectacle de la compagnie StopGap Dance Company (Royaume-Uni) émouvra avec une pièce inhabituelle sur l a vulnérabilité et la force humaine.

L-E-V Sharon Eyal & Gai Behar ©Andre Le Corre DE PARTOUT COMME S'IL EN PLEUVAIT

Steps présente toute la diversité de la création chorégraphique. Les douze compagnies invitées viennent de Belgique, du Burkina Faso, d’A llemagne, de France, du Royaume-Uni, d’Israël, du Canada, du Liban, du Mali, des Pays-Bas, de Suède et de Corée du Sud, et arrosent la Suisse de leurs productions aux identités propres, originales, contrastées. Rien que dans le périmètre géographique Annemasse-Lausanne-Genève, on compte cinq compagnies et onze spectacles, avec notamment les nouvelles créations du chorégraphe israélien Sharon Eyal (L-E-V) qui nous annonce de l'amour, et celles du belgo-marocain Sidi Larbi Cherkaoui (Noetic et Icon), dont il est prédit pour les deux spectacles que leur opposition complémentaire laissera le spectateur pantois. L'artiste suisse Cindy Van Acker est aussi de la partie avec sa compagnie Greffe, sur les scènes de l'A DC et du Théâtre de Vidy. Si d'aventure le Genevois cherchait quelque prétexte pour aller voir du pays un poil plus loin encore, les quelques 72 autres représentations programmées de Zurich à Monthey en passant par Bâle ou Berne offrent un excellent alibi. Go Out! magazine

La danse a le vent en poupe en Suisse, et 30'000 spectateurs sont attendus pour le festival biennal. Avec des promesses de diversité, de corps mis en exergue, de couleurs contrastées, de musiques actuelles, de rythmes extrêmes, qui n'y trouverait pas son compte ? Steps, Festival de danse du Pour-cent culturel Migros du 12 avril au 5 mai 36 scènes suisses 044 277 20 67 www.steps.ch

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EN FAMILLE

L'ARBRE À PALABRES

La Pie qui chante Festival la Cour des Contes 2017 ©L.Barlier

Fort de ses 5'000 spectateurs présents lors de son édition précédente, le festival la Cour des Contes revient en 2018 avec une programmation audacieuse et de qualité pour jouer indubitablement dans la cour des grands. Nous emmener dans des univers toujours plus merveilleux et fantastiques afin de nous faire vivre des aventures aussi palpitantes les unes que les autres avec comme artifice principal la parole, telle est sa mission. Et cette fois encore, tout est mis en œuvre pour y parvenir. Plus d’une quarantaine de spectacles, accompagnés d’ateliers créatifs, de stages, de diverses animations gratuites et d’une librairie seront proposés au public. Les « bambinos », les ados et même les adultes pourront y trouver leur compte. Et pour que le festival soit accessible au plus grand nombre, l’édition 2018 organise des représentations en français, bien entendu, mais également en anglais, en italien et en langage des signes. Par SORAYA NEFIL

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EN FAMILLE

SPÉCIAL BAMBINO

Une première sortie culturelle avec les tout-petits ? C’est possible à la Cour des Contes et c’est même fortement conseillé ! Cette année, on ne trouvera pas moins de seize spectacles spécialement conçus pour que nos précieux chérubins puissent remplir leur imaginaire d’histoires palpitantes. On retiendra notamment Claire Parma, qui grâce à sa voix parlée mais aussi parfois chantée, emmènera les enfants à bord du bateau d’Oucelot, « Au fil de l’eau », pour des aventures salées et mouillées ! Pour un voyage extraordinaire en terres africaines, les bambins pourront aller entendre palabrer Lamine Diagne, dont la voix de velours teintée d’oralité urbaine sera accompagnée par des instruments traditionnels. Pour être certains de faire plaisir aux plus petits, on peut toujours compter sur l’incontournable promenade à la ferme. Mais pas dans n’importe quelle ferme ! Celle dont Fiona McLeod parle se situe en Ecosse, on y trouve des ânes rouges, des moutons arc-en-ciel, une petite poule rousse et même Hercule, le plus grand cheval du monde ! On pourra également replonger dans les aventures revisitées de nos personnages mythiques favoris et nous laisser surprendre par les nouvelles personnalités du Chaperon rouge, de Pinocchio ou encore de Hansel et Gretel. Enfin, pour une activité plutôt originale, rendez-vous au Musée d’art et d’histoire, où nous attend Florence Desnouveaux pour une « Balade contée dans un curieux musée » et c’est parmi de nombreuses œuvres d’art que les enfants partiront à la découverte d’animaux étranges et d’histoires impossibles.

Compagnie Caracol ©Laure Villain

GRANDES OREILLES, BIENVENUES !

EXPLORER SA CRÉATIVITÉ

S’il est vrai que l’univers du conte plaît incontestablement aux enfants, les plus grands pourront également en profiter car vivre l’expérience d’un conte est un moment exceptionnel et simple à la fois. Si l’on veut donc s’initier à l’écoute et à l’imagination, rien de tel que la traditionnelle Nuit du conte où, pendant quelques heures, la compagnie Caracol baladera le public entre épopée homérique et récits contemporains avec en toile de fonds un questionnement sur l’exil et l’identité. Pour les amateurs des sixties, Didier Kowarsky propose de transmettre de façon habile et audacieuse l’œuvre de Tom Waits, célèbre artiste américain reconnu pour sa musique rock et sa forte personnalité. Accompagné sur scène par deux musiciens, il racontera les histoires des personnages attachants et décalés des chansons du musicien américain. Enfin, pour une sortie déjantée entres amis, rien ne vaut le Cabaret des fous. A cette occasion, la parole sera donnée à trois conteurs aux styles totalement différents (Lamine Diagne, Mike Burns, Olivier Villanove) qui, le temps d’une folle soirée, entremêleront leurs univers pour le meilleur et pour le rire. Go Out! magazine

En plus des spectacles donnés, diverses activités seront proposées au public. Dans le but de découvrir ou de confirmer ses talents artistiques, le festival propose des ateliers et des animations gratuites où les enfants pourront développer sans limite leur créativité tout en s’initiant notamment à l’art des marionnettes ou aux petits contes. Pour les passionnés de l’art du récit et de la parole (professionnels ou amateurs aguerris), on retrouvera Didier Kowarsky lors de l’animation d’un stage avec comme thématique « comment refléter sans réfléchir ? ». Festival la Cour des Contes Du 27 avril au 6 mai Billetterie : Mairie de Plan-les-Ouates, route des Chevaliers-de-Malte 3, 1228 Plan-les-Ouates www.plan-les-ouates.ch/contes 022 884 64 60

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Pour notre enterrement, il y aura quand même plus de monde. 

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cargo7

23.04–13.05

CHANGE L'ÉTAT D'AGRÉGATION DE TON CHAGRIN ou QUI NETTOIE LES TRACES DE TA TRISTESSE ? Katja Brunner Marina Skalova mise en scène Anna Van Brée jeu Barbara Baker, Marika Dreistadt, Judith Goudal, Salou Sadras texte

traduction

17_18 saison drüüü

Théâtre / Vieille-Ville Rue du Cheval-Blanc 7 / 1204 Genève +41 22 310 37 59 / billetterie@poche---gve.ch

www.poche---gve.ch


CINÉMA

JAMAIS DEUX SANS TROIS Le cinéma asiatique a le vent en poupe depuis quelques années. Ce n’est pas la programmation du Festival local « Black Movie » qui pourra dire le contraire… Le cinéma japonais, et plus récemment le cinéma coréen, s’exporte sous nos latitudes depuis longtemps. Pour exemple, sans même avoir vu leurs films, qui n’a pas entendu parler un jour de Akira Kurosawa, Takeshi Kitano ou Hayao Myazaki pour les plus connus ? Tous sont Japonais. En Europe, Hirokazu Kore-Eda ne bénéficie peut-être pas de la même renommée que les réalisateurs précédemment cités. Ses films demeurent peut-être plus confidentiels. Cependant, le rappel de ses œuvres les plus marquantes vous évoquera certainement quelque chose. Par MATHIEU ROUX

Kore-Eda excelle dans l’exercice d’ouvrir plusieurs pistes sans que jamais celles-ci ne paraissent farfelues, ni superflues. L’effet de style et le retournement de situation ne prévaut pas dans son cinéma. Le récit prend le temps de s’installer autour de dialogues qui interrogent les croyances et les points de vue, lorsque la vérité ne peut pas être établie par des faits. Par le biais de la justice, communément garante de justesse, il questionne l’injustice. A travers les témoignages, il aborde les liens tissés en secret entre ses personnages. Le flou permanent capte à tout instant le/la spectateur/trice, tenu/e par un fil dont on aimerait voir le bout. Procédé trop facile pour Kore-Eda, chez qui la résolution n’est pas une finalité. Jusqu’aux dernières minutes du film qui n’arrangent rien, au contraire. Un sans-faute accordé à la réalisation qui lie une mise en scène sobre à une esthétique irréprochable. Un Kore-Eda assez bon pour se hisser, sans rougir, aux côtés des trois réalisateurs nommés en introduction. Et lui faire gagner du crédit, si il en avait besoin, auprès du public occidental.

©The Third Murder

Il faut le dire, le Tokyoïte Kore-Eda est un adepte des « drames familiaux ». Plus de la moitié de sa filmographie concerne ce genre cinématographique. D’ailleurs, c’est à lui que l’on doit les remarquables et remarqués Nobody Knows en 2003 et Tel père, tel fils en 2013. Le premier traitait de l‘abandon de quatre enfants dans un appartement, le second de deux fils échangés à la naissance. En revanche, avec The Third Murder, le cinéaste change ses habitudes et s’essaie avec réussite au thriller juridique. Le Japonais garde néanmoins sa touche personnelle lorsqu’il s’agit d’installer l’invisible, de semer le doute. Un meurtre, un coupable, l’histoire démarre de façon « banale » sur des bases claires. Mais petit à petit, le scénario se complexifie au point de mettre à mal le jugement de Shigemori, avocat de la défense. Il en perdra même son latin arrivé à un certain point et d’embarquer le/la spectateur/trice sur la même voie. Go Out! magazine

The Third Murder De Hirokazu Kore-eda 2017 Sortie le 11 avril Cinéma Les Scala www.les-scala.ch

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Celebrate 25 Years of Excellence

19 July – 5 August 2018 verbierfestival.com


HISTOIRE

CLARTÉ CHROMÉE Le projet des Réverbères de la Mémoire de Melik Ohanian s’envisage comme un hommage chatoyant aux victimes de violences collectives à l’instar de celles du génocide arménien mais également à la mémoire commune des Genevois et Arméniens. Ces installations rappellent que Genève a été une terre d’accueil pour de nombreux Arméniens en exil et éclairent métaphoriquement, dès le 13 avril, ce moment sombre de l’histoire en lui redonnant l’éclat de la réflexion. Ces réverbères imaginés comme de véritables statues de bronze dans l’enceinte du parc Trembley seront mises en dialogue avec la nature et seront propices à une promenade introspective sur des sujets contemporains tels que le temps, le droit des peuples et l’exil. Par QUENTIN ARNOUX

COLOSSES BRONZÉS

Sous l’impulsion de la communauté arménienne et avec l’aide du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève, le lauréat du concours international pensé pour cette exposition, Melik Ohanian, rumine depuis 2010 déjà son projet comme un trait d’union entre Genevois et Arméniens. Cette volonté de liaison se retrouve dans le choix de mettre à l’honneur le réverbère. Objet ordinaire croisé de chacun au gré de ses pérégrinations, il représente également un point de passage et un point d’accroche, un phare éclairant les périodes obscures de la vie pour qui est conduit à l’exil. Mais là où mène la fatalité renaît l’espoir. Le parc Trembley se présente comme l’écrin de ce souvenir et présente au visiteur nomade neuf réverbères colossaux tous de bronze vêtus. Détournés de leur fonction première d’éclairage, c’est avant tout notre réflexion qu’illumineront, grâce à divers textes gravés sur leurs fûts, ces luminaires urbains aux formes arabesques dont les ampoules sont subtilement remplacées par des larmes chromées. Illustrant le passé mais reflétant la nature et le public, les Réverbères de la Mémoire sont assurément tournés vers l’avenir.

Vieille-Ville de Genève, le projet doit être repensé et le parc de l’Ariana jouxtant l’ONU est un temps proposé. Or, les palabres diplomatiques internationaux astreignent ironiquement le projet à subir lui-même l’exode dont il se fait l’illustrateur, lequel s’installe finalement de manière immuable dans le parc Trembley.

Réverbères de la Mémoire Inauguration le 13 avril Parc Trembley 4rue Pestalozzi - 1202 Genève

AVENIR DORÉ

La Genève internationale, terre d’accueil et porteuse du drapeau blanc, propose au parc Trembley de revêtir un rôle de lieu de paix. Pas plus imposantes que les nombreux arbres du parc, les installations se fondent discrètement dans le paysage. Aussi parfait qu’il soit, il ne faut pas oublier que l’emplacement sélectionné fait suite à d’intenses tractations. D’abord envisagé en Go Out! magazine

Les Réverbères de la Mémoire ©Melik Ohanian

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DÉCOUVERTE

IN LOVE WITH CAROUGE

Le printemps, renaissance de la nature mais surtout de l’art. Le marronnier en fleurs de la Treille observe du haut de ses remparts la Cité sarde éclore au loin. Le Printemps Carougeois bourgeonnera cette année encore pour une 58ème édition du 20 au 29 avril 2018, placée sous les auspices de l’Amour et, bien entendu, sous celui des arts. Arts de la scène, du cinéma ou art de l’éloquence; ce sont en tout 26 événements disséminés dans le tout Carouge qui sont proposés par le service culturel de la ville de Carouge avec la collaboration des services municipaux. Pour la plupart participatives, ces manifestations proposent une (re)découverte des lieux phares de la commune, mais surtout une révélation artistique mise en avant par un véritable discours panégyrique dans lequel le spectateur sera happé au gré de ses pérégrinations, et dont il pourrait ressortir passionnément épris. Par QUENTIN ARNOUX

Avril 2018

et

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NYATA NATALIE RIAD


DÉCOUVERTE

DÉVOILE-MOI

La soirée d’ouverture du Printemps Carougeois met à l’honneur cette année encore le concours de courts métrages qui, depuis cinq ans déjà, tient sa promesse en révélant de nombreux talents inconnus. Tous les films entrés en lice seront projetés mais seuls ceux qui auront respecté la contrainte et su au mieux comment la rendre originale mériteront de porter la couronne de laurier. La règle est simple : dégainer son smartphone toujours présent à nos côtés pour tenter d’intercepter ce moment épanouissant qu’est le sentiment amoureux. Au détour d’une rue, d’un café ou d’un voyage à l’étranger, le sentiment amoureux est polymorphe et se trouve partout. Toute l’ingéniosité est de le retranscrire le plus distinctement sans en dégrader la complexité. Le type de représentation n’étant pas imposé, ce sont autant que films, de chroniques ou de documentaires qui peuvent se définir comme supports au travers desquels l’amour peut se dévoiler. Ce premier événement de la manifestation carougeoise promet assurément l’illustration de beaux moments de rencontres.

Joy, de Joshua Monten

EMPORTE-MOI

Dans une appréciation très XXIe siècle, accepter que l’amour se profile parfois tel un combat et que les tensions peuvent par moments rapprocher des êtres représente le postulat sur lequel se construit Joy, une chorégraphie de Joshua Monten pour cinq danseurs impétueux. Il y est question du potentiel électrisant que la violence, ici figurée par un combat scénique, peut avoir à la fois sur les participants et sur les spectateurs. « Love hurts. Pain is pleasure. » un paradoxe voire un tabou traité avec une énergie folle, à découvrir aux Halles de la Fonderie les 26 et 27 avril.

MONTRE-MOI

Côté expositions, signalons l’initiative originale du Musée de Carouge, qui a invité des personnalités suisses issues de tous les domaines (arts, sport, politique, gastronomie, etc.) à désigner leur coup de cœur au sein de ses collections par des petits textes empreints de sensibilité. Autre idée surprenante, la nouvelle exposition du dessinateur Philippe Reymondin, Histoire d’amour, prend ses quartiers dans… un salon-lavoir ! Ce lieu à l’interface du collectif et de l’intime s’est avéré idéal en prolongation des précédentes séries de l’artiste, Rupture et Encres intimes, à la suite desquelles cette exposition s’inscrit. Les Archives de la Ville de Carouge ouvrent quant à elles leurs portes et dévoilent, par des lettres, journaux intimes, photographies ou documents officiels, des histoires d’amour heureuses ou déçues qui se sont déroulées entre les XVIIIe et XXe siècles. Ces documents éclairent également sur la dimension culturelle en jeu lorsqu’il s’agit d’amour, et à quel point celle-ci varie selon les époques.

Ariane dans son bain, Aline Papin © Catherine Monney GUIDE-MOI

Place encore aux arts de la scène. Ariane dans son bain invite le spectateur tous les soirs chez l’habitant afin de lui conter ce motif mythologique bien connu des retrouvailles à la suite d’une attente sempiternelle. Ariane déploie le fil de son histoire mais ne se plaint pas. Plus poétique que son alter-ego antique, cette Ariane moderne propose un monologue intérieur en

Philippe Reymondin Go Out! magazine

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DÉCOUVERTE

illustrant de manière poétique la douce rêverie qui la meut à l’idée de retrouver son Thésée qui se métamorphose, ici, en la personne de Solal. Entre les remous de sa baignoire, la jeune femme vogue sur les mots qui permettront peut-être à son époux cinglant les flots de la retrouver. Ironie du sort, Solal représente en hébreu celui qui guide. Les rôles s’inversent et il semblerait bien que ce fil qu’Ariane tend soit moins destiné à son cher et tendre qu’au spectateur pour le guider à travers les méandres complexes de l’amour. EXPLIQUE-MOI

Quels sont les remèdes et les solutions à l’amour ? Laissons de côté la réponse d’Iseut pour qui le philtre a assurément servi sa cause, car L’Atelier café amoureux aborde ici l’amour sous ses angles les plus complexes afin d’en tirer quelques leçons bien placées. Trois conférences tenteront de mettre en lumière les questions que peut se poser un public majeur en illustrant notamment le rapport à l’amour quand toque la cinquantaine. L’amour ne se fane en aucun cas comme une fleur avec le temps, mais mûrit.

Peau d'Ane de Jacques Demy (1970)

RACONTE-MOI

La vie affective des humains présente certes moult facettes, mais celle des animaux en possède d’autant plus, et pas des moins surprenantes ! On en veut pour preuve la foule d’exemples fournis par l’ouvrage destiné aux enfants La Vie amoureuse des animaux de Nathalie Desforges et Fleur Daugey, qui démontre que la diversité des façons d’aimer n’est pas propre à l’Homme. On y apprend notamment que « le dauphin rose de l’Amazone, ce grand romantique, tient un bouquet de plantes dans sa bouche pour l’offrir à l’élue de son coeur », ou encore que « la veuve noire dévore ses amants décevants ». A l’attention du jeune public dès 8 ans, une présentation des comportements les plus étonnants recueillis dans le livre et un atelier créatif incluant dessins, collages et découpages animés par les deux auteures sont prévus le 21 avril à la Librerit. Toujours en ce lieu et toujours pour les petits, Alexandre Herriger, formateur et intervenant spécialisé en philosophie pour les enfants, propose le 28 avril un atelier qui fera cogiter nos chères têtes blondes sur la notion d’amour et, en fin de compte, la diversité des émotions qui l’animent.

Avril 2018

Pour être capable d’aimer autrui, s’aimer soi-même constitue une étape indispensable. C’est du moins l’un des messages en filigrane du spectacle Couac, librement inspiré du célèbre Vilain petit canard d’A ndersen. Destiné aux enfants dès 2 ans, ce spectacle poétique mêlant danse, marionnettes et théâtre d’ombres leur démontre que la quête vers l’épanouissement personnel s’inscrit dans un parcours certes parsemé d’épreuves, mais toujours franchissables. Les marmots dès 6 ans et bien au-delà auront également la possibilité de (re)découvrir le mythique film de Jacques Demy Peau d’âne. Sortie en 1970, cette adaptation du conte de Charles Perrault conserve aujourd’hui encore toute sa fraîcheur grâce à sa musique, ses costumes, ses personnages et ses décors enchanteurs. ÉCRIS-MOI

Dans l’intimité d’un boudoir spécialement aménagé aux Halles de la Fonderie, replongez-vous dans l’ambiance licencieuse et libertine des Liaisons Dangereuses en prenant part à la lecture publique des lettres amoureuses lauréates du concours éponyme de cet hiver. L’obscurité complice de la nuit permettra de pénétrer peu à peu ce sujet complexe qu’est l’expression sentimentale et pour ce faire, les épîtres les plus poétiques des novices comme celles des plus expérimentés seront proposées à la lecture.

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DÉCOUVERTE

Afin de cerner un peu mieux les mystères entourant l'une des manifestations les plus extrêmes et intrigantes de l’amour, à savoir le coup de foudre, Patrizia Lombardo, professeure honoraire au Département de français moderne de l’Université de Genève, donnera une conférence le 25 avril en ce même boudoir. Elle illustrera son propos par des exemples tirés des plumes les plus expertes en la matière, dont Racine, Goethe ou Stendhal.

© Ville de Carouge

ECOUTE-MOI

PARLE-MOI

Si le sentiment amoureux se communique idéalement à l’écrit, l’oralité n’est toutefois pas en reste… Ainsi, c’est toujours le boudoir sis aux Halles de la Fonderie qui entendra résonner les voix de Juliette, employée d’un centre de don de sperme, et celle de l’homme « le plus objectivement beau », les deux protagonistes entamant une rencontre circonscrite de bébés en tubes qui pourrait bien changer leur vie. Cette installation, intitulée Love-In, est une chambre d’écoute sonore en parallèle de laquelle un atelier de création de fictions sonores se tient, du côté de la Maison Delafontaine cette fois. Sur inscription préalable, les participants sont invités à mettre en œuvre, en binôme, toutes les étapes nécessaire à la réalisation d’une fiction au format audio, dans une atmosphère ludique faisant la part belle à l’intuition. Choix des textes, conception d’un projet, enregistrements des voix et ambiances, montage et mixage se succèdent afin de donner naissance à des créations qui feront l’objet d’une écoute collective et conviviale.

Vous n’êtes pas très à l’aise pour exprimer vos sentiments de vive voix ? Cela ne vous empêche cependant pas d’être sensible aux paroles doucereuses apposées sur de la musique, voire de cacher en vous un spécialiste ès chansons d’amour ; si tel est le cas, filez donc au Chat Noir le 28 avril démontrer vos compétences en la matière lors du blind test musical géant consacré au genre ! A n’en pas douter, Dj Hobbs saura dénicher des perles parmi l’infinité de titres créés autour du sentiment le plus inspirant qui soit. Une autre alternative offerte par le festival afin de goûter aux mots d’amour consiste à aller s’en abreuver autour d’une rencontre avec l’auteur et maître conteur Henri Gougaud, la plume qui a signé La clé des cœurs, contes et mystères du pays amoureux le 24 avril à la librairie Nouvelles Pages. « L’amour. C’est un rêve, un souci, un désir, un compagnon sur le chemin de nos vies. Nous ne pouvons pas nous empêcher de l’interroger, de le bénir, de le maudire. Paradoxalement, même quand nous le fuyons, nous ne cessons de l’espérer. Pourrionsnous vivre sans lui, sans ses tempêtes, ses refuges, ses cavalcades ? ». Qui dit mieux ? ENIVRE-MOI !

Enfin, et cela va de soi, l’amour, qu’il soit naissant ou profondément enraciné, a besoin d’être nourri et abreuvé, tout comme celles et ceux qui le portent en eux. C’est aux papilles et estomacs bien charnels de ces derniers que le Printemps Carougeois propose d’être aimés comme il se doit, presque tous les soirs dès 18h durant le festival, en se rendant au Boudoir des Halles de la Fonderie faisant office de cœur battant de la manifestation : vins locaux et petite restauration n’y attendront que d’être goulûment dégustés. De quoi se rassasier pour arpenter en pleine forme ce riche programme débordant d’amour, dont il est vivement conseillé de profiter en excès. Henri Gougaud

Printemps Carougeois Du 20 au 29 avril Divers lieux www.printemps-carougeois.ch

Go Out! magazine

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Rolle, Suisse • Informations et prélocation : www.roseyconcerthall.ch

SAISON 2017-2018 11 SEPTEMBRE 2017 RHONDA ROSS & RODNEY KENDRICK

17 JANVIER 2018 CECILIA BARTOLI & MAXIM VENGEROV

JAZZ

Avec les solistes de l'Académie Menuhin

27 ET 28 SEPTEMBRE 2017

1ER FEVRIER 2018

- THÉÂTRE -

- CLASSICAL & JAZZ MADNESS -

D'A PRÈS VICTOR HUGO

@BlackBox

David Greilsammer Direction et piano Yaron Herman Piano

12 OCTOBRE 2017 ROYAL PHILHARMONIC ORCHESTRA

13 AVRIL 2018 ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE

LES TRAVAILLEURS DE LA MER

Charles Dutoit Direction Martha Argerich Piano Concert en faveur d'Innocence en Danger

4 NOVEMBRE 2017 TEDxINSTITUTLEROSEY

GENEVA CAMERATA

Emmanuel Krivine Direction In Mo Yang Violon

4 MAI 2018 RÉCITAL

Thème : Horizon

Sonya Yoncheva Soprano Antoine Palloc Piano

7 NOVEMBRE 2017 AVISHAI COHEN TRIO

- CINÉ-CONCERT: CHARLIE CHAPLIN -

30 MAI 2018

JAZZ

LES TEMPS MODERNES

21 NOVEMBRE 2017 QUATUOR CALIDORE & SERGEI BABAYAN

Concert en faveur de Medair En collaboration avec le Verbier Festival

8 DECEMBRE 2017 hors abonnement LES SECRETS DU PETIT PRINCE Musique, théâtre et animation de sable avec les solistes de l’Académie Menuhin

Partenaire média :

Orchestre de Chambre de Genève Philippe Béran Direction

GSTAAD

Palace, hors abonnement

2 MARS 2018 - THÉÂTRE -

LE JOUEUR D’ÉCHECS D'A PRÈS STEFAN ZWEIG

Avec André Salzet


LIVE

DU JAZZ PLEIN LES YEUX Afin d’évoquer la 36ème édition du Cully Jazz Festival, qui se tiendra du 13 au 21 avril prochains, on pourrait bien sûr s’étendre sur la qualité des têtes d’affiche qui se succéderont au gré des 39 concerts payants – notamment les Blind Boys of Alabama et leur gospel qui fleure bon la moiteur du Sud américain ou encore Lisa Simone, digne héritière de sa mère Nina – ou porter aux nues l’éclectisme présenté par les 100 shows qui se tiendront gratuitement à travers les différents scènes et caveaux. Guidé par des envies d’insolite et paré d’un flair à toute épreuve pour les satisfaire, Go Out! vous invite cependant à découvrir cette cuvée du festival par un bref aperçu des événements quelque peu en marge de la manifestation, mais dont la teinte reste résolument jazzy. Par NYATA NATALIE RIAD

de musique animé par des professionnels, ouvert à tous dès 10 ans, est également proposé le 21 avril ; peut-être la naissance d’une vocation ? Les enfants seront bien servis : deux ateliers créatifs leur sont réservés le samedi 14 avril, lors desquels ils pourront s’initier au beat box mais aussi composer leurs propres œuvres à coups de pinceaux et de gouache, en se laissant transporter par les mélodies jouées en live par des musiciens. Et que les artistes en herbe se réjouissent, leurs créations seront même exposées le temps d’un weekend!

Cully Jazz 2017 Gypsy Jazz Sessions ©Emilien Itim

Si le jazz s’apprécie à l’écoute, les yeux ne se trouveront pourtant pas en reste, la preuve en est donnée par la galerie davel 14, qui accueillera les travaux de l’artiste originaire du bourg de Cully Simon Paccaud, lequel intègre volontiers des aspects musicaux à ses performances. L’écalien né en 1985 y présentera, en collaboration avec son comparse diplômé de la HEAD Guillaume Dénervaud, une installation évolutive. Au fil des jours et de leur inspiration, sous le regard des visiteurs, ils renouvelleront un mobile formé par divers matériaux, évoquant rythmes et formes, et créeront, entre autres, une série d’exemplaires uniques sur la base des mythiques affiches-test du festival.

Du côté de la nourriture intellectuelle, il faudra filer écouter l’historien du jazz Christian Steulet et la journaliste Elisabeth Stoudmann le 16 avril. Ils évoqueront lors d’une session Jazz History la place des femmes au sein de cet univers musical. Le lendemain et à l’attention des connaisseurs, le célèbre pianiste Nik Bärtsch, accompagné par un historien, se penchera sur les conceptions artistiques et philosophiques relatives à la notion de rythme. Enfin, il serait sacrilège de se priver des paysages enchanteurs du Lavaux: pour y remédier, cinq « Bal(l)ades musicales » sont prévues à travers la région, emmenées par le guide et auteur Pierre Corajoud et sa sono mobile, animée de jazz savoureux, afin de profiter tout autant de délices visuels que sonores.

Le sens de la vue, encore, mais cette fois appréhendé par son absence, sera au centre d’une belle initiative (Jazz à portée de main) réunissant plusieurs associations et visant à offrir une initiation musicale aux personnes malvoyantes. Celles-ci pourront découvrir en compagnie des musiciens qui se produiront au caveau Potterat leurs instruments (les 18 et 19 avril). Un atelier découverte d’instruments Go Out! magazine

Cully Jazz Festival Du 13 au 21 avril cullyjazz.ch

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ARTISANAT

DES LUTHS DE CLASSE

©Atelier de Kaspar Maurer

Apprendre la minutie des restaurateurs d’art, découvrir la dextérité des joailliers, s’émerveiller du savoir-faire des maroquiniers… A l’occasion des journées européennes des métiers d’art (JEMA) qui se tiendront les 20, 21 et 22 avril, des dizaines d’institutions et de professionnels à Genève ouvrent leurs portes au public pour faire découvrir leurs activités parfois méconnues. Profitant de la participation du prestigieux Concours Menhuin, qui se déroule dans notre cité du 12 au 22 avril, la Ville de Genève souhaite mettre en avant l’art de la lutherie. A cette occasion, Go Out! est allé à la rencontre de Kaspar Maurer, un luthier, qui nous a fait partager sa passion. Par ALEXIS VALTICOS

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ARTISANAT

Pouvez-vous vous présenter et décrire votre activité ? Je m’appelle Kaspar Maurer et je suis luthier à Genève. J’ai toujours voulu devenir luthier. Pourtant alors que je n’étais que violoniste, mon luthier me disait toujours que c’était un métier qu’on ne pouvait pas apprendre si on n’était pas né dans les copeaux. C’est seulement plus tard en commençant mes études de violoniste au Conservatoire de Genève que j’ai découvert qu’il y avait une école de lutherie en Suisse à Brienz. Il y en a une autre à Crémone en Italie, à Mirecourt en France, Mittenwald en Allemagne. Donc il y a beaucoup de moyens d’apprendre ce métier. Je ne voulais pas interrompre mes études de violoniste donc j’ai passé mon diplôme (au Conservatoire), l’équivalent d’un bachelor aujourd’hui. Mon activité quant à elle consiste à entretenir, restaurer, régler les instruments de musique qui sont joués avec un archet qu’on appelle les instruments à cordes frottées. Faire l’entretien, m’en occuper de A à Z. La seule chose que je ne fais plus c’est la construction. Je n’ai plus le temps, je suis tellement pris par les autres facettes de mon métier.

©Atelier de Kaspar Maurer

Combien y'a-t-il de luthiers à Genève? On est huit et tout le monde trouve sa clientèle ! Est-ce que le fait que vous soyez violoniste aide dans le métier de luthier ? Pour moi c’est facile à dire parce que je joue beaucoup. J’aime jouer. C’est une partie importante de la lutherie pour moi et je trouve cela indispensable. Je ne peux pas dissocier les deux choses, elles se complètent très bien. Il y a des luthiers qui ne jouent pratiquement pas, qui font du très bon travail manuel qui peut être très beau mais le fait de ne pas pouvoir l’expérimenter soi-même limite quand-même jusqu’à un certain point.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre métier ? Travailler la matière première. Transformer la matière première en un instrument de musique. Même si on ne fabrique pas, on taille les chevalets, les touches, les sillets. En fait il y a beaucoup de pièces sur l’instrument qui ont besoin d’être remplacées. On les construit et on fait revivre des instruments qui ont passé des dizaines d’années voire parfois des siècles dans des caves ou des greniers. On peut les restaurer, les faire revivre pour jouer de la musique à nouveau.

Que diriez-vous à des jeunes gens qui s’intéresseraient à devenir luthier ou luthière ? C’est un magnifique métier. Il faut se lancer. Comme je le disais, c’est un métier dans lequel on n’a jamais fini d’apprendre et l’un des seuls qui subsiste où on travaille avec les outils traditionnels : les gouges, les scies, les canifs, le rabot. On peut vraiment partir d’un bout de bois brut tel qu’il est coupé dans le tronc de l’arbre pour faire un instrument en le transformant complètement soi-même.

Est-ce que votre métier est menacé ? Pas jusqu’à maintenant, non. C’est un métier vivant donc ? Oui, c’est plus complexe que ça. En fait ce n’est pas un métier comme la mode qui évolue de semaine en semaine. On se base toujours sur une période du XVIIème, XVIIIème, XIXème siècle où il y avait des grands luthiers qui sont arrivés à faire des instruments vraiment extraordinaires, qui ont tout ce qu’un musicien demande. Donc dans ce sens-là, il n’y a pas grand-chose à inventer à part des accessoires ou des recherches pour mieux comprendre comment on faisait les instruments à l’époque et certaines trouvailles sur la façon dont on dessinait les instruments, les vernis, d’où venaient les bois, comment ils étaient stockés et traités.

Go Out! magazine

Voir l’intégralité de l’entretien sur notre site internet : www.gooutmag.ch

Toutes les infos sur la journée européenne des métiers d’art : metiersdart.ch/fr_CH/jema/programme/jema-2018-geneve Site de l’atelier de Kaspar Maurer : www.luthier-maurer-geneve.ch

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Slap Stick JAMES TENNEY JAVIER MUÑOZ JOHANNES SCHÖLLHORN ALAN HILARIO CONTRECHAMPS & EKLEKTO GYÖRGY LIGETI

Dimanche 29.04.2018, 17h Fonderie Kugler Genève Solistes de l’Ensemble Contrechamps Eklekto

En coproduction avec Eklekto / En collaboration avec la classe de composition et le Centre de musique électroacoustique de la Haute école de musique de Genève En collaboration avec la Fonderie Kugler / Concert enregistré par Espace 2

+41 (0)22 329 24 00 www.contrechamps.ch


FESTIVAL

L’ELECTRON RENAÎT DE SES CENDRES Les amateurs de musique électronique l’attendent chaque année, le vibrant et créatif festival Electron est enfin arrivé. Préparez vos tympans, il change de quartier. Par FANNY SCUDERI

Mais l’Electron va au-delà de l’art sonore: L’exposition The Sun Ain’t Gonna Shine Anymore prendra place au Commun. Les petits lieux sont aussi convoqués, tels que la buvette de la pointe de la Jonction, qui fêtera sa réouverture saisonnière accompagné d’une line-up festive ! Un programme extérieur et gratuit sera proposé par le festival : Plusieurs Silent Party dans la zone de l’Audio donneront l’avant-goût des soirées et proposeront des battles enflammées entre Dj locaux. Des soirées monothématiques seront organisées, à l’image de celle dédiée au Baile Funk au Motel Campo, dictée par le collectif genevois Ozadya. Une soirée électro-orientale fera scintiller la nuit genevoise, grâce au collectif Toucankhamon qui prendra le contrôle de la Kiss room! Le binôme Ramin&Reda, fondateurs du collectif, mettra ses talents à disposition! Sur des samples de musique orientale, du connu à du méconnu, ils offrent à travers leur musique un voyage sonore et mouvementé. Sur la scène effervescente de la musique électro-orientale, ils mènent la danse. Etoiles montantes, ils deviennent incontournables pour les friands de musique du genre. Leur démarche ? « Nous voulons nous réapproprier notre patrimoine culturel et rendre accessible les cultures musicales orientales à Genève, loin des clichés. A travers nos productions musicales, nous exprimons notre amour pour la culture orientale et nos valeurs », explique Reda. Et le partage constitue une de leurs valeurs. « En invitant Paloma Colombe, et GLITTER٥٥, deux diggeuses aux origines algériennes et marocaines, nous voulons faire perdurer ces éditions découvertes et pour nous, le Motel Campo est un lieu propice pour défendre cet état d’esprit », conclut Ramin.

©Detroit Swindle

On avait peur que l’aventure se termine l’an passé pour le festival, mais l’Electron dévoile un nouveau format et revient en force pour bercer Genève aux rythmes des talents internationaux et locaux! Le festival de musique électronique fait peau neuve et s’étend sur deux week-ends enragés. Fini le pôle traditionnel du centre-ville, l’Electron prend ses quartiers aux Acacias. Entre le Motel Campo, La Gravière et l’Audio, le PAV se transformera en temple de la musique électronique. L’incontournable Zoo ne sera pas délaissé et accueillera les ondes de Drum’n’Bass et de Goa du festival. Les artistes de techno et house à l’envergure internationale feront vibrer les murs de l’Audio. Ainsi sont attendus Nina Kraviz, Joris Voorn, Rødhåd, Kevin Sauderson et Detroit Swindle. La petite salle fera la part belle à une programmation tout aussi audacieuse. Des pépites artistiques occuperont Le Motel Campo et La Gravière. Joy Orbison, incontournable du circuit underground, Dj Seinfeld adepte de la Lo-Fi House et Exos, monument de l’avant-garde techno investiront la Gravière. Au Motel Campo, la scène Disco-House norvégienne sera représentée par Telephones et ce pour un all night long et Vincent Neumann transcendera la grande salle du club. Go Out! magazine

Electron Festival Du 19 au 21 et du 26 au 28 avril Lieux multiples 022 344 82 26 www.electronfestival.ch

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Frédéric Beigbeder – Helene Cooper Ingrid Desjours – Joël Dicker – Asli Erdogan Claudie Gallay – Marsault Agnès Martin-Lugand – Bernard Minier

L’entrée est gratuite tous les jours à partir de 17h et toute la journée du 25 avril !


GENEVOIS DU MOIS

HORS SENTIERS BATTUS

Olivier PLan ©Pedro Neto

Jeudi 11 janvier 2018, une foule aussi compacte que magmatique prend d’assaut l’enceinte guindée du Victoria Hall. Au bord de l’implosion, le baromètre de la jauge évoquait l’apparition surprise de Martha Arguerich. Hétéroclite, le public laissait présager un featuring avec un Ian Curtis ressuscité pour l’occasion. Il n’en est rien, l’explication réside dans une entité embryonnaire fondée 6 mois auparavant : Stradivarius Art & Sound. Fruit de la rencontre du célèbre instrument éponyme et du soliste, Fabrizio von Arx, celle-ci fait le pari de décloisonner au pied de biche la musique classique en conviant pour l’occasion les premiers danseurs du Béjart Ballet. Balayant les conventions, la première représentation détonne et concrétise d’un tour de bras l’ambition longtemps caressée par l’ensemble des Institutions locales. Pour en saisir la dynamique, il faut remonter au fondateur et mécène : Olivier Plan. Quadragénaire dont l’hyperactivité est saluée dans le milieu des affaires et de l’immobilier, il tire à travers ce concert un coup de semonce. Celui de l’avènement de sa fondation « Bridge Into Generations » (BIG) avec laquelle il compte se consacrer à impulser de nouvelles dynamiques au sein du tissu socio-économique et culturel local. Se déployant dans le domaine du social et de l’écologie, les visées de BIG sont à l’image de son acronyme et l’approche, antinomique au concept de philanthropie passive. Pour en saisir les tenants, on a rencontré celui qui ambitionne de restituer à sa manière « le double de ce que Genève lui a offert ». Portrait d’Olivier Plan. Par MABROUK HOSNI IBN ALEYA

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GENEVOIS DU MOIS

Fabrizio von Arx et son Stradivarius "Madrileno" de 1720.

Côté avenir, les perspectives s’effacent et se dessinent avec une ferveur épileptique, le court terme dictait sa norme et l’irrévérence des épopées frisaient quelquefois le borderline. « On songeait à la fois à vivre pleinement l’instant présent, changer le monde, devenir riche et s’engager chez Médecin sans Frontière tout en restant à Genève ». Un psychologue pouvant aider à démêler tout cela, le sien se révélera comme sa plus mémorable performance d’art absurde. « Son poignet était serti d’une énorme montre en or sur laquelle il tassait clope sur clope en répétant machinalement les mêmes questions, peu importe la réponse… C’était grandiose ». Le salut viendra d’un oncle : Winterthur recrutait. Engagé contre tout attente en 1997, il fête alors l’événement en se ruant chez un chocolatier pour en ressortir avec une sculpture représentant un agent d’assurance armée d’un costume-cravate et d’un attaché-case. Sa carrière prend son envol pour culminer, toujours en costume-cravate, au sommet de sa société immobilière Immologic et de sa holding Immosynergies.

SMALL

D’origine colombienne et genevois d’adoption, c’est à l’âge de 2 ans qu’Olivier Plan prend ses quartiers à Bernex au sein d’une famille de la classe moyenne. « On avait un jardin, une Peugeot et tout le calme qu’une banlieue pavillonnaire pouvait offrir ». Trop calme… A l’âge de 15 ans, il décide de s’assumer intégralement, hisse la bannière de son indépendance et quitte le cocon familial. Direction le centre-ville, on est alors en plein dans les années 80, les Tokow Boys enflammaient les nuits genevoises, les jeunes gens modernes* affluaient à L’Etat d’Urgence, le Debido inondait les rues de ses flots sonores. « Genève était en proie à une véritable effervescence, la scène artistique et culturelle explosait littéralement, j’ai alors suivi le mouvement » se remémore-t-il. Look new wave de rigueur, il co-fonde parallèlement à ses études et sa pléthore de petits jobs, Brain Juice, un groupe de hard rock cathartique. En 1989, place à la House, « j’étais en formation en commerce, opérais dans une agence de télévente et mixais au Rave O et dans une nuée de bars et de boîtes de nuit ».

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GENEVOIS DU MOIS

démunis tout en contribuant à généraliser les pratiques éco responsables dans l’agriculture. « Nous étudions la possibilité de mettre à disposition 19 hectares que copossède pour la Fondation ». Une partie de ce qui y serait produit reviendrait alors directement à la banque alimentaire tandis que l’autre serait revendue à la population et aux restaurateurs pour autofinancer ce projet. Les chômeurs et autre personnes en difficulté pourraient alors directement venir la cultiver et se voir en échange, gratifiés par les produits de la terre. « Je ne serais probablement jamais arrivé là où je suis si je me trouvais autre part qu’à Genève. Cette ville offre la chance d’entreprendre et de percer peu importe son parcours, ses origines ou sa classe sociale. C’est à mon tour d’entreprendre cette fois pour lui restituer durablement ce que je lui dois », conclue-t-il.

AND BIG

Immobilier, assurances, placement de personnel, restauration, intelligence artificielle… Loin de se cantonner seulement aux affaires, les aspirations d’Olivier Plan se positionnent à présent sur un nouveau challenge : changer le monde à l’échelle du canton. Côté artistique d’abord, avec la création de Stradivarius Art & Sound. « Il s’agissait au départ de soutenir la notoriété ascendante du soliste Fabrizio von Arx. J’ai donc fait l’acquisition d’un Stradivarius Madrileno tout en étant conscient que la fascination qu’il exerçait dépassait de loin le simple cercle de mélomanes. J’ai donc sauté sur l’occasion pour décloisonner la musique classique en misant, aux côtés de Fabrizio, sur la notoriété de l’instrument et, surtout, sur une programmation hybride ». Le Victoria Hall affichera salle comble, une saison entière se profile avec pour objectif d’offrir un tremplin aux solistes locaux. Parallèlement von Arx continuera de jouir de l’instrument durant 10 années reconductibles. Côté social ensuite, avec la fondation BIG qui voit le jour en compagnie de Christophe Pidoux et Oscar Frisk (tous deux associés au bureau d’architectes Frisk de Marignac Pidoux) et Nabil Oulhaci de favre & guth le 31 janvier 2017. Sa finalité : répondre aux problèmes sociaux et écologiques en développant, en compagnie de structures existantes, des modèles aussi viables que durables. Les perspectives s’esquissent conjointement avec la Fondation Partage, banque alimentaire genevoise dont les denrées distribuées se chiffrent à plus de 960 tonnes. Lui emboitant le pas, BIG s’investit dans un projet de permaculture avec le double objectif de réaliser un bond qualitatif et quantitatif dans la nourriture servie aux plus Go Out! magazine

Fondation BIG www.big-foundation.ch Stradivarius Art & Sound www.stradivarius-artsound.ch

*Pourquoi les “jeunes gens modernes” ? Pour que vous jetiez un œil sur le documentaire et la compilation éponyme qui illustre à merveille ce courant iconique des années 80.

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COOL

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SPORT

À VOS MARQUES, PRÊTS, PLANEZ ! Par MINA SIDI ALI

Les trois fondateurs de la société : (de g. à d.) Caspar Coppetti, Olivier Bernhard et David Allemann ©Paul Merki

La course ? Le sport de tous les superlatifs, l’activité à valeur ajoutée par excellence : le plus fatigant, éprouvant, exaltant, enivrant ! Qui s’y aligne ? Des pros, bien sûr, des passionnés, évidemment, de réguliers joggeurs du dimanche, mais aussi des novices de tout âge. On le pratique quand on veut (pas d'horaires de club), où on veut (même en voyage) et les résultats sont pluriels, rapides et spectaculaires : perte de poids, teint éclatant, silhouette plus tonique, antidépresseur et déstressant instantané. Difficile de faire plus probant. Mais dans cet univers rebond, rares sont ceux qui parviennent à oxygéner un marché du sportswear saturé. La concurrence s’échauffe, les rivaux font leurs assouplissements et une petite marque suisse – On – contre-attaque ! En bandant le muscle de la tendance, elle parvient à se détacher d’un peloton en manque d’innovation. Née en 2010 de l’esprit d’un trio d’amis (Olivier Bernhard, David Allemann et Caspar Coppetti), l’enseigne se fraye un sillon dans la chaussure de running en offrant un nouveau ressenti qui ancre le plaisir au cœur ce gigotement individuel et collectif un brin maso qu’est la course. Aujourd’hui, primé par plusieurs prix pour sa conception et sa technologie, On est porté par plus de trois million de personnes à travers le monde. Fair-play, on a mouillé le maillot trois jours durant à Majorque pour tester ses nouveaux prototypes et valider leur tenue aérienne. Entretien à bout de souffle avec Caspar Coppetti, l’un des trois membres fondateurs de la marque. Avril 2018

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SPORT

Comment est né le concept On ? L’idée a surgi d’abord à l'initiative d’Olivier (Bernhard, un de membres fondateurs). Ancien athlète de haut niveau, (triple champion du monde de biathlon et multiple vainqueur de l’Ironman), il avait transmis le souhait à son sponsor de réaliser une chaussure de running qui lui procurerait un ressenti de course optimal. Blessé aux articulations, il se plaignait de ses douleurs récurrentes. C’est de ce constat qu’est née la société, en 2010. Un ingénieur, ancien professeur à l’EPFZ, travaillait sur une technologie unique qu’il a présentée à Olivier. Après quelques foulées, il ne sentait plus de douleurs. C'est cette symbiose idéale entre expérience de course et expertise en ingénierie qui a permis à On de voir le jour. Olivier a acheté le brevet et nous a convaincu David (Allemann) et moi d’investir dans ce projet. Nous avons quitté nos jobs respectifs et nous nous sommes complètement investis dans cette aventure !

Dernier lancement 2018 : Cloudflyer blue white

Une anecdote typiquement On ? Je voyage énormément et lorsque je suis à Soho, Sidney ou n’importe où j’observe beaucoup les coureurs pour voir s’ils portent des On. Lorsque je vois des gens qui en portent, je suis terriblement heureux. Je trouve très constructif d’avoir le retour des usagers de la marque. Un jour je suis à San Francisco dans un parc en train de courir et j’aperçois une femme au loin qui court également. Je commence à sprinter car je vois qu’elle porte des On. Dès qu’elle a vu que j’avais activé le mouvement, elle a été prise comme de panique et s’est probablement dit, « Qui est ce psychopathe qui me pourchasse ! ». Elle a accéléré tellement vite que je n’ai jamais eu la chance de savoir ce qu’elle pensait sur On. (rires)

Lorsqu’on enfile une paire de On, on sent tout de suite une différence. Comment se distinguent vos baskets des autres ? La moitié des personnes qui courent disent ressentir des douleurs. La course est un sport qui fait mal. Ce n’est pas comme le basket ou le snowboard. Notre objectif premier était de leur redonner plaisir à courir. Ainsi, nos baskets sont reconnaissables à leurs semelles particulières, munies d’un système de ressort nommé CloudTec®. Ces dernières permettent d’amortir l'atterrissage et amplifier la propulsion tout en atténuant les douleurs aux articulations. Voilà qui explique le ressenti différent quand vous les portez, elles procurent le sensation de courir sur un nuage. On est présent dans 50 pays, et est vendu dans plus de 3000 magasins dans le monde. Quels sont vos challenges au quotidien ? Depuis qu’on a débuté, on a doublé nos ventes. Notre principal challenge, c’est que l’expérience général avec On doit se dérouler de la manière la plus positive. Ainsi, on passe beaucoup de temps avec nos équipes, à les former et leur transmettre nos valeurs. A nos yeux, il est important de procurer du plaisir à courir, que nos collaborateurs soient différents, que lorsqu’ils commencent un projet, ils le terminent en équipe, qu’ils soient polyvalents (chacun peut occuper différents postes au sein de la société). Ce qui importe également, c’est de vouloir toujours le meilleur tout en gardant en tête que nous sommes humains et que les erreurs sont possibles. L’essentiel, c’est de ne pas focaliser sur le problème mais de réagir rapidement afin de trouver une solution à ce dernier. Go Out! magazine

Logo de la marque On.

Prochain lancement le 21 juin 2018 : le Cloudace. www.on-running.com

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SÉLECTION DE LIVRES Par THE LINE ,

notre experte ès pépites lit tér aires

DIE WANDLUNGEN (LES MÉTA MORPHOSES)

C’est en 1979, que commence la collaboration du prodigieux duo d’artistes Zurichois, Peter Fischli et David Weiss, qui connaîtront le succès dans les années 80 et excelleront jusqu’à la disparition de ce dernier en 2012. Juste avant cette rencontre déterminante dans leur parcours artistique en binôme, David Weiss, profondément affecté, suite à une déception amoureuse, part en voyage et débute une série de croquis. Un trip qui l’emmènera de l’Angleterre au Maroc, pays où il passera passablement de temps. Ces 82 séries de métamorphoses graphiques sont pour la première fois entièrement dévoilées. Produites à Marrakech, Carona et Zürich, entre 1975 et 1979, elles témoignent d’une certaine fragilité et d’une quête d’un réconfort. Des esquisses comme exutoire à ses angoisses, aussi audacieuses que saisissantes !

David Weiss Édition Patrick Frey & Édition Weiss www.editionpatrickfrey.com

LE SON DU VENT

Le vent murmure, mais qui prend le temps de l’écouter? Rebecca Solari ouvre grand son cœur pour nous faire percevoir la voix du courant d’air. Imageant le vent pour traduire le langage de ces masses d’air en mouvements, à la recherche de la figure paternelle, disparue trop tôt, elle réussit à personnifier ces échos familiers en photos à partir des émotions ressenties, pour les transformer en matière tactile et sonore, improvisées à partir des changements de lignes retracées et dirigées. Un recueil visuel accompagné d’une installation et performance musicale, un vrai partage de sensations et d’intime au souffle vivifiant. Rebecca Solari Auto-édition

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REVUE DU MOIS

flatter son ego

Magazine connu pour ses clichés choc, on se souvient de Yannick Noah posant nu pour Avedon, en 1992, année où l’instigatrice de ce chic projet, Nicole Wisniak décide de publier 2 tomes à la fois, toujours en noir et blanc et en grand format. Les parutions de cette revue culte étant irrégulières, et ce depuis sa création en 1977, c’est à chaque fois un bonheur tant attendu qui s’offre au lecteur. Égoïste offre une plateforme créative pour les photographes et écrivains, avec la fine fleur de ses disciples, des pellicules de Helmut Newton aux plumes de Françoise Sagan ou Jean D’Ormesson. Nicole Wisniak, amoureuse de la beauté à l’esprit complètement déjanté, nous surprend et ravit par ses choix visuels et écrits d’auteurs sans égal, sur fond de provocation et présentation inattendue. Pour ses deux derniers collectors, l’acteur canadien Xavier Dolan et l’actrice américaine Jessica Chastain posent en couverture, et magnifient les délires créatifs du génie à la tête rousse. Immanquable et à se procurer sans tarder à la librairie Bernard Letu. No 18 Tome I & II Bernard Letu Rue Calvin 2, 1204 Genève http://letubooks.com/


48, rue du Rhône - 1204 Genève


BEAUTÉ

BACK TO THE 50’ Par MINA SIDI ALI

A Genève, Society Limonta la maison italienne experte es textile a élu domicile à la Place du Bourg-de-Four il y a un an. Et depuis, elle hante au quotidien nos pensées d’accros de déco. Normal puisqu’elle fournit les plus grandes maisons de couture à l’étranger ! Une fois la porte foulée dans l’arcade désignée par l’architecte Ferruccio Laviani dans un magnifique bâtiment au style médiéval, difficile de rentrer chez soi et de ne pas vouloir tout y repenser. Pour sa collection printemps-été 2018, l’enseigne italienne originaire de Lombardie exalte nos intérieurs de nouveautés graphiques et ludiques. Close-up. REMET TRE LE COUVERT

Pour les déjeuners d'été, on opte sans hésitation pour la table easy chic sertie de napperons américains CHINO et BOT en lin imprimé. Le premier reprend la géométrie des maxi confetti déjà utilisés pour les taies d'oreiller, tandis que le second explore trois couleurs qui se chevauchent au motif de bouteilles et de cruches reposant sur des étagères sans fin. Ici aussi, le clin d’œil ludique des années 1950 donne une touche fraîche et ironique à la table et se répète sur les essuie-tout et les davantini amovibles des tabliers de cuisine en lin. Enfin, une série d'imprimés colorés, reproduisant exactement le motif des taies d'oreiller, animent la collection de serviettes en ramie qui, dans ce cas aussi, deviennent de véritables accessoires de mode pour la table.

DES PAT TERNS TOUT SAUF TERNES

Lovée au cœur de la Vieille-Ville genevoise, Society Limonta, prestigieuse entreprise textile italienne, bouleverse depuis un an maintenant nos fantasmes de fées du logis en quête de matières nobles monochromes et minimalistes. Du linge de lit ou de salle de bain aux accessoires d’intérieur, en passant par une édition limitée de céramiques artisanales, difficile de ne pas y trouver nappe à sa table ! Chez Go Out !, c’est pour la version WOOD, à l’imprimé rétro et élégante comme une robe de soirée des années 50, qu’on a craqué. Vous l’aurez certainement saisi, la nouvelle collection printemps/été 2018, revisite de manière contemporaine le style vintage minimaliste de ces années festives post-deuxième guerre mondiale. A travers des motifs floraux, graphiques ou peints, associés à des rayures et des pois, qui tirent leur caractère des couleurs très fraîches des sorbets allant des tons les plus légers aux plus forts, on vacille entre des verts pistache, agave ou sapin mariés à un bleu lagon intense ou à la couleur phare de la saison, le rose, décliné dans toutes ses variations, du délicat poudré au puissant rouge lychee. Go Out! Out! Magazine magazine

Society Limonta Place du Bourg-de-Four 35 angle, Rue Chausse-Coq 1204 Genève Tél. 022 810 86 93 www.societylimonta.com

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COSMÉTIQUES

ODE À TOKYO

ENSEIGNE PLURIELLE

Gravé dans son ADN, Tokyo a toujours été le fief de Shiseido, là d’où l’extraordinaire odyssée de la maison nippone a débuté. Normal que l’enseigne experte en beauté rende hommage à sa ville natale. Pour ce printemps, cette dernière a conçu les « Tokyo Looks », trois looks maquillage pour révéler la modernité et souligner l’audace de la capitale japonaise. On y retrouve ses trois quartiers clés à l’instar de Ginza, où se trouve le siège de Shiseido et les magasins les plus chics de la ville, Ueno, réputé pour son mythique parc où admirer les sakuras (cerisiers en fleurs) et Roppongi, symbole de l’avant-garde tokyoïte, arty le jour avec ses galeries et son fameux Mori Art Museum (équivalent du MOMA), électrisante la nuit avec ses nombreux clubs. La collection joue avec dextérité sur les atouts de chaque quartier : graphique et impétueux pour Roppongi avec entre autres le Rouge Rouge Poppy, faste et chic pour Ginza avec une Ombre à Paupière Crème Lumière Douce Sango Coral et un rouge à lèvre Rouge Rouge Rose Crush puis un make-up plus poétique et éthéré avec L’Ombre à Paupières Crème Lumière Douce Nobara Pink. Une odyssée beauté au pays du Soleil Levant à ne pas manquer !

Après Berlin, Tokyo, Vancouver et Hong Kong, c’est au Bongénie de Lausanne que la Maison Valmont ouvre les portes de son concept novateur de boutique alliant beauté et art. Les adeptes de l’enseigne helvète peuvent désormais acquérir les iconiques produits des gammes Valmont, Elixir des Glaciers ou encore la ligne de haute parfumerie italienne Il Profvmo. Dans ce nouvel espace dédié à la beauté, l’art investit également chaque coin de la boutique à travers une sélection d’œuvres. Ainsi, on découvrira la toile signée par le street-artiste berlinois El Bocho. David Guillon, président et directeur artistique du Groupe l’avait repéré il y a deux ans avec cette toile-portrait qui lui rappelait étrangement sa fille. Outre des soins professionnels et des conseils d’experts, la Maison Valmont présente aussi une sélection d’objets rares, bijoux ou éditions limitées, choisis par Didier et Sophie Guillon au fil de leurs voyages à travers le monde. Un concept original alliant art et beauté de manière raffinée ! Maison Valmont Bongénie Lausanne 10, place Saint-François - 1005 Lausanne

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Tokyo Look de Shiseido

http://lamaisonvalmont.com

www.shiseido.ch

www.valmontcosmetics.com

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QUAND CL ARINS TOMBE À BIC

Ceci n’est pas un stylo d’écolier. Clarins réinterprète son fameux « all in one » pour les yeux et les lèvres. Doté de quatre mines, ses couleurs rétractables sont enrichies en cires de tournesol, de jojoba et d'acacia noir pour le confort des paupières et des lèvres : trois pour souligner le regard - bleu marine, noir intense et vert forêt et un bois de rose destiné au contour des lèvres de toutes carnations. Clarins fait rimer pratique avec ludique et on en est fanatique ! Stylo 4 Couleurs de Clarins 45 CHF www.clarins.ch

L A REINE DU COLL AGÈNE

En 2018, les équipes de la recherche Resultime font une avancée anti-âge majeure. Elles créent un trio de collagènes repulpants au pouvoir régénérant extraordinaire pour une augmentation spectaculaire de trois types de collagènes dans toutes les couches de la peau (un micro collagène vectorisé, un collagène natif et un actif pro-collagène à l’extrait d'algue verte). Grâce à sa nouvelle formule ultra fraîche, ce Gel-Sérum aux délicats tons rosés fusionne avec la peau sans sensation collante pour ne laisser qu'une peau lisse au teint unifié, et repulpée en huit heures seulement ! Gel-Sérum collagène de Resultime Pot 50ml : 72 CHF https://fr.resultime.com/

LIPSTICK CUSTOMISÉ

Depuis le lancement de son premier rouge à lèvres bâton Ne m’oubliez pas en 1870, la maison Guerlain a toujours eu deux lipsticks d’avance sur son temps. Pour ses 190 ans, elle présente son dernier bijou-lèvre, le Rouge G où le maquillage se fait objet précieux sous des airs de jeu. Ludique à souhait, ce dernier se décline en 450 combinaisons possibles. Il suffit de choisir un écrin – du cuir à la laque en passant par le marbre (15 options) – opter pour l’une des trente couleurs proposées et le faire graver d’une signature personnalisée. Outre son écrin, le Rouge G nourrit, lisse et repulpe grâce à des sphères d’acide hyaluronique, de beurre de mangue et d’huile de jojoba. Un it-objet qui a déjà fait ses preuves et qu’on a ajouté à sa wishlist depuis belle lurette. Rouge G de Guerlain Chez GLOBUS 48, rue du Rhône - 1204 Genève www.globus.ch/Store/Genève

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W VERBIER HOTEL 5* LUXE

Ski de printemps au W Verbier Ouvert toute l’année 123 chambres et suites élégantes 6 bars & restaurants Signature Away® Spa avec les soins La Prairie

W Verbier - Rue de Médran 70 - 1936 Verbier T. +41 27 472 88 88 E. info.wverbier@whotels.com wverbier.com


BIEN-ÊTRE

PRENDRE LE LARGE Par MINA SIDI ALI

Initiée dans les années 60 par un geek scientifique atypique – Max Huber – la plus ésotérique des marques de beauté, La Mer, a su imposer avec dextérité sa signature SPA dans le monde entier. En Suisse, il n’en existe qu’un, sis dans l’hôtel 5 étoiles du President Wilson à Genève. Depuis 2010, il fait des émules. L’enseigne, plébiscitée par les stars Hollywoodiennes comme Vanessa Paradis ou Jennifer Aniston, perpétue l’art du bien recevoir et de choyer ses hôtes. Ici luxe, attention et sur-mesure sont les maîtres-mots. Celle que l’on surnomme « La Rolls-Royce des crèmes  » ou encore « le caviar des anti-âge » y offre une carte des soins aux vertus dites miraculeuses. Close-up. perfection, le soin précieux au miracle Broth™, le soin du corps énergisant. Et cerise sur le soin : l’Expérience Ultime, offrant un véritable bain d’hydratation au corps pendant 2h30, notre favori, doté d’un soin du corps lissant et affinant, un massage thérapeutique, complété par un soin du visage revitalisant. La peau est adoucie et affinée grâce à un second massage associant quartz marin et poudre de diamant pur, la préparant à profiter pleinement des vertus de la Crème La Mer. Le son des diapasons viendra terminer en beauté ce traitement en équilibrant les énergies du corps et de l’esprit. On notera l’espace de détente privatif comprenant hammam, sauna et jacuzzi. Notre délice d’initié ! Lundi-vendredi de 11h à 20h. Samedi-dimanche de 10h à 20h. Hôtel President Wilson 47, quai Wilson - 1201 Genève www.hotelpresidentwilson.com

©Hôtel Président Wilson

DÉLICES BALNÉAIRES

POUR L A PETITE HISTOIRE

La Mer ou le lac ? Plus besoin de choisir avec le SPA La Mer, l’unique en Suisse, lové dans l’hôtel President Wilson. On y va pour renforcer son système immunitaire et son psychisme. Sur fond sonore de bruit des vagues, on se laisse transporter par ce voyage sensoriel et relaxant du corps. L’Espace n’use que des produits La Mer, basés sur des traitements exclusifs qui mettent l’accent sur les vertus extraordinaires des extraits mythiques d’algues marines, des antioxydants protecteurs et de pierres semi-précieuses. A la carte des soins aux pouvoirs miraculeux, des massages visage et corps d’où l’on ressort littéralement transformé avec entre autres le soin affinant détoxifiant, le soin régénération intense, le soin éclat

Conçu dans les années 1960, ce best-seller a vu le jour suite aux études du physicien de la NASA Max Huber, qui, afin de soigner sa peau gravement brûlée, recherchait un actif cicatrisant. En observant les pêcheurs de la baie de San Diego panser leurs plaies avec des algues, il eut l’idée de tester ces spécimens récoltés au large des côtes californiennes. Il lui faudra réaliser durant douze ans plus de 6'000 expériences sur ces algues, qu’il fera entre autres fermenter, soumettre à des vibrations, des ondes électromagnétiques et des sons et qu’il baptisera Miracle Broth.

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VINS

GARDE AUX VINS SUISSES ! La

chronique œnologique de

PIERRE-EMMANUEL FEHR

- Tu bois Suisse ? - Oui, uniquement. Mes Bordeaux je les garde en cave quelques années, je les revends et je me rachète du Suisse que je bois direct et ainsi de suite. Et oui! Lorsqu'il s'agit de se constituer une cave de garde, peu patriotes que nous sommes, nous lorgnons encore principalement vers Bordeaux, la Bourgogne, la Toscane ou pour certains aventureux, le Piémont. Est-ce parce que le terroir suisse ne peut faire naître de grands vins de garde ou parce que le mythe de nos éminents voisins viticoles nous hante ? Nous sommes allés vérifier cela (pour vous bien sûr) à la journée de la Mémoire des Vins Suisses (MDVS), association regroupant la crème des vignerons suisses, qui a constitué un trésor d'anciens millésimes (chaque vigneron réserve chaque année soixante bouteilles de sa cuvée sélectionnée), dans le but de démontrer le potentiel de vieillissement des grands vins suisses. Dans une ambiance électrique à l'Hôtel de Ville de Sierre, nous avons donné de notre personne en goûtant 175 vins, allant de 2003 à 2016. Du très haut niveau pour les vins représentés et un potentiel de garde souvent exceptionnel. Voilà quelques coups de coeur, émotions qui n'engagent bien sûr que nous... Avril 2018

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VINS

VAL AIS

Domaine des Muses, Humagne Blanche Tradition 2012 : cépage autochtone cultivé sur seulement 40ha, injustement méconnu ! Quelle erreur : fleurs blanches virant au résineux, rondeur et longueur. Après six ans, le gras n'enlève rien à la délicatesse. Maurice Zufferey, Petite Arvine Les Grand'Rayes 2010 : une version explosive de ce cépage, dont l'équilibre tension/amplitude est maîtrisé à merveille ! Ni trop sèche, ni trop suave. Simon Maye, Syrah Vieille Vigne 2015 : à n'en pas douter un des plus grands potentiel de garde des vins dégustés ! L'expression pure de ce cépage complexe. Au vu de la fraîcheur du 2007, on se réjouit de goûter le 2015 dans vingt ans, sans oublier de le faire chaque année. Denis Mercier, Ermitage flétrie sur souche 2003 : quel vin ! Très botrytisée, cette marsanne, aux arômes de champignons, de truffe, sirupeuse mais pas huileuse, n'a rien à envier à de grands Tokajs. Immortelle. Marie-Thérèse Chappaz, Petite Arvine grain noble 2009 : la grande dame des surmaturés valaisans étale toute sa classe sur ce cépage, dont l'acidité se prête parfaitement aux liquoreux. Il paresse infiniment sur notre palais...

ZURICH

Weingut Pircher, Pinot Noir Stadtberg Eglisau : coup de cœur pour les trois millésimes dégustés, 2015, 2011, 2007. Un pinot noir toujours frais mais gourmand, à faire pâlir ses voisins grisons. GRISONS

Weingut Hermann, Fläscher Completer 2012 : cépage autochtone méconnu dans nos régions. L'équilibre entre acidité et mielleux est unique pour ce trésor grison. Weingut Georg Fromm, Malanser Pinot Noir 2015, 2011 et 2007 : trois millésimes réussis pour ce symbole d'élégance et de subtilité des Grisons. Une valeur sûre. Christian Hermann, Fläscher Chardonnay 2012 : le bois, toujours présent, commence seulement à s'estomper pour laisser place aux subtils parfums du chardonnay grison. Weinbau von Tscharner, Churer Blauburgunder GianBattista 2013, 2008 et 2003 : quelle constance dans les trois millésimes et quelle fraîcheur pour le plus vieux vin présenté dans le cadre de la MDVS. Aucun signe de fatigue après quinze ans de bouteille !

VAUD

Château Maison Blanche, Yvorne Grand Cru 2010 : un vin critallin, minéral, des parfums de pêche, de silex et une finale saline. La découverte d'un grand outsider ! Domaine Louis Bovard, Dézaley Grand Cru Médinette 2008 : on ne présente plus le porte-drapeau du chasselas suisse. Après dix années en bouteille, il commence seulement son évolution, vire vers le coing et la noix. Un must pour la grande garde ! Domaine Henri Cruchon, Raissennaz Grand Cru 2011 : penser que les Vaudois ne savent pas faire du bon vin rouge, c'est penser mal. Voilà un pinot noir soyeux, tout en volupté.

TESSIN

Tenuta Castello di Morcote, Pio della Rocca 2011 : assemblage à 75% merlot et 25% cabernet sauvignon. Légèrement austère, avec un équilibre parfait entre fruit et tannins bien présents. Il remplacera avantageusement nombre de Bordeaux en cave. Kopp von der Crone Visini, Balin 2006 : très bel assemble à 95% de Merlot, aux notes épicées. Un grand du Tessin.

GENÈVE

Domaine les Hutins, Sauvignon Dardagny barrique 2008 : dix ans de bouteille et un magnifique mielleux sans perdre son cassis de départ ; c'est gras, c'est beau, c'est malheureusement bu toujours trop tôt.

ET M AINTENANT ? OUBLIER .

Il faut boire pour le croire : lors de cette incroyable dégustation, les plus vieux millésimes présentés étaient presque systématiquement les plus harmonieux, les plus équilibrés et subtils. Alors tentons de suivre les pas de la MDVS en faisant honneur à nos vignerons préférés, car parfois seules les années permettent à un vin d'atteindre son équilibre et à la magie d'opérer. Au diable les conditions imparfaites de nos caves, gardons nos vins quelques années au moins ! N'oublions pas pour autant d'en acheter suffisamment pour suivre leur évolution chaque année...

BIENNE

Steiner Schernelz Village, Chardonnay Clos au Comte 2009 : très belles notes oxydatives pour ce chardonnay gourmand et persistant dont on aurait peine à croire qu'il soit Suisse, encore moins Biennois !

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MENU DU MARCHÉ LE MIDI SERVI EN UNE HEURE

M ICHELIN RESTAURANT GASTRONOMIQUE / TABLE D’HÔTES / HÔTEL CHEMIN DE CHÂTEAUVIEUX 16 / SATIGNY / GENÈVE / +41 (0)22 753 15 11

WWW.CHATEAUVIEUX.CH


HOTSPOTS

4 JOURS, 10 CHEFS, 17 ÉTOILES MICHELIN Du 4 au 7 Avril, 17 étoiles Michelin se rassemblent au W Verbier et créent un rendez-vous gastronomique unique. Après le succès des deux éditions précédentes, l’événement culinaire Haute Cuisine revient le temps d’un long weekend allier gastronomie, design, mode et musique. Chaque matin, les chefs étoilés à l’instar de Michel Roth, Franck Giovannini, Sergi Arola ou encore Jacques Pourcel, pour ne citer qu’eux, animent des cours de cuisine et partagent leurs recettes Signature avec leurs convives. Les gourmets et gourmands se régalent lors de dîners thématiques animés par des interventions artistiques, défilé de mode, show de flair bartending et musique live. Une odyssée gastronomique à ne pas manquer !

DU GOSIER AU TABOURET Dans une atmosphère végétale, tout à la fois luxuriante, sobre et accueillante, le bien nommé Tabouret invite les amateurs de bières artisanales et de vins locaux et bio à installer leur popotin bien confortablement afin de déguster des boissons du coin, mais aussi une cuisine simple et savoureuse. Et pour cause : non seulement « à bar et à manger » signe l’adage du lieu, mais surtout le Tabouret Bar est né de son voisin de restaurant, le divin Neptune (noté 15/20 au GaultMillau) ! Vous y retrouverez donc la philosophie de celui-ci, portée par l’équipe de jeunes passionnés parmi lesquels le Chef Nicolas Darnaughilem, et représentée par l’engagement auprès des producteurs locaux et la qualité des mets qui s’adaptent aux saisons. Bonus ? Le Tabouret abrite le four d’où sort le délicieux pain au levain fait maison, de même qu’une fontaine à absinthe, tel que le veut la tradition.

W Verbier Du 4 au 7 avril 70, rue de Médran - 1936 Verbier

Tabouret Bar

027 472 88 88

38, rue de la Coulouvrenière – 1204 Genève

wverbier.com/haute-cuisine

022 320 15 05 (Le Neptune) tabouret-bar.ch

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LA HEAD participe aux JEMA 2018 ! 20.04 –22.04

La Haute école d’art et de design ouvre deux de ses ateliers pendant le week-end des Journées Européennes des Métiers d’Art : Réaliser un bijou avec la fonte à l’os de seiche Avec le Bachelor Design Mode, Bijou, Montre et accessoires Apprendre à raconter une histoire en dessins Avec l’option Illustration et Bande dessinée du Bachelor Communication visuelle Plus d’infos sur www.head-geneve.ch


HOTSPOTS

QUAND CALVIN EXHIBE SON NŒUD PAP ’ ROSE La nouvelle et unique boutique suisse Eden Park débarque à Genève. Présente depuis 31 ans dans l’univers de la mode masculine, l’enseigne française a su imposer son style originellement sportswear. L’histoire de son logo, le fameux nœud papillon rose ? Elle le tire d’une tradition des rugbymen de l’équipe française qui avaient pour habitude d'en porter sur leur maillot rayé; la couleur constituait alors un clin d’œil à la panthère rose, mascotte fantaisiste de l’équipe. Aujourd’hui, au-delà de l’anecdote, c’est une réelle insoumission aux diktats et conventions de la mode où la virilité n’a pas pour habitude d’embrasser le coloris pastel. Depuis, Franck Mesnel et Eric Blanc, fondateurs d’Eden Park et anciens rugbymen de l’équipe de France, maintiennent cette impertinence parisienne en gagnant incontestablement du terrain en ligue des champions du prêt-à-porter.

RITUELS DE BEAUTÉ Après Zurich, Saint-Gall, Berne, Zoug, Lucerne, Bienne, Bâle et Lausanne, c’est à Genève que la célèbre marque de cosmétique Rituals a investi de sa scénographie tout en poésie les 120 m2 de la boutique sise rue du Marché. La marque hollandaise de beauté et lifestyle concilie avec génie bien-être et cocooning. Chaque client est accueilli avec une tasse de thé relaxante et peut profiter pleinement d’une atmosphère ultra agréable pour découvrir une des dernières collections The Ritual of Sakura. Cette dernière s’inspire de la philosophie japonaise du Hanami pour célébrer chaque jour comme un nouveau départ. La gamme associe deux ingrédients cultes de la beauté japonaise : la fleur de cerisier au parfum délicat et le lait de riz aux vertus nourrissantes. Instantanément, ils éveillent tous nos sens et nous transportent au pays du soleil levant, au milieu des fleurs de Sakura qui s’envolent dans le vent.

Eden Park 8, galerie Jean-Malbuisson - 1204 Genève

Rituals Cosmetics Genève

022 310 80 82

Rue du Marché 2, 1204 Genève

www.eden-park.fr

www.rituals.com

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HOTSPOTS

M AR JOLAINE Qui mieux que le prolifique Philippe Chevrier pour ressusciter l’iconique 49 rue du Rhône suite au départ mouvementé du Relai de l’Entrecôte. Après un passage à vide durant laquelle on pensait voir l’adresse péricliter, le chef étoilé de Château-Vieux dégaine sa spatule et lui insuffle une nouvelle âme : Le Marjolaine voit le jour. Soufflant un air de renouveau qui sent bon l’origan, le thym et le romarin, la métamorphose s’opère aussi bien dans l’atmosphère du lieu que dans l’assiette. Un tour de force qui s’opère sans toucher un iota à l’agencement et avec lequel on passe d’un bistrot français à une trattoria typique du vieux Turin. Côté palais, c’est le chef Francesco Tedesco qui orchestre le valse des mets avec, à l’honneur, carpaccio di manzo aux échalotes croquantes et noisettes, céleri et « Grana Padano », le bollito misto, sauce verte, sauce poivron-tomate etmostarda di Cremona et le divin linguine au homard, sauce tomate.

AU-DELÀ DE L’EXCELLENCE Emboitant le pas de l’école hôtelière de Lausanne qui a hissé son restaurant d’application au rang d’adresse gastronomique prisée, Glion place la barre plus haut avec Bellevue. Niché dans le campus historique - rénové par Michel Gicquel et Natacha Froger pour l’occasion – l'établissement réuni une kyrielle de Meilleurs Ouvriers de France, à commencer par Dominique Toulousy, ex-chef doublement étoilé des Jardins de l’Opéra à Toulouse, Benoît Carcenat, ancien second de Benoît Viollier et Chantal Wittmann et 1ère femme MOF en arts de la table. Un casting qui se mue dans la carte en une supernova gustative tirée d’une cuisine traditionnelle revisitée, avec à la clé, une mention "pupille dilatée" pour la raviole de foie gras à la truffe . Coté carte des vins, on n’est pas en reste, élaborée par Reza Nahaboo et Fabien Mène, respectivement 1er et 3ème meilleurs sommeliers de Suisse 2016. Elle fait la part belle aux vignerons vaudois et allie les grands domaines (peut-être un peu trop, on reconnait là le classicisme de Paolo Basso) et les bouteilles, plus confidentielles, telles qu'un Vouvray le Clos de Vincent Carême, un Pouilly Fumé d’Alexandre Bain, une Syrah vieille vigne de Simon Maye ou un Catarratto sicilien de Terre Nere.

Restaurant Marjolaine Rue du Rhône 49, 1204 Genève www.marjolaine.ch

Le Bellevue Route de Glion 111 1823 Glion-sur-Montreux +41 21 966 35 25 www.glion.edu

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HORLOGERIE

LES PLUS BELLES ÉMOTIONS DE BASELWORLD Par OLIVIER MÜLLER

Parrot Repeater Pocket Watch ©Jacquet Droz

Il existe une différence entre créativité et beauté. Cette différence, si infime soit-elle, porte un nom : l’émotion. Les grandes marques qui ont exposé au Mondial de l’Horlogerie il y a quelques jours sont parfois passées à côté. Etouffées par la technique, la démonstration horlogère sans but ni cause, les nouveautés 2018 n’ont pas toujours su (re)trouver le souffle vital de la beauté. Heureusement, il existe quelques rares maisons qui investissent encore pour le seul plaisir d’émerveiller leurs clients. L’art pour l’art existe toujours, nous l’avons retrouvé. Avril 2018

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HORLOGERIE

Plus personne n’a besoin d’une montre. Un smartphone à 100 francs sera toujours plus précis qu’une montre à un demi-million. La montre n’existe plus que comme objet personnel, marqueur d’une singularité sociale ou, plus simplement, beau bijou que l’on aime pour ce qu’il est. ©Ferdinand Berthoud

Quelques rares maisons poursuivent encore cette quête de l’émotion horlogère pure. Parmi elles, Jaquet Droz. Si la marque du Swatch Group comporte toujours de belles collections commerciales, elle réalise en parallèle des pièces hors normes, un art de l’émerveillement auquel plus personne n’attache d’importance : les automates. En horlogerie, il s’agit de créer au sein d’une montre une séquence animée. Chez Jaquet Droz, le thème préféré est celui des oiseaux. La marque a développé une pièce unique, la Parrot Repeater Pocket Watch. Qu’elle soit estimée à plus d’un million de francs n’a aucune importance : elle concentre, sur quelques centimètres carrés, tout ce que Jaquet Droz sait faire en matière de métiers d’art. Peinture, gravure, sertissage, émail sont ici au service d’une saynète où un couple de perroquets donne à manger à leur petit en train de naître, sur fond de carillon sonnant l’heure de l’instant. Poétique, ludique, unique.

Newport Chrono automatique, édition limitée ©Michel Herbelin

©Chopard

La marque du Jura fête les 30 ans de son modèle phare, la Newport. Contre vents et marées, contre les « Big Three » (Swatch Group, Richemont, LVMH), Herbelin se bat toujours avec force, courage et humilité pour proposer une horlogerie qualitative et abordable. En trente ans, elle aura vendu 700'000 exemplaires de sa Newport ! Elle ne coute que 1'500 francs en moyenne mais elle est faite avec cœur, passion et cela n’a pas de prix.

FERDINAND BERTHOUD JET TE L’ANCRE

Non loin, la manufacture Ferdinand Berthoud présentait cinq pièces, pas une de plus. Pourquoi ? Parce qu’elles symbolisent les cinq chronomètres de marine réalisés par Berthoud lui-même en 1785 pour la fameuse expédition de Lapérouse, soldée par un tragique naufrage dans le Pacifique. L’équipage y perdit la vie et ces fameux cinq chronomètres passèrent par grand fond. Bien que l’épave soit aujourd’hui localisée, ces cinq chronomètres gisent toujours sur le sable, inaccessibles. La manufacture a réalisé cinq garde-temps en bronze qui représentent ces témoins d’une histoire ensevelie. Ils sont volontairement corrodés, comme s’ils venaient d’être sortis de l’eau. L’association d’un mouvement de très haute technicité avec cette finition vert-de-gris est l’une des plus belles audaces de style de Baselworld. Elle n’a pas manqué de faire mouche : les trois premiers exemplaires sont partis en trois jours, à 241'500 CHF pièce.

CHOPARD, TRENTE ANS D ’AVANCE

Enfin, si ces pièces dégagent une indéniable émotion, le groupe Chopard a pris toute l’industrie de court avec une initiative pleine de bon sens et de respect : alors que la marque réalisait à peine 5% de ses montres en or équitable, elle a annoncé qu’elle réaliserait les 95% restants de la même manière dès juillet 2018. La contrainte est immense : l’or équitable ne doit jamais être mélangé à de l’or non équitable. Approvisionnement, fonte, transformation, exécution des montres et bijoux doivent pouvoir en permanence être tracés, pour assurer des conditions de travail et un revenu décents à leurs producteurs. Les contraintes que s’apprête à s’imposer Chopard sont colossales. Il y aura un léger surcoût mais la manufacture a annoncé en prendre la moitié à sa seule charge. Cet or dit « Fairmined » n’est même pas encore évoqué dans le monde horloger et joaillier que Chopard va en faire son standard. Une initiative hors norme qui prouve que quelques rares manufactures savent faire beau... et bien.

UNE BELLE HISTOIRE DE FA MILLE

Puisque l’horlogerie n’a pas plus de frontières que ses clients, on soulignera également l’initiative de la famille française Herbelin. C’est probablement la dernière grande maison familiale 100% indépendante toujours aux mains de ses créateurs – aujourd’hui avec les deuxième et troisième générations aux commandes, Pierre-Michel et son fils Maxime Herbelin. Go Out! magazine

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AUTOMOBILE

UN OSCAR POUR JAGUAR Par YESSINE SIDI ALI

Une révolution se profile depuis quelques années chez Jaguar : la gamme du constructeur s’est amplement élargie avec une foule de nouveaux modèles qui partent à la conquête de différents segments. Véritable exploit, à chaque sortie d’un modèle inédit, la marque au félin bondissant parvient à nous concocter des œuvres d’art qui font systématiquement l’unanimité auprès des connaisseurs. Après la sortie en 2016 du magnifique SUV Jaguar F-Pace, la marque se lance désormais dans le SUV premium compact avec la E-Pace, dont on sait qu’il fait d’ores et déjà trembler toute la concurrence allemande. Autant dire que ce fut la voiture d’essai la plus difficile à rendre après quelques jours passés en sa vrombissante et délicieuse compagnie !

Jaguar E-Pace @Jaguar

Lors de sa présentation et de la visualisation des premières images dévoilées sur la toile, la E-Pace a immédiatement trouvé grâce aux yeux de tous. Quand on la découvre pour la première fois en trois dimensions, cette vision de rêve prend toute son ampleur avec un charisme et une prestance inégalés ; elle évoque même une F-Type rehaussée et bodybuildée ! Dotée d’un regard acéré et d’ailes musclées, elle est indubitablement prête à dévorer le bitume. L’habitacle de la E-Pace se dévoile beaucoup plus spacieux qu’il n’y paraît de l’extérieur. L’espace aux jambes à l’arrière et la hauteur sous toit sont les points forts du SUV : un vrai régal au quotidien lorsqu’on se déplace en famille. L’ADN de la F-Type se déclare aussi présent sur le poste de conduite, où l’on retrouve une console centrale à la finition parfaite et une ergonomie de premier ordre.

ville, rouler à vive allure sur des routes de campagne ou grimper une montagne (merci au cousin Land Rover !). La E-Pace est née avec un châssis exceptionnel qui lui confère une tenue de route inégalée dans cette catégorie.

Bien entendu, le terrain de chasse favori de notre félin est la route, sur laquelle la E-Pace se trouve à l’aise dans toutes les circonstances, que ce soit pour manœuvrer en

15, rue Boissonnas - 1227 Les Acacias

La Jaguar E-Pace se décline avec trois moteurs diesel de 150, 180 ou 240 ch ainsi qu’avec deux moteurs à essence de 250 ou 300 ch. Configurable à souhait, que ce soit en boîte manuelle ou avec la merveilleuse boîte automatique 9 rapports, en deux ou quatre roues motrices, chacun y trouvera son bonheur. Si le lion est le roi de la jungle, Jaguar s’impose incontestablement comme le roi du bitume ! Jaguar E-Pace Garage Autobritt S.A. Garage Jaguar

Avril 2018

www.autobritt.ch Remerciements à Véronique Grivel et Florian Cellamare 82


AUTOMOBILE

ZOOM SUR MA BENZ Par YESSINE SIDI ALI

Tous les automobilistes du monde rêvent, un jour ou l’autre, de toucher les étoiles en s’offrant une Mercedes. La marque allemande représente aux yeux de tous la réussite, le raffinement, le confort et la robustesse, et depuis quelques années également la sportivité avec le département AMG qui, d’un coup de baguette magique, transforme une berline classique en vrai dieu du bitume. Go Out! a eu l’immense privilège de passer une semaine à bord de la dernière Mercedes E-Coupé 400 AMG 4Matic : retour sur ces quelques jours riches en émotions.

Mercedes E 400 Coupé AMG @Mercedes

Après vingt-cinq ans et cinq générations, la nouvelle Classe E se décline comme à son habitude en un merveilleux coupé qui dès le premier regard émerveille par la pureté de ses lignes, son gabarit d’athlète; une osmose parfaite entre l’élégance et la sportivité, en somme. L’intérieur n’est pas en reste puisqu’il se situe dans la continuité du ressenti extérieur : simplement sublime! Le double écran virtuel de 12,3 pouces, la buse d’aération en forme de turbine reprise de l’AMG GT, la large console centrale à la finition exemplaire et les sièges offrant un confort royal et un bon maintien contribuent tous à la sensation de se retrouver dans un palace roulant. Aux places arrières, deux adultes de grand gabarit peuvent facilement rester à bord du véhicule sur des centaines de kilomètres sans ressentir de fatigue grâce à l’espace généreux qu’il confère.

Grâce à ces qualités, notre coupé expédie le 0 à 100 km/h en seulement 5,3 secondes. Lors de notre essai, la neige a soudainement décidé de s’inviter: cela tombait bien, la Mercedes étant une quatre roues motrices. Et quel régal : malgré un poids conséquent, la voiture s’est révélée prévenante et dotée d’une motricité à toute épreuve qui a fait de la conduite dans ces conditions météorologiques un véritable jeu d’enfant. Cette dernière Classe-E Coupé constitue un réel sansfaute, que ce soit sur le plan stylistique ou technique et elle mettra de toute évidence tout le monde d’accord, qu’il s’agisse de l’utiliser pour les trajets quotidiens ou pour voyager sur de longues distances, ce quelles que soient les conditions. Mercedes E-Coupé 400 AMG 4Matic

Notre modèle d’essai est animé du V6 3,0 litres de 333 ch et 480 Nm de couple, un moteur qui lui va à ravir ! Souple et élastique, il est associé à l’excellente boîte à vitesses 9 G-tronic qui sait se montrer douce au quotidien et devient ultra rapide lors d’une conduite plus soutenue. Go Out! magazine

www.mercedes-benz.ch

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# RDV

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PRIS


CINÉMA

ÉCRAN TOTAL Par FRANÇOIS GRAZ

En attendant que le soleil pointe réellement le bout son rayon, Go Out! se prélasse dans ses salles de ciné préférées, eh oui à l'ombre d'un écran. Ce mois, deux films, une série et un festival ont tapé dans l'oeil de la rédaction: le FIFOG, The Rider, Place publique et American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace.

PL ACE PUBLIQUE

À une époque où les comédies françaises se résument à l’omniprésence de Christian Clavier dans des vaudevilles difficilement regardables, certaines valeurs sûres persistent à nous faire passer un agréable moment. C’est le cas du dernier long métrage d’Agnès Jaoui, Place Publique. Au cours de la pendaison de crémaillère de son amie Nathalie (Léa Drucker), Castro (Jean-Pierre Bacri) animateur télé has-been retrouve son exfemme Hélène (Agnès Jaoui) et constate que leurs valeurs communes ont bien changé avec le temps. Huis-clos savoureux, Place Publique analyse à sa façon l’exposition de la vie privée sur les réseaux sociaux, ainsi que la perte d’audimat du monde télévisuel face à la déferlante du web 2.0. En outre, Bacri régale dans son rôle de présentateur cynique qui vit mal le fait de ne plus être l’idole des jeunes mais des vieux. Pour sa cinquième réalisation, Agnès Jaoui redonne ses lettres de noblesse à ce genre du cinéma français bien trop souvent lynché sur la place publique. Place publique d’Agnès Jaoui Sortie le 18 avril

NOUR

Projeté en compétition officielle du Festival International du Film Oriental de Genève, le long métrage de Khalil Zaarour met en lumière un fléau de la société actuelle libanaise. Alors qu’elle profite des belles journées d’été en toute insouciance avec ses amis et découvre l’amour, la vie de de Nour, adolescente de 15 ans, bascule. Contrainte par sa famille d’épouser un homme bien plus âgé qu’elle méprise, la jeune fille voit son enfance et ses rêves envolés. Avec ce film poignant, Khalil Zaarour dénonce une pratique hélas encore courante au Liban et dans bien d’autres pays : le mariage d’enfants brise l’avenir de milliers de jeune filles. Nour constitue une œuvre intelligente, bien réalisée et surtout impérative. Nour de Khalil Zaarour Projeté dans le cadre FIFOG 2018 www.fifog.org

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CINÉMA

LA SÉRIE DU MOIS : A MERICAN CRIME STORY : THE A SSA SSINATION OF GIANNI VER SACE

Après s’être penché sur la très controversée affaire O.J Simpson, Ryan Murphy remet le couvert avec la saison 2 d’American Crime Story. L’anthologie invite cette fois le spectateur à revivre les moments clés de la traque du meurtrier de Gianni Versace, ponte de la mode disparu tragiquement il y a plus de vingt ans maintenant. Andrew Cunanan n’en est pas à sa première victime lorsqu’il tire deux balles dans la tête du célèbre couturier un matin de juillet 1997. Paranoïaque, le jeune éphèbe pense être atteint du VIH et fera quatre victimes en l’espace de deux mois avant son fait d’arme final sur le perron de la Casa Casuarina. Darren Criss (vu dans Glee) prête ses traits avec brio à ce tueur en série à la psychologie complexe. Egalement présents, Edgar Ramirez et Pénélope Cruz incarnent quant à eux Gianni et Donatella Versace. Enfin, mention honorable à la justesse d’interprétation de Ricky Martin, belle surprise côté casting. American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace de Ryan Murphy Actuellement sur CANAL+

THE RIDER

1er avril 2016, c’est le grand soir pour Brady, cow-boy pur jus natif du Dakota. Dresseur de chevaux sauvages, le jeune homme consacre sa vie aux purs-sangs et plus particulièrement à cette discipline périlleuse qu’est le rodéo. Hélas pour lui cette soirée virera au drame : projeté par un canasson un peu trop coriace, Brady fait une hémorragie interne. S’il a échappé à une mort certaine, le cavalier doit désormais trouver un nouveau sens à son existence, lui qui arbore une large cicatrice au niveau du crâne. The Rider relate l’histoire vraie de Brady Jandreau, brisé tant physiquement que moralement suite à son accident, qui tente alors de chevaucher la vie. Pour son deuxième film, Chloé Zhao a fait appel aux vrais protagonistes de cette émouvante histoire. Chacun rejoue son propre rôle dans cette fresque dépaysante. Doté d’une superbe photographie, le long-métrage nous offre une virée dans les grands espaces américains, lieu de ce récit brut et authentique. Une belle leçon de cinéma. The Rider de Chloé Zhao Sortie le 25 avril

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En partenariat avec Le Fonds cantonal d’art contemporain de Genève et L’école Supérieure d’art Annecy Alpes

exposition Idéalement située du 28/03 au 02/06/2018

villa du parc centre d’art contemporain 12 rue de genève 74100 annemasse www.villaduparc.org

Ann_Exil_MICR_GoOut.qxp 26.03.18 13:20 Page1

14 mars – 25 novembre 2018


CLASSIQUE

DU 14 AVRIL AU 5 MAI AUDITOIRE DE CALVIN À GENÈVE

Vincent Thévenaz, nouvel organiste titulaire de la Cathédrale St Pierre et professeur d'orgue à la Haute Ecole de Musique de Genève, présentera le programme suivant sous le titre Les mille facettes de la Polyphonie - Samedi 28 avril : Philippe Despont Philippe Despont, professeur d'orgue au Conservatoire populaire de musique de Genève et organiste co-titulaire des orgues historiques Manderscheidt (1657) et Mooser (1836) de la Cathédrale St Nicolas à Fribourg, donnera un concert autour de la filiation de J.S. Bach, C.P.E. Bach, Mozart et Haydn. - Samedi 5 mai : Saya Hashino Saya Hashino, organiste titulaire de l'Eglise Néerlandaise Protestante et fondatrice de Soloist Academy à Crozet en France, donnera un concert entièrement consacré aux toccatas et fantaisies de J.S. Bach avec les oeuvres suivantes: la fantaisie et fugue en sol mineur BWV 542, la fantaisie en sol majeur BWV 572, la fantaisie en do mineur BWV 562, le toccata, adagio et fugue en do majeur BWV 564, la fantasia super “Komm, Heiliger Geist” en fa majeur BWV 651, la fantaisie en do majeur BWV en 570, et le toccata et fugue en ré mineur BWV 565.

Place de la Taconnerie | 1204 Genève

4ÈME FESTIVAL DE L'ORGUE AUBERTIN

Organisé par l'Association "Amis de l'Orgue de l'Auditoire de Calvin", le Festival de l'Orgue Aubertin de l'Auditoire de Calvin offre quatre concerts, d’une heure environ, présentant chacune d’elle une œuvre mettant l’orgue à l’honneur : - Samedi 14 avril: Lionel Rogg Grand organiste célèbre spécialisé dans l'interprétation de la musique de J.S.Bach, donnera un concert d'improvisations. - Samedi 21 avril : Vincent Thévenaz

17 AVRIL

20H

ENSEMBLE CONTRECHAMPS

SUR LE SEUIL : GUSTAV MAHLER SYMPHONIE Nº9

www.contrechamps.ch

VERSION POUR ORCHESTRE DE CHAMBRE DE KLAUS SIMON (2011) Composée durant les années 1909 et 1910, et jouée pour la première fois le 26 juin 1912 (soit onze mois avant le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky) la Symphonie Nº9 de Gustav Mahler est une œuvre intensément funèbre, adoptant une découpe des mouvements sortant résolument des cadres hérités de la tradition classique. Il en va de même des assises tonales, fortement perturbées tant dans le détail que dans les proportions formelles plus larges. Mais il y a surtout chez Mahler le désir d’une musique qui sympathise avec tout ce qui tend vers le bas, vers la négation et le vide, ce qui la relie avec plusieurs courants de l’avant-garde musicale des années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale : le refus des héritages du postsérialisme, la mise en contact de la musique avec des sujets réputés non-nobles, voire, en forçant à peine le trait, le refus de la composition au sens de Cage. Dans son ouvrage magistral Mahler. Eine musikalische Physiognomik, Adorno parle en ces termes de la Neuvième Symphonie : « L’impossibilité de toute métaphysique devient l’ultime métaphysique ». C’est avec la très belle version pour ensemble de Klaus Simon que se clora notre cycle Mahler.

ALHAMBR 10, rue de la Rôtisserie | 1204 Genève www.alhambra-geneve.ch

Portrait de Gustav Mahler

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EXPOS ET CONFÉRENCES

DU 18 AVRIL AU 8 JUILLET  FONDATION BAUR, MUSÉE DES ARTS D’EXTRÊME-ORIENT

BOROBUDUR, LE JOYAU DE L’ART BOUDDHIQUE Dès le 18 avril, la Fondation Baur fait honneur au somptueux monument bouddhique de Borobudur. Situé sur l’île de Java en Indonésie, faisant face au volcan Merapi toujours fumant, il a été bâti entre les VIIIème et IXème siècles. Initialement sanctuaire et lieu de pèlerinage bouddhiste, le site a été abandonné au début du XIIème siècle puis recouvert de cendres volcaniques et de végétation, jusqu’à ce qu’un ingénieur néerlandais et 200 hommes – mandatés par le lieutenant-gouverneur de Java qui avait eu ouï-dire qu’un monument s’y cachait – l’exhument entièrement en 1814. Le temple forme un carré de 113 mètres de côté à sa base, avec des superpositions dégressives qui rappellent une pyramide. Les galeries sont couvertes sur 5 km de bas-reliefs sculptés décoratifs et narratifs relatant la vie de Siddharta, tandis que les terrasses supérieures présentent 72 stûpas ou cloches de pierre abritant des boddhisatvas. L’exposition présente une cinquantaine de clichés de grand format des reliefs sculptés réalisés la nuit par clair de lune par le photographe belge Hughes Dubois, et sur lesquels les divers protagonistes semblent presque prendre vie. Les photographies sont accompagnées de sculptures en pierre et en bronze, ainsi que de peintures et d’aquarelles.

8, rue Munier-Romilly | 1206 Genève 022 704 32 82 | www.fondation-baur.ch

©Hughes Dubois

DU 18 AVRIL AU 5 MAI GALERIE LATHAM

TOILES ET TOILES, DERNIERS TRAVAUX D’HADRIEN DUSSOIX

22, rue de la Corraterie | 1204 Genève 022 310 10 77 | www.galerie-latham.com

L’artiste genevois Hadrien Dussoix (1975), primé à de nombreuses reprises, revient exposer son travail dans sa ville natale après une pause consacrée à sa petite fille. Véritable expérimentateur de textures, il s’adonne tant aux toiles, à la sculpture qu’aux installations, à travers des compositions hybrides qui font se rencontrer des mondes différents. Par le passé, il avait notamment revisité l’architecture de la Renaissance à coups de bombes de spray; cette fois, à la Galerie Latham, il sera surtout question de donner une nouvelle ampleur à des fauteuils de style ancien. L’artiste s’empare de toiles, les peint, les piétine ou en fait le support d’un poème, puis elles sont montées sur des sièges par l’atelier de tapisserie Schaefer, créant ainsi des œuvres composites et ambiguës entre peinture, sculpture, design et objet d’usage commun. L’idée étant ici, entre autres, de confronter le contemporain et le classique tout en interrogeant sur les limites entre modalités artistiques. A découvrir également, plusieurs tableaux qui résonnent comme un hommage à la peinture abstraite géométrique avec, en filigrane, la question de l’achèvement d’une toile, éternelle sentence que tout artiste appose sur son œuvre...

Late At Night, 2 fauteuils, 2017 ©Hadrien Dussoix

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EXPOS ET CONFÉRENCES

JUSQU’AU 5 MAI ESPACE L EN COLLABORATION AVEC LE MUSÉE DE L’ARIANA

LA VIE DES OBJETS JULIEN SPIEWAK ET VASILIS ZOGRAFOS

23, rue des Bains | 1205 Genève 022 301 64 90 | www.espacel.net

L’espace_L, dévolu à l’art contemporain, invite ses visiteurs, jusqu’au 5 mai et de manière bien particulière, à admirer les objets abrités… au Musée Ariana. Dans l’exposition La vie des objets, les photographies du Parisien Julien Spiewak entrent en écho avec les peintures de l’artiste grec Vasilis Zografos. Ces dernières ont été inspirées par des œuvres exposées au Musée Ariana, tandis que les clichés de Julien Spiewak détournent des objets dudit musée en y intégrant habilement des parties de corps à peau nue, pour un effet en trompe-l'œil qui interpelle. C’est donc un double regard qui est ici posé sur les œuvres, ainsi que sur le sens et la valeur qui leur sont accordés, mais également l’occasion de redécouvrir sous un jour inédit les objets présentés au Musée Ariana.

Vase brûle-parfums, grès, Japon, deuxième moitié du XIXe ©Julien Spiewak. Musée Ariana, 2018

Les concerts du dimanche 2017 – 18

8 Dimanche 29 avril 2018 à 17h

OSR

Jonathan Nott direction Xavier Phillips violoncelle

Anton Dvorˇ ák concerto pour violoncelle en si mineur op. 104 Richard Strauss La Vie d’un héros op. 40

29.04 2018

Scène culturelle de la Ville de GenèVe

Victoria Hall

Plus d'informations www.ville-ge.ch/vh ou 0800 418 418 (numéro gratuit)

Genève, ville de culture www.ville-ge.ch/vh


DANSE

19 AVRIL18h30 FLUX LABORATORY GENÈVE Rue Jacques-Dalphin 10 1227 Carouge | www.fluxlaboratory.com

URBAN DANCE BATTLE Après une première édition à Zurich le 7 février dernier, les mêmes performeurs s'affronteront lors d'une battle retour au Flux Laboratory Genève. Les férus de danse urbaine pourront assister à une performance hors norme entre Genève et Zurich où il n'y aura pas de limites avec les performeurs, Inés, Jerson, Moussa, Katya, Rebeca, Popping Mike. Aux platines : Walter et DJ Sébastien Loopes. RSVP avant le 16 avril à Isabelle Montegut imontegut@fluxlaboratory.com

DANS LA PEAU DE DON QUICHOTTE CINÉ-SPECTACLE / DÈS 12 ANS MIGUEL DE CERVANTES SAMUEL HERCULE MÉTILDE WEYERGANS DU 4 AU 6 MAI

MAD GRASS THÉÂTRE & MUSIQUE DÈS 9 ANS ÉLODIE SEGUI & EMMANUELLE DESTREMAU DU 27 AU 29 AVRIL

théâtre am stram gram route de frontenex 56 1207 genève 022 735 79 24 www.amstramgram.ch


THÉÂTRE

DU 10 AU 15 AVRIL LA COMÉDIE

LUXE, CALME DE MATHIEU BERTHOLET Ah, les Alpes et la Riviera suisses, leurs paysages qui incarnent la beauté, la sérénité et une nature intacte, ou presque, puisque quoi de mieux pour se ressourcer dans ce cadre exceptionnel qu’un écrin de confort tel un opulent grand hôtel de style romantique? A moins que ce ne soit pour décider d’y mourir, ce à condition d’avoir les moyens de rendre son dernier soupir dans le faste et face à une vue à couper le souffle... littéralement. Dans sa pièce Luxe, calme, le metteur en scène valaisan Mathieu Bertholet convie le spectateur à une épopée se déroulant entre 1870 et 2020 dans un décor de palace où une foule de personnages – majordomes, riches touristes, infirmiers, etc. – se croisent autour de la thématique du suicide assisté. Au gré de leurs échanges se dévoilent des récits intimes, éveillant des questionnements philosophiques sur l’euthanasie et qui rappellent que la fascination qu’exercent les Alpes se nourrit depuis toujours tant de leur dimension sublime que dangereusement mortifère. Un paradoxe qui résonne avec un autre, que soulève le metteur en scène sans porter de jugement: la Suisse se place tout à la fois à la pointe du suicide assisté et de l’industrie pharmaceutique.

6, bvd. des Philosophes 6 | 1205 Genève 022 320 50 01 | www.comedie.ch

« Luxe, calme » de Mathieu Bertholet ©Mathilda Olmi

DU 10 AU 22 AVRIL  THÉÂTRE DU GALPON

FRIDA KAHLO, AUTOPORTRAIT D’UNE FEMME TEXTE DE RAUDA JAMIS | CIE L’HYDRE FOLLE En création au Théâtre du Galpon avant une tournée romande, le spectacle multidimensionnel Frida Kahlo, autoportrait d’une femme, rend hommage à la fabuleuse artiste mexicaine. Sur scène, en sus des musiciens Pierre Omer et Julien Israelian, se croisent deux comédiens, Martine Corbat qui incarne la flamboyante peintre et Diego Todeschini, alias l’Homme Secret qui joue les rôles de Diego Rivera, Alejandro, Trotski, André Breton, Picasso et Ernst, mais on observe également Yangalie Kohlbrenner, la Plasticienne, sorte de double silencieux de Frida, qui crée en live un univers en 3D à l’image de celle-ci, ou plutôt un temple qui lui serait consacré. S’y côtoient donc un lit, des animaux empaillés, des objets brisés... Conçu sur un texte de Rauda Jamis – pour qui Frida Kahlo « représente toutes les femmes en une » –, ce spectacle teinté d’onirisme de la Cie L’Hydre Folle est le volet central d’un triptyque théâtral que la compagnie voue à l’artiste, après la lecture-concert Frida la Douce en 2017 et avant La Poupée cassée, à l’attention du jeune public au Théâtre des Marionnettes en fin d’année. A noter, les jeudis 12 et 19 avril, les représentations de Frida Kahlo, autportrait d’une femme seront suivies de tables rondes qui questionneront la représentation des femmes dans l’art.

2, route des Péniches | 1213 Petit-Lancy 022 321 21 76 | galpon.ch

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LIVE

12 AVRIL  LE ZOO

C.O.T.I RELEASE NIGHT_ HIP HOP/FUNK/SOUL Notre crew anglophone local favori, Captains Of The Imagination (C.O.T.I) vient vernir sa nouvelle plaque, toute fraîchement produite en direct du Zoo. C.O.T.I sévit dans la région depuis des lustres, s’illustrant par le génie de ses musiciens issus du Hip-Hop. Une équipe de choc, composée d’un beatmaker, d’un dj et de quatre MCs. Leur dernier Ep, Flight Mod Funk, est le fruit groovy d’une collaboration avec le producteur londonien Inztrow, un jus frais à déguster à souhait pour faire durer le désir et revivre le plaisir des beaux jours. Embarquement immédiat le 12 avril prochain dans l’imaginaire coloré et positif de ce collectif explosif !

www.lezoo.ch

C.O.T.I. (CH) INZTROW BEATS (UK) Lady Bazaar (CH)

20 AVRIL21h30 LA CAVE 12

FEROCIOUS 41 Un Hip-Hop alternatif, sombre et electro-organique est au programme de l’antre de la musique underground, la Mecque du bon son : la Cave12. Le projet Ferocious 41, qui sonne comme le nom de code d’une mission, résonne avec ses textes, son trio de MC’s, dont un saxophoniste et des samples homies, comme un remède aux esprits libres. Instrumentaux à l’humeur noire, sons en acier incrustés et autres alliages cuivrés emportent le flow d’outre-manche et d’outre-tombe scandé par ce trio infernal. Enfin de retour ! Adepte du hors-piste et de l’inattendu ne pas s’abstenir.

Rue de la Prairie 4 | 1202 Genève www.cave12.org

Avril 2018

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LIVE

DU 26 AU 28 AVRIL21h30 LA CAVE 12

IMPETUS FESTIVAL Impetus, le festival transfrontalier vient faire déferler ses musiques divergentes sur le sol Lausannois et dans le Nord Franche-Comté. Il est crée en 2010, de concert avec la salle du Moloco à Montbéliard, La Poudrière à Belfort, le programmateur des Eurockéennes, Kem Lalot et le chanteur du groupe Kruger, Renaud Meichtry. Rejoints en 2011 par les Jurassiens, les Lausannois s’absentent entre 2014 et reviennent en 2016 sous l’impulsion de passionnés, nous offrant pour cette édition une saignante brochette de groupes à moustaches. En tête d’affiche, les incontournables High On Fire, rouleau compresseur métallique et son flamboyant leader, Matt Pike, guitariste aux doigts d’acier. On notera entre autres, le métal francophone de Céleste, le maelström Genevois de Prométhée, l’étrange univers de Zeal & Ardor, les légendaires stoner Orange Gobelin, des DJs set, et activités proposées aux Docks, au Romandie, à la Datcha et la librairie Humus. L’édition française débutera un jour après la version Suisse, proposant également installations, performances et concerts de pairs avec de la bonne bière, et pour citer « à ta santé » version tibétaine : « Que ta moustache pousse comme la broussaille ! »

Rue de la Prairie 4 | 1202 Genève www.cave12.org

OPÉRA-THÉÂTRE

L’OPÉRA DANS TOUS SES ÉTATS DU 24 AVRIL AU 06 MAI 2018

FIGAROH ! D’APRÈS MOZART ET BEAUMARCHAIS DU 08 AU 20 MAI 2018

Chemin de Ruth 16, Cologny, Genève | 022 786 86 00 | lecrevecoeur.ch


PAR LE RÉALISATEUR DE

TEL PÈRE, TEL FILS ET APRÈS LA TEMPÊTE

Au cinéma dès le 11 avril !

UN FILM DE

KORE-EDA HIROKAZU CAVIAR & HIGHWAYMAN FILMS PRÉSENTENT

Au cinéma dès le 25 avril ! UN FILM DE

CHLOÉ ZHAO


AILLEURS

MUSÉE NATIONAL SUISSE  CHÂTEAU DE PRANGINS

MUSÉE NATIONAL SUISSE, 20 ANS Le Musée national suisse festoie à l’occasion des 20 ans de la création de son annexe romande au Château de Prangins. Cet écrin champêtre du XVIIIe présente l’histoire de la Suisse depuis ses origines jusqu’à nos jours afin de définir les identités suisses qui, ne l’oublions pas, sont plurielles. Cette pluralité sera mise à l’honneur pendant ces noces de porcelaine qui se tiendront jusqu'à la fin de l'année. Parmi les différents événements au programme, notons que l’artiste espagnol et suisse d’adoption Muma parera cette célébration de mille éclats avec une performance lumineuse dans l’étroite lignée de ses précédents happenings tels qu’Allumages. 50'000 bougies orneront le jardin potager du château le 29 septembre. Le motif indien de cette création incandescente résonne avec le second événement autour duquel s’articule cet anniversaire, une exposition à découvrir dès le 22 avril présentant les "indiennes", ces toiles de cotons imprimées venant de l’Extrême-Orient. Fort appréciées dans l’Europe et la Suisse des XVIIe et XVIIIe, elles représentent peut-être le premier produit mondialisé, grâce aux industriels helvétiques en partie.

3, avenue Général Guiguer | 1197 Prangins 022 994 88 90 | www.nationalmuseum.ch

Terrasse panoramique du château ©Musée national suisse, Photo : Nicolas Lieber

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La Maladie de la mort © Christophe Raynaud de Lage

Une version incandescente de Duras avec Irène Jacob et Lætitia Dosch

© Stephen Cummiskey

20 et 21 avril DÉCONSEILLÉ AUX MOINS DE 18 ANS

forum-meyrin.ch


Go Out! Magazine N°60 Avril 18  

www.gooutmag.ch Cover: The Workshop D’une manière évidente, certaines réalités commencent à filer à des vitesses que l’on ne s’attendait pa...

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www.gooutmag.ch Cover: The Workshop D’une manière évidente, certaines réalités commencent à filer à des vitesses que l’on ne s’attendait pa...

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