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8e conseil consultatif des programmes de France Télévisions

RAPPORT DES DÉBATS 2016 - 2017


TABLE DES MATIÈRES Préface : le mot de la Présidente Synthèse des débats Les membres Le calendrier des travaux

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Synthèse - La politique à la télévision

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Les Conseillers expriment l’attente d’un traitement de la politique recentré sur les idées, qui soit au service de la compréhension et du dévoilement des personnalités politiques et de leur projet

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La demande d’un renouvellement des formats télévisuels traitant de politique pour aller vers des émissions plus constructives : plus riches, ouvertes et en prise avec la réalité des citoyens

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Des attentes spécifiques vis-à-vis de la télévision de service public

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Les propositions imaginées par les Conseillers pour le traitement de la politique sur France Télévisions demain

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Synthèse - Le divertissement familial

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Un divertissement familial

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Sur France Télévisions, le Conseil mentionne une offre de divertissement variée mais encore trop peu fédératrice

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Les débats du Conseil ont mis en avant la volonté de moderniser et d’ouvrir les programmes de divertissement de France Télévisions à tous les publics

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Des attentes spécifiques vis-à-vis du divertissement de service public

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Proposer un « talent quest » (concours de talents) sur France Télévisions, c’est possible

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La proposition imaginée par les Conseillers pour un divertissement familial sur France Télévisions

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Synthèse - franceinfo & l’information en continu

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L’arrivée de la nouvelle chaine est jugée légitime bien que l’offre existante soit déjà fournie et plutôt bien installée

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Un accueil globalement positif de la nouvelle chaîne franceinfo, qui se démarque et ne semble pas faire redondance au sein de l’offre déjà existante

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Cependant, les Conseillers soulignent un manque de points de repère et de fluidité parfois

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Une présence qui peut encore gagner en efficacité au moment des grands carrefours d’information de la journée

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L’offre numérique de franceinfo est perçue très positivement

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Les attentes formulées par les Conseillers pour la suite

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Synthèse - La fiction familiale

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Regarder une fiction en famille, un défi dans le nouveau paysage médiatique actuel

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La mission du service public : une fiction familiale exigeante à poursuivre

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Des séries dont la promesse intergénérationnelle en fait des pivots de partage au sein de la famille

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La comédie, un type de fiction familiale très apprécié

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Un défi : représenter plus de diversité

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Les recommandations des conseillers pour la fiction familiale de demain

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PREFACE Le mot de la Présidente La télévision publique est un enjeu majeur pour la société française et suscite des attentes fortes de la part des téléspectateurs. Ce dialogue passionnant que nous avons engagé avec vous pour prendre en compte votre parole, nous permet d’améliorer sans cesse nos émissions. Le compte-rendu des travaux du Conseil Consultatif des Programmes est la pierre angulaire de cette réflexion car il livre une analyse détaillée et directe de vos exigences. Je tiens à remercier l’ensemble des participants à ce projet, qu’ils fassent partie des membres téléspectateurs ou des équipes de France Télévisions qui lui ont consacré du temps. Les recommandations que vous nous avez faites l’année dernière ont été particulièrement prises en compte. L’attente à l’égard de la fiction a donné lieu au lancement d’un Plan Création qui renforce l’offre de fiction française et sa diversité. Le meilleur accès à nos programmes sur les supports numériques sera effectif au printemps, avec le lancement de la nouvelle plateforme vidéo. Enfin, vous aviez avant tout exprimé le souhait d’une télévision publique différente. Sur ce point, je suis heureuse de constater que cette année vous avez noté des progrès, notamment quant à la tonalité inédite de l’information grâce au lancement de la nouvelle chaîne franceinfo. Cette année, trois attentes majeures émanent des travaux du Conseil. Vous exprimez tout d’abord un souhait de renouvellement. Les formats des émissions que nous proposons vous semblent souvent trop classiques et peu enclins à séduire les jeunes publics. Vous le notez notamment dans le cadre des émissions politiques peu attractives pour celles et ceux qui ne sont pas des passionnés ou des habitués de la chose publique. Dans un tout autre genre, vous trouvez nos divertissements trop conventionnels. Tout en veillant au respect de l’éthique du service public, nous pouvons proposer des émissions plus innovantes et audacieuses. Nous avons à cœur de satisfaire ce besoin de nouveauté dont vous nous faites part. La télévision publique doit également veiller à vous incarner mieux et davantage. Que ce soit à travers nos éditions d’information, nos magazines ou nos fictions, vous souhaitez que les médias livrent une représentation plus juste de la France. Cette revendication s’exprime notamment dans les régions, qui ont le sentiment d’être trop peu voire mal représentées. C’est aussi le cas d’une partie de la population qui ne se reconnaît pas à l’écran. Enfin, vous avez envie que soit mise en valeur la parole citoyenne. Il s’agit de ne pas se réfugier uniquement dans la présentation d’experts, mais de permettre à toutes celles et tous ceux qui au quotidien changent le monde de s’exprimer. Nous devons veiller à faire confiance à l’intelligence de nos publics et à ne pas chercher à trop réduire ou à simplifier des visions du monde complexes. Cette libération de la parole citoyenne, France Télévisions s’efforce de la renforcer au quotidien. C’est le sens de la mission confiée au Conseil Consultatif des Programmes, mais aussi de l’existence du club francetv ou du dispositif des Rencontres Téléspectateurs initié en novembre 2016, qui nous a permis de recueillir votre avis à travers toute la France métropolitaine et ultramarine. Cette parole ne restera pas lettre morte. Elle nous permettra de lancer des pistes d’actions pour l’avenir. Ce n’est pas un aboutissement, mais bien le commencement d’une démarche d’échanges réguliers et permanents entre France Télévisions et ses publics. Je suis convaincue que c’est le rôle de la télévision publique d’engager le dialogue avec les citoyens et d’être capable de se réinventer à leur écoute. Ce n’est pas une tâche aisée, mais elle est passionnante. Delphine Ernotte Cunci

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SYNTHÈSE DES DÉBATS La politique à la télévision

Le divertissement familial

Les membres du CCP ont rappelé la nécessité de revenir à une échelle locale pour valoriser les acteurs politiques de proximité : entendre davantage les élus locaux (versus les grands chefs de parti), mieux découvrir les acteurs de la société civile sur le terrain, les citoyens et témoins engagés (versus les experts et les idéologues).

Les débats du Conseil ont mis en avant la volonté de moderniser et d’ouvrir les programmes de divertissement de France Télévisions à tous les publics (notamment le public familial et les jeunes), à travers un renouvellement des animateurs et des types de programmes proposés (sortir du format cabaret et variétés).

Les conseillers s’accordent à vouloir moins de « show  » et plus de contenu sur les programmes politiques.

Proposer un talent quest (concours de talents) sur France Télévisions, c’est possible, à condition : - de rejeter les dispositifs d’enfermement appartenant au genre de la téléréalité, jugés voyeuristes et contraires aux missions de service public, - de promouvoir la dimension d’entraide et de solidarité, - d’en recevoir un bénéfice culturel au sens large (apprendre, découvrir, etc.)

Les conseillers ont insisté sur le besoin de : - Favoriser le temps long et l’approfondissement du contenu des programmes des candidats à l’élection présidentielle, par rapport à la multiplication des débats. - Faire confiance à l’intelligence du téléspectateur pour comprendre les sujets abordés, ne pas sur-schématiser les thématiques complexes. - Entendre s’exprimer les acteurs politiques dans leur diversité (tous les partis, même les moins visibles). - Renvoyer plus directement à la réalité des régions  : comprendre ce qu’un programme implique à différentes échelles  régionales (du local à l’hyper-régional, l’Europe). Les conseillers souhaitent un renouvellement des formats d’émission politique pour attirer les téléspectateurs désintéressés de la question politique et donner envie aux jeunes qui ne s’y sont pas encore intéressés. Les formats actuels semblent en effet davantage destinés à des téléspectateurs déjà convaincus de l’intérêt de parler de politique à la télévision.

La fiction familiale Le Conseil a constaté qu’il est de plus en plus difficile de réunir la famille devant des fictions aujourd’hui : - En raison des nouveaux usages numériques (la multiplication des écrans au sein d’une même famille), - Et en fonction d’une offre qui devient de plus en plus destinée à des publics de niche, très segmentés

L’info en continu Les Conseillers ont accueilli positivement la chaîne d’information en continu de France Télévisions. Une nouvelle offre distincte par rapport aux autres chaînes d’information en continu : - Sur le positionnement de l’information (sources et canaux multiples). - Sur les partis pris formels (le plateau, le décor, les pastilles et modules courts, etc.) Tout en relevant un manque de grands rendez-vous identifiés sur la chaîne. Et le manque d’un présentateur clé, qui incarnerait la chaîne. Le CCP a exprimé leur souhait de voir la chaîne continuer à traiter l’information de façon décalée, prenant le contrepied d’un traitement anxiogène de l’information et laissant une place pour l’humour. franceinfo doit être davantage représentative,  en renforçant la place et la visibilité de la parole citoyenne (par rapport à la parole de l’expert).

Le Conseil a exprimé le désir d’avoir des fictions toujours plus représentatives de la diversité de la société et de la famille, aujourd’hui. Que ce soit pour une grande fiction populaire annuelle ou un rendez-vous quotidien, les conseillers souhaitent voir représentée plus de mixité culturelle, sociale et intergénérationnelle. La comédie est le genre le plus plébiscité par les conseillers comme permettant de fédérer autour de la caricature des stéréotypes de la vie des français.

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LES MEMBRES DU 8e CONSEIL CONSULTATIF DES PROGRAMMES ANGÉLIQUE Consultante pour un logiciel de Gestion de la Relation Client, 25 ans, Île-de-France

Pour moi la télévision perd de son expertise sur les informations et développe les émissions de divertissement et de jeux. C’est bien, mais je pense que la télévision doit reprendre sa place en tant que source sûre et véridique sur les événements de l’actualité. Je suis motivée par l’expérience du CCP car la télévision est une institution chez nous : on connait la grille, on a nos animateurs et émissions favorites. Mais ayant 25 ans, j’ai aussi pour habitude de regarder les réseaux sociaux, des informations en ligne... Ce que je voudrais par dessus tout, c’est dépoussiérer l’image de la télévision que peuvent avoir les jeunes de ma génération et les moins de 20 ans. France Télévisions a le potentiel de le faire et s’imposer encore plus sur le marché et je serai honorée de participer à son développement. ANNE Retraitée du service de ressources humaines à la SNCF 62 ans, Pays-de-la-Loire

La télévision tente de prendre de plus en plus de place dans notre vie et arrive presque à etre le média principal, les autres n’étant que des palliatifs. Mais la course à l’audience tend à la rendre moins intéressante. Le CCP est une expérience qui peut etre enrichissante en permettant de confronter les points de vue, de rencontrer des gens qui ont des avis et des idées différentes, de voir l’envers du décor, de comprendre pourquoi tels choix sont faits alors que lorsque l’on est téléspectateur on se demande parfois si ceux qui choisissent savent qui regarde... Les rencontres sont de toute façon l’essentiel pour comprendre l’évolution de notre société et confronter la vision que l’on en a par la télévision avec la réalité.

ANNIE Salarié au sein d’une association prenant en charge des enfants défavorisés 67 ans, Île-de-France

La télévision prend aujourd’hui une place prépondérante dans la société française car elle parvient à s’adapter à tous les âges. Je le constate à travers les publics des associations dont je fais partie, notamment culturelles. C’est un media qui permet vraiment de s’informer et de se distraire. Il faut également que la télévision garde un certain niveau à la fois populaire et accessible, sans tomber dans la facilité. Il lui faut être vivante, connectée sur le monde et réfléchir notamment au niveau de l’info à un mode de communication qui laisse la place à l’espoir. CAMILLE Psychologue 32 ans, Pays-de-la-Loire

On peut regarder 5 chaînes différentes sur 5 écrans différents dans la même maison, mais on peut aussi se retrouver en famille, entre amis, en couple. Comme un rendez vous mais qu’on peut démarrer quand on veut en fonction du rythme de chacun. La télévision est capable de rapprocher les hommes autant qu’elle peut les éloigner. France Télévisions, en tant que service public, a pour mission de placer le téléspectateur au coeur de ses préoccupations. Etant très curieuse, cette expérience m’intéresse beaucoup, parce que la télévision m’intéresse avec ses programmes, projets, valeurs, missions et parce que me retrouver pendant plusieurs mois à faire partie d’un groupe de personnes venant d’horizons différents me plaît ! Confronter nos opinions, s’informer, créer quelque chose ensemble. CHRISTINE cadre éducatif et éducatrice spécialisée 55 ans, Bretagne

Pour moi France Télévisions se distingue par une qualité de programme plus ouverte et, de fait, s’adresse à un public plus diversifié... mais pas forcément plus nombreux. C’est son point fort principal, ajouté à une régionalisation bienvenue, pour France 3 notamment. J’aimerais pouvoir participer au maintien de la qualité des programme de France Télévisions et à leur évolution en ce sens.

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CORINNE Enseignante Lettres/Histoire-Géographie 42 ans, Auvergne-Rhône-Alpes

Je trouve que la télévision est un média d’une incroyable richesse. Travaillant avec des jeunes de 15 à 20 ans, je vois qu’ils ne regardent plus la télévision comme nous l’entendons. Le replay devient leur moyen de ne rien louper, sur ordinateur. Ils ne font que modérément confiance aux contenus des JT et s’informent via les réseaux sociaux. Il est essentiel que la confiance envers les informations et les divers programmes proposés soit rétablie. C’est à mon avis la priorité à donner dans la modernisation de la télévision car les jeunes d’aujourd’hui seront éventuellement les spectateurs de demain. J’aime la télévision parce qu’elle m’a toujours accompagnée. Je l’ai vu évoluer avec plus ou moins de réussite mais n’ai que très rarement changé de média. Je suis curieuse et à la recherche de la petite information qui fera s’étonner mes élèves ou mes enfants. Ouvrir l’appétit intellectuel, voilà comment je vois la télévision ! DENIS Retraité, ancien mandataire judiciaire. Manager bénévole de groupes musicaux. 63 ans, Grand Est

Informer, éduquer, distraire, ce vieux dicton n’est pas ringard et ce doit être, dans les médias, l’égal de la franchise républicaine gravée sur nos mairies et écoles. La télévision est partout, elle se visionne sur les ordinateurs et tablettes, smartphones, etc. Chaque citoyen est un contributeur possible d’enrichissement, de scoop, d’infos grâce au développement de l’image et de sa transmission. Certes, cela peut être contesté. Ce n’est pas l’outil qu’il faut combattre, mais générer une pédagogie rendant le mieux possible les utilisateurs à leur responsabilités. J’ai souhaité être membre du CCP parce que j’ai toujours souhaité que le téléspectateur soit associé aux médias.

ERIC Directeur Administratif et Financier 49 ans, Île-de-France

La télévision est un outil d’information et d’éducation populaire, avec un rôle pédagogique fort, y compris au travers d’émissions de divertissement. C’est pourquoi la qualité du contenu et même du format des programmes doit être une préoccupation majeure. La télévision s’adresse à tous, et c’est la mission essentielle de la télévision publique. Mais, l’instant télévisuel en direct doit aussi rester un événement de rassemblement autour des grands moments sociaux, politiques, culturels et sportifs c’est un outil de fédération, de captation de l’attention du plus grand nombre autour de faits de société. Téléspectateur assidu, j’apprécie le format d’échange des instances consultatives, de réflexion et de travail toujours enrichissant. Ecouter les idées, et partager les convictions, c’est passionnant ! ESTELLE Acheteuse prêt-à-porter en grand magasin 27 ans, Île-de-France Selon moi, la télévision en tant qu’objet a de moins en moins de raisons d’être avec l’arrivée des autres supports tablettes, téléphone. Les moments de visionnage sont choisis et non plus imposés par le direct. Le direct conserve cependant une pertinence dans les émissions de débats politiques ou dans le sport. Pour le reste, les programmes à la demande me paraissent être le devenir de la télé. D’autant plus que la concurrence s’est accrue avec l’arrivée de site comme Netflix ou Canal Play. Ces chaînes sont très orientées vers les séries et le cinéma et peu sur le contenu pédagogique ou documentaire. Peut-être y a-t-il là une opportunité pour France Télévisions qui a des valeurs de partage, d’éducation et d’information. J’apprécie les valeurs et l’engagement citoyen du service public. FATIHA Support Informatique au sein d’une entreprise de distribution et bâtiment 48 ans, Île-de-France

La télévision a une très grande place dans notre quotidien. Les points forts de France Télévisions sont la laïcité, la diversité et le multi-culturel. Parmi les membres du CCP, il y a des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, et des professions différentes (des cadres, des fonctionnaires, des syndicalistes, des artistes...). Je pense que toutes ces différences font que nous ne sommes pas tous les mêmes téléspectateurs et que nos avis vont forcément êtres différents, d’où la richesse de ce 8ème CCP.

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FRANÇOIS Retraité, ancien directeur de filiales de Total en France et en Chine 69 ans, Île-de-France

La télévision est un formidable outil d’apprentissage. La plupart des émissions documentaires offrent des contenus foncièrement enrichissants - on ne prend pas tout, on ne partage pas tout, mais on apprend beaucoup et on peut se faire une opinion, pour l’essentiel, fondée. Je pense que la concurrence d’internet a offert aux chaînes de télévision le moyen de leur salut en les obligeant à réagir plus vite et mieux. Il est toujours passionnant de faire partager ses avis et sentiments en espérant qu’ils pourront servir au plus grand nombre. Je soutiens l’idée d’une télévision outil d’émancipation et d’évolution par l’apport d’information de qualité, par des programmes éducatifs au sens large du terme, une télévision utile. JACQUES Directeur du Travail retraité 70 ans, Grand Est

La télévision occupe une place importante dans la société actuelle par l’information qu’elle apporte sur l’évolution de notre monde tant dans les domaines politiques, culturels qu’environnementaux. Elle doit permettre le développement de l’esprit critique. Bien que concurrencée par d’autres médias, son avenir ne me semble pas menacé si eller sait développer des plateformes d’échanges entre les télespectateurs, comme le CCP et ainsi créer des liens. La mise en oeuvre des échanges intergénérationels doit constituer un élément de force de l’évolution des programmes et constituer une prospective tenant compte des diverses sensibilités dues en particulier à l’age, au niveaux culturels et centres d’intérets du public.

JULES Agent SNCF 26 ans, Grand Est

La télévision traditionnelle, et plus généralement le monde des médias, sont en pleine révolution. Dans un monde marqué par de profonds et durables bouleversements, le service public de l’audiovisuel occupe et doit continuer d’occuper une place majeure en proposant des contenus audacieux, de qualité et émancipateurs, un regard indépendant sur l’actualité, des documentaires, des émissions de débats, des contenus éducatifs, etc. Le désir de m’impliquer en tant que citoyen, usager et donc acteur du service public de l’audiovisuel, la volonté d’apporter un regard critique et être force de proposition pour assurer la pérennité de choix audacieux tout en conservant les valeurs du service public, la curiosité de découvrir, rencontrer et échanger avec les professionnels de l’audiovisuel, tout cela m’a poussé à vouloir devenir membre membre du CCP.

JULIE Secrétaire de mairie remplaçante, dans des communes rurales 32 ans, Grand Est

Pendant longtemps, j’ai eu la vision d’une télévision qui divise les familles, avec un écran dans chaque pièce, chacun regardant son programme seul, ou empêchant toute discussion pendant le repas. Je pense qu’il faut parvenir à imaginer des programmes qui rassemblent, peut-être encore plus généralistes, que des programmes qui divisent. Je loue néanmois les programmes de France Télévisions, qui veulent apporter davantage de culture dans les foyers. Je pense représenter une partie importante de la France d’aujourd’hui, de la classe moyenne, trentenaire active et mère de famille. Participer à ce Conseil serait une nouvelle expérience extrêment enrichissante.

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JULIE Étudiante en école de commerce en fin de cursus 26 ans, Grand Est

Je pense que la télévision a toujours une place importante dans notre société. Cependant, elle n’est pas assez plurielle, il y a peu de diversité d’opinion, c’est en ça qu’elle perd de l’attractivité face à internet qui permet une pluralité beaucoup plus importante et intéressante. Selon moi, la télévision sert à ouvrir les horizons, stimuler l’esprit critique et non pas à marteler une certaine doxa. France Télévisions peut vraiment devenir intéressante si elle ne se laisse pas phagocyter par internet qui propose de plus en plus de contenus hyper variés. Aujourd’hui, la télé n’est plus le média dominant et le téléspectateur n’est plus naïf, il est plus exigeant envers ce qu’il regarde à la télévision. Je trouve ce challenge très intéressant. MARIE Formatrice d’anglais et d’espagnol dans une école régionale de la deuxième chance 51 ans, Occitanie La télé a de très beaux jours devant elle car l’impact de l’image est énorme. Mais il faut qu’elle évolue dans le bon sens avec des programmes intéressants. Je suis contre l’uniformisation des chaînes, chacune doit créer sa propre griffe et elle doit plaire à un maximum de gens sans pour autant faire n’importe quoi. C’est vrai que les jeunes surtout sont plus accrochés à leur téléphone portable, il faut que les chaines de télé puissent être accessibles facilement et sans que cela coûte cher. Justement France Télévisions a fait des efforts et propose des programmes de qualité tout en étant accessible au téléspectateur lambda. MARIE-CLAUDE Retraitée assistante sociale 64 ans, Île-de-France

La télévision est autant un outil d’information que de culture ou de divertissement, devenu indispensable. Dans un monde où tout va vite , il est encore possible de se poser et de regarder tranquillement une émission ou un débat ou un film, et de réfléchir et rêver. Son avenir est de continuer à progresser en recherchant de nouveaux concepts qui peuvent nourrir notre curiosité et nous permettre de nous informer tout en nous divertissant. J’ai voulu participer au CCP pour aider à améliorer la qualité des programmes pour tout public, échanger avec d’autres téléspectateurs, confronter nos avis et parler de nos attentes.

PASCAL Directeur des achats dans une société informatique 54 ans, Île-de-France

L’ensemble des médias tient une place fondamentale dans l’organisation de nos sociétés humaines. La télévision, en particulier à travers les journaux hebdomadaires et les émissions d’information et d’actualité, exerce une influence considérable sur le comportement de tout un chacun. D’où l’importance du niveau élevé d’exigence que j’attends de la part notamment du service public, mais aussi des autres chaînes. En matière de qualité des informations, il s’agit de proposer des sujets traités sur le fond autant que sur la forme avec un niveau de précision avéré et des sources qui le sont tout autant. Le CCP m’a immédiatement interpellé en tant que téléspectateur avisé et critique. PATRICK Directeur de projet en réseaux et télécommunications en pré-retraite 60 ans, Île-de-France

La télévision est le médium par excellence car il regroupe toutes les formes d’expression : actualité, magazines, documentaires, arts, etc. Donc sa place restera prépondérante par rapport aux autres médias. Elle n’est plus seulement regardée par le poste de télévision, ni à l’heure précise de diffusion et c’est une tendance forte qui doit être prise en compte pour faire baisser l’âge moyen des téléspectateurs de France Télévisions. PAUL Étudiant en licence d’Économie 21 ans, Île-de-France

Si les Français regardent de moins en moins la télévision en direct et que son audience est répartie entre 26 chaînes gratuites, le média TV reste très rassembleur. Tout le défi réside dans sa capacité à développer des synergies avec les autres médias afin de rester un acteur incontournable capable de favoriser la cohésion sociale. France Télévisions propose aujourd’hui aux téléspectateurs une offre étoffée, éclectique et qualitative de plus en plus représentative de ses téléspectateurs. Étudiant téléphile, j’aimerais faire partie du CCP pour donner un avis de téléspectateur curieux et averti sur les programmes de France Télévisions. Le groupe prouve qu’il sait évoluer, ce serait une belle opportunité que de l’accompagner modestement dans ce sens. La télévision de service publique est une force dont il faut tirer le plus grand parti afin qu’elle parle à tous et au mieux.

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PIERRE Cadre d’une organisation professionnelle dans l’artisanat (bâtiment) 43 ans, Occitanie

Alors que les partages d’information se font de plus en plus rapidement, que la part des nouveaux média est de plus en plus importante, se pose la question du sens, de la qualité et de l’objectivité des programmes et de l’information. Le service public audiovisuel a dans ce contexte une mission particulière, c’est sans doute un outil de transmission d’un ensemble d’éléments éducatifs, culturels, sociétaux à privilégier pour rebâtir une unité nationale et le contrat social. Je vois la télévision comme un vecteur potentiel du mieux vivre ensemble. Le CCP c’est avoir le sentiment de pouvoir apporter une pierre à l’édifice et partager une expérience rare avec des personnes d’horizons variés. RÉMI Assistant du Vice-Président de la Fédération des Aveugles de France. 28 ans, Île-de-France

La télévision est en train de décliner fortement non seulement parce qu’elle n’a pas su s’adapter à la demande des téléspectateurs mais également parce qu’elle ne fait plus office de lieu de référence. Elle a beaucoup perdu en crédibilité notamment auprès des jeunes qui cherchent à comprendre le monde par d’autres moyens. La télévision de demain devrait proposer des programmes culturels, des magazines de société et des documentaires représentant la diversité de notre pays et répondant à ses aspirations. Je souhaite défendre cette idée d’une télévision audacieuse et pas suiveuse, qui valorise les réussites issues de la diversité et qui se donne les moyens de raviver l’intérêt de ses téléspectateurs.

RÉMY Conducteur d’autocars 58 ans, Les Hauts-de-France

La télévision a un rôle très important dans notre société et en tant que et au service du public, elle doit avoir un engagement d’information, de divertissement mais également très important d’éducation. La télévision est le centre du système médiatique, par ses images, ses contacts et ses moyens techniques et financiers, elle apporte une indéniable puissance dans l’information. Je pense qu’elle doit continuer à être le relai du savoir culturel, politique, financier et social tant national qu’international. Il serait de mon point de vue, intéressant de développer, sur les chaînes ayant de grandes audiences, l’information en direction des étrangers vivant en France afin d’être également un tampon social. SOPHIE-DOMINIQUE Ecrivain «support» dans l’édition (contes, conseils pratiques ou articles sur des questions de société) 61 ans, Île-de-France France Télévisions pour moi c’est avant tout des chaînes moins commerciales où l’on peut trouver des grilles moins formatées pour la pub. C’est aussi la diversité et la complémentarité des chaînes, et puis c’est souvent des choix de fictions ou de séries françaises avec des sujets qui sortent des sentiers battus et qui louchent du côté social dans le bons sens du terme. En revanche, je crois que les programmes sensés intéresser les retraités ne correspondent plus à la réalité de terrain. Je suis sure qu’il y a des trucs à trouver et à réinventer pour les cyberretraités de 2017. J’adore la télé ! Parce que je trouve que c’est l’un des objets de notre quotidien qui nous relie le plus facilement les uns aux autres, quels que soient nos âges et nos milieux sociaux. Parce que je pense que France Télé est moins tributaire des revenus publicitaires et peut s’éloigner des diktats du : «on va pas programmer ça parce qu’il n’y aura personne devant» et ça se voit.

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THOMAS Entrepreneur, créateur d’une startup dans le monde de la santé 41 ans, Pays-de-la-Loire

La télévision est en mutation et son modèle économique doit évoluer pour lui permettre de pouvoir survivre. De nouveaux concurrents voient le jour. Je crois profondément que le groupe France Télévisions peut proposer une offre répondant aux demandes actuelles des téléspectateurs tout en les entraînant vers plus de qualité, de réflexion, d’ouverture au monde dans le cadre de sa mission de service public. Ayant grandi et travaillé sur plusieurs continents et évoluant dans le domaine des nouvelles technologies, je pense que je peux contribuer au débat d’idées qui permettra à France Télévisions d’affronter les challenges de notre époque, en nous apportant des programmes qui en feront un groupe média adoré en France et à l’étranger.

YANNICK Chef de bord moniteur SNCF 47 ans, Île-de-France

La télévision occupe toujours et encore davantage, via l’internet ou encore la rediffusion en replay, une place de premier choix dans une société soucieuse d’information et pour laquelle le droit à la culture, aux arts et aux divertissements passe encore pour la plupart via les canaux de télédiffusion qui permettent l’accès au plus grand nombre. C’est un réel vecteur de démocratisation mais aussi d’influence. France Télévisions est un groupe public, la redevance audiovisuelle sert en partie à son financement. Dès lors, il paraît souhaitable et judicieux que nos concitoyens puissent être consultés quant aux programmes de ses chaînes. J’ai voulu faire partie du CCP car je suis désireux d’une télévision représentative de notre société et à l’écoute de ses publics.

UDARA Étudiant en licence d’Économie et Sciences Sociales 20 ans, Île-de-France

Grand adepte de la télévision, j’ai un réel intérêt pour tout ce qui se passe derrière nos écrans. Aujourd’hui, certains ont tendance à penser que la télévision est devenue ringarde. J’ai 20 ans et je n’y crois pas. Je pense que les réseaux sociaux ont imposé un renouvellement des pratiques télévisuelles. La force de la télévision est qu’elle est devenu un objet ancré dans notre quotidien, social et convivial, capable de rassembler différentes générations autour d’un même programme. J’apprécie chez France Télévisions la qualité des émissions politiques et de décryptage de l’actualité mais aussi les fictions françaises. Je crois que c’est le rôle des chaînes publiques d’avoir cette exigence dans la qualité de l’information avec des émissions qui poussent les citoyens à réfléchir.

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LE CALENDRIER DES TRAVAUX Le Conseil Consultatif des Programmes s’est réuni à quatre reprises entre septembre 2016 et avril 2017 au siège de France Télévisions. En dehors des réunions, des échanges réguliers entre les membres et les intervenants ont eu lieu tout au long de la session. Les membres ont spontanément donné leur avis et ont réagi à des visionnages qui leur ont été recommandés et des questions clés qui leur ont été posées en fonction des thèmes abordés.

Samedi 17 septembre 2016 Journée d’accueil, de prise de contact et de présentation des enjeux du Conseil. Delphine Ernotte Cunci, présidente directrice générale de France Télévisions a prononcé un discours de bienvenue à tous les membres, en présence de Nilou Soyeux, directrice de la communication de France Télévisions. Intervenants : Chantal Neret, Armelle Henri et Victor Gheroldi (direction de la communication de France Télévisions), Florent Dumont (directeur des études et du marketing antenne de France Télévisions), Jean-Maxence Granier, Bertrand Horel, Guillemette Pinon (agence marques et médias Think Out), Valérie Patrin-Leclère et Dominique Cotte (enseignants-chercheurs du Celsa). Débats animés par Jean-Maxence Granier, Bertrand Horel, Valérie Patrin-Leclère et Dominique Cotte. - Prise de décision concernant le programme de travaux - Visite des studios et régies en présence de Marie-Laure Augry, médiatrice des rédactions de France 3. - Visite du plateau de la nouvelle chaîne d’information en continu franceinfo en compagnie de Jean Chrétien, Adjoint au directeur délégué de franceinfo pour France Télévisions.

Vendredi 18 novembre 2017 Les deux thèmes traités ont été introduits par Bertrand Horel, Valérie Patrin-Leclère, Dominique Cotte et Denis Ruellan (enseignant-chercheur au Celsa). - Présentation du thème « L’information en continu » - Deux ateliers de création en présence de Germain Dagognet, directeur délégué à l’information et Stéphane Dubun, directeur de franceinfo édition TV. - Déjeuner animé par Laurent Delahousse (France 2), Caroline Roux (France 5) et Carole Tolila (France 4). - Présentation du thème « Le divertissement familial » - Deux ateliers de création en présence de Frédéric Valencak, directeur adjoint des divertissements de France 3 et Yohan Kakon, directeur de la programmation de France 4.

Vendredi 13 janvier Les deux thèmes traités ont été introduits par Bertrand Horel, Valérie Patrin-Leclère, Yves Jeanneret et Juliette Charbonneaux (enseignants-chercheurs du Celsa). - Présentation du thème « La place du politique dans les émissions de télévision » - Deux ateliers de création en présence de Michel Dumoret et Alix Bouilhaguet, rédacteurs en chef de L’Emission politique sur France 2 et Fabienne Barollier, conseillère de programmes à l’unité magazines de France 5. - Déjeuner animé par Raphaël de Casabianca (France 5), Carinne Teyssandier (France 3), Nella Bipat (France Ô), Julian Bugié (France 2) et Marie-Laure Augry. - Présentation du thème « La fiction familiale élargie ». - Deux ateliers de création en présence de Bénédicte Marchand, responsable des acquisitions de France Ô et Fabienne Langlois, conseillère de programmes à la fiction de France 2

Vendredi 28 avril Finalisation, correction, validation et signature du rapport final par les conseillers. Déjeuner animé par Alex Goude (France 4), Agathe Lecaron (France 5), Sonia Chironi (France Ô)

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SYNTHÈSE LA POLITIQUE À LA TÉLÉVISION En plein contexte d’élection présidentielle, les membres du Conseil se sont immergés dans l’offre de programmes traitant de politique à la télévision, en portant un regard tout particulier sur ce que propose France Télévisions. Les travaux spécifiques des Conseillers sur ce sujet ont eu lieu jusqu’au mois de janvier 2017, soit après les Primaires de la droite et du centre et peu de temps avant les Primaires de la Belle Alliance Populaire..

Les Conseillers expriment l’attente d’un traitement de la politique recentré sur les idées, qui soit au service de la compréhension et du dévoilement des personnalités politiques et de leur projet Tout d’abord, les Conseillers ont exprimé une certaine lassitude vis-à-vis d’un traitement médiatique de la politique à l’heure actuelle qui tend à détourner du fond : les petites phrases, le sensationnalisme, l’agressivité, la place accordée aux sondages… Ces éléments participent à « l’effet spectacle » « à la course à l’audience », et suscitent de la défiance chez les téléspectateurs, autant visà-vis de la politique que des médias. « On kidnappe la parole politique avec des petites phrases  », «  Elles [ les petites phrases ] tuent la politique » «  J’ai l’impression que l’on résume des propositions liées à des polémiques, alors qu’un programme c’est aussi une vision de l’avenir » «  Il me paraît important d’avoir un usage plus que modéré des sondages qui prolifèrent, de se garder de toute « sondamania » qui a parfois tendance à remplacer le travail journalistique de terrain » «  J’ai toujours l’impression que chacun joue un rôle bien appris. Les politiques accusent les journalistes et les médias d’être manipulateurs d’information et se posent en incompris et certains journalistes tronquent les discours des politiques pour n’en tirer que ce qui peut faire parler »

France Télévisions semble néanmoins un peu plus échapper à ces critiques que les chaines privées et jouit de l’image d’un traitement de la politique plus apaisé, réfléchi et fiable. « Le climat des débats de France Télévisions me paraît plus serein » « France Télévisions me paraît plus crédible dans la tenue de ses programmes de débats et d’émissions politiques » « C dans l’air est le parfait exemple de l’émission type qui donne confiance en France Télévisions » « France Télévisions remplit parfaitement son rôle pédagogique en matière d’émissions politiques en multipliant les émissions de décryptage, type Actuality, C polémique »

EN PÉRIODE ÉLECTORALE, LES CONSEILLERS ONT INSISTÉ SUR LEUR BESOIN DE COMPRENDRE LES PROGRAMMES ET LA VISION DES PERSONNALITÉS POLITIQUES La présentation seule des programmes n’est pas suffisante : les téléspectateurs attendent une analyse, une synthèse de fond, doublée d’un effort de pédagogie à leur intention pour que les propos soient bien clairs. « Il y a trop peu de place consacrée à l’analyse et à l’évaluation des propositions politiques » «  Je reste souvent sur ma faim, et parfois ne sachant même pas quoi retenir de l’émission. Je pense en particulier aux débats de la Primaire de la Droite » « Souvent on entend les politiques objecter « C’est un peu trop technique » pour ne pas rentrer au cœur des choses mais on ne doit pas faire l’économie de la pédagogie et accorder aux Français le crédit de l’intelligence  : si on nous explique bien les choses on est capable de les comprendre »

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Toutefois, la volonté de pédagogie ne doit pas virer à un excès de simplification : les formats courts de franceinfo  : sur les élections sont appréciés mais doivent veiller à ne pas tomber dans la caricature.

« Les formats courts sont assez efficaces et permettent de parler à un public qui s’intéresse moins à la politique, notamment les plus jeunes. Je trouve néanmoins la présentation des programmes politiques assez caricaturale » «  Il est assez difficile d’être pédagogue sur un sujet de type politique car il est aisé de reprocher des approximations ou des incompréhensions supposés ou réelles sur le programme de X ou de Y » De plus, dans un contexte de méfiance vis-à-vis de la parole des politiques et des conseillers en communication qui les accompagnent, les membres du Conseil attendent des journalistes qu’ils vérifient les faits, apportent des preuves, fassent parler des chiffres grâce à des spécialistes.

« Il y a un manque d’émissions d’investigation permettant d’évaluer les politiques publiques » « Analyser les discours à la lumière de ce qui est vrai »

AU-DELÀ DU DÉCRYPTAGE DU DISCOURS POLITIQUE, L’ATTENTE DU CONSEIL D’UNE PROJECTION DANS QUELQUE CHOSE DE CONCRET, DANS LES CONSÉQUENCES DES ACTIONS ET DES PROMESSES POLITIQUES, AFIN DE MIEUX EN SAISIR LES ENJEUX : « Aller dans le fond des propositions des invités, sur ce que cela implique » «  Débattre sur des sujets concrets, qui intéressent les Français » «  Ce qui m’intéresse c’est de connaître les actions que proposent et que mènent les politiques, et savoir si c’est efficace pour l’intérêt général » « Ramener la réalité du terrain à ceux qui vivent dans les sphères du pouvoir » Au niveau local, sur la vie quotidienne des citoyens : évaluer les conséquences des promesses des candidats sur le quotidien mais aussi mettre en lumière le bilan des politiques existantes : « Enquêter au plus près du terrain et des élus locaux  ».  A ce niveau, France Télévisions a l’avantage de bénéficier du réseau des chaînes régionales de France 3. Au niveau européen : une dimension jugée trop absente à l’heure actuelle alors que les politiques européennes sont un sujet complexe et qu’elles ont des répercussions importantes sur la vie de la population.

« Le téléspectateur a besoin de sentir qu’on ne se fout pas de lui »

« Je regrette de ne pas trouver sur les chaînes de service public un format consacré à l’Europe »

« Avec franceinfo et son Instant détox, ou encore chez Barthès, j’aime le côté « On n’est pas dupes »

« L’Europe est un enjeu incontournable. Il nous faut comprendre l’opinion de nos voisins, en expliquant ce qui nous rapproche et ce qui nous divise »

« Le travail des journalistes est essentiel pour faire du fact-checking »

- Comprendre la vision du contexte européen par chaque candidat. - Confronter les idées politiques avec ce qui se fait dans d’autres pays d’Europe, comparer les politiques mises en place sur une thématique donnée. « J’aurais aimé voir les réponses d’Hollande et de Merkel sur les mêmes questions. Pour avoir une meilleure compréhension des enjeux européens » - Permettre des débats inter-pays au sein de l’Union Européenne pour faire avancer « la compréhension mutuelle en Europe » «  Ces débats inter-européens sont capitaux pour notre avenir » « Il y a plein de sujets sur lesquels nos connaissances de nos voisins sont très faibles voire inexistantes  : la fiscalité, la protection sociale, les droits des chômeurs, les choix éco, etc. »

Julian Bugier / Elections présidentielles 2017- Crédit : Christophe Fillieule – FTV

- Inviter dans les débats des politiques européens.

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ENFIN, ET TOUJOURS DANS LE BUT DE COMPRENDRE PLEINEMENT LE PROJET DES CANDIDATS À LA PRÉSIDENCE, LES CONSEILLERS ONT SOULIGNÉ LE BESOIN DE CERNER LES PERSONNALITÉS POLITIQUES, LEURS VALEURS ET LEURS CONVICTIONS (AU-DELÀ DE LEUR SIMPLE PROGRAMME) « Pousser l’invité au fond de sa personnalité, ses conceptions, ses motivations de porter sa parole, sa propre ambition » « Où l’on voit qui est la personne que l’on a en face, qu’on parvienne à ressentir le fond de sa pensée et les valeurs qu’elle défend et qu’elle défendra vraiment une fois élue » « Ce qui est intéressant c’est aussi de varier les formats, de voir le politique dans différents contextes pour mieux le cerner »

F2 - L’Emission Politique - Karim Rissouli - Crédit : Charlotte Schousboe FTV

La demande d’un renouvellement des formats télévisuels traitant de politique pour aller vers des émissions plus constructives : plus riches, ouvertes et en prise avec la réalité des citoyens LES MEMBRES DU CONSEIL ONT RÉAFFIRMÉ LEUR PRÉFÉRENCE POUR DES FORMATS OÙ LES INVITÉS DISPOSENT D’UN TEMPS DE PAROLE ASSEZ LONG, POUR PERMETTRE L’APPROFONDISSEMENT DES IDÉES

F5 - C Dans L’Air - Caroline Roux et BruceToussaint Crédit : Delphine Ghosarossian SIPA pour FTV

A ce sujet, le débat autour de l’émission de M6, Une ambition intime, a divisé les Conseillers : - Pour certains, il s’agit d’un « concept original », qui permet de dépasser la mise en concurrence directe avec des adversaires politiques et ramène les personnalités politiques à l’échelle humaine  : «  voir les politiques autrement que comme des politiques », « Ils sont « un peu plus » comme le commun des mortels, chez eux, en toute intimité » - Les autres n’apprécient guère la peopolisation des politiques et jugent inquiétant que l’émission puisse constituer une porte d’entrée sur la politique : bien que le format sorte des sentiers battus, l’émission ne permet pas d’enrichir le débat d’idées et la mise en scène constitue finalement un artifice comme un autre.

L’interview demeure incontournable : un format qui a l’avantage d’être plutôt court, de manière à pousser à la synthèse et conserver l’attention des téléspectateurs, mais qui est assez long pour laisser le temps à l’invité d’exposer ses idées et pour débattre. A l’inverse, les débats généralistes (insuffisamment cadrés et thématisés) entre partis donnent le sentiment d’une mise en scène artificielle de la démocratie et se révèlent finalement rarement constructifs. « Le candidat ne va pas convaincre ses opposants, qui, eux, vont rechercher les failles pour enrichir leur droit de réponse  (…) Cela ne fait qu’attiser les braises, générant pour le grand public qu’un retour de petites phrases, de caricatures »

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LES MEMBRES DU CONSEIL FONT LA DEMANDE D’UNE PLUS GRANDE DIVERSITÉ D’INTERLOCUTEURS AU SEIN DES ÉMISSIONS « Il faut du contenu, de la réflexion, du débat d’idées, des interlocuteurs variés qui savent dégager le fond de la pensée de la personnalité politique, il faut du répondant »

- Davantage de gens de terrain, qui renouvellent la figure de l’expert : «  Rechercher d’autres experts dont l’activité professionnelle ou associative pourrait être mise à profit » « Des élus locaux, qui agissent dans l’ombre sur le terrain » - Davantage de spécialistes de la société civile, qui apportent un regard différent (artistes, philosophes, sociologues, etc.) comme cela peut déjà se faire dans des émissions telles que C Politique : «  Le service public doit donner la parole aux citoyens éclairés et non laisser le politique lui annoncer ce dont il a besoin » «  Cela permet d’aborder les questions sous différents angles et de nuancer et de décloisonner un peu les points de vue. Quand il n’y a que des adversaires politiques, il y a rarement de nuances »

- Des citoyens français, dont la parole est encore mise en scène de façon un peu artificielle et trop limitée :

« Les façons d’interagir avec les citoyens à la télévision aujourd’hui sont encore à inventer » «  Il faut intégrer le besoin d‘interagir en continu sur différents canaux. J’apprécie notamment l’interactivité avec les auditeurs / téléspectateurs que propose BFM/RMC » «  Le débat ne peut plus s’arrêter à la fin d’une séquence télévisuelle » « Les interventions des invités du public remettent enfin la réalité face à la globalité d’un discours. Par contre le temps limité à ces interventions me fait ressentir la frustration de l’invité public à ne pas aller au bout de son échange, ces interventions ne sont pas satisfaisantes en cela  » (l’Emission Politique sur France 2) «  Concernant la parole citoyenne, sans tomber dans la démagogie, je pense que c’est quelque chose qui peut être approfondi. Encore faut-il ne pas oublier les plus faibles que l’on entend que trop rarement » - Une plus grande représentation des divers mouvements d’idées politiques, économiques et sociaux présents en France, même s’ils sont de moindre ampleur (vs les grands partis, qui occupent la très large majorité de l’espace médiatique)  : mouvements citoyens qui se mettent en place sur les réseaux sociaux, « petits » partis, écologistes, économistes non-libéraux… « Il y a peu de place pour d’autres discours (…)  Je m’inquiète pour le pluralisme politique dans les médias » «  La réflexion économique à France Télévisions est plutôt pauvre  malgré les efforts de François Lenglet. Elle manque de diversité »

L’ATTENTE D’ÉMISSIONS ORIENTÉES VERS L’ACTION, QUI MÈNENT À UN DÉBAT CONSTRUCTIF ET VISENT À APPORTER DES SOLUTIONS Des informations positives et constructives, dans l’idée que l’homme politique vient pour proposer des idées et trouver des solutions. « Ce qui m’intéresse c’est de connaître les actions que proposent et que mènent les politiques et savoir si c’est efficace pour l’intérêt général  », «  On veut connaître les résultats concrets du politique sur le terrain » « Il faut montrer la politique en action » « Il y a des solutions pour la France aujourd’hui »

F5 - C Politique C Polémique - Bruce Toussaint Karim Rissouli - Crédit : Nathalie Guyon FTV

« On peut parler de politique et être dans le positif constructif et non pas dans la déconstruction »

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Etre plus en prise avec les solutions locales, les initiatives citoyennes applicables à plus grande échelle.

« Revenir locales »

davantage

aux

problématiques

« Il faut réconcilier les téléspectateurs citoyens avec l’action concrète, montrer que les choix politiques ont des conséquences sur la vie quotidienne »

Ils attendent plutôt des journalistes… - Qu’ils restent au service de leur auditoire

« Il doit poser les questions que tout le monde aimerait poser, celles qui reviennent souvent » « Exercer le droit de suite »

- Qu’ils soient garants du fond face à la rhétorique politicienne « Faire preuve de ténacité, journalistique, d’éthique »

de

rigueur

« Dépasser les éléments de langage des politiques » - Qu’ils aient une attitude équitable face aux politiques « Bourdin, on ne peut pas dire qu’il est neutre mais il réserve le même traitement à tout le monde »

F2 - Télématin - Leymergie - Crédit : Charlotte Schousboe FTV

L’ATTENTE D’UNE RELATION JOURNALISTES / POLITIQUES PLUS ORIENTÉE VERS LE DIALOGUE QUE VERS LA CONFRONTATION ; L’ATTENTE DE JOURNALISTES PUGNACES SANS ÊTRE AGRESSIFS Dans leur majorité, les Conseillers estiment que la posture des journalistes visant à « secouer » les invités se révèle rarement efficace voire favorise la joute verbale au détriment des idées.

« Je ne suis pas contre un contradicteur, à condition qu’il partage un vrai dialogue dans la contradiction, avec sérieux, conviction, bonne humeur et respect »

Des attentes spécifiques vis-à-vis de la télévision de service public RIGUEUR ET ÉTHIQUE JOURNALISTIQUE - Une exigence renforcée :

« L’impression que le politique est là pour envoyer une image correcte de lui et que le journaliste est là pour détruire cette image » « Les journalistes évoluent sur un ton de plus en plus provoquant et décomplexé mais n’arrivent que rarement à faire dire aux invités ce que tout le monde attend. Les politiques sont sur-coachés sur tous les aspects et rompus à la joute verbale » « Le caractère incisif est une tendance générale nouvelle des émissions politiques mais cela se fait souvent au détriment du fond  » (au sujet de l’Emission Politique sur France 2)

« Attente d’excellence »

- La neutralité, l’absence de parti-pris : «  France Télévisions doit être au service du public donc pas de parti pris contre certaines orientations politiques » «  Il ne peut pas y avoir de parti pris car elle est au service de tous et pas de certains. Et tout le monde n’a pas la même sensibilité. »

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- Une mission de véracité : « Lutter contre la désinformation, les mensonges, la démagogie » «  Le service public ne peut donner tribune ou servir de vitrine à des politiques qui enfument les téléspectateurs sans clarifier le vrai du faux »

- En revanche, l’humour divise les membres du Conseil : si c’est un bon moyen de dédramatiser et de mesurer la capacité d’autodérision d’une personnalité, il participe à discréditer la politique un peu plus : «  La fonction politique est suffisamment décriée pour qu’on la caricature encore dans des émissions politiques, surtout sur le service public »

- Sortir des sentiers battus (donc être moins guidé par les audiences que les chaines privées par exemple) :

« Le service public doit dénoncer certaines choses » « Je trouve que le service public fait un bon travail mais j’aimerais entendre plus parler d’Europe, de la réalité de l’immigration, de la sécurité, etc. Les transitions technologiques sont encore très peu évoquées »

EVEILLER ET PORTER L’ESPRIT CITOYEN : UN CERTAIN DEVOIR D’ATTRACTIVITÉ ET D’ACCESSIBILITÉ «  Le rôle de la télévision  : une image, une approche et une orientation pour inciter le citoyen à s’investir dans la politique » Les Conseillers ont le sentiment que l’offre télévisuelle traitant de politique est pléthorique mais qu’elle ne s’adresse qu’à des individus déjà intéressés par le sujet  ; en revanche, peu d’émissions visent à «  accrocher » ceux qui ne s’y intéressent pas du tout, notamment le jeune public. - Les séquences concises sont une piste à explorer pour gagner en attractivité : « On peut aller au fond des choses, même sur un format court » - L’infotainment (information + divertissement) a également été évoqué, avec l’exemple de Quotidien sur TMC, qui mélange les genres et les types d’invités, et parvient à être à la fois « très très légère et très très sérieuse ».

F2 - On Est Pas Couché - Crédit : Charlotte Schousboe FTV

Les propositions imaginées par les Conseillers pour le traitement de la politique sur France Télévisions demain Au cours des réunions organisées dans le cadre du Conseil Consultatif des Programmes, les Conseillers ont réfléchi à des pistes de programmes qui pourraient advenir demain sur France Télévisions :

« La politique en actions » L’émission vise à aborder un thème de portée nationale à l’échelle régionale (l’idée étant d’aborder les interdépendances et non d’opposer les différentes échelles). Un format bimensuel de 70 ou 90 minutes sur France 2, où l’on s’attache à une région et un thème différents à chaque fois. L’émission alterne séquences plateaux (en région mais aussi en outre-mer) et reportages sur les métiers de la vie politique régionale, où l’on suit des élus sur le terrain. Un invité spécifique à chaque thème, un acteur de terrain, intervient en plateau (élu local, syndicaliste, pas forcément un acteur politique). D’autres types de séquences peuvent également s’insérer : des infographies concernant le thème de l’émission, la mise en perspective du même thème dans un autre pays d’Europe, etc.

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Une piste qui casse le format traditionnel du « tout plateau » et répond aux attentes de concret exprimées par les Conseillers  : échelles de proximité, vision du métier sur le terrain, compréhension des enjeux et des répercussions des décisions, en pleine période de construction des grandes régions. «  On suit des élus qui mènent des actions concrètes et qui transforment la vie des gens » « Apprendre à comprendre comment la politique va se transformer au vu de ce projet de grandes régions »

F2 - Primaire gauche - Myriam Bounaffa - Crédit : Christophe Russeil FTV

« On va plus loin »

« Un projet en questions »

Une émission hebdomadaire, le dimanche en fin de journée.

En période électorale, une émission en plateau, de 90 minutes minimum.

Une table ronde d’une heure où un journaliste, une personnalité politique et des membres de la société civile interagissent autour d’un thème unique. La vocation de l’émission est de mettre en lumière des solutions. La personnalité politique parle de son action et explique sa démarche dans la durée. Le journaliste médiateur est neutre et doit être un peu expert sur le sujet. Les membres de la société civile sont impliqués dans la vie citoyenne et ont préparé le débat. L’émission commence par un cadrage pédagogique et s’achève par une synthèse des points forts faite par le journaliste. L’émission n’est pas en direct, les interventions sont cadrées, et l’ambiance est bienveillante, orientée vers la coopération et les solutions. Le plateau n’est pas situé dans des studios de télévision mais plutôt dans des locaux de structures associatives ou administratives et change à chaque émission en fonction de la thématique (avec la possibilité d’évoluer d’un endroit à un autre au cours de l’émission pour donner du dynamisme). Une proposition encore en rupture avec les codes traditionnels des émissions politiques (décor qui fait écho à la thématique, plateau itinérant) et qui vise à produire un débat constructif : résolution de problèmes, idées concrètes, dialogue bienveillant.

Un candidat et des membres de son équipe (les membres indispensables de son équipe de campagne, les personnes qui l’inspirent et l’aident à bâtir sa vision politique, etc.) viennent présenter leur projet sur des thèmes définis à l’avance. L’idée est que le candidat puisse s’exprimer sans être systématiquement contredit. Pour chaque thème sélectionné, un ou plusieurs spécialistes pourront poser des questions, faire de la vérification et de la projection concrète. Un animateur assure la médiation. En fin d’émission, une synthèse est diffusée sur les antennes digitales. Une émission qui laisse la vedette au projet et rompt avec la mise en scène d’une figure providentielle. Un format qui s’écarte également de l’idée de contradiction rhétorique systématique pour aller vers un débat fondé sur des données concrètes, de terrain.

« Un fauteuil pour deux » Tous les jeudi soirs, cette émission de 90 minutes réunit deux candidats de partis différents qui vont discuter et confronter leurs idées et leurs programmes. Un duo de journalistes anime l’émission, qui se compose de plusieurs moments-clés : - un «  flux 3.0  » où les questions des téléspectateurs/ internautes sont relayées par les animateurs - un temps de débat sur la question de l’Europe afin de comprendre comment les invités envisagent la question - une partie abordant les problématiques locales - une séquence «  thème oublié  », où les journalistes posent des questions sur les thèmes absents des programmes des invités (handicap, culture…)

F2 - Primaire De La Gauche - Bouleau Bensaid Pujadas - Crédit : Christophe Russeil FTV

Une proposition qui permet d’emmener les politiques sur des sujets peu abordés et/ou flous, et favorise l’interactivité (plusieurs journalistes, plusieurs invités, questions des téléspectateurs)

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SYNTHÈSE LE DIVERTISSEMENT FAMILIAL Un divertissement familial Par « divertissement familial » le Conseil entend des programmes capables de rassembler un public de téléspectateurs de plusieurs générations autour de leur concept, de l’univers proposé et des personnalités qui l’animent ou qui y participent. Ce sont des programmes qui ont le potentiel de fédérer un maximum de membres de la « famille », au sens élargi. Leur spécificité réside dans cette capacité à toucher toutes les tranches d’âge, tous les milieux, dans une écoute conjointe et un plaisir partagé. Cette réflexion sur le «  divertissement familial  » exclut le genre de la fiction.

Sur France Télévisions, le Conseil mentionne une offre de divertissement variée mais encore trop peu fédératrice LES CONSEILLERS LES PLUS FIDÈLES AU SERVICE PUBLIC RECONNAISSENT LES POINTS FORTS DE L’OFFRE DE DIVERTISSEMENT DU GROUPE - Certains divertissements, connus et reconnus, ont su s’inscrire dans le temps pour offrir de la continuité au public. Le plus Grand Cabaret du monde continue de proposer des numéros originaux, inédits et de qualité :

Fort Boyard a su conserver une communauté de fidèles : « Je suis fan de Fort Boyard, mes enfants après avoir regardé avec leurs parents, sont fans aussi avec leur enfant. Et je me retrouve parfois avec mon petit-fils de 8 ans devant des rediffusions », « c’est un vrai rendez-vous »

F2 - Taratata - Crédit : David Niviere FTV

- Les divertissements musicaux sont appréciés dans leur diversité, notamment Taratata, format très salué : «  Taratata, c’est l’émission musicale de référence  », «  L’émission permet d’écouter des artistes qu’on n’a pas l’habitude de voir à la télé », «  musiques éclectiques et ambiance assurée  », «  le mélange des genres et la découverte  », «  J’aime Taratata parce que c’est du vrai live, parce que Nagui est passionné, prend du plaisir et le partage »

« Les numéros sont souvent bluffants » « les artistes de cabaret et de cirque invités sont d’une grande qualité artistique et méconnus »

Le programme Alcaline ainsi que l’émission Prodiges : « J’aime bien, le jury est sérieux et compétent », « là j’ai l’impression de voir de véritables jeunes talents, plus axés sur le savoir-faire et la qualité de l’interprétation que sur le fait de devenir des stars à la télé »

- L’accès à des programmes de divertissement culturels est unanimement apprécié « Drôle d’endroit pour une rencontre apporte une nouvelle approche de la culture en quittant le cadre des plateaux tv, avec des invités de qualité » F2 - Fort Boyard - Crédit : Gilles Scarella FTV

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Notamment en Prime Time, à travers des spectacles variés (théâtre, opéra, jazz) « En direct, cela permet de se sentir présent dans la salle de spectacle au plus près des artistes », «  ça permet d’entendre que le théâtre c’est pas si difficile d’accès  », «  j’adore le théâtre, j’aimerais que les captations de pièces soient plus fréquentes avec un peu de Comédie Française, de boulevard, etc.  », «  malheureusement ça manque de rendez-vous réguliers »

- La place accordée à la découverte est également importante pour les conseillers. Rendez-Vous en terre inconnue représente un programme fédérateur :

« Un moment solennel que j’attends avec impatience », «  on en parle  entre nous après  », « la rareté du programme fait aussi son attrait »

MAIS LES CONSEILLERS RESSENTENT LE MANQUE D’UN GRAND RENDEZ-VOUS DE DIVERTISSEMENT SUR LES CHAÎNES DE FRANCE TÉLÉVISIONS « Ça manque un peu de grands divertissements  qu’on ne voudrait surtout pas manquer » « N’oubliez pas les paroles en Prime ce n’est pas un pari tout à fait réussi » Les grands divertissements s’usent et font moins rendez-vous aujourd’hui. «  Les Années bonheur ne sont guère plus une référence » «  Je ne vois pas de divertissement qui pourrait vraiment attirer les jeunes »

Le plein de sensations : «  J’étais ravie de ce que je regardais avec mes trois enfants, ça donne des envies de voyage »

- Certains jeux permettent de réunir les générations, comme Tout le monde joue dont les conseillers apprécient la dimension interactive et ludique «  Un peu de compétition amicale ne fait pas de mal. J’aime beaucoup cette émission, on fait des concours à la maison, on s’évalue par rapport à notre région par exemple  », «  on apprend des choses que l’on croit connaitre en s’amusant »

F3 - 8 Chances De Tout Gagner - Carinne Teyssandier - Crédit : Joffrey Philippe-Anselmo

Les débats du Conseil ont mis en avant la volonté de moderniser et d’ouvrir les programmes de divertissement de France Télévisions à tous les publics LES CONSEILLERS ATTENDENT DAVANTAGE DE MODERNITÉ DANS LE DIVERTISSEMENT « MADE IN » FRANCE TÉLÉVISIONS « Ils n’ont pas de grand show comme le font les chaînes privées » « Leurs divertissements peuvent sembler un peu ringards » «  Quand ils parlent du Plus grand cabaret du monde, du Dicaire Show, les 18-25 ans que je connais me répondent que c’est pour les vieux » « La modernité c’est d’avoir les yeux ouverts, être curieux de tout, avoir la capacité de s’émerveiller, de s’émouvoir, de rire, de partager, d’échanger »

F2 - Le Plus Grand Cabaret Du Monde - Crédit : Russeil Christophe FTV

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LES CONSEILLERS ONT SOULIGNÉ LA DIFFICULTÉ DE FAIRE VENIR LES JEUNES SUR LES PROGRAMMES DE DIVERTISSEMENT DES CHAÎNES DU GROUPE

« Il faut faire de la place aux jeunes ! » «  Les animateurs d’un programme vraiment familial doivent être appréciés d’une majorité de générations, et assez drôles pour passer un moment marrant ensemble »

Des jeunes qui éprouvent de la difficulté à se reconnaitre dans les divertissements proposés « J’ai 32 ans et j’ai du mal à trouver de vrais divertissements en prime sur France Télé », « [J’ai 25 ans], Le plus grand cabaret du monde ou Fort Boyard, je ne pense pas être dans la cible »

F2 - N’Oubliez Pas Les Paroles - Crédit : Clément Petit FTV

En sortant du format cabaret et variétés… Une génération qui va davantage aller sur Internet ou des chaînes privées, comme celles du groupe Canal « Sur C8, certains programmes ont davantage pour vocation de rassembler la « bande de potes » que la famille », « je suis très fan du Palmashow, depuis leur diffusion sur Direct 8 sous forme de sketchs quotidiens. Si je regarde leurs émissions avec autant de plaisir qu’il y a 5 ans, c’est que ces humoristes produisent des sketches pouvant être captés avec plus ou moins de finesse selon l’âge du téléspectateur. Ils ont réussi à fédérer une communauté d’adeptes autour d’eux », « les late shows ont la côte, leur contenu est beaucoup visionné par les jeunes sur Internet »

LE CONSEIL A EXPRIMÉ LA VOLONTÉ DE DÉPASSER CETTE RUPTURE AVEC LE PUBLIC JEUNE POUR AVOIR DES DIVERTISSEMENTS DAVANTAGE RASSEMBLEURS Ils proposent de s’ouvrir à un public plus large, incluant les familles et les jeunes - A travers un renouvellement des animateurs et des types de programmes proposés En ciblant moins exclusivement le public senior et en s’adressant davantage aux jeunes :

« Il faudrait que France Télévisions dépoussière ses programmes de variété jugés trop ringards. Pour attirer un public plus jeune il faut créer un show dynamique et une présentation moins formatée » … pour investir de nouveaux genres de divertissements : «  Un bon divertissement capable de fédérer les générations d’une France vieillissante et nostalgique avec une jeunesse branchée hyper technologies nécessite un bon mixage de programmes originaux, spectaculaires et pluridisciplinaires » « Pour intéresser les jeunes il faut des programmes spectaculaires et des animateurs dynamiques » - En s’adaptant aux nouveaux supports numériques Pour favoriser l’interaction et l’implication des téléspectateurs, sur des supports variés « Faire résonnance avec tous les écrans pour une forte interactivité avec le téléspectateur que l’on rendra actif et non plus passif comme il l’était auparavant » «  La dimension multi supports est à prendre en compte aujourd’hui »

« Ces émissions sont trop orientées sénior », « Le plus grand cabaret du monde est un divertissement qui pourrait regrouper tout la famille devant la télévision si les variétés proposées venaient aussi du répertoire des plus jeunes »

« Un divertissement familial devrait permettre de s’instruire tout en s’amusant avec les outils du digital qui permettent d’interagir et participer aux divertissements »

« Les animateurs de France Télévisions sont enfermés dans ces vieux formats qu’il faut dépoussiérer, je pense qu’ils ont encore plein de ressources »

Tout en restant accessible au public plus âgé et moins connecté

« Il serait sympa d’ajouter avec ces anciens animateurs un jeune nouveau pour qu’il apprenne d’eux et que la transition se fasse en douceur »

« Solliciter par l’interactivité »

« Il faut se mettre à jour avec les nouveaux outils du digital mais sans exclure ceux qui n’y sont pas »

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- en Valorisant des thèmes avec lesquels les téléspectateurs peuvent s’identifier « Trouver ce qui réunit, dans la vie, les générations, ce qui leur est commun, en ce qui concerne les centres d’intérêts » A travers des registres comme le comique

des programmes intéressants et de qualité, de la finesse, le respect de la dignité humaine et la capacité à susciter de « la curiosité saine » : « Une télé qui invite à sortir, à découvrir » « Une télé qui donne envie de faire quelque chose ensemble »

« L’humour c’est pour toutes les générations » et à rassembler plusieurs générations : ou le sensationnel, qui touche aux émotions

« J’aime bien les émissions qui «  vendent du rêve » et transmettent de belles émotions, ça fait du bien » «  M6 sait jouer sur les émotions. Quelles que soient les émissions, on peut rire puis les minutes qui suivent être en suspense voire complètement époustouflé »

« Des programmes qui favorisent les échanges intergénérationnels » Qui passe par le refus de la promotion à outrance « Les animateurs qui en font des tonnes, la pub, la promotion, on n’en veut pas »

Pour éviter des gains aux montants trop élevés, jugés « indécents », il faut valoriser des jeux solidaires et rejeter la « compétition malsaine » « Fort Boyard, je trouve le concept très bien, les épreuves bien faites dont certaines sont difficiles. Les invités jouent bien le jeu et la cause est noble (associative) »

F4 - Vous Pouvez Répéter La Question - Alex Goude - Crédit : Nathalie Guyon FTV

Des attentes spécifiques vis-à-vis du divertissement de service public LES CONSEILLERS ONT UNE HAUTE EXIGENCE QUANT À L’OFFRE DE DIVERTISSEMENT DU SERVICE PUBLIC

Dans un rejet de certaines valeurs véhiculées par des émissions de divertissement sur les chaînes privées « La chute du candidat est visible, attendue, commentée, on entre dans le voyeurisme malsain », « L’Amour est dans le pré est rétrograde sur certains aspects » «  Du plus haut de gamme que sur TF1 ou M6, je veux dire tirer les gens vers le haut, leur faire découvrir des univers. C’est pour moi la mission du service public côté divertissement »

Portée par une vision exigeante de la mission de service public sur les divertissements de France Télévisions. Les conseillers prônent une mise en avant sur les chaînes du Groupe : « des émotions positives, qui font grandir et avancer »

F2 - Tout Le Monde A Son Mot A Dire - Bonnec et Minne - Crédit : Gilles Gustine

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Proposer un « talent quest » (concours de talents) sur France Télévisions, c’est possible À CONDITION DE REJETER LES DISPOSITIFS D’ENFERMEMENT DE LONGUE DURÉE APPARTENANT AU GENRE DE LA TÉLÉRÉALITÉ Jugés voyeuristes et contraires aux missions de service public «  les attitudes négatives sont valorisées  », « souvent des gens regardent pour se réjouir du malheur des autres »

DE PROMOUVOIR LA DIMENSION D’ENTRAIDE ET DE SOLIDARITÉ « Il faut favoriser la coopération », « je ne suis pas convaincue que challenge et compétition soient toujours un duo gagnant »

Valoriser le candidat-participant et considérer que l’on ne sort pas perdant de ce genre d’émission, mais plutôt fort d’une expérience, d’un apprentissage, de notoriété pour des artistes talentueux et peu connus.

D’EN RECEVOIR UN BÉNÉFICE CULTUREL AU SENS LARGE (APPRENDRE, DÉCOUVRIR, ETC.) « Apprendre des choses  », «  étendre ses connaissances »

F3 - Questions Pour Un Champion - Samuel Etienne - Crédit : Bernard Barbereau FTV

F4 - Les Délires Magiques - Eric Antoine - Crédit : Nathalie Guyon FTV

DANS UN CADRE QUI FAVORISE L’IDENTIFICATION ET L’ATTACHEMENT DES TÉLÉSPECTATEURS AUX CANDIDATS Des arts, comme le chant, la danse ou le théâtre peuvent permettre à tous de se projeter à la place des candidats, de vouloir les voir progresser dans ces disciplines « Ceux qui regardent The Voice ou Danse avec les Stars s’identifient aux candidats qui osent sortir de leur salle de bain pour chanter devant 4 fauteuils retournés à la télé, qui osent apprendre à danser devant des gens et des caméras » Des disciplines qui permettent des séquences d’émotions recherchées par le public, en veillant à ne pas tomber dans la surenchère «  Je ne sais pas si celui ou celle qui gagne est le meilleur danseur mais en tout cas c’est sûrement celui ou celle dont le public a ressenti le plus d’émotions » «  De belles voix et de jolis moments de danses et d’émotions possibles » « On ne veut pas voir des enfants éclater en sanglots parce qu’ils n’ont pas été sélectionnés »

LES CONSEILLERS ONT INSISTÉ SUR LA RICHESSE DU VIVIER DE TALENTS EN FRANCE, QUE CES ÉMISSIONS DOIVENT METTRE EN AVANT « On ne manque pas de jeunes talents en France ! », «  ça permet de découvrir de nouveaux talents, de renouveler  », «  dans ce genre d’émission on les voit évoluer dans l’apprentissage de leur art ou compétence  », «  il y a des talents, des pépites partout. Regardez le Djamel club, ou ce que Ruquier avait fait avec la découverte de jeunes comiques », « de jeunes espoirs en pleine ascension  », «  il y a un nombre incalculable d’artistes « émergeants » de grande qualité, peu connus, que l’on devrait solliciter pour rendre hommage à de grands chanteurs disparus par exemple »

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LEUR PERMETTRE DE CHANTER LEURS PROPRES CHANSONS, AFIN DE VALORISER LA CRÉATION : « des chansons inédites et de jeunes artistes nouveaux »

LES MEMBRES DU CONSEIL ONT IMAGINÉ DES PROPOSITIONS DE PROGRAMMES DE TALENT QUEST SUR LES CHAÎNES DU SERVICE PUBLIC : Un concours d’éloquence, un radio crochet où des auteurs viendraient présenter des chansons originales, un concours de professionnels qui lancent leur start-up devant un jury d’investisseurs, un concours de création : stylisme, arts plastiques, architecture, urbanisme (ville de demain), innovation, etc. Parmi ces propositions, les Conseillers ont approfondi l’une d’entre elles,

« Les rois de l’impro » : Un concours d’éloquence, dans lequel plusieurs équipes, régionales ou locales, s’affrontent au cours de joutes verbales (principalement des matches d’improvisation) sur une thématique imposée et différente à chaque émission. Plusieurs types d’éloquence sont mis en avant, notamment le rap ou le slam et le registre de l’humour occupe une place prépondérante. Les équipes sont accompagnées par des coachs connus et reconnus (Jamel Debbouze, Pierre Niney, etc). « Il y a un vrai potentiel autour de la participation d’artistes dans des émissions, en tant que coach dans un jury ou comme participants »

La proposition imaginée par les Conseillers pour un divertissement familial sur France Télévisions Les Conseillers ont réfléchi à une piste de grand jeu télévisé, « Le labyrinthe » : Un jeu collectif, issu du modèle de l’« escape game » (jeu d’évasion), sur le principe de deux équipes qui évoluent dans un grand labyrinthe dont elles doivent s’échapper. Seule l’une des deux équipes pourra en sortir, à l’issue d’une série d’épreuves physiques et d’énigmes à résoudre collectivement. L’accent est mis sur la nécessité d’avoir des membres de tous âges au sein de chaque équipe, dans une volonté de favoriser une émulation transgénérationnelle. D’ailleurs «  c’est un jeu qui ne repose pas sur la trahison parce que pour s’en sortir, pour trouver le bon chemin et gagner, il faut forcément être solidaire »

Les deux équipes concourent pour une seule association qui recevra son gain, dans un objectif non lucratif et solidaire. La prise en compte du téléspectateur est essentielle à travers la possibilité qui lui est accordée, grâce au digital, d’aider l’équipe qu’il préfère à gagner le jeu, en l’aidant à résoudre certaines énigmes. Cette interactivité du jeu passe par des indices donnés par des avatars qui s’affichent sur l’écran et des hashtags.

Les téléspectateurs suivent d’émission en émission le déroulement des entrainements, la mise en place puis la progression des équipes, à travers des portraits, des courts reportages. Un dispositif digital accompagne l’émission à travers une inscription et une présélection des équipes sur les réseaux sociaux (chaine Youtube), qui pourront également recueillir les votes du public. Afin de créer un univers cohérent, les animateurs de l’émission seraient des jeunes youtubeurs. Enfin, les lauréats auraient l’opportunité de se produire en première partie d’un des artistes coachs. Ce « talent quest  » permettrait de «  découvrir les talents de proximité  », de défendre la «  diversité culturelle française » et de partager avec tous l’envie de prendre la parole et de jouer avec.

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SYNTHÈSE franceinfo & L’INFORMATION EN CONTINU Mobilisé dès septembre 2016, le CCP a suivi la naissance et l’évolution de franceinfo, la nouvelle chaîne d’information en continu de France Télévisions. C’est en se familiarisant à cette chaîne, notamment à ses grands rendez-vous (le 6/9h et le 18/20h) ainsi qu’à sa déclinaison numérique, que les Conseillers ont pu réfléchir et débattre sur cette nouvelle offre d’information. Les débats du Conseil ont eu lieu en novembre, soit deux mois après le lancement de la chaîne.

L’arrivée de la nouvelle chaine est jugée légitime bien que l’offre existante soit déjà fournie et plutôt bien installée En septembre 2016, l’offre d’information en continu est déjà portée par des acteurs comme BFM (en tête), iTélé (futur CNews) et LCI, accessible gratuitement depuis peu sur la TNT. Ces chaînes privées sont entrées dans les habitudes et accompagnent quotidiennement leur public : elles fournissent des points de repères clairs, l’organisation de l’information y est structurée et les présentateurs sont identifiés. Ces chaines ont su tenir une promesse forte (« On a la certitude de trouver ce que l’on vient chercher ») : répondre à l’attente d’« une information réactive » et à la volonté de « connaître les grands titres en quelques minutes ». Toutefois elles suscitent des réserves  : une certaine lassitude liée à la répétition trop fréquente des mêmes informations et une tendance au «  sensationnalisme  » voire à l’installation d’un contexte « anxiogène ». Dans ce contexte, même si le sentiment d’être « submergé » d’information a pu susciter le scepticisme de certains, tous les Conseillers reconnaissent la légitimité du service public à proposer une offre d’information en continu :

Un accueil globalement positif de la nouvelle chaîne franceinfo, qui se démarque et ne semble pas faire redondance au sein de l’offre déjà existante

Une offre qui se distingue des autres chaînes d’information en continu à plusieurs titres :

SUR LE TRAITEMENT DE L’INFORMATION Les Conseillers ont perçu une information traitée avec davantage de recul et moins de sensationnalisme que les autres chaines d’information en continu « L’écriture n’est pas axée sur l’émotion, le pathos ou la démagogie pour ferrer le téléspectateur », « On sent plus de calme, de sérénité » L’alliance entre radio et télévision apporte une diversité qui participe à l’image d’une information de qualité et constitue une valeur ajoutée, notamment visible et pertinente dans la séquence multiplex. « La richesse des points de vue » «  Cette collaboration à l’antenne me fait penser que franceinfo c’est la télé ET la radio » « Il y a une bonne dynamique dans le va et vient »

franceinfo - Edition spéciale - Nathalie St Cricq Myriam Bounaffa Laurent Delahousse - Crédit : Christophe Russeil

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Les Conseillers ont salué la présence et la cohérence des diverses plateformes où se décline franceinfo « Le fait que franceinfo soit diffusée via trois vecteurs : radio, télévision et Internet est un gage de visibilité et donc, pour le public, d’accessibilité » «  Pour moi il y a cohérence entre les supports. De plus, le style, l’ambiance est identique, l’identité transparaît sur le site, sur l’application comme sur la chaîne » « Tout a une utilité et est laissé à l’initiative de l’utilisateur »

- Les courtes vidéos « Fraternité Générale »  qui font la promotion du vivre ensemble emportent une grande adhésion : elles sont jugées intelligentes et répondent à la mission de service public : «  On construit des téléspectateurs curieux, instruits et responsables » - Les vidéos Datagueule ont été appréciées pour leur dimension décalée mais qui ne sacrifie pas le fond pour autant : «  L’information reçue perd de son effet négatif anxiogène pour garder uniquement sa vertu pédagogique et sa vocation informative » - Les vidéos modules traitant des programmes politiques de candidats sont jugées originales et utiles :

« Ces «pastilles» sont intéressantes pour comparer des programmes comme c’est le cas dans l’exemple visionné entre Juppé et Fillon mais manquent par leur format d’exhaustivité » F3 - Le Grand Soir 3 - Crédit : Charlotte Schousboe FTV

SUR LES PARTIS PRIS FORMELS La mise en scène (décor, réalisation, ton) est jugée agréable, différente des codes usuels des chaines d’information continue, et fait écho à la perception d’un traitement de l’information appliqué et apaisé « Ça fait très propre et décontracté » « Ce n’est pas agressif visuellement » «  franceinfo devient un vrai lieu, contrairement à BFM ou iTélé, un lieu visible, dans lequel on vit, on travaille en direct. C’est important que cette vie passe aussi par les déplacements et les rencontres »

« Excellent. Traiter d’une problématique sur deux minutes avec cette transversalité oblige à aller à l’essentiel et à laisser le téléspectateur à un questionnement pour lequel il est sollicité de suite à la fin du sujet. » - «  L’instant détox  », format de quelques minutes qui décrypte une information détournée ou fausse, une «  intox  » diffusée sur les réseaux sociaux, est apprécié dans sa volonté d’aller au-delà de l’information brute «  pour mieux expliquer comprendre et vérifier », 

une

information,

« Renouer une relation de confiance »

« On ressent plus d’implication vis-à-vis du téléspectateur »

Le Conseil a mis l’accent sur les formats courts proposé par la chaîne, jugés originaux et de qualité : - Des formats jugés ludiques  et appréciés pour leur variété : « La barbe, Dans ton flux, les Anooki  sont des séquences humoristiques très réussies » F3 - Le Grand Soir 3 - Francis Letellier - Crédit : Bernard Barbereau FTV

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Cependant, les Conseillers soulignent un manque de points de repère et de fluidité parfois Les Conseillers notent un certain tâtonnement lié aux débuts de la chaine et au besoin des journalistes de prendre leurs marques. Cependant, ils soulignent un manque plus global de structure et d’accompagnement du téléspectateur dans la manière dont l’antenne est construite qui produit un sentiment de confusion voire de qualité inégale. « Un manque d’organisation ou de méthode » « C’est parfois déroutant » « On n’arrive pas à suivre, ça va un peu dans tous les sens »

L’articulation des flashs infos avec la radio manque de fluidité et semble interrompre les programmes sans créer de continuité. Les Conseillers ont eu le sentiment d’un manque de liant dans les décrochages radio et plus globalement d’un ensemble encore hétérogène entre la radio et la télévision. La piste d’une mise en scène des liens humains et d’un certain esprit d’équipe a été évoquée pour renforcer leur cohésion

« Le retour vers la radio juste après le journal n’apporte rien, c’est souvent redondant » « J’ai l’impression que les interventions de la radio franceinfo sont subies et mal utilisées ». «  Pourquoi n’y aurait-il pas un dialogue entre le journaliste radio et le journaliste TV pour montrer la complémentarité entre TV et radio ? »

« On n’arrive pas à savoir vers où on va » « On a l’impression d’une programmation « hachée », il serait bon d’avoir un fil conducteur entre les diverses émissions » Le mode de présence des présentateurs participe également à un certain effet de déroute : - Certains Conseillers s’interrogent sur le manque de figures récurrentes et identifiables «  Il n’y a pas vraiment de personnes pour nous inviter à venir, qui nous interpellent ». Même si pour d’autres, cela permet d’éviter la starification des journalistes : « Ce que je trouve bien, c’est que le journaliste s’efface devant l’info ». Par ailleurs, leur mobilité divise : cela rompt avec la linéarité des plateaux des autres chaines et rend compte du travail de façonnement de l’information, ce qui est apprécié ; toutefois elle peut se révéler gênante voire détourner du propos : «  Je ne crois pas que l’info est meilleure parce qu’on la dit debout ou qu’on bouge », « Il ne faut pas que ça semble gratuit »

franceinfo - SOIR - Laforge Crédit : Nathalie Guyon FTV

franceinfo - MATIN - Bignolas Crédit : Nathalie Guyon FTV

Une présence qui peut encore gagner en efficacité au moment des grands carrefours d’information de la journée « Je ne sais pas vraiment ce qu’il y a à l’antenne. Il n’y a pas de rendez-vous aux heures de pointe »

LA MATINALE A ÉTÉ PERÇUE COMME UN ENJEU MAJEUR POUR LA CHAÎNE L’attente d’une matinale efficace et qui accompagne le début de la journée - Le Conseil a rappelé le besoin « d’être informé vite et bien » sur ce créneau horaire du matin : recevoir une information complète en peu de temps, où les grands titres de l’actualité sont mis en avant et hiérarchisés et les informations proposées claires et saillantes.

franceinfo - Clemence de la Baume - Crédit : Nathalie Guyon FTV

- Or, la matinale de franceinfo comporte beaucoup de séquences visuelles sans voix off à l’heure actuelle ce qui ne s’accorde pas tout à fait aux usages du matin, qui reposent beaucoup sur l’écoute.

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« Le matin je fais plein de choses, il y a trop de modules sans paroles, », «  Je vois les chaînes d’information en continu plutôt comme une radio, qui permet d’avoir les informations sans nécessairement avoir besoin d’être concentré sur un écran »

- Les Conseillers ont par ailleurs émis le souhait d’une valorisation d’une information heureuse et positive : le «  sérieux décontracté  » émanant de la chaine y répond dans une certaine mesure, certains Conseillers ont également évoqué le journalisme de solution, orienté vers les signes d’espoir :

« Une info qui réveille, qui respire et qui nous fait nous lever du bon pied ! »

Pour d’autres, il permet de développer les idées de l’invité sur plusieurs angles différents : « La pluralité des journalistes est intéressante et offre à l’invité un exercice, un challenge à relever. Bien menée, cette interview matinale est un lieu où les idées peuvent passer et être développées ».

LA CASE DU 18H-20H NE SEMBLE PAS ASSEZ INVESTIE AUX YEUX DES CONSEILLERS À L’HEURE ACTUELLE POUR DEVENIR UN RENDEZ-VOUS « Je trouve l’ensemble trop zapping » « On ne sait plus ce qu’il est important de retenir de la journée ou du moment »

L’interview de la matinale : « 8h30 Aphatie » - Le choix de l’invité est déterminant dans l’envie de regarder et il faut qu’il soit en lien avec l’actualité : «  Ce que j’apprécie dans les 4 Vérités sur Télématin c’est que l’invité et le débat sont choisis en fonction d’un évènement social, politique ou autre ». Le format plutôt long est bien perçu puisqu’il permet à l’invité de développer des idées et laisse le temps d’évoquer des questions de fond :

« J’apprécie l’émission et son format », « Elle offre une plage importante à l’invité tout en l’obligeant à une synthèse de ses réponses »

« A une heure où l’on a envie d’être informé et qui plus est bien informé, les JT (parfois trop courts), rappels des titres et autres chroniques s’enchaînent rapidement et laissent une impression d’inachevé à la fin ».

Un moment de la journée où le téléspectateur a besoin de faire le point, de hiérarchiser, d’aller en profondeur et de développer l’information. Une opportunité pour franceinfo de s’installer et où, par ailleurs, elle peut se permettre d’être différente. « La tranche horaire où franceinfo doit se démarquer des autres chaînes d’info ».

Pour exploiter au mieux ce long format, les Conseillers ont souligné l’attente d’une attitude « dynamique et percutante  » de la part des interviewers. Ceux-ci doivent rester neutres, sans parti pris, tout en se montrant assez pugnaces pour dépasser les éléments de langage des invités et engager un débat d’idées. Le nombre de journalistes autour de l’invité a divisé les Conseillers : Pour certains, il disperse le temps de parole : « Il y a trop de journalistes pour peu de temps. Je ne dirais pas que c’est l’interview d’Aphatie mais d’Aphatie et Compagnie ! », « J’émets des doutes sur la pertinence du nombre d’intervieweurs compte tenu de la durée de la séquence » France Ô - Les Témoins De L’Outre Mer - Crédit : Nathalie Guyon FTV

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L’offre numérique de franceinfo est perçue très positivement

- Les Conseillers ont apprécié la possibilité de faire leurs propres réglages en choisissant de tomber directement sur les titres par exemple - L’application se démarque également par la présence d’une information moins conventionnelle :

Tous reconnaissent la richesse de contenus du site : « L’existence d’une ambitieuse plateforme numérique est remarquable dans ce projet franceinfo  », «  C’est un site vraiment complet, toutes les infos radio, TV sur un même support »

L’interface est jugée plutôt agréable L’aspect visuel ressort comme attractif et apaisant : « Je suis contente que le côté anxiogène que l’on peut retrouver sur les autres sites ne se trouve pas sur franceinfo. A bas les couleurs criardes, les bandeaux qui piquent les yeux… on se détend ! », «  Se démarque de ses concurrents avides de buzz »

« On y trouve aussi l’info insolite ou restée un peu confidentielle, pas reprise par tous les médias »

Les attentes formulées par les Conseillers pour la suite LES GRANDES LIGNES ET VALEURS ATTENDUES DE LA CHAINE - L’objectivité et la neutralité sont des exigences prioritaires, pour une information indépendante

La dimension personnalisable du site est très appréciée :

« des puissances de l’argent, des pressions politiques », « Une indépendance aussi totale que possible dans le choix et le traitement de l’info »

« Il présente l’avantage de pouvoir faire ses propres sélections », « On peut choisir les sujets traités sans avoir à se farcir la totalité des autres. En quelque sorte le téléspectateur participe en étant son propre rédacteur en chef »

« L’avantage de franceinfo c’est sa liberté à l’égard de la publicité » - L’information de manière directe et exhaustive, en insistant sur l’analyse et la pédagogie :

Les Conseillers ont également salué l’absence de publicité qui renforce l’unité de la lecture, le plaisir de parcourir les contenus et appuie le sentiment d’indépendance des propos.

« être dans l’information au sens noble du terme  » , «  expliquer l’actualité avec la capacité à l’éclairer »

Malgré tout, la mise en scène des informations n’est pas toujours très claire

- Les Conseillers préfèrent que la chaîne favorise des informations vérifiées plutôt qu’abondantes et instantanées, grâce au travail d’investigation et de terrain.

- Les rubriques politique, faits divers, société, éco/conso, monde… ont semblé surchargées d’informations : «  On se croirait dans le site d’un magasin de meubles avec tout son catalogue ».

L’application convainc les Conseillers - Une application jugée d’une grande clarté, pratique et simple à consulter - Des notifications mesurées, pas intempestives, et donc plus valorisées

- De l’audace et de la nouveauté : les Conseillers ont plutôt validé la dimension spontanée de la chaine et affirment leur souhait de voir la chaîne continuer à traiter l’information de façon décalée voire parfois humoristique : « Je crois qu’une chaîne publique doit « oser la différence » et l’assumer ».

- De la découverte, une information variée, censée « ouvrir et rendre curieux ».

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- Une attention portée à toutes les échelles de territoires, en insistant sur le scope régional et la société civile, des sujets qui ont souvent été soulevés dans les débats des Conseillers, avec la volonté de mettre en lumière la diversité de la société française mais aussi de contrebalancer la forte présence médiatique de figures d’experts, de casser le côté « tour d’ivoire » d’une information traitée dans laquelle les téléspectateurs ne se reconnaissent pas.

Ce format prendrait la forme d’une pastille de 3 à 5 minutes, rythmée, qui pourrait être diffusée avant une émission phare et reprise plusieurs fois dans la journée. Une piste qui répond à l’attente d’impertinence et d’ouverture à des figures moins proches de la sphère médiatique classique. « Le grand rendez-vous de la semaine »

« Avoir des Français et des journalistes qui appartiennent à la France (profonde) ou discrète ». «  L’information devrait prendre davantage en compte les initiatives citoyennes grâce en particulier au réseau de France 3. Je viens de découvrir que le 19-20 de Carole Gaessler se délocalise tous les jeudis dans une ville de province afin de pointer du doigt, en cette période de campagne présidentielle, les préoccupations des Français: en effet les villes sont aujourd’hui de vrais labos d’expérimentation et servent bien souvent de lieu d’émergence d’idées, de test de développement pouvant être ensuite dupliquées au niveau national. Une initiative à poursuivre audelà de la période électorale! »

LES IDÉES IMAGINÉES PAR LES CONSEILLERS POUR franceinfo DEMAIN Au cours des réunions organisées dans le cadre du CCP, les Conseillers ont réfléchi à des pistes de programmes qui pourraient advenir demain sur franceinfo : « Un pas de côté » Un format court qui traite un fait d’actualité à travers le point de vue d’humoristes, d’acteurs du monde artistique ou associatif. Une voix off pose les questions et ces acteurs répondent ou témoignent tour à tour. L’idée n’est pas forcément de confronter leurs points de vue mais que les idées soient au moins exprimées.

Un programme dominical où des rédacteurs-citoyens sont aux commandes. L’émission fait la synthèse de la semaine, intègre une dimension de vérification de l’information (fact-checking, cf L’instant détox) et s’organise autour de l’interview d’un acteur clé de l’actualité, mais qui se situe en dehors de la sphère médiatique classique (ni politique, ni journaliste, ni expert, etc.). Les rédacteurs-citoyens, des Français issus de « toute la France plurielle », choisissent la thématique et la hiérarchisation des informations, et sont également présents sur le plateau pour intervenir et relayer les questions posées en ligne. Le tout est orchestré par un ou une animateur-trice percutant-e et pertinent-e. Une piste qui permet de prendre le temps d’enrichir un sujet d’actualité en s’éloignant d’un traitement médiatique à l’effet «  tour d’ivoire  » dans lequel les téléspectateurs semblent de moins en moins se reconnaître. Une proximité et une volonté d’expliquer et de vérifier l’information qui permet de renouer une relation de confiance. Pour finir, le CCP a suivi la naissance de franceinfo et s’est accordé sur l’idée qu’il fallait lui laisser le temps de se mettre en place. «  C’est difficile de s’installer dans un paysage audiovisuel alors que les téléspectateurs ont pris leur habitude de regarder telle ou telle émission ou chaîne info. Pour modifier ces habitudes, il faut créer une envie d’aller vraiment la regarder et de rester » « Il faut lui donner le temps, avec une perspective large pour se mettre en place, s’évaluer, recadrer ses objectifs ».

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SYNTHÈSE LA FICTION FAMILIALE Regarder une fiction en famille, un défi dans le nouveau paysage médiatique actuel Le constat qu’il est de plus en plus difficile de réunir la famille aujourd’hui, en raison de deux freins majeurs : - Les nouveaux usages numériques tendent à limiter les moments d’écoute conjointe (multiplication des écrans au sein du foyer, usage de la télévision de rattrapage, des plateformes de vidéos à la demande). Un enjeu technique pour les diffuseurs : - La nature même de l’offre qui se révèle de plus en plus segmentante. L’offre évolue selon un modèle de catalogue à la Netflix, vers un marché de niche adulte. Le service public doit se distinguer en adressant un public large :

F3 - Capitaine Marleau - Crédit : Gilles Scarella FTV

La mission du service public : une fiction familiale exigeante à poursuivre LA FICTION FRANCE TÉLÉVISIONS AU GLOBAL Les Conseillers ont souligné la qualité de l’offre fictionnelle de France Télévisions. France Télévisions propose une offre riche et très diversifiée en termes de genres, formats et bénéfices. « Actuellement il y a pléthore de fictions sur France Télévisions et elles sont de qualité » «  Il y a beaucoup de diversité dans les fictions entre les différentes chaînes du groupe, entre Cut de France Ô, Dix pour Cent sur France 2 » Le groupe apparaît comme un acteur essentiel du renouveau de la fiction française. « France Télévisions fait des efforts pour faire des séries de fiction made in France »

Le Conseil encourage par ailleurs cet effort permanent de France Télévisions dans le renouvellement des formes et des univers de fictions. F5 - Un Village Français - Crédit : Tetra Media Fiction Terego FTV

Il semble ainsi que seul le cinéma parvienne encore à fédérer la famille autour de la fiction. Néanmoins, le Conseil a convenu qu’il existe des fictions permettant de faire famille sans être tous ensemble devant le poste de télévision. Le sens d’une fiction familiale se mesure aussi au lien et au partage qu’elle crée entre les membres de la famille, après visionnage séparé.

« Il faut oser la différence » «  Ils prennent des risques, Dead Landes c’est audacieux » Une audace et prise de risque qui doivent se prévenir d’évoluer vers la niche.

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« France Télévisions ose peut-être davantage des fictions aux univers plus larges là où Arte est peut-être plus intellectuelle, moins grand public »

LA FICTION FAMILIALE EXIGEANTE DU SERVICE PUBLIC France Télévisions se distingue par sa capacité et son devoir de proposer une fiction à la fois grand public et exigeante. C’est cet équilibre vers lequel tend le groupe et qui le différencie des chaînes privées : «  La qualité en matière de fiction est aussi un devoir du service public » «  Le service public n’a pas besoin d’avoir sa Joséphine, même si France 3 avait un peu sa magicienne avec Famille d’Accueil » « Les sujets sont abordés avec plus de sérieux, plus de fond, plus d’émotion, de façon moins superficielle que les chaînes privées »

« Candice Renoir, une héroïne un peu perdue dans sa vie de famille, une femme flic avec des problèmes familiaux » « Comparer ses petits tracas ou gros soucis familiaux avec ceux des personnages » Les fictions mettant en scène des familles sont particulièrement efficaces puisqu’elles permettent à toute la famille de se reconnaître dans les différentes générations à l’écran. (Parents mode d’emploi, Fais pas ci, Fais pas ça, Candice Renoir sur France 2, Plus Belle La Vie sur France 3)

Cette différence repose tout d’abord sur la finesse et le réalisme des personnages qui permettent l’identification.

« Le héros d’une bonne fiction familiale, c’est Monsieur et Madame Toutlemonde, qui ont la même vie que nous, qui rencontrent les mêmes problèmes que nous et qui cherchent à tâtons comme nous des solutions »

Des héros néanmoins d’autant plus réalistes qu’ils sont complexes et pluriels. « Ce n’est pas la vie de super héros, c’est une femme ordinaire avec un métier difficile »

« On se retrouve dans les personnages de Parents mode d’emploi, même si mes enfants sont bien plus grands que ceux de la série. Les anecdotes, et les situations sont, elles, intemporelles » « Dans Parents mode d’emploi, ce que j’aime ce sont les histoires, les soucis du quotidien, les tracas avec les enfants ; tout est bien raconté avec humour. On retrouve tout ce qui est du vécu pour beaucoup de familles »

« Dix pour cent c’est des personnages hauts en couleurs, plein de complexité et terriblement attachants » Des personnages comme Candice Renoir sont plébiscités par les téléspectateurs dans la mesure où ils favorisent l’identification positive. Les difficultés de l’héroïne font écho à leurs problèmes quotidiens, à leur rapport à la famille, aux autres, à la société. F2 - Fais pas ci, fais pas ça - Crédit Nathalie Guyon FTV

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« Les  soirées continues du mercredi soir sur France 2 associent fiction et débat » «  Aborder des sujets de société comme le handicap ou la radicalisation, qui sont l’occasion de soirées spéciales » « Le service public a avant tout l’objectif de créer du lien social, du partage, de la discussion, des échanges » F2 - Fais pas ci, fais pas ça - Crédit Nathalie Guyon FTV

Une identification à l’effet décomplexant et rassurant. « Parents mode d’emploi offre une vision apaisante des relations parents-enfants » «  Je pense que 5 minutes tous les jours de la famille Martinet avec un peu d’humour et de rires nous font du bien car c’est nos tracas du quotidien qui sont minimisés et on se dit qu’on n’est pas les seuls à avoir ce genre de problèmes »

Un deuxième pilier de cette différence est la capacité à aborder des sujets de fond. « Je pense que les séries de France Télévisions parlent de la société d’aujourd’hui avec plus de finesse, plus d’originalité que les fictions des chaînes privées » Pour la pédagogie, le décryptage de thématiques sensibles au sein de la famille. «  La fiction constitue souvent un prisme sur un sujet important » «  Une des vocations du service public pourrait être de suivre l’évolution de la problématique, surtout si elle est d’actualité, pour en offrir une autre facette, sous une autre forme et enrichir plus encore le débat »

Un territoire fictionnel qui ne doit pas avoir de limites et aborder l’ensemble des thèmes de société. « Il ne faut pas se donner de freins quant aux thèmes abordés dans les fictions tels que le handicap, la vieillesse, le décrochage entre générations, les ados, les enseignants, les agriculteurs, les familles bi nationales (comme la mienne)... »

Des séries dont la promesse intergénérationnelle en fait des pivots de partage au sein de la famille Entre tonalité légère ou plus dramatique, ces séries abordent une multiplicité de thèmes sociétaux, familiaux, sociaux quotidiens (racisme, sexualité, harcèlement, dépendances, …). « Dans Parents mode d’emploi, ce que j’aime ce sont les histoires, les soucis du quotidien, les tracas avec les enfants ; tout est bien raconté avec humour. On retrouve tout ce qui est du vécu pour beaucoup de familles » « Plus Belle La Vie a le mérite d’oser aborder des sujets sérieux et importants, être au plus près de l’actualité et être une série quotidienne »

« La fiction permet de rendre des sujets de société moins abstraits » « Vestiaires permet de  dédramatiser, prendre du recul, reconsidérer le handicap dans la vie quotidienne »

Et plus globalement pour encourager le dialogue autour de ces thèmes.

F3 - Plus Belle La Vie - Crédit : François Lefebvre

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Jusqu’à permettre de briser des tabous. « Elle a le mérite d’oser aborder des sujets sérieux et importants, être au plus près de l’actualité et être une série quotidienne » Les Conseillers ont fait référence au documentaire « Les secrets de « Plus Belle la Vie » - la magie continue » qui montrait comment la fiction a pu aider des téléspectateurs dans des problématiques quotidiennes, abordées dans le scénario. «  Je sais combien elle peut être «utile» pour certains, de par son approche des grands thèmes de société. Le documentaire le montre bien. Wendy Bouchard tire le fil de l’émotion pour raconter ces histoires de vie qui ont été changées grâce à Plus Belle La Vie »

Deadlandes - Crédit : DR

Un défi : représenter plus de diversité Lors d’ateliers créatifs, les Conseillers ont été amenés à réfléchir sur la fiction familiale qui pourrait remplacer « Fais pas ci, fais pas ça » en Prime-time ; et à imaginer un format de série familiale quotidienne pour France 2. Il en ressort une lacune principale des fictions du groupe : le manque de représentation de la diversité de notre société. Le constat est que l’essentiel des fictions de télévision met en scène des personnages blancs, urbains, plutôt jeunes et issus de la classe moyenne ou supérieure.

F2 - Vestiaires - Crédit : FTV - CCSP STUDIO

« Fais pas ci, fais pas ça c’est bien mais ça peut être perçu comme un peu réducteur »

La comédie, un type de fiction familiale très apprécié A travers les fictions Parents mode d’emploi, Fais pas ci, Fais pas ça et Vestiaires, qui ont su aborder des sujets multiples à travers le rire « Il faut pouvoir traiter de sujets graves par la comédie » « On peut mieux décomplexer les choses par la comédie » «  Je crois beaucoup à la vertu du rire, les spectacles comiques, l’humour, tout cela ne peut que faciliter la tolérance et la vie en communauté »

F2 - Cherif - Crédit : Aurélien FAIDY Making Prod FTV

FO - CUT - Crédit : Ronan LECHAT

En ce sens, les conseillers ont cité les films « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu  ?  » et «  Il a déjà tes yeux  » ou encore « Peps » comme exemples de comédies plus ouvertes sur la diversité des cultures. « Avec Peps il y a ce côté multiculturel » «  Il a déjà tes yeux c’est une comédie sur cette volonté d’acceptation de l’autre »

F2 - Dix Pour Cent - Crédit : Christophe Brachet - MONVOISIN PRODUCTIONS MOTHER PRODUCTIONS FTV

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Le Conseil a fait de la représentation de la diversité le défi majeur du service public en matière de fiction. « Montrer des vies dans lesquelles les cultures s’interpénètrent, avec du comique et du dramatique »

L’expression « fiction familiale » recouvre plusieurs sens : - La dimension tous publics - L’envie de se réunir devant la télévision au même moment, de se donner rendez-vous - La notion de partage autour d’un contenu - La possibilité de s’identifier, par miroir, aux familles

Les recommandations des conseillers pour la fiction familiale de demain F4 - Le Cerveau d’Hugo - Crédit : Gilles Scarella FTV

4 recommandations ont été formulées en ce sens pour la fiction familiale de demain : - Diversifier les profils des familles (monoparentalité, famille recomposée, homosexualité, adoption…) - Plus de mixité intergénérationnelle « J’aimerais que l’on me propose une série peutêtre où l’on voit les grands parents mis en avant par rapport aux jeunes et leurs enfants » «  Une comédie sur le décalage entre les générations » - Plus de diversité culturelle «  Il ne faut pas être sur un cliché des familles franco françaises, ouvrir à la diversité » - Mieux représenter les régions, les banlieues «  Il faut davantage s’approprier la richesse de notre pays » « La France est un beau pays, utilisez-le »

- Les fictions dont l’intrigue se concentre autour de la cellule familiale élargie restent accrocheuses et conviviales, pour de grandes fictions évènementielles comme Fais pas ci, Fais pas ça ou de courtes fictions quotidiennes comme Parents mode d’emploi. Ces fictions permettent «  d’aborder de nombreuses questions de société à travers les petits tracas du quotidien », principalement sur le registre de l’humour - Il faut proposer des fictions dans des lieux de rencontres, qui favorisent un maximum d’interactions : « dans des lieux où il se passe toujours quelque chose ». Les Conseillers ont ainsi proposé une idée de fiction qui prendrait place dans un complexe sportif ou dans un aéroport. La grande capacité de renouvellement des histoires dans ce genre de lieu permet de développer des intrigues multiples « en alliant drame et comédie » - la fiction familiale peut investir des terrains inexplorés : les Conseillers ont proposé une fiction dans l’espace par exemple «c’est un sujet d’actualité avec l’astronaute français, Thomas Pesquet. Ce serait vraiment une série originale», «L’idée d’un huis clos dans l’immensité... c’est séduisant (...) Plusieurs niveaux de lectures annexes possibles, le relationnel international dans la station. Il pourrait être traité des sujets de la solitude, de l’éloignement, des conséquences de séjours longs en apesanteur, la communication station terre, etc...»

« Décentraliser l’action en province permet aux téléspectateurs de découvrir nos belles régions mais aussi de coller davantage au quotidien pour qui n’habite pas Paris » Représenter plus de diversité pour être plus en phase avec la société et la famille d’aujourd’hui ; mais aussi pour créer de la cohésion, du vivre ensemble qui sont des valeurs emblématiques du service public. «  Il faut faire émerger des valeurs positives qui émergent de cette diversité, dans un cadre de comédie. »

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mai 2017 Présidente-directrice générale de France Télévisions et directrice de la publication : Delphine Ernotte Cunci Directrice de la Communication de France Télévisions : Nilou Soyeux Directeur des Etudes et du Marketing Antenne : Florent Dumont Directrice du Marketing Relationnel : Chantal Neret Responsable du Pôle Évènements clients – coordination du Conseil consultatif des programmes : Armelle Henri Assistée de : Caroline Deguin, Mathieu Brunier et Victor Gheroldi chargés de marketing relationnel Rédaction : Jean-Maxence Granier, Bertrand Horel et Guillemette Pinon (Think Out) Conception et réalisation : Séverine Poulain (graphiste indépendante)

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