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Éditions Meurtres et Autres Petits Mystères Les Aventures de Russel Wilson Tome II

Coauteurs : Francis Julien, Charles Roy, William Fontaine et Isaïe-Nicolas Dubois-Sénéchal


Pour mon ami Booba, pêcheur de crevettes inégalé, qui suscitera toujours une grande admiration dans nos cœurs.


C’était une journée d’automne, le genre de jour où la pluie transperce les corps. Moi, Russel Wilson, j’étais au bar, en train de siroter un verre qui, je l’espérais, me ferait oublier tous les morts que je voyais trop souvent. Mon chapeau noir sur la tête, j’arborais régulièrement à ma bouche une pipe abîmée par le temps. Les verres se succédaient un à un, et le temps s’égrenait trop lentement pour moi. Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville, une petite soirée en l’honneur de la fille du richissime François Côté avait lieu. Ce dernier s’éclipsa pour aller répondre à un autre des innombrables coups de téléphone qui submergeaient ses journées. Après 15 minutes d’absence, son ex-femme s’écria «C’est assez!» Elle ajouta que cet homme n’avait jamais eu le moindre souci pour sa famille, et qu’il n’allait pas fuir ses responsabilités aujourd’hui même. Elle sortit de la pièce en trombe pour revenir tout aussi vite, et crier, le visage livide : «François est mort!». C’est à ce moment que nos destins se joignirent, et même, s’entrechoquèrent. Pas moins de 5 minutes après l’appel, je dévalais la rue et je démarrais ma vieille <<Town & Country>> fantôme. Je remarquai que la triste température ne faisait pas de ce jour là le plus beau pour mourir… Je me garai alors devant l’immense crèche de Côté. Malgré qu’elle soit imposante, elle ne possédait que deux étages. Arrivé sur les lieux du crime, j’observai la scène : des policiers dévalaient les escaliers, les haut gradés discutaient de complots irréalistes, les membres de la famille en deuil répondaient aux questions décousues des autres enquêteurs, bref, tout pour enterrer le triste silence que la mort fait habituellement flotter sur les demeures… Il m’aurait en effet semblé plus normal d’entendre tout ce vacarme dans une conférence de presse qu’ici… Mais le détail le plus curieux d’entre tous, c’était la réaction de son fils : il regardait le plancher, les yeux vides, et semblait être perdu dans


ses pensées, comme si un brouillard opaque s’était installé entre ses deux oreilles. Un autre fait m’étonna : aucun proche de feu de François Côté ne pleurait, et ils semblaient tous calmes. J’allai alors à leur rencontre, faisant déguerpir les jeunes blancs-becs qui se prenaient pour Sherlock Holmes, et je leur demandai aussitôt de tous se réunir dans le salon, comme ils étaient placés au moment où le maître de la maison avait été trouvé mort.

Une fois réunis, j’observai avec grande minutie l’emplacement de chacun des membres de la famille. Axelle pris place aux toilettes. Geneviève discutait dans la cuisine adjacente avec Éléonore, tandis que Fabrice et Maxence fumaient paisiblement le cigare à 50 dollars l’unité sur les confortables sofas de cuir véritable du boudoir…Marie-Jeanne, sourde comme un pot, se berçait tranquillement près des deux hommes. Finalement, Anaïs regardait à la fenêtre pour tenter de discerner dans le ciel la grande ourse. Lorsque chacun eu adopté sa position, je réalisai l’ardeur de la tâche, car aucun d’eux ne semblait mentir. J’avais donc à trouver un assassin décidé… Il me fallait les interroger un à un… Je pris place dans le fauteuil qu’occupait vraisemblablement monsieur Côté peu avant sa mort, et je décidai de tous les interroger par groupe de deux. Je commençai par Geneviève et sa mère. La première était assez mince, et l’impressionnant maquillage qu’elle portait ne pouvait pas masquer l’indifférence, voire la joie qu’elle éprouvait suite à la mort de son ex-mari. Marie-Jeanne, tant qu’à elle, semblait confuse et tentait de réparer en vain son sonotone. - Je n’irai pas par quatre chemins, je connais votre opinion sur monsieur Côté. Mais je m’interroge plutôt à propos de votre


présence ici… Pourquoi être venu chez lui alors que vous l’haïssiez? - Quoique François était un être répugnant, je voulais me montrer digne, suite à ce qu’il m’a fait subir, répondit Geneviève. - Quand à moi, s’exclama Marie-Jeanne, je n’étais pas d’accord. Il fallait ajouter du sucre! - Excusez-là, elle perd quelque peu la mémoire, n’est ce pas maman? - Du sucre je te dis, pourquoi chuchotes tu? - Je vois, dis-je en coupant leur conversation, elle perd aussi l’ouïe… Voilà qui est bien peu intéressant pour l’enquête… Geneviève, connaissez-vous le contenu du testament de François? - Je peux facilement deviner que je n’y figure pas, cracha-t-elle avec une colère soudaine. - Une dernière question, Geneviève… Que savez-vous d’Axelle? - C’est une petite dévergondée qui n’hésite pas à vendre sa fidélité! - Merci toutes les deux, vous facilitez mon travail en étant aussi coopératives…

Ayant fini quand aux deux bonnes femmes, je décidai de m’attaquer au petit couple que formaient Éléonore et


Maxence. Je connaissais déjà Maxence de vue, car il travaillait à la pharmacie près de mon appartement miteux. J’envisageai donc qu’il aurait facilement pu dénicher du poison et les dissimuler dans le verre de monsieur Côté. Je décidai donc de concentrer l’interrogatoire.

- Maxence, quel était votre point de vue sur votre beau-père? - Demandez moi plutôt quel était son point de vue sur moi! - Que voulez vous dire par là? - Qu’il m’haïssait! Il ne m’a jamais réellement accepté, et il n’a donné la réception que pour tenter de m’humilier devant toute la famille! Et, comble de tout, il a retiré Éléonore de son testament car il n’a jamais approuvé notre union! Je regardais le sourire gêné de sa fiancée, qui semblait confirmer les dires de Maxence. - Qui aurait pu le tuer, d’après vous? Demandais-je sans aucune retenue. - Mon frère n’a jamais aimé papa, car il ne lui a jamais donné d’argent et prétendait que c’était un bon à rien, dit Éléonore, les yeux rougis par la peine. - Merci beaucoup de votre aide… J’avais appris beaucoup de choses pendant ces deux premiers interrogatoires. Je pris alors une pause pour boire quelques cafés, mes seuls vrais amis au travail .


J’invitai, après la troisième tasse, Fabrice et sa grand-mère à me parler de François. Il m’apparut alors évident que les deux entretenaient une aversion envers lui. Alors que Fabrice était déjà endetté par l’absence d’héritage, Anaïs m’avoua qu’elle s’attendait à ce que son fils lui accorde un petit montant pour profiter de sa retraite. Mais elle moisissait depuis déjà 5 ans dans une maison de repos, maudissant l’avarice de son fils. Les deux ne semblaient même pas accorder d’importance à son décès, mais plutôt à leur héritage. En effet, ils n’avaient pas une seule fois mentionné leur tristesse de sa mort. Quand je leur demandai qui étaient les coupables les plus probables, selon eux, ils évoquèrent tous les deux Maxence et Éléonore, car ils s’étaient disputés maintes fois durant la soirée. Finalement, vint le tour d’Axelle, qui me resservit des banalités qui ne font que stagner une enquête. Elle pleurait son mari d’un air absent qu’ont toutes les veuves des riches personnalités. Il était maintenant le temps de passer aux indices… En allant prendre les empreintes digitales de tous mes suspects, il m’apparut un premier détail alarmant : Axelle et Maxence avaient tous deux les doigts tachés de bleu. Mais ce n’est pas tout! Il s’avéra qu’Éléonore avait quitté la cuisine pendant quelques minutes, car je trouvai ses traces de pas dans le bureau de François. Ainsi, Geneviève et Éléonore n’étaient plus à l’abri des soupçons, personne n’étant en mesure d’étayer leur témoignage. Alors que personne ne me savait proche du but, je ne pu être plus près de capturer le meurtrier dans mes filets. Il ne me fallait plus que d’user de mon génie pour trouver la clé de l’énigme. Et cette clé vint à moi quand j’allai regarder dans la fiche médicale de François. Je m’écriai alors : «Maxence Gagné, je vous arrête au nom de la loi!».


Et quand Fabrice vint me demander comment j’avais fait pour l’identifier comme étant le meurtrier, je lui répondis tout simplement qu’il ne l’était pas. Je déclarai alors haut et fort qu’il avait été arrêté pour un autre crime qui ne concernait que lui et la justice. En fait, j’allais le faire poursuivre en cour pour viol. Je me retournai alors vers Axelle et sans autre forme de procès, je lui passai les menottes. Je racontai alors comment j’étais arrivé à cette conclusion… Le poison qui avait tué François était une sorte d’anatoxine reconnue pour sa couleur bleuté. Il ne me restait alors que deux suspects, Maxence et Axelle. C’est là que tout me parut alors clair… Axelle n’était pas enceinte de François, c’était impossible car il avait eu des complications suite à son cancer de la prostate. Maxence l’avait vraisemblablement violée peu avant qu’il rencontre Éléonore, qui était au courant de ce secret. Cela expliquait aussi son attitude gênée face aux policiers. Elle doutait de l’innocence de son conjoint. Je compris par ailleurs qu’elle avait quitté la cuisine pour avertir son père qu’Axelle n’était pas enceinte de lui. C’était aussi l’objet de sa dispute avec Maxence, qui ne voulait pas que tout soit dévoilé au grand jour. Quand à ses doigts bleus, c’était simplement une coloration due au contact avec plusieurs produits pharmaceutiques. Par ailleurs, Axelle avait décidé de tuer François, de peur qu’il ne la raye de son testament. En plus de sa grossesse, bien des relations extraconjugales mettait son mariage – et son héritage – en péril… Elle avait acheté des hautes doses d’anatoxines et en avait rempli la coupe de son mari pour le tuer rapidement, ce qui marcha à merveille. Après avoir livré mes coupables à la loi, je retournai en trombe au bar que j’avais déserté trop vite à mon goût. Il me fallait encore finir mon verre de whisky qui trainait, seul et errant, sur ma table.


Les Aventures de Russel Wilson Tome II

Samedi 25 octobre, François Côté, un riche industriel, est retrouvé mort dans sa résidence. Les seuls suspects sont tous des membres de sa famille. Le détective Russel Wilson s’embarque alors dans une enquête palpitante pour retrouver l’auteur de l’abominable crime. Et attention, un dénouement inattendu est à prévoir…

« Je suis littéralement tombé de ma chaise après avoir lu ce chef d’œuvre.» - Robin Dubois «Il m’a fallu des jours entiers pour me remettre de cette émouvante lecture…» - Snoop Dogg «J’ai été transporté à l’hôpital tellement la fin m’a surpris !» - Yvon Therrien


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Les aventures de Russel Wilson  

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