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FOTOLOFT

RESIST(E) PRINTEMPS PHOTOGRAPHIQUE AFRIQUE DU SUD

Galerie NegPos - Numéro 12

FESTIVAL FOTOLIMO 2éme ÉDITION STEINHOLT par Christopher TAYLOR


Sommaire PRINTEMPS PHOTOGRAPHIQUE AFRIQUE DU SUD 2017 Resist(e).......4 Cedric NUNN – Blood Relatives ....................................................5

Agenda

Andrew TSHABANGU – Bridges ...............................................6 à 7 Matt KAY – Synapse .....................................................................8 Dave SOUTHWOOD – Handbags .................................................9 Zanele MUHOLI – Faces and Phases.............................................. 10 Dean HUTTON – Dean’s Bed........................................................ 11 Lebohang KGANYE Ke Lefa Laka Her-Story & Heir-Story (2012 - 2013) .................... 12 à13 Noncedo GXEKWA – Gender Bender......................................14 à 15 Jodi BIEBER – Real Beauty .......................................................... ...16 Jansen VAN STADEN – Things come together ................................ ...17 Chris SAUNDERS – AmaPantsula (Photographie et Vidéo) ...................18 Masixole NCEVU – Portraits......................................................... 19 Alexia WEBSTER – Street Studio ............................................ 20 à 21 ARCHITECTURE ET PATRIMOINE LIU Gang + Patrice LOUBON PARIS - SHANGHAI, Regards croisés ..........................................22 à 23 EXPOSITION MONOGRAPHIQUE STEINHOLT par Christopher TAYLOR......................................................... ...24 à 29 FOTOLIMO 2éme ÉDITION ......................................................................31 à 36 NEGPOS DANS LES QUARTIERS Souad GUENNOUN – La parole des habitants ............................... 38 Fatoumata DIABATE - Le Studio photo de la rue ................................39 Médiation culturelle par Valérie PAYET.......................................40 à 41 LA SÉLECTION DE LIVRES D’IRÈNE ATTINGER ...........................42 à 43 EQUIPE Direction artistique : Patrice Loubon Direction artistique Printemps photographique Resist(e) Afrique du Sud 2017 : Nontsikelelo Veleko Médiation socio-culturelle : Valérie Payet Education et régie technique : Frédéric Soumier assisté de Dylan Intilia

Assistantes de direction : Vanessa Landeta Chargée de communication : Coralie Grosdidier Graphisme : Vanessa Landeta Site web NegPos : Bruno Généré

Première de couverture, Jansen VAN STADEN, sans titre (1), au dos : Zanele MUHOLI, Vuyelwa Vuvu Makuvetse, Daveyton Johannesbourg 2013.

Cedric NUNN + Andrew TSHABANGU + Matt KAY + Dave SOUTHWOOD Vernissage le vendredi 17/11 à 12h30 à la Bibliothèque Universitaire Vauban, 1 rue du Dr Salan, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 19h et le samedi de 9h à 12h30, tél : 04 66 36 45 40 Zanele MUHOLI + Dean HUTTON + Lebohang KGANYE + Noncedo GXEKWA Vernissage le vendredi 17/11 à 19h à la galerie NegPos Fotoloft, 1, cours Nemausus, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 19h, tél : 04 66 76 23 96 SOUTH AFRICAN NIGHT PARTY - RESIST(E) Au Prolé rue Jean Reboul, Nîmes à partir de 19h jusqu’à 1h, musique et projections, restauration et boissons sur place. Jodi BIEBER Vernissage le lundi 20/11 à 12h30 à l’IFME 2117, Chemin Bachas, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 18h, tél : 04 66 68 99 60 Jansen VAN STADEN + Chris SAUNDERS Vernissage le lundi 20/11 à 18h30 Maisons des Adolescents, 34ter rue Florian, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 19h, tél : 04 66 05 23 46 Alexia WEBSTER + Masixole NCEVU au FABLAB NEGPOS, 34, promenade Newton, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 18h et sur rdv au 06 61 32 87 93 ARCHITECTURE ET PATRIMOINE PARIS-SHANGHAI, Regards croisés LIU Gang + Patrice LOUBON Vernissage le 2 février à 18h30, du 2 février au 7 mars 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, 1, cours Nemausus, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 19h, tél : 04 66 76 23 96 EXPOSITION MONOGRAPHIQUE STEINHOLT par Christopher TAYLOR Vernissage le 9 mars à 18h30, du 9 mars au 4 mai 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, 1, cours Nemausus, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 19h, tél : 04 66 76 23 96 Remerciements :

La revue fotoloft est éditée par l’association NegPos qui bénéficie du soutien de : © Daphné LE SERGENT

RESIST(E) Printemps Photographique Afrique du Sud 2017

Avec le soutien de :

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1, COURS NEMAUSUS 30000 NÎMES - http://negpos.fr - contact@negpos.fr - T : 0466762396 M : 0671080816

L’association NegPos remercie particulièrement Daniela Montecinos pour les traductions, les cuisiniers du Printemps photographique : Madame Fatima Gharib et Monsieur Théo Meyer, tou.te.s les bénévoles engagé.e.s auprès de nos actions ainsi que les personnes qui participent gracieusement à l’accueil des artistes : Mesdames Hélène Loubon et Anny Latapie, M. et Mme Jean-Jacques et Françoise Salgon, Monsieur Olivier Brones et Madame Christine Thorin. Merci aussi au bar Le Prolé et à l’association Les amis du Prolé.


#12 Édito WOMAN IS THE NIGGER OF THE WORLD, WOMAN IS THE SLAVE OF THE SLAVE !

Pour nos vingt ans, j’ai voulu que NegPos soit porteur d’un message d’optimisme et d’un enthousiasme extravagant. Depuis le début de l’année, nous vous avons proposé plus de 20 expositions et événements différents, veillant à la parité des exposants, pour une photographie hors de toute limite esthétique, volontairement transgressive en ces temps de moralisme exacerbé. Car le mot d’ordre est simple à la fin de cette deuxième décennie d’un XXIème siècle aux abois : RÉSISTER. A la manière de Christopher Taylor par exemple dont, poursuivant dans cet état d’esprit, nous accueillerons l’exposition Steinholt en mars-avril 2018 et dont la photographie analogique est totalement à rebours des temps actuels, du numérique et de la rapidité, du lisse et du tape à l’œil.

chante rageusement la grande Cassia Eller (1962-2001) reprenant une chanson écrite en 1971 par John Lennon et Yoko Ono. Et de rage, il en est aussi question dans la formation musicale combattante, réunissant parmi les musiciens rock et hip hop les plus emblématiques des années 90 : Prophets of Rage *. A Marseille, c‘est la Rabia del pueblo de Keny Arkana, fille de l’immigration économique tant décriée et suspectée, qui nous réchauffe les oreilles. De la rage encore (mais pas que ça !), dans notre programmation hivernalo-printanière (aaaah le dérèglement climatique !), rage qui vient… de loin, d’Afrique du Sud plus exactement. Sous le titre RESIST(E), nous vous proposons le meilleur de la photographie de ce pays au passé tragique. Une première en France. Bon nombre d’entre elles/eux n’avaient jamais encore exposé.e.s ici et ensemble…

En cette fin d’année 2017, nous ne savons que vous souhaitez… Le bonheur semble s’être défilé loin, loin, loin à l’horizon et nous avançons vers un futur aux lourds nuages qui n’en finissent pas de surgir tels des obstacles infranchissables, l’un après l’autre devant nos yeux effarés : chômage endémique, destructions et régressions sociales, replis identitaires, montés des extrémismes et du rejet de l’autre, harcèlement sexuel et au travail, réchauffement climatique, glyphosate à tous les rayons… le siècle a mal commencé et ça ne semble pas aller en s’améliorant.

Juste derrière cette page s’ouvre ainsi un événement qui débute le 17 novembre en forme de rencontre d’une journée à la bibliothèque universitaire (site Vauban) et qui battra tout son pouls lors d’une soirée festive au Prolé ! Ne les ratez pas ! Elles/ils envahissent la ville du 17/11 au 31/01/2018 !!! Impossible de ne pas remercier notre artiste résidente Nontsikelelo Veleko pour son nouveau et excellent travail de commissaire d’exposition, merci pour cette opportunité exceptionnelle qu’elle nous offre de découvrir une plateforme unique d’artistes où et ce n’est pas habituel, la parité règne en maître.sse. Nous quittons ainsi 2017 en fanfare, nos 20 ans en bandoulière, avec l’espoir chevillé à l’âme et un sourire éclatant… de rage de vivre et de faire !

Pourtant, encore une fois, il semble que la résistance s’organise… à travers tout un ensemble de phénomènes disparates mais aux combiens reliés entre eux par un humanisme qui n’a semble t-il pas encore dit son dernier mot. Aides jugées illégales, mais si légitimes, aux réfugiés (le nouveau festival FOTOLIMO, que nous co-produisons avec Lumière d’encre, s’en fait l’un de leur porte-voix), révélations tous azimuts sur les périls écologiques, dénonciations sans précédents de conduites et dispositifs répugnants, dont les femmes sont les premières victimes et qui touchent finalement à travers d’autres contextes et d’autres processus l’ensemble des plus faibles, dès qu’ils ne peuvent pas se défendre.

Welcome 2018 ! On t’attend de pied ferme !!!

Patrice Loubon

Président de l’association NegPos Directeur artistique Passages de l’image

* Prophets of Rage est un groupe musical formé en 2016 à Los Angeles aux États-Unis. Mené par Chuck D de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill, le groupe est complété par DJ Lord de Public Enemy et trois des quatre membres de Rage Against the Machine : le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk (source Wikipedia).

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RESIST(E)

PRINTEMPS PHOTOGRAPHIQUE SPÉCIAL AFRIQUE DU SUD 2017 Le printemps caracterise souvent à la fois la renaissance et l’émergence. NegPos présente pour sa XIIème édition du Printemps Photographique un spécial photographie sud-africaine inédit, de novembre 2017 à janvier 2018 dans plusieurs lieux à travers la ville. Bien connu pour ses registres documentaires avec des photographes comme David Goldblatt et l’école de photographie qu’il a fondée en 1989, Market Photo Workshop, la photographie sud-africaine a joué un rôle central dans la documentation de l’état du pays et de son évolution. Elle est aujourd’hui d’une vigueur intense et d’une diversité sans nulle autre pareille. C’est ce que nous vous invitons à découvrir, durant la semaine d’inauguration du 17 au 20 novembre, une plongée dans leur monde, grâce à de nombreuses rencontres avec les auteurs, la tenue d’un séminaire et d’une South-African Night Party au rythme du mix du célèbre dj sud-africains : Mo Laudi ! RESIST(E) par Patrice Loubon Aux antipodes d’une photographie africaine attendue et peut-être déjà trop vue ? Où le fameux et consacré portrait studio occupe le devant de la scène ; résolument engagée, appuyée par un regard lourd comme l’or et tranchant comme le diamant, la, ou plutôt, les photographies d’Afrique du Sud (tant il est difficile de les qualifier de façon unitaire) sont autant de voix singulières qu’il y a d’artistes. Partagée en un nombre d’hommes et de femmes équivalent, elle s’émancipe littéralement des cadres qui forgent les esthétiques actuelles. Puisant dans tous les registres, historiques, contemporains, conceptuels, documentaires, fétichistes, mise en scène, mode et publicité, elle nous trouble et nous interroge,

Noeline Ravaoarisolo, 64 years old

de part la diversité des individualités qui la produise et leur parti pris esthétique, social ou politique. Nous sommes très heureux de vous offrir cette première en France, une occasion unique de découvrir à travers le travail de ces brillants artistes, hommes et femmes d’image, un pays actuellement en proie à un pouvoir public désastreux. Après l’illusion produite par la fin de l’Apartheid et la libération de Nelson Mandela, la dérive autoritaire est si flagrante qu’elle en devient totalement obscène, tel son président, Jacob Zuma qui n’hésita pas à faire tirer sur des ouvriers grévistes il y a quelques années et qui tel, Ubu roi, dirige son pays d’une façon despotique et anti-démocratique.

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Cedric NUNN

Vernissage le vendredi 17 novembre à 12h30 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la Bibliothèque Universitaire Vauban, Nîmes.

Blood Relatives

BLOOD RELATIVES / PARENTS DE SANG

«

Blood Relatives débute en 1984 et se termine en 2005, culminant dans une exposition ainsi qu’un documentaire vidéo du même nom, cette série explore la nature de l’identité hybride sud-africaine. Ce fut mon premier grand projet, entrepris par à-coups, et conclu lorsque, après l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud en 1994, il devint évident que la question raciale resterait un sujet de préoccupation. En explorant ma famille plutôt grande et inhabituelle, je me penche sur la nature d’une société hybride typiquement sud-africaine, son impact sur les personnes concernés ainsi que sur d’autres, et en particulier le surnom ‘coloré’ des personnes identifiées comme telles. Ces questions d’identification et de classification se poursuivent encore plus d’une décennie plus tard, bien que ce ne soit pas officiellement comme sous l’apartheid, et en tant que tel, le travail reste actuel et contemporain. »

Herbert Nunn, sur le perron de son magasin. Endaweni Store Mangete, 1993.

Cedric Nunn

Photographe professionnel indépendant depuis plus de 30 ans. Son travail a été publié abondamment à la fois localement et à l’étranger. Il a eu plusieurs expositions personnelles et a participé à de nombreux expositions collectives, notamment à la Johannesburg Art Gallery, à la South African National Gallery et à la Durban Art gallery. Debora Eksteen et son mari Noel Norris, se recueillent sur la tombe du père de Debora, Peter, qui a été enterré deux mois auparavant. Mangete 2001

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Andrew TSHABANGU Bridges

Women Praying at the Crucifix 2001

BRIDGES / PONTS

À

travers sa photographie, Tshabangu travaille à partir de modèles documentaires sociaux et d’expressions visuelles proches du réalisme magique et du surréalisme, en raison de ses images brumeuses et floues. Cette grammaire visuelle donnent à ses photographies en noir et blanc un charme poétique par la manière dont elles circonscrivent et capturent l’ordinaire et les pratiques de la vie quotidienne.

Station of the cross, Ngome 2000

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Vernissage le vendredi 17 novembre à 12h30 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la Bibliothèque Universitaire Vauban, Nîmes.

Shembe Holy Sacrament 2008

Andrew Tshabangu

Né en 1966, à Johannesburg, où il vit et travaille actuellement. Avec une carrière de plus de 20 ans, Tshabangu a étudié la photographie à l’Alexandra Community Art Center (1990) et le photojournalisme à l’Institute of Advancement for Journalism (1998). Il a travaillé comme freelance pour la revue New Nation dans les années 90 et a enseigné la photographie au Children’s Photography Workshop (1995) et au Market Photo Workshop (1998-1999). Tshabangu a animé des ateliers photographiques au Kenya, en Éthiopie, au Cameroun, au Mozambique, à la Réunion et en Guyane, ajoutant des résidences à la Réunion, à Londres, à New York et à Nairobi. Son travail a été largement exposé en Afrique, en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Tshabangu s’intéresse à la subtilité et aux nuances de ses sujets ainsi qu’aux mouvements quotidiens, aux échanges et aux métamorphoses des lieux. La poétique de ses photographies transporte les spectateurs dans divers endroits énigmatiques et moments d’incitation, où ils sont invités à contempler, apprécier et réfléchir sur la complexité de ce que Tshabangu appelle les choses les plus calmes de la société.

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Matt KAY

Vernissage le vendredi 17 novembre à 12h30 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la Bibliothèque Universitaire Vauban, Nîmes.

Synapse

synapse-26

SYNAPSE

Matt Kay

Il termine actuellement une maîtrise aux beauxarts de l’Université de Witwa-tersrand en Afrique du Sud. Il a reçu le prix Tierney Fellowship en 2014, parrainé par David Goldblatt, menant son exposition solo « The Front » à la galerie Photo Workshop et plus tard à la Galérie KZNSA (KwaZulu-Natal Society of Arts) à Durban 2015. Kay a figuré dans le British Journal of Photography comme l’un des 25 « Ones to watch », ceux à surveiller des photographes émergents 2015. Son œuvre « losing Ground », perdre du Terrain, a été sélectionnée et présentée dans le cadre du 20e Festival de la photographie de Biel / Bienne en Suisse 2016 il a été nominé pour le prix Paul Huf en 2017. Le travail de Kay consiste à questionner les notions banales et perçues de normalité.

L

’œuvre interroge les certitudes dont les récits photographiques se revendiquent historiquement. En lieu et place, l’œuvre pose un récit qui attise la liminalité de la mémoire ; références à l’enfance, métaphore sur les positions actuelles du pouvoir, les forces emblématiques du banal, de l’incertitude. Le travail devient une série de départs et d’arrêts continus, apparemment déconnectés, une simple structure de transmission de sujets qui veut rappeler l’enfance, l’anthropologie, l’histoire naturelle et l’ordinaire.

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Dave SOUTHWOOD

Vernissage le vendredi 17 novembre à 12h30 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la Bibliothèque Universitaire Vauban, Nîmes.

Handbags

HANDBAGS / SACS A MAIN

L

e processus qui sous-tend cette série intègre les méandres de longues divagations nocturnes dans les lieux les plus fréquentées du Cap. Le photographe enregistre le contenu des sacs à main des travailleurs du sexe avec le consentement de leurs propriétaires. Ceux-ci ont reçu une rémunération équivalente à celle qu’ils auraient gagnés s’ils avaient exercé leur métier. La transparence autour de cette transaction est clé dans la signification la série. Le titre de chaque œuvre est composé du nom du travailleur du sexe et de sa couleur préférée, qui constitue la toile de fond colorée sur laquelle le sac à main est placé. Le travail a été montré dans la South African National Gallery, et il a été montré à l’étranger dans un spectacle organisé par Federico Angelucci à la galerie Michael Stevenson. Il n’a jamais été montré dans sa totalité. Sacs à main se compose de 35 œuvres. Shakira, Orange Cream, 13.3.2010

C

es portraits et paysages ont été réalisés entre juillet et septembre 2015 lors de trois voyages au Lesotho. Le photographe a ainsi pu se présenter aux communautés, rencontrer les chefs de village où il travaillerai.Vérifier la lumière, trouver quelqu’un pour l’aider à résoudre les problèmes pratiques et avoir une idée des conditions autour du barrage. Le travail a été réalisé dans les villages de Sephareng, Mokhethuoa, ha Maphoto et ha Mpeli. Balaclava 41, Lesotho, 2015

Dave Southwood

Il se préoccupe des questions de production et de consommation qui environnent le médium photographique, des questions autour des droits de l’homme et des limites du documentaire.

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Balaclava 41, Lesotho, 2015


Zanele MUHOLI

Vernissage le 17 novembre à 19h00 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Faces and Phases

FACES AND PHASES / VISAGES ET PHASES

L

a série Visages et Phases de portraits en noir et blanc de Zanele Muholi se concentre sur la commémoration et la célébration de la vie des lesbiennes noires. Muholi s’est lancé dans ce projet en 2006, en prenant des portraits de femmes des townships d’Afrique du Sud. En 2008, après les attaques xénophobes et homophobes qui ont conduit au déplacement massif de personnes dans ce pays, elle a décidé d’élargir la série en cours pour inclure des photographies de femmes de différents pays. Collectivement, les portraits sont un acte d’activisme visuel. Représentant des femmes d’âges et de milieux différents, cette galerie d’images offre une puissante déclaration sur les similitudes et la diversité qui existent au sein de la race humaine.

Lerato 2008

Muholi

Activiste visuel. Elle est née en 1972 à Umlazi, Durban, et vit à Johannesburg. Elle a co-fondé le Forum pour l’autonomisation des femmes (FEW) en 2002 et a fondé en 2009 Inkanyiso (www.inkanyiso.org), un forum pour les médias queer et visuels (activistes). La mission autoproclamée de Muholi est « de réécrire une histoire queer et trans-visuelle noire de l’Afrique du Sud pour que le monde connaisse notre résistance et notre existence au plus fort des crimes de haine en Afrique du Sud et au-delà ». Elle continue de former et de co-animer des ateliers de photographie pour les jeunes femmes des townships. MaGesh Zungu-Brooklyn 2015

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Dean HUTTON

Vernissage le 17 novembre à 19h00 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Dean’s Bed

DEAN’S BED / LE LIT DE DEAN

D

ean’s Bed c’est l’amour, l’intimité, les rêves, le désir, la vanité, l’etrangété, l’identité, l’authenticité et la beauté. Il est fait avec des gens, pas de sujets - famille choisie, vieux amis, nouveaux amis, artistes. Travailler, jouer avec les participants pour révéler, mais pas capturer les expressions ultimes de soi ... un être nu ... nu qui tient présence. Alternant photographe et participant, créer des relations et abandonner la distance. Faire l’amour. Comme une grande partie du travail de l’artiste, cette série de portraits intimistes défie ce qui est « normal » en dehors des concepts binaires du genre, embrassant la fluidité et une expression confortable de la différence.

Sonia

Dean Hutton Dean Hutton est né en 1976 en Afrique du Sud. Artiste genderqueer * intéressé par le portrait comme co-auteur ; les médias sociaux comme narratifs ; la technologie comme autoréflexion et provocation ; récits privés, vanités publiques et amour queer comme désobéissance. Dean poursuit actuellement un MFA à l’Institute for Creative Arts (à l’UCT) avec une bourse Mellon. Sa pratique évolue autour de l’exploration de façons de construire une révolution de l’amour, de son travail personnel, à la création de relations et au rassemblement de collaborateurs pour rendre nos espaces publics et intimes plus sûrs grâce à la création artistique, au mentorat et à l’organisation communautaire. *Une identité transgenre non-binaire - s’il vous plaît utiliser des pronoms non sexistes Ils / Leur Tokologo II

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Lebohang KGANYE Ke Lefa Laka Her-Story & Heir-Story (2012 - 2013)

The Alarm

KE LEFA LAKA, SON HISTOIRE ET SON HÉRITAGE (2012 - 2013)

H

eir-story retrace mes racines ancestrales à travers des récits qui m’ont été racontés par ma grand-mère au sujet d’espaces habités par les membres de ma famille matrilinéaire. Mon grand-père est décédé avant ma naissance. Il représente la figure patriarcale centrale dans le projet, car il était le premier membre de la famille Khanye à passer ‘di’plaasing’, qui signifie ‘homelands’, dans l’Etat libre d’Orange à la ville du Transvaal pour trouver du travail parce qu’il ne voulait pas être un ouvrier agricole comme le reste de la famille. Alors que

The Bicycle

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Vernissage le 17 novembre à 19h00 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Last Supper

Lebohang Kganye

l’apartheid s’achevait et que la majorité de la famille quittait les terres pour aller travailler au Transvaal, ils vivaient temporairement dans sa maison de Johannesburg, qui était à l’époque l’une des nombreuses villes de la province du Transvaal. En conséquence, tout le monde dans la famille a des histoires à propos de mon grand-père, et même si je suis né dans « sa » maison, je ne l’ai jamais connu que par le biais d’histoires transmises par sa famille. Donc le projet c’est aussi d’être au même endroit à des moments différents et de ne pas se rencontrer.

Née en 1990 à Katlehong, est une artiste qui vit et travaille à Johannesburg. Kganye a reçu son introduction à la photographie au Market Photo Workshop en 2009 et a terminé le Advanced Photography Program en 2011. Elle a également terminé ses études aux beaux-arts de l’Université de Johannesburg en 2016 et fait partie d’une nouvelle génération de photographes sud-africains contemporains. Bien que principalement photographe, la photographie de Kganye incorpore souvent son intérêt pour la sculpture et la performance.

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Noncedo GXEKWA

Vernissage le 17 novembre à 19h00 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Gender Bender

Gender Bender 1

GENDER BENDER / ANDROGYNE

«

Noncedo Mathibela

Les contraintes que les sociétés et les cultures imposent à notre apparence physique nous renvoient à certaines notions de qui nous sommes, non seulement cela, mais elles lient les opinions et les conclusions que les gens ont de nous simplement par la somme de ce que nous manifestons physiquement. Dans une certaine mesure, nous avons été visuellement conditionnés à attendre certaines choses des sexes quand nous les jugeons visuellement. Les mâles comme les femelles sont censés d’avoir une apparence déterminé. Cela va au-delà de ce que les magazines ou les maisons de mode nous dictent de porter. Elle s’étend aussi loin que la physiologie de ce qui fait que quelqu’un a des attributs féminins ou masculins en termes de composition biologique. Et tandis que la science et la génétique de ceci n’est pas une fausse variable, la sexualité d’un individu, peut-on soutenir, peut reposer dans une sphère spirituelle autant qu’elle peut être physique. »

Née Gxekwa, est née à Ladysmith en 1981 actuellement residente au Cap, est une photographe et styliste. Sa pratique artistique engage les formes collaboratives de photographie et l’immédiateté de la mode d’avant-garde. En 2007, elle a décidé de formaliser son intérêt pour la photographie, et a terminé ses études en 2010, après quoi elle est devenue employée chez Media 24, jusqu’à son départ pour une carrière artistique à plein temps en 2015. Elle a exposé dans diverses expositions collectives, y compris - Ding the Lovell Gallery Competition, l’exposition du groupe Bonani, et la chorégraphie de la démonstration Performing Being Black avec l’œuvre : Intsimbi Ayigobi.

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Gender Bender 6

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Jodi BIEBER

Vernissage le 20 novembre à 12h30 Du 17 novembre au 31 janvier 2018 à l’IFME, Nîmes.

Real Beauty

Maria

REAL BEAUTY / BEAUTÉ RÉELLE

C

ette série a été inspiré principalement par ma propre expérience : une mannequin assis à côté de moi dans un avion m’a fait prendre conscience de la mesure dans laquelle Photoshop est utilisé pour améliorer la beauté. Un documentaire radiophonique de la BBC a mis en évidence l’augmentation du nombre de femmes anorexiques noires, car une figure avec des rondeurs n’est plus aussi désirable que les formes des corps occidentaux. J’ai senti un fort besoin de créer un travail qui va à l’encontre de ce que les médias ont décrit comme beau. Les femmes ont dès leur plus jeune âge, une perception négative et des énormes doutes à leur égard. Le travail traite de la réalité et aucun Photoshop n’a été utilisé mais d’une certaine façon les images déploient une sorte de fantaisie. L’accord entre moi et les femmes que je photographie est de prendre position pour Real Beauty.

Jodi Bieber

Née en Afrique du Sud en 1966. A une carrière de plus de 20 ans. Elle oriente son travail avec passion autour des diverses aspects de la vie contemporaine dans son pays. Son travail met au défi le spectateur d’adopter de nouvelles idées et des stéréotypes existants. Elle a également travaillé pour des magazines internationaux et des ONG dans plus de 50 pays. Elle a 3 monographies, expositions locales et à l’étranger et se trouve dans des collections importantes. Elle a remporté de nombreux prix et encadre de jeunes photographes.

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Jansen VAN STADEN

Vernissage le 20 novembre à 18h30 Du 20 novembre au 31 janvier 2018 Maison des Adolescents, Nîmes.

Things come together

Untitled (3)

THINGS COME TOGETHER / LES CHOSES ARRIVENT ENSEMBLE

L

es choses arrivent ensemble, est une exploration photographique en cours des rues d’Afrique du Sud, en particulier au Cap. En parcourant les rues de la ville-mère, je commence à comprendre quelque chose à propos de moimême, une étrangeté commune à laquelle je peux m’identifier à travers les gens que je rencontre et les événements qui se déroulent. Ces rencontres auxquelles je suis confrontée, me forcent à enquêter et à questionner certains aspects de moimême et de ma place dans la société. Des questions et des observations subtiles sur la vie contemporaine en Afrique du Sud, commencent à se révéler. Les conséquences de l’histoire violente du pays imprègnent délicatement / systématiquement le cycle de la vie quotidienne. Les rues sont devenues un lieu où il n’y a pas de cachettes, mais une plateforme d’interaction quotidienne, qui révèle la réalité d’un pays qui est encore en prise avec son passé et qui clame l’incertitude que nous avons tous en nous.

Jansen Van Staden

Fortement influencé par son expérience de skateboarder, Van Staden utilise la street photographie comme point d’entrée conceptuel pour réfléchir sur les imaginaires personnels et les constructions sociales de l’appartenance et de la déconnexion. Van Staden est devenu boursier à la Masterclass des Photographes du Goethe Institut en 2017. Son travail a été récemment montré dans Cities and Memory (Villes et Mémoire) à Brandts, Odense dans le cadre de la Biennale de la photo au Danemark (2016). Il vit et travaille à Cape Town. Représenté par From here on, Johannesburg.

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Vernissage le 20 novembre à 18h30 Du 20 novembre au 31 janvier 2018 Maisons des Adolescents, Nîmes.

Chris SAUNDERS AmaPantsula

(Photographie et Vidéo)

AMAPANTSULA

(PHOTOGRAPHIE ET VIDÉO)

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epuis 30 ans, à partir des années 1980, la dance pantsula sud-africaine a gagné en popularité dans les townships autour de Johannesburg. Elle est devenue un pilier de la plus grande métropole d’Afrique du Sud et fait partie intégrante du tissu culturel du pays. Ce projet est le résultat de 5 années de recherche collective et collaborative, menées par Daniela Goeller, Chris Saunders et Sicelo Xaba, avec le soutien de l’organisation de danse Impilo Mapantsula. Face au manque fondamental de documentation sur la culture urbaine noire en Afrique du Sud, qui est la conséquence malheureuse de l’héritage sud-africain du colonialisme et de l’apartheid, nous avons décidé en 2013 de documenter les troupes de pantsula dans les townships autour de Johannesburg. C’est la première fois dans l’histoire que le pantsula est enregistré et son histoire étudiée. L’objectif principal du projet (et son livre) réside dans le mouvement, le style et la mode de pantsula. Chris Saunders utilise la photographie comme un outil pour communiquer avec les danseurs et inventer les images avec eux. Le but était de créer des images qui « racontent » la danse et montrent à la fois les subtilités des mouvements et comment la forme de la danse est ancrée dans la culture, la mode et l’environnement du township.

Lenela Leballo (Lee) - Intellectuals - Soweto

Chris Saunders

A l’origine photographe de mode, Chris Saunders, photographe et réalisateur né à Johannesbourg et basé à Paris, aborde ses projets du point de vue d’un conteur visuel. Son travail documentaire porte sur les personnes et les environnements présents dans ses images, en particulier les sous-cultures, les « équipes culturelles » locales et les artistes.

Ishavula - Tebza - Intelectuals Pantsula

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Masixole NCEVU

Du 17 novembre au 31 janvier 2018 Au FABLAB NEGPOS, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 18h

Portraits

Lesidi, Johannesburg, 2016

Siphiwe, Johannesburg, 2016

PORTRAITS

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Masixole Ncevu

Il y a un isolement dans la vie moderne qui est universel et familier, il peut être perçu autour de soi ou dans notre simple acte de continuer notre vie quotidienne. Je suis attiré par l’émerveillement et la curiosité de ces moments et les laisse arriver à moi plutôt que de les pourchasser. Je pense qu’un portrait honnête de quelqu’un peut raconter une courte histoire du monde. Il a le pouvoir de revenir en arrière et de nous rappeler qui nous sommes et comment nous nous comportons face à la solitude quand nous le rapportons dans notre vie quotidienne. Ces œuvres présentent un reflet de personnes en solitude essayant de se connecter avec leurs environnements. Ils comprennent l’étude de l’homme et de ses activités dans le temps et l’espace. »

Artiste dont le travail est principalement photographique, mais il réalise aussi des dessins au fusain et des vidéos; ses images de personnes et de scènes de la vie quotidienne sont profondément évocatrices et résonnent de multiples lectures nuancées. Au fil des années, la photographie a joué un rôle fondamental dans le changement et la réorganisation de la vision de Masixole autour du monde. Son penchant pour le tournage de scènes de rue et de gens a conduit à de nombreuses rencontres et expériences inattendues avec des étrangers, ce qui lui a permis de reconnaître ses propres préjugés et de les dépasser.

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Alexia WEBSTER

Du 17 novembre au 31 janvier 2018 Au FABLAB NEGPOS, Nîmes. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 18h

Street Studio

STREET STUDIO / STUDIO DE RUE

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réé en mars 2011, le projet Street Studio a vu la création de studios photographiques extérieurs gratuits installés dans des coins de rue (15) et dans des espaces publics, à travers le monde. Le projet utilise de simples décors de studio photo en plein air et invite les familles et les individus qui passent à poser pour un portrait. Les photos sont ensuite imprimées sur place gratuitement pour que les participants les ramènent chez eux dans le but de commencer à reconstruire des albums familiaux fracturés ou perturbés. En partie public, en partie privé, les portraits de studio de rue mêlent le monde intérieur et extérieur. Des rues d’Afrique du Sud aux camps de réfugiés en RD Congo et au Sud-Soudan, en passant par une carrière de pierre à Madagascar, les ateliers, à la fois communautaires et très intimes, deviennent des expositions d’art participatives.

Noeline Ravaoarisolo, 64 ans. Ouvrier à la carrière de granit d’Ambohitrombihavana, à l’extérieur d’Antananarivo, Madagascar, Octobre 2014

Alexia Webster

Photographe sud-africaine actuellement basée à Cape Town. De la création de studios de portraits de famille dans des espaces de déplacement à la recherche de fantômes et d’esprits dans sa petite ville natale, son travail explore l’intimité, les archives et l’identité à travers le continent africain. Son travail a reçu le prix Artraker pour Art in Conflict, le prix POPCAP pour la photographie africaine contemporaine, et elle a reçu la bourse Frank Arisman au Centre international de la photographie à New York. Plus récemment, elle s’est rendue à Juba, au Soudan du Sud et à Tijuana, au Mexique, dans le cadre d’une bourse de la Fondation internationale des médias. Fazale Mwayambe, 85 ans, Bulengo IDP Camp - Goma, RD Congo, Mars 2014

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Deux amies, rues Cornwell et Hercules, Woodstock, Cape Town, Mars 2011

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PARIS / SHANGHAÏ

Vernissage le 2 février à 18h30 Du 2 février au 7 mars 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Regards croisés Projet développé et soutenu par les agences URBANIS (Nîmes) et URBAN SPACE (Shanghaï), ces regards croisés sur les nouvelles modalités de rénovation et d’aménagement urbains de grandes métropoles telles Shanghaï et Paris, vous proposent en février 2018, un premier aperçu du travail réalisé par le Dr. Liu Gang à Paris et par Patrice Loubon à Shanghaï, en octobre-novembre 2017. Cette exposition sera aussi l’occasion de révéler l’important travail de documentation entrepris sur Shanghaï depuis 1999 par le Dr. Liu Gang.

Patrice LOUBON / Artiste, Photographe Diplômé de l'Ecole Nationale de la Photographie (1992) et titulaire d'un MASTER 1 en Arts Plastiques de l'Université de Montpellier (2002). Porteur de projets artistique et culturel, il obtient en 2005 un MASTER 2 de « développement culturel et direction de projet » (Université Lyon II). Enseignant en photographie et en analyse de l'image de 1999 à 2004 pour les universités de Montpellier III et de Nîmes. En 2007, il structure le département de photojournalisme pour le compte du World Press Photo, à l’Institut Supérieur d’Information et de Communication du Maroc (Rabat). Il coordonne depuis 2005 un grand nombre de projets pédagogiques liés à l’image. Fondateur et directeur de NEGPOS (Nîmes), dont il coordonne toutes les expositions et tous les évènements. Directeur artistique de la Biennale Images et Patrimoine, des Rencontres Images et Ville et du festival FOTOLIMO (Cerbère-Portbou). En tant qu’artiste et photographe, son sujet de prédilection est la ville et les phénomènes qui la traversent. Chaque nouvelle approche génère des dispositifs et des formes différentes qui peuvent intégrer la photographie, la vidéo, la déambulation, la performance et l’installation. Depuis 2003, il met en place des projets où le partage et la co-production sont au cœur du processus. Ses préoccupations sont universalistes et les sujets traités autant de tentatives de révéler les invisibles flux qui parcourent les artères de l’urbanité contemporaine. Il a réalisé de très nombreuses expositions personnelles et collectives, principalement en France, mais aussi ailleurs (Rabat, Santiago du Chili, Londres et La Havane). Son travail se retrouve dans les collections de la Bibliothèque Carré d'Art (Nîmes), de la Casa de las Americas à La Havane et dans des collections privées en France, en Suisse, en Argentine, au Chili, au Maroc et à Cuba. Au cours des 15 dernières années, il a bénéficié d’aides régulières à la création de la part de la Région Occitanie ainsi que de la DRAC Occitanie.

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ARCHITECTURE ET PATRIMOINE

Dr. LIU Gang / Urbaniste, Photographe Dr. Liu, Gang est expert en études urbaines et en design urbain. Il a obtenu un doctorat en 2009 à l’université de Tongji. Il est actuellement professeur associé au Collège d’architecture et d’urbanisme de l’Université de Tongji. Il est membre du comité sur l’image urbaine de la Société de planification urbaine de Chine (UPSC). Il a mené des recherches pour de nombreuses agences gouvernementales, des fondations et le secteur privé. En 2014, son équipe a reçu le Premier Prix d’Urbanisme et de Design en Chine pour son travail sur la conservation urbaine de l’ancienne zone de concession française de Shanghai. Dr. Liu, Gang est aussi photographe. Il réalise une documentation photographique sur le renouveau urbain de Shanghai depuis 1999. Il s’est particulièrement concentré sur l’agenda résidentiel urbain en tant que représentation de l’idéologie urbaine moderne. Il a été invité à l’Exposition nationale des arts de l’Académie des beaux-arts en 2016 et 2017.

URBANIS URBANiS est une société de conseil qui élabore et anime, principalement pour les collectivités territoriales, les opérations de réhabilitation de l’habitat privé ancien et des copropriétés récentes, les politiques locales de l’habitat, les PLU et les opérations d’aménagement d’îlots anciens, avec sa filiale Urbanis Aménagement. Forte de plus de 35 années d’expérience et d’un chiffre d’affaires en progression constante, URBANIS se place en tête des structures privées de conseil pour un habitat digne et durable. Son siège social est à Nîmes. https://www.urbanis.fr

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Steinholt par Christopher TAYLOR

Une histoire des origines des noms

Vernissage le 9 mars à 18h30 Du 9 mars au 4 mai 2018 à la galerie NegPos Fotoloft, Nîmes

Troisième volet d’un cycle d’images réalisées en Islande, ce projet photographique interroge et tente d’interpréter le passé de ma femme Álfheiður et de sa famille paternelle à Þórshöfn, une communauté isolée dans l’extrême nord-est de l’île. La démarche s’appuie sur une recherche étymologique du nom des gens et des lieux, et sur leur filiation. Guidé par ces indicateurs, je souhaite mettre en lumière, avec une série d’images commentées, la relation précaire de l’homme à son environnement.

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n 2010, Álfheiður est retournée à Þórshöfn, le village d’origine de son père - Haraldur, situé au pied de Langanes, une presqu’île désolée dans l’extrême nord-est de l’Islande. Elle avait l’intention de réparer la croix qui marque l’emplacement du corps de sa grand-mère dans le cimetière situé à trois kilomètres du village. Chaque été, lorsqu’elle était enfant, sa mère l’envoyait de Reykjavik chez ses grands-parents pour les vacances scolaires. Les souvenirs de ce temps passé à Þórshöfn en compagnie de sa grand-mère, dont elle porte le nom, sont parmi les plus heureux de son enfance.

Sigfus est mort jeune, mais Álfheiður s’est remariée avec Johann, un pêcheur. Vingt-cinq ans après la disparition de ce dernier, la grand-mère d’Álfheiður a gardé dans le village la réputation d’une personne courageuse, toujours prête à aider les autres. A sa petite-fille elle a inculqué un certain sens moral, lui indiquant le chemin à suivre. A la mort de ses grands-parents dans les années 80, Steinholt est passée dans les mains d’Agnar, un célibataire d’un certain âge. Pendant quarante ans à partir de 1948, Agnar a tenu un journal. Originaire, lui aussi, d’une ferme isolée et abandonnée avant de venir habiter au village, il a dû penser parfois à son ancienne demeure où sa solitude était plus profonde encore. Il a rarement quitté le village ; le sujet principal de son journal concernait les changements constants du temps, un divertissement suffisant pour alimenter une chronique quotidienne !

En 1929, ses grands-parents, Álfheiður et Sigfus, ont bâti de leurs propres mains Steinholt, une petite maison en bord de mer, à proximité du port du village. Ils avaient quitté leurs fermes respectives, situées dans des endroits isolés et aujourd’hui abandonnées, pour s’installer à Þórshöfn au chef-lieu d’un canton qui comptait seulement trois à quatre cents âmes.

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Lors de sa visite à Þórshöfn, ma femme s’est décidée à se présenter à la porte d’Agnar. Ce dernier, heureux d’avoir un visiteur, lui a proposé un café et l’a conviée à un tour de la maison. Dans ces régions, personne n’est oublié, et Agnar. s’est souvenu de la jeune Álfheiður chez ses grands-parents, mais nous n’attendions pas qu’un an plus tard il nous propose d’acheter sa maison pour une somme modique. Il en avait assez d’habiter seul, et avait trouvé une place à la maison de retraite de Þórshöfn. Quasiment sans famille, il était évident pour lui que la maison d’Álfheiður devait revenir à Álfheiður, son nafna (*). Nous ne pouvions qu’accepter cette proposition.

tée par nos préoccupations quotidiennes. Mais c’est surtout à partir des histoires concernant les aïeux de ma femme que je construirai mon projet ; des histoires de lutte pour la survie contre les forces naturelles et l’intransigeance des hommes, racontées oralement à travers les générations ou parfois retrouvées dans des recueils édités dans les années 1950. La première concerne Álfheiður (l’aînée), et l’enfant qu’elle a eu de son deuxième mari, Johann. Leur fils Hrein a été malade dès la naissance et, à l’âge de quatre ans, son état s’est détérioré. C’était l’hiver, les route étaient enneigées, et ses parents ont dû l’emmener en bateau à la clinique la plus proche, mais l’enfant n’a pas survécu à ce voyage. Dévastés, Álfheiður et Johann n’ont pas pu supporter d’attendre une semaine pour rentrer en bateau : ils ont donc fait à pied les 90 kilomètres du retour, le corps de leur fils sur un traîneau, afin de l’enterrer au cimetière situé à proximité de Þórshöfn.

Mon attachement à l’Islande est étroitement lié à ma relation avec ma femme, son attachement à ses racines et la façon dont son histoire a marqué sa vie. Parallèlement, le caractère instable et impressionnant de l’environnement islandais satisfait une quête personnelle : elle représente une vérité occul-

(*) En Islande, le nafna désigne le nom donné à un enfant d’après le nom de ses parents ou de ses grand-parents.

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Olina et Vigfus étaient les arrière grands-parents de ma femme. Ils s’occupaient de la ferme à Grimsstaðir, où leur fille Álfheiður était née, et puis ensuite la ferme voisine à Kuða chez leur fils. Au printemps, après de sombres mois d’hiver, Olina a révélé avoir vu des lumières dans un rocher près d’un ruisseau, comme des fenêtres éclairées. Le nom Álfheiður, choisi pour leur fille et pour ma femme, désigne les personnages mythiques vivant dans les rochers ou les collines.

l’obscurité et la neige. Helgi, désorienté, a essayé de se réfugier du mauvais temps à l’abri des rochers mais n’a pas pu résister l’hypothermie. On a retrouvé son corps quelques jours plus tard. Johanna fût prise en charge par la paroisse, autrement dit, donnée à un propriétaire terrien pour travailler sans salaire. Violée par le fermier elle est tombée enceinte, en conséquence de quoi elle a été séparé de Sigfus qui a du partir travailler dans une autre ferme. L’enfant qui est né, Hjalmar, est devenu un garçon déterminé à réussir sa vie. Par ses efforts il a pu s’installer comme fermier et s’est bien occupé de sa vieille mère. A l’enterrement de son demi-frère, Sigfus, mort prématurément d’une maladie, il a acheté des lustres pour décorer la petite église à Svalbard, à 30 kilomètres de Þórshöfn. Ainsi, on ne pouvait plus parler de lui et de ses proches comme de bons à rien.

Sigfus, le grand-père de ma femme, était né à Harðbakur sur la pointe de la presque-île en face de Þórshöfn sur l’autre côté de la baie. Ses parents, Helgi et Johanna, y ont travaillé pour le fermier, avant de s’installer avec une poigné de moutons, à quelques kilomètres de là. Un jour d’hiver, Helgi est sorti pour rechercher un mouton. Décembre s’est enveloppé dans 26


Olina et Vigfus étaient les arrière grands-parents de ma femme. Ils s’occupaient de la ferme à Grimsstaðir, où leur fille Álfheiður était née, et puis ensuite la ferme voisine à Kuða chez leur fils. Au printemps, après de sombres mois d’hiver, Olina a révélé avoir vu des lumières dans un rocher près d’un ruisseau, comme des fenêtres éclairées. Le nom Álfheiður, choisi pour leur fille et pour ma femme, désigne les personnages mythiques vivant dans les rochers ou les collines.

l’obscurité et la neige. Helgi, désorienté, a essayé de se réfugier du mauvais temps à l’abri des rochers mais n’a pas pu résister l’hypothermie. On a retrouvé son corps quelques jours plus tard. Johanna fût prise en charge par la paroisse, autrement dit, donnée à un propriétaire terrien pour travailler sans salaire. Violée par le fermier elle est tombée enceinte, en conséquence de quoi elle a été séparé de Sigfus qui a du partir travailler dans une autre ferme. L’enfant qui est né, Hjalmar, est devenu un garçon déterminé à réussir sa vie. Par ses efforts il a pu s’installer comme fermier et s’est bien occupé de sa vieille mère. A l’enterrement de son demi-frère, Sigfus mort prématurément d’une maladie, il a acheté des lustres pour décorer la petite église à Svalbard, à 30 kilomètres de Þórshöfn. Ainsi, on ne pouvait plus parler de lui et de ses proches comme de bons à rien.

Sigfus, le grand-père de ma femme, était né à Harðbakur sur la pointe de la presque-île en face de Þórshöfn sur l’autre côté de la baie. Ses parents, Helgi et Johanna, y ont travaillé pour le fermier, avant de s’installer avec une poigné de moutons, à quelques kilomètres de là. Un jour d’hiver, Helgi est sorti pour rechercher un mouton. Décembre s’est enveloppé dans 27


Helgi, fils de Haldor et Anna, était né à Haldorskot (demeure de Haldor). Ces derniers avaient été les seuls à s’installer dans ce lieu situé à l’intérieur du pays, à soixante kilomètres de Þórshöfn, là où le climat est encore plus extrême. Ils y avaient peut-être une vingtaine de moutons et un cheval. Un jour d’hiver, Anna a pris le cheval pour aller chercher quelques provisions essentielles à Raufarhöfn – un voyage d’au moins 100 kilomètres sur les pistes. Elle avait pris avec elle son nouveau-né pour le nourrir sur la route. A mi-chemin, elle a dû s’endormir car quand elle s’est réveillée, le bébé n’était plus là. Retraçant ses pas dans la neige pendant un bon moment, elle a retrouvé le bébé, encore vivant. C’était peut-être Helgi, mais nous n’en sommes pas sûrs car il y avait quatre enfants à Haldorskot.

Le plus ancien ancêtre de ma femme que l’on connaisse se nommait Halldór (1668-1707). Il était le fermier à Skálar, au bout de Langanes, une ferme habitée depuis l’arrivée des Vikings en Islande il y a plus de mille ans. Les conditions en Islande dans les années 1700 étaient extrêmement difficiles. On dit qu’il y avait une pratique macabre dans la région à cette époque : à la fin de l’été, les gens âgés, les malades, les handicapés et les « destitués » étaient rassemblés et amenés à Heljardalur (la vallée d’Hadès), à l’intérieur du pays ; ils y étaient ensuite abandonnés juste avant l’arrivée de l’hiver. On parle d’une femme qui réussit à échapper à cette mort certaine en montrant ses aptitudes à un fermier qu’elle finit par convaincre de la prendre chez lui comme ouvrière. 28


L’image de la montagne change, et la montagne acquiert un nom. Le nom attribue à la montagne une histoire précise, l’histoire du connaissable. L’histoire de ceux qui connaissent la montagne et ainsi lui ont donné un nom. Dans l’âge du connaissable, quand tout a été nommé, il est difficile de trouver des montagnes sans noms. La montagne n’oblige pas à avoir un nom ; mais c’est plutôt l’homme qui l’oblige à avoir son nom. Ainsi, il crée l’histoire de ce qui se reflète dans ses connaissances. Comptant sur cette connaissance, l’homme conquiert les montagnes sans nom. La Montagne : Birgir Andrésson – artiste, ami, et cousin de ma femme, Reykjavik 1994

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FOTOLIMO Frontières et passages Le festival FotoLimo se donne pour objet d’étude la frontière au sens le plus large du mot. La frontière a des conséquences humaines, dans le paysage, l’économie, la psyché et ce destin géographique et métaphysique est le cadre, assez vaste, proposé aux auteurs au sein du festival.

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Tout cela a pu se faire grâce au soutien de nos partenaires publics et privés (Drac Occitanie, Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, Département des Pyrénées Orientales, SAIF, mairies de Cerbère et Portbou, Hôtel de la Vigie, Hôtel du Belvédère) et de l’accueil des Cerbériens et des Portbouencs sans qui nous n’aurions pas pu réaliser cet événement. N’oublions pas les bénévoles, les nombreux jeunes et moins jeunes, français et espagnols et bien sûr un grand merci aux artistes pour leur participation, et leur engagement. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine, nous vous accueillerons avec joie pour la 3ème édition, sur la thématique « La frontière, un espace de représentation, un espace représenté » du 19 au 30 septembre 2018, à Cerbère et Portbou.

a deuxième édition du festival FotoLimo a eu lieu à Cerbère et Portbou entre le 20 septembre et le 1er octobre 2017. Avec 16 artistes exposés et/ou projetés, une journée de conférences et table-rondes, et plus de 1000 visiteurs, cette édition a confirmé le succès grandissant de ce rendez-vous dédié à la photographie et aux arts visuels, sur la thématique de la frontière. Actualité oblige, les travaux montrés étaient denses, fidèles à la gravité des temps que nous traversons. Mais nous rendons aussi un hommage certain à l’humain, dans toute sa complexité et sa beauté, en portant des réflexions nécessaires sur la frontière et ce qu’elle représente aujourd’hui dans nos esprits. Les nombreux retours furent enthousiastes et soulignaient la qualité des travaux photographiques et des vidéos montrées.

Nom des artistes participants : TABLE-RONDE :

Carles COSTA « El agujero en la piedra. Pallars 1938 » - Daphné LE SERGENT « 24 clichés que j’ai occupés » - Laetitia TURA « Je suis pas mort, je suis là » Stéphane CHARPENTIER « The divided line » - Thierry DANA « El hogar » - Anne LEROY « Abkhazie » - Arno BRIGNON « Ceuta » - Elsa BEAUMONT « Diaspora #1 » Séverine BONACCHI « De l’autre coté de l’horizon » Hortense Soichet « Esperem » - Sylvie DdB « Les combats symboliques » - Jan LEMITZ « Innocent passages » Aglaè BORY « Les traversées » - Stephanos MANGRIOTIS « Europa inch’allah » - Patrick ZACHMANN « Mare Mater » - Ronny TROCKER « Estate »

Grégory TUBAN (Historien, Université de Perpignan) Camps d’étrangers : les nouvelles frontières de la III° République Guillaume LACQUEMENT (Géographe, Université de Perpignan) Traces et tracés d’une frontière oubliée : une géographie de la frontière interallemande. Mathilde PETTE (Sociologue, Université de Perpignan) Frontières et migrant-e-s dans le Calaisis

L’APPEL À CANDIDATURE Pour la prochaine édition de Fotolimo l’appel à candidature n’est pas encore ouvert, veuillez contacter l’association Lumière d’Encre Tél:33 (0)9 50 36 29 20 - lumieredencre@free.fr - Adresse : rue de la 66400, 47 Rue de la République, 66400 Céret.

© Daphné LE SERGENT

FotoLimo www.fotolimo.com

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NEGPOS DANS LES QUARTIERS

Résidence Souad Guennoun La parole des habitants

On ne présente plus Souad Guennoun, photographe, metteur en scène mais surtout militante invétérée.

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ous l’avions invité il y a deux ans pour exposer son travail en partenariat avec ATTAC et le CADTM, cette fois-ci il s’agissait pour Souad de poser son regard sur les débats autour de l’ANRU et de la rénovation des quartiers prioritaires (ZUP Nord et Sud) où nous travaillons régulièrement grâce à l’action de notre médiatrice culturelle Valérie Paye. Ces quartiers, dont la construction débute dans les années 60, après avoir connu leur heure de gloire puis une histoire en dents de scie et un abandon croissant, ont peu à peu été transformés en ghettos. Ils vont connaitre dans les années qui viennent une profonde transformation.

En attendant le prochain résultat du travail de Souad Guennoun… nous pouvons dès à présent vous donner la teneur de l’action qui suivra, avec notre accompagnement. Ainsi à partir de ce premier document et de cette première expérience qui avait pour but de capter une parole difficile à révéler, nous souhaitons pousser cette aventure un peu plus loin en initiant des personnes volontaires à l’usage de leur smartphone pour qu’elles enregistrent elles-mêmes leur propre parole et celle d’autres d’habitants qui ont des choses à dire.

«A travers un atelier de production vidéo autogéré incluant des habitants des quartiers de Pissevin-Valdegour, Chemin Bas et Mas de Mingue, nous espérons libérer la parole dans l’objectif que cette expérience permettra de faire avancer les personnes des quartiers dans leur prise de conscience d’elles-mêmes et de leur pouvoir.» 38


NEGPOS DANS LES QUARTIERS

Le Studio photo de la rue débarque à Valdegour durant Bienvenue chez vous !

Depuis des années déjà NegPos intervient aux côtés des habitants dans le cadre de la fête de quartier Bienvenue chez vous.

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ette dernière édition (10 mai 2017) n’a pas dérogée à la règle et à travers l’invitation de Fatoumata Diabaté et son Studio photo de la rue, c’est un magnifique cadeau aux habitants et en particulier aux enfants qui a été fait ! Digne héritière des grands photographes de studio de photographie africains tels Seydou Keita, Malick Sidibé, Youssouf Sogodogo, Abderramane Sakaly, Albert Georges Lutterordt ou encore Samuel Fosso, c’est avant tout cette ambiance sociale, cette spontanéité qui l’attire. Utilisant des costumes, des accessoires et d’autres éléments, les gens rentrent progressivement dans un rôle, qui leur est propre, singulier mais qui parfois aussi leur échappe partiellement ou totalement. La mise en scène de soi se prépare d’un coté comme de l’autre. Réitéré durant la Semaine bleu en partenariat avec l’association La Pléiade et le CSCS Jean Paulhan au Mas de Mingue, assisté par notre jeune en Contrat Emploi Avenir, Vanessa Landetta, le Studio photo de la rue, a encore connu un franc succès et gageons que ce n’est sans doute pas le dernier !!! 39


NEGPOS DANS LES QUARTIERS

MÉDIATION CULTURELLE

Un pont entre des pratiques sociales éclatées Depuis des années, l’action de NegPos dans les quartiers périphériques passe aussi par une présence quotidienne et une proximité avec les habitants. Depuis 2015, cette action est portée par Valérie Payet, notre médiatrice culturelle attitrée. Son rôle consiste à créer du lien entre les associations et les habitants, à favoriser le dialogue entre les uns et les autres, à apporter de l’information produite au quotidien.

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Dans cette perspective, nous pouvons comprendre la diffusion de communication ou symboliques, dans l’espace et le temps, pour produire une signification partagée dans une communauté et faire ainsi ensemble en collectivité.

a médiation culturelle fait partie de la construction du lien social et de la participation. On utilise aussi souvent la médiation sociale, l’implication des partenaires locaux et des citoyens puisque ils sont les premiers concernés par l’espace public qui les entoure.

Un exemple de mission dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Marches exploratoires Valdegour / Pissevin 12 marches exploratoires sur Pissevin (7) et Valdegour (5) Réunions : - Réunions préparatoires aux marches puis aux restitutions. - Réunions de suivis des actions ‘Thématique cadre de vie‘ sur Valdegour et Pissevin. Actions : Prises de vues photographiques + expo photo pour « la journée de la femme » des photographies*diagnostics + descriptif Centre social Simone Veil. Publics : 132 femmes des secteurs Pissevin et Valdegour. Amélioration et évolution du projet ANRU 2 grâce à des réunions régulières avec les habitants, les associations et le cabinet Marguerite.

La participation de NegPos au dispositif est effective dès le début en 2015 puis durant les années 2016 et 2017. Impulsé sur les quartiers par la ville de Nîmes, cet outil de participation dédié à l’appropriation de l’espace public par les femmes se veut au service de la sécurité de toutes et tous. Les femmes deviennent actrices de leur sécurité et se réapproprient l’espace public. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, un groupe de femmes résidentes, en lien avec les instances locales concernées (bailleurs, services techniques…) produisent un diagnostic de terrain sur les situations non sécurisantes (éclairages défectueux, environnement dégradé, etc.).

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NEGPOS DANS LES QUARTIERS

LA MÉDIATION CULTURELLE - UN EXEMPLE DE SORTIE ! Sortie culturelle avec l’association Paséo qui développe le lien à la parentalité. Avec un groupe de femmes nous sommes allées visiter le château du XIXe siècle, en Petite Camargue, entièrement meublé, ... Situé à 5 km de la ville, le site d’Espeyran existe depuis le VIe siècle avant JC.

« DIMANCHE REAAP »

Un forum des associations qui s’étend sur une journée et permet à chacun de découvrir les projets sociaux mis en place sur la ville et notamment dans les quartiers.

« Au mois de janvier j’ai pu participer à l’événement « DIMANCHE REAAP » Etant dans l’optique de passer mes concours d’Educateur Spécialisé en anvier j’ai pu grâce a Valérie Payet, médiatrice socio-culturelle au

sein de l’association NEGPOS, assister a cette journée dans le but de me connecter avec différents organismes.» Tomy Rodriguez, 21 ans

Le dimanche REAAP c’est quoi ?

Photos par Valérie Payet et Tomy

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LA SÉLECTION DE LIVRES CORBEAU
 ANNE GOLAZ Textes d’Antoine Jaccoud MACK, Londres, 2017 Pendant 12 ans, Anne Golaz a collectionné les souvenirs de la ferme suisse où elle a grandi. En résulte Corbeau, un livre mêlant photographies, dessins et textes d’Antoine Jaccoud, qui aide l’artiste à retracer l’histoire de trois générations au travers des conversations de la famille. Le temps, la vie, le destin et la mort sont les thèmes prédominants de Corbeau, qui tire son nom d’un poème d’Edgar Allan Poe, où le futur n’est perçu que comme une réminiscence du passé et de l’enfance. Corbeau est une énigme, un narrateur invisible, un médiateur entre la vie et la mort qui raconte ce qui ne sera plus jamais. Corbeau – divisé en trois chapitres, « Le Travail » (c’està-dire travailler en français mais aussi en référence à une machine utilisée pour prendre soin des pieds de la vache), « The Nebula » et « The Other Side » – décrit le passage du temps dans un endroit fermé et défini. L’histoire suit un per-

sonnage principal et trace une période de transition entre le temps du père et le temps du fils, mais sans conduire à un dénouement précis. « L’histoire avait besoin de passer du temps : un personnage né, un autre disparu, des changements fondamentaux dans le monde agricole, afin de trouver son fond. Il n’y avait rien d’autre à faire que d’aller et venir, en regardant ces changements, en les contemplant, en les témoignant, en essayant de les comprendre. Mais plus intéressant pour moi, ces autres choses semblaient demeurer inchangées depuis tant d’années. Ils étaient contradictoires, beaux mais tristes, poétiques et vrais, mais aussi fragiles, enfermés et orientés vers le passé mais si précieux. Pendant que je les regardais, je me suis rendu compte qu’ils étaient déjà presque des souvenirs. » Au-delà du monde rural et de l’abdication des agriculteurs, ces images suggèrent des thèmes fondamentaux, tels que le passage du temps, la vie et la mort, des sentiments mitigés d’appartenance à un lieu, un patrimoine et des liens familiaux complexes et un destin qui peut se forger quelque part dans les coins clairs d’obscurité de l’enfance.

SINJAR
 NAISSANCE DES FANTÔMES MICHEL SLOMKA Les éditions Charlotte sometimes, Le Grau-du-roi, 2017 Depuis 2011, Michel Slomka documente les conséquences psychologiques et traumatiques de la violence sur les individus victimes de crimes de guerre. Sinjar montre les ravages causés par la guerre en Syrie et en Irak et par le nettoyage ethnique opéré par le groupe État Islamique dans les régions conquises au printemps et à l’été 2014. Symbole de cette épuration, les Yézidis ont été les cibles d’un projet génocidaire qui remet en cause leur présence millénaire entre le Tigre et l’Euphrate. Des centaines de milliers de Yézidis – une minorité confessionnelle adepte d’un monothéisme issu d’anciennes croyances kurdes – ont trouvé refuge dans les monts Sinjar lors de l’attaque du groupe État Islamique dans la région. La ville de Sinjar, sur le flan sud de la montagne, est aujourd’hui complètement détruite et déserte. Elle ne sera probablement jamais reconstruite. Trois ans après les événements, des milliers de Yézidis sont morts, portés disparus ou toujours captifs de l’État Islamique,

dans les derniers territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie. Les victimes de ce projet d’annihilation sont les hommes et les vieillards qui remplissent les charniers laissés par Daech, les femmes et les enfants ont été utilisés en masse comme esclaves sexuels et enfants-soldats. Michel Slomka montre la désolation qui règne sur cette terre meurtrie. Pas de combats, pas de coups de canon, une seule photo d’hommes en armes. Le reste, ce sont des regards, des rencontres, des gens en pleurs ou prostrés, en état de sidération, des paysages dénudés, inquiétants. Il s’intéresse plus particulièrement au lien qui unit l’individu au lieu qu’il habite – ou qu’il hante. Il s’intéresse aux séquelles psychologiques des personnes qui ont survécu au massacre et qui ont réussi à sortir du califat autoproclamé. Il interroge les capacités de la communauté à faire face à l’extrême violence qui a fait voler en éclat leurs repères, à se reconstruire alors qu’il ne leur reste plus aujourd’hui, dans les camps de réfugiés, que la souffrance vive laissée par ceux qui sont absents. Quel chemin emprunter pour guérir du traumatisme, refermer la fracture et apaiser la voix de ses fantômes ?

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D’IRÈNE ATTINGER Responsable de la Bibliothèque de la Maison Européenne de la Photographie (Paris)

WITHOUT SANCTUARY
 LYNCHING PHOTOGRAPHY IN AMERICA
 JAMES ALLEN Textes de Hilton Als, Congressman John Lewis et Leon F. Litwack Twin Palms Publishers, Santa Fe, 2017 Les photographies en noir et blanc sont difficiles à regarder. Certaines montrent des hommes sur le chemin de leur mort ; d’autres les corps de pendus, de brûlés et de mutilés. Les lieux sont banals : une route rurale poussiéreuse, un bosquet d’arbres, un pont, une ruelle, le palais d’un tribunal. Certains endroits sont vides, à l’exception des victimes sans vie, tandis que d’autres grouillent d’hommes, de femmes et d’enfants, regardant fixement, souvent vers l’appareil photographique. Ces images soulignent l’impunité totale des auteurs et de leurs complices. Les lynchages n’étaient pas organisés uniquement pour tuer ; ils étaient aussi destinés à envoyer un message à tous, y compris par l’intermédiaire des cartes postales utilisées jusqu’à leur interdiction, en 1908. En

regardant ces photographies, et comme un symbole de cette époque, on remarque aussi l’absence frappante d’individus noirs ailleurs qu’à la place des victimes, travailleurs ou familles, tant dans les images représentant les champs que dans les scènes de rue. Le livre met en évidence les formes ritualisées prises par les lynchages. Les procédures sont obsédantes et les corps, mutilés puis souvent fragmentés, se muent en de symboliques trophées pour les lyncheurs et les spectateurs, qui réclament jusqu’aux mèches de cheveux de leurs victimes. À chacune des photographies est associé un texte explicatif qui humanise les victimes en les identifiant et, parfois, en racontant les histoires de leurs lynchages, emblèmes d’une justice partiale et arbitraire puisant dans les tréfonds les plus sombres de l’Homme.

MONSANTO, UNE ENQUÊTE PHOTOGRAPHIQUE MATHIEU ASSELIN Acte Sud, Arles, 2017 Difficile de chiffrer le nombre exact de victimes des plastiques, pesticides et OGM produits par le géant de la chimie puis de l’agroalimentaire Monsanto, fondé en 1901 et détenu aujourd’hui par la société Bayer. L’entreprise est devenue un symbole des aspects les plus néfastes du développement intensif et de la marchandisation du vivant. Le photographe franco-vénézuélien Mathieu Asselin a mené une vaste enquête photographique sur les conséquences de plus d’un siècle d’irresponsabilité à grande échelle. Il ne révèle pas des choses que personne ne connaît, ce qui l’intéressait : « c’était de raconter photographiquement cette histoire ». Son enquête se présente comme un recueil de témoignages visuels d’individus et de paysages profondément affectés par les activités de cette entreprise. Pendant cinq ans, il est parti sur les traces du géant de la ville d’Anniston dans l’Alabama (États-Unis) jusqu’au Vietnam. Les ravages ne sont visibles que dans les portraits des personnes touchées par l’agent orange au Vietnam, herbicide utilisé par l’armée américaine à

des fins militaires entre 1959 et 1971 et dont on estimerait à plusieurs millions le nombre de personnes souffrant de cancers ou de pathologies liés à cette exposition. Attiré par la question de l’invisible, le photographe s’appuie, en plus de ses images, sur un important matériel d’archives, de documents ou bien encore de vidéos pour raconter ce qui se passe. Un vaste mouvement s’oppose depuis longtemps à Monsanto. Des journalistes, des activistes, des professionnels, des avocats et des scientifiques se battent depuis des années contre cette société. C’est à nous tous que s’adresse Mathieu Asselin : « Nous avons tous le pouvoir de changer et d’arrêter ces corporations. […] En tant que consommateurs, on a un pouvoir incroyable que l’on n’utilise pas. C’est celui de dire : vos produits, je n’en veux plus chez moi. Ils pourraient s’effondrer du jour au lendemain. Le véritable pouvoir, c’est celui des consommateurs, plus que les journalistes ou les photographes. » Mathieu Asselin Le projet a reçu le premier prix au Dummy Award, décerné lors du Fotobookfestival de Kassel en 2016, ainsi qu’une mention spéciale du jury du Luma Dummy Book Award lors des Rencontres photographiques d’Arles 2016.

Dans chaque édition de Fotoloft, retrouvez le choix de la librairie de la Maison Européenne de la Photographie, par Irène Attinger : une sélection d’ouvrages parmi les nouveautés en vente à la librairie de la MEP, qui, en raison de leur originalité, de leur qualité éditoriale ou de l’importance de leur contenu, participent de l’image de l’édition photographique internationale.

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