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viau e Dau : Clair e Bonami e ir o in mĂŠm endr nt : C eur de Direct ur encadra e s s Profe

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les isles de rezĂŠ


les isles de rezé

MeMbres du jury président de jury : Claude Eveno, urbaniste, cinéaste, écrivain et enseignant à l’ENSNP

directeur de mémoire : Claire Dauviau, architecte-paysagiste DPLG et professeur de projet à l’ENSNP

professeur encadrant : Cendrine Bonami, graphiste, architecte d’intérieur, enseignante à l’école Camondo, à l’école d’architecture de Marne la Vallée et à l’ENSNP

personnalités extérieures : Gaëlle Pinier, ingenieur-paysagiste (ENSNP 2001), Co-gérante de l’agence Map [paysagistes]

Olivier Corbineau, chef de projet Direction Territoriale d’Aménagement Nantes Est


avant propos :: les raisons de mon choix :: premières impressions :: la ville le fleuve et l’estuaire

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analyse

1- une enclave périphérique en bord de Loire 1.1 / Une ancienne île de Loire 1.1.1 :: le fond de l’estuaire 1.1.2 :: la façade ligérienne de Rezé 1.1.3 :: les terres basses

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1.2 / De l’insularité à l’isolement

orientations

1.2.1 :: des terres basses aux Isles de Rezé 1.2.2 :: les rives des Isles de Rezé

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1.3 / Amarrer l’île des Chevaliers à son territoire 1.3.1 :: affirmer l’insularité des Isles de Rezé 1.3.2 :: amarrer les Isles de Rezé

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2- la perte de l’identité insulaire analyse

2.1 / un territoire dessiné par la Loire 2.1.1 :: la structure du site 2.1.2 :: des strates et des îles

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2.2 / un territoire fragmenté 2.2.1 :: les îles habitées 2.2.2 :: un territoire banalisé 2.2.3 :: la friche des abattoirs

orientations

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2.3 / Vers une île archipel 2.3.1 :: affirmer la discontinuité des Isles de Rezé 2.3.2 :: ménager des espaces de transition ouverts

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3- les rives 3.1 / un Maillage d’espaces publics

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3.2 / la loire

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orientations

3.2.1 :: la façade ligérienne 3.2.2 :: se réapproprier la rive 3.2.3 :: une identité végétale

3.3 / la vallée

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3.3.1 :: un lieu de cohésion 3.3.2 :: dissocier les espaces 3.3.3 :: la rive intérieure

3.4 / le seil

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3.4.1 :: les origines du territoire 3.4.2 :: redessiner les rives 3.4.3 :: un corridor écologique

3.5 / les parcs

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3.5.1 :: le parc des sablières 3.6.2 :: le parc de la confluence

:: Conclusion :: bibliographie :: remerciements

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/// Les raisons de mon choix /// Premières impressions /// La ville, le fleuve et l’estuaire


avant propos


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la butte Ste Anne

l’île de Nantes

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les sablières

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le port autonome

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la mairie de Rezé

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la zone commerciale Atout Sud

le bois Chabot

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la route de Pornic

de la Jaguère


le MIN de Nantes l’usine Bégin Say

nouvelles cliniques nantaises la Haute île

la Basse île 10

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le quartier de Pont Rouseau

la friche des abattoirs

la zone industrielle et artisanale le site archéologique St Lupien

la Maison Radieuse

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/// les raisons de mon choix 12

Certains sites sont comme des révélations et s’imposent par leur beauté et leur pouvoir évocateur. Faire évoluer des lieux dont la déshérence fait la beauté, les modifier, c’est inévitablement choisir et donc détruire une partie de leur âme. Ce n’est pas le cas des Isles de Rezé. Ce site ingrat, par bien des aspects, n’a pas été une évidence mais une lente révélation qui a fini par s’imposer avec force dans mon esprit. Il a fallu que je m’attarde sur ce site que l’on ne fait, habituellement, que traverser. Il a fallu que j’apprenne quelle avait été son

histoire, ses évolutions, que je prenne conscience de sa situation et de son potentiel pour changer mon regard et être capable d’y voir la beauté qui s’y cache. Le choix des Isles de Rezé s’est fait en deux temps. D’abord une attirance pour la ville de Nantes qui remonte à mes années d’études au collège et au lycée St Stanislas. Durant cette période je n’ai vécu la ville qu’à travers l’image que je pouvais m’en faire depuis l’internat duquel je sortais une fois par semaine. Ce sentiment de rêver la ville à défaut de pouvoir la

vivre je l’ai retrouvé merveilleusement conté par Julien Gracq dans son livre la forme d’une ville. Il écrit : ‘’Deux fois par jour, comme la marée, avec le flot des externes, la rumeur de Nantes parvenait jusqu’à nous, tantôt filtrée, tantôt orchestrée. Je vivais au cœur d’une ville presque d’avantage imaginée que connue, où je possédais quelques repères solides, où certains itinéraires m’étaient familiers, mais dont la substance, l’odeur même, gardait quelque chose d’exotique : une ville où toutes les perspectives donnaient d’elles-mêmes


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sur des lointains mal définis, non explorés, un canevas sans rigidité, perméable plus qu’un autre à la fiction. Chacun des rhumbs qui étoilaient cette rose des vents fleurissait naturellement, indéfiniment pour l’imagination. J’entrais en sixième : j’avais onze ans. A demi-connue, à demi-rêvée, la ville ne s’est jamais dégagée de ce pli imprimé dès mon premier contact avec elle.’’

Cette influence de l’océan sur la ville, ressenti dans ces quelques lignes, j’y ai moi aussi été sensible. L’ouverture sur le large que possède Nantes m’a donc poussé à m’intéresser à sa partie ouest, le long du fleuve. J’ai alors pris connaissance du nom récemment donné à un territoire situé au sud de la Loire : ‘’les Isles de Rezé’’. Le terme d’île associé à cette orthographe ancienne ont été les éléments déclencheurs de ma curiosité et la source de mes premières recherches. Quelles îles ? Où se trouvent-elles aujourd’hui ? Pourquoi et comment ont-elles disparues ? Quels liens entre-

tenaient-elles avec la Loire, l’estuaire et l’Océan ? Toutes ces questions je tente d’y répondre dans la suite de mon mémoire. J’invite donc le lecteur à poursuivre sa lecture pour comprendre comment ce site fonctionne, découvrir son histoire singulière et prendre la mesure de son potentiel de métamorphose1.

Selon la définition qu’en donne Edgar Morin dans son ouvrage la Voie : ‘‘Qu’est ce qu’une métamorphose? Nous en voyons d’inombrables exemples dans le règne animal, notamment chez les insectes. Une chenille s’enferme dans une chrysalide ; elle entame alors un processus qui est à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction en une organisation et une forme différentes. Quand la chrysalide se déchire, il s’est formé un papillon qui, tout en demeurant le même être, est devenu autre. L’identité s’est maintenue et transformée dans l’altérité’’


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Les Isles de RezĂŠ

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/// premières impressions L’idée des Isles de Rezé a germé doucement dans mon esprit. Il a fallu du temps pour que je puisse avoir une image de l’étendue de ce territoire et de ses limites. Il m’a fallu des mois pour comprendre son fonctionnement et malgré cela, certaines étapes de sa formation restent à éclaircir. Pourtant certaines parties de ce territoire, m’étaient déjà connues sans que je réussisse à établir un lien entre elles. C’était le cas notamment de la route de Pornic empruntée à plusieurs reprises sans jamais comprendre le paysage qui défilait sous mes yeux. Ce fut le cas, plus récemment, lors de ma découverte tardive du village de Trentemoult durant l’été 2009. C’est à partir de cette date que remonte mes premières impressions du site bien avant de me douter qu’il ferait l’objet de mon mémoire de fin d’études. Les sentiments mêlés que je garde de cette première visite ne m’ont pas quittés depuis. La visite du village de Trentemoult avec ses ruelles sinueuses qui forment naturellement de petites places que les habitants investissent et embellissent, son architecture spontanée et son ouverture immense sur Nantes et sur le large, m’ont beaucoup plu. La joie que j’éprouvais à explorer un lieu qui prolonge la ville de Nantes et se laisse totalement traverser par les in-

fluences maritimes fut aussitôt brisée par la découverte soudaine de la zone commerciale Atout Sud qui enferme le village de Trentemoult. Cette belle ouverture sur le large à laquelle j’avais rêvé s’arrêtait nette à la sortie du village. Je venais de passer de l’autre côté du décor et l’artificialité du village me sautait maintenant aux yeux. Il n’est actuellement pas possible de prolonger le voyage vers l’estuaire autrement qu’en empruntant la voie fluviale, mais les liens et les ouvertures entre ces territoires existent et c’est ce que je cherche à mettre en évidence dans ce mémoire. Pour autant les anciens villages de pêcheurs, dont fait partie Trentemoult, ne sont pas l’unique objet de mon mémoire et n’en étaient pas non plus le point de départ, mais simplement m’a première approche du territoire des Isles de Rezé. Ce sont bien les parties visiblement abandonnées (les anciens abattoirs entre autre) qui étaient à la base de mon intérêt pour le site car il semblait évident qu’ils constituaient des sites amenés à évoluer. Ce n’est qu’ensuite que j’ai compris les liens qui les rapprochent et les font appartenir au même territoire. Bien d’autres impressions sont venues s’ajouter à cette première découverte. Comme le sentiment que le territoire nantais, dans sa partie ouest,

subit la poussée du Sillon de Bretagne. Que celui-ci exerce une pression sur la ville et la pousse au bord du fleuve lui permettant d’étaler ses immeubles le long des quais de la Fosse tandis que la partie sud du territoire semble reculer et s’éparpiller dans la campagne vers le bocage marquant ainsi la limite entre la Bretagne et la Vendée. Rezé n’offre d’ailleurs pas de réel front de Loire, elle se tient en retrait du fleuve et son territoire se compose de 7 villages et d’autant de centralités. Dans le même temps une autre force s’exerce sur le site, celle du fleuve qui emporte les paysages à sa portée vers l’estuaire. Cette lourde poussée du fleuve perce la masse rocheuse du sillon de Bretagne et forme le site des Isles de Rezé qui semble s’écouler le long du fleuve.

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. la pointe de l’île de Nantes depuis les rives de Rezé


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l’usine Béghin Say depuis le village de la Haute île .


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. le village de la Basse ĂŽle


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le site archĂŠologique St Lupien .


:: la carte subjective

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Cette carte, réalisée à partir de mes souvenirs du site permet de faire remonter les aspects du territoire perçus mais non formulés et ainsi de noter les décalages éventuels avec la réalité. Elle donne deux informations principales à l’origine du développement de ce mémoire :

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- le territoire des Isles de Rezé offre peu de vues sur l’extérieur, ce qui incite à s’intéresser aux éléments qui le délimitent et forment des frontières. - le site est fragmenté en secteurs disparates, ce qui pousse à mieux comprendre comment il s’est formé et quelles sont les influences de cette organisation sur le fonctionnement du site.


le centre ville de Nantes

l’île de Nantes

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le Bas Chantenay

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les Isles de Rezé

Rezé


/// la ville, le Fleuve et l’estuaire Nantes

les Isles

Rezé

la métropole nantaise

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Le territoire des Isles de Rezé, par sa très large ouverture sur la Loire à l’endroit même où le fleuve franchit le Sillon de Bretagne pour entrer dans le vaste territoire de l’estuaire, constitue une occasion unique de créer une façade ligérienne pour la ville de Rezé, de relier la métropole nantaise à l’estuaire et de renforcer le lien géographique qui est à la base de la métropole Nantes-St Nazaire

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la ville de Rezé

Située en retrait du fleuve, la ville de Rezé doit pourtant son développement à la Loire puisqu’elle fut à l’époque gallo-romaine le principal 0

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port de l’estuaire. Le territoire des Isles de Rezé doit donc permettre à la ville de se réapproprier le fleuve en formant une façade fluviale ouverte et accessible. L’identité de cette rive marquée par la présence de végétaux s’oppose aux quais en structure béton qui forment les rives de Nantes. Cette berge plantée fait écho à l’entrée de la végétation qui prend place au pied du coteau et offre une continuité écologique en reliant la vallée de Bouguenais à la vallée de la Sèvre. Cette amorce de corridor écologique est l’occasion de faire entrer la ‘’nature’’ en ville et de prolonger la promenade des rives de Loire en contournant l’enclave du port autonome.

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:: la métropole nantaise

:: l’axe Nantes-St Nazaire

La métropole nantaise connait depuis plusieurs années une augmentation démographique importante liée à son image attractive et à sa situation géographique avantageuse : à deux heures de Paris et moins d’une heure de la côte atlantique.

Les villes de Nantes et de St Nazaire ont une histoire commune tournée vers l’estuaire et l’activité portuaire. Longtemps rivales, elles construisent aujourd’hui une politique commune de développement au sein de ‘’l’écométropole atlantique Nantes-St Nazaire’’. C’est ainsi que toutes les deux, après s’être détournées du fleuve pour faire la part-belle à l’étalement urbain et au développement des grandes infrastructures routières, ce sont retournées vers leur trame d’origine et en ont redécouvert les qualités. La reconquête des cours d’eau répond à de nouveaux enjeux d’attractivité en offrant au territoire l’image positive d’un cadre de vie préservé et ouvert sur des espaces naturels.

A l’origine de ce développement il y a la redécouverte du fleuve et la reconquête des cours d’eau avec notamment des projets urbains innovants comme celui de l’île de Nantes et la mise en place de politiques de préservation des milieux aquatiques avec entre autre le programme Neptune pour faire entrer la ‘’nature’’ en ville par le développement des trames vertes et bleues. Celle que l’on appelait autrefois la Venise de l’ouest à profondément changée d’aspect mais les activités autour du fleuve renaissent petit à petit et c’est ainsi que depuis 1997 des services de transports fluviaux réapparaissent avec notamment une traversée depuis la gare maritime de Nantes jusqu’au village de Trentemoult (ouverte en 2005) qui relie Nantes aux Isles de Rezé via la Loire.

Au delà du côté un peu marketing de ce discours à la mode, l’estuaire de la Loire accueille d’immenses espaces propices au développement de la biodiversité et offre des paysages d’une grande beauté encore trop peu investis par les habitants.

la métropole atlantique Nantes St Nazaire


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St Nazaire

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les Isles de RezĂŠ

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1.1 / Une ancienne île de Loire 1.2 / De l’insularité à l’isolement 1.3 / Amarrer l’île des Chevaliers à son territoire


1- une enclave périphérique en bord de Loire


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Nantes

l’île de Nantes

le M.I.N. de Nantes

introduction

la Loire : le bras de Pirmil

la Basse île

la friche des abattoirs

la route de Pornic

la rive antique de la Loire

1 - une enclave périphérique en bord de loire

le quai Wilson

Les Isles de Rezé présentent la curieuse particularité d’avoir connu le développement d’une zone périphérique avec ses grandes enclaves industrielles et sa zone commerciale aux enseignes racoleuses associée à la large route de Pornic. Pourtant nous sommes ici au bord de la Loire en plein cœur de l’actuelle agglomération nantaise. Du fait de ses grandes infrastructures le site s’est retrouvé enclavé et isolé de son contexte. Mais si l’on s’attarde sur son histoire on s’aperçoit que ce lieu était avant les années 50 très ouvert et entretenait avec les territoires voisins de nombreux liens qui se sont pour la plupart estompés depuis. Cette première partie a pour but de démontrer qu’il est nécessaire de raccrocher les Isles de Rezé à leur contexte.


1- une enclave périphérique en bord de Loire 1.1 / Une ancienne île de Loire 1.1.1 :: le fond de l’estuaire 1.1.2 :: la façade ligérienne de Rezé 1.1.3 :: les terres basses

analyse

1.2 / De l’insularité à l’isolement 1.2.1 :: des terres basses aux Isles de Rezé

enveloppe 1: du coteau à la Loire enveloppe 2: du Seil à la Loire enveloppe 3: l’île des Chevaliers de l’île des Chevaliers aux Isles de Rezé

1.2.2 :: les rives des Isles de Rezé

les rives de la Loire des extrémités sans issues la route de Pornic

orientations

1.3 / Amarrer l’île des Chevaliers à son territoire 1.3.1 :: affirmer l’insularité des Isles de Rezé rendre percéptibles les limites du site ouvrir le site sur les territoires extérieurs 1.3.2 :: amarrer les Isles de Rezé améliorer l’accessibilié du site


Le territoire que l’on appelle aujourd’hui les Isles de Rezé n’a pas toujours existé. C’est un site qui a émergé suite aux dépôts d’alluvions apportés par la Loire. Depuis l’antiquité le site est passé de l’état de petites îles de Loire à celui d’un territoire d’environ 150 hectares rattaché au coteau sud et formant la rive ligérienne de Rezé. Au cours de sa formation ce site a tissé différents liens avec des territoires parfois très lointains qui en faisaient un lieu ouvert et relié à son contexte.


1.1.1 :: le Fond de l’estuaire :: situation géologique

33

le Sillon de Bretagne est à l’origine des caractéristiques du site. En effet cette frontière physique oblige la Loire à réduire sa largeur et à se concentrer pour pouvoir passer cette barre rocheuse. Les rivières qui affluent vers la Loire (la Sèvre nantaise et l’Erdre principalement mais aussi la Chézine, la Jaguère et la Goulaine) sont concentrées en un même point du fleuve formant ainsi une convergence de cours d’eau. Cette particularité va entrainer un apport important d’éléments alluviaux et une perturbation des courants à l’origine de la

formation de nombreuses îles en ce point de la Loire. Cette configuration permettra l’installation d’une ligne de ponts à l’origine de la ville de Nantes. Mais dans un premier temps se développe, pour des raisons stratégiques et pratiques, le port gallo-romain de Ratiatum. Le site profite effectivement d’une situation privilégiée en fond d’estuaire qui lui offre un débouché sur la mer et lui permet de profiter d’un réseau hydrographique important propice au commerce.

Extrait de la légende de la carte géologique imprimée 1/50 000 (BRGM) Alluvions fluvio-marines de l’estuaire de la Loire : vase et sable

Micaschistes albitiques à deux micas

Terrains sédimentaires : Grès siliceux éocènes

Granites à deux micas

Terrains métamorphiques : Ectinites


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source : http://www.geoportail.fr/

les Isles de RezĂŠ

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http://infoterre.brgm.fr/

source : http://infoterre.brgm.fr/

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:: un chapelet d’île

La première émergence du site se fait il y a un peu moins de 2000 ans à l’époque gallo-romaine. Les Isles de Rezé sont alors réellement des îles formées de dépôts détritiques drainés par le fleuve.

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Guérande St Nazaire

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Trois îles émergent à cette époque :

IIIème siècle Condevicnum

Ratiatum

source : carte réalisée à partir de la carte de Claire Soyer et Jean René Le Nezet

Les deux autres îles, Norkiouse et la Basse île, sont formées par accumulation de dépôts alluviaux à la faveur des perturbations du courant dues à la confluence de la Loire et de la Sèvre.

Ratiatum

source : CNRS - UMR 6554 Géolittomer

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Trentemoult, la plus importante, prend place sur une émergence rocheuse qui constitue un socle sur lequel les alluvions vont se déposer en priorité. Cette particularité de Trentemoult est à l’origine de son développement précoce et de sa prédominance sur les autres îles. Elle est la première à être investie puisque dès l’antiquité s’y installe une villa galloromaine. Plus tard la nature rocheuse de son socle lui permettra d’accueillir un quai et une activité fluviale et maritime.


:: Ratiatum : le port antique de Rezé

Les petites îles qui constituent le site des Isles de Rezé étant encore très peu investies à cette époque, les premiers liens avec les territoires exla Butte Ste Anne

la Jaguère

Nantes

vicnum (la ville antique de Nantes) via notamment sa ligne de ponts qui permet le passage de la Loire.

la ligne de Ponts

source : Rezé sur les traces de Ratiatum

Trentemoult

térieurs sont tissés par la ville de Ratiatum. Celle-ci s’ouvre sur le fleuve, l’estuaire, l’océan, le sud du pays via la Sèvre Nantaise et au nord avec Conde-

la Sèvre

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source : Rezé sur les traces de Ratiatum

Reconstitution supposée de la ville antique vue de l’ouest vers le début du IIème siècle apr. J.C.

Reconstitution supposée de la ville antique vue de l’ouest vers la fin du Bas-Empire (Vème siècle apr. J.C.)


1.1.2 :: la façade ligérienne de Rezé

:: une île unique

Guérande St Nazaire

Nantes

Rezé source : carte d’Etat-Major

L’accumulation de sédiments sur la rive sud de la Loire fait naitre une île elle-même constituée des petites îles pré-existantes à l’époque antique. Celle-ci est appelée île des Chevaliers en raison de la présence de Templiers installés en plein cœur du site (au niveau de la Basse île) et assurant la police de la navigation. Trois cours d’eau forment alors les limites de cette île : la Loire au Nord, La Sèvre à l’Est et le Seil au Sud. 37

XIXème siècle Nantes

Haute île

Norkiouse Trentemoult

Basse île

source : carte d’Etat-Major

Rezé


:: une nouvelle façade sur la Loire

Avec la formation de l’île des Chevaliers, et l’envasement progressif du bras de Loire qui permettait l’accès au port antique de Rezé, la rive du fleuve se déplace d’environ 500 mètres au nord. Désormais la façade de Rezé n’est plus un long quai sur la Loire mais une série de petits villages très indépendants ayant chacun leur ouverture sur la Loire.

Les relations entre Rezé et l’île des Chevaliers sont parfois conflictuelles en raison du caractère très indépendant des habitants des îles. Malgré tout des liens importants existent notamment pour les échanges commerciaux.

Nantes qui est devenue un port important est également un lieu attractif pour les habitants des îles et rapidement un lien fluvial se créé entre Nantes et l’île des Chevaliers.

source : Trentemoult et les îles; Daniel Auduc

38

source : Trentemoult et les îles; Daniel Auduc

Promenade sur le Seil à la fin du XIXème siècle. L’activité nautique y était très importante

Forte activité fluviale sur la Loire.


1.1.3 :: les terres basses :: une rive de Loire

Guérande

St Nazaire

Nantes

Rezé

source : photo satellite : maps.google.fr

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Avec l’endiguement du Seil à la confluence entre la Loire et la Sèvre, l’envasement de l’ancien bras de Loire s’accélère et l’île des Chevaliers se confond avec le coteau de Rezé. D’autre part, les travaux pour améliorer la navigabilité de la Loire et permettre au port de Nantes de maintenir son activité, favorisent la création d’un lit unique qui rattache l’ensemble des îles de l’estuaire aux rives. Ces grandes rives ainsi formées crééent les terres basses inondables que l’on peut observer aujourd’hui le long de l’estuaire.

XXème siècle Nantes

Norkiouse

Rezé

source : Plan de la ville de Nantes - 1909

Trentemoult

Haute île Basse île


:: le Seil ouvre le site sur l’estuaire

Le territoire des Isles de Rezé s’ouvre désormais sur ces nouveaux espaces que sont les terres basses de l’estuaire. Cette relation est favorisée par l’écoulement du Seil qui établit

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un lien physique entre ces deux territoires et offre à l’ancienne île des Chevaliers une ouverture sur un espace ouvert aux influences maritimes.

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les terres basses au nord de Bouguenais

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la prairie humide du ruisseau de la Jaguère le long de la route de Pornic

Les Isles de Rezé ont connu, au cours de leur formation, différentes formes d’insularité. D’abord archipel puis île unique, elles se sont ensuite confondues avec les rives de Rezé. Cette évolution a façonné un territoire singulier largement ouvert sur la Loire, l’estuaire et l’Océan.


1- une enclave périphérique en bord de Loire 1.1 / Une ancienne île de Loire 1.1.1 :: le fond de l’estuaire 1.1.2 :: la façade ligérienne de Rezé 1.1.3 :: les terres basses

analyse

1.2 / De l’insularité à l’isolement 1.2.1 :: des terres basses aux Isles de Rezé

au pied du coteau enveloppe 1: du coteau à la Loire enveloppe 2: du Seil à la Loire enveloppe 3: l’île des Chevaliers de l’île des Chevaliers aux Isles de Rezé

1.2.2 :: les rives des Isles de Rezé

les rives de la Loire des extrémités sans issues la route de Pornic

orientations

1.3 / Amarrer l’île des Chevaliers à son territoire 1.3.1 :: affirmer l’insularité des Isles de Rezé

rendre percéptibles les limites du site ouvrir le site sur les territoires extérieurs

1.3.2 :: amarrer les Isles de Rezé

améliorer l’accessibilié du site


Après avoir été un territoire relié à son contexte et ouvert sur des pays lointains, les Isles de Rezé connaissent, à partir des années 50, un isolement dû principalement à la modification de leurs limites. Les rives qui formaient l’île des Chevaliers sont devenues des frontières limitant les déplacements et les vues sur le paysage.


1.2.1 :: des terres basses aux isles de rezé :: au pied du coteau

L’observation du site actuel, pousse à s’intéresser aux traces de l’ancien lit du Seil, qui jouxte les Isles de Rezé, ou ce que l’on pourrait également appeler les anciennes rives de Rezé. Cet espace linéaire se caractérise par son inondabilité, qui l’a globalement préservé de la construction et constitue l’une des entrées de la végétation dans la ville en formant un important corridor biologique (mis en évidence par Pierre Brunel dans son mémoire

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de fin d’études intitulé ‘‘Analyse des fonctionnalités écologiques du territoire communal de Rezé’’.). Cet espace constitue pour les Isles de Rezé une ouverture sur la vallée de Bouguenais à l’Ouest, ce qui permet de rattacher le site à l’estuaire en contournant l’enclave du port autonome. Celui-ci étant actuellement une frontière infranchissable le long de la Loire. à l’est, les anciennes rives permettent une ouverture sur la vallée de la Sèvre.

La juxtaposition du site des Isles de Rezé et de l’ancien lit du Seil ouvre les Isles sur un territoire plus large lié à l’évolution du cours de la Loire et à l’écoulement de l’eau sur le site. Le territoire de cette ancienne île se télescope avec celui des terres basses de l’estuaire de la Loire. Pour mieux comprendre ces différentes échelles il convient de les décrire pour pouvoir les délimiter et ainsi mieux comprendre leur emboitement.

les terres basses

source : Valérie Joncheray Photographe

le port autonome

les Isles de Rezé


le cours de la Loire au XIX sècle

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le cours de la Loire au XX siècle, après les modifications de son cours pour faciliter la navigation

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l’ancien lit de la Loire et les îles forment les nouvelles rives du fleuve

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:: enveloppe 1 du coteau à la Loire

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enveloppe 3

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Suite au rattachement des Isles aux rives de Loire le site appartient désormais à un vaste territoire qui se caractérise par une faible altitude ce qui induit de fréquents débordements du fleuve sur ces terres. Cet ensemble de prairies humides constituaient le lit de la Loire avant son endiguement partiel. Les quelques îles qui émergent du site et sur lesquelles sont installés des villages en témoignent aujourd’hui. Les limites de cette première enveloppe sont données par la Loire au Nord et par le coteau au Sud. Le long de cette limite sud, on note la présence de talwegs, lieux d’écoulement des eaux depuis le coteau jusqu’à la Loire. Ce sont également des lieux de déplacement ancestraux pour les hommes et les animaux qui permettent de rejoindre la Loire depuis le coteau.


50 m 0m

:: enveloppe 2 du Seil à la Loire

-50 m

Cette seconde enveloppe se caractérise par les travaux de remblaiement importants qui ont modifié sont aspect pour y installer des zones d’activités économiques. Les limites de cette enveloppe sont données par la Loire au Nord et par l’ancien lit du Seil au sud.

1

1 km

0

1 km

N

0m -50 m

:: enveloppe 3 l’île des Chevaliers

La troisième et dernière enveloppe correspond à l’ancienne île des Chevaliers, qui était délimitée par trois cours d’eau. Dans la configuration actuelle du site c’est un troisième cours d’eau, qui délimite cette enveloppe de la précédente, puisque le canal, dans lequel la Jaguère finit sa course, marque la limite entre les Isles de Rezé et le port autonome de Nantes.

0 50 m

2

N

50 m 0m -50 m 46

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Aléa fort Aléa moyen Aléa faible

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Les Isles de Rezé s’inscrivent dans un vaste territoire de terres basses ouvertes aux influences maritimes. Le pied du coteau qui longe les Isles offre une voie d’accès naturelle à l’estuaire et forme un corridor biologique permettant l’entrée de la nature en ville. Malgré leur rattachement à la rive, les Isles de Rezé qui prennent place sur l’ancienne île des Chevaliers, conservent leur unité et leur cohérence. Le site ne se confond donc pas totalement avec la rive sud car il conserve des limites bien définies.

La limite nord est toujours marquée par la Loire dont la rive a peu évoluée. :: de l’île des Chevaliers aux Isles de Rezé

47

Cette dernière enveloppe délimite les Isles de Rezé qui constituent le site d’étude de ce mémoire. Ce territoire prend place sur une ancienne île de Loire elle-même constituée de petites îles plus anciennes. A l’origine cerné par des cours d’eau, ce territoire, bien que n’étant plus une île, conserve des limites bien définies.

Au Sud, la limite qui était autrefois donnée par l’écoulement du Seil est aujourd’hui remplacée par la route de Pornic. La frontière ouest est dessinée par le port autonome et le canal de la Jaguère.

La confluence entre la Sèvre et la Loire marque toujours la limite Est à laquelle s’est ajoutée la voie de chemin de fer qui sépare la pointe de l’île du reste du site.


48

0

1 km

N


1.2.2 :: les rives des isles de rezé Le territoire des Isles semble se détacher de son contexte, quels sont les éléments qui forment des frontières, entravent les déplacements et limitent les vues sur l’extérieur ?

La route de Pornic forme la frontière la plus hermétique du site, elle empêche tout contact avec le coteau de Rezé au Sud.

La rive nord de la Loire est visible essentiellement sur les quais de Trentemoult.


Le Quai Wilson sur l’île de Nantes est peu détaillé car peu visible depuis Rezé.

L’usine Béghin Say est, au contraire, très visible et depuis différents points de vue.

50

La route de Pornic est représentée comme étant une ligne droite en raison de la vitesse à laquelle les automobilistes l’empruntent et de sa monotonie.

En définitif le site des Isles de Rezé est plus ouvert sur la ville de Nantes, dont il est séparé par une frontière physique, que sur Rezé, la commune à laquelle il appartient.


:: les rives de la Loire

51

la rive de la Loire devant le village de la Haute ĂŽle


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la fabrique de glace sur l’Île de Nantes


:: les rives de la Loire

Au Nord la Loire est une frontière naturelle, mais elle est également un espace attractif ouvert sur Nantes, son île et sur le pont de Cheviré, audessous duquel l’horizon s’ouvre sur l’océan. Cette frontière est également une voie de circulation, un lien entre Nantes et Rezé. C’est un espace important du fait de sa beauté et de l’ancrage au territoire très puissant qu’il représente. C’est le principal élément de géographie du site.

Malheureusement la rive du fleuve est rendue inaccessible sur plus de la moitié du territoire des Isles par une privatisation de ses berges. La présence de hangars installés sur des remblais, ainsi que le développement de la ripisylve, limitent les vues sur la Loire même lorsqu’il est possible de l’approcher. Si bien que la rive opposée n’est finalement visible qu’en de trop rares endroits.

01

53

01

Au niveau du village de Trentemoult, l’espace s’ouvre très largement sur la Loire qui constitue un formidable espace public reliant Nantes à Rezé. Dans ce lieu très prisé des nantais il est possible de prendre du recul sur la ville, de l’observer et de comprendre comment la Loire forme l’île de Nantes. A cet endroit précis l’identité du territoire est très forte ce qui fait la qualité de cet espace et sa beauté.

02

L’entreprise Colas possède un terrain remblayé en bordure de Loire. Bien que celui-ci soit ouvert il privatise une large emprise en bord de Loire.


02

04

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espace ouvert, accessible

05

0

espace fermé, inaccessible

500m

N

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03

Entre la Basse île et la Loire s’alignent d’immenses hangars qui forment un mur impénétrable le long du fleuve. Derrière ce rempart se trouve le quai Wilson qui doit accueillir la seconde étape du projet de l’île de Nantes.

04

Un peu plus loin, près du village de la Haute île, le même schéma se répète et participe à la fermeture du site et à sa banalisation. La Loire est derrière ces bâtiments à une vingtaine de mètres.

05

Au village de la Haute île, la vue sur la très belle usine Bégin Say est rendue un peu difficile en raison d’une végétation très abondante. Quelques ouvertures ou avancées sur la Loire permettraient de bien profiter de ce patrimoine industriel nantais.


:: des extrémités sans issues

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les sablières


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l’usine Béghin Say


:: des extrémités sans issues

57

Les Sablières A l’extrémité ouest, la Jaguère canalisée et les sablières referment le site qui butte sur le port autonome totalement clos. Mais le regard, lui, porte loin sous le pont de Cheviré ou sur Nantes. En s’avançant un peu sur l’eau grâce aux passerelles on peut même avoir une belle vue sur Trentemoult. Ce lieu est à la fois une limite et une belle ouverture sur le paysage. Il constitue la proue du site et permet de ressentir l’insularité des Isles de Rezé de la même manière que lorsque l’on se trouve à la pointe de l’île de Nantes le sentiment d’insularité est perceptible et l’influence maritime palpable. 01

Les sablières sont délimitées très nettement par l’emprise du port autonome avec ses hangars et ses espaces de stockage. Les vues sont très réduites, il faut prendre un peu de hauteur pour apercevoir le pont de Cheviré et les silhouettes gracieuses des grues au loin.

La confluence L’extrémité Est du site, est formée par la confluence entre la Sèvre et la Loire. Elle constitue une barrière physique qu’une passerelle permet de franchir. Cette ouverture est brève car elle mène a un espace lui-même clos par les voies de circulation de Pirmil. Cet espace, physiquement contraint par deux cours d’eau et une route très passante, offre, par contre, une large ouverture visuelle sur la Loire, et particulièrement sur la partie avale avec l’usine Béghin Say et le pont de Pornic.

02

En s’avançant un peu sur la Loire, grâce aux passerelles de chargement du sable, la vue s’ouvre très largement du pont de

02

le

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01

na

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la

Jag

re

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Cheviré, à l’Ouest, au village de Trentemoult, à l’est. Le vent souffle et l’appel du large se fait ressentir très fortement.


04 05 03

espace ouvert, accessible

0

espace fermé, inaccessible

500m

N

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03

La voie ferrée, à l’Est, referme le site en le séparant de la confluence de la Sèvre et de la Loire. Cette percée dans le tissu urbain est aussi l’occasion d’une belle ouverture sur la ville et d’un rapprochement d’éléments lointains.

04

Sur la pointe de terre, que vient pincer la Loire et la Sèvre, le regard se tourne immédiatement vers l’Ouest sur l’usine Bégin Say et le pont de Pornic qui limite la vue par son treillage d’acier.

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Cerné par les eaux, cet espace est fermé au Sud par le nœud de circulation de Pirmil qui limite l’accès des piétons.


:: la route de Pornic

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la route de Pornic dans sa partie ouest


60

la route de Pornic enfermée dans son couloir de végétation


:: la route de Pornic

L’ancien bras de Loire, qui dessinait la limite sud de l’île des Chevaliers, a commencé à être remblayé à partir de 1950 avec la construction de la route de Pornic. En longeant le pied du coteau, cette large voie routière établit une nouvelle frontière, à la fois physique et visuelle, entre les Isles et Rezé. Cette quatre voies, à l’aspect très routier, destinée à faire passer rapidement les automobilistes de la rocade au centre de Nantes, a un effet repoussoir de chaque côté des voies

en raison, entre autre, de la gêne sonore qu’elle entraine. Il est difficile, de traverser cette frontière à pied, même aux endroits prévus pour, et il n’est pas possible de la longer. C’est un lieu totalement réservé aux automobiles. Les abords de cette route sont plantés d’un rideau d’arbres qui forme une limite visuelle et empêche les relations entre les îles et le coteau. l’effet couloir, ainsi créé, empêche les automobilistes de voir et de comprendre qu’ils longent une ancienne île en surplomb des rives de Rezé.

01

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01

La route de Pornic enfermée dans son couloir de végétation.

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La succession des voies de circulation empêche toute traversée.

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Le langage routier de cette voie de circulation participe à la banalisation du site.


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espace ouvert, accessible

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espace fermé, inaccessible

500m

N

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Le partage des voies dans la partie Est du site permet d’apaiser la circulation et de rendre cet axe plus urbain.

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Malgré l’amélioration des abords de la route dans sa partie Est, la végétation continue à jouer un rôle d’écran auquel

06

s’ajoute la présence de bâtiments hors d’échelle qui écrasent le relief du coteau.


Le nom de l’ancien bras de Loire : le Seil, vient du mot seuil en raison de sa situation en pied de coteau qui lui permettait de récupérer les eaux qui s’en écoulent. Aujourd’hui cette fonction est assurée par le remblai sur lequel se trouve la route de Pornic. Celui-ci, en arrêtant la course de l’eau, forme, sur les anciennes rives de Rezé, des terres humides inondables. Ces terres chargées d’eau tout au long de l’année (on le constate en été lors des fouilles du site archéologique) reforment un nouveau Seil qui se charge en eau lors des périodes de crues et redessine l’île des Chevaliers ainsi que la rive antique de Rezé.

l’eau s’écoule le long des talwegs du coteau de Rezé

inondation d’aléa fort

63 source : site internet : geoportail.fr

inondation d’aléa moyen

ZICO

Natura 2000 - oiseaux

inondation d’aléa faible

L’ensemble de ces prairies humides s’inscrit dans un corridor écologique qui longe le pied du coteau depuis la vallée de Bouguenais jusqu’à la vallée de la Sèvre. Cette ouverture sur l’estuaire de la Loire est une occasion intéressante de renforcer la trame verte

de l’agglomération, en améliorant les continuités écologiques. C’est aussi une opportunité d’ouverture de l’agglomération nantaise sur l’estuaire de la Loire en permettant de contourner l’enclave du port autonome.

Natura 2000 - habitat

ZNIEFF 2


la continuité écologique des prairies humides de l’estuaire

enclave du port autonome NantesSt nazaire

continuité écologique à créer

les accès au site des Isles de Rezé

La route de Pornic, on vient de le voir, est une limite visuelle et physique, ce qui a pour conséquence directe de séparer les Isles du reste de la ville de Rezé, privant ainsi la majorité des habitants de l’accès à la Loire. Ce que l’on remarque sur cette carte c’est que cette route limite très nettement les entrées sur le site en particulier dans sa partie ouest. Les accès sont à peine plus nombreux au Sud qu’au Nord des Isles, alors que la Loire est un obstacle bien plus important par sa nature et son emprise qui nécessite la construction de ponts.

64

entrées du site

la route limite l’accès au site

Ancienne île ouverte sur le monde, le site des Isles de Rezé forment désormais un territoire appartenant aux rives de la Loire et aux terres basses de l’estuaire. Les limites du site ont beaucoup évoluées depuis les rives de l’île des Chevaliers mais la présence de l’eau qui les longe confirme son identité insulaire. Les rives qui formaient des limites physiques sont devenues, également, des limites visuelles qui enclavent le site et l’isolent de son contexte particulièrement au sud du territoire le long de la route de Pornic où la lecture du site est difficile.


1- une enclave périphérique en bord de Loire 1.1 / Une ancienne île de Loire 1.1.1 :: le fond de l’estuaire 1.1.2 :: la façade ligérienne de Rezé 1.1.3 :: les terres basses

analyse

1.2 / De l’insularité à l’isolement 1.2.1 :: des terres basses aux Isles de Rezé

enveloppe 1: du coteau à la Loire enveloppe 2: du Seil à la Loire enveloppe 3: l’île des Chevaliers de l’île des Chevaliers aux Isles de Rezé

1.2.2 :: les rives des Isles de Rezé

les rives de la Loire des extrémités sans issues la route de Pornic

orientations

1.3 / Amarrer l’île des Chevaliers à son territoire 1.3.1 :: affirmer l’insularité des Isles de Rezé rendre percéptibles les limites du site ouvrir le site sur les territoires extérieurs 1.3.2 :: amarrer les Isles de Rezé améliorer l’accessibilié du site


Après cette première phase d’analyse du site dans son contexte, il est possible de faire une liste des problèmes liés aux limites du territoire : -Les Isles de Rezé souffrent d’un isolement physique qui rend son accès et sa traversée difficiles. Lorsque l’on arrive de Nantes ou bien de la vallée de la Sèvre, il est impossible d’accéder aux terres basses de l’estuaire, et depuis le coteau de Rezé, il est très difficile d’accéder aux rives de la Loire. -A cet isolement physique s’ajoute un isolement visuel dû à des frontières opaques du fait de la végétation et des infrastructures. Le site est refermé sur lui-même et se détache de son contexte. -La cohérence géographique, issue de l’ancienne île des Chevaliers, n’est pas lisible en raison de la discontinuité des limites du site, ce qui participe à son isolement physique et visuel. Car si l’on ne peut pas se déplacer le long de ses rives, on ne peut pas non plus les traverser ni voir ce qui se passe au-delà. -La présence de l’eau qui borde chacune des frontières du site est difficilement visible. Elle constitue pourtant un indice important dans la compréhension de la géographie et de l’histoire des Isles.


solutions proposées : Je propose deux orientations de développement pour pallier à ces problèmes : - affirmer l’insularité des Isles de Rezé - amarrer le site aux territoires extérieurs

Ces deux actions découlent de la volonté d’enrichir le site, en cherchant à faire émerger ce qui fait sa singularité. Il s’agit de retrouver le ‘’génie du lieu : le genius loci’’ pour

1.3.1 :: aFFirMer l’insularité des isles de rezé

67

- Affirmer l’insularité du territoire des Isles de Rezé permettra de rendre perceptible leurs limites en les reconsidérant comme des rives et ainsi de donner une cohérence au site tout en révélant la présence de l’eau. A l’image de la Loire, ces cours d’eau sont amenés à être des lieux attractifs qui permettent à l’île de se retourner vers l’extérieur en offrant des vues lointaines ce qui la désenclavera et affirmera son identité.

rendre perceptibles les limites du site

ouvrir le site sur les territoires extérieurs

‘’réenchanter le monde’’ comme le propose le géographe Jean-Robert Pitte. Chaque lieu doit être unique et laisser apparaître ce qu’il a été afin de préserver sa quatrième dimension ce


que défend Sébastien Marot lorsqu’il dit : ‘‘le siècle n’est plus à l’extension des villes mais à l’approfondissement des territoires […] le monde est devenu trop étroit pour que l’on puisse

seulement songer à ne pas explorer partout sa quatrième dimension. Il est urgent d’extrapoler.’’

1.3.2 :: Amarrer les Isles de Rezé aux territoires extérieurs - Amarrer les Isles procède de la même volonté d’ancrage au territoire. Cette action a pour but de rendre possible la traversée du site et d’améliorer son attractivité. Pour cela la ville doit être passante, c’est ce que préconise David Mangin qui cite lui même Christopher Alexander : [Par sa] ‘‘célèbre formule [...]: «  une ville n’est pas un

améliorer l’accessibilité du site

arbre ». Il signifiait ainsi que l’arborescence de l’arbre, hiérarchisée et en cul-de-sac des racines à la feuille, ne peut convenir à l’arborescence d’une ville, qui doit au contraire assurer la communication entre presque toutes les feuilles.’’

L’idée d’amarre permet également de rendre explicite le passage d’un espace à un autre et donc de ménager des transitions qui rendent compte de l’insularité du territoire et de son lien à l’eau.

68


69

1.3.1 :: aFFirMer l’insularité des isles de rezé Étendre et re-profiler une partie des berges

rendre perceptibles les limites du site

Transformer la route de Pornic en quai donner un lit au Seil

Aménager des circulations douces autour de l’île et le long du Seil

ouvrir le site sur les territoires extérieurs Redéployer la ripisylve


70

0

100m

1.3.2 :: aMarrer les isles de rezé aux territoires extérieurs améliorer l’accessibilité du site

créer de nouvelles entrées

250m

500m

N


71

Aménager des circulations douces autour de l’île et le long du Seil

Étendre et re-profiler une partie des berges

Pouvoir à nouveau faire le tour de l’île, et en appréhender les limites, permettra d’affirmer l’unité du site, d’avoir des vues nombreuses et réciproques sur les territoires alentours, et donc de rattacher le site à son contexte et d’affirmer son identité par son ancrage géographique.

Étendre les berges et rendre leur profil moins abrupte permettra de dessiner les limites du site, d’approcher les cours d’eau, et de pouvoir ainsi les appréhender physiquement. Cette mesure permet aussi le développement de la végétation (notamment l’Angélique des estuaires, plante endémique de ce milieu) et renforce donc l’identité de la berge sud de la Loire.

Redéployer la ripisylve Actuellement alignée en rideau le long de la route de Pornic cette végétation créée un rideau opaque qui enferme visuellement le site. Une nouvelle disposition de la végétation permettrait d’augmenter les surfaces plantées tout en ouvrant le site et en appuyant son identité végétale. Il s’agit d’augmenter les zones plantées en bord de Loire, de manière à accentuer le contraste entre le quai Wilson et la berge souple de Rezé, de s’appuyer sur la trame bocagère le long du Seil pour créer des fenêtres et permettre d’orienter le regard, et de souligner la présence de l’eau par une végétation spécifique sur l’ensemble des rives de l’île.


Transformer la route de Pornic en quai

Donner un lit au Seil

Créer de nouvelles entrées

Reconsidérer la route de Pornic comme la bordure des Isles de Rezé, et non plus comme un couloir de circulation qui traverse le site, permettra de souligner la rive sud de l’île qui est actuellement la moins lisible et la moins investie. Faire évoluer la forme de cette route et la re-qualifier va également permettre de poser la question de l’entrée dans l’agglomération nantaise en s’inspirant de l’entrée sud de la ville de Nantes (le boulevard Émile Gabory et le boulevard du général de Gaulle) et ainsi la préparer à de nouveaux usages (chronobus, busway, tramway...) et rendre possibles les traversées.

Faire émerger les eaux du coteau, pour que puisse à nouveau exister le Seil (qui signifie le seuil du coteau), rend possible la redécouverte de l’ancienne rive de Rezé au Sud et affirme l’insularité du territoire des Isles au Nord. C’est aussi un moyen de redonner une qualité à ce lieu déserté, de le rendre attractif et de redécouvrir l’origine de la ville au travers du site archéologique de Ratiatum.

L’ouverture de nouveaux accès depuis le coteau de Rezé permettra à la ville et à ses habitants de se réapproprier le fleuve et ses abords en empruntant les talwegs creusés par l’écoulement des eaux. Suivre le chemin de l’eau entre dans la logique de redécouverte du lien qu’entretiennent les îles avec le fleuve et son bras de Loire. C’est aussi se servir de lieux de passages ancestraux à l’image du chemin longeant la Jaguère qui est aujourd’hui contraint de bifurquer à l’approche de la route de Pornic alors que l’écoulement du ruisseau se poursuit jusqu’à la Loire. 72


73


1 - une enclave périphérique en bord de loire

conclusion L’ancienne île des Chevaliers ouverte sur le monde a successivement perdu son insularité puis s’est retrouvée enfermée derrière une rocade. C’est aujourd’hui un site isolé dont les limites sont marquées par des frontières visuelles et physiques. Le développement de ce site passe donc par l’affirmation de son insularité qui lui permettra de s’ouvrir sur son contexte et par l’amélioration de son accessibilité. Après avoir observer les limites du territoire des Isles de Rezé intéressons nous maintenant à ce qui en constitue l’intérieur.


75

2.1 / un territoire dessiné par la Loire 2.2 / un territoire fragmenté 2.3 / Vers une île archipel


2- la perte de l’identitÊ insulaire


77


Chantenay

introduction

le Bas Chantenay

le village de Trentemoult

la zone commerciale

la route de Pornic

le Bois Chabot

Rezé - la Croix Médard

2 - la perte de l’identité insulaire

la Loire

Le promeneur qui déambule dans les rues pittoresques de Trentemoult est frappé de se retrouver, à peine sortie du village, en plein cœur d’une zone commerciale avec ses grands parkings et ses ‘’hangars déguisés’’. Le territoire des Isles de Rezé présente, en effet, de forts contrastes faisant se côtoyer, de manière très abrupte, d’anciens villages de pêcheurs avec des zones d’activités industrielles et commerciales. Cette situation résulte, comme nous allons le voir, de deux modes d’investissement du site radicalement opposés. Cette seconde partie a pour but de démontrer de quelle manière la discontinuité du site va permettre en définitif d’assurer sa cohésion et d’affirmer son identité insulaire.


2- la perte de l’identité insulaire 2.1 / un territoire dessiné par la Loire 2.1.1 :: la structure du site 2.1.2 :: des strates et des îles

2.2 / un territoire fragmenté analyse

2.2.1 :: les îles habitées

l’intelligence vernaculaire des îles ouvertes des îles isolées

2.2.2 :: un territoire banalisé

une logique fonctionnaliste l’enfermement du site

2.2.3 :: la friche des abattoirs

un potentiel d’urbanisation un territoire autonome

2.3 / Vers une île archipel orientations

2.3.1 :: affirmer la discontinuité des Isles de Rezé

préserver les îles habitées conserver les activités économiques sur le site créer un nouveau quartier sur la friches des anciens abattoirs

2.3.2 :: ménager des espaces de transition ouverts

dessiner les îles relier les îles entre elles


Situées dans l’ancien lit de la Loire, les Isles de Rezé ont largement été façonnées par l’écoulement du fleuve. Il est intéressant de connaitre les étapes de formation des Isles pour comprendre comment l’eau a laissé son empreinte sur le site et de quelle manière celui-ci s’oriente aujourd’hui vers l’estuaire. Il en résulte que l’ensemble du territoire donne l’impression de s’écouler le long du fleuve.


2.1.1 :: la structure du site

- la formation de la rive antique de Rezé : Rezé à d’abord été Ratitum un port gallo-romain dont les traces actuelles se situent au Sud de la route de Pornic. Cette rive est délimitée à l’Ouest par la vallée de la Jaguère et à l’Est par la vallée de la Sèvre. Formée par la Loire cette première strate se place tout naturellement dans le sens de son écoulement.

le nouveau front de Loire et par la même occasion une nouvelle strate parallèle à la première. Entre temps des maisons se sont installées sur les terres émergées afin de se rapprocher de la Loire et de pouvoir y pêcher. Une voie se créée, qui permet de relier ses villages entre eux. Les îles étant alignées dans le sens de l’écoulement de la Loire, la route s’oriente naturellement de la même manière et vient donc appuyer la nouvelle rive du fleuve.

81

- la formation de l’île des Chevaliers : - la fermeture du Seil : De petites îles se forment par l’apport de sédiments drainés par la Loire. Ces dépôts s’accumulent à la faveur d’émergences rocheuses ou bien en raison des perturbations du courant entrainées par la confluence de la Loire et de la Sèvre. De l’état de simples bancs de sables ces îles vont se développer et se rassembler jusqu’à former une île unique : l’île des Chevaliers. Sa rive Nord constitue

Spontanément le Seil tend à se combler de dépôts alluvionnaires. Cette progressive disparition va être accélérée au VIème siècle lorsque la Sèvre est détournée de son cours par un endiguement qui ne permet plus d’alimenter le Seil1. L’île des Chevaliers va alors se rapprocher de la rive jusqu’à s’y confondre totalement lors de la construction de la route de Pornic qui entraine les premiers

1. Il semble que l’on doive à Félix évêque de Nantes (VIe siècle) le détournement du lit originel de la Sèvre (le Seil) par l’ouverture d’un canal, au confluent actuel.

remblaiements et fait disparaître cet ancien bras de la Loire. La route de Pornic, en s’installant au pied du coteau de Rezé, longe l’ancienne rive de Loire et s’installe donc parallèlement à l’écoulement du fleuve. - l’axe central : Aujourd’hui on voit se dessiner un axe central qui s’inscrit dans la logique de ces voies parallèles et vient compléter les circulations Est/Ouest du site.


la rive antique de Rezé

cette rive est formée par l’écoulement de la Loire

elle constitue la première strate du site

les îles se forment par dépot d’alluvions

l’accumulation de matériaux développe les îles

elles finissent par se rejoindre et former une seule île

le village de la Haute île apparait sur les cartes

la seconde strate est formée par la rive de l’île

l’ensablement du Seil participe à élargir l’île

82

l’ensablement du Seil élargit la rive de Rezé

le Seil est endigué au niveau de la Sèvre

la troisième strate est formée par la route des îles

le Seil disparait avec les remblaiements

Au pied du coteau la route de Pornic forme la quatrième strate

la route centrale ébauche une cinquième strate


2.1.2 :: des strates et des îles Trentemoult

la rive de la route des îles la Lo ire l’axe cen tral des Isles la route de P ornic la rive antiq ue de Re zé

Norkiouse

84


la Basse île

la Haute île

85

Le site des Isles de Rezé s’est donc formé par un double processus de sédimentation et d’érosion. La sédimentation a formé de petites îles, qui ont évolué en une île unique plus grande, et rattaché l’ensemble à la rive de Rezé. Tandis que l’érosion a formé les berges qui ont donné naissance à une succession de voies parallèles. Le site s’allonge, ainsi, le long de la Loire, emporté par cette force qui traverse le Sillon de Bretagne et ouvre le territoire sur l’estuaire.


2- la perte de l’identité insulaire 2.1 / un territoire dessiné par la Loire 2.1.1 :: la structure du site 2.1.2 :: des strates et des îles

2.2 / un territoire fragmenté analyse

2.2.1 :: les îles habitées

l’intelligence vernaculaire des îles ouvertes des îles isolées

2.2.2 :: un territoire banalisé

une logique fonctionnaliste l’enfermement du site

2.2.3 :: la friche des abattoirs

un potentiel d’urbanisation un territoire autonome

orientations

2.3 / Vers une île archipel 2.3.1 :: affirmer la discontinuité des Isles de Rezé

préserver les îles habitées conserver les activités économiques sur le site créer un nouveau quartier sur la friches des anciens abattoirs

2.3.2 :: ménager des espaces de transition ouverts

dessiner les îles relier les îles entre elles


Deux types d’occupation cohabitent sur le territoire des Isles de Rezé : - les villages de pêcheurs : qui prennent place sur les anciennes îles, issues de la sédimentation des matériaux charriés par la Loire, et qui semblent suivre la même logique sédimentaire en accumulant leurs constructions sur ces espaces réduits. - Les zones d’activités : qui s’installent sur une épaisse couche de remblais recouvrant une grande partie du site, et prennent la forme de grands hangars dispersés. Ce type d’installation marque une rupture nette dans la manière d’investir le territoire.


2.2 / un territoire FragMenté La carte subjective présente des niveaux de détails très différents selon les secteurs représentés ce qui traduit la grande diversité des espaces et leurs qualités variables. A quoi sont dues ces variations et qu’impliquent-elles dans le fonctionnement du site ?

La zone commerciale est plus détaillée que la zone industrielle car plus facilement traversable. C’est même un lieu totalement ouvert.

La complexité du village de Trentemoult ainsi que sa densité en font un lieu très riche et difficile à appréhender dans son ensemble malgré sa faible superficie. Sa représentation de mémoire comporte plus d’erreurs que le reste du site.


la zone industrielle reste peu détaillée car les grandes enclaves qui la constituent, empêchent de s’y déplacer. A l’inverse les villages sur la Loire sont très ouverts car très riches en informations.

90

Les Isles de Rezé forment un territoire cohérent, lui-même, composé de sous espaces très contrastés dans leur organisation et leurs qualités.


2.2.1 :: les ĂŽles habitĂŠes

91

le village de Trentemoult et ses espaces publics investis par les habitants


92

la disposition alĂŠatoire des maisons donne naissance Ă  un labyrinthe de ruelles et de petites places


93

Trentemoult en 1955, la densité des habitations contraste avec les espaces ouverts de la Loire et des terres inondables en arrière plan.

De nombreuses ruelles s’ouvrent sur la Loire offrant de belles vues sur le coteau nord.

La maison des Isles, en bord de Loire, s’adapte à l’inondabilité du site en s’élevant sur des pilotis.

Norkiouse

f Quai Surcou las

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c éral Lecler Rue du Gén

Trentemoult

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Le village de la Basse île où certaines maisons paraissent envahies par la végétation.

Depuis Nantes, le port de Trentemoult offre une façade ligérienne pleine de promesses.

L’ensemble de la rive sud de la Loire est marquée par l’abondance de la ripisylve que viennent compléter les jardins des particuliers et les arbres alignés sur les quais. 94

la Haute île

la Basse île Rue de la Basse île

Rue Félix Eboué Rue des Chevaliers

0

100m

250m

Rue é ric Ta barly

500m

N


:: l’intelligence vernaculaire

Les villages de pêcheurs prennent place sur d’anciennes îles issues de la sédimentation alluvionnaire. Soumises aux fortes contraintes du site, ces installations humaines ont dû s’adapter à leur milieu en faisant preuve d’ingéniosité et en développant une connaissance très fine du territoire. Ces îles sont des espaces d’économie, tout y est mesuré et ordonné avec soin pour profiter au mieux des qualités du site.

L’architecture vernaculaire ‘‘ne suit ni modes ni marottes, se contentant d’évoluer imperceptiblement avec le temps. En règle générale, elle se taille à des dimensions humaines, pour répondre à des besoins humains, sans fioritures ni hystérie de la part du concepteur. Une fois qu’un style de vie s’est établi, et que l’habitude a engendré l’habitation, on évite le changement pour le plaisir du changement.’’

‘’Mondes en réduction, les îles étaient caractérisées par leur aménagement miniature, complexe et extrêmement soigneux car il fallait à la fois profiter des micro-différenciations naturelles (sols, exposition, proximité de la mer [bien sûr, ici, il s’agit d’un fleuve]) et faire en sorte que chaque famille dispose de terrains pouvant fournir l’ensemble de la gamme des biens indispensables à sa survie.’’

Bernard Rudofsky

Françoise Péron

95

surface bâti :

58 %

surface bâti :

26 %

surface non-bâti : ----

42 %

surface non-bâti : ----

74 %

espace privé :

71 %

espace privé :

80 %

espace public : ----

29 %

espace public : ----

20 %

jardins :

12 %

jardins :

55 %


:: un lien étroit avec le paysage

La grande capacité d’adaptation, dont font preuve les villages, entraine un lien fort avec le paysage : En tirant partie des conditions du site et en s’y adaptant simplement et efficacement les îles ont développé des particularités qui les inscrivent dans leur contexte et les rendent uniques. C’est l’origine de leur attrait et de leur beauté. Ainsi, la grande densité des habitations répond à l’espace limité des îles qui oblige à accumuler les construc-

tions, et à développer une sédimentation urbaine dans la logique de la formation sédimentaire des îles sur lesquelles elles se sont installées. La terre étant la propriété de tous, les maisons se sont implantées de manière aléatoire en fonction des opportunités donnant naissance à un plan d’urbanisme spontané. Cette répartition organique des bâtiments créée des espaces publics nombreux et variés que les habitants investissent, ce qui donne lieu à un entremêlement d’espaces privés et publics.

‘’Chaque élément du paysage, naturel ou bâti, hérité d’une époque antérieure (où l’insularité guidait l’aménagement de l’espace), qui ailleurs serait banal car reproduit en quantité illimitée, prend ici une valeur exceptionnelle du fait de sa rareté. L’exceptionnalité et la variété (même très modestes) sont constitutives de l’identité insulaire.’’ Françoise Péron

96

surface bâti :

20 %

surface bâti :

34 %

surface non-bâti : ----

80 %

surface non-bâti : ----

66 %

espace privé :

65 %

espace privé :

32 %

espace public : ----

35 %

espace public : ----

68 %

jardins :

45 %

jardins :

34 %


:: le pouvoir évocateur des îles

siste (encore un peu) à la société de consommation et de communication.’’

L’imaginaire insulaire participe à la qualité et l’identité de ces anciens villages de pêcheurs par l’intermédiaire du vieux mythe de ‘’l’île paradis, de l’île moyen privilégié de retour aux sources de l’humanité, de l’île considérée comme un lieu extraordinaire car placé hors de la marche irréductible du temps.’’ comme le précise Françoise Péron. Rien d’étonnant alors, à ce qu’elles soient prisées par une population créative qui n’hésite pas à remettre en question la société actuelle puisque, comme le précise Françoise Péron : ‘’L’île impose des limites à la démesure humaine. L’île est donc analysée par le subconscient collectif comme un territoire qui ré-

le pendule de Roman Signer - estuaire 2009

2

Bien sûr cette mise à distance est très relative puisque les personnes qui vivent ici sont parfaitement intégrées à la société et que les îles sont désormais reliées aux rives ( elles s’adossent d’ailleurs à un centre commercial ... ).

1

Trentemoult

Norkiouse

3

la Basse île 4 source : photo prise par Jibi 44

la Haute île

les façades le long du quai Marcel Boissard ont été rénovées pour le film...

source : Trentemoult et les îles

97

La beauté et l’attractivité de ces villages viennent donc de leur adaptation au site mais également des qualités mêmes des îles. Bien que celles-ci aient perdu leur insularité, elles continuent à véhiculer un imaginaire fort, comme le décrit, Thierry Nicolas dans son ouvrage L’insularité aujourd’hui : entre mythes et réalités : ‘‘alors que les îles sont de mieux en mieux reliées au continent, tout se passe comme si ce qu’elles avaient perdu en insularité, elles l’avaient gagné en mythe, en idée de l’île.’’ Ces anciennes îles de Loire ont donc gagné en pouvoir d’évocation et leur nouveau nom d’Isles de Rezé est à ce titre particulièrement révélateur.

...la Reine Blanche de Jean-Loup Hubert.

Baignade sur la plage de Beau Rivage


:: l’ouverture des espaces insulaires

espace privé espace public

Une île, ou isle selon l’ancien orthographe, est un ‘’espace de terre entouré d’eau de tous côtés’’ selon le dictionnaire Larousse 2011. Si les îles sont considérées comme des lieux de repli temporel ce sont aussi des lieux d’ouverture sur le monde. L’eau qui entoure les îles, support de la navigation, a permis, de donner naissance à des populations de marins et de pêcheurs très mobiles. Quant à la notion d’insularité, plus large que celle d’île, elle peut être appliquée à des sites qui ne sont pas entourés d’eau mais simplement d’espaces vides (un village en plein désert par exemple). Ces étendues planes au même titre que l’eau qui entoure les îles permettent des vues lointaines et l’appropriation par le regard d’un vaste territoire. On voit là que les qualités des îles rejoignent celles des espaces insulaires et que la présence de l’eau n’est pas une condition indispensable à l’ouverture d’un site.

la Loire

1 2

3

4 0

20m

98

2

3

4

1


2.2.2 :: un territoire banalisĂŠ

99

la zone industrielle et ses rues dĂŠsertes


100

une mer d’automobiles encercle des ilots commercials


:: une logique fonctionnaliste

A partir des années 50, le site est investi par des activités économiques selon deux modes d’installation : - Le premier est constitué d’activités industrielles et artisanales. Les Isles de Rezé sont choisies pour leur proximité avec l’ancienne île de Cheviré sur laquelle va se développer, une partie du port de Nantes ainsi que pour la proximité des chantiers navals sur la rive nord de la Loire et sur l’île de Nantes. Ces activités voient le jour de manière conjointe avec de nouveaux réseaux de transport : la voie ferrée et la route de Pornic.

intrusion. La voiture est le mode de déplacement privilégié au point que la présence de piétons est rendue incongrue.

Située à l’Est du site des Isles de Rezé cette zone industrielle se compose de grandes enclaves infranchissables délimitées par des grillages qui limitent les déplacements et réduisent les espaces publics à des rues sommaires d’une grande pauvreté. C’est un urbanisme strictement utilitaire dans lequel chaque entreprise abritée par des bâtiments inesthétiques se replie sur ses limites pour éviter toute

101

anciens hangars de stockage

anciens chantiers navals Dubigeon

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du site in ncien

an as Ch du B e ir ortua

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la zone commerciale

le port autonome de Nantes

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- Le second mode d’installation, qui se développe dans les années 70, est celui de la zone commerciale. L’activité portuaire, avec notamment les chantiers de construction navale, est en pleine crise. Il n’est plus question d’agrandir le port et ses activités industrielles annexes. Par contre, les premières zones commerciales voient le jour et investissent ce territoire qui présente les qualités requises pour leur installation : c’est un vaste secteur situé en périphérie de ville et relié à une grande voie de circulation automobile.

Avec ces deux types d’installation, l’ensemble du site se détourne de la Loire pour se retourner vers la route de Pornic. L’arrière devient l’avant et l’ancienne façade ligérienne se retrouve reléguée au second plan, cachée par les usines et la zone commerciale. Tout ceci contribue à priver Rezé d’une façade ligérienne et de son ouverture sur la Loire.

à l’Ouest du site des Isles de Rezé, la zone commerciale, contrairement à la zone industrielle, est largement traversable et ouverte. A tel point qu’il n’y a quasiment pas de distinction entre l’espace public de la rue et les espaces privés des parkings de grandes surfaces. Ici aussi, la priorité est donnée à la voiture, et les grandes enseignes qui ornent les ‘’hangars déguisés’’, selon l’expression de David Mangin, sont faites pour attirer l’attention des automobilistes.

ancienne gare de l’État

102

le MIN (Marché d’Intéret National) l’usine Béghin Say

le pont des 3 continents

les anciens abattoirs

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Bd Vi ct or Sc ho elc he r

ancien site industrialo-portuaire de la Prairie au Duc

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le pont de Pirmil

le pont de Pornic

la zone industrielle

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0

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100m

250m

500m

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:: l’enfermement du site

Avant les années 50, les Isles de Rezé étaient composées de villages regroupés sur les points hauts du territoire : les îles. Le reste était formé de terres humides gagnées sur le Seil à mesure que celui-ci s’envasait. C’est sur ces espaces inondables que les industries et les commerces se sont installés.

103

A l’inverse des villages, qui ont dû s’adapter aux contraintes du site, faute de pouvoir s’en extraire, cette dernière forme d’investissement du territoire s’est fait en remblayant l’ensemble des prairies humides et le Seil sous une épaisse couche de gravats. Cette intervention très lourde a eu

pour conséquence de détacher totalement ces nouvelles constructions des particularités paysagères du site, participant, de cette manière, à sa banalisation. Cette politique de la table rase, en ne laissant aucune trace du bocage et du cours d’eau qui formaient le contexte des villages de pêcheurs, a privé les îles des terres auxquelles elles étaient liées et auxquelles elles s’étaient adaptées. Aujourd’hui totalement cernés par les grandes zones d’activités, les villages se retrouvent écrasés, dénaturés par des constructions qui leur tournent le dos, effacent la forme des îles, s’insinuent entre les maisons et dans les jardins.

1

4 Sur le site de légères surélévations indiquent la présence des terres remblayées. Ces quelques dizaines de centimètres suffisent également à les placer hors d’atteinte des eaux en cas d’inondation. >>>

1

2

3 Les prairies bocagères bordant le Seil avant leur comblement.


le Seil

2

3 la construction de la route de Pornic en 1956. Les prairies et le Seil existent encore.

104

5 >>> Cette marche discrète longe les villages de pêcheurs et forme une seconde rive en retrait de la rive de la Loire.

bâtiments secteurs remblayés

les Isles de Rezé en 1968, lors des comblements

2 1 4

3

5

1 3 2

surélévation du terrain les Isles aujourd’hui et les surfaces remblayées. Les villages sont totalement cernés par ces grandes surfaces de terres artificialisées. 0

10m


Les villages se retrouvent alors isolés de leur contexte, passant d’une insularité ouverte sur l’extérieur, notamment sur Rezé au sud, à un isolement à la fois physique et visuel qui les enferme et les sépare du reste de la ville. Rezé est également privée de son ouverture sur la Loire et se heurte à une frontière formée par la route de Pornic et par l’ensemble des activités industrielles et commerciales.

‘’En Europe, la priorité donnée au transport routier conduit à un maillage autoroutier généralisé du cap Nord à Gibraltar, ainsi qu’à la systématisation de rocades avalant estuaires, deltas, îles et archipels. Signe des temps, ces derniers termes géographiques n’ont jamais autant servi, métaphoriquement, dans les projets urbains, qu’au moment même où la réalité tend à les effacer de la carte. On ne parle jamais autant que de ce qui est en train de disparaître...’’

2 ha

David Mangin – la ville franchisée 105

01

Face aux îles se dressent d’immenses façades aveugles qui tournent le dos à la Loire et aux villages de pêcheurs.

02

Les hangars commerciaux s’avancent jusque dans les villages et s’infiltrent entre les maisons.

03

Au fond du jardin ... une grande surface avec son mur opaque.


02

03

04

06

01

05

5 ha 1 ha

0

250m

500m

N

carte des ouvertures (en violet) et des secteurs fermés (en rouge) physiquement et visuellement. Aux limites du site, qui forment des frontières, s’ajoutent les secteurs d’activités économiques avec les enclaves privées de la zone industrielle et les immenses bâtiments de la zone commerciale. 106

04

Alignés le long de la Loire ces hangars privent les îles de leur ouverture sur le fleuve, sur l’île de Nantes et sur la ville.

05

Les espaces banalisés de la zones industrielle dénaturent le village de la Haute île et lui ôtent tout attraits.

06

Mais la cohabitation entre les villages et les industries se révèle aussi être une source d’enrichissement du site par des collages originaux et esthétiques.


2.2.3 :: la Friche des abattoirs

107

le b창timent des abattoirs


108

les bâtiments abandonnés sont entourés d’une épaisse couche de terre


:: un potentiel d’urbanisation

l’inondabilité du territoire des Isles : Le site des anciens abattoirs représente, pour les Isles de Rezé, un potentiel d’urbanisation important pour plusieurs raisons. Une grande partie du territoire est placée en zone inondable selon le PSS (Plan des Surfaces Submersibles) qui fait pour l’instant référence dans les documents d’urbanisme en attendant l’adoption du PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondation) qui devrait être effectif au cours de l’année 2012. Il est à prévoir une plus grande restriction des zones constructibles dans le PPRI à

venir bien que le niveau d’inondabilité du territoire, lui, devrait être revu à la baisse. Il en résulte une inconstructibilité d’une grande partie des Isles à l’exception de l’actuel site de l’entreprise Colas, qui est amenée à se déplacer, et de la friche des anciens abattoirs. Pourtant certains terrains, considérés comme inconstructibles, présentent de véritables potentiels de développement. La législation française paraît trop restrictive en ce qui concerne les constructions en zones inondables car

les solutions techniques existent et sont déjà largement appliquées et développées dans d’autres pays. L’architecte et urbaniste Roland Castro propose dans le cadre de la concertation du Grand Paris d’investir les territoires inondables en bord de Seine : ‘’Le problème, c’est que depuis des décennies on s’est enfermé dans un principe de précaution maximaliste interdisant tout, alors qu’entre-temps des techniques de construction permettent de domestiquer l’eau’’. Il ajoute : ‘’Mais on peut aussi s’inspirer de tas d’idées à l’étranger : les bâtiments inondables comme le marché de Hambourg en

109

0

100m

250m

500m

N

site de l’entreprise Colas


Allemagne, les maisons flottantes de Seattle, les constructions sur pilotis hollandaises… Tout le monde le fait, sauf nous !’’ Ces terrains ne sont donc pas constructibles mais à l’avenir la législation pourrait évoluer et permettre d’augmenter la densité d’habitations de l’agglomération nantaise dans le but d’absorber sa croissance démographique et d’éviter l’étalement urbain consommateur de terres arables.

le PEB de l’aéroport de Nantes : Le territoire des Isles de Rezé est soumis au PEB (Plan d’Exposition au Bruit) de l’aéroport de Nantes. Une grande partie de la friche des anciens abattoirs est placée en zone D, sans véritables restrictions et une autre partie en zone C, ce qui la rend, pour le moment, inconstructible. Avec le déplacement prévu de l’aéroport de Nantes sur la commune de Notre Dame des Landes vers 2017, l’en-

semble du secteur devrait être ouvert à la construction. Dans le cas où le projet ne devait pas aboutir (la Zone d’Aménagement Différé est définit depuis 1974 ...) une autre solution existe. Elle consiste à réorienter la piste sur le site actuel. Cette solution présente de nombreux avantages et notamment celui de permettre l’arrêt total des survols de l’agglomération nantaise et donc de rendre constructibles les Isles de Rezé.

110

la friche des abattoirs

PEB (Plan d’Exposition au Bruit)

PSS (Plan des Surfaces Submersibles)

zone C

aléa fort

zone D

aléa moyen aléa faible


le Plan Local d’Urbanisme des Isles

NN

NL

1AUe NN

UBp

NL UBp

UBp

NL

NL UE

UAp NL

UPir

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NL

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UPa NL

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0

111

UPc2

100m

250m

500m

N

ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) des Isles de Rezé

Zones très probablement soumises aux restrictions du PPRI

ZAD (Zone d’Aménagement Différé) des Isles de Rezé

périmètre de la friche des anciens abattoirs

Les Zones Naturelles : NN : La zone NN constitue une zone de protection d’espaces naturels d’intérêt paysager ou écologique. Nda : La zone Nda couvre les sites de la Grande Vallée, les vallons et les abords des ruisseaux qui, outre leur intérêt du point de vue des paysages, sont également protégés au regard des risques d’inondation. NL : La zone NL caractérise des espaces naturels destinés à être aménagés, notamment pour des loisirs de plein air, des activités sportives, des services publics ou d’intérêt collectif.

Les Zones Urbaines d’activités économiques : UE : La zone UE est une zone déjà urbanisée destinée à recevoir des activités économiques

Les Zones de Renouvellement Urbain : UPir : La zone UPir couvre le projet urbain des îles de Rezé, destinée à recevoir des logements, des équipements et des activités, participant directement au développement et au renouvellement urbain des bords de Loire rezéens. 1AUe : La zone 1AUe constitue un secteur naturel qui était destiné à être ouvert à l’urbanisation, mais le PPRI devrait remettre en cause cette possibilité. Il est probable que cette zone reste un espace naturel tant que la législation sur les zones inondables n’évolue pas.

UPa : La zone comprend le site « confluent » en limite de Nantes constituant une entrée majeure sur le territoire de Rezé destinée à recevoir des logements, des équipements et des activités, participant directement au développement et renouvellement urbain

UEc : La zone UE comprend un secteur UEc destiné à recevoir des activités économiques et commerciales

Les Zones Urbaines constituées : UBp : Le secteur UBp, possède un caractère patrimonial reconnu. Il recouvre des tissus déjà fortement constitués qu’il convient de préserver. UAp : La zone UAp est un secteur de centralité à caractère patrimonial, qui recouvre des tissus déjà fortement constitués qu’il convient de préserver.

UPc2 : La zone comprend le site à la confluence de la Sèvre et de la Loire destiné à recevoir des équipements liés à la santé et des activités participant directement au développement du centre d’une agglomération de plus de 500 000 habitants, capitale régionale.


:: un territoire autonome

1956

semble du territoire a été recouvert. Avant cette période, des prairies humides entourées de haies bocagères et une partie du Seil (comme on peut le voir sur la photographie aérienne de 1956) constituaient ce lieu. Il n’en reste rien aujourd’hui. Les seuls éléments présents se résument aux bâtiments des abattoirs, aux entrepôts frigorifiques, ainsi qu’à la végétation qui s’y est développée depuis les années 70.

Situation et surface : La situation centrale de la friche des abattoirs en fait un terrain important pour le développement des Isles en terme de restructuration du site ainsi que pour son développement urbain. Sa surface d’une quinzaine d’hectares doit recevoir un programme d’habitat, de bureaux et de commerces ambitieux ainsi qu’un grand équipement sportif qui devrait participer au rééquilibrage des activités entre le Nord et le Sud de l’agglomération nantaise. former un quartier insulaire : La friche des abattoirs n’appartient à aucun des secteurs des Isles de Rezé. C’est un territoire isolé par des voies de circulation. Situé en en surplomb des villages de pêcheurs, il en est séparé par la rue de l’Abbé Grégoire (1). Le boulevard Schoelcher (2) l’éloigne des industries, l’avenue du Maréchal de Tassigny (3) l’éloigne des commerces et la route de Pornic (4) le sépare du coteau. Il s’agit donc d’accentuer cet isolement et de s’en servir pour constituer un quartier insulaire.

1968

‘‘l’île des abattoirs’’

2004 112

1

3

2 4

espace privé : 44,5 % - (6.3 ha) espace public : 55,5 % - (7.9 ha)

Trentemoult

le recouvrement du site : L’évolution de ce terrain est marquée par les remblaiements des années 50 - 60 durant lesquelles l’en-

espace privé :

71 %

espace public :

29 %


route sur remblai

voies de circulation infranchissables

le village de la Basse île

végétation ‘‘écran’’

langage routier fossé d’évacuation des eaux du coteau

la friche des abattoirs

état actuel du site

état actuel du site

hauteur limitée des constructions face aux maisons de la Basse île

bâtiments en quinconce

principe de quai ouvert sur le parc et la Basse île

front bâti ouvert

diminution du nombre de voies parc des rives de Rezé

ouverture du tissu bâti

n

s 0

113

redonner un lit au Seil

espace dédié exclusivement à la voiture

espace bâti lâche, sans forme

parking ouvert en front de rue

0

50m voie de circulation difficilement franchissables

formation d’un front de rue

langage routier

la friche des abattoirs

hangars et parkings surdimensionnés

espace banalisé de zone commerciale

état actuel du site

50m

état actuel du site

bâtiments espacés pour permettre les circulations

principe d’esplanade

formation d’une avenue plus urbaine bâtiments hauts alignés sur le boulevard

équipement public ou espace commercial

esplanade

e

o 0

50m

0

50m


l’île des abattoirs se constitue à partir de ce qui l’entoure

la place des abattoirs :

n

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la répartition des espaces publics :

s la place des abattoirs

0

200m

N

les influences externes : Les rives forment un espace public périphérique qui permet de faire le tour du quartier.

routes espaces publics espaces privés

La partie interne du site est marquée par la présence du bâtiment des abattoirs qui peut être amené à former un espace public en laissant l’empreinte de son emprise dans le tissu urbain. En conservant une partie de sa structure lorsque cela est possible, il peut être intéressant de former une halle et de donner un toit à certaines parties de la place.

Les éléments internes étant limités, il est possible de faire appel au contexte externe pour donner des orientations d’aménagement. Ainsi chaque rive de ce quartier insulaire doit répondre à la rive opposée en laissant les influences extérieures constituer l’île à partir de son contour jusqu’à son centre.

Afin de constituer un espace insulaire il est important que chaque rive se place en retrait de son contexte immédiat de manière à offrir une mise à distance du quartier sur les autres secteurs des Isles et à rendre possible la constitution d’un espace public périphérique. Ce plan de quartier insulaire s’inspire des villages de bord de Loire en offrant une place urbaine intérieure (qui peut être complétée par d’autres places de tailles plus modestes) et des espaces publics ouverts à l’extérieur qui permettent de faire le tour de cette nouvelle île.

Les Isles de Rezé présentent deux façades, l’une tournée vers la Loire, correspondant à la première période d’investissement du territoire au plus proche du fleuve, l’autre orientée vers les infrastructures (route de Pornic et voie de chemin de fer) marquant une rupture nette avec l’identité du site. Malgré cette banalisation de l’espace et la dénaturation des anciennes îles de Loire l’imaginaire insulaire ne cesse de prendre de l’importance et d’attirer les touristes et les locaux (principalement les nantais). Les nombreux espaces en friche, ou bien amenés à évoluer, représentent donc une opportunité très intéressante de métamorphose, qui doit permettre de faire cohabiter toutes les manières d’investir le site et de lui redonner toutes ses qualités.

114


2- la perte de l’identité insulaire 2.1 / un territoire dessiné par la Loire 2.1.1 :: la structure du site 2.1.2 :: des strates et des îles

2.2 / un territoire fragmenté analyse

2.2.1 :: les îles habitées

l’intelligence vernaculaire des îles ouvertes des îles isolées

2.2.2 :: un territoire banalisé

une logique fonctionnaliste l’enfermement du site

2.2.3 :: la friche des abattoirs

un potentiel d’urbanisation un territoire autonome

2.3 / Vers une île archipel orientations

2.3.1 :: affirmer la discontinuité des Isles de Rezé

préserver les îles habitées conserver les activités économiques sur le site créer un nouveau quartier sur la friches des anciens abattoirs

2.3.2 :: ménager des espaces de transition ouverts

dessiner les îles relier les îles entre elles


Cette seconde phase d’analyse, portant sur l’intérieur du site, permet de relever les problèmes liés aux modes d’investissement du territoire : -Les Isles de Rezé souffrent d’une banalisation de leur territoire liée à l’installation brutale des activités industrielles et commerciales. Cette perte d’identité a créé des espaces sans qualité qui nuisent à la beauté et à la singularité du site. -Les enclaves industrielles, qui limitent les déplacements, et la zone commerciale, qui tourne le dos à la Loire, participent à l’enfermement du territoire et aux difficultés de déplacements entre le Nord et le Sud (principalement entre Rezé et la Loire.) -Les villages de pêcheurs sont dénaturés par la trop grande proximité des industries et des bâtiments commerciaux qui effacent les limites des villages, les écrasent par leur échelle démesurée et les privent du contexte qui les a fait naitre. -Le site est fragmenté entre des zones spécialisées qui n’entretiennent aucun lien entre elles ce qui entraine une perte de lisibilité du territoire.

Deux contraintes s’appliquent au territoire des Isles et orientent les réponses à apporter sur le site. La première, qui concerne le PEB (Plan d’Exposition au Bruit) de l’aéroport de Nantes, peut être partiellement écartée. Bien que cette contrainte rende actuellement inconstructible une partie du site, le déplacement de l’aéroport sur la commune de Notre Dame des Landes, prévu dans cinq ans, constitue un délai suffisamment court pour ne pas freiner le projet des Isles de Rezé. L’inondabilité du site, et l’adoption du PPRI (Plan de Prévention des Risques d’inondation) au cours de l’année 2012, oriente d’avantage les solutions à apporter sur le projet des Isles. Une grande partie des terres disponibles est amenée à être classée comme inconstructible de manière durable. Ce qui pose la question des usages et du devenir de certains espaces comme les anciennes sablières ou bien les rives de la Basse île. Les espaces constructibles vont alors se concentrer essentiellement sur le site de la Colas, la friche des abattoirs et le Boulevard Schoelcher.


solutions proposées : Pour répondre à ces problèmes je propose à nouveau deux orientations de développement :

-affirmer la discontinuité du territoire des Isles de Rezé -ménager des espaces de transition ouverts entre ces territoires discontinus.

‘‘Trois grand chantiers peuvent être suggérés ici : privilégier l’urbanisme de tracé plutôt que l’urbanisme de secteurs ; la ville passante plutôt

2.3.1 :: aFFirMer la discontinuité des isles de rezé

117

L’étude des limites du territoire des Isles de Rezé, nous a permis de constater son insularité. Quant à l’étude de l’intérieur du site, elle a permis de mettre en évidence sa discontinuité et son hétérogénéité. Le site est donc constitué d’une île formée d’anciennes îles, et de zones cohérentes qui forment un ensemble discontinu. L’objectif est donc, en ce qui concerne l’intérieur du site, de faire cohabiter les espaces discontinus qui le composent. La notion d’île-archipel (une île constituée d’un archipel) permet d’assumer la discontinuité du site, qui fait partie de l’histoire de son développement, et de lui redonner une cohérence. En effet, un archipel est, en géographie, ‘‘un ensemble d’îles relativement proches les unes des autres et dont l’origine géologique est souvent commune’’. La notion d’archipel désigne donc un espace discontinu caractérisé par sa cohésion. Cette

préserver les villages

conserver les activités économiques sur le site

créer un nouveau quartier sur la friche des anciens abattoirs


qu’une juxtaposition d’environnements sécurisés ; la ville métisse plutôt que la ville homogène. En d’autres termes, il s’agit de repenser les tracés

à l’échelle territoriale, les densités en terme de densification, et l’hétérogénéité en terme d’hétérogenèse.’’ David Mangin

notion permet de constater selon les géographes Yvette Veyret et Annette Ciattoni ‘‘qu’un espace géographique n’est pas nécessairement continu’’. Ainsi les Isles de Rezé peuvent tout à la fois être discontinues et cohérentes. Les secteurs qui divisent les Isles de Rezé doivent alors être considérés comme des espaces insulaires et ainsi profiter des qualités d’ouverture des îles. De cette manière chaque partie sera connectée à l’ensemble en s’ouvrant et en se reliant à son contexte de la même manière que Trentemoult est relié à Nantes et à la Loire. On l’a vu, une île est un territoire cohérent et délimité par des espaces ouverts qui permettent des vues lointaines. C’est donc un lieu relié aux paysages qui l’entourent et pleinement inscrit dans son contexte. L’unité de la notion d’archipel et l’ouverture des îles qui le composent permettent à la fois de donner une cohérence

au territoire et de l’inscrire dans son contexte.

Patrick Bouchain pour le centre commercial Beaulieu sur l’île de Nantes.

Créer des espaces insulaires va permettre de :

- créer un nouveau quartier sur la friche des anciens abattoirs pour pouvoir l’inscrire dans la logique insulaire du site tout en profitant des qualités spatiales et paysagères d’une île.

- préserver les villages de pêcheurs en renforçant leur identité et en améliorant leurs qualités d’ouverture. Actuellement les îles sont dénaturées par la trop grande proximité des bâtiments liés aux activités économiques qui les écrasent, les isolent et effacent leurs limites. Leur redonner une forme d’insularité permettra de les rendre à nouveau lisibles et de les relier à leur territoire et au paysage. - conserver les activités économiques sur le site en préservant ainsi la mixité des usages et son hétérogénéité tout en offrant une alternative à l’étalement urbain. Pour cela il convient de donner une forme plus urbaine au commerces et aux industries en s’inspirant par exemple du travail de

118


119


2.3.2 :: Ménager des espaces de transition ouverts La création de sites insulaires implique des espaces intermédiaires qui puissent à la fois les séparer et leur donner une cohérence. Le plein de l’île doit son existence au vide de l’étendue d’eau qui l’entoure. Cet espace de transition et de mise à distance à trois fonctions :

des espaces insulaires et en permettant le tracé de voies reliant Rezé et les Isles en suivant le parcours de l’eau depuis le coteau jusqu’à la Loire. ‘’Retrouver la Loire : chaque action entreprise sur l’île renvoie à l’idée qu’un nouveau rapport au fleuve doit être imaginé. C’est l’idée que chaque

projet est mis en situation, tissant des relations avec son contexte immédiat et/ou lointain, l’idée qu’il ne constitue pas un objet autonome, isolé, solitaire, mais qu’il participe à un tout.’’ Alexandre Chemetoff à propos du projet de l’île de Nantes

- dessiner les contours des îles - permettre aux îles de s’orienter vers l’extérieur et ainsi de s’ouvrir au-delà de leurs limites sur un espace plus vaste

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- Donner une cohérence au site en reliant les îles par le regard et en constituant des espaces de circulation qui les rendent accessibles. dessiner les îles

Situé au Sud des anciennes îles, en partie sur les traces du Seil, cet espace s’inscrit dans l’orientation du fleuve. A l’arrière du village de Trentemoult, ces terres étaient appelées la vallée, avant leur comblement. Ce terme, qui évoque la présence de l’eau, peut servir à désigner la totalité des espaces qui cernent les îles. Invoquer la présence de l’eau et chercher à en retrouver sa trace c’est lui redonner un rôle structurant en améliorant la lisibilité

relier les îles entre ellles


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2.3.1 :: aFFirMer la discontinuité des isles de rezé Déplacer les activités économiques situées le long de la Loire et à proximité des villages

préserver les îles habitées Construire de nouvelles habitations dans les villages

conserver les activités économiques sur le site

Adapter les activités économiques à leur nouvelle situation urbaine concentrer les grands commerces ouvrir la zone industrielle

créer un nouveau quartier sur la friche des anciens abattoirs

Construire un quartier insulaire sur la friche des anciens abattoirs Construire le long du boulevard Schoelcher


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0

2.3.2 :: Ménager des espaces de transition ouverts dessiner les îles

créer un parc linéaire traversant l’île former des rives piétonnes autour des îles

hiérarchiser les voies parallèles

relier les îles entre elles

créer un parc sur les anciennes sablières et à la confluence de la Sèvre et de la Loire

100m

250m

500m

N


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Déplacer les activités économiques situées le long de la Loire et à proximité des villages

Construire de nouvelles habitations dans les villages

Les déplacements ne concernent pas les entreprises qui nécessitent un accès à la Loire comme c’est le cas, par exemple, de l’atelier de construction naval ‘’bois courbe’’ situé à Norkiouse. Le but recherché est de redonner accès à la Loire, d’ouvrir le territoire sur l’extérieur et notamment sur l’île de Nantes. En ce qui concerne les villages, éloigner les activités économiques, permettra de leur redonner une lisibilité, de les ré-insulariser en les reliant ainsi à leur contexte.

Le retrait des activités économiques va laisser de nombreux espaces vacants au cœur des villages, reconstruire ces lieux ainsi que les dents creuses existantes permettra d’affirmer la cohérence des îles, d’améliorer leur lisibilité et leur densité. Ces nouvelles constructions permettront également de proposer de nouveaux logements dans ce secteur très recherché de l’agglomération nantaise.

Adapter les activités économiques à leur nouvelle situation urbaine concentrer les grands commerces Actuellement la zone commerciale est très consommatrice d’espace en raison de locaux de grande superficie entourés chacun d’un vaste parking (la plupart du temps vide). L’adaptation passe par un regroupement des commerces en superposant les espaces de vente et les stationnements pour former des centres commerciaux et des parkings-silos. Ces nouvelles structures permettent de mutualiser une partie des équipements, d’économiser l’espace et de s’ouvrir sur la ville (ex : le centre commercial Beaulieu et son esplanade).


Construire le long du boulevard Schoelcher

Construire un quartier insulaire sur la friche des anciens abattoirs

Construire le long du boulevard Schoelcher un ‘’secteur à dominante tertiaire’’ est d’ores et déjà inscrit dans le PLU de la ville de Rezé et constitue à mon sens une opportunité intéressante pour le développement du quartier. Cette orientation est l’occasion de constituer un véritable boulevard urbain encadré par des façades d’immeubles qui permettront d’enclencher la requalification de cet axe routier très passant. L’arrivée éventuelle du tramway ou bien d’un bus en voie propre, inscrit dans le PDU de la ville de Nantes, permettra d’accompagner ces transformations.

L’insularité de ce nouveau quartier lui permettra de prendre sa place au sein de ce territoire fragmenté en se servant de son isolement actuel pour en faire un élément d’ouverture et de cohésion avec l’ensemble de l’île-archipel.

ouvrir la zone industrielle La zone industrielle constitue une grande enclave, qui rend ce secteur difficilement franchissable, ce qui a pour conséquence de limiter l’accès à la Loire et d’isoler la Haute île. Le but recherché est de redonner de la porosité à cette zone en créant des chemins et des voies entre certaines propriétés de manière à reconnecter les espaces entre eux. Les espaces publics doivent être rénovés de manière très sobre et très fonctionnelle mais en utilisant des éléments du langage urbain des Isles pour assumer son identité industrielle tout en affirmant son appartenance au territoire.

L’idée principale est de constituer cet espace à partir de son contexte. Les influences doivent venir de l’extérieur : le secteur commercial à l’Ouest, la Basse île au Nord, la zone industrielle avec sa façade urbaine à l’Est et le coteau de Rezé au Sud. Ainsi, chaque façade de l’île des abattoirs, ou plutôt chaque rive, répondra en s’adaptant à son vis à vis.

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hiérarchiser les voies parallèles

former des rives piétonnes autour des îles

Les voies parallèles à la Loire, qui s’inscrivent dans la logique de la formation du site par l’eau, peuvent être hiérarchisées selon les types de déplacement qu’elles sont amenées à assurer. Plus on s’éloigne de la Loire plus les voies de circulation sont importantes et plus leur rôle concerne un territoire large :

Les îles sont ré-insularisées par des espaces de transition sur lesquels sont aménagés des chemins qui permettent de faire le tour de chaque élément insulaire. Ils rendent possible la mise en contact des espaces ouverts en bordure de village et orientent ainsi les îles vers l’extérieur.

- une voie pour les circulations douces en bord de Loire : rôle de promenade et de liaison entre les îles

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- une voie étroite à double sens et partagée entre les automobiles et les circulations douces : rôle de desserte entre les villages - un boulevard urbain avec couloirs séparés pour les circulations douces et trottoirs pour les piétons : rôle d’axe central de circulation entre les nouvelles îles - une grande voie de circulation en bordure d’île avec couloirs séparés pour les transports en commun et voies automobiles. Son rôle de contournante lui permet de desservir les Isles de Rezé et de rentrer dans l’agglomération nantaise.


créer un parc linéaire traversant l’île

créer un parc sur les anciennes sablières et à la confluence de la Sèvre et de la Loire

L’espace de transition ouvert sera assuré par un parc linéaire : la vallée, située dans la continuité de la promenade Georges Colder. Elle aura pour rôle de fédérer les espaces insulaires en leur permettant de s’ouvrir les uns sur les autres et de les relier par des circulations douces.

à chaque extrémité de l’île, la création de parcs formera des lieux de convergence des rives : celle de la Loire, la vallée, les rives du Seil et de la Sèvre nantaise. Ils permettront de constituer des proues ouvertes très largement sur la Loire et offriront de grands espaces de détente au bord du fleuve pour les habitants de toute la ville, à l’image de ce qu’était la plage de Beau rivage au XIXème siècle.

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2 - la perte de l’identité insulaire

conclusion A la suite des villages accumulés sur des îles sédimentaires, les zones spécialisées, s’étalent sur de larges espaces remblayés. L’ensemble forme actuellement un site très fragmenté, sans cohérence, qui a beaucoup perdu de son identité et de ses qualités. La développement de ce quartier, en bord de Loire, passe par une affirmation de sa discontinuité, qui permettra de former un espace à la fois discontinu et cohérent. Il sera formé de sites insulaires reliés entre eux par des espaces ouverts de transition à la manière d’un archipel. Les Isles de Rezé forment en définitif une île-archipel dont l’insularité s’exprime à plusieurs échelles. L’ensemble des rives qui forment ces îles communiquent entre elles et constituent un maillage qui structure le site. La manière dont elles s’organisent fait l’objet de la troisième partie.


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3.1 / un Maillage d’espace public 3.2 / la rive de Loire 3.3 / la vallÊe 3.4 / le Seil 3.5 / les parcs


3- les rives


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3 - Les rives

introduction Les rives qui structurent le territoire des Isles de Rezé forment un maillage d’espaces publics, de parcs et de circulations douces connectées et continues. Ce maillage s’appuie sur les strates du site pour former une succession de rives parallèles. L’ensemble ne se referme pas sur lui même mais, au contraire, se laisse traverser par les influences extérieures. C’est ainsi que les cheminements transversaux qui s’écoulent depuis le coteau participent à organiser les rives en les subdivisant en entités ayant chacune leur identité propre.


3.1 / un Maillage d’espaces publics

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Le maillage d’espaces publics, qui fait l’objet de cette troisième partie, s’appuie sur les composants du paysage et de la géographie locale (la Loire, le Seil, la Jaguère, les remblais, le talus de la route de Pornic, le coteau...). En prenant en compte les éléments présents, il prolonge l’histoire du site et établit une narration avec celui-ci en étirant et en élargissant les rives pour les faire exister et les relier entre elles. ‘’Quelque chose commença qui était déjà là’’ nous dis Georges Descombes citant Peter Handke. L’ensemble de ces espaces structurants annonce les changements à venir et amorce le projet des Isles de Rezé. ‘‘L’espace public n’est pas une fin en soi mais une manière d’établir un rapport entre chaque partie et le tout1.’’ Le rôle de ce maillage est

Alexandre Chemetoff - le plan guide (suite)

1

donc, ici, de mettre en contact chaque île avec l’ensemble de l’archipel par les déplacements et par les ouvertures qu’il permet. C’est aussi une manière de donner une cohérence aux Isles, de les relier aux territoires environnants et de les inscrire dans leur contexte. De cette manière elles prennent leur place dans le territoire et permettent d’ouvrir Rezé sur la Loire, et l’agglomération nantaise sur l’estuaire. En cernant chaque partie, cet espace permet aussi de les affirmer comme des lieux cohérents clairement délimités avec une identité propre (identité de village, identité commerciale, identité industrielle et artisanale, identité de quartier insulaire en bord de Loire).

le parc des sablières


la rive de Loire

le parc de la confluence

la vallĂŠe 134

le Seil

0

1 km

N


3.2 / la rive de loire

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:: la façade ligérienne

:: se réapproprier la rive

La Loire est la principale source d’identité des Isles de Rezé. Elle est à l’origine de la formation du site. Elle leur a donné leur forme et leur orientation. Cette étendue plane offre des vues sur le lointain et permet d’ouvrir le site sur les territoires environnants. C’est un espace public immense et très attractif.

Les rives du fleuve doivent être rendues publiques pour permettre d’éprouver les limites du site et profiter des vues lointaines qu’elles permettent. Les habitants et ceux qui fréquentent les Isles doivent pouvoir se réapproprier la Loire, l’approcher, l’observer, la toucher pour ‘‘y spatialiser leurs pensées, leurs songes ou leurs émotions1’’. Pour cela les hangars qui occupent les berges de

la Loire doivent être déplacés et les remblais sur lesquels ils sont installés en partie retirés pour permettre à la végétation de s’y installer et à la Loire de s’y répandre. L’influence de la Loire doit pouvoir s’infiltrer dans les Isles par des vues depuis l’intérieur du site et inversement des cheminements doivent permettre de s’avancer sur la Loire.

Sébastien Marot, à propos de la lutte contre l’appauvrissement des territoires - le Visiteur n° 4

1

la rive de la Basse île la rive de Norkiouse

les quais de Trentemoult


:: une identité végétale

La cohérence de cette première rive, de cette première maille, est évidemment donnée par la Loire. Un cheminement continu achèvera de relier l’ensemble des berges. Autre élément d’union, la ripisylve, fournie et étagée, donne son identité à cette rive et contraste avec les ‘’dentelles de béton’’ qui lui font face. Les rives de Nantes, marquées par leur identité portuaire et industrielle, ont donné

naissance à des quais artificiels qui se caractérisent, entre autre, par l’absence de végétation (le Quai Wilson, sur l’île de Nantes, et le quai de la Fosse).

136

le boulevard Schoelcher

le quai de la Haute île

la confluence

la rive de la Haute île

0

500 m

N


3.2 / la vallée :: un lieu de cohésion

:: dissocier les espaces

La vallée délimite l’emprise des villages de Loire, elle les dessine et les relie. Elle permet aussi aux activités commerciales de s’ouvrir au Nord et de ne plus être orientées seulement vers la route de Pornic. En s’infiltrant entre la Haute île et les industries, elle maintient un recul nécessaire autour des habitations pour limiter les nui-

sances visuelles et redonner de la lisibilité au village en permettant d’en faire le tour. Chaque secteur s’insularise pour exprimer ses différences et s’ouvre sur le reste du site pour entrer en relation avec les autres, ce qui donne une cohésion à l’ensemble.

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En s’appuyant sur la promenade Colder qui longe l’arrière du village de Trentemoult, la vallée élargit l’emprise de cet espace de transition et le prolonge pour améliorer sa visibilité et pour y installer d’autres usages qui restent à définir : jardins collectifs, jardins pédagogiques, place publique, lieu de rassemblement...

la vallée

les jardins familiaux


:: la rive intérieure

Les remblaiements de la partie Sud des Isles marquent une légère surélévation du site qui forme une seconde rive en retrait de la Loire. En longeant les villages elle constitue une limite avec les commerces et la friche des abattoirs. Actuellement très discrète, cette frontière est pourtant bien perceptible et varie de quelques dizaines

de centimètres à pratiquement deux mètres à l’arrière de la Basse île. Elle s’étend de l’Ouest de Trentemoult jusqu’au boulevard Schoelcher. Cette seconde rive doit être remodelée et accentuée pour faire la transition entre la partie Nord et la partie Sud de la vallée. Cet élément linéaire donne une cohérence à cet espace sur lequel

peut s’implanter une végétation spécifique qui complètera les nombreux arbres déjà présents.

le boulevard Schoelcher la rive des abattoirs

la petite vallée 138

0

500 m

N


3.3 / le seil :: redessiner les rives

:: les origines du territoire

Cette troisième maille dessine deux rives. Elles sont formées par l’eau qui s’écoule depuis le coteau et s’accumule au pied de la route de Pornic : le Seil. Ce cours d’eau, qui doit retrouver un nouveau lit, permet d’améliorer la compréhension du site en rendant visible la rive de l’ancienne île des Chevaliers, ainsi que la rive de la ville antique : Ratatium. En rendant

visible la formation et l’organisation du site cette rive joue un rôle dans l’identité du lieu et permet de marquer la transition entre le coteau et les Isles de Rezé.

Afin d’accentuer l’effet de rive lors de l’entrée sur les Isles, le profil du talus de la route de Pornic est redessiné de manière à former un quai surplombant la rive de Rezé. Il s’adapte à chaque situation en prenant différentes formes: gradins, escaliers, belvédère, simple talus... La végétation qui forme un écran le long de la route est éloignée de manière à rendre visible la différence de niveau.

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le canal de la Jaguère

le bois de la jaguère


:: un corridor écologique

La formation d’un lit pour le Seil favorise sa visibilité, temporise l’écoulement des eaux de surface et permet la formation de terres humides accueillant une faune et une flore spécifiques. L’association de la végétation résiduelle de l’ancien bocage avec les talwegs qui creusent le coteau permet de créer des entrées sur les Isles depuis le Sud de Rezé.

Ces rives doivent leur cohérence à la présence du Seil formé par la rencontre de la pente douce du coteau avec le talus de la route de Pornic. Au creux de cette dépression, un espace d’une grande richesse biologique doit voir le jour et former un corridor écologique qui rejoint les terres basses de l’estuaire aux rives de la Sèvre.

la rue de la gare

140

les jardins familiaux les rives boisées la rive antique

0

500 m

N


3.4 / les parcs

le parc de la confluence

le parc des sablières

141

Situé à l’extrémité ouest des Isles, le parc des Sablières, doit constituer un parc public ouvert sur la Loire. Il permettra de s’approcher du fleuve en s’inspirant de ce qu’était la plage de Beau rivage au début du XXème siècle et avant. Un projet d’installation de guinguette à été proposé en 2010. L’idée est intéressante et permettrait, en prenant garde à ne pas privatiser les bords de Loire, d’animer la partie ouest de Trentemoult et d’en faire un lieu de rencontre festif et ludique. Dans l’esprit des guinguettes du XIXème et du début du XXème siècle qui font naitre une multitudes d’images poétiques dans la mémoire collective (les peintures de Jean Renoir avec ‘’Le déjeuner des canotiers’’, les films de Jean, son fils, avec ‘’une partie de campagne’’, ‘’l’herbe tendre’’ chanté par Michel Simon et Serge Gainsbourg ou ‘’quand on se promène au bord de l’eau’’ par Jean Gabin dans ‘’la belle équipe’’). Les Sablières doivent permettre de profiter de leur situation de proue pour s’avancer sur l’eau ou bien

prendre de la hauteur avec les monticules de sable présent sur le site. Le sol très meuble permet de jouer sur les nivellements et les mouvements de terrain. La végétation viendra fixer l’ensemble et sera adaptée à ce substrat sableux. Les végétaux partiellement empruntés aux dunes du littoral, constitueront un prémisse à l’océan auquel mène l’estuaire de la Loire. Les grande structures métalliques destinées à l’exploitation du sable peuvent être conservées et réutilisées dans un esprit ludique pour former des tours, des belvédères et autres. Les abords du canal de la Jaguère sont dégagés et partiellement reprofilés pour permettre de s’en approcher en prenant garde à favoriser l’installation de l’angélique des estuaires déjà présente. Enfin la partie sud des sablières se raccroche au village de Trentemoult et doit pouvoir être rendue constructible par une élévation du niveau du sol par l’apport de matériaux récupérés sur le site.

La situation de ce parc l’inscrit dans la promenade des bords de Loire depuis St Sébastien, à l’Est, jusqu’aux Isles de Rezé. Il doit permettre également de s’approcher de l’eau et de profiter de la vue dégagée sur l’île de Nantes. La création de fenêtres permettra de créer des vues depuis les principaux accès et renforcera l’attractivité et la beauté du lieu en profitant de sa grande ouverture sur le fleuve. Ce site d’une grande naturalité peut être laissé partiellement libre de se développer et ainsi constituer un morceau de ripisylve en ville qui prolonge la végétation des Isles. Actuellement très enclavé, l’amélioration de l’accès à ce site est une priorité pour le faire vivre et favoriser l’usage de cette berge. La construction de l’îlot confluence face aux nouvelles cliniques, l’amélioration de l’accès à la Loire sur les Isles de Rezé et la restructuration du carrefour de Pirmil doivent améliorer son accès et ainsi contribuer à une meilleur appropriation du site par les habitants et les promeneurs.


le parc des sablières

quelques parcs nantais l’île de Versailles

surface totale : 7 Ha surface bâtie : 2,6 Ha surface de parc : 4,4 Ha surface : 1,7 Ha

le jardin des Plantes

surface : 7 Ha

0

200 m

142

N

le parc de Procé le parc de la confluence

surface : 12 Ha

le grand Blottereau

surface : 3,2 Ha

0

200 m

surface : 37 Ha

N


la rive de la Basse île la rive de Norkiouse la rive des abattoirs la vallée

les quais de Trentemoult

les jardins familiaux

Loire e de la

l’avenu

le parc des sablières

143

la

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le bois de la jaguère


le quai de la Haute île

le boulevard Schoelcher

la rive de la Haute île

le parc de la confluence

la petite vallée

la

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le boulev ard

au blé le port

Schoelch er

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144

la li gne sncf

la confluence

les rives boisées

la rue de la gare

les jardins familiaux

la rive antique

0

500 m

N


145


Conclusion Territoire isolé et fragmenté, les Isles de Rezé doivent, désormais, retrouver, à travers les changements à venir, une cohérence et permettre à la ville de s’ouvrir à nouveau sur la Loire. Le maillage d’espaces publics qui fait l’objet de mon projet a pour objectif de structurer le site et de le préparer à son urbanisation future. Une première étape se termine avec l’achèvement de ce mémoire et celle qui débute doit mener à la définition du projet. En réalité ces phases induisent toutes les deux un mouvement d’aller-retour permanent. De la même manière que des orientations d’aménagement étaient présentes dans l’analyse, la constitution du projet ne se fera pas sans se référer au site pour ajuster mes propositions à sa complexité.

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Bibliographie

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Ouvrages André Pelletier. L’urbanisme romain sous l’Empire. Éditions Picard, 2000. 207 p. Auduc Daniel. Trentemoult et les îles. Éditions du Petit Véhicule, 2003. 141 p. Bailly Jean-Christophe. Description d’Olonne. Christian Bourgeois éditeur, 1992. 199 p. (Titre 110) Chemetoff Alexandre. Patrimoine Commun. Éditions Silvana, 2011. 94 p. (Catalogues expo) Chemetoff Alexandre. L’île de Nantes le plan guide en projet. Éditions MeMo, 1999. 95 p. Chemetoff Alexandre. Le plan-guide (suites). Archibooks + Sautereau éditeur, 2010. 104 p. Collectif, sous la direction de Aubert Jean. Estuaire de Nantes à St Nazaire : Histoire d’un port. Éditions MeMo, 1997. (exposition musée du château des Ducs de Bretagne). 185 p. Collectif, directeur de la publication : Chevreul Philippe. 303, La Loire. Revue 303, janvier 2003. 365 p. Collectif sous la direction de Masboungi Ariella. Nantes : La Loire dessine le projet. Éditions de la Villette, 2003. 196 p. Collectif, sous la direction de Masboungi Ariella. Penser la ville par le paysage. Éditions de la Villette, 2002. 97 p. Collectif, sous la direction de Serna Virginie. La Loire Dessus... Dessous archéologie d’un fleuve de l’âge du Bronze à nos jours. Éditions Faton, 2010. 175 p. Gracq Julien. La forme d’une ville. Éditions José Corti, 1989. 213 p. (rien de commun) Guillerme André. Les temps de l’eau - la cité, l’eau et les techniques. Éditions Champ Vallon, 1983. 259 p. (collection milieux) Kervarec Michel. Rezé au XIXème siècle. ACL Éditions société Crocus, 1987. 306 p. Mangin David. La ville franchisée : Formes et structures de la ville contemporaine. Éditions de la Villette, 2004. 480 p. Pirault Lionel et Guitton David. Rezé sur les traces de Ratiatum. Éditions Victor Stanne, 2002. 40 p. Pitte Jean-Robert. Le génie des lieux. CNRS éditions, 2010. 60 p. Rudofsky Bernard. L’architecture insolite. Éditions Tallandier, 1979. 383 p. Santrot Marie-Hélène, Santrot Jacques, Politzer Michel. Traces humaines, des premiers hommes à la menace viking. Somogy éditions d’art, 2007. 79 p. Article de périodique Morin Edgar. Eloge de la métamorphose. Le Monde. Article publié le 10 Janvier 2010. Ils veulent construire en zone inondable. Le Parisien. Article publié le 28 décembre 2010. Mémoire de fin d’étude Brunel Pierre. Analyse des fonctionnalités écologiques du territoire communal de Rezé. Master professionnel : gestion des habitats et des bassins versants, Université Rennes 1. 2011. Films Jean-Loup Hubert. La Reine Blanche. TF1 vidéo, 1991. 1 vidéocassette VHS. Jacques Demy. Lola. Arte video, 2010. 1 DVD, 86 min. Pascal Thomas. Mercredi folle journée. Warner Home Vidéo, 2002. 1DVD, 127 min.


Sites Web ADVOCNAR, Association de Défense Contre les Nuisances Aériennes. advocnar.fr SAGE, estuaire de la Loire. sage-estuaire-loire.org Développement durable et territoires. developpementdurable. revues.org IGN, Institut Géographiques Nantional. Ign.fr PSS architecture. Pss-archi.eu Persée : Portail de revues scientifiques en sciences humaines et sociales. persee.fr Les annales de la recherche urbaine. annalesdelarechercheurbaine.fr Agence de L’eau Loire-Bretagne. eau-loire-bretagne.fr la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. pays-de-la-loire.developpementdurable.gouv.fr Inventaire National du Patrimoine Naturel. inpn.mnhn.fr PUCA. Plan Urbanisme Construction Architecture. rp.urbanisme.equipement.gouv.fr Archives municipales de Nantes. archives.nantes.fr CORELA, Conservatoire Régional des Rives de la Loire et ses affluents. Corela.org GIP Loire estuaire. Groupe d’Intérêt Public. Loire-estuaire.org AURAN, Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise. auran.org EPTB ; Etablissement Public Loire. eptb-loire.fr Nantes métropole. Nantesmetropole.fr Ville de Rezé. Reze.fr Atlas des paysages de Loire-Atlantique. paysages.loire-atlantique.gouv.fr Photo aérienne de Rezé. Valery Joncheray Photographie. vjoncheray.fr BRGM, Bureau de recherches géologiques et minières. brgm.fr Géoportail. geoportail.fr

148


Remerciements Je tiens d’abord à remercier les acteurs locaux : habitants, responsables de la maitrise d’ouvrage et professionnels du paysage pour leur écoute attentive, leurs renseignements précieux et leurs conseils avisés. Gaëlle Pinier, paysagiste co-gérente de l’agence Map [paysagistes] Olivier Corbineau, Chef de projet de la Direction Territoriale d’Aménagement Nantes-Est pour Nantes Métropole. Emilie Rossa, Chargée de mission paysage et environnement pour la ville de Rezé Jean-Paul Fache, habitant de Vertou passionné d’Histoire ayant grandi à Norkiouse, merci aussi à monsieur et madame Fache d’avoir partagé leurs souvenirs de Norkiouse et de Trentemoult.

149

Je remercie évidemment mes professeurs encadrants pour leur écoute et leur avis précieux : Claire Dauviau Cendrine Bonami Enfin je remercie tout particulièrement mes proches pour m’avoir soutenu et entouré : mes parents pour leur attention et leur écoute Bernadette et Christophe Lepage pour leur accueil et leur soutien Landry pour m’avoir accompagné sur le terrain, pour sa curiosité et son accueil toujours chaleureux Cécile et Armelle pour leur présence bienveillante et salutaire ainsi que pour leur aide dans la relecture et la correction du mémoire.


150


Entre une zone commerciale, qui étale ses enseignes racoleuses, et de grandes enclaves industrielles entourées de barbelés, l’automobiliste qui emprunte la route de Pornic, reliant Nantes à la baie de Bourgneuf, peut difficilement s’imaginer qu’il roule sur les traces d’un ancien bras de Loire et que la zone d’activité qui défile sous ses yeux prend place sur ce qui était autrefois une île. Nous sommes sur la rive sud de la Loire, face à l’île de Nantes. Le quartier des Isles de Rezé, malgré son nom évocateur, n’a désormais plus rien d’insulaire. Le port gallo-romain de Ratiatum et l’archipel sur lequel ont vécu pendant plus de 1000 ans une population constituée exclusivement de pêcheurs et de marins au long cours, ont laissé la place à un urbanisme de secteurs avec ses zones spécialisées et ses grandes voies de circulation. Pourtant, ce territoire occupe une position centrale dans l’agglomération nantaise et sa situation géographique, à la croisée de la Loire et de la Sèvre, est le pendant sud de la rencontre entre la Loire et l’Erdre au nord. Cette double confluence a fait naître un ensemble insulaire sur lequel prenait place une ligne de ponts, voie de communication stratégique entre les deux rives, elle-même à l’origine de l’installation du port de Nantes. Le projet de l’île de Nantes et la nouvelle centralité qu’il propose pour l’agglomération, incite à repenser ce territoire non plus comme une zone périphérique mais comme la façade ligérienne et urbaine de Rezé. L’aménagement des Isles doit permettre de redécouvrir la Loire, ce ‘‘fleuve au goût de mer’’ selon la formule d’Aristide Briand. la singularité des Isles Les mutations à venir sont l’occasion de retrouver l’histoire des Isles et le fleuve qui les a fait naitre en réparant les négligences de l’urbanisme de secteurs. C’est aussi l’opportunité de proposer une alternative à l’étalement urbain, en replaçant les activités industrielles et commerciales au centre de la ville, et en s’appuyant sur l’hétérogénéité du site pour l’enrichir et en faire un quartier innovant. Comment renouer avec le passé fluvial et maritime du site sans être passéiste, mais au contraire, en proposant une vision pour l’avenir ? Comment retrouver le caractère insulaire du site tout en tissant des liens avec les quartiers environnants ? Comment accueillir en ville des activités économiques et commerciales de grande envergure qui permettent le développement de la ville et l’expression des qualités du paysage ?

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TPFE : les Isles de Rezé