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PEINTRES EN FINISTÈRE Voyage artistique

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Peintres en Finistère Comment accéder à la modernité tout en gardant son identité ? Le Finistère de jadis, était parfois décrié par les écrivains et caricaturé par les peintres. Le Finistère d’aujourd’hui s’en sort plutôt bien. Avec une culture traditionnelle florissante et sans cesse renouvelée, métissée, créative, une production éditoriale pléthorique et des artistes, toujours, qui viennent pour la magie de la lumière, mais aussi parce qu’une part de l’histoire de la peinture s’y est écrite, avec Gauguin et l’École de Pont-Aven. Le croisement des regards, entre celui qui vit ici et celui qui vient à sa rencontre, débarrassé des pièges du pittoresque à tout prix, devient source d’enchantement et d’échanges enrichissants.

Remerciements au groupe de travail ayant permis la réalisation de ce document. © Crédits photographiques : A. Lamoureux, Y. Le Gal, D. Guillaudeau, E. Berthier, S. Bourcier, H. Ronné, G. Santa Maria/fotolia. Rédaction : G. Alle / Finistère tourisme. Réalisation : Finistère Tourisme - Août 2016.

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Les Glénan

LÉGENDE

Cités de peintres en Finistère 01 02 03 04 05 06 07 08 09

Batz Roscoff Saint-Jean du Doigt Morlaix Saint-Pol de Léon Saint-Servais Brest Ouessant Camaret sur Mer

10 11 12 13 14 15 16 17 18

Morgat Huelgoat Locmaria-Berrien Châteauneuf-du-Faou Douarnenez Sein Quimper Penmarc’h Pont-l’Abbé

19 20 21 22 23 24 25 26 27

SOMMAIRE

Loctudy Sainte-Marine Bénodet Clohars-Fouesnant Fouesnant Concarneau Nizon Pont-Aven Le Pouldu

Un voyage original en peinture 04 Les cités des peintres Concarneau, Pont-aven Le Pouldu 06 Quimper, Bénodet et le Pays fouesnantais 10 Pont l’Abbé et le pays bigouden 14 Douarnenez, le cap sizun 18 Camaret et la presqu’île de Crozon 22 Huelgoat et Châteauneuf du faou 26 Brest et la rade de Brest 30 Morlaix, sa baie, Roscoff et le Léon 34 Les Îles 38 Aller plus loin

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Pont-Aven

Un voyage original en peinture Peindre un pays, c’est lui donner une identité. Pour les artistes et les touristes qui arrivent de Paris et d’ailleurs, au XIXe siècle, et comme son nom semble l’indiquer, le Finistère c’est le bout du monde. Pour ceux qui y vivent, au contraire, c’est le début du monde Penn Ar Bed en breton (tête du monde). Déjà, deux regards se croisent sur un même territoire. On nous dit, aujourd’hui comme hier, que cette terre et ses habitants ont une identité forte. Mais qu’est-ce qui construit une identité ? À la fois l’image que l’on a de soi et l’image que les autres ont de nous. La façon que nous avons de nous dépeindre, mais aussi la façon que les autres ont de nous peindre, de nous pho4

tographier, de nous décrire. Ainsi, la beauté d’une mer déchaînée ne laissera indifférent ni le touriste, ni le marin, mais ce ne sera pas pour les mêmes raisons. À l’époque romantique s’imposent les tempêtes et les forces de la nature, mais aussi l’image d’un peuple, profondément mystique, fermé sur lui-même. Longtemps, le Finistère a pâti de cette image faussée, répercutée par des écrivains voyageurs qui ne comprenaient ni la langue, ni les coutumes. Certains peintres réalistes ou naturalistes ont contribué à perpétuer la vision d’une Armorique archaïque et rétive aux idées nouvelles, alors qu’elle a su aussi être révolutionnaire et de tous temps, novatrice. La mode des bains de


mer, devenue la grande bleue bienfaitrice, avec ses stations balnéaires, ses vacances et ses sports nautiques, a depuis écorné le cliché sépia, mais vous trouverez toujours des nostalgiques, y compris d’une Bretagne qui n’a jamais existé. Ceux-là ne voient pas que la Bretagne a engendré une culture populaire d’une créativité inégalée : des milliers de contes, de légendes et de chansons, magnifiés par le Barzaz Breiz, cet ouvrage de collectage publié en 1839, qui étonna l’Europe entière. La plupart des oeuvres que nous pouvons admirer dans nos musées datent du XIXe et du début du XXe siècle, donc d’une période marquée en Bretagne par la surpopulation, le poids de la religion et une misère endémique. Entre 1840 et 1870, on assiste à une féminisation de la représentation, au début uniquement masculine. C’est une réponse à la demande : on veut voir plus de femmes, puis d’enfants. Ce n’est pas la Bretagne qui a changé, c’est le regard que l’on porte sur elle. D’autres peintres, Bretons d’origine, peuvent plus facilement entrer dans les maisons, traquer la vie quotidienne, ce qui ne préserve pas toujours de la mise en scène. D’autres encore s’imprègnent de l’atmosphère particulière, des variantes infinies de la lumière et des couleurs sur la mer, du légendaire, des traditions, pour chercher au fond d’eux-mêmes, moins à représenter la réalité que l’émotion qu’elle procure. Ainsi naîtra l’École de Pont-Aven, autour de Gauguin et d’Emile Bernard, de Paul Sérusier, ce phénomène qui marquera l’histoire de l’art moderne. Ce Finistère des peintres est donc un Finistère très différent de celui que le voyageur découvrira en ce début de XXIe siècle, résolument moderne, métissé, créatif, prospère, ouvert sur le monde. Georges Lacombe (1868 - 1916), La mer grise, Musée des Beaux-arts de Brest Paul Gauguin (1848 - 1903), L’oie, Maison Marie Henry, Musée des Beaux-arts de Quimper

Dans quelle mesure les Bretons d’aujourd’hui et ceux qui leur rendent visite peuvent-ils se retrouver dans ces œuvres d’un autre temps ? Si on peut transporter un tableau, on ne peut délocaliser les traces laissées par l’histoire dans un lieu donné, ni les paysages. Ni l’émotion, bien sûr. C’est donc à un partage des émotions, à un croisement des regards que nous vous invitons, après avoir abandonné les clichés et accepté de mettre votre regard à l’épreuve. Un élément historique, une anecdote ou un détail vous aideront à appréhender chaque œuvre. Ensuite, à vous de vous rendre sur place, à la rencontre de ce Finistère. En quelque sorte une invitation à peindre ce pays, à votre tour, avec vos yeux, avec votre cœur et à votre guise.

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Pont-Aven school of painting Attracted by the exoticism of the place, painters of ‘Pont-Aven school of painting’ free themselves from academism: ‘paint what one feels instead of what one sees’.

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Les docks à Brest Port Manec’h à Névez

Concarneau, Pont-aven, Le Pouldu

L’École de Pont-Aven Attirés par l’exotisme des lieux, les artistes de « l’École de Pont-Aven » s’affranchissent de l’académisme : « peindre ce que l’on sent au lieu de ce que l’on voit ». 7


CONCARNEAU, PONT-AVEN , LE POULDU

Pont-Aven et Le Pouldu Artistes et touristes en villégiature Ne disait-on pas : « Pont-Aven, ville de renom, quatorze moulins, quinze maisons. » Jadis, l’Aven laissait remonter lougres, gabares et chasse-marées, venus de Nantes, de Bordeaux ou de Cardiff pour décharger du charbon et charger des pommes de terre. Le spectacle des moulins, des lavandières, des quais et du port d’échouage ne pouvait que séduire les innombrables peintres qui ont fait sa célébrité. Émile Bernard (1868-1941), Bien sûr, impossible de mentionner Pont-Aven sans songer à Paul Gauguin et aux artistes qui l’ont fréquenté jusqu’à faire école. À son arrivée, les peintres américains sont déjà là, depuis au moins vingt ans, rejoints par les Scandinaves, les Allemands et les Anglais. Nombre de ces artistes bénéficient de bourses allouées par leur pays et viennent chercher la reconnaissance de la France. Leur correspondance vante la beauté des costumes traditionnels et du paysage toujours changeant, le long de la rivière, de Pont-Aven jusqu’à la mer, louant la qualité du climat, notant la présence de trois hôtels et, avant tout, se félicitant du faible coût de la vie.

Le Bois d’amour (1888-1893), Musée des Beaux-arts de Quimper

Charles Filiger (1863-1928), Paysage rocheux Le Pouldu, vers 1891, gouache sur carton, Inv.2004.1.1, Musée de Pont-Aven

Paul Gauguin (1848-1903), Deux têtes de Bretonnes, pastel sur papier, 1894, Inv.2004.3.1, Musée de Pont-Aven

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Émile Bernard (1868-1941), Paysage de Pont-Aven aux peupliers, vers 1888, aquarelle sur traits de crayon, Inv.1991.5.1, Musée de Pont-Aven

On a donc affaire à des peintres réalistes. Pour les membres de ce que l’on qualifiera par la suite d’École de Pont-Aven, il s’agit au contraire de s’affranchir de l’académisme et « peindre ce que l’on sent au lieu de peindre ce que l’on voit », même s’ils sont attirés, eux aussi, par l’exotisme du lieu, la lumière, les monuments religieux, les traditions, le mysticisme réel ou fantasmé de la population. Gauguin lui-même est à la recherche d’une vision primitive de la religion qu’il croit déceler chez les Bretons. Mais les habitants sont dubitatifs. Le recteur de Nizon ne veut pas de sa Vision du Sermon. Et à la vue de La belle Angèle, son portrait réalisé par Gauguin, Marie-Angélique Satre, hôtelière à Pont-Aven et considérée comme l’une des plus belles femmes du pays, s’écrie : « Quelle horreur ! » avant de refuser le cadeau.


Concarneau Des filets bleus au grand cœur

« Quel fond j’ai trouvé, la Ville Close, un petit village entouré de fortifications racontant les siècles passés, couvert de lichens, de mousse, bien en place dans chaque crevasse. Je ne me fatigue jamais de l’étudier. » Ainsi s’exprime le peintre américain Charles Fromuth, arrivé à Concarneau en 1890. Comme lui, des centaines d’artistes sont attirés par la jolie cité de Cornouaille. Ainsi naît ce que l’on appellera « Le groupe de Concarneau ». Quand Flaubert étonne les habitants en se baignant tous les jours, en septembre 1875, il n’existe que trois modestes hôtels, où l’on s’éclaire à la bougie. En 1883, avec l’arrivée du train, les estivants sont déjà moins rares et les peintres débarquent, plantant leurs chevalets tout au long des quais. Ils sont Français et Américains, surtout, mais aussi Suédois, Russes ou Anglais qui se régalent de l’intense activité du port. Un autre peintre américain, Sydney Lough Thomson, écrit : « Concarneau a un pittoresque irrésistible qui attire tous les artistes si forteAlfred Delobbe (1835 - 1920), Jeunes dentellières de Beuzec-Conq (1905), Musée Départemental Breton

Alfred Guillou (1844 - 1926), Les Sardinières de Concarneau (1896), Transfert de propriété de l’Etat à la Ville de Quimper en 2013, Musée des beaux-arts de Quimper

ment qu’elle est connue comme la ville des trente ateliers et des trente usines à sardines. » L’activité locale s’adapte : on construit des ateliers, on traduit les menus en anglais, on se propose comme modèle.

CONCARNEAU, PONT-AVEN , LE POULDU

Une Ville-Close qui fait le bonheur des photographes. Un front de mer hospitalier. Des plages idylliques. Des sports nautiques en vogue. Des produits de la mer à profusion… et un microclimat qui défie les prévisions météorologiques, du moins, c’est ce que vous diront les Concarnois.

Les peintres signent également la pétition qui empêche la vente des remparts de la Ville Close, en 1899. La crise de la sardine, qui disparaît des côtes bretonnes au début du XXe siècle, prive de revenus marins-pêcheurs et ouvrières. Les peintres vont jouer un rôle important lors de la création de la Fête des Filets Bleus, en 1905, destinée à venir en aide à la population. Les collectes nationales, les ventes de tableaux dans le même but, les articles de presse, font connaître Concarneau qui devient synonyme de vacances en Bretagne. Leur style peut paraître académique. Mais à Paris, au Salon, c’est le règne de l’art officiel. Les acheteurs de l’époque n’ont aucune attirance pour des œuvres montrant la misère ou exprimant, à travers l’observation de la nature, les tourments de l’âme. On peut le regretter, quand on sait qu’ici mille fois le même lieu peut donner mille univers différents et que si la mer sculpte la gueule du matelot, ce n’est pas pour en tirer une carte postale.

J’en profite pour Pierre de Belay (1890 - 1947), La Fête des Filets Bleus, Musée des Beaux-arts de Quimper

M’offrir une croisière sur l’Aven et le Bélon, entre 1h15 et 1h45 de détente garantie ! www.pont-aven.com 9


Lights & transparencies Here, the sea is beautifully transparent. One has to watch and listen when the sea flows out of ‘La Mer Blanche’, leaving behind a kind of tropical lagoon where Salicornia (or glasswort) grows. And one has to stay long enough to watch it flowing in again with the tide.

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Les docks à Brest Fouesnant-les-Glénan

Quimper, Bénodet et le Pays fouesnantais Lumières & transparences Ici, la mer joue des transparences. Il faut la regarder et l’écouter aussi, lorsqu’elle se retire de la Mer Blanche, laissant derrière elle un lagon presque tropical, où poussent les salicornes. Et il faut rester assez longtemps pour la voir revenir avec la marée. 11


QUIMPER, BÉNODET ET LE PAYS FOUESNANTAIS

Émile Simon (1800 - 1979), Église Saint-Hilaire à Clohars-Fouesnant Musée Départemental Breton

Alfred Guillou (1844 - 1926), Arrivée du pardon de Sainte-Anne de Fouesnant (1887), Dépôt du FNAC au Musée des Beaux-arts de Quimper

Un nid de célébrités Ici, la mer joue des transparences. Il faut la regarder et l’écouter aussi, lorsqu’elle se retire de la Mer Blanche, laissant derrière elle un lagon presque tropical, où poussent les salicornes. Et il faut rester assez longtemps pour la voir revenir avec la marée.

Splendeur du costume traditionnel local, la spectaculaire coiffe giz foen, avec ses rubans, sa collerette empesée, ont longtemps symbolisé la Bretagne dans la publicité, avant d’être supplantée par la coiffe bigoudène qui défie le vent en grimpant toujours plus haut.

Peindre et repeindre votre paysage intérieur, avec tous les sens aux aguets. Sans se lasser. Le regard ne doit pas fatiguer le paysage, sinon, la mer se met en grève.

Grand amoureux du pays, le peintre Émile Simon n’a de cesse de le scruter et de l’interpréter à sa façon. Doué d’une rapidité d’exécution et d’une grande maîtrise technique, il passe pour académique, même si on serait bien embêté pour définir chez lui un style particulier et si on ne peut renier une vraie sensibilité alliée à une grande modestie. Il parcourt la Cornouaille essentiellement, à la recherche des sujets de ses tableaux, des paysages, des personnages, des scènes de la vie quotidienne des campagnes et des ports.

Avec ses plages et son bocage, son climat agréable, sa nature généreuse, le Pays de Fouesnant attire les célébrités, il est vrai qu’Emile Zola, Sarah Bernhardt, Guillaume Apollinaire, Paul Klee, Marcel Proust y séjournent, ainsi que de richissimes Britanniques. Dans sa villa de Beg-Meil, Winston Churchill perfectionne sa technique de l’aquarelle. Et dans les rues de Fouesnant, de Bénodet ou d’ailleurs, le camaïeu des hortensias fait un festival.

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À partir de 1943, Simon habite le manoir de Squividan, en Clohars-Fouesnant, en compagnie de son ancienne élève, Madeleine Fié-Feux. Elle fera don du manoir au département, après le décès d’Émile, ainsi que de 1300 œuvres. Squividan est devenu un musée départemental consacré aux deux peintres.


L’embouchure de l’Odet

À Quimper. La cathédrale et ses secrets. Les trésors du Musée des Beaux-Arts et du Musée départemental breton.

Eugène Boudin (1824 - 1898), Le port de Quimper (1857), Musée des Beaux-arts de Quimper

Les faîenceries Henriot Quimper

Max Jacob (1876 - 1944), Fêtes de Quimper (1925), Musée des Beaux-arts de Quimper © Adagp, Paris, 2016

Avec sa cathédrale, ses maisons à colombage, son Mont Frugy et l’Odet qui coule à ses pieds, ses auberges, ses cafés, ses hôtels, ses touristes, les lieux pittoresques qui l’entourent, sa bourgeoisie, son importance politique, religieuse et culturelle, on imagine que Quimper ne peut qu’attirer les peintres. Sous l’ancien régime, pourtant, ils ne s’y bousculent guère. On peut citer Olivier Perrin, qui croque la vie paysanne, et Auguste Goy, un disciple d’Ingres. Sans oublier l’essor des faïenceries, qui mettra bientôt en lumière d’autres artistes. Parmi les peintres marquants, Eugène Boudin, l’un des premiers à peindre directement en extérieur, précurseur de cette myriade de peintres qui va bientôt découvrir sur la Bretagne

de la seconde moitié du XIXe siècle. Modeste, il ne se considérait pas comme très novateur, à part « une petite part d’influence dans le mouvement qui porte la peinture vers l’étude de la grande lumière, du plein air et de la sincérité dans la reproduction des effets du ciel. » Baudelaire dira de lui : « La légende cachée avec la main, vous devineriez la saison, l’heure, le vent. » Il a fallu attendre l’entre deux guerres pour qu’une vie artistique plus intense se développe, notamment autour du trublion éclectique et génial qu’était Max Jacob, stimulée par ses aller-retour entre Paris et Quimper. Au Bateau-Lavoir, il fréquente Picasso, Cocteau, Modigliani, tandis qu’à Quimper, Douarnenez et Tréboul, il garde beaucoup d’amis comme Jean Moulin ou le peintre de Belay. L’esprit de Max Jacob inspirera quelques artistes bretons des générations suivantes, dans l’écriture comme dans les arts plastiques.

QUIMPER, BÉNODET ET LE PAYS FOUESNANTAIS

Quimper Dans les pas de Max Jacob

J’en profite pour Me balader à Bénodet et découvrir des bienfaits de la mer en testant la thalasso de Bénodet et leurs formules à la 1/2 journée ! 13


Strong winds, bright lights ‘Pays bigouden’ is definitely another country. A part of Brittany that is at the same time luminous, blown by the winds and beaten by the waves.

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Les docks à Brest Penmarc’h

Pont-l’Abbé et le Pays bigouden

Plein vent, pleine lumière C’est un autre pays que ce Pays bigouden. Une Bretagne en habit de lumière, balayée par le vent, livrée aux assauts de l’océan. 15


PONT-L’ABBÉ ET LE PAYS BIGOUDEN

Un spot secret pour les peintres Dans ce paradis des surfeurs, on aime la fête, parfois sans limites, comme s’il fallait profiter de la vie avant qu’une vague plus haute que les autres ne vienne tout engloutir. Les jours de tempête, il faut voir l’écume recouvrir la grève et les routes de son avalanche de plumes blanches. Il faut voir aussi le soleil racler les grèves, au lever comme au coucher, révélant des couleurs inconnues. Et même, il faut voir juste après la pluie, le sable briller comme un sou neuf. Contrairement à Concarneau ou Pont-Aven, le Pays bigouden, plus à l’ouest, ne connaît pas un engouement aussi important des peintres, au XIXe siècle, Pont l’Abbé et Penmarc’h ne disposant pas des mêmes infrastructures hôtelières. L’ambiance va changer avec la construction des premières villas de la bonne société parisienne, fin XIXe, le long de la rivière de Pont l’Abbé et à Loctudy.

Maurice Denis (1870-1943), Feux de la Saint-Jean à Loctudy, 1894-1895, huile sur carton, Inv.4993.5.1, Musée de Pont-Aven

Loctudy

Lucien Simon (1861 - 1945), La chapelle de la Joie à Penmarc’h (1913), Musée des Beaux-arts de Quimper

La lumière crue, les costumes chatoyants, les grandes plages sauvages et ventées, finissent par séduire les peintres, certains s’y installent. Les processions, les pardons, les fêtes, les activités comme la récolte du goémon ou la pêche nourrissent leur inspiration. Ainsi, Saint-Guénolé-Penmarc’h devient un petit foyer de peinture qui attire bientôt une nouvelle génération. 16


Henri Guinier (1867 - 1928), La Bigoudène au travail, Musée Départemental Breton

La chapelle de la Joie à Penmarc’h

Lucien Simon achète en 1902 un sémaphore désaffecté à Sainte-Marine. Membre de la « Bande Noire » avec Charles Cottet, il garde sa liberté de style. Il devient peintre officiel de la Marine et illustre Pêcheurs d’Islande de Pierre Loti.

PONT-L’ABBÉ ET LE PAYS BIGOUDEN

Jean-Julien Lemordant (1878 - 1968), Dans le vent (1907), Musée des Beaux-arts de Quimper

Jean-Julien Lemordant est d’extraction plus modeste. A l’âge de onze ans, il perd son père, maçon et marin-pêcheur. Sa mère est lavandière. Installé en Pays bigouden, son sens de l’observation et du mouvement, sa vision de la lutte des hommes contre les éléments donnera un nouvel élan à la façon de représenter la Bretagne. Maurice Denis voyage régulièrement en Bretagne depuis sa rencontre avec Paul Sérusier, en 1888. D’où sa déclaration d’amour : « Oui je l’aime ma Bretagne. Sans ce maudit Couesnon, qui met le Mont en Normandie, je serais Breton aussi. » La Bretagne est à la fois pays familier et idéalisé, source de recueillement spirituel, où les mythes et les légendes ont leur place. Elle marque aussi, chez lui, l’influence durable de Gauguin et de l’École de Pont-Aven, à laquelle il restera fidèle.

J’en profite pour Déguster les produits locaux en découvrant les marchés du Pays bigouden : leurs couleurs éclatantes, leurs langoustines...

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A rebellious town It is the first 19th-century artistic community known in Finistère. It has even been nicknamed ‘le Barbizon breton’ or Brittany’s Barbizon (referring to a place near Paris where pre-impressionist painters used to go).

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Les docks à Brest Douarnenez, côté Tréboul

Douarnenez, le Cap Sizun

La rebelle C’est la première communauté artistique attestée en Finistère au XIXe siècle. On la surnomme même « Le Barbizon breton ». 19


DOUARNENEZ, LE CAP SIZUN

Le port Rhu

Mer et lumières La lumière changeante de la baie, aux variantes infinies, attire les peintres, ainsi que les paysages qui changent de peau avec la marée. Les artistes trouvent bon accueil auprès des bourgeois de la ville et d’une société savante qui leur offre parfois le gîte et le couvert. Cependant, ils se mêlent peu à la vie ouvrière de cette ville grouillante et surpeuplée. Les peintres s’intéressent plus aux paysages et aux pardons qui rythment la vie des campagnes environnantes. Une foule de gens qui vont devenir célèbres se presse à Douarnenez : Auguste Renoir, Emmanuel Lansyer, Picasso, Foujita, Matisse et tant d’autres. Des poètes, aussi, comme José Maria de Heredia. Yves Tanguy, le peintre surréaliste de Locronan, avant de devenir américain, accueille Prévert, André Breton et Marcel Duhamel. Certains y restent plus longtemps : Eugène Boudin, Jules Breton, Odilon Redon, Henri Rivière, Désiré Lucas, Mathurin Méheut, des Anglais, des Suédois, des Finlandais.

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Sans oublier les voisins Jim Sévellec, François Dilasser et sa magnifique interprétation du Bateau-Feu qui mouille au Port-Rhu, ainsi que le Douarneniste René Quéré, peintre contemporain du port et de la ville, au style affirmé et au bleu caractéristique.


DOUARNENEZ, LE CAP SIZUN Émile Simon (1890 - 1976), Douarnenez (collection Manoir de Squividan), Musée Départemental Breton

Jules Breton (1827 - 1906), Le pardon de Kergoat (1891) Musée des Beaux-arts de Quimper

Henri Rivière (1827 - 1883), Départ des sardiniers à Tréboul (1893), Musée Départemental Breton, © Adagp, Paris, 2016.

Au Port-musée, on plonge dans ces pans d’histoire, la pêche, les conserveries, les artistes, les Gras, ce carnaval aux accents subversifs, et le voyage, l’ouverture de la baie sur le monde, tout ce qui fait l’identité si particulière de cette ville. Et il est bon de pousser plus à l’ouest, vers la côte en dentelle du Cap Sizun qui offre à chaque coup d’œil un nouveau frisson. Quand la Bretagne et la mer s’affrontent, voyez le résultat ! Et si pouviez être là, à l’heure des réconciliations et des épousailles, quand tout est bleu, quand tout est rose – deux couleurs au maximum – vous ne serez pas prêt d’oublier ce moment où la nature choisit son camp.

J’en profite pour Faire une balade en famille à la Pointe du Raz, Grand site de France : un incontournable du Finistère !

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Painters at the edge of the world From the 1880s, Camaret has become popular with artists including, among others, Henri Rivière, André Breton, Maxime Maufra, André Antoine (theatre manager, actor…) and the writers Gustave Toudouze and Saint-Pol Roux.

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Les docks à Brest Camaret-sur-Mer. Notre Dame de Rocamadour et la tour Vauban

Camaret et la presqu’île de Crozon

Les peintres du bout du monde À partir des années 1880, Camaret est plébiscité par les artistes. On y retrouve entre autres Henri Rivière, André Breton, Maxime Maufra, l’homme de théâtre André Antoine, les écrivains Gustave Toudouze et Saint-Pol Roux. 23


CAMARET ET LA PRESQU’ÎLE DE CROZON

L’île Vierge sur la Presqu’île de Crozon

Un festival de paysages En 1910, Saint-Pol Roux mobilise les intellectuels pour la rénovation de la chapelle Notre-Dame de Rocamadour, détruite par un incendie. Il est vrai que le site exceptionnel a de quoi inspirer, avec sa situation à l’extrême ouest de la presqu’île de Crozon, à l’entrée du goulet de Brest et avec la côte très découpée qui protège le port comme un écrin. À l’orée du XXe siècle, le tourisme se développe dans la presqu’île avec la création d’hôtels et de stations balnéaires comme Morgat, sous l’impulsion de la famille Peugeot. L’arrivée du chemin de fer en 1923 correspond à l’émergence d’une nouvelle génération de peintres, parmi lesquels Pierre Vaillant et Désiré Lucas. Le Brestois Pierre Péron et l’enfant du pays Jim Sévellec y laisseront également leur trace.

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Georges Lacombe (1868 - 1916), La mer jaune, Camaret (1892), Musée des beaux arts de Brest


CAMARET ET LA PRESQU’ÎLE DE CROZON

Charles Cottet (1863 - 1925), Rayons du soir à Camaret (1892), Musée des Beaux-arts de Quimper

La presqu’île n’impressionne pas que les peintres, avec la pointe du Kador, l’Île Vierge, le Cap de la Chèvre, les Tas de Pois, lieux de randonnée et de criques discrètes, pour ceux qui ont le courage de la descente vertigineuse et de l’escalade au retour. Une féérie de roches et de couleurs, fruit du baiser tectonique entre les plaques continentales. Rides sur le paysage, comme des rides sur un visage. Sans maquillage. Vague après vague, soleil après soleil, vent après vent, on mesure ici l’usure du temps sur le vieux Massif Armoricain et dans chaque galet, dans chaque grain de sable qui est aussi un grain de mémoire. Presqu’île pas encore vaincue par la mer, Crozon refuse de prendre le large.

Henri Rivière (1864 - 1951), Morgat, aquarelle sur traits de crayon Musée Départemental Breton, © Adagp, Paris, 2016. Le tas de Pois, presqu’île de Crozon

J’en profite pour M’offrir une balade sur l’eau en stand up paddle, kayak, voilier ou autres... Ici la mer vous entoure, c’est le paradis des loisirs nautiques. www.tourisme-presquiledecrozon.fr 25


True Brittany In April 1891, Sérusier went to the railway station ‘Gare de Lyon’ in Paris with Gauguin before his trip to Tahiti. He was also on his way to an unusual destination: Huelgoat, where he arrived in June. The painter, willing to discover everything, used to wear decorated clogs, a Breton gilet and a large hat, and he even sometimes put druid clothes on.

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Les docks à Brest Le chaos de Huelgoat

Huelgoat et Châteauneuf-du-Faou, la Bretagne intérieure

À la source de la Bretagne En avril 1891, Sérusier accompagne Gauguin à la gare de Lyon avant son départ pour Tahiti. Lui aussi s’apprête à partir vers une destination inattendue : Huelgoat, où il est présent dès le mois de juin de la même année. L’homme, qui est curieux de tout, chausse des sabots décorés, porte un gilet breton et un grand chapeau, s’habille parfois en druide. 27


Un Finistère secret

Châteauneuf-du-Faou

HUELGOAT ET CHÂTEAUNEUF-DU-FAOU, LA BRETAGNE INTÉRIEURE

Au XIXe siècle, le Finistère de l’intérieur est moins accessible, peu recherché par les voyageurs, et les artistes ne s’y risquent pas trop, à part quelques écrivains tentés par l’exotisme et des peintres fuyant les villages trop fréquentés, comme Barbizon. Mais en pays d’Argoat, Huelgoat fait vite figure d’exception. Les Britanniques, qui ont du nez, en sont déjà friands. Les Chemins de fer l’Etat font imprimer une affiche, après l’arrivée du train à Locmaria-Berrien, à sept kilomètres de là. Fontainebleau ayant son chaos, on qualifiera Huelgoat qui a le sien, avec son Ménage de la Vierge et sa Roche tremblante, de « Fontainebleau breton ». Les hôtels se multiplient. En 1923, il y en aura plus qu’à Camaret.

Le château de Trévarez

Paul Sérusier (1864 - 1927), L’incantation ou le bois sacré (1891) Musée des beaux-arts de Quimper

Dès 1893, Sérusier quitte Huelgoat pour Châteauneuf, qui ne s’appellera Châteauneuf-du-Faou qu’en 1951. Il sera, avec Gauguin, l’un des seuls peintres de sa génération à aller jusqu’au bout de ses idées, y compris dans ses choix de vie. Il ne quittera plus Châteauneuf et l’Aulne sauvage qu’il voyait de son atelier et qu’il aimait tant peindre. Il dira : « Ici, c’est ma vraie patrie, puisque j’y suis né de l’esprit. » 28


Paul Sérusier (1864 - 1927), Jeune bretonne à cruche (1892) Musée des Beaux-arts de Quimper

Comme on peut le comprendre ! Cette Bretagne intérieure cache de petites perles, des petits matins de coton qui découpent les vaches en tranches, au ras des prés, des adresses que l’on se passe de la main à la main, avec un clin d’œil complice. Il a accédé à la modernité tout en gardant une grande part d’authenticité. La plupart des musiciens traditionnels y vivent. En fait, c’est ici que la Bretagne prend sa source, ruisseaux et rivières, mais aussi musique bretonne et fest-noz. L’Aulne de Sérusier y alimente le canal de Nantes à Brest, dont le chemin de halage est devenu un must de la randonnée.

HUELGOAT ET CHÂTEAUNEUF-DU-FAOU, LA BRETAGNE INTÉRIEURE

Paul Sérusier (1864 - 1927), Le pardon de Notre Dame des Portes à Châteauneufdu-Faou (1894), Dépôt du Musée d’Orsay au Musée des Beaux-arts de Quimper

Voici un Finistère plus secret. Il est beau. Il est rude. Il est rudement beau.

J’en profite pour Visiter le Domaine de Trévarez : son parc, ses écuries et son château séduisent petits et grands. www.cdp29.fr 29


Inimitable Brest inhabitants (or ‘Tizefs’) Brest, the white city. Inimitable light over the harbour. Arsenal and warships. Sailors strolling up Siam street. Brest inhabitants love Brest and will never leave it.

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Les docks à Brest Le château de Brest

Brest et la rade de Brest

Inimitables Tizefs Brest la blanche. Lumière inimitable sur la rade. Arsenal et bateaux de guerre. Marins qui déambulent rue de Siam. Les Brestois adorent Brest et ne la quitteraient pour rien au monde. 31


BREST ET LA RADE DE BREST

Le pont de Recouvrance, au dessus de la Penfeld à Brest. À gauche, la tour Tanguy, à droite le château de Brest

Pierre Péron (1905 * 1988), L’entrée rue de Siam (1965), Musée des Beaux arts de Brest

Une ville ouverte sur le monde Cela peut surprendre, quand on découvre cette ville reconstruite, ses rues ventées, découpées à la va-vite, ses bâtiments austères. Tout cela cache une vie culturelle très intense et une mentalité unique, celle des Tizefs, les Brestois de Brest-même … Et puis, la ville change. Une partie de l’arsenal change d’affectation. Brest va s’ouvrir pleinement sur la rade, et pas seulement lors des rassemblements de vieux gréements qui y attirent des centaines de milliers de curieux. C’est à partir du XVIIe siècle, que Brest, situé entre Manche et Atlantique, devient un port militaire de grande importance stratégique, notamment à cause des conflits récurrents avec l’Angleterre. Ses premiers peintres répondent à des commandes royales, 32

destinées à donner en haut lieu une idée exacte des défenses, des navires et des activités. Le bagne, installé sur les quais, devient alors un élément important dans la vie des Brestois. Il est à l’origine de l’expression Tonnerre de Brest, due au coup de canon que l’on tirait pour signaler une tentative d’évasion. Cette peinture descriptive marque durablement la vie artistique brestoise au fil du temps, avec les peintres de la marine qui s’y sont succédés. Parmi eux, Pierre Péron, qui incarne particulièrement l’esprit tizef. À la fois illustrateur, décorateur, peintre, graveur, sculpteur, caricaturiste, maquettiste, cinéaste et écrivain, c’est un artiste prolifique, inclassable, mais encore trop méconnu.


BREST ET LA RADE DE BREST Jules Noël (1810 - 1881), Le port de Brest (1864), Musée des beaux arts de Brest

Louis Nicolas Van Blarenberghe (1716 - 1794), Le port de Brest, vue prise de la mâture (1776) Musée des beaux arts de Brest

En remontant au XIXe siècle, on peut citer Jules Noël, de son vrai nom Louis Assez Noël, né à Nancy en 1810, qui a laissé de bien belles toiles. Son père est alors en garnison à Quimper et a épousé une lingère de Plougasnou. Il passe une partie de son enfance à Lennon, où son père, qui travaille à la construction du canal de Nantes à Brest, lui apprend à dessiner. Une visite aux riches collections du Musée des Beaux-Arts de Brest s’impose. Et puis ne pas oublier de regarder le ciel. Ou l’eau. Ici, le ciel est dans l’eau.

J’en profite pour Partir à la découverte des océans en visitant Océanopolis. www.oceanopolis.com 33


The beautiful privateer town, between fields and landmarks Timbered houses. Memories of the port and the privateers. Thread your way through the picturesque narrow streets to enjoy views of Morlaix viaduct, visit the ‘Musée des Jacobins’ or the Royal Tobacco Manufacturers building, destroyed by fire, then turned into a cultural centre.

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Les docks à Brest Roscoff

Morlaix, sa baie, Roscoff et le Léon

La belle corsaire, entre champs et monuments ? Maisons à pans de bois. Mémoire du port et des corsaires. Il fait bon déambuler au pied du viaduc de Morlaix, visiter le Musée des Jacobins ou la Manufacture des tabacs, réduite en cendres et ressuscitée en pôle culturel... 35


MORLAIX, SA BAIE, ROSCOFF ET LE LÉON

Maison à pans de bois à Morlaix

Jules Noël (1810 - 1881), Une rue à Morlaix en 1830 (1870), Transfert de propriété de l’Etat à la Ville de Quimper en 2013, Musée des Beaux-arts de Quimper

Morlaix la belle Le passé de la ville nous interroge, comme il a pu interroger les peintres et les écrivains comme Tristan Corbière. Baie de Morlaix, pure merveille. Encaissée comme un fjord, comme les abers qui semblent calmer les furies de l’océan qui cogne les falaises, plus loin. Entre Léon et Trégor, entre terre et mer, Morlaix est bien assise. Au XIXe siècle, on y arrive par vapeur du Havre. Les environs attirent la curiosité, comme la crypte de l’église de Lanmeur, la fontaine et les falaises de Saint-Jean-du-Doigt, l’église du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon. Morlaix est une ville d’imprimeurs et de nombreuses lithographies la mettent en valeur. 36


MORLAIX, SA BAIE, ROSCOFF ET LE LÉON Maxime Maufra (1861 - 1918), Les trois falaises, Saint Jean du Doigt (1894), Musée des Beaux-arts de Quimper

Yan’Dargent (1824 - 1899), Le soir aux grèves de Roscoff (1865-1870), Musée des Beaux arts de Brest

Dans la campagne du Léon, à Saint-Servais, Yan D’Argent construit une œuvre originale et une vie qui l’est tout autant. On a consacré un musée à Yan D’Argent, dans son village natal, où il est enterré… Des émules de Maxime Maufra magnifient encore les falaises et les estrans de Saint-Jean-du-Doigt, où il a fondé l’école de peinture Bleimor.

J’en profite pour Rejoindre le bord de mer et randonner à ma guise sur le légendaire GR34.

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At the edge of the world, deep in your heart Islands have become popular destinations. Books, pictures, paintings, magazines certainly contribute to attract travellers. It can be a complete change of scene if one stays a while and spends a night or two on them, to wake up feeling this unusual impression, this mix of loneliness and unity. Your stay will be an incredible opportunity to (re)discover yourself, just as the painters who love the islands do.

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Les docks à Brest Le phare du Créac’h à Ouessant

Les îles

En marge du monde, au cœur de l’homme Les îles sont devenues des destinations très prisées. Les livres, les photos, les peintures, les articles des magazines contribuent à y attirer les voyageurs. Le dépaysement y est total, à condition d’y rester un peu, d’y dormir, pour ressentir au réveil cette impression étrange, à la fois de solitude et d’esprit de corps. Comme les peintres qui les courtisent, vous pouvez espérer des îles une pêche miraculeuse : vous-même. 39


LES ÎLES

Le bout du monde

Arrivée à l’île de Sein

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, plus de sept cents artistes ont peint ces îles du bout du monde, influencés par la littérature, les romans maritimes, Pêcheurs d’Islande de Pierre Loti et Filles de la pluie d’André Savignon, qui alimentent le mythe de l’île. Île déserte, île au trésor, les thèmes ne manquent pas. L’île symbolise la vie en marge du monde, le lieu où les traditions perdurent : à la fois lieu de rencontre, par l’intimité avec les îliens et lieu de perdition, de solitude, où l’homme est souvent absent et la nature, violente, impossible à dompter.

Émile Renouf (1845 - 1894), La Veuve de l’île de Sein, 1880, Musée des Beaux-arts de Quimper

Les îles, toujours. La lande rabougrie qui rentre les épaules pour se protéger du vent, en haut des falaises d’Ouessant. Selon les saisons, elle rougit, se teinte de mauve et explose même en jaune ajonc d’or à l’odeur de coco, en plein hiver. Pas vraiment explorateurs, les artistes retournent sans cesse vers des lieux déjà immortalisés par leurs prédécesseurs, comme le phare du Créac’h à Ouessant ou les petites maisons basses de l’île de Batz. Les veuves, l’attente sur la grève, les goémoniers, sont des thèmes prisés.

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LES ÎLES Mathurin Meheut (1882 - 1958), La récolte du goémon Ile de Batz, Musée Départemental Breton, © Adagp, Paris, 2016.

Louis Marie Désiré Lucas (1869 - 1949), Jeune ouessantine, Musée des Beaux arts de Brest

À Sein et Ouessant, Charles Cottet est l’un de ceux qui partagent le plus l’intimité des habitants. Le dessinateur Pierre Cavellat croque les mœurs insulaires. Lucien Delpy capte les naufrages, les vents violents, la mer déchaînée. Mathurin Méheut vient de poser son chevalet à Roscoff, réalisant pour la Station de biologie marine une Etude de la mer, flore et faune de la Manche et de l’Océan, lorsqu’il se rend à Batz.

J’en profite pour Séjourner quelques jours dans une de ses îles et découvrir leurs patrimoines, la beauté de leurs paysages...

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Aller plus loin… Les tableaux reproduits dans cette brochure sont visibles dans les cinq musées sous l’appellation « Musées de France » qui ont apporté leur concours dans la préparation de ce document :

Musée des Beaux-arts de Brest, Musée de Morlaix. Musée de Pont-Aven, Musée des Beaux-arts de Quimper, Musée départemental breton à Quimper et le Manoir de Squividan,

Outre leurs collections permanentes, ces établissements proposent tous les ans des expositions temporaires, des conférences, des ateliers, etc. Le département compte, par ailleurs, de très nombreuses galeries d’art et des ateliers d’artistes qui accueillent les visiteurs. Pour tout renseignement, contactez les Offices de tourisme des territoires concernés. Des centres d’art contemporain vous proposent également des expositions : le fonds Hélène & Edouard Leclerc à Landerneau, la Passerelle à Brest, le Quartier à Quimper. Chemins du Patrimoine en Finistère propose également au visiteur des expositions temporaires sur différents sites : château de Trévarez, abbaye de Daoulas, manoir de Kernault, château de Kerjean, abbaye du Relec. Sur l’ensemble du département, de nombreux autres musées de société, des écomusées sont ouverts à la visite et proposent la découverte de l’histoire, des traditions et des coutumes locales. Pour tout renseignement, visitez le site www.finisteretourisme.com.

Yves Tanguy (1900 - 1955), Quand on me fusillera, Musée des Beaux arts de Brest, © Adagp, Paris, 2016.

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Quimper


Mus es Musée des Beaux-arts de Brest

Dans un bâtiment de la Reconstruction, le musée des Beaux-arts a ouvert ses portes en 1968, au cœur du centre-ville de Brest. Il s’est doté d’une collection originale de 10 000 objets, principalement tournée vers les beaux-arts (peintures, sculptures et arts graphiques) et volontiers associée à la vocation maritime de la ville. www.musee-brest.com - 02 98 00 87 96

Musée de Morlaix

Organisé sur deux sites, la Maison à Pondalez et les Jacobins, le Musée de Morlaix ne s’identifie plus à un bâtiment mais à la collection de la Ville de Morlaix, composée de deux ensembles majeurs, peinture moderne et contemporaine et arts et traditions populaires. www.musee.ville.morlaix.fr - 02 98 88 68 88

Musée de Pont-Aven

Le Musée de Pont-Aven a vu le jour en 1985. Il s’attache à faire connaître l’œuvre des artistes inspirés par la Bretagne et plus particulièrement par Pont-Aven, depuis les années 1860 jusqu’aux années 1970, développer un travail scientifique concernant cette période chronologique et s’ouvrir à la création contemporaine. Un important chantier de rénovation et d’extension conduit entre 2013 et 2016 a permis la concrétisation d’un nouveau Musée qui double sa surface d’exposition et développe les services aux visiteurs (centre de ressources, librairie-boutique, salle de conférence, points détente…). www.museepontaven.fr - 02 98 06 14 43

Musée des Beaux-arts de Quimper

Le musée doit sa création au legs consenti par Jean-Marie de Silguy (1785-1864) à la Ville de Quimper de l’importante collection de peinture européenne qu’il constitua à Paris au milieu du XIXe siècle. Ce legs de 1200 peintures et 2000 dessins était assorti d’une condition : la construction par la Ville d’un musée destiné à accueillir la collection. www.mbaq.fr - 02 98 95 45 20

Musée départemental breton à Quimper

Installé depuis 1846 dans l’ancien Palais des Evêques de Cornouaille à Quimper (XVIe-XVIIIe siècle), il présente un très riche panorama des arts du Finistère des origines préhistoriques jusqu’à nos jours : archéologie, costumes, mobilier, céramiques (faïence de Quimper) et arts décoratifs, sculpture, peinture, etc. www.museedepartementalbreton.fr - 02 98 95 21 60

Manoir de Squividan

À partir de 1947 et jusqu’à la fin de leur vie, Émile Simon et Madeleine Fié-Fieux ont vécu et peint ensemble à Squividan. Le manoir, le parc et les œuvres des deux peintres appartiennent aujourd’hui au Conseil départemental du Finistère. Des expositions permanentes et temporaires, dans la galerie du manoir et dans le parc évoquent le cadre de vie et l’œuvre de ces artistes. 02 98 54 60 02 43


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