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N° 24, 4 AVRIL 2014

ÉDITION FR ANÇAISE

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

LE CODE DES AZZURRI Cesare Prandelli

JORDANIE LE FOOTBALL DANS UN CAMP DE RÉFUGIÉS

BLATTER UNE POIGNÉE DE MAIN POUR LA PAIX

AUSTRALIE 10 000 SUPPORTERS ATTENDUS AU BRÉSIL

W W W.FIFA.COM/ THEWEEKLY


DANS CE NUMÉRO

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 C esare Prandelli : Champion du monde de l’élégance Le sélectionneur italien aime les règles, que ce soit dans sa tenue vestimentaire ou dans ses relations avec les joueurs. Il a fait de son code de conduite un fil conducteur. Dans une longue interview, le technicien italien évoque l’arrogance des footballeurs, la Coupe du Monde à venir et le décès de son épouse. À propos de son équipe, il déclare : “Nous ne sommes pas les meilleurs, mais nous pouvons battre les meilleurs.”

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Record d’affluence au Costa Rica La Coupe du Monde Féminine U-17 a fait rêver des milliers de passionnés, étudiants, commerçants et même la petite Pamela (12 ans). Celle-ci n’a plus qu’une phrase à la bouche : “J’aimerais bien devenir footballeuse professionnelle un jour !”

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Le festival de l’espoir La phase finale de la Coupe du Monde au Brésil doit aussi avoir un rayonnement social. Les festivals Football for Hope donnent aux enfants du monde entier l’occasion de se rencontrer pour échanger leurs idées et jouer au football.

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Le Billet du Président : Le football est un message de paix Avec la “Poignée de main pour la Paix”, la FIFA veut mettre l’accent sur le rôle diplomatique du football. Dans son éditorial, le Président Blatter rappelle : “La poignée de main est l’un des gestes les plus forts qui soient entre les hommes. C’est une marque de respect, de bienséance, un témoignage d’estime.”

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Amérique du Nord et centrale 35 membres www.concacaf.com

Deyna Castellanos La star de la Coupe du Monde Féminine U-17

Jordanie : Le football comme planche de salut La guerre civile en Syrie pousse des centaines de milliers de personnes à l’exil. Dans le camp de réfugiés de Za’atari (Jordanie), des enfants tentent d’oublier les expériences traumatisantes qu’ils ont vécues. Dans ces conditions difficiles, le football tient une place essentielle.

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“Juin 1974 a été un conte de fées pour l’Australie” Le sélectionneur australien Ange Postecoglou se souvient de la première participation de l’Australie à la Coupe du Monde. À l’époque, les joueurs avaient dû poser des congés pour participer au tournoi organisé en RFA.

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 N etzer l’expert Vous pensez que les footballeurs d’aujourd’hui ont la vie facile ? Détrompez-vous ! Dans sa tribune, Günter Netzer dénonce l’omniprésence des médias, même s’il salue également l’influence positive des nombreux spécialistes qui travaillent avec les joueurs.

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Le Tournant Hidetoshi Nakata avait 29 ans lorsqu’il a mis fin à sa carrière de joueur professionnel. Il a décidé de se servir de son expérience pour bâtir des ponts entre les gens du monde entier. “Un matin, j’ai soudain réalisé que c’était fini ! Je n’étais pas prêt à continuer.” Gusti Cup 9 mai 2014 à Zurich 5 septembre 2014 à Zurich

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Amérique du Sud 10 membres www.conmebol.com

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Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars Du 28 au 29 mai 2014, Zurich


L A SEMAINE DANS LE MONDE DU FOOTBALL

Europe 54 membres www.uefa.com

Afrique 54 membres www.cafonline.com

Asie 46 membres www.the-afc.com

Océanie 11 membres www.oceaniafootball.com

Hulk veut reconquérir le titre avec le Zénith Saint-Pétersbourg

Le code Azzurro Notre couverture montre Cesare Prandelli dans les travées du stade Henryk Reyman de Cracovie (Pologne) durant l’été 2012.

Cesare Prandelli Le sélectionneur italien se confie Hidetoshi Nakata Ancien footballeur devenu touriste professionnel

Cover: Anan Sesa / imago Inhalt: imago, Getty Images (4)

Ange Postecoglou Le technicien australien répond à nos questions

Coupe du Monde de la FIFA Du 12 juin au 13 juillet 2014, Brésil

Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA Du 5 au 24 août 2014, Canada

T H E F I FA W E E K LY

Tournoi de Football des J.O. de la Jeunesse Du 15 au 27 août 2014, Nankin

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA Du 10 au 20 décembre 2014, Maroc

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XX. Monat 2013

Édition française

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

www.FIFA.COM

WWW.FIFA.COM/


À DÉCOUVERT

En eaux calmes

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Antonio Calanni / AP

e choix d’une couverture peut être à l’origine d’interminables discussions en conférence de rédaction. Pourtant, lorsque nous nous sommes réunis il y a quelques semaines pour préparer ce numéro, le choix du thème s’est imposé à nous en 30 secondes. L’Italie. Oui, l’Italie ! Le dossier Calcio. En Italie, le football est synonyme de tradition, de tactique et passion. En pleine phase de transition, les quadruples champions du monde restent compétitifs. L’Italie est la plus imprévisible des équipes, surtout avant un grand tournoi. Elle n’est jamais aussi forte que lorsqu’on ne l’attend pas. Alors, les Azzurri seront-ils de simples outsiders en 2014 ? C’est déjà ce que l’on disait en 1982 et 2006. Après une longue conversation avec le sélectionneur Cesare Prandelli dans la banlieue de Florence, notre collègue Doris Ladstaetter a acquis quelques certitudes. L’homme qui a imposé son code de conduite à la tête de l’équipe

d’Italie n’ira pas au Brésil la fleur au fusil. “Nous ne sommes pas les meilleurs, mais nous pouvons battre les meilleurs.” Si Prandelli a choisi une bibliothèque comme lieu de rendez-vous, ce n’est sans doute pas un hasard.

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on homologue australien n’est pas obnubilé par les trophées. Chez lui, on ne parle de toute façon que de rugby et de cricket. Ange Postecoglou tord le cou à ce cliché et à quelques autres par ses réponses rafraîchissantes. On apprend ainsi que près de 10 000 supporters australiens feront le déplacement à Vitória pour la Coupe du Monde.

le respect a toujours sa place sur le terrain. Sepp Blatter invite donc les capitaines des deux équipes à se retrouver dans le rond central à l’issue de la partie. “Un match de football s’achève au moment du coup de sifflet final”, écrit-il. “Notre combat pour la paix, l’intégration et la justice sociale, lui, ne fait que commencer.” Å Alan Schweingruber

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endant le tournoi, on entendra sans doute beaucoup parler de la fameuse “Poignée de main pour la Paix”. Ce geste symbolique doit porter un message de paix aux quatre coins du monde. Peu importe le résultat final,

Avant-goût L’équipe d’Italie se rafraîchit sur la plage de Rio en juin 2013, pendant la Coupe des Confédérations. T H E F I FA W E E K LY

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Nom Claudio Cesare Prandelli Date et lieu de naissance 19 août 1957, Orzinuovi (Italie) Enfants Niccolo (1984), Carolina (1987) Équipe d’Italie Depuis 2010 Principaux succès en tant que joueur Triple champion d’Italie et vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions avec la Juventus Principaux succès en tant qu’entraîneur

Massimo Sestini

Champion de Serie B, vice-champion d’Europe 2012, troisième de la Coupe des Confédérations 2013

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I TALIE

“Nous pouvons battre les meilleurs” Cesare Prandelli incarne l’élégance. Sa conduite depuis sa nomination au poste de sélectionneur de l’équipe d’Italie fait l’unanimité. Dans une conversation à bâtons rompus, le technicien italien évoque les footballeurs arrogants, la Coupe du Monde à venir et le décès de la femme de sa vie. Doris Ladstaetter et Franco Nicolussi ont rencontré Cesera Prandelli à Coverciano. Avec Cesare Prandelli ont parlé Doris Ladstaetter et Franco Nicolussi, Coverciano

Cesare Prandelli est un homme raffiné. Dans son superbe costume brun-gris, le technicien italien de 56 ans salue d’une poignée de main les personnes qu’il croise à Coverciano. Ses interlocuteurs lui adressent tous un “Buongiorno Mister” plein de respect. Cesare Prandelli, c’est vous qui demandez à être appelé “Mister” ? Cesare Prandelli : (rires) Pas du tout. C’est la tradition en Italie. Lorsque l’on s’adresse à un entraîneur, on l’appelle Mister.

À deux mois de la Coupe du Monde, vous êtes certainement LE Mister en Italie. Il y a quelques jours, je m’étais arrêté boire un café dans un bar. Tout à coup, la porte s’est ouverte, un homme est entré et a lancé : “Ciao Mister !” Naturellement, je me suis retourné pour le saluer, mais il m’a complètement ignoré ! En fait, il s’adressait à l’entraîneur d’une équipe scolaire.

Aujourd’hui, vous êtes aussi connu que Giovanni Trapattoni, qui a pourtant été votre entraîneur pendant six ans à la Juventus. Il reste mon modèle. Il savait donner confiance aux joueurs comme moi, qui n’avaient pas souvent l’occasion de s’exprimer. Il a toujours cru en ses rêves et il n’a jamais perdu son enthousiasme, quelles que soient les circonstances.

Rêvez-vous de gagner la Coupe du Monde au Brésil ?

Je serai déjà content si nous passons le premier tour.

N’êtes-vous pas un peu trop modeste ? En 2012, vous avez atteint la finale de l’Euro avec un groupe rajeuni. L’année dernière, vous avez terminé troisième de la Coupe des Confédérations. Quand on sait que l’Angleterre, l’Uruguay et le Costa Rica figurent dans votre groupe… Ça ne sert à rien de mettre la pression à une jeune équipe comme la nôtre. Il vaut mieux se fixer des objectifs réalistes. Passer le premier tour, voilà une ambition réaliste. Pour gagner une Coupe du Monde, il faut franchir les étapes les unes après les autres.

Vous avez récemment décrit la condition physique des internationaux italiens potentiels comme “déplorable”. Vos commentaires ont fait du bruit en Serie A. Peut-être, mais je n’en démords pas. Dans le reste de l’Europe, on pratique un jeu beaucoup plus rapide qu’en Italie. Je m’attendais à trouver des joueurs en bonne condition à l’approche du mois de mars. Lors de notre dernier rassemblement, ça n’était pas le cas. Qu’aurais-je dû faire ? Me taire ?

Les clubs sont-ils responsables de cette situation ? Je n’accuse personne. Je ne suis pas le mieux placé pour déterminer si le problème vient de la préparation ou des circonstances.

Qu’allez-vous faire ? Ce n’est pas pendant les trois semaines de préparation avant la phase finale que vous pourrez influer fortement sur la condition physique de vos joueurs. Il le faudra bien. Ces trois semaines devront T H E F I FA W E E K LY

suffire. Nous allons nous concentrer sur le travail foncier. La forme du moment risque de faire toute la différence au Brésil. J’ai retenu la leçon de la Coupe des Confédérations.

Que s’est-il passé ? Pour la première fois depuis que je suis devenu entraîneur, j’ai atteint mes limites. En deux matches, huit joueurs m’ont demandé à sortir. Les vingt premières minutes se sont passées correctement mais, dans le quart d’heure qui a suivi, ils donnaient l’impression de manquer d’air. Après ça, ils n’avaient qu’une idée en tête, quitter le terrain. Nos adversaires n’étaient guère mieux lotis. La tendance s’est confirmée par la suite.

Qui sont les favoris de la Coupe du Monde, selon vous ? J’en vois quatre : le Brésil, en raison de sa technique, de son palmarès et du fait qu’il joue à domicile ; l’Espagne, qui domine le football mondial depuis plusieurs années ; l’Allemagne, qui a su intégrer de nouveaux joueurs en conservant sa mentalité compétitive et l’Argentine, qui possède des joueurs très talentueux. La Belgique et la Colombie peuvent éventuellement créer la surprise.

Et l’Italie dans tout ça ? Nous ne sommes pas les meilleurs mais nous pouvons battre les meilleurs. Nous irons au Brésil avec la certitude de pouvoir poser des problèmes à n’importe quelle équipe, à condition d’être dans les bonnes conditions.

En dehors de Gianluigi Buffon et de Daniele De Rossi, vos joueurs ont très peu d’expérience sur la scène internationale. Comment vous y 7


I TALIE

Les amis L’ancien sélectionneur italien Giovanni Trapattoni en compagnie de Prandelli (image de gauche).

Je choisis des footballeurs complets et je me concentre sur leurs qualités. Je n’ai pas le temps de travailler leurs points faibles. Ma tâche la plus importante consiste à souder l’équipe. Ça passe aussi par des choses que l’on a trop tendance à négliger, comme le code d’éthique, par exemple.

Vous avez instauré ce code de bonne conduite dès votre nomination, il y a quatre ans de cela. Votre logique consiste à dire qu’un joueur qui ne sait pas se comporter correctement n’a rien à faire sur le terrain. Les joueurs italiens ont-ils besoin de telles mesures éducatives ? Je voulais qu’ils aient à nouveau le sentiment de devoir gagner leur place en sélection. Porter le maillot azzurro est un honneur. Il faut le mériter, non seulement par des qualités techniques et des résultats, mais aussi par un comportement irréprochable. Un footballeur qui crache au visage d’un adversaire ou qui plonge au moindre contact n’a pas sa place en équipe nationale, même s’il possède un talent exceptionnel.

Ce code d’éthique pourrait néanmoins vous placer dans une situation difficile. Que se passerait-il si un joueur important comme Daniele De Rossi commettait un faux-pas avant le début de la Coupe du Monde ?

Vous n’avez pas sélectionné De Rossi pour le match amical contre l’Espagne au mois de mars parce qu’il avait asséné un coup de poing à un autre joueur dans un match de championnat. Il n’a pas protesté ?

Quelle que soit l’issue de la Coupe du Monde, vous êtes encore sous contrat avec la Fédération italienne pour deux ans. N’avez-vous pas le sentiment qu’il vous manque une expérience à l’étranger ?

Non, il n’a rien dit. Les joueurs aiment qu’on leur fixe des règles. Ils doivent savoir à quoi s’en tenir. Ceux qui iront au Brésil doivent savoir qu’ils ont été choisis. Ce sentiment d’avoir gagné sa place soude un groupe et donne de la confiance.

Ça me plairait beaucoup, en effet. Carlo Ancelotti me racontait l’autre jour qu’en deux ans à Chelsea, il n’a jamais été insulté par un supporter adverse. Quand j’entends ça et que je pense à toutes les polémiques qui encombrent le débat en Italie, ça me donne envie de faire tout de suite mes valises.

Qu’est-ce qui vous déplaît dans le monde du football ? L’arrogance et les manières de certaines personnes, qui se donnent de grands airs.

Vous êtes resté marié pendant trente ans. Comment avez-vous vécu la mort de votre femme ?

Ça ne correspond pas à votre expérience ?

J’avais dix-huit ans, ma femme un peu moins de quinze. Nous nous sommes rencontrés dans notre village natal, près de Brescia. À partir de ce jour-là, nous ne nous sommes plus quittés. Lorsqu’elle est morte il y a sept ans, j’ai vécu un drame. Dans un premier temps, j’avais décidé de garder cette partie de ma vie secrète. Puis je me suis dit : pourquoi ne pas en parler ? Je me suis rendu compte que la parole pouvait parfois soulager les gens.

À mon époque, nous étions beaucoup moins prétentieux. Si nous perdions un match le dimanche, nous nous faisions ensuite tous petits et nous restions à la maison. Nous nous sentions responsables de chaque défaite. Nous étions aussi conscients de la chance que nous avions de pouvoir mener une vie pareille à 20 ans. En dehors du terrain, nous étions plus responsables. Nous devions nous débrouiller seuls pour payer nos appartements et les factures. Nous n’avions pas tous ces gens autour de nous pour prendre en charge tous les tracas du quotidien à notre place.

Au départ, vous vouliez devenir architecte.

En théorie, vous avez raison ; en pratique, non. Je n’imagine pas qu’un international de premier plan puisse commettre un écart avant la Coupe du Monde. S’il le faisait, ce ne serait pas un joueur important. Je ne pourrais pas compter sur lui et il n’aurait donc rien à faire au Brésil.

Oui. Ma mère me disait sans arrêt : “Ton diplôme, Cesare, ton diplôme !” Alors, j’ai passé mon diplôme de géomètre.

Certains joueurs ont-ils contesté ce code d’éthique ?

Loin de là ! Nous pourrions parler pendant des jours de tout ce que j’aurais envie de créer : des appartements, des maisons, des vêtements… Tout m’intéresse.

Non. Seuls quelques dirigeants ou d’autres entraîneurs ont émis des réserves. 8

En somme, vous avez l’âme d’un bâtisseur. Cette idée de construire quelque chose se limite-t-elle au terrain ?

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Que leur racontez-vous ? Je leur dis que ma femme nous a consolés, mes enfants et moi, alors qu’elle était sur son lit de mort. Elle a aussi réconforté nos amis et toute la famille. Elle est morte un lundi. Pour les footballeurs et les entraîneurs, c’est traditionnellement un jour de repos. Pendant les dernières heures, nous nous sommes installés à ses côtés et nous avons parlé sans arrêt. Ses médecins nous ont dit que les mourants perdaient l’ouïe en dernier. Elle a été magnifique. Elle nous a permis de vivre cette séparation extrêmement douloureuse avec une grande dignité. Je ne l’oublierai jamais. Å

Gero Breloer / AP, Claudio Villa / Getty Images (3)

prenez-vous pour leur donner la confiance nécessaire pour s’imposer ?


“Ceux qui iront au Brésil doivent savoir qu’ils ont été choisis. Ce sentiment d’avoir gagné sa place soude un groupe et donne de la confiance.”

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I TALIE

QUO VADIS ITALIA? En Italie, une génération vieillissante de propriétaires de clubs baisse les bras. Ils quittent le navire, laissant derrière eux des déficits énormes, des joueurs de seconde classe et des stades qui datent. Quant au travail avec les jeunes talents, il reste à mettre en place. Doris Ladstaetter

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endant longtemps, les Crésus des clubs italiens ont passé leurs soucis sous silence. Ils ont masqué leurs dettes par des recrutements onéreux et dépensé des millions sans compter. Si bien qu’au cours de la dernière décennie, personne ou presque n’a remarqué que ce qui était autrefois le plus grand championnat du monde était en train de souffrir et de perdre de son éclat. En 1990, l’Allemagne remportait la Coupe du Monde en Italie avec neuf joueurs – parmi lesquels de grands noms comme Klinsmann, Matthäus et Hässler – qui gagnaient leur vie en Serie A et n’auraient sûrement pas voulu évoluer dans un autre championnat que celui-là. Les clubs italiens faisaient venir l’élite du football d’Amérique du Sud et d’Europe : Maradona, Careca, Zico, Platini, Van Basten, Gullit… la liste des joueurs qui portaient alors les couleurs de la Juventus, de Naples, de l’AC Milan ou de l’Inter ressemble à un Who’s Who du football mondial. En Italie, tout le monde était fan de football. Les stades étaient pleins à craquer de tifosi assoiffés de victoires. Ce pays était un véritable paradis du ballon rond et ce n’est pas pour rien si l’on considérait la Serie A comme “le plus beau championnat du monde”. Aujourd’hui, les grandes stars quittent l’Italie Deux décennies plus tard, les choses ont bien changé. Au nombre des joueurs étrangers les plus connus évoluant dans les clubs italiens figurent Carlos Tévez et Fernando Llorente, deux internationaux qui ne seront probablement pas retenus dans le groupe de leurs pays respectifs, l’Argentine et l’Espagne, pour disputer la Coupe du Monde. Les superstars ne viennent plus en Italie et celles qui s’y trouvent doivent faire des concessions. Kaká, très lié à l’AC Milan pendant des années, a dû accepter au début de la saison une nette diminution de salaire (de dix à quatre millions par an) pour pouvoir jouer à nouveau en Italie après 10

un transfert au Real Madrid. Pas question pour lui de subir la nouvelle réduction de salaire qui se profile à l’horizon. Il pourrait bientôt partir jouer en Floride, d’après les bruits qui courent. Entre 2004 et 2013, seuls cinq clubs italiens ont atteint les quarts de finale de la Ligue Europa ou de la Coupe de l’UEFA. Entre 1994 et 2003, il y en avait eu dix-sept. “Dans le reste de l’Europe, on pratique un jeu beaucoup plus ­ ­rapide qu’en Italie”, a reconnu l’entraîneur de l’équipe nationale, Cesare Prandelli. Au vu du spectacle offert dans les stades italiens, tout le pays se demande aujourd’hui où les tifosi passent désormais leur temps le dimanche. Pas dans les stades, en tout cas, où les entraîneurs se retrouvent seuls au milieu de rangées vides. Même le derby milanais ou le choc Milan – Juventus n’ont pas réussi à afficher complet au cours de ces deux dernières années. Les matches de l’AC sont encore suivis par 44 000 spectateurs en moyenne. Ceux du Borussia Dortmund en attirent presque le double. On recherche des investisseurs Dans ce pays autrefois féru de football, les propriétaires de clubs affrontent des turbulences. Endettés jusqu’au cou, mécontents et sans stratégie de croissance, ils s’accrochent depuis des années à des alliances qui vont et viennent de saison en saison. Chaque année, ils ont un peu plus le sentiment d’être prisonniers de leur passion. Aujourd’hui, ils ne se taisent plus et ne cachent plus qu’ils recherchent désespérément un acquéreur ou au moins un partenaire financier solide. “Si quelqu’un veut le Genoa, qu’il se manifeste”, proposait il y a deux ans Enrico Preziosi pour son club, acquis pour moins d’un million d’euros. Massimo Cellino parle de céder sa formation sarde, Cagliari, à un cheikh. Tantôt sérieuse et tantôt reportée, sa proposition tient les fans en haleine depuis des années. Depuis 2011, le président de l’Inter, Massimo Moratti, était lui aussi à la recherche d’un acheteur. L’an dernier, il a cédé 75 % de ses parts dans le club à un éditeur indonésien, Erick Thohir, T H E F I FA W E E K LY

pour une somme qui s’élèverait à 250 millions d’euros. En dix-huit ans de présidence, Moratti a investi plus d’1,2 milliard d’euros de son empire familial – aujourd’hui en crise – pour redresser les finances du club de son cœur, constamment dans le rouge. Même le plus connu des propriétaires de clubs italiens envisagerait lui aussi de céder des parts. “L’AC Milan me fait perdre 50 millions d’euros par an” : Silvio Berlusconi se plaignait ainsi de ses déboires financiers dans la Gazzetta dello Sport il y a quelques jours. Condamné par la justice, le Cavaliere va devoir verser des centaines de millions d’euros pour fraude fiscale et pour d’autres délits, auxquels s’ajoutent des pertes avec son groupe de presse Mondadori et une pension de près de 50 000 euros par jour à son ex-femme Veronica Lario. Quand Berlusconi a pris les rênes de l’AC Milan en 1986, il a dépensé sans compter. Avec son ami et vice-président Adriano Galliani, le Cavaliere a recruté à tour de bras. Une équipe gâtée, composée de joueurs comme Gattuso, Pirlo, Kaká, Maldini, Nesta, Leonardo, Inzaghi et Seedorf, a pu vivre admirablement bien de son argent pendant deux générations. Aujourd’hui, Berlusconi, âgé de 77 ans, semble commencer à réaliser ce que, dans son euphorie dépensière, il a constamment oublié pendant toutes ces années : construire un stade dédié au club, penser à sa succession et promouvoir les jeunes talents. La Serie A, fournisseur de talents ? Autant d’omissions qui ne faciliteront pas la tâche à sa fille Barbara, si elle réussit à prendre sa succession. Elle sait depuis longtemps que le club ne peut plus acheter la qualité de jeu qui lui fait défaut. La développer soi-même prendra du temps. Les mesures de transformation du centre de formation ne commenceront pas à porter leurs fruits “avant trois ans”, a estimé Barbara Berlusconi. En attendant, faute de jeunes alternatives, tous les espoirs reposent sur Mario Balotelli, âgé de 23 ans seulement, et l’équipe est à bout de souffle en championnat, loin derrière la Juventus.


Wee Khim

Pas franchement optimistes Christian Maggio (en haut à gauche), Emanuele Giaccherini et Andrea Pirlo (à droite) au camp d’entraînement de l’équipe nationale.

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Dans ce pays autrefois féru de football, les propriétaires de clubs affrontent des turbulences.

Dans le même temps, l’AC Milan fait des économies drastiques : ces dix dernières années, le club a cumulé avec ses transferts un “petit” déficit de 16 millions d’euros. Comparé à celui de plus de 300 millions réalisé par le FC Barcelone en dix ans avec ses recrutements de joueurs, cela représente un bilan plutôt modeste. “Les clubs de football italiens sont moins endettés, de loin, que certaines formations de première division espagnole ou anglaise. C’est une bonne chose”, déclare Demetrio Albertini, vice-président de la Fédération italienne de football et ancien milieu de terrain milanais. Celui-ci milite depuis des années pour une réforme qui mettrait en avant le travail avec les jeunes. “À nous de décider ce que nous voulons être, un fournisseur de talents pour les clubs étrangers ou un championnat de haut niveau”, souligne Albertini. Les salaires à sept chiffres, c’est du passé À Udine, le propriétaire du club et magnat du bois Gianpaolo Pozzo, qui a fait son entrée dans le business du ballon rond en 1986 comme Berlusconi, a trouvé une solution et montré qu’on pouvait gagner de l’argent avec le football même en temps de crise. L’Udinese fait venir de jeunes joueurs de l’étranger puis les revend. Cela semble lui réussir : depuis quelques années, Pozzo possède non seulement l’Udinese, mais également le club espagnol de Grenade et Watford en Angleterre. À la Juventus Turin aussi, on réalise des bénéfices même par ces temps difficiles, notamment parce que la Vieille Dame possède son propre stade, le seul dans tout le pays qui ne soit pas la propriété d’une commune. L’AS Rome veut imiter la Juventus et lancer cette année la construction d’une nouvelle enceinte à Rome, qui devrait être terminée pour le début de la saison 2016/17. Elle ressemblera à un Colisée ultramoderne. Les propriétaires de clubs italiens semblent avoir décidé quelle voie emprunter pour surmonter la crise et aborder l’avenir. Les stars du football avec un salaire de sept chiffres ou plus, c’est du passé. Bientôt, on entendra parler de grands joueurs formés en Italie et prêts à conquérir le football mondial comme des gladiateurs. Å 12

Un cinquième titre comme mission Les Italiens Daniele De Rossi (à gauche) et Mario Balotelli devront faire la différence au sein de leur groupe face à l’Angleterre et à l’Uruguay, d’anciens champions du monde.


I TALIE

Les quatre sacres mondiaux 1982 1934

Une triple première fois. C’est la première fois que l’Italie participe à l’épreuve suprême. C’est la première fois que l’Italie organise un tel tournoi. C’est la première fois que l’Italie remporte une Coupe du Monde, contre la Tchécoslovaquie. Le dictateur Benito Mussolini utilise la Coupe du Monde pour promouvoir le fascisme. Les Azzurri sont emmenés par une paire assez spéciale : Vittorio Pozzo, un dirigeant de Pirelli, et Giorgio Vaccaro, un général de la milice fasciste. Les deux hommes isolent l’équipe pendant un mois et demi et lui imposent une préparation militaire. La finale se déroule dans le stade national du parti fasciste à Rome, devant 50 000 spectateurs.

Wee Khim, Getty Images / Hulton

1938

C’est une équipe avec un plus beau jeu, mais avec un entraînement toujours aussi militaire, qui remporte la finale en France face à la Hongrie (4:2), emmenée par le trio Colaussi-­ Piola-Meazza. Mussolini se sert à nouveau de cette compétition pour sa politique nationaliste et déclare que, pour les Italiens, seule la victoire est envisageable. Le contraire n’est pas autorisé. L’équipe d’Italie joue avec un maillot noir et gagne la finale au bout de la prolongation. Chaque joueur reçoit une prime de 20 000 lires. Un an plus tard, Mussolini fait entrer l’Italie dans la Seconde Guerre mondiale. La Coupe du Monde ne sera plus organisée avant 1950. T H E F I FA W E E K LY

La Squadra Azzurra écrit l’un des plus beaux contes de l’histoire du football. Après une phase de qualification catastrophique, durant laquelle l’Italie n’a remporté aucun match mais a fini deuxième de son groupe derrière la Pologne grâce au nombre de buts inscrits, une grave polémique éclate autour de l’équipe avant le tournoi. Celle-ci opte donc pour un boycott de la presse et élit le peu loquace Dino Zoff attaché de presse. Avec six réalisations, Paolo Rossi est le meilleur buteur du tournoi, après avoir été miné par une suspension pour tricherie et par des rumeurs sur sa supposée homosexualité. L’équipe d’Enzo Bearzot est la meilleure du tournoi et bat l’Argentine de Maradona (2:1), le Brésil de Zico (3:2), la Pologne de Boniek (2:0) et enfin l’Allemagne de Rummenigge en finale (3:1).

2006

La sélection qui part au grand rendez-vous mondial en Allemagne cette année-là est perçue par les Italiens comme trop vieille et trop corrompue. Le scandale du “Calciopoli” a eu raison de la confiance des supporters azzurri : avant la Coupe du Monde, la majorité des Italiens estime que l’équipe ne doit pas participer à l’épreuve, car des accords conclus avec des arbitres en Série A ont été révélés. La Juventus, les fils du sélectionneur Marcello Lippi et le directeur général de la Juve Luciano Moggi se retrouvent au cœur du scandale. Après deux titres de championne d’Italie, la Juventus se voit rétrogradée en Serie B. Pendant la Coupe du Monde, les Italiens font preuve d’un excellent football défensif. Ils remportent finalement le tournoi aux tirs au but, face à la France. Au cours de la prolongation, Zidane avait été exclu en raison d’un coup de tête adressé à Marco Materazzi. Franco Nicolussi

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C O U P E D U M O N D E F É M I N I N E U -17 A U C O S T A R I C A

→ http://www.fifa.com/u17womensworldcup

Victoire pour le football féminin La Coupe du Monde Féminine U-17 au Costa Rica a servi de vitrine au football féminin. Pendant la phase de groupes, 209 658 spectateurs ont afflué dans les stades – un record ! Abeer Elsayed, à San José

“N

Jamie McDonald / FIFA via Getty Images

ous ne nous attendions pas à ce que le niveau soit aussi élevé. Nous portons à présent un tout autre regard sur le football féminin et nous allons suivre de très près l’évolution de ces jeunes joueuses.” Voici la déclaration de l’un des nombreux supporters interviewés par la FIFA lors de ce tournoi. Parmi les personnes interrogées se trouve notamment Esteban, un étudiant venu assister à l’une des rencontres dans l’Estadio Nacional de San José. “Avant cette Coupe du Monde, je n’avais encore jamais vu de match féminin”, ditil en quittant le stade. “J’étais venu pour soutenir le Venezuela parce que je trouve qu’avec les Nigérianes, nos joueuses étaient les meilleures du tournoi jusqu’à présent. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à regarder jouer ces deux équipes.”

“Le même niveau que les garçons” Paola Ramirez, elle aussi amatrice de la discipline, partage son avis : “Je n’aurais jamais cru que les filles étaient capables de jouer au même niveau que les garçons,” dit-elle en rigolant. “Me voilà à présent convaincue à cent pour cent par le football féminin. J’ai été impressionnée par l’Espagne et le Japon, mais je soutiendrai toujours le Venezuela.” San José n’est pas la seule ville à avoir vibré au rythme de cette Coupe du Monde. Adrian, 29 ans, est supporter de l’équipe d’Herediano, actuellement à la première place du championnat costaricien. La Coupe du Monde semble l’avoir également conquis. “Je n’étais pas vraiment enchanté à l’idée de regarder des filles jouer au football”, admet-il. “Mais je dois reconnaître que j’ai été impressionné par leur qualité de jeu, surtout celle du Japon. J’ai pu avoir des places et je suis venu exprès aujourd’hui pour voir jouer les Japonaises.” Lors de ce tournoi, Adrian a même élu sa joueuse favorite : “Deyna Castellanos est incroyable pour son âge. Je vais essayer de la faire signer avec notre club”, plaisante-t-il. “Les stars de demain” La Coupe du Monde Féminine U-17 a toujours été une vitrine idéale pour les jeunes talents.

Costa Rica 2014 ne fait pas exception à la règle : Castellano, Gloriana Villalobos, les deux Garcia – Nahikari et Gabriela – ou encore Marie Levasseur ne sont que quelques exemples de ces étoiles montantes qui ont su séduire les supporters grâce à leur incroyable technique. “C’est un vrai plaisir de voir jouer Villalobos et Castellano, je pense qu’elles ont un grand avenir devant elles”, déclare ainsi Rafael Romano, un commerçant de la région qui a regardé les premiers matches à la télévision avant

d’acheter des places pour le stade, tant il avait été séduit par le jeu des footballeuses. Ce tournoi a également donné des idées à Pamela, une jeune fille de 12 ans venue pour soutenir l’Italie et admirer Manuela Giugliani. “J’aimerais bien devenir footballeuse professionnelle un jour et jouer pour le Costa Rica”, explique cette jeune admiratrice de Lionel Messi et de Neymar. “Mais ça risque de prendre encore un peu de temps.” Å

Fédérations participantes 16 Finale Japon – Espagne (le 4 avril) à San José Série de victoires Japon (cinq matches sans défaite) Nombre de spectateurs pendant la phase de groupes 209 658 Buts par rencontre 3,43

Dynamisme et plaisir de jouer Barbara Serrano (Venezuela, à g.) lors du match contre le pays hôte. T H E F I FA W E E K LY

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LE S CHAMPIONN AT S À L A LOUPE

VU DES TRIBUNES Le Zénith attend le duel du 2 mai Sven Goldmann est spécialiste du football au quotidien Tagesspiegel de Berlin.

Le Zénith Saint-Pétersbourg se défait lentement de la tension provoquée par une mystérieuse fatigue qui l’avait touché au début de cette nouvelle année en Premier League russe. L’agitation autour du limogeage de l’entraîneur italien Luciano Spalletti a eu un impact bien trop important sur les résultats du club sponsorisé par Gazprom. Tout d’abord, un match nul à domicile contre Tom Tomsk. Ensuite, une défaite face au CSKA Moscou. Vladimir Poutine, le plus grand fan de football de Russie, a dû suivre avec irritation l’évolution de son équipe préférée. Toutefois, depuis l’arrivée de l’entraîneur portugais Andre Villas-Boas, les résultats sont meilleurs. Après deux victoires consécutives contre le Krylia Sovetov Samara et l’Amkar Perm, le Zénith n’est plus qu’à un point de la première place. Mais cette remontée, il la doit aussi en partie au manque de concurrence. Lors de la rencontre au sommet de la 23ème journée, le Lokomotiv Moscou, leader de la compétition, a dû se contenter d’un nul 0:0 contre son rival moscovite, le Spartak. La supériorité permanente du Lokomotiv ne s’est traduite que par deux tirs sur les poteaux de Sergueï Tkatchev et Alexander Samedov. L’ancienne star du Lokomotiv Roman Pavlioutchenko a fait son entrée sur le terrain à cinq minutes du coup de sifflet final, mais n’a pas pu changer le cours des choses. La victoire du Zénith dans ce duel à distance avec le Lokomotiv ne constitue pour lui qu’une petite lueur au beau milieu d’un printemps très sombre. Il faudra gagner le prestige ailleurs. Sur la grande scène européenne, les résultats des formations russes en général et de Saint-Pétersbourg en particulier ne sont toujours pas satisfaisants. Cela s’explique notamment, mais pas uniquement, par un manque de compétition dû aux conditions géographiques. En effet, en hiver, à partir du mois de décembre, le football russe s’interrompt pendant trois mois. Cette trêve ne fait pas bon ménage avec la Ligue des Champions, dont le premier tour se termine toujours à la mi-février. Sans disputer de 16

“Malgré leurs moyens financiers, les clubs russes ne recrutent généralement que des personnalités de seconde classe.” matches de championnat, on ne peut pas espérer de bons résultats dans le grand tournoi européen. Le Zénith en a une nouvelle fois fait les frais cette année, contre le Borussia Dortmund. Les chances des joueurs de Villas-Boas étaient déjà considérablement réduites après la défaite 2:4 concédée à domicile. La victoire 2:1 au match retour n’a effectivement pas été suffisante, même si l’équipe de Saint-Pétersbourg a réussi l’exploit de pousser les supporters de Dortmund à siffler leur propre équipe. Les formations coûteuses de l’ancienne URSS ne peuvent cependant pas se satisfaire de cela. Il y a longtemps que l’on prévoit une ascension du Zénith, du CSKA, du Spartak et

du Lokomotiv dans les plus hautes sphères du football européen. Mais malgré leurs moyens financiers, les clubs russes ne recrutent généralement que des personnalités de seconde classe : des joueurs comme Lassana Diarra (Lokomotiv), Lucas Barrios (Spartak), Keisuke Honda (CSKA) ou Hulk (Zénith). Le Zénith, qui a fini la saison passée à la deuxième place de la Premier League derrière le CSKA, doit à présent essayer de sauver sa saison à mi-chemin en remontant sur le trône russe. Il en aura l’occasion le 2 mai : à trois journées de la fin du championnat, le Zénith se déplacera au stade du Lokomotiv Moscou afin de disputer une rencontre très certainement déterminante pour le titre. Å

Duel Miguel Danny (Zénith Saint-Pétersbourg) contre Réginal Goreux (FC Krylia Sovetov Samara). Le match s’est terminé sur une victoire 2:1 pour le Zénith. T H E F I FA W E E K LY

Imago

Premier League russe


Cri de joie L'attaquant Bryan Róchez (Real España) est en grande forme.

Liga Nacional hondurienne

Tous contre les Lions

Au Honduras, tout le monde ne parlait que de ça : Olimpia contre Marathon, Tegucigalpa contre San Pedro Sula, les Lions contre le Monstre Vert. Dimanche, le superclásico hondurien n’a pas vraiment souri à l’Olimpia, qui reste pourtant le club le plus titré du pays. Devant son public, l’équipe entraînée par Danilo Tosello a subi un cinglant revers (3:0).

Située à 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, la capitale Tegucigalpa n’est évidemment pas exempte de difficultés sociales et sportives. Néanmoins, les fans de l’Olimpia peuvent toujours se consoler en constatant que leur équipe pointe toujours en tête du classement à deux journées de la fin. Les Lions ont donc toutes les chances de valider leur billet pour la Gran Final. Le prochain champion du Honduras sera sacré début mai, à l’issue d’une rencontre disputée au meilleur des deux manches.

En vérité, personne ne s’attendait à une telle déroute. Bon dernier du tournoi d’ouverture, Marathon est englué dans la lutte pour le maintien et restait sur une véritable humiliation à domicile (6:1) face au Real España, le 22 mars dernier. Le championnat n’est pas le seul

Le 28ème triomphe national de l'Olimpia s'impose comme une évidence. Dédié à l'origine à la pratique du baseball, le club a remporté quatre des cinq derniers titres mis en jeu. Ses principaux rivaux sont la Real Sociedad, emmenée par l'intenable Rony

Nicola Berger écrit sur le football hondurien.

Orlando Sierra / AFP Photo

souci de Marathon : rongée par la pauvreté, la ville de San Pedro Sula est considérée comme l’une des plus violentes au monde. En 2013, plus de meurtres y ont été commis que dans aucune autre grande agglomération de la planète.

T H E F I FA W E E K LY

“Ronigol” Martinez (25 ans, 23 buts cette saison) et le Real España, lauréat du tournoi d'ouverture. L'autre club de San Pedro Sula compte dans ses rangs un attaquant très prometteur en la personne de Bryan Róchez (19 ans, 20 buts cette saison). L'ironie n'échapperait à personne si ce dernier venait priver le grand club de la capitale d'un titre qui lui semblait acquis. En effet, Rochez est originaire de Tegucigalpa. Quelle que soit l’issue de la saison, Rochez pourrait bientôt chercher fortune ailleurs. Comme beaucoup de compétitions en Amérique centrale, le championnat du Honduras manque cruellement d’infrastructures et de moyens financiers. Les internationaux honduriens les plus connus sont Emilio Izaguirre (27 ans, du Celtic Glasgow) et Maynor Figueroa (30 ans, qui évolue à Hull). Tous deux ont depuis longtemps posé leurs valises à l’étranger. Le second a peut-être tout de même suivi avec intérêt le superclásico depuis son exil britannique : jusqu’en 2008, il portait les couleurs de l’Olimpia. Å 17


DÉVELOPPEMENT DU SYNTHÉTIQUE

Paradis artificiel Xavier Breuil

D

ans les années 60, le monde du sport assiste à une petite révolution : aux ÉtatsUnis, les pelouses artificielles fleurissent aux quatre coins du pays. La première est installée en avril 1996 à l’Astrodome de Houston, pour des matches de baseball. Quelques années plus tard, la finale du Super Bowl se déroule à son tour sur une surface synthétique. Enfin, le hockey sur gazon emboîte le pas aux autres disciplines à l’occasion des Jeux Olympiques de Montréal 1976. Le football suit cette évolution avec un grand intérêt. Plusieurs clubs européens décident d’investir dans cette nouvelle technologie, notamment dans les pays scandinaves. Les avantages sont nombreux. Les pelouses artificielles minimisent considérablement l’impact de la météo et des conditions climatiques. Elles constituent en outre une solution idéale pour les parties du terrain qui se trouvent à l’ombre de très hautes tribunes. L’entretien est simple et peu coûteux. Enfin, cette surface convient parfaitement à l’organisation de nombreux événements, du match de football à la manifestation culturelle. À son tour, la FIFA se laisse convaincre et encourage la pose de gazons synthétiques. En février 2001, elle lance son propre concept de qualité, ainsi que le signe “FIFA Recommended”, 18

De plus en plus, les pelouses artificielles s’imposent comme une alternative incontournable aux terrains naturels.

désormais considérés comme des normes sur le plan international. Des tests en laboratoire et sur le terrain permettent de mesurer la résistance, la durabilité et l’impact sur les joueurs. En 2004, l’International Football Association Board (IFAB) intègre officiellement les pelouses artificielles aux Lois du Jeu.

LE PRO G R AMME DE ­Q UALI T É DE L A F IFA P OUR LE S T E RR AIN S ­A R T IF IC IE L S Lancement : 2001 Évolution du nombre de cer tifica tions FIFA : 2007 : 110 ; 2013 : 1587, répar ties de la façon suivante : AFC : 142, C AF : 83, CONC AC AF : 111, CONMEBOL : 30, OFC : 20, UEFA : 1201 Fabricants : 30, qui remplissent les plus hauts critères de sélec tion, dont neuf “FIFA Preferred Producer ”. Terrains utilisés dans les compétitions suivantes : qualifications pour la Coupe du Monde, Ligue des Cham pions de l’UEFA, Serie A (Italie), Eredivisie (Pays- Bas), Ligue 1 (France), Premjer Liga (Russie), FA Cup (Angleterre ; voir aussi The FIFA Weekly du 28 mars). T H E F I FA W E E K LY

Bien entendu, ces gazons synthétiques ne sont pas exempts de tout reproche. Les puristes regrettent l’odeur du gazon et le contact avec la nature. On entend également dire que ces terrains sont nuisibles pour la santé et l’environnement, car ils contiennent des colorants et des additifs. Pour répondre aux nouvelles exigences, notamment celles concernant la pratique du football de haut niveau, la FIFA crée en 2004 un nouveau sigle : “FIFA 2 Star RECOMMENDED”. Cinq ans plus tard, la FIFA lance l’initiative “FIFA Preferred Producer”, avec l’ambition d’améliorer chaque étape de la vie du terrain, de la production à l’entretien en passant par l’installation. Les progrès technologiques et les investissements dans la recherche ont permis d’éliminer un certain nombre de défauts. Les craintes concernant la sécurité des joueurs ont ainsi pu être dissipées, grâce à des études scientifiques. Celles-ci démontrent que l’on n’observe pas davantage de blessures sur les gazons artificiels et que la surface n’a pas d’influence sur la gravité des lésions. Au cours des 15 dernières années, les pelouses synthétiques ont trouvé leur place dans le paysage footballistique. Å


EN ROU T E POUR LE BRÉ SIL : PLUS QUE 69 JOURS

→ http://www.fifa.com/worldcup

Le festival de l’espoir La Coupe du Monde ne fournit pas seulement une scène très exposée au plus populaire des sports. Elle constitue également l’occasion parfaite de promouvoir le rôle social du football. Honey Thaljieh, Thomas Renggli

E

n tant qu’instance dirigeante du football mondial, la FIFA joue un rôle-clé sur le plan social. Le programme “Football for Hope” compte parmi ses instruments les plus importants dans ce domaine. Ce programme soutient des projets qui associent le football au développement social, par le biais de moyens financiers, de savoir-faire, de matériel ou de formations et d’échanges sur des thèmes comme la collecte de fonds, le travail en réseau, le développement personnel et la communication. En juillet prochain, quand la Coupe du Monde au Brésil entrera dans sa phase décisive, “Football for Hope” se retrouvera également sous les feux des projecteurs. À l’occasion du

Festival Football for Hope, 32 équipes de filles et de garçons de 15 à 18 ans venus du monde entier se rassembleront pour échanger et partager leurs idées et leurs expériences. Ces participants, venant d’organisations engagées dans le domaine social, célèbreront à Rio de Janeiro les objectifs qu’ils auront atteints et démontreront le pouvoir social du football, sur le terrain comme en dehors. Ils prouveront à petite échelle l’impact que peut avoir le football à grande échelle comme vecteur d’intégration. Ce sport réunit les peuples et bâtit des ponts qui enjambent les barrières nationales, religieuses ou ethniques. Dans le cadre de cette “Coupe du Monde sociale”, des équipes composées de trois joueurs ou joueuses se livreront une compétition sportive. Ce ne sont cependant pas la performance

et les résultats qui seront au cœur de leurs préoccupations, mais la promotion du développement social à travers le football, l’échange d’idées par le biais de rencontres interculturelles, la cohésion de groupe instaurée de manière naturelle et ludique. Dans ces confrontations amicales, il n’y aura pas d’arbitre. En cas de conflit, les joueurs devront s’entendre et arbitrer eux-mêmes, prendre pour ainsi dire une décision diplomatique et trouver par euxmêmes une solution fair-play. Le football peut constituer un bon moyen éducatif, sans prétendre donner des leçons ou sans même qu’il y ait besoin de brandir un carton jaune. C’est aussi pour transmettre cette idée que la Coupe du Monde constitue une plateforme idéale. Å

Felipe Dana /AP Photo

Le plaisir de jouer Le football peut aider les enfants à s’épanouir personnellement et à surmonter les barrières.

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First Love


Lieu : Rome, Italie Date : 27 août 2012 Heure : 15h05

Tino Soriano / NGC

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LE DÉBAT

Un petit geste aux grandes conséquences Le football rassemble et intègre. À travers la “Poignée de main pour la Paix”, la FIFA souhaite renforcer cette tendance.

“L

Thomas Renggli

e sport a le pouvoir d’inspirer et de rassembler les gens. Il est le vecteur idéal du fair-play et de la justice.” Ces paroles ont été prononcées par Nelson Mandela. Sur le terrain, elles devraient avoir plus de poids que les consignes tactiques ou les gestes techniques. En effet, ces mots définissent le rôle que peut tenir le football, notamment dans les zones de conflit comme en Palestine, à Chypre ou dans l’ex-Yougoslavie. Dans toutes ces régions, des parties opposées ont retrouvé le chemin du dialogue grâce au football. Le 6 avril prochain aura lieu la Journée internationale du sport pour le développement et la paix. Lancée par l’organisation non-gouvernementale “Peace and Sport”, cette initiative a été officiellement approuvée par les Nations Unies en août 2013, sur recommandation du Comité International Olympique.

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Une poignée de main pour la paix Aron Mokoena (à g.) et Gamst Pedersen lors du “Challenge Nelson Mandela” 2009.

burg. La nation scandinave avait été choisie pour plusieurs raisons : son rôle actif dans la lutte contre l’Apartheid, mais aussi son statut de patrie du Prix Nobel de la Paix, que Nelson Mandela avait reçu en 1993. Au coup de sifflet final, le Sud-Africain Aron Mokoena et le Norvégien Gamst Pedersen ont échangé leurs maillots et se sont serré la main de façon bien particulière, en pratiquant le fameux jive-shake. “Cette manière de faire oblige les gens à se regarder dans les yeux. Ils sont également plus proches que lors d’une poignée de main traditionnelle”, souligne le Président de la FIFA. Une image qui a fait le tour du monde Le photographe norvégien Trond Tandberg a immortalisé ce moment chargé d’émotion. T H E F I FA W E E K LY

L’image a depuis fait le tour du monde. Ce geste apparemment anodin a sans doute contribué à rendre notre monde un peu plus beau. La campagne “Une Poignée de main pour la Paix” doit maintenant faire passer le message. Avec ses 265 millions de licenciés et ses 209 associations membres (16 de plus que l’ONU), la FIFA a les moyens d’apporter une contribution importante à cette cause. Å

Trond Tandberg

Un geste intégré au protocole Cette journée doit mettre l’accent sur le caractère rassembleur du sport. Parallèlement, la FIFA a voulu envoyer un autre signal fort à travers la mise en place de la campagne “Une Poignée de main pour la Paix”. L’idée a fait son chemin, avant d’être définitivement adoptée au Congrès de la FIFA 2012, organisé à Budapest. Depuis, cette initiative fait partie intégrante du protocole. À l’issue de chaque rencontre, les deux capitaines et les arbitres sont invités à exécuter ce geste hautement symbolique. La poignée de main est une tradition qui remonte à la Grèce antique, cinq siècles avant Jésus-Christ. L’origine de cette “Poignée de main pour la Paix” remonte à une initiative commune de la Fédération norvégienne de football et du Centre Nobel pour la Paix. Le pouvoir du football comme symbole de paix a également inspiré le “Challenge Nelson Mandela”, un match de bienfaisance organisé chaque année en Afrique du Sud. En 2009, cette manifestation a mis aux prises l’Afrique du Sud et la Norvège à Rusten-


LE DÉBAT

Le sport possède la faculté unique et irremplaçable de rassembler les gens bien au-delà des différences ethniques, religieuses ou sociales. Je suis convaincu que le sport peut faire beaucoup pour la paix sur le long terme.

LE BILLET DU PRÉSIDENT

aura lieu la première Journée mondiale du sport pour le développement et la paix. Merci de vous joindre à nos efforts pour changer le monde grâce au sport ! Paula Radcliffe, coureuse de fond britannique

Prince Albert de Monaco

“La solidarité dans le sport peut jouer un rôle essentiel.” L’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, étaient au bord du conflit il y a dix ans. Véritable sport national de part et d’autre de la frontière, le cricket a contribué à apaiser les tensions. Accompagnée de milliers de supporters, l’équipe nationale indienne a entamé une grande tournée de quelques semaines au Pakistan et joué contre des équipes locales. À son tour, la sélection pakistanaise a fait le déplacement en Inde, en compagnie de nombreux fans, et joué contre des équipes indiennes. Cette initiative a été à l’origine d’un rapprochement diplomatique entre les deux États. Adolf Ogi, ancien député (Suisse)

La solidarité dans le sport peut contribuer à ramener la paix dans certaines régions qui en ont grandement besoin. Le 6 avril 2014

Le pouvoir du sport est sans limite. Chaque jour, le sport enrichit la vie de nombreuses personnes. Il développe l’esprit d’équipe, l’interaction sociale. Il contribue à la santé physique et mentale. Je demande à chacun de se pencher sur le cas des personnes ayant un accès limité ou aucun accès à la pratique du sport et de faire son possible pour faire tomber les barrières qui entravent leur participation. Il est de notre responsabilité commune de rendre le sport accessible. J’espère qu’à travers cette Journée mondiale, nous sensibiliserons le public à la nécessité de permettre à chacun de profiter des bienfaits du sport. Wilfried Lemke, conseiller de l’ONU pour le sport au service du développement et de la paix

Ce que je sais sur la morale et les obligations des hommes, c’est au football que je le dois. Albert Camus, écrivain français

En faisant du 6 avril la Journée mondiale du sport pour le développement et la paix, l’ONU et le CIO ont rendu hommage au rôle unique que joue le sport dans nos sociétés. Ils ont aussi salué ses valeurs constructives et positives. Tout au long de l’année, les personnes engagées sur le terrain réalisent un travail colossal, dans des conditions souvent difficiles. Cette journée a aussi vocation à honorer et à faire connaître leurs réalisations. Nous avons créé le site www.april6.org afin d’offrir à ces différents acteurs une plateforme commune et la possibilité de faire connaître leurs actions au grand public. Les champions sportifs font aussi partie intégrante de cette journée. En tant que modèles, ils peuvent encourager de nombreuses personnes à participer. Le 6 avril doit s’imposer comme un événement majeur dans la construction de la paix à travers le sport. Il s’agit sans doute de la clé de voûte de notre mouvement. Joël Bouzou, président et fondateur de Peace and Sport

“Le pouvoir du sport est sans limite.”

Un message de paix

L

a poignée de main est l’un des gestes les plus forts qui soient entre les hommes. C’est une marque de respect, de bienséance, un témoignage d’estime, presque un message de paix transmis à petite échelle. J’ai eu l’occasion de serrer la main à beaucoup de grandes personnalités. La poignée de main qui me revient le plus en mémoire est celle échangée avec Nelson Mandela. C’était un acte inoubliable de transmission d’énergie et de pensées. La FIFA a conclu avec le Centre Nobel pour la Paix, situé à Oslo, un accord qui doit contribuer à transmettre ce message de paix dans le monde et à lui donner encore plus d’impact. L’initiative “Une Poignée de main pour la Paix” figure au centre de cet engagement. Inaugurée à l’occasion de la Coupe du Monde des Clubs 2013 au Maroc, cette poignée de main fait partie intégrante du protocole des matches. Cet été au Brésil, ce symbole prendra encore plus d’ampleur. Il montrera que même les compétitions ayant pour enjeu les plus prestigieuses récompenses peuvent se terminer de manière calme et respectueuse. Je suis convaincu que la portée de ce message ira bien au-delà du tournoi organisé au Brésil. Nous invitons les capitaines de toutes les équipes à rejoindre le capitaine adverse aux côtés de l’arbitre après chaque rencontre pour procéder à la Poignée de main pour la Paix, à l’endroit où le tirage au sort aura été effectué avant le match. Un match de football s’achève au moment du coup de sifflet final. Notre combat pour la paix, l’intégration et la justice sociale, lui, ne fait que commencer. Je demande donc à la communauté mondiale du football de soutenir cette idée et de nous aider à transmettre ce message de paix dans le monde entier. Pas seulement pendant 90 minutes, mais 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Votre Sepp Blatter T H E F I FA W E E K LY

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Édition française

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XX. Monat 2013

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

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C A M P D E R É F U G I É S D E Z A ’A T A R I

Moments de bonheur

Mutassem Malkawi

Déracinée Rama fait partie des dizaines de milliers d’enfants syriens qui vivent dans le camp de Za’atari.

Dans le camp de réfugiés jordanien de Za’atari, à quelques kilomètres de la frontière syrienne, plusieurs milliers d’enfants tentent d’oublier, pendant un court instant, les traumatismes de leur passé. Le football joue ici un rôle essentiel.

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C A M P D E R É F U G I É S D E Z A ’A T A R I

Andrew Warshaw

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e sourire aux lèvres, Rama, une petite fille de neuf ans, me tend la main : “Je suis heureuse que vous soyez venu nous regarder jouer !”, dit-elle en arabe avant de repartir en courant pour s’entraîner à faire des passes, à dribbler, à marquer des buts et à jouer en équipe. Dans de nombreux pays, le football est devenu une immense manne financière dont chaque recoin est commercialisé. Mais dans les camps de réfugiés jordaniens, non loin de la frontière syrienne, le sport le plus populaire du monde a une toute autre fonction : il permet de changer littéralement la vie de milliers de personnes déracinées et traumatisées, qui ont été contraintes de quitter leur pays d’origine et qui ne pourront peut-être jamais plus y retourner. Za’atari est le plus grand de ces camps. Installé à un peu plus d’une heure de route de la capitale Amman, il accueille des dizaines de milliers de réfugiés qui ont réussi à traverser la frontière syrienne, située à douze kilomètres de là, pour échapper aux combats qui ravagent leur pays. Tentes et préfabriqués s’entassent les uns à côté des autres. Plus de la moitié des quelque 100 000 personnes vivant ici sont des enfants. Environ trente pour cent des réfugiés syriens se trouvant sur le sol jordanien vivent à Za’atari. Ce camp, qui est l’un des plus grands au monde, est à bien des égards un lieu marqué par le désespoir. Toutes les personnes résidant ici ont perdu des membres de leur famille ou des amis. Un lieu d’inspiration Mais ce n’est pas là le seul visage de Za’atari. En effet, grâce à l’engagement infatigable des organisations humanitaires internationales ainsi qu’à un programme financé par l’Asian Football Development Project (AFDP), le camp est également devenu un lieu d’inspiration. L’AFDP a été fondé par le Prince Ali bin Al Hussein, vice-président de la FIFA et président de la Fédération jordanienne de football, avec le soutien de la Fédération norvégienne. Dans le cadre du “Norway Football Fields Project”, les deux parties ont ainsi fait don de deux terrains de football au camp de Za’atari. Six autres pelouses ont été aménagées dans la région. L’entraînement a lieu trois fois par semaine et tous les mois, une petite fête est organisée, ainsi que des tournois destinés aux différentes classes d’âge et encadrés par des surveillants et des entraîneurs qualifiés. Pour des raisons culturelles mais aussi pour protéger l’identité des acteurs, les photos sont interdites. Seule exception, les tournois de jeunes filles de moins de 13 ans, dont l’un d’eux se déroule justement pendant ma visite. Plus de 70 jeunes filles ont pris position sur un terrain rocailleux improvisé. À peine plus grand qu’une cour d’école, il est protégé des regards par d’épaisses toiles de tente. La plupart 26

des jeunes filles jouent pieds nus ou en chaussettes, elles ne portent aucun équipement particulier. Seuls les t-shirts de différentes couleurs permettent de différencier les équipes. L’entraînement dure une heure et tout le monde s’y donne à fond. Je me laisse porter par l’enthousiasme et la légèreté des joueuses. “Prends-moi en photo” L’affluence est telle que toutes les jeunes filles ne peuvent pas participer. Nombre d’entre elles, dont certaines n’ont même pas encore huit ans, sont assises, serrées comme des sardines, sur des bancs en béton installés au bord du terrain. Certaines ne semblent pas le moins intimidées par la présence d’un inconnu et souhaitent même être photographiées. “Prends-moi en photo, je veux passer sur Al-Jazeera !”, me lance

Hormis les trois heures de classe quotidiennes, le ­semi-désert poussiérieux n’offre que très peu de distractions. l’une d’elles. D’autres, en revanche, s’écartent d’un air craintif et désemparé. En dehors du football, les enfants réfugiés, pour la plupart originaires de la ville syrienne de Daraa et de sa région, n’ont pas souvent l’occasion de s’amuser. Hormis les trois heures de classe quotidiennes qui ont été introduites dans l’ensemble du camp, le semi-désert, mélange de poussière et de rocailles, n’offre que très peu de distractions. C’est la raison pour laquelle, aux yeux du Prince Ali, l’introduction du football dans le camp constitue une avancée considérable. Cela a eu un effet positif sur la vie des réfugiés. Le concept de responsabilité sociale fait aujourd’hui partie intégrante du football moderne. De plus en plus de clubs tiennent en effet à rendre via ce sport une partie de ce qu’il leur a donné. Mais à Za’atari, cela va encore plus loin : le football est un véritable facteur de cohésion sociale. “Les réfugiés reçoivent ce dont ils ont besoin, mais pendant leur temps libre, les enfants sont totalement désœuvrés”, explique le Prince Ali. “Le football fait donc à la fois office de loisir, d’initiation au travail d’équipe et de prévention sanitaire. Et puis, cela leur permet de se changer les idées, de ne plus penser à ce qu’ils ont vécu par le passé. Les valeurs humaines du football sont ici mises en T H E F I FA W E E K LY

avant, alors qu’elles sont parfois reléguées au second plan. Certains réfugiés ont été accueillis par des jets de pierres. Le football les tient à l’écart de la drogue et des gangs. C’est donc bien plus qu’une simple compétition sportive.” Obtenir beaucoup avec peu de moyens Les réfugiés de Za’atari ont tous laissé une partie de leur famille ou de leurs amis en Syrie. “Nombre d’entre eux ont vu des villages détruits, ils ont vu des morts et des blessés”, raconte Merissa Khurma, membre du directoire de l’AFDP. “Les gens qui vivent ici ont vécu des choses terribles. Les enfants ont assisté à des scènes qu’ils n’auraient jamais dû voir. Le désespoir se lit dans leurs yeux. Mais dès qu’il est question de football, ils retrouvent leur entrain. Être en mesure de leur offrir le sourire, ne serait-ce que pendant une heure, c’est énorme.” La Jordanie n’est pas le seul pays où intervient l’AFDP. D’autres programmes humanitaires sont actuellement en cours au Cambodge, en Malaisie et aux Philippines. Tous ces programmes s’appuient sur le football et sur ses valeurs afin de renforcer la cohésion sociale. “La seule raison d’exister de l’AFDP, c’est de mettre en place des choses positives grâce au football tout en innovant. Notre but est de redonner de l’espoir aux gens”, ajoute Khurma. “Notre message est simple : on peut obtenir beaucoup avec peu de moyens !” Kilian Kleinschmidt travaille pour le HCR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Il sait mieux que quiconque que le football joue un rôle essentiel dans le camp de Za’atari. Dans son bureau, qui n’est en réalité rien d’autre qu’une caravane de taille moyenne, l’administrateur du HCR, un homme plein d’empathie, nous montre une carte du camp, qui fonctionne aujourd’hui comme une machine bien huilée. Plusieurs centaines de réfugiés effectuent avec fierté le travail qui leur a été confié. Mais cela n’a pas toujours été le cas. “Il y a un an, les gens disaient que cet endroit était un ’trou à rats’. La situation était explosive”, explique Kleinschmidt, qui est déjà intervenu dans de nombreuses zones de conflit. “Certes, nous avions à notre disposition des équipements sanitaires et des lits, mais ce qu’il nous manquait, c’était l’accès à la population. Il a fallu du temps avant qu’ils ne comprennent que nous n’avions pas l’intention de les arrêter ni de les envoyer en salle de torture, que nous souhaitions leur laisser leur dignité et les laisser prendre leurs propres décisions.” D’après Kleinschmidt, les enfants traumatisés, en particulier, avaient de gros problèmes de discipline. À ses yeux, le football a redonné un semblant d’équilibre à leur vie. “Quand on regarde ces enfants dans les yeux, on y voit souvent un regard d’adulte”, poursuit-il. “La plupart d’entre eux n’ont plus aucun repère, ils ont besoin de retrouver une forme de normalité. Le football leur parle. Et il leur rend leur enfance.” Å


C A M P D E R É F U G I É S D E Z A ’A T A R I

LE CAMP DE RÉFUGIÉS DE ZA’ATARI Za’atari est un camp de réfugiés en Jordanie qui héberge aujourd’hui 106 073 personnes (en date du 2 avril 2014) ayant fui la guerre civile en Syrie. Plus de la moitié d’entre elles sont des enfants. C’est le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde, il occupe une surface de 3,3 km2. Le camp a été ouvert le 28 juillet 2012. Il est administré par le gouvernement jordanien et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). De nombreuses organisations non-gouvernementales veillent au bien-être des réfugiés, à leur fournir un toit, des soins médicaux, une éducation, l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Thomas Koehler / photothek, Mandel Ngan / Keystone

Le “Norway Football Fields Project” est une initiative organisée par la Fédération norvégienne de football en partenariat avec la Fédération jordanienne et l’Asian Football Development Project (AFDP). Cette campagne a offert à Za’atari deux des huit terrains de football qui ont été financés dans le nord de la Jordanie.

Distraction Les entraînements et les tournois permettent aux jeunes filles de se distraire tout en progressant.

Des baraquements à perte de vue Plus de 100 000 personnes ont été contraintes d’élire temporairement domicile à Za’atari.

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XX. Monat 2013

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TRIBUNE

L E T O P 11 D E L A S E M A I N E

Les doyens de la Coupe du Monde

De Bambino à Nonno Sarah Steiner

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our les uns, la carrière professionnelle commence véritablement à 40 ans, pour les autres, elle est déjà terminée à cet âge-là. Il existe peu de points communs entre le football de haut niveau et le quotidien “normal” d’un banquier ou d’une fleuriste. Il en va de même pour leur période de formation. Les plus grands espoirs du football figurent dès leur plus jeune âge sur la liste de souhaits des grands clubs. L’automne dernier, le Real Madrid a recruté un jeune Japonais de neuf ans, Takuhiro Nakai. “Pipi”, comme on le surnomme, est considéré par la presse espagnole comme le nouveau Cristiano Ronaldo. Décidément, le FC Barcelone lutte avec le Real Madrid sur tous les fronts. La semaine dernière, la Commission de Discipline de la FIFA a infligé une forte amende et une interdiction de recrutement au club catalan, suite à des infractions dans des transferts de joueurs mineurs. À neuf ans, Dino Zoff courait encore derrière les poules dans la ferme de son père, dans le nord du Frioul italien. S’il était depuis sa plus tendre enfance un gardien de but enthousiaste, le jeune Dino ne mesurait qu’1,60 mètre à l’âge de 14 ans. Le centre de formation de l’Udinese Calcio et de l’Inter Milan ont poliment refusé ses services. Dino a donc dû gagner ses galons avec le club de Marianese, dans son village natal, et il a parallèlement suivi une formation de mécanicien. Selon la légende, ce sont les poules de chez lui qui auraient fait de ce fils de paysan le grand Dino national. Sa grand-mère lui aurait prescrit une cure d’œufs : huit par jour. Le bambino a fini par grandir et a gagné 22 centimètres à 19 ans.

En 1961, l’Udinese a recruté le gardien. Mais il a encore dû patienter six ans avant de percer définitivement. Par la suite, l’Italien est devenu le meilleur portier que la Squadra Azzurra ait compté dans ses rangs. Il a remporté le championnat d’Italie six fois, la Coppa Italia deux fois et la Coupe de l’UEFA une fois. Il a joué avec l’équipe d’Italie à 112 reprises et a participé à quatre Coupes du Monde. L’apogée de sa carrière est arrivée en 1982 avec un titre mondial, alors qu’il avait 40 ans. Aujourd’hui, il est toujours le plus vieux champion du monde de tous les temps. “Nonno” (Papy), comme l’appelaient ses coéquipiers, a annoncé sa retraite avec ces mots : “Il y a une chose contre laquelle je ne peux pas lutter, c’est l’âge.” Le petit “Pipi” du grand Real Madrid ne pourra, lui non plus, rien faire contre l’âge, ou plutôt contre le vieillissement. Mais avant que sa génération ne constitue la base des grandes équipes, quelques années vont encore s’écouler. Pipi n’est qu’au tout début de sa carrière et de nombreuses choses sont encore incertaines. Seul le temps nous dira si son parcours sera aussi réussi que celui du grand Dino Zoff. Pour lui, “Nonno” fera très certainement partie des livres d’histoire. En revanche, la persévérance et l’envie de Zoff seraient plus que probablement d’une grande aide pour Pipi sur la voie du succès. Et qui sait, le jeune garçon a peut-être également à ses côtés une grand-mère qui connaît de bons trucs. Å

La rubrique hebdomadaire de la rédaction de The FIFA Weekly T H E F I FA W E E K LY

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Roger Milla, Cameroun Tournoi : Coupe du Monde 1994 Âge : 42 ans, 1 mois

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Pat Jennings, Irlande du Nord Tournoi : Coupe du Monde 1986 Âge : 41 ans, 0 mois

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Peter Shilton, Angleterre Tournoi : Coupe du Monde 1990 Âge : 40 ans, 9 mois

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Dino Zoff, Italie Tournoi : Coupe du Monde 1982 Âge : 40 ans, 4 mois

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A li Boumnijel, Tunisie Tournoi : Coupe du Monde 2006 Âge : 40 ans, 2 mois

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Jim Leighton, Écosse  Tournoi : Coupe du Monde 1998 Âge : 39 ans, 10 mois

David James, Angleterre Tournoi : Coupe du Monde 2010 Âge : 39 ans, 10 mois

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A ngel Labruna, Argentine Tournoi : Coupe du Monde 1958 Âge : 39 ans, 8 mois

Joseph Antoine, Cameroun Tournoi : Coupe du Monde 1994 Âge : 39 ans, 8 mois

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S  tanley Matthews, Angleterre Tournoi : Coupe du Monde 1954 Âge : 39 ans, 4 mois

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 Jan Heintze, Danemark Tournoi : Coupe du Monde 2002 Âge : 38 ans, 9 mois

Y a-t-il d'autres joueurs qui ont participé à une Coupe du Monde à un âge avancé ? Écrivez-nous à : feedback-TheWeekly@fifa.org 29


L’ I N T E R V I E W

“Le football faisait sourire” Ange Postecoglou n’avait que neuf ans l’année où l’Australie s’est qualifiée pour sa toute première Coupe du Monde de football. “Juin 1974 a été comme un conte de fées”, se souvient-il. Aujourd’hui sélectionneur de cette équipe, à 48 ans, il s’apprête à affronter les Pays-Bas et l’Espagne, deux des favoris de l’édition brésilienne.

Ange Postecoglou, il paraît qu’en Australie, le football est considéré comme un sport de poules mouillées. C’est vrai ? Ange Postecoglou : Non, mais c’était le cas par le passé. Je me souviens d’une époque où le football n’avait aucune valeur en Australie et quand on aimait ce sport, ça faisait sourire.

Le rugby et le cricket restent les grands sports nationaux. Quelle place occupe le football ? Ce n’est pas évident de rompre avec les traditions. Notre pays adore effectivement le rugby et le cricket. Mais le football évolue dans la bonne direction. Depuis quelque temps, les matches sont diffusés à la télévision, sur des chaînes gratuites. C’est une bonne chose. Comment avoir envie de pratiquer un sport si on ne le connaît pas ?

Qu’est-ce qui vous a amené à jouer au football ? Ma famille est d’origine grecque. J’avais cinq ans lorsque nous sommes venus nous installer en Australie. Je n’ai pas eu le choix. C’est mon père qui m’a dit de m’inscrire à l’entraînement. Je me rappelle vaguement que j’allais déjà au stade avec lui lorsque nous habitions encore en Grèce.

Et votre fils de 14 ans, il a eu le choix, lui ? Non (rires). Il occupe le même poste que moi quand je jouais. Il est défenseur.

Frank Lowy, le président de la Féderation australienne, est un homme très riche. Qu’a-t-il fait pour le développement du football australien ? On lui doit beaucoup. Depuis que Lowy est président (depuis 2003, ndlr.), le football australien a considérablement évolué. Il est notamment à l’origine de la création de l’A-League. C’est aussi principalement à lui que l’on doit la retransmission des matches à la télévision. Il dispose d’un excellent réseau de relations. Nous avons de la chance que Frank Lowy soit fan de football. Il aurait tout aussi bien pu investir son énergie et son argent dans autre chose. 30

A-t-il soutenu votre nomination après le départ de Holger Osieck, l’année dernière ? Oui. Après deux sélectionneurs étrangers, Frank Lowy voulait de nouveau un Australien à la tête de l’équipe nationale.

Au lendemain de votre arrivée, des tensions ont éclaté au sein du groupe. Le capitaine L­ ucas Neill, entre autres, n’a pas hésité à élever la voix. Oui, c’est exact. Mais il ne faut pas oublier que ses déclarations ont été faites sous le coup de l’émotion. Les deux matches amicaux que l’équipe d’Osieck avait perdus contre la France et le Brésil (0:6 dans les deux cas, ndlr.) ont été très douloureux.

Neill a été rayé de la liste pour la Coupe du Monde... Je n’ai jamais dit qu’il ne viendrait pas avec nous au Brésil. Mais Lucas Neill s’est retrouvé quelques mois sans véritable club, d’où le point d’interrogation qui plane autour de son nom. Il doit jouer régulièrement, sinon je ne pourrai pas le convoquer pour la phase finale de la Coupe du Monde.

Les Australiens sont réputés pour leur forte cohésion. Après le tirage au sort, votre fédération a aussitôt communiqué l’adresse du camp de base de l’équipe afin d’attirer le plus grand nombre de supporters possible dans la ville brésilienne de Vitória. Peut-être parce que nous aurons encore plus besoin d’une phase de préparation et d’acclimatation que les autres équipes. Le trajet entre l’Australie et le Brésil est très éprouvant. À ma connaissance, nous serons le premier groupe à arriver sur place. Et nous voulons nous assurer que nos compatriotes seront là pour nous soutenir. 10 000 supporters australiens ont d’ores et déjà prévu de venir à Vitória. C’est formidable.

Quel sera le plus grand défi pour l’Australie lors de cette Coupe du Monde ? Nous sommes dans un groupe de très haut niveau. Les matches contre les Pays-Bas T H E F I FA W E E K LY

et l’Espagne s’annoncent difficiles, mais le Chili est fort lui aussi. L’humidité dans le nord du pays risque également de poser problème. Je crois qu’on a tendance à sous-estimer cet aspect.

Vous souvenez-vous de la première participation de l’Australie à la Coupe du Monde, en 1974 ? C’est le genre de chose qu’on n’oublie pas. C’était fantastique. Je n’avais que neuf ans à l’époque, mais tous les journaux en parlaient. Tous les joueurs de l’équipe nationale avaient un travail à côté du football. Ils ont dû poser des congés. Et personne n’avait d’argent pour payer le voyage. Mais l’équipe a fait bonne figure. Elle n’a perdu que 0:3 face à la RFA de Franz Beckenbauer et de Gerd Müller, c’était un véritable exploit. Juin 1974 a été comme un conte de fées pour l’Australie.

Quand aura lieu la première Coupe du Monde de football sur le sol australien ? Bientôt, j’espère. Cela n’a pas marché pour 2022. Mais je suis persuadé que l’Australie serait parfaite en tant que pays hôte. Nous sommes passionnés par le sport. Quand je repense à Sidney 2000, je me dis que ces Jeux Olympiques ont été extraordinaires. Å Propos recueillis par Alan Schweingruber


Nom Ange Postecoglou Date et lieu de naissance 27 août 1965, Athènes (Grèce) Mark Metcalfe / Getty Images

Équipes entraînées South Melbourne, Australie U-20, Panachaïki, Brisbane Roar, Melbourne Victory, Australie (depuis 2013) Coupe du Monde 2014 Matches de groupes : Chili (13 juin), Pays-Bas (18 juin), Espagne (23 juin)

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LE MIROIR DU TEMPS

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Stade Santiago Bernabéu, Madrid, Espagne

Zinédine Zidane, champion du monde et d’Europe, une légende du ballon rond. Dans le monde du football, il ne se soucie pas que du ballon (ici sous le maillot du Real Madrid, en Ligue des Champions, le 23 novembre 2004), mais aussi du devenir de son fils Enzo.

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Andreas Rentz / Bongarts / Getty Images

2004


LE MIROIR DU TEMPS

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Stade Charléty, Paris, France

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Franck Fife / AFP

Tel père, tel fils : Enzo, âgé de 18 ans, joue aujourd’hui sous le maillot que son illustre père a porté par le passé, celui du Real Madrid (ici le 11 mars 2014, en UEFA Youth League).

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game onor game over

all in or nothing

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LE CL ASSEMENT FIFA Classement ÉquipeÉvolution Points

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Pays-Bas Angleterre Grèce États-Unis Chili Croatie France Ukraine Russie Mexique Bosnie-et-Herzégovine Danemark Équateur Côte d’Ivoire Algérie Égypte Suède Serbie Panamá République tchèque Slovénie Roumanie Cap-Vert Costa Rica Ghana Honduras Écosse Turquie Venezuela Pérou Arménie Iran Hongrie Tunisie Autriche Monténégro Nigeria Japon Pays de Galles Slovaquie Cameroun Islande Guinée Albanie Ouzbékistan Mali Norvège Finlande Paraguay République de Corée Émirats arabes unis Burkina Faso Australie Afrique du Sud Israël Jordanie Bulgarie République d'Irlande Sénégal Bolivie Libye Sierra Leone Pologne Zambie Arabie saoudite Trinité-et-Tobago Maroc

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Rang

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1ère place  

Hausse du mois  

Salvador Haïti Jamaïque Oman ARY Macédoine Belarus RD Congo Ouganda Irlande du Nord Congo Gabon Togo Nouvelle-Zélande Azerbaïdjan Estonie Cuba Bénin Botswana Angola Liberia RP Chine Géorgie Éthiopie Qatar Zimbabwe Irak Niger Lituanie Bahreïn République centrafricaine Moldavie Kenya Koweït République dominicaine Canada Lettonie Malawi Mozambique Liban Tanzanie Nouvelle-Calédonie Guinée équatoriale Luxembourg Tadjikistan Soudan Chypre Namibie Vietnam Guatemala Afghanistan Kazakhstan Burundi Philippines Suriname Grenade RDP Corée Malte Rwanda Gambie Syrie Tahiti St-Vincent-et-les-Grenadines Belize Malaisie Turkménistan Lesotho Antigua-et-Barbuda

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Hong Kong Sainte-Lucie Kirghizistan Thaïlande Singapour Porto Rico Liechtenstein Inde Guyana Indonésie Mauritanie Saint-Kitts-et-Nevis Maldives Pakistan Dominique Népal Barbade Aruba Îles Féroé Bangladesh Îles Salomon São Tomé-et-Principe Palestine Nicaragua Bermudes Tchad Chinese Taipei Laos Guam Myanmar Sri Lanka Maurice Seychelles Curaçao Swaziland Vanuatu Fidji Samoa Comores Guinée-Bissau Bahamas Yémen Mongolie Cambodge Montserrat Madagascar Brunei Timor oriental Tonga Îles Vierges américaines Îles Caïmans Papouasie-Nouvelle-Guinée Îles Vierges britanniques Samoa américaines Andorre Érythrée Soudan du Sud Macao Somalie Djibouti Îles Cook Anguilla Bhoutan Saint-Marin Îles Turks-et-Caicos

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N E T Z E R L’ E X P E R T

L’ O B J E T

Auriez-vous envie d’être à la place des footballeurs d’aujourd’hui ? Question d’Antonio Pace, Milan (Italie) Perikles Monioudis

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a vie du footballeur moderne implique des contraintes dont certaines me poseraient sans doute problème. Cette profession est devenue très complexe. Monsieur Pace, permettez-moi de vous répondre en deux points. Tout d’abord : non, je n’aurais aucune envie d’être sous surveillance 24 heures sur 24. La diversification des médias et leur rapidité ont radicalement changé la vie des stars du football. Les joueurs célèbres n’ont quasiment plus aucune vie privée. Que ce soit à la boulangerie ou au supermarché, il y a toujours un supporter susceptible d’être à l’affût quelque part, son smartphone à portée de main. C’est très éprouvant pour la personne concernée, car il lui est impossible de faire autrement que d’accepter les médias sociaux et même d’y participer. Mais d’un autre côté, je vois d’un très bon œil les nouvelles structures mises en place au sein du football professionnel moderne. Il est impressionnant de voir la manière dont les spécialistes parviennent à obtenir le maximum des joueurs. Je pense par exemple au travail des diététiciens ou des kinésithérapeutes. Leur 36

contribution est devenue indispensable. À mon époque, les équipes professionnelles disposaient tout au plus d’un entraîneur pour les gardiens de but, et le coach s’occupait du reste. On me demande souvent si les stars d’hier réussiraient à s’imposer au sein du football actuel. Il est difficile de comparer les différentes époques entre elles. Les conditions étaient alors totalement différentes. Mais nous possédions déjà toutes les qualités footballistiques requises. Donc, oui, je pense que nous réussirions à nous imposer aujourd’hui. Å

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le football, sans jamais oser le demander. Posez vos questions à Günter Netzer : feedback-theweekly@fifa.org T H E F I FA W E E K LY

Panini

L’avez-vous déjà ? La vignette Panini avec Günter Netzer pour la Coupe du Monde 1974.

Le temps passe, c’est un fait. Beaucoup de gens ont l’impression que le temps leur échappe. Mais le temps, lui, s’en moque, il continue à s’écouler, que ce soit avec ou sans nous. C’est du moins ce qu’il essaie de nous faire croire. Car le temps n’a aucune représentation de lui-même, alors que l’être humain, lui, en a une. Il se fait une idée de lui et du temps. Intéressons-nous à ce second point sans pour autant perdre de vue le premier. Les Hopis, peuple indien d’Amérique du Nord, ont une conception du temps très différente de la “nôtre”. Imaginons à présent que nous voulions donner un rendez-vous précis à un Hopi, disons dans trois jours. Ce serait en fait quasiment impossible, car les Hopis ont une conception du temps cyclique et non linéaire. Aux yeux des Indiens Hopis, le temps ne s’écoule pas, il se répète. D’abord vient le matin, puis le midi, l’après-midi et enfin le soir, et le lendemain, la journée recommence depuis le début, et le temps repart de zéro. Pour les Hopis, l’expression “dans trois jours” n’a donc aucun sens. Ils auraient certainement également du mal à se faire une idée de ce que représentent 90 minutes. Mais sans la règle selon laquelle un match de football doit durer une heure et demie et des poussières, le concept même de match n’existerait pas. C’est ici qu’entre en jeu le coucou représenté plus haut (collection de la FIFA). Il mesure le temps à "notre" manière, il indique les minutes et les heures et constitue ainsi l’un des instruments indispensables à un match de football. Ce coucou de fabrication allemande a environ 80 ans. Cela ne signifie pas pour autant qu’il a mesuré la durée de sa propre existence. Il lui est peut-être arrivé de s’arrêter, ce qui en fait un artéfact de notre conception du temps. Car chez les Indiens Hopis, le temps ne s’arrête jamais. Ils vivent au jour le jour. Å


LE TOURNANT

“Un matin, j’ai réalisé que c’était terminé” Hidetoshi Nakata était encore jeune lorsqu’il a mis fin à sa carrière de joueur professionnel. Il a très vite trouvé sa nouvelle vocation : se servir de son expérience pour bâtir des ponts entre les gens du monde entier.

Nom Hidetoshi Nakata Date et lieu de naissance 22 janvier 1977, Kofu (Japon) Poste Milieu de terrain Clubs

Wee Khim

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ai mis un terme à ma carrière de joueur à l’âge de 29 ans. Difficile d’expliquer pourquoi. J’ai toujours été un footballeur dans l’âme, j’ai pratiqué ce sport avec passion. De toute façon, sans passion, tu ne peux pas être bon dans ce que tu fais. Mais un matin, pendant l’entraînement, j’ai soudain réalisé que c’était fini ! Je n’étais pas prêt à continuer. Le football était devenu un travail et ne me rendait plus heureux. Je n’ai jamais joué pour gagner de l’argent. Du moins, cela n’a jamais été ma motivation principale. Et là, je ne me sentais plus à l’aise. Alors j’ai décidé de raccrocher les crampons, professionnellement parlant en tout cas. J’étais encore jeune et je me suis dit : je changerai peut-être d’avis un jour, qui sait, et je recommencerai alors à jouer. Mais je ne suis jamais revenu sur ma décision. Depuis la fin de ma carrière, j’ai voyagé dans plus d’une centaine de pays. J’ai alors pris conscience que j’avais vu une grande partie du monde. Pendant toutes ces années, on m’a souvent demandé de parler du Japon et je me suis rendu compte que je connaissais à peine mon propre pays. J’ai donc décidé de visiter le Japon, je suis parti à la découverte de sa culture, je me suis intéressé à elle. C’était fantastique. Pour moi, vivre et voyager, c’est la même chose. J’ai toujours su que le football était davantage qu’un simple jeu. C’est bien plus que 22 hommes qui courent après un ballon. Le football possède un pouvoir énorme. Il est capable

1995–1998 Bellmare Hiratsuka 1998–2000 AC Pérouse 2000–2001 AS Rome 2001–2004 AC Parme 2004 Bologne FC (prêt) 2004–2006 AC Fiorentina 2005-2006 Bolton Wanderers (prêt) Équipe du Japon 77 sélections, 11 buts

de changer le monde. Sa principale qualité est de relier les gens entre eux, au-delà des frontières politiques, économiques et culturelles. À nous d’utiliser cette force. C’est la raison pour laquelle j’ai créé ma propre fondation et je dispute de nombreux matches de bienfaisance. Tout au long de ma carrière, jamais je n’ai pris autant de plaisir à jouer que je n’en éprouve aujourd’hui à courir après un ballon dans la rue avec des enfants et des adolescents du monde entier. Mais je garde malgré tout des souvenirs magnifiques et inoubliables de l’époque où j’étais encore joueur professionnel. Bien sûr, au début, cela n’a pas toujours été évident. J’avais 21 ans lorsque j’ai quitté le Japon pour aller jouer en Italie. Ma vie a radicalement changé. La culture, le mode de vie, les gens... tout était différent. Mais en fin de compte, le football reste le football. Quel que soit l’endroit où on joue. Il crée une sorte de langage commun, même s’il est primordial de parler la langue du pays où l’on réside. J’ai appris l’italien, sans T H E F I FA W E E K LY

trop de difficulté d’ailleurs. Je dois dire que tout a été fait pour faciliter mon intégration. On m’a accueilli très chaleureusement au sein de l’équipe. Et à la fin, tu discutes avec les autres de ta passion, du sport, et tout se passe bien. De manière générale, parler du football est assez jubilatoire. En ce moment, d’ailleurs, il est dans toutes les bouches, car la Coupe du Monde arrive à grands pas. Une compétition de cette importance réserve toujours des surprises. Il n’est pas évident de dire quelle équipe est favorite. Bien entendu, je souhaite à mes compatriotes de disputer un très beau tournoi. Mais je pense que ça ne va pas être facile pour l’équipe japonaise. Å Propos recueillis par Sarah Steiner

Dans la rubrique “Le Tournant”, de grands noms du football reviennent sur les moments qui ont marqué leur vie. 37


XX. Monat 2013

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EVERY GASP EVERY SCREAM

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COUPE MYSTÈRE DE L A FIFA

The FIFA Weekly Revue hebdomadaire publiée par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA)

Un terrain incomplet, un stade sans nom et un champion du monde sans aucun but adverse

Site Internet : www.fifa.com/theweekly Éditeur : FIFA, FIFA-Strasse 20, Case postale, CH-8044 Zurich Tél. +41-(0)43-222 7777 Fax +41-(0)43-222 7878

sont à l’honneur cette semaine. À vous de jouer !

1

Président : Joseph S. Blatter Secrétaire Général : Jérôme Valcke

Il manque quelque chose sur cette carte publicitaire faisant la promotion d’une Coupe du Monde : le terrain semble incomplet. C’était en tout cas la dernière Coupe du Monde disputée sur un tel terrain de football. Quand était-ce ? M 1934 D 1966

Directeur de la Communication et des Affaires publiques : Walter De Gregorio

H 1950 B 1982

Rédacteur en chef : Perikles Monioudis Conception artistique : Catharina Clajus, Markus Nowak

2

Lequel de ces hommes a été le dernier à devenir champion du monde de la FIFA avec son équipe nationale ?

Rédaction : Thomas Renggli (auteur), Alan Schweingruber, Sarah Steiner

O

Collaborateurs réguliers : Jordi Punti (Barcelone), David Winner (Londres), Hanspeter Kuenzler (Londres), Roland Zorn (Francfort), Sven Goldmann (Berlin), Sérgio Xavier Filho (São Paulo), Luigi Garlando (Milan)

A

E

I

Service photo : Peggy Knotz, Andreas Wilhelm Production : Hans-Peter Frei (directeur), Marianne Bolliger-Crittin, Susanne Egli, Richie Krönert, Peter Utz, Mirijam Ziegler

3

Un stade sans vraie dénomination… Sous quel nom le connaît-on aujourd’hui ? C  Bernabeu N  Estadio da Luz

Correction : Nena Morf, Kristina Rotach Ont collaboré à la rédaction de ce numéro : Nicola Berger, Xavier Breuil, Abeer Elsayed, Doris Ladstaetter, Franco Nicolussi, Honey Thaljieh, Andrew Warshaw, Andreas Wilhelm (photo) Secrétaire de rédaction : Honey Thaljieh

L  La Bombonera R Maracanã

Qui a remporté la Coupe du Monde sans encaisser un seul but adverse sur l’ensemble du tournoi ? (Le but inscrit contre son camp et les penalties ne comptent pas.)

4

Traduction : Sportstranslations Limited www.sportstranslations.com

C  Uruguay O  Espagne

K Italie S Brésil

Responsables de projet : Bernd Fisa, Christian Schaub Impression : Zofinger Tagblatt AG www.ztonline.ch

Solution de l’énigme de la semaine précédente : BOOK (explications détaillées sur www.fifa.com/theweekly).

Getty Images / AFP

Contact : feedback-theweekly@fifa.org La reproduction des photos et des articles, y compris sous forme d’extraits, est interdite, sauf accord de la rédaction et sous réserve de la mention “The FIFA Weekly, © FIFA 2014”. La rédaction n’a aucune obligation de publier des textes ou des photos non sollicités. La FIFA et le logo FIFA sont des marques déposées par la FIFA. Produit et imprimé en Suisse. Les opinions exprimées dans The FIFA Weekly ne reflètent pas nécessairement celles de la FIFA.

Inspiration et application : cus

Faites-nous parvenir vos réponses le 9 avril 2014 au plus tard à feedback-theweekly@fifa.org. Les concurrents qui auront correctement répondu à toutes les questions jusqu’au 11 juin 2014 participeront à un tirage au sort pour tenter de remporter deux billets pour la finale de la Coupe du Monde, qui aura lieu le 13 juillet 2014. Avant de participer, nous vous invitons à consulter les conditions générales, ainsi que le règlement du concours. Vous trouverez toutes les informations à : http://fr.fifa.com/aboutfifa/organisation/the-fifa-weekly/rules.pdf T H E F I FA W E E K LY

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DEM ANDE Z À L A F IFA !

LE SONDAGE DE L A SEMAINE

Devrait-on limiter le nombre de joueurs étrangers dans les grands championnats ?

Puskas, Maradona, Messi, Gullit… les joueurs gauchers sont-ils les meilleurs ? Louis Fernando Gil, Buenos Aires (Argentine) Réponse de Thomas Renggli : Il n’y a pas de réponse scientifique à cette question. Mais sur le plan sportif, on peut apporter quelques éléments d’explication. Les gauchers sont considérés comme des joueurs dont les mouvements et les actions sont plus imprévisibles que ceux des droitiers et donc plus à même de faire une passe inattendue. La liste des footballeurs d’exception à l’aise avec le pied gauche est longue : Robben, Rivaldo, Zico, Raul, Giggs, Roberto Carlos… Comme à la boxe – où c’est toutefois la frappe du gauche qui constitue le cas le plus courant – ces athlètes sont plus difficiles à cerner pour leurs adversaires. Je n’irais cependant pas jusqu’à affirmer que les gauchers sont les footballeurs les plus talentueux. Ce qu’il faut retenir, c’est plutôt que les meilleurs footballeurs peuvent marquer du pied gauche comme du droit.

Dans 123 sur 472 clubs des grands championnats européens, le pourcentage de joueurs étrangers est supérieur à 50. En Angleterre, sur 18 des 20 équipes de Premier League, les étrangers sont même majoritaires. Avec 17 réalisations à son actif, l’Ivoirien Yaya Touré (Manchester City) compte ainsi parmi les joueurs phares de Premier League.

R É S U LTAT S D E L A S E M A I N E D E R N I È R E La FA dit “oui”. Est-ce que cela va permettre au gazon artificiel de percer définitivement ? 60% Non. Sentir la vraie pelouse, cela doit continuer à faire partie du football. 25% Oui. Le gazon artificiel, c’est l’avenir. 15% Oui et non. Les matches de football doivent pouvoir se jouer sur les deux types de terrain.

L A MACHINE À BUTS

2 43

UN JOUR SANS BUT

fois de suite, Josip Drmic

s’est vu refuser la citoyenneté par Freienbach, sa

commune de résidence en Suisse, parce qu’il ne s’est pas montré suffisamment convaincant lors de tests de géographie et de

politique. Pourtant, le

buts ont été inscrits par Liverpool au cours des huit dernières jour-

nées de Premier League, qui se sont soldées par huit victoires pour le club. Les Reds ont dernièrement infligé un cuisant 4:0 à Tottenham, notamment

joueur d’origine croate a obtenu la nationali-

té suisse en 2010, une aubaine pour le

football suisse. La

c’est le nombre de matches de championnat consé-

fine gâchette, qui

cutifs au cours desquels la Juventus Turin (en photo

évolue à Nurem-

Carlos Tévez), championne d’Italie en titre, avait

grâce à Luis Suarez (en photo), le

berg, occupe la deu-

inscrit au moins un but… jusqu’à dimanche dernier.

meilleur buteur du championnat, qui a signé

xième place du

Cette série a pris fin à Naples (0:2). Mais même après

à cette occasion sa 29ème réalisation de la

classement des

sa deuxième défaite de la saison, la Vieille Dame

saison. Ils ont ainsi délogé Chelsea de la

meilleurs buteurs

peut rester sereine : son avance sur son premier

première place.

de Bundesliga.

poursuivant, l’AS Rome, est de onze points.

T H E F I FA W E E K LY

Getty Images (4)

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LE BUTEUR BUTE SUR DES TESTS


The FIFA Weekly Edition #24