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N°14 • BIMENSUEL • 65ème année Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 83 11 syndicats@fgtb.be Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

3 SEPTEMBRE 2010 • Éd. LIÈGE

> EURO-MANIFESTATION «Aus «Austérité» , c’est le nouveau mot d’ordre d’ord européen. • La crise cr financière, provoquée par la prise de risques irresponsable des banques d’affaires et la spéculation, a creusé les d’aff déficits c publics et provoqué la paralysie de l’é l’économie. Et c’est à nous, citoyens et contribuables, que l’on a adressé la co facture via la dette publique. fact • La crise économique qui a suivi a fait grimper de façon spectaculaire fa le chômage. Les recettes fiscales et les cotisations sociales ont chuté. Et le c’est nous, travailleurs, qui payons c’e l’addition. l’a • Les banques ont renoué avec les profits mais c’est encore sur nous, travailleurs du privé et des services publics, allocataires sociaux, chômeurs, malades et retraités que l’on veut faire peser l’assainissement des finances publiques. Nous ne pouvons l’accepter. Nous avons déjà assez payé. Trouvez l’argent ailleurs …

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PENSIONS

La grande imposture Page 5

REPORTAGE

UN PENSION LÉGALE MINIMUM DE 1.150 EUROS NETS!

CONCENTRATION DES MILITANTS BRUXELLES - 15 SEPTEMBRE 2010 11H - PETITE RUE DE LA LOI (SCHUMAN)

Les coulisses du commerce équitable Pages 8 & 9


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

NAMUR

> AFICo VOUS PROPOSE:

«Être demandeur d’emploi (H/F) aujourd’hui» Être demandeur/demandeuse d’emploi aujourd’hui, c’est très souvent s’inscrire dans la mesure d’activation du comportement de recherche d’emploi, mieux connue sous le nom de «chasse aux chômeurs». Dans le cadre de cette mesure, l’ONEm exige des chômeurs/chômeuses qu’ils prouvent qu’ils recherchent activement un travail… Mais quel genre de preuves faut-il conserver? AFICo vous propose un nouvel atelier à ce sujet les: 14 et 22 septembre, de 9h30 à 12h30. Inscription indispensable auprès de Laurent Wilmet: laurent.wilmet@afico.be ou au 081/649.958

Formation «Découvertes Horizons» à Gembloux

Vous désirez nous aider à concrétiser notre envie de tisser des liens avec la Palestine? Alors venez nombreux à notre

Souper de Soutien Animation musicale du groupe

MOONA MORA

(avec le soutien du Forem / Appel à projet 5)

NAMUR

Au programme: ✓ apéritif d’entrée ✓ grillades ✓ Semoule et crudités Prix (boissons non-comprises sauf l’apéritif): • - adulte: .....................................14e (12e en prévente) • - enfant (- de 12 ans): …........... 7e (6e en prévente)

AFICo propose aux demandeurs d’emploi une formation de 24 jours dont l’objectif est de permettre à chaque participant de s’orienter ou se réorienter professionnellement. Nous nous donnons aussi pour objectif de permettre à chacun de retrouver confiance en soi et en ses capacités. La prochaine session se tiendra du 25 octobre au 14 décembre 2010 à Gembloux mais les inscriptions sont limitées et se font en ce moment. Contactez l’équipe d’AFICo au 081/649.952.

Heures d’ouverture du SETCa Namur

Samedi 09 octobre 2010 Auberge de Jeunesse Avenue Felicien Rops 8 à 5000 NAMUR A partir de 18h30

Merci de vous inscrire avant le vendredi 01 octobre 2010: auprès de jonathan.hubert@accg.be ou par téléphone au 081 649 972 entre 08h30 et 12h00

LUXEMBOURG

à partir du 01/09/2010

Lundi, mardi et jeudi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30 Mercredi et vendredi de 8h30 à 12h30 Pas de permanence téléphonique le vendredi après-midi

REPRISE DE LA PERMANENCE JURIDIQUE LE MERCREDI DE 16H À 18H (sans RDV)

BRABANT WALLON

Colloque

La mobilité en Brabant wallon Un défi pour les demandeurs d’emploi et les travailleurs Mercredi 15 septembre 2010 De 9h00 à 16h00 Ferme du Biéreau Louvain-la-Neuve Renseignements et inscriptions : 067 / 79 49 70 - 75 -76 veronique.grade@skynet.be www.csefbw.be

Editeur responsable : Pierre Levêque, rue du Géant 4, bte 3, 1400 NIVELLES - juillet 2010

Veuillez nous excuser si cette édition de Syndicats arrive dans votre boîte aux lettres après la date du SolidariDay


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BRUXELLES

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

«Bruxelles en danger» d’essentiel à leurs yeux, tout en étant bien conscients que le statu quo est désormais impossible. En ce qui nous concerne, deux dossiers retiennent toute notre attention: le sort de Bruxelles et -question tout aussi importante - la politique socio-économique du futur gouvernement. Deux dossiers, et…une double inquiétude.

Philippe Van Muylder, comment la FGTB de Bruxelles analyse-t-elle l’actuelle situation politique? Lorsqu’un homme politique se persuade -à tort, selon moi- que 80% des habitants de la plus grande région du pays partagent ses idées, il s’assied à la table de négociations sans se donner la moindre obligation de résultat. Tout le monde sait aujourd’hui que la NV-A veut obtenir pour la Flandre la gestion totale d’un grand levier, fiscal ou social: l’impôt des personnes physiques, par exemple ou encore les soins de santé. Et l’on voit bien que, face à cette exigence très forte, les partis francophones à la négociation, mais aussi le SP-A et Groen, tentent de ne rien lâcher

Bruxelles est en danger, aujourd’hui? C’est une évidence. Ce que veulent d’aucuns, c’est clairement la fin de notre Région, via, cette fois, un double mécanisme: un transfert massif de compétences du niveau fédéral vers le niveau des Communautés, qui seraient amenées à co-gérer Bruxelles; ainsi qu’un appauvrissement délibéré de notre Région. Pour la FGTB, c’est un scénario totalement inacceptable. On sait les Bruxellois très jaloux de leur autonomie mais des voix, surtout en Flandre, mettent le doigt sur des dysfonctionnements régionaux. Qu’en pensez-vous? Je pense, comme Jan Goossens, le directeur du KVS (le Théâtre royal flamand), que Bruxelles doit incontestablement pouvoir décider de son avenir mais doit aussi faire preuve d’autocritique. A titre d’exemple, les taux de chômage régionaux demeurent évidemment beaucoup trop élevés. Cela étant, Bruxelles est beaucoup mieux gérée aujourd’hui qu’à l’époque où la

Région n’existait pas encore… Cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

A l’occasion de cette crise, d’aucuns reparlent de mettre en place une sorte de district européen (un «Brussels DC», comme on dit). Ca tient la route, ce scénario? Je ne le pense pas. Une étude récente a bien montré que faire de Bruxelles une sorte de district européen ne profiterait en rien aux Bruxellois. Il n’existe à cet égard aucun fondement juridique. En somme, cette idée n’a jamais existé que dans la tête de Louis Tobback, d’abord (en 1996), puis, en 2000, de Patrick Dewael, alors ministre-président du gouvernement flamand. Ce n’est pas une piste sérieuse. «Responsabiliser les entités fédérées» en termes d’emploi, c’est une bonne idée? C’est une idée dangereuse pour Bruxelles, pour au moins quatre raisons: le fait, tout d’abord, que la «clé» de la mise à l’emploi des groupescibles ne se trouve pas (ou à tout le moins pas entièrement) chez les responsables politiques; le fait, ensuite, que toutes les régions ne partent pas «à armes égales» dans la résorption du chômage. Troisième élément: lors de la mise à l’emploi, l’arsenal législatif et réglementaire anti-discrimination ne permet pas la préférence régionale! Enfin, de manière générale, le marché de

l’emploi bruxellois est d’une telle «perméabilité» qu’aucune objectivation complète des politiques régionales conduites ne pourra être menée (Bruxelles-19 ne constitue en rien un marché «autonome» de l’emploi).

Au plan socio-économique, quelles sont vos inquiétudes? Deux écoles économiques s’affrontent aujourd’hui. Pour l’Américain Paul Krugman, dans un contexte de stagnation économique, la «rigueur» est une idée dangereuse, rien de moins!: renoncer aux politiques de relance serait une grave erreur, dans la mesure où l’économie mondiale est encore loin d’être restaurée. Pour Alain Minc, au contraire, le temps de l’austérité est venu. Nous sommes persuadés que Krugman a raison: avant toute chose, il faut conforter la reprise économique et surtout s’interdire d’aggraver encore la crise sociale. Bon nombre de partis politiques semblent aujourd’hui s’accorder sur la nécessité d’économiser 25 milliards d’e à l’horizon 2015. Il faut que chacun comprenne ce que signifient concrètement des économies de cette ampleur ! Ce dossier-là recevra, de toute évidence, toute l’attention de la FGTB au cours des semaines et des mois à venir. Ce sera d’ailleurs aussi le thème d’une grande euro-manifestation, à Bruxelles, à la fin du mois de septembre… On le voit, la rentrée politique est

très sombre. De quoi désespérer le monde du travail? Certainement pas! Un seul exemple : aujourd’hui, les pays asiatiques connaissent des conflits sociaux de très grande ampleur: au Bangladesh, par exemple, où la colère des ouvriers du textile ne retombe pas, malgré une hausse de 80% du salaire mensuel minimum! S’ils se confirment, ces mouvements sociaux pourraient marquer la fin d’une grande illusion, largement répandue chez les chefs d’entreprise occidentaux, qui perçoivent depuis longtemps l’Asie comme un réservoir de maind’œuvre docile, quasi inépuisable et exploitable à l’infini… A bien des égards, ces conflits sociaux -et les fortes augmentations des rémunérations qui en découlent en Asie- sont une excellente nouvelle. D’une part, depuis une vingtaine d’années, ils ont permis à plusieurs centaines de millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté et de la misère. D’autre part, la hausse des salaires dans ces pays est une véritable aubaine pour les économies occidentales: les délocalisations dans les pays asiatiques vont devenir de moins en moins attractives au fur et à mesure que le coût du travail y progressera. Bref, en se battant pour leurs salaires, les ouvriers chinois ou bangladais défendent aussi nos emplois!

Les Jeunes et le syndicat : comment ça marche ?

Pendant ton job d’été, les délégués syndicaux FGTB de ton entreprise sont là pour t’aider si tu rencontres un problème avec ton employeur. Le 03/09, viens boire le verre de l’amitié avec eux au Bar des jobistes !

Les jeunes ont leur place au sein de la FGTB de Bruxelles. Ils sont, en effet, dès 15 ans légalement en âge de travailler. Nombreux sont ceux qui rencontrent des problèmes lors de leur première expérience en entreprise, sous contrat étudiant. Les Jeunes de la FGTB s’adressent à ceux-ci mais pas seulement… Les Jeunes de la FGTB Bruxelles s’adressent à trois publics distincts : - les étudiants, à partir de 15 ans ; - les jeunes en stage d’attente ; - les jeunes travailleurs. L’affiliation est gratuite pour les étudiants et les jeunes en stage d’attente. Une fois celui-ci terminé, les jeunes, avec ou sans travail, s’inscrivent dans la centrale professionnelle correspondant à leurs études ou à leur profession, y paient leur affiliation et sont libres de participer aux différentes activités, actions… organisées par les Jeunes FGTB Bruxelles. Les Jeunes FGTB Bruxelles, c’est un service aux jeunes mais aussi un mouvement, des campagnes, des actions, des revendications… - Un service : les étudiants rencontrant des problèmes avec leur employeur ou désirant des renseignements sur les jobs d’étudiants, la formation en alternance, les bourses d’étude, les stages de formation, les démarches à effectuer à la fin des études… peuvent prendre rendez-vous ou téléphoner à notre service Jeunes (Wouter Vanaelst : 02/552.03.63), situé au 45 Rue de Suède, à 1060 Saint-Gilles.

Les Jeunes FGTB-Bruxelles sont également présents lors des bourses de l’emploi, des salons de l’étudiant, des festivals… afin d’informer un large public. - Des campagnes, des actions : campagnes, actions sur les conditions de travail des étudiants, sur les jobs d’étudiants, sur l’intérim… mais aussi sur la mondialisation, le respect des droits de l’Homme, l’exclusion, la discrimination, le racisme… Cet été a été menée dans les entreprises une campagne visant à sensibiliser les jobistes aux mondes de l’entreprise et syndical. Les délégués syndicaux sont partis à la rencontre des jobistes pour leur expliquer leur travail. Le 03 septembre, cette campagne se clôturera par le Bar des jobistes où jobistes et délégués sont invités à venir échanger leurs expériences hors entreprise (voir annonce). Vous voulez en savoir plus sur les Jeunes de la FGTB de Bruxelles, participer au mouvement, aux actions ou aux activités… ? Wouter Vanaelst : 02/552.03.63 wouter.vanaelst@fgtb.be


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TOURNAI - ATH - LESSINES

CENTRE

Stop à la violence! Il n’est pas rare que le personnel des services de la FGTB de TourNous organisons le 7 septembre une journée débat sur les politiques d’austérité en Europe. Le matin, une attention particulière sera accordée aux les évolutions de la politique d’activation des chômeurs, à la précarisation du marché du travail, aux droits à la pension et à la prépension. Mardi 7 septembre 2010, rue Aubry, 23 à Haine-StPaul:

nai-Ath-Lessines soit confronté à des réactions violentes de la part des affiliés. Qu’il s’agisse d’insultes verbales, d’intimidations physiques ou encore de lettres de menace… En tant que Secrétaire fédéral de la FGTB Tournai-Ath-Lessines je ne peux en aucun cas cautionner de tels comportements! Il ne faut pas se tromper de cible. Le personnel de la FGTB TournaiAth-Lessines fait de son mieux pour aider les affiliés. Il n’est pas responsable de la réglementation et des tracasseries administratives qu’elle engendre. Mieux que quiconque, la FGTB Tournai-Ath-Lessines sait combien

de 10h à 12h: les attaques contre les allocations de chômage et les pensions De 14h à 16h: les politiques d’austérité en Europe

les temps sont durs. Tous les employés de notre syndicat sont compétents et se mettent au service de nos affiliés. Une attitude agressive de la part de personnes que nous tentons d’aider est dès lors incompréhensible et inacceptable.

Avec: Jean Marc Lauwers: délégué CGSP secteur finances

N’oublions pas que le combat de nos affiliés est également celui

UN BUFFET EST PREVU. Inscription souhaitée auprès de Christophe (064/236119) ou Fabienne (064/282471 ou 0496/951470)

vous…

de la FGTB Tournai-Ath-Lessines. Soyez donc avec nous, pour

Ronald Duval Secrétaire fédéral de la FGTB Tournai-Ath-Lessines

MONS - BORINAGE MOUSCRON - COMINES - ESTAIMPUIS

> AVIS A NOS AFFILIES Accès de nos bureaux par la rue Lamir

En raison de travaux informatiques ne permettant pas d’accès

A partir du 17 août et pendant toute la durée des travaux, l’accès de nos bureaux (Centrale générale, CGSP, Centrale de l’Alimentation et service chômage FGTB) situés dans la cour intérieure de la rue Lamir se fera exclusivement par le portail de la centrale générale, à la rue de dinant. Les emplacements de parking seront également fortement réduits. Nous vous demandons dès lors de vous garer à l’extérieur.

aux données des affiliés, les permanences du samedi matin à la FGTB de Mouscron ne pourront pas se tenir les 11 et 18 septembre prochain. La prochaine permanence se tiendra le samedi 25 septembre dès 8h30.

Merci de votre compréhension.

CHARLEROI-SUD - HAINAUT

Formation interprofessionnelle 2010-2011 Un programme qui répond aux besoins de nos membres: délégué(e) s militant(e)s et affilié(e)s. CENFORSOC, le Centre de Formation Sociale et Culturelle organise, comme chaque année, à destination des affilié(e)s militant(e)s et délégué(e)s, son cycle de formation interprofessionnelle constitué de différents modules (exercice académique 2010-2011). La formation est d’abord un investissement personnel. Dès lors, nous attirons votre attention sur le fait que s’inscrire et confirmer sa participation à une formation demande une implication sérieuse à celle-ci. Le nombre de participants étant en constante augmentation et le nombre de places étant limité, nous vous demandons de lire attentivement ce qui suit. Dans un souci de parfaite organisation et afin de ne pas pénaliser d’autres participants, nous vous demandons d’honorer votre inscription. Il est bien entendu, évidemment, que des évènements imprévus peuvent survenir et donc dans ce

cas, nous vous demandons de prévenir le plus rapidement possible notre centre de formation afin que nous puissions éventuellement pourvoir à votre remplacement. Qu’avons-nous à vous proposer en 2010? 1. Module «Conseil d’Entreprise»: 80h00 - 10 mardis - Fonctionnement et missions du Conseil d’Entreprise, emploi et informations sur l’emploi, information économique et financière (approche théorique), introduction à l’économie de marché, rôle et missions de l’Inspection économique, analyse des comptes annuels. 3. Module «Comité de Prévention et de Protection au Travail»: 80h00 - 10 lundis - Fonctionnement et missions du CPPT, Service interne et externe de Prévention et de Protection au travail, les ambiances de travail, préparations et substances dangereuses, accidents du travail, introduction à l’évaluation des dommages corporels, les maladies professionnelles, le harcèlement moral, dorso lombalgies,

analyse des risques et moyens de protection (politique de prévention), aux inspections technique et médicale, le médecin du travail, CPPT exercices pratiques de mise en situation, entreprise: pollution - environnement. 6. Module «Extrême Droite»: «Pour vaincre son ennemi, il faut bien le connaître» LAO TSE. Module de 40h00 - 5 journées de 8H00. La 5ème journée sera consacrée aux visites du fort de BREENDONCK et de la gare de «triage» de MALINES. 7. Module «Formation Politique de Base»: Module de 32h00 - 4 journées de 8h00. Module qui propose une remise à niveau dans différents domaines, de manière à mieux comprendre le monde et devenir acteur de la société. Que se passera-t-il dans le courant du 1er semestre 2011? 2. Module «Initiation Vie Sociale»: 80h00 - 10 mardis - Ce module est ouvert à celles et ceux qui souhaitent simplement dépasser la situa-

tion d’affilié passif et veulent se familiariser aux objectifs de celle-ci, à son fonctionnement et acquérir de plus quelques connaissances dans les structures politiques, sociales, judiciaires et les techniques de communication. Il est d’ailleurs recommandé à celles et ceux qui souhaitent entreprendre les modules «Conseil d’Entreprise» et «Comité de Prévention et de Protection au Travail» de suivre préalablement le module «Initiation Vie Sociale». Les camarades qui ont achevé ce module d’ «Initiation» devront suivre le module «Perfectionnement Vie Sociale» qui débutera le 2ème semestre 2011. Les locaux dans lesquels ont lieu la formation se situent au 1er et 2ème étage de la Maison des Huit Heures, 23 Place Charles II à 6000 CHARLEROI. 3. Module «Fiscalité recyclage»: 40h00 - Les mardis en soirée de 17h10 à 20h40 pour les camarades ayant suivi le module «Fiscalité» organisé antérieurement. Les

cours se donnent dans les locaux de la FGTB CHARLEROI. Remarques générales: - Nos programmes de formation donnent accès au bénéfice du Congé Éducation Payé. - Nos modules informatiques sont suspendus momentanément. - Veuillez vous adresser au secrétariat de l’ASBL CENFORSOC pour connaître les dates de début et de fin des modules. Renseignements et formulaires d’inscription: Secrétariat ASBL CENFORSOC: Carmela DI BERNARDO (Tél.: 071/641.286 – Fax: 071/300.567) – Responsable Formations: Ruddy DANTHINE. Venez visiter notre site internet: www.cenforsocasbl.be et inscrivez-vous en ligne! Merci de vérifier la disponibilité des modules sur le site. Si vous trouvez nos formations intéressantes, faites-le savoir aux autres camarades de votre entreprise!


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VERVIERS

Le FOREM de Verviers occupé par des militants de la Centrale JEUNES FGTB sont injustes les sanctions qui frappent les TSE les plus fragiles. C’est la sécurité sociale qui est remise en cause jusque dans ses fondements. Si aujourd’hui, nous avons choisi d’investir le FOREM, c’est d’abord parce c’est l’institution qui, normalement, devrait «accompagner» les demandeurs d’emploi. Or, le Forem s’est progressivement inscrit dans la même logique de culpabilisation des TSE. Nous sommes venus lui demander de manière non-violente d’accompagner notre démarche qui vise la suppression du contrôle de la disponibilité», explique Fabian VIGNE, porte-parole du groupe des TSE de la FGTB de Verviers et Communauté germanophone.

Le lundi 28 juin à 13h, plusieurs dizaines de militants FGTB ont occupé le FOREM de Verviers. Ils réclamaient du directeur la signature d’une attestation individuelle leur indiquant qu’il n’a pas d’emploi à leur proposer. Ils entendent ainsi dénoncer l’absurdité d’une «chasse aux chômeurs» organisée, alors que chacun reconnaît qu’il n’y a pas assez d’emplois pour tous les demandeurs. La direction du Forem ayant refusé d’admettre cette réalité, les militants sont restés après la fermeture et c’est la police qui a dû les évacuer du lieu. Le groupe de TSE avait interpellé directement le directeur du bureau régional, voici plusieurs mois, en se proposant «d’activer le FOREM plutôt que les chômeurs» et de proposer à l’institution un contrat, à l’image de ceux qu’elle impose à certains TSE. Une quinzaine de curriculum vitae lui était adressée avec une demande claire: trouver un job correspondant aux profils (réels) proposés... Dans sa réponse, le directeur du

Bureau régional du FOREM a fini par reconnaître au détour de son argumentation qu’il n’aurait pas «la prétention d’affirmer qu’il est possible de réinsérer toutes les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi à court terme (ni même à moyen terme) et ce serait contraire à l’évidence de nier qu’il existe toujour,s à l’heure actuelle, un déséquilibre significatif entre l’offre et la demande de travail.» Le site du FOREM propose actuellement quelque 580 offres d’emploi pour plus de 15 000 chômeurs recensés dans la partie francophone de l’arrondissement.

Plus d’information, des vidéos, photos et témoignages: www.fgtb-verviers.be/jeunes (onglet news) Si vous voulez participer à nos prochaines actions contact: stopchasse@gmail.com Fabian VIGNE, permanent JEUNES FGTB Verviers et Communauté Germanophone

Les militants TSE de la FGTB dénoncent encore l’obligation faite de s’inscrire dans des filières de formation, sans débouché sur l’emploi, et l’obligation d’envoyer des dizaines de CV, qui ne seront pas lus, vers des entreprises qui n’embauchent pas…. Cela conduit à accepter n’importe quel emploi et à faire pression sur les conditions de travail et de rémunération de ceux qui ont un boulot et à qui on explique que des dizaines de volontaires seraient prêts à prendre leur place, éventuellement pour moins cher!

Ce lundi 28 juin, les militants sont venus négocier avec la direction une reconnaissance de manque d’emploi et demander au FOREM de les soutenir dans leur combat contre la chasse aux TSE.

Si le personnel et la direction du FOREM de Verviers semblaient accepter nos revendications, ils ont dû en référer à leur supérieur hiérarchique, qui a refusé de signer quoi que ce soit comme attestation, y compris la citation de Monsieur DELBROUCK.

«Le chômage est une assurance contre la perte ou l’absence d’emploi. Par nos actions, nous voulons montrer combien est criante l’absence de travail en cette période de crise. Nous voulons dire combien

Les militants ont donc décidé de rester dans les locaux du FOREM au-delà de l’heure de fermeture. La police de Verviers a été amenée à intervenir pour les évacuer.

www.fgtb-liege.be

Exposition Prix du Jury de la Fondatio n réseau Solid aris à Huy et à Waremme

ed. resp. : Marc Goblet, Place Saint-Paul, 13 - 4000 Liege

LIÈGE - HUY - WAREMME

‘Apéro à durée déterminée’ Mercredi 06 octobre 2010 de 18h à 20h sur la Place Saint-Paul à Liège


ACTUALITÉS

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NON A L’AUSTERITE Nous avons assez payé! «Austérité», c’est le nouveau mot d’ordre européen. • La crise financière, provoquée par la prise de risques irresponsable des banques d’affaires et la spéculation, a creusé les déficits publics et provoqué la paralysie de l’économie. Il a fallu mettre la main à la poche pour sauver les banques. Et c’est à nous, citoyens et contribuables, que l’on a adressé la facture via la dette publique. • La crise économique qui a suivi a fait grimper de façon spectaculaire le chômage. Les recettes fiscales et les cotisations sociales ont chuté. Et c’est nous, travailleurs, qui payons l’addition. • Les banques ont renoué avec les profits mais, hormis une taxe symbolique ne couvrant même pas la garantie de l’Etat, c’est encore sur nous, travailleurs du privé et des services publics, allocataires sociaux, chômeurs, malades et retraités que l’on veut faire peser l’assainissement des finances publiques. Nos droits à la retraite sont remis en cause. La liaison au bien être des allocations sociales est contestée. L’emploi dans les services publics est menacé. Nous ne pouvons l’accepter. Nous avons déjà assez payé. Nous avons déjà assez de mal à vivre.

Trouvez l’argent ailleurs … Notre société n’a jamais été aussi riche. Les inégalités n’ont jamais été aussi criantes. • Pourtant, depuis 30 ans, la part des richesses produites revenant aux travailleurs, véritables et seuls producteurs de richesses, n’a cessé de baisser.

Soutenez les victimes des inondations au Pakistan Les inondations qui ont frappé le Pakistan fin juillet ont provoqué une catastrophe d’une envergure inouïe. Le nombre des victimes est estimé à plus de 15 millions, dont 6 millions d’enfants. Et comme toujours, ce sont les pauvres qui souffrent le plus. La population touchée par ce désastre a besoin d’abris, d’eau propre, de toilettes, de soins médicaux, de vêtements et de nourriture. Mais les conséquences des inondations se feront sentir à plus long terme aussi : une grande partie des terres arables a été dévastée et les cheptels ont été décimés. La pénurie alimentaire persistera pendant la plus grande partie de 2011. Et puis il y a la reconstruction. De nombreux hôpitaux, conduites d’eau, centrales électriques, lignes de communication, ponts, routes… ont été détruits.

Aide financière Le besoin d’aide est donc urgent. Il faudra déjà des millions d’euros rien que pour répondre aux besoins les plus urgents de la population. Il est grand temps de se montrer solidaire avec les millions de victimes. Cela n’empêche pas qu’en tant que syndicalistes, nous devons continuer à poser des questions concernant les nombreuses violations des droits syndicaux et la limitation sévère des possibilités d’association et de grève au Pakistan. Mais les considérations syndicales sont une chose, la solidarité urgentissime en est une autre. En fait, la plus grande fédération syndicale du Pakistan, la Pakistan Workers’ Federation (PWF), qui est affiliée à la Confédération Internationale des Syndicats (CIS), a aussitôt mis sur pied une action de secours elle-même. La CIS est en train d’examiner les possibilités de soutien. En attendant, et parce que le temps presse, la FGTB a décidé de s’allier au Consortium belge ‘Pakistan 12-12’ pour lancer son appel à l’aide financière pour le Pakistan. Votre contribution est essentielle! Versez vos dons sur le numéro de cc 000-0000012-12 ou bien en ligne sur www.1212.be Une attestation fiscale sera délivrée début 2011 pour tout don à partir de 30 euros.

• Par contre, la part du capital, des revenus de la propriété, n’a cessé d’augmenter. Ces masses d’argent que s’est appropriée une minorité de nantis, n’ont pas été investies dans l’économie, mais n’ont servi qu’à alimenter la spéculation et la destruction d’emplois. Le temps est venu d’un juste retour. D’une meilleure distribution des richesses. Il faut aller chercher l’argent chez ceux qui en ont le plus. Pas dans la poche des travailleurs et des allocataires sociaux. Il ne faut pas compromettre la consommation intérieure en s’attaquant aux salaires. Ce sont les spéculateurs qui doivent maintenant y aller de leur poche: les profits doivent être réinvestis dans l’économie. Voilà pourquoi nous réclamons une taxe sur les transactions financières pour financer un plan européen de relance de l’économie et de l’emploi durable et de qualité par l’innovation, le développement des filières vertes et des énergies douces. La compétition fiscale que se livrent les Etats européens ne fait que priver les pouvoirs publics de moyens. Au lieu de parler d’austérité, parlons plutôt d’harmonisation fiscale au niveau européen.

Justice fiscale! Pour assainir les Finances publiques et permettre à l’Etat de remplir ses missions de service public, pour financer la sécurité sociale, les retraites, il faut faire payer ceux qui ont les épaules les plus larges. Faire payer à chacun son dû. Comment? 1°) En luttant efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale. Sur les 45 milliards qui échappent à l’impôt, ont peut facilement récupérer 30 à 50% des recettes non perçues, soit 10 bons milliards sans alourdir la fiscalité. 2°) En repassant à la moulinette tous les cadeaux fiscaux aux particuliers et aux entreprises. La majorité, vont à ceux qui en ont le moins besoin. 3°) En rééquilibrant le poids de l’impôt en faveur des revenu du travail. Les revenus de la propriété, le capital, ne paient pas assez d’impôt. Débusquer ces revenus et les faire contribuer aux charges collectives est possible grâce à la levée du secret bancaire.


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ACTUALITÉS

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> LIVRE

> INDEX

Julien Lahaut vivant

Indexation de 2% de toutes les allocations sociales

A l’occasion du 60e anniversaire de l’assassinat de Julien Lahaut le 18 août 1950, Jules Pirlot publie une biographie du leader communiste préfacée par l’historien José Gotovitch.

Taux d’inflation de 2,32% en août Dans cette biographie très complète, Jules Pirlot nous fait découvrir une figure étonnante et mal connue de notre histoire sociale et politique. Son assassinat, le 18 août 1950, reste dans beaucoup de mémoires. Mais que connaît-on de sa vie? Ouvrier métallurgiste, militant syndical, soldat en Russie pendant la première guerre mondiale, député communiste, déporté politique, Julien Lahaut a été de tous les combats. L’important travail de recherche réalisé par Jules Pirlot replace cet homme hors du commun dans les grands bouleversements que l’histoire a connus durant la première moitié du vingtième siècle.

L’indice pivot de 112,72 a été dépassé en août. Cela implique que toutes les allocations sociales sont indexée de 2% au 1er septembre et les salaires de la fonction publique indexés également au 1er octobre.

«Julien Lahaut vivant», EDITIONS DU CERISIER, Collection Place Publique 15/21,7 - 192 p. - 12,50e (ISBN 2-87267-142-0). Commandes: 20 rue du Cerisier B-7033 Cuesmes Tél./Fax 32 65 31 34 44 - edititonsducerisier@skynet.be / www.editions-ducerisier.be

Evolution de l’indice des prix (base 2004 = 100) Mois

Extrait de la préface de José Gotovitch De l’anarcho-syndicalisme au syndicalisme de classe, de la Révolution russe aux grèves offensives et dures, vaincues et victorieuses de l’Entre-DeuxGuerres, de l’antifascisme à la guerre d’Espagne, de la lutte contre l’occupant aux camps de concentration, de la libération, la sienne et celle de tout un peuple, à la question royale, Lahaut parcourut tous ces chemins en marquant sa présence par son verbe, son action, sa chaleur. Et ses convictions.

sa poche» (titre de la pièce de Jean Louvet) l’aura d’un martyr, aux antipodes de la stature qui était sienne. Car, comme l’écrit ci-après Jules Pirlot, si cet assassinat politique, le premier commis en temps de paix dans notre pays, a marqué les esprits, il a aussi quelque peu masqué la longue suite de combats que constitue sa vie et couvre un demi-siècle. Car Lahaut fut tout sauf une icône.

Et bien entendu c’est ce symbole qui fut abattu, donnant à cet homme qui «avait mis le soleil dans

2009 (base 2004=100)

2010

Janvier

111,36

111,45

111,27

112,05

111,36

110,93

Février

111,74

111,75

111,38

112,52

111,9

111,24

Mars

111,1

111,07

111,38

112,94

112,11

111,58

Avril

111,33

111,17

111,36

113,33

112,34

111,93

Mai

111,25

110,96

111,24

113,78

112,72

112,27

Juin

111,04

110,5

110,93

113,77

112,74

112,48

Juillet

110,97

110,48

110,78

113,82

112,86

112,67

Août

111,31

110,66

110,65

113,89

112,94

112,82

Index normal: l’index mesure l’évolution réelle des prix. Pour le mois d’août 2010, on enregistre une inflation positive de 2,32% par rapport à août 2009. Loyers: l’index-santé sert de base à l’indexation des loyers à la date anniversaire de la signature du bail. Par rapport à juillet 2009, l’index santé a augmenté de 2,15%. Par rapport à août 2010, l’index santé a augmenté de 2,06%. Allocations sociales: Le prochain taux-pivot (par rapport à l’indexsanté lissé) qui entraînera une hausse de 2% des allocations sociales est de 114,97 (base 2004 = 100). Conversion: l’index-santé de juillet 2010 (112,86/base 2004 = 100) correspond à 128,40 (base 1996=100). Celui d’août 2010 (112,94 base 2004=100) correspond à 128,49(base 1996=100).

Le Maximum à facturer Selon une enquête publiée dans la presse flamande, une famille sur trois (35%) estime qu’il est difficile, voire très difficile de consacrer une budget santé avec les revenus disponibles. Pourtant, il y a un dispositif qui permet de limiter les dépenses pour les ménages: le maximum à facturer. En 2009 1.117.978 personnes à titre individuel et 623.730 ménages en ont bénéficié. Le «MAF», comment ça marche? Les ménages (les personnes qui vivent ensemble) qui ont d’importantes dépenses de santé bénéficient du «maximum à facturer»: au-delà de certaines dépenses, les «tickets modérateurs» sont remboursés.

Quelles dépenses? Les frais suivants sont pris en considération: • tickets modérateurs pour les prestations des médecins, dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers et autres dispensateurs de soins • tickets modérateurs pour les médicaments des catégories A, B et C et pour les préparations ma-

gistrales (médicaments que les pharmaciens font eux-mêmes) • tickets modérateurs pour les prestations techniques (par exemple, opérations, radiographies, examens de laboratoire, tests techniques, etc.) • quote-part personnelle dans le prix d’une journée d’hospitalisation dans un hôpital général (entièrement) et dans un hôpital psychiatrique (seulement les 365 premiers jours) • quote-part personnelle forfaitaire pour les médicaments en cas d’hospitalisation alimentation entérale par sonde ou stoma pour les jeunes de moins de 19 ans • matériel endoscopique et de vis-

cérosynthèse • marges de délivrance et de sécurité pour implants.

Les dépenses de santé au-dessus desquelles on ne doit plus payer de ticket modérateur dépendent

du statut ou des revenus du ménage:

MAF social: remboursement rapide par la mutuelle Vipo (BIM), Grapa, revenu d’intégration, handicapés, chômeurs âgés avec complément, familles monoparentales.

450e

N.B. Pour les malades chroniques, c-à-d qui ont dépassé 2 ans de suite le plafond de 450e, le plafond est ramené à 350e MAF revenus: remboursement par le fisc après 2 ans Plafond de revenus du ménage en e

Plafond de tickets modérateurs payés en un an

Pour des revenus sont compris entre 0 et 16.106,04e

450e

Pour des revenus entre 16.106,05 et 24.760,02e

650e

Pour des revenus entre 24.760,03 et 33.414,03e

1 000e

Pour des revenus entre 33..414,04 et 41.707,44e

1 400e

Pour des revenus supérieurs à 41.707,45e

1 800e

Ces montants, indexés une fois par an en janvier, sont valables pour tout 2010.


ACTUALITÉ

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SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

> RÉFORME DES PENSIONS

La grande imposture… Une société qui vieillit… Une pyramide des âges cul par-dessus tête … Une poignée de jeunes actifs contraints d’entretenir une armée de vieux inutiles? Des finances publiques qui croulent sous le poids des croulants… Et si le scénario catastrophe qu’on nous sert chez nous et partout en Europe sur la viabilité de notre système de pensions n’était que du bidon? Une grande mystification? Une immense arnaque inventée par le Grand Capital pour s’en mettre plein les fouilles en piquant dans les nôtres? C’est exactement ce que disent Bernard Friot, économiste français, professeur émérite à l’Université Paris-Ouest, auteur d’un récent ouvrage intitulé «L’enjeu des retraites», et Corine Gobin, politologue à l’ULB, invités par le CEPAG à un colloque «Travail-Emploi-Pension» les 26 et 27 août dernier à Namur. «On ne nous dit pas tout…», dit Anne Roumanoff à son café du Commerce. C’est pire encore dit Bernard Friot: on nous ment sur tout! On nous mène en bateau. On nous a inventé une fable pour nous endormir. On nous dit que seul l’emploi nous donne des droits, notamment à un salaire. Tous ceux qui ne sont pas à l’emploi, sont donc des inutiles, des parasites à la charge des actifs. Ils ne créent pas de richesse. Ils n’ont pas de salaire. Ils ne méritent pas leur pitance. Jeunes, mi-vieux et vieux gaillards, chômeurs, femmes au foyer… il faut que tout ce petit monde s’active un peu. A l’Europe, on dit «augmenter le taux d’activité». De 15 à 65 ans, voire 69, va falloir bosser. Plus. Plus longtemps. Avec moins de salaire (la compétitivité…). Avec moins de droits, moins de sécurité (la flexibilité…). Sinon, adieu les retraites, la sécu… Bosser et mettre des sous de côté. Car qui va payer pour ces cohortes d’inutiles que l’on sera tous tôt ou tard? Ils ont tout faux! Explique B. Friot. On nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Car «le travail», «l’emploi», c’est quoi? Le chômeur qui fait du bénévolat, faute de mieux: ce n’est pas du travail? Le prépensionné ou le retraité qui fait son jardin et distribue ses légumes à la famille, garde les petits-enfants après l’école ou pendant les congés: ce n’est pas du travail? La ménagère qui nettoie, aspire, lave, cuisine, repasse: ce n’est pas du travail? Ce n’est pas du travail dans notre système capitaliste, parce que l’employeur ne leur attribue pas de valeur économique. Comme on ne reconnaissait pas les soins hospitaliers gratuits des religieuses au XIXe siècle. Lorsqu’il a fallu faire appel – et payer- des infirmières, c’est devenu du travail… C’est juste une question de définition. Le capitalisme a fait du travail qu’il reconnaît, une marchandise. Il ne rémunère pas le travailleur pour sa qualification, mais pour le poste qu’il occupe et où il est interchangeable. Ce poste, il en fait ce qu’il veut. Il le donne à un autre, il le scinde, il le délocalise… Mais l’empêcheur de tourner en rond qu’est le mouvement ouvrier a mis deux grains de sable dans la machine à broyer: les services publics et les cotisations sociales. ✓ Avec les premiers, des gens sont payés non pour ce qu’ils

produisent, mais pour leur grade dans la fonction publique. Le travailleur est reconnu en tant que personne et pour sa qualification. ✓ Avec les cotisations sociales, une part de la valeur ajoutée est redistribuée à la collectivité pour payer immédiatement des gens qui ne produisent rien (de commercialisable). Les retraités ont ainsi un salaire à vie et donc, dit Friot, leur «travail» est indirectement reconnu… Les services publics et les retraites sont donc deux facteurs qui empêchent le capitalisme de marchandiser le travail et de capter sa valeur ajoutée à son seul profit. Voilà pourquoi on les attaque. Vouloir augmenter le taux d’activité même s’il n’y a pas de travail, par exemple en activant les chômeurs et les prépensionnés, en encourageant le travail des retraités, cela revient à morceler et multiplier les emplois précaires dont la valeur baisse sur le marché du travail. En conclusion: plus d’emplois mais moins payés. Plus de souffrance au travail, moins de salaire. «L’emploi contre le salaire». conclut Friot. Les politiques d’emploi produisent la précarité alors qu’une bonne réduction du temps de travail collective donnerait du travail à tous. Hurlements sur le banc des économistes et des employeurs! A la folie! Réduire le temps de travail, c’est augmenter le salaire horaire. Et la compétitivité? Et avec quel argent? Comment payer les retraites? Etc. Tout le monde dit qu’on ne pourra pas payer les retraites sans réformer le système. Que chacun doit maintenant penser lui-même à sa vieillesse. Accumuler de l’épargne individuelle par ce qu’il n’y en a plus dans la caisse commune… Faux, faux, archi faux! dit Friot. Et de démolir les arguments un par un. 1°) L’argument démographique? «La société vieillit». Trop de vieux, pas assez d’actifs… Une société «ne vieillit pas», dit Friot. Oui, il y a plus de «séniors», mais ils sont en grande forme, les bougres. Il y a un siècle, à 40 ans, on avait déjà un pied dans la tombe. Malgré le nombre de séniors, la société n’a jamais été aussi jeune… L’argument démographique est une «honte intellectuelle»! Le «vieillissement» est une chance, un bonheur collectif: il y a de plus

en plus de gens libérés de l’emploi subordonné et contraint. 2°) On n’a plus de sous? «Imposture»! Notre société est de plus en plus riche. Le Produit Intérieur Brut double tous les 40 ans. Nous disposons de 300 milliards en 2010. Nous en auront 600 en 2050! Dire qu’il n’y aura pas assez de cotisants implique que tous les gains de productivité seraient confisqués par le profit capitaliste. Car des gains de productivité, il y en aura. Il y avait 30% d’agriculteurs au siècle dernier. Ils ne sont plus que 3% et on ne meurt pas de faim. On a même des excédents. C’est aussi vrai dans l’industrie. Cela suppose aussi que les retraités ne participent pas à la richesse du pays, qu’ils sont «une charge» et cela parce que l’on ne donne pas de valeur à leur travail (cfr. plus haut). Mais ils s’activent d’une manière ou d’une autre. Ils consomment ce que l’on produit. Le fait même de leur donner une pension contribue au PIB. Produire est une chose. Mais le but final est quand même de vendre le produit. Les finances publiques sont déficitaires? Bernard Friot s’échauffe: argument «imbécile!». Si on consacre aujourd’hui 10% du PIB aux pensions soit 30 milliards. 15% en 2050 feraient 90 milliards en 2050 puisque le PIB aura doublé. Restera 510 milliards contre 290 aujourd’hui. Où est donc le problème? Selon Bernard Friot, on peut en 2050 donner sans problème à tous les retraités une pension à 60 ans calculée sur 100% du meilleur salaire. Le «problème», c’est qu’il faut augmenter les cotisations sociales, c’est-à-dire la part socialisée des richesses produites, et que cela ne plaît pas aux actionnaires et autres capitalistes. Comme l’a montré Corine Gobin dans son exposé de même que DULBEA dans les études commandées par la FGTB, depuis 1980 la part des salaires dans le PIB a diminué alors que le nombre d’emplois a augmenté. La différence a été captée par le profit. Il va falloir rapprocher les courbes: augmenter les salaires et les cotisations employeur. 3°) Les systèmes par capitalisation sont nécessaires et inéluctables? «Mensonge»! dit Friot. La vérité est que la capitalisation

enlève des moyens à la répartition et se nourrit du recul du 1er pilier. En fait la pension du 1er pilier, explique l’économiste, empêche la capitalisation et le profit puisque c’est de la valeur immédiatement socialisée. Le capitalisme cherche donc à réduire cette part socialisée qui échappe au marché. En conclusion, la «nécessaire» réforme des pensions n’est qu’une fable pour masquer l’incapacité du capitalisme à assumer le travail et

l’investissement. La seule réponse valable à y opposer est de prélever de la cotisation sur la valeur ajoutée pour investir dans l’économie et assurer à tous un salaire à vie. Dans ce schéma, on pourrait se passer et des employeurs et des investisseurs que Friot qualifie de parasites, crise financière comme preuve à l’appui. Ces réflexions ont fait l’objet d’un livre intitulé «L’enjeu des retraites», Paris, éditions La Dispute.

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CONCENTRATION DES MILITANTS BRUXELLES - 15 SEPTEMBRE 2010 11H - PETITE RUE DE LA LOI (SCHUMAN)

Nous manifestons à Bruxelles le 15 septembre: • Pour une pension minimale d’au moins 1.150 euros nets par mois (= salaire minimum net garanti à 21 ans) ou 1.380 euros bruts. • Pour l’application correcte de la loi sur les adaptations au bien-être en ce qui concerne les allocations et plafonds de calcul. • Pour une opération de rattrapage en faveur des pensions les plus anciennes. • Pour un plafond de calcul salariés (46.895 euros par an) égal au plafond de calcul indépendants (49.315 euros). • Pour un ratio de remplacement minimum en Europe à raison de 75% du salaire moyen. • Contre la privatisation des systèmes de pension. • Contre le recul de l’âge de mise à la pension, à la prépension et contre l’allongement de la carrière.


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UNION BELGE DES OUVRIERS DU TRANSPORT

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

ième

42 Congrès de l’ITF sous le signe de syndicats forts et un transport durable Le 42ième Congrès de l’ITF (Fédération Internationale des Ouvriers du Transport) a eu lieu à Mexico City du 5 au 12 août 2010 inclus. Pour la première fois, la réunion de l’organe suprême a lieu dans un pays d’Amérique latine. Quelque 1376 délégués représentant près de 368 syndicats venant de 112 pays y ont participé. L’UBOT a délégué Ivan Victor, Président et Secrétaire fédéral des Secteurs maritimes; Frank Moreels, Secrétaire fédéral Transport routier & Logistique; Marc Loridan, Secrétaire fédéral des Ports; Roger Opdelocht, Secrétaire des secteurs Marine marchande et navigation intérieure et Monique Verbeeck, représentante mondiale des femmes de la Section des Dockers ITF.

Lutte contre la violation des droits syndicaux Dans son discours d’ouverture, Randall Howard, président sortant de l’ITF, a déclaré: «L’ITF ne tolérera pas les violations flagrantes des droits humains et syndicaux. L’assassinat de syndicalistes est monnaie courante dans certains pays. Ailleurs, des gouvernements privent les travailleurs de leurs droits.» Il critique plus particulièrement l’attitude antisyndicale du gouvernement mexicain. La solidarité avec les travailleurs mexicains se profile d’ailleurs comme l’un des grands sujets de discussion du Congrès. Randall Howard a également souligné la nécessité de promouvoir les transports publics pour des raisons environnementales, la nécessité de mener des programmes de développement visant à réduire la pauvreté, et l’importance de mener conjointement des campagnes avec d’autres fédérations syndicales internationales.

Avant l’ouverture du Congrès proprement dit, les membres du Comité exécutif se réunissent. De plus, une Conférence des jeunes travailleurs du transport et une Conférence sur le changement climatique ont lieu.

la richesse et des programmes de sécurité sociale qui protègent les moyens de subsistance et les droits sociaux des travailleurs du transport.

Congrès réunions plénières

En effet, les enjeux sont nombreux: la violation des droits syndicaux fondamentaux, la précarisation, l’externalisation, la déréglementation, les privatisations, la libéralisation, ainsi que le changement climatique.

Des syndicats forts pour plus de justice sociale

Comité exécutif Décisions statutaires Comme les statuts le stipulent, cet organe suprême entre deux Congrès au sein duquel siège Ivan Victor, Président de l’UBOT, prend position sur les résolutions introduites et émet un avis à leur sujet à l’attention de la séance plénière.

Conférence des jeunes travailleurs du transport Les jeunes des transports exhortent le Congrès de l’ITF à reconnaître officiellement qu’ils font partie intégrante des structures de l’ITF. Cette reconnaissance officielle dans les statuts de l’ITF accorderait aux jeunes de moins de 35 ans un statut similaire à celui du Comité des Femmes. Leur appel a été entendu. Quelques jours plus tard, le Congrès décidera même d’accorder aux jeunes un mandat de conseiller au sein du Comité exécutif.

Conférence sur le changement climatique Le secteur du transport doit prendre à bras-lecorps la question du changement climatique, voilà ce qu’ont conclu les participants à la première conférence de l’ITF sur ce sujet. Plusieurs orateurs ont insisté sur le développement de méthodes durables pour réaliser des réductions d’émissions de CO2 dans l’industrie du transport.

Au président sortant, Randall Howard, succède P. Crumlin, qui présidera également la section des dockers.

Femmes La problématique spécifique des ouvrières du transport entre également en ligne de compte. Ainsi l’ITF se propose de contrer les effets de la crise économique sur les femmes partout dans le monde. En effet, l’emploi des femmes est souvent précaire. De plus, le Congrès condamne la violence faite aux femmes, un problème qui se pose surtout au Mexique. Et encore, le Congrès veut promouvoir l’initiative de renforcement des capacités des femmes, au sein de l’organisation syndicale, comme sur le terrain.

Résolutions Les multiples discussions mènent à l’approbation de quelque 50 résolutions, dont une partie importante traite évidemment des thèmes de congrès «syndicats forts» et «changement climatique». De plus, un nombre de résolutions sont approuvées qui traitent spécifiquement des sections de l’ITF (Transport routier, Ports, Navigation maritime, Navigation fluviale, Pêche maritime, Chemins de Fer, Aviation civile, Tourisme, Transport urbain). D’autres concernent la politique générale de l’ITF et sa mission de réaliser un réseau de syndicats forts et d’améliorer la situation précaire des travailleurs du transport dans certains pays.

L’UBOT honorée Les congressistes décident de la politique de l’ITF pour les quatre années à venir. Ils élisent également un président, des viceprésidents, un secrétaire général et un comité exécutif ainsi que les représentants des comités des sections. Le mandat de secrétaire général de David Cockroft est renouvelé pour quatre ans.

Le patronat et les multinationales ne demandent qu’une chose: l’affaiblissement des organisations syndicales afin de pouvoir bloquer les salaires, augmenter la flexibilité et licencier plus facilement et sans indemnité. C’est pour cela qu’il faut absolument des syndicats forts, puissants, organisés et comptant de nombreux affiliés.

Débats spécifiques Notre président Ivan Victor conserve son mandat aussi bien au sein du Comité exécutif qu’au «Fair Practices Committee» (FPC), le Comité des pratiques loyales. Notre secrétaire fédéral Marc Loridan représente la section des dockers au sein du FPC tandis que Monique Verbeeck conserve le mandat de représentante des femmes au sein du FPC. Notre centrale est également représentée dans les sections suivantes de l’ITF: - Navigation intérieure et marine marchande: Roger Opdelocht et Ivan Victor - Ports: Marc Loridan - Transport routier: Frank Moreels.

Multimédias Toutefois, l’ITF n’acceptera jamais que la transition vers une société à bas carbone aille de pair avec une aggravation du chômage, une réduction des salaires ou une mise en cause des conditions de travail. Une juste transition doit passer par la création d’emplois, un travail décent et des emplois de qualité, une redistribution radicale de

A son tour, David Cockroft, Secrétaire général, a insisté sur la nécessité d’organiser une plus grande justice sociale et d’utiliser l’ITF pour assurer la promotion des droits des travailleurs.

le VIH/SIDA; la nouvelle orientation de la campagne de l’ITF contre les pavillons de complaisance; le projet de site internet pour les équipages de cabine; et enfin le système Dockers’ Port Intelligence, dernier outil en date de la campagne contre les ports de complaisance.

Le 42ième Congrès se distingue de tous les autres sur deux plans: il est le plus grand de l’histoire de l’ITF et il est innovateur du point de vue usage des moyens de communication modernes (site internet, You Tube, blog, etc.)

Au cours de discussions intenses, le Congrès a débattu des sujets suivants: l’engagement de l’ITF envers l’Année du Marin 2010 et la lutte contre la piraterie; les campagnes de sécurité ferroviaire et routière; la publication d’un recueil de bonnes pratiques sur

Le syndicaliste iranien Osanloo Mansour a été emprisonné à Téhéran où il doit survivre dans des conditions mauvaises et malsaines. Le seul «crime» qu’il a commis est d’avoir fondé un syndicat des chauffeurs de bus. Le Congrès félicite Frank Moreels d’avoir décidé de nommer ce syndicaliste membre honoraire permanent de l’UBOT Groupe professionnel Transport routier & Logistique. Dans une prochaine édition, nous donnerons un compte rendu des différentes activités.


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

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> LIVRE

L’impossible capitalisme vert D’un côté, trois milliards de gens vivent dans des conditions indignes de l’humanité. Enseignement, santé, énergie, eau, alimentation, mobilité, logement : individuellement leurs besoins sont modestes mais, au total, ils sont énormes. Les satisfaire n’est possible qu’en augmentant la production matérielle. De l’autre côté, deux cents ans de productivisme ont mené le système climatique au bord

de l’infarctus. Éviter que les changements climatiques s’emballent et frappent des centaines de millions d’êtres humains impose de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre. Donc la consommation des énergies fossiles nécessaires aujourd’hui à la transformation des ressources prélevées dans l’environnement. Donc la production matérielle. Comment stabiliser le climat tout en satisfaisant le droit légitime au développement de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu... et qui sont en même temps les principales victimes du réchauffement? C’est le casse-tête du siècle. Dans ce livre, préfacé par Michel Husson (auteur d’une analyse de la crise sous le titre: «Un pur capitalisme»), Daniel Tanuro propose de réconcilier l’écologie et le projet socialiste, parce que le capitalisme ne saura rien résoudre. Si l’on n’est pas capable d’articuler les luttes économiques et le combat pour la protection de l’environnement, le capitalisme causera des catastrophes sociales et environnementales de grande ampleur.

«L’impossible capitalisme vert», Daniel Tanuro, Editions La Découverte, Collection: Les Empêcheurs de penser en rond. PP 308. Prix: 16 euros ISBN: 9782359250251.

Le

engage

un collaborateur (h/f) pour intégrer la cellule environnement (lieu de travail: Bruxelles et Namur). Le poste à pourvoir comporte trois aspects principaux: 1. Assister aux travaux et assurer le suivi de dossiers dans divers organes consultatifs (notamment au sein du Conseil économique et social de la Région wallonne et du Conseil wallon de l’Environnement pour le Développement durable) 2. Participer aux travaux des projets RISE (Réseau Intersyndical de sensibilisation à l’environnement) et Mobilité. Notamment: - concevoir, organiser, donner et animer des formations/colloques sur une multitude de thèmes environnementaux (public cible principal : les délégués syndicaux) - concevoir et rédiger des articles de sensibilisation, des dépliants, des brochures d’information pour les délégués, militants, formateurs - contribuer à la mise en œuvre de projets environnementaux en entreprise. 3. Assurer le suivi de dossiers à la demande de l’Administrateur délégué, essentiellement au niveau de la politique régionale relative à l’environnement et à la mobilité. Compétences requises • Vous êtes titulaire d’un diplôme universitaire, d’un graduat ou d’une expérience équivalente vous ayant permis de développer des capacités de rédaction, de formation, de négociation, etc. en lien si possible avec les matières environnementales. Une formation spécifique en environnement est un atout. • Vous avez un vif intérêt pour les enjeux environnementaux. • Vous vous reconnaissez dans les valeurs de la FGTB. • Vous aimez travailler en équipe. • Vous êtes organisé, rigoureux, proactif. • Vous avez de bonnes compétences rédactionnelles et pédagogiques. Nous vous proposons: • Un contrat à durée indéterminée. • Le barème 5C de la FGTB. • Des avantages extralégaux (chèques-repas, assurance groupe, assurance hospitalisation). Les candidatures sont à adresser pour le 9 septembre 2010 au plus tard à Daniel Wojtalik (daniel.wojtalik@cepag.be). Informations supplémentaires: contactez Sandra Invernizzi au 02/506.83.99.


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DOSSIER

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

LA FGTB LIÈGE-HUY-WAREMME EN VISITE EN RÉPUBLIQUE DOMINICAI

Dans les coulisses du commerc Du 6 au 12 juin dernier, sur l’invitation de Max Havelaar Belgique, une délégation de la FGTB Liège-HuyWaremme s’est rendue en République Dominicaine pour y visiter une série d’associations et coopératives fonctionnant sous le label du commerce équitable, rassemblant respectivement des producteurs de cacao et de bananes. Une plongée dans le monde du Fair Trade à travers l’ensemble de ses étapes a permis à la délégation FGTB d’en découvrir les avantages et les conquêtes, mais aussi certaines lacunes et contradictions.

> RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

L’émancipation des producteur de cacao gr Nous avons pu visiter deux coopératives de production, Conacado et Cooproagro. Conacado, créée en 1986, est une association de producteurs divisée en 9 «blocs», correspondant à une zone géographique donnée.

Qu’est-ce que le «Fair Trade»? Le commerce équitable est un système d’échange visant à assurer des revenus décents aux paysans des pays en développement (PED) par des relations de solidarité directe avec les consommateurs du Nord. Selon Fair Trade Labelling Organizations International (FLO), coupole internationale regroupant une vingtaine de labels équitables situés dans quelque 59 pays, «le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial.(1)» Les prémisses du commerce équitable apparaissent dans le courant des années 1960, avec la naissance de la première association de «commerce solidaire» aux Pays-Bas: Kerbrade. Il s’agit alors principalement de commerce d’artisanat. Cette dynamique se développe et fait tache d’huile en Europe, s’étendant au commerce d’aliments (café, cacao, bananes, pour ne citer que les plus courants), de produits de beauté et d’hygiène (savon, huiles, …), et de vêtements (coton équitable), où peu à peu un tissu de magasins équitables est mis en place, à l’initiative de nombreuses fédérations, syndicats et ONG (ex. Oxfam). Le commerce équitable a aujourd’hui la cote, bénéficiant directement à près de 1,5 million de petits producteurs, et ses ventes en 2007 dépassant les 2,3 milliards d’euros. Aujourd’hui, 50% des produits certifiés par FLOCert sont garantis biologiques. Les principales caractéristiques du «Fair Trade» tiennent en quelques grands principes (2): - Un prix juste, couvrant au minimum tous les frais, est garanti au producteur - Une prime supplémentaire, quels que soient les cours mondiaux, est payée au producteur afin qu’il puisse initier des projets de développement (infrastructures scolaires ou de santé, routes, épargne, outil de production, …) - Le contrat avec l’importateur s’inscrit dans la durée - La production et la commercialisation sont transparentes - Les producteurs travaillent dans des conditions décentes et leurs droits sont respectés. - L’environnement est pris en considération Ces grands principes sont déclinés en une série de 250 critères précis à respecter (3) , dont l’application effective donne droit à un label octroyé par

l’organisme international autonome et indépendant FLO-Cert. Celui-ci contrôle annuellement le respect de la totalité des 250 critères, qui vont de l’utilisation des bénéfices du commerce équitable au fonctionnement démocratique de l’organisation en passant par la non-utilisation des 118 pesticides interdits et de semences OGM. Environ tous les 18 mois, les acteurs économiques situés tout au long de la chaîne de distribution sont également contrôlés. Un manquement mineur aux critères entraîne un rappel à l’ordre, et dans le cas de graves dérives (travail forcé, non-redistribution de la prime, utilisation d’OGM, …) une suspension du certificat, voire, en ultime recours, une dé-certification. Cette certification a un coût annuel que doivent payer les organisations de producteurs, couvert en tout ou en grande partie par la prime issue du commerce équitable. Max Havelaar, organisation bien connue dans nos contrées, est un partenaire direct de FLO et FLO-Cert. L’organisation est divisée en deux entités juridiques : une ONG, chargée de la sensibilisation et des contacts avec les producteurs du sud, et une société coopérative à finalité sociale (SCRL-FS), chargée de l’audit et de la certification, ainsi que de l’appui et du suivi des acteurs économiques. Cette société finance ses activités via les licences attachées au label.

Cabosse de cacao prête à être cueillie

La République Dominicaine, première île des Antilles découverte par Christophe Colomb et voisine d’Haïti, n’offre souvent aux regards étrangers qu’une image caricaturale de plages de sable fin, de soleil sous les palmiers et d’hôtels all inclusive divertissant les touristes… A l’initiative de l’équipe Max Havelaar Belgique, l’opportunité nous a été donnée d’aller visiter l’envers de ce décor de rêve: voyage dans le monde des associations et coopératives de producteurs de cacao et de bananes regroupées sous le principe du commerce équitable. La République Dominicaine est le 2e pays le plus pauvre des Caraïbes. 42% de la population vit sous le seuil de la pauvreté, et 16% de l’extrême pauvreté (PNUD 2004). Le pays vit essentiellement du tourisme, de ses minerais et de son agriculture, principalement le cacao, le café, la banane et le tabac. Le cacao occupe une place de choix dans les matières premières exportées, dont le commerce est partagé, dans sa plus grande partie, par 3 grandes familles et une coupole d’associations de producteurs: Conacado.

Associations de producteurs (1) http://www.artisansdumonde.org/ commerce-equitable.html (2) http://www.maxhavelaar.be/fr/standardsetcontrole (3) La liste complète de la totalité des 250 critères du commerce équitable émis et vérifiés par FLO-Cert est consultable sur http://www.fairtrade.net/ all_standards.html

La République dominicaine compte quelque 40 000 producteurs de cacao, parmi lesquels 90% possèdent moins de 10 hectares de terres cultivables, et la majorité ne compte que sur 3 hectares pour produire une tonne métrique de cacao par année.

Le cacao, après sa livraison à la coopérative, fermente durant plusieurs jours dans des caissons en bois.

Les producteurs apportent périodiquement leur production de cacao – encore à l’état brut, dit «en bave» - au siège du bloc correspondant à leur zone de culture, et en reçoivent le prix du marché, calculé au poids. Si le marché connaît une retombée brutale, un seuil minimum est respecté pour le paiement des producteurs, leur garantissant ainsi un revenu décent. Les avantages de ce système pour le producteur et sa famille sont multiples: - Il est certain de trouver systématiquement un débouché pour sa production - Il reçoit directement le prix de ce qu’il apporte, sans devoir passer par des intermédiaires qui garderont un pourcentage, et il est certain que le paiement reçu sera juste, contrairement aux producteurs ne faisant pas partie d’une association. - Il reçoit annuellement une surprime individuelle, qui lui permettra d’entretenir ses terres, d’augmenter sa production via un assainissement du terrain, ou encore d’améliorer ses conditions de transport. - Ses déplacements depuis sa parcelle sont en partie défrayés. - Il a accès de façon immédiate à un contrôle de la qualité de sa production, et aux conseils permettant d’améliorer celle-ci. Les producteurs sont regroupés en «associations de producteurs», représentées par des délégués, eux-mêmes regroupés au niveau des blocs en assemblées directives, hiérarchisées. Au sommet de la pyramide siège une assemblée générale qui englobe l’ensemble des différents blocs, et décide notamment de l’attribution des primes collectives accordées dans le cadre du label «commerce équitable», de leur répartition et utilisation. Celles-ci sont, jusqu’à présent, réparties de façon égalitaire entre les 9 blocs (chaque bloc reçoit la même somme), bien que ces derniers soient de tailles différentes. Ces primes servent principalement à l’octroi de bourses d’études, à la construction d’infrastructures scolaires ou de santé, à l’aménagement de salles de réunions pour les assemblées des blocs, à la construction de puits, à la rénovation de routes ou à toute autre œuvre d’utilité publique dont pourra favoriser la communauté. Une fois le cacao déposé dans les

infrastructures de l’association, celui-ci doit être fermenté (pendant 5 à 7 jours), puis séché (également pendant 7 jours), et enfin empaqueté pour être soit exporté, soit transformé en poudre et beurre de cacao dans une usine dont Conacado a récemment fait l’acquisition. Pour ce faire, Conacado emploie une série de travailleurs permanents ou journaliers, ainsi que des techniciens chargés de la vérification de la qualité des fèves, de la vigilance des conditions de production dans les plantations, et de la sensibilisation des producteurs aux bienfaits du commerce équitable. Un regret cependant: bien que la totalité de la production de Conacado soit certifiée par le label «Fair Trade», seuls 40% de celle-ci sont effectivement commercialisés dans les circuits du commerce équitable, la demande dans ce secteur faisant encore largement défaut au niveau des chaînes de distribution internationales! Cooproagro est également un ensemble d’associations de producteurs de cacao labellisé équitable, et possède en grande partie les mêmes caractéristiques que Concacado, à la différence qu’elle a adopté un mode de fonctionnement coopératif: chaque producteur peut être propriétaire de parts de la coopérative, via un système d’actionnariat élargi.

Commerce équitable, un concept global Ces deux organisations de commerce équitable ont permis aux paysans dépourvus de ressources de s’émanciper des grandes familles propriétai-


DOSSIER

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INE

> COOPÉRATIVE BANELINO

ce équitable

râce au commerce équitable

Bananes équitables et bio Banelino est symptomatique d’une lutte contre les monopoles des grandes multinationales de la banane (Chiquita, Dole, …), qui se partagent le marché mondial à travers une concurrence sans merci et utilisent des pratiques sociales et commerciales discutables. Cette coopérative dispose de plusieurs plantations dans le Nord-Est de la République Dominicaine, seuls 40% trouvent des débouchés dans la filière Fair Trade.

moderne et efficace: outre le fait que les producteurs participent au financement de celle-ci via l’achat de parts, les employés participent à son fonctionnement à tous les niveaux et sont représentés par un «Comité des travailleurs» qui transmet leurs revendications au Comité directeur. Les techniciens servent ici aussi d’intermédiaires entre FLO-Cert et la coopérative. Ils veillent à ce que les plantations observent les multiples obligations qui leurs incombent pour mériter le label Fair Trade.

La plantation fonctionne en continu : il faut environ 7 mois pour qu’un bananier atteigne une taille adulte, et 11 à 13 semaines pour que de son rhizome se développe en un régime complet, pouvant peser jusqu’à 40 kilos. Chaque bananier mourant après maturation et cueillette de son fruit est automatiquement remplacé par un autre, qui grandit à son côté.

La plantation que nous avons visitée dans la région de Mao ne disposait pas de représentation syndicale, ni même d’une simple délégation de travailleurs, mais les techniciens rencontrés, conscients de cette lacune, nous ont affirmé que la mise en place d’une telle représentation faisait partie des objectifs à atteindre pour l’année 2011.

Le travail dans la plantation (élagage, taille des excédents du fruit, protection, mesure, pesage, enveloppage, coupe, …) est permanent, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Il est effectué par des ouvriers agricoles payés à la semaine, souvent originaires d’Haïti, et rémunérés quelque 1200 pesos dominicains (30e) la semaine de 6 jours, outre deux repas quotidiens.

Bien qu’enthousiasmés par le fonctionnement dynamique de la coopérative Banelino, nous nous sommes posé des questions quant à décence des conditions de travail des ouvriers agricoles de ces plantations. Certes, ils gagnent quelques dizaines de pesos en plus du minimum légal, mais dans leur très grande majorité ils paraissent abattus, résignés, voire désespérés. La concurrence est rude. Impossible d’accorder de meilleurs salaires aux travailleurs au risque de perdre sa place sur le marché, se justifient les producteurs. Un argument auquel toutes les organisations syndicales sont confrontées…

Les bananes une fois récoltées, leur traitement (lavage, découpage, étiquetage, mise en caisses, …) se fait par phases périodiques. Les ouvriers affectés à ce travail sont dès lors organisés en tournantes, et passent d’une plantation à l’autre en fonction de la demande de main d’œuvre. Les bananes de second choix sont commercialisées en vrac sur le marché local, sans l’étiquette Max Havelaar… le concept Fair Trade ne fait pas encore recette au Sud! Malgré la concurrence, d’après ce que nous avons pu constater, la coopérative fonctionne de façon

res qui font la loi sur le marché depuis l’époque coloniale et organisent une concurrence féroce en maintenant les travailleurs des plantations dans un système proche de l’esclavage, ainsi qu’en bloquant les possibilités de débouchés commerciaux pour les petits producteurs. De nombreux témoignages nous ont confortés dans la certitude que les conditions de vie se sont nettement améliorées grâce au commerce équitable, tant au niveau individuel que collectif, puisque les infrastructures collectives financées par les primes bénéficient à l’entière communauté. Mais d’un point de vue syndical, et avant tout en ce qui concerne la législation du travail et les droits des travailleur, il est clair que certaines améliorations sont souhaitables afin de faire du commerce équitable un concept global de travail décent. Ces bémols, bien que facilement récupérables, concernent directement les conditions de travail et pourraient menacer la crédibilité du système. Ainsi, bien que figurent parmi les critères de FLO-Cert, respectivement sous l’intitulé «Liberté d’association et de négociation collective» (Freedom of association and collective bargaining) et celui de «normes salariales», une série d’obligations à respecter en matière de droits syndicaux et droits des travailleurs, nous avons constaté que cette question n’est pas prioritaire. Non pas qu’elle soit intentionnellement négligée, mais la structure de juste retour s’oriente essentiellement vers les producteurs.

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La question de l’accueil des travailleurs haïtiens constitue, dans le secteur de la banane en République Dominicaine , un problème crucial. La plupart ne disposent pas de documents de séjour et se font exploiter dans les grandes plantations familiales. Et les travailleurs dominicains, qui voient en eux la raison de leur propre misère, les rejettent….

De même, si officiellement la liberté d’affiliation syndicale est mise en avant, elle se vérifie peu dans les faits sous le couvert d’un discours paternaliste connu («les travailleurs n’en souhaitent pas»). À décharge, ce travail est aussi à réaliser par le syndicat sur place, manifestement peu équipé pour l’ampleur de la tâche. Enfin, autre bémol majeur à l’intégrité des principes du commerce équitable: l’entreprise de transformation du cacao brut en poudre et beurre de cacao, Cafiesa, rachetée par Conacado il y a 2 ans, est toujours enregistrée comme zone franche, et dès lors exemptée d’impôts et d’obligation de respecter une série de dispositions légales. Lors de la visite, des des améliorations nécessaires à la sécurité des travailleurs ont par ailleurs pu être observés, ces derniers ne disposant pas ou n’utilisant pas des protections adéquates selon les machines utilisées (bruit, poussière, etc.)

Bananes Max Havelaar prêtes à être envoyées vers nos supermarchés

Conclusions en demi teinte Cette mission particulièrement instructive dans le monde du commerce équitable nous a permis de cerner les avancées concrètes obtenues grâce à ce système, ainsi que les difficultés auxquelles se heurtent encore ses acteurs. Il est indubitable que les petits producteurs jouissent d’une nette amélioration de leur qualité de vie et que la qualité des produits s’en trouve, par la même occasion, augmentée. Mais certaines zones d’ombre subsistent en aval du traitement des produits après la récolte. Nous pouvons ainsi nous interroger sur la pertinence d’un système qui reste avant tout basé sur une relation de dépendance Sud-Nord. Entre d’une part un marché au Nord qui écoule une production répondant à la demande d’un public sensible au commerce équitable, et d’autre part par le financement par le commerce équitable et des infrastructures de développement destinés avant tout à remplacer au coup par coup un Etat défaillant dans ses missions de service public ! Il y a là un travail politique. Enfin, le commerce équitable s’est avant tout concentré, jusqu’à présent, sur les avantages apportés aux producteurs. Il devra aussi dans un futur si possible proche accorder autant d’importance aux progrès nécessaires des conditions de travail et de la démocratie interne au sein des organisations promotrices de ce système. Cela demande une attention redoublée de tous les acteurs, syndicats et ONG, au Nord comme au Sud, quant à l’application effective des obligations incombant aux organismes labellisés. Le commerce équitable est un outil formidable, qu’il faut continuer à développer et à soutenir car les luttes sociales ne se sont pas construites en un jour.


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> SECTEUR DES SERVICES DE SANTÉ

> POINT DE VUE

Sans effort, on n’attirera pas de nouveaux travailleurs

Place à la mobilisation Les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement vont d’une impasse à l’autre. Même si le paysage politique est extrêmement compliqué, un compromis sur la réforme de l’Etat est à présent urgent. Car entre-temps, les problèmes socioéconomiques sont laissés comme un navire sans capitaine sur une mer déchaînée. Ces problèmes sont gigantesques et appellent des solutions judicieuses. Le chômage, l’insécurité et le recul social, ce sont là les préoccupations majeures de la population. Notre pays est face à un déficit budgétaire de 25 milliards d’euros qui doit être résorbé d’ici 2015. Cela exigera des mesures lourdes de conséquences et la question est quels choix le futur gouvernement fera pour cela. En tous cas, les travailleurs ont déjà donné. Le chômage est terriblement élevé. 600.000 personnes cherchent un emploi, c’est 28% de plus qu’il y a deux ans. Et même si quelques chiffres annoncent bien prudemment un mieux, sans une politique de relance ferme, des dizaines de milliers de gens resteront sans travail et sans revenus décents. En outre, la crise a provoqué une forte modération salariale. Les chiffres le démontrent de manière irréfutable. Tout comme ils démontrent que les entreprises ont reçu 9 milliards d’euros de réduction des coûts du travail en 2010. La modération salariale érode sensiblement le pouvoir d’achat. Ce sont surtout les gens avec des petits salaires qui sont en grande détresse. Mais cela a aussi pour conséquence que tout le monde économise sur ses dépenses. Et c’est mauvais pour l’économie, et par conséquent aussi pour la création de nouveaux emplois. De telles politiques d’austérité ne nous aident pas. Imposer aux travailleurs une nouvelle diminution de leur pouvoir d’achat pour redresser le budget, économiser sur leur sécurité sociale, c’est pour notre syndicat irresponsable et inacceptable. Avec la FGTB, nous jugeons que les moyens pour sortir le pays du marasme doivent être pris là où ils se trouvent: une taxe sur la spéculation financière, un impôt progressif sur les revenus du capital, la suppression des intérêts notionnels, une lutte effective contre la fraude fiscale. Rien que ce dernier point rapporterait 20 milliards d’euros. Ne touchez pas à la sécurité sociale, créez des emplois et veillez au pouvoir d’achat. C’est notre message au futur gouvernement et au patronat. Ce sont les revendications que nous porterons lors de l’Euro-manifestation du 29 septembre à Bruxelles. Mais nous n’oublions pas non plus la manifestation des pensionnés et des prépensionnés du 15 septembre. Ils réclament une augmentation des allocations sociales, et surtout de la pension minimum. Les employeurs reportent indéfiniment les négociations nécessaires. Ca aussi, c’est irresponsable et inacceptable.

(30 août 2010)

C’est le journal flamand De Standaard qui l’annonçait cet été: dans les 4 à 5 années à venir, les services de santé vont devoir attirer au moins 120.000 nouveaux travailleurs. La Centrale Générale et le Setca ont réagi via un communiqué de presse en affirmant qu’il ne sera pas possible d’attirer autant de travailleur sans une amélioration sensible des salaires et des conditions de travail dans le secteur. Avant toute chose, précisons que ce chiffre de 120.000 travailleurs nous semble largement exagéré. La moitié de ce chiffre semble plus réaliste. Mais dans tous les cas, ce besoin de nouveaux travailleurs s’explique par l’élargissement des soins et le vieillissement de la population. En outre, le secteur sera confronté dans les années à venir à une augmentation du vieillissement du personnel du secteur. Reste qu’il faut chercher des solutions pour attirer ce personnel supplémentaire. Et pour cela, il faut impérativement que les travailleurs du secteur soient mieux rémunérés pour leur travail. En effet, leurs salaires n’ont rien à voir avec ceux pratiqués dans le secteur privé. Ainsi par exemple, il n’est toujours pas question d’une véritable prime de fin d’année. Alors qu’il est question d’emploi très durs, aussi bien physiquement que moralement, avec des horaires irréguliers. Les syndicats exigent donc une amélioration

des salaires, un meilleur encadrement de la flexibilité et de plus de moyens pour la formation. Dans un secteur qui doit rester libre des interventions commerciales. De véritables efforts doivent être faits si on veut trouver les personnes qui assureront le futur de nos soins. Le 8 juin dernier une grande manifestation était organisée à Bruxelles pour attirer l’attention des politiques sur les besoins du secteur. Aucun doute que si on veut attirer 120.000 travailleurs, un effort de taille devra être fourni pour améliorer l’image du secteur. Dans le même temps, le secteur des services de santé est aussi préoccupé par le refus des principales fédérations patronales du secteur de renouveler le système des prépensions. C’est donc l’ensemble des mesures de fin de carrière qui est remis en question. Inutile de préciser que sans accord, la paix sociale dans le secteur s’annonce compromise.

> SECTEUR COIFFURE, FITNESS ET SOINS DE BEAUTÉ

Indemnité complémentaire pour incapacité de travail Vous travaillez dans le secteur de la coiffure, du fitness et des soins de beauté et vous avez été en incapacité de travail plus de 30 jours consécutifs? Alors vous avez droit à une indemnité complémentaire de 5e par jour et ce depuis le 1er janvier 2009.

Jacques Michiels Secrétaire général

Alain Clauwaert Président

> SECTEUR DES TITRES-SERVICES

Cette indemnité complémentaire est encore méconnue, pourtant vous y avez droit en cas d’accident du travail, de maladie professionnelle, de maladie ordinaire, d’accident de droit commun ou de congé de maternité. Cette indemnité complémentaire s’ajoute aux allocations éventuellement reçues via la mutualité ou l’assurance. Autre apport du Fonds de Sécurité d’Existence, celui d’un dédommagement lors d’une visite chez le dermatologue. Etant donnée le travail exercé, vous êtes susceptible de contracter des affections cutanées, d’où l’importance de motiver ce contrôle.

Quel montant?

Le système a besoin d’adaptations Chaque année, le ministère du travail commande une évaluation sur le secteur des titres-services. Il y a quelques semaines, le rapport pour l’année 2009 était divulgué. Et même si tout le monde s’accorde pour reconnaître que le système des titresservices doit être maintenu, le rapport montre très clairement que sans changements, son avenir est menacé. Cela fait plusieurs années que la FGTB dénonce le problème du financement des titres-services. Le rapport montre que sans changement de politique, le secteur représentera un coût net pour l’état de près de 1 milliard d’euros en 2014. D’autre part, le nombre d’entreprises continue d’augmenter. En 2009, on a compté 400 entreprises de plus. Et bien que l’on constate déjà un excès dans le nombre d’entreprises, une petite centaine de nouveaux agréments ont déjà été octroyés en 2010. En ce qui concerne le nombre des clients, il a augmenté de 108.000 clients en 2009. 1 Belge sur 12 de plus de 20 ans se sert des titres-services. Par contre, le rapport révèle que près de 25% des clients ont plus de 65 ans, alors que l’un des objectifs du système est de permettre de combiner plus facilement

le travail et la vie de famille. Autre constat épinglé par le rapport, le salaire horaire brut moyen de 9,6 euros de l’heure est trop bas, au vu de la lourdeur du travail. Avec une moyenne de 19h par semaine, cela signifie la pauvreté pour les familles monoparentales. La FGTB et d’autres syndicats estiment que le gouvernement doit faire des choix pour maintenir le système des titres-services en vie. Pour cela, une concertation avec les partenaires sociaux est nécessaire. De toute façon les syndicats estiment qu’il faut améliorer les conditions salariales et de travail des 100.000 travailleurs du secteur. A ce propos, ils présenteront un mémorandum au prochain gouvernement.

Si vous êtes en incapacité de travail plus de 30 jours calendrier, vous percevez l’indemnité dès le 31e jour d’incapacité. Cette indemnité est allouée durant maximum 120 jours par an. Le montant de l’indemnité s’élève à 5 euros par jour. La semaine de travail est considérée comme étant de 6 jours. En d’autres mots, vous percevez 30 euros par semaine. Pour une consultation chez un dermatologue, vous recevez une contribution de 20 euros. Ceci est d’application lorsque ce contrôle est motivé par le médecin du travail mais également si vous vous y rendez de votre propre initiative.

En pratique Toute demande d’intervention se fait via un formulaire spécial que vous trouverez sur notre site www.accg.be, dans la rubrique «Secteur». Vous pouvez aussi le demander à votre section régionale. Une partie du formulaire doit être remplie par la mutuelle ou l’assurance. En cas de consultation chez le dermatologue, c’est ce dernier qui doit remplir et signer le formulaire. Nos services sont à votre disposition pour vous renseigner et vous aider à remplir ce document.


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> SOLIDARITÉ AVEC LE PÉROU

Des travailleurs de la construction se battent pour la sécurité Les plus bas salaires de toute l’Amérique du Sud. Un gouvernement néolibéral qui ne fait rien contre la pauvreté. Des campagnes de discrédit et de diffamation contre les syndicats. C’est le Pérou aujourd’hui. Mais cela n’empêche pas les travailleurs de la construction de se battre massivement pour un travail décent et plus de sécurité.

33 morts. C’est effrayant. Déjà en 2008 nous présentions un projet de loi pour y remédier. Nous voulons entre autres qu’il y ait des peines plus sévères pour les employeurs qui ne prennent pas la sécurité au sérieux. Même des peines de prison lorsqu’il s’agit d’accidents mortels. Car pour le moment, il n’y a que des amendes. Le Ministère du travail se remplit les poches, mais ces amendes ne profitent pas aux travailleurs. Nous exigeons une loi qui fixe réellement des mesures de sécurité sur les chantiers. De notre côté, nous ne sommes pas inactifs: nous organisons avec le syndicat des campagnes et des formations auprès des travailleurs de la construction. Nous voulons mettre en place une véritable culture de prévention.» Les actions du syndicat de la construction péruvien ont été possibles grâce au soutien de la Centrale Générale. Depuis quelques années déjà, nous avons un projet de solidarité qui porte précisément sur la santé et la sécurité.

Mario Huaman: «Nos actions ne portent pas uniquement sur le secteur de la construction, une bonne politique de sécurité profitera à tous les travailleurs». C’était inattendu et du jamais vu au Pérou. 100.000 travailleurs de la construction ont arrêté le travail le 14 juillet dernier et ont manifesté en masse dans les rues pour exiger une meilleure protection contre les accidents du travail. Ils réclament une loi adéquate sur la sécurité et la santé au travail. Le syndicat de la construction péruvien, le FTCCP, se bat dans ce sens depuis longtemps.

Une bonne loi est indispensable Mario Huaman nous en dit plus. Il est secrétaire général du syndicat de la construction, mais aussi de la fédération syndicale CGTP: «Mon pays enregistre le nombre le plus important d’accidents mortels dans la construction de toute l’Amérique du Sud. Au cours du premier semestre de cette année, nous comptons

En effet, il n’y a actuellement au Pérou pas de bonne législation qui transpose les règles internationales en matière de sécurité. Il n’y a pas de politique nationale en santé et sécurité. Le syndicat de la construction veut une législation sérieuse, avec des normes et des obligations, avec des peines plus lourdes en cas d’infraction, mais aussi qu’on accorde de l’attention pour la sensibilisation et la formation des travailleurs.

«Nos actions ne portent pas uniquement sur le secteur de la

construction, une bonne politique de sécurité sera une amélioration pour tous les travailleurs. Car aujourd’hui, il n’y a vraiment rien pour les protéger.» précise encore Mario Huaman.

Le syndicat résiste à la répression Le Pérou est dirigé par un gouvernement néolibéral, sous l’autorité du président Alan Garcia. Le pays connaît une croissance économique, mais les richesses ne sont redistribuées d’aucune manière. Le gouffre entre les riches et les pauvres ne cesse de grandir. Ainsi près de 60% des travailleurs vivent de l’économie informelle, sans contrat de travail, sans mutuelle ou pension. Les salaires y sont les plus bas de toute l’Amérique du Sud. On y travaille de 10 à 12 heures par jour pour pouvoir survivre. Les heures supplémentaires ne sont tout simplement pas payées. Il n’y a aussi aucun investissement en matière de formation. L’industrie de la construction est en plein essor et attire de nombreux jeunes, mais ceux-ci n’ont aucune formation. Raison pour laquelle les campagnes de sécurité sont tellement importantes. Il y règne aussi un climat de violence et de répression à l’égard des syndicats. Les négociations collectives sont contrecarrées et les actions syndicales réprimées. Les syndicats sont dénigrés. Des groupements parallèles non syndicalisés se sont même formés pour affaiblir les syndicats. Des bandes criminelles y ont fait leur trou en faisant payer les demandeurs

d’emploi pour un travail, ce qui a finalement mené à une vague de violence. Même les employeurs qui voyaient au départ d’un bon œil ces groupes non syndicalisés en ont été eux aussi les victimes. De nombreux entrepreneurs qui engageaient des membres du syndicat subissaient des pressions. Mais le syndicat a vaillamment résisté, c’est notamment le cas du syndicat de Mario Huaman. «Nous restons debout et nous continuons de nous battre pour les droits des travailleurs et pour un travail décent. Grâce à notre travail sur la sécurité et la santé, il est d’ailleurs devenu plus difficile de discréditer notre syndicat. Le gouvernement n’a pas le choix, il doit nous écouter, il doit faire quelque chose pour améliorer la loi, car il y a aussi la pression internationale. A ce propos, le soutien de la Centrale Générale de la FGTB est précieux. Nous avons vraiment besoin de la solidarité internationale.»

Adaptation des salaires en juillet et août 2010 Vous trouverez ci-dessous les secteurs de la Centrale Générale – FGTB pour lesquels les salaires ont été adaptés en juillet et août 2010. Seuls les secteurs où des changements sont intervenus sont mentionnés. Des informations détaillées sont disponibles sur le site de la Centrale Générale: www.accg.be. Juillet 2010 N° commission paritaire

Secteur

Type d’adaptation

Augmentation des salaires

106.01

Ciment

Indexation barèmes minima

Salaire précédent x 1,00187

113.04

Tuileries

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0087

117

Industrie et commerce du pétrole

Indexation barèmes minima

Salaire précédent x 1,00187

121

Nettoyage

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0154

124

Construction

Indexation barèmes minima. La différence entre salaire minima et réel est maintenue

Salaire précédent x 1,0069616

125.01

Exploitations forestières

Indexation barèmes minima

Salaire précédent x 1,0069

125.02

Scieries et industries connexes

Indexation barèmes minima. La différence entre salaire minima et réel est maintenue

Salaire précédent x 1,0069

125.03

Commerce du bois

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0069

126

Ameublement et transformation du bois

Indexation barèmes minima. La différence entre salaire minima et réel est maintenue

Salaire précédent x 1,0088

128

Cuirs

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0079

129

Production de papier

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0111

130

Imprimerie, arts graphiques

Indexation barèmes minima. La différence entre salaire minima et réel est maintenue

Salaire précédent x 1,02

133

Tabac

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0079

136

Transformation du papier et du carton

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,0117

314

Coiffeurs, fitness, soins de beauté

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,02

Titres-services

CCT – Augmentation indemnité vestimentaire

322.01

Août 2010 N° commission paritaire

Secteur

Type d’adaptation

Augmentation des salaires

106.01

Ciment

Indexation barèmes minima

Salaire précédent x 1,001689

115

Verre

Indexation barèmes minima et réels

Salaire précédent x 1,02

117

Industrie et commerce du pétrole

Indexation barèmes minima

Salaire précédent x 1,001689

303

Salles de cinéma

CCT – octroi prime ancienneté annuelle


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MÉTAL

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

> POINT DE VUE

L’austérité win-win va finir par s’en prendre une On vit une époque formidable. Sur les 400 nouveaux travailleurs engagés ces derniers mois par Caterpillar, à Gosselies, 150 sont des emplois «Activa-Win-win». Traduction: des emplois payés en grande partie par la Sécurité sociale. Caterpillar se frotte les mains et rigole de l’aubaine, déclarant que l’entreprise aurait engagé ces travailleurs même sans win-win. Posons la question clairement : peut-on se résoudre à accepter sans broncher qu’une multinationale aux millions d’euros de bénéfices se voie accorder gracieusement par le gouvernement le droit de puiser dans la caisse de la collectivité et de faire payer aux travailleurs une partie de leurs propres salaires? Au-delà du cas de Caterpillar, va-t-on indéfiniment tolérer la mise en œuvre de mécanismes d’appauvrissement systématique et de détricotage de notre Sécu? Il est urgent de soulager la pression toujours plus grande qui pèse sur le travail et de mettre à contribution, enfin, vraiment, le capital, la spéculation, les bénéfices. En cette rentrée de tous les dangers, c’est pourtant exactement le contraire que l’on nous prépare. Les apôtres du serrage de ceinture se bousculent pour nous annoncer l’incontournable austérité, la rigueur salvatrice, bref la saignée qui nous attend, seule à pouvoir nous sauver du gouffre de l’endettement, de la déconfiture des finances publiques. Nous, c’est-à-dire toujours les mêmes: les travailleurs, les pensionnés, les allocataires sociaux. La FEB (Fédération des entreprises de Belgique) vient de le résumer de manière limpide, la bouche en cœur et pour notre bien à tous: il va falloir sabrer. Sabrer dans les salaires, les pensions et les emplois des fonctionnaires, réduire, réduire, encore réduire les dépenses publiques – haro sur les soins de santé! – et, simultanément, comme c’est original, relever l’âge de la pension et de la prépension. Cette austérité que l’on nous mitonne partout en Europe est une gifle aux millions de citoyens appauvris, précarisés par la crise, qui assistent médusés à la reprise du «business as usual» et aux ballets indécents de financiers qui renouent avec des bénéfices pharaoniques. Les agités du profit maximal ont plongé le monde dans la mouise, les populations ont banqué pour éviter le pire, et on prétend aujourd’hui les ponctionner pour «revenir à l’équilibre» (sic), comme si rien ne s’était passé. Ca c’est du win-win! Il faut renverser la tendance. Mettre en œuvre des politiques qui rompent avec le capitalisme, avec le racket systématique de la collectivité par une minorité. A la fausse fatalité de l’austérité et de la réduction des dépenses, nous opposons l’opportunité de recettes nouvelles profitant à tous. Les instruments sont connus: impôt sur la fortune; taxation des transactions financières; offensive radicale contre la fraude fiscale et la spéculation (qui représente, à l’échelle mondiale, plusieurs fois la totalité des richesses produites sur la planète!); suppression des cadeaux fiscaux et des intérêts notionnels; suppression des paradis fiscaux. Entre autres. Ce sera le sens de notre mobilisation pour la manifestation européenne du 29 septembre prochain à Bruxelles contre l’austérité, et avant cela, le 15 septembre, pour des pensions dignes de ce nom. Ce sera le sens de notre action pour les mois à venir: nous opposerons aux diktats des «marchés» la détermination des travailleurs et leur capacité d’action. Stop à la logique du win-win permanent pour les détenteurs du capital et du perdant-perdant pour ceux qui bossent, qui chôment ou qui galèrent avec des revenus de misère.

Nico Cué, Secrétaire général de la MWB-FGTB

Auto 5: travailleurs sans frontières, vers la discrimination zéro Auto 5: une enseigne bien connue des automobilistes. Anciennement Autocenter GB, filiale du groupe GIB, Auto 5 est apparu en 1987. A la fois ateliers et boutiques, ces «centres-auto» très fréquentés connaissent un développement constant depuis plus de 40 ans. On compte aujourd’hui 48 centres en Belgique: la majorité en Wallonie et à Bruxelles, une quinzaine en Flandre, et un en Communauté germanophone. Un mot pour caractériser l’esprit de la délégation syndicale MWBFGTB d’Auto 5? Sérénité. «Quand ça ne va pas, on n’a pas notre langue en poche, et on sait se mobiliser. Mais on est aussi capable de mettre en avant ce qui est positif. Au sein d’Auto 5, il existe un climat de dialogue serein et constructif avec la direction», souligne Carlos Pontigo, pour la délégation MWB-FGTB. «En 2004, la situation était nettement plus difficile. C’était la première fois que les métallos se présentaient aux élections sociales, dans une ambiance de division entre organisations syndicales, mais aussi entre centrales. Lorsque j’ai été élu, je me suis retrouvé très seul, et j’ai dû ramer. Mais petit à petit, les dissensions se sont apaisées, et j’ai pu contribuer à rassembler, dans un souci d’unité et de solidarité. Aujourd’hui, la FGTB est une force parce que les représentants des travailleurs travaillent main dans la main, sans frontières d’aucune sorte. Face à la direction, bien entendu, cette unité nous donne du poids. Mais Auto 5 fait aussi preuve d’écoute, ce qui permet un climat propice à la discussion. On a ainsi pu trouver un accord sur les barèmes, et sur de nombreux points qui concernent le bien-être des travailleurs. Un exemple qui me tient à cœur: cela faisait des années que le groupe laissait pourrir ses bâtiments, nos lieux de travail.

Même pas un coup de peinture. Maintenant, il rénove, rafraîchit, construit de nouvelles structures. Et nous avons obtenu d’être systématiquement équipés de toilettes pour dames, même lorsqu’il n’y a pas de travailleuses dans le centre. Nous sommes très attachés à ce combat: pas de discrimination. Ni entre hommes et femmes, ni entre ouvriers, employés et cadres, ni entre francophones, flamands et germanophones. Nous avons également pu instaurer un fonctionnement favorable aux travailleurs en CDD (contrats à durée déterminée): après un an chez Auto 5, ils bénéficient d’une évaluation qui, si elle est positive, leur ouvre le droit à un barème supérieur et à un CDI (contrat à durée indéterminée). Un autre acquis important: il n’y a quasi pas d’intérimaires chez nous. Excepté quelques-uns, malheureusement, dans des centres en Flandre qui ne trouvent pas de candidats à l’embauche! C’est d’ailleurs un point noir à relever: notre métier n’attire pas suffisamment les jeunes, alors que c’est un métier susceptible de les passionner. Un métier où la technologie évolue très vite, où l’informatique prend une place de plus en plus importante. Il faudrait arriver à le promouvoir da-

vantage, plus et mieux qu’on ne le fait aujourd’hui. D’autant que du boulot, il y en a! Chez nous, on est passés de 31 centres en 2001 à 48 centres aujourd’hui (500 travailleurs, dont 200 ouvriers environ). Et pour 2012, la direction prévoit 70 centres! Cela donne une idée du chiffre d’affaires que dégage Auto 5, crise ou pas crise. Pourtant, quand on parle salaires, on nous répond toujours que les travailleurs coûtent trop cher ! Et que la dépollution des sites est très onéreuse pour l’entreprise… Classique: le profit d’abord. Pour les travailleurs et l’environnement, c’est plus compliqué… Notre boulot de délégué, c’est un combat permanent. Surtout chez nous, où le personnel est éparpillé. Nos assemblées, on les fait avec chaque travailleur, et on essaie, dans chacun de nos actes, de défendre l’ensemble des affiliés. D’Auto 5, mais aussi de toute la FGTB. Ce qu’on obtient, ce qu’on négocie, est important également dans les autres entreprises, pour les autres délégations. Chaque combat doit tenir compte des réalités des autres camarades, chaque victoire peut servir le bien être de tous.»

Carlos Pontigo, pour la délégation MWB-FGTB.

> CHASSE AUX SORCIÈRES ? CHASSE AUX CHÔMEURS?

L’ONEM s’attaque à l’économie sociale Si ce n’est pas une nouvelle illustration de la chasse aux chômeurs tous azimuts, cela y ressemble furieusement. A moins que les Tontons flingueurs de l’Onem n’aient décidé de se choisir un nouveau gibier: les travailleurs qui s’associent pour créer et gérer leur propre société coopérative… Chasse aux chômeurs, chasse aux sorcières, ou… les deux? L’affaire, qui dure depuis des mois, dépasse de loin le cas particulier d’une entreprise. C’est tout le secteur de l’économie sociale qui frémit devant une nouvelle menace. Explication. En 1981, pour sauver leur emploi, des travailleurs décident de créer une société coopérative ouvrière de production: la Socomef, à Verviers, spécialisée en construction métallique, en tôlerie et en soudage. Cette coopérative existe donc depuis près de 30 ans, grâce à la détermination

et au savoir-faire des travailleurscoopérateurs, qui se chargent collectivement de la gestion de leur société, en se partageant les tâches et les responsabilités. Ceci à titre totalement gratuit: les administrateurs de l’entreprise ne perçoivent ni rétribution ni dédommagement. Pas de jetons de présence, pas de dividendes, pas de plus-values. Depuis le début de la crise en 2008, les travailleurs de la Socomef sont confrontés à une situation difficile et à un chômage économique im-

portant – et ce pour la première fois de son histoire: 4 semaines de chômage pour une semaine de travail obligatoire, pour l’ensemble du personnel (uniquement ouvrier). C’est dans ce contexte délicat qu’intervient l’Onem, de façon pour le moins brutale: sous prétexte qu’ils sont à la fois travailleurs salariés et administrateurs de la coopérative, plusieurs travailleurs se voient privés de leur droit à l’assurance chômage, pour laquelle ils cotisent depuis de longues années. En outre, ils sont sommés de rembourser les allocations de chômage déjà perçues! L’argument avancé par l’Onem? S’ils sont administrateurs de la société, ces travailleurs sont forcément rémunérés et titulaires du statut d’indépendants, ce qui les prive du droit aux allocations de chômage. Résultat: c’est la catastrophe pour

les ouvriers concernés, qui se retrouvent sans revenu et contraints de démissionner de leur poste d’administrateur. Catastrophe aussi pour l’entreprise, aucun travailleur ne voulant prendre le risque de les remplacer et d’encourir les mêmes sanctions. La Socomef se retrouve donc sans administrateurs, décapitée, et subit un grave préjudice, pour ses travailleurs mais aussi pour ses clients, ses fournisseurs, etc.

«Osez entreprendre», qu’ils disaient! Au-delà du cas précis de cette entreprise, c’est la spécificité de l’économie sociale (pourtant reconnue par un décret de la Région wallonne) que l’Onem attaque ainsi frontalement, instituant une discrimination flagrante – d’ordre philosophique, idéologique, qui plus

est – entre les travailleurs de l’économie sociale et les travailleurs de l’économie capitaliste «classique». Un (très) mauvais procès, susceptible de mettre l’existence des sociétés coopératives ouvrières de production en péril. Les travailleurs, soutenus par leur organisation syndicale, n’entendent pas se soumettre à cette logique et à ces sanctions vexatoires et discriminatoires. Ils ont bien entendu décidé de contester les injonctions de l’Onem et de se battre pour préserver leur droit à s’associer, leur droit à l’autogestion, leur droit au travail. Pour la MWB-FGTB, la remise en cause subite et brutale de ces droits est inacceptable. Elle saura s’y opposer, et exiger la modification de règlementations iniques. S’il le faut, elle saura rendre publique, largement, cette injustice. Et faire reculer les Tontons flingueurs.


TEXTILE-VÊTEMENT-DIAMANT

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

Préparation du lin

Indexations

A partir du 2 août 2010, les salaires du secteur de la préparation du lin augmentent de 0,0372 euro. Voici les nouveaux barèmes:

Jute Les salaires du secteur de la fabrication et du commerce de sacs en jute sont multipliés par 1,0081 à partir du 1er juillet 2010. Voici les nouveaux barèmes:

1

Coudre, couper, doubler des sacs, thermocouper, estampiller, étendre, déposer et enlever des sacs, bref tout le travail d’estampillage

e 10,7141

2

Lier, presser, manutention

e 11,1567

3

Entretien, chauffeur, charger et décharger

e 11,2979

4

Contremaître, mécanicien qualifié

e 11,8394

Groupe salarial

Groupe 1

Salaire de base

Groupe 2

Base + 2%

Groupe 3

Base + 3%

Groupe 4

Base + 10%

Groupe 5

Base + 15%

Groupe 6

Base +20%

Récupération du textile (chiffons) Dans le secteur de la récupération du textile, les salaires augmentent de 2% à partir du 2 août 2010. Les nouveaux barèmes se composent comme suit:

Groupe salarial 1

e 12,1498

Groupe salarial 2

e 11,5958

13

Fonction Teillage fibre courte/pâtés Teillage pailles de lin Conduire la ligne feutre Conduire presse balles Conduire la peigneuse/opérateur Conduire les cardes/cardes-briseuses Conduire les bancs d’étirage/bancs d’étirage mélange de couleurs Conduire bobinoirs semi-automatique Conduire machine peignage Apporter des balles Conduire les bancs à broches Conduire bobinoirs manuellement Conduire mélangeurs Conduire l’effilocheuse Conduire bobinoirs automatique Conduire chariot élévateur Séchage bobines d’alimentation Conduire open-end Conduire ligne feutre (responsable de processus) Magasinier Filage au sec Filage au mouillé Régler machines/mécanicien Entretien général électricité Entretien général mécanique

Salaire

Double équipe + 8,41%

Equipe de nuit + 31,60%

11,2013

12,1433

14,7409

11,4253

12,3862

15,0357

11,5373

12,5076

15,1831

12,3214

13,3576

16,2150

12,8815

13,9648

16,9521

13,4416

14,5720

17,6891

Groupe salarial 3

e 11,2874

Groupe salarial 4

e 11,2209

Groupe salarial 5

e 10,5231

> SECTEUR TEXTILE

Groupe salarial 6

e 10,3574

Paiement des jours de vacances supplémentaires

> TEXTILE

Paiement des allocations de vacances extralégales 2010 Si vous prenez votre (pré)pension dans le secteur du textile, vous avez droit, pendant une période de 3 ans, à une allocation de vacances extralégale. La condition est que vous devez avoir été inscrit, sans interruption, à partir du 1er janvier jusqu’à la date de votre mise en prépension, chez un employeur textile. Cela vous octroie le droit au pécule de vacances légal. Comme chaque année, Vacantex paie l’allocation de vacances extralégale au début du mois de septembre. Il s’agit plus particulièrement de: • Une première allocation de vacances extralégale 2010/2009 aux travailleurs mis en (pré)pension en 2009 ainsi qu’aux héritiers d’ouvriers textiles décédés en 2009. Vacantex la paie le 6 septembre. • Une deuxième allocation de vacances extralégale 2010/2008 aux travailleurs mis en (pré)pension en 2008 et qui ont reçu en 2009 une première allocation de vacances extralégale 2009/2008. Vacantex la paie le 13 septembre. • Une troisième allocation de vacances extralégale 2010/2007 aux travailleurs mis en (pré)pension en 2007 et qui ont reçu en 2008 une première allocation de vacances extralégale 2008/2007 et en 2009 une deuxième allocation de vacances extralégale 2009/2007. Vacantex la paie le 20 septembre. Le montant brut est fixé à e 371,84 (avec un précompte professionnel de 17,16%). Le montant net s’élève ainsi à e 308,03.

Contremaître (personnel de maîtrise)

Les jours de vacances supplémentaires dans le secteur textile sont payés dans le courant de la première semaine de septembre, soit par virement (date d’exécution: le 2 septembre), soit par chèque circulaire (date d’exécution: le 6 septembre). Vous avez droit à 4 jours de vacances supplémentaires au maximum en 2010, si vous avez presté dans l’année précédente (l’exercice de vacances 2009) un total de 228 jours de travail ou plus. Le tableau ci-dessous donne un aperçu du nombre de jours de vacances supplémentaires auquel vous avez droit si en 2009, vous avez totalisé moins de 228 jours de travail. Seuls les jours de vacances légales et supplémentaires auxquels vous aviez droit en 2009, Journées de travail dans Jours de vacances supl’année précédente (se- plémentaires dans l’anmaine de 5 jours) née en cours 228 ou plus

4

de 163 à 227

3

de 98 à 162

2

de 33 à 97

1

moins de 33

-

sont assimilés à des jours de travail pour la fixation du nombre de jours de vacances supplémentaires auxquels vous avez droit en 2010. En principe, les jours de vacances supplémentaires sont pris individuellement. Mais il arrive parfois que ces jours soient fixés collectivement au niveau de l’entreprise. Les travailleurs occupés en équipes-relais ont droit au paiement de ces jours de vacances supplémentaires, mais ils ne peuvent pas les prendre. Montant Le montant brut des jours de vacances supplémentaires 2010 est égal à 2% de votre salaire brut de l’année calendrier précédente (2009). Une retenue de précompte professionnel de 17,16% est effectuée. Nous vous conseillons de contacter le secrétariat local de la FGTB-Textile, Vêtement et Diamant si vous n’avez pas encore reçu votre pécule de vacances supplémentaire vers le 15 septembre 2010 et que vous pensez y avoir droit. Vous trouverez les adresses sur notre site Internet: www.fgtbtvd.be.

> HABILLEMENT ET CONFECTION

Allocation complémentaire au double pécule de vacances Tous les ouvriers et ouvrières, occupés au 30 juin 2010 dans une entreprise de l’habillement ou de la confection ont droit à une allocation complémentaire au double pécule de vacances. Les ouvriers et ouvrières qui ont donné leur démission ou qui ont été licencié(e) s (à l’exception des licenciements pour motif grave) entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010, y ont également droit. La condition est d’avoir été occupé un minimum de trois mois. Pour calculer le montant de cette allocation, vous devez prendre le salaire des jours prestés entre le 1er

juillet 2009 et le 30 juin 2010. Ensuite, vous y ajoutez le salaire de 3,33 jours par mois civil entamé. Si vous avez travaillé toute l’année (entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010), ce sera un montant correspondant à environ 40 jours de salaire. 6,5% de cette somme représentent le montant brut de votre allocation complémentaire. Une retenue ONSS est effectuée sur une partie du montant de l’allocation complémentaire (23 %), mais une retenue de précompte professionnel (impôts) est effectuée sur le montant complet. L’employeur doit payer l’allocation

complémentaire au plus tard lors du premier paiement de salaire après le 15 août 2010. Si vous êtes licencié ou que vous quittez l’entreprise au cours de la période allant du 1er juillet 2009 au 30 juin 2010, vous devez recevoir votre allocation complémentaire avec la dernière paie. Nous vous conseillons de contacter le secrétariat local de la FGTB-Textile, Vêtement et Diamant si vous doutez de la justesse du calcul de votre allocation complémentaire au double pécule de vacances. Vous trouverez les adresses sur notre site Internet: www.fgtbtvd.be.


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ALIMENTATION - HORECA - SERVICES

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

> ABVV HORVAL ANTWERPEN

Forum Social Européen 2010 Istanbul, une réflexion Le Forum Social Européen a eu lieu du 1er au 4 juillet 2010. Lister les nombreux ateliers et séminaires n’est pas évident, formuler une tendance l’est bien! Notre expérience En général, on peut constater que beaucoup de pouvoirs publics abusent de la crise pour réaliser des réformes de façon accélérée. La crise sert donc comme excuse avec de nombreuses conséquences pour les petits travailleurs et les plus faibles parmi nous. Le néolibéralisme, à terme la persistance du plus apte? Exemple: en Italie un grand constructeur automobile voulait supprimer 5000 postes OU faire travailler sous des conditions de travail absurdes. Une proposi-

tion hallucinante et à proprement parler un choix impossible. Une pression du travail plus élevée par de longs temps de travail et moins de vacances caractérisent la dernière option. Un référendum a été organisé et gagné par l’entreprise. Ou comment les gens en temps de crise sont disposés à faire marche arrière. Leur maison, le bien-être de leur famille,… est en danger! Et si la sécurité sociale, en cas de chômage est trop faible, on s’associe apparemment plus difficilement et on cède plus facilement individuellement. Quid du syndicat? En Italie, le syndicat est semi-illégal! Ceci signifie qu’ils ne peuvent exister qu’en tant que bénévoles qui se rassemblent et il est impossible de négocier avec les pouvoirs publics. Ce modèle négatif est-ce le modèle d’avenir pour l’Europe? Cette tendance est également sensible en France, en Turquie, en Allemagne, en Espagne,… Il est évident que notre modèle social, comme on le

connaît en Belgique pourrait servir d’exemple. Ceci est une raison de plus de travailler à un transfert de connaissances et surtout de détecter à temps les menaces sur notre système et d’y réagir de façon efficace. Ceci sera peut-être le plus important défi pour notre syndicat, si ce n’était pas déjà le cas bien entendu! Car qu’il agisse ou non d’une entreprise de l’industrie alimentaire, dans la construction ou ailleurs, le danger est que cette spirale négative se propage sans pitié dans de nombreux pays, d’autant plus que la possibilité de mobiliser des travailleurs devient de plus en plus difficile. Ceci en raison des nombreux contrats précaires, d’un taux de chômage en hausse, de l’opinion publique qui, par moments devient indifférente en raison de l’individualisation croissante et du rôle des médias qui donnent une image négative des syndicats comme résultat. Le fait que le syndicalisme au sein

de l’Europe est sous pression nous oblige à nous battre de plus en plus au-delà des frontières. La solidarité, un des piliers de base de la FGTB prouve que ceci n’est pas seulement une parole! La crise comme excuse, on le voit également dans le taux de privatisation croissant de l’enseignement dans un pays comme l’Espagne. Les écoles sont classées par rang, les écoles publiques et les écoles pour des groupes défavorisées reçoivent beaucoup moins de moyens. Une dérégulation des conditions de travail des professeurs y a été réalisée.

N’était-ce pas un thème lors de nos dernières élections? En fin de compte, comment ‘l’égalité’ et ‘l’honnêteté’ sont également des notions clés qui sont plus que jamais d’actualité. La privatisation continue également en Europe dans l’hospitalisation et la pension. Celui qui a eu la malchance de ne pas être né dans une bonne famille, peut entamer le parcours du combattant à cause de la crise! Nous n’abandonnerons pas!

Filip Feusels Secrétaire adjoint

Fini d’attendre indéfiniment avant de toucher sa prime de fin d’année dans le secteur Horeca! FGTB HORVAL a toujours défendu l’idée que tout travailleur doit recevoir sa prime de fin d’année en temps et en heure. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Fonds Social est chargé de payer la prime de fin d’année. Auparavant, l’employeur payait directement la prime au travailleur, et environ 40% des travailleurs ne la recevaient pas. Le paiement par le Fonds Social était déjà un premier pas dans la bonne direction. Mais il subsistait un problème: certains travailleurs devaient attendre parfois très longtemps (dans certains cas plusieurs années) avant de pouvoir toucher leur prime de fin d’année. En effet, selon les représentants patronaux, le Fonds Social n’était qu’un intermédiaire «boîte postale»: avant qu’un travailleur puisse toucher sa prime, son employeur devait obligatoirement avoir préalablement versé l’intégralité des montants dus au Fonds Social. FGTB HORVAL a toujours été d’avis que le Fonds Social devrait payer directement le travailleur et le cas échéant récupérer ensuite les sommes dues auprès de l’employeur. Le Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale nous a d’ailleurs entre-temps donné raison. C’est

ainsi que la solidarisation de la prime de fin d’année a été reprise dans le cahier de revendications, et que les partenaires sociaux ont inscrit leur volonté, lors des dernières négociations sectorielles 20092010, d’ y aboutir. Une condition impérative: cela ne devait pas entraîner de coûts supplémentaires pour le secteur. Mettre en pratique le consensus qui était inscrit dans l’accord sectoriel n’a pas été une sinecure. Après de longues négociations, grâce à FGTB HORVAL, un accord de «préfinancement» a été conclu, qui sera appliqué dès le paiement de la prime de fin d’année 2011.

Préfinancement par le Fonds Social à partir de 2011 Le Fonds Social pourra enfin «préfinancer» le paiement de la prime de fin d’année si l’employeur ne paie pas à temps (en utilisant les réserves disponiblesau sein du Fonds). Concrètement, à partir de la prime de fin d’année 2011, tout travailleur recevra sa prime de fin d’année dans un délai normal. Dès que le droit et le montant de la prime de fin d’année d’un travailleur individuel sont établis de manière incontestable, le Fonds paie la prime due individuellement au travailleur. Et en pratique? Lorsque votre employeur n’a pas effectué de déclaration de prime de fin d’année mais que vous pouvez prouver votre droit à la prime de fin d’année sur base de pièces justificatives (C4, fiches de salaire, …), le Fonds prendra en charge le préfinancement et ceci au plus tôt à partir du 1er février. Si votre employeur a effectué une déclara-

tion mais n’a pas effectué de versements, alors le dossier sera soumis au Tribunal du Travail. Pour les travailleurs licenciés au cours de l’année calendrier, l’employeur doit en principe déclarer, au plus tard à la fin du mois suivant le licenciement, le montant de la prime de fin d’année auquel ont droit les travailleurs intéressés, au moyen d’un formulaire fourni par le Fonds. Pour les travailleurs licenciés qui peuvent prouver le montant de leur prime de fin d’année, et en font la déclaration au Fonds, la prime est payée le premier jour du deuxième mois qui suit le licenciement par l’employeur. FGTB HORVAL se tient à votre service pour vous aider dans les éventuelles démarches à effectuer.

Modalités d’octroi Les conditions pour obtenir une prime de fin d’année et le montant restent en grande partie inchangés, à l’exception de deux améliorations qui ont été apportées. Pour rappel: - Les travailleurs doivent avoir été liés par un contrat de travail dans une même entreprise pendant au moins 2 mois ininterrompus dans le courant de l’année civile. - Les travailleurs temporaires, également appelés «extra», doivent avoir presté chez le même employeur au moins 44 journées de travail durant l’année civile et ceci indépendamment de la durée des prestations journalières. Attention, le travailleur qui quitte volontairement l’entreprise perd son droit à la prime de fin d’année (sauf dans certaines conditions très particulières). Le montant maximum correspond à un

mois de rémunération. Le montant maximum est octroyé en cas de prestations effectives complètes sur la période de référence. En cas d’absences, un prorata est calculé en fonction des prestations effectives. Il existe une longue série de «jours assimilés» à des jours de présences. Bonne nouvelle: les journées comprises dans une période de maladie ininterrompue de maximum une semaine (sept jours calendrier) dans le courant de l’année, justifiée par un certificat médical, sont à présent également assimilées. Attention cependant, cette assimilation dure aussi longtemps que les périodes de maladie cumulées ne dépassent pas une semaine (7 jours calendrier) pendant une année civile. Encore une amélioration: le travailleur qui quitte volontairement l’entreprise pour prendre sa pension conserve son droit à la prime de fin d’année. Pour tous renseignements complémentaires, n’hésitez pas à contacter notre section régionale (adresses et info sur www.horval.be).


EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

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15

> 1500 SYDNICALISTES DU MONDE ENTIER RÉUNIS À MEXICO CITY

er

1 septembre: journée d’action internationale chez UPS Le 42e congrès de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) s’est réuni du 5 au 12 août à Mexico City. Le président du SETCa, Erwin De Deyn, y était présent. Le SETCa est membre de l’ITF pour les secteurs de la logistique, du transport et des compagnies aériennes. L’ITF est l’une des fédérations syndicales les plus importantes sur le plan mondial. Elle regroupe des syndicats actifs dans les secteurs maritimes, des compagnies aériennes et du transport. Ce n’était donc pas un hasard si l’ITF tenait son congrès en Amérique latine. Les droits syndicaux y sont régulièrement foulés aux pieds. Tel est également le cas au Mexique. Au cours du congrès, deux manifestations ont dès lors été organisées par les syndicats mexicains afin de défendre les droits syndicaux dans ce pays.

du transport où la quantité comme la qualité des emplois doivent aller de pair avec la réduction du rejet de CO2. Comme d’autres fédérations syndicales, l’ITF a consacré aussi beaucoup d’attention à la façon dont les syndicats peuvent et doivent se développer. L’échange d’idées sur la manière dont les syndicats procèdent pour faire davantage de membres et mieux s’organiser était d’ailleurs intéressant. Aussi, le thème du congrès avait-il été bien choisi: «Des syndicats forts pour un transport durable».

Environnement et syndicat

1er septembre, journée d’action

Une série de motions ont été passées en revue (on les retrouvera à l’adresse www.itf.org). Certaines sont spécifiques à tel ou tel secteur, d’autres portent sur des problèmes auxquels les syndicats sont confrontés dans le monde entier comme les changements climatiques. Ce dernier sujet est d’autant plus important dans les secteurs

Entre-temps, le congrès a déjà eu un impact sur notre travail syndical en Belgique. Il a été décidé de soutenir le syndicat turc TUMFIS, confronté chez UPS à une direction antisyndicale, par une action concrète. Les membres syndicaux y sont systématiquement licenciés et les camarades turcs mènent l’ac-

> CADRES

Le SETCa lance sa campagne De plus en plus d’employés sont aujourd’hui étiquetés comme étant des «cadres». Bien souvent, ces travailleurs prestent de nombreuses heures de travail et doivent faire preuve de beaucoup de flexibilité. Pourtant, ils sont rarement rémunérés à hauteur des heures prestées. Les cadres sont donc plus nombreux qu’auparavant mais pourtant, d’un simple point de vue légal, leur statut n’existe pas en tant que tel. Quant aux règlementations de travail en la matière, elles sont loin d’être définies clairement. Bon nombre d’employeurs profite de cette faille du système pour s’immiscer dans la brèche et faire ainsi accepter à ces travailleurs des conditions de travail anormales et parfois même illégales. En utilisant habilement la législation actuelle, ils en profitent pour exclure de grands groupes d’employés (les cadres) de certaines lois et conventions collectives de travail qui sont pourtant d’application pour les autres employés de leur entreprise. Pour le SETCa, il est nécessaire de fixer maintenant les règles du jeu et de faire évoluer la législation actuelle. Le statut de cadre ne doit pas rimer avec détricotage social et flexibilité exacerbée. Pour vous aider à y voir plus clair, nous faisons prochainement paraître un Expresso spécial cadres. Vous pourrez y retrouver des informations utiles concernant le statut des cadres et sa définition au niveau légal. Dans cette publication, nous faisons le point par rapport à la problématique des heures supplémentaires et présentons nos propositions à ce sujet. Vous pourrez également y découvrir un aperçu de la situation des cadres selon les secteurs. Adressez vous d’ici peu à votre section la plus proche afin de recevoir l’Expresso cadres ou surfez sur www.setca.org afin de la télécharger. Restez vigilant et à l’écoute. Durant les prochains mois, le SETCa mettra tout en œuvre afin de défendre vos droits via un grand programme d’action. Nos 3 objectifs: plus de représentation syndicale, une durée de travail légale et conventionnelle et la conclusion de CCT sectorielles pour les cadres. Fixons enfin les règles du jeu!

tion depuis plusieurs semaines. Le SETCa leur a déjà accordé une aide financière et les délégués du SETCa chez UPS ont organisé une pétition. Les syndicats mènent également des actions dans le monde entier chez UPS, mais ceci s’est avéré insuffisant jusqu’à présent. Dès lors, le congrès ITF a déclaré le 1er

septembre journée mondiale d’action. De véritables actions seront dès lors organisées le 1er septembre dans les filiales d’UPS, y compris des interruptions du travail et des blocages. Le SETCa lui aussi s’engage entièrement dans ce sens. Il a été convenu que les actions seront poursuivies jusqu’au moment où

UPS cédera et reconnaîtra les droits syndicaux en Turquie. Enfin, l’ITF a également offert l’occasion, incroyable mais vrai, d’améliorer les contacts avec les autres membres FGTB membres de l’ITF (UBOT et CGSP).

La société UPS antisyndicale en Turquie 1er septembre: l’ITF, la Fédération internationale des ouvriers du transport organise une journée d’action internationale chez UPS Un conflit ouvert est en cours depuis plusieurs mois chez UPS Turquie entre le syndicat (Tümtis) et la direction locale. La présence du syndicat dans l’entreprise pose problème à la direction. Plus de 120 travailleurs ont perdu leur emploi en raison de leurs liens avec Tümtis. Les grandes entreprises internationales ne présentent que trop souvent deux visages. Sur papier, elles soutiennent les droits syndicaux, mais dans la pratique, elles ne les foulent que trop souvent aux pieds dans bien des pays. Tel

est également le cas d’UPS: sa ligne officielle consiste à dire que la direction d’UPS doit entretenir de bonnes relations avec les syndicats, partout dans le monde. La réalité est différente. En Turquie, UPS recourt à tous les moyens classiques pour empêcher Tümtis de s’installer. Indépendamment du licenciement d’un total de 120 travailleurs, l’entreprise fait également appel à des sous-traitants pour remplacer des travailleurs grévistes. Un certain nombre de travailleurs ont été blessés lorsque la police turque a forcé un piquet de grève. Il est même question d’un incident avec coup de feu… Incompréhensible pour une entreprise comme UPS dans un pays

comme la Turquie. La délégation UPS belge n’a pas attendu l’appel international pour passer à l’action. Le délégué SETCa Olivier Van Der Veken a déjà fait circuler une pétition dans l’entreprise. « En un jour, nous avons réuni 240 signatures ». Les signatures ont été transmises à la Turquie et la délégation prévoit par ailleurs une action de solidarité supplémentaire le 1er septembre. Il faut voir à présent si la direction internationale et les pouvoirs publics turcs vont enfin intervenir? A défaut, l’ITF en appellera à encore plus d’actions.

Dexia: le rendez-vous est fixé au 15 septembre Nous vous l’annoncions dans notre précédente édition: la rentrée sera déterminante pour les travailleurs du groupe Dexia. En effet, avant les vacances, la direction annonçait vouloir poursuivre sa chasse au coûts via la mise en place d’un nouveau plan d’économie (de l’ordre de 250 millions d’euros). Cette annonce gratuite sans aucun élément concret a plongé les travailleurs dans une incertitude grandissante. Le rendez-vous fixé par la direction approche aujourd’hui à grand pas. Le 15 septembre prochain, le contenu de ce plan sera enfin exposé publiquement et les travailleurs fixés sur leur sort. Ce qui frappe dans cette affaire, c’est l’attitude peu cohérente et le double discours du Top Management. D’un côté, la direction dit vouloir réduire les coûts récurrents et présente ce fait comme étant indispen-

sable pour la survie de l’entreprise. D’une autre côté, cette même direction se sert grassement en bonus et en augmentation salariale récurrente et accumule les gaspillages pour des raisons incompréhensibles. La gestion immobilière de Dexia illustre parfaitement cette attitude antagoniste: revente à perte de certains immeubles, dégradation de bâtiments inoccupés et au loyer pourtant exorbitant, erreurs administratives et renouvellement inutile de bail pouvant être stoppé, etc. Nous l’avons déjà répété à maintes reprises : pour le SETCa, il n’est pas question que les économies annoncées soient réalisées sur le dos des travailleurs. Lors du conseil d’entreprise du 15 septembre, nous ferons entendre nos voix pour obtenir enfin des alternatives réelles et socialement responsables.


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EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

SYNDICATS • N°14 • 3 SEPTEMBRE 2010

Les grands défis de l’automne A u moment de rédiger cet édito (lundi 30/8) la situation politique n’est pas vraiment claire. Aussi, nous n’allons pas nous risquer à formuler des commentaires en la matière. Pourtant, nous ne pouvons nous empêcher de souligner que notre pays a besoin d’urgence d’un gouvernement prenant les problèmes socio-économiques à bras-le-corps. Nous ne prétendons pas ici qu’il n’y ait rien à entreprendre en matière de réforme de l’Etat. Nous savons bien que les résultats des élections législatives du 13 juin la rendent indispensable. Cependant, le pays ne peut pas être paralysé des mois durant car une telle situation se retournerait en définitive contre les gens et plus particulièrement contre les travailleurs, des dossiers socio-économiques majeurs risquant d’être reportés aux calendes grecques. S’agissant de la réforme de l’Etat proprement dite, nous pouvons simplement répéter que nous restons vigilants et que nous évaluerons le résultat, quel qu’il soit, en fonction des valeurs que nous continuons à défendre: le caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit individuel et collectif du travail et de

la fiscalité.

Liaison au bien-être: il est clair dès à présent que l’avis prévu des syndicats et des employeurs concernant l’augmentation des pensions et des autres allocations sociales ne pourra pas être émis pour le 15 septembre. Le rassemblement prévu le 15 septembre devra être mis à profit pour mettre les responsables politiques et les employeurs sous pression. Une fois de plus en effet, les employeurs vont tout mettre en œuvre pour lier ce dossier aux négociations sur un nouvel accord interprofessionnel. Comme telles, les négociations seront déjà suffisamment difficiles. Voilà déjà des mois que les employeurs plaident en faveur d’une modération et de davantage de flexibilité. Ils affirment ouvertement qu’il n’existe pas la moindre marge pour une quelconque augmentation salariale. Au contraire, ils plaident pour ce que l’on appelle une dévaluation interne par voie de suspension de l’index. Travailler plus longtemps (par semaine ou sur la carrière) est un autre point figurant sur leur liste de requêtes. Les négociations seront donc difficiles car, indépendamment

de la sécurisation des emplois de qualité, les travailleurs entendent bien obtenir une amélioration de leur pouvoir d’achat. On ignore toujours si les pouvoirs publics contribueront de nouveau par des moyens financiers à la conclusion d’un accord entre employeurs et syndicats. En effet, la situation budgétaire est loin d’être rose, pour ne pas dire catastrophique. 25 milliards devraient être trouvés sur une base récurrente d’ici à 2014. Soit 2500 EUR par Belge, petit ou grand, au travail ou non! Le week-end dernier, la FEB a ressorti une fois de plus ses vieilles recettes à ce propos: une petite partie seulement de ce montant (un cinquième) serait à trouver à travers des recettes supplémentaires pour l’Etat et quatre cinquièmes à travers des économies. Pas surprenant que ce soient les services publics que l’on retrouve en l’occurrence dans la ligne de mire de la FEB, ni que ce soit aussi l’ensemble de la population active qui devrait en faire les frais. Mais les nouvelles recettes préconisées doivent être considérées de surcroît comme de la poudre aux yeux. Ici et là, il a été question en effet d’ouverture des employeurs à propos d’une discussion

concernant un impôt sur la fortune. Il ne faut pas rire: augmenter le précompte mobilier et le revenu cadastral, ce n’est pas vraiment ce que nous entendons par l’impôt sur la fortune. A travers les propositions de la FEB, ce sont bien davantage les revenus moyens qui seront touchés de nouveau et pas vraiment les grosses fortunes de ce pays. Car leur patrimoine ne repose pas sur les revenus de comptes d’épargne ou sur la propriété d’une maison d’habitation moyenne. Pour nous, il s’agit en première instance d’aborder le déficit public (son importance et le délai pour le faire restent à préciser et nécessitent également des choix politiques) en cherchant de nouvelles recettes auprès de ceux qui ont la possibilité de porter de nouvelles charges, et non pas auprès du travailleur moyen. Nous nous opposerons à une politique de sobriété et d’économies. Aussi, nous en appelons nos membres à participer massivement à la manifestation européenne à Bruxelles le 29 septembre prochain. En effet, les travailleurs sont confrontés dans tous les pays européens à des sacrifices et des économies. Nous allons montrer clairement que c’est inacceptable.

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Syndicats FGTB n°14 - 3 septembre 2010  

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