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N°06 • BIMENSUEL • 63ème année Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 82 90 Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

21 MARS 2008 • Éd. BRABANT/NAMUR/LUXEMBOURG

EN ROUTE POUR LES ÉLECTIONS SOCIALES 2008

Gagner sa vie sans la risquer

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H JI ; L K E 9  I E H J; P

De l’enquête sur les conditions de travail et de vie des Belges menée par Dedicated Research à la demande de la FGTB, il ressort que seulement 2 à 7% des travailleurs se sentent en insécurité. Cela dépend naturellement du type de travail. Il est évident qu’un bureau recèle moins de risques qu’un atelier mécanique ou un chantier de construction. C’est sans doute le signe que votre CPPT a fait ce qu’il fallait. Mais cela ne doit pas faire faiblir votre vigilance. Car l’accident arrive quand on s’y attend le moins ou lorsque la routine - ou la pression du travail - fait un peu oublier les précautions élémentaires et les protections individuelles là où elles sont nécessaires.

8 pages spéciales à conserver

7 D:?:7 JI< =J8 LE J; PF E KHB ;I9 E.R. : Rudy De Leeuw, rue Haute 42, 1000 Bruxelles

CAMPAGNE FGTB

CHÔMAGE

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ENQUÊTE CRIOC

À LIRE

Parlons franc, Parlons pouvoir

Un regard extérieur sur le contrôle

Recherche médiateur

«Petits crimes sans

d’achat

des chômeurs

désespérément

importance»

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Syndicats suspend sa parution pendant les fêtes de Pâques et vous retrouve le 11 avril 2008


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Namur

Festivités du 1er mai 2008

Elections sociales: nous formons tous nos nouveaux candidats

Maison Syndicale CGSP «André GENOT» Rue de l’Armée Grouchy, 41 à 5000 NAMUR 10h30 Accueil – Café 11h00 Meeting sous la présidence du Cde Jean-Marie FLAMEY, Président régional de la FGTB NAMUR Orateurs • Anne DEMELENNE, Présidente de l’IW/FGTB et secrétaire générale fédérale FGTB • Philippe RICHARD, Président fédéral du secteur «TT/ AVIATION» de la CGSP

Pour que nos affiliés aient des délégués motivés et qui savent ce qu’il y a à faire Pour que tous ceux qui se présentent sur nos listes sachent quel sera leur rôle, nous avons convoqué 7 groupes d’une vingtaine de tout nouveaux candidats pour 4 jours de formation: 2 jours avant les élections et 2 jours après.

12h00 Apéritif musical: D.J. LION 12h30 Repas (adulte: 10,00€ - enfant: 6,00€) BARBECUE GEANT - PATES ET CRUDITES/SAUCES Réservation obligatoire pour le vendredi 25 avril 2008 par versement au n° de compte: 636-3827404-08 (communication: Animations 1er mai 2008) par téléphone au secrétariat CGSP: 081/72.91.12, par fax: 081/72.91.31 ou par mail: colette.goulier@cgsp.be De 14h00 à 19h00

Ambiance musicale et Animations

A partir de 15h00

INTERPRO’BAND: CHANTS MILITANTS

A partir de 17h00

L’ORCHESTRE DE COUNTRY ET DE BLUES: NASHVILLE ROOTS D.J. LION

21h00 Clôture des «13e festivités» Pour les enfants: * Stand de grimage * Pêche aux canards Nombreux stands: * A.T.T.A.C. * OXFAM * Centre d’Action Laïque * INFOR JEUNES * AFICo (TSE – JEUNES et ETUDIANTS PENSIONNES et PREPENSIONNES - DIVERSITES)

Brabant Les trois piliers de pensions: qu’estce que c’est? Quels sont les enjeux personnels? Quels sont les enjeux syndicaux? La pension légale nous permettra-t-elle encore de vivre dans la dignité? Faut-il souscrire des pensions complémentaires? Autant de questions ayant animé le débat auquel étaient invités les pensionnés et prépensionnés de la FGTB Brabant Wallon en date du 3 mars à la Maison de la laïcité. Une quarantaine de participants ont pu échanger leur point de vue avec Michel ROSENFELT, le conseiller CEPAG en matière de pensions. Le débat fut animé et très intéressant. Il se clôtura par le verre de l’amitié.

Délégués, candidats aux élections sociales, retenez la date du 27 avril à 15 heures

«122 ans de solidarité»

GRANDE TOMBOLA – TIRAGE PERMANENT

Fête du travail à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve

Pains saucisse grillée/boudin grillé - lard grillé (de 16h.00 à 21h.00) - Muguets - Buffet «pâtisseries» INVITATION CORDIALE A TOUTES ET TOUS

Au menu: stands divers, bar, discours de Thierry BODSON, futur secrétaire général de la FGTB Wallonne, et de Pierre LEVEQUE, secrétaire régional Ensuite: concert gratuit de W DUNKER, le rocker wallon.

Pour la parfaite organisation du repas fraternel, merci de renvoyer, à Madame Colette GOULIER, Secrétariat de Jean-Marie FLAMEY, C.G.S.P., Rue de l’Armée Grouchy, 41 à 5000 NAMUR (Tél : 081/72.91.12 - Fax : 081/72.91.31 - e-mail : colette.goulier@ cgsp.be) pour le VENDREDI 25 AVRIL 2008, votre confirmation de participation par le biais du bulletin ci-dessous.

1er mai 2008

Centrale professionnelle : ............................................................................................. Secteur d’activité : ..............................................................................................................

ENFANT(S): …… X 6,00€ =

……….. €

Total =

……….. €

Barbecue ……….. €

Luxembourg CGSP

Nom : …………………………………….... Prénom : ………………………………… Adresse :……………………………………………………………………………………………............. ………………………………………………………………………………………………………………...........

Nombre de participant(s) : ADULTE (S): …… X 10,00€ =

Vous recevrez chez vous une invitation. Si vous n’avez rien reçu 20 jours avant, contactez votre permanent.

Montant à verser au compte n° 636-3827404-08 (communication: animations/CGSP 1er mai 2008) pour vendredi 25 avril 2008 au plus tard.

Tu souhaites travailler dans la région d’Arlon??? On recrute 10 accompagnateurs de train 45 conducteurs de train 1. Inscris-toi sur le site: www.lescheminsdeferengagent.be (important) 2. Tu seras convoqué à une séance de présentation du métier (obligatoire). 3. Lorsque tu auras été à cette séance d’information, prends contact avec: V. Bataille, Jobcoach du CEPPST Tél.: 063/21 91 83. Rue Léon Castilhon, 86 6700 Arlon Afin de mettre toutes les chances de ton côté, un atelier de préparation aux entretiens d’embauche sera organisé à ton intention, ATTENTION: cette formation est réservée aux personnes ayant assisté à la séance d’information et qui souhaitent travailler dans la région d’Arlon.


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BRUXELLES

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Elections sociales 2008: la dernière ligne droite! A deux mois du renouvellement des conseils d’entreprise et des CPPT, la FGTB de Bruxelles a organisé, le samedi 15 mars dernier, un grand meeting ouvert à tous ses candidats. Elle a choisi, pour cet événement d’envergure, le site prestigieux de l’Autoworld, au Cinquantenaire. L’occasion, pour elle, d’évaluer la situation institutionnelle et sociale extrêmement préoccupante de notre pays. u moment de boucler ce numéro de Syndicats, les cinq partis composant le gouvernement intérimaire étaient toujours à la recherche d’un accord de réforme institutionnelle dont devrait faire partie, à terme, le transfert aux Régions de pans entiers de la politique de l’emploi, de la santé et de la famille.

A

Ces partis ont beau nous dire, dans toutes les langues, que seront «maintenues» les solidarités interpersonnelles, nous demeurons terriblement inquiets et surtout…vigilants: au cours des prochains mois, nous aurons plus que probablement à mener un combat difficile mais fondamental pour l’avenir des générations qui nous suivent… Au plan social, la situation n’est pas plus brillante, même si elle a le mérite…de la clarté. Les travailleurs paient de plus en plus cher les produits de première nécessité: le pain, le lait, la viande, les légumes, mais aussi l’essence, le diesel, le mazout de chauffage, le gaz, l’électricité, sans oublier les loyers!… La FEB ne s’en soucie nullement, préférant prêcher…la modération. Fin 2007, elle avait le culot de déclarer: «Les travailleurs n’envisagent peut-être pas assez de modérer leur mode de dépense en ce qui concerne les produits de luxe»(!). Et en février 2008, elle demandait -sans rire- à la (seule) FGTB de traiter le thème du pouvoir d’achat avec…sérénité (?) et, surtout, d’arrêter les actions en cours dans les entreprises… Dans le même temps, les employeurs et les investisseurs multiplient leurs bénéfices. Ainsi, entre 2002 et 2006, le résultat net d’exploitation a presque doublé en

Belgique, passant de 17 milliards d’e à près de 33 milliards d’e. En outre, on assiste aujourd’hui à une distribution massive de dividendes aux actionnaires, quels que soient les résultats des entreprises. Enfin, chacun a pu constater qu’une très grande banque, bien connue des consommateurs belges, qui avait payé, en 2005, 23% d’impôts sur bénéfices (ce qui n’est déjà pas beaucoup: le taux officiel de l’impôt des sociétés est de 34%, en Belgique) a accru ses bénéfices de 68% en 2006 mais n’a plus payé que…13% d’impôts. Ces chiffres sont évidemment dus aux fameux intérêts notionnels, ce mécanisme qui a permis aux entreprises de déduire de leurs impôts, à partir du 1er janvier 2006, des intérêts fictifs, exactement comme si elles avaient dû recourir à des emprunts bancaires et cela sans aucune condition d’investissement ou de création d’emplois… Au bout du compte, le calcul est fort simple: pour connaître le total des «primes» aux employeurs de ce pays, il faut additionner 7 milliards et demi de réductions de cotisations sociales et 2 milliards et demi de réductions d’impôt des sociétés, via les intérêts notionnels: cela fait 10 milliards d’e (400 milliards d’anciens francs belges!), qui sont soustraits annuellement des caisses de l’Etat fédéral et de notre Sécurité sociale. Clairement, il ne s’agit plus, ici, d’aide à l’expansion économique, il s’agit d’une volonté délibérée d’appauvrir les services publics, pour constater, un jour, qu’«il faudra bien les privatiser»! C’est totalement inacceptable. Dans ce contexte institutionnel et social si particulier, du 5 au 18 mai prochains, à l’occasion des élections sociales, les travailleurs vont devoir décider à qui ils accordent leur

confiance pour les quatre années qui viennent, qui seront évidemment des années difficiles. Pour opérer ce choix, sur quoi se baseront-ils? Comment départageront-ils les deux grandes organisations syndicales? Nous pensons qu’ils le feront sur base de deux critères: d’une part, la qualité du travail des équipes syndicales, sur le terrain -une des forces de la FGTB- ; d’autre part, au plan national, la manière dont chaque organisation syndicale a défendu le monde du travail au cours de la précédente législature. A ce dernier égard, il est proprement inimaginable que les travailleurs, aient oublié la différence fondamentale d’attitude entre la FGTB et la CSC dans le combat contre le « Pacte des générations ». Les travailleurs ont de la mémoire: la FGTB peut partir confiante aux élections sociales 2008! Clôturant son intervention, le Secrétaire général, Philippe VAN MUYLDER, a déclaré: «Le patron des patrons français, Laurence PARISOT, a confié récemment à un journaliste la pensée suivante: la vie et l’amour sont précaires; pourquoi le travail ne le serait-il pas? Nous sommes évidemment tous choqués par des déclarations de ce type: notre engagement syndical s’oppose en tous points à ce genre de considérations Et bien, unissons nos forces, toutes centrales et toutes régions confondues, mettons-nous au service du monde du travail et redonnons tout leur sens à nos valeurs fondamentales d’égalité et de solidarité. Vive les travailleurs, vive la FGTB!».

> CONFÉRENCE Travailler moins pour gagner plus! Osons remettre la réduction du temps de travail à l’ordre du jour de la gauche

Mercredi 9 avril à 19 heures Auditorium du Bois du Cazier rue du Cazier 80, 6001 Marcinelle Pierre Larrouturou, économiste français et auteur du «Livre noir du libéralisme» (éditions du Rocher, octobre 2007) exposera sa vision de la place que doivent encore avoir des revendications comme celles liées à l’augmentation des salaires et la réduction du temps de travail. Informations et inscriptions avant le 4 avril karine.theys@cepag.be - Tél: 081/26.51.56 - fax: 081/26.51.51 http://cepag.all2all.org/pn/apps/pnupcase/fichiers/colloque/Programme9-4.pdf

Un départ en car ou en co-voiturage sera organisé à partir de Bruxelles. Inscription obligatoire: dominique.vanderose@fgtb.be ; 02/552.03.53.


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Tournai-Ath-Lessines

Charleroi-Sud hainaut À quelques semaines des élections sociales dont chacun connaît la pertinence pour la vie professionnelle de milliers de travailleurs, l’association d’éducation permanente VIE-ESEM, en collaboration avec le Centre Culturel de Thuin, vous invite à sa prochaine conférence-débat intitulée

TOUJOURS PLUS PROCHE… TOUJOURS PLUS DE SERVICES…

Dans notre souci permanent d’ACCUEIL–PROXIMITÉ–SERVICE, la Régionale FGTB de Tournai Ath Lessines organise des « permanences pension » les lundis :

Le syndicalisme aujourd’hui: à la croisée des chemins? «Face au changement des structures économiques, aux phénomènes de mondialisation et de délocalisation, devant le constat d’un pouvoir d’achat toujours plus faible et d’un détricotage progressif de la sécurité sociale; considérant le développement d’une société qui tend vers un individualisme forcené… Quelles sont les forces, les faiblesses, les dernières réussites et les… plus grands échecs des partenaires sociaux et des syndicats en particulier dans leur volonté de contrer la dérive ultra-libérale. L’idéal syndical d’une société «Juste, Equitable et solidaire» est-il devenu utopique?»

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avril 2008

de 16h00 à 17h30 en nos bâtiments à la rue des Maux, 26 7500 Tournai.

Pour nous permettre de répondre à vos questions, veuillez vous munir : • De votre carte d’identité • D’une description de votre carrière

Cette rencontre se déroulera le Mercredi 2 avril 2008 à 19h00 au Centre culturel de Thuin

• Pour ceux qui la possèdent une copie de leur relevé de compte individuel

Présentation: Monsieur Laurent D’ALTOÉ (Animateur CENFORSOC ASBL) Orateurs: Monsieur Daniel PIRON (Secrétaire Régional de la FGTB) Madame Chantal DOFFINY (Secrétaire Fédérale de la CSC) Monsieur Mateo ALALUF (Professeur à l’ULB)

(vous pouvez l’obtenir auprès de l’ONP service réception française Tour du Midi Place Bara 1060 Bruxelles).

Pour plus de renseignements : 069/88.18.11

Entrée gratuite, invitation cordiale à tous. Le verre de l’amitié est offert. Renseignements: Vie-Esem ASBL- Laurent BREDUN Rue d’En haut, 2 - 6500 Beaumont - 071/58 96 16

Centre

Dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale Citoyenne de la Région de Charleroi, La FGTB Charleroi & Sud Hainaut et l’asbl d’éducation permanente CENFORSOC ont le plaisir de vous inviter à la projection du documentaire:

«EL EJIDO: LA LOI DU PROFIT» Un regard sans concessions sur les conditions de vie terribles des immigrants clandestins qui travaillent comme des esclaves dans la fournaise des gigantesques serres de la région d’Alméria (Espagne). Le film sera suivi d’un débat animé par Marcel Etienne (CEPAG)

Le Mardi 15 avril 2008 à 18h30 FGTB Charleroi - Boulevard Devreux 36-38 Salle Allende – Rez de Chaussée 6000 Charleroi Editeur Responsable: Daniel PIRON, Boulevard Devreux 36-38 - 6000 CHARLEROI

> NOUVELLES PERMANENCES DE LA CENTRALE GENERALE FGTB CHARLEROI A: Erquelinnes: rue Albert Ier 157 – 6560 ERQUELINNES: Le 1er lundi du mois de 14h30 à 16h30 Chimay: rue au Filet – 6460 CHIMAY: Le 1er mercredi du mois de 14h00 à 16h00 Ces permanences sont assurées par Grégory MARZEC, secrétaire permanent à la Centrale Générale FGTB CHARLEROI – Tél. : 071/641 233 ou 0475/38 51 52

L’asbl CEPRé vous informe…

La peur du rouge Mons-Borinage

Nouveau coup dur pour l’emploi au Borinage Ce jeudi 28 février 2008, le Tribunal de Commerce de Mons a prononcé la faillite de l’entreprise R.N.I. (ROTARY NOZZLE INTERNATIONAL) située rue de la Verrerie, 4 à Saint-Ghislain. Cette entreprise japonaise était spécialisée dans la fabrication de busettes rotatives en matériaux réfractaires destinées à la sidérurgie. Fondée en 1976, l’entreprise occupait encore 15 ouvriers et 5 employés. Elle a connu un essor remarquable pendant plusieurs années avant d’être mise en concordat

le 30 octobre 2006. Faute de n’avoir pu apurer une dette due à l’ONSS, l’entreprise a été déclarée en faillite le 28 février 2008. La Centrale Générale FGTB tient à saluer les efforts remarquables produits par les travailleurs au cours de toutes ces années qui sont réduits à néant aujourd’hui par la faute d’une gestion économique chaotique et trop peu rigoureuse.

Alain DE NOOZE Secrétaire Régional

Exposition sur l’anticommunisme en Belgique

Du 6 mars au 18 avril 2008 Accessible gratuitement du lundi au vendredi 8h30 à 12h15 / 13h15 à 16h30 rez-de-chaussée Bâtiment FGTB CENTRE Rue Henri Aubry 23 - 7100 LA LOUVIERE

Invitation à toutes et à tous!


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Liège-Huy-Waremme

Puisque le Parti Socialiste décide d’en être… Après 25 années à la Régionale de Liège-Huy-Waremme, dont 6 en tant que Secrétaire régional, j’ai le plaisir de céder la place au camarade Jean-François Ramquet, élu lors du Congrès de la Régionale le 20 mars 2008. Nourri par l’expérience syndicale acquise sur le terrain liégeois, et avec l’appui des affiliés, je compte poursuivre et renforcer l’action interprofessionnelle au service des travailleurs, des travailleuses et des allocataires sociaux qui comptent sur la FGTB pour défendre et étendre leurs droits. Ce tournant est l’occasion pour moi de remercier les représentants des centrales professionnelles pour leur confiance, le personnel de la FGTB Liège-Huy-Waremme, ainsi que les affiliés, les délégués, les militants syndicaux et associatifs qui nous ont permis de construire un rapport de force et de mener de nombreux combats. Je ne reviendrai pas ici sur le bilan de nos mobilisations: parlons plutôt des enjeux de demain. Nous

avons enfin un gouvernement ! L’accord dont il vient d’accoucher n’est pas réjouissant et confirme nos prévisions.

proposition qui cible davantage les petits et moyens revenus, sur base d’un crédit d’impôts remboursable.

Certes, il faut reconnaître que l’amélioration des allocations familiales et de l’augmentation des pensions les plus faibles et les plus anciennes sont une bonne nouvelle. Notons aussi qu’on ne modifiera pas le mécanisme de constitution de l’enveloppe budgétaire consacrée à la liaison au bien-être des allocations sociales.

Il n’y a pas de versement prévu au fonds de vieillissement avant 2011, ce qui traduit une absence de vision à long terme !

Mais ces aspects positifs ne compensent ni le flou artistique qui caractérise l’accord du Gouvernement Leterme I, ni ses orientations libérales: Le coût des mesures annoncées n’est pas chiffré! A la lecture du programme, on a l’impression que la diminution de la fiscalité et des cotisations sociales sont la solution universelle ! La réforme fiscale consacre beaucoup trop de moyens aux revenus élevés alors que la FGTB a fait une

L’accord ne prévoit de consulter les interlocuteurs sociaux que lorsqu’il s’agit d’augmenter la flexibilité des travailleurs ou de diminuer les coûts salariaux. Les demandeurs d’emploi sont attaqués de front par un renforcement du contrôle de la disponibilité et une dégressivité plus rapide des allocations de chômage. Le travail intérimaire fait son entrée dans la fonction publique. La question qui nous vient à l’esprit est simple. Avec de telles orientations politiques et idéologiques, comment le parti socialiste peut-il justifier sa participation au pouvoir?

Thierry BODSON, Secrétaire Régional Interprofessionnel

Les Jeunes FGTB Liège-Huy-Waremme organisent le jeudi 10 avril une journée à destination d’élèves du secondaire supérieur sur le sexisme. Voici le programme: 8h30: Accueil et présentation de la journée 8h45-12h: 1. Atelier FGTB «Création d’affiches» 2. Atelier Collectif des violences faites aux femmes Animation «Teste ton couple» 12h-13h15: Repas 13h15-16h: Représentation théâtrale (théâtre-action) «Joli ciel par la Compagnie ‘Espèces de ...» L’objectif poursuivi par le biais de cette journée est l’information et la sensibilisation des jeunes aux discriminations qui existent à l’égard des femmes. Informations et inscriptions: Magali David Jeunes FGTB 04/221 97 48 - magali.david@fgtb.be

Verviers

Le film: traces de lutte En partenariat avec plusieurs associations dont la FGTB Liège, la CSC Liège, Les Femmes Prévoyantes Socialistes, Présence et Actions Culturelles, la FGTB Wallonne, le CRIPEL et le Centre Culturel Les Chiroux, le film TRACES DE LUTTE de Fabien MBAMBI KUSUANIKA sera projeté en grande première aux Chiroux le 07 avril 2008 à 20 heures. En effet, début janvier 2006, des Sans-papiers regroupés au sein de l’UDEP, l’Union pour la Défense de Sans-papiers, décident de sortir de la clandestinité pour revendiquer au grand jour le recouvrement de leur dignité en dénonçant l’exploitation dont ils sont victimes et sensibiliser les politiques et la population sur leurs conditions de vie. Le mouvement des Sans-papiers, parti de Liège, va ainsi atteindre tous les coins de la Belgique avec une revendication principale: LA REGULARISATION. Des manifestations pacifiques, des rencontres avec les politiques, des occupations d’églises, des grèves de la faim, parfois de tentatives de suicide vont rythmer la longue lutte des Sans-papiers de Belgique et Liège, Bruxelles, Anvers, Gand, Charleroi, La Louvière en seront les principaux théâtres. «Traces de lutte» est un documentaire qui retrace, de façon chronologique, les différentes péripéties de ce long combat pour la dignité des Sans-papiers de Belgique de janvier 2006 à Juin 2007. L’auteur du film, Fabien MBAMBI KUSUANIKA, est originaire de la République Démocratique du Congo. En janvier 2004, il arrive en Belgique où, comme plusieurs personnes étrangères, il va découvrir les réalités de ce pays que chaque congolais appelle «le pays de nos oncles». Il sera confronté à la longueur de la procédure en tant que demandeur d’asile et sera témoin de l’arbitraire et des traitements inhumains et dégradants dont les Sans-papiers sont victimes. Lors d’un entretien téléphonique avec sa fillette, il vit le dilemme d’un père qui ne sait pas vivre près de son enfant tant dans son pays d’origine que dans celui d’accueil. Il décide ainsi de réaliser, avec des moyens de fortune, un documentaire avec comme ambition avouée d’expliquer un jour à sa fille les raisons de son absence auprès d’elle. Refusant aussi d’assister impuissant à la déshumanisation et l’exploitation dont les personnes Sans-papiers sont victimes, il intègre l’Union pour la Défense des Sans-papiers, l’UDEP, dont il devient le Porte-parole à Liège. Projection TRACES DE LUTTE: Lundi 07 avril 2008 à 20 heures aux Chiroux


Ă&#x2030;DITO

SYNDICATS â&#x20AC;˘ N°06 â&#x20AC;˘ 21 MARS 2008

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> Ă&#x2030;DITO

Le ÂŤlilasÂť nâ&#x20AC;&#x2122;annonce pas le beau temps e 20 mars, le gouvernement ÂŤintĂŠrimaireÂť Verhofstadt III a passĂŠ le relais Ă  un gouvernement Leterme Ier supposĂŠ ÂŤdĂŠďŹ nitifÂť et il est au moins positif que chacun ait enďŹ n pris ses responsabilitĂŠs en vue dâ&#x20AC;&#x2122;apporter un peu de stabilitĂŠ Ă  notre pays. Ce 20 mars est aussi le jour que nous avons choisi pour mener dans les entreprises une campagne dâ&#x20AC;&#x2122;information et de sensibilisation des travailleurs sur le thème du pouvoir dâ&#x20AC;&#x2122;achat, de la justice ďŹ scale et de la solidaritĂŠ entre les personnes (voir notre tract en page 4).

C

Orange bleue un peu sanguine MĂŞme si le programme de ce gouvernement est encore ďŹ&#x201A;ou, on en connaĂŽt les grandes lignes, on sait quels sont les accords de principes. On sait quelles sont les orientations dĂŠjĂ  imprimĂŠes dans le projet de budget 2008. Et force est de constater que ce programme reďŹ&#x201A;ète bien les rapports de force en prĂŠsence: sous la couleur printanière du lilas, on retrouve une Orange bleue très lĂŠgèrement sanguine de par la prĂŠsence du seul parti socialiste francophone, isolĂŠ et minoritaire. Toujours est-il que nous nâ&#x20AC;&#x2122;y retrouvons pas nos revendications. Pire : le projet de sociĂŠtĂŠ dans lequel sâ&#x20AC;&#x2122;inscrit Leterme Ier est un projet clairement libĂŠral.

Que fait-on pour le pouvoir dâ&#x20AC;&#x2122;achat? Rien pour ce qui est des prix de lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠnergie. La TVA ne changera pas. Rien pour contrĂ´ler effectivement les prix. On nous vend pour la 2e ou 3e fois la liaison au bien-ĂŞtre que nous avons dĂŠjĂ  obtenue. On y ajoute la suppression de la cotisation de solidaritĂŠ qui est certes injuste

mais ne reprĂŠsente que 0 Ă  0,5 % pour les pensions moyennes. En compensation, le ÂŤLilasÂť remet Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;ordre du jour le relèvement de lâ&#x20AC;&#x2122;âge effectif du dĂŠpart Ă  la retraite oĂš derrière les termes vagues on peut craindre des intentions de Pacte des GĂŠnĂŠrations bis - que nous nâ&#x20AC;&#x2122;accepterons pas plus que le premier. Pour ce qui est des familles, la prime de rentrĂŠe scolaire â&#x20AC;&#x201C; dĂŠjĂ  acquise - est conďŹ rmĂŠe. Soit. Ce sont ďŹ nalement les indĂŠpendants, fond de commerce des libĂŠraux, qui tirent les marrons du feu en obtenant des droits ĂŠgaux aux salariĂŠs en cotisant moins.

coĂťt. Les ďŹ nances publiques en seront fragilisĂŠes. Du rouge, il y en aura, câ&#x20AC;&#x2122;est sĂťr, mais dans les comptes de lâ&#x20AC;&#x2122;Etat vu lâ&#x20AC;&#x2122;importance des cadeaux ďŹ scaux consentis Ă  ceux qui en ont le moins besoin, sans nouvelles recettes ni compensations dâ&#x20AC;&#x2122;aucune sorte. Le fonds de vieillissement ne sera pas alimentĂŠ au moins jusquâ&#x20AC;&#x2122;en 2011. Ce nâ&#x20AC;&#x2122;est pas comme cela que lâ&#x20AC;&#x2122;on amĂŠliorera les pensions dans le futur. Rien nâ&#x20AC;&#x2122;est prĂŠvu pour garantir le ďŹ nancement Ă  long terme de la sĂŠcuritĂŠ sociale ni pour en rĂŠpartir mieux la charge entre les revenus du travail et les autres revenus. Notre proposition de cotisation sociale gĂŠnĂŠralisĂŠe nâ&#x20AC;&#x2122;y ďŹ gure pas. Lâ&#x20AC;&#x2122;avenir est bien mal prĂŠparĂŠ.

OĂš est la justice ďŹ scale ? MalgrĂŠ des bĂŠnĂŠďŹ ces exceptionnels, les entreprises se voient conďŹ rmer les cadeaux consentis grâce aux intĂŠrĂŞts notionnels, mĂŞme sâ&#x20AC;&#x2122;ils mangent toute la marge du budget de lâ&#x20AC;&#x2122;Etat. On leur promet des rĂŠductions complĂŠmentaires de cotisations sociales, un renforcement des avantages ďŹ scaux pour le travail en ĂŠquipe et de nuit ou pour les heures supplĂŠmentaires. La rĂŠforme ďŹ scale telle que proposĂŠe par les libĂŠraux est supposĂŠe proďŹ ter aux bas et moyens salaires. On sâ&#x20AC;&#x2122;aperçoit Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;examen quâ&#x20AC;&#x2122;elle rapportera trois fois plus aux gros salaires quâ&#x20AC;&#x2122;aux petits. Que les très gros revenus en proďŹ teront aussi et que lâ&#x20AC;&#x2122;un dans lâ&#x20AC;&#x2122;autre elle coĂťtera 3,3 milliards que lâ&#x20AC;&#x2122;Etat nâ&#x20AC;&#x2122;a pas. Par contre, le crĂŠdit dâ&#x20AC;&#x2122;impĂ´t social que nous proposions, mieux ciblĂŠ sur les bas et moyens salaires, nâ&#x20AC;&#x2122;a pas ĂŠtĂŠ retenu.

Lâ&#x20AC;&#x2122;Etat affaibli Toutes ces promesses ont forcĂŠment un

Lâ&#x20AC;&#x2122;inĂŠgalitĂŠ triomphe au rythme de la conquĂŞte des esprits par un libĂŠralisme dĂŠcomplexĂŠ? ÂŤLe capitalisme est lâ&#x20AC;&#x2122;ordre naturel des communautĂŠs humainesÂť, ĂŠcrivait rĂŠcemment le prĂŠsident de la Bourse de Bruxelles. ÂŤLa gauche peut-elle encore changer la sociĂŠtĂŠ?Âť. Cette question ĂŠtait posĂŠe Ă  la ÂŤuneÂť de la revue ÂŤPolitiqueÂť, en juin dernier, Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;occasion de la publication de son cinquantième numĂŠro. Elle avait invitĂŠ une cinquantaine de tĂŠmoins Ă  proposer une rĂŠponse. Pour prolonger le dĂŠbat, le comitĂŠ de rĂŠdaction de ÂŤPolitiqueÂť sâ&#x20AC;&#x2122;est associĂŠ Ă  six organisations dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠducation permanente: Attac Wallonie-Bruxelles, le Centre dâ&#x20AC;&#x2122;information et dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠducation populaire, Etopia, PrĂŠsence et action culturelle etâ&#x20AC;Ś le Centre dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠducation populaire AndrĂŠ Genot.

Et le pire peut encore venirâ&#x20AC;Ś MalgrĂŠ cette ĂŠvaluation très nĂŠgative, nous devons encore nous attendre au pire. Ce que nous avons, câ&#x20AC;&#x2122;est le programme socio-ĂŠconomique. Le 2e paquet des rĂŠformes institutionnelles risque de nous mener encore plus loin si on touche comme annoncĂŠ Ă  la sĂŠcuritĂŠ sociale fĂŠdĂŠrale, au droit du travail et au marchĂŠ de lâ&#x20AC;&#x2122;emploi ainsi quâ&#x20AC;&#x2122;Ă  la ďŹ scalitĂŠ des entreprises.

Plus de ďŹ&#x201A;exibilitĂŠ Ce que peuvent par contre attendre les travailleurs de ce gouvernement, câ&#x20AC;&#x2122;est plus de ďŹ&#x201A;exibilitĂŠ. Câ&#x20AC;&#x2122;est lâ&#x20AC;&#x2122;intĂŠrim dans la fonction publique. Câ&#x20AC;&#x2122;est le renforcement du travail ĂŠtudiant. Câ&#x20AC;&#x2122;est plus dâ&#x20AC;&#x2122;heures supplĂŠmentaires. Câ&#x20AC;&#x2122;est lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠpargne-temps appelĂŠe Ă  se substituer progressivement aux formes encadrĂŠes - et ďŹ nancĂŠes collectivement dâ&#x20AC;&#x2122;amĂŠnagement du temps de travail. En clair, le risque existe que pour interrompre sa carrière, anticiper sa ďŹ n de carrière, il faille ĂŠpargner son temps ou son argent, câ&#x20AC;&#x2122;est-Ă -dire ďŹ nancer soi-mĂŞme ses RĂŠductions du Temps de Travail, Ă  titre individuel, en travaillant plus ou en renonçant Ă  ses congĂŠs. Lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠpargne temps est au crĂŠdit temps et Ă  la prĂŠpension, ce que lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠpargne pension est Ă  la pension: inĂŠgalitaire, non solidaire, gratuite pour les employeurs parce quâ&#x20AC;&#x2122;en dehors du système des assurances sociales.

La gauche peut-elle encore changer la sociĂŠtĂŠ? Travailler moins et gagner plus! Les proďŹ ts explosent. Le pouvoir dâ&#x20AC;&#x2122;achat est en berne. Les allocataires sociaux souffrent. Nous vivons dans une sociĂŠtĂŠ de plus en plus riche. Avec de plus en plus de pauvresâ&#x20AC;Ś

Leterme Ier câ&#x20AC;&#x2122;est aussi plus de pression sur les chĂ´meurs qui doivent sâ&#x20AC;&#x2122;attendre Ă  un système dâ&#x20AC;&#x2122;indemnisation majorĂŠ en dĂŠbut de chĂ´mage mais dĂŠgressif, câ&#x20AC;&#x2122;est-Ă -dire nĂŠcessairement plus rapidement quâ&#x20AC;&#x2122;aujourdâ&#x20AC;&#x2122;hui puisquâ&#x20AC;&#x2122;il est dĂŠjĂ  dĂŠgressif après un an.

VoilĂ  pourquoi la FGTB va continuer Ă  sensibiliser les travailleurs Ă  tirer la sonnette dâ&#x20AC;&#x2122;alarme sur la sociĂŠtĂŠ faite dâ&#x20AC;&#x2122;injustice, dâ&#x20AC;&#x2122;inĂŠgalitĂŠ quâ&#x20AC;&#x2122;on leur prĂŠpare et que nous refusons. La FGTB lance un appel pour que les forces de gauche se mobilisent en vue de rencontrer efďŹ cacement et durablement les intĂŠrĂŞts des travailleurs et des allocataires sociaux..

Anne Demelenne Rudy De Leeuw SecrĂŠtaire GĂŠnĂŠrale PrĂŠsident

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Ensemble, ces mouvements ont choisi dâ&#x20AC;&#x2122;organiser, dâ&#x20AC;&#x2122;avril Ă  juin, six grandes rencontres dĂŠbats sur le sujet dans diffĂŠrentes villes de Wallonie et de Bruxelles.

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Ce mercredi 9 avril, le CEPAG ouvre le ban Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;auditorium du Bois du Cazier (Marcinelle) dès 19 heures. Pour introduire les discussions, Pierre Larrouturou, ĂŠconomiste français et auteur du ÂŤLivre noir du libĂŠralismeÂť (ĂŠditions du Rocher, octobre 2007) exposera sa vision de la place que doivent encore avoir des revendications comme celles liĂŠes Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;augmentation des salaires et la rĂŠduction du temps de travail.

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ÂŤTravailler plus pour gagner plusÂť. A lâ&#x20AC;&#x2122;heure oĂš lâ&#x20AC;&#x2122;indigence programmatique dâ&#x20AC;&#x2122;un tel slogan passe pour lâ&#x20AC;&#x2122;idĂŠe gĂŠniale dâ&#x20AC;&#x2122;un siècle naissant, les objectifs historiques du mouvement ouvrier passent pour des archaĂŻsmes. A lâ&#x20AC;&#x2122;heure de la ďŹ nanciarisation du capitalisme, y a-t-il pourtant dâ&#x20AC;&#x2122;autres choix? A lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠvidence, nous avons changĂŠ dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠpoque et les ÂŤproďŹ ts dâ&#x20AC;&#x2122;aujourdâ&#x20AC;&#x2122;huiÂť sont les ÂŤinvestissements boursiers dâ&#x20AC;&#x2122;aujourdâ&#x20AC;&#x2122;huiÂť, le ÂŤchĂ´mages dâ&#x20AC;&#x2122;aujourdâ&#x20AC;&#x2122;huiÂť et les ÂŤcracks boursiersâ&#x20AC;ŚÂťâ&#x20AC;Ś dâ&#x20AC;&#x2122;aujourdâ&#x20AC;&#x2122;hui ?

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Informations et inscriptions avant le 4 avril karine.theys@cepag.be - TĂŠl: 081/26.51.56 - fax: 081/26.51.51 http://cepag.all2all.org/pn/apps/pnupcase/ďŹ chiers/colloque/Programme9-4.pdf Pour info: un dĂŠpart en car ou en co-voiturage sera organisĂŠ Ă  partir de Bruxelles (inscription: dominique.vanderose@fgtb.be 02/552.03.53)

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4 Parlons franc: parlons pouvoir d’achat! SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

POUVOIR D’ACHAT

Tout augmente

avantage de 83 à 43 euros PAR MOIS.

1,2 euro le litre de diesel et 1,5 euro le litre d’essence. 0,72 euro le mazout de chauffage. Une facture de gaz/électricité alourdie de 300 euros en moyenne en 2008. Tout augmente: le pain, le lait, la viande, les légumes… Les loyers aussi ou les prix des maisons, donc les remboursements d’emprunts. Pour se loger, se chauffer, nourrir sa famille et payer des études à ses enfants, se rendre au travail, un seul salaire ne suffit plus.

Le Gouvernement n’a pas d’argent pour les travailleurs. Par contre, il en a pour les «intérêts notionnels». C’est le nom savant que l’on donne aujourd’hui aux cadeaux fiscaux aux entreprises. Elles recevront chaque année plus de 2 milliards qui s’ajoutent aux 7 milliards de réductions de cotisations et autres avantages fiscaux.

Pourtant, si on leur dit «augmentation», les patrons répon- Notre part du gâteau dent «modération». La richesse du pays ne cesse d’augmenter mais la part des Pour nous, pas pour eux. Les salaires ont peine à suivre la hausse salaires n’a cessé de baisser depuis 20 ans au profit des autres du coût de la vie alors que les bénéfices des entreprises ont revenus, du capital ou de la propriété. augmenté de 14 % en moyenne en une seule année. Nous voulons notre juste part du gâteau.

Que fait le Gouvernement? On comptait sur le Gouvernement pour relever le pouvoir d’achat. Il ne propose que des miettes: sa réforme fiscale pour les «bas revenus» ne représente que 62,5 euros PAR AN. C’est un plein de diesel ou la moitié d’un caddie… A titre de comparaison, le crédit d’impôt social que propose la FGTB représenterait un

• Nous voulons de meilleurs salaires et des emplois de qualité. • Nous voulons une fiscalité plus juste. • Nous réclamons un contrôle des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des loyers.

Les revendications de la FGTB PAR RAPPORT AUX EMPLOYEURS

• Empêcher toute concurrence fiscale déloyale entre Régions et Communautés

Augmentation de la part des salaires dans le PIB Une sécurité sociale forte • Augmenter les salaires bruts réels et le salaire minimum • Lier les allocations sociales au bien être. garanti; • Des emplois de qualité, c-à-d des statuts stables et des salaires • Instaurer une Cotisation Sociale Généralisée (CSG) qui touche tous les revenus et pas seulement ceux du travail pour garantir corrects le financement à long terme de la sécurité sociale. • Garantir la gratuité des déplacements domicile-travail • Sauvegarder la solidarité entre les personnes en maintenant le caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit du travail PAR RAPPORT AU(X) GOUVERNEMENT(S) et des conventions collectives. Lutte contre la vie chère

POUR L’HORIZON 2009/2010 • Rétablir le contrôle des tarifs du gaz et de l’électricité par la Réduire la facture énergétique et faciliter l’accès au logeCommission de Régulation de l’Electricité et du Gaz • Renforcer le contrôle des prix et imposer une obligation de ment transparence dans la formation des prix. • Aider les ménages défavorisés à isoler leur habitation et à diminuer leurs factures d’énergie en finançant le Fonds énergie; Une fiscalité plus équitable • Bloquer les loyers sauf en cas de travaux économiseurs d’énergie et mettre en rapport le loyer demandé et le revenu cadas• Diminuer de 21 % à 6%. la TVA sur le gaz et électricité. tral; • Réduire la fiscalité sur les revenus du travail pour les bas et • Permettre d’étaler dans le temps la garantie locative en rendant moyens revenus. effective la garantie bancaire prévue par la loi; • Mettre un stop aux cadeaux fiscaux et mieux taxer les reve• Construire suffisamment de logements sociaux. nus du capital;


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

> BROCHURES FGTB

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> LA FGTB FÉDÉRALE RECRUTE:

La FGTB poursuit la publication de sa série de brochures «en survol». De grands thèmes sociaux qui concernent tous les travailleurs sont traités dans ces petites brochures pratiques. Vous y trouverez les informations de base autour du contrat de travail, du salaire ou encore du droit aux vacances…

2 Senior J2EE/JAVA developers (h/f) But de la fonction La fonction fait partie du service informatique fédéral de la FGTB. Vous assurez le design, le développement et l’implémentation de composantes informatiques dans un environnement JAVA/J2EE. Dans le cadre de ces projets vous allez développer des logiciels à haute valeur ajoutée pour nos collaborateurs et nos membres, mais vous formerez également les collaborateurs IT en java/J2EE.

Le Contrat de travail .... en survol

Le contrat de travail

Vous avez passé avec succès le cap de la procédure d’embauche, vous avez un (nouveau) boulot. Félicitations! Un nouveau travail, c’est aussi un contrat de travail. En mettant votre signature en bas du contrat, vous pouvez commencer à travailler. Mais avant de signer votre contrat, il est toujours utile de vérifier ce qu’il contient...

... en survol

Profil - Vous avez au moins 3 ans d’expérience dans le développement de logiciels. - Vous avez l’esprit analytique - Vous êtes flexible, communicatif, sociable et vous avez l’esprit d’équipe Conditions spécifiques - Vous avez un diplôme d’études supérieures en informatique ou équivalent par expérience pratique - Vous avez une expérience solide dans le développement d’applications multi-tier dans un environnement Java/J2EE. - Vous avez une connaissance profonde en matière de services Web, Hibernate, Struts, JSF, JSP, Ajax, XML - Vous avez des connaissances en HTML - Vous avez une connaissance approfondie de SQL, DB2 - Des notions en RPG, ILE, CL sont un plus Connaissance des deux langues nationales (français & néerlandais) et de l’anglais (passif). Vous travaillez dans un environnement avec plusieurs ISeries, DB2/400 et WebSphere Application Server. Nous vous offrons: Un contrat à durée indéterminée Barème en vigueur à la FGTB Des avantages extralégaux Vous travaillez à 5 minutes de marche de la Gare Centrale

Mes droits aux vacances ... en survol Chaque année, nous attendons avec impatience la période des vacances. Une période de repos bien mérité. Afin que vous puissiez en profiter pleinement, la FGTB vous explique dans ce dépliant à combien de jours de congé vous avez droit, à quel moment vous devez prendre vos vacances, à combien s’élève le pécule de vacances et qui vous paie le pécule. Enfin, nous vous donnons aussi quelques conseils qui peuvent vous être utiles dans votre entreprise.

Adressez votre candidature avant le 30 avril 2008 à la FGTB fédérale Christine Bartholomi, Directeur Administratif Rue Haute 42, 1000 Bruxelles christine.bartholomi@fgtb.be

Mon salaire ... en survol

Renseignements techniques concernant la fonction Dirk Gillebert, Directeur Informatique 02 506 83 13 dirk.gillebert@abvv.be

> ERRATUM Mon salaire ... en survol Le paiement du salaire est une obligation essentielle de votre employeur. La brochure vous explique ce qu’il faut entendre par «salaire», comment votre salaire est fixé, comment et quand votre salaire doit être payé, dans quelle mesure votre salaire est protégé par la loi contre les retenues et les saisies pour terminer par la question du droit à un salaire égal pour un travail égal.

Mes droits aux vacances ... en survol

Vous avez des questions sur ces thèmes? N’hésitez pas à contacter votre centrale professionnelle! Les brochures sont téléchargeables sur le site de la FGTB: www.fgtb.be (rubrique brochures)

Indemnité pour frais funéraires Contrairement à ce que nous avons publié dans une précédente édition, l’indemnité pour frais funéraires est octroyée à la personne qui a pris à sa charge les frais funéraires et n’est pas modulée selon que le partenaire est marié ou non avec la personne décédée. Il n’y a donc qu’un taux unique de 148, 74 euros.

Borzée-en-Ardennes Semaines familiales de vacances en pension complète. Nombreuses activités pour tous. Quatre clubs d’âge pour les enfants de 0 à 14 ans. Prix forfaitaire du lundi 11H au dimanche 14H Adultes : 232e tout compris. Enfants : 0-2 ans : 31e/3-6 ans : 114e/ 7-10 ans : 139e/11-13 : 180e Réduction CGSP : 10% - FGTB : 8% RENS : Centre de Borzée - 6980 - LA ROCHE. Tél. 084/41.17.87 - fax : 084/41.23.03 e-mail : reservation@borzee.be site : www.borzee.be


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CHÔMAGE

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

> RAPPORT D’IDEA CONSULT

Un regard extérieur sur le contrôle des chômeurs Josly Piette, ministre intérimaire de l’Emploi, a présenté – et commenté positivement («Il n’y a pas de chasse aux chômeurs ou de machine à exclure» - Le Soir 12/03/2008) – le rapport d’évaluation du système de contrôle de disponibilité des chômeurs confié au consultant Idea Consult. Mais ce rapport doit permettre au Comité de gestion de l’ONEm de prendre des décisions sur la suite des évènements. Sur la table se trouvent en effet plusieurs propositions: faut-il étendre comme prévu le contrôle de disponibilité aux + de 50 ans? Les organismes régionaux de placement doivent-ils évaluer conjointement… Il est également question de la possibilité de raccourcir les délais entre les entretiens, notamment pour les jeunes.

Les chiffres • 230.467 invités à un premier entretien • 42.914 appelés à un second entretien • 4.936 convoqués à un 3e entretien • 12.539 suspensions révocables • 4.896 suspensions de 4 mois • 2.562 exclusions définitives Le rapport Idea Consult Constations générales Le système de contrôle de disponibilité, dit le rapport Idea Consult, a conduit à un meilleur fonctionnement du marché du travail. Il en veut pour preuve le renforcement des efforts d’accompagnement et de formation de la part des Régions et Communautés. Et pour cause: le rapport reconnaît que la participation au PAC (Plan d’Activation des Chômeurs) a force contraignante. Les chômeurs n’ont pas eu le choix. Ils se sont précipités massivement vers les formations. Et il a bien fallu aussi que les organismes régionaux de placement et de formation suivent. La «dispo» s’avère donc effectivement être un instrument efficace pour ce qui est d’activer le comportement de recherche d’emploi ou un bon stimulant à la formation. A-t-il pour autant été efficace en ce qui concerne la baisse du chômage? Le rapport répond par l’affirmative,

même si aucun chiffre ne vient étayer cette affirmation: le chômage a diminué plus que ce que le redressement de la conjoncture ne permettait de l’espérer et ce, précise le rapport, sans augmenter de manière importante le nombre d’exclusions... Ce n’est qu’en partie vrai: de 2003 à 2006, le nombre de sanctions sur base de l’article 51 (chômage volontaire donc non indemnisable) a curieusement grimpé de 15.500 à 20.500, soit + 25%. Le rapport conclut donc que le dispositif répond bien à l’objectif qui lui était assigné: l’ «activation» de la recherche d’emploi… Il est par contre difficile de démontrer que ce n’est pas la relance de l’emploi qui explique les sorties du chômage.

Art. 80 «mieux» ou pire que la «dispo»? Le contrôle de disponibilité est-il meilleur que le fameux article 80 qui sanctionne le chômage «anormalement long»? Cet article a été

désactivé au fur et à mesure de l’application de la dispo aux nouvelles tranches d’âge. Idea Consult estime le système dispo bien meilleur que l’article 80 car, dit-il, le chômeur n’est pas laissé livré à lui-même pendant une longue période au-delà de laquelle il est pour ainsi dire perdu pour le marché du travail. Avec la dispo, il est au contraire immédiatement pris en charge par les services régionaux de placement et de formation. De plus, dit le rapport, le nouveau système ne se limite pas aux seuls cohabitants mais à tous, isolés et chefs de ménage compris. Le revers de la médaille, reconnaît néanmoins Idea Consult, c’est justement qu’une partie importante des sanctions tombent sur des isolés et des chefs de famille, qui faute de revenus se tournent vers les CPAS pour obtenir une aide financière alors que les cohabitants exclus sur base de l’art. 80 n’étaient effectivement exclus que s’il y avait un autre revenu dans le ménage… Et de fait, en 2007, rien que pour les articles 70 (suspension provisoire lorsqu’on ne s’est pas présenté à un entretien), 4.987 chefs de ménage et 4.627 isolés se sont tournés vers les CPAS. Tous n’ont sans doute pas été secourus. Les CPAS wallons indiquent que seulement 30 à 50% des demandes d’interventions sont rencontrées selon les communes. Et Idea Consult pose la question: «Est-ce une piste souhaitable?»

Extension aux + 50 ans «inopportune» Sur ce point, le rapport Idea Consult marche sur des œufs. Le groupe des + 50 ans est très différent des 4049 ans, relève-t-il, que ce soit en termes de débouchés sur le marché de l’emploi, d’aide des institutions régionales ou d’intensité de recherche d’emploi… S’il fallait étendre le dispositif au + 50 «il faudrait veiller à ce que ce groupe ait de nouvelles chances [de retrouver un emploi]. Car il ressort de l’enquête que ce groupe d’âge a le sentiment d’être abandonné à son sort…». De plus, relève Idea Consult qui flaire le problème communautaire, les différences d’approche des Régions qui existent déjà pour le groupe des -50 est encore plus marquée pour les + 50…». Idea Consult avance confusément l’explication de priorités différentes liées à des situations différentes du marché de l’emploi. Entre les lignes, on comprend que là où le chômage – et celui des jeunes en particulier - est plus important, les + 50 ans ont très peu de chance de retrouver un emploi. Il faudrait dit le rapport, soutenir un changement des mentalités – tant des travailleurs que des employeurs (renvoyés dos à dos).

pas opportune». D’autant que ce groupe est tellement important que ni l’ONEm, ni les institutions régionales (Forem, VDAB, Actiris) ne pourraient suivre… Sauf à négliger la qualité de l’accompagnement des autres groupes.

Quels revenus pour les suspendus? Idea Consult a également procédé à un sondage parmi les chômeurs concernés par la dispo. Une question était adressée aux personnes suspendues: quels sont vos revenus après la suspension? • 36% disent ne plus avoir aucun revenu • 64% ont d’autres revenus, dont: - 37% ont fait appel au CPAS (plus en Wallonie qu’en Flandre où c’est la maladie-invalidité qui prend plus souvent le relais) - 25% dépendent du soutien de leur famille - 18% vivent de travail au noir - 17% d’un travail.

Quelles sont les conséquences de la suspension? Pas de chiffres, mais une réponse évidente: la suspension entraîne des problèmes financiers: loyer ou factures impayés, difficultés à entretenir la famille, problèmes pour payer des frais médicaux, scolaires, manque de moyens financiers pour chercher du travail. Surendettement. Ensuite viennent les dégâts moraux: sentiment d’injustice, angoisse, honte de devoir faire appel au CPAS… Parmi les personnes suspendues: 73% estiment avoir été sanctionnées à tort (courrier pas reçu, efforts importants pour trouver du travail, suit une formation ou avait un travail).

Peu d’abus «Les chômeurs qui ne cherchent pas sérieusement du travail n’ont pas leur place dans l’assurance chômage…. C’est à bon droit qu’on les prive d’allocations de chômage.» déclare péremptoire Idea Consult. Cependant, ajoute le consultant, il ressort des chiffres que ce groupe est très limité: pour 2007, parmi les exclus du chômage, il ne représente que 592 cas…». Cela représente 0,26% des personnes convoquées ! Une question vaut sans doute alors la peine d’être posée: fallait-il imposer un contrôle de disponibilité aux 99,74% restants?

Les moins instruits à la trappe Lors du colloque organisé par le CEPAG sur le contrôle de disponibilité le 1er février 2008, le porte-parole des CPAS de Wallonie avait tout d’abord insisté sur le transfert de charge du budget fédéral vers les communes qui découlait des suspensions. Les CPAS reçoivent en moyenne 6.600 appels à l’aide de chômeurs exclus, rien que pour la Wallonie. De ces milliers de personnes, 46% ont obtenu de l’aide. L’étude menée par les CPAS faisait aussi apparaître l’inadéquation entre les attentes de l’ONEm et les capacités ou le niveau culturel des exclus: ce sont les moins qualifiés, les moins bien armés culturellement qui finissent à la trappe. Parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur veut, ou ne sont pas capables de se débrouiller seuls, d’écrire des lettres, de faire des recherche sur Internet, de se présenter, etc. Les plus qualifiés ont naturellement moins de mal à trouver du boulot, parce qu’ils peuvent plus facilement faire les démarches nécessaires, mais ont aussi plus de cordes à leur arc.

La FEB pour le contrôle des + 50 ans Comme de bien entendu, la Fédération des Entreprises de Belgique préconise un renforcement et un élargissement du contrôle de disponibilité. «Avec un taux d’emploi de 34% dans la tranche d’âge des plus de 55 ans, notre pays reste à la traîne au niveau européen. Un élargissement de la politique de suivi aux chômeurs âgés de plus de 50 ans s’impose donc», dit la FEB.

Le rapport conclut qu’une extension au + 50 «n’est Les plus qualifiés ont naturellement moins de mal à trouver du boulot, parce qu’ils peuvent plus facilement faire les démarches nécessaires, mais ont aussi plus de cordes à leur arc.


MENSUEL de la FGTB Spécial Elections sociales 2008 N°4 - MARS 2008 Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

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En route vers les élections sociales 2008

Un sentiment général d’être en sécurité Pourriez-vous m’indiquer, au moyen d’une note entre 1 et 10 votre perception globale de votre sécurité dans le cadre de votre profession actuelle (10 = parfaitement en sécurité et 1 = en très grande insécurité)?

Il ressort de l’enquête Dedicated Research, que seulement 2 à 7% des travailleurs se sentent en insécurité. Cela dépend naturellement du type de travail. Il est évident qu’un bureau recèle moins de risques qu’un atelier mécanique ou un chantier de construction. C’est sans doute le signe que votre CPPT a fait ce qu’il fallait. Mais cela ne doit pas faire faiblir votre vigilance. Car l’accident arrive quand on s’y attend le moins ou lorsque la routine - ou la pression du travail - fait un peu oublier les précautions élémentaires et les protections individuelles là où elles sont nécessaires.

1 à 3 En insécurité 4à5 6à7 8 9 10 En très grande sécurité

Les chiffres repartent à la hausse Ces chiffres représentent une augmentation de 2,5% par rapport à l’année précédente alors qu’au cours des cinq dernières, on avait enregistré une diminution constante. Notons que le nombre d’accidents du travail mortels dans les entreprises de moins de 50 travailleurs est particulièrement criant: 56 victimes, soit 56,6% du

total (contre 55,9% en 2005 et 51,8% en 2004)! Il y a donc une tendance à la hausse constante. Les accidents entraînant une incapacité permanente dans les entreprises occupant, en moyenne, moins de 50 travailleurs représentent 47,2% du total contre 44,6% en 2005.

Car les chiffres sont là: en 2006, on a relevé 185.000 accidents du travail, soit 600 à 840 accidents par jour selon que l’on compte 5 ou 6 jours/semaine. Parmi ces accidents: • 13.160 cas ont entraîné une incapacité permanente; • 82.400 cas ont entraîné une incapacité temporaire; • 68.932 accidents sans suites. • 178 accidents mortels dont: 79 accidents sur le chemin du travail

Objectif zéro accident: rêve ou réalité? Dans le bassin carrier du Tournaisi, comme ailleurs, l’objectif du «zéro accident» est à l’ordre du jour. Un objectif tout à fait louable, mais qui peut cacher un intérêt financier et qui peut aussi avoir quelques effets pervers. Nous en avons débattu avec Géry Potier de la carrière SCT et à Stéphane Gadenne de la cimenterie CBR. On parle beaucoup de l’objectif «Zéro accident». De quoi s’agitil?

Géry: Le but est d’arriver à réduire au maximum les accidents du travail. Chez SCT, nous sommes dans cette démarche avec, à la clé, un cadeau de 200 à 300e pour chaque travailleur si on atteint le cap de 500 jours sans aucun jour d’arrêt de travail pour cause d’accident. Je ne dénigre pas le fond, mais force est de constater que pour arriver à ce zéro accident, des gens continuent le travail même après un accident. Evidemment, si le compteur est remis à zéro à cause d’un travailleur, celui-ci se sent coupable vis-à-vis de ses collègues, il a donc tendance à minimiser. En tant que délégué syndical, ça me gêne fortement. Stéphane: Chez nous, nous n’avons pas la même pression puisqu’il n’y a pas de récompense à la clé. Il y a juste un tableau qui indique le nombre de jours sans accident. Quand un accident survient, une lumière bleue s’allume pendant 24 heures. Mais dans tous les cas, celui qui se blesse doit rester chez lui. Le travail adapté n’est pas la solution. Les travailleurs ne sont pas toujours conscients du fait que, s’ils n’ont pas une bonne convalescence, certaines complications

> BRU CHEVRON

Plein de petites améliorations grâce au dialogue Stéphane Gadenne et Géry Potier (à gauche): Il n’est pas normal qu’un travailleur qui se blesse se sente en plus coupable. On ne se blesse quand même pas par plaisir!

peuvent survenir dont certaines à vie. Mais est-ce que les entreprises mettent tout en œuvre pour arriver à cet idéal du zéro accident?

Stéphane: C’est vrai que la direction ne lésine pas sur les moyens préventifs. Si on lui présente en CPPT l’une ou l’autre amélioration, elle ne mégotte pas sur le matériel de sécurité. Il y a une analyse systématique de chaque accident et s’il y a des remèdes, ils sont apportés.

Géry: Chez nous aussi, il faut reconnaître qu’il y a une démarche de sécurité de la part de la direction, mais son objectif reste d’arriver au moins d’accident possible afin de voir sa prime d’assurance baisser. Mais lorsqu’un accident survient malgré tout, il est reconstitué afin d’être analysé. Lors de ces reconstitutions, nous veillons à ce qu’il y ait toujours un délégué aux côtés du travailleur afin d’éviter les pressions. Les gens se sentent rassurés de voir que leur délégué est près d’eux. Ils se sentent soutenus.

Dans le bassin carrier du Tournaisi, l’objectif Zéro accident est une préoccupation quotidienne.

«Faut pas se laisser faire, présentez-vous sur nos listes aux élections de 2004»: le franc-parler du secrétaire régional, feu Marc Bourguet, très proche des ouvriers nous a vite convaincu, dit Jean-Pierre LECOQ, délégué à Bru Chevron. On s’est porté candidats et on a été élu, haut la main». Rattachés aux instances de Spa Monopole, du même groupe, les deux mandats FGTB majoritaires ont obtenu depuis «plein de petites choses, de trucs différents». Ainsi, sur le plan de la sécurité, par exemple «des Stop visibles par les chauffeurs (transport externalisé à des firmes de la région, NdlR.); des protections et des cellules de sécurité empêchant de se prendre la main dans certaines machines. On a eu aussi un gros problème avec un cariste, un gars bien mais totalisant 12 accidents en 18 mois. On a obtenu son déplacement sans perte de salaire. Son emploi, confié à un autre, a été sauvé. Malgré les frictions, on a aussi obtenu de belles avancées dans les CCT: l’augmentation des primes d’équipe, celle du pourcentage du transport privé, etc.» «Notre direction immédiate - des chefs à l’ancienne - est assez ouverte. On parle la même langue. C’est plus difficile avec la direction générale à Spa. C’est toujours entre partie de poker menteur et parlementer, argumenter, essayer de persuader; ça arrive évidemment qu’on n’emporte pas la mise. La seule grève que l’usine n’ait jamais connue, en novembre 2005 - deux fois un jour -, n’a pas été de notre fait mais pour soutenir de manière solidaire le secteur alimentaire, qui a obtenu ce qu’il voulait. J’ai été moi-même étonné par la mobilisation: les gars étaient quasi tous présents au premier piquet à 6h du matin. C’était bon enfant, on a brûlé quelques vieilles palettes, symboliquement. Je me représente à ces élections de 2008 car je me suis pris au jeu: j’aime faire ça, c’est gratifiant. Les gens viennent me trouver; ils ont confiance».


En route vers les élections sociales 2008

Professions à risques L es risques professionnels sont naturellement liés au type de travail que l’on effectue. L’employé administratif court moins de risques qu’un ouvrier du bâtiment même si personne n’est à l’abri. Rappelons que tout accident sur le lieu ou le chemin du travail est un accident de travail. Une chute peut arriver à tout le monde, n’importe où. Ainsi il y a quand même eu près de 23.000 accidents chez les employés de bureau, c’est-à-dire su’ils comptent pour 14% des cas. Les ouvriers avec statut d’employé ou non, ou même

les ouvriers intérimaires, sont les principales victimes d’accidents du travail. Ils représentent 80% du nombre de cas recensés.

Certains secteurs sont plus dangereux. La construction et les secteurs qui travaillent le métal sont en première ligne. Suivis du transport. Le graphique ci-dessous indique les taux de fréquence pour les principaux secteurs de l’économie.

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«Une plus grande prise de conscience est un must» Vera Vandecasteele travaille chez AristA, un service externe spécialisé dans la prévention des risques du travail. Elle officie presque chaque jour comme conseillère en prévention adjointe et comme assistante du médecin du travail lors du contrôle de médecine du travail. À partir de son centre de services d’Ostende, elle visite essentiellement des PME dans une grande partie du littoral et de l’arrière-pays. Au sein d’AristA, elle dispose également d’une vaste expérience syndicale comme membre du CE (elle est également candidate en mai) et présidente de la délégation syndicale du SETCa. La sécurité du travail semble être un thème surtout important pour les ouvriers de production. Estimez-vous à vrai dire que les employés (et par exemple les cadres!) y accordent suffisamment d’importance? «Oui, tout de même, l’importance d’un bon poste de travail ergonomique est de plus en plus estimé à sa juste valeur par le personnel. Alors qu’autrefois, l’employeur n’accordait pas tellement d’importance à des postes de travail bien équipés, je vois à présent lors de mes visites que la situation s’est nettement améliorée et que dans la plupart des cas, les employés disposent de postes de travail bien équipés. L’employeur se rend compte que ses travailleurs prestent mieux dans de bonnes conditions de travail. Il est dès lors indispensable à ses yeux de s’atteler au bien-être sur le lieu de travail».

À quels risques propres aux employés êtes-vous le plus souvent confrontée? «En matière d’accident du travail, il est permis de dire que les risques – selon le travail à réaliser – sont négligeables.

Le pire est toujours possible mettre en place les mécanismes du syndicalisme de réseau», constate Jean Baldo.

Des efforts payants

ArcelorMittal. La sidérurgie. Un métier plein de pièges. En octobre 2002, une explosion à la cokerie provoque la mort de trois hommes. L’entreprise, le pays même, est sous le choc. «Beaucoup de mesures ont été prises, des plans ont été mis en œuvre. Les choses sont mieux contrôlées désormais, les statistiques le démontrent. Mais attention: la sécurité, c’est un éternel recommencement. Il faut s’en occuper à toutes les secondes de tous les jours. Le moindre relâchement de la vigilance peut déboucher sur une catastrophe.» Jean Baldo est le président «sécurité» pour les métallos MWB au sein d’ArcelorMittal Liège. Les faits viennent de lui donner raison: le 28 février dernier, une infiltration d’oxygène a été à l’origine d’un phénomène d’autocombustion qui a causé le décès de deux travailleurs intérimaires. «A priori, à ce stade de l’enquête, c’est d’abord la faute à pas de chance, explique Jean. Il va falloir, comme à chaque fois, tout décortiquer, tout

analyser. Peut-être pourrons-nous malgré tout en tirer des enseignements qui accroîtront encore la sécurité».

Intérimaires et soustraitants plus exposés Ce dernier accident est emblématique: de l’inexistence du risque zéro, d’abord, et des risques que courent, aussi et peut-être même plus, les sous-traitants et intérimaires. «En tous cas, nous ne voulons pas ici de sécurité à deux vitesses. Les travailleurs de la sous-traitance doivent avoir le même cadre de sécurité que les salariés de l’entreprise, explique Jean. Qu’il y ait ou non une structure syndicale chez le sous-traitant, nous prenons en charge les travailleurs complètement sur ce plan». Un seul chiffre suffit à comprendre ce combat: ArcelorMittal emploie grosso modo 3000 salariés à Liège, et les soustraitants sont un millier. «C’était, pour nous, une obligation vitale de

Mais la sécurité, au-delà des questions les plus graves, c’est aussi le quotidien des plus petits problèmes. Pour le moment, les responsables sécurité s’interrogent beaucoup sur les accidents lors des déplacements sur les sites. Depuis un an et demi environ, ils se sont accrus et comptent aujourd’hui pour 40% du total des accidents. Ce sont des chutes, des glissades qui provoquent fractures ou entorses. Représentants syndicaux et direction travaillent serré pour trouver les raisons de cette flambée et prendre les mesures nécessaires en matière de prévention ou de propreté. Tous ces efforts, malgré tout, payent. Le taux de fréquence chez ArcelorMittal Liège a été divisé par dix en quelques années. Un résultat spectaculaire, même s’il est encore insuffisant. «Le taux de fréquence, c’est le nombre d’accidents chômants multiplié par un million puis divisé par le nombre d’heures prestées, explique Jean. Il y a cinq ans, il était de 25. Aujourd’hui, il est de 2,5. Mais l’objectif est tout simplement d’arriver à zéro». Et c’est possible. Le 27 février dernier, le haut fourneau 6 de Seraing a été relancé. Les travaux de remise en route ont duré 299 jours avec, en moyenne, 270 travailleurs de diverses sociétés chaque jour sur le site. Soit un million d’heures de travail. Il n’y a pas eu un seul accident.

Jean Baldo Président «sécurité» ArcelorMittal MWB-FGTB

Afin de réduisituations métiques, il nous donner parpar exemple hauteur, du réet de l’emplad’ordinateur. néralement de réduire les

L’employeur se rend compte que ses travailleurs prestent mieux dans de bonnes conditions de travail. Il est dès lors indispensable à ses yeux de s’atteler au bien-être sur le lieu de travail

re le nombre de dicales problémafaut cependant fois des conseils au niveau de la glage de la chaise cement de l’écran Ceci permet gésupprimer ou de plaintes.

Je suis également frappée de voir qu’il n’est pas question d’avoir une politique en matière de stress dans les petites entreprises. L’employeur ne réalise pas qu’il est en fait également responsable de son entreprise comme conseiller en prévention. L’application d’une politique de stress est une tâche qui est trop souvent oubliée. Une plus grande prise de confiance constitue donc certainement un must en la matière».

Et dans les PME que vous visitez? «Il y a encore beaucoup de pain sur la planche dans tous les secteurs: élaboration, réalisation et suivi d’une politique de prévention. Les entreprises sans Comité pour la prévention et la protection au travail obtiennent évidemment les scores les plus bas. Personne n’est désigné pour s’atteler à l’application d’une telle politique et l’employeur proprement dit ne dégage pas de temps en la matière. Dans certains cas, une personne a suivi une formation, mais ne reçoit pas le temps nécessaire pour développer effectivement une politique de sécurité et de bien-être. Des mesures pour apporter des solutions à ce problème seraient donc plus que les bienvenues».


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En route vers les élections sociales 2008

Le syndrome du petit nouveau Dans votre travail actuel, considérez-vous être bien formé pour faire face aux risques d’accidents du travail?

> RICE CAKE FACTORY A TOURNAI

La chasse aux profits ne doit pas faire oublier la sécurité

N’a pas été formé et est inquiet; 6% Sans réponse; 2%

A été formé mais cela ne sert pas; 6%

N’a pas eu de formation mais il n’y a pas ou peu de danger; 25%

Est bien formé et se sent à l’aise; 61%

a formation, ou au moins l’information, sont des éléments de base de la sécurité et de la prévention des maladies professionnelles. Dans beaucoup d’entreprises, cela se passe très bien: il n’y a pas vraiment de problèmes. Dans d’autres, c’est moins évident. Par contre les statistiques font apparaître clairement que l’inexpérience est un facteur de risque important.

L

de risques que ceux de 20 à 29 ans et quatre fois plus que les 50-59 ans. • que 33% des accidents surviennent dans la première année de travail. Ce sont donc les derniers entrés qui sont les premières victimes. • que le statut intervient dans la fréquence des accidents: les intérimaires sont deux fois plus exposés que les autres travailleurs, surtout parmi les ouvriers et, pour eux, les accidents sont aussi plus graves.

On constate en, effet • que les jeunes de 15 à 19 ans courent deux fois plus

Ceci démontre l’importance de l’accueil des nouveaux venus et la nécessité de bien les informer des dangers, des procédures à suivre, des précautions à prendre.

Arrivé chez Rice Cake Factory (45 variétés de galettes de riz et coupefaims) en 2005, Patrick Drugmand est effectif FGTB depuis peu de temps. «Fort éveillé au social» par ses différents précédents métiers - dont celui d’éducateur en milieu d’aide à la jeunesse -, cet ancien prof de gym brûle de rempiler en mai prochain. Cette fois par le biais d’une élection en bonne et due forme. «Chef de service après trois semaines seulement», Patrick l’avoue sans ambages, il doit souvent se pincer pour se dire qu’il ne rêve pas tellement l’organisation du travail chez Rice Cake Factory est, disons, «singulière»... Située à Ghislenghien, en Wallonie, l’entreprise est née de la fusion des usines de Grammont et de Gand. «En août dernier, on s’est fait racheter par les Néerlandais de Continental Bakery (Dordrecht). La direction de Dordrecht caresse de gros projets d’automatisation, «qui pourraient tuer un certain type d’emplois». Et Patrick d’aborder «la priorité des priorités»: la sécurité. «On devrait progressivement former aux machines avant qu’elles n’arrivent. Mais, installées, elles tournent déjà au bout de 3 semaines», produisant désormais 600 galettes à la minute. «La chasse à la rentabilité engendre l’oubli de la sécurité la plus élémentaire. Pour aller plus vite, on passe par exemple le bras entre le système de moules mâle femelle où le riz est déposé, au risque d’y laisser un doigt ou une main». «Nous avons 3 accidents graves par an: doigts, main sectionnés. Récemment, c’était le cas d’une jeune mère de famille intérimaire sans aucune formation particulière. Même topo pour l’intérimaire la remplaçant trois semaines plus tard. On travaille avec des gants de… coton sur des lignes à 300°C (pression et chaleur combinées «soufflent» le riz imprégné d’humidité comme du pop-corn), presque au contact d’huiles brûlantes. Les travailleurs n’ont aucune protection sauf une voilette sur les yeux! Même si les nouveaux cadres n’apprécient pas de dépenser des sommes en grandes protections, j’ai fait prendre conscience que ça doit changer».

> ULB

Zéro accident malgré le manque de moyens L’université n’est pas une entreprise comme une autre. La sécurité des milliers de personnes qui se croisent chaque jour sur les campus de l’ULB est un enjeu essentiel. Chacun en est bien conscient et, en première ligne, nos délégués font preuve d’une vigilance de chaque instant. Le personnel de l’ULB relève de contrats privés mais dispose d’un statut de la Communauté française. Voilà pourquoi la CGSP y est présente et que des élections sociales se tiendront le 6 mai. Ce personnel recouvre principalement deux catégories : le personnel académique et le personnel administratif, technique, de gestion et spécialisé, appelé PATGS, et qui représente tous les corps de métier. Les premiers relèvent de notre secteur Enseignement, les seconds du secteur Parastataux. Chaque secteur a son comité exécutif mais les préparations ont lieu ensemble et un comité intersectoriel s’est mis en place afin de coordonner efficacement les revendications de tous les travailleurs.

Vétusté des locaux, amiante, peinture au plomb représentent de sérieux dangers et le manque criant de matériel fait grimper les risques potentiels. D’autant plus qu’en 15 ans, le nombre d’étudiants a doublé et est aujourd’hui de 20.000.

Henri Maricq, technicien en électronique, préside l’imposante délégation du PATGS et de la CGSP qui est majoritaire à l’ULB.

Esteban Martinez renchérit. Chargé de recherches, il représente le personnel académique. «Les auditoires sont surpeuplés,

A cadre stable, la masse de travail a considérablement augmenté et l’impécuniosité de l’Alma Mater a obligé de sabrer dans les dépenses de matériel et d’entretien. On ne s’occupe que de l’urgence et, dans certains locaux, l’état de délabrement est tel que des éléments tombent du toit…». «Nous sommes sur le fil du rasoir. Le budget de l’ULB est circonscrit dans une enveloppe fermée de la Communauté française.

les locaux sont vétustes et trop peu nombreux. Dans certains labos de chimie, faute de personnel d’encadrement, ce sont les techniciens qui remplacent les assistants chargés de cours. De plus, les 350 services que compte l’ULB se gèrent comme autant de PME aux conditions de travail et

de sécurité fort différentes. Pourtant, malgré le manque de moyens, la vigilance et la compétence des travailleurs a permis un taux zéro d’accidents. Et qui plus est, Henri, Esteban, Yves, Aline, Albert, Nadine et tous les autres militants de la liste de

la CGSP, ont réussi - malgré l’exigence d’une grande polyvalence - à maintenir le statut du personnel et surtout à l’améliorer afin d’y intégrer les chercheurs sous contrat et les boursiers. Plus personne n’est corvéable à merci et la légitimité du statut est préservée pour tous.»


En route vers les élections sociales 2008

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La sécurité, un chantier jamais terminé

Avec un CPPT, c’est mieux!

Casque sur la tête, prêt à enfiler ses gants de protection, Vincent Santagata parcourt la Wallonie de chantier en chantier, depuis Crealys, un zoning des Isnes, près de Gembloux. Technicien inspecteur électricien, il travaille chez Vinçotte, une société de vérification des directives et des normes internationales. Ce délégué principal SETCa déploie une grande jovialité mais reprend très vite son sérieux quand il s’agit de sécurité.

Si vous demandez à un patron à quoi sert «un Comité de Prévention et de Protection du Travail», il vous dira sans doute: «à me casser les pieds!». Quoi qu’il en pense, un CPPT est obligatoire au dessus de 50 travailleurs occupés mais certains patrons se croient malins en limitant leur personnel à 49. Pourtant, le rôle du CPPT n’est pas d’ennuyer le patron. Il contribue au contraire à améliorer la sécurité dans l’entreprise et à préserver la santé, et donc à réduire l’absentéisme. Les enquêtes menées en Europe et rendues publiques au cours d’un colloque organisé par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) montrent en effet que là où il y a des CPPT (ou l’équivalent), il y a plus de sécurité. Difficile de prouver chiffres à l’appui, qu’il y a eu moins d’accidents là où il y a un CPPT. On sait pourtant, et cela ressort des chiffres officiels du Fonds des Accidents du travail, qu’il y a plus d’accidents et qu’ils sont plus graves dans les petites entreprises.

«Le premier risque en électricité, ce sont les contacts directs. Pour effectuer certains contrôles, il faut ouvrir des tableaux électriques, et donc enlever les protections.» Pas le choix. Casques, gants, écrans faciaux, les équipements individuels sont indispensables. Aussi, quand un collègue vient trouver Vincent pour parler de ses doutes sur des chaussures qui ne permettent pas de bien sentir les supports sur lesquels il marche, il l’écoute attentivement. «Une fois par mois, je répercute ces préoccupations devant le Comité pour la prévention et la protection du travail (CPPT). On a déjà amélioré certaines situations.» Et quand la situation l’exige, le rendez-vous est vite pris

avec la direction. «En matière de sécurité, on est tous sur le même bateau». Des accidents? «Il y en a finalement assez peu. Sur un chantier, nous devons compter sur les gens qui se trouvent sur place, pour tenir l’échelle, nous éviter des planchers percés… Même sûrs de nous, comme on dépend des autres, il y a toujours des risques». Sur des terrains glissants car jonchés de boue, dans des bâtiments en démolition-reconstruction, le risque zéro n’existe pas. «On évite beaucoup d’erreurs grâce à des formations régulières. Des consignes sont transmises régulièrement à tous les techniciens. On remplit ensuite

un questionnaire. Si quelqu’un n’a pas bien intégré une procédure, il n’est pas sanctionné, mais on lui réexplique». Pour augmenter la sécurité, le délégué, candidat aux élections sociales, propose une recette: «Premièrement, évitons de prester trop d’heures supplémentaires coup sur coup. Après 12 heures de travail, la fatigue fait tomber la vigilance. Deuxièmement, réfléchissons en permanence au meilleur matériel de protection. Enfin, n’oublions pas le risque de la route. Quand on sait que certains roulent jusqu’à 60.000 km par an, on se dit que des kits mains libres et des GPS permettraient de se consacrer davantage à la sécurité des trajets.»

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Même sûrs de nous, comme on dépend des autres, il y a toujours des risques

«Tout est une priorité, toujours négocier, toujours poursuivre la discussion» Dans l’entreprise textile Domo à Gand, le bien-être des travailleurs est la priorité quotidienne de nos délégués. «Grâce à l’application de notre équipe FGTB, plusieurs réalisations ont été obtenues au cours des 4 dernières années», expliquent Eric Balliu et Freddy Van Wassenhove, tous les deux membres du Comité pour la Prévention et la Protection.

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Dans la division heat-set, où, par le biais de la chaleur, les fils de tapis reçoivent un traitement thermique supplémentaire, la température est toujours très élevée et peut, en été, facilement atteindre 40°C ou plus. Plusieurs systèmes de refroidissement et d’aspiration ont été examinés après que des mesurages aient été effectués. Il y a des pauses supplémentaires pendant l’été et des bouteilles d’eau sont prévues.

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Taux de gravité réel

On voit ainsi clairement que le pic des accidents concerne les entreprises occupant entre 20 et 99 travailleurs pour ce qui est de la fréquence, mais c’est dans celles de 20 à 49 travailleurs que l’on compte les accidents les plus graves. Les enquêtes européennes montrent trois choses: 1°) Dans les entreprises avec un CPPT, la qualité de la prévention des risques chimiques et biologiques et des risques liés au bruit est supérieure. Ceci est notamment lié au fait que les travailleurs y disposent plus systématiquement de protections individuelles (masques, combinaisons, boules Quiès, etc.) 2°) Les politiques de prévention sont beaucoup plus actives dans les entreprises avec un CPPT. Et pour cause: il y a des procédures à respecter, un Plan annuel de prévention à établir, des réunions régulières employeur-délégués. 3°) Le CPPT renforce la connaissance et la perception des risques. On peut se dire, à propos de ce résultat, que les travailleurs sont plus inquiets par rapport à leur travail, mais – et c’est positif – ils sont plus prudents.

Mais il n’y a toujours pas de solution satisfaisante pour ces problèmes. Eric et Freddy continuent à aborder cette problématique pendant les réunions du CPPT. Dans la division Floor, où on fabrique du revêtement de sol en vinyle, plusieurs problèmes ont été solutionnés résolus au cours des dernières années. La concentration de CO était beaucoup trop élevée dans le magasin. Grâce à la FGTB, une installation d’aspiration a été mise en place et chaque année, les travailleurs de cette division passent un examen

sanguin pour contrôler le taux de CO. Dans la cuisine à pâtes où on compose les pâtes pour la production du vinyle, on a prévu, suite à une analyse des risques, de meilleurs équipements de protection individuelle comme des masques et des gants. En effet, certains travailleurs étaient allergiques aux émanations produites par les pâtes chauffées. Dans le hall d’impression, on a prévu d’installer très prochainement un système ergonomique à rails et de levage pour épargner le dos des travailleurs lorsqu’ils déplacent les tonneaux. Dans la division des fibres discontinues, il y a moins de fumée et les températures y sont plus agréables grâce aux grilles de ventilation supplémentaires. Les vestiaires et les douches sont en rénovation, ce qui ne peut qu’améliorer le confort des travailleurs.

C’est avec le chef de division qu’Eric Balliu résoud les problèmes plus «modestes». Pour que les dossiers plus importants soient la priorité aux réunions du CPPT.

Pour les délégués FGTB, l’intérêt des travailleurs est primordial. Si, pour des raisons médicales, quelqu’un a des difficultés à exécuter son travail normal, on recherche, de concert avec le médecin de travail, des alternatives au sein du CPPT. Ainsi, l’intervention des délégués FGTB a pu déboucher sur l’affectation du travailleur à un poste un emploi adapté. Eric a également l’habitude de résoudre les problèmes plus modestes – mais qui ne sont pas moins importants pour autant négligeables – avec le chef de la division de sorte que les dossiers importants plus grands soient traités prioritairement aux réunions du CPPT. «Le secret d’un bon fonctionnement au niveau du CPPT? Tout est une priorité, toujours négocier, toujours continuer la discussion. S’appliquer au quotidien et faire preuve de sérieux. C’est le seul moyen pour gagner le respect des travailleurs et de l’employeur», concluent Eric et Freddy.


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En route vers les élections sociales 2008

> REACH

Les produits chimiques sous surveillance e 1er juin 2007, le Règlement REACH (acronyme anglais qui se rapporte à l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation des substances chimiques) est entré en vigueur dans l’ensemble de l’Union européenne. Il a pour objectif d’assurer un niveau élevé de protection de la santé et de l’environnement, notamment en améliorant la connaissance et l’information sur les produits chimiques. REACH concerne non seulement l’industrie chimique mais aussi toutes les entreprises qui utilisent des substances chimiques. Votre entreprise est donc certainement concernée, d’une façon ou d’une autre, par ce Règlement. REACH permet aux délégués de vérifier si les substances utilisées sont ou non dangereuses pour la santé et de proposer soit des mesures de protection, soit l’utilisation de produits alternatifs non-ou moins-toxiques.

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Syndicat rime avec climat Vous n’êtes ni rouge, ni bleu ni vert, enfin pas très intéressé par le travail syndical? Votre truc, c’est l’écologie? Bienvenue au club alors. Parce que syndicat rime aussi avec climat. Le CPPT est en effet aussi compétent pour les questions d’environnement. Cela peut concerner les produits utilisés dans les processus de fabrication ou les produits d’entretien; la gestion et le recyclage des déchets; les émissions de gaz à effet de serre ou les rejets dans la nature; les économies d’énergie, de papier; les labels verts des produits utilisés dans l’entreprise; les aménagements extérieurs, etc. Il y a là beaucoup de pain sur la planche pour ceux qui veulent sauver la planète.

La FGTB a mis sur pied, dans ses interrégionales, des équipes spécialisées en matière d’environnement et de mobilité qui informent, forment et aident les délégués à mieux cerner les problématiques environnementales et de mobilité pour proposer des solutions sur mesure dans leur entreprise ou leur service. Et puis la FGTB intervient dans le débat pour un développement durable et a fait de nombreuses propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et réduire la facture énergétique des ménages. La FGTB propose, par exemple, de financer un fonds qui avancerait aux ménages à faibles revenus l’argent des travaux pour isoler leur maison et qui se rembourserait sur les économies d’énergie réalisées.

> PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT, C’EST BON POUR LA SANTÉ

«Le produit chimique nocif a immédiatement été retiré du processus de production» L’entreprise Deslee Textiles de Zonnebeke est une entreprise textile qui occupe 302 travailleurs. On y produit des tissus tissés et tricotés pour matelas et rideaux, depuis les matières premières jusqu’à la livraison chez le client. Comme chaque entreprise, la direction de Deslee Textiles a cherché des moyens pour innover et améliorer ses produits. Il y a deux ans, elle a décidé d’intégrer un nouveau produit chimique dans le processus de production afin d’optimaliser la qualité du tissu pour matelas. Ça a réussi, mais la solution nuisait à la santé des travailleurs. De plus en plus de travailleurs présentaient des irritations et des allergies qui se manifestaient sous forme de grandes plaques rouges sur le torse et le visage. Un examen a démontré que ces allergies étaient dues à utilisation - tant sous forme sèche que mouillée - du produit chimique. «L’absentéisme dans l’entreprise augmentait à cause des problèmes de santé des travailleurs», raconte Linda Casteleyn, déléguée de la FGTB au sein de l’entreprise. Grâce à l’intervention de la FGTB, tous les jours de carence qui étaient le résultat de cette pathologie ont été indemnisés. Le ticket modérateur a également été remboursé pour tous les frais médicaux qui en découlaient. La qualité de l’air était continuellement mesurée, mais les résultats ne présentaient pas d’anomalies. Après quelques analyses, il s’est avéré que 2 composantes du produit chimique causaient les allergies. Sur ce, l’employeur a immédiatement retiré le produit du processus de production et a mis fin au contrat avec le fournisseur. Mais les travailleurs continuent à avoir des irritations. L’ensemble de délégués FGTB a insisté auprès de la direction pour qu’elle installe un système d’aspiration d’air, ce qui a été approuvé récemment. Les délégués veulent également organiser une enquête sur le bien-être au travail pour détecter plus facilement les problèmes.

«Pas d’autorisation environnementale, pas de jobs» La préservation de l’environnement, voilà encore un sujet directement lié à la sécurité et la santé. François Borghmans nous explique le rôle joué par le syndicat dans ce contexte. Il est délégué syndical auprès de la société chimique Degussa-Evonik d’Anvers. Mais avant tout, il nous parle d’une expérience très marquante. François Borghmans: L’explosion d’un entrepôt de nitrate dans la société AZF de Toulouse m’a profondément marqué. C’était en 2001 et nous nous sommes alors rendus sur place avec un groupe de délégués FGTB, à l’initiative de notre secrétaire fédéral, Paul Lootens. Vraiment horrible. Il y avait 31 morts et quelques milliers de blessés. Le ravage a été énorme, pas seulement dans l’usine, mais aussi dans la périphérie. Lorsque vous voyez quelque chose de ce genre, vous comprenez l’importance de la sécurité et de la protection de l’environnement. Avant, on disait un peu vite que les règles environnementales coûtaient des emplois. C’est une fausse opposition. Les sociétés doivent s’occuper de l’environnement, tout comme elles doivent s’occuper d’emplois de qualité. D’ailleurs, aujourd’hui, l’emploi n’est véritablement mis en danger que lorsqu’une société perd son autorisation écologique parce qu’elle ne respecte pas les règles. Que font les délégués syndicaux à propos de la protection de l’environnement?

François Borghmans: En tant que délégués, nous devons savoir comment notre société se conduit vis-à-vis de l’environnement. Le sol n’est-il pas pollué? Comment

les eaux usées sont-elles déversées? Où en sommes-nous avec les émissions de CO2? Chaque année, le coordinateur environnemental doit présenter un rapport. Chez nous, nous avons réussi à avoir une réunion spécifique, en dehors des réunions ordinaires du Comité de Prévention et Protection au Travail (CPPT). Nous sommes alors assistés par les environnementalistes de la FTGB, car naturellement, vous ne pouvez pas attendre que tous les délégués soient aussi des experts en environnement. Mais ils doivent quand même savoir de quelles autorisations écologiques leur société a besoin et si tout est en ordre à ce niveau.

«Avant, on disait un peu vite que les règles environnementales coûtaient des emplois. C’est une fausse opposition.»

Les sociétés font-elles suffisamment d’efforts en matière de sécurité?

François Borghmans: Les normes et les règles sont respectées, certainement dans une société chimique comme la nôtre. Mais la direction ne fait que ce qui est légalement obligatoire, elle ne prendra jamais les devants. Il faut qu’il y ait d’abord un accident pour qu’elle se décide à consacrer de l’argent pour plus de sécurité. Un exemple?

François Borghmans: Nous avons longtemps insisté sur les échafaudages dans notre société. Aujourd’hui, il y en a beaucoup, mais il a fallu qu’un accident survienne d’abord. La même chose s’est présentée avec le placement des grilles. Il n’y a pas si longtemps que ça, les travailleurs en hauteur utilisaient un élévateur alors qu’une grue était nécessaire. J’ai fait arrêter les travaux et exigé qu’il y en ait une. Les employeurs ne pensent qu’au coût. A ce niveau-là, en tant que syndicat, on ne peut pas céder. La santé n’a pas de prix.

Le ravage après l’explosion chez AZF à Toulouse. «Lorsque vous voyez quelque chose de semblable, vous comprenez l’importance de la sécurité, mais aussi de la préservation de l’environnement.» De gauche à droite: Sandrine Robitaille, Linda Casteleyn et Sandrina Bollaert.


En route vers les élections sociales 2008 > SIDERURGIE

Maux de dos, mauvaises nuits et agressions verbales: les maux du siècle traversent l’entreprise Parmi les différents types d’agressions, d’accidents ou de désagréments auxquels vous auriez pu être personnellement confronté dans votre travail, quels sont ceux auxquels vous avez été exposé au cours des 12 derniers mois? • Maux de dos, mal au cou • Problèmes de sommeil liés au travail • Problèmes de santé liés au stress ou à l’intensité du travail • Agression morale de la part d’une personne extérieure • Agression physique de la part d’une personne extérieure • Problèmes liés au bruit ou aux vibrations

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48% 35% 23% 20% 13% 15%

Etre vigilant à tout instant Valère travaille dans une entreprise du secteur sidérurgique qui compte 650 travailleurs dont 480 ouvriers. Il a commencé dans l’usine en 1972.

vail est très mal insonorisé. La délégation syndicale a obtenu des bouchons auditifs beaucoup plus efficace que le système précédent. Le bruit est à la fois une nuisance pour la santé mais également un facteur de stress.

Le danger est le lot quotidien des travailleurs. Sans le travail syndical mené jusqu’à présent, le risque serait plus grand. Grâce à ce travail, des améliorations ont été obtenues. Cela n’a pas été évident, il a fallu du temps. Bien évidemment, il reste encore du pain sur la planche.

- Le casque. Les travailleurs portaient des casques assez lourds qui finissaient souvent par tomber. Dans ces conditions, il n’était pas évident de travailler. Finalement, les travailleurs ont obtenu des casques un peu plus légers.

Pour Valère «la sécurité n’est pas la préoccupation majeure de l’entreprise». L’objectif de rendement prime sur la sécurité des travailleurs. Tout est rationalisé, y compris le volet sécurité et santé. Des économies de bouts de chandelle sont faites au détriment du bien-être des travailleurs.

- Les lunettes de travail. Elles protègent contre les éclats de poussières. Les travailleurs n’avaient droit qu’à une seule monture. La délégation syndicale a obtenu la possibilité d’avoir trois montures différentes et plus confortables.

De nombreuses améliorations ont toutefois été apportées durant ces années de militantisme. Voici quelques exemples:

- L’adaptation de l’outil de travail à l’homme et non pas l’inverse. Et ce, dans un objectif de protection collective, destinée à l’ensemble des travailleurs.

- Le Bruit. L’environnement de tra-

La rationalisation des coûts se fait

ressentir à tous les niveaux. Valère cite l’exemple des machines. «Faire des économies en ne nettoyant pas régulièrement les machines peut avoir des conséquences néfastes pour les travailleurs. Des fuites de graisse sur les machines peuvent provoquer des accidents». La FGTB a obtenu qu’un nettoyage régulier se fasse. En outre, une mauvaise gestion de l’espace de travail constitue également un facteur de risque d’accident. L’exiguïté de l’usine met en évidence cette problématique. Les stocks s’entassent par manque de place. Ce qui peut provoquer des accidents. Sans oublier le volet formation. Une bonne formation de départ est un outil préventif efficace. Or, celle-ci est souvent expédiée, et ce, encore une fois, dans une logique de productivité et de rendement. Les délégués sont au quotidien à l’écoute des préoccupations des travailleurs. Leur souci majeur étant, entre autres, de veiller aux bonnes conditions de travail dans l’usine.

Le dos en compote? Selon notre sondage, près d’un travailleur sur deux souffre de douleurs musculaires au dos et au cou. C’est même plus que ce que laissent entendre les enquêtes et études disponibles à ce jour.

Le danger est le lot quotidien des travailleurs. Sans le travail syndical mené jusqu’à présent, le risque serait plus grand.

Le mal de dos fait partie de ce que l’on appelle les troubles musculo-squelettiques (TMS). Ceux-ci touchent généralement le dos et les membres supérieurs: épaules, coudes, avant-bras, poignets. Ils touchent quasiment tous les secteurs d’activité, les ouvriers comme les employés.

Les principales causes ✓ la manipulation de charges lourdes sollicitant de manière importante les muscles de la main, du bras ou de l’épaule; ✓ la répétition fréquente de mouvements et de gestes identiques comme cela peut être le cas du travail à la chaîne; ✓ le travail prolongé dans une même posture; ✓ des pressions mécaniques locales dues par exemple à l’utilisation de gants trop étroits ou au fait de frapper des outils de la paume de la main; ✓ l’utilisation d’outils qui provoquent d’importantes vibrations (comme par exemple les foreuses); ✓ les basses températures en hiver et dans les chambres frigorifiques.

Les femmes moins exposées

Une combinaison de ces facteurs accentue bien sûr le risque de surcharge.

Mieux vaut prévenir que guérir! Les troubles musculo-squelettiques sont difficiles à soigner, surtout si les situations qui en sont la cause ne changent pas. De plus, les lombalgies et les affections musculo-squelettiques sont difficiles à faire reconnaître comme maladie professionnelle.

• adapter le poste de travail, améliorer l’ergonomie; • adapter le travail ou l’organisation du travail: il suffit parfois d’un peu de jugeotte ou d’écouter les travailleurs, de revoir certaines procédures, pour exécuter les mêmes tâches de manière moins pénible; • organiser des séances de formation et d’information. Certaines solutions sont toutes simples mais tout simplement ignorées: comment soulever une charge sans se casser les reins, comment placer son écran pour ne pas se tordre le cou, etc…

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La prévention est donc le meilleur remède contre les TMS mais cela suppose une bonne évaluation des risques et c’est là un job pour votre CPPT. C’est sur base de cette évaluation que des mesures de prévention pourront être prises. Ces mesures peuvent être les suivantes:

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Femmes Hommes

Les hommes et les femmes sont égaux mais ils ne travaillent pas nécessairement dans les mêmes secteurs. Il y a des secteurs plus masculins et des secteurs plus féminins. Les risques sont donc différents. On constate cependant que les hommes étant plus nombreux dans les secteurs de production (en gros les usines), ils sont plus exposés que les femmes. Les proportions s’inversent dans les secteurs à forte présence féminine comme le nettoyage.


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En route vers les élections sociales 2008

> UBOT - TRANSPORT ROUTIER & LOGISTIQUE

Plus de sécurité sur les parkings = plus de sécurité sur la route A l’automne 2007, nous avons été à la une de l’actualité avec notre livre noir concernant la sécurité sur les parkings, explique Frank Moreels, Secrétaire fédéral de l’UBOT secteur Transport routier & Logistique, de l’UBOT. Comme centrale professionnelle couvrant le secteur des transports, il était de notre devoir de dresser un inventaire des problèmes qui se posent sur les routes, plus particulièrement en ce qui concerne la sécurité sur les parkings.»

«

«En vertu de la réglementation européenne, les chauffeurs sont obligés de prendre une pause toutes les 4 heures et demie et de prendre en principe leur repos journalier après 9 heures de route. Ce repos, ils doivent pouvoir le pren-

dre dans des conditions décentes, c’est-à-dire sur des parkings: • qui garantissent le calme et la sécurité nécessaires (non seulement la sécurité du chargement et du camion, mais aussi celle du chauffeur); • qui offrent un confort suffisant (équipements sanitaires, possibilités de détente…); • où ils peuvent manger et boire quelque chose pour un prix démocratique.» «Afin de contrôler si les parkings actuels répondent aux critères de qualité élémentaires, nous avons pris nous-mêmes la route. Au cours de la période du 1er juin 2007 au 31 août 2007, nous avons contrôlé avec l’aide de nos militants pas moins de 66 parkings, situés aussi

bien en Flandre qu’en Wallonie. Chaque visite était l’occasion de compléter un questionnaire. Ces questionnaires ont servi de base à l’établissement de notre livre noir.» «Dans notre livre noir, nous faisons cinq constats: 1. Sur la route, le coût de la vie est fort cher. 2. Le manque d’installations adéquates rend problématique l’hygiène personnelle pour les chauffeurs professionnels. Pour les femmes chauffeurs, le problème est encore plus aigu. 3. Il y a un manque de places de parking le soir et la nuit. 4. Le confort sur les parkings est principalement un problème européen. 5. Actuellement, la sécurité personnelle des chauffeurs ne semble pas être une priorité. Si surveillance sur les parkings il y a, elle ne vise certainement pas le bien-être des chauffeurs.» Grâce à notre action et à notre livre noir «Parkings sécurisés», nous avons réussi à attirer l’attention des instances compétentes sur un des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les chauffeurs. Nous continuerons à taper sur ce clou jusqu’à ce que tous les parkings soient mieux sécurisés pour nos chauffeurs, sans qu’ils doivent payer eux-mêmes la facture de la sécurisation et de l’amélioration des installations sanitaires.»

Plus d’info sur le site de la FGTB: www.fgtb.be Ou sur www.es2008.be Surfez également sur le site des centrales professionnelles FGTB: www.accg.be www.setca.org www.mwb-fgtb.be www.cgsp.be www.horval.be www.ubot-fgtb.be

Parkings saturés, chers et pas sûrs Alain De Swarte et Dennis Lauwers, deux chauffeurs professionnels chevronnés, connaissent parfaitement les dangers et les désagréments du métier. En ce qui concerne les parkings, ils sont unanimes: saturés, trop chers et sécurité insuffisante. «Lorsque le parking est plein, nous ne pouvons pas continuer jusqu’au parking suivant sous peine d’enfreindre la législation sur les temps de conduite et de repos», nous dit Dennis. «Parfois, on tombe sur un agent facile qui ferme les yeux quand on dépasse le temps de conduite d’un quart d’heure, mais ces derniers temps, les contrôles sont devenus plus sévères.» «Parfois, je continue quand même ma route lorsqu’il est vraiment trop dangereux de me garer», ajoute Alain. «Je sais que je risque une amende, mais je préfère ça à risquer ma vie.» Alain a déjà été victime d’un vol à Bourg-en-Bresse en France. Le voleur lui a chipé son GSM, son portefeuille et ses souliers. «Pour que je ne me lance pas à sa poursuite.» Il a reçu une indemnisation de l’assurance pour son GSM, mais celle-ci ne couvrait qu’une partie du prix. Et tout bien considéré, il s’en est encore bien sorti. Un de ses collègue a eu moins de chance. Il a été arrêté avec son camion rempli de whisky près de Reims par une bande de gangsters. Ils ont mis le feu au camion et ont forcé le chauffeur à monter dans leur voiture. Arrivés à l’autre bout de Paris, ils l’ont jeté dehors. Il en a gardé un profond traumatisme. Les enlèvements et les séquestrations semblent être chose courante en France. Dennis et Alain soulignent que les chargements sont mieux sécurisés et mieux assurés que les chauffeurs. «Pour les objets qui éveillent les appétits des voleurs, certains donneurs d’ordre sont disposés à faire un effort supplémentaire pour améliorer la sécurité, d’autres pas», estime Alain. «La saturation des parkings a commencé avec l’ouverture des frontières européennes. Les terrains de parking n’ont pas suivi cette évolution», ajoute Dennis. «Trop peu d’espaces disponibles? Faites-moi rire! Et les grandes surfaces et les centres commerciaux alors? Mais c’est vrai, ceux-ci rapportent gros.»

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SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

> POINT DE VUE

> REGARD SUR LES CONGRÈS PROFESSIONNELS - n°3

Les travailleurs ont-ils eux aussi droit à 2,5 milliards d’euros?

Les délégués se penchent sur l’avenir de leur secteur

«Only in Belgium», c’est sous ce titre que les autorités belges mènent une campagne envers les entreprises étrangères afin de les attirer chez nous. Il y a notamment un petit film qui montre toutes ces choses qui n’existent exclusivement qu’en Belgique: ainsi, on y voit Lucky Luke, ou la célèbre pipe de René Magritte accompagnés de sommes mirobolantes à plusieurs zéros. Venez en Belgique, c’est le message, ici l’argent se ramasse à la pelle. Ce qui est visé ici, ce sont principalement les intérêts notionnels, cet ingénieux système qui permet aux entreprises de faire de grosses économies sur leurs impôts. La situation est telle qu’il suffit d’un peu de créativité pour être deux fois gagnant. On parle alors de ‘Double dip’, et en plus, c’est tout à fait légal. Ce système a déjà coûté aux caisses de l’Etat 2,5 milliards d’euros. Soit cinq fois plus que ce qui avait été initialement prévu. Et les travailleurs? Est-ce qu’ils reçoivent aussi 2,5 milliards d’euros? Bien sûr que oui vous répondront les employeurs et leurs amis politiques néolibéraux. Nous bénéficions tous de la diminution d’impôts par le biais des investissements et des nouveaux emplois. Ah oui? Nous bénéficions donc d’un service en retour? Pourquoi cela ne figure-t-il pas dans la loi? Pourquoi les intérêts notionnels ne sont-ils pas liés à l’obligation de créer des emplois? Encore des promesses en l’air, et les exemples ne manquent pas. Nous vous en donnons deux. «Gates Europe» a fait en 2006 un gain de 12.700.000 euros. Les intérêts notionnels ont rapporté une déduction d’impôts de 1.700.000 euros. Il restait encore 572.000 euros d’impôts à payer. Et l’emploi? Il a diminué de 31%. «Randstad Financial Services» a réalisé l’année dernière un bénéfice de 19.000.000 euros et grâce aux intérêts notionnels, elle n’a pas payé un seul centime d’impôt. Là, il y a bien eu un effet sur l’emploi: en tout et pour tout, 2 nouveaux jobs ont été créés. 2,5 milliards pour les intérêts notionnels, jusqu’à présent, car il n’y a pas de limite à ce cadeau paradisiaque. Pour ce qui est du soutien du pouvoir d’achat, c’est autre chose. A cet effet, le gouvernement veut bien lâcher 300 millions, mais pas un euro de plus. C’est un scandale social. Nous n’en restons pas là. Au cours des semaines à venir, nos délégués en conseil d’entreprise vont demander à leur société de quelle manière les intérêts notionnels vont être utilisés: pour plus de sécurité, pour de la formation, pour du pouvoir d’achat ou encore pour des emplois. Car si l’avantage ne sert pas à cela, il faut soit le supprimer, soit revoir la loi en profondeur.

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Des congrès professionnels se tiennent dans tous les secteurs de la Centrale Générale – FGTB. Dans notre série d’articles, nous cherchons ce qui se vit à la base. Que veulent entreprendre les délégués afin d’améliorer la situation dans leur secteur? A l’approche des élections sociales, c’est une bonne chose que d’être au courant. Vous trouverez sur notre site plus d’informations et de photos de nos différents congrès professionnels: www.accg.be.

> MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Travail adapté? Vigilance Pour la première fois, un congrès professionnel commun «matériaux de construction» était organisé à l’intention des briqueteries, des tuileries, des entreprises de production de fibrociment et de l’industrie du béton. Un concept qui s’inscrit parfaitement dans l’idée du «syndicalisme sans frontières». Les délégués des différents secteurs concernés ont déterminé ensemble leurs positions, sans perdre de vue les particularités de chacun. Deux thèmes ont particulièrement retenu l’attention des délégués. Il s’agissait de «l’environnement et de l’énergie» et de «l’amiante et la silice». La santé des travailleurs est et reste une priorité absolue. Du bon travail a été accompli au cours des 4 années écoulées, ce point fait l’unanimité auprès des délégués. Dans certains secteurs, les choses ont été plus rapides que dans d’autres. Des accords acceptables ont été conclus, mais il reste encore beaucoup de défis.

ou de l’introduction d’un congé d’ancienneté sectoriel.

La formation reste également une priorité

Autre constatation, les travailleurs qui sont victimes d’un accident de travail reçoivent de plus en plus un travail adapté, de manière structurelle. Les délégués veulent tenir ce phénomène à l’œil.

Chaque travailleur, qu’il soit domicilié en Flandre, à Bruxelles ou en Wallonie, doit pouvoir bénéficier d’une formation professionnelle au niveau du secteur ou de l’entreprise.

Environnement – énergie et amiante - silice, ont occupé une place importante dans le congrès des matériaux de construction.

Les délégués veulent voir dans les années à venir une réelle amélioration du pouvoir d’achat dans tous les secteurs. Mais les employeurs devront aussi tenir compte des exigences spécifiques à chaque secteur. Il s’agit par exemple de la suppression du jour de carence

> PRODUCTION DE PAPIER

(17 mars 2008)

Sauver les conditions de travail Lors de son congrès professionnel, le secteur de la production du papier en a profité pour tirer la sonnette d’alarme. Et il est vrai qu’entre des conditions de travail de plus en plus déplorables, une baisse du pouvoir d’achat et un nombre alarmant d’accidents du travail, il y a de quoi! Jacques Michiels Secrétaire général

Alain Clauwaert Président

Adaptation des salaires en mars 2008 Vous trouverez ci-dessous les secteurs de la Centrale Générale – FGTB pour lesquels les salaires ont été adaptés au 1er mars 2008. Seuls les secteurs où des changements sont intervenus sont mentionnés. Des informations détaillées sont disponibles sur le site de la Centrale Générale: www.accg.be. Mars 2008 N° commission Secteur paritaire

Type d’adaptation

Augmentation des salaires +1%

102.01

Petit granit Hainaut

Indexation salaires minimum et réels

102.02

Petit granit LiègeNamur

Indexation salaires minimum + 1 % et réels

102.03

Porphyre

Indexation salaires minimum + 1 % et réels

102.04

Grès et royaume

102.05

Kaolin et sable

Indexation salaires minimum + 1 % et réels

102.07

Tournaisis

Indexation salaires minimum + 1 % et réels

102.09

Chaux-calcaire

Indexation salaires minimum + 1 % et réels

Tandis que le secteur connaît de nombreuses restructurations et une baisse importante de l’emploi, l’intérim y occupe une place de plus en plus importante. Ainsi aujourd’hui, chaque entreprise dispose de son propre bureau d’intérim dans ses locaux. L’intérim est pratiquement devenu aujourd’hui la seule porte d’entrée du secteur. Une situation que dénoncent les délégués qui s’inquiètent également de la hausse importante du

nombre d’accidents du travail. Près d’un tiers des ouvriers a été victime d’un accident du travail, et ce, malgré une sous-déclaration évidente du nombre d’accidents du travail. Mais un autre mal ronge le secteur: la dégradation des conditions de travail. Le témoignage d’Angela Lapuglia, déléguée chez CATALA est très représentatif: «Chez nous, il y a une énorme pression depuis que

quartzite Indexation salaires minimum + 1 % et réels

106.01

Ciment

Indexation salaires minimum + 0,5882 %

106.03

Fibrociment

Indexation salaires minimum + 2 % et réels

114

Briqueteries

Indexation salaires minimum + 0,5 % et réels

116

Industrie chimique

Indexation salaires minimum + 2 % et réels

117

Industrie et commerce Indexation salaires minimum + 0,5882% du pétrole

142.03

Récupération du papier

Indexation salaires minimum + 2 % et réels

Angela Lapuglia, aux côtés de ses collègues eux aussi délégués chez CATALA: «La direction en profite vraiment pour instaurer sa loi! Soit elle change les gens de poste, soit elle les harcèle. Dans les deux cas, ça ne peut plus durer!»

les travailleurs peuvent bénéficier d’un 4/5e. On assiste à une dégradation des conditions de travail. La direction en profite vraiment pour instaurer sa loi ! Soit elle change les gens de poste, soit elle les harcèle. Dans les deux cas, ça ne peut plus durer! On nous a donné quelque chose, mais en échange, on nous pousse à bout. Ca crée des tensions et ça devient invivable. Même des gens qui ont travaillé 40 ans à la même place ont été changés quand ils ont pris un 4/5e. Et c’est la même chose quand on interrompt le travail pour cause de maladie: au retour, on n’est pas sûr de retourner sur son poste de travail. Plus grave encore, il y a quelque temps, l’entreprise a fermé tout un service, les travailleurs ont été reclassés ailleurs, mais en changeant complètement les horaires et les pauses. Vous imaginez les gros problèmes d’organisation que cela a suscité.» On le voit, les délégués du secteur ont du pain sur la planche, mais comme le disait Théo Mewis, délégué chez SAPPI: «Nous avons de plus en plus de mal, mais le top management ne se gène pas pour afficher des avantages extravagants. Il faut que ça change»


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MÉTAL

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

> POINT DE VUE

Sauver les riches! Reynders ne sera pas Premier. Il veut se venger de cet échec personnel en asphyxiant l’Etat. Services publics, travailleurs, usagers les plus faibles vont casquer! Les fédérations patronales interprofessionnelles sont prêtes à l’aider. Pour le remercier du cadeau pharaonique des «intérêts notionnels»? Cette gabegie a déjà coûté 2,4 milliards et ce n’est qu’un début! Là, «l’homme qui parle à l’oreille des riches» s’occupe d’une nouvelle réforme de l’IPP. Son objectif: en ruiner la progressivité qui en fait un instrument redistributif. Que ceux qui ont les épaules les plus larges cessent de contribuer en fonction de leurs moyens! Il faut sauver les riches! De leur côté, les employeurs soignent leurs intérêts. Ils évoquent la possibilité de créer 500.000 postes de travail d’ici 2020: on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre! Comment? Grâce à une réduction linéaire des coûts du travail de 8%. Un même «remède de cheval» pour les trois Régions que les patrons décrivent pourtant comme totalement différentes sur le plan socio-économique. Et qui passe à la caisse? Encore l’Etat! «Il n’y a qu’à» supprimer deux agents de la fonction publique sur trois. Si la droite la plus bête du monde met ses projets en oeuvre, la prochaine crise financière pourrait réserver des surprises au moment d’injecter des moyens publics pour stabiliser les marchés financiers. Du genre de celle du fermier radin dépité devant le cadavre de son âne mort au moment même où il s’habituait à ne plus être alimenté!

Nico Cué Secrétaire Général Un CV formation dans les fabrications métalliques La convention collective de travail instaurant un CV formation dans les fabrications métalliques a été signée ce 17 mars en commission paritaire. Pour rappel, le principe de ce CV formation avait été négocié lors du dernier accord sectoriel en CP111, afin de promouvoir et de reconnaître les formations professionnelles acquises par les travailleurs dans ce secteur. Véritable passeport formation, cet instrument, reconnu par l’ensemble des entreprises relevant de la commission paritaire 111, permettra au travailleur qui le souhaite de valoriser ses expériences professionnelles, acquises à partir du 1er janvier 2008 sur son poste de travail ou en dehors (mais liées à son activité) auprès de son employeur actuel ou d’un autre employeur du secteur. Initialement réservé aux travailleurs de la CP111.1&2, le CV formation entre également en vigueur, suite à la commission paritaire de ce 17 mars, pour les monteurs (CP111.3). Nous vous invitons à consulter notre site afin de découvrir les détails de la CCT.

Une main-d’oeuvre de cette qualité, ça n’a pas de prix! Esco TTB est l’ancienne fonderie aéronautique de cire à modèles perdus de la FN (FORMETAL). Ses spécialités? Des turbines terrestres à gaz et des pièces aéronautiques. La valeur ajoutée apportée aux matières premières y est plus que conséquente. Le know-how des travailleurs y est inestimable! Dès 2000, avec la mise en place des 3 organes de concertation (DS, CPPT, CE), la FGTB a donné le ton. S’il ni avait rien à redire quant à ses compétences technologiques, il fallait d’urgence sortir la boite de la préhistoire en matière d’acquis sociaux. Et le bilan est plutôt positif! • La chasse aux contrats précaires a été notre toute grosse priorité. En 2000, on comptait 62 CDI pour 60 intérimaires dans l’entreprise! Aujourd’hui, on compte 120 CDI pour 20 intérimaires! • Toutes les heures supplémentaires sont désormais récupérées à 150%! • Plus de 50 camarades ont enfin décroché la classification salariale à laquelle ils avaient droit. • Nous avons poussé à la création d’une assurance hospitalisation, d’une convention prépension plus avantageuse et d’une amicale intervenant dans de nombreuses situations. • Nous avons obtenus des chèques repas à 3,7 euros et un jour de congé par tranche de 10 ans d’ancienneté. • Quant aux matières touchant la sécurité et l’hygiène: les vêtements, les douches, les systèmes

d’aération, d’aspiration et de climatisation ainsi que la pose de ventelles ouvrables sont autant de sujets pour lesquels nous avons apporté des améliorations plus que significatives. Et nous ne nous arrêterons pas là. Le pouvoir d’achat est plus que jamais pointé à l’agenda de nos priorités. Nous sommes en effet quotidiennement interpellés par des travailleurs qui ne parviennent plus à joindre les 2 bouts. C’est vrai que tout a augmenté: l’essence, les aliments de base et avec eux les produits de première nécessité. C’est vrai aussi que la grille salariale date d’il y a 20 ans c’est-à-dire de l’époque «FN» … et que jamais, elle n’a été adaptée aux réalités d’ESCO TTB, aux compétences qu’on exige de la part des travailleurs ni aux véritables coûts de la vie. Avoir faim est inacceptable en soi. Qu’on travaille ou non. Mais travailler et ne pas s’en sortir, ça suffit comme ça!

Pour la délégation syndicale MWB-FGTB Francis Caps

ALIMENTATION-HORECA-SERVICES

Secteurs: Primes Syndicales Commerce Alimentaire (CP119) Affiliation: Etre membre depuis le 1er mai 2007 et être en ordre avec les cotisations au moment du paiement. Période de référence: du 1er octobre 2006 au 30 septembre 2007 Montant: - Prime maximale actifs: e 128 (De plus courtes périodes d’occupation donnent droit à la prime au prorata). - Primes maximale pour chômeurs complets et prépensionnés: e 49,58 (Pour les chômeurs: année du chômage et l’année consécutive. Pour les prépensionnés la prime est limitée à l’année de prépension – assimilation à la prime actifs – et l’année consécutive) Paiement: entre le 1er avril 2008 et le 15 septembre 2008.

Boulangeries (CP118.03) Affiliation: Etre membre depuis le 1er juillet 2007 et être en ordre avec les cotisations au moment du paiement. Période de référence: du 1er juillet 2006 au 30 juin 2007 Montant: - Prime maximale actifs: e 128 (De plus courtes périodes d’occupation donnent droit à la prime au prorata). - Prime maximale pour les chômeurs complets: e77 (valable durant 4 périodes de référence consécutives à la période de référence durant laquelle l’on est devenu chômeur complet) - Prime maximale malades de longue durée et crédit-temps à temps plein: 77e (Les 12 premiers mois sont assimilés à d’effectives prestations, ensuite l’on a droit à la prime «chômeurs complets» durant 3 périodes de référence) - Prime maximale prépensionnés: e 84 (lorsqu’on prend sa prépension au cours de l’année de référence l’on a droit à la prime «actifs». Ensuite, et jusqu’à la retraite, l’on a droit à la prime «prépensionné». Paiement: à partir du 1er avril 2008

Paiement automatique Boulangeries La FGTB paie la prime «actifs» de façon entièrement automatisée (*) et la verse directement sur le compte en banque de ses membres si les conditions suivantes sont remplies: * avoir touché une prime l’année passée * être en règle avec les cotisations par voie de domiciliation depuis le 1 juillet 2006 * avoir été occupé dans le secteur de la boulangerie entre le 1er juillet 2006 et le 30 juin 2007. Le paiement automatique de la prime syndicale aura lieu le 1er avril 2008. (*) excepté les ouvriers des sections Tournai et Namur-Luxembourg.

Formulaire Le Fonds Social vous procure une attestation (sauf en cas de paiement automatique boulangeries – voir encadré). Veuillez vérifier si toutes les données sur le formulaire préimprimé sont correctes, apportez-y les améliorations qui pourraient s’imposer et communiquez les éventuelles erreurs à votre délégué ou à votre section régionale. Ainsi, nous vous conseillons de marquer explicitement si vous êtes occupé à temps partiel, si vous bénéficiez du crédit-temps (1/5, 1/2 ou à temps plein) ou si vous êtes parti en prépension au cours de la période de référence). Pour bénéficier de la prime chômeur complet, maladie de longue durée ou prépension, nous vous invitons à demander une attestation auprès de votre section régionale.

Pour faciliter les paiements rapides nous vous prions d’indiquer votre numéro de compte en banque sur le formulaire. Veuillez ensuite remettre le formulaire à votre délégué syndical ou à votre secrétariat régional FGTB HORVAL.

Vous travaillez dans une entreprise qui ressort du Commerce Alimentaire (CP 119)? FGTB-HORVAL vous présente une toute nouvelle brochure dans laquelle on vous explique quels sont vos droits et quelles sont vos obligations en tant qu’ouvrier. Sous la forme d’un aperçu clair, vous trouverez des informations concernant la durée du travail, vos primes et salaires, la sécurité d’existence, les frais de déplacement, les jours fériés, le congé maladie, le petit chômage, la prépension, le contrat de travail,... Dès à présent, le guide social sectoriel «Commerce Alimentaire» est distribué gratuitement dans toutes les sections FGTB-HORVAL

Commerce Alimentaire

Ensemble, on est plus forts


TEXILE-VÊTEMENTS-DIAMANT

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Indexations

Secteur de l’entretien du textile: lauréats du travail

Lin

Confection

A partir du 3 mars 2008, les salaires du secteur du lin augmentent de 0,0744€.

Les salaires du secteur de la confection augmentent avec un coefficient de 1,0211 (2,11%) à partir du 1er avril 2008.

Groupe salarial Groupe 1

Salaire de base

Fonction Teillage pâtés

fibre

Salaire

Double équipe + 8, 41%

Equipe de nuit + 31,60%

courte/

Teillage pailles de lin

10,7177

11,6191

14 ,1045

Base + 2%

€ 9, 4953

Conduire la opérateur

peigneuse/

Groupe de salaire 3

€ 9,7859

Conduire les cardes/cardes-briseuses

Groupe de salaire 4

€ 10,0875

Groupe de salaire 5

€ 10,5040

Groupe de salaire 6

€ 10,6944

machine

10,9321

11,8515

14 ,3866

pei-

Apporter des balles Conduire les bancs à broches Conduire bobinoirs manuellement

Groupe de salaire 7

€ 11,1697

Groupe de salaire 8

€ 11, 4112

Groupe de salaire 9

€ 11,6579

Groupe de salaire 10

€ 12,3167

Groupe de salaire 11

€ 13,0758

Conduire mélangeurs Conduire l’effilocheuse

Maîtres-tailleurs

Conduire bobinoirs automatique

Les salaires du secteur des maîtres-tailleurs ont également été adaptés suite à l’indexation.

Conduire teur

chariot

éléva-

Séchage bobines mentation

d’ali-

11,0392

11,9676

14 ,5276

Conduire open-end Conduire ligne feutre (responsable de processus) Base + 10%

€ 9, 4825 € 9,5898

Conduire gnage

Groupe 4

Groupe de salaire 1 Groupe de salaire 2

Conduire bobinoirs semiautomatique

Base + 3%

€ 9, 4573

Groupe de salaire 1 bis

Conduire les bancs d’étirage/bancs d’étirage mélange de couleurs

Groupe 3

Salaire à l’embauche

Conduire presse balles

Conduire la ligne feutre

Groupe 2

Niveau 1

Aides et finisseurs(euses)

€9,7189

Niveau 1 bis

Aides et finisseurs (euses) avec 3 ans d’ancienneté

€10,2015

Niveau 2

Ouvriers et ouvrières (les assistants)

€10,7372

Niveau 3

Travailleurs et travailleuses qualifiés

€11, 4535

Niveau 4

Travailleurs et travailleuses bien qualifiés (d’élite)

€11,8131

Niveau 5

Travailleur et travailleuse de taille

€12,1726

Magasinier 11,7895

Filage au sec

12,7810

15,5150

Filage au mouillé Groupe 5

Base + 15%

Régler nicien Entretien tricité

machines/mécagénéral

élec-

12,3254

13,3620

16,2202

12,8612

13,9428

16,9253

Entretien général mécanique Groupe 6

Base +20%

Contremaître de maîtrise)

(personnel

9

A l’avant de la photo, de gauche à droite: Josée Van Santvoort, Rita Hanselaer et François Berckmoes

Le dimanche 2 mars 2008, les lauréats du travail du secteur de l’entretien du textile ont été fêtés. Les insignes d’honneur du travail ont été octroyés au cours de cette cérémonie. L’Institut Royal des Elites du Travail remet ces insignes d’honneur aux personnes méritoires du secteur de l’entretien du textile. La dernière cérémonie datait de 1997. Les insignes d’honneur qui ont été remis sont : ✓ Cadets du travail ✓ L’insigne d’honneur du travail de bronze, d’argent et d’or ✓ Le doyen d’honneur Il a été rendu hommage à 99 lauréats du travail du secteur au Conservatoire Royal de Bruxelles. Nous tenons à féliciter les affiliés de notre centrale qui ont été fêtés.

UNION BELGE DES OUVRIERS DU TRANSPORT Navigation intérieure Les travailleurs occupés dans la navigation intérieure belge, qui suivent le cours de recyclage obligatoire ADNR (marchandises dangereuses) de leur propre initiative et aux propres frais, peuvent prétendre à une intervention de €125,-. Vous pouvez obtenir cette intervention auprès du «Fonds pour la Navigation Rhénane et Intérieure». Vous n’êtes certes pas sans savoir que le certificat ADNR est valable pour 5 ans. Sachez que vous êtes tenu(e) de suivre le cours de recyclage au cours de l’année précédant la date de l’échéance du certificat. Ce cours est organisé par l’institut suivant: D.G.T. vzw, Haverreep 19, 9960 Assenede. Tél.: 09 344 98 58 Vous voulez recevoir l’intervention susmentionnée, vous êtes prié(e) d’introduire votre demande par écrit, accompagnée par la preuve du paiement, auprès du Fonds pour la Navigation Rhénane et Intérieure, Arenbergstraat 24, 2000 Anvers N’hésitez pas à nous contacter si vous désirez de plus amples informations! Union Belge des Ouvriers du Transport. Groupe professionnel Navigation intérieure, Paardenmarkt 66, 2000 Anvers Tél.: 03 224 34 18

Ivan Victor Président UBOT

Vols de nuit: l’histoire se répète? de la direction et des syndicats chez DHL, le centre local a été sauvé - mieux encore : les activités s’accroissent - suite à quoi le nombre de licenciements a pu être diminué modestement ! L’UBOT ne considère pas les plans de Leterme comme un acte de gouvernement convenable, mais bien comme un acte de cynisme vis-à-vis des travailleurs à l’aéroport et environnants !

Et la concertation? Les travailleurs de DHL n’ont certes pas bien dormi ces derniers jours. En effet, ils ont dû lire dans leur journal quelles sont les intentions de Monsieur Leterme en ce qui concerne les vols de nuit à Zaventem. Il veut notamment interdire les vols entre minuit et 4 heures du matin. Selon Monsieur Leterme, cette proposition a été discutée avec les plus importantes parties concernées à l’aéroport.

En voilà du cynisme! Au moment où le centre européen de DHL va déménager à Leipzig, où les travailleurs de DHL ont dû avaler un plan social, où nous venons de perdre 450 postes chez les ouvriers,... Monsieur Leterme annonce-t-il une deuxième phase du plan d’urgence?

Déclarer que la concertation a eu lieu avec les plus importantes parties concernées à l’aéroport, c’est vraiment inouï. Le fait que, en tant que syndicat, nous n’avons pas été entendus, témoigne d’autant plus de cynisme. Apparemment, les intérêts de certains comités d’action d’habitants du quartier prévalent sur les intérêts de ceux qui doivent gagner leur vie à l’aéroport. De plus, en tant que syndicat, nous ne pouvons pas nous déclarer d’accord avec n’importe quelle solution suite à laquelle le personnel occupé à l’aéroport doit de nouveau écoper. La direction de DHL a d’ailleurs déjà annoncé dans la presse que des problèmes resurgiront si les plans du ministre seront exécutés. En tant qu’UBOT nous allons, bien évidemment, défendre les intérêts des travailleurs.

Au moment où, grâce à l’effort commun

Visitez notre site web: www.ubot-fgtb.be

Les normes sonores doivent être de nouveau fédéralisées! A la base de tant de problèmes et discussions dans ce dossier se trouve la structure de l’Etat belge. En effet, la diffusion des compétences relatives aux normes sonores sur diverses régions et sur plusieurs niveaux, a déjà causé des problèmes dans le passé. L’UBOT a déjà plaidé en faveur d’une refédéralisation des normes sonores, cela pour en venir à une gestion efficace où normes environnementales, intérêts des habitants et emploi peuvent se réconcilier. Mais apparemment cette solution ne cadre pas avec le scénario de scission du cartel CD&V-NVA de Monsieur Leterme. L’UBOT-FGTB a hâte de connaître la réaction des autres syndicats à l’aéroport.


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EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

Pouvoir d’achat et augmentation des salaires: les priorités du SETCa Totalement imbuvable, ce que tentent d’imposer les fédérations patronales des trois régions du pays. Elles lancent un «pacte de solidarité pour l’économie» qu’elles ont rédigé seules dans leur coin. Le souhait des patrons: moins de salaires, moins de sécurité d’emploi, plus d’années de travail avant la pension…et, il fallait s’en douter, toujours moins de cotisations sociales et d’impôts sur les bénéfices des sociétés pour financer la sécurité sociale. Il va de soi que le SETCa, en phase avec la FGTB, combat ce type de programme antisocial. Mais nous craignons que la volonté des patrons inspire le nouveau gouvernement, où l’influence libérale écrase l’influence socialiste. Les mesures annoncées pour le pouvoir d’achat sont insuffisantes. Les prix des produits de première nécessité continuent d’exploser tandis que

les intérêts notionnels, distribués aux entreprises sans obligation d’investir ou d’engager, demeurent inchangés. En chantier, les réformes de l’Etat ne s’annoncent pas plus réjouissantes. Cet été, il sera question de régionalisation du marché du travail, de la santé et de la famille. La menace est maintenant bien réelle sur le maintien d’une solidarité interpersonnelle et d’un droit du travail fédéraux. Mais déjà maintenant, dans le premier paquet de mesures annoncées, on décèle un premier pas vers un démantèlement d’une partie de la sécurité sociale fédérale. En effet, le Fonds des équipements et des services collectifs, FESC sera transféré aux communautés. L’accueil extrascolaire et 2100 emplois sont en danger. Voilà pourquoi l’action du SETCa est plus que jamais essentielle. Non seulement contre un détricotage

de la sécurité sociale, mais aussi pour le pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires bruts. Ces deux derniers points constituent d’ailleurs les priorités de notre syndicat pour la campagne des élections sociales. Du 5 au 18 mai, opter pour le SETCa, ce sera choisir des candidates et des candidats qui, dans chaque secteur, dans chaque entreprise, défendront l’indexation des salaires (et écarteront donc des accords de type «all-in») et se battront pour des augmentations des salaires bruts. A côté de ces priorités transversales, les milliers de candidats du SETCa déclineront leur campagne selon des thématiques spécifiques à chacun des secteurs économiques : salaires, flexibilité, formation, prépension, mobilité et crédit-temps.

Enquête cadres: premiers résultats Fin janvier, nous proposions aux cadres de nous indiquer leurs préoccupations majeures. Aujourd’hui, le top 3 de leurs préoccupations est connu. Il colle aux points d’attention du SETCa. Arrivent en tête: le salaire fixe (82,8%), les pensions extra-légales (76,9%) et les voitures de société (57,1%). Tous les résultats sur www.setca.org

Myriam Delmée Vice-présidente

Ca bouge!

Vous travaillez sous la commission paritaire 218? Complétez l’enquête mobilité en ligne www.setca.org

Erwin De Deyn Président

«Vos Droits», suivez le guide! Qui n’a jamais été perdu dans les dédales de la législation sociale? Quel employé, technicien ou cadre peut prétendre tout savoir des contrats de travail, des indexations de salaires, des temps partiels ou encore, des allocations de chômage? Pour vous permettre de vous y retrouver dans la jungle d’une législation sociale complexe et en perpétuelle évolution, le SETCa publie les brochures «Vos Droits», éditions 2008. En cas de pépin social, elles constitueront votre première boîte de secours.

Une excellente vulgarisation des textes de lois pour vous faire comprendre les principales règles à connaître dans le cadre des relations employeurs/travailleurs. Ces droits, le SETCa les a conquis avec vous, avec ses délégué(e)s et ses représentant(e)s. Les connaître, c’est déjà un pas pour les défendre et éviter les pièges. Votre syndicat a donc mis le paquet, en imprimant spécialement pour vous, un total de 88.000.000 de pages dans un format maniable. A côté du «Vos Droits Général», 274 pages destinées à tous, nous vous proposons des petits

livrets complémentaires adaptés à votre secteur. Les «Vos Droits sectoriels» expliquent les conventions collectives de travail qui vous concernent. Cerise sur le gâteau, «Vos Droits Cadres» viendra compléter votre information si vous évoluez sous ce statut. Pour se procurer «Vos Droits», il suffit de contacter vos candidat(e)s délégué(e)s ou votre section régionale, qui vous les remettront gratuitement. Egalement disponibles en accès libre sur www.setca.org

Tous «Vos Droits» 1. Général 2. Commerce 3. CPNAE (CP218) 4. Finances 5. Industrie 6. Services divers 7. Logistique 8. Non-marchand fédéral 9. Non-marchand Bruxelles 10. Non-marchand Wallonie 11. Non-marchand Com. Française 12. Cadres


SANTÉ

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

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> ENQUÊTE DUCRIOC SUR LA MÉDIATION HOSPITALIÈRE

Recherche médiateur désespérément… «La majorité des patients ignorent l’existence, d’un service de médiation chargé de gérer les plaintes, au sein même des hôpitaux.» C’est ce que révèle une étude menée par le Crioc (Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs) en collaboration avec les Mutualités Socialistes. Les chercheurs du Crioc se sont penchés sur le fonctionnement des services de médiation instaurés dans les hôpitaux par une loi de 2002. Ils se sont également interessés à la perception qu’ont les patients d’un tel type de service mais aussi à celle qu’ont les médiateurs de leur travail.

La médiation hospitalière? Connais pas… Il ressort de l’étude qualitative menée par le CRIOC - en collaboration avec l’Union Nationale des Mutualités Socialistes et avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin - que la plupart des patients ignorent l’existence même d’un service de médiation. Le patient qui rencontre un problème lors d’une hospitalisation et qui en a fait part aux représentants de l’hôpital n’est que très rarement informé de la possibilité de recourir à la médiation mais aussi de ses droits. Pourtant l’intervention d’un médiateur permettrait d’éviter d’entrer dans la spirale du conflit. En effet, lorsqu’un patient est face à un problème lié à un diagnostic, un traitement ou encore à sa facture…, il demande des explications à l’institut hospitalière. Souvent, les demandes du patient n’obtiennent pas de réponses ou des réponses négatives. Le conflit s’installe et la demande a alors beaucoup de chances de se transformer en volonté d’obtenir réparation. Non seulement l’intervention du service de médiation permettrait au patient de se sentir pris en charge dans sa requête et de trouver une solution rapide, souvent simple, mais le médiateur pourrait également rétablir une communication qui fait souvent défaut entre le patient et personnel soignant.

Médiateur, où te caches-tu? Au-delà des problèmes de communication entre patient et hôpital mis en évidence par l’étude du CRIOC, force est de constater que la fonction de médiateur hospitalier est très peu connue. Le médiateur n’est pas visible et paraît dès lors encore peu accessible. Le patient n’est pas informé de l’existence d’un tel service au moment de son admission. Rares sont les panneaux indiquant l’endroit où se situe le bureau du médiateur, souvent loin des lieux de passage, au détour d’un couloir… Et puis, il n’y a pas que ce «jeu de pistes» qui soit contraignant, lorsqu’un hôpital a plusieurs sites, il n’est pas rare qu’un seul médiateur couvre tous les sites et ne soit donc disponible que quelques heures par semaine… Il ne faut donc pas manquer le rendez-vous. Une solution? Généraliser l’infor-

Un médiateur participant à l’étude du CRIOC relève: «Les médecins sont de moins en moins formés pour communiquer avec leurs patients mais sont de plus en plus spécialisés pour exécuter des actes techniques.»

mation sur l’existence du service de médiation soit généralisée auprès des patients en faisant, par exemple, en sorte que le personnel hospitalier informe le patient de l’existence d’un service de médiation lors de son admission Qui plus est, le médiateur n’occupe souvent pas que cette fonction, ce qui pose des problèmes de disponibilité, d’efficacité mais renvoie également à la question de l’indépendance…Une question souvent soulevée par les patients interrogés

Du côté des médiateurs L’étude du CRIOC a également donné la parole aux médiateurs. Comment les protagonistes de ce «jeune» service perçoivent-ils leur propre fonction? Rejoignent-ils les propos des patients? En ce qui concerne la fonction de médiation au sein des hôpitaux, les médiateurs eux-mêmes reconnaissent leur faible visibilité au sein de l’institution, tant vis-à-vis des patients que du personnel hospitalier qui n’a pas tendance à se tourner vers le médiateur Aux yeux des médiateurs, c’est l’absence de communication qui est source importante de conflits et une meilleure gestion de celle-ci par l’ensemble du personnel hospitalier pourrait circonscrire les problèmes. A ce titre, l’information préalable des patients apparaît comme un élément important, surtout avant une hospitalisation. Les médiateurs interrogés mettent en avant la prévention comme solution pour éviter les plaintes. Il faut sensibiliser les médecins notamment en leur expliquant que leur compétence professionnelle n’est pas d’office mise en cause. Il faut également informer les médecins sur les droits des patients.

Des points faibles à améliorer L’étude du CRIOC montre que la médiation hospitalière a des points faibles à améliorer notamment pour renforcer sa visibilité.

Pour Viviane Pirlot, juriste auprès des Mutualités Socialistes, différents axes peuvent être développés afin d’améliorer la fonction de médiation hospitalière et ainsi venir en aide aux patients. Il faudrait tout d’abord s’attaquer aux problèmes de visibilité de la fonction de médiation afin qu’elle soit mieux connue et plus accessible. Il est également important de faire connaître la jeune loi relative aux droits des patients tant du côté des patients que de celui du monde médical et hospitalier. Pour la Mutualité Socialiste, il faut aussi veiller à l’indépendance de la fonction de médiation. Afin de ne pas porter atteinte au caractère d’indépendance, la législation relative aux droits du patient a précisé récemment des règles d’incompatibilité de la fonction de médiateur avec d’autres fonctions au sein de l’hôpital telles par exemple celle de directeur, de médecin en chef, de chef du département infirmier. Enfin, il est important de se concentrer sur la formation des médiateurs hospitaliers: une formation continue doit pouvoir être offerte à l’ensemble des médiateurs hospitaliers pour leur permettre d’acquérir les connaissances nécessaires au bon fonctionnement de leur mission.

Quel type de plaintes? Les médiateurs divisent en général les plaintes en 4 «catégories»:

Photo Isopix.

Conclusion principale de l’étude? Le patient est peu informé de ses droits et la communication entre patient et personnel soignant dans les hôpitaux pose souvent problème.

Le patient a des droits Le 6 octobre 2002, une loi relative aux droits du patient est entrée en vigueur en Belgique. Cette loi s’adresse directement au patient et consacre ses droits individuels dans la relation qu’il entretient avec les prestataires de soins. Par ailleurs, la volonté du législateur était d’assurer à tout citoyen belge le droit à une information claire et accessible au sujet de sa santé et des soins qui lui sont proposés ou prodigués. Les patients jouissent de 7 droits: - le droit à la prestation de services de qualité - le droit au libre choix du prestataire de soins - le droit à l’information sur l’état de santé - le droit au consentement - le droit à la consultation du dossier médical - le droit à la protection de la vie privée - le droit à la médiation en matière de plaintes. La mutualité socialiste a publié une brochure sur les droits du patient. Pour l’obtenir, vous pouvez vous adresser à votre mutualité ou envoyer votre demande à : L’union nationale des mutualités socialistes – Département Communication : Rue Saint Jean, 32-38 – 1000 Bruxelles. Tél : 02/515 05 59 – Fax : 02/512 62 74 Vous pouvez également commander ou télécharger cette brochure sur le site www.mutsoc.be (rubriques «publications»).

Jurimut: Conseil, assistance, défense… La mutualité socialiste propose à ses affiliés un service juridique (Jurimut) qui peut être sollicité lorsqu’on rencontre un problème lié à ses soins de santé ou à ses droits en tant que patient. On peut s’adresser à Jurimut avant une hospitalisation ou une visite chez un médecin, un kiné ou un dentiste…afin de savoir si le médecin est conventionné ou s’il peut réclamer un supplément d’honoraires. Mais on peut aussi demander de l’aide pour remplir une déclaration d’admission avant une hospitalisation.

✓ les plaintes concernant la qualité du service (hôtellerie)

Le service juridique apporte également son aide et ses conseils après un traitement médical ou une intervention chirurgicale. L’affilié peut avoir des questions concernant des attestations de soins. Il arrive par exemple qu’un prestataire de soins omette de délivrer l’attestation de soins qui permet au patient de se faire rembourser par la mutualité. Or, sans ce document, il n’y a pas de remboursement possible. Le service Jurimut apporte l’assistance nécessaire pour obtenir ce document en prenant contact avec le prestataire de soins. Le patient peut également estimer que les honoraires qui ont été réclamés par le prestataire sont anormalement élevés, parfois même injustifiés. Jurimut vérifie la légitimité des honoraires réclamés.

✓ les plaintes issues de problèmes de communication. Le manque de communication est la source principale de plaintes. Il est souvent la cause sous-jacente des plaintes liées à des problèmes lors d l’hospitalisation et de la facturation.

Jurimut donne également au patient l’explication détaillée sur le contenu d’une facture d’hôpital. En cas d’erreur, le service contacte directement l’hôpital afin de régler le problème. Le cas échéant, il peut agir judiciairement. Même si ces cas sont (heureusement) fort rares, il peut advenir qu’un patient pense avoir été victime d’une erreur ou d’une faute médicale. Dans ce cas, Jurimut apporte au patient conseil, assistance et défense.

✓ les plaintes financières (refus de payer la facture pour divers motifs) ✓ les plaintes concernant l’aspect médical (erreur médicale ou traitement inefficace/inapproprié)


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LIVRE

SYNDICATS • N°06 • 21 MARS 2008

> LA FLEXIBILITÉ DU TRAVAIL EN EUROPE

«Petits crimes sans importance» Un livre de Véronique De Keyser, députée européenne PS Quand en quelques mois, la Ruche, haut lieu de la recherche de Renault Guyancourt, perd trois employés par suicide, dont deux se tuent dans l’enceinte même du centre technique, c’est plus qu’une sonnette d’alarme: c’est la dénonciation de l’intolérable pression au travail. Mais ces crimes sont passés au bleu. Inexistants. Petits suicides sans importance dans un paysage où il faut accepter la flexibilité. Actuellement l’Europe refuse radicalement de reconsidérer le modèle ultralibéral dans lequel elle s’est engagée. Et pourtant, il est clair que la forme de mutation

qu’elle favorise pour faire face à la mondialisation accroît les inégalités et la violence économique plutôt que de les faire disparaître. La flexibilité qu’elle prône est une affaire de riches. Elle profite aux multinationales, elle profite à ceux qui ont la connaissance, la maîtrise des codes culturels, la capacité de généraliser. Aux diplômés plutôt qu’à ceux qui possèdent l’expertise du terrain, pourtant si précieuse pour les entreprises. C’est une invention de technocrates pour des technocrates, ceux qui surfent sur les

réalités, mélangent les idiomes, sont à l’aise partout, manquent de racines mais ne manquent pas d’air. S’ils deviennent les maîtres de l’Europe, celle-ci court à sa perte. Changer oui. Mais savoir où on va, accentuer le contrôle social, se battre, négocier, riposter. Pas devenir flexible ! Participer à un changement nécessaire car il est vrai que le monde change et que les défis sont grands, mais en distinguant clairement où sont les enjeux, les conflits d’intérêts, les nouveaux pauvres et les nouveaux riches.

> VERONIQUE DE KEYSER:

«La flexicurité est le cache-sexe misérable d’un capitalisme financier qui n’a rien à voir avec le progrès social» «Ce livre est né d’une révolte. Pour moi, qui avais passé près de trente ans dans les entreprises, à dépister les risques et à prévenir les erreurs humaines [V. De Keyser est professeur de psychologie du travail à l’ULg. NDLR], la découverte de la manière dont l’Europe favorisait ces risques en appelant de ses vœux une flexibilité tous azimuts, a été un choc. J’avais connu l’époque de la CECA (Communauté Economique du Charbon et de l’Acier) avec les premières recherches sur les relations entre la structure des organisations et la sécurité des travailleurs et je voyais la même Europe, amnésique, mettre en avant des modèles organisationnels de libéralisation et de privatisation qui étaient de véritables pièges aux accidents. Je lisais éberluées des appels sans nuance au concept de flexicurité alors que sa seule ambition est de minimiser le coût financier des transitions entre travail et non travail, en gommant d’un trait les drames et les atteintes psychologiques des restructurations, des délocalisations, des licenciements. Hier, les victimes des accidents de travail avaient un nom. Aujourd’hui, elles sont anonymes et toujours un peu coupables de n’avoir pas su «s’adapter», de n’avoir pas su à temps, «saisir leur chance», «relever le défi». L’hypocrisie des discours technocrates m’a heurtée au moins autant que ces drames.

«Petits crimes sans importance» de Véronique De Keyser. Ed. Luc Pire- 15 euros.

Même les suicides, de plus en plus fréquents sur les lieux de travail n’ébranlent pas les certitudes de ceux qui croient qu’une flexibilité accrue du travail permettra à l’Europe de maîtriser la mondialisation galopante. Cette flexibilité est le cache-sexe misérable d’un capitalisme financier qui n’a rien à voir avec le progrès économique et social. C’est à la fois de l’Europe et du travail que ce livre parle, de l’écart grandissant entre la bulle européenne et le terrain, mais aussi de l’émergence d’autres formes de luttes, porteuses d’espoir et de sens.»

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Syndicats n°06 du 21/03/2008  

Gagner sa vie sans la risquer. FGTB

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