Page 1

N°06 • BIMENSUEL • 65ème année Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 83 11 syndicats@fgtb.be Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

26 MARS 2010 • Éd. LIÈGE

EUROPE

Sommet de Printemps nuageux à couvert

A la veille du Sommet européen de Printemps, une délégation de la Confédération européenne des syndicats (CES) dont la Secrétaire générale de la FGTB Anne Demelenne, a rencontré le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Lors de cette réunion, la CES a particulièrement insisté sur la nécessité de mettre l’emploi au cœur des priorités, d’avoir un secteur public solide, de maintenir les dépenses sociales, et de combattre contre la spéculation financière. A l’ordre du jour du sommet européen, le plan stratégique «Europe 2020» de la Commission qui fait suite à la «Stratégie de Lisbonne» dont le bilan n’est pas brillant. La crise financière, la crise économique, la crise grecque et la stabilité de l’Euro sont autant de nuages qui s’amoncellent dans le ciel européen.

DOSSIER PAGES 8 & 9 FISCALITÉ

La fin du secret bancaire? Page 3

SANTÉ

Risques reproductifs au travail Page 4

CHÔMAGE

Réforme de la dispo Page 5

ETUDE

Le nouveau visage du racisme Page 7


2

RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

BRABANT WALLON

La FGTB Brabant wallon et l’asbl FORABRA vous invite à la pièce de théâtre

«LE TEMPS DES CRISES» par la Compagnie du théâtre maritime. Cette pièce met en évidence, sous une forme comique, les problèmes rencontrés par notre société après la crise, à travers les mésaventures d’une personne hospitalisée. Quand? Le mercredi 14 avril à 20h Lieu? Wauxhall – grand’place à 1400 NIVELLES La représentation sera suivie d’un débat avec Thierry BODSON, secrétaire général de la FGTB Wallonne. Entrée gratuite – Un verre de l’amitié clôturera la soirée.

Comité Régional élargi «Chers affiliés, Le SETCA Brabant wallon vous invite à participer au comité régional élargi qu’il organise le 20 avril 2010à 18h Motel de Nivelles Sud Route de Mons Ordre du jour - Les solidarités pour renverser la vapeur - Une vision à long terme pour les travailleurs en Wallonie Orateur Thierry BODSON Secrétaire Général de l’IRW FGTB»

Marche mondiale des femmes Plus de 4.000 hommes et femmes se sont mobilisés le samedi 6 mars à Bruxelles pour la marche mondiale des femmes. Successivement, dans des lieux symboliques, les manifestants ont revendiqué l’autonomie économique et financière de la femme, la paix et le démilitarisation, les services publics et enfin, au Palais de Justice, ils ont dénoncé la violence faite aux femmes. Parmi les participant-e-s, on pouvait reconnaître plusieurs militant-e-s du Brabant wallon. Un cahier de revendications a été remis à diverses personnalités politiques.

NAMUR

Festivités du 1er mai 2010 Maison Syndicale C.G.S.P. «André GENOT» Rue de l’Armée Grouchy, 41 à 5000 NAMUR 10h.30 Accueil – Café 11h.00 Meeting Orateurs • Anne DEMELENNE, Présidente de l’IW/FGTB et secrétaire générale fédérale FGTB • Michel MEYER, Secrétaire général du secteur «POSTE» de la CGSP • Guy FAYS, Secrétaire régional interprofessionnel FGTB 12h.00 Apéritif musical: D.J. Carl LIBERTIAUX (service «Chômage» de la FGTB NAMUR) 12h.30 Repas (adulte: 12,00e - enfant: 6,00e) BARBECUE GEANT Réservation obligatoire pour le mardi 27 avril 2010 par versement au n° de compte: 636-3827404-08 (communication : Animations 1er mai 2010) par téléphone au secrétariat CGSP: 081/72.91.43, par fax: 081/72.91.31 ou par mail: maryse.dussart@cgsp.be de 14h.00 à 19h.00 Ambiance musicale et Animations A partir de 16h.00 L’ORCHESTRE POP-ROCK: FLASHBACK D.J. CARL LIBERTIAUX 21h.00 Clôture des «15ièmes festivités» Pour les enfants: * Stand de grimage * Pêche aux canards Nombreux stands: * A.T.T.A.C. * OXFAM * Centre d’Action Laïque * INFOR JEUNES * AFICo (TSE – JEUNES et ETUDIANTS PENSIONNES et PREPENSIONNES – DIVERSITES) GRANDE TOMBOLA – TIRAGE PERMANENT Baguette «viande» (après 16 heures) Muguets - Buffet «pâtisseries» INVITATION CORDIALE A TOUTES ET TOUS Editeur responsable: Joseph THONON – Rue de l’Armée Grouchy, 41 à 5000 NAMUR Pour la parfaite organisation du repas fraternel, merci de renvoyer, à Madame Maryse DUSSART, Rue de l’Armée Grouchy, 41 à 5000 NAMUR (081/72.91.11 - 7 - 081/72.91.31 - e-mail: maryse.dussart@cgsp.be) pour le VENDREDI 27 AVRIL 2010, votre confirmation de participation

SAMERA: chronique d’une mort annoncée SAMERA est une Entreprise de Travail Adapté (ETA), c’est-à-dire qu’elle occupe principalement des travailleurs handicapés, elle est localisée à Sambreville. SAMERA existe depuis 30 ans, et emploie aujourd’hui près de 75 personnes. C’est un projet qui a une finalité sociale avant tout, et qui procure un emploi à des personnes que le handicap laisse à l’écart du monde du travail «normal». Hélas, l’entreprise fermera ses portes à la fin du mois de mars, mettant ainsi les 75 travailleurs handicapés à la rue, en ne leur laissant probablement aucune chance de retrouver un emploi adapté à leurs spécificités. Ceci est d’autant plus dramatique que cela se passe dans une région où l’emploi ordinaire souffre déjà très fort de la crise. Comment en est-on arrivé là? Il faut d’abord savoir que les ETA n’ont plus grand-chose à voir avec les Ateliers Protégés dont elles sont issues. En effet, elles doivent aujourd’hui faire face à un marché extrêmement concurrentiel - elles sont actives dans la sous-traitance industrielle principalement - et dans lequel elles doivent se battre au quotidien face à des entreprises classiques. Depuis longtemps, les délégués syndicaux de SAMERA dénoncent le manque de dynamisme commercial de la direction et son manque de volonté à diversifier ses marchés. Fin 2009 est arrivé ce qui devait arriver: on a assisté au départ des deux principaux clients

qui assuraient le travail de la quasitotalité des salariés. «Mettre tous ses œufs dans le même panier» comme l’ont fait les responsables de SAMERA, est une manière certaine de mettre en danger la pérennité d’une entreprise, et donc de ses emplois. Aujourd’hui, les travailleurs et les organisations syndicales se sont engagés dans une course contre la montre. Tout d’abord, des actions de sensibilisation de la population sambrevilloise ont été menées par les travailleurs les 17, 19 et 23 mars, via une distribution de tracts sur les marchés notamment. Ces actions avaient pour but de mettre les autorités communales, qui sont parties prenantes dans la gestion

de SAMERA, face à leurs responsabilités, et leur demander leur appui pour trouver des solutions pour les travailleurs. Maintenant, il faut trouver d’urgence des issues pour que la casse sociale soit la moins importante possible, avec des solutions adaptées à chaque travailleur. Pour cela, plusieurs pistes sont envisagées: trouver des places dans les autres ETA environnantes, développer un nouveau projet d’économie sociale qui pourrait réengager des travailleurs, etc. Mais pour cela, nous avons besoin de l’appui de toutes les forces vives, en particulier du côté politique. Nous comptons vivement sur leur volonté de préserver l’emploi adapté.

LUXEMBOURG

Permis de conduire Prochaine session à LA ROCHE cours théorique pour le permis de conduire en filière libre du 6 au 9 avril 2010 de 9h à 14h30 Renseignements et inscriptions ForCA 063/ 21.91.83. (demandez Laurence BINET) forca@fgtb.be


2

BRUXELLES

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

Bruxelles: précarité et pauvreté Les problèmes financiers sont le lot d’un grand nombre de Bruxellois. Cependant, les politiques sociales ne sauraient se limiter à la lutte contre la pauvreté. Car, au-delà des situations d’exclusion et de pauvreté extrême, toute une catégorie de travailleurs sont des travailleurs pauvres. Aujourd’hui encore, notre système de sécurité sociale demeure le principal rempart contre la précarisation, conséquence de la toute-puissance du marché. Syndicats vous présente aujourd’hui une synthèse du Baromètre social bruxellois 2009 (1), qui décrit l’évolution récente de la pauvreté et a pour but d’alimenter les débats politiques au sein du Parlement bruxellois. lus d’un Bruxellois sur 4 vit avec un revenu inférieur au «seuil de risque de pauvreté» (soit 878,00e par mois, pour une personne isolée). En fait, c’est dans les grandes villes belges que la pauvreté est la plus concentrée. Il n’est donc pas étonnant que Bruxelles, région urbaine, connaisse une forte proportion de population vivant sous le seuil de pauvreté. Différents indicateurs pointent, en Région bruxelloise, une plus grande concentration de pauvreté que dans les grandes villes flamandes, comme Anvers ou Gand, mais moins importante qu’à Liège ou à Charleroi. Comment explique-t-on la grande vulnérabilité financière de la population bruxelloise? Essentiellement par le fait que qu’un grand nombre d’habitants ne perçoivent pas de revenu du travail: environ 30.000 ménages bruxellois perçoivent un RIS (ou un équivalent RIS) du CPAS, plus de 90.000 habitants perçoivent une allocation de chômage et 11.500 personnes âgées bénéficient de la GRAPA (Garantie de Revenu aux Personnes Agées). Au-delà de ces chiffres, une évidence: les allocations sont trop faibles et offrent une protection de revenus insuffisante pour vivre dignement. En effet, malgré de récentes améliorations, bon nombre de ces allocations minimales restent sous le seuil de pauvreté: les minima des allocations de chômage et du RIS ont certes augmenté de 4%, mais ils restent sous ce seuil de risque , tandis que les pensions minimales et les garanties de revenus aux personnes âgées ont été relevées juste au-dessus de celui-ci.

P

Marché de l’emploi L’insertion sur le marché de l’emploi reste très difficile pour un grand nombre d’habitants. Le taux d’emploi bruxellois reste inférieur à celui observé en Flandre et au niveau du pays, et est très éloigné des objectifs européens. Mais on ne peut ignorer que percevoir un revenu du travail ne suffit pas toujours à se prémunir du risque de pauvreté: environ 1 Bruxellois au travail sur 10 dispose d’un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté… En 2008, le taux de chômage demeure, à Bruxelles, deux fois plus élevé que dans le pays. Malgré une baisse du nombre de demandeurs d’emploi inoccupés, parmi les jeunes de moins de 25 ans, entre

2006 et 2008, ce groupe reste le plus vulnérable. Un tiers des jeunes adultes bruxellois se trouvant sur le marché de l’emploi est au chômage. On le voit, les signaux positifs du précédent Baromètre social en termes d’insertion des jeunes sur le marché du travail sont réduits à néant par l’évolution du chômage, conséquence de la crise. Pour la première fois depuis 20 ans, Bruxelles a franchi, en août 2009, le cap des 100.000 chômeurs. Pour beaucoup de personnes, le chômage n’est pas temporaire, mais est une situation amenée à perdurer. Le chômage de très longue durée (5 ans et plus) continue d’augmenter. Le taux de chômage de longue durée (> 1 ans) est d’ailleurs nettement plus élevé en Région bruxelloise que dans le reste du pays. Tout particulièrement à Bruxelles, un faible niveau d’instruction demeure un obstacle très important pour l’insertion sur le marché du travail : l’exclusion des personnes à faible niveau de qualification y est deux fois plus importante que dans l’ensemble du pays. Bref, le retard scolaire et le faible niveau de formation des jeunes Bruxellois sont particulièrement préoccupants.

Ecole - Jeunes Dans l’enseignement secondaire, la moitié des jeunes ont au moins un an de retard scolaire. En 5ème année, le retard scolaire concerne près de 8 élèves sur 10 dans l’enseignement technique (et près de 9 sur 10 dans l’enseignement professionnel…). En outre, la part des jeunes quittant prématurément l’école (avec, au maximum, un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur) est bien plus élevée en Région bruxelloise que dans le reste du pays. Parmi les jeunes chômeurs bruxellois, 44% ont quitté prématurément l’école. La part des bénéficiaires d’un revenu de remplacement du CPAS est près de trois fois plus élevée à Bruxelles que dans l’ensemble du pays. Dans la population active, tant parmi les jeunes que parmi la population plus âgée, le nombre de bénéficiaires d’un revenu de remplacement du CPAS a de nouveau augmenté entre 2007 et 2008. La part des jeunes bénéficiaires d’un revenu de remplacement du CPAS est extrêmement élevée dans la plupart des villes (9,4 % parmi les Bruxellois de 18 à 19 ans et 7,5 % parmi les 20-24 ans) et a de plus

augmenté entre 2007 et 2008. Enfin, depuis la seconde moitié de 2008, le nombre de bénéficiaires du RIS a sensiblement augmenté dans toutes les grandes villes et dans le pays.

Vie quotidienne La vulnérabilité financière a des conséquences dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Environ un Bruxellois sur 10 connaît des retards de paiement pour des équipements de base. 40% des Bruxellois ne peuvent en aucun cas se permettre de prendre une semaine de vacances hors de chez eux. De plus, le capital-santé des personnes qui vivent dans la pauvreté est précocement détérioré et leur accès au marché du logement devient de plus en plus problématique. Entre janvier 2008 et janvier 2009, le nombre de logements sociaux n’a que peu augmenté, alors que le nombre de ménages inscrits sur la liste d’attente a augmenté de 4.000 unités. Un isolé bénéficiant d’un RIS doit consacrer, sur le marché locatif privé, plus de la moitié de son revenu au loyer d’un appartement sans chambre à coucher et sans confort de base… Un peu plus d’un tiers des enfants et des jeunes Bruxellois grandissent dans une famille sans revenu du travail. En 2007, à Bruxelles, 28% des enfants sont nés dans un ménage ne percevant aucun revenu du travail. Ces enfants ont deux fois plus de risques d’être mort-nés ou de décéder dans le premier mois de vie que ceux d’un ménage percevant 2 revenus. Bien entendu, les familles monoparentales sont très vulnérables: elles sont les plus atteintes par le chômage (de longue durée), 60% des enfants et des jeunes issus d’une famille de ce type grandissant dans un ménage sans revenu du travail. 17% des enfants sont nés en 2007 d’une mère isolée, environ un quart des enfants et des jeunes Bruxellois grandissent dans une famille monoparentale. Au bout du compte, les inégalités sociales au sein de la Région bruxelloise restent très prononcées: les 10% de déclarations fiscales les plus élevées représentent 35% du revenu imposable total; entre la commune la plus pauvre et la commune la plus aisée, le revenu moyen par déclaration est dans un rapport de 1 à 2. Ces constatations sont particulièrement préoccupantes dans une période d’accroissement démographique, de rajeunissement croissant de la population et d’intensification du caractère international de la Région. C’est peu dire que les défis concernant l’enseignement et la formation, le logement, l’emploi, la politique familiale, la cohésion sociale, … s’accroissent sans cesse. Tenter d’y répondre rend plus que jamais nécessaires la conception et la mise en œuvre d’une politique transversale de lutte contre la pauvreté en Région bruxelloise et…le combat syndical. (1) Conclusions du Baromètre social 2009, 5ème édition, Observatoire de la santé et du social Bruxelles Capitale, www.observatbru.be

Visite du Fort de Breendonk et de la Caserne Dossin Dimanche 16 mai 2010 Comme chaque année, la Centrale Culturelle Bruxelloise asbl en partenariat avec la FGTB de Bruxelles organise la visite du Fort de Breendonk et de la Caserne Dossin à Malines. Cette journée permettra de s’interroger sur les mécanismes de mise en oeuvre des thèses d’extrême droite. Déroulement de la journée Pour faciliter les visites, les participants seront répartis en deux groupes. Le premier groupe partira le matin au fort de Breendonk et visitera la caserne Dossin l’après-midi. Le deuxième groupe fera le parcours inverse. * Visite du Fort de Breendonk Après une courte introduction, le visiteur découvre la cuisine, le bureau SS, les chambrées de détenus et de nombreux autres endroits historiques. Il est introduit à chaque étape de la visite par un guide et accompagné tout au long du parcours par des vidéos, des photos, des descriptifs et des ambiances sonores. Le parcours a été entièrement rénové et étendu en 2003. Des lieux historiques, jamais encore ouverts au public, sont maintenant visités. Pour plus d’informations: www.breendonk.be * Lunch * Visite de la caserne Dossin Le parcours du musée sera présenté par un guide spécialisé. L’exposition développe plusieurs thèmes: les aides et relais dont bénéficièrent les SS, pourtant peu nombreux, dans la société et les institutions belges, la collaboration des mouvements d’extrême droite, l’extermination de près de la moitié de la population juive de Belgique, l’insoumission et la résistance de ceux qui échappèrent à la déportation, l’aide d’une large frange de la population belge, en particulier à l’égard des enfants. Pour plus d’informations: www.cicb.be Infos pratiques * Date: Dimanche 15 mai 2010 en journée. Notre journée d’étude vous permettra de découvrir ces lieux en compagnie de guides (francophone et néerlandophone). * Horaire: Départ à 8h30, Place Rouppe. Retour vers 16h30. * PAF: 7 euros (comprenant le voyage aller/retour, l’entrée aux 2 musées et le pique-nique de midi, boissons non comprises). Gratuit pour les jeunes, les (pré)pensionnés et les chômeurs affiliés à la FGTB. * Inscriptions avant le 05 mai 2010: Tél.: 02/213 16 10 - Fax: 02/511 48 82 E-mail: Dominique.Vanderose@cepag.be


2

RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

CENTRE

Lieu de travail: Sur le territoire de Mons-Borinage compte tenu du lieu de la formation. Description de la fonction: La (le) formatrice/teur sera amenÊ(e) à mettre en œuvre des modules de formation gÊnÊrale: remise à niveau des connaissances de base en français et mathÊmatique accompagnÊ de mobilisation socioprofessionnelle auprès d’un public d’adultes, demandeurs d’emploi. • PrÊparation et animation des sÊances de formation, • Mise en place des pratiques pÊdagogiques (y compris les procÊdures d’Êvaluation) qui favorisent la participation des stagiaires dans le dispositif de formation,

0DLVRQGHV (PSOR\pVHW&DGUHV V\QGLTXpVDVEO

Orientation: sociale et/ou pÊdagogique • Contrats à durÊe dÊterminÊe à temps plein (renouvelable) • Passeport APE indispensable Les candidatures accompagnÊes d’un CV devront être envoyÊes pour le lundi 05 avril 2010 au plus tard à: Borinage 2000 asbl Monsieur Philippe Borsu, Administrateur DÊlÊguÊ Rue Lamir 18/20, 7000 Mons Philippe.borsu.mons@fgtb.be La sÊlection se fera en 2 temps: • Les candidat(e)s retenu(e)s passeront l’Êpreuve Êcrite dans le courant de la semaine du 12 avril 2010, • Après rÊussite de celle-ci les candidat(e)s seront conviÊ(e) à participer à un entretien d’embauche dans le courant de la même semaine. Pour un engagement prÊvu au 19 avril 2010. Pour toutes informations complÊmentaires: Geneviève Bertholet, Coordinatrice de Borinage 2000: 065/32.38.52 - 0475/55.91.12. Une description complète de cette offre d’emploi est disponible sur le site du FOREM: www.leforem.be.

MOUSCRON - COMINES - ESTAIMPUIS

Les femmes contre les inÊgalitÊs salariales Une fois de plus, les Femmes de la rÊgionale de Mouscron, menÊes par Marie-NoÍlle Gaillez, animatrice FGTB, se mobilisent! Le mardi matin 30 mars, jour du marchÊ hebdomadaire à Mouscron, les femmes de la FGTB de Mouscron avec les femmes de la FGTB Textile, dÊnonceront, comme elles l’ont dÊjà fait les annÊes antÊrieures, l’inÊgalitÊ salariale entre hommes et femmes. Elles sensibiliseront citoyennes et citoyens au fait qu’aujourd’hui encore 23% des femmes subissent toujours l’inÊgalitÊ salariale, nivelÊe pour elles vers le bas! Pourtant, toutes et tous clament depuis bien des annÊes à travail Êgal, salaire Êgal qui malheureusement ne reste qu’un slogan! Si vous les rencontrez lors de votre marchÊ, arrêtez-vous! Après les avoir ÊcoutÊes, nulle doute que vous ne resterez pas insensible. Peut-être même que vous serez rÊvoltÊs contre cette discrimination existant encore en ce 21ième siècle .

'XDYULODXPDL

0DLVRQGHV(PSOR\pVHW &DGUHV6\QGLTXpV  *DOHULH3KRVSKRUHVFHQFH 6(7&D&HQWUH  3ODFHFRPPXQDOHj /D/RXYLqUH  3RXULQIR HQWUpHOLEUH 

Conditions: • Enseignement supÊrieur non universitaire ou C.E.S.S avec plus 3 ans d’expÊrience obligatoire dans la formation d’adultes, ou C.E.S.I. avec plus de 6 ans d’expÊrience obligatoire dans la formation d’adultes.

%pDWULFH%XUJHRQ

Borinage 2000 recherche un(e) formatrice/teur Temps plein – CDD (renouvelable).

([SRVLWLRQ ([SRVLWLRQ

D’hier et d’aujourd’hui



MONS - BORINAGE

([SRVLWLRQJUDWXLWHPHQWDFFHVVLEOHDXSXEOLF 'XOXQGLDXYHQGUHGLGHKjK (WOHOXQGLPDUGLHWMHXGLGHKjK

$YHFOHVRXWLHQGX

CHARLEROI-SUD - HAINAUT

SolidaritĂŠ sans frontières La FGTB RĂŠgionale de Charleroi et Sud Hainaut et le Patronato INCA (Instituto Nazionale e Confederale di Assistenza) ont renforcĂŠ leur collaboration. Le 5 mars dernier, une petite rĂŠception se dĂŠroulait Ă l’occasion de l’inauguration des nouveaux bureaux du Patronato INCA au sein de la FGTB RĂŠgionale de Charleroi et Sud Hainaut. CrĂŠĂŠ il y a plus de 60 ans par la CGIL (Confederazione Generale Italiana dei Lavoratori) pour venir en aide aux travailleurs italiens nouvellement arrivĂŠs en Belgique, le Patronato INCA a, depuis, assistĂŠ des milliers de travailleurs dans toutes leurs dĂŠmarches administratives. Le Patronato INCA offre guidance, assistance, conseils et soutien gratuit pour toutes les questions Ă  caractère social et est devenu un relais efďŹ cace vers les administrations locales et ĂŠtrangères pour tout ce qui a trait aux pensions, aux maladies professionnelles, aux indemnitĂŠs d’invaliditĂŠ, aux allocations familiales, etc‌ A travers ses relais aux quatre coins du monde, l’INCA aide les travailleurs qui ont travaillĂŠ dans plusieurs pays Ă  reconstituer leurs dossiers professionnels en vue de l’obtention de leurs droits.

Depuis 2006, la FGTB RĂŠgionale de Charleroi et Sud Hainaut a dĂŠcidĂŠ de proďŹ ter de cette inestimable expĂŠrience dans la dĂŠfense des droits des travailleurs en concluant un partenariat avec l’organisation syndicale italienne. Cette collaboration, cette synergie renforcĂŠe se concrĂŠtisera particulièrement dans le domaine de la sĂŠcuritĂŠ sociale, des conventions internationales, du passĂŠ professionnel des travailleurs et des pensionnĂŠs. 80.000 italiens rĂŠsident dans la rĂŠgion de Charleroi et plusieurs milliers d’entre eux font rĂŠgulièrement appel aux diffĂŠrents services du Patronato INCA. Le syndicat italien dispose aujourd’hui d’un espace bureaux au sein de la FGTB de Charleroi, boulevard Mayence, 1, bte 11 – 1er ĂŠtage – 6000 Charleroi. TĂŠl. : 071/31.78.53. Heures d’ouverture : de 8 H 30 Ă 12 H 30 et de 14 H 30 Ă  16 H 00 – après-midi principalement sur rendez-vous. Une infrastructure qui ne limite pas ses services aux travailleurs italiens mais s’ouvre dĂŠsormais Ă  toutes les nationalitĂŠs.

Revenus des pensionnĂŠs italiens vivant Ă l’Êtranger En ces jours, tous les retraitĂŠes et retraitĂŠs italiens vivant Ă  l’Êtranger vont recevoir une lettre de l’INPS accompagnĂŠe d’un formulaire Ă  remplir pour la vĂŠriďŹ cation de la pension: c’est le ÂŤmodèle REDÂť et sert Ă  vĂŠriďŹ er si les sommes que les pensionnĂŠs reçoivent de l’Italie sont correctes en fonction du revenu de leur mĂŠnage. Il est important de remplir ce modèle et de le rentrer Ă  l’INPS Ă  temps! Le Patronato INCA CGIL de la Belgique est Ă  la disposition de tous les citoyens italiens pour les aider Ă  complĂŠter rapidement ce dossier, et cela de manière totalement gratuite. Pour mener Ă  bien ce dossier il sufďŹ t de se prĂŠsenter Ă  un des nos bureaux en Belgique en possession des documents suivants: - Lettre reçue de l’INPS - CertiďŹ cats des pensions reçues en 2009 (ONP-PVR, CRAM, CNAV, LVA, AVS) - Preuve de paiement des pensions reçues (par exemple relevĂŠs bancaires) - Pièce d’identitĂŠ. Le Patronato INCA CGIL offre de l’aide, de l’information et de la protection gratuite pour toute question sociale: pensions, maladies professionnelles, accidents de travail, allocations familiales, chĂ´mage, santĂŠ, sĂŠjour en Belgique, etc. Inca Cgil Belgio - http://www.inca-cgil.be

Nos permanences: INCA CHARLEROI C/O FGTB Charleroi - BOULEVARD MAYENCE, 1 BP11 6000 CHARLEROI charleroi2.belgio@inca.it 071/31.78.53 6000 CHARLEROI - Boulevard Tirou, 13/21 071/31.49.02 - Mardi toute la journĂŠe

6200 CHATELINEAU Cercle Sarde – 4 Mori – Rue des Charbonnages, 255 Mercredi de 15h-17h INCA LA LOUVIERE RUE AUBRY 23 - HAINE ST. PAUL 7100 LA LOUVIERE 064/23.61.22 lalouviere.belgio@inca.it 7100 Haine-Saint-Paul c/o SETCA Centre - Place Communale, 15 064/23.66.10 - Lundi 9h-12h 7110 Strepy-Bracquegnies Voyage Caruana – FGTB – Rue Joseph Wauters, 27 064/65.04.80 - Lundi 14h-16h 7140 Morlanwelz Patronato INCA - Place Albert I, 7/D/O Mardi 13h30-16h30 7130 Binche c/o FGTB Centre Binche - Rue G. Binchois, 16 064/31.11.40 - Jeudi 9h-10h INCA MONS 25 RUE DE DINANT - 7000 MONS Tel: 065/34.79.19 mons.belgio@inca.it 7012 Flenu - c/o Asbl Su Nuraghe Avenue Champ de Bataille, 428 - Mercredi 14h-16h 7340 Colfontaine c/o Asbl Sandro Pertini - Rue de la Perche, 86 Dimanche 10h-12h


2

RÉGIONS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

LIÈGE - HUY - WAREMME

> AVIS AUX TRAVAILLEURS DE LA CONSTRUCTION

Paiement des cartes intemperies Le paiement des cartes intempéries couvrant la période du 1/1/2009 au 31/12/2009 s’effectuera par versement sur votre compte bancaire par la Centrale Nationale à partir du 28 avril 2010. Pour faciliter l’organisation du paiement, nous vous invitons à nous transmettre, à partir du 1er avril 2010, la (les) carte(s) reçue(s) de votre (vos) employeur(s), après y avoir indiqué votre numéro de compte bancaire, soit par la poste, à nos guichets, à nos permanences ou auprès de nos sectionnaires. Nous vous rappelons que nos guichets sont ouverts place St Paul, 13 à Liège, tous les jours de 9h à 11h30 et de 13h30 à 16h30 ainsi que les samedis 3, 17 et 24 avril 2010. Les cartes peuvent également être rentrées lors de nos permanences extérieures qui seront organisées suivant le calendrier ci-dessous:

F.G.T.B. rue Zénobe Gramme, 7 Le vendredi 16 avril 2010 de 15h30 à 16h. Le samedi 24 avril 2010 de 11h à 12h. Le vendredi 30 avril 2010 de 16h30 à 17h30.

LIEGE: Place St Paul, 13 à partir du Jeudi 1er avril 2010 de 9h à 11h30 et de 13h30 à 16h30

FLEMALLE: au local de la F.G.T.B. Grand Route, 122 Le lundi 19 avril 2010 de 10h30 à 11h30.

HUY: au local de la F.G.T.B. rue l’Apleit, 12 Le jeudi 15 avril 2010 de 16h30 à 17h30. Le samedi 24 avril 2010 de 9h à 10h. HANNUT: au local de la

VERVIERS

LE SEUL & UNIQUE CONCEPT QUI VOUS OFFRE : La QUALITÉ accompagnée de PRIX DÉMOCRATIQUES

Le CIRCUIT COURT pour une relocalisation de la production et le maintien des emplois

La CONVIVIALITÉ avec des équipes dynamiques à votre service!

2 ÉVÉNEMENTS À NE PAS MANQUER :

OUVERTURE DES MAGASINS JEUDI 1ER AVRIL 37, rue aux Communes, 4602 Visé (Cheratte)

JEUDI 8 AVRIL 13, Rue de l’Institut, 4670 Blegny

Heures d’ouverture du lundi > vendredi de 08h00 à 19h00 et le samedi de 08h00 à 13h00

Heures d’ouverture du lundi > vendredi de 08h00 à 19h00 et le samedi de 08h00 à 13h00

MAGASIN C POPULAIRE Magasin convivial d’alimentation & de produits de première nécessité à prix démocratiques (du producteur au consommateur) qui privilégie les produits de qualité et de saison.

www.cpopulaire.be

FLERON: au local de la F.G.T.B. avenue des Martyrs, 86, Le mardi 20 avril 2010 de 14h à 14h30. Le mardi 27 avril 2010 de 17h à 17h30. WAREMME: au local de la F.G.T.B. rue du Baloir, 5 Le vendredi 16 avril 2010 de 16h30 à 17h30. Le vendredi 23 avril 2010 de 16h30 à 17h30. Le vendredi 30 avril 2010 de 15h30 à 16h00. SERAING: au local de la F.G.T.B. rue Paul Janson, 41 Le lundi 19 avril 2010 de 9h à 10h.

JUPILLE: au local de la F.G.T.B., rue Chafnay, Le mardi 20 avril 2010 de 15h à 15h30. HERSTAL: au local de la F.G.T.B., rue Large Voie, 36

Le mardi 20 avril 2010 de 16h à 16h30. VISE: au local de la F.G.T.B., rue des Récollets, 63 Le mardi 20 avril 2010 de 17h à 17h30. POULSEUR: au local de la Mutuelle, rue des Ecoles, 30 Le jeudi 22 avril 2010 de 16h à 16h30. Le jeudi 29 avril 2010 de 16h à 16h30. AYWAILLE: au local de la F.G.T.B. rue L. Libert, 22 Le jeudi 23 avril 2010 de 17h à 17h30. Le jeudi 29 avril 2010 de 17h à 17h30. SCLESSIN: au local de la F.G.T.B. rue de l’Ile Coune, 50, A partir du 1er avril 2010 aux jours et heures d’ouverture des bureaux. CHENEE: au local de la F.G.T.B. rue Neuve, 18-24 A partir du 1er avril 2010, les jours habituels d’ouverture CHAPON-SERAING: rentrer les cartes auprès du Camarade Louis LAROCK. Bien Fraternellement.

G. Goblet, secrétaire M. Vreuls, secrétaire M. London, vice-président M. Goblet, président


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

3

> L’ACTU

> ÉDITO

Débat sur les pensions mal engagé

Levée du secret bancaire en trompe l’œil

Le poids lourd de la coalition au Gouvernement fédéral, à savoir le parti social-chrétien flamand CD&V, a pris position sur la question des pensions, et c’est un très mauvais signe en plein débat sur l’avenir des pensions. Le CD&V propose en effet faire dépendre l’âge de la pension de la carrière. Cela signifie que l’on ne pourrait plus partir à la retraite à 65 ans mais qu’il faudrait plutôt avoir une carrière de 45 ans pour prendre sa pension. Ceux qui commencent à travailler à 18 ans pourraient ainsi partir à 63 ans. Ceux qui commencent à travailler à 25 ans devraient donc attendre 70 ans pour partir en pension…

C’est le monde à l’envers! On savait que les libéraux avait pris un virage «social», mais on était loin de s’attendre à ce que l’ennemi juré de la «rage taxatoire», celui qui a organisé l’amnistie fiscale (Déclaration Libératoire Unique 1 fois et unique une 2e fois), l’inventeur des intérêts notionnels, «l’homme qui parle à l’oreille des riches», soit justement celui qui propose de supprimer le secret bancaire fiscal en Belgique. Et oui, c’est bien Didier Reynders, ministre libéral des Finances du gouvernement fédéral, qui propose cette réforme.

Le CD&V propose en outre de revoir les règles d’assimilation, c’est-à-dire le système qui permet de compter dans la carrière des années d’inactivité (chômage, maladie, crédittemps…). Seules seraient assimilées les période d’interruption de carrière pour pallier un problème de dépendance familiale ou en cas de formation. Quant aux prépensions, selon le CD&V, elles ne devraient plus être octroyées qu’à titre exceptionnel. Ces déclarations complètent celles d’Yves Leterme, qui propose d’accorder sans restriction le droit au travail après une carrière de 45 ans.

La fin du secret bancaire L’autre grande nouvelle de la quinzaine, c’est la proposition libérale de levée du secret bancaire. Le déficit budgétaire abyssal qu’a entraîné la crise financière pousse aujourd’hui le Gouvernement à envisager enfin une meilleure perception de l’impôt. Car outre l’endettement de l’Etat, le budget souffre de la chute des recettes fiscales. Il est politiquement plus facile et plus légitime de lutter contre la fraude que de proposer de nouvelles taxes extrêmement malvenues en cette période de crise de l’emploi et de la consommation. A la suite de la crise financière et de la levée de boucliers dans le monde entier contre les paradis fiscaux, le ministre libéral des Finances avait déjà fait un premier pas pour faire sortir la Belgique de la liste grise des paradis fiscaux en signant à la hâte une douzaine d’accords bilatéraux portant sur les échanges d’informations concernant uniquement les revenus de non résidents. Aujourd’hui, le Ministre des Finances propose non pas de lever directement le secret bancaire (qui ne vaut que pour l’Impôt des personnes physiques) mais de mettre en place un système de conciliation à plusieurs étages avant d’autoriser le Fisc à contrôler les comptes bancaires sans devoir passer par la Justice. Le contribuable fautif pourrait accepter un redressement fiscal avant la fin de la procédure. Si le contribuable refuse toute transaction et si la fraude est avérée, le fraudeur pourrait encore bénéficier d’une réduction d’amende de 50% (25% au lieu de 50% de surtaxe).

La levée du secret bancaire, la FGTB la réclame depuis longtemps. Car avant même d’envisager une réforme de l’impôt pour alléger la charge fiscale sur le travail et mieux taxer les revenus du capital, il faut mettre en place les instruments pour connaître les revenus. Or, si les revenus du travail – hormis le travail au noir – ne peuvent échapper au fisc, les revenus mobiliers sont non seulement peu ou pas taxés, mais ils sont beaucoup plus difficiles à débusquer. Sans la levée du secret bancaire, impossible de mener une lutte efficace contre la fraude fiscale et de rééquilibrer la fiscalité pour la rendre plus juste puisque une partie des revenus sont des revenus fantômes. Didier Reynders, qu’il faut généralement pousser dans le dos, a maintenant surpris tout le monde en proposant lui-même de supprimer le secret bancaire. C’est tellement étonnant que ça en devient suspect… A y regarder de plus près pourtant, cela n’a rien de surprenant. Le système que propose le Ministre des Finances est justement conçu pour limiter les dégâts. La levée du secret bancaire fiscal à la belge ne ressemble en rien au système qui existe en France où le fisc peut mettre son nez dans les comptes bancaires sans devoir rendre de comptes. Le système Reynders met en place des filtres au nom du respect de la vie privée. En cas de suspicion de fraude, le fisc devrait d’abord demander des explications au contribuable. Faute de réponse, le fiscard suspicieux devrait alors s’adresser à son directeur régional qui pourrait – s’il le juge opportun – s’adresser à un collège, qui examinerait le cas et donnerait le feu vert à une enquête bancaire. Et si vraiment le fraudeur est pris la main dans le sac, alors – non ce n’est pas encore la sanction – alors donc, il pourrait encore négocier un arrangement, une espèce de DLU permanente, c’est-à-dire une amende réduite de moitié. Le Fisc n’aurait alors plus qu’à dire merci au fraudeur d’accepter la transaction… Et le fraudeur pourra quant à lui remercier le ciel - et notre Ministre des Finances - pour sa clémence… Notre petit pays déjà célèbre pour sa peinture surréaliste («ceci n’est pas une levée du secret bancaire») compte maintenant aussi un maître du trompe l’œil.

Anne Demelenne Secrétaire générale

> TRIBUNAL RUSSELL SUR LA PALESTINE

L’Europe complice de la violation par Israël des droits du peuple Palestinien Du 1er au 3 mars s’est tenue à Barcelone la session du Tribunal international Russell pour la Palestine. Le tribunal porte le nom du philosophe britannique Bertrand Russel, militant pacifiste célèbre. Il s’agit d’un tribunal «civil» qui vise à mobiliser les opinions publiques pour que les Nations Unies et les Etats membres – et particulièrement l’Union Européenne - prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’Etat d’Israël, et pour aboutir à un règlement juste et durable du conflit israélo-palestinien. Une initiative citoyenne de ce genre n’a pas de conséquences juridiques contraignantes mais la participation d’éminents juristes, de professeurs d’université et d’hommes politiques du monde entier donne à ce tribunal une grande crédibilité aux yeux de l’opinion internationale. La première session du Tribunal Russel dans les années ’60 avait ainsi appelé à la fin de la guerre au Vietnam.

La session de Barcelone qui est une des quatre sessions prévues cette année, porte sur les responsabilités de l’Union européenne dans la violation des droits des Palestiniens. Elle a examiné six axes de travail: • Le droit à l’autodétermination du peuple palestinien • L’implantation des colonies et le pillage des ressources naturelles • L’annexion de Jérusalem-Est • La construction du mur • Le Blocus de Gaza • L’accord d’association Europe – Israël

de Jérusalem-Est, l’établissement des colonies, la construction du Mur qui porte atteinte à la libre circulation et au droit de propriété, le blocus de Gaza, sont autant de violations du droit international et sont comparées par le tribunal au régime de Apartheid dans la mesure où ces discriminations sont fondées sur la nationalité. Mais le Tribunal Russel pointe aussi du doigt les manquements de l’UE et de ses Etats membres par rapport à certaines règles du Droit International. L’Union européenne est coupable de passivité en ce qui concerne les violations commises par Israël.

Le tribunal est arrivé à la conclusion qu’Israël a commis des violations du droit international, ce qui n’est pas une surprise. Le refus de reconnaître au peuple palestinien le droit à l’autodétermination sur le territoire qui lui est attribué, l’occupation de la Cisjordanie, l’organisation de discriminations sur le territoire, l’annexion

La FGTB qui entretient des relations étroites avec le syndicat palestinien PGFTU, soutient la lutte du peuple palestinien. C’est à ce titre que Jacques Michiels, Secrétaire général de la Centrale Générale FGTB, assistait à cette session du Tribunal Russell. Il nous donne en page 11 de ce numéro son opinion sur le conflit.

Rudy De Leeuw Président


4

ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

> PRODUITS CHIMIQUES

> ERRATUM

Le travail peut nuire à la famille Crédit temps + 51 Les produits chimiques utilisés sur le lieu de travail peuvent causer de lourds préjudices aux générations à venir, et avoir des implications indéniables sur la vie familiale. Prudence et prévention sont donc de mise. n enfant à naître n’est pas à l’abri des agressions extérieures. Ce triste constat remonte au début des années soixante, où l’on a vu venir au monde un nombre croissant d’enfants souffrant d’anomalies internes graves, ou de malformations des membres. Pour la première fois, on constatait qu’un produit chimique, la thalidomide dans ce cas, une fois ingurgité par les futures mères, pouvait causer des dommages extrêmement handicapants, voire mortels, au foetus. Il aura fallu un scandale mondial pour que la vigilance soit accrue dans les laboratoires.

U

Qu’en est-il cependant des produits chimiques utilisés sur les lieux de travail? Présentent-ils ce que l’on appelle des risques reproductifs? Ainsi que l’indique le département santé-sécurité de l’Institut syndical européen, «de récentes études tendent à confirmer l’impact majeur de l’exposition professionnelle aux substances chimiques, non seulement sur les différents aspects de la vie reproductive des travailleurs et des travailleuses mais également sur la santé de leurs enfants.» En effet, la longue liste des produits chimiques utilisés dans un cadre professionnel présente des risques indéniables: stérilité, impuissance, enfants malformés, fausses-couches, autant de drames intra-familiaux qui sont très rarement attribués, dans les faits, au contexte professionnel. Dans sa brochure intitulée «Produire et reproduire», l’institut dresse une liste des substances chimiques particulièrement préoccupantes pour la reproduction. Pour les hommes, on peut pointer le chloroprène (présent en milieu industriel dans la fabrication de caoutchouc), le mercure, l’alcool

(solvants...), le chlordécone (usage pesticide), le chlorure de vinyle (plastiques, papier, verre), le dibromure d’éthylène (usage industriel, pesticide)... Chez les femmes, l’on évoque en plus le disulfure de carbone (usage fumigant, insecticide, solvant), l’oxyde d’éthylène (stérilisant, fumigant), et d’autres. Au total, trente substances sont considérées comme «particulièrement préoccupantes». Dans cette liste figure encore les éternels mercure et plomb, dont les risques sont pourtant connus depuis longtemps, et le nombre de victimes considérable. Force est également de constater que de nombreux produits n’ont jamais été testés de manière à définir leur degré de danger pour les générations futures. Il n’existe donc pas de liste complète de ces substances. La législation européenne qui garantit la protection des travailleurs ne prévoit pas de protection spécifique contre les facteurs de risques pour la reproduction, se reposant sur une série de directives s’adressant à certaines catégories de travailleurs (les travailleuses enceintes) ou à des risques spécifiques (les radiations ionisantes). Un cadre inadéquat, qui incite à appeler à une meilleure prévention. Aujourd’hui, il n’existe pas de registres des personnes exposées à ces risques sur leur lieu de travail. Ce que l’on sait, c’est que les secteurs de l’industrie chimique, du nettoyage ou des soins de santé multiplient les possibilités d’être en contact avec des sustances dangereuses. Au niveau européen, la Commis-

Crédit-temps 1/2 - Système général

L

Le Prix européen des bonnes pratiques Le prix vise à démontrer, par l’exemple, les avantages qu’il y a à suivre les bonnes pratiques (conditions de travail, promotion de la santé et sécurité au travail, élimination de tous les risques sur le lieu de travail…) pour tous les employeurs et travailleurs européens ainsi que les intermédiaires, y compris les partenaires sociaux, les professionnels et les praticiens

Entre 2 et 5 ans d’ancienneté

5 ans d’ancienneté ou plus

Montant brut

Pas d’allocations

222,19e

296,25e

Montant net

sauf si demande immédiate après utilisation de tous les droits au congé parental

Cohabitant

Isolé

Cohabitant

Isolé

155,54 e

184,09 e

207,38 e

245,45 e

Travailleur entre 50 et 51 ans Moins de 5 ans d’ancienneté Brut

Net sion ne place pas ce sujet au rang des priorités. C’est donc aux travailleurs et organisations syndicales de vérifier si les risques reproductifs ont été pris en compte dans les entreprises et, si ce n’était pas le cas, de mettre ce sujet à l’ordre du jour. La mise en oeuvre de REACH (voir dossier dans «Syndicats» n°3 du 12 février 2010), qui dresse la liste des produits toxiques utilisés en milieux professionnels, offre une possibilité de repenser la production et l’utilisation de substances chimiques. Les travailleurs et leurs représentants devront faire preuve d’une vigilance accrue, afin d’améliorer la prévention et d’éliminer les risques. Plus d’infos dans la brochure «Produire et reproduire»: http:// hesa.etui-rehs.org/fr/publications/pub44.htm

Appel à candidatures: pourquoi pas votre entreprise?

a campagne européenne est organisée par l’EU-OSHA, en coopération avec les États membres et la présidence du Conseil de l’Union européenne. Le prix européen des bonnes pratiques s’inscrit dans le cadre des principales activités organisées à l’appui de la campagne et vise spécifiquement à identifier les exemples de bonnes pratiques ayant trait à la maintenance sûre.

Moins de 2 ans d’ancienneté

Crédit-temps 1/2 – système 50+

> CAMPAGNE «LIEUX DE TRAVAIL SAINS» 2010-2011

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) lance un appel de candidatures pour le dixième prix européen des bonnes pratiques en matière de sécurité et de santé au travail. L’édition 2010-11 récompensera les entreprises ou les organisations qui auront contribué d’une manière remarquable et innovante à la promotion d’une approche de gestion globale en matière de maintenance sûre.

Dans notre n° 5, nous donnions les montants des indemnités pour crédit-temps ordinaire. Ces chiffres ne tenaient pas compte de la modulation «isolé» ou «cohabitant» pour les + 51 ans. Voici les chiffres complets pour les 1/2 et 1/5 temps.

du domaine de la santé et de la sécurité au travail, et d’autres parties prenantes apportant de l’aide et fournissant des informations sur le lieu de travail. Les entreprises/ organisations sélectionnées auront été reconnues pour leur rôle dans l’amélioration des conditions de travail en Europe. Les prix seront décernés dans deux catégories: les lieux de travail employant moins de 100 personnes, et les lieux de travail employant 100 personnes ou plus.

INFOS: SPF Emploi, travail et concertation sociale, Rue Ernest Blérot 1, 1070 Bruxelles M. Philippe Wyckaert: 02 233 45 90 Candidatures à remettre avant le 17 septembre 2010. http://hw.osha.europa.eu

5 ans d’ancienneté ou plus

222,19e Cohabitant

Travailleur de 51 ans ou plus

296,25e

442,57e

Isolé

Cohabitant

Isolé

192,57

245,45

287,68

366,67

e

e

e

e

Isolé

Cohabitant

143,43

184,09

e

e

Crédit-temps 1/5 – système général

Copie envoyée à:

Cohabitant

Montants bruts

146,32e

188,82e

Montants nets

95,11e

122,74e

Isolé

156,44e

Crédit-temps 1/5 – système 50+ Travailleur entre 50 et 51 ans

Travailleur de 51 ans ou plus

Cohabitant

Isolé

Cohabitant

Isolé

Montants bruts

146,32e

188,82e

205,57e

248,08 e

Montants nets

95,11e

127,74e

156,44e 133,63e

161,26e 205,54e

Reprise forcée de Decto Fleurus La cour d’appel de Mons n’a pas suivi les créanciers BNP-Fortis et ING qui voulaient vendre l’outil et a décidé d’autoriser la reprise de l’entreprise fleurusienne, sous-traitante de Caterpillar, au français FLP. Pour rappel, les banques Fortis et ING avait interjeté appel contre la décision du tribunal de commerce de Charleroi autorisant la reprise

de Decto, au bord de la faillite, par le Français FLP. Les banques préféraient en effet sacrifier l’emploi pour récupérer rapidement leur créance. Par cette décision de justice, 60 emplois sont sauvés et 36 mois d’activité garantis, en attendant la relance économique qui pourrait lui faire retrouver ses 110 emplois.

Pôle verdoyant et dépaysant, Borzée est dédié aux Séjours, séminaires et loisirs au vert Intéressé ? Venez visiter notre nouveau site !

www.borzee.be Hameau de Borzée, 4 • 6980 La Roche • Tél. 0032 (0)84/41.17.87 • Fax 0032 (0)84/41.23.03 • reservation@borzee.be


ACTUALITÉ

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

5

> CHÔMAGE

Réforme du contrôle de disponibilité On le réclame à cor et à cris depuis des années: il faut revoir le système de contrôle de la disponibilité, surtout en cette période de crise où l’emploi se fait rare. La ministre de l’Emploi Joëlle Milquet nous a en partie entendu. Elle propose une réforme du système qui a été approuvée par le Conseil des Ministres. On est encore assez loin de ce que nous demandions mais un premier pas est fait dans le bon sens. es derniers chiffres du chômage sont clairs : en 2009, le nombre de chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi a augmenté de 30.275 et le nombre de chômeurs temporaires de 76.128. Les chiffres du chômage complet pour 2009, à savoir 434.120, sont une moyenne. Les flux sont beaucoup plus importants: au 31 décembre 2009 489.850 personnes sont encore concernés par une procédure en cours . Si on prend les chiffres du chômage de janvier 2010 et que l’on n’oublie personne (par exemple les chômeurs âges considérés comme non demandeurs d’emploi, les temps partiels…) on arrive à une somme totale de 608.088 chômeurs, compte non tenu des 118.110 prépensionnés.

L

La quête du Graal Trouver de d’emploi dans ce contexte est mission impossible. C’est pourquoi la FGTB réclame la suspension du système de contrôle de disponibilité. Et sa réforme aussi, car avant la crise, le système était déjà critiquable: • Sanctions aveugles ne tenant pas compte de la situation régionale du marché de l’emploi. • Système frappant en priorité les publics les plus défavorisés. • Système déversant vers les CPAS une bonne part des chômeurs sanctionnés. • Pression poussant à la précarisation des contrats et statuts des actifs. • Mauvaise coordination avec les organes régionaux à qui incombe effectivement le rôle d’accompagnement dans la mesure où l’ONEM ne tient parfois pas compte des formations régionales suivies par les chômeurs et les sanctionne.

est déjà de leur ressort. Mais cet accompagnement devrait être personnalisé. Cela se fait déjà ou est en cours mais il serait à l’avenir assorti d’un contrat ou plan d’action. La prise en charge serait aussi plus rapide: au plus tard le 6e mois pour les – de 25 ans. Au plus tard le 12e mois pour les + 25 ans. Ce sont les régions (Forem, Actiris, VDAB) qui établiraient le trajet d’insertion. En contrepartie, le contrôle dispo de l’ONEM serait également anticipé de 7 mois par rapport à la procédure actuelle.. 2°) Un renforcement de la suspension de la procédure en cas de formation Il n’est pas rare en effet qu’un chômeur en formation se voie sanctionné parce qu’indisponible. Cela devrait être évité. La suspension pourrait aussi bénéficier aux demandeurs d’emploi qui veulent entamer une activité indépendante et à ceux qui reprendraient des études ou une formation intensive. 3°) Un traitement à part pour les demandeurs d’emploi les plus «éloignés du travail» Il s’agit des demandeurs d’emploi présentant des problèmes de nature médicale, mentale, psychique ou psychiatrique (MMPP). La procédure d’activation serait temporairement suspendue pour eux pendant 3 mois et pendant l’accompagnement (avec un maximum de 18 mois). Et si le cas est désespéré (jugé «non-orientable»), la procédure serait suspendue pendant 2 ans. Et s’il s’agit d’un réel handicap, la personne serait reversée sous un autre régime que le chômage. 4°) Extension de la procédure aux plus de 50 ans

• Etc… Le bilan du dispositif «dispo» est éloquent: en 2009 17.687 sanctions (suspensions temporaires ou exclusions). 48.588 depuis la mi-2004. Et ce ne sont que les sanctions dispo. Il faut y ajouter les sanctions ordinaires.

Les propositions Milquet 1°) Un accompagnement régional, personnalisé, plus rapide mais contractualisé L’idée est de laisser aux Régions l’accompagnent des chômeurs qui

La procédure de suivi, si elle a été initiée avant l’âge de 50 ans, se poursuivrait au-delà de l’âge de 50 ans. Elle sera clôturée après deux évaluations positives ou une reprise du travail. Après 2012, la procédure serait encore étendue aux plus de 52 ans. 5°) La paix aux chômeurs de longue durée avec évaluation positive Lorsque le demandeur d’emploi a déjà, à trois reprises, démontré qu’il recherche activement de l’emploi, la procédure de suivi de l’ONEM se-

rait suspendue tant que le service régional n’est pas en mesure de présenter une offre d’emploi ou de formation qualifiante permettant de favoriser son insertion. Celle-ci serait en outre encouragée par une prime d’embauche de 1.100 euros par mois. Cette proposition devrait mettre fin à l’effet de «carrousel» de la procédure de suivi. 6°) Lutte contre l’absentéisme aux entretiens C’est le même système de sanction que celui appliqué par l’ONEM si on ne se présente pas aux convocations. Mais cela vaudrait pour les convocations de l’organisme régional (Forem, Actiris…) 7°) Transmission et optimalisation des données L’accord de coopération entre organes régionaux et ONEM serait revu pour fixer le système de transmission des données (c’està-dire des cas susceptibles d’être sanctionnés) étant donné que les régions reprennent l’essentiel de la procédure d’accompagnement. 8°) Aménagements des sanctions C’est un chapitre à préciser mais le but est de rencontrer les critiques sur le traitement discriminatoire à l’encontre des jeunes avec allocation d’attente et également d’éviter que les exclus se retrouvent au CPAS en rendant les réductions d’allocation moins radicales en cas de sanction.

Une occasion ratée! dit la FGTB Pour la FGTB, force est de constater que la procédure de contrôle de disponibilité n’a pas atteint les objectifs escomptés c’est-àdire la remise à l’emploi d’un maximum de chômeurs, a fortiori aujourd’hui, en période de crise économique. Etant donné le contexte économique et l’impossibilité d’offrir des emplois en nombre suffisant aux demandeurs d’emploi, la FGTB continue à réclamer l’accompagnement accru des chômeurs ainsi qu’un moratoire du système de contrôle de disponibilité avant sa réforme en profondeur Pour la FGTB, les propositions en discussion ne prennent pas suffisamment en compte le contexte socio-économique auquel sont confrontés les travailleurs: chaque jour, 350 emplois passent à la trappe. L’on n’enraye pas les sanctions! Ainsi, la FGTB déplore: • que l’on n’ait pas cru bon d’instaurer un moratoire du contrôle de disponibilité puisque les travailleurs qui ont été licenciés ou qui sont sans emploi sont, pour la grande majorité d’entre eux, confrontés à l’absence d’emploi (32 demandeurs d’emploi (voire plus) pour une offre d’emploi dans certaines sous régions); • que l’on ne mette pas le holà au harcèlement administratif dont sont victimes les travailleurs sans emploi. Un accompagnement individualisé au niveau régional devrait en effet pouvoir libérer le chômeur d’un contrôle supplémentaire au niveau fédéral; • que l’ONEM doive encore intervenir quand le demandeur d’emploi a fait l’objet d’un rapport positif de la part du conseiller emploi (FOREM, ACTIRIS, VDAB); • que les +50 ans fassent l’objet des procédures mises en place… Certaines propositions en discussions sont en demi-teinte mais constituent néanmoins un allègement des dispositifs pour les demandeurs d’emploi: • l’accompagnement est adapté pour les demandeurs d’emploi «éloignés du travail». Cependant, le problème reste entier et la clarté n’est pas faite sur ce que l’on entend par «éloigné de l’emploi»; • un traitement identique sera appliqué aux travailleurs à tempspartiels; • il est mis fin au carrousel de contrôle après le troisième entretien positif; • tout demandeur d’emploi qui a entamé une formation sera dispensé de contrôle.


6

UNION BELGE DES OUVRIERS DU TRANSPORT

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

Ministre Crevits: pas de caquètement, nous voulons des œufs! La situation pour les camionneurs qui (doivent faire) font usage des parkings le long des autoroutes belges et européennes peut être résumée en 3 mots: peu sure, insuffisante et inconfortable. Surtout en Flandre, la ministre responsable Hilde Crevits manque à ses devoirs. Après trois livres noirs de l’UBOTFGTB, elle ne réussit pas à faire du progrès sur le terrain. A chaque fois de nouveau, des promesses d’amélioration sont faites, mais dans la pratique les chauffeurs n’en remarquent rien. Il y a trois ans, la Ministre Crevits a promis d’installer, à bref terme, les commodités de base nécessaires sur le parking de Peutie. Jusqu’aujourd’hui, rien n’a été réalisé. Les camionneurs sont supposés faire leurs besoins dans les bosquets… A Marquain, à la frontière francobelge, il n’y a pas de pénurie d’aires de parkings. Au contraire, il y en a plus qu’assez, mais de nouveau pas de toilettes, pas de douches, … Voilà pourquoi l’UBOT s’est vue obligée de prendre une initiative elle-même, par notamment

l’ouverture symbolique, sur les deux parkings, de toilettes mobiles pour les chauffeurs de camion. Deux exemples qui en disent long de la situation déplorable des parkings le long des autoroutes. Frank Moreels, secrétaire fédéral, résume la situation: «un nombre insuffisant d’aires de parking, des parkings inconfortables, des parkings peu sûrs. Nos chauffeurs de camion en ont ras le bol d’être envoyés promener depuis trois ans. Des fausses promesses, nous les avons bien reçues, mais des résultats sur le terrain, trois fois zéro!…» En tant que femme – la journée symbolique des femmes, c’était il y a peu - Gerda Baeten, chauffeur d’autocar, sait de quoi elle parle «il y a trop peu de commodités sanitaires, et souvent celles-ci ne sont pas propres. Presque nulle part on ne trouve des douches séparées pour les chauffeurs féminins. Il est temps qu’on y remédie». Reginald Sintubin, camionneur depuis 38 ans déjà: «nous devons

toujours plus assurer le flux tendu. De plus, nous devons respecter les temps de conduite et de repos. Mais il y a insuffisamment de places de stationnement sûrs et confortables. Des aires de parking sans commodités, deviennent des urinoirs publics répandant une odeur fort désagréable. Les chauffeurs qui transportent des produits dangereux sont souvent stationnés à côté de chauffeurs qui cuisinent leur repas sur un feu de camping: c’est insécurité et compagnie!!» Des mesures et vite! Les chauffeurs de camion en ont ras le bol d’être envoyés de Caïphe à Pilate. Nous voulons que des mesures soient prises à bref et à long terme qui cadrent dans un plan global, discuté avec les acteurs les plus importants du secteur, notamment les camionneurs et leur syndicat. Les parkings à problèmes réels sont connus. Un plan d’urgence pour l’installation de commodités sanitaires et de surveillance (éventuellement via des projets socioéconomiques), pour les parkings, peut être élaboré rapidement.

La fédération internationale des ouvriers du transport (itf) fait cadeau d’un nouveau bus La Fédération internationale des Ouvriers du Transport, qui organise quasiment tous les syndicats de transport et de gens de mer du monde, dispose d’un organisme caritatif nommé «Seafarers’ Trust». Ce dernier accorde son aide, et cela mondialement, aux organisations chargées de veiller au bien-être des gens de mer. Suite à la requête des syndicats, l’ITF a décidé de faire cadeau d’un cinquième minibus pour le transport de marins qui font escale au Port d’Anvers. Aujourd’hui (le 11 mars 2010), les clés du minibus pour Stella Maris ont été remises solennellement à Jörg Pfautsch de la «Deutsche Seemannsmission» en présence d’Ivan Victor (membre de l’Exécutif de l’ITF), Marc Loridan, Secrétaire fédéral Ports et Joris De Hert, Coordinateur ITF pour la Belgique. Avec ses huit ans et 200.000 km de service, le minibus précédent devait être remplacé. Lors de leur visite à bord, les organisations de bien-être montrent le chemin vers le Seafarers’ Centre, à l’avenue d’Italie 72, où l’on assure le bien-être des ouvriers maritimes, qui ont toujours moins de temps pour mettre pied à terre. Pendant leur bref congé du navire et du travail, ils trouvent dans ce Centre les accommodations nécessaires d’hébergement et de communication avec leur famille. L’Antwerp Seafarers’ Centre est une association entre Apostula-

tus Maris, la British & International Sailors’ Society, la German Seamen’s Mission et la Mission to Seafarers. Afin d’assurer le transport entre le navire, le Seamen’s Centre et le terrain de sport (en face de la rue qui mène au Leopolddok), ouvert toute l’année sauf en hiver, l’ITF Seafarers’ Trust accorde son aide quant au financement des bus. Entre-temps, on dispose de 5 de tels bus pour transporter les gens de mer dans le port d’Anvers. Sachant qu’au cours de l’année passée, en gros 50.000 marins ont été transportés à l’aide des minibus dans

le port d’Anvers, la disposition de 5 de ces véhicules n’est pas un luxe superflu. En ce qui concerne la requête pour obtenir le financement de ces moyens de transport par l’ITF Seafarers Trust, on coopère via le(s) syndicat(s) local(aux). Jusqu’à ce jour, les demandes justifiées n’ont jamais buté contre un non. Nous souhaitons aux «port chaplains» tout le succès avec leur nouveau minibus et envisageons avec plaisir la prochaine remise solennelle.

A court terme, des mesures contraignantes à l’adresse des exploitants des stations services existantes s’imposent afin d’améliorer l’offre actuelle (p.ex. via des service level agreements). Ainsi, l’on peut éviter que des installations sanitaires restent «hors service» pendant des semaines, comme c’est souvent le cas maintenant. Des commodités de base, comme l’usage des toilettes et de l’eau coulante, des douches pour les camionneurs, … doivent être gratuites. Vous voulez davantage d’arguments? Sur notre site web vous trouverez du matériel visuel qui n’a pas besoin de commentaires: www.btb-abvv.be . Vous connaissez vous-même de pareilles situations intolérables?

Veuillez bien nous en informer par e-mail : parkingalarm@btbabvv.be.

Les gaz toxiques en conteneurs: joindre le geste à la parole! La journée d’étude de l’UBOT était un succès éclatant non seulement du point de vue participation et attention de la part de la presse, mais également et surtout grâce au niveau du contenu. Les exposés étaient intéressants, parfois même hallucinants. En tout cas il est devenu clair qu’il y a du pain sur la planche. En effet, l’usage de gaz toxiques est tellement dangereux pour la santé des travailleurs du secteur du transport et de la logistique que nous ne pouvons pas nous permettre de ne rien faire. Afin d’assurer que ce problème reçoit l’attention qu’il mérite, l’UBOT a élaboré un programme d’action concret. Les militants de l’UBOT prennent les rênes Dans toutes les entreprises où les travailleurs déchargent des conteneurs, les délégués de l’UBOT inscriront le thème à l’ordre du jour du CPPT. Là où on ne dispose pas d’un CPPT, nos délégués syndicaux et militants aborderont le point auprès de leur employeur. L’objectif à poursuivre par l’UBOT est certes d’assurer l’inscription du thème au Plan d’Action annuel dans les entreprises concernées. Ainsi, il devient un point permanent dans la politique de prévention et il continue à être porté à l’attention. C’est que la santé des collaborateurs importe à tout le monde et qu’elle ne sème pas nécessairement la discorde entre employeurs et travailleurs. Bien au contraire! L’UBOT inscrira ce point à l’ordre du jour de la Commission paritaire Le 25 février 2010, la délégation de l’UBOT a donné aux représentants des employeurs de SAV, FEBETRA et UPTR, un exposé détaillé sur la problématique des gaz toxiques. De plus, elle a mis son cahier de documentation à la disposition des susmentionnés. L’UBOT a proposé de conclure une CCT sectorielle pour assurer que la problématique des gaz toxiques devient un point d’attention dans le secteur entier. L’obligation d’inscription dans le Plan d’Action annuel pourrait en être un élément. Les employeurs réagiront à l’occasion d’une prochaine réunion. CSC Transcom a déjà promis de donner son plein appui à cette initiative de l’UBOT. Entre-temps, la FGTB fédérale a inscrit la problématique concernée à l’ordre du jour du Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail.

Visitez notre site web: www.ubot-fgtb.be


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

7

> BELGIQUE

Le nouveau visage du racisme Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme fait le point sur deux études menées récemment, qui donnent quelques éléments sur ce que représente le mot «racisme», aujourd’hui, dans notre pays. egards croisés entre les Belges et les minorités ethniques. Qu’est-ce que les premiers pensent des seconds, et l’inverse? C’est à ces questions que deux études, menées en 2009 respectivement par IPSOS et IRB, apportent des éléments de réponse. Quatre «groupes minoritaires» Turcs, Maghrébins, Africains subsahariens, Européens de l’Est - ont été interrogés, ainsi que des Belges. Il s’avère que les préjugés restent persistants de part et d’autre, même s’il est essentiel de distinguer ces préjugés d’un véritable comportement raciste, ainsi que l’explique Andrea Rea, professeur de sociologie à l’ULB. «Ce qui est grave, ce n’est pas d’avoir des préjugés, car tout le monde en a, mais que ceux-ci se répercutent dans les comportements, et amènent à la discrimination.»

R

L’on constate une fois encore que ces préjugés, et le racisme qui en découle, vient d’une méconnaissance de l’autre. Ainsi, la moitié des Belges indiquent qu’ils n’ont pas de contact avec les personnes issues des minorités. Et quand ce contact existe, il est poli et formel, rarement amical. Ce résultat vaut également du côté des minorités ethniques, après qu’une des études se soit focalisée sur les relations entre voisins d’origines différentes: très rarement hostiles, ces relations sont majoritairement polies ou «amicales», sans pour autant faire naître de vrai lien d’amitié. Toutefois, 88% des personnes issues de minorités ont estimé que

le mélange des cultures dans les villes est assez ou très positif. 79% trouvent également qu’ils sont asssez ou très bien acceptés par la communauté belge. Seuls 9% des Belges indiquent que la présence d’autres cultures n’est, selon eux, pas une bonne chose. L’on notera que c’est à Bruxelles que les sentiments des Belges envers les quatre minorités précitées sont les plus positifs, très certainement du fait de la présence sur le territoire de nombreuses cultures, et dès lors des contacts plus fréquents entre les gens.

Médias et emploi Dès lors comment s’exprime le racisme, aujourd’hui, en Belgique? Autant les études que les constats du Centre (sur base des 1191 signalements reçus en 2009) indiquent un «glissement» du racisme. Aujourd’hui, le critère «couleur de peau» ou «nationalité» s’est estompé au profit d’un autre, celui de la religion. C’est, on s’en doute, l’Islam qui est particulièrement visé dans ce constat. Les chiffres du Centre démontrent, par ailleurs, que les médias jouent malheureusement un rôle très actif dans la diffusion de propos racistes et haineux. Avec, en point de mire, internet. L’anonymat des utilisateurs a fait de ce média un véritable exutoire, le lieu principal d’expression de propos nauséabonds. Un signalement «racisme» sur quatre a aujourd’hui trait à internet.

Le deuxième «lieu» où les discriminations sont les plus fréquentes est l’emploi. 65% des personnes d’origine étrangère interrogées ont le sentiment d’être discriminées à ce niveau. 52% des Belges interrogés indiquent qu’effectivement, ils perçoivent que les personnes issues de minorités semblent avoir des difficultés à accéder à un emploi ou à progresser professionnellement.

Tolérance, oui, mais... On remarque également un double discours: si Belges et minorités indiquent, pour la plupart, que la diversité est une richesse pour la société, beaucoup ne montrent plus cette tolérance lorsque la même diversité «rôde» autour des spères familiales et professionnelles. On note par exemple que 29% des Belges trouveraient (très) gênant que leur enfant épouse une personne issue d’une minorité. Du côté des minorités, même constat. 33% des familles n’accepteraient pas (voire pas du tout) un petit ami belge en leur sein. Chez les Belges, 22% trouveraient (très) gênant qu’une personne issue d’une minorité devienne son patron. Enfin, 14% des Belges préfèrent ne pas s’asseoir à côté d’une personne appartenant à une minorité. 24% des personnes d’origine étrangères confient avoir déjà vécu des situations d’évitement dans le bus ou dans la rue. Difficile de dire si le racisme progresse ou recule en Belgique, et une très grande prudence doit être de mise, afin d’éviter toute mauvaise interprétation des chiffres. Il n’est toutefois pas erroné de dire que l’ignorance engendre la peur, et que seule une meilleure connaissance des différentes cultures, associée à des contacts plus réguliers, pourra créer une relation plus saine entre les communautés.

Les nouvelles formes d’apartheid Si le racisme est bel et bien condamné publiquement, il continue de sévir sous des formes plus insidieuses: amalgames entre étrangers et délinquants, blagues xénophobes, discriminations à l’embauche, mise en évidence de l’origine étrangère d’un malfaiteur ou criminel dans le traitement de l’information. Ce racisme qui ne dit pas son nom nourrit un climat de méfiance et entretient la peur des différences. Les plaintes pour discrimination liées au racisme sont les plus nombreuses parmi celles déposées au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR). Elles concernent, en premier lieu, la circulation de messages de haine sur internet et en deuxième lieu, la discrimination liée à l’emploi (Rapport 2008 du CECLR). Cette tendance semble se confirmer en 2009 (www.di-

versite.be). Par ailleurs, le contexte de la crise économique et sociale a tendance à exacerber la peur de l’étranger, perçu comme un rival «illégitime» sur le marché de l’emploi. Des entreprises se targuent de n’engager que du «blanc bleu belge». Certains employeurs vont même jusqu’à cacher leur propre xénophobie derrière celle de leurs clients: «ce sont eux qui ne veulent pas d’étrangers, moi je ne suis pas comme ça». Il n’est dès lors pas étonnant que des personnes issues de l’immigration, après avoir opté pour la nationalité belge, vont jusqu’à changer de patronyme! Détestent-elles leurs origines? Maudissent-elles leur culture et leurs ancêtres? Abhorrent-elles leurs nom et prénom? Non. Elles sont simplement prêtes à s’arracher une partie d’elles-mê-

mes uniquement pour s’octroyer une chance d’accéder aux premières étapes de l’embauche. De nombreux sociologues pointent la structuration du marché de l’emploi en strates hiérarchisées en fonction de la dimension «ethnique». La position des étrangers et des Belges d’origine étrangère dans cette hiérarchie de l’emploi est précaire. Elle s’exprime par un taux de chômage élevé, par des contrats à durée déterminée, par une surreprésentation dans l’emploi précaire comme le temps partiel, l’intérim ou la sous-traitance. Cette position est caractérisée par de faibles rémunérations et par le peu d’accès à la fonction publique. Sur base de l’appartenance «ethnique», de véritables classes sociales se recomposent, les étrangers et les Belges d’origine étrangère

étant concentrés dans les classes inférieures. Certains n’hésitent pas à parler de «logiques d’apartheid et de ségrégation. Apartheid, car les populations sont séparées en raison de leurs origines ethniques ou sociales, ségrégation, parce qu’on maintient une population dévalorisée dans une situation où on l’empêche véritablement de bénéficier des outils d’émancipation.»

des populations immigrées et alors que les discours populistes et xénophobes surfent sur la vague de la concurrence des misères, la lutte contre le racisme et les discriminations est plus que jamais nécessaire. Seule l’égalité des droits, dans l’entreprise et dans la société en général, permettra une réelle émancipation de toutes et tous dans l’espace démocratique.

Un CV ou un formulaire d’embauche standard anonyme, sans être un remède miracle, pourrait constituer un rempart contre les discriminations. Il permettrait au demandeur d’emploi, quelles que soient ses origines, sa nationalité, sa couleur de peau ou son appartenance religieuse, d’obtenir un rendez-vous. Face au manque de mixité sociale, à la ghettoïsation géographique

La cellule de lutte contre les discriminations de la FGTB wallonne


8

DOSSIER

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

EUROPE > PLAN EUROPE 2020 DE LA COMMISSION EUROPÉENNE

> EUROPE 2000-2010

L’échec de la Stratégie de Lisbonne

L’absence d’imagination au

2000: l’Europe se dotait d’un programme décennal qui devait en faire «l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une croissance quantitative et qualitative de l’emploi dans le respect de l’environnement»… 10 ans plus tard, c’est l’heure du bilan: l’Europe a raté le coche.

Au départ, la stratégie tablait sur un équilibre entre 3 piliers: économique, social, environnemental. Mais l’absence de progrès en matière d’emploi amène la Commission à revoir sa copie en 2005 en accentuant le volet économique. Face à la mondialisation et au vieillissement de la population, l’Europe a revu les objectifs à la baisse en 2005 pour jouer la carte de la productivité et de la compétitivité en laissant de côté les deux autres objectifs, surtout le social. 2010: c’est l’heure du bilan. Pas brillant. - Un taux d’emploi à 66% au lieu des 70% visés*. 23 millions de chômeurs, soit un taux de chômage de près de 10% (version statistiques européennes normalisées, c’est-à-dire largement sous-estimées). 2,7 millions de pertes d’emploi pour l’Eurozone en 2009 et 4 millions pour les 27 pays membres. - 17% de la population (soit 85 millions) sous le seuil de pauvreté. Bref, côté social, c’est l’échec. Et la Commission est bien forcée de constater que l’adhésion des citoyens au projet européen a baissé dramatiquement. Elle en attribue en partie la responsabilité à… un défaut de communication. Côté «société de la connaissance», pas mieux: le pourcentage du produit intérieur consacré à la recherche & développement n’est que de 1,9% contre 1,82% en 2000 au lieu des 3% visés. Côté économique, pas de quoi pavoiser. L’Europe n’est toujours pas en mesure de surclasser ses concurrents commerciaux, ni par les coûts, ni par la technologie. Elle s’est trouvée paralysée face à la crise financière puis économique et sociale. Mais l’échec ne se mesure pas seulement en termes d’objectifs manqués. L’Europe, en tant que marché intégré et entité politique sur le plan mondial, ne fonctionne pas. Dans son mea culpa, la Commission fait l’inventaire des dysfonctionnements de l’Europe. Les objectifs de Lisbonne apparaissent aujourd’hui comme trop ambitieux par rapport aux instruments politiques à disposition pour les mener à bien et

mal digérés par les pays membres: le système basé sur les plan nationaux de réforme et la «méthode ouverte de coordination» en lieu et place d’une réelle gouvernance européenne ont montré leurs limites. Les évolutions sont trop lentes et mal réparties. Les bons élèves sont restés bons – même si c’est un cran plus bas - et les mauvais sont toujours mauvais… Dans son propre bilan, la Commission reconnaît à mots couverts les effets néfastes de la concurrence à l’intérieur même de la zone euro: «il a été impossible de profiter de certaines synergies et de certains effets d’entraînement positifs importants du fait de l’inégalité des progrès, mais on a vu apparaître, dans certains cas des effets de contagion négatifs»… (SEC (2010) 114 final). La Commission reconnaît qu’elle n’a pas bien intégré les politiques économique, sociale et environnementale, ainsi que son impuissance face aux marchés financiers: «D’autres grandes priorités stratégiques telles que l’intégration des marchés financiers, ont brillé par leur absence»… L’Europe se rend compte que sa stratégie d’adaptation à la mondialisation reposait sur la passivité, c’est-à-dire qu’elle se condamnait à courir derrière et à la subir plutôt que de tenter de l’orienter, de développer son propre modèle. Et cela n’a rien d’étonnant. La foi dans les vertus du marché et de la main invisible de l’économie reposait sur l’idée qu’il fallait laisser faire l’économie et que le reste suivrait. Le rôle de l’Europe se résumait donc à mettre en place le cadre d’une plus grande libéralisation. L’Europe va-t-elle virer sa cuti? Pas si sûr. La leçon que tire la Commission de la crise, c’est qu’on n’a pas été assez loin dans l’intégration du marché mais il n’est pas encore question de placer le politique à la barre du bateau ivre. Le marché, le marché, et encore le marché, il n’y a que cela dans le plan Europe 2020. *Chiffre de la Commission pour 2008. Dans son plan 2020, le taux d’emploi devient 69% «actuellement» par rapport à un objectif de 75%.

Le contexte n’est plus à l’attente béate de la croissance. La crise est là. Les orientations libérales de l’Europe et leurs conséquences sociales avaient déjà entraîné la désaffection des citoyens (57% d’abstentions au scrutin de juin 2009). Les conséquences de la crise et l’incapacité de l’Europe à prendre des contre-mesures, n’ont fait que creuser le fossé. Il s’agit maintenant de sortir de l’ornière et de relancer le moteur. Avec son nouveau plan stratégique «Europe 2020», la Commission entend «remettre l’économie de l’UE sur les rails» et «tirer les leçons de la crise» mais elle ressort ses vieilles recettes. Ce plan, présenté le 3 mars, doit être approuvé par le sommet de printemps le 25 & 26 mars.

a crise, dit José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, est un signal d’alarme qui nous a fait prendre conscience de nos faiblesses. Il ne suffit pas de repartir dans «une logique de continuité», sinon l’Europe va s’enfoncer dans le déclin. Il faut donc se fixer des objectifs à la hausse et qui rencontrent nos faiblesses.

L

Les grands projets… Le plan Europe 2020 présente trois priorités qui se renforcent mutuellement: - une croissance dite «intelligente», c’est-à-dire fondée sur la connaissance et l’innovation. - une croissance durable, à savoir une économie plus efficace dans l’utilisation des ressources, plus verte et plus compétitive. - une croissance inclusive, c’est-à-dire à fort taux d’emploi favorisant la cohésion sociale et territoriale. Dans cette optique, la Commission se fixe les 5 grands objectifs suivants:

- 75% de la population âgée de 20 à 64 ans à l’ emploi; - 3% du PIB de l’UE investi dans la R&D; - réalisation des objectifs «20/20/20» (20% de gaz à effet de serre en moins, 20% de consommation d’énergie primaire en moins, 20% d’énergies renouvelables en 2020, voire 30% si les négociations Climat aboutissent); - un taux d’abandon scolaire ramené à moins de 10% et au moins 40% des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur; - réduction de 20 millions du nombre de personnes menacées par la pauvreté.

… Sans les grands moyens Cela ressemble assez aux objectifs de Lisbonne 2000-2010. La question essentielle étant de savoir comment on compte les atteindre. Car l’enfer est pavé de bonnes intentions. Dès que l’on aborde le chapitre des moyens, on n’entend plus les violons.

La Commission n’a qu’une obsession: la compétitivité du marché européen par rapport au reste du monde. Si l’Europe est en crise, c’est parce que son marché unique est encore trop fragmenté, pas assez «unique», pas assez libéralisé, pas assez ouvert. On fait donc appel aux vieilles recettes libérales: faciliter la concurrence, libéraliser les services, faciliter les formalités pour les entreprises, faciliter l’e-commerce, faciliter l’accès aux marchés des entreprises européennes en intervenant à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), faire tomber les barrière fiscales, ce qui ne veut pas dire harmoniser la fiscalité mais abattre les protections déguisées, etc. Et pour le unifier un peu plus marché, la Commission propose de passer à la vitesse supérieure en utilisant davantage les «règlements» (lois européennes d’application immédiate) plutôt que les «directives» dont la transposition est laissée à la discrétion des Etats. Le dérapage des marchés financiers, dans ce schéma, n’est qu’une anomalie, un défaut de surveillance auquel il va falloir remédier. UE 2020 envisage un train de mesures pour réguler les marchés financiers, en ce compris la recherche de «contributions appropriées du secteur financier».

… Mais avec les vieilles recettes Dans cette logique, la Commission européenne conseille de supprimer dès que possible toutes les entorses au libéralisme commises pour amortir les effets de la crise: - retrait des mesures de relance budgétaire - retrait des aides au chômage temporaire


DOSSIER

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

9

> LES SYNDICATS EUROPÉENS ET LE SOMMET DE PRINTEMPS

pouvoir

Tirer les vraies leçons de la crise Attention de ne pas précipiter l’Europe dans une crise encore plus profonde en accélérant la sortie des mesures de crise, prévient la Confédération européenne des syndicats (CES). La spéculation continue de sévir, notamment au détriment de la Grèce et de toute la zone euro. L’Europe ne doit pas poursuivre sur ses rails, mais changer de cap et profiter du défi climatique pour une relance économique durable et une plus grande justice sociale. La FGTB, qui a été reçue par le Président du Conseil, Herman Van Rompuy, en même temps que les syndicats espagnol et hongrois (la troïka syndicale) a de son côté plaidé pour une relance éco-solidaire financée par une taxe sur les transactions financières.

mique européenne en instaurant de nouvelles méthodes de collecte des fonds, en particulier un impôt sur les transactions financières, des impôts sur les primes, et la possibilité d’émettre des euro-obligations de manière à drainer l’épargne vers la relance économique plutôt que vers la spéculation.

’Europe ne peut pas se contenter d’être un marché. La fin prématurée des stratégies de sortie de crise risque d’aggraver la crise alors que le chômage, notamment des jeunes, est au plus haut.

Il faut, dit la CES, accélérer, en Europe et au plan international, le processus de mise en place de mesures efficaces de régulation des banques, des fonds spéculatifs, des fonds d’investissement privés et d’autres institutions financières.

L

Les fonds spéculatifs continuent à saper l’économie en s’attaquant à la Grèce et à travers elle à l’Euro, au risque de le détruire. Au lieu de laisser tomber la Grèce ou de la forcer à appliquer des mesures antisociales,

- fin des aides sectorielles (par exemple au secteur automobile) - interruption des aides au secteur financier en commençant par la garantie des placements fournie par les Etats. Retour aussi au Pacte de stabilité pur et dur, c’est-à-dire à la limitation des déficits budgétaires à 3% et de la dette publique (à 60% du PIB) des Etats de la zone euro. La Commission prône l’assainissement budgétaire «intelligent», c’est-à-dire le retrait progressif des mesures anticrise et le glissement d’une fiscalité sur le travail vers une fiscalité environnementale. Le calendrier proposé laisse cependant peu de place à la progressivité et à l’intelligence: il faudrait, dit la Commission, commencer dès 2011 et l’exemple de la Grèce montre qu’il est difficile d’assainir dans la dentelle… Les conseils de la Commission dans ce domaine font appel aux vieilles formules miracle: réforme des retraites, des systèmes de soins de santé, de la protection sociale, «réforme» des services publics dans le sens de plus d’efficacité (entendre moins de fonctionnaires)… Pour rappel, la Belgique et d’autres comme l’Irlande, l’Espagne, l’Italie, viennent d’être rappelés à l’ordre budgétaire Quelles sont les leçons que la Commission a tirées de la crise? A part un appel du pied au Conseil (les chefs d’Etat et de Gouvernement) à jouer plus «collectif», et un désir de secouer les lourdeurs pour avancer dans le marché unique, la Commission reste sur ses propres rails, ses recettes libérales et sa foi aveugle dans le marché. Le sommet de printemps ne sera pas marqué par le renouveau.

les gouvernements européens devraient s’unir et renforcer leur action commune pour diriger l’économie.

L’emploi, l’emploi et encore l’emploi Pour la CES, l’UE doit maintenant se concentrer sur la réduction du chômage, surtout chez les jeunes, avec un nouveau plan de relance européen équivalant à 1% du PIB européen. Ce plan suppose que l’on développe davantage la gouvernance écono-

Des plans visant à mettre en place de nouvelles politiques industrielles vertes sont des moyens susceptibles de relancer l’emploi et d’assurer la transition de nos économie vers le développement durable et la lutte contre le réchauffement qui sont des objectifs du plan 20/20/20.

Ne pas casser les stabilisateurs Le Plan Europe 2020 ne répond pas à ces attentes, dit la CES. Comme il passe sous silence le rôle des systèmes de sécurité sociale et des servi-

ces publics qui ont permis d’éviter une dépression plus profonde encore. Ils doivent être le pilier central de l’Union européenne dans le futur. Malgré les privatisations et la déréglementation les systèmes de protection sociale et les services publics ont démontré leur rôle de stabilisateurs «automatiques» solides pendant la crise. La stratégie 2020 doit permettre de les maintenir et doit être compatible avec le concept d’une économie sociale de marché. Or, les plans d’austérité tels que celui imposé à la Grèce qui s’attaquent à l’emploi, aux salaires, à la fonction publique, aux retraites, vont dans le sens diamétralement opposé. Sur les questions de marché du travail, la stratégie 2020 manque d’une vision sociale. Les travailleurs attendent de Europe des standards de travail équitables, une réduction ou une élimination des écarts entre Etats membres, plus de sécurité pour les travailleurs dans le cadre d’une politique de transition juste des emplois d’aujourd’hui vers les emplois verts de demain.

L’Eurozone sous tension Quand on dit «Europe», on dit «Bruxelles», ou «la Commission». Mais l’Europe se décide aussi et même surtout ailleurs, entre les capitales des grands pays. La crise grecque montre que le sort de l’Europe peut aussi se jouer à la périphérie, là où le maillon faible peut céder. Depuis quelques semaines, l’euro est sous tension. En cause la crise grecque. On s’est aperçu en effet que le déficit budgétaire de la Grèce était bien supérieur aux chiffres communiqués pour satisfaire aux critères de convergence du Pacte de stabilité mis en place avec l’Union économique et monétaire (UEM). Bien sûr tout le monde à des problèmes de déficit et de dette publique à cause de la crise. Mais la Grèce, elle, avait masqué ses comptes depuis des années. Comment? Grâce aux services de la banque américaine Golman Sachs, la Grèce a pu faire passer des emprunts pour des transactions sur devises. Aujourd’hui que le pot aux roses a été découvert, la spéculation s’est jetée sur la Grèce et l’Euro comme la misère sur le monde. La Grèce, devenue débiteur peu fiable, doit emprunter à des taux deux fois supérieurs à ceux pratiqués pour d’autres pays comme l’Allemagne. Les hedgfunds spéculent sur la baisse de l’Euro face au dollar et précipitent ainsi la chute du cours. La Grèce, priée de s’amender, vient

de décider un plan d’austérité drastique: réductions radicales des salaires et des retraites, augmentations d’impôts, privatisation à large échelle des entreprises publiques et réductions des services de santé et d’autres services publics ainsi que des administrations locales. Pour ne rien arranger, l’Allemagne joue les élèves vertueux, les fourmis qui refusent de payer pour les cigales et suggère même l’exclusion de l’Eurozone des pays qui ne respectent pas les règles. Si cela devait se faire, il ne resterait pas grand-chose de la zone Euro. La Belgique, par exemple, est bien loin d’une dette publique de 60% du PIB et d’un déficit de 3%. Elle pourrait suivre la Grèce de près vers la sortie ou être priée de prendre le même genre de mesures que la Grèce. 2011 sera une année difficile.

La faute à l’Allemagne Dans une interview au journal Le Soir du 18 mars 2010, l’économiste français Jacques Sapir, faisant écho aux propos de Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, relativise les fautes de la Grèce et pointe plutôt un doigt accusateur vers l’Allemagne. C’est à elle que l’on doit les contraintes du Pacte de convergences. C’était la condition pour qu’elle accepte de lâcher un Mark fort. C’est donc à elle que l’on doit un Euro fort qui entrave no-

tre position compétitive, bien plus que la hauteur des salaires. Et des pays comme la Grèce en ont payé le prix. Selon Jacques Sapir, la rigidité du système monétaire européen empêche les ajustements, donc le rattrapage des pays les plus faibles. L’Allemagne plutôt que d’affaiblir l’euro, préfère comprimer ses salaires pour favoriser ses exportations (vers ses voisins) et contracte ainsi sa demande intérieure. Elle oblige ainsi ses voisins, dont nous, à jouer

aussi la concurrence sur les salaires (programme de la FEB) ou sur la fiscalité (les intérêts notionnels). Elle tire donc tout le monde vers le bas. Cela va devenir intenable, dit Jacques Sapir, qui prédit l’éclatement de la zone Euro d’ici deux ans si on ne s’oriente pas vers une politique de relance économique plutôt que d’austérité et de compression de la demande dictée par la rigidité du Pacte de stabilité.


10

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

> POINT DE VUE

> PERSPECTIVES POUR LE SYNDICAT DE DEMAIN

Israël viole les droits de l’Homme, l’Europe est complice

Qui travaille encore dans une grande entreprise?

Le Tribunal Russell condamne l’Europe et ses Etats pour complicité active ou passive à la violation du droit international par Israël Israël viole plus de 30 résolutions de l’ONU. Ca ne devrait pas surprendre beaucoup d’entre vous. Vous en saurez plus en lisant l’article page 3. Mais que l’Europe soit jugée complice sur base des règles du droit international peut surprendre d’avantage! Ce sont pourtant les experts qui le disent haut et fort. Quand les citoyens européens ont-ils donné un mandat pour laisser faire? Avons-nous donné notre accord pour qu’il soit porté atteinte aux droits de l’homme, aux droits à la santé, aux droits à la propriété, aux droits à la libre circulation, aux droits du travail du peuple palestinien. Avons-nous donné un accord pour qu’on utilise des armes interdites à Gaza (phosphore, tungstène)? Avons-nous donné notre accord pour qu’on laisse Israël recourir aux punitions collectives infligées aux civils? Les punitions collectives sont interdites en droit international. Elles ont été utilisées par les Nazis qui chassaient les résistants qualifiés de terroristes. Alors, de quels droits la plupart de nos responsables politiques agissent-ils de la sorte! De quels droits l’Europe laisse-t-elle des Israéliens utiliser des passeports de citoyens européens pour aller assassiner des responsables palestiniens dans un pays étranger? Il est temps que les citoyens réclament des comptes. Qui a décidé de donner des tarifs douaniers préférentiels à des produits israéliens venant des colonies? Colonies qui sont illégales! Qui peut comprendre cette politique qui laisse détruire les infrastructures par les Israéliens, et qui ensuite verse des millions voire des milliards d’euros pour les reconstruire! Le Tribunal Russell recommande de suspendre l’association EuropeIsraël pour non-respect des clauses en matière de droits de l’homme. Mais d’autres veulent étendre ces accords et faire d’Israël «un quasi associé». Un comble! Les mêmes qui refusent la Turquie sous prétexte qu’elle n’est pas européenne et qu’elle ne respecte pas les droits de l’homme courent dans les jupes d’Israël qui est en Asie et qui viole impunément le droit international! Et nous syndicalistes? N’est-il pas temps de rejoindre les conclusions du Tribunal Russell et de suspendre le syndicat israélien Histadrut des instances syndicales internationales tant qu’il n’aura pas pris ses distances avec la politique de l’Etat d’Israël? C’est en tous cas notre position à la Centrale Générale FGTB.

Quels sont les grands défis qui attendent notre syndicat et comment les relever? La Centrale Générale de la FGTB organise un grand débat autour de ce thème. Chacun a l’occasion de s’informer ou de donner son avis sur ce sujet. Nous abordons les points principaux dans une série d’articles. Cette fois, il est question de l’éclatement du marché du travail. Il existe de nombreuses manières de participer au débat d’avenir. Il y a le livre «Perspectives pour le syndicat de demain» qui est disponible dans les sections locales de la Centrale Générale. Des rencontres sont organisées avec les militants syndicaux. Une rubrique spéciale est disponible sur notre site www. accg.be dans laquelle vous pouvez poster vos avis et suggestions. Et dans le Syndicats, nous portons à chaque fois un thème différent à votre réflexion. Dans la précédente édition, l’idée était avancée que les syndicats devaient être actifs dans une économie écologique, ce qui veut également dire que de nombreux emplois seraient sensiblement modifiés. Cette mutation de l’emploi est déjà en cours depuis un certain temps. L’économie des services prend de plus en plus d’importance dans des pays riches comme la Belgique. On parle du secteur tertiaire et de la tertiarisation. L’informatique y joue un rôle important, mais lorsqu’on parle de services,

on parle aussi de l’entretien ou des soins par exemple. Il y a déjà longtemps que l’agriculture ne fournit plus beaucoup d’emplois. Mais l’industrie perd aussi beaucoup de terrain. Environ 20% des emplois ont encore un lien avec la production industrielle.

Eclatement Cette croissance du secteur des services a pour conséquence que de plus en plus de petites entreprises sont créées. Des entreprises dans lesquelles la représentation syndicale n’est pas imposée par la loi. Sur les 200.000 entreprises recensées en Belgique, il y en a moins de 6.000 qui occupent plus de 100 travailleurs. Les grandes entreprises industrielles confient beaucoup de tâches aux entreprises de services. Le nettoyage, le conditionnement, la cuisine, le gardiennage, tout est sous-traité par des tiers. Les travailleurs sont donc sans cesse éparpillés. La nettoyeuse est envoyée dans une entreprise étrangère et a à peine quelques contacts

> SECTEUR DE LA CONSTRUCTION

Pour un paiement rapide de votre pécule de vacances La Caisse Congé du bâtiment payera le pécule de vacances le 22 juin. Encore un peu de patience donc, mais il est déjà temps de penser à la manière dont vous allez être payé. Le moyen le plus sûr et le plus rapide est le paiement par virement. La plupart des ouvriers de la construction ont d’ores et déjà opté pour cette méthode. Pas de problème pour eux, leur pécule de vacances leur sera directement versé sur leur compte bancaire.

Jacques Michiels Secrétaire général

Alain Clauwaert Président

Pour tous ceux qui en sont encore aux chèques circulaires, beaucoup plus lents, nous ne pouvons que leur conseiller de passer dès maintenant au virement. Pour cela, il suffit de communiquer votre numéro de compte à la Caisse Congé du Bâtiment. Mais attention, vous devez utiliser un formulaire spécial. Que devez-vous faire exactement? Demandez un formulaire. Vous pouvez le demander à votre délégué syndical ou à votre section syndicale. Vous pouvez aussi demander votre formulaire à la Caisse Congé du Bâtiment, par téléphone en formant le 02 529 80 11 ou en envoyant un mail info@caissecongebatiment.be. Complétez le cadre A de ce formulaire et signez-le. Faites compléter le cadre B par votre banque. Renvoyez ce formulaire à la Caisse Congé du Bâtiment, Boulevard Poincaré 78, 1060 Bruxelles. Attention, vous devez le faire avant le 7 juin.

Légende L’Europe se rend coupable de complicité à la violation des droits élémentaires du peuple palestinien.

N’utilisez que le formulaire adapté pour communiquer votre numéro de compte bancaire, même chose si votre numéro de compte change.

avec la délégation syndicale de sa propre entreprise. Le syndicat dans une très grosse entreprise a beaucoup de mal à résoudre les problèmes des travailleurs de la sous-traitance car ces travailleurs sont liés avec un autre employeur. Et avec un peu de malchance, il s’agit d’une petite entreprise dans laquelle il n’y a pas de délégation syndicale. Il devient donc de plus en plus difficile de se battre ensemble pour un bon salaire et de bonnes conditions de travail.

Les réseaux Il faut donc trouver de nouveaux moyens afin de mieux organiser les travailleurs et de défendre efficacement leurs droits. Les réseaux sont une solution: le syndicat passe au-delà des murs de l’entreprise ou du secteur et collabore étroitement afin de défendre et représenter tous les travailleurs, même s’ils viennent d’une autre entreprise. Mais à côté de cela, le mouvement syndical doit continuer d’exiger le droit à une représentation syndicale et à des élections sociales dans les petites entreprises. Comment le syndicat s’adapte-t-il aux grands changements sur le marché du travail? Demain, comment défendra-t-il les intérêts des travailleurs qui ne travailleront plus ensemble dans une grande entreprise mais qui seront dispersés dans de nombreuses petites entreprises? Si vous avez un avis sur ces questions, rendez-vous sur notre site www.accg.be.

> SECTEUR DU

GARDIENNAGE

Mieux comprendre les CCT Début mars, la Centrale Générale de la FGTB organisait pour ses délégués du secteur du gardiennage une formation particulièrement innovante et intéressante axée sur les CCT, les conventions collectives de travail. Il faut savoir que lorsqu’une CCT est conclue, il s’agit avant tout de mots couchés sur du papier. C’est la première étape. Ensuite, cette CCT doit être appliquée sur le terrain, et c’est là que les choses se compliquent. Certains employeurs partant carrément du principe que ce qui n’est pas interdit est autorisé. Les délégués qui vous représentent doivent être particulièrement attentifs et vigilants. Cette formation s’articulait autour de deux grands axes: expliquer les CCT aux nouveaux délégués et voir avec les plus expérimentés comment éviter que les patrons n’empruntent les issues de secours. A l’issue de cette formation, la satisfaction était générale. Aucun doute que d’autres secteurs s’en inspireront.


SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

11

> SECTEUR DU NETTOYAGE

«On veut nous faire mourir» Certains diront peut-être que les gens du secteur du nettoyage exagèrent, pourtant, c’est littéralement tout un secteur que l’on tue à petit feu. Diminution d’heures de travail, augmentation du rendement, horaires coupés et décalés. Les travailleurs sont usés jusqu’à la corde, puis remplacés par d’autres. Aujourd’hui, travailler dans le nettoyage exige une force morale et physique à toute épreuve. A un point tel que les travailleurs eux-mêmes ont peur pour l’avenir de leur secteur. u côté des employeurs, on préfère ignorer l’évidence et continuer dans cette spirale destructrice qui consiste à toujours réduire le nombre d’heures et à augmenter les surfaces à nettoyer. La seule chose qui compte, c’est de toujours satisfaire le client qui veut toujours plus pour moins. Cette situation dure depuis des années et le plus alarmant, c’est qu’elle ne fait que s’amplifier.

D

Des horaires compliqués Travailler dans le secteur du nettoyage, c’est souvent commencer très tôt, pour quelques heures et reprendre le boulot en soirée. Comme si on exigeait de ces travailleurs qu’ils soient invisibles. Outre la fatigue et l’inconfort que cela engendre, il faut se rendre compte que pour beaucoup de travailleurs, surtout des travailleuses, cela implique de grosses difficultés à combiner la vie professionnelle et familiale. Sans parler des familles monoparentales pour lesquelles travailler dans le secteur est quasi impossible. Pourtant, c’est bien souvent cette catégorie de travailleuses fragilisées par la vie qui a besoin de ce type de boulot. Catherine: Les horaires sur place sont de plus en plus courts. Pour nous, il est impossible de prendre les transports en commun. On est obligé d’avoir une voiture. Imaginez-vous, un mi-temps et faire 3 ou 4 chantiers. On n’a même plus le temps de se changer: on va d’un chantier à l’autre avec les chaussures de travail aux pieds et le tablier sur le dos. On mange dans la voiture et si on oublie ses tartines, tant pis, on ne mange pas.

Egalité homme-femme Dans le secteur du nettoyage aussi,

les femmes nous parlent d’inégalités. Elles sont pratiquement toujours à temps partiel tandis que les hommes obtiennent les temps pleins. Pourtant, ils y sont moins nombreux même si à cause de la crise, ils ont tendance à revenir dans le secteur. Ce n’est pas la seule inégalité, on leur confie aussi l’usage de machines comme les cireuses ou les décapeuses ainsi que des tâches plus logistiques ce qui a pour conséquence qu’ils obtiennent généralement des catégories salariales plus élevées. Et quand il faut licencier, c’est d’abord les femmes. Gilberte: Les hommes ont des catégories plus élevées que nous parce qu’on continue à croire qu’ils sont supérieurs et dès qu’il faut licencier, c’est nous, les petites ouvrières qui sommes sacrifiées.

Une charge de travail impossible La crise économique aidant, la charge de travail augmente sans cesse et les heures diminuent. Le secteur du nettoyage se livre une guerre sans merci orchestrée par les entreprises utilisatrices. Les prix sont bradés, le nombre d’heures de travail diminue sans cesse à un point tel que les travailleurs se demandent quand et comment cela va s’arrêter. Abdel: Avec le système des appels d’offres, les entreprises se bouffent entre elles. Le client fait jouer la concurrence: ce qu’il veut, c’est que ce soit propre et que ça coûte le moins possible. Peu importe qui fait le boulot. Donc l’employeur réduit la facture et ça n’arrête jamais. Il y a toujours une autre entreprise qui va faire le travail pour moins cher.

Ada

Catherine

Gilbert

e

Gilberte: Quand on dit que ce n’est pas possible, le responsable nous ous dit de faire le visuel, c’est-à-dire dire ce qui se trouve à hauteur des yeux. Le souci, c’est que les gens ns n’ont pas tous les yeux au même me endroit, surtout lorsqu’il s’agit it d’un contrôle sur la qualité. Hilde: Ce qu’on nous demande est impossible à faire, les gens le savent, alors de plus en plus de travailleurs font du bénévolat. Ils viennent travailler plus tôt ou finissent plus tard, gratuiteuitement, pour que le travail soit fait. Même les responsables le savent et ils en profitent.

Perte d’effectifs Les conditions de travail particulièrement difficiles font que de plus en plus de travailleurs quittent le secteur. D’autant plus que celui des titres-services, bien qu’il soit un peu moins avantageux d’un point de vue financier, offre un confort de travail impossible à trouver dans le nettoyage. Ainsi par exemple il est interdit dans les titres-services de faire des prestations de moins de trois heures, le travail se fait durant les heures normales. Bref, tout ce qui manque cruellement dans le nettoyage. Gilberte: La situation est tellement difficile que les gens sont contraints de prendre du crédit-

temps ou de se mettre sous la mutuelle parce qu’ils n’arrivent plus à tenir ces cadences infernales. On tue le nettoyage, ce n’est plus qu’une question d’argent. On use les travailleurs et puis on les remplace quand ils ne sont plus rentables. Quand on est quatre fois malade, on vous demande si vous êtes encore à votre place dans la société. On vous casse, et puis on vous met dehors. Ada: j’ai une collègue pour le moment son mari a perdu son emploi et elle accepte tout. Mais elle ne se rend pas compte que le jour où elle sera out, on la mettra dehors, sans aucune considération. Catherine: Autant avant on allait travailler avec joie, maintenant on y va avec des pieds de plomb. On n’a plus de vie de famille, on est agressif avec les nôtres. Ce n’est

vraiment v plus posp sible. si

Pourtant, des CCT dans le ssecteur du n e t t o ya g e existent, mais les employeurs s’obsploye tinent à ne pas tinen les a appliquer correctement correc dans le seul objectif d d’arriver à diminuer encore diminu les prix pour les clients. Et en fin de compte, qui paie l’addition? Toujours les travailleurs. D’autant plus que vu que la plupart sont des temps partiels, ils n’osent pas réclamer de peur de perdre des heures de travail en guise se représailles. Et comme si cela n’était pas assez, la crise est venue s’ajouter à une situation déjà intenable. Les entreprises en difficulté qui sous-traitaient auparavant le nettoyage ont tendance à reprendre cette activité en interne. C’est bien, sauf que c’est encore une fois les travailleurs du secteur du nettoyage qui trinquent. La situation ne peut plus durer, il va falloir que les patrons acceptent enfin d’attaquer le problème en profondeur et de créer un code de bonnes pratiques.

> CARTOMILLS FERME SANS RAISONS VALABLES

Nouvelle trouvaille: la fermeture préventive A Mettet, 69 personnes vont perdre leur emploi parce que le fabricant de carton Cartomills veut fermer ses portes. C’est aussi dramatique que la fermeture d’une grande entreprise. C’est d’autant plus choquant qu’il n’y a pas de raisons valables à cette fermeture. Pascal Vivone à propos de la fermeture: «C’est du capitalisme pur et dur». Il est secrétaire syndical

de la Centrale Générale et mène avec Stéphane Baudart du Setca les négociations avec la direction de Cartomills. «Nous essayons d’éviter la fermeture, mais c’est loin d’être évident. Nous montrons clairement à la direction qu’il y a des alternatives. Et nous lui montrons qu’il n’y a pas de raisons valables à la fermeture. Le groupe fait des bénéfices et veut uniquement fermer afin d’encore augmenter ses bénéfices.» Et effectivement, les motifs avancés ne tiennent pas la route. Selon la direction, le volume de production est trop faible et il y a

trop de chômage temporaire. Le syndicat a analysé le dossier plus en profondeur et qu’apparait-il? Produire moins est le fruit d’un choix délibéré afin d’augmenter les bénéfices. En 2008 et 2009, les bénéfices ont augmenté de 1,1 million d’euros. En 2009 ce bénéfice est passé à 5,44 millions d’euros. En plus, pendant quatre ans, la société a bénéficié de diminutions de cotisations sociales qui additionnées donnent 3,3 millions. Le choix de produire moins a également provoqué du chômage temporaire qui retombe sur notre sécurité sociale. Cela a donné pour les deux années écoulées une

économie de coûts salariaux de 900.000 euros. Cet argent n’est pas utilisé pour garder les gens au travail. Il a été systématiquement pompé par la société mère, l’irlandaise Smurfit Kappa. Ainsi le site de Mettet a dû payer un intérêt annuel astronomique de 8,69% pour un prêt accordé par la maison-mère. Il devait aussi payer pour l’utilisation du nom et du logo de la maison-mère. En trois ans, 13 millions d’euros ont été pompés de l’entreprise. Avec tous ces chiffres en main, les représentants syndicaux ont

demandé à la direction quelles étaient les véritables raisons de la fermeture, puisque la diminution de la production n’a pas aggravé la situation mais au contraire, elle l’a améliorée. Et l’incroyable réponse a été c’est une «fermeture préventive». La direction prive donc 69 personnes de travail pour le cas où il y aurait des problèmes. Des précautions vis-à-vis des bénéfices, sans aucun scrupule pour les travailleurs. Notre syndicat dénonce sévèrement cette manière d’agir.


12

MÉTAL

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

> POINT DE VUE

Respect, Camarade! «En groupe en ligue en procession En bannière en slip en veston A pied à cheval et en voiture Avec des gros des p’tits des durs» Il était de ceux qui manifestent! «Avec leur gueule de travers Leur fin de mois qui sonnait clair» «En groupe en ligue en procession De grèves en révolutions» Il n’a fait que penser aux autres! «En groupe en ligue en procession Et puis tout seul à l’occasion»... S’il lui est arrivé, saint nom di dju, «D’en avoir vraiment plein le cul», Il n’a jamais cessé de se battre. «En groupe en ligue en procession», Aurait-on vraiment l’intelligence bête? Pas sûr et il y a une consolation: «C’est qu’on peut être seul et con Et que dans ce cas on le reste» Le 13 mars, Jean Ferrat s’est éteint. Et nous sommes orphelins. La forge de ses mots est froide. La MWB, au nom des travailleurs qu’elle représente, salue l’artiste. Elle rend hommage au militant. A l’Homme, comme aux femmes qu’il a chantées et qui en sont l’avenir! A sa cohérence d’airain. A ses fidélités critiques. A ses engagements sincères. Hannah Arendt, philosophe des totalitarismes, a expliqué que parfois, «les mots, quand ils sont justes, sont de l’action». En ce sens aussi, Jean Ferrat fut donc un homme d’actions. La censure ne s’y est pas trompée. Toutes ses formes l’ont pourchassé sans répit au cours de toute sa carrière. Plus fort que les modes, les paillettes et le miroir cathodique, cet artisan a fait de la classe ouvrière le sujet d’une œuvre. Celle de sa vie. Dès ses débuts, c’est avec sa «môme» «qui pose pas dans les magazines» mais «qui travaille à Créteil» qu’il a fait son chemin dans les juke-box et le maquis «yé-yé». Contre les barbaries, il aurait twister les mots s’il eût fallu les twister pour que les enfants sachent qui étaient... les victimes. «Nuit et brouillard» secoua les conscience en ranimant la mémoire de la déportation. Un travail de salubrité public. Hommage encore au pédagogue qui a mis la poésie à portée des oreilles ouvrières. La figure même du travailleur a disparu de la culture populaire. Dans les séries télévisées, c’est l’image de la bourgeoisie ou de la classe moyenne qui ferait rêver les petites gens. Ferrat œuvra hors de ce temps-là. A contre-courant. Ses mains trempées dans le cambouis d’une réalité pas toujours télégénique témoignent encore d’un engagement profond pour la défense, l’illustration et la mise en oeuvre de valeurs. Celles de «l’hypothèse communiste», selon l’expression d’ Alain Badiou: «ce qui, depuis la Révolution française a animé les politiques révolutionnaires ou les politiques d’émancipation». Au moment où le chanteur est définitivement sorti des feux de la rampe, un puissant sentiment de respect gagne le terrain d’une infinie tristesse face à la disparition d’un ... camarade. «C’est un joli nom Camarade».

Nico Cué Secrétaire général

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, les travailleurs de Techspace Aero manifestent à Herstal. Depuis plusieurs jours un mouvement de grève a éclaté. En cause, la divergence de vues entre patrons et représentants des travailleurs au sein de l’entreprise sur l’octroi des prépensions. Pour rappel: quelque 30 travailleurs seraient en âge de décrocher leur droit à la préretraite pour l’année 2010 mais la direction de Techspace n’entend accorder leur départ qu’à 7 d’entre eux.

Inacceptable pour nos représentants MWB-FGTB qui rappellent: • Que Techspace Aero a réalisé des bénéfices records au cours des 2 derniers exercices (11 millions d’euros pour 2008 et 18 millions pour 2009). • Que ces bénéfices ont pu être dégagés grâce de l’ensemble du personnel de Techspace et qu’il est donc logique qu’une partie de ces bénéfice se traduise en retombées positives pour le personnel. • … que la moitié de ces bénéfices a pourtant été directement envoyée dans les poches des ac-

Pensions: le Deuxième Pilier est-il si intéressant que ça? Voici quelques réflexions qui permettront aux travailleurs de tout âge de se faire une opinion … Premier bémol: le deuxième pilier n’est intéressant qu’à partir du moment où l’on dépasse le plafond salarial annuel pris en considération (pour 2008 ce plafond était de e46.895). Voilà qui laisse de côté la plupart des travailleurs de nos secteurs! En 2006, seuls 312.277 travailleurs (dernier chiffre connu) ont versé des cotisations ONSS au-delà de ce même plafond. Traduisez +/10% des travailleurs salariés. Deuxième bémol: Lorsqu’on présente le deuxième pilier comme un capital auquel le travailleur aura droit demain, on oublie de dire que ce capital aura perdu de 40 à 50% de sa valeur! Simple à comprendre: il s’agit d’un capital fixe qui ne suivra pas l’inflation! Troisième bémol: 107 fonds de pensions ont été déclarés en difficulté pour la seule année 2009. Leurs taux de couverture avaient déjà perdu près de 40% entre 2006 et 2008. Le salaire différé des travailleurs n’aura servi qu’à spéculer sur les marchés, à augmenter la productivité des entreprises, à licencier des travailleurs sans même permettre à celui qui avait investi dans un fonds de pension de retrouver (toutes) ses billes. Le fond de pension des fabrications métalliques: illustration d’un miroir aux allouettes Le fond de pension des fabrications métalliques (CP111.1/2) a été créé en 1999. Il était initialement financé à raison d’1% du salaire annuel brut que le travailleur ne touchait plus en direct mais envoyait au fonds de pension sectoriel pour être touché «bonifié» une fois atteints ses 65 ans. De 1999 à 2007, la cotisation à ce fond de pensions passera de 1%à 1,70% des salaires. Prenons l’exemple d’un travailleur qui touchait e13,6837/ heure en juillet 1999. Sans prélèvement des 1.7% pour le second pilier, son salaire horaire aurait du se monter à e17,2648/heure

tionnaires (9,14 millions d’euros pour 2009 et 7,6 millions d’euros pour 2008). • Qu’il semble pour le moins logique dans nos régions, où la lutte contre le chômage est une préoccupation majeure, d’appliquer les règles de la prépension à la lettre, d’autant plus dans une entreprise qui croule sous les bénefs: tout travailleur qui souhaite quitter son entreprise à 58 ans, doit pouvoir partir et céder sa place à un travailleur plus jeune. Ce n’est pas une question d’argent, puisqu’il y en a plus qu’il n’en faut chez Techspace, c’est une question de principe : les actionnaires d’abord et les travailleurs, on s’en fout!

après l’application des CCT sectorielles de 2007. Le prélèvement imposé des 1.7% lui font perdre e0,2861/heure! Voilà une somme qui se chiffre rapidement à plusieurs centaines d’euros par an et/ou plusieurs milliers tout au long de la carrière. Sans compter que cette non-augmentation sera répercutée aussi sur la grille salariale de l’entreprise et tirera les salaires à la baisse pour les générations futures! Mais, là ne s’arrête pas le manque à gagner. Toujours sur base de notre exemple chiffré, le travailleur dont la prépension prend cours en 2008 et qui sera pensionné en 2016, soit 96 mois de prépension, perd simplement sur base de l’application de la CCT17 un montant de 1.300e. Et si on donne à ce travailleur une espérance de vie de 15 ans après sa mise en pension et qu’on calcule son allocation sur base de son dernier salaire de référence, le prélèvement des 1.7% engendre un nouveau manque à gagner de 4.830e. Sans tenir compte des effets de l’inflation qui accentuent encore ses pertes. Et ce n’est pas sur son fameux second pilier que pourra compter notre travailleur: ayant cotisé de 2000 à 2016, on lui promet un capital théorique de 10.500e à 65 ans. Avec son espérance de vie de 15 ans après sa mise à la retraite, cela lui donnerait 58e par mois de complément à sa pension légale. Mais encore faut-il qu’il ne tombe pas au chômage pendant la période où il cotise et encore moins qu’une nouvelle crise financière ne fasse s’envoler en fumée ses économies. Et sur ce capital théorique, il faudra de toute façon prélever l’impôt mais également tenir compte de la perte du non alignement à l’inflation, en moyenne de 2% par an. A cela il faut ajouter qu’il devra déclarer tous les ans une rente fictive qui fera augmenter son revenu annuel imposable. Bref, il ne lui restera plus que de quoi acheter des kleenex et un timbre de poste pour écrire une lettre de colère vis-à-vis de tous

Ce sont deux mondes qui s’affrontent, le nôtre fait de solidarité et le leur fait d’individualisme. Le slogan de la délégation MWB-

ceux qui lui ont promis des lendemains meilleurs! Une belle arnaque ce second pilier! Quelles conclusions? • Les seuls gagnants auront été les entreprises et leurs actionnaires qui pourront déduire les frais de ce deuxième pilier en charges d’exploitation. • Le travailleur individuellement aura pris plus de risques qu’il n’aura tirés de bénéfices du système! Pour rappel, même si une partie de la perte accusée par le fond de pensions de la CP111 pendant l’année 2009 a pu être résorbée depuis, elle s’est quand même chiffrée à quelque cent millions d’euros! Ce même fond sera- t-il capable de faire face à ses engagements en tous temps? • Les fonds de pension d’entreprise qui se sont effondrés vont accroître la pression sur les travailleurs actifs pour renflouer leurs caisses en gelant les salaires • L’état aura enregistré moins de rentrées au niveau de l’impôt. • L’ONSS aura été un peu plus pauvre et c’est encore les travailleurs qui devront se serrer la ceinture pour maintenir la solidarité intacte. • Le premier pilier de pensions aura également été encore un peu plus affaibli par ces diminutions de cotisations aussi bien patronales que versées par les travailleurs. Comment peut-on continuer à défendre l’indéfendable?

Manuel Rodriguez, Vice-président Comité des Pensionnés et Prépensionnés du Métal de Liège.

FGTB résume tout: «la prépension à 58 ans c’est du travail pour les enfants … et du pouvoir d’achat pour les parents».


TEXTILE - VÊTEMENT - DIAMANT

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

13

Commission des seniors – 5 mars 2010 La commission des seniors de notre centrale s’est réunie le vendredi 5 mars au Forum à Bruges et a de nouveau pu accueillir de nombreux participants. L’invité spécial à la réunion était Davy Demeurisse, qui est conseiller commercial du Bond Moyson (mutualité socialiste) Flandre Occidentale.

Demeurisse conseille aux affiliés de contacter immédiatement le bureau local du Bond Moyson dès qu’il y a le moindre doute concernant les frais médicaux facturés. Le service juridique du Bond Moyson examine le dossier à fond et peut, par la suite, dénoncer certains abus des médecins et des institutions médicales.

Dominique Meyfroot a souligné l’importance des contacts excellents entre le syndicat et la mutualité socialistes. Nos militants connaissent très bien la structure et le fonctionnement de la FGTB interprofessionnelle et de la FGTBTextile, Vêtement et Diamant. Mais ils ont souvent une connaissance insuffisante des domaines d’action et du service offert par la mutualité socialiste. Bond Moyson ne s’occupe pas seulement du paiement des attestations du médecin et des indemnités de maladie et d’invalidité.

Le service social s’occupe de l’appui psychosocial, mais fournit également de l’accompagnement aux affiliés sur le plan administratif quand il s’agit d’assurances-maladie, d’allocations familiales et de pensions. L’assurance hospitalisation de notre mutualité (Kliniplan) a également été traitée en détail. Notre commission des seniors a, à juste titre, critiqué le fait que beaucoup de ces assurances ne soient pas abordables. Les personnes âgées font souvent face à des primes pour une assurance hospitalisation qui sont impayables. Il y a aussi un problème supplémentaire: si un travailleur est couvert par une assurance hospitalisation gratuite payée par l’employeur ou le fonds sectoriel pendant sa carrière active, il perd cette assurance au moment où sa carrière se termine dans l’entreprise ou le secteur. Il devra, à ce moment, passer à une police individuelle qui est très chère parce que le travailleur en question a un âge assez élevé au moment de la conclusion du contrat d’assurance.

Davy Demeurisse a traité de toute la gamme de services du Bond Moyson qui est non seulement l’organisme de paiement de l’INAMI mais qui consacre également de l’attention à l’assistance et aux services médico-sociaux et nonmédicaux. VZW Thuiszorg (soins à domicile) organise de l’aide familiale, des services d’aide ménagère et de bricolage et de l’assistance aux malades. Les affiliés du Bond Moyson peuvent se rendre au Medishop pour y acheter du matériel médical et toutes sortes de dispositifs auxiliaires. Le Medishop dispose d’une grande gamme de produits: pansements, bandages, béquilles, fauteuils, home-trainers, fauteuils roulants, même des lits d’hôpital complets. Les activités socioculturelles sont également très importantes. Seniors, jeunes, femmes et personnes handicapées, chaque groupecible a ses activités, sans oublier pour autant la défense des intérêts collectifs des patients. Davy

Dominique Meyfroot appuie cette critique et trouve qu’une hospitalisation suite à un traitement médical doit être entièrement gratuite. Il faut, d’urgence, prendre des initiatives et avancer des propositions pour que l’assurance maladie et invalidité couvre entièrement les frais d’une hospitalisation. Il faut donc soustraire ce terrain des sociétés d’assurance privées et le confier à la responsabilité collective et solidaire de notre système de sécurité sociale.

Indexation secteurs de la confection et de la sous-traitance Suite à l’application de la CCT et à l’inflation négative, une indexation négative est appliquée dans le secteur de la confection et le secteur de la sous-traitance. A partir du 1er avril 2010, les salai-

res de ces secteurs baissent d’un coefficient de 0,9987 ou 0,13%. Les barèmes du secteur de la sous-traitance sont également adaptés. Il est possible que votre em-

ployeur n’applique pas cette baisse salariale. Dans le passé, d’autres entreprises n’ont d’ailleurs pas toujours appliqué l’indexation négative.

Textile

Voici les nouveaux barèmes du secteur de la confection: Salaire à l’embauche

e 9,8165

Groupe de salaire 1

e 9,8425

Augmentation du montant des chèques-repas

Groupe de salaire 1 bis e 9,8558 Barèmes du secteur de la sous-traitance

Groupe de salaire 2

e 9,9533

Groupe de salaire 3

e 10,1557

Groupe de salaire 1

e 10,2515

Groupe de salaire 4

e 10,4672

Groupe de salaire 2

e 10,4171

Groupe de salaire 5

e 10,8972

Groupe de salaire 3

e 10,7539

Groupe de salaire 6

e 11,0939

Groupe de salaire 4

e 11,2768

Groupe de salaire 7

e 11,5845

Groupe de salaire 5

e 12,0110

Groupe de salaire 8

e 11,8339

Groupe de salaire 6

e 12,9926

Groupe de salaire 9

e 12,0887

Groupe de salaire 7

e 14,2735

Groupe de salaire 10

e 12,7689

Groupe de salaire 11

e 13,5527

Le montant des chèques-repas augmente de e3,40 à e4,20 à partir du 1er avril 2010 dans le secteur du textile. La part personnelle du travailleur dans le chèque-repas est maintenue à e1,09. La part payée par l’employeur est majorée de 0,80 euro pour s’élever à e3,11. Consultez notre site www.fgtbtvd.be pour plus d’informations concernant les chèques-repas dans le secteur textile. Confection Suite à l’application de la nouvelle CCT pour le secteur de la confection et de l’habillement en 2010, le montant des chèques-repas augmente de e2 à e2,30 à partir du 1er avril 2010. La part du travailleur est également maintenue à e1,09. La part patronale dans le chèque-repas est majorée de 0,30 euro et s’élève à 1,21 euro. Vous trouverez plus d’explications sur les chèques-repas dans la confection sur www.fgtbtvd.be.


14

ALIMENTATION - HORECA - SERVICES

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

90 licenciements chez Godiva: c’est NON! Mardi 2 mars 2010, la direction de Godiva Belgium (Bruxelles) a annoncé lors d’un Conseil d’Entreprise extraordinaire son intention de cesser son activité d’emballage manuel et d’externaliser cette activité auprès d’une entreprise de logistique. Ceci aurait pour conséquence le licenciement de 90 travailleurs (87

ouvriers et 3 employés) sur les 360 que compte Godiva. Godiva, un des fleurons de la praline belge, était pendant des années une entreprise familiale. Dans les années ’90 elle fut rachetée par une multinationale américaine «Campbell’s». Il y a bientôt 2 ans l’entreprise a été vendue au groupe agro-alimentaire turc «ULKER». Ses actionnaires recherchent ra-

pidement à regagner leurs billes. Conséquence: on sabre dans l’emploi pour satisfaire le portefeuille des actionnaires! Les travailleurs ont immédiatement réagi: depuis cette annonce le personnel travaille au ralenti; des assemblées se tiennent chaque jour et les travailleurs ont bloqué pendant une semaine l’entrée des matières premières et la sortie des produits finis.

La colère est grande car cela signifie une perte d’emplois de 25% de l’effectif total, et pour les seuls ouvriers une perte de 40% de l’emploi!!! En front commun, FGTB et CSC rejettent ce plan: ils disent clairement NON aux licenciements et sont déterminés à se battre pour le maintien de l’activité totale de l’emballage à l’usine de Godiva. Les délégué(e)s et militant(e)s FGTB

> SECTEURS

Dans les secteurs commerce alimentaire et boulangeries les primes syndicales sont payées automatiquement et directement sur le compte de nos affiliés pour autant que les 4 conditions principales soient remplies(1): • Avoir reçu une prime syndicale l’année précédente • Être en règle de cotisations • Être occupé dans le secteur pendant la période de référence • Numéro de compte bancaire dans notre système de paiement. Les ouvriers qui durant les 12 derniers mois ont changé de compte bancaire sont priés d’en informer leur section régionale avant le 30 mars 2010. Le paiement automatique est effectué le 1er avril 2010.

Prime maximum malades de longue durée et ouvriers en crédittemps à temps plein: les 12 premiers mois sont assimilés à des prestations effectives. Ensuite, ces ouvriers ont droit à la prime «chômeurs complets» (maximum e81) durant 3 périodes de référence. Formulaire: Les ouvriers qui ne répondent pas aux conditions pour le paiement automatique (voir cadre) reçoivent une attestation du Fonds Social. Vous mentionnez explicitement quand vous êtes occupés en équipes de relais pour bénéficier du crédit temps (1/5, 1/2 ou temps plein) ou si vous êtes partis en prépension au cours de la période de référence). Afin de bénéficier de la prime chômeur complet vous devez demander une attestation auprès de votre section régionale. Date de paiement: à partir du 1er avril 2010 Commerce alimentaire (CP 119)

Boulangeries (CP 118.03) Affiliation: Être affilié depuis le 1er juillet 2008 et être en règle de cotisations au moment du paiement. Période de référence: le 1er juillet 2008 jusqu’au 30 juin 2009 Montant: Prime maximale actifs: e135 (chaque mois d’occupation donne droit à 1/12e) Prime maximum chômeurs complets: e81 (an de chômage et 4 périodes de référence consécutives) Prime maximale prépensionnés: e89

Entretemps, une délégation des syndicats avait une rencontre avec le ministre bruxellois de l’emploi Benoît Cerexhe (CDH). D’après le Secrétaire FGTB HORVAL Baudoin Ferrant c’était un entretien positif et le ministre était conscient du problème. M. Cérexhe disait également qu’il liera des subventions éventuelles pour l’entreprise à la création des emplois.

> NOUVEAU

Prime syndicale Paiement automatique

sont bien déterminés à mener ce combat jusqu’au bout!

Affiliation: Depuis le 1er octobre 2008 être affilié et être en règle de cotisations au moment du paiement, sinon prorata Période de référence: du 1 octobre 2008 jusqu’au 30 septembre 2009 Montant: Prime maximale actifs: e128 (chaque mois d’occupation donne droit à 1/12e) Prime maximale chômeur complet: e49,58 (année de chômage et l’année suivante) au maximum. Formulaire: Les ouvriers qui ne

répondent pas aux conditions pour le paiement automatique (voir cadre) reçoivent du Fonds Social une attestation. Afin de bénéficier de la prime chômeur complet vous devez demander une attestation auprès de votre section régionale. Date de paiement: à partir du 1er avril 2010 Horeca (CP 302) Affiliation: Être affilié depuis le 1er janvier 2010 et être en règle de cotisations au moment du paiement. Période de référence: du 1er octobre 2008 jusqu’au 30 septembre 2009 Montant: Prime maximale actifs: e128 Dans le trimestre au cours duquel pour le travailleur occupé dans un régime de 5 jours a été déclaré 30 jours ou plus (jours de travail, journées assimilées ou jours de vacances) auprès de l’ONSS, le travailleur a droit à 3/12ième pour ce trimestre. Dans le trimestre au cours duquel le travailleur occupé dans un régime de travail de 6 jours a été déclaré 36 jours ou plus (jours de travail, journées assimilées ou jours de vacances) auprès de l’ONSS, le travailleur a droit à 3/12e de la prime syndicale pour ce trimestre. Pour les trimestres durant lesquels le travailleur occupé dans un régime de 5 jours a été déclaré moins de 30 jours (jours de travail journées assimilées ou jours de vacances) auprès de l’ONSS, les

jours des trimestres en question sont additionnés sur base de l’année de référence et le travailleur a droit à 1/12ième de la prime syndicale par tranche complète de 10 jours ouvrables. Pour les trimestres durant lesquels le travailleur occupé dans un régime de 6 jours a été déclaré moins de 36 jours (jours de travail, journées assimilées ou jours de vacances) auprès de l’ONSS, le travailleur a droit pour ce trimestre à 3/12e de la prime syndicale, les jours des trimestres en question sont additionnés sur base de l’année de référence en question et le travailleur a droit à 1/12e de la prime syndicale par tranche complète de 12 jours de travail. Date de paiement: à partir du 1er avril 2010 Vérifier toutes les données sur le formulaire, au besoin veuillez corriger et communiquer d’éventuelles erreurs à votre délégué syndicale ou à votre section régionale. Pour un paiement rapide nous vous prions de mentionner uniquement votre numéro de compte bancaire sur le formulaire. Veuillez le transmettre à votre délégué syndical ou à votre secrétariat régional de FGTB HORVAL

(1) A l’exception de la section de Tournai

Horeca – informatisation du paiement de la prime syndicale Tous les affiliés FGTB HORVAL qui ont reçu l’année dernière une prime syndicale Horeca via un compte en banque et qui sont en règle de cotisations ne recevront plus de formulaire de prime syndicale. Le montant de la prime syndicale sera directement versé sur votre compte bancaire dès le 1er avril 2010. Important: si vous avez changé de numéro de compte bancaire depuis l’année dernière veuillez communiquer votre nouveau numéro de compte à votre Section de la FGTB HORVAL avant le 31/03/2010. Si vous ne remplissez pas les conditions prévues pour le paiement informatisé, vous conservez votre droit à la prime syndicale. La procédure n’a pas changé, vous recevrez alors au cours du mois d’avril un formulaire de prime syndicale que vous devrez transmettre à votre section de la FGTB Horval. Si vous répondez aux conditions générales, votre prime sera payée sur base de ce document.


EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

15

270 emplois sur la sellette chez Logistics Ternat ne grande insécurité régnait déjà depuis longtemps pour les 270 emplois chez Logistics Ternat, mais elle est devenue réalité après l’annonce de l’intention de fermeture fin février: il semblerait que le site va fermer.

U

Logistics Ternat, qui travaille en sous-traitance pour Carrefour Belgium, avait été revendue avec Kontich en 2005, pour finalement atterrir chez Kuehne & Nagel. Cette vente avait également contribué à la détérioration des conditions de travail et de rémunération. Cependant, ce n’est pas assez pour le propriétaire actuel, Kuehne & Nagel. «Le citron a pourtant été pressé complètement», disent les délégués syndicaux FGTB Stijn Van Wemmel et Luc Van de Wiele. Kuehne & Nagel gère 3 dépôts, Ternat, Kontich et Nivelles, qui faisaient partie autrefois de Carrefour. Chaque dépôt a désormais sa propre spécialisation. Ternat fournit l’épicerie des 56 hypermarchés de Carrefour. Kontich assure l’approvisionnement des Super GB et GB de proximité. Nivelles livre les produits frais aux Hyper et aux Super GB et fait aussi une partie

du non-food. Au vu de la situation chez Carrefour, vous comprenez aussi en partie pourquoi Ternat est désormais visé.

«Logistics Ternat a toujours été connu comme un très bon dépôt. Mais à présent, tout le monde a le sentiment que nous sommes les plus mauvais et ça taraude nos collaborateurs» dit Luc. «La taille a aussi sans cesse été réduite. Sur les 800 travailleurs en 1997, il en reste encore 270, répartis en 3 équipes. Nous les avons vus disparaître les uns après les autres». La cause n’est certainement pas à chercher chez les collaborateurs: «Les collaborateurs étaient très flexibles et s’il fallait faire des heures supplémentaires, elles étaient prestées», enchaîne Luc. «Ainsi, fin 2004, nous avons aussi servi de cobayes pour un nouveau projet: travailler avec des radios au dépôt. Sur papier, le système allait permettre de faire moins d’erreurs, de simplifier le travail et de réduire l’administration. Nous allions pouvoir faire face à la concurrence, affirmait Carrefour». Cela s’est toutefois avéré un cadeau empoisonné: «Les problèmes ont commencé après environ 2 ans.

Le mauvais fonctionnement de ce système est devenu une source d’agacement chez les travailleurs. Mais ils ont continué de faire leur travail fidèlement et consciencieusement», souligne Stijn Van Wemmel. L’annonce de la direction est donc difficile à digérer. L’entreprise compte par ailleurs un paquet de travailleurs âgés qui ont passé ici une grande partie de leur carrière. Il y a également une grande diversité sur le terrain : toutes les cultures y sont représentées. Retrouver du travail ne sera donc pas chose aisée. Les travailleurs sont dès lors passés à l’action, bloquant par exemple les magasins. «Cela nous a fait énormément plaisir de pouvoir compter sur la compréhension et la solidarité du personnel dans les magasins», dit Stijn. «Nous voulons au minimum une possibilité d’obtenir un plan social acceptable.» Mais cette possibilité n’est pas encore à l’ordre du jour. La phase de l’information et de la consultation n’est pas encore terminée. A suivre.

Les employés des pharmacies indépendantes se mobilisent Pendant des années, les revendications des employés des pharmacies indépendantes ont été méprisées par l’organisation patronale, en particulier sur le plan salarial. Le personnel des pharmacies rencontre aussi d’autres problématiques non moins préoccupantes: le manque de considération, les difficultés de revendiquer ses droits au crédit-temps, au congé parental ou au temps partiel, les services de garde, la sécurité dans les officines (vols et braquages, délivrance de méthadone…). Pourtant, ils méritent d’être reconnus à la hauteur de leurs responsabilités. Délivrer les prescriptions correctement, s’assurer des compatibilités entre traitements et contre-indications, conseiller et informer les patients: ce sont de vrais enjeux de santé publique! Compte tenu du niveau d’études et de charges, les jeunes pharmaciens et assistants en pharmacie préfèrent se diriger vers des secteurs offrant de meilleures conditions de travail et de rémunération. Résultat: le secteur des pharmacies souffre d’une véritable pénurie de personnel. Pour sensibiliser travailleurs et patients à ces problématiques qui les concernent, qui nous concernent tous, employés du secteur et représentants syndicaux ont décidé, en front commun, de rassembler leur voix pour former un groupe de travail. Ils développeront dans les prochains Syndicats quelques unes de ces problématiques. Par ailleurs, une publication périodique est en préparation. Restez connectés sur setca.org pour la lire avant tout le monde.

Vigilance sur la rémunération à l’acte Une première problématique sur

FOTO: Luc Van de Wiele et Stijn Van Wemmel, délégués SETCa chez Logistics Ternat

Du neuf pour mon secteur! Voici en bref ce que le SETCa a négocié pour vous ces dernières semaines. Pour savoir plus, n’hésitez pas à contacter votre section régionale ou votre délégué. Pharmacies et offices de tarification (CP 313): CCT relative aux conditions de travail et de rémunération • Majoration des barèmes de rémunération: e25 sur les cinq premières tranches d’expérience et e29,80 sur toutes les autres tranches d’expérience et ce, pour les barèmes du personnel autres que les pharmaciens. • Majoration des barèmes de rémunération: e29,80 sur toutes les tranches d’expérience pour les barèmes des pharmaciens. Etablissements et services d’éducation et d’hébergement de la communauté française, de la région wallonne et de la communauté germanophone (CP 319.02): nouvelles CCT • Le Fond de sécurité d’existence est chargé de recevoir, gérer et attribuer les sommes perçues par l’Office National de Sécurité Sociale, en fonction de l’objectif auxquels elles sont destinées. • Efforts supplémentaires en matière de formation • Versement d’un Fonds Bruxellois pour l’embauche compensatoire (dotation) par la commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale et attribution d’un forfait annuel à des maisons d’accueil subventionnées

laquelle nous attirons votre attention. Le 1er avril 2010, un nouveau système de rémunération sera introduit dans les officines: jusqu’à présent, les officines recevaient un pourcentage du prix de vente du médicament. Demain, elles recevront une partie fixe quel que soit le prix de vente, et un pourcentage variable (plus petit qu’auparavant). Quels seront les effets directs sur les salaires des travailleurs? Aucun. Mais en tant que syndicats, nous nous assureront que, sur le long terme, la modification du système de rétribution des officines ne pourra justifier une évolution insuffisante des barèmes, qui sont déjà trop largement dévalorisés.

Panorama de la pharma (CP 313) Il y a deux types de pharmacies: les «chaines» de pharmacies, dites coopératives, comme Multipharma ou Aprophar, et les pharmacies indépendantes. Dans les premières,

des délégués sont là pour représenter les employés. La concertation sociale marche plutôt bien. Mais dans les pharmacies indépendantes, c’est beaucoup plus difficile. Il n’y a pas de représentation syndicale. Chaque pharmacien indépendant octroie à ses employés les conditions de travail et de salaire dans la mesure de ce qui est prévu au niveau sectoriel. C’est dire si les négociations sectorielles entre les représentants des travailleurs et la fédération patronale APB (l’Association Pharmaceutique belge, qui représente plus de 4200 pharmacies indépendantes) sont capitales. Et même si les représentants syndicaux tentent de «tirer» conditions de travail et barèmes vers le haut, leur revendications sont rarement entendues par l’APB. Il est temps de revaloriser le secteur avant qu’il ne se vide de ses travailleurs!

Commission paritaire nationale auxiliaire pour employés (CPNAE): intervention dans les frais de transport • Pour les transports via la SNCB et autres transports en commun, l’intervention de l’employeur dans le prix du titre de transport est calculée sur base des nouveaux tarifs SNCB. • Pour les autres moyens de transport: intervention de l’employeur à hauteur de 50% du prix de la carte de train valable pour un mois en 2ème classe pour un nombre de kilomètres correspondant à ce qui a été déclaré. Fabrication métalliques (CP 209): modification et prolongation des dispositions transitoires barèmes • Prolongation de la mesure transitoire pour l’introduction d’un nouveau barème national des appointements minimums et barèmes d’entreprise. Secteur des aides familiales (CP 318.01): CCT relative aux vêtements de travail • L’employeur est tenu de mettre gratuitement des vêtements de travail à la disposition du travailleur (au moins 1 par jour presté sur base hebdomadaire) • L’employeur assure le nettoyage du vêtement de travail ou ceci est effectué par le travailleur contre paiement d’une indemnité.


16

EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

SYNDICATS • N°06 • 26 MARS 2010

> POINT DE VUE

La vérité sur quelques mythes C omme SETCa, la centrale au sein de la FGTB s’occupant surtout des travailleurs du privé avec un contrat d’employé, nous avons toujours défendu au mieux les intérêts des employés. C’est d’autant plus le cas maintenant qu’il est question de démanteler le statut d’employé pour créer sur les restes de celui-ci un «nouveau» statut de travailleur. Le succès de l’action du 17 mars en est la preuve. Nous ne le faisons pas uniquement parce que nous voulons défendre nos propres droits acquis mais surtout, parce que nous sommes convaincus qu’il s’agit de la seule manière de donner aussi aux ouvriers les droits qu’ils méritent. L’amélioration globale des droits des ouvriers, pour qu’ils atteignent le même niveau que celui des employés, constitue la meilleure manière d’y arriver. Il va de soi que ce ne sera pas chose aisée, car il s’agit d’un dossier dif-

ficile, complexe et souvent technique. Il existe dès lors une foule de malentendus régulièrement répétés dans la presse ou ailleurs. En voici quelques-uns, cas il est important d’être bien informé sur l’avenir de nos statuts, tant ouvriers qu’employés … qui le méritent bien tous deux.

Le statut unique constitue l’aboutissement logique de l’harmonisation entre ouvriers et employés Pas du tout. Accepter à l’avance qu’un statut unique soit l’aboutissement, c’est marquer son accord sur une solution «quelque part à mi-chemin». Ce que le SETCa veut, ce sont des droits égaux pour les ouvriers et les employés, au plus haut niveau. Cela signifie donc tirer les ouvriers vers le haut, de manière échelonnée. Cela permettra de faire évoluer les ouvriers vers le niveau des employés.

Les employés ont droit à des préavis sans fin, qui sont impayables

Selon les chiffres de la FGTB, plus de huit employés sur dix reçoivent un préavis de 3 mois ou moins. Les parachutes dorés, les CEO se les réservent à eux seuls. Ce que l’on oublie souvent aussi, c’est que le montant que vous recevez en cas de licenciement couvre une période pendant laquelle vous n’avez pas droit à une allocation de chômage. Même si vous recevez un préavis un peu plus long, cela signifie uniquement que vous avez un peu plus de temps pour trouver un emploi avant de devoir vous contenter d’une faible allocation de chômage. Et pour l’employeur, licencier est à vrai dire gratuit, car il peut demander que vous continuiez à travailler pendant cette période.

Une cour européenne aurait condamné la Belgique pour l’existence de la distinction Il n’y a pas la moindre jurisprudence européenne condamnant la Belgique à cet égard. Mieux encore, il n’y a même pas le moindre fondement légal qui permettrait de prononcer un jugement.

La Belgique est le seul pays où une distinction existe encore Inexact. On retrouve cette distinction également ailleurs, de différentes manières. En Autriche et en Grèce, elle est encore inscrite dans la loi. Dans des pays comme la France, le Danemark, l’Italie, la Finlande et la Suède, la distinction existe sur la base de conventions collectives de travail.

licenciement le plus protecteur en europe Chaque pays a sa propre manière d’appréhender le licenciement. Le droit de licenciement belge offre (à tout le moins pour les employés) peut-être bien un délai de préavis raisonnable, mais laisse à l’employeur la liberté de licencier. Aux Pays-Bas, l’employeur doit demander une autorisation de licencier. S’il ne la reçoit pas, le licenciement passe toujours par le tribunal.

En savoir plus? Vous voulez en savoir plus sur ce sujet? N’hésitez pas à visiter notre site web, où vous trouverez notre Mémorandum fraîchement sorti et plein d’informations sur ce thème important.

La Belgique a (pour les employés) le droit de

Offre valable jusqu’au 31/12/2008 - Entreprise d’assurances agréée sous le numéro de code 0058.

Moins de 28 ans ? Économisez 50 % de votre assurance habitation la première année.

Une bonne a ça s’adapte à ssurance habitation, votre vie. Envie de vole r

de vos prop res ailes ? S le moment : i vous avez votre consei moins de 28 ller P&V vous assurance ans, c’est offre 50 % de habitation Id réduction su ea l H ome la prem plus à l’aise r votre ière année. R financièremen ésultat : vous t tout en prot êtes ég ea Pour un rend nt votre nouv ez-vous avec eau ‘chez vo us le ’. co ns téléphonez au eiller P&V le plus proche 078/15 90 90 , ou surfez su r www.pv.be .

S06  

26 MARS 2010 • Éd. LIÈGE Page 4 Page 7 Page 3 Page 5 DOSSIER PAGES 8 & 9 N°06 • BIMENSUEL • 65 ème année CHÔMAGE ETUDE Abonnements : 02/...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you