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N°02 • BIMENSUEL • 63ème année Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 82 90 Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

25 JANVIER 2008 • Éd. BRABANT/NAMUR/LUXEMBOURG

8 PAGES SPÉCIALES À CONSERVER

En route pour les élections sociales 2008 Une boule au ventre rien qu’en pensant au boulot? Peur de ne pas tenir la cadence? Coups de blues? Angoisses? Ras le bol du boulot? Pas de doute, c’est le stress. Si un peu de speed, ça motive au boulot, trop de stress, trop longtemps, ça rend malade. A l’issue d’un sondage sur les conditions de travail réalisé pour la FGTB, on constate qu’un travailleur sur deux se dit soumis à un stress important, en tout cas plus important que 2 ans auparavant. Face à ce constat, la FGTB a fait de la lutte contre le stress au travail un de ses objectifs pour les élections sociales de mai 2008.

Editeur responsable : Rudy De Leeuw FGTB | Rue Haute 42 | 1000 Bruxelles | Design by www.ramdamdesign.be

S S E R S T au travail?

Elections sociales Mai 2008 www.es2008.be

Car, en tant que membres du Conseil d’entreprise ou du Comité pour la prévention et la protection au travail, les délégués peuvent agir au sein de leur entreprise afin que le stress n’envenime pas leur quotidien et celui de leurs collègues. Il en va du bien être de tous dans l’entreprise. Découvrez dans le deuxième volet spécial «En route vers les élections sociales» encarté dans cette édition, le témoignage de délégués FGTB confrontés au stress.

MONTANTS AU 1/1/08

DISCRIMINATION

SNCB

FONDS MAZOUT

Allocations sociales + 2% (suite)

L’égalité aussi dans les assurances

Hausse des tarifs au 1er février

300.000 familles concernées

Pages 4 & 5

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RÉGIONS Luxembourg

Suite à ce constat, l’ASBL AFICo a mis sur pied un module de formation destiné aux demandeurs d’emploi, l’objectif étant de réaliser un bilan personnel: ♣ dans un but de recherche d’emploi, ♣ afin de se préparer à une reconversion professionnelle, ♣ pour envisager d’entreprendre une formation. 3 modules de 14 journées seront proposés en 2008 : ♣ le premier à Andenne entre le 15 février et le 20 mars, ♣ le second à Sambreville entre le 15 avril et le 27 mai, ♣ le troisième à Gembloux entre le 29 septembre et le 30 octobre, Cette formation se fait en collaboration avec le FOREM et donne droit à quelques avantages non négligeables aux participants (remboursement des frais de déplacement, frais de garderie, 1€ brut par heures prestées). Pour tous renseignements et inscriptions: Marie Delcomminette Animatrice T.S.E 081- 649954 Marie.delcomminette@afico.be

Brabant Avis à tous les délégués et candidats délégués de la FGTB Brabant Wallon Retenez ces deux dates: - Mardi 26 février à 19h à IMAGIBRAINE: projection gratuite du film SICKO de Michaël MOORE; délirante satire du système de santé aux USA, en collaboration avec la mutuelle socialiste du Brabant Wallon et le PS Brabant Wallon - Dimanche 27 avril à 15h: vous êtes invités avec votre famille à notre fête du 1er mai à la Ferme du Biéreau à Ottignies: discours, stands divers, bar et concert gratuit de William DUNKER («Toudi su’l voye»). Vous recevrez une invitation directement chez vous. Vous n’avez pas reçu votre invitation 15 jours avant l’événement? Contactez directement votre permanent.

Vous voulez agir? Changer votre quotidien! Alors devenez délégué à la Centrale Alimentation-HORECA-Services Pour les élections sociales 2008, nous recherchons des candidats dans les entreprises suivantes.

HORECA CP 302: Hôtels: DOLCE LA HULPE (LA HULPE) MARTIN’S HÔTEL SA (GENVAL, WATERLOO, RIXENSART) MAC DONALD (LA LOUVIÈRE, MONS & SOIGNIES)

INDUSTRIE ALIMENTAIRE CP118 : THIRION PRODUCTION (7134 RESSAIX) BIÈRES ET FROMAGES DE CHIMAY (6464 BAILEUX)

Tu souhaites travailler dans la région d’Arlon??? On recrute 10 accompagnateurs de train 45 conducteurs de train 1. Inscris-toi sur le site: www.lescheminsdeferengagent.be (important) 2. Tu seras convoqué à une séance de présentation du métier (obligatoire). 3. Lorsque tu auras été à cette séance d’information, prends contact avec V. Bataille, Jobcoach du CEPPST Tél.: 063/21 91 83. Rue Léon Castilhon, 86 6700 Arlon Afin de mettre toutes les chances de ton côté, un atelier de préparation aux entretiens d’embauche sera organisé à ton intention, ATTENTION: cette formation est réservée aux personnes ayant assisté à la séance d’information et qui souhaitent travailler dans la région d’Arlon.

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Quel sens donner à mon projet professionnel? Vers quoi et où me (re)diriger? Ces questions récurrentes reviennent quotidiennement sur la table de différentes instances, Forem, Onem, Syndicats, monde associatif…

CGSP

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Découverte Horizon, un module de formation à la (re)construction de son avenir professionnel.

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ForCA cours théorique permis de conduire en filière libre à

La Roche du 4 au 8 février 2008 de 9h à 13h

Renseignements et inscriptions au 063 / 21.91.83 (demandez Laurence BINET)

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Namur

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SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Nous augmentons légèrement le montant de nos cotisations à partir du 1er janvier 2008; tout simplement pour suivre l’augmentation du coût de la vie et l’index.

Voici nos nouveaux montants:

COMMERCE ALIMENTAIRE CP119: THIRION DISTRIBUTION (7131 WAUDREZ) AIDES FAMILIALES CP 318:

ENTRAIDE PROTESTANTE (7370 ELOUGES) Si vous travaillez dans l’industrie alimentaire, le commerce alimentaire, l’Horeca ou comme aide familiale, n’hésitez pas à nous contacter. CONTACT: SÉBASTIEN DUPANLOUP AU 0476/ 266 963

Actif 13,00€ Temps partiel 11,80€ Prépensionné 10,45€ Pensionné 3,35€ Si vous avez un ordre permanent, prévenez votre banque !

Travailleur sans emploi Temps partiel minimum Ouvrier(ère)secteur ETA

9,75€ 8,00€ 8,25€

N’hésitez pas à nous téléphoner si vous avez la moindre question: Françoise MARCHAL: 061/530.162 Nous souhaitons à tous nos affiliés une excellente année 2008!


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BRUXELLES

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Rue Royale, 91… Syndicats: Depuis 21 jours, 150 sans-papiers mènent une grève de la faim, à Bruxelles. Vous les avez rencontrés. Dans quelle situation se trouvent-ils?

Philippe VAN MUYLDER: Grâce à l’action d’une dizaine de médecins, travaillant dans des conditions évidemment très difficiles, un suivi médical a pu se mettre progressivement en place, avec l’aide de stagiaires, bien encadrés par des médecins seniors. La Croix-rouge est également sur place. Cet aspect des choses est évidemment fondamental. Quant au fond, force est de constater que de nombreux sanspapiers ont aujourd’hui acquis la conviction -et comment leur en faire grief?- que le chemin le plus court vers une régularisation passe…par une grève de la faim et tout ce que cette action entraîne de risques majeurs, pour la santé et pour la vie des individus. Cette situation n’est pas humainement acceptable, je pense que c’est la première chose à dire.

Mais comment traiter cette question, au plan politique? Philippe VAN MUYLDER: Il faut sortir de l’arbitraire. L’immigration a été stoppée, en Belgique, en 1974. Depuis cette date, seules quatre catégories de personnes sont autorisées à s’installer dans le pays: - les personnes arrivant dans le cadre du regroupement familial; - certaines catégories de travailleurs hautement qualifiés, détenteurs de permis de travail; - les demandeurs d’asile, au terme de la procédure de reconnaissance; - les étudiants et leur famille, pendant la durée de leurs études. La seule voie d’entrée vers la Belgique pour les personnes qui ne correspondent pas à l’une de ces 4 catégories réside dans le célèbre article 9-3 de la loi du 15 décembre 1980: lors de circonstances exceptionnelles, cette autorisation

peut être demandée par l’étranger auprès du bourgmestre de la localité où il séjourne, qui la transmettra au Ministre ou à son délégué. Elle sera dans ce cas délivrée en Belgique. L’administration est souveraine dans l’appréciation de ces demandes. Aucune motivation n’est requise pour les décisions positives, de sorte qu’il est malaisé de se faire une idée des critères retenus pour l’octroi du séjour. Sans entrer dans les détails, retenons que l’article 93 ne confère en aucun cas un droit à l’étranger, et que la nécessité de «circonstances exceptionnelles» pour pouvoir introduire une demande rend cette «porte d’entrée» quasiment inopérante. Toutes les analyses concordent pour dire que règne ici un grand arbitraire. Et puis, toutes ces procédures sont très longues, ce qui conduit tout naturellement les demandeurs à nouer des attaches durables en Belgique…

Que propose la FGTB pour sortir de cet arbitraire? Philippe VAN MUYLDER: Avec le Ciré, nous demandons que soit mise en place une Commission de régularisation, impartiale et indépendante. Celle-ci devra travailler sur base de critères clairs et permanents de régularisation, qui permettent de donner enfin une existence légale à des personnes qui, de fait, sont membres à part entière de la société.

De quels nouveaux critères devrait-il s’agir? Philippe VAN MUYLDER: 2 critères clairs existent d’ores et déjà: la longueur anormale de la procédure d’asile et la maladie grave (pour laquelle il n’y a pas d’accès aux soins adéquat dans le pays d’origine); nous voulons y ajouter: la longueur anormale de la procédure de regroupement familial ou de régularisation; l’impossibilité de retour matérielle; et enfin, last but

not least, les attaches durables (qui sont en somme la simple reconnaissance du fait que la personne a établi le «centre» de sa vie [affective, sociale et économique] en Belgique).

Avec de tels critères, les 150 grévistes de la faim pourraient-ils être régularisés? Philippe VAN MUYLDER: Je ne connaîs pas leurs dossiers individuels. Je pense qu’une partie d’entre eux devraient correspondre à de tels critères. Et puis, se pose aussi la question de la régularisation par le travail, concept qui reste aujourd’hui à valider, dans la mesure où ses promoteurs sont loin d’être tous des progressistes!

Est-ce que l’espoir est perceptible, aujourd’hui, chez les sans-papiers? Philippe VAN MUYLDER: Oui et non. Beaucoup dépendra de ce que les démocrates de ce pays -dont les syndicalistes, bien sûr- leur apporteront comme soutien, matériel et politique.

Notre partenaire, le Ciré

Le CIRÉ est une structure de coordination pluraliste que se donnent, depuis 1954, des Associations membres pour réfléchir et agir de façon concertée sur des questions liées à la problématique des demandeurs d’asile, des réfugiés et des étrangers, avec ou sans titre de séjour. Ses options sont: ✓affirmer la nécessité de renforcer le(s) droit(s) des étrangers, le droit d’asile et veiller à ce que les politiques menées soient bien conformes aux principes de la déclaration des droits de l’homme; ✓considérer les migrants comme des citoyens actifs, non pas seulement à intégrer mais participant à part entière à l’intégration globale de nos sociétés multiculturelles. Il s’appuie sur l’expertise des associations et dégage des objectifs politiques communs. Ces objectifs visent à défendre les droits des demandeurs d’asile, des réfugiés et des étrangers, et touchent principalement à l’organisation de la procédure d’asile, à la politique de détention et d’expulsion, à l’accueil des demandeurs d’asile et aux régularisations de séjour. La poursuite de ces objectifs se fait par le biais de l’action politique et/ou de la sensibilisation de l’opinion publique et du monde politique.

Comment?

(Propos recueillis le 21 janvier 2008)

Le CIRÉ organise, anime et fait le suivi de rencontres avec différents acteurs concernés par la problématique des demandeurs d’asile, réfugiés, migrants et étrangers -principalement les associations membres- afin de dégager les objectifs politiques communs, de se tenir informé et de réagir aux évolutions incessantes du droit des étrangers. Le CIRÉ traduit ces objectifs dans un cahier de revendications contenant une synthèse des constats et des propositions. Le CIRÉ porte ces revendications par le biais d’une action multiple, dirigée vers le monde politique et vers l’opinion publique, en collaboration avec ses associations membres et d’autres acteurs concernés par la problématique (Vluchtelingenwerk Vlaanderen, CBAR, etc.) notamment par: -un travail constant d’explication des revendications auprès du monde politique (gouvernement, parlement, administrations, etc.); -l’organisation d’actions ponctuelles et le suivi de ces actions; -la contribution à l’organisation des plates-forme larges, telles que le «Forum Asile et Migrations» (FAM); -l’appui à la création artistique portant sur la problématique (théâtrale, audiovisuelle, etc.); -l’organisation d’évènements culturels et d’expositions («Un voyage pas comme les autres», «le labyrinthe de l’exil», etc.); -la création d’outils pédagogiques et de sensibilisation; -la réalisation d’études et de recherches. À la demande de ses membres et sur base des besoins du public auquel il s’adresse, le CIRÉ a mis en place tout au long des années 6 services: ✓un service d’Interprétariat social, ✓ une École de français langue étrangère et alphabétisation, ✓ une intiative d’Accueil des demandeurs d’asile, ✓un service d’Insertion Socio-Professionnelle et d’aide à l’établissement des équivalences des diplômes, ✓ un service Logement, ✓un service d’accompagnement à la réinsertion au pays d’origine.


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Charleroi-Sud hainaut

Tournai-Ath-Lessines

Vous trouverez ci-dessous le calendrier et les adresses de nos Sections Locales des Pensionnés et Pré pensionnés.

TOUJOURS PLUS PROCHE… TOUJOURS PLUS DE SERVICES…

Une nouvelle Section Locale vient d’être créée pour nos affiliés de l’entité de MONTIGNY-LE-TILLEUL et environs. Bienvenue à toutes et tous!

Dans notre souci permanent d’ACCUEIL–PROXIMITÉ–SERVICE,

Calendrier des Sections Locales de (Pré)-Pensionnés

la Régionale FGTB de Tournai Ath Lessines organise des

En principe, et sauf jours fériés, les réunions se tiennent aux lieux et dates suivants: Marcinelle & Couillet: le dernier jeudi du mois à 10h00, Centre Meurée, Rue Renard 10 à Marcinelle. Courcelles: le deuxième lundi du mois à 9h30, Centre Culturel «La Posterie», Rue Monnoyer 46 à Courcelles. Montigny le Tilleul: le premier mercredi du mois à 10h00, Permanence FGTB, route de Gozée 202 à Montigny-le-Tilleul. Châtelet et Couillet: le premier lundi du mois à 10h00, Maison du Peuple, Place de Brouckère à Châtelineau. Gosselies: le deuxième mercredi du mois à 10h00, Centre Hiquet, (ancienne Maison Communale), Chaussée de Nivelles à Gosselies. Fontaine-l’Evêque: le troisième lundi du mois à 10h00, Maison du Peuple, rue Louis Delattre 22A à Fontaine.

« permanences pension » les lundis :

"04 "03 "0 7

févr ier 2 0 0 8 mar s 2 0 0 8 avril 2008

de 16h00 à 17h30 en nos bâtiments à la rue des Maux, 26 7500 Tournai.

Prochainement: Ouverture d’une Section Locale pour les affiliés de la Basse-Sambre et entité de Farciennes.

Pour nous permettre de répondre à vos questions, veuillez vous munir :

Renseignements: Ruddy DANTHINE au 071/641 262

• De votre carte d’identité • D’une description de votre carrière • Pour ceux qui la possèdent une copie de leur relevé de compte individuel (vous pouvez l’obtenir auprès de l’ONP service réception française Tour du Midi Place Bara 1060 Bruxelles).

Pour plus de renseignements : 069/88.18.11

Vous voulez agir? Changer votre quotidien! Alors devenez délégué à la Centrale Alimentation-HORECA-Services Pour les élections sociales 2008, nous recherchons des candidats dans les entreprises suivantes.

HORECA CP 302: Hôtels: DOLCE LA HULPE (LA HULPE) MARTIN’S HÔTEL SA (GENVAL, WATERLOO, RIXENSART) MAC DONALD (LA LOUVIÈRE, MONS & SOIGNIES)

INDUSTRIE ALIMENTAIRE CP118 : THIRION PRODUCTION (7134 RESSAIX) BIÈRES ET FROMAGES DE CHIMAY (6464 BAILEUX)

COMMERCE ALIMENTAIRE CP119: THIRION DISTRIBUTION (7131 WAUDREZ) AIDES FAMILIALES CP 318:

ENTRAIDE PROTESTANTE (7370 ELOUGES) Si vous travaillez dans l’industrie alimentaire, le commerce alimentaire, l’Horeca ou comme aide familiale, n’hésitez pas à nous contacter. CONTACT: SÉBASTIEN DUPANLOUP AU 0476/ 266 963

> EXPOSITION PHOTOS

L’envers du décor ou la tournée d’un facteur L’asbl d’éducation permanente CENFORSOC organise, du 03 au 14 mars 2008, une exposition photos consacrée au quotidien de ces travailleurs de l’ombre que sont les facteurs. Cette série de clichés a été réalisée par le photographe louviérois Raymond SAUBLAINS qui, pour réaliser ce travail, a suivi ces hommes dans leur labeur quotidien. Une approche photographique remarquable qui permet de saisir les difficultés d’une profession à l’heure où le secteur de la distribution du courrier connaît son lot de restructurations, «rationalisations», et privatisations. Venez donc découvrir une journée «ordinaire» de ces facteurs dont le métier demeure plus que jamais indispensable. «L’envers du décor ou la tournée d’un facteur». Photographies de Raymond Saublains. Du 03 au 14 mars 2008 Espace DAVISTER, Boulevard Devreux, 36-38 à 6000 Charleroi. De 9h00 à 17h00. Entrée gratuite. Vernissage le 03 mars 2008. Renseignements: Laurent D’ALTOÉ au 071/641 258.

Centre

>ASBL CEPRé-FGTB CENTRE Formation informatique de base pour l es personnes sans emploi, prépensionnées et pensionnées TRAITEMENT DE TEXTE ET INTERNET Ces formations à l’informatique (avec Attestation du Ministère de la Région Wallonne) se déclinent par cycles de 36 heures à raison de 12 séances de 3h00, par groupe de 10 personnes, généralement les lundis et vendredis au sein des locaux de la FGTB Centre. Notre but est de démystifier l’outil informatique et de proposer une utilisation simple des programmes de base comme Word, Excel et de l’Internet.

avons consulté les Centrales Professionnelles de la FGTB Centre afin que celles-ci interviennent dans la prise en charge financière de la formation en faveur de leurs affilié(e)s. Des formulaires d’inscription sont disponibles au CEPRé afin d’introduire votre demande d’intervention auprès de votre Centrale professionnelle. Pour tout complément d’information ou inscription, contactez l’asbl CEPRé Centre d’Education Populaire Régional (asbl CEPRé) Rue Henri Aubry, 23 – B 7100 LA LOUVIERE Tél. +32(0)64.23.61.20 Fax: +32(0)64.23.61.68 asblcepre@hotmail.com

Si elles sont GRATUITES pour les personnes sans emploi et les personnes prépensionnées ; la modification des dispositions décrétales, dans lesquelles évolue notre partenaire dans le projet et dispense les formations, ne permet plus de garantir la gratuité pour les personnes pensionnées. Pour les personnes pensionnées, le coût de revient pour suivre la formation complète est de 180€ par personne.

Si vous êtes actif dans une association, ou autre régionale, et que vous souhaitez organiser des formations à l’informatique: contactez le CEPRé.

Afin de réduire partiellement ou totalement le coût de la formation pour les personnes pensionnées, nous L’asbl CEPRé (Centre d’Education Populaire Régional) vous invite à découvrir l’exposition

du 31 janvier au 29 février 2008

«PEINTURES DE MADAME CHRISTIANE AMOES»

(Thèmes: Mariemont, Carnaval de Venise, Provence,…)

Vernissage le vendredi 1er février à 19h00 accessible gratuitement du lundi au vendredi de 8h30 à 12h15 et de 13h15 à 16h30 en collaboration avec la FGTB CENTRE Rez-de-chaussée - Bâtiment de la FGTB CENTRE Rue Henri Aubry 23 - 7100 La Louvière

NOUVELLES FORMATIONS: FIN AVRIL, DEBUT MAI 2008


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Liège-Huy-Waremme Le marché de l’énergie est complètement libéralisé depuis le 1er janvier 2007.

Informations aux affiliés du SETCa Liège – Huy – Waremme

Si vous n’avez pas encore choisi votre fournisseur d’énergie, il est temps d’agir. En effet, être approvisionné par le fournisseur par défaut est la situation la plus coûteuse du marché.

Déménagement

Vous avez des questions par rapport à votre facture, votre contrat, vous souhaitez changer de fournisseur, comparer les prix et offres en fonction de votre situation personnelle (simulation tarifaire)? N’hésitez pas à nous contacter. La permanence «gaz et électricité» de la FGTB Liège-Huy-Waremme, a lieu tous les vendredis après-midi de 13h30 à 16h30, au rez-de chaussée de la FGTB, Place Saint-Paul 9-11 à 4000 Liège.

Pour cause de déménagement, nos bureaux situés Place St Paul, 9-11 à 4000 Liège au 3ème étage, seront fermés les 4 et 5 février 2008. Nous nous excusons de ce désagrément mais ce sera pour mieux vous accueillir à partir du 6 février 2008 dans nos locaux entièrement rénovés. Permanence SETCa à Huy A partir du 7 février 2008, une permanence SETCa se tiendra tous les jeudis de 9h à 12 h dans les locaux de la FGTB, rue de l’Apleit, 12 à Huy au 1er étage.

Personne de contact: Anne Truillet, Tél.: 04 221 95 11

Verviers

> COMITÉ DES

PENSIONNÉS ET PRÉPENSIONNÉS MÉTALLOS FGTB VERVIERS

UMV M u tu a li té

s vos

dan Interventions

s r u e t a r é d o m s t e k Tic L’UMV

oins de s e d is a fr s o v allège

santé !

mentaire nce complé ra u ursess a e tr de vo ier de rembo n fic o é ti n n é e b rv e d te t In e s ambu», vous perm

ur des soin odérateurs e à payer po e « Tickets m st g re ta s n u va vo a i l u q ve r Le nou t modérateu ation. nts sur le ticke ’une hospitalis d rta o re p d a im c ts n le e s m s reçus dan urance que des soin tisations à l’ass o c e d le g latoires ainsi rè en liés de l’UMV à tous les affi le ib ss e c c a Ce service est taire. complémen ulatoires et soins amb n tio a lis ita sp teurs » en ho kets modéra tic s e d n re e u part aires : La « couvert s hospitaliers e tr n e c s St-Nikolaus o n s dan ues, l’hôpital iq lin c ly o p est disponible s l et ses polyà Verviers et se nard à Hersta er-La-Tourelle Re ltz ré Pe r d n lie A ita e u sp Le Centre Ho t-Vith, la Cliniq Hesbaye. St-Josef à Sain e u iq lin C bbaye et de la l’A e d is Bo à Eupen, u lier d Centre Hospita cliniques et le

avantage r de cet ie ic f é n é b Envie de ils ? ir en déta r v u o c é d et de le 9 21 au 087 31 3 Téléphonez e ww.mutsoc.b Surfez sur w

Après-midi récréatif Le Comité des Pensionnés et Prépensionnés Métallos FGTB de Verviers informe ses membres et sympathisants du déroulement d’un après-midi récréatif le samedi 16 février 2008 à partir de 14h30, dans la salle n° 2 du Chanteloup, Rue des Champs 9 à 4801 Stembert Inscriptions: Jusqu’au mardi 12 février Bureau syndical, Galerie des 2 Places, 1er étage à 4800 Verviers Tél: 087/33 39 01


ÉDITO

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

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> ÉDITO

Enrichissement sans cause Selon la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz, qui observe le marché de l’énergie mais malheureusement - libéralisation oblige - ne régule plus grand chose, la hausse des prix de l’électricité et de gaz telle qu’annoncée par Electrabel et par les gestionnaires de réseau devrait atteindre 300 euros par ménage en 2008, c’est-à-dire, dans certains cas, des hausses allant jusqu’à 25%! Ces hausses ne sont en rien justifiées par le prix des matières premières. Seul le souci d’Elactrabel-Suez de maintenir des marges bénéficiaires «confortables» les explique, précise la CREG. De fait, en 2006, Electrabel a enregistré un bénéfice net de 2,3 milliards d’euros ! Voilà pourquoi, le 21 janvier dernier, nous avons symboliquement rebaptisé le siège social d’Electrabel en «ELECTRACASH». Il s’agissait de monter une fois encore l’échec de la libéralisation du marché du gaz et de l’électricité. D’attirer l’attention sur le poids intolérable des prix de l’énergie sur le budget des ménages. De dénoncer la perte de pouvoir d’achat des revenus du travail alors que le secteur de l’énergie engrange des bénéfices plantureux.

Redistribution inverse Car il faut le dire: les cris d’alarmes lancés par notre patronat ou par le Président de la Banque Centrale européenne sur de prétendus «dérapages» salariaux et les risques d’inflation qui s’ensuivent, masquent mal une réalité irréfutable : la part des revenus du travail baisse dans la richesse nationale (qui ne baisse pas, elle). Le monde du travail s’appauvrit, lentement mais sûrement! Ce n’est pas le cas du secteur de l’énergie qui s’enrichit tout aussi sûrement, mais rapidement. Depuis 2004, le prix du mazout a augmenté de 78 %. En 2005, quand le baril de pétrole était à 60 dollars, les 250 principales compagnies pétrolières mondiales ont totalisé 243 milliards d’euros de bénéfices, soit une progression de 35% par rapport à 2004. Et depuis, avec un baril à 100 dollars, leur situation n’a fait que s’embellir… De la richesse, il s’en crée donc. Elle ne va cependant pas dans toutes les poches. Elle a même une fâcheuse tendance à passer des poches vides aux poches pleines. Car la facture énergétique pèse de plus en plus sur le budget des ménages. C’est pourquoi

la FGTB – à côté d’une réforme fiscale en faveur des bas et moyens revenus et d’une revalorisation significative des allocations sociales - réclame des mesures urgentes en matière d’énergie en faveur des ménages.

1. Réduire les tarifs du gaz et de l’électricité pour tous! La libéralisation a mis fin au contrôle de la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz sur les tarifs. Il faut redonner à la CREG le pouvoir de fixer les tarifs maxima et il faut baisser ceux-ci. Electrabel a depuis longtemps amorti l’investissement des centrales nucléaires. Ce sont les consommateurs qui ont payé ces centrales à travers des tarifs plus élevés. Cela représente 450 millions d’euros par an qui doivent leur être ristournés. Ajoutons y les sommes que l’on peut récupérer en arrêtant d’offrir gratuitement au secteur électrique des quotas d’émission de CO2.

2. Un chèque Energie de 350 euros pour les plus fragilisés! Le Fonds social mazout a été élargi. C’est bien. Mais les montants restent insuffisants pour compenser la hausse des prix. Il doit être porté à 350 euros. Et ce n’est certes pas à l’Etat – c’est-à-dire encore nous, consommateurs et contribuables – d’en faire les frais. C’est aux secteurs concernés – pétroliers, gaziers et électriciens - de payer la facture.

3. Ramener la TVA sur le gaz et l’électricité à 6 %. Le Fonds social mazout ne touche que ceux qui se chauffent au mazout. Le chèque mazout doit donc être compensé pour les ménages qui se chauffent au gaz ou à l’électricité sous la forme d’une baisse de la TVA de 21 à 6%. Se chauffer n’est pas un luxe mais une nécessité première. Il n’y a pas de raison de fixer le taux de TVA à 21%. D’autant que l’impôt indirect est par définition injuste parce qu’il n’est pas progressif. On nous objectera que le riche qui chauffe son château et sa piscine y gagnera plus que le ménage qui se contente de ses 2.000 litres de mazout. C’est vrai si rien ne change. Mais rien n’empêche d’appliquer des tarifs – ou des taxes - progressifs selon les quantités plutôt que faire payer plus les

petits consommateurs. Et puis c’est le rôle de la fiscalité directe de faire payer plus d’impôts aux revenus plus élevés et c’est là qu’il faut trouver les moyens nécessaires et rétablir l’équité.

4. Favoriser les économies d’énergie La FGTB est consciente du défi planétaire que représente le réchauffement climatique. Les mesures qu’elle propose ne visent pas à favoriser le gaspillage d’énergie. Elles visent à rendre accessible à tous un bien de première nécessité. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’énergie la moins chère est celle que nous ne consommons pas. Ne miser que sur l’énergie chère pour en décourager la consommation est injuste à l’égard des petits revenus, donc contraire à nos valeurs. Et de toute façon insuffisant à influencer le comportement de ceux qui en ont les moyens ou qui ont justement les moyens d’investir dans les économies d’énergie. C’est pourquoi il faut poursuivre et in-

La CES plaide pour une taxe carbone sur les importations en Europe Il est essentiel que, en même temps qu’elle augmente ses engagements en matière de politique climatique, l’Union protège les industries lourdes en Europe, et les emplois correspondants, face à la concurrence faussée des pays qui ne respecteraient pas les mêmes engagements. Pour la Confédération Européenne des Syndicats, il ne s’agit pas d’une mesure protectionniste: «nous voulons que les industries lourdes soient mises largement à contribution, mais dans un système qui leur laisse le temps de faire les investissements de modernisation nécessaires et leur donne des incitations adéquates», dit la CES Compte tenu de l’importance des enjeux économiques

et sociaux et de la communautarisation croissante de la politique climatique de l’Union, la CES souhaite l’ouverture d’une véritable négociation sociale sur les futurs plans climat de l’Europe. «L’objectif, pour les syndicats européens, serait d’avoir un mécanisme permettant d’anticiper, de prévenir et d’accompagner le cas échéant les transformations économiques et sociales qui pourraient résulter de la mise en place des politiques climatiques. La CES propose également que le fonds d’ajustement à la mondialisation puisse être étendu pour couvrir les conséquences pour les travailleurs des mesures de lutte contre le changement climatique.

tensifier les aides aux ménages à faible revenu pour l’isolation des bâtiments et le recours aux énergies renouvelables, par exemple par des crédits avantageux et la mise en place d’un système de «tiers investisseur». C’est-à-dire un fonds spécial qui financerait gratuitement les travaux économiseurs d’énergie et se rembourserait sur les économies réalisées. Cela permettrait aux ménages de réduire leur facture, de réduire leurs émissions de CO2, ce qui est bon pour le climat et l’emploi y trouverait aussi son compte.

Anne Demelenne Rudy De Leeuw Secrétaire Générale Président

> EMISSION TV

Regards FGTB – Rétrospective 2007 Rétrospective 2007 est une émission «bilan» où nous vous proposons un choix de séquences réalisées et produites en 2007 par l’équipe TV du CEPAG. Dates de passage: Rediffusion (Perspectives): Jeudi 31 janvier 2008 après JT dernière – RTBF La Une Émission proposée par la FGTB wallonne – Produite par le C.E.P.A.G. - Durée 28’30 – 2008


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ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

> SALAIRES ET MONTANTS SOCIAUX AU 1ER JANVIER 2008

Allocations sociale +2% (suite) Aide aux + 65 ans dépendants (APA) Les + de 65 ans dépendants peuvent obtenir une allocation d’aide aux personnes âgées (APA) qui s’ajoute à la pension ou à la GRAPA. Pour y avoir droit, il faut remplir des conditions de dépendance et de revenus. Conditions de revenus Pour avoir droit à l’APA maximum, il faut avoir des revenus annuels inférieurs à: • ménage légal ou de fait, ou personne ayant au moins un enfant à charge (catégorie C): 13.257,08€ par an • isolé/cohabitant/résident en MR ou MRS (catégories A et B): 10.609,19€ Les revenus pris en compte sont essentiellement: • 90 % du montant de la pension ; • 6 % des biens mobiliers (carnet d’épargne, actions, bons du Trésor, etc.) ou des biens immobiliers vendus dans les 10 ans qui précèdent ; • le revenu cadastral de la ou des maisons dont on est propriétaire (ou usufruitier).

Conditions de dépendance La dépendance est établie par un médecin du Ministère des Affaires sociales en fonction de la difficulté qu’on éprouve à s’habiller, se laver, manger, se déplacer et vivre seul. Le montant de l’APA dépend du degré de dépendance Catégorie de dépendance

Montant annuel maximum €

Montant mensuel maximum €

7 et 8 points

871,72

72,64

9-10-11 points

3.327,56

277,30

12-13-14 points

4 .045,77

337,15

15-16 points

4 .763,78

396,98

17-18 points

5.851,63

487,64

Exemples de calcul 1. Pensionnée avec 12 points de dépendance, qui vit seule (ou chez sa fille, ou dans une MR) avec une pension annuelle de 11.000€ dont on prend en compte 90 %, soit 9.900€. Elle a droit à un revenu de 14.654,96€ (10.609,19€ comme revenu limite autorisé et 4.045,77€ de supplément pour ses 12 points de dépendance). Elle obtiendra donc une APA de 14.654,96€ – 9.900€ = 4.754,96€ par an. 2. Ménage de 2 pensionnés, M. touche 10.000€ et Mme 5000€. Les pensions comptent pour 9.000 et 4.500€. Mme à 15 points de dépendance Le ménage a droit à un revenu de 13.257,08€ + 4.763,78€ = 18.020,86€ Les pensions prises en compte sont de 13.500€. L’APA sera donc de 4.520,86€ par an.

Pour demander l’APA Pour obtenir l’APA il faut en faire la demande à sa commune et faire remplir le formulaire par son médecin. Le délai d’attente est en moyenne de 10 mois.

Les allocations aux personnes handicapées Les allocations aux personnes handicapées sont destinées aux adultes (21 à 65 ans) qui, en raison de leur handicap physique ou psychique, sont incapables de gagner normalement leur vie. C’est une matière complexe dont nous reprenons les principes généraux. L’allocation de remplacement de revenus C’est une allocation réservée aux personnes dont la capacité de travail est réduite d’au moins 66 %, dont le montant est identique à celui du revenu d’intégration (ex-minimex). Son montant maximum atteint: - catégorie C (en ménage ou avec enfant à charge): 912,39€ - catégorie B (isolé ou vivant en institution): 684,29€ - catégorie A (personne n’appartenant pas aux catégories B ou C c’est-à-dire des cohabitants avec des personnes parentes ou alliées qui ont des revenus): 456,19€ De ce montant maximum, on retire une partie des éventuels autres revenus du handicapé ou de la personne avec qui il forme un ménage. Les parents ou alliés au 1er, 2e et 3e degré sont exclus de la notion de ménage. Certains montants ne sont cependant pas pris en compte. Dans le chef de la personne handicapée sont immunisés: • 50% des revenus professionnels de 0 à 4.161,61€ • 25% des revenus professionnels de 4.161,62 à 6.242,41€ • 585,85€ par an des autres revenus.

Catégorie

Dans le chef de la personne avec qui le handicapé forme un ménage: 2.737,16€ par an sont exonérés.

L’allocation d’intégration L’allocation d’intégration est accordée aux personnes handicapées dont l’autonomie est réduite (difficulté à s’habiller, à manger, à se déplacer… seuls). Elle peut être cumulée avec l’allocation de remplacement de revenus qui est liée à la réduction de la capacité de travail. Ces deux allocations font l’objet d’une évaluation séparée. L’allocation d’intégration dépend du nombre de points de dépendance. Elle atteint, au maximum:

Dépendance

Montant mensuel maximum

1

7 et 8 points

85€

2

9, 10, 11 points

289,67€

3

12, 13, 14 points

462,86€

4

15, 16 points

674 ,32€

5

17, 18 points

764 ,98€

Le montant maximum est réduit du montant des revenus de la personne handicapée et de la personne qui vit avec elle. Mais on ne tient pas compte d’une partie de ces revenus: Dans le chef de la personne handicapée: Le revenu du travail de la personne handicapée bénéficie d’un abattement de 19.162,13€. Au-delà de ce montant, la moitié du revenu du travail qui dépasse le plafond est déduite de l’allocation. Si la personne handicapée a un revenu professionnel, les allocations de remplacement (allocation de chômage, indemnité de mutuelle…) sont en partie immunisées: • si les revenus professionnels sont inférieurs ou égaux à 16.424,69€: les premiers 2.737,06€ ne sont pas pris en compte. • si les revenus professionnels sont supérieurs à 19.161,75€, on n’applique aucune exonération. • si les revenus professionnels sont compris entre 16.424,69€ et 19.161,75€: on applique une exonération d’un montant égal à 19.161,75€ moins le montant des revenus professionnels. En ce qui concerne les autres revenus de la personne handicapée, par exemple: • les pensions alimentaires, • les revenus du partenaire qui dépassent le plafond de 1.757,55€ lorsque la personne handica-

pée appartient à la catégorie 1 ou 2 en allocation d’intégration, • les revenus de remplacement non immunisés de la personne handicapée, une exonération maximale est appliquée correspondant à 5.158,08€ pour la catégorie A, 7.737,12€ pour la catégorie B et 10.316,16€ pour la catégorie C Dans le chef de la personne avec qui le handicapé forme un ménage: un abattement de 1.757,55€ est appliqué aux revenus du partenaire de la personne handicapée qui a 7 à 11 points de dépendance (catégories 1 et 2). Ce montant est porté à 19.162,13€ si la personne handicapée a de 12 à 18 points de dépendance (catégories 3 à 5). Au-delà de ce montant, la moitié du revenu du travail qui dépasse le plafond est immunisée.

Demandes Les formulaires nécessaires doivent être demandés à la commune (formulaire de revenus et questionnaire médical à remplir par le médecin traitant). Les allocations doivent être demandées à la commune qui transmet la demande au SPF SS, rue de la Vierge noire et remet les formulaires nécessaires.


ACTUALITÉS

> SALAIRES ET MONTANTS SOCIAUX AU 1ER JANVIER 2008

Allocations sociale +2% (suite) Remboursements préférentiels (BIM et OMNIO) Les veuves, invalides, pensionnés, orphelins, handicapés, GRAPA, minimexés ainsi que les chômeurs de + de 50 ans depuis plus d’un an, de même que les personnes à leur charge, obtiennent des remboursements plus élevés pour leurs dépenses médicales et pharmaceutiques, ainsi que des réductions sur les transports en commun. Pour être considéré comme Bénéficiaire de l’Intervention Majorée (BIM), les ex-VIPO, il faut disposer de revenus annuels bruts imposables (ce sont les revenus du ménage qui sont pris en compte) inférieurs à:

• titulaire sans personne à charge: 14.057,18€ • supplément de revenus admis par personne à charge: 2.602,36€ Attention: la part du revenu cadastral (2007 indexé) de la maison qu’on occupe, qui dépasse 1.081€ (+180€ par personne à charge) est prise en compte pour le calcul des revenus.

Omnio pour les non BIM à revenus modestes Omnio s’adresse à ceux qui ont des revenus modestes mais n’entrent pas dans les conditions BIM.

En ce qui les concerne, Omnio élargit la notion de ménage : elle comprend toute les personnes d’un ménage qui sont domiciliées à la même adresse sans être nécessairement à charge (parent âgé, concubin d’un enfant adulte, etc.). On tient compte des revenus de tous mais on ajoute 2.507,30 euros par personne autre que le demandeur au plafond de base de 13.543,71 euros. Alors que le statut BIM ne tient compte que du partenaire et des personnes effectivement à charge.

GRAPA (ex revenu garanti aux personnes âgées) La GRAPA ou garantie de revenu aux personnes âgées comprend deux taux: - isolé: 827,61€ par mois - cohabitant: 551,74€ par mois L’âge d’accès à la GRAPA est de 64 ans (H et F) et sera porté à 65 ans en 2009. Normalement il ne faut pas introduire de demande. L’ONP examine automatiquement votre cas. Le GRAPA est accordé aux personnes âgées qui n’ont pas de pension, ou dont la pension est insuffisante. Quand un ménage ne dispose d’aucun revenu, cha-

que partenaire a droit au montant cohabitant. Elle est soumise à des conditions de revenus. On tient compte de 90 % de la pension ou prestation assimilée. Si on a, par exemple, travaillé au-delà de 62 ans (après le 01/01/2006) et que l’on bénéficie d’un bonus pension pour ces jours de travail, ce bonus est également pris en compte pour le calcul des revenus au même titre que la pension. Comptent également un travail salarié éventuel mais aussi sous certaines conditions, des biens

immobiliers (mêmes vendus ou cédés) et des biens mobiliers. On tient aussi compte des revenus des personnes cohabitantes autres que les parents ou alliés en ligne directe descendante ou les enfants pour lesquels des allocations familiales sont perçues. On ne tient pas compte des revenus suivants: allocations familiales, aide du C.P.A.S., pension alimentaire entre ascendants et descendants, rentes de guerre ou de captivité, allocations aux handicapés, allocations de chauffage.

> ALLOCATIONS FAMILIALES Depuis la réforme de 1997, la situation en matière de supplément d’âge est fort complexe. Une dernière étape est attendue pour 2009, année où les enfants de 18 ans n’auront plus que 24,03€ (indexés) de supplément d’âge. Le tableau qui suit donne les montants qui s’appliqueront aux enfants qui viennent ou qui vont atteindre les âges limites: 6, 12 ou 18 ans. Enfants de rang 1 (sauf enfants d’invalides, de chômeurs, de pensionnés)

6 – 12 ans

13,97€

6-12 qui devient rang 1

27,85€

Chômeurs âgés Les chômeurs âgés qui ne sont pas prépensionnés obtiennent des allocations plus élevées après leur 12 e mois de chômage, à condition qu’ils aient une carrière professionnelle salariée d’au moins 20 ans (les périodes de maladie comptent pour arriver à 20 ans, mais pas les périodes de chômage complet).

né après 31/12/90

21,27€

Maximum (nouveau chômeur)

de + 50 ans

60%

1.015,04€

1.207, 44€

Isolés

de 50 à 54 ans inclus

54 ,5%

849, 42€

998,66€

de + 55 ans

60%

933, 40€

1.099,54€

de 50 à 54 ans inclus

45%

690,04€

824 ,72€

de 55, 56 et 57 ans

50%

768,82€

916,24€

de 58 ans et plus

55%

845€

1.007,76€

507,78€

639,34€

Cohabitants

Au forfait

Chômeurs âgés qui reprennent le travail Les chômeurs de plus de 50 ans, avec complément d’âge (20 ans de travail salarié et un an de chômage) ont droit à une prime mensuelle de 175,76€ (taxée comme l’allocation de chômage, avec précompte de 10,09 %). Pour un travail à temps partiel, le chômeur a le choix entre l’allocation de garantie de revenus (s’il peut y prétendre) et les 175,76€.

Le crédit-temps La réglementation sur les crédit-temps a pas mal changé ces derniers temps. Nous y reviendrons de manière plus approfondie dans une prochaine édition. Pour l’instant nous publions uniquement les nouveaux montants liés à l’indexation du 1er janvier 2008. Il n’y a pas de cotisations sur les allocations de crédit-temps mais un précompte est retenu à la source. Ce précompte professionnel est différent selon le type de crédit temps, selon la composition du ménage et selon le passé professionnel: - 10,13 % pour les temps plein; - 17,15 % pour les mi-temps ; - 17,15 % pour les 1/5 temps isolé avec enfant à charge; - 35 % pour les 1/5 temps isolé sans enfant ou cohabitant.

Autres enfants ( y compris enfants de rang 1 des invalides, chômeurs ou pensionnés) 27,85€

Crédit temps régime général: les indemnités Interruption - de 50 ans

50 ans et +

42,56€

+ 5 ans

- 5 ans

+ 5 ans

brut

427,14

569,53

213,57

284 ,76

176,95

235,93

net

383,88

511,84

brut

427,14

569,53

425, 40

net

383,88

511,84

352, 45

net

Non isolés

46,96€

Né entre le 1/1/81 & le 31/12/84

44 ,62€

Né entre la 1/1/85 et le 31/12/90 (18 ans entre 2003 et 2009)

29,91€

54 ,11€

50 ans et +

brut net

91, 42 (35%)

181,50 Sans enfant 117,98 (35%)

Avec enfant 150,38 (17.15%)

- 20 ans

+ 20 ans

- 20 ans

+ 20 ans

140,64

197,60

181,50

238, 45

91, 42 (35%)

128, 44 (35%)

155 (35%)

197,56 (17,15%)

Congés parental et pour soins

Exemple: j’ai 2 enfants âgés de 13 et 19 ans. Je touche pour l’aîné (rang 1) 80,17€ auxquels s’ajoutent un complément d’âge à 18 ans de 29,91€ (parce qu’il est né après le 1/1/1985 et avant 31/12/1990) = 110,08€

Isolés sans ou avec enfant

140,64

Plus de 18 ans Né avant 1/1/81

1/2 temps

- 5 ans

Interruption 1/5 e temps

- de 50 ans

complète

Ancienneté

brut

27,85€

Minimum

Chefs de ménage

12-18 ans né avant 1/1/91

% du salaire plafonné à 1.832, 49€

Il ne faut en outre pas oublier que les indemnités sont additionnées aux autres revenus pour le calcul de l’impôt dû. Nous donnerons donc les montants bruts et nets en bleu

Les suppléments d’âge

Age de l’enfant

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SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Interruption

complète

1/2 temps

1/5 e temps

1/5 e temps (isolés ou isolés avec enfant)

698,65

349,32

118,51

159,36

98,19

Pour le cadet (rang 2) je toucherai 148,34 + un complément d’âge pour un enfant de 12 à 18 ans de 2e rang de 42,56 = 190,90€. Pour les deux enfants cela fait 110,08 + 190,90= 300,98€ Calculez le montant de vos allocations en ligne sur le site de l’ONAFTS: http://www.allocationfamiliale.be/Fr/compute.php. Il suffit de rentrer les dates de naissance des enfants et le statut du parent qui ouvre le droit (salarié, chômeur, handicapé, etc.) et l’ordinateur calcule le montant.

- de 50 ans

brut net

627,88

289, 42

50 ans et +

brut

684 ,94

592,53

237,01

net

627,88

490,92

196,37

132,03


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ASSURANCES

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

> DISCRIMINATION ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES

L’égalité de traitement aussi dans les assurances Payer plus cher pour son assurance auto parce qu’on est un homme et que les hommes sont statistiquement plus enclin à avoir des accidents. Avoir une prime plus élevée pour son assurance vie parce qu’on est une femme et que les femmes ont une espérance de vie moyenne plus longue... Le tarif différencié en fonction du sexe est une pratique courante des compagnies d’assurance. Au nom du principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes, les choses devraient changer…

e 13 décembre 2004, l’Union européenne s’est dotée d’une directive «appliquant le principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes dans l’accès à ou la fourniture de biens et de services» (directive 2004/113/ CE).

L

En tant que prestataires de services, les assurances sont donc concernées par l’application de ce principe. La directive européenne stipule dans son article 5 que, «dans tous les contrats conclus après le 21 décembre 2007, l’utilisation du sexe ne peut entraîner, pour les assurés, de différences en matière de primes et de prestations liées aux assurances». Mais, ce principe d’égalité de traitement est en totale opposition avec la pratique. En effet, les compagnies d’assurance, calculent les montants des primes et prestations en se basant sur le critère du sexe. Bref, les hommes et les femmes ne paient pas la même chose selon le type d’assurance. Les femmes ont tendance à être plus avantagées dans le domaine des assurances auto et des assurances solde restant dû tandis que les hommes le sont pour les assurances vie et les assurances soins de santé. Une femme jeune doit, par exemple, payer moins pour son assurance auto mais plus pour une assurance vie qu’un homme de son âge.

21 décembre 2007, dernière limite Les Etats-membres de l’UE avaient jusqu’au 21 décembre 2007 pour transposer la directive dans leur droit national. Avant cette date buttoir, chaque Etat-membre avait la possibilité d’autoriser une exception au principe d’égalité en ce qui concerne les assurances. Les pays qui ont opté pour cette exception permettent aux compagnies d’assurances de continuer à faire une tarification différencier sur base du sexe. Le sexe devant toutefois constituer un facteur déterminant dans l’évaluation des risques, sur base de données actuarielles et statistiques pertinentes et précises. La directive précise que les frais liés à la grossesse et à la maternité ne peuvent en aucun cas entraîner de différences. En Belgique, c’est la loi du 10 mai 2007 de lutte contre la discrimination entre les hommes et les femmes qui a transposé, telle quelle, la directive européenne, c’est-à-dire sans définir d’exception.

C’était sans compter sur la ténacité du lobby des assureurs. En effet, les compagnies d’assurances n’ont cessé de réclamer l’instauration d’une exception au principe d’égalité de traitement au grand damne des associations de défense desconsommateurs et des associations de femmes. Selon les compagnies d’assurances, tout le monde serait perdant. Raison invoquée? En instaurant l’égalité de traitement, les femmes devront payer plus cher pour être assurées en Belgique. Elles risqueraient donc de se tourner vers des compagnies originaires d’autres pays européens qui ont maintenu la distinction basée sur le sexe. Cette perte de «bons» risques aurait ainsi des répercussions sur les risques restants et entraînerait donc une augmentation des tarifs. Une ténacité et une logique purement commerciale qui a payé car le Sénat a approuvé, in extremis, la nuit du 20 au 21 décembre, une proposition de loi permettant aux contrats d’assurance vie de déroger à la règle sur la tarification unisexe. Le principe d’égalité de traitement dans les assurances est donc fortement mis à mal…

Assurances vs consommateurs Suite à cette «bataille» législative, on peut se demander si ce facteur «sexe» est réellement un facteur déterminant dans le calcul des primes et prestations, comme le revendiquent les compagnies d’assurances. Sans une tarification sexuée, faudra-t-il «segmenter» les primes et prestations selon d’autres critères basés plutôt sur des caractéristiques propres aux individus, et ce, indépendamment de facteurs qu’on ne maîtrise pas comme la sexe ou encore l’âge? Par exemple, Madame X qui exerce un métier à risques ou Monsieur Y qui roule souvent de nuit. Du côté des compagnies d’assurances, on plaide pour le maintien de la différenciation sur base du sexe. Les assureurs optent donc pour une approche de groupe plutôt que pour la prise en compte d’éléments propres à chaque individu et ce pour répondre à la logique commerciale en vigueur. Les assureurs justifient cette différenciation en tenant compte de statistiques. Par exemple: - Pour les assurances vie: les femmes vivent 6 à 8 de plus que les hommes (en moyenne) - Les statistiques montrent également que les femmes ont 40%

de frais médicaux en plus que les hommes (différence liée au fait que les femmes vivent plus longtemps mais aussi qu’elles ont des enfants) - Pour les assurances auto: les hommes ont statistiquement plus d’accidents que les femmes. Du côté des associations de défense des consommateurs, les tarifs différenciés sur base du sexe n’ont pas lieu d’être. En effet, selon Test-Achats, il n’est pas logique de différencier les primes d’assurances sur base de facteurs qu’on ne maîtrise pas. On ne choisit pas d’être homme ou femme, d’être jeune ou âgé… Selon Test-Achats, les assureurs devraient mieux utiliser certaines données pour établir des primes correctes et ce, sans tenir compte du sexe. Ces données ont trait au style de vie c’est-à-dire à la profession, aux habitudes alimentaires, aux sports pratiqués, au type de voiture utilisée, au nombre de kilomètres parcourus (déjà utilisé par certaines compagnies dans le calcul de leur assurance auto).

Plus cher pour les femmes? Pour contrer le principe d’égalité, les assureurs ont avancé comme argument (de poids) le risque d’augmentation des primes tant pour les hommes que pour les femmes. Cet argument est vivement contesté par les associations de consommateurs… Test-Achats estime que l’instauration d’une tarification unisexe n’entraînerait pas forcément une augmentation des prix. Pour l’assurance solde restant dû, par exemple, une tarification unisexe entraînerait une diminution de la prime pour l’homme qui a des lors intérêt à assurer la totalité du solde restant dû; la femme dont la prime devrait augmenter n’a intérêt à assurer qu’une fraction de ce solde. Le résultat sera soit une diminution de la prime, soit une majoration des capitaux assurés (capitaux dont l’épouse sera bénéficiaire). En ce qui concerne l’assurance hospitalisation individuelle, les femmes paient jusqu’à 50% de plus que les hommes (jusqu’à 45 ans). Leur prime devrait diminuer sensiblement. Ce qui est plutôt positif…

Focus sur l’assurance auto Contrairement aux idées reçues selon lesquelles elles sont des mauvaises conductrices, les femmes paient moins pour leur assurance auto car elles ont statistiquement moins d’accidents que les hommes. Certaines compagnies d’assurances ont déclaré que sans la prise en compte du sexe, les femmes devraient payer plus. Or, si les assurances tiennent compte d’autres critères comme le nombre de kilomètres parcourus, la puissance de la voiture, le fait de rouler beaucoup la nuit…, bon nombre de femmes se retrouveraient dans la classe des bons conducteurs et paieraient donc de toute façon des primes moins élevées. De plus, les jeunes hommes qui ont une voiture ne sont pas tous nécessairement des alcooliques du samedi soir qui roulent à une vitesse excessive. En tenant compte d’autres critères que le sexe, les hommes qui partagent les mêmes caractéristiques de comportement que leurs homologues féminines payeraient le même tarif qu’elles. Et puis, il y a le système de bonus malus qui permet aux assureurs de faire varier la prime a posteriori en fonction du comportement individuel.

Des statistiques imparfaites Le droit à l’égalité et à la non-discrimination est un droit individuel. Pourtant, les statistiques se basent sur des moyennes. Elles ne collent pas immédiatement à la réalité et ne tiennent pas compte de l’évolution des modes de vies. Bref, pour Test-Achats, les statistiques sont un outil très imparfait pour calculer les primes d’assurance. Prenons l’exemple de l’espérance de vie: celle-ci est moins élevée pour les hommes en moyenne. Les statistiques ne tiennent pas compte de facteurs de prévention comme la pratique sportive, l’alimentation saine auxquels les individus sont attentifs ou non. Les statistiques pénalisent donc les hommes pris individuellement qui limitent leur consommation d’alcool, surveillent leur alimentation, pratiquent un sport régulier. Autre exemple: une des causes principales de mortalité des hommes est liée au tabac. Aujourd’hui, l’incidence du tabac est 6 fois moins élevée chez les femmes. Mais, si le phénomène est examiné de manière prospective, on constate que l’augmentation de la mortalité, due au tabac est en constante augmentation chez les femmes(2,9% par an contre 0,6% pour les hommes). En d’autres termes, la mortalité due au tabac chez les femmes va quadrupler en près de 10 ans et rattraper celle des hommes. Et ce raisonnement pourrait s’appliquer pour l’alcool, la surcharge pondérale…

Borzée-en-Ardennes Semaines familiales de vacances en pension complète. Nombreuses activités pour tous. Quatre clubs d’âge pour les enfants de 0 à 14 ans. Prix forfaitaire du lundi 11H au dimanche 14H Adultes : 232e tout compris. Enfants : 0-2 ans : 31e/3-6 ans : 114e/ 7-10 ans : 139e/11-13 : 180e Réduction CGSP : 10% - FGTB : 8% RENS : Centre de Borzée - 6980 - LA ROCHE. Tél. 084/41.17.87 - fax : 084/41.23.03 e-mail : reservation@borzee.be site : www.borzee.be


MENSUEL de la FGTB Spécial Elections sociales 2008 N°2 - JANVIER 2008 Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

En route vers...

Les Elections sociales 2008

S S E S T Rau travail?

Elections sociales Mai 2008 www.es2008.be

Editeur responsable : Rudy De Leeuw FGTB | Rue Haute 42 | 1000 Bruxelles | Design by www.ramdamdesign.be

5 > 18 MAI 2008

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En route vers les élections sociales 2008

> TROP, TROP VITE, TROP LONGTEMPS

Quand le vase déborde Une boule dans le ventre rien qu’à l’idée d’aller au boulot? L’impression que tu n’arriveras jamais à tenir la cadence? Qu’on charge trop la mule Qu’on ne te donne pas assez de temps pour tout ce que tu dois faire dans la journée? Que tu cours toujours mais que l’arrivée s’éloigne? Coups de blues, migraines, nausées? Insomnies, épuisement? Ras le bol de tout mais surtout du boulot? Des ordres et contrordres, du bordel dans l’organisation? Pas de doute c’est le stress. Et pas le bon. Parce qu’on dit souvent qu’un peu de speed, ça motive au boulot. Mais trop, trop longtemps, ça rend malade. Le stress, le vrai, selon la définition «officielle», c’est quand on t’en demande trop par rapport aux moyens dont tu disposes. Ce sont des objectifs de production impossibles, des délais intenables, des exigences dont la réalisation ne dépend pas que de toi mais dont le patron, le chef – ou le client - te rendent responsable. Un climat de travail détestable. Les insultes qui volent. Parfois la violence. Mais toujours un mal-être au travail où tu vas tous les jours avec des pieds de plomb. Le stress a ceci de compliqué qu’il est en partie subjectif. Certains résistent mieux que d’autres à la tension, ou trouvent la soupape de sécurité pour relâcher la pression: pousser un gueulante, claquer la porte, ou s’en foutre carrément et advienne que pourra...

Les chiffres du stress ✓ Le stress est la 2e cause de problèmes de santé liés au travail (Agence européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail) ✓ 22% des travailleurs de l’Europe des 27 en sont affectés (Agence européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail) ✓ 25% des travailleurs d’Europe déclarent travailler à un rythme très rapide tout le temps ou presque tout le temps (4e enquête sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin) ✓ 40% des travailleurs n’ont pas la possibilité de choisir ou de modifier l’ordre dans lequel ils effectuent leurs tâches, leur vitesse ou leur méthode de travail (4e enquête sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin) ✓ 12% des travailleurs disent n’avoir que rarement ou jamais le temps de finir leur travail (4e enquête sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin) ✓ 5% des travailleurs déclarent avoir été victimes de violences, de brimades ou de harcèlement sur le lieu de travail (4e enquête sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin) ✓ 300 millions d’euros: tel est le coût annuel en Belgique de l’absentéisme lié au stress. Pour l’Europe, l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail estime à 20 milliards d’euros le coût de l’absentéisme lié au stress dans l’Europe des 15.

Mais ce qui est bien objectif, c’est quand on en est malade et qu’on n’est pas le seul dans la boîte à en faire une maladie. Selon l’Agence européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail (OSHA), un travailleur sur quatre souffre du stress. 50 à 60% des jours de maladie lui sont associés.

> TRANSPORTS URBAINS

La course contre la montre Houchang Namayechi est délégué de l’UBOT et chauffeur de bus chevronné. Cela fait 29 ans qu’il est au volant. Actuellement, il roule pour la firme TCM Cars à Visé. Au cours de sa longue carrière, beaucoup de choses ont changé. Les horaires sont devenus de plus en plus stricts, la circulation beaucoup plus dense, le code de la route plus complexe, les techniques ont évolué…

«Auparavant, les bus étaient moins bien équipés. Il y a une dizaine d’années, l’employeur avait acheté des nouveaux bus, mais avec changement de vitesse manuel. C’était moins cher. Rouler sur l’autoroute avec un tel bus ne posait guère de problème, mais en ville, c’est un cauchemar. Tous les chauffeurs étaient stressés. J’avais fait un petit calcul: sur une journée de travail, un conducteur débrayait et embrayait en moyenne 800 fois. De plus, l’employeur avait installé une espèce d’espion pour prévenir le chauffeur s’il gardait trop longtemps le pied sur la pédale d’embrayage. C’était à en devenir fou… Grâce à notre action syndicale, ce facteur de stress appartient maintenant définitivement au passé».

Mais Dans le monde des autobus et des aujourd’hui, autocars, la productivité augmente le conductoujours plus. En même temps, le teur est monde devient de plus en plus senc o n f r o nt é sible à la problématique de la sécuà de nomrité routière, à juste titre d’ailleurs. breux autres Dans les agglomérations, la vitesse facteurs maximale a été ramenée de 60 à stressants. 50 kilomètres à l’heure; il y a de Il y a de plus plus en plus de zones 30, on installe en plus de des slaloms et des ralentisseurs de vé h i c u l e s vitesse... Et puis le conducteur prosur la route. fessionnel est amené à travailler Les accipour des donneurs d’ordre de plus dents, les en plus exigeants. files, la sa«Quelques minutes de plus par traturation du jet, un peu plus d’attention pour trafic urbain la qualité du travail, … voilà des font que les mesures qui pourraient déjà améchauffeurs liorer sensiblement la situation,» ont de plus considère-t-il. C’est dans ce sens en plus de qu’il conçoit son travail syndical. difficultés «Le salaire est important et nous à respecter nous battons pour l’améliorer, mais les schémas la qualité du travail elle aussi est et les horaiimportante, et là, l’UBOT est à nos res. Houchang se souvient qu’au côtés». début, tout était beaucoup plus relaxe: «Aujourd’hui, il est devenu Dans le sous-secteur du transport presque impossible de de personnes de la respecter l’horaire dont Commission parile calcul par notre don«Il est taire 140, le Fonds neur d’ordre, le TEC, est social a demandé devenu extrêmement serré. – notamment à l’iniimpossible Résultat: il est devenu tiative de l’UBOT – à pour ainsi dire impossible l’Université de Liège de rouler de rouler selon les règles. de réaliser une étude selon Certains chauffeurs comqui a pour objectif de mettent des infractions les règles» dresser un inventaire pour essayer de respecter des facteurs de stress l’horaire. D’autres, et ils dans le secteur pour sont nombreux, sacrifient une parmieux les combattre. Houchang tie de leurs pauses pour essayer de est décidé à participer à cette enrattraper un peu le retard. Résultat quête et espère que les résultats des courses : des chauffeurs hyper de cette étude donneront lieu à stressés au volant qui commettent des mesures concrètes. des erreurs ou tombent malades.»

«Des cadences infernales ou pas assez de travail…» Pascal Bonboire est délégué chez Vamix, à Eeklo. Cette entreprise est spécialisée dans la production de produits surgelés à base de pâte feuilletée et de brioches. Pascal s’inquiète sérieusement des cadences imposées et de leurs conséquences. «Il est fort difficile de freiner les cadences imposées, mais je fais tout ce qui est en mon pouvoir. Nous effectuons du travail très répétitif, monotone et manuel. C’est vraiment très pesant pour le personnel. Récemment, après que nous ayons longtemps insisté, la direction a fini par insérer une politique du stress dans le plan d’action annuel du CPPT. C’est prévu par la loi mais, chez Vamix, cela n’existait pas encore. Il faudra patienter pour en connaître l’impact. Nous devons surtout intolérables. Il est inconcevable que, par périodes, nous produisions beaucoup trop avec trois équipes pour, ensuite, freiner la production de manière substantielle et supprimer temporairement le trois-huit. Pour les ouvriers cela signifie d’abord de devoir traverser une période de stress et de rythme de travail dur à soutenir, pour ensuite connaître une période de manque à gagner salarial. Résoudre ce problème sera toutefois une autre paire de manches.»


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Flux tendus, travailleurs aussi

Une anné e de camp agne

pour un t ravail déc ent

nettoyer 700 m2 en u n pas très nette cet e heure, te blagu e

stockent plus rien. Tout doit aller très vite et à la pression patron-travailleur s’ajoute la pression du client qui attend ses pièces pour fabriquer ce que d’autres clients attendent… Pour les travailleurs, cela veut dire des objectifs et des cadences élevés: un quart des travailleurs européens s’en plaignent. Ils s’en plaignent d’autant plus qu’au stress s’ajoutent souvent des douleurs articulaires (mal aux bras, aux épaules, aux poignets, au dos), selon les mouvements répétitifs à exécuter.

l y a des tas d’études qui disent toutes que le stress est dû au déséquilibre entre quatre facteurs: la charge de travail, le degré d’autonomie, le degré de reconnaissance et le degré de soutien social.

I

des cadences élevées et dans des délais très stricts.»

Mais les publications officielles oublient souvent de remettre en question l’évolution du système industriel et la dégradation des relations de travail entre employeur et employé. Et pourtant, il y a tant de choses à dire….

C’est que l’économie a beaucoup changé ces dernières décennies, explique J.F. Chanlat, chercheur de l’Université de Paris Dauphine. La mondialisation, la concurrence accrue, la financiarisation de l’économie, c’est-à-dire la recherche perpétuelle des profits les plus élevés, ont modifié l’organisation des entreprises et leur gestion. Restructurations, fusions, délocalisation, sous-traitance…

La 4e enquête de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de travail (Fondation de Dublin) le reconnaît: «le travail continue de s’intensifier. De plus en plus de personnes travaillent à

Les nouveaux outils de gestion basés sur les nouveaux moyens de communication (Internet, emails) vont réduire les délais de réaction des entreprises. Avec ce souci supplémentaire qu’elles ne

Et comme les entreprises essaient de comprimer les coûts salariaux, elles tournent avec le minimum de personnel. On ne remplace pas ou on traîne à le faire, ce qui augmente la charge de travail. Les entreprises font appel à la sous-traitance, c’est-à-dire à des travailleurs qui généralement ont un moins bon salaire, ou encore à des travailleurs sous des statuts plus ou moins précaires: CDD, intérimaires… Et la crainte de l’avenir pour ces travailleurs est, bien entendu, un facteur d’inquiétude. L’espoir de décrocher un job à durée indéterminée les force à accepter toutes les contraintes. Et pour mieux rentabiliser l’outil, le temps de travail devient de plus en plus flexible: heures supplémentaires, travail en équipes, travail de nuit augmentent la pénibilité du travail.

«J’ai vu des travailleurs pleurer» Jean-Pierre Misson est délégué principal à Saint-Gobain, le célèbre verrier, sur le site de Sambreville. Dans les années 80, l’entreprise a connu une très grande restructuration et est passée de 2500 à 500 travailleurs. Introductions de nouvelles techniques de production, nouvelle direction, nouvelle structure. Bref, autant de sources de stress que Jean-Pierre passe en revue pour nous. Une des premières conséquences de la restructuration a été une longue période sans pratiquement aucun engagement. Aujourd’hui, les anciens arrivent en fin de carrière et ce sont des débu-

tants qui prennent le relais, sans période de transition et sans réel encadrement.

Jean-Pierre Misson: Le stress du débutant, tout le monde connaît. Mais avant, nous avions un système de doublures, du compagnonnage, on pouvait former les jeunes. Aujourd’hui, ils sont livrés à eux-mêmes, sans les conseils ou le soutien d’un ancien. A mon avis,

il faudrait envisager un retour à l’accompagnement des jeunes.

Le travail en lui-même est-il stressant? Jean-Pierre Misson Pas de la même manière p o u r

cause. J’ai déjà vu des travailleurs pleurer alors qu’il n’y a pas de sanctions au sens propre du terme. Vous êtes passé d’une entreprise familiale à une entreprise appartenant à un grand groupe tel que Saint-Gobain, ça engendre quel genre de stress?

Jean-Pierre Misson: Avant, un contremaître était un gars qui avait commencé dans l’entreprise très jeune et qui était passé par tous les postes. Bref, quelqu’un qui connaissait très bien le travail et les gens. Aujourd’hui, ce sont des ingénieurs qui viennent de l’étranger et qui doivent atteindre des objectifs. Ils sont clairement mis sous pression et ça se ressent au niveau de l’ambiance de travail. tout le monde. Les travailleurs du Mais en même temps, nous somverre chaud sont parmes bien conscients ticulièrement exposés. que, sans ce change«Il faut Lorsqu’une feuille de ment, l’entreprise ne verre est lâchée, on ne serait probablement revenir peu plus l’arrêter et la là. Grâce aux inà l’accompag- plus moindre erreur peu vestissements récemnement coûter des millions. ment réalisés, nous Lorsque la feuille casdes jeunes» pouvons avoir une se, c’est un gros stress certaine confiance et pour celui qui est là, c’est bien. même s’il n’est pas en

Une camp 7428_Pamf

Les travailleuses et les travailleurs des entreprises de nettoyage mènent avec la FGTB une campagne d’ un an pour un travail décent. Un sujet qui a beaucoup à voir avec le stress. Les entreprises de nettoyage répondent aux exigences de leurs entreprises clientes de toujours travailler pour moins cher. Ce qui a pour conséquence que les travailleurs du nettoyage doivent en faire plus en étant moins nombreux. La charge de travail est devenue inhumaine. Ca doit changer. let_CG_FR.

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14-11-2007

15:18:54

Stress du sommet à la base: on ajoute une couche à chaque niveau… Constant Koumbounis est le président de la délégation Fabricom-GTI Industrie-Sud. Il a évidemment une longue expérience des chantiers: un facteur de stress supplémentaire. «Nous devons faire face à deux pressions contradictoires: celle de l’employeur et celle du client. Par exemple, l’employeur exige de nous des précautions de sécurité extrêmement contraignantes. Le client, lui, veut qu’on respecte impérativement ses délais. Or ceux-ci sont tellement serrés que ce n’est pas possible de faire le travail tout en tenant compte de toutes les consignes. J’ai l’habitude de dire au patron qu’on adapte les mesures de sécurité au travail, mais qu’on n’adapte jamais le travail par rapport aux mesures de sécurité».

« C’est

«Le stress, c’est un peu un phénomène en un peu cascade, poursuit Constant. Il démarre au plus haut échelon: le phénomène patron stresse déjà pour en la commande et son exécution. Il stresse dès lors ses cadres, qui stressent eux-mêmes les cascade» chefs de projet. Ceuxci reportent tout cela aux chefs de chantiers qui, bien obligés, font tout retomber sur les travailleurs. Et à chaque niveau, on en ajoute une couche, ce qui amplifie le stress. Au bout du compte, les gens qui ont en général une grande conscience professionnelle pour l’avancement de «leur» chantier, rentrent eux-mêmes dans la logique de leur propre exploitation. Par exemple, ils ne comptent plus leurs heures supplémentaires». Tout cela débouche, explique Constant, sur une prise de risque inconsidérée. Les gens voient d’abord l’accomplissement de leur boulot et ne s’occupent qu’ensuite des conditions dans lesquelles cela se passe, par exemple les problèmes de sécurité. «Quelle est la frontière entre le besoin de profit de l’entreprise et la nécessité de respecter le travailleur au travers de ses conditions de travail?», s’interroge souvent Constant.


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A en tomber malade Il ne faut pas dire: «c’est juste un peu de stress, ça va passer». Si les situations de stress se prolongent, elles peuvent avoir des conséquences graves pour la santé, d’ordre psychologique mais aussi physique. Le stress rend malade et on peut même en mourir.

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uand on est soumis pendant trop longtemps au stress, le corps réagit. Cela peut déboucher sur une modification du caractère: • Irritabilité,

• Anxiété, • Insomnie, • Difficulté de concentration, • Problèmes de mémoire, • Dépression, • Epuisement moral aussi appelé sous le nom anglais de «burn out». Ces modifications de l’état psychique se répercutent évidemment sur les relations sociales et familiales. Le stress ou ses conséquences psychologiques peuvent aussi déboucher sur des désordres physiques: • Mal de dos (troubles musculo-squelettiques), • Faiblesse immunitaire, • Ulcères à l’estomac, • Hypertension, • Problèmes cardiaques. Le stress peut aussi mener sur la pente des addictions et de l’autodestruction: Abus de médicaments (somnifères, calmants, etc.) • Prise de drogues, • Alcoolisme, • Tabagisme. Et même parfois dans certains cas extrêmes, conduire au suicide. Enfin le stress, par ses effets sur le moral et sur le physique peut être à l’origine d’accidents du travail ou sur le chemin du travail pouvant déboucher sur une incapacité de travail permanente. Bref, il ne faut pas prendre le stress à la légère. C’est ta santé psychique et physique qui est en jeu.

L’entreprise aussi,malade du stress Une entreprise où il y a du stress, est aussi une entreprise malade. Les études démontrent que c’est l’organisation du travail qui est, la plupart du temps, la cause du stress. Mais la conséquence du stress est que ça ne va que plus mal. Il y a une série d’indicateurs qui révèlent la surcharge de travail dans les entreprises et l’existence de risques de stress: • Un taux d’absentéisme important, • Des accidents du travail, • Des départs fréquents, • Un nombre anormal de postes de travail non pourvus, • Un relâchement de la discipline, • Une mauvaise communication interne, • Des mouvements de mauvaise humeur accompagnés d’arrêts de travail, • Une baisse de la productivité et de la qualité, des erreurs plus nombreuses, • Des difficultés à respecter les délais. Le stress, ce n’est pas seulement le problème des travailleurs. C’est un problème pour tout le monde. Tous en paient les pots cassés mais le pot de terre plus que le pot de fer.

«Brûlés» Brûlé de l’intérieur, complètement bouffé par le boulot, épuisé mentalement, vidé, plus bon à rien sauf à jeter, c’est ce que l’on appelle en anglais le «burn out» qui frappe le plus souvent les cadres. Cela peut être le résultat d’une exposition trop intensive et trop longue au stress. Il frappe ceux qui justement ne ressentent pas le stress et s’investissent trop dans le boulot ou parce qu’ils sont investis de lourdes responsabilités et se donnent à fond jusqu’au moment où l’élastique, trop tendu, claque.

Fait divers Le 19 mai 1999, Francis V., ouvrier chez VW Forest, se suicide au beau milieu de l’atelier, devant ses collègues. Victime d’un accident du travail trois ans plus tôt, il souffre du dos mais n’arrive pas à faire reconnaître le lien de cause à effet entre son accident et ses maux de dos. Il doit rester au travail et n’arrive pas à suivre les cadences qui lui sont imposées. Malgré de nombreux traitements, le mal persiste. Francis V. change deux fois de poste. Rien n’y fait. Ses collègues commencent à se moquer de lui, le traitant notamment de touriste. Au stress, s’ajoute le harcèlement quotidien dans l’indifférence générale. Au bout du rouleau, Francis décide de mettre fin à ses jours là où était la cause de son mal être: à l’usine.

> SECTEUR DE SOINS

«Un sur deux au bord de la crise de nerf» Hilde Kindt, déléguée syndicale du SETCa, travaille au centre De Branding à Courtrai, qui accueille des adultes souffrant de facultés mentales réduites. De Branding occupe quelque 200 personnes. Depuis longtemps, Hilde étudie de plus près la problématique du stress et des charges de travail. «Dans la plupart des établissements du secteur des soins, dit Hilde, le personnel ne sait que trop bien ce que signifient «charge de travail» et «stress au travail». Une occupation de personnel limitée, une demande importante et sans cesse croissante d’aide et de soins et des attentes élevées, tant de la part de l’établissement que des utilisateurs (et parfois aussi des collaborateurs), autant d’exigences considérables posées au personnel. La montagne de tâches administratives en particulier ne cesse de croître, pensons simplement aux rapports individuels à tenir. Tout cela met les collaborateurs sous forte pression. Tout le monde ne supporte pas cette pression. On est irrité, pressé, on commet des erreurs et il en résulte toutes sortes d e tensions. Pour ne pas parler des collabora-

teurs qui en deviennent tout simplement malades ou qui commencent à souffrir d’épuisement. Une étude a démontré que pas moins de 46% des travailleurs dans le secteur du bien-être considèrent que leur travail est mentalement lourd. Pour les autres professions, la moyenne est de 26%».

d’entreprise qu’en CPPT, à examiner quelles conclusions et quelles mesures nous pouvons en tirer.»

«Quoi qu’il en soit, le premier pas a été fait. Il importe à présent de mesurer la charge de travail et le stress au travail, de sorte à identifier les difficultés suffisamment tôt. Comme délégation SETCa, nous Bien entendu, le centre de jour agissons afin que l’on observe des n’échappe pas non plus à cette indicateurs très concrets comme tendance de plus en le nombre d’absences de plus marquée. Comme courte durée, l’évolution les délégués syndicaux Mal être du personnel (entrées ont senti qu’il y avait et départs), des plaintes pour 46% des un problème, ils ont tiré individuelles concrètes, travailleurs la sonnette d’alarme. tant des collaborateurs que des utilisateurs, le du secteur «Dans un premier surplus d’heures supbien-être temps, explique Hilde, plémentaires, le manla direction a nié qu’il que de temps réservé à la pouvait régner un proformation, etc. Certains blème de stress, mais comme nous indicateurs peuvent parfaitement avons continué d’insister, elle s’est être enregistrés par l’établissement, risquée au débat. Au cours de la d’autres doivent être vérifiés par les concertation, toutes sortes de quesdélégués auprès de leur base». tions ont été soulevées: le stress au travail est-il bien mesurable, l’abLe non-marchand réserve peu, sence pour maladie a-t-elle quelque voire pas d’espace du tout au machose à voir avec le stress, existenagement professionnel du stress, t-il un bon stress…? Impossible de constate Hilde: «Hélas! Quand un trouver directement une réponse établissement note l’importance valable à toutes ces questions. de cette problématique, il n’y a pas C’est la raison pour laquelle de manager des RH et c’est ainsi nous avons opté alors pour qu’assez régulièrement, c’est un eml’organisation d’une «enployé du service du personnel qui se quête sur le stress» par un voit imposer cette responsabilité bureau neutre lié à l’unisupplémentaire. Bon, mieux vaut versité de Louvain. Les ça que rien du tout dira-t-on, mais résultats ont été préce n’est qu’une pauvre consolation. sentés et nous somN’y aurait-il pas là aussi une priorité mes actuellement ocpour les pouvoirs subsidiants?» cupés, tant en Conseil

«Suivre le rythme accéléré des machines» Michel Eeckhout est délégué chez Coverfil, une entreprise textile située à Mouscron. Il travaille plus particulièrement dans la filature où les problèmes de surcharge dépendent surtout de la qualité qui se trouve sur les machines. Logiquement, plus il y a de broches sur les machines, plus le risque de casse est grand. Les machines tombent plus souvent en panne et les pièces de rechange manquent. Au fil des années, la vitesse sur les machines a graduellement augmenté pour favoriser la productivité qui est très régulièrement contrôlée. Souvent le rythme de travail est difficile à suivre. Le seuil de rentabilité journalière de chaque travailleur est également connu. En outre, l’employeur en personne visite régulièrement l’usine, accentuant ainsi la pression sur les travailleurs. Par conséquent, l’entreprise compte beaucoup de malades de longue durée. Il s’agit surtout de maux de dos et des articulations. A un certain moment, les bobines devenaient trop lourdes et les travailleurs s’en plaignaient. Après plusieurs interventions des délégués, le CPPT a effectué un contrôle et a constaté que leur poids était effectivement trop élevé. La direction a dû baisser le poids de ces bobines. Dans l’entreprise, il existe un bon dialogue avec l’em-

ployeur, mais cela reste toujours difficile de se faire entendre. En effet, quand les délégués dénoncent un certain problème, l’employeur est vite prêt à y remédier. Mais les délégués doivent être vigilants et doivent contrôler si la situation ne sombre pas de nouveau. Faire respecter les vail, voilà la prioMichel après tions sociales.

charges de trarité pour les élec-


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Electriciens sous haute tension Eddy est délégué dans une grande entreprise du secteur électricien comptant plus de 1.000 travailleurs. Surcharge de boulot, manque de concertation, mauvaises conditions de travail, planning inadapté, environnement défavorable, mauvaise organisation, manque de contrôle sur le volume et le rythme de travail …: le stress est une réalité bien présente dans ce secteur. Il faut dire que n’y est pas ciens sont dans des ou «momobituent sur difsitués 30 km

l’organisation du travail simple. Les techniamenés à travailler équipes «fixes» biles». Les équipes les de 5 à 10 travailleurs effecdes dépannages férents chantiers dans un rayon de maximum. Ce type d’intervention nécessite une bonne

connaissance des chantiers, ainsi qu’une importante flexibilité organisationnelle. Les entreprises offrent un service de garde 24 h sur 24 h. Concrètement cela signifie que les clients appellent le dispatching à n’importe quelle heure et qu’un technicien doit pouvoir être envoyé rapidement à leurs côtés. L’environnement économique très concurrentiel pousse les firmes à vendre toujours plus, sans avoir

les effectifs suffisants pour réaliser les tâches qu’ils s’engagent à honorer. Selon Eddy, c’est là, dès le départ du processus commercial, que naissent les causes du stress. Au moment de la conclusion du contrat avec le client, les sociétés ne tiennent pas suffisamment compte des difficultés opérationnelles spécifiques à chaque chantier. Il ne faut alors pas s’étonner d’être confrontés à des plannings de travail inadaptés! Et puis, on ne recrute pas assez. Les entreprises prétendent qu’il est difficile de trouver des techniciens. Résultat des courses : les équipes travaillent en souseffectifs. Cela a bien évidemment des conséquences sur le terrain. Les dépannages doivent être effectués dans des délais de plus en plus courts et ce, au détriment de la qualité! Ces situations engendrent des tensions entre collègues. Un technicien peut en effet «hériter» d’un chantier mal entretenu par manque de temps. Il faut «essuyer les plâtres», faire le boulot d’un autre, y mettre deux fois plus de temps que prévu: la pression monte ainsi que le nombre d’heures supplémentaires… Le stress est devenu un des principaux motifs d’absence pour cause de maladie. Sans une présence syndicale forte, les entreprises mettront toujours les impératifs économiques en avant, et ce au détriment de la qualité de travail et de la santé des travailleurs!

> COLRUYT

Locaux inadaptéas: on se marche sur les pieds Marc Souffriau est délégué chez Colruyt où il travaille depuis 30 ans. . Il y est affecté au centre de distribution de la chaîne de supermarchés et participe pour la septième fois aux élections sociales. Difficulté à concilier boulot et vie privée, temps partiels ou locaux inadaptés: le stress a de multiples visages mais heureusement il y a aussi des remèdes. «Depuis 1986, l’entreprise n’a cessé de croître», raconte Marc. «Evidemment, nous ne

pouvons que nous réjouir de ce succès. Mais au fil des ans, la quantité de travail a augmenté et, du coup, les grilles horaires ont régulièrement dû être modifiées. A chaque fois, les gens ont besoin de s’y adapter, ce qui ne va pas toujours de soi. Tout le monde a ses petites habitudes mais une nouvelle grille horaire bouleverse surtout l’organisation qu’on avait péniblement mise au point dans le cadre familial. Et ce sont les femmes qui sont les premières affectées par ces changements. Elles doivent retrouver le juste équilibre entre boulot et famille.» Actuellement, nous tâchons de dresser les grilles horaires de telle

sorte que tout le monde puisse, à tour de rôle, soit conduire les gosses à l’école, soit les y récupérer. Ce sont des instants magiques. Nous apprécions énormément que ces situations soient maintenant prises en compte.»

au régime d’un travail du samedi toutes les trois semaines. Il est vrai qu’en contrepartie ces travailleurs peuvent récupérer cette journée en semaine, mais les gens tiennent plus au samedi libre qu’à la journée libre en semaine. Ce plan rencontre donc pas mal d’opposition. Nous Une autre réalisation majeure fut devons toutefois rester réalistes. la conclusion d’une Convention Nous parviendrons certainement Collective sur le travail à temps parà différer l’entrée en vigueur de tiel: «Après des années de discusce système d’un an. Entre-temps sions, nous avons réussi, dans les le lieu de travail devient une fourmilière infernale dans laquelle ne années 90, à conclure une CCT fixant des limites aux décisions travaillent plus que des ouvriers arbitraires. Avant, il arrivait stressés. En effet, le lieu d’entrepoque l’on travaille pendant sage est devenu trop restreint et toute une période à temps la quantité de travail augmente. plein et, ensuite, on devait Il ne faut pas chercher plus loin. rester chez soi Des projets d’agrandispendant une sement existent, mais semaine entièle permis de construire «Une re. Grâce à cette CCT il n’a toujours pas été défourmilière livré et nous devrons existe dorénavant des accords concrets: ceux travailler toujours plus infernale» qui travaillent 32 heusur les mêmes espaces res resteront d’office durant quelques andeux jours par mois nées. D’aucuns en restent bouche bée, mais chez eux. Ceux qui ont il est quand même rassurant de une grille horaire de 28 heures resremarquer qu’une grande entretent chez eux un jour par semaine. prise doit, comme le commun des Ce système est judicieusement respecté. En cas de problèmes, il suffit mortels, se conformer aux règles et de rappeler le contenu de la CCT.» attendre les décisions des autorités. C’est pourquoi nous devons considéAujourd’hui encore, de nouvelles rer le travail du samedi comme un questions se posent quant à la étalement de la quantité de travail flexibilité des ouvriers. sur plusieurs jours, jusqu’à ce que le «Actuellement, nous travaillons le lieu soit agrandi. A nous de faire la part des choses.» samedi une fois toutes les six semaines. La direction souhaite passer

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> HARCELEMENT MORAL ET SEXUEL AU TRAVAIL

Du stress partout et tout le temps gnorés, victimes de moqueries, insultés, surchargés de travail ou, au contraire, mis au placard. Victimes d’allusions à caractère sexuel, d’avances, voire même d’attouchements ou de violence physique… Tel est le quotidien des travailleuses et travailleurs harcelés sur leur lieu de travail par leur patron, leur chef d’équipe ou de service voire même par leurs collègues.

I

Ces travailleurs, ces victimes doivent affronter leur journée de travail avec le stress au ventre: «Mon mail sera-t-il inondé d’insultes?» «Va-t-il encore essayer de m’embrasser?» «Va-t-elle encore hurler sur moi devant toute l’équipe?». Bref, chaque jour, chaque instant dans l’entreprise peut être source de stress. Le travailleur harcelé est angoissé à l’idée de vivre encore une situation humiliante. Et puis, il y a la peur de ne pas être pris au sérieux et celle de perdre son emploi…

Des solutions existent Les dispositions légales relatives à la protection contre la violence et le harcèlement moral ou sexuel contenues dans la loi du 4 août 1996 -relative au bien être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail- ont été modifiées par les lois du 10 janvier et du 6 février 2007. Désormais, la protection contre la violence et le harcèlement fait partie de la prévention de la charge psychosociale occasionnée par le travail. Il ne s’agit donc plus de deux domaines distincts du bien être au travail. L’arrêté royal d’exécution de ces lois (du 17 mai 2007) s’étend donc à la prévention de la charge psychosociale occasionnée par le travail et il contient une section spécifique relative à la violence et au harcèlement moral ou sexuel au travail. En tant que risque à éviter et donc, avant que des cas concrets de harcèlements ne se présentent dans l’entreprise, l’employeur doit mettre en place des instruments de prévention du risque et de résolution des problèmes en interne. Les Comités pour la prévention et la protection au travail (CPPT), les Conseils d’entreprise (à travers le règlement de travail), les conseillers en prévention et les personnes de confiance sont impliqués. Le « risque » harcèlement moral ou sexuel et la violence au travail doivent figurer dans le Plan global de prévention ainsi que dans le plan annuel d’action (qui suppose une analyse des risques et leur évaluation permanente). Ces plans doivent être soumis au CPPT. Le règlement de travail doit quant à lui être adapté (procédures, sanctions possibles, ... Le CPPT doit en outre donner son accord quant à la désignation du conseiller en prévention (en interne ou dans un service externe) ou d’une personne de confiance est désignée pour seconder le conseiller en prévention. En tant que membre du CPPT ou du CE, le délégué syndical a donc un rôle à jouer dans la prévention de toute forme de violence et de harcèlement. Et puis, la délégation syndicale est là aussi pour écouter et soutenir le travailleur qui dénonce le harcèlement dont il est victime.

Métiers à risques et stress post traumatique Selon l’Agence européenne pour la santé et sécurité au travail, 4% des travailleurs disent avoir été victimes d’agressions physiques venant du public. Car la violence peut aussi venir de l’extérieur. Les professions en contact avec le public ou qui manipulent de l’argent courent un risque particulier d’agression verbale ou physique. Les conséquences de ces actes de violence sont souvent très graves: outre d’éventuelles blessures, le stress post-traumatique peut déboucher sur une incapacité permanente de travail.


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En route vers les élections sociales 2008

> LES OUTILS DE DÉTECTION ET LES SOLUTIONS

A problème collectif, solutions collectives Votre employeur a l’obligation légale de protéger la santé des travailleurs, en ce compris la lutte contre le stress. Mais il a parfois besoin d’un petit coup de pouce. Vos délégués FGTB sont là pour ça… e stress n’est pas un problème individuel. C’est essentiellement un problème d’organisation du travail et de gestions des ressources humaines. Si l’organisation est déficiente, les lignes hiérarchiques pas claires, le personnel en nombre insuffisant ou mal employé, les objectifs irréalistes par rapport aux effectifs: il y aura du stress. Le tout est d’en trouver la cause.

Il est clair qu’il faut les pousser un peu dans le dos. C’est là qu’intervient le Comité pour la prévention et la protection du travail (CPPT) qui peut faire pression pour que soit organisée ce genre d’enquête. La loi, l’accord interprofessionnel ou les CCT sectorielles, qui souvent comportent des clauses de prévention ou de lutte contre le stress, sont là aussi pour apporter de l’eau au moulin.

Pour cela, il y a des outils scientifiques qui ont été mis au point. Ce sont des questionnaires particuliers adressés au personnel. Ainsi, par exemple, le département de psychologie du travail de l’Université de Liège a mis au point un questionnaire - le WOCCQ (working conditions and contrôle questionnaire) - et offre ses services aux entreprises qui en font la demande. Il en existe d’autres comme SOBANE.

L’intérêt de la démarche est que l’enquête ne se contente pas de révéler l’existence d’un stress, d’en mesurer l’ampleur et d’en identifier la source, elle propose ensuite une série d’interventions sur l’organisation ou les conditions de travail destinées à résoudre le problème.

L

Les directions ne sont pas toujours prêtes à accepter les conclusions. Mais les travailleurs disposent alors d’un outil objectif et pourront proposer des solutions.

Ouvrir le dialogue est déjà une solution Tout le monde connaît le stress causé par la circulation. Bouchons, embouteillages et autres files sont devenus un phénomène journalier. Cette situation est un facteur de stress pour les chauffeurs professionnels, et parmi eux, les éboueurs. Paul Fobé, membre du conseil d’entreprise et du comité d’entreprise européen du Groupe Suez (SITA), un des trois grands du traitement de déchets en Belgique et même en Europe nous l’explique.

Une enquête «stress» à l’arraché Wim et Stefaan sont deux délégués de l’entreprise textile UCO Brugge. Les problèmes relatifs au stress y ont commencé en 2000. A ce moment, l’entreprise a investi dans des machines ultramodernes, qui, sur le plan ergonomique, causaient une sérieuse surcharge. En outre, l’entreprise voulait récupérer les investissements en augmentant leur rendement, mais sans personnel supplémentaire. La tension dans l’usine augmentait, ainsi que les problèmes physiques. Résultats prévisibles: un mécontentement généralisé et un taux d’absentéisme élevé. S’y est ajoutée la pression sur les travailleurs de quelques chefs directs pour maintenir la cadence au su

élevée et que ces travailleurs font leur boulot par n’importe quel temps, l’absentéisme est assez important. Lorsqu’un ramasseur tombe malade, celui qui reste doit travailler pour deux. On serait stressé pour moins que ça!

Ramasser, soulever, courir tout le temps… N’y a-t-il pas beaucoup d’accidents du travail? Paul: Des gens fatigués sont automatiquement moins concentrés, deviennent plus nonchalants, et un accident est bien vite arrivé. D’autre part, nous sommes toute la journée dans la rue, avec les autres usagers de la route. Les travailleurs s’irritent plus vite, ce qui ne profite guère à l’ambiance au travail ni à la satisfaction au travail.

Est-ce que la direction est ouverte à vos plaintes et à vos suggestions? Paul: Aujourd’hui, l’entreprise doit faire de plus en plus de bénéfices, les actionnaires priment. Chaque année, on met la barre des objectifs à atteindre un peu plus haut.

Les éboueurs ne sont pas sur les autoroutes; le stress des embouteillages les touche-t-il également?

Dans la rue, nos travailleurs sont souvent victimes d’agressivité. Tout le monde veut des rues propres mais avouez, qui ne s’est jamais énervé quand il se trouvait derrière un camion poubelle?

Paul: Bien sûr, pour nos chauffeurs, la densité du trafic est une nuisance de plus en plus grande. Nos chauffeurs et les éboueurs ont une Une grande entreprise tournée qu’ils doicomme SITA vent terminer. Au dispose quand fil des ans, le temps même du personnel «Jusqu’à pour faire ces tournécessaire pour 15 tonnes nées est devenu de faire le travail dans plus en plus serré. les délais? par jour» Chaque bouchon, chaque déviation Paul: Outre le chauffeur, met ces travailleurs chaque camion compte sous pression. Les ordures récolun ou deux ramasseurs qui ramastées dans le cadre du ramassage sent parfois jusqu’à 15 tonnes par de porte à porte doivent être dans jour. Comme il s’agit d’un travail les décharges ou dans les incinéraphysiquement très lourd, que la teurs à 16 heures au plus tard. charge de travail est extrêmement

Le management est moins ouvert aux suggestions des travailleurs qu’auparavant. Beaucoup de stress, beaucoup de frustrations pourraient être évitées si on était plus à l’écoute des travailleurs, si ceux-ci savaient qu’on cherche des solutions à leurs problèmes. Dans le temps, à SITA, nous avions quatre à cinq réunions de travail par an. Aujourd’hui, le nombre de ces réunions a fortement diminué. Pourtant, ces réunions avaient prouvé leur utilité. Les gens avaient l’occasion d’échanger des expériences ou de dire tout simplement ce qu’ils pensaient. Cela permettait souvent de trouver des solutions simples pour des problèmes qui traînaient depuis longtemps déjà. Des solutions qui ne coûtaient généralement pas cher.

et au vu de la direction. En novembre 2006, la FGTB a tiré la sonnette d’alarme. Une procédure de concertation a été mise en place au conseil d’entreprise et à la «Augmenter cale. Le résultat fut délégation syndimaigre. En avril les cadences 2007, le personnel en a eu plus que et a arrêté le pour payer les marre travail, soutenu par les délégués syndicaux. Il a donc fallu renégocier. machines» La concertation avec la direction a entre autres résulté en une étude des temps, effectuée par une entreprise externe au sein de l’usine. Dans quelques temps, une réunion aura lieu pour discuter des résultats de cette étude. Les syndicats ont déjà pu y jeter un coup d’œil et ils ont des doutes au sujet de quelques paramètres, notamment les moments de pointe, trop peu compensés. Un groupe de travail s’est aussi régulièrement réuni pour remédier aux problèmes avec la ligne hiérarchique. Mais rien ne changera si la mentalité de la direction ne suit pas. L’affaire n’est certainement pas close pour Wim et Stefaan après les élections sociales de mai 2008. En vue de ces élections, ils essaient de renforcer leur groupe de militants pour mieux encore garantir à l’avenir le suivi du dossier. Ils continuent à lutter pour des conditions de travail humaines et sans stress pour tous les travailleurs!


En route vers les élections sociales 2008

Petit sondage en 10 questions Avant de lancer la grosse artillerie sous la forme d’un questionnaire scientifique, on peut très facilement organiser son petit sondage pour vérifier qu’il y a du stress dans l’entreprise. Voici 10 questions simples pour objectiver le problème. Exigences 1. Avez-vous assez de temps pour faire votre travail? 2. Votre travail est-il pénible du point de vue émotionnel ou lourd physiquement?

Pouvoir de décision 3. Avez-vous la possibilité de décider seul comment organiser votre travail? 4. Pouvez-vous décider vous même de votre rythme de travail ou est-ce la machine ou la chaîne qui vous l’impose?

Conditions de travail 5. Votre travail est-il physiquement pénible? 6. Avez-vous la sécurité de l’emploi? 7. Avez-vous la possibilité de vous former et de progresser dans votre carrière? 8. Avez-vous des problèmes de surcharge de travail (trop de travail, changements de dernière minute, compensations insuffisantes)?

Soutien de la hiérarchie et des collègues 9. La direction quotidienne dont vous dépendez est-elle bonne? 10. Pouvez-vous, si nécessaire, faire appel à l’aide de vos collègues? Et pour compléter les réponses, une question générale: Dans l’ensemble, êtes-vous content de votre travail?

Quelles solutions? Identifier le problème est la première étape. Ensuite, il faut agir sur les causes. Les actions contre le stress peuvent comprendre: • Une plus grande autonomie dans la planification du travail; • Etre associé aux décisions dans sa sphère de travail; • Améliorer la communication avec la hiérarchie et avec les collègues, • Clarifier les responsabilités et le contenu des tâches de chacun; • Demander les formations adéquates pour remplir correctement ses tâches… • Signaler à son délégué et à sa hiérarchie que l’on ne peut pas remplir une tâche dans les conditions imposées… • Etc.

Au boulot et alentour Le stress peut venir du boulot, il peut aussi provenir de ce qu’il y a autour: Difficultés pour arriver au travail et par conséquent difficulté de respecter les horaires; arrivées tardives et crainte des sanctions; Trajets et temps de déplacements longs; Difficultés de concilier travail et vie privée: horaires de la crèche ou de l’école inconciliables avec les horaires de travail; problèmes d’enfant malade…

Comprendre le stress, c’est déjà le soigner Toujours mieux. Et toujours plus vite. C’est le quotidien des travailleurs de Preiss Daimler Refractories , une industrie de Saint-Ghislain (région de Mons). Une réalité partagée par bon nombre de salariés, toutes fonctions et secteurs confondus. Dans ce cadre tendu, le CPPT est l’organe privilégié pour sortir de la spirale. Toujours sur le terrain, les représentants syndicaux sont très attentifs aux problèmes engendrés par le stress: la santé et le bien être des travailleurs est une de leurs préoccupations principales. La délégation en place chez Preiss Daimler a décidé de lancer Tout a commencé à la fin des anune grande enquête sur le stress nées ’90. La santé financière de auprès des employés et des cadres. l’entreprise a commencé à dé«Afin d’avoir un reflet impartial de cliner. S’en est suivi une série de la situation, nous avons fait appel restructurations et de plans de à un organisme extérieur pour réadéparts. Entre 1996 et 2007, c’est liser l’enquête. Nous avons opté au total près des 2/3 du personpour la formation de groupes de nel qui ont quitté, de gré ou de discussion qui ont rencontré force, l’entreprise. Les savoir-faire une psychologue pour pardisparaissaient et la direction ne ler librement des proremplaçait pas tous les postes vablèmes quotidiens. A cants. La suite est évidente, entre l’issue de ces réunions, surcharge de travail, démotivation, nous avons présenté absentéisme et démissions: les traau CPPT le rapport vailleurs souffraient, et souffrent d’enquête confirmant encore, du stress! «Récemment, l’un l’état de stress du personnel et de nos collègues, responsable du surtout les causes provoquant ce laboratoire de recherches, a décidé stress. La direction en a pris bonne de partir. Sa charge de travail a été note et s’est engagée de remédier redistribuée sans responsabilités à cette problématique. claires sur ses autres Nous avons aussi mis collègues. Le reste de au point des indicateurs l’équipe ne savait plus «Rester qui nous permettront où donner de la tête, à l’écoute de quantifier l’évolution tant la pression était du du stress, de réagir aux forte. La délégation premiers signes et le a évidemment réagi: personnel» contrôler au mieux.» elle a demandé d’engager au plus vite une Conscientiser les nouvelle personne, engagement qui directions de l’enjeu: le rôle est en cours pour l’instant.» Didier Cavenaile est employé chez Preiss Daimler Refractories, une entreprise produisant des céramiques réfractaires. Il a été élu comme représentant au CPPT en 2004: un rôle-clé dans cette entreprise où le stress est une réalité au quotidien.

des représentants syndicaux

Une enquête pour apprivoiser son stress

Ton patron aussi: un meilleur climat social, une meilleure productivité

Forts de ce retour positif, il est

Plus de soins sans les moyens La demande de soins à domicile a fortement augmenté. La charge de travail augmente sans cesse, mais pas le personnel et les moyens disponibles pour répondre aux besoins. Roos Desnouck pointe un doigt accusateur vers le gouvernement. Roos Desnouck travaille dans la région de Courtrai comme aide-soignante c h e z Thuishulp ( l ’é q u i valent néer-

Des horaires flexibles peuvent te faciliter la vie. Un plan de mobilité d’entreprise peut rendre l’entreprise plus accessible sans stress…

Toi d’abord: moins de stress, moins d’absentéisme, un meilleur climat familial.

aujourd’hui beaucoup plus aisé pour les représentants syndicaux de sensibiliser les dirigeants à cette problématique. Certes, chaque travailleur possède des ressources pour être lutter contre le stress, mais c’est le management qui doit limiter les sources de tension: donner plus de moyens aux équipes, valoriser l’individu, laisser de l’autonomie... . «Grâce à cette enquête, le personnel s’est senti écouté, il a été très content que la délégation réponde à ses attentes. Cette enquête représentait pour eux un début d’amélioration des conditions de travail et du bien être.»

> SOINS À DOMICILE

Il y a des tas de problèmes qui sont plus ou moins indépendants du travail mais qui peuvent trouver des solutions dans des aménagements du temps ou de l’organisation du travail.

Tes délégués peuvent négocier collectivement ce genre d’arrangements. Tout le monde y gagne.

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landophone de l’asbl Soins à Domicile de la Mutualité Socialiste) qui occupe 4.000 personnes en Flandre. Roos est également déléguée syndicale. Roos Desnouck: Aujourd’hui, les gens qui ont besoin de soins restent plus souvent à la maison. Ainsi par exemple on attend plus longtemps avant d’entrer en maison

de repos. Après une intervention, une personne hospitalisée est renvoyée plus vite à la maison. Nous avons donc toujours plus de patients qui ont besoin d’une aide intensive.

En quoi cela est-il stressant?

de personnes qui ont besoin de soins. Une enquête sur le stress est actuellement en cours chez nous. Elle devrait permettre de mieux connaître le problème et de trouver des solutions. Mais avec ça, vous ne changez rien au cœur du problème. Il faut clairement plus de moyens.

Et vous visez qui? Roos Desnouck: Nous ne sommes pas assez nombreux. Cela rend Roos Desnouck: Le gouvernement une bonne gestion du travail bien sûr. Il doit subsidier plus difficile. Nous devons vite d’heures de travail. La demande passer d’une adresse de soins est plus grande, donc il à l’autre. Il y a beaufaut plus d’argent. Les mutualités coup plus de déplane peuvent tout supporter seul. cements. Vous avez Quelque chose doit également telleêtre fait au niveau ment de l’intervention perpeu «Toujours sonnelle des bénéfid e ciaires de soins. Pour plus de beaucoup, elle est trop patients, de élevée, donc ils éconotemps qu’à la longue, moins en misent sur le nombre la qualité du travail d’heures dont ils ont s’en ressent. C’est rémoins de besoin. Ça aussi, ça voltant. temps» augmente la charge de travail. Ces patients Il n’y a pas de ont besoin d’une aide solutions? financière plus importante. C’est une question de solidarité. Roos Desnouck: Nous essayons de maîtriser la pression. Car le travail doit quand même être fait. Il s’agit


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En route vers les élections sociales 2008

> CENTRALE DE TIHANGE

Sécurité et stress «sous»-traités A la centrale nucléaire de Tihange, le stress on ne le connaît que trop bien. Les compétences des travailleurs du secteur Gazelco à Electrabel sont heureusement à la hauteur de la sécurité requise dans une telle entreprise à hauts risques. Toutefois, au-delà de cet environnement de travail à lui seul particulièrement stressant, le groupe Suez, propriétaire des lieux, a mis en place des structures de gestion visant à rentabiliser encore davantage son précieux outil. Et chacun sait que profit à tout prix et sécurité ne font pas bon ménage. Jean-Marie Woit et son équipe de délégués du CPPT veillent au grain. Le site de Tihange occupe 850 personnes. Pourtant, chaque jour, ce sont plus de 2.000 travailleurs qui s’affairent autour des trois réacteurs nucléaires. Ce sont tous des sous-traitants. Dans la restructuration permanente, où chaque jour les organigrammes changent, Suez, malgré ses plantureux bénéfices, a licencié du personnel, déforcé ses équipes de maintenance, supprimé des équipes de pause, réduit ses effectifs de radioprotection. Le stress n’a pas disparu, il est maintenant sur la tête de ces travailleurs sous-traitants, souvent intérimaires, souvent peu qualifiés, toujours à la merci de petits contrats. La responsabilité des travaux de maintenance est diluée dans le flou de lignes hiérarchiques erratiques et au sein d’une multitude de sous-traitants, chacun étant en concurrence avec l’autre pour faire toujours plus vite et toujours moins cher. C’est comme cela que ceux qui génèrent les risques ne doivent plus en assumer les conséquences en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle.

toires dignes de ce nom. Surtout, il veille au respect de la loi sur le bien-être des travailleurs souvent détournée par le recours à la soustraitance en cascade. C’est ainsi qu’il est particulièrement attentif à ce que les travailleurs de la maintenance des réacteurs portent leur dosimètre et ne subissent pas plus de radiations que les limites tolérées. Jean-Marie et toute la délégation CGSP revendiquent ici l’application du syndicalisme de réseau. Il ne s’agit pas de jouer sur les platesbandes d’autres centrales syndicales mais d’assurer le contrôle sécuritaire global sur toute la ligne de production. Cette cohérence essentielle à la sécurité bute sur la rentabilité des entreprises mais est d’autant plus compréhensible que toutes les entreprises sous-traitantes de Tihange sont elles-mêmes des filiales du groupe Suez. Finalement, tout le monde a le même patron mais les représentants des travailleurs sont cloisonnés

dans des commissions paritaires distinctes. La fatalité n’existe pas. Derrière les beaux discours rassurants d’Electrabel, c’est toute la logique ultralibérale qui prédomine. Si Suez investit dans ses centrales, c’est pour y renforcer la flexibilité, la validation de compétences et tout ce qu’on appelle le reengeeniring, la révision systématique des procédures. Cette gestion va bien sûr de pair avec la mondialisation de l’économie, mais peut-on se permettre un accident nucléaire? Avant les restructurations, les nouveaux travailleurs étaient parrainés par les plus anciens, le métier et les compétences se transmettaient et nos centrales pouvaient s’enorgueillir d’être les mieux classées en matière de sécurité. Aujourd’hui, alors que nos centrales sont en fin de vie, nous sommes bien à la traîne. Pour le Camarade Jean-Marie Woit, il n’y a pas d’autres mots: c’est criminel!

Jean-Marie Woit connaît bien le mécanisme. La délégation s’est battue pour que les travailleurs externes aient des vestiaires et des réfecLa délégation syndicale Gazelco - CGSP de Tihange de g. à d. Jorge Garcia, Jean-Marie Woit et Jean-Marie Leburton

Comment devenir candidat? Vous êtes intéressé(e)? La FGTB soutient et encadre ses candidats. Vous n’êtes donc pas seul! Parlez-en au délégué FGTB dans votre entreprise ou contactez votre secrétaire régional ou votre centrale professionnelle. Vous pouvez également proposer votre candidature sur le site des élections sociales de la FGTB www.es2008.be

Plus d’info sur le site de la FGTB: www.fgtb.be Ou sur www.es2008.be Surfez également sur le site des centrales professionnelles FGTB: www.accg.be www.setca.org www.mwb-fgtb.be www.cgsp.be www.horval.be www.ubot-fgtb.be Si vous souhaitez recevoir nos informations sur les élections sociales par mail il suffit de vous inscrire sur notre site www.es2008.be et de cliquer sur «s’abonner au @ NEWS sur les Elections Sociales».

Enquête sur les conditions de travail La FGTB a commandé à Dedicated Research un sondage, auprès de 1.000 personnes, de 18 à 65 ans sur les conditions de travail en Belgique. Nous vous en livrons en primeur l’essentiel du volet relatif au stress. On y constate qu’un travailleur sur deux se dit soumis à un stress important et en tout cas plus important que deux ans auparavant. 47% estiment que l’employeur ne fait rien ou pas assez pour le diminuer. 13% seulement se sentent écoutés. Ce qui démontre l’importance de la délégation syndicale pour apporter des solutions au stress professionnel. Malgré cela, 91% ne se sont pas absentés de leur travail depuis un an. Vous estimez-vous exposés au stress? Oui: 51 %

Votre charge de travail correspond-elle à la charge normale pour une personne? Non: 27%

Vous sentez-vous parfois découragé dans le cadre de votre travail? Oui: 45%


SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

> POINT DE VUE

> DES TRAVAILLEURS SANS CASQUE ET SANS CHAUSSURE

Oui, il y a de l’argent pour notre pouvoir d’achat

La Rwanda doit agir sur la sécurité et la santé

On le voit et on le sent partout. La baisse du pouvoir d’achat inquiète fortement les travailleurs. Cette inquiétude ne peut pas être simplement réduite à une « impression», il y a des faits. Chaque jour, la vie est de plus en plus chère et tout le monde est touché. En l’espace de deux mois, le prix d’un caddie plein a augmenteront de 4%. Cette année, les factures de gaz et d’électricité augmenteront pour les familles en moyenne de 300 euros. Ce n’est donc pas une impression, c’est du concret. Les prix s’emballent et il faut donc intervenir. Le gouvernement doit agir, et de toute urgence. Mais peut-on faire quelque chose pour préserver le pouvoir d’achat ? Naturellement c’est possible. La FTGB propose toute une série de mesures concrètes pour garder le coût de la vie payable. De toute façon, il y a une mesure qui soulagerait tout le monde. Il s’agit de faire baisser le taux de la TVA sur le gaz et l’électricité de 21% à 6%. Ce qui est en plus tout à fait normal puisque l’énergie est un bien de première nécessité pour lequel un faible taux de TVA se justifie. En plus, il s’agit-là d’une mesure qui peut être immédiatement mise en œuvre, sans attendre. Mais y-a-t-il de l’argent pour une telle mesure? Bien évidemment oui, il y a de l’argent. Puisque les prix énergétiques sont élevés, les recettes TVA du gouvernement ont elles aussi automatiquement augmenté. Mais en plus, un tarif plus bas ne doit pas être payé par les caisses de l’état. Les sociétés d’énergie peuvent très facilement intervenir. Les bénéfices faramineux d’Electrabel, le plus grand producteur d’énergie de notre pays, doivent aussi servir à tenir le prix de l’énergie à un niveau acceptable. Il faut aussi mettre un terme aux cadeaux fiscaux purs et simples pour les entreprises. Les fameux intérêts notionnels devaient servir à promouvoir les investissements dans les entreprises. Au lieu de quoi, ils leur permettent de se soustraire aux impôts sur les sociétés. Une mesure fiscale qui devait coûter 500 millions d’euros et qui risque en fin de compte de creuser un trou de 2,4 milliards d’euros. Ca suffit. Ici aussi, il y a de l’argent pour protéger notre pouvoir d’achat. Ce que nous vivons aujourd’hui prouve en tous cas à quel point notre lutte pour l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales est importante. Et cela prouve aussi que les allocations sociales doivent non seulement suivre l’index, mais également le coût de la vie sans cesse croissant. Nous ne laisserons pas toucher à ces mécanismes et à ces dispositions. (22 janvier 2008)

Jacques Michiels Secrétaire général

Alain Clauwaert Président

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La FTGB prend très à cœur la solidarité avec les ouvriers du Rwanda. Notre syndicat a un projet de coopération avec le syndicat rwandais CESTRAR. Actuellement, nous soutenons plus particulièrement des campagnes pour la santé et la sécurité au travail. L’attention va vers les travailleurs journaliers dans la culture du thé, mais aussi dans l’industrie de la construction. Et pour ce secteur, le savoir et l’expérience de la Centrale Générale - FTGB ont été sollicités. «Les conseils techniques de la Centrale Générale sont indispensables», nous raconte Africain Biraboneye. Il est responsable du projet de coopération avec la FTGB au sein du CESTRAR. Il était récemment en Belgique et nous lui avons demandé plus d’explications. Comment le Rwanda assimile-t-il le terrible génocide qui a coûté la vie à 800.000 personnes en 1994? Comment se porte l’économie? Et pourquoi une campagne sur la santé et la sécurité est-elle nécessaire? Mais d’abord, nous avons voulu savoir quelle était la situation au niveau syndical au Rwanda.

Quelle est l’attitude du gouvernement rwandais face aux syndicats? Africain Biraboneye: Le gouvernement ne s’oppose pas à nous, mais il ne nous encourage pas non plus. La loi stipule que les syndicats ont le droit d’exister, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements. En février 2007, des élections sociales ont été organisées pour la première fois au Rwanda. Les délégués syndicaux élus doivent à présent être formés et acquérir de l’expérience. Nous sommes encore très faibles parce que nous ne sommes pas très nombreux. Notre syndicat CESTRAR a été créé en 1985. Mais depuis, il y a eu le génocide et l’organisation doit être totalement reconstruite.

Justement, comment se passe la reconstruction du Rwanda après ce terrible génocide? Africain Biraboneye: Les Rwandais n’oublient bien évidemment pas le génocide. Mais le gouvernement fait de gros efforts afin d’arriver à la réconciliation. Il n’y a plus de différences entre les Hutus et les Tutsis. Par exemple sur nos cartes d’identité, le groupe ethnique auquel nous appartenons n’est plus indiqué. Notre pays continue d’avancer. Tous les enfants en âge scolaire reçoivent aujourd’hui une instruction. On construit des hôpitaux et dans les villes, il y a beaucoup de centres médicaux. Notre campagne contre le SIDA est un exemple pour nos pays voisins.

Et la situation économique? Africain Biraboneye: Pour la population, la vie est chère. Il y a certainement de la pauvreté, mais on n’y meurt pas de faim. Lorsque

dans une région on a frôlé la famine suite à une grande sécheresse qui a duré trois ans, des mesures structurelles ont tout de suite été prises. Des travaux d’irrigation ont été réalisés et des arbres ont été massivement plantés pour préserver la région des sécheresses. Au Rwanda, c’est principalement le secteur de la construction qui connaît un grand développement. Après le génocide, il a fallu reconstruire le pays tout entier. Beaucoup de gens sont revenus de l’étranger et ils avaient besoin d’une maison. Le gouvernement a créé une banque du logement pour promouvoir la construction des logements. Le secteur touristique construit lui aussi beaucoup.

Mais il y a bien des problèmes en ce qui concerne les conditions de travail? Africain Biraboneye: Elles ne sont vraiment pas bonnes. Nous voyons que le gouvernement fait des efforts pour la préservation de l’environnement, pour les équipements d’utilité publique, pour les infrastructures routières. Mais il ne fait rien en ce qui concerne la sécurité et la santé des ouvriers, les salaires, la sécurité sociale. C’est pour cette raison qu’avec la FTGB, nous mettons à présent sur pied une campagne sur la sécurité et la santé. Nous allons mener notre campagne aux endroits où il y beaucoup de passages, dans les grandes gares, les hôpitaux, sur les grands carrefours. A l’heure actuelle, les ouvriers ne se rendent pas compte du risque qu’ils courent au travail. Une très grande sensibilisation est nécessaire. Ca renforcera

Africain Biraboneye: «Les femmes enceintes travaillent sur les chantiers de construction jusqu’au jour de leur accouchement.»

aussi le syndicat CESTRAR lors des négociations avec les employeurs. Nous devons arriver à mettre en place des comités de sécurité et de santé. Savez-vous que chez nous, beaucoup de femmes travaillent dans la construction? Les femmes enceintes travaillent jusqu’à leur accouchement car elles ont besoin de leur salaire. En même pas deux semaines, elles sont de retour au travail. Ce sont des situations qu’il faut changer, mais pour cela, nous avons besoin des travailleurs euxmêmes.

Pouvez-vous aussi nous expliquer le système des journaliers? Africain Biraboneye: Sur les chantiers de construction, ce sont les gens qui habitent près du chantier qui sont embauchés. Ces gens ne connaissent pas le secteur. Ils n’ont aucune protection, ni casque, ni chaussures. Ils sont payés au jour le jour et touchent une misère. L’employeur est tout-puissant. Si un ouvrier touche 8 heures de salaire alors qu’il a travaillé 10 ou 12 heures, il n’ose rien dire, sans quoi il n’a plus de travail. De grandes entreprises internationales de construction sont actives au Rwanda. Elles travaillent avec un petit noyau d’ingénieurs et de chefs d’équipe. Pour le reste, elles font appel à des sous-traitants qui engagent des journaliers qui sont sous-payés.

Comment la FTGB va-telle soutenir ce projet de coopération?

Le 11 janvier, des techniciennes de surface ont pris le bus afin de mener des actions pour un travail décent. A travers le pays, des travailleuses et des travailleurs des entreprises du nettoyage ont attiré l’attention du public sur leur situation. La charge de travail dans le nettoyage est intenable et l’insécurité d’emploi y est très grande. En outre, les travailleurs n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir un travail à temps plein. Ils doivent travailler quelques heures très tôt le matin et très tard le soir. Il faut que ça change. Les nettoyeuses et les nettoyeurs doivent pouvoir travailler pendant les heures de travail normales, comme tout le monde. La campagne pour un travail décent dans le secteur de nettoyage dure un an. Elle a été mise sur les rails par la FTGB et est soutenue par la CSC.

Les journaliers sont sous-payés et travaillent sans aucune protection.

Africain Biraboneye: Il y a l’aide financière, bien entendu, et nous en sommes très reconnaissants. Mais le soutien technique de la FTGB est au moins tout aussi important. Il est particulièrement utile que les gens du syndicat belge viennent voir sur place. Qu’est-ce qui doit être prioritaire? Quelles sont les protections nécessaires? Nous avons besoin de votre expérience pour résoudre correctement les problèmes de sécurité.


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MÉTAL

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

> POINT DE VUE

HF6: Résister aux logiques illogiques

Nico Cue Secrétaire Général

Photo Bob Van Mol

La fermeture de la phase à chaud liégeoise eut réglé à bon compte quelques problèmes de réchauffement climatique et de réduction collective de gaz carbonique. Des travailleurs wallons payant seuls, de leur emploi, les conséquences d’une décision industriellement irrationnelle! Ils se sont battus contre des «évidences imbéciles» pour défendre un outil important, prouvant ainsi que résister reste nécessaire et fécond. Pas moins de 10.000 emplois directs et indirects pourraient ne plus être effacés d’un bassin qui en manque cruellement. La bataille n’est pas finie et les sidérurgistes du pays de Liège étaient en grève le 21 janvier dernier pour dénoncer le report de la remise en route du haut fourneau de Seraing. On attend des autorisations pour produire 15.000 tonnes de CO2 d’ici 2012. Des solutions existent. La Région s’est engagée à trouver des quotas. ArcelorMittal pourrait réorienter en son sein des capacités existantes. Un geste de l’Etat fédéral qui acquit en son temps des moyens de production pour l’industrie flamande est également attendu. Enfin, l’Europe, rigide, doit réfléchir à ce qu’elle gagne à renoncer à la production du HF6 dès lors que la délocalisation de l’emploi vers des pays aux technologies plus polluantes augmenterait des nuisances… universelles ! Dans un monde de plus en plus complexe, il n’y a plus de réponse simpliste possible. La MWB-FGTB ne se bat pas pour obtenir un droit de polluer. Elle se bat pour l’avenir d’une région dont la désindustrialisation ne fera pas fondre moins vite la banquise!

Coup de projo sur la FN Herstal On parle beaucoup de la FN ces derniers temps et les commentaires vont tous dans le même sens: « A deux doigts de la cata, il y a quelques années, la Fabrique Nationale occupe aujourd’hui 1.332 personnes, affiche des résultas financiers inespérés et présente un carnet de commandes complet jusqu’en 2010». Si la délégation MWB-FGTB se réjouit de l’image positive dont bénéficie l’entreprise, elle souhaite apporter quelques nuances à cette analyse trop peu fouillée. Oui, l’entreprise emploie plus de 1.332 travailleurs… mais plus d’un quart du personnel ouvrier est sous CDD ou autres contrats précaires! Oui, le projet SCAR du nom de la nouvelle arme destinée à l’armée américaine pourrait alimenter la FN jusqu’en 2010 puisque l’entreprise de Herstal s’est montrée la plus performante quant aux contraintes exigées par les commanditaires US… mais n’oublions pas que les Etats-Unis se sont montrés très clairs: le contrat cassera à la première boulette! Et même si nous obtenons cette première salve de commandes jusqu’en 2010, nous devrons nous battre pour garder la fabrication «chez nous» et

ne pas la voir partir aux States. Oui, les résultats de la FN ont explosé et ont permis de dégager un résultat net de 30 millions d’euros… mais ne perdons pas de vue que ces résultats sont ceux du Groupe FN et ne concernent pas Herstal uniquement. Oui, la Région Wallonne, propriétaire à 100 % de l’entreprise depuis 1998, nous a permis de sérieusement redresser la barre (puisqu’elle n’a jamais exigé à ce jour de return sur ses investissements) mais qu’en sera-t-il demain? Si la situation politique actuelle bascule quel avenir pour la FN ? Que se passera-t-il si les anciens projets MR de revente d’une partie ou de la totalité de l’entreprise ressurgissent? La mariée est belle, certes… mais attention, n’en faisons pas n’importe quoi! Retrouvez les messages que nous souhaitons adresser au banc politique, au banc patronal et aux travailleurs sur www. mwb-fgtb.be

La délégation MWB-FGTB FN Herstal

Vous êtes affilié(e) à la MWB-FGTB? Gagnez une casquette et - qui sait? - un polar! Participez à notre jeu ci-dessous et répondez à notre mini-fiche signalétique. Renvoyez le tout (fax : 081.265.122 – Voie postale: MWB-FGTB, Restons en Phase, Rue de Namur 47, 5000 Beez) Question 1: Quel est le nombre de travailleurs à la FN Herstal?....................................................... Question 2: Quel est le nom de la nouvelle arme américaine qui serait produite à la FN?................................................................................................................................................................................................... (Pour un polar) : Combien de réponses nous seront envoyées avant le 8 février 2008? …… ………………………………..................................................................................................................................................................

EN LETTRES CAPITALES s.v.p.

Nom (*) …………………………………………………………………….............................................................................................. Prénom (*) ………………………………………………………………............................................................................................. Entreprise ………………………………………………………………….......................................................................................... Adresse postale (*)………………………………………………………...................................................................................... Adresse e-mail (*)…………………………………@……………………................................................................................... GSM (*) ….…………………………………………………………………............................................................................................. (*) Mentions obligatoires

Le nom du gagnant du Clin d’Oeil précédent sera publié dans le prochain «Restons en Phase».

UNION BELGE DES OUVRIERS DU TRANSPORT

L’UBOT active en Wallonie Dans le Hainaut Le 13 décembre dernier, les militants UBOT de la province du Hainaut étaient invités à participer à une formation syndicale ayant pour thème général: les élections sociales, les tenants et aboutissants, la méthode de recrutement, comment vendre notre organisation aux indécis... Ils étaient 38 militants à participer aux travaux. A l’issue de cette journée, ils avaient tous un même leitmotiv: «Nous allons gagner les élections»! Vu la motivation des uns et des autres, il est évident que cette pensée ne pourra qu’être couronnée de succès.

A liège Vendredi, le 18 janvier 2008, en soirée, l’UBOT de Liège a réuni une quarantaine de ses militants pour une séance d’information sur les prochaines élections sociales. Après une courte intervention de la Secrétaire

régionale, Frida Kaulen présentant le Secrétariat fédéral et expliquant aux participants le déroulement de la soirée, la parole a été passée à notre Président Ivan Victor. Ce dernier a fait le point sur la situation de l’UBOT en Région wallonne. Il a mis l’accent sur les efforts importants consentis par la Centrale pour améliorer les effectifs en personnel sur le terrain, compte tenu du développement du secteur de la logistique. Il a aussi expliqué que des formations étaient possibles sur simple demande. Le Secrétaire fédéral Frank Moreels a, quant a lui, expliqué aux militants l’importance de gagner les élections sociales car nous devons établir un nouveau rapport de force vis-à-vis de la CSC et vis-à-vis des patrons. Il a aussi expliqué les différentes choses qui avaient changé depuis le dernier congrès statutaire. La parole a ensuite été passée à l’assemblée pour un jeu de questions-réponses. Une soirée qui s’est déroulé dans une ambiance de franche camaraderie et s’est poursuivie autour d’un verre et d’un sandwich. Un nouveau rendez-vous est déjà fixé pour le mois d’avril 2008.

CHAUFFEURS

DE BUS ET DE CAMION VOUS R EC EVR E Z LA VI S ITE D E LA

!

Comme chauffeur, vous faites de LONGUES JOURNEES, à des moments impossibles. Vous n’avez guère l’occasion de consulter votre syndicat. C’est pourquoi, l’UBOT-FGTB vient à votre rencontre. Dans notre bureau mobile, vous pourrez poser des questions concernant les TEMPS DE CONDUITE ET DE REPOS, LES HEURES SUP, VOTRE SALAIRE... ou simplement discuter avec nous autour d’une tasse de café. OÙ POURREZ-VOUS NOUS TROUVER DANS LES MOIS À VENIR ? Voici les endroits où vous trouverez notre bureau mobile qui sera ouvert de 11h00 à 18h00.

7/8 JANVIER 2008 : Bruxelles – Brucargo – Aéroport. 10/11 JANVIER 2008 : Zeebrugge – Zone de transport du port – Kraakstraat. 14/15 JANVIER 2008 : Gand – Skaldenpark – Port. 23 JANVIER 2008 : Anvers Rive Droite – Port – Quai 702. 24 JANVIER 2008 : Anvers Rive Gauche – Port – Deurganckdok. 5/6 FÉVRIER 2008 : Limbourg. 7/8 FÉVRIER 2008 : Zeebrugge – Zone de transport du Port – Kraakstraat. 11/12 FÉVRIER 2008 : Bruxelles – Brucargo – Aéroport. 13/14 FÉVRIER 2008 : Welkenraedt – Zoning Logistique. 18/19 FÉVRIER 2008 : Gand – Skaldenpark – Port. 21 FÉVRIER 2008 : Liège – Zoning de Grâce Hollogne. 22 FÉVRIER 2008 : Rekkem – LAR. 27 FÉVRIER 2008 : Anvers Rive Droite – Port – Quai 702. 28 FÉVRIER 2008 : Anvers Rive Gauche – Port – Deurganckdok. POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS SUR LE ROADSHOW DE L’UBOT :

APPELEZ L’UBOT – TRANSPORT ROUTIER & LOGISTIQUE AU N° 03/224 34 34 OU ENVOYEZ UN MAIL À VERONIQUE.DE.ROECK@BTB-ABVV.BE WWW.UBOT-FGTB.BE


ALIMENTATION-HORECA-SERVICES

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

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> AIDES FAMILIALES

Le souci de l’autre Marjorie Rivat, Lucia Maron et Véronique Hoyois travaillent au sein de la Centrale de services à domicile, dans la région du Centre. Ces trois femmes sont déléguées FGTB. Elles mettent leur caractère bien trempé au service de leurs collègues. Toutes deux issues du milieu ouvrier, Marjorie Rivat et Lucia Maron travaillent depuis une dizaine d’années au sein de la centrale de services à domicile (CSD), dans une région - le Centre - où les entreprises liées à la sidérurgie ont fermé les unes après les autres. La première expérience professionnelle de Marjorie, dans une usine, a été désastreuse «Je faisais de l’administratif dans une firme rachetant des plastiques avant de les broyer et recycler en granulés pour les revendre à l’industrie. Ils m’ont licenciée sans me payer. J’ai fini par récupérer mon dû au Tribunal du travail grâce à la FGTB». La jeune femme a alors décidé de retourner sur les bancs de l’école qu’elle avait quittés trop tôt. Pendant ce temps-là, c’est son mari qui faisait bouillir la marmite en travaillant dans une usine de peinture à Manage. Un an plus tard et avec une «très haute distinction», Marjorie est devenue aide familiale. Son diplôme à peine en poche, la jeune femme a eu l’immense luxe de pouvoir

choisir entre deux emplois: soit dans une CSD, soit une maison de repos. Son choix se portera sur le service à domicile.

un job comme manœuvre dans un home. «Pendant 5 ans, j’ai enchaîné toilettes, soins, médicaments, tartines pour le souper».

C’est là qu’elle fera, plus tard, la connaissance de Lucia Maron, sa future «co-listière» et de Véronique Hoyois. Affiliées à la FGTB, ces trois jeunes femmes au tempérament bien trempé formeront très vite le fer de lance syndical de la CSD Centre et Soignies (18 entités couvertes et leurs environs).

Malgré la difficulté à concilier travail et formation, Lucia a elle aussi repris le chemin de l’école. «J’ai entamé une première formation d’auxiliaire polyvalente, en 2 ans, tous les jeudis et vendredis après-midi».

Cocktail Molotov De Mère et de grand-père sardes, de grands-mères d’origine allemande pour l’une et tchécoslovaque pour l’autre, Lucia est née à Binche. Cette jeune femme est fière de ses origines: «c’est ce qui explique que je suis un cocktail Molotov. Et ça m’a aidé, plus tard, dans le monde syndical». Contrainte de changer d’école et d’orientation, Lucia suit une formation professionnelle en cuisinetraiteur. «Ça m’a bien plu» avouet-elle. Mais le travail est rare et, à bout de ressources, elle a accepté

«Pour énormément de gens, nous sommes leur seul contact, souvent leurs confidentes! Le regard sur notre profession s’est amélioré: au départ, pour beaucoup, nous n’étions que des femmes de ménage bon marché. On doit pouvoir aussi gérer les avoirs de certains bénéficiaires désignés, rendre compte aux administrateurs de biens, pouvoir les conduire à l’hôpital ou encore recevoir le médecin. Nous sommes le relais de tas de personnes compétentes et pas des Madame Torchon». Le véritable travail syndical de Marjorie & co a démarré lorsque la direction a décidé d’instaurer le travail en week-end. «C’était la révolution: les plus anciennes ne voulaient pas. C’était juste avant les élections sociales 2004 et il n’y avait pas encore de délégation

syndicale. La colère a vite grandi. C’est l’inspection du travail qui a dû jouer les conciliateurs». Aujourd’hui, les 3 déléguées ont à faire avec d’autres revendications: formations, amélioration des conditions de travail, augmentation des frais de déplacement, omnium pour l’usage des voitures dans le cadre professionnel, prévention des accidents, bien-être au travail. «On ne s’est pas encore dit une seule fois: on arrête le travail. C’est important d’avoir une délégation syndicale pour avoir ce climat de dialogue tout en se rendant compte qu’on ne peut pas demander l’inimaginable. On dépend d’un pouvoir subsidiant».

Philippe Golard

Cette formation a pu lui offrir de nouvelles opportunités notamment au niveau du salarial. Et puis, «j’avais reçu mon C4 pour un désaccord sur… un jour de congé». Après un mois de chômage, Lucia a intégré le CSD Centre et Soignies. Au sein du CSD, la nouvelle recrue a rapidement découvert une ambiance familiale où les personnes sont mises en avant. Elle a aussi découvert le travail de Marjorie et Véronique en tant que déléguées et a décidé de les rejoindre. Ensemble, elles forment désormais un trio de choc sous les couleurs de la FGTB.

Lucia Maron (à droite) et Marjorie Rivat (à gauche), deux déléguées FGTB au caractère bien trempé !

TEXTILE-VÊTEMENTS-DIAMANT

Visite aux foires textiles Heimtex et Domotex Cette année aussi, une délégation de la FGTB-Textile, Vêtement et Diamant s’est rendue en Allemagne pour y visiter Heimtex et Domotex, les deux foires textiles importantes. Heimtex-Frankfurt est la foire qui s’axe sur le segment du marché du linge ménager (linge de cuisine, de table, de lit et de bain), les tissus pour les meubles, les rideaux et les tentures. La foire de Domotex-Hannover met l’accent sur les diverses formes de revêtement de sol, telles que le tapis, les carpettes, le sol stratifié et le vinyle. Les deux foires sont importantes pour le secteur textile. Et, les fabricants belges y sont bien évidemment présents. Nous avons rendu visite à un maximum d’employeurs de nos régions. C’était l’occasion idéale pour leur parler de l’avenir de leur entreprise ainsi que des chances et risques auxquels le secteur fera face à court terme. La plupart des employeurs que nous avons rencontrés sont assez satisfaits des résultats de la dernière année et envisagent l’année à venir avec un optimisme modéré. Modéré puisque leur enthousiasme, et surtout leurs marges des bénéfices, sont tempérés par

la hausse des prix des matières premières et des combustibles, les coûts pour l’énergie, l’euro fort, la crise des crédits et les effets de l’inflation croissante. Dans certains cas, il s’agit également de postes vacants qui sont difficiles à remplir. Nombre d’employeurs trouvent dès lors qu’il faut encore plus faire appel aux heures supplémentaires (bon marché), aux heures de travail et aux règlements de congé plus flexibles, aux réductions des charges. C’est une vision que nous ne partageons absolument pas et c’est ce que nous leur avons communiqué mot pour mot. Nous avons fait part de notre inquiétude sur le pouvoir d’achat des travailleurs aux employeurs. Nous les avons confrontés à un sondage, qui a été effectué récemment par De Morgen et qui a démontré qu’en 2 mois, les prix des produits de base courants ont augmenté de 4%. Le pouvoir d’achat de nos gens est fortement touché, et pas seulement par les prix des combustibles qui ont énormément augmenté. Les produits de consommation quotidiens sont également devenus beaucoup plus chers. Les employeurs sont conscients de cet appauvrissement, mais nous n’avons pas eu l’impression qu’ils sont tout simplement prêts à rectifier le rapport «tordu» entre le

revenu du travail et le revenu du capital. Dans ce contexte, le rendement et les marges des bénéfices priment pour les employeurs. Nous avons essayé de leur expliquer qu’il y aura un énorme problème si l’on n’intervient pas pour maintenir le niveau de pouvoir d’achat. Les employeurs doivent prendre leur responsabilité. Une des opportunités pour l’avenir est de profiter des possibilités qui sont offertes par la CCT n° 90, qui a récemment été conclue au Conseil National du Travail et qui traite des avantages non-récurrents liés au résultat. Ainsi, les employeurs peuvent octroyer à leur personnel un avantage supplémentaire jusqu’à € 2.200, qui dépend de la réalisation de buts collectifs et objectifs.

> ENTRETIEN DU TEXTILE

Nouveaux salaires horaires à partir du 1er janvier 2008 Suite à une indexation, les salaires du secteur de l’entretien du textile augmentent de 0,73% à partir du 1er janvier. Ancienne classification des fonctions 37,5 heures/semaine Niveau 1

e 9,1826

Niveau 1

e 9,0505

Niveau 2

e 9,3149

Niveau 2

e 9,1868

Niveau 2 bis

e 9,3701

Niveau 2 bis

e 9,2432

Niveau 3

e 9,6706

Niveau 3

e 9,5439

Niveau 4

e 10,0015

Niveau 4

e 9,8663

Niveau 5

e 10,2550

Niveau 5

e 10,1254

Niveau 6

e 10,6521

Niveau 6

e 10,4921

Niveau 7

e 10,7238

Niveau 7

e 106135

Nouvelle classification des fonctions 37,5 heures/semaine

En tant que syndicat, nous avons l’intention de proposer un cadre sectoriel reprenant des critères et des objectifs de sorte que cette CCT soit appliquée de façon plus ou moins uniforme au sein de nos secteurs. Les employeurs que nous avons rencontrés n’étaient pas vraiment enthousiasmé des possibilités qu’offre cette convention. Cela est peut-être dû au fait qu’ils ne connaissent pas encore bien la CCT interprofessionnelle qui a été conclue très récemment – d’ailleurs à la demande explicite de la FEB.

38 heures/semaine

Groupe salarial 1

38 heures/semaine

e 9,3149

Groupe salarial 1

Groupe salarial 2

e 9,5500

Groupe salarial 2

e 9,4214

Groupe salarial 3

e 9,7851

Groupe salarial 3

e 9,6561

e 9,1868

Groupe salarial 4

e 10,0202

Groupe salarial 4

e 9,8918

Groupe salarial 5

e 10,2552

Groupe salarial 5

e 10,1255

Groupe salarial 6

e 11,0015

Groupe salarial 6

e 10,8602

Groupe salarial 7

e 11,2600

Groupe salarial 7

e 11,1172

Groupe salarial 8

e 12,3652

Groupe salarial 8

e 102,2081

Ceci sont les barèmes sectoriels. La CCT sectorielle prévoit que les adaptations au niveau des entreprises peuvent se faire en 3 étapes de sorte que les salaires qui sont effectivement payés dans votre entreprise puissent déroger aux barèmes sectoriels.


10

EMPLOYÉS, TECHNICIENS & CADRES

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

Je suis candidat(e) aux élections sociales de mai 2008 Suite de notre série d’entretiens avec des militants du SETCa qui se préparent à se porter candidats aux élections sociales. Ils comptent aussi inciter de nombreuses autres personnes à franchir ce même pas, dans l’intérêt de leurs collègues.

l’époque (2003), pour Sonja Baeten, rejoindre l’équipe du SETCa du centre de distribution de Nike à Laakdal (Campine anversoise) n’était qu’un petit pas à franchir. Membre de l’équipe des pompiers, elle avait remarqué que ses collègues se posaient encore de très nombreuses questions sur la sécurité sur le lieu de travail. Comme déléguée, elle s’attelle désormais avec enthousiasme à trouver des solutions concrètes aux problèmes de sécurité.

A

Sonja: «Pour beaucoup de personnes, j’étais déjà l’interlocuteur logique quand il s’agissait de sécurité, car j’étais dans l’équipe des pompiers. J’ai fait le tour de tous les départements. J’ai remarqué que de nombreuses personnes s’interrogeaient. À cette époquelà, une personne venait de quitter la délégation du SETCa pour maladie. J’ai pris le relai, et ça fait à présent cinq ans que je suis déléguée. Cela m’a permis de mettre mon expérience en pratique au travers d’actes concrets. Mon choix pour le SETCa était déjà fait. Les principes généraux d’égalité et de démocratie régnant au syndicat sont très importants à mes yeux. J’avais aussi remarqué que le SETCa est le syndicat le plus actif pour intervenir véritablement, tant lors des négociations que des actions».

A partir de Laakdal, le centre de distribution de Nike approvisionne quasiment tous les magasins de sport européens. Cela demande un engagement énorme et une flexibilité extrême de la part des travailleurs. Pouvez-vous, comme déléguée, garder un tant soit peu sous contrôle cette flexibilité? Sonja: «La quantité de travail

dépend fortement de l’intensité du moment. La direction semble parfois penser qu’il n’y a pas de limites, surtout au niveau de ses exigences en matière de flexibilité. Ainsi, nous prestons régulièrement des heures supplémentaires. Pour la direction, cela se faisait «volontairement». Dès lors, nous étions indemnisés par heure de travail supplémentaire. Mais que constations-nous? Que prester ou non des heures supplémentaires entrait en ligne de compte lors des évaluations. Nous avons dès lors négocié pour que ces heures soient désormais récupérées par des congés, pour que l’on n’impose plus de schéma de travail excessif aux travailleurs. Ici, le travail s’effectue ici en équipes. C’est déjà suffisamment lourd en soi. Pour ces mêmes raisons, nous avons obtenu une extension du crédit-temps, au moins deux fois plus avantageuse que la norme applicable dans le secteur. Nous avons également, dans notre semaine de travail 4/5, un système permettant de prendre ces cinquièmes jours libres à un autre moment de l’année. De nombreuses femmes travaillent ici. A présent, elles sont très contentes de pouvoir épargner des jours pour les vacances scolaires, même s’il faut mordre sur sa chique à d’autres moments de l’année. Nous avons pu forcer ces dispositions par voie de Convention collective de travail. Ce schéma de flexibilité me tient personnellement à cœur. J’estime important d’avoir un bon équilibre entre travail et vie sociale. Grâce à notre action syndicale, la flexibilité fonctionne chez nous dans les deux sens, comme il se doit».

Souhaiteriez-vous encore voir d’autres aspects changer?

Sonja: «Il y a un autre problème: les conditions de travail de nos travailleurs moins valides. Notre entreprise a conclu un contrat avec une institution mettant des personnes handicapées au travail. 16 viennent travailler quotidiennement chez nous. Comme délégués du SETCa, nous estimons qu’eux aussi ont droit exactement aux mêmes avantages que nous. Ce n’est pas le cas actuellement. La direction se retranche derrière l’argument qu’elle n’a rien à dire à propos, par exemple, de leurs conditions de rémunération, du fait que ces personnes concluent directement un contrat avec les institutions de soins. Cela ne tient pas la route à mes yeux et je souhaiterais y apporter du changement. Notre force réside dès lors précisément dans l’attention que nous portons à la diversité sous tous ses aspects. En d’autres termes : des conditions identiques pour les jeunes, les anciens, les femmes, les hommes, les allochtones, mais aussi pour les moins valides!».

Que souhaiteriez-vous encore dire à ceux qui pensent devenir délégué mais qui hésitent encore? Sonja: «Simplement qu’ils doivent foncer. Un syndicat fort est dans l’intérêt de tous ! Au travail, nous remarquons tous les jours que la direction nous sert nos obligations sous le nez, mais fait la sourde oreille en ce qui concerne nos droits. Il nous appartient d’agir dans l’autre sens en attirant l’attention des patrons sur leurs obligations et en défendant le collectif. Faites comme moi et présentezvous pour défendre les travailleurs. Ensemble, on est plus forts!».

Quel cadre pour les cadres? Un nouvel Expresso Qui est réellement «cadre»? Combien de temps les cadres doivent-ils accepter de travailler? Quelles règles pour leurs bonus salariaux, leurs pensions complémentaires? Quid du télétravail? Le SETCa consacre un Expresso spécial aux cadres. Et leur propose de participer à une enquête.

Toujours plus de travailleurs sont considérés comme cadres. Pour les élections sociales, un cadre est «un employé qui exerce une fonction d’un niveau supérieur, généralement réservée à celui qui a un diplôme déterminé ou une expérience professionnelle équivalente». Mais que cache en réalité cette appellation pompeuse? Et de plus en plus souvent, les employeurs vous désignent comme cadre afin de vous faire avaler des conditions de travail anormales voire illégales: heures supplémentaires non rémunérées, pression sur la rémunération etc. Cet Expresso explique la législation qui balise le terrain. Selon le cliché, travaillant sans relâche, le cadre ne devrait pas compter ses heures. En réalité, seule une convention collective de travail peut autoriser une flexibilité encadrée. Nouveauté en 2005, le plafond d’heures supplémentaires a doublé: 130h au lieu de 65. Ceci n’est possible que s’il s’agit d’un surcroît extraordinaire de travail ou d’une nécessité imprévue et qu’il existe une convention collective de travail, approuvée par la commission paritaire. Vous avez alors le choix entre le paiement et la récupération de ces heures. Mais une exception perdure pour le «personnel de direction et de confiance», pour lequel la loi ne fixe pas de limite. Le SETCa réclame une définition stricte de cette catégorie et formule dans cet Expresso davantage de propositions. Face au défi de la mobilité et aux contraintes de la vie privée, le télétravail est à la mode. Aujourd’hui, une convention du Conseil National du Travail clarifie la situation juridique du télétravailleur. Le télétravail s’effectue sur base volontaire, réglé par convention individuelle. L’employé a les mêmes droits que ces collègues qui travaillent dans les bâtiments de l’entreprise. Autre aspect évoqué par l’Expresso, le salaire. Une fois accordé, aucun avantage (voiture de société, GSM, ordinateur, connexion internet…) ne peut être retiré au cadre. Il n’en va pas de même pour le «bonus», part de salaire variable, jamais définitivement acquis car dépendant d’objectifs à atteindre par l’entreprise. Un nouveau système permet aux employeurs d’accorder un avantage de 2200€ net par an, après un prélèvement unique de 33% pour la sécurité sociale. Un montant supplémentaire est possible. Il sera introduit par une convention collective ou un acte d’adhésion (entreprise sans délégation syndicale) et soumis à l’impôt et à l’ONSS. Une pension complémentaire est souvent octroyée sous forme de fonds de pension ou d’assurance groupe. A partir du 1er janvier 2010, toucher sa pension complémentaire ne sera plus possible avant ses 60 ans, sous peine de perdre les avantages fiscaux. Aux élections sociales de mai, les cadres voteront. Si l’entreprise compte au moins 15 cadres, ils auront leurs propres délégués. Sinon, ils voteront pour les employés. L’Expresso invite les cadres à devenir candidats. Enfin, en tant que syndicat représentant les cadres, nous mettons un point d’honneur à rencontrer au mieux leurs attentes particulières. Rendez-vous sur www.setcacadres.be, pour classer vos thèmes prioritaires. Notre enquête nous permettra de coller encore mieux à vos desiderata. Cet Expresso est disponible dans chaque régionale du SETCa et téléchargeable sur www.setca.org


MOBILITÉ

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

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Hausse des tarifs de la SNCB au 1er février 2008 Comme chaque année, la SNCB augmente ses tarifs en date du 1er février et ce, en vertu du contrat de gestion qui autorise la révision annuelle de ses tarifs. Cette année, les hausses atteignent une moyenne de 2,34%.

l’abonnement du travailleur. Les entreprises qui le désirent - c’est un système volontaire qui ne constitue en rien une obligation - peuvent conclure une convention «Tiers Payant» avec la SNCB. Par cette convention, la SNCB s’engage à délivrer gratuitement au travailleur qui le souhaite (et dont l’entreprise a signé la convention) un abonnement remboursé à 80% par l’employeur tandis que les 20% restant sont à charge de l’Etat.

L’intervention patronale obligatoire dans les frais de transport du travailleur sera adaptée en fonction de cette augmentation tarifaire. Comme l’année dernière, les employeurs remboursent en moyenne 60% de l’abonnement du travailleur (entre 56% pour les courtes distances et 64,9% pour les distances supérieures ou égales à 146km). Il s’agit d’une intervention minimum obligatoire: rien n’empêche donc le patron de rembourser davantage, voire la totalité de Distance

Railflex

(km)

0

-

Le tableau ci-dessous reprend les barèmes hebdomadaires, men-

3

Carte hebdomadaire

Carte mensuelle

suels, trimestriels et annuels actualisés en fonction de l’augmentation des tarifs. Le kilométrage indiqué correspond à la distance entre la gare de départ et celle d’arrivée pour un trajet en aller simple. C’est sur cette base que repose le tarif SNCB de même que l’intervention de l’employeur. Exemple: J’habite Liège et pour mon travail, je fais le trajet LiègeBruxelles aller-retour, soit un trajet de 208km. Je paierai le tarif correspondant à aller simple, soit 104km. Mon employeur me remboursera 37€/semaine ou 124€/mois. Carte trimestrielle

Carte annuelle

Prix en €

Intervention patronale

Prix en €

Intervention patronale

Prix en €

Intervention patronale

Prix en €

Intervention patronale

Prix en €

Intervention patronale

9,70

5,40

8,80

4,90

29,50

16,50

82,00

46,00

293,00

164,00

4

11,30

6,30

9,60

5,40

32,00

17,90

89,00

50,00

319,00

179,00

5

12,50

7,00

10,40

5,80

34,50

19,30

97,00

54,00

345,00

193,00

6

13,50

7,60

11,00

6,20

36,50

20,40

103,00

58,00

367,00

206,00

7

14,40

8,10

11,70

6,60

39,00

21,80

109,00

61,00

389,00

218,00

8

15,10

8,50

12,30

6,90

41,00

23,00

115,00

64,00

411,00

230,00

9

15,80

8,80

13,00

7,30

43,50

24,40

121,00

68,00

433,00

242,00

10

16,50

9,20

13,70

7,70

45,50

25,50

128,00

72,00

455,00

255,00

11

17,10

9,60

14,30

8,10

48,00

27,00

134,00

76,00

478,00

270,00

12

17,70

10,00

15,00

8,50

50,00

28,00

140,00

79,00

500,00

282,00

13

18,30

10,40

15,70

8,90

52,00

29,50

146,00

83,00

522,00

296,00

14

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10,70

16,30

9,30

54,00

30,50

152,00

86,00

544,00

309,00

15

19,50

11,10

17,00

9,70

57,00

32,50

158,00

90,00

566,00

321,00

16

20,00

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17,60

10,00

59,00

33,50

165,00

94,00

588,00

335,00

17

20,60

11,70

18,30

10,40

61,00

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171,00

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610,00

348,00 360,00

18

21,20

12,10

19,00

10,80

63,00

36,00

177,00

101,00

632,00

19

21,70

12,40

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245,00

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875,00

506,00

30

Qui a droit à l’intervention patronale? Ont droit à une intervention patronale dans leurs frais de transport sur base des tarifs des transports en commun: - tous les ouvriers; - tous les employés sans plafond de revenus.

Pour quels moyens de transport? Chemin de fer Les employeurs ont l’obligation de rembourser une partie (moyenne de 60%) de la carte train, sur base des barèmes repris dans le tableau. Mais ils peuvent faire mieux: si l’employeur monte son intervention à 80%, l’Etat met les 20% restants pour assurer la gratuité. Bus, tram, métro Les employeurs doivent également intervenir dans les frais de transport des travailleurs qui font le trajet en bus, tram ou métro. Toutefois, ce déplacement doit atteindre au moins 5 km. On distingue deux modes d’intervention: - pour les abonnements dont le prix est proportionnel à la distance parcourue, l’intervention de l’employeur est la même que celle prévue pour les trains mais avec un maximum de 60% du prix réel; - pour les abonnements urbains et suburbains, dont le prix est forfaitaire, l’employeur doit payer 56% du coût, avec un maximum correspondant à l’intervention patronale pour un trajet en train de 7km. Certaines entreprises organisent le transport de leurs employés ou remboursent davantage, voire même remboursent d’autres frais, en vertu de conventions d’entreprises ou sectorielles. Votre délégué ou votre permanent syndical régional pourra vous renseigner à ce sujet.

28,00

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27,00

15,60

90,00

52,00

251,00

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Railflex pour les temps partiels

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987,00

582,00 620,00

Les travailleurs à temps partiel qui font le trajet en train peuvent se procurer une carte Railflex, qui comprend 5 trajets aller-retour, valables pendant 15 jours calendrier. Le retour ne doit pas avoir lieu obligatoirement le même jour. L’intervention de l’employeur reprise dans le tableau pour la carte Railflex n’est pas une intervention mensuelle mais bien un remboursement par carte Railflex utilisée.

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L’indemnité vélo: combinable avec le train L’indemnité vélo est accordée par les employeurs aux membres de leur personnel qui viennent au travail à vélo et qui en font la demande. Elle est exonérée d’impôts sur les revenus à concurrence de 0,15€ du kilomètre. L’indemnité ne peut être un montant forfaitaire; elle doit donc être calculée en fonction de nombre de kilomètres parcourus. Il incombe à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour déterminer avec certitude le nombre de déplacements réellement effectués à vélo, ainsi que la partie de l’indemnité exonérée d’impôts. De plus, l’indemnité peut être accordée, même si on combine le vélo avec le train ou un autre transport en commun. Mais la règle impose que l’on ne puisse être indemnisé qu’une seule fois pour le même trajet. Le travailleur ne peut donc pas se faire rembourser au titre de déplacement vélo un trajet qui est déjà remboursé pour l’usage d’un transport en commun. L’indemnité vélo ne peut être octroyée que pour les trajets effectivement parcourus à vélo, entre le domicile et la gare ou l’arrêt de bus, par exemple. Enfin, cette indemnité porte uniquement sur des trajets effectués entre le domicile et le lieu de travail. Elle ne concerne pas les kilomètres parcourus en déplacement pendant les heures de service, pour se rendre à une réunion.


12

ÉNERGIE

SYNDICATS • N°02 • 25 JANVIER 2008

> ELARGISSEMENT DU FONDS SOCIAL MAZOUT

Plus de 300.000 familles concernées Le 11 janvier dernier, le Conseil des Ministres a approuvé l’élargissement de l’accès au Fonds social mazout. Une décision prise pour répondre à l’augmentation constante des prix des produits pétroliers (le prix du baril du pétrole atteignant, il y a peu, les 100$!). En effet, la flambée des prix engendre de sérieuses difficultés à se chauffer l’hiver, non seulement pour les ménages les plus défavorisés mais aussi pour les familles à revenus moyens. Ces dernières ont de plus en plus de mal à régler la facture de chauffage. Remplir sa citerne de mazout se fait désormais au détriment d’autres besoins essentiels comme la nourriture ou encore les médicaments… Rappelez-vous, il y a 3 ans, le Fonds social mazout était créé. Son objectif? Venir en aide aux personnes les plus défavorisées pour qui l’augmentation brutale et constante du prix du mazout était synonyme de grosses difficultés au moment de remplir sa cuve à mazout et de régler une facture «chauffage» toujours plus élevée. Le Fonds mazout est un fonds structurel qui intervient chaque année durant la période de chauffe: du 1er septembre au 31 mars. (Son intervention couvre le mazout de chauffage en vrac ou à la pompe; Prix au litre mentionné sur la facture

le pétrole lampant à la pompe; le propane en vrac). Au moment de sa mise en place, il venait en aide à 3 catégories de personnes, soit à près de 100.000 ménages par an: - les personnes qui bénéficient d’une intervention majorée de l’assurance maladie invalidité (VIPO, OMNIO, bénéficiaires du revenu d’intégration…) - les personnes qui n’ont pas de statut social mais dont le montant annuel des revenus imposables bruts est inférieur ou égal à 13.512€ majorés de 2.501€ par

personne à charge. - les personnes en situation de surendettement qui sont dans l’incapacité de payer leur facture de chauffage. Désormais, le Fonds s’adresse à une catégorie supplémentaire de personnes: celles dont le montant annuel des revenus imposables nets du ménage ne dépasse pas 22.873€. La montant de l’intervention devient aussi plus important. Pour mieux coller à la consommation moyenne des ménages, le Fonds

Allocation au litre pour les 3 premières catégories

Allocation pour 1500 litres pour les 3 premières catégories

Allocation au litre pour la nouvelle catégorie

Allocation pour 1500 litres pour la nouvelle catégorie

0,4900 à 0,5150€

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0€ 0€

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0,5650 à 0,5900€

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0,6400 à 0,6650€

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0,6650 à 0,6900€

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0,6900 à 0,715€

13 cents

195€

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90€

Plus de 0,715€

14 cents

210€

7 cents

105€

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de l’assuran

interviendra davantage si le prix du mazout dépasse le seuil de 0,715€/litre. Les personnes qui achètent leur mazout à la pompe, c’est-à-dire celles qui éprouvent les plus grandes difficultés financières, bénéficieront d’une intervention forfaitaire

de 150€ (100€ auparavant) Dans sa nouvelle formule, le Fonds mazout devrait intervenir auprès de quelque 300.000 ménages par an. Il entrera en vigueur dès le 1er février mais les factures à partir du 1er janvier pourront être prises en compte.

Vers un Fonds social unique? Le Ministre socialiste des Pensions et de l’Intégration sociale, Christian Dupont, est à l’origine de cette demande d’élargissement du Fonds. Un élargissement qui veut répondre au plus urgent, à savoir aider les gens à se chauffer en plein cœur de l’hiver. Mais, pour le Ministre, il est essentiel de renforcer les mesures en faveur des économies d’énergie et du développement durable afin de diminuer notre dépendance par rapport aux énergies fossiles. Christian Dupont a pour ambition d’aller encore plus loin en mettant sur pied un fonds social unique garantissant l’égalité de traitement entre tous les ménages, quel que soit leur mode de chauffage (mazout, gaz, électricité…). Affaire à suivre…


Syndicats FGTB n°2 - 25 Janvier 2008