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N°02 • BIMENSUEL • 65ème année Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 83 11 syndicats@fgtb.be Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

29 JANVIER 2010 • Éd. LIÈGE

notre dossier

Quel accompagnement pour les chômeurs? L’actualité de ces dernières semaines est marquée par un déluge de restructurations, de fermetures d’entreprises et de pertes d’emplois. OPEL Anvers: - 2.600 emplois (et au moins autant chez les sous-traitants); AB Inbev: 800 emplois dans le collimateur; HP Diegem: -324 emplois; BASF Feluy: - 133 emplois; UCA Yarns Bruges: - 107 emplois; Depoortere Fabrics Mouscron: - 85 emplois; DECTO Fleurus: - 57 à 117 emplois; UCB, DHL, Brinks, etc. etc. … L’emploi fond à vue d’œil. Est-il dès lors logique de demander aux chômeurs de se démener pour chercher un emploi alors que ceux qui en ont un n’arrivent pas à le garder? Certains, dont les employeurs et la ministre de l’Emploi, disent que plus que jamais, il faut «accompagner» les demandeurs d’emploi. Mais «activer», est-ce accompagner? Le débat est lancé.

DOSSIER EN PAGES 8 & 9

EDITO

Laisseznous travailler! Page 3

DECTO FLEURUS

Les banques préfèrent le fric à l’emploi Pages 5 & 12

SNCB

Les tarifs nouveaux sont arrivés Page 7

MALADIES PROFESSIONNELLES

Une première victoire pour les victimes Page 11


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

LUXEMBOURG

BRABANT WALLON

Mission FGTB en Palestine Du 29 novembre au 5 dĂŠcembre s’est dĂŠroulĂŠe une mission FGTB en Palestine. Il s’agissait d’une part d’Êvaluer les projets de coopĂŠration de la Centrale GĂŠnĂŠrale sur place, d’autre part d’Êtudier la possibilitĂŠ de conclure de nouveaux accords, et enďŹ n de se rendre compte de l’Êvolution de la situation. Pour beaucoup de participants, c’Êtait la première expĂŠrience. Tous ont ĂŠtĂŠ ĂŠcoeurĂŠs par la situation d’exploitation et de dĂŠpendance dans laquelle on maintient le peuple palestinien. Certaines situations Ă  HĂŠbron, Qualquilia et JĂŠrusalem sont mĂŞme rĂŠvoltantes et on comprend la souffrance de ce peuple.

La FGTB Luxembourg vous donne la parole!

Lors de ce voyage, le secrÊtaire rÊgional, Pierre LEVEQUE, a eu l’occasion de nouer des contacts fructueux avec les syndicats palestiniens. On le voit ici remettre le drapeau de la FGTB Brabant wallon au responsable syndical du syndicat PGFTU à HÊbron.

Permanences sociales Ă  la FGTB Brabant Wallon

La FGTB Luxembourg tiendra son congrès d’orientation le 24 avril 2010. C’est un moment important qui permettra Ă  notre organisation de ďŹ xer ses grands objectifs pour les annĂŠes Ă  venir. AďŹ n de prĂŠparer au mieux ce Congrès, la FGTB Luxembourg, toutes centrales confondues, souhaite donner le plus largement possible la parole Ă  ses dĂŠlĂŠguĂŠs et militants bien sĂťr mais aussi Ă  ses afďŹ liĂŠs. C’est pourquoi nous lançons une grande enquĂŞte en collaboration avec l’UniversitĂŠ de Liège. Celle-ci s’adressera Ă  tous nos dĂŠlĂŠguĂŠs ainsi qu’à un ĂŠchantillon de plus de 1.500 afďŹ liĂŠs choisis alĂŠatoirement. Si vous recevez dans les prochains jours un questionnaire Ă  la maison, prenez le temps d’y rĂŠpondre. Votre avis nous intĂŠresse, il nous permettra d’amĂŠliorer votre syndicat.

Tu es travailleur sans emploi? Tu ne veux pas te laisser abattre? Tu ne veux pas rester les bras croisÊs face aux injustices du monde du travail? Tu as envie de t’intÊresser à l’actualitÊ du chômage, ou de t’impliquer dans des actions de formation, de sensibilisation ou de protestation? Tu vas être convoquÊ dans le plan d’accompagnement des chômeurs? Rejoins notre groupe de Travailleurs sans emploi. RÊunion le 16 fÊvrier de 9h30 à 12h, à la Centrale GÊnÊrale FGTB, rue de Namur 24 à 1400 NIVELLES (2ème Êtage). Les frais de dÊplacement sont remboursÊs.

Rue du GÊant, 4 bte 3 - 1400 NIVELLES - 067/21.50.06 HORVAL (Alimentation Horeca Services) Tous les lundis matin de 9h00 à 12h00 nanuzska.cartiaux@live.fr UBOT (transport, logistique) & TEXTILE Le 3ème vendredi matin de chaque mois de 9h00 à 12h00 michel.dillies@ubot-fgtb.be - TÊl: 056/85.33.44- Fax: 056/85.33.19 Et sur rendez-vous philippe.duquene@ubot-fgtb.be - TÊl: 0488/233.311 CGSP ENSEIGNEMENT Tous les mercredis après-midi de 14h00 à 17h00 jythibaut@cgspacod.be & julien.maquestiau@cgsp.be CGSP INTERSECTORIELLE Le 4ème vendredi matin de chaque mois de 10h00 à 12h00 willy.sisani@cgsp.be - alain.semal@cgsp.be philippe.leclercq@cgsp.be CGSP POSTE Le 4ème mardi matin de chaque mois de 9h00 à 12h00 poste.charleroi@cgsp.be - TÊl: 071/79.71.11 - GSM: 0477/840.108 IZQUIERDO Eve

06 janvier 2010 Éditeur responsable: Pierre LEVÊQUE rue du GÊant, 4 bte 3 – 1400 NIVELLES

Bienvenue Ă  tous.

Les Centrales Professionnelles, Le PrĂŠsident, Le SecrĂŠtaire RĂŠgional Interprofessionnel.

NAMUR 6e$1&(6'Âś,1)263285/(675$9$,//(856 )5217$/,(56%(/*2/8;(0%285*(2,6 /HVLPS{WV

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Ensemble (re) construisons notre avenir! e chômage vous laisse sans repère et sans perspective?! Vous hÊsitez entre vous former et rechercher de l’emploi? Vous ne savez pas oÚ, ni dans quel secteur chercher ou encore, vous n’êtes pas sÝr que le mÊtier est fait pour vous.

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> DÉCOUVERTES HORIZONS

Alors rendez vous en ÂŤDĂŠcouvertes HorizonsÂť! Cette initiative a ĂŠmergĂŠ de travailleurs sans emploi soucieux des difďŹ cultĂŠs vĂŠcues par leur pairs. Nous vous proposons une formation interactive centrĂŠe sur vous, vos besoins et vos compĂŠtences. Durant 38 jours, nous vous proposons de faire un chemin qui vous amènera, en toute convivialitĂŠ, Ă  dĂŠcouvrir vos atouts et vous mettre en route vers un projet qui vous convient. Au programme, vous ferez le point sur vos expĂŠriences, sur vos qualitĂŠs,

vous produirez un CV efďŹ cace mais maitriserez aussi plus largement la communication‌ De plus, vous pourrez dĂŠcouvrir via une brève pĂŠriode de stages la rĂŠalitĂŠ en entreprise. Après ces 38 jours vous repartirez avec un plan d’action concret rĂŠpondant Ă  vos questions sur que faire et comment faire pour dĂŠcrocher un emploi. La prochaine formation ÂŤDĂŠcouvertes HorizonsÂť se dĂŠroulera Ă  Falisolle et dĂŠbutera ďŹ n mars, mais la sĂŠlection du groupe se fait actuellement. Prenez rendez-vous avec notre ĂŠquipe pour obtenir tous les dĂŠtails. AFICo: rue Dewez 40-42, 5000 Namur. TĂŠlĂŠphone 081/649.952. La formation est ouverte Ă  tout demandeur d’emploi inoccupĂŠ dĂŠsireux de se remettre en projet.

Durant le module, vous serez couvert par un contrat qui vous garanti remboursement de vos frais de dĂŠplacements, d’une intervention dans les frais de garderie et d’une intervention d’un euro (brut) de l’heure. Pour faciliter la participation de tout un chacun, il n’y pas de cours les mercredis. Voici ce qu’en dit un de nos participants: ÂŤAu dĂŠbut le fait de parler de soi devant un groupe est parfois difďŹ cile, au ďŹ l du temps, on se connait mieux, on est plus sĂťr de nousÂť Ou encore une autre citation de Charles F. Kettering que l’Êquipe associe Ă  la formation: ÂŤJe m’intĂŠresse Ă  l’avenir parce que c’est lĂ  que je vais passer le reste de ma vieÂť.


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BRUXELLES

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

Activation des chômeurs: stop ou encore? Le problème fondamental de notre Région ne réside pas dans une prétendue «indisponibilité des chômeurs» mais bien dans un manque d’emplois convenables accessibles aux Bruxellois et dans une insuffisance d’offres de formation. Dans le contexte de crise actuelle, la procédure d’activation du comportement de recherche d’emploi apparaît de plus en plus comme totalement inadaptée et terriblement injuste.

Cette résolution se basait sur une conviction: dans une Région comme Bruxelles, où près d’ 1 travailleur sur 5 est sans emploi, il serait parfaitement inadmissible de faire porter la responsabilité du non-emploi sur les chômeurs: le problème fondamental de notre Région ne réside pas dans une prétendue «indisponibilité des chômeurs» mais bien dans un manque d’emplois convenables accessibles aux Bruxellois et dans une insuffisance d’offres de formation. Depuis 2004, la FGTB de Bruxelles

De moins en moins d’emplois Depuis la fin de l’année 2008, le monde connaît une crise économique et sociale qui, par son ampleur, rappelle la grande dépression de 1929. En Belgique, les annonces de licenciements et de restructurations se multiplient; la Banque nationale estime que, compte tenu de la diminution de l’activité en 2009, et du caractère extrêmement modéré de la reprise en 2010, le nombre de personnes occupées devrait continuer de reculer tout au long de l’année en cours; en moyenne annuelle, les pertes nettes d’emplois atteindraient respectivement 27.000 et 64.000 personnes, en 2009 et en 2010; le taux de chômage passerait de 7% en 2008 à 9% en 2010. Dans un tel contexte, la procédure d’activation du comportement de recherche d’emploi apparaît de plus en plus comme totalement inadaptée et terriblement injuste. Il est en effet particulièrement difficile de comprendre que les pouvoirs publics puissent vouloir sanctionner encore des chômeurs alors que l’emploi est de moins en moins disponible. La vérité est cruelle: toutes choses égales d’ailleurs, de nombreux chômeurs (et plus particulièrement les plus précarisés d’entre eux) n’ont quasiment plus de perspectives d’emploi à court ni à moyen terme… Depuis la mise en œuvre de la nouvelle réglementation, la FGTB de Bruxelles procède, avec l’aide de ses intervenants syndicaux de terrain, à une analyse et à une évaluation régulières de son application. En temps «normal» (hors période de crise), elle n’a pu que constater que la mesure pose déjà de nombreux problèmes: sanctions en hausse constante, touchant plus particu-

lièrement les personnes les plus précarisées et les moins qualifiées, procédures purement administratives, «contrats» trop standardisés, souvent inadaptés à la situation du demandeur d’emploi et/ou du marché de l’emploi bruxellois, absence d’objectivité dans l’évaluation des contrats, report de charge sur les finances des CPAS et donc, in fine, sur les finances communales…

de 18 ou plus de 21 mois d’inactivité, selon leur âge. (2) A noter: notre critique ne porte pas sur le travail des facilitateurs ONEm qui, dans leur immense majorité, tentent de remplir correc-

26 rue de la Victoire 1060 Bruxelles (Porte de Hal)

Aujourd’hui, par l’effet de la crise économique et sociale, tous ces problèmes prennent bien sûr une ampleur nouvelle (2). C’est pourquoi, sans renoncer en rien aux programmes d’aide à la recherche d’emploi, la FGTB de Bruxelles demande la suspension immédiate de la «procédure d’activation du comportement de recherche d’emploi». Elle revendique, en outre, une augmentation des moyens financiers destinés à l’accompagnement et à la formation, afin de permettre à l’Office régional de l’emploi (Actiris) comme aux Opérateurs publics de formation professionnelle de proposer un accompagnement/ une formation adapté(e) à chaque demandeur d’emploi. Elle partage enfin la conviction de la FGTB fédérale qu’il appartient aux pouvoirs publics de mettre en œuvre de nouvelles mesures ambitieuses de relance économique et de s’interdire tout fatalisme.

Philippe VAN MUYLDER Secrétaire général (1) Arrêté royal portant modification de la réglementation du chômage à l’égard des chômeurs complets qui doivent rechercher activement un emploi. Chômeurs de longue durée de moins de 50 ans totalisant plus

tement leur mission: elle porte frontalement sur la réglementation elle-même (nous savons bien qu’il n’appartient pas aux agents de l’ONEm d’établir la réglementation…).

Tél: O2 543 03 00 Site: www.universitepopulaire.be Mail: info@universitepopulaire.be

Cycle « Pensée(s) de crise(s) »

Thomas COUTROT Economiste, membre du conseil scientifique d'Attac-France

« sur la longue marche de la société civile » … Mercredi 3 février 2010 De 18H00 à 20H30 (ouverture des portes à 17H30, bar-sandwiches sur place)

Editeur responsable: Alain LEDUC, 26 rue de la Victoire, 1060 Bruxelles

Dans sa résolution Aider sans exclure (Congrès statutaire 2006) la FGTB de Bruxelles soulignait: «En menant des politiques d’activation (activation des travailleurs et de leurs allocations sociales), l’«Etat social actif» déclare se donner pour objectifs de rendre plus efficace notre système social et de réduire le déficit de la sécurité sociale. De telles politiques reposent sur une conviction: «pour combattre la pauvreté, la seule solution c’est l’emploi». Certains ajoutent: «l’emploi, quelles qu’en soient la nature et la qualité». Dans cette logique, «un emploi précaire vaut mieux que pas d’emploi du tout». Ce n’est pas l’analyse de la FGTB de Bruxelles. Certes, les pouvoirs publics doivent relever les défis du chômage et de l’exclusion, en définissant de nouvelles politiques de «plein emploi». Dans ce cadre, les mesures d’accompagnement et d’aide à la recherche d’un emploi, les dispositifs d’insertion et de formation, ainsi que l’utilisation de ressources collectives pour créer de nouveaux emplois d’intérêt général ont toute leur utilité, mais à la double condition de respecter la dignité humaine et les acquis sociaux, c’est-à-dire sans exclure, ni précariser l’emploi existant. En outre, ces politiques exigent, à tout le moins, comme préalable, le réinvestissement des pouvoirs publics dans la formation des travailleurs et les politiques de relance de l’emploi.»

Pour notre part, nous considérons que la priorité doit être accordée à la «chasse» aux employeurs qui recourent au travail au noir, mais aussi à la revalorisation de la condition salariale. En effet, beaucoup de travailleurs bruxellois sont piégés par des indemnités ou des salaires trop bas, qui les incitent, pour «joindre les deux bouts», à répondre favorablement à des offres de travail au noir…

En partenariat avec:

Aider sans exclure

travaille au quotidien aux côtés des demandeurs d’emploi convoqués par l’ONEm afin d’éviter à toute force que le nouveau système ne débouche sur une «chasse aux chômeurs».

Avec le soutien de

Depuis juillet 2004, l’ONEm est chargé de convoquer les chômeurs de longue durée de moins de 50 ans (1) à des entretiens de contrôle afin d’évaluer, au cas par cas, leurs efforts de recherche active d’emploi. L’objectif de cette réglementation est double: activer le comportement de recherche d’emploi des chômeurs et sanctionner ceux qui ne font «pas suffisamment d’efforts» pour trouver un emploi.


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

CENTRE

CHARLEROI-SUD - HAINAUT

CHARLEROI

Hommage aux Anciens du SETCa Charleroi

Quand? le mardi 9 mars 2010. A cette occasion, le SETCa de Charleroi fĂŞtera ses afďŹ liĂŠ(e)s ayant atteint, entre le 1er janvier 2005 et le 31 dĂŠcembre 2009, 20 ans, 30 ans, 40 ans ou 50 ans d’afďŹ liation au SETCa. Si vous remplissez les conditions, nous vous proposons de nous retourner le formulaire ci-dessous avant le 31 janvier 2010 ou le remettre Ă  votre dĂŠlĂŠguĂŠ(e) syndical(e). Nom ...................................................................................................................................................................................................... PrĂŠnom ................................................................................................................................................................................................ Adresse ................................................................................................................................................................................................ CP : ...................................LocalitĂŠ : ................................................................................................................................................... Date de naissance ........................................................................................................................................................................... Dernière entreprise ........................................................................................................................................................................ AfďŹ liĂŠ(e) depuis le .......................................................................................................................................................................... Signature SETCa Charleroi quai de Brabant 9 – 6000 Charleroi

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DÊsolÊe, c’est monstrueux (thÊâtre) de et par VÊronique CASTANYER Vendredi 19 fÊvrier 2010, à 20h00

Best of des deux spectacles ÂŤJe suis dĂŠsolĂŠeÂť et ÂŤC’est monstrueuxÂť, la fameuse saga familiale avec MarieClaire, sa ďŹ lle Charlotte, les petites jumelles Aurore et Juliette, la grand-mère et la BĂŠatrice. Pirouettant de personnage en personnage, VĂŠronique CASTANYER pose un regard tendre, pointu et drĂ´le sur les diffĂŠrentes saisons de la vie. InstantanĂŠ d’une famille dans ses gestes du quotidien. ÂŤIl y a des spectacles devant lesquels on a simplement envie de s’incliner et de dire merci. Merci de tant de drĂ´lerie et d’Êmotion, de prĂŠcision et de fantaisie, d’humanitĂŠ et d’humour, de vivacitĂŠ et de gravitĂŠ. Merci d’avoir su dire, avec si peu de moyens visibles, tant de choses que l’on avait sur le cĹ“ur, d’avoir dĂŠnouĂŠ tant de nĹ“uds intĂŠrieurs, de nous avoir en dĂŠďŹ nitive, rĂŠconciliĂŠ avec le pire en distribuant du plaisir (Jacques de DECKER - Le Soir).Âť

Un cycle de six spectacles organisÊ en partenariat avec la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT et avec le soutien de la CommunautÊ Française et de la Direction gÊnÊrale des Affaires culturelles du Hainaut. INFOS ET RÉSERVATIONS AU 071/641.262 – www.cenforsocasbl.be

   



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Les P’tits Plaisirs de Cenforsoc au ThÊâtre Poche, rue du fort 70 à Charleroi

    

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MONS - BORINAGE

Nos permanences OFFICE DE DROIT SOCIAL (ODS) RĂŠsidence ÂŤLe CentreÂť - Grand Rue 67-69 -1er ĂŠtage (magasin ÂŤMatchÂť) - 7000 Mons TĂŠl.: 065.32.38.70 - Fax: 065.32.38.79

1. Service juridique et ÂŤAccompagnement des chĂ´meursÂť Du lundi au jeudi: de 08h30 Ă  12h00 Le vendredi: de 08h00 Ă  12h00 Du lundi au vendredi: de 13h45 Ă  16h00 (uniquement sur rendez-vous)

2. DĂŠpartement ÂŤAllocations familialesÂť Le lundi, mardi et vendredi: de 08h30 Ă  12h00 Le jeudi: de 13h45 Ă  16h00 (uniquement sur rendez-vous)

Section chômage de Mons, Lens, Jurbise Rue Lamir 18/20 – 7000 Mons TÊl. 065/32.38.11 - Fax 065/32.38.26 Chômage et PrÊpensions TÊl. 065/32.38.27 ou 065/32.38.28 Fax 065/32.38.91

SERVICE CHOMAGE Ouvert le lundi, mardi, mercredi et vendredi de 8h00 Ă  12h00. FermĂŠ le jeudi.

Mons:

ÂŤUsinesÂť et ÂŤFrontaliersÂť: TĂŠl. 065/32.38.35 - Fax 065/32.38.91

Boussu: Section chĂ´mage de Boussu et Hornu

Rue du Centenaire 78 Ă  7300 Boussu TĂŠl. 065/78.19.67 - Fax 065/66.84.49

Dour: Section chĂ´mage de Dour et Hauts Pays Rue Grande 100 Ă  7370 Dour TĂŠl. 065/61.39.90 - Fax 065/63.26.22 Frameries: Section chĂ´mage de Colfontaine, Frameries et QuĂŠvy Rue des AlliĂŠs 72 Ă  7080 Frameries TĂŠl. 065/46.82.46 - Fax 065/66.31.73

Quaregnon: Section chĂ´mage de Jemappes-FlĂŠnu, Quaregnon-WasmuĂŤl Rue du Village 126 Ă  7390 Quaregnon TĂŠl. 065/61.39.80 - Fax 065/82.49.61 Tertre - Saint-Ghislain: Section chĂ´mage de Saint-Ghislain, Tertre, Baudour, Hautrage, Villerot, Herchies, Sirault et Neufmaison Rue Defuisseaux 83 Ă  7333 Tertre TĂŠl. 065/61.20.90 - Fax 065/62.04.57


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

LIÈGE - HUY - WAREMME Promotion & Culture ASBL propose : Une formation d'orientation professionnelle Tu désires : * T’autonomiser dans la réalisation de tes démarches de recherche d’emploi ou de formation

* Faire ton bilan de compétences et t'orienter

Tu as entre 18 et 50 ans ?

ET

* Définir ton projet professionnel * Acquérir des outils de recherche d’emploi (CV, lettre de motivation) * Préparer l’entretien d’embauche

Tu es demandeur d’emploi complet indemnisé

* Découvrir les réalités du marché de l’emploi et de la formation (Forem, Onem, Syndicats, opérateurs de formation…)

Alors, cette formation est pour toi !

Information aux affiliés du SETCa

* Faire face au plan d’accompagnement des chômeurs

Cette formation comprend : - 4 semaines de cours - un stage de 5 jours en entreprise - la visite du Carrefour Emploi Formation (Forem)

Quoi ? Quand et Ed.responsable : JF. RAMQUET, Place St-Paul, 9-11 à 4000 Liège

OU ? Informations Inscription

Un module de formation de 4 semaines, 20h par semaine, du lundi au jeudi. Et une semaine de stage en entreprise du lundi au vendredi.

Session 1 : (Place Saint-Paul 9/11, 4000 Liège) du 1er mars au 2 avril 2010 Session 2 : (Rue large voie 36, 4040 Herstal) du 10 mai au 11 juin 2010 Session 3 : (Grand Route 122, 4400 Flémalle) du 6 septembre au 8 octobre 2010 Anne Truillet, Promotion & Culture Tél. : 04/221 96 60 Mail : anne.truillet@fgtb.be

Afin de mieux répondre à la demande, le service juridique vous accueillera dorénavant aux heures d’ouverture suivantes: Celui-ci sera dorénavant accessible aux affiliés les jours suivants: - le lundi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 - le mardi de 8h30 à 12h30 - le mercredi de 13h30 à 17h00 - les jeudi et vendredi de 8h30 à 12h30 Permanences téléphoniques: - le mardi de 13h30 à 16h30

* Avec le soutien du Forem Cette formation donne droit à 1€ brut/heure ainsi qu'une intervention dans les frais de déplacement et de garderie.

VERVIERS

- le mercredi de 9h00 à 12h30 - les jeudi et vendredi de 13h30 à 16h30 Cet horaire entrera en vigueur le lundi 04/01/2010. Enseignement libre D’autre part, nous instaurons à partir du mercredi 13 janvier 2010 une permanence pour les affiliés de l’enseignement libre, SEL – SETCa. Elle se tiendra les 2ème et 4ème mercredis du mois de 14h00 à 16h00 dans nos locaux, place Saint-Paul, 9-11, 3ème étage à 4000 Liège


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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> L’ACTU

Hémorragie d’emplois L’actualité de ces dernières semaines est particulièrement négative : c’est moins d’emplois suite à la fermeture annoncée d’OPEL Anvers et à la vague de restructurations et fermetures d’entreprises qui sévit dans tout le pays: • OPEL Anvers: - 2.600 emplois ( et - 2.400 à 5.000 emplois chez les sous-traitants) • AB Inbev: plan de restructuration suspendu mais 800 emplois étaient dans le collimateur • HP Diegem: -324 emplois • BASF Feluy: - 133 emplois • UCA Yarns Bruges: - 107 emplois • Depoortere Fabrics Mouscron: - 85 emplois • DECTO Fleurus: - 57 à 117 emplois • UCB, DHL, Brinks, etc. etc. … Trois cas à épingler dans cette triste liste: • OPEL Belgium a été désignée par la direction de GM alors que c’est l’entreprise la plus productive du groupe et qu’elle a réalisé 3,4 millions d’euros de bénéfices après que la division belge eût cédé 30 millions d’euros pour couvrir les pertes européennes d’Opel et cela, malgré une année difficile pour l’usine d’Anvers, explique Rudi Kennes le délégué principal de la FGTB. • AB Inbev, le groupe brassicole devenu multinational, a annoncé la restructuration de ses centres belges de distribution. L’action de blocage des travailleurs a permis de suspendre le plan de restructuration mais près de 800 emplois, dont 300 en Belgique sont toujours dans le collimateur et menacés de délocalisation en Tchéquie et aux Etats-Unis alors que l’entreprise a enregistré un bénéfice de 1 milliard d’euros en 2009. • DECTO, à Fleurus, est une entreprise de fabrications métalliques en difficulté suite à la chute des commandes de Caterpillar, son seul client. A l’initiative de la centrale des Métallos de la FGTB, Decto a trouvé un repreneur prêt a réembaucher la moitié du personnel. Les banques, BNP-Paribas-Fortis et ING, sauvées par l’Etat, vont en appel contre la décision du Tribunal de Commerce qui a autorisé la reprise, parce qu’elles préfèrent le scénario de la faillite et la revente des bâtiments qui, espèrent-elles, leur rapporteraient plus que la poursuite des activités… Même topo pour Depoortere, en faillite parce que DEXIA lui a refusé un crédit pont. C’est dans ce contexte que le front commun syndical a organisé le 29 janvier une marche pour l’emploi à Bruxelles, axée sur 6 thèmes: • Mettre un terme au dumping éhonté à l’égard des travailleurs. • Maintenir, relancer et créer de l’emploi chez nous et au niveau européen. • Plus d’emploi pour les jeunes et les chômeurs. • Conditionner toute aide publique au maintien et à la création d’emploi. • Défendre l’emploi dans les services publics. • L’accompagnement des chômeurs ainsi qu’un moratoire du système de contrôle de disponibilité, avant sa réforme en profondeur.

Appel à la solidarité pour Haïti Suite à l’extrême gravité de la catastrophe survenue en Haïti, la FGTB se mobilise pour apporter son soutien aux victimes et fait appel à votre générosité! Haïti, cette île des Caraïbes déjà touchée par l’instabilité politique, la pauvreté extrême et les catastrophes naturelles à répétition, vit aujourd’hui son énième tragédie. Touché par un séisme d’une rare intensité, le pays est plongé dans le chaos. Plus de 100.000 personnes ont péri, des millions de citoyens se retrouvent sans logement, les blessés ne se comptent plus et l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise d’heure en heure. Les Haïtiens sont aujourd’hui dépourvus de tout moyen de communication et manquent de tout: nourriture, eau, matériel médical, secours d’urgence... Mais vous pouvez les aider… Les victimes comptent sur votre générosité, alors aidez-les en versant vos dons à Solidarité Socialiste sur le compte 000-0000054-54 (IBAN: BE42 0000 0000 5454 - BIC: BPOTBEB1). Communication: «Solidarité Haïti». Titulaire: Solidarité Socialiste FC&D - Rue Coenraets 68 - 1060 Bruxelles. Les dons ainsi récoltés serviront à la mise en place de centres de secours sanitaires et à la réhabilitation des infrastructures de santé en Haïti. Solidarité Socialiste est une organisation non-gouvernementale de coopération au développement, créée par l’Action Commune Socialiste (syndicat, mutualité, coopératives et parti) afin de contribuer au développement d’un monde plus juste et plus démocratique. Tous les dons de 30 euros au moins peuvent être reportés sur votre déclaration fiscale et vous donnent droit à une réduction d’impôts. Vous pouvez également consulter cette information sur notre site web (www.fgtb.be).

> ÉDITO

Laissez-nous travailler! Face au déluge de licenciements, de restructurations, de délocalisations partielles ou totales, et dans un contexte d’explosion des chiffres du chômage, de difficultés à joindre les deux bouts pour des dizaines de milliers de familles, d’inquiétude pour l’avenir, de ressentiment contre un système injuste qui méprise les travailleurs et les traite comme des Kleenex à jeter après usage, on s’attendait à ce que les organisations d’employeurs fassent profil bas. C’est pourtant le contraire qui se passe: l’ensemble du monde patronal, du Nord et du Sud, des petites ou des grandes entreprises, s’unit pour lancer une offensive tous azimuts contre les travailleurs. Dans un manifeste intitulé «Laissez-nous entreprendre», les employeurs belges de tous bords lancent une attaque en règle contre: - le niveau des salaires et le système de l’indexation automatique - le «manque d’activation» du système de chômage - les préavis des employés qu’ils entendent ramener de 3 mois à «quelques semaines par tranche de 5 années d’ancienneté» et les primes de licenciement jugées trop élevées - les prépensions et l’âge de la pension ou les conditions de carrière Le recul social est, pour eux, la condition indispensable pour créer un «environnement favorable pour les entrepreneurs», «créer des emplois et de la prospérité»… 3 milliards et plus par an de déductions fiscales via les intérêts notionnels, 7 milliards par an d’aides diverses et variées à l’emploi, un système de chômage économique dont les employeurs usent et abusent et qui leur a fait épargner 1 milliard en 2009, des systèmes de prépension sans cesse dénoncés mais bien utiles pour virer les travailleurs âgés et mieux faire passer les plans sociaux en cas de restructuration, ce n’est pas, à entendre les employeurs, un environnement favorable… Il leur en faut plus. C’est-à-dire moins pour les travailleurs. Moins de salaire, moins de droits, moins de sécurité. Fermer OPEL, l’entreprise la plus performante du groupe GM et couler plusieurs milliers d’emplois en faisant financer le plan social par la collectivité, restructurer une entreprise comme AB Inbev malgré 1 milliard de bénéfice, préférer la faillite plutôt que la sauvegarde de l’emploi pour récupérer une poignée d’euros, comme l’ont fait BNP-Fortis et ING pour Decto à Fleurus, voilà sans doute, ce qu’est un «environnement favorable». Les entrepreneurs devraient pourtant finir par comprendre que «sans le travail, leur capital ne vaut pas un balle». Les travailleurs demandent que l’on cesse de rabaisser et de dévaloriser leur travail en essayant de le sous-payer. Ils demandent aux pouvoirs publics de cesser d’aider des entreprises à licencier. Les aides publiques doivent servir à l’emploi. Entreprendre, ce n’est pas licencier à tours de bras pour satisfaire des actionnaires avides de rendements à deux chiffres, mais se concerter avec les travailleurs pour créer de la richesse et partager cette richesse via les salaires et les mécanismes de solidarité que sont la sécurité sociale, la fiscalité et les services publics. Si on peut s’entendre sur ces objectifs, alors on pourra discuter.

Anne Demelenne Secrétaire générale

Rudy De Leeuw Président


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ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> PETITS-DÉJEUNERS - DÉBATS DE LA FGTB

Copenhague: entre déceptions et espoirs Dans le cadre des petits-déjeuners - débats organisés par le Bureau Fédéral de la FGTB, Jean-Pascal Van Ypersele, professeur à l’UCL et vice-président du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et Joël Decaillon, Secrétaire Général adjoint de la CES (Confédération européenne des Syndicats) étaient invités à exposer leur position sur les résultats du sommet sur le climat qui s’est tenu à Copenhague en décembre 2009. Entre déceptions et espoirs, le sommet représente-t-il un échec ou un petit pas en avant? ombreux sont ceux qui s’accordent sur le résultat, le sommet de Copenhague fut un échec, aussi bien d’un point de vue écologique que social: pas d’accord contraignants, ni d’objectifs ambitieux. Mais a-t-on raison d’être aussi catégorique? N’a-t-on pas fait un pas avant, aussi petit soit-il? Nos deux intervenants disent oui. Selon eux, l’objectif sur lequel les pays membres ont réussi à s’entendre, celui de limiter la hausse des températures mondiales à 2°C, représente un tournant fondamental dans les négociations. «Nous sommes maintenant capable de chiffrer le niveau de concentration des gaz à effet de serre à ne pas dépasser, commente Jean-Pascal Van Ypersele. A partir de là, on espère que les pays réagiront en conséquence afin de limiter le réchauffement.»

N

Bien entendu, une élévation des températures de l’ordre de 2°C n’est pas complètement anodine. Le GIEC le rappelle: 20 à 30% des espèces végétales et animales seront menacées d’extinction si la température augmente de 1,5 à 2,5°C par

rapport à 1990. «Si l’on veut que les températures n’augmentent pas, il faut une véritable révolution. Ce n’est pas une diminution des émissions de l’ordre de 50 à 85% qu’il faut mettre en place, mais des émissions nulles voire négatives avant la fin du siècle,» ajoute le vice-président du GIEC. Il nous rappelle aussi que l’essentiel du CO2 émis le siècle dernier provient des pays riches. Si aujourd’hui, les taux émis par les pays en développement ont dépassé ceux des pays occidentaux, il ne faut pas pour autant croire que la responsabilité est uniquement entre leurs mains. Premièrement parce que l’Europe et les Etats-Unis ont une «responsabilité historique». Ensuite, parce que la population des pays en développement est 3 à 4 fois plus nombreuse, elle émet donc davantage de gaz à effet de serre. Il est normal aujourd’hui que ces pays désirent une compensation, en bénéficiant notamment de financements et de transferts technologiques. La Chine a bien compris l’importance de ce bond technologique et est devenue le

premier producteur mondial d’éoliennes, de panneaux solaires et de batteries électriques. Pour Joël Decaillon, de nombreuses contradictions s’ajoutent au débat: «Copenhague se conclut par 3 pages rédigées par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil… L’Europe, quant à elle, ne fait pas partie de l’accord même si,

sans son intervention, Copenhague n’aurait jamais eu lieu. Aujourd’hui l’Europe doit avoir sa propre stratégie de développement. C’est prioritaire pour être un acteur actif de la négociation.» L’Europe, il est vrai, s’est trouvée fort seule ces 15 dernières années à tenter de stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, elle doit aller plus loin et continuer d’être un

moteur pour le reste du monde. En mettant l’accent sur la technologie et l’innovation, on espère la voir aboutir à la mise sur pied d’une économie verte. «L’Europe doit articuler le débat de la croissance. Elle doit être partie prenante des nouvelles technologiques,» insiste le Secrétaire Général adjoint de la CES.

> PRÉPENSIONS

> CRÉDIT-TEMPS

A quel âge et à quelles conditions?

Conditions d’accès au assouplies en cas de maladie

Le Pacte des Générations a renforcé les conditions de carrière pour les régimes généraux de prépension selon un calendrier qui s’étale jusqu’en 2028, date à laquelle les conditions de la prépension conventionnelle à 58 ans seront identiques pour les hommes et les femmes. Des régimes particuliers ont été prolongés mais sont appelés à s’éteindre. En 2010, les conditions de carrière pour la prépension à 58 ans passe à 37 ans pour les hommes et 33 ans pour les femmes contre 35 et 30 ans en 2009. Le tableau synthétique ci-dessous donne un aperçu des conditions pour tous les systèmes de prépensions. Passé professionnel minimum requis

CCT

60 ans

hommes 30 ans femmes 26 ans

CCT n° 17 (applicable dans toutes les entreprises du secteur privé)

58 ans

hommes 37 ans femmes 33 ans

CCT de secteur ou d’entreprise

58 ans

35 ans dont du travail lourd (4)

CCT de secteur ou d’entreprise

58 ans

35 ans pour les moins valides et les personnes souffrant d’un problème physique sérieux

CCT n° 91 (applicable à toutes les entreprises du secteur privé)

2010:55/56/57 ans 2011: 56/57 ans(1)

38 ans

CCT de secteur ou d’entreprise

56 ans

40 ans

CCT 92 (prolongée jusqu’au 31.12.2010)

56 ans

33 ans dont 20 ans de travail de nuit (3)

CCT secteur (max. jusqu’au 31.12.2010)

52 à 55 ans (2)

20 ans ou 10 ans dans le secteur

CCT d’entreprise en difficulté ou en restructuration

Age minimum

1) ce système disparaîtra au 01.01.2015. Des CCT avec un départ à 55 ans restent possibles jusqu’au 31.12.2010, à 56 ans jusqu’au 31.12.2012 et à 57 ans jusqu’au 31.12.2014. (2) 50 ans est possible à certaines conditions spécifiques. (3) Dans le secteur de la construction, le travailleur doit prouver 33 ans de passé professionnel et produire une attestation du médecin du travail qu’il ne peut plus poursuivre ses activités professionnelles.

Un accord sur les conditions d’accès au crédittemps a été signé à la mi-décembre au Conseil National du Travail et est entré en vigueur. Il rend désormais possible l’accès au crédit-temps suite à une longue maladie ou à un mi-temps médical. Pour accéder au crédit-temps avec réduction des prestations, il faut justifier d’une occupation chez l’employeur d’au moins un an à 3/4 temps pour le crédit-temps à mi-temps ou à temps plein pour le crédit-temps d’1/5. En cas d’incapacité de travail, on pouvait neutraliser la période couverte par le salaire garanti + 5 mois supplémentaires (suivis de 5 autres mois si l’incapacité était la conséquence d’une maladie professionnelle ou d’un accident de travail). Depuis le 1er janvier, les périodes d’incapacité de travail sont entièrement neutralisées (quelle qu’en soit la durée), pour autant que l’employeur n’émette pas d’objections écrites pour des raisons liées aux besoins organisationnels. Cela signifie que même si on a été absent du travail pour cause de maladie ou d’accident pendant une très longue période, on peut néanmoins demander un crédit-temps à mi-temps ou 1/5e temps. Alors que les périodes de maladie supérieure à 6 mois empêchaient de remplir les conditions d’occupation reprises ci-dessus, on n’en tiendra à l’avenir plus compte pour le calcul de la durée d’occupation. De même, si on se trouve dans la situation d’un «temps partiel médical», c’est-à-dire d’une reprise progressive du travail à temps partiel complété d’une indemnité de la mutuelle pour le temps partiel non presté, cette période est également neutralisée dans le calcul de l’ancienneté nécessaire pour accéder au crédit-temps. Ainsi, le travailleur qui se trouve déjà dans un tel système de reprise progressive du travail peut maintenant poursuivre son régime de travail à temps partiel dans le cadre d’un crédit-temps.


ACTUALITÉ

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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> DECTO FLEURUS

Pour une poignée d’euros…. Fortis & ING préfèrent l’argent à l’emploi Les travailleurs sont d’accord, le Tribunal de commerce de Charleroi est d’accord: Decto, sis à Fleurus, sous-traitant de Caterpillar, peut survivre et poursuivre ses activités avec la moitié du personnel sous la houlette du repreneur français Oxycentre. Mais les banques créancières ne l’entendent pas de cette oreille. Pour récupérer une poignée d’euros, BNP-Fortis et ING préfèrent le scénario catastrophe: lock-out pour les 117 travailleurs et revente de l’usine. Les banques sauvées de la banqueroute fin 2008 avec l’argent de la collectivité, n’entendent pas rendre la pareille… Pour une poignée d’euros, elles sont prêtent à tuer 60 emplois. in 2008, la crise des subprimes touche l’Europe. Les principales banques du Pays, Fortis et ING en tête, ont le couteau sous la gorge et supplient l’Etat de les aider. L’Etat n’a pas le choix. Ce sont des banques dites «systémiques», c’est-à-dire essentielles à l’économie du pays: sans crédit, les entreprises ne peuvent plus fonctionner. Et puis il faut sauver l’épargne, sinon, tout le système financier qui repose sur la confiance s’effondre.

F

On connaît la suite: plus de 20 milliards sont débloqués pour sauver les banques. Fortis Holding est démantelée et la branche banque est bradée à BNP-Paribas qui fait l’affaire du siècle sur le dos des actionnaires et des contribuables belges. La dette publique explose. Le déficit de l’Etat aussi. Puis l’onde de choc s’étend aux entreprises. Chute des commandes. Blocage du crédit. Chômage. Chute de la consommation des ménages, etc. C’est la m….!

Merci les multinationales! Un an plus tard, les banques qui nous y ont mis, reprennent du poil de la bête. Les bénéfices reviennent. Les bonus généreux distribués aux traders font scandale, mais il faut bien – avancent les banques – s’assurer les services des meilleurs... Les cours de la Bourse se redressent. Mais les taux d’intérêt restent élevés pour les emprunteurs et bas pour les épargnants alors que le loyer de l’argent emprunté à la BCE est au plus bas. En clair les banques se refont un matelas sur le dos des épargnants et des emprunteurs. Dans les entreprises, rien ne bouge. La reprise se fait attendre. Le chômage économique s’éternise. C’est le cas à Caterpillar. Les commandes ont chuté et rien n’annonce la reprise. Pour ses sous-traitants, c’est encore pire. C’est le cas de Decto à Fleurus. On y fabrique des pièces de tôle forte pour les pelleteuses et autres bulldozers de Caterpillar qui est quasiment son seul client. Decto a dû acheter un stock de tôles pour honorer les commandes habituelles de Caterpillar, mais les commandes n’ont pas suivi et Caterpillar qui lui a imposé ce stock ne veut rien entendre. Pas de compensations. Pas de facilité de paiement. Merci les multina-

tionales! Pour Decto, c’est l’asphyxie. Ses dettes à l’égard de BNP-Fortis et ING, qui sont les intermédiaires financiers, s’élèvent à 9 millions d’euros. Les maigres commandes de Caterpillar ne permettent pas d’éponger la dette. Seule perspective: faire aveu de faillite et licencier les 117 travailleurs.

Un repreneur Pour la délégation syndicale FGTB de Decto, majoritaire, expliquent Abdel et Mustapha, délégués MWB, il y avait d’autres pistes à explorer, dont celle d’un repreneur. Justement la loi sur le concordat judiciaire vient de changer début 2009. Elle s’appelle désormais «lois relative à la continuité des entreprises». Le concordat avait toutes les caractéristiques d’un sursis avant l’inéluctable faillite et sa fonction première était de dédommager les créanciers avant la chute du couperet. Par rapport au passé la nouvelle loi ouvre plus de possibilités pour la reprise d’une entreprise en difficulté et pour la poursuite de ses activités. Outre l’accord amiable et la médiation, la loi prévoit aussi la possibilité de protéger une entreprise en facilitant le transfert des activités sans passer par la faillite. Il se fait qu’un repreneur de Decto se présente. Oxycentre, basée près de Clermont-Ferrand, dans le sud de la France, travaille aussi pour Caterpillar et voit dans la reprise de Decto la possibilité de s’implanter dans le nord. Oxycentre propose de reprendre 52 travailleurs. Après négociations, la délégation obtient de porter le nombre à 60 avec garantie d’emploi de 3 ans et promesse de reprendre 16 travailleurs de plus en 2011 puis encore 8 en 2012. Ce n’est pas la gloire mais la moitié des emplois sont sauvés et l’entreprise dispose de 3 ans pour sortir de la crise.

Scénario catastrophe Pourtant, les banques ne veulent pas de ce scénario. Tout ce qu’elle veulent, c’est leur argent, reprendre leurs billes, tout de suite. Pour BNP-Fortis et ING, mieux vaut tout vendre et récupérer quelque argent

Decto, qui fabrique des pièces pour engins de génie civil, est victime de la chute des commandes de Caterpillar, son seul client.

que de laisser vivre l’entreprise. Elles feront valoir que l’équilibre entre les intérêts financiers (les leurs) et les aspects sociaux, n’est pas respecté. Leur principal grief est en effet que le prix de revente de l’usine a été bradé. Entre le prix des bâtiments, et les actifs, les banques ne peuvent espérer retirer qu’un million et demi d’euros. Elles espèrent pouvoir en tirer plus dans un scénario de faillite où l’intérêt des créancier sera prioritaire… Pour cela elles tenteront de jeter le doute sur la volonté de poursuite du repreneur, l’accusant de vouloir éliminer un concurrent et de s’apprêter à liquider Decto dès que possible. Elles soutiendront que l’entreprise n’est pas viable avec la moitié des effectifs. Elles essaieront de convaincre les travailleurs licenciés qu’ils auraient plus à gagner avec une faillite. Elles remettront en question le prix de rachat en gonflant la valeur marchande des bâtiment et des machines, même si d’évidence

– et c’est que soulignent les attendus du jugement - , la conjoncture n’est pas assez bonne pour faire une bonne opération.

l’emploi.

Peu importe. BNP-Paribas-Fortis et ING solidaires, iront en appel de la décision du Tribunal de Commerce de Charleroi.

Dans le cas de Decto, elles ont finalement peu de chance de recouvrer plus que ce que le tribunal à accepté même si elles obtiennent gain de cause. C’est donc pour elles une question de principe plus qu’une question d’argent.

Les travailleurs – même ceux qui sont licenciés - ne comprennent pas que l’on puisse préférer la faillite à la poursuite des activités. Pourquoi un tel acharnement pour une poignée d’euros? Il semble que les banques ont surtout peur que la première application de transfert d’activité ordonné par la Justice en vertu de la nouvelle loi ne fasse jurisprudence. Dans ce cas de figure, le repreneur n’est pas tenu par les dettes du repris et leur crainte est que la priorité donnée à l’emploi et à la poursuite des activités ne débouche systématiquement sur une sous-évaluation des actifs. Elles perdent en outre la direction de la manœuvre. Si Decto fait école, les banques risquent de perdre quelques plumes dans d’autres affaires. Leur intér��t à court terme n’est pas

La différence entre privé et public

Mais pour des banques dites «systémiques», c’est-à-dire indispensables à l’économie, on peut se poser des questions: sont-elles là pour servir l’économie ou pour se servir et après elles les mouches? Voilà pourquoi la FGTB défend l’idée d’une banque publique. Parce qu’une telle banque veillerait davantage à l’intérêt public qui est l’emploi. 60 emplois, c’est 60 chômeurs de moins. Ce sont des impôts et des cotisations pour la sécu. C’est d’ailleurs grâce à la SOGEPA, Société wallonne de gestion et de participations, institution publique régionale, que DECTO a pu survivre jusqu’à l‘arrivée du repreneur, sans quoi, elle aurait déclaré la faillite bien avant.


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UNION BELGE DES OUVRIERS DU TRANSPORT

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> TRANSPORT AERIEN

Un troisième manutentionnaire à Zaventem ou le populisme d’Etienne Schouppe! n 2008, au beau milieu des vacances d’été, une grève paralyse l’aéroport national de Zaventem. Un fameux contretemps pour les nombreux passagers désireux de partir en voyage. Une grève sauvage, bientôt suivie par tout le personnel des bagagistes et reconnue par les syndicats. Etienne Schouppe, secrétaire d’Etat à la Mobilité, saute sur l’occasion et invoque cette grève pour plaider en faveur de la venue d’un troisième manutentionnaire. Aujourd’hui, il reprend les mêmes arguments: plus de manutentionnaires signifie moins de grèves et plus d’efficacité! Un argument on ne peut plus faux!

E

sur l’aéroport ont, eux aussi, droit à des vacances, à un horaire de travail transparent et vivable…

Zaventem aujourd’hui

Mais entre-temps, les syndicats et les directions n’étaient pas restés les bras croisés. Le remplacement des responsables du personnel, une nouvelle approche de la gestion des ressources humaines, l’amélioration du planning et de la communication interne, davantage de contrats de remplacement pour faire face aux pointes… voilà le résultat obtenu par les actions syndicales menées il y a deux ans. Depuis lors, il n’y a plus eu de grèves et aussi bien les vacances d’été que les vacances de Noël et de Pâques se sont déroulées sans problèmes dans un contexte de paix sociale.

Les opérations de manutention à l’aéroport de Zaventem comprennent notamment l’organisation du ticketing, le check-in des bagages et des passagers, la manutention des bagages pour qu’ils soient acheminés au bon avion, le chargement et le déchargement des cargos, … Aujourd’hui, il y a deux opérateurs sur l’aéroport de Zaventem: Flightcare et Aviapartner. La grève qui toucha les deux entreprises en 2008 avait été déclenchée après une longue période de mauvaise gestion: un planning insuffisant (certainement pendant les périodes des congés), une flexibilité poussée, une communication déficiente, … Malgré plusieurs avertissements lancés par les syndicats, aucune mesure ne fut prise. A bout de patience, les ouvriers eurent recours à leur ultime moyen de défense: la grève. Car les ouvriers

Personne n’est demandeur d’un troisième manutentionnaire! En vertu des règles européennes actuelles, deux manutentionnaires suffisent à l’aéroport de Zaventem. Au niveau européen, on n’est pas demandeur. Par ailleurs, dans beaucoup d’autres pays, il n’y a même pas encore deux manutentionnaires et on a recours à toutes sortes de subterfuges pour éviter la concurrence. Les employeurs sur Zaventem ne sont pas non plus demandeurs d’un troisième manutentionnaire. Dans le contexte économique actuel, un troisième manutentionnaire n’est pas seulement superflu, mais aussi complètement aberrant. Le marché est simplement trop petit pour autoriser l’arrivée d’un troisième, voire d’un quatrième opérateur,

sans causer des drames sociaux. Les entreprises qui opèrent actuellement sur l’aéroport de Zaventem participeront sans aucun doute au nouvel appel d’offres. Et il y aura certainement d’autres candidats, même en l’absence d’une nouvelle étape dans la libéralisation. La concurrence sera impitoyable – même sans troisième manutentionnaire – les prix seront calculés au plus juste. L’ouverture de ce marché à un troisième manutentionnaire risquerait d’inaugurer une pression à la baisse sur les prix qui descendraient à un niveau tellement bas qu’il y aurait inévitablement des victimes: les ouvriers et les employés qui travaillent à Zaventem.

Une nouvelle libéralisation provoquera un bain de sang social Inutile de dire que les syndicats ne sont pas demandeurs non plus d’un troisième manutentionnaire. Dans le secteur de l’assistance en escale, les coûts ne peuvent être comprimés que pour quelques postes: le personnel (qui représente 70% des coûts) et le matériel. Et c’est là que le bât blesse. L’arrivée d’un troisième manutentionnaire s’accompagnera inévitablement d’une mise en cause directe du statut du personnel: coupes sombres dans les coûts salariaux, tentatives d’imposer une flexibilité encore plus grande, organisation d’une concurrence débridée au détriment des salaires et du statut du personnel. L’aéroport de Schiphol aux Pays-Bas

Notre action du 18 janvier contre un troisième manutentionnaire sur Zaventem réussie! La réunion du personnel organisée en front commun dans la salle de départ de Zaventem était un succès. Les 400 travailleurs présents d’Aviapartner et de Flightcare apprenaient de la bouche d’une représentante de la FNV ce que peut générer la venue d’un troisième manutentionnaire en ce qui concerne l’emploi, la flexibilité, le salaire et les conditions de travail. Sur Schiphol on a notamment de l’expérience à ce sujet (la venue de plusieurs manutentionnaires en 1995). Les travailleurs se sont prononcés clairement: «Pas de troisième manutentionnaire et, si cela s’avère nécessaire, l’aéroport sera paralysé!». Suite à quoi ils ont signifié un préavis de grève aux 2 entreprises.

a été libéralisé, les conséquences pour le personnel ont été désastreuses. Dégâts qu’il vaut mieux épargner à notre personnel.

Bénéfique pour les passagers? Est-ce que la venue d’un troisième manutentionnaire augmentera l’efficacité pour les clients? Non! Les exemples de l’étranger montrent qu’un plus grand nombre de manutentionnaires n’est nullement synonyme d’un meilleur service à la clientèle. L’expérience de la Grande Bretagne démontre exactement le contraire. Après une période de libéralisation à outrance, avec sept manutentionnaires qui se marchaient sur les pieds dans l’aéroport de Heathrow – Londres, on essaie aujourd’hui d’en réduire le nombre... dans le but d’améliorer l’efficacité. De plus, comparés à d’autres aéroports, les manutentionnaires présents actuellement à Zaventem sont très performants, il n’y a donc aucune raison pour renforcer la pression à cet égard.

Et la sécurité? L’ouverture de l’aéroport à un troisième manutentionnaire aura d’autres conséquences encore: le matériel sera remplacé moins vite, l’entretien en pâtira, avec tous les risques qui s’ensuivent pour la sécurité. Il s’agit d’une tendance que l’on constate déjà aujourd’hui à l’aéroport. Alors qu’on devrait investir dans du matériel plus ergonomique et de meilleure qualité, c’est sur ce point qu’on économise. Résultat : le personnel se plaint de

plus en plus de douleurs dorsales et musculaires. D’autre part, les organisations syndicales craignent un relâchement de l’attention pour les procédures de sécurité et pour la formation y afférente. Pourtant, le travail à l’aéroport est un métier pénible et dangereux. Le non respect des procédures de sécurité risque de créer de graves problèmes non seulement aux travailleurs, mais aussi au public, aux clients et aux voyageurs.

L’histoire de l’apprenti sorcier Etienne Schouppe joue avec le feu. Il invoque une grève passée depuis longtemps pour présenter le personnel de l’aéroport sous un mauvais jour auprès de l’opinion publique. Contre la volonté des parties directement concernées, il veut coûte que coûte imposer son projet de libéralisation, en utilisant de faux arguments populistes et rétrogrades. Mais il risque d’ouvrir ainsi la boîte de Pandore et de jeter le désastre sur l’aéroport. L’homme qui prétend assurer une plus grande stabilité dans l’aéroport avec sa proposition, rompt la paix sociale. L’homme qui prétend vouloir prévenir les grèves, met le feu aux poudres par son projet de libéralisation et risque de plonger l’aéroport dans une longue période d’instabilité sociale.

Frank Moreels, Secrétaire fédéral UBOT-FGTB Transport & Logistique.


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> HAUSSE DES TARIFS AU 1ER FÉVRIER 2010

Le chemin de fer un peu plus cher Plus 0,66% de hausse des tarifs d’abonnement SNCB au 1er février, cela semble modéré mais il faut rappeler que l’inflation a été négative en 2009 et que cette année-là les tarifs avaient augmenté de 5,9% au 1er février. Ajoutons que l’ajustement repose aussi sur une hypothétique amélioration de la régularité des trains et inclut une redevance passagers pour financer le projet Diabolo qui reliera Brussels Airport aux lignes de Malines/Anvers et Louvain/Liège. Bon, pour vous, cela reste supportable vu que votre employeur est tenu de vous rembourser 75% du prix de votre abonnement, voire plus. L’intervention patronale obligatoire dans les frais de transport du travailleur n’est pas adaptée en fonction de cette augmentation tarifaire. L’Accord Interprofessionnel 2009-2010 a permis de faire passer l’intervention patronale de 60% à 75% mais les barèmes ont été fixés pour deux ans. 75% du prix de l’abonnement du travailleur Distance

est une intervention minimum obligatoire pour les ouvriers et les employés sans plafond de revenu mais rien n’empêche le patron de rembourser davantage, voire la totalité de l’abonnement du travailleur.

Le tiers-payant Les entreprises qui le désirent Railflex

Carte hebdomadaire Prix en e

Intervention patronale 75%

c’est un système volontaire qui ne constitue en rien une obligation peuvent conclure une convention «Tiers Payant» avec la SNCB. Par cette convention, la SNCB s’engage à délivrer gratuitement au travailleur qui le souhaite (et dont l’entreprise a signé la convention) un abonnement remboursé à 80% par l’employeur tandis que les 20% restants sont à charge de l’Etat.

Railflex pour les temps partiels Les travailleurs à temps partiel qui font le trajet en train peuvent se procurer une carte Railflex, qui comprend 5 trajets aller-retour, valables pendant 15 jours calendrier. Le retour ne doit pas avoir lieu obligatoirement le même jour. L’intervention de l’employeur reprise dans le tableau pour la carte Railflex n’est pas une intervention mensuelle mais bien un remboursement par carte Railflex utilisée. Carte mensuelle Prix en e

Intervention patronale 75%

6,70

31,50

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Carte trimestrielle

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5

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37

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6

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7

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Bus, tram, métro Les employeurs doivent également intervenir dans les frais de transport des travailleurs qui font le trajet en bus, tram ou métro. Toutefois, ce déplacement doit atteindre au moins 5 km. On distingue deux modes d’intervention: - pour les abonnements dont le prix est proportionnel à la distance parcourue, l’intervention de l’employeur est la même que celle prévue pour les trains mais avec un maximum de 75% du prix réel; - pour les abonnements urbains et suburbains, dont le prix est forfaitaire, l’employeur doit payer 71,8 % du coût, avec un maximum correspondant à l’intervention patronale pour un trajet en train de 7km. Certaines entreprises organisent le transport de leurs employés ou remboursent davantage, voire même remboursent d’autres frais, en vertu de conventions d’entreprises ou sectorielles. Votre délégué ou votre permanent syndical régional pourra vous renseigner à ce sujet.

Le vélo Les déplacements domicile-travail à vélo donnent droit à une indemnité de minimum 0,20 euro/Km exonérée d’impôt et de cotisations sociales à concurrence de ce montant minimum. Si l’employeur est plus généreux, cela devient du revenu professionnel.

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DOSSIER

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

EMPLOI Quel «accompagnement» pour les chômeurs? Fin 2009, la FGTB wallonne lançait au départ de la commune de Châtelet, une campagne contre le contrôle de disponibilité des chômeurs. L’IW-FGTB suggère aux élus socialistes ou Ecolo de déposer une motion au conseil communal demandant la suspension des contrôles compte tenu de la crise économique et de la hausse vertigineuse du chômage. Cette motion a été adoptée à ce jour dans 25 communes et 6 conseils de CPAS de Wallonie qui voient affluer un nouveau public de chômeurs exclus, de nouvelles charges. Entre-temps le PS, par la voix d’Elio Di Rupo, sonne «l’alarme sociale». Le président du PS, demande lui aussi que l’on tienne compte des réalités du marché de l’emploi dans la politique dite «d’accompagnement» des chômeurs. Le débat est lancé. Interpellée à la Chambre, la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet défend le dispositif au grand soulagement des partis libéraux. Les employeurs se mêlent au débat: le suivi et l’accompagnement des chômeurs est plus que jamais nécessaire en période de crise, disent en chœur FEB et Union wallonne des entreprises. Supprimer ce système, ce serait «abandonner les chômeurs à leur sort»…

Mais les termes du débat sont-ils bien posés? Pourquoi, malgré le mot d’ordre lancé par leur tout puissant Président, des élus socialistes – comme à La Louvière où il y a 50 demandeurs d’emploi pour une seule offre officielle du Forem - refusent de voter la motion proposée par l’IW-FGTB? N’il y a-t-il pas derrière les mots des concepts différents, un malentendu profond, des intentions cachées? - Le contrôle du comportement de recherche active d’emploi et la menace – et l’exécution – de sanctions sont-ils de l’accompagnement ou simplement le bâton derrière la porte? - En quoi consistent ces contrôles? - Faut-il – en temps normal ou en période de crise - un bâton derrière la porte? - L’obligation de recherche d’emploi, qui résume la philosophie du dispositif de contrôle de disponibilité, a-t-elle un sens au moment où le chômage économique explose et où les prévisions n’annoncent aucune embellie? - Les organismes comme le Forem, le VDAB ou Actiris ne s’occupentils pas déjà d’accompagner les chômeurs? Qui fait quoi? L’accompagnement n’est-il pas une compétence régionale?

> CONTRÔLE DE DISPONIBILITÉ

Comment fonctionne Mis en place en 2004 à l’initiative du ministre Sp.a Frank Vandenbroucke, le système de «contrôle du comportement de recherche d’emploi» relève de la philosophie de «l’Etat social actif». L’idée étant que l’Etat doit avoir un rôle plus actif que le paiement (passif) des allocataires sociales, étant entendu que c’est aux allocataires sociaux de s’activer… En clair: le chômeur doit chercher du travail et le prouver. Est introduite ainsi la notion de «contractualisation» des allocations sociales au détriment de la notion de droit. Le droit subsiste mais il doit être mérité pour que l’Etat Providence intervienne.

Avec ce système le chômeur doit conserver toutes les preuves de ses recherches d’emploi ou de formation pour se mettre en position d’être «employable», nouvelle notion aussi en matière de chômage qui renvoie la responsabilité de son «inemployabilité» au chômeur lui-même. Après 15 mois de chômage (à compter du premier jour d’indemnisation ou du premier jour du stage d’attente pour les jeunes à la sortie de l’école) pour les moins de 25 ans ou 21 mois pour les plus âgés (jusqu’à 50 ans maximum), le demandeur d’emploi est convoqué à l’ONEM pour un entretien avec un «facilitateur». Toute

Qui fait quoi?

Au fédéral

Le fédéral est responsable de la politique de l’emploi au sens large (aides à l’emploi comme ACTIVA) et de la gestion du budget de la sécurité sociale destiné à l’emploi. C’est l’Office national de l’emploi, c’est-à-dire l’ONEM qui est chargé de payer les allocations de chômage, mais aussi les crédit-temps. L’ONEM veille au respect de la réglementation (droit aux allocations). C’est l’ONEM qui sanctionne les infractions. Les syndicats jouent un rôle d’intermédiaires administratifs entre l’ONEM et leurs affiliés en assurant la gestion des dossiers et le paiement des allocations. Il existe une caisse officielle: la CAPAC. Mais les syndicats offrent à leurs affiliés des services supplémentaires: information, aide juridique, traitement individualisé des dossiers, accompagnement aux entretiens de l’ONEM. Les syndicats ne décident pas des sanctions. Ils sont par contre obligés de les appliquer, par exemple en cas de suspension. Les syndicats participent, comme les autres interlocuteurs sociaux au Comité de gestion de l’ONEM.

Dans les régions Les Régions sont responsables de l’accompagnement, du placement et de la formation des demandeurs d’emploi. Ce sont le FOREM, en Wallonie, ACTIRIS à Bruxelles, le VDAB en Flandre et l’ADG pour la Communauté germanophone, qui s’acquittent de ces tâches. Ces organismes centralisent les offres d’emploi et accompagnent les demandeurs d’emploi dans leur recherche, ils prodiguent des conseils pour l’orientation, organisent des formations pour les demandeurs d’emploi.

Cet article 80 n’était cependant appliqué que sous condition de revenu d’un conjoint. Il ne visait ni les isolés, ni les chefs de ménages, ni les chômeurs qui avaient prouvé leur désir de travailler par une carrière d’au moins 20 ans. Le contrôle de disponibilité voit plus large: il vise tous les chômeurs, quel que soit leur situation de famille, et leur âge, en tout cas avant 50 ans.

Bref, plus que jamais, il faut clarifier le débat.

L’emploi – et donc le chômage – relève de différents niveaux de pouvoirs. Le fédéral gère le budget du chômage qui sert à payer les allocations et fixe les règles ouvrant le droit à l’indemnisation. La politique de l’emploi via les incitants fiscaux et les cotisations sociales relèvent aussi du fédéral. Les régions sont compétentes pour la formation, l’aide à la recherche d’emploi.

Le contrôle de disponibilité a remplacé la sanction pour «chômage anormalement long». L’article 80 de la réglementation du chômage prévoyait en effet la possibilité de supprimer l’allocation d’un cohabitant si sa durée de chômage dépassait le double de la moyenne régionale de chômage. Passé ce délai, on estimait que le chômeur s’était installé dans l’inactivité et que son choix devenait volontaire.

«Facilitateur»: un métier pas facile En 2004, une dizaine de personnes ont été engagées comme «facilitateur» à l’ONEM de La Louvière. Six ans plus tard, il n’y en a plus qu’une de ce staff initial. Tous les autres ont changé de boulot. «Beaucoup ont été déçus, nous explique Freddy Bouchez, accompagnateur FGTB. «On leur avait dit que leur travail serait un travail social, qu’ils devraient «accompagner» les chômeurs». La réalité est tout autre. Vincent De Raeve, accompagnateur à la FGTB régionale du Luxembourg, dans son livre «Carnet d’un garde-chasse»* parle avec une certaine compassion de ces «contrôleurs»:

«Les chômeurs sont reçus par des contrôleuses de l’ONEM. J’utilise le féminin parce que dans ma région [NDLR la province de Luxembourg], ce sont des femmes qui ont obtenu ces postes. Officiellement ce sont des «facilitatrices». Je préfère dire contrôleuses. Elles sont là pour contrôler. Je les aime bien. Elles peuvent parfois se montrer humaines. Mais je crois qu’à la longue, elles pètent les plombs. […] Le boulot leur a été présenté comme une aide à apporter aux chômeurs. Puis, elles ont en fait à contrôler et à sanctionner. Alors, elles sont mal avec ça. Pour Vincent De Raeve, les facilitateurs n’ont que deux options : l’incompréhension face à la détresse et ils font leur boulot sans état d’âme, ou au contraire ils comprennent trop bien et changent de job.» * «Carnets d’un garde-chasse» de Vincent De Raeve, ed. Couleur livre – collection je. Pp 96. Préface de Bruno Carton. Postface de Yves Martens.. 12 euros.

Accompagnate un métier pas Lors de la mise en place de la dispo, les syndicats ont obtenu pour leurs affiliés la possibilité de se faire accompagner par une tierce personne. La FGTB a mis sur pied des équipes d’accompagnateurs syndicaux qui assistent aux entretiens et défendent l’affilié face au facilitateur. L’appréciation de ce dernier, positive ou négative, est en effet purement subjective, et l’un des reproches adressés à la dispo est justement le caractère trop arbitraire des décisions. C’est à la tête du client. Les moins instruits étant généralement les plus punis… Même s’il a le sentiment d’être dans le bon camp, l’accompagnateur syndical n’a pas non plus un métier facile.

«Mes collègues et moi, écrit V. De Raeve, on donne des séances d’information collectives aux personnes qui vont se faire contrôler.[…] On explique aux gens ce que l’ONEM attend d’eux, qu’ils fassent des CV, des lettres de motivation, des démarches, des candidatures spontanées, qu’ils doivent répondre à des petites annonces, tout noter, garder des traces, s’inscrire en intérim, en ALE, bosser en Titre service…


DOSSIER

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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Les sanctions Quelle est l’ampleur des sanctions contre les chômeurs? Les derniers chiffres disponibles sont ceux du 1er semestre 2009. Il faut noter que la disponibilité n’est pas la seule cause de sanctions. Hors disponibilité, est sanctionné ce que l’ONEM considère comme du chômage volontaire: les C4 pour motif grave, les refus d’emploi convenable ou de formation communiqués par les Organismes régionaux, ainsi que les fraudes.

e le carrousel? absence sera sanctionnée par une suspension des allocations jusqu’au moment où l’on se présentera. 1er entretien Lord du premier entretien, le chômeur est interrogé sur les efforts qu’il a fourni durant les 12 derniers mois pour trouver du travail. Si les efforts sont jugés suffisants, un nouvel entretien aura lieu 16 mois plus tard. Cette appréciation est supposée tenir compte de la situation personnelle de la personne et de la situation du marché de l’emploi. Si les efforts sont jugés insuffisants le chômeur est invité (obligé sous peine de sanction) à signer un contrat pour les 4 mois qui suivent par lequel il s’engage à se démener un peu plus

3e entretien Même topo après 4 mois ou 12 mois selon l’évaluation. Si le chômeur évalué négativement au 2e entretien a respecté son deuxième contrat, il récupère ses allocations complètes et un nouvel entretien aura lieu 12 mois plus tard. Si, au contraire, l’évaluation est une fois encore négative, il peut être exclu définitivement du chômage. Bémol S’il s’agit d’un chef de ménage, d’un isolé ou d’un cohabitant dont les revenus du ménage sont peu élevés, l’exclusion est précédée d’un sursis de 6 mois le passage à une allocation réduite. Chercher plutôt que trouver

2e entretien Si le premier entretien s’est bien passé, et qu’il n’a pas retrouvé un travail, le chômeur revient devant le facilitateur après 16 mois. S’il a dû signer un contrat, il revient après 4 mois. La seconde évaluation est positive: alors l’entretien suivant n’aura lieu qu’après 12 mois. Si elle négative: une sanction temporaire (pendant 4 mois maximum) sera infligée. Soit une réduction du montant de l’allocation de chômage, soit une suspension du paiement des allocations. Et le chômeur devra signer un nouveau contrat.

eur: facile (2) Bref, être une petite entreprise à eux tout seuls. Se vendre au moins offrant. […] On fait la pub du néo-libéralisme. Un boulot schizophrène.» «On ne dit pas assez qu’il y a 680.000 chômeurs, qu’on a beau s’agiter, il n’y a pas de place pour tout le monde. Qu’il y a des gens qui ont perdu l’espoir et qui ont le ressort cassé. D’autres qui y croient encore, qui se démènent et qu’on convoque encore comme des coupables.» «J’accompagne des gens qui ont des fardes entières de recherches d’emploi et que l’on reconvoque pour un tour». Le système n’est pas fait pour que les chômeurs trouvent de l’emploi, mais pour qu’ils cherchent, qu’ils s’agitent dans le bocal, dit V. De Raeve. «Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que la «dispo» finalement n’est pas faite pour ceux qui n’ont pas d’emploi, mais pour ceux qui en ont un. C’est un message qui leur est adressé: «il y en a 100 qui s’agitent derrière vous pour avoir votre job. Vous avez intérêt à mordre sur votre chique et à la fermer». ... Le contrôle sert aussi à rendre acceptables des emplois «limite», ALE, titres-service, etc.»

Freddy Bouchez est accompagnateur FGTB à La Louvière. Et des absurdités il en voit tous les jours. Les chômeurs qui suivent une formation hors du Forem pour se qualifier ou qui entreprennent des démarches pour devenir indépendants sont sanctionnés. Il vaut mieux être en ordre du point de vue administratif que de se démener pour sortir du chômage, constate-t-il.

Le bâton derrière la porte Au vu de ces témoignages, on peut s’interroger sur la fonction de ce plan dit tantôt «d’accompagnement», tantôt «d’activation», tantôt «de contrôle de la disponibilité». Pour Vincent De Raeve, «Ce PLAN ne sert à rien. Si ce n’est à donner du boulot à celles et ceux qui sont chargés de l’appliquer ou de le combattre. Puis à servir ceux qui asservissent. Sert-il juste à foutre la trouille?»

Suspendre le contrôle de disponibilité Compte tenu de la situation de l’emploi: + 59.000 chômeurs complets en un an, la FGTB demande que l’on suspende le contrôle de disponibilité en attendant la réforme du système.

Sanction 1er semestre 2009

Pays

Flandre

Wallonie et Com. germanophone

Dispo

6.058

1.666

3.460

932

Hors dispo

4.895

3.128

1.405

362

Total

10.953

4.794

4.865

1.294

Bruxelles

Que deviennent les chômeurs exclus temporairement ou définitivement du droit aux indemnités? 38% se tournent vers les CPAS pour boucler leurs fins de mois. Les 62% se perdent dans la nature, font la soudure avec leurs économies ou compte sur la solidarité familiale, on ne sait pas trop.

> FOREM

Vers un accompagnement personnalisé D’ici juin, 600 agents du Forem seront affectés au suivi personnalisé des chômeurs, a annoncé André Antoine, Ministre wallon de l’Emploi et de la Formation. L’idée est que les demandeurs d’emploi qui se rendent au Forem aient un référent unique qui fera office de «coach». Bien entendu, ces 600 agents ne suffiront pas pour coacher les 250.000 chômeurs de Wallonie. Aussi concentreront-ils leurs efforts sur les jeunes et les travailleurs qui viennent d’être licenciés. Le coaching, pas plus que les sanctions ne créera de l’emploi, mais au moins c’est vraiment de l’accompagnement fait par ceux qui sont censés le faire.

> FRANCE

1 million de chômeurs arrivent en fin de droit En France où la durée du chômage est limitée dans le temps, un million de chômeurs arrivent en fin de droit. Seuls 400.000 auront droit à une allocation sociale d’assistance. Les autres vont se retrouver sans rien. Ce sont pour la plupart des cohabitants qui se trouvent dans cette situation.

Chômeur: une situation pas facile (3) Le contrôle de la dispo n’aurait-il pour fonction que de garder le bâton derrière la porte? Autrement dit, si on ne les stimule pas un peu à chercher du boulot, est-ce que les chômeurs ne vont pas baisser définitivement les bras et s’installer dans leur situation? Après tout, même s’il n’y a pas de travail pour tout le monde, il y a toujours du mouvement, des entrants et des sortants… Cette question ne sera jamais définitivement tranchée mais pour ceux qui comme V. De Raeve côtoient tous les jours des demandeurs d’emploi, il y a peu de place pour le doute: «J’entends tellement souvent prononcer les mots de profiteurs, incapables, parasites… à propos des chômeurs. Et cela colle si peu aux gens que je rencontre, que j’accompagne tous les jours.

Etre au chômage me semble dans la grande majorité des cas une souffrance. Je ne désire pas faire un tableau misérabiliste des gens que j’accompagne. Mais en écrivant ces lignes, les moments qui me reviennent en mémoire étaient catastrophiques. Cette dame qui fait irruption dans la salle des contrôleuses, après que son mari se soit fait exclure, enceinte très visiblement et qui hurle «Comment on va faire avec notre enfant handicapé et celui qui va naître? Comment on va faire?» Et pas de réponse, ni du personnel de l’ONEM ni des délégués présents, dont moi, devant ses larmes, sa colère, sa détresse. C’était pourtant une question qui méritait réponse.»

Emploi: une denrée rare Le jeudi 21, 2.600 emplois ont disparu en 5 minutes. Le temps pour la direction d’OPEL Anvers d’annoncer sa décision de fermer l’entreprise, entraînant dans le même sillage l’emploi de plusieurs milliers de travailleurs occupés chez des sous-traitants. Ces 5.000 à 8.000 emplois n’ont pas été comptés dans les prévisions de la Banque Nationale. Fin 2009, le pays comptait 575.000 chômeurs, soit 59.000 chômeurs de plus par rapport à décembre 2008. Et encore faut-il y ajouter 160.000 chômeurs temporaires. En 2009 toujours, une faillite toutes les heures a été enregistrée. Les annonces de restructurations se multiplient. Bref, l’emploi se fait rare. Selon les prévisions de la Banque Nationale, la situation ne devrait pas s’améliorer cette année. Au contraire. La reprise annoncée ne sera que fort lente . Nous restons en 2010 au creux de la vague. Selon la BNB il va sans doute falloir compter une centaine de milliers de chômeurs supplémentaires en 2010, compte tenu des pertes d’emplois et des nouveaux arrivants sur le marché. Demandeurs d’emploi inoccupés

Flandre

Wallonie

Commun. Germanoph.

Bruxelles

Pays

Hommes

117.125

126.365

1.343

54.094

297.584

Femmes

103.250

125.858

1.355

48.401

277.509

Total

220.375

252.223

2.698

102.495

575.093

Diff./déc. 2008

+42.338

+8.238

+280

+8.376

+58.952


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SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> ÉDITO

> SOLIDARITÉ AVEC LA PALESTINE

Haïti a besoin de bien plus que de l’aide d’urgence

«Le mur rend la vie insupportable»

aïti est confronté à bien plus que le terrible tremblement de terre qui a semé la mort et la destruction dans et autour de sa capitale, Port-au-Prince. L’aide internationale qui est aujourd’hui indispensable pour les besoins de première nécessité ne suffit pas. Les Haïtiens sont non seulement les victimes d’une catastrophe naturelle, mais ils sont aussi les victimes de l’exploitation et de l’oppression.

H

Haïti est un pays extrêmement pauvre qui est pillé depuis une éternité. Il est confronté à une dette colossale qu’il ne pourra jamais rembourser. L’état est totalement désorganisé et en proie à la corruption. Le pays est tenu en état d’étranglement économique par des institutions financières internationales telles que le FMI et par les Etats-Unis. Car en échange des emprunts, Haïti a dû accepter de s’ouvrir à un marché libre néolibéral pour lequel son économie fragile n’est pas de taille. De cette manière, les emprunts internationaux plongent la population dans une pauvreté encore plus grande. Ce qui fait que le pays ne peut pas protéger ses propres produits agricoles contre les importations de denrées alimentaires en provenance des pays riches, principalement des Etats-Unis. Ce qui conduit à une désorganisation complète de l’économie rurale. Des paysans totalement appauvris envahissent la ville à la recherche d’un revenu. Ils se retrouvent dans les bidonvilles de Port-au-Prince où ils sont une deuxième fois victimes de l’impitoyable système néolibéral. Car là, ils sont exploités en tant que travailleurs dans les ‘sweatshops’, des zones exemptes de taxes où les entreprises étrangères font fabriquer leurs produits pour un prix dérisoire, pour des salaires de misère, sans aucune obligation sociale. C’est une nouvelle forme d’esclavagisme. Aujourd’hui, les organisations de solidarité internationales et les syndicats exigent que la dette d’Haïti soit effacée. Haïti ne doit pas de l’argent aux pays riches. Ce sont les pays riches qui doivent de l’argent à Haïti pour les années d’exploitation et de pillage. En outre, effacer la dette ne suffit pas, le plus important, c’est que les conditions économiques qui y sont liées soient levées. Les Haïtiens doivent obtenir le droit à l’autodétermination. Le sort de leur pays doit être entre leurs mains. Les ouvriers, les paysans et l’énorme masse de sans emploi doivent s’organiser et résister. A ce propos, les syndicats jouent un rôle très important. La FGTB travaille en étroite collaboration avec le syndicat haïtien Batay Ouvriye et soutient le mouvement syndical à Haïti, également via la CSI, la Confédération Syndicale Internationale.

La Centrale Générale de la FGTB a un projet de solidarité avec le syndicat palestinien, le PGFTU. Il y a peu, une délégation s’est rendue en Palestine afin de prendre le pouls de la situation. Nous avons récolté les impressions de deux des participants au voyage, Paul Lootens, secrétaire fédéral et Koen Vanbrabandt, collaborateur au service international. Koen Vanbrabandt: Pour les Palestiniens, la réalité quotidienne est terrible. Pour donner un exemple, nous nous sommes rendus dans un petit village proche de Jérusalem. Il est complètement isolé du monde extérieur par le mur israélien qui s’insinue dans tout le territoire palestinien. 90 pourcent des villageois y sont sans emploi. Et ceux qui ont un travail doivent d’abord attendre des heures à un checkpoint, un point de contrôle, avant d’arriver quelques kilomètres plus loin sur leur lieu de travail. Ce mur rend la vie insupportable. Vous voyez des gens dès quatre heures du matin dans l’espoir de passer de l’autre côté du mur et de trouver un travail pour la journée, au salaire minimum et sans aucune protection. Mais le pire, c’est de ne rien trouver. Alors, vous voyez ces gens épuisés rentrer le soir complètement découragés. Les syndicats essayent de trouver des solutions aux problèmes les plus élémentaires. Ils veillent à ce qu’il y ait des toilettes, des protections contre le soleil aux check-points. Ils distribuent de la nourriture.

Pour certain, il y a du travail dans les colonies israéliennes, le plus souvent dans l’horticulture. Ils n’ont aucune protection sociale. Les syndicats n’y sont pas autorisés. Et si un accident arrive, c’est totalement à la charge du travailleur. L’occupation par l’armée israélienne empêche tout développement économique. Pourtant, il existe des possibilités. Hébron est par exemple une ville de commerce historique où les entreprises devraient pouvoir investir. Total avait pris ce point en considération mais a renoncé à ses projets en raison de la situation tendue.

En tant que syndicat belge, que pouvez-vous y faire? Paul Lootens: Nous pouvons de toute façon aider en faisant entendre notre voix. Lors de notre séjour, une mission commerciale belge était également sur place à Israël. Nous avons dénoncé cette situation avec force. Il est inacceptable que des liens commerciaux soient noués avec Israël tandis que notre pays condamne l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Ce qu’Israël retire du commerce sera utilisé pour réprimer le peuple palestinien. Il est important que nous utilisions notre influence pour faire connaître de tels agissements.

Et comment fonctionne notre projet de solidarité? Koen Vanbrabandt: Nous travaillons avec le PGFTU, le syndicat de la pétrochimie. Il est très actif à Naplouse et ses environs, se sont essentiellement des savons et des cosmétiques qui sont fabriqués. Avec notre soutien, un réseau de travailleurs de terrain a été développé. On pourrait dire des délégués itinérants qui essayent un peu partout de former des comités de travailleurs. Ils assurent la défense individuelle des travailleurs

en difficulté. Et ils ébauchent des négociations collectives avec les employeurs palestiniens. Des petits pas sont faits. Les conditions y sont particulièrement difficiles. Le PGFTU est à présent actif dans 10 villes, c’est une belle avancée. Les réseaux sont améliorés, tout comme les programmes de formation. Le syndicat trouve une assise. Mais les conditions générales de travail ne sont pas améliorées pour autant. Il est extrêmement difficile de revendiquer des droits sociaux avec aussi peu d’emplois et avec toute une économie aux mains d’Israël.

Y-a-t-il un espoir que ce conflit soit un jour résolu? Paul Lootens: Il faut que la situation reste sous la lumière. Nous devons inciter le monde politique à relancer le processus de paix. Le gouvernement belge et surtout l’Union Européenne peuvent jouer un rôle important. Aujourd’hui, il ne se passe presque rien. La bande de Gaza reste en ruines, même les briques pour la reconstruction ne peuvent pas entrer. Entre temps, les colonies israéliennes en Cisjordanie ne cessent de s’agrandir. On voit parfois des choses hallucinantes. 400 colons israéliens habitent à Hébron où ils sont sécurisés par 2000 militaires. Et tout cela dans une région où vivent 100.000 Palestiniens. Entre-temps, tous les magasins palestiniens ont fermé. Le gouvernement israélien veut contrôler un maximum de territoires et il veut enjôler les Palestiniens sur un territoire aussi petit que possible. A l’exception des EtatsUnis, cette politique d’occupation est condamnée par l’ensemble de la communauté internationale. Cela doit aussi se traduire en actes. Mais le plus important est et reste que les Israéliens et les Palestiniens puissent se retrouver à nouveau à la table des négociations.

L’aide d’urgence est aujourd’hui indispensable pour surmonter la catastrophe naturelle. Mais nous devons également soutenir les Haïtiens dans la longue lutte contre l’exploitation et l’oppression. Notre solidarité envers le syndicat haïtien est elle aussi indispensable. Le mouvement socialiste collecte des fonds pour la reconstruction d’Haïti via l’organisation de coopération au développement, Solidarité Socialiste. Vous pouvez apporter votre contribution en effectuant vos dons sur le compte 000-0000054-54 avec la mention «Urgence Haïti».

(25 janvier 2010)

Jacques Michiels Secrétaire général

Alain Clauwaert Président

En pleine nuit, les ouvriers palestiniens se rendent aux check-points pour trouver un travail en Israël.


SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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> MALADIES PROFESSIONNELLES

Une première victoire pour les victimes C’est sur une note positive que les victimes d’une maladie professionnelle entament 2010. En effet, depuis le début de l’année, les facteurs socio-économiques ne sont plus supprimés dès que la victime atteint l’âge de 65 ans. Il s’agit d’une victoire pour laquelle la FGTB et la CG se sont battues durant des années, mais une victoire qui est surtout là pour rappeler que nos combats ne sont pas inutiles et que même s’il faut parfois se battre longtemps, cela en vaut toujours la peine. Les facteurs socioéconomiques, c’est quoi? Cette mesure concernait les victimes d’une maladie professionnelle entrainant une incapacité permanente. En général, il s’agit d’une incapacité partielle pour laquelle le travailleur reçoit une indemnité. Cette indemnité est calculée sur base de deux éléments. Le premier porte sur son incapacité physique. Le deuxième tient compte du fait que le travailleur à moins de chances sur le marché du travail. C’est ce qu’on appelle les facteurs socioéconomiques. Depuis 1994, les travailleurs per-

daient cette partie d’indemnité socio-économique dès qu’ils atteignaient l’âge de 65 ans. Avec comme conséquence que de nombreuses victimes d’une maladie professionnelle voyaient, lors de leurs 65 ans, leurs indemnités sensiblement réduites. Une injustice contre laquelle la Centrale Générale s’est toujours battue.

Qui est concerné? Désormais, les victimes garderont la totalité de leurs indemnités. Pas seulement celles qui vont avoir 65 ans, mais aussi celles qui ont déjà 65 ans, ce qui signifie que près de 23.000 personnes vont voir leurs indemnités augmenter. Cette amélioration est reprise dans la loi-programme approuvée par le gouvernement en décembre dernier. Pour donner une idée, pour un pensionné avec une incapacité partielle permanente de 13% qui a vu ce pourcentage tomber à 10% lors de ses 65 ans, cela signifie une augmentation de +/- 50 euros par mois. Cette somme peut être beaucoup plus importante selon les cas.

Une rectification automatique D’un point de vue pratique, près de 20.000 personnes recevront dans les tous prochains jours automatiquement une lettre reprenant leur compte individuel. Pour les autres, c’est que leur dossier n’est pas encore informatisé et cela prendra un peu plus de temps. On nous promet

Pendant 30 ans, le gouvernement s’est attaqué sans vergogne aux victimes âgées d’une maladie professionnelle. Le maintien des facteurs socio-économiques n’est qu’une étape sur le chemin de la victoire, néanmoins à la CG de Charleroi, on n’a pas boudé son plaisir et on a tenu à informer les pensionnés de cette bonne nouvelle. Il est vrai que c’est un combat que la CG de Charleroi mène de manière particulièrement active depuis des années. que pour fin mars, tout le monde aura reçu son compte individuel.

Des mesures injustes Depuis le début des années 80, les victimes d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail subissent de manière injuste 30

années d’austérité. On vient de le voir avec les facteurs socio-économiques, mais il y a aussi cette autre mesure qui limite fortement le cumul d’une pension de retraite avec une indemnité pour maladie professionnelle ou accident du travail. Cette mesure existe toujours et est combattue avec force par la

Centrale Générale. Nous nous réjouissons qu’une ancienne mesure d’économie tombe. Nous tenons d’ailleurs à souligner la participation active du PS dans ce combat. Mais nous continuons à nous battre pour que le décumul disparaisse lui aussi.

> LES SUITES D’UN ACCIDENT DU TRAVAIL

Il aurait suffit de plus de prévention En mai 2007, lorsque Giuseppe et Liborio se rendent sur leur lieu de travail, ils sont loin de se douter que leur vie va basculer. Ouvriers dans le secteur du nettoyage industriel, ils sont appelés pour dépolluer deux fosses. Ils seront tous deux victimes d’une intoxication chimique et aujourd’hui encore, ils paient la négligence de leur employeur au prix fort. Giuseppe veut que son expérience serve aux autres. C’est pour cette raison qu’il nous livre son témoignage. Pouvez-vous nous expliquer quelles étaient vos conditions de travail avant le drame? Giuseppe: Je travaillais pour une société de nettoyage industriel. Nous nous occupions de la réhabilitation de sites industriels pollués. A plusieurs reprises, mon collègue et moi avions dénoncé le manque de moyens de protection adaptés. Pour ne citer qu’un exemple, nous avions des salopettes en plastique

que nous mettions au-dessus de nos vêtements de travail, mais au lieu de jeter à la fin de la journée cette salopette, nous devions la récupérer. Souvent, ces salopettes en plastique se déchiraient et salissaient nos vêtements qui étaient eux lavés à la maison, sans aucune précaution. J’en avais d’ailleurs parlé au patron qui m’a tout simplement pris pour un difficile. Par peur de perdre mon boulot, je n’ai pas insisté. En plus, en principe, lorsqu’on arrive sur un tel chantier, on doit recevoir une fiche qui détaille avec quels produits le travailleur entre en contact. Mais on ne l’a jamais reçue. Pour le fameux jour de l’accident, on nous a juste dit qu’il s’agissait d’eau boueuse. On a donc travaillé avec nos salopettes en plastique et des gants en tissu.

Comment avez-vous su que quelque chose de grave s’était passé? Giuseppe: Nous avons directement été malades tous les deux, nous avions notamment des vomissements. Nous sommes allés spontanément voir le médecin du travail mais il nous a répondu qu’il ne pouvait intervenir qu’à la demande de l’entreprise. Nous ce que nous voulions, c’était juste savoir ce que nous avions respiré. Le seul conseil qu’il nous a donné a été d’aller voir un pneumologue.

Quels sont les symptômes qui aujourd’hui encore affectent votre vie quotidienne? Giuseppe: Lorsque j’ai vu un pneumologue, il m’a dit que j’étais dans le même état qu’un mineur après 25 ans de carrière. Je vous assure que c’est dur à entendre. J’ai aussi des troubles de la mémoire et des problèmes d’ouïe. D’ailleurs au début, on me disait que les problèmes de mémoire et d’ouïe étaient simplement dus au stress. Mais aujourd’hui qu’on sait plus ou moins avec quels produits nous avons été en contact, ils reconnaissent que ces symptômes sont liés. Mais à côté de ces problèmes physiques, il y a aussi l’aspect psychologique. C’est une profonde souffrance qui m’affecte aujourd’hui encore. Au niveau familial, beaucoup de choses ont changé. Avant, avec mon épouse, nous nous répartissions les tâches et l’éducation des enfants. Aujourd’hui, elle doit tout faire seule. Le plus humiliant pour moi, c’est l’image négative que je donne à mes enfants. Qu’est-ce qui pourrait vous rendre le sourire aujourd’hui? Giuseppe: Toujours par rapport à mes enfants, mon souhait aujourd’hui serait de pouvoir reprendre une activité professionnelle, mais le chemin sera encore long. L’été dernier, je me suis battu

pour avoir le droit de suivre une formation, pour le jour où je serai guéri, mais vu que je suis sous la mutuelle, je n’ai pas le droit. Pourtant, le jour où je ne serai plus invalide, qu’est ce que je vais faire? En attendant, les années passent.

Et aujourd’hui, trois ans après le drame, où en est votre dossier? Giuseppe: Il faut se rendre compte que quand un tel accident vous arrive, les procédures sont très longues. Tout d’abord, on a l’impression qu’il faut prouver qu’on est vraiment une victime. Trois ans après, ma situation n’est pas encore réglée. Dans cette histoire, j’ai été déçu par mon employeur, par le médecin du travail, par la mutuelle et même par les assurances qui après deux ans, ne trouvent toujours pas de solution à mon cas. J’ai parfois le sentiment que les dossiers sont traités de manière subjective. D’où vous vient cette force de vous battre? Giuseppe: Vous savez, il faut se battre pour l’aspect financier, c’est important, d’autant plus que nous sommes avant tout des victimes, mais le vrai drame, c’est que cet accident aurait très bien pu être évité s’il y avait eu une bonne prévention. Et ça, c’est terrible. Moi ce que je veux, c’est que mon histoire

Giuseppe est un homme cassé, mais malgré tout, il veut faire connaître son histoire: «Ce n’est pas facile d’étaler sa vie comme ça, mais j’estime que j’ai une obligation vis-à-vis des autres travailleurs pour qu’ils ne vivent pas la même chose que moi. Mon accident est dû à la négligence de mon employeur. C’est inadmissible!» serve d’exemple, que d’autres ne se laissent pas faire comme moi, par peur de perdre leur travail. Il ne faut pas se leurrer, dans les petites et moyennes entreprises, il reste encore beaucoup de travail au niveau de la prévention et de la protection des travailleurs. D’autant plus que ces entreprises font souvent de la sous-traitance, ce qui signifie en clair qu’elles font le travail que personne d’autre ne veut faire. Mais au moins, qu’il soit fait dans des conditions de sécurité optimales. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.


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MÉTAL

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> POINT DE VUE

«Meunier, tu dors», la FEB et les martiens Les travailleurs d’Opel Anvers n’ont ménagé aucun effort – et avalé quelques couleuvres - pour défendre leur site de production au sein de la transnationale de construction automobile. Mais, à l’annonce de la fermeture, le patron de la FEB n’a pas trouvé d’autre argument pour justifier la décision brutale que… le «coût salarial» qui resterait le «grand problème de la Belgique». Le même Rudy Thomaes, quelques semaines plus tôt, déplorait sur le plateau de la RTBF une «culpabilisation» permanente… des entreprises. La fédération des entreprises de Belgique serait-elle investie d’extraterrestres? La crise n’a aucun effet sur son discours inoxydable qui paraît venir d’un autre monde… Business as usual. Même le MR, traditionnel relais politique des volontés patronales, voudrait bien revoir sa phraséologie et faire croire que capitalisme et libéralisme ne riment plus. Son président repeint ainsi la façade idéologique du parti. Il serait devenu un «mouvement pour le travail», travail qui serait devenu «la seule voie d’action pour créer les conditions d’une vie heureuse». Si Didier Reynders était sincère, la FEB se trouverait ainsi totalement isolée. Est-ce le cas? Le MR (comme d’autres…) a aujourd’hui l’occasion de traduire en actes sa «conversion anticapitaliste». Pour démontrer la profondeur de sa prise de conscience et prouver qu’elle est autre chose que du marketing politique, qu’il renonce donc au mécanisme des intérêts notionnels qui organise l’accroissement des revenus du capital au détriment de ceux du travail! Qu’il supprime aussi le contrôle de la disponibilité des chômeurs dont le seul objectif est de faire pression sur les salaires des travailleurs! Chaque année, la sécurité sociale verse quelques six milliards d’euros sous forme d’allocations de chômage aux travailleurs les plus fragiles, ceux qui n’ont plus de travail. En contrepartie, ceux-ci sont contraints (sous la menace de sanctions) de «s’activer» dans la recherche de ce que les politiques libérales détruisent depuis trois décennies: l’emploi! La crise donne au mouvement une dimension massive. Pour la FEB, cela ne change rien. «Les chômeurs ont certes des droits, écrivait-elle à la mi-janvier, mais aussi des obligations envers la société, sans quoi la légitimité de la sécurité sociale s’en trouverait minée». Martien et Caliméro, le patronat est aussi volontiers donneur de leçons… Dans le même temps, les entreprises reçoivent, elles, quelque 7 milliards de réduction de cotisation sociale (une source de financement de la sécurité sociale) auxquels s’ajoutent les cadeaux fiscaux (intérêts notionnels ou autres). Pour elles, ni devoirs, ni conditions… Ces «bonus» ne sont absolument pas liés à la création d’emplois et ils ne doivent même pas être restitués quand, comme c’était le plan chez Inbev, une transnationale décide de délocaliser des jobs vers des pays à bas salaires, pour arrondir encore plus ses profits. Qui dira que, sur cette terre-ci, la nôtre, les entreprises ont certes des droits mais également des obligations envers la société, sans quoi leur légitimité s’en trouverait minée? Du côté politique, il semble, à ce sujet, que l’air du temps soit «Meunier tu dors…»

Nico Cue Secrétaire Général

Decto Fleurus: amnésie de BNP Paribas Fortis et ING Le destin de Decto, entreprise spécialisée dans le découpage et l’usinage de tôles d’acier, est directement lié à la bonne santé économique de Caterpillar, son unique client. Lorsque la crise économique a provoqué une contraction de l’activité de Caterpillar, Decto a vu son volume de commandes chuter de 80% en quelques semaines, début 2009. A cours de trésorerie au mois d’avril 2009, la direction fait aveu de faillite. Cependant, une autre solution se profile. A la même époque, la nouvelle loi sur la continuité des entreprises entre en vigueur et la direction, encouragée par les organisations syndicales, décide d’y recourir. Cette loi, qui remplace l’ancien concordat judiciaire rendu impopulaire à cause de sa réputation d’antichambre de la faillite, prévoit la possibilité de transmettre tout ou partie de l’entreprise à un tiers sans devoir passer par une faillite. Au même moment, le chômage de longue durée devient la dure réalité des travailleurs. «Pour eux, c’était le coup de massue», affirment Abdel Abid et Mustapha Ariouat, délégués MWB-FGTB. «Avant la crise, l’entreprise tournait à plein régime, 24 heures sur 24, week-ends compris et livrait 35.000 tonnes d’acier». Du jour au lendemain, le quotidien des 114 travailleurs a été bouleversé, mais la délégation

n’a jamais baissé les bras. «Notre stress a été décuplé et notre vie de famille en a pâti mais nous nous devions d’être disponibles pour nos camarades», confient Abdel et Mustapha. Les ouvriers leur font d’ailleurs entièrement confiance et savent que l’équipe syndicale a toujours fait le maximum pour eux. En novembre 2009, le tribunal de commerce de Charleroi a accepté le transfert de Decto au groupe français FLP et le plan de reprise: 62 emplois sauvés dès 2010, 76 en 2011 et 84 en 2012, ainsi que 5 millions d’euros d’investissement. Dans un jugement très étayé, le tribunal souligne qu’«il ne fait guère de doute que la fermeture de l’entreprise Decto aurait pour effet la disparition d’un savoirfaire et d’une activité dans un large bassin économique». Cette décision respecte non seulement la lettre mais aussi l’esprit de la loi, qui a pour but de préserver au maximum le tissu économique. Cela aurait pu être une bonne nouvelle malgré la perte de 52 emplois mais ce sauvetage inespéré est sérieusement menacé par les banques BNP Paribas Fortis et ING. Celles-ci, voulant la fin des activités de Decto et la vente de tous ses actifs afin d’obtenir un remboursement immédiat d’une partie de leurs créances, ont immédiatement interjeté appel.

Financiers égoïstes et banques rapaces Ce décalage entre la logique financière et la logique industrielle laisse pantois. Les banques n’ont pas retenu les leçons de leur arrogance et cherchent à récupérer un maximum de liquidités pour

augmenter leurs fonds propres. L’attitude de ces financiers égoïstes est aussi inacceptable qu’irresponsable: ce recours plonge les travailleurs et leur famille dans l’incertitude et ralentit sérieusement le redémarrage avec le risque de décourager le repreneur. La déception est immense pour la délégation syndicale: «les banques ont la mémoire courte. Il y a 6 mois, elles étaient à genoux, dans la même situation que nous, et elles ont été sauvées grâce à l’argent de la collectivité. Dans la reprise, tout le monde a un rôle à jouer et les banques doivent aussi assumer leur responsabilité. Elles doivent soutenir l’économie!», martèlent Abdel et Mustapha. Les déclarations dans la presse du Ministre Reynders ne sont pas bien perçues par les délégués, qui y voient une manœuvre grossière de récupération. «En sa qualité d’actionnaire de BNP Paribas Fortis, l’Etat pourrait lui faire entendre raison et mettre un terme à son attitude arrogante», affirme Mustapha. Si la Cour d’Appel de Mons confirme le jugement carolo, ce dossier fera jurisprudence et pourra être invoqué dans d’autres affaires (1ère audience le 26 janvier). Gageons que la sagesse des juges l’emportera et que les 62 travailleurs verront leur ciel s’éclaircir en 2010.

Les «conditions Salon» de Fiat: un licenciement collectif sans plan social Manif surprise au Salon de l’auto, devant le stand de Fiat. Les travailleurs et délégués d’IAC-Fiat (Bruxelles) sont venus répéter qu’ils n’accepteront pas l’arrogance de la direction, qui méprise la négociation et la concertation sociale. Retour sur un conflit mouvementé. La SA Italian Automotive Center (IAC), filiale du groupe Fiat, est active dans le secteur automobile en qualité de distributeur officiel des marques du groupe Fiat. Elle détient cinq sites répartis en région bruxelloise (Meiser, Delta, Drogenbos, Berchem et Vilvoorde). Fin 2009, la société occupait une centaine de travailleurs. En 2007, IAC a connu une importante restructuration. Malgré cette restructuration, la situation financière de la société est restée mau-

vaise. Les travailleurs attribuent ces difficultés financières à la fois à la politique commerciale de la société et au fait que la direction change en moyenne tous les 18 mois. A la mi-décembre 2008, la société annonce la fermeture du magasin de Delta et de l’atelier (réparations et entretiens) de Meiser, qu’elle qualifie de «divisions d’entreprise», ainsi que le licenciement collectif de 25 personnes, soit 15 ouvriers et 10 employés. Parmi ces travailleurs figurent 15 représentants du personnel, membres du conseil d’entreprise, du CPPT ou de la délégation syndicale. Les représentants du personnel contestent d’emblée la notion de «divisions d’entreprise» en faisant remarquer qu’IAC est une unité technique d’exploitation (UTE) avec plusieurs sites. IAC utilise la notion de «divisions d’entreprise» afin d’éviter toute discussion sur les critères de choix des personnes à licencier et de permettre un licenciement plus aisé des représentants du personnel protégés.

Les divergences de vues entre la société et les représentants du personnel sur l’existence de ces «divisions» conduisent à un blocage. Malgré des actions menées dès l’annonce du licenciement collectif, les tentatives de négociations et les interventions d’un conciliateur social, IAC reste sur sa position et refuse même de négocier un plan social. La société commencera à licencier des travailleurs dès le mois de juin 2009. Parallèlement, IAC introduit des actions devant les juridictions du travail afin, d’une part, de faire lever la protection dont bénéficient les représentants du personnel et, d’autre part, de voir reconnaître l’existence d’un motif grave justifiant le licenciement immédiat sans indemnité d’une partie des représentants du personnel. La société perd des deux côtés mais son acharnement la conduira à licencier neuf délégués fin novembre 2009. Ce qui ne manque pas de remettre sur la table le débat relatif à la réintégration des travailleurs licenciés de manière abusive.

Pas touche au droit de grève! Ce dénouement ne doit pas nous faire oublier que les décisions de justice précitées ont cependant permis de rappeler certains principes importants que les magistrats ont souvent tendance à oublier. Par exemple, en matière de droit de grève, la cour du travail de Bruxelles rappelle qu’il est interdit à un juge de se prononcer sur l’opportunité d’une grève ainsi que de s’immiscer dans un conflit collectif en se donnant le droit de déclarer illicite le recours à la grève selon des critères qu’il fixe lui-même. On peut encore lire ce qui suit: - Le droit de grève est un droit fondamental du travailleur qui mérite autant de protection que le droit de propriété de l’employeur. Ce droit de propriété ne peut donc pas se voir accorder plus de valeur que le droit de grève. - Le fait de placer des piquets de grève est une modalité du droit de grève faisant partie de l’exercice normal de ce droit et ne peut être

considérée comme illicite que si elle s’accompagne de violences physiques ou perturbations de l’ordre public. Le combat continue au sein de l’entreprise et même les délégués licenciés continuent à se battre afin d’aider notamment leurs camarades licenciés sans plan social. Une réunion a eu lieu le 14 janvier 2010, mais la nouvelle direction (les membres de l’ancienne ayant été «déplacés») refuse toujours de négocier un plan social. Reste que la direction ne pourra pas assumer encore plusieurs mois d’actions et la mauvaise publicité qui en découlerait pendant le Salon de l’auto. Les représentants des travailleurs ont été clairs sur ce point: des actions seront menées tant qu’il n’y aura pas d’accord.

Pour plus d’informations et une synthèse des décisions judiciaires: www.metallos.be , rubrique «Paroles de militants», article du 9 novembre 2009.


TEXTILE-VÊTEMENT-DIAMANT

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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L’indexation négative est appliquée dans le secteur de l’entretien du textile Suite à l’application de la CCT du 1er octobre 2007 (liaison des salaires au chiffre d’indice), les salaires du secteur de l’entretien du textile sont adaptés à l’évolution de l’index au 1er janvier 2010. A cette fin, on fait le calcul de l’évolution du chiffre d’indice du mois de novembre 2009 par rapport à celui du mois de novembre 2008. L’index a baissé au cours de 2009, faisant en sorte que le résultat de cet exercice soit un chiffre négatif. Il s’agit donc de déflation au lieu d’inflation. Autrement dit, si la CCT est appliquée, les salaires dans l’entretien du textile baissent de 0,42%. Cela est un signal négatif vis-à-vis des ouvriers et ouvrières du secteur. Les salaires dans le secteur ne sont

Une assurancegroupe pour les ouvriers de Johnson Controls! Après de longues négociations, une convention collective de travail a été signée fin novembre réglant ainsi l’introduction d’une assurance-groupe pour les ouvriers et ouvrières qui sont occupés chez le fabricant de sièges pour voitures, Johnson Controls à Assenede. Une assurance-groupe est un compte épargne-pension individuel pour chaque travailleur qui est conclu auprès d’une société d’assurances (et donc pas auprès de l’employeur). L’employeur paie cependant la prime annuelle pour cette assurance. Ce compte épargnepension est maintenu, même si le travailleur change d’employeur ou que l’employeur est déclaré en faillite. Le travailleur reste le propriétaire des épargnes. Le montant épargné ainsi que les intérêts pour toutes les années (qui s’élèvent au moins à 3,25% par an) sont payés quand l’ayant droit atteint l’âge de 65 ans. En cas de décès prématuré, le montant est versé aux héritiers. Pour l’instant, la cotisation patronale pour cette assurancegroupe est modeste et s’élève à 100 euro par an et par ouvrier. Ce montant sera sans aucun doute augmenté au cours des prochaines négociations sectorielles. De cette façon, les ouvriers de Johnson Controls Assenede reçoivent également un supplément à part entière en sus de leur pension légale. Ce n’est pas seulement un privilège pour un groupe restreint d’employés et de cadres.

déjà pas très élevés et la moindre baisse a un effet démotivant. C’est dans ce cadre que nous avons d’urgence demandé une réunion de la Commission paritaire de l’entretien du textile dont le but était d’adapter la CCT actuelle pour que cette baisse salariale au 1er janvier 2010 soit évitée. La Commission paritaire de l’entretien du textile s’est réunie le 12 janvier 2010 à la demande de la FGTB-TVD. Malgré notre plaidoyer pour ne pas appliquer l’indexation négative et éviter ainsi une baisse salariale, les employeurs ont refusé de répondre à notre demande. Nous avons fait

appel au bon sens des employeurs, mais tout a été en vain. Nous soulignons que la FGTB-TVD était le seul syndicat qui a pris l’initiative pour éviter l’application de l’indexation négative. Puisqu’il n’était pas possible de conclure un accord visant à obtenir la modification temporaire de la CCT, les salaires barémiques suivants entrent en vigueur à partir du 1er janvier 2010. L’employeur peut donc appliquer la baisse, mais il n’est pas obligé de le faire. Il est donc possible de mener des négociations au niveau de l’entreprise afin d’éviter l’application de l’indexation négative sur les salaires effectifs et barémiques.

37,5 heures/semaine

38 heures/semaine

Groupe salarial 1

e 9,7620

Groupe salarial 1

e 9,6285

Groupe salarial 2

e 10,0071

Groupe salarial 2

e 9,8731

Groupe s alarial 3

e 10,2522

Groupe salarial 3

e 10,1176

Groupe salarial 4

e 10,4972

Groupe salarial 4

e 10,3634

Groupe salarial 5

e 10,7422

Groupe salarial 5

e 10,6070

Groupe salarial 6

e 11,5201

Groupe salarial 6

e 11,3728

Groupe salarial 7

e 11,7896

Groupe salarial 7

e 11,6407

Groupe salarial 8

e 12,9416

Groupe salarial 8

e 12,7779

Secteur de la confection: enfin un accord pour 2010! uite aux négociations sectorielles précédentes, un accord sectoriel a été conclu pour la période 2007-2009 dans le secteur de la confection. Cet accord fut réalisé après des négociations très laborieuses et prévoyait entre autres une augmentation salariale classique, l’introduction d’un jour d’ancienneté après 20 ans d’ancienneté dans la même entreprise et l’introduction de chèques-repas à partir du 1er juin 2009.

S

Ces dernières années, la fédération patronale Creamoda nous a pris en otage avec leur point de vue que le jour d’ancienneté et les chèquesrepas étaient des avantages qui avaient été conclus pour une durée déterminée, soit jusque fin 2009. Cela n’avait pas été convenu ainsi au cours des dernières négociations et n’avait pas été déterminé de cette façon dans les textes des CCT signés. Creamoda bravait donc sa propre signature sous l’accord sectoriel 2007-2009 et commettait donc un parjure. Il n’est donc pas du tout étonnant que les négociations pour l’accord sectoriel 2010 qui ont démarré en juin 2009 ont traîné pendant presque 7 mois. La FGTB-Textile, Vêtement et Diamant a toujours refusé de payer un prix pour que les chèques-repas et le jour d’ancienneté aient le caractère d’un avantage de durée indéterminée. La crise économique et le cadre fixé par l’Accord interprofessionnel exceptionnel 2009-2010 ont aussi fortement influencé le déroulement des négociations actuelles. A l’origine, la fédération patronale Creamoda refusait toute entrevue sérieuse sur l’augmentation du pouvoir d’achat en majorant le montant des chèques-repas. Pour eux, l’année 2010 devait être une année sans coûts supplémentaires. La FGTB-Textile, Vêtement et Dia-

mant ne s’est pas inclinée devant le point de vue de Creamoda et a systématiquement revendiqué une augmentation du pouvoir d’achat net comme prévu par l’Accord interprofessionnel exceptionnel. L’affaire s’est encore corsée au moment où les syndicats et la fédération patronale ont refusé une proposition du président de la Commission paritaire. Finalement, la poursuite de la concertation a quand même abouti à un accord sectoriel comprenant une augmentation acceptable du pouvoir d’achat pour 2010. En voici les lignes de force: 1. La CCT a une durée allant du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2010 inclus. 2. Pour ce qui concerne la prépension: tous les systèmes sont prorogés jusqu’au 31 décembre 2010. Il s’agit concrètement des régimes de prépension suivants: a. La prépension légale à partir de 60 ans b. La prépension (conventionnelle) à partir de 58 ans avec 37 ans (h) ou 33 ans (f) d’ancienneté c. La prépension à partir de 56 ans avec 20 ans de prestations de nuit d. La prépension à partir de 56 ans avec 40 ans d’ancienneté (longue carrière) e. La prépension à mi-temps à partir de 55 ans 3. Le régime du congé d’ancienneté est maintenu et prorogé pour une durée indéterminée. Le travailleur qui dispose de 20 ans d’ancienneté dans la même entreprise de vêtement a droit à un jour d’ancienneté payé par année civile. 4. Le montant de la prime syndicale est majoré à 135 euro à partir de 2010.

5. Classification des fonctions: les travaux sont poursuivis en exécution de la recommandation émise par le conciliateur social en date du 17 octobre 2007. Les travaux doivent être achevés pour le 31 décembre 2010 au plus tard. 6. La CCT en matière de formation des groupes à risque est prorogée pour 2010 (cotisation patronale de 0,10%).

l’équilibre financier du Fonds Social de la Confection. Il faudra tenir compte des engagements de longue durée et il faudra prendre éventuellement les mesures nécessaires à maintenir cet équilibre financier. 11. Toutes les CCT existantes sont prorogées en 2010. 12. Les parties s’engagent à respecter la paix sociale en 2010.

7. La cotisation patronale de 0,20% pour les efforts en matière de formation sectorielle est prorogée en 2010. 8. Engagements en matière d’emploi: si un employeur appartenant au secteur de la confection veut passer à un licenciement pour raisons économiques, il doit respecter une procédure qui prévoit la concertation préalable avec les syndicats. Si l’employeur ne respecte pas cette procédure, il doit payer, aux travailleurs concernés, une indemnisation dont le montant peut s’élever au maximum à 500 euro. Si l’employeur ne paie pas cette indemnisation, le président de la commission paritaire peut être chargé d’une tâche de conciliation. A partir de 2010, un montant fixe sera déterminé pour l’indemnisation et la procédure pour constater (l’éventuelle) infraction de l’employeur sera simplifiée. 9. Pouvoir d’achat: les chèquesrepas sont prorogés pour une durée indéterminée à partir du 1er janvier 2010. L’intervention de l’employeur dans les chèquesrepas est augmentée de 0,30 euro à partir du 1er avril 2010. Le montant total des chèques-repas est ainsi porté à 2,30 euro. 10. Fonds Social et de Garantie: les parties (syndicats et employeurs) s’engagent à faire, en 2010, une évaluation à long terme en vue de sauvegarder

Prime syndicale titres-services Le travailleur qui est occupé dans le système des titres-services peut prétendre à la prime syndicale. Cette prime s’élève à 65 euro pour 2009. Si vous êtes occupé dans un atelier de repassage, vous pouvez vous présenter auprès d’un de nos secrétariats professionnels de la FGTB avec le formulaire de demande afin d’obtenir le paiement de cette prime syndicale. Les adresses sont disponibles sur notre site Internet: www. fgtbtvd.be. Faites-le de préférence avant le 15 février 2010.


14 AB INBEV: un accord historique

ALIMENTATION-HORECA-SERVICES

SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

epuis le 7 janvier, les travailleurs d’AB INBEV, ouvriers et employés, tous unis, mènent des actions aux portes d’AB INBEV tant à Leuven qu’à Jupille, mais aussi dans les différents dépôts du groupe, Bruxelles, Jumet, De Pinte, Jabbeke,..

D

Le mardi 12 janvier, les travailleurs d’HOEGAARDEN, par solidarité, ont fermé spontanément les portes de leur brasserie. Aucun camion ne pouvait ni entrer, ni sortir.

Pourquoi cette révolte des travailleurs? La direction d’AB INBEV a annoncé un énième nouveau tour de licenciements collectifs. Pour la Belgique, on annonçait que plus de 300 travailleurs seraient mis à la porte. La cupidité de cette multinationale est insatiable. AB INBEV montre à nouveau qu’il n’est un brasseur plus depuis longtemps, mais bien un groupe dirigé par des financiers, dont certaines familles les plus riches de Belgique, pour qui les dividendes ne sont jamais assez importants.

La crise a bon dos! Ce bain de sang social annoncé n’a rien à voir avec la crise économique. Tandis que de nombreuses entreprises ferment, restructurent parce qu’elles se trouvent en difficulté; que des milliers de travailleurs se retrouvent privés d’emploi et vont gonfler les rangs des chômeurs, que des milliers de familles se retrouvent financièrement dans des situations très difficiles, AB INBEV dégage un bénéfice de 3 milliards d’euros en 2009 et le rendement de 18% sur les dividendes distribués ne suffit pas pour ce géant de la bière. Pour 2010, l’entreprise prévoit déjà 945 millions d’euros de dividendes à distribuer aux actionnaires! Le sang des travailleurs a un prix: 80 millions d’euros de primes pour le patron d’AB INBEV qui a déjà un salaire faramineux. Belle motivation pour réussir une restructuration qui ne vise qu’à améliorer le profit de quelques uns.

confondues, toutes régions et tous statuts confondus engagent la résistance face au plan présenté par la direction qu’ils estiment inacceptable. Dans un premier temps, un seul objectif: le retrait de ce plan. Les syndicats passent ensuite à l’offensive en exigeant un plan industriel et commercial et le maintien des activités de support ( service salaire-fiche de paie, service prise de commande, service de planification, planification des commandes, logistique, maintenance, HTS) afin d’assurer le maintien de l’emploi dans l’ensemble des composantes de l’entreprise. Les travailleurs s’opposent à ce que des services soient transférés en HONGRIE. De manière globale, ils s’opposent à toute forme de sous-traitance. Il ne peut pas y avoir de lien entre la baisse de consommation de bière en Belgique et le fait de vouloir transférer des activités dans des pays à bas salaire . La FGTB refuse de s’inscrire dans cette logique CAPITALISTE PERVERSE. Les travailleurs d’AB INBEV entrent dans une confrontation qui sera, ils le savent, longue et dure.

Des conciliations vers un accord historique

La lutte s’organise

Trois réunions du bureau de conciliation ont été nécessaires pour parvenir à un accord ce 21 janvier 2010 qui propose un cadre de négociations pour restaurer la confiance… et entamer un dialogue social constructif au sein de l’entreprise.

Les syndicats, toutes tendances

Les idées maîtresses:

• L’entreprise a organisé un lock out durant 2 jours (interdire l’accès de l’entreprise aux travailleurs). Les travailleurs obtiennent le paiement de leur salaire pour ces 2 jours, les 20 et 21 janvier 2010. • La procédure dans le cadre de la loi Renault est arrêtée. Il s’agit d’une victoire symbolique, historique, c’est la première fois que des travailleurs parviennent à arrêter la procédure dans le cadre d’un licenciement collectif; ce qui implique dans les faits que le plan qui prévoyait la suppression de plus de 300 emplois est retiré. Est-ce pour autant que tous les problèmes sont réglés? Certainement pas! Mais quand, dans quelques temps, les parties se réuniront autour de la table, elles se trouveront devant une page blanche: l’employeur ne pourra plus imposer unilatéralement son plan, les travailleurs auront le temps nécessaire pour échanger toutes les informations relatives au plan industriel et à l’avenir d’AB INBEV Belgique au sein du groupe tant sur le plan national que sur le plan européen. Le plan industriel concernant l’avenir d’AB INBEV Belgique concernera tous les sites et tous les départements. Après échange des informations, et toujours dans le cadre d’une concertation, les parties analyseront les problèmes et essaieront ensemble de dégager des solutions socialement acceptables Il est important de noter que les discussions, seront encadrées par un représentant de la direction européenne.

• Dans ce cadre, et pour garantir une transparence de la politique du groupe au niveau EUROPE DE L’OUEST, un Conseil d’Entreprise européen sera convoqué.

Le conflit AB INBEV est un conflit exemplaire. Il met en évidence le manque d’éthique des entreprises qui sont en permanence à la recherche d’un bénéfice maximal. On ne licencie plus pour survivre, on le fait pour gagner plus, beaucoup plus. Ce conflit a touché par son injustice tant la population que les médias qui ont massivement soutenu l’action des travailleurs parce qu’elle était JUSTE.

C’est une lutte pour garder la BELGITUDE d’AB INBEV. Cette entreprise est dans l’inconscient une entreprise belge, des produits tels que JUPILER et STELLA que nous avons tous dans notre frigo. C’est une identité derrière laquelle chacun se reconnaît et qu’il veut garder. Ce conflit historique est la démonstration que, ENSEMBLE ON EST PLUS FORTS et que quand les travailleurs se mobilisent ils sont capables de réaliser l’impensable. Les délégués d’AB INBEV et les responsables syndicaux HORVAL.

ALAIN CHENOY 7 MARS 1953-13 JANVIER 2010 Alain était le Secrétaire Régional de la section Namur-Luxembourg. Alain était militant depuis l’âge de 17 ans. Il était actif aux jeunesses FGTB, avant de rejoindre les Métallos. Ensuite il a rejoint la Centrale Générale où il gérait les dossiers juridiques. En 1994, il intégrait la centrale de l’Alimentation, partageant son temps entre les 2 centrales. En 1997, il devenait Secrétaire Régional à la Centrale de l’Alimentation de Namur-Luxembourg. Alain représentait 40 années de militantisme et de convictions inébranlables. Son équipe et le Comité Exécutif Régional s’associent à sa fille Laetitia dans cette triste épreuve.


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SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

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Un tsunami social... Manifestons tous ensemble!

Ces derniers jours ont été assombris par l’annonce de plusieurs plans de licenciements et fermetures d’entreprises. Cette page suffit à peine pour dresser le bilan des entreprises et des employés touchés par ces situations de crise. Nous suivrons ces drames de près dans les prochains numéros de Syndicats. Nous ferons entendre notre voix lors de la manifestation du 29 janvier: il faut que cela change!

phase d’information a déjà permis de ramener ce nombre à 135 emplois. Le SETCa exige des améliorations quant aux modalités de départ (volontaires, prépensions et un minimum de licenciements secs), mais la direction bloque les négociations. Des actions de sensibilisation du personnel se sont tenues la semaine passée.

Opel Anvers: la fermeture en 2010. La nouvelle était pressentie mais elle a fait l’effet d’une bombe. Au delà du licenciement collectif des 2600 salariés, c’est plusieurs milliers d’ emplois connexes (soustraitants et fournisseurs) qui sont menacés. La direction dit ne pas avoir le choix. Des chiffres à faire tourner la tête, un drame pour l’emploi en Belgique. Cette décision, vivement critiquée, marque

Hewlett Packard (HP): la menace d’une restructuration. La direction annoncé la perte de 324 postes. Elle prévoit aussi de déplacer 420 personnes du HP Service Desk vers une autre filiale (le centre HP Customer Delivery Services). Au niveau financier, 2009 a pourtant été une année prospère pour l’entreprise. Inacceptable! La phase de consultation entre la direction et les représentants des travailleurs se tiendra dans les prochaines semaines. Via

le début de diverses actions syndicales de solidarité afin de défendre les intérêts des travailleurs. Le SETCa s’investit dans ce combat et soutiendra toutes les actions décidées. UCB: les négociations coincent. La direction d’UCB à Braine-l’Alleud veut procéder à un nouveau plan de licenciement, 174 emplois devaient passer à la trappe. La

la négociation, le SETCa essayera d’empêcher les licenciements. Le but est de tendre vers 0. DHL: la fermeture du centre européen toujours en question et d’autres emplois menacés. La procédure d’information est en cours, les négociations devraient débuter dans les prochaines semaines. Le SETCa déplore ce projet de déménagement du centre européen de Diegem et tente de faire entendre raison à la direction. Les arguments sont pourtant évidents: outre le coût du «transfert» qui grèverait encore plus la situation de l’entreprise, la perte des savoir-faire serait catastrophique! Petroplus Refining Antwerp: la première phase de la loi Renault est amorcée. Après la reprise des actions de la société par Eurotank B.V.,

Jeunes SETCa: ça bouge là-dedans! Comme leurs ainés, les jeunes délégués du SETCa débordent d’énergie et de chouettes projets. Ce moisci, ils lancent la campagne «Trouvez votre délégué!» et son concours ciné et participent au Congrès UNI Europa Youth à Anvers. Coup de projecteur bien mérité sur leurs réalisations.

Trouvez votre délégué!

Vous débutez votre vie professionnelle et vous n’avez peut-être pas encore osé aborder votre délégué SETCa avec vos questions. La campagne Jeunes 2010 «Trouvez votre délégué!» devrait vous aider à franchir ce pas. Et en plus, un concours ciné, avec plein de places gratuites, est à la clé! Un nouveau job, c’est toujours un peu déroutant, surtout quand on débute. Voilà pourquoi il y a toujours une personne qui est là pour vous aider à partir du bon pied: votre délégué SETCa évidemment. Si en temps normal ils sont toujours prêts à répondre à vos questions sur vos droits au boulot, jusqu’au 30 avril 2010, vos délégués sont au moins 4 fois plus sur le qui-vive pour vous accueillir ! En effet, dans la brochure SETCa Jeunes «Le syndicat, un truc pour moi?», outre des infos utiles sur les avantages de l’affiliation et les Vacances Jeunes, vous trouverez également un concours qui vous permettra peut-être de remporter 2 places de ciné. Remplissez le

formulaire, trouvez votre délégué SETCa et demandez lui de signer le bulletin de participation avant de le lui remettre. Simple, non? Votre délégué est «online»? Tous les formulaires sont déjà partis? Alors retrouvez aussi votre délégué sur internet www.setca.org/ jeunes, ou sur Facebook et Netlog. Il n’y a pas de délégués SETCa dans votre entreprise? Pas de soucis, on vous attend également dans votre section régionale du SETCa.

Jeunes syndicalistes européens, tous réUNIs à Anvers Les 28 et 29 janvier 2010, le meeting UNI Europa Youth rassemble à Anvers plus d’une centaine de jeunes militants de toute l’Europe, dont une quinzaine du SETCa. L’occasion d’échanger nos points de vues sur les thèmes qui concernent directement les jeunes travailleurs: la formation, le travail décent, l’environnement …

Syndicalisme européen, une affaire de jeunes? Et comment! Nous avons toujours connu l’Europe, le néo-libéralisme et la mondialisation. Mais le capital ne vaut rien sans les travailleurs, il est donc temps d’organiser les jeunes. Plus nombreux, mieux formés

que jamais, pour former une vraie force de base. Ce n’est pas toujours facile de se comprendre, entre langues et cultures différentes, c’est important d’essayer de construire quelque chose ensemble. Fondamentalement, les problèmes que rencontrent un jeune travailleur tchèque, grec ou belge ne sont pas si éloignés.

Au menu… Après l’ouverture du meeting par Erwin De Deyn, le président du SETCa, le comité de UNI Europa Youth, élu à Barcelone en octobre 2008, dresse un premier bilan de son action. Le SETCa y est digne-

ment représenté. Pas moins d’une quinzaine de jeunes portent la voix du SETCa dans les différents groupes de travail: «Comment intéresser les jeunes au syndicat?» ou «Comment concilier syndicalisme et changement climatique?». Les réalités syndicales européennes, différentes d’un pays à l’autre, apportent une nouvelle dimension à ces réflexions!

la direction a annoncé la suppression d’une unité et la perte de 59 emplois. Il est nécessaire d’agir afin de trouver d’autres solutions. AB InBev: un dénouement inédit! L’annonce de la suppression de 263 postes (dont 93 employés et 73 cadres) chez AB InBev a déjà fait beaucoup de bruit. Dès le début, le SETCa a revendiqué le retrait de ce plan de restructuration. Différentes actions ont ainsi vu le jour: blocage des sites, solidarité, marques de soutien de certains politiques, etc. Après plusieurs tentatives de conciliations avec la direction, un accord a finalement pu être trouvé. Fait historique: la procédure Renault a même carrément été arrêtée ! Une belle réussite en somme… Même si le mot «vigilance» reste toujours d’actualité!

Du neuf pour mon secteur! Voici en bref ce que le SETCa a négocié pour vous ces dernières semaines. Pour savoir plus, n’hésitez pas à contacter votre section régionale ou votre délégué. Pharmacies ( CP 313) • CCT prime de fin d’année prolongée (31/12/2009) • Prépension à 58 ans & prépension mi-temps à 56 ans prolongées (31/12/2011) • Barèmes: un protocole d’accord a été signé pour un augmentation des barèmes minimums sectoriels (entre e25 et e29,80) dès le 01/01/2010. Affaire à suivre! Habillement et confection (CP 215): CCT 2009-2010 • Prolongations: prépension à 58 ans (30/06/2011), prépension à 56 ans carrière longue, prépension mi-temps et CCT formation (31/12/2010), chèques-repas et congés d’ancienneté (à durée indéterminée) • Intervention frais de transport dès 5km (dès le 01/01/2010) • Pas de nouvelle période d’essai pour un même travail si un contrat à durée indéterminée suit un CDD ou un remplacement de 6 mois min.


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SYNDICATS • N°02 • 29 JANVIER 2010

> POINT DE VUE

Action et solidarité ce 29 janvier es dernières semaines ont été synonymes de mauvaises nouvelles pour les travailleurs. Janvier s’est terminé péniblement, apportant chaque jour son lot de restructurations et de pertes d’emploi.

L

AB InBev, UCB, Arcelor, Depoortere, AGC Automotiv, BASF, Janssen Pharma, HP, UCB, DHL, Petrolplus, de nombreuses institutions financières (Fortis, ING, Dexia), Opel et les nombreux sous-traitants qui en dépendent. La liste des firmes est particulièrement longue et le bilan est plus qu’alarmant. Nos pages intérieures vous fourniront un rapide aperçu de la situation actuelle au sein de ces entreprises. Nous contestons ces décisions et dénonçons l’attitude des employeurs et des pouvoirs publics. Voici quelques mois, l’Etat décidait de mettre la main au portefeuille

afin de renflouer les banques. 20 milliards de déficit public que les citoyens devront rembourser. Pour 2009, plus de 10 milliards d’aide fiscale ont été accordés aux entreprises sous la forme d’intérêts notionnels. Mais aussi 7 milliards de réductions de cotisations ONSS et quelques autres cadeaux fiscaux de plusieurs milliards. Il semble malheureusement qu’aucune leçon n’ait été tirée par le gouvernement et les entreprises.

son unique objectif semble être de réaliser davantage de profits et de distribuer des bonus exorbitants aux plus hauts cadres et administrateurs.

En effet, nous constatons que les comportements des entreprises n’ont pas changé. L’affaire InBev nous le démontre: même si le plan de licenciement collectif est provisoirement retiré, nous assistons à un bel exemple de capitalisme débridé. Ce groupe privé n’a pas de problème financier majeur mais continue encore et toujours à bénéficier d’aides de l’Etat. Plus que le bien-être des travailleurs,

Nous manifesterons le 29 janvier prochain afin de contester ce mode de fonctionnement et de défendre les intérêts des travailleurs.

Les banques, quant à elles, n’ont pas changé leurs habitudes. Après avoir bénéficié de fonds publics conséquents, elles paralysent financièrement les entreprises qui demandent des crédits pour lutter contre la crise et subsister.

Notre position est claire. Nous nous opposons à ce que des avantages ou des aides publiques continuent à être octroyés à des entreprises qui délocalisent, ferment, restructurent ou licencient. Nous appelons à ce que chacun prenne ses responsabi-

lités ! Cela vaut pour les dirigeants d’entreprise mais aussi pour le Gouvernement belge et le ministre des Finances en particulier. Nous attendons la suspension de ces avantages qui bénéficieraient à toute politique de délocalisation et de casse sociale. Nous réclamons le maintien de l’emploi et la mise en place d’un plan de relance européen, créateur d’emploi. L’emploi doit être préservé dans les services publics malgré le déficit public. L’accompagnement des chômeurs doit passer par la formation et les aides nécessaires pour avoir un emploi convenable, moratoire du contrôle de la disponibilité des chômeurs jusqu’à ce qu’il y ait une réforme profonde du système de contrôle de disponibilité. Il faut également être attentif au conditionnement des aides publiques à la création et au maintien de l’emploi (voire leur

remboursement par les entreprises bénéficiaires qui restructurent ou celles qui délocalisent.). Enfin, nous réagissons face à la provocation des employeurs qui, à travers leur manifeste, réclament de nouveaux avantages, veulent un nouveau pacte des générations et prônent un statut unique au détriment du statut d’employé.

Myriam Delmée Vice-présidente SETCa-BBTK

Erwin De Deyn Président SETCa-BBTK

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Syndicats FGTB n°2 - 29 janvier 2010