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MENSUEL | Année 74 | n° 5 Mai 2020

E.R. : Robert Vertenueil rue Haute, 42 - 1000 Bruxelles BUREAU DE DÉPÔT : Charleroi X - P912051

Après le Corona,

comment refaire le monde ?

LA FGTB À VOTRE SERVICE Malgré le confinement, les employés des services chômage de la FGTB ont travaillé 7 jours sur 7 pour traiter tous les dossiers et assurer un paiement rapide des indemnités des affiliés.

La FGTB reste à votre service même si, malgré le déconfinement, le risque sanitaire persiste. Les services chômage des régionales FGTB ne seront cependant accessibles que sous certaines conditions : uniquement sur rendez-vous et le port du masque sera obligatoire pour accéder aux bâtiments. Utilisez au maximum les nouvelles technologies sur votre PC ou votre smartphone qui accélèrent les procédures et vous facilitent la vie : consultez votre dossier chômage en ligne avec MyFGTB et utilisez la carte de pointage électronique C3 avec l’app eC3.

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Sommaire

Actualités Action : 1er mai digital, place de la Solidarité ................................................. 4 En bref ........................................................................................................................... 5 Congé parental Corona .......................................................................................... 6 Bangladesh : drame social dans le secteur textile ....................................... 7

@syndicatFGTB syndicatFGTB

Chômage technique/télétravail & abonnements de train ......................... 8 La FGTB à votre service ......................................................................................... 9 Enquête : la reprise du travail inquiète les travailleurs ....................... 10-11 Bienvenue dans la nébuleuse du traçage de contact ........................ 12-13

ABVV/FGTB

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L’urgence est aussi et avant tout sociale ! .................................................... 14

Dossier : Après le Corona, comment refaire le monde ? Réflexions et revendications ....................................................................... 15-20

Votre centrale Centrale Générale ............................................................................................ 21-23 MWB .................................................................................................................... 24-25 UBT ....................................................................................................................... 26-27 Horval .................................................................................................................. 28-29

La FGTB en ligne www.fgtb.be Inscrivez-vous à notre newsletter www.fgtb.be My FGTB votre dossier en ligne www.fgtb.be/my-fgtb Syndicats Magazine en ligne www.syndicatsmag.be Syndicats Magazine Application mobile

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SETCa .................................................................................................................. 30-32

Régions Actualités régionales ............................................................................................. 33

Vos droits Question/Réponse : pécule de vacances, congés annuels et impact du Coronavirus ............................................................................ 34-35


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Édito

Saisir le moment Voilà maintenant deux mois que nous vivons tous dans une espèce d’atmosphère de guerre, sans les bombes ni véritable rationnement mais pas sans victimes. Derrière les chiffres quotidiens du nombre de décès et les conclusions optimistes au vu de la courbe descendante des hospitalisations, il y a des personnes disparues et les larmes de leurs proches, d’autres qui souffrent encore. Et puis il y a les victimes du gel des activités qui a jeté dans l’angoisse, voire la misère, tous ceux, nombreux, qui n’ont aucune réserve financière et qui encaissent très mal la perte de revenu.

La santé et la sécurité d’abord Si le confinement nous a posé problème, le déconfinement aussi. Le déconfinement progressif nous aura permis de relâcher un peu la pression ou au contraire d’en mettre une supplémentaire car la reprise du travail pour ceux qui n’ont pas la possibilité de télétravailler les expose un peu plus au danger. Le Coronavirus est une épée de Damoclès qui reste suspendue au-dessus de nos têtes pour un certain temps encore. Surtout, si comme les experts le craignent et ce qui se vérifie dans certains pays, il faut craindre une seconde vague. Nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Nous insistons donc une fois encore sur la nécessité absolue de considérer la santé des travailleurs et plus généralement de la population comme un impératif auquel l’activité économique doit rester soumise.

Éviter les pertes d’emplois

Robert Vertenueil Président

Miranda Ulens Secrétaire générale

Il va falloir aussi gérer les conséquences économiques et sociales de la crise. Et elles s’annoncent plutôt catastrophiques. Certains secteurs sont particulièrement touchés, comme l’Horeca, le secteur culturel, le transport aérien. Brussels Airlines compte licencier 1.000 travailleurs. Le groupe ERMG (Economic Risk Management Group) chargé de conseiller le gouvernement sur les risques économiques, estime possible le licenciement de 180.000 chômeurs temporaires, soit un sur cinq. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent maintenant tout faire pour éviter les licenciements, que ce soit par la réduction du temps de travail, les RCC ou emplois de fin de carrière.

de notre économie. L’utilité et l’importance des travailleurs doivent être reconnues ! Il ne s’agit pas de décerner des médailles d’après la bataille mais bien de rémunérer convenablement les travailleurs jusqu’ici déconsidérés et mal payés et de rendre à l’avenir aux travailleurs en général leur juste part de la richesse nationale. Rappelons à ce propos notre revendication d’un salaire minimum de 14 €/ heure et (2.300  €/mois) et la liberté de négocier les salaires. On se rend aussi compte aujourd’hui qu’il suffit de peu pour déstabiliser l’économie globalisée. La  pandémie a prouvé une fois de plus que c’est l’État au sens large qui doit assurer la stabilité économique et la reprise par des injections massives de moyens publics à tous les niveaux, entre autres au niveau européen.

Saisir le moment Les problèmes économiques qui nous attendent ne doivent pas faire oublier les autres failles du système un peu occultées : l’inégalité croissante, la crise climatique, le fait qu’il n’y ait pas d’approche durable dans notre utilisation des ressources rares et la biodiversité. Il ne peut donc pas être question dans les jours, les mois et les années à venir, d’un « business as usual » comme celui qui a suivi la crise financière de 2008. Et cette fois, les coûts pour la société de cette crise ne peuvent pas être à nouveau répercutés sur les travailleurs et sur la collectivité.

Nous aurons plus que jamais besoin de nos « amortisseurs sociaux » dont cette crise sanitaire a prouvé l’efficacité et le bon fonctionnement. Il s’agit bien sûr de notre sécurité sociale et de nos services publics qui doivent être préservés et renforcés, c’est-à-dire refinancés.

Il faut profiter de la prise de conscience des dysfonctionnements du système capitaliste pour remettre les choses à plat. Il ne s’agit donc pas de mettre des rustines : il faut changer le système, investir dans une économie durable, refaire le monde, à commencer par l’Europe.

Mettre fin à l’austérité et réinvestir

La FGTB a entamé une réflexion dans ses instances et parmi ses militants sur ces thèmes et pose une série de revendications qui sont développées dans le dossier en pages centrales de ce magazine.

La crise du Coronavirus a montré combien les travailleurs sont essentiels à la bonne marche


Action

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VOTRE SYNDICAT EN ACTION

L

e confinement généralisé de par le monde ne doit pas nous empêcher d’exprimer notre solidarité internationale. Encore moins un 1er mai. Et quelle plus belle manière que de le faire en chansons à travers quatre continents ? La FGTB a répondu tout de suite « présente » quand ce projet a été lancé par les syndicats UGT et CCOO d’Espagne. En moins de deux semaines, un concert international virtuel s’est construit sous nos yeux. Le tour du monde en chansons commence en Corée du Sud pour se terminer au Chili, en passant par les Philippines, la Russie, l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Italie, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne, le Portugal, la Belgique, le Maroc, Cuba, l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine et le Colombie. Lors de l’escale belge, Axelle Red a interprété une très belle version solo de sa chanson «  Un ami  ». Un concert qui vient du cœur, enthousiaste et militant, sincère et chargé d’ondes positives. Un concert qui remercie toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui sont en première ligne et qui rend hommage à toutes les victimes du Covid-19. Le concert du 1er mai est à voir ou revoir sur

J www.placedelasolidarite.be Ce premier mai digital a été l’occasion de remercier et de donner la parole aux travailleurs et travailleuses de première ligne, héros du quotidien.

Une version très personnelle et émouvante de L’Internationale, à revoir sur la page Facebook de la FGTB syndicat FGTB comme l’ensemble des discours, émissions et prises de parole.

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EN BREF LA DURÉE DE VALIDITÉ DES CHÈQUES-REPAS PROLONGÉE DE SIX MOIS En raison des mesures prises pour empêcher la propagation du Coronavirus, comme la suspension des déplacements non-essentiels ou l’incitation à payer par carte, il  est devenu compliqué d’écouler les divers chèques reçus de son employeur. À la demande du Conseil national du travail pour préserver le pouvoir d’achat des bénéficiaires et soutenir la reprise de l’activité pour les commerçants et les entreprises, les chèques-repas, les éco‑chèques et les chèques-cadeau qui arrivaient à échéance en mars, avril, mai ou juin 2020 seront prolongés de six mois. Pour les chèques sport ou culture qui ont une date limite fixe au 30  septembre, une prolongation jusqu’au 31  décembre va être octroyée.

INDEX AVRIL 2020 Indice des prix à la consommation

109,53

Indice santé

110,22

Indice santé lissé

107,74

En avril 2020, l’indice des prix à la consommation est en statu quo par rapport à mars 2020. En rythme annuel, l’inflation se chiffre à 0,57%. L’indice santé a lui augmenté de 1,14% par rapport à 2019.

LE CONTRÔLE DES PRIX DANS LE CADRE DE LA CRISE COVID-19 REJETÉ La Commission de l’Économie de la Chambre a rejeté une proposition de loi du PS visant à établir un contrôle des prix dans le cadre de la crise du Covid-19. Avec sept voix pour, sept contre et deux abstentions, le rejet de cette proposition s’est fait de justesse, l’absence d’un député Ecolo-Groen faisant pencher la balance. Le parti socialiste a été suivi par son homologue flamand du SP.a ainsi que par le PTB et Ecolo-Groen. Le Vlaams Belang s’est abstenu alors que les partis du gouvernement MR, Open Vld et CD&V ainsi que la N-VA ont voté contre.

LA MAJORITÉ DES EXPERTS DU CONSEIL SUPÉRIEUR DES FINANCES POUR UN IMPÔT SUR LES PLUS-VALUES Le rapport du Conseil Supérieur des finances sur la réforme de l’IPP contient de nombreux éléments d’une fiscalité juste tels que proposés par la FGTB dans le cadre d’un «  tax shift  » juste vers le capital et la fortune. La plupart des experts croient en une plus grande transparence et simplification, la fin du secret bancaire, une obligation de déclarer tous les revenus, une plus grande progressivité ET un impôt sur les plus-values réalisées sur les actions et les biens.

LE TÉLÉTRAVAIL PLÉBISCITÉ PAR 9 TRAVAILLEURS SUR 10 Jusqu’à 94  % des personnes qui ont découvert le télétravail lors du confinement sont prêts à le pratiquer à l’avenir selon un sondage réalisé par eBloom, une start‑up belge active dans la rétention de jeunes talents. 96  % sont d’accord d’intégrer le télétravail dans leur vie professionnelle, et 14  % se disent même partants pour du « homeworking » à temps plein. Une majorité (56 %) préfère l’autonomie liée au télétravail et 53 % se disent moins stressés lorsqu’ils travaillent à la maison. En revanche, 69 % des répondants se sentent plus liés à leur entreprise lorsqu’ils y travaillent. Dans le même ordre d’idées, ils sont 66 % à estimer que les relations avec les collègues sont meilleures lorsqu’ils sont au bureau. Ils estiment aussi, majoritairement, que l’esprit d’équipe (70  %), la communication (69  %) et le feedback reçu (55  %) sont meilleurs lorsqu’on travaille dans l’entreprise plutôt qu’à distance.


Actu

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Congé parental Corona

Que faire des enfants après le déconfinement ? Progressif, partiel ou complet, réversible… Le déconfinement soulève pas mal de questions. Mais s’il y en a une qui se pose à tous les parents, c’est de savoir ce que l’on va faire des enfants. Avec les conditions de distanciation sociale, les plus grands ne pourront pas tous aller à l’école en même temps. Quant aux petits, ils ne reverront pas l’école avant septembre. Pour les parents qui n’ont pas d’autre possibilité, le congé parental Corona à 1/5 ou à mi‑temps leur offre une demi solution, soumise cependant à l’accord de l’employeur.

• Condition d’ancienneté Pour chaque travailleur lié depuis au moins un mois par un contrat de travail avec un employeur qui l’emploie. • Durée du travail Un temps plein est requis pour l’interruption à 1/5. Pour la réduction des prestations de travail à mi-temps, un régime de travail à temps partiel au moins à trois-quarts temps d’une occupation à temps plein est requis. Il doit être satisfait à cette condition de durée du travail au moment où le congé parental Corona prend cours. • L’accord de l’employeur est requis. • Les parents adoptifs et les parents d’accueil sont également couverts par le régime.

Les modalités Le congé parental Corona peut être pris : • soit pour une période ininterrompue ; • soit pour une ou plusieurs périodes d’un mois, consécutives ou non (en cas de prolongation après juin surtout) ; • soit sur une ou plusieurs périodes d’une semaine, consécutives ou non ; • soit une combinaison de la deuxième ou de la troisième option.

Conversion ou suspension du congé parental en cours Moyennant l’accord de votre employeur, vous pouvez convertir ou suspendre un congé parental en cours à mi-temps ou à 1/5 en un congé parental Corona. Si le congé parental doit prendre fin après la fin du congé parental Corona, le congé parental sera repris à partir de ce jour jusqu’à la date de fin initiale demandée.

La période durant laquelle le congé parental est converti en congé parental Corona n’est pas prise en compte pour la durée maximale du congé parental. Ce congé parental n’est pas déduit du solde normal du congé parental.

Procédure de demande • Communication Au moins trois jours ouvrables à l’avance, vous informez votre employeur par écrit, via une lettre recommandée ou par voie électronique, moyennant accusé de réception de l’employeur. Vous mentionnez la date de début et la date de fin du congé parental dans votre envoi. De commun accord, ce délai peut être raccourci. • Demande d’allocations L’allocation d’interruption se demande par écrit auprès de l’ONEm au plus tard un mois à compter du début du congé parental Corona. Ceci doit se faire via le formulaire type sur le site de l’ONEm J www.onem.be La conversion ou la suspension sont également communiquées de cette façon à l’ONEm.

Allocations majorées de 25 % Suite à la pression que nous avons exercée, les allocations « classiques » ont été majorées de 25 %. Bien qu’il y ait toujours une perte de revenus, ceci fera certainement une grande différence pour de nombreuses familles. n

Mi-temps

• Âge de l’enfant Pour tout parent ayant au moins un enfant de moins de 12 ou 21 ans si l’enfant est atteint d’un handicap. Pour les enfants atteints d’un handicap, résidant dans une institution, il n’y a pas de limite d’âge.

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Les conditions

Secteur privé

Secteur public

Moins de 50 ans

440,96 €

440,96 €

Plus de 50 ans

594,48 €

594,48 €

Famille monoparentale

724,94 €

-

Moins de 50 ans

149,60 €

149,60 €

Plus de 50 ans

224,40 €

224,40 €

Famille monoparentale

289,98 €

201,18 €


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International | Bangladesh

Au Covid s’ajoute un drame social dans le secteur textile Entre annulation de commandes, lockdown et pertes de salaires, les travailleurs et travailleuses textiles au Bangladesh paient très cher la crise actuelle. Outre les risques sanitaires, le pays, deuxième atelier textile après la Chine, subit une crise sociale majeure.

A

près l’annonce du lockdown le 25 mars dernier, de nombreuses usines de confection ont fermé et des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs sont retournés dans leurs villages. À la fin de cette période (annoncée jusqu’au 4 avril), toutes et tous ont été contraints de retourner à l’usine pour reprendre le travail et espérer toucher leur salaire de mars (l’équivalent de 82 à 100 €). Alors que les transports publics restaient à l’arrêt, certains sont venus à pied ou par des moyens non conventionnels. À leur retour au travail, nombre d’entre eux ont été informés de la prolongation des fermetures, voire de la perte de leur emploi. Ils sont, pour la plupart, repartis sans leur salaire de mars. Avec la fermeture des magasins et la baisse de la consommation d’habillement sur les marchés internationaux —  dont le Bangladesh dépend pour 84  % de ses revenus à l’exportation  —, l’industrie a dû faire face aux annulations de commandes en cours, et à l’absence de nouveaux engagements. Le manque à gagner généré par ces annulations s’élevait déjà à 2,94 milliards de dollars au 1er avril 2020. Un sondage de fournisseurs bangladeshi effectué fin mars 2020 indiquait que plus de la moitié d’entre eux ont vu la majorité des commandes en cours de production ou finalisées annulées par les marques de vêtements. Selon ce même sondage, 72,1 % de ces annulations ont été réalisées sans payer les matières premières déjà achetées par le fournisseur et 91,3  % sans payer les coûts de fabrication. Résultat : les travailleuses et les travailleurs finissent par en payer le prix. La première responsabilité des marques et enseignes vis-à-vis de leur filière est de payer leurs commandes et de mettre en place des systèmes financiers qui garantissent la rémunération intégrale des travailleuses et des travailleurs pendant toute la durée de la crise, faute de quoi ces derniers perdront tout moyen de subsistance, sans sécurité de retrouver leur emploi. La première responsabilité des marques et enseignes est de payer leurs commandes et de mettre en place des systèmes financiers qui garantissent la rémunération intégrale des travailleuses et des travailleurs pendant toute la durée de la crise, faute de quoi ces derniers perdront tout moyen de subsistance, sans sécurité de retrouver leur emploi. Interpellés par des organisations de défense des travailleurs, certains gros acheteurs internationaux réticents ont accepté de payer pour leurs commandes déjà en production. Cependant, à ce jour, un nombre important de gros acheteurs du Bangladesh, notamment C&A, Primark, Gap et Bestseller (Vero Moda, Jack & Jones, Only, etc.), refusent de payer leurs commandes déjà exécutées. Avec son réseau international, achACT continue à interpeller ces entreprises. n

Lire plus J www.achact.be

Ranu travaillait dans une usine fabriquant depuis déjà longtemps des sweaters pour C&A. Elle a perdu son travail lorsque les marques ont annulé leurs commandes à cause de la crise du Covid-19. Elle s’inquiète :

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Tout me paraît sombre maintenant que j’ai été licenciée. Je ne sais pas comment nous allons survivre dans les jours prochains. Le petit commerce de biscuits ambulant de mon père ne rapporte pas grandchose. Et  plus rien depuis le lockdown. Va-t-on à nouveau souffrir de la faim ? Comment vais-je pouvoir soutenir les frais scolaires de mes deux petits frères ?


Actu

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Travailleurs en chômage technique et en télétravail

Remboursement des abonnements de train domicile-travail

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eaucoup de travailleurs sont au chômage technique ou sont obligés de faire du télétravail. Beaucoup d’entre eux utilisent normalement le train pour effectuer leurs déplacements domicile-travail. Actuellement, ils ne peuvent plus utiliser leur abonnement de train domicile-travail (qui a toutefois été entièrement payé). Il leur est maintenant possible de demander un remboursement pour les mois non utilisés ou en cas de résiliation de l’abonnement. Les quatre opérateurs de transports publics appliqueront la même règle, à savoir que les abonnements peuvent être remboursés selon les conditions de vente habituelles. Les voyageurs peuvent introduire leur demande de remboursement via le site web de l’opérateur de transport public.

l’application des modalités de remboursement comme décrites ci-après. Le remboursement avec effet rétroactif n’est pas accepté, sauf en cas de maladie avec sortie interdite (certificat médical nécessaire). Dans ce cas, la demande doit être transmise au Service clientèle de la SNCB. Votre abonnement intégralement :

Trajet

est

remboursé

• jusqu’à la veille de la date de début de validité de celui-ci lorsque vous l’avez acquis à l’avance ; • ou le jour même endéans les 30 minutes à partir de l’heure d’achat au guichet ou à l’automate.

Quel remboursement ?

Lorsque vous résiliez votre abonnement en cours de validité, le montant retenu par la SNCB est calculé sur base du nombre de mois utilisés. Un mois entamé étant considéré comme utilisé, un Abonnement Trajet d’un mois n’est donc pas remboursable. n

Pour les abonnements SNCB domicile-travail, le remboursement est effectué au guichet d’une gare de votre choix. C’est la date de la demande de remboursement qui est prise en compte pour

N.B. Si votre employeur intervient en partie dans le prix de votre abonnement, vous ne récupérerez que la part que vous aurez payée de vos deniers.


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Vous trouverez un FAQ avec les questions les plus souvent posées sur ce site J https://www.fgtb.be/faq-ec3

Coronavirus et chômage

La FGTB à votre service Avec le Coronavirus le nombre de travailleurs en chômage temporaire a explosé. Malgré le confinement, les employés des services chômage de la FGTB se sont mobilisés et ont travaillé 7 jours sur 7 pour traiter tous les dossiers et assurer un paiement rapide des indemnités des affiliés. Les services chômage de la FGTB peuvent s’enorgueillir d’avoir été les plus rapides et les plus efficaces des Organismes de paiement.

L

e chômage temporaire a pu amortir le coup pendant le confinement mais on risque d’assister maintenant à des pertes d’emplois et du chômage complet.

Si vous perdez votre emploi, le personnel des services chômage de la FGTB sera encore là pour vous soutenir. Il reste à votre service. Le Coronavirus n’est cependant pas encore éliminé et malgré le déconfinement les mesures de précaution et de distanciation sociale restent de rigueur à la fois pour votre sécurité et pour celle du personnel qui vous reçoit. Les services chômage des régionales FGTB ne seront donc physiquement accessibles que sous certaines conditions. 1. Uniquement sur rendez-vous. Vous trouverez le numéro de téléphone de votre régionale dans le cadre, à droite. 2. Le port du masque sera obligatoire pour accéder aux bâtiments. Plutôt que de vous déplacer physiquement, vous pouvez avoir accès à toute une série de services en restant chez vous. Profitez des nouvelles technologies sur votre PC ou votre smartphone qui accélèrent les procédures et vous facilitent la vie.

MyFGTB, votre dossier chômage en ligne Vous pouvez accéder à votre dossier chômage en vous connectant à MyFGTB. J https://www.fgtb.be/my-fgtb MyFGTB vous permet d’accéder à tout moment à vos données personnelles, à l’état de paiement de vos cotisations et de vos allocations de chômage. Vous pouvez également y imprimer divers documents, tels que vos fiches fiscales ou attestations de vacances.

Il suffit de vous connecter à J https://www.fgtb.be/my-fgtb Vous devez bien sûr vous identifier via la carte d’identité électronique, (eID). Pour ce faire, vous devez disposer d’un lecteur de carte d’identité et installer, si ce n’est pas encore fait, le logiciel sur votre ordinateur. J https://eid.belgium.be/fr Vous pouvez aussi vous identifier via l’application itsme®. Il suffit de télécharger l‘application et de suivre la procédure. Vous pourrez ensuite vous identifier avec votre smartphone pour accéder à données personnelle de sécurité sociale, bancaires, fiscales, etc.). J https://www.itsme.be/fr/get-started

La carte de pointage électronique et l’app eC3 Une version électronique de la carte de contrôle bleue existe depuis déjà plusieurs années sur le portail de la sécurité sociale. Une application mobile, disponible sur iOS et Android, a été développée, sous le nom d’eC3. Via cette application mobile, les chômeurs peuvent communiquer à leur organisme de paiement, c’est-à-dire en ce qui vous concerne la FGTB, les jours pour lesquels ils demandent une allocation de chômage. A la fin du mois, la FGTB peut ainsi calculer l’allocation sur la base des données envoyées via l’application. La connexion à l’application se fait via les moyens d’accès classiques CSAM (eID, Itsme, token). Afin de recevoir un accès à l’application, il est nécessaire d’être inscrit auprès de la FGTB. Cela peut se faire en ligne. J https://www.fgtb.be/devenir-membre L’application peut être gratuitement téléchargée sur l’Apple Store et sur le Play Store. n

LES RÉGIONALES WALLONNES ET BRUXELLOISE DE LA FGTB FGTB Brabant Wallon Tél. 067/21.50.06 FGTB Centre Tél. 064/23.61.61 infoscentre@fgtb.be FGTB Charleroi et Sud Hainaut Tél. 071/64.13.80 fgtbcharleroi@fgtb.be FGTB Liège - Huy Waremme Tél. 04/221.95.11 fgtbliege@fgtb.be FGTB Luxembourg Tél. 063/24.22.50 FGTB Mons - Borinage Tél. 065/32.38.00 FGTB Namur Tél. 081/64.99.00 namur@fgtb.be FGTB Verviers Tél. 087/39.46.46 FGTB Wallonie Picarde Tél. 069/88.18.81 FGTB Bruxelles Tél. 02/552.03.30 Call center 02/552.03.31


Actu

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Grande enquête

Reprise du travail

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Les travailleurs que des applau

Les travailleurs sont inquiets L’inquiétude est grande chez les travailleurs, surtout chez les travailleurs mis en chômage temporaire : inquiétude par rapport à une reprise progressive du travail, mais aussi à leur avenir professionnel. Un plan social d’urgence s’impose.

L

a FGTB a interrogé près de 10.000 travailleurs durant deux semaines en avril. L’enquête portait sur le travail pendant cette crise du Coronavirus. Échantillon : un tiers des répondants a été mis en chômage temporaire, environ un quart travaillait de façon structurelle à partir du domicile et un autre quart était tenu de se rendre au travail, comme d’habitude. Vous trouverez ci-dessous les principaux résultats de cette enquête.

« Les gens travaillent de chez eux —  parfois avec leurs enfants à la maison, sans toujours disposer des équipements adéquats et parfois, la limite entre travail et vie privée devient floue. Ceci peut considérablement augmenter le risque de charge émotionnelle ou psychosociale. » À côté des conséquences économiques, il ressort de cette enquête que la reprise progressive du travail est aussi source de stress supplémentaire.

Avenir économique et stress Le rythme auquel l’économie s’est effondrée pendant cette crise est inégalé. Rien d’étonnant donc à ce que cela soit source d’inquiétude chez les travailleurs. Parmi les travailleurs en télétravail pendant le confinement, un quart s’inquiète pour son avenir professionnel. Pour les travailleurs en chômage temporaire, ce pourcentage grimpe même à 60 %. « L’organisation du travail subit d’importants changements » explique Caroline Verdoot du service d’étude de la FGTB.

72 % 26 % 46 %

craignent un risque accru de stress lors de la reprise du travail craignent un risque de dépression craignent un épuisement

« Les travailleurs ne sont pas des machines. Il ne faut pas sous-estimer l’impact psychosocial et physique de la reprise progressive de l’économie. »

Peur sur les lieux de travail Le travail à domicile n’est évidemment pas possible dans toutes les entreprises, ni pour tous les travailleurs, compte tenu de la nature de leur emploi. Plus d’un million de travailleurs ont donc simplement continué à se rendre au travail durant la crise du Coronavirus. La moitié d’entre eux y voyait un danger, malgré les mesures de protection prises par l’employeur. Caroline Verdoot : « Dans la phase initiale, aucun masque buccal n’était par exemple disponible pour les professions dans lesquelles tenir la distance était presque impossible. Ou encore : les équipements n’étaient pas de bonne qualité. La communication avec les autorités laissait également à désirer et certaines décisions ont été prises sans penser aux conséquences pour le personnel soignant ».


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méritent plus udissements.

À cela, on peut ajouter que ceux qui ont continué à travailler — malgré les risques  — étaient souvent actifs dans des secteurs moins bien rémunérés. 4 travailleurs sur 10 ont vu la pression au travail augmenter pendant la crise, mais un quart des travailleurs seulement a reçu une prime ou une augmentation salariale, ou encore a pu entamer des négociations pour l’introduction éventuelle de ces éléments.

L’impact financier Le chômage temporaire n’est pas un cadeau. Les implications financières sont en effet importantes. Plus de 60  % des chômeurs temporaires s’inquiétaient de leur avenir financier. En mars, plus de 750.000 personnes ont dû vivre d’une allocation correspondant à 70  % de leur dernier salaire plafonné de 1.754  € brut, avec en plus un complément journalier de 5,65  €. 4 personnes sur 10 ont souligné que leur situation financière était difficile, voire très difficile. Seuls 17 % des travailleurs en chômage temporaire ont reçu un complément à l’allocation de la part de leur secteur ou de leur entreprise.

Plan social d’urgence Un simple retour à la normale n’est pas une option. Pendant cette crise, la FGTB a déjà mené un dur combat dans plusieurs domaines : relèvement des allocations de chômage temporaire, reprise progressive du travail avec comme points prioritaires la sécurité et la santé des travailleurs et congé parental exceptionnel pour faire face aux situations induites par le Coronavirus. Il reste toutefois encore beaucoup à faire. La FGTB propose une plan social d’urgence pour limiter les conséquences néfastes de la crise du Coronavirus sur le plan social et économique. Ce plan d’urgence doit avant tout éviter que des milliers de travailleurs ne se retrouvent dans la pauvreté. C’est pourquoi la FGTB plaide pour un relèvement des minima sociaux au-delà du seuil de pauvreté. De nombreux travailleurs se sont retrouvés en chômage temporaire, mais l’allocation prévue est relativement basse et n’offre pas suffisamment de sécurité pour l’avenir proche. La FGTB plaide pour une augmentation des allocations de chômage temporaire à

80 % du dernier salaire plafonné à 3.600  € brut (plafond d’application dans l’assurance maladie et invalidité). De même, la fiscalité sur ces allocations doit être revue. La FGTB demande aux gouvernements compétents d’aider les ménages en ces temps difficiles. À ce niveau, le pouvoir d’achat jouera un rôle clé. « Le pouvoir d’achat d’un ménage moyen revient presque intégralement à ‘l’économie’ et est indispensable pour une reprise économique. L’aide de l’État pour les frais généraux liés aux biens de première nécessité comme l’eau, le gaz et l’électricité font aussi partie des possibilités. »

Justice Œuvrer pour le pouvoir d’achat et la sécurité, c’est œuvrer pour plus d’équité. Comme le souligne Caroline Verdoot : « Ces dernières semaines, nous avons vu qui fait tourner la société. Ce sont les travailleurs. Et surtout les femmes. Elles méritent plus que des applaudissements. Elles méritent aussi une revalorisation fixe de leur statut et de leur salaire, aussi bien dans des secteurs essentiels que dans des secteurs moins essentiels. Nous continuons à plaider pour un salaire minimum interprofessionnel de 14 € par heure ou de 2.300 € par mois ». Les syndicats ont une fois de plus prouvé leur utilité durant cette période de crise. Tout a été mis en œuvre pour un paiement rapide des allocations de chômage temporaire, et grâce à la concertation sociale dans les entreprises, la sécurité des travailleurs a été mise sur la table comme la priorité numéro un. Le retour progressif au travail ne doit pas se faire dans la précipitation. La FGTB souhaite que ceci se fasse dans le respect de la concertation sociale, secteur par secteur et entreprise par entreprise. La sécurité et la santé des travailleurs viennent en première place. Sans cela, une reprise du travail n’est pas une option. Vu le risque accru d’infection au Coronavirus en cas de reprise progressive du travail, la FGTB demande enfin aussi d’élargir la reconnaissance du Coronavirus comme maladie professionnelle pour tous les travailleurs qui ont attrapé le virus dans le cadre de métiers essentiels ou vitaux. Pour ce faire, il est important que nous ayons une idée de l’activité professionnelle des victimes qui ont entre 20 et 64 ans. Il sera ainsi possible de déterminer si l’emploi exercé par la personne est a joué un rôle dans la contagion. n

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Bienvenue dans la nébuleuse du traçage de contact

Ça y est, à l’heure où nous écrivons ces lignes, la Belgique est entrée dans le déconfinement. Par phases successives, pour ne pas risquer une deuxième vague épidémique et un nouvel engorgement des hôpitaux. La prudence est donc de mise et la population est priée de suivre les « recommandations  » sous peine d’un possible re-confinement. Pour éviter cela, le gouvernement a opté pour une stratégie alliant des tests massifs et un « traçage de contact ». Ce dernier est source de nombreux questionnements tant sur sa mise en place par les autorités que sur les risques pour nos libertés individuelles.

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our endiguer au maximum la propagation du Covid-19 et permettre un « retour à la normale », la stratégie du gouvernement est double : tester massivement (via le médecin généraliste ou un centre de tri) les personnes présentant des symptômes «  Corona  » et, sur base des résultats, assurer un suivi de celles et ceux qui ont été en contact étroit avec une personne diagnostiquée positive. Pour ce volet, la Belgique a opté pour un traçage dit «  manuel  ». Pour le moment donc, pas d’application permettant de vous « pister » à travers la géolocalisation de votre GSM mais un contact téléphonique, via un centre d’appels, au cours duquel vous serez questionné sur les personnes avec qui vous avez été en contact. Elles seront à leur tour contactées et, si nécessaire, mises en quarantaine. La méthode n’est pas neuve : le système existe déjà pour d’autres maladies comme, par exemple, la tuberculose.

Traçage en temps de Coronavirus Le traçage pour le Covid-19 se fait sous la coordination du Fédéral. Mais ce sont les Régions, compétentes en matière de prévention de la santé, qui sont chargées de sa mise en place pratique. En Wallonie, c’est l’AViQ (Agence wallonne pour une vie de qualité), au travers de la Cellule de surveillance des maladies infectieuses, qui est habituellement en charge

du traçage des malades. Mais vu l’ampleur de la mission (on évoque 450 personnes par jour à contacter), il a été décidé de lancer un marché public fin avril. Face à l’urgence de la situation — lancer le traçage de contact dès le 11 mai —, le gouvernement wallon, doté des pouvoirs spéciaux, a validé un cahier des charges et l’AViQ a lancé une procédure de marché public dite « négociée ». En d’autres mots : l’Agence n’a pas lancé un appel d’offres ouvert mais a contacté directement des prestataires en leur proposant de faire une offre. Trois candidats potentiels ont été approchés  : un  consortium constitué des différentes mutualités, mais aussi Captel, entreprise liégeoise spécialisée dans les centres d’appel à orientation médicale, et Randstad, société d’intérim. La Wallonie, tout comme les autres Régions d’ailleurs, a retenu l’offre du consortium des mutualités qui s’est adjoint les services d’autres partenaires issus du privé (une entreprise de travail adapté, une société d’intérim et deux sociétés spécialisées dans les centres d’appel).

Une procédure floue… La crise sanitaire actuelle et les enjeux du déconfinement justifient évidemment l’urgence de la situation… Mais de nombreuses interrogations demeurent sur l’attribution du marché par la Wallonie.


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On peut tout d’abord déplorer un manque de clarté sur le choix des candidats : sur quelle base l’offre a-t-elle été soumise à ces trois seuls prestataires ? La question mérite d’être posée sachant qu’un des trois candidats, Randstad, n’a pas répondu à l’appel et que l’offre de Captel a été refusée pour une question de procédure administrative. Une interrogation d’autant plus pertinente que le budget, public, dédié au traçage de contact est passé d’une estimation budgétaire initiale de 42 millions d’euros à un montant final de 58 millions d’euros pour une période de 7 mois. Une augmentation (de 38 % !) non-négligeable en ces temps de crise. Par ailleurs, le Conseil général de l’AViQ, composé notamment des interlocuteurs sociaux, n’a eu que quelques heures pour se prononcer sur le candidat retenu. Difficile, dans un laps de temps si court, de pouvoir relever les éventuels écueils et émettre un avis objectif. La FGTB wallonne, regrettant le manque de concertation sociale, a d’ailleurs refusé de se prononcer, contrairement au banc patronal et aux autres organisations syndicales. Soulignons également que le traçage a démarré dès la première phase du déconfinement, soit le 4 mai. Ce sont alors des agentes et agents de la fonction publique qui ont été chargés de cette mission jusqu’à l’attribution du marché. Une nouvelle fois, les services publics, pourtant indispensables à la gestion actuelle de la crise, semblent avoir été utilisés comme variable d’ajustement. Cette décision d’appel à marché public dans le cadre d’une mission de service public n’est-elle pas un pas de plus vers une privatisation, une marchandisation de la Santé ?

Question d’éthique La crise sanitaire fait la part belle à l’utilisation massive de la technologie. Télétravail, communications, achats en ligne, école à distance… Le digital, déjà bien présent dans nos vies, occupe désormais une place prépondérante dans notre quotidien confiné. La protection des données est donc d’une actualité brûlante sachant que les entreprises privées, mais aussi les pouvoirs publics, sont friands de nos informations personnelles. Le déconfinement actuel s’appuie également sur les technologies numériques pour contrôler au maximum la

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propagation du Covid-19. La question du traçage des malades en est l’un des exemples… C’est un arrêté royal du 4 mai, pris dans le cadre des pouvoirs spéciaux, qui définit les contours du traçage de contact et de la récolte des données de patients. Sciensano, l’Institut fédéral de santé publique, est en charge de la base de données répertoriant les malades mais aussi leur entourage  : «  Une mine d’or pour tous ceux qui souhaiteront y avoir accès  : les assureurs, les GAFAM, les services de police. »1 L’objectif affiché de la collecte des données est triple  : rechercher les patients infectés et les personnes avec qui ils ont été en contact  ; réaliser de futures études scientifiques, statistiques et/ou d’appui à la politique  ; transmettre des données aux services d’inspection de la santé pour des initiatives visant à combattre la propagation de maladies infectieuses. L’Autorité de protection des données et la Ligue des Droits humains estiment que l’arrêté royal ne fournit pas de garanties suffisantes pour la protection des données à caractère personnel. Ces dernières sont non seulement sensibles mais la triple finalité de leur récolte apparaît floue et leur utilisation pourrait être disproportionnée. La durée de conservation de certaines des données — 30 ans — pose également question et peu de garanties sur l’anonymisation de celles-ci sont apportées. Un texte de loi est prévu pour remplacer l’arrêté royal. Un encadrement strict du traitement des données à caractère personnel des citoyennes et citoyens doit être mis en place dans le respect du RGPD2. Certes, le suivi des malades est nécessaire pour tenter de limiter la propagation du virus mais la question mérite un débat parlementaire afin que le traçage soit effectué avec toutes les garanties démocratiques indispensables. Il s’agira alors de clarifier les raisons de la collecte et de la conservation de ces données en précisant l’unique finalité du traçage, à savoir la maîtrise de l’épidémie. n 1. « Tracing : attention aux exploitations non désirables de nos données ! », carte blanche d’un collectif d’experts en droit et en informatique parue dans Le Soir du 6 mai 2020. 2. RGPD : règlement européen général sur la protection des données.


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L’urgence est aussi et avant tout sociale ! Pour répondre à l’urgence sanitaire, des mesures de confinement et la mise à l’arrêt d’une grande partie de l’économie ont été décidées par les autorités. Par un « effet domino », cela engendre des conséquences sociales déjà tragiques et qui risquent de s’amplifier dans les semaines et mois à venir. De nombreux travailleurs et travailleuses ont ainsi déjà perdu ou vont perdre leur emploi, certains sans pouvoir bénéficier d’allocations de chômage. Et de nombreux ménages subissent une perte importante de revenus. S’il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur de la catastrophe, il est déjà évident que des réponses sociales fortes et certainement inédites devront être apportées pour répondre à cette urgence sociale.

Réorienter la politique régionale pour faire face à la crise… Dès le début du mois de mars, la FGTB Bruxelles a alerté le Gouvernement bruxellois sur le risque d’impact social de la crise sanitaire. Celui-ci a alors pris une première série de mesures, notamment en faveur des travailleuses des titres-services — avec l’octroi d’un complément au chômage temporaire  — ou d’une grande partie du secteur non-marchand —  avec le maintien des salaires malgré l’arrêt des activités. La  Région bruxelloise a également décidé d’interdire des coupures d’eau, de gaz et d’électricité ou d’octroyer une prime au logement pour les locataires en difficulté… Tout cela n’est évidemment pas suffisant et surtout trop temporaire  ! Des mesures fortes pour soutenir l’emploi seront indispensables à court, moyen et long terme. Et plus que jamais la concertation sociale devra en être le moteur tant au niveau interprofessionnel que sectoriel. Pour la FGTB Bruxelles, l’urgence doit d’abord aller à l’accompagnement des travailleurs qui ont ou vont perdre leur emploi. La Région bruxelloise doit se doter d’un dispositif qui accompagne ces travailleurs pour les aider à retrouver un emploi et au sein duquel les organisations syndicales prennent une part active. Il est urgent, comme la FGTB Bruxelles le revendique depuis des années, de mettre sur pieds ces « cellules de reconversion » !

Les secteurs les plus impactés par la crise devront eux aussi faire l’objet d’une attention particulière : on pense ici aux secteurs de l’horeca, du tourisme, de l’événementiel et de la culture qui vont souffrir durablement de l’arrêt de leurs activités. Les secteurs de la santé et de l’aide aux personnes, qui ont été particulièrement exposés et en première ligne face au Covid, devront aussi bénéficier d’aides ciblées pour garantir la qualité des emplois et notamment améliorer le revenu de nombreux travailleurs et travailleuses. Nous redoutons aussi que le télétravail, la formation à distance et le basculement des services publics vers le numérique ne creusent encore plus ce qu’on appelle « la fracture numérique ». Et n’affectent d’avantage encore les travailleurs et ménages bruxellois les plus fragiles. Là aussi, des mesures spécifiques devront être prises pour accompagner celles et ceux qui ne maîtrisent pas ou ne disposent pas d’outils informatiques. Face à la crise économique et sociale qui s’annonce, les efforts entrepris par les travailleurs sans emploi pour trouver ou retrouver du travail méritent d’être soutenus, notamment par l’octroi d’un véritable «  revenu de formation  ». Les mesures de contrôle et de sanction des demandeurs d’emploi doivent être remplacées par une politique d’accompagnement qui les aide vraiment à (re)trouver un emploi durable et de qualité.

Soutenir les plus fragiles

Enfin, d’autres mesures sociales devront aussi être prises dans les domaines du logement, de la santé, de l’aide aux personnes, de la mobilité…

La Région devra aussi soutenir les travailleurs plus précaires qui ont perdu leur emploi sans bénéficier d’allocations de chômage temporaire ou du droit passerelle pour les indépendants. Il s’agit notamment des travailleurs intermittents, des « freelancers  », de nombreux intérimaires, des jeunes stagiaires, des étudiants jobistes mais aussi tous les travailleurs sans statuts, sans papiers…

Mobilisée depuis le début de la crise sanitaire pour le paiement des allocations de chômage temporaire, la FGTB Bruxelles continuera à s’engager pour que tous les travailleurs et travailleuses soient protégés durablement dans un contexte de crise qui s’avère déjà terrible et sans précédent. n


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Coronavirus

Panser les plaies et repenser nos vies

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e Coronavirus a emporté des milliers de vies et chamboulé celles de tous les autres qui — atteints ou non  — ont subi la pandémie. Perte de proches, angoisse, surmenage pour certains en première ligne ou désœuvrement pour d’autres, confinés, cela aura été une épreuve pour tout le monde. Mais les conséquences économiques et sociales se sont rapidement fait sentir et n’ont pas fini d’affecter nos vies et notre organisation sociale. À la perte de revenu pour beaucoup, au chômage temporaire ou complet, vont s’ajouter une grave crise économique durable et un endettement public important. Cette crise sanitaire aura aussi provoqué une remise en cause sérieuse de nos modes de consommation et plus largement de notre modèle économique. Elle aura confirmé que le modèle néolibéral ne fonctionne pas et démontré que sans intervention de l’État, sans l’État-providence et sans l’implication des travailleurs, cela aurait été la pagaille totale. Il ne peut donc pas être question dans les jours, les mois et les années à venir, d’un « business as usual » comme celui qui a suivi la crise financière de 2008. Cette période doit marquer un tournant pour réformer radicalement et de façon structurelle ce modèle néolibéral. Et cette fois, les coûts pour la société de cette crise ne peuvent pas être à nouveau répercutés sur les travailleurs et sur la collectivité. Mais il y a deux phases à gérer : • l’après déconfinement qui sera marqué par une persistance du risque de contamination ou de résurgence de la pandémie et la gestion des conséquences économiques et sociales de la crise ; • dans une seconde phase, il faudra penser à une réorganisation de la société à plus long terme, ce qui implique d’importantes réformes politiques, économiques et sociales … La FGTB a entamé une réflexion sur ces thèmes et pose une série de revendications.


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Gérer la crise dans la crise Protéger la santé des travailleurs Le pire de la crise sanitaire est peut-être passé. Mais les experts incitent aussi à la prudence et soulignent les risques d’une nouvelle résurgence de la pandémie. Il faut donc protéger la santé des gens et en particulier sur leur lieu de travail. La protection et la sécurité au travail doivent être garanties. Le  guide élaboré par le Conseil Supérieur de la Prévention en vue du déconfinement progressif devra servir pour élaborer les protocoles dans les secteurs via des CCT qui seront indispensables si on veut s’assurer d’une reprise dans de bonnes conditions des activités dans les entreprises.

Faciliter la combinaison travail - vie privée Tant que le risque sanitaire n’est pas durablement écarté, que des parents doivent soit travailler soit télétravailler alors que l’accueil ou la scolarité des enfants sont perturbés, il faut faciliter la combinaison du travail, des soins et de la vie privée.

Amortir le choc économique et social L’impact économique et social du Coronavirus est particulièrement important. Plus de 40 % des travailleurs du secteur privé sont en chômage temporaire  ; il y a une augmentation du chômage complet  ; une perte de pouvoir d’achat pour des centaines de milliers de personnes  ; un repli du chiffre d’affaires mondial d’un tiers et certains secteurs sont totalement fermés. Il  faut amortir ce choc. Il faut améliorer les allocations des travailleurs touchés et surtout pour les chômeurs complets.

Mieux gérer les finances publiques Le Bureau du Plan/la BNB tablent sur un repli de 8 % du PIB pour 2020, un déficit budgétaire qui grimperait à 7,5 % du PIB et une dette qui atteindrait 115 % du PIB. Entre-temps, les gouvernements ont pris pour 10 milliards de mesures de soutien et les pouvoirs spéciaux ont été utilisés abusivement pour élargir la flexibilité (heures supplémentaires, mise à disposition, travail étudiant…). Grâce au bon fonctionnement de la sécurité sociale et grâce aux améliorations sociales que nous avons pu obtenir en tant que FGTB (comme l’augmentation des allocations de chômage temporaire à 70 % du salaire brut plafonné), on a pu éviter une situation pire encore sur le plan social. Mais les choses ne peuvent pas en rester là. Le temps n’est plus aux largesses fiscales ou aux réductions de cotisations sur le dos de la Sécu. L’aide de l’État aux entreprises doit être conditionnée (par exemple à des garanties de maintien de l’emploi…).


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Reprise du travail

En tant que maman célibataire, je n’ai pas eu le choix

Le secteur de l’horeca a été le premier à fermer à cause du Coronavirus. Plus de 90  % des travailleurs se sont retrouvés en chômage temporaire pour force majeure. Mais la semaine du 20 avril les drive-in des fast-foods ont rouvert leurs portes et ont donné la possibilité à certains travailleurs de retourner travailler. C’est le cas d’Anne-Catherine Coulon, déléguée de la FGTB Horval. Explications.

Anne-Catherine : «  J’ai fait le choix de recommencer à travailler pour des raisons financières. En effet, en temps normal je gagne 1.119  € brut pour 20 heures de travail par semaine (il n’y a que des contrats à mi-temps dans mon entreprise). Le chômage temporaire représente 70  % du salaire brut, si on retire le précompte professionnel, il ne me reste que 524,90 € net par mois. J’ai le loyer à payer, les charges, l’électricité... J’ai également un enfant de 19 ans à charge, à qui il reste un an d’études à effectuer. J’ai dû puiser dans mes économies… Cette situation ne pouvait pas perdurer. En tant que maman célibataire je n’ai pas eu le choix, j’ai dû recommencer à travailler. Ceux qui ont fait le choix de ne pas recommencer sont ceux qui ont la chance d’avoir deux salaires… » Quelles sont les conditions de reprise  ? Les mesures sanitaires sont-elles respectées ?

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Qui nous a soutenus pendant cette période compliquée ? La sécurité sociale.

Anne-Catherine : « Sur le lieu de travail, il y a toute une procédure à respecter : 1,5 mètre de distanciation, pas de croisements, port de gants, masque, lavage de mains fréquent, désinfection des casiers et enfin, prise de température par les cadres. Si un travailleur a plus de 37,8 de fièvre à deux reprises, il doit rentrer chez lui. Si un cas Corona est constaté, le restaurant ferme ses portes pendant deux semaines. Ça a été le cas pour un restaurant dans la région du Luxembourg. Malgré tout cela, je ne me sens qu’à moitié protégée  ; ce virus est très contagieux. Quelles doivent être les priorités de la réouverture ? La  santé et la sécurité des travailleurs, même si les patrons ne se soucient que de leurs chiffres d’affaires. Nous, délégués de la FGTB Horval, prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs. » Quelles sont tes revendications pour le gouvernement ? Anne-Catherine : « Prendre en compte les travailleurs et les revaloriser. Il faut des contrats de qualité et un salaire décent. Je réitère notre combat pour un salaire minimum de 14 € de l’heure, car pour l’instant dans mon secteur il n’est qu’à 12,22 € en début de service. Après 17 ans de service dans ce restaurant, je ne suis qu’à 13,99 € de salaire brut, et ce, suite à une augmentation en janvier de cette année. Enfin, un chômage viable dans des situations pareilles, soutenu par exemple par des primes, car pour la grande majorité des travailleurs du secteur le chômage ne pouvait pallier à leurs besoins essentiels. » Quelles sont les leçons apprises de cette crise ? Anne-Catherine : « Qui nous a soutenus pendant cette période compliquée ? La sécurité sociale. La crise je vais m’en servir pour mobiliser, pour rappeler l’importance de notre plus grande conquête, la Sécu ! »


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Préparer l’après Corona

La crise du Coronavirus a montré le rôle essentiel de nombreux travailleurs — surtout des travailleuses  — dans les secteurs et services vitaux. Présentés comme des héros, ils n’en restent pas moins faiblement rémunérés, et donc sous-valorisés. À travers eux, on a vu combien le facteur travail est important et mérite mieux. D’autre part, la sécurité sociale s’est montrée elle aussi vitale à la fois pour les gens et pour l’économie.

Les travailleurs méritent mieux Ces dernières décennies, les travailleurs ont de moins en moins profité de la valeur ajoutée qu’ils produisent par leur travail. La modération salariale était et reste un pilier du modèle économique néolibéral. Ceci a contribué en grande partie à l’inégalité grandissante des revenus, y compris dans notre pays. De plus, les travailleurs ont été les plus grandes victimes de cette crise. Ils ont perdu du pouvoir d’achat, certains risquent même de perdre totalement leur emploi. Et ce d’autant plus que leur statut est précaire, comme les intérimaires et les travailleurs de l’économie de plate-forme. Les travailleurs ont droit à plus de valorisation et à une meilleure rémunération. • Il faut desserrer le carcan de la loi sur la norme salariale (loi de 96) et revaloriser les bas salaires. La FGTB réclame un salaire minimum de 14 € brut/heure (2.300 € brut/mois). • Il faut mettre un terme au travail précaire.

Davantage de contrôle S’il a aidé les travailleurs via le chômage temporaire, le gouvernement a aussi favorisé les entreprises en assouplissant certains aspects de la réglementation du travail sans concertation avec les travailleurs et les syndicats. La démocratie économique — même quand il est question d’aspects aussi basiques que la sécurité des travailleurs — reste un maillon faible.

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Indispensable sécurité sociale Ces dernières décennies et certainement durant la précédente législature, la sécurité sociale a été considérée comme une manne où puiser des économies ou la vache à lait pour subsidier les entreprises. Or, durant la crise, l’importance de la protection sociale est apparue clairement tant du point de vue de la santé que comme amortisseur social via le chômage temporaire. Cependant elle aurait été plus efficace encore si l’on avait moins économisé dans le secteur de la santé et si les compétences en la matière avaient été moins éparpillées. • Un financement solide de la sécurité sociale doit être garanti et bétonné, via une dotation d’équilibre. • Les allocations sociales doivent être relevées au-dessus du seuil de pauvreté (60 % du salaire médian)  : toutes les allocations et en particulier de la pension minimum à 1.500 € net.


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Refaire l’Europe et le monde

La pandémie du Coronavirus a montré qu’il suffit de peu pour déstabiliser l’économie globalisée. Les chaînes de production globalisées rendent l’économie particulièrement vulnérable aux chocs externes et aux problèmes d’approvisionnement. Elle a prouvé une fois de plus que c’est l’État au sens large qui doit assurer la stabilité économique et la reprise de l’économie par des injections massives de moyens publics à tous les niveaux, entre autres au niveau européen.

Mais les problèmes économiques qui nous attendent ne doivent pas faire oublier les autres failles du système qui sont pour l’instant reléguées au second plan : l’inégalité croissante, la crise climatique, le fait qu’il n’y ait pas d’approche durable dans notre utilisation des ressources rares et la biodiversité. Il ne s’agit donc pas de mettre des rustines : il faut changer le système économique, refaire le monde.

Mettre fin à l’austérité et réinvestir Comme lors des autres crises, nous voyons que la crise économique aboutit à une crise des finances publiques. Et que la tentation sera grande d’en faire payer le prix à la collectivité, dont les travailleurs via une politique de modération. Comme le réclame la Confédération européenne des syndicats : • il faut assouplir les règles européennes strictes en matière de déficits et de dettes publiques (soit une révision fondamentale du Pacte de stabilité pour donner une marge aux investissements et éviter que la relance ne repose sur les épaules de l’État et des travailleurs ; • la fiscalité doit être revue pour faire contribuer solidairement à la relance les actionnaires et les plus fortunés.

Replacer l’État aux commandes Le marché n’est pas capable d’assurer la prospérité et la redistribution des richesses. L’État doit reprendre la main sur l’économie et trouver les moyens pour une politique d’investissements sociale. Une fois de plus, la situation a en effet montré toute l’importance des investissements dans la sécurité sociale, les services publics et la santé. De plus, il est grand temps de jouer pleinement la carte d’une transition juste vers une économie bas carbone, neutre d’un point de vue climatique. Cette transition doit être socialement juste, mettre l’accent sur la concertation, les investissements dans la formation et les nouveaux emplois.

Réinventer l’Europe L’Europe a longtemps été absente de la scène. Elle a maintenant repris la main avec un important package de mesures de soutien. L’UE doit garantir une approche coordonnée, certainement en situations de crise, et assurer la solidarité. Pour y parvenir, des réformes structurelles sont nécessaires, également au niveau européen, avec notamment des leviers financiers qui doivent veiller à ce qu’une politique de relance soit possible (assouplissement du Pacte de stabilité, financement monétaire,…) et à ce que les États membres qui sont en situation difficile soient soutenus : conditions souples du mécanisme européen de stabilité, euro-prêts, assurance chômage européenne…

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La sécurité n’est toujours pas garantie dans le secteur des titres-services Mi-avril, la Centrale Générale - FGTB a réalisé une première enquête Corona auprès de plus de 4.000 aides-ménagères. À l’époque déjà, il apparaissait que le secteur connaissait une activité importante alors que dans bien des cas, la sécurité ne pouvait pas être garantie. La pression pour la reprise du travail était grande et les employeurs n’étaient pas assez attentifs à la sécurité de leurs travailleuses. Une deuxième enquête réalisée début mai donne, à notre grand regret, des résultats similaires.

Retour au travail

g Problèmes financiers g Peur de perdre son emploi

Notre enquête montre que plus de 3/4 des aides-ménagères sont (à nouveau) actives dans le secteur. Quatre critères principaux ont déterminé ce retour au travail : 1 les problèmes financiers (56 %), 2 la peur de perdre son emploi (44 %), 3 une exigence de l’employeur (34 %), 4 une exigence du client (33 %). En d’autres termes, la pression pour reprendre le travail est énorme, c’est ce que confirme Lucia : « Nous avons reçu un mail de l’employeur la semaine dernière nous disant que nous pouvions reprendre le travail sur base volontaire. Peu de temps après, j’ai reçu des SMS de clients qui avaient reçu le même e-mail et qui m’attendaient donc la semaine suivante. Si vous voulez mon avis, ce n’est pas correct. Du fait qu’ils ont reçu ce mail et qu’ils m’ont envoyé un SMS me demandant s’ils pouvaient m’attendre la semaine suivante, je me suis immédiatement sentie obligée de reprendre envers et contre tout ».

g L’employeur l’exige

La distanciation sociale

g Le client l’exige

« La distance n’est pas respectée par mon client. Et lorsqu’il reçoit des visiteurs, là c’est totalement impossible. Bref : cinq personnes autour de moi, en étant la seule à porter un masque. » Sarah   Comme le dit Sarah, il est difficile dans ce secteur de respecter la règle sur la distanciation sociale de 1,5 mètre. Et c’est exactement ce que confirme notre enquête : 71  % des aides-ménagères déclarent que le client vient (parfois ou toujours) dans la pièce où elles sont.

71 %

des aides-ménagères déclarent que le client reste (parfois ou tout le temps) dans la même pièce.

Sécurité « Nos clients ne s’inquiètent pas pour nous ou pour notre santé. Tant que nous nettoyons leur maison. Ils ne se soucient pas du reste. » Ayub Ayub n’est pas le seul à faire ce constat quand il nettoie chez ses clients. Et à juste titre, car ces travailleurs se retrouvent dans des foyers où la sécurité n’est pas garantie. Imaginez qu’un client présente des symptômes clairs de Covid-19. Que feriez-vous si votre responsable n’est pas disponible ? C’est la réalité à laquelle 56 % des travailleurs des titres-services sont confrontés.

56 %

des aides-ménagères ne peuvent pas joindre leur responsable en cas de problème.

Très frappant : 84 % des aides-ménagères qui retournent au travail ne reçoivent pas tout le matériel de protection nécessaire. Il s’agit notamment d’un masque buccal, d’un gel désinfectant, des gants et des mouchoirs en papier. 13 % disent même qu’elles ne reçoivent aucun de ces éléments de protection ! Notre enquête a montré, une fois de plus, que les aides-ménagères doivent retourner au travail sans que les mesures de sécurité ne soient respectées. n


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La Centrale Générale

Voulez-vous un après différent ? Votre mobilisation a payé ! Fin avril, la Centrale Générale - FGTB lançait une pétition afin d’obtenir la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle pour tous les secteurs « essentiels ». Nous voulions que la reconnaissance ne se limite pas aux personnes qui travaillent dans le secteur des soins de santé (le  personnel médical, paramédical, logistique et de nettoyage) mais qu’elle soit étendue à l’ensemble des travailleurs exposés et contaminés par le virus du fait de leurs activités professionnelles dans les secteurs considérés comme «  essentiels  » aux termes de l’arrêté ministériel du 23 mars 2020. Grâce à la mobilisation syndicale dans son ensemble, mais aussi à votre soutien massif, nous avons obtenu cette reconnaissance.

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a crise est loin d’être terminée. Au contraire ! La sécurité des travailleurs reste notre principale préoccupation. Aujourd’hui, nous devons donner un maximum de nous-mêmes pour soutenir celles et ceux qui en ont besoin.

Mais c’est aussi notre devoir de regarder vers l’avenir. Et nous avons suffisamment d’arguments pour exiger le changement, autrement et mieux, c’est possible. Les travailleurs faisant déjà face à des difficultés seront à nouveau les plus touchés. Aujourd’hui, une femme seule avec des enfants, se retrouve souvent avec un contrat temporaire ou un emploi à temps partiel, peu rémunéré. Et l’après COVID augmente le risque d’être foutue dehors. Vous recevrez une allocation de chômage temporaire qui réduira vos revenus de plus d’un quart. Comment vivre avec cela ? Survivre ? Les banques alimentaires sont en plein boom. On commence à distribuer des bons d’alimentation. C’est bien que cela existe, mais est-ce normal dans un pays comme la Belgique ? Au 21e siècle ? Ceux qui gouvernent ce pays devraient être honteux. Il est clair qu’une vague de licenciements va nous toucher de plein fouet. Allons-nous encore accepter que les allocations de chômage diminuent, alors qu’elles sont déjà si basses ? Pour obliger les gens à accepter un job plus rapidement ? Mais quel job ? Allons-nous enfin comprendre l’importance de renforcer la sécurité sociale au lieu de la considérer comme une pompe à fric dans laquelle on peut faire des économies ? Ou allons-nous vite oublier que c’est grâce à la sécurité sociale que nous disposons de bons soins de santé ? Sans elle, combien de vies auraient été perdues en plus ? Allons-nous réfléchir à un travail viable qui rend possible la combinaison du travail et de la famille  ? Éviter les burnouts  ? Investir dans des transports en commun performants. Allons-nous faire tout cela ... Ou alors, n’allons-nous en tirer aucune leçon et reprendre le fil de nos vies comme si rien ne s’était passé ? Allons-nous présenter une fois encore la facture de la crise aux travailleurs ? Saut d’index, carrières plus longues, modération salariale, diminution des allocations, travailler un peu plus. Laisser le climat étouffer ... Se poser la question, c’est déjà bien, mais y apporter les solutions, c’est mieux. Avec vous nous pouvons y parvenir.

Werner Van Heetvelde, Eric Neuprez Président Secrétaire général


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Le virus n’a pas de frontières, la solidarité syndicale internationale non plus En Belgique et en Europe, les travailleurs les plus faibles sont les plus touchés par la crise actuelle, et il n’en est pas autrement dans le reste du monde. Pour nos collègues syndicalistes du Congo, du Rwanda, d’Afrique du Sud, de Cuba, du Pérou, de Colombie et d’Amérique centrale, il s’agit maintenant d’une question de survie. Ces régions du globe offrent de faibles soins de santé ou réservés à une élite alors que des dizaines de millions de travailleurs se retrouveront bientôt sans travail ni revenu.

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our beaucoup la réalité est dure : les travailleuses domestiques en Afrique du Sud ont perdu leur travail, et se retrouvent sans salaire et sans aucune compensation. Les usines de textile en Amérique centrale ferment et, avec un peu de chance, les travailleurs toucheront une partie de leur salaire pendant quelques mois, mais après cela  ? Les travailleurs de la construction sont quant à eux confrontés au chômage temporaire ou à des conditions de travail encore plus dangereuses, sans aucun moyen de protection. Cette crise les confronte au terrible dilemme  : rester à la maison et mourir de faim ou chercher un revenu et peut‑être mourir du Corona.

72 militants assassinés Le Coronavirus accentue des situations existantes déjà extrêmement difficiles. En Palestine, cette crise vient s’ajouter aux problèmes liés à l’occupation. En Colombie, 72 défenseurs des droits de l’homme et leaders sociaux ont été assassinés depuis le début du confinement. Isolés, ces militants sont plus vulnérables en ces temps de quarantaine. Enfin, Cuba continue à investir massivement dans les soins de santé, mais en raison du blocus américain, le pays est confronté à une pénurie de ressources financières et matérielles, y compris dans le secteur de la santé.

Des syndicats sur la brèche Pendant ce temps, nos partenaires syndicaux en Amérique du Sud et en Afrique se démènent pour venir en aide à leurs affiliés : des campagnes de sensibilisation aux mesures à prendre pour protéger leur santé, une aide pour les nombreuses questions individuelles, une concertation sociale pour éviter les licenciements ou fournir des compensations financières. Des actions syndicales sont également menées. Par ailleurs, en ces temps difficiles, les syndicats répondent aux urgences humanitaires. Ils organisent par exemple la distribution de nourriture pour les travailleurs les plus touchés et sans revenus. Aujourd’hui plus que jamais, la solidarité nationale et internationale est nécessaire. La Centrale GénéraleFGTB continue à apporter son soutien inconditionnel aux syndicats du Sud. De plus, des réformes radicales sont également indispensables. La santé n’est pas une marchandise. Il faut une sécurité sociale forte et un travail décent pour tous. Nous avons besoin d’un autre modèle économique où ce ne sont pas à nouveau les plus faibles qui paient la facture.


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La Centrale Générale

Les employeurs n’ont jamais payé aussi peu de cotisations sociales La crise du Covid-19 confirme la nécessité d’une sécurité sociale forte. Mais quelle est la hauteur de la contribution des entreprises au financement de la sécurité sociale ? Dans le secteur prospère de la chimie, moins que jamais.

2019

aura été une très bonne année pour la chimie selon les résultats présentés par la fédération patronale : augmentation de l’emplois, chiffre d’affaires et investissements en hausse. En tant que syndicat, nous nous en félicitons et nous veillerons à ce que cela se traduise également par une hausse du pouvoir d’achat et de meilleures conditions de travail. Mais cela signifiet-il que la chimie contribue davantage au financement de la collectivité ?

Payer moins Le secteur de la chimie représente 5 % de l’ensemble des cotisations de sécurité sociale dans l’économie belge, soit un montant de 2,7 milliards d’euros. Cependant, entre 2015 et 2019, le tax shift exigé par les employeurs et mis en œuvre par le gouvernement (MR/N-VA) a provoqué une baisse des cotisations patronales à la sécurité sociale de 8 à 16 %.

Recevoir plus Ainsi, alors que les employeurs doivent payer moins, les subsides salariaux pour les entreprises qui ont recours au travail en équipes ou à feu continu n’ont cessé d’augmenter. Depuis 2016, ces entreprises perçoivent une aide de 22,8 % du revenu imposable du travailleur. En cas de travail en feu continu, l’aide monte à 25 %.

Cadeau pour l’employeur Les cotisations patronales des entreprises à l’ONSS ont donc diminué, et les subsides salariaux ont augmenté. En imbriquant ces deux constats, nous pouvons déterminer la hauteur réelle de la contribution des entreprises à la sécurité sociale. Ces données révèlent que la différence entre les deux s’élève au maximum à 3,27  % du salaire brut. En d’autres termes, la majeure partie de ce que l’entreprise verse à la sécurité sociale lui est remboursée par le biais d’une aide fiscale.

Secteur prospère = plus de cotisations Les mesures prises au cours des dernières années sont donc clairement au détriment du financement de la sécurité sociale et de l’État. Même avant le début de cette crise sanitaire, la sécurité sociale affichait déjà des finances en berne. Il est donc important de ramener les cotisations patronales à l’ancien niveau. Les avantages fiscaux tels que les subsides salariaux doivent également être revus. Si un secteur se porte bien, il est logique qu’il contribue davantage au financement de la collectivité. n

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MW B

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Voulons-nous d’un retour à l’(a)normal ? Sans que nous n’ayons été consultés, le déconfinement s’amorce. Il amène son lot d’inquiétudes pour les travailleurs et les travailleuses que nous représentons. Notre organisation a mis toute son énergie pour que cette reprise des activités se passe dans les conditions les plus strictes possibles en matière de santé et sécurité. Avec ce déconfinement, le temps des grandes réflexions semble avoir débuté sur l’après COVID et certains prétendent que ce déconfinement est une première étape vers un retour « à la normale » ?

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Ce n’est donc pas la fin d’un chemin qui se présente à nous, mais le début de luttes décisives. Hillal Sor, Secrétaire général

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ême si nous aspirons tous légitimement à pouvoir reconquérir certaines libertés qui ont été mises sous l’éteignoir par le confinement, avons-nous intérêt à retrouver cette normalité tant attendue ? Une normalité dans laquelle les travailleurs devraient être de plus en plus flexibles ? Une normalité dans laquelle les allocataires sociaux vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Une normalité dans laquelle les richesses se concentrent de plus en plus dans les mains d’une poignée ? Une normalité qui amène des sociétés entières à sacrifier les plus âgés dans les maisons de repos car elle a été désarmée par le sous-financement des pouvoirs publics ?

d’un changement politique et social au sortir du confinement, en nous appuyant sur les leçons de la gestion désastreuse de la pandémie.

De cette normalité là, il est clair que nous n’en voulons pas ! Pas plus que d’un retour à une normalité, où comme après chaque crise, on fait payer la note aux travailleurs.

Ce n’est que sur cette base que nous pourrons établir le rapport de force nécessaire autour de ceux qui, unis, représentent une force majoritaire pour empêcher ce retour à l’(a)normal.

Pour les Métallos FGTB le message est clair : nous ne paierons pas une deuxième fois la crise.

Ce n’est donc pas la fin d’un chemin qui se présente à nous, mais le début de luttes décisives. Les Métallos de la FGTB y sont prêts.

Mais il ne suffit pas de le dire, nous devons créer les conditions d’un basculement vers un futur à construire. Nous devons créer les conditions

M MÉTALLOS FGTB-ABVV

Cela passera par la redéfinition d’une nouvelle conscience de classe, la conscience des intérêts communs des travailleurs (avec ou sans emploi) au-delà des secteurs et des frontières. Les intérêts communs de ceux qui sont les grands perdants du triptyque globalisation / financiarisation / austérité. Les intérêts communs de ceux qui, en première ligne, ont permis à notre société de tenir debout pendant que le « élites » économiques avaient fui le champ de bataille.

Ensemble, on est plus forts !


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Métallurgistes Wallonie-Bruxelles

L’aéroport de Liège, tête de pont On a beaucoup parlé de l’aéroport de Liège, en ces temps de pandémie. Pas tant pour des questions de fermeture, de maladies dans le personnel ou de problèmes d’application des réglementations, non. Mais parce que, dans le combat contre le virus, le hub de Liège a été une pièce essentielle, notamment dans le cadre de l’arrivée des fameux masques, quels qu’ils soient.

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’arrivée par avion de produits venus de Chine était, pour certains, une aberration dans les circuits économiques. L’annonce du choix de Liège par un des géants du commerce en ligne, le chinois Alibaba, avait été accueillie de manière extrêmement critique dans certains milieux locaux, qui allaient même jusqu’à demander l’interdiction de ces vols. On peut espérer que la pandémie aura, sur ce plan, ramené la raison. Liège Airport est devenu, au fil des ans, un des maillons essentiels du tissu économique liégeois. Un maillon générateur d’emplois directs ou indirects. Un maillon contrôlé par un tissu syndical solide, empêchant les dérives de type dumping social. Un maillon à ne pas affaiblir, au risque de fragiliser encore plus l’économie locale. Comment les travailleurs ont-ils vécu, au quotidien, cette période chahutée ? De manière assez similaire, quelle que soit l’entreprise concernée… Des premiers moments un peu tendus avant la définition et la mise en places des règles et des protections. Puis, un travail plus serein, mais dans un climat de grande vigilance. Un accroissement de la charge de travail, parfois. Et l’attente, désormais, d’un retour à une certaine normalité.

Petit tour de démonstration dans certaines entreprises symboliques des lieux Liège Airport, tout d’abord. Ici, on s’occupe de faire fonctionner la structure : avitaillement (c’est-à-dire fourniture de carburant aux avions), détermination et transmission des plans de vol, entretien de la signalisation au sol… «  Il y a eu un peu de flottement au début » explique Luc Hocke, le président de la délégation FGTB Métal. « Notre activité est indispensable pour le fonctionnement de l’aéroport en général, et nous avons craint d’être touchés par la maladie, ce qui aurait eu de grosses conséquences en aval. On ne savait pas non plus quel volume d’activité allait être maintenu. Et il y a eu bien sûr des frictions sur la mise en œuvre des procédures et sur la fourniture du matériel de protection. Il a quand même fallu un peu taper du poing sur la table. Mais nous avons pu obtenir très vite que tout soit mis aux normes. Le volume de nos activités n’a pas baissé, et nous avons eu la chance, il faut bien le dire, de ne pas déplorer de malades. » L’inquiétude initiale, elle existait bien sûr aussi chez Lachs, un des gros opérateurs sur Bierset. « Il ne faut pas oublier, rappelle Claudio Grusso, à la tête de la délégation FGTB Métal (il n’y en pas d’autre dans l’entreprise), que nous accueillons aussi beaucoup

de vols en provenance de Chine, dont les fameux masques ». De quoi flipper un peu en effet, d’autant que le tonnage traité a flambé de 30 % environ. « C’était plus encore que d’habitude du non-stop, des heures supplémentaires... Nous avons pu organiser tout cela au mieux.  » Une nouvelle étape pour une entreprise qui emploie près de 400 travailleurs et qui, avant la crise, avait connu quelques vagues d’embauches et de passages CDD vers CDI. «  Les gens sont suivis, se réjouit Caudio, même si les précautions à prendre ne sont pas toujours facile à suivre au quotidien… On en revient progressivement au régime normal, même si on peut rien prévoir encore pour l’avenir, notamment sur le plan des produits frais qui, eux, ont été impactés. » Mais tout le monde sent bien, ici, que la croissance de Lachs sur Bierset n’est pas finie et doit être soutenue par tous les acteurs. Quelques hangars plus loin, nous voici chez Fedex, un des mastodontes mondiaux du secteur et, avec 1.800 travailleurs, la plus grosse boîte de l’aéroport de Liège. «  C’était évidemment complexe à mettre en place  » explique le président de la délégation FGTB Métal Hassan Lyazghi. «  Il y a des problèmes pratiques. Par exemple, il est strictement impossible de charger en soute en respectant les règles de la distanciation sociale. Il a donc fallu décider de ne pas utiliser les soutes et se contenter de charger par le haut dans le fuselage. » Les matériels de protection ont été fournis en abondance et la décision a été prise de réunir, une fois par semaine, un CPPT extraordinaire pour débattre des problèmes constatés. Il a aussi fallu organiser une certaine souplesse à la pointeuse, tant à l’entrée qu’à la sortie, pour éviter d’ingérables bouchons (et des pertes de prestation…) devant les machines. Sur le plan du volume, Fedex, peu impliqué dans le traitement des produits liés au virus, contrairement à Lachs, a évidemment souffert de l’effondrement du commerce mondial. « En journée, pour les volumes cargo, on a perdu certains jours 80 %. La nuit, en express, on allait avec des pertes de l’ordre de 40 %. Cela a eu des conséquences, bien sûr, pour les intérimaires auxquels on fait appel en journée », déplore Hassan. Qui croise évidemment les doigts pour un retour à la normale qui semblait poindre au moment d’écrire ces lignes. Ceux qui n’ont jamais visité l’aéroport ou n’ont jamais parlé avec les travailleurs donnent souvent des conditions de travail à Liège une image désastreuse. La crise Covid aura montré que la réalité de terrain était toute autre, avec la capacité des Métallos de la FGTB à imposer, sur le site, respect strict de dignes conditions de travail et développement des activités. n


UBT

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À bas

la concertation sociale ! On dirait le nouveau slogan d’un tract écrit par les fédérations patronales réunies du secteur du transport, Febetra, TLV et l’UPTR. Depuis le début de la crise du Coronavirus, ces fédérations patronales refusent systématiquement toute concertation avec les organisations syndicales, aussi bien dans le secteur du transport que dans celui de l’assistance dans les aéroports. Nous devons les forcer chaque fois à se mettre autour de la table. Ils préfèrent en effet boycotter la concertation sociale. Ce n’est que quand nous durcissons le ton ou menaçons de mener des actions qu’ils acceptent du bout des lèvres de négocier. Le résultat est à l’avenant : des applaudissements pour les « héros » du secteur du transport, mais passer de la parole à l’acte, pas question !

Travailler en toute sécurité : une priorité ou non ? Même pour faire appliquer les mesures de sécurité les plus élémentaires, les organisations syndicales ont dû remuer ciel et terre. Pourtant, les problèmes sur le terrain ne manquent pas. Les employeurs affirmeront qu’il s’agit d’exceptions. Mais la réalité ne ment pas. Voici quelques exemples.

Essayez d’expliquer à Rachid et à Mia, chauffeurs qui livrent chez Carrefour ou Delhaize, que le personnel de ces grandes surfaces reçoit une prime pour les remercier du travail fourni pendant la crise, mais qu’eux qui ont assuré l’approvisionnement ne reçoivent rien du tout ! Ou aux logisticiens qui ont tourné des doubles shifts pour approvisionner les hôpitaux, les pharmacies ou encore les supermarchés.

Bob est chauffeur. Il est père de deux enfants souffrant d’une maladie auto-immune. Il est le seul soutien de famille. Pendant cette crise Corona, son employeur refuse de lui accorder un congé et de lui fournir des équipements de protection individuelle. Si Bob n’est pas content, il n’a qu’à partir, lui jette son employeur en face. Car la boîte doit continuer à tourner.

Essayez d’expliquer à Robert, Malika et Caroline, ... et aux nombreux autres travailleurs du transport mis en chômage que bon nombre d’entreprises paient une prime spéciale en plus de l’allocation de chômage, mais que les employeurs du secteur du transport refusent de le faire. Le chauffeur d’un sous-traitant qui roule toujours pour Volvo ne reçoit pas un cent, contrairement aux ouvriers de Volvo.

Et que penser des cas de Jean, de Marie, d’André et de Paul… et des nombreux autres chauffeurs qui en arrivant chez le client voient une affiche leur interdisant d’utiliser les équipements sanitaires et la machine à café ! Car ceux-ci sont réservés au seul personnel de la firme. Beaucoup de chauffeurs sont aujourd’hui traités comme des chiens sans que leurs employeurs ne remuent le petit doigt, trouvant qu’il n’est pas nécessaire de réclamer un meilleur traitement de leurs chauffeurs par leurs donneurs d’ordre.

Au diable le syndicat !

Beaucoup de chauffeurs ne disposent pas de masques buccaux ni de gels pour les mains et se tournent alors vers les pouvoirs publics et leurs organisations syndicales pour demander leur aide.

Pas de récompense pour les travailleurs du transport qui ont continué à travailler … … ni pour les ouvriers manutentionnaires dans les aéroports, encore applaudis à la télé lorsqu’ils déchargeaient des masques buccaux, ni pour les chauffeurs et les logisticiens qui ont continué à faire tourner l’économie.

Febetra, l’UPTR et TLV profitent de la crise du Coronavirus pour essayer de court-circuiter les syndicats. S’ils n’étaient déjà pas de grands amateurs de la concertation sociale, ils sont devenus aujourd’hui les champions du non-dialogue. Eloignons le plus loin possible ces emmerdeurs de syndicalistes. Encore heureux qu’il y a par-ci par-là des employeurs individuels qui n’ont pas la même vision du monde et qui prennent la concertation au sérieux. Mais ils constituent l’exception à la règle. Des 7.640 entreprises que compte le secteur, seulement 44 ont conclu des accords d’entreprise pour accorder une récompense à leurs chauffeurs ou logisticiens. Seulement 0,58 % des entreprises ont osé s’opposer aux directives des fédérations patronales.

Le secteur du transport est malade Bien entendu, personne ne nie que le secteur du transport souffre des conséquences de la pandémie du Corona. Et que beaucoup


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Union Belge du Transport

d’entreprises sont en difficultés. Mais le secteur est malade depuis longtemps. Malade du dumping social et de l’exploitation. Malade du niveau bien trop faible des prix du transport et des salaires. Malade des mauvaises conditions de travail, les travailleurs étant forcés de faire de longues heures dans une hyper flexibilité afin de gagner un revenu plus ou moins décent. Pourtant, le vaccin contre les maladies lancinantes dans le secteur existe. Son nom : la concertation sociale. La collaboration entre organisations patronales et syndicales pour faire progresser

le secteur. Pour travailler dans des conditions sûres, améliorer les conditions de travail et augmenter l’attrait des métiers du transport. Des démarches communes vis-à-vis des pouvoirs publics pour donner de l’oxygène au secteur qui passe parfois des moments difficiles. Voilà la réponse qui devrait être donnée. Si les employeurs persistent et signent, s’ils continuent à camper sur leurs positions conflictuelles dogmatiques, le secteur du transport restera le grand malade à la mauvaise réputation. Le seul chemin du salut passe par un dialogue social fort et une collaboration constructive.

L’entreprise métallurgique VDL KTI et le verdissement des transports maritimes

La durabilité et l’emploi ne sont pas concepts ennemis L’entreprise métallurgique VDL KTI, située en Campine, produisait jusque peu uniquement des installations industrielles pour le secteur du gaz et du pétrole. Depuis quelques années, l’entreprise joue de plus en plus la carte de l’écologie. Ainsi, elle produit aujourd’hui des systèmes de lavage (épurateurs) destinés à l’épuration des fumées émises par les grands navires. Ces épurateurs connaissent un succès grandissant, notamment parce que les normes d’émission ont été sensiblement renforcées dans le secteur de la navigation maritime depuis le 1er janvier 2020. VDL KTIfournit un bel exemple d’une entreprise métallurgique qui s’est orientée en partie vers des activités industrielles plus durables. L’entreprise contribue à la réduction de la pollution produite par les navires. Nous en avons parlé avec Jacques Kerkhof, secrétaire fédéral UBT des secteurs maritimes.

Épurateurs et hydrogène Les épurateurs produits par VDL KTI diminuent les émissions de soufre dans l’air. Les rejets de soufre sont filtrés, mélangés à l’eau, et évacués vers la mer où ils se dégradent de manière naturelle. Résultat : une diminution de la pollution de l’air. Selon Jacques, ces technologies sont très intéressantes, même s’il y a quelques nuances : « Ces épurateurs doivent être considérés comme une espèce de solution intermédiaire. Les moteurs des navires sont construits pour durer de nombreuses années. Il n’est donc pas possible de les remplacer simplement, car cela représenterait un coût énorme. Les épurateurs sont installés dans la cheminée du navire pour filtrer les émissions. Beaucoup d’armements font aujourd’hui ce choix. Il s’agit d’une solution intermédiaire moins coûteuse jusqu’au moment du véritable verdissement des transports maritimes. ».

Au sujet de la tournure que doit prendre le verdissement des transports maritimes, Jacques Kerkhof a une opinion tranchée : «  Nos grands armements belges —  DEME, Exmar, Euronav et CMB  — s’engagent déjà aujourd’hui sur la voie de la durabilité. La CMB en particulier est un vrai champion en la matière, en developpant le ‘Hydroville’, le premier navire à passagers qui utilise l’énergie hydrogène. L’hydrogène est à mes yeux l’énergie de demain car à la combustion elle ne produit pas de CO2 ni des poussières fines ni du dioxyde de soufre. Il y a d’ailleurs un autre lien avec le secteur métallurgique car la CMB collabore aussi avec ABC, une entreprise qui fabrique des moteurs plus écologiques, voire dans certains cas neutres en carbone. Il faut dire que les armateurs belges font partie du top mondial dans ce domaine. ».

Emploi et ancrage local L’UBT est fortement attachée au concept de la durabilité. Mais il y a bien sûr d’autres thèmes importants. Jacques : « La Belgique devrait être un précurseur dans le domaine du développement de nouveaux moteurs et de navires. De cette manière, nous pourrions orienter — du moins un tantinet — le marché et assurer l’ancrage local. Pour nous à l’UBT, l’emploi sera toujours notre préoccupation première. ». Un des instruments à utiliser à cette fin est la formation des travailleurs. Jacques souligne  : «  Les transports maritimes sont également confrontés au phénomène de l’automatisation et de la digitalisation. Nos travailleurs doivent avoir la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation des nouvelles technologies innovantes et durables. Ils devront par exemple pouvoir travailler aux navires navigant à l’hydrogène. L’UBT met tout en œuvre pour que les efforts nécessaires soient faits dans ce domaine. Ce n’est que de cette manière qu’on pourra veiller à ce que personne ne reste au bord de la route. ». n


Horva l

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Un 1er mai de reconquête de nos acquis

Le 1er mai est la fête des travailleurs : le rappel de leurs luttes et des grandes avancées sociales qui ont été obtenues par le monde du travail. Cette année il aura été marqué par le Coronavirus.

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ette pandémie touche les travailleurs du monde entier. Chez nous, comme dans de nombreux pays, les gouvernements ont mené des politiques d’austérité qui ont durement attaqué les acquis des travailleurs et leur protection sociale. Dans la situation de crise que nous traversons, nous nous rendons compte de l’importance d’avoir un système de protection sociale fort. À l’occasion de ce 1 mai, nous voulons rendre hommage aux travailleurs de toute la filière agroalimentaire, qui alors que le pays était à l’arrêt, ont continué à travailler afin que la population puisse trouver dans les magasins tout ce dont elle avait besoin. Les travailleuses de l’aide à domicile ont permis, quant à elles, de maintenir l’aide et le lien social au sein er

d’une population fragilisée sans toujours avoir les moyens de protection nécessaires. Enfin, nous avons une pensée pour les travailleurs de l’Horeca et du tourisme qui ont été les premiers confinés et qui seront vraisemblablement les derniers à sortir de la crise avec de terribles répercussions sur l’emploi et sur leur pouvoir d’achat. Ce 1er mai 2020 est un 1er mai SOLIDAIRE, un 1er mai de mobilisation pour la protection de notre système social, un 1er mai de reconquête de nos acquis attaqués par la droite et le patronat. Tangui Cornu et Alain Detemmerman, Co-Présidents de la FGTB Horval

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Secteur alimentaire

Nous ne sommes pas des héros ! Aujourd’hui les médias, le monde politique et les fédérations patronales célèbrent les travailleurs des secteurs essentiels comme des héros. Mais les travailleurs de l’industrie et du commerce alimentaire ne sont pas des héros !

Non, ils ne vont pas travailler en chantant, la fleur au fusil prêts à se sacrifier pour la nation. Ils vont travailler la peur au ventre ! Ces travailleurs produisent des denrées alimentaires, les stockent et les livrent dans les supermarchés parce que c’est leur travail  ; un travail pas toujours bien payé, mais indispensable. On aurait pu imaginer que si les organisations patronales considéraient les travailleurs comme des héros, la reconnaissance financière allait suivre. Naïfs que nous sommes… Le discours patronal a inspiré le gouvernement Wilmès : les travailleurs bénéficieront d’heures défiscalisées si elles sont supplémentaires. Quelle générosité, merci ! En industrie alimentaire, après de longues discussions, les interlocuteurs sociaux ont réussi à proposer plusieurs textes de référence : un texte sur la distanciation, un guide sectoriel précisant les mesures à prendre pour la protection des travailleurs, deux documents qui placent la concertation en première ligne. Le secteur a également demandé à Fedris de reconnaitre le Covid-19 comme maladie professionnelle.

Le Fonds social intervient par un complément pour les travailleurs en chômage et est en négociation pour octroyer un complément en cas de Covid-19. En commerce alimentaire, les choses sont différentes ! Les  négociations ont échoué au niveau sectoriel pour octroyer une prime aux travailleurs ; seules quelques grandes entreprises ont eu des négociations qui ont abouti. À ce jour, le secteur ne voit pas la nécessité de proposer un texte d’encadrement, ni de faire pression sur Fedris pour faire reconnaitre le Covid-19 comme maladie professionnelle. C’est inacceptable ! Nous ne pouvons nous contenter d’un discours angélique qui prétend que les employeurs sont responsables et prennent les mesures nécessaires ! Pour la FGTB Horval, la priorité reste et restera la santé des travailleurs ! Au fait, savez-vous que 75  % des entreprises contrôlées n’étaient pas en ordre avec les mesures de protection des travailleurs ? Le secteur de la distribution est vanté comme étant le grand gagnant de la crise, mais les gagnants sont-ils les travailleurs ou les actionnaires ?


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Alimentation / Horeca / Services Aides ménagères | Titres-services Coronavirus : l’Horeca et le tourisme à l’arrêt depuis 2 mois !

Quel avenir pour ces secteurs ?

Rien ne leur a été épargné ! Maintenant ça suffit ! Nous réclamons du respect ! Ces mots ont été prononcés le 28 novembre 2019, lorsque les aides ménagères étaient descendues dans la rue pour réclamer un salaire décent. À l’époque, les patrons refusaient de discuter d’une augmentation salariale en brut alors que les actionnaires des grosses entreprises amassaient des profits juteux. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, les aides ménagères continuent à supporter l’insupportable. Les gouvernements régionaux ont pris des mesures différentes. Certaines entreprises ont joué le jeu des subsides régionaux pour maintenir le salaire des travailleuses tout en réclamant des réductions de cotisations sociales. D’autres ont mis massivement les travailleuses en chômage temporaire avec de lourdes conséquences sur leur pouvoir d’achat. Des travailleuses avec des contrats à temps partiel qui gagnent en temps normal un salaire inférieur à 12 €/h se sont retrouvées dans la précarité. Federgon (la  principale fédération patronale) a refusé d’octroyer un complément à l’allocation de chômage temporaire. Rien n’a été épargné aux travailleuses ! Certaines n’ont d’ailleurs jamais arrêté le travail  : elles ont dû faire le choix cornélien de conserver leur revenu pour garder la tête hors de l’eau ou préserver leur santé. Maintenant, Federgon traîne les pieds pour négocier un cadre sectoriel de reprise des activités garantissant la santé et la sécurité des travailleuses. Est-ce trop demander d’établir des règles pour permettre aux aides ménagères de travailler dans de bonnes conditions ? Face à ce blocage, les CPPT se sont réunis pour avancer mais les mesures prises sont très différentes d’une entreprise à une autre. Dans cette crise sans précédent, un secteur qui représente plus de 42.000 emplois en Wallonie (150.000 en Belgique) a été livré à lui-même à cause de stratégies politiques boiteuses et de l’appât du gain de certaines entreprises. Soyez assurés, membres des Gouvernements régionaux et chers patrons, que les travailleuses vous demanderont des comptes quand la crise sera passée !

L’Horeca est le premier secteur à avoir fermé ses portes. Des milliers de travailleurs se sont retrouvés simultanément en chômage temporaire. Les salaires dans le secteur sont faibles à la base et la majorité des contrats à temps partiel. Les allocations de chômage, proportionnelles aux salaires, sont donc très faibles. De nombreuses familles et personnes isolées ont dû faire appel au CPAS afin de joindre les deux bouts. D’autant plus qu’il n’existe pas d’indemnité complémentaire en cas de chômage temporaire ; les tentatives syndicales pour en obtenir ont été balayées d’un revers de main par les représentants patronaux. Les réserves financières de nombreuses entreprises ne sont pas importantes et une partie des revenus (ex. période des vacances de Pâques) est perdue définitivement et ne peut être récupérée. Les travailleurs risquent même de perdre leur emploi… En ce qui concerne le secteur touristique, les vacances de Pâques, qui annoncent le début de la saison pour de nombreuses attractions, ont été marquées par le confinement. Un drame pour l’emploi fixe, mais aussi pour les travailleurs saisonniers. Lors de la rédaction de ce texte, et malgré la date du 8 juin avancée par les autorités, il n’y a aucune certitude quant à la date de reprise de ces secteurs. Nous ne savons pas non plus quelles activités pourront redémarrer. Les hôtels pourraient déjà partiellement rouvrir, mais qu’en est-il des restaurants, cafés, etc. ? Actuellement, des discussions au sein de la commission paritaire ont été entamées afin de négocier des accords et fixer des règles claires pour le redémarrage des secteurs. Notre objectif principal  : protéger la santé des travailleurs et assurer leur sécurité. Dans les grandes entreprises, ce travail est complété par des mesures spécifiques à travers les organes de concertation (CPPT et DS). Nous espérons que tout le monde fera appel au bon sens et suivra les mesures, tant dans les grandes que dans les petites entreprises. Un  deuxième confinement constituerait un véritable désastre pour ces secteurs… n


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Retour au boulot... mais pas sans protection

Notre vie « publique » commence à reprendre doucement. Cela ne veut pas dire pour autant que le Coronavirus a disparu. De plus en plus de personnes peuvent désormais retourner au travail. Pour assurer une reprise des activités dans les conditions les plus sûres et les plus saines possibles, les secteurs et les entreprises sont tenus de se conformer aux règles établies dans ce qu’on appelle le «  guide générique pour lutter contre la propagation du Covid-19 au travail  ». Celui‑ci fournit un cadre avec des mesures qui doivent être adaptées par les différents secteurs et par chaque employeur à leurs spécificités. Voici déjà quelques directives importantes qu’il est utile de garder en tête. Vous êtes à la recherche des mesures spécifiques pour votre secteur  ? N’hésitez pas à jeter un œil sur J www.setca.org pour plus d’informations. En effet, les conseils ci‑après ne s’appliquent par exemple pas toujours aux services essentiels comme les soins de santé ou l’industrie et le commerce alimentaire.

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Exploitez au maximum la concertation sociale dans votre entreprise La concertation sociale dans votre entreprise est le premier lieu pour veiller à ce que les mesures nécessaires soient prises et appliquées. La concertation devrait avoir lieu avant même que les travailleurs retournent sur leur lieu de travail. Cela contribuera aussi à accentuer le soutien pour les mesures prises. Vos délégués SETCa sont là pour vous.

Le télétravail reste recommandé, à défaut, appliquez les règles de « distanciation sociale » Le télétravail reste la manière la plus sûre de (re)travailler. Si ce n’est pas possible, vous devez toujours garder 1,5 mètre de distance par rapport à vos collègues. Pensez-y aussi lorsque vous arrivez au travail et par exemple, n’entrez pas dans un ascenseur bondé. Laissez aussi de côté vos habitudes pour dire bonjour : pas de bise ni de poignée de main. Prenez le temps pour une hygiène des mains irréprochable. En cas de doute sur le fait que la distanciation sociale puisse être respectée, votre employeur doit prendre les mesures nécessaires pour qu’il n’y ait pas trop de travailleurs présents en même temps. Au besoin, il doit aussi prévoir des protections comme des parois en plexiglas, des séparations, des masques, etc. Une circulation à sens unique peut aussi être organisée dans les couloirs étroits. Vous ne devez pas être dans une pièce ? Dans ce cas, mieux vaut ne pas vous y rendre. Ce n’est pas le moment d’être à trop de personnes dans une salle de réunion. Veillez aussi à pouvoir garder suffisamment de distance pendant les réunions et pensez à des alternatives comme les vidéoconférences. Ainsi, limitez au maximum les contacts avec des externes comme les clients, les fournisseurs, les visiteurs, la famille...

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Essayez au maximum de vous rendre au travail avec vos propres moyens de transport

1,5m

Si possible, il est préférable d’utiliser au maximum vos propres moyens de transport pour aller au travail. Conservez aussi une distance suffisante avec les autres usagers. Si vous ne venez pas seul en voiture, respectez la distance d’1,5 mètre. N’oubliez pas qu’un masque buccal ou une écharpe devant votre bouche est désormais obligatoire dans les transports en commun. Vous bénéficiez d’un transport organisé par votre employeur ? Ici aussi, vous devez respecter la distanciation sociale.

Vous présentez des symptômes = vous restez à la maison Vous présentez des symptômes ? Jouez la carte de la sécurité, restez chez vous et appelez éventuellement votre médecin traitant. Dans ce cas, prévenez au plus vite votre employeur et faites-lui parvenir au besoin un certificat médical.

Respectez les mesures d’hygiène Lavez-vous régulièrement les mains avec de l’eau et du savon et séchez-les avec des serviettes en papier. Vous devez éternuer ? Utilisez dans ce cas un mouchoir en papier et jetez-le immédiatement. Relavez-vous ensuite les mains. Se laver régulièrement et convenablement les mains reste l’un des principaux gestes barrières, prenez donc le temps de le faire à suffisance !

Utilisez (correctement) les moyens de protection Les moyens de protection collective comme les parois en plexiglas, les rubans, les marquages pour permettre une circulation à sens unique... sont très importants. Votre employeur met également des moyens de protection individuelle à disposition comme des gants ou des masques buccaux ? Veillez dans ce cas à les utiliser (correctement) ! N’oubliez pas que seuls les travailleurs courant un risque en raison de la nature de leur travail reçoivent les masques FFP2 ou FFP3. Les masques « normaux » forment seulement une barrière physique et ne protègent pas totalement contre l’inhalation de gouttelettes de virus. Les masques buccaux ont donc certainement une utilité, mais la distanciation reste la règle de base.

Vous avez des questions ? Vous vous faites du souci ? N’oubliez pas qu’il est de la responsabilité de votre employeur de garantir un environnement de travail sûr. Vous vous faites du souci ? Vous avez des questions ? Nos sections régionales sont toujours là pour vous. Elles restent joignables par téléphone et par mail. Vous trouverez leurs coordonnées sur J www.setca.org

FAQ

Réponse aux questions les plus fréquentes sur Coronavirus & travail

Depuis peu, nous avons ajouté sur notre site web une rubrique FAQ où nous répondons aux questions les plus fréquentes concernant le Coronavirus et le travail. Vous êtes délégué dans une entreprise, vous avez une question et ne trouvez pas de réponse sur le site web ? Vous pouvez dans ce cas envoyer un mail à J questioncoronavirus@setca-fgtb.be

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SETCa

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Le masque : une obligation ?

Un outil essentiel de protection La phase 1B de la stratégie de sortie du lockdown a commencé ce 11 mai. Signe le plus visible, tous les magasins peuvent à présent rouvrir leurs portes. De nombreuses mesures de sécurité ont dès lors été prises. Le port du masque n’est toutefois pas obligatoire pour les clients. Il est par contre obligatoire dans les transports en commun. Deux poids, deux mesures ? Pour le SETCa, les choses sont claires, portons le masque dans tous les espaces où nous croisons du public.

COMMENT LE METTRE ?

Lavez-vous soigneusement les mains avec de l’eau et du savon, avant de toucher le masque.

Ne touchez pas l’intérieur du masque.

Utilisez les extrémités des lanières ou des élastiques pour appliquer le masque.

Assurez-vous que le masque couvre bien vorte bouche et votre nez. Veillez à l’ajuster au mieux sur votre visage.

COMMENT L’ENLEVER ?

Il nous semble normal si nous allons à une consultation médicale, si nous franchissons les portes d’un hôpital, de porter un masque. On nous répète depuis des semaines que porter un masque, c’est d’abord protéger l’autre. Les dispositifs de testing ne suivent toujours pas à suffisance. La prévention reste donc de mise. La distanciation sociale (1,5 mètre) n’est pas toujours aisée à respecter… donc le port du masque reste un outil indispensable.

Le cas précis des magasins : pas de retour à la vie normale Certains commerces n’ont naturellement jamais fermé leurs portes. Pensons aux supermarchés, où les travailleurs ont courageusement continué de travailler. Au début, souvent même sans les mesures de sécurité ou les dispositifs de protection nécessaires. Mais depuis le 11 mai, tous les types de magasin peuvent à nouveau ouvrir. Le Gouvernement a pris cette décision afin d’éviter la concurrence déloyale mais il souligne en même temps que ce n’est pas le moment d’aller faire du shopping pour le plaisir. L’idée est donc uniquement d’aller faire des achats si vous en avez vraiment besoin. Aucun contrôle en la matière n’est toutefois prévu. Naturellement, de nombreuses mesures ont été prises, telles que la limitation du nombre de clients par mètre carré, les parois en plexiglas, la circulation à sens unique... mais les masques ne sont actuellement pas obligatoires. Pour nous, c’est une occasion manquée !

Lavez-vous soigneusement les mains avec de l’eau et du savon, avant de toucher le masque.

Ne touchez ni l’intérieur du masque ni votre visage.

Utilisez les extrémités des lanières ou des élastiques pour retirer le masque.

Quand vous rentrez chez vous, jetez le masque immédiatement au panier à linge.

ATTENTION ! Porter un masque ne signifie pas que vous ne devez plus respecter la distanciation sociale. La distance reste une mesure importante.

En effet, la pandémie fait encore rage. Nous pouvons à présent petit à petit quitter davantage nos maisons, mais il ne s’agit tout de même pas d’un retour à la vie que nous connaissions il y a quelques mois. C’est précisément grâce à ces mesures strictes que le nombre de contaminations diminue quotidiennement. Si nous gâchons tout maintenant, nous aurons très vite une recrudescence de l’épidémie et nos soins de santé subiront à nouveau une pression immense. Nous devons continuer d’adapter notre comportement. C’est pourquoi nous appelons chacun à prendre ses responsabilités et à porter un masque spontanément. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement s’est limité à une recommandation et pas à une obligation. Ainsi, vous ne protégez pas seulement les travailleurs du commerce, qui seront à présent en contact avec des centaines de personnes chaque jour, mais aussi vous-mêmes et nos soins de santé. Nous souhaitons beaucoup de courage à tous ceux qui retournent au travail. Ensemble, propageons la solidarité, pas le virus ! n


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Régio n

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Regards

sur l’actualité

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ovid-19. Crise sanitaire sans précédents, et pourtant prévisible. Ralentissement. Répercussions socioéconomiques inévitables. Confinement. Inégalités sociales qui se renforcent.

La situation est inédite, historique… et laissera des traces ! Une réflexion sur le monde d’après est indispensable. Prendrons-nous le risque de recommencer « comme avant » avec le tout-au-profit, la surconsommation, la destruction de l’environnement… Ou saisirons-nous cette occasion pour dessiner et exiger une autre société, un modèle plus égalitaire, solidaire et respectueux de la planète ? Seronsnous prêt·e·s à remettre en question les choix politiques, à nous opposer, à désobéir ? Pour accompagner ces questionnements, le CEPAG vous propose une série d’analyses rédigées « à chaud », en plein confinement. Un regard sur la société actuelle, un éclairage sur la santé publique, l’indispensable prise de conscience qui s’impose à nous… Telles sont quelques-unes des thématiques et pistes de réflexion que nous mettons à votre disposition. Le travail, ses conditions et l’enjeu politique qu’il représente sont bien sûr aussi analysés sous l’angle « Coronavirus ». n

Découvrez nos écrits « Péril sur la santé publique » une étude de Nicolas Latteur. « Coronavirus : ce que l’épidémie dit de nous » une analyse de Laurent D’Altoe. « Travail et conditions de travail sous Covid-19 » une analyse de Maurizio Vitullo. « Quel travail voulons-nous ? » une analyse de Nicolas Latteur. « Ainsi, tout peut ralentir… » une analyse de Bruno Poncelet. La mission et le travail d’éducation permanente ne s’arrêtent évidemment pas là. Rendez-vous sur J www.cepag.be ou sur la page Facebook du cepagasbl Cepag

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Quest ion/ré ponse

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Pécule de vacances, congés annuels et impact du Coronavirus

Les congés annuels approchent et le pécule de vacances vient d’être versé ou va l’être sous peu. Le moment est donc venu de ré‑aborder les questions classiques auxquelles s’ajoutent cette année, celles sur l’impact du Corona.

Ce qu’il faut savoir sur vos congés annuels/le pécule de vacances

Quand pouvez-vous prendre vos congés ?

Tout dépend du secteur et de l’entreprise où vous travaillez. Un exemple bien connu est le secteur de la construction, où tout le monde prend ses congés sur la même période. Toutefois, la plupart des travailleurs ont le choix du moment où ils prennent leurs congés, même si l’employeur doit toujours donner son accord. À cet égard, les règles suivantes sont généralement appliquées : • un travailleur doit pouvoir prendre au moins deux semaines de congés ininterrompues (trois semaines pour les travailleurs âgés de moins de 18 ans) sur la période s’étalant du 1er mai au 31 octobre ; • les travailleurs qui ont des enfants en âge scolaire ont la priorité durant les périodes de vacances scolaires ; • en dehors des grandes vacances, les congés sont pris au maximum en tenant compte de la production et des périodes plus chargées dans l’entreprise. Les travailleurs doivent épuiser tous leurs congés légaux avant la fin de l’année. Les congés légaux qui n’ont pas été pris ne peuvent pas être reportés à l’année d’après, à l’inverse des jours d’ancienneté.

À combien de jours avez-vous droit ?

• Il existe un minimum légal. Si vous avez travaillé une année complète dans un système de 5 ou 6 jours/semaine, vous aurez respectivement droit à 20 ou 24 jours de congé. Certains secteurs ou certaines entreprises octroient plus de jours de congé, en fonction de votre ancienneté par exemple. • Il arrive parfois aussi que les travailleurs travaillent plus que la durée du travail hebdomadaire fixée et qu’il soit alors décidé de convertir les heures épargnées en jours supplémentaires de réduction du temps de travail. • Certains jours sans prestations de travail sont assimilés à des jours de travail pour le calcul de vos congés. C’est notamment le cas pour les jours de maladie, les jours de congé et le repos d’accouchement. Mais attention : ceci ne vaut pas pour le crédit-temps ni pour le congé parental. • À côté de cela, vous avez encore droit à 10 jours fériés légaux payés par l’employeur. Si vous travaillez à temps partiel Dans ce cas, votre nombre de jours de congé sera proportionnel à votre temps de travail. Si vous êtes à 4/5ème par exemple, vous aurez droit, l’année d’après, à 16 jours de congé. Si vous êtes demandeur d’emploi Dans ce cas aussi, vous avez droit à des jours de congé. Essayez d’étaler la prise de ces congés. Si vous ne le faites pas, vous serez obligé de tous les prendre en fin d’année et dans ce cas, votre allocation sera nettement moins élevée.

Qu’en est-il du calcul et du paiement de vos congés/ de votre pécule de vacances ?

• Un employé a droit à deux jours de congé complets pour un mois d’occupation complet l’année précédente (selon une semaine de six jours). • Pour les ouvriers, on travaille sur la base d’un tableau de congés qui peut être retrouvé sur le site de l’ONVA (Office National des Vacances Annuelles) J www.rjv.be/fr/calcul-des-jours-de-vacances Le pécule de vacances est composé de deux parties. Le salaire que vous recevez pour les jours où vous êtes en congé est appelé « simple pécule de vacances ». En plus de cette partie, vous recevez également le « double pécule de vacances » qui correspond à une sorte d’indemnité pour les frais supplémentaires qu’engendrent les vacances. À ce niveau, on fait aussi une distinction entre les employés et les ouvriers. • Les employés reçoivent leur pécule de vacances simple au moment de la prise de leurs congés. En d’autres termes, leur salaire continue simplement à être payé. La partie qui correspond au pécule de vacances double (92 % du salaire normal) est habituellement payée au moment où ils prennent leurs congés principaux. De nombreuses entreprises choisissent de payer ce pécule de vacances en une fois, à un moment bien déterminé généralement en mai ou en juin. C’est l’employeur qui paie le pécule de vacances pour les employés. • Les ouvriers reçoivent comme pécule de vacances (simple et double ensemble) 15,38  % de leur rémunération brute de l’exercice de vacances, avec éventuellement un complément qui correspond au salaire fictif pour les jours assimilés. Sur ce montant, une cotisation de solidarité de 1 % est retenue. C’est l’ONVA ou une caisse de vacances qui paie le pécule de vacances des ouvriers. Ceci se fait généralement au moment où les ouvriers prennent leur plus longue période de congés, mais pas avant début mai.


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Pour plus d’informations sur l’impact du Coronavirus J www.fgtb.be/-/corona-virus-25-questions-que-vous-vous-posezpeut-etreAdressez-vous à votre délégué ou à votre section locale via J www.fgtb.be/regionales-fgtb

Ce qu’il faut savoir sur l’impact du Coronavirus sur vos congés/votre pécule de vacances Votre employeur peut-il vous obliger à prendre des congés parce qu’il y a moins de travail ? Non, les congés annuels sont déterminés de commun accord. Votre employeur ne peut donc jamais vous obliger à prendre des congés. Sauf si vous préférez vous-même prendre congé plutôt que d’être mis en chômage temporaire. Dans cette situation, il revient à l’employeur d’approuver ou non la demande.

Et si vous avez été mis en chômage temporaire durant la période où vous aviez planifié vos congés ? Les jours de congé demandés et approuvés ainsi que les jours de congé collectifs planifiés restent d’application. Pour ces jours en question, vous ne recevez donc pas d’allocation de chômage temporaire. Ils sont évidemment couverts par votre pécule de vacances.

Pouvez-vous annuler les congés que vous aviez planifiés lorsque vous êtes en chômage temporaire ? Ceci n’est possible que lorsque l’employeur marque son accord. Dans ce cas, vos jours de congé pourront être pris plus tard. Ne retirez jamais vos congés de votre propre initiative. Ceci pourrait être un motif pour votre employeur de rompre votre contrat.

Votre employeur peut-il vous obliger à renoncer aux congés que vous aviez planifiés ? Non, ici aussi la condition est qu’il y ait un accord mutuel.

Le chômage temporaire Coronavirus a-t-il un impact sur vos congés/votre pécule de vacances en 2020 et 2021 ? Non, ces jours de chômage sont entièrement assimilés à des jours de travail effectifs. Il n’y a donc pas d’impact sur le calcul de vos congés et de votre pécule de vacances, aussi bien pour l’année en cours que pour la suivante. À la demande explicite des syndicats, pour plusieurs secteurs où le chômage est très élevé, le pécule de vacances a — cette année — été payé plus tôt.

Un cas de maladie à la suite du Coronavirus a-t-il un impact sur vos congés/votre pécule de vacances en 2020 et 2021 ? Non, parce que vous êtes dans ce cas en arrêt pour maladie (d’abord avec un salaire garanti, ensuite avec une indemnité de maladie). Ces jours aussi sont assimilés à des jours de travail effectifs, ce qui implique qu’il n’y a pas d’impact sur le calcul de vos jours de congé/de votre pécule de vacances en 2020 et 2021.

Rédaction : Syndicats Rue Haute 42 1000 Bruxelles E-mail : syndicats@fgtb.be Nicolas Errante, Rédacteur en chef Tél. : 02 506 82 44 Aurélie Vandecasteele, Journaliste Tél. : 02 506 83 11 Secrétariat : Sabine Vincent Tél. : 02 506 82 45 Service abonnements : 02 506 82 11 Ont collaboré à ce numéro : Laure Homerin Ioanna Gimnopoulou Annelies Huylebroeck Alissa De Ceuninck Sarah Baele Céline Boogaerts Wim Careel Mada Minciuna Karen De Pooter Arnaud Dupuis Antonina Fuca Fabrice Jacquemart Vanessa Amboldi Photos : iStock Mise en page :

ramdam.be

Et si le médecin décide que vous devez préventivement rester chez vous ? Si le médecin estime que vous risquez d’être infecté par les collègues, cette situation sera considérée — moyennant approbation de l’ONEm — comme du « chômage temporaire pour force majeure ». Dans ce cas, vous devez demander une allocation. Ces jours seront aussi assimilés à des jours de travail effectifs pour lesquels il n’y aura pas d’impact sur vos congés ou sur votre pécule de vacances. n

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