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Editeur rresponsable: AndrĂŠ Mordant, Rue Haute 42, 1000 Bruxelles.


De l’argent pour la sécu


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Pensions

allocations doivent suivre et

les

salaires

Dès 2007, pensions et allocations sociales pourront être liées au bien-être. C’est un principe important, que nous avons arraché par nos manifestations à Bruxelles d’abord, à Ostende le 20 mars 2004 ensuite. Mais, pour que la liaison au bien-être devienne réalité, pour que les soins de santé dont le coût est croissant restent remboursés, pour que les allocations les plus basses soient relevées, pour qu’il soit mis fin à la situation injuste des cohabitants, pénalisés parce qu’ils ont travaillé et cotisé à deux, il faut de l’argent. Et cet argent, nous savons qu’il va manquer. A moins que la sécurité sociale soit refinancée. C’est, pour la F.G.T.B., une exigence fondamentale et prioritaire.


4 Pourquoi le bien-être ? Pour pouvoir vivre, pas survivre ! Si ma maison brûle, l’assurance ne va pas la remplacer par une caravane, sous prétexte qu’il est parfaitement possible d’y vivre ! Si je perds mon salaire parce que je tombe malade, perds mon emploi ou prends ma retraite, je dois pouvoir compter sur un revenu de remplacement qui soit plus qu’une indemnité permettant de ne pas mourir de faim ! Car pour nous, la sécurité sociale doit redevenir un rempart contre la pauvreté et pas une assistance aux pauvres. C’est pourquoi nous voulons que pensions et allocations soient liées au bien-être, c’est-à-dire qu’elles connaissent une augmentation du pouvoir d’achat en termes réels, en plus de l’indexation qui sert seulement à compenser les hausses de prix. La liaison au bien-être est une autre façon de dire que pensions et allocations doivent suivre les salaires. Ce que, dans la fonction publique, on appelle la péréquation. On est malheureusement loin du compte.

Au fil des ans, la société est devenue moins sociale… Le tableau ci-dessous a été réalisé à l’aide d’un graphique publié par le Ministère des Affaires Sociales pour préparer la table ronde de la sécu-

rité sociale (1). Le rapport date de fin 2001 : les données 2003 sont donc des projections. Ce tableau permet de se faire une idée de l’importance de la détérioration des pensions et allocations sociales par rapport aux salaires. Mais il s’agit d’une idée macro-économique qui nous montre ce que l’allocation moyenne représente par rapport au salaire moyen. Ce tableau nous dit qu’au fil du temps la société est devenue moins sociale… Il nous dit aussi que tous sont perdants, mais comme toutes moyennes, celles-ci recouvrent des situations fort différentes : le taux de remplacement des salaires élevés est inférieur au taux de remplacement des bas salaires : les allocations sont en effet calculées sur base de salaires bruts plafonnés. Un exemple : après un an, le chômeur isolé touche 50% de son salaire plafonné à 1.676 € ; s’il gagne 1.600 €, son indemnité sera effectivement de 50%. Mais s’il en gagne 2.500, il touchera 838 € (50% du plafond), soit moins de 34%; ■ les taux varient selon qu’on est chef de ménage, isolé ou cohabitant ; ■ le taux de remplacement est calculé de brut à brut : pour beaucoup d’allocations, le brut correspond au net ; mais pour les salaires, le brut est nettement supérieur au net. ■

Taux de remplacement du salaire: ce que représente l’allocation moyenne par rapport au salaire moyen Année du taux maximum

Taux maximum

Taux 2003

Pension

1980

38%

28%

Invalidité

1982

41%

29%

Chômage

1976

48%

20%

Prépension

1984

52%

32%

(1) « Analyse des forces/faiblesses de la protection sociale des travailleurs salariés en Belgique » – 91 pages – Ministère des Affaires Sociales – Administration de l’information et des études.


C’est après ce qu’on a appelé le choc pétrolier de 1974/1975 que les choses ont commencé à se gâter. Qui s’en étonnera : les premiers touchés ont été les chômeurs qui étaient au maximum en 1976. Ce qui veut dire que leur situation a commencé à se dégrader dès 1977… Dégradation la plus rapide donc, mais aussi la plus profonde : ce qui s’explique à la fois par un plafond salarial particulièrement bas et par l’introduction de taux « cohabitants », dont un forfait qui reste inférieur au minimex. La détérioration du taux de remplacement pension/salaire est réelle mais a été freinée par trois facteurs : le plafond salarial qui sert de base au calcul des pensions, longtemps resté inchangé, est maintenant lié au bien-être ; les pensions les plus récentes comprennent peu ou pas d’années forfaitaires (les années de travail avant 1955 – 1957 pour les employés – ouvrent le droit à une pension calculée sur un salaire forfaitaire extrêmement bas) ; les femmes qui prennent leur retraite aujourd’hui ont généralement travaillé plus longtemps que leurs aînées et ont donc des pensions plus élevées. Les prépensionnés ont vu leur situation mieux préservée – ou moins dégradée – que les autres. C’est notamment dû au fait que leurs allocations de chômage sont calculées à 60% du salaire (plafonné) quelle que soit leur situation familiale (ils échappent donc aux taux cohabitants). C’est également le résultat de la liaison au bien-être de l’allocation de prépension à charge de l’entreprise (la moitié de la différence entre l’allocation de chômage et le salaire net – plafonné – perdu).

Les compléments «prépension»: + 30% de bien-être La convention 17, qui généralise la prépension, prévoit que le complément à charge de l’employeur doit suivre les salaires. Cette revalorisation fait l’objet d’une négociation annuelle au Conseil National du Travail. Depuis 1976, et malgré le blocage des années 82/88 (sous les coalitions sociales-chrétiennes libérales) l’application de cette mesure a permis d’augmenter les compléments de plus 30%.


6 Le bien-être en 2007? Ce que prévoit le Gouvernement A Ostende, le Gouvernement a-t-il prévu la liaison annuelle automatique au bien-être que nous demandions ? Non. D’une certaine manière, celle-ci n’a jamais existé, même dans le cadre de la loi Namèche qui prévoyait certes que les pensions faisaient l’objet d’une liaison annuelle au bien-être mais qui laissait au Gouvernement le soin de fixer par arrêté le coefficient d’adaptation. Les coefficients ont longtemps été fixé à… « 1 ». La loi était formellement respectée. Mais une pension de 750 € liée au bien-être par un coefficient « 1 » reste toujours à 750 € . Le mécanisme proposé à Ostende est le suivant: Tous les deux ans, au même rythme que les accords interprofessionnels donc et dans le même cadre (la norme salariale), les représentants patronaux et syndicaux devront proposer au gouvernement (qui décidera) une éventuelle adaptation : des plafonds salariaux qui servent de base au calcul des allocations et/ou ■ des pensions et allocations et/ou ■ des minima. ■

A noter que, contrairement à la loi Namèche, qui ne visait que les pensions, le mécanisme proposé devrait aussi concerner l’A.M.I ., le chômage, les accidents du travail et les maladies professionnelles. C’est évidemment important. Et très positif.

Les travaux seront menés au Conseil Central de l’Economie et au Conseil National du Travail et devront tenir compte : des taux d’emploi ; ■ de l’équilibre financier de la sécurité sociale dont un des éléments, cité par le Gouvernement, est le coût du vieillissement ; ■ pour les plafonds salariaux, « le point de départ indicatif » est la norme salariale : si la norme est par exemple de 6% en deux ans, dont 3% pour l’index, l’augmentation des plafonds ne devrait donc pas dépasser, ou devrait du moins se situer aux alentours de 3%. ■


C’est le

résultat

de nos

conquêtes sociales :

Chaque année, nous gagnons trois

mois de vie

Le viellissement, généralement présenté comme un problème, est pourtant d’abord le résultat de nos conquêtes sociales, autant sinon plus que des progrès de la médecine. Tous les quatre ans, nous gagnons un an de vie. L’espérance de vie à la naissance est aujourd’hui de 75 ans pour les hommes et de 82 ans pour les femmes. En 1930, elle était respectivement de 56 et 60 ans. C’est un progrès fantastique !

Le viellissement n’est pas une tragédie ! Mais il pose évidemment un certain nombre de problèmes. Problèmes financiers : on touche sa pension pendant de nombreuses années et, plus on est vieux, plus on a de dépenses de santé. Problèmes d’organisation de la société : passé 80 ans, on a souvent besoin d’aide. Or, les octogénaires, qui sont déjà 380.000 aujourd’hui, devraient être 540.000 en 2010. Quand on parle vieillissement de la population, on parle augmentation du temps de vie mais aussi pyramide des âges : la base de la pyramide se rétrécit parce que nous avons moins d’enfants (les couples ont, en moyenne, moins de 2 enfants), alors que son sommet s’élargit parce que les nombreux bébés nés après la guerre (baby-boom) arrivent peu à peu à l’âge de la retraite. Les chiffres suivants dits « coefficients de dépendance » sont par ailleurs souvent cités : En 2000, pour 100 Belges d’âge actif (20/60 ans) on en comptait 40 de plus de 60 ans. En 2050, le rapport devrait être de 100 pour 68. Un objectif, pour améliorer les rapports, pourrait déjà être

de mettre au travail tous ceux qui peuvent l’être, c’est-à-dire : - offrir un emploi aux chômeurs qui en sont privés et aux ménagères qui voudraient s’insérer dans la vie professionnelle - proposer un temps plein aux 40% de travailleuses à temps partiel. Le problème est donc réel, et il faut en tenir compte : c’est pourquoi nous avons exigé un Fonds de vieillissement. Ce Fonds est déjà doté de 10 milliards d’€ , qui devraient être portés à 13 d’ici 2007. Il faut néanmoins éviter de tomber dans le catastrophisme des projections linéaires à 2050 qui ne tiennent compte ni des progrès probables de la technologie et de la productivité, ni de la présence, à nos portes, de nombreux jeunes, candidats à l’émigration ni, d’ailleurs, d’une augmentation des taux d’activité dans le pays même.


8 Malgré les 1.500

millions d’€ par an obtenus

refinancement, la sécurité sociale court au déficit pour cette législature, sans

Dès sa constitution, le Gouvernement s’était engagé à prendre en charge le déficit de 1.500 millions d’€ (60 milliards de FB) prévu pour la sécurité sociale en 2004.

Le Bureau du Plan prévoit 3.000 millions d’€ de déficit d’ici fin 2007 Dans ses nouveaux calculs, le Bureau du Plan :

Suite aux pressions de la F.G.T.B., lors de son conclave de Petit-Leez, en janvier 2004, le Gouvernement a annoncé qu’il verserait également ce même montant supplémentaire de 1.500 millions d’€ en 2005, 2006 et 2007, c’està-dire jusqu’à la fin de la législature. Le problème, c’est que cela ne suffira pas ! Dans ses prévisions, rendues publiques en mai, le Bureau de Plan prévoit en effet, pour la sécurité sociale, un déficit de 0,2% du Produit Intérieur Brut (P.I.B.) en 2004, puis de 0,3% pour chacune des années 2005, 2006 et 2007 ; soit, en chiffres absolus, 540 puis 810 millions d’€ (le P.I.B. de 2004 atteindrait quelque 270 milliards d’€). Les prévisions initiales du Bureau du Plan prévoyaient un déficit annuel de 1.500 millions d’€ : d’où les « suppléments » équivalents annoncés par le Gouvernement. La F.G.T.B. craignait que le déficit soit plus important, ce que confirme le dernier rapport du Bureau du Plan :

table sur le fait que les 1.500 millions d’€ supplémentaires sont effectivement acquis « et indexés sur T.V.A. » ; ■ tient compte du coût des améliorations obtenues à Ostende (+ 2% pour certaines pensions et rentes, relèvement du plafond salarial sur lequel on calcule les rentes d’accidents du travail, relèvement de l’indemnité maximum de l’invalide chef de ménage ou isolé…) ; ■ revoit à la baisse ses perspectives de croissance. ■

Les recettes de la sécurité sociale dépendent en effet, pour bonne part, de l’importance de la masse salariale, qui dépend elle-même du nombre d’emplois, et donc du niveau de l’activité économique mais aussi du niveau des rémunérations. Sur ces terrains, le Bureau du Plan prévoit : une croissance du P.I.B. de : + 2% en 2004, + 2,7% en 2005, + 2,6% en 2006 et + 2,1% pour la période 2007/2009 ; ■ 9.000 créations d’emplois en 2004 et 30.000 pour chacune des années de la période 2006/ 2009 (soit 129.000 pour cette législature), ce qui ne ferait guère diminuer le chômage, le nombre de personnes d’âge actif augmentant presque dans la même proportion ; ■ une faible croissance des coûts salariaux horaires : + 1,4% par an, soit un taux inférieur à l’accroissement de la productivité qui devrait atteindre + 1,6%. ■

C’est en tenant compte de tous ces éléments que le Bureau du Plan prévoit, pour la sécurité sociale, un déficit de près de 3.000 millions d’€ (120 milliards de FB) d’ici fin 2007.


Mettre en place un mécanisme permanent de refinancement de la sécurité sociale est donc une nécessité vitale. Pour éviter le déficit. Et surtout pour permettre la concrétisation de la liaison au bien-être dont le principe est acquis à l’horizon 2007.

La crise? Quelle crise? Réclamer de l’argent, est-ce raisonnable alors qu’une « crise » sévit depuis 1974/ 1975 ? Si on examine l’évolution du P.I.B., le Produit Intérieur Brut, qui mesure la richesse nationale, on constate que celle-ci n’a jamais cessé de progresser. En fait, en 30 ans de « crise », les années marquées par une décroissance du P.I.B. se comptent sur les doigts d’une main. Toutes les autres années ont connu une certaine croissance, pas nécessairement très forte, mais constante. La crise est en réalité une crise de la répartition des richesses produites : de moins en moins pour les revenus du travail, de plus en plus pour les revenus de la propriété. La réforme fiscale a réduit l’impôt sur les revenus du travail. Et rien n’a été fait pour l’accroître sur les revenus de la propriété, pas ou peu taxés. L’Etat manque donc de moyens pour assurer le développement des services publics et pour financer la sécurité et l’aide sociale. Mais ce n’est pas à cause de « la crise ». C’est le résultat d’un choix politique, imposé par les libéraux, en Belgique sans doute mais aussi et plus encore au niveau de l’économie mondialisée et de l’Europe, davantage «grand marché » qu’espace de progrès social.


10 Pourquoi la sécu va-t-elle au déficit ? Mais pourquoi la sécurité sociale des salariés est-elle en déficit ? Pour de multiples raisons : les dépenses de solidarité ainsi qu’une partie des dépenses des indépendants ont été mises à charge des salariés, les cotisations patronales ont été réduites et les subsides bloqués…

Ouvriers et employés supportent seuls le coût de la solidarité … La solidarité, c’est l’affaire de tous. Elle doit être financée par l’impôt. Or, depuis quelque temps, beaucoup de ces dépenses sont mises à charge des seuls ouvriers et employés. C’est en effet la sécurité sociale des salariés qui paye par exemple : les soins de santé des minimexés et des handicapés ; ■ les allocations familiales garanties, payées pour les enfants qu’on ne peut rattacher ni à un salarié, ni à un indépendant, ni à un agent du secteur public ; ■ les allocations d’attente, payées à tous les jeunes sans emploi à la sortie de l’école (comme, pour y avoir droit, il faut avoir terminé un cycle complet d’études, les fils de manœuvres qui ont décroché de l’école n’y ont pas droit, mais bien les fils d’avocats ou de médecins qui n’ont même jamais cotisé à l’assurancechômage) .

… du crédit-temps Quand le Gouvernement a mis en place le régime d’interruption de carrière, il a décidé de le financer (via le budget du Ministère de l’Emploi et du Travail). Aujourdhui, l’interruption de carrière et le crédittemps qui lui a succédé sont entièrement à charge – pour 500 millions d’€ – du régime des salariés. En ce compris le crédit-temps des fonctionnaires…

… et d’une partie du régime des indépendants Quand un salarié épouse une indépendante (ou vice-versa !), c’est la sécurité sociale des salariés qui paye les allocations familiales et les soins de santé des enfants du couple.

Les subsides de l’Etat : bloqués depuis 1990 Longtemps, les gouvernements ont considéré qu’il appartenait à l’Etat de prendre en charge les allocations dues pour le chômage dépassant le taux de sous-emploi de 3% considéré comme « normal ». Au-delà, on considérait qu’il s’agissait d’un phénomène de société, qu’il appartenait à la collectivité de prendre en charge. Il a fallu bien des reculs idéologiques pour en arriver à la notion « d’employabilité » qui fait aujourd’hui fureur et qui sous-entend que s’il y a du chômage ce n’est pas parce qu’il manque des emplois, mais parce que les chômeurs ne sont pas « employables ». Le rappeler jette un intéressant éclairage sur le fait qu’il y a 15 ans, en pleine montée du chômage, le Gouvernement a décidé de bloquer les subsides versés à la sécurité sociale à leur


niveau de 1990, soit 192 milliards de FB. C’est toujours ce montant (réindexé depuis 1998) qui est versé aujourd’hui.

Part des subsides de l’Etat dans le financement de la sécu Pas étonnant dès lors que la part des dépenses de sécurité sociale des salariés couverte par des subsides de l’Etat, hors financement alternatif, soit en chute libre par rapport au sommet de 1980 : 1980 : 30% 1985 : 27%

2000 : 13% 2004 : 12%

4.500 millions d’€ de baisses de cotisations pour les entreprises L’essentiel des recettes de la sécurité sociale provient des cotisations, calculées selon les règles de base suivantes : le travailleur abandonne 13,07% de son salaire brut à la solidarité (130 € sur un salaire brut de 1.000 €) ; ■ l’entreprise verse aux caisses de sécurité sociale environ 34% du montant du salaire brut (340 € pour un brut de 1.000 €). ■

Le travailleur qui touche un brut de 1.000 € bénéficie donc en réalité de 1340 €, dont 470 (130+340) sous forme d’un salaire différé, à toucher quand il prendra sa retraite ou aura des enfants, s’il tombe malade, perd son emploi… Ceci pour la théorie. Dans la pratique en effet certaines cotisations des entreprises, une fois calculées selon les règles normales, peuvent être soit réduites, soit supprimées avec parfois, mais pas toujours, obligation d’embauche.

Les réductions de cotisations patronales Les réductions de cotisations accordées aux entreprises ont évolué comme suit : 1995 : 1.100 millions d’€ 2000 : 2.600 millions d’€ 2004 : 4.500 millions d’€

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12 Evolution du financement alternatif

>>> Quelques baisses de cotisations aussi pour les travailleurs à bas salaires Plus récemment, le Gouvernement a aussi décidé d’accorder des baisses de cotisations aux travailleurs : la cotisation de 13,07% des ouvriers et des employés proches du minimum (1.000 € par mois) est ensuite réduite de 95 € (réduction maximum, qui diminue au fur et à mesure que le salaire augmente). Ce montant devrait être porté à 120 € d’ici 2006 (130 pour les ouvriers) et accordé de manière dégressive jusqu’à des salaires proches de 2.000 €.

Le financement alternatif : important, mais insuffisant Les deux sources de financement de la sécurité sociale, les subsides et les cotisations, ayant été rabotés à plusieurs reprises, la F.G.T.B. a réclamé des compensations : telle est l’origine du financement alternatif qui n’a toutefois pas atteint l’ampleur souhaitée et nécessaire. Le financement alternatif est un financement « autre » que le financement traditionnel (cotisations et subsides). Il aurait pu provenir de n’importe quelle source, d’un impôt sur la fortune par exemple. Mais, plus prosaïquement, il provient essentiellement des recettes T.V.A. et est donc payé par l’ensemble des consommateurs.

Le financement alternatif a évolué comme suit : 1995 : 2.000 millions d’€ 2000 : 3.500 millions d’€ 2003 : 4.500 millions d’€ 2004 : 6.300 millions d’€ Le chiffre de 2004 est en italique ; si le montant indiqué est bien celui qui devrait être versé, il inclut les 1.500 millions d’€ annoncés pour combler le déficit. Le résultat concret est le même mais les règles d’attribution du financement alternatif ne sont pas modifiées: l’augmentation, qui n’est pas structurelle n’est donc pas garantie sur le long terme. Le montant inclut aussi un supplément de 140 millions d’€, spécifiquement destiné au secteur des soins de santé, au départ des accises sur le tabac.


L’explosion des dépenses de santé La santé n’a pas de prix, dit-on. Chacun de nous en est profondément convaincu. Mais elle a un coût. Et quel coût ! En 1995, l’assurance «soins de santé» a dépensé 10 milliards d’€. En 2004, pour autant que l’objectif ne soit pas dépassé, elle en dépensera plus de 16 milliards (plus de 650 milliards de FB). Ce Gouvernement – c’est un acquis des socialistes – a décidé que les dépenses de santé pourraient augmenter de 4,5% par an, en plus de l’index. Au train où vont les choses, on ne sait même pas si ce sera suffisant! L’explosion des dépenses a plusieurs causes : le viellissement en est une, le progrès thérapeutique en est une autre, auxquelles il faut ajouter un certain nombre d’abus (la multiplication des actes inutiles pour rentabiliser un cabinet ou un équipement par exemple). Lutter contre les abus et contre les dysfonctionnements est certainement un objectif prioritaire (mais ce n’est pas l’objet de cette brochure), car le budget des soins de santé augmente plus vite que le produit national ce qui ne sera évidemment pas possible indéfiniment. Il « mange » aussi une part croissante des moyens disponibles, au détriment des pensions et allocations.

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Les recettes de la sécu en 2004 : 44.820 millions d’€ (plus de 1.800 milliards de FB) En 2004, les recettes de la sécurité sociale devraient atteindre 44.820 millions d’€, provenant essentiellement de : ■ ■ ■

Cotisations 32.670 Subventions Etat 5.260 Financement alternatif 6.300 dont T.V.A. 6.020


14 >>> Les principales dépenses de santé L’assurance soins de santé du régime dit « général » concerne plus de 90% de la population, cotisants (ouvriers, employés, fonctionnaires) et non cotisants (minimexés, GRAPA, handicapés…). Seuls les indépendants qui ont leur régime propre n’en font pas partie : ils sont seulement couverts pour les « gros risques » de santé mais, à Petit Leez, le Gouvernement a décidé d’étendre leur assurance aux « petits risques ».

Les dépenses de santé de 2004 Les dépenses de santé de 2004 peuvent être réparties comme suit (en millions d’€) : ■

selon les bénéficiaires - V.I.P.O. - Assurés ordinaires selon les prestations - Médecins et biologie clinique - Hôpitaux - Médicaments - Soins infirmiers

64% 36%

30% 23% 18% 13%

Les soins de santé prennent une part croissante du budget de la sécu Longtemps, les différents secteurs de la sécurité sociale (les pensions, le chômage…) ont été gérés dans le cadre de leurs cotisations propres. Depuis dix ans, on est toutefois entrés dans le cadre de ce qu’on appelle la gestion globale : chaque année, la loi fixe la manière dont les recettes seront réparties entre les différents secteurs.

La gestion globale répond à une certaine nécessité Un exemple : les familles ont de moins en moins d’enfants et les adultes vivent de plus en vieux : il paraît donc logique de revoir la répartition des fonds entre le secteur des allocations familiales et celui des pensions.

Mais elle n’est pas non plus dépourvue de danger Les secteurs – celui des pensions par exemple – ne peuvent plus accumuler de réserves, l’argent est utilisé pour parer au plus pressé. Et le plus pressé c’est, notamment, faire face à l’explosion des dépenses de santé.


En tête, soins de santé et pensions Les dépenses 2004, par secteur, atteignent les montants suivants (en millions d’€) : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

Soins en santé Pensions Chômage/prép/crédit-temps Allocations familiales Indemnités maladie-invalidité Maladies professionnelles Accidents du travail

15.240 14.190 7.740 3.370 3.320 315 149

Il s’agit des montants prévus pour les seules prestations, pensions, allocations, remboursements mutuelle. Les montants de dépenses sont plus élevés car ils comprennent également les frais administratifs, voire des remboursements d’emprunts.

Conclusion:

voulons de l’ argent nous

pour la

sécu.

La conclusion qui se dégage de tout ce qui précède est qu’il faut refinancer la sécurité sociale. Pas seulement en apurant l’un ou l’autre déficit, mais en mettant au point des mécanismes structurels qui garantissent, année après année, l’arrivée des fonds nécessaires pour assurer un bon fonctionnement du régime, en ce compris la liaison au bien-être des pensions et allocations. Toutes les pistes sont les bienvenues. La F.G.T.B. en a mis une sur la table, la Cotisation Sociale Généralisée, qui serait prélevée sur tous les revenus, y compris les revenus de la propriété, sauf sur les salaires et allocations les plus bas. Il va de soi que l’avenir de la sécurité sociale est avant tout lié au développement économique et à l’emploi, avec tout ce que cela implique, de l’accroissement de la recherche & développement à la définition de politiques industrielles et de relance européenne. Mais ceci est une autre histoire.

De l'argent pour la Sécu  

Dès 2007, pensions et allocations sociales pourront être liées au bien-être. C’est un principe important, que nous avons arraché par nos man...