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Dans une sociĂ©tĂ© dâabondance, oĂč tout est Ă disposition rapidement, pour quelles raisons peut-on sâintĂ©resser Ă la cueille e et dĂ©cider dâintroduire les plantes sauvages locales dans son alimentation ?
Les plus pragmatiques rĂ©pondront que dâun point de vue strictement matĂ©riel, les plantes comestibles sont Ă©galement disponibles en quantitĂ©, et qui plus est, ne demandent pas de contrepartie ïŹnanciĂšre. Et pourtant, cela ne veut pas dire que ces vĂ©gĂ©taux sont gratuits⊠Toute cueille e a un prix, puisquâil sâagit dâun prĂ©lĂšvement sur ce que la nature met gracieusement Ă disposition. Elle sâinscrit donc dans un Ă©change, sinon ïŹnancier, du moins intentionnel, ne serait-ce que par la gratitude quâun cueilleur Ă©prouve vis-Ă vis de ce e abondance naturelle et du soin quâil apporte Ă rester dans la juste mesure.
Si les plantes sauvages ne sont donc pas vraiment gratuites, elles apportent en revanche une diversitĂ© que les plantes cultivĂ©es ne sont pas en mesure de nous oïŹrir : la trentaine de lĂ©gumes quâun cuisinier crĂ©atif utilise au cours dâune annĂ©e fait pĂąle mine Ă cĂŽtĂ© des 100 Ă 200 plantes quâun cueilleur chevronnĂ© peut rĂ©colter tout au long de lâannĂ©e dans son environnement immĂ©diat. Celles-ci apportent une incroyable variĂ©tĂ© de goĂ»ts et de textures, qui perme ent une pratique culinaire sans cesse renouvelĂ©e, aujourdâhui mise Ă proïŹt par de nombreux chefs audacieux, Ă©toilĂ©s ou non.
Ce e grande diversitĂ© sâaccompagne dâun apport nutritionnel de qualitĂ©, quâil est diïŹcile de nos jours de retrouver dans les fruits et lĂ©gumes cultivĂ©s. Les plantes sauvages sont


en eïŹet particuliĂšrement riches en vitamines et en sels minĂ©raux, dâautant plus riches quâen gĂ©nĂ©ral elles poussent sur des sols non cultivĂ©s, qui nâont pas Ă©tĂ© lessivĂ©s par des pratiques intensives. De plus, toutes les parties vertes des plantes contiennent des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales Ă©quilibrĂ©es, câest-Ă -dire contenant les huit acides aminĂ©s essentiels, que lâhomme ne peut pas synthĂ©tiser (neuf pour les enfants). Suivant les plantes, elles sont Ă©galement pourvues de propriĂ©tĂ©s toniques, immunostimulantes, dĂ©toxifiantes, antioxydantes, anti-inïŹammatoires, digestives, etc., qui en font de vĂ©ritables alicaments dont il serait dommage de se passer !
Les humains nâont heureusement pas a endu les analyses et les Ă©tudes sur les plantes sauvages pour proïŹter de leurs bienfaits ! Si lâon
considĂšre que les ossements du genre Homo les plus anciens que lâon connaisse Ă lâheure actuelle datent de 2,5 millions dâannĂ©es, et que lâagriculture est Ă peine ĂągĂ©e de 10 000 ans, un rapide calcul permet de se rendre compte que lâespĂšce humaine sâest nourrie de ce que la nature sauvage lui propose (viande et plantes) pendant 99,5 % de son existence. La nourriture autre que sauvage concerne donc Ă peine 0,5 % de lâhistoire humaine. Et mĂȘme aprĂšs lâavĂšnement de lâagriculture, cueille e et agriculture ont encore co-existĂ© pendant plusieurs millĂ©naires : lâabsence de plantes sauvages dans lâalimentation est donc toute rĂ©cente, et mĂȘme anecdotique sur le plan historique.
PratiquĂ©e depuis lâaube de lâhumanitĂ©, la cueille e est ainsi inscrite dans la nature-
mĂȘme de chacun et chacune dâentre nous. Et câest bien cet a achement ancestral Ă la nature qui pousse les hommes et les femmes dâaujourdâhui Ă rechercher son contact. Rien en eïŹet ne peut remplacer ce lien salvateur et structurant, dont nous avons toutes et tous besoin. Cueillir, câest dâabord se reconnecter Ă ce monde qui nous entoure â apparente verdure uniforme qui offre une diversitĂ© extraordinaire pour qui sait observer, Ă©couter et ressentir. Câest se reconnecter aux cycles naturels, Ă cet univers Ă la fois stable et en constante Ă©volution au fil des heures de la journĂ©e et des saisons de lâannĂ©e. Câest renouer avec cet environnement qui, audelĂ des changements naturels, fait preuve dâune Ă©tonnante constance et rĂ©silience, renaissant et explosant de vie aprĂšs chaque bouleversement. Câest se laisser emplir par ce e sĂ©rĂ©nitĂ© et ce e force de vie prĂ©sente partout autour de nous, et sâen nourrir, au plus profond de notre ĂȘtre.

Le point sur les parasitoses : la grande douve du foie et les Ă©chinocoques Il sâagit de petits vers plats, dont les cycles de vie comprennent plusieurs hĂŽtes. Invisibles Ă lâĆil nu, ces deux parasites peuvent accidentellement contaminer lâhumain et causer des dommages importants Ă sa santĂ© en sâinstallant dans ses organes (souvent le foie). La maladie est gĂ©nĂ©ralement dĂ©tectĂ©e plusieurs annĂ©es plus tard et implique des traitements lourds, voire une chirurgie ; sans traitement, lâissue est gĂ©nĂ©ralement fatale. Bien connaĂźtre et comprendre les cycles de ces parasites permet dâadopter les bons rĂ©ïŹexes pour Ă©viter la contamination.
La grande douve du foie (Fasciola hepatica) Le cycle de ce parasite comprend plusieurs hĂŽtes intermĂ©diaires, tous aquatiques, dont un mollusque dâeau douce ; son hĂŽte dĂ©ïŹnitif est le mouton. Lâhumain est accidentellement contaminĂ© en mangeant des plantes aquatiques sur lesquelles les larves sont prĂ©sentes.
> RĂ©ïŹexe Ă adopter : cuire systĂ©matiquement Ă 60 °C minimum toute cueille e rĂ©alisĂ©e dans un cours dâeau.
En France il sâagit principalement de Echinococcus multilocularis, responsable de lâĂ©chinococcose alvĂ©olaire. LâhĂŽte intermĂ©diaire de ce parasite est un rongeur, en particulier le campagnol : il ingĂšre des Ćufs dâĂ©chinocoque, qui Ă©closent et se transforment en larves dans ses organes. Sâil est mangĂ© par un chien ou un renard, les larves deviennent adultes dans le systĂšme digestif de cet hĂŽte dĂ©ïŹnitif. Elles se reproduisent, pondent et les Ćufs sont relarguĂ©s dans les cro es ; lâhumain est alors accidentellement contaminĂ© par les Ćufs prĂ©sents dans ces cro es. Les causes de contamination sont trĂšs nombreuses (lĂ©chage par un chien
contaminĂ© non vermifugĂ©, potager exposĂ© aux canidĂ©s non vermifugĂ©s, etc.), lâingestion dâune plante souillĂ©e par des Ćufs est une cause possible de contamination.
> RĂ©ïŹexes Ă adopter :
âą se renseigner sur les zones de contamination en consultant les cartes mises Ă disposition sur internet (en France il sâagit principalement de la façade Est, du centre et du Nord) ;
âą en zone contaminĂ©e, et pour une cueille e situĂ©e sous le niveau du genou, Ă©valuer le risque de contamination : terrain ouvert ou fermĂ©, lieu frĂ©quentĂ© par des chiens et des renards, conditions mĂ©tĂ©orologiques (les Ćufs rĂ©sistent mieux au froid et Ă lâhumiditĂ© quâĂ la chaleur et la sĂ©cheresse), nature de la cueillette (les fleurs sont Ă moindre risque puisque exposĂ©es beaucoup moins longtemps que les feuilles) ;
⹠en cas de risque avéré : déshydrater la cueillette ou cuire les plantes à 60 °C minimum avant la consommation.
Bon Ă savoir :
âą la congĂ©lation ne tue pas lâĆuf ;
âą le lavage, y compris Ă lâeau vinaigrĂ©e rĂ©duit le risque de contamination mais ne garantit pas lâabsence dâĆuf ;
âą les chats non vermifugĂ©s peuvent ĂȘtre des hĂŽtes dĂ©ïŹnitifs mais dans une mesure bien moindre : dâune part ils enfouissent leurs excrĂ©ments et dâautre part il semble quâils soient beaucoup plus rĂ©sistants que les canidĂ©s Ă ce e parasitose.
Le matériel à emporter avec soi
⹠des sacs en tissu (évitez les sacs en plastique, qui favorisent les fermentations et les sacs en papier qui risquent de se déchirer lorsque les cueille es sont mouillées).
âą des petites boĂźtes pour la rĂ©colte des ïŹeurs.
âą un couteau pointu (type Opinel) pour la cueille e des rose es.
⹠un couteau désherbeur pour la cueille e des racines.
⹠éventuellement des gants pour la cueille e des orties.
âą 1 âą
Le lavage des cueille es
Je cueille uniquement les plantes que je connais : je nâidentiïŹe jamais une plante sur son aspect global mais toujours sur des critĂšres dâidentiïŹcation objectifs.
âą Racines : enlevez le maximum de terre en brossant Ă sec, puis lavez Ă grande eau en laissant tremper quelques minutes entre les lavages.
âą 2 âą
âą Feuilles rĂ©coltĂ©es au sol : mettez-les Ă tremper deux ou trois fois dans la bassine de lâessoreuse Ă salade, en transvasant dans le panier pour changer lâeau. Si vous nâenvisagez pas de faire cuire la cueille e, ajoutez un peu de vinaigre au troisiĂšme bain et laissez reposer quelques minutes.
En cas de doute je croise mes sources, je consulte le site internet de Tela Botanica, le rĂ©seau des botanistes francophones, et je demande lâavis dâun professionnel. Si je ne parviens pas Ă une identiïŹcation certaine, je mâabstiens de cueillir.
âą 3 âą
Avant de cueillir, je me renseigne sur le statut de protection de la plante : je consulte sur internet les listes des diïŹĂ©rentes espĂšces protĂ©gĂ©es au niveau dĂ©partemental, rĂ©gional et national.
⹠Feuilles aériennes : plus les feuilles sont situées en hauteur, moins elles nécessitent de lavage. Les feuilles des arbres ne nécessitent en principe aucun lavage.
âą 4 âą
âą Fleurs : ne les lavez surtout pas ! La plus grande partie de leur parfum partirait avec lâeau de lavage !
Je ne cueille pas en zone polluée : bords de route, voies ferrées, abords de champs cultivés, jardins qui ont été traités, friches industrielles, etc.
âą 5 âą
âą Fruits : lavez-les dans une passoire, sous lâeau courante. Ăvitez de les me re Ă tremper, pour prĂ©server un maximum de nutriments.
La conservation des cueille es
Je suis a entif aux parasitoses (voir pp. 8-9) : je cuis les cueille es rĂ©alisĂ©es dans lâeau aïŹn dâĂ©viter la contamination par la douve du foie ; jâĂ©value le risque de contamination par les Ă©chinocoques.
âą 6 âą
DĂšs le retour de balade, lavez vos cueille es (voir plus haut). Puis sĂ©chez bien les plantes rĂ©coltĂ©es, et enveloppez-les dans un torchon propre. Stockez-les dans le bas du rĂ©frigĂ©rateur : les rĂ©coltes se conserveront ainsi une semaine Ă dix jours. Si vous dĂ©sirez conserver les cueille es sur le long terme, vous pouvez les faire briĂšvement cuire et les me re au congĂ©lateur. Il est aussi possible de les prĂ©parer en conserves (conserves classiques, pestosâŠ) ou de les faire sĂ©cher Ă lâombre dans un lieu bien aĂ©rĂ©, sur un drap ou des claye es ou suspendues par la tige. Pour les grandes quantitĂ©s prĂ©fĂ©rez le dĂ©shydrateur ou le four entrouvert, Ă basse tempĂ©rature. Par la suite, conservez Ă lâabri de la lumiĂšre, dans des contenants respirants (sacs en papier, boĂźtes en cartonâŠ).
Je fais preuve de gratitude : je ne consomme pas la nature, je prends part Ă un Ă©change subtil, qui doit se rĂ©aliser dans lâĂ©quilibre et le respect.
âą 7 âą
Je ne cueille pas plus du quart ou du tiers de la quantitĂ© totale dâune espĂšce Ă un endroit donnĂ©.
âą 8 âą
Je nâarrache pas les parties souterraines si je ne vais pas les consommer et dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale je ne cueille que ce dont jâai besoin.
âą 9 âą
Je suis a entif aux plantes environnantes : je fais a ention de ne pas piétiner les plantes voisines.
âą 10 âą
Je prolonge lâesprit de partage en faisant dĂ©couvrir mes crĂ©ations culinaires !

Le matériel nécessaire
Lavage et séchage des cueille es
âą une essoreuse Ă salade
Hachage (voir p. 11)
⹠un couteau de cuisine bien aiguisé
âą une grande planche en bois
âą un hachoir demi-lune
Extraction de la pulpe des fruits
⹠un moulin à légumes
Confection de pestos, crudinades, soupes, etc.
âą un mixeur plongeant
âą un robot mixeur Ă couteau
Petit matériel pratique
âą une spatule souple
âą un fouet
âą une pince, pour manier les orties avant cuisson
âą un tamis pour ïŹltrer
⹠une étamine
⹠une balance de précision
MatĂ©riel plus spĂ©ciïŹque
⹠un déshydrateur, pour faire sécher de grandes quantités de plantes ou confectionner des préparations crues (cuirs de fruits, pizzas, etc.)
âą un extracteur de jus (boissons, rece es Ă base de jus)
Hacher les plantes
Une fois lavĂ©es et sĂ©chĂ©es, la plupart des feuilles de plantes doivent ĂȘtre hachĂ©es pour pouvoir ĂȘtre utilisĂ©es en cuisine. La premiĂšre Ă©tape du hachage est toujours manuelle, aïŹn de couper les ïŹbres qui sâenrouleraient autour du couteau dâun hachoir Ă©lectrique. Ce dernier, qui chauffe la prĂ©paration et modiïŹe les saveurs des plantes, interviendra Ă©ventuellement rapidement lors dâune derniĂšre Ă©tape, lorsque lâon recherche une texture homogĂšne.
Comment hacher une plante Ă la main ?
Le hachage manuel se fait avec un couteau de cuisine bien aiguisĂ© ou un hachoir demi-lune. Une bonne technique consiste Ă dĂ©grossir avec le couteau, puis de continuer avec le hachoir demi-lune, qui, une fois maĂźtrisĂ©, perme ra dâaller plus vite que le couteau ; il sera particuliĂšrement utile lorsque lâon dĂ©sire hacher trĂšs ïŹnement.
En ce qui concerne les feuilles, le hachage sera plus ou moins grossier ou ïŹn suivant les rece es. Dans cet ouvrage, les expressions suivantes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es :
âą hachez trĂšs grossiĂšrement : hachez en sections de plus de 4 cm de largeur ; gĂ©nĂ©ralement, il sâagit de feuilles que lâon a faites cuire et que lâon prĂ©pare avant de me re au robot mixeur ;
âą hachez grossiĂšrement : hachez en sections de 1,5 Ă 4 cm de largeur ;
âą ciselez : hachez en sections de 1 Ă 1,5 cm de largeur ;
âą ciselez trĂšs ïŹnement : hachez en sections de moins de 1 cm de largeur.
LâOIGNON CISELĂ OU ĂMINCĂ ?
Alors que le terme « ciseler » dĂ©signe le dĂ©coupage en sections ïŹnes pour les feuilles, pour le reste des lĂ©gumes, il dĂ©signe une dĂ©coupe en dĂ©s. Plus la prĂ©paration cuit longtemps, plus les dĂ©s sont gros (1 cm pour

En revanche, lorsque lâon coupe un lĂ©gume (oignon, caro e, champignonâŠ) en lamelles de 1 Ă 3 mm dâĂ©paisseur, on lâĂ©mince : cela permet une cuisson rapide et rĂ©guliĂšre.
Extraire les parfums dâune plante : la mĂ©thode des 3 tas
Les plantes sauvages sont entre autres utilisées en cuisine pour leurs parfums variés, inhabituels et parfois envoûtants, lors de la réalisation de boissons, de consommés et de nombreux desserts (sorbets, glaces, bavarois, panna co a, etc.).
Lâextraction du parfum des plantes est cependant une Ă©tape dĂ©licate, qui peut dĂ©naturer les parfums les plus subtils. Pour Ă©viter ce genre de dĂ©ception, on peut procĂ©der en trois extractions successives Ă tempĂ©ratures diïŹĂ©rentes.
Les Ă©tapes de lâextraction
1. Divisez la cueillette en trois tas Ă©gaux. Versez le liquide qui va ĂȘtre utilisĂ© dans la rece e (eau, lait animal ou vĂ©gĂ©tal) dans une casserole et mettez-le Ă chauffer. Lorsque le liquide atteint lâĂ©bullition,
hachez le premier tas de la cueillette, puis ajoutez-le au liquide. Laissez bouillir 2 minutes pour les vĂ©gĂ©taux les plus fragiles, comme les ïŹeurs. Prolongez Ă 5 minutes, voire 10 minutes pour les vĂ©gĂ©taux les plus coriaces (racines, rameaux).
2. ArrĂȘtez le feu : hachez le second tas et ajoutez-le au liquide en infusion. Laissez refroidir jusquâĂ ce que la tempĂ©rature passe sous 60 °C.
3. Hachez alors le dernier tas et me ez-le dans la casserole. MĂ©langez bien, mixez avec un mixeur plongeant puis ïŹltrez en pressant la plante, pour exprimer tout le parfum.
la pulpe
Comme les fruits cultivĂ©s, les fruits sauvages sont parfois pourvus de noyaux quâil faut ĂŽter pour pouvoir les cuisiner. Cependant, la petite taille de certains de ces fruits, comme les cenelles (fruits de lâaubĂ©pine) ou les prunelles (fruits du prunellier) exclut de pouvoir les enlever manuellement. Le moulin Ă lĂ©gumes sâavĂšre alors un outil pratique et peu onĂ©reux. Il servira Ă©galement Ă dĂ©barrasser certains fruits de leurs petites graines (myrtilles ou cynorrhodons par exemple).
> Extraction de la pulpe des cynorrhodons :
Prévoir environ 100 g de cynorrhodons pour récupérer 200 g de pulpe
Ătape 1 : dĂ©tachez la pulpe des graines
Lavez les cynorrhodons et placez-les dans la cuve dâun robot mixeur. Ajoutez de lâeau Ă hauteur (les cynorrhodons ïŹo ent : notez la hauteur avant de commencer Ă verser de lâeau). Faites tourner le couteau 30 secondes maximum, aïŹn de ne pas briser les graines.
Ătape 2 : dĂ©barrassez la pulpe des graines
Versez peu à peu dans un moulin à légume,
et passez au tamis moyen, en ajoutant un peu dâeau si nĂ©cessaire.
Faites un deuxiĂšme passage pour extraire le maximum de pulpe (ajoutez un peu dâeau aux graines pour faciliter ce second passage).
> Extraction de la pulpe des cenelles
Prévoir environ 120 g de cenelles pour obtenir 200 g de pulpe
Ătape 1 : ramollissez les fruits
Lavez les cenelles et placez-les dans une casserole. Ajoutez de lâeau Ă hauteur, menez Ă Ă©bullition et faites cuire environ 5 minutes.
Ătape 2 : dĂ©barrassez la pulpe des graines
Suivez les instructions de lâĂ©tape 2 de lâextraction de la pulpe de cynorrhodons (le tamis Ă gros trous peut parfois ĂȘtre utilisĂ©).
> Extraction de la pulpe des myrtilles :
Suivez les instructions de lâĂ©tape 2 de lâextraction de la pulpe de cynorrhodons (il est parfois nĂ©cessaire de se servir du tamis ïŹn).




OĂč le trouver ?
Famille
Amaryllidacées
On trouve de lâail des ours dans toute la France, sauf sur la CĂŽte dâAzur. Il se dĂ©veloppe dans les sous-bois humides, souvent le long dâune petite riviĂšre, oĂč il peut former dâĂ©normes colonies trĂšs odorantes.
Période de récolte
Feuilles : avril Ă juin
Fleurs : mai-juin
Comment le reconnaßtre ?
ï¶ï”ï„ : plante herbacĂ©e formant de larges colonies dans les sous-bois humides, au printemps.
âą Tige : unique, semi-cylindrique.
⹠Feuilles : entiÚres, semblant sortir directement de terre, trÚs longuement pétiolées, longuement ovales, pétiole blanc sur une face.
âą Inflorescences : ombelles terminales, composĂ©es de ïŹeurs blanches Ă 6 tĂ©pales et 6 Ă©tamines.
âą Infrutescences : capsules Ă 3 graines noires.
⹠Parties souterraines : bulbe allongé, blanc.
ïŽïŻï”ïŁïšï„ïČ : la plante est entiĂšrement glabre ; les feuilles sont lisses, molles, un peu caoutchouteuses.
ïŻï€ïŻïČïĄïŽ : trĂšs forte odeur dâail.
ï§ïŻï»ïŽ : goĂ»t dâail plutĂŽt prononcĂ©.
Son intĂ©rĂȘt culinaire

Les confusions possibles
Lâail des ours peut ĂȘtre confondu :
âą Avec le muguet (Convallaria majalis), mortel, dont les feuilles sont plus Ă©paisses que celles de lâail des ours, et sont enroulĂ©es lâune autour de lâautre (tout dâabord sur toute leur longueur, puis seulement Ă la base).
âą Avec lâail victorial ( Allium victorialis ), comestible, dont la tige est feuillĂ©e sur sa moitiĂ© infĂ©rieure.
âą En montagne avec le colchique (Cochicum autumnale), mortel, dont les feuilles, plus Ă©paisses que celles de lâail des ours, sont groupĂ©es par 4 ou plus.
Ne vous servez pas de lâodeur pour identiïŹer la plante : aprĂšs avoir ramassĂ© quelques feuilles dâail des ours, les mains sentent fortement lâail, ce qui donne lâimpression que nâimporte quelle plante porte ce e odeur !
Conseils de cueille e
Un tapis dâail des ours contient dâautres espĂšces, dont certaines sont toxiques (comme lâarum, Arum maculatum) et mĂȘme mortelles Ă faible dose (comme le muguet), dont la couleur des feuilles peut ĂȘtre similaire Ă celle de lâail des ours. On cueillera donc toujours lâail des ours feuille par feuille.
⹠Boutons oraux : conservés au vinaigre, en cùpres.
âą Fleurs : pour apporter une note Ă la fois esthĂ©tique et piquante Ă tout plat que lâon dĂ©sirera relever.
⹠Feuilles : en condiment pour des pestos, crues dans les salades, rouleaux de printemps, cuites dans les soupes, souf és, quiches, etc. (dans la mesure du possible, ajoutez les feuilles en n de cuisson pour conserver leur arÎme).
âą Graines : en condiment.





Houmous de pois chiches germĂ©s Ă lâail des ours, pain pita au chĂ©nopode et Ă la feta, brownie chocolat blanc et ortie⊠dĂ©couvrez 80 recettes simples et savoureuses pour cuisiner le fruit de votre cueillette.
GrĂące aux nombreux conseils de lâauteure, partez Ă la dĂ©couverte de 20 plantes sauvages comestibles. AubĂ©pine, reine-des-prĂ©s, pissenlit, lierre terrestre... toutes ces plantes incontournables sont faciles Ă identi er et vous feront pro ter de tous les bienfaits de la nature.
L'auteure
Ethnobotaniste, auteure et confĂ©renciĂšre, Caroline Calendula sâest formĂ©e au CollĂšge Pratique dâEthnobotanique de François Couplan. PassionnĂ©e de nature et de plantes sauvages, elle est sur le terrain toute lâannĂ©e et transmet ses connaissances Ă travers des formations, des stages, des livres et des confĂ©rences, et la maison dâĂ©dition quâelle a fondĂ©e avec deux de ses collĂšgues : lâAventure au Coin du Bois (www.laventureaucoindubois.org). Son blog : h ps://carolinecalendula.blog
Photographies de Claire Curt
www.rustica.fr