Cuisiner la nature

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CUISINER LA NATURE

Préface de François Couplan

Caroline Calendula

INTRODUCTION

Dans une sociĂ©tĂ© d’abondance, oĂč tout est Ă  disposition rapidement, pour quelles raisons peut-on s’intĂ©resser Ă  la cueille e et dĂ©cider d’introduire les plantes sauvages locales dans son alimentation ?

Les plus pragmatiques rĂ©pondront que d’un point de vue strictement matĂ©riel, les plantes comestibles sont Ă©galement disponibles en quantitĂ©, et qui plus est, ne demandent pas de contrepartie ïŹnanciĂšre. Et pourtant, cela ne veut pas dire que ces vĂ©gĂ©taux sont gratuits
 Toute cueille e a un prix, puisqu’il s’agit d’un prĂ©lĂšvement sur ce que la nature met gracieusement Ă  disposition. Elle s’inscrit donc dans un Ă©change, sinon ïŹnancier, du moins intentionnel, ne serait-ce que par la gratitude qu’un cueilleur Ă©prouve vis-Ă vis de ce e abondance naturelle et du soin qu’il apporte Ă  rester dans la juste mesure.

Si les plantes sauvages ne sont donc pas vraiment gratuites, elles apportent en revanche une diversitĂ© que les plantes cultivĂ©es ne sont pas en mesure de nous oïŹ€rir : la trentaine de lĂ©gumes qu’un cuisinier crĂ©atif utilise au cours d’une annĂ©e fait pĂąle mine Ă  cĂŽtĂ© des 100 Ă  200 plantes qu’un cueilleur chevronnĂ© peut rĂ©colter tout au long de l’annĂ©e dans son environnement immĂ©diat. Celles-ci apportent une incroyable variĂ©tĂ© de goĂ»ts et de textures, qui perme ent une pratique culinaire sans cesse renouvelĂ©e, aujourd’hui mise Ă  proïŹt par de nombreux chefs audacieux, Ă©toilĂ©s ou non.

Ce e grande diversitĂ© s’accompagne d’un apport nutritionnel de qualitĂ©, qu’il est diïŹƒcile de nos jours de retrouver dans les fruits et lĂ©gumes cultivĂ©s. Les plantes sauvages sont

en eïŹ€et particuliĂšrement riches en vitamines et en sels minĂ©raux, d’autant plus riches qu’en gĂ©nĂ©ral elles poussent sur des sols non cultivĂ©s, qui n’ont pas Ă©tĂ© lessivĂ©s par des pratiques intensives. De plus, toutes les parties vertes des plantes contiennent des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales Ă©quilibrĂ©es, c’est-Ă -dire contenant les huit acides aminĂ©s essentiels, que l’homme ne peut pas synthĂ©tiser (neuf pour les enfants). Suivant les plantes, elles sont Ă©galement pourvues de propriĂ©tĂ©s toniques, immunostimulantes, dĂ©toxifiantes, antioxydantes, anti-inïŹ‚ammatoires, digestives, etc., qui en font de vĂ©ritables alicaments dont il serait dommage de se passer !

Les humains n’ont heureusement pas a endu les analyses et les Ă©tudes sur les plantes sauvages pour proïŹter de leurs bienfaits ! Si l’on

considĂšre que les ossements du genre Homo les plus anciens que l’on connaisse Ă  l’heure actuelle datent de 2,5 millions d’annĂ©es, et que l’agriculture est Ă  peine ĂągĂ©e de 10 000 ans, un rapide calcul permet de se rendre compte que l’espĂšce humaine s’est nourrie de ce que la nature sauvage lui propose (viande et plantes) pendant 99,5 % de son existence. La nourriture autre que sauvage concerne donc Ă  peine 0,5 % de l’histoire humaine. Et mĂȘme aprĂšs l’avĂšnement de l’agriculture, cueille e et agriculture ont encore co-existĂ© pendant plusieurs millĂ©naires : l’absence de plantes sauvages dans l’alimentation est donc toute rĂ©cente, et mĂȘme anecdotique sur le plan historique.

PratiquĂ©e depuis l’aube de l’humanitĂ©, la cueille e est ainsi inscrite dans la nature-

mĂȘme de chacun et chacune d’entre nous. Et c’est bien cet a achement ancestral Ă  la nature qui pousse les hommes et les femmes d’aujourd’hui Ă  rechercher son contact. Rien en eïŹ€et ne peut remplacer ce lien salvateur et structurant, dont nous avons toutes et tous besoin. Cueillir, c’est d’abord se reconnecter Ă  ce monde qui nous entoure – apparente verdure uniforme qui offre une diversitĂ© extraordinaire pour qui sait observer, Ă©couter et ressentir. C’est se reconnecter aux cycles naturels, Ă  cet univers Ă  la fois stable et en constante Ă©volution au fil des heures de la journĂ©e et des saisons de l’annĂ©e. C’est renouer avec cet environnement qui, audelĂ  des changements naturels, fait preuve d’une Ă©tonnante constance et rĂ©silience, renaissant et explosant de vie aprĂšs chaque bouleversement. C’est se laisser emplir par ce e sĂ©rĂ©nitĂ© et ce e force de vie prĂ©sente partout autour de nous, et s’en nourrir, au plus profond de notre ĂȘtre.

SUR LE TERRAIN

Le point sur les parasitoses : la grande douve du foie et les Ă©chinocoques Il s’agit de petits vers plats, dont les cycles de vie comprennent plusieurs hĂŽtes. Invisibles Ă  l’Ɠil nu, ces deux parasites peuvent accidentellement contaminer l’humain et causer des dommages importants Ă  sa santĂ© en s’installant dans ses organes (souvent le foie). La maladie est gĂ©nĂ©ralement dĂ©tectĂ©e plusieurs annĂ©es plus tard et implique des traitements lourds, voire une chirurgie ; sans traitement, l’issue est gĂ©nĂ©ralement fatale. Bien connaĂźtre et comprendre les cycles de ces parasites permet d’adopter les bons rĂ©ïŹ‚exes pour Ă©viter la contamination.

La grande douve du foie (Fasciola hepatica) Le cycle de ce parasite comprend plusieurs hĂŽtes intermĂ©diaires, tous aquatiques, dont un mollusque d’eau douce ; son hĂŽte dĂ©ïŹnitif est le mouton. L’humain est accidentellement contaminĂ© en mangeant des plantes aquatiques sur lesquelles les larves sont prĂ©sentes.

> RĂ©ïŹ‚exe Ă  adopter : cuire systĂ©matiquement Ă  60 °C minimum toute cueille e rĂ©alisĂ©e dans un cours d’eau.

Les échinocoques

En France il s’agit principalement de Echinococcus multilocularis, responsable de l’échinococcose alvĂ©olaire. L’hĂŽte intermĂ©diaire de ce parasite est un rongeur, en particulier le campagnol : il ingĂšre des Ɠufs d’échinocoque, qui Ă©closent et se transforment en larves dans ses organes. S’il est mangĂ© par un chien ou un renard, les larves deviennent adultes dans le systĂšme digestif de cet hĂŽte dĂ©ïŹnitif. Elles se reproduisent, pondent et les Ɠufs sont relarguĂ©s dans les cro es ; l’humain est alors accidentellement contaminĂ© par les Ɠufs prĂ©sents dans ces cro es. Les causes de contamination sont trĂšs nombreuses (lĂ©chage par un chien

contaminĂ© non vermifugĂ©, potager exposĂ© aux canidĂ©s non vermifugĂ©s, etc.), l’ingestion d’une plante souillĂ©e par des Ɠufs est une cause possible de contamination.

> RĂ©ïŹ‚exes Ă  adopter :

‱ se renseigner sur les zones de contamination en consultant les cartes mises à disposition sur internet (en France il s’agit principalement de la façade Est, du centre et du Nord) ;

‱ en zone contaminĂ©e, et pour une cueille e situĂ©e sous le niveau du genou, Ă©valuer le risque de contamination : terrain ouvert ou fermĂ©, lieu frĂ©quentĂ© par des chiens et des renards, conditions mĂ©tĂ©orologiques (les Ɠufs rĂ©sistent mieux au froid et Ă  l’humiditĂ© qu’à la chaleur et la sĂ©cheresse), nature de la cueillette (les fleurs sont Ă  moindre risque puisque exposĂ©es beaucoup moins longtemps que les feuilles) ;

‱ en cas de risque avĂ©rĂ© : dĂ©shydrater la cueillette ou cuire les plantes Ă  60 °C minimum avant la consommation.

Bon Ă  savoir :

‱ la congĂ©lation ne tue pas l’Ɠuf ;

‱ le lavage, y compris Ă  l’eau vinaigrĂ©e rĂ©duit le risque de contamination mais ne garantit pas l’absence d’Ɠuf ;

‱ les chats non vermifugĂ©s peuvent ĂȘtre des hĂŽtes dĂ©ïŹnitifs mais dans une mesure bien moindre : d’une part ils enfouissent leurs excrĂ©ments et d’autre part il semble qu’ils soient beaucoup plus rĂ©sistants que les canidĂ©s Ă  ce e parasitose.

Le matériel à emporter avec soi

‱ des sacs en tissu (Ă©vitez les sacs en plastique, qui favorisent les fermentations et les sacs en papier qui risquent de se dĂ©chirer lorsque les cueille es sont mouillĂ©es).

‱ des petites boĂźtes pour la rĂ©colte des ïŹ‚eurs.

‱ un couteau pointu (type Opinel) pour la cueille e des rose es.

‱ un couteau dĂ©sherbeur pour la cueille e des racines.

‱ Ă©ventuellement des gants pour la cueille e des orties.

APRÈS LA CUEILLETTE

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Le lavage des cueille es

Je cueille uniquement les plantes que je connais : je n’identiïŹe jamais une plante sur son aspect global mais toujours sur des critĂšres d’identiïŹcation objectifs.

‱ Racines : enlevez le maximum de terre en brossant à sec, puis lavez à grande eau en laissant tremper quelques minutes entre les lavages.

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‱ Feuilles rĂ©coltĂ©es au sol : mettez-les Ă  tremper deux ou trois fois dans la bassine de l’essoreuse Ă  salade, en transvasant dans le panier pour changer l’eau. Si vous n’envisagez pas de faire cuire la cueille e, ajoutez un peu de vinaigre au troisiĂšme bain et laissez reposer quelques minutes.

En cas de doute je croise mes sources, je consulte le site internet de Tela Botanica, le rĂ©seau des botanistes francophones, et je demande l’avis d’un professionnel. Si je ne parviens pas Ă  une identiïŹcation certaine, je m’abstiens de cueillir.

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Avant de cueillir, je me renseigne sur le statut de protection de la plante : je consulte sur internet les listes des diïŹ€Ă©rentes espĂšces protĂ©gĂ©es au niveau dĂ©partemental, rĂ©gional et national.

‱ Feuilles aĂ©riennes : plus les feuilles sont situĂ©es en hauteur, moins elles nĂ©cessitent de lavage. Les feuilles des arbres ne nĂ©cessitent en principe aucun lavage.

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‱ Fleurs : ne les lavez surtout pas ! La plus grande partie de leur parfum partirait avec l’eau de lavage !

Je ne cueille pas en zone polluée : bords de route, voies ferrées, abords de champs cultivés, jardins qui ont été traités, friches industrielles, etc.

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‱ Fruits : lavez-les dans une passoire, sous l’eau courante. Évitez de les me re Ă  tremper, pour prĂ©server un maximum de nutriments.

La conservation des cueille es

Je suis a entif aux parasitoses (voir pp. 8-9) : je cuis les cueille es rĂ©alisĂ©es dans l’eau aïŹn d’éviter la contamination par la douve du foie ; j’évalue le risque de contamination par les Ă©chinocoques.

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DĂšs le retour de balade, lavez vos cueille es (voir plus haut). Puis sĂ©chez bien les plantes rĂ©coltĂ©es, et enveloppez-les dans un torchon propre. Stockez-les dans le bas du rĂ©frigĂ©rateur : les rĂ©coltes se conserveront ainsi une semaine Ă  dix jours. Si vous dĂ©sirez conserver les cueille es sur le long terme, vous pouvez les faire briĂšvement cuire et les me re au congĂ©lateur. Il est aussi possible de les prĂ©parer en conserves (conserves classiques, pestos
) ou de les faire sĂ©cher Ă  l’ombre dans un lieu bien aĂ©rĂ©, sur un drap ou des claye es ou suspendues par la tige. Pour les grandes quantitĂ©s prĂ©fĂ©rez le dĂ©shydrateur ou le four entrouvert, Ă  basse tempĂ©rature. Par la suite, conservez Ă  l’abri de la lumiĂšre, dans des contenants respirants (sacs en papier, boĂźtes en carton
).

Je fais preuve de gratitude : je ne consomme pas la nature, je prends part Ă  un Ă©change subtil, qui doit se rĂ©aliser dans l’équilibre et le respect.

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Je ne cueille pas plus du quart ou du tiers de la quantitĂ© totale d’une espĂšce Ă  un endroit donnĂ©.

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Je n’arrache pas les parties souterraines si je ne vais pas les consommer et d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale je ne cueille que ce dont j’ai besoin.

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Je suis a entif aux plantes environnantes : je fais a ention de ne pas piétiner les plantes voisines.

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Je prolonge l’esprit de partage en faisant dĂ©couvrir mes crĂ©ations culinaires !

C’EST PARTI JE CUISINE !

Le matériel nécessaire

Lavage et séchage des cueille es

‱ une essoreuse à salade

Hachage (voir p. 11)

‱ un couteau de cuisine bien aiguisĂ©

‱ une grande planche en bois

‱ un hachoir demi-lune

Extraction de la pulpe des fruits

‱ un moulin Ă  lĂ©gumes

Confection de pestos, crudinades, soupes, etc.

‱ un mixeur plongeant

‱ un robot mixeur à couteau

Petit matériel pratique

‱ une spatule souple

‱ un fouet

‱ une pince, pour manier les orties avant cuisson

‱ un tamis pour ïŹltrer

‱ une Ă©tamine

‱ une balance de prĂ©cision

MatĂ©riel plus spĂ©ciïŹque

‱ un dĂ©shydrateur, pour faire sĂ©cher de grandes quantitĂ©s de plantes ou confectionner des prĂ©parations crues (cuirs de fruits, pizzas, etc.)

‱ un extracteur de jus (boissons, rece es à base de jus)

Hacher les plantes

Une fois lavĂ©es et sĂ©chĂ©es, la plupart des feuilles de plantes doivent ĂȘtre hachĂ©es pour pouvoir ĂȘtre utilisĂ©es en cuisine. La premiĂšre Ă©tape du hachage est toujours manuelle, aïŹn de couper les ïŹbres qui s’enrouleraient autour du couteau d’un hachoir Ă©lectrique. Ce dernier, qui chauffe la prĂ©paration et modiïŹe les saveurs des plantes, interviendra Ă©ventuellement rapidement lors d’une derniĂšre Ă©tape, lorsque l’on recherche une texture homogĂšne.

Comment hacher une plante Ă  la main ?

Le hachage manuel se fait avec un couteau de cuisine bien aiguisĂ© ou un hachoir demi-lune. Une bonne technique consiste Ă  dĂ©grossir avec le couteau, puis de continuer avec le hachoir demi-lune, qui, une fois maĂźtrisĂ©, perme ra d’aller plus vite que le couteau ; il sera particuliĂšrement utile lorsque l’on dĂ©sire hacher trĂšs ïŹnement.

En ce qui concerne les feuilles, le hachage sera plus ou moins grossier ou ïŹn suivant les rece es. Dans cet ouvrage, les expressions suivantes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es :

‱ hachez trĂšs grossiĂšrement : hachez en sections de plus de 4 cm de largeur ; gĂ©nĂ©ralement, il s’agit de feuilles que l’on a faites cuire et que l’on prĂ©pare avant de me re au robot mixeur ;

‱ hachez grossiùrement : hachez en sections de 1,5 à 4 cm de largeur ;

‱ ciselez : hachez en sections de 1 à 1,5 cm de largeur ;

‱ ciselez trĂšs ïŹnement : hachez en sections de moins de 1 cm de largeur.

L’OIGNON CISELÉ OU ÉMINCÉ ?

Alors que le terme « ciseler » dĂ©signe le dĂ©coupage en sections ïŹnes pour les feuilles, pour le reste des lĂ©gumes, il dĂ©signe une dĂ©coupe en dĂ©s. Plus la prĂ©paration cuit longtemps, plus les dĂ©s sont gros (1 cm pour

En revanche, lorsque l’on coupe un lĂ©gume (oignon, caro e, champignon
) en lamelles de 1 Ă  3 mm d’épaisseur, on l’émince : cela permet une cuisson rapide et rĂ©guliĂšre.

Extraire les parfums d’une plante : la mĂ©thode des 3 tas

Les plantes sauvages sont entre autres utilisées en cuisine pour leurs parfums variés, inhabituels et parfois envoûtants, lors de la réalisation de boissons, de consommés et de nombreux desserts (sorbets, glaces, bavarois, panna co a, etc.).

L’extraction du parfum des plantes est cependant une Ă©tape dĂ©licate, qui peut dĂ©naturer les parfums les plus subtils. Pour Ă©viter ce genre de dĂ©ception, on peut procĂ©der en trois extractions successives Ă  tempĂ©ratures diïŹ€Ă©rentes.

Les Ă©tapes de l’extraction

1. Divisez la cueillette en trois tas Ă©gaux. Versez le liquide qui va ĂȘtre utilisĂ© dans la rece e (eau, lait animal ou vĂ©gĂ©tal) dans une casserole et mettez-le Ă  chauffer. Lorsque le liquide atteint l’ébullition,

hachez le premier tas de la cueillette, puis ajoutez-le au liquide. Laissez bouillir 2 minutes pour les vĂ©gĂ©taux les plus fragiles, comme les ïŹ‚eurs. Prolongez Ă  5 minutes, voire 10 minutes pour les vĂ©gĂ©taux les plus coriaces (racines, rameaux).

2. ArrĂȘtez le feu : hachez le second tas et ajoutez-le au liquide en infusion. Laissez refroidir jusqu’à ce que la tempĂ©rature passe sous 60 °C.

3. Hachez alors le dernier tas et me ez-le dans la casserole. MĂ©langez bien, mixez avec un mixeur plongeant puis ïŹltrez en pressant la plante, pour exprimer tout le parfum.

Extraction de

la pulpe

des fruits

Comme les fruits cultivĂ©s, les fruits sauvages sont parfois pourvus de noyaux qu’il faut ĂŽter pour pouvoir les cuisiner. Cependant, la petite taille de certains de ces fruits, comme les cenelles (fruits de l’aubĂ©pine) ou les prunelles (fruits du prunellier) exclut de pouvoir les enlever manuellement. Le moulin Ă  lĂ©gumes s’avĂšre alors un outil pratique et peu onĂ©reux. Il servira Ă©galement Ă  dĂ©barrasser certains fruits de leurs petites graines (myrtilles ou cynorrhodons par exemple).

> Extraction de la pulpe des cynorrhodons :

Prévoir environ 100 g de cynorrhodons pour récupérer 200 g de pulpe

Étape 1 : dĂ©tachez la pulpe des graines

Lavez les cynorrhodons et placez-les dans la cuve d’un robot mixeur. Ajoutez de l’eau Ă  hauteur (les cynorrhodons ïŹ‚o ent : notez la hauteur avant de commencer Ă  verser de l’eau). Faites tourner le couteau 30 secondes maximum, aïŹn de ne pas briser les graines.

Étape 2 : dĂ©barrassez la pulpe des graines

Versez peu à peu dans un moulin à légume,

et passez au tamis moyen, en ajoutant un peu d’eau si nĂ©cessaire.

Faites un deuxiùme passage pour extraire le maximum de pulpe (ajoutez un peu d’eau aux graines pour faciliter ce second passage).

> Extraction de la pulpe des cenelles

Prévoir environ 120 g de cenelles pour obtenir 200 g de pulpe

Étape 1 : ramollissez les fruits

Lavez les cenelles et placez-les dans une casserole. Ajoutez de l’eau Ă  hauteur, menez Ă  Ă©bullition et faites cuire environ 5 minutes.

Étape 2 : dĂ©barrassez la pulpe des graines

Suivez les instructions de l’étape 2 de l’extraction de la pulpe de cynorrhodons (le tamis Ă  gros trous peut parfois ĂȘtre utilisĂ©).

> Extraction de la pulpe des myrtilles :

Suivez les instructions de l’étape 2 de l’extraction de la pulpe de cynorrhodons (il est parfois nĂ©cessaire de se servir du tamis ïŹn).

L’AIL DES OURS

Allium ursinum

OĂč le trouver ?

Famille

Amaryllidacées

On trouve de l’ail des ours dans toute la France, sauf sur la CĂŽte d’Azur. Il se dĂ©veloppe dans les sous-bois humides, souvent le long d’une petite riviĂšre, oĂč il peut former d’énormes colonies trĂšs odorantes.

Période de récolte

Feuilles : avril Ă  juin

Fleurs : mai-juin

Comment le reconnaßtre ?

 : plante herbacĂ©e formant de larges colonies dans les sous-bois humides, au printemps.

‱ Tige : unique, semi-cylindrique.

‱ Feuilles : entiĂšres, semblant sortir directement de terre, trĂšs longuement pĂ©tiolĂ©es, longuement ovales, pĂ©tiole blanc sur une face.

‱ Inflorescences : ombelles terminales, composĂ©es de ïŹ‚eurs blanches Ă  6 tĂ©pales et 6 Ă©tamines.

‱ Infrutescences : capsules à 3 graines noires.

‱ Parties souterraines : bulbe allongĂ©, blanc.

ïŽïŻï”ïŁïšï„ïČ : la plante est entiĂšrement glabre ; les feuilles sont lisses, molles, un peu caoutchouteuses.

ïŻï€ïŻïČïĄïŽ : trĂšs forte odeur d’ail.

ï§ïŻïŸ»ïŽ : goĂ»t d’ail plutĂŽt prononcĂ©.

Son intĂ©rĂȘt culinaire

Les confusions possibles

L’ail des ours peut ĂȘtre confondu :

‱ Avec le muguet (Convallaria majalis), mortel, dont les feuilles sont plus Ă©paisses que celles de l’ail des ours, et sont enroulĂ©es l’une autour de l’autre (tout d’abord sur toute leur longueur, puis seulement Ă  la base).

‱ Avec l’ail victorial ( Allium victorialis ), comestible, dont la tige est feuillĂ©e sur sa moitiĂ© infĂ©rieure.

‱ En montagne avec le colchique (Cochicum autumnale), mortel, dont les feuilles, plus Ă©paisses que celles de l’ail des ours, sont groupĂ©es par 4 ou plus.

Ne vous servez pas de l’odeur pour identiïŹer la plante : aprĂšs avoir ramassĂ© quelques feuilles d’ail des ours, les mains sentent fortement l’ail, ce qui donne l’impression que n’importe quelle plante porte ce e odeur !

Conseils de cueille e

Un tapis d’ail des ours contient d’autres espĂšces, dont certaines sont toxiques (comme l’arum, Arum maculatum) et mĂȘme mortelles Ă  faible dose (comme le muguet), dont la couleur des feuilles peut ĂȘtre similaire Ă  celle de l’ail des ours. On cueillera donc toujours l’ail des ours feuille par feuille.

‱ Boutons oraux : conservĂ©s au vinaigre, en cĂąpres.

‱ Fleurs : pour apporter une note Ă  la fois esthĂ©tique et piquante Ă  tout plat que l’on dĂ©sirera relever.

‱ Feuilles : en condiment pour des pestos, crues dans les salades, rouleaux de printemps, cuites dans les soupes, souf Ă©s, quiches, etc. (dans la mesure du possible, ajoutez les feuilles en n de cuisson pour conserver leur arĂŽme).

‱ Graines : en condiment.

Houmous de pois chiches germĂ©s Ă  l’ail des ours, pain pita au chĂ©nopode et Ă  la feta, brownie chocolat blanc et ortie
 dĂ©couvrez 80 recettes simples et savoureuses pour cuisiner le fruit de votre cueillette.

GrĂące aux nombreux conseils de l’auteure, partez Ă  la dĂ©couverte de 20 plantes sauvages comestibles. AubĂ©pine, reine-des-prĂ©s, pissenlit, lierre terrestre... toutes ces plantes incontournables sont faciles Ă  identi er et vous feront pro ter de tous les bienfaits de la nature.

UNE BALADE GOURMANDE

POUR ÉVEILLER VOS PAPILLES AU BON GOÛT DE LA NATURE !

L'auteure

Ethnobotaniste, auteure et confĂ©renciĂšre, Caroline Calendula s’est formĂ©e au CollĂšge Pratique d’Ethnobotanique de François Couplan. PassionnĂ©e de nature et de plantes sauvages, elle est sur le terrain toute l’annĂ©e et transmet ses connaissances Ă  travers des formations, des stages, des livres et des confĂ©rences, et la maison d’édition qu’elle a fondĂ©e avec deux de ses collĂšgues : l’Aventure au Coin du Bois (www.laventureaucoindubois.org). Son blog : h ps://carolinecalendula.blog

Photographies de Claire Curt

www.rustica.fr

PAIN PITA AU CHÉNOPODE ET À LA FETA
DIABOLO COQUELICOT VELOUTÉ DE CAROTTES AU SUREAU

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