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La promesse des cendres

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Perpétuer ce cri. En transmettre l’urgence. En dévoiler, par un verbe de feu, la lumière aveuglante. Dieu ne veut pas la mort du pécheur que nous sommes. Il veut que nous nous convertissions, pour que nous vivions. Tel est le but de cette sélection des plus belles homélies du Père Luc de Bellescize prononcées au temps du Carême ou qui évoquent le mystère du pardon : nous aider, avec passion, avec rigueur, avec bienveillance, à fertiliser les cendres de nos existences pour en faire germer la moisson du Royaume. Luc de Bellescize, après une maîtrise de lettres, est entré au séminaire à 21 ans. Formé à l’IET de Bruxelles, ordonné prêtre en 2009 pour le diocèse de Paris, il a été vicaire à Notre-Dame-deGrâce de Passy, où il a fondé un groupe EVEN, puis à SaintGermain-des-Prés, avant d’être appelé à devenir secrétaire particulier de l’archevêque de Paris. Il est à présent vicaire à Saint-Vincent-de-Paul (Paris 10 e). 14,90 € France TTC www.mameeditions.com Illustration de couverture : Le Sueur, Eustache, Christus heilt einen Blinden, GK I 7669. Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg (SPSG)/ Photographer: Roland Handrick.

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Père Luc de Bellescize

2 Co 5, 20

�a Promesse des cendres

Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Père Luc de Bellescize

�a Promesse des cendres

MÉDITATIONS POUR LE TEMPS DE CARÊME

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LUC DE BELLESCIZE 09/11/2021 11:09


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MÉDITATIONS POUR LE TEMPS DE CARÊME

I Préface de Jean de Saint-Cheron

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MAME Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sophie Cluzel Direction artistique de l’ouvrage : Thérèse Jauze Édition : Vincent Morch, Alexandra Altomonte Compositeur : Pixellence Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Sonia Romeo © Mame, Paris, 2022 www.mameeditions.com ISBN : 978-2-7289-3097-5 MDS : MM30975 Tous droits réservés pour tous pays.

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À Notre-Dame de Paris, la promesse des cendres.

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Préface Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Jn 1, 1.

Dieu est langage. Mais pour parler aux hommes, il passe par des hommes. En sa folie de Dieu caché, il prend ses prophètes parmi les pécheurs, tels qu’ils sont, tels qu’ils veulent bien être. Souvent les prophètes ont été rustres, bourrus, timides ou maladroits. Mais toujours, mystérieusement, la Parole éternelle qui les a créés les traverse, les consume, réduisant en cendre la vanité de leur honte ou de leur maladresse ; et la Parole est ainsi dite à la face du monde. Le prophète Jérémie s’en souvient : « Je me disais : “Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom.” Mais [sa parole] était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir » (Jr 20, 9). Terrible est la mission du prêtre. Alors que viennent d’être proclamées les paroles éternelles, alors que le Verbe

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divin résonne encore aux oreilles du peuple, il doit à son tour essayer de parler. On attend qu’il dise quelque chose qui réponde à Dieu, et qui en même temps témoigne de Dieu devant tous. Quelque chose qui d’une certaine manière prolonge et actualise ­l’incessant dialogue de Dieu avec les hommes. Certes, le degré d’attention moyen des fidèles relativise le caractère angoissant de la tâche. Mais le père Luc de Bellescize sait faire surgir les Tontons flingueurs, les grands vins de Bourgogne ou une prostituée de rencontre pour réveiller son auditoire. Et, ainsi, lui faire entendre une parole. Quiconque l’a entendu prêcher a été saisi par l’inflexion de sa voix, par la profondeur de son regard, par l’éclat de ses mots. Une homélie est faite pour être dite par un ministre du Christ-Pasteur, et pour être reçue dans le terreau plus ou moins sec, plus ou moins rocailleux, plus ou moins fertile des cœurs. Celui qui la prononce est un être singulier. Une homélie est une parole incarnée. Mais quelles qu’en soient les qualités spirituelles, intellectuelles ou rhétoriques, elle n’est pas d’abord une prouesse humaine : elle est une parole qui mystérieusement vient de Dieu et qui a Dieu pour fin. Car ce peuple qui écoute n’est autre que le corps du Christ encore composé de pécheurs, que l’amour de Dieu cherche à embraser. Serait-ce pour le réduire en cendres ? 8

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préface

La cendre, c’est notre finitude en ce bas monde, « le souffle de nos narines, c’est de la fumée, et la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur : si elle s’éteint, le corps s’en ira en cendres » (Sg 2, 2-3). C’est aussi le signe de la pénitence, jusque dans la bouche du Christ : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre » (Mt 11, 21). Cette cendre de notre misère, de notre vanité, de notre mort, c’est encore celle qu’un prêtre applique sur notre front au premier jour du Carême, et qui porte une mystérieuse promesse. Car « le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14) ; le Verbe a accepté de devenir cendres pour nous faire vivre. « Quarante, le temps de devenir un homme, écrit Luc de Bellescize, les quarante ans du peuple avant l’entrée en Terre promise. Les quarante jours du Christ au désert. Le temps de la maturité, de la conversion. Le temps d’apprendre à vivre et de naître à soi-même. Le temps de la patience de Dieu. En nous meurt le vieil homme comme tombent les branches mortes au vent d’hiver. En nous naît l’homme nouveau, le Christ. » Un soir, à l’accomplissement des temps, pour parler aux hommes, Dieu s’est donc fait homme. La Parole qui avait créé les mondes est venue en personne pour 9

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annoncer à ceux qu’il avait voulu faire à son image qu’il les aimait dans leur détresse, malgré tout ce péché dans lequel ils s’étaient empêtrés, alors qu’ils se grattaient avec un tesson de verre ou n’importe quelle pauvre idéologie du salut pour moins souffrir, comme Job assis parmi les cendres (Jb 2, 8). C’est là que le Verbe est descendu. Dans un tas de cendres. Et il s’est laissé frapper par le refus de l’amour. Et les hommes ont voulu le réduire en cendres. Mais le troisième jour, l’Amour l’a relevé. Comme tout prédicateur authentique, c’est une vérité qui le dépasse que proclame le père Luc de ­Bellescize. Car de cet homme charnel dont les homélies témoignent si souvent de la pâte bien humaine – considérons son extrême sensibilité à la beauté de la Terre et des êtres –, le Seigneur en son amour fou a voulu faire un prêtre qui dise aux hommes une parole qui les enfante, qui les consume et qui les relève. Une parole forte qui ne se cache derrière aucun faux-semblant, derrière aucune mondanité, mais qui nous entraîne à la seule espérance en voyant dans les cendres les fragiles prémices de notre résurrection : « Tous ici, il vous reste quelques années à vivre. Et nous serons tous morts, et nous serons tous vivants. Le temps est court, nos jours s’en vont. Déjà pointent les lumières de l’autre rive. » Le christianisme est une religion assez folle pour ne pas désespérer de la cendre. La Parole de feu qui vient 10

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préface

d’en haut nous calciner est la plus haute des promesses. Et c’est au creux de cette promesse que les pauvres mots d’un prêtre se mettent à rayonner de la flamme du cierge pascal, charnelle et surnaturelle. Jean de Saint-Cheron.

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« Souviens-toi que tu es poussière » Mt 6, 1-6.16-18 Je me souviens d’un vieux prêtre lors d’un pèlerinage à Lourdes, il y a quelques années. Il a rejoint maintenant la maison du Père. Il était couché sur son brancard au soir de ses jours avant de passer sur l’autre rive et, dans son regard bleu, il y avait comme une lumière bienheureuse, la clarté d’un enfant qui souriait au-dedans de l’âme. Il me raconta sa vie sur le quai de la gare, en attendant le train, autant qu’on peut raconter une vie, mettre des mots sur l’histoire d’une âme qui nous échappe toujours. Il avait connu la tourmente des années conciliaires, le renouveau attendu avait sombré dans la crise de la foi et du sacerdoce. Il avait assisté impuissant au départ de beaucoup de ses frères qui renoncèrent à leur vocation, à l’écrasement de la vérité du Christ par l’idéologie marxiste qui recouvrait toute intelligence d’un linceul et bénéficie encore aujourd’hui de l’aveugle indulgence des bien-pensants. Il avait connu une crise profonde. Il était parti avec une femme dont il était 13

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tombé a­ moureux. Il était resté longtemps avec elle, une vingtaine d’années peut-être, jusqu’à ce qu’il ferme ses yeux sur son lit de malade après avoir accompagnée son dernier souffle. Alors il se retrouva le cœur brisé, il n’avait pas d’enfants, il se sentait dans le grand désert du silence intérieur où retentit à nouveau la voix de Dieu. Il était seul, seul avec le Seul, et comme le fils prodigue, il rentra en lui-même, il fit mémoire de celui qu’il était, il retourna vers son Père. Il avait la grâce d’avoir un évêque qui était une vivante image de la paternité de Dieu, comme devraient l’être tous les prêtres, à commencer par moi, et plus encore tous les évêques. Non des gestionnaires précautionneux, craintifs et apeurés, non des hommes de principe, mais des pères. Il lui demanda de bien vouloir le reprendre et l’évêque accepta. Ce jour-là, le Seigneur retrouva son fils bien-aimé et Notre-Dame du Sacerdoce, mère des prêtres, exulta de joie. Telle était l’histoire de sa vie, du moins ce qu’il pouvait en dire… Sur le quai de la gare, ce vieux prêtre me regardait, moi qui venais d’être ordonné… Il s’attendait peutêtre à ce que je me scandalise, ou que je le juge comme savent le faire ceux qui n’ont pas encore appris l’humilité que donne la souffrance, qui n’ont pas encore connu « la grande épreuve et lavé leur robe dans le sang de l’Agneau », comme le dit l’Apocalypse (7, 14). Je me souviens de sa dernière parole, ces quelques mots 14

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« souviens-toi que tu es poussière »

qui soulèvent un monde immense et qu’il prononça, les yeux baissés comme un enfant : « J’ai beaucoup souffert… » Je suis resté en silence et je l’ai remercié de m’avoir dit cela. Je me rappellerai toujours la beauté de cet homme, son regard clair où l’on devinait pourtant les larmes versées, le creuset des épreuves, le souvenir angoissant des péchés, le poids plus grand encore de la sainte miséricorde du Christ. Il avait été marqué du saint chrême comme une trace indélébile, au jour de son baptême de même qu’à la messe de son ordination. Au jour de votre baptême, vous avez aussi été marqués, sur le front, avec cette huile parfumée dont les rois d’Israël étaient oints, avec laquelle les rois de France étaient sacrés, qui manifeste la douceur et la force de l’Esprit Saint. Cette huile de joie, répandue sur notre tête, signifie que nous sommes des fils de Dieu, des fils du Roi. Au jour de votre confirmation, un évêque vous a de nouveau donné l’onction sur le front avec cette huile sainte, avant de vous imposer les mains en prononçant ces paroles : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu. » Dans une vie chrétienne, on reçoit souvent l­’Esprit Saint, le maître intérieur, l’onction céleste, comme le chante le Veni Creator, et on ne cesse pas de le recevoir toujours plus intimement, toujours davantage. « Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête ! » Oui, viens, Esprit Saint, viens, Onction de Dieu, nous donner la 15

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grâce de répandre la bonne odeur du Christ pour que nous puissions un jour, comme on le dit des saints et bienheureux, mourir « en odeur de sainteté ». Mais, aujourd’hui, ce n’est pas l’huile sainte de l’onction céleste qui est répandue sur vos têtes. C’est la cendre froide de la mort, la poussière qui restera de nos corps enfouis au profond d’un caveau, quand nous ne serons plus qu’une photo jaunie au coin d’une cheminée, un sourire figé, un nom inscrit entre deux dates sur la pierre effritée d’une tombe oubliée. « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière » (Gn 3, 19). La liturgie de l’Église nous permet de dire cette parole aujourd’hui, en imposant les cendres : « Souviens-toi que tu es poussière. » Memento mori ! « Souviens-toi que tu es mortel. » Lors de la cérémonie du triomphe dans les rues de Rome, un esclave accompagnait le général romain victorieux et lui répétait cette sentence pour qu’il n’oublie jamais, au cœur même de sa gloire humaine, qu’il n’était que poussière et qu’il retournerait à la poussière. Dans la poussière des morts, il n’y a plus ni esclave ni général. Nous serons tous à nu face au grand Jour de Dieu. Dieu seul peut faire surgir l’homme de la poussière, l’arracher à l’empire des ténèbres. Dieu seul peut relever d’entre les morts son Fils bien-aimé, à condition que l’homme se souvienne qu’il est façonné de la terre, 16

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« souviens-toi que tu es poussière »

qu’il n’a pas de droits sur Dieu, qu’il est un pauvre et un pécheur. Frère Bernard de Quintavalle, premier compagnon de saint François d’Assise, témoigne que le saint se relevait parfois la nuit, et qu’on l’entendait ainsi prier : « Qui es-tu mon Seigneur, et moi qui suis-je ? » C’est la question que sainte Catherine de Sienne adresse au Seigneur dans ses visions, et Dieu lui répond : « Sais-tu, ma fille, qui tu es et qui je suis ? Je suis Celui qui est, et toi tu es celle qui n’est pas. » Il ne s’agit pas de dire que l’homme est néant, mais de bien comprendre qu’il ne serait rien sans le don que Dieu lui fait. L’Esprit de Dieu vient se mêler à la poussière pour faire de lui un vivant, comme dans le récit de la Genèse où Dieu souffle sur la glaise pour créer l’homme. Adam est tiré de la terre, adama. L’homme est poussière et retourne à la poussière, mais il est cette poussière que Dieu aime et qu’Il veut sauver, cette poussière qui participe du souffle de l’Éternel, qui reçoit l’onction. Le Christ est venu assumer notre misère, Nouvel Adam, pour nous envoyer l’Esprit Saint qui fait de nous des fils et nous ouvrir à la Vie sans fin. Alors il s’agit, en ce temps de Carême, de découvrir qui nous sommes, et qui est Dieu. De découvrir que nous ne sommes que des créatures fragiles, mais que nous sommes destinés à la gloire. « Je savais, disait la petite Thérèse, que j’étais née pour la gloire. » 17

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Jeûner, faire l’aumône, prier. Trois armes de lumière nous sont données pour nous rappeler qui nous sommes, et qui est Dieu. Trois armes qui nous redisent que l’homme ne trouve pas sa plénitude en lui-même. Jeûner, car « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4). Faire l’aumône, car la possession des biens matériels peut faire de nous des hommes installés et nous faire oublier que nous ne sommes que des passants sur cette terre. Et surtout prier, c’est-à-dire nous convertir, nous mettre à genoux devant Dieu comme dans ce tableau du fils prodigue de Rembrandt, où l’on voit le fils à genoux devant son père. Il semble jaillir du sol, couleur de terre, couleur de cendres, vivante image du sacrement de la réconciliation que l’Église nous demande de recevoir. Et c’est parce qu’il est à genoux que le Père peut le relever et le faire entrer dans la joie des noces, la joie de se parfumer la tête et de se laver le visage, cette joie de ceux qui reçoivent tout, parce qu’ils savent qu’ils ne sont rien. « Nous vous en supplions, au nom du Christ, dit l’Apôtre, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Dans quel recoin obscur de notre vie, dans quelle blessure secrète la grâce de Dieu n’a-t-elle pas encore pénétré ? « Convertissez-vous, et croyez à l’Évangile ! » (Mc 1, 15). N’ayez pas peur d’être ­poussière et 18

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« souviens-toi que tu es poussière »

d’aller vers la mort, parce que vous êtes une poussière que Dieu aime. N’ayez pas peur d’être sales, d’être tombés, d’être à terre, n’ayez pas peur de présenter cette « entrée à la grâce qu’est essentiellement le péché », selon la parole admirable de Charles Péguy : « C’est parce que la face de Jésus était sale que V ­ éronique ­l’essuya d’un linge. Celui qui n’est pas tombé ne sera jamais ramassé, et celui qui n’est pas sale ne sera pas essuyé. » Il était tombé, ce vieux prêtre au regard immense sur le quai de la gare, il savait qu’il n’était rien sans la grâce, mais il s’était relevé du royaume des morts, il était revenu vers la promesse de sa jeunesse, vers l’enfant retrouvé au soir de ses jours, qui sourit au-dedans de l’âme, qu’il nous faut redevenir toujours et qui entrera le premier dans la Maison du Père. Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! Amen.

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« Si tu es le Fils de Dieu… » Mt 4, 1-11 Il y a quelques années, alors que j’étais encore au séminaire, j’ai fait l’expérience, à Lourdes, d’une rencontre avec les puissances du Mal. Je montais le grand chemin de croix, et je suis tombé sur un évêque et quatre possédés en pleine crise. Chacun était tenu par quatre hommes. Parce que le Seigneur a affronté et vaincu les ténèbres dans la violence de la croix, l’évêque a fait suivre le chemin de la passion à ces personnes aliénées par Satan. Elles se cramponnaient aux pierres et poussaient des cris suraigus ou rauques, dans des tonalités impossibles à reproduire. À la station de la mort du Christ, les démons criaient de victoire et blasphémaient contre la Vierge. Au terme du chemin de croix, l’évêque récita le symbole des apôtres, qui proclame la descente aux enfers et la résurrection du Christ le troisième jour. C’est alors que les quatre se sont mis à hurler en même temps, avec la même voix stridente, dans un abîme de rage et de désespoir : « Non, il est mort ! Nous l’avons 21

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tué ! Nous l’avons tué ! » J’ai vu cette scène de mes propres yeux. Je suis croyant – c’est rassurant pour un prêtre – mais d’un naturel assez peu crédule… Je me méfie de ceux qui ne font que courir d’apparitions en apparitions sans jamais avoir cultivé la rationalité de la foi. Ayant été formé à l’école des jésuites, je crois à l’importance fondamentale de la liberté de l’homme qui fait de lui un « coopérateur de la vérité », selon la formule de cet homme d’immense intelligence et culture qu’est le pape émérite Benoît XVI. Il est difficile de nier la réalité des influences démoniaques. « Dieu existe, je l’ai rencontré », disait André Frossard. Le diable existe aussi, je l’ai rencontré ce jour-là, à Lourdes, de manière visible, et j’ai expérimenté à quel point il était vaincu. Je l’ai souvent vu à l’œuvre aussi dans les méandres du cœur des hommes, à commencer par le mien, dans les familles où pourrit un péché, dans la corruption des innocents et le martyre des enfants à naître, dans l’orgueil et l’arrogance des puissants quand ils n’ont jamais pesé leur extrême fragilité. L’esprit du Mal est un acteur réel de notre vie intérieure. Notre liberté est toujours une liberté sous influence, bonne ou mauvaise, dont la source est ailleurs : nos ancêtres, nos amis, nos ennemis, notre éducation, nos rencontres, nos expériences de blessures ou de grâces façonnent notre jugement et notre rapport au monde. Si l’homme chute 22

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au jardin d’Éden, c’est parce qu’il est influencé par la voix du serpent. Dieu a créé l’homme au risque de la liberté, car il n’y a pas d’amour sans liberté, car on aime toujours au risque d’être rejeté. L’arbre de la connaissance du bien et du mal signifie ce risque de la liberté. C’est l’arbre de l’ambivalence. Pour être libre, selon les critères sataniques, il faudrait connaître le bien et le mal : « Si vous mangez du fruit de l’arbre, vous serez comme Dieu » (Gn 3, 5). Nous pensons spontanément que « connaître le mal », c’està-dire, dans l’expression hébraïque, en avoir fait l’expérience, nous donnera un surcroît de liberté. Mais Dieu lui-même, qui est souveraine liberté, ne « connaît » pas le mal. Par exemple, on pense souvent qu’un prêtre qui a reçu sa vocation après des années de vie dissolue sera certainement plus expérimenté, plus miséricordieux et plus sage : « Vous au moins, mon père, vous avez vécu ! Vous avez eu une belle vie ! » Derrière ces mots se cache la conviction mondaine que le célibat consacré ampute l’homme d’une existence véritable et que la vraie vie consiste dans l’exaltation des plaisirs et l’éclatement des expériences de péché… Pourtant, la densité de la vie d’un prêtre qui s’efforce tant bien que mal d’être fidèle est souvent incomparablement plus forte que n’importe quelle autre vie. Mais seuls le comprennent ceux qui reçoivent de Dieu un regard surnaturel. 23

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L’expérience du mal est la première chaîne de l’aliénation. Un prêtre que je connais a vécu ses années de jeunesse sous l’emprise de l’argent, du pouvoir et de la sensualité. Il fréquentait régulièrement des prostituées. Il ne m’a pas caché qu’il lui avait fallu des années, après sa conversion, pour sortir de l’esclavage du péché et se relever de la poussière des morts. Saint Augustin raconte, dans les débuts de sa rencontre avec le Christ : « Mes vieilles passions me tiraient par mon manteau de chair. Elles me chuchotaient : tu nous congédies ? Tu ne viens plus avec nous ? » Faut-il avoir fait l’expérience du mal pour devenir libre ? Le choix du mal est toujours un abus de la volonté qui nous ampute de la véritable liberté. « Le meilleur moyen de faire cesser une tentation, disait Oscar Wilde, c’est d’y succomber. » Mais, à force d’y succomber, l’homme devient un esclave misérable, et l’habitude du péché s’enracine dans la mono­ tonie du vice. Seul le Christ donne l’envergure de la liberté et de la vie véritable. « Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrez dans le combat de Dieu », dit l’antienne de Carême. Plus vous chercherez la vie intérieure, plus vous serez vous-mêmes. Le Christ au désert est le Nouvel Adam qui affronte les puissances du Mal, sans entrer dans sa séduction, car « le diable s’habille toujours en Prada » et le monde des démons est un bal masqué, où chacun se cache sous la 24

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douceur de la soie. Mais la chair a beau être vêtue de soie, elle reste toujours la chair… Si l’on quitte sa femme pour sa secrétaire, c’est sans doute parce que sa secrétaire est jeune et jolie. Si vous embauchez comme secrétaire un « remède à la concupiscence », vous serez moins tenté de délaisser l’épouse de toujours pour la femme d’un jour… Le péché est la corruption et le détournement de ce qui est vrai, bon et beau. Le Mal est malin. Il s’avance toujours sous l’apparence du bien. Gainsbourg chante Brigitte Bardot, la femme fatale à qui chaque amant offre une bague comme autant de liens d’esclavage : « Tandis que des médailles d’imperator / font briller à sa taille le bronze et l’or / le platine lui grave d’un cercle froid / la marque des esclaves à chaque doigt. » La chair est si faible… Les péchés de chair ont finalement quelque chose de plus rassurant que les péchés d’esprit comme l’orgueil ou la haine. Ils font beaucoup de bruit, mais ils sont liés à l’extrême fragilité humaine. Le mal est bien plus dangereux quand il se drape des vêtements du sacré, quand il détourne la parole de Dieu : « Jette-toi d’ici en bas ! » (Lc 4, 9), « les anges te porteront sur leurs mains » (Ps 90). Satan est un savant exégète… Et certains exégètes, dont la connaissance des Écritures est d’une rigueur scientifique impeccable mais dépourvue de foi, sont de véritables démons. « Ce que tu as caché aux 25

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sages et aux intelligents, dit le Seigneur, tu l’as révélé aux tout-­petits » (Mt 11, 25). Le Christ marche seul dans le grand désert. « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie », écrit ­Pascal. Chacun de nous est un désert pourtant, où retentit le son du silence. Ce n’est pas nous qui gardons le silence, c’est le silence qui nous garde et réveille ce qui habite notre cœur : les cris, le fracas du monde, la « ménagerie infâme de nos vices » décrite dans Les Fleurs du Mal, mais aussi le murmure de la voix de Dieu, l’appel à la prière, le souffle d’une brise légère que rencontre le prophète Élie. La profondeur d’un homme se mesure à sa capacité de silence et de solitude, c’est-à-dire à sa volonté ferme d’assumer pleinement sa vie : « Moi et mon Créateur », disait le bienheureux cardinal Newman. Avons-nous bien pesé notre solitude ? Certes, nous sommes souvent très entourés mais, à la fin des jours, parce que l’homme est vraiment responsable de sa vie, il meurt seul face au regard de Dieu. Même ceux qui s’aiment sont dans la « double solitude où sont tous les amants », disait Anna de Noailles. Nul n’a accès au sanctuaire intérieur de la conscience d’un homme. Délibérer est l’œuvre de plusieurs, décider est le fait d’un seul. Les hommes d’autorité le savent : plus on a de pouvoir, plus on expérimente la morsure de la solitude. Commander, même entouré de conseils, c’est ultimement être seul. 26

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« si tu es le fils de dieu… »

Voilà pourquoi l’homme qui veut apprendre à gouverner doit devenir un homme d’écoute et de silence, capable d’habiter le désert et d’affronter le combat. Le silence révèle le mystérieux passage des anges, mais retentit du cri des démons. N’évitons pas la guerre. Si vis pacem, para bellum : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur, écrivait Churchill à propos de ceux qui traitent avec l’ennemi. Vous aurez le déshonneur et vous aurez la guerre. » Parole redoutable pour ceux qui pactisent avec la culture de mort par crainte de perdre leur influence, ou qui signent des lois iniques par peur de vaciller sur le trône fugace d’un pouvoir éphémère… Le Seigneur engage le combat contre la tentation, qui n’est jamais un péché, pour nous offrir un modèle et le remède face aux attaques de l’Adversaire. La première tentation est la plus évidente. Elle vient toucher le Christ dans un besoin absolument nécessaire, alors qu’il est à la frontière de la mort : « Dis à ces pierres qu’elles deviennent du pain. » La faim participe de notre élan vital, mais Satan la détourne pour mieux asservir l’homme en lui faisant croire qu’il peut obtenir tout, tout de suite. L’hypertrophie du corps, l’empire harcelant des sens, l’exaucement immédiat de tous nos désirs, telle est la première tentation. C’est celle qui 27

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fait le plus de bruit, mais gardons-nous de mesurer la ­gravité d’un péché à la culpabilité ressentie. L’enfer, c’est l’instant qui passe aussitôt goûté et qui laisse un goût de cendres. C’est un éternel Jacuzzi où des masseuses comblent sans délai tous vos fantasmes. Le paradis des soixante-douze vierges que l’on promet à certains fanatiques qui mêlent leur sang à celui de leurs victimes me semble plutôt une perspective infernale qu’une image de la joie qui demeure… Le temps du Carême nous est donné pour dépasser l’immédiateté du désir et découvrir le centre de gravité de notre vie. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Laissez-moi vous le redire avec le ­Seigneur, même s’il nous est difficile de vivre la lutte ­ascétique : certains démons ne se chassent que par le jeûne et la prière. Particulièrement les démons impurs… Si nous voulons grandir en chasteté et devenir libres dans notre rapport aux choses, notre corps aussi doit par­ ticiper au combat spirituel. Ainsi, c’est dans un juste rapport à la chair que nous devons combattre l’esprit du Mal. La deuxième tentation est plus subtile, plus dangereuse aussi, et très contemporaine. Elle ne consiste pas dans l’hypertrophie du sensible mais dans le mépris du sensible, dans le refus d’assumer la pesanteur de son corps comme lieu originel de la liberté spirituelle : « Jette-toi d’ici en bas, les anges te porteront. » Il s’agit d’opposer 28

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la liberté à la nature. Luc Ferry parle de l’homme comme une force d’« antinature », et de la conquête de la liberté comme une lutte contre la « naturalité ». Dans l’idéologie du genre, qui gangrène toujours davantage nos universités, il ne s’agit plus de « devenir ce que je suis », selon l’expression de saint Augustin, mais de « devenir ce que je veux ». C’est le mythe d’Icare : voler de ses propres ailes, oublier que nous sommes des êtres de chair et de souffle, tirés de la poussière du sol. On désire échapper à sa condition terrestre pour se façonner soi-même dans l’illusion d’une liberté toute-puissante. On ne supporte plus l’humilité d’un corps qui souffre et qui meurt. On veut une chair « spiritualisée », mythifiée, créatrice d’elle-même, que l’on puisse sculpter à son propre gré. Je voudrais dire un mot ici des troubles alimentaires qui constituent le drame caché de beaucoup d’adolescents, notamment l’anorexie, dont l’une des sources est la dictature de l’apparence et de la minceur, le refus de s’accepter tel que l’on est, la volonté de puissance d’une liberté qui veut façonner son propre corps quitte à le conduire à la destruction et à la mort. Qu’en cette sainte liturgie où nous recevons le Corps du Seigneur, une grâce soit donnée à ceux qui luttent contre la détestation de soi face à la dictature de l’apparence. Que la grande tendresse de Dieu apaise leur cœur, leur donne confiance et les éveille à l’espérance. Nous 29

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n’aurons jamais la beauté figée des femmes parfaites, mais celle de notre amour vécu. Le corps que nous avons reçu nous rappelle sans cesse la nécessité de consentir à l’origine, de « revenir au nombril », non par nombrilisme, mais comme mémoire de la mère, inscrite en notre chair. La plus grande tentation, c’est finalement le refus de la filiation : « Si tu es le Fils de Dieu, dis à ces pierres de devenir du pain », « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas. » Devant la Croix du Christ, la parole satanique se fera de nouveau entendre : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi toi-même » (Mt 27, 40). À la troisième tentation, le démon abat ses cartes, signe qu’il a déjà perdu et qu’il joue tout dans l’énergie du désespoir face à Celui qu’il sait être le seul Maître et Seigneur. « Je te donnerai tout cela, si, en te prosternant, tu m’adores. » De la frénésie de l’avoir à l’illusion d’une liberté absolue, le chemin du Mal conduit à l’adoration pure et simple de Satan. Il est le Prince de ce monde, le dictateur suprême qui nous donne l’illusion d’avoir tout le pouvoir. La dictature parfaite, écrit Aldous Huxley, est « une prison sans murs dans laquelle les prisonniers ne rêveront jamais de fuir. Un système d’esclavage où grâce à la consommation et au plaisir, les esclaves vont adorer leur esclavage ». Seulement, il faudra abandonner toute idée de gratuité. Rien n’est gratuit sous l’empire de Satan. Tout a un prix, tout s’achète et se vend, tout 30

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se négocie, jusqu’à livrer son âme immortelle pour une gloire mortelle. Combien parmi les grands de ce monde ont, plus ou moins consciemment, prêté hommage au Diable en engourdissant longuement leur conscience, en se soumettant aux réseaux d’argent, en s’abaissant à des pratiques occultes, en se mêlant aux cercles cachés du pouvoir jusqu’à devenir des monstres d’orgueil et de suffisance… Que Dieu nous préserve de vendre notre âme ! Qu’il nous garde « comme des enfants, comme de petits enfants contre leur mère » (Ps 130). Entrer en Carême, c’est remonter en enfance. « Es-tu le Fils de Dieu ? Qui est celui qui te donne la vie ? » Ce temps nous est donné pour retrouver l’esprit d’adoration, la grâce de notre filiation, la joie d’avoir reçu, gratuitement, le don de la vie, la conscience que notre liberté est une force vive qui ne peut se déployer qu’en Dieu, de qui nous tenons « la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28). Amen.

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Table des matières Préface........................................................................................7 1. « Souviens-toi que tu es poussière » (Mt 6, 1-6.16-18)...........................................................13 2. « Si tu es le Fils de Dieu… » (Mt 4, 1-11).................21 3. « Lumière née de la Lumière » (Mt 17, 1-9)............33 4. « Ne restez pas entre deux eaux » (Jn 4, 5-42)........39 5. « Jésus cracha par terre » (Jn 9, 1-41)........................45 6. « Maître, où demeures-tu ? » (Jn 11, 1-45)..............55 7. « Encore quarante jours et Ninive sera détruite » (Jon 3)...............................................................................65 8. « Mettez-vous à genoux et confessez-vous » (Mt 11, 25-30)................................................................73 9. « Les temps sont accomplis, convertissez-vous ! » (Mc 1, 14-20)..................................................................81 10. « On n’a jamais à pardonner que de l’impardonnable » (Mt 18, 21-35)..............87 11. « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » (Jn 2, 13-25)...............95

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12. « Une fois élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 20-33)........................... 105 13. « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Mc 10, 17-30)..................................... 113 14. « Je te pardonne tous tes péchés » (Jn 1, 6-8.19-28).......................................................... 121 15. « Femme, pourquoi pleures-tu ? » (Jn 20, 1-9).................................................................... 129 La promesse des cendres..................................................... 137 Remerciements.................................................................... 142

Dépôt légal : janvier 2022 Achevé d’imprimer en décembre 2021 par Graphycems en Espagne N° d’édition : 22002 « Cet ouvrage est imprimé grâce à des encres à base d’huile végétale, garantissant la démarche de développement durable de l’éditeur et de l’imprimeur. »

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Perpétuer ce cri. En transmettre l’urgence. En dévoiler, par un verbe de feu, la lumière aveuglante. Dieu ne veut pas la mort du pécheur que nous sommes. Il veut que nous nous convertissions, pour que nous vivions. Tel est le but de cette sélection des plus belles homélies du Père Luc de Bellescize prononcées au temps du Carême ou qui évoquent le mystère du pardon : nous aider, avec passion, avec rigueur, avec bienveillance, à fertiliser les cendres de nos existences pour en faire germer la moisson du Royaume. Luc de Bellescize, après une maîtrise de lettres, est entré au séminaire à 21 ans. Formé à l’IET de Bruxelles, ordonné prêtre en 2009 pour le diocèse de Paris, il a été vicaire à Notre-Dame-deGrâce de Passy, où il a fondé un groupe EVEN, puis à SaintGermain-des-Prés, avant d’être appelé à devenir secrétaire particulier de l’archevêque de Paris. Il est à présent vicaire à Saint-Vincent-de-Paul (Paris 10 e). 14,90 € France TTC www.mameeditions.com Illustration de couverture : Le Sueur, Eustache, Christus heilt einen Blinden, GK I 7669. Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg (SPSG)/ Photographer: Roland Handrick.

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Père Luc de Bellescize

2 Co 5, 20

�a Promesse des cendres

Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Père Luc de Bellescize

�a Promesse des cendres

MÉDITATIONS POUR LE TEMPS DE CARÊME

I

LUC DE BELLESCIZE 09/11/2021 11:09


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