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3 HISTOIRES POUR APPRENDRE À NE PAS SE LAISSER DÉBORDER PAR SES ÉMOTIONS


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La joie est une formidable émotion ! Elle est très agréable, contrairement à la peur ou à la colère. Tu te dis peut-être qu’il n’y a rien de spécial à faire pour la traverser. Pourtant, selon ce que tu en fais, elle peut t’ouvrir aux autres ou te renfermer sur toi. Avec ce livre, tu vas apprendre à reconnaître l’émotion de la joie : quand tu as un sourire jusqu’aux oreilles, quand tu as envie de sauter partout et de chanter à tue-tête, quand tu trouves que tout est beau autour de toi… Mais, surtout, tu verras que tu peux la partager, veiller à être délicat ou apprendre à persévérer quand surgit une difficulté. Avec Eliott et Pétronille, tu découvriras des outils qui te permettront de bien orienter ta joie. Dans chaque histoire, tu pourras suivre, par des petits dessins dans la marge, les étapes franchies par Eliott et Pétronille pour traverser la joie.

Bonne lecture, et vive les émotions !


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Histoire 1

Les Chocolats – Pétroooo ? ! Le facteur est là, il a un colis pour toi ! – Hourra ! Quelle joie ! Un paquet rien que pour moi… Pétronille ne se le fait pas dire deux fois : elle dévale quatre à quatre les escaliers et freine juste à temps pour ne pas glisser sur le palier. Son cœur fait des bonds… Quelle excitation ! Maman lui tend une boîte ronde enveloppée d’un joli papier doré. Dessus, des timbres en forme de sapin de Noël, tamponnés de mots étrangers. Voyons, voyons… Cette écriture toute penchée ? Mais bien sûr, c’est celle d’oncle Max !

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Pétronille remarque les réactions de son corps.


Le papier arraché, Pétronille découvre une petite armée de chocolats bien alignés : des blancs, des noirs, des pralinés… Félix l’arrache à sa contemplation. – J’peux en goûter un ? Ah, ça non ! Pas question ! Pétronille referme vite la boîte. Elle s’échappe à toute allure vers sa chambre, même si elle entend au loin son frère la traiter de « sale égoïste ». De toute façon, elle s’en fiche : ils sont à elle, ces chocolats ! Il ne va pas lui gâcher sa joie ! Bien installée sur son lit, Pétronille entame sa dégustation. Elle choisit pour commencer un chocolat entouré d’un joli papier argenté. Elle sent la coque de chocolat se fendre sous ses dents : Crrrraac. Une crème à la praline vient fondre en même temps sur sa langue. Hummm… C’est booon… Elle en pioche un nouveau, recouvert d’éclats de noisette, et l’avale tout rond. Elle en goûte un autre, qui croustille entre ses dents ! Elle en soupire de plaisir. Quel bonheur… Pétronille accueille son émotion.

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Les chocolats volent de la boîte à sa bouche et bientôt, les rangs sont de plus en plus clairsemés. Elle devrait s’arrêter mais… allez ! encore un dernier, à la vanille. Et un tout petit à la pistache… Après elle arrête vraiment !

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Bouuuuuh… Pétronille craint d’avoir été trop loin. Elle se sent toute barbouillée… Sa joie commence petit à petit à dégonfler : la voilà prisonnière de son mal de mer. Pour digérer, elle reste un bon moment allongée. Seulement, elle s’ennuie. Le front collé à la fenêtre givrée, elle aperçoit la maisonnette de madame Yvette, la vieille voisine du coin de la rue. Ça lui donne une idée ! Vite, Pétronille cache sa boîte sous son oreiller (on ne sait jamais, si Félix voulait la lui voler) et file dehors bien emmitouflée. Avec un grand sourire, madame Yvette lui ouvre sa porte. – Entre, ma petite ! Brrr, qu’il fait froid dehors… Pendant que Pétronille se réchauffe les mains sur le radiateur, madame Yvette s’affaire, tout enjouée. Elle chantonne en collant des étiquettes sur les pots de confiture qu’elle a préparés l’été dernier : « Délice à la fraise des bois », « Plaisir d’abricot » ou « Gourmandise à la mûre ». Puis elle les enrubanne de soie : les pots sont métamorphosés en de jolis petits bouquets. 10


Pétronille lui demande : – Pourquoi les envelopper ? Vous n’allez pas les manger ? – Non, ma jolie. Je vais les offrir ! répond-elle, amusée. – Ah bon… Mais à qui ? – Eh bien, c’est un peu une surprise pour moi aussi : à ceux qui croiseront mon chemin… Non mais franchement : distribuer ces délicieuses confitures à des inconnus, c’est quand même une idée saugrenue ! Madame Yvette voit bien que Pétronille n’y comprend rien. Elle continue : – Partager avec les autres alors que rien ne nous y oblige, c’est être gé-né-reux. Et la générosité, ça rend heureux ceux qui reçoivent comme ceux qui donnent. – Ceux qui reçoivent, c’est facile à comprendre. Mais ceux qui donnent, je ne vois pas comment 11


ils peuvent être heureux alors qu’ils en ont moins pour eux ! Madame Yvette sourit, et ses yeux pétillent. – C’est vrai qu’au début ça demande un gros effort de renoncer à tout garder pour soi… Mais, quand on commence à partager, on se rend compte qu’on est plus riche qu’avant : notre cœur est plus grand ! Pétronille pense à ses chocolats qu’elle a bien envie de garder pour elle… Madame Yvette l’arrache à ses pensées. – Je suis prête, tu viens avec moi ? – Oh oui, bien sûr, je veux voir ça ! Dans la rue, Pétronille aide madame Yvette à tirer son chariot. La nuit est tombée et le froid leur mord les doigts, mais c’est un bonheur de marcher sous les guirlandes qui scintillent. Quelle merveilleuse ambiance de Noël ! L’écœurement de Pétronille s’estompe, et son cœur palpite de joie. En passant devant un mendiant frigorifié, Pétronille n’est pas très rassurée. Heureusement, avec madame Yvette, elle se sent en sécurité. Tiens 12


d’ailleurs, voilà qu’elle s’arrête. Ses mains plongent dans son chariot et déposent dans celles du pauvre monsieur un pot de confiture d’oranges amères. Il est ahuri… et ravi ! Un large sourire vient illuminer son visage. Pétronille s’extasie, mais la petite mamie est déjà repartie. Elle la rattrape à la supérette, où chaque caissière reçoit son bouquet de fruits. Elles ont à peine le temps de dire merci que madame Yvette a déjà pris la poudre d’escampette !


Sur le trottoir, elles tombent nez à nez avec Eliott, qui sort de son cours de guitare. Il demande, étonné : – Ben… Pétro, qu’est-ce que tu fais là ? – J’accompagne madame Yvette. Tiens, dit-elle en lui tendant un pot, voilà pour ton dessert ! – Ah ben ça… C’est original ! Merci ! La distribution continue : tout le monde a droit à son présent. C’est une farandole de « Joyeux Noël » qui vont et viennent… Le chariot s’allège de plus en plus. Les deux amies offrent leurs derniers paquets à une maman avec ses trois enfants, qui a l’air bien fatiguée par sa journée. Et le même miracle s’opère : les visages assombris par l’hiver s’éclairent.


Les coups réguliers de l’horloge de la ville les ramènent à la réalité : c’est l’heure du dîner. Avant de filer, Pétronille embrasse madame Yvette en lui disant qu’elle a beaucoup aimé l’accompagner.

Pétronille reconnaît son besoin de déployer sa joie.

« C’était trop sympa cette aventure à la confiture », songe Pétronille. Elle aimerait bien que sa joie dure ! Assise sur son lit, elle réfléchit.

Alors maintenant, ma joie, j’en fais quoi ? En regardant sa belle boîte de chocolats, elle se dit qu’elle a le choix entre les garder pour elle ou les partager. C’est vrai qu’elle pourrait avoir une sacrée réserve de goûters, mais quelque chose en elle a changé : elle sent qu’en les partageant, sa joie ira en grandissant. Allez, elle veut devenir généreuse ! 15

Pétronille réfléchit.

Pétronille choisit la vertu de générosité.


Ce n’est pas tout d’éprouver des émotions, il faut aussi savoir quoi en faire ! Une proposition originale et unique pour tous les enfants qui ont l’âge de raison ! 3 histoires autour de la joie.

Les coups réguliers de l’horloge de la ville les ramènent à la réalité : c’est l’heure du dîner. Avant de filer, Pétronille embrasse madame Yvette en lui disant qu’elle a beaucoup aimé l’accompagner.

Sur le trottoir, elles tombent nez à nez avec Eliott, qui sort de son cours de guitare. Il demande, étonné : – Ben… Pétro, qu’est-ce que tu fais là ? – J’accompagne madame Yvette. Tiens, dit-elle en lui tendant un pot, voilà pour ton dessert ! – Ah ben ça… C’est original ! Merci ! Histoire 2

« C’était trop sympa cette aventure à la confiture », songe Pétronille. Elle aimerait bien que sa joie dure !

La distribution continue : tout le monde a droit à son présent. C’est une farandole de « Joyeux Noël » qui vont et viennent… Le chariot s’allège de plus en plus. Les deux amies offrent leurs derniers paquets à une maman avec ses trois Eliott ne tient plus en enfants, qui a l’air bien fatiguée par sa journée. place. C’est bientôt son anniversaire ! Il a décidé Et le même miracle s’opère : les visagesd’organise assom- r une fête extraordinaire. bris par l’hiver s’éclairent. Il va faire un parc d’attractions à

Le Goûter d’anniversaire

Assise sur son lit, elle réfléchit. Pétronille réfléchit.

Alors maintenant, ma joie, j’en fais quoi ?

la maison. Il y aura une piscine de balles, un toboggan géant et, dans le grenier, un parcours acrobatique entre des élastiques . On mettra de la musique. Il compte inviter tous ses amis : Anatole, Alexis, Vladimir, et aussi Pétronille. Il est tellement pressé. Il voudrait que les jours passent en accéléré. Son ventre fait des petits zigouigouis, il sautille, il frétille, il remue sans arrêt.

Des outils pour aider les héros à transformer leur excitation en énergie positive.

Pétronille reconnaît son besoin de déployer sa joie.

En regardant sa belle boîte de chocolats, elle se dit qu’elle a le choix entre les garder pour elle ou les partager. C’est vrai qu’elle pourrait avoir une sacrée réserve de goûters, mais quelque chose en elle a changé : elle sent qu’en les partageant, sa joie ira en grandissant. Allez, elle veut devenir généreuse !

Pétronille choisit la vertu de générosité.

15 Eliott remarque les réactions de son corps.

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Des explications à hauteur d’enfant.

8. DÉCISION

Le chemin des émotions

Je choisis une attitude : partager, être attentionné, tenir bon.

Une émotion est une réaction à la suite d’un événement perçu par nos 5 sens. Elle nous informe que nous avons besoin de quelque chose. À nous, ensuite, de la traverser ! Pour mieux comprendre ce qui se passe, suis Eliott et Pétronille le long du chemin des émotions !

Regret

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Malheur

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2 Eliott pourrait éclabousse r les autres avec sa joie fêter son anniversaire, de mais 1. STIMULUS Parole ou attitude de quelqu’un. Événement (réussite, fête, affection).

Rancœur, haine, frustration, malaise, etc.

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3 Pétronille et Eliott auraient pu perdre 2. RÉACTION ÉMOTIONNELLE leur joie quand mal, 3mais

Alors maintenant, mon émotion,

C HIS

Je sens cœur léger, mes yeux la: mon promenad e à vélo tourne brillent, je souris, etc. Je me sens : détendu, fort, solide, je trouve que le monde est beau, etc.

3. IDENTIFICATION DE L’ÉMOTION

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Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je ressens de la joie.

toi.)

JE

Que se passe-t-il si je ne partage pas ma joie ? 4 4. ACCUEIL DE L’ÉMOTION (Coche la ou les bonnes

?

le plus important pour

Alors maintenant, mon émotion, j’en fais quoi ?

R ÉFLÉ

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise émotion. Toutes les émotions nous apportent un message. Mais la joie est une émotion agréable, bien sûr !

réponses.)

Je l’accueille telle qu’elle est : ni bonne ni mauvaise. Je reste enfermé

sur moi. Ma joie diminue petit à petit. Je m’isole des autres. Je ne sais plus goûter à d’autres

5. DISCERNEMENT

Je réfléchis à ce qui est bien pour moi.

6. RECONNAISSANCE DE MON BESOIN J’ai besoin de partager, de célébrer, de m’ouvrir aux autres, etc.

7. RECHERCHE DES ATTITUDES POUR RÉPONDRE À MON BESOIN

VERTUS / VICES Générosité, délicatesse, persévérance. Avarice, indélicatesse, inconstance.

joies.

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Des pages d’explications pour les adultes pour guider les enfants dans leurs émotions.

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Dès la petite enfance, une émotion est identifiable par l’enfant, et à partir de l’âge de raison, il peut s’en occuper. La spécificité de cette collection autour des émotions est de proposer un chemin vertueux pour vivre heureux.

La joie est une émotion très appréciée et même recherchée, car nous nous levons tous les matins pour être heureux. La joie est une sensation d’exaltation qui nous fait nous sentir fort. Elle est un signe que nous sommes en accord avec notre environnement, que nos désirs et nos projets sont satisfaits.

En tant que parent, enseignant ou éducateur, comment enseigner la joie aux enfants ? Tout d’abord, apprenez à être à l’écoute de la joie ! Ce sont nos cinq sens qui nous permettent d’être réceptifs à ce qui nous entoure. Être disponible à l’instant présent nourrit la capacité à s’émerveiller (gratitude) et à savourer la vie. Prenez le temps, avec l’enfant, de faire attention aux signaux envoyés par votre corps en identifiant les moments agréables qui ont sollicité : votre vue : un paysage, un regard, etc.

Et n’oubliez pas : savoir identifier ces plaisirs, c’est le début de la joie.

Transformer l’essai grâce aux vertus Vos cinq sens vous font goûter des moments de joie éphémère. Leur succession nourrit votre bonne humeur, votre légèreté. • Comme Pétronille avec ses chocolats, vous avez la possibilité de transformer votre joie fugace en une joie qui dure grâce aux vertus, par des bonnes actions qui vont vous ouvrir aux autres. En partageant cette bonne humeur (par un sourire, un rire, etc.), vous exercez des vertus de générosité, de délicatesse, d’altruisme… Votre joie ne s’éteint pas ; elle s’intensifie et devient contagieuse. C’est ainsi que la joie devient aussi un fruit des vertus. Par-delà les sensations agréables, votre cœur est comblé. • À l’inverse, quand vous recherchez des plaisirs uniquement pour vous, sans les partager, vous êtes momentanément satisfait mais votre cœur est vide. Alors vous en voulez davantage. En vain. Cette quête effrénée du plaisir s’appelle la convoitise. C’est un vice, le contraire de la vertu. La convoitise rend de plus en plus dépendant, vous isole peu à peu, et vous pouvez même en venir à vous servir des autres pour assouvir vos désirs. Vous êtes alors malheureux, alors que vous êtes un être de relations, fait pour aimer et être aimé.

votre odorat : un parfum, une odeur de fleur, etc. votre ouïe : un chant d’oiseau, un gazouillis, etc. votre goût : le caramel, la cannelle, etc. votre toucher : la chaleur du soleil, le vent, une caresse, etc.

Tentation

le

La joie est :

Être heureux les uns avec les autres. Avoir réussi quelque chose. Se sentir aimé. Faire ce qu’on aime. S’aimer tel qu’on est. Contempler de belles choses.

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1 Pétronille pourrait savourer toute seule ses chocolats, mais

(Coche la bonne réponse.)

Une bonne émotion. Une émotion agréable. Une émotion désagréab le.

La joie répond à des besoins. Lesquels

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Que font Eliott et Pétronille

s?

(Classe-les dans l’ordre

J’agis

J’acc uei l

Amour, paix, joie, respect, estime de soi, etc.

10. JE PRATIQUE JOUR APRÈS JOUR

de leur joie ? Dans chaque histoire, deux chemins s’offrent à eux. À toi1 de compléter avec le chemin vertueux !

Alors, qu’as-tu compris des histoire

Bonheur

9. ACTION

Je peux m’aider d’outils pour avancer. Ouvrir les mains, baisser les mains en soufflant, sourire.

La joie porte un message très positif pour ouvrir au partage, pour rayonner autour de soi, grandir et faire grandir les autres. La joie nous incite à embrasser, à fêter, à célébrer, à partager, à donner, à inviter ! Cependant, dans certaines circonstances, la joie peut être en décalage avec les personnes autour de nous ou une situation que l’on vit. Il peut y avoir « trop » de joie !

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9,90 € France TTC www.mameeditions.com

Avec un grand chemin des émotions pour apprendre à repérer les émotions et à les traverser, à l’aide des vertus chrétiennes.

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Trop de joie  

Trop de joie