Cyrielle
![]()
QU’EST-CE QUE LA DOULEUR ?
11 • Les mécanismes de la douleur
Quand le système d'alarme dysfonctionne
LES
12
17
Les différents types de douleurs ..............................................................19
DE LA DOULEUR
25 • Vue d'ensemble ........................................................................................ 26 • La douleur-maladie .................................................................................. 28 • Zoom sur les douleurs neuropathiques
30 • Les troubles du sommeil et la fatigue chronique
33 • Kinésiophobie et déconditionnement
34 • Les variations de poids ............................................................................. 36 • La souffrance psychologique
39 • Les troubles de la mémoire et de la concentration
LA
49 • Vos principaux interlocuteurs
50 • L’évaluation de la douleur
54 • Questionnaire « douleur chronique » - .................................................. 56
L’EXAMEN
59 • L’échange préliminaire : évaluation de la douleur
clinique
Il n’existe pas d’appareil, de prise de sang ou d’imagerie pour mesurer l’intensité de la douleur. Nous l'avons vu, c’est au patient de l’évaluer car la douleur s’éprouve, elle ne se prouve pas. Pour tenter de quantifier cette douleur, les soignants peuvent avoir recours à plusieurs méthodes.
●
●
Vos soignants vous ont peut-être déjà demandé d’établir votre niveau de douleur sur une échelle de 1 à 10. Cela permet de communiquer votre état douloureux, voire son évolution et les effets d’un traitement. Le « 0 » signifie « pas de douleur » et le « 10 » signifie « pire douleur imaginable ».
●
●
Elle est souvent présentée sous la forme d’une réglette. Le patient positionne le curseur pour noter l’intensité de sa douleur.
Le VRAI du FAUX avec le spécialiste -Je peux avoir moins mal maintenant alors que ce matin la douleur était intense-
VRAI La perception et la tolérance à la douleur varient non seulement entre les individus, mais elle peut aussi fluctuer chez une même personne en fonction de sa fatigue ou de son humeur. Il est nécessaire de prendre en compte le contexte dans lequel surviennent les poussées pour trouver le traitement adapté.
Quelques jours avant un rendez-vous important ou lors de l’introduction d’un nouveau traitement, je tiens un petit journal où je note mes observations : niveaux de douleur, contexte (activités, émotions…), effets ou ressentis notables… Des applications mobiles sont également disponibles pour cela. À chacun son style !
Une large étude internationale 21 a montré que, pour le traitement des douleurs neuropathiques, il fallait traiter 3,6 patients par l'amitriptyline (Laroxyl®), 6,4 patients par la duloxétine (Cymbalta®), 7,7 patients par la prégabaline (Lyrica®), 8,36 par la gabapentine (Neurontin®). Ces données mettent clairement en évidence que les traitements médicamenteux ont une efficacité limitée.
Nous vivons dans une société où les médicaments sont facilement accessibles, c’est pourquoi une mise en garde semble importante. Les médicaments font partie des stratégies de gestion de la douleur mais leur surconsommation est néanmoins problématique. L’usage et la prescription d’antalgique de palier 2, comme les analgésiques opioïdes (Tramadol®, Lamaline®…), dans le cadre du traitement de la douleur chronique non cancéreuse, fait scandale.
En 2021, plus de 100 000 morts ont été causées par la prise d’opioïdes aux ÉtatsUnis. Ce véritable fléau existe aussi en Europe et plus particulièrement en France. Les morts par overdose ont été multipliées par trois dans l'Hexagone ces dernières années.
Il existe deux phénomènes qui peuvent expliquer l’augmentation progressive des doses 22 :
• la tolérance : au fil du temps, le corps s’habitue au traitement. Il faut donc augmenter les doses progressivement pour obtenir le même effet ;
• l’hyperalgésie : c’est un processus biochimique complexe, induit par les opioïdes, qui abaisse notre seuil de tolérance à la douleur et nous rend donc plus sensible face à elle.
Le dextropropoxyphène (un analgésique opioïde synthétique) a été interdit en 2011 en raison des surdosages mortels mais le Tramadol®, qui semble l’avoir remplacé, est de plus en plus consommé. Ce n’est pas dénué d’effets dangereux ! Par ailleurs, c’est aussi la raison de la délivrance désormais sur ordonnance uniquement des médicaments associant paracétamol et codéine.
Pour pallier cette crise des opioïdes, il est plus que jamais nécessaire d'établir une cohésion « multidisciplinaire » afin que les patients soient pris en charge de manière globale sur le plan biologique, psychologique et social.
21 Finnerup Nanna B., et al., « Pharmacotherapy for neuropathic pain in adults: a systematic review and meta-analysis », Lancet Neurol., février 2015, vol. 14, n° 2, p. 162-173.
22 Marc Lévêque, Libérons-nous de la douleur, Buchet-Chastel, 2022, p. 38-39.
Un témoignage illustré pour découvrir et comprendre les douleurs chroniques, la façon dont elles a ectent la vie des personnes atteintes et celle de leur entourage. Trop souvent minimisées ou niées, les douleurs d’origine neuropathiques touchent pourtant 7 % de la population française et font partie des handicaps invisibles qui peuvent être invalidants. À travers son parcours médical et ses expériences de vie, Cyrielle raconte avec humour la douleur chronique et partage des conseils pratiques pour mieux vivre avec au quotidien. Dans sa démarche de sensibilisation, elle est épaulée par Danaë Holler, pour la relecture de la dimension émotionnelle, et par le docteur Marc Lévêque, pour la relecture médicale. Grâce à leurs expériences professionnelles, ces deux spécialistes apportent des réponses concrètes aux questions récurrentes des personnes vivant avec des douleurs chroniques.
Cyrielle Dubois, illustratrice et créatrice du compte Instagram @ink_douleur, est atteinte de douleurs chroniques depuis 2020.
–
Danaë Holler, psychologue clinicienne et psychothérapeute, est spécialisée dans la prise en charge de la douleur et des maladies chroniques.
Marc Lévêque, neurochirurgien spécialiste de la douleur, participe également à la pédagogie au sujet de ses domaines d’expertise, la chirurgie de la douleur et la psychochirurgie.
www.mangoeditions.com