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Dans les catacombes

Avec un miroir, deux réglettes et des jeux

Si tu ne parviens pas à déchiffrer les messages codés, pas de panique ! Tu pourras toujours trouver la solution à la fin du livre.

Direction : Frédéric Schwamberger

Direction éditoriale : Sarah Malherbe

Édition : Raphaële Glaux

Conception graphique, intérieur et couverture : Studio Primo&Primo

Mise en pages et déclinaison de la couverture : Virginie Langlais

Correction : Aurélie Lacombe

Direction de fabrication : Thierry Dubus

Fabrication : Maëlle Le Guen Lamande

© Fleurus, Paris, 2026, pour l’ensemble de l’ouvrage. www.fleuruseditions.com

ISBN : 978-2-2151-9926-7

MDS : FS99267

Tous droits réservés pour tous pays.

« Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. »

MATHILDE RAY & CYRIELLE

Dans les catacombes

Sueurs froides

Quelqu’un sonne à la porte de l’appartement.

– Ah ! enfin, le voilà qui rentre, dit Anna.

Louis lève les yeux au ciel.

– Mais non, bécasse, papa a ses clés.

– Eh bien il a dû les oublier, triple buse.

– Papa, oublier quelque chose ? Parle pour toi, tête de linotte !

Se traiter de noms d’oiseaux est un des grands jeux de Louis et Anna. Ça les amuse, ça les détend, en particulier quand ils sont stressés. Et dieu sait qu’ils le sont, stressés, par les temps qui courent.

La vie est dure, en ce printemps 1944. Depuis quatre ans déjà, les Allemands occupent Paris. Ils sont partout, dans les rues, dans les parcs, dans le métro.

Ils décident de ce qu’on apprend à l’école et à quelle heure on doit rentrer chez soi le soir. Ils interdisent plein d’endroits. Ils rationnent la nourriture. Et leur police secrète, la Gestapo, traque impitoyablement tous ceux qui résistent : ne pas obéir, c’est l’arrestation ; oser dire son espoir d’une France libre, c’est la déportation et la mort.

Soudain, à la porte, des coups de poing furieux succèdent à la sonnette. Les enfants se regardent, les yeux ronds. Une voix gutturale crie, dehors :

– Ouvrez immédiatement !

Cet accent… Pas de doute possible. Anna bondit et ouvre la porte.

– Les mains en l’air !

Ils sont quatre, serrés dans des uniformes lugubres, longues silhouettes noires de la tête aux pieds. Et leurs quatre pistolets sont braqués sur les enfants.

– Albert Fontaine ? Le typographe ? hurle l’un d’eux, apparemment le chef, le regard mauvais sous la tête de mort qui orne sa casquette. – Papa n’est pas ici, répond Anna d’une voix blanche.

– Où ?

– Il est parti chercher de quoi manger avec nos tickets d’alim…

– On fouille !

Ses hommes s’engouffrent dans le couloir et, de son pistolet, il fait signe aux enfants de les suivre. L’appartement est petit : il est composé de deux chambrettes, la leur et celle de leur père, et d’une minuscule cuisine donnant sur la salle de bains.

Pourtant, la fouille dure longtemps. Les soldats retournent meubles et matelas, arrachent les tiroirs, scrutent les moindres recoins. Ils inspectent même le plafond, et martèlent les lattes du parquet comme s’ils cherchaient une trappe. Les enfants les suivent des yeux, sidérés. Que cherchent-ils ? Soudain, le regard d’Anna se fige. Un soldat est en train de détacher un miroir pour regarder derrière, et elle lit distinctement, dans le reflet de la glace, un message en allemand dépassant de la poche de sa veste.

TYPOGRAPH

Son sang se glace. « Terroriste », c’est ainsi que les nazis appellent les résistants. Ceux qu’ils se sont juré de pourchasser jusqu’au dernier. Elle a juste le temps d’entrevoir, dans le miroir que l’Allemand enlève, le visage de Louis. Il la regarde, livide. Il a vu, lui aussi.

Les enfants sont assaillis par un tourbillon d’émotions. Ils sont immensément fiers de leur père.

Il ne leur a jamais caché son amour de la justice et de la liberté, mais ils étaient à mille lieues d’imaginer qu’il combattait pour délivrer la France des Allemands. En même temps, l’angoisse les submerge.

Ils ont peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. Peur que les nazis trouvent ici les preuves qu’ils cherchent contre lui. Peur de ne jamais le revoir.

– Nichts, Herr Offizier1.

– Und hier2 ?

L’officier pénètre dans une salle plus vaste à elle seule que tout l’appartement. Il y a une lourde machine en fonte au centre et, courant le long du mur,

1. Rien, mon commandant.

2. Et ici ?

Dans les catacombes

d’étroits tiroirs dont un soldat a déjà retourné le contenu : des centaines de pièces métalliques de toutes tailles représentant les lettres de l’alphabet.

C’est l’atelier de typographie d’Albert Fontaine, là où il imprime des livres et des affiches. Le chef ayant fait signe à ses comparses de feuilleter les papiers entassés sur les étagères, l’un d’eux avise une pile de tracts et lui tend un exemplaire.

Anna est stupéfaite. C’est une image d’Adolf Hitler. Un Hitler au sourire triomphal, à la posture victorieuse d’un roi de jeu de cartes. Avec, aux coins de l’affiche, l’horrible croix gammée, symbole des nazis. Comment son père a-t-il pu graver cette chose répugnante ? L’officier, lui, regarde la feuille avec une évidente approbation. Ses traits se détendent quand soudain, un bruit se fait entendre sous un meuble. Un soldat braque son pistolet dans sa direction. Louis pousse un cri.

– Qu’est-ce que c’est ? hurle l’officier.

– Le lapin de mon frère, bafouille Anna. Il a peur.

– Sortez-le !

À quatre pattes, sous l’œil méfiant des nazis, les enfants essayent de déloger la boule de poils blancs recroquevillée sous ses deux longues oreilles.

– C’est nous, Fripouille, dit Louis. Sors vite !

D’un bond, Fripouille jaillit de sa cachette et vient se réfugier dans ses bras. « Ouf », pense Anna, mais comme elle s’apprête à se redresser, elle aperçoit, en levant la tête, un spectacle qui la tétanise.

Et toi ? Vois-tu ce qu’elle voit ?

Dans les catacombes

Anna frémit. « S’ils s’en rendent compte, c’est la fin. Pourvu qu’il la repose. Pourvu qu’il la repose. Pourvu… ouf ! Il la repose ! »

Mais c’est alors qu’elle voit le froncement de sourcils de l’officier penché sur la lourde presse de son père. Celui-ci a disposé sur une planche les lettres dont il se servira pour sa prochaine impression. Une suite décousue d’une dizaine de mots…

Décousue, vraiment ? C’est au tour de Louis d’être pétrifié. Son cerveau mouline à toute allure. Lui qui n’aime rien tant que traîner dans l’atelier quand son père y travaille, s’amusant à résoudre les énigmes que le typographe lui propose en emmêlant les lettres dont il va composer chaque mot, voit se dessiner un message si provocateur qu’il expose son auteur aux pires représailles. Et toi, lis-tu le message ?

Permute les lettres pour former de nouveaux mots.

Dans les catacombes

Une enquête haletante dans les entrailles de Paris !

Paris, printemps 1944. Dans une ville sous la botte de l’occupant nazi, le père d’Anna et de Louis a disparu. Et la redoutable Gestapo le cherche. Pourquoi ? Les enfants parviendrontils à le retrouver ? Et si leur chemin passait… par les mystérieuses catacombes de la capitale ? C’est le début d’une folle aventure dans un territoire redoutable que se disputent les résistants et les Allemands...

Toi aussi, mène l’enquête avec Anna, Louis et Fripouille !

Utilise le miroir pour lire des messages et déchiffre d’étranges mots codés grâce aux réglettes pour déjouer le plan des nazis !

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