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K ezako

N°71 Juin 2012

G o u e l a r F i l m o ù - F e s t i va l d e C i n é ma d e D o ua r n E n e z

Sommaire/ Taolenn ( C l i q u e z da n s l e s o m m a i r e p o u r v oyag e r da n s l e k e s a ko ! )

“Petites curiosités espagnoles”, page 2 “Festival de Cans!”, page 2 “Mugak, organisation antiraciste au Pays Basque”, page 3 “Gabriel Mouesca”, page 4 “Barcelone la contestataire”, page 3 “Journée littérature, Manuel Rivas”, page 6 6 “LGBTQI, L’appel du 25 juin”, page 7 7 “Photographies de Jim Sumkay, mémoires des belgique(s)”, page 8 “Enfermement, Prisons, Confiscation des libertés”, page 4 et 5 “Des nouvelles de Daoulagad Breizh et du Grand Cru 2012”, page 9 et 10 “Agenda /Deiziataer”, page 11 et 12

Douarnenez, En un golpe de cubilete, Empantana Entre sus casas corrió dados, Un pedazo de mar, Con un olor a sexo que desmaya. ¡Barcas heridas, en seco, con las alas plegadas! ¡Tabernas que cantan con una voz de orangután! Sobre los muelles, Mercurizados por la pesca, Marineros que se agarran de los brazos Para aprender a caminar, Y van a estrellarse con un envión de ola en las paredes; Mujeres salobres, Enyodadas,

Il n'y a pas de hasard.

De ojos acuáticos, de cabelleras de alga,

En écrivant à un de nos futurs invités, David Casassas, sociologue catalan,

Que repasan las redes colgadas de los techos

pour lui confirmer sa venue ici, cet été, il nous répond avec enthousiasme, et dans un français parfait, qu'il serait en effet très heureux de participer au festival et de découvrir la ville de Douarnenez, où il n'a encore jamais mis les pieds mais qu'il connaît suite à la lecture d'un poème de Oliverio Girondo, auteur argentin qu'il affectionne et qui a écrit ce poème, dans un recueil de poèmes (Paisaje Breton), paru en 1922.

Como velos nupciales. El campanario de la iglesia, Es un escamoteo de prestidigitación, Saca de su campana Una bandada de palomas. Mientras las viejecitas,

Si, parmi vous, lectrices et lecteurs du Késako, quelqu’un désire partir à

Con sus gorritos de dormir,

l’assaut d’une traduction, nous pourrions publier ce poème en français

Entran a la nave

dans le 1er késako du festival, en août...

Para emborracharse de oraciones,

Quant à David Casassas, il interviendra sur les ripostes alternatives au système (15M, Allocation universelle, etc.) lors d’un débat ou d’une

Y para que el silencio Deje de roer por un instante

palabre matinale.

Las narices de piedra de los santos.

Nous vous souhaitons un bel été et espérons vous croiser fin août à

« PAISAJE BRETÓN » (Douarnenez,

Douarnenez !

julio 1920), Oliverio Girondo 1


Communautés autonomes/ Broioù Emren Petites curiosités espagnoles

Festival de Cans! Le festival de cinéma galicien Agro-glamour

insolites, désolantes, chantantes, controversées, radiophoniques, curieuses... Piochez, Fouillez, Scrutez. Plijadur!!! L’Espagne désenchantée : Chroniques d’un pays en lutte face à la crise http://espagne.blog.lemonde.fr/ Actualité Internationale : Pauvre Espagne Émission France Culture http://www.franceculture.fr/emissionculturesmonde-actualite-internationale-pauvreespagne-2012-04-20 Acte de résistance contre l’interdiction faite par le régime franquiste d’utiliser la langue basque : Txoria - Txori : Poème écrit en basque mis en musique par Mikel Laboa: http://www.youtube.com/watch?v=0NW7CZxOxhI Article de Rue89 : En Andalousie, des paysans occupent des terres pour “survivre” http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/04/12/ en-andalousie-des-paysans-occupent-des-terrescontre-la-speculation-231117 Blog Catalan sur “les nouveaux pauvres” http://elsnouspobres.wordpress.com/ Le travail de notre artiste Sam3 http://sam3.es/ Des vidéos encore des vidéos...piochez, fouillez... http://www.tomalatele.tv/web/ Décadence de la Grandeur http://www.liberation.fr/culture/01012392382espagne-la-ciudad-a-fonds-perdus Vidéos jeunes artistes http://espagne.blog.lemonde.fr/2012/04/18/brefnous-sommes-une-generation-perdue/ Solenn

Défilés de chimpíns au festival de Cans, Galice

Le Festival de Cans est le rendez-vous alternatif du courtmétrage galicien. En plus de présenter chaque année le meilleur de la production locale, le festival fait un coup de projecteur sur la création documentaire et sur le longmétrage. Le festival de Cans, c'est aussi de la musique, des entretiens avec des cinéastes, des défilés de chimpíns sur tapis rouge mar plij! (voir photo), des randonnées et des activités réparties dans toute la vallée d' O Porriño. Pour quelques jours, Cans devient l'épicentre du cinéma mondial avec ou sans la permission de son cousin français, le Festival de Cannes, dont les dates coïncident toujours. Face à la sophistication et au glamour de la côte d'Azur, Cans propose une forte dose de naturel, de fête et d'agroglamour!! Le Festival de Cans occupe complètement le village : la grange du voisin devient la place du festival, l'église se transforme en loge pour les musiciens, les animaux prêtent gentiment leurs maisons pour la projection des films. Les habitants changent leurs habitudes le temps de quelques jours: dans la maison de Chelo, la maison de Pato, le poulailler d' Antonio, le hangar de Moncho et j'en passe, sont projetées simultanément le meilleur de la fiction et de l' animation galicienne en présence des réalisateurs et de figures du cinéma galicien et espagnol. Alfonso Pato, le directeur du festival de Cans et invité du festival de cinéma de Douarnenez cet été, aime à mélanger les publics. La soirée du vendredi soir est dédiée à la remise des prix qui récompense à la fois les réalisateurs, les acteurs, les étudiants en cinéma (dont les films sont projetés sur la grande scène) et les voisins qui prêtent leurs terrains. Un beau mélange pour un festival haut en couleurs! Site du festival: ici! Gaëlle


Communautés autonomes/ Broioù Emren Mugak, organisation antiraciste au Pays Basque Mugak (www.mugak.eu) au Pays Basque, est une organisation antiraciste qui fait partie de la Fédération de SOS Racisme de l'Etat espagnol. Né en 1993. Elle a comme but principal de lutter contre toutes formes de discrimination, racisme et xénophobie et pour aider à créer une société où tous les êtres humains soient égaux en droits et en dignité, indépendamment de leur origine géographique, leur culture, les caractéristiques ethniques ou leurs croyances religieuses.Mugak travail à deux niveaux: l'action et la réflexion. Dans ses bureaux d'information et dénonces (OID) elle donne support a des milliers d'immigrants dans les procédures administratives imposées par la législation sur les étrangers et dénonce les cas de discrimination et racisme, soit individuelle ou institutionnelle. Elle conseille et accompagne les mineurs étrangers non accompagnés et les jeunes émancipés. Elle organise des mobilisations et des actions de protestation. Elle participe à divers réseaux, au niveau espagnol et européenne (Migreurop, United...) Elle élabore, avec la Fédération de SOS Racisme, un rapport annuel sur le racisme dans l'Etat espagnol Elle met en place un travail d’éducation antiraciste dans les écoles Elle Publie de façon trimestrielle, depuis 1997, le magazine Mugak. Elle soutient un Observatoire de la diversité dans les médias, avec un suivi quotidien de ce qu'ils publient une vingtaine des journaux de l'État espagnol et prépare des rapports et des études sur les médias. Elle gère un centre de documentation, organise des conférences, séminaires, rencontres et effectue des recherches scientifiques Elle propose des mesures aux institutions pour garantir les droits des migrants

Barcelone la contestataire L'urbanisme, le logement, thème récurent dans la section catalane de cette 35ème édition. De « Squat » réalisé par Christophe Coello sur le mouvement miles viviendas aux magnifiques « Mercado de futuros » de Mercedes Alvarez et « En construccion » de Jose-Luis Guerin en passant par « Nores » de Xavier Artigas, le logement et la réhabilitation des quartiers populaires, mais aussi la contestation de ses habitants, semblent être parmi les préoccupations principales des catalans. Le Raval, sorte de Barbès de Barcelone, est en pleine mutation, la nouvelle filmoteca, toute pimpante, vient d'y ouvrir ses portes. Comment changer la cartographie d'un quartier?En y injectant de nouvelles habitudes, en changeant les repères, en remplaçant le vieux délabré par du neuf, en faisant exploser les loyers et en provocant un exode « naturel ». Mais que rester t-il de cette vie d'avant ? l'empreinte de cette mémoire résistera t-elle aux coups de pelleteuse, au temps ? Ces quatre films où grondent la rage, la résistance, l'indignation, la désobéissance, une ville aussi marquée par la violence de la répression. Il faut savoir que la capitale catalane est une des villes les plus chères, concernant le logement, d'Espagne et qui compte les salaires les plus bas d'Europe ! D'où cette vitalité pour reconquérir la rue et l'espace collectif. Barcelone la contestataire ! Ne manquez pas ces films qui mettent en avant la force de la contestation politique et de ses outils créatifs, la renaissance d'un art engagé, collectif.

No-res, film catalan diffusé cet été au festival

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Enfermement, Prisons, Confiscation des libertés Gabriel Mouesca Parmi les invités de cet été, le festival accueillera Gabriel Mouesca l’un des leaders historiques d’Iparretarrak et militant pour les luttes anticarcérales qui a été, ces dernières années, président de l’Observatoire international des prisons (OIP) de 2004 à 2009. Arrêté en 1984, Gabriel Mouesca passe 17 années en détention (dont 11 ans en Maison d’arrêt). En décembre 1986, il s’évade de la prison de Pau (l’évasion a lieu dans des conditions rocambolesques). La France est condamnée pour violation de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir mis 16 ans à le juger. À sa sortie en juillet 2001, il devient chargé de mission sur les prisons à la Croix-Rouge, poste qu’il quitte peu après être devenu président de l’OIP. Désormais chargé de mission “prisons” pour Emmaüs France, qui travaille sur la question de la réinsertion des anciens prisonniers. Il milite également au mouvement Autonomia Eraiki, en faveur de l’autonomie du Pays basque français. Bibliographie : Prison@.net, Journal d’un «longue peine», 2001, éditeur Gatuzain. La Nuque raide, mars 2006, éditeur Philippe Rey.

Dix ans de prison pour Leyla Zana Une nouvelle fois, la député kurde Leyla Zana a été condamnée à dix ans de prison pour appartenance au mouvement rebelle kurde. Selon le tribunal de Diyarbakir, Leyla Zana a violé le code pénal et une loi anti-terroriste. Dans ses discours, elle aurait exprimé son soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, un parti interdit et à son chef emprisonné Abdullah Öcalan. Les avocats de la députée vont faire appel de cette nouvelle condamnation. Figure emblématique de la lutte pour les droits des Kurdes en Turquie, Leyla Zana est élue députée de Diyarbakir en 1991. Arrêtée en 1994, elle est condamnée à mort. Mais grâce aux pressions internationales, la peine capitale est commuée en 15 années de prison, et Leyla Zana est finalement libérée en 2004. Pour soutenir son combat et son immense courage, le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov «pour la liberté» en 1995. Les condamnations se suivent L'histoire de Leyla Zana semble néanmoins se répèter sans cesse. En 2008, elle est une nouvelle fois condamnée à une peine de 10 ans, elle est reconnue « membre d’une organisation terroriste » mais la Cour de cassation va casser ce verdict par manque de preuve. Mais voilà, avec cette dernière condamnation du 24 mai 2012, l’affaire est de nouveau d’actualité. Peut-être parce qu'en décembre dernier Leyla Zana a osé demander l’organisation d’un référendum en Turquie sur l’avenir du peuple kurde. La cause des Kurdes Un affront pour le gouvernement turc qui refuse d'envisager toute évolution vers une autonomie des populations kurdes. Les Kurdes sont estimés à 12 millions, soit un sixième de la population de la Turquie. Pourtant cette dernière décennie avait été porteuse d'espoirs. La perspective d'intégrer un jour l'Union Européenne avait conduit Ankara à mettre en oeuvre des réformes démocratiques en faveur de la communauté kurde. Mais cette perspective s'étant éloignée, l'attitude des islamistes modérés au pouvoir à Ankara a changé. La répression s'intensifie Ces dernières années, la répression contre les organisations kurdes et particulièrement contre les femmes kurdes s'est à nouveau renforcée. Actuellement, il y a près de 500 militantes kurdes en prison. Parmi elles, deux députés et deux maires. Le 4 mai dernier, dans la ville de Van, dans les locaux même du Parti de la Paix et de la Démocratie, quinze militantes ont été arrêtées et placées en garde à vue. C'est le cas de Ceyhan Timür, la présidente de l'association "Vakasum" qui s'occupe particulièrement des problèmes des femmes kurdes. Elle a été libérée depuis, mais placée sous contrôle judiciaire. A bien des égards, la Turquie reste un pays compliqué pour les femmes : les traditions, le système politique restent oppressants, et pour celles qui sont kurdes et militantes, c'est un peu la double peine.

En savoir plus sur la lutte des kurdes : Edition 2003 du festival de cinéma de Douarnenez: ici Des films autour du Kurdistan sont disponibles au Centre de ressources du festival pour les Adhérents du Festival


Ulrike Meinhof : Lettre du couloir de la mort (1972)

Le 9 mai 1976 Ulrike Meinhof était retrouvée « suicidée » dans sa cellule. Elle avait été une des fondatrices de la guérilla d’Allemagne de l’Ouest « fraction armée rouge ». Le texte qui suit a été écrit depuis sa cellule d’isolement total, aussi appelée cellule de privation sensorielle. Arrêtée en 1972 et soumise à un régime carcéral extrêmement dur : isolement total, cellule blanche et insonorisée, lumière électrique jour et nuit. Eva PUGNET

Sentir ta tête exploser (sentir ta boîte crânienne sur le point d’éclater en morceaux) sentir ta moelle épinière te remonter au cerveau à force d’être comprimée sentir ton cerveau comme un fruit sec se sentir sans cesse et inconsciemment et comme électriquement téléguidée sentir qu’on te vole tes associations d’idées sentir ton âme pisser de ton corps, comme si tu n’arrivais plus à fixer l’eau sentir la cellule bouger. Tu te réveilles, tu ouvres les yeux : la cellule bouge.

Une agressivité folle, sans exutoire. C’est le pire. Etre persuadée que tu n’as pas la moindre chance de t’en tirer : et impossible de faire entendre ça.

Des visites, il ne te reste rien. Une demi-heure après, impossible de te rappeler, sauf de façon mécanique, si ça a eu lieu aujourd’hui ou la semaine dernière Le bain de la semaine, c’est la chance de se laisser aller, de reprendre des forces pour un bref instant pour quelques heures

L’après-midi quand il y a du soleil, ça s’arrête tout d’un coup.

Sentir le temps et l’espace irrémédiablement imbriqués l’un dans l’autre et te sentir vaciller, piégée dans un labyrinthe de glaces déformantes

Mais elle bouge toujours, tu n’arrives pas à te dépêtrer de cette sensation

Et après : la terrible euphorie d’entendre quelque chose - qui différencie le jour de la nuit acoustique

Impossible de savoir si tu trembles de froid ou de fièvre

Sentir que maintenant le temps repart, le cerveau se dilate, la moelle épinière se remet en place pour des semaines

impossible de t’expliquer pourquoi tu trembles, pourquoi tu gèles. Pour parler de façon simplement audible, il te faut faire effort, il faut presque hurler, comme pour parler très fort Te sentir devenir muette Impossible de te rappeler le sens des mots, sinon très vaguement

Et te sentir comme dépiautée Bourdonnements d’oreilles, et au réveil te sentir comme rouée de coups Et bouger au ralenti Te sentir comme enfermée dans une cuve plombée, et sous vide

Les sifflantes - s, ss, tz, sch -, supplice intolérable

Et après : choc, comme si une plaque de fer te tombait sur la tête

Les gardiens, les visites, la cour - réalité de celluloïd

Comparaisons, concepts qui te viennent à l’esprit :

Maux de tête

Aux prises avec un fauve psychique.

Flashes

Tambourinage impitoyable, comme dans une fusée en pleine accélération, où les types sont écrasés sous la vitesse

Ne plus maîtriser la construction des phrases, la grammaire, la syntaxe. Si tu écris - au bout de deux lignes, impossible de te rappeler le début de la première Sentir que tu te consumes au dedans sentir que si tu étais libérée, dire ce qu’il en est, ce serait exactement comme jeter de l’eau bouillante à la gueule des autres et les ébouillanter, les défigurer à vie

La colonie pénitentiaire de Kafka - le type sur une planche à clous - et le grand huit sans arrêt. Quant à la radio : ça permet un minimum de détente, comme un coup de freins, on chute de 240 à 190. Source : Lycée Bellepierre, Ile de la Réunion


Littérature/ Diskouezadeg Extrait du roman de Manuel Rivas L’éclat dans l’abîme (Los libros arden mal, 2006) : «  Il était très souriant, avait dit Olinda. Malin comme un renard, mais physiquement fragile. Maladif. Notre mère, ta grand-mère Dansa, l’avait accompagné chez l’agent recruteur. Ce gamin n’est pas guerre, avait déclaré

apte ce

à la dernier.

Et un gars qui traînait par là, dans le bureau de recrutement, lui avait répondu : Tout le monde est apte à la guerre. S’il n’est pas apte à tuer, il peut l’être à mourir. Un jour, il avait écrit une lettre dans laquelle il expliquait qu’il avait été affecté aux boyaux du rire. Il paraît que c’est ainsi qu’on appelait les appareils des radiotélégraphistes. Il se déplaçait toujours avec une mule qui transportait les émetteurs. Et on lui avait aussi appris à se servir des appareils. Il disait qu’à présent il comprenait le langage des oiseaux. Son courrier était devenu un vrai canular. On n’aurait jamais dit que ces lettres avaient été écrites à la guerre, mais plutôt qu’on les avait tirées d’une comédie. Elles étaient si drôles que, lorsqu’on les lui lisait, grand-mère en pleurait de rire. Et à la fin il marquait toujours  : B.L.M. Mais qu’est-ce que ça peut bien signifier ? Maman, je vous Baise La Main. Et les pleurs de grand-mère redoublaient : Regardemoi donc ce qu’il est allé apprendre à la guerre. Et c’est alors qu’Olinda s’était confiée à moi. Elle m’avait parlé d’une de ces choses qu’elle ne voulait jamais aborder, de l’histoire des soldats de notre famille et des familles du voisinage. Des Philippines ? De Cuba. Du Maroc. Grandissez et multipliez-vous en chair à canon. Un empire d’ossements, de plus en plus nourri au fil des ans. Puis elle m’avait parlé de la guerre d’Espagne. Les militaires sont venus conquérir à l’intérieur du pays les territoires qu’ils n’ont jamais su défendre à l’extérieur. Voilà ce que disait Olinda. Plaf, plaf  ! Le claquement du linge mouillé sur la pierre semblait être, chez elle qui ne disait jamais un mot, une façon de poursuivre son récit. Des mots recouverts d’une croûte de sueur poussiéreuse, d’iode et de sang, soudain trempés, tordus, battus, savonnés, encore tordus, essorés. Etendus au soleil. Propres. Une chemise blanche en train de sécher. Des pantalons. Le vent s’engouffrant dans le linge vide. Au lavoir, dans une lézarde du mur qui abrite du nordet, il y a toujours un rouge-gorge. Lorsque les femmes se taisent, le rouge-gorge chante. Encore les boyaux du rire. Les vieux qui enterrent les jeunes, dit Olinda. C’est ça la guerre. »

Journée littérature le jeudi 23 août 2012 Inscriptions au 02 98 92 09 21 ou info@festival-cinema.com

De l’Espagne : quelques auteurs singuliers contemporains En écho aux films et aux débats du festival, LA JOURNEE LITTERATURE propose de faire croiser quelques voix singulières avec des enjeux repérés dans le paysage littéraire espagnol : la grande présence du réalisme social ; l’engagement de jeunes auteurs dans un courant post-moderne, qui mélangent les genres ; la présence de plus en plus marquée des langues régionales ; un certain réalisme « magique »: univers sensuels et graves, écritures poétiques, viscérales, instinctives, hantées par la violence et/ou la guerre et l'amour ; l’influence de la littérature sud-américaine ou encore de la sensualité arabe… Nous développerons ces questions en compagnie de François Monti (journaliste, critique littéraire, traducteur, passionné de littérature post-moderne) de Manuel Rivas (Ecrivain, journaliste et poète galicien, impliqué dans la vie intellectuelle et citoyenne en Galice et bien au-delà) et Jordi Carrion (critique littéraire, professeur, grand voyageur, andaloucatalan et romancier) LA LIBRAIRIE éphémère du festival : une sélection riche et exigeante, environ 500 titres concernant l’Espagne et les autres thèmes.

Manuel Rivas, né en 1957 à La Corogne, est un écrivain, journaliste et poète galicien. Il est invité au festival. Son œuvre littéraire, traduite en plus de dix langues, dont le français et le breton, est centrée sur la terre galicienne et sa culture, et développe tout particulièrement les questions de l'émigration, des méfaits du franquisme et des destructions de la guerre civile espagnole. Il est lauréat de divers prix littéraires en Espagne. Il est également impliqué dans la vie intellectuelle et citoyenne en Galice, militant régionaliste, membre fondateur de Greenpeace Espagne, journaliste critique.


LGBTQI Rappel du dernier Kesako « Le festival de cinéma travaille sur les minorités depuis 1979 en ayant toujours à cœur, à chaque édition, de rendre visible les femmes (leurs luttes, leurs créations, leurs témoignages). Les initiales LGBTQI désignent les réseaux des personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexués ainsi que le mouvement queer. Ces réseaux, organisés en de nombreuses associations, rendent visibles les revendications, les luttes, les expressions, les cultures de ces identités et communautés. Les revendications portées par les militantEs LGBTQI s’inscrivent plus généralement dans les mouvements sociaux et politiques contre les discriminations, les racismes, les communautarismes, la fixité identitaire, les essentialismes et les prétentions totalisantes. Les notions de masculinité et de féminité, en tant que catégories immuables, cèdent de plus en plus la place à des identités fluctuantes. Les oppositions ne sont jamais clairement tranchées. Dans l’univers réel, règnent le flou, l’hybride, le poreux, quelque chose qui résiste à l’identification et à la catégorisation, un excédent dans la bipartition du masculin et du féminin. C’est justement cet indécidable qui force la réflexion, la création, l’imaginaire… Là existent, se déploient et naissent des luttes.

Photo du film de Marie Losier , The ballad of Genesis and lady Jaye qui sera diffusé cet été au festival de cinéma de Douarnenez

Le festival, dans son volet LGBTQI, accueillera parmi ses invités, Chloé et Marie Avrillon, dont voici un appel sous forme de pétition.

L’appel du 25 juin L’année dernière, le combat de Marie et Chloé Avrillon, toutes deux membres fondatrices de Rainbow Brest, avait été relayé par la presse fortement. Ce combat est celui d’une famille composée de Chloé, transsexuelle née femme dans un corps d’homme, Marie, qui a toujours aimé les femmes, et de leur trois enfants. L’histoire est surtout celle de conventions de société qui ont forcé Marie comme Chloé à prétendre être quelqu’un qu’elles n’étaient pas pendant plus d’une décennie. Au moment où Marie rencontre Wilfrid, qu’ils éprouvent l’un pour l’autre des sentiments et décident de se marier, leur couple rentre dans toutes les cases de notre société bien pensante. Oui, mais voilà. Marie a toujours aimé les femmes et ce secret la ronge, et quand on est maman de trois enfants, le poids du secret devient encore plus insupportable. Mais commun clin d’œil du destin, au moment où elle se soulage de ce coming out auprès de la personne qui partage sa vie, Wilfrid lui avoue s’être toujours senti(e) femme, coincée, bloquée dans un corps qui n’est pas le sien. Preuve de l’amour que cette famille-là se porte, Marie soutien Chloé dans toutes ses forces dans sa transition, et avec le soutien et l’aval de pédopsychiatres, l’annoncent à leur trois 6

enfants. Implosion familiale, rébellion, déchirements...Tu parles ! Le courage et la franchise de leur parents ont donné un seul résultat : ces enfants sont équilibrés, tolérants, et soutiennent leurs parents autant que leurs âges respectifs le permettent. La famille Avrillon est une famille de l’amour, sous toutes ses formes. Seulement, la société et la république française ne sont pas décidées à laisser Chloé vivre de la façon dont elle l’entend. Lorsqu’elle saisit la justice afin d’obtenir le changement d’état civil tout en conservant le maintien de son mariage, alors que l’optimisme est de mise, un juge brestois rejette leur demande en décembre dernier. Le problème ? Si la demande est acceptée, Marie et Chloé deviennent officiellement mariées entre personnes du même sexe. Mais nos deux héroïnes des temps et des combats modernes n’ont pas dit leur dernier mot, loin de là, et ont fait appel de cette décision. Au lendemain de l’élection de François Hollande, la lettre tant attendue arrive : l’appel sera jugé le 25 juin prochain à Rennes. Aujourd’hui tout Rainbow se mobilise et appelle les associations

LGBT, les sympathisants a la cause, les militants, les amis de l’égalité et des libertés, toutes les libertés a nous rejoindre le 25 juin prochain à Rennes afin de donner de la voix, nos voix à ce jour qui DOIT marquer l’histoire de cette famille et celle de la république comme étant celui où les chose auront changées et où elles auront fait un pas en avant dans la tolérance, dans l’égalité, dans l’acceptation de libertés essentielles, et de celle de la famille Avrillon comme étant légalement unie. Il n’y a pas de petite contribution, et c’est ensemble que nous ferons avancer les choses. Pour plus de renseignements n’hésitez pas à contacter Christine au 06 63 77 64 09.


No comment / Mémoires des belgique(s) Photographies de Jim Sumkay Jim Sumkay, le plus connu des photographes qui se veulent anonymes est né en 1954, à Liège. C’est à marche forcée que ce photoreproter humaniste de proximité pratique la mise en image du quotidien du quotidien. Disponible, opiniâtre, il va à la rencontre des gens et met toute son énergie dans une chronique ordonnée, permanente, à propos de ce qui se vit, de ce qui se passe (ou ne se passe pas), là où il se trouve. Le banal et l’exceptionnel, tout l’intéresse. Jim s sent bien tant qu’il y a des gens et qu’il peux leur parler....En savoir plus ici

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D e s n o u ve l l e s d e D a o u l a g a d B re i z h et du Grand Cru 2012 Si depuis 35 ans cinémas, cultures et idées du monde se retrouvent invités à Douarnenez, le Festival prend principalement son sens dans l’idée de partage et d’échange. Ainsi, il va de soit que Daoulagad Breizh (promotion et diffusion du cinéma en Bretagne), en tant qu’association partenaire privilégiée du Festival, propose une sélection de films de fiction, documentaires et films d’animation réalisés ou produits dans l’année en Bretagne. Comme le meilleur kouignamann audiovisuel breton 2012, aux côtés des spécialités cinémas basques, catalanes, andalouses et galiciennes. Cette année, 88 films à visionner. Après de longues journées* de visionnements en équipe consciencieuse et assidue, quelques mots sur le Dreistdibab / Grand Cru Bretagne 2012 constitué de 28 films, et autant de voyages et rencontres. Hétéroclite comme à son habitude, notre vitrine cinématographique de l’année nous replonge entre autre dans la société rurale bretonne d’après guerre où l’équipe des « Rouges » et l’équipe des « Blancs » étaient loin de n’engager qu’un match de football (Un village sans dimanche), nous fait (re)découvrir un homme, Francis Jeanson, dont les les actions inspirent le respect et les idées restent

plus que jamais d’actualité (Francis Jeanson, un intellectuel engagé), nous amène aussi au coeur de la lutte des paysans sans terre au Brésil, à travers une jeune et surprenante militante à qui l’on donnerait le bon lieu sans concession (La lutte n’est pas pour tous)... Des portraits qui nous posent en face à face, mode fin de repas du dimanche plein de vérités, avec Edgar Pisani (C’est beau la politique, vous savez!), Mikhaïl Gorbatchev (Mikhaïl Gorbatchev, simples confidences) ou encore Bernard et sa « vitamine zigzag » (Bernard). Il y encore toutes ces histoires, et surtout leur réalisateur qui ont su nous les transmettre, des mimes poétiques d’ouvriers agro-alimentaires devant leur abattoir (Entrée du personnel) jusqu’à ce bouquet de fleurs interdit de prison (Avec mon pt’it bouquet)... Bref, du plijadur pour les yeux, les oreilles et pour le coeur, alors pour en savoir plus, rendez-vous fin août dans les salles. * Merci aux nouilles sautées du chef et aux nems sauce soja local sans quoi rien n’aurait pu voir le jour...

“Un village sans dimanche” de Philippe Baron et Corinne Jacob

LE GRAND CRU BRETAGNE, c’est aussi: Des séances spéciales Une séance avec Jean Epstein, young oceans of cinema, James June Schneider (2011), associé au film Le tempestaire (1947), avec la Cinémathèque de Bretagne. Un programme axé sur le monde travail avec Les prolétaires de la mer (1970), Les ouvriers paysans (1968) et 1er mai à saint-Nazaire (1967), avec l’INA Atlantique. Un film en avant-première avec le Bureau d’accueil de tournages en Bretagne. Et des rencontres professionnelles ... Le Festival accueillera des rencontres en lien avec Films en Bretagne, la filière audiovisuelle en breton, le réseau de salles de cinéma Cinéphare, le Bureau d’accueil de tournages en Bretagne

“C’est beau la politique vous savez!” de JJ Rault


“La lutte n’est pas pour tous” de Guillaume Kozakiewiez

La sélection 2012

“Avec mon p’tit bouquet “de Stephane mercurio

16 Documentaires

5 Fictions Annonce de Julie Henry (11min 33)- Paris-Brest Productions

Bernard de Sébastien Le Guillou (20min) – France 3 Bretagne

Avec mon p’tit bouquet de Stéphane Mercurio (11min) – Mille et Une films & Méroé films

Cest beau la politique, vous savez ! de Jean-Jacques Rault (52min) – Mille et Une films

Fin ar Bed de Nicolas Le Borgne (9min 28) - Lyo Production

Ce qu’il reste à finir de Liza Diaz (53min) – Les films du Balibari

La mystérieuse disparition de Robert Ebb de Fx Goby, Clément Bolla et Matthieu Landour (12min) – Les Films de l’Arlequin et JPL Films

D’où tu viens de Olivier Bourbeillon (45min) – ParisBrest Productions

Le père Noël et le cow-boy de Delphine Deloget (17min 30) – Paris-Brest Productions

6 Films d’animation

Discriminations de Hubert Budor (52min) – Mille et Une films & Vie de Hauts production Entrée du personnel de Manuela Frésil ( 59min) – Ad Libitum & Yumi Production & Milsabords Fort intérieur de Chris Pellerin (42min) – Les productions de l’Oeil Sauvage & Candela production

Oh Willy de Emma de Swaef et Marc-James Roels (17min) – Best Animation & Vivement Lundi!

Francis Jeanson, itinéraire d’un intellectuel engagé de Catherine de Grissac et Bernard Vrignon (53min) – Les films du Balbari & Point du Jour

Petits joueurs de Bruno Collet (1min 40) – Vivement Lundi!

La lutte n’est pas pour tous de Guillaume Kozakiewiez (1h 25min) – Mille et Une films & Need Productions

Son Indochine de Bruno Collet (9min) – Vivement Lundi!

L’enfer vert des Bretons de Mathurin Peschet (52min) – Mille et Une films

Tati Ramitsu de Victoria Vancells (9min 54) – JPL Films

La source de Mirabelle Fréville (36min) – Paris-Brest productions

Tempête dans une chambre à coucher de Laurence Arcadias et Juliette Marchand (10min 58) – JPL Films Thé et gaufrettes de Delphine Piet-Maheo (5min 30) – JPL Films

Mikhail Gorbatchev, simples confidences de Gulya Mirzeova (52min) – Mille et Une films Mille jours à Saïgon de Marie-Christine Courtès (53min) – Vivement Lundi ! Près du corps de Gaël Douel (20min) – Z’ Azimut films

1 Ciné-chrorégraphie La bistrotière de Cécile Borne et Thierry Salvert (10min) – Aziliz Dans

Rock da Breizh de David Morvan et Erwan Le Guillermic (52min) – Aligal production Un village sans dimanche de Philippe Baron et Corinne Jacob (52min) – Vivement Lundi !

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Agenda /Deiziataer Juin/A viz Even 2012 15 juin 2012

21h Projection Désir meurtrier de S. Imamura (1964,150 min) Le festival de cinéma et le Port-musée de Douarnenez

16 juin 2012

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14h Histoire du Japon racontée par une hôtesse de l’air de S. Imamura (1970, 100 min) 17h La vengeance est à moi de S. Imamura (1975, 129 min) 21h Eijanaka de S.Imamura (1981,151 min)

17 juin 2012 16h

Kenso Sensei de S. Imamura (1998, 124 min)

A l’Auditorium, entrée libre Gouel ar filmoù Festival de cinéma de

Douarnenez

23 juin 2012, 16H > Réunion bénévoles 2012 Terrasse du centre de ressources du festival à Douarnenez....goûter partageur, suivi de l’Apero! Venez nombreux ! contact: Stéphanie Pihéry (Fanie) au 0298920921 ou contact@festival-douarnenez.com

26 juin 2012, 17H > Projection des films de l’option cinéma du Lycée au Cinéma le Club 30 juin 2012, 21H > Projection à Kermarron Projection de film Séance gratuite, Rens. au festival : 02 98 92 09 21 ou info@festival-douarnenez.com

juillet / A viz Gouere 2012 LA TOURNEE/ AN DROIAD Un avant-goût du festival, des films bretons et issus des communuatés autonomes (Catalogne, Galice, Pays Basque)!

Jeudi 5 juillet, Espace Ti Lokorn à Locronan Samedi 7 juillet, Espace culturel à Potn-Croix Mardi 10 juillet, salle de la pointe du raz à Plogoff Jeudi 12 juillet, salle polyvalente à Plonéour-Lanvern Vendredi 13 juillet, Bibliothèque municipale à Poullan-sur-mer

19 juillet 2012, 22H > Dans le cadre des fêtes maritimes de Douarnenez

Projection de l’homme d’Aran de Robert Flaherty avec les fileurs d’écoute et projection de courts-métrages de Vittorio de Seta sur la mer


Août/ A viz Eost 2012 3 août 2012

Dans le cadre des Vendredi du Port Rhu 21h30 un voyage musical par DJ Noroc

A la tombée de la nuit : Projection de Benda Bilili!

de Renaud Barret et Florent de la Tullaye

17 au 25 août 2012 35ème Festival de Cinéma de Douarnenez..... !

un pré-programme dès aujourd’hui sur www.festival-douarnenez.com (sous réserve de modifications)

Titouroù/ Contacts Gouel ar filmoù/ Festival de cinéma de Douarnenez 13 rue Michel Le Nobletz BP 206 29172 Douarnenez Cedex Tel: 0298920921 mail: info@festival-douarnenez.com (Attention! fdz@wanadoo.fr n’existe plus et ne fonctionne plus!/Merci de modifier cette adresse dans vos contacts!)

Adhérer au Festival de Cinéma de Douarnenez, pour le soutenir, c’est essentiel! et c’est ICI!

Priz emezlan hiniennel /Adhesion individuelle: 20 Euros Priz emezelan evit un eil den er memes tiegezh/ Adhésion 2e personne, même foyer: 10 Euros Priz emezelan a-stroll (PE, Kevredigezhioù)/ Adhésion collective (CE, Associations): 50 Euros Chekenn da gouel ar filmoù Douarnenez/ Chèque à l’ordre du festival de cinéma de Douarnenenez Mat 1 bloavezh-pad (adalek an deiziad emezelan) / Valable 1 an de date à date Anv/nom: Deiziad/Date:

Anvbihan/prénom: Sinadur/Signature:

Chomlec’h/Adresse:

Pgz/Tél:

Postel/ Courriel: 8

Kesako été 2012  

Journal du Festival de Cinéma de Douarnenez

Kesako été 2012  

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