Le français dans le monde N°389

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REVUE DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DES PROFESSEURS DE FRANÇAIS

// ÉPOQUE //

N° 389 SEPTEMBRE-OCTOBRE 2013

Le fabuleux destin coréen d’Ida Daussy Alliance française de New York : un phare à Manhattan // MÉTIER //

Un prix littéraire francophone au Liban Ça blogue au Sénégal !

// DOSSIER //

Camus, cet étranger familier ISSN 0015-9395 ISBN 978-2-090-37082-9

9 782090 370829

FIPF

www.fdlm.org

// MÉMO //

L’Afghanistan selon Atiq Rahimi : Syngué Sabour, le film

Les fables de Montréal de Michel Tremblay



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n° 389 Métier / Reportage

Les fiches pédagogiques à télécharger Économie : Parler le français : un atout de prix ! Événement : Balades spatiales et gravité zéro Poésie : Ma négritude Reportage : Génération bilingue Clés : La notion de grammaire Test et jeux

ÉPOQUE 6. Portrait

Ida Daussy, tribulations d’une Française en Corée du Sud

8. Tendance

Le grand bal des idées

9. Sport

Camus, au bonheur du jeu

« Génération bilingue », sur la route du français de Paris à Vichy

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10. Économie

Parler le français : un atout de prix !

fiches pédagogiques à télécharger sur : www.fdlm.org

Dossier

12. Regard

Camus, cet étranger familier

« Les plateaux de la balance mondiale se déplacent »

Camus, juste parmi les classiques...............................................48 Chroniques d’un rapport au pays natal......................................50 L’homme réhabilité.....................................................................52 Voyage en mode numérique.......................................................53 L’Étranger, un roman fascinant..................................................54

14. Événement

Ballades spatiales et gravité zéro

15. Festival

Les Francofolies innovent et se souviennent

16. 130 ans d’Alliances françaises

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Le Fiaf, phare français de New York

MÉTIER 20. L’actu 22. Focus

L’éducation fait sa révolution industrielle

24. Mot à mot

Dites-moi Professeur

26. Reportage

32. Point de vue

« Ma patrie, c’est la langue française »

34. Expérience

Le réemploi dans les classes de niveau A1

36. Savoir-faire

Élaborer son propre matériel didactique

« Génération bilingue » : sur la route du français de Paris à Vichy

38. Innovation

28. Clés

40. Ressources

30. Initiative

MÉMO 58. À voir 60. À lire 64. À écouter

La notion de grammaire Un prix littéraire francophone pour les jeunes du Moyen-Orient

Blogosphère francophone Bloguez facile sur Tumblr

INTERLUDES 4. Graphe Étranger

FICHES PÉDAGOGIQUES PAGES 69 À 76

18. Poésie

Aimé Césaire : « Ma négritude»

42. Nouvelle

« Soleil rouge », nouvelle tirée de L’Étranger d’Albert Camus

56. BD

Omar Le-Chéri (2)

66. Test et jeux Les couleurs

Couverture : L’Étranger par Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus © Gallimard Jeunesse 2013

Le français dans le monde, revue de la Fédération internationale des professeurs de français - www.fipf.org, éditée par CLE International – 9 bis, rue Abel–Hovelacque – 75013 Paris Tél. : 33 (0) 1 72 36 30 67 – Fax. 33 (0) 1 45 87 43 18 – Service abonnements : 33 (0) 1 40 94 22 22 – Fax. 33 (0) 1 40 94 22 32 – Directeur de la publication Jean-Pierre Cuq (FIPF) Rédacteur en chef Sébastien Langevin Conseiller de la rédaction Jacques Pécheur (Institut français) Secrétaire de rédaction Clément Balta – Relations commerciales Sophie Ferrand Conception graphique miz’enpage - www.mizenpage.com – Commission paritaire : 0412T81661. 53e année. Imprimé par IME, Baume-les-Dames (25110). Comité de rédaction Dominique Abry, Isabelle Gruca, Valérie Drake, Pascale de Schuyter Hualpa, Sébastien Langevin, Chantal Parpette, Manuela Pinto, Nathalie Spanghero-Gaillard. Conseil d’orientation sous la présidence d’honneur de M. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie : Jean-Marc Berthon (MAE), Jean-Pierre Cuq (FIPF), Pascale de Schuyter Hualpa (Alliance française), Raymond Gevaert (FIPF), Michèle Jacobs-Hermès (TV5), Xavier North (DGLFLF), Hary Andriamboavonjy (OIF), Jacques Pécheur (Institut français), Nadine Prost (MEN), F­ abienne Lallement (FIPF), Lidwien Van Dixhoorn (RFI), Jean-Luc Wollensack (CLE International).

Le français dans le monde // n° 389 // septembre-octobre 2013

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Les reportages audio des mois juillet et août 2013 à télécharger : Micro-trottoir : L’Étranger d’Albert Camus Technologie : les livres numériques Économie : l’obsolescence programmée Sport : la centième édition du Tour de France cycliste

Retrouvez le récapitulatif de tous les sons en ligne, classés par thèmes, en pages 82-83

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tendance

Le grand bal des idées Colloques, débats, forums, le dernier endroit pour aller penser. Enquête. Par Jean-Jacques Paubel

Q

uel prix pour les sentiments ? La liberté sexuelle est-elle une cause politique ? La Cité est-elle en danger ? Militantisme, crise ou renouveau ? Pour répondre à ces questions, des spécialistes pointus, philosophes, sociologues, économistes… Pour écouter les réponses, des centaines voire des milliers d’auditeurs n’hésitent pas à réserver, payer leur place pour pouvoir assister, participer à ces débats. Frénésie du débat Assises, forums, rencontres, les débats publics se multiplient et rencontrent un succès toujours plus grand. Au point que certaines de ces manifestations sont devenues des images de marque pour les villes qui les accueillent, les grands forums itinérants du journal Libération, La République des idées, ou qui en ont pris l’initiative : « Rencontres d’Averroès » à Marseille, « Université foraine » à Rennes, « Le Forum philo Le Monde-Le Mans », « Mode d’Emploi » et « Assises du Roman » à Lyon, « Cité Philo » à Lille, etc. Bref, il ne se passe pas un jour sans que la France s’adonne avec frénésie au débat. Mais pourquoi cette fringale ? Certes, la France a un goût particulier pour le débat auquel les

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philosophes des Lumières ont largement contribué à donner sa forme contemporaine. Mais l’époque, ses mutations, ses doutes et ses crises n’y sont pas pour rien : Thierry Pech, fondateur de La République des idées, aujourd’hui directeur de la revue Alternatives économiques parle de « formidable désir de comprendre, comprendre ce qui nous tombe dessus mais aussi où et qui nous sommes ». Certes les expli-

cations vertueuses à ce succès sont convaincantes : « besoin de pédagogie publique, d’éducation collective », désir « de comprendre en profondeur les grandes questions qui traversent notre société », souhait de « toucher un autre public » mais aussi… question d’image pour les collectivités territoriales.

« Un formidable désir de comprendre, comprendre ce qui nous tombe dessus mais aussi où et qui nous sommes »

Images de marque pour les villes Guy Walter, directeur de la Villa Gillet à Lyon, qui a largement façonné le modèle, a trouvé du côté de la Ville de Lyon un allié qui a bien compris son intérêt et n’hésite pas à ouvrir son portefeuille. Car les idées ont certes un prix mais aussi un coût – un million d’euros pour le forum « Mode d’Emploi » – mais le retour en notoriété justifie cet investissement. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, en convient et assume cette stratégie, lui qui accueille également les « Journées de l’Économie », le « Forum Libération », les « Assises du roman » avec Le Monde. À côté de « la demande du public d’échanges de fond », il défend « une politique d’image : pour rayonner en France et à l’étranger, la dimension intellectuelle est essentielle ». Et c’est vrai : Lille, Marseille, Rennes, Grenoble, Le Mans, tout le monde s’y met ! Et le public dans tout cela ? Il en redemande ! Un peu voyeur : c’est la télé en vrai, avec sur scène ceux qui occupent les plateaux de télévision, qui tiennent blog ouvert sur Internet ou qui signent tribunes et éditoriaux dans les journaux et magazines. Mais surtout intéressé et différent : s’y croisent jeunes actifs, catégories sociales inquiètes, militants de toutes les causes, lecteurs, auditeurs des médias partenaires… On n’a décidément pas fait mieux que l’agora athénienne. Et chacun de reproduire le modèle. n

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époque // sport

Camus au bonheur du jeu Cela peut servir de caution aux intellectuels qui aiment le sport, comme aux sportifs qui ont des velléités intellectuelles : Albert Camus, tout comme Pier Paolo Pasolini, aimait le football. Une passion indéfectiblement liée à sa jeunesse algéroise. Par Clément Balta

L

e meilleur de tous fut Camus, qui ne fut battu que sur cafouillage et fit une splendide exhibition. » La déclaration date du 28 octobre 1930. Elle vient d’un reporter du journal Le RUA, trois initiales pour Racing universitaire d’Alger. Le jeune Albert, presque 17 ans, y tient brillamment le rôle de gardien. Si brillamment, qu’il est cité avant l’arrière-gauche Ben Bouali, qui fut par la suite sélectionné en équipe de France. De quoi rêver à la carrière d’un Camus footballeur... Carrière qui se brisera net quelques mois après. Albert contracte la tuberculose. Il rechausse bien les crampons en 1940, mais pour se rendre compte que « ce n’était pas hier. Avant la fin de la première mitemps, je tirais aussi fort la langue que les chiens kabyles qu’on rencontre à deux heures de l’après-midi, au mois d’août, à Tizi Ouzou. » Malgré la maladie, à cause d’elle peut-être, jamais

la passion du jeu ne le quittera. En 1953, il témoignera lui-même dans Le RUA de cette « belle époque » : « Je ne savais pas que vingt ans après (…), le mot RUA prononcé par un ami de rencontre me ferait battre le cœur le plus bêtement du monde. » Le cuir de la nostalgie La présence du football reste cependant anecdotique dans son œuvre. « L’étranger » Meursault observe revenant « du stade de banlieue des grappes de spectateurs perchés sur les marchepieds et les rambardes » des tramways. Dans La Peste, un certain Gonzalès explique pourquoi, en sa qualité de demi-centre, il occupe la plus belle place de l’équipe car il « distribue le jeu ». Le Jean-Baptiste Clamence de La Chute déclare : « Je n’ai vraiment été sincère et enthousiaste qu’au temps où je faisais du sport, et, au régiment, quand je jouais dans les pièces que nous représentions pour notre plaisir. (…) Maintenant encore, les matchs du dimanche, dans un stade plein à craquer, et le théâtre, que j’ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits où je me sente innocent. » Cette phrase résonne comme un écho à celle que Camus prononce lors d’une émission de télé, en 1959 : « Pour moi, je n’ai connu que dans le sport

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d’équipe, au temps de ma jeunesse, cette sensation puissante d’espoir et de solidarité qui accompagne les longues journées d’entraînement jusqu’au jour du match victorieux ou perdu. Vraiment, le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre, qui resteront mes vraies universités. » Surprenante confession, à entendre en contrepoint de cette vie d’intellectuel parisien à laquelle il n’a jamais réellement adhéré. « J’appris tout de suite qu’une balle ne

vous arrivait jamais du côté où l’on croyait. Ça m’a servi dans l’existence et surtout dans la Métropole où l’on n’est pas franc du collier », confia-t-il encore au RUA. Le foot comme école de la vie, c’est là une chose qu’on n’image pas forcément chez ce penseur de l’absurde ni chez cet homme révolté. Mais bien davantage, le ballon rond figure pour lui les joies et l’innocence de la jeunesse. Cette nostalgie s’illustre dans Le Premier Homme, roman inachevé publié pour la première fois en 1994 avec, en couverture, ce cliché de 1930 où l’on voit Albert Camus au premier rang, assis en tailleur, casquette vissée sur le crâne, posant au milieu de son équipe du Racing. Le football y est cette fois cité de manière explicite : le héros, Jacques Cormery, dont « le football était [le] royaume », est nommé « gardien de but titulaire de l’équipe du lycée ». Il est, écrit Camus-Cormery, « le roi de la cour et de la vie ». Le Premier Homme, hommage au bonheur de son enfance, est en même temps l’expression du bonheur de l’écriture qui la reconstitue et dont le football est un ingrédient essentiel, la traduction du « bonheur de cette simple amitié dont j’ai vécu », note-t-il dans ses Carnets, en février 1955. n

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expérience

À quelle heure part-il de chez lui ?

Le réemploi dans les U Les structures grammaticales demandent parfois une utilisation intensive pour être bien intégrées. Voici quelques activités langagières pratiques et ludiques pour les débutants.

Rodolfo Machuca est professeur à l’Alliance française de Buenos Aires (Argentine).

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Par Rodolfo Machuca

ne leçon sur « le réemploi » des difficultés grammaticales et/ou lexicales est une phase indispensable dans le processus d’apprentissage d’une langue étrangère. À condition que ce ne soit pas seulement une « dramatisation » qui consiste à répéter le dialogue avec brio, en vrai acteur de théâtre ; à condition de ne pas non plus pratiquer des exercices structuraux aujourd’hui condamnés et que certains ne désespèrent pas de voir réapparaître un jour sous une forme moins mécanique. L’expérience montre que les professeurs en formation ou débutants ne connaissent pas le réemploi ou en ont une idée assez vague. D’où les propositions d’activités qui suivent et qui visent le réemploi de certaines

notions qui font partie du cursus A1 : l’heure, les verbes pronominaux, les différentes parties du corps… Un certain nombre d’objectifs sont visés, à savoir : - l’acquisition, le réemploi et/ou la fixation des notions faisant l’objet du cours ; - l’introduction dans le groupe-classe d’un moment ludique pour favoriser, si nécessaire, le déblocage et encourager la prise de la parole ; - la place du professeur dans l’activité : lui offrir la possibilité de progressivement s’effacer ; - la nécessité de bien préparer ces séances de réemploi. Les activités qui suivent ne sont pas

Un moment ludique pour favoriser le déblocage et encourager la prise de la parole

les seules possibles ni ne font preuve d’une originalité hors pair. Il s’agit de donner quelques idées que les jeunes enseignants pourront modifier selon leurs goûts et leurs personnalités tout en les adaptant au profil du groupe avec lequel ils travaillent et, surtout, au niveau linguistique atteint par les apprenants. Apprendre à dire l’heure Sous forme d’un championnat de mathématiques, les étudiants jouent l’un après l’autre le rôle du présentateur et les autres jouent le rôle des participants. Distribuer le document suivant : 1.- Présentateur : Paul commence à travailler à 9 h 30. Il met une heure pour se doucher, s’habiller et prendre son petit-déjeuner. Il met 25 minutes pour arriver à son bureau. À quelle heure part-il de chez lui ?

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6.- Présentateur : La recette annonce que pour préparer la sauce béchamel, il faut 30 minutes. Je dois la servir à 20 h 30. À quelle heure je dois commencer à la préparer ? Participant : --------------------------------

La petite famille nombreuse et révoltée Exemples : A.- Maintenant, je me coiffe. B.- Maintenant, nous ne nous coiffons pas

Travailler la négation et les verbes pronominaux Un adulte (mère ou père) apprend à parler à un petit enfant. Formation de deux groupes A (la mère/le père) et B (l’enfant). Chaque membre du groupe A se place en face d’un membre du groupe B. L’adulte accomplit une action et l’accompagne du mot qui la désigne (utilisation d’un verbe pronominal). L’enfant fait de même. Exemple : A.- Aujourd’hui je me coiffe. B.- Moi aussi, je me coiffe.

A.- Hier, je me suis coiffé. B.- Hier, nous ne nous sommes pas coiffés.

Quelques expressions utiles : plie un peu la jambe gauche ; avance d’un pas la jambe droite ; pose ta main droite sur ta tête ; mets ton bras gauche derrière le dos ; souris ; baisse un tout petit peu ta tête ; tourne un peu l’épaule droite vers le côté gauche.

Utiliser les parties du corps Objectifs : travailler les parties du corps et l’impératif.

Et pourquoi pas une poésie ? Le texte choisi doit s’adapter le plus possible au niveau du cours et servir dans la mesure du possible de réemploi de la ou des difficulté(s) qui ont été abordée(s) dans le cours.

Démarche pédagogique du sculpteur copiste : le professeur choisit l’étudiant qui va jouer le rôle de la statue et il distribue au groupe-classe la reproduction que le sculpteur veut copier (dans notre cas, il s’agit du Penseur de Rodin). À tour de rôle, les élèves prennent

1.- Introduire le mot allumette/allumettes. Demander aux élèves de dicter les mots qui leur viennent à l’esprit à partir du mot allumettes. Au fur et à mesure qu’on les écrit au tableau les numéroter de 0 à 9. 2.- Demander aux étudiants de donner leur numéro de téléphone.

© Shutterstock

classes de niveau A1 Participant : -------------------------------2.- Présentateur : Le cours de langue commence à 14 h 30. L’Institut et à 15 minutes de chez vous. À quelle heure quittez-vous la maison ? Participant : -------------------------------3.- Présentateur : Le train pour Lyon part à 17 h 10. Marie habite en face de la gare de Lyon. À quelle heure part-elle de chez elle ? Participant : -------------------------------4.- Présentateur : Les Dubois vont chercher leurs amis qui arrivent de Marseille à 19 h 55. Ils habitent à 15 minutes de la gare. À quelle heure sortent-ils de chez eux ? Participant : -------------------------------5.- Présentateur : Je dois être à l’aéroport à 17 heures. Le taxi met 45 minutes pour arriver à Orly. À quelle heure est-ce que je le prends, le taxi ? Participant : --------------------------------

L’enfant révolté Exemples : A.- Aujourd’hui, je me coiffe. B.- Moi, je ne me coiffe pas. A.- Hier, je me suis coiffé. B.- Moi, je ne me suis pas coiffé. Distribution d’une liste des verbes qui peuvent être utilisés : se réveiller, s’étirer, se lever, se gratter la tête, s’habiller, se doucher, se brosser les dents, se maquiller, se raser. La petite famille nombreuse et obéissante Exemples : A.- Maintenant, je me coiffe. B.- Maintenant, nous nous coiffons. A.- Hier, je me suis coiffé. B.- Hier, nous nous sommes coiffés.

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la place du sculpteur. Celui-ci doit se contenter de parler car il ne peut faire aucun geste. Il donne à sa future créature les ordres nécessaires afin d’obtenir la sculpture qu’il veut copier. L’étudiant qui joue le rôle de la statue ne peut pas parler. Il doit se contenter de faire ce que le sculpteur lui dit. Finalement la statue est présentée dans une exposition. Un étudiant joue le rôle de guide. Il décrit la statue et répond à toutes les questions que lui posent les visiteurs (les autres élèves du cours).

3.- Chaque étudiant doit faire des phrases où entrent tous les mots qui correspondent à leur numéro de téléphone. 4.- Distribuer le texte à compléter. Complétez le texte suivant : Trois allumettes une à une .................... dans …………... La première pour ............................... La seconde .......................... La dernière ......................... Et .................................................. 5.- Distribuer le texte de Prévert ci-dessous et le faire lire. n

Paris at night Trois allumettes une à une allumées dans la nuit La première pour voir ton visage tout entier La seconde pour voir tes yeux La dernière pour voir ta bouche Et l’obscurité tout entière pour me rappeler tout cela En te serrant dans mes bras Jacques Prévert, Paroles, 1946

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L’Étranger par Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus©Gallimard Jeunesse 2013

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© JEAN MICHEL VOGE / Figarophoto.com

« Tipaza célèbre les noces de l’homme avec le monde.­»

Albert Camus

cet étranger familier Camus en 5 livres

1942

L’Étranger roman

1949

Les Justes théâtre

1951

L’Homme révolté essai

1956

La Chute roman

1994

Le Premier Homme roman (posthume) Le français dans le monde // n° 389 // septembre-octobre 2013

U

n siècle après sa naissance, que reste-t-il d’Albert Camus ? Un prix Nobel de littérature attribué en 1957, l’écho des combats contre le franquisme, le terrorisme et les totalitarismes de tous bords. Et des livres. Des essais, des pièces de théâtre, des romans, au premier rang desquels L’Étranger. Notre dossier s’appuie d’ailleurs sur des dessins de Jacques Ferrandez, qui vient de l’adapter en bande dessinée (aux éditions Gallimard), preuve s’il en était besoin de la vitalité de ce roman, l’un des ouvrages français les plus lus au monde.  Demeure également l’image d’un cer-

tain idéal de l’intellectuel du xxe siècle, révolté, impliqué dans de nombreux combats, mais jamais réellement engagé au point d’être aveuglé par les causes qu’il servait. L’œuvre de Camus apparaît ainsi à la fois fortement ancrée dans une période, le colonialisme, et en un lieu, l’Algérie. Mais ce contexte jamais n’enferme le propos ou ne limite la portée des textes. Les héros de Camus tentent de comprendre l’absurdité de leurs actes, donc de leur existence. Seule la révolte leur permet de gagner la liberté de conscience. Pour ces questionnements et bien d’autres, il sera toujours important de lire Camus dans un siècle. n

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BD

Le Tombeau perdu d’Alexandre le Grand (2)

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Acteur du réseau culturel français à l’étranger (Le Caire, Ramallah, Sarajevo), Gilles Kraemer dirige actuellement une collection de chroniques de voyage aux éditions parisiennes Riveneuve. Passionné de bande dessinée, il crée le personnage d’Omar LeChéri en 1991 dans un journal du Caire, puis en 1997 une association du même nom qui anime des ateliers d’écriture et de blogs pour les jeunes de la Méditerranée, avec l’appui du Fonds francophone des inforoutes (OIF). À Sarajevo en 2011, il s’associe à l’artiste bosnien Damir Niksic pour réaliser les 48 planches de l’aventure Le Tombeau perdu d’Alexandre le Grand (éditions Riveneuve, 2013), qui participe au programme « Des bulles et des fouilles, la BD s’invite au musée » de Marseille, en septembre 2013.

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à écouter Coups de cœur

Chansons tarte, mais bien

La même année, Niagara, groupe rennais issu des alentours de Marquis de Sade, remporte le gros lot avec « L’Amour à la plage ». Second degré ou pas ? Il faudra attendre 1988 et l’album Quel enfer ! pour vérifier que Niagara a des choses à dire…

tualité. Son vingt-deuxième album Juste une femme est dans cette même veine : la chanteuse, âgée aujourd’hui de 79 ans, y développe ses sujets favoris (la tolérance, la condition féminine, le couple, l’âge). « Juste une femme » (qui donne son titre à l’album) est née de l’affaire DSK. Ces dix nouveaux titres sont servis par l’excellente pianiste Nathalie Miravette (ex-pianiste d’Allain Leprest). E.S.

Promenade aux Parcs

Retour au punk déjanté avec Les Wampas. En 2000, leur chef-d’œuvre absurde « J’ai avalé une mouche » raconte, d’une voix blanche, les aventures d’un gamin qui a gobé la bestiole « en roulant sur son vélo »… Un must !

© Philippe Lebruman

Autre must avec « La Banane » (2010) de Katerine, spécialiste de l’absurde et de la provocation. La glorification du fruit cher à Andy Warhol rencontre le refus du travail, cher, lui, à Boris Vian… Toujours avec la plage en arrière-fond.

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Cadeau de la Sylvestre Ses mots sont ciselés, sa voix délicate : la discrète Anne Sylvestre est un grand nom de la chanson française, menant dès ses débuts une carrière en marge du showbiz et des médias. À son actif : des centaines de chansons souvent très engagées : « Non, tu n’as pas de nom » (deux ans avant la loi Veil), « Gay, marions-nous » (en 2007) qui évoque avec fantaisie et liberté un sujet ô combien d’ac-

Il est suivi en 1986 par l’ex-punk Elli Medeiros qui, avec « Toi mon toit », profère un chant d’amour minimal, répétitif et bouleversant, sur une rythmique prenante de candombe uruguayen, son pays d’origine.

La plage, lieu d’excellence de la banalité envoûtante. En 2013, le groupe La Femme chante « Sur la planche ». Voix de femme volontairement décolorée, mots simples, fausse naïveté sur fond de guitare surf et d’électro… Le second degré est là, sans doute.

v

En 1981, Patrick Coutin, journaliste rock, innove dans la chanson de plage minimaliste. Avec « J’aime regarder les filles », il perpétue un style : paroles banales et fascinantes, crues et réalistes, sur une musique simple.

© Philomène Petitjean

Il y a chanson niaise et chanson niaise. Sont vraiment niais ceux qui ne le font pas exprès : ce sont les plus nombreux. Les autres ? Sur les traces de Vian et Desnos, ils chantent le vide pour mieux faire entendre la vie. Sélection.

Dans le paysage de la chanson française, Bertrand Belin n’est pas un nouveau venu : ce Breton de quarante-deux ans a débuté au début des années 90, d’abord avec un groupe canadien, puis anglais, avant d’être guitariste et compositeur pour plusieurs formations et de collaborer notamment avec Néry, Bénabar ou encore Olivia Ruiz. Son premier album date de 2005. Mais c’est son troisième disque, Hypernuit, qui le révèlera au grand public. Aujourd’hui, ce chanteur à la voix grave et aux textes souvent mélancoliques livre un nouvel opus, où les mots sont soutenus par une musique folk élégante. Sur ces douze chansons (moins sombres que sa production précédente) il est question notamment de bruine, d’herbes humides, d’eau. Un album enregistré à Sheffield, en Angleterre. « Un déluge », avec son petit riff de guitare, en est probablement le meilleur titre. E. S.

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Par Jean-Claude Demari et Edmond Sadaka

Livres à écouter Par Sophie Patois Dans un ouvrage intitulé tout simplement Les Vieilles (Prix Renaudot Poche 2012), Pascale Gautier croque avec malice mais non sans empathie le portrait de quelques vieilles dames dignes ou indignes. Veuves en rose plutôt que veuves en noir, sous le casque ou autour d’un thé, elles abattent leurs dernières cartes avec plus ou moins de vivacité et d’insolence. Lu sans une fausse note par la comédienne Caroline Beaune, ce texte, un rien caustique, invite mine de rien à la réflexion. La vieillesse est bien un thème qui un jour ou l’autre concerne… Inspiré d’un personnage réel, le héros d’Avenue des Géants de Marc Dugain serait plutôt du genre infréquentable voire monstrueux puisqu’il s’agit d’un serial killer ! Lecture et écoute (dix heures, il ne faut pas décrocher…) des plus troublantes que la

en bref Le nouvel opus de Maxime Le Forestier porte bien son nom : Le Cadeau. Duo avec Camille et collaboration avec Julien Clerc, le parolier Claude Lemesle et le comédien Jacques Weber.

voix du comédien Bernard Métraux porte dans toute sa froideur. Marc Dugain, auteur notamment de La Chambre des officiers paru en 1998 et maintes fois primé, excelle dans cette description tout intérieure d’une folie en action. Tout ici est placé sous le signe du gigantesque et de l’extravagance avec un personnage qui mesure plus de 2,10 m et révèle un Q. I. supérieur à celui d’Einstein ! Percutant et très dérangeant.

Troisième album depuis 2006 pour David Babin, dit BabX… Drones Personnels côtoie des sommets escarpés et des rivages plus avenants, au nombre desquels « Tchador Woman », titre bashungien proche de « Madame Rêve ». On aimera aussi « Despote Paranoia » et un charmant duo avec Camelia Jordana, « Je ne t’ai jamais aimé ».

Les Vieilles de Pascale Gautier, lu par Caroline Beaune, Écoutez lire Gallimard Avenue des Géants de Marc Dugain, lu par Bernard Métraux, Écoutez lire Gallimard

© Richard Aujard

En 1993 naissait Autour de Lucie, passionnant trio rassemblé autour de Valérie Leulliot. En 2004, après quatre albums lumineux, le groupe se mettait en sommeil. Prélude à un cinquième album, un trois-titres vient de paraître autour de « Ta lumière particulière », hymne d’amour au rythme nerveux et à la voix aérienne, guitares gémissantes à l’arrière. Après Le Petit Peuple du bitume sorti en 2007, le Français Daran revient avec L’Homme dont les bras sont des branches, qui comprend 13 inédits rôdés auparavant sur les scènes du Québec, où il est installé depuis 3 ans.

Être pote avec The Hyènes En 2005, Denis Barthe, solide batteur du mythique Noir Désir, et le guitariste du groupe, Jean-Paul Roy, étaient au chômage technique pour cause de cruelle absence du chanteur. Un petit diable vint alors à leur rencontre : le réalisateur Albert Dupontel, qui voulait une B. O. vraiment originale pour son film Enfermés dehors… Ainsi naquirent The Hyènes. Avec un nom pareil, il était nécessairE que le groupe soit punk tendance moqueuse… Aujourd’hui arrive

enfin Peace And Loud, grand moment d’anarchie in the RF. Grosses guitares, batterie binaire enragée,voixàl’avenant:dèslepremiermorceau, The Hyènes rend hommage aux DeadKennedyscaliforniensavec« Dead Pompidou’z ». Efficace… Pas le temps de respirer un instant dans cet album à 200 à l’heure : « La Peur » arrive déjà, hymne sociétal qui tutoie le succès. Puis « Le Pouvoir »… Un album de rock pur, jubilatoire et hargneux. J.-C. D.

Le français dans le monde // n° 389 // septembre-octobre 2013

Après avoir œuvré comme musicien et arrangeur (Vanessa Paradis, Iggy Pop), Albin de la Simone sort son 4e album solo. On retrouve à ses côtés J.-P. Nataf aux chœurs et à la guitare, l’Islandaise Emilíana Torrini, ou encore le pianiste Alexandre Tharaud.

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Alexandre Tharaud, justement, excelle aussi bien avec Bach qu’avec Poulenc ou Satie. Il nous embarque dans l’aventure du Bœuf sur le Toit, faisant revivre, entre classique et jazz, le cabaret mythique des années 1930. Autour de duos avec Juliette, N. Dessay ou M. Peyroux, il interprète des airs de Wiener, Milhaud ou Gershwin…

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