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Après la rencontre de deux protagonistes, les « soutiens » de chaque participant entrent en relation avec un participant de l’autre groupe.

 ces des pratiques pédagogiques » maturgie, entre autres, la notion de forces dramaturgiques dans la création des exercices et dans le choix des textes. Ces approches se sont développées dans les années 1970, puis ont été largement utilisées dans les années 1980 et 1990. Désormais, sont-elles encore fréquemment employées par les enseignants de langue ? B. D. : En Allemagne, où je réside, ce sont surtout la suggestopédie et la psychodramaturgie qui sont les plus présentes dans le domaine dit « alternatif » et connaissent une expansion progressive. Mais à côté de leur emploi dans leur version standard, le plus importants est que certaines de leurs conceptions et de leurs activités contribuent à améliorer l’apprentissage des langues en général. Ainsi, depuis plus de trente ans lors d’ateliers dans différents pays et depuis quinze ans dans le cadre des stages BELC d’été, je présente à des enseignants venant de tous les horizons des techniques de la psychodramaturgie qui sont exploitables dans des contextes classiques d’enseignement. Ces approches invitent à se poser des questions sur certaines « évidences » des pratiques conventionnelles. Elles peuvent apporter un enrichissement de l’enseignement des langues sans que les enseignants aient l’obligation d’adhérer à l’enLe français dans le monde // n° 394 // juillet-août 2014

semble de leurs conceptions et de leurs pratiques, car tout choix méthodologique est avant tout un choix personnel, d’où l’importance de l’adéquation entre l’enseignant et son mode de travail. Les jeux, sérieux ou non, les simulations, la pratique théâtrale sont fréquemment intégrés aux cours de français. Ces activités à la fois pédagogiques et récréatives vous semblent-elles importantes pour la progression des apprenants ? B. D. : Oui, quand elles permettent aux participants de faire vivre directement la langue ou de développer une relation positive avec cette langue. Un certain nombre de ces pratiques est utilisé pour assouplir et élargir un enseignement de conception plus sévère. Elles sont donc bienvenues quand elles permettent un contact plus souple avec la langue étrangère et son enseignement ainsi qu’une meilleure intégration de celle-ci. Vous pratiquez vous-même l’enseignement de la psychodramaturgie linguistique depuis plus de trente ans : pouvez-vous exposer en quelques mots les principes de cette approche originale ? B. D. : Voici quelques orientations qui demanderaient à être illustrées pour en comprendre leur traduction dans la pratique : une orientation

« Acquérir la langue étrangère en la vivant en action et en relation plutôt que de l’apprendre de manière abstraite » vers les participants et le groupe (l’animateur propose un cadre ouvert à l’expression à travers une activité qui stimule le désir d’expression des participants, ce sont les participants qui orientent l’activité et qui déterminent les contenus) ; une conception de l’individu comme un être unique (chacun a sa progression et suit son chemin à son rythme dans la langue étrangère) ; suivre au lieu d’anticiper (ainsi dans les rencontres entre participants une technique dite de « recharge » permet de développer linguistiquement les dialogues spontanés et de renforcer les nouvelles acquisitions linguistiques) ; acquérir la langue étrangère en la vivant en action et en relation plutôt que de l’apprendre de manière abstraite ; le développement du double niveau de l’apprentissage, c’està-dire le développement des compétences non seulement du « niveau de surface » : la prononciation, le lexique, la syntaxe, l’interculturel, mais, en parallèle, du « niveau profond », c’est-à-dire des attitudes, aptitudes et comportements (concentration, écoute, ouverture, flexibilité…) qui facilitent l’acquisition d’une langue étrangère. n

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Le français dans le monde N°394  

Extraits du numéro de juillet-août 2014 de la revue Le français dans le monde

Le français dans le monde N°394  

Extraits du numéro de juillet-août 2014 de la revue Le français dans le monde

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