Page 1

FAWE

Forum for African Women Educationalists Forum des éducatrices africaines

R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

RENFORCER la recherche sur le genre pour améliorer l'éducation des FILLES et des FEMMES en AFRIQUE

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

1


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

2

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Renforcer la recherche sur le genre pour améliorer l'éducation des filles et des femmes en Afrique

Les cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

Les études contenues dans cette publication ont été rendues possibles grâce au généreux soutien financier de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (Norad). Les points de vue et les opinions exprimés dans ce volume sont ceux des auteurs et ne reflètent pas forcément les opinions du FAWE. Ils ne doivent pas être attribués au FAWE, à ses membres, à ses partenaires financiers, ou aux organisations qui lui sont affiliées, ou à toute personne agissant au nom du FAWE. ©FAWE 2013

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

1


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

2

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Table des matières du Volume III des Cahiers de recherche du FAWE Introduction ....................................................................................................................................................... 3 Remerciements ................................................................................................................................................. 5 Liste des tableaux et des graphiques ........................................................................................................... 9 Liste des abréviations et des acronymes .................................................................................................... 12 Vue d’ensemble ................................................................................................................................................. 16 Enseignement post-primaire : aborder la violence, le harcèlement et le découragement dans l’environnement d’apprentissage ......................................................................... 20 L’éducation des femmes en technologie à l’Institut universitaire de technologie de l’Université de Douala ............................................................................................................................. 22 Explorer les expériences des femmes aux postes à responsabilité dans les établissements publics d’enseignement supérieur au Ghana ..................................................................................... 40 Violence sexuelle dans les écoles pour élèves ayant des besoins spécifiques en Afrique du Sud ............................................................................................................................................................... 66 Le marché du travail : renforcer les liens entre l’éducation et le monde du travail ......................... 80 Education et insertion des femmes sur le marché du travail à Abidjan .................................... 82 Genre, insertion dans le marché de l’emploi et impacts socio-économiques des formations professionnelles dispensées à Dakar .................................................................................................. 103 Explorer la nature sexospécifique des liens éducation-marché du travail en Tanzanie : audelà des chiffres ....................................................................................................................................... 126 Les activités des femmes dans le secteur informel et le soutien à l’éducation des filles à Binga : Perspectives des femmes dans le secteur informel ......................................................... 149 Conclusion et recommandations de politiques et de pratiques ............................................................. 165

L'intégral du Volume III des Cahiers de recherche du FAWE est disponible sur le CD-ROM contenu dans la pochette à l'arrière de ce document.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

3


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Introduction La recherche est fondamentale au travail de développement socio-économique. Si elle n’offre pas de solutions rapides aux complexités de la réduction de la pauvreté et du développement, elle a le potentiel de faciliter la façon dont nous les abordons en produisant des connaissances sur des domaines spécifiques exigeant une attention politique. Etant donné que l’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes sont des facteurs clés des efforts de développement, les travaux de recherche qui visent à influencer ces efforts doivent être nécessairement sensibles au genre et mettre en lumière les réalités, les considérations et les approches potentielles en vue d’assurer des résultats positifs pour tous dans le processus de développement – femmes et hommes confondus. En ce qui concerne l’éducation, la recherche peut nous éclairer sur les moyens de nous assurer que les approches politiques, les attitudes des communautés, les pratiques pédagogiques et les environnements d’apprentissage sont équitables, propices et aboutissent à l’amélioration des acquis de l’apprentissage des filles et des garçons, des femmes et des hommes. Les connaissances produites par la recherche fournissent des justifications aux décisions politiques sur l’éducation et son rôle dans la réduction de la pauvreté et le développement socio-économique. L’objectif du FAWE est de s’assurer que les connaissances issues de ce recueil d’études sur le genre et l’éducation en Afrique sont intégrées dans les processus de prise de décision des politiques et des plans d’éducation, nouveaux et révisés, axés vers plus d’équité et de développement. Par ailleurs, il est essentiel qu’un plus grand nombre de femmes renforcent leurs compétences en recherche et rejoignent la communauté africaine de recherche afin de s’assurer que les perspectives des femmes sur les problématiques de genre sont incorporées dans les domaines de recherche prioritaires, notamment la qualité de l’éducation pour tous les enfants, les enseignants et la pratique pédagogique, l’égalité dans l’éducation, et l’éducation dans les situations de crises et fragiles. Ceci, aussi, constitue un élément clé du travail de développement. Elargir les opportunités de recherche à destination des femmes africaines leur offrira un accès plus important aux canaux leur permettant d’influencer leurs sociétés en posant des questions de recherche pertinentes dans tous les domaines du développement. Cela contribuera également à une répartition plus équilibrée du pouvoir dans la production et l’utilisation du savoir et une plus grande égalité entre les genres dans le dialogue politique sur le continent. Ce troisième cycle de recherche mené par le FAWE répond aux préoccupations et aux objectifs évoqués ci-dessus. Premièrement, les études contenues dans ce volume portent sur les questions clés liées à l’offre d’un environnement propice à l’apprentissage et à la création des conditions pour une transition réussie vers le monde du travail. Elles examinent les préoccupations sexospécifiques des jeunes femmes inscrites dans les programmes d’études en technologie ou cherchant à devenir des étudiantes dirigeantes sur leurs campus, le harcèlement et la violence sexuelle chez les élèves du secondaire ayant des besoins spéciaux, l’interrelation entre le genre, l’éducation et l’intégration sur le marché du travail, et le rôle du secteur informel pour soutenir ou faire obstacle à l’éducation des filles.

4

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Deuxièmement, bien que les chercheurs masculins aient apporté une perspective et une contribution précieuses aux études publiées dans ce volume, toutes les équipes de recherche ont été dirigées par des chercheuses africaines expérimentées spécialisées dans le genre et/ou l’éducation. Les idées de ces chercheuses pourront éclairer les travaux du FAWE de façon stratégique, tandis que le FAWE, grâce à son puissant réseau permettant de diffuser la recherche, pourra offrir à ces chercheuses une plateforme pour élargir leur engagement et influencer les domaines des politiques et des pratiques éducatives. Conscientes de la nécessité de renforcer les capacités de recherche des jeunes chercheurs africains, les équipes ont également inclus au moins deux chercheur(se) s mentoré(e)s. De jeunes chercheurs, femmes ou hommes, ont été mentorés par la chercheuse principale ou d’autres chercheuses expérimentées afin de renforcer leur savoir et leur pratique dans les domaines de la recherche sur le genre. Troisièmement, grâce à ses liens privilégiés avec les décideurs et les responsables politiques africains, à l’intérieur et à l’extérieur du continent, ainsi qu’avec les principales instances régionales africaines, le FAWE occupe une position unique pour contribuer au renforcement des liens entre la recherche, la politique et la pratique. Les trois cycles de recherche publiés à ce jour dans le cadre des Cahiers de recherche du FAWE offrent une opportunité unique d’introduire de nouvelles connaissances sur la scène de la recherche africaine et d’encourager l’approfondissement continu des programmes de recherche, d’offrir de nouvelles connaissances et perspectives aux processus de prise de décision et de mise en œuvre, d’ouvrir de plus grands canaux de communication entre la production de connaissances par la recherche et l’exploitation de ces connaissances par la mise en œuvre pratique et de créer une base commune où la recherche éclairera la politique et la politique éclairera la recherche. L’initiative de recherche dans le cadre de laquelle ces études ont été menées est au centre des activités de recherche du FAWE depuis 2009. Le FAWE s’efforcera de soutenir ses efforts de recherche au-delà de cette initiative, en s’appuyant sur son réseau continental, le mentorat de jeunes chercheurs et les Cahiers de recherche du FAWE au fil du temps. Ils sont vitaux pour les travaux du FAWE et continueront à les éclairer. Le FAWE souhaite remercier l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (Norad) de son soutien indéfectible pendant toute la durée de l’initiative et pour avoir permis au FAWE et à ses partenaires de faire cette importante contribution. Le FAWE souhaiterait adresser ses remerciements aux équipes de recherche et aux institutions qui ont été nos partenaires estimés dans cette entreprise et qui ont tant contribué à ce volume. Hendrina Doroba Directrice exécutive du FAWE par intérim

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

5


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Remerciements Le FAWE souhaite remercier les personnes, les institutions et les organisations suivantes de leur précieuse contribution au troisième et dernier cycle de son initiative de recherche et à ce nouveau volume des Cahiers de recherche du FAWE. Appui et conseils financiers Agence norvégienne de coopération pour le développement (Norad) L’engagement de la Norad en faveur de l’égalité des genres et de l’éducation ainsi que son soutien à la recherche sur le genre et l’éducation ont été essentiels pour l’initiative de recherche du FAWE et les Cahiers de recherche du FAWE. Le FAWE souhaite remercier la Norad de son appui financier en faveur de l’initiative de recherche et du soutien de longue date qu’elle apporte à ses travaux depuis 1993. Equipes de recherche Université de Douala, Cameroun Irene Asanga, chercheuse principale Irene Asanga est maître de conférences en droit au Département de droit coutumier de l’Université de Douala. Ses domaines de rec46 herche incluent le droit de la famille, la succession, le droit du travail et les droits de l’homme. Mme Asanga est également impliquée dans des activités liées aux droits de l’homme, avec un intérêt particulier pour les droits de l’enfant et de la femme. Elle a occupé le poste de secrétaire administrative à la Human Rights Clinic and Education au Cameroun et a fait des stages avec des avocats spécialistes des droits de l’homme en Afrique du Sud. Lola Nkamanyang, chercheuse mentorée Lola Nkamanyang est maître de conférences en littérature et théorie critique au Département d’anglais et de langues étrangères de l’Université de Douala. Elle travaille actuellement sur un projet de séminaires de méthodologie en 6

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

langue, littérature et études culturelles qu’elle considère comme le fondement de l’éventuelle introduction des théories et des méthodes interdisciplinaires pour l’enseignement, l’interprétation et l’analyse et la relation entre les textes littéraires et leur contexte de production au Département d’anglais. Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES), Côte d’Ivoire Namizata Binate Fofana, chercheuse principale Namizata Binate Fofana est chercheuse et directrice de la cellule Genre et Développement du CIRES. Elle est également chargée de cours à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Cocody à Abidjan. Mme Binate Fofana est membre de l’Association des chercheuses de Côte d’Ivoire, de l’International Association for Feminist Economists et de l’African Women Leaders in Agriculture and Environment Mariame Maiga, chercheuse associée Mariame Maiga est conseillère au genre et au développement social pour le programme régional de productivité agricole de la Banque mondiale au Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF/WECARD). Elle est sociologue et chercheuse associée au CIRES. Elle a été experte pour la Région Afrique dans l’équipe de l’évaluation de la performance Genre de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et a travaillé pour la représentation de la FAO en Côte d’Ivoire. Elle a également été spécialiste en développement social et genre dans l’équipe FAO-Banque mondiale pour la formulation du projet de soutien de la Banque mondiale au secteur agricole en Côte d’Ivoire. Virginie Koffi Yapo, chercheuse associée Virginie Koffi Yapo est enseignante-chercheuse à l’Unité de formation et de recherches de


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

sciences économiques et de gestion de l’Université Félix Houphouët Boigny (UFHB) à Abidjan. Elle est également économiste et chercheuse associée au CIRES. Mme Yapo a été consultante du rapport sectoriel SantéNutrition du programme de coopération UNICEF en Côte d’Ivoire. Elle a participé à la réalisation de l’étude sur le fonctionnement des différentes cellules Genres des ministères du gouvernement ivoirien et à l’atelier de validation du rapport d’expérimentation des Indicateurs de développement et des inégalités entre les sexes (IDISA) en Côte d’Ivoire en collaboration avec le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant. Adoh Bisse, chercheuse mentorée Adoh Bisse enseigne les techniques de communication à Pigier-Côte d’Ivoire et est doctorante à l’Unité de formation et de recherches de sciences économiques et de gestion de l’UFHB à Abidjan. Elle participe actuellement à des stages pratiques et des études de terrain dans le cadre de sa formation universitaire et professionnelle. Elle participe actuellement à une étude sur le monde paysan en Côte d’Ivoire. Alimatou Cisse, chercheuse mentorée Alimatou Cisse est enseignante-chercheuse. Elle est chargée des cours d’économie de la santé, d’économie du travail et d’économie de l’éducation à l’Institut universitaire d’Abidjan. Mme  Cisse a mené des enquêtes pour déterminer le lien entre le taux d’infection par le VIH et la réduction de la pauvreté pour le compte de l’Institut national de la statistique du Québec et sur la violence fondée sur le genre pour le compte du Fonds des Nations unies pour les femmes (UNIFEM). Elle a publié un article sur l’analyse de l’utilisation des soins de santé en Côte d’Ivoire pour le compte du Consortium pour la recherche économique en Afrique

Euphrasie Ben-Houassa Kouame, chercheuse mentorée Euphrasie Ben Houassa Kouame est économiste et doctorante à l’UFHB à Abidjan. Elle est également chercheuse associée au CIRES et membre de la cellule Genre et développement du CIRES. Anick Mian, chercheuse mentorée Anick Mian est doctorante en sociologie du développement économique à l’UFHB à Abidjan en Côte d’Ivoire. Elle travaille sur les constructions sociales de la pauvreté des ménages en situation de précarité à Vridi-Abidjan. Elle est chercheuse associée membre de la cellule Genre et Développement du CIRES. Mme Mian a été formatrice pour le Research and Action Centre for Peace (CERAP) dans le cadre du projet de formation des mobilisateurs sociaux pour les audiences foraines piloté par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Union européenne sont (UE). Université de l’éducation, Winneba, Ghana Grace Yawo Gadagbui, chercheuse principale Grace Yawo Gadagbui enseigne aux étudiants de deuxième et de troisième cycle universitaire à l’Université de l’éducation à Winneba et dirige des mémoires de maîtrise et des thèses de doctorat. Elle est rédactrice en chef au Journal of Research and Development in Education (JORDE) de la Faculté des études pédagogiques et directrice p.i. de l’Unité d’assurance qualité de l’université. Mme  Gadagbui est présidente du comité sur l’intégration du genre chargée de sélectionner les étudiantes en vue de l’attribution des bourses/prix de la Carnegie Corporation. Winston Kwame Abroampa, chercheur mentoré Winston Kwame Abroampa est chargé de cours au Département de psychologie et d’éducation Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

7


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

de l’Université de l’éducation à Winneba. Titulaire d’un mastère de philosophie en études curriculaires, il prépare un doctorat en curriculum et instruction. Il a animé plusieurs ateliers liés au curriculum et publié des articles dans des revues scientifiques. M. Abroampa est membre du Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE). Peter Eshun, chercheur mentoré Peter Eshun est chargé de cours au Département de psychologie et d’éducation de l’Université de l’éducation à Winneba. Avant cela, il était assistant principal de recherche et aidait les chargés de cours à mener leurs travaux de recherche et à diriger les classes de travaux dirigés. Les domaines de spécialisation de M.  Eshun sont la préparation des tests et l’évaluation des étudiants. En tant qu’assistant à l’enseignement, il a appuyé des cours sur l’évaluation des mesures et les statistiques de l’évaluation, la technologie éducative, les méthodes de recherche et l’utilisation des tests dans le conseil. Christina Noi-Okwei, chercheuse mentorée Christina Noi-Okwei donne des cours de psychologie et d’orientation à l’Université de l’éducation à Winneba depuis 2007. Elle est psychologue clinicienne et travaille en cette qualité au centre d’orientation de l’université. Mme  Noi-Okwe est membre du ROCARE et de la Société internationale pour l’étude du développement comportemental (ISSBD). Elle a écrit des articles dans des revues scientifiques et a présenté des communications à l’occasion de conférences internationales. Kwesi Nkum Wilson, chercheur mentoré Kwesi Nkum Wilson donne des cours de psychologie et d’orientation à l’Université de l’éducation à Winneba depuis 2008. Il est conseiller au centre d’orientation de l’université et est actuellement l’aumônier de l’université. 8

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

Le révérend Wilson est membre du ROCARE, de l’ISSBD et du Ghana Academy of Christian Counsellors. Il est titulaire d’un mastère en conseil de l’Université de Cape Coast et participe à un programme doctoral en orientation et conseil. Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE), Sénégal Dr Andrée-Marie Bonane-Diagne, chercheuse principale Andrée-Marie Bonane-Diagne, Docteur es Lettres, est formatrice au Département de lettres de la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF) de l’Université Cheikh Anta Diop. Ses centres d’intérêt incluent le genre, l’équité et la promotion de la condition féminine. Mme Bonane-Diagne est membre du ROCARE et de l’association Convergence des femmes universitaires pour le leadership féminin (COFULEF). Elle est également présidente honoraire de l’Association sénégalaise des professeurs de français, chargée de mission du président de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) et à ce titre, coordinatrice nationale du Réseau des professeurs de français pour l’éducation des filles et la formation des femmes en Afrique (REPROF-EFFA). Mada Lucienne Tendeng, chercheuse mentorée Mada Lucienne Tendeng est professeure de lettres dans un lycée pour jeunes filles et prépare un mastère en sciences de l’éducation à la chaire de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à l’Université Cheikh Anta Diop. Elle est membre du ROCARE et a été avec son équipe deux fois de suite (en 2010/2011 et en 2011/2012) lauréate du Programme ROCARE des subventions pour la recherche en éducation. La première étude,


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

dont elle était la chercheuse principale, a porté sur la prise en charge de la petite enfance et la seconde est une étude de cas sur la formation professionnelle au Sénégal Danty Patrick Diompy, chercheur mentoré Danty Patrick Diompy prépare un mastère en sciences de l’éducation à la chaire de l’UNESCO à l’Université Cheikh Anta Diop. Après une maîtrise en sciences et techniques de l’activité physique et sportive suivi de cinq années d’expérience professionnelle, il s’engage dans la recherche en sciences de l’éducation. Il a été deux fois lauréat du Programme des subventions pour la recherche en éducation du ROCARE : en tant que membre d’équipe en 2010-2011 et en tant que chercheur principal en 2011-2012. Il compte à son actif deux recherches publiées et un article scientifique. Université d’Afrique du Sud (UNISA), Afrique du Sud Nareadi Phasha, chercheuse principale Nareadi Phasha est professeure d’éducation inclusive au Collège d’éducation d’UNISA. Ses domaines de recherche sont la violence sexuelle/ les agressions chez les enfants et l’inclusivité dans l’éducation. Elle est la chercheuse principale d’une étude sur les agressions sexuelles, les soins et le soutien aux apprenants persécutés et intellectuellement déficients en Afrique du Sud financée par la Fondation nationale de la recherche. Mme  Phasha a reçu le Prix du leadership en recherche en 2010 pour son leadership en matière de recherche à l’UNISA. Doris Nyokangi, chercheuse mentorée Doris Nyokangi est titulaire d’un doctorat de l’Université d’Afrique du Sud. Elle a obtenu un mastère en genre et développement international à l’Institut de l’éducation de l’Université de Londres et une licence

de l’éducation à l’Université de Nairobi au Kenya. Mme Nyokangi a participé à plusieurs conférences et publié des articles sur la violence sexuelle à l’école à l’égard des filles dans les écoles spécialisées. Nonhlanhla Maseko, chercheuse mentorée Nonhlanhla Maseko est chargée de cours au Département d’anthropologie et d’archéologie de l’Université d’Afrique du Sud. Elle poursuit actuellement des études de troisième cycle. Ses domaines de recherche incluent l’étude de l’élitisme, les rapports de pouvoir et la réduction de la pauvreté. Research on Poverty Alleviation (REPOA), Tanzanie Paula Tibandebage, chercheuse principale Paula Tibandebage, titulaire d’un doctorat, est chercheuse principale à REPOA. Elle a une grande expérience de la recherche sur différents enjeux sociaux et économiques. Ses principaux domaines de recherche sont la santé et l’éducation. Ses travaux actuels incluent un projet de recherche financé par le Wellcome Trust sur l’éthique, les paiements et la survie maternelle en Tanzanie et un projet sur la productivité industrielle et les performances du secteur de la santé financé par le Conseil de la recherche économique et sociale. Caroline Israel, chercheuse mentorée Caroline Israel est assistante de recherche au Département de la protection sociale de REPOA. Ses principaux domaines de recherche sont la santé et l’éducation. Elle a travaillé en qualité d’assistante de recherche à Concern Worldwide et au International Food Policy Research Institute, en tant que stagiaire à la Fondation de la recherche économique et sociale et au Département de suivi et d’évaluation de Engender Health. Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

9


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Lorraine Kiswaga, chercheuse mentorée Lorraine Kiswaga travaille en freelance dans les domaines de la santé, de l’éducation, du genre et de la protection sociale. Ancienne assistante de recherche à REPOA, elle a participé à toutes les étapes de l’étude REPOA-FAWE. Elle a également travaillé en tant que coordonnatrice de projet au projet Family Health International’s Safe School et en tant que coordonnatrice de formation de Comprehensive Community-Based Rehabilitation en Tanzanie. Université du Zimbabwe, Zimbabwe Sunungurai Chingarande, chercheuse principale Sunungurai Chingarande est chargée de cours et ancienne chef du Département de sociologie de l’Université du Zimbabwe. Elle est examinatrice externe pour l’Université des femmes en Afrique. Mme Chingarande a beaucoup publié dans les domaines du genre et de l’autonomisation des femmes. Elle est membre de FAWE Zimbabwe, de l’Organisation pour la recherche en sciences sociales en Afrique orientale et australe, du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique et de Anthropology Southern Africa. Irene Mkondo, chercheuse mentorée Irene Mkondo est directrice de programme de Africa Leadership and Management Academy (ALMA) à Harare au Zimbabwe. Elle a été enseignante dans le secondaire et chargée de cours et chef de la pratique pédagogique au Belvedere Technical Teachers’ College. Avant de rejoindre l’ALMA, elle était inspectrice de district auprès de la Commission du service public du Zimbabwe. Elle travaille actuellement sur un projet collaboratif sur l’amélioration de l’image des enseignants au Zimbabwe.

10

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

Equipe de revue par les pairs Ayo Coly Ayo Coly, titulaire d’un doctorat, est professeure associée d’études africaines et afro-américaines et de littérature comparée au Darmouth College dans le New Hampshire. Ses centres d’intérêt Coly incluent les littératures et le cinéma africains, la théorie post-coloniale, les masculinités coloniales et post-coloniales et les droits de l’homme. Elle est l’auteure de The pull of postcolonial nationhood: Gender and migration in francophone African literatures, et achèvent actuellement l’écriture du livre Un/ clothing African womanhood: The female body in African visual discourse. Nyokabi Kamau Nyokabi Kamau est professeure associée d’études de genre à l’Université St Paul au Kenya. Elle a été consultante dans les domaines du genre, de la sexualité, de la politique, de l’éducation et du VIH-Sida pour de nombreuses organisations locales et internationales. Depuis juillet 2010, la professeure Kamau est mentor de genre pour le programme Oxfam Pastoralist au Kenya et en Tanzanie et dirige actuellement une étude sur la Fiche de l’égalité des genres dans neuf pays d’Afrique australe et orientale. Jennifer McCleary-Sills Jennifer McCleary-Sills, titulaire d’un doctorat, est spécialiste de sciences sociales et comportementales au Centre international de recherche sur les femmes (ICRW). Elle a plus d’une décennie d’expérience en pratique de santé publique et de développement international, avec une expertise particulière en matière de conception et de mise en œuvre des programmes liés à la violence fondée sur le genre, à la santé sexuelle et reproductive


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

et au VIH/Sida. Elle a précédemment travaillé au Johns Hopkins Center for Communication Programs en apportant un soutien à la recherche et à l’évaluation aux bureaux locaux des programmes nationaux de communication. Sela Musundi Sela Musundi est chargée de cours en genre et développement à l’Institut supérieur d’enseignement pédagogique de Kigali au Rwanda. Elle est titulaire d’un doctorat d’études culturelles en éducation et d’un certificat d’études supérieures sur les femmes et le genre de l’Université de l’Ohio. Sa thèse de doctorat examine les façons dont les enseignants et les élèves d’une école pour filles de l’ouest du Kenya ont conceptualisé la notion de l’attention et du soin dans l’enseignement. Elle s’intéresse également aux expériences scolaires des filles africaines, aux agressions sexuelles sur les enfants et aux méthodologies féministes. Jane Onsongo Jane Onsongo est commissaire à la Commission Ethique et anti-corruption du Kenya où elle fournit un contrôle stratégique et une orientation politique sur la prévention de la corruption au Kenya par le biais de l’enseignement public, la recherche, l’analyse politique et les systèmes d’audit et d’examen. Le prof. Onsongo a travaillé auparavant à l’Université catholique d’Afrique de l’Est à Nairobi, en qualité de professeure associée de l’éducation, directrice adjointe de la recherche et chef du département des études de premier cycle en éducation. Elle a offert des services de conseil sur les problématiques de genre à différentes organisations internationales de développement et a beaucoup publié sur l’enseignement supérieur. Jason Oyugi Jason Oyugi est directeur général de Bridge Africa, un laboratoire de réflexion basé à Nairobi au Kenya et a une grande expérience en matière

de conception, mise en œuvre et coordination des programmes de gouvernance, de politiques publiques et de développement dans tous les secteurs et sous-secteurs, notamment le genre, le VIH-Sida, les politiques économiques, l’eau et l’environnement. Il a soutenu des organisations nationales, régionales et internationales en matière de suivi et d’évaluation, de renforcement des capacités, de conception des curricula, de formation et il a élaboré des stratégies de plaidoyer et d’apprentissage et des approches innovantes pour soutenir une programmation à fort impact. Krystal Strong Krystal Strong est une doctorante au Département d’anthropologie de l’Université de Californie à Berkeley. Elle a obtenu une licence en étude individualisée de l’Université de New York, avec une priorité sur les études de la diaspora africaine. Ses centres d’intérêt incluent l’Afrique, l’activisme politique, la jeunesse, l’éducation, l’identité et la culture populaire. Equipe éditoriale Irmin Durand, chargée de la recherche, de la communication et du plaidoyer du FAWE Irmin Durand est responsable du développement et de la coordination de la communication et des activités de recherche du FAWE. Elle a servi de point focal pour la mise en place de l’initiative de recherche et est la rédactrice en chef des Cahiers de recherche du FAWE. Elle a travaillé à l’Institut international de la planification (IIPE) de l’UNESCO, dans l’édition et comme journaliste. Anna Collins Mani, réviseuse, anglais Anna Collins Mani est une traductrice technique et une interprète de conférence qui travaille notamment pour les institutions de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

11


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Grace Coston, traductrice, françaisanglais Grace Coston est interprète de conférence et traductrice. Elle a travaillé sur les questions du développement en Afrique lors de conférences organisées par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle a aussi été interprète pour des programmes de formation à la sécurité au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Tchad et pour des ateliers internationaux organisés par Médecins du Monde.

pour des programmes de l’UNESCO et la BAD comme l’ADEA et le Groupe de travail sur la communication pour l’éducation et le développement (GT COMED) ainsi que pour des organisations non gouvernementales (ONG) comme le FAWE.

Miriam Jones, réviseuse, anglais Miriam Jones a travaillé à l’IIPE/UNESCO, notamment sur sa collection phare Les principes de la planification de l’éducation et sur les rapports du Groupe de travail international sur l’éducation, entre autres. Elle a aussi été impliquée dans les publications de l’UNESCO sur l’eau et la paix, la bioéthique et les droits de l’homme.

Maura Pollin, Traductrice, françaisanglais Maura Pollin est interprète de conférence et traductrice indépendante. Née à Washington D.C. aux USA, elle vit et travaille à Paris depuis de nombreuses années.

Nathalie Montagu, réviseuse, français Nathalie Montagu est traductrice indépendante (anglais-japonais-français) spécialisée dans l’éducation et le développement. Elle a travaillé

12

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

Nadia Sadoughi, traductrice, anglaisfrançais Nadia Sadoughi est traductrice et interprète et travaille pour plusieurs organisations dans les domaines de l’éducation, en particulier en Afrique, de l’égalité entre les genres et des droits de l’enfant. Elle travaille régulièrement avec l’ADEA et l’UNESCO-IIPE, entre autres.

Photographie Toutes les images de cette publication ont été reproduites avec l’aimable autorisation de Nancy Wong du FAWE. Graphisme et impression Capital Colours Creative Design, Nairobi, Kenya.


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Liste des tableaux et des graphiques Liste des tableaux Tableau 1.1

Nombre d’étudiantes motivées par leurs parents, selon la profession ......... 31

Tableau 1.2

Postes des répondantes ............................................................................................ 52

Tableau 1.3

Profil de l’âge des répondantes ............................................................................... 53

Tableau 1.4

Ordre de naissance des répondantes ..................................................................... 53

Tableau 1.5

Niveau d’études des parents .................................................................................... 53

Tableau 1.6

Distribution de ce qui motive les répondantes a devenir dirigeante ............... 53

Tableau 1.7

Distribution du soutien reçu par les répondantes ............................................... 55

Tableau 1.8

Distribution des défis rencontres par les répondantes ..................................... 56

Tableau 1.9

Distribution des stratégies d’adaptation rencontrées par les répondantes.. 57

Tableau 1.10 Test-t pour échantillons indépendants des dirigeantes des universités et des écoles polytechniques ....................................................................................... 58 Tableau 1.11 Types de violence sexuelle rapportée (pas nécessairement vécue) par les élèves ayant des besoins spécifiques .................................................................... 70 Tableau 2.1

Niveau d’éducation des individus selon le genre (n = 3 834) ............................ 91

Tableau 2.2

Participation au marché du travail selon le genre .............................................. 92

Tableau 2.3

Insertion sur le marché du travail et éducation selon le genre ...................... 93

Tableau 2.4

Résultat de la régression logistique multinomiale (n = 1 539) ....................... 94

Tableau 2.5

Répartition du statut professionnel selon le genre ............................................ 116

Tableau 2.6

Test de significativité « genre et nature des contrats » ................................... 118

Tableau 2.7

Répartition par sexe du nombre de candidatures par diplômés au chômage depuis qu’ils ont commencé à chercher du travail et nombre de fois où ils ont été convoqués pour un entretien (entre parenthèses) .............................. 137

Tableau 2.8

Echantillon de postes détenus par des employés sélectionnés dans une institution financière en fonction du sexe et du diplôme ................................. 137

Tableau 2.9

Répartition par sexe du nombre de diplômés recrutés par l’institution financière au cours des cinq dernières années .................................................

139

Tableau 2.10 Répartition des résultats par sexe des étudiants en génie civil à

l’université publique : 2006-2010 ........................................................................... 146

Tableau 2.11 Répartition des résultats par sexe des étudiants en ingénierie électrique à

l’université publique de 2006 à 2010 ..................................................................... 146 Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

13


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Tableau 2.12 Répartition des résultats par sexe des étudiants en informatique à

l’université publique de 2006 à 2010 ..................................................................... 147

Tableau 2.13 Répartition des résultats par sexe des étudiants en

commerce à l’université publique de 2006 à 2010 .............................................. 147

Tableau 2.14 Répartition des résultats par sexe des étudiants en communication

de masse inscrits à l’université privée de 2006 à 2010 ..................................... 148

Tableau 2.15 Répartition des résultats par sexe des étudiants en sociologie

inscrits à l’université privée de 2006 à 2010 ........................................................ 148

Tableau 2.16 Cadre d’autonomisation des femmes ..................................................................... 152 Tableau 2.17 Pourcentage des inscriptions dans les écoles primaires et

secondaires selon le genre, Binga, 2012 ............................................................... 158

Tableau 2.18 Pourcentage des directeurs d’école et des sous-directeurs

selon le genre, Binga, 2012 ....................................................................................... 160

Liste des graphiques Graphique 1.1

Répartition des parents des répondants(e)s selon leur profession ............ 31

Graphique 1.2

Parents les plus motivants, par profession ...................................................... 31

Graphique 1.3

Plus grandes sources de motivation pour étudier la technologie ............... 31

Graphique 1.4

Frères et sœurs des répondantes et choix de la technologie ....................... 32

Graphique 1.5

Impact de l’éducation familiale sur le choix de la technologie .................... 32

Graphique 1.6

Conseils reçus sur le choix des études .............................................................. 32

Graphique 1.7

Défis rencontrés par les répondant(e)s ............................................................. 33

Graphique 1.8

Répondant(e)s ayant déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel .. 33

Graphique 1.9

Stratégies d’adaptation pour gérer le harcèlement sexuel .......................... 34

Graphique 1.10 Les filles doivent-elles étudier la technologie ? ............................................. 35 Graphique 1.11 Opinions sur les femmes ingénieurs ................................................................... 35 Graphique 1.12 Perception de la capacité des femmes ingénieurs à faire de

bonnes épouses ....................................................................................................... 36

Graphique 1.13 Cadre conceptuel .................................................................................................... 42 Graphique 1.14 Obstacles personnels à la réussite .................................................................... 46 14

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Graphique 1.15 Obstacles professionnels à la réussite ............................................................. 47 Graphique 2.1

Comparaison internationale du taux d’alphabétisation ................................. 104

Graphique 2.2

Situation matrimoniale des diplômés actifs .................................................... 117

Graphique 2.3

Choix des filières de formation selon le genre ................................................. 117

Graphique 2.4

Répartition de la nature des contrats selon le genre ..................................... 117

Graphique 2.5

Répartition selon le genre des raisons ayant déterminé l’emploi occupé .. 118

Graphique 2.6

Raison évoquée pour expliquer la situation de chômage ............................... 118

Graphique 2.7

Répartition des actifs suivant le genre et l’employeur .................................. 119

Graphique 2.8

Répartition des revenus mensuels selon le genre .......................................... 119

Graphique 2.9

Répartition des biens acquis grâce à la formation selon le genre ............... 120

Graphique 2.10 Répartition selon le principal producteur de bien de la famille ................... 120 Graphique 2.11 Acquittement des tâches domestiques ............................................................. 121 Graphique 2.12 Nombre total d’étudiants inscrits à l’université publique de 2006 à 2010... 132 Graphique 2.13 Nombre total d’étudiants inscrits à l’université privée de 2006 à 2010 .... 132 Graphique 2.14 Nombre total d’étudiants inscrits en génie civil à l’université public

de 2006 à 2010 ........................................................................................................ 133

Graphique 2.15 Nombre total d’étudiants inscrits en informatique à l’université

publique de 2006 à 2010 ....................................................................................... 133

Graphique 2.16 Nombre total d’étudiants inscrits en commerce à l’université

publique de 2006 à 2010 ....................................................................................... 133

Graphique 2.17 Nombre total d’étudiants inscrits en sociologie à l’université

publique de 2006 à 2010 ....................................................................................... 133

Graphique 2.18 Performances de chaque sexe en génie civil à l’université

publique de 2007 à 2010 ....................................................................................... 133

Graphique 2.19 Performances de chaque sexe en informatique à l’université

publique de 2007 à 2010 ........................................................................................ 134

Graphique 2.20 Performances de chaque sexe en commerce à l’université

publique de 2006 à 2010 ....................................................................................... 134

Graphique 2.21 Performances de chaque sexe en communication de

masse à l’université privée de 2006 à 2010 ...................................................... 134

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

15


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Graphique 2.22 Répartition par sexe des effectifs d’étudiants inscrits

à l’université publique en ingénierie électrique de 2006 à 2010 .................. 145

Graphique 2.23 Répartition par sexe des effectifs d’étudiants inscrits à

l’université privée en communication de masse de 2006 à 2010 ............... 145

Graphique 2.24 Répartition par sexe des effectifs d’étudiants inscrits à

l’université privée en génie civil de 2007 à 2010 ........................................... 145

Graphique 2.25 Répartition par sexe des effectifs d’étudiants inscrits à

l’université privée en ingénierie électrique de 2006 à 2010 ....................... 145

Graphique 2.26 Structure de l’économie du Zimbabwe ............................................................... 153 Graphique 2.27 Carte de Binga ......................................................................................................... 154 Graphique 2.28 Niveaux d’éducation des répondantes ................................................................ 157 Graphique 2.29 Pourcentage des inscriptions dans les programmes

d’éducation non formelle selon le genre, 2007 ............................................... 157

Graphique 2.30 Ages des répondantes et leurs niveaux d’éducation ...................................... 158 Graphique 2.31 Utilisation des revenus du petit commerce transfrontalier selon

le genre, 2009 .......................................................................................................... 159

Graphique 2.32 Perceptions des répondantes des obstacles à l’éducation

16

des filles à Binga ..................................................................................................... 159

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Liste des abréviations et des acronymes ADEA

Association pour le développement de l’éducation en Afrique

AFARD

Association des femmes africaines pour la recherche et le développement

AGEFOP

Agence nationale de la formation professionnelle

AGEPE

Agence pour l’étude et la promotion de l’emploi

ALMA

Africa Leadership and Management Academy

ANSD

Agence nationale de la statistique et de la démographie

ASHEWA

Association pour le renforcement de l’enseignement supérieur des femmes en Afrique

ASS

Afrique Subsaharienne

BAD

Banque africaine de développement

B.Com

BEAM BEST

Bachelor of Commerce (Licencié en commerce) Modèle d’appui à l’éducation de base

Basic Education Statistics (Statistiques de l’éducation de base)

BIT

Bureau international du travail

BM

Banque mondiale

BNS

Bureau National des Statistiques

BREDA

Bureau régional de l’UNESCO pour l’éducation en Afrique

BTS

Brevet de technicien supérieur

CADEFINANCE

Caisse d’épargne financière pour le développement de la petite entreprise

Camfed

Campagne en faveur de l’éducation des filles

CDD

Contrat à durée déterminée

CDE

Comités de développement de l’école

CDI

Contrat à durée indéterminée

CEANU Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies CEDAW

Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes

CEDEAO

Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest

CEPICI Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire CERAP

Research and Action Centre for Peace Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

17


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

CFPC

Centre de formation professionnel et commercial

CIFIP

Centre international de formation et d’insertion professionnelle

CIRES

Centre ivoirien de recherches économiques et sociales

CIST

Conférence internationale des statisticiens du travail

CNPS

Caisse nationale de prévoyance sociale

CODIPRAL

Coopérative de distribution de produits alimentaires

COFULEF

Convergence des femmes universitaires pour le leadership féminin

CONFEMEN

Conférence des ministres de l’Education des pays ayant le français en partage

COOPEC

Coopérative d’épargne et de crédit

CORAF/WECARD Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles COSEF

Conseil sénégalais des femmes

CRVFE

Comité de réflexion sur les violences faites aux femmes et aux enfants

CSO

Office central des statistiques

CSREES Cooperative State Research Extension Education Service CV

Curriculum Vitae

DESS

Diplôme d’études supérieures spécialisées

DGE

Direction générale de l’emploi

DSRP

Document de Stratégie de relance du développement et de réduction de la pauvreté

DUT EC

Diplôme universitaire de technologie

Expert-comptable

ENSET

Ecole normale supérieure de l’enseignement technique

ENV

Enquête sur le niveau de vie des ménages

EPT

Education pour tous

EPU

Enseignement primaire universel

ESPS

Enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal

ETFP

Enseignement technique et formation professionnelle

18

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

EVS

Espérance de vie scolaire

FAO

Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

FASTEF

Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation de l’Université Cheikh Anta Diop

FAWE

Forum des éducatrices africaines

FENACOVICI

Fédération nationale des coopératives de vivriers de Côte d’Ivoire

FEWS NET

Réseau de systèmes d’alerte rapide aux risques de famine

FNSI

Femmes non scolarisées et insérées

FNSNI

Femmes non scolarisées et non insérées

FSI

Femmes scolarisées et insérées

FSNI

Femmes scolarisées et non insérées

GD

Groupe de discussion

GHAMSU

Union des étudiants méthodistes du Ghana

GSM

Groupes de soutien des mères

GT COMED

Groupe de travail sur la communication pour l’éducation et le développement

ICRW

Centre international de recherche sur les femmes

IDE

Investissement direct étranger

IDISA

Indicateurs de développement et des inégalités entre les sexes

IFEF

Institutions de formation et d’éducation féminine

IIPE

Institut international de planification de l’éducation

ILFS

Integrated Labour Force Survey (Enquête intégrée sur la population active)

INS

Institut national de la statistique

IPS

Indice de parité entre les sexes

ISL

Integrated Sustainable Livelihoods

ISSBD

Société internationale pour l’étude du développement comportemental

ISU

Institut de statistique de l’UNESCO

IUT

Institut universitaire de technologie

JCRC

Junior Common Room Council

JORDE

Journal of Research and Development in Education Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

19


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

MBA

Masters of Business Administration (Maîtrise en administration des affaires)

MEN

Ministère de l’Education nationale

MENARO

Bureau régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

MEF

Ministère de l’Economie et des Finances

MESAC

Ministère de l’Education, des Sports, des Arts et de la Culture

METFP

Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle

METFPALN

Ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales

MKUKUTA

Mkakati wa Kukuza Uchumi na Kupunguza Umaskini Tanzania (acronyme en Kiswahili pour Stratégie Nationale de croissance économique et de réduction de la pauvreté en Tanzanie)

MLEYD

Ministère du travail, de l’emploi et du développement des jeunes

NESSE

Réseau d’experts en sciences sociales de l’éducation et de la formation

Norad

Agence norvégienne de coopération pour le développement

NUGS

Union nationale des étudiants du Ghana

NUPS

Union nationale des étudiants presbytériens

OCDE

Organisation de coopération et de développement économiques

OIT

Organisation international du travail

OMD

Objectifs du millénaire pour le développement

ONG

Organisation non gouvernementale

PACIL

Projet d’appui à la commercialisation et aux initiatives locales

PAS

Programmes d’ajustement structurel

PASS

Enquête d’évaluation de la pauvreté

PDRZ

Programme pour le développement du Zanzan

PENSA

Etudiants pentecôtistes et associés

PNUD

Programme des Nations unies pour le développement

RADI

Réseau africain pour le développement intégré

RBS

Ratio brut de scolarisation

REPOA 20

Research on Poverty Alleviation

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

RH

Ressources humaines

ROCARE

Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation

RUT

République Unie de Tanzanie

SCN

Système de comptabilité nationale

SIDA

Syndrome d’immunodéficience acquise

SPSS

Statistical Package for the Social Sciences

SRC

Conseil représentatif des étudiants

TA

Taux d’abandon

TI

TIC

Technologie de l’information Technologies de l’information et de la communication

TGNP

Tanzania Gender Networking Programme (Programme de mise en réseau des questions du genre en Tanzanie)

TT

Taux de transition

UCAO

Université catholique de l’Afrique de l’ouest

UDSM

Université de Dar es Salaam

UE

Union européenne

UEW

Université des sciences de l’éducation de Winneba

UFHB

Université Félix Houphouët Boigny

UNESCO

Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

UNFPA

Fonds des Nations unies pour la population

UNICEF Fonds des Nations unies pour l’enfance UNIFEM

Fonds des Nations unies pour les femmes

UNISA

Université d’Afrique du Sud

VIH

Virus de l’immunodéficience humaine

ZIMSTAT

Agence nationale des statistiques du Zimbabwe

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

21


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Vue d’ensemble Les études contenues dans ce troisième volume des Cahiers de recherche du FAWE abordent deux aspects spécifiques de l’éducation des filles et des femmes en Afrique. D’une part, elles examinent certains défis liés à la violence, aux agressions, au harcèlement, au découragement et à l’intimidation qui empêchent les filles et les jeunes femmes de profiter d’une expérience d’apprentissage complète, sûre et habilitante. D’autre part, elles posent la question de la pertinence et de l’efficacité des programmes d’éducation et de formation pour les marchés du travail en Afrique aujourd’hui et dressent l’inventaire des attitudes et des pratiques sexospécifiques qui influencent les expériences des jeunes femmes lors de leur transition vers le marché du travail. L’éducation est au cœur du développement économique et social dans toutes les sociétés modernes. Pourtant, les expériences et les résultats de l’éducation sont très différents pour les garçons et les filles et pour les hommes et les femmes. Bien que les deux sexes rencontrent des obstacles ou des difficultés liées aux réalités nationales, culturelles, géographiques et socioéconomiques, il n’en demeure pas moins que le niveau d’alphabétisation, le niveau d’instruction et les opportunités économiques des filles et des femmes sont en général plus faibles que ceux des garçons et des hommes. Cela a de graves répercussions. Les niveaux plus faibles d’éducation des filles et des femmes limitent leur participation au marché du travail et cette sous-représentation a trop souvent pour conséquence un revenu global des ménages plus faible ainsi qu’une pauvreté persistante. L’éducation et l’émancipation socio-économique des femmes émergent ainsi comme un mécanisme essentiel de réduction de la pauvreté dans les communautés d’Afrique subsaharienne. S’assurer que les femmes obtiennent les bons résultats scolaires nécessaires à 22

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

leur intégration sur le marché du travail, développent des compétences techniques et personnelles appropriées et sont capables de prendre des décisions éclairées sur leur avenir exige une éducation et une formation non discriminatoire. Pourtant, un éventail d’attitudes discriminatoires ou décourageantes, de pratiques inégales et diverses formes de harcèlement, d’agressions et de violence dans l’environnement d’apprentissage continuent de saper leurs résultats scolaires ainsi que l’acquisition de compétences et leur développement personnel. Du harcèlement et des agressions verbales aux violences sexuelles et physiques, l’expérience d’apprentissage de nombreuses filles et jeunes femmes aux niveaux secondaire et supérieur est caractérisée par le découragement, la peur, l’isolation et la souffrance physique et psychologique. L’impact sur leur développement personnel et leur réussite scolaire est loin d’être négligeable, entravant leurs progrès scolaires et professionnels. Les mécanismes qui assurent la sécurité et la protection des étudiantes, les initiatives qui leur permettent de faire face aux défis de l’environnement d’apprentissage, et les cadres d’orientation, de conseil et d’autonomisation au sein des établissements d’enseignement sont quelques-unes des mesures qui sont cruciales pour améliorer les expériences et la réussite des étudiantes. Enseignement post-primaire : aborder la violence, le harcèlement et le découragement dans l’environnement d’apprentissage L’éducation des femmes en technologie à l’Institut universitaire de technologie de l’Université de Douala L’Université de Douala au Cameroun a enquêté sur les schémas spécifiques au genre affectant les jeunes femmes qui étudient la technologie à l’Institut universitaire de technologie. S’intéressant à la sous-représentation des jeunes femmes dans les programmes de


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

technologie, l’étude visait à renseigner les facteurs de sous-représentation, les défis existants et les stratégies d’adaptation adoptées par les étudiantes affectées par ces défis. Tout en mettant en évidence la nécessité d’analyser les façons dont les environnements de l’enseignement supérieur perpétuent les défis sexospécifiques, la recherche a également étudié les stratégies adoptées par les étudiantes en technologie pour gérer la disparité entre les genres qu’elles ont connue au cours de leurs études universitaires. L’étude a identifié l’absence de planification et de suivi universitaires efficaces ciblant les étudiantes au sein de l’institut ainsi que des indications de harcèlement verbal et de violence psychologique à l’encontre des étudiantes par leurs condisciples masculins. Les femmes participant à l’étude ont insisté sur l’auto-motivation comme moyen de gérer ces défis ainsi que le rôle et l’influence positive des parents ayant fait des études, des frères et sœurs, de l’éducation familiale et des conseils. Les mesures adoptées par les étudiantes pour faire face aux défis qu’elles ont rencontrés ont constitué de puissants outils pour les aider à se construire et changer leur mentalité. D’après cette étude, cela implique la nécessité de mettre en place davantage de cadres d’autonomisation des femmes et de sensibilisation au sein de l’université ainsi que des mécanismes formels de conseil et des mesures concrètes pour infléchir le harcèlement sexuel. Explorer les expériences des femmes aux postes à responsabilité dans les établissements publics d’enseignement supérieur au Ghana Bien que les associations étudiantes des universités ghanéennes aient servi de plateformes et de terrain préparatoire à certains dirigeants politiques actuels du pays, l’Université de l’éducation à Winneba a cherché à comprendre pourquoi les anciens dirigeants

étudiants qui sont devenus des dirigeants politiques sont principalement des hommes. En effet, bien que les femmes représentent environ 51 pour cent de la population du Ghana, d’après la littérature passée en revue par l’étude, elles représentent moins de 15 pour cent des parlementaires et moins de 10 pour cent des directeurs généraux des différents ministères. Cette recherche a par conséquent choisi d’examiner les expériences des étudiantes dirigeantes sur les campus des établissements publics d’enseignement supérieur au Ghana et d’explorer les meilleures façons d’optimiser la plateforme du leadership pour développer et former plus de femmes dirigeantes. Les bureaucraties institutionnelles ont été identifiées comme constituant le défi majeur au leadership des étudiantes et qui sape leurs efforts de leadership au sein des établissements étudiés. Les commissaires des femmes de certains établissements se sont plaintes du manque d’affectation budgétaire en faveur de leur unité, tandis que le parrainage des programmes organisés par les étudiantes était très faible et décourageant. En revanche, les étudiantes dirigeantes avaient été encouragées à briguer leur poste par des éléments externes, à savoir ami(e)s, prédécesseurs et modèles et elles avaient reçu un soutien financier, moral et pour leur campagne de leurs parents, frères et sœurs, amis (femmes et hommes), fiancés, professeurs et mentors. L’étude suggère aux établissements d’enseignement supérieur de créer des directions du genre dotées d’un personnel qualifié ayant pour priorité le développement du potentiel de leadership des étudiantes, d’étendre les systèmes de mentorat ciblant les étudiantes de la sphère universitaire au domaine du leadership et de se mettre en relation avec les organisations non gouvernementales (ONG) œuvrant sur le genre pour apporter un soutien financier et logistique aux étudiantes dirigeantes potentielles. Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

23


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Violence sexuelle dans les écoles pour élèves ayant des besoins spécifiques en Afrique du Sud Les ramifications importantes de la violence sexuelle à l’école, notamment l’infection par le VIH et les problèmes scolaires, représentent une double violation du droit à l’éducation des apprenants ayant des besoins spéciaux qui sont déjà confrontés à de graves défis pour avoir accès à une éducation de qualité. L’Université d’Afrique du Sud a ainsi mené une étude portant sur la violence sexuelle parmi les apprenants souffrant d’un handicap pour comprendre comment cette forme de violence sexuelle contribue à la perte d’autonomie et à la marginalisation des apprenants ayant des besoins spéciaux. En documentant les formes de violence sexuelle dans les écoles pour les apprenants ayant des besoins spéciaux et en examinant les processus et les pratiques scolaires motivant ce type de comportements, l’étude a constaté que la violence sexuelle chez les apprenants était courante et prenait de nombreuses formes, avec des types de violence sexuelle variant selon les différents handicaps des apprenants. La recherche a également constaté des preuves de pratiques et de processus au sein des écoles favorisant la violence sexuelle. Citons notamment la surveillance adulte limitée autour des bâtiments scolaires et dans les bus scolaires, l’insuffisance des connaissances sur la violence sexuelle parmi le personnel scolaire, l’absence de règlement scolaire régissant le comportement entre les apprenants, la mauvaise gestion des cas de violence sexuelle signalés et la pression des pairs chez les auteurs de violence sexuelle. L’étude recommande des politiques claires dans les écoles en ce qui concerne la violence sexuelle et les procédures de signalement, un personnel scolaire bien formé et une éducation sexuelle appropriée, le renforcement de la sécurité autour des bâtiments scolaires, et des écoles séparées pour les apprenants plus jeunes et les plus âgés. 24

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

Le but de l’école est de contribuer à réparer les dégâts causés par l’expérience de la violence sexuelle chez les apprenants ayant des besoins spéciaux et de promouvoir des environnements d’apprentissage sûrs. Le marché du travail : renforcer les liens entre l’éducation et le monde du travail Education et insertion des femmes sur le marché du travail à Abidjan En Côte d’Ivoire, les femmes souffrent d’un taux de chômage plus important que celui des hommes, avec 19,8 pour cent de femmes sans emploi en 2008 contre 12,1 pour cent des hommes. De plus, on comptait 54 pour cent de femmes analphabètes en 2009 contre 39 pour cent d’hommes. Quelles sont les implications pour l’intégration des femmes sur le marché du travail en Côte d’Ivoire, et plus précisément dans la ville d’Abidjan, et quel est le rôle de l’éducation ? Le CIRES a cherché les réponses à ces questions en analysant l’impact du niveau d’éducation des femmes sur leur participation dans les différents segments du marché du travail à Abidjan  : public, privé formel et privé informel. Bien que l’on ait constaté que le niveau d’éducation n’ait pas un impact significatif sur la probabilité pour une femme d’être au chômage à Abidjan, il semblerait qu’il y ait une forte corrélation entre le niveau d’éducation des femmes et leur intégration dans certains segments du marché du travail. Les femmes analphabètes représentaient 49,9 pour cent des femmes travaillant dans le secteur informel, tandis que les femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures étaient mieux représentées dans le secteur formel, public comme privé. Néanmoins, on a constaté que la participation des femmes dans l’emploi formel était faible. Que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé, 70 pour cent des personnes employées dans le secteur formel à Abidjan étaient des hommes. Les femmes, quand elles travaillaient, étaient plus présentes


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

dans l’emploi informel, représentant 48,6 pour cent des personnes travaillant dans ce secteur. La recherche a appelé à remettre en cause les idéologies concernant le rôle des femmes dans la société et à repenser les moyens disponibles pour promouvoir leur émancipation socio-économique et faciliter leur intégration sur le marché du travail. Elle propose que les différentes catégories de parties prenantes de l’éducation prennent plusieurs mesures à cet égard. Genre, insertion dans le marché de l’emploi et impacts socio-économiques des formations professionnelles dispensées à Dakar Au Sénégal, bien que les femmes aient toujours participé à l’industrie des services, à l’industrie légère et au secteur agroalimentaire, en particulier dans les zones urbaines, leur absence de formation accréditée est un obstacle majeur à l’autodétermination et à la productivité. Le ROCARE a centré son enquête sur deux établissements de formation technique et professionnelle à Dakar. Il s’est attaché à déterminer si le genre déterminait la réussite de l’insertion sur le marché du travail et analysé les impacts socio-économiques de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels. Bien que la taille de l’échantillon rende difficile la généralisation des conclusions, l’étude a révélé que 60 pour cent des femmes formées dans les deux établissements avaient un emploi, contre 40 pour cent des hommes. Les femmes étaient aussi plus souvent employées avec un contrat à durée indéterminée, tandis que les hommes avaient davantage des contrats plus courts, à durée déterminée. La recherche a également révélé que les femmes étaient davantage susceptibles d’obtenir un diplôme de secrétaire ou d’assistante de direction, tandis que les hommes étaient plus susceptibles de s’inscrire en comptabilité/ finances et en commerce international. Ainsi, bien que le marché du travail semble favoriser

les femmes, leur programme d’études ne leur permet pas toujours d’atteindre le même niveau professionnel que les hommes. Citons parmi les recommandations qui ont émergé de cette étude la promotion de l’auto-emploi par le financement des petites ou moyennes entreprises dans un effort pour accroître les opportunités d’emploi dans le secteur privé, des mesures pour encourager le recrutement accru de diplômé(e)s de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels, et l’offre de conseils pratiques et de préparation destinée aux étudiants, hommes et femmes, en matière de candidatures et d’entretiens d’embauche. Explorer la nature sexospécifique des liens éducation-marché du travail en Tanzanie : au-delà des chiffres L’étude menée par REPOA en Tanzanie a cherché à savoir si l’augmentation des femmes inscrites dans l’enseignement supérieur était une voie vers l’amélioration de l’égalité entre les genres dans le domaine de l’emploi. Le principal argument issu de cette recherche est que malgré l’augmentation du nombre de femmes inscrites dans l’enseignement supérieur, les attitudes et les pratiques sexospécifiques inhérentes – à savoir le résultat de processus différenciés par genre dans les différentes sphères de la vie – continuent de produire des effets sexospécifiques sur les autres résultats de l’éducation qui nuisent aux femmes diplômées en matière d’emploi. Les données du recrutement ont indiqué un recrutement plus important d’hommes diplômés certaines années et de femmes diplômées d’autres années, bien que l’étude ait révélé certaines attitudes et pratiques qui pourraient avoir un impact différent sur la transition des étudiants, hommes et femmes, de l’enseignement supérieur vers le marché du travail. On a constaté que les opportunités d’emploi étaient limitées à la fois pour les Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

25


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

femmes et les hommes diplômés de l’université, mais bien que les demandeurs d’emploi, hommes et femmes confondus, aient envoyé de nombreuses candidatures, les hommes étaient généralement plus dynamiques dans ce domaine. Enfin, les employeurs ont exprimé des préoccupations liées au genre : le possible départ en congé maternité des employées féminines et le recrutement des femmes avec des enfants en bas âge. L’étude de REPOA a suggéré d’adopter une approche intégrée à l’éducation et aux processus de prise de décision et de mise en œuvre de l’emploi pour résoudre efficacement le problème d’inadéquation des compétences, des mesures pour promouvoir l’interaction et le dialogue entre l’éducation et le monde du travail, des mesures favorisant l’égalité des chances et décourageant les processus différenciés par genre et des recherches approfondies qui explorent dans quelle mesure les attitudes et les pratiques sexospécifiques qui sapent la confiance des étudiantes sont répandues dans le système éducatif. Les activités des femmes dans le secteur informel et le soutien à l’éducation des filles à Binga  : Perspectives des femmes dans le secteur informel Au Zimbabwe, à mesure que la pauvreté dans les ménages dirigés par les femmes a augmenté, la participation des femmes aux activités du secteur informel s’est intensifiée ainsi que le traitement préférentiel des garçons sur les filles quand il s’agit d’envoyer les enfants à l’école. Cependant, peu a été fait pour déterminer la relation entre la participation accrue des femmes dans les activités du secteur informel et l’éducation des filles ou sa relation à la perception des femmes de l’éducation des filles. L’étude menée par l’Université du Zimbabwe a ainsi cherché à établir les facteurs qui entravent l’éducation des filles à Binga, une localité située dans le nord-ouest du Zimbabwe, 26

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

les perspectives des femmes à l’égard de l’éducation des filles et leurs priorités quand elles ont des revenus, comment les activités génératrices de revenus ont aidé à surmonter certains obstacles à l’éducation des filles et les autres facteurs promouvant l’éducation des filles à Binga ces dernières années. Les conclusions de l’étude ont suggéré que la participation des femmes dans le secteur informel avait contribué de façon positive à l’éducation des filles. De meilleures sources de revenus ont eu pour effet de permettre aux familles d’envoyer leurs enfants à l’école, y compris les filles, tandis que la prise de conscience de l’importance de l’éducation dans leurs activités commerciales a conduit les femmes entrepreneures à un changement d’attitude positif à l’égard de l’éducation des filles. Par ricochet, cela a encouragé les femmes qui avaient abandonné l’école à profiter des opportunités offertes par l’éducation de la deuxième chance et d’instaurer un dialogue avec les filles sur l’importance de l’éducation. Cependant, les femmes qui travaillent dans le secteur informel ont souvent besoin d’aide pour assumer les tâches ménagères et ont tendance à demander aux filles de la famille de s’en occuper. Les conclusions suggèrent la nécessité d’initiatives de sensibilisation sur les droits de l’enfant, y compris le droit à l’éducation tant pour les filles que pour les garçons ainsi que sur les grossesses précoces et la politique de réintégration scolaire des mères adolescentes. De plus, l’étude a demandé une analyse de l’impact de la participation des femmes dans le secteur informel sur les résultats des filles à l’école ainsi qu’une étude approfondie pour déterminer le degré d’inégalités entre les genres et les stéréotypes dans les écoles en ce qui concerne la distribution des ressources éducatives disponibles, la sélection des matières et l’attribution des rôles et des responsabilités, entre autres.


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Renforcer le partenariat recherche en éducation-politique en Afrique en vue d’un impact plus grand Les études contenues dans ce volume confirment que les recherches menées par des Africains exerçant dans le contexte éducatif africain peuvent être en première ligne pour identifier des solutions politiques à certains problèmes persistants en matière d’éducation des filles et des femmes et d’intégration économique. Si l’on veut que la recherche contribue aux mesures qui améliorent la réussite scolaire et professionnelle des filles et des femmes, il est néanmoins important de renforcer les liens entre la recherche et le processus de prise de décision. D’une part, les capacités des chercheurs africains doivent être renforcées en permanence et leurs programmes de recherche sur les politiques constamment

affinés. D’autre part, il est essentiel qu’une communication claire du milieu politique permette aux chercheurs de cibler les domaines critiques de recherche et que la recherche soit une composante essentielle du processus de mise en œuvre des politiques. L’objectif du FAWE est d’exploiter la recherche pour influencer les politiques tant au niveau national qu’à celui des établissements d’enseignement afin d’améliorer les résultats scolaires des filles et des femmes africaines. Le renforcement des partenariats entre la communauté africaine de recherche et les responsables de la mise en œuvre des politiques est crucial pour y parvenir. Grâce à ce type de partenariat étroit, il sera possible d’accroître le potentiel des connaissances issues des études de ce volume pour apporter une contribution positive au dialogue politique.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

27


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Enseignement lutter contre la violence, le harcèlement et le découragement dans l’environnement post-primaire : d’apprentissage 28

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Enseignement post-primaire : lutter contre la violence, le harcèlement et le découragement dans l’environnement d’apprentissage Le thème commun aux trois études de cette section est la sécurité, le bien-être et le développement personnel des étudiantes dans les contextes spécifiques de l’enseignement post-primaire. Au Cameroun, l’Université de Douala se penche sur la façon dont les jeunes femmes suivant des études de technologie– un domaine longtemps considéré comme typiquement masculin – affrontentle harcèlement verbal, sexuel et les autres formes de harcèlement qui sapent leur motivation, leur assurance et leur réussite. Au Ghana, les jeunes femmes se présentant aux élections des associations étudiantes à l’université ont trouvé des formes de soutien et d’encouragement pour surmonter les railleries, les frustrations etl’isolementsuscités par leurs postes. Pourtant, certaines de celles qui sont élues ne joueraient pas un rôle actif en matière de leadership et de prise décision.

En Afrique du Sud, les jeunes filles souffrant de handicaps physiques et mentaux sont la cible de nombreuses formes de violence sexuelle, notamment de viols, perpétrée par desgarçons qui souffrent des mêmes handicaps physiques et mentaux qu’elles. Malgré la rareté des mécanismes en place pour les protéger et signaler ou poursuivre en justice les agresseurs, certaines filles proposent des pistes pour diminuer l’incidence de la violence sexuelle, notamment pour s’assurer que les filles plus jeunes ne subissent pas les mêmes abus. Les études suggèrent que les personnes les plus affectées par la violence, le harcèlement et le découragement dans leur environnement d’apprentissage ont le potentiel d’identifier et d’employer des moyens pour surmonter ces situations et peuvent proposer des pistes efficaces pour s’assurer que ces défis à leur sécurité personnelle, à leur bien-être, à leur réussitescolaire et au développement de leurs compétences sont éliminés.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

29


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Le marché les liens entre l’éducation et le du travail : renforcer monde du travail 30

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Le marché du travail : renforcer les liens entre l’éducation et le monde du travail Les quatre études de cette section se penchent sur la transition vers le marché du travail et le rôle joué par l’éducation et le genre dans le niveau de réussite professionnelle atteint par les jeunes femmes. En ce qui concerne la transition vers la vie professionnelle, au Sénégal, 60 pour cent des femmes de l’étude du ROCARE ont trouvé un emploi à l’issue de leur formation, contre 40 pour cent des hommes. Cependant, bien que les femmes trouvent plus souvent un emploi avec un contrat à durée indéterminée que les hommes, les études qu’elles ont suivies ne leur permettent pas toujours d’atteindre le même niveau professionnel que les hommes dans les mêmes disciplines. L’étude de REPOA en Tanzanie a constaté que la probabilité de trouver un emploi ou d’être au chômage est pratiquement la même pour tous les diplômés, hommes et femmes confondus. Cependant, les hommes sont généralement plus dynamiques dans leur recherche d’emploi et un certain nombre d’attitudes et de pratiques discriminatoires ayant un impact sur la transition des étudiantes vers le marché du travail ont été relevées.

En ce qui concerne le monde du travail, en Côte d’Ivoire, bien que les femmes analphabètes ainsi que les femmes instruites travaillent et gagnent des revenus, elles ne représentent que 30 pour cent des employés du secteur formel, qu’il s’agisse du secteur privé ou du secteur public. Le secteur informel est donc le principal employeur des femmes. C’est également le cas au Zimbabwe où l’étude demande aux autorités de sensibiliser les femmes du secteur informel sur les soutiens disponibles pour monter leur affaire et développer leurs compétences, ceci en raison du rôle joué par ce secteur pour soutenir l’éducation des filles. Toutefois, l’étude signale aussi les risques auxquels est exposée l’éducation des filles, car les mères qui travaillent dans le secteur informel ont tendance à déléguer les responsabilités de la maison à leurs filles, entravant leur participation à l’école. Invariablement, ces études réclament des initiatives de sensibilisation sur la transition vers l’activité professionnelle, l’orientation, et les structures de soutien pour la recherche d’emploi et la création d’entreprises et les mesures anti-discriminatoires à appliquer à la fois dans les établissements d’enseignement et sur le marché du travail.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

31


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Conclusion et recommandations de politiques et de pratiques Comme nous l’avons indiqué, des systèmes d’éducation et de formation non discriminatoiressontla condition préalable pour permettre aux filles et aux femmes de réussir leur entrée sur le marché du travail, de développer les compétences techniques et personnelles appropriées pour assurer leur avancement professionnel et d’être suffisamment informées des principaux enjeux de leurs cadres de vie et de travail pour prendre des décisions éclairées concernant leur avenir. Les travaux présentés dans ce volume des Cahiers de recherche du FAWE exposent plusieurs mesures pouvant aider à définir des règles du jeu équitables pour les jeunes femmes dans le système éducatif et pour celles entrant ou déjà entrées dans la vie active. Mécanismes pour une plus grande égalité entre les genres Afin de soutenir et motiver les femmes dans les différents domaines universitaires, professionnels et personnels – par exemple, les programmes d’études liés à la technologie, la direction des associations étudiantes, la recherche d’emploi et l’entrepreneuriat – il est nécessaire de disposer de plus d’informations, à jour et pertinentes, sur les expériences fondées sur le genre dans les établissements universitaires, sur les stratégies d’adaptation et d’auto-construction et sur les facteurs de motivation. Le document de recherche du CIRES recommande que les pouvoirs publics financent des études qui produiront des indicateurs à jour sur l’emploi et l’éducation afin d’orienter l’élaboration de programmes et d’autres mesures. Le REPOA souligne qu’il essentiel que les établissements d’enseignement supérieur aient accès facilement à des données ventilées par sexe –au niveau des programmes institutionnels et universitaires – sur les inscriptions, les résultats et l’achèvement ainsi qu’à des données montrant les différences entre les programmes universitaires. Ces informations sont cruciales pour fourniraux responsables politiques, aux établissements d’enseignement et au marché du travail des idéessur la mise en place de mécanismes visant à faire changer les mentalités, la création de plus cadres d’autonomisation des femmes et de sensibilisation et la mise en œuvre des décisions et des interventions pouvant éliminer les facteurs qui empêchent les femmes de réaliser pleinement leur potentiel universitaire et professionnel. REPOA avance égalementque les choix de vie faits par les femmes et les hommes sont influencés par les préjugés de genre auxquels ils sont confrontés au cours de leur existence dans les sphères publiques et privées. Les ministères et le secteur privé doivent par conséquent accélérer l’introduction ou renforcer les structures d’intégration du genre qui planifient, créent et assurent le suivi des mesures favorisant l’égalité entre les genres dans les établissements d’enseignement et le milieu du travail. De même, les établissements d’enseignement supérieur doivent créer des unités de genre fonctionnelles, disposant du personnel approprié et qualifié, pour assurer la compréhension, l’adoption et la promotion de l’égalité entre les genres en vue de l’élimination des attitudes et des comportements discriminatoires à la fois en classe et dans les autres aspects de la vie étudiante. Naturellement, de telles mesures nécessiteront un financement et un personnel appropriés. Afin de renforcer les capacités des femmes en vue de leur émancipation socio-économique, certaines études de ce volume demandent que des mesures spécifiquessoient prises en faveur des femmes auto-employées, plus précisément celles du secteur informel. Citons parmi les mesures proposées en faveur de ces femmes les initiatives d’alphabétisation, en particulier les formations en comptabilité, ainsi queles initiatives d’éducation non formelle de la deuxième chance mises en œuvre dans plusieurs pays. Etant donné l’importance de l’auto-emploi pour les femmes, spécialement dans le secteur informel, et le rôle joué par l’entrepreneuriat des femmes pour soutenir l’éducation

32

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

des filles, l’étude du ROCARE recommande la promotion de l’auto-emploi par le financement des petites et moyennes entreprises, augmentant ainsi les opportunités d’emploi dans le secteur privé. De même, l’étude de l’Université du Zimbabwe sur les femmes dans le secteur informel plaide pour que les ministères concernéssoutiennent l’entrepreneuriat informel des femmes au moyen de prêts, de formation en gestion d’entreprise et de liens avec le marché pour stimuler leurs activités. Les recherches contenues dans ce volume signalent le manque de mécanismes appropriés et fonctionnels pour faire face au harcèlement et aux agressions sexuelles dans les établissements supérieurs et le monde du travail. Le personnel scolaire manque de compréhension sur la violence sexuelle et ses implications, et dans le cas des apprenants souffrant de handicaps de compréhension sur le handicap, de connaissances sur les limites des enfants handicapés et de capacitésà communiquer avec eux. Les femmes diplômées sont confrontées aux avances sexuelles d’employeurs prospectifs, ce qui complique encore leur recherche d’emploi. Il est essentiel de mettre en place des initiatives et des installations permettant aux étudiantes et aux employées de signaler les cas de harcèlement et d’agressions sexuelles, de demander une aide physique, psychologique et juridique, d’être assurées que dessanctions appropriées seront prises contre ceux qui les harcèlent, leur nuisent et les violent, de quelque façon que ce soit, et d’être protégées d’autres cas d’agression. Le harcèlement et les agressions sexuelles sont des sujets difficiles à évoquer pour les victimes et la confidentialité et la compréhension sont cruciales. Cela implique que les écoles et les entreprises emploient des personnels dédiés, adoptant l’attitude appropriée à l’égard des victimes de violence sexuelle et formés pour les soutenir et prendre les mesures nécessaires pour assurer leur protection. Le développement permanent du personnel dans ce domaine est crucial, car de nouvelles législations, connaissances et approches émergent. Lorsque la législation est absente ou insuffisante, les autorités nationales du travail ou de l’éducation concernées doivent s’assurer de l’introduction et de l’efficacité de politiques, règlementations et mécanismes relatifs à la violence sexuelle. Les états doivent accorder une attention vigilante au respect des droits et de la sécurité des travailleurs, en particulier des femmes, et au droit des étudiant(e)s dans les établissements d’enseignement. Sensibilisation sur les droits, les devoirs et les opportunités Les mesures visant à renforcer la sensibilisation sur les questions de genre au sein des établissements d’enseignement et sur le marché du travail ont émergé comme une recommandation clé de différentes études. En effet, les initiatives qui s’attaquent aux préjugés de genre doivent dépasser la création de cadres politiques et règlementaires et doivent cibler une réelle implication communautaire afin de promouvoir l’égalité entre les genres. Cela exige que toutes les parties prenantes, y compris les OSC, assument un rôle actif de sensibilisation à tous les niveaux sur les implications négatives desinégalités et de la violence à l’égard des filles et des femmessur la société dans son ensemble. Le CIRES appelle les autorités gouvernementales, les associations et les ONG impliquées dans les questions liées au genre à mettre en œuvre des programmes et des campagnes coordonnées sur la sensibilisation au genre ciblant les femmes, les hommes, les parents, les filles et les garçons, soutenues par les médias, afin de provoquer des changements positifs en faveur de l’égalité entre les genres et de la redéfinition des idéologies concernant les femmes.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

33


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

Les parents devraient mieux comprendre leur rôle dans l’émancipation socio-économique des filles et l’importance de l’éducation pour y parvenir ; les filles devraient être mieux informées sur les normes et les valeurs les concernant, les avantages de l’éducation et les différents rôles qu’elles jouent dans la société ; enfin, les femmes devraient être informées des opportunités universitaires, professionnelles et entrepreneuriales qui s’offrent à elles et des politiques et mécanismes existants en leur faveur  : tels sont les autres objectifs des efforts de sensibilisation. Ainsi, pour optimiser l’intégration professionnelle des femmes, il conviendrait d’accroître et de faciliter l’accès à l’information sur le recrutement public et privé et les organismes de formation aux jeunes femmes qui entrent sur le marché du travail ainsi qu’à celles qui travaillent déjà et cherchent à améliorer leur situation. Il faudrait également encourager une plus grande sensibilisation sur les services qui soutiennent l’entreprise privée par une information accrue. En ce qui concerne l’éducation, il est important que les étudiantes, les familles et la communauté scolaire comprennent les droits de l’enfant, y compris le droit à l’éducation et à la protection contre la violence ainsi que les politiques de réintégration scolaire qui permettent aux mères adolescentes de retourner à l’école et de terminer leurs études. La prise de conscience est d’une importance particulière dans les situations de harcèlement et d’agressions sexuelles. Tout le personnel enseignant doit être sensibilisé sur ses obligations légales en ce qui concerne le traitement et la protection des élèves qui leur sont confiés, les employeurs doivent comprendre leurs obligations au regard de la sécurité et du bien-être de leurs employé(e)s. Les politiques relatives à la violence sexuelledoivent être clairement expliquées à tous – apprenant(e) s, parents, personnel scolaire, entreprises, employé(e)s – pour s’assurer qu’ils comprennent leurs droits, ce qui constitue un cas de harcèlement ou de violence sexuelle, les mesures à prendre quand de tels cas se produisent ou sont suspectés, les procédures de signalement et le soutien et la protection de la victime. L’orientation, le conseil et la motivation des étudiantes Bien que de nombreuses études indiquent que les étudiants, hommes et femmes, peuvent réussir aussi bien dans les études, les activités extrascolaires et le milieu du travail, les préjugés de genre existant dans l’enseignement et le monde du travail continuent de nuire aux résultats universitaires et à la progression professionnelle des jeunes femmes. Certaines études contenues dans ce volume signalent la nécessité évidente de mécanismes de conseil et d’orientation plus formels, à l’école secondaire et à l’université. L’étude de l’Université de Douala suggère par exemple que les étudiantes découragées par leur expérience d’apprentissage dans les matières scientifiques ou qui se sentent intimidées sont susceptibles de changer leur façon de voir et de s’engager dans des disciplines scientifiques si elles reçoivent une orientation appropriée. En conséquence, les initiatives d’orientation et de motivation encourageant les jeunes filles à choisir les matières scientifiques à l’école secondaire en préparation des études supérieures sont importantes. La recherche de l’Université de Douala avance que le personnel enseignant et les modèles féminins en science et en technologie ainsi que la représentation positive des femmes dans les manuels de science et de technologie sont essentiels pour motiver les filles en faveur de ces disciplines. De même, l’étude du Ghana met en évidence que les membres féminins des facultés sont des modèles importants dans le développement des qualités de leadership et des ambitions chez les étudiantes. Ce document de recherche recommande que les initiatives de mentorat au sein des universités ne se limitent pas seulement à la sphère universitaire, mais ciblent également le développement de fortes 34

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

caractéristiques de leadership chez les étudiantes. L’Université du Zimbabwe suggère d’impliquer également les modèles dans les initiatives d’éducation par les pairs pour les filles et les femmes du secteur informel, en particulier celles qui reprennent leur scolarité après avoir abandonné l’école. L’étude sur les liens entre l’éducation et le marché du travail en Tanzanie recommande que les établissements d’enseignement supérieur prennent des mesures pour préparer les étudiant(e)s aux entretiens d’embaucheen les exerçant aux règles et aux pratiques de la recherche d’emploi et du marché du travail. La recherche peut jouer un rôle fondamental pour contribuer aux mécanismes d’orientation et de soutien destinés aux jeunes femmes. L’étude de REPOA a révélé que les étudiantes sont soit découragées de poursuivre des études dans des disciplines scientifiques comme l’ingénierie ou trouvent difficiles d’entrer dans le milieu professionnel scientifique à cause de l’image négative des employeurs sur la capacité des femmes à travailler dans ces domaines. Le REPOA a suggéré que la recherche approfondisse ces conclusions et évalue dans quelle mesure ces expériences sont communes à l’éducation et au marché du travail ainsi queleur impact sur les résultats universitaires et professionnels des femmes et des hommes. Le conseil est revenu régulièrement comme un facteur essentiel pour améliorer les expériences d’apprentissage et professionnelles des femmes. Plusieurs études, notamment celle de l’Université de l’éducation de Winneba, ont prôné la mise en place de services de conseil dans les établissements d’enseignement afin d’apporter une assistance psychologique et affective aux étudiantes souffrant de harcèlement, de violence, de découragement, de frustration et de stress. Une éducation sexuelle appropriée a été identifiée comme l’une des clés pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles, en particulier pour les élèves du second cycle et celles souffrant de handicaps. L’Université d’Afrique du Sud avance que ce type d’éducation devrait encourager une sexualité positive, favoriser l’aptitude à la prise de décision, habiliter les apprenants à agir en cas de pression inappropriée de leurs pairs et d’abus de leurs droits, et aborder les questions liées à la santé reproductive, aux relations interpersonnelles, à l’affection, à l’intimité, à l’image corporelle et aux rôles de genre. Ce type de programmes ont le potentiel de remettre en cause les pressions de la société et des pairs qui favorisent les comportements abusifs et les stéréotypes sur les hommes et les femmes, de permettre aux hommes de développer des attitudes positives à l’égard des femmes et des filles et d’offrir la possibilité aux femmes d’exprimer leurs préoccupations concernant la violence sexuelle. Ces recommandations peuvent éclairer le dialogue et l’engagement et contribuer à la mise en place d’interventions concrètes dans les communautés, les établissements et les pays en vue d’améliorer la participation des filles et des femmes à l’éducation et à l’emploi. La préoccupation primordiale des études contenues de ce volume et des recommandations qu’elles formulent est d’offrir aux filles et aux jeunes femmes d’Afrique subsaharienne une chance équitable d’acquérir des compétences et des caractéristiques qui leur permettront d’être autonomes, productives et épanouies dans le monde du travail.

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

35


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT I O N D E S F I L L E S E T D E S F E M M E S E N A F R I Q U E

36

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013


R E N F O R C E R L A R E C H E R C H E S U R L E G E N R E P O U R A M É L I O R E R L' É D U C AT

L’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes sont les clés de la réduction de la pauvreté et du développement socio-économique et l’éducation y joue un rôle crucial. Pourtant, les expériences et les résultats en matière d’éducation sont très différents pour les garçons et les filles et les hommes et les femmes, généralement au détriment des filles et des femmes.

Les études de ce troisième volume des Cahiers de recherche du FAWE posent plusieurs questions importantes sur l’éducation des filles et des femmes et l’emploi en Afrique. Quels sont les facteurs au sein de l’environnement scolaire qui motivent ou entravent l’inscription des filles et des femmes dans les programmes d’études liés aux sciences ? Qu’est-ce qui motive les étudiantes à briguer des postes dans les associations étudiantes ? Dans les deux cas, quelles sont les formes de soutien disponibles pour ces jeunes femmes, quels défis rencontrent-elles et quelles stratégies adoptent-elles pour faire face à ces défis ? Une autre étude se penche sur la façon dont la violence sexuelle à l’école contribue à la perte d’autonomisation et à la marginalisation des filles souffrant de handicaps et comment les écoles peuvent promouvoir des environnements d’apprentissage sûrs pour les enfants ayant des besoins spéciaux.

En ce qui concerne l’emploi, quels sont les mécanismes d’intégration et de nonintégration des femmes sur le marché du travail ? Comment les attitudes et les pratiques sexospécifiques dans l’enseignement supérieur et sur le marché du travail se manifestent-elles  ? Les femmes diplômées de l’enseignement professionnel réussissent-elles mieux que les hommes à entrer sur le marché du travail et le genre détermine-t-il la nature des premiers contrats de travail ? Enfin, comment la participation des femmes dans le secteur informel influence-t-elle l’éducation des filles ?

Ces questions et les autres questions clés étudiées dans ce volume de documents de recherche peuvent mettre en lumière des moyens de s’assurer que les approches politiques, les attitudes des communautés, les pratiques d’enseignement et d’apprentissage et les environnements travail sont équitables, propices et aboutissent à l’amélioration des résultats des filles et des garçons et des femmes et des hommes.

©FAWE 2013 www.fawe.org 38

Cahiers de recherche du FAWE Vol. 3 - 2013

FAWE Cahiers de recherche - Volume 3, Résumé (2013)  

Cette publication est le fruit d'une collaboration entre le FAWE et des chercheuses venant de toute l’Afrique avec le soutien de l’Agence no...

FAWE Cahiers de recherche - Volume 3, Résumé (2013)  

Cette publication est le fruit d'une collaboration entre le FAWE et des chercheuses venant de toute l’Afrique avec le soutien de l’Agence no...

Advertisement