Mes images d'Edgar(d)

Page 1

M

E s d’ e g a es i m

). dgar(d



I nt r o d

uction (som

mair

e)


Cet ouvrage est un recueil d’interprétations écrites de poèmes sonores d’Edgard Varèse, écrits du début jusqu’au milieu du XXème siècle. Il s’agit d’un exercice qui vise à développer nos rapports aux sons et à interroger leurs interprétations. Les poèmes de Varèse ne sont pas neutres, ce sont souvent des sons inhumains, presque irréels, qui se distordent, s’arrêtent, puis reprennent. C’est grâce à ces sons et ses variations que l’on peut facilement s’imaginer un scénario et laisser place à l’inconscient


(page 4) Poème éléctrique

e6 (pag

(page 8

) Deser t s

) Exercices


(Poème éléctrique) Silence brutal dans le salon. Clignotant, démarrage, en route, il fait nuit, sur cette route de campagne. Je regarde à droite, à gauche. Pas un chat ? Si, te voilà, tu miaule. Le chantier j’en ai marre, les coups de karsher, c’est un concert tous les matins ! Et encore ce chat, heureusement que t’es là toi. Désolé de t’avoir importuné. Passe le message à la voisine, demain, elle devra m’apporter le dîner. Attention aux voitures dans la rue, tu risques de te faire écraser comme une crêpe. Dit lui de m’en faire, des crêpes. Avec du miel doré. Il ne se passe rien, absolument rien. Réveil toi donc. C’est affreux ! Toujours rien. Le chat à rempli sa mission, le revoilà. Un drame, évidemment, comme si cette journée n’était pas assez remplie. Toujours, rien. C’est cette télé qui me joue des tours ? Cette radio ? Ce téléphone ? Mais enfin, je pensais que c’est le chantier moi, les coups de karsher. Allô ? Toujours, rien. Je retourne au lit. Je m’endors. Je n’y crois pas, j’arrive à m’endormir. Malgré tous ces bruits ? Allô ? Non plus. La voisine. Le chat. Ne t’énerve pas le chat. C’est le chantier, met des boules-quies. ME VOILÀ DE NOUVEAU RÉVEILLÉ.

version 1


L’appel se fait ressentir. Tendu, sa respiration bourdonne puis se stop. Que vais-je manger à midi ? En voilà une bonne question. Les travaux dans la rue, le suspens, tout ça me parait très saccadé. Un ami m’appelle, à l’aide de son téléphone portable. Ce sont des abeilles ou des sortent d’oiseaux qui ont établie leurs nids sur ce toit, en dessous, la police passe, puis repasse. Qu’est-il arrivé dans ce quartier, il n’a pas l’air très serein. Tiens, déjà midi, c’est vrai. L’avion. La sauterelle. La poignée de porte. Qui s’ouvre. À table ! À table ! Viens manger ! À l’aide, cérémonie. Une cloche qui retentit dans toute la ville maintenant, au-delà de ma cuisine, je sens ces appareils, toutes leurs mécaniques. Ils appartiennent à une entité, inconnue, dominante. Le silence reprend. Le micro-onde assourdissant. Un concert au loin, de saltimbanques, ils se préparent à jouer sur scène, ça doit être sur le toit d’un immeuble. La voisine me fait peur. Encore une cérémonie. Un garçon ne voit rien à cause de sa petite taille, il passe entre des jambes costumés. Le concert s’apprête à démarrer. C’est intense, les frissons s’arrêtent aussitôt.

version 2


(Deserts) Le lendemain, le village se réveille après avoir fêté toute la nuit. Il est tout chamboulé, rien n’est à sa place. Le maire, au courant de rien, se rend compte du désordre absolu. C’est la sanction. Qui va devoir payer les frais de cette folie. Lui, avec sa moustache ? Lui, avec son gros nez, lui avec son fusil ? Ça sera lui !!!! Un énergumène, tout frêle, qui n’avait sans doute rien fait. Le pauvre. Pourquoi le suspens ne s’arrête pas, on vient pourtant de désigner le bouc-émissaire, cette affaire ne serait donc pas réglée ? Tant de questions, cessez, je vous en supplie, arrêtez tout. C’est un faux jugement, une catastrophe. Dans la jungle, il serait envoyé, avec un couteau, et c’est tout. Les tigres allaient le bouffer tout cru, allaient faire de sa chair du pâté. L’énergumène était terrifié, il grelottait. Les épaules d’un tigre affamé apparaissent alors, il tournait, dans les feuillages, autour de sa cible. Une cage s’abat sur lui, il se retrouva enfermé de verrous et de mécanismes complexes, que seul des gens mesquins pourraient construire. Enfermé, il était rassuré, mais comment allait-il manger ? Les moustiques le piquaient, encore et encore. Les tigre rugissaient, les singes, aussi criaient. Un grand monsieur vient alors vêtu de noir et traînant un grand bout d’acier au sol. Un vaisseau qui s’envole, derrière les arbres, les feuilles virevoltaient, tandis que le grand homme s’approchait de la cage. Sa voix rauque lui proposait un marché. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre avec un énergumène et un grand homme lugubre. Qu’allaient ils concocter. Le village était inquiet, il sentait que quelque chose se tramait.


S.O.S.


www.youtube.com/watch?v=Q__g0tgC2wE



www.youtube.com/watch?v=R-R3F3ZVbi8




police utilisés :

Mermaid. Mongolian Balti N

oto Serif

Nicolas Pineau Imprimé en 2020 Réalisé dans le cadre du cours «vers une édition d’auteur » avec Thierry Moré EESAB – site de Rennes



Millions discover their favorite reads on issuu every month.

Give your content the digital home it deserves. Get it to any device in seconds.