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Quelque chose me dit qu’il y aura des bleus


mais je NE sais pas pourquoi


Je me puise chez l’autre Je m’y retrouve comme il se retrouve chez moi C’est un jeu facile que de paraître être Aussi facile qu’un tour de magie.


Je peins sur mon visage Ensuite, j’oublie qu’il y a un visage Je ne sais plus ce qu’il y a derrière ce visage Je ne sais plus qu’il y a un visage Je ne sais plus que ce visage est un visage Je ne sais plus ce qu’est un visage Ni ce qu’il y a derrière Je ne sais plus que je suis entourée par des visages Et que s’il n’y avait pas de visage Il n’y aurait pas d’homme. Le visage n’est plus ce qui délimite et définit celui-ci, ce qui le sépare des autres, il n’est plus qu’un support pour la peinture. La peinture sert à cacher mon visage, mais mon visage reste mon visage.


C’est pas dans ma tête


Le masque est facile Ă  mettre Mais la peinture difficile Ă  retirer.


protège


« Je ne sais pas ce que je suis mais je ne suis pas les autres. » Albert Camus


Je veux être cachée Peu importe l’endroit Je ne veux plus qu’on me voit Je veux être cachée Et ne plus être obligée.


Je n’y arrive plus Je suis épuisée Je vous vois aussi abandonner Cela nous tue Sur mille, il ne reste que vous et moi Mais lequel de nous deux survivra ?


Aujourd’hui plus que jamais, se pose la question de la diffusion de l’image dans un monde où tout se veut rapide et facile. L’homme se confronte aussi bien à une multitude d’informations qu’à autrui. Son rapport à l’autre devient un équilibre délicat. Aussitôt que l’humain est, il doit obéir à un certain nombre de codes et se plier aux règles du jeu social. Il revêt son masque qui lui permettra d’y participer. La question du je et de l’autre semble alors évidente. Quels rapports puis-je avoir avec cet autre si j’essaie d’appartenir à une masse ? Suis-je comme l’autre ? Suis-je l’autre ? L’autre me cache-t-il ? J’enfile mon masque qui fera de moi l’être-joué, mais l’être-vrai sera-t-il toujours vraiment présent ? L’homme choisit de se cacher derrière les apparences pour appartenir à la foule qui l’entoure. C’est un fait qui apparait également avec les réseaux sociaux, contrôlant le flux d’informations partagées. Ce sont deux éléments que j’ai décidé de mettre ici en parallèle en ayant un propos autour de l’humain seul malgré le masque, et les images utilisées provenant d’une source inépuisable. La plateforme tumblr est un exemple des plus marquants qui m’a servi à réaliser cette édition. Ce microblog a pour principe de faire circuler à l’infini des textes, des vidéos, des sons, et avant tout des images. L’utilisateur peut rebloguer un contenu indéfiniment, jusqu’à ce que la source première de l’image ou du texte soit totalement perdue. Le principe du tumblr en est plus la circulation de cette image que de savoir à qui elle appartient réellement. Les documents sont conçus pour être partagés au sens d’une réutilisation et non d’un simple accès à l’information. L’équilibre entre le je auteur et l’autre devient fragile, et mon rapport à cet autre et à ce que je veux laisser comme trace montre que le jeu d’apparence est primordial. Mêlant des visuels personnels ainsi que des visuels provenant de cette plateforme, cette édition parle aussi bien des apparences que de l’inévitable solitude. Le masque social apparait comme un équilibre fragile qui confronte l’humain à l’autre, que son rapport soit fictif à l’aide des nouvelles technologies, ou réel.


Quand je ne sais pas quoi faire, j’erre. Laura Wnuk Achevé d’imprimer en mai 2013 à Rennes édition réalisée dans le cadre de l’atelier « Errances » éesab site de Rennes L’atelier Errances - le blog : http://www.errances.fr Errances éditions : http://www.errances-editions.fr



Quelque chose me dit qu'il y aura des bleus