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DEVENIR[S]


Quand on a compris que mes images ne relèvent pas de la technique du copier/coller, on peut alors chercher à déconstruire ce qu’on a sous les yeux. Il y a tout un cheminement statique possible à faire devant l’image : on suit une ligne, on voit qu’elle part du sol, passe sur le mur, se glisse dans un coin, revient devant, va jusqu’au plafond pour redescendre... [...] J’ai donc décidé de transformer le lieu comme j’en avais envie, avec une grande liberté par rapport à l’architecture, pour en faire une sorte d’architecture utopique.

Georges Rousse


PROJETS


Un rêve Une réalité Un mélange


24H01 L’ enfant voulait se coucher. Bizarrement. Il aimait ce moment. Il aimait la nuit et la noirceur de sa chambre. Cet instant après l’ histoire, avant le sommeil. Juste avant. Celui qui, au final, n’ appartient qu’ à vous. Lorsque le rêve rencontre l’imagination. Quand tout devient possible. L’ enfant voulait se coucher pour fermer les yeux. Il voulait rêver.


24H01 L’ enfant voulait se coucher. Il aimait particulièrement ce moment. Dans la noirceur de sa chambre, l’ attente du sommeil. Cet instant où le rêve et l’imagination se rencontrent. Le seul qui lui appartienne vraiment. L’instant des possibles. L’ enfant voulait se coucher pour enfin rêver.


24H01 L’ enfant voulait dormir. Dans la noirceur de sa chambre, il attendait ce moment. Avec impatiente. Après l’histoire et avant le sommeil. Cet instant où le rêve et l’imagination se rejoignent enfin. Cet instant, le seul qui nous appartienne réellement. L’ enfant voulait dormir pour laisser ses rêves entrer.


24H01 Aussi étrange que cela puisse paraître, l’ enfant voulait aller se coucher. Sitôt finie l’histoire, il éteignit la lumière et se glissa sous les couvertures. Puis, il attendit. Attendit dans le noir, que le sommeil le guette. Attendit ce moment si particulier où le rêve rencontre l’imagination. Attendit enfin que tout devienne possible.


24H01 L’ enfant ne demandait rien d’autre que de rester seul. Il voulait qu’on le laisse tranquille. Il voulait qu’on le laisse dormir. L’ enfant allait retrouver son imaginaire. Il voulait qu’on le laisser rêver.


24H01 L’ enfant voulait se coucher L’ enfant voulait se retrouver seul L’ enfant voulait le sommeil L’ enfant voulait imaginer L’ enfant voulait rêver


24H01 Se coucher Lumière Noir Rêve Imaginer Dormir Rêver


24H01 L’ enfant voulait imaginer son rêve.


24H01 L’ enfant voulait rêver son imaginaire.


24H02 L’ enfant rêve son imaginaire.


Une image apparaît. Puis une autre par dessus, se mêlant à la première. Puis une autre, et encore...


Voir les mêmes lieux. Tous les jours Toutes les nuits Les voir. Puis les regarder Attentivement Jusquà découvrir quelque choses de différent...


Construction DĂŠconstruction Reconstruction


Une image. Un lieu connu. Une autre image, un autre lieu quotidien. Par dessus. Etrange de voir combien deux choses familières peuvent, ensemble, mener vers l’inconnu...


DISPOSITIF


Une image dejà existante. Un visuel quotidien, vu et revu. Apperçu tous les jours mais pas vraiment regardé. Le regarder au lieu de le voir. Regarder et déconstruire. Observer à ma manière. Tenter de voir quelque chose d’autre. Puis trouver. Et reconstruire. Autrement. Des images dejà existantes, déjà vues. Déconstruire pour reconstruire différement. Voir comment deux images banales peuvent former quelque chose d’inhabituel. Comment quelque chose de tangible, de structurel, peut si facilement entraîner une perte de repères... Créer de l’insolite à partir de l’ordinaire. Pour imaginer. Pour rêver. Pour apprendre enfin, à regarder au lieu de voir.


On veut toujours que l’imagination soit la faculté de former des images. Or elle est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images. S’il n’y a pas changement d’images, union inattendue des images, il n’y a pas imagination, il n’y a pas d’action imaginante. Si une image présente ne fait pas penser à une image absente, si une image occasionnelle ne détermine pas une prodigalité d’images aberrantes, une explosion d’images, il n’y a pas imagination. Le vocable fondamental qui correspond à l’imagination, ce n’est pas image, c’est imaginaire. Grâce à l’imaginaire, I’imagination est essentiellement ouverte, évasive. Elle est dans le psychisme humain l’expérience même de l’ouverture, I’expérience même de la nouveauté.

Gaston Bachelard



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