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Toute cette accumulation de détails réalistes, censés camper des personnages nettement différenciés, m’est toujours apparue, je m’excuse de le dire, comme pure foutaise. Daniel qui est l’ami d’Hervé, mais qui éprouve certaines réticences à l’égard de Gérard. Le fantasme de Paul qui s’incarne en Virginie, le voyage à Venise de ma cousine… on y passerait des heures. Autant observer des homards qui se marchent dessus dans un bocal (il suffit, pour cela, d’aller dans un restaurant de poissons). Du reste, je fréquente peu les êtres humains. Pour atteindre le but, autrement

philosophique que je me propose, il me faudra au contraire élaguer. Simplifier. Détruire un par un une foule de détails. J’y serais d’ailleurs aidé par le simple jeu du mouvement historique. Sous nos yeux, le monde s’uniformise ; les moyens de télécommunication progressent ; l’intérieur des appartements s’enrichit de nouveaux équipements. Les relations humaines deviennent progressivement impossibles, ce qui réduit d’autant la quantité d’anecdotes dont se compose une vie. Et peu à peu le visage de la mort apparaît, dans toute sa splendeur. Le troisième millénaire s’annonce bien.

Michel Houellebecq, in Extension du domaine de la lutte


Ma réflexion trouve sa source au sein de l’intime relation que l’on à vis à vis de l’Autre, basée sur cette dualité : le rejet et le besoin. Mes chroniques tentent de décrire et de mettre en abîme cette duplicité. Je l’étends, je la mets en parrallèle à des images, comme celle de la montagne qui est à la fois un lieu de refuge mais qui est aussi un synonyme de difficulté.


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On serait plus heureux au sommet d’une montagne.


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Moi, ce que j’aimerais, c’est que les gens qui verront mon travail comprennent qu’à travers la métaphore de la montagne, je traite plus spécifiquement de la difficulté d’un quotidien avec autrui et en conséquence, je traite également du repli sur soi. Par le biais de situations anecdotiques et de personnages que j’invente, je souligne le poids et le blocage que peuvent constituer le regard des autres. Je propose au lecteur une vision sensible et une réfléxion autour de l’autre, de soi, et peutêtre de lui aussi.


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Tisser un refuge pour soi pour se protéger de l’Autre c’est construire un habitat aussi fragile que nécessaire, la relation à l’autre peut être autant raisonnée qu’absurde, le refuge autant nécessaire qu’illusoire...



Les gens sont laids