Page 1

BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

Santé au travail

PLUS EFFICACE À PLUSIEURS ! Vos droits, vos devoirs :

L’équipe de santé au travail

Zoom sur :

Le parcours de prévention personnalisé

Martin Richer :

Santé au travail, retour sur investissement

N°34

p8

p24

p27

2ème Trimestre 2016 www.entrepriseetsante.fr


SOMMAIRE

N°34 • 2ème Trimestre 2016

VRAI OU FAUX ?

p04

p05

BRÈVES

EN DIRECT :

Du « sur mesure » pour la prévention des TMS ! Investir pour la prévention des TMS en EHPAD. Une journée par an consacrée à des ateliers santé et sécurité.

VOS DROITS, VOS DEVOIRS :

p08

Loi n°2011-867 du 20 juillet 2011, l’équipe de santé au travail : un droit ! VOTRE SANTÉ, VOTRE EMPLOI :

p10

Essai encadré : « Je ne veux pas terminer dans un canapé avec des chips ! »

DOSSIER p.11 à 22

Santé au travail, plus efficace à plusieurs ! -

Points de vue : Directeurs des services de santé au travail Industrie : Définir des priorités et investir en santé au travail Risque Psychosocial : du baromètre à l’accompagnement personnalisé Maison de l’enfance : de l’ergonomie au risque psychosocial BTP : de la connaissance à la confiance... de la confiance à l’action !

p24

p26

Fiche détachable Votre cotisation obligatoire

ZOOM SUR :

Travail sur écran et risque routier : le parcours de prévention personnalisé ! ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE :

Textile : cette allergie ne surviendra pas deux fois ! INTERVIEW :

p27

p30

p31

02

Martin Richer : « Pour un euro investi en santé sécurité au travail, le retour sur investissement est de 2 à 5 euros » AUX ALENTOURS :

Septentrionales 2016: la semaine Grand Nord de la santé au travail. ACTU :

Votre agenda.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


ÉDITO

Hervé Delpierre Pour exister et se développer, une entreprise doit avoir des clients. C’est une évidence ! Pour avoir des clients, il faut produire des biens ou des services, correspondant à leurs attentes… Aujourd’hui, en permettant de préserver la santé des salariés, la santé au travail est considérée comme un facteur de performance de l’entreprise. Investir en santé au travail, c’est avoir un retour sur investissement de 2 à 5, à court terme. Dans la rubrique « Interview », Martin Richer nous en fait la démonstration, au regard des études publiées au niveau international. Dans ce numéro spécial d’Entreprise &

Santé, de nombreux témoignages d’entreprises très différentes explicitent la diversité des actions et des investissements en santé au travail. Ces investissements ne sont pas faits au hasard. Ils bénéficient des diagnostics, conseils et préconisations des services de santé au travail. En effet, en application de la loi, les services de santé au travail ont mis en place des équipes qui épaulent le médecin du travail. Pour toujours mieux aider l’employeur et ses salariés, ce dernier dispose ainsi d’IPRP (Intervenants en Prévention des Risques Professionnels), d’ergonomes, de psychologues du travail, d’infirmiers en santé travail, d’assistants en santé travail, d’assistants sociaux. Notre dossier central et les différents articles de ce numéro le démontrent. Entreprise de logistique, EHPAD, Biscuiterie, Traiteur, Entreprise textile, CPAM, Entreprise de plasturgie, Mai-

son de l’enfance, Entreprise de Bâtiment : toutes ces PME et TPE ont fait appel à leurs services respectifs de santé au travail pour progresser. La rubrique « Zoom sur » explique, à titre d’exemple, comment un parcours individualisé de prévention peut être mis en place, pour associer suivi de santé et actions de prévention. La deuxième édition des Septentrionales aura lieu à Lille et Oignies du 27 juin au 1er juillet prochain. L’occasion d’échanger avec les professionnels de la santé au travail de la région des Hauts de France. Soyez les bienvenus ! Bonne lecture ! Hervé Delpierre Directeur de publication pour les Services de Santé au Travail

MAGAZINE CONNECTÉ ! Repérez les pages avec ce logo :

COMMENT FAIRE ?

1

Téléchargez gratuitement l’appli teasy

2

Flashez les pages connectées

3

Découvrez un complément d’informations

et flashez !

vous proposent le magazine :

ENTREPRISE & SANTÉ N°34 Numéro diffusé gracieusement aux entreprises des services adhérents ! > AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail - 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 Cambrai Tél. 03.27.72.63.63 www.aismtcai.com > ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77, rue Debaussaux CS 60132 80001 Amiens Cedex 1 Tél. 03.22.54.58.00 www.asmis.net > AST - Action Santé Travail 6, rue de la Symphorine Parc des Bonnettes - CS 60503 62008 Arras Cedex Tél. 03.21.15.12.32 www.actionsantetravail.fr

Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Directeur de publication : Hervé Delpierre Comité de rédaction : Alain Cuisse, Francine Lemonnier, Louis-Marie Hardy, Dr Alain Moniez Conception et Responsable de rédaction : Dr Matthieu Méreau Méthodes et Médiation - Lille

> ASTAV - Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes 1, avenue de l’Europe 59880 SAINT SAULVE Tél. 03.27.46.19.24 www.astav.fr > ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 Coquelles Cedex Tél. 03.21.85.51.85 www.astil62.fr > CEDEST - Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10, rue Albert Thomas 59210 Coudekerque-Branche Tél. 03.28.24.98.98 www.cedest.net > MTA - Médecine du Travail de l’Aisne rue Théodore Monod - Z.A. Bois de la Chocque -

Rédaction : Matthieu Méreau Secrétariat de rédaction : Nathanaëlle Debaene Création et mise en page : Graphic Design Solutions www.gdsgroup.fr Crédit photos : P5 : LA SAFEN, P6 : EHPAD LA SAINTE FAMILLE, P7 : DS SMITH DUCAPLAST, P10 : LALAUT TRAITEUR, P12 : AISMT, ASMIS, P13 : AST, ASTAV, P14 : ASTIL62, CEDEST, P15 : MTA, PÔLE SANTÉ TRAVAIL, P16 : STSA, SIMUP, P19 : MAISON D’ENFANTS DU CAPREAU, P26 : CALITEX, P27 : MARTIN RICHER, P30 : FOREST, ISTNF. FOTOLIA.

02100 Saint-Quentin Tél. 03.23.62.52.48 www.mt02.org > PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban - 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 LILLE Cedex Tél. 03.20.12.83.00 www.polesantetravail.fr > SIMUP - Service Interprofessionnel de Médecine du Travail des Unions Patronales d’Halluin, Wervicq et Comines (Vallée de la Lys) 22 rue de Lille BP 40018 - 59431 Halluin Cedex TÉL. 03.20.94.12.54 www.simup.fr > STSA - Santé Travail Sambre Avesnois 24, Rue Romain Duchateau 59720 LOUVROIL Tél : 03.27.53.31.34 www.sante-travail-sa.fr

Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59000 Lille Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau, Nathanaëlle Debaene Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Impression : Imprimerie Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours

Tirage : 99 000 exemplaires Édité par :

Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux Zone Artoipole 62060 Arras Cedex 9 Tél. 03.21.22.28.21

03


BRÈVES

Bureau International du travail 4 % DU PIB MONDIAL PAR AN ! Depuis 2003, le Bureau International du Travail, en collaboration avec l’Organisation Internationale du Travail, célèbre chaque année, le 28 avril, une « Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail ». L’occasion de publier un bilan annuel. Pour le BIT, à travers le monde, 5 000 personnes meurent chaque jour d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Au total, 268 millions d’accident du travail non mortels se produisent et 160 millions de nouveaux cas de maladies professionnelles sont enregistrées chaque année. Tout ceci a un coût estimé à 4 % du PIB mondial, en indemnités et absence au travail. (Source : journée-mondiale.com)

?

VRAI OU FAUX

L’essai encadré permet de « tester grandeur nature » la possibilité de reprendre le travail en cas de problème de santé ou de handicap. Réponse : rubrique « Votre emploi, votre santé », page 10.

Journée Mondiale de Sécurité et la Santé au travail LE STRESS AU TRAVAIL : UN DÉFI COLLECTIF.

Baromètre CAPEB/IRIS 55 % DES CONJOINT(E)S D’ARTISAN, SOUVENT EXPOSÉ(E)S AU STRESS. La CAPEB et le pôle d’innovation IRIS-ST, ont publié les résultats de la première enquête sur la santé et les conditions de travail des conjoint(e)s d’artisans du bâtiment. Fortement impliqué(e)s dans la vie de l’entreprise, 40 % d’entre eux ont du mal à se projeter et 34 % se sentent pessimistes pour l’avenir de l’entreprise. 55 % d’entre eux se sentent souvent stressé(e)s. 62 % travaillent 6 jours sur 7 dans l’entreprise. 48 % estiment ne pas être assez disponible pour leur famille. Le stress chronique a des conséquences sur le bien-être mental et physique des conjoint(e)s d’artisans du BTP. (Source : Baromètre ARTI-SANTE BTP 2015, Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment et IRIS-ST)

Pour la première fois, le groupe AFNOR, le bureau de normalisation du Québec et le groupe Québécois LEVIA, organisent avec le soutien d’un réseau de partenaires (dont Entreprise & Santé), une série de rencontres en France, pour favoriser le partage de connaissances sur le bien-être et la qualité de vie au travail. Vous êtes dirigeant d’entreprise, DRH, manager, médecin du travail, préventeur, représentant du personnel ? Cet évènement est le vôtre ! Au programme, une série de rendez-vous ouverts à tous. Autant d’occasions de rencontrer des experts français et québécois, de développer des partenariats et d’identifier des bonnes pratiques en matière de promotion de la santé en entreprise : hygiène de vie, santé des salariés, équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Voir rubrique Agenda de ce numéro, page 31. (Source : AFNOR, afnor.org) 04

Les Services Interentreprises de Santé au Travail ont l’obligation de disposer d’une équipe pluridisciplinaire de santé au travail. Réponse : Dossier pages 11 à 22.

?

VRAI OU FAUX

En santé au Travail, le retour sur investissement peut aller de 2 à 5, à court terme. Réponse : rubrique « Interview », pages 27,28,29.

hargez Tea léc

sy

Association Française de la Normalisation SANTÉ ET QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL : ÉCHANGEZ AVEC LE QUÉBEC !

?

VRAI OU FAUX

L’édition 2016 de la Journée mondiale de la sécurité et la santé au travail a pour thème le stress au travail. Pour le Bureau International du Travail et l’Organisation Internationale du Travail, les risques psychosociaux en général et le stress au travail en particulier, concernent tous les salariés et toutes les entreprises à travers le monde. A l’origine de cette montée en puissance du stress au travail : « la concurrence accrue, les attentes plus élevées sur les performances et de longues heures de travail contribuent à ce que le lieu de travail devienne un environnement toujours plus stressant. Avec le rythme de travail dicté par des communications instantanées et des niveaux élevés de concurrence mondiale, les lignes de séparation entre le travail et la vie privée sont de plus en plus difficiles à identifier. En outre, avec les changements importants dans les relations de travail et la récession économique actuelle, les travailleurs sont confrontés à des changements organisationnels et des restructurations, au manque d’opportunités, à du travail de plus en plus précaire, à la peur de perdre leur emploi, à des licenciements massifs, au chômage et à la diminution de la stabilité financière, avec de graves conséquences pour leur santé mentale et leur bien-être ». (Source : Organisation Internationale du Travail)

Flasher la page pour en savoir plus

Pour en savoir plus, rubrique BRÈVES sur: www.entrepriseetsante.fr


EN DIRECT I

nd

ustrie

In d

ustrie

LA SAFEN Logistique

90 % des salariés estiment que ces séances de sensibilisation sont utiles Sandrine DJANNATI, Médecin du travail, ASTAV.

100 salariés Benoît GALY, Directeur d’agence ROUVIGNIES SANTE AU TRAVAIL DE VALENCIENNES (ASTAV)

Ateliers de sensibilisation

Du « sur mesure » pour la prévention des TMS ! Sur le site Michelin de Rouvignies, près de Valenciennes, la SAFEN est prestataire logistique. Elle fait partie de la branche logistique du groupe ONET. Ses cent salariés assurent, en travail posté 3 fois 8, l’entreposage et l’expédition des pneus pour toute la partie de la France située au nord de Paris. Il s’agit autant de pneus de deux roues que de pneus de matériel agricole ou de génie civil, en passant par tous les intermédiaires pour voitures et camions. Des pneus de toutes tailles et poids, répertoriés et entreposés sur 70 000 m² ! L’ASTAV, Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes, est intervenue pour la prévention des risques de TMS sur le site de la SAFEN.

Avec la SAFEN, ONET logistique apporte à son client une solution intégrée et des prestations « sur mesure » en logistique et manutention, avec une maîtrise des techniques et des métiers. Devant les risques de Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) liés à la manutention et aux gestes répétitifs, le groupe ONET a déployé une démarche nationale. « L’intervention de l’ASTAV est venue renforcer la démarche nationale, par une action de proximité. Le docteur Sandrine Djannati, notre médecin du travail à l’ASTAV, est présente aux réunions du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Elle connaît l’entreprise. Elle nous a permis de bénéficier de l’intervention d’une ergonome » nous situe Benoît Galy, directeur d’agence.

par les caristes et les manutentionnaires. Pour éviter les TMS, il demeure essentiel d’expliquer l’importance des gestes et des postures. Et pour faire des sensibilisations adaptées, il faut observer les postes de travail et dialoguer avec les salariés. J’ai visité l’entreprise avec Sabrina Huvelle, ergonome à l’ASTAV. Puis nous avons échangé entre médecin du travail et ergonome. Enfin, nous avons conçu des ateliers de sensibilisation, animés par l’ergonome. C’est un travail d’équipe ». Des questions ont été posées aux salariés avant et après les ateliers. « Nous avons constaté d’excellents taux de compréhension avec des acquis de connaissances. De plus, 90 % des salariés estiment que ces séances de sensibilisation sont utiles. Etant de courte durée, ces ateliers peuvent être entrepris régulièrement ».

Observer, dialoguer, sensibiliser

L’expertise de l’ergonome

Le docteur Sandrine Djannati résume : « 90 % des effectifs de l’entreprise est constitué

« En avril 2015, j’ai vu les postes de travail et j’ai pu identifier les tâches et les

contraintes », nous précise Sabrina Huvelle, ergonome à l’ASTAV. « En allant sur les lieux de travail, le dialogue avec les salariés permet d’aborder les questions des postures, de l’utilisation des moyens techniques mis en place, des organisations qui peuvent réduire la survenue des troubles. Le déroulement des ateliers et les supports que j’ai créés ont été validés par le docteur Djannati. Avec les TMS, la difficulté est que les conséquences surviennent tardivement. On ne ressent pas l’importance de la prévention sur le moment ». Les matins de la sensibilisation, en janvier 2016, les salariés, par groupe de 5 à 6, ont eu une partie théorique dans la salle de pause. Puis, ils allaient voir leurs collègues en situation de travail et pouvaient échanger avec l’ergonome. « Le médecin du travail et l’ergonome de l’ASTAV nous apportent un recul par rapport aux situations de travail, en étant légitimes, expertes et neutres » conclut Benoît Galy.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

05 03


EN DIRECT Ser

vice

L’étude ergonomique permet d’associer étroitement les salariés au diagnostic, à l’élaboration de solutions.

Ser vice

EHPAD la Sainte Famille

Etablissement d’hébergement pour Personnes Agées Dépendantes 46 salariés Josette DUHAMEL, Directrice MARQUISE SANTÉ AU TRAVAIL DE CALAIS BOULOGNE - LE TOUQUET (ASTIL 62)

Troubles Musculo-Squelettiques

Investir pour la prévention des TMS en EHPAD

Loïc FILLIATREAU, Ergonome, SISE

A Marquise, dans le boulonnais, l’EHPAD1 la Sainte Famille accueille des résidents en hébergement permanent et temporaire. Une unité spécialisée prend en charge des patients atteints de maladie d’Alzheimer. L’Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 62, son service de santé au travail, et la Société d’Ingénierie Sociale d’Entreprise, sont co-intervenues pour établir des préconisations, à partir d’une étude ergonomique. Objectif : la prévention des TMS. La CARSAT Nord Picardie, Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail, accorde des aides financières sous contrat d’objectifs pour la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.

Appartenant à l’association Groupe Houzel, l’EHPAD de la Sainte Famille comprend 69 chambres individuelles réparties comme suit : 39 lits hébergement classique, 30 lits en Unité de Vie Alzheimer, 10 places d’accueil de jour en UVA. Son équipe est composée d’un médecin coordonnateur, d’infirmières diplômées d’Etat, d’aides-soignantes, d’aides médico psychologiques, d’auxiliaires de vie, d’auxiliaires de service hospitalier et d’une animatrice. Madame Josette Duhamel est directrice de l’EHPAD : « Avec l’ASTIL 62, nous avons sollicité l’ergonome de SISE pour réduire les risques d’apparition d’accidents du travail et de maladies professionnelles en cohésion avec le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail et agir sur la qualité de vie au travail et renforcer la cohésion d’équipe ».

L’étude ergonomique

Le docteur Françoise Evrard, médecin du travail à l’ASTIL 62 situe le travail d’équipe : «   Loïc Filliatreau du SISE a réalisé une étude ergonomique ; Nadège Fontaine 06

de l’ASTIL 62 a réalisé des formations PRAP2 ; des réunions avec la direction, le CHSCT et la CARSAT ont permis de suivre la progression de la démarche ». Ergonome au SISE, Loïc Filliatreau complète : « La démarche ergonomique associe les salariés au diagnostic, à l’élaboration et la validation de solutions. Des situations contraignantes ont été observées en situations réelles : soins, toilettes, levers/couchers, repas. Des solutions ont été préconisées pour remonter les résidents dans leurs lits, pour les transferts du lit au fauteuil, ou du fauteuil au lit. Des essais de matériel ont permis aux salariés de prendre conscience des améliorations de leurs conditions de travail ».

La formation

Nadège Fontaine est assistante santé travail à l’ASTIL 62 : « Sur la base d’un diaporama reprenant les situations de travail de l’établissement, je suis intervenue sur place de juin à octobre 2015. Au total, 8 groupes de 10 personnes sur une demi-journée, tous métiers confondus ». Ces formations « au lit des résidents » ont permis des échanges très fructueux.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

Les investissements

Dès 2015, différents matériels ont été testés et choisis : lits mieux adaptés aux différentes tâches, lève-malades, verticalisateurs, draps de transferts, draps de glisse, plate-forme de transfert, etc. Josette Duhamel conclut : « Sur une année, nous sommes passés de 14 accidents de travail déclarés en 2014 à 9 accidents déclarés en 2015. Ce n’est bien sûr qu’un début. Cette donnée est à relativiser compte tenu de la formation « gestes et postures » qui s’est terminée en octobre 2015 et du nouveau matériel d’aide à la manutention qui a été mis en place en novembre 2015 ». A noter qu’une action similaire est entreprise à l’EHPAD Notre Dame de Boulogne à Boulogne-sur-Mer, second EHPAD du groupe associatif.

1 Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. 2 Prévention des Risques liés à l’Activité Physique.


EN DIRECT I

nd

ustrie

In d

Nous avons arrêté les machines, pour nous consacrer totalement à des ateliers de sensibilisation.

ustrie

DS SMITH DUCAPLAST Plasturgie 50 salariés

Elodie Vanhée, Responsable Qualité Sécurité Environnement WORMHOUT SANTÉ AU TRAVAIL DE DUNKERQUE (CEDEST)

Elodie VANHÉE,

Responsable Qualité Sécurité Environnement

Information et Sensibilisation

Une journée par an consacrée à des ateliers santé et sécurité Chez DS SMITH DUCAPLAST, à Wormhout près de Dunkerque, le plastique est 100 % recyclé. En effet, les 50 salariés maîtrisent parfaitement la technique du thermoformage double peau avec des matières premières issues du recyclage. En Europe, seulement 4 entreprises savent le faire… DS SMITH DUCAPLAST appartient à la Division Plastique de DS SMITH, spécialiste de l’emballage. Sur le site de Wormhout, sont fabriqués des emballages plastiques réutilisables. Ses clients ? Les équipementiers automobiles en Europe, aux USA, en Afrique, etc. La réputation est mondiale ! Chaque début d’année, au moment des vœux, l’usine s’arrête pendant une journée. Tous les salariés participent à des ateliers de sensibilisation « Santé et Sécurité au travail ». Le CEDEST, service de santé au travail, apporte sa contribution. « Nos salariés ont quinze à vingt ans d’ancienneté. Ils ont en majorité 40 à 45 ans. Le 5 janvier 2015, nous avons arrêté les machines, pour nous consacrer totalement à des ateliers de sensibilisation sur la santé et la sécurité au travail. Nous avons recommencé le 4 janvier 2016. Ceci rentre dans le fonctionnement de l’entreprise et marque l’implication de la direction », précise Elodie Vanhée, responsable Qualité Sécurité Environnement chez DS SMITH DUCAPLAST. Le 4 janvier 2016, tous les salariés ont participé à quatre ateliers : incendie, mise en place des 5S1, addictions, alimentation et sommeil. L’entreprise fait appel à des partenaires extérieurs. Son service de santé au travail, le Centre pour le Développement de la Santé au Travail (CEDEST), a conçu et animé les ateliers portant sur le sommeil et l’alimentation en travail posté.

Les infirmières de santé au travail

Le docteur Sophie Deroubaix suit l’entreprise DUCAPLAST. Elle a suivi la

conception et délégué l’animation des ateliers de sensibilisation à deux infirmières de santé au travail du CEDEST. Les deux infirmières ont leur licence d’infirmier en santé au travail. Après avoir notamment travaillé de nuit en Maison d’Accueil Spécialisé, Caroline Fransois est depuis 2 ans au CEDEST ; elle a travaillé le thème alimentation et travail posté. Après avoir vécu 15 ans en travail posté en secteur hospitalier, Hélène Marquette est depuis 3 ans au CEDEST ; elle a travaillé le thème sommeil.

santé au travail. Elles participent aux actions sur le milieu de travail, aux groupes de travail et aux formations mises en place par le CEDEST.

Réaliser les ateliers

Hélène Marquette précise : « Nous avons utilisé des méthodes d’animation ludiques et participatives, permettant des échanges sur une durée d’une heure trente, avec des groupes de 10 à 15 salariés. Un Quizz permettait à chacun de se situer. Toutes les catégories de salariés ont participé ».

S’adapter à l’entreprise

« Tout a commencé par une visite sur place en décembre 2015, pour connaître l’entreprise, son activité, son organisation, ses horaires de travail » nous précise Caroline Fransois. « Cela permet de concevoir un atelier adapté aux salariés ». A côté de cette activité de sensibilisation, les deux infirmières de santé au travail réalisent, sous l’autorité du médecin du travail, les entretiens infirmiers de

1 - « 5S » du japonais Seiri (supprimer), Seiton (situer), Seiso (nettoyer), Seiketsur (standardiser), Shitsuke (suivre) : Supprimer ce qui est inutile dans les espaces de travail, les organiser de manière efficace, entretenir la propreté, éviter saletés et désordre, développer l’autodiscipline au poste de travail.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

07 03


hargez Tea léc

sy

VOS DROITS VOS DEVOIRS

Flashez la page pour en savoir plus

Loi n°2011-867 du 20 juillet 2011

L’équipe de santé au travail : un droit ! Depuis la loi du 20 juillet 2011 relative à l’organisation de la médecine du travail, et son décret d’application du 30 janvier 2012, « les missions des services de santé au travail sont assurées par une équipe pluridisciplinaire de santé au travail ». Les médecins du travail animent et coordonnent l’équipe pluridisciplinaire. Depuis ces textes législatifs et règlementaires, cette équipe est donc devenue un droit, autant pour l’employeur que le salarié. Mission des services de santé au travail

Les services de santé au travail ont pour mission exclusive d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ; A cette fin, ils : 1°) Conduisent les actions de santé au travail, dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur parcours professionnel ; 2°) Conseillent les employeurs, les travailleurs et leurs représentants sur les dispositions et mesures nécessaires afin - D’éviter ou de diminuer les risques professionnels, - D’améliorer les conditions de travail, - De prévenir la consommation d’alcool et de drogues sur le lieu de travail, - De prévenir ou réduire la pénibilité au travail et la désinsertion pro-

fessionnelle et de contribuer au maintien dans l’emploi des travailleurs, - De prévenir le harcèlement sexuel ou moral ; 3°) Assurent la surveillance de l’état de santé des travailleurs en fonction des risques concernant leur sécurité et leur santé au travail, de la pénibilité et de leur âge ; 4°) Participent au suivi et contribuent à la traçabilité des expositions professionnelles et à la veille sanitaire ».

Equipe Pluridisciplinaire de santé au travail

Ces missions sont assurées par une équipe comprenant des médecins du travail, des intervenants en prévention des risques professionnels, des infirmiers. Ces équipes peuvent être complétées par des assistants de service de santé au travail et des professionnels recrutés après avis des médecins du travail.

Pour en savoir plus, rubrique VOS DROITS, VOS DEVOIRS sur: www.entrepriseetsante.fr

08

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


Parce que la santé compte dans votre entreprise

DES SOLUTIONS dans

LE SITE: www.entrepriseetsante.fr LA CHAÎNE YOUTUBE: www.youtube.com/channel/UCVowi1S_dANZUR-RTFcGHEg LES RÉSEAUX SOCIAUX: facebook.com/SanteTravailFR - @SanteTravailFR LE MAGAZINE LE PRINT CONNECTÉ

MAGAZINE CONNECTÉ ! Repérez les pages avec ce logo :

COMMENT FAIRE ?

1

Téléchargez gratuitement l’appli teasy

2

Flashez les pages connectées

3

Découvrez un complément d’informations

et flashez !

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

09 03


hargez Tea léc

sy

VOTRE SANTÉ VOTRE EMPLOI

Flashez la page pour en savoir plus

Essai encadré :

« Je ne veux pas terminer dans un canapé avec des chips ! » Créé en 1982, LALAUT Traiteur emploie aujourd’hui 20 salariés à Boulogne-sur-Helpe. Cette entreprise familiale, dirigée par Marc Lalaut, réalise des repas et des plats à emporter pour collectivités, associations ou familles. Les livraisons dans l’Avesnois, l’Aisne ou la Belgique mobilisent une flotte de 15 véhicules : véhicules légers, camionnettes, camions. Le bon entretien des véhicules est essentiel pour l’activité. Il est confié à un mécanicien, Fréderic Bigo, arrivé en 2000 chez LALAUT Traiteur : « J’ai besoin de travailler. Mes soucis de santé ne doivent pas m’en empêcher ! ». En 2015, le docteur Gilles Fombonne, médecin du travail à STSA (Santé Travail Sambre Avesnois), a participé, pour la première fois, à un « essai encadré ». Explications. Agé de 53 ans, Frédéric Bigo résume : « Je témoigne pour que cela serve à d’autres. J’ai eu des soucis avec mon dos dès mes 23 ans. Apprenti dès 1980, j’ai toujours travaillé dans l’entretien et la réparation de poids lourds et véhicules industriels. Je ne me vois pas faire autre chose… En 1998, suite à une chute de toit, je me suis fracturé le rachis. J’ai perdu mon travail. J’ai obtenu la fameuse RQTH, Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Je suis rentré chez LALAUT Traiteur en 2000. Et la médecine du travail m’a toujours aidé. Je ne me vois pas terminer dans un canapé avec des chips ! Je veux travailler et garder une activité ».

Un suivi continu

Véronique Hanon est assistante en santé travail, référente maintien dans l’emploi à STSA : « Dès 2004, l’aménagement d’un pont électrique pour l’entretien des véhicules (avec participation financière de l’AGEFIPH) a permis au salarié de ne plus utiliser la fosse. En 2014 et 2015 nous avons accompagné Monsieur Bigo pour le renouvellement de la RQTH afin de prévoir de nouveaux aménagements de poste ». Fré-

déric Bigo précise : « En avril 2014, j’ai dû me faire opérer de la colonne vertébrale. J’ai eu 16 mois d’arrêt de travail avec rééducation ».

Un partenariat bénéfique

Pour Véronique Hanon : « Tout repose sur la qualité des dialogues. Avec le salarié et son employeur, d’une part. Avec des intervenants spécialisés tels que le SAMETH (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés) d’autre part. La réalisation de l’essai encadré a nécessité l’accord du médecin du travail, de l’employeur, du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil de la CPAM, de l’assistante sociale de la CARSAT ». C’est un véritable travail d’ingénierie sociale. En 2014, des aménagements de poste ont été préconisés. En 2015, l’essai encadré a permis de tester la remise au travail et de valider le besoin d’aménagement avant la reprise effective du salarié.

Un test « grandeur nature »

et son entreprise : « Ce n’est pas toujours facile de déterminer l’aptitude médicale à un poste de travail, même avec une grande expérience. L’essai encadré permet de tester en situation réelle pendant 3 jours maximum pendant l’arrêt de travail, la remise au travail du salarié, tout en observant si cela est compatible avec son état de santé. Il faut que l’employeur soit partant et que le salarié soit volontaire ». Marc Lalaut conclut : « Nous faisons au mieux pour le salarié et l’entreprise ».

LALAUT Traiteur 20 salariés Marc LALAUT, directeur Frédéric BIGOT, mécanicien BOULOGNE-SUR-HELPE SANTÉ AU TRAVAIL DE SAMBRE AVESNOIS (STSA)

Le docteur Gilles Fombonne est le médecin du travail qui suit Frédéric Bigo

Pour en savoir plus, rubrique Votre sante, votre emploi sur www.entrepriseetsante.fr

10

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


Santé au travail

Santé au travail

Plus efficace à plusieurs ! Hier, pour votre cotisation de médecine du travail, vous bénéficiiez d’une visite médicale annuelle pour chacun de vos salariés et de l’expertise de votre médecin du travail, aidé par sa secrétaire médicale. Aujourd’hui, pour votre cotisation de santé au travail, vous bénéficiez d’un suivi de santé au travail pour votre

entreprise, apporté par votre médecin du travail et sa secrétaire médicale, aidé par des assistants de santé au travail, des infirmiers de santé au travail, des techniciens et ingénieurs Hygiène Sécurité Environnement, des ergonomes, des psychologues du travail, des assistantes sociales, etc. Un « » pour les TPE et PME.

+

DOSSIER

Plus efficace à plusieurs !


Points de vue

Pour vous, qu’est-ce que la pluridisciplinarité ? Diriger un Service Interentreprises de Santé au Travail demande, sous l’autorité d’un Conseil d’administration composé à parité de représentants employeurs et salariés, d’organiser les équipes pluridisciplinaire de santé au travail afin d’apporter les meilleures réponses à chaque entreprise adhérentes. « Pour vous, qu’est-ce que la pluridisciplinarité ? ». Voici les réponses de dix directeurs de Services Interentreprises de Santé au Travail.

Anne BOQUET,

Directrice, AISMT, Service de Santé au Travail de Cambrai

« Les besoins des entreprises guident nos orientations » Notre équipe pluridisciplinaire de santé au travail s’est mise en place progressivement depuis 2005, en concertation étroite avec l’ensemble de notre personnel. Par exemple, chaque secrétaire médicale a été consultée, en 2005, sur ses souhaits d’évolution dans la perspective des réformes relatives à l’organisation de la médecine du travail. Nous avons anticipé la loi de 2011, qui impose à chaque service de santé au travail de constituer une équipe pluridisciplinaire. Notre service est de taille « humaine », avec 14 médecins du travail et onze assistantes médicales. Tout le monde se connait. Les relations sont donc simples, souples et directes pour apporter la meilleure prestation de conseil auprès de chaque entreprise adhérente. C’est le médecin du travail qui a en charge l’entreprise qui décide de faire appel aux compétences de l’équipe pluridisciplinaire. Aujourd’hui, cette équipe est composée d’un médecin du travail spécialisé en ergonomie et maintien à

l’emploi, d’une ingénieure Hygiène Sécurité Environnement, d’un infirmier en santé au travail, d’une assistante de santé au travail, d’une documentaliste-assistante. Si besoin, un médecin du travail spécialisé en ophtalmologie et un médecin du travail spécialisé en psychologie du travail peuvent lui apporter leur concours. Au total, des interventions en ergonomie, des actions de maintien dans l’emploi, des actions de prévention des risques psychosociaux, des évaluations de risques chimiques, des mesurages de niveaux sonores, des dosimétries d’exposition au bruit, des mesurages d’éclairement sont ainsi possibles. Ce sont des prestations faites « sur mesure », qui renforcent l’expertise du médecin du travail auprès de l’employeur et des salariés. Par ailleurs, nous avons développé un suivi adapté pour le risque routier d’une part, et le travail de nuit d’autre part. Si nécessaire, nous mettons en place des partenariats, comme avec le Centre Hospitalier pour les assistantes sociales ou le SAMETH, Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés. Les besoins des entreprises guident nos orientations et nos prestations.

Francine LEMONNIER,

Directrice, ASMIS, Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme

« La pluridisciplinarité est une coconstruction, avec l’entreprise. » « La pluridisciplinarité, c’est le travail en équipe ! C’est donc une richesse... Dans un contexte de baisse du nombre de médecins du travail, la pluridisciplinarité, coordonnée par un regard médical, permet de faire un lien entre état de santé et conditions de travail. Les médecins du travail bénéficient à présent de l’aide de techniciens dont les compétences sont reconnues. Cette collaboration leur permet de réaliser des « ordonnances » de prévention, spécifiques des risques présents au sein d’une entreprise. Nos IPRP, Intervenants en Prévention des Risques Professionnels, apportent ce regard de technicien et assurent une proximité fonctionnelle avec l’adhérent. L’objectif est le service rendu à l’adhérent. Les techniciens et les infirmières concourent au renouveau de ce service, et cela demande du temps. Il nous faut construire, petit à petit, un nouveau dialogue avec l’adhérent. La visite médicale est complétée par d’autres

12

prestations. Nous apportons une protection globale vis-àvis des risques professionnels. Pour l’employeur, l’enjeu est d’optimiser l’évaluation et la maîtrise des risques. Pour le salarié, l’enjeu est de bénéficier d’un suivi global, y compris un éventuel accompagnement de maintien dans l’emploi. Les prestations sont ciblées en fonction des besoins. La pluridisciplinarité relève d’une « mutation », tant pour les services de santé au travail que pour les entreprises. L’information, la formation et les échanges de pratiques sont indispensables pour réussir. La pluridisciplinarité se construit dans le dialogue et la coopération : il s’agit de partager une dynamique tant au sein du service de santé au travail qu’avec les entreprises. C’est donc une co-construction, au sein de laquelle les missions des uns et des autres doivent être clairement définies. En outre, la pluridisciplinarité repose sur l’adoption concertée de priorités et de plans d’actions. Cette mutation se résume en une phrase : on passe de la « médecine du travail » à la « médecine et santé au travail ». Le médecin du travail reste l’interlocuteur privilégié de l’entreprise et de ses salariés ».

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


Directeur général, AST, Action Santé Travail

« Une diversité de compétences au service des entreprises » « Nous travaillons pour 225 000 salariés. 50 % d’entre eux sont employés par des entreprises de plus de 50 salariés, avec Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Elles représentent 6 % de nos adhérents. 11 000 entreprises adhérentes sont des TPE, dont 8 500 entreprises de 1 à 5 salariés. Elles représentent 36 000 salariés. La pluridisciplinarité ? Au service de toutes ces entreprises et de leurs salariés, c’est une diversité de métiers, avec des champs de compétences très différents. Des compétences sont placées sous la responsabilité du médecin du travail : infirmiers de santé au travail, assistants de santé au travail, secrétaires médicales, métrologues, techniciens HSE, formateurs. Ces professionnels sont des collaborateurs directs des médecins du travail. Des compétences techniques et organisationnelles sont indépendantes et de même niveau que le médecin

du travail : ingénieurs Hygiène Sécurité Environnement, ergonomes, toxicologues. Ces professionnels travaillent en coopération avec les médecins du travail. Le médecin du travail est souvent à l’origine de l’action pluridisciplinaire à mener auprès d’une entreprise qu’il suit. Il crée la dynamique d’équipe et en coordonne les compétences nécessaires. Ces actions pluridisciplinaires sont complémentaires des visites médicales. Nos médecins du travail réalisent 125 000 visites médicales par an, dont 40 000 visites d’embauche. 97 % des visites se concluent par des aptitudes sans réserves. La pluridisciplinarité renforce notre mission de prévention primaire. En 2016, Action Santé Travail emploie 308 salariés dont 71 pour la pluridisciplinarité. Nous avons 18 sites fixes et six camions. L’équipe locale de Santé au Travail comprend assistante de santé au travail, infirmière de santé au travail, secrétaire médicale et médecin du travail. En complément du pôle expert à compétences techniques, nous avons aussi en interne diététiciennes et spécialistes des addictions, référents pour le maintien dans l’emploi etc… La pluridisciplinarité renforce notre offre de prévention auprès des entreprises ».

DOSSIER

Alain CUISSE,

Paule LEBECQ ,

Directrice, ASTAV, Association Santé Travail de l’Arrondissement de Valenciennes

« Une organisation pluridisciplinaire autour du médecin du travail »

Depuis la réforme de 2011 relative à l’organisation de la Santé au travail, il y a « obligation faite aux SSTI de recruter au moins un infirmier au sein de chaque équipe pluridisciplinaire de santé au travail » et imposant de créer les « équipes pluridisciplinaires au sein des services de santé au travail ».

Depuis toujours des efforts de recrutement médical ont permis d’éviter que les territoires et secteurs professionnels suivis dans l’arrondissement de Valenciennes ne soient confrontés à un déficit de médecins du travail. Parallèlement, depuis 2002, l’ASTAV a assuré le développement de la pluridisciplinarité en entreprise, objectif incontournable et prioritaire du Service, par la mise en place d’un plateau technique d’experts, compétences d’ingénierie au sens large du terme : Technicien Hygiène Sécurité Environnement (HSE), Ergonomes, Techniciens de mesures d’ambiance physique, Intervenant en Hygiène et Sécurité et Toxicologue Industriel pour l’approche du risque chimique. Une assistante sociale à mi-temps, deux psychologues du travail et 6 assistantes en santé au travail viennent renforcer ce pôle de compétences.

Mais qu’entendons nous par « équipe pluridisciplinaire ? » Pour l’ASTAV, la priorité donnée à la prévention des risques professionnels suppose une organisation de l’action du médecin du travail avec une forte participation du Service à l’identification des risques et une mobilisation de l’équipe technique qui doit profiter à l’ensemble de nos entreprises adhérentes. Tout en gardant le même mode de fonctionnement, nous sommes en phase d’expérimentation depuis avril avec l’accord de notre conseil d’administration et commission de contrôle et de la DIRECCTE pour la constitution de notre première « équipe locale et pluridisciplinaire » coordonné par un médecin du travail...A suivre...

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

13 03


Christophe GÉNEAU,

Directeur général, ASTIL 62, Association de Santé au Travail Interentreprises du Littoral

« Les équipes pluridisciplinaire doivent naître du terrain » Historiquement, la pluridisciplinarité nait d’une directive européenne de 1989. Elle entre dans le droit français en 2004, avec la création du statut d’IPRP, Intervenant en Prévention des Risques Professionnels. Le législateur français reconnaît alors officiellement l’intérêt que des techniciens interviennent aux côtés des médecins du travail. Cependant, faute d’une règlementation aboutie, les conditions d’inscription comme IPRP sont variables d’une région à une autre, en fonction des critères retenus par la DIRECCTE, Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi. On a greffé tant bien que mal un statut pensé à l’échelle européenne dans notre système franco-français. En 2011, le Code du travail reconnaît les Assistants de Santé au Travail et les Infirmiers de Santé au Travail. Les services de santé au travail doivent s’organiser autour d’un Projet de Service, porté notamment par les médecins et s’engager dans des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens avec la DIRECCTE et la

CARSAT. Le Code du travail affirme que le médecin du travail « coordonne » l’équipe pluridisciplinaire. Il doit raisonner en mode « Projet ». Si les IPRP sont préparés au mode projet durant leur formation initiale, le médecin du travail n’est préparé à gérer ni des collaborateurs ni des projets transverses. D’où la nécessité d’un accompagnement avec des formations adaptées. Les grandes entreprises disposent déjà de pluridisciplinarité en interne. Les TPE et PME n’ont pas ces moyens, sauf à utiliser leurs services de santé au travail. Notre conseil d’administration paritaire a fait un choix : apporter en priorité les compétences pluridisciplinaires aux plus petites entreprises. La pluridisciplinarité renforce l’expertise du médecin et revalorise son métier, en lui apportant des expertises techniques et du temps d’études qu’il n’a pas. Ces équipes pluridisciplinaires doivent naître du terrain et des besoins identifiés lors du diagnostic territorial. Elles sont donc différentes d’un territoire à l’autre.

Véronique ALEXANDRE,

Directrice générale, CEDEST, Centre pour le Développement de la Santé au Travail

« Une offre de service nouvelle pour les entreprises adhérentes » La pluridisciplinarité nous permet d’apporter une offre de service nouvelle auprès de nos entreprises adhérentes et de leurs salariés. Hier cette offre était concentrée sur la visite médicale, dispensée par le médecin du travail. Aujourd’hui, avec par exemple les assistants santé travail, les infirmiers santé travail, les techniciens santé travail, les toxicologues, les psychologues, les ergonomes, nous apportons des prestations d’analyse et de conseils pour la maîtrise des risques en entreprises. Flexibles par définition, ces prestations sont adaptées aux besoins, identifiés avec l’employeur et les salariés de l’entreprise. Elles permettent de réaliser des actions et des projets en entreprise, pilotés avec le médecin du travail. Elles peuvent être mutualisées. En fertilisant les expériences et les acquis de chaque entreprise, ces actions bénéficient alors à l’ensemble des entreprises adhérentes, notamment les TPE et PME qui n’en n’ont pas les moyens

14

en interne. Les ressources disponibles sont alors mutualisées dans l’intérêt partagé des entreprises. Au sein de ces entreprises, la pluridisciplinarité apporte une véritable valeur ajoutée. Par exemple, les infirmières santé travail et les assistants santé travail leur permettent de bénéficier d’un suivi de santé adapté aux risques, sous la coordination de leur médecin du travail. Avec une double approche : individuelle et collective. Ce déploiement de prestations auprès de nos entreprises adhérentes repose sur la mise en place, l’organisation et le management d’équipes de santé au travail. En interne, cela demande à chacun de travailler autrement et d’associer ses compétences à celles d’un autre intervenant. En se faisant confiance, chacun peut alors s’enrichir des compétences et des expériences de l’autre membre de l’équipe. Il faut jouer « collectif » et non pas « perso ». Cela permet de concentrer les compétences de chacun sur ce qu’il fait de mieux, eu égard à sa formation et son métier, au service de l’entreprise adhérentes et de ses salariés. L’obligation légale de créer des équipes santé travail au sein des services santé travail constitue une véritable opportunité.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


Directeur général, MTA, Médecine du Travail de l’Aisne.

« Aujourd’hui, personne ne reviendrait en arrière » La Médecine du Travail de l’Aisne s’est engagée progressivement dans la pluridisciplinarité. Dès 2005, nous avons proposé aux secrétaires médicales qui le souhaitaient d’évoluer vers la fonction d’Assistante Santé Travail (AST), dédiée au TPE. Grâce à cette nouvelle compétence, les entreprises de moins de 20 salariés, qui représentent 90% de nos adhérents, ont un interlocuteur de terrain pouvant faire passer les messages de prévention primaire notamment au travers de la réalisation des fiches d’entreprises. Aujourd’hui, toutes nos TPE sont couvertes par une fiche d’entreprise. Cela est un réel « plus » en termes de prévention. Ainsi, l’AST repère les risques et les fait valider par le médecin du travail afin qu’il puisse proposer les actions de prévention adaptées et ciblées. En 20072008, des infirmières Santé au Travail et des psychologues ont rejoint la MTA. Dans le cadre d’une convention expérimentale avec la DIRECCTE, une

nouvelle organisation du suivi des adhérents et de leurs salariés a été mise en œuvre sous forme de projets d’entreprise en santé travail et sur la base du volontariat. Forte de cette expérience du travail en équipe, la MTA a aujourd’hui, suite à la réforme de 2011, étendu cette organisation à tout le Service en s’appuyant désormais sur cinq équipes pluridisciplinaires de secteur, suivant entre 8 000 et 12 500 salariés. Jouant la carte de la proximité, chaque équipe se compose d’un à trois médecins du travail, d’une infirmière, d’une AST et d’assistants médicaux. Cette équipe bénéficie autant que de besoin, de l’appui des Intervenants en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) du Service Prévention, commun aux cinq secteurs, ainsi que du Service Social. Avec cette nouvelle façon de fonctionner, chacun doit s’attacher à communiquer avec l’autre, reconnaitre que la diversité des compétences enrichit le travail de tous et apporte une meilleure réponse aux problématiques santé travail qui se posent en entreprises. Aujourd’hui, nous pouvons prendre le pari que personne ne reviendrait en arrière !

DOSSIER

Alain THOMAS,

Louis-Marie HARDY,

Directeur général, PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

« La pluridisciplinarité est un investissement » L’approche pluridisciplinaire associe plusieurs disciplines et plusieurs professionnels. Le médecin du travail reste l’interlocuteur privilégié de l’entreprise. Il en a la vision globale de la santé. Il peut donc mobiliser les moyens et compétences nécessaires, pour aider l’entreprise à améliorer la prévention. Il assure un suivi individuel des salariés avec l’infirmière de santé au travail. Il a une approche collective avec l’assistante de santé au travail et d’autres disciplines : psychologue du travail, ergonome, toxicologue, etc. Le développement de la pluridisciplinarité constitue un véritable investissement pour le service de santé au travail. Il est compris dans la cotisation. Le retour sur investissement au niveau de l’entreprise est de pouvoir bénéficier, autour du médecin du travail, de toutes les compétences nécessaires pour identifier, évaluer et résoudre une problématique de santé, en intervenant à la source. Une TPE ne peut pas forcément s’offrir les services d’un toxicologue, d’un

ergonome, d’un psychologue du travail, d’un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels. Nous lui permettons d’en bénéficier. Nous avons développé des équipes locales de santé au travail, au plus près des entreprises. Les expertises médicales particulières et les expertises techniques sont mutualisées entre les équipes locales. Il existe aussi des moyens d’appui par branches professionnelles (ex. BTP) ou thématiques (ex. : maintien à l’emploi, addictions, Risques Psychosociaux). Les entreprises feront de plus en plus appel au service de santé au travail, si nous apportons une prestation professionnelle et développons une relation de confiance. L’amélioration des conditions de travail doit être mise en œuvre, avant qu’une problématique ne soit remontée lors d’une visite médicale. Le travail en pluridisciplinarité repose sur la mutualisation des ressources, pour optimiser les coûts tout en capitalisant sur différentes interventions. De fil en aiguille, les expériences des entreprises peuvent ainsi profiter à la branche professionnelle. L’ambition est ainsi d’apporter en particulier aux TPE des outils de prévention adaptés, fruits de l’expérience de terrain.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

15 03


François CATRY,

Directeur général, STSA, Santé Travail Sambre Avesnois

« Etonnées, des entreprises nous redemandent d’intervenir... » Depuis 2011, le déploiement de la pluridisciplinarité au sein des services de santé au travail est une obligation légale et règlementaire. C’est tout à la fois une opportunité, une culture, des contraintes, des conditions de réussite et des résultats à atteindre. L’opportunité est d’apporter à chaque entreprise une vraie valeur ajoutée, en s’approchant au plus près du terrain, dans la mission de conseiller du chef d’entreprise et des salariés. A ce titre, elle apporte un éclairage utile au colloque singulier « médecin-salarié ». C’est une culture, car elle demande d’adapter les pratiques et les comportements pour « jouer en équipe ». Chacun est « sachant » et il faut travailler les uns avec les autres, au service de l’adhérent. Il existe des contraintes managériales. Une équipe soudée, cohérente et gagnante au profit de l’adhérent et de ses salariés, impose le respect,

l’entraide et le soutien à chacun de ses membres. Il faut oser développer des compétences, avoir du plaisir à réaliser ensemble et trouver un sens à son métier. Il faut développer des formations pour chaque métier. Les contraintes sont également immobilières : adapter les locaux pour installer les nouveaux métiers, pour travailler en équipe et recevoir les adhérents. In fine, les contraintes sont aussi financières : adapter les moyens aux réalités et aux besoins locaux, en tenant compte des difficultés économiques des entreprises, avec nos impératifs d’exploitation et d’investissement. Principale condition de réussite : l’adhésion de chaque membre du personnel, du Conseil d’administration, de la Commission de contrôle, de la Commission Médico technique, des instances représentatives du personnel… et des adhérents ! La direction du service doit s’impliquer, guider, soutenir et impulser, expliquer et communiquer. Enfin, la pluridisciplinarité a des résultats. Etonnés, des adhérents découvrent nos nouvelles prestations et nous redemandent d’intervenir ! Dans la notion de service aux adhérents, les équipes en mouvement sont de plus en plus fières de leurs avancées.

Hervé MOREL,

Directeur général, SIMUP, Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys – Lille Métropole

« Avoir une médecine préventive adaptée au XXIème siècle » Les récents textes législatifs et règlementaires permettent d’avoir une médecine préventive adaptée au XXIème siècle. Ils nous permettent d’avoir, aux côtés du médecin, de nouveaux préventeurs, dont le rôle est l’intervention en entreprise. Retenons que le SIMUP ne souffre pas de carence de temps médical. Nous transmettons à l’entreprise de l’information, du savoir, de l’expertise et lui apportons des prestations techniques de plus en plus pointues. La multidisciplinarité permet de tisser un lien privilégié avec l’entreprise en intervenant avec des professionnels avertis pour la prévention. Nous développons nos compétences en fonction des besoins des entreprises. Nous développons également des outils modernes d’intervention. Par exemple, des tablettes, qui permettent, à l’assistante de santé au travail, de réaliser une évaluation des risques et la fiche d’entreprise. Le médecin du travail dispose d’une information précieuse, en économisant du temps. Tout ceci a une finalité : 16

permettre à l’entreprise de mieux jouer son rôle de préventeur. Contre le versement de sa cotisation l’entreprise reçoit une attestation annuelle qui reprend toutes les prestations dont elle -et ses salariés- va pouvoir bénéficier : Cette «couverture médicale annuelle et de suivi Santé Travail» comprend ainsi les visites médicales éventuellement espacées, les entretiens infirmiers ainsi que les interventions pluridisciplinaires avec technicien, infirmier, etc. Cette couverture annuelle peut être adaptée en fonction des spécificités de l’entreprise. Une nouvelle relation se crée et les entreprises sont de plus en plus demandeuses. Elles comprennent leur intérêt car nous disposons des compétences qui leur permettent de mieux répondre à leurs obligations. Parmi elles, je pense notamment à la démarche conjointe de prévention, alliant évaluation des risques et des plans d’actions qui en découlent à la réalisation de la Fiche d’Entreprise. Ceci est d’autant plus important que l’entreprise est petite. Nos « forces pluridisciplinaires » sont accessibles à toutes les entreprises. C’est ce que j’appelle la démarche Gagnant Gagnant...

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


Industrie

Définir des priorités et investir en santé au travail A Comines, la biscuiterie VANDER SAS emploie 50 salariés, en travail posté 3 fois 8, pour la fabrication de tartelettes à la frangipane et de gaufres fourrées. Commercialisés sous la marque LOTUS, ces biscuits sont distribués dans le monde entier, avec un fort rayonnement en France et Belgique. En novembre 2014, VANDER adhère au SIMUP (Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys – Lille Métropole). Sur la base d’un partenariat étroit, une démarche progressive et continue d’améliorations en santé au travail est engagée. Avec le médecin du travail, qui suit l’entreprise, le SIMUP apporte à VANDER un suivi régulier de ses salariés et une approche collective grâce à l’intervention conjointe d’un conseiller prévention et d’une assistante en santé au travail. Ludovic Valente est directeur du site de Comines. « Tout a commencé avec la venue dans l’entreprise de notre nouveau médecin du travail, le docteur Françoise Flament. Elle était accompagnée par Thomas Blanquin, conseiller en prévention Hygiène Sécurité Environnement. Nous avons effectué une visite de l’entreprise et Thomas Blanquin a procédé à une analyse des risques présents », nous déclare Luc Duchene, responsable maintenance à VANDER. « Cette analyse a permis de définir des axes prioritaires de travail dès 2015, à savoir l’intervention d’une ergonome et l’actualisation de notre cartographie de bruit. Le dialogue avec le SIMUP est permanent. Thomas Blanquin assiste aux réunions du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Il nous permet de nous situer sur le plan des bonnes pratiques et nous oriente. Un plan d’actions à moyen terme se

met en place. Chaque année, un budget est alloué pour des interventions en ergonomie».

Une évidence Pour le docteur Françoise Flament : « C’est une évidence. L’analyse des risques par les techniciens du SIMUP complète mon regard médical et nous permet de faire des préconisations objectivées et argumentées. L’entreprise peut alors définir et financer des actions de santé au travail ». Thomas Blanquin précise : « Nous intervenons aux côtés du médecin du travail, en apportant nos compétences. Chez VANDER, j’ai établi un rapport de visite préconisant des axes d’amélioration sur différents thèmes : conformité machine, fumées de soudage, poussières, risque électrique, bruit, postes méritant une analyse ergonomique ». Ces observations concourent à l’actualisation du Docu-

ment Unique d’Evaluation des Risques.

La plupart des salariés portent leurs bouchons d’oreille moulés En février 2015, Myriam Tierrie, assistante en santé travail, réalise une cartographie de bruit : « J’ai mesuré le niveau de bruit en dB(A) et en dB(C) en différents points, en reportant les résultats sur un plan des ateliers. L’ensemble a été présenté en CHSCT et complète les résultats des audiogrammes. Le CHSCT a décidé de rendre obligatoire le port des Protections Individuelles contre le Bruit, dans la perspective à terme d’une protection collective ». Aujourd’hui, la plupart des salariés portent leurs bouchons d’oreille individuels et réalisés sur mesure, dans les zones concernées. Des sessions

d’explications et de sensibilisation ont eu lieu dans les réunions d’équipes.

Une ergonome En juin 2015, Martine Treullier, ergonome, intervient au titre du SIMUP sur les postes d’emballage et de palettisation. Trois lèvebobines pour la machine d’emballage, deux lève-palettes avec mise à niveau automatique et deux magasins à palettes automatisé ont été installés. Biscuiterie VANDER SAS 50 salariés Luc DUCHENE, responsable maintenance Ludovic VALENTE, directeur du site de Comines COMINES SANTÉ AU TRAVAIL DE LA VALLEE DE LA LYS (SIMUP)

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

17


sy

hargez Tea léc

Flashez la page pour en savoir plus

Risque Psychosocial

Du baromètre à l’accompagnement personnalisé Afin que chacun des 450 000 bénéficiaires puisse obtenir chaque jour ses remboursements, 440 salariés travaillent à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Aisne. Outre le remboursement des soins, la CPAM remplit une mission de gestion du risque et de prévention. En 2014, sur la base des résultats du Baromètre Social Institutionnel , déployé chaque année au niveau national sein de la Sécurité Sociale, la direction de la CPAM de l’Aisne, décide d’aller plus loin. La prévention des risques psychosociaux fait partie de la gestion de son organisme. Pour cela, elle s’adresse tout naturellement à son service de santé du travail : MTA, Médecine du Travail de l’Aisne. Caroline Bouquignaud est responsable des ressources humaines à la CPAM de l’Aisne : « Sur un total de 8 sites, 80% de nos agents travaillent sur Saint-Quentin et Laon. En 2014, 60 % de nos salariés ont répondu aux questions du Baromètre Social Institutionnel. Un point de vigilance est ressorti : le stress. Nous avons constitué un groupe de travail, avec le Comité d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail, et une équipe de MTA. Cette équipe comprenait notre médecin du travail, l’infirmière qui réalise nos entretiens infirmiers de santé au travail et un psychologue du travail. Dès 2015, nous avons pu mettre en place des mesures concrètes pour développer le bien-être au travail ». Initiée par le Dr Carole Pila, la démarche d’accompagnement de la CPAM

est suivie et coordonnée par le Dr Céline Lamy Zaluski et le Dr Martine Moussalier, médecins du travail à MTA.

Le diagnostic Anne Bernard est infirmière de santé au travail à MTA : « J’ai réalisé les entretiens infirmiers des salariés de SaintQuentin sur la base du questionnaire EVREST, complété par des questions adaptées à la CPAM. Agnès Hanryon, ma collègue, a fait de même pour les salariés de Laon. Avec le médecin du travail, nous avons réalisé ainsi une véritable «  radiographie » de la situation ». Trois axes de travail ont été définis : conseils pour l’aménagement du travail sur écran, intervention du psychologue du travail, mise en place de groupes de travail. Clément Charpentreau est psychologue

du travail à MTA : « J’ai vu en entretien individuel les 15 salariés d’un service, dont les indicateurs ont attiré notre attention. Puis, avec le médecin du travail, j’ai fait une restitution anonyme auprès de la direction et du CHSCT, en septembre 2015. Nous devons les revoir en septembre 2016, pour évaluer l’impact des mesures prises par la CPAM ».

Les actions Lydie Bonnay, technicienne prévention à MTA, passe très régulièrement à la CPAM : « J’apporte en continu des conseils sur l’aménagement de leurs postes auprès des salariés travaillant sur écran, au sein des bureaux et des open space ». Caroline Bouquignaud conclut : « MTA nous a apporté le regard d’un tiers extérieur neutre et légitime en associant étroitement infir-

Pour en savoir plus, rubrique Dossier sur www.entrepriseetsante.fr

18

mière santé travail, médecin du travail, psychologue du travail et technicienne de prévention. Les salariés ont pu s’exprimer en confiance. Nous avons apporté des changements d’ordre organisationnel et managérial ». Piloté par MTA, cet accompagnement associe le SISAT (Service Interprofessionnel de Santé au Travail Sud Aisne).

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Aisne 440 salariés Caroline BOUQUIGNAUD, responsable des ressources humaines SANTÉ AU TRAVAIL DE SAINT-QUENTIN (MTA)


Maison de l’enfance

De l’ergonomie au risque psychosocial A Wasquehal, la Maison d’Enfants du Capreau accueille 75 jeunes de 0 à 18 ans, en grandes difficultés sociales ou familiales. Elle fait partie de l’association SPReNe, association de protection de l’enfance présidée par Rolan Lagadec. Sur le territoire d’action sociale Métropole Roubaix Tourcoing, l’association SPReNe dispose de deux établissements : maison d’enfants du Capreau, à Wasquehal, et le foyer d’accueil d’urgence Mosaïque. 70 salariés à temps plein et à temps partiel travaillent à la maison du Capreau. Avec son équipe locale de santé au travail, PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord apporte un suivi continu, sur la base d’un solide partenariat. Directeur de la Maison du Capreau et du foyer Mosaïque, Eric Saouli nous présente le contexte : « La Maison du Capreau comprend trois unités différentes correspondant à trois tranches d’âge différentes. Les enfants nous renvoient des histoires souvent très difficiles : maltraitance, parents en situation d’addictions, parents en incapacités, etc. Les éducateurs sont en contact quotidien avec ces jeunes que nous devons accompagner dans un projet de vie. Des médecins, psychologues, infirmiers, orthophonistes composent l’équipe médicale et paramédicale. Nous avons des fonctions supports : cuisiniers, surveillants de nuit, lingères, homme d’entretiens, services généraux, encadrement, staff administratif et comptable. La visite médicale avec le médecin du travail est un droit pour chaque salarié. L’accompagnement de l’établissement est tout aussi essentiel ».

Une forte implication

Pour le docteur Michel Lher-

mie, médecin du travail à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord : « Les salariés ont une forte implication affective et psychologique, pouvant les exposer à des phénomènes d’usure et de fatigue. Avec Véronique ALEXANDER, Infirmière de santé au travail, Chadia BELHADJI, assistante en santé au travail, Marilyne VERNACK, secrétaire médicale et moi-même, nous composons l’équipe locale de santé au travail. Nous sommes en dialogue permanent avec la direction et le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail ». Approche du risque de gale et de rougeole, ergonomie du poste de lingère, risque psychosocial sont les récentes interventions de cette équipe.

Connaissance et confiance

« L’accompagnement, le conseil à l’entreprise, l’information et la sensibilisation sont nos missions et notre valeur ajoutée. La visite de l’établissement, la connais-

sance de l’activité réelle et la confiance réciproque sont essentiels», nous déclare Chadia Belhadji. « La Fiche d’Entreprise et le Document Unique d’Evaluation des Risques sont des outils privilégiés. Après restitution en CHSCT, ils ont permis de définir des priorités et d’élaborer des plans d’action ».

Une coopération permanente

Ergonome à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord, Nathalie Delattre est intervenue pour mettre en visibilité les facteurs de risques au poste de lingère. Des bacs auto-levants ont été mis en place. Vis-à-vis des risques psychosociaux, elle a posé la question d’une démarche de prévention, impliquant la direction et les Instances Représentatives du Personnel, afin de les identifier et de les mettre en débat. « La Maison du Capreau a pris un

abonnement annuel à une cellule d’écoute psychologique. Le personnel est souvent sous tension du fait de l’activité de soins et d’accompagnement » nous situe Eric Saouli. « Pour l’établissement, PÔLE SANTÉ TRAVAIL est un atout. Ils ont toute facilité pour rentrer dans l’établissement et écouter chaque salarié, avec la capacité de nous dire les choses en toute sincérité et clarté. C’est une coopération permanente ».

Maison d’Enfants du Capreau 70 salariés Eric SAOULI, directeur PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

19


Décrets du 30 Janvier 2012

L’action sur le milieu de travail La loi du 20 juillet 2011 relative à l’organisation de la Médecine du travail a défini les missions des services de santé au travail interentreprises assurées par l’équipe pluridisciplinaire comprenant : médecins du travail, intervenants en prévention des risques professionnels, infirmiers. Cette équipe peut être complétée par des assistants de services de santé au travail et des professionnels recrutés après avis des médecins du travail. Les médecins du travail animent et coordonnent l’équipe pluridisciplinaire. En outre, les services de santé au travail comprennent un service social du travail ou coordonnent leurs actions avec celles des services sociaux du travail existants. En janvier 2012, des décrets sont venus en préciser l’application. L’organisation et le fonctionnement des services interentreprises de santé au travail est défini par le décret n°2012-137 du 30 janvier 2012. Le même jour, le décret n°2012-135 définit l’action sur le milieu de travail et le rôle des personnels concourant aux Services Interentreprises de Santé au Travail (SIST). Ces décrets précisent notamment le rôle du médecin du travail et la notion d’action sur le milieu de travail. Les SIST ont également obligation de concevoir un projet pluriannuel et de signer un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, avec la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi).

Le rôle du Médecin du travail Selon l’article R. 4623-1 du Code du travail, le médecin du travail est le conseiller de l’employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux, notamment sur : 20

- L’amélioration des conditions de vie et de travail dans l’entreprise ; - L’adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la santé physique et mentale, notamment en vue de préserver le maintien dans l’emploi des salariés ; - La protection des travailleurs contre l’ensemble des nuisances, et notamment contre les risques d’accidents du travail ou d’exposition à des agents chimiques dangereux ; - L’hygiène générale de l’établissement ; - La prévention et l’éducation sanitaires dans le cadre de l’établissement en rapport avec l’activité professionnelle ; - La construction ou les aménagements nouveaux ; - Les modifications apportées aux équipements ; - La mise en place ou la modification de l’organisation du travail de nuit. Afin d’exercer ces missions, le médecin du travail conduit des actions sur le milieu de travail, avec les autres

membres de l’équipe pluridisciplinaire dans les services de santé au travail interentreprises, et procède à des examens médicaux. Dans les services de santé au travail interentreprises, l’équipe pluridisciplinaire et, le cas échéant, le service social du travail se coordonnent avec le service social du travail de l’entreprise.

L’action sur le milieu de travail L’article R. 4624-1 du Code du travail précise que les actions sur le milieu de travail s’inscrivent dans la mission des services de santé au travail et comprennent notamment : - La visite des lieux de travail ; - L’étude de poste en vue de l’amélioration des conditions de travail, de leur adaptation dans certaines situations ou du maintien dans l’emploi ; - L’identification et l’analyse des risques professionnels ; - L’élaboration et la mise à jour de la fiche d’entreprise ;

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

- La délivrance de conseils en matière d’organisation des secours et des services d’urgence ; - La participation aux réunions du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ; - La réalisation de mesures métrologiques ; - L’animation de campagnes d’information et de sensibilisation aux questions de santé publique en rapport avec l’activité professionnelle ; - Les enquêtes épidémiologiques ; - La formation aux risques spécifiques ; - L’étude de toute nouvelle technique de production ; - L’élaboration des actions de formation à la sécurité prévues à l’article L.4141-2 et à celle des secouristes. Ces actions sont menées par l’équipe pluridisciplinaire de santé au travail sous la conduite du médecin du travail et dans le cadre des objectifs fixés par le projet pluriannuel du service de santé au travail.


VOTRE COTISATION OBLIGATOIRE

= Médecin du Travail et secrétaire médicale

+

DOSSIER

Services Interentreprises de Santé au Travail

Fiche détachable

N°34

2ème Trimestre 2016 www.entrepriseetsante.fr

Infirmière de santé au travail, Assistant de santé au travail, Intervenant de Prévention des Risques Professionnels, Service social du travail

+ Des professionnels recrutés après avis du Médecin du travail : Ingénieurs, Techniciens HSE, Métrologues, Formateurs, Ergonomes, Psychologues du travail, Statisticiens, etc. La loi n°2011-867 du 20 juillet 2011, relative à l’organisation de la Médecine du travail rend obligatoire la création d’équipes pluridisciplinaires de santé au travail, au sein des services interentreprises de santé au travail, afin de remplir leurs missions (article L4622-8 du Code du travail) : 1°) Conduire les actions de santé au travail, dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leurs parcours professionnel ; 2°) Conseiller les employeurs, les travailleurs et leurs représentants sur les dispositions et mesures nécessaires afin - D’éviter ou de diminuer les risques professionnels, - D’améliorer les conditions de travail, - De prévenir la consommation d’alcool et de drogues sur le lieu de travail, - De  prévenir ou réduire la pénibilité au travail et la désinsertion professionnelle et de contribuer au maintien dans l’emploi des travailleurs, - De prévenir le harcèlement sexuel ou moral ; 3°) Assurer la surveillance de l’état de santé des travailleurs en fonction des risques concernant leur sécurité et leur santé au travail, de la pénibilité et de leur âge ; 4°) Participer au suivi et contribuent à la traçabilité des expositions professionnelles et à la veille sanitaire. Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


=

Pour toujours mieux répondre aux besoins des salariés et de leurs employeurs, les services interentreprises de santé au travail, vont donc au-delà des visites médicales, avec la création et le développement des équipes pluridisciplinaires de santé au travail, en liaison étroite avec votre médecin du travail :

hargez Tea léc

sy

Des spécialistes expérimentés pour le diagnosctic en Santé Travail de votre TPE ou PME, l’aide a la résolution de problèmes, et le suivi de santé individualisé de vos salariés

DOSSIER

VOTRE COTISATION OBLIGATOIRE

Services Interentreprises de Santé au Travail

Fiche détachable

N°34

2ème Trimestre 2016 www.entrepriseetsante.fr

Flashez la page pour en savoir plus

• Visites médicales de santé au travail • Entretiens infirmiers de santé au travail • Identification des risques présents dans vos situations de travail • Evaluation des risques présents dans vos situations de travail • Etudes, conseils et préconisations • Information, sensibilisation, formations Ces prestations vous assurent d’une approche adaptée à votre entreprise, en associant le cas échéant les représentants du personnel (Délégués du personnel, Comité d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail).

Les médecins du travail animent et coordonnent l’équipe pluridisciplinaire de santé au travail. Votre Service Interentreprises de Santé au Travail intervient sur la base d’un Projet de service agréé par la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi) et d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens signé avec la DIRECCTE et la CARSAT.

Pour une aide à l’évaluation et des conseils pour la prévention, je contacte mon service de santé au travail

Prénom et nom :................................................................................................................................................................................. Adresse :...................................................................................................................................................................................................... ..............................................................................................................................................................................................................................

Mail :. ............................................................................................................................................................................................................. Téléphone : . ............................................................................................................................................................................................

Pour en savoir plus, rubrique Fiche détachable sur www.entrepriseetsante.fr Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


ZOOM SUR

Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme (ASMIS)

Travail sur écran et risque routier : le parcours de prévention personnalisé ! Dans le département de la Somme, un salarié exposé aux risques liés au travail sur écran ou au risque routier professionnel peut bénéficier « du parcours de prévention personnalisé ». Tous les 5 ans, ce salarié bénéficie de sa visite médicale périodique. Entre ces deux visites médicales, chaque année, le salarié bénéfice en alternance soit d’un entretien santé prévention, soit d’un entretien infirmier. A tout moment, il peut être reçu par son médecin du travail pour une visite médicale. Quant à son employeur, il bénéficie d’actions d’information adaptées à son activité et il est invité aux journées annuelles « Portes Ouvertes » de l’ASMIS. Toutes ces actions, visites médicales, entretiens infirmiers et entretiens santé travail ont lieu dans les locaux de l’ASMIS. A tout moment, si le besoin en est identifié, l’entreprise peut bénéficier d’une action de prévention collective sur les lieux mêmes de travail. Le docteur Isabelle Marlier est responsable des huit infirmières de santé au travail à l’ASMIS : « Le parcours de prévention personnalisé tient compte des évolutions législatives et règlementaires relatives à la santé au travail. Le salarié garde l’assurance d’un suivi de son état de santé. Le salarié et l’employeur bénéficient d’actions de prévention individuelle ou collective. Actuellement, ce parcours est proposé à titre expérimental aux salariés exposés aux risques liés au travail sur écran d’une part, et au risque routier professionnel d’autre part. Au total : 1483 entreprises avec risques liés au travail sur écran, 119 entreprises avec risque routier, 668 entreprises avec les deux risques. L’identification des entreprises a été effectuée par les médecins du travail sur la base des risques identifiés au sein du système d’information et de leur connaissance des intitulés de poste. A noter que les chauffeurs de poids

24

lourds sont suivis sur la base d’un autre protocole. Pour le parcours de prévention personnalisé, il s’agit essentiellement des commerciaux et VRP. » Ce « parcours de prévention personnalisé », actuellement fait partie du Projet de service de l’ASMIS. Il a été accepté par la DIRECCTE, Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi, dans le cadre du renouvellement d’agrément accordé à l’ASMIS en décembre 2015. Au sein de l’ASMIS, les 44 médecins du travail l’ont adopté. Rachel Ajroud est responsable du Service Expertise Technique et Organisationnelle à l’ASMIS : « Le parcours de prévention personnalisé relie la visite médicale, les entretiens infirmiers, les entretiens santé prévention et les actions de prévention en un cercle vertueux, dans l’intérêt du salarié et de son entreprise. L’objectif est de développer la prévention collective, tout en suivant et préservant l’état de santé du salarié. Les actions de terrain déclenchées auprès des entreprises avec leur accord leur apportent une réponse adaptée à leurs besoins et l’assurance d’une expertise concertée et spécialisée. A noter que les salariés sont convoqués et les employeurs sont invités. Le parcours de prévention personnalisé est au stade du banc d’essai. Il sera généralisé si l’évaluation de son efficacité est concluante ».

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr


ZOOM SUR

ANNÉE 3 =

A NNÉE 2 =

entretien infirmier

ANNÉE 5 =

n

éventio entretien santé pr

entretien infirmier

ANNÉE 4 =

entretien santé prévention

ANNÉE 1 =

visite médicale périodique

ANNÉE 6 = visite médicale périodique

LE PARCOURS DE PRÉVENTION PERSONNALISÉ DE L’ASMIS u

u

POUR LE SALARIÉ :

Chaque année, le salarié est convoqué à l’ASMIS : Année 1 = visite médicale périodique/Année 2 = entretien santé prévention / Année 3 = entretien infirmier/ Année 4 = entretien santé prévention / Année 5 = entretien infirmier / Année 6 = visite médicale périodique / Année 7 = entretien santé prévention / Année 8 = entretien infirmier, etc.

POUR L’EMPLOYEUR :

L’employeur est invité à participer à des échanges de pratiques adapté à son activité : Actualisation régulière de la fiche d’entreprise + Participation à des réunions d’information collectives + Invitation aux Portes ouvertes annuelles

Réalisation et mise à jour de la Fiche d’entreprise

La visite médicale périodique Elle est donc réalisée tous les cinq ans, par le médecin du travail qui suit l’entreprise. Ce médecin travail au niveau local avec une équipe santé travail, avec infirmier santé travail, conseiller en prévention et assistant santé travail. En fonction des besoins identifiés tout au long du parcours de prévention personnalisé, le médecin du travail peut solliciter la collaboration du toxicologue, de l’ergonome, du psychologue, de l’assistant social du travail, du chargé de mission au maintien dans l’emploi (SAMETH), de l’animateur de formation.

Visite médicale à la demande du salarié A tout instant, le salarié peut faire une demande de visite médicale auprès de son médecin du travail.

La réalisation et l’actualisation de la fiche d’entreprise est une obligation légale et règlementaire pour l’équipe de santé au travail, qui suit l’entreprise. Elle a l’intérêt d’identifier les risques présents au sein des situations de travail. Elle contient des informations et des données utiles pour l’actualisation du Document Unique d’Evaluation des Risques (DUER), que l’employeur doit obligatoirement tenir et actualiser.

Réunions d’informations collectives Ces sessions ont lieu dans les locaux de l’ASMIS, en invitant plusieurs employeurs concernés par des risques professionnels identiques. Elles ont pour objectif de leur transmettre des méthodes d’identification des risques et des bonnes pratiques de prévention.

Invitation aux Portes ouvertes annuelles

L’entretien infirmier de santé au travail Les entretiens infirmiers de santé au travail sont conduits avec un questionnaire adapté aux risques suivis. Ce questionnaire guide l’entretien semi-directif, tout en permettant le recueil de données et d’informations. Celles-ci sont utiles au suivi du salarié et de son entreprise d’une part, et à la conception d’actions de prévention d’autre part. Les entretiens infirmiers font l’objet régulièrement de réunions de synthèse avec le médecin du travail qui suit le salarié.

L’entretien santé prévention Dans les locaux de l’ASMIS, le salarié participe à un entretien de sensibilisation et d’information. L’objectif est de permettre au salarié de s’approprier des outils d’identification des contraintes et d’acquérir de bonnes pratiques en santé et sécurité au travail.

Chaque année, l’ASMIS organise une journée « Portes ouvertes » permettant aux entreprises adhérentes d’avoir des retours d’expérience d’entreprises et des exposés d’information réalisés par les membres de l’équipe pluridisciplinaire. Des stands et de la documentation permettent à l’employeur de trouver réponse à ses questions.

PENSEZ AU DUER

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

25


ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

> Textile

Cette allergie ne surviendra pas deux fois !

« Par semaine, nous déchargeons un à deux containers qui proviennent de Chine. Tout est sous flux tendu. A peine fabriquées, les pièces textiles sont chargées dans les containers qui nous arrivent directement. Cinq à six salariés sont affectés au déchargement d’un container. Après un contrôle de qualité très strict, les marchandises sont reconditionnées et réexpédiées chez nos clients », nous situe Yann Leriche, responsable logistique à CALITEX. « En plus de 32 ans d’activité, nous n’avions jamais rencontré ce problème. L’AISMT, notre service de santé au travail, a réagi avec rapidité et efficacité ». Assurant le déchargement des containers à bras nus, un magasinier a présenté subitement une éruption cutanée, de type allergique. La question est donc posée : cette allergie est-elle d’origine professionnelle ? L’ouverture d’un container provoque un nuage de substances qui s’évadent dans l’air ambiant…

visite médicale du salarié. Il coordonne les investigations nécessaires. Mélinda L’Hévéder, IPRP à l’AISMT (Intervenante en Prévention des Risques Professionnels), a procédé à des mesures atmosphériques au sein de containers afin d’identifier les substances potentiellement responsables. Les résultats y ont montré la présence de substances toxiques allergisantes. Ensuite, Maxime Loisel, infirmier santé travail à l’AISMT, a réalisé, chez tous les salariés en contact avec ces substances et avec leur accord, des prélèvements biologiques pour dosages sanguins et urinaires. En parallèle, des organismes ont été consultés : INRS (Institut National de Recherche et Sécurité), CARSAT Nord Picardie (Caisse de Retraite et de Santé au Travail), Douanes. Pour sa part, madame Andlib Da Costa, import/export manager chez CALITEX, s’est renseignée auprès de ses fournisseurs en Chine.

L’enquête est menée…

… des solutions apparaissent !

Le docteur Jean-Jacques Fontaine, médecin du travail de l’AISMT qui suit CALITEX, a repéré l’affection cutanée lors d’une

26

Entreprise familiale de 47 salariés, fondée en 1984 au cœur du Cambrésis, CALITEX crée et fabrique du linge de maison : linge de table, linge de lit, linge déco, textile pour mobilier extérieur. Fort de son savoir-faire, CALITEX a conquis des clients aux quatre coins du monde : France, Belgique, Espagne, Portugal, Angleterre, Japon et USA. En 2014, CALITEX a 30 ans d’activité. Au fil des années, des milliers de tonnes de textiles ont été manipulées sans avoir jamais causé d’allergie chez un de ses salariés. Pourtant, cette année-là, un magasinier présente une allergie cutanée. L’origine professionnelle doit être étudiée. L’Association Interentreprises des Services Médicaux du Travail de Cambrai, service de santé au travail de CALITEX, réalise alors une étude et préconise des mesures de prévention. Cette allergie ne surviendra pas deux fois !

Devant l’ensemble des expertises réunies par l’équipe de l’AISMT, des préconisations sont retenues. Au niveau

Entreprise & Santé • 4éme Trimestre 2015 • N°32 • www.entrepriseetsante.fr

de l’organisation du travail, Yann Leriche précise : « Nous respections déjà toutes les normes. Nous sommes allés au-delà. Avec le transporteur, nous avons revu les délais de livraison pour avoir un temps de dégazage la veille de l’ouverture des containers ». Sur recommandation de Mélinda L’hévéder, les salariés, pour le déchargement des containers, portent aujourd’hui des combinaisons à manche longue, des gants et des masques adaptés. Pour sa part, Séverine Lesne, IPRP à l’AISMT, assure le suivi des mesures permettant la détection des substances incriminées.

CALITEX, Textile 47 SALARIÉS YANN LERICHE, responsable logistique CAMBRAI SANTÉ AU TRAVAIL DE CAMBRAI (AISMT)


INTERVIEW L’homme est calme, détendu et précis : « Dans les pays latins, on considère que la santé et sécurité au travail coûtent à l’entreprise. Dans les pays nord-européens et anglo-saxons, on sait que cela rapporte à l’entreprise ». Le débat est ouvert. Attention : Martin Richer sait de quoi il parle. Depuis des années, il dissèque les études publiées sur le sujet et analyse les cas concrets. Et il explique qu’à l’échelle d’une entreprise, une action de santé ou sécurité au travail a un retour sur investissement positif. Pour un euro investi, elle rapporte de 2 à 5 euros. Et cela, avec un retour sur investissement de 1,5 an. C’est-à-dire que le délai moyen de récupération de la somme investie est de 1 à 2 ans. Entreprise & Santé a rencontré Martin Richer.

Martin Richer Directeur du cabinet Management & RSE

« Pour un euro investi en santé sécurité au travail, le retour sur investissement est de 2 à 5 euros » Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la sécurité et la santé au travail ? Martin Richer : Tout naturellement du fait de mon parcours. J’ai eu une formation en Ecole de commerce. Puis, je suis devenu dirigeant de sociétés, notamment aux Etats-Unis ou en Angleterre. En France, j’ai travaillé pour le cabinet SECAFI, numéro 1 du conseil pour les comités d’entreprises et les CHSCT, Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Aujourd’hui, je dirige un cabinet conseil spécialisé sur la RSE, Responsabilité Sociale des Entreprises. Car j’ai toujours considéré la question des conditions de travail comme la première responsabilité du dirigeant d’entreprise. L’une va avec l’autre. Pas contre l’autre. La santé au travail constitue un point de rencontre concret entre les objectifs du chef d’entreprise et les conditions de travail

des salariés. Et la santé au travail est un sujet essentiel de la RSE, d’une RSE visible et appropriée par les salariés. Elle est facteur de performance économique et sociale. Et pourquoi s’intéresser spécifiquement au retour sur investissement de la santé au travail ? Martin Richer : J’en ai besoin pour convaincre mes clients, qui ne sont pas tous prêts à s’engager spontanément dans la démarche. Je rencontre des directions d’entreprise pour développer des pratiques de RSE. Systématiquement, la question survient : combien cela va-til me coûter ? Ma réponse est simple : cela va vous rapporter ! Toutes les études convergent sur ce point. C’est une bonne entrée en matière car dans tous les cas, il faut parler leur langage et répondre à leurs préoccupations.

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

27


INTERVIEW : MARTIN RICHER

Quand un chef d’entreprise s’engage dans une action de santé au travail, le signal est fort. Il est immédiatement décodé par les salariés, dont l’engagement et la motivation au travail s’accroissent Et donc, les études convergent … Martin Richer : Absolument. De nombreuses études proviennent des USA ou d’Europe du Nord, à savoir l’Allemagne, la Scandinavie, les PaysBas. Le résultat est clair : si vous dépensez un euro en santé et sécurité au travail, vous récoltez en termes de bénéfice économique. A part les travaux de l’OPPBTP et de l’INRS, il y a peu d’études en France. Cela montre que chez nous, on approche les questions de santé au travail essentiellement sur un plan moral et non sous l’angle de la rationalité économique. Or, il faut être pragmatique : on doit prendre en compte la santé au travail y compris pour des raisons de retour sur investissement. Elles prouvent que le retour sur investissement est positif ? Martin Richer : Oui. Quels que soient le pays concerné, les secteurs d’activité et les méthodologies, il y a une très forte convergence. Dans la trentaine d’études que j’ai pu recenser, un euro investi en rapporte beaucoup plus. Le retour sur investissement se concentre autour de 2 à 5, même s’il peut atteindre des niveaux plus élevés dans certains cas. Par exemple, les études suivies par l’agence européenne de Bilbao, concernent de nombreux pays et de nombreuses activités : boucherie, agroalimentaire, services sociaux, etc. Elles confirment toutes ce résultat. Mais cela est très peu connu en France. A ce titre, l’étude menée récemment par l’OPPBTP a produit d’une part de la connaissance, d’autre part des changements et des progrès. Elle a reposé sur plus de 100 situations test et a mobilisé les patrons des TPE et PME concernées pour chiffrer 28

tout le dispositif mis en œuvre dans une action de prévention. Les fédérations professionnelles devraient suivre cet exemple : prendre le sujet à bras le corps et mesurer le retour sur investissement. Que dire de l’étude de l’OPPBTP ? Martin Richer : La méthodologie est très solide et intéressante. 101 cas d’action de prévention ont été suivis, avec une approche fine de leur compte d’exploitation. Le retour sur investissement moyen est de 2,19. Le délai moyen de récupération est de 1 an et demi, ce qui surprend les chefs d’entreprise qui s’attendent à un délai plus long, notamment pour une PME ou une TPE. Et pourtant, cela s’explique. Par exemple, les effets sur l’absentéisme sont immédiats. Un facteur psychologique joue aussi. Quand un chef d’entreprise s’engage dans une action de santé au travail, le signal est fort. Il est immédiatement décodé par les salariés, dont l’engagement et la motivation au travail s’accroissent. Cette étude a aussi chiffré le gain par salarié. Il est important, notamment dans les TPE et PME : 8 200 € pour les entreprises de moins de 20 salariés, 3 700 € pour les entreprises de 20 à 49 salariés et 1 600 € pour les entreprises de plus de 50 salariés. Et pour l’étude de Bilbao ? Martin Richer : elle explore des activités très diverses. Par exemple, un programme mené par la branche de la boucherie en Allemagne : 255 000 travailleurs concernés, réduction de 28 % des accidents du travail sur 6 ans, 1 000 accidents du travail évités chaque année, coût de 8 milliards d’euros, bénéfice

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

de 40 milliards d’euros, économie de 4,81 euros pour un euro investi. Des résultats similaires ont été observés avec les agriculteurs finlandais, l’assurance maladie en Allemagne, l’industrie en Pologne, etc. Cette convergence des résultats, malgré la grande diversité des pays et des activités, est impressionnante. Existe-t-il une différence selon la taille et l’activité de l’entreprise ? Martin Richer : Quelle que soit l’activité, les résultats sont là. Quant à la taille de l’entreprise : le retour sur investissement est plus important pour une TPE, par rapport à une PME. Et il est plus important pour une PME, par rapport à une grande entreprise. Mais alors… Pourquoi les entreprises semblent réticentes en France à investir en santé au travail ? Pourquoi faut-il leur démontrer le retour sur investissement ? Martin Richer : Pour trois raisons : la rationalité limitée, la temporalité, la mutualisation des coûts. La rationalité limitée aboutit à des décisions non optimales. Prenons l’exemple de la participation des femmes dans les équipes de direction. Elles constituent 15 % des comités de direction ou des comités exécutifs et 54 % des diplômés de l’enseignement supérieur. La représentation l’emporte sur le rationnel : les hommes désignent des hommes, parce que les femmes seraient moins efficaces ! La santé au travail est vue comme un coût, voire une soustraction et une confrontation : ce que je gagne, tu le perds. Elle n’est pas vue comme une solution mutuellement gagnante. Il y a


aussi une raison temporelle : certes, la santé au travail rapporte, mais nous ne pouvons pas nous le permettre car nous raisonnons au trimestre. Or, nous avons vu avec l’étude de l’OPPBTP que le délai de récupération est court… Enfin, il y a des raisons liées à la mutualisation des coûts du fait de la prise en charge par l’assurance maladie des accidents ou maladies. Avec une conséquence : les actions de santé au travail vont faire des économies à la société, pas à notre entreprise… Or, l’étude de l’OPPBTP démontre que les gains sont réalisés par l’entreprise qui a réalisé l’investissement. Il est vrai également qu’aux EtatsUnis, les coûts de santé au travail sont davantage attribués à l’entreprise. Et les entreprises américaines ont beaucoup

étudié le retour sur investissement en santé et sécurité au travail. Quel conseil donneriez-vous à un employeur, notamment en TPE ou PME ? Martin Richer : Il faut commencer petit et concret en travaillant avec le personnel, ses représentants et le médecin du travail. Il faut repérer les opérations à impact fort. Il faut chercher de l’aide, par exemple auprès des Agences Régionales pour l’Amélioration des Conditions de Travail. Et prendre sa calculette : en santé au travail, démontrer l’impact positif sur le compte d’exploitation est un encouragement supplémentaire à persévérer.

=

Martin Richer Sortant d’une Ecole supérieure de commerce, Matin Richer est entré dans le monde de l’entreprise, notamment dans le Conseil et le marketing de solutions de haute technologie en France, aux ÉtatsUnis et à Londres. • 1 982 : Diplômé d’HEC, Hautes Etudes Commerciales • 1 990 : Directeur du marketing d’Oracle Europe, puis Vice-Président Europe de BroadVision. • 2 003 : Rejoint le Groupe Alpha et intègre son Comité Exécutif tout en assumant la direction générale de sa filiale la plus importante (600 consultants) de 2007 à 2011. • 2 012 : Crée son cabinet : Management & RSE. Son but : apporter à ses clients un conseil de proximité pour aider au déploiement d’une approche innovante de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Cette approche s’appuie sur 30 années de pratique du management en contexte anglo-saxon et français, ainsi que sur une compréhension fine de la RSE en tant que levier de différenciation compétitive. Avec la RSE, Martin Richer retrouve ses convictions : « L’entreprise peut concilier efficacité économique, valeur sociale, valeur environnementale. Le développement de la santé au travail réconcilie l’économique, avec une baisse des coûts et le social, avec une amélioration du sort des travailleurs ». Il est également associé fondateur du groupe Cobalts Consultants. Par ailleurs, Martin Richer est : • Membre du Comité de labellisation de l’agence Lucie, le label qui fait référence en matière de RSE. • Membre du Conseil scientifique de la Maison du Management. • Coordonnateur du pôle Entreprise, Travail & Emploi du « think tank » Terra Nova. • Membre du Comité de rédaction de Metis Europe, publication dédiée aux enjeux du travail dans le contexte européen : metiseurope.eu. • Enseignant au sein du Master Ressources Humaines & Responsabilité Sociale de l’Entreprise de l’IAE de Paris, Université Paris 1 Sorbonne.

Pour en savoir plus, rubrique Interview sur www.entrepriseetsante.fr Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

hargez Tea léc

sy

Il faut commencer petit et concret en travaillant avec le personnel, ses représentants et le médecin du travail

BIOGRAPHIE express

Flasher la page pour en savoir plus 29


AUX ALENTOURS

Septentrionales 2016

La semaine Grand Nord de la santé au travail L’ISTNF, Institut de Santé au Travail du Nord de la France, en collaboration avec Forest, la Plate-forme régionale de formation en santé-travail (Université de Lille, ISTNF, Iréo, SST), sous l’égide du Programme « Bien être au travail » soutenu par la Région Nord - Pas-de-Calais - Picardie, en partenariat avec les préventeurs régionaux (Direccte Nord - Pas-de-Calais - Picardie, ARS Nord - Pas-de-Calais - Picardie, CARSAT Nord-Picardie, CHRU de Lille, OPPBTP, Aract Nord - Pas-de-Calais, CESTP-Aract Picardie), organise les Septentrionales, du 27 juin au 01 juillet 2016, à Lille (et à Oignies le vendredi), à destination des professionnels de santé au travail et des représentants d’entreprise. Vision et travail, Télétravail, Engins de chantiers et de levage, Pénibilité sont les thèmes d’actualité de l’édition 2016. Une réflexion de fond complètera ce programme : 70 ans d’ancrage régional et d’actions partenariales : où en est la santé au travail ? Le Pr Paul Frimat répond aux questions d’Entreprise & Santé. Pourquoi avoir organisé les Septentrionales ? L’ISTNF a toujours souhaité développer la formation en santé au travail. Nous le faisions à l’époque dans le cadre d’un réseau de partenaires nommé « Septentrion ». C’est la même philosophie partenariale qui a été à l’origine du projet Forest (Formation régionale en santé au travail) lancé en 2015 et impulsé par la Région dans le cadre du programme « Bien-être au travail ». Forest et ses partenaires, l’Université Lille 2, l’Iréo, l’ISTNF, les services santé au travail, ainsi que la CARSAT, L’OPPBTP, l’ARACT mais aussi la Direccte, ont rapidement souhaité incarner cet effort conjoint par un évènement fort. C’est comme cela que l’idée des « Septentrionales » est née : une semaine d’évènements santé travail permettant d’associer toutes ces institutions et proposer à leur public des formations au contenu de qualité. 30

A qui sont-elles destinées? Les Septentrionales s’adressent à l’ensemble du public des partenaires de Forest. Professionnels de santé au travail, bien entendu, mais également étudiants, personnes issues de l’entreprise intéressées à ces questions, responsables ressources humaines ou sécurité, représentants du personnel ou représentants syndicaux, pour qui ces journées sont d’ailleurs gratuites. L’intérêt des Septentrionales réside également dans ce brassage entre personnes issues d’horizons différents : c’est l’occasion pour elles de se rencontrer et d’échanger. Quel est le bilan de l’édition 2015 ? Le bilan, surtout pour une première édition, est très positif. Nous avons eu plus de 450 inscrits, et nous avons réussi à réunir un public diversifié. Je ne parlerais pas des

Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

résultats de l’évaluation, mais il s’agit d’un plébiscite digne d’élections soviétiques ! Les partenaires ont joué pleinement le jeu, et c’est une véritable réussite. Quels sont vos objectifs pour 2016 ? Pour 2016 nous n’allons pas bouleverser une formule qui a marché : un jour, une thématique, et une journée hors métropole. Les thématiques retenues ont fait l’objet d’une attention particulière afin de proposer un contenu qui soit différent de ce que l’on peut voir ailleurs. Cette année, nous en profiterons également pour fêter dignement le 70ème anniversaire de la santé au travail à Oignies, au Métaphone. Pour cette occasion, l’ISTNF publiera également un ouvrage et proposera une exposition virtuelle en partenariat avec les Archives nationales du Monde du Travail.


AGENDA

ACTU

peau neuve Nouveau, votre espace adhérent fait et du CEDEST TRAVAIL Métropole Nord Réservé aux adhérents de PÔLE SANTÉ

rmations et votre pour vous faciliter la saisie de vos info que ami dyn plus e rfac inte e vell nou e Un déclaration en ligne : se - Génération immédiate de mot de pas ée oris aut ion nex con - La - Vos questions sur l’interface - Interface personnalisée - FAQ à consulter ive - Mise à jour de la fiche administrat - Tous vos contacts à portée de main liste du - Fonctionnalité import/export de la - Des alertes pour vous aider personnel dans vos démarches er une - Réintégration de salariés pour évit - Paiement de la cotisation en ligne nouvelle saisie ifs - L’accès à vos documents administrat  nregistrement de nouveau salariés -E en ligne - Tri de vos colonnes et un moteur de recherche dédié > PÔLE SANTÉ TRAVAIL lités Découvrez les nouvelles fonctionna dans votre espace adhérent : dherent.html http://www.polesantetravail.fr/espace-a

> CEDEST lités Découvrez les nouvelles fonctionna : dans votre espace adhérent http://www.cedest.net/adherents/

Santé et qualité de vie au travail

c l’AFNOR Rencontres Franco-Québécoise ave e Grand Palais > Le 7 juin 2016, au salon Preventica à Lill

de vie au travail : hones autour de la santé et la qualité 14h – 15h15 : « Coopérations francop enjeux et retours d’expériences ». es internationales et é et qualité de vie au travail : tendanc 15h30 – 16h15 : « Démarches sant expérimentation québécoise ». ://www.preventica.com/ Inscription gratuite, en ligne sur http

travail 13ème semaine de la qualité de vie au > Du 13 au 17 juin 2016

travailler à l’ère du numérique ». Le thème de cette année est : « mieux numérique en termes ues et les opportunités que présente le Elle sera l’occasion d’explorer les risq concernés par cette urs acte avec de grands riat ena part en ée anis Org ail. trav de conditions de r améliorer la qualité citer les entreprises à se mobiliser pou thématique, elle a pour ambition d’in de vie au travail. .cestp.aract.fr le site du Cestp-Aract. : http://www Pour plus d’information, consulter Entreprise & Santé • 2ème Trimestre 2016 • N°34 • www.entrepriseetsante.fr

31


Entreprise & Santé N°34  

Numéro 34 du magazine

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you