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BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

BTP SERVICE COMMERCE & ARTISANAT INDUSTRIE INTERIM

Santé au travail 2016-2020

LES ORIENTATIONS RÉGIONALES Cahier central juridique

NOUVEAU p15

Zoom sur

Interview

Formation SST et PRAP

Dorothée Metta

N°41

p24

p27

1er Trimestre 2018 www.entrepriseetsante.fr


SOMMAIRE

N°41 • 1ème Trimestre 2018

p23

p04

Y PENSER !

INVESTIR

Conseils pratiques

Santé au travail, optimisez vos cotisations

p05

p24

EN DIRECT

ZOOM SUR

- Une journée consacrée à la santé-sécurité - La santé au travail, c’est tous ensemble ! - Le «VILLAGE SANTÉ», une dynamique durable

Les bons gestes : cela s’apprend et s’entretient p26

p08

ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

Risques chimiques : votre premier conseiller, l’étiquette

ERGONOMIE ET ORGANISATION

Ergonomie : une réponse à toute situation ! p27 p27 p09 INTERVIEW

Dorothée Metta : « Au quotidien, la TPE-PME est un projet en transformation constante »

VOTRE SANTÉ, VOTRE EMPLOI

Santé au travail et #MoisSansTabac ! p10 p30 VU !

AUX ALENTOURS

L’actualité en santé au travail

SIMUP : les « TROPHÉES PRÉVENTION » fêtent leurs dix ans !

p11

DOSSIER

p31

Santé au travail 2016-2020 : les orientations régionnales

p15

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LE CAHIER JURIDIQUE

VOTRE AGENDA

Avec ce cahier central détachable, nous abordons les fondamentaux législatifs de la santé au travail, tels que définis par le Code du travail et donc, applicables aux entreprises privées.

Entreprise & Santé • 1er Trimestre 2018 • N°41 • www.entrepriseetsante.fr


ÉDITO

Hervé Delpierre En 2017, vos réponses à notre étude « Lectorat » nous ont donné des orientations précises : • Des actualités. • Plus de conseils pratiques. • Des informations législatives et règlementaires. Dès ce numéro 41 d’Entreprise & Santé, nous inaugurons trois nouvelles rubriques : • « VU ! », qui met en lumière des actualités en Santé au Travail. • « Y Penser… », qui donne quelques conseils pratiques. • « Cahier Juridique » central, qui fait la synthèse de questions législatives et règlementaires en Santé au Travail. Par ailleurs, nous avons recentré des articles sur des points précis et pragmatiques : « Optimisez vos cotisations ! » dans la rubrique Investir, « L’étiquette, votre premier conseillerface aux risques chimiques », dans la rubrique Environnement & Technique. Les actions de santé au travail réalisées par

AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 CAMBRAI Tél. 03 27 72 63 63 www.aismtcai.com

ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77, rue Debaussaux CS 60132 80001 AMIENS Cedex 1 Tél. 03 22 54 58 00 www.asmis.net

AST - Action Santé Travail 174 route de Béthune CS 20023 62160 AIX NOULETTE Tel. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

vos entreprises, avec l’expertise et l’accompagnement de leurs Services de Santé au Travail Interentreprises, sont de plus en plus pointues. Les suites de plusieurs articles de ce magazine sont à découvrir sur notre site : entrepriseetsante.fr, grâce aux QR Code. Le dossier de ce numéro 41 est consacré au Plan Régional Santé Travail Hauts de France 2016-2020. Véritable feuille de route pour les acteurs institutionnels de Santé au Travail, les orientations de ce plan éclairent vos entreprises sur les orientations régionales. Pour ce plan, la « culture de prévention » doit progresser au sein des entreprises, notamment PME et TPE. Dorothée Metta a une expérience conséquente dans la gestion des Ressources Humaines, l’approche du changement et de l’innovation et la direction opérationnelle de Services de Santé au Travail. Nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Secourisme du Travail (SST) et Prévention des Risques liés à l’Activité Physique (PRAP), évaluation des actions santé au travail, les « 10 ans des Trophées de Prévention ». Bravo à tous. Bonne lecture ! Hervé Delpierre Directeur de publication pour les Services de Santé au Travail

...Retrouvez la suite des articles grâce aux

flashcodes présents dans les pages ou rendez-vous sur :

entrepriseetsante.fr

Les autres rubriques de ce magazine apportent autant de témoignages complémentaires : information et sensibilisation des salariés, ergonomie, participation au « Mois sans tabac », prévention des TMS, santé des apprentis, formation Sauvetage

ASTAV - Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes 1, avenue de l’Europe 59880 SAINT SAULVE Tél. 03 27 46 19 24 www.astav.fr

ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 COQUELLES Cedex Tél. 03 21 85 51 85 www.astil62.fr

CEDEST - Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10, rue Albert Thomas 59210 COUDEKERQUE-BRANCHE Tél. 03 28 24 98 98 www.cedest.net

MTA - Médecine du Travail de l’Aisne rue Théodore Monod - Z.A. Bois de la Chocque 02100 SAINT-QUENTIN Tél. 03 23 62 52 48 www.mt02.org

PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban - 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 LILLE Cedex Tél. 03 20 12 83 00 www.polesantetravail.fr

SIMUP - Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys - Lille Métropole 22 rue de Lille BP 40018 - 59431 HALLUIN Cedex TÉL. 03 20 94 12 54 www.simup.fr

STSA - Santé Travail Sambre Avesnois 24, rue Romain Duchateau 59720 LOUVROIL Tél : 03 27 53 31 31 www.sante-travail-sa.fr

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Y penser ! FICHE DE DONNEES DE SECURITE

MANAGEMENT et DIRECTION

Si vous utilisez une substance ou un produit chimique dans votre entreprise, votre fournisseur ou votre fabricant doit vous délivrer la fiche de données de sécurité (FDS) correspondante.

La santé au travail va au-delà de la visite médicale. En permettant de développer un environnement de travail sain et une organisation préservant la santé de chacun, elle devient l’une des composantes du management et de la direction d’entreprise.

ROUTE

BRUIT

La première cause de mortalité par accident du travail est la circulation routière. Soit près de 500 décès par an et 13,5 % de la mortalité routière. Ces accidents surviennent sur le trajet domicile-travail (« accident de trajet ») ou lors de déplacements professionnels (« accident de mission »).

Si une personne, située à 1 mètre de vous, doit crier pour se faire entendre… le niveau sonore est probablement supérieur à 85 dB(A). Attention au risque de surdité irréversible à terme si vous êtes dans cette ambiance sonore 8 heures par jour !

QUALITE L’ergonomie permet d’améliorer la qualité du travail effectué à un poste ou dans une situation donnée, au-delà du confort ou de la santé du travailleur.

IMPORTANT ! Votre service de santé au travail est là pour vous conseiller. 04

IL VOUS APPORTE DES COMPETENCES ET SAVOIR-FAIRE REPONDANT AUX DIFFERENTS RISQUES DE VOTRE ENTREPRISE. CONSULTEZ-LE !

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EN DIRECT

EITF RÉSEAUX ET ACTEMIUM CAMBRAI - RÉSEAUX ÉLECTRIQUES 75 SALARIÉS Laurent Peire, responsable QSE et logistique

L’AISMT, notre service de santé au travail est à ce titre notre partenaire privilégié ! Laurent Peire, responsable QSE, EITF Réseaux.

L’entreprise EITF Réseaux est spécialisée dans la réalisation des réseaux électriques souterrains, aériens ou d’éclairage public. Quant à Actemium Cambrai, elle apporte aux industriels son savoir-faire en génie électrique, mécanique et thermique, à l’ère des mutations technologiques qui bouleversent les processus industriels. « Depuis 2012, VINCI Energies organise chaque année une « semaine sécurité » pour sensibiliser les collaborateurs de l’ensemble des entreprises du groupe. A Cambrai, tous les deux ans, nous organisons en complément une journée complète consacrée à la santé et la sécurité au travail pour les deux entreprises. Tous les collaborateurs sans exception quelle que soit leur catégorie, intérimaires et stagiaires inclus, participent à différents ateliers d’information et de sensibilisation », mentionne Laurent Peire, responsable QSE et Logistique.

PROVILLE SANTE AU TRAVAIL DE CAMBRAI (AISMT)

Tous les deux ans

Une journée complète consacrée à la santé-sécurité EITF Réseaux et Actemium Cambrai, entreprises de VINCI Energies, emploient 75 salariés sur la Zone Industrielle de Proville, près de Cambrai. Tous les deux ans, elles consacrent une journée complète à la santé et la sécurité au travail. L’AISMT (Association Interprofessionnelles des Services Médicaux du Travail de Cambrai) est leur partenaire sur les questions de santé au travail. Une démarche qui repose sur une préparation importante en amont, en liaison avec le CHSCT, pour toujours mieux répondre aux priorités dans le cadre de la prévention et proposer des ateliers attractifs.

Demandez le programme ! Le 19 mai 2017, le programme a permis d’aborder de nombreux thèmes : détection de gaz sur chantier, arrimage et Code de la route, voiture tonneau, prévention des addictions, prévention des TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) avec l’intervention d’une ergonome et le port d’une « combinaison de vieillissement », Handicap et travail, travaux en hauteur, nutrition et santé, risques électriques, risques cardio-vasculaires. « Pour répondre aux préoccupations remontées, au préalable, par les collaborateurs, cette année ce sont les thématiques de la santé et du bien-être qui ont été mises à l’honneur. Le choix des partenaires repose sur leurs compétences et leurs capacités à échanger avec les collaborateurs. Aborder la santé et le bienêtre est devenu incontournable dans ce type de journée. L’AISMT, notre service de santé au travail est à ce titre notre partenaire privilégié ! », précise Laurent Peire.

La santé avec l’AISMT Le Dr Didier Chouzet, médecin du travail de l’AISMT, assure le suivi des entreprises EITF Réseaux et Actemium. L’AISMT est intervenue par l’intermédiaire de l’équipe pluridisciplinaire dans le cadre de l’information, du dépistage et de la prévention en abordant trois sujets spécifiques : les Troubles Musculo-Squelettiques, le travail sur écran, les maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, diabète, obésité et tabagisme). Mme Daphnée Patte, infirmière santé au travail et M. Maxime Loisel, infirmier santé travail ont animé les ateliers proposés par l’AISMT. Les conseils diététiques, le dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète ont été des sujets particulièrement appréciés. Prochain rendez-vous dans deux ans !

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EN DIRECT

ENTREPRENDRE ENSEMBLE Association d’insertion professionnelle 150 salariés Sophie Beun, directrice de l’administration et des ressources humaines DUNKERQUE

SANTE AU TRAVAIL DE DUNKERQUE (CEDEST)

La santé au travail : c’est tous ensemble !

Notre politique de santé au travail part de l’expression des salariés Sophie BEUN, directrice de l’administration et des ressources humaines, Entreprendre Ensemble.

Présidée par Jean-Yves Frémont, « Entreprendre Ensemble » est une association qui accompagne, sur le Dunkerquois, plus de 10 000 personnes en difficulté. L’association identifie et propose des solutions personnalisées d’insertion ou de réinsertion professionnelle. Accueil et disponibilité, écoute et suivi, dialogues et travail en réseau sont les atouts de l’association, dirigée par Arnaud Declunder. Avec le CEDEST, Centre pour le Développement de la Santé au Travail, « Entreprendre Ensemble » a intégré la santé au travail de ses 150 salariés dans son projet associatif, redéfini en 2014. Une approche globale et partenariale, inscrite dans le temps. Sophie Beun est directrice de l’administration et des ressources humaines à Entreprendre Ensemble : « Nous intervenons dans le champ de l’économie sociale et solidaire, en partenariat permanent avec de nombreux acteurs institutionnels, économiques et sociaux. L’association porte plusieurs dispositifs : la Mission Locale, la Maison de l’Emploi, le Plan Local pour l’insertion et l’emploi, l’Ecole de la 2ème Chance Côte d’Opale, l’espace d’information sur la formation, la plateforme proch’emploi, le Bureau d’information Jeunesse ». Elle est en relation permanente avec l’Etat et les collectivités territoriales, notamment la Communauté Urbaine de Dunkerque. Tout part du personnel « La santé au travail doit faire partie du quotidien de chacun de nos salariés. Nous avons conscience de devoir prendre en compte l’impact du travail sur la santé des salariés et améliorer la situation de tous, par des actions régulières dont l’impact est suivi. Nous abordons les risques professionnels ou des sujets de santé, comme par exemple la sédentarité, l’alimentation, la gestion du stress, … Nous interrogeons également nos organisations de travail, 06

pour toujours améliorer épanouissement, reconnaissance, bien-être et animation d’équipe. Notre politique de santé au travail part de l’expression des salariés. Le CHSCT est co-auteur et co-acteur de cette politique » situe Sophie Beun. L’expertise permanente du CEDEST Sophie Beun précise : « La santé au travail n’est pas l’affaire d’un intervenant en particulier. Nous utilisons les services de notre mutuelle d’entreprise pour des actions de prévention, les services de l’ARACT Hauts de France pour interroger nos organisations de travail. Mais notre partenaire privilégié sur Dunkerque est le CEDEST, notre service de santé au travail. Il nous apporte une expertise spécialisée en santé au travail dans une relation de confiance, de cohérence et de collaboration continue ». Médecin du travail au CEDEST, le Dr Santiago Rivas apporte cette expertise incontournable. Pour Véronique Alexandre, directrice du CEDEST : « Notre cœur de métier est d’accompagner nos entreprises adhérentes dans leurs projets de santé au travail autant que de les alerter et les conseiller sur les démarches de prévention face aux risques professionnels

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qui leur sont spécifiques. Nous apportons notre réseau d’experts, en liaison avec nos médecins du travail ». En associant étroitement son CHSCT, Entreprendre Ensemble, a fait de la santé au travail un levier de développement individuel et collectif. Aujourd’hui des salariés sont devenus « Chief Happiness Officer» !

Entreprendre Ensemble, c’est : - 16 lieux de proximité - 150 salariés - + de 500 partenaires (locaux, nationaux et européens) - + de 5 000 retours à l’emploi par an - + de 1 500 accès à la formation - 10 000 personnes accompagnées

...la suite sur le site internet ! + video


EN DIRECT

AUCHAN Hypermarché 600 salariés

Petit à petit les moyens consacrés à la santé et la sécurité des salariés ont été renforcés Dr Guy Laroche, médecin du travail, ASTIL.

Après de nombreuses années du « côté contrôle » (droit du travail et notamment le travail dissimulé), Richard Wadoux est passé du côté de la prévention. En 2015, après avoir suivi une formation Hygiène Sécurité Environnement, il est embauché par AUCHAN comme chargé de mission Prévention pour les magasins de Boulogne et Calais : « Prendre en compte la santé et la sécurité des collaborateurs pour identifier ce qui ne va pas, corriger et améliorer, repérer et promouvoir ce qui va, est tout simplement passionnant ». De la journée sécurité au « Village Santé » « Le changement de nom correspond à une évolution de nos réflexions et une augmentation du nombre de partenaires impliqués. Deux interlocuteurs restent majeurs pour la réussite de ces journées : le CHSCT et l’ASTIL. Ils sont d’ailleurs associés, de la conception à la réalisation » précise Richard Wadoux. « Prendre l’approche

Richard WADOUX, chargé de mission prévention SAINT-MARTIN-LES-BOULOGNE

SANTE AU TRAVAIL DE CALAIS-BOULOGNE-LE TOUQUET (ASTIL)

Le « VILLAGE SANTÉ » : moment fort d’une dynamique durable 600 salariés travaillent sur le site de l’hypermarché AUCHAN à Saint-Martin-les-Boulogne. En 2016, s’est tenue une journée Santé Sécurité, au cours de laquelle l’une des priorités abordées était la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques. Devant les résultats encourageants obtenus en 2016, un « Village Santé » a été mis en place, axé sur la Qualité de Vie au Travail et l’Hygiène de vie, en septembre 2017. Compte tenu de ses compétences, l’ASTIL, service de santé au travail de l’hypermarché de Saint-Martin-les-Boulogne, est l’un des partenaires privilégiés.

Santé et Qualité de Vie au Travail permet d’élargir le nombre de questions abordées et de se positionner comme partenaires pour la mise en œuvre d’améliorations ou de solutions. On positive, sans perdre de vue la rigueur et l’objectivité dans l’analyse des situations réelles de travail ». La tenue de ces journées demande un investissement important. Elles facilitent incontestablement le dialogue nécessaire, à tous les échelons, dans l’approche de la santé et la sécurité au travail. S’inscrire dans la continuité Médecin du travail à l’ASTIL, le Dr Guy Laroche suit AUCHAN SaintMartin depuis 2013 et situe le contexte de cette action : « Le village santé s’inscrit dans la continuité d’actions entreprises depuis plusieurs années en liaison avec le CHSCT. Petit à petit les moyens consacrés à la santé et la sécurité des salariés sont renforcés. En témoigne le recrutement de Richard Wadoux, comme chargé de prévention en 2015. En outre, le groupe réunit

régulièrement tous les médecins, infirmiers, infirmières et dirigeants de ses différents magasins des Hauts-de-France. Le but est d’engager une synergie pour la recherche de solutions, grâce aux retours d’expérience des uns et des autres ». En libre-service… Le principe général est de mettre à disposition des salariés, sur leur temps de travail, le maximum d’experts et d’intervenants spécialisés, sous forme de stands, d’animations ou d’ateliers, ludiques et didactiques. En 2016, 80 collaborateurs ont participé. Ils étaient plus de 200 en 2017…

...la suite sur le site internet !

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ERGONOMIE, ORGANISATION

Pôle Santé Travail Métropole Nord

ERGONOMIE : UNE REPONSE A TOUTE SITUATION ! 32 300 entreprises sont adhérentes à PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord. Comme dans tous les Services de Santé au Travail Interentreprises (SSTI), plus de 80 % d’entre elles sont des TPE et des PME. Ces entreprises ont peu de ressources en interne dans le champ de la prévention des risques professionnels. Pour elles, il est important de trouver une réponse à toute question, que celle-ci soit simple ou complexe. En liaison avec le médecin du travail qui suit l’entreprise, les ergonomes de PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord font du « sur mesure » pour répondre à chaque demande.

« Les petites entreprises ne sont pas les moins compétentes sur le sujet », déclare d’emblée Christophe Leviel, ergonome à PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord. « Nous nous adaptons à chaque question et à chaque situation. Parfois, nous apportons une réponse précise à une question précise, sans faire d’étude au sein de l’entreprise. Parfois, nous réalisons une étude conduisant à des préconisations répondant aux attentes de l’entreprise. Nous avons aussi des situations plus complexes à étudier… nous croisons alors notre regard d’ergonome, avec celui du toxicologue, du psychologue, … ». L’entreprise bénéficie alors de compétences croisées et spécialisées, lui assurant un accompagnement adapté à sa problématique.

Question-Réponse : la confiance. Christophe Leviel donne un exemple : « Récemment, nous avons répondu aux questions d’une imprimerie de 20 salariés. Elle a les mêmes contraintes qu’une grande entreprise. Son questionnement était concis : Est-ce que notre outillage peut être amélioré ? Que faire sur notre processus de travail ? Elle attendait une aide, via l’utilisation d’un arbre décisionnel. Nous nous sommes adaptés. Ceci a créé une confiance avec l’entreprise ». Ces échanges, adaptés à la réalité de l’entreprise, répondent à une mission générale de conseil.

Etude courte Dans d’autres situations, les ergonomes de PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord apportent

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une réponse « classique ». L’observation des situations réelles de travail et l’expression des salariés apportent une méthodologie et un éclairage, qui permettent à l’entreprise d’orienter à bon escient ses investissements. « Nos préconisations sont alors intégrables par l’entreprise et adaptées au contexte socio-économique de celle-ci. Notre démarche est d’être au plus proche de l’entreprise et de l’accompagner pour la rendre progressivement autonome. »

Regards croisés « Nous sommes récemment intervenus dans une entreprise ou les contraintes thermiques interféraient avec l’exposition à des produits chimiques… L’analyse de la situation a demandé de croiser les regards de l’ergonome et du toxicologue, avec l’expertise du médecin du travail. Concrètement des dosages atmosphériques ont été réalisés et interprétés, en tenant compte des observations et des préconisations de l’ergonome ». Christophe Leviel a plusieurs exemples d’interventions de ce type dans la plasturgie, l’imprimerie, la papeteriecartonnerie ou l’industrie pharmaceutiques. « On parle alors d’ergo-toxicologie. Mais nous faisons aussi des interventions associant des psychologues du travail, si cela s’avère nécessaire ». A PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord, huit ergonomes, cinq toxicologues et trois psychologues du travail sont au service des entreprises adhérentes, en liaison avec leur médecin du travail.

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VOTRE SANTÉ VOTRE EMPLOI

Association pour la Santé au Travail de l’arrondissement de Valenciennes (ASTAV)

Santé au travail et #MoisSansTabac !

En novembre 2016, était lancée la première campagne nationale #MoisSansTabac. Cette campagne a été largement relayée par les médias. Ses résultats ont été encourageants… En jouant sur les mots (« moi sans tabac »), dans une dynamique ludique et déculpabilisante, les supports mis en place permettaient à de nombreux intervenants de venir en aide aux personnes souhaitant arrêter de fumer. En novembre 2017, l’ASTAV, service de santé au travail du Valenciennois, a décidé d’être partenaire de #MoisSansTabac.

Médecin du travail à l’ASTAV, le Dr Florence Meurant est directe : « En 2016, nous avons constaté que la santé au travail n’avait pas été sollicitée pour la campagne #MoisSansTabac. Pourtant, nous suivons 75 000 salariés de 5 000 entreprises sur l’arrondissement de Valenciennes. En 2O17, nous avons donc participé aux réunions locales de concertation et de mise en place de la campagne prévue pour novembre ». Trouver l’instant « t » ! Pour le Dr Florence Meurant, « il est connu que 80 à 90 % des fumeurs sont tentés d’arrêter. Le tout est de trouver l’instant « t », pour une personne donnée qui va passer à l’acte et cesser de fumer. Passer à l’acte se fait pas à pas, étape par étape, jusqu’au jour ou la décision peut se prendre. La campagne #MoisSansTabac va dans ce sens ». En étant aidante, non culpabilisante et incitative, cette campagne permet à chacun de faire un pas, de franchir une étape, voire de cesser de fumer.

Un instant privilégié « A l’ASTAV, nous nous sommes dit que la visite médicale du travail était un instant privilégié permettant d’aborder ce pas à faire en avant pour arrêter de fumer. Durant le mois de novembre 2017, nous avons installé, au sein de l’accueil du centre médical Europe de Saint Saulve, un stand #MoisSansTabac. Nous étions 5 intervenants à nous relayer afin de pouvoir échanger avec les salariés qui le souhaitaient. Nous disposions de tous les supports de la campagne (affiches, badges, flyers et surtout les kits d’aides au sevrage) ainsi que notre propre matériel de sensibilisation (les CO testeurs, les autoquestionnaires sur le niveau de dépendance ou de motivation), des outils facilitant le dialogue ». Des suites adaptées à chacun C’est ainsi qu’une centaine de salariés se sont arrêtés au stand. Chacun a pu trouver réponse à sa question, sans culpabilisation aucune. Nombreux sont ceux qui ont bénéficié

de conseils adaptés à leur situation. « En 2018, on fera mieux ! », conclut le Dr Florence Meurant.

#MoisSansTabac Merci et bravo aux participant-es de novembre 2017. Rendez-vous en novembre 2018 !

https://mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr

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Vu ! ARTISANAT er

Au 1 janvier 2017, 78 182 entreprises artisanales emploient 151 554 salariés dans les Hauts-de-France : 37,4 % dans le bâtiment, 36,2 % dans les services, 14,6 % dans la production, 11,8 % dans l’alimentation.

ACCIDENT AU TRAVAIL Un quart des accidents du travail survient dans la 1ère année d’embauche. Source : Plan Santé Travail Hauts-de-France, 2016-2020.

Source : Coup de Main, le magazine de l’artisanat en Hauts-de-France, n°1, décembre 2017.

31 mai 2018 : DERNIÈRE ÉCHÉANCE D’ENREGISTREMENT DES SUBSTANCES CHIMIQUES En application de la réglementation européenne REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des produits Chimiques) entrée en vigueur en 2007 et relative à la protection de la santé humaine et de l’environnement, il ne sera plus possible, après le 31 mai 2018, de fabriquer ou importer des substances chimiques à plus d’une tonne par an, si elles n’ont pas été enregistrées. Source : OSHA – Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail.

TROPHEES RISQUES CHIMIQUES PRO L’assurance Maladie – Risques Professionnels lance les Trophées Risques Chimiques Professionnels pour valoriser les actions et initiatives des entreprises qui s’engagent pour la prévention des risques chimiques professionnels vis à vis des agents CMR (Cancérogènes, Mutagènes, Reprotoxiques). Quatre catégories sont ciblées : fumées de soudage, émissions de moteur Diesel, styrène, perchloroéthylène. Toute entreprise peut candidater avant le 15 mars 2017. Téléchargez le dossier de candidature sur ameli.fr. Source : ameli.fr.

VAPOTAGE Depuis le 1er octobre 2017, il est interdit de vapoter dans les lieux de travail couverts et fermés à usage collectif, les établissements scolaires et les établissements destinés à l’accueil, la formation et l’hébergement des mineurs, les moyens de transports collectifs fermés. Source : Décret d’application du 27 avril 2017 relatif à l’article 28 de la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016.

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DOSSIER

DIALOGUE SOCIAL

DIAGNOSTIC REGIONAL

Associer les partenaires sociaux

Atlas Santé Travail

CULTURE DE PREVENTION

SOUTIEN DES TPE-PME

Prévenir le risque Aménager le poste de travail Se faire accompagner

Offre de services coordonnée, lisible et efficace

CONTINUER

QVT La Qualité de Vie au Travail

PERFORMANCE ECONOMIQUE ET SOCIALE

Santé au travail 2016-2020

LES ORIENTATIONS REGIONALES Le Plan Régional Santé Travail Hauts-de-France 2016-2020 constitue la feuille de route des acteurs institutionnels de prévention. Ce plan donne des orientations utiles pour votre entreprise ! Sous l’égide de la DIRECCTE, ces

orientations sont définies et adoptées par les partenaires sociaux. D’autres partenaires ont participé à l’élaboration de ce « PRST 2016-2020 ». Explications dans ce dossier.

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BTP SERVICES E COMMERC T & ARTISANA INDUSTRIE INTERIM

CULTURE DE PREVENTION, QVT ET SUPPORT AUX TPE-PME Avec le PRST 2016-2020, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics s’accordent sur un point : les performances économiques et sociales d’une entreprise sont améliorées si le dialogue interne permet d’engager des actions de prévention et de santé au travail. Développer la culture de prévention et la qualité de vie au travail, apporter plus de supports aux TPE-PME sont les trois « piliers » du Plan Santé Travail Hauts-de-France 2016-2020.

CULTURE DE PREVENTION

SUPPORT AUX TPE-PME

• Agir sur les sources du risque dans l’entreprise : la « culture de prévention » est fondée avant tout sur l’action concrète, au sein des situations réelles de travail. • Développer des savoir-faire et attitudes favorables à la prévention en entreprise, notamment pour l’évaluation des risques. • Sensibiliser, informer et accompagner les entreprises pour renforcer leur autonomie et leur capacité d’agir en prévention. • Prévenir l’usure professionnelle et la pénibilité. • Agir sur les risques professionnels prioritaires : TMS, risque routier, chutes de hauteur, amiante, risques psychosociaux.

• Placer le dialogue social au cœur de la politique régionale de santé au travail, pour une meilleure implication des entreprises. • Mettre en place une offre de services, coordonnée, lisible et efficace, en direction des entreprises, en particulier les TPE-PME (ex. : dispositif « Réso » en Hauts-de-France). • Le diagnostic régional révèle la sinistralité préoccupante des TPE-PME, notamment les établissements comptant entre 20 et 49 salariés. • Créer des liens de proximité avec les entreprises et leurs salariés pour l’échange et la capitalisation des savoirs et expériences. • Renforcer les connaissances et les rendre plus opérationnelles : Atlas Santé Travail décliné par territoire.

QUALITE DE VIE AU TRAVAIL • Le travail est « facteur de construction de l’individu » : un environnement sain et une politique de prévention efficace ont des retombées positives. • La Qualité de Vie au Travail (QVT) est un levier de santé, de performance économique et sociale ; c’est une nouvelle approche de la promotion de la santé, de la sécurité et des conditions de travail. • Développer, par le retour d’expériences, un management du travail qui intègre la prévention des risques professionnels. • Prévenir la désinsertion professionnelle et maintenir en emploi. • Favoriser la collaboration entre les autorités en charge de la santé au travail et de la santé publique.

ATTENTION ! La réalisation d’actions de santé au travail répondant aux orientations du PRST 2016-2020 ne dispense pas l’employeur d’être en conformité avec la réglementation en vigueur, en matière de sécurité au travail et de protection de la santé physique et mentale des salariés.

A NOTER ! Le Plan Régional Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020 est le troisième du genre. D’où le sigle PRST3. Il succède au PRST1 2005-2009 et au PRST2 2010-2014. Le Plan Régional décline les axes du Plan National de Santé au Travail établi par le ministère du Travail, sur la base des orientations adoptées au sein du Conseil d’Orientation des Conditions de Travail (COCT). 12

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DOSSIER

ILS SONT 25… A total, 25 partenaires se sont mis autour de la table pour élaborer le troisième Plan Régional Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020, sous l’égide de la DIRECCTE Hauts de France (Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi) :

LE POIDS DES MOTS… Le Plan Régional Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020 constitue « la feuille de route des acteurs institutionnels programme les actions de santé au travail ».

> Etat • Préfet de la Région Hauts de France ; • DIRECCTE : Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi ; • ARS : Agence Régionale de Santé ; • DREAL : Direction Régionale de l’Environnement ; de l’Aménagement et du Logement.

> Partenaires sociaux ; PERFORMANCE ECONOMIQUE ET SOCIALE : Le PRST 3 accorde « la primauté à la prévention primaire par le développement de la culture de prévention et en valorisant la Qualité de vie au Travail, levier de santé, de performance économique et sociale de l’entreprise ». SANTE AU TRAVAIL : Pour le PRST 3, « la santé au travail n’est plus abordée uniquement sous le prisme de la pathologie, mais selon une approche privilégiant la promotion de la santé et le bien-être des travailleurs ».

• MEDEF Hauts-de-France : Mouvement des Entreprises de France ; • CPME : Confédération des Petites et Moyennes Entreprises ; • U2P Hauts de France : Union des entreprises de proximité ; • FRSEA : Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles ; • UDES : Union des Employeurs de l’Economie Sociale et Solidaire ; • UNAPL : Union Nationale des Professions Libérales ; • CFDT : Confédération Fédérale des Travailleurs ; • CGT : Confédération Générale des Travailleurs ; • FO : Force Ouvrière ; • CFE CGC : Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres ; • CFTC : Confédération Française des Travailleurs Chrétiens ; • Santé Travail Hauts de France : Services de Santé au Travail Interentreprises (SSTI).

> Assurance Maladie • CARSAT Nord Picardie : Caisse de Retraite et de Santé au Travail (Régime Général) ; • MSA : Mutualité Sociale Agricole (Régime Agricole).

> Universités DIALOGUE SOCIAL : L’efficacité et l’effectivité des actions de santé au travail reposent sur les employeurs, les travailleurs et leurs représentants, dont le rôle doit être renforcé dans le cadre du dialogue social. Source : Plan Régional Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020, Préambule.

• Université de Lille, Institut de Santé au Travail du Nord de la France ; • Université de Picardie Jules Vernes.

> Organismes spécialisés • ARACT Hauts de France : Agence Régionale d’Amélioration des Conditions de Travail ; • OPPBTP : Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics • OR2S : Observatoire Régional de la Santé et du Social ; • Santé Publique France. Le Plan Régional Santé au Travail est adopté par le COREOCT (Comité Régional d’Orientation des Conditions de Travail), instance paritaire régionale réunissant les partenaires sociaux. Dans les Hauts-deFrance, en amont, une très large concertation a été menée entre tous les acteurs de la Sécurité et de la Santé au Travail. Entreprise & Santé • 1er Trimestre 2018 • N°41 • www.entrepriseetsante.fr

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BTP SERVICES E COMMERC T & ARTISANA INDUSTRIE INTERIM

DES ORIENTATIONS REGIONALES Les orientations du Plan Régional Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020 ont été adoptées par les partenaires sociaux, réunis au sein du COREOCT (Conseil Régional d’Orientations des Conditions de Travail), sous l’égide de la DIRECCTE. Ce Plan repose sur un diagnostic de sinistralité établi dès 2015, enrichi par une très large concertation entre tous les acteurs de la Sécurité et de la Santé au Travail des Hauts-de-France. Il doit favoriser la mise en place d’actions réalisables, mesurables et déclinables dans les entreprises.

LES RISQUES LES PLUS ENCOURUS

DES PUBLICS CIBLES • Jeunes (former les nouveaux arrivants, Travailler avec les Centres de Formation des Apprentis du BTP, prévenir l’exposition aux risques chimiques).

• Chutes de hauteur. • Troubles Musculo-Squelettiques.

• Salariés des TPE (favoriser le dialogue social, prévenir les risques chimiques et de chutes de hauteur).

• Amiante. • Risque routier.

• Travailleurs atteints d’une maladie chronique évolutive.

• Risques Psychosociaux.

• Donneurs d’ordre et maîtres d’ouvrage (prévenir le risque amiante, couplé au risque de chutes de hauteur).

DES SECTEURS PRIORITAIRES POUR LES ACTEURS DE PREVENTION • EHPAD et Services à la personne (favoriser la culture de prévention et la Qualité de Vie au Travail). • Construction et Agriculture (prévention des chutes de hauteur). • Banques (expérimentation sur la conception des équipements de travail). • Garage, Maçonnerie, Transports routiers de marchandise, Restauration traditionnelle (structurer une offre de services à destination des TPE-PME).

A NOTER ! Au sein du Plan de Santé au Travail Hauts-de-France 2016-2020, 24 actions sont programmées pour le développement de la culture de prévention, 9 pour la Qualité de Vie au Travail, 13 pour structurer une offre de services et des actions partenariales en direction des TPE-PME, en mobilisant notamment les branches professionnelles.

ÊTRE CONSEILLÉ !

TELECHARGEZ ! Le Plan Régional Santé au Travail Hauts de France 2016-2020 ou sa synthèse web.

Les services de santé au travail interentreprises ont une MISSION GÉNÉRALE DE CONSEIL DES EMPLOYEURS, DES SALARIÉS ET LEURS REPRÉSENTANTS afin d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail :

CONDUIRE LES ACTIONS DE SANTÉ AU TRAVAIL, dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur parcours professionnel. CONSEILLER LES EMPLOYEURS, LES TRAVAILLEURS ET LEURS REPRÉSENTANTS sur les dispositions et mesures nécessaires : • afin d’éviter ou de diminuer les risques professionnels ; • d’améliorer les conditions de travail ; • de prévenir la consommation d’alcool et de drogue sur le lieu de travail, de prévenir le harcèlement sexuel ou moral ; • de prévenir ou de réduire la pénibilité au travail et la désinsertion professionnelle ; • de contribuer au maintien dans l’emploi des travailleurs.

CONTRIBUER À LA TRAÇABILITÉ DES EXPOSITIONS PROFESSIONNELLES ET A LA VEILLE SANITAIRE. ASSURER LE SUIVI DE L’ÉTAT DE SANTÉ DES TRAVAILLEURS en fonction : • des risques concernant leur santé au travail et leur sécurité et celles des tiers ; • de la pénibilité au travail ; • de leur âge. 14

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BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

LE CAHIER JURIDIQUE

Avec ce cahier central, nous abordons les fondamentaux législatifs de la santé au travail, tels que définis par le Code du travail et donc, applicables aux entreprises privées.

«

Le dialogue au sein de l’entreprise est essentiel à la réalisation d’actions de santé au travail.

»

Historiquement, la directive européenne du 12 juin 1989, transposée dans le droit français par la loi n°91-1414 du 31 décembre 1991 a constitué le socle des évolutions ultérieures : la Sécurité et la Santé au Travail reposent sur des dispositions prises au sein de l’entreprise. Dans le dispositif français, la maîtrise des risques à la source va donc compter autant que la surveillance médicale des salariés. Le pli est pris. Les textes ultérieurs précisent, au fur et à mesure de l’adoption des lois par le parlement et la publication de leurs décrets d’application, ces dispositions obligatoires à prendre au niveau de l’entreprise. A noter que la jurisprudence « Amiante » de 2002 constitue un point d’inflexion important : l’employeur a une obligation de résultat en matière de sécurité. Le manquement à cette obligation engage sa responsabilité civile, sous le registre, notamment de la faute inexcusable. En fonction de la taille de l’entreprise, ces responsabilités ne s’exercent pas de la même façon. Plus l’entreprise est petite, plus ces responsabilités se concentrent sur une seule personne : le dirigeant ou la dirigeante, dénommé « employeur » pour le Code du travail. En plus des fonctions de direction et d’organisation, d’administration et de gestion, de relations directes avec ses clients et ses salariés, il doit intégrer les fonctions de garant de la sécurité et de la santé au travail. Outre les principes généraux décrits ci-après et applicables quelle que soit l’activité, le Code du travail stipule des dispositions spécifiques aux différents risques (ex. agents chimiques dangereux, bruit, etc.). Le point fondamental en est l’obligation d’évaluer les risques pour développer des actions de prévention adaptées. Matthieu Méreau

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Code du travail Champ et méthodologie de la santé au travail selon la loi L4122-2 (Partie IV : Santé et Sécurité du Travail, Livre 1 : Dispositions générales, Titre 2 : Principes généraux de prévention). Les articles présentés ci-dessous sont à compléter par la partie règlementaire, résultant des décrets d’application de la Loi (ex. article R4121 pour article L4121).

Assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés : actions de prévention, information et formation, organisation et moyens adaptés. Article L4121-1 L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des

risques professionnels ; 2° Des actions d’information et de formation ; 3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir

compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

9 principes généraux : éviter, évaluer et combattre adapter le travail à l’homme, tenir compte des opter pour ce qui est moins dangereux, planifier les prévention, donner la priorité aux mesures collectives, instructions appropriées aux salariés. Article L4121-2 L’employeur met en œuvre les mesures prévues à l’article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants : 1° Eviter les risques ; 2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3° Combattre les risques à la source ; 4° Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes

de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; 5° Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ; 6° Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; 7° Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions

les risques, évolutions, actions de donner des

de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, tel qu’il est défini à l’article L. 1152-1 ; 8° Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ; 9° Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Evaluer les risques et la sécurité pour mettre en œuvre des actions de prévention et des méthodes de travail et de production adaptées. Intégrer ces actions dans l’ensemble des activités et à tous les niveaux de l’encadrement. Article L4121-3 L’employeur, compte tenu de la nature des activités de l’établissement, évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement

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ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail. A la suite de cette évaluation, l’employeur met en œuvre les actions de prévention ainsi que les méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et

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de la sécurité des travailleurs. Il intègre ces actions et ces méthodes dans l’ensemble des activités de l’établissement et à tous les niveaux de l’encadrement.


Prendre en compte les capacités du salarié à mettre en œuvre les précautions nécessaires.

Si plusieurs entreprises sont présentes : coopérer. Article L4121-5 Lorsque dans un même lieu de travail les travailleurs de plusieurs entreprises sont présents, les employeurs coopèrent à la mise en œuvre des dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail.

Article L4121-4 Lorsqu’il confie des tâches à un travailleur, l’employeur, compte tenu de la nature des activités de l’établissement, prend en considération les capacités de l’intéressé à mettre en œuvre les précautions nécessaires pour la santé et la sécurité.

Obligation du salarié : prendre soin en fonction de sa formation et de ses possibilités de sa santé et sa sécurité ainsi que celles des autres personnes, respecter les instructions de l’employeur. Article L4122-1 Conformément aux instructions qui lui sont données par l’employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d’en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.

Les instructions de l’employeur précisent, en particulier lorsque la nature des risques le justifie, les conditions d’utilisation des équipements de travail, des moyens de protection, des substances et préparations dangereuses. Elles sont adaptées à la nature des tâches à accomplir. Les dispositions du premier alinéa sont sans incidence sur le principe de la responsabilité de l’employeur.

Aucune charge financière pour le salarié. Article L4121-5 Lorsque dans un même lieu de travail les travailleurs de plusieurs entreprises sont présents, les employeurs coopèrent à la mise en œuvre des dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail.

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L’ACTU - Décrets des 22, 27 et 29 décembre 2017 Le Compte Professionnel de Prévention (C2P) A partir du 1er janvier 2018, le compte professionnel de prévention (C2P) entre en vigueur. Il remplace le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). Le financement est intégré dans les cotisations AT-MP. Il relevait auparavant d’une cotisation nouvelle et supplémentaire, dite « cotisation pénibilité ». Textes de référence Loi : • L’ordonnance n°2017-1389 du 22 septembre 2017 relative au compte professionnel de prévention. Décrets d’application : • Décret n° 2017-1768 du 27 décembre 2017 relatif à la prévention et à la prise en compte des effets de l’exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de prévention. • Décret n° 2017-1769 du 27 décembre 2017 relatif à la prévention et à la prise en compte des effets de l’exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de prévention. • Décret n° 2017-1813 du 29 décembre 2017 modifiant le décret n° 2016-1102 du 11 août 2016 autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel dénommé « compte personnel de prévention de la pénibilité ».

Manutentions manuelles de charges Postures pénibles Vibrations mécaniques Agents chimiques dangereux A partir du 1er janvier 2018, les salariés exposés à ces 4 facteurs de risques peuvent bénéficier, sous conditions, d’une retraite anticipée : • L’exposition à ces risques ne relèvent pas du Compte Professionnel de Prévention • Les entreprises n’auront plus à déclarer les expositions à ces facteurs de risques ; cependant, l’employeur devra déclarer, début 2018, les expositions constatées pour ces risques au cours des trois premiers trimestres de l’année 2017 (janvier à septembre) • Le salarié peut bénéficier d’une retraite anticipée pour incapacité permanente liée à la pénibilité, s’il est reconnu atteint d’une Maladie Professionnelle liée à un ou plusieurs de ces 4 facteurs de risques et être frappé d’un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 10%.

Activités en milieu hyperbare Températures extrêmes Bruit Travail de nuit Travail en équipes successives alternantes Travail répétitif A partir du 1er janvier 2018, les salariés exposés à 6 facteurs de risques peuvent bénéficier, sous conditions, d’une retraite anticipée ou d’un travail à temps partiel avec maintien de leur rémunération ou d’une formation à un nouveau métier • L’exposition à ces risques ouvre des droits spécifiques en fonction de points accumulés au cours de la vie professionnelle (à partir de 100 points). • Les seuils d’exposition ouvrant droits ne sont pas modifiés, les dispositions d’identification des salariés restent inchangées, les modalités de déclaration restent inchangées. • Les droits ouverts sont de trois ordres : temps partiel sans perte de salaire, formation pour un changement de métier, départ anticipé à la retraite à taux plein.

Pour le financement :

Pour les entreprises relevant du régime général, la gestion des dépenses engendrées par le compte professionnel relève de la branche accidents du travail et maladies professionnelles du régime général (CNAMTS, au niveau national, CARSAT au niveau régional). 18

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DOSSIER

La santé et la sécurité au travail : ça commence à l’apprentissage ! En Sambre Avesnois, 20 Centres de Formation (CFA ou UFA) accueillent 905 élèves en BTS et 2 514 élèves en Bac Pro. Santé au Travail Sambre Avesnois (STSA) développe des actions d’information pour les apprentis et les élèves réalisant des stages en entreprises, dénommés Période de Formation en Milieu Professionnel. A Jeumont, le lycée professionnel Louis Armand a accueilli les interventions de STSA, en complément de son programme pédagogique et des enseignements assurés par les professeurs. Le lycée professionnel Louis Armand, dont le proviseur est M. François Masse, accueille près de 200 élèves avec une équipe pédagogique de 25 professeurs. André Couvez est directeur délégué aux formations techniques et professionnelles pour les élèves se destinant au Bac Pro Usinage, au CAP d’Electricien et au Bac Pro Commerce : « Dans nos programmes, nous abordons les questions de sécurité et de santé au travail, en cours et dans les travaux pratiques en atelier. Il nous est apparu très important de bénéficier des compétences des spécialistes de STSA qui ont une pratique journalière en entreprise, sur les questions de santé et de sécurité ». En janvier 2018, près de 25 élèves des Bac Pro Usinage, du CAP d’Electricien et de 1erUsinage ont ainsi pu échanger avec des intervenants de Sante Travail Sambre Avesnois. « L’idéal serait de réaliser ce type d’intervention pour les élèves, avant leur premier stage en entreprise ».

Comité de pilotage s’est mis en place et nous avons démarré nos interventions auprès des élèves. Pour 2019, d’autres actions se déploieront, notamment par branche professionnelle ».

Un programme régional Chargé de mission à ISTNF, Thierry Bréchon précise : « STSA anime et conduit son projet. Nous leur apportons un appui méthodologique, avec un éclairage régional, dans le cadre du programme "Santé des apprentis", soutenu par le Conseil Régional Hauts de France ». Ophélie Lozevis conclut : « Pour nous, c’est important de se situer et de bénéficier des expériences des autres ».

Une dynamique locale ! En 2016, STSA a participé à un forum des collégiens sur Maubeuge et Fourmies. « Dans nos 3 000 entreprises adhérentes, nous avons près de 750 apprentis. En novembre 2017, un "matin des préventeurs", en partenariat avec l’ISTNF1, a été consacré à la présentation de notre projet aux directeurs d’établissements scolaires ainsi qu’à la CARSAT2 et à la DIRECCTE3 qui soutiennent le projet. Sept centres de formations étaient présents sur les 15 que compte notre territoire. Une dynamique était lancée ! » situe Ophélie Lozevis, infirmière Diplômée en Santé au Travail chez STSA. Un groupe Projet4 s’est mis en place, au sein de STSA. Il a recensé les besoins auprès d’établissements et de lycéens pour adapter les outils d’information et de sensibilisation de STSA. « En janvier 2018, un

LYCÉE PROFESSIONNEL LOUIS ARMAND • 200 élèves, 25 professeurs • François Masse, proviseur • André Couvez, directeur délégué aux formations techniques et professionnelles • JEUMONT SANTE AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS (STSA)

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(1) Institut de Santé au Travail du Nord de la France (2) Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail (3) Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi (4) Sabine Gumez, Infirmière Santé Travail, Ingrid Lavallée-Gutmann, Conseillère Santé Travail, Zohra Bellali, secrétaire médicale et Ophélie Lozevis, responsable de projet..

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Santé au travail de la Somme - ASMIS

Du réchauffement climatique… aux TMS ! 40 % de l’effet de serre est lié au logement. Les politiques publiques accordent des aides pour l’isolation des locaux. En quelques années, l’activité de pose de double, voire triple vitrage, s’est développée pour des habitats collectifs et individuels, des locaux industriels, commerciaux, scolaires ou de bureaux… Dans le département de la Somme, les entreprises du BTP adhèrent à l’ASMIS1, en tant que service de santé au travail. L’ASMIS a lancé un programme exemplaire de prévention des TMS pour les poseurs de menuiseries extérieures.

« 1 100 entreprises du bâtiment adhèrent à l’ASMIS. Elles représentent 7 000 salariés. Dans notre Projet de service 2016-2021, nous avons ciblé la prévention des TMS pour le secteur du bâtiment. Les poseurs de menuiseries extérieures sont la première cible de ce dispositif. En effet, les contraintes de poids, de dimensions et de chantiers constituent autant de facteurs de risques » explique le Dr Michel Stevenard, médecin du travail à l’ASMIS, coréférent du groupe de travail, avec Nathalie Lachambre, ergonome à l’ASMIS. Nathalie Lachambre rappelle « qu’agir sur la prévention de santé et de la sécurité est, d’une part, un des facteurs de performance économique de l’entreprise comme la montée d’étude sur l’approche économique de la prévention réalisée par l’OPPBTP2, d’autre part, un gage de pérennisation de l’entreprise puisque pour les très petites entreprises, ces TMS sont des risques de cessation d’activité prématurée : un salarié absent c’est des chantiers non réalisés».

12 TPE et PME participent… « Les recherches bibliographiques nous ont permis de repérer qu’une seule thèse3 de doctorat en médecine traitait de cette problématique. Nous avons engagé une recherche-action, associant 12 entreprises », précise le Dr Michel Stévenard. Outre ces 12 entreprises, la CAPEB 80 (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) et la FFB 80 (Fédération Française du Bâtiment) sont représentées au sein du groupe de 20

travail. Sans compter sur les expertises de l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics), de la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail), de l’ARACT (Agence Régionale d’Amélioration des Conditions de Travail) et de METROERGO (Société d’expertise en ergonomie). Plusieurs professionnels de l’ASMIS s’investissent également dans cette recherche-action : ergonomes, conseiller en prévention, animatrices de formation, médecins du travail, responsable du service technique et organisationnel.

De la préparation… jusqu’au nettoyage du chantier ! « En ergonomie, nous partons de l’analyse des situations réelles de travail », rappelle Nathalie Lachambre. « Avec le groupe de travail, nous avons élaboré des grilles d’observation des activités des poseurs de menuiserie. Nous partons de la prise d’informations lors de la commande, de la livraison et la préparation du chantier, de la pose et du nettoyage de chantier. Dès la commande, des informations peuvent être prises pour la prévention des risques sur le futur chantier ! ». Sont concernées soit des entreprises de fabrication et poses, soit des entreprises de poses. Les menuiseries sont en aluminium, PVC, acier ou bois. Autant dire des contraintes et des poids différents, avec des formes et des tailles très différentes… « ces observations permettent d’aller repérer sur place les bonnes pratiques et les équipements les mieux adaptés ».

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DOSSIER S’unir et agir pour tous… « Notre but est de tirer des enseignements pour tous ! Et de créer des documents d’information très concrets, pouvant aider les entreprises dans leurs investissements » résume Nathalie Lachambre. Le projet est né en 2016. Les observations sur les chantiers se sont déployées en 2017.

Elles se poursuivent en 2018, avec la création de documents d’information et de guide de bonnes pratiques. « Début 2019, nous ferons un retour à nos adhérents, grâce à un forum d’échanges avec la Chambre des Métiers et des fournisseurs » conclut le Dr Michel Stevenard.

1

Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme. https://www.preventionbtp.fr/Documentation/Explorer-par-produit/Information/Ouvrages/ Une-approche-economique-de-la-prevention-D-apres-101-cas-etudies-en-entreprise 3 « Troubles Musculo-Squelettiques de l’épaule, chez les poseurs de fermeture : description de la sinistralité et évaluation des risques », Université de Grenoble Alpes – Faculté de Médecine, 123 p., 2016, Dr Pauline Fouillard, Annecy Santé Travail (AST 74 BTP). 2

...la suite sur le site internet !

Menuiserie FOURNY « Participer permet de sortir la tête de l’eau, de se rencontrer et d’échanger, pour le bien de nos salariés » La menuiserie FOURNY emploie 20 salariés à La Chaussée Tirancourt. Entreprise familiale de 3ème génération, elle fabrique des menuiseries en bois massif ou panneaux, pour des collectivités locales, logements collectifs et établissements hospitaliers, situés au nord de Paris. « Il y a plus de choses dans quinze têtes que dans une seule ! » lance Yann Fourny, dirigeant de l’entreprise et président de la section " Menuiserie " de la FFB de la Somme. « La démarche est très concrète. Du chargement à la pose, les observations et les suggestions des uns et des autres permettent de partager des solutions

pratiques et applicables. C’est important de faire ce travail pour réduire la pénibilité et prévenir les TMS. Dans ce type de collaboration, associant de nombreux intervenants, les réunions doivent être préparées et planifiées, sans les démultiplier. Notre temps est compté… et il faut être efficace. D’un autre côté, on ne peut pas se plaindre, si on ne participe à rien ». Et d’ajouter : « Participer à ce type de démarches permet de sortir la tête de l’eau, de se rencontrer et d’échanger, pour le bien de nos salariés. C’est très important de le faire. La participation de l’OPPBTP, aux côtés des autres partenaires, nous garantit une parfaite connaissance de nos métiers ».

Menuiserie TRICOT « Cette démarche va permettre d’améliorer les conditions de travail de mes salariés, mais aussi les miennes » Artisans menuisiers depuis 3 générations, la menuiserie TRICOT emploie 3 salariés, à Moreuil. Elle travaille le bois, mais aussi de nouveaux matériaux (PVC, ALU, etc.) avec la volonté de rester généraliste dans le domaine de la menuiserie. Gérant de l’entreprise et responsable de la section professionnelle de la menuiserie à la CAPEB 80, Dominique Tricot explique : « Avec l’application du compte pénibilité, très complexe à mettre en place et à respecter dans nos petites entreprises, je ne pouvais, étant membre du bureau de la CAPEB Somme, ne pas participer à ce projet. Pour une petite entreprise, c’est donc capital d’être aidé pour réduire ou supprimer ces risques : solutions d’optimisation au travers

d’évolution de notre organisation, achat d’outils ou d’équipements plus adaptés, développement de nouvelles solutions techniques, formation aux TMS. Cette démarche va permettre d’améliorer les conditions de travail de mes salariés, mais aussi les miennes car je suis autant exposé aux mêmes risques de pénibilité ». Dominique Tricot en attend l’établissement d’un " mode de bonne pratique ", voire d’un " référentiel type de branche professionnelle " : un outil simple pour déterminer si les salariés sont exposés à un ou plusieurs facteurs de pénibilité en fonction de leurs pratiques et du matériel dont ils disposent et qu’ils utilisent.

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Evaluer l’impact d’une action de santé au travail : c’est possible ! A Gauchy, près de Saint-Quentin, Alliance Partenaires Graphiques réalise tous types d’impression sur tous types de support : des Imprimés administratifs, commerciaux, publicitaires, techniques, de l’objet publicitaire, de la signalétique (enseignes, bâches, panneaux et véhicules), et du textile publicitaire etc. En 2014, l’entreprise s’est impliquée dans « TMS PRO », campagne de prévention initiée par la CARSAT Nord Picardie. Des actions de prévention ont été engagées avec MTA, le service de Médecine du Travail de l’Aisne. Les résultats de ces actions ont été évalués, avec une méthodologie rigoureuse. « Vous venez avec votre image et le choix d’un support… et Alliance Partenaires Graphiques le fait ! » résume avec dynamisme Christine Seignez, responsable QHSE (Qualité Hygiène Sécurité Environnement) chez Alliance Partenaires Graphiques. Sur le site de Gauchy, 47 salariés travaillent en horaires décalés 2 X 8. « Les métiers de l’impression sont concernés par les Troubles Musculo-Squelettiques. En 2014, nous avons adhéré à la démarche TMS PRO, proposée par la CARSAT Nord Picardie. Nous avons bénéficié d’un suivi trimestriel de prévention, réalisé par Patrick Benguigui, ingénieur-conseil de la CARSAT. MTA, notre service de santé au travail, nous a apporté son accompagnement expert, avec, notamment, le Dr Jean-Paul Dufossez, médecin du travail, et Laurence Samain, ergonome ».

Projeter, agir et évaluer « Un comité de pilotage a été mis en place au sein de l’entreprise. Il a suivi les études de poste et la mise en œuvre de leurs préconisations… Et il est allé plus loin ! Grâce à la méthodologie apportée par MTA, il a vérifié si les objectifs étaient atteints et quels étaient les impacts réels pour les salariés, en termes de santé et de satisfaction », poursuit Christine Seignez. La méthodologie de l’évaluation de l’intervention mise en œuvre par Laurence Samain, ergonome à MTA, a été mise au point par un groupe de travail commun INRS-ARACT . Christine Seignez précise : « Cette méthodologie très rigoureuse nous a permis d’avoir un comparatif entre l’avant et l’après. Il nous a aussi révélé combien les collaborateurs d’un autre secteur ignoraient les actions engagées. Avec le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, ceci nous a amené à renforcer la communication interne et la participation permanente des salariés en matière de santé au travail ».

Les impacts en termes de santé et de satisfaction Ergonome à MTA, Laurence Samain est intervenue d’avril 2014 à février 2015 avec une démarche ergonomique classique : groupes de travail et expression des salariés, analyse du travail prescrit et du travail réel, élaboration de propositions. « Un Comité d’évaluation a été constitué avec l’accord de l’entreprise. Composé d’un médecin du travail extérieur, d’un responsable Qualité Sécurité Environnement et de moi-même, il a formalisé les résultats attendus, collectifs ou individuels. Puis, toutes les informations quantitatives ou qualitatives ont été collectées et synthétisées. Par exemple, un questionnaire santé a permis, avant et après l’intervention, d’évaluer les troubles liés aux TMS, la perception des contraintes et du vécu au travail ». La santé au travail, observée ou ressentie… cela s’évalue au sein de l’entreprise !

ALLIANCE PARTENAIRES GRAPHIQUES MÉTIERS DE L’IMPRESSION • 47 salariés • Christine Seignez, responsable QHSE • GAUCHY SANTE AU TRAVAIL DE L’AISNE (MTA)

...la suite sur le site internet !

(1) Institut National de Recherche et de Sécurité, Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail.

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INVESTIR

Santé au Travail

OPTIMISEZ VOS COTISATIONS ! La santé au travail compte dans la vie de l’entreprise. Le chef d’entreprise d’une TPE, artisan ou commerçant, est exposé aux mêmes risques que ses salariés. Maîtriser ces risques et préserver sa santé lui sont des priorités quotidiennes. C’est une évidence ! Mais les TPE et PME ont peu de moyens et de temps, pour évaluer ces risques, connaître la législation et choisir les investissements les mieux adaptés. Les TPE et PME ne sont pas seules… Elles ont des experts à disposition. Et ces partenaires sont financés par leurs cotisations. Sachons les utiliser à bon escient ! Les questions de santé au travail sont parfois simples, mais souvent complexes. On entend souvent dire : « Que faire devant ces émanations de vapeurs ? Sont-elles toxiques ? Ce bruit, est-il nuisible ? Et ces postes de travail… Puis-je les améliorer ? Existe-t-il des aides financières pour adapter ces postes ? Comment garder ce salarié qui a 20 ans d’ancienneté et qui revient après plusieurs mois d’arrêt de travail, suite à son accident de la route ? Et cet apprenti ? Cet intérimaire ? Ai-je des dispositions à prendre pour l’informer sur les risques liés à mon activité ? ». Pour répondre à ces questions, et tant d’autres, plusieurs experts sont à votre service. Et en plus… ils sont déjà inclus dans vos cotisations ou charges !

Pour mener des actions de santé au travail, l’employeur d’une TPE ou PME peut bénéficier de différentes expertises et conseils : Il doit associer ses salariés (salarié compétent en Protection et Prévention des Risques Professionnels dans toute entreprise, Délégués du personnel au-delà de 10 salariés, Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail au-delà de 50 salariés). Son assurance obligatoire pour le risque AT-MP des salariés (CARSAT : Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail) remplit une mission de conseil en matière de prévention. Il a l’obligation d’adhérer à un Service de Santé au Travail Interentreprises (SSTI) ou d’organiser un Service de Santé au Travail d’Entreprise (SSTE) ; le Service de Santé au Travail apporte un suivi et des conseils spécialisés auprès de l’employeur et des salariés grâce à des équipes pluridisciplinaires : ergonomes, toxicologues, psychologues du travail, ingénieurs ou techniciens en Hygiène Sécurité Environnement (HSE), Intervenants en Prévention des Risques Professionnels (IPRP); il assure également le suivi de santé des salariés grâce aux médecins du travail, qui coordonnent les actions en milieu de travail. La DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Consommation, de la Concurrence, du Travail et de l’Emploi), exerce une mission de contrôle avec l’inspection du travail, mais aussi une mission de conseil, grâce à une plate-forme pluridisciplinaire.

D’autres organismes extérieurs sont présents pour aider l’entreprise. Par exemple, le réseau ARACT-ANACT (Agences pour l’amélioration des conditions de travail) et l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics).

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ZOOM SUR

Action Sante Travail

Les bons gestes : cela s’apprend… et s’entretient ! Les 230 000 salariés des 15 000 entreprises adhérentes à ACTION SANTÉ TRAVAIL peuvent bénéficier de formations au « Sauvetage Secourisme du Travail » (SST) et à la « Prévention des Risques liés à l’Activité Physique » (PRAP), qui sont comprises dans leur cotisation. D’une part les gestes qui sauvent. D’autre part, les gestes et postures qui protègent des Troubles MusculoSquelettiques. A noter qu’ACTION SANTE TRAVAIL est certifiée ISO 9001 par l’AFNOR.

CCAS de Liévin : 700 repas par jour ! Olivier Ridon est responsable de la cuisine centrale du CCAS de Liévin. Sandrine Chevalier est directrice du CCAS. Depuis quatre ans, devant le nombre d’arrêt de travail et de troubles liés aux lombalgies, ils ont engagé une politique volontariste de prévention, en s’adressant à ACTION SANTE TRAVAIL, leur service de santé au travail. Des incontournables Olivier Ridon résume l’activité journalière : « Le port de charge et la mobilité sont incontournables dans nos métiers. Nous préparons 700 repas par jour, en deux services entre 12 heures et 14 heures. 200 repas sont portés aux domiciles par deux agents. Les autres repas sont servis sur place pour les cantines scolaires, les personnes âgées ou le personnel communal. Au total, nos équipes regroupent 35 employés dont la moyenne d’âge est de 35 – 40 ans : cuisiniers, chauffeurs, administratifs, personnel de service, plonge, agents d’entretien, etc. ». Inutile de dire que les sollicitations ostéo-articulaires et musculaires sont incontournables dans 24

ces métiers de la restauration. Sans compter sur les effets des « coups de feu » !

Diminution des souffrances Olivier Ridon est formel : « Je suis là depuis 20 ans… Pour nous, les anciens, le mal est fait… Comme on dit : cela fait partie du métier ! On est parti de « zéro » ! Or, depuis que nous avons engagé des formations PRAP avec ACTION SANTE TRAVAIL, nous enregistrons une diminution des souffrances pour mal de dos et une réduction du nombre d’arrêts de travail. Bien-sûr ceci est inséparable de l’achat de matériel adapté, du type chariots auto-levants. Pour ces achats adaptés, nous avons bénéficié des expertises des Dr Thauvoye et Moreau, nos médecins du travail successifs ». Des formations adaptées Pour le CCAS de Liévin, ces formations sont réalisées par Thierry Cayet, dont c’est la spécialité au sein d’ACTION SANTÉ TRAVAIL. Car, il faut s’adapter à chaque entreprise, chaque situation de travail et chaque salarié. Et cela ne s’improvise pas. Pour Olivier Ridon : « Les formations sont

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faites sur place au CCAS, par petits groupes de huit personnes, sur quatre demi-journées. Le formateur connaît chaque poste de travail. C’est essentiel. Il y a une formation initiale, puis le Maintien et l’Actualisation des Compétences (MAC) tous les deux ans, sur deux demi-journées. Cela permet à chaque salarié de rester acteur de sa santé. Il faut que les bons gestes soient bien ancrés dans nos pratiques… Or, souvent, la précipitation nous fait oublier les bons gestes ! Cette formation, régulièrement répétée, doit faire partie de notre professionnalisation ». Thierry Cayet est très pédagogue. « C’est la clé de la réussite. Nous lui demandons de nous faire remonter les améliorations possibles », conclut Olivier Ridon.

...Lire la suite : témoignage de Thierry Cayet, formateur PRAP au sein d’ACTION SANTE TRAVAIL


ZOOM SUR

WOTI France : des extracteurs de haute précision ! A Noyelles-sous-Lens, une entreprise de 10 salariés, Woti France, travaille dans l’excellence, sur une production méconnue du grand public : la conception et la fabrication d’équipements sous pression et d’extracteurs de gaz. Directeur adjoint, Stéphane Loconte précise : « Nous faisons de la métallurgie de haute précision, en travaillant sur mesure pour nos clients. Nous distribuons à travers le monde entier des vannes et des têtes de puits, pouvant atteindre 5 mètres de hauteur et peser plusieurs tonnes, répondant à des cahiers des charges ultra-précis. Chaque pièce demande un travail de précision et des contrôles drastiques ». Des tests sous haute pression Avant livraison, les vannes et les extracteurs sont testés, en condition réelle de fonctionnement et hors présence humaine, dans des enceintes fermées et surveillées par caméras extérieures. Les tests se font sous des pressions pouvant aller jusque 1 500 bars. « Les risques sont là : ils font partie de l’activité et doivent être maîtrisés sans faille. La sécurité, c’est la culture de base de WOTI France. C’est notre ADN. Mais nous avons des risques communs à de nombreuses entreprises : ponts roulants, chariots élévateurs, manutention, etc. », déclare Jean-Claude Lessart, peintre-emballeur et responsable Hygiène Sécurité Environnement chez WOTI France. Le Sauvetage Secourisme du travail : une évidence ! Fanny Lautissier est acheteuse et assistante Ressources Humaines chez WOTI France : « Devant de tels risques, nous devons bien-sûr être capable d’assurer les gestes qui sauvent un collègue en cas d’incident… Mais notre réflexion est allée au-delà. Un de nos collègues est cardiaque. Nous nous sommes dit que le Sauvetage Secourisme du Travail devait faire partie de la culture de chaque entreprise ! Que l’on travaille en bureau, en atelier ou en chantier, les gestes qui sauvent doivent être connus de chacun…».

Un intérêt personnel et professionnel Pour Jean-Claude Lessart : « Nous l’avons proposé sur la base du volontariat. Puis, c’est une question de déclic personnel ! ». Fanny Lautissier précise : « Sur 10 salariés que compte l’entreprise, cinq personnes sont aujourd’hui formées : du directeur aux ateliers en passant par les personnels de bureau. Il y a un intérêt pour chacun : dans sa vie au travail et aussi dans sa vie personnelle ». Le Maintien et l’Actualisation des Compétences (MAC) : c’est essentiel ! Stéphane Loconte insiste : « Il est indispensable de suivre les stages de Maintien et l’Actualisation des Compétences. Car, on oublie vite… et devant une situation inattendue, on peut se sentir désarmé. La force de cette formation et de ses recyclages, c’est de nous mettre en situation concrète et de nous faire travailler sur des cas pratiques. La pédagogie repose sur des jeux de rôles qui sont essentiels ». Quand les stages ont lieu dans les locaux d’ACTION SANTE TRAVAIL, les salariés de plusieurs entreprises peuvent échanger et se confronter sur des modes ludiques. Chacun progresse en bénéficiant du regard bienveillant de l’autre.

...Lire la suite : témoignage de Bruno Dewadder, formateur de formateurs spécialisé en Sauvetage Secourisme du Travail au sein d’ACTION SANTE TRAVAIL

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ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

Risques Chimiques

VOTRE PREMIER CONSEILLER : L’ETIQUETTE ! A la maison et au travail, les substances et produits chimiques font partie de notre vie. Dans l’entreprise, la prévention des risques chimiques commence dès l’achat : le fournisseur doit livrer ses produits avec leurs Fiches de Données de Sécurité. Tout au long de l’utilisation de ces produits et jusqu’à

l’élimination des déchets, il faut être attentif aux différentes expositions des salariés, notamment cutanées et respiratoires. Dès l’entrée dans l’entreprise et durant le stockage des produits, un allié vous aide : l’étiquette. Soyons attentifs !

Les produits chimiques se comptent en milliers… Comment s’y retrouver ? Le Code du travail1 prescrit des dispositions particulières vis-à-vis des Agents Chimiques Dangereux et des Cancérogènes-MutagènesReprotoxiques. Pour ces derniers, une priorité s’impose : la substitution avec des produits non cancérogènes, non mutagènes, non reprotoxiques. Si cela n’est pas possible, c’est simple : il ne faut aucun contact. Votre service de santé au travail a toutes les compétences pour vous aider pour l’évaluation du risque chimique et vous orienter sur les mesures de prévention les plus adaptées. Avant de le consulter, sachons lire les étiquettes. Elles comportent de précieuses informations, en application d’une réglementation européenne (CLP2), découlant d’une règlementation internationale (SGH3). Selon cette réglementation, une étiquette comprend :

Le nom du produit ou de la substance

Une ou plusieurs mention(s) de danger

Un ou plusieurs pictogramme(s) de danger

Une ou plusieurs mention(s) d’avertissement

Des informations complémentaires, le cas échéant

Des conseils de prudence

EN SAVOIR PLUS : INRS.FR 1 - Articles L. 4412-1 et R. 4412-1 à R. 4412- 164 du Code du travail 2 - CLP : Classification, Emballage et Etiquetage, règlement Communauté Européenne n°1272/2008 modifié (Classification, Labelling, Packaging). 3 - SGH : Système Général Harmonisé des Nations Unies.

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INTERVIEW

Pour Dorothée Metta, les entreprises performantes développeront le lien Modèle économique, Organisation, Compétences et Santé de ses salariés. Accompagnant depuis 25 ans plus de 300 transformations d’entreprise, Dorothée Metta a toujours intégré, dans leurs modèles économiques, les dimensions « Santé Travail ». Sortant du département Santé Travail de l’Université Sainte-Foy Laval au Québec, son parcours se résume en 15 années de conseils et 10 ans de directions opérationnelles. Une expérience unique. Un regard pragmatique.

Dorothée Metta

Développement de projets, Gestion des Ressources Humaines et santé au travail

« Au quotidien, la TPE-PME est un projet en transformation constante » Pour vous, qu’est-ce que la santé au travail ? Dorothée Metta : En fonction du point de vue des acteurs (Grands Groupes, TPE PME, Service Interentreprises de Santé au Travail, professionnels de santé, dirigeants ou salariés, responsables HQE ou RSE, etc.) nous aurons des définitions différentes. Dans un contexte de mondialisation, en transformation permanente, je propose de repartir des deux mots : La « Santé » et le « Travail ». Pour moi, et pour reprendre un titre d’un livre de l’ANACT1, c’est « comprendre le travail pour mieux le transformer ». Agir avec le SIST, Service Interentreprises de Santé au Travail, comme partenaire, pour conseiller et orienter les transformations du travail en évitant l’altération de la santé du salarié. La santé étant prise au sens de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Pour une entreprise, existet-il une méthode en santé au travail ? Dorothée Metta : La méthode doit intégrer les 4 finalités : Protéger et cibler la santé par le croisement des données de la visite clinique préventive et de la connaissance des risques, répondre aux obligations de prévention, favoriser le dialogue social pour des améliorations continues, en osant ouvrir le débat au sein des collectifs de travail, maintenir un emploi de qualité qui contribue à la performance de l’entreprise (production, défauts de qualité, remplacements, assurances, dégradation de la motivation et du climat, etc.). Si les deux premiers points sont en partie en place, mener une réflexion collective pour orienter les transformations en intégrant le volet « conditions de réalisation du travail » et évaluer les « impacts santé » d’un projet de

modernisation restent faibles. D’accord… Mais toutes les entreprises ne sont pas en transformation ! Dorothée Metta : Mais si… Parce qu’une entreprise se doit d’être réactive, flexible, à réponses multiples. Pour répondre à la demande, « mouton à cinq pattes », au quotidien, la TPE PME est un projet en transformation constante ! Elle sait, dans les changements constants, intégrer les problématiques de satisfaction clients, d’investissements technologiques, de trésorerie, de développement de compétences etc. Mais nous peinons tous à intégrer la question des situations de travail en transformation. Or, ne pas lier performance et bonne santé est une faiblesse, avec ses coûts économiques, sociaux, humains, etc.

1 - Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail.

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INTERVIEW : DOROTHÉE METTA

Le législateur parle d’Action en Milieu de Travail. De quoi s’agit-il ? Dorothée Metta : L’Action en Milieu de Travail est l’une des missions des Services Interentreprises de Santé au Travail (SIST)… Ce service apporte expertise, conseil et orientation. Mais jusqu’où ? Avec quels préalables ? Le dirigeant de TPE a conscience du lien entre performance et santé des salariés, mais il peut manquer de méthodes. Avec d’autres instances, les équipes pluridisciplinaires des Services Interentreprises de Santé au Travail, sous la coordination du médecin du travail, apportent compétences et méthodes, en posture de tiers facilitateur. N’existent-ils pas d’autres préalables liés à l’entreprise ? Dorothée Metta : Oui. Bien sûr… cela pose la question de « l’appétence » : avoir envie de santé au travail et de Qualité de Vie au Travail… Comme l’entreprise peut avoir « envie » d’investir dans de nouvelles techniques, ou d’acquérir un nouveau panel de clients ou même de financements complémentaires. Quels seraient les freins à une telle appétence ? Dorothée Metta : Tout d’abord, la posture de chacun. Pour beaucoup encore, la santé au travail se résume à la responsabilité de l’employeur pour « une obligation de résultat », versus une affaire de médecin du travail pour « une visite médicale ». Or, l’enjeu est devenu tout autre… Une double démarche, l’un vers l’autre, est nécessaire pour construire ensemble des solutions au sein des situations de travail. Le SIST diagnostique l’état de santé lors du suivi individuel et collectif, mais il doit aussi être en capacité d’informer, de conseiller, voire d’accompagner les transformations des situations travail pour que la « santé au travail » soit effective au sein de l’entreprise. 28

Mais encore… Dorothée Metta : Peutêtre la crainte d’échanger sur les questions de management, au sens d’organisation. Pourtant, prévenir les risques, améliorer les conditions du travail, prévenir les comportements impactant négativement la santé physique et psychique, renforcer les coopérations et le maintien des marges de manœuvre etc., tout cela relève du débat collectif au sein de l’entreprise. Et le temps ? Les ressources ? Dorothée Metta : Oui. Soyons clair ! Le temps, les ressources resteront toujours une réalité incontournable. Cependant, pour aller au-delà du repérage des risques et construire des plans d’actions, la démarche issue des méthodes résolution de problème est à la portée de tous.

Existe-t-il des leviers en faveur de la santé au travail ? Dorothée Metta : C’est simple : partir des préoccupations du quotidien pour réaliser des « petits pas » l’un vers l’autre. Par exemple, comment une étude de poste dans un lieu donné pour une personne donnée… peut se développer à l’ensemble des postes. Toujours dans la « politique des petits pas », accepter d’avancer et de progresser sur plusieurs années sans devoir cacher ou nier le reste à faire. Ou encore, dans la future certification du secteur du bâtiment, comment associer les 3 leviers : bâtiment, aménagement des locaux et la question de l’animation des ressources humaines et de la santé au travail ? Pour le SIST, être acteur et conseil des principes de prévention, demande de se situer comme partenaire dans le management. Pour l’entreprise : être en confiance, dialoguer sur les situations réelles, intégrer que les écarts par rapport au travail prescrit sont logiques, à débattre et à comprendre.

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Peut-on dire que la santé au travail est affaire de management ? Dorothée Metta : Le terme management a probablement la même racine latine que ménagement, dérivé de ménager qui signifie disposer, régler avec soin et adresse, précise le Petit Robert. Le terme peut donc rejoindre les préoccupations de la santé au travail, qui visent à « Ménager la santé des salariés en lien avec leur travail ». Manager c’est aussi « Organiser » du complexe, en intégrant des préoccupations diverses : production de biens et de services, communication, marketing, ressources humaines, politique de financement, contrôles… Le terme est tellement galvaudé qu’on oublie l’essentiel ! « Le Que Sais-je ? » de Thiethard (1998) nous rappelle aussi que le management est l’action, l’art ou la manière de conduire une organisation, de la diriger, de planifier son développement, de la contrôler et ce, dans tous les domaines.

Donc, l’Action sur le Milieu de Travail concerne le management de l’entreprise ? Dorothée Metta : Dans leur rôle d’Action en Milieu de Travail, les Services de Santé au Travail peuvent être présents dans les axes et les compétences du manager, afin qu’il intègre les questions de santé au travail et les postures de prévention dans son management. Que dire du modèle économique ? Dorothée Metta : Le management est l’art d’utiliser des ressources de telle manière que le produit de sortie soit à plus grande valeur ajoutée qu’au départ (Smith, 2006). Cette définition fait fuir ou crispe plus d’un, dès lors qu’elle a conduit à un modèle économique productiviste (toujours plus de biens et de services avec moins de ressources humaines) et son lot d’impacts négatifs sur l’environnement, l’utilisation des ressources de la planète, le bien-


être des salariés (RPS …). L’emploi, comme la santé devient une variable d’ajustement. On ne nie plus les problèmes de santé mais on ne voit pas comment faire autrement ! Nécessité de réduire les effectifs, accélérer les rythmes, répartir les objectifs, courir plusieurs lièvres à la fois et développer polyvalences et poly-compétences. Ce modèle économique évolue… Dorothée Metta : On voit apparaître la remise en débat du modèle productiviste au profit d’une performance d’usage. Par exemple : ne plus vouloir vendre plus de voitures mais des solutions de mobilité. La solution propose alors un déplacement bien coordonné : co-voiturage blabla car, application numérique permettant de réserver et d’utiliser rapidement train, métro, « vélib »,

utilisation de véhicule courte durée, ( Lilas Autopartage …) tout en en diminuant les impacts négatifs (pollution, place de parkings) et en développant confiance et coopération entre les partenaires. Dans ce modèle de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, l’enjeu de santé au travail est pris en compte dans les co-constructions de solutions intégrées durables . . Dans le Nord, plusieurs centaines d’entreprises prennent ce virage en intégrant la volonté d’une plus grande santé au travail (ex. : Club NOE). Quel conseil donneriez-vous pour avancer en santé au travail ? Dorothée Metta : D’abord, mesurer les progrès santé au travail. Peu d’entreprises mesurent ces progrès. Les indicateurs d’alerte (absentéisme, plaintes, …), de

repère (pénibilité, qualité, turnover, climat social...) et de suivi sont à construire sur la santé au travail comme ils existent pour les finances, les insatisfactions, la nonconformité, la qualité, etc. Ensuite, maintenir des temps pour parler du travail, pour trouver les solutions à plusieurs, améliorer les relations, écouter les suggestions… De ce fait, aboutir à des emplois de qualité par le développement des compétences, le respect des équilibres vie privée/ vie professionnelle…. En gérant les idées d’améliorations avec rigueur, on s’aperçoit que près de 80 % des propositions apportent à la fois des améliorations de performance et des améliorations de santé au travail.

BIOGRAPHIE express Dorothée Metta réunit trois domaines de compétences : Ressources Humaines et GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences), Santé au Travail et Qualité de Vie au Travail, Management de l’Innovation et RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). Elle contribue aujourd’hui aux réflexions sur les nouveaux modèles économiques, respectueux de l’humain, notamment l’économie de la fonctionnalité et de la coopération. • FORMATIONS : o 2010-2011 : POST MASTER, CESAM Innovation Développement Projets Innovants (IAE Lille). o 1994-1996 : MASTER 2 Organisation du

Travail et Développement des Ressources Humaines (Université de Lille I). o 1988-1989 : Diplôme d’Etat d’Assistante de Service Social (ESSNR de Lille et Université Laval Québec) et DUFAR (Diplôme Universitaire de formation de formateur et de responsabilités de centre de formation - Université de Valenciennes). • CONSULTANTE SENIOR o ITG Montgomery Conseil – Paris : Evolution des modèles économiques, management de l’innovation, management de proximité et nouvelles formes d’organisation du travail, Santé et Qualité de Vie au Travail, égalité professionnelle Homme-Femme, Handicap et Travail. o MEDIATIS Conseil – Lille :

Développement de Projets, Organisation et Gestion des Ressources Humaines, Développement des compétences. • EXPÉRIENCES DE DIRECTION o 2008 – 2011 : ARACT Nord-Pas-deCalais o Depuis 2013 : METRA 92 avec accompagnement de la fusion de quatre Services de Santé au Travail au NordOuest de Paris pour créer HORIZON SANTE TRAVAIL (9 000 entreprises adhérentes). Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, elle a publié plusieurs guides : « TPE PME : construire le développement des compétences », « MERITE, le travail des seniors », « Management Intergénérationnel ».

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AUX ALENTOURS

pour un salarié handicapé, etc. En 2017, nous avons mis à l’honneur une crèche associative en raison des actions de formations qu’elle a initiées. En 2018, cela sera une toute autre entreprise…

SIMUP Métropole Nord – Santé au Travail Vallée de la Lys

Les « TROPHÉES PRÉVENTION » fêtent leurs dix ans ! Le 29 janvier 2018, le SIMUP Service de Santé au Travail Vallée de la Lys - Métropole Nord décernera à l’une de ses entreprises adhérentes, « Trophée le 10ème Prévention ». Au moment où nous mettons sous presse, le nom de l’entreprise lauréate 2018 n’est pas encore dévoilé. Rendezvous sur le site d’Entreprise & Santé dès le 29 janvier ! Présidé par M. Patrick Vandamme, le SIMUP a créé les Trophées Prévention dès 2009. Entreprise & Santé a rencontré Hervé Morel, directeur général du SIMUP Métropole Nord.

Pourquoi avoir créé les trophées Santé Travail ? Hervé Morel : Dans une finalité d’émulation, en permettant aux entreprises de découvrir des actions de prévention initiées par d’autres, actions qui s’apprécient autant par leur ampleur que parce qu’elles sont simples ou récurrentes. Il faut démystifier les actions de prévention menées par les entreprises : les petites choses sont aussi importantes que les grandes choses. Les Trophées permettent de mettre les entreprises à l’honneur : elles sont les premières surprises à « être sur le podium », face à une personnalité du monde des médias, des élus, de la presse, et de près de 150 chefs d’entreprises accompagnées de leurs équipes. Comment est désignée l’entreprise lauréate ? Hervé Morel : La désignation s’intègre dans les orientations du projet de service. Elle est très simple. Les médecins du travail sont les initiateurs des actions sur le milieu de travail. Ils connaissent ce que font les entreprises, ainsi que les dynamiques de santé au travail santé qui sont engagées. En fonction de ce qu’ils constatent, ils évoquent auprès de la direction l’entreprise qui pourrait être lauréate et en donnent les raisons. Le choix définitif du lauréat est arrêté par la Commission Médicotechnique. La direction du SIMUP annonce alors à l’entreprise lauréate. En 10 ans, quels types d’entreprises, d’activité et d’actions ont été mises à l’honneur ? Hervé Morel : De la TPE à l’usine appartenant à un grand groupe Européen. De l’industrie au commerce, en passant par l’artisanat, le bâtiment ou le service… Pour des actions simples ou complexes : déménagement de site avec prise en compte ergonomique préalable des nouveaux postes de travail, capotage de machine, adaptation du poste de travail

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Qu’apportent les Trophées à l’entreprise ? Hervé Morel : De la reconnaissance. De la fierté. Le Trophée est très souvent accroché à l’accueil… Et devient un élément prouvant le sérieux de l’entreprise pour la prise en compte de l’humain. Il entre dans la dimension de Responsabilité Sociale de l’Entreprise. Pour l’entreprise, il nous est souvent dit : « mon médecin reconnaît que j’ai fait quelque chose de bien ». Il y a une véritable fierté partagée au sein des équipes. Qu’apportent les Trophées au SIMUP ? Hervé Morel : Les Trophées concourent au rapprochement entre le monde de la Prévention et celui des Entreprises. En créant et suscitant de la confiance, le SIMUP est acteur de prévention au sein de l’entreprise. Avec les trophées : « On a fait attention à notre entreprise ! ». La soirée de remise des trophées est un instant privilégié d’échanges et de reconnaissances mutuelles.

DECOUVREZ LE PALMARES DES TROPHEES PREVENTION SUR LE SITE entrepriseetsante.fr, rubrique aux alentours.

...la suite sur le site internet !


« Matin des préventeurs : Le plomb et ses méfaits sur l’organisme »

AGENDA

Réservé aux adhérents du secteur du BTP de STSA Santé au Travail Sambre Avesnois, en partenariat avec l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics), la CARSAT, la DIRECCTE, la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) ainsi que la FFB (Fédération Française du Bâtiment), vous invite à un petit déjeuner. Venez nombreux échanger sur les risques liés au plomb, ainsi que sur les actions de prévention adaptées préconisées par nos partenaires et nous-même . > Le Mardi 20 mars 2018 à Louvroil, 24 Rue Romain Duchâteau. > Le Mardi 27 mars 2018 à Fourmies, 2 Rue Louis Braille. De 08 h 45 à 11 h 00 (Accueil à partir de 08 h 30). Contact et inscription : invitations@st-sa.fr ou 03.27.53.31.33 (Responsable Relations Adhérents). Inscrivez-vous vite, places limitées !

Rejoignez-nous ! Facebook/Santé au Travail Sambre Avesnois

21ème édition de la Journée Nationale de l’Audition :

« Acouphènes et hyperacousie : fléaux du 21ème siècle ? » Le Jeudi 8 mars 2018 L’association JNA, organisatrice de cet événement, a choisi cette année de s’intéresser de près à cette pathologie qui gâche la vie de millions de français. Lors de cette 21ème édition de la Journée Nationale de l’Audition qui se tiendra le jeudi 8 mars, l’association JNA en partenariat avec l’association France Acouphènes et d’autres partenaires, mèneront une réflexion sur la reconnaissance des acouphènes et de l’hyperacousie comme handicaps invalidants. Pour connaître les lieux de dépistages gratuits partout en France : http://www.journee-audition.org/la-campagne/vous-etes-acteurs-de-la-campagne/les-participants.html ou numéro Azur permettant de se renseigner auprès de la plateforme « Audio Infos Service » 0 810 200 219.

Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél. 03 20 14 07 77 Directeur de publication : Hervé Delpierre Conception et Réalisation : Méthodes et Médiation – Lille Responsable de rédaction et rédaction : Dr Matthieu Méreau Méthodes et Médiation - Lille Coordinatrice d’édition : Nathanaëlle Debaene Méthodes et Médiation – Lille

Comité de rédaction : Alain Cuisse, Francine Lemonnier, Louis-Marie Hardy, Dr Alain Moniez Correctrice : Christine Bayart Création et mise en page : Altitude I GDSGROUP - www.gdsgroup.fr Crédit photos : P5 : EITF, ACTENIUM ; P6 ENTREPRENDRE ENSEMBLE ; P7 : ASTIL ; P19 : LYCÉE PROFESSIONNEL LOUIS ARMAND ; P22 : ALLIANCE PARTENAIRES GRAPHIQUES ; P24 : AST, CCAS LIEVIN ; P25 : AST, WOTI ; P27-29 : DOROTHEE METTA ; P30 : SIMUP Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59000 Lille Tél. 03 20 14 07 77

Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau, Nathanaëlle Debaene Tél. 03 20 14 07 77 Impression : Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours Tirage : 94 000 exemplaires Édité par : Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux - Zone Artoipole 62060 Arras Cedex 9 - Tél. 03 21 22 28 21

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Entreprise & Santé N°41  

Numéro 41 d'Entreprise & Santé

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